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17 mars 2020 2 17 /03 /mars /2020 12:00

 

Pour mes ennemis, par bonheur j’en ai, ils peuvent lire d’un con fini…

 

Pour le confinement j’avais anticipé, depuis mon vote dominical je suis resté chez moi, mon balcon plein sud, privilégié que je suis, me permettant de ne pas me sentir enfermé.

 

Hier au soir j’ai écouté le Président, comme toujours un peu longuet, pas un grand orateur, mais ce qui importe c’est que les Français comprennent un message simple : restez chez-vous !

 

Canal + est en clair, suis pas abonné, ça augmente l’offre de films.

 

Me suis couché, terminé la lecture d’un excellent livre d’Ottavia Casagrande L’espion inattendu. Extinction des feux à 22h30.

 

L’espion inattendu

 

« L’Espion inattendu » (Quando si spense la notte), d’Ottavia Casagrande, traduit de l’italien par Marianne Faurobert, Liana Levi, 272 p., 19 €.

 

À 01h46 un SMS me réveille : c’est un message du gouvernement pour expliquer les conditions du confinement.

 

Merci.

 

À 6 h, le chat qui a faim miaule et fait du raffut, je râle mais me lève puis me recouche.

 

Réveil à 7 h 30, petit déjeuner, ablutions, je décide de faire le tour du quartier à vélo avant le black-out qui commence à midi.

 

Des queues partout, la Poste, les pharmacies, les boulangeries… Je fais quelques emplettes chez mon charcutier-traiteur, un petit jarret aux lentilles c’est bon pour le moral.

 

L’air est vif.

 

Dans la cage d’escalier, à distance réglementaire, je dialogue avec mon voisin du 8e, en attendant l’ascenseur qui est si étroit, que nous évitons le tête à tête.

 

Je me mets au clavier pour ouvrir le premier chapitre de ce journal d’un confiné.

 

Que vais-je écrire dans les jours qui viennent ?

 

Je ne sais !

 

Pax pourrait me livrer ses commentaires sur la votation à Collioure puisqu’il y est descendu voter ?

 

Collioure -  Vue du Port

 

JPK pourrait lui aussi contribuer.

 

Vous pouvez tous m’aider, le camarade Bizot en premier.

 

Des conseils pour cuisiner confiné, j’y réfléchi.

 

Mes notes de lecture…

 

Mes hautes réflexions sur la situation…

 

Je publierai à midi.

 

À demain si vous le voulez bien !

 

CONFINEMENT, subst. masc.

[Correspond à confiner2]

 

A.− Vieilli. Isolement (d'un prisonnier) :

 

« Les quatre familles intéressées écrivirent à la cour pour solliciter la déposition, le confinement dans une forteresse, de l'homme convaincu de tant de désordres. »

Gobineau, Les Pléiades,1874, p. 219.

 

B.− Fait d'être retiré; action d'enfermer, fait d'être enfermé (dans des limites étroites).

 

« Ma pensée reste captive entre Claire et moi, (...) et je vais dans le jardin pour échapper à ce confinement de la tendresse »

Chardonne, Claire,1931, p. 203):

 

− Spéc. Interdiction faite à un malade de quitter la chambre

 

C.− BIOL. Maintien d'un être vivant (animal ou plante) dans un milieu de volume restreint et clos.

L’un des faux passeport de Raimondo Lanza di Trabia. « L’espion inattendu », d’Ottavia Casagrande : mon grand-père, ce héros ICI 

Histoire d’un livre. « L’Espion inattendu », d’Ottavia Casagrande, romance la vie de Raimondo Lanza di Trabia en 1939-1940. Mais à peine, tant le personnage est romanesque.

Par  Publié le 14 mars 

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17 mars 2020 2 17 /03 /mars /2020 06:00

Tom-7324.JPG Tom-7325.JPG

Le 6 avril 2009 j’ironisais : ICI  

 

« Aux yeux du monde, les vins de Bordeaux sont avant tout des vins de « châteaux ». L’existence de quelque cinq milliers d’exploitations utilisant aujourd’hui ce terme le confirme d’une façon éclatante. Le fait est là : près d’un viticulteur sur trois vend son vin sous le nom de « château ». Cette particularité bordelaise – il n’est pas ou peu de « châteaux » dans les autres vignobles du monde, sinon par imitation – mérite une analyse d’autant plus serrée que le terme est ambigu. » C’est ainsi que les auteurs de « Bordeaux vignoble millénaire » entament leur réflexion à propos du chapitre : Vins de Bordeaux vins de châteaux.

 

Profitant de la vague rose qui submergea le Palais Bourbon, en juin 1981, Catherine Lalumière, fut élue député de la Gironde et nommée, le 23 juin 1983, Ministre de la Consommation du second gouvernement Mauroy (elle finira sa carrière comme parlementaire européenne par la grâce de l’inénarrable Nanard qui, avec sa liste aux européennes de juin 1994 « Energie Radicale », où se trouvait aussi Noël Mamère, dézingua en plein vol celle de Michel RocardRachida Dati se trouvait placée en 54e position et Bernard Kouchner en 3e : ambigüité vous avez dit ambigüité).

 

gauche.jpg

 

Bref, la toute fraîche Ministre, sise au Louvre rue de Rivoli, avec un Jacques Delors Ministre de l’Économie et des Finances ne lui laissant guère d’espace, mais ayant les Fraudes mise à sa disposition – en ce temps-là elles étaient sous la tutelle du Ministre de l’Agriculture – et voulant imprimer sa marque jusque dans la 3ième circonscription de la Gironde, déclara vouloir mettre à plat l’épineux dossier des noms de châteaux. En 1981, les nouveaux arrivants avaient la mise à plat facile car c’était la version soft de « du passé faisons table rase ». Les hauts fonctionnaires des Finances, goguenards face à cette piétaille pépiante, eux, par leur silence hautain, jouaient « cause toujours tu m’intéresses. » Et moi dans tout ça je découvrais, pour parodier le nouveau slogan du CIVB : qu’on pouvait s’offrir un château de Bordeaux pour quelques euros. L’initiative de Lalumière fit long feu. Et moi, ayant la haute main sur la cave de la Présidence de l’Assemblée Nationale – fort bordelaise puisque nous succédions à Chaban-Delmas – je découvrais les « délices » des GCC avec Bruno Prats comme mentor.

 

Quelques chroniques de derrière les fagots pour éviter à PAX de surfer sur la Toile :

 

17 mai 2007

Acheter en primeur, c'est smart ICI  

 

9 avril 2010

Le défilé des élégances : deux jours passés au bord des podiums « rive gauche » des primeurs ICI  

 

7 mai 2010

Entretien à bâtons rompus, sans détour, avec Stéphane Toutoundji sur la cérémonie des Primeurs 2009 de Bordeaux ICI  

 

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Notre Dupont est d’abord badin

 

 

Les jonquilles sont déjà là, les violettes jalousent les primevères, Jean-Pierre Pernaut évoquera bientôt dans son journal de 13 heures le retour des crocus ou les premières asperges. Et à Bordeaux, c'est devenu un rite, on prépare la fameuse semaine des primeurs. Traditionnellement, toutes les nationalités ou presque intéressées par le vin défilent dans les chais ou patientent dans les cours des grands châteaux en attendant leur tour et la possibilité de mettre le nez dans un beau verre Riedel afin de humer les arômes du nouveau millésime toujours meilleur que le précédent.

 

Sauf que, cette année, avec le masque du Silence des agneaux sur le pif, l'affaire s'annonce coriace. Du moins pour les valeureux qui auront osé affronter le spectre du coronavirus lequel abreuve nos sillons à marche forcée. La Bourgogne a renoncé à ses « Grands Jours », mais, en terre d'Aquitaine qui vit rougir les épées de du Guesclin et du Prince noir, on maintient, malgré une rumeur infondée qui circula fin février bien vite démentie par les autorités compétentes. Reste à estimer, si elle a effectivement lieu, le succès de l'opération. À moins que l'Union des grands crus, l'organisatrice de la semaine, ne fasse appel à Philippe Martinez pour le comptage des participants, il serait vraiment étonnant que cette manifestation connaisse l'apogée de sa réussite.

 

Puis il pose le doigt là où ça fait mal : La mauvaise passe du vin français mais il tempère ce pessimisme Le vin haut de gamme s'oriente à la baisse<

La suite ICI 

 

Sans trahir de secret d’État, entre le sieur Dupont et le sieur Magrez ce n’est pas le grand amour mais comme disent les scribouilleurs de face de bouc : le Bernard il est incontournable…

 

Résultat de recherche d'images pour "Bernard Magrez"

 

Le Figaro lui a tendu son micro :

 

À l’approche de la Semaine des primeurs, le propriétaire de 42 domaines dans le monde livre sa vision des problèmes rencontrés par Bordeaux. Et évoque les solutions.

 

Vins surtaxés aux États-Unis et baisse des ventes, Brexit, coronavirus... Le secteur vitivinicole souffre de la situation internationale. Mais rien ne semble inéluctable pour Bernard Magrez, propriétaire de plusieurs dizaines de domaines en France et à l’étranger, dont quatre grands crus classés à Bordeaux. L’homme d’affaires explique les solutions adoptées par son entreprise pour rester compétitive dans une conjoncture difficile et un secteur où la concurrence des autres régions du monde se révèle plus soutenue que jamais.

 

LE FIGARO.- À l’approche de la Semaine des primeurs, durant laquelle les châteaux de Bordeaux vont présenter le millésime 2019 au monde du vin, le climat est-il tendu ?

 

Bernard MAGREZ.- Le climat est très tendu. Les négociants disent que la situation leur rappelle 2008 au moment de la grande cassure bancaire. Ils sont unanimes pour affirmer qu’ils rencontrent des difficultés de distribution et les mêmes incertitudes que nous avions connues au moment de la chute de la banque Lehman Brothers. Mais, en 2008, nous n’avions pas cette potentielle épidémie et la psychose générale qui l’accompagne.

 

LE FIGARO. - Dans un contexte mondial incertain, pouvez-vous cependant nous donner de bonnes nouvelles du marché bordelais ?

 

La suite ICI 

 

En revanche entre le Jacques et Bernard Farges c’est au beau fixe depuis ce fameux dimanche matin où il l’a interviewé sur son petit tracteur

 

Les vins de Bordeaux perdent du terrain en France face à la bière ICI 

Leur commercialisation est tombée en 2019 à son plus bas niveau depuis vingt ans. Malgré leurs succès à l’exportation, ces vins s’écoulent encore à 56 % dans l’Hexagone, et ce sont souvent les plus jeunes qui optent pour une pinte.

Par  Publié le 10 mars 2020

Primeurs : l’Union des Grands Crus suspend ses événements à Bordeaux ICI

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16 mars 2020 1 16 /03 /mars /2020 06:00

Arche de Noé

Le silence se fit lorsqu’il gravit lentement les degrés de la tribune du Parlement réuni en session extraordinaire dans une clairière de la forêt de Brocéliande.

 

Les sénateurs somnolaient, les députés pianotaient, le Président était inquiet « quels propos incongrus allait donc tenir cet hurluberlu ? »

 

Au banc du gouvernement ne manquait que le Ministre de l’Agriculture qui avait déclaré ne pas être concerné par le sujet.

 

Chacun savait que l’orateur ne lichait que des « vins nu », des poilus qui puent, c’était un drôle d’oiseau, un type qui utilisait encore des pinces à vélo, guerroyait contre ceux qui voulaient mettre les animaux en cage, se moquait des nouveaux Attila du terroir derrière qui l’herbe ne repoussait pas, un mécréant qui parlait, tel le François d’Assises, aux oiseaux, oui vraiment un drôle d’oiseau.

 

Sur les branches, des oiseaux, bien sûr, il y en avait, certains pépiaient, d’autres chantaient, sur terre la République des animaux était au grand complet, y’avait même une délégation de vers de terre. Les arbres échangeaient entre eux dans leur langage secret. Les herbes folles, des fougères, voisinaient avec des tapis de fleurs et des champignons. Dans les tribunes, les animaux domestiqués, serrés comme des sardines, attendaient patiemment  alors que les plantes OGM elles s’inquiétaient. Les poissons, les marins d’eau douce comme les flibustiers, s’étaient fait représenter par un poissonnier, alors que les bêtes sauvages des autres continents avaient choisi un fermier. Je dois en oublier mais peu importe « ils étaient tous là, y’en avait même qui étaient venus du Vatican. »

 

Bref, vous allez me dire : il est barjot ce Berthomeau !

 

La réponse est assurément OUI !

 

Mezzo Voce, l’orateur entama son prêche

 

« Naturellement ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire s’énoncent aisément… »

 

Seuls les afficionados du vin nu goûtèrent le sel de l’ironie de cette entame qui foudroyait les poseurs de barbelés autour des vins qui puent infoutus qu’ils étaient d’expliquer simplement au bon peuple ce qu’était leur vin nu.

 

Il ajouta pour enfoncer le clou « Se payer de mots est commode, c’est de la monnaie de singe pour fabricant de règlements abscons sous la férule de l’administration, des besogneux qui veulent tirer la couverture à eux… »   

 

Revenons à l’essentiel procédons avec MÉTHODE :

 

À l’origine la vigne était une liane folle, elle fut domestiquée franc de pied puis, dans certaines contrées attaquées par une sale bestiole américaine, greffée.

 

Parfois attachée à des piquets, taillée, rognée, effeuillée, relevée, nourrie, soignée, protégée, par la main de l’homme, dans certaines contrées arrosée, la vigne est devenue une créature de l’homme.

 

La vigne pleure, certains la font pisser, d’autres la font souffrir, elle gèle, preuve qu’elle est notre sœur en humanité.

 

Pour l’extraire plus encore de dame nature, les hommes au siècle dernier l’ont dopée aux engrais, l’ont bombardée de pesticides, sus aux ravageurs, aux champignons, aux mauvaises herbes, la chimie, la pharmacie seraient des remparts infranchissables pour protéger le raisin.

 

Entendez-moi bien, je ne lance pas à qui que ce soit la première pierre, simplement je dis sans risque d’être démenti : la vigne, même bio, est une plante domestique.

 

Le raisin qu’elle porte doit sans doute encore beaucoup à la nature mais plus encore à la main de l’homme.

 

Alors toutes les gloses sur la méthode nature appliquée à la vigne ne sont pas la hauteur de la transparence voulue par ses promoteurs.

 

Le raisin mûr est coupé par la main de l’homme ou vendangé à la machine, transporté, trié, parfois égrappé, parfois foulé aux pieds, pressuré, entonné,  devenu jus va fermenter pour devenir vin.

 

Et c’est là que tout se joue entre ceux qui domestiquent le vin et ceux qui, tout en veillant sur lui comme du lait sur le feu, le laisser s’ensauvager.

 

Je vais choquer certains mais c’est de même nature que de remettre les poules en quasi-liberté, les veaux dans le pré avec leur mère, de mettre les vaches laitières à brouter l’herbe des prairies naturelles, de planter des arbres à l’orée des champs, des vignes, d’enbuissonner à nouveau les parcelles pour permettre aux oiseaux de nicher, d’offrir aux abeilles de quoi butiner…

 

Et qu’on ne vienne pas me chanter que ce sont-là des niaiseries de nanti quand on sait comment ces 30 dernières années on a transformé beaucoup d’agriculteurs et d’éleveurs en fournisseurs de minerai pour transformateurs.

 

Nul retour en arrière passéiste que ce désordre bien maîtrisé, que ce petit espace de liberté où chacun assume sa responsabilité sans s’abriter sous les grandes ombrelles des labels certifiés qui plaisent tant aux grands prédateurs de la GD.

 

Vive les fonds de rayon où les flacons se couvrent de poussière !

 

Mon modeste souhait d’ensauvagement du vin ne met pas l’économie du vin en péril, il se contente de vouloir y instiller un peu de poésie, de singularité, d’aspérités, de fantaisie permettant à ce produit, dont nous n’avons nul besoin pour vivre au sens des besoins essentiels de notre corps, de retrouver du sens, convivialité, partage, un peu de douceur dans ce monde de brutes !

 

À quoi bon, à force de le domestiquer, le tirer vers le rayon boissons, vous savez ces liquides bien formatés, sans aspérités, reproductibles à l’infini, tristes même parfois sinistres ?

 

Si le vin veut conserver son statut d’héritier d’une culture millénaire il lui faudra ne plus se contenter d’aligner des lieux communs sur son authenticité, sa singularité, sa capacité à faire rêver, à procurer des plaisirs sans cesse renouvelés.

 

Sur les bancs officiels vous allez me dire : tout ça n’est pas sérieux !

 

J’en conviens, ce n’est rien qu’une petite fable où j’ai repris le souhait de Bruno Latour de voir créer un « Parlement des choses ». Un projet qui s'inspire de la logique des premiers Sommets de la Terre. Convaincu que la politique doit redevenir « cosmopolitique » et établir des liens durables entre tous les habitants de la Terre, le philosophe souhaite qu’un dialogue s’établisse entre les représentants des humains et ceux de leurs « non-humains associés ».

 

Dans ce Sénat réaménagé, d’une échelle forcément globale, siégerait ainsi un porte-parole pour chaque espèce dont l’humanité a besoin pour envisager son avenir : sénateur des forêts, des oiseaux migrateurs, des ordures ménagères, etc. Michel Serres enfonce le clou en proposant de remplacer notre vieux « contrat social » par un « contrat naturel » au sein duquel l’univers tout entier deviendrait sujet de droit. Parce qu’« il n’existe pas de collectif humain sans choses », il est nécessaire que « le monde pénètre lentement dans les décisions collectives »

 

Comme le dit Michel Serres dans une très belle phrase qui inverse le stoïcisme millénaire, «il ne dépend plus de nous que tout ne dépende pas de nous »

 

 

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15 mars 2020 7 15 /03 /mars /2020 07:00

Le comédien et metteur en scène Didier Bezace ici au Château de Grignan pour les Fetes Nocturnes 2015. (DELALANDE RAYMOND/SIPA)

Didier Bezace, comédien, metteur en scène, directeur de théâtre, fervent défenseur de la décentralisation ayant une haute idée de la culture déliée de l'audimat est mort à son domicile parisien, ce mercredi 11 mars 2020, à l’âge de 74 ans.

 

J’aimais beaucoup ce que faisait cet homme.

 

Grand moment de théâtre lorsqu’en 2004 j’ai pu, au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers, être le spectateur d’Avis aux intéressés de Daniel Keene qu’il avait mis en scène, avec Gilles Privat, Jean-Paul Roussillon. La pièce a reçu le Prix de la critique pour la scénographie et une nomination aux Molières pour le second rôle.

 

Un très grand moment de théâtre : « Les spectateurs bouleversés restent assis, abasourdis à la fin du spectacle. »

avis aux intéressés - Théâtre de la Commune

Le vieil homme (JP Roussillon) arrive au terme de sa vie. Il le sait. Les médecins lui ont donné trois mois. Il a pris rendez-vous à l’hôpital. Il aura une chambre, des draps propres, des médicaments pour calmer la douleur. Des gens vont s’occuper de lui. Léo (Gilles Privat) le regarde, les yeux vides. Léo est un enfant attardé. Il a quarante ans.

 

Que faire de lui?

 

Qui s’occupera de son fils après lui?

 

Ce qui frappe dans l’écriture de Keene est l’apparente banalité de ses phrases. Avis aux intéressés est une pièce courte où les silences éloquents répondent à des phrases brèves, faussement insignifiantes. Le vieil homme s’est retiré du monde, s’enfermant dans sa relation avec son fils. L’imminence de sa mort le force à sortir de son silence pour trouver une solution confortable pour lui et son fils. Daniel Keene conduit ses personnages dans différents lieux de rencontre parallèles, une banque, une gare, une salle d’attente. Le père parle. Ces quelques phrases, au vocabulaire simple, charrient toute une vie, tout un destin aliéné.

 

Didier Bezace parle très bien de la pièce:

 

«... l’Amour. Cette découverte rédemptrice constitue le vrai dénouement de la pièce».

 

Didier Bezace réalise un chef-d’œuvre de mise en scène.

 

La pièce se déroule dans beaucoup de lieux, en autant de petites saynètes, et même comme des clignements d’yeux. La silhouette penchée du vieil homme affligé, ou bien suivi par son fils, l’homme attablé dans sa cuisine, écrivant une missive, sont comme des vignettes de dessin aux traits vifs. Didier Bezace a imprimé des images fortes sur le texte de Keene, il y a une part d’enfance tragique dans cette fable.

 

Jean-Paul Roussillon est un immense comédien, on le sait. Mais ce qu’il y a de remarquable avec les grands comédiens est qu’ils nous surprennent encore. La force de son talent est telle que l’on oublie qu’il s’appelle Roussillon. Pendant la pièce, il est le père, tout simplement, il n’a pas de prénom, il est le père fatigué, usé, lié à son fils par les liens physiques, une relation basée sur les demandes du corps de son fils, le froid, la chaleur, la faim, le sommeil. Roussillon, à la diction inimitable, donne à chaque syllabe son sens. En face de lui, Gilles Privat interprète Léo. Il est surprenant.

Mort du célèbre Didier Bezace, comédien et metteur en scène

DIDIER BEZACE, MORT D'UN BÂTISSEUR DU THÉÂTRE

Par Didier Péron et Ève Beauvallet

— 12 mars 2020

 

«On est tous des raconteurs d’histoires.» Surtout Didier Bezace, dont on apprenait mercredi la mort, trop tôt, à 74 ans, des suites d’une longue maladie. Un raconteur autant qu’un bâtisseur. L’acteur, metteur en scène, directeur de théâtre charismatique et enflammé, laisse derrière lui des souvenirs d’interprétation et de mises en scène – d’Antonio Tabucchi à Marguerite Duras – mais lègue donc aussi un bâti, des murs avec une histoire, à une nouvelle génération de spectateurs et d’acteurs soucieux de réinvestir les édifices de théâtre.

 

Voix caverneuse et granuleuse

 

Le théâtre était avant tout pour lui un art du texte dont il s’agissait toujours d’aller donner les codes de lecture à tous. Une religion qui le poussa à brandir haut et bruyamment les valeurs de la décentralisation théâtrale jusque dans la banlieue, rouge évidemment, d’Aubervilliers. De 1997 à 2003, il dirigea là-bas le Théâtre de la Commune, monta avec le maire de la ville Jack Ralite des cafés philosophiques, aiguisa son goût pour les «pessimistes gais» comme l’auteur Raymond Guérin, discuta des soirs durant au restaurant avec des spectateurs en fin de spectacle, fit tonner sa voix caverneuse et granuleuse, sur les grands textes du répertoire ou les donna en partition aux «monstres» de sa génération : Pierre Arditi en Arnolphe de l’Ecole des femmes, c’était dans la cour d’honneur du Palais des Papes en 2001.

D’une noce à l’autre - Un metteur en scène en banlieue

Le théâtre n’a pas de mémoire et ce livre n’y pourra rien. Il me donne juste l’occasion de m’arrêter un moment avant de partir et de réfléchir à une démarche artistique que j’ai construite au présent d’année en année, pendant quinze ans.

 

A travers les témoignages, les réflexions, les images, il fait ressurgir, pêle-mêle et sans volonté chronologique, des objets, des bouts d’espace, des regards, des gestes et des expressions volés sur scène... Ce sont les moments de la création théâtrale telle que j’ai voulu la vivre en banlieue à Aubervilliers, entouré d’une équipe fidèle qui m’a accompagné durant tout ce temps.

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14 mars 2020 6 14 /03 /mars /2020 12:35

L’image contient peut-être : boisson, nourriture et intérieur

L’anti-virus maison la rhum-raisins

 

 

Vu mon grand âge la puissance publique m’ordonne de rester confiné chez moi afin d’échapper au fameux virus mais demain à la première heure j’irai voter à pied.

 

Ça ne me dérange pas vu qu’à mon 9ième étage je peux vivre au grand air et que, pour faire mes courses, je n’ai nul besoin de la RATP, vu que je fais du vélo.

 

L’image contient peut-être : nourriture

 

Quand je parle de mes courses, il s’agit du pain et des denrées périssables, comme je suis amateur de pasta mes placards regorgent de tout ce qui se fait en la matière, nul besoin donc de dévaliser l’épicier du coin.

 

Les écoles ferment, les rassemblements s'annulent, les quarantaines sont appliquées. Les Français sont pourtant attendus nombreux pour voter aux élections municipales les dimanches 15 et 22 mars 2020. Entre autres mesures pour se protéger de l'épidémie de Covid-19, pas de gants, mais des mains propres et un stylo personnel, recommande notamment le gouvernement dans une circulaire le 10 mars 2020. Des mesures globales seront ainsi prises aussi bien en termes d'aménagement pur des bureaux de vote que de comportements jugés plus hygiéniques.

 

homme avec masque chirurgical et cartes d'électeur

 

Objectif : « garantir la tenue du scrutin et d'assurer la protection sanitaire des électeurs comme des responsables des opérations électorales au sein des bureaux de vote. » ICI

 

Parisien je SUIS je vais donc vous parler du scrutin à PARIS :

 

Rue Daguerre avec passants © Studio TTG

 

  1. Élections municipales à Paris: les arrondissements clés du scrutin

 

À Paris, comme à Marseille et Lyon, il faudra surveiller de près les résultats dans plusieurs arrondissements.

 

Ceux qui pourraient basculer, ceux où la droite se divise, le regroupement pour la première fois des 1e, 2e, 3e et 4e arrondissements...

 

Surprise, surprise les sondeurs ne se sont pas risqués à aller tâter le pouls des électeurs dans les arrondissements

 

  • 12e et 14: sur le point de basculer ?

 

Les 12e et 14e arrondissements, avec chacun 10 conseillers de Paris élus, sont décisifs pour les élections municipales. Ces deux secteurs devront rester aux mains de la gauche pour qu'Anne Hidalgo puisse espérer conserver l'Hôtel de Ville.

 

Outre la dimension politique, s'ajoute dans ce secteur une dimension humaine: dans le 12e, Emmanuel Grégoire, qui défend les couleurs de la liste d'Anne Hidalgo, devra affronter l'ancienne candidate socialiste dont il était directeur de campagne en 2014, Sandrine Mazetier, recrutée par la macronie à la dernière minute, en décembre. Depuis ce départ, les deux candidats prennent soin de garder leurs distances lorsqu'ils se croisent.

 

Dans le 14e, où je vote plusieurs questions se posent:

 

  • le mathématicien Cédric Villani parviendrat-il à atteindre les 10% pour maintenir sa liste au second tour ?

 

  • Avec qui la liste LREM, menée par Eric Azière (UDI) et Marlène Schiappa, fusionnera-t-elle pour le second tour, si elle le fait, après que la secrétaire d'Etat a refusé de s'allier à Rachida Dati?

 

  • Dans ce secteur, si Cédric Villani se maintient, une quadrangulaire est à attendre.

 

  •  15e, 16e et 17e: la droite divisée

 

Dans le 15e, qui fournit le plus gros bataillon de conseillers de Paris (18), où Anne Hidalgo ne se présente plus, rien ne va plus entre la candidate à la mairie de Paris, la LR Rachida Dati, et le maire LR sortant Philippe Goujon qui a refusé de la soutenir publiquement. Un refus qui a valu au candidat d'avoir une liste officielle estampillée LR en face de lui.

 

Dans le 16e (13 conseillers de Paris), 3 listes de droite s'affrontent (celle de Francis Szpiner soutenue par LR, de la maire sortante Danièle Giazzi et celle de Céline Boulay-Espéronnier, toutes deux dissidentes) au premier tour, laissant LREM espérer profiter de la division.

 

Dans le 17e, si le problème du premier tour a été réglé, reste celui du second: que fera Geoffroy Boulard, maire d'arrondissement sortant, qui s'est déchiré un temps à l'automne avec Rachida Dati, qu'il refusait de soutenir publiquement.

 

  • Fusionnera-t-il avec la liste conduite par la LREM Agnès Buzyn, candidate à la mairie de Paris?

 

  • Ou maintiendrat-il sa liste LR ?

 

  • 11e, 18e, 19e et 20e: EELV affiche ses ambitions

 

Forts d'un sondage qu'ils ont commandé dans le 20e, les écologistes visent en priorité cet arrondissement comme ses voisins, les 18e et 19e, mais aussi... le 11e.

 

Le 11e  est le plus dense de Paris, celui dans lequel les écologistes se sont beaucoup mobilisés notamment contre le projet du TEP Ménilmontant", avance un proche du candidat EELV David Belliard. Mais il y a un hic: c'est dans le 11e que s'affrontent deux candidats alliés dans la majorité sortante: Anne Hidalgo (deuxième sur la liste "Paris en commun") et David Belliard (premier sur la liste EELV).

 

  • 1er, 2e, 3e et 4e: le nouveau « superarrondissement »

 

C'est le secteur né de la fusion entre les 1er, 2e, 3e et 4e arrondissements, après l'adoption du nouveau statut de Paris. Jusqu'à présent ces mairies étaient aux mains, respectivement, de la droite LR, d'EELV, et du PS pour les deux derniers. Ils envoient au total 8 conseillers de Paris.

 

Rachida Dati, candidate LR aux &eacute;lections municipales parisiennes de 2020. | Jo&euml;l Saget / AFP Rachida Dati, candidate LR aux élections municipales parisiennes de 2020. | Joël Saget / AFP

 

  1. Municipales : pourquoi Rachida Dati a peu de chances de gagner Paris

 

Le POINT dans une longue vidéo épingle méchamment la carrière politique de Rachida, ça vaut son pesant de dérives...

 

Puis  Hugo Domenach explique qu’elle a peu de chances de devenir maire de Paris.

 

Si Rachida Dati a permis à la droite de relever la tête dans la capitale, il faudrait un miracle, ou un trou de souris, comme dirait François Hollande, pour qu'elle s'assoie dans le fauteuil d'Anne Hidalgo à l'issue du scrutin. Certes, les sondages donnent la candidate du parti Les Républicains devant la maire de Paris. Mais la plupart sont réalisés à l'échelle de la ville, solution la moins coûteuse pour ceux qui les commandent. Or, la course à l'Hôtel de Ville n'est pas un concours de popularité. Pour l'emporter, il faut d'abord gagner des mairies d'arrondissement. Et ce sont les listes victorieuses à l'issue des deux tours qui enverront le plus grand nombre d'élus au Conseil de Paris. Autant de grands électeurs qui voteront à l'issue d'un troisième tour pour le maire de la capitale.

 

La suite ICI 

 

  1. J’ai un faible pour Villani et sa coéquipière dans le 14e vous allez savoir pourquoi…

 

Parce que je ne suis pas sérieux, les réponses de Villani sur le foot sont des bijoux, quant à sa coéquipière allez donc demander à Hubert ce qu’il pense de sa pugnacité ?

 

Dans le QG du candidat, un appartement situé à deux pas de Notre-Dame, sa jeune équipe offre finalement un café, la discussion, et une accroche toute faite : « On est l'équipe qui s'y connaît le plus en football pour le candidat qui s'y connaît le moins. »

 

Question : pourquoi alors avoir longtemps feint l'inverse ?

 

Réponse : parce que Villani, et c'est une surprise, ne calcule pas tout très bien.

 

CÉDRIC VILLANI : « FACE À RIBÉRY, J'AURAIS L’AIR D’UN CRÉTIN ABSOLU »

 

Il s'est fait piéger une fois. Deux fois. Trois fois. Encore et encore, par des journalistes qui voyaient là une belle occasion de coincer un candidat à la mairie de Paris sur un sujet inconnu pour lui. Qu'on se le dise : Cédric Villani est une pipe en football. Alors, quand il a accepté d'en parler pendant une heure, on a foncé.

 

PROPOS RECUEILLIS PAR THÉO DENMAT VENDREDI 13 MARS

 

- On peut présumer que vous ne connaissez pas Xavi.

 

- Vous présumez bien.

 

 

- Pourtant, Xavi est le joueur de foot qui se rapproche le plus de vous. Il était surnommé « La petite fille de l’Exorciste » parce qu’il passait son temps sur le terrain à pivoter la tête pour quadriller le terrain visuellement. C’est une forme d’intelligence mathématique.

 

 

-Quand on passe dans le jeu d’équipe, toute l’analyse combinatoire est absolument fascinante. C’est d’une richesse potentielle juste extraordinaire. On peut analyser la façon de configurer, les positions relatives, les combinaisons... Dans le temps, au lancer de disque, l’Israélien Gideon Ariel faisait beaucoup de simulations et de modélisations informatiques pour améliorer ses gestes. Le physicien peut faire des calculs, mais ça n’est pas pour autant qu’il va être avantagé quand il s’agira de tirer un coup franc. L’effet est un produit de la répétition de l’apprentissage. Et les deux approches distinguent deux façons d’aborder le monde, l’une où l’on s’y confronte avec l’expérience et les outils, l’autre dans laquelle on calcule. À très court terme, c’est l’approche expérimentale qui marche le mieux. Mais si on veut avoir une précision centimétrique, évidemment l’approche scientifique sera la meilleure.

 

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- Si vous aviez les jambes de Zidane, pensez-vous que vous auriez également sa tête ?

 

- On sait bien qu’il y a un aller-retour entre le physique et le cerveau, et que la relation de l’un sur l’autre influe sur la coordination. Mais je pense que l’on peut très bien avoir une grande intelligence de jeu et pas de jambes, ou l’inverse, ou la bonne combinaison.

 

 

Son directeur de campagne intervient : Pour avoir suivi la carrière de Zidane et celle de Cédric Villani, je pense que Cédric aurait été Deschamps, pas Zidane. Parce que Zidane il y a la partie intuitive. Deschamps, on est plus dans la raison.

 

 

La suite ICI 

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14 mars 2020 6 14 /03 /mars /2020 06:00

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 Le saint curé d'Ars : art sulpicien

Le Verdon n’est pas une rivière mais vient de viridis : vert, verdoyant ajouté à Saint-Sulpice (patronage d'une chapelle dédiée depuis 1182 à saint Sulpice, évêque de Bourges (mort en 591), dont l’origine est un pré placé dans le fief de la Chabotterie.

 

Les 978 habitants sont appelés Sulpiciens, Sulpiciennes.

 

Pour Pax et JPK :

 

Au sens propre, l'art sulpicien désigne les objets que l'on vend dans les boutiques spécialisées qui avoisinent l'église du même nom à Paris : art industriel et économique, de médiocre qualité, où la mièvrerie et l'affadissement du style rassurent et portent en quelque sorte le cachet d'un art officiel, orthodoxe et sans excès.

 

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Saint-Sulpice-le-Verdon est un petit patelin vendéen situé entre les Lucs-sur-Boulogne (haut lieu de la martyrologie de la guerre de Vendée) et L’Herbergement, au sud de Montaigu (vous savez de Nantes à Montaigu la digue, la digue…) les 978 habitants (appelés Sulpiciens, Sulpiciennes) à 22 minutes en voiture de la gare de La Roche-sur-Yon.

 

Image illustrative de l’article Logis de la Chabotterie

 

Le logis de la Chabotterie :

 

  • Le 23 mars 1796, François-Athanase Charette de La Contrie, dit Charette, est capturé par le général Travot dans le bois de la Chabotterie. Une croix marque le lieu de cet événement de la guerre de Vendée.

 

  • Depuis 2004, la Chabotterie accueille La Simphonie du Marais, ensemble musical fondé par Hugo Reyne.

 

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Lorsqu’une qu'une personne part de son logement très vite et en général sans laisser d'adresse nouvelle, on dit qu’elle a déménagé à la cloche de bois.

 

L'origine de l'expression remonte au XIXème siècle où les gens « déménageaient à la ficelle » c'est à dire qu'ils partaient par la fenêtre (une corde qui permettait de sortir directement ses affaires par la fenêtre, sans se faire remarquer par le concierge)

 

Une cloche était souvent installée au-dessus des portes pour que le ou la concierge puisse surveiller les entrants et les sortants. Comme le bois ne tinte pas, l'idée derrière cette expression est donc de ne pas faire tinter la cloche, de ne pas faire de bruit en quittant un lieu.

 

Bref, jusqu’au matin du 12 mars j’ignorais que ce petit patelin où je n’ai jamais mis les pieds, abritait 1 hôtel quatre étoiles et du restaurant étoilé tenu par le sieur Thierry Drapeau. ICI 

 

 

 

Les numéros de l'hôtel quatre étoiles et du restaurant étoilé du domaine de la Chabotterie à Saint-Sulpice-le-Verdon (Vendée), sonnent dans le vide depuis bientôt deux semaines. Des clients qui ont réservé il y a quelques mois continuent de venir, mais trouvent portes closes depuis le lundi 2 mars dernier. Pour cause : le chef étoilé Thierry Drapeau a tout fermé, du jour au lendemain, sans prévenir, avant de quitter la France pour l'Asie. Il aurait, selon nos informations, licencié son personnel, emporté avec lui le mobilier, chaises, tables, appartenant au département qui lui louait le restaurant.

 

Des clients ont déjà payé

 

Sur le site internet du domaine, une phrase annonce la fermeture à demi-mot, l'espace boutique en ligne est en maintenance. Des clients qui ont néanmoins acheté ou reçu un bon cadeau il y a quelque temps pour un repas n'ont pas pu en profiter, comme le témoigne ce commentaire sur Trip Advisor, qui a depuis disparu :

 

Depuis une semaine, le restaurant et l’hôtel sont fermés. Une décision prise sans prévenir, que ce soit la commune de Saint-Sulpice-le-Verdon, ou les clients.  Même son personnel aurait été informé sur le tard. Un « scandale » pour certains qui n’apprécient pas la manière peu cavalière du restaurateur. « Incompréhension » pour les plus modérés.

 

Nouvelle vie en Asie

 

Le chef est finalement sorti de son silence ce mercredi 11 mars, et s’est expliqué sur sa page Facebook.

 

Dans ce message, Thierry Drapeau dit au revoir à sa manière aux Vendéens. Il explique un parcours de vie qui l’a poussé jusqu’à cette décision finale.

 

Le chef admet des « erreurs du passé » qu’il ne souhaite plus reproduire. Et veut désormais concilier vie professionnelle avec vie privée

 

Le restaurateur a décidé de vivre une « nouvelle vie » en Asie, avec son épouse vietnamienne et leur fils Tân. Un continent sur lequel il a ouvert un restaurant à Phnom Penh, au Cambodge, le Cheval Blanc, depuis janvier dernier, et où il s’apprête aussi à ouvrir une nouvelle table au sein du Bangkok Hôtel Gallery, en Thaïlande.

 

Partir, c’est mourir un peu. Un choix difficile de laisser derrière soi une partie de sa vie », écrit le chef. 

 

Thierry Drapeau explique avoir passé « des jours et des nuits à peser le pour et le contre » pour finalement décider « un matin, avec un pincement au cœur, que l’on ne changera pas d’avis ».

 

Il s’excuse aussi de ce départ précipité, sans expliquer pourquoi autant de mystère.

 

Une très grande pensée pour tous ceux et celles qui m’ont accompagnés et fait confiance… Pour tous ceux également qui se sentiront blessés et trahis par ce départ soudain », confie-t-il sur sa page

 

Quel avenir pour le restaurant et l’hôtel de la Chabotterie ?

 

Si une nouvelle histoire attend Thierry Drapeau à Bangkok et Phnom Penh, qu’en est-il de la table vendéenne et de l’hôtel, atouts touristiques indéniables pour la Vendée ? Questions qui  restent pour l’heure ouvertes

Paul* s'est occupé de la communication du restaurateur étoilé du domaine de La Chabotterie pendant près de deux ans. Ce dernier lui doit plus de 10.000 euros et ne l'a pas prévenu de son départ pour l'Asie. Il tente malgré tout d'expliquer son choix.

 

"Les chefs étoilés ont une très grande valeur en Asie"

 

D'après Paul, "les chefs étoilés ont une très grande valeur en Asie". Dans un message Facebook posté par Thierry Drapeau pour expliquer son choix, il fait référence à deux établissements qui portent son nom au Cambodge et en Thaïlande. "Ils ne lui appartiennent pas, il donne juste son nom", explique son ancien collègue. 

 

"En Asie, un chef étoilé peut toucher 2.000 dollars pour trois dîners (...) En France, vous avez une entreprise avec un hôtel un restaurant, vous êtes quasiment à un million 700 mille euros de chiffre d'affaires et, après les charges, vous avez à peine de quoi vous dégager le Smic", défend-il. Néanmoins, il reconnaît que Thierry Drapeau a la folie des grandeurs : il avait, raconte-t-il, dans son garage, une Maserati, une spider, une berline... 

 

Thierry Drapeau n'est pas un exceptionnel gestionnaire", Paul

Le chargé de communication, qui réclame encore plus de 10.000 euros à Thierry Drapeau, dépeint le portrait d'un "grand cuisinier qui se sert des gens et qui ne les remercie pas forcément".  D'après lui, ce "n'est pas un exceptionnel gestionnaire, ce chef avait un train de vie hors norme..." La perte de sa deuxième étoile l'an dernier, que Paul explique par les aller/retour incessants du chef entre l'Asie et la Vendée, a provoqué la chute de 25 à 30% du chiffre d'affaires du domaine de La Chabotterie. 

 

Malgré ces explications, Paul ne comprend pas pourquoi Thierry Drapeau est parti si vite. "Son idée c'était de rapatrier le restaurant au sein de l'hôtel [qui porte le même nom] parce que l'hôtel lui appartenait, il avait le projet de faire un couloir de nage à l'extérieur, un espace piscine pour attirer de la clientèle et développer un nouveau business", indique-t-il. S'il est autant déçu, c'est parce que "Thierry devait rester en France jusqu'au mois de mai, jusqu'au mariage de sa fille, en plus le bail du restaurant de La Chabotterie s'arrêtait au mois de mai... Il s'était aussi engagé à réaliser l'intégralité des bons cadeaux qui avaient été pris à Noël". 

 

Le guide Michelin reste un tremplin selon Thierry Drapeau

 

L’an dernier, le chef de La Chabotterie a perdu sa 2e étoile. Le Vendéen reste néanmoins fidèle au guide rouge. Et il travaille pour reconquérir cette étoile perdue. Pierre Dalicieux l’a retrouvé en cuisine.

LES COLONNES INFERNALES A SAINT-SULPICE-LE-VERDON EN 1794

 

C'est au mois de janvier 1794, que, pour en finir avec les royalistes, la Convention organise douze colonnes dont les commandants reçoivent les instructions officielles suivantes : ICI 
 

"Tous les brigands ... seront passés au fil de la baïonnette. On en agira de même avec les filles, femes et enfants qui seront dans ce cas. Les personnes seulement suspectes ne seront pas plus épargnées. Tous les villages, métairies, bois, genêts et généralement tous ce qui peut être brûlé sera livré aux flammes ..." Le pays de Charette sera occupé par huit de ces colonnes, si justement dénommées les colonnes infernales, placées sous les ordres des généraux Haxo, Dutruy, Cordellier, etc.


Ces généraux partent le 22 février, chacun de leurs cantonnements respectifs, à la poursuite de Charette, qui, avec son habileté ordinaire, se retire, le 25, vers Saint-Hilaire-de-Loulay. Cordellier, le premier averti de cette contre-marche, se met aussitôt en route, passe à la Chevasse et à l'Herbergement et arrive à Saint-Hilaire, mais déjà Charette a disparu, se reportant sur Saint-Sulpice et les Lucs en suivant des chemins détournés. Cordellier court derrière lui, l'atteint aux landes de Boisjarry, en Mormaison, où il trouve une défaite complète, le 28 février au matin.

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13 mars 2020 5 13 /03 /mars /2020 06:00

couverture du n°557 de 60 Millions "S?CF, tout déraille"

Les Français sont des veaux ironisait le grand Charlot (désolé pour la familiarité c’est pour la rime), ils pensent bouffer du bœuf alors que leur steak haché c’est de la vache laitière de réforme moulinée soit chez le boucher, soit dans les rayons de la GD frais ou surgelé.

 

Ce marché représente dorénavant 48 % des différents types de viandes de bœuf achetés par les ménages.

 

Résultat, plus de 52 % de la viande transformée provient des vaches de races laitières contre 28 % pour celles issues de races à viande et 15 % de jeunes bovins. Et faute d’animaux légers disponibles sur le marché intérieur, les industriels n’hésitent pas à s’approvisionner à l’étranger en carcasses et en découpes d’animaux légers.

 

La France est ainsi le principal importateur de vaches laitières européennes des Pays Bas, d’Irlande et d’Allemagne essentiellement. Elles représentent 80 % des volumes de viande achetés.

 

Les viandes bon marché d’origine polonaise ont de plus en plus la côte mais aussi les jeunes bovins élevés en France et initialement destinés à l’export. Déclassifiée et devenue bon marché, leur viande pauvre en matière grasse, n’en est pas moins appréciée. 

 

Ils en bouffent de plus en plus, ils en gavent leurs mouflons, ça leur évite de mâcher, faut dire que la viande de bœuf fraîche, c’est-à-dire peu rassise, même pas maturée, s’apparente à de la semelle.

 

Autrefois les bouchers l’attendrissait, aujourd’hui certains la frappe avec violence pour que les fibres éclatent.

 

On peut attendrir la viande principalement avec 3 types d’appareils d’usage courant :

 

Le maillet : c’est un instrument qui s’apparente à un marteau, dont la tête du manche est dotée de deux faces. Le recto est souvent une face plate tandis que le verso est équipé d’une face avec des picots en forme de pyramidions conçus pour piquer et attendrir la viande. Il arrive sur certains modèles que les deux faces aient la même fonction. La plupart du temps, ces attendrisseurs sont en inox pour une meilleure hygiène.

 

Le batteur ou aplatisseur : ce modèle, en acier inoxydable ou en fonte, dispose d’un manche court avec une face ronde, généralement lisse ou quelquefois munie de picots.

 

L’attendrisseur à lames : celui-ci est muni d’une série de lames (de 48 à 56 lames selon les modèles) qui pénètre la viande en brisant les fibres. Le plus souvent, l’ustensile dispose d’une plaque qui permet aussi d’aplatir la viande.

 

Il existe une variante à roue crantée, munie d’une poignée, que l’on roule sur la viande en créant des aspérités. Une version particulièrement facile à utiliser pour rendre les steaks plus fondants.

 

Bref, on voit mal votre boucher vous dire « madame Michu j’ai de la vieille carne voulez-vous que je vous l’attendrisse ? »

 

L’heure est au steak haché frais ou surgelé généralement acheté dans les rayons de la GD.

 

Si je vous en parle ce n’est pas que je sois consommateur de vache moulinée mais parce que le jeudi 27 février, le magazine 60 millions de consommateurs a publié une étude concernant les steaks hachés frais ou surgelés que l’on retrouve dans les grandes surfaces. Résultat, les steaks hachés bio se retrouvent en queue de peloton.

 

Au total, 29 produits "100 % pur bœuf" ont été testés et répartis en deux catégories selon leur taux de matières grasses : les 15 % et 5 %. L’analyse a été effectuée à partir de multiples caractéristiques : mesures des paramètres physico-chimiques (taux de collagène, sel, protéines...), analyses microbiologiques (afin d’identifier l'éventuelle présence de souches pathogènes) et histologique (présence de cartilage, d’os ou de graisses). Une note sur 20 a été attribuée à chacun des steaks étudiés.

 

Collagène excessif, fragments d’os, manque de protéines... Les steaks bios n'ont pas la cote

 

Les steaks hachés bio sont les mauvais élèves du classement.

 

En effet, parmi la catégorie 15 % de matières grasses, les trois derniers du classement sont porteurs de la fameuse annotation bio :

 

  • le « steak haché bœuf » de la gamme Ensemble de Biocoop,

 

  • le « steak haché façon bouchère » de Naturalia

 

  • celui de Jean Rozé (Intermarché) avec les notes respectives de 12, 11,5 et 9,5 sur 20.

 

Par comparaison, le meilleur produit, les « steaks hachés » de Casino, a obtenu la note de 15/20.

 

Ce qui pose problème ?

 

Les steaks Naturalia sont trop chargés en collagène traduisant une « viande de moindre qualité, polluée par la présence de tendons, tissu nerveux ou membranes fibreuses »

 

Les steaks de chez Biocoop présentent quant à eux de grosses lacunes au niveau microbiologique

 

Les steaks Jean Rozé ont un taux de protéines trop faible et contiennent des fragments d'os : « Sans danger pour la santé du consommateur, cette présence reflète surtout une mauvaise découpe du muscle »

 

Concernant les steaks hachés 5 % de matières grasses, le résultat est le même : les "bio" se retrouvent derniers du classement, notés 12,5 et 11,5 sur 20. Face à eux, les premiers de la classe sont les steaks hachés surgelés Casino ou Auchan, avec les notes respectives de 15 et 16,5 sur 20.

 

Du côté des steaks 5% de matières grasses, les deux moins bien notés sont eux aussi de marques bio. Il s’agit des « Steaks hachés » de Carrefour Bio et des « Steaks hachés » de Bio Village (E. Leclerc). Tous deux ont une microbiologie peu satisfaisante. Leurs notes sont de 12,5 et 11,5 sur 20, la meilleure note étant de 16,5/20.

 

Bon point aux surgelés

 

Contre toute attente, ce sont les steaks hachés surgelés qui obtiennent de meilleures notes.

 

Les steaks hachés frais « laissent à désirer » - et davantage pour les steaks 5 % - : « La moitié d’entre eux dépasse la limite recommandée par la Fédération du commerce et de la distribution (...). Les surgelés sont quant à eux irréprochables, ou presque. Encore faut-il respecter la chaîne du froid »

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12 mars 2020 4 12 /03 /mars /2020 06:00

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C’était en août 1998

 

Lorsque je fus dépêché, en plein mois d’août, par le Ministre de l’époque Louis le Pensec, sur le conseil d’un certain Jean-Luc Dairien actuel directeur de l’INAO, c’est les stocks de Rivesaltes avaient atteint la limite du supportable et que le château de cartes artificiellement tenu par le CIVDN s’écroulait. C’était chaud : un vigneron fut embastillé pour avoir balancé un cocktail Molotov dans les chais d’un négociant qui cassait les prix. Le président du CIVDN de l’époque Bernard Dauré ne contrôlait plus rien.

 

L’économie de la viticulture roussillonnaise était l’une des pires de France, le revenu viticole était le plus bas de France, bref, il fallut faire sauter le CIVDN, créer le CIVR pour fédérer les vins secs et les vins doux. Faire comprendre, y compris aux politiques de l’époque la SOCODIVINS, que l’avenir du Roussillon ne se trouvait pas dans le renouveau des VDN de masse.

 

Ce petit rappel historique pour dire l’état de la viticulture roussillonnaise  à l’entrée du XXIe siècle. Je n’irai pas au-delà de ce constat pour ne pas apparaître comme un ancien combattant mais j’ai passé 18 mois de ma vie, à raison de 2 ou 3 jours par semaine à sillonner le Roussillon profond. Pas pour y faire du tourisme ou de la dégustation, mais pour me frotter aux hommes de ce pays. J’ai même connu en ce temps-là un certain Hervé Bizeul en son fief qui n’avait pas encore découvert la Petite Sibérie…

 

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Quelques questions en vrac :

 

-          Les Vignerons catalans, qui s’en souvient ?

 

-          La Martiniquaise what else ?

 

-          Le Grand Roussillon c'était quoi au juste ?

 

-          L’économie de Banyuls a-t-elle été sauvée par le Collioure ?

 

-          Celle du Maury et de sa coopé « soviétique » a-t-elle raté le bon wagon ?

-          Demandez-donc à Jean-Luc Thunevin ce qu’il pense de la rentabilité de son investissement à Maury ?

 

-          Quel est le poids de la coopération en Roussillon ?

 

-          Le Mas Amiel joue quelle carte ?

 

Le Mas Amiel Repris en 1999 par le dynamique Olivier Decelle, fondateur avec son père de la marque de surgelés Picard, également propriétaire à Bordeaux (Jean-Faure à Saint-Émilion, Haut-Maurac en Médoc et Haut-Ballet à Fronsac)

 

15 février 2011

Trictrac baraque : lettre à Bernard Rouby Président du cru Maury ICI 

 

Cher Bernard Rouby,

 

En des temps difficiles, alors que je venais de débarquer à Perpignan dans la touffeur du mois août pour démêler les nœuds que la confrérie des VDN avaient su embrouiller avec une certaine facilité, médiateur donc, je vous ai reçu avec une petite poignée de vos amis. Vous étiez minoritaires, peu écoutés de la nomenklatura locale. En vous rappelant cela loin de moi de faire de vous mon obligé, comme vous le savez ce n’est pas le style de la maison.

 

Et puis, alors que je faisais un peu partie du paysage de votre beau département, une fin de journée je suis monté à Maury accompagné d’un natif du lieu : Jean-Pierre Borie, alors président de l’Interprofession des vins secs, pour sur l’invitation d’un groupe qui souhaitait se libérer du joug d’un petit potentat local faire le travail. C’était dans la grande salle communale, un vendredi soir je pense, il y avait beaucoup de monde. Je crois avoir ce soir-là mouillé le maillot. Paul Armengaud s’en souvient sans doute. Là encore je ne suis pas en train d’accumuler du crédit à l’endroit des vignerons de Maury.

 

Cependant, chers amis, si vous me permettez cette appellation, le mieux est souvent l’ennemi du bien : avec les meilleures intentions du monde il arrive parfois d’écraser des gens qui n’en peuvent mais. Bien évidemment, loin de moi l’intention de m’immiscer dans les affaires de l’ODG de Maury pour une histoire bien française consistant à se barricader dans son aire. Les erreurs du passé ne justifient pas forcément ce repli sans nuance sur soi-même. Ce n’est là que mon opinion mais j’en appelle au bon sens vigneron pour que l’esprit des origines des AOC retrouve de la vigueur et de la réalité. Vos pères n’auraient jamais édictés des règles aussi peu soucieuses de la vie en commun.

 

16 février 2011

Je n'irai pas à Maury : la réponse de Bernard Rouby ICI 

 

Bonjour monsieur Berthomeau,

 

Merci de mettre l’AOC Maury sous les feux de la rampe.

 

Quel est le rôle d’un syndicat ? Avec maintenant un statut d’ODG (organisme de défense et de gestion !!!), et un nouveau cahier des charges : c’est donner au consommateur la garantie, que sous la dénomination MAURY, il trouvera un vin correspondant aux exigences de qualités que ce sont fixées les producteurs.

 

Une vinification dans l’aire stricte : non ! Puisque des vinifications existantes en dehors de l’aire ont conduit à définir une aire de proximité immédiate (aire délimitée + 2 communes), qui n’a fait que reconnaître des antécédents.

 

Alors pour répondre aux interrogations, il faudrait les étendre et jusqu’où ? quelles seraient les nouvelles limites, car je suppose qu’il y aurait des limites quand même !: Le département ?, la région ? le sud de la France ?

 

Restons raisonnables, et parlons qualité, car il ne faudrait pas perdre de vue que si l’on dit ce que l’on fait et que l’on fait ce que l’on dit, le but ultime c’est de proposer au consommateur un Maury correspondant aux critères définis, avec une qualité irréprochable (j’ai bien dit but ultime)

 

Je concluais mon adresse à Bernard Rouby :

 

Je m’en tiens-là, cher Bernard Rouby, en ajoutant que les kilomètres de nos pères ne sont plus ceux de nos enfants et que les lignes Maginot ou autres réduits imprenables ne sont plus de saison. À mon humble avis il suffit pour assurer le consommateur de l’authenticité, de l’origine, d’un vin, de s’en tenir à la règle originelle des AOC « écrire ce que l’on fait, et faire ce que l’on a écrit... » Le passé a largement démontré, malheureusement, que sous des écrits vertueux se nichaient des pratiques moins avouables. Cette remarque est d’ordre général à l’attention de notre beau pays qui n’aime rien tant que donner la leçon à la terre entière, et non à Maury spécifiquement.

 

Au plaisir de vous revoir tous à Maury, en attendant ce jour je vous assure, cher Bernard Rouby, de mon meilleur souvenir et de ma réelle amitié.

 

Jacques Berthomeau médiateur un jour médiateur toujours

 

« J'ai sous-estimé la difficulté à vendre les VDN. Il faut déployer l'énergie nécessaire à la vente de 120 bouteilles de rouge pour vendre 1 bouteille de vin doux. »

Olivier Decelle Mas Amiel

Olivier Decelle, un vigneron tardif mais offensif ICI

L’ancien patron de Picard Surgelés ne cesse de s’imposer à la tête de vignobles : le Roussillon, le Bordelais, la Bourgogne, et maintenant le Rhône. Avec flair et un caractère trempé.

6 décembre 2013
 

C’était au temps où la Socodivin de Gilbert Conte et JL Cabaner allaient sauver le Rivesaltes du désastre le taulier y était ICI 

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Flash souvenir :

 

 

C’était en août 1998. J’arrosais mes jeunes arbres à l’orée de ma forêt reculée. Mon téléphone a sonné dans ma poche : un des premiers Nokia. J’ai décroché. À l’autre bout JL Dairien alors conseiller pour les affaires viticoles de Louis Le Pensec alors Ministre de l’Agriculture du gouvernement Jospin suite à la brillante dissolution de Jacques Chirac. Bien embêté le petit père Dairien (il est l’actuel directeur de l’INAO) car il avait en main une patate chaude : une crise du Rivesaltes qui mettait à feu et à sang Perpignan. « Ça te dirait d’aller faire le médiateur là-bas avant que ça dérape encore un peu plus (un vigneron était allé jeter un cocktail Molotov dans le chai de la SOCODIVIN)… Louis (le Ministre) est bien embêté, tu lui tirerais une belle épine du pied. » J’ai dit oui en faisant cette réflexion peu aimable pour le Rivesaltes « y’a encore des gens qui en boivent ?  

 

Le dossier était lourd comme celui d’un juge d’instruction tatillon, les catalans étaient procéduriers. Je pris mes dispositions et quelques jours après j’embarquais pour les Pyrénées-Orientales sans mettre des sandales dans mon bagage. En ce temps-là Perpiniyà pétait dans la soie avec deux compagnies aériennes : AOM et Air Liberté. Je choisis la première car sa carte d’abonnement était très avantageuse  et permettait de bénéficier de siège, type première à l’avant de l’avion (c’était des DC10 et MD82 ou 83 consommant 30 % de carburant de plus que des Airbus) et de plateaux dîners de qualité bien arrosés. Bien évidemment j’y voisinait les parlementaires du cru et un régional de l’étape : Jacques Séguéla qui s’était mis en tête de racheter l’USAP. À mon arrivée m’attendait la voiture « blindée » (je plaisante) du Préfet Dartout. Je nouerai avec son chauffeur d’excellentes relations qui me permirent de bien comprendre la vie secrète de Perpignan. Le précédent Préfet était celui qui deviendrait célèbre avec l’affaire des paillotes en Corse, Bernard Bonnet qui adorait faire du VTT en compagnie… (Censuré). J’appris aussi que les horodateurs du parking de l’aéroport avaient été pillés manuellement pendant des années par le président de la CCI.

 

Le Préfet Dartout fêtait la naissance de sa sixième fille je crois. Il faisait une chaleur quasi-tropicale. Le dîner fut bien arrosé et le DDA de l’époque Guy Bringuier continua de m’informer sur l’étendue du désastre. C’était l’un des plus beaux sacs de nœuds de ma carrière. Mais en leitmotiv revenait un seul acronyme : la SOCODIVIN et son âme damné un certain Gilbert Conte. Celui-ci, simple courtier, s’était mis en tête avec l’aide de son beau-frère JL Cabaner de « nettoyer les écuries d’Augias du CIVDN (le comité interprofessionnel) » et de faire rendre gorge à son président de l’époque Bernard Dauré de la famille Dauré ayant régné pendant des années sur les VDN (la marque Dauré avait été vendue à la Martiniquaise)

 

La suite ICI 

 

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10 mars 2020 2 10 /03 /mars /2020 06:00

Résultat de recherche d'images pour "photos de rené Char et Camus" Albert Camus ( 1913-1960) et René Char ( 1907-1988) dans le Vaucluse à l'Isle-sur-Sorgue. Rue des Archives/©Rue des Archives/RDA

Sur la Toile il suffit d’un clic sur des sites de citations pour étaler, comme la confiture, sa culture  sur face de bouc.

 

Il  est loin le temps des livres de sa bibliothèque que l’on sauve de la mort en les ouvrant pour relire  les soulignés au crayon de papier.

 

Au risque de paraître membre de la caste, dites des élitistes, je revendique sans honte ma passion des livres, de leur lecture, du soin que je prends d’eux, à ma capacité de retrouver dans ma mémoire, encore vive en dépit de mon âge, non pas une citation mais la magie des mots d’un auteur, une phrase qui m’a touchée ou irritée, je ne sais…

 

 

J’ai pendant des années arpenté le Luberon, l’Isle-sur-Sorgue de René Char où il s’installe en 1935 rompant avec la vie parisienne pour « retrouver les eaux claires de la Sorgue et les paysages familiers de sa ville natale, et le Lourmarin d’Albert Camus  où il est enterré tout près de cette maison dont il n'a guère profité et que sa fille Catherine habite depuis de nombreuses années.

 

« Demain, oui, dans cette vallée heureuse, nous trouverons l'audace de mourir contents ! »

 

Camus à René Char

 

« Camus me proposa de venir à l'Isle (où je lui demandai) et il arriva un matin. J'allais le chercher en gare d'Avignon. Ce devait être dans l'automne 1946. La belle animation de la fin de la guerre durait encore, quoique légèrement abaissée. Les rapports entre les gens qui s'étaient connus pendant la Résistance restaient chaleureux, empreints du besoin de se retrouver, peut-être plus de se voir que de se parler, de respirer l'air nouveau, d'en étaler la liberté. »

 

Et puis un jour j’ai acheté dans je ne sais plus quelle brocante un tout petit carnet :

 

 

« Le Trousseau de Moulin premier », de René Char

 

« C'est un livre unique, composé, écrit et édité à un seul exemplaire, en 1937, par René Char (1907-1988) et aujourd'hui disponible en librairie grâce à sa veuve Marie-Claude Char et aux éditions de la Table ronde.

 

 

De quoi s'agit-il ?

 

D'une collection de cartes postales anciennes montrant L'Isle-sur-la-Sorgue, ce gros bourg du Luberon pénétré par la campagne et ses odeurs, divisé par les bras de cette rivière où l'on pêchait autrefois des écrevisses, piqueté de grands moulins répandant un "incendie blanc" sur toits et champs environnants.

 

 

Ce jeu de cartes postales, nous le feuilletons avec la sensation que René Char vient de nous le remettre, nous lisons dans ses marges ou au dos des cartes l'écriture du poète : le premier jet du poème "Versions", des vers aphoristiques que l'on retrouvera dans son recueil Moulin premier. D'où le titre de cet objet singulier : Le Trousseau de Moulin premier. Au charme des reproductions s'ajoute celui de la couverture de l'album, ornée d'un dessin à la plume du poète.

 

 

Mais au fait, pourquoi René Char s'est-il donné tant de mal ?

 

Pour qui ce cadeau tout à la fois modeste et somptueux ?

 

 

Pour Greta Knutson, une jeune peintre suédoise dont il est épris et qu'il veut initier aux charmes de sa ville natale. Sans tricher. Ainsi cet ensemble tient-il du guide amoureux, mais un guide où les images sont parfois corrigées par des annotations sévères. En contrepoint, on redécouvre à quel point la passion des cartes postales était déjà vive, largement répandue chez les surréalistes. A la demande de ses amis, et notamment de Paul Eluard et d'André Breton, Char écumait la Provence avec voracité. Il y trouvait des merveilles qu'il offrait généreusement à ses proches.

 

 

Résultat de recherche d'images pour "photos de rené Char et Camus"

 

Vingt ans plus tard, René Char délaisse les cartes postales. Une jeune photographe suisse, Henriette Grindat, lui rend visite. Il lui fait découvrir son pays. Elle en tire des photographies qui le touchent. René Char décide d'en faire un livre puis renonce et passe le témoin à Albert Camus. Ce dernier en rédige le texte en 1952, comme une respiration dans la polémique qui l'oppose à Jean-Paul Sartre à propos de L'Homme révolté. Enigme des compagnonnages : Camus fait du Char, adopte les images du poète qu'il place publiquement au niveau de Rimbaud et d'Apollinaire : « La matin est radieux ; la lumière pique. Renonce à ta visite. Ils peuvent attendre, et non ta joie. »

 

Une série d'aléas laissent le livre à l'état de projet.

 

Dans sa postface, Franck Planeille, spécialiste des deux œuvres, indique que Camus dira à son ami, quelques jours avant sa mort : « René, quoi qu'il arrive, faites que notre livre existe. »

 

René Char s'acquittera de son devoir : 120 exemplaires verront le jour. Une misère. Des exemplaires pour happy few. Il aura fallu attendre plus de cinquante ans pour lire La Postérité du Soleil chez soi, dans un grand format où les photographies respirent.

 

Par Laurent Greilsamer ICI Publié le 04 février 2010 

 

 

« Marqué par la poésie de Char qu’il admire profondément, il utilise l’aphorisme et cultive le tutoiement dans une forme parfois impérative : « Le matin est radieux ; la lumière pique. Renonce à ta visite. Ils peuvent attendre, et non ta joie. »

 

On observe dans l’ensemble une brièveté syntaxique, des phrases courtes relevant davantage de l’asyndète. L’ensemble dégage une impression de vitesse, de fulgurance. Les manuscrits révèlent qu’au moment de l’édition – dévolue à Char par la force des choses – le poète n’hésitera pas à corriger légèrement tel ou tel fragment. Les thèmes sont ceux de l’imaginaire camusien : ferveur de l’instant, tension entre les forces contraires, nostalgie des origines : « Le Premier amour t’attend à la fin des jours ».

 

 

Ce beau livre, désormais dans la Pléiade (tome IV), commence par un poème de Char, De moment en moment, et se clôt par l’un des rares textes que le poète ait consacrés à son ami Camus, Naissance et jour levant d’une amitié. »

Anne Prouteau

 

29 septembre 2018

Besoin de la lumière de Lourmarin «Chaque matin, de très bonne heure, je préparais son café à M. Camus et il partait faire son « tour de plaine » dans cette campagne austère, lumineuse, paisible, qui a bien peu changé en un demi-siècle » ICI 

René Char à Camus: «Je veux parler d'un ami» ICI

LES ARCHIVES DU FIGARO - Mort le 19 février 1988, René Char est l'un des plus grand poète français du XXe siècle. Proche de très nombreux écrivains, il entretient une profonde amitié avec Albert Camus. Le texte que le poète adresse au Figaro littéraire en 1957 en l'honneur de l'écrivain tout juste décoré du prix Nobel, en est un magnifique témoignage.

Le coronavirus dope les ventes de « La Peste » d’Albert Camus en Italie ICI

Le roman du prix Nobel 1957 connaît une hausse spectaculaire de ses ventes. Le phénomène est moins flagrant en France, mais un frémissement se fait sentir

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8 mars 2020 7 08 /03 /mars /2020 06:00

 

Au temps où je courrais les galeries j’ai acquis à la Galerie Flak 8 rue des Beaux-Arts dans le 6e arrondissement un tableau de la période Toscane (2004) de Didier CARFANTAN. Je crois me souvenir que nous avons échangé du courrier mais je n’en retrouve pas la trace.

 

Ce tableau est accroché en bonne place, en pleine lumière du sud, dans la pièce à vivre chez moi. (Photo titre)

 

Dimanche matin dernier, suite aux louanges de la mouche du coche, je ne sais quelle autre mouche m’a piqué mais j’ai entrepris une recherche sur internet pour retrouver les œuvres de cet artiste.

 

Peu sauf, ce tableau.

 

Oeuvre de Didier Carfantan, La petite Table, à l'huile sur toile

La petite Table , 1992

huile sur toile vendu le 18 janvier 2018 par Mutual Art

 

J’ai appris que l’artiste était décédé en 2007.

 

Puis, j’ai découvert qu’en mai 2011 l’association les « Ailes Du !… » organisait un exposition au Château de l’Hermine à Vannes

 

Enfin, à travers cette manifestation, l’association a également souhaité rendre hommage à Didier CARFANTAN, artiste peintre disparu en 2007. Son oeuvre, tout autant que ses qualités humaines restent présents dans la mémoire de ses amis.

 

 

« Cette association qui s’inscrit dans la continuité de Pigment Actif. Elle regroupe des artistes plasticiens et des créateurs de Vannes et ses alentours. Par goût du partage, du jeu et de la surprise, la réalisation de projets collectifs sur l’espace public est une des formes d’action privilégiée de cette association. Mais ce groupement d’artistes est avant tout une somme d’univers singuliers, parfois secrets

 

 « Ailes Du !… » ICI  Un nom « suffisamment vague et dynamique pour être complétée à la guise de chacun, est aussi symbole d’envol »

 

« Ce n’est ni une école artistique qui imposerait une certaine vision de l’art ou un idéal esthétique à la manière des impressionnistes de Barbizon ou des Nabis de Pont-Aven, ni un groupe figé défendant un pré carré », préviennent-ils.

 

« L’art peut s’afficher hors des musées »

 

Leur leitmotiv est de « faire vivre l’art contemporain dans une ville comme Vannes, c’est dire que cette ville au très riche patrimoine historique et culturel est aussi traversée par des courants proches de la modernité artistique. Nous voulons montrer que l’art peut aussi s’afficher hors des musées et animer l’espace urbain. »

 

Je jette donc ma bouteille à la mer.

 

Merci par avance, si elle est ouverte dans la baie du Morbihan, pour le retour.

Publié le 14 mai 1997

« Sables », par Didier Carfantan peintre de l'éphémère ICI 

Ce conseiller pédagogique en arts plastiques, après quelques années de peintures figuratives, a produit sur des plages de Carnac, des milliers de traces - suite à la vision des andains de pailles brûlés par les sillons des collines de la terre rouge de Sienne en Toscane (Italie).

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