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19 juillet 2019 5 19 /07 /juillet /2019 06:00

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À l’heure où le gros paquebot de Bordeaux a des voies d’eau il est facile de tirer sur le pianiste surtout lorsqu’on est un tout petit calibre.

 

Bernard Farges encore et toujours... ICI 

 

Que Bernard Farges ait sa part de responsabilités dans ce qui arrive aujourd’hui aux vins de Bordeaux, qui pourrait le nier, mais pour autant lui faire endosser toutes les responsabilités de ce début de naufrage relève des idées courtes d’un quasi-naufragé de la critique payante.

 

N’ayant jamais eu la vocation de procureur je ne vais pas m’atteler à dresser la liste des responsables, comme l’avait dit l’oubliée Georgina Dufoix, « Responsable mais pas coupable… », me mettre à instruire le procès de Bordeaux.

 

J’ai déjà commis une chronique sur le sujet.

18 juin 2019

Et si le vin dit de Bordeaux subissait au XXIe siècle le même déclin que le vin de table du Languedoc au XXe siècle ? ICI 

 

Jacques Dupont, l’arpenteur de Bordeaux, s’est attelé à la tâche :

Vin : comment Bordeaux a perdu la guerre du goût

ÉDITO. Trop cher, pas assez écolo... Bordeaux n'a plus la cote. En cause, des maladresses, mais aussi beaucoup d'idéologie. Le coup de gueule de Jacques Dupont. Par Jacques Dupont ICI 

 

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Et pendant ce temps-là, les plumitifs du vin, dont l’immense, l’inégalable, le très envié critique Yohan Castaing que le monde entier nous envie, glosent sur le vin le plus cher du monde : Liber Pater

 

Liber Pater n’est-il en fait qu’un formidable storytelling ? ICI 

 

Trop de mots, un gloubiboulga de mots, tout ça pour ne pas prendre position à la fin, c’est toute l’hypocrisie d’un type qui se pousse du col pour picorer dans les belles assiettes des châteaux de Bordeaux.

 

Surenchère :

 

Vin : il vend un Bordeaux à 31 000 euros, le plus cher du monde… « parce qu’il le vaut bien »

 

Plus cher que le Liber Pater 2015, coté 30000 euros la bouteille, on a trouvé un Cadillac côte de Bordeaux à 31000 euros la quille : le château Bessan 2017.

 

Les prix des grands crus flambent sous l’effet croisé de la spéculation et des coups de marketing. Une production vient de crever les plafonds en proposant la bouteille de son millésime 2017 au prix de 31000 euros la bouteille : le château Bessan, propriété viticole familiale de l’appellation Cadillac côte de Bordeaux, basée à Tabanac. Il s’agit d’un record en bordelais, puisque ce tarif place ce rouge au-dessus du Liber Pater, Graves produit à Landiras, et dont la valeur est montée ces derniers jours à 30000 euros le col.

 

Le domaine de Bessan, ce sont 14 hectares exploités en bio sur des coteaux exposés sud-est au-dessus de la vallée de la Garonne. C’est Mathieu Verdier, à la tête de l’exploitation, qui a décidé de fixer le prix de sa production 2017 à ce niveau, « parce que je le vaux bien », affirme-t-il.

 

Parce que je le vaux bien

 

Ma maman et mes amis m’ont noté 99 sur 100. Tout le monde me dit que mon vin est délicieux. Je travaille en bio. J’ai donc décidé de vendre la bouteille à 31.000 €, soit 1.000 € plus cher que le Liber Pater, considéré comme le vin le plus cher du monde ! »

 

La suite ICI 

 

Et pendant ce temps-là, le CIVB, lance une contre-attaque qui en dit plus long qu’un long discours sur le désarroi des dirigeants qu’aime tant notre grand critique de garnds vins, le CIVB devrait l’embaucher pour faire l’article dans la GD !

 

Relance commerciale

La bière a sa Saint-Patrick, le vin de Bordeaux veut sa Saint-Vincent

Mardi 16 juillet 2019 par Alexandre Abellan

 

Pour rebondir, la filière girondine compte créer l’évènement dans les points de vente les 24 et 25 janvier 2020. En soutenant une tournée française de la grande distribution, des cavistes et des restaurants.

 

La suite ICI 

 

Pognon de dingues !

 

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18 juillet 2019 4 18 /07 /juillet /2019 06:00
Andrea Camilleri « Le fascisme est un virus, dont on a cru se débarrasser en pendant le chef par les pieds, mais qui revient depuis des décennies, sous des formes différentes» Ciao maestro !
Andrea Camilleri « Le fascisme est un virus, dont on a cru se débarrasser en pendant le chef par les pieds, mais qui revient depuis des décennies, sous des formes différentes» Ciao maestro !
Andrea Camilleri « Le fascisme est un virus, dont on a cru se débarrasser en pendant le chef par les pieds, mais qui revient depuis des décennies, sous des formes différentes» Ciao maestro !
Andrea Camilleri « Le fascisme est un virus, dont on a cru se débarrasser en pendant le chef par les pieds, mais qui revient depuis des décennies, sous des formes différentes» Ciao maestro !
Andrea Camilleri « Le fascisme est un virus, dont on a cru se débarrasser en pendant le chef par les pieds, mais qui revient depuis des décennies, sous des formes différentes» Ciao maestro !

Andrea Camilleri est mort mercredi 17 juillet, à l’âge de 93 ans, à Rome.

 

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Je veux bien le rejoindre au même âge.

 

 

Plus qu’un écrivain, Andrea Camilleri, qui ne s’est pas fait connaître uniquement grâce à ses romans policiers drôles et politiques – conteur engagé, homme de gauche, il a placé la corruption, la mafia,  la crise migratoire au cœur de son œuvre.

 

Camilleri c’était aussi et surtout une langue. « En version originale, ses livres sont écrits dans un mélange de dialecte sicilien et d’italien, parfois déroutant pour un Milanais ou un Vénitien. « À la maison, nous avions toujours parlé un dialecte constamment enrichi d’italien, et la distinction établie par Pirandello me convenait parfaitement : la langue italienne exprime le concept, tandis que le dialecte exprime le sentiment », expliquait-il en 2000 à Livres Hebdo. »

 

« Cette richesse d’écriture a été mise en mots en France par Serge Quadruppani. Grâce à ce travail impressionnant de traduction, empruntant au « français du Midi », la complexité des multiples influences culturelles siciliennes est rendue intelligible pour le lecteur de l’Hexagone. « Le “camillerien” n’est pas la transcription pure et simple d’un idiome par un linguiste, mais la création personnelle d’un écrivain, à partir du parler de la région d’Agrigente », explique le traducteur dans un « avertissement » présent dans chaque volume.

 

Mon amour pour les romans siciliens d’Andrea Camilleri date de l’année 2006, 13 ans de fidélité et d’admiration sans bornes.

 

Ciao l'artiste, je suis triste...

 

Quelques Références

 

21 juillet 2006

La disparition de Judas ICI  

 

5 août 2009

La vie de 10 nonnes pour celle de l'évêque d'Agrigente : une histoire sicilienne ICI  

 

29 août 2009

Le feuilleton coquin de l’été des Bons Vivants : « Ta femme te fais cocu avec le commissaire divisionnaire. »  ICI 

 

12 septembre 2009

Le feuilleton coquin de l’été des bons vivants : « Tâche voir de pas me faire mal, je suis une petite nature. »  ICI 

 

9 septembre 2010

Les bonnes feuilles de l’été de tonton Jacques « Giurlà, déjà benouillé de sueur, sentit qu’il durcissait dans son pantalon »  ICI 

 

4 septembre 2014

« Merci pour ce moment» : la vengeance est un plat qui se mange froid sans-dents : à la socialiste, Taninè ! ICI

 

21 octobre 2014

Sicile au temps où les effusions du Saint-Esprit engrossaient 4 vierges : j’en fais tout un fromage le caciocavallo… ICI 

 

26 mars 2015

En 1 heure ½ maximum la récolte était vendue, parce qu’elle venait d’une terre cultivée avec amour et que l’amour ça donne bon goût…  ICI 

 

22 juin 2015

La Donna é mobile « Les glaces de Cecè sont la joie des gourmets ! Une glace chez Cecè et la chaleur disparaît ! » ICI  

 

12 décembre 2015

En 1677 la Sicile est gouvernée pendant 27 jours par 1 femme, beauté envoûtante, intelligence redoutable, équanimité révolutionnaire, lisez Camilleri au sommet de son art !  ICI 

 

3 avril 2016

Andrea Camilleri l’homme qui aimait les FEMMES… Oriana un nom de guerre pour exercer le plus vieux métier du monde.  ICI 

 

11 septembre 2016

« Alors que la 1ière fois elle était restée silencieuse, ce coup-ci, elle se mit à miauner. Et Giurlà trouva la chose bien à son goût. Par le fait, il poussa aussi de grands han à chaque enfournée. » ICI

 

17 juin 2018

Ma sélection du dimanche : 2 livres, 1 vin, 1 plat, Leonard Cohen homme à femmes, Andrea Camilleri et sa Nora femme mariée aux multiples amants, homard de l’Ile d’Yeu et 1 Morgon vieilles vignes… ICI

 

Un entretien avec Andrea Camilleri

Protagoniste d'un exceptionnel phénomène éditorial en Italie, Andrea Camilleri, écrivain inconnu il y a seulement cinq ans, est aujourd'hui le plus lu des romanciers de la péninsule. Depuis deux ans, ses romans, qui se sont vendus à plus de deux millions d'exemplaires, occupent sans discontinuité les premières places des classements des meilleures ventes et ont été traduits dans de nombreux pays où ils ont toujours reçu un excellent accueil. Tous ses livres ont pour cadre une petite ville sicilienne appelée Vigàta, qui est la transfiguration littéraire de Porto Empedocle, la ville natale de l'écrivain. Certains de ses romans appartiennent au genre de l'énigme historique, un genre très cher à Sciascia, et explorent - sans renoncer à l'ironie - les malheurs de la Sicile du siècle passé ; les autres sont des romans policiers plus classiques dans lesquels le commissaire Montalbano - une sorte de Maigret sicilien des années quatre-vingt-dix - s'efforce de comprendre et de combattre la criminalité d'aujourd'hui. Dans les deux cas, Camilleri propose des histoires bien ficelées - avec parfois des procédés de construction assez originaux - qui, tout en utilisant de nombreuses références littéraires plus ou moins affichées, affrontent les problèmes de son pays, à commencer par la mafia et par la corruption des institutions et des hommes politiques, mais savent aussi évoquer la fierté et la richesse de l'identité sicilienne. Mais surtout, cet écrivain de soixante-quatorze ans, qui était metteur en scène et producteur pour le théâtre et la télévision, a su inventer, à partir d'un mélange d'italien et de sicilien, une langue savoureuse et efficace, qui convient parfaitement à ses histoires, mais qui a dû poser de nombreux problèmes à ses traducteurs.

 

En France, où cinq de ses livres ont déjà été traduits, deux nouveaux romans sont attendus ce printemps dans les librairies : le troisième épisode des aventures de Montalbano, Le Voleur de goûters (Fleuve Noir), un récit qui croise les problèmes de l'immigration aux activités illicites des services secrets et aux crimes passionnels, et Le Coup du cavalier (éd. Métailié), où, dans la Sicile de la fin du xixe siècle, un homme honnête voulant dénoncer l'illégalité et la corruption est victime d'une machination qui vise à lui attribuer la responsabilité d'un meurtre.

 

Nous avons rencontré Andrea Camilleri dans sa villégiature du Monte Aviata, campagne toscane.

 

ICI

 

 

Littérature Actualité Sciences humaines Histoire

 

ICI

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17 juillet 2019 3 17 /07 /juillet /2019 06:00
L'invention de l'anniversaire, celui de Claire dans ses vignes des Hautes Cotes de Beaune au lieu-dit Bully 1ier épisode

J’étions invité.

 

J’y suis allé samedi 13 avec ma petite auto.

 

Je ne me suis pas égaré grâce à mon guide qui cause bizarrement. Faisait beau, arrivé chez Claire plein de petites mains s’affairaient.

 

Qu’allais-je faire ?

 

Avant de faire ripaille, de boire, de papoter, de voir Claire souffler ses 50 bougies, je m’étais dit, moi qui suis tout sauf journaliste (lire Faut-il vraiment être "con" pour être journaliste? ICI ) je vais jouer au paparazzi, sortir mon petit Leica de son sommeil pour immortaliser l’événement.

 

Jean-Yves me conduisit au fin fond des vignes par un chemin à peine carrossable à la maison de Bully, là je me suis assis et j’ai réfléchi.

 

 

Pourquoi fête-t-on les anniversaires de sa naissance ?

 

C’est un an de plus, pourquoi faire la fête alors que l’on vieillit ?

 

Alors j’ai cherché.

 

J’ai trouvé.

 

Dans un article publié par la revue Annales (juillet-août 2007, 248 p., 17 €), le médiéviste Jean-Claude Schmitt retrace « l'invention de l'anniversaire ». Pour cela, il part d'un texte du XVIe siècle : le Livre des costumes, de Matthäus Schwarz. Ce fils de marchand de vin, directeur financier de la firme commerciale des Fugger d'Augsbourg, avait tenu à rédiger, images à l'appui, son "autobiographie vestimentaire". Or il y avait porté une attention particulière, rare à l'époque, à la date de sa venue au monde. Décortiquant avec bonheur ce document exceptionnel, Jean-Claude Schmitt signe une étude passionnante sur l'émergence de l'anniversaire moderne comme rituel collectif et familier.

 

Le rythme de la vie collective domine et embrasse les rythmes variés de toutes les vies élémentaires dont il résulte; par suite, le temps qui l’exprime domine et embrasse toutes les durées particulières, écrivait Émile Durkheim en conclusion aux Formes élémentaires de la vie religieuse (1912); et il précisait : « c’est le rythme de la vie sociale qui est à la base de la catégorie de temps » [1]

 

Parmi l’immensité des problèmes posés, je ne m’intéresserai ici qu’à l’historicité des « rythmes de la vie » et plus particulièrement à la manière dont les acteurs sociaux se représentent leur vie, ses étapes, l’âge qu’ils ont eu, qu’ils ont, qu’ils vont avoir, dans leurs écrits et le cas échéant dans les images qu’ils produisent. Le premier document que j’ai examiné de près est, au début du XVIe siècle, l’« autobiographie vestimentaire » de Matthäus Schwarz. Parmi tous les traits qui font de cet ouvrage un témoignage de premier plan, j’ai été frappé par la place que tient dans les préoccupations de l’auteur son propre anniversaire. Cet aspect n’a guère été remarqué jusqu’à présent. Sans doute parce que l’anniversaire est un petit rite personnel et familial qui ne bénéficie pas des fastes des rituels religieux et publics qui ont scandé et scandent encore en partie les vies individuelles (première communion, mariage, etc.); fêter son anniversaire ou celui de nos proches semble aller de soi, au point que nous ne nous interrogeons guère sur l’histoire d’une telle pratique. Rares sont les études qui lui sont consacrées [6]

 

[1]

ÉMILE DURKHEIM, Les formes élémentaires de la vie religieuse.…. Il faisait écho à Marcel Mauss qui, dans son Étude sommaire de la catégorie du temps dans la religion et la magie, observait que « le calendrier n’a pas pour objet de mesurer, mais de rythmer le temps 

 

[2]

MARCEL MAUSS et HENRI HUBERT, Mélanges d’histoire des… ». « Rythmer le temps » : l’Essai sur les variations saisonnières des sociétés eskimos avait montré en effet, dès 1904-1905, que l’alternance de l’hiver et de l’été déterminait pour les populations du Grand Nord l’alternance de deux formes différentes de la vie sociale, dense, collective et festive dans le repli hivernal de l’igloo, dispersée et plus individuelle à la saison estivale, consacrée à la chasse plus lointaine 

 

[3]

MARCEL MAUSS, « Essai sur les variations saisonnières des…. La postérité des intuitions des fondateurs de la sociologie et de l’anthropologie a été étudiée récemment par plusieurs auteurs, alors même que la notion de rythme, dans ses acceptions diverses et à propos de notre propre société s’impose sur le devant de la scène : que l’on pense aux rythmes du travail, aux rythmes scolaires, aux effets dissolvants, pour le tissu social comme pour la personnalité de l’individu, de l’« arythmie » sociale, dans le cas du chômage par exemple

 

[4]

EVIATAR ZERUBAVEL, Hidden rhythms. Schedules and calendars in…. En effet, la société occidentale, passée ou moderne, ne saurait échapper au souci anthropologique d’analyser dans la synchronie ses rythmes fondamentaux, comme les catégories, les usages pratiques et les techniques du temps que ces rythmes soutiennent : du temps biologique (sommeil et veille, respiration, menstruation) à la mesure horlogère du temps diurne, des rythmes du corps à ceux de la danse et de la musique, du calendrier annuel à la périodisation de l’histoire collective, du temps du travail et des loisirs au temps de la vie, etc., en insistant sur le rôle de la combinaison de tous ces rythmes dans le procès d’individuation collectif et personnel

 

[5]

PASCAL MICHON, Rythmes, pouvoir, mondialisation, Paris, PUF,…. Mais le regard historien peut et doit ajouter autre chose encore : une observation de ces rythmes et de ces « catégories du temps » dans la diachronie de l’histoire, les changements de rythmes dans le temps, les conflits entre rythmes rivaux en tant que facteurs du procès historique, l’apparition ou la disparition de rythmes nouveaux et ce qu’elles signifient.

 

[6]

PHILIPPE ARIÈS, L’enfant et la vie familiale sous l’Ancien… : les folkloristes ne s’en préoccupent guère, et si, par exemple, Arnold Van Gennep avait bien prévu dans son questionnaire une entrée « Anniversaire », il n’en parle plus ensuite

 

 

La suite ICI

 

Je dois à la vérité que pour mes 71 balais on m’a offert :

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Depuis quand fêtons-nous notre anniversaire ?

 

La question n’a guère intéressé les historiens jusqu’à aujourd’hui. Pourtant elle ouvre des aperçus féconds sur l’évolution des rythmes de la vie humaine. Au Moyen Âge, où l’on se préoccupait surtout du jour de la mort des individus, s’est effectué un retournement lourd de conséquences : l’anniversarium funéraire est devenu ce que l’on appelait alors la « natalité ». Textes et images permettent de suivre le lent établissement de la pratique de l’anniversaire et sa dissémination, d’abord dans les milieux aristocratiques, puis dans la bourgeoisie du XIXe siècle et enfin dans les milieux populaires.

 

Ce livre invite le lecteur à découvrir l’histoire surprenante et le caractère finalement très tardif de ce rituel qu’est l’anniversaire de notre naissance.

 

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Historien spécialiste de l’anthropologie historique, Jean-Claude Schmitt est directeur d’études à l’EHESS. Médaille d’argent du CNRS, il a enseigné dans les plus grandes universités américaines et européennes. Il a publié Les Rythmes au Moyen Âge chez Gallimard, 2016. Ses ouvrages sont traduits dans plus d’une quinzaine de langues. Il dirige la collection Oblique/s chez Arkhê.

A suivre…

 

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16 juillet 2019 2 16 /07 /juillet /2019 16:15

Toujours à la pointe du buzz 17 juin 2019 j’osais écrire une chronique que je n’osais titrer : Homard m’a tué. ICI

 

« En quoi un homard est-il plus ridicule qu'un chien, qu'un chat, qu'une gazelle, qu'un lion ou toute autre bête dont on se fait suivre ? J'ai le goût des homards, qui sont tranquilles, sérieux, savent les secrets de la mer, n'aboient pas ».

 

Gérard de Nerval

 

« Le homard est un animal paisible qui devient d’un beau rouge à la cuisson. Il demande à être plongé vivant dans l’eau bouillante. Il l’exige même, d’après les livres de cuisine.

Précisons de plus que le homard n’aboie pas et qu’il a l’expérience des abîmes de la mer, ce qui le rend très supérieur au chien et décidait Nerval à le promener en laisse, plutôt qu’un caniche ou un bouledogue. »

Alexandre Vialatte

 

Prescience de ce qui vient d’arriver à François de Rugy.

 

Les homards sont dangereux, certes ils n’aboient pas, ils laissent ce soin à la bande à Moustache.

 

 

 

L'ombre d'un doute

Edwy Plenel, enquête sur l'enquêteur

 

Il sort des affaires, fait tomber les puissants, sans craindre de jouer les procureurs : Edwy Plenel incarne le journalisme d’investigation à la française. Mais qui est vraiment le fondateur de Mediapart  ? Après quoi court-il ? Quelles sont ses méthodes ?

 

Sophie des Déserts a enquêté sur l’enquêteur. ICI 

 

Enfin je dédie la palme de la chronique la plus creuse, la plus dénuée de sens sur cette affaire à Fabrizio Bucella Professeur des Universités (Université Libre de Bruxelles), physicien, docteur en Sciences et sommelier

 

Ce que disent les vins de François de Rugy

 

Concentrons-nous sur le côté oeno-gastronomique de l’affaire.

ICI 

 

Vu de Suisse. François de Rugy a démissionné, l’histoire d’une affaire bien française

 

La question nous est tombée dessus sans crier gare. “Vos politiciens, en Suisse, ils se gobergent aussi de homards et de vins fins ?” Gêne de quelques minutes. Coup d’œil rapide, sur Internet, aux dernières révélations de Mediapart sur les repas fastueux, version crustacés et grands crus, du ministre de l’Écologie et ancien président de l’Assemblée nationale François de Rugy. Et nous voilà à expliquer que non, sauf erreur de notre part, les homards ne frétillent pas dans les cuisines du Palais fédéral…

 

La question, évidemment, ne portait pas seulement sur les homards servis à table par François de Rugy à ses hôtes. Ni sur le sèche-cheveux plaqué or que la compagne du ministre – pour l’heure maintenu en fonction par Emmanuel Macron – aurait acquis lors de leur court passage à l’Hôtel de Lassay, résidence du président de l’Assemblée nationale. Ni sur les travaux réalisés dans son appartement de fonction. L’interrogation visait surtout le rapport au luxe des politiciens.

 

L’élite monarchique

 

D’un côté, une élite française présumée dispendieuse, installée sans complexe dans les habits de l’élite monarchique d’Ancien Régime et dans les meubles de la République. De l’autre, une classe dirigeante helvétique supposée plus attentive à l’usage des deniers publics, voire carrément décevante côté fastes et réceptions.

 

La réponse exige des précautions. Genève, on le sait, a connu récemment son lot de convulsions et de controverses. N’empêche : ce qui se passe ces jours-ci à Paris ressemble bien à une maladie française. Le goût du faste. La présence à ces dîners de journalistes parisiens triés sur le volet, peu regardants sur la dépense.

 

Des bombes à retardement

 

L’impression qu’à Paris un “si petit monde” n’a toujours pas compris les exigences de transparence et de frugalité de l’époque. Comme si, une fois installés dans les meubles de la République, une partie des élus et de leurs conjoints s’affranchissaient logiquement du monde réel.

 

Cette France-là, perdue dans la tour d’ivoire du pouvoir, mérite d’être rappelée à l’ordre. L’apparat démocratique impose plus de discernement. Or les homards distribués aux bons amis et arrosés de vins fins, hors dîners officiels et réceptions diplomatiques, sont des bombes à retardement. Ceux qui l’oublient perdent, dans la foulée, toute crédibilité pour réclamer à leurs compatriotes les efforts exigés par leurs réformes.

 

Richard Werly ICI

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15 juillet 2019 1 15 /07 /juillet /2019 06:00
Que conseiller à Pax : lire or not lire la mémoire des vignes par Ann Mah ?

Moi je l’ai lu et je suis bien embarrassé pour conseiller PAX…

 

La Mémoire des vignes par Mah

 

C’est joliment écrit et bien troussé.

 

Deux intrigues se mêlent dans ce roman : « les boire et déboires de Kate » à notre époque, ses ambitions professionnelles : elle doit réussir le « très prestigieux concours de Master of Wine ». Elle fait pour cela le choix de se rendre en Bourgogne, dans le domaine appartenant à sa famille depuis des générations. Elle pourra y approfondir ses connaissances sur le vignoble et se rapprocher de son cousin Nico et de sa femme, Heather, qui gèrent l’exploitation. Son passé amoureux dont les cendres sont ravivées, c’est Jean-Luc, un jeune et talentueux vigneron, son premier amour. Le quotidien tragique d’Hélène, jeune fille de vigneron dont le futur est anéanti par l’Occupation allemande et une marâtre infâme. Secret de famille !

 

Sur la Toile j’ai lu une critique « En revanche, je suis restée assez indifférente aux problèmes de l’héroïne : j’ai peiné à comprendre son obstination à passer son examen de Master of Wine alors que sa passion pour le vin ne m’est pas apparue clairement, je n’ai pas senti l’alchimie entre elle et son ex, et je n’ai pas réussi à m’attacher à sa famille ou à détester sa rivale, un peu trop caricaturale. Par-dessus le marché, pour une connaisseuse de la France, j’ai trouvé que l’auteure s’attardait lourdement sur des clichés du Français macho et peu ouvert sur le Monde dont je me serais bien passée. »

 

Comme vous le savez le Master of Wine n’est pas ma tasse de thé, c’est même un répulsif, du côté cœur je dirais, au risque de me faire taxer d’antiaméricanisme primaire, c’est très love story, mais du côté vigneron, elle n’a pas tout à fait tort Ann Mah, d’ailleurs j’aurais bien aimé que Jean-Yves Bizot, le vigneron de Vosne-Romanée le lise pour me donner son éclairage sur ses confrères vignerons.

 

Le volet, la vie d’une famille de vignerons sous l’Occupation, au travers du journal tenu par Hélène, est plus convaincant, bien documenté, reflet d’une période où ceux qui se sont engagés, ceux qui ont résistés, n’ont pas été forcément les gagnants à la Libération.

 

Pour éclairer PAX voici un lien avec le site ICI 

Babelio

Elodieuniverse   21 juin 2019

On est en immersion totale dans le monde œnologique, ses pressoirs, ses vignes, ses vendanges... Ne vous inquiétez pas si vous n'êtes pas de grands amateurs de vins, l'histoire est bel et bien compréhensible. Grâce au journal d'Hélène, on entre au coeur de la guerre, de la résistance, de l'Occupation, de la collaboration... Les secrets de famille sont bien présents. Qui était Hélène? Pourquoi dans la famille personne n'en a jamais parlé? Et surtout qu'est-elle devenue? La quête que va mener Kate va mettre à jour les non-dits mais aussi la honte, la trahison, la culpabilité de cette famille. J'ai aimé que les personnages cherchent en même temps que le lecteur et en savent même moins.C'est un livre documenté que ce soit sur l'oenologie ou la SGM.(Sombre période qui me passionne, je raffole des romans parlants de l'Histoire) Bref, ce livre mélange romance, terroir (La Bourgogne, ses terres et sa gastronomie) et roman historique à merveilles. (...)

 

Ann Mah est journaliste et écrivain. Elle vit entre Paris et Washington. Passionnée de voyages et de cuisine elle écrit régulièrement pour de nombreux journaux et magazines américains comme Le New-York Times, Vogue ou Condé Nast.

Elle a remporté le prix des lectrices de Elle aux Etats-Unis pour son essai Mastering the Art of French Eating en 2013.

Page 20 : L’Examen pour me MW

 

« La dernière fois que je l’avais passé remontait à dix-huit mois, mais je me rappelais les quatre jours d’épreuves dans les moindres détails. La forme des carafes en verre qui contenaient le vin pour les dégustations à l’aveugle. Le bruit que faisait mon stylo en courant sur le papier, rédigeant de courtes descriptions de chaque vin, d’où il venait, comment il était produit. Les arômes d’amandes grillées, de fleur de sureau, de silex composaient le bourgogne blanc sur lequel je m’étais tant interrogée. La cuisante sensation d’humiliation qui m’avait envahie lorsque je m’étais rendu compte que je m’étais trompée dans l’identification d’un des vins les plus vénérés au monde – celui que ma famille française fabriquait depuis des générations. Le vin  dont elle pensait qu’il coulait dans mes veines. » 

 

« Je connaissais personnellement des ribambelles de professionnels du vin qui étaient respectés et se moquaient du titre de Master of Wine, le considérant comme une affectation idiote et coûteuse. Mais d’un autre côté – quand je passais au crible le Wine Spectator avec envie, que je veillais jusqu’à l’aube pour préparer des fiches – je me trouvais nulle de ne pas l’avoir. La qualification MW était comme un doctorat ou un master, en plus prestigieux encore, quand on savait qu’il y avait dans le monde moins de trois cents Masters of Wine. J’avais consacré cinq ans à me préparer pour l’Examen, investi des centaines d’heures et des milliers de dollars pour humer, goûter, cracher toute sorte de vins. »

 

Page 61 : La frugalité de leur mode de vie s’appliquait aussi au vignoble

 

« Ma mère et son frère avaient grandi au domaine, mais alors qu’elle avait quitté la France pour faire ses études, mon oncle Philippe avait passé toute sa vie dans ce même endroit ; aujourd’hui, à un peu plus de cinquante ans, le chef vigneron était encore loin de prendre sa retraite. Ma tante Jeanne et lui vivaient à l’extérieur du village, dans une maison où elle avait grandi ; ils faisaient pousser leurs légumes, élevaient des poules et un cochon. La frugalité de leur mode de vie s’appliquait aussi au vignoble, qui souffrait, tant les équipements étaient vétustes et les murs lézardés ; je soupçonnais qu’elle était la cause d’une certaine tension entre les générations. »

 

Page 76 : Après l’enterrement du père de Jean-Luc

 

« Après la cérémonie, nous suivîmes la foule jusqu’à la maison de la famille de Jean-Luc. Dans le jardin, il resta au milieu d’un groupe d’hommes aux visages et aux mains  burinés. Vu la manière dont ils contemplaient les vignobles au loin – avec une inquiétude de propriétaires –, ils devaient être également vignerons, des viticulteurs de domaines voisins, des collègues du père de Jean-Luc. Lui se tenait les bras croisés, la tête baissée tandis qu’il écoutait les conseils, mais son expression n’avait rien de la raideur que j’apercevais  parfois à Paris. Ici, au milieu des vignes, il était chez lui. »

 

Page 77 : le premier millésime de mon père

 

« Ce soir nous le boirons en son honneur ». Il réussit à sourire.

 

  • À ton père dis-je tout en admirant la couleur du vin, riche et dorée, comme un souvenir de rayon de  soleil.

 

  • Papa ouvrait un millésime chaque printemps, quand les vignes commencent à se réveiller. Il disait  que c’était une offrande. Il cogna son verre contre le mien. « À une bonne année. Ma première… comme vigneron. »

 

J’en eus le souffle coupé. »Tu … tu reprends le domaine ? » Au moment où je le dis, les pièces du puzzle trouvèrent leur place. Bien sûr qu’il allait le reprendre. Il était le seul fils, et sa sœur était impatiente de fuir la province. Il se préparait à ce rôle de chef vigneron depuis sa naissance.

 

Dans la semi-pénombre de la cuisine, son visage était fermé, difficile à lire. « Nous avons envisagé de trouver un viticulteur pour s’occuper des vignes. Ou de vendre notre récolte à un négociant. Mais finalement… disons que papa n’approuverait pas. J’ai pensé que c’était la meilleure solution, et maman a fini par donner son accord. »

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14 juillet 2019 7 14 /07 /juillet /2019 07:00
1953 - Christiane MARTEL - France

1953 - Christiane MARTEL - France

J’adore les articles de commande torchés par le type d’engeance qui veut ménager la chèvre et le chou, le genre je ne vais pas oser me couper des jeunes larges masses citadines passées par « … les cases Stan Smith-tatouage-mode unisexe. » «  … qui mets toujours un Pet’nat’ dans mon tote-bag avant de grimper sur sa gyroroue. » en les dézinguant, ni choquer les ceux, propres sur eux, qui t’invitent aux belles tables des châteaux des GCC, qui raquent sec pour la publicité de mon commanditaire, en les encensant.

 

Alors miss Monde, se tortille (voir plus bas), s’élance en se bordant d’un gilet de sauvetage à l’épreuve des balles « Le pétillant naturel est encensé ou décrié. Tout le monde en parle mais personne n’en boit. On a testé. »

 

J’adore le ON.

 

En fait, elle déguste, elle qui s’est autoproclamée dégustatrice sans aucune garantie de son savoir-faire, de sa capacité à sélectionner les produits à déguster (en général on les lui livre) puis, pour rajouter un zeste de crédibilité à ses écrits louvoyants, elle convoque « une personne chère, amatrice de bons vins » pour lui proposer « un des pétillants naturels goûtés pour cette chronique (apprécié par mon palais) (Sic). » qui  « Après un enthousiasme sincère sur la proposition…  goûta, et son sourire se figea en une moue gênée. Elle déglutit et lâcha sur un ton désolé : « A ce compte-là, je préfère carrément du cidre. » Raté. Elle adora le suivant. Ouf ! »

 

À quoi ça rime ?

 

À pisser de la copie, à pondre des phrases qui se veulent politiquement incorrecte mais qui sont d’un convenu absolu, du genre « Le pétillant naturel rappelle souvent une attitude. Le « en même temps » macronien. On veut un vin effervescent, mais en même temps on le veut plus cool que le champagne et plus dans le vent que le crémant. De même que le bobo a refusé de choisir entre bourgeoisie et bohème, l’amateur de Pet’nat’ veut la tendance et l’authenticité dans le même verre. Et un soupçon de punk, en plus. D’ailleurs, il est souvent bouché d’une capsule, comme la bière. Même l’ouverture est relax. »

 

Je note que les ploucs de la Blanquette de Limoux et de la Clairette de Die apprécieront d’être qualifiés de précurseurs des Pet’nat, alors qu’ils rament  depuis des années, depuis que les champenois ont confisqué à leur seul profit la « méthode champenoise », pour souligner que la méthode traditionnelle qu’ils pratiquent c’est deux fermentations comme en Champagne.

 

Les ancêtres des Pet’nat ce sont les méthodes ancestrales : à Limoux, le Cerdon, Gaillac…

23 novembre 2011

C’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe : vive les bulles ancestrales avec Cœur de bulles de Sieur d’Arques…  ICI 

 

Je ne suis pas tatoué, je ne porte pas de jeans taille basse, je n’ai jamais chaussé de Stan-Smith, je ne suis ni hipsters, ni adepte de gyroroue, je fais du vélo, mais je concède que je suis un vieux con, septuagénaire, pas encore dépendant, qui a de la bouteille, qui patauge dans le petit monde parisien de celles et ceux qui se disent amatrices et amateurs de bons vins (qu’est-ce qu’un bon vin ? faudra un jour me faire un dessin !), je vais être hautement vulgaire : ce genre d’article c’est se tortiller du cul pour chier droit.

 

Traduction :

 

« En effet, c'est au XVIIe siècle qu'on trouve l'expression « tortiller sa pensée » pour désigner de façon imagée des cheminements de pensée compliqués. Par opposition, pour signifier qu'on allait droit au but, sans hésiter, on pouvait donc dire « il n'y a pas à tortiller sa pensée.

 

C’est tiré de :

« Il ne faut pas tortiller du cul pour chier droit dans une bouteille »

 Le 14 janvier 2013 c’était le titre d’une de mes chroniques ICI 

 

Qui a dit que cette expression bien française est vulgaire ? J’en connais un mais je tairais son nom.

 

Elle vient de loin : « En effet, c'est au XVIIe siècle qu'on trouve l'expression « tortiller sa pensée » pour désigner de façon imagée des cheminements de pensée compliqués. Par opposition, pour signifier qu'on allait droit au but, sans hésiter, on pouvait donc dire « il n'y a pas à tortiller sa pensée », assez vite raccourci en un « y'a pas à tortiller » attesté en 1756 et qu'on trouvera chez Vidocq, par exemple.

 

Mais avant, à la fin du XVIIe siècle, on trouvait déjà un « tortiller du cul », appliqué aux femmes qui marchent en se déhanchant tout en sachant l'effet que cela produit sur des mâles en rut.

 

La combinaison des deux a donné, à la fin du XVIIIe siècle, un y'a pas à tortiller du cul avec le même sens que notre expression.

 

Quant à la version étendue, elle est citée en 1977 par François Caradec dans son « Dictionnaire du français argotique et populaire ». On ne sait pas si l'ajout des compléments avait pour but de faire rire ou de choquer, mais ils ont certainement plu puisque, au moins pour le premier, ils sont restés dans le langage familier. »

 

 

1952 - Armi KUUSELA - Finlande  

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12 juillet 2019 5 12 /07 /juillet /2019 06:00
Le 12 juillet quand on n’a plus rien à dire on met la mire…

Encore un titre à la mort moi le nœud ?

 

Oui !

 

Pourquoi ?

 

Le temps… le temps qui passe…

 

Le temps est cette sorte de fluide dont nous répétons qu’il transporte tous les objets, qu’il vieillit les êtres, altère et use les choses, ronge les roches, améliore les sociétés et les vins. Mais dire cela ne suffit guère à révéler sa véritable nature.

 

Qu’est-ce donc, au fond, que le temps : est-il comme notre langage le raconte ? Comme nous croyons le percevoir ou le vivre ? Comme le représentent les physiciens ? Comme le pensent les philosophes ?

 

Qui a autorité pour parler du temps ?

Étienne Klein ICI

 

Alors la mire !

 

Mais oui, cette image fixe présente lorsqu’il n’y avait pas d’émission, dont les couleurs criardes servaient à étalonner l’affichage du téléviseur de l’époque pré-numérique ! Remontons le temps jusqu’à la préhistoire de la télévision.

 

18 septembre 1937 : un émetteur d’ondes courtes d’une définition de 180 lignes est installé sur la Tour Eiffel depuis 2 ans. Afin de tester un nouvel émetteur, d’une définition de 480 lignes, une image fixe est télédiffusée dans un rayon de 100 km.

 

La suite ICI 

Etienne Klein: «Le futur existe-t-il autant que le passé?» ICI 

 

A la recherche du temps perdu

 

Chez nous-mêmes, ni physiciens ni philosophes, c’est encore pire. Pêle-mêle, le temps ralentit ou accélère, passe ou s’arrête, tourne en rond, signifie le changement ou la vitesse, l’usure ou la mort. Cela fait beaucoup pour un petit mot de cinq lettres. Mais dire le temps ne donne aucune assurance sur ce qu’il est vraiment, en tant que lui-même. Il n’est pas une chose ordinaire. Personne ne peut l’attraper pour l’ausculter avec une loupe. «Qui pourrait se targuer d’avoir une connaissance assez complète du temps pour expliciter ce qu’indiquent vraiment les horloges lorsque nous disons qu’elles donnent l’heure?» questionne Etienne Klein.

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11 juillet 2019 4 11 /07 /juillet /2019 06:00
Thibaudet ou les trois B, c’est-à-dire la Bourgogne, le Bourgogne et Balzac qui a fait entrer la table en littérature.

Dans sa chronique : La critique littéraire, 18/04/2018  Aurélien Bellanger, écrit :

 

J’avais lu, à sa sortie et avec beaucoup d’intérêt, le gros recueil des critiques littéraires qu’Albert Thibaudet avait publiées  dans la NRF entre 1912 et 1936.

 

Toutes les notices biographiques de Thibaudet s’entendaient sur trois points. Il était bourguignon, c’était le plus grand critique littéraire de son temps et il était gourmand.

 

J’avais lu aussi son Flaubert et j’avais eu l’impression, une vague ressemblance, le Normand et le Bourguignon, l’homme du nord et l’homme du sud, se répondaient d’un bout à l’autre de Paris. Leur coprésence, sur la même carte littéraire de la France, avait quelque chose d’une idéalité géométrique, c’était la structure même de notre champ littéraire et j’avais fini par m’agacer un peu de ces clichés culinaires incessants dont on adorait alourdir la figure du célèbre critique au liant bienveillant et au goût délicat. Cela m’agace, de même, quand on finit par préférer les bons mots de Faubert à ses romans ou par trouver ses joues couperosées plus sexy que Salammbô.

 

Né le 1er avril 1874 à Tournus (Bourgogne) d'une famille de notable et d'édiles. Elevé par les jésuites, il bénéficie d'une solide éducation. Il entre au lycée Louis-Le-Grand en 1888 comme pensionnaire et obtient le Prix d'honneur en philosophie en 1891, après un passage à Henri IV où il rencontre et se lie avec Bergson. A cette époque, il découvre les œuvres de Mallarmé, de Gide, de Bergson et de Barrès, qui resteront sa vie durant de fortes inspirations. Esprit déjà encyclopédiste (« il connaissait spécialement tout » dit de lui Bergson) il s'ouvre aussi bien à l'histoire, la littérature, la philosophie et la politique, se forgeant un savoir d'honnête homme d'une rare qualité : ce cumul de qualités et de visions se lit d'ailleurs dans sa conception de la fonction de critique littéraire, qui n'est pas uniquement littéraire, et qui est très critique (au sens premier du terme, de développer).

 

Jusqu'à sa mort en 1936, il continuera de cumuler les fonctions de régulier de revues et de professeur. Marqué à droite (il collabore aux revues proches de l'Action française, la Revue critique des idées et des livres de 1920 à 1924 et surtout l'hebdomadaire culturel Candide de 1925 à 1935), sa prolixité servira également le Journal de Genève (de 1925 à sa mort, pas moins de 103 articles !) et Les Nouvelles littéraires (de 1927 à 1931). Il restera comme un grand amoureux de l'esprit qui s'incarne parfois dans la littérature.

 

Albert Thibaudet écrivait énormément, il a voué sa vie à cela : la littérature. Ne pouvant trouver en lui la force d'un créateur, et sans tomber dans l'amertume d'une passion contrariée, il s'est fait le plus bel amant respectueux :  il cherche à mettre en valeur l'œuvre qu'on lui donne à lire sans chercher à montrer son ressentiment. Non pas lectures froides et analytiques comme il s'en fait (lisez Arnaud Rykner, vous ne rirez pas beaucoup…) mais perpétuel engagement dans le livre et dans le texte. Au fil des articles, une méthode se dégage, des tics d'auteurs se font écho, un écrivain apparaît : car reconnaître un critique à son style, c'est déjà lui en reconnaître un, et lire Albert Thibaudet est toujours un moment précieux que l'on s'offre.

ICI 

 

Pour se permettre de critiquer, il faut donc connaître un minimum son sujet, connaissance qui participe à l’affinage du goût, qualité qui préside à la critique éclairée : c’est ce que vous pourrez répondre à votre belle-sœur la prochaine fois qu’elle se permettra de qualifier de « piquette imbuvable » la bouteille de Pommard 1er cru que vous avez sortie de la cave pour Noël, alors que vous savez qu’elle n’y connaît rien et boit du Vieux-Pape toute l’année (en lui rappelant au passage que « piquette imbuvable » est un pléonasme). Car en littérature le goût s’acquiert comme pour le vin. Thibaudet précise donc qu’il s’agit surtout pour le critique de chercher à comprendre son plaisir et essayant d’être le plus précis possible dans la description de son plaisir. Partis du plaisir, « nous en arrivons à la discipline, c'est-à-dire à l'effort ». C’est ce qui dissocie la simple lecture vagabonde du travail critique.

 

Léon Bopp, « Albert Thibaudet (Caractéristique générale de sa pensée) », NRF, 1er juillet 1936, p. 14, son exécuteur testamentaire avec Jean Paulhan, de donner la juste définition d’Albert Thibaudet en une équation schématique, laconique et non dépourvue d’humour, assez fidèle par l’esprit à la réserve manifestée par l’écrivain pour se livrer : « Thibaudet ou les trois B, c’est-à-dire la ou le Bourgogne + des Bibliothèques + Bergson. » 

 

Paul Valéry :

Tout homme qui vaut est un système de contrastes heureusement assemblé. Chez Thibaudet, le rude accent, l’aspect bon vigneron et vieux soldat, l’amour des belles lettres et le sentiment des plus raffinées, Thucydide et les crus fameux, Mallarmé et notre personnel politique, l’Acropole, dont il a plus magnifiquement écrit que quiconque, et la gastronomie la plus délicate, se composaient à merveille en un vivant très délectable à connaître, très bon, très sûr, très simple. 

 

Garçon, un cent d'huîtres ! Balzac et la table

 

Anka Muhlstein, Garçon, un cent d'huîtres ! Balzac et la table, Odile Jacob/Histoire, octobre 2010, 218 pages, 23,90 €

 

 

Balzac est le premier écrivain à prendre son temps pour décrire un restaurant, un souper car l'homme est dans son assiette, pourrait-on dire. Jamais avant lui aucun écrivain n'avait eu une telle préoccupation. La table permet d'établir le statut social du héros, son caractère, d'évaluer son ambition ; le fumet d'une soupe nous aide à sentir l'atmosphère qui règne dans une maison.

 

Mais quels rapports Balzac entretenait-il avec la nourriture ? Ceux qui, comme moi, connaissent surtout le bonhomme ventripotent, seront surpris d'apprendre que Balzac a souffert de la faim dans sa jeunesse lorsqu'il était au pensionnat. Cela expliquerait-il ses rapports ambigus avec la nourriture ? En effet, s'il pensait que la frugalité — et même la chasteté — était indispensable au travail de la création — et s'appliquait ce régime pendant toute l'écriture d'un roman —, il était capable de se livrer à des excès « énormes, choquants » quand il en avait terminé. « Le bon à tirer signé, il filait au restaurant, avalait une centaine d'huîtres en hors d'œuvre, arrosées par quatre bouteilles de vin blanc, puis commandait le reste du repas : douze côtelettes de pré-salé au naturel, un caneton aux navets, une paire de perdreaux rôtis, une sole normande, sans compter les fantaisies telles qu'entremets, fruits, poires de doyenné », nous décrit Anka Muhlstein. On découvre aussi un grand amateur de café, un drogué au café même. Il en buvait des quantités astronomiques, quitte à se faire sérieusement mal.

 

ICI

 

« Flaubert savait-il écrire ? ». La question, écrit Thibaudet, peut « être posée à bon droit »

ICI

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 06:00
SANTÉ : Le déménagement de la Veuve « J'veux d'abord voir l'outil ! J'ai payé pour ça ! » Passevache (1926)

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C’est ma voisine je la mate depuis la fenêtre de ma cuisine, elle s’est fait faire un long lifting, la voilà de nouveau debout, ouverte et fermée, la prison de la Santé. Elle n’est ni belle ni moche, elle est toujours là derrière les murs en meulière apparente, datant de la création de l'établissement en 1867, qui ont été conservés. A l'intérieur, la "rotonde" historique, symbole du fonctionnement "panoptique", permettant à un gardien - remplacé par un poste de contrôle équipé de caméras - d'observer en même temps plusieurs coursives, existe toujours mais a été rénovée. Côté cellules, en revanche, c'est le grand changement.

 

« C’est le quartier bas, c’est le quartier qui a été réhabilité, détaille Christelle Rotach, la directrice de la prison. Les murs ont été conservés, les cellules réaménagées. De trois cellules existantes, on en a fait deux, pour pouvoir ménager un espace sanitaire plus conséquent avec le toilette et la douche. »

 

D'une taille de 9 m², les cellules ont été imaginées comme individuelles. Dans les faits toutefois, elles devraient être rapidement doublées alors que la surpopulation carcérale a encore augmenté au mois de décembre dernier. Elles sont toutefois plus grandes que les anciennes, et plus modernes. Chaque cellule dispose d'un évier, d'une télévision, d'une plaque-chauffante et d'une douche.

 

ICI 

 

Ce matin un petit zoom arrière pour évoquer la Veuve que Robert Badinter a condamné à n’être plus qu’un objet de curiosité pour nos petits loupiots qui proclament que c’était mieux avant : la guillotine.

 

 

Alexandre Vialatte  « Les étapes de l’humanité » La Montagne 18 décembre 1966

 

SANTÉ

 

J’ai longtemps habité en face d’une grande prison.

 

Heureux temps ! Je ne voyais que le ciel, les hirondelles ; quelques fenêtre de cellule. Parfois la guillotine. Rarement.

 

Ces jours-là ( je ne crois pas me tromper) le vent m’apportais une odeur fade ; les corbeaux mangeaient les feuilles mortes, mes visiteurs marchaient de côté pour se déplacer parallèlement au mur, afin de tourner le dos à la fenêtre. Le quartier de haute surveillance brillait de mille feux jusqu’au matin. L’aumônier allait et venait entre la prison et le couvent. Il eut longtemps, parmi ses condamnés à mort, un Sénégalais homicide qui avait pris goût au catholicisme. On le baptisa. (Il fallut l’empêcher de prendre des noms extravagants, tel que saint Jean Porte Latine.) Telle était sa soif de religion qu’il voulait qu’on recommence tout de suite. Il eut aimé se faire baptiser toute la journée.

 

Le pauvre garçon a dû finir bien tristement.

 

J’avais une baignoire 1900 où un bœuf aurait pu se baigner. J’y faisais la planche, les bras en croix. Que de bons souvenirs. À trois pas de chez moi  se dressaient l’asile de fous et l’école maternelle, plusieurs couvents, de nombreux hôpitaux, bref de quoi passer toute une vie, naître, mourir, tuer, voler, pécher, se repentir et expier longuement, sans jamais sortir de la rue.

 

 

En 1911, suite au déplacement du lieu d’exécution au boulevard Arago, un local est spécialement aménagé pour accueillir la guillotine à la prison de la Santé. Cependant, c’est pendant encore plusieurs années que l’on verra la “veuve” quitter son hangar de la rue de la Folie-Régnault pour des exécutions en province.

 

Anatole Deibler conservait en réalité deux guillotines dans le vieux hangar : le “bijou” et la “Parisienne”, ainsi qu’elle furent nommées par Nicolas Roch, l’un de ses prédécesseurs. La première est employée pour les exécutions parisiennes alors que la deuxième, autre modèle dit Berger, est destinée aux sorties en province.

 

Le dimanche 20 août 1911, accompagné de ses aides, Anatole Deibler prépare ce déménagement, il est prévu pour le lendemain. Lundi matin, le 21 août, les portes du hangar s’ouvrent et ce sont bien les deux guillotines qui ce jour-là partent pour la Santé.

 

Plongées dans le noir de leur nouvelle remise, les deux sœurs attendent côte à côte le jour où l’une d’entre elles sortira officier, et c’est le 5 septembre 1911 que la “Parisienne” est transportée Gare de Lyon à destination de Melun. Le lendemain, elle coupera une tête, celle de Lucien Pajot, assassin de la fille Ambroise.

 

Nous sommes en 1912 et, après plusieurs mois d’attente, le “bijou” va lui enfin fonctionner car la prochaine exécution parisienne est prévue pour le 20 janvier. La veille et durant la nuit, à la prison de la Santé, tout le monde attend la venue de Deibler, mais rien, personne…

 

Pourtant, au petit matin, le bourreau et ses aides sont là, boulevard Arago, en train de monter les bois de justice.

 

Le 27 janvier 1912, une note du préfet de police est envoyée au service de sûreté. Le préfet s’interroge sur le lieu de stockage des bois de justice. Il demande que l’exécuteur en chef des arrêts criminels, monsieur Deibler, clarifie la situation. Le fourgon servant à transporter la guillotine ayant été retenu chez le carrossier pour réparation, comment Deibler a-t-il fait pour déplacer la « veuve » de sa remise à la prison de la Santé jusqu’au boulevard Arago, lieu des exécutions parisiennes?

 

Le rapport tombe le 29 janvier et est remis le lendemain.

 

Si les bois de justice ont bien été transférés à la Santé le 21 août 1911, Deibler conserve également une autre guillotine, et son fourgon, au hangar du 60 bis rue de la Folie-Régnault. Cette guillotine, dont l’emplacement est plus proche des gares, est normalement réservée aux exécutions dans les autres départements ; mais c’est elle qui, exceptionnellement, fut employée pour l’exécution d’Arthur Renard.

 

Suite à sa sortie en province, la “Parisienne” n’avait donc pas regagné la prison de la Santé mais était revenue loger rue de la Folie-Régnault. Deibler avait visiblement jugé le nouveau trajet problématique. Cette deuxième guillotine aura donc volé, ce samedi 20 janvier 1912, la vedette au “bijou” et honoré son autre surnom : “la suppléante”.

 

Elle restera remisée dans le bon vieux hangar au moins jusqu’en 1914.

 

Jacques Delarue, dans Le métier de bourreau, avance l’année 1930, mais ce point reste à confirmer ou infirmer...

 

Source : ICI 

 

 

Anatole Deibler, l'exécuteur qui n'a jamais reçu la moindre plainte de ses 395 clients à travers tout le pays. À commencer par le parricide Georges Duchemin, meurtrier de sa mère, exécuté le 6 août 1909. Cinq ans plus tard, c'est au tour de trois des membres de la bande à Bonnot de faire connaissance avec la « Veuve ». André Soudy, 21 ans, qui, au réveil, chantonne et demande deux croissants. Raymond la Science, 23 ans, qui jette : « C'est beau, l'agonie d'un homme qui va mourir ! » Et enfin, Étienne Monier, 24 ans, qui s'écrie avant de perdre la tête : « Adieu à vous tous, messieurs, et à la société aussi. » Les corps de ces deux hommes seront livrés à la faculté de médecine pour autopsie.

 

91 condamnés guillotinés

 

Autre guillotiné célèbre, le Dr Marcel Petiot pour le meurtre de 26 personnes durant l'Occupation. Il leur avait fait espérer une filière d'évasion. Au lieu de cela, il les gazait dans sa cave avant de s'emparer de leurs bijoux et de leur argent. En tout cas, en voilà un qui n'avait pas peur de la mort. Après avoir répondu « Tu m'emmerdes » au procureur qui l'engage à avoir du courage, il prononce ses dernières paroles : « Messieurs, je voudrais que vous détourniez le regard. Ça ne va pas être beau. Je voudrais que vous conserviez de moi un bon souvenir. » Les deux dernières exécutions à la Santé seront celles de Roger Bontems et de Claude Buffet, le 28 novembre 1971. C'est un total de 91 condamnés à mort qui auront été guillotinés dans (54) et hors de la Santé (37).

 

 

On perçoit bien quelques bruits de clés et de verrous qui coulissent lourdement, mais c'est surtout un silence pesant qui nous enveloppe lorsque l'on pénètre dans la maison d'arrêt de la Santé. Ce lundi 21 juillet 2014, un étrange climat règne au sein du seul établissement pénitentiaire parisien, déserté pour la première fois par ses prisonniers. La veille, les soixante derniers détenus ont été transférés vers la prison flambant neuve d'Orléans-Saran (Loiret). Seuls les pensionnaires qui bénéficient du régime de semi-liberté reviendront en fin d'après-midi pour y passer la nuit. D'ici là, les gardiens continuent leur ronde, refermant mécaniquement les portes derrière eux, un peu abasourdis par ce calme inhabituel.

 

Inauguré en 1867, cet établissement mythique fait figure de vétéran au sein du grand chantier de modernisation pénitentiaire lancé par la ministre de la Justice, Christiane Taubira. Doté d'un budget de 800 millions d'euros, il comprend également la rénovation des Baumettes à Marseille (Bouches-du-Rhône) et celle de Fleury-Mérogis (Essonne). Depuis janvier, ce sont des transfèrements progressifs vers d'autres établissements pénitentiaires français, déjà surpeuplés, qui ont permis de vider petit à petit et sous haute surveillance les 621 détenus de la prison de la Santé.

 

ICI 

 

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8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 06:00
LE PETIT CHAPERON ROUGE DANS LA TRADITION ORALE Yvonne Verdier ethnologue et sociologue française…

Adepte des petits livres que je peux glisser dans ma poche, ceux des éditions Allia font mon miel. Ainsi, le petit chaperon rouge dans la tradition orale d’Yvonne Verdier, 6,20 €, format : 100 x 170 mm, 80 pages.

 

Pax ne pourra pas m’accuser de le ruiner, c’est moins onéreux qu’une quille de vin à poils…

 

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Le Petit Chaperon Rouge est certainement à ce jour un des contes les plus connus et racontés en Europe.

 

« Cette histoire, déjà bien avant sa mise à l'écrit par Charles Perrault en France (1695) et les Frères Grimm en Allemagne (1812), a été maintes fois racontée par des nourrices ou lors des veillées sous différentes versions. Cependant, les récits oraux qui ont inspiré cette mise à l'écrit sont relativement éloignés des interprétations qui ont perduré dans l'imaginaire collectif.

 

Si elles reprennent chacune la même trame narrative, les deux versions écrites se distinguent par leur fin : chez Perrault, le loup dévore la petite fille, et chez le Frères Grimm apparaît le motif du chasseur qui éventre l'animal pour sauver la fillette et la grand-mère.

 

Une des principales distinctions entre ce conte dans la tradition orale et dans la tradition littéraire est déjà le choix du chemin qu'offre le loup à la protagoniste : celui des épingles ou celui des aiguilles ?

 

« Je m’en vais par ce chemin ici et toi par ce chemin-là, et nous verrons qui plus tôt y sera »

(Perrault).

 

La question du chemin à prendre, qu’il soit entendu au sens propre ou figuré, occupe une place centrale dans la plupart des versions, orales ou littéraires, du Petit Chaperon rouge.

« Quel chemin prends-tu ?

dit le Bzou (Loup-Garou), celui des Aiguilles ou celui des Epingles ? »

 

Un décryptage du célèbre conte

 

Dans son livre Le Petit Chaperon Rouge dans la tradition orale (Ed. Allia), Yvonne Verdier avance une analyse de cette curieuse formulation : l'éducation des filles dans le milieu paysan du XIXème siècle.

Les jeunes adolescentes, l'hiver de leurs quinze ans, étaient envoyées au

près d'une couturière pour apprendre à travailler avec des aiguilles; c'était une sorte de rite de passage, une certification de leur entrée dans l'âge adulte. L'épingle, quant à elle, renvoie à la parure, aux sorties pour danser et aux amoureux qui faisaient la cour en offrant des épingles à leur bien-aimée.

 

Yvonne Verdier y développe une analyse de la féminité et des messages sous-jacents que porte le conte dans sa narration. La jeune fille choisit parfois un chemin, parfois l'autre.

 

Dans une version du Forez, la fillette explique son choix : 

 

« J'aime mieux le chemin des épingles avec lesquelles on peut s'attifer que le chemin des aiguilles avec lesquelles il faut travailler », mais il lui arrive aussi de choisir le chemin des aiguilles : « Je vais prendre le chemin des aiguilles. Je vais en ramasser, de celles qui auront de gros trous, pour ma grand-mère qui ne voit plus clair » (version du Morvan).

 

Source ICI 

 

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Le Chaperon Rouge, donc. C’est de ça qu’il s’agit. Même si j’ose imaginer que tout le monde connait ce conte fameux, par les versions de Perrault ou des frères Grimm, il convient d’en donner un bref résumé. Présent dès le XIVème siècle, il raconte – dans les grandes lignes, nous ne sommes pas là pour évoquer toutes les versions – l’histoire d’une jeune fille envoyée par sa mère voir sa grand-mère pour lui porter un repas. En chemin, elle rencontre un loup à un carrefour et ils empruntent chacun un chemin. Arrivée chez sa mère-grand, la jeune fille prépare à manger à celle-ci (qui a été dévorée en partie par le loup qui a pris sa place en se travestissant) et se fait ensuite dévorer ou parvient à s’enfuir après s’être rendue compte de la supercherie.

 

Yvonne Verdier, par l’étude du vocabulaire et des parties du conte recueillis dans 5 régions différentes à la fin du XIXème siècle par le folkloriste français (Bourguignon, même) Paul Delarue : Nivernais, Hautes-Alpes, Loire, Forez et Velay. De l’étude de ces 5 différentes versions, recueillies directement de la bouche des ruraux par Delarue, elle va tenter d’analyser la composition du conte avant les versions moralistes de Perrault.

 

Yvonne Verdier passe donc en revue 7 aspects du conte :

 

La grand-mère oubliée

Du bon usage des épingles

Un repas fortifiant

Une partie de cache-cache…

Qui a mangé la galette ?

La maison dans la forêt

Un loup beaucoup trop populaire

 

Successivement, l’auteure va revenir sur plusieurs faits notables des différentes versions en commençant par déconstruire une bonne partie des versions écrites, notamment au travers de l’oubli, dans celles-ci, de la figure de la grand-mère, relativement laissée au second plan derrière le duo chaperon-loup. Ensuite, on bascule sur une analyse des gestes et des choix de la jeune fille. Celle-ci, dès sa rencontre en forêt, entame une série de choix qui lui permettront, en fin de conte, de ressortir comme une femme.

 

Yvonne Verdier replace le Petit Chaperon rouge dans son contexte rural. Car, en dévoilant tous les sens cachés d'un véritable conte initiatique, ponctué de rites de passage, c'est aussi toute une société en voie de disparition qu'elle met à l'honneur, avec tendresse et force savoir… Mais gare ! Vous risquez désormais de confondre le loup avec le prince charmant.

 

 

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La Fille et le loup (1874)

 

La Fille et le loup est une variante du Velay du Petit Chaperon rouge, contée en juillet 1874 par Nanette Lévesque, femme illettrée habitant Fraisse (Loire) née vers 1794 à Sainte-Eulalie (Ardèche). Recueillie par V. Smith (Contes de Nanette Lévesque, Bibliothèque de l’Institut catholique), cette version situe le départ de la fillette dans le contexte des activités de la société paysanne de l’époque : "affermée" dans une maison pour garder deux vaches, le Chaperon est "payé" et reçoit "encore une petite pompette" et "un fromage" qu’elle va porter à sa mère….

 

        Une petite fille était affermée dans une maison pour garder deux vaches. Quand elle eut fini son temps, elle s'en est allée. Son maître lui donna un petit fromage et une pompette de pain.

 

– Tiens ma petite, porte çà à ta mère. Ce fromage et cette pompette y aura pour ton souper quand tu arriveras vers ta mère.

 

La petite prend le fromage et la pompette. Elle passa dans le bois, rencontra le loup qui lui dit : Où vas-tu ma petite ?

 

– Je m'en vais vers ma mère. Moi j'ai fini mon gage.

 

– T'ont payé ?

 

– Oui, m'ont payé, m'ont donné encore une petite pompette, m'ont donné un fromage.

 

– De quel côté passes-tu pour t'en aller ?

 

– Je passe du côté de les épingles, et vous, de quel côté passez vous ?

 

– Je passe du côté de les aiguilles.

 

Le loup se mit à courir, le premier, alla tuer la mère et la mangea, il en mangea la moitié, il mit le feu bien allumé, et mit cuire l'autre moitié et ferma bien la porte. Il s'alla coucher dans le lit de la mère.

 

La petite arriva. Elle piqua la porte : Ah ! ma mère, ouvrez-moi.

 

– Je suis malade ma petite. Je me suis couchée. Je peux pas me lever pour t'aller ouvrir. Vire la tricolète. Quand la petite virait la tricolète, ouvrit la porte entra dans la maison, le loup était dans le lit de sa mère.

 

– Vous êtes malade, ma mère ?

 

– Oui je suis bien malade. Et tu es venue de Nostera.

 

– Oui, je suis venue. Ils m'ont donné une pompette et un fromageau.

 

– Ça va bien ma petite, donne m'en un petit morceau. Le loup prit le morceau et le mangea, et dit à la fille, il y a de la viande sur le feu et du vin sur la table, quand tu auras mangé et bu, tu te viendras coucher.

 

Le sang de sa mère, le loup l'avait mis dans une bouteille, et il avait mis un verre à côté à demi plein de sang. Il lui dit : Mange de la viande, il y en a dans l'oulle ; il y a du vin sur la table, tu en boiras.

 

Il y avait un petit oiseau sur la fenêtre du temps que la petite mangeait sa mère qui disait :

 

– Ri tin tin tin tin. Tu manges la viande de ta mère et tu lui bois le sang. Et la petite dit :

 

– Que dit-il maman, cet oiseau ?

 

– Il dit rien, mange toujours, il a bien le temps de chanter.

 

Et quand elle eut mangé et bu le loup dit à la petite : Viens te coucher ma petite. Viens te coucher. Tu as assez mangé ma petite, à présent et bien viens te coucher à ras moi. J'ai froid aux pieds tu me réchaufferas.

 

– Je vais me coucher maman.

 

Elle se déshabille et va se coucher à ras sa mère, en lui disant :

 

– Ah ! maman, que tu es bourrue !

 

– C'est de vieillesse, mon enfant, c'est de vieillesse.

 

La petite lui touche ses pattes : Ah ! maman que vos ongles sont devenus longs.

 

– C'est de vieillesse, c'est de vieillesse.

 

– Ah ! maman, que vos dents sont devenues longues. C'est de vieillesse, c'est de vieillesse. Mes dents sont pour te manger, et il la mangea.

 

 

Le Petit Chaperon rouge
Trois contes de tradition Orale

ICI

Yvonne Verdier Ethnologue et sociologue française, Yvonne Verdier publie en 1979 Façons de dire, façons de faire, reconnu aussitôt comme une grand livre d’ethnographie villageoise, monographie de Minot, un village de Bourgogne où elle recueille la "parole vive des bonnes femmes". Elle donne ensuite quelques articles sur le conte populaire en général et en particulier sur le Petit Chaperon rouge, en s’efforçant de penser ensemble littérature orale et institutions et de décrypter toutes les "façons de faire, façons de dire" qui en éclairent jusqu’au plus énigmatique détail. Elle disparaît à la fin de l’été 1989 en laissant un manuscrit inachevé consacré à Thomas Hardy. 

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