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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 06:00
Crédits photo : CC BY-SA 3.0

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En découvrant la nouvelle je me suis dit « Tiens voilà une bien étrange aventure qui irait comme un gant à Jean-Paul Kauffmann… »

 

« Le paradis est 1 île. L’enfer aussi. » écrit Judith Schalansky dans son Atlas des Îles abandonnées.

 

 

Le rocher de Tevennec n’est pas une île mais, du fait de l’érection du phare : 5 ans de travaux entre 1869 et 1874 seront nécessaires pour construire la maison-phare. Le feu est allumé le 15 mars 1875, ce simple rocher sera donc habité jusqu’en 1910.

 

« Au milieu du XIXe siècle, l'augmentation du trafic à la pointe bretonne pousse l'administration à éclairer la chaussée mal pavée au large de la pointe du Raz. La construction d'ArMen, qui deviendra « l'enfer des enfers » pour les gardiens de phare, débute en 1867. Le dossier du phare de la Vieille est aussi étudié, mais il s'avère trop compliqué, surtout que le chantier d'Ar-Men mobilise tous les moyens. »

 

« Un gardien y est affecté. Le Sénan Henry Porsmoguer sera le premier d'une longue série. Car le solide gaillard (Porsmoguer a participé à la construction d'Ar-Men et de Tévennec) demande sa mutation quelques mois après son arrivée. Ses deux successeurs ne tiendront pas plus longtemps. La solitude y est insupportable. L'administration décide de nommer, en août 1876, deux gardiens sur le caillou, ce qui permettra des rotations plus fréquentes.

 

Les choses s'améliorent, mais Tévennec n'arrive pas à conserver durablement ses habitants qui se succèdent à un rythme accéléré. Seul Corentin Coquet, de Plogoff, restera quinze ans, de 1881 à 1896. L'administration tente alors d'installer des couples mariés. Les Milliner arrivent en janvier 1898, puis les Quéméré deux ans plus tard (une vache pie noire sera installée pendant un an sur le rocher pour le lait nécessaire aux enfants du couple), les Quéré en 1905, les Ropart en 1907. Finalement, Tévennec est automatisé en 1910 après avoir connu, en trente-cinq ans, 19 gardiens, quatre gardiennes, sans compter les remplaçants. Un record. »

 

source Le Télégramme

 

« En trente ans, 23 gardiens se sont succédés sur l'îlot de Tévennec, dont plusieurs couples. Parmi eux, les Quéméré ont, semble-t-il, échappé à la malédiction. Malgré certains hivers particulièrement terribles, ils ont vécu dans ce phare de 1900 à 1905 et y ont eu trois enfants. Mais le gardien suivant aurait été découpé en morceau par son épouse. Lassée, l'administration des Ponts et Chaussées a finalement renoncé en 1910 à faire garder Tévennec, qui est devenu le premier phare automatisé de France. «C'était un phare permanent. C'est à dire qu'on avait mis une grande réserve de gaz qui permettait de tenir plus d'un an. Le feu restait allumé nuit et jour», explique au Figaro Marc Pointud. »

 

Judith Schalansky, toujours elle, affirme « L’île est un espace théâtral : tout ce qui s’y passe se concentre presque inévitablement en histoires, en comédies au pays de nulle part, en sujet littéraires. Ces récits ont ceci en commun que vérité et poésie y sont inséparables, car la réalité y est mise en fiction, et la fiction, réalisée. »

 

« Tévennec est donc maudit et mûr pour entrer dans la légende. Les écrivains ne s'en privent pas. Anatole Le Braz évoquera les voix des marins morts qui résonnent dans la maison, Charles Le Goffic des gardiens devenus fous. D'autres auraient été emportés par la mer, ce qui est faux. Le phare est donc hanté, rempli de signes d'outre-tombe. Même les croix scellées dans la roche pour exorciser les lieux sont emportées par les éléments (en 1893, puis en 2009, avant que la SNPB n'en réinstalle une troisième en 2012). Depuis 1910, personne n'a vécu durablement sur le rocher. La technologie assure la pérennité du feu sous la veille de l'administration. La légende de ce lieu unique et magique continue à nourrir les esprits. »

 

L'Ankou, cette figure celte, personnification de la mort, rôderait dans les parages. Certains gardiens seraient devenus fous, d'autres auraient péri après avoir entendu des voix murmurer: «Kers cuit, kers cuit... Ama ma ma flag» (Va-t'en, va-t'en, ici, c'est ma place).

 

Olivier de Kersauson

 

« Mon enfance était un monde sans télévision ni image, où les illustrations des romans de Jules Verne étaient à la limite des contes de fées. Mais j’avais envie d’aller voir ça, en vrai.

 

Pour l’enfant privé de tout, il est normal de lire, quand on est enfermé. Il faut bien s’évader…

 

… Car pour survivre, il faut chercher le beau…

 

… Une île, c’est d’abord une ombre sur l’horizon de la mer…

 

… Notre planète est océane ; la terre est en minorité chez elle…

 

Comment allez-vous vivre pendant deux mois ?

 

J'écrirai, je transmettrai des messages et des images. Je regarderai la mer.

 

«Ça fait des années que je voulais me retrouver seul, face aux éléments, vivre en hermite, me retrouver face au large, seul face aux éléments. C'est un rêve qui va enfin se réaliser. Et si j'entends des cris, ou si je vois un fantôme, je vous fais signe!»

 

La mer, le vent, il connaît. Après avoir navigué pendant 15 ans, Marc Pointud, président de la Société nationale pour le patrimoine des phares et balises entame un séjour tout particulier. À bientôt 65 ans, ce breton d'adoption va passer deux mois en solitaire dans la maison-phare de Tévennec. Un défi qu'il s'était lancé à l'automne, mais qui n'avait pu se concrétiser, faute de conditions météorologiques favorables.

 

Marc Pointud a donc commencé le 27 février un séjour en solitaire de deux mois sur le phare de Tévennec au large de la pointe du Van.

 

« 16 h 45, hier. Marc Pointud a pris pied sur Tévennec. Le patin de l'hélicoptère a touché la roche sur un étroit aplat en contrebas de la maison-phare, le temps que le président de la Société pour le patrimoine des phares et balises saute. Les pales tournent alors à un mètre de la roche. L'opération est délicate. »

 

Pourquoi ?

 

« Marc Pointud, avec le flegme et l'humour qui le caractérise, a dit sa foi dans l'avenir du patrimoine des phares en mer. Il a embarqué, hier, avec deux livres : une bible et le dernier ouvrage de Jean-Luc Mélenchon où il parle de la mer comme avenir de la France... La procédure engagée pour l'inscription des 14 phares de l'Iroise comme monuments historiques n'est sans doute pas étrangère au travail contre vents et marée de Marc Pointud et son équipe. »

 

Parlons donc de Mélanchon

 

« La France est maritime. Et nous avons cessé depuis trop longtemps de nous comprendre comme un acteur maritime majeur. Rougissons de voir la médiocrité de nos politiques, de nos ambitions et de la faiblesse consternante de nos investissements dans ce domaine. Ils sont dérisoires à côté de celui que notre pays consent sur l'autre frontière du futur qu'est l'aérospatial.

 

Pourtant la mer est le meilleur point d'appui dont nous disposons pour sortir des crises en cours. Avec 11 millions de km2 de surface maritime, la France est le deuxième géant maritime mondial, presque à égalité avec les États-Unis. En additionnant ses territoires maritime et terrestre, la France est le 6e plus grand pays de la planète, devant la Chine et l'Inde, alors que sa superficie terrestre seule la ramène au 41ème rang mondial. Sa superficie maritime est aussi supérieure à la superficie terrestre de l'Europe entière. Nous avons de l'or bleu entre les mains. Le rêve français du futur est salé. »

 

L’ensemble ICI 

 

La Société nationale pour le patrimoine des phares et balises  s'est lancée comme objectif de le rénover entièrement. En 2011, elle a même reçu la seule autorisation de rénovation délivrée pour un phare en pleine mer, sans toutefois percevoir d'aide financière de la part de l'État. Afin de mettre un coup de projecteur sur le travail de l'association, et réunir les sommes nécessaires à la réhabilitation du phare, Marc Pointud a décidé de réinvestir les lieux durant 60 ans jours. Baptisée «Lumière sur Tévennec», le projet est en préparation depuis longtemps. «On espère avec cette opération intéresser le mécénat. Notamment pour refaire la toiture, la peinture» explique Marc Pointud. Une fois restauré, l'association voudrait faire de ce lieu une résidence d'artiste. «L'air du large a de quoi inspirer!»

 

Pourquoi pas moi !

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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 06:00
Aldi l’ami de votre porte-monnaie se paye 1 MOF en sommellerie pour sa foire aux vins de printemps : que fait donc la main du sommelier pour être qualifié d’ouvrier ?

Je ne vais pas me faire des amis dans le « milieu » de la sommellerie mais j’estime qu’il y a, au mieux, un abus de langage, au pire « une escroquerie », à attribuer un titre de meilleur ouvrier à un sommelier.

 

Ouvrier :

 

« Travailleur, travailleuse qui exécute pour le compte d'autrui, moyennant salaire, un travail manuel (dans un atelier, une mine, une manufacture, une usine, une exploitation agricole) »

 

Certes on parle d’un bon ouvrier pour une personne qui excelle dans son métier ou dans un autre travail.

 

« Il se donna ensuite le plaisir d'ouvrir chacun des quatre-vingts volumes. Ils étaient reliés magnifiquement, c'était le chef-d’œuvre du meilleur ouvrier de Londres. Il n'en fallait pas tant pour porter au comble l'admiration de Julien. »

 

Stendhal, Le Rouge et le Noir.

 

Question : que fait donc la main du sommelier ? En quoi fait-elle le vin ? La transcende-t-elle le vin ?

 

Que je sache elle se contente de le bien choisir et de le bien servir, ni plus, ni moins.

 

Le sommelier prodigue des conseils, profession très en vogue y compris dans le monde du vin avec les fameux œnologues conseil.

 

Ce n’est donc qu'un sachant parmi d'autres et si l’on se met à affubler tous les sachants d’une veste au col tricolore ça va faire beaucoup de monde et nous n’allons pas être sorti de l’auberge.

 

J’aime les sommeliers lorsqu’ils font leur métier et beaucoup le font très bien. Je respecte leur travail, je l'apprécie. Merci Franck-Emmanuel.

 

Là où je commence à avoir des doutes c’est lorsqu’ils se glissent dans des paillettes de star, affublés de titres « prestigieux » : Meilleur sommelier de France 2004 et Meilleur Ouvrier de France en sommellerie pour servir de caution, redorer le blason du hard-discount.

 

C’est la vie me direz-vous l’argent ne se trouve pas sous les sabots d’un cheval mais dans la cassette de la GD.

 

J’en conviens mais lorsque je lis pour un champagne à 14,99 €:

 

« Robe jaune paille, belles bulles fines. Nez de torréfaction où se mêlent noisettes grillées, champignons et brioche. Bouche tendre aux bulles parfaitement intégrées. Belle persistance soutenue par une fraîcheur mesurée »

 

Ou pur un crémant d’Alsace à 5,99 € :

 

« Robe jaune paille aux fines bulles délicates. Le nez évoque les arômes de fruits blancs et de touches de miel. La bouche est ronde, marquée par des saveurs de fruits blancs, des notes de miel et de caramel. Les bulles sont parfaitement intégrées et l’ensemble idéalement équilibré. »

 

Pour un muscadet côtes de Grandlieu à 3,49€

 

« Robe jaune pâle aux nuances paille. Nez délicat de fleurs et de fruits qui évoque la pomme, la mirabelle et des notes fines d’épices. La bouche est ronde, dotée d’une douceur naturelle charmeuse, les saveurs douces de pomme, de coing et d’épices bien sou-lignées par de la fraîcheur offrent un ensemble harmonieux. »

 

Pour un gewurztraminer Alsace grand cru Mombourg à 8,49€

 

« Robe jaune paille brillante. Le nez évoque des arômes de fruits exotiques, de litchi et de touches de pétales de rose. La bouche est ronde, marquée par des saveurs fruitées intenses, la rondeur légèrement douce offre une superbe ampleur dans un ensemble idéalement équilibré. »

 

Comprenez que je ne sois pas convaincu par la pertinence du conseil de ce prescripteur qualifié de prestigieux.

 

Au prix de la paille il est sûr et certain qu'il y a des coups de pompes au cul qui se perdent et qu'avec ces prix de marchands de pompe chez Aldi c'est plutôt les vignerons qui vont se retrouver sur la paille...

 

À force de faire prendre des vessies pour des lanternes on se brûle…

 

En effet, lorsque je lis dans une gazette spécialisée que pour sa foire aux vins de printemps Aldi s’offre un catalogue digne des plus grands, les bras m’en tombent.

 

Jusqu’où iront-ils dans le foutage de gueule ?

 

 

 

Lire ICI 

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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 06:00
Cerise la Bazadaise à robe gris blaireau n’est pas 1 laitière mais une bouchère : le bœuf de Bazas, le vin de Duras et Caroline De Haas # non merci ha, ha…

Lorsque coincé sur mon altier destrier au cul des bus diesel de l’immonde RATP je contemplais l’emblème du salon de l’Agriculture une belle vache Bazadaise portant le doux nom de Cerise je ne pouvais m’empêcher de penser à mes jeunes années.

 

René Fallet : Comment fais-tu l’amour Cerise ?

 

Fidèle ma chère Normande aux yeux tendres…

 

Mgr Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et Bazas, depuis le 21 décembre 2001.

 

Mais qui est cette Bazadaise ?

 

 

Une fille originaire de Bazas, en Gironde, vache de travail, bœufs d’attelage, vivacité, sobriété et robustesse. Les vaches sont vives, avec des aplombs solides, d’une morphologie de 1,40 m. Les taureaux sont plus grands, 1,45 m pour un poids allant jusqu’à 1200 kg. La robe est grise avec des nuances brunes et les muqueuses sont claires.

 

Elle a manqué disparaître, réputée comme race de travail, la Bazadaise progressa avec le développement de l’attelage et de la traction animale en agriculture à la fin du XIXe siècle et jusque vers 1940 où elle comptait 60000 têtes. Ensuite, l’effectif de la race s’est effondré avec la mécanisation pour atteindre moins de 1000 têtes dans les années 1970. Actuellement, il persiste quelques élevages de production de bœufs gras particulièrement prisés. Un programme technique et génétique lancé dès 1978 a permis d’enrayer le déclin de la race qui compte actuellement 3300 têtes.

 

Le 8 juillet j’ai commis une chronique au titre sobre : Le bœuf de Bazas et le vin de Duras

 

Quel rapport entre le bœuf de Bazas et le vin de Duras ?

 

« Aucun à priori, sauf pour moi qui aime les rimes riches. Et pourtant, les deux gros bourgs sont aquitains, placés en presque vis-à-vis sur les deux rives de la Garonne, Bazas sur la gauche, Duras sur la droite, une grosse cinquantaine de kilomètres les séparent. Le premier est une cité gasconne de 15 siècles située au sud des vignobles de Sauternes et au nord de la forêt landaise qui compte 4300 habitants et s’enorgueillit, outre de son fameux bœuf, de sa cathédrale romane classée au patrimoine mondial de l’UNESCO dans le cadre du classement des chemins de St Jacques de Compostelle depuis 1998. Evêché du Ve siècle jusqu’à la Révolution et sous-préfecture jusqu’en 1926, j’ai découvert Bazas grâce à mon professeur de zootechnie qui, en abordant les grandes races bovines, classait dans les races brunes des Alpes et dérivées la race Bazadaise. Il la décrivait à robe gris blaireau foncé, notait qu’on la rencontrait dans les Landes, le Gers, le Lot-et-Garonne et la Haute-Garonne et jugeait qu’elle possédait d’indéniables qualité pour la boucherie et le travail. Donc je connus Bazas par la maman du bœuf de Bazas (pour les jeunes urbains je signale que pour faire un bœuf il faut qu’une vache vêle d’un veau de sexe masculin que l’on castrera) qui, de nos jours, est doté d’une IGP (le bœuf de Bazas et le vin de Duras relèvent donc de l’INAO). Le bœuf de Bazas est produit que par une petite dizaine d’éleveurs, abattu dans un seul abattoir et exclusivement commercialisé par une douzaine de bouchers. Sa renommée est grande et son prix élevé. »

 

Mon pépé Louis chantait j’ai deux grands bœufs dans mon étable et pendant ce temps-là Marguerite Donnadieu écrivait, au château de Duras son premier roman « Les Impudents » où elle exaltait la beauté des paysages de son adolescence et elle devint célèbre sous le pseudonyme de Duras.

 

Marguerite Duras aimait faire la cuisine et l’affirmait volontiers avec un plaisir non-dissimulé… C’est ce qu’affirme Michèle Kastner l’auteur de la Cuisine de Marguerite… Une cuisine populaire « Je n’ai pas du tout la prétention de faire une cuisine extrêmement raffinée… Je fais une très bonne cuisine mais c’est tout… » et conviviale… « Je ne suis pas très expansive, mais les gens ne se trompent pas là-dessus parce que je leur donne à manger… Je ne dis pas que je les aime, je ne les embrasse pas, je ne suis pas quelqu’un de tendre, alors je fais à manger pour les autres… »

 

« Vous voulez savoir pourquoi je fais la cuisine ? Parce que j’aime beaucoup ça… C’est l’endroit le plus antinomique de celui de l’écrit et pourtant on est dans la même solitude, quand on fait la cuisine, la même inventivité… On est auteur. »

 

Lire ICI 

 

Reste Caroline De Haas, madame # non merci, fondatrice d'Osez le féminisme, passée par le cabinet de Najat Vallaud-Belkacem, initiatrice de la pétition contre la loi de Myriam El Khomri qui en une semaine, elle a recueilli plus de 500.000 signatures.

 

Que vient-elle faire dans ma galère ?

 

Du côté de Libé, où l’on va draguer dans la contestation 2.0 pour hameçonner les jeunes lecteurs pour sauver la barque désertée par les vieux 68 hard, on la décrit ainsi :

« Si on voulait enchaîner les bons gros clichés, on dirait que Caroline De Haas, 35 ans, coupe à la garçonne un peu bobo, est une femme rapide, énergique et maîtrisée, qu'elle a l'air de simuler un manque de confiance en elle, qu'elle s'adapte à son auditoire de manière scientifique, que c'est une intello radicale, féministe 2.0, une gauchiste, militante talentueuse qui aimerait devenir femme politique. Mais ça serait peut-être un peu caricatural... »

 

Pur produit de la rue de Solférino comme Myriam El Khomri « Au PS, elle devient l'attachée de presse de Benoît Hamon… Après la victoire de François Hollande en 2012, elle entre au cabinet de Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre des Droits des femmes…. maintenant, elle est chef d'entreprise, et tout en coachant ses clients au "media training", elle passe sur les plateaux télé et perfectionne son militantisme sur internet. Elle a fondé "Les expertes", qui met en avant des femmes expertes dans les médias. "Macholand", un site qui répertorie le sexisme ordinaire et économique, et lancé des dizaines de pétitions. Cette wonder patronne assure que son entreprise est l'une des plus productives de France. L'ENA, la région Île-de-France, le ministère des Affaires étrangères… Caroline De Haas dispense conseils et formations en égalité professionnelle à des administrations publiques et "des sociétés privées comme MMA", précise-t-elle. »

 

Passons sur cette trajectoire bien dans la norme d’un parti coupé des réalités de la vie des gens de peu – j’ai plus d’affection et de respect pour les vrais (e) entrepreneurs qui ne bénéficient pas des réseaux, des soutiens partisans, des copains et des coquins qui nous ont démontré leur savoir-faire –et réfléchissons sur la contestation du projet de réforme du droit du travail qui ne s’est encore pas matérialisée par une manif ou une grève mais la mobilisation en ligne contre ce projet de loi est sans précédent.

 

La pétition « loi travail : non, merci ! », lancée par une militante de gauche, a déjà recueilli près de 700 000 signatures (un record, sur la plateforme Change.org), tandis qu’un groupe de Youtubeurs opposés à la loi a incité les internautes à se faire entendre avec le hashtag #OnVautMieuxQueCa

 

La protestation passera-t-elle des réseaux sociaux à la rue ?

 

Je ne sais pas même si le clic est si facile, même en ignorant majoritairement, le fond des réformes proposées…

 

J’observe. J’écoute. Je doute…

 

Lire ICI

Cerise la Bazadaise à robe gris blaireau n’est pas 1 laitière mais une bouchère : le bœuf de Bazas, le vin de Duras et Caroline De Haas # non merci ha, ha…
Cerise la Bazadaise à robe gris blaireau n’est pas 1 laitière mais une bouchère : le bœuf de Bazas, le vin de Duras et Caroline De Haas # non merci ha, ha…
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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 06:00
Königsberg marzipan (sugar-glazed marzipan cakes)

Königsberg marzipan (sugar-glazed marzipan cakes)

Julia, la séduisante guide et traductrice de l’épopée de la famille Kauffmann sur le champ de bataille d’Eylau, est fascinée par le guide Baedeker que JPK a apporté dans ses bagages. Elle lui emprunte souvent.

 

 

- Qu’est-ce que le massepain lui demande-t-elle ?

- Le massepain, un gâteau d’amandes, était la spécialité de Königsberg répond-il.

 

La pâte d’amande, ou massepain, est une pâte fabriquée à partir d’un mélange d’amandes mondées finement moulues, de sucre et de blanc d’œuf.

 

Marzipan en anglais et en allemand, et marzapane en italien.

 

Qu’elles sont les origines de la pâte d’amande ?

 

Comme très souvent en cuisine : « née de père et de mère inconnus ! »

 

Ce qui n’empêche en rien « les inventeurs » * de recettes d’avancer de probables origines.

 

* inventeur au sens de découvreur

 

Méditerranéenne pour certains : on trouvait, en Italie, un pain d’épice accompagné d’une garniture en pâte d’amande dans un magasin de San Gimignano.

 

Pour d’autres son origine se trouve en Perse : elle serait apparue au VIIIe siècle où elle était la confiserie des harems d’où son nom Marzapane du nom de la pièce de monnaie Mauthaban frappée dans la ville de Byzance. Elle aurait été introduite en Europe au XIIIe siècle par les Perses, et les croisés vénitiens en auraient percé le secret.

 

La légende raconte qu’au Moyen-âge, la fille d’un boulanger vénitien, amoureuse, qui aidait son père à mélanger un peu d’amandes pilées dans un grand gâteau, perdue dans ses rêves aurait forcé sur la proportion d’amandes. Le boulanger furieux changea d’avis lorsqu’il goûta le gâteau. Comme souvent à quelque chose malheur est bon : le gâteau était délicieux.

 

En bon commerçant le boulanger vénitien découpa la pâte crue pour la vendre à ses clients. Il devint riche. Ce nouveau pain fut baptisé Pain Marcus, du nom de Saint Marc le protecteur de la Cité des Doges.

 

Une autre version vers 1400, encore plus acadabrantesque, avec cette fois-ci la jeune fille d’un confiseur vénitien Badrutt Mark qui, jouant dans le « laboratoire » de son père, renversa du miel dans une masse d’amandes pilées. Le confiseur ». Il moula la pâte en bougie sacrées ornées de décorations vénitiennes, selon la tendance de l’époque, et commença à les vendre.

 

Mais le massepain par la suite est devenu une spécialité en Allemagne, dans la région de la Mer Baltique, et notamment dans la ville de Lübeck. Là encore la légende voudrait que ce fût un chef inventif, au service d’un grand bourgeois qui, au XVIIe siècle, aurait créé le massepain et à la fin de sa vie, retournant dans sa ville natale de Lübeck aurait ouvert une usine de massepain.

 

Dernière version, peut-être la plus vraisemblable, en 1407, une terrible famine s’abattit sur les villes du nord de ce qui n’était pas encore l’Allemagne. À Lübeck la situation était encore plus terrible à Lübeck, car la ville était assiégée Le conseil municipal ordonna alors de fouiller les entrepôts du port, et l’on y découvrit une grande quantité de miel et d’amande dans un entrepôt abandonné. Un boulanger eut alors l’idée de confectionner un pain avec le miel et l’amande. Une réussite et la ville fut sauvée de la famine grâce à la pâte d’amande. C’est ainsi que serait né le massepain de Lübeck.

 

Mais rassurez-vous, JPK a raison car la production de mazirpan est traditionnelle sur les rives de la Baltique, et tout aussi anciennement que celui de Lübeck, à Königsberg Königsberger Marzipan.

 

JPK, lorsqu’il dîne en famille, dans un restaurant du centre de Kaliningrad, ne peut résister au potage Bagration.

 

Celui-ci porte « le nom d’un général géorgien qui a combattu à Eylau » mais c’est une invention de Carême surnommé au XIXe « le Napoléon des casseroles ». JPK note que normalement c’est un consommé de poissons mais là il est « composé de choux et de crème aigre avec quelques morceaux de saucisse… » et que cela ressemble à une garbure.

 

JPK prend goût à la cuisine russe.

 

« Elle se joue du contraste et même de la discordance : l’aigre-doux, la crème fermentée, la saumure et le velouté. Sous le piquant, le mordant ou l’épicé perce la suavité. Une préparation à l’aspect mastoc et indigeste se révèle un prodige de légèreté, presque immatériel. Une tension perpétuelle règne entre la texture et le goût. Elle surprend toujours. La saveur réside pour une large part dans son caractère élémentaire, peu transformé en même temps qu’imprévu. Il y a quelque chose d’increvable, voire de jusqu’au-boutiste dans ce corps à corps culinaire. En apparence rudimentaire, ce goût n’a jamais dit son dernier mot et se plaît à renverser les apparences. Rien ne lui résiste – excepté peut-être la vodka. Seul défaut de ces préparations : elles s’accordent difficilement au vin qui ne parvient pas à s’introduire au cœur de ces nourritures. Le vin est un trouble-fête, il est indésirable. Malgré sa puissance, le vin de Géorgie que nous dégustons est exterminé promptement par cette cuisine invulnérable. »

 

Beau morceau que l’on devrait proposer à la lecture de tous les apprentis blogueurs culinaires…

 

« Une fois de plus je suis frappé par l’analogie entre cuisine et territoire… » note-t-il.

 

Et ça me fait repenser au délicieux livre de Wladimir et Olga Kaminer La cuisine totalitaire.

 

 

Lire ICI 

 

Et JPK à la fin du repas peut déguster un havane « en Russie, qui n’est pas gagnée par notre fièvre hygiéniste, il est permis de fumer au restaurant. Apparemment, le cigare n’est pas encore désigné à la vindicte publique. »

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 06:00
La reine de Saba Calypso noire aux cheveux blonds, magicienne, tentatrice et porteuse de démons, de la Tentation de Saint-Antoine de Flaubert en passant par l’élégie de Senghor jusqu’à la délicieuse pâtisserie de maman…

« Salomon et la Reine de Saba » le film de King Vidor sorti sur les écrans en 1959, avec une Gina Lollobrigida roulant les R dans la version française (c’était sa voix) et un Yul Brunner chevelu, me permit d’associer le fameux roi Salomon du catéchisme (son jugement) à la sulfureuse Reine de Saba.

« Qu'il me baise des baisers de sa bouche. Tes amours sont délicieuses plus que le vin, l'arôme de tes parfums est exquis, ton nom est une huile qui s'épanche. »

 

« Dans certaines traditions, la reine de Saba apparaît en tentatrice de Salomon, tout à la fois magicienne et ensorceleuse, Circé ou Calypso noire. C’est ainsi qu’elle est représentée sur un retable de l’abbaye de Klosterneuburg datant de la fin du XIIe siècle. Jusqu’au XVe siècle, dans l’iconographie de l’Allemagne rhénane, la reine de Saba sera tantôt noire aux cheveux blonds, tantôt blanche, magicienne, tentatrice et porteuse de démons. Mais toutes les traditions sont d’accord pour lui accorder une incommensurable richesse. Des décennies durant, sur la foi de voyageur plus ou moins bien informés, son royaume va faire l’objet de recherches sur toute la partie du continent noir situé au midi de la Barbarie, de la Numidie, de la Lybie et de la Terre des Nègres. »

 

Atlas des Contrées Rêvées Dominique Lani Arthaud

 

 

  • Gustave Flaubert - La Tentation de Saint-Antoine

« La foule se prosterne, l’éléphant plie les genoux, et la reine de Saba, se laissant glisser de son épaule, descend sur les tapis et s’avance vers saint Antoine.

 

Sa robe en brocart d’or, divisée régulièrement par des falbalas de perles, de jais et de saphirs, lui serre la taille dans un corsage étroit rehaussé d’applications de couleur qui représentent les douze signes du zodiaque. Elle a des patins très hauts dont l’un est noir et semé d’étoiles d’argent, avec un croissant de lune, et l’autre, qui est blanc, est couvert de gouttelettes d’or, avec un soleil au milieu.

 

Ses larges manches, garnies d’émeraudes et de plumes d’oiseaux, laissent voir à nu son petit bras rond orné, au poignet, d’un bracelet d’ébène ; et ses mains, chargées de bagues, se terminent par des ongles si pointus, que le bout de ses doigts ressemble presque à des aiguilles. Une chaîne d’or plate lui passant sous le menton monte le long de ses joues, s’enroule en spirale autour de sa haute coiffure, poudrée de poudre bleue, puis, redescendant, lui effleure les épaules et vient s’attacher sur la poitrine à un petit scorpion de diamant qui allonge la langue entre ses seins.

 

Deux grosses perles blondes tirent ses oreilles. Le bord de ses paupières est peint en noir. Elle a sur la pommette gauche une tache brune, et elle respire en ouvrant la bouche, comme si son corset la gênait.

 

Elle secoue, tout en marchant, un parasol vert à manche d’ivoire, entouré de sonnettes vermeilles, et douze négrillons crépus portent la longue queue de sa belle robe, dont un singe tient l’extrémité qu’il soulève de temps à autre, pour regarder dessous.

 

- La Reine De Saba.

 

Ah ! Bel ermite ! Bel ermite ! Mon coeur défaille ! »

 

  • Léopold Sédar Senghor Élégie pour la Reine de Saba

« Et la plus belle est la fille du Roi des rois, la Reine-Enfant, reine du Sud ombreux et du matin en l’an de l’ascension.

 

Son nom est cousu dans les bouches : j’en donne les masques mouvants.

 

Elle a l’éclat du diamant noir et la fraîcheur de l’aube, et la légèreté du vent.

 

Comme l’antilope volante elle bondit au-dessus des collines, et son talon clair dans l’air est un panache de grâce.

 

Genoux noirs devant les jambes de cuivre rouge, élan souple du sloughi aux chasses de la saison

 

Qu'il me baise des baisers de sa bouche. Tes amours sont délicieuses plus que le vin, l'arôme de tes parfums est exquis, ton nom est une huile qui s'épanche. »

 

La reine de Saba, personnage mythique des récits hébraïques, chrétiens et coraniques, héroïne de la littérature de Flaubert à Senghor et délicieux gâteau au chocolat.

 

Reine de Saba ©Nataliya Arzamasova shutterstock

Le gâteau préféré de Mademoiselle Papilles ! Il faut dire que c’est un délice ! La recette ICI

 

Célébrée dans le Cantique des cantiques, la Balkis du Voyage en orient de Nerval fascine les hommes depuis les festins arrosés du royaume de Judas. La Makeda abyssine qui, selon la tradition Éthiopienne porta en son sein le fils de Salomon, nous est racontée par Jacques-Noël Pérès, ancien doyen de l’Institut Protestant de Théologie et professeur d’éthiopien classique à l’Institut Catholique de Paris.

La reine de Saba Calypso noire aux cheveux blonds, magicienne, tentatrice et porteuse de démons, de la Tentation de Saint-Antoine de Flaubert en passant par l’élégie de Senghor jusqu’à la délicieuse pâtisserie de maman…
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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 06:00
« Le château de Salettes rouge est un vin de Gaillac, sans doute le plus ancien vignoble de France… » même sur les chemins de l’Histoire Jean-Paul Kauffmann rencontre le vin…

Jean-Joseph d’Hautpoul, issu d’une des plus anciennes familles nobles de France est né en 1754 dans la tour ronde coiffée d’un toit en éteignoir du château de Salettes.

 

JPK dans OUTRE-TERRE écrit :

 

« Au milieu du vignoble, dressé sur un éperon rocheux, l’ancien château médiéval a belle allure. Le paysage et ses douces collines rappellent l’Ombrie. Depuis longtemps Salettes menaçait ruine, la bâtisse vient d’être restaurée de fond en comble. L’œnotourisme est à la mode. La gentilhommière s’est transformée en un hôtel de charme au goût du jour : chambres à la décoration contemporaine, pierres brutes, lignes épurées, aménagement minimaliste. Le restaurant, qui jour lui aussi sur le dépouillement, s’enorgueillit d’un macaron au Michelin. » 

 

NDLR : Le Guide Michelin 2016 a retiré leur unique étoile à trois établissements, tous dans le Tarn : L'Esprit du Vin à Albi, le Château de Salettes à Cahuzac-sur-Vère et le Bistrot des Saveurs à Castres. »

 

« Le Château de Salettes rouge est un vin de Gaillac, sans doute le plus ancien vignoble de France. On peut dire qu’il est saisissant par son attaque. Coloré, charpenté, massif, il se signale par ses notes épicées. Sa puissance, n’empêche pas un fond élégant et une vraie complexité qui lui confère beaucoup de charme. »

 

« Dans toutes les nuances de sa typicité, les mérites du vin de Salettes peuvent s’appliquer exactement au futur commandant des cuirassiers, mélange de solidité et de finesse. »

 

Qui est d’Hautpoul ? C’est le titre d’un chapitre.

 

« Il appartient avec Lassalle, Colbert, Nansouty et Caulaincourt à cette poignée de grands cavalier de l’Empire. Fonceur, remarquable meneur d’hommes, tous ces qualificatifs ne suffisent pas à rendre compte de la personnalité de ce guerrier que l’on a fait passer pour un sabreur voire un soudard. Il n’avait pas la parole facile, répugnait au discours mais n’avait pas son pareil pour emmener ses hommes et les pousser à fond. »

 

« On connaît ses capacités militaires, en revanche on sait très peu de choses sur l’homme. »

 

JPK aime se poser, aller humer les lieux, s’en imprégner…

 

De retour d’un séjour à Moscou il a voulu s’arrêter à Gaillac « délicieuse petite ville que la globalisation n’a pas trop endommagée. À l’ombre de ses hôtels particulier en briques roses, de ses jardins, de ses ruelles étroites, de ses placettes à l’italienne, une douceur de vivre y est encore visible. Sur la place principale se dresse le monument dédié au général d’Hautpoul. Cette statue est, si l’on ose dire, édifiante. »

 

 

« À la terrasse d’un café, je me suis placé devant le piédestal sur lequel est inscrit : « Jean-Joseph d’Hautpoul, sénateur, général de division, grand-croix de l’ordre de la Légion d’honneur né à Salettes, arrondissement de Gaillac-Tarn, le XIII mai MDCCLIV, blessé mortellement à Eylau, le 8 février MDCCCVII. »

 

« Pourquoi les mots « blessé mortellement à Eylau » m’ont-ils émus ? »

 

Je vous laisse le soin de le découvrir en lisant le livre de JPK. Sa rencontre sur la terrasse du café, avec où il s’était posé, avec un couple de brocanteurs-antiquaires quadragénaires, des bobos, qui note-t-il, font le commerce d’objets anciens sans s’intéresser au passé, vaut son pesant d’une belle ironie.

 

Et puis vous apprendrez comme moi qu’ « en fin de compte, cette histoire d’Eylau, c’est très camp. »

 

Dixit la femme « belle plante, cigarillo au bec, blouson de cuir, robe chic et style minutieusement décontracté. »

 

Wellington disait : « Quand je vois un cuirassier français à côté de sa rosse, je ris ; quand il est dessus, je l’admire ; quand il charge j’ai peur. »

 

« Les cuirassiers montaient de grands et gros chevaux de la stature des percherons. Cependant leur taille ne devait pas dépasser 1,60 mètre. Au-delà, il était moins facile de les enfourcher même si les cavaliers faisaient figure de géants – ils devaient mesurer plus de 1,73 mètres. »

 

« L’effrayant cuirassier » comme le nomme Léon Bloy va être blessé mortellement à la tête de ses deux mille cavaliers lors de la fameuse charge de Murat.

 

Ces citations sont tirées du chapitre la charge.

 

« Murat décide alors de faire donner la 2e division de cuirassiers commandé par d’Hautpoul. Elle va piquer sur la droite tandis que, sur la gauche, Grouchy attaquera une fois encore avec ses dragons… »

 

« Paulin va assister à ce moment incroyable où Murat en personne emmène cuirassiers et dragons, « une simple cravache à la main, en criant à tue-tête, de sa voie gasconne : Chargez, chargez tout cela est à moi. »

 

« C’est un « ouragan de cavalerie » qui déferle sur l’infanterie russe en poussant des hourras…Le bruit sec des biscaïens retentit sur les cuirasses. Une trépidation sourde pareille à une secousse tellurique traverse la plaine. Un essaim tueur, une nuée exterminatrice, telle est la force qui tombe sur les Russes. »

 

« Cuirassiers ! Chargez à fond ! à fond », tonne d’Hautpoul… »

 

« Dans le corps à corps, les cavaliers se dispersent et se mélangent à l’adversaire, la charge perd de son mordant. Accrochées aux Russes, plusieurs unités ont du mal à revenir et subissent une fusillade à bout portant. Le général d’Hautpoul est touché alors à la cuisse droite fracassée par un biscaïen. Ses hommes parviennent à le ramener à l’arrière. »

 

Selon Percy il aurait pu être sauvé s’il avait été aussitôt amputé mais, devant la multitude de blessés qui attendaient d’être secourus, il avait refusé tout passe-droit. La gangrène s’installa. L’agonie dura six jours. À son cousin, jeune sous-lieutenant d’infanterie, qui avait été autorisé à le voir, il déclarera : « je suis perdu, mais je laisse un bel exemple à suivre. Je meurs pour la France et pour l’Empire. »

 

Il mourut au château de Worienen près d’Eylau, où il fut enterré. Sa dépouille fut rapatriée en France en 1808. Il repose au Père-Lachaise tandis que son cœur est conservé dans le caveau des gouverneurs aux Invalides.

 

 

 

Note :

La boîte à mitraille utilisée pour le combat rapproché. Efficace jusqu’à quatre cents mètres elle contenait des balles en fer battu les biscaïens.

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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 06:00
Quand Jacques Dupont met Bordeaux sur le divan pour une analyse Junguienne il convoque Jean-Paul Kauffmann…

Je suis fou des clins d’œil que me fait en ce moment l’actualité.

 

Hier je défendais les petits producteurs avec Merci Patron  et ce matin le film faisait la une de la critique de France-Inter.

 

Dimanche j’accompagnais Jean-Paul Kauffmann Outre-Terre  et il était au micro de France-Inter.

 

Et ce n’était pas fini car en début d’après-midi l’un des « bordeaulogues » Jacques Dupont – il y eu au temps des Soviets des kremlinologues – le plus pointu et avisé de notre doulce France des terroirs, nous délivrait une consultation sur un patient souffrant de désamour : Bordeaux.

 

Chaussant ses petites lunettes notre analyste bas-bourguignon convoquait pour conforter son ouvrage Jean-Paul Kauffmann :

 

« À cause de cette vision purement comptable et financière, une fidélité est en train de se perdre auprès des amoureux du vin de Bordeaux. Perte de confiance qui constitue une cassure. Il n'est jamais sain que la flamme cesse d'être entretenue par les amateurs du pays producteur. Quand une habitude, un goût, une pratique se perdent, difficile de les reconquérir. »

 

Je riais dans ma barbe blanche de 3 jours.

 

Voici quelques saillies extraites du long texte que vous pouvez consulter ICI de notre « bordeaulogue » plus junguien que freudien mais par bonheur en ne dérivant pas dans le langage lacanien. Sans doute est-ce là l’influence de Michel Onfray grand amateur de Sauternes

 

« Alors que l'œnotourisme bat son plein et que même le Médoc s'entrouvre, qui longtemps sur l'échelle de l'accueil jalousait Pyongyang… »

 

Évidemment, on pourrait se demander : mais pourquoi ne communiquent-ils pas sur cette question ? – ndlr La certification bio – Pourquoi, tous ces porte-drapeaux ne marchent-ils pas en tête d'une troupe conquérante en vue d'un Valmy viticole, au son d'une Marseillaise (écrite à Strasbourg, ça c'est la France !) abreuvant les sillons de cabernet et de merlot en bataillons d'assemblage ? »

 

Le classement de saint-émilion qui entraîna toute une série de péripéties judiciaires pour aboutir à un remaniement clientéliste qui fait rire ou pleurer bien au-delà de nos frontières et qui a failli provoquer le départ volontaire d'Ausone et Cheval Blanc du podium. L'affaire n'est d'ailleurs pas close.


- La notation Parker qui, si elle a rendu de grands services à l'export vers les États-Unis, contribua grandement à donner du monde viticole bordelais une image trouble où se mêlaient amitiés et prébendes.

 

« Chez nous, on parle terroir ; chez eux, on parle d'argent ! » s'amuse le vigneron bourguignon invité aux primeurs… Comment le contredire ? »

 

« À la décharge de ceux qui dirigent ces grands crus, difficile, pour ne pas dire schizophrénique, d'agir en faveur de l'intérêt commun tout en ayant une pensée obnubilée par la place de son domaine dans la hiérarchie des crus. »

 

« On rencontre dans ces lieux des gens raffinés, intelligents, généreux, parfois d'une grande humanité, mais capables de devenir des loups pour peu qu'on touche à leur grisbi, de se transformer en Rastignac ou, plus modestement, en César Birotteau et l'univers balzacien de la Comédie humaine y semble parfois encore d'actualité. »

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 06:00
Sous l’or des belles filles de Dior se cache aussi la misère : allez donc voir « Merci Patron » de François Ruffin et soutenez les petits producteurs !

Dans le boboland parisien les petits producteurs ont la cote, ils touchent au cœur celles et ceux qui comme moi n’ont pas été nourri au lait cru du pépé Louis, au beurre de la tante Valentine, aux poulets de la mémé Marie et au colin au beurre blanc de maman.

 

Certains chantres des petits producteursqui vivent sur la bête, en arpentant les temples de la bonne bouffe, exploitent le filon en se faisant sponsoriser à l'occasion de leur raout par les géants : les producteurs de lait de Danone vous disent merci pour ce moment. Moi je n’y mets pas les pieds...

 

Moi aussi j’ai mes petits producteurs : Mille et une production 

 

C’est une société française de productions de films de longs métrages pour le cinéma. Créée en 1998, elle est dirigée par trois producteurs associés : Anne-Cécile Berthomeau, Edouard Mauriat et Farès Ladjimi.

 

Ils ont produit 16 fictions et 5 documentaires et notamment : «Le cauchemar de Darwin», «Je veux voir», «Le plaisir de chanter», «Nos héros sont morts ce soir», «Les chèvres de ma mère».

 

Le mercredi 24 février sortira dans cinquante puis dans deux cents salles le documentaire « Merci patron ! » de François Ruffin.

 

 

Merci patron ! ou comment un couple de chômeurs et un journaliste ont piégé Bernard Arnault 

 

Mais Bernard Arnault, le héros, pourrait riposter en ayant recours à un référé pour contrarier sa sortie.

 

Europe 1 : La direction décommande un invité de Frédéric Taddeï

 

Le réalisateur du film Merci patron ! ridiculisant Bernard Arnault devait participer mardi prochain à l'émission de Frédéric Taddeï, "Europe 1 social Club". 

 

L’histoire :

 

« Pour Jocelyne et Serge Klur, rien ne va plus : leur usine fabriquait des costumes Kenzo (Groupe LVMH), à Poix-du-Nord, près de Valenciennes, mais elle a été délocalisée en Pologne. Voilà le couple au chômage, criblé de dettes, risquant désormais de perdre sa maison.

 

C’est alors que François Ruffin, fondateur du journal Fakir, frappe à leur porte. Il est confiant : il va les sauver. Entouré d’un inspecteur des impôts belge, d’une bonne sœur rouge, de la déléguée CGT, et d’ex‑vendeurs à la Samaritaine, il ira porter le cas Klur à l’assemblée générale de LVMH, bien décidé à toucher le coeur de son PDG, Bernard Arnault. Mais ces David frondeurs pourront-ils l’emporter contre un Goliath milliardaire ?

 

Du suspense, de l’émotion, et de la franche rigolade. Nos pieds nickelés picards réussiront‑ils à duper le premier groupe de luxe au monde, et l’homme le plus riche de France ? »

 

Si vous souhaitez connaître l’histoire de la saga de Bernard Arnault commencée avec les frères Willot lisez cette chronique :

 

 

D’où viens-tu Bernard ou la résistible ascension d’un p’tit gars de Roubaix dénommé Arnault «Férinel, propriétaire à la mer» ?

 

Il s’appelle Bernard Arnault (…) Un Français, qui a quitté l’Hexagone pour les États-Unis lors de l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 (…) Personne ne le connaît ou presque. Son père possède une entreprise, Férinel, qui construit des résidences secondaires. Il est originaire du Nord de la France et polytechnicien » Il est né le 5 mars 1949 près de Roubaix. Son père, entrepreneur en bâtiment, a créé une entreprise moyenne mais prospère, qui se spécialise dans les appartements de tourisme avec un slogan « Férinel, propriétaire à la mer ». Nommé directeur de la construction de l'entreprise en 1974, il en devient le directeur général en 1977 avant de succéder à son père à la tête de la société en 1978. « L’homme est ambitieux. Outre-Atlantique, il a tenté sa chance en réalisant quelques opérations immobilières mais sans grand succès. »

La suite ICI 

 

Si vous souhaitez soutenir les petits producteurs allez au cinéma voir « Merci Patron» qui sort demain près de chez vous.

 

Merci pour eux !

 

"Merci patron", le docu qui titille Bernard Arnault : "J'ai bien senti que le sujet dérangeait"

 

INTERVIEW - François Ruffin, journaliste et réalisateur du film "Merci Patron !", privé, dans un premier temps, de promotion sur Europe 1, a répondu à nos questions. Il dénonce les méthodes de LVMH pour censurer la sortie du film.

 

Aux projections presse, j'ai bien senti que le sujet dérangeait. Un journaliste du Parisien est venu voir mon attachée de presse pour lui dire qu'il adorait le film mais qu'il n'écrirait pas une ligne dessus. Pareil pour la journaliste des Echos qui a vu le film (les deux titres sont détenus par le groupe LVMH, ndlr). Déjà à la production du film, le CNC (Centre national du cinémanous a refusé tous les financements. Et alors qu'on devait avoir un partenariat avec une association caritative, elle s'est retirée en raison de ses liens avec LVMH. 

41 salles joueront le film tous les jours du 24/02 au 1er mars :

Amiens (Ciné Saint-Leu)

Angers (400 coups)

Annecy (4 Nemours)

Avignon (Utopia)

Bayonne (Atalante)

Bordeaux (Utopia Saint-Siméon)

Caen (Lux)

Chambéry (Astrée)

Clermont-Ferrand (Rio)

Colmar (Colisée)

Dijon (Eldorado)

Fontenay-sous-Bois (Kosmos)

Grenoble (Club)

Le Mans (Cinéastes)

Lille (Métropole)

Lyon (CNP Bellecour)

Marseille (César)

Metz Caméo (Ariel)

Montbéliard (Colisée Concorde)

Montpellier (Diagonal Capitole)

Montreuil (Méliès)

Nancy (Caméo Saint-Sébastien)

Nantes (Concorde)

Nice (Mercury)

Paris (La Bastille)

Paris (Espace Saint-Michel)

Paris (Gaumont Opéra)

Paris (Louxor)

Paris (MK2 Beaubourg)

Paris (Sept Parnassiens)

Perpignan (Castillet)

Poitiers (TAP Castille)

Rennes (Ciné TNB)

Saint-Claude (Maison du Peuple)

Saint-Etienne (Méliès)

Saint-Ouen-l'Aumône (Utopia)

Strasbourg (Star)

Toulouse (Utopia)

Tournefeuille (Utopia)

Valence (Navire)

Sous l’or des belles filles de Dior se cache aussi la misère : allez donc voir « Merci Patron » de François Ruffin et soutenez les petits producteurs !
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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 06:00
Jean-Paul Kauffmann n’écrit pas de romans et pourtant j’ai lu son dernier livre OUTRE-TERRE comme un roman.

Lorsque j’entre dans un livre qui me plaît, me captive, j’ai du mal à en sortir. JPK a eu l’amabilité de me faire parvenir son dernier opus OUTRE-TERRE, je l’ai lu comme un roman presque d’un seul trait.

 

Pour la présentation du livre je vous renvoie à son éditeur ICI 

 

 

Ma présente chronique est plus personnelle, elle est la compilation de ce qui, si je puis l’écrire, me relie à JPK.

 

Je vous confie donc une partie de ce que j’ai souligné, avec mon fidèle crayon de papier, au fil de ma lecture.

 

Une autre chronique suivra, plus Vin&Cie…

 

« J’ai un faible – plus qu’un faible, une complaisance – pour les lieux qui n’entretiennent aucune illusion. Aller voir lorsqu’il y a rien à voir. »

 

 

« Königsberg, ce nom me faisait rêver. Kant y était né, Hanna Arendt, l’auteur de De l’humanité dans de sombres temps, y avait passé une partie de sa jeunesse. »

 

La Prusse-Orientale coupée du Reich, après le traité de Versailles, par le fameux couloir de Dantzig.

 

 

Königsberg, ancienne place prussienne, devenu Kaliningrad port militaire le plus occidental de l’Empire Soviétique, cité interdite jusqu’en 1991.

 

Royaume oublié « enserré par la Pologne au sud et la Lituanie au nord… l’indépendance des trois pays baltes et leur intégration à l’Union Européenne ont isolé un peu plus cette région de la « Grande Russie ».

 

« … cette enclave cachée entre la Pologne et la Lituanie. Elle m’apparaît comme un île, un arrière-monde, un fragment bien détaché. Il y fait un froid du diable mais je me sens bien dans cette encoignure prussienne. »

 

Eylau le 9 février 1807 « restera le jour le plus cauchemardesque de la Grande Armée avec le lendemain de la bataille de Borodino. »

 

« La victoire m’est restée mais j’ai perdu bien du monde. »

 

Lettre de Napoléon à Joséphine dictée à trois heures du matin.

 

« La boucherie d’Eylau », expression due à Percy, le chirurgien en chef de la Grande Armée.

 

La toile du Baron Gros exposée salle Mollien au Louvre: Napoléon sur le champ de bataille d’Eylau, œuvre de commande de l’Empereur qui organise un concours « l’autorité impériale prescrit ce qu’il convient de peindre : l’église d’Eylau, le ciel livide, la neige (mais pas la boue), les blessés et les morts, enfin et surtout l’Empereur. Non pas en vainqueur mais en consolateur. La notice du concours précise qu’il doit être vêtu d’une « pelisse ou polonaise de velours gris de perles, ganses d’or, fourrure de martre. »

 

« Malgré le blanc de la neige – ou plutôt à cause de ce blanc – cette peinture est noire… »

 

« Le gris insurpassable du baron Gros… c’est un gris qui n’en est pas un. Au lieu de composer une couleur intermédiaire entre le blanc et le noir, un gris tourterelle, ardoise, souris, perle ou anthracite, Gros a inventé une autre, le gris d’Eylau, couleur intermédiaire qui n’est ni le froid ni le feu. Camaïeu du désastre à venir. Grisante, elle aussi. »

 

Colonel Chabert ? La transaction de Balzac.

 

« Le bétail de l’Éternité » Léon Bloy.

 

Le film d’Yves d’Angelo Le colonel Chabert avec Gérard Depardieu et Fabrice Luchini.

 

Pierre Benoît et le Roi des Aulnes de Michel Tournier.

 

Bouvines un moment important comme l’analyse Duby. « Eylau n’aura jamais cette portée, même si les mots de « boucherie » et de « chair à canon » imaginés pour la circonstance ont fait florès. »

 

« Le ciel, les champs, tout était noir » Hugo dans son poème sur Eylau.

 

Le clocher de l’église d’Eylau l'obsession de JPK lui rappelant le film d’Hitchcock Vertigo.

 

Kubrick et son projet avorté de film sur Napoléon « ce qui fascinait le plus Kubrick, c’est l’échec ultime du personnage, « la chute sans appel dont il fut, en définitive, le seul responsable ». La figure de Barry Lindon emprunte beaucoup de traits à Napoléon, « il va chuter du fait de ses émotions, de sa vanité, de sa folie. »

 

« Je signale à mon compagnon que nous marchons probablement sur les morts. »

 

« Je suppose que la terre, elle aussi, possède une mémoire. Elle stocke et restitue objets et informations. Puis, peu à peu, cette vie des profondeurs s’épuise et redevient inerte, frappée d’amnésie. »

 

Julia, prononcez Ioulia, l’interprète « qui pourrait appartenir à la catégorie fashionista russe. Elle porte des mitaines en cuir, un élégant manteau d’hiver et des bottes à talons aiguilles. Les lunettes de soleil qu’elle exhibe dans la voiture proviennent, semble-t-il, de chez Dior – c’est indiqué sur l’une des branches. Aujourd’hui elle est particulièrement en beauté. Son maquillage qui n’est pas outrancier met en valeur l’harmonie des traits. »

 

La famille Kauffmann, Joëlle « heureuse… elle est avec ses trois hommes, Jean-Pierre et les 2 garçons. Julia plaît bien à l’aîné…

 

Les années de pensionnat de JPK « cette époque n’est pas la plus heureuse de mon existence, cependant elle me fut pleinement profitable. J’eus pour toujours la révélation de la vraie vie, cette vie rêvée et « pleinement vécue » dont parle Proust à propos de la littérature. »

 

« Pendant mes années de pensionnat, le dimanche soir était le moment le plus sinistre de la semaine. Après la messe du dimanche matin, nous subissions les vêpres l’après-midi puis les complies, le dernier office célébré le soir. Je n’ai jamais autant ressenti le rabâchage des jours et la tristesse du monde que durant cette cérémonie. Je me réfugiais dans les livres. »

 

« J’ai mis longtemps à comprendre que le passé n’était pas un refuge. Il ne me console aucunement de la médiocrité d’aujourd’hui. C’est la mise en absence qui m’émeut, le signe irrémédiable qu’il manquera toujours quelque chose. »

 

« Ce voyage est un acte de fidélité à l’enfance. »

 

« On prend pour de la froideur ce qui est chez moi de la crainte d’empiéter chez autrui. »

 

« Écrire : le seul moyen que j’avais trouvé pour me tirer d’une situation embarrassante. Sur les livres et les écrivains, je n’ai jamais perdu la foi. Suis-je devenu excessivement dévot ? Cette réflexion de Peter Tarnepol, un personnage de Philippe Roth, s’applique parfaitement à moi : « La littérature m’a mis dans le pétrin. À elle de m’en sortir. »

 

 

À propos de Kant « Si cela existe, cela doit être intelligible » ce qui donne le vertige à JPK qui note, et la suite vous fera saisir que ce n’est pas une réflexion en l’air : « C’est dommage : il méprisé l’odorat. Ce sens le dégoûtait. Je constate d’ailleurs que sa ville natale n’exhale rien. Aucune haleine. Dans un congélateur, c’est certain on ne sent pas grand-chose. »

 

Jean-Paul Kauffmann est un grand capteur d’odeurs  la preuve à nouveau ci-dessous.

 

« L’escalier que Julia a du mal à monter avec ses talons aiguilles sent le placard à balais et cette odeur aigre, humide propre aux lieux qu’on néglige de chauffer en hiver.»

 

« Julia a raison, c’est la nuit noire. L’odeur grasse de lignite flotte dans l’air. »

 

« Dehors, l’atmosphère est imprégnée de cette odeur de fagots brûlés et d’allumettes qu’on vient d’enflammer. »

 

« Il paraît que le sang exhale une odeur de fer. »

 

« Malgré la température glaciale, on peut imaginer que le champ de bataille répandait nombre d’effluves : outre les exhalaisons croupies de la neige fondue, mêlée à la boue, cela devait sentir l’acier refroidi, la paille brûlée, le cuir roussi, le soufre et la suie de la poudre à canon. « Partout des excréments, du fumier, des ventres de bestiaux, des chevaux écrasés, de débris pourris et infects », constate encore Percy. Il est le seul à parler de la merde. »

 

« Au fond du minibus où flottent l’odeur poussiéreuse de tissu surchauffé et le parfum français de Julia… »

 

« L’air répand une odeur figée de vapeur d’eau épaissie par le froid avec cette empreinte grasse de suie. »

 

« Cela sent un mélange de vieux tapis, d’odeur vanillée de poudre de riz et de cornichons aigre-doux. Une senteur en effet orientale, légèrement renfermée, nullement rebutante comme si tous ces effluves de confinement nous protégeaient du monde extérieur où le froid violace le visage des passants. »

 

« Nous nous sommes habitués à l’odeur de l’habitacle, un parfum démodé des sièges de vieux cinéma auquel se mêlent les fragrances poudrées et enivrantes de Julia (Mitsouko de Guerlain, nous a-t-elle précisé fièrement, sans d’ailleurs qu’on le lui ait demandé.) »

 

« La maison sentait la caverne, une odeur spongieuse de mousse et de terre battue. J’avais l’impression de me trouver dans une champignonnière. »

 

« La resserre sentait la souris crevée. »

 

« Par bouffées, nous arrivent de la petite ville des émanations de lignite, ce charbon bon marché en usage dans les pays de l’est, mélange de bitume et de pyrite qui peut rappeler l’œuf pourri. L’odeur des ex-pays communistes. »

 

« Comme toute chose ici-bas, le froid possède une empreinte olfactive. Il exhale une odeur opaque et crissante où prévalent des senteurs métalliques, des notes d’oxydation qui rappellent la rouille, quelque chose d’astringent. Cette sensation resserre l’odorat. »

 

Chronique à suivre… Bon dimanche… et bonne lecture future d'OUTRE-TERRE...

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 06:00
nature morte au pain - peinture murale - Musée de Naples (photo © Patricia Carles)

nature morte au pain - peinture murale - Musée de Naples (photo © Patricia Carles)

De nos jours dans les cantines bistronomiques le pain perdu c’est chic et cher…

 

Le pain au Bourg-Pailler c’était sacré. Avant de le trancher, à la pointe du couteau du pépé le pain de quatre livres était signé de la croix.

 

Pour ne pas donner le pain rassis à manger aux cochons on en faisait des grillées, de la chapelure ou du pain perdu.

 

Simple comme le lait de nos vaches, les œufs de nos poules et le beurre baraté à la main, et salé au gros sel, de la tantine Valentine.

 

Son origine me dit-on serait associée au premier lundi qui suit l’Épiphanie, la fête des Rois mages appelé « lundi perdu », car chômé.

 

La recette traditionnelle consiste à tremper des tranches de pain rassis dans un mélange de lait et d’œufs battus : 2 pour ½ litre. Les tranches, une fois imbibées puis égouttées, sont cuites à la poêle dans du beurre. Lorsqu’elles sont dorées sur les deux faces, il suffit de les saupoudrer de sucre glace avant de servir.

 

Appelé « pain crotté » en Alsace, dans le Nord ou en Poitou-Charentes.

 

« Dans ma Normandie natale, vous pourrez le trouver flambé au Pommeau ou au Calvados, servi avec de la confiture de pommes. » chef Simon Le Monde

 

Chez les Ch'tis, on emploie parfois le terme «pain ferré». Le sucre est remplacé par de la cassonade dans le Nord.

 

En Espagne c’est « torrija ».

 

En Allemagne, on parle de «Armer ritter», «chevalier pauvre», qui désigne un repas pouvant être préparé avec peu de moyens financiers grâce aux ingrédients bon marché.

 

« Croûte dorée » en Suisse.

 

Au Portugal, où il appelé « rabanadas » c’est à la période de Noël qu’on le déguste.

 

Au Maghreb, le pain perdu se dit «khobz m’hamar», et au fil du temps, d’autres aromates ont été rajoutés à la recette basique pour donner plus de goût et de saveur, en ajoutant par exemple de la cannelle, de la vanille, de l’orange…

 

« Pain doré » au Québec accompagné de sirop d’érable et « french toast » aux États-Unis.

 

Bref, depuis quelque temps ce plat de pauvre est, comme on le dit, revisité par les stars de la haute cuisine comme par les chefs barbus et chevelus.

 

« S'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche... »

 

La légende prête ces mots à Marie-Antoinette. Elle les aurait prononcés à la fenêtre du château de Versailles, le 3 octobre 1789, devant le peuple Parisien venu se plaindre auprès de Louis XVI de l'augmentation du prix du pain.

 

Les remakes du pain perdu se parent donc aujourd’hui « de chapelure d’épices…cannelle, coriandre, macis…, le pain brioché remplace le pain rassis, la crème fraîche se mélange à part égale avec le lait et il se sert accompagné de fruits rouges…fraises, framboises, myrtilles, groseilles… et de glace au gingembre. »

 

« Ailleurs, plus simplement, les disques de brioche, dont la croûte a été ôtée, sont caramélisés dans du beurre additionné de sucre, après leur bain dans un mélange de lait, de crème fraîche et de jaune d’œufs uniquement. Ils sont ensuite enfournés une dizaine de minutes pour parfaire leur cuisson…La recette peut s’enrichir de nouvelles saveurs : cannelle, muscade, vanille, amandes effilées, noix de coco, chocolat, sirop d'érable, flambée au Grand-Marnier ou au rhum, accompagné de crème anglaise, de glace à la vanille, de crème chantilly… »

 

Dernières tranches

 

« Avec le reste de la miche de pain, quand arrivait le moment où elle avait bien durci, on coupait les dernières tranches pour faire du PAIN PERDU. Le croûton ne partait pas aux cochons: on en faisait de la chapelure pour faire des klops et boulettes de viandes.

 

En Ashkénazie occidentale (je vois que avez du mal à situer cette région: c’est-à-dire entre le sud de l’Ouest de l’Allemagne et les premiers contreforts des Vosges), on appelle ça Zimmet Schnitte parce qu’on y met de la cannelle et que ce sont des tranches. Les Allemands, toujours simples, lui donnent au moins quatre noms différents, les Américains et les Anglais nomment ça French Toast et de toute façon, je vous conseille de ne pas en manger là-bas: le pain est industriel et c’est tout le contraire de l’esprit du pain perdu. »

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