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17 mars 2019 7 17 /03 /mars /2019 06:00
La Philharmonie de Paris est 1 réussite acoustique exemplaire. C'est 1 salle magnifique ! Maurizio Pollini, le piano est toute sa vie : il s’y consacre corps et âme, avec sur scène une flamme et une conviction qui forcent l’admiration.

Qui peut nier que la salle de la Philharmonie de Paris conçu par Jean Nouvel a coûté un bras le coût s'est envolé à 386 millions d'euros contre 130 millions en 2006 mais comme le fait justement remarquer Stéphane Lissner c’est un projet fait pour les 150 ans qui viennent et au-delà. Comme Berlin, comme Madrid, comme Rome, comme les grandes capitales, il était tout à fait normal que Paris ait un grand auditorium pour la musique classique. »

 

Mais ce que je ne supporte pas c’est l’avis d’un obscur pisse copie « L’acoustique n’a reçu que des éloges, mais l’unanimité, avec la presse, il faut un peu s’en méfier. Effectivement le son est rond, chaleureux, enveloppant ; la première impression s’avère incontestablement positive. Mais en tendant l’oreille on s’aperçoit que le registre grave domine largement, au détriment des premiers violons qui peinent à émerger. Dans la 4e Symphonie de Brahms (nous étions au concert du 26 janvier), ceux-ci furent continuellement noyés alors que la partition les met souvent en avant, jamais On perçoit en permanence une sorte de halo, cela s’explique : les spectateurs étant rapprochés, le volume de la salle aurait manqué de se révéler trop réduit, et le son trop sec, en conséquence les acousticiens ont rajouté de grandes cavités entre les gradins et les murs de la salle ainsi que d’imposants réflecteurs acoustiques, une enveloppe qui se rajoute à l’espace du public et des musiciens. On retrouve ainsi du volume, donc de la réverbération, mais dans un espace circulaire et complexe, d’où une perte de précision. Le son a tendance à baver, à ressembler à de la soupe. L’effet plaira au spectateur occasionnel, mais le mélomane n’y trouvera pas son compte ; après l’exubérance de la presse généraliste, c’est bien sûr l’avis de ce dernier qui s’imposera.

 

Tout cela pour 400 millions d’euros, 386 exactement au dernier comptage, c’est bien cher payé ! Voilà qui n’encouragera pas les mélomanes à rejoindre cette salle excentrée (métro Porte de Pantin) et à supporter une ligne 5 bondée à l’heure de sortie des bureaux. Et cet échec rend encore plus scandaleux, s’il en est, l’interdiction faite à la Salle Pleyel de donner des concerts de musique classique, elle qui possède d’une acoustique certes un peu sèche, mais qui a au moins l’avantage de la sincérité et de la clarté .ils ne percèrent la masse orchestrale, tous les angles étaient émoussés. »

 

T’as tout faux mon coco.

 

Entre Maurizio Pollini et toi y’a pas photo, et son pronostic catastrophiste s’avère totalement faux la salle est blindée à chaque représentation et il faut dégainer vite pour avoir des places.

 

En cinquante ans de carrière, Maurizio Pollini n’a jamais quitté les sommets de la renommée. Avec l’urgence et l’engagement qui le caractérisent, le grand pianiste continue de défendre avec une passion intacte les plus grands compositeurs.

 

Le mardi 26 février 2019 je suis allé au récital  Maurizio Pollini — 20h30 Grande salle Pierre Boulez – à vélo bien sûr.

 

Au programme Chopin et Debussy.

 

 

« Serviteur de la musique s’il en est, Maurizio Pollini unit un talent rare d’architecte des sons à un engagement sur scène sur lequel les années n’ont pas prise. Le lien tissé avec son public n’est comparable à aucun autre.

 

Plus ronde qu’il y a plusieurs décennies, la sonorité de Maurizio Pollini frappe par sa chaleur, tout en irradiant une lumière éblouissante – son Steinway estampillé « Fabbrini » y est aussi pour quelque chose. Si son jeu a évolué au fil des décennies, ses goûts n’ont pas varié d’un iota. Il aime à défendre les compositeurs avant-gardistes apparus après la Seconde Guerre mondiale (Boulez, Stockhausen…), tout en jouant, plus que jamais, Beethoven et Chopin. Schumann, Debussy et Schönberg ont aussi toute leur place dans son panthéon.  Le piano de Pollini se fait l’intercesseur entre les compositeurs et le public, et n’a pour but que de tenter d’accéder à certains sommets de l’esprit humain. Folle ambition qui fait le prix de chacune des apparitions du maestro italien.

 

Ce jeune homme de 76 ans m’a transporté, moi l’ignorant, oui il m’a fait accéder à des sommets ignorés, je n’ai pas les mots justes pour exprimer ce que j’ai ressenti mais faut-il toujours trouver des mots lorsqu’après un moment de grâce, de volupté des sens, de transport d'admiration, d'allégresse, d’accepter d’être touché par la grâce, d’exprimer simplement autour de soi la joie d’avoir vécu un grand moment, de se sentir tout petit face Maurizio Pollini.

 

« Un père architecte, un oncle sculpteur, le jeune Maurizio baigne dans l’art depuis son enfance. À Milan, il entend les plus grands musiciens de son époque. À l’âge de dix-huit ans, il remporte le célèbre Concours Chopin mais, sagement, il préfère l’approfondissement de la musique plutôt que de se lancer immédiatement dans une carrière effrénée. Il choisit ses compositeurs avec soin : Beethoven voisine avec Boulez, Chopin avec Nono, Bach avec Schönberg. Pourtant, le virtuose ne se sent pas l’âme d’un missionnaire et entend tout faire par plaisir, son seul guide. Le piano est toute sa vie : il s’y consacre corps et âme, avec sur scène une flamme et une conviction qui forcent l’admiration. »

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16 mars 2019 6 16 /03 /mars /2019 06:00
La chasse à l’enfant Prévert… La colonie pénitentiaire de Belle-Ile : un véritable « bagne » pour enfants

« La colonie pénitentiaire de Belle-Ile ouvre en 1880, dans les bâtiments annexes de la citadelle où furent enfermés les détenus politiques de la Commune de Paris, entre 1872 et 1879.

 

C‘est une des colonies publiques ouvertes en application de la loi du 5 août 1850, sur le patronage et l’éducation des jeunes de tenus. La colonie est constituée d’un ensemble austère de longs bâtiments sur le bord de la falaise ; un mur d’enceinte empêche de voir la mer.

 

Belle-Ile, qui reçoit des colons de 12 à 20 ans, privilégie la formation maritime ; faire des colons « des apprentis matelots ». En 1895, est installé dans la cour de la colonie un petit trois mâts où des colons font des exercices de marine. La colonie est dotée d’un bateau de 25 mètres « le Sirena » sur lequel quelques colons sont amenés à s’embarquer pour faire des exercices de pêche, à cela s’ajouteront 3 canots à rames et à voiles.

 

Résultat de recherche d'images pour "livre sur le bagne de belle ile en mer"

 

A partir de 1902, l’administration pénitentiaire construit, à l’intérieur de l’île, une annexe sur le site de Bruté pour accueillir les colons de plus en plus nombreux, ils sont environ 320 en 1910.

 

En dehors de 4 ateliers centrés sur la marine et un atelier de sardinerie qui favorise la rentabilité de la colonie, les colons pratiquent l’agriculture. La discipline est très sévère, Henri Rollet, premier juge des enfants en 1914, visite la colonie dans les années 1890 et parlera d’une « véritable structure pénitentiaire ». En 1908, un incident grave est relaté par la presse, les colons pendront sur un des bateaux, le surveillant de marine à la drisse d’un mât.

 

En 1924, Louis Roubaud, journaliste au Quotidien de Paris, visite la colonie et dénonce ce qu’il y voit dans son reportage intitulé Les enfants de Caïn. Il conclut son enquête en ces termes : « Ces écoles professionnelles sont tout simplement l’école du bagne », « Il faut raser les murs de toutes ces institutions, c’est la seule réponse ».

 

Résultat de recherche d'images pour "livre sur le bagne de belle ile en mer"

 

L’évènement marquant de l’histoire de la colonie Belle-Île est l’évasion massive de cinquante-six pupilles en 1934, que d’aucuns retiennent sous le nom de la « Chasse à l’enfant », en référence au titre du poème écrit par Jacques Prévert, ou encore « scandale des bagnes d’enfants ».

 

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Au-dessus de l'île on voit des oiseaux

Tout autour de l'île il y a de l'eau

 

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Qu'est-ce que c'est que ces hurlements

 

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

C'est la meute des honnêtes gens

Qui fait la chasse à l'enfant

 

Il avait dit j'en ai assez de la maison de redressement

Et les gardiens à coup de clefs lui avaient brisé les dents

Et puis ils l'avaient laissé étendu sur le ciment

 

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Maintenant il s'est levé

Et comme une bête traquée

Il galope dans la nuit

Et tous galopent après lui

Les gendarmes les touristes les rentiers les artistes

 

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

C'est la meute des honnêtes gens

Qui fait la chasse à l'enfant

 

Pour chasser l'enfant, pas besoin de permis

Tous le braves gens s'y sont mis

Qu'est-ce qui nage dans la nuit

Quels sont ces éclairs ces bruits

C'est un enfant qui s'enfuit

On tire sur lui à coups de fusil

 

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Tous ces messieurs sur le rivage

Sont bredouilles et verts de rage

 

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Rejoindras-tu le continent rejoindras-tu le continent !

 

Au-dessus de l'île on voit des oiseaux

Tout autour de l'île il y a de l'eau

 

Jacques Bourquin  résume ainsi cet épisode : « Depuis plusieurs mois, le climat est médiocre à l’intérieur de l’institution. Un soir d’août 1934 éclate un incident au réfectoire, un incident apparemment bénin. Contrairement au règlement, un colon a mangé son fromage sans avoir bu sa soupe. Il est puni [et passé à tabac], ses camarades du réfectoire se solidarisent avec lui, c’est le début d’une révolte que les personnels n’arrivent pas à contenir. Les pupilles franchissent les murs de la colonie, se répandent dans toute l’île où se trouvent, en cette période, beaucoup de vacanciers ».

 

Résultat de recherche d'images pour "livre sur le bagne de belle ile en mer"

 

Une « battue » est organisée afin de retrouver les enfants. Les habitants de Belle-Île et les touristes sont mis à contribution, et pour les motiver, une récompense de vingt francs par enfant trouvé leur est promise, certains gagneront même jusqu’à deux cents francs. Cette forte mobilisation a permis de retrouver tous les enfants, qui ont reçu une sévère correction.

 

Une campagne de presse qui durera trois ans est alors menée par Alexis Danan, grand reporter pour le journal Paris-Soir, afin de dénoncer les pratiques de ces « bagnes » pour enfants et de sensibiliser l’opinion publique. Il lance des appels à témoignages et met en cause d’autres colonies telles que celle de Mettray, en Indre-et-Loire.

 

Au début des années 1950, L’IPES (Institution publique d’éducation surveillée) possède un assez large éventail d’ateliers de formation dont la section marine qui prépare au certificat d’apprentissage maritime en vue d’une embauche dans la marine de Commerce ou de Pêche. L’institution toutefois décline, environ 150 élèves en 1950, 90 dans les années 1960. A partir de 1970, l’Education Surveillée remet en cause la pertinence des gros internats de rééducation et évolue vers des structures plus polyvalentes, plus proches du lieu de vie des jeunes, de leur famille, ce qui est incompatible avec Belle-Ile.

 

L’institution fermera en 1977.

Le film maudit, tourné à Belle-Île, se dévoile enfin

En 1947, Anouk Aimée et Arletty jouent sous la direction de Marcel Carné. La fleur de l'âge ne sortira jamais au cinéma

« Pierrot (Claude Romain) et Barbara (Anouk Aimée) sur la plage, heureux d'être enfin ensemble. »

« Pierrot (Claude Romain) et Barbara (Anouk Aimée) sur la plage, heureux d'être enfin ensemble. » | Émile Savitry.

 

ICI

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15 mars 2019 5 15 /03 /mars /2019 06:00
La force des émissions de carbone générées lors de la fermentation du vin est «cinq fois plus concentrée que celle des avions et des voitures», selon Roger Boulton, professeur à UC Davis.

Si jusqu’à maintenant le vin a en grande partie échappé aux récriminations quant à son empreinte carbone, ce n’était peut-être que partie remise. Drink Business rapporte les propos d’un scientifique qui signale que jusqu’à aujourd’hui, l’empreinte carbone a été, en effet, mise sous le tapis et que le problème vient, majoritairement, de la fermentation (ICI l’original en anglais avec les commentaires)

Les échos #9-2019 de la revue Sésame

par Yann Kerveno

 

S'exprimant lors de la deuxième célébration internationale du sauvignon blanc à Marlborough le mois dernier, le professeur de génie chimique a déclaré aux participants que la nécessité pour les viticulteurs de capter leurs émissions de carbone était l'un des problèmes environnementaux les plus pressants auxquels le secteur était confronté.

 

«Les empreintes de carbone ont été poussées dans un coin. Les vignerons doivent mesurer leurs empreintes, les posséder et en être fiers. L'éléphant dans la salle du monde du carbone dans les établissements vinicoles est la fermentation.

 

«Nous devrions capter le carbone dans les établissements vinicoles pour qu’ils deviennent neutres en carbone. Le carbone issu de la vinification est cinq fois plus concentré que les avions et les voitures. Un litre de jus produit 60 litres de dioxyde de carbone. Pourquoi ne le piégeons-nous pas?

 

«Une seule bouteille de vin contient 80 g de dioxyde de carbone. En tant que viticulteur, si vous voulez être un leader sérieux en matière de développement durable, vous devez capturer vos émissions de carbone - un bon moyen de le transformer en craie », a-t-il déclaré.

 

Le géant du vin espagnol Torres a ouvert la voie au développement d'une technologie qui capture et transforme avec succès le dioxyde de carbone généré pendant la fermentation via son programme CCR (Carbon Capture and Reuse).

 

Jusqu'à présent, l'équipe environnementale de Torres a effectué des tests avec huit technologies différentes offrant des utilisations alternatives pour le CO2 produit lors de la fermentation. L'une de ces expériences utilise des composés organiques pour capter le CO2 afin de créer un produit pouvant être utilisé dans l'industrie des peintures.

 

Torres explore également l’utilisation de l’électrolyse à l’eau de mer pour générer une solution de base à faible empreinte carbone pouvant ensuite être utilisée pour capter le CO2 sous forme de carbonate inorganique, qui peut être stocké en toute sécurité sur la terre sous forme de carbonate solide plutôt que de s'échapper dans l'atmosphère.

 

S’il est une entreprise parmi les leaders mondiaux qui s’est saisie de cette question, c’est bien le catalan Torres, depuis que son patron, Miguel A. Torres, a percuté en regardant le documentaire d’Al Gore (vous vous souvenez, c’était en 2006).

 

Depuis 2008, l’entreprise a investi 12 M€ dans son programme initiatives vertes et y consacre chaque année 11 % de ses bénéfices. L’objectif d’alors était de réduire les émissions de 30 % d’ici à 2020, puis à terme de devenir une entreprise « carbon neutral ». En 2017, l’empreinte carbone de chaque bouteille avait été réduite de 15 % et, depuis, l’entreprise mène des recherches pour capturer le carbone de la fermentation et le transformer en énergie.

 

La vision de Miguel A. Torres était juste, lui qui annonçait qu’un réchauffement climatique de 2°C serait catastrophique pour la viticulture espagnole. Selon l’université polytechnique de Madrid, c’est même le vignoble du monde qui est le plus exposé aux effets de ce réchauffement. Même en Allemagne la question est étudiée de près. Une expérience a été menée in vivo pour observer le comportement de la vigne dans le futur, en exposant les ceps aux doses de CO2 qu’ils pourraient connaître dans une trentaine d’années.

 

Peinant à convaincre ses collègues espagnols, depuis 2011 il n’a su convaincre que 20 bodegas du pays à rejoindre sa préoccupation, Miguel A. Torres vient de s’allier avec une autre entreprise, américaine celle-là, Jackson Family Wines, pour créer l’association internationale pour l’action climatique.

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14 mars 2019 4 14 /03 /mars /2019 06:00
Y’a 10 ans Bashung partait sans laisser d’adresse « Je me le représente massif, comme s’il était 1 cavalier chevauchant son destrier en vue d’1 ville de sable à conquérir. » Gérard Manset

Quand je me rêvais écrivain j’allais flâner villa Poissonnière, une allée devenue privée entre la rue Polonceau et celle de la Goutte d’Or, où « Bashung avait une chaumière du passé, toute courte, toute rigolarde, et ses massifs de groseilliers, de tulipes, ses rosiers épineux, ses flutes en petites corolles…»

 

Résultat de recherche d'images pour "villa poissonnière bashung"

 

 

Alain s’excusait de ce luxe – bien relatif d’ailleurs – de la possession,  comme une entorse à ses idées « Tu sais, j’ai acheté ça à un moment… maintenant on ne pourrait plus… »

 

Manset et Bashung se sont rencontrés trop tard, en 2005

 

Moi j’ai rencontré Manset en 1968 avec Animal on est mal.

 

« Je n'aurais jamais imaginé que cette chanson serait imperméable au temps. C'est peut-être une des seules, populaires, intelligibles de prime abord, qui résume aussi bien le parcours d'un artiste. Il y a des succès que certains traînent comme un boulet toute leur vie ; moi, il m'accompagne. Comme une niaiserie, une sorte de faiblesse, de légèreté, belle surtout à cause du piano. « Et voilà le miracle en somme, c'est lorsque sa chanson est bonne. » Ces paroles sont tellement bêtes et gentilles en même temps. Tout le monde peut pondre et chanter Il voyage en solitaire. »

 

« Je suis fait de 50 % de tristesse et de 50 % de sagesse. L'ombre et la lumière. A partir du moment où je me suis mis à m'exprimer en chanson, la création a été instantanée : le texte vient en un quart d'heure, la chanson se boucle dans la matinée. »

 

« Il faut remonter au SMS du samedi 14 mars : bashung est mort.

 

Le b en minuscule, dû à la sobre typographie du numérique et des cristaux liquides. »

 

Manset est chez des amis, « probablement aux environs de Rochefort, une ville, par sa topographie, sa linéarité, le quadrillage des rues, qui paraissait à ce moment-là le mieux correspondre à une révélation de cette sorte, intemporelle et froide. »

 

« Quelques fleurs dans un vase. C’était des roses, bien sûr, la chambre et son grand lit de métal »

 

61 ans, à 19h42 à l'hôpital Saint-Joseph à Paris, un cancer du poumon terrassait Alain Bashung en chimio depuis septembre 2007. Je passais Bleu Pétrole en boucle. Né le 1er décembre 1947 d'un père qu'il n'a pas connu et d'une mère ouvrière, Bashung avait été envoyé à l'âge d'un an vivre chez sa grand-mère, à Wingersheim, en Alsace.

 

Le 15 mars 2009 dès que la nouvelle me fut connue j’ai écrit :

 

« Un jour je parlerai moins, jusqu'au jour où je ne parlerai plus » Bashung Alain parti sans laisser d’adresse…

 

Mon cher Alain,

Que les autres cons, les comptables de la sinistre liste, qui vont t’agréger à leurs foutus statistiques, ne ramènent pas leur fraise sur les raisons du triomphe de ce putain de chancre immonde sur ta vie.

Moi je te dis grand merci.

ICI

 

1947, est un bien meilleur millésime que la mien 48, cette année l’une des années les plus chaudes du XXe siècle, « s’inscrivant dans un cycle d’années sèches (1945, 1946, 1947 et 1949). Le souvenir qui en reste aujourd’hui est pourtant celui d’un millésime de légende.

 

Rarement le ciel s’était montré plus favorable : du début avril à la fin octobre, la France ne connut que la chaleur, caniculaire à partir de juin. Rappelant celle qu’avait subie le pays deux ans plus tôt, la sécheresse fut particulièrement pénible pour la population qui dut faire face à des restrictions d’eau. Pour la vigne, elle constitua en revanche une véritable bénédiction.

 

Certes, dans un premier temps la situation ne parut pas extraordinaire. Une petite pluie de juin contraria la floraison, entraînant une diminution du volume de la récolte et une concentration des substances dans les baies. En été, les orages relancèrent la végétation qui commençait à souffrir cruellement de la sécheresse. Au bout du compte, le beau temps entrecoupé de quelques pluies au bon moment permit d’obtenir une maturité inégalée.

 

En Champagne, les vendanges commencèrent le 5 septembre. Il fallait remonter à 1893 pour avoir une date aussi précoce.

 

En Bourgogne, ce millésime fabuleux fut à l’origine de vins puissants. Depuis 1865, on n’avait pas récolté des raisins aussi riches en sucre.

 

Les bordeaux rouges comme les vins du Rhône furent de la même veine. Complets et charpentés, les premiers ont valu à l’année d’être souvent présentée comme l’un des millésimes du siècle. Beaucoup sont toujours à l’apogée et certains n’ont pas encore épuisé toutes leurs réserves.

 

Malheureusement, il est aujourd’hui très difficile de se procurer ce millésime. Qui ne rêve pourtant de savourer un grand sauternes de 1947 à la teinte jaune brunâtre et aux arômes de fruits confits ? Sans parler d’un Cheval Blanc du même millésime, aussi mythique aujourd’hui que les Yquem 1921, Mouton-Rothschild 1945, Latour 1961 ou Petrus 1982. »

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13 mars 2019 3 13 /03 /mars /2019 06:00
Mais jusqu’où iront-ils dans le saccage de nos beaux terroirs ? Voici 1 saucisson sec au fromage de Camembert AOP de Normandie

J’imagine l’effroi et la fureur, à la fois de la papesse des fromages au lait cru, la citoyenne Richez-Lerouge, et de Me Morain qui adore tout ce qui pue, les vins nus et les croûtes fleuries, face à ce crime lèse-terroir.

 

C’est le début de la fin mes chers paroissiens.

 

Ce jour-là j’avais faim, l’horloge marquait 13 H 30, mon ventre gargouillait alors que je hâtais le pas je tombais nez à nez devant une étiquette où je ne retenais que la mention AOP de Normandie en me disant tiens l’INAO fait très fort en reconnaissant une AOP pour le saucisson sec.

 

Ce n’est que de retour at home, comme disent les snobs, en rangeant mes courses que je découvrais le forfait des normands.

 

J’ignorais que le saucisson au camembert exista.

 

Recherche faite je constatai que la maison Lhoste proposait à son aimable clientèle un CARRÉ AU CAMEMBERT

 

Saucisson sans boyau : la Carré au camembert | Maison Loste

 

« Le Carré au Camembert est un saucisson sec sans boyau et avec un hachage fin. Son goût de Camembert ravira les papilles des amateurs de fromage et de charcuterie ! »

 

La Maison Conquet à Laguiole fait aussi un Saucisson sec au Camembert

 

« Mais que vient faire ce camembert au pays du Roquefort et du Laguiole (le fromage de vache, pas le couteau) me direz-vous ? La légende raconte qu'un Normand perdu en pleine tourmente au milieu de l'Aubrac sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle trouva un refuge inespéré dans un buron et offrit au buronnier en guise de remerciement un camembert bien affiné qu'il gardait dans sa besace. Le pauvre homme remercia son invité mais fut bien embêté avec ce produit odorant fort différent de la tomme de ses vaches qu'il avait l'habitude de consommer. Afin de ne pas laisser perdre le fromage (nous sommes en Aveyron, rappelons-le) il eut l'idée de l'incorporer dans un fond de boyau avec un reste de viande de porc. C'est ainsi que serait né le saucisson sec au camembert avec sa forme singulière de pavé arrondi. »

 

J’adore ces histoires pour vendre de la soupe à peine fraîche.

 

Mais rien à redire tu peux faire du camembert sur la terre entière sans subir les foudres de qui que ce soit.

 

Mais là, Jésus, Marie, Joseph, comme disait ma mémé Marie lorsqu’elle ne comprenait plus le monde dans lequel elle vivait, oser associer une AOP à une cochonnerie vulgaire est un crime de lèse-terroir. Périco, au bord de l’apoplexie, va ressortir la Grosse Bertha pour occire ces laquais de l’impérialisme européen qui n’a de cesse de rabaisser nos terroirs au rang de déversoir de l’industrie. J’attends avec hâte le poulet au vinaigre de madame Polony.

 

 

On m’avait « enduit en erreur », je n’avais qu’à faire plus attention mais « ventre affamé n’a point d’oreilles »  c’est inspiré du proverbe latin attribué à Caton : « Il est difficile de discuter avec le ventre, car il n’a pas d’oreille. ».

 

Alors que faire de ce saucisson ?

 

Le goûter bien sûr.

 

Quelques précisons écrites en tout petit :

 

  • La viande porc est française

 

  • Y’a 7% de camembert de Normandie AOP

 

  • Y’a pas de gluten (ouf !)

 

  • Ne pas mettre au frigo.

 

  • Les cochons sont élevés sans antibiotiques

 

  • Les éleveurs sont Carpentier à Sévis 76 850 et de Sutter à Croixmare 76190

 

  • Les fabricants sont Thierry et Stéphane Malandain fabricant indépendant normand Les Roches Blanches.

 

Comme je suis un malandrin je ne vais pas le déguster à la minute, un peu de patience mes cocos !

 

Que boire avec ?

 

Je ne sais pas, je vous dirai ça dans une prochaine chronique consacré à une merveille de saucisson : le saucisson de coche corse.

 

Pris de remords je l'ai goûté, du côté du goût de camembert peau de zibi, pas la plus petite trace du bon goût de terroir normand, faudra forcer sur le pourcentage les gars ! Rien qu'un saucisson bien banal...

 

Et puis, un petit coup de cidre suisse pour me remonter le moral.

 

Note en bas de page : le sieur PAX sera taxé pour n'avoir pas lu la chronique sur le caddie...

 

 

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12 mars 2019 2 12 /03 /mars /2019 06:00

Pour faire plaisir à mon cher PAX qui se dore la pilule au pays du Banyuls et de Balbino Giner Garcia : « Le peintre des âmes » sachez que le caddie est une histoire alsacienne.

 

 

Je lui  tire le portrait plus loin.

 

Alors pourquoi ce matin tartiner une chronique ?

 

Le Nord !

 

Rassurez-vous je ne l’ai pas perdu.

 

Deux raisons :

  • Un polar de l’anar Jean-Bernard Pouy : Ma Zad qui se passe dans les Hauts-de-France.

 

Ma ZAD par Pouy

 

  • L’annonce que chez AUCHAN la maison brûle En 2018, Auchan Holding a perdu plus d’1milliard d’euros. La responsable? Sa filiale Auchan Retail. En un an, la branche de grande distribution du groupe nordiste a vu son chiffre d'affaires chuter de 3,3% à changes courants. Le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement, lui, a reculé de 20,5%. Les difficultés d'Auchan ne sont pas nouvelles. Depuis des années, l'enseigne souffre, notamment en France, son pays d'origine, qui représente encore 35% des ventes.

 

Revenons au polar de Pouy qui m’a donné l’envie de chroniquer (Long soliloque à peine interrompu par les personnages secondaires, ce roman est l’œuvre d’un Pouy au meilleur de sa forme littéraire : clins d’œil à ses maîtres, références picturales nombreuses, calembours, turlupinades et facéties... mais je trouve que la fin est bâclée)  

 

Son héros Camille a travaillé dans un supermarché dont il s’est fait virer mais dans sa cavale alors qu’il stationne sa camionnette TOYOTA dans une aire de stationnement d’une supérette il voit une enfilade de caddies alignée devant l’entrée.

 

« Je me suis figé.

 

De les revoir  m’a ramené vers ma vie d’avant, mon monde, mon mien, j’étais dans le caddie, un caddie plein, et qu’a dit le caddie ? En réalité ça ne valait qu’un euro un caddie, ou alors un jeton plastique, y avait toujours des trucs qui restaient au fond, et puis un caddie, ça ne se volait pas, ça se remettait là où on l’avait pris, ça se sodomisait en plein vent, entre les bagnoles, ça brillait vaguement dans l’obscurité, des fois, ça grinçait, ça coinçait, des fois ça roulait de traviole, on se croyait aux autos tamponneuses, mais c’est sublime, un caddie, c’est démocratique puisque tout le monde a le même, tous les caddies sont pourris, il n’y a pas de quoi être fier, tout le monde pareil, à la traîne de cette saloperie à roulette, on se démerde avec ce petit wagon de marchandises, lourd comme un gros chien mort, ça précède des centaines d’humains, tous les mêmes, tout ça pour quoi, qu’est-ce qu’il y a en général dans le caddie ? Des nouilles, bordel, des nouilles ! C’est important les nouilles, c’est ce qui ressemble le plus à un cerveau, un cerveau bien rond, bien tiède, compressé, le cerveau, car un cerveau, ça ne doit bouillir que six minutes, comme moi, au bout de cinq minutes, je bous et, alors, je balance des nouilles partout, à la tête de tout ce qui remue, ou alors ça ressemble aussi à une partouze d’asticots, les nouilles, tous ces vers qu’on a dans la tête, et qui sentent la mort. »

 

La sentence :

« Ce ne sont pas les supers et les hypers qui manquent, la région en est pourrie. On se demande bien pourquoi, les gens du coin sont de plus en plus pauvres. »

 

Mais revenons au vacancier Pax :

 

Tout commence avec un petit Alsacien :

 

En 1928 Raymond Joseph vit en banlieue de Strasbourg, à Schiltigheim. Avec compagnons, il se lance dans la création d'une petite manufacture: Les ateliers réunis. Et ça marche assez bien, ils fabriquent des mangeoires, des paniers à salades, des égouttoirs... Tous les ustensiles alimentaires sont fabriqués en fils d'acier. C'est un matériau très à la mode à cette époque. Les ateliers de Raymond Joseph sont prospèrent mais ce n'est pas encore un leader mondial.

 

En 1950, l'entrepreneur part en vacances aux Etats Unis.

 

Là-bas il découvre une invention qu'il trouve formidable : le supermarché. Et surtout, l'accessoire indispensable pour faire ses courses dans une grande surface : le chariot. Il revient en Alsace avec cette idée de génie, fabriquer des charriots de supermarché comme en Amérique. Et il a bien raison puisque quelques années plus tard, les grandes surfaces arrivent en France. Dès l'ouverture du premier supermarché en 1958 à Rueil Malmaison, Raymond Joseph est là avec son chariot. Il devient le partenaire de Carrefour quand ouvre le premier Hypermarché de France en 1963 dans l'Essonne.

 

Il sent le succès venir, il dépose le nouveau nom de son entreprise : Caddie.

 

La petite manufacture de Schiltigheim devient le partenaire numéro un des supermarchés. Raymond Joseph vend alors à toutes les grandes surfaces ses chariots en fil d'acier. Et c'est comme ça que naît, le CADDIE.

 

Ainsi naît la génération des « pousses-caddies » cher à Pousson elle adore cette invention qui permet de transporter plus de provision qu'avec un sac de course, et surtout c'est beaucoup moins fatigant !

 

Pendant des années l'entreprise est le leader du chariot de supermarché. Il s'exporte dans 120 pays et créé au-delà d'une marque un mot qui rentre dans le langage courant.

 

Son nom est devenu d'un usage commun, mais ce n'est pas pour autant que l'entreprise aime qu'on parle d'elle...

 

À la mort du fondateur Raymond Joseph en 1984, c'est sa fille Alice qui prend la tête de l'entreprise. Elle continue de cultiver le secret autour de la marque. Et attention on ne peut pas parler de caddie à tort et à travers. Les journaux comme le monde ou le Figaro avaient l'habitude d'utiliser le mot caddie comme synonyme de chariot de course. Et bien l'entreprise les a attaqué en justice et a remporté le procès.

 

Aujourd'hui l'usine Caddie se trouve à Drusenheim, elle emploie 225 salariés et traverse quelques difficultés financière depuis le début des années 2000.

 

La chute :

 

Le caddie développé par Caper intègre un lecteur de code-barres et un terminal de paiement grâce auxquels on peut faire ses courses et payer sans passer par une caisse. La jeune pousse travaille sur une technologie d'identification encore plus élaborée.

 

ICI 

 

Et qui c’est qui fait les course sur la vidéo ?

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9 mars 2019 6 09 /03 /mars /2019 06:00
Crédit photos ©SandrineKauffer

Crédit photos ©SandrineKauffer

À l’origine fut le faisandage :

 

« Un ami vétérinaire me dit plus tard qu’il était parfaitement sain de manger le « steak siffleur ». les bacilles qui empoisonnent les humains, disait-il, sont sur la viande uniquement lorsqu’elle commence à pourrir. Quand elle devient verte elle n’est plus toxique. L’eau et le feu avait à la fois détruit le bacille et l’odeur. »

White 1981

 

Le faisandage cher aux bécasses de Montaigne, le faisan conservé jusqu’au verdissement de l’abdomen de Brillat-Savarin, n’est plus prisé de nos jours, il faut dire qu’il engendrait la goutte, mais les viandes sont maturées en chambre froide.

 

La maturation du bœuf depuis Le Bourdonnec est tendance.

 

Si le faisandage a disparu, ou presque, les produits carnés fermentés existent toujours au XXIe siècle surtout sous la forme de viandes séchées salées ou non.

 

« Des fermentations de produits carnés séchés en lamelles, identiques à celles des chasseurs-cueilleurs du paléolithique, se pratiquent encore sur tous les continents, sous la même forme aujourd’hui qu’hier. »

Marie-Claire Frédéric 

https://nicrunicuit.com/

 

« Ils mangent indifféremment de toutes sortes de chairs mortes ou tuées ; car entre tant de troupeaux de bêtes qu’ils ont, il n’est pas possible qu’il n’en meure beaucoup d’elles-mêmes ; toutefois en été, tant que leur koumis ou vin de jument dure, ils ne se soucient pas d’autre nourriture ; de sorte que si alors il arrive que quelque bœuf ou cheval meure, ils le sèchent, coupé par petites tranches, le pendant au soleil et au vent ; ainsi la chair se sèche, sans sel ni aucune mauvaise senteur. »

Rubrouquis 1888

 

Après le séchage, la salaison figure parmi les plus anciens de moyens de conservation de la viande. Elle fait intervenir une fermentation lactique. La viande peut être salée à sec avant d’être séchée, ou fumée, comme les jambons crus.

 

« Les Égyptiens, eux, salaient la viande des palmipèdes, des cailles et d’autres petits oiseaux. Au IVe siècle, les Cosséens (un peuple des montagnes de Perse vaincu par Alexandre le Grand) salaient la chair des animaux carnassiers, raconte Diodore de Sicile. En Mésopotamie, d’après Strabon, on salait et on consommait la chair des chauves-souris. En Éthiopie, selon Pline, en Lybie, selon Jérôme de Stridon, les Acridophages (littéralement les « mangeurs de sauterelles ») récupéraient les sauterelles qui s’abattaient au printemps en grosses nuées, en les étouffant grâce à de la fumée. Ils les salaient et elles constituaient, dit-on, leur seule nourriture car ils ne s’occupaient ni d’agriculture, ni d’élevage. »

 

« Les viandes salées et en même temps fumées sont encore des spécialités de pays de l’Europe du Nord. Ces régions, longtemps couvertes de forêts, abritaient des civilisations de chasseurs (ou de pêcheurs près de la mer) habitués à un régime carné.

 

Renne, mouton, canard, porc, sanglier…

 

Aujourd’hui cap sur la Norvège !

 

« 1554, les historiens ont retrouvés les premières traces du Fenalår dans les épopées des vikings », raconte Eidis W. Biehler. gérante de Saveurs de Norvège. « Ils ont ramené de leurs voyages des techniques de salaison apprises en Espagne, au Portugal et en France pour les associer avec leur matière première; l'agneau d'excellente qualité. »

 

C’est un produit haut de gamme, qui a obtenu l'IGP Norvégienne en 2014 auprès de Matmerk (équivalent de l’INAO Français en Norvège)

 

L’IGP européenne (je rappelle que la Norvège ne fait pas partie de l’UE) a été obtenue le 26 septembre 2017

 

Nina Sundqvist, la directrice Générale de Matmerk s'est dit ravie que la France découvre « enfin le met de nos ancêtres les vikings que nous apprécions depuis plus de 1000 ans ». 

 

« Cette IGP, nous la devons également à la France qui l’an dernier a invité la Norvège comme pays d’honneur au festival de l'AOC qui s'est déroulé en Normandie. Ce rendez-vous nous a inspiré et donner envie de faire connaître le Fenalår en France. Le résultat est visible aujourd'hui", dit-elle, « Les vikings importent le Fenalår en France, le pays le plus réputé pour sa Gastronomie », sourit-elle.

 

Un consortium de 9 producteurs, présidé par Per Berg (Gilde) s'est fédéré pour promouvoir le Fenalår

 

Les agneaux sont élevés au grand air dans les fjords norvégiens.

 

Le Fenalår est le gigot des agneaux salé, séché et affiné pendant 8 longs mois.

 

C’est un must, un produit rare, seul 30 producteurs le fabriquent dans le monde, donc c’est un produit haut de gamme.

 

« Nous avons en Norvège une longue tradition de salaison et de production de charcuterie qui remonte à l’époque des vikings. Cette tradition s‘ancre dans les montagnes et le climat norvégiens, particulièrement adaptés au séchage de nombreux produits dont la viande. Les agneaux broutent dehors dans la nature sauvage de Norvège de mai à septembre et leur alimentation est naturellement riche en Omega 3. Le salage, artisanal, est réalisé avec le plus grand soin (pas d’injection de sel) et le séchage dure de 5 à 9 mois. Le Fenalår de Norvège a une belle couleur rougeâtre uniforme, une texture moelleuse mais ferme et un goût salé équilibré.

 

Dans la variante « Traditionnelle », le taux de sel est au maximum de 9% et la « perte » est d’au moins 30% (la perte représentant la différence entre le poids du gigot frais et celui du Fenalår).

 

La variante « Affinée » présente un taux de sel inférieur à 7% et une perte de minimum 35%.

 

Le Fenalår de Norvège peut être aromatisé avec des épices, des herbes, des baies ou du miel. Celui de Tind spécialement sélectionné par la Grande Epicerie est parfumé à l’ail et au romarin.  (déconseillé au hallebardier de B&D)

 

 

 

La dénomination « Fenalar fra Norge » désignant un jambon d’agneau ou de mouton d’origine norvégienne est enregistrée en tant qu’indication géographique protégée (IGP). 26 septembre 2017

 

« Fenalar fra Norge » désigne un jambon d’agneau ou de mouton d’origine norvégienne qui est salé, séché et affiné, parfois fumé. Il se décline en deux variétés : « traditionnel » et « affiné ». Le jambon peut être soit entier, soit partiellement ou complètement désossé. Les sabots et la partie inférieure de la patte sont généralement entièrement ou partiellement retirés.

 

Le « Fenalar fra Norge » a une belle saveur de viande équilibrée et ne présente pas un goût d’ovin très marqué. Son odeur doit être franche, celle d’une viande maturée, et son goût, moyennement salé. La teneur en sel de la variété affinée doit être inférieure à 7 %. Celle de la variété traditionnelle doit être inférieure à 9 %. Les pièces marinées ou épicées prendront le goût des épices utilisées. Les parfums les plus communs sont le romarin, l’ail, le poivre, le thym, les baies et le miel.

 

Le « Fenalar fra Norge » doit présenter une couleur uniforme rougeâtre, être tendre et avoir une consistance moyennement ferme à ferme, et être exempt de moisissures. La viande ne doit pas être sèche sur les bords et sa graisse doit avoir une couleur légèrement dorée.

 

La variété traditionnelle doit présenter un taux de dessiccation de 30 % minimum et la variété affinée, de 35 % minimum. La durée normale de séchage et d’affinage est de 3 à 6 mois pour le « Fenalar fra Norge » traditionnel et de 5 à 9 mois pour l’affiné. D’une manière générale, le « Fenalar fra Norge » est vendu avec une aw (activité de l’eau) inférieure à 0,90.

 

La méthode de fumage habituelle consiste à fumer la viande à froid avec des copeaux de bois de hêtre. Dans certains cas, le hêtre est remplacé par du genévrier.

 

Le poids normal d’une cuisse entière après séchage est compris entre 1,4 et 2,1 kg pour l’agneau. Pour les animaux adultes, ce poids est compris entre 2,0 et 4,2 kg.

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8 mars 2019 5 08 /03 /mars /2019 06:00
Le jour où les producteurs de chou-fleur de la ceinture dorée en eurent marre de se serrer la ceinture ils partirent en « guerre » contre de Gaulle…

Au matin la nouvelle est tombée sur mon télescripteur Twitter : « consommation de #choufleur représente 2 kg par ménage acheteur et par an »

 

Ha, le chou-fleur breton de Saint Pol-de-Léon ! La ceinture dorée...

 

La ceinture dorée ?

 

La proximité de la mer (Manche) et l'influence de la Dérive nord atlantique, prolongement du Gulf Stream, a favorisé l'agriculture maraîchère et en particulier les primeurs, surtout à partir de la 2e moitié du XIXe siècle, lorsque la création du réseau ferroviaire en 1883 a facilité l'acheminement des productions vers les grandes villes et régions de consommation. La richesse du sol (couverture de lœss d'origine périglaciaire recouvrant un plateau granitique) explique aussi pour partie cette agriculture maraîchère. La richesse de sa terre était aussi traditionnellement accrue par l'utilisation d'engrais (goémon) et d'amendements (maërl) marins.

 

 

saint-pol champ

 

Qui se souvient que le 8 juin 1961, éclatait la guerre des choux-fleurs ?

 

A sa tête, Alexis Gourvennec qui a été élevé dans les champs de choux-fleurs et d'artichauts. Fils de paysan miséreux, il est repéré par les curés qui l'incitent à poursuivre ses études. Dans les années 50, les charretées de choux-fleurs se vendent encore de gré à gré entre le producteur et l'expéditeur.

 

Né à Henvic au cœur de la zone légumière Alexis Gourvennec a 20 ans à cette époque. Tribun hors pair et doté d'un pragmatisme à couper le souffle il réussit à mobiliser une « armée de paysans » en leur proposant simplement d'être acteurs de leur propre développement.

 

« Les exploitants, qui ne tiraient pas le juste prix de leur production, ont voulu reprendre la main sur les expéditeur »  explique Louis-Roger Dautriat, auteur d’Alexis Gourvennec : paysan-directeur général. Alexis Gourvennec va bouleverser les relations producteurs-revendeurs.

 

Le 8 juin, les agriculteurs occupent la sous-préfecture de Morlaix pour asseoir le nouveau pouvoir des organisations de producteurs. Les barrages routiers et les sabotages de lignes téléphoniques gagnent toute la Bretagne puis la France jusqu'en août. La justice inflige quinze jours de prison aux leaders du mouvement, mais Alexis Gourvennec sort vainqueur du bras de fer. Edgar Pisani est nommé ministre de l'Agriculture, et le renforcement des organisations de producteurs est entériné.

 

« Quelques 4000 paysans montés sur des tracteurs envahirent la ville de Morlaix et occupèrent la sous-préfecture pendant quelques heures – à titre symbolique et sans recourir à la violence. Cette nuit-là, les deux principaux organisateurs (ndlr Gourvennec et Léon) furent arrêtés, et les représentants du gouvernement annoncèrent leur intention de faire des exemples avec les coupables. Malheureusement pour le gouvernement, ces organisateurs se trouvaient être parmi les jeunes dirigeants syndicalistes les plus en vue de la région. L’un d’entre eux, Alexis Gourvennec, était un ancien jaciste qui, à 24 ans, était déjà vice-président de la fédération départementale d’exploitants agricoles. En autre région de la France, les jeunes syndicalistes n’étaient si nombreux ni si bien organisés ; beaucoup s’étaient récemment battus en Algérie, et étaient familiers des techniques de guérilla et de contre-guérilla. »

 

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À l’image des Veiling hollandais, qui fonctionnent selon un système d'enchères dégressives va créer une Société d'intérêt collectif agricole (Sica) en mars 1961, et impose le marché au cadran. La SICA de Saint-Pol-de-Léon plus connue de nos jours par la marque Prince de Bretagne.

 

Il obtiendra des pouvoirs publics la construction d'un port en eaux profondes à Roscoff, il lancera une compagnie maritime afin d'exporter les choux fleurs du pays de Léon vers le marché anglais et accessoirement transporter des passagers et leurs voitures : Brittany Ferries, bien plus connue en Grande-Bretagne qu'en France, navigue toujours, se situe au premier rang de l'armement naval français et emploie quelque 2.500 personnes.

 

Gourvennec, le révolté devenu un puissant notable, président du Crédit Agricole du Finistère, fut aussi un des pionniers de l'agro-business breton, en créant une des toutes premières porcheries industrielles. Ce  «modèle» reposait sur un certain nombre de paramètres qui ne soulevaient aucune objection à l'époque mais qui, contrairement à Brittany Ferries, ont très mal vieillis. « Le mépris de l'environnement, les usines à cochons ou à poulets rejetant tranquillement leurs effluents nocifs et nauséabonds dans la nature, avec les effets que l'on sait sur l'état des nappes phréatiques en Bretagne et la dangereuse puanteur des algues vertes qui envahissent chaque année les plages du littoral breton, juste pour l'arrivée des estivants. La souffrance animale qui soumet producteurs et reproducteurs à un régime concentrationnaire. L'essor de la grande distribution, cheval de Troie de la «malbouffe», au nom de prix évoluant comme la qualité des produits, toujours plus bas. Et enfin, last but not least, les subventions massives à l'exportation apportées par la PAC (politique agricole commune), appelées «restitutions» dans le jargon bruxellois, et qui permettaient de déverser les excédents de production dans pays du Tiers Monde (on ne disait pas encore «émergents») au détriment des agriculteurs locaux expulsés de leurs propres marchés. »

 

Alexis Gourvennec s'est éteint le 18 février 2007 à Morlaix, à l'âge de 71 ans, des suites d'une grave maladie.

 

Le 27 février j’écrivais sur mon blog :

 

Ce matin, en saluant la mémoire d'Alexis Gourvennec, avec qui je me suis frictionné assez souvent, je  voudrais souligner qu'il faut, avant de vilipender ou de condamner un système, chercher à en expliquer les ressorts.

 

L'exploitation familiale à 2 UTH, invention des premiers technocrates de la Vème République, scellée dans le bronze des lois d'orientation agricole de Pisani, est la mère du productivisme tant décrié de nos jours. En décrivant cela, je ne justifie pas le système, je l'explique.

 

Quel choix autre laissait-on au jeune agriculteur s'installant sur une poignée d'hectares, pour vivre, pour tenter de vivre comme ceux de ses copains partis à la ville, bien logés dans des HLM flambants neuves, avec salle d'eau et chambre individuelle.

 

C'était tout de même mieux que la cohabitation avec les parents et les grands-parents, non ! Alors quand les tous nouveaux industriels de l'aliment du bétail : les Guyomarc’h et consorts faisaient le tour des fermes pour proposer des élevages intégrés, avec un revenu monétaire palpable, ils trouvaient des candidats.

 

Je peux en parler d'expérience, mon frère aîné Alain fut ainsi dragué par BVT la marque de Guyomarc’h, rattrapé par les cheveux grâce à la SICA-SAVA de Bernard Lambert, elle-même tombée dans l'escarcelle de Tilly pour finir dans celle de Gérard Bourgoin. Il n'a pas pollué les rivières, il s'est contenté d'élever des poules qui pondaient des œufs pour la reproduction. Le début de la chaîne industrielle, rien qu'un petit maillon, sans pouvoir sur la finalité du système qui l'intégrait.

 

Tout ça pour dire qu'on ne sort pas d'un système en le stigmatisant ou en proposant des solutions qui ne sont que des copié-collé d'une vision passéiste de la petite exploitation respectueuse de l'environnement. Que celle-ci soit une voie intéressante et importante pour certains produits, pour certains marchés c'est l'évidence. En faire le modèle unique, en revanche, participe de la même vision que celle qui animait les défenseurs de l'exploitation familiale à 2 UTH.

 

Je viens de nouveau de vous gratifier de mon petit couplet, reste à vous parler du chou-fleur.

 

Il y a chou-fleur et chou-fleur Quelle différence entre un chou-fleur italien des Pouilles et un chou-fleur de Paimpol ?

 

Le consommateur réclame de la qualité et de la sécurité pour ses aliments mais, en fin de compte, il s’attache surtout au prix. Les producteurs de légumes frais bretons veulent leur ouvrir les yeux...

 

La filière légumière (et elle n'est pas la seule) s'arrache les cheveux pour faire comprendre que la profession, ses producteurs et ses coopératives, ne ménage pas ses efforts pour répondre aux attentes sociétales en matière de qualité et d'environnement. Cette reconnaissance, qu'elle recherche avec insistance, elle ne la perçoit pas à sa juste valeur dans les rayons des grandes surfaces, qui devraient être une  'passerelle active' en direction des consommateurs, selon Jean-François Proust, responsable de la démarche qualité-environnement au Cerafel.

 

Première région légumière française, la Bretagne produit 850.000 tonnes de légumes frais de Saint-Pol-de-Léon à Saint-Malo, en passant par Paimpol. La moitié est vendue à l'étranger, essentiellement dans les pays de l'Union Européenne. « Nous avons sans doute commis l'erreur de ne pas faire connaître la politique de Prince de Bretagne dans ces domaines alors que notre marque commerciale est connue dans la France entière et sur le territoire européen », commentait Alexis Gourvennec, le président du Cerafel.

 

Des efforts qui ont un coût

 

La démarche de l'organisation économique régionale, aboutissant à la charte Qualiprince, peut se résumer en quelques points-clés : des cahiers des charges pour chaque légume, avec des règles précises de production et de conditionnement, le respect de bonnes pratiques agricoles, la sélection des variétés, la fertilisation raisonnée, la protection biologique intégrée...

 

« L'un des principaux objectifs est de réduire l'utilisation des produits de traitement phytosanitaires et des engrais minéraux», précise Jean-Guy Guéguen, le président de la section technique du Cerafel. A terme, l'objectif est d'arriver à la certification de la démarche. François Lafitte, le président d'Interfel, l'interprofession légumière nationale, affirme que « les producteurs bretons sont exemplaires ».

 

Acceptons-en l’augure et revenons au nom courant de « chou-fleur » qui prête à confusion car la partie que l’on consomme n’est pas une fleur contrairement au brocoli dont les parties mangées sont effectivement des fleurs au sens littéral du terme.

 

Le terme « chou-fleur » est apparu dans la langue française en 1611. Il vient de l'italien cavalo-fioreet, avant de prendre sa forme définitive, ce légume s’appelait en français « coliflori ». Le nom latin de la sous-espèce à laquelle il appartient, botrytis, signifie « grappe de raisins » par analogie de forme entre les fleurons du chou-fleur et la grappe de raisin.

 

 

Le chou-fleur est une plante herbacée bisannuelle de la famille des brassicacées (crucifères) cultivée comme plante potagère pour son méristème (Tissu biologique constitué de cellules indifférenciées formant une zone de croissance où se font les divisions cellulaires (mitoses), floral hypertrophié et charnu.

 

Le chou-fleur est une variété de chou commun, brassica alcacera, issue de plusieurs siècles de sélection. Son méristème a le plus souvent l’apparence d’une boule blanche tendre et compacte. Il s’agit d’un organe pré-floral, qui, si on le laisse évoluer continue sa croissance en tiges florales portant des fleurs jaunes ou blanches typiques -du genre brassica- puis finalement des graines.

 

Le chou-fleur classique, traditionnel est de couleur blanche, mais depuis quelques années des choux de couleur apparaissent sur les étals, ils sont jaunes, violets ou verts. Ces couleurs sont dues à des anthocyanes (Pigments naturels des feuilles, des pétales et des fruits situés dans les vacuoles des cellules).

 

D’où vient le chou-fleur ? Où est-il produit ? De quoi a-t-il besoin pour  bien pousser ? Que nous dit ce légume qui prend depuis quelques années des couleurs insolites sur les étals de nos marchés ?

 

Le chou-fleur est originaire du Proche-Orient, où on le récoltait déjà il y a plus de 2000 ans (le chou-fleur était cultivé en Égypte 400 ans avant notre ère). Très apprécié dans l'Antiquité par les Grecs et les Romains. Il tombe dans l'oubli avant que les Italiens ne l'introduisent en France et que le jardinier de Louis XIV, La Quintinie, ne le mette à la mode. Celui-ci importe alors ses graines de Chypre.

 

Au 17ème siècle, la culture du chou-fleur se développe de manière considérable. Il devient véritablement célèbre grâce à Louis XV en raffole…

 

Aujourd’hui, les plus importants pays producteurs sont la Chine, l’Inde, la France,  l’Italie et les Etats-Unis.

 

En France, la Bretagne (Finistère, côtes d’Armor, Ile et Vilaine) ainsi que la Normandie et le Nord sont les principales régions de production de chou-fleur. La Bretagne s’est tout particulièrement imposée en Europe dans la production du chou-fleur d’hiver avec des variétés à cycle long.

 

Le chou est un légume est symbole de fécondité, en effet selon la légende populaire, les garçons naissent dans les choux !

 

Source ICI  

 

Production (à destination du frais, hors transformation)

 

France : 269 098 tonnes

 

Essentiellement en :

 

- Bretagne: 84%

- Nord-Pas-de-Calais: 5%

- Normandie: 5%

 

Europe : 2 319 667 tonnes

 

La France est le troisième pays producteur, derrière l’Espagne et l’Italie.

 

Un chou-fleur pèse 1,5 kilo en moyenne. Il est généralement blanc mais peut aussi être vert, violet ou orange.

 

Le chou-fleur se déguste cru ou cuit. En salade, en gratin, en flan, en beignet, etc., vous trouverez forcément une recette qui vous plaise !

 

Le chou-fleur est l’un des légumes les moins caloriques. Par ailleurs, bien pourvu en vitamine C et en fibres, vous pouvez le consommer sans modération !

Le chou-fleur est disponible toute l’année.

 

J’en achète souvent. Je le fais cuire à la vapeur et le consomme en gratin avec une béchamel légère.

 

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7 mars 2019 4 07 /03 /mars /2019 06:00
Au Mardi gras, l'hiver s'en va.  À mardi gras on mange gras c’est le beurre et l’argent du beurre

À tout seigneur tout honneur commençons par notre Emmanuel I er sous qui perce le futur Empereur des français, ils adorent ça les français,  même si notre cher Victor Hugo trempa sa plume dans le vitriol pour le dernier : Napoléon le petit (pourquoi tant de haine ? ICI 

 

« Je ne suis pas là pour beurrer les tartines » Emmanuel Macron, septembre 2016

 

« Au bon beurre », les BOF, ça mettra du beurre dans les épinards, compter pour du beurre, avoir un œil au beurre noir, faire son beurre, être beurré (éventuellement comme un petit LU), pas plus que de beurre en broche, tu n’as pas inventé le fil à couper le beurre (très gilets jaunes), comme dans du beurre (genre le gardien belge Thibault Courtois gardien du Real Madrid), battre le beurre, vouloir le beurre et l’argent du beurre et le sourire de la crémière, pas plus que de beurre en branche, la tartine tombe toujours du côté beurré, et ta sœur, elle bat le beurre ?

 

Je ne vais pas vous la beurrer épais comme le disent nos cousins de la belle province, le Québec : exagérer, mardi gras vient de passer sous mon nez sans que je ne vous ponde une de mes incomparables chroniques.

 

Désolé mais je faisais dans la chronique prise de tête.

 

Oui ça m’arrive, faut bien que quelqu’un s’y colle de temps en temps.

 

Bref, le mardi gras c’est quoi ?

 

Le Mardi gras est la journée festive qui précède le mercredi des cendres, un jour de fête dont la date variable est fixée 47 jours avant la Pâques.

 

Le Mardi gras ne donne pas lieu à un événement liturgique spécifique, mais consiste plutôt en des réjouissances avant  le carême qui aux temps anciens du moyen-âge était un long chapelet de privations : plus de fête, plus de danse, plus de plaisir et de sexe, et bien sûr ceinture du côté bouffe et buvaison.

 

Pourquoi gras ?

 

L'expression « faire gras » signifiait manger de la viande, par opposition à « faire maigre », soit jeûner.

 

Pour de rire aujourd’hui les vegan font maigre tous les jours, ça leur va bien au teint.

 

Mardi gras c’est dans certaines villes : le carnaval.

 

Le mot carnaval vient du latin « carne levarer » enlever/ôter la chair, c’est donc un jour où le fidèle peut faire bombance avant de commencer le jeûne qui durera jusqu'à Pâques.

 

En France, le plus connu est le carnaval de Dunkerque et en Italie celui de Venise.

 

« Si cette pratique n'est pas la reprise exacte d'une fête romaine, elle semble fortement s'inspirer de fêtes de l'Empire romain. Notamment la fête des Saturnales, laquelle se traduisait par un renversement provisoire de l'ordre établi. Concrètement, les esclaves jouissaient temporairement d'une grande liberté et pouvaient ainsi se livrer à des comportements interdits le reste de l'année. Mais aussi les calendes de Mars qui célébraient la venue prochaine du printemps, rite païen par excellence, lequel autorisait le déguisement et la transgression des interdits. On notera que les Bacchanales ou les Lupercales ont pu aussi servir de ferment au Carnaval sous sa forme actuelle.

 

Le carnaval a donc synthétisé une partie de ces traditions pour se traduire, à partir du 11e siècle, par un défilé populaire où chacun était libre de se déguiser et de parader dans les rues. Cette fête avait par ailleurs une importance particulière au Moyen-Age où elle donnait lieu à l'élection d'un « pape des fous », signalant ainsi que c'était non seulement l'ordre social qui était inversé, mais aussi l'ordre du monde tout entier. Le chapitre V de Notre-Dame de Paris donne un aperçu particulièrement vivant de cette tradition à l'époque médiévale. »

 

En France, le plus connu est le carnaval de Dunkerque et en Italie celui de Venise.

 

Pour les pékins de base à mardi gras on mange des beignets, des bugnes, des crêpes, on mange gras.

 

21 février 2012

Les Tourtisseaux, les Bottereaux, les Foutimassons, les Bugnes ne sont-ils que des Pets de Nonne ?

 

Mon jeune âge en Vendée m’a privé de Carême, m’a seule privation était tout au long de l’année de ne pas manger de viande le vendredi. De toute façon, comme les hommes, eu égard aux travaux des champs, ne modifiaient pas eux aussi leur régime alimentaire. Seul, le clan des femmes, jeûnait. Mardi gras, qui précède le mercredi des Cendres marquant le début du Carême, ne marquait pas chez moi la fin de la «semaine des sept jours gras» mais le «carême-entrant»

 

À l’heure du déjeuner de Mardi Gras la grande cuisine commune (la maison familiale était une ancienne auberge relais de Poste à l’entrée de la Mothe-Achard, sur les murs de la façade subsistait les anneaux de fer où l’on attachait les chevaux) sentait l’huile chaude et la pâte frite.

 

Le rituel était bien établi :

 

-    Les crêpes dites bretonnes

 

-    Puis les crêpes « crapauds »

 

La suite ICI 

 

Bref, cette histoire de manger gras m’a fait penser au grand débat sur le bon gras, la lutte sans merci du beurre contre la margarine puis l’huile surtout l’huile d’olive.

 

Je ne vais pas vous la beurrer gras sur ce sujet.

 

Lisez !

 

7 novembre 2015

« Margarine ! Quel nom pour une fille… » La margarine nous baratine… de Marlon Brando à JP Géné en passant par Périco Légasse sus à l’ersatz du beurre !

 

JP Géné dans LE MONDE du 05.11.2015 publie La margarine, un pur produit d’usine

 

« Voici l’exemple parfait de ce que peuvent engendrer les multinationales de l’agroalimentaire avec le soutien sans faille du marketing, de la pub et de la grande distribution. Rien que des huiles et des additifs, le tout bien emballé et bon marché. Pas un poil de produit frais à l’intérieur, et pas question d’en trouver en circuit court ou chez le paysan du coin (sauf dans son frigo s’il a été lui-même contaminé). Vous l’avez reconnue, c’est la margarine, l’ersatz du beurre, celui du pauvre dont le leader mondial s’appelle Unilever, qui vient de financer le premier magazine du même nom en collaboration avec Menu Fretin : Margarine, le corps gras qui ne compte pas pour du beurre.

 

En effet sur le marché des corps gras solides, soumis en permanence aux alertes hygiénistes, la margarine connaît une nouvelle jeunesse et soutient la concurrence avec l’original. En 2012 (selon Agrimer), la France a produit 410 000 tonnes de beurre et reste leader mondial avec une consommation annuelle de 8 kg/habitant. Mais, depuis trente ans, les ventes baissent régulièrement face à la concurrence des huiles végétales et de la margarine. En 2012, la production française de margarine a atteint 93 000 tonnes pour des ventes estimées à 471 millions d’euros et une consommation annuelle de 2,66 kg par habitant. »

 

Suite ICI 

 

Beurre 1, margarine 0 : les dessous d'une défaite de l'industrie agro-alimentaire après une guerre de 20 ans

 

Unilever, qui avait bâti une grande partie de ses ventes sur le "tout margarine" par opposition au beurre, réputé mauvais pour la santé, opère un changement radical de stratégie en se tournant vers ce produit laitier pourtant honni pendant de longues années.

 

ICI 

 

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3 mars 2019 7 03 /03 /mars /2019 06:00
belle brochette de présidents

belle brochette de présidents

« Au Salon de l'agriculture 2019, Emmanuel Macron bat tous les records

 

À la Porte de Versailles à Paris, le président a déambulé pendant près de 14h30 dans les allées du salon. »

 

L'an dernier, le président était resté 12h30 au salon. Il avait alors battu le précédent record détenu par François Hollande, qui y était resté douze heures lors de la campagne présidentielle de 2012. L'année suivante, en 2013, François Hollande avait encore passé dix heures dans les allées du salon de l'agriculture.

 

Le président socialiste avait explosé les records de ses prédécesseurs. En 2012, en campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy y avait par exemple passé quatre heures. Jacques Chirac, qui ne manquait pas une édition du salon, pouvait y passer huit heures.

 

Visiblement ravi d'être là, le président a parcouru lentement les allées, s'arrêtant pour discuter à chaque pas, au point de prendre très vite plusieurs heures de retard sur son programme. L'ambiance de ces échanges improvisés, le plus long bain de foule du chef de l'État depuis la crise des gilets jaunes, est restée très bon enfant, ponctuée de nombreux applaudissements et encouragements, même si ça et là ont fusé quelques sifflets et des « Macron démission »

.

Telle fut l’info majeure de ce samedi d’ouverture du Salon, cette « belle vitrine » proclame-t-on de l’agriculture française.

 

Est-ce la réalité ?

 

J’en doute fortement et mon intention en rentrant de mon périple était de pondre une chronique écornant la belle image façonnée pour séduire les visiteurs urbains ultra-majoritaire dans les allées du salon.

 

Et puis je me suis dit : à quoi bon pousser un nouveau refrain sur ce sujet qui me tient à cœur ?

 

Peine perdue, effort inutile, écrire pour rien, mieux vaut que j’aille faire pousser des tomates sur les toits de Paris.

 

Et puis, dans le flot d’infos, est tombé ce compte-rendu surréaliste en provenance de Vitisphère :

 

Emmanuel Macron fait mouche sur le pavillon des vins

 

Lundi 25 février 2019 par Bertrand Collard

 

Le président de la République a séduit les responsables viticoles qui l'ont reçu ce 23 février. Il a marqué des points, faisant preuve d'écoute et de disponibilité après une journée très chargée.

 

En voilà une bonne chose me dis-je.

 

Et je lis :

 

Il s’en est fallu de peu qu’Emmanuel Macron zappe le pavillon des vins lors de sa visite du salon de l’agriculture à Paris, le 23 février. Vers 19 heures, des membres de son équipe débarquent pour prévenir qu’il ne viendra pas. « Il a trop de retard », expliquent-ils aux responsables professionnels qui patientent depuis 16 heures, l’heure initialement prévue du passage du président de la République.

 

« Coup de sang »

 

« Nous sommes première filière agricole française en valeur, il n’est pas question qu’il ne vienne pas », s’emporte Jérôme Agostini, directeur du Cniv (comité national des interprofessions viticoles) à la surprise de son entourage. Mais son coup de sang porte ses fruits. Quelques échanges radio plus tard, la venue d’Emmanuel Macron est confirmée.

 

Il est 21 heures quand il arrive enfin, regrettant son retard. « Cela nous a permis de suivre les matchs de rugby de la France et de l’Angleterre », plaisante Jérôme Agostini. « Et quels sont les scores ? Personne ne m’a rien dit », répond le président. « La France a gagné, l’Angleterre a perdu ». Mais pas question de commenter les matchs, direction l’intérieur du stand.

 

On est presque dans le vaudeville avec les portes qui claquent, et des présidents qui laissent l’aboyeur de service faire son office. C’est à peine risible…

 

Ce qui l’est moins ce sont les sujets abordés par la fine fleur de la vigne France :  ils sont dignes, en dehors du chiffon rouge glyphosate, d’une rencontre avec le Ministre de l’Agriculture ou même de ses directeurs.

 

Étonnant, non !

 

Pas tellement lorsqu’on connaît les préoccupations boutiquières des grands présidents.

 

Intermède plaisant :

 

En face de lui, le sommelier Etienne Laporte l’invite à une première dégustation : un vacqueyras blanc du domaine la Fourmone. « C’est une trouvaille, raconte-t-il. Vacqueyras est une appellation de rouge. Ce blanc est produit sur un terroir qui donne une grande finesse au vin. »

 

« Quel cépage ? » demande Emmanuel Macron. « C’est de la roussanne, un cépage de la Drôme, mais c’est un pur hasard », répond Etienne Laporte en regardant le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, élu de ce département. Comme tous les ans, le sommelier a choisi des vins en rapport avec ses invités.

 

Insoutenable légèreté !

 

La suite est ICI 

 

Glyphosate

 

Puis vient le buzz de la journée : la phrase d’Emmanuel Macron lors de son discours du matin : « je pense que nous pouvons faire du vignoble français le premier vignoble au monde sans glyphosate ». Dès que Jérôme Despey l’évoque, les commentaires fusent. C’est le brouhaha.

Jérôme Despey peine à poursuivre. Mais il y arrive. « [Un vignoble sans glyphosate]… sauf Côte Rôtie et Condrieu, finit-on par comprendre. Dans les vignes en forte pente et dans les vignes en terrasses, le travail du sol va créer de l’érosion. » Si la presse généraliste n’a rien saisi de cette difficulté, le président de la République l’a bien comprise. Sa conseillère agricole nous explique en aparté : « On va abandonner 85 % des usages du glyphosate. Les 15 % qui restent correspondent à des impasses : ce sont les vignes en pente et l’agriculture de conservation des sols ». L’herbicide sera maintenu dans ces deux cas.

 

Tient donc, en voilà une info.

 

Mais Emmanuel Macron n’écoute plus vraiment. Il est 21 h 30. Son entourage lui a déjà fait remarquer plusieurs fois qu’il est attendu ailleurs.

 

Mais pas question qu’il parte sans avoir dégusté un autre vin. Etienne Laporte a choisi un corton-renardes millésime 2011, un grand cru du domaine Maillard père et fils. Un vin à son image, allons-nous comprendre. « Ce vin est un oxymore : il est à la fois jeune et déjà évolué. Il est fin et élégant, mais on en perçoit assez vite la densité et l’épaisseur ».

 

Voilà je n’irai pas au-delà de ce compte-rendu de compte-rendu même si ma plume me démange, que voulez-vous, je sais qu’il est de bon ton, par ces temps de gilets jaunes, de regretter le « mépris » d’Emmanuel Macron pour les corps intermédiaires, mais dans le cas des OPA (organisations professionnelles agricoles) le Président les a brossé dans le sens du poil et il emboîte leurs pas avec enthousiasme.

 

Ça m’inquiète…    

 

Rajout : 

 

Jérôme Despey, qui préside le conseil spécialisé vins de l’organisme public Franceagrimer, estime que pour 20 à 30 % des 800 000 hectares de vigne que compte la France, il y aura des « impasses ». « Nous avons des zones à forte pente où il est impossible de s’occuper du sol avec des machines, et où on est obligé d’utiliser des herbicides chimiques pour empêcher l’érosion des sols », fait-il valoir.

Il cite notamment les terrasses du Larzac dans le sud de la France : « Si on n’utilise pas le glyphosate dans cette région, la viticulture c’est terminé ».

 

Les Terrasses du Larzac ont souhaité réagir par la voie de leur attachée de presse, Sarah Hargreaves:

« Nous tenons à rassurer immédiatement les nombreux fans de notre appellation : ils ne risquent pas de voir disparaître leurs vins préférés dans les années à venir.
En effet, non seulement l’AOC Terrasses du Larzac n’est pas menacée par une éventuelle interdiction du glyphosate, mais elle est bien au contraire en avance sur ce sujet ! A ce jour, près de 80% des producteurs de l’AOC sont en bio, ce qui en fait une des appellations les plus en pointe en la matière.
Nous nous réjouissons donc par avance d’accueillir prochainement en toute sérénité tous les amateurs qui souhaiteraient découvrir notre terroir, ses paysages magnifiques, et ses vins magiques. »

 

PS. Si vous êtes capables de mettre des noms sur la belle brochette de présidents je vous paye un verre...

Où en est le futur « premier vignoble sans glyphosate » du monde?
Les rangées de vigne bien nettes, sans herbe, c’est (presque) fini. Le vignoble français, qui absorbe dans son sol une grosse part de l’herbicide glyphosate consommé en France, tente de se mettre en ordre de bataille pour devenir « le premier vignoble sans glyphosate » du monde, selon le voeu d’Emmanuel Macron.

Lundi, au salon de l’Agriculture, le comité national des interprofessions des vins AOP (CNIV) a relevé le défi lancé samedi par le président de la République. « Nous pouvons aller très, très vite pour sortir du glyphosate, d’autant plus vite que nous recevons des aides de l’État« , a déclaré Jean-Marie Barillère, président du CNIV lors d’une conférence de presse. « Quand je regarde le vignoble français, je pense que nous pouvons faire le premier vignoble du monde sans glyphosate, dans 80% des cas cette transition va d’ailleurs s’effectuer« , avait déclaré samedi le président de la République dans son discours d’inauguration du Salon de l’Agriculture, à propos de ce puissant désherbant, considéré comme « cancérogène probable » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La question du délai n’est toutefois pas résolue.

« Nous allons sortir du glyphosate, c’est sûr, c’est ce que demande la société, mais à quel terme, on ne sait pas exactement« , tempère Bernard Farges, un Bordelais, qui préside la CNAOC (vins et alcools AOC). « Le président a parlé de 80% du vignoble sans glyphosate d’ici trois ans, mais la sortie du gasoil pour le secteur automobile se fait en 25 ans, et pour celle du charbon, on ne sait pas encore« , relève-t-il. Jérôme Despey, qui préside le conseil spécialisé vins de l’organisme public FranceAgriMer, estime que pour 20 à 30% des 800.000 hectares de vigne que compte la France, il y aura des « impasses« . « Nous avons des zones à forte pente où il est impossible de s’occuper du sol avec des machines, et où on est obligé d’utiliser des herbicides chimiques pour empêcher l’érosion des sols« , fait-il valoir.

« Le commerce des phytosanitaires s’effondre »

La suite ICI 

 

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