Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 juin 2020 2 02 /06 /juin /2020 06:00

 

Rien ne me mets plus en fureur que « les bien au chaud » affirment sur les réseaux sociaux que notre vieux pays républicain glisse vers la dictature sous la férule de notre caudillo Macron. Que notre démocratie ait besoin de se régénérer je suis le premier à le souhaiter comme l’a montré mon dialogue avec Jean-François, mais parler de dictature c’est insulter les morts des dictateurs et détourner son regard des femmes et des hommes qui, en 2020, vivent sous la botte de dirigeants adeptes de la manière forte pour réprimer ceux qui ne pensent pas comme eux.

 

1977 par Saccomanno

 

Guillermo Saccomanno dans le livre que je suis en train de lire 1977 ICI : Buenos Aires en 1977. La dictature militaire s’est installée depuis plusieurs années, certains résistent, des femmes défilent chaque jeudi pour rappeler qu’un de leurs proches, leur fils ou leur fille dans la plupart des cas, a «disparu» ; des voitures peintes en vert, comme un uniforme, bien reconnaissables, patrouillent, et la majorité des habitants essaie d’adapter sa vie aux circonstances.

 

Henri Jeanson, journaliste iconoclaste, donnait la meilleure définition que je connaisse de la démocratie :

 

« La démocratie, c’est quand on sonne chez vous à six heures du matin et que c’est le laitier »

 

… la terreur répondait toujours présente. Les militaires avaient mis en garde : « Nous éliminerons d’abord les subversifs, puis leurs complices, ensuite leurs sympathisants et enfin les indifférents et les tièdes. »

 

La Casa Rosada, le palais présidentiel argentin avec Argentina ...

 

La Casa Rosada

 

Le palais présidentiel devait sa couleur rose au sang de vache avec laquelle on l’avait peint au temps de la colonie espagnole. La conservation de la couleur d’origine constituait bien plus qu’une métaphore de cet abattoir que notre pays avait toujours été.

 

[…]

 

La Casa Rosada était plus rose que jamais. Cet après-midi-là, tandis que les mères des disparus commençaient leur ronde, juste en face il devait y avoir des officiers enfilant de jeunes appelés. J’ai pensé à ce qu’avait été l’armée de San Martin.

 

AFP Archives on Twitter: "30 avril 1977 : première marche en ...

 

C’est en 1977 que les mères ont commencé à se réunir sur la place  de Mai. Pas plus d’une douzaine au début, leur nombre s’est vite multiplié. Le foulard blanc était leur signe de reconnaissance. Les jeudis après-midi, elles tournaient autour de la  Pyramide de Mai. J’ai relevé le col de mon pardessus. Le  vent était humide. Il y avait un camion avec des effectifs de la garde d’infanterie. De chaque côté du palais présidentiel, comme en arrière-garde, des blindés de l’armée et des soldats postés avec leur FAL. Des policiers empêchaient que l’on s’approche de cette ronde. Comme un badaud parmi d’autres, j’avançais malgré tout vers ces femmes. Certaines étaient jeunes, d’autres plus âgées, mais la tragédie les avait toutes vieillies prématurément.

 

[…]

 

La dictature appelait ses victimes desaparecidos. Ce préfixe « des » suggérait que ces mères, quand bien même on retrouverait leurs enfants, ne recevraient que des fantômes. On aurait beau élaborer des explications et des théories psychologiques pour tenter d’en faire le deuil, ces disparus seraient à jamais des fantômes, des fantômes tournant autour d’elles comme elles le faisaient sur cette place de Mai, pour exiger leur réapparition à ce palais présidentiel couleur rose. L’épouvante constitue peut-être le genre le plus apte à raconter l’histoire de notre patrie.

 

[...]

 

Araucaria: ERNESTO SÁBATO, PAS ENCORE LE BOUT DU TUNNEL

 

Je me souviens que Ratti, le président du SADE (Société Argentine des écrivains), avait accepté une invitation à déjeuner du dictateur Videla, en compagnie de Jorge Luis Borges, Ernesto Sábato et du curé Leonardo Castellani. Au cours de ce repas, seul le curé Castellani avait osé mentionner le nom d’Haroldo Conti, un des nombreux écrivains disparus. À la sortie de ce déjeuner, la presse les attendait. Borges et Sábato – je m’en souviens parfaitement – ne tarissaient pas d’éloges pour le dictateur. Un parfait gentleman, voilà leur impression de Videla.

 

Rien à ajouter, je n’en suis qu’à la page 65, mais croyez bien que, lorsque je croise en chair et en os certaines grandes gueules qui tartinent sur les réseaux sociaux leur vomi sur notre démocratie bien imparfaite je passe mon chemin, je les ignore, j’aurais trop envie de leur dire que dans une vraie dictature il y a longtemps qu’on aurait sonné à leur porte, et ce ne serait pas le laitier.

 

Coupe du Monde 1978 en Argentine, triomphe de la dictature de Videla

 

Un rappel : en 1978  L'Argentine organise et gagne son premier Mondial en pleine dictature.

 

« À la tête de la patrie du tango, le général Jorge Videla a semé la terreur. Tout comme Pinochet au Chili, il a pris le pouvoir par un coup d'État en 1976 et a mis en place le concept de "Guerre sale" - inspirée des militaires français des guerres d'Indochine et d'Algérie - qui consiste à torturer et tuer toute personne soupçonnée d'opposition au régime. L'une des salles d'interrogatoire - l'École supérieure de mécanique de la marine - était d'ailleurs quasi mitoyenne du stade Monumental, où devait se dérouler la finale. »

 

Coupe du Monde 1978 en Argentine, triomphe de la dictature de Videla

 

Un "mélange des genres" dénoncé par des intellectuels du monde entier. Ainsi, Marek Halter lance un comité pour le boycott de l'organisation par l'Argentine de la Coupe du monde de football qui réussit l'exploit de mettre d'accord le communiste Louis Aragon et le philosophe occidentaliste Jean-François Revel !

 

Videla e quel pranzo con Borges e Sabato - Limes

 

Coca-Cola verse 8 millions de dollars !

 

Ces personnalités ont peur que Jorge Videla fasse oublier à travers le sport les massacres perpétrés par ses miliciens. Elles ne veulent pas que la Coupe du monde puisse servir de propagande positive pour ce régime politique. Sauf que le business est passé à une dimension supérieure. Coca-Cola ne s'embarrasse pas de ces "détails" et verse huit millions de dollars pour devenir le sponsor officiel de la compétition (c'est toujours le cas en 2014...). Les affaires passent en priorité, tant pis pour la morale...

 

Coupe du Monde 1978 en Argentine, triomphe de la dictature de Videla

 

Les Bleus laissent en revanche leur sensibilité en France, même si le sélectionneur Michel Hidalgo, victime d'une tentative de rapt, hésite à partir. La sélection décide au final de ne pas boycotter l'épreuve et de voler en Concorde en direction de l'Argentine. En revanche, une fois sur place, les joueurs menacent de faire grève non pas parce qu'ils sont touchés par le contexte politique argentin, mais parce qu'ils estiment que le sponsor Adidas les roule dans la farine concernant l'attribution des primes !

 

Partager cet article
Repost0
31 mai 2020 7 31 /05 /mai /2020 08:00

Jean-Yves-Decottignies

 

On connaît la fameuse boutade du Général de Gaulle rapportée par l'ancien ministre de la Culture André Malraux dans «Les chênes qu'on abat». 

 

Les chênes qu'on abat..., by André MALRAUX - CONSUS - FRANCE

 

« Au fond, vous savez, mon seul rival international c’est Tintin ! Nous sommes les petits qui ne se laissent pas avoir par les grands. On ne s’en aperçoit pas à cause de ma taille. »

 

Au fond mon seul rival international, c'est vous. De Gaulle ...

 

De Gaulle et la France : plus qu’un duo, une incarnation. « Je suis France ! » disait déjà Louis XI à la fin du Moyen Âge. Mauriac, gaulliste de la première heure, mêlant passion et raison, confirme : « Un fou a dit « Moi, la France » et personne n’a ri parce que c’était vrai. »

 

De Gaulle, le modèle de Macron ?

 

Au lendemain de son élection il affirmait vouloir faire de la France une grande puissance, renouer avec l'héroïsme politique...

 

 

« J'assume ce discours de grandeur. Il est à la hauteur du moment que nous vivons », affirmait Emmanuel Macron... Il puise ses inspirations : Les mémoires de guerre du Général de Gaulle figurent sur son bureau. De Gaulle, son modèle ?

 

Et puis patatras un sale petit virus nous tombe dessus et 3 titres :

 

Charlie Hebdo

 

« La France n’est plus un grand pays, mais une petite nation mesquine, bouffie d’orgueil et de prétention. Et en face d’un virus microscopique, l’orgueil et la prétention, ça ne sert à rien.

Une injustice insupportable. »

 

Mélenchon dénonce la « clochardisation sanitaire » lors d’un meeting virtuel

 

Jérôme Fourquet : « Les Français ont vu l’Etat en voie de clochardisation »

 

Oui, le grand perdant, c’est l’Etat jacobin surplombant. C’est l’Etat central et sa haute administration. Il a été percuté par cette crise sanitaire. L’exemple type, ce sont les Agences régionales de santé. Ce à quoi nous avons assisté, c’est à son “étrange défaite” - pour reprendre le titre du magnifique livre de Marc Bloch - et ça a été un choc. Parce que, dans notre pays en temps de crise, on se tourne spontanément vers l’Etat, très présent et censé nous protéger mais qui là a pataugé. Résultat : les Français ont eu le sentiment de vivre un violent déclassement national. Ils ont vu des scènes - comme ces soignants qui, faute de sur-blouses, mettaient des sacs poubelles ! - qui disaient de notre Etat qu’il était en voie de clochardisation.

 

« Tout ce qui est excessif est insignifiant. » Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

 

Talleyrand, le diable diplomate - 2- Un hédoniste au service de la ...

 

Après une désobéissance caractérisée, du Diable boiteux, Napoléon avait explosé : « Mr de Talleyrand, vous êtes de la …m,  dans un bas de soie. » Et Talleyrand avait répliqué le fameux mot : «Sire, vous êtes excessif et ce qui est excessif reste insignifiant ! »

 

L’air du temps est à l’excès, j’ai vraiment envie de rétorquer aussi bien au petit sondeur Fourquet qu’au Leader Minimo, savez-vous ce qu’est un clochard ? Dans quel pays vivez-vous ?

 

Je préfère et fais mienne la réaction d’un lecteur :

 

Charles de GAULLE - Lettre signée et photographie originale

 

De Gaulle...

 

Pays assez étrange que la France quand même. Anarchiste, contre les lois, contre les  forces de l'ordre, contre les politiques, contre les partis politiques, souvent contre le parlement, contre l'Etat, mais un goût immodéré pour les chefs.

 

Ses chefs, son chef et son Etat. Napoléon, Louis XIV, de Gaulle. Tout le monde marche à l'ombre de ces "grands" personnages" : Mitterrand, Sarkozy.

 

Macron y va comme ses prédécesseurs, mais les autres y vont aussi. De Gaulle par ci, de Gaulle par là.

 

De Gaulle, c'est quand même le XIXe, une pensée politique qui n'a plus court. Maurras. Nous aurions pu espérer qu'elle était morte avec Mitterrand. Mais non,  là revoilà.  Le destin de la France Eternelle, centre du monde et lumière du monde. Et si nous acceptions tout simplement la place qui est la nôtre aujourd'hui, sans nous gonfler d'importance, sans narcissisme ? Après tout, l'idée que nous faisions ne se fait qu'au détriment des autres, et avec beaucoup d'oubli.

 

Le rêve d'un Etat fort qui nous protège de tout et d'où tout vient, même les masques. Mais ne pas payer d'impôts.

 

Conclusion provisoire : à quand Raoult candidat à la Présidentielles ?

Didier Raoult.

Il était une star des sciences. Puis il a promu un remède douteux pour Covid-19. ICI

 

L'homme derrière le traitement non prouvé préféré de Trump a fait une grande carrière dans l'orthodoxie. Sa revendication d'un taux de guérison de 100% a choqué les scientifiques du monde entier.

Le général de Gaulle en visite à Nantes, le 15 janvier 1945. Photo © AFP

De Gaulle : “L'Ena, c'est moi”

Par François d'Orcival

Publié le 18/05/2019 à 10:17

 

Le projet d'école nationale d'administration, c'était celui de Michel Debré. Il l'avait mûri avant-guerre, défini à la veille de la Libération. En 1945, de Gaulle lui donne huit mois pour le mettre en œuvre.

 

Dans son bureau du premier étage de l'hôtel du ministère de la Guerre, le Général fait asseoir devant lui un jeune maître des requêtes au Conseil d'État qu'il avait nommé commissaire de la République à Angers huit mois plus tôt, Michel Debré. Il vient de le faire entrer à son cabinet de chef du gouvernement.

 

De quoi veut-il lui parler ?

 

De “refaire la France”, tout simplement. Ses institutions ?

 

Pas seulement : « Pour l'administration, quelles sont vos intentions ? » , demande de Gaulle. Debré n'hésite pas une seconde ; il s'est préparé à l'entretien comme à un concours. Son sujet, c'est “le recrutement de la haute fonction civile”…

 

Nous sommes à la fin du mois d'avril 1945. La libération du pays est achevée. À Berlin, l'Armée rouge a lancé l'assaut final sur le bunker de Hitler. La fin approche. En France se préparent les élections municipales, auxquelles participent les femmes pour la première fois. Et puis, il est temps d'en finir avec les institutions qui ont mené la IIIe République au désastre. Mais qui est donc ce Michel Debré, pour être le premier interlocuteur consulté par de Gaulle ?

 

Une génération les sépare ; il est né en 1912. D'autres choses vont les réunir. Après avoir achevé ses études secondaires au lycée Louis-le-Grand, entrepris son droit en faculté et couronné son cursus universitaire par la voie royale vers la haute administration, l'École libre des sciences politiques, il a réussi un brillant doublé : sortir major de Saumur, être reçu au concours de l'auditorat du Conseil d'État.

 

Sa carrière est tracée ; il a 22 ans. Son père, le Pr Robert Debré, qu'il vénère, lui offre une édition originale de Qu'est-ce qu'une nation ? de Renan. À 25 ans, il fait la connaissance de Paul Reynaud, premier homme politique à avoir compris et soutenu la doctrine militaire d'un colonel de 47 ans, Charles de Gaulle. Deux ans plus tard, Gaston Palewski, le directeur de cabinet de Reynaud, ministre des Finances, l'appelle à son ministère....

 

Partager cet article
Repost0
30 mai 2020 6 30 /05 /mai /2020 06:00

Dans Fonds de tiroir en 1967 Patrick Modiano, écrit les paroles d’une chanson Les Escaliers :

 

«  Il y a tant d’escaliers dans ma mémoire, tant d’escaliers

Dans mon passé

Que je monte le cœur battant

Tant d’escaliers que je descends,

Sur la pointe des pieds. »

 

« Rejoignant Balzac, Breton ou Perec, Sue et Simenon, Modiano fait du Paris intra-muros son terrain d’expression, à la fois prison et espace de liberté. Un Paris obsessionnel, méticuleux, où le passé et le présent se confondent, mêlant les années noires de l’Occupation aux années grises de la décennie 1960. »

 

« Le Paris où j’ai vécu et que j’arpente dans mes livres n’existe plus, déclare Modiano au Nouvel Observateur en 2007 »

 

« J’ai l’impression d’être tout seul à faire le lien entre le Paris de ce temps-là et celui d’aujourd’hui, le seul à me souvenir de tous ces détails. Par moments, le lien s’amenuise et risque de se rompre, d’autres soirs la ville d’hier m’apparaît en reflets furtifs derrière celle d’aujourd’hui. » Dora Bruder

 

À mon arrivée à Paris, en 1975, pour trouver mes marques, j’ai arpenté à pied le Paris des quartiers, et c’est ainsi que j’ai trouvé mon premier appartement rue Mazarine. C’était encore, plus pour très longtemps, un village. L’école maternelle de ma fille se situait rue du Jardinet, et tous les matins nous passions par la superbe cour de Rohan. Je me rendais ensuite à pied rue Barbet de Jouy où logeait, face au bâtiment historique du 78 rue de Varenne, la direction de la Production et des Échanges du Ministère de l’Agriculture. Il y avait même un tunnel qui reliait les deux adresses, fermé pour cause de trop nombreux rendez-vous galants dans les nombreux recoins bourrés d’archives poussiéreuses.

 

Avec le déconfinement je me suis remis en selle sans avoir de buts précis et c’est ainsi que je me suis retrouvé rue du Jardinet face à l’école élémentaire de ma fille. J’ai pris des photos avec mon smartphone et je lui ai envoyé : SOUVENIRS.

Rien n’avait changé…

 

La séquence pourrait se terminer là, sauf que, comme vous le savez j’étais en train de lire Unité 8200 de Dov Alfon.

Unité 8200 - Dov Alfon - Babelio

 

 

Dimanche soir, bien décidé à terminer ce roman politico-policier haletant, j’arrive page 318, chapitre 99 (le roman est découpé en chapitres très courts) :

 

Le portail se trouvait au coin de l’allée sur la droite. Il était verrouillé, et un panneau en quatre langues annonçait qu’il s’agissait d’une cour privée.

 

- Ce n’est pas tout à fait exact, expliqua le policier de patrouille à l’équipe de Léger.

 

Il était intimidé, saluant à la fin de chaque phrase, et les hurlements de Léger n’avaient rien pour le rassurer. Mais il avait beau bégayer et rougir, ses informations étaient solides. Cette allée reliant la rue Saint-André-des-Arts à l’Odéon, appelée la cour du Commerce-Saint-André, était le territoire qu’il arpentait trois fois par jour. L’endroit était en général bourré de touristes : ils venaient pour le Procope, le café le plus ancien de Paris voire du monde. Les trois mousquetaires s’étaient battus à cet endroit, et une partie des pavés d’origine existait encore.

 

 

Mais dissimulée sur la droite se trouvait l’entrée de la cour de Rohan, une série de cours intérieures entourées de deux immeubles prestigieux. L’un d’eux abritait la fondation Giacometti, et l’autre appartenait à la ville de Paris, qui s’en servait pour héberger des invités étrangers.

 

- Le panneau est trompeur, dit le jeune homme à Léger. Les cours sont situées dans l’espace public et la porte doit rester ouverte pendant la journée pour l’école élémentaire du Jardinet et le lycée Fénelon. Mais en dehors des horaires scolaires, ils ont le droit de fermer le portail.

 

Mes souvenirs resurgissaient. Je suivais les protagonistes du roman pas à pas.  (chapitre 100)

 

Abadi courut le long de la rue désertée, regardant les fenêtres allumées, les voitures qui passaient, écoutant les sons. Tous les cafés devant lequel il passait étaient obscurs et verrouillés. Le marché de la rue de Buci était désert, et sur la place Saint-Germain-des-Prés deux clochards et quatre chiens étaient allongés. Rue de Seine, rue Mazarine, rue Dauphine, rue Bonaparte, ces rues bondées pendant la journée ressemblaient à cette heure à celles  d’une ville fantôme. »

 

[…]

 

Le ciel commençait à s’éclaircir, la pluie cessa et le froid se fit sentir. Abadi allongea le pas, tant pour se hâter d’aller combattre les forces du mal que pour se réchauffer. En tournant rue Jacob il tomba sur la place Furstenberg, l’endroit qu’il préférait à Paris. Les portes vertes de l’abbaye étaient encore fermées, les portes rouges du bar à vin (1) à côté étaient closes. C’était comme si la ville dressait ses murailles contre lui.

 

Il poursuivit sa route, tourna à gauche rue des Saints-Pères, et il trouva ce qu’il cherchait….

 

L’image contient peut-être : boisson

 

(1) Le bar à vin s’appelle la dernière goutte. 6, rue de Bourbon le Château ICI 

 

Cour de Rohan, voyage immobile à travers l'Histoire – VIème : très beau reportage avec 1 très belle iconographie

 

Cour de Rohan - Eugène Atget - 1915            Cour de Rohan, le puits - dessin de Jules-Adolphe Chauvet - 1878

 

La Cour de Rohan, voie semi-publique aux allures de village provençal, est une intrigante curiosité parisienne, un lieu où l'écho de l'histoire résonne encore à travers l'architecture. Vestiges médiévaux, construction Renaissance, bâtiment Louis XIII, cette succession de trois courettes pavées et arborées reliant la rue du Jardinet à la cour du Commerce Saint André depuis 1791, a souvent été menacée de destruction. Repère d'artistes dès 1930, elle est aujourd'hui un summum du luxe, celui sans pareil d'un confetti champêtre en plein cœur de Saint-Germain-des-Prés.

 

A l'origine de la cour de Rohan se trouve un ensemble de bâtiments construit par Henri II (1510-1559) pour sa favorite Diane de Poitiers (1499-1566). La première des trois courettes formant la cour de Rohan s'ouvre sur la rue du Jardinet. A condition que les grilles ne soient pas fermées ce qui est assez rare depuis la décision de la copropriété en 2015 de restreindre l'accès au public. Cette première enclave dont les bâtiments de faible hauteur évoque les lignes pures de l'époque Directoire est dotée d'un puits à margelle orné d'une gargouille et surmonté d'une poulie datant du XVème siècle.

 

La suite ICI 

 

Repaire d'artistes, la cour de Rohan a abrité l'atelier de Balthus mentionné plus haut dès 1936. Georges Bataille qui y a vécu pendant la guerre organisait dit-on des fêtes dantesques durant lesquelles se réunissaient Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Michel Leiris, Raymond Queneau… Dans les années 70, David Hockney a fait un séjour cour de Rohan avant de repartir pour la Californie. Au 3bis s'est installée la sculptrice américaine Sheila Hicks et le metteur en scène canadien Robert Carsen y a séjourné également. Prolongeant la tradition créatrice, la Fondation Alberto et Annette Giacometti a pris place dans l'hôtel particulier légué par Annette Giacometti veuve de l'artiste au n°3 de la cour.

Partager cet article
Repost0
28 mai 2020 4 28 /05 /mai /2020 06:00

 

Je ne sais si le confinement a fait progresser les ventes de conserve, le surgelé Picard lui a flambé, mais supposez que votre congélo vous lâche, qu’il y ait une longue panne d’électricité, alors rien ne vaut d’avoir dans le cellier quelques boîtes de conserve.

 

C’est mon cas, essentiellement des légumes : haricots verts, blancs, flageolets, petits pois, champignons de Paris, pois chiches, maïs doux… etc.

 

Mais qui se souvient de du  « père de la conserve » Nicolas Appert ?

 

Le grand quotidien israélien HA’ARETZ - TEL-AVIV ICI 

 

Histoire. Nicolas Appert, le génie de la conserve

 

Scène de repas au front, 1915. BM Dijon. Est 2148. Album photographique (fonds Robert). 

 

3 février 2016

Mon singe à moi, c’est du bœuf en conserve, la ration du poilu de 1914-1918.  ICI 

 

Grâce à la stérilisation inventée par Nicolas Appert au XVIIIe siècle on peut enfermer dans des boîtes en fer-blanc à ouverture facile des sardines, des viandes, des pâtés, des légumes et des fruits.

 

Le poilu y prend goût, même s'il les dénigre : du « singe », dit-il des boîtes de boeuf !

 

Les plus grandes entreprises comme Cassegrain (1856) ou Saupiquet (1891) sont les principaux fournisseurs et connaissent un bel essor, qui se poursuit après-guerre : tout le secteur profite alors à plein des nouvelles habitudes alimentaires nées de la guerre qui se propagent surtout dans la population urbaine, devenue aussi nombreuse que la population rurale à la fin des années 1920.

 

«Un poilu de mes amis m'a affirmé que jadis les boîtes de boeuf assaisonné portaient un nom de fabricant : Singer, d'où était venu le mot de singe» (Dech1918)

 

«Je me souviens particulièrement du « singe aux oignons », une salade de boeuf de conserve accompagnée de pommes de terre, légumes divers et relevée d'oignons crusJean Renoir 1966. Les cahiers du capitaine Georges - Souvenirs d'amour et de guerre (1894-1945)

 

« On profite de la halte, qui se prolonge, pour manger. Le menu est simple : boules de pain et boîtes de singe. Mais l'appétit est bon et l'on aurait tort de médire de ce boeuf à la gelée que les soldats dénomment singe par dérision » Jean Petithuguenin 1918. La barrière des Vosges

 

« Je tends mon dos à la chaleur qui grandit, en mâchant du singe filandreux et du pain élastique. » 1914-1919

 

« Le singe est la viande en conserve de l'armée, du boeuf bouilli tout préparé, dont la qualité est remarquable. On arrivait toujours à trouver des boîtes, et elles étaient toujours bonnes. » Maufrais Louis J'étais médecin dans les tranchées (2 août 1914-14 juillet 1919)

 

« Et pendant cette soirée du 19 [mai 1916] (soirée d’angoisse et de tristesse), l’on nous a distribué à chacun 4 boîtes de singe, 48 biscuits et 300 cartouches, tout un fourbi qui nous donnait le cafard ; ça commençait à sentir mauvais car les munitions que l’on donnait, ainsi que les vivres, n’étaient sans doute pas pour aller au grand repos ». François Barge, Avoir vingt ans dans les tranchées, Saint-Pourçain-sur-Sioule, C.R.D.P., 1984, p. 17.

 

L'interview imaginaire de Nicolas Appert | La conserve

 

Nicolas Appert (1749-1841), le « père de la conserve », était convaincu que seuls des légumes, des fruits et de la viande de bonne qualité méritaient d’être mise en boîte. Il était cuisinier, et son atelier, qui au début du XIXe siècle comptait plusieurs dizaines de collaborateurs, était attenant à un potager et à un verger qui lui fournissaient fruits et légumes de saison. Il s’approvisionnait en viande et en produits laitiers dans des exploitations situées à proximité. Comme certains chefs d’aujourd’hui, adeptes des circuits courts [du producteur à l’assiette], Appert estimait que les parcelles cultivées devaient jouxter l’atelier où des bocaux de nourriture sous vide, bouchés avec du liège et enveloppés de toile, étaient mis à chauffer dans des cuves d’eau bouillante.

 

En 1803, la marine française, après avoir testé des échantillons fournis par Appert – bouillon clair et bouillon de bœuf, de haricots et de petits pois –, affirmait dans un rapport qu’ « avec ou sans viande, les haricots et les petits pois [dégageaient] la fraîcheur et le parfum de légumes tout juste récoltés ». Grimod de La Reynière, premier critique gastronomique de l’histoire, devient le protecteur d’Appert. Il écrit :

 

« Le résultat est d’avoir dans chaque bouteille et à peu de frais un très-fort plat d’entremets, qui nous rappelle le mois de mai au cœur de l’hiver […]. »

 

En 1810, après la publication d’un livre où Appert révèle sa technique au monde entier, le journal Le Courrier de l’Europe le couvre de louanges pour avoir « trouvé l’art de fixer les saisons. Chez lui, le printemps, l’été, l’automne vivent en bouteilles, semblables à des plantes délicates que le jardinier protège sous un dôme de verre contre l’intempérie des saisons. »

 

https://www.courrierinternational.com/sites/ci_master/files/styles/image_original_765/public/assets/images/gettyimages-3139890-w.jpg?itok=j99IHS8u

Septembre 1934 : des femmes travaillent à la chaîne dans une usine de haricots en boite, à Wisbech en Angleterre.

 

Une curiosité insatiable

 

Appert est né en 1749 dans une famille d’aubergistes et de brasseurs de Champagne. De son propre aveu, il passe son enfance dans des resserres à provisions et des caves à vins. Devenu chef cuisinier à l’âge de 22 ans, il sera employé [comme officier de bouche] par des familles aristocratiques jusqu’à ce qu’il se mette à son compte, à 33 ans, s’installant comme confiseur. Outre la vente des bonbons, les confiseurs français proposaient des sirops, des confitures, des fruits conservés [dans l’alcool]. Peu instruit, mais doté d’une curiosité à toute épreuve, Appert n’a bientôt plus qu’une idée en tête : trouver d’autres procédés de conservation des aliments.

 

Comme tous les cuisiniers de son époque, le jeune chef était versé dans les techniques traditionnelles de préservation de la nourriture, comme le séchage, le salage et le fumage. Mais ces méthodes altéraient le goût et la texture des aliments. Appert cherchait un moyen d’obtenir un produit fini aussi proche que possible de son état naturel.

 

Dans un premier temps, il utilise des bouteilles de champagne, puis des bocaux spécialement conçus, à col épais, fermés avec du liège et du fil de fer, hermétiquement scellés à l’aide de goudron et d’autres mixtures. Il chauffait ces pots au bain-marie, à la température et pour la durée qu’il avait jugées nécessaires à la préparation des conserves de différents produits frais. Même si Appert ne connaît pas les ressorts de l’ « appertisation », il réalise empiriquement la préservation des aliments cinquante ans avant que Louis Pasteur ne découvre les principes du traitement par la chaleur connu aujourd’hui sous le nom de « pasteurisation », dont il publiera les résultats dans les années 1860.

 

Une invention disputée (et brevetée) par les Anglais

 

On ne saurait attribuer à une seule personne l’invention de la technique de préservation des aliments dans des boîtes de conserve en fer-blanc, sous vide. Toutefois, aujourd’hui, les spécialistes s’accordent à dire qu’Appert, dont le nom avait été oublié, est le premier en Occident à avoir publié une description détaillée de la manière de préserver la nourriture par la mise en conserve. La publication de son ouvrage a été le fruit d’un accord avec la marine française, qui avait accepté de financer ses recherches pourvu qu’il en divulgue les résultats. Appert ne fait pas breveter sa méthode ; trois mois après la parution de son livre, un négociant anglais, Peter Durand, dépose un brevet sur le procédé que le Français avait décrit en détail.

 

La question de savoir si Durand avait eu vent de la méthode d’Appert allait devenir un énième grief dans la perpétuelle rivalité entre la France et l’Angleterre. Quoi qu’il en soit, Durand et ses associés seront les premiers à pratiquer la mise sous vide dans des boîtes en fer. En Angleterre, la métallurgie était plus développée, elle s’était adaptée plus rapidement à la révolution industrielle que la France, cette dernière étant aux prises avec les conséquences de bouleversements politiques sanglants. À partir de l’Angleterre, le savoir-faire se répandra dans le reste du monde. En très peu de temps, la conservation des aliments par le vide deviendrait l’une des techniques les plus répandues et les moins coûteuses du genre dans le monde.

 

L'interview imaginaire de Nicolas Appert | La conserve

 

Reconnaissance tardive

 

Il faudra attendre 1830 et la Restauration pour que les autorités françaises reconnaissent l’apport scientifique et militaire d’Appert et l’aident à poursuivre ses recherches, alors qu’il a déjà plus de 80 ans. Assisté de son neveu, il parvient à mettre sur pied une petite conserverie qui lui survivra. Il meurt en 1841, seul et indigent. Les historiens ne savent pas pourquoi sa femme l’a quitté, ni pourquoi il a été enterré dans une fosse commune. C’est seulement à partir de la fin du XXe siècle que son nom sera cité parmi ceux d’autres pionniers de la cuisine.

Ronit Vered

 

Upton Sinclair, un romancier socialiste dans la jungle capitaliste ...

 

« En 1904, le journaliste Upton Sinclair enquête pendant sept semaines, en vivant parmi les ouvriers, sur les conditions de travail dans les abattoirs de Chicago. La Jungle, le livre qu'il en tire, sort le 28 février 1906 et fait l'effet d'une bombe : il y dénonce non seulement des conditions de vie et de travail atroces, les magouilles électorales, la corruption, le pouvoir des trusts mais y expose aussi, en long en large et en détail, les procédés de fabrication du corned-beef, des saucisses, du saindoux, etc. Les Américains et le monde découvrent l'horreur. Les produits manufacturés contiennent de tout jusqu'aux déchets de fabrication, aux rats, jusqu'à de la viande de bœufs tuberculeux et à celle des ouvriers tombés dans les cuves géantes de préparation des produits ! Le scandale est tel que l'écrivain est reçu par le président Théodore Roosevelt et que le Pure Food and Drug Act, constituant un premier pas pour la protection des consommateurs, est voté le 30 juin de l'année même de la publication de l'œuvre. »

Partager cet article
Repost0
27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 06:00

 

Au premier tour, j’y suis allé, constatant que les exigences sanitaires étaient respectées j’ai donc voté.

 

Le maintien de ce premier tour, à la veille du grand confinement fut l’un des premiers sujets de polémique : fallait-il ou ne fallait-il pas ? Les responsables politiques de tout bord se sont alors illustrés par leur pusillanimité, Larcher&Jacob en tête suivis de près par le couple improbable des ultras. L’important était d’ouvrir la chasse au Macron.

 

À Paris, le mode de scrutin, en permettant des alliances, aurait pu faire bouger les lignes mais la rigidité intellectuelle des Verts officiels ne l’a pas permis. Isabelle Saporta a perdu son pari et je le regrette. Elle  se retire du jeu, elle ne sera pas du second tour.  ICI 

 

L’échiquier du second tour est si prévisible que je ne vois pas ce que j’irais faire dans cette galère.

 

En effet, notre maire, qui déjà accueille dans son giron ce qu’il reste du PCF en la personne du médiatique Ian Brossat, va agglutiner les Verts, ceux qui lui étaient restés fidèles et ceux qui ont fait joujou avec Belliard au premier tour en roulant des biscotos. Il faut que tout change pour que rien ne change.

 

En face, madame Dati, réélue dès le premier tour dans le 7e arrondissement, elle aussi va recoller les morceaux en trouvant un accord dans le crucial 15e arrondissement, celui qui envoie le plus d’élus au Conseil de Paris : sa candidate, Agnès Evren, y fera liste commune avec le dissident Philippe Goujon.

 

Entre les deux le désert du parti présidentiel, qui pratique, avec constance, l’art raffiné de se vautrer dans le choix de ses têtes de liste, a accumulé les  : le mode de désignation digne d’un vote arrangé par l’ex-rocardien Alain Richard aboutissant au choix du fade Griveaux et à l’exclusion de Villani, l’atterrissage sur le ventre de Griveaux suivi par l’irruption abracadabrantesque du ministre de la santé, en pleine crise sanitaire, pour le remplacer

 

Agnès Buzyn, la troisième femme de cette élection a disparu du paysage. Au premier tour, elle avait pourtant réuni 17,3 % des suffrages. Le parti présidentiel est donc en mesure de se maintenir dans la totalité des seize arrondissements où aura lieu un second tour. Des triangulaires opposants la gauche, la droite et LRM sont donc en vue partout, à l’exception du 16e arrondissement, où la gauche n’a pas passé le seuil des 10 %.

 

Mais en pratique, LRM a fait une croix sur Paris.

 

« Surréaliste »

 

Les troublantes confessions de la candidate après le premier tour, son silence depuis, la désunion persistante au sein des macronistes ont abouti à une situation grandguignolesque le 26 mai, à un mois du second tour des élections municipales, Agnès Buzyn devait cesser d’être la candidate fantôme de la Macronie et sortir du silence dans lequel elle se mure depuis deux mois pour s’entretenir en visioconférence avec les seize têtes de liste de la majorité présidentielle.

 

« Agnès Buzyn est déterminée, et nous sommes déterminés à porter ensemble un projet pour Paris », confiait encore lundi matin le délégué général de La République en marche (LRM), Stanislas Guérini, comme s’il voulait convaincre encore la candidate de ne plus hésiter, comme elle le fait depuis plusieurs jours.

 

Mais lundi soir, à 23 h 12, son directeur de campagne, Paul Midy, a adressé via WhatsApp ce message laconique aux colistiers de Mme Buzyn :

 

« Bonsoir à tous, désolé pour le changement de dernière minute, la réunion de demain matin est décalée. Nous reviendrons vers vous demain dans la journée pour caler un nouveau créneau. Bonne soirée à tous. »

 

Que dit Le Monde sur le sujet :

 

Il faut dire que l’ex-ministre avait vécu la fin de la campagne du premier tour comme un « cauchemar », a-t-elle confié au Monde. D’un côté, pour l’hématologue, la conscience aiguë de l’épidémie qui montait, et de ses possibles ravages meurtriers ; de l’autre, l’obligation de faire comme si les deux tours allaient pouvoir se dérouler normalement. Au soir du premier tour, Agnès Buzyn avait ensuite obtenu un résultat sans éclat : 17,3 % des suffrages, au troisième rang, loin derrière la maire socialiste sortante, Anne Hidalgo (29,3 %), et sa concurrente Les Républicains (LR), Rachida Dati (22,7 %).

 

Dès le lendemain, elle avait stoppé net sa campagne. Au Monde, elle confiait, à propos de l’épidémie due au coronavirus, avoir alerté dès janvier le président de la République et le premier ministre, Edouard Philippe, du « tsunami » à venir, et n’avait rien caché de ses regrets : « On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade. » Des propos utilisés aujourd’hui contre elle, notamment dans plusieurs plaintes auprès de la Cour de justice de la République, et que ne manqueront pas de lui rappeler les commissions d’enquête parlementaires du Sénat et de l’Assemblée nationale, qui entament leurs auditions fin juin, et qu’elle doit préparer.

 

Deux options restent sur la table.

 

La première : Agnès Buzyn, définitivement découragée, angoissée par la violence à laquelle elle risque fort de se trouver exposée, abandonne sa candidature à la Mairie de Paris, et laisse le parti chercher un nouveau chef de file apte à reprendre la campagne au pied levé. « Mais juridiquement, elle ne peut pas disparaître complètement, elle doit au moins rester candidate dans le 17e arrondissement, sauf en cas de fusion avec une autre liste », analyse un macroniste parisien.

 

Autre hypothèse : elle choisit de demeurer la candidate de LRM. C’est la solution que lui conseillent notamment le président du MoDem, François Bayrou, et son bras droit, Marielle de Sarnez, indique un proche du dossier. A défaut de remplacer Anne Hidalgo à l’Hôtel de Ville, elle peut alors espérer limiter la casse si les maires sortantes des 5e et 9e arrondissements, d’ex-LR ralliées à Emmanuel Macron, sont réélues, et si les macronistes restent assez nombreux pour former un groupe au conseil de Paris.

 

Mais il lui faudra avant s’expliquer devant la presse sur sa gestion de l’épidémie et son départ du ministère de la santé. Et aussi participer au débat d’entre-deux-tours prévu avec Anne Hidalgo et Rachida Dati sur BFMTV – un rendez-vous que Mme Buzyn semble redouter par-dessus tout.

 

Première échéance : le dépôt des listes, d’ici au 2 juin.

 

La semaine qui s’ouvre va donc être consacrée à négocier d’éventuelles fusions entre les listes présentes au premier tour.

 

C’est couru d’avance, alors même si je suis plutôt pécheur que pêcheur je n’irai pas déposer mon bulletin dans l’urne le dimanche 28 juin, madame Hidalgo sera reconduite maire de Paris à la tête d’une majorité non renouvelée : PS-PC ne sont que des partis croupions, les Verts qui auraient pu peser s’ils étaient moins cons en seront réduit à ce qu’ils préfèrent : faire de la surenchère !

 

Ce sera la seconde fois dans ma vie de citoyen, je me suis abstenu lors du referendum instituant le quinquennat qui en faisant coïncider l’élection présidentielle et celle des députés, plus précisément de n’envisager l’élection des députés qu’une fois connue le nom du nouveau Président ce qui renforce le caractère présidentiel du régime. Le septennat non renouvelable ouvrant la porte à une cohabitation aurait redonné des couleurs au Parlement.

 

Désolé, j’avais raison. (1)

 

Anne Hidalgo: le vrai visage de la reine-maire de Paris

 

 

Conclusion provisoire :

 

Notre cher Président, en étant incapable de propulser la candidature d’un poids lourd à Paris – mais en disposait-il d’un ? J’en doute – puis par une gestion calamiteuse du conflit Griveaux-Villani, puis par la fausse bonne idée de propulser Buzyn, ministre de première ligne, en pleine crise sanitaire, pour remplacer ce pauvre Griveaux, enfin en maintenant le premier tour, a réussi l’exploit de se fabriquer une future candidate de gauche, genre gauche unie, à la prochaine présidentielle, Anne Hidalgo étant la seule personnalité du PS subclaquant de taille à y aller, en plus c’est une femme.

 

N’est pas Mitterrand qui veut !

 

Marianne libérée de ses chaînes grâce au général de Gaulle (détail d'une affiche pro-«oui» au référendum du 28 septembre 1958 sur la Constitution de la Ve République).

Marianne libérée de ses chaînes grâce au général de Gaulle (détail d'une affiche pro-«oui» au référendum du 28 septembre 1958 sur la Constitution de la Ve République).

 

(1)

 

Le 7 juin 2000 a été approuvé en Conseil des Ministres un projet de loi constitutionnelle réduisant de sept à cinq ans la durée du mandat présidentiel. Ce projet a été débattu au Parlement au cours du mois de juin et voté sans modification par l'Assemblée nationale et le Sénat.

 

Le Président de la République a fait savoir le 6 juillet que le texte ainsi adopté en termes identiques par les deux assemblées ferait l'objet d'un référendum le 24 septembre 2000.

 

C'est la première révision constitutionnelle soumise au référendum en application de l'article 89 de la Constitution. Quatorze révisions sont intervenues avant ce référendum. D'autres sont en cours.

 

Les résultats du référendum ont été proclamés par le Conseil constitutionnel le 28 septembre 2000.

 

Le oui a été majoritaire (73 % des suffrages exprimés), mais les abstentions (70 % des inscrits) et les « blancs et nuls » (16 % des votants) ont atteint des niveaux sans précédent.

 

La loi constitutionnelle sur le quinquennat ainsi approuvée par le suffrage universel a été promulguée le 2 octobre 2000 par le Président de la République et publiée au Journal officiel du 3 octobre 2000 (page 15582).

La candidate de La République en marche pour les élections municipales à Paris, Agnès Buzyn, lors d\'un meeting à Paris, le 15 mars 2020. 

Municipales : à Paris, une première alliance entre les macronistes et Les Républicains

Dans le 5e arrondissement, la maire sortante Florence Berthout, ralliée à Emmanuel Macron, prévoit de fusionner sa liste avec celle de la droite.

Par 

 

Dans le 5e arrondissement de Paris, La République en marche (LRM) et le parti Les Républicains (LR) feront en principe liste commune au second tour des municipales, prévu le 28 juin sauf reprise de l’épidémie de Covid-19. Un accord vient d’être conclu en ce sens, indiquent des sources convergentes. Il devrait être officialisé sous peu. C’est la première alliance passée par le parti présidentiel dans la capitale en vue du second tour.

Cet accord en annonce-t-il d’autres ? A Paris, les partisans d’Emmanuel Macron vont-ils s’allier globalement avec Rachida Dati, la candidate LR, en vue d’empêcher la réélection de la maire socialiste Anne Hidalgo ? La réponse n’est pas claire. Après des semaines de suspense, Agnès Buzyn a certes annoncé mardi 26 mai à son équipe qu’elle avait décidé de rester la candidate de LRM à la Mairie de Paris. Mais sa ligne politique reste à préciser.

 

Ces dernières semaines, tandis que l’ancienne ministre de la santé hésitait à repartir au combat, ses chefs de file dans les arrondissements ont, chacun séparément, commencé à examiner les alliances possibles. Et ils ont parfois entamé des négociations.

C’est le cas de Florence Berthout, la maire sortante du 5e arrondissement, qui y menait la liste LRM au premier tour. Le 15 mars, elle est arrivée première, mais avec seulement 28,5 % des suffrages. Pour elle, le rapport de forces est délicat. Ensemble, les socialistes et les écologistes ont obtenu 36,8 % des voix, tandis que la candidate LR Anne Biraben en a recueilli 17,3 %. « S’il y a une triangulaire gauche-droite-macronistes, Florence Berthout est cuite, et l’arrondissement bascule de droite à gauche », analyse un élu parisien.

Aucun accord global en vue

Cette perspective, Florence Berthout souhaite d’autant plus l’éviter qu’avant de rejoindre tardivement le camp macroniste, elle a dirigé le groupe LR au conseil de Paris. Ces dernières semaines, elle a donc discuté avec ses anciens amis de la droite, et trouvé un accord. Les deux listes vont en principe fusionner. Arrivée en tête au premier tour, Florence Berthout occupera la première place sur la nouvelle liste, et Anne Biraben, la troisième. Compte tenu des résultats du premier tour, les trois premiers candidats de la liste fusionnée pourraient être élus, le quatrième siège au conseil de Paris revenant à la gauche.

Article réservé à nos abonnés

Cette alliance servira peut-être d’exemple ailleurs. « Il y a un tel délitement de La République en marche à Paris que nous sommes approchés par certains de leurs candidats », confie-t-on dans le camp de Rachida Dati. Sans aller jusqu’à fusionner, certains ont imaginé des désistements réciproques, pour éviter que d’autres arrondissements ne passent à gauche. « Ce scénario existe », confirme une tête de liste macroniste.

Aucun accord global ne paraît cependant en vue. Une alliance à l’échelle de Paris enverrait en effet un message de virage à droite que les responsables de LRM ne souhaitent probablement pas. En outre, dans plusieurs arrondissements, les têtes de liste penchent à gauche, ou du moins n’envisagent pas de se rapprocher d’une sarkozyste pure et dure comme Rachida Dati. Ils préféreraient souvent s’entendre avec Cédric Villani, même si le mathématicien exclu de LRM n’a obtenu dans la plupart des arrondissements qu’un score de 6 % à 7 %.

Partager cet article
Repost0
25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 06:00

 

 

Transport artisanal de "Jack fruit", au Sri Lanka. - © LAKRUWAN WANNIARACHCHI - BELGAIMAGE

 

Non, je ne fais pas le Jacques (1)

 

C'est l’AFP qui le dit : Comment le jacque, ce fruit du pauvre, est devenu le nouvel aliment à la mode Par Abhaya SRIVASTAVA

 

Et bien sûr, toute la presse brode là-dessus, alors pourquoi pas moi ?

 

Le jacque est le plus gros fruit du monde, ça va permettre à mes détracteurs d’ironiser sur celle de mon ego et de mes chevilles.

 

Originaire d’Inde, le fruit du jacquier, (Artocarpus heterophyllus) est un arbre portant des fruits pouvant peser jusqu'à 40 kilos, le jacque, jackfruit en anglais, avec sa texture fibreuse et sa chair ferme au goût sucré est en passe de devenir un aliment tendance. Il est notamment prisé par les consommateurs végétariens et végétaliens comme substitut à la viande. Ça ne va pas plaire à Pousson qui exècre les vegan.

 

Le jacquier serait apparu dans la forêt humide de l'Inde occidentale et au Bangladesh, il s'est par la suite répandu dans toute l'Asie tropicale, l'Afrique avec les Arabes. Il arrive aux Antilles et donc en Martinique en 1782, mais l'odeur musquée de son fruit mûr répugne. Il ne connaîtra pas le succès de l'arbre à pain !

 

Il existe 3 variétés de jacque : le jacque dur dont les fruits restent fermes à maturité, le jacque sosso aux fruits à chair plus molle et le jacque miel à jus très sucré.

 

dizaine de jacques accrochées au tronc du jacquier

 

Plus petit que l'arbre à pain, le jacquier est un arbre avec des feuilles entières ovales à elliptiques et avec des énormes fruits pouvant peser jusqu'à 50 kg. Le jacque peut naître à la fois sur des branches ou encore sur le tronc.

 

jacque prête à être dégustée

 

La peau du fruit, coriace, est constituée de protubérances devenant jaunâtre à maturité. Sa pulpe jaune ou de saveur sucrée, ferme ou molle selon la variété renferme des graines ovales brunes.

 

Les graines brunes sont bouillies ou grillées et mangées comme des châtaignes. Elles sont parfois mélangées à des plats traditionnels. Crues, elles ne sont pas comestibles.

 

La colle jacque à savoir le latex contenue dans toutes les parties du jacquier était autrefois utilisée pour ses propriétés adhésives et piéger les oiseaux.

 

Le bois du jacquier peut être utilisé en construction (BTP) ou la construction de meubles.

 

À noter qu'à la Réunion, le jacque est cuit avec du lard fumé pour préparer la fameuse recette populaire du ti'jaque boucané.

 

Boucané Ti Jacques - Photo de Le Petit Randonneur Restaurant ...

 

Là, Pousson jouit !

 

Intégré au régime alimentaire des régions méridionales indiennes depuis des siècles, le fruit du jacquier était si abondant et banal qu’il a longtemps été consommé surtout par les plus modestes. Chaque année, des tonnes de jacques étaient détruites.

 

Le jaque, le fruit qui remplacera le blé? | Radio-Canada.ca

Des enfants au Bangladesh transporte des jaques.

PHOTO : REUTERS

 

 

 

Mais l’Inde, le premier producteur mondial de ce fruit à la peau hérissée de piques et pesant en moyenne 5 kg, surfe désormais sur la popularité croissante de ce polydrupe hautement nutritif, aujourd’hui promu par des chefs de Londres à San Francisco.

 

« J’ai beaucoup de demandes de l’étranger, raconte à Varghese Tharakkan dans son verger de jaquiers de l’État du Kerala (sud-ouest de l’Inde). Au niveau international, l’intérêt pour le fruit du jaquier a été multiplié. »

 

Mûr, le jacque peut être mangé frais ou utilisé pour confectionner des gâteaux, des jus, des glaces ou des chips. Encore vert, on peut l’utiliser dans des currys, le faire frire, l’émincer et le faire revenir. En Occident, le jacque émincé est devenu une option populaire pour remplacer le porc effiloché et est même utilisé comme garniture de pizzas.

 

« Jacquepot »

 

Dans les seuls États indiens du Kerala et du Tamil Nadu (sud-est), la demande pour le fruit du jacquier est aujourd’hui de 100 tonnes par jour pendant la haute saison et génère un chiffre d’affaires d’environ 20 millions de dollars par an, selon S. Rajendran, professeur d’économie au Gandhigram Rural Institute. ICI 

 

Ce n’est pas un scoop car Loïc Chauveau en 2014 (le 20.06.2014)  dans SCIENCES&AVENIR  affirmait Le jaque, un aliment prometteur

 

Ce fruit géant pourrait contribuer à résoudre les problèmes de malnutrition dans nombre de pays tropicaux. ICI   

 

  1. L'expression date de 1880, et vient de la dénomination péjorative des paysans prétendus lourds et nigauds. Elle signifie se conduire stupidement, faire l'idiot. Elle a inspiré leur nom de scène aux Frères Jacques.

Lifestyle

Jacque : guide complet sur ce « fruit du pauvre » ICI
Partager cet article
Repost0
24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 08:00

10-daladier-bonnet-accueillis-au-bourget

Face à Hitler et Mussolini, Chamberlain et Daladier paraphent les accords de Munich le 30 septembre 1938 un « compromis ». Dès le lendemain, les troupes du Reich annexent les Sudètes. À Paris, le soulagement domine. Encore sur la passerelle, plein d'appréhension et de honte rentrée, Édouard Daladier, le taureau du Vaucluse, Président du Conseil radical, contemplant la foule assemblée sur le tarmac qui l'acclamait, il confia, les dents serrées, à Alexis Léger qui l'accompagnait : « Ah, les cons… S'ils savaient ! »

 

Alexis Léger, le poète connu sous le nom de Saint-John Perse, était au moment des Accords de Munich, en Septembre 1938, secrétaire général du Ministère des Affaires Étrangères. C'est à ce titre qu'il accompagnait le Président du Conseil Daladier dans ces négociations restées synonymes à jamais de complaisance, d'aveuglement, d'abandon et de lâcheté.)

 

Le même jour, le Premier Ministre britannique Neville Chamberlain, lui aussi signataire des Accords pour le Royaume-Uni, rencontrait de retour à Londres un accueil triomphal. Le comte de Clarendon, envoyé du roi George VI, lui remettait une lettre du monarque l'assurant de la gratitude de l'Empire. Le lendemain, la presse unanime le gratifiait du surnom de « peace maker ».

 

 

Les Tchécoslovaques n'ont donc pas leur mot à dire et ne sont pas conviés à la conférence de Munich en septembre 1938, tout comme l'Union soviétique qui était un allié de la Tchécoslovaquie. Hitler souhaite poursuivre l'expansion de son "espace vital", et pour lui faciliter la tâche, la France devait rompre son alliance avec la Tchécoslovaquie où vivaient, minoritairement, les Allemands des Sudètes. La sanction n'a pas tardé, puisque les accords de Munich sont signés le 30 septembre et que la région des Sudètes est immédiatement annexée par l'Allemagne.

 

LA FIN DE LA TROISIEME REPUBLIQUE

 

Les diplomates français et britanniques pensent œuvrer pour la paix, mais ces accords suscitent de vives réactions, à l'image de Winston Churchill qui déclare à l'encontre de la démarche entreprise : « Nos concitoyens dévoués et courageux [...] devraient savoir que nos défenses ont été singulièrement négligées et qu'elles souffrent de faiblesses ; ils devraient savoir que nous avons subi une défaite sans guerre, dont les conséquences nous accompagneront loin sur notre chemin. [...] Les Français avaient le choix entre le déshonneur et la guerre, ils ont choisi le déshonneur et ils auront la guerre. »

 

Accords de Munich (1938): la Tchécoslovaquie sacrifiée sur l'autel ... Accords de Munich (1938): la Tchécoslovaquie sacrifiée sur l'autel ...

Disons-le tout de go: La Jungle est le livre le plus déprimant que j’ai lu. Vous trouvez Zola un peu misérabiliste? Et bien, sachez que Zola c’est Marc Lévy en comparaison d’Upton Sinclair. J’ai retrouvé une sensation perdue depuis des années: à la moitié du livre, l’ouvrir est devenu est une forme de torture. Je me posais à moi-même des dilemmes: «Tu préfères changer la litière du chat ou continuer de lire La Jungle La litière n’a jamais été aussi propre.

La règle d’Upton Sinclair : bonne définition des conflits d’intérêt de nos toutologues

 

« Il est difficile de faire comprendre quelque chose à quelqu’un quand son salaire dépend précisément du fait qu’il ne comprenne pas. »

 

 

Un livre peut-il changer le monde? ICI 

 

Titiou Lecoq — 26 décembre 2016 à 8h34

Upton Sinclair a modifié une partie du fonctionnement de la société grâce à un seul roman. C’est exceptionnel. Pourtant, il en gardera un regret éternel.

«Je voulais toucher le cœur du public et par accident j’ai touché son ventre».

Petit Larousse illustré 2020 - Larousse - 9782035938510 -

Date parution : 
 

Avec plus de 63500 mots, 125000 sens et 20000 locutions, 28000 noms propres. Et aussi : 1500 remarques de langue ou d'orthographe. 2000 régionalismes et mots de la francophonie. 4500 compléments encyclopédiques. 5500 cartes, dessins, photographies, schémas et planches. Avec une carte d'activation pour bénéficier d'un accès privilégié au Dictionnaire Internet Larousse 2020 contenant plus de 80000 mots, 9600 verbes conjugués et des dossiers encyclopédiques sur les notions clés de la culture générale. Le plus de l'édition 2020 : une couverture moderne et raffinée. 150 nouveaux mots, sens et expressions et 50 nouvelles notices de personnalités.

 

 

GRETA THUNBERG Stockholm, 2003. Militante écologiste suédoise. À 15 ans, elle devient le fer de lance de la lutte contre le réchauffement climatique, à travers ses interventions ou ses actions, notamment auprès des jeunes (grève scolaire pour le climat depuis 2018). 

DÉGAGISME Attitude d'insoumission et de rejet prônant l'éviction, par la voie des urnes ou la révolte, des détenteurs du pouvoir sans nécessairement vouloir prendre leur place.

 

ILLIBÉRAL Qui est opposé au libéralisme, à ses principaux fondements, tels que la séparation des pouvoirs, l'indépendance de la justice, l'État de droit et les libertés individuelles.

 

REMONTADA (de l'espagnol, « remontée »). 1. Sports. Remontée de score inattendue permettant à l'équipe qui perd d'emporter la victoire dans un match de football, alors qu'il y avait un grand écart de points entre les deux équipes ; par extension, victoire inespérée d'une équipe ou d'un joueur lors d'une compétition, quelle qu'elle soit. 2. Fam. Retour au premier plan, victoire spectaculaire d'un parti ou d'un homme politique, après une défaite électorale, une traversée du désert, etc.

 

ICI 

Partager cet article
Repost0
24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 06:00

 

Shimon Peres and his cousin, Lauren Bacall. Photo by the legendary David Rubinger.

Ce Kris Kraus est vraiment un drôle de zèbres, dans sa Fabrique des salauds il tricote avec l’Histoire, une maille à l’endroit, une maille à l’envers, avec un goût immodéré pour la provocation.

 

La Fabrique des salauds par Kraus (II)

 

Le « héros », le narrateur de l’histoire, est arrivé en Israël, l’année 1955, sous une fausse identité, celle d’un juif allemand, Himmelreich. C’est un agent secret du réseau Ghelen, il est convoqué à l’ambassade américaine à Tel-Aviv.

 

Au premier étage on le conduit dans une pièce « composée presque exclusivement d’huiles de présidents américains qui fixaient une table de conférence en forme d’ellipse. »

 

« L’homme qui présidait la table donnait l’impression de le savoir (ndlr. Qu’elle était l’objet de la réunion). Il avait beau être le plus jeune de l’assemblée, il hocha la tête comme un vieux druide. »

 

« Le jeune gentleman en face de moi croisa les bras sur la table, me toisa avec une moue ironique – les commissures de ses lèvres vaguement écœurées formaient un triangle isocèle avec la mignonne fossette de son menton. Rarement quelqu’un m’avait autant rappelé Humphrey Bogart.

    

« Quand tout le monde sut comment chacun s’appelait ou prétendait s’appeler, Bogart se tourna vers moi.

 

  • Je suis le secrétaire d’État Shimon Peres, dit-il simplement en passant la main dans ses cheveux de jais. Je représente le Premier ministre et ministre de de la Défense, M. Ben Gourion.

 

Il eut un sourire charmeur. Loin d’être affectée, son assurance était parfaitement naturelle, il était encore plus éblouissant que Bogie – comme si Bogie avait en prime joué au tennis comme un dieu – et dans ses mouvements on devinait aussi la grâce âpre de Lauren Bacall, l’épouse de Bogart, ce qui n’avait rien d’étonnant.

 

Car bien des années plus tard, lorsque je rencontrai la Bacall lors d’un dîner de gala à New-York, elle me raconta que Shimon était son cousin, le neveu de son père – un salopard qui l’avait abandonnée à l’âge de dix ans pour aller sauter une shiksa de Brooklyn à la place de sa mère, oui, voilà comment s’exprimait The Look quand elle avait un coup de bourbon dans le nez. Parce qu’elle méprisait son père, elle ne portait pas le nom de Peres comme Shimon mais celui de Weinsten comme sa mère, et quant à la raison pour laquelle on l’appelait Bacall, c’est une autre histoire de l’Hollywood antisémite que vous devinerez sans peine – mais là je m’égare. »

 

 Shimon Peres: Are you curious about who that is?

 

Peres: Lauren Bacall was 'not an easy woman' | The Times of Israel

 

Shimon Peres l'un des pères fondateurs d'Israël, décédé le 28 septembre 2016 à l’âge de 93 ans, ancien Premier ministre et président israélien, a été le fer de lance des négociations avec les Palestiniens qui lui ont valu le Nobel de la Paix en 1994.

 

Il était né en 1923 à Vichnyeva, dans ce qui était alors la Pologne et qui appartient désormais à la Biélorussie.

 

Benyamin Netanyahou, dont les idéaux politiques sont très éloignés de ceux de  Shimon Pérès

 

« Shimon a dédié sa vie à la renaissance de notre peuple. C’était un visionnaire tourné vers l’avenir. C’était aussi un champion de la défense d’Israël dont il a renforcé les capacités de multiples manières »

 

Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a également salué « un partenaire courageux pour la paix ». Dans une lettre de condoléances envoyée à la famille de M. Pérès, il le décrit comme un homme ayant « mené des efforts soutenus et ininterrompus pour parvenir à la paix depuis Oslo et jusqu’à son dernier souffle ».

 

Depuis la bande de Gaza, Sami Abou Zouhri, un porte-parole du Hamas, qui contrôle l’enclave, a a contrario salué la mort de l’ancien président israélien. « Le peuple palestinien est heureux de la mort de ce criminel. Shimon Pérès était l’un des derniers fondateurs israéliens de l’occupation, sa mort signe la fin d’une époque dans l’histoire de l’occupation israélienne », a-t-il affirmé.

 

Shimon Peres remembers 'very strong, very beautiful' relative ...

 

Peres a raconté que Bacall avait cherché à le rencontrer après avoir appris qu’ils partageaient le même nom de famille, Perski.

 

« En 1952 ou 1953 je suis allé à New York et les gens savaient que mon nom de famille était Perski », a-t-il déclaré. « Lauren Bacall m’a appelé, elle a déclaré qu’elle voulait me rencontrer, et nous nous sommes rencontrés. Nous sommes assis et nous parlé d’où nos familles venaient et nous avons découvert qu’on était de la même famille ».

 

Le père de Bacall, William Perske, était apparenté au père de Peres, Yitzhak Perski, mais la nature de ce lien n’est pas claire.

 

Malgré les réserves apparentes au sujet de sa parente, il semble avoir été charmé par son mari, Humphrey Bogart.

 

« Je pense qu’à un moment j’ai vu son mari, Humphrey Bogart », raconte Peres de sa rencontre brève avec Bacall. « Il était plus beau dans la vraie vie que dans ses films et c’était un homme très agréable ».

 

LAUREN BACALL

 

Humphrey Bogart et Lauren Bacall se rencontrent sur le tournage du "Port de l'angoisse" d'Howard Hawks et tombent instantanément amoureux.

 

Baby,

 

Je t'aime si tendrement et je ne veux jamais, jamais te faire souffrir ou te rendre malheureuse, je veux que tu aies la vie la plus merveilleuse que mortelle ait jamais eue. Cela fait si longtemps, ma chérie, que je n'ai pas éprouvé un sentiment aussi profond pour quelqu'un, je ne sais pas quoi dire ni quoi faire. Je peux seulement t'affirmer que j'ai sondé au plus profond de mon coeur durant ces deux semaines et je sais que je t'adore de tout mon être et je sais que je te veux pour moi seul. Mais nous devons attendre, car tout ce que nous pourrions faire en ce moment provoquerait un désastre.

 

[Une semaine plus tard :]

 

Baby je ne me serais jamais cru capable d'aimer de nouveau, il m'est arrivé tant d'histoires, je ne voulais plus entendre parler d'amour. Ça peut être si douloureux.

 

Slim chérie, tu es apparue dans ma vie, tu es venue dans mes bras, dans mon coeur et tout l'amour dont je suis capable t'appartient et maintenant j'ai peur que tu ne comprennes pas et que tu t'impatientes, car alors je te perdrais - mais même si cela devait arriver, je ne cesserai pas de t'aimer car tu es mon dernier amour et je t'aimerai jusqu'à la fin de mes jours, et je veillerai sur toi et je serai toujours prêt à t'épauler si tu avais besoin d'aide.

 

Tout ce qui peut m'arriver d'agréable l'est tellement moins sans toi. Cent fois par jour, je me dis, 'Si Slim pouvait voir ça' ou bien 'Je voudrais tellement que Slim entende ça : Je veux refaire ma vie avec toi, je veux que tous les amis que j'ai perdus fassent ta connaissance et t'aiment autant que je t'aime. Je veux revivre grâce à toi, car ces dix dernières années ont été terriblement dures, et j'ai vraiment failli devenir fou. Tu seras bientôt avec moi, Baby, et ta présence m'apportera tout ce qui importe en ce monde pour moi.'

 

Chérie, l'idée d'être injuste envers toi, la perspective de te faire trop attendre me sont parfois insupportables. Tout plutôt que de te causer le moindre tort. T'aimer comme je t'aime quand j'avais depuis si longtemps cessé de croire à l'amour, cela tient du prodige... Slim chérie, si je pouvais me retrouver avec vingt ans de moins, être libre, sans responsabilités, avec la perspective de longues années heureuses ensemble, alors que nous devrons peut-être nous contenter de beaucoup moins."

 

Les deux amants se disent "oui" en 1945, avant de se partager l'affiche de trois autres longs-métrages : "Le Grand sommeil" en 1946 pour lequel ils sont de nouveau dirigés par Hawks, "Les Passagers de la nuit" de Delmer Daves en 1947, et "Key Largo" de John Huston en 1948. Ils resteront ensemble jusqu'au décès de Bogart, en 1957, d'un cancer de l'œsophage.

 

Biographie Lauren Bacall Lauren Bacall, femme fatale et actrice sublime, mourait il y a 5 ans

 

Lauren Bacall, de son vrai nom Betty Joan Perske, est née le 16 septembre 1924 à New York. Ses parents, Natalie Weinstein-Bacal et William Perske, des immi­grés juifs polo­nais, appartenaient à la même famille que l’ancien président israé­lien Shimon Peres – il était son cousin. Elle grandit aux côtés de sa mère après le divorce de ses parents en 1929. Adolescente, elle rêve de faire du cinéma mais n'a pas les moyens de se payer des cours d'art dramatique. Entre deux cachets à Broad­way, elle pose pour des magazines et la couverture du Harper’s Bazaar en 1943 tape dans l'oeil de l'épouse d'Howard Hawks. Le réalisateur la fait tour­ner dans son premier film, Le port de l'angoisse. Derrière l'assu­rance de son person­nage à la voix grave, Lauren Bacall, est telle­ment impres­sion­née par son partenaire, Humphrey Bogart, qu'elle baisse son regard bleu profond face à la caméra: cela devient sa marque de fabrique et lui vaut le surnom de « The Look ».

 

Les deux stars partagent l'affiche de plusieurs films, Le grand sommeil, du même Howard Hawks (1946) Les passa­gers de la nuit (1947) de Delmer Daves et Key Largo de John Huston (1948). Celle qui a pris comme nom de scène celui de sa mère, tourne notam­ment sous la direc­tion de Jean Negu­lesco (avec Mari­lyn Monroe, dans Comment épou­ser un million­naire en 1953, Les femmes mènent le monde, en 1954 et La femme que j'aimais, en 1958), Vincente Minelli (La toile d'arai­gnée, 1955, La femme modèle, 1957) Sydney Lumet (Le crime de l'Orient-Express, 1974), Robert Altman (Prêt-à-porter, 1994), ou même Lars von Trier (Dogville en 2002 puis Mander­lay en 2005). Elle renoue avec les planches dans les années soixante-dix à l'affiche de plusieurs pièces de théâtre; Cactus Flower, Wonderful Town ou encore Applause. En 2009 elle reçoit un Oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. Elle continue les tournages avec parcimonie et prête sa voix pour des films d'animation (Le château ambulant en 2004, Scooby Doo et la créature des ténèbres en 2008).

 

Lauren Bacall a une liaison avec Franck Sinatra avant de se remarier en 1961 avec l'acteur Jason Robards, dont elle a eu un fils, Sam (né le 16/12/1961). Malheureusement le couple se sépare et leur divorce est prononcé en septembre 1969. Le 12 août 2014 l'actrice décède, à l'âge de 89 ans, victime d'un accident vasculaire cérébral.

Partager cet article
Repost0
23 mai 2020 6 23 /05 /mai /2020 06:00

 

Ce titre un peu tiré par les cheveux, normal au temps du confinement où les merlans éaitnt en cale sèche, mais il m’est venu du prénom du père d’Henry-Pierre : Alfred et du souvenir du film les Malheurs d’Alfred de et avec Pierre Richard.

 

LES MALHEURS D ALFRED

 

Le grand Alfred travaillait à la perception place de l’église, alors qu’il était un « laïcard », et habitait un joli pavillon sis à la montée de la gare. Avec mon père Arsène il siégeait au Conseil Municipal présidée par une femme Marthe Régnault, sage-femme, celle qui avait accouché de son petit dernier, moi, ma mère Berthe au Bourg-Pailler. Joie du panachage, papa avait fait un score soviétique sur la liste de l’ancien maire, Antoine Morrison de la Bassetière, 33 ans aux manettes, Inspecteur des finances comme Baumgartner, balayée par les rénovateurs de Marthe Régnault dont Alfred Troussicot faisait partie. Papa fut adjoint aux travaux, chemins ruraux… pour Alfred je ne sais pas mais vu son job au ramassage des sous, contrôleur du Trésor, il devait s’intéresser aux finances de la commune qui étaient saines vu que le père de la Bassetière était un vieux grippe-sous.

 

 

 

 

Alfred TROUSSICOT (1917-2001) avait épousé Helene GIRAUDEAU (1918-2009) qui lui avait donné que des garçons, dont deux étaient mes copains, avec le Dominique Remaud, le fils aîné du boulanger me p’tit Louis, Gervais et Jack…

 

Alfred TROUSSICOT Helene GIRAUDEAU

 

Bref, l’aîné, le Henry-Pierre, c’était un grand et nous ne nous sommes guère connus mais c’est ce blog qui nous a réunis. C’est le vivant portrait d’Alfred son père.

 

photo henry-pierre troussicot vient de publier son quatrième livre. © ouest-france

 

La Roche-sur-Yon. Henry-Pierre Troussicot sort un nouveau roman

 

Le peintre et graveur yonnais est aussi écrivain. La Vigne maudite du Pont-Charrault est son quatrième ouvrage.

 

La vigne maudite du Pont-Charrault - Editions Ex AEquo

 

Les Yonnais le connaissent comme peintre et graveur. Henry-Pierre Troussicot écrit aussi des livres. La Vigne maudite du Pont-Charrault est son quatrième ouvrage après Ceux des bords de l’Auzance , Le Crime de l’Hermitière et Le Secret de l’Hermitière .

 

Ce roman plante son décor dans la région de Chantonnay, à Saint-Philbert-du-Pont-Charrault, à l’approche des années 1950. Le sujet, une « pure fiction », évoque le monde des « carroulets », les gens du voyage . « Quand j’étais gamin, ils stationnaient près de la rivière. Les enfants venaient à l’école et j’étais très curieux de ces camarades », explique-t-il.

 

Il évoque une communauté qui « fait toujours l’objet de la stigmatisation ». Son intrigue fera éclater la vérité sur des méfaits injustement attribués aux « bohémiens », et confronte une « société égoïste, étriquée et souvent inculte ». L’auteur fait le lien avec l’actualité récente, celle des violences subies par des Roms en région parisienne.

 

Résultat de recherche d'images pour "henri pierre troussicot le crime de l'hermitière"

 

Le crime de l'Hermitière est plus une chronique qu'un polar, dont l'action se situe dans un bourg vendéen (probablement entre La Mothe-Achard et Les Sables-d'Olonne) en... 1921 ! La Première Guerre mondiale est finie, le monument aux morts se construit, on éclaire à la bougie, on entend le forgeron battre l'enclume dès potron-minet.

 

 Peut-être que cette histoire, qui a probablement existé, aurait mérité quelques dizaines de pages en moins pour la rendre plus percutante encore, comme un Frédéric Dard ou un Simenon. Henry-Pierre Troussicot se distingue par la reconstitution de l'ambiance de l'époque, évitant tout anachronisme, avec des dialogues, où resurgit le caractère de cette population rurale, jusqu'à l'enjomineur de La Roche-sur-Yon et le juge sablais. Troussicot écrit comme il peint, en mettant des couleurs autour de clairs obscurs à la Rembrandt. Ce roman devient superbe et le procès révèle encore mieux les haines, les ragots et les « sorcelages » de ces paysans rugueux, parfois retors.

 

NDLR : ça se passe à la Célinière, et ça parle de mes ancêtres...

 

"La mare de la Vinière" EF + Aquat 15 x 20 cm

 

Henri-Pierre est sur Face de Bouc et pendant le confinement il fait des gravures de confinement :

 

Ma gravure de confinement.

Tirage hier, porte ouverte, par un temps magnifique... "Le halo" EF+Aquatinte +burin sur zn. 20 x 25 cm sur Arches France 300 gr 12 ex.

 

À tous,

 

Voici le texte éponyme que ma gravure "Le halo" a inspiré à mon ami poète Jacques Braud. Encore merci Jacques.

 

Vous êtes nombreux à avoir commenté, fait le lien entre cette percée d'espoir dans le ciel sombre du confinement.

 

Je ne vais pas vous dire qu'il ne faudrait pas pour autant se précipiter sur les achats inutiles, sur les routes pour aller  nulle part, dans les airs pour "faire comme tout le monde" lorsque nous aurons libéré nos chaînes... Je ne dis pas ça, mais je ne me fais pas d'illusion... Notre frénésie consumériste risque fort de reprendre le dessus, à moins que nous ayons pris conscience que les choses les plus simples  de la vie sont les plus belles ?

 

Non, je ne vous le dis pas, ne veux pas entendre " t'est pas plus fin que les autres" comme aurait dit ma chère mère !

 

Savourez ce beau texte, à l'ombre, avec une petite gorgée et surtout...

 

PORTEZ-VOUS BIEN, y a du bon dans la réclusion !

 

Amitiés.

 

HPT

 

La Mothe Achard - LA MOTTE ACHARD FAUBOURG DES ESSAYS ROUTE DE ST ...

 

LE HALO

 

   La grande plaine est blanche, immobile et déserte. La neige étouffe tous les bruits, tous les sons. Aucun aboi de chien en maraude ne vient troubler le silence nocturne. La vie semble s'être retirée du monde. Le Bonhomme Hiver rôde dans un ciel sombre au-dessus de ce qui semble un village endormi, à peine visible à l'horizon lointain sous la lumière pâle dispensée chichement par la lune. Discrète,  craintive peut-être, elle s'est abritée derrière un halo que diffractent les  cristaux de givre en suspension dans l'atmosphère glacée, comme une belle  se voile d'un foulard diaphane pour cacher sa timidité ou pour accentuer son mystère. Elle n'éclaire pas  le paysage comme lorsque, à son plein, gonflée de prétention, elle se prend pour le soleil au zénith. Joue-t-elle les timides ou bien, avare de ses rayons, se réserve-t-elle pour une occasion plus importante à ses yeux ? Sait-elle seulement qu'elle ne fait que réfléchir les rayons de son modèle ? Peu importe. Laissons-la croire à son fantasme et  profitons  de la clarté diffuse qu'elle jette parcimonieusement sur le paysage tout en le magnifiant.

 

    Sous les arbres dénudés, on a éradiqué la haie dont ne subsistent que quelques longs rejets de ronces lancées à la recherche de futurs marcotages, pour la remplacer par une clôture de  barbelés. À qui donc ces  fils griffus distendus sur de noirs piquets encapuchonnés de blanc veulent-ils faire obstacle ? Il fait un temps à ne pas laisser un troupeau dehors. Le promeneur  qui aurait l'intention de franchir l'échalier qui lui tend les bras risquerait de s'égratigner douloureusement aux épines d'acier ou d'y laisser quelque lambeau de ses pantalons. Mais qui serait assez audacieux ou assez fou  pour s'aventurer ainsi dans cette nuit glaciale ?

 

 Un amoureux ? … Peut-être, mais transis, c'est sûr, et fou probablement.

 

                                                                J.B. Le 11/04/2020

Partager cet article
Repost0
22 mai 2020 5 22 /05 /mai /2020 06:00

 

Longtemps je me suis rendu à Caen dans le turbotrain brinquebalant, précisément pendant 5 ans, pour présider le BNICE, dit bureau du Calvados, que j’ai transformé en une interprofession du cidre, du Calvados, du poiré dotée d’un affreux acronyme IDAC. (Les cidres d'appellation Pays d'Auge et Cornouailles, Calvados, Calvados Pays d'Auge, de Domfront, Pommeau de Normandie et de Bretagne, Poiré)

 

Étrange présidence, je n’avais aucune légitimité professionnelle, ne possédant ni pommier ni poirier, n’étant point élaborateur ni qui que ce soit d’ailleurs, mais du côté des cidriers la première fracture était une frontière entre les bretons et les normands, la seconde entre les industriels Ecusson (CCLF) et Loïc Raison (CSR ex du groupe Pernod-Ricard) et les fermiers. Deux interprofessions qui mettaient les fonctionnaires du Ministère de l’Agriculture en transes. De plus l’ombre du puissant groupe Pernod-Ricard, il possédait la marque Busnel.

 

JEU DE 54 cartes Père Magloire Calvados- complet-a servi-bon état ...

 

Il leur fallait à la fois un médiateur et un défenseur de leur indépendance face à la voracité des grands groupes.

 

J’ai accepté.

 

publicité pour le Calvados | Poster retro, Affiche

 

Un mot sur le fameux Calva :

 

« Dans tous les bistrots bretons et normands ouverts de bon matin, les hommes de la terre et ceux de la mer puisaient souvent leur courage avec, au fond de leur tasse à café, une eau-de-vie de pomme rude et bien corsée. Cette odeur de café-calva, que, pour une raison qui m’échappe, on appelle ici mic, reste gravée au fond de ma mémoire, tout imprégnée de celle, plus âcre et râpeuse du tabac gris à rouler. Quels récits, quels voyages, quelles aventures partageaient-ils ?

 

J’ai tenté de comprendre dans mes rêves à quel moment cette rencontre entre le café du lointain port de Moka et l’eau-de-vie de pomme du pays a pu se faire. Cette histoire est probablement proche de l’Irish coffee… »

 

Université populaire de Caen — Wikipédia

 

À l'époque mon intérêt pour Michel Onfray se résumait à ce que me disait de lui une de mes amies qui le fréquentait. Rien lu de lui mais je savais qu’il officiait à Caen dans son Université Populaire.

 

Lors d’un déjeuner j’abordai la question avec un Caennais qui me balança ironique :

 

« Avec son « université populaire » pleine de vieux retraités de la fonction publique et de commerçants qui ont toujours rêvé d'être franc-mac...

 

« Le mec dit s'impliquer dans la vie sociale de son département en faisant venir tout un tas de vieux bourgeois dans sa maison de campagne de l'Orne pour donner des cours de cuisine géants.... Il ferait mieux d'aller dans nos quartiers difficiles faire du soutien scolaire comme je le faisais quand j'avais le temps. »

 

Alors je me suis renseigné sur les origines du bonhomme qui n’était pas encore un monstre médiatique, pour constater que la pierre angulaire de la démarche de Michel Onfray reposait à la fois sur ses origines : fils d’un ouvrier agricole et d’une femme de ménage et sur son statut professionnel originel : professeur en lycée technique.

 

Docteur en philosophie, Michel Onfray enseigne en classe terminale au lycée technique de Caen. Il démissionne de l'Education Nationale en 2002 pour créer l'Université Populaire de Caen, afin d'y enseigner une "contre-histoire" de la philosophie.

 

Valeurs Actuelles, le JO de la Droite Dure dans sa présentation de la dernière trouvaille de l’omniprésent Michel :   

 

Fils d'ouvrier agricole et ancien professeur en lycée technique, le philosophe du “petit peuple” s'est imposé au fil des années comme l'un des meilleurs bretteurs de la bataille culturelle. Avec sa nouvelle revue, Front populaire, il est en passe de devenir une nouvelle icône du populisme français…

 

« Agir, c'est combattre », disait Pierre-Joseph Proudhon. Voilà une maxime qui pourrait décrire l'état d'esprit avec lequel Michel Onfray se prépare aux grandes crises du “monde d'après”. Le mercredi 15 avril, au plus sombre de la débâcle sanitaire, le philosophe annonçait avec fracas la création de sa nouvelle revue, Front populaire, une « machine de guerre pour la plèbe ».

 

« Michel Onfray est né en 1959 d’un père ouvrier agricole et d’une mère femme de ménage. Il passe une partie de son enfance, de 1969 à 1973, dans un pensionnat catholique à Giel qui fait office d’orphelinat et qu’il décrira dans la préface d’un de ses ouvrages, La puissance d’exister (Grasset, 2006) »

 

La puissance d'exister : Manifeste hédoniste / Michel Onfray ...

 

« Dans le prolétariat, le vrai destin c’est le destin du manuel auquel on oppose l’intellectuel. L’intellectuel c’est vaguement un homosexuel, on doute un peu de sa puissance ou de sa force. »

 

« L’intellectuel c’est un peu une malédiction dans un couple d’ouvriers. »

 

« C’est Zola, l’orphelinat en 1969. Je me retrouve dans un milieu d’enfer, un milieu infernal : violence, pédophilie, saleté. »

 

« Entre le silence paternel et l’abandon maternel. Pourtant, l’enfance du philosophe n’a pas toujours été facile. Avec "un père qui ne parle pas" et n’a jamais témoigné de son amour ou de sa fierté envers son fils, même si toute parole était "d’or", "une promesse". "J’ai longtemps été dans cette idée que si l’on ne dit pas ses sentiments, c’est qu’on n’avait pas de sentiments". Alors, à dix ans, "je ne comprends pas plus le silence de mon père que le comportement de ma mère", se souvient Michel Onfray.

Cette mère, femme de ménage, a abandonné devant un orphelinat ce gamin "intellectuel". "Un intellectuel, c’est une malédiction. On se dit ‘qu’est-ce qu’on va faire de lui ?’". Elle-même avait été une enfant abandonnée : "Une mère douloureuse pour elle-même, pour moi aussi. Elle était en colère contre l’humanité tout entière." Mais "la paix a été faite" entre elle et moi, a indiqué Michel Onfray, semblant apaisé. »

 

Pour moi, enfant de pas très riches, qui, comme je le faisais remarquer à mes Ministres « s’était lavé le cul dans une bassine d’eau froide » jusqu’à l’âge de 16 ans, le viatique de ses origines et de ses choix originels ne constitue pas un vaccin immunisant d’une dérive en des marais boueux et nauséabonds.

 

Download Le crépuscule d'une idole Ebook {EPUB} {PDF} FB2 - video ...

 

En ce temps-là le Michel me laissait indifférent, il tartinait comme un malade et lorsqu’il dézingua Freud en 2010 Le Crépuscule d'une idole, j’imaginais un dialogue entre Sigmund et moi :

 

Freud le réprouvé d’Onfray m’adjurait :

 

-         Cherchez la femme vous trouverez l’homme !

 

-         ...

 

-         Prenez BHL, le col blanc, il ne sort jamais dans le monde sans son Arielle...

 

-         Le baril ? 

 

-         Mais non crétin sa moitié qui a un si beau popotin : la Dombasle... 

 

-         Pardonnez-moi Sigmund, ce n’était qu’une plaisanterie à deux balles...

 

-         Epargnez-moi vos Colucheries, je cherche une rombière...

 

-         Avec une guêpière comme l’Arielle ! 

 

-         Allons Berthomeau, sachez qu’on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui... 

 

-         Ce n’est pas de vous... 

 

-         Je sais, Desproges est maintenant mon voisin de chambrée... 

 

-         Alors vous vous offrez un petit week-end à Paris ? 

 

-         Oui je fais un extra pour le St Esprit. 

 

-         Vous auriez dû aller en Normandie ! 

 

-         Au club du 3ième  âge de Caen de mon ami Michel...  

 

-         L’archange ?

 

-         Décidément vous n’êtes pas sérieux...

 

-         Et vous Sigmund, si j’en crois l’Onfray, vous êtes aussi habillé pour l’hiver... vous un imposteur docteur... 

 

-         Mais je n’ai pas dit mon dernier mot... 

 

-         Et quel est votre dernier mot ? 

 

-         Le premier ! 

 

-         Vous plaisantez... 

 

-         Jamais !

 

-         Alors dites

 

 Et c’est alors que Sigmund m’a dit « Ce Onfray, qui est le Delly de la philosophie à 2 balles, a-t-il, comme BHL, son Arielle Dombasle ? »

 

 Et il est reparti.

 

Et moi je me suis dit « Fais quelque chose pour répondre à cette brûlante question. La face du monde en sera changée. Pensez-donc, dans le petit monde des lettres parisien, la grande nouvelle c’est qu’au hit-parade de l’intellectuel médiatique l’Onfray d’Argentan, le fils d’un ouvrier agricole et d’une femme de ménage, qui fait passer le temps aux retraités désœuvrés, qu’est pote avec Mélenchon, a détrôné l’héritier des bois exotiques, le BHL qui achète ses chemises blanches chez Charvet rue de la Paix.

 

Je m’aperçus aussi que le Michel  s’intéressait au vin 2 novembre 2010

« L’heureuse ivreté » de Michel Onfray déclinée par un amateur-philosophe venu au vin sur la tard « le vin est cathartique »  ICI mais qu’il était d’un conservatisme rance mais c’était son droit et y’avait déjà un léger parfum de la terre qui ne ment pas.

 

« Les pierres qui font les vins sont roturières pour la plupart. Mais toute sont mêmement chargées de magnétisme : brûlées par le soleil, fendues et fondues par la foudres, polies par les sacs et ressacs, lustrée par l’entropie des vents violents et brefs ou doux et longs, elles eurent pour destin moins les palais et les chefs princiers que les ornières des champs, les fondrières des chemins. On ne les vit pas serties sur un chaton à la main d’une belle, ni pendues autour du cou d’une courtisane, scintillantes de tous leurs feux, en représentation et habits d’apparats, mais révélées à la lumière par le soc d’une charrue, mélangées à la terre et offertes à l’œil par l’acier tranchant d’une araire, ou tout simplement irradiant dans la main de l’homme de l’art qui l’aura extraite de la glèbe qu’il travaille quotidiennement. »

 

Mylène Farmer - L'étoile polaire avec Michel Onfray - Mylene.Net

 

24 Août 2015 le Michel se pâmait pour Mylène Farmer

 

Sur Radio Classique en avril dernier, le philosophe, qui boit, mange, se pâme aussi « Je trouve qu’il y a chez Mylène Farmer une voix extraordinaire, une sensualité, une volupté. Mylène Farmer c’est aussi un corps, une mise en scène, c’est aussi une façon d’être dans le système. Elle n’est pas du tout au-devant de la scène, elle est un peu secrète, discrète, on ne sait pas grand-chose. Et j'aime assez que les gens produisent leur art et soient sur scène puis disparaissent et n'exploitent pas le filon de leur vie privée. »

 

La dérive a commencé sous le règne de Flamby pour s’amplifier en 2017, lors de la campagne présidentielle, où il passait aux invectives

 

Benoit Hamon est le "roi crétin" et le "piège à con". Jean-Luc Mélenchon est "Robespierre le petit". Pourquoi "petit"? Réponse, sans rire du philosophe : "Il n'est pas la hauteur". Quant à François Hollande, c'est « Sphincter Ier », parce qu'il "ne se retient pas, il se répand partout "…

 

Onfray est une vedette de télévision, qui a bâti sa réputation médiatique sur le ridicule intellectuel de ses postures, dont la dernière livraison est emblématique. Onfray est un " bon client " de la télé, qui a compris l'intérêt commercial qu'il y avait à accepter de se produire à On n'est pas couché et Les Grandes gueules. Et de " bon client " de la télé, Onfray est devenu " bon client " pour le papier. Il a ainsi pu enclencher, avec beaucoup de talent, le cercle vertueux qui procure la plus grande des surfaces médiatiques. Il passe à la télé parce qu'il est à la une des magazines, il est à la une des magazines parce qu'il passe à la télé, et ainsi de suite, à l'infini…

 

Michel Onfray, le penseur qui pense à la place de monsieur et de madame tout le monde, imbu qu’il est de son immense succès médiatique et commercial

 

Mais ce n'est pas tout. Désormais tribun de la plèbe réactionnaire, Onfray est aussi le formidable vecteur qui permet aux différentes factions du Vieux monde qui meurt de réfuter la victoire démocratique de Macron et des valeurs qu'il emporte avec lui. En théorisant un vaste complot qui aurait confisqué la démocratie, Onfray apaise les consciences qui prophétisaient que la France 2017, saisie par l'insécurité culturelle, viendrait prendre place aux côtés du Royaume-Uni et des Etats-Unis, entre Trump, Brexit, et soumission à l'ordre mondial de Poutine. De même, il explique aux orphelins de la Vieille maison PS et de la rue de Solférino que la victoire de Macron relève d'une trahison inscrite dans le grand complot, dont Hollande et une partie du PS ont été les complices.

 

Pour les partisans du Vieux monde, de gauche et de droite, de l'extrême gauche et de l'extrême droite, la vision complotiste et délirante d'Onfray est rassurante. Les uns et les autres y trouvent matière à réconfort en ce qu'ils peuvent conclure que ce ne sont pas leurs idées qui ont perdues, mais que ce sont des tricheurs et comploteurs qui ont porté Macron au pouvoir. Cette explication du monde est apaisante, et leur convient. Onfray est le philosophe de l'époque qui traque les Forces occultes qui détournent la démocratie. Onfray est partout.

 

Le terminus d'Onfray

 

Philosophe médiatique et furibard, Michel Onfray crée une revue qui s’appellera Front populaire. Référence à vrai dire trompeuse : rien à voir avec l’été 1936, Léon Blum ou le socialisme réformiste. «Il faut lire séparément "Front" et "populaire"», dit Onfray, ce qu’on comprend très vite.

 

Il s’agit en fait de réunir les «souverainistes des deux rives», lesquelles – cliché habituel – ne signifient plus rien, puisque le «binarisme» droite-gauche, pour Onfray, est artificiel. Deux gros poissons ont mordu à cet hameçon rouillé, Jean-Pierre Chevènement et Philippe de Villiers. Le premier donne un article, mais reste distant, le deuxième a l’air plus enthousiaste. But de l’opération : mettre en lumière, par un travail intellectuel, le «vrai clivage» entre élites européistes d’un côté, et peuple enraciné de l’autre, entre mondialisme sans âme d’un côté et souverainisme charnel et démocratique de l’autre, le tout assaisonné d’un proudhonisme censé montrer que l’opération reste issue de la gauche populaire.

 

A vrai dire cette nouveauté n’a rien de neuf. Alain de Benoist, en son temps, avait proclamé la même ambition, puis divers personnages tout aussi proches de l’extrême droite, tel Florian Philippot. Marine Le Pen avait, elle aussi, lancé des lignes dans cette direction pour pêcher au-delà de son étang. On trouve des précédents historiques dans le boulangisme de la fin du XIXe, ou bien dans les années 30 chez Déat, Doriot et quelques autres, sous une forme nettement plus virulente.

 

Rhétorique vindicative, nationalisme à peine déguisé, dénonciation du cosmopolitisme, de l’islam, du libéralisme réel ou supposé des adversaires, rejet d’une «pensée unique» dont on se proclame le martyr, etc. Comme d’hab, Onfray s’avance en opprimé des médias, lui qu’on voit dès qu’on allume un écran ou qu’on ouvre un magazine. La figure de style est inusable.

 

Avec toujours le même problème. Cette coalition souverainiste a tout du pâté d’alouette (un mélange de viande de cheval et de chair d’alouette) : un cheval de la droite dure, une alouette de gauche. Pour une raison simple : la gauche est par nature universaliste, la rengaine identitaire la tient à l’écart. La règle se vérifie encore une fois : une enquête du Monde montre que les soutiens d’Onfray se recrutent avant tout dans les eaux identitaires, puisque à Philippe de Villiers s’ajoutent, comme auteurs ou comme contributeurs empressés, le même Alain de Benoist, Elisabeth Lévy, Ivan Rioufol, Robert et Emmanuelle Ménard, l’identitaire breton Yann Vallerie, le patron d’un observatoire (d’extrême droite) des médias, Claude Chollet, mais aussi Philippe Vardon, ancien du Bloc identitaire, membre du bureau national du Rassemblement national (RN). Avec, en prime, quelques gilets jaunes tirant sur le brun et l’inévitable professeur Raoult armé de ses cartouches de chloroquine. Quelle bande !

 

On avait naguère rompu des lances avec Onfray qui tenait déjà des propos proches des thèses du RN. La philosophe avait failli casser ses lunettes rectangulaires en hurlant à l’amalgame scandaleux. Aujourd’hui, il confirme lui-même le tropisme qu’on avait détecté à l’époque. C’est le sort de toutes ces entreprises d’hybridation : elles sont toujours tombées du côté où elles penchaient, à la droite de la droite. Proudhon avait écrit un livre intitulé Philosophie de la misère. Marx avait répondu : «Misère de la philosophie.»

 

LAURENT JOFFRIN

 

Avec sa nouvelle revue « Front populaire », Michel Onfray séduit les milieux d’extrême droite

 

La revue, qui doit être lancé en juin, entend réunir les « souverainistes de droite et de gauche ». Parmi ses premiers soutiens, l’on compte de nombreuses figures de la droite de la droite.

 

Par Lucie Soullier et Abel Mestre Publié le 19 mai 2020

 

Débattre du souverainisme en 2020 avec Jean-Pierre Chevènement et Philippe de Villiers. L’affiche poussiéreuse pourrait presque faire sourire. Au temps du « nouveau monde », du « dégagisme », du besoin de renouvellement dans le personnel politique… Le prolifique Michel Onfray annonce le lancement, en juin, d’une revue intitulée Front populaire réunissant l’ancien ministre socialiste et le souverainiste de droite.

 

Objectif affiché par le philosophe : « Fédérer les souverainistes de droite, de gauche et, surtout, d’ailleurs – à savoir ceux qui ne se reconnaissent pas dans le jeu politique bipolarisé, donc manichéen. Nous voulons contribuer au débat d’idées qui n’existe plus depuis des années, explique au Monde Michel Onfray. Nous souhaitons faire de telle sorte que des notions comme “peuple”, “populaire”, “nation”, “souverainisme”, “protectionnisme” ne soient pas des insultes mais des prétextes à débattre. »

 

« La pensée dominante traite toute opposition sur le mode du mépris, de la caricature ou de l’invective. » Michel Onfray

 

D’autant que la crise liée au coronavirus est passée par là, redonnant le goût de la thématique souverainiste à presque toutes les lèvres politiques. Et Michel Onfray a le sens du timing, comme du marketing. Parmi ses recrues emblématiques : le professeur Didier Raoult, très contesté dans le monde médical pour son traitement à l’hydroxychloroquine et nouvelle égérie des pourfendeurs du « système » de tous bords. Ce qui ne pouvait que plaire à Michel Onfray. « La pensée dominante ne respecte pas ce qui n’est pas elle et traite toute opposition sur le mode du mépris, de la caricature ou de l’invective. La “reductio ad Hitlerum” fait la loi. On insulte, on caricature, on déforme, on méprise, on censure, on falsifie, on présente comme intox des infos et comme infos des intox… Nous souhaitons faire entendre une voix alternative », martèle-t-il.

 

Une « voix alternative », devenue sa marque de fabrique depuis quelques années. Front populaire n’est ainsi qu’une déclinaison de plus de la galaxie Onfray. Son logo arbore d’ailleurs les petites lunettes de l’enseignant, comme le site personnel regroupant l’ensemble de ses productions. Son associé, le producteur de télévision Stéphane Simon (qui a travaillé notamment pour Thierry Ardisson) a quant à lui une expérience dans les « médias engagés » : c’est lui qui produit la webtélé RéacnRoll où s’illustrent les figures de la réacosphère Elisabeth Lévy, Ivan Rioufol, Barbara Lefebvre et Régis de Castelnau. Ces deux derniers seront également « auteurs » au sein de Front populaire, dont la ligne éditoriale séduit à l’extrême droite.

 

Des personnalités de la droite radicale émargent ainsi parmi la liste des « contributeurs » (c’est-à-dire les nouveaux abonnés ou donateurs, qui sont à ce jour, plus de seize mille). Entre autres : Alain de Benoist, le fondateur du Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne (Grece) – cette structure de l’autoproclamée « nouvelle droite » à mi-chemin entre le club de pensée et l’association politique, élitiste, antiégalitaire, antidémocratique, qui a toujours eu pour objectif de réarmer idéologiquement la droite et l’extrême droite, et a fait office d’école de formation, à la fin du XXe siècle.

 

On y croise aussi Patrick Lusinchi, l’un des dirigeants d’Eléments, la revue de ce courant ; l’identitaire breton Yann Vallerie (à qui M. Onfray a accordé un entretien pour le site Breizh-Info) ; Claude Chollet, patron d’un observatoire (d’extrême droite) des médias ; Robert et Emmanuelle Ménard, respectivement maire de Béziers et députée, chantres de « l’union des droites », ou encore Philippe Vardon, ancien du Bloc identitaire, désormais membre du bureau national du Rassemblement national (RN).

 

« Initiative excellente »

 

Alain de Benoist résume l’accueil bienveillant à droite de la droite : « C’est une initiative excellente. Je trouve seulement que le terme de “souverainistes” est un peu limitatif. J’espère que Front populaire tiendra la promesse contenue dans son titre : qu’il soit un lieu d’échanges pour tous ceux qui regardent la notion de peuple comme plus importante encore que celle d’Etat ou de nation. » Même attente concernée du côté de l’identitaire Philippe Vardon, candidat du parti lepéniste aux municipales à Nice : « J’ai trouvé l’initiative intéressante, alors j’ai mis 30 ou 50 euros. Si ça peut participer à décloisonner le débat, c’est très bien. »

 

Près de vingt ans après avoir lancé l’Université populaire de Caen pour contrer les idées de Jean-Marie Le Pen, Michel Onfray se voit même adoubé par son héritière, Marine Le Pen, laquelle est allée jusqu’à écrire un tweet félicitant une « initiative (…) positive » qui « ne peut que [la] réjouir ». Un hommage parmi d’autres, se défend le philosophe, qui prend soin de se détacher des figures des partis.

 

« Il y a plus de seize mille personnes qui saluent [le lancement de Front populaire], elle en fait partie, très bien, déclarait-il sur Sud Radio, le 17 mai. Mais on a fait savoir qu’on ne roulerait pas pour elle, ni pour Mélenchon ni pour Philippot… »

 

Ces soutiens venus de la droite radicale sont toutefois loin d’être surprenants pour l’anthropologue Jean-Loïc Le Quellec. « Il faut se méfier du déshonneur par association, mais sa dérive droitière est de plus en plus accentuée, alors elle pousse forcément certains à s’agglutiner autour de lui », analyse le directeur de recherche émérite au CNRS et signataire d’une tribune dénonçant « la haine des universitaires » de Michel Onfray, publiée dans L’Humanité.

 

Et c’est peu de dire que M. Onfray aime jouer avec les ambiguïtés. « Populiste » et « anarchiste proudhonien », selon ses propres termes, il aime provoquer sur des thèmes ultrasensibles comme la race ou les religions. Quitte à écrire des lignes très loin de la gauche libertaire dont il se réclame. Ainsi, en 2015, dans Le Point, il consacre un petit texte à son éditeur, Jean-Paul Enthoven.

 

Il y décrit l’amitié et l’estime qui lient deux hommes aux antipodes. « Il est urbain et parisien, je suis campagnard et provincial ; il est à l’aise dans le monde des gens de lettres, j’y suis comme un sanglier ; il est un juif libéral cosmopolite, je suis un descendant de Viking enraciné. » Une opposition autour de l’enracinement qu’il reprend dans sa préface au livre Pierre-Joseph Proudhon. L’anarchie sans le désordre, de Thibault Isabel (Autrement, 2017), pour différencier l’anarchiste français « issu d’une lignée de laboureurs francs » de Karl Marx « issu d’une lignée de rabbins ashkénazes ». Thibault Isabel qui n’est d’ailleurs autre que l’ancien rédacteur en chef de Krisis, la revue théorique de la Nouvelle Droite. Et l’un des principaux auteurs de Front populaire.

 

« Zemmour de gauche »

 

Critique des religions en général – comme en témoigne l’un de ses best-sellers, Traité d’athéologie (Grasset, 2005), dans lequel il s’attaque aux trois monothéismes – c’est sur l’islam que le courroux de Michel Onfray se focalise depuis plusieurs années, jusqu’à affirmer, le 18 mai, dans une interview à Causeur, que l’islam serait donc la religion la « plus à craindre » et à voir dans Soumission, de Michel Houellebecq (Flammarion, 2015), une prophétie. En 2015, juste après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, il s’interrogeait déjà en ces termes sur France 2 : « La question qu’on devrait pouvoir poser sans être assimilé à Marine Le Pen, c’est : est-ce qu’il y a une différence de nature entre un musulman pacifique et un terroriste ou une différence de degré ? »

 

Des positions qui, selon ses adversaires, signent son passage à la droite de la droite. « Michel Onfray, qui vient soi-disant de la gauche pure, est devenu l’idiot utile d’une pensée réactionnaire qui a pour point de jonction une obsession anti-islam », juge ainsi Alexis Corbière, député La France insoumise, qui ferraille avec l’enseignant depuis plusieurs années.

 

Et les premiers « contributeurs » issus de l’extrême droite ne s’y sont pas trompés. La colonne vertébrale du Grece historique s’est entichée de cette personnalité venue de la gauche. « Le discours d’Onfray est plaisant chez certains d’entre nous. Quand tu le vois les bousculer sur BFM-TV, c’est assez jouissif. Il a un côté Zemmour de gauche. Il n’est pas de notre ligne, mais les gens l’ont trouvé sympa après son interview à Eléments [en 2016] », raconte Patrick Lusinchi. Lui s’est abonné à Front populaire quand « Alain de Benoist [lui a] dit que c’était possible ».

 

Pas une « catapulte à candidat »

 

« C’est logique, depuis le début la Nouvelle Droite cherche à agir dans le domaine métapolitique et à influer sur le cours des idées. Et elle retrouve une partie de son logiciel dans celui de Michel Onfray », analyse le directeur de l’observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean Jaurès, Jean-Yves Camus. Reste à connaître le véritable débouché de ce Front populaire souverainiste, poursuit le chercheur : « Si c’est une entreprise éditoriale, le paysage médiatique est déjà assez encombré sur cette ligne ; et s’il y a l’idée d’un débouché politique, la question du rapport avec le RN va se poser. »

 

Michel Onfray, lui, se défend de toute intention politicienne. Pas de « cache-sexe pour couvrir des ambitions de politique politicienne » ni de « catapulte à candidat » derrière Front populaire, serine-t-il. « C’est un procès d’intention », insiste-t-il. Ce qui n’empêche pas les autres d’être à l’affût, comme certains proches de Marion Maréchal ex-Le Pen ne résistant pas à voir là une énième plate-forme pour (re)lancer leur favorite.

 

Dans la famille officielle de Michel Onfray, les soutiens se font plus timorés : ceux qui viennent de la gauche mettent autant de distance que possible avec le projet. « Le front populaire ne fait pas partie de mes préconisations par les temps qui courent, dit même Jean-Pierre Chevènement. J’ai été sollicité pour une contribution sur l’Europe et la démocratie, où je prends soin de me définir comme républicain plutôt que comme souverainiste. »

 

Georges Kuzmanovic, ancien porte-parole de La France insoumise, qui a fondé son petit parti, République souveraine, tient à préciser qu’il « ne rejoint rien », mais contribue simplement à un média naissant : « On nous a contactés, car on représente cette souveraineté nationale et populaire. J’écris un papier sur la souveraineté sanitaire. Ce n’est pas un mouvement, et je n’ai pas créé la revue ni coécrit un article. »

 

« Un mythe des années 1990 »

 

Au fil du temps, M. Onfray s’est d’ailleurs fait un certain nombre d’adversaires à gauche, son opposition aux jacobins, hérissant notamment les partisans de Jean-Luc Mélenchon. « Il manque de rigueur. Il participe à une entreprise de démolition de la Révolution française. Il a une logique vendéenne », affirme M. Corbière, professeur d’histoire dont la spécialité est 1789. Et d’ajouter que Michel Onfray « appelle sa revue Front populaire, alors qu’il le critiquait dans son livre Décoloniser les provinces ». Dans cet ouvrage de 2017 (Editions de l’Observatoire), M. Onfray écrit en effet : « Chaque fois que la gauche est au pouvoir, elle fait preuve de son impéritie : le 13 février 1937, le Front populaire déclare une pause dans les réformes, bientôt l’Assemblée nationale de cette majorité vote les pleins pouvoirs à Pétain. »

 

Autre historien engagé à gauche, Thomas Branthôme est lui aussi « très en colère » contre le philosophe. « Avec sa surface médiatique, il va salir l’idée de souveraineté. L’idée de réunir les deux rives est un mythe des années 1990. Une telle alliance annihile l’idée d’une gauche républicaine antiraciste », assure l’enseignant à l’université Paris-Descartes.

 

L’historien spécialiste de l’extrême droite Nicolas Lebourg va même plus loin. Pour lui, à chaque fois que la question des « nouvelles convergences » s’est posée depuis la seconde guerre mondiale, elle s’est conclue par une alliance à l’intérieur de l’extrême droite. « C’est finalement assez habituel, dit-il, ces gens-là [comme Michel Onfray] refusent de voir qu’ils ne font pas des convergences, mais qu’ils se rallient. »

 

Lucie Soullier et Abel Mestre

 

Après avoir annoncé le lancement de sa revue trimestrielle Front Populaire, dont le premier numéro est prévu juin 2020, le philosophe Michel Onfray a évoqué la possibilité de créer un parti politique si ses lecteurs le désiraient : « Je n'ai pas ça dans l'esprit à priori mais s'il y a un désir des gens, autour de notre revue, de constituer un parti politique, pourquoi pas ». Michel Onfray a également ajouté qu’ « il faut être compétent pour être président de la République et je n'ai pas cette compétence », excluant ainsi la possibilité de le voir se présenter en 2022.

 

Concernant sa vision de la politique, Michel Onfray a affirmé être "un homme de gauche" et "un socialiste libertaire". Le philosophe explique qu'il n'est pas "un défenseur du parti socialiste ni des Robespierristes de la France Insoumise" mais qu'il est d'une "gauche libre, capable de dire qu'une idée de droite est bonne, si elle me semble bonne". "Je ne veux pas réunir les gens en commençant par dire que je vais les écarter" a-t-il ajouté.

Frédéric Dupin @f_dupin

Philosophie, Education populaire, Doliprane

 

Il y avait un problème dès le départ avec Onfray. Jusque dans son projet d'éducation populaire. Je pourrais en parler es qualité (prof de philo engagé dans l'éducation populaire depuis une douzaine d'années), je vais me limiter à quelques anecdotes.

 

Il y a une bonne quinzaine d’années je suis nommé au lycée Camille Desmoulins du Cateau Cambrésis, jeune prof de philo qui descend du TER. Dans les premiers jours, le concierge du lycée me tombe souvent dessus. Il est passionné par la philo.

 

On discute.

 

Qu’est-ce que je peux lire ? Moi - ouvrez l’Apologie de Socrate (pas très original)  par exemple l’échange avec Mélétos sur ce qu’est une bonne éducation…– ah non, il me répond, Platon c’est le totalitarisme et le mépris du corps. »

 

« Ouvrez Descartes, le Discours de la méthode, la morale par provision par ex… - ah non, Descartes, c’est la raison moderne, c’est la source de tous nos problèmes aujourd’hui ! Pas question ! »

 

« La métaphysique des mœurs de Ka… - Mais enfin Kant, c’est le nazisme ! l’obéissance aveugle ! Vous ne voulez pas que je le lise quand même ! »

 

Au bout d’un moment je lui dis « mais vous avez l’air de savoir plein de choses en fait, difficile de vous conseiller… - ah oui, il me répond, j’ai lu tout Michel Onfray, c’est autre chose que vos vieux bouquins réactionnaires ! »

 

Il y a un problème là. Vulgariser, ce n’est pas fermer l’accès au savoir en y substituant des opinions vaguement accréditées. Un professeur n’est pas là pour transmettre ce qu’il faut savoir sur Platon ou sur la morale. Il doit aider à y accéder

 

En ce sens il n’y a pas de vulgarisation possible. Pas de "demi savoir" pour "demi-esprit". Seulement un travail partagé de pédagogie, d’explications et d’efforts. Il faut travailler pour comprendre, malheureusement !

 

Mais il est plus facile de présenter les philosophes comme à la parade (Platon en 1h, allez ouste) et plus facile encore de s’en débarrasser en jouant sur des anecdotes biographiques

 

Le déboulonnage d’idole s’adresse justement au vulgaire, qu’il ne s’agit pas de considérer autrement puisque n’importe quel lecteur un peu préparé voit tout de suite l’escroquerie

 

Dans mon association, j’ai conduit une lecture suivie de la République de Platon en soirée, gratuite, pendant presque 6 ans (les archives sont là ICI  

 

Un des auditeurs, qui avaient l’habitude de prendre sa moto pour aller à Caen écouter Onfray me dit un soir. « Ben je pensais pas que Platon soit aussi subversif » et naïvement « .. et c’est en vente libre comme ça ? personne n’en fait rien ? »

 

C’était un vrai étonnement de sa part et une belle récompense pour le boulot qu’on faisait ensemble

 

Onfray commet quotidiennement des bourdes et des contre-sens qui colleraient n’importe quel étudiant de licence. Mais il suffit de faire passer sa négligence pour une courageuse provocation

 

Celui qui objecte est cloué par des adresses ad hominem (« universitaire », « de droite » « conformiste » etc.) C’est substituer la posture verbale au travail de réflexion. Ce n’est pas de l’éducation

 

Le lien avec l’extrême droite est logique. Edith Fuchs a bien montré comment l’affirmation d’un style indifférent au travail et à la vérité a en philosophie participé de la montée du nazisme en Allemagne

 

S’il suffit de mesurer la qualité d’une pensée au bruit des insultes d’un auteur, le premier brouillon ambitieux venu est « philosophe ». Et ce terme anoblit toutes les démissions intellectuelles

 

Si vulgariser c’est donner au peuple un ersatz parce qu’on le juge incapable de travailler pour comprendre par lui-même et assimiler des choses belles et difficiles, inutile de se dire démocrate. On est pour l'esclavage.

 

Je ne vais pas répondre à tout. Juste quelques précisions et compléments. Sur les effets de la « vulgarisation » sur l’instruction du peuple, cette magnifique page de Simone Weil : ICI  

 

Sur le « nazisme », je n’affirmai évidemment pas que Onfray est néo-nazi. Je faisais allusion à un très beau livre de philosophie qui montre fort bien qui tire en général les marrons du feu lorsqu’on joue de postures « destructrices » en philosophie :

 

Sur « l’esclavage ». Aristote regarde l’esclave comme celui qui « par nature » est incapable d’une pensée libre (détachée du calcul économique pour le dire vite). L’esclavage n’est donc pas tant un statut social, qu’une servitude du jugement (1).

 

Si vous considérez a priori que quelqu’un n’est pas capable de comprendre quelque chose d’exigent, vous le traitez en esclave en un sens. Fournir aux gens curieux d’apprendre des résumés simplistes et qui les enferment plus qu’ils ne les élèvent, c’est au moins les mépriser (2).

 

Alain développe très bien cette idée dans ses Souvenirs sans égards, où il critique du reste le « hussard noir ». « Nul ne veut instruire le peuple », etc (3).  ICI 

 

Enfin, sur Onfray, il faut lui reconnaître d’avoir ouvert la voie. Quand je faisais le tour des bureaux de la mairie de Paris et de celle du 11ème entre 2007 et 2008 pour lancer mon projet d’Université populaire, on me répondait « ah oui comme Onfray, super !

 

Je ne passais pas mon temps à expliquer que c’était différent. Qu’il ne s’agissait pas de conférences ponctuelles devant deux cent personnes, mais d’ateliers de lectures en petits groupes. Qu’on y venait se former et s’instruire, pas écouter quelqu’un etc.

 

J’ai complétement cessé de m’intéresser à lui après son bouquin sur Eichmann et Kant, qui est, au-delà de ses lacunes, un scandale. Il s’agit de prendre au mot un assassin nazi pour expliquer un des plus grands esprits de l’humanité : ICI 

 

Le refus de « l’histoire officielle » de la philosophie est difficilement autre chose qu’un positionnement marketing et une manière de flatter ceux qui achètent ainsi rapidement le droit d’ignorer les classiques.

 

En outre, prétendre comprendre Condillac ou La Mettrie sans avoir saisi d’un peu près ce que Descartes ou Locke entendent par mécanisme ou sensation, là encore, c’est faire passer la charrue avant les bœufs.

 

Qu’est-ce que des « convictions libertaires » ont à voir là-dedans ?

 

Expliquer Descartes en classe ne m’a jamais empêché d’y distribuer des textes de Proudhon ou de Victor Serge.

 

Il y a en outre plus de critique de la religion dans une page de Kant que dans l’œuvre entière d’Onfray ; voyez le chapitre « Sur l’incroyance » des leçons d’éthique. Kant ne fait pas de l’esbroufe. Il risque sa place par ses propos, lui qui est sans autre fortune que son métier.

 

Je me fiche un peu de la personne d’Onfray. Ce qui m’intéresse c’est le statut de l’enseignement philosophique. La France compte des milliers de professeurs qui s’adressent à tous, tous les jours, dans de nombreuses classes de philosophie.

 

Ce sont eux les passeurs, les initiateurs. Ils ne « vulgarisent » pas, ils essayent de former des lecteurs. C’est un travail assez ingrat et qui s’exerce le plus souvent dans des conditions difficiles.

 

Personnellement, il me suffit de rendre disponible gratuitement à chacun quelques échantillons de ce travail. C’est le but de ce site :  ICI 

 

Superdupontpleure La gauche s’aperçoit que Michel Onfray s’inscrit dans la tradition rouge-brun avec son « front populaire ». C’est tardif: dès 2006, je dénonçais son souverainisme réactionnaire identique à celui de l’extrême droite. Mais à l’époque, fallait pas

Aux racines du "non" ICI 

(MISE À JOUR : )

Partager cet article
Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents