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10 mai 2020 7 10 /05 /mai /2020 12:00

Entre 1988 et 1992, au cabinet du Ministre j’ai supervisé le dossier des courses dont nous étions, avec les rapiats du Budget, la tutelle conseillé par le chef du Service des Haras. Secteur économique méconnu, il apportait à la cagnotte de l’État, via le PMU, beaucoup  de pépètes ; de plus à l’époque ça finançait le fonds d’adduction d’eau des communes rurales. Lorsque j’en parlais à certains ils poussaient des hauts cris, les courses, le jeu, la perdition du petit peuple adepte du Tiercé, Quinté +. Monde étrange que celui des propriétaires, du côté galop les vieux du Jockey Club voisinaient avec l’Aga Khan, les fortunes pétrolières du Golfe et pour le trot les hobereaux normands emmené par Pierre de Montesson le fondateur de la Socopa.

 

Il m’arrivait d’aller le dimanche aux courses, Prix de l’Arc de Triomphe, Prix d’Amérique…

 

Un beau lundi de 1998, le chef du service des haras m’annonce que Sagamix, né en 1995, vient de remporter, le prix de l'Arc de triomphe.

 

Sagamix - France

 

Victoire française, fort rare, la « casaque grise-toque rose » de Jean-Luc Lagardère venait de faire taire ses détracteurs.

 

Je persuade à grand peine Louis Mermaz de se fendre d’un mot de félicitations. Ce qu’il fit. Nous reçûmes en retour un bristol ne portant que la mention du nom du haras avec les remerciements manuscrits du propriétaire.

 

Par la suite, lors de l’organisation de la première journée nationale du cheval j’ai rencontré Jean-Luc Lagardère dans ces bureaux du Rond-Point des Champs Elysées, le seul souvenir que j’en ai gardé ce sont ses chaussettes grises transparentes à la Chirac.

 

Affiche 60x80 Paris Match 2809 . Jean Luc Lagardere . | eBay

 

Bref, je vous raconte toute l’histoire à la fin de cette chronique.

 

Le petit Arnaud est dans la tourmente, il est harcelé par un fonds activiste Amber Capital ICI 

 

Le devenir d’Arnaud m’importe peu, ce qui vous vaut cette chronique c’est lors de l’AG à huis-clos, l'hilarante et vacharde question d'un petit porteur, Christopher Calmann-Lévy, à Arnaud Lagardère

 

Il s'appelle Christopher Calmann-Lévy. C'est un des descendants des deux frères Michel et Calmann Levy qui ont fondé la célèbre maison d'édition en 1836. Sa famille détient encore 15% du capital, aux côtés d'Hachette. A ce titre, il est administrateur de Calmann Levy SA. Il est aussi un petit actionnaire du propriétaire d'Hachette, le groupe Lagardère. A ce titre, il intervient régulièrement en assemblée générale pour critiquer le management d'Arnaud Lagardère. Cette année, l'assemblée générale se tenant à huis clos, il n'a pu s'exprimer de vive voix, mais par écrit. Sa question était si joliment tournée qu'elle en a fait rire Arnaud Lagardère lui-même:

 

« Monsieur le Président Lagardère, Depuis l’an 2012, je me suis transporté à chacune de nos nobles assemblées générales pour décliner mes apostilles sur votre gestion erratique, sur la confusion de vos intérêts personnels et de l’intérêt social du groupe Lagardère, ainsi que pour vous enjoindre de lever votre commandite, château-fort sans trésor à apporter en dot à vos sujets, brouillasse comptable et outil confiscatoire de la démocratie actionnariale. Je regrette que vous n’ayez jamais ouï mes suppliques que vous avez surtout accueillies avec une condescendance de petit écuyer agioteur. Et je déplore que la presse présente lors de nos assemblées générales ait été, à de trop rares exceptions, anesthésiée par votre faconde et les éléments de langage flagorneurs dispensés par vos troubadours soumis. En ce jour, vous, vos courtisans, les collaborateurs du groupe et nous actionnaires, petits et grands, nous nous retrouvons tous devant un margouillis immense car vous êtes désormais assis sur une bien inconfortable sellette, après avoir jeté la confusion et récolté l’opprobre en nous machinant un avenir d’incertitude, que le mal viral qui nous assaille actuellement assombrit plus encore ! Et désormais pour sauver votre blason en déroute, conserver votre fief fissuré et maintenir le faste de votre train de vie insatiable, vous avez décidé de quérir à votre secours le ban et l’arrière ban de quelques chevaliers :

 

La suite qui vaut son pesant de railleries est ICI

Jean Luc lagardère...né un 10 Février

La saga de la casaque la « casaque grise-toque rose » de l’écurie Lagardère

 

Un étalon très rentable aussi, car depuis onze ans il ne cesse de procréer. Une semence en or: à 40 000 euros la saillie, Linamix, qui procède à une centaine de montes par an, a largement contribué à rééquilibrer les comptes de l'éleveur! On comprend mieux pourquoi le cheval, qu'on peut voir aujourd'hui gambader dans son paddock au haras du Val Henry, à Tortisambert (Calvados), bénéficie d'une police d'assurance sur mesure? Généreux, Linamix a aussi engendré des chevaux de course qui ont assuré des gains importants pour l'écurie Lagardère. A commencer par Sagamix, né en 1995 et qui remporte, en 1998, le prix de l'Arc de triomphe.

 

La passion de Jean-Luc Lagardère pour les chevaux remontait à avec l'acquisition, en 1966, de son premier yearling, suivie un an plus tard par le rachat du haras le Val Henry, à Livarot (Calvados). Quinze ans après, en 1981, l'entrepreneur achetait  un second terroir, à Ouilly, à la famille Dupré, une casaque prestigieuse.

 

A la tête d'une écurie de quelque 220 chevaux, dont une soixantaine de poulinières «Pendant vingt ans, Jean-Luc Lagardère a mangé de la sciure», raconte un éleveur français. En 1987, la chance sourit au détenteur de la casaque grise et toque rose : avec Linamix, il tient en effet un pur-sang d'exception. «Linamix est à l'origine de la réussite éclatante de l'élevage de Jean-Luc Lagardère. Un étalon très rentable aussi, car depuis onze ans il ne cesse de procréer. Une semence en or: à 40 000 euros la saillie, Linamix, qui procède à une centaine de montes par an, a largement contribué à rééquilibrer les comptes de l'éleveur! Généreux, Linamix a aussi engendré des chevaux de course qui ont assuré des gains importants pour l'écurie Lagardère. A commencer par Sagamix, né en 1995 et qui remporte, en 1998, le prix de l'Arc de triomphe.

 

Les pur-sang de Jean-Luc Lagardère, en quatre années, ont empoché au total 5 millions d'euros de gains, auxquels s'ajoutent 1,6 million de primes d'élevage. Un joli pactole, qui classe Jean-Luc Lagardère au deuxième rang du palmarès des propriétaires, juste derrière les frères Wertheimer (héritiers des maisons Chanel et Bourjois)

 

Dix-sept mois après la disparition de Jean-Luc, contraint par les événements, au terme d'un bras de fer qui a durement opposés, Arnaud Lagardère et sa belle-mère, Betty Lagardère, à propos de la transmission et de l'évaluation de l'héritage, sont convenus d'un accord au début de l'été. Un épilogue amiable, qui se solde pour le nouveau patron de l'empire par le paiement d'importants droits de succession.

 

Quelques dizaines de millions d'euros: la somme n'est pas facile à trouver, sauf, en l'occurrence, sous le sabot d'un cheval. Arnaud Lagardère, qui n'avait jamais vraiment caché son peu d'attachement pour le hobby de son père ni une certaine réticence pour l'ambiance des hippodromes, qu'il fréquente peu, a donc à céder au meilleur prix ce qui constitue l'une des plus belles écuries de France.

 

En 2005, Éric Woerth, secrétaire d'Etat à la réforme de l'Etat et premier adjoint au maire de Chantilly, déclarait « Le rachat des chevaux de l'écurie Lagardère par Son Altesse l'Agha Khan est une bonne chose pour nous »

 

Elizabeth II Avec Le Prince Karim Aga Khan IV À Windsor, Le 8 Mars 2018 4

 

Pour environ 40 millions d'euros, Karim Aga Khan, autre éleveur et propriétaire célèbre. Ses chevaux se partagent entre son haras du comté de Kildare, en Irlande, terre d'élevage mythique du pur-sang anglais, et celui de Bonneval, au Mesnil-Mauger, dans le pays d'Auge, comme le haras du Val-Henry.

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10 mai 2020 7 10 /05 /mai /2020 06:00

Liturgie : Voici pourquoi le prêtre met un peu d'eau dans le vin ... Le vin de messe par Paul-Charles Chocarne-Moreau sur artnet

Le vin de messe  , 1924 - 1924 
 (français, 1855 - 1931)

C'est l'histoire d'une très vieille chronique de derrière les fagots de la sacristie de la paroisse Saint Jacques le Majeur, pondue le 27 avril 2007, pas sûr que notre Pax l’ait dénichée celle-là.

 

 

Je l’ai extirpée de la naphtaline à la suite d’un commentaire sur mon mur de Face de Bouc où, j’avais publié une photo de mon déjeuner du 4 mai baptisée : déjeuner de moine.

« Sans vin de messe... »

 

 

Je vous la livre telle quelle, si vous souhaitez lire l’originale c’est ICI 

 

Comme beaucoup d'entre vous me suivent depuis les origines de ce blog ils savent, qu'au temps de mes culottes courtes, j'ai occupé les éminentes fonctions d'enfant de coeur à la paroisse St Jacques le majeur de la Mothe-Achard auprès du curé-doyen Bailly. J'ai donc servi la messe, en latin, en soutane rouge ou noire pour les sépultures et surplis empesé, celle du petit matin comme la grande du dimanche, officié aux Vêpres du dimanche après-midi, suivi les chemins de croix de la Semaine Sainte, assuré les processions des Rogations et de la Fête Dieu, officié aux mariages, baptêmes et enterrements, suivi le curé pour les derniers sacrements, lavé les pieds le jeudi saint, porté la croix ou les bougeoirs, agité l'encensoir, porté le seau du goupillon, sonné la clochette et bien sûr présenté les burettes au curé. Un boulot pris certes sur le temps de loisirs mais aussi sur les heures d'école. J'y reviendrai plus loin mais, comme ce qui m'amène ce matin à égrener mes souvenirs d'eau bénite ce sont les burettes, un petit mot sur le vin de messe.

 

La sacristie sentait l’antimite. Nous, les enfants de chœurs, étions parqués dans une antichambre qui, elle, empestait le jus de chaussette car nous portions des savates avec semelle de feutre. Le service du curé était assuré par soeur Marthe (mon premier amour platonique) Pendant que nous boutonnions l'enfilade de petits boutons de nos soutanes elle préparait les ornements à la bonne couleur, le ciboire, la patère et bien sûr elle remplissait les burettes. Celles-ci se trouvaient placées dans un placard d'angle. Tout le jeu des enfants de chœur consistait à arriver en avance pour aller fouiner dans le placard aux burettes où se trouvait bien sûr la bouteille de vin. Les plus vantards racontaient qu'ils avaient osé s'en siffler une gorgée au goulot. Moi, jamais, non par crainte du péché – c'en n'en était pas un d'ailleurs car le jaja n'avait pas subi la transmutation - mais parce que mon esprit déjà critique trouvait un peu fort de café que ce vin fut blanc.

 

Bien sûr, si lors de la consécration le liquide avait pris une couleur vermillon mes doutes auraient été levés. La seule transgression que je me permis fut de le sentir. Il avait une odeur douçâtre qui n'engageait guère aux libations. Lorsque je présentais d'abord la burette de vin au curé celui-ci la vidait intégralement dans le ciboire, pour celle contenant l'eau il se contentait d'une larme. Ma sainte mère qui voulait faire de moi un prêtre n'a jamais su que l'histoire du vin de messe pesa aussi dans mon choix de ne pas embrasser un sacerdoce où le sang du Christ n'était qui liquide blanc jaunasse. Mais la raison profonde était ailleurs.

 

Alors, comme je suis ce matin en veine de confidences, je vais vous l'avouer. Ce que j'adorais par-dessus tout dans mes fonctions d'enfant de chœur c'était la distribution de la communion. En ces temps reculés les paroissiens venaient s'agenouiller à la sainte-table et je précédais le curé, tenant dans ma main un petit plateau en métal doré que je plaçais sous le menton juste avant que le curé n'enfourna l'ostie ou plus exactement la plaça sur la langue tirée.

 

Pourquoi diable ce plaisir ?

 

Tout simplement parce qu'ainsi je pouvais contempler à souhait les beautés de la paroisse, leurs toilettes, leurs audaces parfois : certaines au lieu de baisser les paupières plantaient leurs yeux dans les miens, leurs lèvres faites – suprême audace – leurs mains jointes emmitouflées dans des gants de dentelles où pour certaines flamboyaient des ongles peints – provocation ultime – , j'ose : leurs poitrines si proches, leur façon de quitter la sainte-table sur leurs talons hauts en balançant leurs hanches et en roulant des fesses. Rien que pour ces pensées impies on aurait dû m'excommunier sur le champ. Mais nul ne pouvait soupçonner mes jouissances intimes sauf qu'un jour, las de la pression d'un recruteur de l'Evêché, à sa question sur les raisons de mes atermoiements je lui répondis droit dans les yeux : « j'aime trop les femmes... » ce qui le laissa sans voix de la part d'un moutard de 10 ans de la Vendée profonde.     

 

Le vin de messe : Tout ce qu'il faut savoir sur le vin liturgique ! - blog Les Grappes © Theopedie

Le vin de messe, un produit comme les autres
  • ADRIEN BAIL, 

 

Pas de messe sans vin… Théologique, le principe a aussi ses implications économiques. « Tous les grands domaines en Europe ont une origine ecclésiastique, rappelle Jean-Baptiste Noé, auteur d’une Histoire du vin et de l’Église (Éditions ADN, 2010). Au-delà de la place symbolique du vin dans la Bible, c’est une question pratique qui a conduit les évêques et les moines à produire du vin : il est indispensable pour célébrer la messe. » Mais si le débouché n’est pas négligeable pour les viticulteurs et les négociants, peut-on vraiment parler d’un marché du vin de messe ?

 

« Difficile à dire, parce que le vin de messe n’est pas un produit à proprement parler », nuance d’emblée Jean-Baptiste Noé. En effet, pour la liturgie catholique, le vin que recommande l’Église n’a rien d’un produit casher (chez les juifs) ou halal (chez les musulmans), qui serait certifié par elle. Tout vin de raisin pur convient pour cet usage (1).

 

Dans les régions viticoles, les paroisses se servent directement chez les producteurs locaux, comme à Perpignan (Pyrénées-Orientales). À la cathédrale Saint-Jean, ce sont les bouteilles de Nicolas Roux, diacre et vigneron, qui sont enfermées dans l’armoire de la sacristie. Dans le village du Soler, à quelques kilomètres de là, Jean-Marie Nadal, propriétaire du château Nadal-Hainaut, livre la paroisse en viognier et en chardonnay. « Chez nous, c’est une tradition familiale », raconte-t-il.

 

Un vin doux et sucré

 

« Fournir sa paroisse est une démarche pour l’Église », estime Brigitte Le Roch, propriétaire à Mouzillon (Loire-Atlantique) et catholique pratiquante. Elle approvisionne aussi les paroisses des environs et, pour elle, ce geste ne s’apparente en rien à une démarche commerciale.

 

Le vin pour la liturgie, s’il est un vin comme les autres, répond cependant à une demande particulière, clairement identifiée par les producteurs. « Les prêtres préfèrent un vin doux et sucré. Quand ils disent la messe tôt le matin, à jeun, un vin sec est trop agressif, explique Brigitte Le Roch. Nous leur proposons un vin fruité, qui garde la fraîcheur en bouche. » Un vin qu’ils ne produisent pas tous les ans, et qui fait l’objet d’une attention particulière. « Pour qu’il ait cette qualité, nous retardons les vendanges. »

 

La suite ICI 

   

Le muscadet de Guy Bossard choisi comme vin de messe par le pape François ? Un vieux canular .

Vin. Du muscadet au Vatican ? Un canular

Le pape aurait choisi ce breuvage comme vin de messe.

Insolite. « Le pape François a choisi, en guise de vin de messe, le muscadet biodynamique de Guy Bossard, l'un des pionniers de cette méthode. » L'info, qui nous avait échappé, est tombée, dimanche 17 septembre, à l'heure de la communion. Farfelue ? Impossible, elle est signée François-Régis Gaudry, l'animateur de la très respectée émission « On va déguster » sur France Inter.

 

 

Que diable, le vin de Guy Bossard, laïc parmi les laïcs, aurait été choisi par le Saint-Père ! Dare-dare, coup de téléphone au vigneron pour confirmer cette annonce tombée du ciel. Au bout du fil, le viticulteur du Landreau, dans le vignoble nantais, s'esclaffe.

 

La suite ICI 

Troc Echange Vin de messe VENTE SUITE A ARRET DE COLLECTION sur ... Voleur de vin de messe arrêté au diocèse de Québec !!! Ictus, vin blanc moelleux sélectionné par l'Abbaye ND des Neiges Vin de Messe SANS - Bordeaux - Cuvelier Fauvarque Vin de messe

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9 mai 2020 6 09 /05 /mai /2020 18:30

Little Richard - Tutti Frutti de Little Richard sur Amazon Music ...

Confinement aidant, sans me transformer en préposé en nécrologie, je peux à chaud vous balancer en fin de journée une chronique où je vous dis tout sur mon passé...

De son vrai nom Richard Wayne Penniman, Little Richard né le 5 décembre 1932 dans une famille pauvre de Macon, en Géorgie, dans le Sud, son surnom de «Petit Richard» était trompeur: l'homme mesurait 1m80. Enfant rebelle, handicapé par deux jambes de longueur différente, il traînait dans les églises, attiré par leur musique, et se distinguait par ses allures efféminées.

 

Little Richard a contribué à donner au rock and roll un air de scandale, avec ses chemises criardes comme aucun homme n'en portait alors, sa coiffure banane de 15 cm de haut, et sa moustache aussi fine qu'un trait de crayon.

 

Bien avant les rockeurs des années 1960, ses excès firent rimer rock avec décadence: en tournée, ce voyeur assumé parlait ouvertement de ses orgies nocturnes bisexuelles. Mais il s'avéra aussi être une personnalité torturée aux multiples revirements.

 

Archives des spécialités de Little-Richard

 

« Je suis l’architecte du rock’n’roll, l’initiateur, celui qui le personnifie. »

 

Cette phrase tirée d’un entretien avec Andy Gill dans le mensuel musical britannique Mojo de décembre 1999, Little Richard l’a souvent prononcée. Avec des variantes, mais toujours pour affirmer son importance dans les premiers temps du rock’n’roll dans les années 1950. Au même titre que Chuck Berry (1926-2017), Jerry Lee Lewis, Fats Domino (1928-2017), Bo Diddley (1928-2008), Carl Perkins (1932-1998) et Elvis Presley (1935-1977).

 

Homme de spectacle, tout en extravagance et débordement d’énergie, le chanteur et pianiste Little Richard est mort samedi 9 mai, à l’âge de 87 ans, a annoncé son fils, Danny Penniman, au magazine Rolling Stone. La cause de son décès est encore inconnue.

 

Le petit Richard, autrefois gay, est maintenant antigay - Encore une fois

 

Les Beatles comme les Rolling Stones jouèrent, à leurs débuts, en première partie de ses concerts, et le jeune Jimi Hendrix démarra comme musicien dans son groupe.

 

A neuf ans, David Bowie fut fasciné en voyant un film de Little Richard. «Sans lui, je ne serais probablement jamais devenu musicien», admit-il plus tard.

 

Le Temps et le Monde sont les champions hors catégorie des nécrologies.

 

Little Richard, pionnier américain du rock and roll, est mort  ICI 

 

Le chanteur américain Little Richard, « l’architecte du rock’n’roll », est mort  ICI 

 

Le rock, comme sans doute le tango pour d’autres, est pour moi la danse-fusion par excellence où l’accord entre les deux danseurs doit être totalement raccord si l’on ne veut pas s’emmêler les crayons ou sombrer dans une forme de gesticulation sans âme.

 

Le rock me possède, et si, comme je l’ai écrit, ma partenaire sent là où je veux la mener, d’une simple impulsion de la main, je suis capable, ou du moins je l’étais, capable de danser jusqu’au bout de la nuit.

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9 mai 2020 6 09 /05 /mai /2020 06:00

 

C’était mieux avant, refrain connu !

 

Grâce à la daronne, Hannelore Cayre dans Richesse Oblige je me suis décrassé de mon ignorance en découvrant Le remplacement militaire.

 

Richesse oblige

 

EXTRAITS

 

  • Tu vas être content, j’ai tiré un 4, répondit Auguste dans un souffle avant de se laisser tomber sur son siège.

 

Son père le rassura :

 

  • Ne t’inquiètes surtout pas, j’avais pris les devants en provisionnant, comme je l’avais fait pour ton frère, les 2000 francs exigés par l’État pour régler ton exemption. Mais puisque avec cette maudite loi nous devons aujourd’hui nous débrouiller tout seuls pour te trouver un remplaçant, j’aurai largement de quoi payer un marchand d’hommes pour nous en amener un bon. Je me suis rapproché de la Compagnie Kahn & Levy, place Sainte6Opportune, qui dit-on en regorge.

 

  • C’est dans ce torchon publié par votre ami Tripier que vous avez trouvé vos trafiquants de chair humaine israélites ? fit le beau-frère Jules.

 

  • Entre une réclame pour la toise Naudia et la méthode simplifiée pour apprendre l’allemand ! renchérit Ferdinand.

 

  • L’Assurance n’est pas un torchon mais un journal de pères de famille. Le conseil de recrutement aura lieu le 18 juillet, ce qui nous laisse, à nous tous, et j’insiste sur ce point, à NOUS TOUS, six petits mois pour trouver un remplaçant à notre cher Auguste.

 

[…]

 

  • Avec la Prusse qui nous fonce dessus comme une locomotive, m’est avis que le prix vont grimper et que vos petits 2000 francs seront impuissants à attirer tous les rabatteurs que vous voudrez. Croyez-moi, ça n’est pas gagné, précisa le beau-frère Jules qui s’y connaissait en matière de conscription pour avoir gâché un tiers de son existence à barboter dans la morne routine de la garnison.

 

  • C’est sûr qu’avec les rumeurs de guerre, ces maquignons gagnent plus à acheter et à revendre des hommes qu’à trafiquer des bestiaux, approuva Ferdinand la bouche pleine.

 

[…]

 

  • Penses-tu que nous ne sachions pas ce qui te tracasse ? Le remplacement militaire est une bonne chose en ce qu’il contribue justement à rétablir cette justice sociale qui t’est chère. Il fait tomber l’argent des mains de ceux qui possèdent, dans celles, vides, de ceux qui n’en ont pas, pour au bout du compte donner à l’armée un bon soldat au lieu d’un mauvais. N’écoute pas les sottises que les socialistes que tu fréquentes t’auront mises dans la tête. En les soustrayant à l’air impur de leur atelier et à la mauvaise nourriture, le service n’a que des bienfaits pour les prolétaires alors qu’il compromet la santé des fils de bourgeois et ruine leur carrière. Cette rupture d’égalité dont tu nous parles sans cesse réside justement dans cette idée absurde du service pour tous.

 

[…]

 

Les nouvelles n’étaient pas bonnes

 

La société de remplacement israélite place Sainte-Opportune, qui soi-disant regorgeait d’hommes à vendre, s’était avérée une impasse : elle avait été pillée et n’en proposait plus un seul, alors qu’on avait versé un acompte de 1000 francs. M. Levy avait fini par rembourser, mais le problème restait entier car partout dans Paris les agences se retrouvaient dans la même situation de pénurie.

 

[…]

 

La taille réglementaire des recrues s’était abaissée de 14 centimètres depuis Louis XIV en raison des nombreux conflits avec l’Angleterre et l’Autriche et surtout des campagnes napoléoniennes grandes consommatrices de jeunes mâles en bonne santé. Compte tenu de la pénurie de beaux gaillards, on était donc devenu beaucoup moins exigeant : un jeune devait à présent mesurer 5 pieds 1 pouce, soit 1 mètre 55 au minimum pour être enrôlé, Auguste faisait 1 mètre 77. Un magnifique dragon.

 

Jadis, pour ma thèse, j’avais été amenée à étudier le roman Sébastien Roch d’Octave Mirbeau et je m’en suis souvenue tout de suite.

 

Sébastien Roch par Mirbeau

 

Aujourd’hui, j’ai tiré au sort, comme on dit, et il m’a été défavorable. Mon père m’a acheté un remplaçant. Je reverrai toujours la figure de ce marchand d’hommes, de ce trafiquant de viande humaine, lorsque mon père et lui discutèrent mon rachat, dans une petite pièce de la mairie. (…) Ils marchandèrent longtemps, franc à franc, sou à sou, s’animant, s’injuriant, comme s’il se fût agi d’un bétail, et non point d’un home que je ne connais pas, et que j’aime, d’un pauvre diable qui souffrira pour moi, qui sera tué peut-être pour moi, parce qu’il n’a pas d’argent. Vingt fois, je fus sur le point d’arrêter cet écœurant, ce torturant débat, et de crier : « Je partirai ! » Une lâcheté me retint. Dans un éclair j’entrevis l’existence horrible de la caserne, la brutalité des chefs, le despotisme barbare de la discipline, cette déchéance de l’homme réduit à l’état de bête fouaillée. Je quittai la salle, honteux de moi, laissant mon père et le négrier discuter cette infamie.

remplacements07

Carte postale couleur montrant des militaires en train d'épucher des pommes de terre autour de bassines dans une cour.

Le remplacement militaire au XIXe siècle 

[article] ICI

Exemple : La Gironde

Par Girondine

« Acheter un homme » ou trouver un remplaçant...
Servir à la place d’un autre « tombé au sort »...
Le remplacement, un aspect souvent méconnu du vécu des obligations militaires au 19° siècle.

Le remplacement - Un système qui permettait à un soldat ayant tiré « un mauvais numéro » de se faire remplacer par un volontaire qu'il payait pour se substituer à lui et effectuer à sa place le service militaire

 

LA RÉFORME MILITAIRE DE 1867 ET LA DÉFAITE DE 1870  ADRIEN DANSETTE ICI

1867-1872 - Tirage au sort, exonération et remplacement au service militaire ICI
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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 12:00

En politique il ne faut jamais enterrer quiconque avant sa mise en bière, François Mitterrand de Jarnac en est la démonstration la plus éclatante : pur produit des curés, flirtant avec le régime de Pétain, la francisque, mais résistant, garde des Sceaux sous la IVe a beaucoup laissé guillotiner, tout le monde le croyait disqualifié suite à l’affaire de l’Observatoire il met en 1965, candidat unique de la gauche, de Gaulle en ballotage, puis prends le contrôle du PS à Epinay en s’alliant avec Deferre et Chevènement, au nez et à la barbe d’un Savary pourtant porteur de la tradition socialiste. Il tient alors un discours pur et dur, maniant avec délice une rhétorique néo-marxiste de rupture avec le capitalisme, enterrant ce pauvre Rocard au Congrès de Metz en 1979, les amis de François Mitterrand se déchainent, Gaston Defferre allant même jusqu’à comparer les choix économiques de Michel Rocard à ceux de Pierre Laval, et Laurent Fabius y lance sa célèbre phrase « Entre le marché et le rationnement, il y a le socialisme ». En 1981, « la France passe de l’ombre à la lumière » proclame Jack Lang, pour vite déchanter avec le tournant de la rigueur en 83, les affaires se succèdent dont le sabotage du Rainbow Warrior de Greenpeace qui permettra au petit moustachu Plenel de se faire un nom, Patrice Pelat, Bousquet, les écoutes téléphoniques, les Irlandais de Vincennes… j’en oublie sans doute. 1986, il évite la déculottée grâce à la proportionnelle, inaugure la cohabitation avec Chirac, tout le monde pense qu’il est cuit, à nouveau il renvoie Rocard à ses illusions, nous sert la France-Unie, devient le bon Tonton, le père de Mazarine l’enfant cachée, son cancer caché lui aussi, il finit comme un quasi-saint invoquant « les forces de l’esprit » en convoquant Thérèse de Lisieux.  

 

François Mitterrand, un destin français - L'Express

 

En voilà une vie bien remplie, 14 ans au pouvoir suprême, record de la Ve !

 

Et alors pourquoi notre Mélenchon qui vénérait tant Tonton, son deuxième maître en politique après Pierre Lambert, l’étrange gourou trotskyste de l’OCI, se la joue solo en se prenant pour un leader Minimo ?

 

Revenons à sa rencontre qui fut, pour lui, une révélation :

 

« C’était à Besançon en 1972. J’étais un syndicaliste étudiant très audacieux et je n’avais peur de personne. On m’avait envoyé parasiter le discours de Mitterrand en meeting dans notre université. Quand il prend la parole, « le Vieux » se met à parler... du bonheur. Je vous garantis que je n’étais pas un type fragile. Mais là, mon blindage doctrinaire a été percé. J’ai été marqué à vie. »

 

Bastille : et si Mélenchon la jouait comme Mitterrand ?

 

Converti au PS par un Tonton christique, Mélenchon est devenu un apôtre zélé du mitterrandisme. Après la mort du sphinx, tandis que ces anciens camarades socialistes se sont perdus en inventaire, Mélenchon est resté fidèle. Et s'est échiné à lui trouver des circonstances atténuantes. Le virage de la rigueur en 1983 ? « Nous pensions tous que c’était une pause. La logique de François Mitterrand était de stabiliser nos conquêtes sociale », a justifié Mélenchon. L’auteur du Hareng de Bismark ne fait même pas grief à son mentor du pari maastrichtien : « Personne n’imagine en ce temps ce grand machin ultralibéral à 29 que vous connaissez aujourd’hui. »

 

En 1997, le socialiste Mélenchon, qui arbore alors volontiers le feutre noir et l’écharpe rouge de son modèle, lance à la tribune du congrès de Brest :

 

« Il était un maître à penser pour moi. Il m’a dit « ne cédez jamais ». Marchez votre chemin. Je marche, Monsieur ! »

 

Ego en béton armé le Jean-Luc, exit le PS des synthèses de Tonton, gros flirt avec les derniers débris du PCF, puis le voilà à la tête des Insoumis, lui qui en pince « pour un ancien ministre indéboulonnable de la IVème République, un ambitieux qui a marabouté la vieille SFIO, un aventurier de la politique qui a régné sur la France pendant 14 ans au prix de deux cohabitations, d’un cancer secret et d’une litanie de scandales... Un Machiavel énigmatique, venu de la droite catholique qui tendait la main aux communistes, aux boursicoteurs, à la génération des potes de SOS Racisme et au chancelier allemand Helmut Kohl. »

 

Le 21 octobre 2018

Je pourrais chroniquer sur Mélenchon « l’idiot utile » de Mitterrand

 

Il est de bon ton dans les cercles de ses affidés de souligner que François Mitterrand, qui s'intéressait à lui, confiait volontiers : «Jean-Luc Mélenchon est l'un des plus doué. Il ira loin à condition que sa propre éloquence ne l’enivre pas

 

Permettez-moi de sourire, ayant fréquenté chaque jour pendant deux ans un mitterrandiste de la première heure et du premier cercle, Louis Mermaz, je sais que le Mélenchon et son alter-ego de l’époque Julien Dray de la Gauche Socialiste étaient considérés par Tonton comme les idiots utiles qu’ils pouvaient jeter dans les roues des réformistes, Rocard en tête, pour se refaire la cerise de la vraie gauche. Mais, et ce mais est de poids, il n’a jamais au grand jamais proposé à Mélenchon d’être Ministre alors que celui-ci en rêvait le jour et la nuit. Il lui faudra attendre l’arrivée de Jospin, ancien trotskyste comme lui pour accéder au maroquin de Ministre et de le soutenir à la Présidentielle où il s’est vautré… Tout le Jean-Luc est là.

 

Et même si ça déplaît à ceux qui croient  benoîtement qu’il incarne une «opposition humaniste, écologiste et sociale», Jean-Luc Mélenchon est « l’homme de toutes les ruptures : rupture avec la Ve République, qu’il veut remplacer par une VIe République, régime d’assemblée piqueté de démocratie directe, rupture avec l’Union européenne, rupture avec le FMI, rupture avec l’OMC, rupture avec l’économie de marché, rupture avec le monde réel.

 

Jean-Luc Mélenchon reprend la place qu’occupait Georges Marchais au début des années 70, une place dont François Mitterrand a délogé le PCF. C’est l’inverse même de la démarche de l’homme de Latché, et c’est la voie qui se dessine. Le Parti socialiste n’est pas mort mais il est très gravement atteint et il lui faudra des années pour se reconstituer, se réunifier, se relever. En somme, le PS se retrouve dans la position qu’il occupait durant les années 60, avant que François Mitterrand le ressuscite. Et Jean-Luc Mélenchon a repris le rôle de Georges Marchais à l’orée des années 70 : la longue impasse de la gauche de rupture. »

 

Mélenchon, le caméléon politique - Matière et Révolution

 

Et puis, virage à 180° Dans un entretien donné à Leading European Newspaper Alliance (Lena), une alliance de journalistes européens, et relayé par le journal espagnol El Pais, Jean-Luc Mélenchon annonce un changement drastique de direction.

 

El líder de Francia Insumisa, Jean-Luc Mélenchon, escucha al primer ministro, Édouard Philippe, durante su presentación del plan de desescalada la semana pasada

 

Il assume : qu'il a usé « jusqu'à maintenant » de « la stratégie du choc frontal » sur tous les sujets, comme « générateur de conscience politique », il la considère comme désuète en période de crise sanitaire et trompette une approche toute nouvelle

 

« Il n'est pas question d'agresser ceux qui nous gouvernent », prévient-il. Mélenchon s'érige même en exemple de non-violence, montrant la voie d'une opposition constructive et responsable : « Je crois que mon comportement a obligé les autres à changer de ton. Madame Le Pen a commencé de manière agressive et, maintenant, elle aussi demande que les consignes sanitaires soient respectées. Ce n'est pas ce qu'elle disait au début. Donc, c'est beaucoup mieux. Le plus important, c'est la santé publique. »

 

Comme Tonton, le leader de La France insoumise part à la pêche des électeurs modérés.

 

Lors de la dernière campagne présidentielle « en se muant brièvement en pédagogue du peuple, et en multipliant les clins d'œil à la « force tranquille » mitterrandienne. Une stratégie payante, favorisée par le délitement du Parti socialiste, dont l'aile droite avait opté pour Emmanuel Macron, convaincue par sa promesse sociale-démocrate ou par le vote utile face à Marine Le Pen. Au coude à coude avec Benoît Hamon, le candidat du PS, il avait fini par le dépasser, puis par le distancer nettement grâce à une brillante campagne, apparaissant comme l'unique recours à gauche et obtenant finalement un score important : 19,58 % des voix. La stratégie de « l'adoucisseur » avait donc été particulièrement efficace. »

 

« Sauf que, au lendemain de l'élection, Mélenchon croit devoir imputer son succès relatif à la radicalisation de l'électorat de gauche, que son amertume d'être passé si près du but le pousse à soutenir. »

 

« Depuis le début du quinquennat, Mélenchon et les Insoumis se sont donc systématiquement et violemment opposés aux réformes proposées par le gouvernement. Une stratégie assumée encore aujourd'hui : « Il y avait une manière de parler qui devait correspondre au moment. Je crois que nous l'avons bien fait. Nous avons été utiles au pays »

 

« Sauf que les électeurs de gauche modérés se sont détournés de LFI et le socle du mouvement s'est rabougri. Il est progressivement revenu au niveau de la présidentielle de 2012, c'est-à-dire environ 11 % avant les européennes. Puis Jean-Luc Mélenchon s'est disqualifié personnellement en perdant ses nerfs devant la police lors des perquisitions des locaux de La France insoumise. La liste LFI avait, par la suite, enregistré un résultat désastreux d'environ 6 % des voix lors des européennes. »

 

Le Mélenchon nouveau est-il arrivé ?

 

Je ne sais, mais son éloge d’Édouard Philippe, sonne comme un mea-culpa :

 

« Édouard Philippe est un homme élégant, d’un côtoiement agréable, un libéral assumé et qui le dit clairement. Il est de droite et n’a jamais prétendu autre chose »

 

« Savoir le sport qu’il pratique aide à comprendre un homme politique. Lui, c’est la boxe. Regardez-le faire! Quand il répond, il tourne et danse sur le ring le temps qu’il faut pour que vous baissiez la garde. À ce moment-là, il choisit le point où frapper : c’est un mot qu’il a pris dans votre discours, et il en fait ce qu’il veut, pan ! »

 

Certes c’est aussi pour mieux dézinguer « Monsieur Macron, en revanche est un bandit de grand chemin”, lance-t-il. “Lui-même dit qu’il a fait un hold-up sur le pouvoir! Il a trompé tout le monde. Il est sans foi ni loi, capable d’entrer, grâce à nous, les gens de gauche, dans la présidence de Monsieur Hollande. Puis d’en sortir en disant qu’il n’est ni de droite ni de gauche, puis de devenir chef de la droite ».

 

Rire et montrer les dents - département d'Ethnologie et d ...

Amazon.fr - François Mitterrand: Portrait d'un ambigu - Short ...

Dans son livre le journaliste britannique Philip Short, François Mitterrand, portrait d'un ambigu (2015), celui-ci raconte

 

«Un chirurgien-dentiste s’occupa de ses canines, qui lui donnaient un petit air de vampire. Mitterrand commença par refuser, mais Séguéla lui dit : « Si vous ne vous faites pas limer les canines […] vous susciterez toujours la méfiance. […] Vous ne serez jamais élu à la présidence de la République avec une denture pareille.»

7 février 2016

« Mitterrand - Un jeune homme de droite » : le jeune Mitterrand fut le produit de son temps et de son milieu social… ICI

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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 06:00

 

 

Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron, mardi, à l'Élysée. © LUDOVIC MARIN / POOL / AFP

Pour ne rien vous cacher, pour avoir croisé une seule fois dans ma vie Emmanuel Macron, aux Invalides lors de l’hommage à Michel Rocard, je le trouve étriqué dans ses petits costars cintrés, emprunté comme un petit communiant sage, cravaté, engoncé, à son crédit élève de Paul Ricœur, garçon brillant pour les peaux d’âne chères à la méritocratie républicaine, même s’il se plante à Normale Sup, transgressif qu’avec Brigitte mais affreusement conformiste en presque tout, il veut toujours avoir le dernier mot sur tout. Je ne suis pas de ceux qui lui reproche son passage chez Rothschild, Pompidou et Emmanuelli l’ont fait aussi, même si ce n’étaient pas les mêmes. Sa chance il a su la saisir lorsqu’il perçut avant tout le monde que «  François Hollande est un nihiliste  », qu’il a enterré le PS avant les funérailles avec la collaboration active des « frondeurs » et de l’impérieux Manuel Vals.

 

Faute de mieux, comme à chaque présidentielle depuis que je vote, j’ai voté par défaut pour lui. Je ne le regrette pas car l’offre des Présidentiables était et reste d’une indigence qui atteint, sur l’échelle de Richter de la politique, des valeurs himalayennes.

 

La question de savoir s’il est un personnage de roman ou non, m’indiffère, mais alors pourquoi s’intéresser aux réponses de deux écrivains ?

 

Tout simplement parce que le sieur Bellanger exprime, bien plus brillamment que moi, pourquoi l’arrogant Macron a pu survivre à l’affaire Benalla, aux Gilets Jaunes et, peut-être à la présente crise sanitaire.

 

  • La réponse du thuriféraire Philippe Besson

« Un personnage de roman », Julliard, 216 p., 18 euros

 

Pour l'écrivain Philippe Besson, Emmanuel Macron est «  un personnage de roman  ». Pas étonnant que le récit, par ce proche du président et de son épouse, de la conquête de l'Élysée par l'ancien ministre de l'Économie se lise comme un roman. ICI

 

Dans Atlantico, qui est plutôt  de droite, Benoît Rayski sort la sulfateuse :

 

Du temps de la Rome antique l'empereur Caligula, un grand mégalomaniaque, fit de son cheval un consul. Du temps de la France 2018 Macron, un autre mégalomaniaque, fit d'un de ses favoris un consul.

 

La nomination de l'écrivain Philippe Besson au consulat de France à Los Angeles a soulevé une petite tempête parisienne. D'aucuns s'offusquent que l'on ait choisi pour ce poste un homme de lettres alors que tant de diplomates talentueux et chevronnés sont dans l'attente d'une affectation.

 

D'autres rappellent que ce poste convoité fut naguère, et quand même, occupé par un écrivain. Pierre Assouline, toujours bien inspiré, donne son nom : Romain Gary. Et ce dernier, écrit-il « doit se retourner dans sa tombe » en voyant qui lui succède. En effet entre Gary et Besson il y a une distance que le copain de Macron ne franchira jamais.

 

Mais le scandale n'est pas là où on le dit. Qu'un écrivain, même d'envergure moyenne devienne consul à Los Angeles n'est pas en soi une monstruosité. Il s'agit de bien autre chose et qui est infiniment plus grave.

 

Besson est un auteur à succès. Un de ses livres les plus remarqués porte comme titre Un personnage de roman. Et vous savez qui est ce personnage qui vaut un roman ? Emmanuel Macron! Une hagiographie enflammée…

 

Dans l'Evangile, selon St Besson le président de la République n'est quand même pas le Christ. Mais, en le lisant, on imagine que s'il le voulait il marcherait comme lui sur les eaux du lac Tibériade.

 

Le livre a séduit le président de la République. Il s'est pris d'amitié pour Philippe Besson qui avait besoin d’être consolé après une douloureuse déception amoureuse. Il a fait de lui un consul. Jamais, s'il connaissait le sens du mot "tact", il n'aurait dû le faire. Pas parce que Besson est écrivain. Mais parce qu'il a écrit "Un personnage de roman". Nommer quelqu'un qui vous a encensé, ou, soyons plus directs, qui vous a ciré les pompes, est un acte assez vulgaire.

 

La décence et la pudeur aurait commandé à Macron de ne pas proposer le poste de Los Angeles à Besson. La décence et la pudeur aurait voulu que Besson le refuse aussitôt qu'il lui a été proposé. Mais ces gens-là ont l'arrogance chevillée au corps.

 

Emmanuel Macron le 7 mai 2017 dans la cour du Louvre. L'aboutissement d'une marche que, des sa demission du gouvernement, l'ecrivain Philippe Besson a jugee "irresistible".

  • Celle du facétieux Bellanger

 

L’intégrale ICI  

 

Mon choix illustré par la photo romanesque

 

On m’a souvent demandé si Macron était un personnage romanesque. Je ne suis pas sûr que le romancier que je suis s’y connaisse spécialement en personnages romanesques, mais je répond en général que le roman n’aime pas trop les personnages de premier plan. On fait de meilleures histoires avec un séminariste raté fou de Napoléon qu’avec Napoléon lui-même, et Rastignac lui-même ne fit jamais beaucoup mieux que ministre. J’aimais bien Sarkozy pour cela : une dimension de personnage secondaire, de valet de comédie, même au sommet de sa gloire.

 

[…]

 

Non, je ne crois pas que Macron soit un personnage de roman. Sa trajectoire est trop nette et ses aventures trop institutionnelles. Si, comme Julien Sorel, on voit qu’il admire l’Empereur, avec lequel il accuse d’ailleurs une petite ressemblance physique — c’était le message immanquable de son discours à la Pyramide du Louvre —, il a, lui, épousé Madame de Rénal, et ainsi gardé sa tête. Je suis retombé l’autre jour sur ce fameux portrait de groupe des jeunes rocardiens (ndlr. Bellanger se trompe il s’agit de jeunes socialistes lorsque Rocard occupa le poste de 1er secrétaire du PS rue de Solférino) et, pour tout dire, j’ai trouvé cette seule photo plus romanesque que toute la séquence présidentielle du printemps.

 

Vals, Franco-phile et francophobe

 

Le principal rival de Macron y figure, comme la plupart des leaders ou ex-leaders socialistes actuels. Mais ce qui crève l’écran c’est une spectaculaire absence. Non pas celle de Macron, bien sûr, qui devait avoir 15 ans à l’époque. Ce qu’on ne peut s’empêcher de voir, fasciné, c’est la surnaturelle absence de charisme de Jean-Luc Mélenchon.

 

Qu’un professeur de Français en lycée technique dans le Jura soit devenu sénateur, c’est exceptionnel, mais ça demeure de l’ordre du possible — la magie des années Mitterrand. Ce n’est pas plus fou que d’imaginer qu’une petite ville de l’Essonne reçoive un opéra et une gare TGV. Tiens, justement : c’est la ville, dont il fut sénateur : on est déjà dans les dessous de l’histoire contemporaine, dans le romanesque pur. (Ndlr. Massy-Palaiseau de Claude Germon auprès duquel Mélenchon entama sa carrière voir plus bas)

 

Quand Rocard couvait la deuxième génération de la seconde gauche ...

 

Qu’il devienne ensuite ministre de l’enseignement professionnel cela appartient encore à sa logique biographique. Mais le reste, sa mutation récente en Jaurès, en héros de la jeunesse, en Mitterrand tardif — synthèse improbable de ces deux France qui normalement ne se parlent pas, celle de l’Ancien Régime et du respect de l’immuable, des privilèges obtenus et des statuts spéciaux, et celle de la Révolution : cela en fait un personnage romanesque. Non pas complexe, ni même éblouissant, mais glorieusement invraisemblable. Etant entendu, bien sûr, le pacte romanesque ne souffre aucune exception, qu’il n’accède jamais au pouvoir suprême.

 

La PHOTO-TITRE

 

Le 21 novembre 2017, Emmanuel Macron « a bien des défauts mais il a la qualité de ne pas fuir le débat », a déclaré Jean-Luc Mélenchon à l'issue d'un entretien avec le président sur l'Europe à l'Elysée.

 

Jean-Luc Mélenchon qui complimente Emmanuel Macron, voilà qui peut surprendre.

 

 Avec l'actuel président, « ce n'était pas les numéros qu'on a connus ici dans un passé proche » quand « on avait l'impression de discuter avec une anguille », a ajouté, sans citer de nom, le chef de file de La France insoumise (LFI) à la presse dans la cour de l'Elysée.

Mélenchon vante son dialogue avec Macron pour mieux se payer Hollande

A Massy, les grands travaux de Claude Germon restent à payer . Les audits commandés par le nouveau maire UDF accablent le bilan pharaonique de son prédécesseur PS, battu en juin.ICI
Par Olivier Bertrand  
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7 mai 2020 4 07 /05 /mai /2020 12:00

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Titre, emprunté et actualisé, à Frédéric Pommier @fred_pom 4 mai

 

On est censé déconfiner dans huit jours et je n'ai toujours pas fait de pain ni terminé Proust. J'ai honte.

Le style farmer vu par le Bon Marché : c'est 4640 euros sans les ...

"Monsieur le Président, il est temps de déclarer l’état d’urgence culturelle" - La lettre d'Isabelle Adjani lue par

billet - Le blog de JACQUES BERTHOMEAU

Séquence culture ce matin, le secteur culturel le grand oublié de nos technocrates du gouvernement. Petit rappel : 8 janvier 2020

 

Le PIB culture « la culture créait autant de valeur ajoutée que toute la filière agricole et agro-alimentaire et sept fois plus que l’industrie automobile » ICI 

 

  • le cinéma, je m’inquiète pour l’avenir de 1000 et une production la boîte de production de mes enfants. ICI

 

 

Interruption des tournages : le dilemme kafkaïen des assurances

 

Les contrats ne couvrant pas les risques liés au Covid-19, les producteurs en appellent à l’intervention de l’Etat.

Par Nicole Vulser

 

Imaginons le tournage d’un film dans le monde d’après. Les principaux comédiens, le réalisateur et le chef opérateur s’engagent sur l’honneur à se confiner chez eux après leurs prestations sur le film. Le tournage, lui, se déroule sous l’œil vigilant d’une infirmière présente à chaque instant, ou à défaut est surveillé par des caméras thermiques qui permettent d’exclure toute personne susceptible d’être infectée par le Covid-19. L’équipe, bien entendu, est masquée, gantée. La cantine n’existe plus, troquée contre des plateaux-repas individuels. Les figurants sont convoqués en toute fin du tournage pour ne pas risquer de contaminer les acteurs qui tiennent les rôles-titres… C’est l’un des scénarios envisagés par le principal courtier du cinéma français, Hugo Rubini, pour amadouer les assureurs.

 

L’heure est kafkaïenne pour les producteurs cinématographiques contraints d’arrêter leurs tournages mi-mars en raison du confinement imposé par le Covid, et pour ceux qui s’apprêtaient à filmer – une trentaine de longs- ou courts-métrages étaient en tournage et cinquante-huit en préparation. Dans une lettre du 20 avril adressée au ministre de l’économie, Bruno Le Maire, dix-huit producteurs, sous la houlette de Georges-Marc Benamou (Siècle Productions), affirment que, pour reprendre leurs tournages, « ils doivent impérativement être assurés contre les risques d’arrêt ou de suspension liés au coronavirus ». Or, expliquent les signataires, « les compagnies d’assurances excluent toute prise en charge de ce risque, pour l’avenir ». Ce qui « entraîne de fait le blocage de toute création cinématographique et audiovisuelle en France ». Cela au pire moment, puisque le printemps et l’été constituent la pleine saison des tournages.

 

Des résultats attendus mi-juin

 

Comment débloquer cette situation ? Déclarer ce phénomène pandémique en catastrophe naturelle ? Un décret permettrait ainsi d’indemniser les personnes lésées grâce à ce fonds abondé par une taxe qui existe déjà sur chaque police d’assurance. Mais les assureurs n’en veulent pas. Créer un nouveau fonds pour les risques sanitaires majeurs, identique à celui consacré aux catastrophes naturelles ? Il faudrait dans ce cas l’abonder, ce qui pourrait prendre des mois, sauf à faire appel à l’Etat. Certains experts préconisent aussi de s’inspirer de la création du risque contre les attentats, mis en place en 2001.

 

Face à l’urgence, d’autres producteurs ont d’ores et déjà saisi les institutions européennes pour que soient mises en place, grâce au fonds industriel européen de relance prôné par Thierry Breton, commissaire européen chargé du marché intérieur, des dispositions exceptionnelles face à ce problème qui dépasse nos frontières. A Bercy, on assure « travailler pour trouver une solution », si possible européenne dans l’hypothèse d’un nouveau fonds. Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a créé un groupe de travail à la direction du Trésor, consacré au développement d’une couverture assurantielle des pertes d’exploitation liées aux pandémies. Un autre groupe de travail sur ce même sujet, et dont les résultats sont également attendus mi-juin, a été mis en place à la Fédération française de l’assurance (FFA), qui a par ailleurs désigné un groupe d’experts sur le cinéma et l’audiovisuel. Toutes les pistes sont à l’étude, le ministère de la culture, le CCHSCT cinéma et le Centre national de la cinématographie (CNC) sont directement concernés par cet imbroglio.

 

Négociations ardues

 

Dominique Boutonnat, le président du CNC, a travaillé dix ans chez l’assureur Axa, avant de se lancer dans le cinéma en 2005. Ce qui pourrait l’aider dans les négociations ardues avec la FFA. « La reprise des tournages sera un problème-clé lors du déconfinement », assure Olivier Zegna-Rata, délégué général du Syndicat des producteurs indépendants (SPI). « La trésorerie des sociétés de production est déjà très tendue, certaines ne tiendront pas le choc », redoute-t-il. Les pertes d’exploitation liées au confinement (les frais financiers ou les surcoûts parfois colossaux liés à la non-livraison des films) ne sont pas couvertes par les assurances. La course contre la montre est engagée pour tous les films aujourd’hui à l’arrêt.

 

 « Et si le film peut se poursuivre, les comédiens seront-ils libres pour la fin du tournage ? Les enfants engagés n’auront-ils pas trop grandi ? », se demande Hugo Rubini. Sans compter que personne ne sera à l’abri d’une deuxième vague de confinement… Pour l’heure, certains assureurs proposent des contrats aux montants stratosphériques pour assurer « l’indisponibilité des personnes » à la reprise des tournages. Auparavant, seules les têtes d’affiche faisaient l’objet de surprimes pour les cas de maladie, désormais tout le plateau est à égalité face à l’aléa potentiellement mortel du Covid, plaident les assureurs.

 

Hugo Rubini tente de faire revenir les assureurs dans la course. Il espère que le risque lié au Covid s’atténuera avec le temps, au point qu’il soit simplement considéré comme une maladie comme une autre. Les deux points de vue entre producteurs et assureurs restent diamétralement opposés et inconciliables. La FFA se dit prête à chercher une solution, mais pour l’heure, rien ne bouge.

 

Antoine Gallimard

 

  • « Si la librairie, maillon faible, casse, toute la chaîne du livre déraille » Antoine Gallimard ICI 

 

Si les ventes de livres numériques n’ont pas franchi des seuils pharaoniques chez Gallimard, le PDG apprécie tout de même les résultats. De 2 % du marché, on passe à 4 % — de même pour les livres audio –, mais cela ne couvre pas les pertes de livres papier. Invité par France Inter, il est revenu sur les efforts fournis par les éditeurs durant cette période, mais également les réflexions à apporter à la profession.

Si les ventes de livres numériques n’ont pas franchi des seuils pharaoniques chez Gallimard, le PDG apprécie tout de même les résultats. De 2 % du marché, on passe à 4 % — de même pour les livres audio –, mais cela ne couvre pas les pertes de livres papier. Invité par France Inter, il est revenu sur les efforts fournis par les éditeurs durant cette période, mais également les réflexions à apporter à la profession.

 

Quelques chiffres : quotidiennement, 1,4 million de livres se vendent en France, et 700.000 sont empruntés. En temps normal, souligne le patron de Gallimard, Flammarion, Casterman. Or, cette période de confinement, et celle qui la suivra, n’a pas été propice au commerce du livre, pas plus qu’au prêt. En numérique, certes, mais cela ne fait pas bouillir la marmite. Et les libraires qui ont cherché des solutions de replis n'ont pas généré pour eux-mêmes un chiffre d'affaires classique.

 

L’enjeu du confinement, indique Antoine Gallimard, aura été de maintenir le lien avec les lecteurs — pour sa maison comme chez les confrères. Et pour ce faire, la seule voie possible fut internet, et la diffusion gratuite, par exemple, de livres. Ceux de la collection Tracts de crise ont ainsi fait l’objet d’un traitement spécial, pour alimenter tant en pensées qu’en lectures (et inversement), les internautes-lecteurs.

 

 Le maillon qui casse...

 

Pudiquement, le patron de la holding Madrigall ne répond pas directement quand on lui demande si l’industrie connaîtra des vagues de licenciements et de fermeture de librairies. Et si seuls les grands groupes s’en sortiront. « Cela nous préoccupe beaucoup. Dans la chaîne, il y a des maillons faibles : le maillon faible, c’est la librairie. » D’ailleurs, son groupe possède aujourd’hui de neuf établissements et connaît le sujet. « Si ce maillon faible casse, c’est toute la chaîne qui déraille. Et c’est grave. »

 

Les auteurs apprécieront, alors que les systèmes d'aides gérés par la SGDL, avec l'argent fourni par le Centre national du livre, entre autres, sont des plus opaques. Et ce, malgré une révision récente des critères d'éligibilité.

 

Pour autant, le risque de concentration, et de perte de la diversité éditoriales existe, reconnaît-il, mais les prêts et subventions sont là pour tenter de panser les plaies, un peu.

 

L’édition, qui représente 5 milliards € de chiffre d’affaires, attend du président d'Emmanuel Macron 500 millions € d’aides. Mais également des initiatives comme les chèques-livres pour aider les jeunes à retrouver le chemin de la librairie. Et peut-être réviser les normes de sécurité : on parle actuellement de 10 personnes pour 100 m2, la souplesse pourrait être de mise.

 

Mais de toute cette mise au repos forcé, le PDG note surtout que La Poste n’a pas pu aider les libraires. La question de tarifs postaux revient de manière récurrente, libraires et éditeurs soulignant que les frais de port sont particulièrement lourds. Bruno Le Maire avait été sollicité pour une intervention urgente : les points de vente qui ne pouvaient pas assurer de click & collect étaient en effet doublement pénalisés, par l’impossibilité de procéder à une vente à distance.

 

Savez-vous, monsieur le ministre, que pour envoyer par La Poste un livre de 250 pages (qui pèse environ 300 g), il en coûte 5,83 € en lettre verte, soit plus d’un quart du prix du livre (sauf à le vendre à un tarif indécent) ? Savez-vous que pour envoyer un livre qui dépasse 3 cm d’épaisseur, il faut le faire par Colissimo, au prix de 7,14 € HT ? Et ces tarifs augmentent chaque année, alors que le prix du livre, lui, est fixe.

 

 

« Ce qui est important, c’est que l’on réfléchisse, que le gouvernement réfléchisse aux frais de port, aux frais de Poste pour le livre, comme il y a pour les journaux », insiste Antoine Gallimard.

 

Appel à suivre, enfin ?

 

On appréciera également les interventions de Pauline Fouillet, gérante de la librairie Livres et vous, qui s’est débattue, durant la crise sanitaire, pour fournir à ses clients des offres spécifiques de lectures et jeux. Emission à réécouter (intervention à 2h20) :

 

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Le ministre Franck Riester et Emmanuel Macron lors de l’annonce des orientations du « plan pour la culture », à l’Elysée, le 6 mai.

Coronavirus : ce qu’il faut retenir des annonces d’Emmanuel Macron pour la culture ICI

Joseph Zimet, le minustre de la culture minister Franck Riester, la sécrétaire génèrale Anne de bayser et le président Emmanuel Macron lors d ela viosonfèrence à l’Elysée sur la question de la culture.

Discours de Macron pour la culture : aide-toi et l’État t’aidera ! ICI

Franck Riester au campus des territoires de La Republique en marche à Bordeaux. Photo : AMEZ / ROBERT/SIPA

Franck Riester : “Je ne suis pas du tout sur cette ligne de date lointaine : dès qu’on peut, on ouvre !” ICI

Interpellé de toutes parts pour sa “non gestion” des conséquences de la pandémie, le ministre répond à “Télérama”, à la veille de la conférence que doit tenir Emmanuel Macron sur le sauvetage de la culture.

 

Une pétition d’artistes directement adressée au président de la République via Le Monde pour se plaindre de son ministre de la Culture et lui demander de prendre les choses en main, un « avis de recherche » dudit ministre ironiquement lancé sur les réseaux sociaux… Depuis sa nomination au portefeuille de la Culture en octobre 2018, Franck Riester subit aujourd’hui les pires camouflets de sa brève carrière ministérielle. Et les reproches quasi unanimes d’une profession anéantie par les conséquences du coronavirus et de la nécessaire politique sanitaire pour le combattre.

 

Fermeture de 2 000 cinémas, 2 500 salles de musique, 1 000 théâtres, 1 200 musées, 3 000 librairies, 16 000 bibliothèques, arrêt de la plupart des 3 000 festivals d’été… Comment les 274 000 intermittents du spectacle que compte la France de 2020 pourront-ils accumuler les 507 heures de travail annuel qui leur donnent droit à des allocations-chômage ?

 

Certains parlent de véritable « tsunami social et culturel », de la mort annoncée de lieux, de jeunes compagnies, d’associations. Et le ministre semble aux abonnés absent depuis de longues semaines. De quoi l’accuser d’un manque de soutien aux professions inquiètes qui font la culture. D’un manque de clarté sur la réouverture d’espaces culturels déjà éprouvés par les grèves contre la réforme des retraites. D’un manque d’ambition quant aux moyens affectés à un secteur aussi essentiel à notre vie individuelle et collective, festive et spirituelle, qu’à notre vie économique et touristique. D’un manque de vision, enfin, pour les années à venir, où rien sans doute ne sera pareil. Nous avons voulu l’interroger.

« L’absence de vision politique à long terme sur le cinéma et l’audiovisuel est désespérante »

 

Tribune. Sept milliards d’euros pour relancer l’industrie aéronautique, rien encore pour le cinéma et la télévision, qui pourtant nous accompagnent quotidiennement dans notre vie confinée, seules fenêtres ouvertes sur un monde devenu inaccessible.

 

Dans les journaux télévisés du soir, on parle plus de l’avenir des fleuristes que des salles de cinéma. D’où vient ce désamour de nos politiques pour ce secteur dont la valeur ajoutée est bien supérieure à celle de l’automobile et qui emploie plus de personnes que l’aéronautique ?

 

Grâce à des femmes et des hommes politiques visionnaires, le secteur industriel du cinéma et de l’audiovisuel a été le seul en France à organiser sa régulation financière, notamment en se dotant d’une taxe spéciale, la TSA [taxe spéciale additionnelle sur les entrées en salles], copiée par beaucoup de pays. Ce système a si bien montré son efficacité que notre gouvernement a pu ainsi justifier de prélever plus de 300 millions d’euros sur le budget du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) depuis 2011, montant qui pourrait aujourd’hui participer à amortir les effets de la crise que nous traversons.

 

Paupérisation accélérée

 

Certes, des plans d’urgence ont été mis en place, à commencer par l’extension à nos métiers du chômage partiel qui permet à nos entreprises de continuer à rémunérer ses salariés en l’absence de revenus. Tant mieux, la catastrophe a été évitée. Mais pour reprendre des formules utilisées pour décrire la crise climatique, vers quel monde s’achemine-t-on ? Car en l’absence de pensée politique forte et de moyens conséquents, le secteur culturel risque bien de ne pas pouvoir se relever de la crise qu’il subit de plein fouet.

 

D’où vient ce désamour de nos politiques pour ce secteur dont la valeur ajoutée est bien supérieure à celle de l’automobile et qui emploie plus de personnes que l’aéronautique ?

 

Dans la mutation majeure amorcée bien avant la crise, c’est l’ensemble des acteurs de la filière qui doit se réinventer et c’est le financement global des œuvres ainsi que leur diffusion qui doivent être repensés. Car, sinon, cette mise à l’arrêt totale, inédite, n’aura servi qu’à une paupérisation accélérée et à un abandon coupable du monde de la création.

 

Plusieurs actions sont à mener urgemment :

 

Les grands gagnants de cette crise, les plates-formes, contrairement à tous les autres opérateurs du secteur, ne payent pas d’impôts, et pourtant s’appuient et prospèrent sur un écosystème vertueux, où des auteurs et des producteurs vivent de leurs droits et doivent pouvoir continuer à le faire.

 

L’application en France de la directive européenne « Services de médias audiovisuels » (SMA), en discussion au sein de la réforme audiovisuelle et reportée sine die, devait s’y atteler. Ces acteurs internationaux majeurs, pour certains plus puissants que des Etats, doivent contribuer à financer la relance globale de notre économie.

 

Les salles de cinéma sont au premier rang dans la chaîne d’exploitation des films. Cette fenêtre premium les oblige. Elles doivent impérativement redonner confiance aux créateurs et aux ayants droit en s’engageant réellement à leurs côtés pour amener et défendre leurs films devant leur public. Sans cela, les plates-formes, bien plus puissantes, sauront donner des gages (comme elles l’ont prouvé avec les réalisateurs Alfonso Cuaron ou Martin Scorsese) pour les séduire et capter leurs œuvres pour leurs seuls abonnés.

 

Diversité

 

Les salles de cinéma savent depuis très longtemps, bien avant l’invention de la carte illimitée, que la fidélisation de leur public passe par la programmation de toute la diversité, donc par des partenariats vertueux avec les distributeurs indépendants et pas seulement avec les studios américains.

 

En 2019, 80 % des films ont été sortis par des distributeurs indépendants. Ils se sont partagé seulement 32 % des séances en France sur l’année. Ces mêmes indépendants ont pourtant su faire découvrir la majorité des films présents à Cannes en 2019, et la plupart des premiers films et films d’auteurs français et européens. La crise actuelle ne doit pas nous faire oublier l’importance de la régulation des films en salles au profit de la plus grande diversité du cinéma. Car, comme pour le climat, la reprise aura beau jeu de permettre tous les écarts à une régulation vitale amorcée dans le monde d’avant.

 

Le service public doit affirmer son rôle dans la création et la diffusion. Prendre exemple sur Arte qui, avec peu de moyens et sans être rivée uniquement sur l’audimat, offre chaque jour à son public des films, des documentaires et des séries audacieuses, sachant allier la satisfaction et la curiosité de ses téléspectateurs.

 

Au cours de cette crise, France Télévision a redécouvert l’attrait du cinéma sur ses antennes, dont acte, mais au seul profit de films multidiffusés et de catalogues déjà ultra-amortis des grands groupes. Les spectateurs confinés n’auraient pas le goût de voir des films plus récents, plus en phase avec notre monde ? Prendre des risques, innover, travailler avec des auteurs et producteurs émergents, voilà ce que l’on attend d’un véritable soutien public à la création.

 

Un monde sans artistes ?

 

Enfin va-t-on cesser d’avoir peur de lutter efficacement contre le piratage qui a explosé depuis le début du confinement et qui prive les ayants droit d’une grande partie de leurs ressources ?

 

A l’instar de la transition écologique, cette crise, si elle ne tue pas intermittents, auteurs, artistes, salles de proximité, producteurs et distributeurs indépendants, doit être l’occasion d’affirmer une politique culturelle digne de ce nom.

 

L’absence de vision politique à long terme portée sur notre secteur est désespérante. Si le gouvernement est capable d’injecter des milliards dans des secteurs notoirement responsables de notre crise climatique – faut-il rappeler que la pollution tue chaque année plus de 40 000 personnes, à quand ce décompte chaque soir aux journaux télévisés… –, ne doit-il pas s’interroger sur la nécessité de préserver et renforcer notre modèle culturel, vecteur autant d’emplois que de cohésion sociale ?

 

Posons-leur la question : de quel monde rêvez-vous pour vos enfants ? Un monde sans images, sans artistes, sans émotion ? Ou un monde plus juste et plus grand ? Et si oui, quoi de mieux que la création artistique sous toutes ses formes pour en être le berceau ?

 

Carole Scotta dirige la société de production indépendante Haut et Court.

À Paris, les tournages de films et de séries reprendront sous conditions ICI

Omar Sy en Arsène Lupin ou Romain Duris dans la peau de Gustave Eiffel vont pouvoir reprendre le travail. Seule ombre au tableau : les assurances.

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7 mai 2020 4 07 /05 /mai /2020 06:00

En achetant ce gros bouquin, lors de mon passage, quelques jours avant le black-out, certes je pressentais qu’il allait me passionner mais j’ignorais que, contrairement à ma pratique habituelle, j’allais le lire à petite dose comme si je craignais, une fois ma lecture terminée de n’avoir plus envie d’en ouvrir un autre.

 

La Fabrique des salauds par Kraus (II)

 

Prenant mon temps, en une sorte de rituel, refrénant mon impatience naturelle, j’ai donc fait de lui mon compagnon de confinement. Par temps de disette on devient plus précautionneux, plus soucieux d’une forme d’économie, la profusion s’étant tarie l’heure est à un retour de la lenteur, à la consommation parcimonieuse, communier sous les deux espèces : lire et cuisiner.

 

Mais, comme le temps de confinement s’est étiré, que les librairies sont toujours closes, j’ai dû me résoudre à entamer le dernier chapitre, refermer le livre. J’ai achevé la lecture dans la nuit du 29 au 30 avril et, bien sûr, au petit matin me voilà face à mon écran pour chroniquer.

 

Comme souvent j’ai choisi ce livre à l’instinct, ou plus précisément poussé par un pressentiment, il n’était pas noté sur ma petite liste du fait que j’ignorais son existence.

 

En fait, je reprenais le fil rouge des Bienveillantes de Jonathan Littell.

 

16 avril 2007

Âmes sensibles s'abstenir absolument ICI 

 

Après avoir lu un papier dans le Nouvel Obs. j'ai acheté à la Fnac, en octobre 2006, un gros bouquin de 894 pages, collection blanche de Gallimard : Les Bienveillantes de Jonathan Littell. Je l'ai posé en bas de ma pile. Il a reçu le Goncourt et le prix de l'Académie Française. Lecteur attentif de Hannah Arendt, les mémoires fictifs d'un officier SS, homosexuel et incestueux, qui n'éprouve ni remord, ni regret, cette somme m'intéressait. En février 2007, j'ai acheté un petit bouquin, les Malveillantes, de Paul-Éric Blanrue, qui mène une enquête à la fois sur les zones d'ombres de l'auteur et du livre et sur les raisons du succès. Ce n'est pas une instruction à charge mais une enquête honnête  qui éclaire la lecture d'un ouvrage au maniement parfois difficile : la bureaucratie nazie, tentaculaire et frisant l'absurde, s'ajoutant au goût immodéré des allemands pour la hiérarchie militaire, est déroutante. Passé cet obstacle il faut aussi supporter l'insupportable.

 

Le narrateur, le sturmbannführer Aue, en visite d'inspection au camp d'Auschwitz, relate une soirée au domicile de Höss le commandant du camp. Ce texte, je vous préviens, est immonde, abject et difficilement lisible.

 

« Les cognacs et les vins étaient de grande qualité ; Höss offrait aussi à ses invités de bonnes cigarettes yougoslaves de marque Ibar. Je contemplai avec curiosité cet homme si rigide et consciencieux, qui habillait ses enfants avec les vêtements d'enfants juifs tués sous sa responsabilité. Y pensait-il en les regardant ? Sans doute l'idée ne lui venait même pas à l'esprit. Sa femme lui tenait le coude et poussait des éclats de rire cassants, aigus. Je la regardai et songeai à son con, sous sa robe, niché dans la culotte en dentelle d'une jeune et jolie Juive gazée par son mari. La Juivesse était depuis longtemps brûlée avec son con à elle et partie en fumée rejoindre les nuages ; sa culotte de prix, qu'elle avait peut-être spécialement mise pour sa déportation, ornait et protégeait maintenant le con de Hedwig Höss. Est-ce que Höss pensait à cette Juive, lorsqu'il retirait sa culotte pour honorer sa femme ? Mais peut-être ne s'intéressait-il plus beaucoup au con de Frau Höss, aussi délicatement recouvert fut-il : le travail dans les camps quand il ne faisait pas des hommes des détraqués, les rendait souvent impuissants. Peut-être gardait-il sa propre Juivesse quelque part dans le camp, propre, bien nourrie, une chanceuse, la pute du Kommandant ? Non, pas lui ; si Höss prenait une maîtresse parmi les détenues, ce serait une Allemande, pas une Juive. » 

Pages 577-578

 

Mon interrogation face à la nouvelle Allemagne réunifiée, est de même nature que celle qui m’a taraudé à propos de la collaboration de certains français avec l’Occupant.

 

Comme l’auteur je me suis souvent posé la question : « Qu’aurais-je fait sous l’Occupation nazie ? » sans arriver à une réponse définitive.

 

La fabrique des salauds»: la grande traversée | Le Devoir

 

Chris Kraus de passage à Paris y répond :

 

Tuer en masse, comme les autres, ou dire non et risquer de se faire exécuter à son tour?

 

«Cette question, j’y pense tout le temps, c’est comme une maladie professionnelle. Je change régulièrement d’avis, mais au final, je crois bien que j’aurais agi comme mon grand-père. Je serais probablement devenu l’un d’eux.»

 

Épuration modérée en France, n’oublions jamais que Papon fut Préfet de Police de Paris et Ministre de la République. Nous avons recyclé une belle floppée de salauds.

 

Mais la RFA comment a-t-elle dénazifiée ? L’a-t-elle fait d’ailleurs ?

 

Je pressentais que ce livre allait me donner des réponses, je n’ai pas été déçu.

 

L’histoire allemande postérieure à la défaite. D’abord, la continuité politique et administrative entre le Reich et la RFA, au plus haut niveau : « A l’automne 1948, ironise Koja, je devins le maître d’œuvre digne de ­confiance de ce docteur sans visage et sans nom [Reinhard Gehlen, fondateur des services secrets de la RFA] qui, avec les millions de dollars des vainqueurs et le personnel des perdants, distillait un arcane de relations prometteuses en un service de renseignement sans plus de visage ni de nom. »

 

Chris Kraus, l’auteur de la Fabrique des Salauds « Exagère-t-il aussi lorsqu’il montre comment les nazis se sont reconvertis sans trop de problèmes après la guerre, dans la mesure où les services secrets occidentaux et soviétiques ont jugé utile de tirer profit de leurs compétences et de leurs réseaux bien implantés ? Que non, le fait est connu, « guerre froide » oblige ! Il n’en alla pas autrement lors de la reconstruction d’une nouvelle Allemagne fédérale sur des bases démocratiques, avec de nombreux cadres formés sous Hitler. Ce n’est pas un scoop, mais peut-être les Allemands d’aujourd’hui ont-ils besoin de se souvenir des conditions de leur renaissance. Les agents nazis, dont nos deux protagonistes, n’eurent donc pas à changer de métier et participèrent à la création de la nouvelle officine du renseignement. »

 

Comment fabrique-t-on un « salaud » ?

 

« L’histoire nous est racontée du point de vue de Koja. Il revient sur sa vie à la première personne. Mais cela ne signifie pas que tout se soit nécessairement passé ainsi. Dans son souvenir, tout homme arrange son histoire. C’est pourquoi l’ensemble du livre est un mélange de vérité et de fiction. »  (Interview de l’auteur parTomasz Kurianowicz, Die Zeit n° 12/2017

 

« …10 années de recherche et neuf mois de rédaction pour achever La Fabrique des salauds. Mais si cet ancrage biographique, comme la nuée de personnages historiques qui peuplent le livre, servent l’« effet de réel », ils ne doivent pas faire illusion. Il s’agit bel et bien d’une fiction. »

 

« Ce long récit a un cadre, qui est tout sauf anodin. Nous sommes en 1974. Koja, le narrateur, a soixante-dix ans et se trouve enfermé dans une chambre d’hôpital en compagnie d’un hippie d’une trentaine d’années à qui il raconte son passé. Koja a une balle logée dans la tête (on n’apprendra qu’à la fin comment c’est arrivé), et le hippie une imposante fracture du crâne : deux générations, deux mondes se trouvent côte à côte, dont la rencontre n’est due qu’à un malheureux hasard. »

 

Koja « passé expert, comme ses contemporains, dans l’art de mentir, notamment à lui-même, afin de supporter, sans trop approfondir, les horreurs vues et commises – la scène primitive qu’est le meurtre d’un enfant dans les bras de sa mère. Ce genre ­d’accoutumance, Koja, ancien officier SS, va la transférer et la transmettre dans le « monde d’après » qui, la guerre froide aidant, mettra peu ­d’énergie à prendre la mesure de la ­catastrophe. »

 

Les deux frères Solm, qui font dans le roman une ascension fulgurante dans la SS et son sinistre Sicherheitsdienst ou SD fondé par Heinrich Himmler, ont pourtant eu un grand-père pasteur, mort pour sa foi. Et l’un d’eux, Hub (Hubert), se destinait lui aussi à la carrière ecclésiastique, avant de faire le premier pas vers l’impardonnable et d’y entraîner son frère Koja (Konstantin), « car devenir un bon nazi était comme devenir un bon chrétien. Les bons nazis étaient une évidence. Il n’y en avait pas d’autres, et les choses se faisaient d’elles-mêmes ». Admissible peut-être, au moins au début, pour ces Allemands nés dans l’empire tsariste, puis victimes des révolutionnaires russes, auxquels le nouveau Reich de Hitler semblait offrir une vraie maison ? Mais de là à tirer sur des femmes et des enfants juifs alignés au bord d’une fosse…

 

Chris Kraus, né en 1963, réalisateur et écrivain allemand, « s’attache aux pas de deux frères, Koja (Constantin) et Hub (Hubert), et de leur sœur adoptée, Ev, qui ignore qu’elle est juive et que les deux épouseront tour à tour. L’action s’engage avec un premier massacre lors de la révolution russe de 1905 : le lynchage du grand-père pasteur par des révolutionnaires. Elle s’achève au milieu des années 1970, à Munich, dans le décor aseptisé d’un hôpital, typique de la République fédérale allemande (RFA), en apparence pacifiée. »

 

Source  des citations « La Fabrique des salauds » : Chris Kraus au cœur du mensonge allemand ICI et Les malveillantes : famille criminelle sous le Troisième Reich ICI

 


        Fratrie. Otto (a dr.), le grand-pere de Chris Kraus, avec ses deux freres, Hans et Lorenz. Ils ont fait partie des sinistres Einsatzgruppen, qui ont orchestre la Shoah par balles.

Fratrie. Otto (à dr.), le grand-père de Chris Kraus, avec ses deux frères, Hans et Lorenz. Ils ont fait partie des sinistres Einsatzgruppen, qui ont orchestré la Shoah par balles

 

Chris Kraus, l’Allemagne du mensonge ICI  

 

Le cinéaste et écrivain allemand s’est plongé dans l’horreur de la Seconde Guerre mondiale, et par la même occasion dans son histoire familiale. Il en découle un roman comme un examen de conscience, dont on ressort tous secoués

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6 mai 2020 3 06 /05 /mai /2020 12:00

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Avant de gloser sur le monde d’après, laissons ça aux bataillons d’intellectuels qui savent tout après et qui se vautrent absolument, parlons un instant des effets de la crise sanitaire sur le monde d’avant et plus particulièrement sur celui qui préoccupe le plus les français confinés : le contenu de leur assiette.

 

Un peu partout fleurissent émanant des instances professionnelles agricoles, des journalistes appointés, des papiers dont le thème récurrent est les français redécouvrent le rôle nourricier de leurs agriculteurs, en les mettant tous dans le même sac, comme si de la fourche à la fourchette, ou plus exactement du producteur au caddie du consommateur on en était encore au bon vieux temps du poulet de la grand-mère et des BOF sous l’occupation allemande.

 

Arrêtons de brasser des images fanées, ce que l’on trouve dans les assiettes des français provient très majoritairement de ce que les experts dans leur jargon nomme les filières.

 

Déconfinons le sac où l’on met si commodément tous les agriculteurs-éleveurs pour produit par produit suivre, non pas le bœuf cher à François Missoffe, mais le lait, l’œuf, le poulet, le cochon, le blé, la carotte, les fraises, les pommes, le chou et le navet… etc.

 

La fin des paysans : changement et innovations dans les sociétés ...

 

Mendras annonça en 1967 La fin des paysans  ICI 

 

« C'est le dernier combat de la société industrielle contre le dernier carré de la civilisation traditionnelle »

 

Si Mendras avait tenu à ne pas mettre de point d'interrogation à son titre, il avait conclu l'ouvrage par une question : « Et que sera un monde sans paysans ? »

 

Dans le Grand-Ouest, la Bretagne en flèche, les producteurs n’ont plus besoin de sol pour élever leurs cochons et leurs poulets, ils leur font bouffer dans des espaces confinés, de l’alimentation importée par cargos entiers accostant à Brest ou Saint-Nazaire, des PSC dit-on, produits de substitution aux céréales, en clair des déchets de l’industrie américaine du maïs, du soja que les éleveurs laitiers feront croquer à leurs vaches Holstein usines à lait. Même qu’un jour les français découvriront que les ruminants bouffent des farines animales qui les rendent folles.

 

Et puis d’élargissement en élargissement, le petit Marché Commun protecteur devient une vaste zone de libre-échange où les cochons ex-allemands de l’Est ou polonais, vont et viennent pour atterrir dans les assiettes des français. Les traités de libre-échange ouvrent les portes au Brésil, à la Chine, au Vietnam, et les manchons de poulets n’ont plus de cartes d’identités.

 

En France, plus qu’ailleurs, le couple infernal, IAA-GD s’impose : les Besnier et consorts, les Carrefour et Leclerc sont les chantres du moins cher du moins cher, les sauveurs du pouvoir d’achat des français qui se foutent pas mal de ce qu’il y a dans leur assiette. Les pauvres ont bon dos, la classe moyenne, y compris la frange jaune chère à madame Sallenave la bécasse de gauche des beaux quartiers, préfère mettre ses sous dans les forfaits téléphones que dans son assiette.

 

Bref, les fameuses filières ces chaînes alimentaires ne vont pas dénouer leurs liens, leurs maillons, par un coup de baguette de bonnes intentions, de discours dit solidaires, de l’irruption massive de la vente directe locavore, y croire n’est qu’illusion.

 

En 1973, ma thèse de doctorat baptisée Les actions de l’Etat sur la filière porc répertoriée dans Quelques aspects des nuisances créées par l'industrialisation ...de JP Bravard ICI

 

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Dans mon CV sans photo ICI j’écrivais :

 

« En effet, Christian Bonnet étant Ministre de l'Agriculture, le cabinet  m'envoya ausculter la Bretagne avicole profonde. Pendant plus de 6 mois je sillonnai les 4 départements : accouveurs, éleveurs, industriels de l'aliment intégrateurs les Guyomard, Sander&Co, les marchands de poulets, de dindes et autres volatiles les Doux, Tilly&Co, les marchands d'oeufs... etc. J'observais, ayant déjà une bonne connaissance via ma thèse sur le cochon, la montée en puissance d'une Bretagne industrieuse, dure, productiviste mais avait-elle d'autres choix, je pondais des notes et pressentais que la machine à faire du poulet export, congelé, gorgé de flotte, expédié dans les pays du Golfe à grand coup de restitution était une machine infernale. Enfin, je constatais que nos petites bestioles consommaient du soja et des PSC importés alors que nos céréales étaient bradées vers l'Empire Soviétique avec le soutien des restitutions. La machine européenne commençait de s'emballer mais en France personne n'osait se risquer à critiquer une mécanique qui rapportait gros au Trésor... »

 

Mon dernier acte actif fut, suite à ma mission de médiation laitière  dans le Sud-Ouest, consista à essayer de convaincre le nouveau Ministre de l’Agriculture de l’époque, Stéphane Le Foll des conséquences redoutables à moyen terme de la fin des quotas laitiers. En vain, lui et son sémillant directeur de cabinet, aujourd’hui chantre de pratiques nouvelles dans le bunker de l’INRA, me traitaient comme un vieux ronchon trop imprégné du monde d’avant. De guerre lasse je rendis mon tablier pour jouir paisiblement de ma retraite…

 

  • L’Association nationale des industries alimentaires (Ania) a publié, vendredi 17 avril, son deuxième baromètre sur la santé de 700 entreprises agroalimentaires depuis le début du confinement.

 

Aucune pénurie alimentaire à l’horizon. Sous-tension pour nourrir les Français confinés, le secteur agroalimentaire (17 000 entreprises, 1,2 million de salariés) est bien debout. Mais à quel prix ? L’Association nationale des industries alimentaires (Ania) vient de publier son deuxième baromètre sur la santé des entreprises depuis le début du confinement. Sur 700 sociétés interrogées du 6 au 10 avril, 70 % à 80 % constatent des baisses de chiffres d’affaires et une rentabilité fragilisée. Les situations sont très variables : les petits et moyennes entreprises souffrent le plus.

 

« Les rayons les plus affectés sont ceux des produits traditionnels, les fromages en particulier, dont les rayons à la coupe sont fermés », pointe le baromètre. Les produits dits « plaisir », comme l’alcool et l’épicerie sucrée, sont également délaissés par les Français. La fermeture des hôtels et de la restauration frappe durement : « Pour ce marché, la baisse d’activité atteint plus de 75 % en valeur et en volume pour près de la moitié des entreprises du secteur ! »

 

Une hausse des coûts

 

Si les prix augmentent peu pour les consommateurs en magasins pour le moment, les industriels font face à des « hausses des coûts comprises entre 3 % et 16 % » . À l’origine : l’augmentation des prix des matières premières, la maintenance des outils de production (mis à rude épreuve), et l’achat d’équipements de protection pour les salariés (nécessaires pour limiter la propagation du coronavirus).

 

« La situation globale reste sous contrôle » en ce qui concerne l’absentéisme, qui gagne tout de même du terrain. Il atteint 13 % en avril, contre 9 % en mars. Le gouvernement a mis en place la plateforme « Mobilisation emploi » pour inciter les Français à venir prêter main-forte à l’agroalimentaire. « C’est un outil précieux pour pallier la chute des effectifs », estime l’Ania. En revanche, les entreprises déplorent un « manque de visibilité sur le traitement des dossiers remontés » pour bénéficier des dispositifs d’aides financières activés par l’État et les banques.

 

 

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  • Bleu d’Auvergne, comté, saint-nectaire… des appellations de fromages modifiées en raison de la pandémie

 

Les conditions de fabrication de plusieurs fromages changent temporairement pour tenter de limiter les pertes de lait.

 

Aucun secteur n’est épargné par la pandémie de Covid-19 : alors que les ventes de fromages sont en baisse et que l’Europe croule sous le lait, les conditions de fabrication du bleu d’Auvergne, du comté, du saint-nectaire et de la fourme d’Ambert ont été modifiées temporairement pour tenter de limiter les pertes.

 

Concernant le bleu d’Auvergne, la durée maximale du stockage à la ferme du lait nécessaire à sa fabrication passe de quarante-huit à soixante heures, à compter du 17 mars et jusqu’à un mois après la fin du confinement, détaille un arrêté publié dimanche 19 avril au Journal officiel. L’emprésurage en fabrication fermière pourra avoir lieu jusqu’à vingt-six heures au plus après la dernière traite (au lieu de seize heures), et la conservation des fromages pourra se faire à une température descendant jusqu’à – 5 °C (au lieu de 0 °C en temps normal).

 

Des mesures similaires sont prises pour l’appellation d’origine protégée fourme d’Ambert. Dans le cas du comté, les conditions du stockage du lait sont également allégées et le délai de distribution des fromages découpés passe de deux à cinq jours ouvrés. Enfin, les fromages saint-nectaire entrés en congélation à partir du 12 mars (au lieu du 1er avril) pourront bénéficier de l’appellation lors de leur mise en vente l’année prochaine.

 

Marchés et restaurants fermés

 

Le pic habituel de production laitière printanier – moment où les veaux naissent et où les vaches retrouvent les prairies après un hiver à l’étable – coïncide avec l’écroulement simultané de pans entiers de consommation sous l’effet du confinement obligatoire : fermeture des restaurants et des marchés de plein air et baisse des exportations.

 

Résultat : les stocks de lait sont trop importants en Europe et des organisations professionnelles appellent à plafonner la production et à indemniser les producteurs, tandis que les ministres de l’agriculture français et allemands exhortent la Commission européenne à une « approche coordonnée et européenne » et demandent notamment un feu vert au « stockage privé » des denrées excédentaires.

 

Deux filières particulièrement touchées par la fermeture des secteurs de fromage à la coupe dans les supermarchés et celle des marchés de plein air ont déjà annoncé des mesures : la filière du comté va produire 8 % de moins durant les trois prochains mois et d’autres, comme le saint-nectaire, ont choisi de congeler leurs fromages blancs afin de les affiner et de les vendre plus tard.

Selon le Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO), semaine après semaine, les ventes explosent sur un rythme de + 30 % à + 40 % comparé au flux d’achat habituel.

  • « Avec le confinement, l’œuf nouvelle star des listes de courses » ICI

CHRONIQUE Laurence Girard

 

Dans les rayons des supermarchés, la chasse aux œufs a démarré avec le confinement, le 17 mars. Et la traque ne faiblit pas, même après Pâques, observe Laurence Girard, journaliste au « Monde ».

 

Matières premières. L’œuf crâne… Pensez donc, depuis le début de la crise liée au coronavirus, cette denrée se trouve au cœur de l’approvisionnement des Français. Une vraie star des listes de courses. La chasse aux œufs dans les rayons des supermarchés a démarré avec le confinement, le 17 mars. Et la traque ne faiblit pas. Selon le Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO), semaine après semaine, les ventes explosent sur un rythme de + 30 % à + 40 % comparé au flux d’achat habituel. La tendance se poursuit même après Pâques.

 

Avec le Covid-19, l’œuf sort de sa coquille. Au sein des familles, on se découvre des talents de pâtissier et on multiplie les ateliers gâteaux avec les enfants. D’ailleurs, le rayon farine est tout autant dévalisé. Autre élément qui pousse les Français à gober les œufs en accéléré : cet aliment fournit une protéine bon marché. Un point à ne pas négliger quand les cantines sont fermées.

 

Une telle fringale met la filière sur les dents. Au point que, parfois, le client fait chou blanc. Des ruptures d’approvisionnement sont bien réelles dans certains magasins. Pourtant, les poules ne se sont pas mises en chômage partiel. « Près de 40 millions d’œufs sont pondus chaque jour en France », rappelle Philippe Juven, président du CNPO. Mais tous ces œufs ne vont pas dans le même panier. D’ordinaire, 40 % du fruit de la ponte est vendu en magasins, un tiers est transformé par l’industrie et le solde alimente la restauration et les cantines. La baisse de régime de l’industrie, la fermeture des restaurants et la forte demande dans les supermarchés imposent de réorganiser les flux.

 

Les fabricants de boîtes sous pression

 

Cependant, jongler avec des œufs est un exercice délicat. D’autant qu’il faut jouer avec deux couleurs, le blanc et le roux. Les Français boudent les coquilles blanches. A l’inverse, les industriels les plébiscitent, car les poules blanches sont de grosses pondeuses. En tout cas, plus que les poules rousses, plus lentes à peindre leurs œufs en roux pour le plus grand bonheur des consommateurs de l’Hexagone.

 

Quand la consommation s’emballe, le maillon de l’emballage a du mal à suivre

 

Autre souci, blanches ou rousses, les coquilles sont fragiles. Il faut donc bien les emballer. Les centres de conditionnement doublent de cadence pour satisfaire la demande depuis le début de la crise. La pression se reporte sur les fabricants de boîtes. Le nombre de références a été réduit afin d’accroître la productivité. Mais quand la consommation s’emballe, le maillon de l’emballage a du mal à suivre. L’idée de la vente en vrac a même été émise, mais écartée, car comment classer les œufs notés 0,1 2 ou 3 selon le mode d’élevage ?

 

Dans les grandes surfaces, les œufs de poules élevées en cage représentent 40 % des volumes. La filière s’est engagée à produire la moitié des 14,8 milliards d’œufs pondus annuellement dans des élevages en plein air, au sol ou en bio d’ici à 2022. Mais pour l’heure, tous les travaux de réaménagement des poulaillers sont au point mort. Les poules, elles aussi, ignorent combien de temps elles vont encore rester confinées…

Des fruits et légumes livrés par les producteurs à la Ferme du Ramier, en Occitanie le 1er avril 2020. Photo / Patricia Huchot-Boissier / Hans Lucas / AFP

Coronavirus : les maraîchers en mode survie ici

La fermeture des restaurants, cantines et marchés bouleverse les canaux de distribution. La débrouille et la solidarité rebattent les cartes des gros producteurs et petits exploitants que nous sommes allés voir en Mayenne.

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  • Vu d’Allemagne. Avec le confinement, le secteur agroalimentaire français est en crise FRANKFURTER ALLGEMEINE ZEITUNG

 

Si les Français continuent de consommer, les chaînes d’approvisionnement sont bouleversées. Manque de main-d’œuvre, exportations bloquées, hausse des prix du transport, les entreprises du secteur, très mobilisées, accusent difficilement le coup. ICI 

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J’ignore qui est à l’origine de cette origine mais c’est original. Et oranginal ! Bravo l’artiste.

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6 mai 2020 3 06 /05 /mai /2020 06:00

Helmut Fritz de retour avec "çà m'énerve" version confinée

Ce dimanche je jeûne, ça m’a pris au matin sans la queue d’une raison…

 

Pendant des siècles, Saint Philippe et Saint Jacques ont été fêtés au 1er mai, jour où leurs reliques furent transférées dans la basilique romaine des douze apôtres. Récemment, ils ont laissé leur place à l'humble saint Joseph pour réconforter les travailleurs.

 

On les a transféré le 3 mai, alors des âmes bien intentionnées me souhaitent ma fête.

 

Ça m’énerve !

 

Per què ?

 

Car le Jacques en question c’est le Mineur ICI

 

Le mien c’est le Majeur, fêté le 25 juillet, notez-le !

 

Les exégètes distinguent plusieurs Jacques autour du Seigneur. Jacques le Majeur, fils de Zébédée et frère de Jean. Jacques fils d'Alphée dont on sait seulement qu'il fut apôtre.

 

À la vérité, ce n’est pas cette raison qui m’a donné l’idée de chroniquer sur « Ça m’énerve »

 

En effet, dans mes piles de livres j’ai découvert un petit livre cartonné de Marie-Ange Guillaume Ça m’énerve.

 

 

J’avoue qu’accoupler à Marie l’un des prénoms cultes corse, Ange, m’a toujours ravi.

 

Une nana qui se prénomme Marie-Ange ça a pour moi le petit côté léger des Gazelles, troupe de danseuses de la Mothe-Achard en Vendée où les Solange et les Marie-Ange étaient légion, qui me fait rêver à mes jeunes années.

 

 

Mon premier flirt se prénommait Marie-Flore, elle habitait Sainte-Flaive-des-loups et j’allais la voir à vélo.

 

Je m’égare, j’espère que je ne vous énerve pas trop…

 

En ce temps de confinement quand j’entends les Retailleau, Ciotti, Onfray, Martinez, Ferry, Miller, Natacha Polony, Gaccio, Dhorasoo, Trump, Bolsonaro, Garrido, la cohorte des « journalistes » qui se font mousser sur Twitter, les peoples qui profitent de la crise pour étaler leur soi-disant solidarité avec les soignants, Paris-Match et sa une sur Brigitte Macron, les je ne suis pas… mais je vais vous expliquer ce que j’aurais fait, les idolâtres de Macron, les Macron démission, les toutologues…

 

Ça m’énerve !

 

Quant à la nébuleuse qui gravite autour de la gastronomie et du vin, celle qui en vit, je suis tellement consterné par ce que je lis que ça m’en touche une sans faire bouger l’autre

  

Mais revenons à Marie-Ange Guillaume :

 

 

13 octobre 2012

Son caviste préféré la conseille : « Et un vin qui sent le vin, tu as ? » Marie-Ange Guillaume nous livre tout ce qui l’énerve un peu, beaucoup, parfois énormément ICI

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Citations :

 

- Oui, bon, ben ça va ! ... s'énerve Catherine de Médicis. Si on doit épargner tout le monde, ce n'est même pas la peine de le faire !

 

Ne t'énerve pas. Assieds-toi. Mets les mains sur les genoux, tes poignets te feront moins mal. Et puis tais-toi. Essaye de dormir ou réfléchis.

Jean-Paul Sartre Morts sans sépulture (1946)

 

« Ne parlons pas d'argent: ça énerve les gens qui n'en n'ont pas. »

Francis Blanche

 

« Pourquoi l'homme de notre temps est-il instable, énervé, excité, pourri de tics ? Pourquoi a-t-il sans cesse un infarctus de Damoclès suspendu au-dessus de l'aorte ? Pourquoi frôle-t-il à chaque seconde la dépression nerveuse s'il est français et le nervous break down s'il est anglo-saxon ? »

Pensées, répliques, textes et anecdotes - Jean Yanne

 

Simple proposition à celles et ceux qui adorent écrire sur mon espace de liberté : et si vous chroniquiez sur ce qui vous énerve ?

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« C'est curieux chez les soi-disant critiques de vin cette manie de faire des phrases ... anti vins natures. Le bashing, dénigrement à la mode, touche toutes les classes du Mondovino. Yohan Castaing, auparavant connu sous le pseudonyme pompeux d'Ambroise Chambertin, directeur éditorial de la revue Anthocyanes, rien ne l'exaspère plus que d'entendre sans arrêt parler de vin "naturel". Alors, comme il est énervé, il en parle.

 

« Bref, nous disait-il, comme on dit à la mode germanopratine, le sujet des vins naturels m’énerve. »

 

 

Lire ICI

 

Amazon.fr - Tout m'énerve - Picard, Georges - Livres

« Georges Picard est de ces écrivains qui jouent le sens de leur vie dans la littérature et y sacrifie leur existence sociale. Fils d'ouvrier, employé dans une usine à sardines puis journaliste à «60 millions de consommateurs», Georges Picard est l'auteur de quinze livres à la musique délicate. Il est un peu notre Cioran, l'amertume et le goût du désastre en moins. Comme le génial ­Roumain, il a sacrifié dans sa jeunesse à l'illusion de changer le monde par la violence, avant de devenir athée en politique. Comme lui, il a beaucoup vagabondé à travers la France, à vélo et surtout à pied, pour tenter de trouver un sens à sa vie. Enfin, il a préféré le retrait aux tapages médiatiques et vit comme un anachorète en plein Paris, dans son appartement du XVe arrondissement » 

 

 

30 juillet 2010

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Un come-back improbable. Onze ans après la sortie de son tube «Ça m’énerve», Helmut Fritz a partagé vendredi 10 avril sur Facebook une nouvelle version de son hit, intitulée «Ça m’énerve 2020», sur le thème du confinement lié au coronavirus.

 

En une décennie, l'auteur-compositeur-interprète français, de son vrai nom Eric Greff, n'a rien perdu de son humour et de son ton décalé, ni de son inimitable accent allemand. «J'rêve du Costes et d'un verre, mais tout Paris est désert, ils sont tous à la maison, moi aussi, j'ai l'air d'un con», lance-t-il sa chanson. 

 

Avant de lister toutes les raisons de son énervement durant le confinement, sur la même musique dance que son tube de 2009 : «toutes celles qui boivent du champagne rosé, pour oublier le confinement qui va durer», «tous ces gens qui font la queue devant l’Franprix, tout ça pour des Panzani, mais bon, en 5 minutes c'est cuit», «toutes celles qui sortent plus et picolent à la Kate Moss, le rouge à lèvres c'est fini, pas l'temps y'a les gosses».

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