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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 08:00
Laissons nos enfants demeurer dans l’enfance, être des enfants…
Laissons nos enfants demeurer dans l’enfance, être des enfants…

J’avais envie de revoir l’océan, alors avant que le jour se lève j’ai quitté Paris. L’air était pur, j’étais sûr que j’allais retrouver mes sensations d’enfance. Le soleil rouge s’est soudain plaqué derrière mon dos. Rouler. Rouler jeunesse disait le forain de la kermesse lorsque nous montions dans les autos-tamponneuses. Que la Bretagne est belle sous le soleil ! J’aime les ports de pêche, les laboureurs de la mer, la pêche, la cueillette, les chalutiers colorés, les filets emmêlés, rude métier.

 

Je me suis posé au Guilvinec face à l’entrée du port, au Poisson d’Avril, des petites langoustines fraîchement pêchées, fermes et goûteuses, un vrai régal, comme un parfum d’enfance de celles de maman.

 

Comme toujours, j’ai ouvert un livre et j’ai lu.

 

« Chez mes grands-parents, à la mer, pendant les interminables soirées d’été, mon frère et moi dînions avant les autres. En cuisine ou, encore mieux, sur la terrasse. Assis à une petite table de fer rouge et blanche, on jouissait d’un menu spécial qui nous évitait les plats dégoûtants du dîner des adultes. D’habitude on nous servait une petite soupe (ma préférée était celle à la semoule avec énormément de parmesan), une sole meunière et une pêche coupée en tranches. Parfois, le luxe d’une crème caramel sortie toute fraîche de son moule. »

 

Michele Serra, me propulse dans la salle commune du Bourg-Pailler, tout italien qu’il est, l’enfance n’a pas de frontière.

 

« En réfléchissant, je me rends compte que j’ai vécu ces dîners en aparté non comme une exclusion mais comme une exemption. Manger ma soupe à la semoule, ma sole et ma crème caramel avec mon frère, alors que le vol d’hirondelles effleurait la terrasse, voulait dire que je demeurais dans l’enfance.

 

Que j’étais un enfant (…)

 

J‘étais à la marge de leur monde. Mais pas un exilé. »

 

La marge, là où laisse son imagination vagabonder, ce temps d’attente où loin de l’agitation et des désirs des grandes personnes, des luttes à venir, des vexations, du pouvoir, on se laisse aller dans la pénombre d’une rêveuse indolence, de l’ennui, à l’irresponsabilité.

 

Ce temps, c’est celui de la fabrique de notre vie, de son socle, de ce qui fait ce que l’on sera, de sa colonne vertébrale, de la ligne de force sur laquelle on s’appuiera.

 

C’est ainsi que je me suis fait dans ma Vendée crottée.

 

Et, Michelle Serra de pointer là où sont nos enfants ou petits-enfants :

 

« Quand j’assiste à la négligence unanime des adultes dans les restaurants face aux cris et aux courses effrénées des insupportables petits chéris rendus hystériques par une promiscuité imposée, quand j’assiste au triste exhibitionnisme d’enfants que la vulgarité sentimentale des parents a transformés en petits adultes, donnés en pâture à leur acerbe vanité et au voyeurisme infanticide des grandes personnes, je repense avec nostalgie à l’heureuse marginalité de mon enfance, à cette avant-vie si dense de parfums, de bienheureuses solitudes et de temps vide et silencieux. »

 

Voilà, c’est écrit et qu’on ne vienne pas me dire que c’est le résultat de la permissivité des soixante-huitard, l’enfant-roi n’est pas le produit de ce temps de libération des mœurs il est un sous-produit d’un consumérisme exacerbé, d’une société qui se dit libertaire mais qui ne fait que, au nom de beaux et bons sentiments, propulser ses enfants dans la grande compétition où il faut être le premier, celui qui réussit : à 5 ans si tu ne parles pas 3 langues tu n’as pas réussi ta vie…

 

Michele Serra Les Affalés Flammarion

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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 06:00
www.la-peche-a-pied.fr

www.la-peche-a-pied.fr

Combien de citadins, combien de citadines, au camping des flots bleus, à l’hôtel des flots bleus, à la résidence des flots bleus, loin du macadam, des senteurs de gas-oil, des camarades de boulot, s’emmerdent grave et en ont ras-le-bol de jouer au scrabble ou de faire des parties de raquettes où la balle s’égare en des lieux difficiles d’accès ?

 

Je ne sais, mais si vous êtes au bord de la mer ou de l’océan, situation ultra-majoritaire, il est un loisir à votre portée où que vous soyez, en Manche, Mer du Nord, Atlantique et Méditerranée, c’est la pêche du bigorneau qui ne présente aucune difficulté, elle est à la portée de tous, même sous la pluie… Le coquillage vit en colonies importantes dans les secteurs rocheux recouverts de varech et sur les plages de galets et de pierres.

 

Il suffit de se pencher, c’est de la pure cueillette.

 

Faudra tout de même reconnaître un bigorneau, des autres escargots de mer. Il mesure entre 1 et 3 cm pour les plus beaux spécimens. Sa coquille est uniforme de couleur noire dans l'eau et grise au sec avec des reflets bleu vert. Des rayures régulières suivent la forme spiralée de la coquille.

 

Si le coquillage est d'un gris non uniforme, vert, jaune, blanc ou tout autre couleur, ce n'est pas un véritable bigorneau noir.

 

Regardez la vidéo, le monsieur il vous explique tout ça pour ne pas vous gourrer.

 

Pour faire genre science : « Littorina littorea, le bigorneau, est un mollusque marin à qui son apparence vaut le surnom d'escargot de mer. Il fait partie des littorines. Il porte également d'autres noms comme le bourgot, la littorine commune ou le vignot ; en anglais il se nomme Periwinkle. »

 

« Le bigorneau a le corps mou et une coquille en spirale, conique et pointue. Il rampe sur son pied en broutant des bouts d'algues, en particulier d'algues vertes comme des ulves, dont la laitue de mer (Ulva lactuca). Le bigorneau est un gastéropode rugueux au toucher dont la couleur est variable. La taille dépend de sa provenance. »

 

Du côté cuisson, attention il faut faire vite :

 

  • Y’a la méthode eau bouillante : vous les plongez dedans et lorsque l’ébullition reprend, selon la grosseur de la bestiole, 2 à 3 mn pas plus.

  • Y’a la méthode eau froide : vous les plongez dedans et vous comptez 3 à 4 mn selon la taille de vos bigorneaux.

L’eau doit être salée et accompagnée d’un bouquet garni.

 

Il vaut mieux un bigorneau al dente qu’un trop cuit car son extraction déjà compliquée avec une aiguille devient quasiment impossible.

 

Pour bigorner dans le langage popu à l’origine c’est discuter des points de détail ou se disputer futilement. C’est aussi, dans un langage plus familier abîmer, endommager.

 

« Avez-vous su que Petit-Louis a été bigorné ? […] Il a pris une balle en plein dans le carafon, une quinzaine avant l'armistice. »

 

Enfin, pour faire très Figaro vins : que boire avec les bigorneaux ?

 

L’apéro !

 

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 08:00
J’suis pas plus con qu’un autre. « N’essayez pas de changer le monde : changez de monde ! »

Ce n’est pas moi qui le dis, de moi, c’est Henry Miller qui l’écrit, de lui, dans un court texte, écrit en français.

 

En ce qui me concerne, plus ça va plus j’ai le sentiment du contraire face à l’évolution du monde, de mon pays, quand je lis ce que je lis, entends ce que j’entends, vois ce que je vois, je me sens de plus en plus à côté de la plaque, et je me trouve de plus en plus con de prendre autant les choses à cœur. Je pense de plus en plus : casse-toi pauvre vieux con ! Fais de la place à la cohorte des jeunes ou aux proclamés tels !

 

C’est une petite merveille.

 

Son ami, Joseph Delteil, le dit mieux que quiconque « il s’agit d’écrire tout nu comme le premier homme, celui qui inventa voyelles et consonnes, et les épingles pour. Le péril de l’écriture c’est la prolixité, la redondance, les finasseries… »

 

« Le grand écrivain c’est l’ignorant de génie, qui ne sait rien mais comprends tout. »

 

« La langue des hommes comme son pain est devenue une apparence, qui ne nourrit plus » note Trémolières dans Partager le Pain.

 

Et Delteil d’ajouter « Elle a besoin d’un peu de bouse de vache, d’un peu de folie »

 

Et Miller d’écrire « En général, j’aime ceux qui sont un peu, ou largement, fous L’imbécile, non ! L’idiot, oui ! Il y a une grande distinction entre les deux. D’être fou, c’est être poète. Ce sont les imbéciles qui gouvernent le monde. Vaut mieux avoir des simples à la législature que les gens d’aujourd’hui, des rats, des punaises ! »

 

« Nous nous souviendrons des auteurs qui nous ont donnés de la joie plus longtemps que ceux qui nous ont fait penser. »

 

« À la fin du Sept Samouraïs le chef des samouraïs dit à son compagnon – « Regardez ! (Il pointe dans la direction des paysans qui ont commencé à jouer de la flute et à danser) Ce sont eux, les paysans qui sont toujours les victorieux. »

 

« Un bruit que donne les frissons ce sont les sanglots dans le silence de la nuit… »

 

« J’aime bien ce mot sanglot. Je l’aime mieux que le mot sob en anglais. »

 

« Tout récemment à l’âge de quatre-vingt-deux, je commençais à sangloter à la fin d’un vieux film de FelliniLes Nuits de Cabiria. Je dis j’ai sangloté. Mais j’ai fait plus. J’ai pleuré et ne pouvais m’arrêter pendant vingt minutes. Cela m’a fait tellement du bien ! Je voudrais pouvoir voir chaque jour un film qui me ferait sangloter. »

 

Terminons par cette merveilleuse phrase de St François d’Assise « N’essayez pas de changer le monde : changez de monde ! »

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 07:00
FICHE ANTHROPOMÉTRIQUE du n°1 d’EN MAGUM de Bettane&Dessauve

Comme je ne suis qu’un pauvre petit blogueur insolent dépourvu de surface médiatique, au contraire du rédacteur-en-chef d’En Magnum, je n’ai pas eu le privilège de recevoir le N°1 de ce nouveau-né de la presse du vin en service de presse.

 

Face à mes intenses regrets, ma grande affliction, un vigneron compatissant, m’a expédié par la Poste l’exemplaire qu’il avait acheté, pour un usage dont je tairai la destination, merci à lui.

 

Je l’ai reçu le jour où je partais me balader en Suisse j’ai donc déposé EN MAGNUM dans mon sac de voyage. Seule critique que j’oserai formuler : pas pratique le format qui me semble plutôt destiné aux salles d’attente des professions libérales qu’aux lecteurs nomades.

 

Après examen et lecture, sans problème vu le nombre de pages à lire, j’ai estimé qu’il y avait si peu ou pas de grains nouveaux à moudre et que ça ne valait pas le coup de chroniquer.

 

Si par hasard, l’un ou l’une de vous, ayant acquis honnêtement le N°1 d’EN MAGNUM, et qui ne s’est pas contenté de visionner les images, veut se fendre d’un point de vue je suis preneur.

 

Merci par avance.

 

Moi je me contente de vous communiquer la FICHE ANTHROPOMÉTRIQUE d’EN MAGUM

 

POIDS : 445 g

 

HAUTEUR : 34 cm

 

LARGEUR : 23,5 cm

 

130 pages officielles

 

38 pages de publicité dont la 4e de couverture (dont 12 Bordeaux, 8 champagnes, 6 Provence…

 

26,5 pages de textes signés plus l’édito de Thierry Dessauve.

 

Le reste photos, 7 pages de notes de B&D sur les Primeurs de Bordeaux 2014 (rien au-dessous de 15,5/20, 4 pages champagnes d’été, 4 pages 60 nuances de plaisir pas cher) et 1 page pour 1BD…

 

Prix : 5,90€

FICHE ANTHROPOMÉTRIQUE du n°1 d’EN MAGUM de Bettane&Dessauve
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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 09:35
Quand les philosophes « s’emmêlent », Onfray le Grand et Olivier Assouly le Petit, le vin nature devient Simplet

Comme j’ai fait Philo pour le bachot je me suis tapé l’enseignement de la philo, à l’Institution Amiral Merveilleux du Vignaux, de l’abbé Raguet, dit «la braguette», un petit homme tout boulot, ensoutané. Pas très sexy la philosophie avec lui, alors je me suis fait mon petit baluchon tout seul. Ce cher abbé, frère du notaire de la Mothe-Achard, a très vite considéré que mon cas était désespéré et m’a foutu une paix royale.

 

La Philo m’a donné mon bachot, 18 sur 20, coefficient 9, ça douillait beaucoup de points pour avoir disserté sur « Pourquoi les animaux ne parlent-ils pas ? »

 

Sans trop ironiser aujourd’hui je me dis « pourquoi les philosophes d’aujourd’hui parlent-ils autant ? »

 

Nos philosophes, et nous en avons un beau paquet, sont des graphomanes invétérés, spécialistes des tribunes, des signatures de pétition, ils forment une corporation haut placée, au-dessus de la vile mêlée, qui a des points de vue sur tout et le contraire de tout. Ce sont les nouveaux curés du XXIe siècle qui nous dispensent depuis le haut de leur chaire le fruit de leurs pensées élevées, tracent la ligne rouge entre le bien et le mal, pointent du doigt nos péchés et, suprême bonté, nous accordent des indulgences face à notre indigence.

 

Ces gens-là ils ont du vocabulaire et ils ne se privent pas de nous l’asséner.

 

Tout ça est parti de l’irruption dans le PAF au cours des années 70 des « Nouveaux Philosophes » BHL en tête suivi d’André Glucksmann, Christian Jambet, Guy Lardreau, Jean-Paul Dollé, des qui ont plus ou moins bien tourné.

 

Des engagés qui étaient ces gars-là, dignes continuateurs du père Sartre juché sur son tonneau aux usines Renault de l’Ile Seguin.

 

Y z’ont fait des petits ! Le plus connu, le plus prolifique est sans contestation le bonze du Bocage normand, Michel Onfray, l’épicurien à la triste figure, le GO de l’Université populaire pour retraités en déshérence et, surtout, grand amateur de vins bien nés, tendance réac bien affirmée.

 

Dans Cosmos il taille un costar aux biodynamistes : «L'exemple anthroposophique du vin biodynamique montre qu'il faut se contenter de ce que la nature nous montre…»

 

« Mais, en cela, le fil s’est rompu entre le païen et l’athée moderne, qui vilipende par ailleurs la pensée magique présente dans toute sacralisation de la nature (diatribe appuyée, et très drôle, contre les théories biodynamiques dans la viticulture). »

 

Là, nous sommes dans la cour des Grands, laissons notre bas-normand à ses dégustations convenues en compagnie de la fine fleur des GCC et intéressons-nous à l’étage du dessous Olivier ASSOULY Philosophe, spécialiste de l'alimentation et du goût.

 

La philosophie mène à tout même à table, et notre Assouly « analyse cuisines et dépendances, à l’aune de Rousseau, Kant, Cicéron, Benjamin ou Artaud… » tout ça dans le Libé du brave Patrick Drahi qui a un sacré appétit.

 

Permettez-moi de rire un chouïa…

 

Ha! la typicité gustative...

 

Ha ! la posture ampoulée et bourgeoise, identifiée à la tradition viticole du notable bordelaise… ça fait très lieu commun réducteur tout ça et je ne sais pas où se niche la philo.

 

Bref, le sieur Assouly, qui n’écrit pas que des conneries, loin s’en faut, devrait confronter ses puissantes pensées à l’épreuve d’u réel un peu plus nuancé.

 

« JE PANSE DONC JE SUIS » telle est sa devise !

 

En plus Assouly boit.

 

Ça va faire plaisir au Président Farge.

 

«Vins naturels» : un cépage se tourne titre très Libé !

 

Mais là ça se gâte et ça mets Antonin, le Pape des vins nus reconnu même par la RVF de ce cher Denis Saverot, dans tous ses états…

 

La bande annonce racoleuse comme toujours à Libé :

 

« En voulant créer un nouveau produit, plus simple à aborder pour les non-connaisseurs, le monde viticole se dirige vers un modèle de goût uniformisé, quitte à perdre des saveurs en route. »

 

Et pourtant ça commençait bien avec citation de Deleuze à l’appui, on n’est pas philosophe pour rien, hein !

 

« Si l’on considère le monde du vin, un phénomène aux antipodes d’une viticulture industrialisée grandit en France - et maintenant dans d’autres pays - avec l’essor d’une viticulture alternative. Tendance qui s’exprime bien au-delà de la dénomination retenue de «vins naturels». Portant en creux un engagement éthique et politique, ces vignerons dissidents refusent l’usage de produits chimiques, utilisent des levures naturelles issues du raisin et soufrent peu leurs vins. Certes, ils ne forment qu’un groupe minoritaire. Mais la force d’une minorité, selon Gilles Deleuze, n’est-elle pas de «forger exemplairement les moyens d’une autre conscience et d’une autre sensibilité» (1) ? En cela, être innovant, voire révolutionnaire, n’implique pas de renverser le rapport de forces à son avantage. Pour preuve, actuellement, l’aura des vins naturels repose, d’un côté, sur le discrédit d’un système agrochimique et, de l’autre, sur la confiance que lui accordent des cavistes, des sommeliers, des restaurants et des amateurs, qui y trouvent l’incarnation d’un modèle enfin désirable de culture et de transformation de la vigne. »

 

Entre les 2 y’a ça 

 

La conclusion est du tonneau de ces philosophes du 3e type qui se piquent de technique et bien sûr d’économie. Un vrai bijou à encadrer.

 

« À terme, en tarissant une source de diversité gustative, ce sont nos propres aptitudes à juger qui s’émoussent. Toute simplification des saveurs et du jugement, poussée à l’extrême au nom de la démocratisation d’une culture élitiste, fait le jeu de la massification d’un marché. A l’avenir, sans doute qu’il importe de refuser toute posture, que ce soit une tendance à la complaisance sectaire ou une signature gustative supposément rebelle, mais stéréotypée et normalisatrice. Dépasser le premier stade, nécessaire et vertueux, de l’enfance impose de se préserver des idées reçues et des dogmes, pour convertir autrement la force extraordinaire des premiers jaillissements. On ne saurait négliger que le vin est un jeu culturel, sérieux à l’aune de ses enjeux écologiques et sanitaires, également un loisir contraint de s’assumer comme objet du goût, superflu, pourvoyeur de plaisir, avec les obligations qui lui incombent : enrichir, densifier, exercer la sensibilité gustative, éveiller et renforcer le sens critique, étendre et parfaire une palette gustative, rendre la dégustation réjouissante. Sans quoi, au lieu de goûter tel ou tel vin, l’on consommera «du vin nature» comme une marque, réduite au rang d’une qualité relativement constante et d’un segment de marché, sous-ensemble intégré d’un système toujours dominant. »

 

Pauvre Sartre, père fondateur de Libé, il doit se retourner dans son caveau… en lisant cette philosophie de caveau…

 

Désolé, pas mieux…

 

 

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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 06:00
À qui appartient « Le Sud de France » ? Pour moi sans contestation à Nino Ferrer !

L’appropriation par les Languedociens de la dénomination « Sud de France », pour en faire une marque, dite ombrelle, m’a toujours étonné car dans l’imaginaire de beaucoup le vrai Sud est ailleurs sur les plages de la mythique « Côte d’Azur » on l’on descendait par la célèbre Nationale 7. Et puis, n’étant pas à un paradoxe près, les Français attribuaient au Sud-Ouest un goût de Sud, sans doute pour son « bien manger » et sa douceur de vivre. Ironie de l’histoire le Languedoc-Roussillon va se fondre dans le Midi-Pyrénées, la capitale régionale migrer à Toulouse, et il n’est pas sûr que la marque « Sud de France » couvre ce vaste territoire. Ainsi va la France des clochers !

 

« Le Sud » dernier grand succès de Nino Ferrer dandy hanté par le soleil noir de la mélancolie qui nous quittait un 13 août de 1998, à deux jours de ses 64 ans.

 

Il a choisi sa fin et le lieu de sa fin : un champ de blé fraîchement moissonné, un bouquet d'arbres qu'il avait peint. Il a visé le cœur, à quelques kilomètres de là où il vivait le domaine de la Taillade à Saint-Cyprien. Il a laissé une lettre pour les siens. Secret absolu, irréductible à tout, détermination implacable.

 

L’argent, les femmes, l'amitié de ses pairs, l'admiration d'une génération, Nino connaissait mais, en lui, par-delà « son allure solaire, son rayonnement de grand blond aux yeux clairs, athlétique et fin, délié, par-delà son goût de la séduction et du partage, du rire, de la démesure, un désespoir profond, quelque chose de ténébreux et d'inconsolé. Jamais il ne s’est reconnu : « ce ne sont jamais les chansons qu'il aimait le plus qui marchaient, et le plus souvent les albums les plus élaborés étaient écrasés par un titre qui triomphait en 45 tours. »

 

« C'est exactement ce qui advint avec Le Sud, si belle composition, si délicate épiphanie d'une vie heureuse et simple. »

 

« Le Sud va triompher en 1975 et se vendre à plus d'un million d'exemplaires. «Elle fut immédiatement considérée comme un classique», dit Christophe Conte, coauteur avec Joseph Ghosn d'une biographie précise (Éditions No 1, 2005). 

 

« En 1973, lorsque Nino Ferrer la compose, il ne vit pas en­core dans le Lot. Mais dans une superbe maison de Rueil-Malmaison, une demeure d'apparence coloniale, La Martinière ! Une maison du Vieux Sud à l'américaine. Ce qui convient parfaitement à ses rêves et à sa formation première. Sa musique, c'est le jazz, qu'il a appris tout seul, alors qu'il étudiait à la Sorbonne l'ethnographie, l'archéologie, la préhistoire… parce qu'il veut devenir… explorateur! »

 

« Pour enregistrer cette pépite, le chanteur s’est entouré du guitariste irlandais Micky Finn, un vieux complice dans lequel il a trouvé un alter ego, et de Leggs, groupe d’Anglais qui lui a amené dès le début des seventies la culture du rock. « On avait de très bons rapports avec Gilbert Montagné et Nino avait décidé de travailler avec ses musiciens, se rappelle Kinou Ferrari, l’épouse de Nino Ferrer. Mais ce qui a bien fonctionné pour Gilbert n’a pas du tout marché pour Nino. Au bout de quinze jours, les choses ne venaient pas. On a donc rappelé les Leggs et dès lors, tout est allé très vite : en un mois et demi, l’affaire était pliée. »

 

« Dans une interview d’août 1979, le chanteur indique avoir choisi Blanat, ce "vieux château isolé au bout du monde" parce que "c’est la planète Mars d’où l’on voit très bien ce qui se passe sur terre". "On peut donc l’oublier complètement et se plonger dans la musique", précise-t-il. C’est bien cette aventure qui a mené Nino Ferrer dans le sud de la France. C’est à deux heures de route de Blanat, dans une grande bâtisse du XVIIe siècle situé au lieu-dit La Taillade, qu’il vivra sa retraite à la campagne de la fin des années 70 jusqu’à son suicide, le 13 août 1998. »

 

« Nous avons amené avec nous notre bulle. Nino continuait d’enregistrer ses albums et de créer ici »

 

Savoir tirer sa révérence à temps, en voilà un vrai défi pour une vie !

 

Sources :

 

- Le Sud de Nino Ferrer 

 

 

Le Sud de Nino Ferrer 15 ans après sa disparition

 

 

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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 06:00
Le mariage heureux de Veni Verdi avec le meilleur de l’Italie d’Alessandra Pierini : Pesto de Genovese made in Taulier…
Le mariage heureux de Veni Verdi avec le meilleur de l’Italie d’Alessandra Pierini : Pesto de Genovese made in Taulier…

Alphonse Allais voulait que l’on construise les villes à la campagne, Veni Verdi fait venir la campagne sur le toit des villes pour y faire pousser des salades, des petits légumes, des herbes aromatiques, accueillir des ruches pour faire du miel ; mais aussi occuper des espaces en friche dans le périmètre de collèges, de résidences ou même dans la rue...

 

Le concept d’agriculture urbaine est réinventé par Veni Verdi 

 

« L’agriculture urbaine est un melting-pot, voici le nôtre, tout comme le concept il n’est pas figé, nous nous adaptons au contexte »

 

Faire pousser un légume en ville, en voilà une drôle d’idée… me direz-vous !

Le mariage heureux de Veni Verdi avec le meilleur de l’Italie d’Alessandra Pierini : Pesto de Genovese made in Taulier…Le mariage heureux de Veni Verdi avec le meilleur de l’Italie d’Alessandra Pierini : Pesto de Genovese made in Taulier…
Le mariage heureux de Veni Verdi avec le meilleur de l’Italie d’Alessandra Pierini : Pesto de Genovese made in Taulier…
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Pour Veni Verdi il s’agit d’amener le plus grand monde possible à cultiver, pour agir sur notre environnement, notre biodiversité, nos relations sociales, notre autonomie alimentaire, installer une une nouvelle économie.

 

Agir donc !

 

Les premières actions en faveur de l’agriculture urbaine se sont tournées vers les habitants.

 

Depuis 2012, Veni Verdi a accompagné dans leur création et installation 4 jardins partagés, 2 jardins scolaires et il continuera de le faire auprès de tout habitant ou bailleur qui souhaiterait créer un jardin au sein de sa résidence.

 

La création de jardin partagé est l’une des réponses à plusieurs de nos maux sociaux d’humanus urbanus que nous sommes devenus. Une aire de culture alimentaire, de rencontres, de jeux, d’échanges, de repos, de bricolage…

Le mariage heureux de Veni Verdi avec le meilleur de l’Italie d’Alessandra Pierini : Pesto de Genovese made in Taulier…
Le mariage heureux de Veni Verdi avec le meilleur de l’Italie d’Alessandra Pierini : Pesto de Genovese made in Taulier…Le mariage heureux de Veni Verdi avec le meilleur de l’Italie d’Alessandra Pierini : Pesto de Genovese made in Taulier…Le mariage heureux de Veni Verdi avec le meilleur de l’Italie d’Alessandra Pierini : Pesto de Genovese made in Taulier…
Le mariage heureux de Veni Verdi avec le meilleur de l’Italie d’Alessandra Pierini : Pesto de Genovese made in Taulier…Le mariage heureux de Veni Verdi avec le meilleur de l’Italie d’Alessandra Pierini : Pesto de Genovese made in Taulier…
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En 2014 Veni Verdi se fait agriculteur en ville, maraîcher, apiculteur…

 

Les 165 m2 du toit du collège Matisse (Paris 20e) les accueillent depuis le mois d’avril 2014

 

Le projet d’aménagement des espaces cultivables du collège Pierre Mendes France (Paris 20e) est engagé et productif.

 

Les objectifs fixés en 2013 sont se sont concrétisés.

 

D’autres projets sont en chantier…

 

3 idées principales guident les projets de Veni Verdi :

 

  • Expérimenter une installation agricole en milieu urbain.

  • Mettre en place un système économique global, local et viable.

  • Créer un pôle artisanal.

L’objectif étant de produire en créant 3 types de culture :

 

  • Céréalière,

  • Maraichère,

  • Osiéricole (travail de l’osier)
Le mariage heureux de Veni Verdi avec le meilleur de l’Italie d’Alessandra Pierini : Pesto de Genovese made in Taulier…Le mariage heureux de Veni Verdi avec le meilleur de l’Italie d’Alessandra Pierini : Pesto de Genovese made in Taulier…
Le mariage heureux de Veni Verdi avec le meilleur de l’Italie d’Alessandra Pierini : Pesto de Genovese made in Taulier…

Comme je suis fou du Pesto de Genovese j’ai donc décidé de m’approvisionner :

 

  • En pignons, huile d’olive, Parmigiano Reggiano et Pecorino sarde chez Alessandra Pierini

Pesto genovese par Alessandra Pierini

 

  • 4 bouquets de basilic D.O.P frais de Ligurie
  • 30g de pignons
  • entre 45g 60g de Parmigiano Reggiano D.O.P.affiné 24 mois râpé,
  • entre 20 et 40g de Pecorino sarde (Fiore Sardo D.O.P. ) râpé
  • 1 à deux gousses d'ail de Vessalico
  • 10g de gros sel marin
  • 60 à 80cl d'huile d'olive extra vierge de la Riviera ligure D.O.P, délicate et parfumée.

Au mortier (pour les puristes, en marbre avec le pilon en bois): écraser sur le fond la gousse d'ail avec les pignons. Ajouter les feuilles de basilic entières et quelques graines de sel et continuer à piler par mouvements circulaires de manière à obtenir une sorte de pâte. Quand le basilic commence à libérer un jus vert brillant, il faut rajouter les fromages. Verser en filet l'huile d'olive tout en mélangeant pour que la pâte devienne plus crémeuse.

 

L'opération doit se terminer assez rapidement pour éviter l'oxydation des ingrédients.

 

La cuisine de la Riviera italienne Alessandra Pierini 

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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 06:00

De mon vélo je vois tout ce qui s’affiche à Paris.

 

Sur les colonnes Morris on annonce le film de Philippe Le Guay Floride avec Jean Rochefort et Sandrine Kiberlain, et que vois-je au flanc de l’auto bleue décapotée : Floride S.

La Floride S de Gil Delamare à Jean  Rochefort… souvenir du Taulier…

« La Renault Floride était une voiture à deux portes coupé ou cabriolet fabriquée par le constructeur Renault à partir de 1958 et dessinée par Pietro Frua. Dérivée de la Dauphine, la Floride en possédait le moteur arrière et le soubassement. »

 

Pas un modèle de tenue de route !

 

Flash, zoom arrière, souvenir que lors du tournage du film Le Saint prend l'affût (1966) de Christian-Jaque, qui se déroulait sur une portion de l'Autoroute du Nord en construction, l'une des scènes dans laquelle il doublait Jean Marais comportait un « tête à queue ». Malheureusement, le revêtement neuf était trop accrocheur. Il aurait été possible de recouvrir la chaussée de gravillons pour faciliter le dérapage de la Renault Floride S décapotable que Gil devait conduire, mais ceux-ci étaient trop clairs et se seraient vus. Le temps pressant, Gil Delamare décida néanmoins de poursuivre, avec les cascadeurs Gaston Woignez et Odile Astier à ses côtés. Aux alentours de 17h50, la voiture, au lieu de glisser, ripa, un bras de l'essieu arrière se brisa, projeta la voiture qui partit en tonneaux, éjectant les passagers et coinçant Gil, le tuant net. »

 

Voilà c’est ainsi les souvenirs.

La Floride S de Gil Delamare à Jean  Rochefort… souvenir du Taulier…
La Floride S de Gil Delamare à Jean  Rochefort… souvenir du Taulier…
La Floride S de Gil Delamare à Jean  Rochefort… souvenir du Taulier…

« À quatre-vingts ans passés, Claude Lherminier n'a rien perdu de sa prestance. Costume de lin blanc, foulard de couleur, nous le retrouvons dans un avion qui décolle pour la Floride : sur un coup de tête, Claude s'est décidé à rendre visite à sa fille cadette, Alice, mariée à un Américain et installée à Miami. Très vite, nous revenons en arrière et décrivons les semaines qui ont précédé le voyage de Claude. L'aînée de ses filles, Carole, est la mère d'un fils de vingt ans. Matériellement, affectivement, les choses ne sont pas faciles pour elle. Et c'est elle qui est dans l'obligation de s'occuper de son père, en proie à des troubles de mémoire. Il est difficile de statuer sur l'état de confusion de Claude. Parfois, il surjoue ses absences, en profitant pour tyranniser son monde. À d'autres moments, au contraire, il est réellement perdu, confondant les visages, les lieux, et même les âges de sa vie. Le décalage parfois drôle ou cocasse des débuts laisse peu à peu place à la détresse de ses proches. »

 

Delphine Legouté

 

Jean Rochefort est un homme du genre "en roue libre". Et Rachida Dati en fait les frais dans Le Point du 6 août. Alors que le magazine l'interroge sur ses films à venir et lui fait remarquer que le prochain - qui évoque les rapports entre un amateur d'art contemporain et un cordonnier - parle de "grand écart social", l'acteur décide de se lâcher contre la maire du 7e arrondissement parisien dans lequel il réside.

Motif de son courroux : une invitation à une fête organisée par la mairie pour tous les habitants de l'arrondissement, et que sa concierge n'aurait pas reçue. Il raconte :

C'est surtout comme Rachida Dati qui envoie une invitation pour une grande fête à tous les habitants du 7e arrondissement. Moi, je la reçois. Mais pas la dame qui est gardienne chez nous. Elle travaille, paie ses impôts et a élevé cinq enfants qui ont merveilleusement réussi - trois ont fait Sciences po. C'est une mère Courage, mais elle n'est pas invitée. Pourquoi ? C'est ignoble, non ? moi ça me révolte.
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7 août 2015 5 07 /08 /août /2015 06:00
chantalflury3unblogfr.unblog.fr

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Nostalgie quand tu nous tiens, certains l’égrène à longueur de chroniques sur la Toile, le c’était mieux avant peuple les rêves d’un peuple vieillissant. Je m’y adonne aussi mais je ne conchie pas pour autant notre temps.

 

Même dans un monde qui change il est toujours possible de s’adonner, de se laisser aller à la contemplation, et les cafés, surtout leurs terrasses, sont encore des lieux où il est possible de se livrer à ce beau et merveilleux passe-temps.

 

Aragon, dans le Mauvais Plaisant, s’emportait :

 

« Je vais donc au café parce que cela me chante. Il passe plus de femmes dans les cafés que n’importe où, et j’ai besoin de ces allées et venues de femmes. J’ai besoin de l’éventail des robes dans le long chemin de mes yeux… »

 

Je n’ai jamais été un adepte des bistrots ou du café du coin, sauf de quelques petits rades fréquentés par de jolies plantes, mais un grand amateur des brasseries, avec leurs banquettes en skaï rouge, leurs chaises Thonet, leurs grands miroirs, avec leur terrasse protégée, leurs fauteuils en osier, leurs tables guéridons au plateau de marbre cerclé, leurs garçons au long tablier, leur caissière, leur décorum années 2O. C’était le lieu des bourgeois éclairés, des intellectuels engagés, des désœuvrés qui venaient « tuer le temps », voir défiler les jolies femmes, ces passantes qui déambulent sur les trottoirs, ses jambes de femmes, chères à François Truffaut, qui « sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie »

 

Là encore sans tomber dans la nostalgie, la plupart des grandes brasseries iconiques de Paris sont devenues des boites à touristes singeant un passé englouti.

 

Reste qu’il est toujours possible de fréquenter les derniers îlots de résistance ou d’exercer ses envies de contemplation, comme je le fais, sur des terrasses :

 

Dans son « Guide des jolies femmes de Paris » Pierre-Louis Colin l’affirme : 

 

« Les plus grandes merveilles de Paris ne sont pas au Louvre.

 

Les plus grandes merveilles de Paris sont rue Montorgueuil. Là, dans une ambiance étourdissante de feu d’artifice et de jardin d’Éden, les jeunes femmes les plus belles arborent les tenues les plus indécentes et font admirer au rythme de leurs pas pressés des jambes nues et des poitrines hautes. Là, les fesses rebondissent en souriant, les teints hâlés distillent des promesses de luxure et des voilages légers laissent deviner jusqu’à l’extase des petits tétons sautillants.

 

La règle du jeu est simple, rue Montorgueuil : le mouvement compense l’impudeur. Le rythme urbain donne en effet à cet étonnant spectacle une furtivité permanente et lui impose une tension inouïe. À peine entr’aperçues, les filles disparaissent à jamais, laissant au spectateur haletant le sentiment d’un holocauste perpétuel. Dans chaque silhouette qui s’éloigne résonne ainsi tout le tragique de l’humaine condition : la finitude de l’expérience et l’irrémédiable cruauté du temps. »

 

« La profonde originalité du contemplateur en ces temps consuméristes : sa quête n’est pas de possession. Elle se nourrit de l’instant, elle sait la vanité des choses et c’est dans la certitude du destin contraire qu’elle trouve sa plus sûre motivation. Le contemplateur verse de l’eau sur le sable sans espoir d’y créer une flaque, juste pour la voir scintiller avant de disparaître. Il est semblable à ces rares amateurs qui parcourent les musées sans se sentir obligés d’en ressortir les bras chargés de guides ou de cartes postales. Il sait que l’on ne thésaurise pas ses émotions, pas plus que l’on ne possède la beauté qui passait.

 

« Y-a-t-il plus belle preuve d’amour qu’un amateur conscient de toutes les beautés de la rue et décidé, à la lumière de cette enivrante multitude, à en adorer une seule ? »

 

La réponse est dans la question : je n’ai pas l’esprit d’un collectionneur, j’en aime qu’une seule…

 

Légende de l'illustration 

 

« Claire sortit pour se promener et voulu boire une boisson fraîche. Lorsqu’elle s’arrêta dans un café, elle laissa sur son passage un sillon de parfum et des hommes se retournèrent pour la contempler.

 

Indifférente, Claire s’assit en terrasse et absorbée dans ses pensées prit un livre et commanda un grand verre de lait fraise. Le soleil dardait ses rayons et lui caressait la peau. Claire leva la tête un moment et rêva… »

Claire.

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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 06:00
GRAS

Le gras je connais !

 

Je suis né au pays du beurre salé, puis j’ai découvert bien plus tard l’huile d’olive.

 

Gamin j’adorais, et j’adore toujours, le gras du jambon blanc comme celui du jambon cru, salé au gros sel et frotté à l’eau de vie par mon père puis, enveloppé dans un linge, séché au coin de la cheminée.

 

Même si nous ne mangions pas beaucoup de viande rouge au Bourg-Pailler, j’adorais les viandes persillées et les volailles grasses, ça m’est resté.

 

Et puis, bien plus tard, j’ai découvert le lard de Colonatta

 

En un mot comme en 100 j’aime beaucoup le goût du bon gras de braves bêtes, bien traitées et bien nourries, à qui on a laissé le temps d’engraisser, comme celui d’un bon beurre cru de baratte ou d’une huile d’olive d’artisan, mais ce n’est pour autant que, contrairement à certains gras du bide, qui exhibent leur bedaine proéminente comme un trophée (eux ne sont pas comestibles et je plains leur compagne), je n’en fais pas l’alpha et l’oméga de la résistance des braves français aux invasions barbares d’une alimentation plus en phase avec la vie moderne. La vie de bureau n’est pas tout à fait la même que la vie au grand air de nos pères.

 

Si j’aime le bon gras je ne conchie pas ceux qui ne l’aiment pas. Je n’adhère à aucune religion monothéiste, toutes pratiquent l’exclusion et une forme plus ou moins forte de terrorisme intellectuel.

 

Si ce matin je vous parle du GRAS c’est parce qu’il s’est retrouvé à la UNE des médias car pour des scientifiques de l’Université de Purdue (États-Unis), le goût du gras devrait être considéré comme la sixième saveur de base comme le sucré, le salé, l’acide, l'amer, l’umami (le savoureux)…

 

Ces scientifiques de l'université Purdue, dans l'Indiana, souhaitent ainsi que le goût du gras soit placé au même rang que le sucré, l'acide, l'amer, le salé et l'umami. Ils proposent même de le nommer « oleogustus », du latin oleum, huile, et gustus, goût.

 

Oleogustus: The Unique Taste of Fat

 

Le gras donne des « textures agréables aux aliments »

 

« La plupart des graisses que nous consommons se trouvent sous la forme de triglycérides, des molécules formées d'acides gras », explique Richard Mattes, professeur de sciences de la nutrition à l'université Purdue et principal auteur de ces travaux. « Les triglycérides donnent des textures agréables aux aliments comme, surtout, l'onctuosité, mais ne sont pas vraiment des stimulants gustatifs », précise-t-il.

 

À faibles doses, le gras peut améliorer la saveur

 

« Le goût de ces acides gras lui-même n'est pas plaisant et quand leur concentration est élevée dans des aliments, il y a un phénomène de rejet par la personne qui les consomme, comme si la nourriture était rance », relève le professeur Mattes, qui étudie les mécanismes et les fonctions du goût.

 

Mais, selon lui, à faibles doses, le goût de ces acides gras peut améliorer la saveur, tout comme des substances amères peuvent donner une touche exquise au vin, au café ou au chocolat. »

 

Michel Sarran, chef d’un restaurant deux étoiles à Toulouse, s’interroge.

 

« Je ne suis pas convaincu l’utilisation du mot « saveur » pour du gras. Rond, long, le goût du gras a bien des effets sur notre palais, mais ils sont si multiples qu’il est difficile de les identifier précisément. L’huile d’olive ne procure pas la même sensation que le beurre.

Le gras n’est pas réellement une saveur, mais plutôt un support de saveurs. Il est certes molléculairement identifiable, mais son rôle est surtout d’accrocher les autres saveurs.

Un aliment dégraissé à outrance perd en goût, mais le gras ne fait pas tout. Ce qui compte, c’est ce qu’il apporte au plat. »

 

L'intégralité de l'interview ICI 

 

Outre cette étude, le chercheur et son équipe ont analysé des données provenant d'un millier de participants, portant sur la génétique de la saveur du gras.

 

La biologie moléculaire a montré que le salé et l'acide étaient très proches l'un de l'autre et se distinguaient fondamentalement du sucré et de l'amer. Les récepteurs du sucré et de l'amer sont en effet très différents de ceux de l'acide et du salé, expliquent les scientifiques. Les premiers font partie des récepteurs couplés aux protéines dites G (RCPG) dont la découverte a valu le prix Nobel de chimie aux américains Robert Lefkowitz et Brian Kobilka en 2012.

 

La découverte sur le goût unique des acides gras pourrait aider l'industrie agroalimentaire à produire des substituts. Jusqu'à présent, les produits de substitution ne faisaient que reproduire que la structure des gras, mais pas leur saveur, expliquent les chercheurs.

 

Ce n'est pas la première fois que des chercheurs s'intéressent à cette « sixième saveur ». Déjà en 2011, le Pr Nada A. Abumrad et son équipe de la Washington University School of Medicine estimaient que la langue était capable de discerner la présence de gras (1). Des chercheurs australiens soutenaient quant à eux, avoir des preuves suffisantes pour considérer le gras comme un goût, dans une étude publiée en février dernier. Par ailleurs, ils avaient établi un lien entre sensibilité gustative aux acides gras et obésité.

 

source : doctissimo

 

(1)La langue détecterait une 6ème saveur : le gras 

 

(2)Le gras, bientôt sixième saveur primaire ? 

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