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7 avril 2019 7 07 /04 /avril /2019 06:00
1 jésuite qui décoiffe Gaël Giraud: « Considéré comme l’1 des économistes les plus doués de sa génération, le jeune prêtre est passé par les bidonvilles du Tchad et les salles de marché new-yorkaises, avant de rejoindre les Jésuites

Par ces temps d’inepties, entre les gilets jaunes à casquettes et les politiques qui ne savent plus où ils habitent, où le moi je des réseaux sociaux propulse des va de la gueule sur le devant de la scène, il est bon de prendre le temps d’écouter un bardé de diplômes (Normale Sup ULM (Maths), ENSAE, Docteur en Mathématiques appliquées, Ancien Quant chez CPR et CALYON, Jésuite, Chef Economiste de l'AFD (Agence Française de Développement), qui n’étale pas sa science de sachant, qui s’efforce d’expliquer.

 

Un jeune et tout nouveau  jésuite…

 

Dans ma Vendée crottée j’ai découvert les Jésuites, grâce à mes très chers frères du bienheureux Grignon de Montfort, au travers  de la pièce « Das Heilige Experiment » de 1942 (Sur la Terre comme au Ciel en français), écrite en cinq Actes par M. Fritz Hochwälder(1911-1986) traite de la fin des Missions Jésuites du Paraguay au XVIIIème siècle.

 

sur la terre

 

Elle a connu par le passé de légitimes succès au théâtre et a grandement inspiré le scénario du film de Roland Joffé « Missions » (Palme d’Or au festival de Cannes en 1986, César du meilleur film étranger en 1987; avec Robert De Niro, Jeremy Irons, Liam Neeson projeté dans les salles obscures en 1986 pour un succès tout aussi important.

 

Résultat de recherche d'images pour "Roland Joffé « Missions »"

 

« An de grâce 1767 – Un émissaire du roi d’Espagne arrive au sein du Collège jésuite d’Asunción implanté au Paraguay. La confrérie ignacienne qui y réside depuis le début du XVIIe siècle a fait preuve d’une telle efficacité dans sa mission qu’elle y a constitué un véritable état théocratique: une centaine de pères jésuites règnent spirituellement et matériellement sur cent cinquante mille indiens guaranis!

 

Les guaranis ont été évangélisés pacifiquement et sédentarisés dans des Réductions si bien organisées que ces dernières s’autogèrent en pratiquant la culture du thé et son exportation. Une telle réussite déplait naturellement aux colons espagnols qui accusent les clercs de concurrencer leur commerce et d’exploiter de façon illicite des mines d’argent sans en faire profiter la couronne d’Espagne…

 

Un jugement est donc réclamé auquel prennent part le Père Provincial, les colons ainsi que Don Pedro de Miura, l’envoyé du roi. Malgré le manque de preuves, ce dernier décide de dissoudre définitivement la Compagnie de Jésus : les pères sont expulsés du Paraguay, les Réductions saisies et les indiens misérablement réduits à l’esclavage. Tous les chefs d’accusation sont, bien sûr, injustifiés mais il est de notoriété publique qu’en ce bas-monde l’on ne contrarie pas inopinément les puissants, qu’ils soient temporels ou spirituels : les Grands d’Espagne ne peuvent tolérer la souveraineté de cette « expérience jésuite civilisatrice », quant à Rome, l’autorité papale ne conçoit pas qu’un ordre puisse avoir l’audace d’offrir le bonheur terrestre à ses fidèles: cette mission n’appartient qu’a Dieu en son paradis céleste!

 

Face à une telle incohérence, le Père Provincial se retrouve pris en étau: doit-il se rebeller ou doublement se soumettre au vœu d’obéissance qui lie son ordre au pape et sa personne au roi ? S’il refuse d’obéir à ses supérieurs, cet homme trahit sa foi et sa couronne ; s’il admet ses fautes et laisse les Guaranis aux mains des négriers, il abandonne ses ouailles et récuse toutes les valeurs chrétiennes qui l’ont amené à créer cet incroyable Royaume de Dieu.

 

Cette évocation n’est pas de ma part innocente, Gaël Giraud, lui aussi est pris en tenaille, ce qui n’enlève en rien de la pertinence à ses propos.

 

« Gaël Giraud possède deux vestes bleu marine strictement identiques. À un détail près. Sur l’une d’entre elles est épinglée, discrète mais bien visible, une petite croix argentée. L’une est celle du jeune prêtre ordonné il y a moins d’un an, la seconde, celle du chercheur.

 

Alors qu’il s’apprête à se plier à l’exercice imposé de la photographie de presse, le jeune jésuite demande : « C’est pour qui, déjà ? Ah, La Croix ? Attendez, je vais enfiler l’autre. » Tout Gaël Giraud est là. Dans ce balancement entre deux mondes, a priori inconciliables. D’un côté, l’univers de la finance, des marchés, de la politique et de l’université. Il est, dit-on, la bête noire des banquiers. ».

 

G. Giraud s’accommode fort bien de ce double visage des plus inattendus et P. Gaillardin le note si joliment que je ne résiste pas au plaisir de citer son propos: « Considéré comme l’un des économistes les plus doués de sa génération, le jeune prêtre est passé par les bidonvilles du Tchad et les salles de marché new-yorkaises, avant de rejoindre les Jésuites. […]

 

Je vous invite donc à l’écouter, ça dure 1 heure 36

 

D'abord un tsunami financier, puis un désastre humanitaire ?

 

« L'entretien réalisé par Thinkerview deviendra bientôt un in-con-tour-na-ble :

« Tout honnête homme du XXIème siècle devrait l'avoir visionné, sauf s'il a déjà lu les principaux livres de Gaël GIRAUD.

 

En effet, en moins d'une heure trente, Gaël GIRAUD résume le contenu principal de ses (brillantes) thèses, qui réconcilient, selon le modèle qu'il préconise, l'activité bancaire (telle qu'elle devrait fonctionner à ses yeux), la finance et le rôle des Banques centrales (tels qu'ils devraient être régulés selon lui), et l'organisation d'un développement durable, respectueux de la Planète et de l'Humanité.

 

Un entretien à visionner en famille, un samedi ou un dimanche, en projetant l'entretien sur grand écran, par exemple à la place du film du dimanche soir, ou à la place d'une demi-journée de grève au lycée pour les adolescents, qui en apprendront beaucoup plus en revisionnant plusieurs fois cet entretien très dense que dans la cour de récré en répétant : "yaka, faucon, suffideux". »

Gaël Giraud : « Le lien social est ce qui fait qu’une société tient debout »

Entretien avec l’économiste en chef de l’Agence française de développement, qui s’alarme de la distance croissante entre riches et pauvres.

Propos recueillis par Annie Kahn Publié le 06 décembre 2018 

ICI 

 

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5 avril 2019 5 05 /04 /avril /2019 06:00
Le Lapin Blanc

Le Lapin Blanc

Emmanuel Macron a l’habitude d’utiliser des mots légèrement désuets... Croquignolesque… Ficher son billet… Par votre truchement… In petto… Poudre de perlimpinpin… Galimatias…  Chicayas…

 

Je le vois bien nous déclarer que Castaner est un chaud lapin… du genre à crier Hauts les mains peau de lapin

Le Chaud lapin

 

En effet, dans la conversation courante la référence au lapin est fréquente :

 

- termes d'affection du type mon lapin, mon petit lapin.

 

- sa rapidité a fourni: courir comme un lapin.

 

Plus surannés :  

 

propre comme un lapin (Larousse du XX siècle)

 

- son habileté à échapper aux poursuites a créé le compliment « c'est un fameux lapin » qui peut signifier aussi « homme rusé ». Dès 1789, en argot, un « lapin ferré » désignait "un cheval". En 1809, le même « lapin ferré » signifie  « gendarme ».

 

Plus vulgaire et pas du tout meetoo la fécondité de la lapine a accouché du mot « lapine » pour une femme qui a beaucoup d'enfants et les mots lapinage, lapiner, étaient utilisés pour désigner les péripatéticiennes ou la prostitution.

 

Une expression, socialistes en peau  de lapin, inventée par les chansonniers de Montmartre, en termes de mépris à l'égard de certains hommes politiques du Cartel des gauches et du Front populaire, doublement tombée en désuétude.

 

Certaines expressions ont disparu du langage actuel comme "lapin" pour apprenti, terme en usage dans l'argot des métiers du XIX siècle, où pour faire référence à l'étourderie du jeune: « lapin de 6 semaines »

 

Dans le Sud viticole de la France fa de lapins (faire comme les lapins) pour les ouvriers agricoles, souvent payés à la tâche, qui remuaient la terre en surface afin de laisser croire qu'il l'ont travaillé en profondeur.

 

Le coup du lapin se réfère à la manière dont on assommait un lapin d'un coup sur la nuque, d'où le sens d'attaquer par derrière, par traîtrise.

 

Enfin l'expression usuelle et très curieuse poser un lapin qui se référait à un mode particulier de l'élevage du lapin sur une étagère ou une planchette qui immobilise l’animal sur une surface étroite dont il ne peut bouger, ce qui, on le pensait favorisait son engraissement.

 

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« Cette position inconfortable a servi dans l'argot des messageries et diligences pour une pratique frauduleuse de la part des cochers. Ceux-ci plaçaient fréquemment certains passagers clandestins, moyennant gratification, comme des lapins sur l'étagère destinée aux bagages placée au-dessus des voyageurs. Cette fraude a signifié par la suite "tromper", ne pas tenir ses engagements, partir sans payer, ne pas payer une femme galante...

 

ICI 

 

Baiser comme des lapins & piner comme un lapin

 

« Excité de revoir les potes, de bouffer occidental et de piner comme un lapin. »

« À Bangkok, ceux du Grace Hôtel picolent et baisent comme des lapins. »

 

Le mariage de la carpe et du lapin, haut les mains peau d’lapin ne peuplent plus guère les conversations de tous les jours, tout comme une mystérieuse expression manger du lapin. »

 

Les mots délicieusement surannés

 

Dictionnaire raisonné des mots surannés et expressions désuètes. Des centaines de définitions rigoureuses en bidules, littératures, sciences, langues, arts, sports, pensées & élégances.

 

https://www.mots-surannes.fr/wp-content/uploads/2018/11/IMG_3019-e1541027711561.jpg

 

Manger du lapin trône sur la pyramide des sens cachés puisqu’elle ne signifie à aucun moment qu’il y aura du lapin à la moutarde ou du lapin aux pruneaux au déjeuner. Manger du lapin noue même l’estomac puisqu’il s’agit ici de se rendre à un enterrement.

 

Étrange utilisation de l’animal aux longues oreilles.

 

Quand on accompagne un vieux copain au Père Lachaise on mange donc du lapin sans véritablement savoir pourquoi; peut-être le chagrin a-t-il voulu cacher ses larmes sous l’incompréhensible, peut-être l’image a-t-elle une relation avec le fait que les carottes sont cuites. Aucune étude ne permet de répondre.

 

C’est donc sans explication satisfaisante pour le chercheur que manger du lapin va prendre sa place chez Borniol et ses confrères

 

La suite ICI 

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4 avril 2019 4 04 /04 /avril /2019 06:00

« C’était la façon de dire à la Cour de Versailles que le comte d’Artois, ennuyé par de sa femme « le gâteau de Savoie », allait chez sa maîtresse Rosalie Duthé

 

L’anecdote est contée par André Castelot.

 

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Le futur Charles X, , le fringant comte Charles Philippe d'Artois, frère cadet de Louis XVI, était marié à Marie-Thérèse de Savoie, il dépensait sans compter pour satisfaire ses deux passions : le jeu et les jolies dames. IL est le beau-frère préféré de Marie Antoinette. Les deux ardents jeunes gens ont en commun une passion immodérée pour la fête, les jeux et les rires.

 

Portrait de la Comtesse d'Artois © Sotheby’s

 

 

Marié depuis 1773 à Marie Thérèse de Savoie, le prince se consacrait pour la forme à son devoir conjugal en son château de Saint Cloud. Ses amours et ses aventures galantes le conduisaient de son hôtel particulier de la rue d'Artois à plusieurs maisonnettes discrètes de la capitale et à ce qu'il appelle son « vide bouteille », rue de Reuilly. Il trinque, joue, s'encanaille dans les cabarets de la Bastille et, surtout, marivaude.

 

Nobles débutantes, boutiquières ou actrices, le frère du roi, grand seigneur, les aime toutes. La comédienne Louise Contat, future créatrice du rôle de Suzanne dans Le Mariage de Figaro de Beaumarchais, lui inspire une folle passion. Spirituelle et gaie, elle lui donnera un fils, peu avant de recevoir, en cadeau de rupture, un hôtel particulier à Chaillot. Pendant que son jeune frère mène grand train, dépense sans compter et multiplie les conquêtes, le très raisonnable Louis XVI ne peut s'empêcher de sourire. Surtout, quand on a vu Artois quitter Versailles en catimini et a prétexté une migraine pour se faire excuser de ne pouvoir assister au souper de Sa Majesté. »

 

Morale de l’Histoire : Argent, sexe... font de nos jours le miel des réseaux sociaux. « Jadis, on cancanait bien dans les dîners en ville, évoquant les aventures prêtées à Giscard avec de célèbres actrices, on s'amusait de la réputation de séducteur à la hussarde de Chirac, on se pâmait à l'évocation des vies secrètes de Mitterrand. On en parlait, mais cela ne s'écrivait pas dans les journaux. Il fallut attendre la divulgation — plus ou moins consentante — des photos dans « Paris Match » de Mazarine, la fille du vieux président, pour que le soupçon devienne une vérité, étalée à la une des magazines.

 

Aujourd'hui, le téléobjectif d'un paparazzi, et plus encore le simple téléphone mobile d'un quidam, suffit à piéger un(e) politique. Ces derniers jours, la prétendue existence de photos volées d'un candidat à la présidentielle, surpris en galante compagnie, ont ainsi agité les rédactions sans que la rumeur ait pu être vérifiée. Entre le sphinx Mitterrand et le motard Hollande, flashé avec son casque sortant de chez Julie Gayet, le monde politique a basculé. »

 

Revenons à notre gâteau de Savoie, dont on dit, même si certains le conteste, qu’il aurait été inventé en 1358, à Chambéry, où Amédée VI (1334 - 1383), Comte de Savoie, d’Aoste et de Maurienne recevait alors à sa table son suzerain, Charles IV de Luxembourg mécontent de lui, et dont il voulait s’attirer les faveurs.

 

Pour plaire à son suzerain, Amédée VI demanda à son maître-queux pâtissier, Pierre de Yenne, de concevoir un gâteau léger comme une plume.

 

Celui-ci eut l’idée de battre longuement jaunes d’œufs et sucre jusqu’à les faire blanchir, d’alléger la préparation en y incorporant des blancs en neige, de faire cuire sa préparation dans un plat en bois, pour une cuisson plus douce, donnant à la pâte sa légendaire légèreté.

 

Ce gâteau de Savoie a perduré au fil des siècles suivants, se nommant souvent biscuit de Savoie. Après la Révolution, deux pâtissiers parisiens, Benaud et Tavot, eurent l’idée de remplacer la farine par de la fécule, rendant ce gâteau encore plus léger. Un moule spécifique est attaché au Gâteau de Savoie, la Varenne l’a évoqué ensuite au 17 e siècle. Carême s’en est beaucoup servi : on retrouve souvent les gâteaux de Savoie dans Le Maître d’Hôtel français (1822) et dans d’autres de ses ouvrages.

 

La recette s'est affinée avec le temps grâce à Massialot au XVIIe siècle et Menon au XVIIIe, acquérant au passage, parfums (zeste de citron vert, cannelle, fleur d'oranger etc.) et sucre glace en même temps que le Savoie devenait un gâteau idéal pour accompagner le thé.

 

Les anglais, qui n’en ratent pas une, nomment ce gâteau Sponge Cake (gâteau éponge), encore une offense de la perfide Albion

 

Recette d’Alain Ducasse

 

INGRÉDIENTS (8 PERSONNES)

 

Préparation du moule

20 g de beurre

80 g de sucre cassonade

Préparation de la pâte

60 g de farine T 45

60 g de fécule de maïs

165 g de sucre semoule

100 g de jaunes d’œufs

150 g de blancs d’œufs

1 g de sel

Finition et présentation

Sucre glace

 

Préparation du moule

 

 

Mettre le moule à biscuit au réfrigérateur. Beurrer et chemiser soigneusement de sucre cassonade un moule. Réserver au frais.

 

Étape 2 : Préparation de la pâte

 

 

Tamiser ensemble la farine et la fécule. Dans un récipient, verser le sucre et les jaunes d’œufs. Les fouetter jusqu’à ce qu’ils blanchissent et fassent un ruban. Incorporer la farine et la fécule à la spatule en coupant la masse. Dans la cuve du batteur. Monter les blancs en neige avec le sel jusqu’à ce qu’ils soient bien fermes et forment le bec caractéristique au bout du fouet.

 

 

Les incorporer délicatement dans l’appareil en soulevant et en tournant le récipient toujours dans le même sens jusqu’à ce que la masse soit sans trace de blanc d’œuf. Verser la pâte dans le moule (26 cm) qui doit être rempli seulement aux 2/3. Tapoter le moule sur le plan de travail.

 

Étape 3 : Finition et présentation

 

https://www.academiedugout.fr/images/43679/480-328/9219-4.jpg?poix=50&poiy=50

 

Préchauffer le four à 170 °C. Cuire pendant 20 minutes puis finir à 150°C pendant 10 minutes environ. La cuisson se vérifie avec une lame d’un couteau qui doit ressortir propre. Laisser reposer 2 minutes à la sortie du four. Démouler le gâteau sur une grille et le saupoudrer de sucre glace.

 

 

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3 avril 2019 3 03 /04 /avril /2019 06:00
Le vendangeur masqué est un poète « Les collines du Brionnais, au milieu des vallons, les haies, des arbres, et des vaches de l'Auxois, sont perchées quelques vignes éparses. »

J’aime les belles histoires, celle des raisins du Brionnais conté par mon ami le Vendangeur masqué est de ce tonneau.

 

 

Le Brionnais évoque pour moi les cartes de Vidal de la Blache et mon bref passage à Paray-le-Monial lors du voyage en car qui me conduisait à la colonie de vacances des enfants de l’île d’Yeu à Saint Jean de Maurienne.

 

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Le Brionnais-Charolais est une région de bovins, alors pourquoi résister au clin d’œil d’y aller couper du raisin pour faire un beau vin.

C’est une petite région nichée dans l'extrême sud de la Bourgogne, aux confins du Charolais, du Bourbonnais et du Beaujolais. Ses collines verdoyantes composent un paysage paisible et harmonieux.

 

Chevet de l'église de Saint-Germain-en-Brionnais photo de Cees van Halderen

La nef en berceau

 

C’est la Bourgogne romane : une trentaine d'églises romanes compose un circuit très intéressant entre Paray et Charlieu, les deux étapes majeures, trésors de l'art de Cluny. Les magnifiques églises aux clochers octogonaux d'Anzy-le-Duc et de Semur, capitale historique du Brionnais, sont parmis les plus belles du département. Les pierres ocrées des petites églises semblent dorées par le soleil d'été. La sculpture abondante des tympans sculptés et des chapiteaux, ainsi que les architectures originales aux hauts clochers.

 

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Tout à la fin de l’histoire je reviendrai sur Vidal de la Blache évoqué par Mona Ozouf dans la toute neuve revue intitulée Zadig, qui se donne la mission de raconter, je cite, « La France à partir de toutes les France »

 

Conception et naissance d’une nouvelle cuvée du Vendangeur Masqué

 

 « Après la grêle de 2016, le gel 2017 a fait des dégâts qui nous obligé à faire des achats de raisins… C’est Julien Altaber ICI  qui travaille avec le Dom Derain qui nous a aiguillés vers les raisins de Jean-Claude Berthillot. Celui-ci recherchait alors à vendre son domaine. L'affaire était en bonne voie, et puis lui aussi a subit le gel. Donc l'affaire de vente succession de son domaine ne s'est pas faite aux jeunes qui devaient racheter. Jean-Claude est un ancien chaudronnier il me semble (à confirmer) qui a créé son domaine, le "Domaine des fossiles". Il vendait surtout autour de chez lui sa production issue des magnifiques collines du Brionnais. Considérant en 2017 que la vente de son domaine ne pouvait se faire, et estimant son stock, il a choisi de vendre sa récolte amoindrie par le gel à Julien et à nous. Jean-Claude nous a vendu des Chardonnays, Sauvignon Gris, et un peu de Pinot. Jean-Claude travaille en bio depuis un moment. »

 

« Nous sommes descendus avec notre petite équipe chercher ces raisins. Sur la route la pluie et la fraîcheur. Et à chaque fois qu'il pleut je repense à cette musique, comme un balai d'essuie-glace :

Et puis l'essuie-glace a lâché justement. Et pas moyen de l'actionner comme sur une vieille 2CV. On bricole, on continue avant d'arriver ce matin de brume et de grisaille sur les collines du Brionnais. Paysage où au milieu des vallons, les haies, des arbres, et des vaches de l'Auxois, sont perchées quelques vignes de façon éparses. Les maisons ont aussi une jolie couleur dorée comme la pierre du lieu. Ces vignes éparses seraient le reliquat d'un vignoble beaucoup plus important dont Jean-Claude nous a montré de vieilles photos. 

 

« Ensuite sur ce rouge de Pinot, nous voulions faire un vin boisson. Donc vendange entière, les raisins mis en cuve sans que l'on touche au raisin jusqu'en fin de cuvaison. Nous avons obéit aux directives de notre fils Romain. L'absence de pigeage explique la couleur peu intense. De mon côté j'en aurais bien fait un. Après la couleur a fait le nom. »

 

« Ce fut une belle expérience humaine. Pour différentes raisons. Delphine notre nouvelle employée venait de rejoindre David, et Antoine notre ancien employé qui voulait faire du maraîchage était venu retravailler avec nous pour ces vendanges. Ces vendanges correspondent à mes souvenirs de mes premières vendanges, petites équipes, vignes éparses avant que le Chablisien ne ressemble à ce qu'il devenu. La brume, les effaroucheurs à étourneaux qui flottent au-dessus des parcelles. »

 

Merci à Alice et Olivier de Moor...

 

Merci à ICI MÊME  68 Rue de Charenton, 75012 Paris, une des plus belles caves de vin nu de Paris, de m'avoir fait découvrir ce vin choisi par la caviste masquée...

 

Ici-même

 

Et voilà, et sur mon balcon d’un dimanche ensoleillé ça donne ça.

 

Vérigoud  !

 

 

Retour sur Mona Ozouf qui vient d'offrir à  Éric Fottorino un très bel entretien. Elle y évoque « l'enchantement » avec lequel elle a rêvé, dans son école bretonne des années 1930, devant les grandes cartes géographiques accrochées au mur de sa classe. Un magnifique « remède », nous dit-elle, aux « longues plages d'ennui. »

 

 

Ces cartes colorées, qui ont contribué à forger dans les jeunes esprits une représentation spécifique de leur pays, étaient alors signées, pour la plupart, du nom de Vidal de la Blache.

 

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Le livre de Vidal de la Blache, c'est Le Tableau de la géographie de la France. Il est sous-tendu par une question qui n'a pas cessé de nous préoccuper jusqu'aujourd'hui, de nous tarauder parfois, et qui est celle de notre originalité collective, de notre identité nationale. Vidal de la Blache s'interroge – déjà !-, tout au long de son ouvrage, sur ce qui a pu constituer cette spécificité sur le long terme, cette unité à partir d'éléments très disparates. A la fois du côté des données spatiales, matérielles et du côté des représentations, des sentiments partagés ou dissonants.

 

Paul Vidal de La Blache

 

Tableau de la géographie de la France

 

Publié en 1903, au terme de plusieurs années de gestation, ce monument de la géographie française fête cette année son centenaire. Ouvrage de commande, le Tableau s'insère dans l'Histoire de France (1903-1911) dirigée par l'historien Ernest Lavisse, dont il constitue la préface géographique. A l'origine, il devait paraître avant la fin du xixe siècle. Mais celui qu'on n'aura de cesse de présenter depuis comme le père de la géographie française prend à coeur le projet : il met à profit ses nombreux voyages à travers la France pour noircir ses carnets de notes et de croquis, accumulant ainsi les années de retard. C'est que l'entreprise est d'importance pour l'école française de géographie dont Vidal de La Blache est en train de jeter les fondements : après l'amputation de l'Alsace et de la Lorraine, le Tableau entend contribuer à restaurer « une certaine idée de la France ». Après avoir caractérisé la « personnalité géographique de la France », Vidal de La Blache propose une description région par région, Alsace et Lorraine comprises... Sur le plan scientifique, il promeut une géographie humaine, centrée sur l'étude des rapports entre l'homme et son milieu. Cinq ans après sa parution, le géographe édite une nouvelle édition richement illustrée, sous le titre La France. Tableau géographique. Des générations d'élèves découvriront leur pays à travers les Tableaux, mais aussi les tout aussi célèbres cartes Lablache (le patronyme de l'auteur avant l'option de la particule) accrochées au mur de leur classe.

 

 

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2 avril 2019 2 02 /04 /avril /2019 06:00
Sieur Pépy de la SNCF « Je plaide comme à la Nishi-Nippon Railway au Japon pour un tortillard gastronomique entre Paris et Beaune »

Le sieur Pax, fin gourmet, et de plus en plus licheur de vins un peu gouailleurs, écrit à propos de nos beaux TGV :

 

« Actuellement parisien quelques jours par mois je dois reconnaître que le "moins de 2 heures " de trajet est bien pratique. Je me souviens des trajets de mon enfance : plus de 7 heures ! Avec une locomotive à vapeur et les escarbilles qu'on prenait dans l'oeuil quand on se penchait à la fenêtre ( E pericoloso sporgersi ) Mais c'était aussi le wagon restaurant avec nappe en tissus , vrai couverts, fleurs sur la table. Les " progrès" ont permis de réduire le trajet à un peut moins de 4 heures. Les 3 premières heures passaient vite mais la quatrième n'en finissait pas. Aujourd'hui, avec les 2 heures, les trois premières demi heures passent vite et c'est la dernière demi heure qui n'en finit pas. Ce que c'est d'nous z'autres. »

 

Le wagon-bar des TGV je n’ose le qualifier, même pas un bouiboui, la quintessence de ce que la bouffe en barquette peut produire d’insignifiant, de non goût et j’évite d’aborder les micro-boutanches de vin proposées afin de ne pas proférer des gros mots.

 

Comment notre vieux pays qui se revendique comme le phare de la gastronomie peut-il charroyer ceux qui viennent visiter nos beaux terroirs dans de telles mangeoires ?

 

Est-ce au-dessus des moyens des têtes d’œufs de la SNCF de s’inspirer de l’exxemple de nos grands acheteurs de beaux vins que sont les japonais ?

 

En effet, « Une ligne de train va relier les villes japonaises de Fukuoka et Omuta pour célébrer les produits locaux le temps d’un trajet.

 

La compagnie ferroviaire japonaise Nishi-Nippon Railway Co vient de mettre en service le Rail Kitchen Chikugo, un train restaurant qui accueille des gastronomes pour un voyage de 2h30. À bord, on parcourt 75 kilomètres mais la destination importe peu : on y vient uniquement pour apprécier un repas gastronomique préparé par des grands chefs.

 

La suite de Au Japon, ce train-restaurant gastronomique ridiculise tous les TGV

Par Vincent Pons  ICI 

 

Comme nos amis bourguignons nous bassinent avec leurs fameux Climats inscrits à l’Unesco, que l’œnotourisme est une tarte à la crème,  je suggère à Guillaume Pépy de se remuer le popotin pour lancer un tortillard gastronomique entre Paris et Beaune.

 

PS. La gare de Beaune est d’une beauté insoutenable, le tunnel sous les voies fait très neuf3.

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1 avril 2019 1 01 /04 /avril /2019 06:00
J’ai 2 amours : la pasta&le vin, pourtant je ne suis pas italo-américain… Vive les pâtes ivres !

Comme vous le savez sans doute, pour certains français de gôche d’avant la chute du mur de Berlin et la déconfiture de l’URSS, sous la férule brutale des staliniens à peine repentis du PCF, ceux qui finirent sous Marchais dans les fourgons de Mitterrand en 1981, il était de bon ton de se situer dans le bon camp, celui de la lutte anti-impérialiste.

 

Si tu osais affirmer que tu en étais en condamnant la guerre du Vietnam mais en n’adhérant pas à la défense du socialisme réel, au bilan globalement positif, tu n’étais qu’un traître à la solde des américains. Ne croyez pas que je caricature, l’un des derniers hérauts de ce combat vient de quitter la scène : Roland Leroy.  Il était brillant, sarcastique, Roland Leroy était une personnalité paradoxale. L’historien communiste François Hincker voyait en lui à la fois un « bolchevique » et un « dandy ». Homme de grande culture, il vouait un véritable culte à l’écrivain Roger Vailland. Grand amateur de cinéma, de théâtre et de peinture, ce dilettante ne méprisait pas les mondanités du Tout-Paris. Beau parleur mais adepte de la langue de bois, il devient, en 1967, et jusqu’en 1974, responsable de la section « des intellectuels et de la culture ». C’est un charmeur qui peut être très autoritaire mais aime séduire.

 

Bref, comme le grand Charles, lui aussi, au nom de l’indépendance nationale, contestait la mainmise étasunienne sur les démocraties européennes, il le traduira par son retrait de l’organisation militaire de l’OTAN : « en fin d'après-midi, le lundi 7 mars, M. Maurice Couve de Murville convoque dans son bureau du quai d'Orsay M. Charles Bohien, ambassadeur des Etats-Unis. C'est pour lui remettre un message personnel du Président de la République française au président Lyndon B. Johnson. »

 

De Gaulle avait réaffirmé ses intentions, avec éclat, lors de sa dernière conférence de presse, le 21 février 1966 : « Modifier les dispositions actuellement pratiquées, afin de rétablir une situation normale de souveraineté dans laquelle tout ce qui est français en fait de sol, de ciel, de mer et de forces, et tout élément étranger qui se trouverait en France ne relèveraient plus que des seules autorités françaises. »

 

En rappelant ces faits je ne fais pas une déclaration d’amour aux USA mais je me situe, pour une fois, sur la ligne de Mitterrand face aux plutôt rouge que mort (« Lieber tot als rot » par Joseph Goebbels) lors de l’affaire des euromissiles (SS20 américains tournés vers l'Est).

 

Le dernier coup d’éclat face à la toute-puissance américaine fut bien sûr le célèbre discours de Dominique de Villepin à la tribune de l’ONU pour condamner l’intervention américaine en Irak, la seconde. Allez donc voir Vice, biopic sur Dick Cheney, vice-président américain de George W. Bush de 2001 à 2009, fait l’effet d’une bombe. Affairiste et homme politique sulfureux, mal connu et discret, Cheney fut en fait l’homme le plus puissant de la planète durant sa fonction.

Sans ironie aucune, je soulignerai qu’en dépit de nos rodomontades, le joug américain ne s’est jamais démenti : MacDo, Apple, les fameux GAFA… et d’ailleurs le dernier avatar du parti gaulliste, Nicolas Sarkozy, a annoncé la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN à la tribune du Congrès à Washington le 7 novembre 2007.

 

Tout ça pour dire, c’est dans ma nature, dans mes relations personnelles, je choisis toujours le meilleur de mes interlocuteurs même si bien sûr je n’irais pas faire quelques trous avec Trump, je n’aime ni le golf, ni cet échevelé représentant l’Amérique profonde.

 

Du côté de l’Italie ce fut dès le premier jour le coup de foudre, ce qui s’y passe en ce moment avec l’alliance Ligue du Nord&Mouvement 5 étoiles, m’attriste et me désole, sans pour autant me faire désespérer.

 

Alors, comme je suis un vieux bobo indigne, je lis le New York Times et dans le numéro du 8 mars 2019 David Tanis nous parle des pâtes «ivres», elles sont appelées spaghetti ubriachi (ou all'ubriaco) ou sont parfois appelées pâtes alla chiantigiana, si elles sont faites avec de la strisce, des pappardelles ou d’autres nouilles très longues et avec du chianti.

 

ICI 

 

Mais voilà, n’en déplaise à l’inventeur de la Petite Sibérie, en dépit de mon âge canonique et de mon état de conservation, j’ai toujours le nez sur tout ce qui bouge 6 avril 2016 je chroniquais Depuis que les ricains sont fous des pâtes au vin rouge je bois l’eau des nouilles vu que c’est…

 

ICI 

 

Presque 3 ans après je refais.

 

 

 

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31 mars 2019 7 31 /03 /mars /2019 07:00
« Mais j’entends siffler le train » les tribulations ferroviaires de Jacques Dupont que je soupçonne d’avoir rêvé dans sa jeunesse de conduire « La Lison » l’imposante Pacific de la Bête Humaine de Jean Renoir

De nos jours les trains ne sifflent plus et les vaches ne les regardent plus passer car, avec les LGV, le temps de relever la tête, d’arrêter de brouter, ils sont déjà loin. Dans pas longtemps y’aura même plus de vaches dans les prés vu qu’on les accuse de trop dégazer.

 

Et pourtant, qui dans la foutue génération des baby-boomers n’a pas vu au cinéclub un monument du cinéma : le train sifflera 3 fois  1952 réalisé  en 1952 Etats-Unis par Fred Zinnemann avec Gary Cooper, Grace Kelly, Thomas Mitchell : « Un homme abandonné de tous, un compte à rebours mortel, une belle Quaker et une musique que vous sifflerez bien plus de 3 fois. LE western ! »

Moins culte, mais un tube au temps des yéyés aujourd’hui oublié, en 1962, à Salut les copains, le poussif Richard Anthony faisait pleurer les minettes l’oreille collée au transistor.

 

J'ai pensé qu'il valait mieux

Nous quitter sans un adieu

Je n'aurais pas eu le cœur de te revoir

Mais j'entends siffler le train

Mais j'entends siffler le train

Que c'est triste un train qui siffle dans le soir

Je pouvais t'imaginer, toute seule, abandonnée

Sur le quai, dans la cohue des "au revoir"

 

Pour revenir au ciné la gueule incroyable de Lantier, Jean Gabin  dans la Bête humaine de Jean Renoir

 

« Le mécanicien Jacques Lantier, aide du chauffeur Pecqueux, conduit sa locomotive " la Lison " entre le Havre et Paris. Il s'éprend de Séverine la jeune et jolie épouse de Roubaud, le sous-chef de gare du Havre. Celui-ci pourtant très jaloux, laisse cette liaison se nouer sous ses yeux car il pense que Lantier le soupçonne - malgré l'arrestation du braconnier Cabuche- d'être le meurtrier du châtelain Grand-Morin. Lantier ne voyageait-il pas dans le même wagon le jour où il tua l'ancien amant de sa femme, en obligeant celle-ci à être sa complice? »

 

Et la Bataille du rail de René Clément en 1946

 

« De 1944 à 1946, c'est le Comité de Libération du cinéma français, fondé par des résistants, qui gère la production du cinéma. Il met en place un programme de films, mais aussi d'épuration du cinéma. Clouzot est par exemple interdit de tournage pendant deux ans - on reproche au Corbeau d'avoir été financé par des fonds allemands et de donner une mauvaise image de la France. La comédienne Arletty reçoit un blâme.

 

Au cours de ces deux années, plus d'une vingtaine de films est consacrée à la guerre, la plupart évoquant la Résistance, souvent avec un souci de réalisme historique teinté d'idéalisme. La Bataille du rail, réalisé par René Clément, est le premier film dédié à la gloire de la résistance ferroviaire. La mémoire de la guerre est un des thèmes récurrents du cinéma français jusqu'à aujourd'hui. Sous la IVe République, les films concernent plutôt la vie quotidienne des Français sous l'Occupation : La Traversée de Paris de Claude Autant-Lara évoque par exemple la vie d'un petit trafiquant du marché noir, plutôt lâche. On est loin de la représentation idéaliste de la France résistante. »

 

Longue digression pour en arriver à laisser notre grand dégustateur de beaux vins, Jacques Dupont du Point, qui un lundi matin, fredonnant en se rendant matinalement à la gare Montparnasse en sifflotant : « Lundi matin, l’empereur, sa femme et le petit prince, sont venus chez moi pour me serrer la pince… 

 

Heureux qu’il était de poser son postérieur, par ailleurs mis à mal par ses conditions de travail, dans le LGV qu’Alain Juppé a donné, avant de s’en retourner à Paris, à la ville de Bordeaux.

 

Je lui passe la plume :

 

Lundi matin dès l'aube, sac refait, nous voilà en avance pour prendre place dans le TGV numéro 8571 de 6 h 52, arrivée prévue à 8 h 56. Impeccable pour aller déguster les pessac-léognan sur les choses de 9 h 30.

 

- 6 h 50. « Mesdames et Messieurs, votre attention s'il vous plaît… » Quand ça commence comme cela, ce n'est jamais bon, la suite nous en apporta la preuve. « Votre TGV aura quelques minutes de retard suite à un retard de personnel… » Traduisez, le conducteur a connu une panne de réveil…

 

Et dans une petite gare de campagne comme celle de Montparnasse, pas de conducteur de remplacement, évidemment !

 

- 7 h 05. Le ton du chef de train a changé, on comprend dès les premiers mots qu'il a perdu quelqu'un de sa famille ou que plus certainement, le retard va s'alourdir. En effet 20 minutes cette fois, « le conducteur n'est pas arrivé ».

 

- 7 h 06. Autre voix dans les haut-parleurs, plus décidée, virile même, un chef de chef sans doute : 30 minutes.

 

- 7 h 22. Pile-poil 30 minutes après le départ « prévu » toujours pas de secousses annonciatrices du bonheur de voir rouler ces merveilles de la technique française.

 

- 7 h 30. Notre chef de train la voix presque guillerette annonce que le conducteur est arrivé et qu'il va procéder aux vérifications des freins afin que nous voyagions « en toute sécurité »…

 

- 7 h 49. On part. Un bel élan, on devine que le conducteur bien reposé a envie d'en découdre. À la porte de Vanves, on frôle à vue de nez les 80 km/heure.

 

- 8 h 02. Train bloqué dans un tunnel : « le train devant nous a un problème d'essieu ».

 

- 8 h 15. « Le conducteur du train devant nous qui a un problème d'essieu a demandé à sécuriser les abords pour vérifier ses essieux… » Panique et doute : est-ce pour une caméra cachée ?

 

- 8 h 20. Message qui se veut rassurant : « On va rouler à contresens pendant quelques kilomètres avant de reprendre notre voie normale. »

 

- 8 h 31. C'est parti ? On l'espère. Pourvu qu'un malheureux chevreuil n'ait pas la très mauvaise idée de venir brouter trop près des voies. « Nous circulons avec 1 h 20 de retard. » À nous, Pessac. Sur le rang d'à côté, les deux Américaines sourient et même se fendent la poire. Est-ce à cause des conclusions du rapport du procureur Mueller sur les relations Trump et Poutine ? Ça aussi, on l'espère. Comment sauraient-elles qu'avec la SNCF « tout est possible ».

 

Voici, c’est dit, tout ça pour vous dire que vous pouvez suivre le pèlerinage annuel à Bordeaux journal des primeurs sur le site du POINT ICI

 

Comme je suis un coquin je vous livre l’introduction du numéro 5 :

 

« Vendredi, ce n'est pas raviolis, mais LGV (ligne à grande vitesse), retour Paris. Deux heures seulement sans avoir besoin de faire un strip-tease dans un hall d'aéroport. Et, malgré la vitesse, le temps de lire. Nous nous sommes plongés dans un fascicule déniché en brocante, Ligue nationale contre l'alcoolisme Almanach 1912. »

 

Bonne lecture !

 

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30 mars 2019 6 30 /03 /mars /2019 06:00
 à Groix, pas de coq sur le clocher; c'est un thon pour rappeler le passé thonier de l'île.

à Groix, pas de coq sur le clocher; c'est un thon pour rappeler le passé thonier de l'île.

C’est l’histoire de M, demoiselle qui fait tout sur deux roues, elle n’a pas de frontières, globe-trotter, elle trace sa route, se pose chez les gens accueillants, partage le pain et le sel, donne un coup de main et repart le nez au vent.

 

Pour tout dire elle ne tient pas en place, un jour ici, le lendemain là, et ce dimanche elle avait mis le cap sur l’île de Groix.

 

Ha, l’île de Groix !

 

Là je vois dans le regard de beaucoup d’entre vous un léger voile, certes vous vous dites, ce doit être en Bretagne mais où ?

 

Bien sûr avec Voulzy vous avez fredonné Belle-Ile-en-Mer Marie Galante mais pour l’île de Groix vous ne savez pas…

 

Gardons encore le suspens en contant le départ de M sans son vélo sur un bateau : qu’en dit le dépliant de la compagnie ?

 

Située à 3 miles nautiques seulement (5 km) au large de Lorient, longue de 8 km et large de 3 km, l’île de Groix « La croisière débute par une traversée de la rade de Lorient qui vous permettra d’admirer, sur votre gauche, la citadelle de Port-Louis, vaillante sentinelle protégeant la ville, et sur votre droite, la station balnéaire de Larmor-Plage et ses somptueuses villas de la fin du XIXème siècle. Puis, en quittant le chenal, un grand bol d’air frais signale la sortie de la rade et l’arrivée dans l’océan Atlantique. Au loin, l’île de Groix se dessine déjà. »

 

Après 45 minutes de traversée elle débarqua à Port-Tudy, longtemps « premier port thonier de France et aujourd’hui port de plaisance très prisé. Dans ce petit port typiquement breton entouré de maisons colorées et de petits commerces, les habitants de l’île s’affairent tandis que bateaux de pêche et voiliers de plaisance se croisent devant les pontons. »

 

« Mi-riante, mi-sauvage, l'île de Groix a bien du caractère. On vient des quatre coins du globe y prendre des leçons de géologie et de minéralogie. Une soixantaine d'espèces minérales y sont répertoriées. Un sentier côtier de randonnée pédestre permet de faire le tour de l'île en deux jours. En sillonnant l'intérieur à bicyclette, on découvre des vallons verdoyants où se nichent fontaines et lavoirs, des hameaux aux ruelles étroites où l'habitat traditionnel est bien préservé. »

 

Levez donc la tête tout en haut du clocher ! Clin d’œil à l’histoire de l’île, la girouette en forme de thon rend hommage à l’activité portuaire de Groix, premier port thonier de France pendant la première moitié du 20ème siècle !

 

Mais qu’allait donc faire mademoiselle M sur l'île de Groix ?

 

Pas de la géologie, même si le terroir comme vous allez voir plus loin comptait pour ses hôtes…

 

Suspens, suspens…

 

Si vous m’avez bien suivie, mademoiselle M a embarqué à Lorient.

 

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Qui se souvient aujourd’hui que le port de Lorient fut l’un des plus importants ports pinardier de France

 

 7 octobre 2014

Le port de Lorient fut un grand port pinardier « Les larmes de Bugeaud » la dernière cuvée de vin d’Algérie.

 

« Pour la petite histoire les vins d'Algérie ont aussi  fait la fortune des négociants de Quimper qui  les commercialisaient sous la marque Sénéclauze... Comme Margnat à  Lorient, ces vins, les moins chers et les plus forts  du marché  (13 °), se diffusaient dans tous les bistrots et les épiceries de la Bretagne en bouteilles étoilées (qui étaient consignées) ...

 

Ils ont largement contribués à l'alcoolisme local ! » ICI 

 

Les bretons, marins comme terriens, avaient une belle descente, mais leur belle province rétive ne produisait pas du jus de vigne mais du cidre.

 

Et là vous commencez à comprendre que notre mademoiselle M grande voyageuse devant l'éternel allait de bon matin, en compagnie de joyeux drilles, mettre en terre des pieds de vigne, même que c’était des francs de pieds.

 

Louis Bordenave, ingénieur ampélographe écrit :

 

La limite nord pour la culture de la vigne en Europe commence au sud de la Bretagne et s’étire vers l’est jusqu’en Ukraine. Pour donner des fruits, il lui faut un climat favorable, or certaines zones trop froides ou trop humides avec un faible ensoleillement (exemple du nord de l’Europe) sont très défavorables. Les climats intertropicaux sont plus favorables, mais avec une intervention importante de l’homme (taille en vert pour provoquer l’initiation florale). Les climats tempérés sont les plus adaptés mais parfois avec des contraintes, comme l’enfouissement des ceps en hiver dans les climats continentaux (ex : Turquie orientale) car celle-ci gèle en dessous de -15°C. Les pays de l’Europe centrale, occidentale et méditerranéenne sont les plus « viticoles » avec plus récemment les pays outremer où l’on retrouve ponctuellement les mêmes situations agro-climatiques. ICI 

 

Suite à l’épisode tragi-comique de la suppression des droits de plantation en 2 actes :

 

  • Acte 1 : En 2008, une réforme ratifiée par tous les ministres de l’agriculture, y compris le français, prévoyait, en effet, la suppression pure et simple au 1er janvier 2016 des « droits de plantation » qui régulaient jusqu’alors la viticulture en Europe.

 

  • Acte 2 : Face à la mobilisation des grands chefs, appuyée par les élus locaux (j’en sais quelque chose puisqu’en toute hâte on me jeta dans les bras de madame Vautrin, députée de Reims, pour trouver une solution magique : pour faire simple réguler les plantations sans régulateur. Encore une mission qui m’a valu des coups de bâtons d’un certain Bruno Le Maire)  Bruxelles a rouvert le débat. Finalement en 2013, la Commission a décidé de surseoir à la libéralisation totale et a accepté d’instituer les « autorisations de plantation ». Elle a également fixé à 1 % maximum l’augmentation annuelle du vignoble dans chaque Etat membre. Chacun pouvant régler son curseur.
  •  

Ensuite les français, toujours en pointe pour se créer des complications, ont élaborés avec l’administration une grosse usine de paperasses.

 

Mais les bretons, qui n’ont plus de chapeaux ronds – pardon – se sont dit, puisque ça chauffe là-haut, comme les rosbifs du Kent, ce serait peut-être l’heure de dompter la liane.

 

L’auguste Revue des Vins de France titra :

 

La Bretagne, terre de vignes ?

 

C’est le pari osé de Mathieu Le Saux et Noémie Vallélian, qui veulent planter 4 hectares de vigne sur l’île de Groix.

 

C'est à Port-Coustic, que Mathieu le Saux et Noémie Vallelian ont décidé de poser sac à terre en 2017. Leur projet, faire de la viticulture sur l'île grâce au micro climat du sud Bretagne. Titulaire d'un BTS de viticulteur obtenu à Montpellier, Mathieu a fait ses premières expériences professionnelles en Suisse où il a rencontré Noémie plus spécialisée dans le maraîchage biodynamique, l’arboriculture, les vaches, les cochons, brebis...

ICI

 

Et le crachin breton dans tout ça ?

 

  • La pluviométrie sur l’île (900mm/an), notamment, serait semblable à celle de Beaune, en Bourgogne (800mm/an), avec même… un peu plus de soleil ! « le climat breton devrait devenir de plus en plus favorable à la vigne », considère Franck Baraer, climatologue à Météo France. « Le climat va continuer à se réchauffer et, à l'échéance de 50 ou 100 ans, le climat futur de Rennes pourrait être celui de Bordeaux, avec quelques degrés de plus qu'aujourd'hui ». Reste que « comparée aux régions continentales, la Bretagne n'est pas la région qui se réchauffe le plus en raison de la proximité de la mer » et de son pouvoir régulateur.

 

Et le fameux terroir ?

 

  • Le sol, tout en schistes, serait la promesse de vins "exprimant une belle minéralité". Mathieu le Saux. "Le sous-sol de Groix contient des glaucophanes bleus [roche, NDLR]. Dans le monde, très peu de vignes poussent sur ce type de sols", s'enthousiasme-t-il.

 

  • Et les avantages procurés par cette roche sont multiples. "D'abord, la minéralité : on aura un vin avec un goût et une odeur particuliers. Et puis la fraîcheur : on aura de belles acidités", affirme-t-il.

 

Et les cépages ?

 

  • Le choix s’est arrêté sur du hondarribi zuri (cépage basque), du chasselas et du chenin pour les blancs, et du côt/malbec et de la madeleine noire pour les rouges. Des raisins "à la peau épaisse" pour mieux résister à la pluie.

 

Et les sous ?

 

Voir le projet ICI 

 

http://www.fermedeportcoustic.com/wp-content/uploads/GRADUATION-1-150DPI.jpg

 

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Le couple prévoit de défricher et planter cinq hectares de vignes au printemps 2019, et espère un rendement de 20 000 bouteilles.

 

Il faudra attendre 5 ans avant la première vendange.

 

En attendant les premières vendanges, attendues pour 2022 minimum, ils exercent l’activité de cidriculteurs. L’an dernier, ils ont produit 7000 bouteilles, distribuées sur l’île de Groix.

 

Ils ont également sur leur ferme, à Port Coustic, avec vue sur mer, des animaux (4 brebis, 1 agneau, 1 bouc, 3 cochons, 2 chiens, 1 chat, 2 pintades, 5 canards, une quarantaine de poules).

 

Mademoiselle M m’a offert ce reportage photos de la plantation.

 

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29 mars 2019 5 29 /03 /mars /2019 11:00
Il manque encore 550 000 €, soit le montant de la création d’un rond-point, pour empêcher l’église de l’abbaye de Sénanque de s’effondrer…

Souvenirs, souvenirs, des temps heureux, l’abbaye de Sénanque, havre de paix au fond d’un vallon, lieu sublime, un joyau du XIIe siècle.

 

L’appel à l’aide de l’abbaye de Sénanque

 

L’église abbatiale du XIIe siècle, située à Gordes dans le Vaucluse, menace de s’effondrer. Pour couvrir le coût des travaux indispensables, un appel aux mécènes vient d’être lancé. ICI 

 

Ce n’est peut-être pas un hasard si les gilets jaunes les squattent partout en France depuis plusieurs semaines : en France, on trouve des ronds-points partout. Et selon le dernier recensement, on n’en compterait pas moins de 50 000. Un record mondial. Le pays en compte six fois plus que l’Allemagne, dix fois plus que les États-Unis.

 

Des coûts délirants. Même s’il est moins sexy que la tour Eiffel ou la baguette de pain, le rond-point est donc un symbole français, qu’on le veuille ou non. Avec presque 50 000 modèles installés partout en France, le pays en compte six fois plus que l’Allemagne, dix fois plus que les États-Unis. Une innovation exotique pour certains, une hérésie pour tous les autres. Car le rond-point coûte cher. Très cher : entre 200 000 et un million d’euros pour chaque nouveau modèle, sans compter les délires artistiques ou architecturaux que chaque commune ou région désire implanter sur les terre-pleins centraux.

 

ICI 

 

Comment nous aider à sauver l'église ?

 

ICI 

 

 

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29 mars 2019 5 29 /03 /mars /2019 06:00
Il y a 10 ans 1 petit viticulteur métayer du Beaujolais m’écrivait : son père lui disait « le Beaujolais est perdu »  Qui sauvera le beaujolais ?

La question émane du journal Le Monde du 25 mars 2019

 

« Faute d’investissements, le vignoble a perdu 40 % de sa surface et 50 % de son chiffre d’affaires en quinze ans. Pour séduire à nouveau, la région, qui s’est longtemps reposée sur le « beaujolais nouveau », parie aussi sur la richesse de ses crus et sur le vin nature. »

 

ICI

 

Comme je suis un vieux de la vieille qui a roulé sa bosse je ne peux m’empêcher de penser : le Beaujolais n’a pas besoin d’être sauvé !

 

Pourquoi me direz-vous ?

 

Parce que j’en ai ma claque de ce genre de propos et que je n’userai pas ma plume à donner un point de vue.

 

Retour en arrière : la lettre du petit vigneron métayer du Beaujolais

 

Au tout début de février 2010 j’ai reçu dans ma boîte aux lettres ce message d’un de mes lecteurs :

 

« Je suis fils de viticulteurs, petit viticulteur du Beaujolais, métayer, donc loin des grandes dynasties Bourguignonnes. Malgré tout, je suis un amoureux de ce terroir, mais pour être franc je ne vois pas comment le sortir de cette crise qu'il connait. Mon père n'a de cesse de me dire chaque jour que le Beaujolais est perdu et qu'il vaut mieux vendre du Bourgogne ou du Champagne, et je trouve cela très triste. » Et de conclure :

 

« Je viens vers vous aujourd'hui pour avoir votre avis d'amoureux du vin et surtout de professionnel du vin sur l'avenir de ce Beaujolais, quel est votre point de vue sur sa situation ? »

 

J’avoue que j’étais à la fois assez ému de cette confiance et embêté car, contrairement à ce que pensent certains, je n’ai pas d’avis sur tout et, dans le cas spécifique du Beaujolais, j’estimais et j’estime encore, que mon éloignement du terrain, ce besoin que j’ai avant de me forger une opinion d’arpenter la région, d’écouter les uns et les autres, de voir, de sentir, de me plonger dans la complexité, de définir le champ des possibles, de tester des solutions, ne me permettait pas d’être en mesure de répondre de manière pertinente à mon correspondant.

 

La suite ICI

 

« Le Beaujolais est-il perdu ? » comme l’affirme le père de mon correspondant ou comme le journaliste de Lyon Capitale interrogeant Bernard Pivot : « est-il mort ? »

 

Celui-ci répond : « Non, je ne crois pas. Mais le Beaujolais a mal, il est souffrant, il demande une assistance. Si on ne lui porte pas remède, il ira de plus en plus mal... »

 

C’est donc avec mon petit balluchon que je me porte volontaire pour « aider » avec ma méthode semelles de crêpe, pas pour « assister », le Beaujolais n’a pas besoin de béquilles, d’infirmiers  ou de docteurs miracles – ce qui ne signifie pas pour autant que les conséquences sociales des difficultés ne doivent pas être traitées avec les moyens adéquats – mais d’un accoucheur de décisions.

 

Le salut – c’est mon côté vendéen qui ressort – du Beaujolais viendra de l’intérieur, de ses propres forces. C’est donc à dessein que j’ai titré ma chronique « Grand Corps Malade » en référence à ce grand garçon sympa qui a su, avec ses propres forces, surmonter son handicap lié à son accident pour « réussir ».

 

Flop absolu !

 

En ce temps-là j’étais tricard dans la maison Agriculture, « occupes-toi des vaches et fous-nous la paix… » Y’a déjà eu en 2007 un plan avenir Beaujolais en 2007 : pas un plan de plus mais plus qu’un plan…

 

Un monument de ce que les technostructures savent pondre…

 

En décembre 2015 on dépêcha l’Inspecteur Général Malpel l’homme des causes perdues qui rêvait d’accoler à son patronyme le mot rapport.  ICI 

 

RÉSUMÉ

 

Le vignoble du beaujolais connaît une crise structurelle.

 

Dans un contexte économique difficile, les organisations de gestion des AOP des crus du beaujolais ont décidé de quitter l’Union des Vignerons du Beaujolais, structure fédératrice de la production à laquelle adhérait également les ODG beaujolais- beaujolais villages.

 

Cette scission reflète un malaise institutionnel profond qui concerne également l’interprofession InterBeaujolais.

 

L’avenir économique de la viticulture du beaujolais doit être regardé en fonction de l’évolution du marché. Cette évolution concerne la commercialisation et la production. De nouveaux marchés doivent être recherchés et les produits adaptés. Les coûts de production de la viticulture doivent en particulier être réduits.

 

Une meilleure coordination des actions économiques avec le grand bassin de la Bourgogne doit être envisagée, ce qui correspond à une réalité de terrain. Le négoce est déjà dans cette perspective. La redéfinition des cahiers des charges AOP implique également des redéfinitions des conditions de la production. Un rapprochement des interprofessions doit être étudié par les parties prenantes.

 

Voili, voilà, ainsi va la vie dans notre beau pays, où il faut que tout change pour que rien ne change.

 

Quelques citations :

 

« Il est plus difficile de réussir le beaujolais primeur que le vin du château Lafite-Rothschild, de Petrus ou de Cheval-Blanc », lance Georges Duboeuf

 

« Ici, dans le Mâconnais, et jusqu’aux Pierres Dorées, plus au sud, le paysan vivait au rythme des saisons. Jusqu’en 1960, l’hiver, il coupe le bois, l’été il coupe le blé, et en septembre les raisins. Le reste du temps, il s’occupe de son potager et de ses vaches qui s’engraissent dans les champs et sont payées cher par l’abattoir. Le vin ne saurait le passionner, il n’en vit pas, ou si peu. Ce sont les coopératives qui vont le sauver et les gens de l’INAO lui apprendre à respecter la vigne. »

 

« La médaille a son revers. Le beaujolais nouveau fonctionne comme une super-marque. Les vignerons élevés par Georges Duboeuf dans le goût du bon vin sont devenus exigeants, un rien prétentieux question porte-monnaie et compte en banque. Le prix du beaujolais a monté de 30% en deux millésimes ; pas mal, non ? Les paysans qui font les vendanges en Renault 25 ont des envies de nouveaux riches. Oublié le temps de la mouise, quand le père Ramonet, à Chassagne, n’avait pas de chaussures pour sarcler ses vignes ! »

 

13 août 2010

« Opération Grand Corps Malade » Du beau, du bon, Duboeuf

 

À l’intérieur du livre acheté sur les quais « Beaujolais vin du citoyen » Georges Duboeuf par Henri Elwing, plié en quatre, j’ai découvert les 2 feuillets double-face d’un « reportage », signé par un esthète du vin Nicolas de Rabaudy, sur Georges Duboeuf pour le compte du Figaro-Magazine du 10 novembre 1990. Si je vous le propose dans son intégralité, dans le cadre de mon opération « Grand Corps Malade » c’est qu’il me semble très représentatif de l’ambiance du début des années 90. Hormis le ton et le style très Fig-Mag, un peu condescendant, et une certaine forme d’hagiographie, l’auteur ne pratique pas la langue politiquement correcte qui a cours de nos jours dans nos gazettes. Son enthousiasme pour le travail de Georges Duboeuf n’est pas feint, mais bien réel et il repose sur une réalité qu’on aurait tort de minorer ou de cacher. 20 ans après, il est facile d’ironiser, de jeter aux orties le Beaujolais Nouveau, d’instruire des procès, d’oublier le chemin parcouru. Pour ma part j’ai l’intime conviction que ce ne sont pas les savantes analyses du passé produites par de beaux esprits, moi y compris, qui apporteront à cette belle région un souffle nouveau mais la capacité de tous, vignerons et négociants, à se prendre en mains pour que la réalité des vins du Beaujolais, quelle que soit leur positionnement sur le marché, correspondent à ce qu’on dit qu’ils sont. C’est l’essence même des AOC : écrit ce que tu fais, et fais ce que tu dis... Sinon, vive les IGP !

 

« Georges Duboeuf a inventé le beaujolais nouveau et transformé le troisième jeudi de novembre en date-culte. Grâce à ce génie des vignobles, le vin des mâchons est devenu un phénomène médiatique mondial»

 

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3 août 2010

« Opération Grand Corps Malade » Papa Bréchard c’était pépé primeur

 

C’est maintenant Papa Bréchard qui parle :

 

« Mais revenons à nos feuillettes. Longtemps, nos vins ont pu se contenter de n’être que de bons petits vins faits pour la carafe et le café. Sensible au charme « écologique » eu barriquaillage qui lui donnait la promesse d’un vin authentique de vrai vigneron – en direct du producteur au consommateur – la clientèle, essentiellement locale, pardonnait la faiblesse ou la rusticité de ce beaujolais de bonne franquette. Par exemple je me souviens de vin livré dans la précipitation et qui démarrait sa « malo » au comptoir, cette malo dont on ne savait pas grand-chose alors, sinon qu’elle faisait un temps le vin revêche et amer, quasi imbuvable et que l’on appelait seconde fermentation. Eh bien, personne ne se fâchait, on supportait cet avatar provisoire avec constance, comme une maladie infantile, la rougeole ou la varicelle, dont le vin sortirait plus fort et meilleur qu’avant. Essayez donc maintenant d’écouler du beaujolais qui n’aurait pas fait sa malo !

 

Avec la mise en place progressive du négoce qui a considérablement élargi les zones de diffusion de nos vins, mais aussi gommé le folklore, la clientèle frustrée de barriquaillage pittoresque, a retrouvé le goût juste et sans indulgence, elle exigé du primeur mieux élaboré, plus étoffé. Bon gré mal gré le vignoble a suivi pour le plus grand bien de tous. Les vignerons décidés à faire du primeur, ou ceux qui n’avaient pas de meilleure alternative – je pense surtout aux miens, ceux du Sud – se sont appliqués. Ils ont démontrés, nonobstant les tentatives ultérieurs d’autres vignobles attirés par la poule aux œufs d’or, que l’association terroir beaujolais/gamay noir à jus blanc, donnait par vocation et quand on le voulait bien, le meilleur primeur rouge du monde, souvent imité, rarement égalé, jamais dépassé et croyez-moi, c’est pas de la réclame mensongère...

 

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