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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 06:00
Lettera a Daniele de Michele della Puglia : la famosa massa salentina o massa di San Giuseppe e i vermicelli di Donata

Cher Daniele,

 

Tu te fais rare en notre vieux pays de France et, comme tu le sais, j’aime cultiver avec soin mes amis et je ne fais pas mien l’adage « loin des yeux loin du cœur ».

 

Pour te rappeler à mon bon souvenir d’Italien de cœur je me suis risqué à titrer dans ta langue maternelle. Évoquer les Pouilles, ton pays, ton terreau, tes racines, est, je le sais un moyen infaillible de raviver ton inépuisable enthousiasme.

 

Aimer les gens de peu, ceux qui tiennent encore entre leurs mains notre héritage commun du vivre ensemble.

 

Deux femmes : une vieille paysanne du Salento, le talon de la botte italienne et Donata une aïeule de quatre-vingt ans et quelques.

 

Deux textes glanés dans un superbe livre : TRANSMISSIONS de Tiziana & Gianni Baldizzone publié aux éditions du Chêne.

 

« La rencontre avec l’autre est au cœur de notre démarche photographique, prendre le temps de la rencontre… » 

Lettera a Daniele de Michele della Puglia : la famosa massa salentina o massa di San Giuseppe e i vermicelli di Donata

« D’un regard sévère, une vieille paysanne du Salento inspecte l’assiette de sa belle-fille, qui s’apprête à goûter la massa qu’elle vient de sortir du feu. Cette soupe traditionnelle de pâtes aux pois chiches et au chou noir saupoudrée de cannelle constitue aussi un rite médiéval qui remonte à la corporation des menuisiers, dont les statuts prévoyaient des œuvres caritatives comme la distribution de repas le jour de la saint-Joseph. Préparée à domicile par les dévotes dans le silence et la prière, et servie aux pauvres, la massa a gardé son secret : la recette est transmise de femme en femme et perpétue une coutume qui célèbre les valeurs de solidarité. »

Lettera a Daniele de Michele della Puglia : la famosa massa salentina o massa di San Giuseppe e i vermicelli di Donata

« Donata a quatre-vingt ans et quelques. Elle habite dans les Pouilles, au sud de l’Italie. Elle dit que les pâtes sont un rite sacré. Toute la famille y participe les voisines aussi, car elle n’a plus la force de pétrir la grosse boule de farine de blé dur, pouvant atteindre vingt kilos, avec laquelle on prépare les vermicelli, ces fines pâtes dont était friand le poète latin Horace. On fait sécher les pâtes partout, même sur les lits. Donata dit que personne ne lui a vraiment appris. Tout simplement, elle est née dedans. Elle a ça dans le sang. »

 

Je m’en tiens là cher Daniele toi qui tout simplement tombé dedans, tu as ça dans le sang, toujours en quête de la transmission.

 

Reçois ma fidèle amitié en attendant de te revoir chez toi dans les Pouilles où à Paris chez notre amie commune Alessandra.

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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 06:00
Lettera a Daniele de Michele della Puglia : la famosa massa salentina o massa di San Giuseppe e i vermicelli di Donata

Cher Daniele,

 

Tu te fais rare en notre vieux pays de France et, comme tu le sais, j’aime cultiver avec soin mes amis et je ne fais pas mien l’adage « loin des yeux loin du cœur ».

 

Pour te rappeler à mon bon souvenir d’Italien de cœur je me suis risqué à titrer dans ta langue maternelle. Évoquer les Pouilles, ton pays, ton terreau, tes racines, est, je le sais un moyen infaillible de raviver ton inépuisable enthousiasme.

 

Aimer les gens de peu, ceux qui tiennent encore entre leurs mains notre héritage commun du vivre ensemble.

 

Deux femmes : une vieille paysanne du Salento, le talon de la botte italienne et Donata une aïeule de quatre-vingt ans et quelques.

 

Deux textes glanés dans un superbe livre : TRANSMISSIONS de Tiziana & Gianni Baldizzone publié aux éditions du Chêne.

 

« La rencontre avec l’autre est au cœur de notre démarche photographique, prendre le temps de la rencontre… » 

Lettera a Daniele de Michele della Puglia : la famosa massa salentina o massa di San Giuseppe e i vermicelli di Donata

« D’un regard sévère, une vieille paysanne du Salento inspecte l’assiette de sa belle-fille, qui s’apprête à goûter la massa qu’elle vient de sortir du feu. Cette soupe traditionnelle de pâtes aux pois chiches et au chou noir saupoudrée de cannelle constitue aussi un rite médiéval qui remonte à la corporation des menuisiers, dont les statuts prévoyaient des œuvres caritatives comme la distribution de repas le jour de la saint-Joseph. Préparée à domicile par les dévotes dans le silence et la prière, et servie aux pauvres, la massa a gardé son secret : la recette est transmise de femme en femme et perpétue une coutume qui célèbre les valeurs de solidarité. »

Lettera a Daniele de Michele della Puglia : la famosa massa salentina o massa di San Giuseppe e i vermicelli di Donata

« Donata a quatre-vingt ans et quelques. Elle habite dans les Pouilles, au sud de l’Italie. Elle dit que les pâtes sont un rite sacré. Toute la famille y participe les voisines aussi, car elle n’a plus la force de pétrir la grosse boule de farine de blé dur, pouvant atteindre vingt kilos, avec laquelle on prépare les vermicelli, ces fines pâtes dont était friand le poète latin Horace. On fait sécher les pâtes partout, même sur les lits. Donata dit que personne ne lui a vraiment appris. Tout simplement, elle est née dedans. Elle a ça dans le sang. »

 

Je m’en tiens là cher Daniele toi qui tout simplement tombé dedans, tu as ça dans le sang, toujours en quête de la transmission.

 

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Cher Daniele,

 

Tu te fais rare en notre vieux pays de France et, comme tu le sais, j’aime cultiver avec soin mes amis et je ne fais pas mien l’adage « loin des yeux loin du cœur ».

 

Pour te rappeler à mon bon souvenir d’Italien de cœur je me suis risqué à titrer dans ta langue maternelle. Évoquer les Pouilles, ton pays, ton terreau, tes racines, est, je le sais un moyen infaillible de raviver ton inépuisable enthousiasme.

 

Aimer les gens de peu, ceux qui tiennent encore entre leurs mains notre héritage commun du vivre ensemble.

 

Deux femmes : une vieille paysanne du Salento, le talon de la botte italienne et Donata une aïeule de quatre-vingt ans et quelques.

 

Deux textes glanés dans un superbe livre : TRANSMISSIONS de Tiziana & Gianni Baldizzone publié aux éditions du Chêne.

 

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« Donata a quatre-vingt ans et quelques. Elle habite dans les Pouilles, au sud de l’Italie. Elle dit que les pâtes sont un rite sacré. Toute la famille y participe les voisines aussi, car elle n’a plus la force de pétrir la grosse boule de farine de blé dur, pouvant atteindre vingt kilos, avec laquelle on prépare les vermicelli, ces fines pâtes dont était friand le poète latin Horace. On fait sécher les pâtes partout, même sur les lits. Donata dit que personne ne lui a vraiment appris. Tout simplement, elle est née dedans. Elle a ça dans le sang. »

 

Je m’en tiens là cher Daniele toi qui tout simplement tombé dedans, tu as ça dans le sang, toujours en quête de la transmission.

 

Reçois ma fidèle amitié en attendant de te revoir chez toi dans les Pouilles où à Paris chez notre amie commune Alessandra.

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Lettera a Daniele de Michele della Puglia : la famosa massa salentina o massa di San Giuseppe e i vermicelli di Donata

Cher Daniele,

 

Tu te fais rare en notre vieux pays de France et, comme tu le sais, j’aime cultiver avec soin mes amis et je ne fais pas mien l’adage « loin des yeux loin du cœur ».

 

Pour te rappeler à mon bon souvenir d’Italien de cœur je me suis risqué à titrer dans ta langue maternelle. Évoquer les Pouilles, ton pays, ton terreau, tes racines, est, je le sais un moyen infaillible de raviver ton inépuisable enthousiasme.

 

Aimer les gens de peu, ceux qui tiennent encore entre leurs mains notre héritage commun du vivre ensemble.

 

Deux femmes : une vieille paysanne du Salento, le talon de la botte italienne et Donata une aïeule de quatre-vingt ans et quelques.

 

Deux textes glanés dans un superbe livre : TRANSMISSIONS de Tiziana & Gianni Baldizzone publié aux éditions du Chêne.

 

« La rencontre avec l’autre est au cœur de notre démarche photographique, prendre le temps de la rencontre… » 

Lettera a Daniele de Michele della Puglia : la famosa massa salentina o massa di San Giuseppe e i vermicelli di Donata

« D’un regard sévère, une vieille paysanne du Salento inspecte l’assiette de sa belle-fille, qui s’apprête à goûter la massa qu’elle vient de sortir du feu. Cette soupe traditionnelle de pâtes aux pois chiches et au chou noir saupoudrée de cannelle constitue aussi un rite médiéval qui remonte à la corporation des menuisiers, dont les statuts prévoyaient des œuvres caritatives comme la distribution de repas le jour de la saint-Joseph. Préparée à domicile par les dévotes dans le silence et la prière, et servie aux pauvres, la massa a gardé son secret : la recette est transmise de femme en femme et perpétue une coutume qui célèbre les valeurs de solidarité. »

Lettera a Daniele de Michele della Puglia : la famosa massa salentina o massa di San Giuseppe e i vermicelli di Donata

« Donata a quatre-vingt ans et quelques. Elle habite dans les Pouilles, au sud de l’Italie. Elle dit que les pâtes sont un rite sacré. Toute la famille y participe les voisines aussi, car elle n’a plus la force de pétrir la grosse boule de farine de blé dur, pouvant atteindre vingt kilos, avec laquelle on prépare les vermicelli, ces fines pâtes dont était friand le poète latin Horace. On fait sécher les pâtes partout, même sur les lits. Donata dit que personne ne lui a vraiment appris. Tout simplement, elle est née dedans. Elle a ça dans le sang. »

 

Je m’en tiens là cher Daniele toi qui tout simplement tombé dedans, tu as ça dans le sang, toujours en quête de la transmission.

 

Avec un peu de retard bon anniversaire Daniele, l'âge n'a pas de prise sur ton coeur d'enfant.

 

Reçois ma fidèle amitié en attendant de te revoir chez toi dans les Pouilles où à Paris chez notre amie commune Alessandra.

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 06:00
Voir un ami pleurer… de Montaigne et La Boétie en passant par Arno chantant Brel !

Chaque matin mon écran me dit que j’ai beaucoup d’amis sur face de bouc… mais mon petit doigt me dit « sur combien pourrais-tu compter » ? Les doigts d’une main y suffiraient ! Ceux-là j’y tiens comme à la prunelle de mes yeux. Les yeux de ma mère comme chante ce déjanté d’Arno.

 

Arno qui sait si bien redonner vie aux mots du grand Jacques Brel.

 

L’amitié de Montaigne et de La Boétie qui pourtant ne se sont connus et fréquentés que pendant les quatre dernières années de la vie du dernier. Ils avaient, en ce qui concerne l’amitié, des attentes sensiblement différentes.

 

« Ces deux textes se situent l’un en amont, l’autre en aval de la rencontre qui a vu éclore l’amitié entre les deux hommes. Cette rencontre a lieu vers 1558. A cette date, le Discours sur le servitude volontaire, est écrit depuis plus de 9 ans. Quant à l’Essai De l’Amitié, sa rédaction débute en 1572 et se poursuit avec les ajouts de l’exemplaire de Bordeaux jusqu’en 1588. Lorsque Montaigne en commence la rédaction, La Boétie est mort depuis presque 10 ans. L’idéal exigeant défini par le jeune homme et les regrets de l’homme mûr penché sur le souvenir d’une rencontre qui a beaucoup marqué sa jeunesse et que le temps écoulé idéalise peut-être, ont tous deux assez de force de conviction pour donner aux deux textes un accent différent. »

 

Montaigne et La Boétie : Deux images de l’amitié par Daniel Lefèvre Agrégé de lettres classiques Professeur honoraire 7 allée de La Pléiade 14200 Hérouville Saint Clair

 

La différence le ciment d’une vraie amitié !

 

 

« Au demeurant, ce que nous appelons ordinairement amis et amitiés, ne sont qu’accointances et familiarités nouées par quelque occasion ou commodité par le moyen de laquelle nos âmes s’entretiennent. En l’amitié de quoi je parle, elles se mêlent et se confondent l’une en l’autre, d’un mélange si universel qu’elles s’effacent et ne retrouvent plus la couture qui les a jointes. Si l’on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu’en répondant : « Parce que c’était lui, parce que c’était moi ».

 

Montaigne Essais, 1-28, De l’amitié.

 

Etienne de la boétie © Radio France - 2012

 

« C’est cela que certainement le tyran n’est jamais aimé ni n’aime. L’amitié, c’est un nom sacré, c’est une chose sainte : elle ne se met jamais qu’entre gens de bien et ne se prend que par mutuelle estime, elle s’entretient non pas tant par bienfaits que par bonne vie. Ce qui rend un ami assuré de l’autre, c’est la connaissance qu’il a de son intégrité : les répondants qu’il en a c’est son bon naturel, la foi et la constance. Il ne peut y avoir d’amitié là où est la cruauté, là où est la déloyauté, là où est l’injustice ; et pour les méchants, quand ils s’assemblent, c’est un complot, non pas une compagnie ; ils ne s’entraiment pas, ils s’entrecraignent, ils ne sont pas amis, mais ils sont complices.

 

Or, quand bien cela n’empêcherait point encore, serait-il malaisé de trouver en un tyran un amour assuré, parce qu’étant au-dessus de tous et n’ayant point de compagnon, il est déjà au-dessus des bornes de l’amitié, qui a son vrai gibier en l’équalité, qui ne veut jamais clocher, ainsi est toujours égale. Voilà pourquoi il y a bien entre les voleurs (ce dit-on) quelque foi au partage du butin, pour ce qu’ils sont pairs et compagnons et, s’ils ne s’entraiment, ils s’entrecraignent et ne veulent pas, en se désunissant, rendre leur force moindre, mais du tyran, ceux qui sont les favoris n’en peuvent jamais avoir aucune assurance, d’autant qu’il a appris d’eux-mêmes qu’il peut tout, et qu’il n’y a droit ou devoir aucun qui l’oblige, faisant état de compter sa volonté pour raison, et de n’avoir compagnon aucun, mais d’être de tous maître ».

 

La Boétie Le discours sur la servitude volontaire rédigé en 1549, La Boétie a juste 19 ans.

 

Bien sûr il y a les guerres d'Irlande

Et les peuplades sans musique

Bien sûr tout ce manque de tendres

Il n'y a plus d'Amérique

Bien sûr l'argent n'a pas d'odeur

Mais pas d'odeur me monte au nez

Bien sûr on marche sur les fleurs

Mais voir un ami pleurer!

Bien sûr il y a nos défaites

Et puis la mort qui est tout au bout

Nos corps inclinent déjà la tête

Étonnés d'être encore debout

Bien sûr les femmes infidèles

Et les oiseaux assassinés

Bien sûr nos cœurs perdent leurs ailes

Mais mais voir un ami pleurer!

 

HUMAN INCOGNITO

 

 

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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 09:41
Au réveillon si vous vous ennuyez jouez donc à « Comment ça va ? »

« Expression simple et quotidienne de salutation, « comment ça va ? » revêt originellement un sens que l’on ne soupçonne pas. On se doute aisément que la question à trait à la santé de son interlocuteur.

 

Celle-ci serait originaire de la fin du moyen âge avec les débuts de la médecine grand public. À l’époque l’indicateur essentiel de la santé étaient les selles. La question « comment allez-vous? » renvoyait directement à la consistance, l’odeur et autres qualificatifs de la défection de l’interlocuteur.

 

Pour les derniers sceptiques tentez de traduire l’expression anglo-saxonne « How do you do? », littéralement « comment fais-tu? ».

 

« La dame (...) ajouta (...) qu'elle faisait à présent des vents en allant à la selle, que c'était comme un vrai feu d'artifice... Qu'à cause de ses nouvelles selles, toutes très formées, très résistantes, il lui fallait redoubler de précautions... Parfois elles étaient si dures les nouvelles selles merveilleuses, qu'elle en éprouvait un mal affreux au fondement... Des déchirements (...) »

 

Louis-Ferdinand Céline - Voyage au bout de la nuit – 1932

 

Dans un exercice de style original, Umberto Eco, imagine, dans Comment voyager avec un saumon les réponses obtenues d’un certain nombre de personnages mythiques ou célèbres à la question « comment ça va ? »

 

Shakespeare : « Comme il vous plaira. »

 

Franklin Benjamin : « Du tonnerre ! »

 

Marat : « Ça baigne ! »

 

Casanova : « Tout le plaisir est pour moi. »

 

Paganini : « Allegro ma non troppo. »

 

Kafka : « J’ai le cafard»

 

Marguerite Duras : « Bien. Forcément bien… »

 

Dracula : « J’ai de la veine. »

 

Freud : « Et vous ? »

 

Lazare : « Ça marche. »

 

De Gaulle : « Excusez-moi, J’ai un appel. »

 

Agatha Christie : « Devinez. »

 

Einstein : « relativement bien. »

 

Passez une bonne journée et à l’année prochaine sur mes lignes…

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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 06:00
Au gui l'An neuf ! Sous le gui dans la forêt, les ennemis devaient déposer leurs armes et observer une trêve…

« O Ghel an Heu »

 

Panoramix, le druide vénérable du Village des irréductibles gaulois Astérix et Obélix, détenteur du savoir, et notamment du secret de la potion magique dont il a lui-même créé la recette, a popularisé la cueillette du gui dans la forêt des Carnutes.

 

Pline dans son Histoire Naturelle écrit :

 

« Les druides n'ont rien de plus sacré que le gui et l'arbre qui le porte, pourvu que ce soit un rouvre. Le rouvre est déjà par lui-même l'arbre qu'ils choisissent pour les bois sacrés, et ils n'accomplissent aucune cérémonie sans son feuillage (...) On trouve très rarement du gui et, quand on en a découvert, on le cueille en grande pompe religieuse… »

 

« … on le cueille dans une grande cérémonie religieuse, le 6e jour de la lune, car c’est par cet astre que les Gaulois règlent leurs mois et leurs années, de même que leurs siècles de 30 ans. On choisit ce jour parce que la lune y a déjà une force considérable, sans être cependant au milieu de sa course. Ils appellent le gui d’un nom qui signifie « qui guérit tout ». Après avoir préparé un sacrifice au pied de l’arbre on amène deux taureaux blancs dont les cornes sont liées pour la première fois. Vêtu d’une robe blanche le prêtre monte à l’arbre, coupe avec une faucille d’or le gui, qui est recueilli dans un linge blanc. Ils immolent alors les victimes en priant la divinité de rendre ce sacrifice profitable à ceux pour qui il est offert. »

 

Petite précision la faucille n’était point d’or, la serpe était d’airain alliage à base de cuivre contenant de l’or et de l’argent.

 

La cueillette du gui se faisait donc au solstice d'hiver, c'est à dire aux environs de Noël. Depuis cette époque, le gui est toujours présent chez nous à Noël et au jour de l'An. En tranchant la touffe de gui, l'officiant clamait en celtique : O ghel an hem, c'est à dire : Le blé germe. Le solstice d'hiver étant le point de départ de la renaissance où le soleil et de la nature avec lui.

 

C'est donc cette expression qui, de déformation en déformation a donné au Moyen Age, lorsque le sens profond du rite s'était perdu, le célèbre au gui l'An neuf !

 

Le Chêne à gui c'était le plus sacré des arbres, représentant du maître des dieux, chez les Romains, les Celtes ou les Germains : « Lorsqu'au détour d'un sentier dans la forêt, on se trouve face à un Rouvre plusieurs fois centenaire, on peut comprendre le sentiment qui conduisit les hommes à rendre un culte à ce géant, tant s'imposent sa majesté,..., la force de ses branches noueuses, grosses comme des arbres, la puissance de sa cime »

 

Le chêne à gui était donc l'arbre des druides qui croyaient que cette plante était semée sur le chêne par une main divine et voyaient dans l'union entre leur arbre sacré et ces rameaux toujours verts un symbole d'immortalité. Le gui était considéré comme une plante sacrée. Car selon eux, il avait des propriétés miraculeuses, dont celles de guérir certaines maladies, d'immuniser les humains contre les poisons, de leur assurer la fertilité et de les protéger des méfaits de la sorcellerie.

 

Lorsque des ennemis se rencontraient sous le gui dans la forêt, ils devaient déposer leurs armes et observer une trêve jusqu'au lendemain. C'est de là dit-on que proviendrait, la coutume de suspendre une boule de gui au plafond et d'y échanger un baiser en signe d'amitié et de bienveillance.

 

Chez les anglo-saxons cette coutume fort répandue est rattachée à la légende de Freya, déesse de l'amour, de la beauté et de la fécondité, selon laquelle un homme devait embrasser toute jeune fille qui, sans s'en rendre compte, se trouvait par hasard sous une gerbe de gui suspendue au plafond.

 

Curieuse plante, en vérité, que le gui ! C’est une espèce hors-sol puisque cet arbrisseau est incapable de vivre dans le sol, faute de racines, et qu’il est donc condamné à vivre accroché à un arbre, ses boules « ornent » un grand nombre d'arbres, le pommier et le peuplier tout particulièrement, mais il se fixe rarement sur le chêne et le châtaignier.

 

Plante parasite ?

 

« On devrait plutôt dire qu’il est semi-parasite « précise Anicet. « C’est vrai que le gui puise de la sève brute à l’arbre sur lequel il s’est fixé, mais contrairement aux végétaux totalement parasites, cette espèce contient - et en grosse quantité - de la chlorophylle qui lui permet de réaliser la célèbre photosynthèse ».

 

« Alors qu’une feuille d’arbre ordinaire vit environ six mois, la feuille de gui vit un an et demi. Elle ne tombe que pendant l’été de l’année qui suit sa naissance. À l’époque, de nouvelles feuilles ont déjà pris la relève depuis au moins quatre mois et c’est pourquoi le gui, arbrisseau à feuilles caduques, reste perpétuellement vert. À l’âge de trente ans, un arbre mesure 10 à 20 m de haut... Le gui, lui, ne fait encore que 80 cm à 1 m de diamètre. »

 

 

« Une boule de gui peut vivre jusqu’à l’âge de trente-cinq ans. Elle fabrique pendant cette période plus de 30 000 baies, petits fruits ronds d’abord verdâtres qui prendront, après sept mois environ, une étonnante coloration qui les feront ressembler à des globes lumineux en verre opalin dont une ou deux seulement - et grâce à la dissémination effectuée principalement par la fauvette à tête noire la fauvette à béret vert et la grive draine - donneront naissance à de nouvelles boules de gui. »

 

Dans la médecine d'autrefois, il était l'antispasmodique type, spécifique de l'épilepsie, des convulsions, de l'apoplexie. Actuellement il est utilisé dans le traitement de l'hypertension artérielle, dans l'artériosclérose, les troubles nerveux du cœur, les hémorragies, l'hémoptysie ( 20 grammes de feuilles coupées en morceaux pour un demi litre d'eau ; faire macérer à froid toute la nuit et boire dans la journée 2 à 3 verres par jour avant les repas ). À l'extérieur, les cataplasmes chauds de feuilles et de baies, bouillies quelques minutes dans de l'eau ou du lait, calment les douleurs de la goutte et des rhumatismes. »

 

HISTOIRE DU GUI : UN PARASITE GUERISSEUR

 

Intérêt apicole

 

Les fleurs mâles et femelles du gui produisent du nectar en quantité relativement modérée, ainsi qu’un pollen assez abondant au niveau des fleurs mâles seulement. Du fait de leur floraison très précoce, ils constituent une source de nourriture utile à la colonie pour préparer la reprise du couvain, et ce d’autant plus que les floraisons mellifères sont encore bien rares à cette époque de l’année.

 

Le gui a fait don de deux adjectifs à la langue française :

 

  • gluant vient de glu ;

  • visqueux dérive de viscum, le nom latin du gui.

En fait, sous l’enveloppe nervurée de la baie du gui, se cache une substance pulpeuse et limpide : la viscine. C’est avec ce composant naturel que l’on fabriquait jadis la glu ... servant à capturer les petits oiseaux. Plaute, écrivain latin, constatait : « La grive, en répandant le gui, aide à la production de la glu grâce à laquelle elle sera capturée... » À bon entendeur salut...

 

 

À propos de grive dans son bel album « Anthologie du Petit Gibier » de la bécasse à l’ortolan chez Albin Michel, Jean-Jacques Brochier, en évoquant la Grive – celle qui « sauve le chasseur de la bredouille ? » écrit : « La meilleure est la grive de vigne, ou musicienne, c’est elle qui chante le mieux. Particulièrement à l’époque des vendanges, quand elle de gorge de raisins bien mûrs, qui la rendent pompette. De là la légende de ces grives soûles qu’on poursuivait entre les rangs de vigne et qu’on prenait à la main, ou d’un revers de casquette, treize à la douzaine. On a lu ça cent fois dans les livres, mais que celui qui a assisté personnellement à la chose me fasse signe. Je promets de le régaler d’une fricassée dont il se souviendra. Dans les mêmes livres, on dit aussi que les grives s’abattaient en si grand nombre sur les ceps qu’il fallait battre le tambour jour et nuit pour sauver la vendange ! C’était, sans doute, du temps que les bêtes parlaient. »

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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 06:00
« Faire bombance braconnière est un plaisir interdit dont il est difficile de se passer. »  Les ortolans de Mitterrand et de Juppé… le futur blogueur de l’année 2016 de la RVF exulte !

Le 9 janvier 1997 Catherine Coroller écrivait dans Libération :

 

« La Ligue de protection des oiseaux (LPO) ne décolère pas. Elle n'admet pas que l'ancien président François Mitterrand et l'actuel Premier ministre, Alain Juppé, aient pu manger des ortolans, oiseaux en théorie protégés. Elle vient d'ailleurs d'adresser une plainte à la Commission européenne afin que celle-ci engage une action juridique auprès de la Cour de justice de La Haye.

 

C’était après que Georges-Marc Benamou, auteur du Dernier Mitterrand, tout juste paru chez Plon, rapporte que François Mitterrand aurait mis des ortolans au menu de son réveillon du 31 décembre 1995, une semaine avant sa mort. «Pas de réveillon sans ortolans, avait fait savoir le président avant de partir pour l'Egypte, rapporte Benamou.

 

 

Faux réplique Jack Lang dans son Dictionnaire amoureux de Mitterrand : « J’aurais aimé qu’il en fût ainsi. Mais ce jour-là, Mitterrand n’est pas en état de faire honneur aux mets habituels. Il soutient comme il peut la conversation avec les uns et les autres qui viennent à ses côtés. »

 

Du côté d’Alain Juppé, alors Premier Ministre, dans une interview au magazine Elle du 23 décembre dernier, il met les pieds dans le plat. Non seulement il reconnaît, non sans une certaine complaisance, avoir mangé, dans une palombière, des pinsons à l'ail et au persil et des ortolans, mais il se justifie en arguant qu'il s'agit de «rites typiquement landais». «Ce qui est amusant au sujet des ortolans, c'est qu'il est interdit de les chasser et de les commercialiser, continue le ministre, mais, dans les bons endroits, on en trouve toujours»

 

Deux incises contemporaines :

 

- 16 % des Français souhaitent réveillonner avec Alain Juppé et le place en tête (16%) et s’il leur servait des ortolans ça ferait plaisir à un autre Alain, Bougrain-Dubourd bien sûr… 

 

L’actuelle chroniqueuse vineuse du magazine ELLE, lauréate 2014 de la RVF pourrait alors proposer un accord ortolans-vins...

 

Le Jack, amoureux fou de Tonton, avoue lui que « se délecter de produits en voie de disparition fait saliver. » et s’interroge : «Qui après nous pourra encore en manger? »

 

Égoïsme culinaire… très antiécologiquement correct… détestable et délectable à la fois… « … et Mitterrand ne boude pas ses plaisirs-là, ripailleurs et transgressifs, frondeurs et jouisseurs. »

 

Le portrait-robot tout craché du futur blogueur de l’année 2016 de la RVF !

 

Notre Jack conte :

 

« Au réveillon du premier de l’an, à Latché, il y a parfois des ortolans au menu. On est au cœur de la Gascogne. Il convient de sacrifier ces pauvres petits passereaux, migrants capturés alors qu’ils rejoignent pour l’hiver les terres chaudes du Proche-Orient et de l’Afrique, après un été en Europe. Ces volatiles pépieurs sont piégés par des matelotes et des appelants. Puis, on les engraisse pendant trois semaines avant de les estourbir à l’armagnac. »

 

Le « dealer » d’ortolans est Henri Emmanuelli, président du Conseil Général des Landes, qui a ses réseaux, ses fournisseurs et qui adore braver la sensiblerie parisienne qui s’offusque des mœurs des ensauvagés planqués dans leur palombière. » dixit Jack.

 

À cette lecture le futur blogueur de l’année 2016 de la RVF jouit !

 

François Mitterand peint par Derek Kostab Acrylic on canvas: 505mm x 505mm

 

« Ensuite, au de la table, les nez plongent dans les cassolettes. On ne se met pas à couvert d’une blanche serviette pour mieux exalter les saveurs. Cela fait un peu trop couleur locale et terroir immémorial pour la société savante et l’assemblée de civilités qui se réunissent dans la résidence secondaire du Président. »

 

Là, le futur blogueur de l’année 2016 de la RVF, tord le nez

 

« Malgré tout, les fumets se concentrent, mêlant air de la forêt et ardeur du gibier. Il faut ensuite saisir à mains nues l’oisillon tiède qui pèse tout juste 25 grammes. Et tout manger, bec et viscères, ramures et ramages sans plumages. Il faut tout ingurgiter. »

 

Notre futur blogueur de l’année 2016 de la RVF entre en épectase !

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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 10:48
Le Parisien c’est en titrant n’importe quoi qu’on devient n’importe qui : « Fin de l'indication géographique : avis de tempête dans les verres de vin »

Ce matin, comme chaque matin, je fais ma revue de presse et je tombe sur ce titre du journal le Parisien « Fin de l'indication géographique : avis de tempête dans les verres de vin »

 

Sur le site du journal le titre est moins racoleur « Indication géographique : avis de tempête dans les verres de vin »

 

Pour qui connaît les subtilités de la chose viticole en fait de tempête dans un verre de vin c’est plutôt tempête dans un verre d’eau. Nos braves journalistes parigots allèchent à bon compte les gogos.

 

« Avez-vous déjà trempé vos lèvres dans un vin blanc* breton ? Humé le bouquet d'un breuvage ch'ti dont le raisin a poussé sur les terrils du Pas-de-Calais ? C'est peu probable car, jusqu'à présent, ces vins, produits souvent par des associations et sur de petites parcelles, étaient interdits à la vente. A partir du 1er janvier, ce ne sera théoriquement plus le cas avec l'arrivée des nouvelles plantations, n'importe où en France, des « vin sans indication géographique » (VSIG). Une petite révolution venue de Bruxelles, aux contours encore flous et à l'impact difficilement prévisible, qui fait déjà trembler le monde viticole. »

 

Tout ça c’est pour faire joli car l’affaire est verrouillée par les autorisations de plantations nouvelle manière. D’ailleurs le sieur Dairien, directeur de l'Inao, en mots choisis, le confirme « Dans certaines régions, les plantations de nouvelles vignes seront automatiques. Dans d'autres, nous déciderons de les limiter »

 

Libéralisation vous avez dit libéralisation ?

 

Révolution en peau de Lapin !

 

MDR comme le disent les accros de Face de Bouc !

 

Didier Michaud vigneron bordelais le confirme « Dans le même temps que cette "libéralisation", il est actuellement mis en place un nouveau système de gestion des droits de plantation, qui après analyse par mon esprit tordu risque au contraire de mettre à mal la pérennité des producteurs de VSIG en zone AOC. Cela laisse en effet la possibilité à des comités compétents de bloquer les replantations, même sans parler d'extension. »

 

Créer le buzz voilà l’avenir de la presse généraliste et ça marche puisque sitôt « l’info » publiée Hélène Jouan la citait dans la revue de presse de France Inter et le Bien Public de Côte d’Or titrait Révolution en vue dans le monde du vin.

 

RTL  : Les zones géographiques ne devront plus être indiquées sur les bouteilles, faisant craindre à certains une libéralisation sauvage du secteur.

 

Ainsi va le monde, ainsi va notre vieux pays tout le monde raconte n’importe quoi et s’est relayé par n’importe qui…

 

 

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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 06:00
Le chemin de traverse d’Éric Guérin part de sa Mare aux Oiseaux sur l’île de Fédrun, en Brière, pour nous mener sur le long court de ses Migrations…

Double plaisir que d'avoir entre mes mains ce très beau livre, le premier intime niché tout au fond de mon petit jardin d’intérieur, le second surgit dès la première phrase d’Éric Guérin :

 

« À travers ces pages, je souhaite vous entraîner sur mon chemin de traverse, dans mon jardin secret, où je puise cette force que je traduis à ma façon en cuisine, sur mon île, en Brière, et jusqu’à Giverny aux portes de mon enfance. »

 

Des mots qui me touchent : « trouver chaque matin l’énergie pour animer cet univers*… le recul nécessaire que je prends ensuite sur les choses préserve en moi une certaine pureté enfantine… du dessin à la table, mes plats sont le récit d’une transmission dont les membres de mon équipe sont les passeurs… »

 

* L'héroïsme du quotidien

 

Les petites mains « C’est ainsi que l’on appelait les jeunes garçons qui entraient à l’atelier auprès d’un maître pour apprendre un métier manuel. Cette expression indiquait deux choses : le jeune âge et la totale inexpérience de l’apprenti, auquel on confiait les tâches les plus simples afin de lui permettre de se familiariser avec le métier sans provoquer de dégâts. »

 

Transmissions page 166

 

Sa cuisine : « … une forme de verticalité alchimique fondée sur trois principes :

 

  • La terre pour les racines, l’histoire, la culture, le savoir-faire, le geste ;

  • L’eau, toujours très présente autour de moi, élément conducteur d’échange, de partage, de mise en relation entre les choses ;

  • L’air pour le voyage, le rêve, l’évasion et la liberté.

 

 

La Brière, l’île de Fédrun : dans mon petit roman du dimanche en décembre 2009 j’écrivais : 

 

« Le lendemain matin, à la première heure, dans une fourgonnette Peugeot, que les services du Préfet avait dégottée je ne sais où, Chloé et moi prenions le chemin de la Grande Brière… La Grande Brière avec ses canaux, ses plans d’eaux peu profonds, ses roselières, ses prairies inondables et ses buttes où se perchent de minuscules villages est un monde clos, un monde consanguin, autarcique. Les Briérons pendant des siècles bénéficièrent d’un statut unique en France : ils étaient propriétaires du marais par la grâce du duc François II de Bretagne. Chassant, pêchant, pratiquant l’élevage et tirant l’essentiel de leur subsistance du marais, les habitants brûlant la tourbe extraite de leur sol manifestèrent toujours une franche hostilité à tout ce qui venait du dehors. Comme Chloé et moi ressentions un réel besoin de nous isoler pour mettre un peu d’ordre dans nos vies chaotiques, dans l’hostilité profonde de la Brière nous étions sûrs que les autochtones nous ignoreraient. »

 

« … Un seul accès menait à l’Ile de Fédrun, butte de terre au milieu du marais posée sur un lit de roseaux. Le jour se levait et, en des haillons cotonneux, la brume s’effilochait au-dessus de la curée, le canal cernant l’île sur le lequel les chalands familiaux étaient amarrés à des pontons donnant sur de minuscules jardinets collés aux maisons basses recouvertes de roseaux… Le premier soleil levait une part du mystère de l’île en la parant d’un camaïeu de vert et d’exhalaisons fortes de vases putréfiées et de mousse fraîche. Pas âme qui vive, le chant des oiseaux, le clapotis des eaux, loin d’être saisis par une impression d’échouage sur cette levée de terre, Chloé et moi, sans avoir à nous le dire, ressentions au contraire une grande paix nous envahir. À mille lieux de nos folies ordinaires nous nous arrimions à une terre de tout temps hostile aux étrangers ; une terre en train de mourir dans l’indifférence générale. »

 

 

Le point de départ du chemin de traverse d’Éric Guérin c’est sa Mare aux oiseaux, ouverte le 1er avril 1995 sur l’île de Fédrun, qu’il a construit à son image, modelant chaque détail de cette bâtisse devenue «sa maison»

 

Elle et lui depuis 20 ans : « un vieux couple » ?

 

Ce ne fut pas un long fleuve tranquille « Après un démarrage en douceur commence plusieurs années de galères où pour assurer le quotidien, en plus de son activité d’hôtelier-restaurateur, il installe au fond de son jardin au bord du marais une crêperie pour rassasier les touristes qui viennent visiter les marais. Mais malgré toute sa bonne volonté les hivers sont longs et rudes et en février 2000 au moment où il est prêt à raccrocher il décroche sa première étoile au Michelin. »

 

Ideemiam Anne Inquimbert vendredi 12 octobre 2012

 

Voyage, voyage…

 

Migrations c’est le carnet de bord d’un éternel voyageur… Mali, Sénégal, Brésil, Inde, Italie, Mykonos, New-York, Barcelone, Maroc, Japon, Miami, Laos, Languidic, Saint-Nazaire, Cambodge, Birmanie… avec les retour à Fédrun. C’est le journal intime d’un enchanteur, ses découvertes, ses joies, ses doutes, ses angoisses et ses espoirs… C’est une superbe invitation pleine d’émotions au banquet de la vie…

 

7 chapitres, 7 émotions : Amour, Joie, Désir, Angoisse, Amertume, Enchantement, Volupté…

 

De superbes photos et des recettes bien sûr…

 

 

 

RENCONTRE INSOLITE

 

Coup de cœur !

 

La sardine :  « et moi tu m'adores comment ?

 

- comme le beurre de sardines...

Le canard de Challans : ma vieille Vendée maraîchine…

 

Le sel de Guérande :

 

« Et puis, un beau jour de 1984, à la demande d’un certain Claude Evin, député de Loire-Atlantique, compagnon de route de mon Ministre Michel Rocard alors en charge de l’Agriculture, j’ai reçu dans mon bureau de la galerie Sully, au 78 rue de Varenne une délégation de paludiers de Guérande. Je les ai écoutés avec attention sur un sujet dont j’ignorais tout. Ils m’ont dit que leurs marais salants, les plus septentrionaux d'Europe, avaient failli disparaître dans les années 70, menacés par un projet de rocade. Que les paludiers guérandais s’étaient organisés en syndicat de producteurs en 1972 pour défendre le site et leur profession. Qu’ils étaient environ 180 paludiers entretenir l’architecture de leur marais. »

 

Cerise sur le gâteau je m’aperçois que cette rencontre insolite, entre un canard et une sardine (on dirait du Chaissac), est le premier plat signature d’Éric Guérin à La Mare aux Oiseaux.

 

Voilà, maintenant vous savez qui vous reste à faire : courir chez votre libraire acheter MIGRATIONS aux éditions de La Martinière je n’en connais pas le prix puisqu’on me l’a offert.

 

Faites de même en ce temps d’étrennes !

 

Pour les nouveaux venus sur ce blog : cliquez sur les liens en rouge pour en savoir plus...

 

 

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