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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 10:00

En mai « fais ce qui te plaît » et je le fais sans me soucier des donneurs de leçon de poésie. À mon âge il très facile de passer outre, d’être indifférent à ce qui est excessif, dérisoire, de laisser sur le bord du chemin ceux qui exigent que l’on pensât comme eux. Cloué au pilori, excommunié, marqué au fer rouge, condamné sans procès, officiellement pour une petite pochade, certes pas de la meilleure veine, mais surtout pour atteinte à l’art officiel.

 

Qu’importe, je rebondis et file mon chemin mon inculture en bandoulière.

 

 

« Le légume n’est pas un produit noble, c’est la nature humble, ignoble, au sens propre. »

 

C’est pour cela que j’ai choisi pour cette chronique « amis de la poésie, bonsoir » de vous offrir l’une des rares poésies dédiée à un légume : la salade. Et c’est signé Pierre Ronsard, un maître en ce domaine.


 

« Le légume a été aussi, pendant longtemps, le parent pauvre de la gastronomie. Il joue les utilités, les à-côtés. On lui donne une fonction d’entremets – un entre-deux, donc – ou d’accompagnement. Il orne la viande, le gibier ou le poisson, il les complète, a une fonction subalterne de décoration,  de faire-valoir. »


 

La salade, c’est pire encore même si, dans un retournement lié à notre suralimentation, elle est devenue le luxe du fait de sa légèreté, de son évanescence.


 

Les salades modernes, forcées, sont molles et sans goût.

 

 

J’aime les salades fortes, sauvages, craquantes, comme celle-ci.


 89-058.JPG

 

Et boire avec ceci.


 94419976--1-.jpg

Place à la poésie ! En français d’origine…

 

La salade

 

À Amadis Jamin

 

          Lave ta main blanche gaillarde et nette,

Trace mes pas, apporte une serviette,

Allons cueillir la salade et faison

Part à noz ans  des fruits de la saison.

          D’un vague pied, d’une vue escartée

Deça delà jettée et rejettée

Or’sur la rive, ores sur un fossé,

Or’sur un champ en paresse laissé

Du laboureur, qui luy-mesme apporte

Sans cultiver herbes de toute sorte.

 

Je m’en iray solitaire à l’escart.

           Tu t’en iras Jamyn, d’une autre part

Chercher songneux, la boursette toffue,

La pasquerette à la fueille menue,

La pimprenelle heureuse pour le sang

Et pour la ratte, et pour le mal au flanc :

Je cueilleray, compagne de la mousse,

La responsette à la racine douce,

Et le bouton des nouveaux groiseliers

Qui le printemps annoncent les premiers :

              Puis en lisant l’ingénieux Ovide

En ces beaux vers où d’amour il est guide.

Regagnons le logis pas-à-pas.

Là recoursant jusqu’au coude noz bras,

Nous laverons noz herbes à main pleine

Au cours sacré de ma belle fontaine :

La blanchirons de sel en meinte part,

L’arrouserons de vinaigre rosart,

L’engresserons de l’huile de Provence :

L’huile qui vient aux Oliviers de France

Rompt l’estomac, et  ne vaut du tout rien…

 

Pierre de Ronsard Le second livre des poèmes Tome IV

 

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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 00:09

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Il est toujours salutaire de lire ce que pensent de nous nos voisins, même lointain par la distance mais proche par le cœur, surtout lorsque ce sont de fidèles acheteurs de nos vins. Dans Le Devoir Libre de penser du 9 mai  Jean Aubry l’auteur du Guide Aubry 2014. Les 100 meilleurs vins à moins de 25 $.s’interroge avec malice :


« Les esprits retors vous diront que les Français ont le don inné de se tirer dans le pied, de se faire piquer leurs idées et de se reposer sur leurs lauriers. Les optimistes vous diront que la conjoncture actuelle, avec l’euro, ne favorise tout simplement pas le commerce extérieur. Pour le moment, la France du vin a mal. On dit qu’elle est morose. La communication du vin va dans tous les sens. Pourtant, les mots « vins » et « France » peuvent sans peine accéder au rang des synonymes consacrés qu’assimilent sans peine tous les habitants de la planète.


Alors, que se passe-t-il ? »


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Photo : Jean Aubry La mention « Vin de France » : étiquetage simple, packagings visibles et attractifs pour une communication simple et décomplexée.

 

La suite est ICI link


Mais alors qu’un Olivier de Moor, vigneron d’excellence, va se trouver brider dans ses projets de croissance par les chefs de la tribu des touche pas à notre grisbi qu’il est intéressant de lire, dans cette langue française fleurie « Oui, mais encore ? Grosso modo, et pour ne pas s’enfarger dans les fleurs du tapis passablement épais et touffu de la réglementation européenne et française, tout vin qui se place sous le chapiteau Vin de France doit bien sûr être produit à partir de raisins récoltés dans l’Hexagone, peut être vinifié en monocépage ou être issu d’un assemblage avec possibilité de mention de cépage comme de millésime sur l’étiquette. Aussi, et c’est là qu’on innove à mon sens, il peut être issu de l’assemblage d’autant de cépages qu’on veut en provenance d’une région comme de toutes celles de France (mais pas de Navarre). »


« Les points forts de cette nouvelle vague de vins français sont pourtant nombreux :

1) étiquetage simple ;

 

2) packagings plus visibles et attractifs ;

 

3) apport du mot « France », déjà une marque rassurante et crédible en soi, sans avoir à être brevetée ;

 

4) assemblages souvent innovateurs de cépages, de terroirs, de millésimes, mais surtout, surtout, et voilà qui pèse gros dans la balance pour l’industrie, possibilité de volumes homogènes conséquents.

 

Je vois mal ce qui empêcherait maintenant — hormis l’élite des stars du vignoble souvent trop paresseusement cantonnée dans ses prestigieuses appellations d’origine contrôlée respectives — la grande majorité des vignerons français de se replier en VDF (chose faite pour bon nombre).

 

Pensez-y une nanoseconde : plus de ces contraintes réglementaires aussi absurdes qu’ubuesques, pour une liberté d’action à vous redonner le goût de faire du vin.

 

Le rêve, quoi ! »

 


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9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 00:09

J’ai reçu ce courrier d’un vigneron de mes amis Olivier de Moor.


Je le porte à votre connaissance car il met le doigt sur le poids d’un corporatisme rétrograde qui maquille sa soi-disant défense des vignerons pour mieux préserver son modèle en voie de dilution « AOP-IGP pour tous ».


L’argument de la régulation de l’offre, par l’octroi de droits de plantation administré, est une plaisanterie de garçons bain, les crises bordelaises et cognaçaises l’ont en leur temps démontré. L’adaptation de notre potentiel de production est essentiellement liée à notre capacité de produire et de vendre de la valeur vin et celle-ci est créée par des vignerons à fort potentiel de clients. Distribuer des droits en pluie fine, pour satisfaire des clientèles locales, revient à créer du vin chez des vignerons ou des caves qui le vendent « mal » essentiellement sur le marché domestique dominé par la GD. On détruit de la valeur en créant de la surproduction sur des segments saturés, on tire le marché vers le bas au détriment des vrais créateurs de valeur. L’histoire de la décennie 2000-2010 nous a vus perdre des parts de marché et, à ce train-là, dans celle en cours, nous érodons plus encore nos capacités de croissance. La structure de nos exportations fait illusion mais pour combien de temps encore. 


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Formidable, tu étais formidable, j'étais fort minable


« Rien n'est jamais simple en notre beau pays. Considérant la perte d'image de certaine de nos appellations, mais aussi leur cadre standardisant, depuis plusieurs années nous préférons développer notre marque sans usage des AOC. En conséquence nous vendons une partie de nos Bourgognes génériques, en Vin de France. La raison technique est soit une mise précoce de vins destinés à un consommation rapide, soit à l'inverse des vins très murs avec présence de sucres résiduels.


 La clientèle nous suit et comme pour les vins d'AOC nous manquons de vins. Il est à noter que nous avons toujours revendiqué l’AOC CHABLIS.


Après appel auprès de l'INAO Dijon, il nous a été expliqué que si il y a repli en Vin de France, nous ne pouvons plus revendiquer d'appellation en général pour une nouvelle plantation. Auparavant cela concernait simplement une appellation au sens strict. A savoir à titre d'exemple que si on se repliait du Chablis, on ne pouvait revendiquer de nouvelle plantation en Chablis. Les zélateurs ont poussés le bouchon plus loin en disant que si on se replie d'une seule, on perd le droit de toute nouvelle plantation en AOC.


Je dis encore bravo à notre beau pays pour sa pertinence économique. Là c'est quand même une antiphrase.


Donc, nous allons développer soit les Vin de France en plantation si la possibilité existe encore. Elle existait l'an passé. Ou bien nous allons faire de nouveaux petits achats dans le Sud.


Ou encore faire du conseil à l'étranger pour continuer un peu plus de concurrencer les vins français puisque cette offre nous est faite.


Je comprends bien qu'au final il faut rester dans le moule. Si on s'en écarte on vous oblige à choisir : en conséquence, c'est soit vous en êtes soit vous partez.


Et donc, si vous n'avez pas assez de vin, pour vous accroitre, vous devez encore rester dans le moule. Et si vous faites du négoce, bien souvent et surtout sur des appellations comme les nôtres, vous devez rester sur les critères les moins ambitieux car pour les financer, surenchérir sur les prix de gros de nos appellations, cela devient très dur de tenir cet effort dans le temps.

 

C'est un des aspects du nivellement vers le bas.


La question que je me pose est, sachant que je suis encore prêt à travailler: comment mettre en place une « stratégie » pour répondre à la demande et aux nouvelles contraintes justifiées et injustifiées ?  Ça pourrait ressembler à ce qu'on appelle un élément de la croissance... si on m'écoutait...


À force de non-choix, de conforter des situations acquises, notre pays est pitoyable, aveuglé.


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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 10:00

Gérard Depardieu : « Mon foyer est là où les gens m'aiment » AVANT-GOÛT | Il était parti avec fracas, il revient sur les écrans dans le film d'Abel Ferrara, « Welcome to New York » inspiré de l'affaire DSK. Gérard Depardieu est à la une de « Télérama ». Propos recueillis par Fabienne Pascaud le 06/05/2014 à 10h31 link


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Question : « Pourquoi les comédiens boivent-ils autant ? »


Gérard Depardieu


« Parce qu’ils sont fragiles. Ça commence par un whisky à 5 heures pour se donner le courage de jouer le soir. C’est presque un médicament. Ça rallume la chaudière. Mais ça amène au mensonge. Peu à peu les alcooliques se cachent, ils ont honte. C’est pour ça que je ne suis pas un alcoolique, je ne me cache jamais. Si je bois – j’ai arrêté depuis cinq mois -, c’est par excès de vie. Je suis une nature, un peu con parfois… Il m’est arrivé de tenir à peine debout pendant les représentations de La Bête de la Jungle avec Fanny Ardant ; même l’oreillette que je devais porter pour être capable de dire mon texte tombait par terre… dans Tartuffe aussi, monté par Jacques Lasalle, avec François Périer. J’avais observé que François partait aux toilettes cinq minutes avant la représentation, je pensais qu’il picolait en douce. Un soir où j’avais soif, je pars avant lui et je découvre effectivement une bouteille au goût de Fernet-Branca, je l’avale et reviens comme si de rien n’était. Il sort à son tour des WC, excédé : « Qui m’a pris ma lotion pour les cheveux ? ». Il la cachait pour faire le beau et je l’avais ingurgité. Un soir, j’étais si ivre que lors de la scène de séduction avec Elmire, c’est elle, Elizabeth Depardieu, qui a dû me souffler chaque mot de ma déclaration d’amour. Finalement ça donnait une certaine perversité à la scène. Mais trop boire tue peu à peu le côté festif de la chose, ça isole, renferme sur soi, sur ses douleurs narcissique. Et ça marque, ça fatigue. Pourtant Marguerite Duras m’a souvent avoué qu’elle regrettait de ne plus boire. »

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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 00:09

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Entre le tango corse de Fernandel, les vaches étiques à boucles d’oreille et les porcu neru vagabonds, le « saucisson d’âne » pour parigots, le canal historique et le canal habituel, Tino Rossi, les bonapartistes, il y a bien sûr les histoires corses racontées par les Corses bien sûr, c’est plus sûr.


Commençons par un grand classique :


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« Entre Piédilacorte et Rebbia, pas très loin de la Cathédrale du Boziu, un homme, flottant dans une large tunique blanche, barbe et cheveux longs, entre dans l’unique bar du village.


S’adressant à l’un des hommes du village, assis dans un fauteuil roulant, il lui dit d’une voix douce mais ferme :


« – En vérité je te le dis, lève-toi et marche ! »


Incrédule, le bonhomme prend appui sur les accoudoirs, s’extirpe de son fauteuil, pose les jambes sur le sol et marche !


« – Aiò zitè ! Vous avez vu ? Je marche ! »


L’étranger au regard doux se déplace ensuite vers un autre habitué du café appuyé sur une canne blanche portant des lunettes noires qui sirote un Casanis !


« – En vérité je te le dis, ôte tes lunettes, ouvre les yeux et vois ! »


L’homme retire ses lunettes, cligne des yeux et recouvre la vue !


Le type à la barbe s’avance alors vers Toussaint qui a le bras en écharpe.


Toussaint recule, terrorisé :


« – Aò, aò ! Déconnez pas le pinzutu, Oh ! Je suis en arrêt, moi ! »


Celles de Simon Dominati puisée dans les Infos Corses du dimanche 4 Mai 2014


Le carburant du bucheron corse :


Son grand-père travaillait en forêt comme bucheron du lundi au vendredi soir pour une entreprise de Propriano et un camion le ramassait au passage à Lévie pour une destination du côté de l’Ospedale.


Il ne partait jamais sans sa bonbonne de vin. Le patron rendait de temps en temps visite à ses bucherons de manière inopinée. Un vendredi après-midi, installés à l’ombre, en attendant le camion de ramassage, le grand-père et l’un de ses collègues sirotaient les dernières gouttes de vin, directement au goulot de la dame-jeanne. Les surprenant dans cette posture d’oisiveté, le patron leur balança :


-           Si vous faites tous comme ça, je vais faire faillite.


-          Ô M. Dumè…, si vos machines fonctionnent au mazout, nous on marche au vin de Maria Barbara !   lui rétorqua le pépé.


Le patron, en bon Corse, apprécia la répartie.


Durite canal historique :


Un camion était tombé en panne juste devant le bar de Maria Barbara qui fournissait le village en vin. Le chauffeur affairé, la tête dans le moteur, tentait d’identifier la panne. Midi était largement passé lorsque, titubant, un client du café décidait de rentrer chez lui et s’approchait du camionneur. Intrigué, il lui montrait une durite et demandait : « C’est quoi, ça ? » L’autre déjà passablement énervé, se redressait et lui rétorquait : « Tu sais, ça c’est le tuyau qui est directement branché au tonneau de vin chez Maria Barbara !» D’un pas toujours mal assuré, sans demander son reste, le pochtron s’esbignait…


Histoire d’eau :


Il pleut même en Corse, et cette semaine-là il avait beaucoup plu pendant toute la semaine et ce n’était pas fini. Un villageois défunté devait être enterrée et la fosse était pleine d’eau. Les porteurs de la bière, quasiment seuls au cimetière, décidèrent de poser le cercueil dans le trou et d’attendre le lendemain, une éventuelle accalmie, pour le recouvrir de sa terre natale. Plantée devant sa porte, en dépit  des cordes descendant du ciel, une Corse à la langue bien pendue commentait « Vous avez vu, ils l’ont mis à tremper jusqu’à demain comme de la morue. »


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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 10:00

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« Rocardien un jour, rocardien toujours… » Hier notre cher Michel, 83 ans au compteur, répondait au journal La Provence de Bernard Tapie. Ce qu’il dit vaut, à mon sens la peine d’être lu avec attention. J’aime bien le début de l’interview, du Rocard pur jus, combien de fois nous l’a-t-il refait l’histoire du Congrès de Tours « La France est le seul pays d'Europe où le Parti socialiste s'est transformé en Parti communiste en 1920, sauf 20 % de minoritaires qui ont suivi Léon Blum. »


En voici un morceau :


Auriez-vous voté le programme de stabilité ?


M.R. : Nous vivons deux crises à la fois. L'une est institutionnelle. Nous avons des obligations budgétaires parce que nous appartenons à la zone euro. Ces obligations, Madame Merkel tient à leur respect parce qu'elle défend les intérêts allemands et une conception traditionnelle des choses. L'autre crise n'est pas seulement européenne, elle est mondiale. Le logiciel capitaliste s'est effondré. Et parce que nous maintenons l'austérité, Joseph Stiglitz et Paul Krugman, prix Nobel d'économie, lancent des SOS. Ils nous disent qu'il faut vivre avec du déficit et ne pas aggraver la récession. Alors oui, à l'Assemblée, j'aurais voté le programme de stabilité, mais avec une recommandation : « Ouvrez la bataille intra-européenne sur la doctrine économique ».


Vous êtes très alarmiste. « Si on continue, on pourrait avoir un nouveau Hitler », avez-vous déclaré !


M.R. : Je n'ai pas dit cela ainsi, mais pas loin. En tout cas, les crises produisent des gouvernements fascistes. En Grèce, aucun parti ne peut gagner une élection en promettant de respecter les clauses. J'attends avec intérêt le moment où la communauté européenne n'aura en Grèce, comme interlocuteur, que le chef d'état-major des armées, pour savoir comment on maintient l'ordre public, dans un pays qui ne peut plus s'en sortir ni faire d'élections.


Il faudrait faire sauter l'Europe ?


M.R. : Sûrement pas. Parce que stratégiquement, on en a besoin. Voilà pourquoi, malgré l'étranglement, j'aurais voté les mesures budgétaires en question. Mais il est prudent de dire, premièrement qu'elles ne peuvent pas ne pas avoir d'effet récessif, sinon un gros effet récessif, et deuxièmement que les keynésiens ont raison.


Le tout est ICI link

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 00:09

Comme à Gravelotte : notes et commentaires de nos grands dégustateurs patentés vont tomber sur nous pauvres buveurs ignorants. Ça va être l’overdose du côté de la vieille permanentée et chez B&D. Le taulier a ironisé en accusant les goûteurs de l’enduire en erreur avec leurs tanins racés, leurs boisés luxueux et de le faire ainsi tomber en un coma idyllique… link . Moi, prudence, prudence, depuis que j’ai émigré au village, j’évite de trop ramener ma fraise vu que Norbert Le Forestier, depuis qu’il s’est fait rouler dans la farine par l’Isabelle, a tendance à chercher des poux sur la tête de qui qui dit du mal de ceux qu’il a généreusement invité à déguster son breuvage béni.


Donc je fais gaffe. Je fais des risettes à tout le monde, vais à la messe, achète le Figaro, évite de dire que je mange bio, ne dis plus que je bois de bon coup mais le nez dans le verre, la bouche en cul de poule, le regard inspiré : j’hume, mire, fais gazouiller les GCC, et suis bien obligé de cracher. Franchement, cracher des nectars de ce prix c’est une insulte à ceux qui s’achètent des litrons chez Leader Price. Je m’entraîne, me cultive, me mets dans la peau des cocos qui passent leur sainte journée à déguster.


Pour me faire plaisir, le taulier m’a déniché dans une brocante un vieux bouquin tout jauni pas coupé (les pages), c’est dire qu’il avait passionné celui qui l’avait acheté, d’un ponte bourguignon de la dégustation : Pierre Poupon de Meursault qui, en 1957, a délivré « Pensées d’un dégustateur » avec une préface de Georges Duhamel de l’Académie Française. En ce temps-là les Verts adoraient les vins bouchés.


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J’y ai puisé ma science avec délice.


En effet, notre homme estime en effet qu’il faut savoir « analyser ses sensations, dominer sa jouissance… pour porter un jugement et le traduire en langage et en notes de dégustation. »


Pour lui « les notes sont indispensables au dégustateur : courtes, précises et formées de quelques mot ponctuant le tracé imaginaire d’une courbe organoleptique, elles lui permettent d’étayer sa mémoire patale aussi sûrement que les croquis soutiennent la mémoire visuelle du peintre… »


Croyez-moi, je me voyais déjà placer auprès de Jacques D ou de Michel B « la référence à ma mémoire patale ! »


Mais le sieur Poupon concède que les notes sont souvent « trop sèches ou trop abstraites pour le profane… » alors il s’est plu « à jeter sur le papier quelques-unes des pensées » qui lui sont venues en dégustant « comme au moraliste qui observe. »


Vous vous doutez bien que j’en ai fait mon miel…


« L’eau est l’ennemie de la vigne comme du vin. Un année pluvieuse ne donne jamais rien de bon, tandis qu’une année de sécheresse, même impitoyable, apporte toujours l’heureux dénouement d’une vendange saine et de qualité »


Pas sûr que cette pensée plaise à notre Norbert Le Forestier et à tous les chantres du millésime 2013 sauvé des eaux par des petits génies des Carpates…


« Le vigneron fait son vin et l’écrivain compose son livre, non pour qu’un dégustateur de métier boive celui-là, ni qu’un critique lise celui-ci, mais pour enchanter ou émouvoir l’amateur. Or, l’un n’a de cesse qu’un compère n’ait goûté son vin et l’autre qu’un confrère n’est lu son œuvre. Ils semblent tous deux oublier que le public, seul, dispense la renommée. »


Et les « nègres » dans tout ça, ils sentent le gaz ? Désolé, ça m’a échappé…


« Il y a des personnes, écrit La Rochefoucauld, qui ont plus d’esprit que de goût, et d’autres qui ont plus de goût que d’esprit.


Mais, pour savoir  déguster, il faut autant d’esprit que de goût. En effet, trop d’esprit flatte le vin et trop de goût l’humilie. »


Celle-là, quand Norbert m’invitera pour faire la plonge lors de son prochain raout de people et de pisseurs de copie, je la replacerai.


« Il y a une mimique de la dégustation et certains imposteurs savent fort bien l’imiter. De même, un homme à l’esprit vide peut faire illusion en prenant l’attitude du Penseur de Rodin. »


Moi je ne vous dirai pas à qui je pense !


« Dégustez, la tête légèrement penchée en avant, comme celui qui se concentre et cherche ses idées. Le menton trop levé, vous aurez l’air vide et bête d’une poule qui boit ; la nuque trop renversée, vous donnerez l’impression de vous gargariser. Même en ce cas, échappons au ridicule. Et, lorsque vous boirez à table, imitez la discrétion du cheval dont les lèvres se posent délicatement sur le miroir de l’auge, sans le ternir. »


Ça ne rigole pas la dégustation !


« Beaucoup se flattent de savoir déguster. Mais demandez-leur ce qu’ils ont senti et goûté. Les voilà subitement muets. Ils se dérobent toujours au pied du verre. »


Le taulier a donc raison de se refuser à la dégustation…


« Il m’arrive souvent de faire tourner dans mon verre, ou de humer, ou de rouler sur ma langue, l’eau ou l’orangeade qu’on me présente. C’est une distraction aussi comique et inoffensive que celle de vouloir lever son chapeau pour saluer lorsqu’on est tête nue. »


Là je pense à Gabrielle V


« Nous avons tous rencontré ces trois sortes de buveurs : l’amateur, qui se croit du talent, boit par snobisme, apprécie par mode et vante par gloriole ; le professionnel, toujours peu subtil et hermétique, jamais affirmatif et quelquefois cruel ; le vigneron, qui ne jure que par le vin de sa cave.


Quoi ? Vous ne vous rangez dans aucun de ces types ? Vous aimez le vin pour lui-même, pour vous-même et pour vos amis ? Vous êtes alors une exception, mais j’irai volontiers m’asseoir à votre table pour boire en parlant d’autre chose. »


Un marrant ce Poupon, il se fout de sa propre gueule…


« Beaucoup de vignerons n’ont du nez que pour l’encens dont ils flattent leurs vins. »


Sacré Norbert toujours droit dans ses bottes prêt à  dégainer son petit sécateur !


« On serait vite lassé de vins trop parfaits. Un peu de déséquilibre, s’il n’est pas indispensable à leur excellence, l’est sans doute à leur charme. »

 

Bodybuildés !

 

« Il y a des hommes qui choisissent leur femme pour l’élégance de sa silhouette ou l’éclat de son visage. Ce sont les mêmes, sans doute, qui choisissent leur vin pour la noblesse, le brio ou la fantaisie évocatrice de son appellation.


Mais on ne boit pas plus une étiquette qu’on ne jouit d’une femme par le seul regard. »


Macho ce Poupon, un vrai bourguignon ! Messieurs, en dernier ressort ce sont toujours les femmes qui vous choisissent pour de bonnes ou de mauvaises raisons…

 

« Ce goût de terroir, qui nous révèle aussitôt l’identité d’un vin, c’est cette odeur et cette saveur particulières que lui donne cette graisse de la terre qu’Isaac prie Yahvé de ne pas refuser à son fils Jacob. »


« Le goût du terroir s’attache aux vins un peu rustres, comme la glèbe se colle aux sabots du paysan. Il ne prouve ni la finesse, ni la distinction, mai la bonne santé champêtre et l’authenticité. »


 Ha ! La graisse de la terre et les sabots de Norbert, j’atteins l’extase en espérant l’épectase comme ce bon cardinal Danielou…


Bon ce n’est pas tout ça je file sur Face de Bouc, je suis inquiète 2 Ruines est aux abonnés absents…


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4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 00:09

Je ne suis qu’une modeste concierge sise à Saint-Émilion et je sais pertinemment que depuis la disparition d’Edouard Frédéric-Dupont, l’inamovible député des «concierges» du VIIe, dit  «Dupont des Loges», que nous ne pesons pas lourd électoralement.


Permettez-moi cependant de vous narrer une petite aventure que je viens de vivre le jour du 1er Mai. Avec le club des joyeuses brodeuses de napperon de Saint- Émilion nous étions en voyage d’études à Bruxelles.


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Comme j’avais une soudaine envie de faire pipi, et comme à Paris chez nos voisins, y’a plus de dames pipis, j’ai dû entrer dans un bar pour satisfaire mes petits besoins. Et là je suis tombé nez à nez avec ça accroché au mur.


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Toute la sainte journée ça a « virouné » dans ma petite tête. Je me disais, qu’avec le nouveau classement de Saint-Émilion qui a enfin inclus des critères culturels, normal notre Norbert Le Forestier avec son petit sécateur est un homme de la culture, y faudrait marquer le coup.

 

Comment faire ?


J’me suis souvenu, madame Fillipetti, que le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, expose à Paris du 12 mars au 27 juillet 2014 : Les Mondes de Gotlib link. Donc, j’ai imaginé qu’avec votre collègue Le Foll qu’est le garant du monument, quasiment historique, qu’est le nouveau classement de  Saint-Émilion, chef d’œuvre en péril, vous classiez par décret, de façon posthume, le château Barrail des Graves de Saint-Émilion en 1er Grand Cru !


 

Bien sûr ce n’était qu’un modeste Saint-Émilion ne pouvant prétendre, du temps de son vivant, prétendre à accéder d’une grande enjambée dans le Saint des Saints. Mais madame, monsieur les Ministres avec notre Norbert rien n’est impossible.



Pensez-donc, ce Gérard Descrambe du Château Barrail des Graves à Saint Sulpice de Faleyrens comme l’écrivait en son temps l’un de ses admirateurs : « maîtrise le langage des charretiers, il est entier et ses vins ont de l'expression ! Ses vins sont écologiques et théologiques. Ils traitent avec bonheur et bonne humeur la phtisie rampante et l'hypocondrie dégringolante. Ses bouteilles sont gaillardement labellisées par les plus grands noms du dessin sérieux, de Reiser à Wolinski, de Gébé à Carali, Pichon, Willem, Tignous, Cavanna et bien d’autres (18 actuellement, la liste n’étant pas close) »


À l’heure de la communication, dont vous êtes aussi la Ministre madame, Gérard Descrambe du Château Barrail des Graves a fait beaucoup pour la notoriété de Saint-Émilion auprès de populations, certes rebelles, mais disposant d’une excellente descente. Avec les critères de notre cher Norbert il aurait empoché une putain de points.


Un geste d’une telle ampleur ça ferait bien dans le paysage, très « à gauche » toute, unificateur d’une majorité qui part en quenouille, un retour aux sources populaires.


Pendant que j’y suis, je verrais bien une rétrospective de ces œuvres à l’Envers du Décor. Vous viendriez l’inaugurer avec Stéphane et nous inviterions tous les « résistants de Saint- Émilion. Une sacré fête, le pendant populaire du pince-fesse people de notre irremplaçable Norbert


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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 10:37

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« Ils tournent en rond, ils tournent en rond… »


Les nouveaux petits derviches de la blogosphère du vin et de la haute bouffe, se complaisent dans la détestation, traitent les quidams d’en face de pauvres cons, carburent à l’obsession, monomaniaques redondant la peur du vide de leur vie les aspirent aussi inéluctablement que le siphon d’un évier.


Face à l’horreur de ce qui est pour eux une « trahison » : le passage avec armes et bagages de Jonathan Nossiter au « naturisme » ils moulinent, brassent leurs aigreurs, tapent et tapent avec leur petit battoir sur la nouvelle génération de petits cons, bobos de surcroît, qui boit n’importe quoi. À l’occasion, pour faire genre, ont fout des femmes à poils : naturisme oblige, et les mecs exhibant leurs biroutes où sont-ils ?


L’idole est tombée de son piédestal. Il a passé Hubert de Montille par pertes et profits, ne jurant plus que par Stephano Bellotti. « Le nouvel opus se veut plus modeste et plus intimiste mais on y retrouve cependant l'amour du réalisateur pour la figure de l'artisan passionné. L'un d'entre eux, Stefano Bellotti, impressionne par son charisme à la Christopher Walken. Dans son exploitation de Cascina degli Ulivi (Ferme des Oliviers), il crée des vins naturels depuis 25 ans et en l'écoutant raconter son métier, le spectateur voyage entre philosophie, histoire sociale et biologie. « C'est vraiment le Pasolini des vignes », s'enthousiasme Nossiter, « quelqu'un qui n'a peur de personne, qui s'exprime avec une liberté sauvage et dont chacune des expressions de la pensée a un sens éthique et politique, tourné vers la communauté ».


Bref, la pilule est difficile à avaler, le suppositoire a du mal à se frayer un chemin, c’est l’horreur et la désolation alors il est plus simple de sombrer dans la détestation.


J’adore !


Je me délecte !


Je me souviens aussi d’une chronique du 9 mars 2012 que je ressors de la naphtaline. La blogosphère du vin cultive un goût immodéré pour la détestation : les lavandières du Net


J’y soulignais « Mon blog c’est mon oxygène, ma fenêtre sûr, une deuxième vie qui, contrairement à ce que pense certains, n’est pas une astreinte ni une dévoreuse de temps, rien que du plaisir, une forme d’hygiène mentale, d’excitation intellectuelle, de curiosité et bien sûr d’occasions de rencontre. Alors vous comprendrez aisément que je n’y cultive ni la détestation, ni la revanche, ni le règlement de comptes. Je laisse ça aux aigris, aux envieux, aux rabougris, à ceux qui s’ennuient ou qui n’ont rien d’autre à faire de leur vie. « Les chiens aboient la caravane passe… »


Elle débutait ainsi :


« Langues de putes, de vipères, être une mauvaise ou une méchante langue fut longtemps l’apanage de la gente féminine selon les hommes, souvent leurs hommes. Ceux-ci, plus enclin à la politique, pratiquaient la langue de bois, avaient disait-on un bœuf sur la langue. L’irruption des médias parlés, puis filmés ou télévisés, a popularisé des saltimbanques qui avaient la langue bien pendue donc qu'ils n'avaient pas dans leur poche : Desproges et Coluche en sont les plus beaux exemples. En littérature, dans la presse engagée, la langue verte, la langue drue, celle des polémistes, des auteurs engagés, dérapait parfois, s’enfonçait dans la boue de l’antisémitisme, dans l’insulte, mais le plus souvent se mettait au service de grande cause : le célèbre J’Accuse de Zola dans le Figaro (oui, oui…) à propos de l’affaire Dreyfus.


 

Le règne du « politically correct » a gommé les aspérités, les rugosités, rabotés la langue jusqu’à l’affadir. Afin de ne pas choquer des minorités agissantes et souvent intolérantes, la pratique hypocrite de la langue fourrée qui, comme chacun sait est un baiser lingual profond : une pelle, étouffe bien plus qu’elle ne protège. Pour autant, il est conseillé, y compris sur le Net, de tourner 7 fois sa langue dans sa bouche, avant de réagir sur un texte lu en diagonale ou avec des œillères sur un blog. Vite fait bien fait dit-on, dans le cas présent le fameux buzz prend le pas sur le fond du débat, ce qui compte c’est le niveau de bruit, l’intensité du flux. Alors, ceux que le classement d’e-buzzing met en transes quand ce n’est pas en épectase, s’ingénient à cultiver les inimitiés, à attiser ce qu’ils supposent être des différends, à n’exister que par leur virulence sournoise : ce sont les nouvelles lavandières du Net (là encore l’histoire de la mauvaise langue m’oblige à féminiser cette appellation qui est sur le Net majoritairement masculine).

 

La suite ICI link


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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 10:00

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31 octobre 2010 « Depuis mai 68  où j’ai découvert Manset avec « Animal on est mal » je suis un aficionado de ce solitaire qui en 1975 rencontrera le succès avec « Il voyage en solitaire » qui se vendra autour de 300 000 exemplaires et sera un grand succès de l’époque. Le grand public ignore Gérard Manset qui le lui rend bien. Comme il le note dans l’une de ses rares interviewes « C’est toujours la même incohérence. Dès que je suis confronté aux médias, se révèle cet écart vertigineux entre ce que les journalistes disent de positif sur mon travail et sa pénétration dans le public. Il y a quelque chose de brisé, de cassé. Si le matériel était tel qu’on le décrit, il devrait être répandu. Mais peut-être que les gens n’ont pas besoin de ça. » link 


Signé le Taulier

 

24 Juillet 2011 : Gérard Manset « J’en étais bouleversé, que toute cette jeunesse saluât son Assomption, le rendit éternel... » Visage d’un Dieu Inca : Alain Bashung.


 « Suivre Gérard Manset sur ses lignes, qu’elles soient paroles sur sa musique ou mots assemblés en phrases qui font les livres, relève de l’expédition sans guide dans la forêt amazonienne. Ce n’est pas un parcours pour adeptes du Club Méditerranée mais, si comme moi, vous êtes des 100% Manset ce n’est qu’une question de rythme, de souffle, de transversale à la Alain Gheerbrant. « J’étais encore indécrottablement rationnel, prétentieux, timoré et avare dans ce dedans de ma tête de Blanc qui croit détenir le pouvoir de commander au mouvement en s’opposant à lui, au lieu d’aller avec lui, de se fondre en lui, d’abord, et d’obéir ensuite à ce que décide le corps. » link


Signé le Taulier


Le 29/04/2014 : « … chez Warner, j'ai rencontré une équipe qui acceptait mes silences, mes obstinations, mon travail marginal, mes « obscurcissements » artistiques. On a décidé que le premier album serait fait de reprises d'anciens titres. Une revisitation.


Comment avez-vous procédé ?


Je devais donc rejouer les morceaux avec des musiciens, live en studio. Et ça a évolué vers de belles rencontres. Axel Bauer m'a proposé Celui qui marche devant, extrait de l'album de 1972 que je n'ai jamais voulu rééditer à cause du son… Avec Paul Breslin, mon guitariste américain, on a adapté Il voyage en solitaire en anglais, que l'on chante en duo. J'ai également repris Manteau jaune, titre rock écrit pour Raphael, qui en a fait une ballade douce et somnambulique. Et je lui ai demandé de chanter Toutes choses avec moi. J'adore l'écart entre ma voix âgée et la sienne, très juvénile. Parfait pour chanter « Toutes choses… se défont. »


Vous avez exhumé votre premier titre, mythique, de 1968, Animal on est mal…


L'idée est du groupe belge dEUS, à qui j'ai proposé une collaboration. Je m'attendais à ce qu'ils choisissent un titre un peu costaud, mais ils ont préféré celui-là ! Du coup, c'était moi qui étais mal. Je ne tenais pas à me le recoltiner. Mais j'ai trouvé leur version épatante, très fraîche, pop dans le bon sens du terme, presque rose ! » link

 

Propos recueillis par Hugo Cassavetti - Télérama n° 3354

 

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