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16 avril 2018 1 16 /04 /avril /2018 06:00
Les charmants calmars de Sarfati le friturier n’ont rien à voir avec le calmar géant de Pline l'Ancien, de Victor Hugo et de Jules Verne

Chronique dédiée à l’un de mes retwitter addictif compagnon de bord de bar, grand amateur de vins tout nu et, bien sûr, de calamars…

 

Sachez que le calamar n’est pas une seiche « Un moyen infaillible pour ne plus les confondre : La seiche a un os, le calamar (ou calmar) a une plume, la pieuvre n'a plus aucun élément de squelette résiduel. »

 

Mettons un peu d’ordre dans les dénominations commerciales des céphalopodes :

 

  • le chipiron du sud-ouest est un petit encornet, voisin de la seiche, « encré » pour échapper à ses prédateurs, et là que l’encornet ([ ɑ̃kɔʀne]) est en principe le nom vernaculaire du calmar lorsqu'il est pêché ou cuisiné, et là encore que le chipiron se nomme supion en Méditerranée… on s’y perd un peu puisqu’on me dit aussi que l’encornet est le nom vernaculaire du calmar ou calamar et que ce mot peut parfois désigner par analogie d'autres céphalopodes comme la seiche et parfois le poulpe.

 

Mais qui donc est ce Sarfati le friturier ?

 

C’est un personnage d’Albert Cohen.

 

« Il [Mangeclous] échangea quelques urbanités avec Sarfati le friturier […] Après quoi, il se servit d’un calmar frit, juste pour en connaître le goût, donna son avis et s’en fut non sans avoir, pour plus de sûreté, fait quelques cornes supplémentaires. » Les Valeureux, Gallimard, 1969.

 

Explications d’Henri Béhar dans À table avec Albert Cohen

 

 

« La règle est fort simple : est autorisé (kasher ou cacher) tout poisson ayant des écailles, des nageoires et une arête dorsale. Les fruits de mer sont interdits. Pas d’exception pour le calmar. On se demande comment il se fait que  Sarfati le friturier (son nom indique que sa famille est passée par la France, Tsarfat, avant de gagner l’empire ottoman) propose des calmars grillés à sa clientèle juive. Serait-ce une inadvertance de l’auteur ? Pourtant, Mangeclous semble bien se comporter avec les calmars comme il fait avec le jambon, par curiosité, pour connaître le monde. »

 

« Il est clair ici que Mangeclous n’en a jamais consommé auparavant, par peur de l’interdit, et qu’il fait des cornes dans son dos pour conjurer le mauvais sort tant à cause de la mort d’un enfant Sarfati que pour s’épargner des peines infernales (encore que l’existence de l’enfer, de la géhenne, soit très discutée dans la tradition juive).

 

Il faut croire qu’il y a pris goût puisque dans le roman simultané, Belle du Seigneur, il en achète pour tout le groupe des Valeureux. »

 

« … y compris même de charmants calmars tout juste arrivés de Marseille et qu’il fit frire à grande friture bruyante en ma présence ! Tout croustillants ces calmars, et ils vous crient : allons, mangez-nous, ô braves ! » Belle du Seigneur, Gallimard 1968, page 720.

 

« Tais-toi Marseille, tu cries trop fort, et tes calmars jettent un enchantement sur ceux qui y ont portés les lèvres.

 

Il n’y a aucun défi lancé à Dieu dans le cas présent, pas de sentiment de la transgression. Simple satisfaction de la panse, par négligence des préceptes… »

 

Mode de pêche des calmars

 

La « turlute est mentionnée dans le « Larousse », « il s’agit d’un système d’hameçon plombés que l’on monte et descend au bout de sa canne à pêche jusqu’à ce que le chipiron s’y accroche. En général sa sortie de l’eau s’accompagne d’un jet d’encre qui a pour effet secondaire de repeindre la coque du bateau. En outre, cette pêche se pratiquant à l’arrêt, l’embarcation qui monte et descend, tel un ludion, au gré de la houle provoque quelques dérangements gastriques chez les noms initiés aux choses de la mer. »

 

La saga du calmar géant, de Pline l'Ancien à Olivier le marin

 

« Entre Charybde et Scylla ». Vue d'artiste imaginant Ulysse aux prises avec la mythique Scylla (Extrait de Heuvelmans, 1958). 

 

Étrange paradoxe qui pèse sur cet être non moins étrange, le calmar géant, le plus grand invertébré de la planète, et aussi le moins connu, à peine entrevu dans son milieu naturel, au milieu de l'année 2012 ! Parmi les monstres imaginaires de la mer, c'est peut-être celui qui a suscité le plus de légendes, de mythes et d'œuvres littéraires et cinématographiques. Depuis peu, c'est seulement à partir d'animaux échoués ou parfois capturés par les chalutiers modernes, qu'il est possible d'en avoir quelque connaissance. Peut-être moins de mythe aujourd'hui, mais presque autant de mystère. Moins de mythe ? Pas si sûr !...

 

 

« Nos littéraires trouveront là une matière inédite pour (re)créer de nouvelles légendes, à commencer par Victor Hugo et son roman Les Travailleurs de la mer (1866). Notre poète ne faisait pas dans le rigoureux. Il le dit lui-même : « Les scientifiques sont réducteurs et dépourvus de sentiments, dans leurs descriptions. » Assurément, lui n'en manquait pas ! Les outrances de la description qu'il fit d'un poulpe de grande taille, aux prises avec son héros Gilliatt, vont donner à ce pauvre animal une réputation de monstre agressif, dangereux et répugnant. En exil à Guernesey, il introduisit ici le nom local normand de pieuvre qui reste aujourd'hui dans le langage populaire et même scientifique. C'est dire la force littéraire du poète. Concernant notre calmar géant, il ne fait pas doute qu'il est devenu une vedette planétaire grâce à l'un des plus célèbres romans de Jules Verne Vingt mille lieues sous les mers. A l'inverse de Victor Hugo, Jules Verne passe son temps à consulter assidument les rapports des scientifiques dont il tire les meilleures descriptions des innombrables espèces marines qu'il cite dans son ouvrage (et dont la grande majorité a cours encore). En réalité, il décrit un poulpe géant et non un calmar géant comme celui encore célèbre du film de Richard Fleisher (1954), avec Kirk Douglas et James Mason, chef-d'oeuvre du cinéma de fiction. Enfin, c'est également un poulpe qui est convoqué par Lautréamont dans ses Chants de Maldoror, pour en faire un symbole fantastique à la mesure de cet auteur romantique quelque peu perturbé

 

Lire ICI 

 

L’image de la semaine : «L’intelligence des céphalopodes»

 

16.10.2017, par Alexandra Gros, chercheuse post-doctorante à l’université d’Edimbourg

 

« Ces espèces possèdent trois cœurs, des millions de neurones, un système sensoriel hors normes et une capacité à s’organiser en cité. Découvrez les surprenantes propriétés des céphalopodes, et notamment des calamars, dans ce nouveau billet du blog «Aux frontières du cerveau».

 

Les calmars appartiennent à l’ordre des Theutida (classe des céphalopodes) apparu au début du Jurassique et qui regroupe près de 300 espèces (700 espèces pour les céphalopodes). La plupart des espèces de cet ordre sont mal connues. Elles sont donc regroupées sous le nom générique de « calmar », ou sous le terme « encornet » lorsque les espèces sont comestibles. Ces espèces se retrouvent dans tous les océans et mers du monde, des eaux froides des cercles polaires aux eaux chaudes des récifs coralliens, et des côtes jusqu’aux grandes profondeurs. Les calmars peuvent vivre de façon isolée mais la plupart du temps, ils se trouvent en banc. Ils sont constitués :

 

Lire ICI

Recettes d'encre de seiche et de pain

À la base arme de défense des seiches permettant de masquer leur fuite face à un ennemi, l'encre de seiche est devenue petit à petit un ingrédient utilisé en particulier dans la cuisine espagnole et italienne. On l'emploie en effet pour colorer un certain nombre de plats sucrés et salés ce qui leur apporte une touche d'originalité d'un point de vue esthétique.

L'encre de seiche apporte également une légère note iodée aux plats qu'elles colorent. Essentiellement présente dans des recettes à base de pâtes ou de riz aux fruits de mer et au poisson, elle trouve également sa place dans la liste d'ingrédients de cakes, buns et macarons, de quoi surprendre vos convives !

 

ICI

 

 

Our Wines - La Distesa - An Agriturismo Experience  ICI

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14 avril 2018 6 14 /04 /avril /2018 06:00
« Chaque verre, au-delà des 10 par semaine, raccourcit la vie de 15 minutes. Bien sûr il appartient à chacun de voir s'il pense que ça vaut le coup » David Spiegelhalter, professeur à Cambridge

C’est bien connu, notre président Emmanuel Macron, n’aime pas les retraités puisqu’il affirme « boire du vin le midi et le soir », ce qui veut dire en moyenne 14 verres par semaine.

 

Si on applique le savant calcul du professeur David Spiegelhalter faite le compte ! 

 

Ça fait un paquet en moins à émarger…

 

Vendredi 13 avril des chercheurs, épidémiologistes ou spécialistes de santé publique, dans une étude publiée dans The Lancet ont établi que le niveau de consommation sans danger exagéré était de 100 g d'alcool pur par semaine. Cela correspond à 10 verres « standard »: 25 cl de bière, 10 cl de vin, ou 3 cl d'alcool fort.

 

Ce niveau, le plafond du « risque de mortalité minimal toute cause confondue », a été calculé en examinant la durée de vie et les causes d'une éventuelle mort chez environ 600.000 buveurs, sujets de 83 études médicales.

 

L'étude dans The Lancet ICI indique qu'à l'âge de 40 ans, on diminue son espérance de vie de six mois en consommant de 100 à 200 g d'alcool par semaine, d'un à deux ans avec 200 à 350 g, et de quatre à cinq ans avec plus de 350 g.

 

Les conseils de modération semblent de toute façon mal suivis. Parmi les personnes étudiées, « environ 50% ont dit boire plus de 100 g d'alcool par semaine, et 8,4% plus de 350 g par semaine », notent les auteurs.

 

Je ne vais pas vous raconter de carabistouilles, ce genre d’étude me laisse songeur car j’ai l’impression que les scientifiques british nous prennent pour des rats de laboratoires.

 

Je n’ironiserai pas non plus sur le patronyme, Ducimetière, du président du comité d’experts français.

 

Dix verres d'alcool par semaine, la nouvelle limite fixée par les experts français

 

Des experts recommandent aux hommes et aux femmes de limiter leur consommation d’alcool à dix verres par semaine. Encore mieux, ils préconisent de s’octroyer deux jours d’abstinence par semaine pour réduire sensiblement ses effets néfastes sur la santé.

 

Un groupe d’experts de l'agence Santé Publique France et de l'Institut national contre le cancer vient de publier ses recommandations en terme de consommation d’alcool. Et celles-ci sont plus strictes que les recommandations habituelles. Ces experts fixent à dix le nombre de verres d’alcool à ne pas dépasser par semaine, indifféremment du sexe.

 

Deux jours d’abstinence par semaine

 

Dix verres par semaine correspondent à une moyenne de 1,5 verre par jour. Toutefois, les experts conseillent d’adopter un rythme différent: boire au maximum deux verres par jour pendant cinq jours, et se restreindre à l’abstinence les deux jours restants. Dans tous les cas, le groupe rappelle qu’adopter ces mesures permet de réduire les dangers de l’alcool sur la santé, mais aucunement de les éliminer.

 

« Il ne s'agit pas de définir des seuils, avec des injonctions « buvez comme ci, buvez comme ça ».  En fait, nous éclairons la population sur le fait que si elle boit plus, elle prend plus de risque que ce qui peut être considéré comme acceptable », a expliqué Pierre Ducimetière, le président du comité d’experts.

 

Des recommandations de plus en plus strictes

 

Ces dernières données sont plus drastiques que celles publiées ces dernières années… et notamment plus strictes que les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé. D’après l’OMS, le seuil de risque pour les hommes est atteint à partir de 21 verres par semaine, et à partir de 14 verres pour les femmes. L’OMS recommande par ailleurs un seul jour d’abstinence par semaine.

 

C’est également la première fois que la consommation d’alcool conseillée est la même pour les deux sexes. Une étude avait pourtant révélé fin 2016 que les femmes sont plus exposées aux risques liés à l’alcool que les hommes.

 

Les Français, dans leur globalité, font partie des plus gros consommateurs de la planète. Ils se placent au sixième rang du classement émis par l’OCDE. D’après l’INSEE, l’alcool est responsable de de 49.000 décès chaque année en France.

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13 avril 2018 5 13 /04 /avril /2018 06:00
Fidèle parce que l'on veut être honnête avec notre terroir, que le raisin puisse s'exprimer comme il est... comme le climat et la terre nous permet de le faire, ici. Loin des modes…

Vendredi matin dernier, mon goût immodéré pour le farniente, soleil aidant – oui, oui, le voilà qui pointait le bout de ses rayons pour mieux repartir me dit-on – me jetait dans les bras de deux ami(e)s Éva Robineau et Laurent Bazin pour qu’ils fassent mon job à ma place : écrire une chronique sur un des défricheurs du champagne tel que je l’aime, la cuvée Fidèle Vouette et Sorbée de Bertrand Gautherot.

 

Tout était parti d’une belle invitation à venir, à Ici-Même, sur l’autre rive de la Seine, goûter les nouvelles cuvées de la maison Gautherot, Bertrand et Hélène. ICI 

 

L’homme de l’art, la veille, à la clinique Arago, m’avait donné mon bon de sortie pour aller et venir comme avant avec mon nouveau cardan. Cependant, la météo me dissuada d’enfourcher mon vélo alors je pris le métro.

 

Sur le coup de 6 heures de l’après-midi – 18 heures ça fait chef de gare et ces jours-ci la vie du rail est très perturbée – je poussais la porte de ma cave préférée.

 

 

La maison Gautherot m’y attendait et, ô surprise, le nouvel étoilé de Table, Bruno Verjus, dans une seyante canadienne, s’y trouvait. Il s’extasiait face à la variété et la qualité  de l’offre de vins nu d’Ici-Même. Bravo Claire !

 

J’avais même invité Jean-Paul Kauffmann grand licheur de champagne devant l’éternel mais le chanceux a pris ses quartiers d’été dans ses Landes préférées et s’était excusé.

 

Et puis l’amie Isabelle Spiri arrivait avec sa jeune pousse en poussette : son Augustin.

 

De concert nous dégustâmes les cuvées ci-dessous en photos, celles de la maison Gautherot et celles de son petit négoce, clandestin, piloté par Benoît Jousseau.

 

De la belle ouvrage de précision, comme toujours, tout en finesse, en respect de l’expression de l’esprit du lieu, la patte de Bertrand Gautherot.

 

Vu mon peu de goût pour les commentaires de dégustation je pris sur le champ deux décisions :

 

  • La première assisté des conseils de Claire : acquérir une bouteille de Fidèle pour mon habile mécanicien, le chirurgien ayant changé mon cardan droit ;

 

 

  • La seconde de piocher dans mon stock de chroniques pour écrire la présente chronique.

 

Premier à venir à la rescousse : l’ami Laurent Bazin au temps où il tenait son blog le Vin de mes amis. 

 

Ce n’est pas tout neuf ma bonne dame et mon bon monsieur, le  mardi 19 février 2008, dix ans déjà, il titrait : Bertrand Gautherot, dans les bras de Sorbée...

 

« …Dans cette région qui veut sans cesse produire plus et rêve de s'agrandir, les Gautherot prônent pratiquement l'abstinence: ils cultivent 4 hectares à peine, produisent 10.000 bouteilles les bonnes années. Mieux : dans cette Champagne qui traite massivement ses vignes (rudesse du climat oblige, dit-on souvent...), Bertrand a décidé de la jouer bio.

 

« J'ai toujours voulu faire du raisin, explique-t-il. J'attendais seulement que mon père me passe la main. En attendant, je travaillais comme concepteur produit dans l'industrie du luxe : je concevais des étuis de rouge à lèvres en élastomère... Donc, en 93, je reviens ici, dans une région qui est sans doute la plus traitée au monde : engrais pesticides... La Champagne dépense en moyenne 2200 euros/hectares en produits. Venant de cet univers de luxe, je me suis dit : « attends... Entre l'image et le produit, il y a quelque chose de malhonnête. Ça déconne... ». C'est comme ça que j'ai basculé. J'ai arrêté tous les traitements. J'ai eu envie de rendre la vigne à sa nature et d'accepter ce qu'elle me donnerait »

 

[…] Au début donc, logiquement, les Gautherot font du raisin. Du raisin bio, qu'ils livrent à la coopérative […]  Et puis un beau jour passe un certain Anselme Selosse. En voisin, mais aussi en mentor, ce vigneron atypique, pousse les Gautherot a faire eux-mêmes leur vin. En 99, Bertrand plante donc des Chardonnay à côté de ses pinots et en 2001 il sort ses premières bouteilles. »

 

La chronique ICI 

 

Et puis je redescends dans le temps jusqu’au 23 avril 2013 où l’amie Éva ROBINEAU sur son blog, pour fêter le vote par l’Assemblée Nationale, de la loi le mariage pour les personnes de même sexe, se posait la question 

 

Que boit-on pour célébrer cela ?

 

Réponse : Liberté, égalité, Vouette et Sorbée

 

« .. Alors après ce long aparté, dans un contexte de fête, je conseillerais d’ouvrir pour l’occasion une très belle bouteille. Des bulles exceptionnelles, parce que cette avancée est exceptionnelle. Je choisirais Fidèle, de Vouette et Sorbée. Parce que c’est un Champagne comme je les aime, avec un nez très séducteur, une explosion d’arômes fins, subtils, sur l’oxydation mais de manière légère et plaisante. L’oxydation qui dure en bouche aussi, à travers ses fines bulles, et une belle tension. Une longueur en bouche parfaite. Et même si la couleur peut surprendre, tirant un peu sur le rose passé, pas de crainte, vous serez séduit par le vin tout entier. »

 

La chronique ICI 

 

Me voici donc bien aise avec le sentiment du devoir accompli : rien faire et laisser dire !

 

La conclusion je la confie à Bertrand Gautherot, c’est qu’il disait à Laurent Bazin en 2008 :

 

« Fidèle parce que l'on veut être honnête avec notre terroir. Je veux que le raisin puisse s'exprimer comme il est... Comme le climat et la terre nous permet de le faire, ici. Loin des modes. C'est aussi pour ça qu'au lieu de donner à la Maison un nom Tartanpion ou Durand, on l'a nommée du nom des deux lieudits où poussent les vignes : Vouette et Sorbée. C'est une façon de rendre leur vérité aux cépages et aux sols dont j'ai hérité ».

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10 avril 2018 2 10 /04 /avril /2018 06:00
Vous connaissez le système D mais connaissez-vous la méthode D comme Dupont le bas-bourguignon ?

Système D & pratiquer le système D ; système D comme démerde – locution

 

« À bien des égards, cette génération est décevante, mais pour tout ce qui est malhonnêteté foncière, débrouillardise récupératrice et système D comme démerde, elle est imbattable. » A.D.G. 1980. Pour venger Pépère

 

 

«C'était mon pépère à moi et il espérait terminer sa vie tranquillement, à taquiner le goujon et à bêcher son jardin sur les bords du Cher. Une bande de salopards en rupture de Communauté en a décidé autrement et je me suis mis en piste. J'ai trouvé du beau monde : un fils-à-papa plutôt répugnant, ledit papa pas ragoûtant et toute une cohorte de rats à gerber.

Pépère, si tu me voyais !»

 

Si je fais référence à un polar ce n’est pas le fait du hasard, en effet le Jacques Dupont a aussi du nez pour la série noire, il est juré du prix « Le Point » du polar européen, qui a été attribué cette année à la romancière suédoise Malin Persson Giolito avec « Rien de plus grand » (Presses de la Cité).

 

 

Portrait de la lauréate et de ses talentueux rivaux par Julie Malaure, Hannelore Cayre, Jean-Louis Debré, Jacques Dupont, Jean-Louis Pietri et Irène Frain. ICI 

 

 

L’an dernier la Daronne d’Hannelore Cayre était un vrai bijou : lire 2 avril 2017 ICI

 

J’ai tiré plus vite que Jean-Louis Debré président du jury du polar européen du POINT en primant avant lui La Daronne d'Hannelore Cayre 

 

Conclusion : un gars, tout bas-bourguignon qu’il fût, qui a du nez pour dénicher des histoires de série noire doit être qualifié pour déguster à l’aveugle, chaussette noire, les primeurs de Bordeaux.

 

Du côté  de Vitisphère le gars Abellan Alexandre n’y va pas avec le dos de la cuillère pour présenter le Jacques qualifié de célèbre journaliste vin de l’hebdomadaire Le Point.

 

Et pourtant, le Jacques il a un côté cistercien, comme le montre sa première remarque :

 

« La dégustation des vins en primeur est la plus dure qui soit. C’est celle qui rend le plus humble. Il faut deviner, au travers des filtres, ce que le vin va devenir »

 

Son compère Olivier Bompas renchérit « Les primeurs sont un exercice de style où il faut distinguer le vin de la prise de bois. C’est l’une de mes dégustations préférées, c’est la plus technique»

 

Fort bien me direz-vous mais canaillou vous nous avez appâtés en nous vendant la méthode D, comme Dupont.

 

Comme je n’ai pas tout compris je vous renvoie au texte d’Alexandre Abellan ICI pour que vous sachiez ce qu’elle est cette fameuse méthode D. 

 

Pour finir, je vous offre en exclusivité une photo du Jacques en pleine délibération avec à son côté Hannelore Cayre elle-même chaperonnée par Jean-Louis Debré.

 

 

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8 avril 2018 7 08 /04 /avril /2018 06:00
« Les Vendéens sont pas si fous, partiront pas sans croire en vous ou boire un coup » Philippe Katerine et rappeur vendéen pionnier du rap rural, MC Circulaire.

La Vendée s’enorgueillit d’avoir vu naître Maxime Bossis né à Saint-André-Treize-Voies en Vendée. Surnommé « le grand Max », 76 sélections en équipe de France, champion de France en 1977, 1980 et 1983 avec le FC Nantes et Vainqueur de la Coupe de France en 1979 avec le FC Nantes.

 

Au cours des 710 matches de sa carrière, le « grand Max » n'a récolté que 4 cartons jaunes (trois quand il évoluait au FC Nantes et un au Matra Racing). Maxime Bossis considère cette statistique, honorable pour un défenseur, comme la traduction d'un style de jeu propre et mesuré pratiqué à l'époque.

 

Max Bossis a été mon élève au lycée agricole de la Roche sur Yon où il a obtenu son bac D’. C'était un grand joueur, intelligent, infatigable, courtois, discret, un exemple... Fils de paysans de St André Treize Voies, une grande famille qui aurait pu former une équipe capable de jouer au plus haut niveau, il est pour moi le bon exemple de ce qu'était l'ascenseur social du sport avant la période fric...

 

Lire ICI 7 novembre 2005

Le grand MAX... 

 

Le club de foot chouchou des Vendéens c’est le FC. Nantes

 

Mais poussé par la magie de la Coupe de France, Le Vendée Les Herbiers Football (VHF), actuellement pensionnaire de troisième division, a réussi l'exploit d'éliminer Lens en quarts de finale le 27 février dernier et de se qualifier pour les demi-finales. Le 17 avril prochain à Nantes, dans l'antre de La Beaujoire, le onze herbretais tentera de vaincre le FC Chambly pour écrire l'Histoire.

 

Les Herbiers personne ne connaît, la commune abrite le Mont des Alouettes le point haut de la Vendée. C’est le Haut-Bocage et c’est au Grand Logis des Herbiers que les généraux vendéens choisissent Charette comme chef suprême de la Grande Armée Catholique et Royale. Deux mois plus tard, le 3 février 1794, la colonne infernale du général Amey investit le Bocage et incendie la ville.

 

La commune compte plus de 11 000 emplois, près de 150 entreprises de plus de 8 salariés. Il s'agit du 2e bassin d'emploi le plus dynamique de France : les chantiers nautiques Jeanneau, Général transmission, leader mondial d'organes de transmission pour les équipements d'entretien (tondeuse...), CWF, 1er bureau de style d'habillement pour enfant haut de gamme et de luxe en Europe (Timberland, DKNY, Hugo Boss…), le Groupe Liébot, leader dans la construction de façades métalliques et de fenêtres alu (Marque K.Line), La Boulangère, leader dans la viennoiserie, Euralis gastronomie, leader mondial dans le foie gras…

 

Mais l’évènement médiatique c’est le clip de l'inclassable chanteur Philippe Katerine, natif des Deux-Sèvres, mis en ligne sur sa chaîne Youtube le jeudi 5 avril, du clip de sa chanson "85 Rouge et Noir". En featuring avec le rappeur vendéen pionnier du rap rural, MC Circulaire, il espère que ses paroles amèneront le "Petit Poucet" rouge et noir jusqu'au bout de la compétition.

 

« Pour mettre en images son texte librement inspiré d'un chant traditionnel entonné jadis par les conscrits vendéens, l'interprète de "Louxor J'Adore" a frappé fort. Imprévisible et décalé comme toujours, en plus d'avoir réuni tous les joueurs de l'équipe, et il est parvenu à rassembler 800 supporters herbretais sur le stade Massabielle qui ont répondu présent pour mouiller le maillot et honorer les couleurs du club.

 

Retour à cette soirée de liesse, mardi 20 mars dernier: «Ça a été un moment exceptionnel, s’émeut Philippe Katerine. Déjà limportant cest de passer un moment. Cest le présent qui compte. Et ce moment à tourner ce clip était vraiment de qualité.»

 

1919: L’abbé Rousseau fonde  la première société sportive herbretaise appelée Alouette Sportive. La ville des Herbiers est la 3e ville du département de la Vendée, en nombre d'habitants.

 

Section gymnastique des Alouettes

1923: Le même abbé Rousseau fonde ensuite Les Herbiers Sports, afin d'inclure d'autre activités physiques à la pratique du club, tels l'athlétisme, le basket-ball, la natation, la gymnastique ou encore le tir.

 

1936: Première participation à un championnat.

 

1941: L'abbé Roger Foucaud crée un club rival Coqs du Bocage dans la commune voisine du Petit-Bourg des Herbiers.

 

1947: Fusion des 2 clubs sous le nom d'Entente Sportive Herbretaise.

 

2002 : Rebaptisé Les Herbiers Vendée Football.

 

2006 : Champion de CFA2, promu en CFA et rebaptisé Vendée les Herbiers Football.

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7 avril 2018 6 07 /04 /avril /2018 06:00
Et vous reprendrez bien 1 part d’emmenthal c’est bon pour la santé de votre intestin ! Les vegan ne vont pas être content…

« Le fromage fait partie de l’histoire de l’homme debout » Anaïs Col et le Dr Éric Du Perret.

 

N’en déplaise aux vegan qui tagguent la vitrine d’un fromager lyonnais lait= meurtre ICI 

 

« Il s’est révélé une façon astucieuse de conserver l’aliment de base des mammifères, le lait.

 

La France est le premier pays exportateur mais pas le premier pays producteur. Ce sont les Etats-Unis. Mais à part les Grecs, aucun habitant de notre planète ne consomme autant de fromage que nous. »

 

Nous en avons un nombre difficilement chiffrable « Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe 258 variétés de fromage ? » proclamait de Gaulle, et surtout chez nous ils participent, tout autant que les vins, à notre identité culturelle par leur ancrage dans nos régions : Roquefort, Laguiole, Salers, Banon, Maroilles, Pont-Lévêque

 

Mais de là à se soigner avec des microbes en voilà une drôle d’idée :

 

« Un fromage standard compte 10 millions de microbes par gramme de chair et jusqu’à un milliard par gramme de croûte (on en avale 10 à 100 milliards  par jour dans une ration alimentaire moyenne en France) ! Dans la chair privée d’oxygène, des bactéries fermentent ce qui reste de lactose dont la majeure partie a été entraînée par le petit-lait) : la libération de gaz par les fermentations acétique ou propionique peut créer des trous. C’est le cas de l’emmenthal, dont la fermentation est accélérée par la conservation dans  des caves plutôt chaudes (alors que le gruyère par exemple, conservé dans des caves plus fraîches, fermente plus lentement, ce qui permet aux gaz de s’échapper au fur et à mesure, sans former de trous). Marc-André Selosse.

 

Une équipe du laboratoire Science et Technologie du Lait et de l'œuf (STLO) de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) de Rennes a isolé trois souches de bactéries présentes dans les fromages et utilisées dans la fermentation : Propionibacterium freundenreichii, Lactobacillus delbrueckii et Streptococcus thermophilus. Ces bactéries propioniques, connues pour être à l'origine des trous dans l'Emmental, ont également des vertus anti-inflammatoires qui peuvent améliorer l’état de la muqueuse intestinale, soit en ayant un rôle direct, soit en modifiant la répartition des bactéries au profit des bonnes dans la flore intestinale.

 

« Ces probiotiques jouent sur des facteurs comme l’immunité, l’inflammation, la digestion, la motilité, la sensibilité et la perméabilité de l’intestin ». Des essais conduits in vivo sur un modèle de souris ont déjà démontré la capacité de ce fromage expérimental à prévenir la colite.

 

Leur action pourrait en outre soigner la colite (inflammation du côlon) ou encore la maladie de Crohn (maladie inflammatoire chronique du système digestif).

 

De l'emmental comme remède

 

Gwenaël Jan, directeur de recherche à l’Inra, détaille l’expérimentation: «Nous avons demandé à un industriel breton de nous fabriquer une meule d’emmental à partir des trois souches sélectionnées». Des tests ont été réalisés sur des souris. Ils ont démontré que ce fromage freinait et prévenait les pathologies. Mais aussi «quil pouvait atténuer les effets secondaires de la chimiothérapie», ajoute le chercheur.

 

Un brevet a été déposé et des industriels sont déjà intéressés par la fabrication de cet «alicament». Un essai clinique est mené depuis 2015 sur des patients du CHU de Rennes. Reste désormais, selon les scientifiques, à trouver les financements nécessaires à la validation de leurs travaux.

 

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6 avril 2018 5 06 /04 /avril /2018 06:00
Historiquement on n’hésitait pas à uriner en foulant de raisin. Nature vous avez dit nature !

Marc-André Selosse est un drôle d’oiseau dans son chapitre XII de Jamais seul il écrit : « Où l’on vinifie en blanc, rouge, rosé, gris, jaune et même orange ! Où le vigneron agit en cave comme une vache en rumen* ; où des microbes construisent le contact et le bouquet du vin ; où certains vins prennent le voile… »

 

*Pour comprendre il faut lire « pourquoi les vaches regardent passer les trains » dans la chapitre IV « Où la vache digère ses microbes symbiotiques mais non pas l’herbe. »

 

Ceux qui  se foutaient de ma tronche avec mes histoires de vache en sont pour leur frais, ce qu’écrit Selosse sur le rumen est absolument passionnant. Les vaches sont « des animaux très chauds (40°C – nos anciens chauffaient les fermes en les mettant au rez-de-chaussée). Enfin, ce sont des animaux placides : peu actifs, ils passent une grande partie du temps allongés dans l’herbe, à mâchouiller, avec l’apparence de la plus complète indolence – à regarder passer les trains, comme on dit. »

 

Laissons-là ces braves vaches et revenons à la vinification.

 

« Geste antique renouvelé par la biochimie moderne, la vinification commence par un raisin mûr, et est assurée par des microbes, authentiques mutualistes du vigneron qui les nourrit et les choie pour préparer le vin. Dans la fermentation alcoolique, le sucre du fruit est transformé en alcool par de levures dites de « boulanger », car on les utilise aussi pour le pain (Sacchaomyces cerevisiae). Elles peuvent être spontanées, et proviennent alors plus souvent de la cave elle-même que de la peau du fruit, qui est colonisée par des souches de levures souvent peu compétitives en cave. Actuellement, les levures sont le plus souvent inoculées, pour plusieurs raisons.

 

Pour la première voir la chronique 22 mars 2018

Les levures qui tuent, celles qui ont attrapé un « bon virus » connu sous un nom inquiétant de « facteur killer » la leçon de Marc-André Selosse ICI

 

« De plus, les moûts actuels sont très sucrés car nos réglementations limitant le rendement à l’hectare conduisent à limiter le nombre de grappes, ce qui reconcentre le sucre dans les raisins restants et engendre des vins très riches en alcool. Or, beaucoup de levures sauvages ne survivent pas à des degrés alcooliques supérieurs à 11-12. En effet, elles vivent habituellement dans de vieux fruits tombés à terre, où l’alcool produit par fermentation n’est jamais aussi concentré. »

 

La seconde raison :

 

« Enfin, de façon plus récente, certaines levures ont été sélectionnées pour leur potentiel à former des dérivés aromatiques intéressants comme celles qui libèrent des thiols aux goûts de fruits exotiques dans les vins blancs, ou comme la fameuse souche 71B dont l’acétate d’isoamyle contribue aux arômes de banane ou de framboise du beaujolais nouveau. »

 

Ensuite Selosse décrit les différentes fermentations par couleurs : blanc, rosé, rouge, orange… connues de la plupart d’entre vous.

 

La suite et fin me paraît intéressante :

 

« En partant d’un moût très riche en microbes variés, les levures font rapidement place nette, car la toxicité de l’alcool qu’elles produisent en fait de puissantes compétitrices. De fait, il faut éviter que d’autres microbes que les levures de boulanger ne développent  des arômes indésirables, par exemple les arômes d’écurie libérés par les levures du genre Brettanomyces. Outre leur résistance à l’alcool, plusieurs propriétés rendent les levures de boulanger compétitives dans le vin en fermentation, en particulier les souches inoculées ou vivant en cave. Elles sont résistantes aux sulfites, un composé utilisé lors de la vinification pour sa double fonction antioxydante et antimicrobienne, qui défavorise les microbes indésirable : les levures y survivent par des mécanismes d’expulsion active des sulfites hors de leurs cellules. De plus, l’azote est limitant dans le jus de raisin, bien qu’on en ajoute souvent en début de fermentation sous forme d’ammonium, augmenté de quelques vitamines favorables aux levures : historiquement, on n’hésitait d’ailleurs pas à uriner en foulant de raisin. Les levures ont des transporteurs d’acides aminés et de fragments de protéines qui les rendent compétitives pour capter les ressources azotées. Résistance aux sulfites et à la carence azotée (qui règne malgré les apports) sont les adaptations des levures à la vie dans le vin, en cave. »

 

Bien évidemment, Selosse aborde ensuite l’évolution des vins, entre microbes et oxydation.

 

 

Pour le lire achetez le livre qui est une véritable mine sur ces fichus microbes qui « jouent un rôle en tout point essentiel : tous les organismes vivants, végétaux ou animaux, dépendent intimement des microbes qui contribuent à leur nutrition, leur développement, leur immunité ou même leur comportement. »

 

Je vous livre sa conclusion à propos de la vinification :

 

« Ainsi la vinification tient-elle de l’élevage microbien, où des méthodes directes (ensemencements) et indirectes (sulfites, tannins, régulation de l’apport d’air, de la température et de l’acidité) favorisent et brident en même temps les microbes, bref conduisent vers un microbiote et des transformations souhaitées. L’alcool et l’acidité stabilisent le produit final dont les métabolites microbiens construisent le goût et la structure ressentis en bouche. Cependant, le vigneron nourrit les microbes de raisin et d’azote, voire même d’apports vitaminiques : joli mutualisme quasi symbiotique du vigneron et des microbes lors de la vinification… Les procédés, brassage, apports nourriciers ou régulateurs de l’acidité et du degré d’oxydation, contrôle de la température…, évoquent, et ce n’est pas un hasard, les dispositifs biologiques par lesquels la vache contrôlait son rumen. »

 

 

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5 avril 2018 4 05 /04 /avril /2018 06:00
« Le vin est femelle et le bien boire érotique » Pierre Desproges« J’ai appris à boire du vin au service militaire. J’y ai découvert l’ivresse… au 13° »

Pas sûr que le Desproges, grand adorateur du château Figeac 71 en particulier, et des GCC de Bordeaux en général, eut été un grand amateur des vins tout nu mais, pour autant, je suis absolument sûr qu’il n’aurait pas du tout aimé ce que sont devenus ses enfants chéris.

 

Il vénère le Figeac 71 « Mon saint-émilion préféré. Introuvable. Sublime. Rouge et doré comme peu de couchers de soleil. Profond comme un la mineur de contrebasse. Éclatant en orgasme au soleil. Plus long en bouche qu’un final de Verdi. Un vin si grand que Dieu existe à sa seule vue. »

 

« Ce n’est pas Dieu qui me contredira : si le sang de son fils avait été du Figeac, je n’aurais jamais sombré dans l’athéisme. »

 

Les parents de Pierre vivant au milieu des vignes de Bourgueil le goût du vin est pour Pierre Desproges un goût d’enfance. « Il achète du vin qu’il met lui-même en bouteille dans sa cave, et s’amuse à réaliser des étiquettes maison ».

 

« en 1960, mes parents avaient acheté une maison à Bourgueil et, pour la vente, l’ancien propriétaire a ouvert, en toute simplicité, une bouteille de château Margaux 28. J’étais le plus jeune et fut, de ce fait, chargé du service. Je n’avais pas vingt ans et je pris la bouteille avec toute la candide brutalité de cet âge. Huit des dix personnes présentes se sont levées, horrifiées. Un instant, j’eus la sensation d’avoir commis un meurtre. Depuis, je me rachète de ce geste brusque, impardonnable. »

 

Dans les années 80, il écrit dans Cuisine et Vins de France.

 

« J’ai appris à boire du vin au service militaire. J’y ai découvert l’ivresse… au 13° »

 

« Comble d’ironie, Desproges écrira pour les vins Margnat, qui commercialisent notamment La Villageoise. « On m’a fait beaucoup de propositions [pour la pub] mais mon principe est de demander énormément d’argent pour le plaisir de décourager les gens… Mais, parfois, je craque ! J’ai fait une campagne pour des vins de table, je ne sais plus lesquels, de toute façon ils s’alimentent tous à la même citerne. Ça m’a rapporté beaucoup de sous en très peu de temps, et avec cet argent j’ai acheté une douzaine de bouteilles extraordinaires de Margaux 47 »

 

Il a commencé sa cave en 1975.

 

Il confie à Élisabeth de Meurville : « S’il y a bien une chose que je déteste, ce sont les amitiés masculines sur un terrain de foot ou dans une quelconque confrérie. Autour du vin, c’est différent. C’est silencieux, calme, super. On ne s’embête jamais à me demander un autographe ou à me donner ses impressions sur les dernières réflexions du professeur Cyclopède. On déguste dans une complicité tranquille où sont effacées professions et célébrités. Il n’y a que des amateurs. Le vin n’est pas un plaisir solitaire. Bien que je m’ouvre aisément une bonne petite bouteille quand je suis tout seul. »

 

« Ma cave, c’est toute ma vie. Enfin presque… J’y tiens énormément ! J’y descends souvent pour parler à mes vins, les caresser du regard ! Ma cave, voutée humide et pâle sent le vieux bois, le liège et le sarment brisé. Ma cave indispensable et secrète où je parle à mon vin quand ma tête est malade, et qu’on n’éclaire qu’à la bougie, pour le respect frileux des traditions perdues et de la vie qui court dans les milles flacons aux noms magiques de châteaux occitans et de maisons burgondes. » Desproges l’aquaphile chroniques de la haine ordinaire.

 

 

Toute cette chronique est composée d’extraits de Desproges par Desproges par Perrine Desproges.

 

Les citations proviennent de : Cuisine et Vins de France, juin 1984, Play Boy septembre 1984, Bâfrons, L’aquaphile, Figeac chroniques de la haine ordinaire.  

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4 avril 2018 3 04 /04 /avril /2018 06:00
étiquette de Jean Carlu

étiquette de Jean Carlu

La lecture de ces confidences de Philippe de Rothschild est intéressante au regard de ce que sont devenus les 5 GCC stars du Médoc.

 

« Pour entretenir un grand « château » –entendez ce terme au sens vinicole – il faut au moins aujourd’hui être Rothschild. Voyez l’aventure de Bernard Ginestet, propriétaire de château-margaux, guigné par un groupe américain et finalement racheté, après que l’État eut fait jouer la fibre nationale, par la chaîne Félix Potin… Les charges d’exploitation – barriques neuves chaque vendange, stockage sur quatre années, frais de personnel et intérêts de l’argent – sont telles que produire un grand vin s’apparente de nos jours à une industrie. Doué pour les affaires, ce qui  n’est peut-être pas, aussi paradoxal que cela puisse paraître, la qualité dominante des Rothschild contemporains, le baron Philippe l’a compris très tôt. Il a fait du « marketing » – avant que la pratique que recouvre ce mot ne devienne la tarte à la crème du commerce moderne – en imposant à ses pairs bordelais et aux négociants la « mise en bouteilles au château ».

 

Ainsi parlaient André Harris et Alain de Sédouy dans les Patrons.

 

Que dit Philippe de Rothschild, en 1922, à son père lorsqu’il reprend Mouton « Je le prends, mais je veux avoir les mains libres, je ne veux pas qu’on m’embête. Je veux un papier qui me donne les pleins pouvoirs. Et puis, je te préviens, ta fortune y passera. Il y a tout à faire, il faut tout reconstruire, il n’y a rien, c’est le néant. »

 

  • C’était tout de même déjà un grand vin…

 

  • C’est déjà un grand vin, il n’y a pas de question. C’est un grand vin depuis 1730.

 

  • À l’époque, il se vend par l’intermédiaire des négociants…

 

  • Oui, en barriques… Il faut reconnaître que les négociants ont fait et font encore un métier remarquable, je ne les critique pas. Il y a peut-être des négociants véreux qui se sont débrouillés avec une barrique de mouton-rothschild pour en faire deux. Mais les grands négociants n’ont rien fait de pareil, j’en suis convaincu. J’ai donc dit à mon père : « Je veux un papier qui que je te présente les comptes à la fin de l’année, mais que tu ne marchandes pas l’argent. » Et c’est comme ça que je viens ici avec les pleins pouvoirs. Je trouve une pagaille abominable, je mets de l’ordre, je renvoie tout le monde, j’embauche des gens nouveaux et six mois plus tard, je prends ma première grande décision – qui finalement a été la plus grande de celles que j’ai prises : la mise en bouteilles au château. Dès que j’ai eu Mouton en main, j’ai été passionné par cette affaire…

 

  • Mais Mouton vit à l’ombre de Lafite, à cette époque-là…

 

  • Pas exact. Dès 1848, avant le fameux classement de 1855, un poète écrit que Mouton est plus grand que Lafite. Ce n’est pas moi qui l’ai écrit. C’est un petit écrivain local qui fait une visite dans le Médoc, qui trouve que Lafite, ce n’est pas tellement bien et que les vins de Mouton sont meilleurs. Il est mieux reçu à Mouton, il fait l’éloge de Mouton au détriment de Lafite. Il y avait déjà un culte Mouton…

 

  • La guerre de cent ans dont on parle dans les prospectus commence là ?

 

  • Oui, sans aucun doute. D’ailleurs, il y avait une borne où il était marqué : « Mou. Hic est bonum », et une autre où il était marqué : « Laf. Hic est melior. » Je ne sais pas ce qu’elle et devenue…

 

  • Quand vous décidez de mettre en bouteilles au château, est-ce que vous vous rendez compte que vous faites du « marketing » avant la lettre ?

 

  • Je trouvais ça banal, j’ai voulu avoir une belle étiquette. Tout de suite, l’impact a été fort : les engueulades des négociants, les critiques ont fleuri. La seule chose qui importait, c’était de faire une innovation ici, car dans les deux ou trois pays qui font la réputation du vin – dont l’Angleterre, car ce sont les Anglais qui ont créé les grands crus, ce ne sont pas les Français – j’avais déjà les meilleurs échos.

 

  • La première étiquette date de quelle année, 1923 ?

 

  • C’est en 24, et elle dure trois ans.

 

  • Les autres grands crus sont d’accord ?

 

  • Je vous l’ai dit : Margaux marche immédiatement avec moi et me soutient, Haut-Brion et Latour suivent gentiment en disant : « Vous avez raison. » C’est Lafite qui est le plus lent à se décider, qui me fait la morale et qui me dit…

 

  • … que vous êtes un galopin.

 

  • C’est cela !

 

  • Dans la réussite de Mouton, la compétition entre les Rothschild s’est avérée bénéfique, finalement…

 

  • Dans une certaine mesure. Mais ils sont allés un peu trop loin. Ça a tout de même créé un sentiment désagréable. Oui, sur le plan pur plan publicitaire, ça  a alimenté la chronique… Il n’y a pas eu de conflit dès l’instant où ils ont accepté la mise en bouteille obligatoire, et Édouard et Robert m’ont donné leur appui total. De 1925 à 1939, la guerre des deux crus n’existait pas ; Lafite était trop content que je prenne des initiatives, que je fasse monter les prix. Car en même temps que la mise en bouteilles, il y avait des consultations – qui ne s’étaient encore jamais faites – pour que les cinq premiers vendent au même prix au départ, pour faire front commun contre les négociants. Car les négociants traitaient chacun de nous séparément et essayaaient de faire baisser les prix ! Il a fallu créer de nouveaux bordereaux pour la vente en bouteilles, car jusque-là ils nous achetaient soixante, quatre-vingt tonneaux de vin. Il partait tout de suite, dès qu’il était en barriques. »
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1 avril 2018 7 01 /04 /avril /2018 06:00
La Pâque juive, Dirk Bouts, Louvain, 1468

La Pâque juive, Dirk Bouts, Louvain, 1468

« Citoyen suisse originaire de Corfou, Albert Cohen nous invite à sa table. Comme tous les orientaux, ce juif séfarade (branche méditerranéenne du judaïsme, dite originaire d’Espagne) ne se contente pas de faire servir les plats de sa tradition familiale : il les nomme, les décrit, en donne même la recette, et il sera vexé si vous n’y goûtez pas.

 

Il  se réjouit de vous voir consommer sa cuisine, car il est sûr ainsi  que vous pourrez le bien comprendre. Sa littérature n’est pas seulement nourrissante intellectuellement : comme l’œuvre rabelaisienne, elle enseigne tout un univers moral et politique en flattant l’épigastre.

 

Et voici sur la table toutes les senteurs, toutes les saveurs, toutes les splendeurs de la cuisine judéo-balkanique qui vous pénètrent, répandant le plaisir, la joie de vivre, même dans les jours les plus noirs, car sa leçon est toujours la même : « lehaïm » à la vie, dit-il, levant symboliquement son verre de vin.

 

[…]

 

« outre le souci, légitime, d’employer un français épuré,  d’extension universelle chez un auteur dont le langue maternelle, le judéo-vénitien nous dit-il, n’était pratiqué que par un millier de personnes à Corfou, à l’époque où il y naquit, il y a peut-être celui de renforcer le  mythe des Valeureux de France, « faits citoyens français parfaits par l’effet du charmant décret de l’Assemblée nationale du vingt-sept septembre 1791 » selon Saltiel, fiers de le rester et d’entretenir « le doux parler » de notre pays.

 

En tout état de cause, l’absence remarquable du vocabulaire étranger, le refus de l’emprunt témoignent du souci d’assimilation, voire d’intégration, de la part d’Albert Cohen. Intégration réussie, non seulement par sa carrière de haut fonctionnaire international, mais encore comme écrivain français. N’oublions pas qu’il est un émigré, juif de surcroît, ce qu’il ne risque pas d’oublier, comme en témoigne la scène du camelot antisémite, l’injuriant et le désignant à la vindicte publique le jour anniversaire de ses 10 ans (Ô vous, frères humains, page 38), scène indélébile, qui revient à plusieurs reprises et ne sera jamais oubliée puisqu’il en traitera encore passé ses 80 ans. »

 

Extrait de l’Introduction d’Henri Béhar

 

 

Citations  

 

« Et il s’approcha du sourd tavernier épouvanté, le prit par le col et lui hurla d’apporter cinq litres de vib=n résiné, une demi-douzaine de boutargues bien épaisses, de l’huile d’olive et trois miches de pain « spongieuse et avaleuses d’huile et que ta mère soit Maudite ! » (Mange., 30)

 

« … petite baraque, qui s’appelait « Au Kass’Kroutt’s », on demandait timidement une bouteille de bière, de assiettes, des fourchettes et, pour se le concilier, des olives vertes. Le garçon parti, c’est-à-dire le danger passé, on se souriait avec satisfaction, ma mère et moi, un peu empotés. » (Mère, 39)

 

« Et puis j’apporterai du vin résiné pour mes amis parce que j’aime les belles choses de la vie, l’affection, l’odeur  de la mer, et puis on cause ensemble et on se tient par la main et on est sûr que Dieu est bon et qu’on se reverra après la mort ! » (Val., 104)

 

« Puis il [Salomon] stationna devant les voutes du bâtiment séparé où étaient les cuisines et les logements des domestiques. U four s’échappaient des senteurs d’agneau et les vapeurs salées du fromage. La bouche ouverte et un index libéral dans la narine, Salomon regardait les frises de poivrons et admirait les servantes qui éventaient les réchauds. (Solal, 44)

 

« Les petits affamés et roulés restèrent debout à contempler l’ogre, qui, deux fourchettes dans chaque main, mangeait affectueusement des saucisses de bœuf, du fromage fumé, de la rate au vinaigre et, délicate fantaisie et scherzo final, une salade d’yeux d’agneaux qu’un boucher de ses amis, qu’il payait en beaux discours. » (Mange., 79)

 

« … ils s’assirent en rond, sous les incalculables feux du ciel, et ils se régalèrent des merveilles sorties de deux bourriches et d’une jarre en terre cuite, à savoir des nouilles aux raisins de Corinthe, bien poivrées ; de la morue frite avec beaucoup d’oignons frits, des pois chiches aux épinards, des feuilles de vignes farcies… » (Mange., 147)

 

Henri Béhar, spécialiste de la littérature d’avant-garde, a écrit des ouvrages de référence sur Alfred Jarry, Dada et le Surréalisme. Il dirige la revue Mélusine (Cahiers du Centre puis de l’Association pour la recherche et l’étude du surréalisme). Fondateur de l’équipe de recherche Hubert de Phalèse, il est professeur émérite, depuis 2005, de l’Université Paris III-Sorbonne Nouvelle, qu’il a dirigée de 1982 à 1986.

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