Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
16 novembre 2019 6 16 /11 /novembre /2019 06:00

Résultat de recherche d'images pour "les dix commandements film""

Le vin nature c’est comme l’immaculée conception, tenter d’en donner une définition,un explication, c’est se donner des verges pour se faire fouetter : en clair, se voir interdire l’utilisation par la législation dans tous les cas de figure, les vins nature des purs comme ceux des opportunistes qui surfent sur la vague.

 

Les bonnes intentions des promoteurs du syndicat de Défense des Vins Nature sont louables : « Nous souhaitons en premier lieu que le vin nature soit reconnu, défini et encadré, pour éviter toute approximation ou tromperie auprès du consommateur… » je pose simplement quelques petites questions ou remarques :

 

  • Pourriez-vous s’il vous plaît me donnez une définition précise, indiscutable, du vin naturel, avec une économie de mots ?

 

  • En effet, vous déclarez que votre objectif est de créer une appellation vin naturel reconnue par l’Inao (Institut National des Appellations d'Origine), qui encadrera l’élaboration de ce type de vin avec un cahier des charges précis. Il ne s'agira pas d'une AOC géographique, mais bien d'une AOC produit, pour en finir avec la dénomination générale "Vin de France".

 

  • Ça cadre assez bien avec un signe de qualité, un label produit tel Le Label Rouge qui est un signe national désignant des produits qui, par leurs conditions de production ou de fabrication, ont un niveau de qualité́ supérieur par rapport aux autres produits similaires habituellement commercialisés. ICI . La définition précise du produit vin naturel est donc un préalable à toute reconnaissance.

 

  • La culture AOC reste fortement imprimée dans votre ADN, en supposant que l’INAO vous emboîte le pas, ce dont je doute fortement, je vous signale que les syndicats de défense, qui étaient en libre accès de mon temps, sont périmés, l’heure est aux ODG obligatoires : tu raques sans moufter et t’es bon pour passer à la moulinette des Organismes de contrôles, ceux qui n’aiment pas l’herbe dans les vignes , article R.64244 du code rural. Merci de me dire comment vous ferez entrer dans ce moule obligatoire des ouailles naturistes rétives par construction et qui n’en n’ont rien à péter ?

 

  • Si j’ai bien compris les pionniers, les révoltés, ceux qui ont investi l’espace de liberté vin de France aux premières heures, ceux qui ont pris les premières mandales, en vertu de votre cahier des charges d’un nouveau type : charte des douze commandements, devront rentrer dans le rang sinon interdiction ! Exclusion comme au bon vieux temps du PCF comme dirait Mélenchon.

 

  • Sans vouloir rajouter une couche de doutes pourquoi avoir élaboré une simple charte, la maison INAO ne connaît que les cahiers des charges bien formatés sous sa dictée. Souhaitez-vous vous placer sous les rets des contrôles mortifères des inspecteurs de l’INAO ?

 

  • Les cahiers des charges bien ficelés, bien bordurés, bien formatés sont la plus belle entrée pour les gros faiseurs opportunistes, faites confiance à Gégé, et ses frères des coopés,ils sauront s’y mouler, et pour les prédateurs de la GD ce sera du pain béni : l’exemple du label bio en est la preuve… des rayons vins nature fleuriront tels les 100 fleurs de Mao.

 

J’écris ça comme ça, tout ça ne me regarde pas, mais la confusion textuelle ne me semble pas bien cadrer avec un souci légitime de protéger le consommateur – celui-ci ne pourrait-il pas faire le tri par ses propres moyens sans avoir recours à tout ce fatras de signes de qualité ? – ce qui se conçoit bien s’énonce clairement  et les mots pour le dire viennent aisément, le flou c’est du mou qui permet aux détracteurs des vins nature de rentrer dans le chou de ceux qu’ils qualifient de traîne-lattes pourvoyeurs pour des bobos de jaja frisant le vinaigre.

 

Dans mon titre j'ai  retiré la confusion sexuelle afin de ne pas tomber sous les interdits de Face de Bouc.

 

Pourquoi faire appel à l’INAO honnit ?

 

Je ne comprends pas comment vous pouvez espérer du Comité national vins et eaux de vie, composé de la fine fleur des conservateurs, une quelconque reconnaissance du vin naturel.

 

Nés hors les clous, le vin naturel n’a pas besoin de barbelés.

 

Résultat de recherche d'images pour "affiches de mai 68 histoire des arts""

 

Le vieux P.S.U de Rocard, écartelé par un nombre incalculable de tendances, ce qui est le cas de figure des vignerons nature, prônait l’autogestion.

 

Résultat de recherche d'images pour "les paysans dans la lutte des classes photos"" Bernard Lambert figure de proue de la contestation de l’unité paysanne chère à la FNSEA, leader paysan au charisme étonnant, écrivit en 1970 un livre-manifeste, Les paysans dans la lutte des classes, chaleureusement préfacé par Michel Rocard !

 

Démerdez-vous seuls camarades ! Toutes les révolutions ont été étouffées par la bureaucratie. Vous êtes en train d'en créer une, foi d'un vieux con qui fut cloué au pilori pour ses écrits.

 

Ceci écrit, je continuerai à n’acheter et boire que des vins nature qui puent chez des cavistes qui font le job, sans passer sous les fourches caudines de ceux qui veulent les barricader.

 

À la liberté chantait Giani Esposito :

 

Un rossignol du peuple à l'époque Ming


À moins que ce ne fût à l'époque Tsing


Qui avait le désir d'égayer la Terre


Répondit par un chant révolutionnaire


À la liberté, à la liberté

 

Partager cet article

Repost0
15 novembre 2019 5 15 /11 /novembre /2019 06:00

Encore un titre à la con !

 

Mais non, démonstration !

 

  • C’est le temps des pommes : Aux Fermes de Gally, l’histoire de la pomme se raconte depuis plus de trente ans.

 

Sorti de terre en 1987 sur la plaine de Versailles pour fournir la cueillette,  notre premier verger compte aujourd’hui 14 ha de pommiers.

 

D’août à novembre, une vingtaine de variétés précoces ou tardives égrènent la saison pour être cueillies à pleine maturité. Il y en a pour tous les goûts !

 

Et celles qui ne finiront pas dans vos brouettes serviront à élaborer notre jus de pomme ou à compléter la gamme variétale proposée dans nos magasins et dans les paniers d’entreprises des Vergers de Gally. Ces derniers présentent également des pommes locales, venant d’arboriculteurs voisins et amis qui, comme nous, cultivent le goût de la qualité et de la diversité variétale ; un savoir-faire unique transmis par les générations qui nous ont précédés.

 

  • Une Pompe aux pommes

 

Quand une recette de pompe aux pommes raconte le quotidien d’une femme dans la solitude du Haut-Forez à travers un livre magistral.

 

Jacky Durand a « déniché une véritable pépite, une sorte de petit carnet de mémoire intitulé « Pas vu Maurice, chroniques de l’infraordinaire » de Laurence Hugues et Claude Benoit à la Guillaume. C’est publié aux éditions Créaphis.

 

L’histoire de ce livre, c’est un bras d’honneur à l’oubli et une belle leçon de résistance des mots. Imaginez une maison abandonnée derrière la montagne, les genêts, les sapins. Il y a des matelas moisis, un calendrier des Postes de 2002, une dame-jeanne encore pleine de gnôle et, et dans une petite boîte verte en métal, Claude Benoit à la Guillaume, photographe et nouveau propriétaire des lieux découvre une quinzaine de carnets, tenus par Marie, une voix de femme dans la solitude du Haut-Forez. Au fil des jours et des saisons, Marie noircit le papier de son écriture serrée en y consignant les travaux, les visites, les morts qui surviennent. C’est la vie qui va tout à la fois minuscule et prodigieuse car elle raconte la petite musique de l’essentiel. Ecoutez :

 

« Marie, elle, elle perd ses chats et ses hommes, un à un, elle met moins de haricots en bocaux, elle fait des choses qu’avant elle ne faisait pas. Piocher des fraises. Ramener des fagots de genêt. Elle perd ses hommes et son carnet se remplit. Moins elle a à faire plus elle écrit. Heure par heure, certains jours. Enfin, il y a Maurice. Le neveu, pas de son côté, du côté du mari. Il vient tous les jours. Ou presque. Elle écrit : « Vu Maurice. Pas vu Maurice. » Maurice qui bricole, qui dépanne. Maurice qui passe manger. »

 

ICI 

 

Marie note tout ce qu’elle cuisine : soupe aux choux, saucisse, foie de cochon. Les menus varient avec les saisons mais il y a des recettes qui reviennent, quels que soient le temps ou la récolte. Comme la pompe aux pommes que nous raconte Laurence Hugues, unissant sa voix à celle de Marie :

 

« Il y en a qui disent pâté mais ça empâte la bouche alors que dire pompe aux pommes c’est déjà s’en régaler. C’est - un dessert facile à faire à la maison. Pas cher -. De la farine, de l’eau, du beurre, les fruits du jardin. De la pâte dessus dessous, au milieu des pommes compotées. Pas de la compote, des morceaux disposés sur le rectangle de pâte brisée, une grêle de sucre. On dessine à la fourchette sur le drap de pâte qui recouvre les fruits. Ensuite on glisse le rectangle dans le four du poêle à bois. On ne décide pas de la cuisson avec un thermostat et des températures préenregistrées, on calcule la chaleur en nombre de bûches et en type de bois. Flambée rapide ou combustion lente, on dose sans manuel traduit du coréen par un logiciel.

 

En rentrant dans la cuisine, on voit les épluchures sur la toile cirée, on respire le parfum chaud qui monte du poêle. On espère que la pompe est bientôt cuite. Qu’un morceau fumant recouvrira la rose un peu effacée, au milieu de l’assiette en pyrex. »

 

ICI

 

Belle Brutale 2017, cidre,

Pommes, sec

Cidrerie du Vulcain, Jacques Perritaz, Fribourg, Suisse

 

Cidrerie du Vulcain Belle Brutale 2017 75cl.jpg

Partager cet article

Repost0
14 novembre 2019 4 14 /11 /novembre /2019 06:00

Cerné par des licheuses et des licheurs énamouré(e)s

 

Excité(e)s

 

Je dégustais plein de vins tout nus

 

Qui puent

 

Lorsque la faim me tomba dessus.

 

Faut dire que ça se passait à l’hôtel Grand Amour rue de la Fidélité…

 

À Paris tout est permis

 

Y’a de gens bons

 

Derrière le bar officiait Kamel Tabti

 

Et ses jambons

 

Ses saucissons

 

Et plein de frometons

 

Fleurant bon le terroir profond

 

Y’en avait même un made in Aveyron

 

Tout bleu

 

Même pas un frère du tout vert

 

Le Roquefort

 

Alors

 

Je dis à Kamel Tabti

 

Non pas d’où viens-tu Johnny ?

 

Mais de quel pis

 

Pisse ce lait

 

Sûrement pas de celui de brebis

 

Oui

 

De bufflonnes

 

Mais les bufflonnes paissent en Campanie

 

Oui mais ici le lait vient d’Occitanie…

 

Je goûte alors ce bleu de bufflonnes d’Occitanie

 

Et me dis

 

Sans faire un fromage

 

 Je vais conter l’histoire de ces bufflonnes d'Occitanie :

 

La crise du lait !

 

Pour y résister 52 producteurs (dont 8 chargés uniquement des bufflonnes) réunis au sein du groupement d'intérêt économique (GIE) Châtaigneraie, à cheval entre Lot, Cantal et Aveyron, se sont mis en tête d’élever des bufflonnes  dont le lait est un des plus chers du marché,  celui qui permet de produire la célèbre mozzarella di bufala. Ils disposent du plus grand cheptel de France, soit 560 têtes sur les quelque 2.500 recensées dans l'Hexagone.

 

Ces bufflonnes, jeunes femelles du buffle d'eau  sont des bêtes rustiques et affectueuses.

 

« Ce sont des bêtes géniales: à la fois dociles, rustiques, curieuses et très affectueuses », nous dit Francis Bony, éleveur  sur la commune d'Almont-les-Junies Aveyron, en caressant le poil rare et épais de l'une d'elles, qui colle son flanc contre lui.

 

Les premiers animaux ont été importés de Campanie en 1998 lorsque la coopérative de Maurs Cantal, qui produit 13 millions de litres de lait de vache par an, cherchait à se diversifier à l'heure des quotas.

 

« On voulait permettre à des éleveurs limités en volume de produire du lait supplémentaire », précise Christian Broussard, qui préside le GIE de la Châtaigneraie, structure fondée après la vente, au milieu des années 1990, de la société fromagère Valmont (ex-Perrier), pour laquelle ils travaillaient, au groupe Besnier devenu Lactalis.

 

« A ce moment-là, on s'est senti totalement isolés, considérés comme de simples numéros de producteurs, sans identité et broyés par l'industrie agroalimentaire », se souvient-il.

 

Aujourd'hui, les 400.000 litres supplémentaires collectés chaque année par le groupement « représentent une manne face aux prix bas du marché. Car si les bufflonnes produisent trois fois moins qu'une vache standard, leur lait a l'énorme avantage d'être l'un des plus chers, trois fois mieux valorisé que celui des races Prim’Holstein ou Salers. »

 

Le lait de bufflonnes, antidote à la crise pour des éleveurs du Massif Central

 

Les bufflonnes peuvent manger des fourrages grossiers ce qui abaisse le coût de l’alimentation.

 

Sur le plan des valeurs nutritionnelles, le lait de bufflonnes peut faire figure d'or blanc, très pauvre en cholestérol et plus riche en minéraux, protéines et oméga 3.

 

« On manque encore d'études précises sur le sujet mais il serait aussi conseillé pour les personnes intolérantes au lactose et à la caséine », précise, prudent, Jean-François Roumeau, directeur du GIE.

 

Une partie de la collecte est transformée en deux fromages affinés voir ICI

 

Le reste du lait est livré à des transformateurs qui produisent des mozzarella estampillées made in France.

 

Bleu de bufflonne, vendus sous la marque l'Éleveur Occitan

 

 

« Ce bleu très crémeux et onctueux, on aime le proposer à notre clientèle car il change des fromages persillés comme le roquefort. C'est un fromage rare qui mérite d'être connu »

Serge Vieira, chef doublement étoilé à Chaudes-Aigues.

 

« C'est aujourd'hui un lait très recherché. Face à la demande, on est obligé de refuser des ventes. Il y a aujourd'hui un marché mais il nous faut continuer à développer notre cheptel car on a encore tout à écrire » ajoute Jean-François Roumeau qui envisage de valoriser aussi la viande de l'animal.

 

Demain des produits 100 % bufflonnes

 

A l'avenir, les éleveurs qui maîtrisent désormais l'ensemble de la filière prévoient de lancer de nouveaux produits 100% bufflonne: de la tome et tomette, puis de la mozzarella après une première tentative moyennement aboutie.

 

Un horizon éclairci source d'optimisme: « aujourd'hui, je me lève tous les matins avec le sourire grâce à ces bestioles. Jamais je ne reviendrai en arrière » confie Francis Bony.

 

Source ICI 

 

Bufflonne : Avec 5 litres de lait par jour elle est six fois moins productive qu’une Prim’Holstein

 

Gie Châtaigneraie

1 rue Ampère – ZA route de Bagnac

15600 Maurs

tél. 04 71 46 75 82

FRANCIS BONY – EN COMPAGNIE DES BUFFLONNES

15 Juillet 2019 Echo' Aveyron ICI 

Partager cet article

Repost0
13 novembre 2019 3 13 /11 /novembre /2019 06:00

[Livre IV. Chap. II. Fig. au titre :] Comment Pantagruel rencontra un navire de voyageurs retournans du pays Lanternois. [Cote : microfilm R 28836]

Rabelais, titulaire d’un diplôme de médecine fraîchement délivré par la faculté de Montpellier, s'installa à Lyon au printemps 1532 – il vient d’être nommé médecin à l’Hôtel du Pont du Rhône (Hôtel-Dieu) – où il commit Pantagruel et Gargantua il citait la saumate dans Le Quart livre des faictz et dictz Heroïques du noble Pantagruel, paru en 1552. Il écrivait à ce propos que la recette aurait dû s'écrire summate plutôt que saumate, le mot venant du latin sumen, sumata au féminin (graisse du bas ventre en latin ; summata, graisse du porc en italien). Il rappelle aussi que les Grecs en faisaient une « vraie friandise ».

 

Il séjournera à Lyon jusqu’en 1535. Et y multipliera les courts séjours jusqu’en 1548.

 

Lyon, deuxième ville de France, compte alors près de quarante mille habitants. Ville-frontière, ville-carrefour en plein essor économique et commercial, ville royale, aussi, puisque la Cour y résidera entre 1525 et 1540, Lyon connaît alors son apogée. Le monde de l’édition, lui aussi, est en ébullition. La production imprimée lyonnaise est la première de France, avec environ deux mille cinq cents éditions au cours du premier tiers du XVIe siècle. De 1530 à 1540, Lyon fait même figure de capitale européenne de l’imprimerie. C’est dans ce contexte qu’est édité, en novembre 1532, ce qui deviendra par la suite le deuxième livre des aventures de la famille de géants inventée par Rabelais. Le premier livre, Gargantua, paraîtra en effet deux ans plus tard.

 

Publié sous le pseudonyme d’Alcofribas Nasier (anagramme de François Rabelais), Pantagruel aurait été présenté au public pour la première fois à l’occasion des foires d’automne. Remarqué pour son irréprochable correction et son élégance typographique – François Rabelais a préféré les caractères gothiques aux caractères romains, qu’il réservait à ses écrits scientifiques –, Pantagruel contient de nombreuses illustrations issues de la gravure sur bois. Son format (14 cm x 10 cm) correspond à celui qui était alors en vogue dans l’édition populaire. Quant au nombre d’exemplaires de cette première édition, il n’a sans doute pas dépassé les quelques centaines.

 

Concentré de cochonnailles

 

Près de quart siècles plus tard, en 1933, dans son livre Myrelingues* la brumeuse ou L'an 1536 à Lion sur le Rosne, Claude Le Marguet décrit la saumate comme « un fin ragout de cochon surmonté de côtelettes à l’oignon, cervelas fumés, saucissons fumants, couennes grasses, grattons de saindoux fondu, et andouillettes, caparaçonnées de moutarde fine. » Autrement dit, il ne s'agit ni plus ni moins qu'un concentré de l'essentiel des cochonnailles lyonnaises.

 

Marc Georgette, le patron du Petit bouchon chez Georges le revisite avec tête, pieds et queues de porc, paquets de couenne, saucisson à cuire, andouillette XXL à la moutarde, cotes à l’oignon et jarret de veau. Pour l'écrivain culinaire Yves Rouèche, en cours d'écriture d'un livre sur les recettes disparues de la gastronomie lyonnaise (et qui a sollicité le cuisinier pour cette proposition hautement condamnable), « la saumate est une véritable carte postale de la gastronomie lyonnaise à elle seule ».

Partager cet article

Repost0
12 novembre 2019 2 12 /11 /novembre /2019 08:20

Résultat de recherche d'images pour "caricature de Mitterrand et de Bernard Tapie""

Ce matin, Facebook me censure à nouveau pour mon titre : Les avocats pourrissent la planète sauf les avocats corses… C’est la deuxième fois en quelques jours puisque la chronique Le taulier est un garçon très avisé après avoir piégé P.A.X. il le passe sur le grill pour le cuisiner... n’a pas eu l’heur de plaire à face de bouc.

 

Que faire Me Morain avocat des causes désespérées ?

 

Les avocats, ceux avec le bavoir blanc et la robe noire, vont être vert de rage à la lecture de mon titre qui pourtant ne fait que refléter la réalité. Normal, en général les avocats sont verts même si certains sont noirs.

 

L'avocat est une star des réseaux sociaux, scotché à son smartphone il les inonde de ses pensées profondes, à croire qu’il s’ennuie dans la vie, mais là je dévie de ma trajectoire même si l’avocat est aussi une star des réseaux sociaux avec 1,3 million de publications, notamment sur Instagram où il est photographié sous tous les angles.

 

L’avocat envahit nos assiettes, en guacamole, en lamelle de carpaccio, en poke bowl ou encore en toast, un raz-de-marée symbole du soi-disant manger sain, sous-entendu être vegan. Souvent associé à l’œuf mollet, aux graines de courge, ou au saumon fumé, l'avocat regorge d'oméga 3, d'acides gras mono-insaturés, de vitamines, de fibres. Sa texture facile à travailler se transforme en crème très rapidement et fait le bonheur des vegans. Il comporte également de nombreuses vertus rassasiantes et antioxydantes.

 

Un fruit tellement bon pour la santé qu'on en fait même des produits de beauté. Bilan, ces dernières années, la consommation d'avocat a explosé.

 

Tout ça est bien beau mais l’avocat est un grand voyageur il est le roi  des exportations latino-américaines vers les États-Unis et l'Europe, au risque de conséquences néfastes sur l'environnement.

 

Le chef irlandais JP McMahon, une étoile au Michelin, a été le premier à qualifier l'avocat de nouveau « diamant de sang », en référence aux diamants extraits en Afrique qui ont alimenté des conflits meurtriers sur ce continent.

 

L’ « or vert » du Mexique

Le Mexique est le premier producteur au monde d'avocats. La majorité des plantations se trouve dans l’État de Michoacan (centre) sur la côte Pacifique, qui jouit d'un sol volcanique adapté.

 

Mi-janvier, un camion chargé d'avocats sortait de l’État toutes les six minutes afin de répondre à la demande pour le Superbowl, la grande finale de football américain aux États-Unis, qui aura lieu le 3 février.

 

En 2018, plus de 377.000 tonnes, soit 80% de la production, ont été envoyées vers le voisin du nord, soit une hausse de 13% par rapport à l'année précédente.

 

Plus de 57.000 tonnes sont exportées vers les autres marchés (+ 8%), selon les chiffres de l'Association des producteurs et exportateurs d'avocats du Mexique (APEAM).

 

Mais des plantations illégales de cet « or vert » ont entraîné la déforestation de milliers d'hectares dans cet État de près de 5 millions d'habitants, selon des chercheurs qui dénoncent des contournements de la loi. La législation locale autorise des plantations sur un terrain forestier quand les arbres ont été coupés ou ravagés par le feu.

 

« Il y a une pratique très commune chez les propriétaires forestiers qui consiste à semer des avocatiers sous les arbres, et peu à peu, ils coupent les arbres pour laisser les avocatiers à découvert », explique à l'AFP Luis Mario Tapia Vargas, chercheur à l'Institut national de recherches forestières, agricoles et d'élevage (Inifap).

 

Il y a aussi les incendies. Selon le chercheur, 95% d'entre eux sont intentionnels et peuvent ravager 10.000 hectares les années de sécheresse. Quant aux plantations illégales, elles ont atteint 15.000 hectares en 2018. "De nouvelles plantations sont autorisées contre des pots-de-vin", souligne-t-il.

 

La guerre de l'eau au Chili la suite ICI 

 

Si ses propriétés nutritionnelles ne cessent d'être vantées, l'avocat n'est pas un modèle de vertu pour l'écologie. Extrêmement gourmand en eau - 1.000 litres pour 1 kilo - son bilan carbone est aussi très lourd, à cause du transport.

 

Un transport énergivore

 

Par ailleurs, le transport des avocats de l’Amérique Latine (Pérou, Chili, Mexique) vers l’Europe se fait via des trajets de centaines de kilomètres en camion, exige une réfrigération à 6°C pendant une vingtaine de jours de transport en bateau. À cela s’ajoutent les besoins d’emballage et de stockage dans une mûrisserie, avant que le fruit soit soufflé à l’éthylène pour être mûri.

 

Faut-il le boycotter ?

 

S'il n'est toutefois pas nécessaire d’arrêter d'en manger, il peut être utile de s'interroger quant à sa provenance et en limiter sa fréquence.

 

Le chef Romain Meder, lui, choisit uniquement des avocats français corses pendant leur saison. Petits à la peau lisse, ils ont un goût plus vert que les avocats à la peau rugueuse mais sont toutefois plus chers puisqu'ils sont plus difficiles à trouver.

 

Reste une question capitale : l’avocat fruit ou légume ?

 

Communément utilisé comme un légume dans nos assiettes, l'avocat est néanmoins un fruit au sens botanique : contenant un noyau (c'est à dire une graine), et provenant d’une fleur fécondée (celle de l’avocatier), l'avocat se classe bel et bien dans la catégorie des fruits.

 

Néanmoins, bien qu’il s’agisse d’un fruit au sens botanique, l’avocat est, au sens populaire, plutôt classé parmi les légumes. Dans nos habitudes culinaires, tout comme au supermarché, on le retrouve plutôt au côté les « vrais légumes » tels que le poireau, le navet ou encore la carotte.

 

L'avocatier appartient à la même famille que le laurier dont les feuilles parfument notre cuisine. C'est un bel arbre de deux à cinq mètres de hauteur, au feuillage dense et persistant. Il existe plusieurs variétés d'avocats, différant surtout par la peau qui peut être claire ou sombre, fine ou épaisse, lisse ou rugueuse, et par l'adhérence du noyau.

 

On trouve donc des avocats pratiquement toute l'année et 3 grandes variétés se partagent le marché :

 

- le Fuerté, allongé, vert sombre, mat, à peau fine. Il vient d'Israël d'octobre à avril, d'Espagne de novembre à avril et d'Afrique du Sud d'avril à septembre.

 

- l'Ettinger, allongé, vert clair, brillant, à peau fine, vient d'Israël d'octobre à avril et d'Afrique du Sud d'avril à septembre.

 

- le Hass, brun violacé, à peau dure et granuleuse, est la variété la plus importée et la plus appréciée. Il vient d'Espagne de septembre à mai, d'Israël de janvier à mai, d'Afrique du Sud de mai à septembre et du Mexique de septembre à décembre.

 

La Corse regorge d’avocats : le barreau de Bastia regroupe plus de 152 avocats celui d’Ajaccio 189 avocats, ça fait un beau ratio par tête d’habitants. De plus, la diaspora corse sur le continent recèle aussi d’un nombre d’avocats impressionnant. Normal, y’ a du pain sur la planche…

 

 Vincent de Moro Giafferi, « l'avocat de génie »

Vincent de Moro Giafferri reste et restera à l’égard des avocats, notamment pénalistes, non pas une référence, mais LA référence. 

« Défendre l’homme, toujours » ICI

 

L'avocat en Corse ?

 

Et oui, la Corse est à la limite septentrionale de sa zone de culture !

 

On le trouve dans les jardins de villages à la même altitude que les agrumes (0-400m). Sensible aux vents, notamment au vent du Nord, il a besoin d'une zone protégée pour déployer toute sa vigueur. Il pousse de façon luxuriante dans les sols riches et aérés bien drainés et ne supporte pas les excès d'eau prolongés qui provoquent son dépérissement.

 

Arbre de forêt, c'est en verger que l'on trouve en Corse les plus beaux sujets, formant de véritables sculptures végétales.

 

Les variétés

 

Plusieurs variétés d'avocats pour un verger car cette diversité est favorable à une bonne pollinisation :

 

ZUTANO , le plus précoce avec sa peau vert clair très brillante (récolté en décembre)

 

FUCCA à peau lisse et violette (janvier)

 

BACON , plus rond vert foncé finement granulé (décembre à février)

 

FUERTE , notre variété principale, allongé à peau vert foncé assez granuleuse (février à avril)

 

Et aussi pour mémoire HASS, REGINA ET NABAL qui terminent la production (autour du mois de mai). Cependant ces 3 variétés, plus sensibles au gel, restent d'importance mineure sous notre climat et n’arrivent pas à maturité tous les ans.

 

Des avocats bio de Corse

 

C’est un délice et une rareté ! La production d'avocat en Corse, conventionnels et bio confondus, est estimée à 10 tonnes/an, c'est très peu...

Les clients de Biocoop sont verts !

 

Et si les avocats achetés avec soin n’étaient finalement pas bio ? C’est ce que laisse penser les dernières révélations du Canard Enchaîné. Parut dans leur numéro de ce mercredi 10 juillet, un article dévoile le scandale que la chaîne de 590 magasins biologiques a tenté de cacher. Pour ce faire, le journaliste Christophe Labbé s’appuie sur un document confidentiel intitulé "État dramatique de la filière Espagne sur la filière avocat. Complicité tacite des intermédiaires et des distributeurs en général ". Ce rapport présenté au conseil d’administration de Biocoop le 28 juin 2019, émet un doute quant à l’origine des avocats estampillés "Espagne". Ces derniers viendraient en réalité d’Amérique du Sud et plus précisément du Pérou. Une provenance qui fait débat. Difficile d’assurer la traçabilité et la qualité bio des fruits produits dans ces régions. À cela, s’ajoute une taxe carbonne décupler. Un véritable souci pour une structure qui prône le bien manger et la richesse du local.

 

La suite ICI 

Partager cet article

Repost0
10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 07:00

Résultat de recherche d'images pour "mon chien est stupide john fante christian bourgois photos""

Mon chien Stupide, publié tardivement en 1985, qui a permis à John Fante son auteur de renouer, après sa mort, avec le succès a été publié en France en 1986 chez Christian Bourgois.

 

Résultat de recherche d'images pour "mon chien est stupide john fante christian bourgois photos""

 

C’est l’histoire absurde d’un chien, nommé Stupide, qui déboule un jour dans l’existence d’un écrivain dépressif, Henry J. Molise, coincé entre une progéniture ingrate et un talent de plus en plus incertain, reporte ses échecs sur sa femme Cécile. « Fils d'immigrés italiens, il caresse le rêve d'un retour à ses racines, fantasmant sur une vie paisible aux terrasses des cafés de la Piazza Navona à Rome. Mais pour l'heure, il faut courir le cachet, écrire des scénarios médiocres pour des séries télé affligeantes... ou le plus souvent aller encaisser un chèque des allocations de chômage. »

 

Stupide fait voler en éclat sa vie conjugale et familiale, lui permettant de renouer avec l’inspiration. « Le livre est une critique féroce et très politiquement incorrecte de l’American Way of life des années 1960 et de son modèle familial. »

 

Sa femme, Harriett, sa fille, Tina, affublée d’un fiancé qui engloutit les bouteilles de scotch, le fils aîné, qui dévore des revues porno, veulent s’en débarrasser, tandis que le cadet trouve en lui un compagnon. Le caractère du chien se révélera quand il domptera la terreur du quartier, un danois nommé Rommel, et lui infligera les derniers outrages. Stupide et ses soixante kilos vont désormais bousculer la paisible banlieue californienne dans ce livre réjouissant de drôlerie et de provocation.

 

« Il était un chien, pas un homme, un simple animal qui en temps voulu deviendrait mon ami, emplirait mon esprit de fierté, de drôlerie et d'absurdités. Il était plus proche de Dieu que je ne le serais jamais, il ne savait ni lire ni écrire, et cela aussi était une bonne chose. C'était un misfit et j'étais un misfit. J'allais me battre et perdre ; lui se battrait et gagnerait. »

 

Photo John Fante

 

« Il n’y a qu’à Los Angeles qu’auraient pu éclore des écrivains comme Nat West, John Fante, Raymond Chandler et Charles Bukowski. » Tout, sauf des suceurs de glace, avec eux les mots, sous leur burin d’écrivains, débarrassés de leur gangue, vous éclatent à la gueule, tels des diamants bruts, vous prennent à la gorge comme de l’alcool dur. »

 

« Dominique Molise, j’ai dit envisage la situation avec lucidité. Tout se passe-t-il comme prévu ? Réfléchis soigneusement à ton évolution, jette un regard impartial sur ta vie. Où en es-tu Dom ? »

 

Cette phrase de John Fante je l’avais notée à l’encre bleue, aujourd’hui délavée, sur l’un de mes tout premiers petits carnets. Un maître de l’écriture pour moi. Dan Fante, son fils, écrit non sans tendresse « Le cadeau que John Fante, mon père, m’a offert c’est son cœur pur d’écrivain. » De lui Ben Pleasants écrit « La dernière fois que j’ai vu Dan Fante, c’était à l’enterrement de son père. J’ai lu ses bouquins et je tiens à te dire : « John, ne t’en fais pas. Ton fils est un putain d’écrivain. Tu peux être fier de lui. Maintenant son nom lui appartient. »

 

 

« Yvan Attal resitue Mon chien Stupide, à notre époque contemporaine le film se déroule dans le Pays basque, de nos jours. Il apporte quelques modifications au roman d’origine, comme la téléphonie mobile, ou des enfants passés au numérique, mais il en garde la teneur originelle. On y retrouve la patte de Fante, un regard désabusé, paradoxalement misanthrope et tendre sur la société et la famille. Attal teinte son adaptation brillante d’un humour caustique qui sied au romancier. »

 

Tout ce qui fait Fante est là : anti héros déplorable qui regarde défiler sa vie sans intervenir avec une lucidité rare, salaud touchant, noirceur du quotidien, dépravation molle, humour noire et émotion brute. Ce n'est pas un livre transcendant mais bien que dénué de péripéties ou d'aventures rocambolesques, ce livre laisse, comme toute oeuvre de Fante, une impression amère dans la bouche. Ca reste beau et touchant parce que tout ce qui se passe dans ce livre, se trouve dans les viscères de l'anti-héros. Tout s'effondre comme son couple, sa famille, doucement, presque imperceptiblement à l'intérieur de lui. La rancœur, la déception, la tristesse et la solitude, c'est ce à quoi se trouve confronter le personnage, comme si, à l'apogée de sa vie d'homme mature, il regardait la pente descendante avec l'appréhension de l'emprunter, se rendant soudain compte qu'il est déjà en train de glisser dessus.

 

Romancier en panne d’inspiration après avoir publié un best-seller, Henri (Yvan Attal) reporte ses échecs sur sa femme Cécile (Charlotte Gainsbourg) et leurs quatre enfants. Alors qu'il fait le bilan dérisoire de sa vie, Henri recueille un énorme chien mal léché, qui lui apporte du réconfort, bien que toute la famille le déteste et que Cécile pense à prendre le large…

 

 

Photo de MON CHIEN STUPIDE

 

« Le couple est un sujet inépuisable. Là, il y a l'usure lié à la durée du couple et la façon dont les enfants prennent le dessus sur celui-ci. Les parents rêvent qu'ils se cassent pour retrouver une vie à deux. Le problème, c'est les enfants et ce qu'ils font au couple. Ce sont les rois, il faut s'occuper d'eux et on n'a plus de vie. »   Yvan Attal

 

« Souvent, on étouffe ses enfants par envie de les faire à notre image. Comme si on se voyait en eux et que c'était notre honneur qui était en jeu. Alors qu'il faut les laisser faire. »   Yvan Attal

 

France-info aime :

Mon chien Stupide : Yvan Attal adapte brillamment avec Charlotte Gainsbourg le roman de John Fante ICI  

 

Beaux échanges cinglants

 

Le comédien-réalisateur trouve le ton juste dans une écriture où la part belle est donnée aux acteurs. Composant un personnage en pleine crise de la cinquantaine, il s’offre la part du lion. Yvan Attal endosse parfaitement ce poids de l’échec et la mauvaise foi de son écrivain en mal d’inspiration. Charlotte Gainsbourg campe tout aussi bien une épouse, comme lui, en crise, bourrée d’antidépresseurs et amère, qui ne ménage pas son mari en le renvoyant dans ses cordes. Ce qui donne des échanges savoureux, des réparties cinglantes.

 

Le Monde n’aime pas :

 

« Mon chien Stupide », un film d’Yvan Attal un peu trop cabot ICI

 

L’acteur-réalisateur met en scène Charlotte Gainsbourg et un de leurs enfants dans cette comédie familiale féroce, transposition à l’écran du livre de John Fante. Mais le résultat manque de mordant.

 

Le film demeure fidèle, à quelques détails près, au caractère des protagonistes, à l’esprit et au ton férocement humoristique du livre. La mise en scène et le jeu des acteurs ajoutent cependant une jubilation poussée à l’excès qui en alourdit le trait comique, en même temps qu’il asphyxie la part plus sombre du propos.

 

Car rien ne tourne rond dans Mon chien Stupide. Henri (Yvan Attal), écrivain en panne d’inspiration depuis son unique grand succès en librairie, vingt-cinq ans auparavant, vit dans la nostalgie de tout ce qu’il aurait pu réaliser s’il n’avait pas été père (« A mesure que vos fils grandissent, vous rapetissez », se lamente-t-il). Sa femme, Cécile (Charlotte Gainsbourg), tente de tenir le coup à grand renfort d’antidépresseurs et d’alcool. Tandis que les quatre enfants (trois garçons et une fille), presque adultes, continuent d’occuper la grande maison familiale comme bon leur semble, et plus précisément pour se restaurer et réclamer leur argent de poche.

 

L’écriture et l’interprétation constituent le meilleur du film, la mise en scène et l'image ne bouleversant guère les canons d’un cinéma français peu inventif dans ce domaine. La deuxième partie tourne également un peu en rond et aurait gagné en rythme si elle était un peu raccourcie. Mon chien Stupide n’en est pas moins une réussite et loin d’être bête.

Partager cet article

Repost0
9 novembre 2019 6 09 /11 /novembre /2019 06:00

Résultat de recherche d'images pour "zurich photos"

« I would prefer not to? » le Bartleby le scribe A story of Wall Street d’Herman Melville

 

Résultat de recherche d'images pour "bartleby le scribe de melville photos"

 

Mal du pays

 

« Pierre a repris un charmant café de village dans la Drôme, sur la route des vacances. Il a quitté les écrans radars, jusqu’à ce qu’on retrouve sa trace à Zurich, en juin. Le temps d’un pop-up dans un de ces lieux bouillonnants comme la ville alémanique en connaît tant. Il confiait alors: «La Suisse me manque. J’ai fait le tour de la folie parisienne: si je trouve un lieu qui m’enchante, un projet où on ferait tout maison, du pain aux fermentations, je serais capable de revenir en Suisse… Et puis, tout reste à faire autour des vins nature, encore trop méconnus.»

Pierre Jancou change de «Crémerie» ICI 

 

Julien Battesti est corse

 

 

« Je connais à peine Julien Battesti. Je le croise de temps en temps au Café Sélect, à Paris. Je sais juste que le livre qu’il écrit à propos de la signification cachée de Bartleby et de son caractère messianique va être un événement ; ses intuitions sont très profondes ; les quelques pages que nous en publions sont d’une grande évidence. Je ne savais rien de Michèle Causse avant d’avoir lu son texte, sinon qu’elle était la traductrice, à mes yeux la meilleure, du Bartleby de Melville.

Le blog de Fabien Ribery

 

 

« … j’ai décidé de me rendre à Zurich afin d’aller voir de mes propres yeux les locaux de l’association Dignitas… ICI 

 

« … je tentais d’imaginer Zurich, une ville dont je ne savais pas grand-chose hormis qu’un de ses cimetières abritait la tombe de James Joyce et  qu’une association philanthropique nommée Dignitas y administrait la mort à qui la demandait, ou presque. »

 

« La première chose que je vis, en entrant dans l’hôtel fut une bouteille de liquide désinfectant posée sur le comptoir de la réception, lequel, par sa petite dimension, donnait à l’objet une importance considérable. »

 

« Ma valise posée et mes trois chemises suspendues, je partis dans la ville à la recherche d’un restaurant. C’est à ce moment-là, en commençant d’arpenter les rues, les placettes et les venelles qui descendent vers les rives de la Limmat, que je pris peu à peu conscience de la place centrale qu’occupait dans la sensibilité zurichoise l’idée de désinfection. Car plus qu’une ville propre, Zurich est bel et bien une ville désinfectée. À observer la netteté du moindre banc public, de la moindre plaque d’égout, on serait d’abord tenté de croire à l’existence d’escadrons de nettoyeurs-désinfecteurs appointés par la mairie et constamment sur la brèche, mais à la réflexion, il paraît plus vraisemblable qu’un simple balayeur resterait condamné à l’incompréhension des passants sur ces trottoirs où il n’y a, de toute évidence, rien à balayer, la poussière elle-même ne trouvant que peu de prise tant le sol et les autres surfaces paraissent lisses et comme tendues. Il faut néanmoins entrer dans une de ces églises devenues « temples » pour toucher au substrat métaphysique de la désinfection zurichoise. Des édifices bâtis avant la Réforme tel que la Fraumünster, par exemple, donnent l’impression d’avoir été victimes d’une véritable aspersion au karcher. À l’intérieur, les murs sont nus, les images ont été retirées, les niches vidées de leurs saints et le mobilier liturgique réduit au plus sévère minimalisme. L’art catholique, tout ce qui faisait de ces églises de gigantesques livres symboliques pour les yeux des plus simples d’esprit, semble avoir été lavé, dissous par le puissant détergeant du protestantisme. Avec leurs rangées de bancs design, elles font maintenant penser à de vieux manoirs reconvertis en centres culturels. »

 

 

Partager cet article

Repost0
5 novembre 2019 2 05 /11 /novembre /2019 06:00
La consommation du vin rouge pique du nez : l’effet vieux, celle de la bière le relève : l’effet jeune, les féniasses de « fonctionnaires » de FranceAgrimer vous éclairent.

Le phare des PO exècre les fonctionnaires, rien que des féniasses qui sucent le sang des travailleurs, faut les éradiquer comme les doryphores qui ravageaient les patates de mon pépé Louis.

 

Les « chanteuses » de louanges de Vin&Société nous serinent que le vin français est un grand secteur économique, mieux que les Rafales…

 

Mais putain y’a cette foutue loi Évin qui freine le bel élan de nos vins sur le marché domestique et maintenant la Buzyn.

 

Et ce fou de Trump s’y met avec ses taxes.

 

Et les rosbifs nous quittent.

 

Et les Chinois, comme d’habitude, se sont mis à en faire.

 

Et la France petit à petit devient un pays de vieux, salauds de baby-boomers !  

 

Et ses petits cons de jeunes vont là où l’herbe est plus verte et moins onéreuse.

 

Les critiques vin sont largués.

 

La GD commence à compresser ses rayons vins, ses foires lassent.

 

Les chefs de la tribu qui siègent à FranceAgrimer, dont peu ont vendu une seule bouteille de vin, regardent depuis 20 ans, ce sont presque toujours les mêmes, passer les trains.

 

Je suis vache mais y’a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, et pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

 

Alors, je vous fiche mon billet qu’ils n’ont même pas lu l’étude sur l’ÉVOLUTION DES ACHATS DE BOISSONS ALCOOLISÉES PAR LES MÉNAGES FRANÇAIS ENTRE 2008 ET 2017 pondu par ces ramiers de fonctionnaires de FranceAgrimer.

 

Je vous propose de lire la Conclusion, et si vous êtes plus courageux qu’eux l’intégrale ICI 

 

L’analyse de l’évolution des achats de boissons alcoolisées par les ménages français pour leur consommation au domicile principal confirme une baisse de la consommation de l’alcool concentrée essentiellement dans le segment du vins tranquilles, et touchant principalement son produit phare, le vin rouge, dont la consommation et le taux de clientèle diminuent systématiquement. Si l’analyse des achats de ménages ne permet pas d’informer sur l’effet de changement de pratiques de consommation, elle met en évidence les logiques de remplacement générationnel à l’œuvre dans ce recul des achats du vin tranquille, concurrencé de manière croissante par la bière. Cette dernière bénéficie d’une dynamique positive sur tous les aspects : le taux de pénétration, les quantités consommées, les sommes dépensées, mais aussi en termes de structure démographique de sa clientèle. Son profil se « démocratise » au sens large du terme, dépassant les frontières de revenu mais aussi d’âge ou de région, et se rapprochant de la structure des ménages français. La bière devient ainsi petit à petit un produit généralisé dans l’ensemble de la population comme l’était le vin autrefois, même si elle reste un alcool de choix des jeunes générations et que les plus âgés restent encore largement attachés à la consommation du vin rouge. Par contraste, le vin tranquille affiche un profil résolument âgé, tant sur le vin rouge que sur le vin rosé, et perd progressivement son aspect populaire avec une certaine désaffection des ménages les plus modestes. Les données des achats de ménages confirment également la montée en gamme du segment de vins tranquilles, et notamment du vin  blanc.

 

Dans le segment des vins effervescents, le profil du champagne se fait de plus en plus sélectif, les vins mousseux le remplaçant chez les ménages jeunes ou à faible revenu. La consommation des spiritueux reste globalement stable malgré les dynamiques négatives affectant le taux de consommateurs des deux lignes phares de ce segment, les whiskys et les anisés. Mais ces difficultés ne semblent pas concerner d’autres produits associés à l’apéritif ou aux autres occasions festives de consommation de l’alcool : les autres spiritueux, notamment des alcools blancs de type téquila/gin/vodka, ainsi que les produits intermédiaires (dont les apéritifs à base de vin, en particulier).

 

Les dynamiques positives sur les produits considérés comme adaptés à une consommation hors repas, dont la bière, et la baisse de la consommation de vin tranquille semble en effet confirmer le déplacement de la consommation d’alcool vers des occasions hors repas, l’alcool quittant progressivement l’univers alimentaire au profit de l’univers de loisirs. Il semble également qu’une des clés de succès de ces boissons réside dans leur attrait relatif auprès de jeunes générations, qui pèsent pourtant peu en termes de consommation de l’alcool comparé aux ménages de 50 ans ou plus. La progression des achats du vin rosé et des vins doux naturels/vins de liqueur, stoppée dans son élan par la difficulté d’attirer de nouveaux consommateurs pour ces produits à profil résolument sénior, est à ce sujet éclairante.

 

Au final, la structure des achats de boissons alcoolisées évolue vers plus d’équilibre entre différents types de produits, le vin tranquille perdant progressivement sa position hégémonique. Si la diversification des profils et de modes de consommation semble contribuer à ce rééquilibrage, seules des enquêtes de pratiques de consommation permettraient de le confirmer.

Partager cet article

Repost0
4 novembre 2019 1 04 /11 /novembre /2019 06:00

Ma petite entreprise ne connaît pas la crise chantait Bashung…

 

À Bordeaux, le plus grand vignoble AOP du pays, on les collectionne, allez savoir pourquoi ?

 

Tout en haut de Bordeaux c’est le ruissellement, tout en bas, et un peu au milieu, c’est le débordement…

 

Pour un grand connaisseur du cru Bernard Ginestet c’est fiché dans son ADN :

 

En 1975, il écrivait :

 

« J’ai déjà eu l’occasion de dire qu’à Bordeaux il existe plus d château qu’en Espagne ; des milliers et des milliers de Châteaux qui noient le consommateur dans un océan de marques sans signification. Cette constante multiplication est une escalade impossible et absurde. Elle conduit la production à morceler sa commercialisation en micro-unités de vente. Certes, elles permettent au négociant d’éviter un affrontement direct avec la concurrence, mais en bloquant par là même toute tentative de regroupement des produits pour une meilleure exploitation viticole, et pour une plus large et plus efficace couverture des marchés par des marques.

 

Les autres régions de production ou dans les autres classes de produits de consommation, les marques sont assez significatives d’une qualité, d’un prix et d’un genre. Elles peuvent également évoquer une méthode de distribution particulière. En Champagne, en Bourgogne, en Alsace par exemple il existe de systèmes solaires et planétaires qui permettent aux distributeurs et aux consommateurs de trouver facilement une étoile à dimension voulue et à brillance connue. Mais l’Univers bordelais est fait de galaxies dont les experts eux-mêmes ont grand-peine à démontrer qu’elles ne sont pas des nébuleuses... Et nous exigeons de l’observateur amateur le don prodigieux de percevoir et de reconnaître dans cette voie lactée chacune des unités qui la composent !

 

Bien sûr, nous possédons à Bordeaux des étoiles de toute première grandeur. Elles seules suffisent sans doute par leur éclat incomparable au rayonnement lointain et prestigieux de notre cosmos bordelais depuis des siècles de millésimes-lumière. Elles ont été cataloguées, classées. Mais selon qu’elles se lèvent sous le signe du Médoc, de Saint-Emilion, des Graves ou de Sauternes, elles appartiennent à des hiérarchies différentes sans équivalence des grades.

 

Pour le consommateur, le vin de Bordeaux c’est « du vin de Château » et l’on s’est efforcé depuis plus d’un siècle de lui faire comprendre bye le meilleur était celui du cru classé. Essayez de comprendre maintenant pourquoi les crus classés ne sont pas représentés au CIVB ? La démocratie des masses des productions anonymes ou inconnues ne peut cohabiter avec l’aristocratie des grands crus. Et pourtant, qu’est-ce qu’une race sans étalons ? Pour reprendre une image à la mode, et qui a été récemment utilisée par plus qualifié que moi, je dirais que les trains de Bordeaux commenceront à sortir de gare lorsqu’on leur aura accroché des grands crus locomotives « éléments de pointe d’un substantiel convoi ». De leur côté les machines, dont beaucoup hélas, marchent encore à la vapeur (comme l’expression « à toute vapeur » a vieilli !) ne veulent pas tirer ni pousser, inquiètes de la lourdeur de l’attelage, ignorantes du plan du chef de gare (et pour cause, il n’y en a pas) avec la crainte de se retrouver sur une voie de garage, les aiguillages étant incertains. Et puis, demander à une motrice somptueuse de tirer un train de citernes, ou un omnibus de troisième à paniers casse-croûte, ou une rame de rapatriés... Lui provoque un si violent haut-le-cœur qu’elle aime mieux rester haut-le -pied.

 

Quant à transformer des wagons en autorails, c’est sans doute possible partiellement, mais les coûts par kilomètre-voyageur seront plus élevés que ceux de la concurrence et le réseau n’est pas assez dense pour que chacun ait une chance de circuler librement, c’est donc à terme une éclosion nouvelle de panneaux limitatifs, feux rouges (s’ils étaient verts on n’en aurait pas besoin) et régulation du trafic.

 

Entre-temps, les crus classés se mangent entre eux. Pas question d’harmoniser les politiques des différentes régions et, puisque classements il y a, pas question de les rendre plus digestes aux consommateurs. Animés par l’impulsion de quelques insatisfactions d’amour-propre chroniques, les révisionnistes s’opposent aux conformistes, perdant en vaines querelles un temps précieux à notre époque de concurrence impitoyable. »

 

Et puis, en 2001, je me suis permis d’écrire des choses qui fâchent, à Bordeaux on m’a excommunié.

 

Et puis, dans un document de réflexion daté du 5 mai 2006 « La crise viticole n'est pas une fatalité » un groupe de travail réuni autour du cardinal Ricard  Archevêque de Bordeaux Evêque de Bazas écrivait :

 

« Certes, la crise viticole ne touche pas toutes les propriétés de la même façon. Certains châteaux, des crus renommés, s’en sortent plutôt bien et n’ont pas de mal à commercialiser leur vin. D’autres sont frappés de plein fouet et on peut dire que c’est toute une partie de la profession qui ressent les contrecoups de la crise. Au cours de mes visites pastorales et des rencontres que j’ai pu avoir, j’ai été témoin du drame vécu par un certain nombre de viticulteurs qui se sont endettés au moment des années fastes et qui, aujourd’hui, devant la difficulté à vendre leur vin, se sentent étranglés par les remboursements auxquels ils doivent faire face. Cette réelle angoisse du lendemain a chez eux des conséquences sur leur moral, parfois sur leur vie conjugale et familiale. Certains enfants ne voient pas comment prendre en charge après leurs parents la propriété familiale. Cette crise a fatalement aussi des répercussions sur la situation des ouvriers agricoles, des saisonniers et des artisans. Ces viticulteurs sont guettés par le désespoir et la désespérance n’est jamais bonne conseillère. On peut redouter qu’elle provoque parfois des réactions de violence ou pousse à des extrémités.

 

Devant cette crise, certains sont tentés de baisser les bras et de se laisser gagner par un sentiment de fatalisme. D’autres cherchent un bouc émissaire qu’ils chargent alors de tous les maux (les organisations professionnelles, le négoce, les pouvoirs publics, les campagnes antialcooliques, la mondialisation…) L’heure n’est pourtant pas au découragement. D’ailleurs, au cours des deux siècles précédents, les viticulteurs ont toujours fait preuve de courage et d’ingéniosité pour surmonter les crises rencontrées. Une telle ténacité continue. Il nous faut saluer ici les efforts de ceux qui courageusement veulent relever le défi d’aujourd’hui. Ils savent qu’il leur faut compter avec des facteurs nouveaux qui ne disparaîtront pas dans les années qui viennent : la baisse en France de la consommation du vin, la concurrence des vins européens et des vins du nouveau monde et la politique commerciale des grandes surfaces. Ils sont convaincus également qu’il faut veiller à la qualité du vin produit, à sa commercialisation et donc à des campagnes de promotion de leur vin en France, en Europe et dans d’autres pays du monde. En effet, produire, malgré tout le savoir-faire que cela met en jeu, aujourd’hui ne suffit pas. Il faut commercialiser, tenir compte de la demande, et gagner de nouveaux marchés.

 

Cette crise ne peut être surmontée qu’ensemble, solidairement, qu’en s’appuyant les uns sur les autres, qu’en s’entraidant les uns les autres. Or, la viticulture a été une profession qui a favorisé jusque-là l’investissement individuel et la recherche personnelle du profit. L’argent gagné était le secret de chacun et on se méfiait de l’autre qui pouvait toujours devenir un concurrent possible. D’où la difficulté qu’ont eu beaucoup de viticulteurs, même voisins, à se parler quand la crise a commencé. Or, la solidarité et l’entraide sont aujourd’hui des conditions sine qua non pour surmonter la crise.

 

Devant cette crise qui marque profondément notre région, les communautés chrétiennes ne peuvent pas ne pas se sentir concernées. Il est important qu’elles partagent les préoccupations des viticulteurs, soutiennent ceux qui sont dans une passe difficile, encouragent ceux qui se battent pour relever le défi. Je les invite à lire le document de réflexion ci-joint sur « La crise viticole » et à manifester à tous les viticulteurs leur solidarité.

 

Dans ce temps pascal, le Christ vient à nous, vainqueur du fatalisme et de la résignation. Sa résurrection ouvre une brèche, déploie un avenir nouveau. Elle crée du neuf. Que cette espérance soutienne tous ceux qui se battent aujourd’hui pour ouvrir des voies d’avenir à la viticulture dans notre région.

 

Et puis le 29 septembre 2009 j’osais : Le déni de réalité ne change pas la réalité pour la viticulture y compris

 

Je serai bref.

 

Additionner les « difficultés » que connaissent des grands pays ou de grandes régions viticoles : New-Zélande, Australie, Italie, Espagne, Bordeaux, Languedoc-Roussillon pour « mesurer l’ampleur et l’aggravation de la crise qui touche quasiment tous les pays producteurs de vin » relève d’un calcul de gribouille.

 

Pourquoi ?

 

Tout bêtement parce que la viticulture mondiale n’est pas en crise mais connaît une violente et prévisible période d’ajustement dans la mutation engagée depuis l’irruption de nouveaux producteurs sur le marché mondial ou du moins sur les marchés de certains pays, telle la Grande-Bretagne, où ils ont su faire émerger de nouveaux consommateurs.

 

Nous assistons à un carambolage, à une tectonique des plaques entre les pays qui ont joué l’expansion à tout va, et qui doivent freiner « à mort » pour tenir compte à la fois des limites de leur modèle et de la dépression mondiale et ceux qui ont cru, tel l’Espagne, pouvoir profiter de l’aspiration et qui doivent revoir leur stratégie, ou comme la France, dont les 2 grands vignobles phares ont joué une concurrence mortifère, un immobilisme stupide, et qui subissent la double peine : ils n’ont pas profité de la phase de conquête et ils doivent comme les autres s’ajuster.

 

La situation n’a rien d’étrange face à des perspectives de reprise du marché mondial, surtout pour la France où nous prenons de plein fouet l’inadaptation d’une part de notre ressource vin aux demandes des marchés émergeants comme de notre marché domestique. Nous avons refusé obstinément de nous voir comme le plus grand pays producteur généraliste de vin. Nous avons continué de rêver au modèle AOC pour tous. Nous avons fait comme si les vins dits «technologiques» n’étaient pas dignes de notre glorieux passé alors que le vignoble pour les faire est sous nos pieds. Nous nous sommes obstinés à croire que la cohabitation de ces 2 modèles, leur gestion par complémentarité nous mettrait en position de faiblesse. Nous touchons les « dividendes », si je puis m’exprimer ainsi, de nos non-choix.

 

Le déni de réalité ne change pas la réalité.

 

Et puis, 18 juin 2019 j’osais encore : Et si le vin dit de Bordeaux subissait au XXIe siècle le même déclin que le vin de table du Languedoc au XXe siècle ? ICI  

 

Oui je suis chiant, extrêmement chiant et je ne me soigne pas…

 

Et puis vint Éric Garreau, le directeur du Pôle Viticulture et Grandes Entreprises du Vin du Crédit Agricole d’Aquitaine (première banque du vignoble bordelais, avec un taux de pénétration de 85 % des caves particulières).

 

J’adore le chapeau de Vitisphère à l’entretien qu’il lui a accordé :

 

« Alors que les problématiques de trésorerie s’intensifient pour l’ensemble des opérateurs girondins, le Crédit Agricole appuie les réflexions sur la remise à plat des conditions de production et des moyens de commercialisation. Alors que le débat est ouvert entre garants de la tradition et tenants de l’innovation (les premiers étant considérés comme conservateurs par les seconds, et les deuxièmes étant vus comme industriels par les premiers Comment analysez-vous la situation bordelaise actuelle ? »

 

Éric Garreau : On ne peut pas cacher que la santé économique de Bordeaux dépende d’échanges internationaux où les sujets se multiplient : la Chine, Hong Kong, Londres, les Etats-Unis… Ce sont les premiers marchés d’exportations qui ralentissent. Actuellement, l’alignement des planètes n’est pas favorable. Les circuits domestiques de commercialisation de bordeaux sont eux aussi à la recherche de nouveaux modèles. Il y a une multitude de paramètres et de facteurs qui expliquent la situation actuelle. Comme tout secteur économique, la filière viticole doit s’adapter à une économie de marché qui est en constante évolution.

 

- Les vins de Bordeaux ont déjà connu des crises commerciales. L’histoire se répète-elle, comme il y a quinze ans ?

 

La conjoncture actuelle est quelque peu différente. Elle ne ressemble pas à celle des années 2000 où la problématique était principalement l’inadéquation entre les volumes produits et la  demande. Le tout challengé par de nouveaux pays producteurs arrivant sur le marché de la consommation avec un facteur prix déterminant. De nouveaux marchés se sont ouverts et Bordeaux a eu son rôle à jouer. Mais ces nouveaux marchés, comme la Chine, ont fait que l’on ne s’est pas posé toutes les bonnes questions. Oui, il y a besoin de se poser les bonnes questions, mais Bordeaux ne manque pas d’atouts. C’est le plus grand vignoble d’AOC de France, il vient de rentrer une récolte qualitative, il bénéficie d’une logistique complète et d’un microcosme économique que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. Il a déjà démontré sa capacité d’adaptation dans les domaines sociétaux et environnementaux en étant le premier département en nombre d'exploitations et de surfaces certifiés Haute Valeur Environnementale (HVE).

 

La suite ICI 

 

Même si la mode du bois est passée de mode à Bordeaux, du  côté du Crédit Agricole la langue de bois se porte bien, certes se poser les bonnes questions s’impose mais je cherche en vain lesquelles dans les réponses du sieur Garreau…

 

Sans doute suis-je bouché à l’émeri

 

L'émeri n'est en aucun cas un produit de bouchage, comme le plâtre ou le liège, par exemple.

 

Alors pourquoi dit-on « bouché à l'émeri ? »

 

Autrefois, pour qu'un récipient, flacon ou fiole en verre soit bouché de la manière la plus étanche possible, on polissait à l'émeri l'extérieur du bouchon et l'intérieur du goulot, pour que le contact entre les deux soit le plus parfait possible.

Partager cet article

Repost0
3 novembre 2019 7 03 /11 /novembre /2019 07:00
De droite à gauche : le ministre du Travail, Robert Boulin, le ministre de la Justice, Alain Peyrefitte, et le ministre de l'Intérieur, Christian Bonnet, le 4 juillet 1978, à Matignon (Paris). (PAVUNIC / AFP)

De droite à gauche : le ministre du Travail, Robert Boulin, le ministre de la Justice, Alain Peyrefitte, et le ministre de l'Intérieur, Christian Bonnet, le 4 juillet 1978, à Matignon (Paris). (PAVUNIC / AFP)

Si je me suis intéressé à Robert Boulin c’est pour 2 raisons :

 

  • Un bref passage, de juillet 1968 à juin 69, au 78 rue de Varenne Ministre de l’Agriculture du Général de Gaulle dans le fantomatique gouvernement Couve de Murville.

 

  • Résistant dès 1941 dans le réseau Navarre dont il deviendra le chef, il est engagé volontaire en 1943 et à la Libération il devient avocat à Bordeaux puis à Libourne. Sa carrière politique débute en 1958 quand il devient député UNR de la Gironde, puis maire de Libourne un an plus tard. Il sera constamment réélu député et maire jusqu'à sa mort.
  •  

Bien évidemment ça beaucoup moins frappé les esprits que sa tragique et énigmatique fin dans un étang de la forêt de Rambouillet le 30 octobre 1979.

 

 

 

« La Ve République, avec la déferlante UNR post 58, puis ses technocrates énarques, a érigé le «parachutage» en adoubement des nouveaux barons du régime et de ses jeunes turcs. Venus du «ciel» les nouveaux arrivants se devaient pour survivre de s’enraciner dans le terroir de leur circonscription. Le cas Boulin est intéressant du fait des spécificités du « pays Libournais ». En effet, celui-ci montre « une sensibilité aigue, voire épidermique, face aux autres territoires girondins et à la métropole de Bordeaux » Qu’une petite ville 10 fois moins peuplée que sa voisine soit doté d’une succursale de la Banque de France, d’une Caisse Régionale de Crédit Agricole indépendante de celle de la Gironde (le St-Émilionnais est rattaché à cette dernière), d’une Chambre de Commerce et d’Industrie témoigne d’un « patriotisme de clocher » dont le « parachuté » Boulin doté d’une envergure nationale a dû tenir compte en « jouant le jeu » des spécificités du monde du vin libournais.

 

Plus intéressant encore « il a dû également prendre en compte les rivalités de territoires, entre les appellations, les « bons » terroirs et les terroirs banals, « les gros » et les « petits », nombreux dans un Libournais caractérisé souvent par de petites exploitations dotées d’un relief pentu qui compliquait le travail de la vigne, les concurrences multiples d’images de marque, de caractéristiques vinicoles, les rivalités entre le monde du négoce et celui des coopératives (désormais relativement puissantes quoique, à cette époque, fragmentées). Il a dû aussi respecter le chauvinisme du St-Émilionnais, marqué à la fois par un « petit peuple » de vignerons et certaines appellations moins prestigieuses et par une « bourgeoisie » articulée autour de domaines et appellation renommés et surtout d’un réseau de sociabilité dense (compagnonnage, Crédit Agricole) animé à cette époque par la dynastie Capdemourlin : Jean Capdemourlin présidait le Syndicat viticole de St-Émilion et animait la Jurade (recrée en 1948). »

 

La suite ICI 

 

Et puis hier matin :

 

RÉCIT. « LE CRIME A ÉTÉ MAQUILLÉ EN SUICIDE » : 40 ANS APRÈS LA MORT DU MINISTRE ROBERT BOULIN, LE LONG COMBAT DE SA FILLE POUR LA VÉRITÉ

 

LA VIE D'UN HOMME NE PÈSE PAS FACE À L'AMBITION DU POUVOIR

 

Pour tenter de trouver un sens à cette histoire, il faut se remémorer le contexte politique de la fin des années 1970, mélange des séries Baron noir et House of Cards. Dans ces années-là, la droite se déchire. Le RPR (Rassemblement pour la République) de Jacques Chirac mène une guerre ouverte au gouvernement de Raymond Barre et à l'UDF (Union pour la démocratie française) de Valéry Giscard d'Estaing. Les appétits présidentiels du maire de Paris ne sont pas étrangers à ce conflit. Les ministres RPR, dont Robert Boulin fait partie, deviennent alors un enjeu stratégique. VGE envisage même de faire du maire de Libourne son prochain Premier ministre.

 

Giscard avait eu le nez de sentir que s'il plaçait Boulin à Matignon, il coupait l'herbe sous le pied de Chirac. Éric Burgeat, gendre et collaborateur de Robert Boulin, à franceinfo

 

Dans ce contexte, l'affaire de Ramatuelle arrive sur le bureau des rédactions parisiennes. Trois articles sortent dans Minute, Le Canard enchaîné et Le Monde. Il est reproché au ministre d'avoir acheté en 1974 un terrain dans le Var à un escroc, Henri Tournet, alors même qu'une parcelle de ce terrain avait déjà été vendue à des promoteurs normands. "J'ai acheté en 1974 un terrain dans la presqu'île de Ramatuelle par acte authentique devant notaire… et puis mon affaire est terminée", assure Robert Boulin devant le club de la presse d'Europe 1, le 21 octobre 1979, peu avant sa mort. Le ministre a beau se défendre, le poison du soupçon se répand.

 

La suite ICI

 

La ville de Libourne rend hommage à Robert Boulin 40 ans après sa mort, un décès toujours aussi suspect

Suicide ou assassinat ? 40 ans après la mort du ministre du travail de Valéry Giscard d'Estaing et ancien maire de Libourne, le doute est plus que jamais d'actualité. Ce jeudi, la ville de Libourne organise une cérémonie d'hommage en sa mémoire, ouverte à tous. ICI 

Affaire Robert Boulin : des journalistes écrivent à Macron pour réclamer la vérité, quarante ans après

« Depuis 1979, alors que six présidents de la République se sont succédé, cette affaire empoisonne et déshonore la vie politique et civique de notre pays », écrivent les quatorze signataires de la lettre, dont Elise Lucet. ICI

Partager cet article

Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents