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2 juin 2019 7 02 /06 /juin /2019 06:00
Brèves de lavoir (2) la mort noire 1348

La peste bubonique de 1348

 

« En quelques années, près d’un européen sur deux meurt. On ne peut plus cultiver, il n’y a plus assez de main-d’œuvre. La friche et la forêt reprennent possession des territoires. La vigne et les cultures céréalières disparaissent des paysages. Le travail des survivants devient si coûteux que la notion de servage disparaît.

 

Les villes se dépeuplent : 80 % de morts à Florence, 75% à Venise. Les maisons se vident et deviennent si bon marché que l’exode rural est facilité. En deux ans, la population française passe de 17 millions à 10 millions d’habitants. Ce bouleversement démographique et géographique provoque en quelques années une autre manière de penser la vie en société. »

 

Boris Cyrulnik  la nuit, j’écrirai le soleil « après la fin, le renouveau. »

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1 juin 2019 6 01 /06 /juin /2019 06:00
« Être décontracté du gland » souvenir d’avoir croisé 1 nuit au drugstore Publicis de St Germain des Prés  Patrick Dewaere au regard halluciné…

Les Valseuses, comédie réalisée par Bertrand Blier, 1974.

 

Être décontracté du gland jaillit au grand jour en 1974 grâce à Bertrand Blier et au talent d’écorché de Patrick Dewaere, à la gouaille de Gérard Depardieu et à l’innocence de Miou-Miou.

 

Jean-Claude conduisant une DS (la voiture du président de la République pour situer le niveau de transgression) s’adresse à son poteau Pierrot :

 

– On n’est pas bien là ?

– Si.

– Paisibles… À la fraîche… Décontractés du gland. Et on bandera quand on aura envie de bander.

 

Les Valseuses, film réalisé par Bertrand Blier, 1974.

 

Si vous tancez le langage suranné d’un tant soit peu de vulgarité, il vous rétorquera que ça lui en touche une sans faire bouger l’autre. Et il aura bien raison : comme dirait Maurice, Messieurs les censeurs, bonsoir¹ !

 

Ceci posé, nous allons tenter sans censure ni outrance, d’aborder une définition sensible en tous points. Être décontracté du gland est une attitude oscillant entre l’apathie béate post coïtum et le lymphatisme généré par la chaleur épaisse des langueurs océanes², bref une affection de l’âme accessible par la consommation de produits illicites ou par la production d’hormones adolescentes pubères.

 

¹1971, L’insaisissable Maurice Clavel quitte un plateau télé de À armes égales, furieux d’une censure exercée sur son film d’avant débat. Un grand moment de télévision.

 

²Notamment celle du port d’Amsterdam, là où il y a des marins qui boivent, et qui boivent et reboivent, et qui reboivent encore.

 

La suite ICI

 

Le 16 juillet 1982, Pierrot, alias Patrick Dewaere, emporte avec lui l’art d’être décontracté du gland.

 

Ils étaient si proches qu’on aurait dit des frères. Avec l’aîné, Depardieu, un peu plus fort, un peu plus rentre-dedans, et Dewaere, dans le rôle du cadet, plus fragile.

 

Leur duo fusionnel dans Les valseuses, film culte sur la jeunesse et la liberté sorti en 1974 et signé Bertrand Blier, avait encore renforcé leurs liens. Dès que les caméras s’éteignaient, les deux enfants terribles restaient dans la peau de leurs personnages : ils piquaient la DS qui servait au tournage et partaient faire les voyous où bon leur semblait…

 

Il avait d’ailleurs fallu deux semaines supplémentaires au réalisateur pour terminer son film, tant les deux compères, qui semblaient s’être bien trouvés, paraissaient ingérables et ne respectaient que leurs propres règles…

 

Hélas, on le sait, Patrick Dewaere a mis fin à ses jours en 1982. Le 16 juillet.

 

En été, quand la vie semble plus douce, lui, l’acteur surdoué, a décidé que plus rien n’était possible. Il a attrapé un fusil, s’est rendu dans sa salle de bains, et là, se regardant peut-être dans le miroir, acteur et spectateur de son suicide, s’est tiré une balle sous le menton.

 

Mal de vivre

 

Bien sûr, comme à chaque fois, on a alors cherché la raison de ce geste terrible. Certes, il y avait la drogue, l’héroïne, qui adoucissait son mal de vivre. Le comédien, qui allait tourner Édith et Marcel, avait arrêté net d’en consommer, sur l’injonction de Claude Lelouch. Il était donc particulièrement fragile dans cette période de sevrage.

 

Mais il y avait aussi un chagrin d’amour. La femme de sa vie, Elsa, connaissant elle aussi des problèmes d’addiction, lui aurait annoncé qu’elle voulait le quitter. Et Dewaere était persuadé qu’elle avait une relation avec Coluche. Lola, leur fille, comédienne, âgée aujourd’hui de 37 ans, en parlait à notre confrère Paris Match, en 2010.

 

«[Ma mère] m’a dit qu’à ce moment-là elle était partie “décrocher” en Guadeloupe sur l’invitation de Coluche. C’était la première fois qu’elle n’accompagnait pas mon père sur un tournage. L’après-midi de sa mort, [mon père] a parlé à ma mère au téléphone et lui a demandé de revenir, mais elle a refusé car, m’a-t-elle dit, elle se sentait encore trop fragile. […] Je crois qu’après leur conversation téléphonique, mon père a reçu un autre coup de fil. Quelqu’un lui a balancé que Coluche et ma mère étaient ensemble. Je ne leur jette pas la pierre : à l’époque, tout le monde avait des aventures avec tout le monde. Mais, pendant cette période sans drogue, je pense que mon père l’a vécu comme la trahison suprême, Coluche étant son meilleur ami.»

 

La disparition de Dewaere, Depardieu en a aussi profondément souffert. En 1988, il a adressé une longue lettre hommage à son alter ego, une vraie déclaration d’amour. Au fil des mots, on pouvait y lire : «Ce n’est pas tellement que tu n’avais plus envie de vivre, mais tu souffrais trop, de vivre. Chaque jour, tu ressassais les mêmes merdes, les mêmes horreurs dans ton crâne. À la fin, forcément, tu deviens fou.»

 

De quoi Depardieu voulait-il parler ? Et pourquoi dit-il plus loin qu’il n’avait pas été surpris par son suicide ?

 

Aujourd’hui, alors qu’il publie un nouveau livre, Monstre, aux éditions du Cherche midi, dans lequel il évoque son ancien complice, Gérard vient de faire une bouleversante révélation, qui explique peut-être la violence avec laquelle son ami abordait l’existence. Et la violence avec laquelle il l’a quittée. «Patrick Dewaere a été abusé sexuellement durant son enfance. Il avait un encombrement en lui que la drogue a, un temps, mis en paix», a-t-il confié, le 29 octobre au Journal du dimanche.

 

La suite ICI 

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31 mai 2019 5 31 /05 /mai /2019 06:00
Vous reprendrez bien une part de quatre-quarts avec votre café ?

Mémé Marie n’était pas un cordon bleu, elle assurait les tâches les plus humbles : faire un sort à la volaille, au lapin, écosser les petits pois, épibosser les tourteaux ou les araignées, faire la vaisselle, nourrir la basse-cour, mais c’était elle qui préparait le café.

 

Dans un grand faitout d’eau posé sur le coin de la cuisinière à bois, autrefois c’était sur un trépied au-dessus de la cendre chaude de la cheminée, elle versait du café moulu avec son moulin manuel, elle ajoutait de la chicorée Leroux. Fallait pas que ça bouillotte, café boulu café foutu.

 

Résultat de recherche d'images pour "chicorée leroux images anciennes"

Le Bourg-Pailler  était une maison accueillante, les femmes du bourg, la factrice, les clients de mon père, y défilaient. La mémé, immanquablement leur proposait une petite tasse de son café. Elle plongeait sa louche dans le faitout, remplissait une cafetière en métal émaillé pour porter le café à température, et le servait. Tout le monde y ajoutait des morceaux de sucre, les hommes faisaient des rincettes avec de la goutte. Je ne peux vous dire s’il était bon car je n’étais pas autorisé à consommer du café.

 

En revanche, le dimanche, après les vêpres, le café de mémé était accompagné de quatre-quarts. Celui-ci était acheté à la boulangerie Remaud, c’était Madeleine la grande copine de ma mère qui le préparait.

 

À certaines occasions, ma dite mère, cordon bleu de première catégorie, s’en chargeait.

 

Enfin, pour les communions privées ou solennelles, on en fabriquait des fournées, qui cuisaient dans le four banal de la maison chauffé au bois par le pépé Louis. C’était pour distribuer à la parentèle et aux amis.

 

La phrase culte, citée en titre, « Vous reprendrez bien une part de quatre-quarts avec votre café ? » reste pour moi le meilleur antidote au déclin de la convivialité, de l’accueil.

 

Les bretons ont annexés le quatre-quarts, qu’ils se contentent de leur far ou de leur kouign-amann gorgé de beurre salé.

 

Le quatre-quarts est universel.

 

C’est un gâteau facile à réaliser, si ce n’est qu’il faille monter les blancs en neige dans la recette moderne.

 

 

4 œufs et l’équivalent en poids de beurre, de sucre, de farine.

 

Facile à retenir pour les sous-doués.

 

Un peu de levure l’aidera à mieux lever.

 

 

Four à 180° 30 mn

 

 

La recette classique

 

 Ingrédients

 

1 sachet de levure chimique

1 pincée de sel

4 oeufs

Le même poids que les 4 œufs

  • en farine
  • en beurre
  • en sucre en poudre
  •  

Mode opératoire

 

Tout d’abord, faites préchauffer votre four à 180° (thermostat 6).

 

Faites fondre le beurre demi-sel. Laissez-le refroidir un peu.

 

Dans un saladier, mélangez les œufs et le sucre. Réservez.

 

Dans un autre saladier, mélangez la farine, la levure et le sel. Formez un puits au milieu dans lequel vous verserez les œufs et le sucre. Battez le tout doucement avec un fouet jusqu’à que vous obteniez une pâte homogène.

 

Rajoutez le beurre fondu à votre préparation et mélangez le tout.

 

Prenez un moule à cake de préférence : beurrez-le) et versez-y votre préparation.

 

Mettez votre quatre-quarts à cuire pendant 50 mn.

 

Le quatre-quarts devant obtenir une croûte bien dorée, veillez à ce qu’il ne soit pas trop cuit sur le dessus, sinon recouvrez le dessus du moule d’une feuille en aluminium et baissez la température.

 

‍Pour faire le café comme mémé Marie :

 

BOS Buckingham Marmite en inox 21 cm 6 L

 

Mélangez le café moulu, la chicorée Leroux et l’eau dans un faitout (la proportion café et volume d’eau est laissé à votre appréciation, sachant qu’un faitout fait 6 litres) ; Remuez un peu  pour rendre l’ensemble homogène.

 

Mettez le faitout sur le feu, et  remuez le mélange de temps à autre quand il se met à chauffer. Laissez bouillir pendant deux minutes sans couvrir, avant de retirer le faitout du feu.

 

Laissez décanter.

 

Puisez le café avec précaution à l’aide d’une louche pour emplir soit une casserole, soit une cafetière traditionnelle en métal émaillé.

 

Résultat de recherche d'images pour "cafetière en émail"

 

Faites réchauffer à feu doux.

 

C’est très jus de chaussette…

 

Pour la goutte allez du côté de chez Cazottes.

 

Résultat de recherche d'images pour "eau de vie Cazottes"

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30 mai 2019 4 30 /05 /mai /2019 06:40
Avant de monter au ciel est-ce-que Jésus a recraché le vin des Noces de Cana ? Sûrement pas car Vin&Société n’existait pas… Ouf !

Je suis tombé de ma chaise lorsque j’ai reçu l’invitation ci-dessus.

 

Jusqu’où ira la fausse inventivité stupide des communicants ?

 

1er campagne d’information dédiée au geste de recracher

 

Cracher ou recracher sont donc un geste ?

 

Drôle de geste que cette projection autrefois très prisée des chiqueurs qui avaient l’art dans les westerns de projeter leur glaviot de très haut dans le pot nommé crachoir. Clint Eastwood était champion peut-être faudrait-il l’embaucher pour apprendre aux licheurs de vin à recracher ?

 

22 juin 2010

Un «enchaîné» de la dégustation crache son vin dans une timbale d’argent au restaurant tel Clint Eastwood son jus de chique dans «Impitoyable»

ICI 

 

En son temps j’avais commis un libelle pour me moquer de l’apprentie Miss Glou-glou qui venait de pondre suite à son séjour à Suze-la-Rousse « Crachons le vin, c’est bon pour lui (et pour nous) »

 

« Et si on généralisait les crachoirs dans les restaurants? » soutenait-elle !

 

Et moi grivois je lui rétorquais :

 

Le vin fait est fait pour être bu, et pissé ajouteraient mes amis gascons (mais je suis grivois). Qu’on le goûtât avant de le choisir rien de plus normal. Qu’on le crachât ensuite c’est la règle de tout amateur dégustateur. Pour le reste, merci de nous lâcher les baskets miss glou-glou, surtout maintenant que nos parlementaires viennent de voter le principe des cendriers mobiles pour fumeurs invétérés vous seriez capable de leur donner des idées avec votre seau à vin.

 

Elle reçut le soutien de François AU 13 grand amateur de vins vieux qui affirmait se trimballer au restaurant avec une coupelle en argent afin d’y recracher ses nectars cacochymes.

 

Apprendre à cracher comme un pro !

 

Un atelier pour ça !

 

Après l’attaque, le milieu de bouche, la finale, c’est la bouche en cul-de-poule, inspiration, expiration, rejet en un mince filet afin de ne pas souiller son plastron.

 

Mais où va-t-on ?

 

Un de ces quatre il va falloir ouvrir un atelier pour apprendre aux mecs à pisser droit dans les cabinets, ce qui d’ailleurs serait d’une grande utilité pour la propreté des WC des bars à vins.

 

Et là-dessus, pour finir dans la joie et la bonne humeur un petit apéritif dînatoire.

 

Volent, s’envolent, les belles CVO ponctionnées sur les vigneronnes, vignerons, tout ça pour pisser dans un violon.

 

Pour sûr Vin&Société, à force de vouloir donner des gages aux hygiénistes, aux prohibitionnistes, sombre dans un ridicule achevé qui, comme chacun le sait, ne tue pas.

 

L’art de la dégustation fut longtemps le privilège des acheteurs de vin, c’est de nos jours l’art de se faire mousser en société alors de grâce laissez donc tranquille ces amateurs de gloses elles ou ils sont assez grand pour comprendre qu’il vaut mieux recracher afin d’apprécier sereinement la cotriade de vins.

 

Résultat de recherche d'images pour "les noces de cana veronese" Les noces de Cana de Véronèse : mais où sont passés les mariés ?

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29 mai 2019 3 29 /05 /mai /2019 12:20
Yannick Jadot et sa compagne, Isabelle Saporta, dans le 19e arrondissement de Paris, le 26 mai. LUCAS BARIOULET POUR « LE MONDE »

Yannick Jadot et sa compagne, Isabelle Saporta, dans le 19e arrondissement de Paris, le 26 mai. LUCAS BARIOULET POUR « LE MONDE »

Le buzz de la semaine sur les réseaux sociaux c’est le coming-out amoureux d’Isabelle Saporta (1), ma gourgandine préférée, pensez-donc c’est main dans la main qu’elle a déambulé avec Yannick Jadot pendant sa campagne électorale.

 

Pour les nouveaux pharisiens, s’afficher avec un politique, comme deux amoureux, alors qu’on cause dans le poste le matin sur RTL c’est péché mortel.

 

De qui se moque-t-on ?

 

De nous, tout simplement, Isabelle travaille dans une entreprise privée, où elle délivre un billet d’humeur sociétal, ses convictions sont depuis longtemps connues, affichées, revendiquées, assumées, dans ses écrits.

 

Elle a eu droit, par l’extrême obligeance, de ce cher Hubert de Boüard de Laforest, à un séjour à la 17e Chambre du TGI de Paris. J’y étais son témoin. Elle a gagnée en première instance et en appel.

 

Chapeau Isabelle !

 

Elle assure Isabelle, élève bien ses deux filles, rame  comme beaucoup de femmes pour faire bouillir la marmite, alors je dis aux faux-culs, aux hypocrites, à la niche : les chiens aboient la caravane passe.

 

Moi, qui n’est jamais eu beaucoup de sympathie pour les Verts politiques, en déshérence socialiste, j’avoue que le succès de Yannick Jadot ne doit rien à la chance mais, sans doute grâce à Isabelle, à une perception plus ancrée dans le vécu des gens, surtout les jeunes générations préoccupées  d’un avenir climatique incertain.

 

J’ai appelé ça l’effet glyphosate.

 

Enfin, le vieux routier que je suis, peut vous assurer que l’amour, le vrai, le profond, bonifie les animaux politiques. Si Michel Rocard avait connu Sylvie bien avant je vous fiche mon billet qu’il aurait eu toutes ses chances à la présidentielles.

 

Reste à Yannick Jadot à surmonter sa victoire, à ne pas se laisser griser par une élection qui a souvent été favorable aux Verts, à reconstruire avec les débris du PS une alternative crédible à Macron.

 

Bref, vous l’aurez compris, j’ai de l’estime pour Isabelle, c’est quelqu’un de bien.

 

Nous reste plus Isabelle, et pourquoi pas Yannick, à prendre un verre de vin qui pue rue Daguerre...

 

(1) Etre le parti du quotidien »

 

Autre élément essentiel pour comprendre la campagne de Yannick Jadot : le rôle qu’a joué Isabelle Saporta, sa compagne. Cette journaliste est notamment l’auteure du Livre noir de l’agriculture : comment on assassine nos paysans, notre santé et l’environnement (Fayard, 2011). Elle connaît bien les questions environnementales. Elle rencontre M. Jadot à l’été 2017, lors d’un débat sur BFM-TV à propos des néonicotinoïdes. « J’ai toujours été écolo. Je pense que l’écologie, c’est du terrain », explique Mme Saporta. C’est elle, par exemple, qui va présenter M. Jadot à Benoît Biteau, agriculteur bio. Elle se tient à distance des affaires du parti mais plaide pour une ligne articulée autour de « l’écologie concrète ».

 

« L’écologie c’est la matrice par laquelle on doit tout repenser, y compris l’économie. On doit trouver des solutions, être le parti du quotidien, insiste Isabelle Saporta. J’ai poussé Yannick à faire du terrain, à rencontrer des pêcheurs, des viticulteurs, des patrons de PME, des artisans qui étaient fâchés avec EELV alors qu’ils sont tous vraiment écolos. On doit avancer ensemble, avec les bonnes idées. » Ce qui fait écho aux propos de M. Jadot lorsqu’il affirma au Point début mars : « Bien entendu que les écologistes sont pour le commerce, la libre entreprise et l’innovation. »

 

ICI 

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27 mai 2019 1 27 /05 /mai /2019 09:45
Aux européennes : l’effet glyphosate, orange, jaune, vert…

Au dernier moment je me suis décidé à y aller… La table des bulletins de vote était à l’image de cette élection : une désolation. Le trop plein avec plein de trous (absence de bulletins). J’ai voté. Bien sûr je ne vous dirai pas pour qui.

 

La campagne électorale fut indigne, bien à la française, où le devenir de l’espace européen fut rangé au rang des accessoires inutiles au profit de nos obsessions françaises.

 

La palme de la connerie à un slogan gilets jaunes approuvé par François Ruffin qui se laisse parfois aller à la démagogie : « Faire l'amour une fois tous les 5 ans, ce n'est pas une vie sexuelle. Voter une fois tous les 5 ans, ce n'est pas une vie démocratique ».

 

Du côté des droites : l’extrême et celle qui se dit encore républicaine : deux jeunes gueules pour rafraîchir l’image.

 

Du côté Macron : l’art consommé de faire des erreurs de casting, l’énarque pleine de bonne volonté ayant autant de charisme qu’un navet.

 

À gauche, les Balkans, Gluksmann belle gueule, Hamon à la ramasse, Brossat belle gueule, Mélenchon pardon Aubry Manon transparente.

 

Les verts, Jadot fringant surfant sur l’effet glyphosate, le devenir climatique, les angoisses d’une part de la jeunesse éduquée.

 

Je jetais un œil sur les sondages qui, pour les grosses cylindrées RN et LREM me semblaient viser juste alors que pour les partis en déclin : PS et LR pataugeaient et deux inconnus : LFI et les Verts où je pressentais que Mélenchon allait prendre une claque et les verts se refaire la cerise.

 

Les annonces sur l’abstention, à mon image, montraient une masse de votants réguliers hésitants : moi qui votait à gauche je ne me sentais pas d’humeur à la faire cette fois-ci.

 

Ce qui m’étonnait c’est l’absence de flair de la majorité présidentielle sur l’effet glyphosate tout en me disant que j’étais sans doute trop influencé par les réseaux sociaux.

 

Bref, lorsque les % de participation sont tombés là mes intuitions semblaient se confirmer : les verts allaient servir de réceptacle des déçus de la gauche.

 

Les résultats :

  • Le FN confirme et est le principal bénéficiaire de l’effet gilets jaunes ; bravo la cohorte des sociologues de gôche, le peuple mon cul il n’a pas la gueule de l’emploi !

 

  • Macron résiste car il bouffe à deux râteliers : LR modéré et PS sociaux-démocrates.

 

  • Jadot doit relativiser sa victoire, en son temps Cohn-Bendit fit un très bon score avant que les démons verts dilapident ce capital.

 

  • Mélenchon prend une branlée méritée : l’effet gilets jaunes a jeté dans les bras du FN les protestataires antisystèmes.

 

  • Wauquiez est sur un siège éjectable.

 

  • Le PS s’est hollandisé il est à son étiage haut.

 

  • Hamon est subclaquant.

 

  • Le PC au trou.

 

  • DLF et la piétaille Frexitienne à la poubelle.

 

  • UDI qu’est-il allé faire dans cette galère ?

 

  • L’étonnant score du parti animaliste 2,2%.

 

Au plan européen, nous avons avec les Hongrois, les Italiens, le bonnet d’âne mais la vague populiste est contenue par une forte poussée verte en Allemagne surtout.

 

La fille du borgne, l’escroqueuse du fric européen, demande la dissolution de l’assemblée nationale : pourquoi faire ? Elle ne le sait même pas.

 

Rassurez-vous, samedi prochain les gilets jaunes seront à nouveau dans la rue, chacun va reprendre sa posture, son petit couplet, les européennes oubliées, nous allons continuer de râler, les sociologues d’analyser leur nombril, Onfray le bien nourri de se prendre pour un visionnaire, Macron dans sa tour d’ivoire, Mélenchon dans ses obsessions, Hollande dans son fiel, la France quoi alors que pendant ce temps-là les Chinois occupent l’espace face à un Trump qui flambe avant d’être réélu et se consumer.

 

Au fait mais où sont les Anglais ?

 

La palme d’or à « May n’a pas atteint Juin ! »  

 

À tous les grands perdants de ces élections ... L’esprit de Winston Churchill n’est jamais bien loin: «Le succès c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme.» 🤔

 

 

Elections européennes 2019 : Allemagne, Espagne, Hongrie, les estimations pays par pays

Le taux de participation est « le plus élevé en 20 ans », avec une estimation de 51 % pour les 27 pays de l’UE, sans le Royaume-Uni.

Le Monde avec AFP 

ICI 

ICI 

Diaporama.

Résultats européennes 2019 : les unes de la presse internationale

 

Européennes au Royaume-Uni : victoire écrasante du Parti du Brexit, précurseuse d’un « no deal » ?

ICI 

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27 mai 2019 1 27 /05 /mai /2019 06:00
Pourquoi les pieds sentent-ils le fromage ? Au Victoria & Albert Museum de Londres vous aurez la réponse on va y exposer des fromages faits à partir de bactéries humaines…

« Quand on passe les bornes, il n'y a plus de limites. » Alfred Jarry, Alphonse Allais… Je ne sais… mais ce que je sais c’est qu’à l'occasion de la toute nouvelle expo au Musée Victoria & Albert à Londres, portant sur l'avenir alimentaire, une expérience cherche à tester nos limites : un fromage fait à partir de bactéries humaines !

 

Alors, on goûte ou pas ?

 

Des fromages faits à partir de bactéries humaines, récoltées depuis les aisselles, les orteils, les nombrils et les narines de célébrités. Plutôt fou, non ? Parmi les premiers volontaires pour cette expérience, le célèbre chef cuisinier Heston Blumenthal et le bassiste de Blur, Alex James. Les fromages qui résultent de leurs bactéries seront donc présentés à la nouvelle exposition du Victoria & Albert Museum à Londres.

 

Appelée « Food: Bigger than the Plate », l’expo est un ambitieux projet qui compte tout explorer ; des fermes urbaines et de la gastronomie, à la politique et le développement durable du système alimentaire. Et parmi tout cela, sera exposé le “fromage d’humain” en tant qu’expérience, menée par la biologiste de synthèse Christina Agapakis et l’artiste olfactif Sissel Tolaas. 

 

Durant ces derniers mois, cinq fromages ont été laissés “mâturer” dans une cave spécialement créée à cet effet, dans un laboratoire de Londres. Pour leurs fromages, les célébrités ont donc choisi d’être recréées dans des fromages spécifiques : le musicien de Blur en fromage Cheshire, le chef Heston Blumenthal en Comté, le rappeur britannique Professor Green en Mozzarella, et le chanteur de Madness en Jeune Cheddar.

Fromage Bactéries Humaines Crédits : Open Cell

 

La suite ICI 

 

Pourquoi les pieds sentent-ils le fromage?

 

  • Un milieu propice à la multiplication de bactéries

 

Les pieds transpirent, et dans des chaussures, de l'eau s'accumule, formant ainsi un environnement chaud et humide. Cet environnement est propice à la croissance et à la multiplication de bactéries.

 

En plus d'une bonne température et d'une bonne humidité, les bactéries ont besoin de nourriture pour se reproduire. La peau est justement couverte d'une telle nourriture sous la forme de cellules mortes (de peau) et de kératine qui est une famille de protéines qu'on retrouve dans la peau, les ongles et les cheveux.

 

L'environnement décrit ci-dessus est très prisé par deux bactéries en particulier: Brevibacterium epidermidis et Brevibacterium casei. Elles font toutes deux parties d'une grande classe de bactéries, le genre Brevibacterium, et elles ont tendance à coloniser les pieds, chaussettes et chaussures.

 

  • Les Brevibacteria produisent des composés sulfurés volatils

 

Comme toute machine vivante, les Brevibacteria transforment leur nourriture en de nouveaux composés chimiques. Parmi eux, on trouve des composés volatils sulfurés, les S-méthyl thioesters, tels que l'acide isovalérianique. Ce sont eux qui ont une odeur forte de fromage. On retrouve également ces composés dans d'autres contextes. Par exemple, si tu manges des asperges, ton urine va sentir bizarre en raison de S-méthyl thioesters. En résumé, les S-méthyl thioesters puent.

 

  • Utilisation de Brevibacteria dans la fabrication de fromages

 

La raison pour laquelle on associe l'odeur associée aux produits générés par les Brevibacteria à celle du fromage est que ces bactéries sont justement utilisées dans la fabrication de fromage. Pas les Brevibacterium epidermidis, ni Brevibacterium Casei. Mais des bactéries du même genre, comme Brevibacterium linens.

 

« Lorsque les scientifiques ont vu des microbes sous leurs microscopes au 19ème siècle, ils ont réalisé que quelques-uns étaient la cause de certaines maladies. Des processus pour tuer ces bactéries se sont alors développés, tels que la pasteurisation de la nourriture et la stérilisation des instruments médicaux, qui ont sauvé d’innombrables vies humaines. Mais avec ces mauvaises bactéries, nous détruisons quotidiennement quelques-unes qui peuvent être cruciales pour notre bien-être et notre résistance immunitaire. »

 

Et avec ça vous boirez bien un vin qui pue foulé par les pieds de la vigneronne ou du vigneron ?

 

Where?

 

The Victoria & Albert Museum, Cromwell Rd, Knightsbridge, London SW7 2RL

 

When?

18 May-20 October 2019

 

How?

Advance tickets are £17, concessions from £13

 

Urban Mushroom Farm © GroCycle

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26 mai 2019 7 26 /05 /mai /2019 07:00
«Dans la solitude des champs de coton» le chef-d’œuvre de Bernard-Marie Koltès, Grande Halle de la Villette, Mata Gabin Charles Berling…

C’est ainsi, à chaque fois que je me retrouve face à la Grande Halle de la Villette, je pense à l’impéritie des Ingénieurs du Génie Rural et aux politiques qui n’ont rien compris à l’évolution de l’abattage des animaux en érigeant une cathédrale de béton à la Villette.

 

 

Le chantier est arrêté en 1971. L’ensemble des activités du site sera supprimé trois ans plus tard. Excepté la Grande halle de la Villette et quelques autres éléments comme la fontaine aux Lions de Nubie, la totalité des bâtiments est démoli. (Voir plus bas)

 

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Ce jeudi soir, l’air est doux même si nous sommes bien loin d’un beau mois de mai ; les gens baguenaudent au flanc de la Grande Halle, souriants, détendus, les gens qui vont au théâtre, qui plus est voir Dans la solitude des champs de coton, portent en eux des trésors en voie d’extinction.

 

Dans la solitude des champs de coton n’est composé que d’une seule scène dans laquelle on assiste à la rencontre et à la discussion que vont avoir les deux personnages de la pièce : Le Dealer et Le Client. L’action se situe dans un lieu désert et indéterminé à une heure elle aussi indéterminée de la nuit. Les deux protagonistes dialoguent par le biais de longues tirades, sauf à la fin où le dialogue s’accélère.

 

À noter que Patrice CHEREAU a mis en scène cette pièce trois fois. D’abord au Théâtre des Amandiers à Nanterre en 1987 avec Laurent MALET (le client) et Isaac DE BANKOLE (le dealer). Puis en 1990 il reprend lui-même le rôle du dealer, et enfin en 1995 où Pascal GREGGORY prend le rôle du client (Molière de meilleure mise en scène en 1996).

 

La salle est pleine, nous sommes bien placés.

 

 

« Dans un décor monumental où les lumières jouent avec les ombres, le dealer est une femme androgyne qui se fond dans les ténèbres et l’acheteur un homme blanc en costume de ville. Dans une danse bestiale faite d’avancées, de frôlements, de reculades, de chuchotements, de cris, de défis, de replis, ces deux- là ne peuvent tout simplement pas s’éviter. Ni se confondre. Un affrontement sado-maso poétique, tout en rudesse et fragilité. »

 

« Aussi belle que complexe, la langue de Bernard-Marie Koltès est piégeuse pour quiconque veut se l'approprier. Sans pour autant en briser le mystère et en purger la poétique, Berling parvient à la rendre limpide. Le joli duo qu'il forme avec Mata Gabin confère à ce texte difficile une clarté nouvelle et met l'excellence du dramaturge français à la portée de tous.

 

Plutôt que deux monologues qui se répondraient en écho, Berling transforme l'échange entre le dealer et son client en un véritable dialogue. Se succédant à un rythme effréné dans les positions de dominant et de dominé, ils se lancent dans une joute verbale où l'attraction et la répulsion s'entremêlent jusqu'à conduire à un inévitable conflit. 

 

 

De prime abord surprenant- les deux protagonistes étant habituellement le miroir l'un de l'autre -, le choix d'un duo masculin-féminin se révèle pertinent. Quand Mata Gabin exhibe toute sa force oratoire, Charles Berling la joue plus en finesse, inversant par là même les attributs traditionnels des deux genres.»

 

Un tout petit peu plus d’une heure d’un grand bonheur, transporté, accroché par cette lutte de mots, extirpé du quotidien, tiré vers le haut, touché au plus profond, au cœur, à la tête, loin du  réalisme cru je me laisse prendre par la poétique du texte puissant, violent, organique, orgasmique… Je partage cette fusion…

 

Ne me traitez pas d’intello sinon je vais me fâcher tout rouge

 

Que se disent ces deux-là ?

 

« Des choses à la fois les plus banales et les plus belles qu’il soit, dans la langue élaborée et cadencée de l’auteur, à savoir que l’on peut tout autant s’aimer que se haïr, selon les circonstances, l’heure ou l’endroit. Seul, le désir qui a force de loi existentielle mène la danse et conduit les êtres vers leur destin. »

 

« Alors ne me refusez pas de me dire l’objet, je vous en prie, de votre fièvre, de votre regard sur moi, la raison, de me la dire ;  et s’il s’agit de ne point blesser votre dignité, eh bien, dites-la comme on la dit à un arbre, ou face au mur d’une prison, ou dans la solitude d’un champ de coton dans lequel on se promène, nu, la nuit ; de me la dire sans même me regarder », invoque patiemment le dealer.

 

« Le Dealer

 

[…] Deux hommes qui se croisent n’ont pas d’autre choix que de se frapper, avec la violence de l’ennemi ou la douceur de la fraternité. […] ».

 

« Le Dealer

[…] parce qu’on n’inflige que les souffrances que l’on peut soi-même supporter, et que l’on ne craint que les souffrances qu’on n'est pas soi-même capable d’infliger. […] ».

 

Fin

 

« Un deal est une transaction commerciale portant sur des valeurs prohibées ou strictement contrôlées, et qui se conclut, dans des espaces neutres, indéfinis, et non prévus à cet usage, entre pourvoyeurs et quémandeurs, par entente tacite, signes conventionnels ou conversation à double sens - dans le but de contourner les risques de trahison et d’escroquerie qu’une telle opération implique - , à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, indépendamment des heures d’ouverture réglementaires des lieux de commerce homologués, mais plutôt aux heures de fermeture de ceux-ci. ».

 

Applaudissements !

 

Les saluts rituels.

 

Les habituels pressés sortent alors que les applaudissements crépitent, quel manque de respect pour les acteurs, même s’ils n’ont pas aimé ces grossiers pourraient rester quelques minutes de plus le cul visser à leur fauteuil sans applaudir. Sans doute leur estomac prime sur leur savoir-vivre.

 

Merci Mata Gabin Charles Berling…

 

 

Bernard-Marie KOLTES (1948/1989) est un dramaturge français. Il fait des études de scénographie au Théâtre National de Strasbourg. Il effectue aussi de nombreux voyages notamment en Amérique du Sud, en Afrique et à New York qui vont être une grande source d’inspiration dans l’écriture de ses œuvres.

 

En 1977, il écrit et met en scène La nuit juste avant les forêts qui sera présentée au Festival Off d’Avignon la même année avec Yves FERRY dans l’unique rôle de la pièce. Il s’agit d’un long monologue, d’une seule phrase, adressé à un personnage muet. C’est son premier succès en France et en Europe.

 

En 1979 il écrit Combat de nègre et de chiens, mis en scène en 1983 par Patrice CHEREAU qui deviendra son metteur en scène quasi attitré. Le succès est mondial. Il collabore à nouveau avec Patrice CHEREAU en 1985 pour Quai Ouest et Dans la solitude des champs de coton.

 

En 1988, il écrit Roberto Zucco qui reste aujourd’hui sa pièce la plus jouée de par le monde.

 

Il meurt en 1989 du virus du Sida.

 

 

Devenus symboles de gaspillage, les abattoirs de la Villette ferment leurs portes le 15 mars 1974.

 

Ils ont été construits par Baltard à l’époque de Napoléon III. En 1959, on décide de les reconstruire. Le but ? Installer un marché d’intérêt national de la viande. Mais rien ne se déroulera comme prévu. En 1961, les travaux commencent. Mais le chantier prend du retard et ce n’est que trois ans plus tard, en 1964, qu’est achevé le bâtiment de stabulation et en 1967 que se finit la construction du bâtiment des abattages, prévu pour produire 450.000 tonnes de viande.

 

Entre-temps, les coûts s’envolent et, surtout, avec le développement du transport frigorifique, l’abattage sur les lieux d’élevage est devenu beaucoup plus rationnel… Le chantier est arrêté en 1971. L’ensemble des activités du site sera supprimé trois ans plus tard.

 

Excepté la Grande halle de la Villette et quelques autres éléments comme la fontaine aux Lions de Nubie, la totalité des bâtiments est démoli. Aujourd’hui, cet espace de 55 hectares situé entre deux portes de Paris est occupé par des lieux d’études, loisirs et distractions, comme le Parc de la Villette, la Cité de la musique, la Cité des sciences et de l’industrie et le Zénith.

 

 

M. Pierre Marcilhacy : Monsieur le président, messieurs les secrétaires d’État, mes chers collègues, je voudrais qu’il fût bien entendu que c’est le sénateur qui prend la parole et non l’ancien président de la commission d’enquête sur l’affaire de La Villette, qui a fini de remplir sa mission le jour où, le 24 avril 1971, le rapport a été publié à la suite d’un vote du Sénat.


Qui est responsable de ces décisions successives ?

 

A l’origine le conseil de Paris, décision qu’on ne discute pas, veut moderniser les abattoirs de La Villette. Il décide de maintenir La Villette. C’est peut-être une erreur ; cela ne me regarde pas. Le Gouvernement y raccroche le marché d’intérêt national. Attention ! Il s’agit bien là d’une décision gouvernementale. Un marché d’intérêt national, c’est très grave, parce que, pour qu’un tel marché fonctionne, il faut lui donner les moyens de s’approvisionner. Il faut donc prendre en même temps les mesures qui doivent lui permettre de tourner. En effet, on ne demande pas aux abattoirs de gagner de l’argent, mais de tourner. Ce qui est effrayant, c’est qu’on a construit un outil qui ne pourra jamais servir. Ce n’est pas parce qu’on abat quelques tonnes de viande que l’affaire marche. Ce n’est pas vrai. C’est une absurdité.

 

Tout le processus est décrit dans le rapport et comme le ministre de tutelle est celui de l’agriculture, je suis obligé de dire que la responsabilité politique incombe au ministre de l’agriculture de l’époque. Cependant, je dois reconnaître que, dans la dernière période, sa responsabilité est diminuée puisqu’il est arrivé en prenant le train en marche et qu’il a souvent essayé de l’arrêter. Je trouve, sauf erreur, les noms de MM. Pisani, Edgar Faure, Boulin, Duhamel et Cointat. Je ne peux pas raisonner autrement et, si je suis obligé de vous donner ces noms, monsieur le secrétaire d’État, c’est parce que vous allez être amené, je l’espère, à sanctionner ces fautes administratives.

 

Or, quelle peut-être la position de ces administrateurs — le reste, je ne veux pas le savoir — maladroits, incompétents ou négligents ? Ils pourront dire : « Nous n’avons fait qu’exécuter une décision politique qui venait de très au-dessus de nous. Nous n’avions qu’à claquer des talons et à passer à l’exécution. Si vous dites que le projet a échoué et que nous avons dilapidé 100 milliards d’anciens francs, prenez-vous en à d’autres qu’à nous. » Et ils auront raison ! Cette affaire met en cause toute une série de procédés qui interviennent dans la gestion des affaires de l’État.


 

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25 mai 2019 6 25 /05 /mai /2019 06:00
Ha ! Qu’ils étaient jolis nos petits vins de pays à jamais disparus au profit d’1 affreux sigle, pour me consoler je bois du vin de pays suisse : les noces de la Madeleine  « argnou » 2016 Domaine de Chèrouche

Dans le temps, comme le disait le pépé Louis pour déplorer le modernisme qui avait rangé ses grands bœufs blancs au rang des accessoires inutiles y’avait dans notre vieux pays de vigne une hiérarchie bien établie : tout en haut les AOC, au-dessous les VDQS enfants de Philippe Lamour, puis en descendant encore les vins de pays et tout en bas les VCC, vins de consommation courante rebaptisés vin de table.

 

À l’intérieur des vins de pays y’avait trois catégories, ceux de zone, ceux de département et les régionaux, soit 152 en tout.

 

Les départementaux bébés de la coopération sudiste étaient considérés par les négociants comme le jaja en bib pour le populo, les régionaux dominés par la créature du Grand Jacques Gravegeal, les vins de pays d’Oc, se la jouaient déjà en petit frères des grandes AOC, enfin mes chouchous : les vins  pays de zone.

 

J’aimais leurs dénominations : vin de pays des collines de la Moure, des côtes de Thongue, vallée du paradis, vicomté d’Aumelas, d’Urfé, des Allobroges, coteaux du Grésivaudan, des sables du Golfe du Lion, du Pont du Gard, du Mont Baudile, des coteaux de Peyriac, Saint Guilhem le désert…

 

Elles existent toujours mais on leur a accolé un sigle : IGP.

 

L’IGP ça sonne comme la GP, la Gauche Prolétarienne de Benny Lévy, de son frère Tony, d’Olivier Rolin, de Serge July, d’Alain Geismar, de Jean-Paul Cruse, de Jean-Pierre Le Dantec, de Robert Linhart.

 

La GP de La Cause du peuple de Jean-Paul Sartre.

 

Les « nouveaux barbares » étaient en retard ce qui leur laissait tout le loisir de contempler quelques beaux spécimens de petits culs des beaux quartiers qui cherchaient des mains prolétariennes, rudes et calleuses, pour connaître le grand frisson que seules les « larges masses », fleurant bon la sueur et le cambouis, pouvaient leur procurer. Ils ne raillaient pas, elles n’attendaient que ça. Les têtes d’œufs de la GP, sinistres, fuyaient le sexe considéré comme la faille suprême où la pureté révolutionnaire risquait de s’engloutir, se diluer, alors ils combattaient et réprimaient les délices de la chair comme l’opium des fils de bourgeois en quête de rédemption des maîtresses de leurs pères et des amants de leurs mères. Cet ascétisme ne pouvait que profiter à ceux qu’ils vénéraient : les prolos. L’érection des damnés de la terre en phares de la Révolution les plaçaient en position de se servir à volonté au grand festin du cul. Les sources de basse-police brodaient avec délectation sur les parties de jambes en l’air entre les belles héritières et la nouvelle race des élus dans les alcôves des grands appartements du Triangle d’or. On aurait cru qu’ils tenaient la chandelle les balourds des RG.

 

Je déborde, je déconne, je radote, je raconte un temps que les jeunes ne peuvent pas connaître même s’ils peuvent encore voir s’ébrouer sur les plateaux des médias l’un des derniers spécimens de ces visionnaires : l’incomparable Gérard Miller.

 

Laissons là ces détritus de l’histoire pour nous pencher sur le tombeau des vins de pays.

 

Pays, paysans, c’est dans l’air du temps, les vaches, les cochons, les couvées, les vertes vallées non glyphotasées, la nature, la bouse de vache, les cornes d’abondance, les vins nus, les carottes et les navets comme du temps du pépé, l’heure solaire, les toilettes sèches, le coq qui chante sur le tas de fumier, la vie rêvée.

 

Je n’irai pas à la Toussaint  déposer un pot de géranium sur le tombeau des vins de pays car j’ai trouvé chez nos voisins helvètes un vin de pays de Suisse.

 

Historique en Suisse

 

Le système AOC viticole suisse est fort de 63 appellations placées sous la responsabilité des 26 cantons qui jouissent de leur autonomie dans les choix de mises en œuvre de la législation fédérale.

 

Ce système est-il suffisamment résilient pour faire face aux impératifs du marché constitué pour plus de 2/3 de vins importés?

 

Comment le faire évoluer dans le respect de nos valeurs communes, dans l’intérêt des producteurs actuels et futurs et en adéquation avec les attentes des consommateurs ?

 

Evolution des réglementations

 

La première réglementation fédérale visant à structurer la production viticole remonte à 1957 avec l’introduction du cadastre viticole. Il faudra attendre 35 ans pour qu’un système d’appellations d’origine soit introduit au niveau fédéral, suivant ainsi l’initiative de quelques cantons pionniers (GE, 1987). Dès 1992, les relations bilatérales engagées avec l’Union Européenne nécessitent une évolution plus régulière du cadre légal pour aboutir en 2008 à son renforcement. En 2018, la Suisse viticole compte 63 AOC fondées sur le droit fédéral et qui se différencient au plan cantonal selon les droits de coupage, les rendements et les pratiques œnologiques.

 

1957-1997 (40 ans)

 

1957 cadastre viticole (interdiction de planter en dehors du cadastre)

1979 teneur minimale naturelle en sucre des moûts

1993 AOC au niveau fédéral, indication de provenance, 3 catégories de moût

1995 contingents globalisés (1’700'000 hl/an)

 

1997-2010 (13 ans)

 

1997 AOP/IGP pour les produits agricoles, sauf le vin

2002 accord agricole avec UE : indications géographiques viticoles reconnues mutuellement, interdiction coupage avec vins étrangers.

2004 suppression des (simples) appellations d’origine (délai transitoire jusqu’en 2008)

2008 AOC = cadre fédéral avec législations cantonales, renforcement des critères VDP et VDT = législation fédérale (et cantonale pour VDP avec mention traditionnelle

 

2018

 

63 AOC en Suisse, législations cantonales. Critères de différenciation : coupages, rendements, pratiques œnologiques

 

https://swisswine.ch/sites/default/files/aop_igp_figure_2.jpg

 

2.2 Evolution possible dès 2022

 

Dans son exposé, Pierre Schauenberg, responsable Produits, Office fédéral de l'agriculture (OFAG), rappelle que la réforme proposée a été initiée par la Confédération notamment pour améliorer la compatibilité du système suisse avec celui des autres pays européens. Cette réforme prévoit l’introduction d’une nouvelle classification des vins suisses à partir de 2022, fondée sur le système européen des indications d’origine (IG) :

 

Vins avec IG

Avec appellation d’origine protégée (AOP)

Avec indication géographique protégée (IGP)

 

Vins sans IG

Les vins suisses rejoindraient ainsi le système de classification en vigueur pour les produits alimentaires d’origine agricole, utilisé en Suisse depuis 2007.

 

La Suisse va-t-elle elle aussi succomber  au mal des sigles ?

 

J’en ai bien peur !

 

En attendant ce jour funeste je me replie sur le Domaine de Chèrouche    qui, avec les noces de la Madeleine  « argnou » 2016 vin de pays suisse, m’enchante, me régale, m’extasie, me fait toucher du palais le paradis.

 

 

Un rouge extraordinaire... Assemblage de Gamay et Pinot Noir au fruit délicat et à la matière presque vaporeuse.

 

C’est mon chouchou !

 

 

Tout petit domaine mais très grande renommée !

 

« À peine deux hectares de vignes situées dans la région du Valais (Suisse) à une altitude d'environ 650m; travaillées de manière entièrement naturelle par Marc Balzan et Andrea Grossmann; couple de talentueux vignerons adeptes de la biodynamie.

 

On ne saurait dire si travailler les vignes ici relève de la passion ou de la folie (ou des deux !) mais ce qui est certain c'est qu'il faut un courage à toute épreuve pour piocher, entretenir les murets de pierre sur des pentes à 35°; dans une zone où les températures dépassent parfois les 40° en été. » 

 

LES VIGNES

 

LES ACTEURS

Marc Balzan

Andrea Grossmann

ICI 

 

 

Adresse
Domaine de Chèrouche
Chemin de Brohenne 11
1966 Argnou

027 398 37 09

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24 mai 2019 5 24 /05 /mai /2019 06:00
Quand t’as Xavier Niel dans ton tour de table à 1,5 millions d’€ tu ne viens pas taper 1 pauvre Taulier : EPC, la jeune start-up de Champagne d’Alain Edouard, ce n’est que de la mousse éventée !

Quand tu pètes plus haut que ton cul tu prends le risque de subir en retour une douche froide, en langage plus diplomatique c'est la fable de la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf. Le modèle champenois avec son kg de raisin, son S.V.C puissant, ses grandes maisons, son brut sans année, a permis à la viticulture de cette région de vivre des jours heureux, même les grosses coopératives : Nicolas Feuillatte, Jacquard ont copié-collé le modèle. Depuis quelques années une poignée de vignerons se sont défait des rets de ce modèle, ils voguent dans le nouvel univers des vins authentiques. Certaines grandes maisons ont senti le vent, elles produisent à côté de leurs cuvées à prix stratosphériques des cuvées flirtant avec le bio, le  zéro dosage...  

 

Les bulles plaisent, les manants du Prosecco, du Cava, taillent des croupières aux champagnes du bas ; les fameux millénium se lichent du Spritz, des pet'nat, des vins nus plein de gaz... On transgresse, on se fout des codes immémoriaux, on ne déguste pas on boit.  

 

Bref, on aurait pu penser que ce nouveau marché intéressa les fameuses start up qui prolifèrent, durent le temps que durent les roses après avoir généreusement bouffé tout le pognon levé. Hé bien, non, c'est sur une vieille haridelle qu'un groupe de nouveaux riches s'est attelé. Ils ont créé une marque de champagne digitale, c'est chic et choc et, pour ce faire, ils ont levé un gros paquet de pognon.

 

Je vais vous en conter l'histoire, une histoire à laquelle je fus associé à l'insu de mon plein gré.

 

Exemplaire !

 

Acte 1 : Comme Macron m’a raclé ma CSG sans m’exonérer de ma taxe d’habitation je suis au regret de ne pouvoir mettre mon blé dans l’opportunité unique d'investir dans une maison de Champagne digitale Alain Edouard

 

Sur la Toile faut s’attendre à tout lorsqu’on est comme moi un VB, vieux blogueur, un VC, vieux con, un VD, vieux débile qui crache sa bile comme dirait l’immense Mimi, mais un qui a aussi le bras très long, un influenceur de Première League, un gars un peu lu.

 

Je vous livre, brut de décoffrage, sans commentaires, ça vaut mieux, le gars qui me donne du Jacques comme si nous avions gardé les vaches, ne doit pas me lire, la dernière proposition, qu’on vient de me faire, elle est tombée à 9 h 32 le 2 octobre

 

Bonjour Jacques,

 

Je me permets de vous contacter afin de vous soumettre un projet unique et atypique d'investissement : le champagne Alain Edouard !

 

**il reste mois d'1 mois pour participer à ce tour de 1,2M€, dont 800K€ sont commit (liste des investisseurs plus bas) **

 

Petite relance :

 

Bonjour Jacques,

 

Désormais 950k sont commit, 150k de plus depuis lundi.

 

Nous cherchons encore 250k€ pour compléter ce tour d'1,2M€ dont le closing est prévu fin octobre.

 

Je me tiens à votre disposition pour organiser un call avec Edouard - avant qu'il ne soit trop tard !

 

Très bonne journée à vous,

 

A bientôt j'espère.

 

Bien évidemment, que serais-je allé faire dans cette galère verbeuse, bourré jusqu’à la gueule d’un sabir marketing de sous-école de commerce, prétentieuse, et surtout pour moi totalement à côté de la plaque des nouvelles tendances dans les bulles.

 

Donc, je me contentai d’ironiser sur mon blog mais comme j’avais joint la fiche financière mon interlocuteur me supplia de retirer ma chronique :

 

« C’est très ennuyant pour Édouard qui ne souhaite pas que ces informations soient divulguées de cette façon.

Est-ce que vous accepteriez de retirer votre article ?

Ce serait une grande aide pour moi, ainsi que pour Édouard ! »

 

Bon prince, ne voulant pas la mort du pécheur j’ai retiré du fil de mon blog ma chronique.

 

Acte 2 : la bourrée auvergnate pour le retour du blida censé dépoussiérer le champagne

 

Et puis, la communication étant comme la bourrée auvergnate l’art de danser avec de gros sabots, la start-up vient de sortir du bois sans cette fois-ci avoir recours à mes services de grand influenceur.

 

La Champagne de Sophie Claeys

 

« Oubliez tout ce que vous savez sur le Champagne. Finies les cuvées qui mélangent tant de crus qu’on s’y perd, finis les champagnes avec des surplus d’additifs, finie la consommation poussiéreuse et sacralisée datant d’un autre temps. Le Champagne EPC propose une nouvelle approche. »

 

Avec une telle accroche, voici la nouvelle façon de vendre du champagne d’EPC, une jeune start-up de Champagne, qui vient de lever 1,5 millions d’euros afin de financer son lancement. Xavier Niel (Kima Ventures), Cédric Siré (Webedia) et Cédric Sellin (Aruba Networks) font partie de ce tour de table. Le Groupe Richard est quant à lui distributeur partenaire du lancement. EPC est le fruit de la réflexion d’Edouard Roy, un entrepreneur passionné et de Jérôme Queige, développeur de marques en champagne (ex directeur commercial du champagne Jacquart). Edouard Roy, âgé de 28 ans, est fils et petits-fils de vignerons de Bethon. »

 

La suite ICI 

 

Ça vaut le détour je vous assure.

 

C’est du lourd !

 

Comme le dit un commentateur « Rien de nouveau sous les ceps de vigne »

 

Un autre « J'ai rien compris ! Derrière ce gros bullshit marketing ils ne font au final que du champagne ?!

Mon moment préféré "proposer une nouvelle expérience de consommation pour libérer le champagne de ses codes" ... Magique »

 

Un dernier pour la route « Ces jeunes consommateurs commenceront dans des blidas et finiront dans des Zaltos... avec le temps. C'est la vie. Et comme ils partent "de loin" ils découvriront le grand frisson »

NB. Les blidas ... ce sont des petits verres sorte de verres à liqueurs... et les zalto , ce sont les verres que nous avons quand on vous venez..

 

« Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. »

 

Cette petite phrase, oh combien d’actualité, est pourtant due à un homme politique. Elle est du petit père Queuille, en réalité Henri Queuille, plusieurs fois président du conseil (même pendant deux jours en 1950) et également ministre des finances et de l’intérieur sous la 3eme république. Il fut même ministre et secrétaire d’Etat plus de trente fois ! Un véritable professionnel de la machine politique, et sa fameuse petite phrase est incontestablement le fruit d’une expérience professionnelle riche.

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