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29 avril 2020 3 29 /04 /avril /2020 06:00

Joë Bousquet : La pesanteur et la grâce - ZONE CRITIQUE

J’ai eu, au temps où le dossier du vin de table était chaud bouillant, si je puis m’exprimer ainsi, une relation suivie avec les gens du vin de l’Aude, et donc, je me rendais souvent à Carcassonne. Certains de mes lecteurs peuvent en témoigner.

 

Alors, en ce temps de confinement j’ai pensé à Joë Bousquet (celui-ci écrit constamment son prénom « Joe », sans tréma. De ce point de vue, la forme imprimée « Joë », avec tréma, qui est devenue usuelle du vivant de l'auteur, n'en est pas moins fautive.)

 

Je suis donc allé rechercher dans ma pile un petit livre : Correspondance 1942 « Quel est donc ton tourment ? » Simone Weil Joë Bousquet

 

Je vous livre quelques citations de la Préface :

 

Joë Bousquet, quand Simone Weil le rencontra, n’était pas pour elle un complet inconnu. Elle connaissait, bien entendu, sa condition de grand blessé de guerre, condamné à vie à l’immobilité.

 

Par sa truculence, son immense culture, sa curiosité universelle, l’animation qu’il infusait dans ses entretiens quasi quotidiens avec visiteurs et amis, Joë Bousquet, ce grand blessé de guerre condamné à vivre alité, avait transformé la ville de Carcassonne endormie, dans  sa médiocrité provinciale (qu’il moqua avec une délectable cruauté dans son livre Le Médisant par bonté) en une seconde capitale de la culture, rivalisant par son pouvoir attractif avec Paris.

 

Cette fameuse chambre où vécut alité Joë Bousquet jusqu’à sa mort se trouvait au premier étage de la cour intérieure d’un hôtel particulier de belle facture au cœur de la cité basse de Carcassonne. Elle était extraordinairement encombrée et sombre, le jour ne passant que faiblement par une fenêtre souvent obturée par une sculpture ou un tableau. Bousquet l’appelait « la chambre aux tableaux », ou bien il évoquait sa personne enfermée dans ce monde très clos avec ces quelques mots : « seul, avec quelques mètres carrés de peinture ».

 

Elle était munie de deux portes, l’une que Ballard nomma « la sortie des artistes », réservée aux familiers ; l’autre, hermétiquement fermée, à laquelle on accédait après avoir traversé « des couloirs obscurs, des paliers obscurs, des portes obscures ». Nombreux sont les visiteurs qui, frappés par l’étrangeté des lieux, ont décrit cette « chapelle souterraine » ou « cabine boisée de sous-marin ». On retiendra ici la description plus sobre, mais très précise, du chanoine Sarraute :

 

Il fallait suivre une sorte de cérémonial. Arrivé au premier étage, on passait par un couloir aboutissant à la chambre du poète. On frappait. On ouvrait la porte et on se trouvait devant un rideau. Il fallait refermer la porte, se débrouiller pour soulever dans l’obscurité la lourde tenture et glisser dans la chambre. Chambre noire aux volets toujours fermés, à l’odeur d’opium.

 

Que les murs fussent couverts de tableaux jusqu’au plafond (quelques sculptures s’y ajoutant) frappait d’étonnement tout visiteur qui avait l’heur de pénétrer dans ce lieu ressemblant à rien de connu.

 

Dans un texte tardif, Bousquet a raconté l’arrivée du premier de ces tableaux. Ayant lu, dans les années 1921-1922, un poème d’Éluard qui à  ses yeux « tuait tout ce que l’on avait appelé jusque-là poésie », il  écrivit à l’auteur, alors proche de Max Ernst : ce dernier, à peine informé de la situation de Bousquet, lui envoya « une toile splendide, une forêt merveilleuse […] où la matière ligneuse se renouvelait comme un million d’oiseaux d’air dans une cascade ». Moment fondateur en ce qu’il fut pour Bousquet la découverte du surréalisme et tout à la fois sans doute l’éveil de sa vocation poétique. Mais c’est à partir des années 1928-1930 que se constitua réellement sa collection d’œuvres d’art, à la suite d’une visite de Gala, épouse alors d’Éluard, qui vendait des œuvres d’artistes contemporains. Par cette entremise, ce sont Dali, Max Ernst, Tanguy, Malkine, dont les œuvres furent données ou achetées, qui constituent la première strate de la collection. Cette dernière fut donc dans un premier temps pleinement surréaliste. Bientôt viendront s’ajouter des œuvres de Miró, Chirico, André Masson, Magritte. Bousquet ne s’enferma pas dans cette esthétique (l’attitude autoritaire de Breton l’agaçait fortement), et il élut, au gré de ses enthousiasmes, un André Lhote dont la présence pouvait paraître incongrue, un Gleizes, de tendance cubiste, un Kandinsky, une sculpture de Jean Arp ; des œuvres de Sima, compagnon du surréalisme au travers du Grand Jeu et, aux abords de la guerre, des gouaches sur fond noir de Michaux dont il s’enticha.

 

Son conseiller en matière d’art était alors Jean Paulhan, dont il était devenu très proche.

 

« Les peintres m’ont comblé. Quand j’étais aussi pauvre qu’eux ils ont fait de ma chambre une demeure enchantée », écrivit-il à Maurice Nadeau le 13 juillet 1945.

 

Ecrire et vivre depuis le point d'indivisibilité, Simone Weil et ...

 

Simone Weil, outre de longues conversations philosophiques avec Bousquet, venait auprès de lui pour avoir son avis sur son « Projet d’une formation d’infirmières de première ligne.

 

Un avis de Bousquet sur un tel projet tenait sa valeur à la fois de la bravoure dont il avait fait preuve pendant la première guerre mondiale – engagé volontaire en 1918, quelques mois avant ses dix-huit ans, il avait gagné au combat ses galons de lieutenant, citations, Croix de guerre et Légion d’honneur –, et de son état de grand blessé : une balle le traversant de part en part en « écaillant » au passage une vertèbre, l’avait laissé paralysé de toute la partie inférieurs de son corps et condamné à vivre alité, reclus dans la chambre décrite plus haut – depuis bientôt vingt-trois ans au moment où le rencontrait Simone Weil.

Simone Weil et Joë Bousquet, une amitié spirituelle

Simone Weil et Joë Bousquet, une amitié spirituelle ICI

 

Critique 

 

Ces échanges entre la philosophe Simone Weil et le poète Joë Bousquet témoignent d’une amitié fulgurante autour d’un questionnement métaphysique commun.

  • Flora Moricet, 

Blessé le 27 mai 1918 à Vailly il a 21 ans

 

Suite d’une longue crise d’urémie, Joë Bousquet entre dans la mort  le 28 septembre 1950. Il repose à Villalier sous un simple tertre.

 

32 ans reclus dans sa chambre du 53 rue de Verdun

 

 

Une rue porte son nom à Carcassonne ainsi qu'une place à Villalier (Aude).

Joë Bousquet, à livre ouvert | Le Club de Mediapart

André BLONDEL, Portrait de Joë Bousquet (1943)

puce litteraturePeut-on encore lire ?

Joë Bousquet : La pesanteur et la grâce ICI 

D’épais rideaux rouges aux fenêtres, quelques bougies disposées au pied du lit où le tenaient ses blessures, des tableaux de Max Ernst, une pipe d’opium et le bruit de la plume contre le papier. Ces éléments constituaient l’essentiel de la vie matérielle de Joë Bousquet, poète dont le destin se confond avec la balle qu’il reçut à Vailly en 1918. Celle-ci brisa son corps et éveilla son esprit à la poésie. Durant trente-deux ans, il tenta de conjurer l’ombre de son destin en couchant sur des feuillets ses oscillations intérieures, son tempérament mystique et les mystères de sa chair.

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28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 12:00

 

Retour à l'école: Véran juge « très compliqué » de faire porter des masques aux enfants…

 

Antoine Albertini @TonioAlbertini

En Corse, certains portaient des cagoules dès 6 ans et ça filait droit.

Certains dont je tairai le nom, on a raillé sur ce blog mon inventivité pour me confectionner un masque maison, et pourtant…

 

Image

Image ImageCoronavirus. L'entreprise normande Saint James va produire des ...

Les masques seront rayés façon Saint James. (Photo : Saint James)

 

CHIC-Outdoor Sport 1PC Multifonction Tour de Cou Cagoule ... Image

Mexique : le sous commandant Marcos annonce qu'il "cesse d'exister" Le sous-commandant Marcos était le porte-parole de l'Armée zapatiste de libération nationale (Mexique).

Le FLNC menace de reprendre les armes

photoplomb.jpg

Brigades Rouges garçon portant un passe-montagne foncé qui se penche et tire avec un Beretta calibre 22.

Les lainages de l'armée française - Calendrier des reconstitutions ...

Passe-montagne au crochet à faire soi-même - paminatelier.com ...

Passe-montagne au crochet à faire soi-même ICI

MON MASQUE FAIT DE MES MAINS 

 

Du port du masque (réutilisable) en temps de pandémie. Et si on misait sur l’intelligence des gens? ICI 

  Zéro Déchet

La réflexion à laquelle je vous invite dépasse un peu le cadre du zéro déchet. Elle concerne le port du masque hygiénique en période de pandémie – à usage unique et jetable versus en tissu, lavable et réutilisable – ainsi que le discours incohérent que l’on entend de la part de nos autorités politiques et sanitaires. Je l’affirme: l’écran anti-postillon (en tissu) est une 7ème mesure de protection incontournable. Le masque en tissu est une bonne solution alternative et en plus, il ne génère aucun déchet.

 

Les masques hygiéniques (à 3 plis, ou chirurgicaux) sont à utiliser 4 heures et à jeter. Les masques de protection (FFP2) sont à porter 7-8 heures et à jeter. Pas très zéro déchet, vous en conviendrez. Mais en matière médicale, “il faut ce qu’il faut” penserons certain.e.s.

 

Et les masques artisanaux en tissu que l’on lave souvent ? Bonne nouvelle, en cas de pénurie, le tissu permet d’éviter de diffuser ses virus autour de soi. Car si vous êtes porteur ou porteuse sain.e, vous ne le savez pas, n’est-ce pas ? Le masque en tissu – sans couture centrale – permet de limiter la diffusion du virus à autrui, tout en ne faisant pas gonfler nos poubelles. Et cela empêche certains intermédiaires de se remplir honteusement les poches. Le port de masques devrait nous permettre de vivre assez sereinement la période de transition qui nous sépare de la découverte d’un vaccin ou de médicaments. A la condition que cela devienne la norme, adoptée par toutes et tous.

Et bien, aussi incompréhensible que cela puisse être, pour nos autorités, le masque en tissu, c’est du folklore. Pire, porter un tel masque, alors qu’on ne trouve plus de masques jetables depuis des semaines, serait même “contreproductif”. Vraiment ? Les raisons avancées pour soutenir un tel discours valent qu’on s’y attarde un peu. Mais avant cela, je vous invite à un petit effort d’imagination…

 

Le masque en tissu n’est pas parfait, mais c’est mieux que rien. Et oui, même un torchon de cuisine diminue le risque de propagation du virus.

 

Pour en revenir à la France, il n’y a pas plus de masques que chez nous. Sans doute la même logique libérale est intervenue dans le domaine de la santé. Ils n’ont pas de masques, mais ils ont des idées. Je vous recommande ce site réalisé par quatre médecins français déjà cité plus haut ICI

.

Les informations données par les Dr. Jonathan Favre et Michaël Rochoy, médecins généralistes, le Dr. Thibault Puszkarek, médecin généraliste et ancien chef de clinique des universités de Lille et le Dr. Antoine Hutt, radiologue spécialisé dans l’imagerie du thorax et ancien chef de clinique des universités de Lille sont convaincantes. On vous dit comment faire un masque (pas besoin de machine à coudre), comment le porter, comment le laver et on vous rappelle que les autres mesures barrière sont toujours aussi importantes.

 

Ces médecins n’utilisent pas de circonvolutions langagières et ne nous prennent pas pour des buses. Au contraire, ils misent sur l’intelligence des gens. Et ça, ça fait un bien fou par les temps qui courent. Il ne me reste plus qu’à sortir ma machine à coudre…

 

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28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 09:00

ROBERT HERBIN - Rétro Foot

La nouvelle, je l’ai apprise à 4 heures du matin par Jacques Vendroux @JacquesVendroux 23h 21

 

Robert Herbin est parti ce soir à l'hôpital nord de Saint Etienne. Son frère et ses sœurs ont souhaité que je vous l'annonce officiellement.

 

Nous pensons à sa famille,  ses amis et ses proches, au peuple vert. Le monde du football  est en deuil. @ASSEofficiel

 

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« Agé de 81 ans, Robert Herbin est mort lundi 27 avril à Saint-Etienne. Il souffrait de problèmes cardiaques et pulmonaires et vivait seul dans sa maison de L’Etrat (Loire), où cet amateur de Wagner écoutait de la musique classique avec la seule compagnie de son chien. Sans nouvelles de lui, sa sœur avait alerté la gendarmerie qui avait découvert, le 21 avril, celui qu’on surnommait « le Sphinx » déshydraté et dans l’incapacité de se déplacer. »

 

Pour le Nantais d’adoption que je suis Saint-Etienne ce fut d’abord les Nantes-Saint-Etienne au stade Marcel Saupin.

 

Puis il y eut cette finale de Coupe d’Europe des clubs champions perdue contre le Bayern Munich (0-1) à Glasgow en mai 1976. Les poteaux de l’Hampden Park seront toujours carrés et le réalisme toujours allemand. Pax, dont j’ignorais le goût pour le ballon rond, a bien raison.

 

12 mai 1976 : Bayern Munich 1-0 ASSE - Finale de la Coupe d'Europe ...

 

Puis il y eut la descente aux enfers de Manufrance, son catalogue, le Chasseur Français, dans les années 80, avec même un petit tour de piste de Tapie. ICI 

 

Le catalogue Manufrance livre de chevet des Auvergnats

 

 

Et puis il y eut Casino repris par Jean-Charles Naouri ICI  En 1997, le groupe Casino fait l’objet d’une OPA hostile de la part d’un distributeur concurrent Promodès. La contre-offre menée avec succès par Jean-Charles Naouri, la famille Guichard (fondatrice de Casino)

 

https://42info.fr/wp-content/uploads/2019/09/CASINO.png

 

Lorsque je suis allé au siège de Casino à Saint-Etienne, en face de la gare, en 2011, dans le cadre d’une mission viande bovine, c’était la première fois que je mettais les pieds dans cette ville, j’ai eu une pensée pour Pierre Bérégovoy.

 

Donc à 4 heures ce matin je me suis levé en me disant je vais faire comme le défunt Benichou Pierre qui, au Nouvel Obs., écrivait peu et s’était spécialisé dans la rédaction de « portraits souvenirs ». Ces notices nécrologiques, écrites dans l’urgence de la disparition des personnalités mais très travaillées, et toujours d’un style ramassé

 

« J’ai la mémoire longue mais la plume courte », disait-il.

 

Et puis, j’avais été frappé par l’unanimité des hommages à Henri Weber le trotskyste devenu le pilier du courant Fabius au PS.

 

J’en pioche 2 de la gauche des beaux quartiers :

 

Gérard Miller @millerofficiel

J’ai connu Henri Weber avant 68. Il était trotskiste, j’étais pro-chinois, c’est dire si nous étions opposés ! Mais nous sommes devenus amis proches et il en a été de même ensuite pour nos enfants. Henri était l’une des rencontres les plus lumineuses qu’on peut faire en une vie.

 

Disparition de Henri Weber : ​"Adieu, noble frère" ICI 

Publié le 27/04/2020  Denis Olivennes

 

Président du Conseil de surveillance de CMI France, groupe de presse auquel appartient "Marianne"

 

Foot: décès de Robert Herbin, le «Sphinx» de la mythologie verte

 

Et je me suis mis à écrire cette chronique qui se voulait nécrologique mais comme je n’ai pas connu Robert Herbin, sauf de l’avoir vu fouler la pelouse de Marcel Saupin, depuis la tribune populaire, du temps du FCN de José Arribas, Philippe Gondet et compagnie j’ai décidé de laisser la parole à mon cher Maxime Bossis, l’un des héros malheureux de cette putain de demie-finale perdue à Séville. ICI  

 

180650_bigportrait.jpg

 

Le grand Max, c’était un grand taiseux, discret, un gars de Saint-André-Treize-Voies, une famille de footeux, des paysans, lui, comme il le confiait à un journaliste, aimait la nature « Jeune, je rêvais de football … et de m’occuper d’une réserve naturelle… » Alors qu’il jouait au FC Yonnais, un après-midi alors qu’avec d’autres élèves du lycée agricole des Etablières où j’enseignais tout en rédigeant ma thèse, Max était venu bêcher dans mon jardin, je lui avais confié qu’il devrait répondre positivement à l’offre du FC Nantes. Il a passé son bac d’abord, qu’il a obtenu, sérieux comme toujours.

 

Nantes - Saint-Etienne, clichés de la grande époque de la rivalité.

Bossis : « Nantes - Saint-Etienne c'était LE match de l'année »

 

Jean-Paul Bertrand-Demanes, Maxime Bossis et Patrice Rio. Trois joueurs témoins privilégiés, trois joueurs emblématiques qui ont fait briller les couleurs du FCN.

 

L’éclat du maillot jaune scintillait dans la nuit nantaise dans les années 70-80, particulièrement quand le stade du quartier Malakoff avait rendez-vous avec les Verts pour des soirées au parfum enivrant.

 

La plupart du temps, les Stéphanois regagnaient le Forez après avoir dégusté une soupe à la grimace. Dans le vestiaire vert, Jean-Michel Larqué n’a rien oublié de cette atmosphère à nulle autre pareille, qui a escorté les plus belles soirées de première division.

 

  • Quelle image vous restet-il de ces Nantes - Saint-Etienne à Marcel-Saupin ?

 

Rio. « Le stade, plein à craquer à chaque fois, avec une fantastique ambiance. Il y avait des supporters partout, à la fois sur le toit, mais également dans les pylônes aux quatre angles. »

 

Bossis. « Le stade devait contenir un peu plus de 20 000 personnes, mais il y en avait 23 ou 24 000 qui s’entassaient. Il y avait une ambiance de folie. C’était LE match de l’année car, la plupart du temps, les deux équipes jouaient pour le titre. »

 

Bertrand-Demanes. « Contrairement à la Beaujoire, le public était vraiment très proche du terrain. C’était chaud. Mon but était presque collé au rebord de la tribune populaire. À force de jouer à Saupin, on avait presque l’impression de connaître tous les spectateurs. Quand j’allais récupérer mon ballon, j’étais souvent interpellé par les mêmes personnes. Les gens avaient des places quasiment attitrées. On retrouvait toujours les mêmes. On avait un rapport intimiste, très sympa. Il y avait une vraie communion avec le public. »

 

  • Quel est l’adversaire le plus coriace, celui contre qui vous détestiez jouer ?

 

Bertrand-Demanes. « Un que je redoutais, c’était Sarramagna et son pied gauche. Il avait une façon de frapper la balle… Il frappait un peu de l’extérieur, je ne sais pas comment vous dire, mais le ballon était super flottant, même si ça doit être pire aujourd’hui. Je le craignais comme la peste ! »

 

Bossis. « Celui contre lequel je détestais jouer, c’est un ami, c’est Dominique Rocheteau. A l’époque, les latéraux étaient tout le temps en duel avec ce qu’on appelait les ailiers et lui était ailier droit. Il avait une capacité de dribble ! J’avais contre lui une petite retenue. On se connaissait, on se retrouvait en équipe de France et je n’aimais pas jouer contre lui. »

 

  • Ce qui est marquant, c’est cette grande rivalité sur le terrain et cette grande amitié en dehors.

 

Bossis. « Oui, car on s’est tous retrouvé à de nombreuses reprises, y compris pour les coupes du monde. On s’appréciait vraiment en dehors du terrain. La rivalité était plus du côté des supporters que du côté des joueurs. On était tous très, très copains. Après, chacun jouait évidemment pour son club. Mais il y avait une vraie rivalité sportive et une vraie amitié en dehors, contrairement à ce que beaucoup de gens pensaient, voire une partie de la presse. »

 

Rio. « Demain, (vendredi dernier), je vois Dominique Rocheteau. L’année dernière, on s’est vu après la venue de Sainté et on s’est ressassé de super souvenirs. On a discuté pendant une demi-heure. Idem avec Bernard Lacombe quand Lyon vient. Ce sont des garçons contre qui j’ai joué, avec lesquels j’ai lutté. On s’est quelques fois un petit accroché, voire frittés. Pour autant, avec le recul, il y a une amitié incroyable entre nous. C’est paradoxal, car sur le terrain on ne se faisait aucun cadeau. Avant et après la compétition, il n’y a pas de match. Je le voyais comme ça, et c’est pour ça que j’ai plein, plein, plein de copains parmi mes adversaires. Avant le match, on regardait ensemble le lever de rideau. Dans la tribune, en civil, on était assis quasiment côte à côte et on parlait avec les uns avec les autres. Aujourd’hui, c’est une chose qui n’existe même plus. De toute façon, il n’y a plus de lever de rideau, donc comme ça, c’est réglé ! »

 

  • Malgré cette période d’invincibilité, y a-t-il un match qui s’est moins bien passé que les autres ?

 

Bossis. « Je n’ai pas de mauvais souvenir à Saupin car je ne pense pas qu’on ait souvent perdu. On est resté, je crois, en championnat cinq ans et demi sans défaite. »

 

Rio. « A Saupin, il y avait un impact psychologique extrêmement important sur l’adversaire. Je parlais récemment avec René Girard, qui est venu plusieurs fois avec Bordeaux et Nîmes. Il craignait énormément le déplacement à Saupin »

 

Bertrand-Demanes. « Avec le temps, même les matches les plus mauvais deviennent des bons souvenirs, comme quand j’avais pris le ballon entre les jambes. J’ai quitté un peu le monde du foot et je regarde ça de très loin. Je n’ai pas de souvenir précis. Il paraît que Bernard Lacombe, il vous raconte les 3000 buts qu’il a marqués dans les détails : qui a centré, à quel moment, contre qui… Moi, je ne sais pas. Je sais que j’ai pris 3000 buts, mais je ne sais pas qui les a marqués, ni comment (rires) ! C’est surtout des ambiances qu’il me reste. »

 

  • Quel est votre plus beau souvenir à Saupin contre Sainté ?

 

Rio. « Alors moi j’ai un bon souvenir ! C’était en demi-finale de Coupe de France, où on gagne 2-0 (en réalité 3-0, le 11 juin 1977 NDLR) et je mets les deux buts sur penalty. En face, c’était Curkovic, et j’en mets un à droite, un à gauche ! Par contre, le retour s’était très, très mal passé ! On s’est fait éliminer après prolongation (5-1 NDLR), une catastrophe. »

 

Bertrand-Demanes. « Cette ambiance qu’on décrivait auparavant, mais surtout l’appréhension, le trac, parce qu’on jouait contre Saint-Etienne. S’il y avait un match qu’on n’était jamais sûr de gagner, c’est celui-là. C’était des matches au couteau. Il y avait une tension un peu particulière. Je ne me souviens pas de faits de jeu précis. Ah si, il y a ce match de Coupe de France où on avait gagné 3-0, mais surtout parce qu’au retour on avait pris 5-1 ! Si on n’avait pas perdu 5-1 au retour… »

 

Bossis. « On jouait toujours des matches de fous. Mais, au début de ma carrière, on a gagné 3-0 en championnat (le 20 mars 1976), et j’ai marqué le premier but d’un tir lointain à Curkovic. C’est l’un de mes plus beaux souvenirs, comme le match aller de Coupe de France. »

 

  • Ce match de Coupe de France semble marqué à jamais chez tous les joueurs.

 

Bossis. « Oui, parce qu’on avait une telle marge de sécurité… On savait que ça allait être difficile au retour, mais avec trois buts d’avance, on pensait quand même qu’on était capable de passer. La déception était tellement grande de ne pas faire la finale, que c’est resté dans les mémoires. Et puis, au match retour, cela a été un peu compliqué à tous les niveaux, y compris au niveau de l’ambiance générale et de l’arbitrage. »

 

  • Avez-vous gardé un maillot, une sympathie particulière pour un joueur ?

 

Bertrand-Demanes. « Pendant longtemps, j’ai eu le maillot de Curkovic. Kovacs l’avait fait venir en France, c’était l’un des premiers gardiens étrangers. Un gardien reconnu, d’expérience. Il était venu en stage à la demande de Kovacs pour encadrer les gardiens. Il y avait moi, Baratelli… Et on avait un petit peu sympathisé et on avait échangé nos maillots. Pendant longtemps, le soir, quand je voulais me changer et me mettre à l’aise, j’enfilais son maillot. C’était mon maillot pour être à la maison, rester tranquille. Curkovic, j’appréciais l’homme et j’appréciais aussi énormément le gardien, qui était vraiment un super gardien. »

 

Bossis. « Les maillots, j’en ai tellement distribué que je ne sais plus si j’en ai un de Saint-Etienne. Peut-être quelque part, au fond d’une valise ou d’un placard. J’ai sûrement celui de Dominique Rocheteau, pour qui j’avais une sympathie particulière. Mais je m’entendais aussi vraiment bien avec Gérard Janvion, Dominique Bathenay, que j’ai retrouvé à Saint-Etienne l’année où j’étais dirigeant. J’aimais bien ce joueur qui était très très sobre, bon milieu de terrain qui est devenu un excellent libéro, qui n’en rajoutait pas. J’aimais aussi Gérard Janvion, avec cette folie douce des Antilles ; Christian Lopez, qui avait son caractère. »

 

  • Que reste-t-il aujourd’hui de cette rivalité entre Nantes et Saint-Etienne ?

 

Rio. « Je dirais que la donne a considérablement changé aujourd’hui. Saint-Etienne, tout comme Nantes, est passé par la deuxième division. Ils sont revenus aujourd’hui dans l’élite, mais ça reste un peu compliqué. »

 

Bertrand-Demanes. « Je ne sais pas s’il y a encore une rivalité. Aujourd’hui, les joueurs bougent beaucoup… À Saint-Etienne, nombreux sont les joueurs qui ont fait toute leur carrière là-bas. On s’est rencontré pendant dix ans ! À Nantes, c’était pareil. Il y avait une identification plus forte par rapport au maillot. Je ne sais pas si ça reste vraiment le grand duel. »

 

Bossis. « Pas grand-chose en définitive ! Pour ceux qui n’ont pas connu cette génération, ce n’est pas plus important de rencontrer Saint-Etienne ou Lille, ou moins important que de rencontrer Rennes. Il n’y a plus une rivalité sportive aussi évidente qu’elle l’était dans les années 70 ou 80, où à chaque fois, on jouait le titre. La rivalité n’est plus tout à fait la même, à part peut-être pour les supporters nostalgiques. »

Le président du club de Saint-Etienne, Roger Rocher, et l’entraîneur de l’équipe, Robert Herbin, défilent sur les Champs-Elysées, le 13 mai 1976.

Robert Herbin, entraîneur légendaire de Saint-Etienne, est mort ICI

Agé de 81 ans, « le Sphinx » avait mené les Verts en finale de la Coupe d’Europe en 1976 et marqué le football français des années 1970.

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27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 12:00

L’image contient peut-être : texte qui dit ’QUE TES SOIENT DESORDRES’

L’image contient peut-être : une personne ou plus et intérieur

Paco Mora, moi je l’aime bien, c’est un coco ancienne formule, avant que Georges se fasse baiser par Tonton, à Ivry ça lui va bien au teint, dans son quartier il y est comme un poisson rouge dans l’eau, l’eau-de-vie bien sûr pas la bénite, près des gens comme dit la Merluche qu’a toujours rêvé d’être coco, le boucher comme le pharmacien, gouailleur, déconneur patenté, bosseur, brut de décoffrage, il n’a pas les pieds dans le même sabot, il roule sa bosse pour aller dénicher ses belles quilles de vin qui pue, il  se bouge le cul, parfois il le montre un peu trop son cul et il se fait rattraper par la patrouille des ricains de face de bouc. En bon espinguoin républicain, le Paco n’oublie pas que cette foutue guerre d’Espagne fut la mère des horreurs fascistes, et il ne m’en voudra pas d’ajouter staliniennes aussi, les anarchistes catalans ont payés un lourd tribu et le petit père des peuples n’a pas été avare du sang de ses opposants, dont les anciens des Brigades Internationales.

 

L’image contient peut-être : Paco Mora, sourit, assis

 

Et puis Paco, ça sonne comme Paco Ibanez

 

partons pour l’Andalousie avec la superbe chanson de Paco Ibanez « Andaluces de Jaen » qui s'inspire du poème « Aceituneros »(Cueilleurs d'olives) de Miguel Hernandez, publié en 1937 dans « Vents du peuple » : qui est une exhortation à ce que le peuple de Jaen (Ville au Nord-Est de l’Andalousie) prenne conscience que ses oliviers sont le fruit de « la terre silencieuse, du travail, de la sueur, de l’eau pure et des planètes du ciel », et non d’un propriétaire, d’un Seigneur ou de l’argent, et remette en question leur propriété. A qui appartiennent donc ces oliviers et leurs olives ICI 

 
26 mars 
 
 
Il y a un an , Savoie , l'équipe de la cave d'Ivry chez Mathieu Apfeel , génial... – avec Alice Meker, Samantha Biolcati et Mathieu Apfeel.

 

Il est très famille le Paco, la sienne comme celle de sa cave.

 

Cuando Valladolid se convirtió en capital de Europa | El Norte de ...

 

Et puis, avec le social-traître Rocard, j’ai participé à la négociation pour l’entrée de l’Espagne postfranquiste dans cette Europe si décriée aujourd’hui, pour une fois d’accord avec cette fripouille de Tonton, bien plus que pour des raisons économiques, les tomates espagnoles entraient déjà chez nous à pleins camions via le fameux marché-gare de Perpignan, il s’agissait d’arrimer la jeune démocratie espagnole du socialiste Felipe González Márquez à un espace qui la défendait. Bref, j’en suis fier !

 

Chez Paco, comme aux Galeries Lafayette il se passe toujours quelque chose et, avec la crise sanitaire, après un respect initial tout à son honneur, pour sauver la boutique il s’est retroussé les manches, a laissé son imagination débordante faire le job, il se démène comme un beau diable pour aller livrer au diable vauvert ses jajas poilus aux assoiffés confinés.

 

Aucune description de photo disponible.

La Celle Saint Cloud , La Garenne Colombes , Nanterre, Saint Denis , Paris 19 ,Paris 11, Paris 13 , l'Hay les Roses , comme un road movie mais que des livraisons, un road movie moins drôle en quelque sorte...

 

Bravo Paco, t’es le Raid Ader qui sauve le populo de la pépie…

 

2 détails, style Paco :

 

  • Coronavirus : les hommes plus touchés à cause de leurs testicules? ICI 

 

  • Coronavirus : la proportion de fumeurs parmi les personnes atteintes du Covid-19 est faible ICI 

Image

«Red» Adair suspend son vol ICI

Par Pascal RICHE  

Le fondateur du groupe spécialisé dans l'extinction des incendies de puits de pétrole est mort samedi à 89 ans.

Couleur fétiche. Né le 18 juin 1915, Paul Adair, de son vrai nom, a acquis dans sa jeunesse le sobriquet de «Red» à cause de sa tignasse rousse. Le feu lui est familier depuis sa prime enfance : son père était maréchal-ferrant à Houston. Après l'avoir secondé (pour nourrir une famille de 8 enfants), il devient, en 1938, foreur de puits de pétrole dans l'Oklahoma. Là, il est vite repéré pour ses actes de bravoure : il referme une valve quand tout le monde s'enfuit autour de lui ; il se remet au travail juste après avoir été projeté de plusieurs mètres par une explosion... Myron Kingsley, alors spécialiste numéro 1 des accidents pétroliers, l'embauche. Lorsque Kingsley prend sa retraite, vingt ans plus tard, Red Adair crée sa propre entreprise, Red Adair Wild Well Control. Il la peint à sa couleur : le rouge. Uniformes, matériel... Lui-même porte sa couleur chérie jusqu'au bout de la cravate, et la choisit systématiquement pour ses autos. En 1972, il fonde Red Adair Service and Marine, pour commercialiser ses techniques et son matériel.

Findus : Tous les messages sur Findus - Strips Journal

Chez Leclerc, la crise sanitaire révélatrice d’un management par la peur

Des salariés des magasins du réseau de distribution témoignent de conditions de travail difficiles où « pressions » et « flicage » sont monnaie courante.

Par  Publié le 03 avril 2020

Lorsqu’il s’est ému auprès de l’Agence France-Presse, vendredi 20 mars, de l’absence de décontamination du rayon boulangerie après le confinement d’une de ses collègues, dont le conjoint était suspecté d’infection par le SARS-CoV-2, Mathieu Lamour, employé depuis douze ans par le magasin Leclerc de Saint-Etienne-du-Rouvray, dans la Seine-Maritime, et délégué CGT, a reçu de son employeur… une lettre. Ce courrier, que Le Monde a pu consulter, lui indiquait que, à la suite de son « intention malveillante » de diffuser de « fausses nouvelles » et de « diffamer » l’entreprise, la direction prendra « les mesures qui s’imposent » et engagera des ­« actions en justice ».

 

« Ils ont mis des Plexiglas aux caisses, fourni du gel, mais les employés n’ont pas de gants, explique le salarié. Et la direction nous a dit qu’elle n’en fournirait pas. Ils ont même mis des affichettes disant qu’il était inutile de mettre des gants sous prétexte d’une surcontamination ». La prime de 1 000 euros – versée par certains groupes de la grande distribution à l’appel du gouvernement pour les salariés mobilisés pendant la crise –, il en était encore moins question. Et quand certains employés ont voulu savoir comment exercer leur droit de retrait, « la direction a répondu que ceux qui exerceraient ce droit ne seraient pas payés », raconte M. Lamour.

 

 « Le magasin applique la réglementation relative au droit de retrait, indique la direction nationale de l’enseigne E. Leclerc. Sa direction a pris des mesures de protection pour ses salariés, conformément à la recommandation du gouvernement. Le droit de retrait ne paraît donc pas, dans ce cas, justifiable, comme l’explicitent d’ailleurs les instructions du ministère du travail sur son site Internet. »

 

La direction précise être « d’accord sur le principe d’une prime », dont elle étudiera les modalités « dans les semaines qui viennent ». Elle souligne que pour les masques, « des livraisons sont programmées pour le magasin en fonction des arrivages » ; et que « pour ce qui est des gants, la médecine du travail a recommandé au magasin de privilégier le lavage des mains plutôt que le port des gants ».

 

Chaque magasin a son propre patron

 

S’ils adhèrent tous au Mouvement E. Leclerc, chaque magasin, franchisé, possède son propre patron. Un entrepreneur local, indépendant, gros pourvoyeur d’emplois peu qualifiés dans sa région, souvent à la tête de plusieurs supermarchés ou hypermarchés Leclerc, complétés parfois de drive, de stations-service, de magasins de bricolage…

 

Fin mars, ils étaient 542 adhérents Leclerc pour 721 magasins en France. « Certains sont de vrais négriers, mais il y a aussi des patrons qui sont très bien », souligne un autre syndicaliste. Sur France Inter le 18 mars, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, avait mentionné que « des entreprises font pression sur les salariés pour être à leur poste, certains magasins Leclerc par exemple qui ne jouent pas le jeu ».

 

La crise sanitaire a mis l’accent sur des pratiques observées dans plusieurs magasins du réseau. « A la pointeuse le matin, faut voir les têtes. Certains soupirent, d’autres lancent un “Vivement ce soir !”. On vient bosser parce qu’on est obligé », soupire Gilles, qui officie dans la logistique. Il nous avait raconté son quotidien quelques semaines avant le confinement, tout comme d’autres salariés travaillant sur divers sites en France, en supermarché, au drive, à la logistique ou dans des bureaux.

 

Leurs noms ont été changés à leur demande, par crainte de représailles. Ils décrivent tous une même pression. « Toujours surveillés, toujours encadrés, toujours sous contrôle », « méthodes sournoises », « cadences de plus en plus élevées et flicage de personnel », « diviser pour mieux régner »… « Quand j’ai fini de charger mon camion, je suis obligé d’appeler mon chef pour qu’il vérifie que je l’ai bien fait… J’ai l’impression d’être à la maternelle », déplore Gilles.

 

« L’ambiance a changé »

 

Parallèlement, le réseau Leclerc affiche une ascension insolente. Depuis 2013, il a doublé des géants comme Carrefour ou Casino avec ses 21,8 % de part de marché en France. « Tout ce qui est négatif, on n’en parle pas, et tout ce qui est positif, on en parle, photos à l’appui sur les réseaux sociaux », constate M. Lamour.

 

Mais le drame survenu dans l’hypermarché Leclerc de Vandœuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle) a fait office de révélateur. samedi 11 janvier, peu avant l’ouverture du commerce, Maxime Chery, responsable du rayon bières, dix-sept ans de présence dans le magasin, mettait fin à ses jours sur son lieu de travail. Problèmes personnels, harcèlement, délicate position de ce syndicaliste FGTA-FO au sein de l’enseigne ? Le procureur de la République de Nancy a ouvert une enquête judiciaire.

 

Le magasin avait alors adressé « ses sincères condoléances à sa famille » et « témoign[é] son soutien dans cette épreuve dramatique ». Le syndicat FGTA-FO attend les conclusions du procureur pour se porter partie civile ou porter plainte pour « harcèlement moral au travail », « homicide involontaire », et « mise en danger de la vie d’autrui ». Il est conseillé par l’avocat Dominique Riera, qui l’avait représenté dans le procès sur les suicides chez France Télécom. Ce dernier indique « avoir eu des retours spontanés de plusieurs salariés qui vivaient des choses identiques. On recense actuellement les cas individuels pour les instruire ».

 

S’ils ne sont pas passés à l’acte, certains y ont songé avant de se raviser. « Cela va me faire beaucoup de bien d’en parler avec vous car, à part mon mari, je ne peux en parler à personne », lâche Carine. Dans son magasin, comme dans d’autres, même les salariés se méfient les uns des autres. « On sait qu’il suffit de se taire, pour monter en grade », lance José.

 

Du haut de ses vingt ans de maison, Gilles a vu le système se durcir peu à peu. « Quand j’ai commencé, les dirigeants parlaient cash, on se disait les choses en face, et, après ça, on en restait là. Ils passaient dans les allées, disaient bonjour. Aujourd’hui, le PDG, on ne le voit même plus descendre. » « Il ne regarde que les chiffres », renchérit Paul.

 

« Quand je suis arrivé, ils m’ont dit “Nous, c’est notre magasin, c’est une ambiance familiale”, raconte Yann. Effectivement, le PDG a mis toute sa famille, l’un comme directeur du drive, l’autre comme directeur du magasin… Mais ce n’est pas cela qui fait une ambiance familiale. » Paul, dont le magasin était autrefois un Casino voit lui aussi la différence : « L’ambiance a changé, tout comme la façon de travailler. Même les clients voient qu’il y a un malaise dans le magasin. On a enchaîné les démissions, les gens ont craqué. »

 

Des dérives managériales

 

Les dérives managériales ne sont pas rares, comme avec « cette femme seule avec son enfant, à qui le responsable pourrissait la vie, en modifiant régulièrement ses horaires », raconte un de ses collègues. D’autres encore ont vu leur chef lancer en réunion un : « Moi, je vais vous coller aux couilles. »

 

Dans certains Leclerc, les salariés sont convoqués pour des avertissements, avec procès-verbal. « Vous êtes convoqués au bureau du directeur en présence du DRH, en général au pied levé sans pouvoir vous faire accompagner, témoigne Carine. On vous reproche alors votre retard, votre comportement… Et, à la fin, ils dressent un constat. Et vous obligent à le signer. Du coup, cela laisse entendre qu’on reconnaît la faute. »

 

« S’ils vous voient sortir votre téléphone, même si c’est pour regarder l’heure, on ne vous le dit jamais en face, mais quelques minutes après, vous êtes convoqué pour ce qu’ils appellent un “suivi d’activité”, relate Gilles. Ils vous demandent de le signer sans nous en donner une copie. Ils finissent où ? ça va sûrement dans les dossiers des gens. »

 

Sans oublier ce cas de salarié convoqué « pour avoir oublié de retirer de la vente un produit périmé de son rayon, alors qu’on lui avait demandé d’en gérer un autre », raconte M. Lamour. Ou encore cette procédure pour « une erreur dans la gestion des documents durant une journée où… la salariée était en vacances ». « Une fois qu’on est dans le viseur », soupire-t-il.

 

Dans d’autres magasins, les caméras de surveillance ne surveillent pas que les tentatives de vol des clients. Comme ce salarié, rappelé à l’ordre pour avoir renseigné « un peu trop longtemps » un client. La direction, « lui a montré la vidéo, explique un de ses collègues. Il y a beaucoup de flicages. Du coup, les salariés sont très tendus. »

 

Des horaires à rallonge

 

Le commercial d’une marque de biens de consommation qui fréquente plusieurs enseignes pour y placer ses produits décrit « des magasins où le droit du travail est peu souvent respecté », où « mes interlocuteurs, en rayon, ont 35 heures indiquées sur leur fiche de présence et en font 60 ». Et où « les trois quarts du service comptabilité sont réquisitionnés pour faire les plateaux de fruits de mer à Noël ».

 

« Le dimanche, chez nous, c’est un volontariat obligatoire », rapporte Yann

 

Des horaires à rallonge, et parfois des temps de pause non comptabilisés comme dans cet autre Leclerc, où « souvent on nous fait démarrer à 7 h 15, ce qui fait sauter les 3 minutes de pause par heure », raconte Carine. Ou encore, poursuit-elle : « Des plannings qui commencent à 6 h 30 au lieu de débuter à 8 heures conformément au temps de repos, que les gens n’osent pas contester par peur d’être réprimandés. »

 

Dans cet autre magasin encore, lorsqu’il a ouvert le dimanche matin, les employés se sont rendu compte, à la fin du mois, que leur salaire n’avait pas été majoré comme le prévoient les textes de loi. La situation a été par la suite régularisée face aux interrogations du personnel. « Le dimanche, chez nous, c’est un volontariat obligatoire », rapporte Yann, s’appuyant sur les propos lancés par son directeur : « Je vous forcerai à venir quitte à aller aux prud’hommes. »

 

Pour Carole Desiano, secrétaire fédérale FGTA-FO, « bien souvent dans les grands groupes, quand on nous fait remonter un problème dans un magasin, on passe quelques coups de fil au DRH, pour que des consignes redescendent. Chez Leclerc, on n’a pas d’interlocuteur ».

 

La direction d’E. Leclerc répond que « chacun de ces entrepreneurs (comme tous les commerçants indépendants de la distribution française) est autonome et seul responsable de la gestion de son entreprise et notamment dans le management et les ressources humaines. Le sujet de la représentation syndicale concerne donc légitimement chaque société d’exploitation qui en est responsable ».

Les années 68 s'éloignent (2) - En attendant Nadeau

Henri Weber d’Alain Krivine à Laurent Fabius : Sa vie et son parcours ont suivi les tourments du XXe siècle. ICI

 

Henri Weber, ancien sénateur socialiste de Seine-Maritime, est mort dimanche 26 avril, du Covid-19 en Avignon, a annoncé sa famille. Il était âgé de 75 ans. Ce proche de Laurent Fabius a été l’une des figures du trotskisme français avant sa conversion à la social-démocratie dans les années 1980

La députée européenne Agnès LE BRUN, le sénateur Jacques GAUTIER, le député Guy DELCOURT, le ministre Laurent FABIUS et le député européen Henri WEBER

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26 avril 2020 7 26 /04 /avril /2020 12:00

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Dans l'émission "Grand Bien Vous Fasse", au micro de Daniel Fiévet, le physicien et philosophe des sciences Etienne Klein décrypte la société en temps de confinement et les paradoxes qu'induit le Covid-19 quant à notre rapport au temps, à l'urgence, aux avancées médicales comme au monde de demain.

 

En deux dates, Etienne Klein et moi, un tout petit morceau de notre histoire :

 

« L’engouement remplace de plus en plus souvent le raisonnement, la conviction intime ou le goût spontané (ou ce qui se prend comme tel) comptent davantage qu’une argumentation solide ou une critique rigoureuse. Dans un système qui semble condamné aux choix binaires – oui ou non, pour ou contre –, le discernement est mis au rebut. Les grands médias concourent sans nul doute à ce travail de brouillage. À force de fabriquer de la fugacité, puis de la renouveler sans cesse, à force de promouvoir une immédiateté sans passé ni avenir, sans règles, sans héritages, ils deviennent victimes et promoteurs d’une sorte de maléfice qui leur est consubstantiel : ils appauvrissent tout ce qu’ils touchent. »

 

20 décembre 2008

La polyphonie de l’insignifiance : le triomphe de l'immédiateté  ICI

 

À cette époque, en décembre 2008, je ne l’avais pas encore rencontré. Depuis, grâce au vin – je n’enjolive pas l’histoire – nous nous sommes retrouvés à la Closerie des Lilas, le 1ier mai, en milieu d’après-midi, alors que la longue chenille des manifestants s’écoulait dans le boulevard Saint Michel, et, entouré d’essaims de militantes de LO, nous avons conversé. Puis, quelques jours après, le 5 mai, je suis allé l’écouter lors d’une Table ronde « Ecrire la science : gageure ou nécessité ? » organisée par l'ENSTA Paris-Tech où il intervenait en compagnie de Jean Claude Ameisen, médecin immunologiste, Président du comité d’éthique de l’INSERM et de Dominique Leglu, journaliste, directrice de la rédaction de Sciences et Avenir.

 

20 mai 2009

3 Questions à Étienne Klein un physicien qui fait aimer la science ICI  

 

Etienne Klein : "le Coronavirus a renversé la flèche du temps"

Etienne Klein : "le Coronavirus a renversé la flèche du temps" © AFP / LIONEL BONAVENTURE

 

Une expérience inédite

 

Étienne Klein : "Je ne pensais pas vivre un jour cette expérience étrange, voire même étrangère, ce mélange paradoxal d'urgence et de calme, de course contre la montre en certains endroits en tout cas, et de trop plein de tranquillité dans les rues, en même temps que d'hyper connectivité numérique et de "jachère sociale".

 

Beaucoup de gens souffrent, beaucoup se font un sang d'encre pour leur santé, pour celle de leurs proches ou bien pour l'impact que pourrait avoir sur leur vie la crise économique.

 

Une crise extraordinairement inégale, de mètres carrés, de jardins, de bibliothèques plus ou moins fournies, de connexion, de vie intérieure, de promiscuité plus ou moins bien tolérée, d'inclinaison plus ou moins grande à l'anxiété".

 

Un phénomène spatial et temporel

 

Étienne Klein : "Le confinement on en parle souvent comme une affaire temporelle alors qu'en fait c'est d'abord et avant tout un phénomène spatial.

 

Tout un coup, notre logement s'est métamorphosé en cage.

 

Albert Camus dans La peste parlait de l'épidémie comme d'une "étrange tyrannie". Il a raison, parce que nous sommes doublement confinés. Il y a un double paradoxe de confinement :

 

Le premier paradoxe est lié au temps. D'ailleurs, le fait d'avoir du temps nous fait perdre la notion de temps. Notre maîtrise des durées devient très variable, les jours en viennent à se ressembler. On ne sait plus si on est le week end ou la semaine, les repères chronologiques s'estompent dans la journée et le déroulement des jours manque de rythme (plus de marqueurs, plus de rendez-vous...).

 

Le second paradoxe est lié à l'espace. Chacun est chez soi mais plus personne ne sait où il habite. Le confinement décale notre centre existentiel, on ne sait plus trop bien où on est, quelle est la part sociale de soi, quelle est la part intime, quelle est la part professionnelle dans l'envie. Pour citer Antonin Artaud, que je recommande de lire en ces temps très particuliers :

 

Nous éprouvons une espèce de déperdition constante du niveau normal de la réalité (le normal se laisse contaminer par l'anormal)

 

Les avancées scientifiques confrontées au contexte d'urgence

 

Étienne Klein : "On voit apparaître de façon très nette un conflit entre deux temporalités.

 

Les scientifiques ont besoin de temps pour appréhender un phénomène qui est nouveau pour eux. Ce virus n'était pas connu mais comme il y a urgence, ils doivent accélérer le rythme dans leur protocole de recherche, échanger encore plus d'informations par rapport à la normale, mais ils ne doivent pas s'affranchir de toute méthodologie, car s'ils le faisaient, ils scieraient la branche sur laquelle leur science est assise. Ce n'est pas l'invocation de l'urgence qui peut rendre un traitement plus efficace qu'il est en réalité.

 

La popularité soudaine d'un médicament n'a jamais suffi à démontrer ses éventuels bienfaits.

 

Il faut bien plus pour le savoir. Il faut travailler, faire des recherches. Ce n'est pas du tout facile pour les chercheurs de résister à la pression que nous tous, qui sommes impatients, exerçons sur eux. Ils ne savent pas tout encore, mais nous voudrions qu'ils nous en disent davantage que ce qu'ils savent...

 

Alors que les politiques eux peuvent prendre des décisions en méconnaissance de causes profondes, dans l'incertitude des connaissances. C'est à eux qu'il incombe de tenir la barre. Mais pour se faire, ils doivent tenir compte de ce que les scientifiques savent et de ce qu'ils ne savent pas.

 

Les scientifiques, dans le cas idéal, sont là pour assurer auprès des gouvernants ce que Alain Supiot, professeur au Collège de France, appelle "un service de phare et balise" : ils doivent éclairer les politiques, mais aussi les mettre en garde sur les réussites, les écueils, sans jamais prendre leur place.

 

Attention au syndrome du "Je ne suis pas médecin mais je..."

 

Étienne Klein : "La situation est très confuse parce que tout le monde s'exprime, ce qui crée une gigantesque cacophonie. Il faut dire que l'affaire du coronavirus est à la fois inédite et extrêmement complexe. Elle a provoqué, dans un premier temps, une sorte de sidération qui a fini par susciter l'envie légitime de parler, de commenter.

 

Sauf que certains, au lieu de prendre humblement acte de cette complexité, se contentent d'opinionner et de parler haut et fort sans s'embarrasser d'autres formes d'argumentation que celles que leur dicte leur propre ressenti... C'est le syndrome que j'ai dénoncé "je ne suis pas médecin mais je". Le dernier "je" est ici très important car il faut une certaine dose de narcissisme pour croire que sa seule intuition personnelle, serait un guide fiable en ces matières...

 

Je m'inquiète qu'on puisse se présenter comme une personne incompétente en médecine et parler comme si on était un vrai spécialiste.

 

"L'idée qu'il y aura demain un (nouveau) monde a remplacé l'idée de fin du monde"

 

Étienne Klein : "Cette pandémie, comme disait Nietzsche, coupe l'histoire en deux.

 

L'après ne sera pas la continuation à l'identique de l'avant.

 

Toutefois, il faut se méfier des choses que les historiens nous ont apprises. Presque toutes les pandémies des siècles passés ont enclenché, peu de temps après leur achèvement, des mécanismes d'amnésie collective. Il s'agissait de laisser loin derrière soi les traumatismes qui avaient accompagné la catastrophe. Du coup, les leçons qui auraient pu en être tirées n'ont pas été retenues... La priorité, c'était de réactiver la vie d'avant de façon encore plus frénétique.

 

Mais il se pourrait que le coronavirus nous donne l'occasion d'échapper à cette apparente fatalité, parce qu'il est quand même parvenu à confiner la moitié de l'humanité !

 

Il se peut qu'il change de façon vraiment irréversible le monde dans lequel nous sommes.

 

Et il serait d'autant plus probable que nul d'entre-nous n'était vraiment à l'aise avec le monde d'avant. Ce qui n'implique nullement que nous serons à l'aise avec le monde d'après.

 

Il y a deux mois, on faisait joujou avec le spectre de la fin du monde, on se dispersait dans une sorte d'immobilité trépidante, on ne parlait que du présent et le futur était en jachère intellectuelle, en lévitation politique. Et là, tout d'un coup, chacun est invité à penser le monde de demain et c'est peut-être la seule chose qu'on peut mettre au crédit positif du virus : en quelques semaines, par une sorte d'effet paradoxal de la catastrophe en cours, le coronavirus a renversé la flèche du temps.

 

L'idée qu'il y aura demain un (nouveau) monde a remplacé l'idée de fin du monde.

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Paris désert vu par Philip Andelman ICI

 

Publié le LUNDI, 20 AVRIL 2020

par Sophie Pinet

Paris désert vu par Philip Andelman 7

© Philip Andelman

Avenue des Champs-Élysées.

Cet étudiant dessine une carte de Paris à l'encre de Chine, le résultat est superbe ICI

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25 avril 2020 6 25 /04 /avril /2020 12:00

Gros dégueulasses | ESS, Emploi, Formation, Insertion et bien d ...

La seule certitude du moment c’est que le confinement ne rend pas les gens plus intelligents, scotchés à leurs écrans, petits ou grands, abreuvés de chiffres, ils bouffent des infos sur le coronavirus comme des morts de faim avant d’aller les régurgiter sous forme de bouillie pour chats sur les réseaux sociaux ou de se précipiter pour réclamer le médicament-miracle du nouveau gourou de la Canebière : Raoult !

 

La dernière piste pour ces Rantanplan une annonce la nicotine aurait des vertus préventives, selon une étude d'une équipe de l'hôpital de la Pitié Salpêtrière…

 

Le futur message sanitaire sur les paquets de clopes : « le tabac tue le covid-19 »

 

Plaisanterie mise à part, la petite vidéo qui suit d’Etienne Klein est un excellent médicament contre la connerie : « Arrêtons de confondre corrélation et causalité » alerte Etienne Klein

dessin de Didier Raoult – Blagues et Dessins

Chloroquine, la molécule qui m'a rendu fou - En religion (8) ICI

 

Lire les six premiers épisodes de notre enquête : L'agent provocateur (1), Science contre science (2), Les soldats de la cause (3), L'ombre portée des labos (4), La crise de nerfs (5), Le dernier protocole (6) et Le printemps marseillais (7)

 

Le coronavirus poursuit son œuvre dans un monde au bord de la faillite. Loin d’avoir livré tous ses secrets, il reste un mystère que la science et la médecine doivent percer pour le stopper. L’avenir reste en suspens, le remède contre le virus, une affaire de croyance(s). Ma religion, ta religion... Épisode final de notre enquête en huit volets.

 

lorsque les autorités semblent de plus en plus se contredire (sur la nécessité d’un dépistage aussi massif que possible, le port du masque - un jour non, un jour oui -, les écoles, les seniors, sur le plan d’économie au CHRU de Nancy, sur le confinement général qui pourrait laisser la place aux mises en quarantaine, et on en passe… ), que la peur dans le pays est telle que certains se découvrent une âme de délateur, d’autres pointent du doigt les joggeurs et la potentielle charge virale qu’ils exhaleraient à 5 mètres autour d’eux, quand d’autres encore semblent voir le diable dès qu’ils croisent un enfant dans la rue, la stratégie du gouvernement ne donne pas l’impression d’avoir eu d’autre but que de gérer le stock de postes de réanimation.

 

Comme si la partie qui se joue et la gouvernance d’un pays comme la France dans un tel moment se résumaient à un business plan hôtelier et un vulgaire taux de remplissage – un élément loin d’être négligeable mais qui pourtant, n’en déplaise aux disciples de Vernat et de son scientisme, n’est qu’un petit, tout petit bout de la lorgnette.

 

La suite ICI

Restaurant L'Abelia à Nantes (44000) - Avis, menu et prix

PUB familiale : Vincent l'autre Berthomeau ICI et Pascale bien sûr...

 
· 32 min 
 
 
Avant première des travaux pour la nouvelle " Épicerie" de l'Abélia 😊

L'accès au restaurant n'étant toujours pas autorisé et la date de réouverture incertaine, nous nous organisons pour vous proposer à partir du 01 mai de l'emporter sous forme de drive.

Vous nous manquez, on vous donne plus de détails très vite ! ICI
 
 

L’image contient peut-être : 2 personnes, personnes debout

 

 

 

Pendant le confinement, l'hygiène des Français s'est dégradée ICI  

 

Seulement deux Français sur trois procèdent quotidiennement à une toilette complète, contre trois sur quatre avant l'épidémie de coronavirus.

Les libraires dans le sas de déconfinement ICI

La profession, et avec elle toute la filière du livre mise à mal par la crise due au coronavirus, se projette dans l’après-11 mai, entre espoirs et incertitudes.

Par 

 

Comment préparer le déconfinement, cette étrange et inédite période de convalescence ? Telle est la préoccupation de tous les libraires de France. Pourront-ils rouvrir dès le 11 mai ? Tous veulent y croire, même si cette date n’est pas encore officialisée. « Ce déconfinement pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses », reconnaît Pascal Thuot, directeur général de Millepages, à Vincennes (Val-de-Marne). Les clients aiment flâner, déambuler entre les tables, feuilleter les livres, demander des conseils… Autant d’actions guère compatibles avec la lutte contre le virus.

 

Pour les salariés autant que pour les lecteurs, les préoccupations sanitaires constituent la priorité absolue. Et un casse-tête qui oblige à des trésors d’inventivité. Antoine Fron, gérant de la librairie parisienne Les Traversées, réfléchit à « la mise en place de quatre circuits dans sa librairie – littérature, essais, jeunesse et BD-arts-polars –, avec des sens uniques de circulation pour éviter que les clients se croisent ». Il pense aussi modifier les horaires pour permettre la désinfection de la boutique. A Toulouse, Ombres blanches n’ouvrira qu’une entrée et transformera le café en lieu d’accueil pour le retrait des commandes. Philippe Touron, directeur du Divan, à Paris, attend une livraison de Plexiglas pour sécuriser les achats en caisse. Tous cherchent à se procurer suffisamment de masques et de gel hydroalcoolique.

 

Les ventes de livres se sont écroulées

 

Le virus a déjà provoqué un séisme économique dans ce secteur, dont les 12 000 salariés sont au chômage partiel. Entre le 16 mars et le 12 avril, les ventes de livres – tous circuits confondus (librairies, grande distribution, maisons de la presse et Internet, essentiellement Amazon) – se sont écroulées de 66 % en valeur par rapport à 2019, selon le bilan GfK pour Livres Hebdo. Mais, pour les librairies, le chiffre d’affaires est voisin de zéro, puisque les retraits en magasin et les livraisons à domicile sont restés « epsilonesques ». Par effet domino, les auteurs souffrent aussi. Un tiers s’attend à perdre plus de 3 000 euros d’à-valoirs dans les trois mois, selon La Ligue des auteurs.

 

Xavier Moni, président du Syndicat de la librairie française, attend surtout « le puissant plan de relance » promis lundi 20 avril par le ministre de la culture

 

Le président du Syndicat de la librairie française (SLF), Xavier Moni, chiffre à 10 millions d’euros par mois, soit 16 % du chiffre d’affaires des 3 300 librairies, les pertes d’exploitation non couvertes par les aides gouvernementales. Si les régions ont promis d’apporter leur écot, Xavier Moni attend surtout « le puissant plan de relance » promis, lundi 20 avril, par le ministre de la culture, Franck Riester. Vincent Monadé, président du Centre national du livre (CNL), partage cette préoccupation : « C’est une priorité, d’autant plus que le redémarrage des libraires permettra celui de toute la filière du livre. » Or, ces entreprises restent extrêmement fragiles : « Les librairies arrivent en dernière position du classement Xerfi sur la rentabilité des commerces de détail en 2019, avec une moyenne de 0,6 % de résultat net », déplore le président du SLF. « Pour gagner de l’argent, mieux vaut vendre des fleurs », ironise Erik Fitoussi, cogérant de Passages, à Lyon.

 

Anaïs Massola, à la tête de la librairie Le Rideau rouge, à Paris, confie : « J’ai deux mois de trésorerie, pour l’instant, ça va, mais il ne faut pas que ça dure. » Comme bon nombre de ses confrères, elle a négocié avec sa banque et demandé une aide à l’Association pour le développement de la librairie de création. Très réactive, cette dernière a gelé les créances des librairies et débloqué 5 millions d’euros pour leur permettre de « passer ce cap très complexe », grâce à des subventions ou des prêts destinés à payer les charges externes.

 

Les clients reviendront-ils en masse ?

 

Néanmoins, « on ne peut pas attendre éternellement les aides promises, il faut se prendre en main », assure Valérie Michel-Villaz, cogérante des Arpenteurs, à Paris. Depuis le 14 avril, « un système de réservation de livres que les clients récupèrent sur rendez-vous nous permet de vendre un minimum, comme l’ont fait les libraires en Allemagne pendant le confinement », ajoute-t-elle. Avec son cogérant, Pierre Delaforge, ils servent une cinquantaine d’habitués chaque jour. Bien que le décret du 23 mars autorise cette pratique, une centaine de librairies seulement ont franchi le pas. Pour des raisons de risque sanitaire, et pour que les salariés puissent bénéficier du chômage partiel, le SLF a refusé la main tendue, le 19 mars, par le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, qui proposait de rouvrir les librairies avant la fin du confinement. Depuis, le sujet déchire la profession.

 

Les clients reviendront-ils en masse ? Entre la peur du Covid-19 et les problèmes financiers des consommateurs, rien n’est écrit. « C’est pendant le confinement qu’on a vraiment le temps de lire. Après, la lecture n’occupera pas forcément la même place », redoute Pierre Delaforge. De plus, « un tiers de l’activité est réalisée par les plus de 60 ans, les plus concernés par la maladie », ajoute Christian Thorel, ex-PDG d’Ombres blanches. Le retour à la normale sera très lent. « Pas avant septembre », selon Vincent Monadé (CNL), qui prévoit une perte de « 25 % à 30 % du chiffre d’affaires de la librairie et de l’édition cette année ».

 

Pour éviter un embouteillage massif de livres qui risqueraient d’être mort-nés, « tous les gros éditeurs se sont engagés à réduire considérablement leur production cette année »

 

Reste que les libraires donneront le « la » de la reprise. « Des discussions ont démarré avec tous les représentants de la filière (éditeurs, distributeurs, diffuseurs et libraires) », explique Maya Flandin, qui représente le SLF dans ces réunions. Chacun a conscience de la gravité de la situation et fait des concessions. Pour éviter un embouteillage massif de livres qui risqueraient d’être mort-nés, « tous les gros éditeurs se sont engagés à réduire considérablement leur production cette année », assure Philippe Touron, du Divan. « Ils ont baissé de 50 % le nombre de leurs nouveautés et lissé leur programme des sorties jusqu’en janvier 2021 », ajoute Antoine Fron, des Traversées. Les plus gros éditeurs ont également reporté les échéances de paiement pour les libraires.

 

De leur côté, ces derniers ont promis de ne pas retourner massivement les ouvrages non vendus, essentiellement pour ne pas aggraver les maux des petits éditeurs. Déjà, des cartons entiers non ouverts attendent les libraires. Et puis, des dizaines de nouveautés avaient été placées sur les tables juste avant le confinement. Comme le nouveau Nathalie Azoulai, Juvenia (Stock), qui n’a « pas vécu », selon Erik Fitoussi, de Passages, pas plus que Des saisons adolescentes, de Sébastien Berlendis (Actes Sud). Pour attirer le public, tous misent sur des « locomotives » comme Jean-Christophe Rufin et John le Carré, en mai, ou Elena Ferrante, en juin, et sur la kyrielle d’essais consacrés à la pandémie déjà annoncés. Optimiste, Helène des Ligneris, qui dirige La Machine à lire, à Bordeaux, espère que la crise aura pour vertu de « réduire enfin le nombre de livres produits pour que [les libraires] les défend[ent] mieux et plus longtemps ». Un vieux rêve pour un monde nouveau.

 

Nicole Vulser

Le confinement et la fermeture des librairies, ordonnés le 17 mars, aggravent la situation financière d’auteurs déjà mal rémunérés.

Les revenus des auteurs touchés par la crise due au coronavirus ICI 

 

Avec les reports de parution des livres, un tiers des auteurs voient disparaître en moyenne 3 065 euros de revenus prévus dans les trois mois à venir, et près de 80 % déclarent souffrir de l’annulation des salons et rencontres.

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24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 12:00

J’aurais pu titrer la 40ième  chronique de mon journal d’un confiné en parodiant les 40ième rugissants !

 

Ou,  repartir comme en quarante…

 

Ou encore, la quarantaine…mais comme le sujet principal de cette chronique est la gestion de de la crise sanitaire en Allemagne comparée à celle de la France, et que le ton martial initial de notre Président, parlant de guerre y prêterait, les hostilités ne sont pas rouverte entre nos deux pays, loin de là l’Allemagne a accueilli des patients en soins intensifs du Grand-Est.

 

Ce sujet tourne sur les réseaux et fort à-propos un ami vigneron fidèle lecteur m’a écrit :

 

« Bonjour, ma fille m'envoie depuis Fribourg, cette excellente analyse, bonne lecture et belle journée… »

 

Parcs bondés à Berlin vs. Rues désertes à Paris: qui a raison ?

 

Si on ne savait que le covid-19 sévit, on pourrait croire à une journée normale dans les parcs berlinois. Entre les joggeurs et cyclistes habituels, de jeunes parents promènent leurs poussettes, d’autres font des exercices ou jouent au ping-pong. On voit même les premiers bateaux gonflables voguer sur la Spree, annonçant comme chaque année l’arrivée des beaux jours.

 

Au moment où j'écris cet article, la situation sanitaire est radicalement différente de part et d’autre du Rhin: 108.847 cas et 17.920 morts en France, contre 135.843 cas pour 3.890 morts en Allemagne. On observe 4,5x moins de morts en Allemagne! Si cela semble impossible.

 

Comment est-ce pourtant bien le cas à seulement quelques kilomètres d'intervalle?

 

Française habitant en Allemagne depuis près de 10 ans et travaillant dans le domaine de la santé, c’est LA question à laquelle j’ai droit tous les jours en ce moment de la part de ma famille, mes amis, mes clients. Tous m’interrogent sur le pourquoi du comment des restrictions souples à Berlin, et veulent savoir d’où proviennent ces différences de chiffres. Comme j'aide des start-ups et entreprises à s'implanter Outre Rhin (dans les deux sens), j’ai beaucoup expérimenté les différences culturelles entre les deux pays. Plutôt que de garder tout ça pour moi, j’ai décidé de vous partager mon regard franco-allemand sur la gestion de la situation actuelle.

 

Achtung !

 

Ce que vous vous apprêtez à lire n'est que mon interprétation, le fruit de mon expérience et de ma réflexion. Et le résultat de plusieurs débats passionnés sur le sujet. »

 

La suite ICI 

 

C’est long mais très intéressant.

 

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La CONCLUSION

 

Une chose est sûre en revanche, c’est qu’Allemands et Français sont, d'après de récentes études, d’accord pour organiser un déconfinement progressif en donnant un peu de leur liberté contre un semblant de sécurité, avec les fameuses applications de tracking. Sur ce point-là ils font confiance à leur gouvernement respectif. Pourtant, l’utilisation de cette technologie ne pourrait-elle pas elle-même être perçue comme un manque de confiance vis à vis de sa population? C’est l’histoire du serpent qui se mord la queue...

 

Quoi qu’il en soit pour gérer une crise il est nécessaire de choisir un cap pour diriger et communiquer, le tout devant se faire dans un climat de confiance si on veut que cela se passe de manière apaisée et efficace.

 

On trouve ici un management à l’image de celui du pays, de part et d’autre du Rhin.

 

Comprendre la gestion de la crise sanitaire actuelle n’est pas une mince affaire, vous l’avez vu, d’autant plus que celle-ci évolue chaque jour. Ce papier n’a donc pas vocation à donner de réponse exhaustive, encore moins définitive à un phénomène en mutation constante. Il permet en revanche de mettre en exergue la nécessité d’appréhender un pays dans sa globalité si l’on veut pouvoir comprendre ce qu'il s’y passe.

 

Et “il faudrait se voir avec l’oeil de son voisin”, disait Jules Petit-Senn. Parce que tenter de comprendre l’autre, c’est aussi se donner la possibilité de prendre un peu de recul sur soi-même.

 

A bon entendeur, Tschüss !

 

Image

 

Après avoir été l'une pour l'autre « l'ennemi héréditaire », l'Allemagne et la France ont su tirer les leçons de l'histoire.

 

Le traité de l’Élysée, signé le 22 janvier 1963 par le chancelier Konrad Adenauer et le général de Gaulle, a scellé officiellement la réconciliation entre la France et l’Allemagne. Il a ouvert une ère de coopération sans précédent entre les deux pays.

 

Traité de l'Elysée : chronologie et économie générale | economie ... Les 50 ans du Traité de l'Elysée et l'amitié franco-allemande en ...

53e anniversaire de la signature du traité de l'Élysée au Lieu d ...

 

En 2019 un sondage réalisé par l’IFOP pour l'ambassade d'Allemagne à Paris indique qu’une très large majorité (84 %) des Français interrogés début décembre ont une bonne image de l'Allemagne même si cette relation est faite autant de respect et d'admiration que de sympathie. Entre les ennemis d'hier, la relation reste plutôt distante. Seule une petite majorité de Français (52 %) déclarent « aimer » l'Allemagne.

 

Le pays de Goethe et d'Angela Merkel n'est pas du genre à qui l'on tape dans le dos. Il est associé avant tout à sa puissance économique, au travail, à la richesse et à la stabilité politique. La convivialité, la qualité de vie et la solidarité sont moins souvent citées. Parmi les mots ou les idées qui viennent à l'esprit des Français à propos de l'Allemagne, on retrouve pas mal de clichés : la rigidité, l'austérité, la discipline, l'organisation, la droiture et l'ordre devancent les concepts d'ami et de partenaire.

Coronavirus : tirer les leçons de l’exemple allemand

ÉDITORIAL Le Monde

 

C’est une habitude facilement explicable par la proximité et l’histoire : les Français ont coutume d’apprécier les performances de leur pays à l’aune de celles de l’Allemagne. La gestion comparée de la pandémie de Covid-19 et les répercussions de la crise sur les deux populations n’échappent pas à cette propension. Or le rapprochement des données enregistrées des deux côtés du Rhin révèle un abîme. Sanitaire d’abord : le coronavirus a causé la mort de près de 20 000 personnes en France contre 4 500 en Allemagne, pays pourtant plus peuplé (83 millions d’habitants contre 65). Fossé politique ensuite : 60 % des Allemands font confiance à leur exécutif, contre 34 % des Français, selon le baromètre OpinionWay-Cevipof.

 

La brutalité des chiffres masque des réalités complexes, tant du point de vue des institutions que du moment politique. Tandis que la chancelière Angela Merkel a abordé la crise sanitaire en position de force (majorité d’opinions favorables confortée par quinze années au pouvoir), le président Macron, lui, la subit, affaibli par le mouvement des « gilets jaunes » et la contestation de sa réforme des retraites. Mais le mode de gestion des deux dirigeants peut aussi expliquer le différentiel de confiance. A la rhétorique martiale et au confinement autoritaire choisis par Emmanuel Macron répond le style plus pragmatique et moins grandiloquent d’une Angela Merkel qui sait jouer de ses intonations maternelles comme de l’autorité que lui donne sa formation scientifique.

 

L’Allemagne partait pourtant avec des handicaps

 

Annonce présidentielle à 20 heures dont les ministres apprennent en partie la teneur en même temps que les Français d’un côté, conférence de presse tenue après quatre heures de concertation avec les dirigeants des Länder allemands de l’autre. La différence réside peu dans la nature des mesures annoncées, finalement assez proches, et elle ne se limite pas au style personnel. La pratique des institutions suppose le consensus en Allemagne ; elle incite plutôt à la confrontation en France.

 

Le bilan plus lourd du Covid-19 en France pèse aussi probablement dans la défiance persistante à l’égard d’Emmanuel Macron. L’Allemagne partait pourtant avec des handicaps quand le virus a commencé à frapper l’Europe : une population âgée et des contacts intenses avec la Chine. A l’inverse, le fait d’être frappée plus tard que ses voisins, la jeunesse et la bonne santé des premières personnes contaminées, skieurs de retour d’Italie ou fêtards de carnaval, pesaient favorablement. Mais le pays a surtout su déployer très rapidement des tests qui ont permis de détecter et d’isoler les personnes contagieuses y compris asymptomatiques. Avec des dépenses de santé comparables à la France, mais deux fois plus de lits de réanimation et une souplesse liée aux structures fédérales, l’exemple allemand pose aussi des questions sur la bureaucratie et la centralisation du système français.

 

Moins touchée que ses voisins, l’Allemagne se trouve en position de redémarrer son économie plus rapidement. Alors que Paris prévoit une récession de 8 % en 2020, le repli anticipé par Berlin se limite à 4,2 %. Par la force de son service public, l’exemple allemand contredit les discours ultralibéraux. Par la puissance de son excédent budgétaire, l’Allemagne fait une leçon de rigueur. A l’évidence, les responsables politiques français ont maintes leçons à tirer de la résistance allemande au Covid-19. Mais leurs homologues allemands feraient fausse route s’ils abusaient de leur bonne performance pour mégoter sur leur solidarité à leurs partenaires de l’UE, en imaginant pouvoir se sortir de cette crise sanitaire planétaire au milieu d’une Europe à bout de souffle.

 

 

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24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 06:00
Cuisiner dit beaucoup de nous : un peu d'Arménie dans l'assiette, souvenir du début du génocide arménien le 24 avril 1915

En juin 1981, je rejoignis le cabinet du Président de l’Assemblée Nationale comme conseiller technique et, outre le travail de suivi des dossiers économiques j’étais en charge du domaine réservé de Louis Mermaz, maire de Vienne et président du Conseil Général de l’Isère (Didier Migaud l’actuel 1ier président de Cour des comptes étant son Dr de cabinet. Le dossier Arménie était l’un de ceux-ci, la communauté arménienne comptait beaucoup de représentants en Isère et, Louis Mermaz était très lié avec le député maire d’Alfortville Joseph Franceschi était un mitterrandien pur sucre (Secrétaire d'État aux Personnes âgées du 22 mai 1981 au 17 août 1982 ; Secrétaire d'État à la Sécurité publique du 17 août 1982 au 23 juillet 1984 ; Secrétaire d'État aux Retraites et aux Personnes âgées du 23 juillet 1984 au 20 mars 1986.)

 

La ville d'Alfortville (Val-de-Marne), surnommée la "petite Arménie", est l'une des plus représentatives, avec 7 000 à 9 000 membres parmi plus de 45 000 habitants.

 

J’ai donc représenté, à plusieurs reprises le Président de l’Assemblée Nationale (avec ses 3 caquettes son emploi du temps était blindé) au dîner annuel du CCAF Conseil de Coordination des organisations Arméniennes de France qui se tenait à l’époque au PLM-Saint Jacques qui est mon vis-à-vis aujourd’hui.

 

Emmanuel Macron assisté au dîner annuel du Conseil de Coordination des organisations Arméniennes de France (CCAF), le 5 février 2019 à l'Hôtel du Collectionneur, Paris.

 

Pendaison des notables arméniens de Constantinople par la police ottomane le 24 avril 1915 (Source : Comité de Défense de la Cause Arménienne)

 

Le génocide arménien 24 avril 1915

 

Le samedi 24 avril 1915, à Constantinople (note), capitale de l'empire ottoman, 600 notables arméniens sont assassinés sur ordre du gouvernement. C'est le début d'un génocide, le premier du XXe siècle.

Il va faire environ 1,2 à 1,5 million de victimes dans la population arménienne de l'empire turc (ainsi que plus de 250 000 dans la minorité assyro-chaldéenne des provinces orientales et 350 000 chez les Pontiques, orthodoxes hellénophones de la province du Pont).

ICI 

Arménie historique

 

8 PLATS TRADITIONNELS POUR DÉCOUVRIR LA CUISINE ARMÉNIENNE ICI

Nouvel Hay - Cuisine arménienne

Stéphanie est Française d’origine arménienne. Avec sa fille Kayane, elles cuisinent toutes les deux des mezzés arméniens. Les grands-parents de Stéphanie vivaient en Turquie. Ils ont fui le génocide arménien vers 1920 et sont arrivés en France. Stéphanie connaît très peu de chose de son histoire familiale mais veut absolument transmettre sa culture arménienne à travers sa cuisine à ses enfants. Elle a par ailleurs donné des prénoms arméniens à ses trois filles. Avec sa fille, elles nous proposent, en podcast, un voyage à travers ces plats

Pour réaliser la recette du kefta arménien : ICI

Kefté (boulettes de viande à l'arménienne) : Recette de Kefté ...

L’image contient peut-être : table et intérieur

 Keten Gömlek de la Gelveri Manifactur, cépage blanc autochtone turc



🇹🇷 Nous sommes en Anatolie centrale, le vin est produit par une fermentation spontanée en amphores millénaires dites Küp



👀 Une couleur jaune paille, et de la caractéristique voile typique des vins non filtrés et qui fermentent et affinent en amphore



👃🏻 Senteurs fruités, végétaux et légèrement fumés



👅 Au palais frais, corsé et de longue persistance

En Arménie existe un potentiel viticole inestimable ICI

Publié le 20/02/19 par 
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23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 12:00

La liseuse – Fragonard

Le confinement prolongé a des effets secondaires, lorsqu’un sujet de chronique surgit dans ma tête, y tourne tel un moulin à prières, ça m’éveille et, au lieu de rester au lit, c’est impérieux, je me lève, quelle que soit l’heure, et j’écris.

 

Ainsi, dans la nuit du dimanche 19, à 5 heures et des poussières surgissait : la liseuse !

 

Oui mais sous la forme de la liseuse de maman pas de celle de Fragonard… presqu’aussi célèbre que la Laitière de Vermeer sur les pots de yaourts.

 

Fifty - sixtie' S: Une liseuse pèlerine

 

  • Vêtement chaud et léger que les femmes portent sur le vêtement de nuit pour lire au lit.

 

« La baronne, les épaules couvertes d'une liseuse garnie de dentelle, tourna sur l'oreiller ses cheveux gris, sa face grise »

Maurice Druon, Grandes familles, t. 2, 1948, p. 212

 

Et puis, en buvant mon café, La liseuse n’était-ce pas un livre, un film ?

 

Et puis, en buvant mon café, La liseuse n’était-ce pas un livre, un film ?

 

Au piano, en surfant je découvre que non, c’est un film La lectrice tiré d’un livre éponyme !

 

LA LECTRICE

 

Constance est au lit, elle lit. Elle lit à son ami l'histoire de Marie, une jeune femme qui est au lit et qui lit. Marie lit tant et si bien qu'elle y prend goût. Elle devient lectrice à domicile. Constance l'imite. Chemin faisant, chemin lisant, elle rencontre toutes sortes de personnages touchants, insolites...

 

Coiffée d'un bonnet bleu, Miou-Miou arpente les rues d'Arles. Chemins presque déserts, décor de théâtre un peu irréel. D'une séance de lecture à l'autre, ces vivifiantes balades sont le fil d'Ariane d'un récit brillant à la gloire de la littérature. Par la bouche de la lectrice, les textes changent de forme au contact de ceux qui les écoutent et les réinventent. Les aventures de Constance/Marie semblent échappées d'un roman du XVIIIe siècle, un de ces contes dont le héros candide traverse mille péripéties. Pas si candide, Miou-Miou dose à merveille l'espièglerie et la gravité.

 

Télérama ICI 

 

Vente aux enchères La Lectrice. Un film de Michel Deville. 1988 ...

 

Quand La Lectrice sort sur les écrans le 17 août 1988, Michel Deville a déjà signé plus d’une vingtaine de films, dont Ce soir ou jamais (1960), Benjamin ou les Mémoires d’un puceau (1967), Eaux profondes (1981) ou Le Paltoquet (1986).

 

La Lectrice, son vingt-deuxième long métrage, est l’adaptation du livre éponyme de Raymond Jean ICI, publié aux éditions Actes Sud en 1986 : Constance, lectrice passionnée, se glisse dans la peau de Marie, lectrice professionnelle et héroïne de roman. Michel Deville, « l’homme qui aimait les femmes » (France Soir), s’entoure pour le tournage de sa femme Rosalinde, à la fois assistante, coscénariste et productrice, et offre à Miou-Miou le rôle-titre. C’est sur la scène du Café de la Gare, en 1969, que le réalisateur la repère, inscrivant dans son carnet : « Miou-Miou : très jeune, très mignonne, très drôle ».

 

Majoritairement très bien accueilli par la presse, La Lectrice obtient le Prix Louis-Delluc ainsi que le Grand prix des Amériques au Festival des films du monde à Montréal.

 

Photo du film La lectrice - Photo 6 sur 9 - AlloCiné

 

Pour Pax : « Dans Le Canard Enchaîné, qui fait de La Lectrice son film de la semaine, Jean-Paul Grousset partage l’avis de son confrère. Le film doit sa réussite à son actrice principale, « attentive, délicate, grave, enjouée, charmeuse ».

 

« La chair se fait verbe », écrit Alain Masson, dans Positif.

 

La lectrice Raymond Jean 1988 | eBay

 

 

Raymond Jean, auteur du roman adapté. Dans les colonnes de L’Événement du jeudi, l’écrivain souligne que « la performance de Miou-Miou est d’être à tout moment légère corporellement et gestuellement, et jamais légère d’esprit ou de conduite (…). De l’actrice à la lectrice (…), il y avait un pas à franchir subtilement. Elle l’a fait avec une aisance toute particulière grâce à son exactitude et sa lucidité provocante et douce ».

 

La Lectrice : Le film

 

Selon Gilles Le Morvan, du quotidien L’Humanité, « le texte fait plaisir à voir. L’actrice s’évertue à tricoter les mots dans une combinaison inflexible. Voici la littérature bien servie par la pellicule. Événement bien singulier : le film donne envie de lire ». Avec ce « film au phrasé subtil, joyeusement littéraire, qui se plait à honorer les belles lettres », Deville nous « convie à la joie de lire », se réjouit le critique.

 

ICI 

Michael Swicklik, détective de l'enquête sur le vrai visage de "La Liseuse" de Fragonard Des "détectives" pour percer le mystère d'un Fragonard ICI

Paris Match |

Le Genou de Claire - Film (1970) - EcranLarge.com

Le coin des Claire

 

1- Les gnocchis pour les 13 ans du Corentin de Claire Naudin  à  Vosne-Romanée.

 

Grâce à Filippo et Enrico, pour les 13 ans de notre Corentin nous avons fabriqué des gnocchis... Un régal !

 

La recette, pour tous ceux qui veulent passer un bon moment avec leurs enfants : en faisant ET en mangeant :

 

  • Pour une famille de 5 qui « n'a pas faim »...

 

Éplucher et faire bouillir 1 kg de pomme de terre à purée. Écraser grossièrement avec le presse purée.

 

Ajouter 50 g de beurre en petits morceaux. Mélanger.

 

Dans un bol, mélanger un œuf, 1 cuillère à soupe d'huile d'olive, de la muscade ou du poivre, du sel.

 

Ajouter aux pommes de terre. Mélanger.

 

Ajouter petit à petit 400 g de farine : mélanger avec les doigts.

 

Fariner le plan de travail.

 

Faire des rouleaux de 3 cm de diamètre. Les couper en tronçons de 1 cm d'épaisseur. Leur donner une forme crantée à l'aide d'une fourchette. Ou une forme de petite quenelles...

 

Faire bouillir 3 litres d'eau salée. Y déposer les gnocchis sans les mettre en paquets : en 5-6 fois au moins. Avec une écumoire, sortir les gnocchis dès qu'ils remontent à la surface : 3-4 minutes après environ. Mettre dans le plat de service avec huile d'olive, parmesan, basilic, ou sauce tomate un peu acide, ou crème aigre si vous osez.

 

Régalez-vous !

 

On peut remplacer ou compléter les pommes de terres par des légumes (potiron, potimarron, petits pois.....).

 

C'est génial avec des enfants : grosse séance de pâte à modeler

L’image contient peut-être : personnes assises, personnes qui mangent, dessert, table, nourriture et intérieur

2- Claire “mi pasajera clandestina” l’Orange Censurat de la  Bodega Clandestina

 

 

Bodega Clandestina ICI

 

 

Ferran Lacruz cultive 8 hectares de vignes en Catalogne, dans le petit village de Sant Marti Sarroca, au cœur de la région viticole du Penedès. Ferran a commencé ce projet avec son premier millésime de 2018. Il travaille complètement en dehors de toute appellation, cultive les raisins de manière biologique et n'ajoute rien à aucun des vins. Tous les raisins sont récoltés à la main, et rien n'est filtré ni collé. Ferran a grandi dans cette partie de la Catalogne et, depuis son enfance, a été séduit par le paysage, la beauté naturelle et l'importance de la production de vin dans la culture. Il a étudié le tourisme à l'université, ce qui l'a laissé insatisfait. Ainsi, avec un ami, il a commencé à entreprendre le voyage de devenir un vigneron, cherchant à produire des vins naturels propres qui expriment sa patrie avec honnêteté. 

 

Petit rappel, la cave Ici-Même est ouverte et élargit ses horaires :

 

• Le lundi et le dimanche de 17h à 20h,

• du mardi au samedi de 10h30 à 13h30 et de 17h à 20h.

 

68 rue de Charenton 75012 Paris

Highlights info row image
01 43 40 00 99

 

L’image contient peut-être : boisson et intérieur

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23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 06:00

La vérité  Henri-Georges Clouzot   Charles Vanel Brigitte Bardot

Ma « liaison » avec Hannelore Cayre est fort ancienne, je suis un dénicheur :

 

On l'appelait le Dénicheur

Il était rusé comme une fouine

C'était un gars qu'avait du cœur

Et qui dénichait des combines

Il vivait comme un grand seigneur

Et quand on rencontrait sa dame

On répétait sur toutes les gammes

Voilà la femme à Dénicheur…

 

15 mars 2008

La "robe grillée" des neuf trois (93) ICI 

 

Avant que les séries américaines ne prennent le haut du pavé et que les Français se persuadent que, dans la bouche d'un avocat, l'expression "objection votre honneur !" fait partie du paysage des prétoires de notre doulce France, l'image de l'avocat pénaliste s'incarnait dans les figures hautes en couleur de Me René Floriot, l'avocat du Dr Petiot, de Me Moro Gaffieri, l'avocat de Landru, ou dans celles des avocats politiques Me Jacques Isorni, l'avocat de Pétain, Me Henri Leclerc, l'avocat des gauchistes et de Richard Roman et, bien sûr, "L'avocat de la Terreur" Me Jacques Vergès. Ils plaidaient avec brio et éloquence. Sauvaient la tête de leur client - pas toujours - par l'alchimie de leur verbe et d'une connaissance profonde de leur dossier. Au cinéma, notre Jean Gabin national qui, en vieillissant glissait du prolétariat vers la haute bourgeoisie, incarnait Me Gobillot, avocat quinquagénaire qui compromettait sa carrière et son ménage pour la belle Yvette, Brigitte Bardot, jeune et jolie cambrioleuse qu'il défend, dans "En cas de malheur" de Claude Autant-Lara film tiré d'un livre de Simenon.

 

Du côté de Me Morain c’est plus récent, nous fûmes présentés par l’entremise de miss Saporta la pourfendeuse de notre cher Hubert l’homme au petit sécateur tombée en politique du côté de Cédric Villani. C’est maintenant une star des réseaux sociaux et du barreau, il cause dans le poste, les vins nu sont son fonds de commerce, jusqu’où ira-t-il ?

 

 

 

Les 30 avocats les plus puissants de France (édition 2019) ICI

 

28. Éric Morain - 49 ans - le naturel

 

Disciple du grand Jean-Marc Varaut, ce catholique pratiquant qui a conseillé des élus de la France insoumise s’est pris de passion pour les tenants du vin naturel (sans procédés chimiques ni aucun autre ingrédient que l’eau et le raisin), pourchassés par les « orthodoxes ». Même si le concept n’est encore ni officiel ni labellisé, il en a fait un combat judiciaire et un livre dévoilant les mœurs étranges de la viticulture traditionnelle. Spécialiste du pénal des affaires dans un grand cabinet, il défend aussi une des plaignantes contre l’islamologue Tariq Ramadan et représente la Fédération nationale des victimes d’attentats.

 

Fait d’armes : il a fait libérer après quarante ans de prison le plus ancien détenu de France, Michel Cardon.

 

Signe particulier : il est le dernier porteur de gilet de costume du barreau de Paris.

 

Il a dit (dans un procès fictif du vin naturel) : « Je défends la vérité du goût. Même trouble ! Même avec des défauts ! Perlant et dégageant du CO2 s’il le faut ! »

 

L’avocat pénaliste n’a pas bonne presse :

 

Richesse oblige - Hannelore Cayre - Metailie - Grand format ...

 

Le personnage fétiche du premier roman d’Hannelore Cayre, Commis d’office, 2004, c’est Christophe Leibowitz-Berthier, un avocat pénaliste, cynique et pétochard, alcoolo, un pervers polymorphe que la gente judiciaire surnomme "l'étron", défend la lie ordinaire des prétoires : proxo, dealers, détrousseurs de matos électronique, souvent commis d'office... et en profite, c'est lui qui mène le récit, pour tirer des scuds sur ces chers collègues et porter un regard sans concession sur le quotidien de la justice ordinaire.

 

« C’est comme si, en pâtisserie, tu réalisais un fenouil-chocolat », a estimé le mari de l’auteure Jean-Christophe Tymoczko, avec lequel elle a fondé un cabinet d’avocats il y a plus de vingt ans à la lecture de « Richesse oblige »

 

Richesse oblige - Editions Métailié

 

À la lecture dudit manuscrit l’époux a esquissé une moue dubitative, moi aussi

 

Hannelore Cayre, pour la bonne cause

 

Excellent portrait d’Hannelore Cayre par Macha Séry publié le 14 mars 2020 ICI

 

Richesse oblige : que dit le web du polar de Hannelore Cayre ?

 

En dédicace manuscrite de Richesse oblige, Hannelore Cayre, 57 ans, s’est permis une confession : « Je sais que cela ne se dit pas mais c’est le livre dont je suis le plus fière. » Qu’elle se rassure : non seulement cela se dit mais cela s’écrit et cela s’explique. A l’oral, dans le bar d’un hôtel parisien, elle précise au « Monde des livres » : « C’est la première fois que je me sens vraiment écrivain. Auparavant j’écrivais des polars judiciaires, “faciles” en ce sens qu’ils étaient proches de ce que je suis : avocate. Avec La Daronne, j’avais déjà fait un pas de côté. Là je me suis jetée dans le grand bain. »

 

Richesse oblige emprunte aussi au parcours de l’auteure. Native de l’île d’Ouessant (où l’écrivaine possède une maison), la petite handicapée Blanche de Rigny est passée par le centre de réadaptation fonctionnelle de Lorient, à l’instar d’Hannelore Cayre. Celle-ci s’est retrouvée paralysée des pieds à la nuque à l’âge de 26 ans. Totalement défigurée, la première vertèbre cervicale touchée, à la suite d’un accident de la route survenu au Chili. Elle qui skiait seins nus, qui était, selon ses propres dires, « génétiquement forte, jamais malade, musclée, d’une vitalité soûlante, quasiment hors normes », a hurlé à la mort à l’arrêt de la morphine administrée pour atténuer ses souffrances.

 

Elle a subi une opération à haut risque et une longue rééducation. La chirurgie esthétique a effacé les cicatrices de son visage. Aucune séquelle ne subsiste à l’œil nu. Cependant elle boite, dit-elle, et sa peau est insensible à la température au point qu’elle se brûle souvent ou qu’elle ignore prendre froid. « J’ai appris à ne plus me plaindre, je ne sais même plus si finalement je ne souffre pas tout le temps. » D’elle, on s’était forgé, à tort, une opinion intimidante. Peut-être à cause de son visage anguleux, de sa haute taille – 1,80 mètre – ou de son rideau de cheveux noirs, ramassés en chignon le jour de l’entrevue. Davantage sans doute à cause de la lucidité tranchante et de l’humour grinçant que manifeste chacun de ses livres.

 

Polar - Hannelore Cayre récidive - Le Point

 

Vu de Montréal Un roman noir qui vaut son pesant d’or Richesse oblige, le nouveau roman d’Hannelore Cayre. 

 

Après La Daronne, la Française Hannelore Cayre nous revient avec une histoire presque aussi rocambolesque.  

 

En 2017, on n’a pas été les seuls à avoir adoré La Daronne. Dans ce roman, l’avocate pénaliste parisienne Hannelore Cayre mettait en effet en scène Patience Portefeux, une truculente veuve de 53 ans. Truculente, parce qu’après avoir passé près de 25 ans à traduire sagement de l’arabe au français toutes les conversations mises sur écoute par la brigade des stups, Patience finira elle-même par se lancer dans le commerce de la drogue. Une histoire haute en couleur qui a été adaptée au grand écran (avec Isabelle Huppert dans le rôle-titre), mais dont la sortie au cinéma a été reportée. Inutile de dire pourquoi.

   

La suite ICI 

 

6ième opus, premier vrai roman pour l’auteure, sans me la jouer critique littéraire ça reste encore au stade du patchwork un peu foutraque, c’est toujours aussi provocateur, insolent, mais je conseille à notre pénaliste de lire le roman de KRIS KRAUS La Fabrique des salauds, un beau et immense roman.  

 

Rentrée littéraire 2019 : la fresque magistrale de Chris Kraus ...

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