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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 06:30
Le remarquable éclairage sur la maladie de l’esca de JM Comme de Pontet-Canet qui n’est pas forcément à l'avantage de nos chercheurs et de toute la profession du vin.

Levé tôt je tombe sur un tweet de Jacques Dupont daté d’hier qui me met la puce à l’oreille :

 

#Esca, remarquable contribution de Jean-Michel Comme (Pontet-Canet) au débat, photos à l’appui ! http://w.lpnt.fr/2024270t #Vins via @LePoint

 

Je clique.

 

Je lis.

 

Et je me dis : enfin !

 

C’est en effet remarquable, à lire absolument…

 

Merci à JM Comme et à son relayeur d'infos...

 

C’est ce que je vous propose de faire ICI mais, avant cela, permettez-moi de mettre en exergue 3 points de la contribution de JM Comme qui en disent plus long que de longs discours :

 

 

- Fait incroyable, pendant 100 ans, ces informations sont restées dans l'oubli. On a payé des générations de chercheurs qui n'ont rien trouvé alors que tout existait.

- Pour cette pathologie comme pour les autres (flavescence dorée, phylloxéra…) un développement soudain devrait nous faire poser la question de nos relations avec le vivant.

- À partir de là, que faire ? La recherche va nous proposer des OGM ou des pesticides. Je pense que la vraie réponse n'est pas là. La voie est suggérée par mon propos. Il faut avant tout respecter la vigne par une vraie démarche « éthique » la concernant. Mais combien de vignerons sont prêts à cela ?...

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 06:00
« Ce petit héritier d’une maison de champagne est vraiment très cucul la praline. » dixit un propriétaire bordelais.

La saillie ne se voulait pas méchante, elle était de la veine « il n’a pas inventé l’eau chaude » mais au fond c’est un brave type. Certaines photos sur Face de Bouc, du genre « moi dans mes vignes… » peuvent s’avérer redoutables : notre Le Foll de Ministre, les bras croisés, le regard noir, encerclé nuitamment chez lui par des syndicalistes, a fait récemment les frais des détourneurs de Twitter.

 

Si je vous la rapporte ce n’est pas pour me payer la fiole de ce garçon bien sous tous les rapports, chevalière armoiriée incorporée, mais parce que l’expression cucul la praline dans la bouche d’un bordelais ne manquait pas de sel.

 

En effet, la praline aurait trouvé son origine lors du siège de Bordeaux, en juillet 1653, le duc de Choiseul, maréchal de France et comte du Plessis-Praslin (1598-1675), invita les autorités de la ville à un grand banquet afin de négocier la capitulation.

 

 

Pour cette occasion il demanda à son officier de bouche Clément Jaluzot de nouvelles friandises. Celui-ci repris l’une de ses recettes qu’il avait mise au point en 1636 et dont il avait gardé le secret.

 

À la fin du repas il les servit aux convives en les baptisant du nom du comte : les praslines.

 

Ce fut un succès et, après la Fronde, Jazulot s’installe à Montargis pour ouvrir une boutique à l’enseigne « La confiserie du Roy » qui fera sa fortune. En 1903 un confiseur, du nom de Léon Mazet, rachète la recette d'origine de la praline qui appartenait à l'époque à la boutique « Au Duc de Pralin ».

 

 

« Les amandes entières sont plongées dans un sirop et chauffées à pas loin de 150°C. C'est cette méthode de cuisson qui donne l'aspect irrégulier de la praline. En effet si le sucre adhère bien sur les amandes, les cristaux de sucre se cristallisent mais se collent de manière irrégulière. Les pralines sont brillantes car elles sont "vernies" avec de la gomme arabique. »

 

« Dans son « Parfait Conficturier » paru en 1667, le cuisinier François Pierre de La Varenne (1618-1678), cuisinier du marquis d’Uxelles, explique qu’il faut « remuer sans cesse les amandes, remuer pour qu’elles ne caramélisent pas trop lorsqu’on les met à bouillir avec du sucre, remuer encore quand on les écarte du feu pour les faire sécher doucement, remuer toujours pour une dernière cuisson dans le « poêlon ». Les futures pralines dégorgent alors un petit sirop qui les enrobera définitivement lorsqu’elles refroidiront. »

 

Le comte de du Plessis-Praslin, futur vainqueur de Turenne à Rethel, utilisait dit-on pour conquérir les cœurs des belles et séduire les ambassadeurs.

 

Dans Paris les élégants chantaient :

 

Quand le bonbon fut fait, il n’était point commun,

 

Bosselé de tous sens et coloré de brun,

 

D’un fumet délicat qui flattait les narines,

 

On eût cru le produit d’une essence divine…

 

Voilà pour la praline mais d’où vient l’expression « cucul la praline » ?

 

Des Seychelles où ce cher Duc, qui était dans la marine du roi de France au XVIIème, a dit-on laissé son nom de « Praslin » à l’une des îles de l’archipel dont il a été l’administrateur colonial ou pour d’autre il aurait ajouté à son titre le nom de l’ile qui s’appelait déjà « Ile du Praslin ».

 

Mais ça ne nous dit pas le pourquoi du cucul…

 

Tout bêtement parce que sur cette île il y a de grosses noix de coco appelées aussi « coco fesses »

 

« Tous les regards s’étaient tournés vers lui et le public se mit à rire gaiement, du reste sans hostilité. On le trouvait simplement cornichon, cucul la praline, ratapoil et rantanplan ».

 

Marcel Aymé, Travelingue, 1941

 

Sur un blog consacré au feuilleton Desesperate Housewives on peut je lire : « Des femmes au foyer... Quoi de plus ennuyeux et cucul la praline comme sujet ? Leurs excentricités, leurs vies... Pfft ! Quel ennui ! Du déjà vu, une série qui est à peu près aussi nulle que « Amour, gloire et beauté », bref je suis très déçue ! »

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 06:00
Tavernier servez-moi une bistouille dans un mazagran : chaud devant !

Au temps où je chinais, bien avant que les chinois n’envahissent Paris, et que les Puces de Saint-Ouen ne se transforment en supermarché pour touristes, j’ai assisté à un phénomène typique de ce marché de la vieillerie chic : l’inflation des prix du mazagran sous la pression de la demande des allemands.

 

Mais qu’est-ce donc qu’un mazagran ?

 

Un mazagran est une tasse haute, en forme de verre à pied, utilisée pour boire le café. Le mazagran est généralement sans anse, en faïence ou en porcelaine.

 

 

Il doit son nom à la bataille de Mazagran en Algérie, où, à partir du 3 février 1840, les 123 soldats du capitaine Lelièvre résistent opiniâtrement aux 12000 soldats du fameux émir Abd-el-Kader. Pendant le siège de 3 jours, ils tirent de l’eau d’un puits voisin afin d’étendre leur eau-de-vie. Lorsque cette dernière vient à manquer, il ne leur reste plus que du café, qu’ils consomment dans un verre à pied.

 

Délivrés les soldats ne pensent plus qu’à boire du café comme ils l’ont fait à Mazagran.

 

 

 

« Les cent vingt-trois Français qui, sous le commandement du capitaine Lelièvre, défendirent Mazagran contre douze mille Arabes, étaient abondamment pourvus d'eau par un excellent puits qui se trouvait dans le retrait du fort; mais l'eau-de-vie vint à manquer, et nos braves prenaient du café noir un peu sucré et fortement étendu d'eau. Or, une fois délivrés, nos soldats aimaient à prendre le café « comme à Mazagran », et cette expression, bientôt réduite à « Mazagran » tout court, se répandit parmi les militaires, et les civils l'adoptèrent. Dans les cafés parisiens, on désigne surtout par le nom de mazagran le café servi dans un verre, pour le distinguer de celui qui est versé dans une tasse qui serait trop petite pour qu’on pût y ajouter de l’eau. »

 

— Eugène Muller, Curiosités historiques et littéraires, Delagrave, 1897

 

Le 6 février 1840 - La défense de Mazagran dans EPHEMERIDE MILITAIRE

 

Un mazagran désigna ensuite un mélange de café chaud et d’eau-de-vie appelé «bistouille».

 

« Les «mazagrans» fumèrent dans les estaminets. »

 

Rimbaud, Illuminations, 1873.

 

« Je bois la moitié de mon café et je comble le vide avec de l'eau, ça me fait un mazagran. »

 

Courteline, Client 1897

 

« Deux crèmes, un mazagran, un «déjeuner» coup sur coup. »

 

Céline, Mort à crédit, 1936

 

Les premiers mazagrans seront fabriqués à partir de 1850 dans la manufacture de porcelaine de Bourges dans le Berry, d’où était originaire le régiment des 123 assiégés de Mazagran.

 

 

Il existe donc des mazagrans en porcelaine mais ceux que je préfère sont ceux en verre fidèles aux origines de ce contenant.

 

Et, comme je suis snob, ma bistouille à moi c’est l’Irish Coffee qui peut aussi se dénommer Normandy coffee

 

 

Lire Normandy coffee what's this ? ICI

 

ou The « Calva coffee » d’Olivier Roellinger *** ICI 

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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 06:00
Enfant j’ai longtemps rêvé de jouer des timbales… dans Rienzi et j’ai fini par aimer les tambours d’acier de Trinité-et-Tobago

Et pourtant la seule timbale que j’ai possédé c’est la timbale d’argent de mon baptême.

 

Et j’ai dû me contenter de me rassasier de la timbale aux noix de Saint-Jacques de maman.

 

Attention ne confondez pas timbales et cymbales, ces dernières voisines de la grosse caisse faisaient parties des instruments de la clique mothaise dont je n’ai jamais fait partie.

 

Ma fascination pour les timbales, comme d’ailleurs pour le triangle m’est venu d’un disque Piccolo, Saxo et Compagnie qui me fut offert à Noël. La musique et l’orchestre d’André Popp, le texte de Jean Broussolle lu par François Périer.

 

Cette histoire d’un grand orchestre m’a enseigné qu’un instrument, aussi modeste fut-il, se révélait indispensable à l’interprétation d’une œuvre. Moins flamboyant que les cuivres, moins séduisants que les cordes, moins discrets que les bois, les timbales trônent tout en haut, massives, tonitruantes mais aussi réservées.

 

 

Les timbales sont des instruments à percussion constitués d'un fût en cuivre couvert d'une peau. L'instrumentiste en joue en frappant la peau avec des baguettes spéciales. Le joueur de timbales est appelé un timbalier.

 

La principale caractéristique des timbales est la possibilité de les accorder afin d'obtenir des hauteurs précises. À l'aide d'une pédale ou de clefs, la tension de la peau peut être augmentée ou diminuée, influençant le son produit.

 

Chaque timbale est d'un diamètre différent afin d'obtenir un plus large registre: le timbalier peut ainsi changer de note rapidement en jouant d'une timbale à l'autre, et préparer les futures notes en réglant les pédales.

 

Initialement conçues comme des tambours militaires (utilisées notamment dans les armées turques), les timbales sont devenues un instrument de base de l'orchestre classique au XVIIe siècle. Elles sont très utilisées dans tous les types de formations.

Bien plus tard, alors que j’habitais dans les bois, j’ai eu une période Steel Band

 

 

« Un steel-drum ou steeldrum, c'est-à-dire « tambour d'acier » en anglais, plus couramment appelé pan ("casserole") ou steelpan — est un instrument de percussion idiophone mélodique. Il est originaire de Trinité-et-Tobago (Caraïbes) et répandu dans des orchestres steelbands, typiquement composés de plusieurs de ces instruments différents. Les pans constituent donc une famille d'instruments. »

 

Un pan est fait à partir de fûts en métal de 216 litres utilisés par l'industrie pétrolière pour stocker et transporter de l'essence ou de l'huile, ou encore de la compote, des extraits de parfums.... Ils sont sectionnés et la face inférieure de ces bidons est emboutie puis martelée pour y réaliser un ensemble de facettes se comportant chacune comme une cloche. Les différentes facettes sont accordées sur une gamme tempérée.

 

Il existe de nombreux types de pans, regroupés en sections qui vont des graves aux aigus en passant par les médiums (traditionnel, pan around the neck un seul bidon par musicien, ou conventionnel, chaque section chromatique donc plusieurs bidons par musiciens). Dans les orchestres conventionnels, les pans aigus, appelés "frontline", comportent une trentaine de notes sur un ou deux bidons, les médiums comportent vingt à trente notes sur deux à quatre bidons, les basses comportent une vingtaine de notes sur quatre à douze bidons. Les pans médiums et basses sont appelés "background". »

 

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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 06:00
Crédits photo : CC BY-SA 3.0

Crédits photo : CC BY-SA 3.0

En découvrant la nouvelle je me suis dit « Tiens voilà une bien étrange aventure qui irait comme un gant à Jean-Paul Kauffmann… »

 

« Le paradis est 1 île. L’enfer aussi. » écrit Judith Schalansky dans son Atlas des Îles abandonnées.

 

 

Le rocher de Tevennec n’est pas une île mais, du fait de l’érection du phare : 5 ans de travaux entre 1869 et 1874 seront nécessaires pour construire la maison-phare. Le feu est allumé le 15 mars 1875, ce simple rocher sera donc habité jusqu’en 1910.

 

« Au milieu du XIXe siècle, l'augmentation du trafic à la pointe bretonne pousse l'administration à éclairer la chaussée mal pavée au large de la pointe du Raz. La construction d'ArMen, qui deviendra « l'enfer des enfers » pour les gardiens de phare, débute en 1867. Le dossier du phare de la Vieille est aussi étudié, mais il s'avère trop compliqué, surtout que le chantier d'Ar-Men mobilise tous les moyens. »

 

« Un gardien y est affecté. Le Sénan Henry Porsmoguer sera le premier d'une longue série. Car le solide gaillard (Porsmoguer a participé à la construction d'Ar-Men et de Tévennec) demande sa mutation quelques mois après son arrivée. Ses deux successeurs ne tiendront pas plus longtemps. La solitude y est insupportable. L'administration décide de nommer, en août 1876, deux gardiens sur le caillou, ce qui permettra des rotations plus fréquentes.

 

Les choses s'améliorent, mais Tévennec n'arrive pas à conserver durablement ses habitants qui se succèdent à un rythme accéléré. Seul Corentin Coquet, de Plogoff, restera quinze ans, de 1881 à 1896. L'administration tente alors d'installer des couples mariés. Les Milliner arrivent en janvier 1898, puis les Quéméré deux ans plus tard (une vache pie noire sera installée pendant un an sur le rocher pour le lait nécessaire aux enfants du couple), les Quéré en 1905, les Ropart en 1907. Finalement, Tévennec est automatisé en 1910 après avoir connu, en trente-cinq ans, 19 gardiens, quatre gardiennes, sans compter les remplaçants. Un record. »

 

source Le Télégramme

 

« En trente ans, 23 gardiens se sont succédés sur l'îlot de Tévennec, dont plusieurs couples. Parmi eux, les Quéméré ont, semble-t-il, échappé à la malédiction. Malgré certains hivers particulièrement terribles, ils ont vécu dans ce phare de 1900 à 1905 et y ont eu trois enfants. Mais le gardien suivant aurait été découpé en morceau par son épouse. Lassée, l'administration des Ponts et Chaussées a finalement renoncé en 1910 à faire garder Tévennec, qui est devenu le premier phare automatisé de France. «C'était un phare permanent. C'est à dire qu'on avait mis une grande réserve de gaz qui permettait de tenir plus d'un an. Le feu restait allumé nuit et jour», explique au Figaro Marc Pointud. »

 

Judith Schalansky, toujours elle, affirme « L’île est un espace théâtral : tout ce qui s’y passe se concentre presque inévitablement en histoires, en comédies au pays de nulle part, en sujet littéraires. Ces récits ont ceci en commun que vérité et poésie y sont inséparables, car la réalité y est mise en fiction, et la fiction, réalisée. »

 

« Tévennec est donc maudit et mûr pour entrer dans la légende. Les écrivains ne s'en privent pas. Anatole Le Braz évoquera les voix des marins morts qui résonnent dans la maison, Charles Le Goffic des gardiens devenus fous. D'autres auraient été emportés par la mer, ce qui est faux. Le phare est donc hanté, rempli de signes d'outre-tombe. Même les croix scellées dans la roche pour exorciser les lieux sont emportées par les éléments (en 1893, puis en 2009, avant que la SNPB n'en réinstalle une troisième en 2012). Depuis 1910, personne n'a vécu durablement sur le rocher. La technologie assure la pérennité du feu sous la veille de l'administration. La légende de ce lieu unique et magique continue à nourrir les esprits. »

 

L'Ankou, cette figure celte, personnification de la mort, rôderait dans les parages. Certains gardiens seraient devenus fous, d'autres auraient péri après avoir entendu des voix murmurer: «Kers cuit, kers cuit... Ama ma ma flag» (Va-t'en, va-t'en, ici, c'est ma place).

 

Olivier de Kersauson

 

« Mon enfance était un monde sans télévision ni image, où les illustrations des romans de Jules Verne étaient à la limite des contes de fées. Mais j’avais envie d’aller voir ça, en vrai.

 

Pour l’enfant privé de tout, il est normal de lire, quand on est enfermé. Il faut bien s’évader…

 

… Car pour survivre, il faut chercher le beau…

 

… Une île, c’est d’abord une ombre sur l’horizon de la mer…

 

… Notre planète est océane ; la terre est en minorité chez elle…

 

Comment allez-vous vivre pendant deux mois ?

 

J'écrirai, je transmettrai des messages et des images. Je regarderai la mer.

 

«Ça fait des années que je voulais me retrouver seul, face aux éléments, vivre en hermite, me retrouver face au large, seul face aux éléments. C'est un rêve qui va enfin se réaliser. Et si j'entends des cris, ou si je vois un fantôme, je vous fais signe!»

 

La mer, le vent, il connaît. Après avoir navigué pendant 15 ans, Marc Pointud, président de la Société nationale pour le patrimoine des phares et balises entame un séjour tout particulier. À bientôt 65 ans, ce breton d'adoption va passer deux mois en solitaire dans la maison-phare de Tévennec. Un défi qu'il s'était lancé à l'automne, mais qui n'avait pu se concrétiser, faute de conditions météorologiques favorables.

 

Marc Pointud a donc commencé le 27 février un séjour en solitaire de deux mois sur le phare de Tévennec au large de la pointe du Van.

 

« 16 h 45, hier. Marc Pointud a pris pied sur Tévennec. Le patin de l'hélicoptère a touché la roche sur un étroit aplat en contrebas de la maison-phare, le temps que le président de la Société pour le patrimoine des phares et balises saute. Les pales tournent alors à un mètre de la roche. L'opération est délicate. »

 

Pourquoi ?

 

« Marc Pointud, avec le flegme et l'humour qui le caractérise, a dit sa foi dans l'avenir du patrimoine des phares en mer. Il a embarqué, hier, avec deux livres : une bible et le dernier ouvrage de Jean-Luc Mélenchon où il parle de la mer comme avenir de la France... La procédure engagée pour l'inscription des 14 phares de l'Iroise comme monuments historiques n'est sans doute pas étrangère au travail contre vents et marée de Marc Pointud et son équipe. »

 

Parlons donc de Mélanchon

 

« La France est maritime. Et nous avons cessé depuis trop longtemps de nous comprendre comme un acteur maritime majeur. Rougissons de voir la médiocrité de nos politiques, de nos ambitions et de la faiblesse consternante de nos investissements dans ce domaine. Ils sont dérisoires à côté de celui que notre pays consent sur l'autre frontière du futur qu'est l'aérospatial.

 

Pourtant la mer est le meilleur point d'appui dont nous disposons pour sortir des crises en cours. Avec 11 millions de km2 de surface maritime, la France est le deuxième géant maritime mondial, presque à égalité avec les États-Unis. En additionnant ses territoires maritime et terrestre, la France est le 6e plus grand pays de la planète, devant la Chine et l'Inde, alors que sa superficie terrestre seule la ramène au 41ème rang mondial. Sa superficie maritime est aussi supérieure à la superficie terrestre de l'Europe entière. Nous avons de l'or bleu entre les mains. Le rêve français du futur est salé. »

 

L’ensemble ICI 

 

La Société nationale pour le patrimoine des phares et balises  s'est lancée comme objectif de le rénover entièrement. En 2011, elle a même reçu la seule autorisation de rénovation délivrée pour un phare en pleine mer, sans toutefois percevoir d'aide financière de la part de l'État. Afin de mettre un coup de projecteur sur le travail de l'association, et réunir les sommes nécessaires à la réhabilitation du phare, Marc Pointud a décidé de réinvestir les lieux durant 60 ans jours. Baptisée «Lumière sur Tévennec», le projet est en préparation depuis longtemps. «On espère avec cette opération intéresser le mécénat. Notamment pour refaire la toiture, la peinture» explique Marc Pointud. Une fois restauré, l'association voudrait faire de ce lieu une résidence d'artiste. «L'air du large a de quoi inspirer!»

 

Pourquoi pas moi !

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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 06:00
Aldi l’ami de votre porte-monnaie se paye 1 MOF en sommellerie pour sa foire aux vins de printemps : que fait donc la main du sommelier pour être qualifié d’ouvrier ?

Je ne vais pas me faire des amis dans le « milieu » de la sommellerie mais j’estime qu’il y a, au mieux, un abus de langage, au pire « une escroquerie », à attribuer un titre de meilleur ouvrier à un sommelier.

 

Ouvrier :

 

« Travailleur, travailleuse qui exécute pour le compte d'autrui, moyennant salaire, un travail manuel (dans un atelier, une mine, une manufacture, une usine, une exploitation agricole) »

 

Certes on parle d’un bon ouvrier pour une personne qui excelle dans son métier ou dans un autre travail.

 

« Il se donna ensuite le plaisir d'ouvrir chacun des quatre-vingts volumes. Ils étaient reliés magnifiquement, c'était le chef-d’œuvre du meilleur ouvrier de Londres. Il n'en fallait pas tant pour porter au comble l'admiration de Julien. »

 

Stendhal, Le Rouge et le Noir.

 

Question : que fait donc la main du sommelier ? En quoi fait-elle le vin ? La transcende-t-elle le vin ?

 

Que je sache elle se contente de le bien choisir et de le bien servir, ni plus, ni moins.

 

Le sommelier prodigue des conseils, profession très en vogue y compris dans le monde du vin avec les fameux œnologues conseil.

 

Ce n’est donc qu'un sachant parmi d'autres et si l’on se met à affubler tous les sachants d’une veste au col tricolore ça va faire beaucoup de monde et nous n’allons pas être sorti de l’auberge.

 

J’aime les sommeliers lorsqu’ils font leur métier et beaucoup le font très bien. Je respecte leur travail, je l'apprécie. Merci Franck-Emmanuel.

 

Là où je commence à avoir des doutes c’est lorsqu’ils se glissent dans des paillettes de star, affublés de titres « prestigieux » : Meilleur sommelier de France 2004 et Meilleur Ouvrier de France en sommellerie pour servir de caution, redorer le blason du hard-discount.

 

C’est la vie me direz-vous l’argent ne se trouve pas sous les sabots d’un cheval mais dans la cassette de la GD.

 

J’en conviens mais lorsque je lis pour un champagne à 14,99 €:

 

« Robe jaune paille, belles bulles fines. Nez de torréfaction où se mêlent noisettes grillées, champignons et brioche. Bouche tendre aux bulles parfaitement intégrées. Belle persistance soutenue par une fraîcheur mesurée »

 

Ou pur un crémant d’Alsace à 5,99 € :

 

« Robe jaune paille aux fines bulles délicates. Le nez évoque les arômes de fruits blancs et de touches de miel. La bouche est ronde, marquée par des saveurs de fruits blancs, des notes de miel et de caramel. Les bulles sont parfaitement intégrées et l’ensemble idéalement équilibré. »

 

Pour un muscadet côtes de Grandlieu à 3,49€

 

« Robe jaune pâle aux nuances paille. Nez délicat de fleurs et de fruits qui évoque la pomme, la mirabelle et des notes fines d’épices. La bouche est ronde, dotée d’une douceur naturelle charmeuse, les saveurs douces de pomme, de coing et d’épices bien sou-lignées par de la fraîcheur offrent un ensemble harmonieux. »

 

Pour un gewurztraminer Alsace grand cru Mombourg à 8,49€

 

« Robe jaune paille brillante. Le nez évoque des arômes de fruits exotiques, de litchi et de touches de pétales de rose. La bouche est ronde, marquée par des saveurs fruitées intenses, la rondeur légèrement douce offre une superbe ampleur dans un ensemble idéalement équilibré. »

 

Comprenez que je ne sois pas convaincu par la pertinence du conseil de ce prescripteur qualifié de prestigieux.

 

Au prix de la paille il est sûr et certain qu'il y a des coups de pompes au cul qui se perdent et qu'avec ces prix de marchands de pompe chez Aldi c'est plutôt les vignerons qui vont se retrouver sur la paille...

 

À force de faire prendre des vessies pour des lanternes on se brûle…

 

En effet, lorsque je lis dans une gazette spécialisée que pour sa foire aux vins de printemps Aldi s’offre un catalogue digne des plus grands, les bras m’en tombent.

 

Jusqu’où iront-ils dans le foutage de gueule ?

 

 

 

Lire ICI 

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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 06:00
Cerise la Bazadaise à robe gris blaireau n’est pas 1 laitière mais une bouchère : le bœuf de Bazas, le vin de Duras et Caroline De Haas # non merci ha, ha…

Lorsque coincé sur mon altier destrier au cul des bus diesel de l’immonde RATP je contemplais l’emblème du salon de l’Agriculture une belle vache Bazadaise portant le doux nom de Cerise je ne pouvais m’empêcher de penser à mes jeunes années.

 

René Fallet : Comment fais-tu l’amour Cerise ?

 

Fidèle ma chère Normande aux yeux tendres…

 

Mgr Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et Bazas, depuis le 21 décembre 2001.

 

Mais qui est cette Bazadaise ?

 

 

Une fille originaire de Bazas, en Gironde, vache de travail, bœufs d’attelage, vivacité, sobriété et robustesse. Les vaches sont vives, avec des aplombs solides, d’une morphologie de 1,40 m. Les taureaux sont plus grands, 1,45 m pour un poids allant jusqu’à 1200 kg. La robe est grise avec des nuances brunes et les muqueuses sont claires.

 

Elle a manqué disparaître, réputée comme race de travail, la Bazadaise progressa avec le développement de l’attelage et de la traction animale en agriculture à la fin du XIXe siècle et jusque vers 1940 où elle comptait 60000 têtes. Ensuite, l’effectif de la race s’est effondré avec la mécanisation pour atteindre moins de 1000 têtes dans les années 1970. Actuellement, il persiste quelques élevages de production de bœufs gras particulièrement prisés. Un programme technique et génétique lancé dès 1978 a permis d’enrayer le déclin de la race qui compte actuellement 3300 têtes.

 

Le 8 juillet j’ai commis une chronique au titre sobre : Le bœuf de Bazas et le vin de Duras

 

Quel rapport entre le bœuf de Bazas et le vin de Duras ?

 

« Aucun à priori, sauf pour moi qui aime les rimes riches. Et pourtant, les deux gros bourgs sont aquitains, placés en presque vis-à-vis sur les deux rives de la Garonne, Bazas sur la gauche, Duras sur la droite, une grosse cinquantaine de kilomètres les séparent. Le premier est une cité gasconne de 15 siècles située au sud des vignobles de Sauternes et au nord de la forêt landaise qui compte 4300 habitants et s’enorgueillit, outre de son fameux bœuf, de sa cathédrale romane classée au patrimoine mondial de l’UNESCO dans le cadre du classement des chemins de St Jacques de Compostelle depuis 1998. Evêché du Ve siècle jusqu’à la Révolution et sous-préfecture jusqu’en 1926, j’ai découvert Bazas grâce à mon professeur de zootechnie qui, en abordant les grandes races bovines, classait dans les races brunes des Alpes et dérivées la race Bazadaise. Il la décrivait à robe gris blaireau foncé, notait qu’on la rencontrait dans les Landes, le Gers, le Lot-et-Garonne et la Haute-Garonne et jugeait qu’elle possédait d’indéniables qualité pour la boucherie et le travail. Donc je connus Bazas par la maman du bœuf de Bazas (pour les jeunes urbains je signale que pour faire un bœuf il faut qu’une vache vêle d’un veau de sexe masculin que l’on castrera) qui, de nos jours, est doté d’une IGP (le bœuf de Bazas et le vin de Duras relèvent donc de l’INAO). Le bœuf de Bazas est produit que par une petite dizaine d’éleveurs, abattu dans un seul abattoir et exclusivement commercialisé par une douzaine de bouchers. Sa renommée est grande et son prix élevé. »

 

Mon pépé Louis chantait j’ai deux grands bœufs dans mon étable et pendant ce temps-là Marguerite Donnadieu écrivait, au château de Duras son premier roman « Les Impudents » où elle exaltait la beauté des paysages de son adolescence et elle devint célèbre sous le pseudonyme de Duras.

 

Marguerite Duras aimait faire la cuisine et l’affirmait volontiers avec un plaisir non-dissimulé… C’est ce qu’affirme Michèle Kastner l’auteur de la Cuisine de Marguerite… Une cuisine populaire « Je n’ai pas du tout la prétention de faire une cuisine extrêmement raffinée… Je fais une très bonne cuisine mais c’est tout… » et conviviale… « Je ne suis pas très expansive, mais les gens ne se trompent pas là-dessus parce que je leur donne à manger… Je ne dis pas que je les aime, je ne les embrasse pas, je ne suis pas quelqu’un de tendre, alors je fais à manger pour les autres… »

 

« Vous voulez savoir pourquoi je fais la cuisine ? Parce que j’aime beaucoup ça… C’est l’endroit le plus antinomique de celui de l’écrit et pourtant on est dans la même solitude, quand on fait la cuisine, la même inventivité… On est auteur. »

 

Lire ICI 

 

Reste Caroline De Haas, madame # non merci, fondatrice d'Osez le féminisme, passée par le cabinet de Najat Vallaud-Belkacem, initiatrice de la pétition contre la loi de Myriam El Khomri qui en une semaine, elle a recueilli plus de 500.000 signatures.

 

Que vient-elle faire dans ma galère ?

 

Du côté de Libé, où l’on va draguer dans la contestation 2.0 pour hameçonner les jeunes lecteurs pour sauver la barque désertée par les vieux 68 hard, on la décrit ainsi :

« Si on voulait enchaîner les bons gros clichés, on dirait que Caroline De Haas, 35 ans, coupe à la garçonne un peu bobo, est une femme rapide, énergique et maîtrisée, qu'elle a l'air de simuler un manque de confiance en elle, qu'elle s'adapte à son auditoire de manière scientifique, que c'est une intello radicale, féministe 2.0, une gauchiste, militante talentueuse qui aimerait devenir femme politique. Mais ça serait peut-être un peu caricatural... »

 

Pur produit de la rue de Solférino comme Myriam El Khomri « Au PS, elle devient l'attachée de presse de Benoît Hamon… Après la victoire de François Hollande en 2012, elle entre au cabinet de Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre des Droits des femmes…. maintenant, elle est chef d'entreprise, et tout en coachant ses clients au "media training", elle passe sur les plateaux télé et perfectionne son militantisme sur internet. Elle a fondé "Les expertes", qui met en avant des femmes expertes dans les médias. "Macholand", un site qui répertorie le sexisme ordinaire et économique, et lancé des dizaines de pétitions. Cette wonder patronne assure que son entreprise est l'une des plus productives de France. L'ENA, la région Île-de-France, le ministère des Affaires étrangères… Caroline De Haas dispense conseils et formations en égalité professionnelle à des administrations publiques et "des sociétés privées comme MMA", précise-t-elle. »

 

Passons sur cette trajectoire bien dans la norme d’un parti coupé des réalités de la vie des gens de peu – j’ai plus d’affection et de respect pour les vrais (e) entrepreneurs qui ne bénéficient pas des réseaux, des soutiens partisans, des copains et des coquins qui nous ont démontré leur savoir-faire –et réfléchissons sur la contestation du projet de réforme du droit du travail qui ne s’est encore pas matérialisée par une manif ou une grève mais la mobilisation en ligne contre ce projet de loi est sans précédent.

 

La pétition « loi travail : non, merci ! », lancée par une militante de gauche, a déjà recueilli près de 700 000 signatures (un record, sur la plateforme Change.org), tandis qu’un groupe de Youtubeurs opposés à la loi a incité les internautes à se faire entendre avec le hashtag #OnVautMieuxQueCa

 

La protestation passera-t-elle des réseaux sociaux à la rue ?

 

Je ne sais pas même si le clic est si facile, même en ignorant majoritairement, le fond des réformes proposées…

 

J’observe. J’écoute. Je doute…

 

Lire ICI

Cerise la Bazadaise à robe gris blaireau n’est pas 1 laitière mais une bouchère : le bœuf de Bazas, le vin de Duras et Caroline De Haas # non merci ha, ha…
Cerise la Bazadaise à robe gris blaireau n’est pas 1 laitière mais une bouchère : le bœuf de Bazas, le vin de Duras et Caroline De Haas # non merci ha, ha…
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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 06:00
Königsberg marzipan (sugar-glazed marzipan cakes)

Königsberg marzipan (sugar-glazed marzipan cakes)

Julia, la séduisante guide et traductrice de l’épopée de la famille Kauffmann sur le champ de bataille d’Eylau, est fascinée par le guide Baedeker que JPK a apporté dans ses bagages. Elle lui emprunte souvent.

 

 

- Qu’est-ce que le massepain lui demande-t-elle ?

- Le massepain, un gâteau d’amandes, était la spécialité de Königsberg répond-il.

 

La pâte d’amande, ou massepain, est une pâte fabriquée à partir d’un mélange d’amandes mondées finement moulues, de sucre et de blanc d’œuf.

 

Marzipan en anglais et en allemand, et marzapane en italien.

 

Qu’elles sont les origines de la pâte d’amande ?

 

Comme très souvent en cuisine : « née de père et de mère inconnus ! »

 

Ce qui n’empêche en rien « les inventeurs » * de recettes d’avancer de probables origines.

 

* inventeur au sens de découvreur

 

Méditerranéenne pour certains : on trouvait, en Italie, un pain d’épice accompagné d’une garniture en pâte d’amande dans un magasin de San Gimignano.

 

Pour d’autres son origine se trouve en Perse : elle serait apparue au VIIIe siècle où elle était la confiserie des harems d’où son nom Marzapane du nom de la pièce de monnaie Mauthaban frappée dans la ville de Byzance. Elle aurait été introduite en Europe au XIIIe siècle par les Perses, et les croisés vénitiens en auraient percé le secret.

 

La légende raconte qu’au Moyen-âge, la fille d’un boulanger vénitien, amoureuse, qui aidait son père à mélanger un peu d’amandes pilées dans un grand gâteau, perdue dans ses rêves aurait forcé sur la proportion d’amandes. Le boulanger furieux changea d’avis lorsqu’il goûta le gâteau. Comme souvent à quelque chose malheur est bon : le gâteau était délicieux.

 

En bon commerçant le boulanger vénitien découpa la pâte crue pour la vendre à ses clients. Il devint riche. Ce nouveau pain fut baptisé Pain Marcus, du nom de Saint Marc le protecteur de la Cité des Doges.

 

Une autre version vers 1400, encore plus acadabrantesque, avec cette fois-ci la jeune fille d’un confiseur vénitien Badrutt Mark qui, jouant dans le « laboratoire » de son père, renversa du miel dans une masse d’amandes pilées. Le confiseur ». Il moula la pâte en bougie sacrées ornées de décorations vénitiennes, selon la tendance de l’époque, et commença à les vendre.

 

Mais le massepain par la suite est devenu une spécialité en Allemagne, dans la région de la Mer Baltique, et notamment dans la ville de Lübeck. Là encore la légende voudrait que ce fût un chef inventif, au service d’un grand bourgeois qui, au XVIIe siècle, aurait créé le massepain et à la fin de sa vie, retournant dans sa ville natale de Lübeck aurait ouvert une usine de massepain.

 

Dernière version, peut-être la plus vraisemblable, en 1407, une terrible famine s’abattit sur les villes du nord de ce qui n’était pas encore l’Allemagne. À Lübeck la situation était encore plus terrible à Lübeck, car la ville était assiégée Le conseil municipal ordonna alors de fouiller les entrepôts du port, et l’on y découvrit une grande quantité de miel et d’amande dans un entrepôt abandonné. Un boulanger eut alors l’idée de confectionner un pain avec le miel et l’amande. Une réussite et la ville fut sauvée de la famine grâce à la pâte d’amande. C’est ainsi que serait né le massepain de Lübeck.

 

Mais rassurez-vous, JPK a raison car la production de mazirpan est traditionnelle sur les rives de la Baltique, et tout aussi anciennement que celui de Lübeck, à Königsberg Königsberger Marzipan.

 

JPK, lorsqu’il dîne en famille, dans un restaurant du centre de Kaliningrad, ne peut résister au potage Bagration.

 

Celui-ci porte « le nom d’un général géorgien qui a combattu à Eylau » mais c’est une invention de Carême surnommé au XIXe « le Napoléon des casseroles ». JPK note que normalement c’est un consommé de poissons mais là il est « composé de choux et de crème aigre avec quelques morceaux de saucisse… » et que cela ressemble à une garbure.

 

JPK prend goût à la cuisine russe.

 

« Elle se joue du contraste et même de la discordance : l’aigre-doux, la crème fermentée, la saumure et le velouté. Sous le piquant, le mordant ou l’épicé perce la suavité. Une préparation à l’aspect mastoc et indigeste se révèle un prodige de légèreté, presque immatériel. Une tension perpétuelle règne entre la texture et le goût. Elle surprend toujours. La saveur réside pour une large part dans son caractère élémentaire, peu transformé en même temps qu’imprévu. Il y a quelque chose d’increvable, voire de jusqu’au-boutiste dans ce corps à corps culinaire. En apparence rudimentaire, ce goût n’a jamais dit son dernier mot et se plaît à renverser les apparences. Rien ne lui résiste – excepté peut-être la vodka. Seul défaut de ces préparations : elles s’accordent difficilement au vin qui ne parvient pas à s’introduire au cœur de ces nourritures. Le vin est un trouble-fête, il est indésirable. Malgré sa puissance, le vin de Géorgie que nous dégustons est exterminé promptement par cette cuisine invulnérable. »

 

Beau morceau que l’on devrait proposer à la lecture de tous les apprentis blogueurs culinaires…

 

« Une fois de plus je suis frappé par l’analogie entre cuisine et territoire… » note-t-il.

 

Et ça me fait repenser au délicieux livre de Wladimir et Olga Kaminer La cuisine totalitaire.

 

 

Lire ICI 

 

Et JPK à la fin du repas peut déguster un havane « en Russie, qui n’est pas gagnée par notre fièvre hygiéniste, il est permis de fumer au restaurant. Apparemment, le cigare n’est pas encore désigné à la vindicte publique. »

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 06:00
La reine de Saba Calypso noire aux cheveux blonds, magicienne, tentatrice et porteuse de démons, de la Tentation de Saint-Antoine de Flaubert en passant par l’élégie de Senghor jusqu’à la délicieuse pâtisserie de maman…

« Salomon et la Reine de Saba » le film de King Vidor sorti sur les écrans en 1959, avec une Gina Lollobrigida roulant les R dans la version française (c’était sa voix) et un Yul Brunner chevelu, me permit d’associer le fameux roi Salomon du catéchisme (son jugement) à la sulfureuse Reine de Saba.

« Qu'il me baise des baisers de sa bouche. Tes amours sont délicieuses plus que le vin, l'arôme de tes parfums est exquis, ton nom est une huile qui s'épanche. »

 

« Dans certaines traditions, la reine de Saba apparaît en tentatrice de Salomon, tout à la fois magicienne et ensorceleuse, Circé ou Calypso noire. C’est ainsi qu’elle est représentée sur un retable de l’abbaye de Klosterneuburg datant de la fin du XIIe siècle. Jusqu’au XVe siècle, dans l’iconographie de l’Allemagne rhénane, la reine de Saba sera tantôt noire aux cheveux blonds, tantôt blanche, magicienne, tentatrice et porteuse de démons. Mais toutes les traditions sont d’accord pour lui accorder une incommensurable richesse. Des décennies durant, sur la foi de voyageur plus ou moins bien informés, son royaume va faire l’objet de recherches sur toute la partie du continent noir situé au midi de la Barbarie, de la Numidie, de la Lybie et de la Terre des Nègres. »

 

Atlas des Contrées Rêvées Dominique Lani Arthaud

 

 

  • Gustave Flaubert - La Tentation de Saint-Antoine

« La foule se prosterne, l’éléphant plie les genoux, et la reine de Saba, se laissant glisser de son épaule, descend sur les tapis et s’avance vers saint Antoine.

 

Sa robe en brocart d’or, divisée régulièrement par des falbalas de perles, de jais et de saphirs, lui serre la taille dans un corsage étroit rehaussé d’applications de couleur qui représentent les douze signes du zodiaque. Elle a des patins très hauts dont l’un est noir et semé d’étoiles d’argent, avec un croissant de lune, et l’autre, qui est blanc, est couvert de gouttelettes d’or, avec un soleil au milieu.

 

Ses larges manches, garnies d’émeraudes et de plumes d’oiseaux, laissent voir à nu son petit bras rond orné, au poignet, d’un bracelet d’ébène ; et ses mains, chargées de bagues, se terminent par des ongles si pointus, que le bout de ses doigts ressemble presque à des aiguilles. Une chaîne d’or plate lui passant sous le menton monte le long de ses joues, s’enroule en spirale autour de sa haute coiffure, poudrée de poudre bleue, puis, redescendant, lui effleure les épaules et vient s’attacher sur la poitrine à un petit scorpion de diamant qui allonge la langue entre ses seins.

 

Deux grosses perles blondes tirent ses oreilles. Le bord de ses paupières est peint en noir. Elle a sur la pommette gauche une tache brune, et elle respire en ouvrant la bouche, comme si son corset la gênait.

 

Elle secoue, tout en marchant, un parasol vert à manche d’ivoire, entouré de sonnettes vermeilles, et douze négrillons crépus portent la longue queue de sa belle robe, dont un singe tient l’extrémité qu’il soulève de temps à autre, pour regarder dessous.

 

- La Reine De Saba.

 

Ah ! Bel ermite ! Bel ermite ! Mon coeur défaille ! »

 

  • Léopold Sédar Senghor Élégie pour la Reine de Saba

« Et la plus belle est la fille du Roi des rois, la Reine-Enfant, reine du Sud ombreux et du matin en l’an de l’ascension.

 

Son nom est cousu dans les bouches : j’en donne les masques mouvants.

 

Elle a l’éclat du diamant noir et la fraîcheur de l’aube, et la légèreté du vent.

 

Comme l’antilope volante elle bondit au-dessus des collines, et son talon clair dans l’air est un panache de grâce.

 

Genoux noirs devant les jambes de cuivre rouge, élan souple du sloughi aux chasses de la saison

 

Qu'il me baise des baisers de sa bouche. Tes amours sont délicieuses plus que le vin, l'arôme de tes parfums est exquis, ton nom est une huile qui s'épanche. »

 

La reine de Saba, personnage mythique des récits hébraïques, chrétiens et coraniques, héroïne de la littérature de Flaubert à Senghor et délicieux gâteau au chocolat.

 

Reine de Saba ©Nataliya Arzamasova shutterstock

Le gâteau préféré de Mademoiselle Papilles ! Il faut dire que c’est un délice ! La recette ICI

 

Célébrée dans le Cantique des cantiques, la Balkis du Voyage en orient de Nerval fascine les hommes depuis les festins arrosés du royaume de Judas. La Makeda abyssine qui, selon la tradition Éthiopienne porta en son sein le fils de Salomon, nous est racontée par Jacques-Noël Pérès, ancien doyen de l’Institut Protestant de Théologie et professeur d’éthiopien classique à l’Institut Catholique de Paris.

La reine de Saba Calypso noire aux cheveux blonds, magicienne, tentatrice et porteuse de démons, de la Tentation de Saint-Antoine de Flaubert en passant par l’élégie de Senghor jusqu’à la délicieuse pâtisserie de maman…
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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 06:00
« Le château de Salettes rouge est un vin de Gaillac, sans doute le plus ancien vignoble de France… » même sur les chemins de l’Histoire Jean-Paul Kauffmann rencontre le vin…

Jean-Joseph d’Hautpoul, issu d’une des plus anciennes familles nobles de France est né en 1754 dans la tour ronde coiffée d’un toit en éteignoir du château de Salettes.

 

JPK dans OUTRE-TERRE écrit :

 

« Au milieu du vignoble, dressé sur un éperon rocheux, l’ancien château médiéval a belle allure. Le paysage et ses douces collines rappellent l’Ombrie. Depuis longtemps Salettes menaçait ruine, la bâtisse vient d’être restaurée de fond en comble. L’œnotourisme est à la mode. La gentilhommière s’est transformée en un hôtel de charme au goût du jour : chambres à la décoration contemporaine, pierres brutes, lignes épurées, aménagement minimaliste. Le restaurant, qui jour lui aussi sur le dépouillement, s’enorgueillit d’un macaron au Michelin. » 

 

NDLR : Le Guide Michelin 2016 a retiré leur unique étoile à trois établissements, tous dans le Tarn : L'Esprit du Vin à Albi, le Château de Salettes à Cahuzac-sur-Vère et le Bistrot des Saveurs à Castres. »

 

« Le Château de Salettes rouge est un vin de Gaillac, sans doute le plus ancien vignoble de France. On peut dire qu’il est saisissant par son attaque. Coloré, charpenté, massif, il se signale par ses notes épicées. Sa puissance, n’empêche pas un fond élégant et une vraie complexité qui lui confère beaucoup de charme. »

 

« Dans toutes les nuances de sa typicité, les mérites du vin de Salettes peuvent s’appliquer exactement au futur commandant des cuirassiers, mélange de solidité et de finesse. »

 

Qui est d’Hautpoul ? C’est le titre d’un chapitre.

 

« Il appartient avec Lassalle, Colbert, Nansouty et Caulaincourt à cette poignée de grands cavalier de l’Empire. Fonceur, remarquable meneur d’hommes, tous ces qualificatifs ne suffisent pas à rendre compte de la personnalité de ce guerrier que l’on a fait passer pour un sabreur voire un soudard. Il n’avait pas la parole facile, répugnait au discours mais n’avait pas son pareil pour emmener ses hommes et les pousser à fond. »

 

« On connaît ses capacités militaires, en revanche on sait très peu de choses sur l’homme. »

 

JPK aime se poser, aller humer les lieux, s’en imprégner…

 

De retour d’un séjour à Moscou il a voulu s’arrêter à Gaillac « délicieuse petite ville que la globalisation n’a pas trop endommagée. À l’ombre de ses hôtels particulier en briques roses, de ses jardins, de ses ruelles étroites, de ses placettes à l’italienne, une douceur de vivre y est encore visible. Sur la place principale se dresse le monument dédié au général d’Hautpoul. Cette statue est, si l’on ose dire, édifiante. »

 

 

« À la terrasse d’un café, je me suis placé devant le piédestal sur lequel est inscrit : « Jean-Joseph d’Hautpoul, sénateur, général de division, grand-croix de l’ordre de la Légion d’honneur né à Salettes, arrondissement de Gaillac-Tarn, le XIII mai MDCCLIV, blessé mortellement à Eylau, le 8 février MDCCCVII. »

 

« Pourquoi les mots « blessé mortellement à Eylau » m’ont-ils émus ? »

 

Je vous laisse le soin de le découvrir en lisant le livre de JPK. Sa rencontre sur la terrasse du café, avec où il s’était posé, avec un couple de brocanteurs-antiquaires quadragénaires, des bobos, qui note-t-il, font le commerce d’objets anciens sans s’intéresser au passé, vaut son pesant d’une belle ironie.

 

Et puis vous apprendrez comme moi qu’ « en fin de compte, cette histoire d’Eylau, c’est très camp. »

 

Dixit la femme « belle plante, cigarillo au bec, blouson de cuir, robe chic et style minutieusement décontracté. »

 

Wellington disait : « Quand je vois un cuirassier français à côté de sa rosse, je ris ; quand il est dessus, je l’admire ; quand il charge j’ai peur. »

 

« Les cuirassiers montaient de grands et gros chevaux de la stature des percherons. Cependant leur taille ne devait pas dépasser 1,60 mètre. Au-delà, il était moins facile de les enfourcher même si les cavaliers faisaient figure de géants – ils devaient mesurer plus de 1,73 mètres. »

 

« L’effrayant cuirassier » comme le nomme Léon Bloy va être blessé mortellement à la tête de ses deux mille cavaliers lors de la fameuse charge de Murat.

 

Ces citations sont tirées du chapitre la charge.

 

« Murat décide alors de faire donner la 2e division de cuirassiers commandé par d’Hautpoul. Elle va piquer sur la droite tandis que, sur la gauche, Grouchy attaquera une fois encore avec ses dragons… »

 

« Paulin va assister à ce moment incroyable où Murat en personne emmène cuirassiers et dragons, « une simple cravache à la main, en criant à tue-tête, de sa voie gasconne : Chargez, chargez tout cela est à moi. »

 

« C’est un « ouragan de cavalerie » qui déferle sur l’infanterie russe en poussant des hourras…Le bruit sec des biscaïens retentit sur les cuirasses. Une trépidation sourde pareille à une secousse tellurique traverse la plaine. Un essaim tueur, une nuée exterminatrice, telle est la force qui tombe sur les Russes. »

 

« Cuirassiers ! Chargez à fond ! à fond », tonne d’Hautpoul… »

 

« Dans le corps à corps, les cavaliers se dispersent et se mélangent à l’adversaire, la charge perd de son mordant. Accrochées aux Russes, plusieurs unités ont du mal à revenir et subissent une fusillade à bout portant. Le général d’Hautpoul est touché alors à la cuisse droite fracassée par un biscaïen. Ses hommes parviennent à le ramener à l’arrière. »

 

Selon Percy il aurait pu être sauvé s’il avait été aussitôt amputé mais, devant la multitude de blessés qui attendaient d’être secourus, il avait refusé tout passe-droit. La gangrène s’installa. L’agonie dura six jours. À son cousin, jeune sous-lieutenant d’infanterie, qui avait été autorisé à le voir, il déclarera : « je suis perdu, mais je laisse un bel exemple à suivre. Je meurs pour la France et pour l’Empire. »

 

Il mourut au château de Worienen près d’Eylau, où il fut enterré. Sa dépouille fut rapatriée en France en 1808. Il repose au Père-Lachaise tandis que son cœur est conservé dans le caveau des gouverneurs aux Invalides.

 

 

 

Note :

La boîte à mitraille utilisée pour le combat rapproché. Efficace jusqu’à quatre cents mètres elle contenait des balles en fer battu les biscaïens.

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