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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 00:09

« Mon désir initial de vivre en Italie est né entre autres de l’idée que je n’épuiserais jamais les ressources de cette terre sans fin – ses arts, ses paysages, sa langue, sa gastronomie, son histoire… »


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C’est France Mayes, professeur de littérature à l’Université de San Francisco qui l’écrit dans son beau livre Bella Italia publié au Quai Voltaire en 1999. Voir son blog link


L’Italie est ma seconde patrie, alors je vous propose de lire deux textes extraits de ce beau livre. Dans ce monde de brutes un peu de douceur ne saurait nuire à votre santé…


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« - On va à Montepulciano. On n’a plus beaucoup de vin.


-         Parfait. Je veux passer chez le pépiniériste pour acheter du statice à planter sous le noisetier. Et on prendra de la ricotta fraîche dans une ferme quelque part. » (…)


« Nous allons donc nous réapprovisionner en sfuso, au litre. Bien des viticulteurs produisent du vin de table à usage domestique, pour les amis et les clients locaux. La plupart des Toscans ne boivent pas de vin en bouteille chaque jour ; soit ils le font eux-mêmes, soit ils connaissent quelqu’un, soit encore ils prennent du sfuso. Prévoyant, Ed lave notre énorme dame-jeanne et le récipient chromé d’acier inoxydable au robinet rouge, une innovation qui menace d’éteindre la tradition de la dame-jeanne.


Une fois celle-ci remplie, pour que le vin ne s’oxyde pas, nous avons appris à verser une rasade d’huile d’olive par-dessus, qui forme un joint, avant d’enfoncer un bouchon de la taille du poignet. Notre moderne « bonbonne » est dotée d’un couvercle plat, lui aussi inoxydable, qui flotte à la surface du vin. On verse un léger filet d’une huile insipide dans le mince espace qui se trouve entre le couvercle et les bords, puis on ferme le tour sous un autre couvercle. Lorsqu’on ouvre le petit robinet en bas pour remplir son pichet, le couvercle mobile descend avec le vin, et le joint reste intact.


Les familles qui disposent de sept ou huit dames-jeannes conservent en général celles-ci dans une pièce fraîche, la cantina, réservée à cet effet, et ne les débouchent qu’au fur et à mesure. Nous avons fait de même, hissant nos dames-jeannes sur la table avant de les incliner pour remplir à l’entonnoir une douzaine de vieilles bouteilles, puis assurer leur assurer leur étanchéité avec de l’huile d’olive. Nous sommes passés maîtres dans l’art de jeter l’huile d’un geste sec en ouvrant la bouteille. Quelques gouttes, pourtant, demeurent toujours à la surface. »


Bon appétit et large soif !


à suivre…


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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 00:09

Notre bon docteur Charlier donne parfois des consultations sur ce blog prouvant par là le grand  éclectisme de cet espace de liberté. Sans prétendre le concurrencer, au risque de me faire poursuivre pour exercice illégal de la médecine par le Conseil de l’ordre, je me permets d’évoquer le temps de mon enfance où l’expression « avoir les vers » faisait partie du vocabulaire de nos mères, « démangeaisons, agitation le soir… c’était l'oxyurose résultant de l'infection par des petits vers blancs. Fréquente et ennuyeuse, cette maladie parasitaire de l'intestin facilement transmissible, ne présentait aucun caractère de  gravité et pouvait facilement être pris en charge… »


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Mais ce matin c’est d’un autre médecin dont il s’agit Pierre Chirac, né en 1650, docteur en médecine de l’Université de Montpellier, premier médecin du Roi Louis XV en 1730, surintendant des eaux minérales de France, surintendant du Jardin royal des plantes médicinales à Paris de 1718 jusqu’à sa mort en 1732. Nous sommes donc avec lui aux antipodes du Dr Luc Charlier plutôt porté sur le jus de la vigne et la « Révolution permanente » du Léon qui apprécia moins le pic à glace que Sharon Stone.


Ce cher homme était un iatrochimiste convaincu, il concocta donc un opiat vermifuge qui porte son nom. Le terme opiat, ou opiate, désignait à l’origine un électuaire renfermant de l’opium. L’usage s’est toutefois établi d’appeler opiat des préparations à consistance de pâte molle. La préparation de Chirac appartenait sans conteste à cette catégorie des opiats dépourvus d’opium mis contenait de l’absinthe.


Alors me direz-vous pourquoi ce titre racoleur ?


Tout simplement parce que notre Pierre Chirac, surintendant du Jardin royal des plantes médicinales à Paris, nomma Bernard de Jussieu, docteur en médecine de l'Université de Montpellier, à la charge de « sous-démonstrateur de l'extérieur des plantes » dudit jardin.


Si vous ne le saviez pas je vous l’apprends « C’est sur la première initiative des Pays-Bas que le Caféier a été répandu à travers le monde. »


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La fresque des Lyonnais : Antoine de Jussieu, Marcel Mérieux, Claude Bernard auteur Daum, Nicolas

 

Rassurez-vous je ne vous embrouille pas, en effet, après la paix d’Utrecht en 1713, qui mettait fin à la guerre entre les deux pays, c’est « à l’aide de plants venus d’Amsterdam qu’Antoine de Jussieu, donna la description du Caféier (le neveu de Bernard).


« L’Europe a l’obligation de la culture de cet arbre aux soins des Hollandais qui, de Moka, l’ont porté à Batavia, et de Batavia au Jardin d’Amsterdam ; et la France en est redevable au zèle de M de Resson, lieutenant général de l’artillerie et amateur de botanique, qui se priva, en faveur du Jardin Royal, d’un jeune pied de cet arbre qu’il avait fait venir de Hollande. Mais M. Pancras, bourgmestre régent de la ville d’Amsterdam, nous a fourni le moyen de décrire la plante en fleurs par le soin qu’il prit, l’année dernière, d’en faire transporter un autre à Marly, où il fut présenté au Roy et, de là, envoyé à Paris, au jardin de Sa Majesté, dans lequel nous l’avons vu donner successivement des fleurs et des fruits. 


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Mais… Antoine de Jussieu ne se contenta pas de décrire le Caféier et de recommander le café à ses malades. Les graines qui avaient mûri dans les serres du Jardin du Roy y furent semées et donnèrent de jeunes pieds en abondance.


L’introduction de ces jeunes plants dans nos colonies semble avoir été la préoccupation du Régent de France, Philippe d’Orléans, de Chirac, superintendant du Jardin du Roy, d’Antoine de Jussieu, enfin des membres de l’académie des Sciences. »


« Malheureusement, la puissante Compagnie des Indes, qui détenait le monopole du commerce extérieur du Royaume par mer, contrecarra ces projets. Elle lutta plus tard contre les colonies en vue de sauvegarder son monopole, lorsque les cultures furent établies. »


 

Chirac Pierre « Né à Conques-en-Rouergue en 1650 de parents peu fortunés qui le destinèrent à l’état ecclésiastique, il fit ses humanités à Rodez et se rendit en 1678 à Montpellier pour y étudier la théologie. Placé chez un pharmacien en qualité de précepteur, il y puisa le goût de la médecine, et ne tarda pas à s’y distinguer parmi les élèves de l’Université.


Michel Chicoyneau, qui en était le chancelier, lui confia l’éducation de ses enfants. Extrêmement laborieux et très assidu aux leçons publiques des professeurs, Chirac fut bientôt en état d’en donner lui-même de particulières.

 

Revêtu du doctorat en 1683, il obtint en 1687 une chaire qu’il remplit avec autant de zèle que de succès, et fut nommé médecin de l’armée de Roussillon en 1692, commandée par le maréchal de Noailles. Une épidémie de dysenterie s’étant mise dans les troupes, et l’ipécacuanha étant resté inefficace, il donna avec succès du lait coupé de lessive de sarment de vigne. Il ne quitta ces fonctions que pour occuper celles de médecin du port de Rochefort, ville alors insalubre où sévissait la Maladie de Siam. Il n’hésita pas à pratiquer plusieurs centaines d’autopsies. La suite ICI link

 

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 09:00

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Question écrite n° 10645 de Mme Nicole Bonnefoy (Charente - SOC) publiée dans le JO Sénat du 27/02/2014 - page 507


Mme Nicole Bonnefoy attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt au sujet des risques pour les abeilles et les pollinisateurs posés par l'autorisation de mise sur le marché et la commercialisation du produit « Luzindo », de la société Syngenta Agro.


Le Luzindo est un insecticide larvicide et adulticide à base de thiamétoxam et de chlorantraniliprole, visant à lutter, dans le traitement de la vigne, contre la cicadelle de la flavescence dorée, le metcalfa et les vers de grappe.


Réponse du Ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt publiée dans le JO Sénat du 05/06/2014 - page 1305.


 

L’ensemble de la question et de la réponse ICI link

 

 

La fiche Luzindo de chez Sygenta link


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Le Metcalfa pruinosa, ou cicadelle blanche, est un insecte piqueur suceur s'alimentant de la sève de différentes plantes hôtes. Il rejette le trop plein de sève absorbée sous forme de miellat, butiné et transformé par les abeilles. Le miel ainsi produit est foncé, presque noir. Il a un goût puissant et persistant, des arômes balsamiques, fruitées (fruits cuits), aux notes maltées et évoquant la figue.

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 00:09

Bien évidemment c’est un auteur italien Prezzolini qui fait cette constatation dans son livre Maccheroni&C publié en 1957 et le monde dont il parlait se limitait au rayonnement des pâtes à l’italienne, « mais sa remarque peut s’étendre à l’autre civilisation  des pâtes, celle qui, née en Chine, a gagné le Japon, la Corée et la plupart des pays du Sud-Est asiatique… » notent dans l’Avant-Propos de leur superbe livre « Les pâtes » Histoire d’une culture universelle chez Actes Sud Silvano Serventi et Françoise Sabban.


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Ils ajoutent « Mets du quotidien par excellence, les pâtes alimentaires se dégustent sous d’innombrables combinaisons de saveurs, et leur cuisine, d’essence principalement familiale, est dans l’ensemble plutôt simple et d’exécution rapide. Cela explique sans doute en partie pourquoi elles constituent l’un des plaisirs de table le mieux partagé du monde… »


Dans ma Vendée profonde les pâtes je les ai découvertes sous leur forme sèche de longue conservation et au blé dur bien sûr. Les pâtes fraîches c’est à Paris que j’en trouverai dans les magasins de comestibles italiens. Bien évidemment, les pâtes sèches se prêteront le mieux au passage de l’artisanat à l’industrie pastière dont l’Italie gardera longtemps le quasi-monopole.


Ces fabricants sont, dès l’origine, principalement présents dans le Sud, notamment en Sicile « qui apparaît à partir du XIIe siècle comme le pôle de production le plus important de cette denrée. »


« Au vrai, on sait peu de chose de la fabrication artisanale de pâtes sèches au Moyen Age, mais les rares sources dont nous disposons indiquent que la Sicile en a été son berceau. Le géographe arabe Idrisi (env. 1100-1165) témoigne de l’activité pastière sur l’île, qu’il présente comme le centre d’un important trafic maritime : « À l’ouest de Termini il y a un bourg qui se nomme Trabia [la carrée], résidence enchanteresse, riche en cours d’eau pérennes qui actionnent de nombreux moulins. Trabia est située dans une vaste plaine où sont de grands domaines dans lesquels on fabrique de grandes quantités de pâtes que l’on exporte partout et en particulier en Calabre et autres pays de musulmans et de chrétiens ; on en envoie de nombreuses cargaisons de navires. »


Les auteurs notent que cette citation, maintes fois cité, est très intéressante car c’est le seul passage de l’œuvre monumentale d’Idrisi qui fait allusion à une production de pâtes alors que l’auteur a voyagé dans tous les pays de la chrétienté et de l’espace musulman « de l’Angleterre au Maghreb, de la France au Moyen-Orient » qui lui ont permis de se faire une opinion assez précise du monde de son temps. Il « n’aurait pas manqué de signaler d’autres lieux de production s’il en avait eu connaissance. »


« Si, comme cela est communément dit, les Arabes ont bien introduit en Sicile la technique du séchage, on constate que les Siciliens ont très vite dépassé leurs maîtres en développant cet art comme nulle part ailleurs. »


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La Sicile cumulait tous les atouts.


« De tout temps considérée comme un grenier à blé, la Sicile est au Moyen Age avec les Pouilles l’un des grands terroirs de blé dur du monde méditerranéen et a fortiori de la chrétienté occidentale. »


« … à l’époque d’Idrisi, la production de pâtes semble le fait de grands domaines fonciers dont les propriétaires possèdent aussi très probablement des moulins. En d’autres termes, les fabricants de pâtes sèches de Sicile ont la singularité de contrôler l’ensemble de la filière, depuis la culture du blé jusqu’à la fabrication du produit fini, en passant par la transformation de la matière première en semoule. »


« Ce sont des opérateurs aux moyens financiers importants doublés d’un savoir-faire commercial certain qui leur permettait de valoriser au mieux leur activité. D’autant que la situation géographique de l’île, aux confins des mondes chrétien et musulman, place celle-ci au centre des échanges commerciaux. »


« Enfin et surtout, les Siciliens, qu’ils soient habitants des villes ou de la campagne, sont des mangeurs « privilégiés » de blé dans un monde occidental où dominent généralement le seigle, l’orge et d’autres céréales pauvres. »


« Coupé de la terre, journalier plus souvent qu’exploitant, habitant un gros bourg de plusieurs milliers d’habitants sinon une ville rurale, le paysan sicilien est un consommateur urbain. » Maurice Aymard et Henri Bresc Nourritures et consommation en Sicile entre le XIVe et le XVIIIe siècle.


« Nous sommes en effet convaincus que la commercialisation des pâtes n’a pu se développer que dans une société fortement urbanisée, et, à cet égard, l’extraordinaire extension qu’elle prend en Italie dès le XIIe-XVe siècles n’est pas tout à fait fortuite. »


« … dès 1371, les autorités de Palerme règlementent la vente au détail des « macaroni et lasagnes blancs de semoule » et des « macaroni et lasagnes de farine », en fixant leur prix maximum respectivement à 30 et 20 deniers la mesure. Or l’on sait que le contrôle des prix s’effectue en priorité sur les produits de première nécessité. »


« Le même document distingue 2 qualités de pâtes : l’une axutta, c’est-à-dire sèches, l’autre bagnata (mouillées) c’est-à-dire fraîches, sans donner de précision sur leurs prix respectifs. »


À noter tout de même l’écart important entre les pâtes de semoule et celles à base de farine, « qui traduit naturellement une différence de coût de la matière première mais aussi une plus grande valorisation commerciale des pâtes de semoule »


Enfin, « selon certains auteurs, un foyer tout aussi ancien, voire antérieur de deux siècles à celui de la Sicile, ce serait implanté sur la côte amalfitaine parallèlement à une activité meunière qui s’y serait développée entre le IXe et le XIe siècle. »


Ce qui est certain c’est que « la région sera un lieu de fabrication de pâtes sèches important et réputé, bien avant que Torre Annunziata et Gragnano ne deviennent célèbres pour cette industrie à partir du XVIIIe siècle. »


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« …le pôle de production le plus dynamique après la Sicile s’est développé en Sardaigne, autre célèbre terroir de blé dur et surtout île occupant une position clé au carrefour des voies commerciales de la Méditerranée. »


« Hors de l’espace italien, seule la Provence atteste d’une production de pâtes sèches. En 1397, la gabelle d’Avignon fait état de menudez, une variété  de pâtes visiblement très en vogue dans la Provence médiévale, puisqu’on en fabrique également à Grasse où, en 1428, les boulangers sont menacés d’une amende de 5 sus s’ils vendent leurs menusda plus de 8 deniers la livre. »


« La même gabelle avignonnaise de 1397 inclut d’ailleurs dans la rubrique « grains » la semola de fideis, autrement dit, la semoule pour faire les fideis, ce qui semble indiquer la présence dans la cité des Papes d’une confection artisanale de pâtes de semoule de blé dur. »


« Curieusement alors que les Espagnols, et surtout les Catalans sont très actifs dans le commerce des pâtes sèches, nous n’avons pu identifier aucun foyer de fabrication dans la péninsule Ibérique.

 

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 09:00

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Entre Francis et moi c’est une vieille histoire commencée du côté de Montreuil-sous-Bois au temps où aller trainer ses guêtres dans ce genre d’endroit relevait de l’apostolat car aimer les vins différents attirait l’ironie des bien-installés de la RVF et autres critiques patentés.


« Bio cons ! » était leur cri de ralliement, on ne parlait pas ou peu en ce temps-là de vin nature, Claude Courtois préférait vin paysan, nous n’étions pas nombreux sur la planète des vins réprouvés, nous parlions même de créer un salon des refusés. Bref, les Rachais de Francis m’ont procuré l’une de mes plus belles émotions esthétiques de ma vie link Ça créé des liens.


Depuis nous ne nous sommes plus quittés, façon de parler, et je ris dans ma fine barbe de 3 jours grisonnante lorsque j’entends les ouvriers de la 25e heure s’extasier devant le brut nature de l’ami Francis. Par bonheur, et c’est tout à son honneur, notre Jacques Dupont plaçait haut le Boulard. Pour les autres le coq ne chantait pas trois fois mais je n’ai guère de respect pour ces gens de mauvaise foi. Nous avons même, Francis et moi, envisagé la venue  de celui-ci avec son tracteur enjambeur Loiseau bleu place du Palais Bourbon afin de nous Invigner.


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Comme pour mon amie Catherine Bernard, où certains d’entre vous m’ont suivi, je vous demande de lire ce qui suit :


Bonjour

 

 

Je m’appelle Francis Boulard, et voici ma fille Delphine Richard

 

 

Nous sommes propriétaires des Champagnes Francis Boulard à Cauroy-les-Hermonville, au nord de Reims.

 

 

Nous nous trouvons sur les hauteurs du village de Cormicy au massif de Saint-Thierry, c’est la région la plus extrême nord de la Champagne.

 

 

Nous avons créé un petit vignoble en 2009, un petit jardin de vignes de 3 hectares dans lequel nous avons pris l’initiative de travailler qu’en bio dynamique, la moitié de  nos vignes ont été certifiées en 2009 et maintenant nous sommes en reconversion complète depuis 2011.

 

 

Notre vignoble est réparti sur la moitié du massif de Saint-Thierry où nous sommes et sur l’autre moitié sur la vallée de la Marne où on a tous nos Pinot Meunier (…) »

 

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« A l’heure actuelle nous avons un foudre qui nous permet seulement de loger un tiers de la base de la Petraea, c’est une réserve perpétuelle à laquelle chaque année nous ajoutons 25% de la nouvelle vendange pour faire l’année suivante et nous pouvons seulement loger un tiers des vins en foudre, pourquoi en foudre parce que l’on a beaucoup moins d’oxydation que sur des barriques bordelaises ou bourguignonnes où les merrains sont beaucoup plus fins et donc sur des barriques il y a beaucoup plus d’oxydation.

 

 

Le projet aujourd’hui est donc de racheter un foudre pour compléter le logement de la cuvée Petraea, la réserve perpétuée.

 

 

Nous avons donc besoin de vous pour nous aider à concrétiser ce projet qui nous tient à cœur et ainsi faire évoluer nos vins comme nous le désirons.

 

Par avance, merci !

 

Francis Boulard et Delphine Richard


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Ouvrez ce lien link et faites comme-moi !


Merci par avance les petits ruisseaux font les grandes rivières même en Champagne

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14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 09:31

Le dernier n° de Socialter titrait : « Économie collaborative on refait le monde ? »


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Enthousiasme de jeunes bobos « À première vue, l’économie collaborative peut apparaître comme une manière de consommer intelligemment en temps de crise ou encore comme une pratique de jeunes geeks idéalistes. »


« … comme tout élément perturbateur d’un système en place, l’économie collaborative subit de virulentes critiques : néolibéralisme déguisé, concurrence déloyale, précarisation des travailleurs… Les doléances sont multiples. »


Entre ceux qui rêvent du retour de la charrette à bras et ceux pour qui tout ce qui est nouveau est innovant il y a de l’espace pour réfléchir, se poser des questions et tenter d’y répondre.


Pour ceux d’entre vous que ça intéresse en voici un exemple.


« Perçue comme un outil de promotion de la transition écologique, l'économie partagée peut aussi avoir des effets néfastes sur l'environnement. Une étude publiée par l'Institut de recherche sur les politiques publiques (Iddri) montre que ces nouvelles pratiques peuvent mener à l'hyperconsommation et ne garantissent pas la production de produits durables. »


La promesse environnementale du partage Voiture, perceuse, poussette du petit dernier… Nombreux sont les biens matériels que nous produisons et qui semblent – intuitivement – « sous-utilisés ». Revente, don, troc, location de court terme, emprunt : tous ces modèles de l’économie du partage – monétarisés ou non, entre particuliers ou par l’intermédiaire d’entreprises ou d’associations – peuvent permettre d’augmenter la durée d’usage de ces produits, de les utiliser au maximum de leur potentiel technique. L’intuition est qu’ils peuvent assurer un même niveau de service tout en réduisant la production de biens et donc les prélèvements de ressources et les déchets qui y sont associés.


Vêtements, automobiles, meubles, téléphones, TV, jouets, articles de sport, de bricolage, de jardinage…, les biens « partageables » représentent environ un quart des dépenses des ménages et un tiers de leurs déchets. Et si les modèles de partage étaient utilisés « au mieux », c’est jusqu’à 7 % du budget et 20 % des déchets des ménages qui pourraient être économisés.


Des modèles de partage variés et en plein renouvellement


Les modèles de réemploi (revente, don et troc) sont déjà courants – surtout le don aux associations et aux proches – et concernent tous les biens, avec des intensités variées. Ils sont aujourd’hui renouvelés par les plateformes internet comme ebay ou leboncoin, d’ores et déjà utilisées massivement par les particuliers, ou par l’émergence de nouveaux modèles d’affaires dans lesquels les entreprises ne vendent plus les biens, mais les louent sur longue durée, les récupèrent et peuvent les réemployer.


Les modèles de mutualisation (location et emprunt de courte durée) sont beaucoup moins développés – ne serait-ce que parce peu de biens s’y prêtent aisément, comme les livres, les DVD ou le matériel de bricolage. Là encore, ils se trouvent renouvelés par des modèles en pair-à-pair encore émergents, à l’image de Zilok, qui jouent sur la proximité entre l’offreur et le demandeur.


La location courte durée de voitures est un cas particulier de mutualisation, qui peine encore à se développer : la propriété reste la norme en matière de voiture. Aux côtés d’acteurs traditionnels comme Avis ou Hertz, s’ajoutent aujourd’hui des acteurs innovants dans l’auto-partage comme Autolib ou Mobizen, et des plateformes de location entre particuliers comme Buzzcar, Drivy ou Deways. Les constructeurs automobiles également se positionnent sur le partage de voitures. En parallèle, le covoiturage se transforme avec l’émergence rapide de plateformes internet comme Blablacar.


Tous ces modèles construisent une véritable économie du partage, qui n’est pas nouvelle, mais se renouvelle sous l’essor des technologies numériques et de la baisse associée des coûts de transaction, et qui porte un espoir : mobiliser le potentiel environnemental du partage de biens. Mais ces modèles sont-ils si vertueux d’un point de vue environnemental ?


De l’intuition environnementale aux conditions de sa réalisation


Parfois mis en avant par les « entrepreneurs » de l’économie du partage et plus souvent par les promoteurs de ce concept, le bilan environnemental est moins évident qu’il n’y paraît. Il est difficile de porter un jugement général sur des modèles tellement divers, et pour des biens aussi variés. Les études disponibles ne sont pas légion, et le research gap en la matière est béant. Notons surtout que le bilan environnemental actuel de ces pratiques, qui vont a priori continuer de se développer, importe moins que les conditions d’amélioration de leur durabilité.


La qualité des biens partagés apparaît comme une condition clé de la durabilité environnementale des modèles de partage, qu’il s’agisse de réemploi, de mutualisation ou même de mobilité partagée. Biens recyclés et à durée de vie longue : les modèles de partage doivent valoriser les biens les plus durables sur le marché, voire – dans le cas des modèles business to consumer (B2C) où les entreprises peuvent influencer ou contrôler la production très en amont – mettre sur le marché de nouveaux biens éco-conçus pour être partagés. Deux autres conditions clés pour la durabilité des modèles de partage ont trait à l’optimisation du transport des biens et aux modes de consommation : les modèles de partage peuvent être le vecteur d’une consommation durable, moins matérielle, comme celui d’une hyperconsommation matérielle.


Si ces conditions ne sont pas toujours respectées par les modèles actuels de l’économie du partage, il apparaît que les modèles de mutualisation et ceux reposant sur le don sont déjà plus clairement vertueux d’un point de vue environnemental.


L’exemple de l’auto-partage, le système le plus étudié, montre surtout que la contribution environnementale des modèles de partage ne se limite pas à – éventuellement – optimiser les véhicules qui ne roulent pas : en effet, une voiture partagée n’est pas utilisée comme une voiture individuelle, ses usagers parcourant jusqu’à deux fois moins de kilomètres au bénéfice des transports en commun. Est-ce à dire que le partage en général, en distanciant les usagers de l’objet par une remise en cause plus ou moins radicale de la propriété, ouvre de nouveaux espaces d’innovation pour la transition écologique ? Que le partage peut transformer les usages ? La question reste ouverte, et les réponses certainement spécifiques.


Enfin, notons que l’éventuel « effet rebond » peut être vu sous deux angles : l’angle environnemental, qui n’est pas positif (plus d’impacts) ; et l’angle économique et social, qui l’est beaucoup plus (plus de services rendus).


Faire de l’économie du partage une économie durable


L’analyse de la durabilité environnementale des modèles de partage révèle des conditions qui sont autant de leviers d’actions et de choix. Choix du consommateur, choix des pouvoirs publics, choix des entrepreneurs ; l’économie du partage peut contribuer si c’est l’objectif que ses acteurs se fixent.


Le rôle des pouvoirs publics


Pour rendre durable l’économie du partage, les pouvoirs publics doivent tout d’abord construire – ils le font en parallèle et généralement en retard sur les pratiques – un cadre économique et réglementaire favorable aux modèles « vertueux ».


Concrètement, la fiscalité écologique, les réglementations promouvant l’éco-conception des produits, le recyclage ou encore des transports en commun performants renforcent l’intérêt et le bilan environnemental du partage.


Dans le cadre d’une stratégie visant à sélectionner les modèles performants d’un point de vue environnemental et à les soutenir, notre analyse conduit à considérer que, tant qu’elles sont émergentes et à petite échelle, les initiatives du partage peuvent être soutenues par les pouvoirs publics car elles permettent d’explorer de nouvelles pistes. La cartographie par les pouvoirs publics locaux et nationaux de tous les modèles de l’économie du partage serait un outil pour rendre visible des pratiques souvent ignorées. Mais passée une certaine échelle, les entrepreneurs doivent faire des efforts pour analyser leur bilan environnemental puis l’améliorer.


Comment soutenir les modèles durables ? Les demandes du mouvement du partage peuvent être regroupées en quatre axes de travail :


-         une visibilité accrue via des campagnes de communication, voire une labellisation ;


-         des financements et incubateurs pour les projets innovants ;


-          l’adaptation de la réglementation aux nouveaux modèles ;


-         des pouvoirs publics exemplaires.


Notons que des institutions « para-publiques » au sens large, telles que l’Institut de l’économie circulaire ou le Conseil économique, social et environnemental (CESE), pourraient créer un groupe de travail sur l’économie du partage, et en faire un lieu de dialogue entre tous les acteurs, d’étude des opportunités environnementales, de proposition d’évolutions réglementaires, et d’incitation des acteurs privés à intégrer les enjeux environnementaux dans leurs modèles d’affaires.


Le rôle des entrepreneurs


Les entrepreneurs (associations ou entreprises) et surtout les promoteurs de l’économie du partage utilisent souvent l’argument environnemental pour faire la promotion de leurs activités. Au risque de tomber dans le greenwashing. Pour agir sur ce modèle et en optimiser sa durabilité, les entrepreneurs du partage doivent commencer par mieux comprendre les conditions de durabilité de leurs modèles.


Quels types d’actions peuvent dès lors être réalisés ? Les offres de location longue durée pourraient éviter le renouvellement des biens à un rythme élevé, les plateformes de revente sur internet pourraient valoriser les produits les plus durables, les plateformes de covoiturage pourraient cibler le marché des déplacements domicile-travail, etc. Les entrepreneurs du partage sont les mieux placés pour élaborer des solutions concrètes. Ils doivent aussi user de leur pouvoir d’influence sur la production des biens pour adapter les produits au partage, les recycler, et optimiser les déplacements induits par le transport des biens. Les entrepreneurs et les promoteurs du partage doivent donc se fixer l’objectif d’optimiser leur impact environnemental : la protection de l’environnement doit passer du statut d’argument à celui d’objectif, et dans les coalitions d’entreprises du partage, le lobby interne pour assurer leur durabilité pourrait avoir une place équivalente au lobby externe pour changer les réglementations.


Le rôle des consommateurs


Les modèles en pair-à-pair exacerbent le rôle et la répercussion du choix individuel du consommateur. La contribution environnementale de ces modèles dépend beaucoup du comportement des utilisateurs, des valeurs qui les animent. Si certains sont portés par la recherche d’un « épanouissement personnel détaché de la consommation symbolique », d’autres sont des « hyperconsommateurs » et la majorité sont les deux à la fois. Les études sur les motivations actuelles des usagers de l’économie du partage ou de la consommation collaborative convergent vers l’idée que la motivation principale est l’optimisation de son pouvoir d’achat, même si les considérations environnementales ne sont pas absentes des motivations individuelles.


Mieux comprendre


Si les modèles de l’économie du partage sont anciens et se renouvellent grandement, la littérature reste pauvre et nombreux sont les décideurs politiques et les promoteurs du partage qui insistent désormais sur le besoin de mieux comprendre le potentiel de l’économie du partage et ses impacts. C’est vrai pour son impact environnemental, c’est vrai aussi pour son impact économique et social (voir annexe). À l’heure où les premières tensions se concrétisent, à l’image des enjeux fiscaux et réglementaires autour d’Uber ou d’Airbnb, la recherche doit anticiper ces tensions, les analyser et contribuer à les mettre en dialogue pour faire émerger des pistes d’action.


Encadré 1. Les définitions de l’économie du partage


Rachel Botsman, figure emblématique du mouvement du partage, remarque elle-même que « l’économie du partage manque d’une définition partagée ». En effet, on observe des définitions plus ou moins inclusive selon qu’elles :


-         se concentrent sur le partage de biens matériels (c’est le cas dans cet article) ;


-         intègrent les échanges de services et de biens immobiliers1 ;


-         voire le partage de nourriture et l’habitat partagé2 ;


-         si ce n’est – dans son acception la plus large – le partage de tous les « communs » via des coopératives, des services publics, de la démocratie participative, etc.3


Par ailleurs, les définitions peuvent être plus ou moins larges, acceptant ou non :


-         les modèles « anciens » qui ont un recours limité au numérique, alors même que la frontière est mince et mouvante (Novel et Riot4 les intègrent, pas Rachel Botsman) ;


-         les modèles en B2C : si Botsman n’exclut pas ces initiatives, pour d’autres attachés à l’idée de « pouvoir d’agir » des individus – seules les pratiques entre particuliers relèvent de l’économie du partage (Shareable) ;


-         l’échange monétaire ou marchand : l’enrichissement personnel empêche pour certains le partage5 et seules les pratiques non monétarisées mérite raient d’y être associées, ou les pratiques monétarisées gérées par des structures dont l’objectif prioritaire n’est pas le profit, comme les associations. Il apparaît que définir l’économie du partage n’est pas exempt de considérations de nature politique, et que les débats sur les définitions révèlent des « visions idéologiques » contrastées6


1. Rachel Botsman et Roo Rogers (2011). What’s Mine Is Yours: The Rise of Collaborative Consumption.

2. Shareable & Sustainable Economies Law Center (2013). Policies for shareable cities.

3. Agyeman et al. (2013). Sharing Cities. Briefing for Friends of the Earth.

4. Anne-Sophie Novel et Stéphane Riot (2012). Vive la co-révolution, Éditions Alternatives.

5. Matthew Yglesias, “There is no ‘sharing economy’”, Slate.com.

6. Adam Parsons (2014). The sharing economy: a short introduction to its political evolution.

 

L’étude Économie du partage : enjeux et opportunités pour la transition écologique link

 

N°03/14 juillet 2014 | nouvelle prospérité

Damien Demailly (Iddri), Anne-Sophie Novel (consultante indépendante)

 

 

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11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 00:09

Dans ma dernière provende de livres à la Hune j’ai mis la main sur l’un de ces petits livres qui font souvent mon bonheur. Il avait tout pour me plaire, Le grain de ses feuillets, sa couverture rouge sang qui lui donnait des airs du Kill Bill de Tarantino – bonne pioche – sa langue médiévale étonnante que je découvre au hasard de mon feuilletage et puis ça se passe à Chaumont Haute-Marne (écrit pour répondre à l’invitation de Fanette Mellier, graphiste à l’initiative du projet Chaumont : fictions [des livres bizarres]) je ne pouvais que le déposer dans ma gibecière.


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Lu d’une seule traite, texte étrange, surprenant, d’une efficacité redoutable, bien plus qu’une petite curiosité  « Bastard Battle » est « jouissif, truculent et grand guignolesque à souhait, qui ne laisse aucun répit au lecteur et n’oublie même pas d’être drôle. Ciselé avec passion et précision, à la manière d’une miniature médiévale. Un livre vivant, qui le reste longtemps après la dernière page tournée… » écrivait Nolive lors de la première parution de ce livre en août 2008.


« L'atmosphère est à première vue médiévale - en 1437, les remparts de la bonne ville de Chaumont cèdent sous les assauts d'une bande d'écorcheurs, menés par le renégat Bastard de Bourbon -, mais le tissu de mots que déploie Céline Minard, érudite autant que fantasque, pour développer cette geste n'emprunte pas qu'au moyen français du XVe siècle. Sa langue, tout comme son répertoire de motifs, puise à de nombreuses sources géographiques et esthétiques : Villon, la Chine et le Japon anciens, le cinéma (Kurosawa et ses Sept Samouraïs, mais aussi Tarantino...), le manga, l'heroic fantasy, semble-t-il aussi... Bastard Battle n'apparaît pourtant jamais comme une compilation de références, mais plutôt comme un exercice de style virtuose, singulièrement violent et enivrant. »


Je souscris absolument à ce qu’écrivait Nolive « Ce qui fait de Bastard Battle une réussite plutôt qu’un assemblage artificiel d’éléments disparates, c’est la langue. Empruntant vocabulaire, orthographe et syntaxe au moyen français, elle recrée un parler médiéval émaillé de touches d’anglais, d’espagnol, d’allemand [la majorité des personnages sont des mercenaires venant de tous horizons], un faux vieux français qui sonne juste et étaie la construction d’un imaginaire universel. Fortement évocatrice et curieusement poétique, truculente à souhait, la langue est finalement le personnage principal de Bastard Battle, déstabilisante au premier abord mais - pour peu qu’on se laisse porter - tout à fait compréhensible, notamment grâce au parti pris très visuel de la narration.


Le narrateur, qui vit l’histoire aux premières loges Denysot-le-clerc, dit le Hachis et Spencer Five est l’archétype même du « religieux défroqué, expert au maniement du bâton et porté sur le cruchon. »


Pour faire goûter cette langue étrange j’ai bien sûr choisi les passages célébrant le vin :


« Moi, loges Denysot-le-clerc, dit le Hachis et Spencer Five, ramassé deux mois devant le clos des Riceys, non point saoûl et nu comme on l’a dit mais vaillant sur la vigne et bien armé du baston, en défense, épargné… »


Denysot-le-clerc, dit le Hachis, aussi Spencer Five comme illustrateur et copiste. Mais je n’ay maistre mon sieur, je vais où le vin me pousse… »


«  - Bon, il reprend. Mon bastard lève le camp demain pour le sud. Mais moi, je n’ay guère envie de quitter ce pays, la volaille est trop à point. Époisses et Langres et vin, je m’adopte. Qu’en penses-tu mon amy ? »


« C’est ainsi que ce mois de juin mil quatre cent trente-sept, devant un platz de chapon et chaudins fricts arroulsés de vin noir, Tartas scella de demeurer en pays bourguignon pour le bien de son ventre… »


« Jean de Vergy sz courrouça de l’insolence et renversant tout son vin sur la table, dit que les femmes de cette engeance, à l’image de la félonne et adultère et parjurée Isabeau de Flandres espouse déshonneste du duc, étaient toutes plus ou moins rouées et viles bagasses… »


« … Je portai un muid de Gevrey dont je fis sauter le couvercle et les vapeurs espicées me plongèrent dans un charmement délicieux, il me fallut tenir de sauter dans le vin… »


« Enguerrand et le sabreur, tous deux accroupis en tailleur dans un coin de la salle, buvaient en se tendant tour à tour le gobeau, sans parler… »


« Lors puisant une fois encore dans le muid de Gevrey, haut les gobeaux, entrechoqués, nous portâmes la plus belle bride de la soirée, à nous aultres nous-mesmes… »


« Ainsi fut-il, et ainsi en nos murs, aux aguets, aux manœuvres, passa le mois de septembre mil quatre cent trente sept et la saison de vendanger.


Les raisins du coteau des Poutils, moy et Pierrot Fagotin et mes aultres gens de bonne boyte, nous les avions ramassés pour presser et faire ce que nous disions le premier cru de coste-grillée, eu égard à la poterne grillagée qui nous donnait accès aux vignes. »


« Et moy, tastant le vin derechef, je respondais :


-         Ne says-tu pas que ja deux fois dans le mesme fleuve on ne se trempe ? De ce que tu possèdes, qu’en as-tu sinon au mieux l’usucfruit ? Que crois-tu emporter l’heure dite et venue ? masure et tonneaux ? (…)


Sur quoi mes gens de vigne s’écriaient :


-         Hola ! ressers-nous Pierre Fagotin, ce fleuve non plus ne nous trempe ja deux fois pareillement ! Voyons s’il ragouste et comment, sur le fruict ou sur l’espice ?


« Ce matin-là, le ciel plut sur la vigne qui plut sur la terre. Et moy avec eulx. »


« En transformant spadassins et honnêtes bourgeois chaumontais, en communards passés maîtres ès boxe chinoise, Céline Minard nous offre un fabliau joliment libertaire, irrévérencieux en diable, aussi frais et dépoussiérant qu’il est stimulant et intelligent. Politique, sans doute, punk ou presque, joyeusement paillard et anar, Bastard Battle » est un livre à lire absolument !


1440, exécution du bâtard de Bourbon


« La famille de Bourbon est féconde en bâtards. Ainsi, le duc Jean 1er (1410-1434) n'a guère eu de scrupule à trahir son épouse, Marie de Berry, duchesse d'Auvergne. Hors le lit conjugal, il donne naissance à quatre bâtards au moins.


Une descendance reconnue et assumée mais à la destinée diverse. Jean de Bourbon devint évêque du Puy, puis archevêque de Lyon et enfin lieutenant général du Bourbonnais, parcours de prince. Quand son frère cadet, Alexandre, compagnon de Jeanne d'Arc, est porté à la tête de la compagnie des « Écorcheurs » puis soulève les plus puissants seigneurs contre Charles VII avant d'être jugé et condamné à une mort infamante : il est « rué et iétte dans un sac dedans la rivière (l'Aube), tant qu'il fut noyé et que mort fut accomplie et ainsi faicte… » La sentence est exécutée le 31 décembre 1440 à Bar-sur-Aube. Le sac de cuir dans lequel il est cousu porte la mention « Laissez passez la justice », précise Gilbert Béthune (lire par ailleurs) » link

 

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10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 18:22
Jeux littéraires « Retirez le Q de la coquille : vous avez couille, et ceci constitue précisément une coquille »

Qui c’est qui a donné cette définition du mot coquille ?

 

Au choix : Alfred Jarry – Boris Vian – Johannes Gutenberg

 

C’est l’été, si vous vous ennuyez pendant vos vacances je vous propose d’avoir le goût des mots et de vous dérouiller les neurones en pratiquant des petits jeux littéraires.

 

1- À quel célèbre écrivain américain du début du XXe siècle serait attribuée la plus courte fiction ainsi composée : « À vendre, chaussures bébé, jamais portées » ?

 

Au choix : William Faulkner – Ernest Hemingway – Francis S. Fitzgerald

 

2- Quel poète français du XIXe siècle a forgé le mot « abracadabrantesque » ?

 

Au choix : Charles Baudelaire – Arthur Rimbaud – Paul Verlaine

 

3- Les figures de styles

 

Allégorie : notion complexe symbolisée par une chose qui l’est moins.

 

Anacoluthe : rupture surprenante de la syntaxe.

 

Chiasme : parallélisme syntaxique formé d’un croisement de termes.

 

Polyptote : répétition du même mot sous une forme dérivée.

 

Zeugma : rapprochement syntaxique de plusieurs termes grâce à un verbe qui s’applique à ces différents termes.

 

Baudelaire, Les fleurs du mal, « Le voyage »

 

« Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes !

Aux yeux du souvenir que le monde est petit ! »

 

Réponse : …

 

Guillaume Apollinaire, Alcools, « la chanson du mal aimé »

 

« Mon beau navire ô ma mémoire

Avons-nous assez navigué

Dans une onde mauvaise à boire »

 

Réponse : …

 

Bossuet, Oraison funèbre d’Henriette-Anne d’Angleterre

 

« Madame se meurt ! Madame est morte ! »

 

Réponse : …

 

Blaise Pascal, Les Pensées

 

« Le nez de Cléopâtre : s’il eut été plus court, toute la face de la terre aurait changé. »

 

Réponse : …

 

Jacques Prévert, Paroles, « Composition française »

 

« Alors il prit du ventre et beaucoup de pays »

 

4- L’argot chez Balzac

 

« Il buvait… de manière à se … la figure. »

 

Au choix : Cardinaliser – (se) Chafrioler – Renarder

 

5- Qui a dit quoi ?

 

« L’amour, c’est l’infini mis à la portée des caniches. »

 

Au choix : Arthur Rimbaud – Louis-Ferdinand Céline – Goethe

 

« Impossible de vous dire mon âge, il change tout le temps. »

 

Au choix : Simone de Beauvoir – Oscar Wilde – Alphonse Allais

 

« J’ai tellement besoin de temps pour ne rien faire qu’il ne m’en reste plus pour travailler. »

 

Au choix : André Breton- Pierre Reverdy – Tristan Tzara

 

6- Contrepèteries & Jeux de mots

 

Marcel Duchamp

 

« À charge de revanche ; à … de … »

 

Robert Desnos

 

« Est-ce que la caresse des putains excuse la caresse des … ? »

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9 août 2014 6 09 /08 /août /2014 00:09

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Dans mes petites recherches pour étayer mes dires de taulier autoproclamé – en effet contrairement à certains « couche-culotte » de la Toile qui batifolent dans leur bac à sable pour bâtir des châteaux du même nom, je ne crois pas que l’Histoire a commencé avec moi. C’est un truc de Vieux Con, je sais mais je ne me soigne pas je défouraille – je tombe sur des pépites inexploitées proposées par notre Ministère de la Culture.Auteur : Alban SUMPF.


Double avantage : c’est du sérieux et ça ne me demande pas beaucoup de boulot en ce mois d’août. Je publie de courts extraits pour lire l'inégralité cliquez sur les liens.


1-       Le vin, signe et symbole de la Nation Française link


« Dans Louis XVI avoit mis le Bonnet rouge ; journée du 20 juin 1792, le vin qui sort de la bouteille « parle » de cette nation. Mieux : il s'y identifie. Si les insurgés du 20 juin ont voulu faire boire le roi, c'est aussi pour le resituer (de force) dans la position du citoyen comme les autres. Boire le vin de la Nation (le vin qui est la Nation) est comme un rituel civique, qui fait appartenir à celle-ci. Ainsi, « la conscience collective d'appartenir à une même communauté », qui définit justement depuis la Révolution Française l'idée moderne de nation, peut-elle se « lire » dans le vin. Issu de la France et du peuple, le vin est l'un des vecteurs et des signes de cette communauté d'appartenance ainsi que de l'unité de la Nation. »


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2-     Le vin comme art de vivre link  

 

« Le vin est depuis toujours une composante de la civilisation méditerranéenne et européenne. Elément de l’alimentation, fait culturel, religieux ou mythologique, il est associé à de nombreuses pratiques et représentations. La consommation de vins est courante en France depuis le moyen-âge, mais c’est au XVIIIe siècle que la viticulture française commence à se structurer et à se développer. Le XIXe siècle est considéré comme « l’âge d’or du vin », marqué par l’élaboration de techniques nouvelles, la progression constante et importante de la production et de la consommation, ainsi que par l’amélioration de la qualité, du stockage du commerce et de la distribution. Le vin devient alors plus que jamais un enjeu économique mais aussi une question culturelle, idéologique, politique, sanitaire, sociale et morale.


Parallèlement, les représentations de ce que l’on pourrait appeler « la pratique du vin » se multiplient, aussi diverses que les usages de la boisson et que les avis qu’elle suscite. Le XIXe siècle voit bien se développer de mauvaises « images » du vin, notamment en termes de conséquences sociales (le vin mauvais de l’alcoolique qui lui fait rater sa vie et l’empêche de travailler) et médicales (en lien avec les progrès de cette science et la naissance de la diététique). Mais c’est bien le vin comme art de vivre et de bien vivre qui domine largement l’imaginaire et les consciences. A la suite de la tradition rabelaisienne, le breuvage est associé aux arts, à la fête et à l’amitié, à la gastronomie (plus ou moins fine) et à la gourmandise qui n’est plus vraiment un péché. »

 

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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 00:09

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Sur ma flèche d’argent je passe très souvent au flanc de la halle aux vins bardé depuis des années d’échafaudages pour son désamiantage. Ça étonne toujours mes interlocuteurs que je désigne ainsi le campus de Jussieu, la Faculté des Sciences de Paris du doyen Zamansky (voir plus loin, souvenir de mai 68).


Dimanche, à l’écume des pages, je fais une moisson de livres. Parmi eux, un Modiano de 2012 que je n’ai pas lu « L’herbe des nuits »link


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Du Modiano pur jus, à la page 86 je lis :


 « Un portail était entrouvert, qui donnait accès à la halle aux vins, et Aghamouri s’était arrêté devant. 


« Nous pouvons couper par là, me dit-il. Je connais un café, rue Jussieu. Vous n’en avez pas assez de marcher ? »


Je franchis le portail à sa suite pour déboucher sur une grande cour entourée de bâtiments à moitié détruits, comme ceux de l’ancienne halle aux cuirs. Et la même pénombre que sur le terrain vague où je l’attendais tout à l’heure… Là-bas, un lampadaire éclairait d’une lumière blanche des entrepôts encore intacts et qui portaient sur leurs murs  des inscriptions du genre de celles que j’avais remarquées dans les ruines de la halle aux cuirs.


Je m’étais tourné vers Aghamouri :


« Vous permettez ? »


Je sortis de la poche de ma veste mon carnet noir, et je relis aujourd’hui les notes que j’avais prises ce soir-là  d’une écriture rapide tandis que nous marchions vers la rue Jussieu :


Marie Brizard et Roger

Butte de la Gironde

Les Bons Vins algériens

Magasins de la Loire

Libaud, Margerand et Blonde

Préau des eaux-de-vie. Caves de la Roseraie…


« Vous faites ça souvent ? » m’a demandé Aghamouri.

 

Il apparaissait désappointé (…)


« Nous arrivions devant une construction moderne dont le hall était éclairé et qui portait sur son fronton l’inscription : Faculté des Sciences. »


Alors, que voulez-vous, c’est plus fort que moi, je chronique :


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-         La halle aux vins


Les premiers occupants du site où s'élève l'université aujourd'hui étaient les moines de l'abbaye Saint-Victor. Ils cédèrent la place en 1810 aux négociants de la Halle aux vins.


Ceux-ci occupèrent les lieux jusqu'en 1964, date à laquelle ils furent transférés aux entrepôts de Bercy.


« Depuis 1662, il existe une halle aux vins sur le quai Saint-Bernard. La consommation ne cessant d’augmenter dans la capitale, on décide en 1808 de concevoir une nouvelle halle, plus grande et plus moderne. Les plans sont confiés à M. Gaucher, et la construction, débutée en 1811 est achevée aux trois quarts en 1813 (et totalement en 1845). L’édifice occupe une surface de quatorze hectares et est composé de quatorze halles destinées au marché, réparties en deux bâtiments centraux, et un ensemble de 123 celliers en pierre de taille répartis en trois bâtiments, eux-mêmes surmontés de magasins. link » 


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Sur l’emplacement de la Halle aux vins se trouve maintenant le campus de Jussieu, la faculté des sciences construite de 1958 à 1972, inaugurée en 1970 (Paris VII) et en 1971 (Paris VI). Sur l'ancien site a été construit l'Institut du monde arabe inauguré en 1987.


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-         Le Campus de Jussieu


« En 1957 les premiers bâtiments universitaires sont construits le long du quai Saint-Bernard et de la rue Cuvier.


Pour permettre au négoce du vin de continuer quelque temps encore, les architectes eurent l'idée de construire les bâtiments sur pilotis au-dessus des rues de circulation de la halle aux vins.


Mais en 1964 on attend plus de vingt-mille étudiants en sciences ( la génération du " baby-boom" passe son bac).


L'ancienne Sorbonne ne pouvant les accueillir, André Malraux confie alors à l'architecte Edouard Albert le soin de construire rapidement une faculté des sciences à la place des anciens entrepôts. » link


-         Paris Ancien. Jussieu Halle aux vins. Kodachrome 1958.


Cette vue link désormais historique a été prise du dernier étage de la nouvelle fac de la rue Guy de La Brosse, bâtie en toute hâte en 1956, dans l'attente de la démolition de la Halle aux vins, futur site de la Fac de Jussieu.


Alors étudiant en mathématiques générales (avec pour prof' Marc Zamansky link), j'ai même participé à ma première manif' étudiante en criant sur le boulevard St Michel  « Les pinardiers dehors, place à la fac ! ».


-         L'incroyable facture du désamiantage de Jussieu


«C'est un cas d'école de ce qu'il ne faut pas faire.» Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes n'a pas mâché ses mots jeudi lors de la présentation du rapport pointant la gabegie de la rénovation du campus de Jussieu (Ve) et intitulé «le campus de Jussieu: les dérives d'une réhabilitation mal conduite». En 87 pages, le rapport dresse le constat accablant de quinze ans d'une incroyable dérive, «tant en termes de délais que de coût». Quelques chiffres pour s'en convaincre: lancé en 1996 pour trois ans et 183 millions d'euros, le chantier ne sera pas achevé avant 2015, soit… dix-neuf ans après son démarrage, pour une facture de 1,8 milliard d'euros… Incroyable. Et aucun garde-fou, à aucun moment, ne semble avoir arrêté ce dérapage. En bref, ni pilote ni arbitre. » link

 

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