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16 novembre 2021 2 16 /11 /novembre /2021 07:00

Paris le 15 novembre 2021

 

 

Monsieur le Président de la Nouvelle Aquitaine, cher Alain Rousset,

 

 

Le journal Sud-Ouest, dans son édition Lot-et-Garonne, a publié le 24 octobre dernier, un article titré : le Conservatoire végétal de Montesquieu, une espèce menacée?

 

« Le Conservatoire végétal régional d’Aquitaine (CVRA), implanté sur la commune de Montesquieu, traverse une tourmente. L’automne de son existence même selon les plus pessimistes. Sans président depuis le retrait de Jean-François Garrabos, avec une directrice sur le départ qui s’interdit de s’exprimer sauf pour rappeler qu’elle n’est « plus que directrice scientifique », la structure a été placée sous la gestion d’un administrateur judiciaire. »

 

Je viens d’être alerté de cette situation dramatique par une amie vigneronne qui, tout comme Évelyne Leterme, celle par qui le Conservatoire existe, publie chez l’excellent éditeur ROUERGUE.

 

 

Pour bien appréhender la situation je me suis fait envoyer, un historique du Conservatoire et une copie de l’audit de septembre 2020 réalisé par l’Inspection Générale des Services de la Nouvelle Aquitaine. Document de plus de 100 pages, de grande qualité, dont les propositions devraient être mise en œuvre dans le cadre d’un plan de redressement.

 

Ma démarche auprès de vous, Monsieur le Président, cher Alain Rousset, se place au plan politique, celui où vous êtes maître de la décision. En effet, le Conseil Régional a présidé à la création du Conservatoire, reconnaissant le travail de pionnière d’Évelyne Leterme. Il a toujours accompagné la structure depuis 4 décennies et s’implique clairement dans la préservation de la biodiversité. Aujourd’hui, où tout le monde s’accorde sur l’importance de ces engagements, il me semble qu’il serait préjudiciable de laisser disparaître un patrimoine génétique reconnu par le ministère de l’agriculture, exceptionnel par son ampleur, sa diversité, et sa capacité à contribuer aux adaptations climatiques du matériel fruitier.

 

Le temps étant compté, l’état de dégradation étant trop avancé il faut sauver le Conservatoire, et vous seul pouvez prendre la décision de sauver « le soldat Leterme »

 

Si je me permets cette familiarité, monsieur le Président, cher Alain Rousset, c’est que dans une chronique du 14 août 2010 : Adresse à Alain Rousset Président de la Région Aquitaine : il faut sauver le soldat Zoé Sheppard du bûcher ! ICI  j’écrivais :

 

Cher Alain Rousset,

 

Bordeaux n’est pas Rouen ; Aurélie Boullet alias Zoé Sheppard n’est pas Jeanne d’Arc, et vous bien sûr Président ne pouvez endosser les oripeaux de l’évêque Cochon. Je sais fort bien que « si Aliénor d’Aquitaine n’avait pas épousé Henri II et si la prise de Rouen en 1152 n’avait pas privé les anglais des vins d’Ile de France » le vignoble bordelais ne serait peut-être pas ce qu’il est mais de grâce, Monsieur le Président de la région quitaine laissez aux anglais, l’art du bûcher. Le jeu n’en vaut pas la chandelle, l’offense ne vaut pas une telle vengeance, franchement mieux vaut en rire que d’en arriver à une telle extrémité.

 

Avec panache et grandeur d’âme vous aviez pris en main le dossier.

 

Je ne doute pas que vous allez faire de même pour Le Conservatoire végétal régional d’Aquitaine.

 

Par avance je vous en remercie et soyez assuré, cher Alain Rousset, de mes salutations les meilleures et amicales.

 

Jacques Berthomeau chroniqueur indépendant sur Vin&Cie l’espace de liberté depuis 15 ans et amateur de Pessac-Léognan

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16 novembre 2021 2 16 /11 /novembre /2021 06:00

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Le 18 octobre 2019, je notais dans une chronique :

 

« Lorsque j’entends le PDG de Danone Emmanuel Faber se glisser dans la peau d’un père prêcheur d’une agriculture durable je me dis que notre monde a la tête à l’envers. »

 

Depuis, cette tête d’œuf, père prêcheur, lâché par le jeune Riboud, s’est fait lourdé par ses actionnaires et il  est vénère.

 

Souvenirs :

 

En juillet 2013, la Ségolène du Poitou me fit parvenir une missive en tant que Présidente de Poitou-Charentes, pour me remercier de ma participation au pince-fesses organisé par l’hebdomadaire Marianne : le paradoxe de Poitiers, qu’est-ce qu’ils nous font manger ?

 

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Les gens de Marianne m’avaient étiqueté : « ancien collaborateur de Michel Rocard », je devais gloser en compagnie de la peu sympathique Noëlle Lenoir, qui fut ministre de Sarko, sur le rôle de l’UE en matière alimentaire, avec comme modérateur (sic) Périco Légasse qui, comme à l’ordinaire passa son temps à ramener sa fraise pour rouler les eurocrates dans la boue. Je pris un malin et facile plaisir à démonter ses affirmations péremptoires. Ce fut un bon moment. La Ségo nous fit manger dans un resto prétentieux, bouffe chichiteuse, vins horribles. Les communicants de Marianne nous demandèrent de passer à l’épreuve d’un shooting. Tout le monde joua le jeu sauf lui. ICI

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Dans le TGV aller Paris-Poitiers, dans le fauteuil à ma droite, isolé, le couloir nous séparant, le type impeccable, chemise blanche col ouvert, froid comme un iceberg, hautain, qui m’avait fait une impression désagréable, c’était lui : Emmanuel Faber.

 

À l’époque il n’était que DG de Danone, et moi je n’avais pas encore entamé ma carrière de médiateur laitier où je pourrais, sur le terrain, confronter les belles intentions  du bel Emmanuel, avec la réalité des pratiques de Danone. Un simple détail, dans le prix de revient d’un yaourt Danone, le prix du lait n’est pas majoritaire, on fait du marketing dans une multinationale.

 

Comme j’aime aller au-delà de mes aversions j’ai acheté et lu son livre Chemins de traverse - vivre l'économie autrement 2011

 

Couverture du livre Chemins de traverse

 

Comment le n°2 de la 3e multinationale sur le marché agroalimentaire mondial peut-il se retrouver au Forum social mondial pendant que son président est à Davos ? Comment ce spécialiste de la finance internationale peut-il être l’ami de Pierre Rabhi, citer Christian Bobin et Christiane Singer aux côtés de Bergson et Kant ? Comment en est-il venu à monter avec le Prix Nobel de la Paix, Mohammed Yunus, une usine modèle au Bengladesh produisant un yaourt hyper vitaminé destiné à la nutrition des enfants, vendu par des centaines de femmes pauvres devenues autoentrepreneurs, et financé par un organisme spécial, danone.communties, prototype d’un nouveau genre de fonds d’investissement éthique ? Emmanuel Faber fait partie de cette nouvelle élite surdouée qui a préféré donner du sens à sa vie de grand décideur en subvertissant le système de l’intérieur, un peu à la manière d’un Martin Hirsch, avec lequel il a collaboré sur plusieurs projets au nom de Danone. Mais lui est inspiré par une vision éthique et poétique tout à fait originale, qui essaie d’incarner une authentique spiritualité au coeur même du capitalisme mondial, pour en inverser les règles….et les effets. Gageure que nous présente, dans une écriture sensible et élégante, ce livre qui ne se veut ni essai militant, ni traité, mais témoignage de vie.

Ça n’a pas réchauffé mes sentiments à son égard.

 

Emmanuel Faber, ancien Pdg de Danone. Aujourd'hui il se présente comme activiste "social et climatique"

Emmanuel Faber, ancien Pdg de Danone. Aujourd'hui il se présente comme activiste "social et climatique"

afp.com/ERIC PIERMONT

Emmanuel Faber : « En France, l'immobilisme ne permet pas de changement systémique »

 

L'ex-patron du géant de l'agroalimentaire Danone sort enfin de son silence et livre à L'Express une analyse sans concession des vices et vertus du capitalisme français. Episode 1.

 

On avait laissé Emmanuel Faber sombre et amer en mars 2021 au lendemain de son éviction brutale de la tête de Danone. Tout l'été, l'ex-patron a posté sur Twitter des photos de ses treks montagnards dans ses Hautes Alpes natales. Celui qui se présente désormais comme un activiste, avait fait vœu de silence, à part une apparition dans un colloque sur la finance verte fin août. Pour la première fois depuis six mois, il a accepté aujourd'hui de livrer longuement sa vision du capitalisme : une vision duale où il prêche une rupture dans les modes de gouvernance et de régulation tout en reconnaissant l'efficience de l'économie de marché, notamment dans la lutte contre le changement climatique. Même s'il refuse officiellement de revenir sur ses années Danone, il continue en creux de défendre son bilan et prévoit déjà de rebondir dans le business : "Après tout, c'est ce que je sais faire de mieux", nous a-t-il livré.

 

Voici la première partie de notre interview exclusive : ICI 

 

Les systèmes alimentaires et agricoles sont dans une impasse »

Emmanuel Faber : « Les systèmes alimentaires et agricoles d’il y a 70 ans sont dans une impasse » ICI

 

PDG de Danone pendant 5 ans, Emmanuel Faber a été démis de ses fonctions le 14 mars dernier. Deux mois plus tard, il rejoint officiellement Astanor Ventures pour se lancer à temps plein dans l’investissement. Il est revenu lors d'une interview pour Maddyness sur son combat des quinze dernières années : la transition agricole.

 

Après plus de 20 ans dans l’industrie agroalimentaire vous avez choisi de rejoindre le monde de l’investissement. Était-ce une suite logique pour vous ? 

 

Cela fait 25 ans que je milite activement et que je suis engagé dans la transition vers un modèle agricole que j’estime plus durable, c’est-à-dire meilleur pour la santé des humains et la planète. Au cours des six derniers mois, j’ai été sollicité par des entrepreneurs du secteur mais aussi de la Silicon Valley, d’Asie, d’Europe ou d’Afrique. Rejoindre l’investissement est une continuité avec ce que je faisais auparavant – dans une moindre mesure.

 

En 2009, j’ai participé au lancement des fonds Livelihoods [fonds dont l’ambition est de soutenir les communautés agricoles et rurales, NDLR] financés par les crédits carbone pour mettre en place la transition agroalimentaire dans des centaines de milliers de fermes. Six ans plus tard, j’ai participé à la création du fonds Danone Manifesto Ventures, qui recouvrait un certain nombre des valeurs qui animent Astanor Ventures. David Barber [qui a été nommé partner chez Astanor Ventures au même moment, NDLR] a co-investi par le passé avec Danone Manifesto Ventures dans des marques de la transition alimentaire aux États-Unis. Intégrer le monde de l’investissement est vraiment une continuité avec ce que j’ai pu réaliser auparavant.

 

Qu’est-ce que votre expérience passée va vous apporter en tant que VC ? 

 

Je suis persuadé que les systèmes alimentaires et agricoles qu’on a construits il y a 70 ans sont dans une impasse. Le changement climatique arrive à toute vitesse et l’agriculture en est un facteur important mais elle est aussi un incroyable vecteur de solutions car, contrairement au pétrole, elle peut remettre le carbone dans le sol. C’est ce qu’on appelle l’agriculture régénératrice.

 

Il y a un besoin des entreprises nées dans l’ancien modèle de pivoter, elles le font à leur rythme. C’est ce qu’on peut appeler le peloton et il y a besoin d’une échappée. J’ai pratiqué en interne chez Danone pendant des années ces échappées.

 

Je vais maintenant les pratiquer chez Astanor en ayant les mains libres car on part d’une page blanche. Le fait qu’Astanor ait cette vision que la technologie et la science ne doivent pas remplacer l’humain et le vivant mais bien les remettre au centre de nos pratiques alimentaires et agricoles colle complètement avec ce que j’ai fait par le passé. 

 

Dans quels types de projets souhaitez-vous investir ? 

 

La suite ICI

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15 novembre 2021 1 15 /11 /novembre /2021 06:00

Vendée : la statue de Richelieu au centre de Luçon taguée et recouverte  d'un gilet jaune

« … mais je vous laisse à penser quel est l’Évêque. » Lettre à madame de Bourges, en avril 1607, lorsqu’il arrive à Luçon.

 

Armand Jean du Plessis de Richelieu était un ambitieux, il dut à la renonciation de son frère Alphonse de pouvoir prétendre à  cet évêché « le plus crotté », au fond de son marais, pourtant il sera quand même   vers le pouvoir.

 

« Ministre de Louis XIII, il travailla au pouvoir absolu de la monarchie, faisant réprimer avec brutalité les protestants de La Rochelle et les paysans révoltés contre le fisc particulièrement nombreux en Poitou en 1636-37 et en 1641. »

 

Jacqueries et autres révoltes fiscales - Des Bagaudes aux Gilets jaunes -  Herodote.net

 

« Les croquants du Poitou courent sus aux commis des aides, aux traitants, aux gabeleurs, à  Charroux, à Fontenay et à  Olonne, depuis la Plaine jusqu’aux Marais »

 

Boissonnade Histoire du Poitou 1636

 

Lorsque Richelieu meurt le 4 décembre 1642, Antoine Denesde, maréchal ferron de Poitiers écrit dans son journal :

 

Sous Louis XIII et Louis XIV, les insurrections populaires contre les  impôts et la misère - Matière et Révolution

 

« J’ay bien peur que sa perte n’afflige beaucoup la France, encore que plusieurs la désirassent il y a longtemps, au subject des grands impôts et nouveautez qu’il était contraint de conseiller au roy de lever sur son peuple. »

 

LUCON - Statue de Richelieu - Evêque de Luçon (Vendée) | eBay

 

L’épitaphe d’une satire sévère du « cardingaud » en forme de dialogue entre deux paysans, où l’auteur anonyme insiste sur sa « finesse », c’est-à-dire son intelligence, sa ruse, est encore plus cinglante : elle  suggère que le pouvoir à partir de l’évêché le plus crotté de France, a bien enrichi le Cardinal :

 

Si-gist antre quez deou pillez

Monsiou l’Évêque de Luçon,

Gl’avez dos escus à millez,

Plût à Diu que nou lez ussion !

 

Ci-gît, entre deux piliers,

Monseigneur l’Évêque de Luçon,

Il avait des écus par milliers,

Plût à Dieu que nous les eussions !                      

       

 

 

 Sous Louis XIII et Louis XIV, les insurrections populaires contre les impôts et la misère

 

 

ICI 

 

samedi 6 juillet 2019, par Robert Paris

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14 novembre 2021 7 14 /11 /novembre /2021 06:00

joyeux anniversaire capitaine | Bd tintin, Capitaine haddock, Tintin

COMMENT TINTIN SATISFAIT-IL SES BESOINS FONDAMENTAUX ? (CHAPITRE 9) -  TINTINOMANIA

La maison dans sa grande bonté a décidé le dimanche de faire du 2 en 1 comme les fabricants de dentifrice : de la légèreté&du sérieux

 

  • Commençons par la chanson de Bobby SoloUna Lacrima Sul Viso ” qui fut créée pour le quatorzième Festival de San Remo, avec une double interprétation Bobby Solo / Frankie Laine, qui a enregistré une version anglaise de la chanson avec le titre «  For your Love ».

 

Pour faire du Pax, alias Ciné Papy, Wikipédia souligne que la chanson arrive en finale, mais Bobby Solo affecté par une laryngite est incapable de chanter et interprète celle-ci en play-back et est disqualifié.

 

Le single a atteint la première place pendant neuf semaines consécutives au hit-parade.

 

Votre serviteur, dans ses années de bal populaire, les années 60, sapé comme un prince, entraînait dans ses bras, les beautés du coin, en des slows langoureux grâce à la reprise de la chanson de Bobby Solo par des chanteurs à l’italien incertain. Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse !

 

Da una lacrima sul viso/D'une larme sur ton visage

 

Ho capito molte cose/J'ai compris beaucoup de choses

 

Dopo tanti tanti mesi ora so/Après des mois et des mois désormais je sais

 

Cosa sono per te/Ce que je suis pour toi

 

Uno sguardo e un sorriso / Un regard et un sourire

 

M'han svelato il tuo segreto /M'ont dévoilé ton secret

 

Che sei stata innamorata di me /Que tu as été amoureuse de moi

 

Ed ancora lo sei./ Et que tu l'es encore

  • Pourquoi les larmes sont-elles salées ?

Par Anne-Sophie Tassart et Loïc Chauveau le 10.11.2021 à 16h14 Lecture 3 min.

Larme permanente qui hydrate l'oeil, larme réflexe en réponse à une irritation ou larme d'émotion : il y a plusieurs types de larmes. Mais toutes, absolument toutes sont salées. Pour quelle raison ? Sciences et Avenir répond à cette nouvelle Question de la semaine.

 

Ce n'est un secret pour personne, les larmes sont salées. Mais d'où vient le goût de ce liquide produit par les glandes lacrymales ? C'est la question de la semaine sélectionnée par la rédaction de Sciences et Avenir.

 

Plusieurs types de larmes

 

Il faut d'abord savoir qu'il existe plusieurs sortes de larmes. Il y a d'abord la larme permanente qui va permettre "d'hydrater et de nourrir la cornée", souligne sur son site l'Institut Laser Vision, clinique ophtalmologique située à Paris. Elle a donc un rôle protecteur. Vient ensuite la larme réflexe qui "survient en réponse à une irritation de l’œil". Sa tâche est d'évacuer un danger qui gêne l'oeil, par exemple l’oxyde de propanethial... d’un oignon.

 

Et il existe bien sûr la larme émotionnelle. Joie ou tristesse, « ces émotions stimulent les glandes lacrymales par la partie parasympathique du système nerveux autonome, souligne la clinique. Lors d’une émotion forte, un message nerveux passant par l’intermédiaire du système limbique et de ses nerfs va donner l’ordre aux glandes lacrymales d’augmenter leur production de larmes ». Elles évoquent alors la vulnérabilité, et pourraient donc inciter les autres humains à apporter leur aide. Les larmes pourraient aussi être un appel à l'apaisement, ou permettre de décharger son trop plein d'émotion.

 

La composition d'une larme peut varier selon certains facteurs et notamment si elle est produite sur le coup de l'émotion ! Dans ce cas, elle comprend notamment des hormones. Sinon, la composition du liquide reste relativement la même : les larmes sont composées de protéines, de chlorure, de sodium, de fer, de potassium, de calcium et d'urée. A noter que le sel de table est composé essentiellement de chlorure de sodium. On comprend alors facilement pourquoi nos larmes sont salées.

 

La suite ICI 

Success story : l'histoire du logo Lacoste - Graphiste.com

Des larmes de crocodile ICI

 

Jeu, set et match ! René Lacoste emporte le tournoi de Wimbledon. Le « crocodile » s’impose. Ce surnom deviendra un logo avec la création de la marque « Lacoste » en 1933.

 

Le crocodile, symbole de combativité sur les courts de tennis comme ailleurs. Un animal redoutable qui, pourtant, pleure comme un enfant.

 

Le crocodile serait-il atteint du syndrome gusto-lacrymal décrit par le neurologiste Bogorad en 1928, l’année de la seconde victoire de Lacoste à Wimbledon ?

 

Le patient atteint de ce syndrome pleure lorsqu’il mange. Cette situation est due à un mauvais câblage. Les nerfs qui normalement innervent la glande parotide - une glande salivaire – sont déroutés vers la glande lacrymale.

 

Ce dérangement est dit : « syndrome des larmes de crocodile ». Mais qu’est-ce que le crocodile vient faire là ? Une antique légende veut que les crocodiles pleurent pour leurs victimes tout en les dévorant. Dans des écrits attribués à Plutarque, l’attitude qui consiste à se lamenter tout en espérant la mort d’une personne est considérée comme un « comportement de crocodile ». Au XVIe siècle, « Pleurer des larmes de crocodile » faisait allusion à une légende où les crocodiles du Nil charmaient leurs proies en gémissant, avant de les manger.

 

Mais revenons aux crocodiles. Ils ont des glandes lacrymales qui humectent leurs yeux lorsqu’ils se chauffent au soleil. Certains zoologistes ont avancé l’idée que leurs glandes salivaires et lacrymales sont si proches qu’elles pourraient être activées conjointement. À confirmer…

 

Hormis ces histoires de larmes, on magnifie les 25 espèces de crocodiliens actuels pour leur caractère primitif et leur nature de prédateurs. Parce qu’ils nous semblent inexpressifs et couverts d’une armure, nous projetons sur eux nos fantasmes préhistoriques. Parce qu’ils sont carnivores et voraces, nous les craignons.

 

Il faut dire que certains sont redoutables. Les plus grands sont celui du Nil, Crocodylus niloticus et le crocodile marin, Crocodylus porosus, qui peuvent dépasser les six mètres et peser jusqu’à une tonne. Pas mal, mais dérisoire en comparaison de Sarcosuchus imperator qui, avec ses dix mètres et quatre tonnes, traquait les dinosaures il y a 110 millions d’années !

 

Un fossile qui nous vient du Tchad, de quoi lui appliquer le proverbe africain : « N’insultez pas le crocodile lorsque vos pieds sont encore dans l’eau ».

 

Plus un gros oiseau qu'un gros lézard

 

Chez nous, le crocodile est l’archétype du lézard. Mais c’est faux. Les lézards sont des lépidosaures alors que les crocodiles, eux, sont des archosaures. Une affaire d’orifice latéral dans la mandibule. Un orifice que l’on retrouve chez les dinosaures et donc… chez les oiseaux aussi. En conséquence, les crocodiles sont plus apparentés aux oiseaux qu’aux lézards. Ça, c’est une surprise.

 

Une autre surprise. À l’origine du lignage des crocodiles, il y a 240 millions d’années, ces animaux étaient bipèdes ! Ils auraient presque pu jouer au tennis.

 

Je ne sais si René Lacoste a pleuré en recevant son trophée en 1928, mais si tel était le cas les larmes du « crocodile » n’étaient pas des larmes de crocodile.

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13 novembre 2021 6 13 /11 /novembre /2021 06:00

 

Après avoir jeté un œil sur la 4e de couverture, et tombé sur le mot chasse, j’ai acheté ce livre à l’instinct, chez Gallimard.

 

L'âme du fusil

 

 

La chasse sujet qui oppose la France des champs à celle des villes et, comme les rats des villes fuient de plus en plus la ville pour s’installer dans les champs, la tradition heurte de plein fouet la sensibilité des amis des bêtes.

 

30 septembre 2014

Voici venu le temps de la grouse d’Écosse à la carte restaurant Les Climats, et si nous parlions chasse ! ICI 

 

je suis amateur de gibier à plumes je dois donc assumer qu’un prédateur humain le soustrait à son habitat naturel pour que je puisse le manger.

 

Je profite de l’occasion pour vous entretenir de ma conception de la chasse.

 

Même en  ce moment si on entend moins les organisations de chasseur dans beaucoup de catégories de la population, qu’elles soient rurales ou urbaines, la chasse, n’a pas bonne presse. Depuis qu’ils se sont invités à l’élection présidentielle ils sont perçus comme un lobby puissant et pas toujours transparent : 1,3 million de chasseurs.

 

78 rue de Varenne, j’ai géré, au nom de mon Ministre, les listes des chasseurs des chasses du domaine de Chambord, Rambouillet et d’Auberive. Je n’ai jamais tenu un fusil de ma vie et, bien sûr, jamais chassé. J’avoue que je ne vois pas d’intérêt personnel à aller battre la campagne pour tirer du gibier et le discours qui affirme que la « chasse aide à dominer sa peur de la nature sauvage, à se la réapproprier, à l’amadouer, à la sentir vibrer, pleine de sève et de fougue… » s’apparente pour moi à de l’autojustification pure et simple.

 

Pour autant je peux comprendre la chasse comme la perpétuation d’une forme de prédation, d’une ponction sur le faune sauvage, comme une confrontation loyale mais il ne faut pas trop en rajouter tout de même en assimilant le gibier à une «nourriture éthique» sous le prétexte d’une alimentation industrialisée dominante.

 

Ici je ne vais ni entrer dans les batailles frontales entre, pour faire simple, le clan Bougrain-Dubourd et le clan des chasseurs des chasses dites traditionnelles, ni rejoindre le parti de ceux qui rejettent la consommation de viande parce que, pour ce faire, il faut tuer un animal.

 

Mon propos préfère se situer justement au niveau de l’acte de tuer lui-même et, je dois l’avouer, la mort d’un animal sauvage par le fait du tir d’un chasseur me paraît plus belle, plus noble, avec une chance, certes parfois inégale, d’y échapper, que celle de l’animal domestique mené et tué dans un abattoir, car là la mort est programmée, inéluctable, et le caractère massif de cette mise à mort à quelque chose de difficilement supportable.

 

Bien évidemment, je ne fais pas entrer dans cette approche les malheureux animaux d’élevage lâchés quelques heures avant la chasse dans la nature pour se faire dézinguer par des chasseurs d’abattage et j’ai peu d’intérêt, et même une forme de mépris, pour ceux qui vont chasser des grands animaux en Afrique ou ailleurs.  De plus, je n’aime pas beaucoup ceux qui considèrent la chasse comme une forme de sport de compétition où la performance semble n’être que la seule motivation. La chasse à courre n’est pas non plus ma tasse de thé.

 

Mon image d’Épinal du vrai chasseur le représente en cueilleur, en préleveur précautionneux des équilibres, en marcheur heureux même lorsqu’il rendre bredouille.

 

À l’époque Pax ne commentait pas, c’était le rôle de Luc Charlier qui m’accorda un 10 sur 10 pour ce papier qui met le gibier à l’honneur.

 

Macron a son monsieur chasse : François Patriat.

 

« J'en ai un peu marre de ces intellectuels condescendants qui n'arrêtent pas de nous donner des leçons sur nos pratiques, sur nos manières de faire, qui nous disent ce qu'il faut manger et comment il faut conduire », s'est indigné Fabien Roussel, lundi 18 octobre sur France info. ICI 

 

« Le monde des chasseurs n’était pas inconnu de la romancière Elsa Marpeau, mais elle est retournée les voir pour les écouter avec plus d’attention, sans jamais glisser vers la caricature. Pour créer l’atmosphère de son nouveau roman, l’écrivaine est allée braconner sur les terres des chasseurs. À travers l’histoire d’un père de famille à la dérive, devenu la proie de ses angoisses, Elsa Marpeau accroît magistralement la tension, au gré des silences et des coups de chevrotine. »

 

« L’Âme du fusil est un livre sur la paternité, sur la virilité imposée, et le choix d’une narration à la première personne réduit forcément la distance entre l’autrice et son personnage. En créant une tension de plus en plus grande, en érotisant son histoire, en travaillant sur les silences et la phobie sociale, Elsa Marpeau multiplie les facettes de cette fiction particulièrement réussie. »

 

Le monde des chasseurs n’était pas inconnu de la romancière Elsa Marpeau, mais elle est retournée les voir pour les écouter avec plus d’attention, sans jamais glisser vers la caricature.

Jean-Luc Chapin / Agence VU

 

Dans “L’Âme du fusil”, Elsa Marpeau dissèque la pensée des “viandards”

Christine Ferniot

Publié le 08/10/21 Télérama

 

« Je n’ai aucun mépris pour ce qui est populaire, sourit l’auteure, sinon je ne serais pas scénariste de télé ! »

 

Depuis qu’il est au chômage, Philippe n’a plus que la chasse pour tuer l’ennui. Père désemparé, il ne comprend plus son fils, Lucas, absorbé par ses jeux vidéo, et voit, impuissant, son mariage avec Maud se déliter. Mais un jour, en pleine forêt, il tombe en arrêt devant un spécimen rare : un éphèbe qui se baigne nu dans un lac, et qui n’est autre que son nouveau voisin parisien. Fasciné par cette vision, Philippe veut bientôt tout savoir sur lui, quitte à fouiller dans son courrier. Même s’il pressent que l’ange descendu sur ses terres va bientôt conduire son petit monde droit en enfer… « “L’âme du fusil” est en fait mon premier livre, celui que j’avais écrit il y a vingt-cinq ans, explique Elsa Marpeau. J’ai eu un passage à vide, à la quarantaine, mais j’ai relu ce truc et je me suis dit que, même si c’était foutraque, j’avais alors une sorte d’énergie, je me posais moins de questions. J’ai retravaillé mon texte en y ajoutant un ancrage social actuel, les gilets jaunes… »

 

Sur une trame faussement classique, son récit balaye les clichés collés aux bottes des chasseurs, un univers viril réduit le plus souvent à un milieu de Dupont Lajoie sanguinaires et bas du front.

 

La suite ICI 

 

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11 novembre 2021 4 11 /11 /novembre /2021 06:00

La poignée de main de Montoire

« La seule différence entre Éric et moi, c’est qu’il est juif »

 

Sacré Jean-Marie Le Pen qui « Jusqu’au moment où [il finira] dans la caisse en bois » il ouvrira sa gueule : « Si Éric est le candidat du camp national le mieux placé, bien sûr, je le soutiendrai. »

 

« … il est monté sur la barricade en disant des choses que personne n’osait dire, à part moi. Il dit ce que je pense, mais avec une audience supérieure. »

 

« C’était pas Pétain le patron, il a défendu les juifs français et livré les étrangers. La police française procédait à une formalité de manière plus humaine, il est facile de dire soixante ans après “y a qu’à faut qu’on”. »

 

Pétain qui avait don de sa personne à la France, bouclier des Juifs français, manipulé par Pierre Laval, thèse soutenue par Robert Aron (ne pas confondre avec Raymond) dans son Histoire de Vichy : 1940-1944, livre que j’ai lu très tôt pour tenter de comprendre, qui ne résiste pas à l’épreuve des faits.

 

Amazon.fr - Histoire de Vichy 1940-1944 - ARON (Robert) - Livres

 

Robert Aron développe dans son Histoire de Vichy, la thèse du «bouclier» et de l'«épée». Son Histoire de Vichy, s'est fondée avant tout sur une grande quantité de témoignages et sur les comptes rendus des procès de Haute Cour et autres archives. Mais ses sources ont toujours le défaut majeur de leur qualité d'«inédit» : elles ont été longtemps incontrôlables, faute pour d'autres d'y avoir accès. Énorme synthèse de plus de 700 pages, l’Histoire de Vichy décrit, presque au jour le jour, l'évolution de l'Etat français. D'où son caractère de référence pendant une période de plus de quinze ans. Écrite dans un contexte encore peu propice à la distance académique, imprégné par la vision des témoins, essentiellement d'anciens ministres ou proches du gouvernement, elle a proposé une version «minimaliste» du régime et de sa politique. La thèse défendue se résume en une position simple : il existe deux Vichy, celui de Pétain et celui de Laval.

 

L'un des faits les plus marquant et le compte rendu que fait l'auteur sur Montoire des 22 et 24 octobre 1940, loin d'y voir le point de départ de la collaboration d'Etat (un fait admis aujourd'hui par la plupart des historiens, et confirmé par les archives de Vichy), il distingue soigneusement le chef de l'Etat du chef de gouvernement: « Pour le Maréchal, l'armistice n'était, ne pouvait être qu'une pause... Alors que pour Laval, au contraire, l'armistice devait permettre un retournement des alliances. Pour R. Aron la collaboration n'est qu'un «malentendu». «Equivoque», le régime l'est plus dans ses déclarations officielles que dans les faits - «Mais les Français ne pouvaient pas le savoir». Robert Aron insistant sur les «négociations clandestines» avec les Alliés, développant la thèse double-jeu.

 

La France De Vichy 1940-1944   de Paxton Robert O.

 

Alors le ZEMMOUR qui, un jour de janvier 2020, au Bristol, rue du Faubourg-Saint-Honoré, déjeune avec Jean-Marie et Jany Le Pen. La quatrième convive est une amie chère du couple : Ursula Painvin, née von Ribbentrop, fille de Joachim von Ribbentrop, le ministre des affaires étrangères du IIIe Reich, pendu en 1946 à Nuremberg. « Un morceau du pacte germano-soviétique », s’amuse un lepéniste. C’est un saut dans l’histoire aux yeux de l’essayiste, qui en est féru, et qui s’en vantera avec délectation autour de lui. Ursula, 88 ans aujourd’hui, vénère Jean-Marie Le Pen (« Il faudrait te cloner », le félicite-t-elle) et, de Berlin, encourage Éric Zemmour avec ses « pensées les plus admiratives et amicales ».

Pétain a durci en personne les mesures contre les Juifs

La chronique de 2016 de Claude Askolovitch est intéressante à lire ou à relire dans le contexte actuel où Zemmour joue avec les peurs des Français, ceux de confession juive y compris. (voir plus bas) ICI 

 

C'est à la prestigieuse grande synagogue que l'on a pu entendre le polémiste reprendre sa défense de Vichy. Explication de texte.

 

EXTRAIT

«À l’époque, on estime que les juifs ont pris trop de pouvoir, qu’ils ont trop de puissance, qu’ils dominent excessivement l’économie, les medias, la culture français comme d’ailleurs en Allemagne et en Europe. Et d’ailleurs c’est en partie vrai (…). Il y avait des Français qui trouvaient que les juifs se comportaient avec une arrogance de colonisateur. Et arrive encore l’immigration des juifs d’Europe de l’est et de l’Allemagne. La France est le pays qui a reçu le plus de réfugiés. Et c’est la France qui a subi le plus de conséquences. Les médecins français se plaignaient que les médecins juifs leur volent leur clientèle. Il y avait des concurrences terribles. il y avait des trafics. Il y avait l’affaire Stavisky. Tout ça n’a pas été inventé par les antisémites. Et les juifs français étaient les premiers à se plaindre des problèmes que causaient les juifs ashkénazes.»

 

Tout est dans une phrase: «Et d’ailleurs c’est en partie vrai»… Vrai donc qu’en 1940, les juifs sont des colonisateurs? Arrogants? Voleurs de pratiques? Tenant les medias? Si c’est «en partie vrai», Zemmour est «en partie» fasciste. Il défend «en partie» ce que les feuilles antisémites assenaient, avant la guerre et après la défaite. En partie seulement. Il est «en partie», compréhensif pour les raisons de ceux qui hurlèrent au massacre. En partie chez Brasillach? À l’Action française dont le nationalisme intégral l’a inspiré?

 

La falsification de l'histoire

 

Ce n’est pas faire injure à un homme que de dire d’où il parle. Zemmour est de l’extrême droite française –pas simplement celle d’aujourd’hui, quelle dégénérescence, mais l’authentique, celle d’avant quarante, dont il est l’interprète et l’avocat. Quand il dit, «on estime que les juifs ont pris trop de pouvoir», il est imprécis. «On» n’est pas la France. «On» est le fascisme de l’époque, et cette histoire de puissance juive n’était pas une opinion banale: c’était l’opinion des fascistes. Cela faisait un peu de monde, mais pas du joli. «On» est l’extrême droite qui contestait à Léon Blum, en 1936, le droit d’être Président du Conseil.

 

«Pour la première fois, ce vieux pays gallo-romain sera gouverné par un juif, avait lancé en séance le député Xavier Vallat. Pour gouverner cette nation paysanne qu’est la France, il vaut mieux avoir quelqu’un dont les origines, si modestes soient-elles, se perdent dans les entrailles de notre sol, qu’un talmudiste subtil.»

 

Vallat, sous Vichy, serait un commissaire général aux Questions juives tenant de l’antisémitisme national, infiniment moins vulgaire que le teuton… Quant à Blum, normalien, conseiller d’État, admirateur de Barrès, plus que français puisqu’alsacien de souche, il n’avait rien à voir avec les débarqués d’Allemagne ou de Roumanie qui auraient créé l’antisémitisme, mais ne le subissait pas moins.

 

C’est la grande falsification de Zemmour. Laisser supposer que seuls les «ashkénazes» et la détestation qu’ils inspiraient faisaient naître un antisémitisme dont la véritable France aurait été immune sans cette immigration-agression. Las… L’antisémitisme pouvait aussi se passer de métèques. Entre l’affaire Dreyfus, la haine de Blum et Vichy, c’était entre nous, Français, que se jouait une méchante partie. Charles Maurras, idéologue de l’antisémitisme d’État, qui pourfendait les «États confédérés» hostiles à la Nation, ragera, condamné à la Libération: «C’est la revanche de Dreyfus»… C’est cette partie de la France qui prit le pouvoir en 1940. Ce sont les héritiers de cette France qui entendent Zemmour avec ravissement –les autres sont des dupes.

Eric Zemmour lors d’un débat à Paris, le 25 avril 2019.Eric Zemmour lors d’un débat à Paris, le 25 avril 2019. LIONEL BONAVENTURE/AFP

Éric Zemmour provoque le malaise chez les Français juifs ICI

 

Le président du CRIF a lancé un appel pour qu’il n’y ait « pas une voix juive » pour le potentiel candidat à la présidentielle dont les prises de position ont heurté. Une mise en garde qui peine à trouver écho dans une partie de la base.

Par Abel Mestre et Ivanne Trippenbach

 

Eric Zemmour joue avec les lignes rouges. Dès le 18 septembre, il tentait, à Nice, de désamorcer la controverse autour des enfants juifs Arié et Gabriel Sandler, 6 ans et 3 ans, et Myriam Monsonego, 8 ans, assassinés en 2012 par le terroriste Mohammed Merah. Le polémiste les décrit, dans son dernier livre, comme « étrangers avant tout et voulant le rester par-delà la mort » parce qu’inhumés en Israël, un passage qui a profondément choqué. Au meeting, il écorche leur nom deux fois, les nomme « Santander »« Sandler !!! », écrit, à la hâte, sa conseillère Sarah Knafo sur un papier glissé en sa direction. Trop tard, Zemmour poursuit sur sa lancée.

 

Cette scène, captée par une caméra de l’équipe long format de BFM-TV pour un documentaire programmé début novembre, illustre le malaise. Eric Zemmour, qui n’a pas souhaité répondre aux sollicitations du Monde sur ce sujet, tient, en effet, une position particulière : lui-même de confession juive, il multiplie les déclarations qui heurtent, tant sur l’affaire Dreyfus, Vichy, Pétain ou la rafle du Vel’ d’Hiv, que sur les lois mémorielles qu’il souhaite abolir, dont la loi Gayssot, qui réprime le délit de négationnisme.

 

L’attaque voilée contre la famille Sandler a agi comme la goutte de trop. Éric Zemmour dénonce, depuis, une « instrumentalisation politicienne de l’émotion » et assure que blesser les proches des victimes n’était « pas le but du jeu ». Il continue toutefois de se dresser contre une « défrancisation » selon laquelle, à ses yeux, « on ne fait plus des Français ». « Ils n’appartenaient pas à la France », lâche-t-il sur France 2, le 11 septembre. « Je ne sais pas si ces gens sont français », évacue-t-il, le 14 octobre, sur CNews, de nouveau interrogé.

 

Filiation barrésienne

 

Dans son dernier livre, déjà vendu à plus de 200 000 exemplaires, Éric Zemmour a intitulé le chapitre évoquant les enfants Sandler « La terre et les morts », reprenant la formule de Maurice Barrès, écrivain nationaliste, antidreyfusard et antisémite, dont il se réclame ouvertement. Dans le Journal du 15 février 1900, Barrès écrivait, à propos des « éléments étrangers », des lignes qui résonnent avec le discours de l’ex-vedette de CNews : « Aujourd’hui, parmi nous, se sont glissés de nouveaux Français que nous n’avons pas la force d’assimiler, qui ne sont peut-être pas assimilables, auxquels il faudrait du moins fixer un rang, et qui veulent nous imposer leur façon de sentir. Ce faisant, ils croient nous civiliser ; ils contredisent notre civilisation propre. » Puis : « Avec une apparence de paix, la France est en guerre civile. »

 

Cette filiation barrésienne forme la colonne vertébrale de multiples polémiques qui ont émaillé les écrits et déclarations d’Eric Zemmour depuis son best-seller Le Suicide français (Albin Michel, 2014). Ainsi juge-t-il « trouble » l’affaire Dreyfus. A propos de l’innocence du soldat, il soutient, le 15 octobre 2020, sur CNews, que « ce n’est pas évident » et que celui-ci aurait été ciblé en tant qu’« Allemand » plutôt que juif. Son inspirateur Maurice Barrès décrivait pourtant Alfred Dreyfus comme la figure du traître, une « pourriture sur notre admirable race », dans son virulent article « La parade de Judas », en 1895.

 

D’un refus de toute « repentance » découle la tentative de réhabilitation du maréchal Pétain. Éric Zemmour défendait déjà, en 2014, la théorie du « moindre mal » selon laquelle Philippe Pétain aurait « sacrifié les juifs étrangers pour sauver les juifs français ». Dans son dernier essai, il cible de nouveau l’avocat Serge Klarsfeld, lequel a rendu public le statut des juifs durci de la main de Pétain, et déplore que Jacques Chirac ait reconnu la responsabilité de l’Etat dans la rafle du Vel’ d’Hiv.

 

Toujours dans son dernier livre, il critique le procès de Maurice Papon, haut fonctionnaire de Vichy, comme un « procès idéologique » dont la visée aurait été de dire que « la France est coupable ». « Les fonctionnaires de Vichy n’étaient pas coupables, ils devaient obéir à l’Etat. Sinon, il n’y a plus d’autorité, plus d’obéissance », s’indigne-t-il sur CNews, le 13 septembre. A Béziers (Hérault), il assurait au Monde : « J’assume toujours tout. Ce que vous appelez mon inspiration idéologique et intellectuelle, c’est moi. Je n’en changerai pas. »

 

« Lever le tabou de Vichy »

 

Éric Zemmour défend une conception stricte de l’assimilation, qui proclame que « Napoléon est notre père, Louis XIV notre grand-père et Jeanne d’Arc notre arrière-grand-mère ». Ce rapport à l’identité n’est pas sans lien avec l’histoire de sa famille, juifs d’Algérie qui ont reçu la citoyenneté française par le décret Crémieux en 1870, contrairement aux musulmans. Ceux que l’on appelle alors « les israélites indigènes » d’Algérie ont vécu « le décret Crémieux comme une bénédiction et sont allés très loin dans l’assimilation », souligne Jean-Yves Camus, politologue spécialiste des radicalités.

 

Mais le candidat putatif remonte à la Révolution et à l’Empire lorsqu’il évoque « l’assimilation » des juifs, qu’il prend en modèle. Le 23 septembre, en débat avec Jean-Luc Mélenchon sur BFM-TV, il explique ainsi qu’il souhaite « imposer » à « la religion islamique exactement la même chose que ce que la France a imposé aux juifs, selon la fameuse formule de Clermont-Tonnerre [qui plaidait pour accorder la citoyenneté aux juifs en 1789] : “Tout aux juifs en tant qu’individus, rien en tant que nation.” C’est tout, toutes mes idées, tout mon projet ».

 

Laurent Joly, directeur de recherche au CNRS et auteur de L’Etat contre les juifs (Champs Flammarion, 2020), y voit un moyen de « rendre possibles des politiques que l’on pense impossibles ». « D’une part, il considère que la droite et l’extrême droite se divisent sur Vichy, Pétain et de Gaulle, donc il tente de réécrire cette histoire, analyse le chercheur. D’autre part, il souhaite lever le tabou de Vichy afin de rendre acceptable un projet de détricotage de l’Etat de droit et d’exclusion des minorités. » Son objectif de renvoyer 2 millions d’étrangers en cinq ans, formulé mi-septembre, pourrait ainsi conduire à « se doter d’instruments sans précédent depuis Vichy et à rompre avec le droit tel que nous le connaissons », complète l’historien.

 

Lorsqu’Éric Zemmour aborde sa judéité, c’est pour évoquer des « traditions familiales » et une « enfance pétrie de judaïsme ». S’il fréquente une synagogue du 9e arrondissement, il se dit « d’abord un citoyen français » et considère que le legs juif n’existe qu’à travers le catholicisme. Il refuse de considérer sa religion comme un élément politique et juge que s’y référer, comme le fait Bernard-Henri Lévy dans une tribune retentissante parue dans Le Point, le 12 octobre, sous le titre « Ce que Zemmour fait au nom juif », serait « digne de la presse antisémite d’avant-guerre ». « Il m’assigne à résidence ethnique et religieuse », a réagi Zemmour sur CNews. Mais, à la surprise de Pascal Praud, qui l’interroge, il contre-attaque avec une rhétorique analogue au discours antisémite de la fin du XIXe siècle, accusant le philosophe d’être « la figure absolue du traître » et l’assimilant aux « cosmopolites ». « Tout s’y trouve, c’est un discours profondément antisémite, déplore le philosophe Alain David, délégué national de la Licra à la Commission nationale consultative des droits de l’homme. Zemmour fait surgir l’obscène, l’imprononçable. »

 

« Beaucoup sont horrifiés »

 

Qu’un essayiste crédité de 16 % des intentions de vote à l’élection présidentielle s’aventure sur ces thématiques suscite inquiétude et malaise chez les responsables des institutions juives. L’un des premiers à avoir réagi est Francis Kalifat. « Pas une voix juive ne doit aller au candidat potentiel Zemmour », a estimé le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), mi-septembre sur Radio J, en qualifiant Eric Zemmour de « juif utile ». Ce dernier avait rétorqué que M. Kalifat était « l’idiot utile des derniers antisémites » – le président du CRIF ne souhaite pas alimenter davantage la polémique.

 

Patrick Klugman, avocat de SOS Racisme et membre du CRIF, partage l’indignation de M. Kalifat : « Je ne connais personne d’autre à l’extrême droite qui tient ce genre de propos. Il vient retirer l’appartenance nationale à des victimes de terrorisme. Il touche au plus sacré chez les juifs. » Pour l’ancien adjoint d’Anne Hidalgo, le problème est que « la lutte contre l’antisémitisme se trouve réduite à néant parce que l’émetteur est juif. C’est du jamais-vu ». M. Klugman décrit des Français juifs déboussolés : « Beaucoup sont horrifiés, mais il y a une dynamique. »

 

Éric Zemmour agit, en réalité, comme le révélateur d’un clivage qui traverse les Français juifs, entre un sommet – incarné par des institutions qui lui sont hostiles – et une base, où son discours trouve une résonance. Alain Jakubowicz, ancien président de la Licra, assène pour sa part que « le CRIF ne représente plus rien, ni personne ». « Il est très probable qu’il y ait une dichotomie entre la base et le sommet, reconnaît Jean-Yves Camus. Le thème qui résonne le plus, c’est l’immigration et l’islam. »

 

Tous les interlocuteurs que nous avons interrogés le confirment : le projet d’Eric Zemmour quasi exclusivement dirigé contre l’islam rencontre un écho. « Il y a un rejet de l’Arabe, c’est indéniable », se désole ainsi M. Jakubowicz. L’avocat ne mâche pas ses mots pour qualifier celui qu’il appelle « un extrémiste sans limite », dont la radicalité prospère sur l’inquiétude des Français qui se sentent menacés en raison de leur religion. « Les Juifs dans le “9-3”, c’est un monde assiégé dont les membres fuient dès qu’ils peuvent, résume l’ancien préfet de Seine-Saint-Denis Didier Leschi. Ils ont l’impression d’être victimes du “grand remplacement” et se focalisent sur les musulmans. »

 

Noémie Madar, présidente de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), explique : « La peur des juifs de France est celle du terrorisme islamiste, à l’origine de l’assassinat de trop nombreux juifs français ces dernières années. Éric Zemmour instrumentalise cette peur. » Mme Madar décrit un profond « malaise » : « C’est terrifiant que la figure raciste aujourd’hui soit juive. Il se présente avec sa part juive et il en joue. Il s’autorise des choses grâce à cela. »

 

Le pamphlétaire n’a pas toujours été considéré comme un paria par certaines institutions communautaires juives. En 2016, il a été invité par la grande synagogue de la Victoire, à Paris, à un débat face à l’ancien grand rabbin de France Gilles Bernheim. Coiffé d’une kippa, comme le veut la règle, l’écrivain nationaliste y avait développé sa définition du Français juif, ses théories sur « l’influence juive » d’avant-guerre et sur « Auschwitz et tout ça ». Dans une recension, le site Actualité juive estimait que ces propos « donnaient la nausée ». Impossible aujourd’hui de trouver sur Internet l’intégralité de cette conférence animée par le journaliste du Figaro Yves Thréard. Seuls des extraits filmés par des spectateurs sont disponibles.

 

Frontière entre les « pour » et les « anti »

 

Mais sur Zemmour, désormais, une frontière de plus en plus infranchissable sépare les « pour » et les « anti ». Albert Elharrar, président de la communauté juive de Créteil, est clair : « On ne veut pas être associé à ce personnage abject qui ne représente pas les valeurs de la religion juive. Il souille les âmes, il faut le combattre, ses propos sont inadmissibles. » Comme beaucoup de représentants communautaires, il assure que « personne ne parle de lui à la synagogue ». Peut-être parce que le sujet, à vif, entraîne tensions et incompréhensions. La preuve : ceux qui ont accepté de nous en parler l’ont fait sous la condition de l’anonymat.

 

 

« On ne peut pas s’interdire de réfléchir sur des sujets majeurs sous prétexte qu’il dit des choses erronées ou discutables », souligne Michel.

 

Michel (le prénom a été modifié), un entrepreneur de 50 ans de l’Ouest parisien, est issu « d’une famille plutôt à gauche » mais soutient Éric Zemmour. D’où des algarades lors des repas familiaux. Les polémiques sur Vichy ou Dreyfus ne le gênent pas : « Je me fous de Pétain. Quel est le danger du pétainisme aujourd’hui ? On ne peut pas s’interdire de réfléchir sur des sujets majeurs sous prétexte qu’il dit des choses erronées ou discutables. » Pour lui, le sujet est le « conflit de civilisations » avec un islam menaçant la République, dont Eric Zemmour serait le seul à comprendre l’ampleur. L’ancien éditorialiste du Figaro résume d’une formule lapidaire, à propos du terrorisme islamiste : « On ne crie pas “Heil Hitler”, on crie “Allahou akbar”. »

 

Gilles-William Goldnadel, avocat médiatique proche de la droite la plus dure, voire de l’extrême droite, comprend cette attraction. « La communauté juive française a énormément évolué, avance-t-il. Elle serait largement zemmourienne s’il ne faisait pas montre d’un manque de sensibilité vis-à-vis de la question juive. » Valérie, Parisienne d’une cinquantaine d’années, le confirme : « On se sent incompris face à l’islamisme. L’adhésion totale à Zemmour est empêchée par ses sorties, mais il dit quand même des choses que l’on attend depuis très longtemps. » Comme la réponse à une peur bien ancrée, en somme.

 

Abel Mestre et Ivanne Trippenbach

 

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8 novembre 2021 1 08 /11 /novembre /2021 06:00

Consultation d'un druide

Titre accrocheur s’il en est puisé à la source de Vitisphère sous la signature d’Alexandre Abellan.

 

Bordeaux sera toujours Bordeaux, « sûr de lui et dominateur » aurait dit la grand Charles, ce grand lac de vin vit aujourd’hui le désamour des consommateurs, à la manière du gros rouge qui tache du Midi dans les années 70-80, nom de code : Bordeaux-bashing.  

 

Un peu simpliste comme analyse attribuant à une main invisible malveillante les malheurs du tonneau de Bordeaux se trainant dans le ruisseau à 750 €.

 

Le consommateur a toujours raison me disait-on à l’époque où les français se sont rués dans les allées de la GD laissant sur le flanc les petits commerçants de quartier. Ils n’ont eu que leurs yeux pour pleurer sauf qu’à l’heure actuelle le balancier s’est inversé, le commerce de proximité a, de nouveau, le vent en poupe, les grands de la GD font le trottoir dans les villes et les achats en ligne déplument les hypermarchés carbonés.

 

Bref, dans l’entre soi bordelais, sous la houlette des « têtes d’œufs » du CIVB, loin des folies des GCC, Bernard Farges et Allan Sichel, viennent de présenter à leurs troupes hésitant entre colère et résignation, le nième  plan d’actions pour répondre aux difficultés commerciales actuelles du vignoble et préparer sa revalorisation pour l'avenir.

 

Françoise Giroud, qui avait la dent dure, déclara en 1974, à propos du maire de Bordeaux, Jacques Chaban-Delmas, « On ne tire pas sur une ambulance » ICI, je me contenterai donc, charitable que je suis, de qualifier ce papier d’à côté de la plaque.

 

Un morceau remarquable de cette indigence :

 

« Mettant sur la table son plan d’action, le CIVB se veut un outil de soutien à la promotion sur le terrain, comme l’indique Julie Rambaud-Texier, sa directrice marketing. Visant une humanisation des opérateurs bordelais, l’interprofession prend comme « fil rouge » la tournée des vins de Bordeaux (avec chaque année une édition collective et nationale début mars et des versions réduites par groupes d’appellations bordelaises). Souhaitant se renforcer sur le marché girondin (« on ne peut gagner la bataille de l’image des vins de Bordeaux si l’on ne gagne pas le match à domicile » souligne Julie Rambaud-Texier), le CIVB continue de prospecter l’export avec un format événementiel de "Bordeaux days" (des journées de séminaires sur 6 marchés prioritaires, pour viser 200 professionnels par journée dans 13 villes), d’innover dans ses supports de communication (avec un film en réalité virtuelle) et de recruter de nouveaux ambassadeurs (comme avec l’influenceuse du Rouge Aux Lèvres). »

 

L’humanisation des opérateurs bordelais, et l’influenceuse Rouges Aux Lèvres, mais de qui se moque-t-on ?

 

Des vignerons pour sûr, comment peut-on mettre sur la table, pour séduire les consommateurs, « rendre la filière attractive » (sic), se raccrocher aux marchés, des propositions purement cosmétiques. Les nouveaux consommateurs qui ont fui les vins de Bordeaux ne l’ont pas fait parce que les opérateurs bordelais n’avaient pas d’âme, mais parce que le produit présenté ne leur plaît pas, et ce n’est pas avec une « influenceuse » payée par le CIVB, faisant de la réclame sur Instagram, face de bouc ou autre réseau social, qu’on va les convaincre de tremper à nouveau leurs lèvres dans un ballon de rouge bordelais.

 

Fort bien me direz-vous, mais alors : que faire ? Que proposer ?

 

Mes réponses sont simples : j’ai déjà donné, suis pas qualifié, retiré des voitures je me contente de boire des jus qui me plaisent, quand la forme prend le pas sur le fond elle touche le fond, avec l’espoir secret de remonter à la surface.

 

Un seul conseil aux têtes d’œufs du CIVB : allez-donc traîner vos escarpins ou vos Richelieu dans les bars à vin, y’en a sûrement plein à Bordeaux, ça vous fera le plus grand bien, ça aérera vos neurones confinés dans des recettes formatées, ça vous permettra de sortir des sentiers battus et de donner une nouvelle jeunesse aux petits vins de Bordeaux.

« Notre enjeu, c’est susciter la demande en étant attractif auprès du consommateur » indique Allan Sichel. - crédit photo : CIVB

La boîte à outils des vins de Bordeaux pour se raccrocher aux marchés sans arracher ICI

Jeudi 04 novembre 2021 par Alexandre Abellan

 

https://www.consoglobe.com/wp-content/uploads/2015/10/druide_shutterstock_1058625014.jpg

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7 novembre 2021 7 07 /11 /novembre /2021 06:00

Plus dure sera la chute en Blu Ray : Plus dure sera la chute - AlloCiné

En juin 81, lors de mes premiers pas dans le sérail politique, le Palais Bourbon était  une marmite au bord de l’implosion, pensez-donc, certes les chars soviétiques n’avaient pas fait un blitzkrieg jusqu’à la place de la Concorde, mais 4 Cocos siégeaient au gouvernement  Mauroy  2, la chambre étaient majoritairement rose, certains au Congrès de Valence demandaient que les têtes roulassent dans la sciure, Robert Badinter était conspué, la vieille droite qui se croyait propriétaire du pouvoir depuis l’arrivée en 58 du Grand Charles, l’avait mauvaise, elle espérait avoir très vite sa revanche contre la piétaille de la gauche unie, dévaluation, sortie du SME, Tonton hésita, tangua, puis sur la pression de Delors, fit barre toute vers la « rigueur ». Bref, la gauche devint convenable, de gouvernement, fréquentable. Les députés socialos des premiers jours, dépenaillés, se glissèrent avec délice, pas tous heureusement, dans les mœurs de l’élite où l’impunité était la règle non-écrite, mais toujours respectée dans un silence complice.

 

Mais en France, il faut laisser le temps au temps, formule fétiche de Mitterrand, pour que  tout change pour que rien ne change. Presque 50 ans, et n’en déplaise à notre monsieur contre Pax, c’est sous le règne de Macron 1er que la débandade de l’élite mâle est arrivée.   

 

Sarkozy, Duhamel, Académie Goncourt… La France comptait en son sein une élite sans vergogne – jadis. Aujourd’hui, sans se transformer en modèle d’égalitarisme à la scandinave, la France ne considère plus son élite politique et culturelle comme intouchable, analyse le Financial Times.

 

J'ai retrouvé ce vieux truc que je n'avais pas encore mis ici... - C'est  facile de se moquer

 

Il se passe des choses étranges en France. L’ancien président Nicolas Sarkozy s’est vu infliger une peine de prison (qu’il effectuera chez lui), après sa deuxième condamnation en six mois. D’autres célébrités françaises ont été accusées de viol ou d’inceste. Il a été interdit aux membres du jury remettant le principal prix littéraire du pays de le décerner à un amant. L’École nationale de l’administration, qui recrute les élites politiques qui se reproduisent entre elles, a été rebaptisée et devrait être réformée.

 

https://www.lopinion.fr/sites/nb.com/files/styles/w_400/public/styles/paysage/public/images/2021/03/20210302_sarkozy_condamne_affaire_ecoutes_web_0.jpg?itok=Og5MbT0a

 

Les Français – qui forment probablement la nation la plus pessimiste du monde – refuseront peut-être d’y croire, mais apparemment il semble possible de faire le ménage dans les rangs de leurs élites, au bout du compte. De quoi tirer des leçons utiles pour d’autres pays.

 

Toutes les élites finissent par ne penser qu’à elles, et les représentants de l’élite française que j’ai rencontrés après mon arrivée à Paris il y a vingt ans étaient sans vergogne. Ils faisaient leurs études ensemble, puis se regroupaient dans quelques arrondissements* sur les bords de la Seine, s’installant l’été dans les résidences secondaires des uns et des autres. Dans un pays à la lourde fiscalité, on avait coutume, entre gens de la même caste, de s’offrir non de l’argent mais du pouvoir et des avantages. En cas de problème, on pouvait toujours appeler un ami juge. Une époque résumée par une photo de François Fillon – alors Premier ministre de Sarkozy – en train de se détendre en famille sur la pelouse de son château* en 2016.

 

Méfiance envers les élites

 

Mais l’élite française a appris à guetter le chuintement du couperet de la guillotine et, en 2017, diverses forces se sont associées pour imposer un nettoyage. On courait le risque que la dirigeante d’extrême droite Marine Le Pen entre à l’Élysée. C’est Emmanuel Macron qui l’a emporté, finalement, mais sa loyauté envers ses vieux amis n’était pas à toute épreuve. Il a pris la tête d’une génération plus jeune, où les femmes jouent un rôle sans précédent, et qui a été contaminée par les règles de transparence en vigueur à l’étranger. Quelques mois plus tard, les révélations sur le prédateur sexuel américain Harvey Weinstein ont déclenché le mouvement mondial #MeToo.

 

Une loi macroniste sur la moralisation de la vie politique” interdit aux députés d’embaucher leurs proches ou de dépenser des fonds sans présenter de factures. Fillon a été inculpé pour avoir offert un emploi fictif à son épouse. Immanquablement, certains à droite affirment que Sarkozy et lui sont victimes de persécutions judiciaires. Peut-être les peines qui les visent n’ont-elles fait qu’exacerber la méfiance des Français vis-à-vis des élites. Quoi qu’il en soit, ce sont des signes de réforme : la justice ne vaut plus seulement que pour les humbles.

 

Pour les parlementaires aussi, la vie a changé. C’en est fini des déjeuners de six heures arrosés au champagne avec des “assistantes de recherche” de 22 ans. Un restaurateur parisien grommelle que, de nos jours, les politiciens “n’ont pas d’argent”. À la fin de 2017, des panneaux ont été placardés dans les ascenseurs de l’Assemblée nationale pour rappeler la définition légale du harcèlement, les peines de prison et les amendes qui y sont associées, ainsi qu’un numéro d’urgence pour les victimes. Et ce n’est pas sans effet.

 

Les temps changent

 

Le #MeToo français a accéléré l’hiver dernier, après la publication de deux livres autobiographiques, un de Camille Kouchner et l’autre de Vanessa Springora, contenant des allégations sur des agressions incestueuses et pédocriminelles. Le beau-père de Camille Kouchner, Olivier Duhamel, président du Siècle, un club élitiste – autrement dit, président de l’establishment français – a été banni de la vie publique, accusé d’avoir abusé du frère de l’autrice. L’affaire a fait tomber plusieurs autres membres de la caste supérieure, dont le philosophe et polémiste Alain Finkielkraut, évincé des plateaux de la chaîne de télévision LCI après s’être interrogé sur cette agression sexuelle présumée à l’encontre d’un garçon de 14 ans : “[…] Y a-t-il eu consentement? […] Y a-t-il eu ou non une forme de réciprocité? Un autre secteur de l’élite, l’Église catholique, est confronté à des difficultés du même ordre après qu’un rapport a estimé que, depuis 1950, des prêtres avaient abusé de 216000 personnes aujourd’hui adultes.

 

La liste des prêtres pédophiles s'allonge ! | caricatures de l'actualite  par Plop et KanKr

 

En comparaison, le scandale qui entoure le plus grand prix littéraire français peut certes passer pour de la petite bière mais, culturellement, il n’en est pas moins révélateur. Un auteur initialement sélectionné pour le Goncourt de cette année se trouve être le compagnon d’une femme membre du jury; laquelle a par ailleurs écrit une critique incendiaire sur un roman concurrent. Il y a dix ans, nul ne s’en serait soucié. De fait, Philippe Claudel, le secrétaire général du jury du Goncourt, avait curieusement dit, au début, que “ce n’était pas un problème éthique ou déontologique, ce qui serait le cas s’il émanait d’un conjoint, d’un descendant, d’un ascendant”. D’autres ont tenu à souligner que le couple ne vivait pas sous le même toit.

 

Mais les temps changent. La semaine dernière, le Goncourt a interdit aux membres du jury de récompenser des amants et des proches. Tout aussi inhabituel, la nouvelle liste ne contient aucun ouvrage de l’éditeur le plus en cour du pays, Gallimard. Tout cela a lieu après la réforme, l’an dernier, de l’académie remettant le plus grand des prix du cinéma en France, celle des César : sa direction a démissionné après que 400 artistes ont dénoncé une académie au fonctionnement “élitiste et fermé” qui avait sélectionné douze fois un film du réalisateur Roman Polanski, accusé de pédocriminalité.

 

La France ne s’est pas soudainement transformée en un modèle d’égalitarisme transparent à la scandinave. Mais elle se réforme, et elle n’est pas la seule. Quand les institutions de l’élite sont attaquées par la base, elles trouvent des raisons de faire le ménage.

 

L’Italie a réduit le nombre de ses parlementaires et réforme ses tribunaux afin que les inculpés fortunés ne puissent plus faire traîner la procédure jusqu’à ce qu’il y ait prescription. En Grande-Bretagne, Oxford et Cambridge acceptent davantage d’étudiants issus de l’enseignement public. Les électeurs ne tolèrent plus les dirigeants coupables de délit d’initié, comme le prouve la démission, la semaine dernière, du chancelier autrichien Sebastian Kurz et la défaite du Premier ministre tchèque Andrej Babis. Lutter contre la corruption, c’est aussi reconnaître quand elle est déclin.

 

* En français dans le texte.

 

Simon Kuper

 

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 06:00

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La nouvelle est tombée sur mon téléscripteur :

 

C’est un petit séisme en France : les ventes du légendaire camembert, star du traditionnel plateau de fromage, sont sur le point d’être dépassées par sa douce rivale italienne : la mozzarella.

 

Mozart est là…

 

Il en est de la mozzarella, comme du Canon de Pachelbel ou l’adagio d’Albinoni, elle est victime de son succès planétaire. Bien évidemment je ne parle même pas de la mozzarella au lait de vache produite partout, y compris en France, dans des usines. Non, je parle de celle que l’on trouve dans la GD sous l’étiquette Mozzarella di Buffala Campana par des marques comme Galbani qui elle aussi est un produit industriel.

 

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1 septembre 2019

Mozart est là… et la mozzarella di buffala… ICI  

 

Ce désamour  préoccupe Ouest-France qui, même s’il n’est pas normand mais breton, a, dans son giron, le fameux Président (pas celui honni par Pax) produit phare de la maison Besnier devenue Lactalis.

 

Je cite :

 

Les deux fromages ne sont pas exactement rivaux : ils sont consommés différemment en fonction des saisons et la mozzarella est surtout utilisée en cuisine, quand le camembert est plus apprécié en dégustation.

 

Mais ce déclin réel laisse présager en creux un changement dans les habitudes culinaires des Français.

 

Selon une étude du ministère français de l’Agriculture, en 2020 les ventes de camembert chutaient de 11 % par rapport à 2015 quand celles de la mozzarella bondissaient de 62 %.

 

Le cabinet d’étude Nielsen assène : La tendance est claire, les ventes de mozzarella vont dépasser celles de camembert d’ici peu.

 

Nous vivons un deuil, comment le meilleur fromage a-t-il pu être détrôné ? s’est lamentée sur Facebook l’entreprise familiale de camemberts Gillot – leader français de la fabrication de camembert au lait cru – installée dans le village de Saint-Hilaire-de-Briouze (nord-ouest).

 

20 mai 2018

C’est la triste histoire d’un bon camembert Gillot au lait cru, moulé à la louche, congelé et coincé entre 2 Président dans une armoire de la GD : tout ça pour ça ! ICI 

 

Pour Émilie Fléchard, directrice adjointe de Gillot, ce putsch pourrait être lié à un changement de mœurs, par exemple un déclin de la tradition du plateau de fromage.

 

« Mes parents mangeaient du fromage deux fois par jour. Personnellement, à part quand je reçois, je ne mange pas de fromage à la fin du repas » observe-t-elle.

 

Une tendance que semble discerner aussi Loïc Bienassis (j’attends Pax) chargé de mission scientifique à l’Institut européen d’histoire et des cultures de l’alimentation (IEHCA) : En 2011, 40 % du fromage était consommé hors plateau mais depuis, cela a probablement augmenté indique-t-il à l’AFP.

 

Le camembert, une « aventure »

 

Mais le désamour vis-à-vis du camembert s’explique aussi par une réputation, ternie au fil du temps.

 

Le camembert souffre d’une image vieillotte, celle d’un fromage populaire, traditionnel, constate Mike Bija, fromager à La Crèmerie du 17e, dans un arrondissement chic de Paris.

 

Par ailleurs, selon l’étude du ministère, les amateurs des deux fromages n’ont pas forcément le même profil d’âge : le camembert est deux fois plus consommé par les plus de 65 ans que par les moins de 35 ans. La mozzarella est au contraire achetée massivement par les moins de 35 ans.

 

Car la petite boule blanche italienne est pratique : On la consomme plus en plat, dans les salades », explique Sakina Merazga, qui tient la boutique parisienne avec Mike.

 

Elle accompagne parfaitement une nouvelle alimentation, qui se veut plus saine, plus légère…

 

En rupture par rapport au repas français traditionnel, incarné par le camembert, un produit exigeant, fort en goût, qui se mange seul, selon Mme Merazga. Le camembert, cest une aventure !

 

La mozzarella, c’est un effet de mode, un fromage de jeunes urbains et branchés, estime Mike Bija.

 

La Crèmerie vend d’ailleurs un camembert au lait de bufflonne, sorte de synthèse crémeuse et osée des deux rivaux, à destination des clients rebutés par le goût trop prononcé du camembert.

 

L’industrialisation contre la tradition

 

Mais derrière la perte globale de vitesse du camembert, spécialité de Normandie, se cache des réalités très différentes.

 

Au niveau du goût comme du prix (presque deux fois plus élevé en moyenne), pas grand-chose à voir entre un camembert AOP de Normandie et un camembert industriel standardisé.

 

Pour obtenir le label « Appellation d’origine protégée », les producteurs doivent répondre à certains critères : moulage à la louche, lait cru… Une sévérité qui garantit un goût inégalé et un respect de la tradition.

 

Chez Gillot, où l’on produit notamment de l’AOP, la fabrique est une véritable ruche et les employés s’affairent dans un incessant ballet : Nos ventes progressent depuis huit ans, se félicite Emilie Fléchard.

 

Selon l’Association de défense et de gestion de l’AOP Camembert, les ventes ont augmenté de 20 % entre 2014 et 2020.

 

Les gens veulent manger moins mais de meilleure qualité, conclut Mme Fléchard.

 

Mais cette production ne représente qu’un peu moins de 10 % du tonnage global. L’écrasante majorité du camembert est produite par des géants industriels comme Lactalis, vendus en supermarchés.

 

 

 

L'info sent aussi l'A.F.P.

Les ventes du légendaire camembert, spécialité du nord-ouest du pays et star du traditionnel plateau de fromage, sont sur le point d’être dépassées par sa douce rivale italienne: la mozzarella. Photo d’illustration Pixabay

 Photo d’illustration Pixabay

Camembert: «Comment le meilleur fromage a-t-il pu être détrôné ?» ICI

 

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 12:30

 

« Lettre ouverte à mes amis vignerons

 

Chers amis, 

 

Je suis né à Saint-Emilion et aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été passionné par ce métier formidable et difficile : celui de cultiver la vigne et d’élever ses vins dans le respect de l’humain et de la nature.

 

Très tôt, je me suis beaucoup investi dans nos instances professionnelles car je souhaitais servir l’intérêt collectif et défendre notre patrimoine commun et nos appellations.

 

Partout où cette aventure m’a mené, depuis plus de 50 ans, j’ai eu le privilège de rencontrer des femmes et des hommes formidables, dont beaucoup m’ont témoigné leur soutien chaleureux ces derniers temps. Je les en remercie très sincèrement.

 

Voilà bientôt neuf ans que je suis la cible d’une accusation particulièrement violente et que j’estime injuste et infondée. 

 

Pour jeter le discrédit sur un classement dans lequel ils n’ont pas été retenus, un petit groupe de viticulteurs a multiplié les procédures et les attaques personnelles, en m’accusant, entre autres, d’avoir cherché à utiliser mes mandats pour prétendument influencer les organismes en charge de l’élaboration et de la mise en œuvre du classement.

 

A la suite de leur plainte, déjà ancienne, j’ai dû m’expliquer à de nombreuses reprises et au fil de la procédure, le champ de ce qui m’était reproché n’a cessé d’évoluer.

 

En 2018, le procureur de la République a requis un non-lieu estimant qu’il n’existait aucune charge sérieuse à mon encontre. J’ai pensé, à tort que cette affaire était enfin terminée.

 

La semaine dernière, le tribunal correctionnel de Bordeaux m’a condamné au paiement d’une amende.

 

Après avoir lu le jugement, je comprends qu’il m’est essentiellement reproché d’avoir, en tant que Président de section du Conseil des Vins, répondu à des demandes qui m’avaient été adressées par le service juridique de l’INAO, dans le cadre de l’élaboration du cahier des charges du classement.

 

Pour moi, ces échanges étaient neutres et transparents, ils étaient conformes aux règles en vigueur au sein de l’INAO. 

 

Contrairement à ce que je lis parfois dans la presse, à aucun moment il n’a été démontré que j’aurais pu recevoir le moindre avantage, ni direct, ni indirect du fait de ces opérations. Le Tribunal l’a d’ailleurs clairement dit dans sa décision.

 

En mon âme et conscience, je sais que je n’ai jamais agi de manière contraire à mes valeurs. Je n’ai jamais recherché autre chose que de servir le collectif et surtout, je n’ai jamais avantagé des intérêts particuliers, et encore moins les miens.

 

Pendant toutes ces années, cette procédure a servi mes détracteurs, pour les conduire à alimenter des polémiques sans fin et nourrir des attaques contre ma famille, mes collaborateurs et moi-même.

 

C’est pourquoi, même si je la trouve injuste et injustifiée, j’ai décidé de mettre un terme définitif à ce litige, et de ne pas faire appel de cette décision.

 

Je sais désormais que l’engagement public présente des risques que je n’aurais même jamais imaginés lorsque j’ai accepté de m’engager dans ces mandats. Je tiens à rappeler que j’avais été élu à l’unanimité pour représenter l’appellation dans le cadre du Conseil des Vins, et nommé directement par le ministre de l’Agriculture, en connaissance de cause, pour siéger à l’INAO.

 

Au fond, quel que soit mon ressenti, mon expérience ne doit pas décourager celles et ceux, notamment les plus jeunes, qui continueront à s’engager pour défendre avec force et conviction nos appellations et nos instances, locales et nationales, tant enviées par nos concurrents étrangers.

 

De mon côté, je vais continuer à faire ce métier que j’aime tant avec tous ceux, nombreux, qui continuent à me soutenir et à me faire confiance.

 

Bien amicalement,

 

Hubert de Boüard de Laforest
Vigneron 

 

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