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2 juin 2021 3 02 /06 /juin /2021 08:00

https://focus.nouvelobs.com/2019/08/07/3/0/3234/1610/1377/667/75/0/480289f_dwb_UBojExFmVBNVQX35DSMq.jpg

Romain Bouteille, cofondateur du célèbre Café de la Gare à Paris, notamment avec Coluche, est mort lundi 31 mai à l’âge de 84 ans, a annoncé son épouse mardi.

 

« Romain s’est éteint hier dans la soirée à l’hôpital de Corbeil-Essonnes. Depuis quelque temps, il avait une insuffisance rénale. C’est une insuffisance respiratoire qui l’a emporté », a déclaré Saïda Churchill, elle-même comédienne et programmatrice culturelle de la ville d’Etampes (Essonne). ICI 

 

Romain Bouteille, le 28 juin 2007.

Romain Bouteille, le 28 juin 2007. 

 

5 mars 2010

Romain Bouteille un chantre du vin iconoclaste

 

Avec un patronyme pareil, se faire le chantre du vin, relève de la consubstantialité la plus intime. Coluche, avec qui il a fondé en 1968 le célèbre Café de la Gare, disait de lui  « Ce qu'il ne m'a pas appris, je le lui ai piqué »

 

Un beau commentaire à cette chronique :

 

Merci Monsieur Berthomeau de nous parler de ce héros qu'est Romain Bouteille !

 

C'est un bain de jouvence que vous m'offrez. Cet homme a participé à changer le cours de ma vie. Il m'a fait rentrer dans l’âge adulte avec la fantaisie et le recul nécessaires.

 

Cet homme est tellement grand qu'il ne mérite pas de statue. Il est tellement ambitieux, que l'argent ne l'intéresse pas ! Il lui faut le bonheur !

 

Cet homme nous a aidés à entrevoir le bonheur dans une société que les chantres de l'ennui d'aujourd'hui n'avaient pas destiné à ça !

 

Cet homme me fait apprécier la chance de l'avoir connu, dans son antre, le café de la gare, où le prix des places était...tiré à la loterie !

 

Grace à vous Mr Berthomeau, je suis heureux ce matin d'avoir 55 ans et d'avoir connu Romain bouteille qui, comme la dive du même nom, méritait bien une petite célébration !

 

Merci encore.

 

Romain Bouteille, avait commis une Postface, dans son style si particulier, au livre cité par Michel Polac dans l’émission « Les Vignes du Seigneur » publié par Glénat au titre sans équivalent : LE VIN.

 

Le Vin - NE | Éditions Glénat

 

 

« Ce qui est le fléau des sociétés de l’ennui, ce n’est pas le vin. C’est l’ennui. Il faut fêter le vin. Sans dégoût. Avec un grand cynisme. Parce que c’est mal. Parce que le bien est dans les campagnes antialcooliques faite pour les téléspectateurs béats par des imbéciles payés en ligne.

 

Le vin ne fait pas de l’homme un déchet. Il fait, d’un déchet discret, un déchet indécent dans le paysage publicitaire.

 

Il y a des déchets alcooliques, non convenables, et des déchets sobres.

 

Convenables. Entre deux déchets, l’un alcoolique l’autre non, tous deux vendeurs de mèches à bois au Brico-Décor de Brives-Charensac, la différence de santé n’est qu’apparente. Ce sont des martyrs certifiés, donc des lyncheurs éventuels. Surtout le sobre.

 

L’argument de la santé est rendu terriblement équivoque par cette horreur maladive de la mort du consommateur qui est le cheval de bataille des sociétés de l’ennui.

 

On ne peut pas se fonder là-dessus pour jeter l’anathème sur un produit capable de fournir aux humains sociaux ce qui leur manque le plus : l’imagination (En leur ôtant, d’ailleurs, cet altruisme indispensable aux grands massacres).

 

Toutefois, Dieu lui-même n’a pas exactement mis la vérité dans l’alcool (faute de savoir au juste en quoi elle consistait). Du moins, pas la vraie. Il voulait remplacer un type de mensonge par un autre et faire jaillir de la comparaison entre les deux une étincelle de réalisme.

 

Il devient fou furieux quand un humain se fait gloire de sa sobriété, puis vient pleurnicher sur la dureté de son sort. « J’ai pris la peine, hurle-t-il, de farcir ma nature de toutes sortes d’anesthésiques, hallucinogènes, analgésiques, optimisants, calmants, embellisseurs de situations, pour cigales, lapins, limaces, et ces messieurs-dames décrètent que mes bonnes tisanes ôtent sa dignité à l’ouvrier ! Malfaisants, ce n’est pas le vin de l’ouvrier qui fait ça ! C’est son travail ! Vous confondez les effets de la maladie à ceux du remède !

 

Ce n’est pas le jus de fruit fermenté qui abrutit, mais les mélanges du genre « pinard plus compétition » ou « cognac plus fierté nationale » ou « vin plus mess » ou « pastis plus lepénisme » etc. !

 

Pas de mélanges !

 

Rien de ma nature ne peut ôter leur dignité à des hordes de menteurs commerçants, obéisseurs de carrière, écraseurs de faibles déjà complètement hiérarchisés dans l’âme en épaisses couches sociales, et que j’enverrai tranquillement, pour l’éternité, nettoyer à jeun des kilomètres de tranchées façon 1914 ! »

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1 juin 2021 2 01 /06 /juin /2021 06:00

 

Alessandra, la Génoise, avant de monter à Paris, a régalé les Marseillais pendant 17 ans, introduire cette chronique par LES MARCHÉS DE PROVENCE chantés par Gilbert Bécaud va de soi…

 

Il y a tout au long des marchés de Provence

Qui sentent, le matin, la mer et le Midi

Des parfums de fenouil, melon et céleri

Avec par-ci, par-là, quelques gosses qui dansent

Voyageur de la nuit, moi qui en ribambelle

Ai franchi des pays que je ne voyais pas

J'ai hâte, au point du jour, de trouver sur mes pas

Ce monde émerveillé qui rit et qui s'interpelle

Le matin au marché

Au temps où je marnais à la SVF filiale du groupe Pernod Ricard, le DG Thierry Jacquillat me vantait le fenouil, normal c’est l’anis, la mamelle du groupe.

 

Ricard, c’est Paul, père de la marque installée depuis 1932, à Marseille. Au printemps 2018 une nouveauté lancée : Ricard Plantes fraîches, innovation capitale pour le groupe car elle doit démontrer que l’anis reste dans l’air du temps.

 

Ricard Plantes fraîches&les abeilles.

 

Le goût anisé est tiré du fenouil cultivé sur le plateau de Valensole (04), connu du monde entier grâce à ses champs de lavandin à perte de vue. Depuis une dizaine d’années, du jaune est venu s’intercaler dans ces champs bleus car Ricard a noué des partenariats avec quelques producteurs prêts à semer du fenouil aromatique. « Cela leur permet de diversifier leurs cultures et, à nous, de diversifier les provenances de nos anis », détaille Carole Guinchard, directrice marketing du pôle apéritifs chez Ricard. En effet, le goût anisé peut aussi provenir de la badiane, un arbre qui ne pousse que sous les latitudes sud-asiatiques.

 

Le fenouil est riche en pollen

 

L’un des producteurs de Valensole a fait remarquer aux équipes de Ricard que cette plante aromatique plaisait aux abeilles, devenues plus productives. « Le lavandin ne fournit que du nectar (le constituant unique du miel), tandis que le fenouil est, en plus, une ressource en pollen (source de protéines, lipides et vitamines) pour les insectes pollinisateurs », résume Carole Guinchard. Ricard a même embauché une doctorante en écologie, spécialisée en écologie du paysage et de la pollinisation, Lucie Schurr, pour étudier la relation entre ces insectes et la culture du fenouil. Le fabricant de spiritueux s’est aussi rapproché de l’Association pour le développement de l’apiculture provençale (Adapi) pour les aider à augmenter la biodiversité sur le plateau. À ce jour, 50 apiculteurs ont été formés. Ce qui représente environ 7 500 colonies ou 300 millions de ces insectes pollinisateurs.

 

Le fenouil commun (nom scientifique Foeniculum vulgare, syn. Foeniculum officinale) est une espèce de plante bisannuelle ou vivace, cultivée pour le renflement bulbeux et charnu de ses feuilles imbriquées les unes dans les autres. Ce n'est pas un bulbe comme l'oignon comme son nom le laisserait à penser.

 

C'est une plante de la famille des Apiacées (Ombellifères).

 

C’est un légume feuille dont on consomme le bulbe, les tiges, les feuilles et les graines. Son goût légèrement sucré rappelle un peu l'anis ou la réglisse. La pleine saison s’échelonne de mai à septembre.

 

Son histoire

 

Le fenouil est originaire des régions méditerranéennes (du latin « petit foin »). Il désignait à l’origine une sorte de graminée aromatique qui avait la propriété d’éloigner les insectes.

 

C’est dès l’Antiquité que le fenouil fut découvert près du littoral méditerranéen. Poussant naturellement sur les bords des chemins en Chine, en Égypte ou encore en Grèce, ses fonctions sont culinaires et médicinales (désinfectant, cure d’amaigrissement…).

 

Conduit en Grande Bretagne par les Romains, certains Anglais se rafraîchissaient l’haleine avec le fenouil remplacé de nos jours par le chewing-gum.

 

D’autres époques, d’autres croyances… Au Moyen Âge, ce légume-aromate était un anti-venin tout comme il portait auparavant l’emblème de la force et de la jeunesse dans la mythologie grecque. Mais ce n’est pas tout, nourriture des Dieux et source de leur puissance, le fenouil éloignait les démons et les esprits, en Italie. D’ailleurs, certains paysans en accrochaient au long de leur demeure et/ou en bouchaient les serrures des portes.

Le fenouil, dix façons de le préparer

Le fenouil, dix façons de le préparer ICI

de Alessandra Pierini
Collection Dix façons de préparer

 

Quelle est la différence entre le fenouil et l'aneth, comment les distinguer et où les utiliser

Quelle est la différence entre le fenouil et l'aneth, comment les distinguer et où les utiliser ?

 

Le fenouil et l'aneth sont deux plantes similaires avec des feuilles minces duveteuses et des fleurs jaunes discrètes, rassemblées dans des parapluies. Les deux plantes sont parfumées, mais l'une s'appelle le mot familier aneth et l'autre est appelée exceptionnellement - fenouil. Voyons quelle est la différence entre le fenouil et l'aneth, et pourquoi ils sont utilisés à des fins différentes.
 

Source: ICI 

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30 mai 2021 7 30 /05 /mai /2021 06:00

 

Je sais, je sais, je sais, comme le chante Gabin, en affichant ce tee-shirt de Jean-Baptiste Bruant, artiste plasticien français, je vais me faire avoiner par les «gardes rouges» du bon goût à la française. Depuis 1991 en duo avec Maria Spangaro « ils élaborent un univers artistique proposant une mystique de la corporalité, privilégiant pour cela le médium de la performance et les installations vidéo et sonores. » Ouille, ouille, Jacquouille, Bruant déclare « Mon travail est extrêmement sexuel »

 

La Fab.

 

Styliste, mécène et collectionneuse, Agnès b. soutient depuis de nombreuses années la création artistique sous toutes ses formes, la solidarité et l’environnement. « La Fab. », siège du fonds de dotation « Agnès Troublé dite Agnès b. » a pour ambition de rassembler toutes ces actions sous un seul et même toit. C’est un lieu unique, ouvert au public depuis février 2020, situé sur la place Jean-Michel Basquiat, à Paris dans le 13e arrondissement.

 

« J’aime Paris, et le treizième arrondissement est un nouveau Paris. Je suis très contente d’être dans ce quartier. J’avais d’abord cherché un lieu dans le nord de la capitale ou à Montreuil. Je voulais un quartier populaire. J’aime bien m’adresser à tout le monde en estimant que tout le monde a des capacités de comprendre, de voir, d’aimer. Et il n’y a pas non plus de passé historique dans ce quartier. On a l’impression d’être en voyage. Il y a le MK2, Tolbiac, les incubateurs, la Bibliothèque François Mitterrand, les planches à roulettes. Et le Point Ephémère, pour un café ou faire la fête, avec qui on est amis depuis toujours. »

 

Agnès b édite des tee-shirts d’artistes : Jean-Baptiste Bruant

 

 

J´suis snob... J´suis snob/C´est vraiment l´seul défaut que j´gobe/Ça demande des mois d´turbin/C´est une vie de galérien/Mais lorsque je sors avec Hildegard/C'est toujours moi qu'on r'gard'/J´suis snob... Foutrement snob/Tous mes amis le sont/On est snobs et c´est bon…

 

Boris Vian - J'suis snob by JusteLaurence and Xsmile32 on Smule

 

Marseille va-t-elle devenir la première capitale régionale à se donner à ceux qui se disent nationaux ?

 

Je ne sais.

 

Pour l’heure je vous offre :

 

La recette des spaghettis à l'ail de l'un des meilleurs restaurants de Marseille ICI 

 

À la maison

 

Dans le livre « Á La Maison » de Victoire Loup, sont réunies les recettes confidentielles des plus grands chefs français. Mahéva Angelmann, à la tête de la pizzeria marseillaise La Bonne Mère, révèle comment cuisiner les pasta alla piazza à base d'ail et d'huile d'olive.

 

Après un séjour italien, la Bonne Mère prépare sa rentrée

 

 

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28 mai 2021 5 28 /05 /mai /2021 06:00

 

- Je pense que c’est une sacré pétaudière que cette affaire, vous pouvez rien mettre dans l’ordre… Comment ça s’appelle ? Vous savez dans un syllogisme…

 

- La concaténation

 

- La concaténation, quel mot ce mot !

 

Quel est le point commun entre la tirade d’une pièce de Molière, une comptine pour enfants et la chanson d’un boys band anglais ?

 

À première vue pas grand-chose ! Pourtant elles utilisent toutes les trois un procédé stylistique fondé sur la répétition et qui répond au doux nom de « concaténation ».

 

« Mourir pour des idées, l’idée est excellente », chante Georges Brassens. Avez-vous remarqué que le mot qui termine la première proposition est repris au début de la proposition suivante ? Ce procédé de redoublement s’appelle l’anadiplose. Et une suite d’anadiploses forme une concaténation.

 

La concaténation, comme d’autres figures fondées sur la répétition, permet d’accentuer une idée ou un mot et peut être utile pour donner force et conviction à ses propos.

 

1- La concaténation dans Dom Juan de Molière

 

Si la concaténation a vraisemblablement été définie au XVIIIe siècle, Molière la pratiquait déjà dans sa pièce Dom Juan ou le Festin de pierre, jouée pour la première fois en 1665.

 

En effet, dans l’acte V – scène 2, la célèbre tirade de Sganarelle est un cas d’école de concaténation. Jugez plutôt :

 

« Sachez, Monsieur, que tant va la cruche à l’eau, qu’enfin elle se brise ; et comme dit fort bien cet auteur que je ne connais pas, l’homme est en ce monde ainsi que l’oiseau sur la branche ; la branche est attachée à l’arbre ; qui s’attache à l’arbre suit de bons préceptes ; les bons préceptes valent mieux que les belles paroles ; les belles paroles se trouvent à la cour ; à la cour sont les courtisans ; les courtisans suivent la mode ; la mode vient de la fantaisie ; la fantaisie est une faculté de l’âme ; l’âme est ce qui nous donne la vie ; la vie finit par la mort ; la mort nous fait penser au Ciel ; le ciel est au-dessus de la terre ; la terre n’est point la mer ; la mer est sujette aux orages ; les orages tourmentent les vaisseaux ; les vaisseaux ont besoin d’un bon pilote ; un bon pilote a de la prudence ; la prudence n’est point dans les jeunes gens ; les jeunes gens doivent obéissance aux vieux ; les vieux aiment les richesses ; les richesses font les riches ; les riches ne sont pas pauvres ; les pauvres ont de la nécessité ; nécessité n’a point de loi ; qui n’a point de loi vit en bête brute ; et, par conséquent, vous serez damné à tous les diables. »

 

Ici, la concaténation est parfaite, mais il peut arriver que le mot repris ne soit pas exactement le dernier, comme dans ces vers de Joachim du Bellay :

 

Comme le champ semé en verdure foisonne,

De verdure se hausse en tuyau verdissant,

Du tuyau se hérisse en épi florissant,

D’épi jaunit en grain, que le chaud assaisonne…

 

Mais bon, on ne va pas chipoter !

 

La suite ICI 

 

PHILOSOPHIQUE : rare. Enchaînement nécessaire, lien logique, rapport de cause à effet.

 

« Ne lui demandez [à M. d'Aube] ni finesse ni observation : la concaténation du raisonnement lui suffit; il vous met à la chaîne

Sainte-Beuve, Nouveaux lundis, t. 5

 

La concaténation en langage informatique

 

L’opérateur arithmétique + permet de faire des concaténations entre plusieurs chaînes de caractères.

 

La concaténation consiste à ajouter une chaîne de caractères à la fin d'une autre...

 

L’anadiplose est une figure par laquelle on répète le dernier mot d’une proposition (un même ensemble de termes) au début de la proposition suivante.

 

Je vis ce beau Lyon, Lyon que tant je prise. Du Bellay, Les Regrets, Lyon

 

Il y a anadiplose car le mot Lyon est répété dans deux propositions différentes, séparées par une virgule. 

 

L’absence, c’est Dieu. Dieu, c’est la solitude des hommes. Sartre, Le Diable et le bon Dieu

 

Quand plusieurs anadiploses se suivent, on peut parler de concaténation.

 

L’être vulgaire ne se connaît lui-même qu’à travers le jugement d’autrui, c’est autrui qui lui donne son nom, ce nom sous lequel il vit et meurt comme un navire sous un pavillon étranger. Bernanos, Romans, cité par le Gradus  

 

Anaphore, épanalepse et épanadiplose

 

L’anaphore répète un même mot ou un même groupe de mots en tête de phrases, de vers, de paragraphes qui se suivent 

 

Paris, Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré !… Charles de Gaulle

 

 L’épanalepse répète un ou plusieurs mots 

 

L’ombre d’elle-même ! l’ombre d’elle-même ! la malheureuse a vieilli de cent ans ! de cent ans ! Colette, Chéri

 

L’épanadiplose (une variété d’épanalèpse), répète un même mot en début et en fin de phrase de deux propositions juxtaposées par une virgule ou un point-virgule.

 

 Je vous salue, ma France, aux yeux de tourterelle Jamais trop mon tourment, mon amour jamais trop Aragon, Le Musée Grévin  

 

Et les princes et les peuples gémissaient en vain ; en vain, Monsieur, en vain, le roi lui-même tenant Madame serrée dans de si étroits embrasements. Bossuet, Oraison funèbre de la duchesse d’Orléans

 

La mélancolie et la tristesse sont déjà le commencement du doute ; le doute est le commencement du désespoir ; le désespoir est le commencement cruel des différents degrés de la méchanceté. Lautréamont, Chants de Maldoror

 

 

 

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25 mai 2021 2 25 /05 /mai /2021 06:00

Vin Mariani : Quand le Bordeaux était mélangé à de la coca ! - Mets et vin

C’est la guerre, une guerre internationale qui plus est, le genre Goliath contre David puisqu’elle oppose  Coca-Cola Company, multinationale à une micro entreprise insulaire Coca Mariani

 

1868.

C'est la date de création du nom Coca Mariani.

 

L'invention d'un apothicaire bastiais que tout le monde s'arrache

 

L'histoire Coca Mariani commence il y a plus d'un siècle. En 1863, dans son laboratoire parisien, un apothicaire de Bastia, Angelo Mariani, met au point un vin à base de vin blanc corse et d’extrait de feuille de coca de Bolivie.

 

Le succès est immédiat

 

Président de la République, hommes d'État, écrivains de renom comme Émile Zola, Jules Verne ou Colette vantent les mérites de cet élixir miraculeux. Et les imitations se multiplient. Aux États-Unis, un certain docteur Pemberton lance le French Wine Coca.

 

La prohibition interdit l'alcool. Le vin est remplacé par du soda... c'est la naissance du Coca-Cola. « Il faut remettre les choses dans leurs contextes. Le docteur Pemberton a copié les vins Mariani et il s'en est même vanté de dire : 'J'ai copié le meilleur' », raconte Christophe Mariani.

 

En 2014, l'actuel président de la société Coca Mariani, un autodidacte qui n'est pas un descendant d'Angelo Mariani relance le vin de coca. Il concocte une nouvelle recette : à base de vermantinu un cépage corse et le précieux alcool de coca, décocaïnisé, qui arrive directement de Bolivie. L'ancien président Bolivien, Evo Morales, rencontre même Christophe Mariani, et salue cette collaboration.

 

fabricant de vin tonique -

 

En 2019, la tuile.

 

Après avoir déposé la marque en France, la maison Coca Mariani effectue les démarches devant l'Office de l'Union européenne pour la propriété intellectuelle. Coca-Cola s'y oppose. La multinationale considère que le mot Coca, de la marque Coca Mariani présente un risque de confusion.

 

L'avocat du vin tonique corse, Me Antoine Chéron compte résister au géant américain. « Pour nous, le risque de confusion n'existe pas. L'histoire a montré qu'il n'y avait jamais eu de problème par le passé. Sauf qu'aujourd'hui le projet de Monsieur Mariani réactive des choses qui relèvent de l'histoire, réactive des boissons à base de feuilles de coca et on s'aperçoit que c'est Coca-Cola qui considère que c'est une problématique pour eux.

 

« C’est une injustice »

 

Christophe Mariani n’entend pas plier devant le géant mondial et fait valoir l’origine et le patrimoine corse dans le succès de la boisson américaine.

 

« On était là 25 ans avant eux. En 1885, John Pemberton, un Américain préparateur en pharmacie, décide de copier ce vin tonique Mariani, puis [en 1886] arrive la Prohibition [à Atlanta]. Il est alors obligé de changer sa formule, d’enlever le vin et de créer une boisson qu’on connaît aujourd’hui, qui s’appelle Coca-Cola », assure-t-il sur Europe 1.

 

« Sans Angelo Mariani et son histoire, ils ne seraient probablement pas là. C’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité », dénonce-t-il.

 

L'entreprise américaine, de son côté, ne souhaite pas faire de commentaire. Le dossier est actuellement entre les mains de l'Office européen de la propriété intellectuelle mais la guerre des marques, elle, est bien ouverte entre la Corse et les Américains.

 

Le vin corse, ancêtre du Coca-Cola va t'il pouvoir garder sa marque en Europe face au soda mondialement connu ? Les protagonistes attendent la décision de l'office européen de la propriété intellectuelle. 

Alors le vin Mariani quésaco ?

 

Vin Mariani à la Coca de Peroum, plus simplement appelé Vin Mariani, était un «vin tonique» qui a été inventé en 1863 et a rapidement fait sensation dans le monde entier. Inventé par le chimiste français Angelo Mariani, originaire de Corse, ce breuvage est né de sa fascination pour les récentes études de Paolo Mantegazza sur la plante de coca et ses bénéfices perçus.

 

 

L’étude a incité Mariani à combiner des feuilles de coca moulues avec du vin rouge de Bordeaux, à raison de 6 milligrammes de coca par once de vin, et ainsi est né le vin Mariani.

 

Ne souhaitant rien laissé au hasard, ce pharmacien préconisait :

 

Deux à trois verres par jour, à prendre avant ou après les repas (réduction de moitié pour les enfants!).

 

Le produit était commercialisé sous forme de digestif, d’apéritif ou les deux… La délicieuse préparation promettait de guérir tout ce qui vous faisait mal et de donner l’énergie nécessaire aux actrices, aux inventeurs et aux travailleurs.

 

La suite ICI 

 

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23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 06:00

Épinglé sur Cinerama

Bilan du confinement :

 

1949 : Riz amer

1971 : Mort à Venise

1972 : Ludwig ou le crépuscule des dieux 1ière partie

1973 : Ludwig ou le Crépuscule des dieux, 2ième partie

1987 : Les Yeux noirs

 

Dénominateur commun Silvana Mangano

 

Silvana Mangano | Actrice, Video musique, Girardot

 

Au risque  de surprendre les cinéphiles, dans Mort à Venise, Visconti qui excelle dans l'art de montrer les palais décrépits, les ruelles lépreuses, l'ocre des murs au moment de la mort, les palais dorés sous la lagune, c’est la beauté princière et irréelle de Silvana Mangano, ses voilettes, sa démarche altière, qui m’a fasciné, pourtant elle qui incarne la baronne Moes, mère de Tadzio, jeune adolescent androgyne, qui trouble, Gustav von Aschenbach, Dirk Bogarde, vieux compositeur en villégiature, très librement inspiré de Gustav Mahler, ne prononce que quelques mots insignifiants dans ce film.

 

Dans "Mort à Venise", la beauté et la vie se dérobent - L'Express

 

La dernière fois que je suis allé à Venise je me suis rendu au Lido où j’ai constaté que le Grand Hôtel des Bains n’était plus qu’un chantier entouré de viles palissades de bois, il n’était ni réduit en cendres, ni enseveli dans les sables de la lagune, mais tout bêtement vendu à un promoteur de Padoue, Est-Capital pour être découpé en appartements de luxe. C’est pire que tout que ce joyau Art nouveau en soit réduit à cette dégradation ignominieuse.

 

Mostra, les vestiges de la gloire

HÔTEL DES BAINS À VENISE

 

Silvana Mangano a littéralement « explosé » à l'écran dans Riz amer (1949), un film de Giuseppe de Santis, illustrant avec une conviction toute militante un conflit social dans les rizières du nord de l'Italie. Pour le réalisateur et pour les scénaristes, tous proches du Parti communiste, le film s'inscrivait dans le droit fil d'un cinéma de contestation, tout bardé d'idéologie, tel que les pères fondateurs du néo-réalisme l'avaient imaginé et théorisé sous l'éteignoir mussolinien.

 

Riz amer - film 1949 - AlloCiné

 

Mais il faut reconnaître qu'ils ont simultanément joué, avec une belle conviction, la carte de l'érotisme, imposée sans doute par un producteur soucieux de rentabilité. La Mangano, dans son improbable short d'improbable prolétaire, la cuisse musclée, le corsage tendu, le regard fier, a séduit l'Italie, puis l'Europe. Elle a conquis également le jeune producteur du film, Dino de Laurentis, qui l'a épousée l'année même de la sortie du film, en 1949.

 

Photo du film Riz amer - Photo 5 sur 8 - AlloCiné

Riz amer (Giuseppe De Santis, 1948) - La Cinémathèque française

 

À la fin des années 1940, le néo-réalisme se dissout doucement dans la comédie italienne et dans l'érotisme : les entreprises de production romaines, reconstituées après la débâcle du fascisme, recrutent des actrices pour leur physique, révélé dans les innombrables concours de beauté qui émoustillent la péninsule. Apparaissent ainsi, entre 1947 et 1949, Gina Lollobrigida, Sophia Loren, puis Silvana Mangano, parmi des centaines d'autres qui ne se sont jamais hissées au-dessus des rôles de figurantes ou des productions de seconde zone.

 

Silvana Mangano, fille d'un cheminot sicilien et d'une mère anglaise, fut élevée par son frère aîné Roy et ses deux sœurs cadettes, Patrizia et Natascia dans la pauvreté et la privation. Lors de la Seconde Guerre mondiale, la misère s'accentua. Elle découvre la danse à l'Opéra et, pendant sept ans, sa mère fera l'effort de lui payer des cours de danse chez Jia Ruskaya, à Milan.

Silvana devient mannequin à l'atelier Mascetti puis est élue  Miss Rome  à l'âge 17 ans. La même année, le metteur en scène Mario Costa la remarque et lui fait tourner un petit rôle dans L'Élixir D'Amour (1946) avec une jeune Gina Lollobrigida dans un registre musical. Elle tourne deux autres films comme figurante jusqu'à ce que De Santis la remarque.

 

Le 17 juillet 1949, elle épouse Dino De Laurentiis jusqu'à son décès le 16 décembre 1989. Ils eurent 4 enfants : Véronique, Raffaëlla, Federico et Francesca.

 

En 1949, il l'engage pour être la partenaire de Raf Vallone  dans Riz Amer. Elle n'obtient pas la tête d'affiche mais le troisième des quatre principaux rôles. Grâce à la publicité, Silvana devient une célébrité avant même la sortie du film. Les contrats affluents, elle signe avec la Lux-Films.

 

En 1950, les tournages s'enchainent : Anna  (1951) avec Raf Vallone, Mambo (1954) avec Shelley Winters, Ulisse (1955) avec Kirk Douglas et Anthony Quinn, This Angry Age (1958) et 5 Branded Women  (1960) avec Vera Miles et Van Heflin pour les plus connus.

 

Très soucieuse de l'éducation de ses enfants mais aussi de sa carrière, elle tourne une moyenne d'un film par an : chacune de ses apparitions sont des succès au box-office en Europe. Silvana, malgré sa beauté et son talent, ne suivra pas sa concurrente Gina Lollobrigida qui atteint la consécration aux États-Unis.

 

Son fils Frederico est décédé en le 15 juillet 1981 dans un crash d'avion en Alaska. Souffrant de la perte de ce fils, le couple commence à battre de l'aile et l'actrice tombe dans une profonde dépression, ils se sépareront en 1983 mais resteront mariés.

 

En 1987, elle tourne dans son dernier film " Oci Ciornie " dans un tout petit rôle.

 

Sa fille Rafaela est devenue productrice.

Silvana Mangano est décédée le 16 décembre 1989 d'un cancer des poumons à Madrid, en Espagne.

 

Gruppo di famiglia in un interno- di Luchino Visconti, 1974 Silvana Mangano  Foto di Mario Tursi – Archivio Enrico Appetito – A Shaded View on Fashion

Mort de Silvana Mangano La magicienne

Le Monde

Publié le 17 décembre 1989

 

 

Elle était belle comme une fille de la Terre, mystérieuse comme si elle se souvenait d'un autre monde. Elle a fasciné les plus grands cinéastes tout comme le public. Le temps, chez elle, n'avait rien altéré. Pourtant elle est morte à Madrid dans la nuit du 15 au 16 décembre. Elle souffrait d'un cancer et avait subi une opération le 4 décembre. Depuis, elle survivait dans un état de coma. Elle était âgée de cinquante-neuf ans.

 

En 1949, néoréalisme oblige, le monde a les yeux fixés sur le cinéma italien. Au Festival de Cannes, un film fait sensation : Riz amer, d'un réalisateur marxiste, Giuseppe De Santis, préoccupé de problèmes sociaux, et dont on connait déjà le style épique. La sensation ne vient d'ailleurs pas de là mais d'une jeune actrice (elle n'a pas encore vingt ans), Silvana Mangano, dans un rôle d'ouvrière saisonnière de repiquage du riz, dans la plaine du Pô, une mondine moulée dans un pull-over noir collant, portant un short qui laisse voir des cuisses généreuses, et des bas noirs déchirés roulés au-dessus des genoux. Voilà Silvana Mangano consacrée " bombe sexuelle " ou " Rita Hayworth du néoréalisme ", ce qui n'entrait absolument pas dans les intentions de Giuseppe De Santis, mais le malentendu devait durer quelque temps, et il y eut, même, des imitations italiennes de Riz amer. De toute façon, il revient à De Santis d'avoir révélé, sous ses aspects sensuels et son physique encore marqué d'adolescence, l'étonnante comédienne qui allait être la grande dame du cinéma italien.

 

Silvana Mangano naît à Rome, le 21 avril 1930, d'un père sicilien et d'une mère anglaise. La famille est pauvre et les privations de la guerre n'arrangent rien. Silvana a suivi des cours de danse pendant sept ans. En 1946, elle devient mannequin, modèle, est élue Miss Rome, ce qui lui vaut un bout de rôle dans l'Elexir d'amour, de Mario Costa... auprès de Gina Lollobrigida. Ni le Crime de Giovanni Episcopo, d'Alberto Lattuada (1947) ni Carrefour des passions, d'Ettore Giannini (1948) n'attirent l'attention sur elle. Mais, après Riz amer, la voilà vedette. Elle signe un contrat avec la Lux Films, tourne, en 1949, le Loup de la Sila, de Duilio Coletti et épouse Dino De Laurentiis, producteur en pleine ascension. Ils auront quatre enfants et il guidera sa carrière.

 

Soucieuse de ne pas altérer sa vie de famille par son statut de star, Silvana Mangano sera sans doute moins populaire que ses " rivales " de l'époque, Gina Lollobrigida et Sophia Loren, mais elle échappera très vite à sa réputation de bombe sexuelle (entretenue dans Mara, fille sauvage, de Mario Camerini, 1950, Anna, d'Alberto Lattuada, 1953, Mambo, de Robert Rossen, 1954). Et se révélera la comédienne dramatique, la femme au profil de vase crétois, mystérieuse, hiératique même dans les rôles de prolétaire et de paysanne, qui tourne avec les plus célèbres réalisateurs italiens. Le changement, déjà perceptible dans Anna et dans un sketch de l'Or de Naples (Vittorio de Sica, 1954), est éclatant avec Hommes et loups, de Giuseppe De Santis (1956), Barrage contre le Pacifique, de René Clément (1957), d'après le roman de Marguerite Duras, la Tempête, d'Alberto Lattuada (1958, d'après Pouchkine), la Grande Guerre, de Mario Monicelli (1959), Une vie difficile, de Dino Risi (1961), le Jugement dernier, de Vittorio De Sica (1962). En 1963, la Mangano tient, d'une manière remarquable, le rôle difficile d'Edda Ciano, fille de Mussolini, dans le Procès de Vérone, de Carlo Lizzani.

 

Intemporelle beauté

 

Avec la vogue de la comédie italienne, elle connait une légère éclipse ; puis relève le défi en interprétant les cinq rôles féminins des Sorcières, film à sketches réalisé par Franco Rossi, Mauro Bolognini, Pier Paolo Pasolini, Luchino Visconti et Vittorio de Sica (1966). Voici venues, pour elle, les années de majesté où elle restera intemporelle dans sa maturité, sa beauté royale, qui n'a souffert d'aucune standardisation. Pasolini en fait Jocaste dans son OEdipe roi (1967), puis la grande bourgeoise de Théorème (1968), " visitée " comme les autres membres de la famille, par l'ange Terence Stamp. Deux ans plus tard, c'est Mort à Venise, où Luchino Visconti recrée, à travers elle, l'image de sa mère. En 1971, elle est la Madone du Décaméron de Pasolini. En 1972, elle compose, avec la même classe, le même talent et les nuances psychologiques les plus subtiles, Cosima von Bülow, compagne de Richard Wagner, dans Ludwig, de Visconti, et une mère de famille vivant dans un bidonville romain, dans l'Argent de la vieille, l'un des plus grands films de Luigi Comencini. Elle retrouve Luchino Visconti en 1974, pour le rôle d'une bourgeoise ambiguë et quelque peu perverse dans Violence et passion.

 

Il émanait de Silvana Mangano une telle fascination qu'elle n'est jamais apparue antipathique, même dans ds rôles comme celui-là. On aurait volontiers, devant elle, plié le genou. Après Violence et passion, on ne l'a revue qu'en prêtresse au crâne rasé de Dune (David Lynch, 1984) et en épouse malheureuse de Marcello Mastroianni dans les Yeux noirs, de Nikita Mikhalkov (1986), film inspiré de Tchekhov. On espérait bien qu'elle n'en resterait pas là.

 

On n'a pas fini de regretter cette magicienne.

 

Le Monde

 

 

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22 mai 2021 6 22 /05 /mai /2021 06:00

 

Qui se souvient du boulanger du 207 rue de Tolbiac ?

 

Moi, qui allais lui acheter sa fameuse Sachertorte.

 

La boulangerie a disparue, c’est aujourd’hui une agence du Crédit Agricole.

 

Le boulanger, un grand gaillard lunaire au regard cerclé de grosses lunettes d’écaille, en blouse blanche de pharmacien, savates, semblait porter tout l’ennui du monde. Il faisait du bon pain à l’ancienne et, une sachertote à damner un Saint.

 

Derrière le comptoir, la boulangère, une sainte femme souriante, prenait le temps, attentionnée, d’une voix douce, tête légèrement inclinée, elle était toujours soucieuse de la santé du client, de leurs maux et malheurs, dame de charité à l’association la Mie de Pain toute proche.

 

Et puis, y’avait aussi, leur fils, balourd, sans ressort, celui qui refusa de prendre la succession de ses parents, trop fatiguant le métier. Et sa mère, pour une fois peu charitable, attribua ce refus à sa bru.

 

Qui se souvient de Klemens Wenzel von Metternich ?

 

Fürst Metternich: Wir müssen den Reaktionär als guten Menschen sehen - WELT

 

Le 26 juin 1813, Clément de Metternich, ministre des Affaires étrangères de l’empire d’Autriche, passe neuf heures en tête-à-tête avec Napoléon, qui se trouve alors dans un château à côté de Dresde. Après sa défaite en Russie, le Français fait face à l’alliance du tsar et du roi de Prusse, tous deux biens décidés à le perdre - c’est le « commencement de la fin ».

 

L’envoyé de Vienne vient marchander la position de l’Autriche, qui prétend ne pas savoir encore dans quel camp elle se rangera. La rencontre est importante, savoureuse aussi, puisqu’elle confronte deux hommes que tout oppose, le chef de guerre et le diplomate, le fougueux « petit caporal » qui se prétend l’héritier des idéaux de la Révolution et l’aristocrate madré, pur produit de l’aristocratie d’Ancien Régime.

 

Napoléon - Metternich : le commencement de la fin

Histoire Réalisateur Mathieu Schwartz , Christian Twente

Télérama

Critique par Gilles Heuré

 

De nombreux duos étaient possibles : Bonaparte avec Barras, Talleyrand, Fouché ou Pie VII, protagonistes célèbres. Mais les auteurs de ce docu-fiction réussi ont choisi la difficulté : Napoléon avec Klemens Wenzel von Metternich, ministre des Affaires étrangères de l’Autriche. La rencontre eut lieu pendant neuf heures, le 26 juin 1813 à Dresde. La fortune de l’empereur a décliné : la campagne de Russie de 1812 a tourné à la débâcle et considérablement affaibli la Grande Armée, la guerre en Espagne vire au désastre et des sentiments nationaux commencent à se dessiner, notamment chez les Allemands pénalisés par le blocus continental imposé par Bonaparte. Celui-ci a bien réussi à lever une nouvelle armée de quatre cent mille soldats composée de jeunes conscrits inexpérimentés, surnommés les « Marie-Louise », mais son invincibilité, malgré la peur qu’il inspire toujours, semble écornée. L’enjeu de ce tête-à-tête est important : il s’agit de savoir si l’Autriche va ou non rejoindre la coalition, qui regroupe le Royaume-Uni, la Prusse ou encore la Suède, décidée à en découdre une bonne fois pour toutes avec celui que ses membres nomment « l’ogre assoiffé de sang ». Tout oppose les deux hommes. Napoléon (David Sighicelli) est droit dans ses bottes, combatif et déterminé à ne pas se contenter d’une trêve : « Mon empire est détruit si je cesse d’être redoutable. » Metternich (Pierre Kiwitt), lui, aristocrate tout en diplomatie feinte, joue une dernière carte en demandant, en vain, à l’empereur des concessions territoriales. Mais sa décision est prise et Bonaparte en est convaincu : l’Autriche va rejoindre la coalition. Une journée historique qui annonce la fin et que les historiens interrogés commentent avec clarté.

 

Au sommaire

 

Le 26 juin 1813, Clément de Metternich, ministre autrichien des Affaires étrangères, vient rencontrer Napoléon Ier à son quartier général de Dresde, capitale du royaume de Saxe. L'hiver précédent, pour la première fois, la Grande Armée a été vaincue et décimée lors de la désastreuse campagne de Russie. Depuis, même s'il domine toujours l'Europe, les signaux d'alerte se multiplient dans l'immense Empire français : alors qu'au sud l'Espagne a été perdue, au nord la Prusse s'est ralliée à la Russie pour lui faire la guerre, avec le soutien financier de la couronne britannique, son ennemie de toujours. Même si, en mai, il a remporté contre ses adversaires deux batailles successives, l'empereur est inquiet.

La “Sachertorte”, gâteau princier

Publié le 08/05/2021 - 06:10

La Sachertorte, un gâteau traditionnel viennois au chocolat, avec une ou deux couches de confiture d’abricot. ILLUSTRATION / CAROLE LYON / COURRIER INTERNATIONAL

La Sachertorte, un gâteau traditionnel viennois au chocolat, avec une ou deux couches de confiture d’abricot. ILLUSTRATION / CAROLE LYON / COURRIER INTERNATIONAL

 

Cet article est issu du Réveil Courrier. Chaque matin à 6h, notre sélection des meilleurs articles de la presse étrangère.

OUVRIR DANS LE RÉVEIL COURRIER

La Sachertorte, ou tarte Sacher, porte le nom de son créateur, Franz Sacher. Ce gâteau au chocolat et à la confiture d’abricots a traversé près de deux siècles et régale encore Viennois et touristes attablés dans les cafés de la capitale autrichienne. Une recette en infographie proposée par 1843, le magazine de The Economist, pour un nouvel épisode de notre rendez-vous hebdomadaire Le Courrier des recettes.

 

 

À Vienne, les cafés sont des endroits “dédiés à la consommation de temps et de café, mais seul le café vous est facturé”. C’est ainsi que l’Unesco décrit ces célèbres institutions. Du temps et de l’espace, voilà peut-être de quoi combler un philosophe viennois mais, pour la plupart d’entre nous, une part de gâteau reste la meilleure alliée de notre boisson caféinée. Et, en la matière, difficile d’imaginer mieux que la Sachertorte.

 

La légende raconte que ce gâteau a été créé en 1832 lorsque le prince de Metternich, chancelier impérial d’Autriche, demanda la confection d’un dessert pour un dîner officiel. La charge incomba à Franz Sacher, jeune apprenti juif âgé de 16 ans. Il proposa un gâteau au chocolat – ingrédient nettement moins commun à l’époque qu’aujourd’hui – et ainsi naquit la Sachertorte.

 

C’est son fils, Eduard, qui en fit un trésor national : un gâteau au chocolat moelleux, entrecoupé de confiture d’abricots, enveloppé d’un glaçage lisse et surmonté d’une généreuse cuillerée de crème fouettée. C’est à la boulangerie Demel qu’il perfectionna la recette avant de fonder l’hôtel Sacher en 1876. Ses liens avec ces deux établissements aboutirent à une bataille juridique – “la guerre de sept ans” – pour déterminer lequel pouvait prétendre utiliser l’adjectif “original” dans sa description. Les différences étaient ténues, les discussions enflammées. La Sachertorte de Demel ne comportait qu’une seule couche de confiture d’abricots, sous le glaçage ; celle de l’hôtel en contenait une seconde, au milieu du gâteau. Finalement, ce fut l’hôtel qui l’emporta : ses gâteaux sont à présent authentifiés par un sceau en chocolat – et un prix élevé.

 

Pour un gâteau source d’amères batailles, la Sachertorte est étonnamment austère. Si elle est réalisée par des mains novices, le résultat peut être sec – et l’ajout de crème fouettée relever autant de la nécessité que de la gourmandise. Son charme réside toutefois dans sa simplicité et la modération de ses saveurs.

 

Les recettes pullulent, bien qu’il n’en existe aucune officielle. Celle du Sacher Cookbook se rapproche probablement de l’originale. Commencez par faire fondre du chocolat au bain-marie. Fouettez le beurre et le sucre avant d’y ajouter les jaunes d’œuf. Choisissez si vous êtes plutôt vanille ou expresso, les deux mettant parfaitement en valeur le goût du chocolat sans l’éclipser. Remuez le chocolat fondu et ajoutez-le à la farine tamisée. Battez les blancs en une neige ferme. Ajoutez du sucre selon votre goût. Versez d’abord une cuillerée de blancs au chocolat avant d’y incorporer le tout. Mettez au four. La confiture d’abricots devrait être filtrée pour être étalée en couches fines et uniformes.

 

Pour cette recette, le glaçage est un mélange de chocolat, de sucre et d’eau. Certains proposent une version plus riche avec du beurre ou de la crème pour former une ganache. Tracez le nom de Sacher à la surface et servez avec de la crème fouettée.

La recette de la Sachertorte (ou tarte Sacher) en infographie, publiée par le magazine 1843 de The Economist et traduite par Courrier international.  Jake Read pour The Economist - 1843 / Catherine Doutey pour Courrier international

La recette de la Sachertorte (ou tarte Sacher) en infographie, publiée par le magazine 1843 de The Economist et traduite par Courrier international.  Jake Read pour The Economist - 1843 / Catherine Doutey pour Courrier international

Josie Delap

Sachertorte — Wikipédia

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20 mai 2021 4 20 /05 /mai /2021 06:00

 

Le 16 mars 2020, nous apprenions qu’un vilain virus allait nous confiner pendant quelque temps ; 55 jours exactement. L’ensemble de la population française allait donc devoir apprendre l’art du confinement dans des espaces fort étroits. William Heath Robinson connaissait l’art d’occuper l’espace, et avait visiblement déjà réfléchi à la question. Son œuvre magnifique et superbement ignorée en France venait de tomber dans le domaine public ; l’occasion était trop belle de réparer un oubli incompréhensible avec l’adaptation de How to Live in a Flat, un ouvrage paru en 1936 sur un texte de K.R.G. Browne. C’est un classique en Angleterre, et un beau prétexte pour réunir un petit cercle d’amateurs de l’artiste pour une adaptation originale, à l’ère de la Covid-19. Jean-Luc Coudray, Isabelle Merlet, Philippe Poirier et David Rault ont relevé le défi, et l’ouvrage que vous tenez entre les mains est le résultat de cette fantaisie autour de l’univers unique, au trait incroyablement moderne, de William Heath Robinson.

Michel Lagarde

 

Heath Robinson Museum - Musée - visitlondon.com

William Heath Robinson par Julien Prost

lundi 29 décembre 2014

 

William Heath Robinson est une figure méconnue de l’illustration et de la bande dessinée. Son nom n’est aujourd’hui connu dans les pays anglo-saxons que comme une boutade, une référence à l’absurdité mécanique et à la bidulité ludique...

 

Et pourtant son apport est immense.

 

Issu d’une famille d’artistes bien sous tous rapports, le jeune William a du mal à s’insérer dans le moule de la tradition. Il commence à illustrer des textes classiques : Les Contes d’Andersen, Les mille et une nuits, les contes de Shakespeare et même Gargantua et Pantagruel. Le trousseau fondamental de tout aspirant artiste en somme. Ses dessins sont bons, il a réussi à développer son style, sa patte graphique, mais il lui manque quelque chose... Et c’est l’édition pour la jeunesse qui lui donne un second souffle. L’illustration qu’il fait d’un livre comme The Adventure of Uncle Lubin pose les fondements de son imaginaire : des dessins fouillés, représentant des inventions, des machines d’une ridicule et absurde complexité. On se perd avec délectation dans les moindres détails du graphisme, en essayant de démêler les fils et le fonctionnement de ces étranges pataquès.

 

Il met son humour et sa dérision au service de l’effort de guerre durant la Première Guerre Mondiale, en fournissant de nombreux dessins satiriques, inventant de nouvelles armes secrètes, choisissant de ridiculiser l’ennemi prussien plutôt que de le déshumaniser. C’est durant le conflit que pour la première fois son nom est ainsi détourné pour désigner une machine extrêmement, et inutilement, complexe : en anglais un Heath Robinson est donc une expression difficilement traduisible, mais qui signifie à la fois « usine à gaz » et « bidule ». La gloire par le petit bout de la lorgnette.

La suite ICI 

Absurdity and wonder: Heath Robinson at home | The Economist

13.10.2016 À 11

Le nom de Heath Robinson a été utilisé pour décrire des engins de fortune absurdement complexes depuis le début du XXe siècle, mais l'homme derrière le nom est en grande partie inconnu. WIRED enquête ICI 

 

 

Le William Heath Robinson Trust collecte des fonds depuis des années pour tenter de préserver son héritage dans un nouveau musée du nord-ouest de Londres, et grâce à 1,3 million de livres sterling de financement de loterie qui est maintenant devenu possible, rapporte la BBC . En mars 2015, le Trust a sécurisé les peintures et les dessins après avoir reçu des subventions du National Heritage Memorial Fund (NHMF) et du Art Fund, garantissant que les œuvres resteraient ensemble au Royaume-Uni - et maintenant dans leur nouvelle maison à Pinner, à Londres.

Heath Robinson: a museum fit for the cobbled-together contraption king |  Architecture | The GuardianWilliam Heath Robinson | Illustration, Méditation transcendantale, Miguel  angelAbsurdity and wonder: Heath Robinson at home | The EconomistWilliam Heath Robinson - An Ideal Home No. IV - Top Floor Chicken Farm  (1933)[813*1093] | Affiche imprimée, Illustrations, Illustration

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17 mai 2021 1 17 /05 /mai /2021 06:00

https://www.francetvinfo.fr/pictures/brUaM2xKcfC96_5wM1r2U_mygrY/752x423/2020/01/21/phpYllklo.jpg

Je raille, je déraille, j’en conviens, ce n’est pas nouveau mais, comme les 1.407 couvertures auxquelles vous avez échappé(es) de Charlie hebdo, le premier jet du titre de cette chronique, auquel vous avez échappé, frisait l’insulte, l’outrage à la statue du Commandeur des dégustateurs. Ma publication n’étant qu’en recto le titre en question est renvoyé en bas de page.

 

 

La nuit portant conseil, je me suis dit mon coco (ce qui m’a fait penser à Karl et son Manifeste) qui suis-je pour oser un tel titre ?

 

 

 

Rien qu’un buveur de vins nu qui puent… immodeste, bien sûr…

 

Tu peux être irrévérencieux mais l’irrévérence à des limites, même si le papy Michel, en son temps, ne s’est pas privé de gratifier les vignerons bio du doux nom de « bio-cons »

 

Le texte du Manifeste est de la plume d’un certain Louis-Victor Charvet, qui se dit « rédacteur en chef et directeur de l’expertise Bettane+Desseauve »

 

Mazette, ça en jette grave, une belle tartine sur la carte de visite de L.V.C.

 

Le susdit, pour que nous ne le confondions pas avec un dégustateur lambda, nous met au parfum à propos de son job chez B&D « l’une de mes principales missions est de veiller à ce que notre prescription demeure forte et incontournable. »

 

J’adore ce qui, de manière péremptoire, est déclaré incontournable car, n’en déplaise à L.V.C, rien dans ce domaine ne l’est, et c’est heureux.

 

L.V.C, en bon vassal de son suzerain B&D, nous explique qu’il est adoubé :

 

« C’est l’héritage que m’ont confié Michel Bettane et Thierry Desseauve, et avec eux, toute une entreprise dont la bonne santé repose peu ou prou sur la vitalité de cette mission. »

 

Je m’attendais donc à l’équivalent de l’opus de Karl&Frédéric qui a bousculé le monde.

 

Déception !

 

Le Manifeste pour une nouvelle expertise est une pépite molle, un joyau musical de joueur de pipeau pour gogos, un ripolinage poussif de l’exercice de notation, une version incolore, inodore, sans saveur, de l’expression « C’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe»

 

Pour être plus encore politiquement incorrect je cite Joseph Kessel dans Les Enfants de la chance (1934) « Je continue à voir les poules du coin, un peu vieilles, comme je les aime, quoi, je ne change pas : c’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe. »

 

Je peux me le permettre puisque la maison Bettane+Desseauve abrite le pire : un certain Nicolas de Rouyn dit Rin de Rin, officiellement le rédachef d’En Magnum qui avait omis de mettre au parfum le directeur de la publication, ce pauvre Thierry Desseauve, que lui connaissait bien Fleur Godart et que la publication de la grosse merde sexiste de Régis Franc était ciblée.

 

Dans le duo B&D, la star c'est Bettane mais le drame de Michel Bettane se nomme Robert Parker, le plus grand dégustateur de tous les temps, le critique le plus puissant de la planète… (Lire plus bas)

 

Comment cet inculte fils de paysan du Maryland, petit avocat, a-t-il pu réduire, ceux qui se croyaient les seigneurs de la place, à un rôle subalterne de demi-soldes qu’on continue, par charité, à inviter ? Dans le même sac leurs consœurs et confrères de la vieille R.V.F, qu’ils ont quitté, ainsi que les autres petits couteaux  qui se la pètent tel Yohann Castaing ?

 

Il a imposé son tempo, ses goûts, sa note sur 100 : ça en jette plus qu’une note sur 20 au parfum de notre mammouth de l’Éducation Nationale. En accordant la note mythique de 100/100 aux vins qu’il jugeait exceptionnels, le critique américain Robert Parker a bouleversé le destin de nombreux domaines. Il a sorti les G.C.C des petits jeux de la place de Bordeaux, innové, même si les gardiens du Temple ont frisé le nez, fait gagner beaucoup d’argent aux heureux élus comme aux nouveaux venus type Valandraud de Jean-Luc Thunevin passé du statut de vin de garage à Premier cru.

 

Rassurez-vous je ne suis ni un adorateur de Bob Parker ni d’ « oxygénez, oxygénez… » j’ai nommé Michel Rolland le diable en personne, et je ne suis pas en train d’écrire que notre Bettane fut un dégustateur de seconde zone, je ne fais que constater le degré d’influence sur les faiseurs de vin comme sur les consommateurs.

 

Qui attend aujourd’hui avec angoisse les notes de la dream-team Bettane&Desseauve ?

 

Sans grand risque de me tromper, pas grand monde, et pourtant le Parker a vendu sa boutique, l’espace est donc ouvert.

 

De tout ceci il résulte que le fameux Manifeste tombe à plat, il a même quelque chose de pathétique, comme l’acharnement des interprètes de l’orchestre du Titanic.

 

En appeler aux mannes de Raymond Baudouin fondateur de La Revue du vin me fait penser à la Symphonie funèbre et triomphale de Berlioz.

 

« Nous le savons, cet héritage, laissé par Raymond Baudouin, fondateur de La Revue du vin de France, est exigeant. Il implique des choix forts et nécessite une hiérarchie claire (mais jamais figée) entre les vins soumis à notre jugement. »

 

Sur mon lit d’hôpital en service de soins intensifs à Cochin, les soignants me demandaient de me situer sur l’échelle de 1 à 10 de la douleur. Ce n’était que mon ressenti. Noter les vins sur la base 100, même si on élargit l’écart entre les meilleures et les plus basses, est du même type.

 

« Nos notes pour le millésime 2020, que nous jugeons excellent, seront plus basses que celles attribuées par la plupart des experts admis et reconnus, qu’ils soient français, européens, chinois ou américains. »

 

J’adore, cette extension du domaine Bettanedesseauvien qui se contente et se cantonne à notre marché domestique peu consommateur de G.C.C. Comme le proclamait la pub « Vahiné, c’est gonflé ! »

 

L’ensemble du Manifeste ICI 

 

  Amazon.fr - Robert Parker : Les Sept Péchés capiteux - Simmat, Benoist,  Bercovici, Philippe - Livres

 

« Personne n'est capable de décortiquer un vin comme il le fait. Il peut déguster de 60 à 100 vins par jour, parfois davantage. Et le plus extraordinaire, c'est qu'il peut à la fin d'une telle journée, lors d'un dîner, identifier la quasi-totalité des vins qu'on lui présente à l'aveugle sans se tromper sur le domaine ni sur le millésime. Derrière le mythe Parker, il y a un palais et un odorat exceptionnels. »

 

« Robert Parker s'est imposé par son talent et sa capacité de travail, mais il a aussi bénéficié d'un contexte particulièrement favorable. Son talent s'est révélé avec le millésime 1982, qu'il a porté aux nues dès les premières dégustations et ce contre un bouclier d'avis autorisés. »

 

Le résultat c’est que tous ceux qui ont suivi ses conseils ont gagné beaucoup d'argent : «À la faveur du millésime 1982, une frénésie acheteuse sans précédent s'est emparée des Américains. Comprenant que les commentaires et surtout les notes de Parker forgeaient la demande aux USA, les Bordelais ont commencé à pratiquer une politique de rétention des vins visant à faire monter les cours. Par exemple, en 1985, la note parfaite attribuée au Mouton-Rothschild 1982 fait quadrupler le prix de la bouteille ! C'est à partir de ce moment-là que la place de Bordeaux est devenue la plus spéculative qui soit. Aujourd'hui, plus que jamais, le négoce et la filière attendent ses notes pour se positionner. Jamais personne n'a eu une telle influence sur le marché. »

 

Robert Parker s'impose au moment où beaucoup de choses basculent. « On constate dès le début des années 1980 une profonde métamorphose du monde du vin. Robert Parker accompagne et amplifie l'évolution commencée par l'œnologue Emile Peynaud vers des rouges fruités, mûrs, boisés, aux tannins souples. Mais la révolution n'est pas seulement d'ordre technique. Une mode se dessine. Le vin devient un facteur de promotion sociale. Il est de bon ton d'en boire, mais aussi d'en parler. Le vin prend encore une dimension financière à laquelle Robert Parker n'est pas étranger. Les bordeaux, qui demeurent la référence mondiale, lui ont permis d'asseoir sa notoriété. Mais ils lui doivent aussi d'avoir tenu leur rang dans la compétition mondiale. Il suffit qu'un cru soit évoqué par Robert Parker pour que son prix s'enflamme. Même s'il n'a pas voulu la spéculation qu'il alimente, il est aujourd'hui prisonnier de son système. »

 

La défense du consommateur le cheval de bataille de Robert Parker « il a surtout marqué les esprits en se posant comme un chevalier blanc, comme le plus intransigeant défenseur du consommateur. Il a fait de l'indépendance de la critique par rapport aux professionnels du monde du vin un principe absolu. ».

 

Mais, il faudrait être naïf en ignorant les réseaux bordelais de Parker « En évoquant ses relations avec l'œnologue Michel Rolland, les négociants Archibald Johnston, Jeffrey Davies, Bill Blatch et Dominique Renard, ses amitiés avec Jean-Bernard Delmas, l'ancien administrateur du grand cru Haut-Brion et la famille Moueix, je ne relate que des choses connues de tous. Loin de moi l'idée de qualifier ces liens. Je veux seulement démontrer qu'il y a un fossé entre son discours et ses pratiques. Comment expliquer qu'il qualifie d'« amis », voire d'« experts en amitié », certains éminents acteurs du monde du vin, tout en martelant par ailleurs qu'il n'a pas d'amis dans ce milieu et rappelant inlassablement l'impérieuse nécessité pour un critique de garder ses distances avec le négoce, sous peine de compromettre la fiabilité de ses avis ? »

 

Avec le Manifeste pour une nouvelle expertise Bettane&Desseauve mute en un nouveau variant Bêtasse&DeSauveQuiPeut du naufrage…

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16 mai 2021 7 16 /05 /mai /2021 06:00

 

Le confinement m'a poussé à aller explorer les derniers vendeurs de DVD d'occasion de la place de Paris. J'y ai fait une petite razzia et j'ai déniché des pépites dont ce film : « Que Dios nos perdone »de Rodrigo Sorogoyen. 

 

Que Dios nos perdone [Blu-Ray]: Amazon.fr: Antonio de la Torre, Roberto  Álamo, Javier Pereira, Luis Zahera, Raúl Prieto, María Ballesteros, Rodrigo  Sorogoyen, Antonio de la Torre, Roberto Álamo: DVD & Blu-ray

 

Après le classique La 317e section, Arte proposera Que Dios nos perdone, un film espagnol très réussi sorti au cinéma durant l'été 2017. Notez qu'il est également disponible en replay sur le site de la chaîne. 

 

Couston de Télérama aime, normal  il est gore, Sotinel  du Monde exècre, ça ne m'étonne pas, un peu pincé du c...

Críticas de cine: 'Que Dios nos perdone', un asesino anda suelto por el  Madrid más castizo

Télérama

AbonnéCritique parJérémie Couston

 

Après avoir longtemps et volontairement dissimulé l’Histoire sous le formalisme, les films policiers n’hésitent plus à inscrire l’enquête criminelle dans le contexte politique et social du pays où elle se déroule. En situant son polar en 2011, dans un Madrid étouffé par la canicule et envahi par les fidèles de Benoît XVI et les manifestants du mouvement des Indignés, le cinéaste permet à sa fiction de se confronter au réel. Pendant que la jeunesse catholique communie dans l’allégresse et que la gauche espagnole se réinvente collectivement à la Puerta del Sol, deux policiers enquêtent sur une série de viols suivis de meurtres. L’opposition entre le sacré et le profane, entre la pureté et la corruption, vient contaminer les policiers eux-mêmes, en proie à des pulsions de violence qui les rapprochent de l’homme qu’ils traquent. Le flic bègue, d’un tempérament calme à côté de son collègue au sang chaud, devient ainsi, en présence de la femme de ménage qu’il convoite, un prédateur sexuel malgré lui. Dans cette ville grouillante de touristes et de militants qui cohabitent dans une relative indifférence, le tueur en série à la gueule d’ange vient rappeler que le mal peut s’immiscer partout. Après La Isla mínima (d’Alberto Rodríguez), qui mêlait déjà les codes du polar à la politique contemporaine, ce thriller vient confirmer l’excellente santé du cinéma de genre espagnol.

 
Que Dios nos perdone  : serial killer de série

L’interminable film noir madrilène de Rodrigo Sorogoyen exécute le programme habituel du genre.

Par 

Publié le 09 août 2017 à 07h18 - Mis à jour le 09 août 2017
Raul Prieto et Antonio de la Torre dans le film espagnol de Rodrigo Sorogoyen, « Que Dios nos perdone ».

L’avis du « Monde » – on peut éviter

Pour passer les Pyrénées aujourd’hui, il semble bien qu’un film espagnol doive emporter dans ses soutes une cargaison de cadavres (sauf s’il est piloté par Pedro Almodovar). Que Dios nos perdone ne fait pas exception à cette récente régulation européenne, qui propose une collection de corps de vieilles femmes, assassinées dans des conditions atroces. Cette série de meurtres suppose l’existence d’un meurtrier en série qui lui-même appelle l’apparition de policiers lancés à sa poursuite. Et comme nous vivons dans l’ère après J.-E. (James Ellroy), ces policiers seront tourmentés par des démons qui valent presque ceux qui poussent le serial killer à hâter la fin de ses victimes.

La formule a fait ses preuves et Rodrigo Sorogoyen l’applique consciencieusement, n’épargnant rien au spectateur des autopsies des victimes ni des détails de leurs tristes fins. Quand aux tribulations de la paire d’enquêteurs madrilènes – une brute épaisse et machiste (Roberto Alamo) et un bègue au bord de la schizophrénie (Antonio de la Torre) –, sa composition respecte la vulgate contemporaine du roman noir qui veut que les policiers portent et commettent tous les péchés du monde pour en préserver le commun des mortels.

Nauséabond et ennuyeux

Tout ceci a déjà été exécuté avec plus de brio, plus de sadisme, plus de voyeurisme, parfois par des cinéastes qui se souciaient d’autre chose que de secouer le spectateur. On dirait que cette fois, le réalisateur se soucie surtout de ne pas sortir des rangs de l’ultraviolence en remplissant un hypothétique contrat qui le lierait à un spectateur amateur du spectacle de la chair morte et de la déréliction des fonctionnaires de police. Ce qui donne un film à la fois nauséabond, ennuyeux et, à plus de deux heures, interminable. 

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