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19 novembre 2019 2 19 /11 /novembre /2019 06:00

Un homme ailé portant une tunique blanche tient une balance avec un homme miniature dans chaque plateau. Il est entouré de quatre anges portant des tuniques rouges avec des trompettes.

La pesée des âmes dans le retable polyptyque du Jugement Dernier de Rogier van der Weyden aux Hospices de Beaune, 1443-1452

La première fois  que j’ai croisé Jean-Paul Kauffmann c’était dans un TGV qui filait vers la Bourgogne, lui, le grand amateur des vins de Bordeaux, m’avoua qu’il pénétrait en Terra Incognita.

 

Depuis, je crois qu’il me lit.

 

Moi, bien sûr, je le lis.

 

 

Dans sa préface au livre de Maurice Constantin-Weyer : « L’âme du vin » - écrit en 1932 - Jean-Paul Kauffmann se devait de poser cette question et, bien sûr, d’y répondre avec la pertinence et le talent qu’on lui connaît.

 

4 mai 2009

Le vin a-t-il encore une âme ? La réponse de Jean-Paul Kauffmann ICI

 

Et ce matin dans Télérama, le sieur Couston qui est à la fois critique de cinéma et naturiste convaincu nous dit :

 

Loin des polémiques façons Mondovino, le documentaire de Marie-Ange Gorbanevsky, L’Âme du vin, en salles depuis le 13 novembre, met la lumière sur les pratiques vertueuses d’une dizaine de vignerons de Bourgogne. Reportage.

 

Le ciel bas et sombre oblige à remonter le col des pardessus, comme dans un roman de Simenon. La bruine fouette. Le froid pique. Et la côte dore, imperturbablement. En ce début novembre, le vignoble de Bourgogne joue les caméléons. Depuis la sortie de Dijon, les collines de la mythique côte de Nuits déploient leur palette d'automne jaune-orangée. Une berline noire s'arrête devant la croix en pierre qui désigne la parcelle de la Romanée-Conti, le plus célèbre et le plus cher des crus bourguignons. Trois Japonais s'en extirpent, une minute chrono, clic-clac, le temps d'une photo souvenir.

 

Bernard Noblet, en habitué du rituel, esquisse un demi-sourire. Les œnotouristes sont repartis sans savoir qu'ils venaient de croiser une légende. Pendant quarante ans, ce grand échalas aux cheveux gris et aux lunettes rectangulaires a été le chef de cave du domaine de la Romanée-Conti (la DRC, pour les initiés qui se limitent aux trois initiales). Un prestigieux pédigree qui aurait pu rendre Bernard Noblet imbuvable, pétri dans le luxe et confit de certitudes, ou inversement, comme nombre de pseudo châtelains bordelais dont on taira les noms. Le jeune retraité affiche au contraire une infinie modestie, aussi légendaire que les vins dont il s'est occupé pendant si longtemps, en bon fils de paysan.

 

Un film d'initiation et d'observation ICI (c’est réservé aux abonnés ce que je suis, si vous souhaitez l’intégralité je vous la fait parvenir)

 

Sans vouloir critiquer le sieur Jérémie Couston dont la vision de la Bourgogne est bien convenue mon souhait le plus cher serait que Jean-Pierre Kauffmann aille de nouveau ausculter L’âme du vin.

 

 

Il est à l’affiche du Saint-André des Arts 30 rue Saint-André-des-Arts Salle 3 75006 Paris 6e.

 

Bien sûr, ce n’est qu’un vœu, une bouteille jetée à la mer… dans le lagon de Venise qui cause bien des soucis aux habitants…

 

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“L’âme du vin”, un film documentaire qui manque d’âme ICI 

Le show de Louis-Fabrice Latour en version pré-brexit

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17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 06:00

« C’était un géant au regard triste. Du haut de sa stature imposante, Ernest J. Gaines remplissait l’espace de ce regard, un regard qui laissait deviner l’enfant qu’il avait été »

 

Liana Levi, son éditrice en France ICI  

 

L’écrivain Ernest J. Gaines est décédé le 5 novembre 2019 à l'âge de 86 ans. Né en 1933 à Baton Rouge dans une plantation de Louisiane, jeune il commence par rédiger les lettres des anciens, traduisant en mots ce qu’ils ne savent exprimer. « D’une certaine manière, c’est là que tout est né, je continue à écrire leurs lettres ».

 

À l’âge de quinze ans Ernest quitte la Louisiane pour la Californie. Au cours de ses études, il lit les œuvres des grands auteurs, les nouvelles de Maupassant, les classiques russes, mais regrette que « son monde » n’y figure pas. Alors il décide donc d'écrire pour parler au nom de ceux qui ne peuvent pas.

 

« Je suis né un dimanche pendant la saison de la canne à sucre, et ma mère est repartie aux champs deux ou trois jours après ma naissance. Ces hommes et ces femmes du sud sont les héros de ma vie : qu’ils aient survécu avec tant de dignité, voilà ce que je cherche à rendre. »

 

À l’âge de neuf ans, Ernest Gaines, ramassait des pommes de terre pour cinquante centimes de dollars par jour.

 

« Parmi les récits les plus marquants d'Ernest Gaines figurent Colère en Louisiane, publié en 1983 et adapté au cinéma quatre ans plus tard, ainsi que Dites-leur que je suis un homme. Ce roman plus engagé, écrit en sept ans, dénonce les inégalités de traitement entre Noirs et Blancs par le prisme d’un jeune Noir illettré, accusé à tort du meurtre d’un Blanc dans la Louisiane des années 1940. En 1993, il sera couronné par un National Book Critics Circle Award.

 

« Militant, Gaines écrit en 1988 une lettre ouverte avec 48 écrivains Noirs, dont Maya Angelou et Alice Walker, pour réclamer une distinction nationale pour l’œuvre de Toni Morrison. La même année, cette dernière obtiendra un prix Pulitzer pour Beloved. Ernest Gaines, lui, sera nominé pour le prix Nobel de littérature en 2004.

 

Il a publié huit romans et plusieurs nouvelles, disponible en France chez Liana Levi traduit par Michelle Herpe-Voslinsky.

La mort d’Ernest Gaines, écrivain américain

Surnommé le « Faulkner noir », le romancier décrivait comme nulle autre le Sud d’avant le combat pour les droits civiques. Il est mort, dans sa ville natale de Louisiane, à l’âge de 86 ans.

Par  ICI 

Ernest Gaines, en 1977, dans sa maison de San Francisco. Ernest Gaines, en 1977, dans sa maison de San Francisco. AP ​​​​​​​

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16 novembre 2019 6 16 /11 /novembre /2019 06:00

Résultat de recherche d'images pour "les dix commandements film""

Le vin nature c’est comme l’immaculée conception, tenter d’en donner une définition,un explication, c’est se donner des verges pour se faire fouetter : en clair, se voir interdire l’utilisation par la législation dans tous les cas de figure, les vins nature des purs comme ceux des opportunistes qui surfent sur la vague.

 

Les bonnes intentions des promoteurs du syndicat de Défense des Vins Nature sont louables : « Nous souhaitons en premier lieu que le vin nature soit reconnu, défini et encadré, pour éviter toute approximation ou tromperie auprès du consommateur… » je pose simplement quelques petites questions ou remarques :

 

  • Pourriez-vous s’il vous plaît me donnez une définition précise, indiscutable, du vin naturel, avec une économie de mots ?

 

  • En effet, vous déclarez que votre objectif est de créer une appellation vin naturel reconnue par l’Inao (Institut National des Appellations d'Origine), qui encadrera l’élaboration de ce type de vin avec un cahier des charges précis. Il ne s'agira pas d'une AOC géographique, mais bien d'une AOC produit, pour en finir avec la dénomination générale "Vin de France".

 

  • Ça cadre assez bien avec un signe de qualité, un label produit tel Le Label Rouge qui est un signe national désignant des produits qui, par leurs conditions de production ou de fabrication, ont un niveau de qualité́ supérieur par rapport aux autres produits similaires habituellement commercialisés. ICI . La définition précise du produit vin naturel est donc un préalable à toute reconnaissance.

 

  • La culture AOC reste fortement imprimée dans votre ADN, en supposant que l’INAO vous emboîte le pas, ce dont je doute fortement, je vous signale que les syndicats de défense, qui étaient en libre accès de mon temps, sont périmés, l’heure est aux ODG obligatoires : tu raques sans moufter et t’es bon pour passer à la moulinette des Organismes de contrôles, ceux qui n’aiment pas l’herbe dans les vignes , article R.64244 du code rural. Merci de me dire comment vous ferez entrer dans ce moule obligatoire des ouailles naturistes rétives par construction et qui n’en n’ont rien à péter ?

 

  • Si j’ai bien compris les pionniers, les révoltés, ceux qui ont investi l’espace de liberté vin de France aux premières heures, ceux qui ont pris les premières mandales, en vertu de votre cahier des charges d’un nouveau type : charte des douze commandements, devront rentrer dans le rang sinon interdiction ! Exclusion comme au bon vieux temps du PCF comme dirait Mélenchon.

 

  • Sans vouloir rajouter une couche de doutes pourquoi avoir élaboré une simple charte, la maison INAO ne connaît que les cahiers des charges bien formatés sous sa dictée. Souhaitez-vous vous placer sous les rets des contrôles mortifères des inspecteurs de l’INAO ?

 

  • Les cahiers des charges bien ficelés, bien bordurés, bien formatés sont la plus belle entrée pour les gros faiseurs opportunistes, faites confiance à Gégé, et ses frères des coopés,ils sauront s’y mouler, et pour les prédateurs de la GD ce sera du pain béni : l’exemple du label bio en est la preuve… des rayons vins nature fleuriront tels les 100 fleurs de Mao.

 

J’écris ça comme ça, tout ça ne me regarde pas, mais la confusion textuelle ne me semble pas bien cadrer avec un souci légitime de protéger le consommateur – celui-ci ne pourrait-il pas faire le tri par ses propres moyens sans avoir recours à tout ce fatras de signes de qualité ? – ce qui se conçoit bien s’énonce clairement  et les mots pour le dire viennent aisément, le flou c’est du mou qui permet aux détracteurs des vins nature de rentrer dans le chou de ceux qu’ils qualifient de traîne-lattes pourvoyeurs pour des bobos de jaja frisant le vinaigre.

 

Dans mon titre j'ai  retiré la confusion sexuelle afin de ne pas tomber sous les interdits de Face de Bouc.

 

Pourquoi faire appel à l’INAO honnit ?

 

Je ne comprends pas comment vous pouvez espérer du Comité national vins et eaux de vie, composé de la fine fleur des conservateurs, une quelconque reconnaissance du vin naturel.

 

Nés hors les clous, le vin naturel n’a pas besoin de barbelés.

 

Résultat de recherche d'images pour "affiches de mai 68 histoire des arts""

 

Le vieux P.S.U de Rocard, écartelé par un nombre incalculable de tendances, ce qui est le cas de figure des vignerons nature, prônait l’autogestion.

 

Résultat de recherche d'images pour "les paysans dans la lutte des classes photos"" Bernard Lambert figure de proue de la contestation de l’unité paysanne chère à la FNSEA, leader paysan au charisme étonnant, écrivit en 1970 un livre-manifeste, Les paysans dans la lutte des classes, chaleureusement préfacé par Michel Rocard !

 

Démerdez-vous seuls camarades ! Toutes les révolutions ont été étouffées par la bureaucratie. Vous êtes en train d'en créer une, foi d'un vieux con qui fut cloué au pilori pour ses écrits.

 

Ceci écrit, je continuerai à n’acheter et boire que des vins nature qui puent chez des cavistes qui font le job, sans passer sous les fourches caudines de ceux qui veulent les barricader.

 

À la liberté chantait Giani Esposito :

 

Un rossignol du peuple à l'époque Ming


À moins que ce ne fût à l'époque Tsing


Qui avait le désir d'égayer la Terre


Répondit par un chant révolutionnaire


À la liberté, à la liberté

 

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15 novembre 2019 5 15 /11 /novembre /2019 06:00

Encore un titre à la con !

 

Mais non, démonstration !

 

  • C’est le temps des pommes : Aux Fermes de Gally, l’histoire de la pomme se raconte depuis plus de trente ans.

 

Sorti de terre en 1987 sur la plaine de Versailles pour fournir la cueillette,  notre premier verger compte aujourd’hui 14 ha de pommiers.

 

D’août à novembre, une vingtaine de variétés précoces ou tardives égrènent la saison pour être cueillies à pleine maturité. Il y en a pour tous les goûts !

 

Et celles qui ne finiront pas dans vos brouettes serviront à élaborer notre jus de pomme ou à compléter la gamme variétale proposée dans nos magasins et dans les paniers d’entreprises des Vergers de Gally. Ces derniers présentent également des pommes locales, venant d’arboriculteurs voisins et amis qui, comme nous, cultivent le goût de la qualité et de la diversité variétale ; un savoir-faire unique transmis par les générations qui nous ont précédés.

 

  • Une Pompe aux pommes

 

Quand une recette de pompe aux pommes raconte le quotidien d’une femme dans la solitude du Haut-Forez à travers un livre magistral.

 

Jacky Durand a « déniché une véritable pépite, une sorte de petit carnet de mémoire intitulé « Pas vu Maurice, chroniques de l’infraordinaire » de Laurence Hugues et Claude Benoit à la Guillaume. C’est publié aux éditions Créaphis.

 

L’histoire de ce livre, c’est un bras d’honneur à l’oubli et une belle leçon de résistance des mots. Imaginez une maison abandonnée derrière la montagne, les genêts, les sapins. Il y a des matelas moisis, un calendrier des Postes de 2002, une dame-jeanne encore pleine de gnôle et, et dans une petite boîte verte en métal, Claude Benoit à la Guillaume, photographe et nouveau propriétaire des lieux découvre une quinzaine de carnets, tenus par Marie, une voix de femme dans la solitude du Haut-Forez. Au fil des jours et des saisons, Marie noircit le papier de son écriture serrée en y consignant les travaux, les visites, les morts qui surviennent. C’est la vie qui va tout à la fois minuscule et prodigieuse car elle raconte la petite musique de l’essentiel. Ecoutez :

 

« Marie, elle, elle perd ses chats et ses hommes, un à un, elle met moins de haricots en bocaux, elle fait des choses qu’avant elle ne faisait pas. Piocher des fraises. Ramener des fagots de genêt. Elle perd ses hommes et son carnet se remplit. Moins elle a à faire plus elle écrit. Heure par heure, certains jours. Enfin, il y a Maurice. Le neveu, pas de son côté, du côté du mari. Il vient tous les jours. Ou presque. Elle écrit : « Vu Maurice. Pas vu Maurice. » Maurice qui bricole, qui dépanne. Maurice qui passe manger. »

 

ICI 

 

Marie note tout ce qu’elle cuisine : soupe aux choux, saucisse, foie de cochon. Les menus varient avec les saisons mais il y a des recettes qui reviennent, quels que soient le temps ou la récolte. Comme la pompe aux pommes que nous raconte Laurence Hugues, unissant sa voix à celle de Marie :

 

« Il y en a qui disent pâté mais ça empâte la bouche alors que dire pompe aux pommes c’est déjà s’en régaler. C’est - un dessert facile à faire à la maison. Pas cher -. De la farine, de l’eau, du beurre, les fruits du jardin. De la pâte dessus dessous, au milieu des pommes compotées. Pas de la compote, des morceaux disposés sur le rectangle de pâte brisée, une grêle de sucre. On dessine à la fourchette sur le drap de pâte qui recouvre les fruits. Ensuite on glisse le rectangle dans le four du poêle à bois. On ne décide pas de la cuisson avec un thermostat et des températures préenregistrées, on calcule la chaleur en nombre de bûches et en type de bois. Flambée rapide ou combustion lente, on dose sans manuel traduit du coréen par un logiciel.

 

En rentrant dans la cuisine, on voit les épluchures sur la toile cirée, on respire le parfum chaud qui monte du poêle. On espère que la pompe est bientôt cuite. Qu’un morceau fumant recouvrira la rose un peu effacée, au milieu de l’assiette en pyrex. »

 

ICI

 

Belle Brutale 2017, cidre,

Pommes, sec

Cidrerie du Vulcain, Jacques Perritaz, Fribourg, Suisse

 

Cidrerie du Vulcain Belle Brutale 2017 75cl.jpg

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14 novembre 2019 4 14 /11 /novembre /2019 06:00

Cerné par des licheuses et des licheurs énamouré(e)s

 

Excité(e)s

 

Je dégustais plein de vins tout nus

 

Qui puent

 

Lorsque la faim me tomba dessus.

 

Faut dire que ça se passait à l’hôtel Grand Amour rue de la Fidélité…

 

À Paris tout est permis

 

Y’a de gens bons

 

Derrière le bar officiait Kamel Tabti

 

Et ses jambons

 

Ses saucissons

 

Et plein de frometons

 

Fleurant bon le terroir profond

 

Y’en avait même un made in Aveyron

 

Tout bleu

 

Même pas un frère du tout vert

 

Le Roquefort

 

Alors

 

Je dis à Kamel Tabti

 

Non pas d’où viens-tu Johnny ?

 

Mais de quel pis

 

Pisse ce lait

 

Sûrement pas de celui de brebis

 

Oui

 

De bufflonnes

 

Mais les bufflonnes paissent en Campanie

 

Oui mais ici le lait vient d’Occitanie…

 

Je goûte alors ce bleu de bufflonnes d’Occitanie

 

Et me dis

 

Sans faire un fromage

 

 Je vais conter l’histoire de ces bufflonnes d'Occitanie :

 

La crise du lait !

 

Pour y résister 52 producteurs (dont 8 chargés uniquement des bufflonnes) réunis au sein du groupement d'intérêt économique (GIE) Châtaigneraie, à cheval entre Lot, Cantal et Aveyron, se sont mis en tête d’élever des bufflonnes  dont le lait est un des plus chers du marché,  celui qui permet de produire la célèbre mozzarella di bufala. Ils disposent du plus grand cheptel de France, soit 560 têtes sur les quelque 2.500 recensées dans l'Hexagone.

 

Ces bufflonnes, jeunes femelles du buffle d'eau  sont des bêtes rustiques et affectueuses.

 

« Ce sont des bêtes géniales: à la fois dociles, rustiques, curieuses et très affectueuses », nous dit Francis Bony, éleveur  sur la commune d'Almont-les-Junies Aveyron, en caressant le poil rare et épais de l'une d'elles, qui colle son flanc contre lui.

 

Les premiers animaux ont été importés de Campanie en 1998 lorsque la coopérative de Maurs Cantal, qui produit 13 millions de litres de lait de vache par an, cherchait à se diversifier à l'heure des quotas.

 

« On voulait permettre à des éleveurs limités en volume de produire du lait supplémentaire », précise Christian Broussard, qui préside le GIE de la Châtaigneraie, structure fondée après la vente, au milieu des années 1990, de la société fromagère Valmont (ex-Perrier), pour laquelle ils travaillaient, au groupe Besnier devenu Lactalis.

 

« A ce moment-là, on s'est senti totalement isolés, considérés comme de simples numéros de producteurs, sans identité et broyés par l'industrie agroalimentaire », se souvient-il.

 

Aujourd'hui, les 400.000 litres supplémentaires collectés chaque année par le groupement « représentent une manne face aux prix bas du marché. Car si les bufflonnes produisent trois fois moins qu'une vache standard, leur lait a l'énorme avantage d'être l'un des plus chers, trois fois mieux valorisé que celui des races Prim’Holstein ou Salers. »

 

Le lait de bufflonnes, antidote à la crise pour des éleveurs du Massif Central

 

Les bufflonnes peuvent manger des fourrages grossiers ce qui abaisse le coût de l’alimentation.

 

Sur le plan des valeurs nutritionnelles, le lait de bufflonnes peut faire figure d'or blanc, très pauvre en cholestérol et plus riche en minéraux, protéines et oméga 3.

 

« On manque encore d'études précises sur le sujet mais il serait aussi conseillé pour les personnes intolérantes au lactose et à la caséine », précise, prudent, Jean-François Roumeau, directeur du GIE.

 

Une partie de la collecte est transformée en deux fromages affinés voir ICI

 

Le reste du lait est livré à des transformateurs qui produisent des mozzarella estampillées made in France.

 

Bleu de bufflonne, vendus sous la marque l'Éleveur Occitan

 

 

« Ce bleu très crémeux et onctueux, on aime le proposer à notre clientèle car il change des fromages persillés comme le roquefort. C'est un fromage rare qui mérite d'être connu »

Serge Vieira, chef doublement étoilé à Chaudes-Aigues.

 

« C'est aujourd'hui un lait très recherché. Face à la demande, on est obligé de refuser des ventes. Il y a aujourd'hui un marché mais il nous faut continuer à développer notre cheptel car on a encore tout à écrire » ajoute Jean-François Roumeau qui envisage de valoriser aussi la viande de l'animal.

 

Demain des produits 100 % bufflonnes

 

A l'avenir, les éleveurs qui maîtrisent désormais l'ensemble de la filière prévoient de lancer de nouveaux produits 100% bufflonne: de la tome et tomette, puis de la mozzarella après une première tentative moyennement aboutie.

 

Un horizon éclairci source d'optimisme: « aujourd'hui, je me lève tous les matins avec le sourire grâce à ces bestioles. Jamais je ne reviendrai en arrière » confie Francis Bony.

 

Source ICI 

 

Bufflonne : Avec 5 litres de lait par jour elle est six fois moins productive qu’une Prim’Holstein

 

Gie Châtaigneraie

1 rue Ampère – ZA route de Bagnac

15600 Maurs

tél. 04 71 46 75 82

FRANCIS BONY – EN COMPAGNIE DES BUFFLONNES

15 Juillet 2019 Echo' Aveyron ICI 

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13 novembre 2019 3 13 /11 /novembre /2019 06:00

[Livre IV. Chap. II. Fig. au titre :] Comment Pantagruel rencontra un navire de voyageurs retournans du pays Lanternois. [Cote : microfilm R 28836]

Rabelais, titulaire d’un diplôme de médecine fraîchement délivré par la faculté de Montpellier, s'installa à Lyon au printemps 1532 – il vient d’être nommé médecin à l’Hôtel du Pont du Rhône (Hôtel-Dieu) – où il commit Pantagruel et Gargantua il citait la saumate dans Le Quart livre des faictz et dictz Heroïques du noble Pantagruel, paru en 1552. Il écrivait à ce propos que la recette aurait dû s'écrire summate plutôt que saumate, le mot venant du latin sumen, sumata au féminin (graisse du bas ventre en latin ; summata, graisse du porc en italien). Il rappelle aussi que les Grecs en faisaient une « vraie friandise ».

 

Il séjournera à Lyon jusqu’en 1535. Et y multipliera les courts séjours jusqu’en 1548.

 

Lyon, deuxième ville de France, compte alors près de quarante mille habitants. Ville-frontière, ville-carrefour en plein essor économique et commercial, ville royale, aussi, puisque la Cour y résidera entre 1525 et 1540, Lyon connaît alors son apogée. Le monde de l’édition, lui aussi, est en ébullition. La production imprimée lyonnaise est la première de France, avec environ deux mille cinq cents éditions au cours du premier tiers du XVIe siècle. De 1530 à 1540, Lyon fait même figure de capitale européenne de l’imprimerie. C’est dans ce contexte qu’est édité, en novembre 1532, ce qui deviendra par la suite le deuxième livre des aventures de la famille de géants inventée par Rabelais. Le premier livre, Gargantua, paraîtra en effet deux ans plus tard.

 

Publié sous le pseudonyme d’Alcofribas Nasier (anagramme de François Rabelais), Pantagruel aurait été présenté au public pour la première fois à l’occasion des foires d’automne. Remarqué pour son irréprochable correction et son élégance typographique – François Rabelais a préféré les caractères gothiques aux caractères romains, qu’il réservait à ses écrits scientifiques –, Pantagruel contient de nombreuses illustrations issues de la gravure sur bois. Son format (14 cm x 10 cm) correspond à celui qui était alors en vogue dans l’édition populaire. Quant au nombre d’exemplaires de cette première édition, il n’a sans doute pas dépassé les quelques centaines.

 

Concentré de cochonnailles

 

Près de quart siècles plus tard, en 1933, dans son livre Myrelingues* la brumeuse ou L'an 1536 à Lion sur le Rosne, Claude Le Marguet décrit la saumate comme « un fin ragout de cochon surmonté de côtelettes à l’oignon, cervelas fumés, saucissons fumants, couennes grasses, grattons de saindoux fondu, et andouillettes, caparaçonnées de moutarde fine. » Autrement dit, il ne s'agit ni plus ni moins qu'un concentré de l'essentiel des cochonnailles lyonnaises.

 

Marc Georgette, le patron du Petit bouchon chez Georges le revisite avec tête, pieds et queues de porc, paquets de couenne, saucisson à cuire, andouillette XXL à la moutarde, cotes à l’oignon et jarret de veau. Pour l'écrivain culinaire Yves Rouèche, en cours d'écriture d'un livre sur les recettes disparues de la gastronomie lyonnaise (et qui a sollicité le cuisinier pour cette proposition hautement condamnable), « la saumate est une véritable carte postale de la gastronomie lyonnaise à elle seule ».

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12 novembre 2019 2 12 /11 /novembre /2019 08:20

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Ce matin, Facebook me censure à nouveau pour mon titre : Les avocats pourrissent la planète sauf les avocats corses… C’est la deuxième fois en quelques jours puisque la chronique Le taulier est un garçon très avisé après avoir piégé P.A.X. il le passe sur le grill pour le cuisiner... n’a pas eu l’heur de plaire à face de bouc.

 

Que faire Me Morain avocat des causes désespérées ?

 

Les avocats, ceux avec le bavoir blanc et la robe noire, vont être vert de rage à la lecture de mon titre qui pourtant ne fait que refléter la réalité. Normal, en général les avocats sont verts même si certains sont noirs.

 

L'avocat est une star des réseaux sociaux, scotché à son smartphone il les inonde de ses pensées profondes, à croire qu’il s’ennuie dans la vie, mais là je dévie de ma trajectoire même si l’avocat est aussi une star des réseaux sociaux avec 1,3 million de publications, notamment sur Instagram où il est photographié sous tous les angles.

 

L’avocat envahit nos assiettes, en guacamole, en lamelle de carpaccio, en poke bowl ou encore en toast, un raz-de-marée symbole du soi-disant manger sain, sous-entendu être vegan. Souvent associé à l’œuf mollet, aux graines de courge, ou au saumon fumé, l'avocat regorge d'oméga 3, d'acides gras mono-insaturés, de vitamines, de fibres. Sa texture facile à travailler se transforme en crème très rapidement et fait le bonheur des vegans. Il comporte également de nombreuses vertus rassasiantes et antioxydantes.

 

Un fruit tellement bon pour la santé qu'on en fait même des produits de beauté. Bilan, ces dernières années, la consommation d'avocat a explosé.

 

Tout ça est bien beau mais l’avocat est un grand voyageur il est le roi  des exportations latino-américaines vers les États-Unis et l'Europe, au risque de conséquences néfastes sur l'environnement.

 

Le chef irlandais JP McMahon, une étoile au Michelin, a été le premier à qualifier l'avocat de nouveau « diamant de sang », en référence aux diamants extraits en Afrique qui ont alimenté des conflits meurtriers sur ce continent.

 

L’ « or vert » du Mexique

Le Mexique est le premier producteur au monde d'avocats. La majorité des plantations se trouve dans l’État de Michoacan (centre) sur la côte Pacifique, qui jouit d'un sol volcanique adapté.

 

Mi-janvier, un camion chargé d'avocats sortait de l’État toutes les six minutes afin de répondre à la demande pour le Superbowl, la grande finale de football américain aux États-Unis, qui aura lieu le 3 février.

 

En 2018, plus de 377.000 tonnes, soit 80% de la production, ont été envoyées vers le voisin du nord, soit une hausse de 13% par rapport à l'année précédente.

 

Plus de 57.000 tonnes sont exportées vers les autres marchés (+ 8%), selon les chiffres de l'Association des producteurs et exportateurs d'avocats du Mexique (APEAM).

 

Mais des plantations illégales de cet « or vert » ont entraîné la déforestation de milliers d'hectares dans cet État de près de 5 millions d'habitants, selon des chercheurs qui dénoncent des contournements de la loi. La législation locale autorise des plantations sur un terrain forestier quand les arbres ont été coupés ou ravagés par le feu.

 

« Il y a une pratique très commune chez les propriétaires forestiers qui consiste à semer des avocatiers sous les arbres, et peu à peu, ils coupent les arbres pour laisser les avocatiers à découvert », explique à l'AFP Luis Mario Tapia Vargas, chercheur à l'Institut national de recherches forestières, agricoles et d'élevage (Inifap).

 

Il y a aussi les incendies. Selon le chercheur, 95% d'entre eux sont intentionnels et peuvent ravager 10.000 hectares les années de sécheresse. Quant aux plantations illégales, elles ont atteint 15.000 hectares en 2018. "De nouvelles plantations sont autorisées contre des pots-de-vin", souligne-t-il.

 

La guerre de l'eau au Chili la suite ICI 

 

Si ses propriétés nutritionnelles ne cessent d'être vantées, l'avocat n'est pas un modèle de vertu pour l'écologie. Extrêmement gourmand en eau - 1.000 litres pour 1 kilo - son bilan carbone est aussi très lourd, à cause du transport.

 

Un transport énergivore

 

Par ailleurs, le transport des avocats de l’Amérique Latine (Pérou, Chili, Mexique) vers l’Europe se fait via des trajets de centaines de kilomètres en camion, exige une réfrigération à 6°C pendant une vingtaine de jours de transport en bateau. À cela s’ajoutent les besoins d’emballage et de stockage dans une mûrisserie, avant que le fruit soit soufflé à l’éthylène pour être mûri.

 

Faut-il le boycotter ?

 

S'il n'est toutefois pas nécessaire d’arrêter d'en manger, il peut être utile de s'interroger quant à sa provenance et en limiter sa fréquence.

 

Le chef Romain Meder, lui, choisit uniquement des avocats français corses pendant leur saison. Petits à la peau lisse, ils ont un goût plus vert que les avocats à la peau rugueuse mais sont toutefois plus chers puisqu'ils sont plus difficiles à trouver.

 

Reste une question capitale : l’avocat fruit ou légume ?

 

Communément utilisé comme un légume dans nos assiettes, l'avocat est néanmoins un fruit au sens botanique : contenant un noyau (c'est à dire une graine), et provenant d’une fleur fécondée (celle de l’avocatier), l'avocat se classe bel et bien dans la catégorie des fruits.

 

Néanmoins, bien qu’il s’agisse d’un fruit au sens botanique, l’avocat est, au sens populaire, plutôt classé parmi les légumes. Dans nos habitudes culinaires, tout comme au supermarché, on le retrouve plutôt au côté les « vrais légumes » tels que le poireau, le navet ou encore la carotte.

 

L'avocatier appartient à la même famille que le laurier dont les feuilles parfument notre cuisine. C'est un bel arbre de deux à cinq mètres de hauteur, au feuillage dense et persistant. Il existe plusieurs variétés d'avocats, différant surtout par la peau qui peut être claire ou sombre, fine ou épaisse, lisse ou rugueuse, et par l'adhérence du noyau.

 

On trouve donc des avocats pratiquement toute l'année et 3 grandes variétés se partagent le marché :

 

- le Fuerté, allongé, vert sombre, mat, à peau fine. Il vient d'Israël d'octobre à avril, d'Espagne de novembre à avril et d'Afrique du Sud d'avril à septembre.

 

- l'Ettinger, allongé, vert clair, brillant, à peau fine, vient d'Israël d'octobre à avril et d'Afrique du Sud d'avril à septembre.

 

- le Hass, brun violacé, à peau dure et granuleuse, est la variété la plus importée et la plus appréciée. Il vient d'Espagne de septembre à mai, d'Israël de janvier à mai, d'Afrique du Sud de mai à septembre et du Mexique de septembre à décembre.

 

La Corse regorge d’avocats : le barreau de Bastia regroupe plus de 152 avocats celui d’Ajaccio 189 avocats, ça fait un beau ratio par tête d’habitants. De plus, la diaspora corse sur le continent recèle aussi d’un nombre d’avocats impressionnant. Normal, y’ a du pain sur la planche…

 

 Vincent de Moro Giafferi, « l'avocat de génie »

Vincent de Moro Giafferri reste et restera à l’égard des avocats, notamment pénalistes, non pas une référence, mais LA référence. 

« Défendre l’homme, toujours » ICI

 

L'avocat en Corse ?

 

Et oui, la Corse est à la limite septentrionale de sa zone de culture !

 

On le trouve dans les jardins de villages à la même altitude que les agrumes (0-400m). Sensible aux vents, notamment au vent du Nord, il a besoin d'une zone protégée pour déployer toute sa vigueur. Il pousse de façon luxuriante dans les sols riches et aérés bien drainés et ne supporte pas les excès d'eau prolongés qui provoquent son dépérissement.

 

Arbre de forêt, c'est en verger que l'on trouve en Corse les plus beaux sujets, formant de véritables sculptures végétales.

 

Les variétés

 

Plusieurs variétés d'avocats pour un verger car cette diversité est favorable à une bonne pollinisation :

 

ZUTANO , le plus précoce avec sa peau vert clair très brillante (récolté en décembre)

 

FUCCA à peau lisse et violette (janvier)

 

BACON , plus rond vert foncé finement granulé (décembre à février)

 

FUERTE , notre variété principale, allongé à peau vert foncé assez granuleuse (février à avril)

 

Et aussi pour mémoire HASS, REGINA ET NABAL qui terminent la production (autour du mois de mai). Cependant ces 3 variétés, plus sensibles au gel, restent d'importance mineure sous notre climat et n’arrivent pas à maturité tous les ans.

 

Des avocats bio de Corse

 

C’est un délice et une rareté ! La production d'avocat en Corse, conventionnels et bio confondus, est estimée à 10 tonnes/an, c'est très peu...

Les clients de Biocoop sont verts !

 

Et si les avocats achetés avec soin n’étaient finalement pas bio ? C’est ce que laisse penser les dernières révélations du Canard Enchaîné. Parut dans leur numéro de ce mercredi 10 juillet, un article dévoile le scandale que la chaîne de 590 magasins biologiques a tenté de cacher. Pour ce faire, le journaliste Christophe Labbé s’appuie sur un document confidentiel intitulé "État dramatique de la filière Espagne sur la filière avocat. Complicité tacite des intermédiaires et des distributeurs en général ". Ce rapport présenté au conseil d’administration de Biocoop le 28 juin 2019, émet un doute quant à l’origine des avocats estampillés "Espagne". Ces derniers viendraient en réalité d’Amérique du Sud et plus précisément du Pérou. Une provenance qui fait débat. Difficile d’assurer la traçabilité et la qualité bio des fruits produits dans ces régions. À cela, s’ajoute une taxe carbonne décupler. Un véritable souci pour une structure qui prône le bien manger et la richesse du local.

 

La suite ICI 

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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 07:00

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Mon chien Stupide, publié tardivement en 1985, qui a permis à John Fante son auteur de renouer, après sa mort, avec le succès a été publié en France en 1986 chez Christian Bourgois.

 

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C’est l’histoire absurde d’un chien, nommé Stupide, qui déboule un jour dans l’existence d’un écrivain dépressif, Henry J. Molise, coincé entre une progéniture ingrate et un talent de plus en plus incertain, reporte ses échecs sur sa femme Cécile. « Fils d'immigrés italiens, il caresse le rêve d'un retour à ses racines, fantasmant sur une vie paisible aux terrasses des cafés de la Piazza Navona à Rome. Mais pour l'heure, il faut courir le cachet, écrire des scénarios médiocres pour des séries télé affligeantes... ou le plus souvent aller encaisser un chèque des allocations de chômage. »

 

Stupide fait voler en éclat sa vie conjugale et familiale, lui permettant de renouer avec l’inspiration. « Le livre est une critique féroce et très politiquement incorrecte de l’American Way of life des années 1960 et de son modèle familial. »

 

Sa femme, Harriett, sa fille, Tina, affublée d’un fiancé qui engloutit les bouteilles de scotch, le fils aîné, qui dévore des revues porno, veulent s’en débarrasser, tandis que le cadet trouve en lui un compagnon. Le caractère du chien se révélera quand il domptera la terreur du quartier, un danois nommé Rommel, et lui infligera les derniers outrages. Stupide et ses soixante kilos vont désormais bousculer la paisible banlieue californienne dans ce livre réjouissant de drôlerie et de provocation.

 

« Il était un chien, pas un homme, un simple animal qui en temps voulu deviendrait mon ami, emplirait mon esprit de fierté, de drôlerie et d'absurdités. Il était plus proche de Dieu que je ne le serais jamais, il ne savait ni lire ni écrire, et cela aussi était une bonne chose. C'était un misfit et j'étais un misfit. J'allais me battre et perdre ; lui se battrait et gagnerait. »

 

Photo John Fante

 

« Il n’y a qu’à Los Angeles qu’auraient pu éclore des écrivains comme Nat West, John Fante, Raymond Chandler et Charles Bukowski. » Tout, sauf des suceurs de glace, avec eux les mots, sous leur burin d’écrivains, débarrassés de leur gangue, vous éclatent à la gueule, tels des diamants bruts, vous prennent à la gorge comme de l’alcool dur. »

 

« Dominique Molise, j’ai dit envisage la situation avec lucidité. Tout se passe-t-il comme prévu ? Réfléchis soigneusement à ton évolution, jette un regard impartial sur ta vie. Où en es-tu Dom ? »

 

Cette phrase de John Fante je l’avais notée à l’encre bleue, aujourd’hui délavée, sur l’un de mes tout premiers petits carnets. Un maître de l’écriture pour moi. Dan Fante, son fils, écrit non sans tendresse « Le cadeau que John Fante, mon père, m’a offert c’est son cœur pur d’écrivain. » De lui Ben Pleasants écrit « La dernière fois que j’ai vu Dan Fante, c’était à l’enterrement de son père. J’ai lu ses bouquins et je tiens à te dire : « John, ne t’en fais pas. Ton fils est un putain d’écrivain. Tu peux être fier de lui. Maintenant son nom lui appartient. »

 

 

« Yvan Attal resitue Mon chien Stupide, à notre époque contemporaine le film se déroule dans le Pays basque, de nos jours. Il apporte quelques modifications au roman d’origine, comme la téléphonie mobile, ou des enfants passés au numérique, mais il en garde la teneur originelle. On y retrouve la patte de Fante, un regard désabusé, paradoxalement misanthrope et tendre sur la société et la famille. Attal teinte son adaptation brillante d’un humour caustique qui sied au romancier. »

 

Tout ce qui fait Fante est là : anti héros déplorable qui regarde défiler sa vie sans intervenir avec une lucidité rare, salaud touchant, noirceur du quotidien, dépravation molle, humour noire et émotion brute. Ce n'est pas un livre transcendant mais bien que dénué de péripéties ou d'aventures rocambolesques, ce livre laisse, comme toute oeuvre de Fante, une impression amère dans la bouche. Ca reste beau et touchant parce que tout ce qui se passe dans ce livre, se trouve dans les viscères de l'anti-héros. Tout s'effondre comme son couple, sa famille, doucement, presque imperceptiblement à l'intérieur de lui. La rancœur, la déception, la tristesse et la solitude, c'est ce à quoi se trouve confronter le personnage, comme si, à l'apogée de sa vie d'homme mature, il regardait la pente descendante avec l'appréhension de l'emprunter, se rendant soudain compte qu'il est déjà en train de glisser dessus.

 

Romancier en panne d’inspiration après avoir publié un best-seller, Henri (Yvan Attal) reporte ses échecs sur sa femme Cécile (Charlotte Gainsbourg) et leurs quatre enfants. Alors qu'il fait le bilan dérisoire de sa vie, Henri recueille un énorme chien mal léché, qui lui apporte du réconfort, bien que toute la famille le déteste et que Cécile pense à prendre le large…

 

 

Photo de MON CHIEN STUPIDE

 

« Le couple est un sujet inépuisable. Là, il y a l'usure lié à la durée du couple et la façon dont les enfants prennent le dessus sur celui-ci. Les parents rêvent qu'ils se cassent pour retrouver une vie à deux. Le problème, c'est les enfants et ce qu'ils font au couple. Ce sont les rois, il faut s'occuper d'eux et on n'a plus de vie. »   Yvan Attal

 

« Souvent, on étouffe ses enfants par envie de les faire à notre image. Comme si on se voyait en eux et que c'était notre honneur qui était en jeu. Alors qu'il faut les laisser faire. »   Yvan Attal

 

France-info aime :

Mon chien Stupide : Yvan Attal adapte brillamment avec Charlotte Gainsbourg le roman de John Fante ICI  

 

Beaux échanges cinglants

 

Le comédien-réalisateur trouve le ton juste dans une écriture où la part belle est donnée aux acteurs. Composant un personnage en pleine crise de la cinquantaine, il s’offre la part du lion. Yvan Attal endosse parfaitement ce poids de l’échec et la mauvaise foi de son écrivain en mal d’inspiration. Charlotte Gainsbourg campe tout aussi bien une épouse, comme lui, en crise, bourrée d’antidépresseurs et amère, qui ne ménage pas son mari en le renvoyant dans ses cordes. Ce qui donne des échanges savoureux, des réparties cinglantes.

 

Le Monde n’aime pas :

 

« Mon chien Stupide », un film d’Yvan Attal un peu trop cabot ICI

 

L’acteur-réalisateur met en scène Charlotte Gainsbourg et un de leurs enfants dans cette comédie familiale féroce, transposition à l’écran du livre de John Fante. Mais le résultat manque de mordant.

 

Le film demeure fidèle, à quelques détails près, au caractère des protagonistes, à l’esprit et au ton férocement humoristique du livre. La mise en scène et le jeu des acteurs ajoutent cependant une jubilation poussée à l’excès qui en alourdit le trait comique, en même temps qu’il asphyxie la part plus sombre du propos.

 

Car rien ne tourne rond dans Mon chien Stupide. Henri (Yvan Attal), écrivain en panne d’inspiration depuis son unique grand succès en librairie, vingt-cinq ans auparavant, vit dans la nostalgie de tout ce qu’il aurait pu réaliser s’il n’avait pas été père (« A mesure que vos fils grandissent, vous rapetissez », se lamente-t-il). Sa femme, Cécile (Charlotte Gainsbourg), tente de tenir le coup à grand renfort d’antidépresseurs et d’alcool. Tandis que les quatre enfants (trois garçons et une fille), presque adultes, continuent d’occuper la grande maison familiale comme bon leur semble, et plus précisément pour se restaurer et réclamer leur argent de poche.

 

L’écriture et l’interprétation constituent le meilleur du film, la mise en scène et l'image ne bouleversant guère les canons d’un cinéma français peu inventif dans ce domaine. La deuxième partie tourne également un peu en rond et aurait gagné en rythme si elle était un peu raccourcie. Mon chien Stupide n’en est pas moins une réussite et loin d’être bête.

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9 novembre 2019 6 09 /11 /novembre /2019 06:00

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« I would prefer not to? » le Bartleby le scribe A story of Wall Street d’Herman Melville

 

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Mal du pays

 

« Pierre a repris un charmant café de village dans la Drôme, sur la route des vacances. Il a quitté les écrans radars, jusqu’à ce qu’on retrouve sa trace à Zurich, en juin. Le temps d’un pop-up dans un de ces lieux bouillonnants comme la ville alémanique en connaît tant. Il confiait alors: «La Suisse me manque. J’ai fait le tour de la folie parisienne: si je trouve un lieu qui m’enchante, un projet où on ferait tout maison, du pain aux fermentations, je serais capable de revenir en Suisse… Et puis, tout reste à faire autour des vins nature, encore trop méconnus.»

Pierre Jancou change de «Crémerie» ICI 

 

Julien Battesti est corse

 

 

« Je connais à peine Julien Battesti. Je le croise de temps en temps au Café Sélect, à Paris. Je sais juste que le livre qu’il écrit à propos de la signification cachée de Bartleby et de son caractère messianique va être un événement ; ses intuitions sont très profondes ; les quelques pages que nous en publions sont d’une grande évidence. Je ne savais rien de Michèle Causse avant d’avoir lu son texte, sinon qu’elle était la traductrice, à mes yeux la meilleure, du Bartleby de Melville.

Le blog de Fabien Ribery

 

 

« … j’ai décidé de me rendre à Zurich afin d’aller voir de mes propres yeux les locaux de l’association Dignitas… ICI 

 

« … je tentais d’imaginer Zurich, une ville dont je ne savais pas grand-chose hormis qu’un de ses cimetières abritait la tombe de James Joyce et  qu’une association philanthropique nommée Dignitas y administrait la mort à qui la demandait, ou presque. »

 

« La première chose que je vis, en entrant dans l’hôtel fut une bouteille de liquide désinfectant posée sur le comptoir de la réception, lequel, par sa petite dimension, donnait à l’objet une importance considérable. »

 

« Ma valise posée et mes trois chemises suspendues, je partis dans la ville à la recherche d’un restaurant. C’est à ce moment-là, en commençant d’arpenter les rues, les placettes et les venelles qui descendent vers les rives de la Limmat, que je pris peu à peu conscience de la place centrale qu’occupait dans la sensibilité zurichoise l’idée de désinfection. Car plus qu’une ville propre, Zurich est bel et bien une ville désinfectée. À observer la netteté du moindre banc public, de la moindre plaque d’égout, on serait d’abord tenté de croire à l’existence d’escadrons de nettoyeurs-désinfecteurs appointés par la mairie et constamment sur la brèche, mais à la réflexion, il paraît plus vraisemblable qu’un simple balayeur resterait condamné à l’incompréhension des passants sur ces trottoirs où il n’y a, de toute évidence, rien à balayer, la poussière elle-même ne trouvant que peu de prise tant le sol et les autres surfaces paraissent lisses et comme tendues. Il faut néanmoins entrer dans une de ces églises devenues « temples » pour toucher au substrat métaphysique de la désinfection zurichoise. Des édifices bâtis avant la Réforme tel que la Fraumünster, par exemple, donnent l’impression d’avoir été victimes d’une véritable aspersion au karcher. À l’intérieur, les murs sont nus, les images ont été retirées, les niches vidées de leurs saints et le mobilier liturgique réduit au plus sévère minimalisme. L’art catholique, tout ce qui faisait de ces églises de gigantesques livres symboliques pour les yeux des plus simples d’esprit, semble avoir été lavé, dissous par le puissant détergeant du protestantisme. Avec leurs rangées de bancs design, elles font maintenant penser à de vieux manoirs reconvertis en centres culturels. »

 

 

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5 novembre 2019 2 05 /11 /novembre /2019 06:00
La consommation du vin rouge pique du nez : l’effet vieux, celle de la bière le relève : l’effet jeune, les féniasses de « fonctionnaires » de FranceAgrimer vous éclairent.

Le phare des PO exècre les fonctionnaires, rien que des féniasses qui sucent le sang des travailleurs, faut les éradiquer comme les doryphores qui ravageaient les patates de mon pépé Louis.

 

Les « chanteuses » de louanges de Vin&Société nous serinent que le vin français est un grand secteur économique, mieux que les Rafales…

 

Mais putain y’a cette foutue loi Évin qui freine le bel élan de nos vins sur le marché domestique et maintenant la Buzyn.

 

Et ce fou de Trump s’y met avec ses taxes.

 

Et les rosbifs nous quittent.

 

Et les Chinois, comme d’habitude, se sont mis à en faire.

 

Et la France petit à petit devient un pays de vieux, salauds de baby-boomers !  

 

Et ses petits cons de jeunes vont là où l’herbe est plus verte et moins onéreuse.

 

Les critiques vin sont largués.

 

La GD commence à compresser ses rayons vins, ses foires lassent.

 

Les chefs de la tribu qui siègent à FranceAgrimer, dont peu ont vendu une seule bouteille de vin, regardent depuis 20 ans, ce sont presque toujours les mêmes, passer les trains.

 

Je suis vache mais y’a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, et pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

 

Alors, je vous fiche mon billet qu’ils n’ont même pas lu l’étude sur l’ÉVOLUTION DES ACHATS DE BOISSONS ALCOOLISÉES PAR LES MÉNAGES FRANÇAIS ENTRE 2008 ET 2017 pondu par ces ramiers de fonctionnaires de FranceAgrimer.

 

Je vous propose de lire la Conclusion, et si vous êtes plus courageux qu’eux l’intégrale ICI 

 

L’analyse de l’évolution des achats de boissons alcoolisées par les ménages français pour leur consommation au domicile principal confirme une baisse de la consommation de l’alcool concentrée essentiellement dans le segment du vins tranquilles, et touchant principalement son produit phare, le vin rouge, dont la consommation et le taux de clientèle diminuent systématiquement. Si l’analyse des achats de ménages ne permet pas d’informer sur l’effet de changement de pratiques de consommation, elle met en évidence les logiques de remplacement générationnel à l’œuvre dans ce recul des achats du vin tranquille, concurrencé de manière croissante par la bière. Cette dernière bénéficie d’une dynamique positive sur tous les aspects : le taux de pénétration, les quantités consommées, les sommes dépensées, mais aussi en termes de structure démographique de sa clientèle. Son profil se « démocratise » au sens large du terme, dépassant les frontières de revenu mais aussi d’âge ou de région, et se rapprochant de la structure des ménages français. La bière devient ainsi petit à petit un produit généralisé dans l’ensemble de la population comme l’était le vin autrefois, même si elle reste un alcool de choix des jeunes générations et que les plus âgés restent encore largement attachés à la consommation du vin rouge. Par contraste, le vin tranquille affiche un profil résolument âgé, tant sur le vin rouge que sur le vin rosé, et perd progressivement son aspect populaire avec une certaine désaffection des ménages les plus modestes. Les données des achats de ménages confirment également la montée en gamme du segment de vins tranquilles, et notamment du vin  blanc.

 

Dans le segment des vins effervescents, le profil du champagne se fait de plus en plus sélectif, les vins mousseux le remplaçant chez les ménages jeunes ou à faible revenu. La consommation des spiritueux reste globalement stable malgré les dynamiques négatives affectant le taux de consommateurs des deux lignes phares de ce segment, les whiskys et les anisés. Mais ces difficultés ne semblent pas concerner d’autres produits associés à l’apéritif ou aux autres occasions festives de consommation de l’alcool : les autres spiritueux, notamment des alcools blancs de type téquila/gin/vodka, ainsi que les produits intermédiaires (dont les apéritifs à base de vin, en particulier).

 

Les dynamiques positives sur les produits considérés comme adaptés à une consommation hors repas, dont la bière, et la baisse de la consommation de vin tranquille semble en effet confirmer le déplacement de la consommation d’alcool vers des occasions hors repas, l’alcool quittant progressivement l’univers alimentaire au profit de l’univers de loisirs. Il semble également qu’une des clés de succès de ces boissons réside dans leur attrait relatif auprès de jeunes générations, qui pèsent pourtant peu en termes de consommation de l’alcool comparé aux ménages de 50 ans ou plus. La progression des achats du vin rosé et des vins doux naturels/vins de liqueur, stoppée dans son élan par la difficulté d’attirer de nouveaux consommateurs pour ces produits à profil résolument sénior, est à ce sujet éclairante.

 

Au final, la structure des achats de boissons alcoolisées évolue vers plus d’équilibre entre différents types de produits, le vin tranquille perdant progressivement sa position hégémonique. Si la diversification des profils et de modes de consommation semble contribuer à ce rééquilibrage, seules des enquêtes de pratiques de consommation permettraient de le confirmer.

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