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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 18:25
Et si le destin du short de Wawrinka à Roland-Garros préfigurait celui des vins nus…

Non je ne suis pas tombé la tête la première sur la terre battue de mauvaise qualité de Roland-Garros.

 

Le succès ça change tout, le short de Stan Wawrinka, vainqueur dimanche de Roland-Garros, façon nappe de pique-nique en rouge, gris et blanc, que lui seul semblait aimer, objet de toutes les railleries, les moqueries, est devenu la star des réseaux sociaux. Il fait l'objet de toutes les convoitises.

 

Le Parisien nous explique la genèse La genèse de cet incroyable buzz :

 

« Stan Wawrinka est apparu pour la première fois avec cet improbable short à Monte-Carlo, en avril. Sur le Rocher, le tenant du titre, équipé par Yonex depuis 2012, s'était alors fait sortir sans ménagement par Grigor Dimitrov. Mais plus que sa défaite, c'est son accoutrement qui avait fait rire tout le monde.

 

J’adore la réponse du Suisse :

 

«C'est un short 3 en 1, avait-il expliqué à la télévision suisse. Je vais me baigner, je joue au tennis et je dors avec.»

 

La collection, dessinée au Japon, avait été présentée un peu moins d'un an auparavant à tous les revendeurs de la marque. «Il y en a quatre par année, une pour chaque saison. Il est rare qu'elles soient lancées sans l'aval du joueur.

 

Là, il y avait une volonté de créer un truc tape-à-l'œil, assure Jean-Luc Aznavorian le responsable tennis de BDE Sports, revendeur de l'équipementier japonais Yonex pour la France et pour l'Espagne. C'était fait exprès que cela ressemble à un caleçon de bain. Il fallait faire original et presque pas beau pour faire parler de nous. En textile dans le tennis, on n'a pas la notoriété de Nike ou Adidas.»

 

D'où la décision de ne pas commercialiser le fameux short en France. Avec le sacre de Wawrinka à Paris, la stratégie de vente devrait changer en 2016...

 

Pour l'instant, seul le site américain Tennis Waterhouse propose le produit à 42 dollars (environ 37,50 €), auxquels vous devez rajouter... 50 dollars si vous voulez l'avoir en moins de 10 jours !

 

Le bon goût, le mauvais goût, la provocation, faire original et presque pas beau, casser les codes… Bon moi ce que j’en dis c’est pour causer mais l’avenir nous dira si dans notre petit monde du vin les railleurs ne vont devenir des « rallieurs »

 

Affaire à suivre… Les affaires sont les affaires..

 

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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 06:00
« Cette soirée au Lapin Blanc, ce ragù de Jancou, ce rosé des Riceys d’Olivier Horiot : « Une vrai tuerie ! »

Au fait, d’où vient-elle cette tuerie-là ?

 

« Rappelez-vous : autrefois, on disait «c’est trop fort», puis on en vint à s’exclamer «’tain ça déchire», avant de gueuler «ça tue !»

 

De là vient l’expression «un truc de la mort qui tue», qui exprime joyeusement que… c’est vraiment épatant. La tuerie désigne le massacre que l’on commet sur les avatars numériques et celui qui explose le cholestérol ; mais aussi le plaisir que l’on prend à (se) faire du mal. Le mal qui fait du bien, en somme. »

 

Ainsi s’exprimait Didier Pourquery dans une chronique de Libé écrite le 20 DÉCEMBRE 2008, soit une éternité 

 

Après voir noté que «C’est une tuerie» faisait un score d’enfer parmi les accros du pad. Normal et pas étonnant vu le nombre de jeux de baston et autres wargames qui y cartonnaient en cette préhistoire de la Toile.

 

Il ajoutait « Mais cette riche métaphore hyperbolique est aussi employée couramment par une autre catégorie de nos contemporains, les gourmands régressifs qui s’assument. Selon plusieurs versions, bien sûr. Façon VIe arrondissement :

 

«Ton cheesecake est une vraie tuerie, ma chérie» ; façon grande gueule qui fanfaronne…

 

Le mode girlie copine : «Attention les fiiilleeeuu, mon fondant au chocolat et à la crème de marrons est une vraie tuerie, vous êtes averties, hi hi hi.»

 

Mais ce cher Pourquery se trompait lourdement lorsqu’il pensait :

 

« On imagine mal un gourmet à casquette vintage, assis devant une toile cirée à carreaux, rugir façon Gabin : «Alors là, Monique, ma petite Monique, laisse-moi te dire que ta langue de veau sauce gribiche est une véritable tuerie… et j’m’y connais.»

 

En effet les réseaux sociaux sont passés par là et l’expression « c’est une tuerie ! » fleurit à propos de tout et de rien, et même du vin sur Face de Bouc.

 

Pour ne rien vous cacher je ne l’aime pas cette expression car elle évoque pour une image d’enfance : celle des tueries particulières de mon enfance évoqué dans cette chronique du 12 novembre 2013 « Je me souviens des « tueries particulières » celle de la Mothe-Achard tout particulièrement. » 

 

« Le terme de « tuerie » ou « tuerie particulière » fut d’abord utilisé pour désigner le lieu où chaque boucher abattait ses propres animaux : dans la cour ou la remise attenante à sa boucherie, parfois même directement sur le trottoir, devant la boutique. Le mot abattoir est apparu dans le langage professionnel et administratif lorsque des locaux spécialisés ont été imposés dans les grandes villes, et d'abord à Paris, pour y mettre à mort les animaux de boucherie. »

 

Métaphore pour métaphore entrons tout de suite dans le bain avec une autre métaphore bien connue « ça va être une vraie boucherie ». Faisant directement référence au contact de la viande et au côté sanglant du métier de boucher, on parle de boucherie lorsqu’une situation devient tendue, qu’une dispute est sur le point de surgir ou bien encore pour définir un capharnaüm. »

 

« Interviennent alors le boucher et la bouchère, le masculin pour des raisons culturelles séculaires étant étroitement lié à la viande, à son choix, à sa préparation, à sa présentation. Et si le mot viande surprend par son rapport à la vie, boucher est encore plus étrange, plus inattendu : c’est un dérivé très ancien de bouc. Au moyen âge, on a parlé de viandier, mais le mot, qui venait du sens ancien de « nourriture », désignait une personne qui nourrissait bien ses hôtes, de même que le vivandier, puis la vivandière, chargés de nourrir les troupes, jusqu’à ce que la cantinière ne détrône la vivandière. Rien à voir avec ce spécialiste qu’est le boucher. »

 

« … En fait, le « boucier » du XIIIe siècle était celui qui abattait les bêtes pour les vendre. La référence au bouc était sans doute symbolique, et ce mot voulait dire « sacrificateur », donnant à l’élevage la valeur que cette notion a chez Homère, certaines bêtes étant réservées aux dieux. Or, l’animal sacrificiel par excellence fut dans notre moyen âge le bouc, chargé de pouvoirs surnaturels… »

 

« … Le boucher d’aujourd’hui n’est sans doute plus le prêtre d’un sacrifice solennel. Mais son domaine s’est élargi : il est passé du bouc au mouton, au bœuf, parfois encore à la chèvre et au chevreau, laissant le porc au « cuiseur de chair », que dissimule notre charcutier familier, mais s’emparant parfois d’autres espèces. La boucherie appelée « hippophagique » fut naguère florissante, et continue à vivre dans le nord de la France. »

 

Note de la rédaction « La cynophagie - le fait de manger du chien - était une pratique répandue en Europe et surtout en France jusqu'au début du XXe siècle où l'on trouvait encore des boucheries canines. Plus encore, durant la guerre de Prusse de 1870, effort de guerre oblige, on se rabattit sur les viandes de basse qualité et un véritable marché du chien fut ouvert à Paris, rue Saint-Honoré. »

 

« … Si les mots boucher et boucherie, employés au figuré, gardent des traces de leur origine, l’abattage, lorsqu’ils s’appliquent au métier, qui est plus qu’un commerce, ils supposent un savoir-faire traditionnel très élaboré. On dit que, si l’on peut devenir cuisinier, on naît rôtisseur, ce qui suppose un sens inné de cet art. On peut en dire autant du bon boucher, qui n’intervient qu’après l’abattage – il y a des professionnels pour cela – et qui doit choisir, préparer, découper, mûrir, parer la viande, enfin la présenter de manière alléchante.

 

Menacée, comme tout artisanat délicat, par l’industrialisation effrénée de « l’agroalimentaire » , la boucherie est un patrimoine de talent et d’habileté à conserver jalousement, pour que la viande conserve son sens originel : ce qui conserve la vie et la santé. »

 

La viande, patrimoine vital par ALAIN REY 

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 06:00
Robert Doisneau le déjeuner sur l’herbe, pub Renault,1936

Robert Doisneau le déjeuner sur l’herbe, pub Renault,1936

La tradition et la bienséance veulent que l’arrivée d’un nouveau confrère dans le paysage médiatique soit saluée.

 

Le N°001 d’En Magnum, de la maison B+D sera en kiosque le 4 juin.

 

Mes meilleurs vœux de longue vie donc à ce trimestriel du vin !

 

Thierry Desseauve le D de B+D dans son premier édito « Adagio, con allegrezza » écrit :

 

« N’ayant pas souhaité transformer Bettane+Desseauve en usine à journalistes, nous avons créé En Magnum en artisans. Nous avons pris, et nous prendrons, notre temps. Nous avons attendu dix ans entre la création de notre entreprise et celle de ce magazine...

 

C’est grâce à ce long chemin que nous est revenue l’envie d’imaginer ce magazine. Bien sûr, il n’était plus question pour nous, aujourd’hui, de construire un journal comme on le faisait il y a vingt ou trente ans. Vous ne trouverez pas ici, c’est ICI 

 

Affaire à suivre pour se petit nouveau dans la galaxie B+D :

 

  • Le numérique magazine en ligne mybettanedesseauve.fr et le site frère du Guide du vin, bettanedesseauve.com, où sont accessibles les notes et commentaires de plus de 65 000 vins.

  • Pages spéciales vin de grands journaux « généralistes » Paris-Match, Le Journal du Dimanche et Les Échos.

  • Les salons : le Grand Tasting, dont la 10e édition se tiendra les 4 et 5 décembre 2015 au Carrousel du Louvre à Paris et le Winelab, dont la deuxième édition s’est tenue début juin au Carreau du Temple, à Paris.

  • La sélection des vins « Gourmet » de Monoprix, les cartes de vins des hôtels Mercure et celle des classes Affaires et Première d’Air France.

  • Filiale chinoise Bettane+Desseauve China, installée à Shanghai.

« Notre chiffre d'affaires annuel est de l'ordre de 5 millions d'euros avec une activité Média-presse qui représente 40%, une activité événementielle (Grand Tasting, Winelab, salons à Hong Kong et Shanghai) qui pèse 40%. Les 20% restant proviennent de notre travail de prescripteur auprès des distributeurs. » Th. Desseauve dans Challenges.

 

Bien une fois les fleurs offertes sans les épines ce matin ce que j’avais envie d’écrire c’est : mon magnum à moi c’est pour toi, toi qui aime tant LÉON de Jean-Baptiste Menigoz du domaine Les Bottes Rouges en Arbois.

 

Et puis patatras voilà t’y pas que ce nectar aimé de Chardonnay n’existe pas en magnum chez mes voisins de la Cave des Papilles où je faire le plein de quilles.

 

Me restait plus qu’à me replier sur un souhait : à quand des MAGNUM de LÉON d’Arbois et à aller quérir 1 paire de bouteilles qui, rassurez-vous, ne seront pas des bouteilles jetées à la mer mais déposées dans un panier pour aller pique-niquer sous les pommiers en fleur de la Normandie au bord de la mer.

 

LÉON c’est ça

À quand des MAGNUM de LÉON d’Arbois « Adagio, con allegrezza » comme l’écrit Thierry Desseauve pour son En Magnum à lui

Jean-Baptiste Menigoz qui c’est ?

 

« Tout le monde connaît l’histoire des toiles de Van Gogh que personne ne voulait à l’époque, à part quelques hurluberlus. Les vins du Jura suivent le même chemin: quand la planète entière s’affolait sur les vins de Bordeaux (allez comprendre…) et les vins de Bourgogne personne ne voulait les vins du Jura, tout juste bons à accompagner un morceau de Comté. Depuis, beaucoup de vin a coulé sous les ponts et entre les Bordeaux trafiqués (enfin…pas tous) et les Bourgognes ultra-chers (idem!) les amateurs se tournent vers le des régions comme le Jura.

 

Prenons le fameux domaine Overnoy. Alors que les cavistes passionnés ne savaient pas quoi faire de leurs stocks – à part les boire! – les vins du domaine sont devenus plus rares qu’une bouteille de Romanée Conti (et ce n’est pas une blague). Que les lecteurs pardonnent notre « graphorrhée » mais nous nous emballons rapidement quand nous écrivons sur les vins du Jura. Tout ça pour dire qu’il ne faut pas désespérer car la relève est arrivée dans le Jura avec, entre autres, le sympathique Jean-Baptiste Menigoz du domaine Les Bottes Rouges. Jean-Ba (pour les intimes) fait partie de cette vague de jeunes vignerons jurassiens passionnés et doués, possédant de beaux terroirs et des cépages à l’avenant. »

 

Jean-Baptiste s’est installé en 2012 à Abergement-le-Petit, à l’ouest d’Arbois. Il a commencé  avec 2,4 ha et a doublé sa superficie en deux ans. Si vous aimez la variété, vous serez servis car  il cultive les cinq cépages jurassiens (Savagnin, Chardonnay, Ploussard, Trousseau et Pinot Noir) représentés sur des sols variés (argiles, marnes, calcaires), et propose sept cuvées différentes.

 

Le blog Mi Fugue Mi Raisin 6 mars 2015 

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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 06:00
La jeune maison Beau Chesne a besoin d’emplir son dé à coudre pour croître et embellir…

Je suis né dans le fil à faufiler de ma couturière de mère et j’ai été bercé par sa Singer… Pour mes 60 ans j’avais commis une chronique Mes 60 ans je suis un baby-boomer pur vintage

 

J'écrivais :

 

« C’est un vrai défi que de parler chiffons à un public majoritairement masculin mais je le relève car la mode, et celle des années 60-80 tout particulièrement, hume l’air du temps, initie les tendances, et en se démocratisant elle est vraiment dans la vie des gens comme le vin qui, tout en gardant ses valeurs, s’éloigne de plus en plus du pur cercle des initiés. »

 

Ce matin dans le même esprit c’est du défi de Marie Beauchesne dont je veux vous entretenir.

 

En notre vieux pays il est de bon ton d’afficher un aquabonisme teinté de pessimisme à propos de l’esprit d’entreprise de la génération Y et pourtant, à l’image de Marie elle ose. Elle se lance dans le grand bain avec enthousiasme et méthode.

 

Et nous que faisons-nous ?

 

Nous contenterons-nous du statut d’observateur passif ?

 

Ne pourrions-nous pas, en fonction de nos moyens, être ceux qui accompagnent ces jeunes pousses, faire du financement de proximité pour qu’elles partent du bon pied ?

 

On appelle ça du crowdfunding, dénomination barbare à beaucoup d’oreilles mais qui est l’expression aussi d’une solidarité intergénérationnelle.

 

Quel est donc ce projet ?

 

Maison Beau Chesne que créé Marie et Pedro Bucher un jeune styliste suisse-brésilien est née d’une envie : aborder la conception et la confection du vêtement avec une approche personnalisée. Pour elle « la morphologie compte bien sûr, mais la personnalité est tout aussi déterminante, sinon plus. »

 

Ils veulent inventer une nouvelle manière de concevoir la mode, qui remet les femmes au coeur de la création et fait d’elles les muses de des vêtements qu’ils vont créer et confectionner. C'est pourquoi ils ont mis au point une méthode fondée sur une entrevue de personnalité sur laquelle ils s’appuieront pour créer des vêtements porteurs d’une histoire et d’émotions.

 

Les vêtements de leur collection « Personnalité » seront inspirés de femmes aux personnalités et aux profils morphologiques très différents, convaincus qu’ils sont que la beauté est plurielle, et que les différences méritent d'être valorisées.

 

À côté de cette collection «Personnalité» qui est au coeur de leur projet, ils proposent également une petite collection permanente, toujours inspirée des émotions.

 

Bref, la maîtrise complète de tout ce qui fait un vêtement personnalisé.

 

Que demandent-ils ?

 

D’être les premiers soutiens de leur petite entreprise en apportant contribution, aussi modeste soit-elle, afin de leur permettre de réunir la trésorerie nécessaire à la production de leurs premières pièces ainsi qu'à l'achat de fourniture pour développer nos prochains modèles.

 

Comment le faire ?

 

En allant sur le site de KICKSTARTER ICI 

 

Prenez un peu de votre temps, réfléchissez et je l’espère contribuer à ce que la Maison Beau Chesne atteigne, d’ici le 26 juin 2015, les 10 000 € sollicités.

 

Merci par avance de ce que pourrez faire.

La jeune maison Beau Chesne a besoin d’emplir son dé à coudre pour croître et embellir…
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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 06:00
Quand une italienne spécialiste de Madame de Sévigné me parle des oliviers de son domaine Le Amantine en Tuscia Viterbese je ne fais pas que goûter ses paroles…

En parodiant un célèbre slogan : « Il se passe toujours quelque chose chez Alessandra Pierini »… la meilleure ambassadrice du meilleur de l’Italie avec RAP épicerie

 

Sous les voutes de sa belle cave on goûte… on goûte de tout… du solide et du liquide et vendredi dernier c’était l’un des symboles de l’excellence de l’Italie que je suis allé goûter : les huiles d’olive du domaine Le Amantine.

 

J’écris les, car UNICO, l’une d’entre elles est déjà logée dans mon garde-manger.

 

Excellemment accueilli, dans un français parfait, par Anna Marina Gioacchini je ne résiste pas au plaisir de mettre ma plume au service de ses mots.

Quand une italienne spécialiste de Madame de Sévigné me parle des oliviers de son domaine Le Amantine en Tuscia Viterbese je ne fais pas que goûter ses paroles…

En effet, ce n’est pas tous les jours que l’on a la chance de croiser un docteur en littérature française, spécialiste de Madame de Sévigné, installé à Paris depuis 20 ans, où elle a enseigné l’italien à l’école des Chartes avant de se marier à un normand et de se tourner vers la traduction.

 

Il y a 5 ans Anna Marina Gioacchini a hérité de son père le domaine Le Amantine, une oliveraie de 10 ha plantée de 2000 arbres. C’est son grand-père qui a acquis ce domaine en 1936 pour d’abord y planter de la vigne. Le père d’Anna Marina, lorsqu’il a hérité du domaine a décidé d’y implanter des oliviers qui se plaisent plus que tout dans les terrains d’origine volcaniques. Son choix s’est porté sur 3 variétés autochtones d’olives : les Frantoio, les Leccino et les Canino.

 

Lorsqu’elle a recueilli le domaine en héritage Anna Marina s’est sentie dépositaire de l’œuvre de son père et sa volonté de poursuivre vers toujours plus de haute expression et d’authenticité de ses huiles elle a commencé par réviser tout le système d’irrigation « goutte à goutte » ainsi que le pressoir.

 

L’oliveraie a la particularité d’être la seule aux alentours. Isolée et loin des routes, elle est protégée des maladies. « Une chance cette année, qui a vu sévir un parasite qui a attaqué des milliers d’arbres à travers le pays et fait chuter la production de 40%. »

 

La taille s’effectue entre mars et avril et requiert 2 hommes par arbre.

 

Les récoltes débutent en octobre : les olives sont à la fois ramassées à la main et selon un procédé mécanique de peigne thermoplastique qui respecte le fruit.

 

Les olives sont pressées sitôt la récolte au pressoir du domaine.

Quand une italienne spécialiste de Madame de Sévigné me parle des oliviers de son domaine Le Amantine en Tuscia Viterbese je ne fais pas que goûter ses paroles…

Un Territoire, la Tuscia Viterbese

 

Anna Marina Gioacchini est « née à Grotte di Castro, un des sept villages qui bordent le lac de Bolsena dans le Haut Latium. Plus confidentielle que la Toscane et l’Ombrie voisines, cette région chère à mon cœur est une terre de culture où il fait bon vivre. »

 

Le lac de Bolsena, sur lequel Anna Marina a appris à naviguer enfant « est le plus grand lac d’origine volcanique d’Europe. Il s’est formé il y a environ 300 000 ans à la suite de l’effondrement de cratères de la chaîne des monts Vulsini. Ce lac de 42 km de circonférence forme un vaste cirque aux reflets cobalt, autour duquel se déploie un paysage collinaire qui descend à l’ouest en pente douce vers la mer. »

 

Ses eaux réputées poissonneuses ont précipitées un pape en enfer. Dante consigne la gloutonnerie du pape Martin IV (1212-1285) qui se goinfrait des anguilles du lac.

 

« La géologie particulière de la région en fait la richesse. Les rivages du lac sont parsemés de grottes qui ont longtemps servies de carrières à pierres ponces. La terre est ici légère et fertile. Riche en sels minéraux, tout y pousse, le blé, la vigne… les oliviers ! Le plus connu des vins du coin est le légendaire vin blanc Est ! Est !! Est !!! de Montefiascone. » 

Quand une italienne spécialiste de Madame de Sévigné me parle des oliviers de son domaine Le Amantine en Tuscia Viterbese je ne fais pas que goûter ses paroles…

« Sur le plan archéologique et architectural, la région n’a rien a envier à ses voisines toscan et ombrienne. Foyer étrusque – Tarquina n’est pas loin – elle recèle de nombreuses nécropoles qui nous révèlent que les Etrusques cultivaient ici l’olivier. La légende veut aussi que Viterbe, capitale de la province, ait été élevée à l’emplacement d’une ancienne cité étrusque. Aux détours de ses ruelles médiévales, un splendide palais papal du XIIIe siècle se découvre. De 1257 à 1261, Viterbe abrita en effet brièvement le siège de la papauté.

 

Au cours de la seconde moitié du XIIIe siècle, la ville devint l’un des plus haut_lieu de la pensée occidentale autour de la figure de Saint Thomas d’Aquin.

 

Aujourd’hui, Viterbe abrite la faculté d’agronomie la plus réputée d’Italie.

 

La région regorge d’églises romanes à l’image de la Basilique Saint Pierre de Tuscania sur lequel se trouve le domaine Le Amantine, et dont la rosace a inspiré notre logo. »

Quand une italienne spécialiste de Madame de Sévigné me parle des oliviers de son domaine Le Amantine en Tuscia Viterbese je ne fais pas que goûter ses paroles…
Quand une italienne spécialiste de Madame de Sévigné me parle des oliviers de son domaine Le Amantine en Tuscia Viterbese je ne fais pas que goûter ses paroles…
Quand une italienne spécialiste de Madame de Sévigné me parle des oliviers de son domaine Le Amantine en Tuscia Viterbese je ne fais pas que goûter ses paroles…
Quand une italienne spécialiste de Madame de Sévigné me parle des oliviers de son domaine Le Amantine en Tuscia Viterbese je ne fais pas que goûter ses paroles…

Vendredi donc, assis dans l’antre d’Alessandra, j’ai goûté les 3 huiles du domaine Le Amantine.

 

Déjà consommateur d’UNICO, ma découverte fut AMANTINO qui est harmonie et équilibre, fruitée sans excès, légère et tendre elle caresse le palais, très longue en bouche elle offre ensuite ses saveurs puissantes d’amande douce et d’artichaut avec une persistance rare. Rare est aussi son élégance. Fruit du pressurage des 3 variétés d’olives du domaine les Frantoio, les Leccino et les Canino, elle d’un vert lumineux, intense et elle offre un nez raffiné.

Quand une italienne spécialiste de Madame de Sévigné me parle des oliviers de son domaine Le Amantine en Tuscia Viterbese je ne fais pas que goûter ses paroles…
Quand une italienne spécialiste de Madame de Sévigné me parle des oliviers de son domaine Le Amantine en Tuscia Viterbese je ne fais pas que goûter ses paroles…

Je la vois bien s’épandre sur mes pissenlits tendres et amers comme sur mes Linguine Genovese nature et faire le lit de mon Pesto alla Genovese cher au cœur d’Alessandra.

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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 06:00
Comme un lundi : le caoua et le kava des Marquises c’est bien mieux que le Viagra®

Faudra vous y faire chers lecteurs, en ce mois de juin qui commence aujourd’hui je vais, plus encore que par le passé, justifier mon statut de vieil homme indigne.

 

Divaguer, me laisser-aller, raconter des histoires à dormir debout, décoconner, tout entendre, ne rien céder et surtout vivre en tongs pour boire du café.

 

Ma seule addiction c’est le café.

 

Du café filtre sans sucre, pur…

 

Tout commence par l’achat d’un café de bonne origine : voir ICI 

 

Ensuite disposer d’eau de source et suivre les conseils de mon ami Emmanuel Buschiazzo Caféologue, Barista Formateur, Président du Réseau des Baristas de France (RBF) 

 

Je suis donc caféinomane.

 

Je consomme sans modération.

 

Et, hier, au détour des gazettes, qu’apprends-je ?

 

Que le café c’est bon pour la virilité !

 

« Finis Viagra® et autres préparations exotiques pour remédier aux troubles de l'érection

 

Selon des chercheurs texans, une consommation quotidienne de café est associée à une diminution du risque de dysfonctionnement érectile. Les hommes qui boivent entre 85 et 170 mg de caféine par jour, soit environ deux à trois tasses, verraient leur risque de panne réduit de 42%. Néanmoins, cette dose n'est pas une ordonnance à prendre au pied de la lettre, puisque les taux de caféine dépendent de la manière dont est préparé le café (expresso, café filtre, etc.).

 

Les scientifiques, dont les travaux sont publiés dans la revue PlosOne, ont étudié la consommation de café de plus de 3.700 hommes. Des résultats qu'ils ont ensuite croisés avec la capacité de chaque participant à garder une érection tout au long d'une relation sexuelle et la fréquence de leurs rapports. Des données uniquement déclaratives, recueillies par questionnaire. 

 

Je m’en tiens là du côté caoua mais je ne puis m’empêcher d’extirper du fin fond de mon vieux blog une vieille chronique de juillet 2007 Le kava du lavelua roi d'Uvéa

 

« En 1988, suite aux accords de Matignon, j'ai accompagné H.Nallet en Nouvelle-Calédonie. Avant de nous y rendre nous avons poussé jusqu'à Wallis-et-Futuna pour aller soutenir le candidat radical de gauche aux législatives : Camillo Gata qui fut élu. 33 heures d'avion : Paris-Nouméa avec UTA, puis Nouméa-Mata-Utu avec un Transaal de l'armée de l'air. Dix heures de décalage horaire, l'autre bout de la terre.

 

A notre arrivée dans une atmosphère d'étuve, la journée commençait. L'administrateur supérieur nous attendait en uniforme blanc impeccable sur le tarmak. Son chauffeur, un imposant Wallisien conduisait la R25 climatisée pieds nus. Pour respecter la coutume nous sommes allés rendre visite au roi d'Uvéa, le lavelua, chef de la hiérarchie coutumière, Tomasi Kulimoetoke II, et sacrifié à la cérémonie du kava, la boisson traditionnelle élaborée à partir de racines de plantes.

 

… « On dit que c'est un aphrodisiaque... » Quand vint mon tour j'y suis allé avec le sourire. Le breuvage était amer et la suite me prouva que ses effets étaient purement diurétiques. »

Comme un lundi : le caoua et le kava des Marquises c’est bien mieux que le Viagra®

Max Radiguet dans Les Derniers Sauvages. La vie et les mœurs aux îles Marquises (1842-1859) écrit :

 

« À un mille du rivage, nous rencontrâmes un groupe de Canaques présidé par Iotété. Couchés à terre, les uns à plat ventre, les autres assis avec des poses que peut seule affronter leur échine élastique, ils formaient le cercle autour d’un vase de bois plein au trois quarts d’un liquide mousseux, et tenaient en main des paquets d’une racine à peu près semblable à la réglisse (la racine du Piper methysticum). Tous se livraient à une mastication acharnée de cette racine et lançaient à l’envi des jets de salive écumante dans le récipient commun. – Iotété, après nous avoir serré la main, nous fit asseoir auprès de lui, nous présenta une poignée de racine et nous pria de participer à la singulière besogne qui s’accomplissait et qu’on nous dit être le kava. Nous connaissions déjà de réputation cette fameuse liqueur polynésienne, dont l’influence sur l’organisme est telle qu’on ne saurait s’y adonner avec suite sans faire peau neuve, à peu près comme les reptiles au printemps. Ne sachant trop si tous ceux qui concouraient à la fabrication du liquide étaient tenus d’en boire, nous nous récusâmes. Iotété insista, et par politesse nous dûmes céder. »

 

Qu'est-ce que le Kava ? 

 

Enfin pour finir sur une note solide je vous recommande le Barely Buzzed qui est un fromage au lait de vache de l'Utah frotté au marc de café et à la lavande. Sa pâte pressée non cuite développe des arômes subtiles relativement fruités et tirant vers la noisette.

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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 06:00
De « l’esprit du jeu l’âme des peuples » j’ai toujours été joueur : « le mouvement c’est la vie, c’est le jeu… » Jean-Claude Suaudeau

Cette chronique n’est pas de circonstance, le scandale des pots-de-vin de la FIFA, l’idée m’en est venue lors de la parution dans le journal l’Équipe du 26 mai, d’une double page centrale sur l’extraordinaire saison 1994-1995 du FC Nantes championne de France de foot et la philosophie du jeu qui l’avait animé. C’est sur le compte Twitter de Pascal Praud que j’en ai découvert la parution j’ai donc pour une fois acheté l’Équipe

 

20 ans, rassurez-vous je ne vais pas entonner le « c’était mieux avant »mais mettre en avant une certaine idée du jeu, ici le football, « portée par des hommes, José Arribas d’abord, Jean-Claude Suaudeau ensuite et Raynald Denoueix enfin. Après eux, l’idée et ce football ont disparu de la surface de la Beaujoire. »

 

Le sport professionnel est par construction un sport spectacle qui, comme tout spectacle, exige des financements, une gestion d’entreprise, une marchandisation des joueurs. Je n’ai, ni les moyens, ni le temps de me livrer à une analyse approfondie du professionnalisme, mais simplement souligner que l’exacerbation, l’amplification, la pression des investisseurs : sponsors, patrons de club fortunés, médias TV avec la manne des droits, loi de l’offre et de la demande amplifiée suite à l’arrêt Bosman, mondialisation… tuent l’esprit du jeu en privilégiant le seul résultat, l’efficacité économique pour attirer les investisseurs.

 

L’exemple du rugby, sport régional, aussi bien dans l’hexagone que dans le monde, fraîchement passé au professionnalisme, depuis 1995, est en passe de démontrer que ce qui constituait son âme, à la fois l’esprit du jeu et l’ancrage dans le cœur des peuples.

 

Depuis 1995, « le rugby de haut niveau français quitte peu à peu les zones de tradition et de culture rugbystiques, notamment la côte basque, pour se déplacer vers des zones de chalandise aux bassins économiques plus importants », déplorait déjà l’an passé Marcel Martin, trésorier de la Ligue nationale de rugby et président d’honneur de Biarritz, lors de la relégation biarrote.

 

Dans son livre, en 2007, L’Esprit du jeu, l’âme des peuples, l’emblématique Daniel Herrero écrivait :

 

« Par chansons interposées, je découvris les noms de Mauléon, de Bayonne, de Saint-Jean-de-Luz, avant ceux des capitales européennes. Pourquoi les petits rugbymen de Toulon apprenaient-ils les chants basques avant “La Marseillaise”, “Le Chant des partisans” ou “Douce France” ? Eh bien, couillons que vous êtes, parce que pour nous, gens d’Ovalie, le Pays basque est une terre de référence. Une cathédrale. »

 

Folklore que tout cela me rétorquera-t-on, cassoulet, grosse troisième mi-temps, place aux survitaminés, aux rouleaux compresseurs, qui propulsent les clubs français au firmament de la H Cup avec le gratin des meilleurs joueurs du monde. Même motif, même punition pour le PSG des Qataris, sauf que dans ce cas de figure, avec une masse salariale record, le club de la Capitale reste encore dans l’antichambre de la Ligue des Champions.

 

Pas si sûr, et sans réclamer un illusoire retour en arrière, ne pourrait-on pas, un instant seulement, en revenir à l’esprit du jeu sinon il ne faudra pas s’étonner de n’avoir plus affaire qu’à des hordes de supporters hurlants partisans du gagner à n’importe quel prix et à des privilégiés en loges qui vont au spectacle pour se montrer, faire d’la com. comme on dit.

 

Je suis sans doute un peu vieux jeu mais je crois encore à la valeur de l’exemple pour le gamin qui court après un ballon dans une cour de récréation ou sur un terrain poussiéreux d’une favela. L’ascenseur social du sport a été, et peut être encore, un facteur de cohésion d’un pays, d’une nation. Encore faudrait-il que ça ne se réduise pas aux jeux du cirque et à des gladiateurs en Porsche Cayenne.

 

J’ai joué au basket à un très bon niveau jusqu’en junior. J’ai toujours été un compétiteur. J’aime gagner mais j’ai été aussi nourri au lait du FC Nantes de José Arribas pendant mes études universitaires à Nantes.

 

Nantes-Rennes à Marcel Saupin en mai 68 

 

« En ce temps-là, les footeux, parties intégrantes de la vie des couches populaires venant les supporter match après match, osaient mouiller le maillot, prendre parti pour eux. José Arribas, l'entraîneur des Canaris, républicain espagnol émigré, à lui tout seul personnifiait cette éthique.

 

Le stade semblait abasourdi, comme si on venait de lui faire le coup du lapin. Les Gondet, Blanchet, Budzinsky, Le Chénadec, Suaudeau, Simon, Boukhalfa, Robin, Eon, conscients de la gravité du moment, nous offraient un récital de jeu bien léché, à la nantaise comme le dirait bien plus tard, un Thierry Rolland revenu de ses déboires de mai. Il fera partie de la charrette de l'ORTF. »

De « l’esprit du jeu l’âme des peuples » j’ai toujours été joueur : « le mouvement c’est la vie, c’est le jeu… » Jean-Claude Suaudeau

Dans une chronique du 19 juin 2010 je soulignais cette « exception nantaise » 

 

Dans le football français des années 60 qui suivirent la fameuse Coupe du Monde de 1958 où la France de Kopa et de Fontaine se classa 3ième un drôle de bonhomme chauve, discret, un émigré espagnol, José Arribas, tira le FC Nantes de la 2de Division en 62-63 pour conquérir en 64-65 le titre de « champion de France » avec une équipe « sans vedettes » selon des principes nouveaux.

 

Le collectif, un mot un peu abimé par le collectivisme niveleur, est une force lorsque la somme des individualités est supérieure à leur stricte addition. Dans un collectif soudé l’individualité talentueuse s’épanouit plus encore au contact du joueur de devoir et le joueur ordinaire se transcende. Au-delà des tactiques, des consignes, du tableau noir, dans cette alchimie le rôle de l’entraineur est bien de transfuser à ses individualités cet altruisme qui mène aux plus belles victoires.

 

Faire confiance aux hommes, provoquer une crise de conscience chez tous ceux qui ont accepté de le suivre, telle est la ligne de conduite de José Arribas. Pour lui, l’esprit collectif prime tout. Il n’admet pas qu’un joueur puisse profiter du travail des autres, à son seul avantage.

 

C’est donc à l’héritier de José Arribas, Jean-Claude Suaudeau, l’entraineur mythique du FC Nantes lors de cette fameuse saison 1994-1995, où le FC Nantes ne concéda qu’une seule défaite avec une équipe de jeunes chiens fous jouant au ballon, que l’Équipe s’est adressé pour se remémorer cette équipe qui « a enchanté la France du foot. »

photo de JC Suaudeau illustrant l’article de l’ami Christophe LARCHER dans L'Equipe Magazine du 13/06/2014 «Autour de Benzema et Giroud» que j'ai empruntée car je la trouve pleine d'humanité

photo de JC Suaudeau illustrant l’article de l’ami Christophe LARCHER dans L'Equipe Magazine du 13/06/2014 «Autour de Benzema et Giroud» que j'ai empruntée car je la trouve pleine d'humanité

Un répertoire de combinaisons, comme au basket

 

« Offensivement, c’est mon truc. J’adore ça. Je n’ai jamais été vraiment un coach de compète. J’ai toujours été un joueur, je continue à l’être. Je m’occupais quand même de la défense, mais pas beaucoup. Ah le nombre de combinaisons qu’on a trouvées, et que les joueurs ont trouvées entre eux (…) On jouait tous les coups sur la récupe, sans contrôle : on passait devant, on anticipait. Il y a plein de jeux de gamins où tu joues à te toucher. Mon équipe avait une fantastique aptitude à attraper l’autre. »

 

C’était le fruit d’un travail en amont ?

 

« On avait un répertoire commun. Du coup j’ai exigé des choses, mais pas tout. Deux ou trois trucs bien précis. D’aucuns ne voudront jamais le croire, mais parfois, on donnait délibérément la balle à l’adversaire, dans ses 20 mètres, pour lui sauter dessus après. Quand le défenseur récupère la balle, il n’est plus défenseur (…) On appelait ça la traque (…) donc tu récupères la balle en mouvement. Et le mouvement c’est la vie, c’est le jeu. Regarde le nombre de buts marqués comme ça par le Barça ! Quand il a récupéré le ballon, c’est fini, trop tard. »

 

La richesse du FC Nantes

 

« … la richesse du FC Nantes, c’est que les dominantes de jeu demeuraient et les gars venaient à l’entraînement avec grand plaisir. Pour découvrir et se découvrir surtout. Ils s’épanouissaient très bien là-dedans, et c’est une de mes plus belles récompenses, quand même. La joie qu’il y avait dans ces entraînements et tout au long de la saison. Qu’est-ce qu’on a ri ! (…) Ils avaient en eux une confiance inébranlable. C’était beau, c’était beau ! Ça faisait du bien de se dire : on a cette force en nous. »

 

Joie, rires, envie de découvrir et se découvrir, s’épanouir…

 

Les railleurs des Canaris ont toujours glosés sur le peu de résultats internationaux du FCN alors que, « même diminué par les transferts et les blessures, Nantes avait atteint les demi-finales de la C1 l’année suivante… » souligne Vincent Duluc. On attend toujours le PSG, et sa grosse masse salariale, a cette hauteur…

 

Après, ce fut après, un autre monde…

 

L’effectif du FC Nantes 1994-1995

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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 06:00
« Il n’est guère de poisson plus connu que l’anchois, de tous ceux qui aiment la bonne chère » anchoïade, boquerón, boquéron, garum…

En bon naturaliste teinté de politique Lacépède n’y allait pas par 4 chemins, et moi, en bon petit vendéen du bord de mer nourri à la sardine sablaise frite au beurre salé, j’ai jusqu’à mes premières épousailles ignoré les joies des filets d’anchois, salés ou marinés.

 

Collioure et ses anchois, où la pêche et le conditionnement de ces poissons ont commencé au XIIIe siècle, et où il y eut, à la fin du XIXe siècle, jusqu’à 150 barques, dites catalanes, de pêche. J’y ai passé mon voyage de noces dans des conditions spartiates mais tellement agréables. De nos jours, pour le plus grand bonheur des technocrates de Bruxelles ou d’ailleurs, les anchois de Collioure ne sont plus qu’une dénomination de provenance imprimée sur la boîte en fer blanc ou le bocal. Les techniques traditionnelles sont appliquées à des anchois venus d’ailleurs.

 

Aujourd'hui, il n'en reste plus que deux, dont la maison Roque. Fondée en 1870, cette entreprise emploie encore 38 employés, dont un quart est lié à la famille. L'anchois fait partie intégrante de leur vie comme de leur table.

 

La pénurie d'anchois menace les saleurs de Collioure 

 

« Les filets argentins n'ont péché que 750 tonnes de poisson cette année. C'est 90% de moins que l'an dernier et les saleurs de Collioure comptaient sur cette production qui représente une grosse part de leurs importations. »

 

Origine basque ou génoise ?

 

« Le nom génois ancien, anciöa, serait donc à l’origine du nom de l’anchois dans les langues romanes : acciuga en italien, anxova en catalan, anchoa en espagnol, anchova en portugais, un nom qui se retrouve en anglais anchovy, en allemand anchovis ou anschovis et en néerlandais ansjovis. Mais pour les langues germaniques, on a aussi fait l’hypothèse d’une origine basque (un ancien nom basque, anchu et néerlandais vis « poisson ».

 

L’Anchoïade ou l’Anchoyade : « nom qui vient du provençal, pour un hors-d’œuvre à base d’anchois, d’échalote, d’ail, de persil haché, d’huile d’olive et d’un peu de vinaigre, et qui est un classique de la cuisine méridionale. »

 

Boquerón désigne en espagnol l’anchois mariné dans le vinaigre (boquerones en vinagre) avant d’être mis dans l’huile. Ce nom est « un augmentatif de boquera lui-même dérivé de boca « bouche », et qui prend plusieurs sens liés à l’ouverture d’une bouche ou d’une lucarne. Le nom boquerón a été appliqué à l’anchois à cause de sa grande bouche, largement fendue jusqu’en dessous de l’œil. De l’espagnol, boquerón est passé au catalan, et également au français, dans le Roussillon, où l’on écrira plutôt boquéron. »

 

La préparation du garum chez les Anciens

 

« Les Grecs et les Romains préparaient les anchois en filets et produisaient à partir de la tête et des viscères du poisson une saumure (garos ou garon en grec, et garum en latin). Il faut aussi du garum pour réussir la curieuse recette du loir farci d’Apicius.

 

Cette technique de préparation du garum a été considérée par certains auteurs anciens comme l’origine même du nom grec de l’anchois, enkrasikholos, par exemple chez Aristote (VI, 15), dans lequel on croyait reconnaître kras « tête, extrémité » et kholê « bile ». Cuvier s’en fait l’écho : « Il est probable que le nom d’Encrasicholus (qui a le fiel dans la tête) n’a été imposé qu poisson que parce qu’on lui arrachait le foie avec la tête. »

 

Le garum des Anciens était sans doute assez semblable à l’actuel nuoc-mâm, cette sauce au poisson qui permet de relever le goût des plats de la cuisine vietnamienne, et dont la forme la plus prisée est justement celle qui est fabriquée exclusivement à partir d’anchois. »

 

L’anchois du Pérou est le poisson le plus pêché au monde mais il est essentiellement transformé en farine et en huile de poisson. Ce sont le Chili et le Pérou qui assurent l’essentiel de cette pêche.

 

Voici trois recettes typiques avec des anchois :

 

  • de la cuisine juive italienne bigoli in salsa (pâtes en sauce à l’anchois),

  • de la cuisine croate, incuni iz pecnice (anchois cuits au four),

  • de la cuisine turque, hamsi (anchois en papillotes).

Depuis 2010, Luc Charlier élabore un vin blanc de maccabeu, la Cuvée Civale, patronyme de sa compagne, issue d’une vieille famille d’agriculteurs et vignerons, originaire de Campanie, émigrée à la Montagne Noire dans la deuxième moitié du 19ème siècle où elle a fondé la carrière de pierre calcaire de Saint-Pons.

 

L’essentiel des raisins provient d’un vieux maccabeu (1950) au lieu-dit « Rec d’en Cruels », une combe schisteuse sur Estagel où Luc a aussi du vieux carignan. 

« Il n’est guère de poisson plus connu que l’anchois, de tous ceux qui aiment la bonne chère » anchoïade, boquerón, boquéron, garum…
« Il n’est guère de poisson plus connu que l’anchois, de tous ceux qui aiment la bonne chère » anchoïade, boquerón, boquéron, garum…
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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 13:53
La Pentecôte de Denis Saverot boss de la RVF qui surfe sur les mots « 7 cuvées d’auteur issues de cet esprit naturel qui souffle sur le vignoble français »

Mea culpa, mea maxima culpa... Denis Saverot bat sa coulpe, celle d’un peu tout le monde, loin des bio-cons de la maison d’en face qui va dégainer son Magnum.

 

« Comment l’essentiel du vignoble a-t-il pu le refuser si longtemps ? On reste pantois devant les erreurs accumulées dans les années 60, 70 et 80. Un aveuglement collectif. Pour produire davantage en dormant plus tranquilles, beaucoup de vignerons se sont mis à planter des clones ultra-productifs, cultivés à grands coups de traitements chimiques. Et la plupart des critiques, les clients même, ne voyaient rien, ou si peu. Les ravages ont été considérables : la dégustation des crus des années 70, robe orangée et palais sec et décharné, en témoigne. Et que dire des atteintes sévères à la santé des vignerons manipulateurs de produits phytosanitaires ? »

 

Il se tortille un peu le Denis, voir ICI, bio dans les vignes, biodynamie, vin bio, et il esquive le débat de chiffonniers sur le « vin naturel » cher à l’Antonin pour l’introduire par la porte du Jeu de Quilles, restaurant hautement naturiste.

 

« Aujourd’hui, on est émerveillé par la qualité du travail accompli. J’ai l’autre jour pu le vérifier à la table d’hôtes du Jeu de Quilles…

 

Des blancs séveux et digestes, des rouges subtils et nuancés. Sept cuvées d’auteur issues de cet esprit naturel qui souffle sur le vignoble français, sept vins envoûtants, profonds et tellement digestes.

 

En sortant rue Boulard, dans la nuit de Paris, l’on était fier de mesurer la formidable énergie gourmande du vignoble français. »

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 06:00
The Hallelujah Trail : le combat d’une ligue de tempérance contre l’eau-de-feu et des Sioux se murgeant au Pol Roger

Se payer une semaine de claustration à la maison pour cause de cordes vocales en capilotade ça a du bon car ça permet, entre 2 grogs, de s’envoyer dans la musette quelques westerns de derrière les fagots. Ça ne prend pas la tête et la mine est inépuisable. Ainsi j’ai découvert The Hallelujah Trail de John Sturges, réalisateur des Sept Mercenaires, sorti sur les écrans en 1965.

 

Bonne pioche : Télérama n’aime pas, western poussif, donc c’est que du bon… même si ce n’est pas un chef d’œuvre…

 

Un Burt Lancaster, colonel des tuniques bleues, grand seigneur débonnaire, légaliste et fataliste, porté sur le whisky, flanqué de sa jeune et jolie fille grande admiratrice d’une énergique jeune veuve patronne d’une ligue de tempérance, adepte des bains en plein désert, Lee Remick toujours bien maquillée et bien coiffée en toute circonstance.

 

Le scénario est d’une grande simplicité : « Denver, en 1867. L'hiver approche alors que les stocks de whisky et de champagne de la ville sont presque épuisés. Le ravitaillement de la clientèle doit être assuré et l'on décide de faire venir un convoi spécial de quarante chariots de Julesburg… »

 

Le convoi est placé sous les ordres de Frank Wallingham, un homme capable de déjouer tous les dangers. Mais Frank et son équipe doivent faire face à plusieurs menaces : d'une part les Indiens qui, très avides d'«eau de feu», rêvent de s'emparer du chargement. D'autre part, une certaine Cora Templeton Massingale, qui dirige avec énergie une ligue anti-alcoolique... et enfin la milice des mineurs de Denver venue à la rescousse qui n’entend pas se retrouver au régime sec.

 

Bien sûr, l’armée va se retrouver au milieu de la mêlée et c'est à Burt Lancaster chef de cavalerie de gérer tout ce petit monde et d'amener le convoi à bon port.

The Hallelujah Trail : le combat d’une ligue de tempérance contre l’eau-de-feu et des Sioux se murgeant au Pol Roger

Le très sérieux John Sturges s'essayait donc au western comique avec ce délirant The Hallelujah Trail. énorme pastiche des grandes épopées de l'Ouest à la John Ford, Hawks ou le Convoi de Femmes de Wellman.

 

Je dois avouer que, même en dépit de longueurs, ça fonctionne assez bien car les divers protagonistes sont tous plus délirants les uns que les autres : Lee Remick est habitée et tellement femme, Donald Pleasence totalement allumé en Oracle à la clairvoyance développée par le whisky, Martin Landau en chef sioux particulièrement déjanté, et Brian Keith le propriétaire accompagnant sa cargaison tout en excès en caricature de républicain capitaliste réactionnaire.

 

Bref, je ne me suis pas ennuyé.

 

Rassurez-vous je n’ai pas décidé de me reconvertir dans la critique cinématographique. Si je vous parle de ce film c’est que dans la scène finale ce n’est pas l’habituelle « eau-de-feu » qui est à l’honneur dans les chariots mais de belles et grandes caisses bois de champagne : estampillées Pol Roger et Gosset. (Voir dans la vidéo de la bande annonce).

The Hallelujah Trail : le combat d’une ligue de tempérance contre l’eau-de-feu et des Sioux se murgeant au Pol Roger

Les Sioux découvrent, avec surprise, en ouvrant les caisses ces étranges bouteilles aux bouchons qui pètent et dont les goulots projettent une drôle mousse… Breuvage à haute température, celle du désert, pétillant, y’a pas à dire ça vaut toutes les master-class de B&D, c’est plus hilarant.

 

Le champagne toujours une longueur d’avance, ce malheureux Hubert n’a vraiment rien inventé et d’ailleurs il n’y aurait rien de très drôle à voir des Indiens se siffler une rasade d’Angélus en plein désert.

 

Un film à projeter lors du prochain Vino Bravo en présence des hautes instances de Vin&Société : en effet tout à la fin la belle Lee Remick jette aux orties sa tempérance pour s’adonner aux joies de l’amour avec son beau colonel. Qui pourrait résister à un Burt Lancaster ?

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