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15 août 2021 7 15 /08 /août /2021 06:00

Histoire d'une lutte - Les congés payés

« Je prends relâche, je repose mes yeux, je rêve à d'autres choses, je me remets à neuf »

Alain, Propos, 1924, p. 615

À celles et ceux qui, gentiment, me demandent : « Tu pars quand en vacances ? » je réponds « Je suis en vacances éternelles ! »

 

L'histoire des congés payés en France | Rue de la Paye

20 juin 1936

Le Front populaire généralise les congés payés ICI 

 

Un mois après son arrivée au pouvoir, le Front Populaire généralise les congés payés en France. La loi est votée à l'unanimité par les députés le 11 juin 1936 et promulguée le 20 juin 1936. Elle prescrit un minimum de deux semaines de congés par an pour tous les salariés français liés à leur employeur par un contrat de travail.

 

https://images.ladepeche.fr/api/v1/images/view/5eeed0793e4546331d11c977/large/image.jpg?v=1

 

En 1942, Léon Blum a contribué à forger ce mythe en déclarant devant ses juges du procès de Riom : « Je ne suis pas souvent sorti de mon cabinet ministériel mais, chaque fois que j'en suis sorti, j'ai traversé la grande banlieue parisienne et j'ai vu les routes couvertes de ces théories de tacots, de motos, de tandems, avec des couples d'ouvriers vêtus de pull-overs assortis, et qui montraient que l'idée de loisir réveillait, même chez eux, une sorte de coquetterie naturelle et simple; tout cela me donne le sentiment que, par l'organisation du travail et du loisir, j'avais malgré tout apporté une espèce d'embellie, d'éclaircie dans des vies difficiles, obscures; qu'on ne les avait pas seulement arrachés au cabaret, qu'on ne leur avait pas seulement donné plus de facilité pour la vie de famille, mais qu'on leur avait ouvert la perspective d'avenir, qu'on avait créé chez eux un espoir. »

 

LES CONGÉS PAYÉS, C'EST UN DROIT ! | L'HUMAIN D'ABORD DOUAI

Vive l'été, le soleil et les congés payés - YouTube

 

État providence

 

De ce point de vue, les bourgeois conservateurs ont fait preuve de lucidité. Keynes, l'un des précurseurs de l'Etat providence avec Lord Beveridge, était un grand bourgeois. Il écrivait en 1931, à propos de la doctrine communiste : « Comment puis-je adopter une doctrine qui, préférant la vase au poisson, exalte le prolétariat crasseux au détriment de la bourgeoisie et de l'intelligentsia - qui, en dépit de tous leurs défauts, sont la quintessence de l'humanité et sont certainement à l'origine de toute oeuvre humaine? »

 

Bismarck fut le premier, dans l'Allemagne des années 1880, à faire voter les grandes lois ouvrant la voie de l'Etat providence. Il n'avait certes rien d'un socialiste, et écrira dans ses Mémoires : « Messieurs les démocrates joueront vainement de la flûte lorsque le peuple s'apercevra que les princes se préoccupent de son bien-être. »

 

La Rochefoucauld-Liancourt, en juin 1790, déclarait devant le Comité de mendicité : « Nous savons tous que si la propriété est la base des sociétés politiques [...à, il est de l'intérêt public de prévenir les désordres et les malheurs où seraient conduits un grand nombre d'hommes sans ressources qui, maudissant les lois dont ils n'avaient jamais senti les bienfaits, pourraient, par l'excès de leur misère, être entraînés d'un moment à l'autre à servir les entreprises des ennemis de l'ordre public; ces considérations politiques se réunissent aux cris impérieux de l'humanité pour qu'un gouvernement sage compte au rang de ses premiers devoirs le soulagement de la pauvreté. »

 

L'histoire lui a donné raison. La pression populaire seule n'explique pas le développement de l'Etat providence. La découverte, au XXVIIIe siècle, des lois de la probabilité permit la maîtrise des risques et la naissance des systèmes d'assurance et de sécurité sociale. Mais ses véritables promoteurs se trouvent au sein de la bourgeoisie éclairée, depuis longtemps convaincue que ces conquêtes ouvrières deviendraient le meilleur rempart de l'ordre social.

 

Bref, si je touche une belle retraite c’est que j’ai à la fois cotisé au régime général dit de répartition et à des régimes complémentaires par points.

 

Ma seule activité étant l’érection journalière de chroniques sur mon blog, je vais cette année innover en faisant relâche jusqu’au début septembre.

 

Pour autant vous n’aurez pas forcément un écran blanc mais sans doute de vieilles chroniques ou des chroniques brèves mijotées avant mon départ.

 

Bonnes vacances et à bientôt sur mes lignes…

 

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commentaires

anne svatoch 15/08/2021 08:17

Bonjour, il ne restait plus que le reflexe et l'argent pour partir quelques jours en vacances.
J'imagine que l'adoption des CP n'a pas fait l'unanimité du patronat de l'époque qui pour certains ont dû crier jusqu'à la mort de leur usine.
Est ce qu'il existe des articles, livres ou romans de cette époque se rapportant à cette époque , l'instauration des CP?
Vivement de vous retrouver en septembre et bonnes vacances.

pax 15/08/2021 08:02

Et dire que cette mesure ne faisait même pas partie du programme du Front Populaire !
Sacrés bourgeois *! Sacré patronat ** ! Toujours à la pointe du progrès, des idées nouvelles !
Habillés pour l’hiver et même les autres saisons par un Bernanos visionnaire.
Que serait notre société actuellement sans cette industrie du loisir et du tourisme ! Loisir honni (pour les autres) par cette bonne bourgeoisie chrétienne !

* Dieu merci notre histoire ne manque pas de Grands Bourgeois illustrant que dans toutes classes sociales, on trouve toujours des individus que l’on qualifie respectueusement du titre de « Monsieur » et qui font toute la différence. Même si cela peut se faire avec cet humour quelque peu insolent : « Mourir pour le peuple, toujours ! Vivre avec lui jamais »

** Ce mot me fait penser à chaque fois à l’accueil que de Gaule à la libération, réserva à ces gens là, « Messieurs, je n’en ai pas vu beaucoup d’entre vous à Londres !

Quant à Alain, on a pu compter sur celui qui applique à la pensée et à la réflexion, celle d’un vidangeur de fosse sceptique. Il en a fait, avec une superficialité qui est un autre trait de sa personnalité, son fond de commerce. On peut toujours compter sur lui pour remuer la merde comme si ses tentatives de rabaisser les autres pouvait le grandir. Il doit bien être le seul à le croire. A lire ou à relire, « Mars ou la guerre jugée »

Wikipédia nous dit :
Mars ou la guerre jugée (1921)
Alain y explique que ce qu'il a ressenti le plus vivement dans la guerre, c'est l'esclavage. Il s'insurge contre le mépris des officiers pour les hommes de troupe lorsqu'ils « parlent aux hommes, comme on parle aux bêtes ». Il ne supporte pas l'idée de cette tuerie organisée, de ce traitement que l'Homme inflige à l'Homme
Il se révolte quand il assiste à la mise au point d'une énorme machine destinée à tenir les hommes dans l'obéissance et explique pourquoi, soldat, il n'a jamais voulu d'autres galons que ceux de brigadier.

C’est mon « Vénéré Maître » André Tubeuf qui vient de mourir qui dans les premières semaines de la classe de philo nous en a fait une lecture.

« Dis moi, qu’as tu appris à la guerre ? …à aimer les chaussures larges et les cols mous… »
« Mais encore qu’as tu appris à la guerre ?.. à décider vite et à agir avec circonspection… »
(de mémoire)

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