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15 mars 2020 7 15 /03 /mars /2020 07:00

Le comédien et metteur en scène Didier Bezace ici au Château de Grignan pour les Fetes Nocturnes 2015. (DELALANDE RAYMOND/SIPA)

Didier Bezace, comédien, metteur en scène, directeur de théâtre, fervent défenseur de la décentralisation ayant une haute idée de la culture déliée de l'audimat est mort à son domicile parisien, ce mercredi 11 mars 2020, à l’âge de 74 ans.

 

J’aimais beaucoup ce que faisait cet homme.

 

Grand moment de théâtre lorsqu’en 2004 j’ai pu, au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers, être le spectateur d’Avis aux intéressés de Daniel Keene qu’il avait mis en scène, avec Gilles Privat, Jean-Paul Roussillon. La pièce a reçu le Prix de la critique pour la scénographie et une nomination aux Molières pour le second rôle.

 

Un très grand moment de théâtre : « Les spectateurs bouleversés restent assis, abasourdis à la fin du spectacle. »

avis aux intéressés - Théâtre de la Commune

Le vieil homme (JP Roussillon) arrive au terme de sa vie. Il le sait. Les médecins lui ont donné trois mois. Il a pris rendez-vous à l’hôpital. Il aura une chambre, des draps propres, des médicaments pour calmer la douleur. Des gens vont s’occuper de lui. Léo (Gilles Privat) le regarde, les yeux vides. Léo est un enfant attardé. Il a quarante ans.

 

Que faire de lui?

 

Qui s’occupera de son fils après lui?

 

Ce qui frappe dans l’écriture de Keene est l’apparente banalité de ses phrases. Avis aux intéressés est une pièce courte où les silences éloquents répondent à des phrases brèves, faussement insignifiantes. Le vieil homme s’est retiré du monde, s’enfermant dans sa relation avec son fils. L’imminence de sa mort le force à sortir de son silence pour trouver une solution confortable pour lui et son fils. Daniel Keene conduit ses personnages dans différents lieux de rencontre parallèles, une banque, une gare, une salle d’attente. Le père parle. Ces quelques phrases, au vocabulaire simple, charrient toute une vie, tout un destin aliéné.

 

Didier Bezace parle très bien de la pièce:

 

«... l’Amour. Cette découverte rédemptrice constitue le vrai dénouement de la pièce».

 

Didier Bezace réalise un chef-d’œuvre de mise en scène.

 

La pièce se déroule dans beaucoup de lieux, en autant de petites saynètes, et même comme des clignements d’yeux. La silhouette penchée du vieil homme affligé, ou bien suivi par son fils, l’homme attablé dans sa cuisine, écrivant une missive, sont comme des vignettes de dessin aux traits vifs. Didier Bezace a imprimé des images fortes sur le texte de Keene, il y a une part d’enfance tragique dans cette fable.

 

Jean-Paul Roussillon est un immense comédien, on le sait. Mais ce qu’il y a de remarquable avec les grands comédiens est qu’ils nous surprennent encore. La force de son talent est telle que l’on oublie qu’il s’appelle Roussillon. Pendant la pièce, il est le père, tout simplement, il n’a pas de prénom, il est le père fatigué, usé, lié à son fils par les liens physiques, une relation basée sur les demandes du corps de son fils, le froid, la chaleur, la faim, le sommeil. Roussillon, à la diction inimitable, donne à chaque syllabe son sens. En face de lui, Gilles Privat interprète Léo. Il est surprenant.

Mort du célèbre Didier Bezace, comédien et metteur en scène

DIDIER BEZACE, MORT D'UN BÂTISSEUR DU THÉÂTRE

Par Didier Péron et Ève Beauvallet

— 12 mars 2020

 

«On est tous des raconteurs d’histoires.» Surtout Didier Bezace, dont on apprenait mercredi la mort, trop tôt, à 74 ans, des suites d’une longue maladie. Un raconteur autant qu’un bâtisseur. L’acteur, metteur en scène, directeur de théâtre charismatique et enflammé, laisse derrière lui des souvenirs d’interprétation et de mises en scène – d’Antonio Tabucchi à Marguerite Duras – mais lègue donc aussi un bâti, des murs avec une histoire, à une nouvelle génération de spectateurs et d’acteurs soucieux de réinvestir les édifices de théâtre.

 

Voix caverneuse et granuleuse

 

Le théâtre était avant tout pour lui un art du texte dont il s’agissait toujours d’aller donner les codes de lecture à tous. Une religion qui le poussa à brandir haut et bruyamment les valeurs de la décentralisation théâtrale jusque dans la banlieue, rouge évidemment, d’Aubervilliers. De 1997 à 2003, il dirigea là-bas le Théâtre de la Commune, monta avec le maire de la ville Jack Ralite des cafés philosophiques, aiguisa son goût pour les «pessimistes gais» comme l’auteur Raymond Guérin, discuta des soirs durant au restaurant avec des spectateurs en fin de spectacle, fit tonner sa voix caverneuse et granuleuse, sur les grands textes du répertoire ou les donna en partition aux «monstres» de sa génération : Pierre Arditi en Arnolphe de l’Ecole des femmes, c’était dans la cour d’honneur du Palais des Papes en 2001.

D’une noce à l’autre - Un metteur en scène en banlieue

Le théâtre n’a pas de mémoire et ce livre n’y pourra rien. Il me donne juste l’occasion de m’arrêter un moment avant de partir et de réfléchir à une démarche artistique que j’ai construite au présent d’année en année, pendant quinze ans.

 

A travers les témoignages, les réflexions, les images, il fait ressurgir, pêle-mêle et sans volonté chronologique, des objets, des bouts d’espace, des regards, des gestes et des expressions volés sur scène... Ce sont les moments de la création théâtrale telle que j’ai voulu la vivre en banlieue à Aubervilliers, entouré d’une équipe fidèle qui m’a accompagné durant tout ce temps.

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14 mars 2020 6 14 /03 /mars /2020 12:35

L’image contient peut-être : boisson, nourriture et intérieur

L’anti-virus maison la rhum-raisins

 

 

Vu mon grand âge la puissance publique m’ordonne de rester confiné chez moi afin d’échapper au fameux virus mais demain à la première heure j’irai voter à pied.

 

Ça ne me dérange pas vu qu’à mon 9ième étage je peux vivre au grand air et que, pour faire mes courses, je n’ai nul besoin de la RATP, vu que je fais du vélo.

 

L’image contient peut-être : nourriture

 

Quand je parle de mes courses, il s’agit du pain et des denrées périssables, comme je suis amateur de pasta mes placards regorgent de tout ce qui se fait en la matière, nul besoin donc de dévaliser l’épicier du coin.

 

Les écoles ferment, les rassemblements s'annulent, les quarantaines sont appliquées. Les Français sont pourtant attendus nombreux pour voter aux élections municipales les dimanches 15 et 22 mars 2020. Entre autres mesures pour se protéger de l'épidémie de Covid-19, pas de gants, mais des mains propres et un stylo personnel, recommande notamment le gouvernement dans une circulaire le 10 mars 2020. Des mesures globales seront ainsi prises aussi bien en termes d'aménagement pur des bureaux de vote que de comportements jugés plus hygiéniques.

 

homme avec masque chirurgical et cartes d'électeur

 

Objectif : « garantir la tenue du scrutin et d'assurer la protection sanitaire des électeurs comme des responsables des opérations électorales au sein des bureaux de vote. » ICI

 

Parisien je SUIS je vais donc vous parler du scrutin à PARIS :

 

Rue Daguerre avec passants © Studio TTG

 

  1. Élections municipales à Paris: les arrondissements clés du scrutin

 

À Paris, comme à Marseille et Lyon, il faudra surveiller de près les résultats dans plusieurs arrondissements.

 

Ceux qui pourraient basculer, ceux où la droite se divise, le regroupement pour la première fois des 1e, 2e, 3e et 4e arrondissements...

 

Surprise, surprise les sondeurs ne se sont pas risqués à aller tâter le pouls des électeurs dans les arrondissements

 

  • 12e et 14: sur le point de basculer ?

 

Les 12e et 14e arrondissements, avec chacun 10 conseillers de Paris élus, sont décisifs pour les élections municipales. Ces deux secteurs devront rester aux mains de la gauche pour qu'Anne Hidalgo puisse espérer conserver l'Hôtel de Ville.

 

Outre la dimension politique, s'ajoute dans ce secteur une dimension humaine: dans le 12e, Emmanuel Grégoire, qui défend les couleurs de la liste d'Anne Hidalgo, devra affronter l'ancienne candidate socialiste dont il était directeur de campagne en 2014, Sandrine Mazetier, recrutée par la macronie à la dernière minute, en décembre. Depuis ce départ, les deux candidats prennent soin de garder leurs distances lorsqu'ils se croisent.

 

Dans le 14e, où je vote plusieurs questions se posent:

 

  • le mathématicien Cédric Villani parviendrat-il à atteindre les 10% pour maintenir sa liste au second tour ?

 

  • Avec qui la liste LREM, menée par Eric Azière (UDI) et Marlène Schiappa, fusionnera-t-elle pour le second tour, si elle le fait, après que la secrétaire d'Etat a refusé de s'allier à Rachida Dati?

 

  • Dans ce secteur, si Cédric Villani se maintient, une quadrangulaire est à attendre.

 

  •  15e, 16e et 17e: la droite divisée

 

Dans le 15e, qui fournit le plus gros bataillon de conseillers de Paris (18), où Anne Hidalgo ne se présente plus, rien ne va plus entre la candidate à la mairie de Paris, la LR Rachida Dati, et le maire LR sortant Philippe Goujon qui a refusé de la soutenir publiquement. Un refus qui a valu au candidat d'avoir une liste officielle estampillée LR en face de lui.

 

Dans le 16e (13 conseillers de Paris), 3 listes de droite s'affrontent (celle de Francis Szpiner soutenue par LR, de la maire sortante Danièle Giazzi et celle de Céline Boulay-Espéronnier, toutes deux dissidentes) au premier tour, laissant LREM espérer profiter de la division.

 

Dans le 17e, si le problème du premier tour a été réglé, reste celui du second: que fera Geoffroy Boulard, maire d'arrondissement sortant, qui s'est déchiré un temps à l'automne avec Rachida Dati, qu'il refusait de soutenir publiquement.

 

  • Fusionnera-t-il avec la liste conduite par la LREM Agnès Buzyn, candidate à la mairie de Paris?

 

  • Ou maintiendrat-il sa liste LR ?

 

  • 11e, 18e, 19e et 20e: EELV affiche ses ambitions

 

Forts d'un sondage qu'ils ont commandé dans le 20e, les écologistes visent en priorité cet arrondissement comme ses voisins, les 18e et 19e, mais aussi... le 11e.

 

Le 11e  est le plus dense de Paris, celui dans lequel les écologistes se sont beaucoup mobilisés notamment contre le projet du TEP Ménilmontant", avance un proche du candidat EELV David Belliard. Mais il y a un hic: c'est dans le 11e que s'affrontent deux candidats alliés dans la majorité sortante: Anne Hidalgo (deuxième sur la liste "Paris en commun") et David Belliard (premier sur la liste EELV).

 

  • 1er, 2e, 3e et 4e: le nouveau « superarrondissement »

 

C'est le secteur né de la fusion entre les 1er, 2e, 3e et 4e arrondissements, après l'adoption du nouveau statut de Paris. Jusqu'à présent ces mairies étaient aux mains, respectivement, de la droite LR, d'EELV, et du PS pour les deux derniers. Ils envoient au total 8 conseillers de Paris.

 

Rachida Dati, candidate LR aux élections municipales parisiennes de 2020. | Joël Saget / AFP Rachida Dati, candidate LR aux élections municipales parisiennes de 2020. | Joël Saget / AFP

 

  1. Municipales : pourquoi Rachida Dati a peu de chances de gagner Paris

 

Le POINT dans une longue vidéo épingle méchamment la carrière politique de Rachida, ça vaut son pesant de dérives...

 

Puis  Hugo Domenach explique qu’elle a peu de chances de devenir maire de Paris.

 

Si Rachida Dati a permis à la droite de relever la tête dans la capitale, il faudrait un miracle, ou un trou de souris, comme dirait François Hollande, pour qu'elle s'assoie dans le fauteuil d'Anne Hidalgo à l'issue du scrutin. Certes, les sondages donnent la candidate du parti Les Républicains devant la maire de Paris. Mais la plupart sont réalisés à l'échelle de la ville, solution la moins coûteuse pour ceux qui les commandent. Or, la course à l'Hôtel de Ville n'est pas un concours de popularité. Pour l'emporter, il faut d'abord gagner des mairies d'arrondissement. Et ce sont les listes victorieuses à l'issue des deux tours qui enverront le plus grand nombre d'élus au Conseil de Paris. Autant de grands électeurs qui voteront à l'issue d'un troisième tour pour le maire de la capitale.

 

La suite ICI 

 

  1. J’ai un faible pour Villani et sa coéquipière dans le 14e vous allez savoir pourquoi…

 

Parce que je ne suis pas sérieux, les réponses de Villani sur le foot sont des bijoux, quant à sa coéquipière allez donc demander à Hubert ce qu’il pense de sa pugnacité ?

 

Dans le QG du candidat, un appartement situé à deux pas de Notre-Dame, sa jeune équipe offre finalement un café, la discussion, et une accroche toute faite : « On est l'équipe qui s'y connaît le plus en football pour le candidat qui s'y connaît le moins. »

 

Question : pourquoi alors avoir longtemps feint l'inverse ?

 

Réponse : parce que Villani, et c'est une surprise, ne calcule pas tout très bien.

 

CÉDRIC VILLANI : « FACE À RIBÉRY, J'AURAIS L’AIR D’UN CRÉTIN ABSOLU »

 

Il s'est fait piéger une fois. Deux fois. Trois fois. Encore et encore, par des journalistes qui voyaient là une belle occasion de coincer un candidat à la mairie de Paris sur un sujet inconnu pour lui. Qu'on se le dise : Cédric Villani est une pipe en football. Alors, quand il a accepté d'en parler pendant une heure, on a foncé.

 

PROPOS RECUEILLIS PAR THÉO DENMAT VENDREDI 13 MARS

 

- On peut présumer que vous ne connaissez pas Xavi.

 

- Vous présumez bien.

 

 

- Pourtant, Xavi est le joueur de foot qui se rapproche le plus de vous. Il était surnommé « La petite fille de l’Exorciste » parce qu’il passait son temps sur le terrain à pivoter la tête pour quadriller le terrain visuellement. C’est une forme d’intelligence mathématique.

 

 

-Quand on passe dans le jeu d’équipe, toute l’analyse combinatoire est absolument fascinante. C’est d’une richesse potentielle juste extraordinaire. On peut analyser la façon de configurer, les positions relatives, les combinaisons... Dans le temps, au lancer de disque, l’Israélien Gideon Ariel faisait beaucoup de simulations et de modélisations informatiques pour améliorer ses gestes. Le physicien peut faire des calculs, mais ça n’est pas pour autant qu’il va être avantagé quand il s’agira de tirer un coup franc. L’effet est un produit de la répétition de l’apprentissage. Et les deux approches distinguent deux façons d’aborder le monde, l’une où l’on s’y confronte avec l’expérience et les outils, l’autre dans laquelle on calcule. À très court terme, c’est l’approche expérimentale qui marche le mieux. Mais si on veut avoir une précision centimétrique, évidemment l’approche scientifique sera la meilleure.

 

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- Si vous aviez les jambes de Zidane, pensez-vous que vous auriez également sa tête ?

 

- On sait bien qu’il y a un aller-retour entre le physique et le cerveau, et que la relation de l’un sur l’autre influe sur la coordination. Mais je pense que l’on peut très bien avoir une grande intelligence de jeu et pas de jambes, ou l’inverse, ou la bonne combinaison.

 

 

Son directeur de campagne intervient : Pour avoir suivi la carrière de Zidane et celle de Cédric Villani, je pense que Cédric aurait été Deschamps, pas Zidane. Parce que Zidane il y a la partie intuitive. Deschamps, on est plus dans la raison.

 

 

La suite ICI 

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14 mars 2020 6 14 /03 /mars /2020 06:00

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 Le saint curé d'Ars : art sulpicien

Le Verdon n’est pas une rivière mais vient de viridis : vert, verdoyant ajouté à Saint-Sulpice (patronage d'une chapelle dédiée depuis 1182 à saint Sulpice, évêque de Bourges (mort en 591), dont l’origine est un pré placé dans le fief de la Chabotterie.

 

Les 978 habitants sont appelés Sulpiciens, Sulpiciennes.

 

Pour Pax et JPK :

 

Au sens propre, l'art sulpicien désigne les objets que l'on vend dans les boutiques spécialisées qui avoisinent l'église du même nom à Paris : art industriel et économique, de médiocre qualité, où la mièvrerie et l'affadissement du style rassurent et portent en quelque sorte le cachet d'un art officiel, orthodoxe et sans excès.

 

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Saint-Sulpice-le-Verdon est un petit patelin vendéen situé entre les Lucs-sur-Boulogne (haut lieu de la martyrologie de la guerre de Vendée) et L’Herbergement, au sud de Montaigu (vous savez de Nantes à Montaigu la digue, la digue…) les 978 habitants (appelés Sulpiciens, Sulpiciennes) à 22 minutes en voiture de la gare de La Roche-sur-Yon.

 

Image illustrative de l’article Logis de la Chabotterie

 

Le logis de la Chabotterie :

 

  • Le 23 mars 1796, François-Athanase Charette de La Contrie, dit Charette, est capturé par le général Travot dans le bois de la Chabotterie. Une croix marque le lieu de cet événement de la guerre de Vendée.

 

  • Depuis 2004, la Chabotterie accueille La Simphonie du Marais, ensemble musical fondé par Hugo Reyne.

 

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Lorsqu’une qu'une personne part de son logement très vite et en général sans laisser d'adresse nouvelle, on dit qu’elle a déménagé à la cloche de bois.

 

L'origine de l'expression remonte au XIXème siècle où les gens « déménageaient à la ficelle » c'est à dire qu'ils partaient par la fenêtre (une corde qui permettait de sortir directement ses affaires par la fenêtre, sans se faire remarquer par le concierge)

 

Une cloche était souvent installée au-dessus des portes pour que le ou la concierge puisse surveiller les entrants et les sortants. Comme le bois ne tinte pas, l'idée derrière cette expression est donc de ne pas faire tinter la cloche, de ne pas faire de bruit en quittant un lieu.

 

Bref, jusqu’au matin du 12 mars j’ignorais que ce petit patelin où je n’ai jamais mis les pieds, abritait 1 hôtel quatre étoiles et du restaurant étoilé tenu par le sieur Thierry Drapeau. ICI 

 

 

 

Les numéros de l'hôtel quatre étoiles et du restaurant étoilé du domaine de la Chabotterie à Saint-Sulpice-le-Verdon (Vendée), sonnent dans le vide depuis bientôt deux semaines. Des clients qui ont réservé il y a quelques mois continuent de venir, mais trouvent portes closes depuis le lundi 2 mars dernier. Pour cause : le chef étoilé Thierry Drapeau a tout fermé, du jour au lendemain, sans prévenir, avant de quitter la France pour l'Asie. Il aurait, selon nos informations, licencié son personnel, emporté avec lui le mobilier, chaises, tables, appartenant au département qui lui louait le restaurant.

 

Des clients ont déjà payé

 

Sur le site internet du domaine, une phrase annonce la fermeture à demi-mot, l'espace boutique en ligne est en maintenance. Des clients qui ont néanmoins acheté ou reçu un bon cadeau il y a quelque temps pour un repas n'ont pas pu en profiter, comme le témoigne ce commentaire sur Trip Advisor, qui a depuis disparu :

 

Depuis une semaine, le restaurant et l’hôtel sont fermés. Une décision prise sans prévenir, que ce soit la commune de Saint-Sulpice-le-Verdon, ou les clients.  Même son personnel aurait été informé sur le tard. Un « scandale » pour certains qui n’apprécient pas la manière peu cavalière du restaurateur. « Incompréhension » pour les plus modérés.

 

Nouvelle vie en Asie

 

Le chef est finalement sorti de son silence ce mercredi 11 mars, et s’est expliqué sur sa page Facebook.

 

Dans ce message, Thierry Drapeau dit au revoir à sa manière aux Vendéens. Il explique un parcours de vie qui l’a poussé jusqu’à cette décision finale.

 

Le chef admet des « erreurs du passé » qu’il ne souhaite plus reproduire. Et veut désormais concilier vie professionnelle avec vie privée

 

Le restaurateur a décidé de vivre une « nouvelle vie » en Asie, avec son épouse vietnamienne et leur fils Tân. Un continent sur lequel il a ouvert un restaurant à Phnom Penh, au Cambodge, le Cheval Blanc, depuis janvier dernier, et où il s’apprête aussi à ouvrir une nouvelle table au sein du Bangkok Hôtel Gallery, en Thaïlande.

 

Partir, c’est mourir un peu. Un choix difficile de laisser derrière soi une partie de sa vie », écrit le chef. 

 

Thierry Drapeau explique avoir passé « des jours et des nuits à peser le pour et le contre » pour finalement décider « un matin, avec un pincement au cœur, que l’on ne changera pas d’avis ».

 

Il s’excuse aussi de ce départ précipité, sans expliquer pourquoi autant de mystère.

 

Une très grande pensée pour tous ceux et celles qui m’ont accompagnés et fait confiance… Pour tous ceux également qui se sentiront blessés et trahis par ce départ soudain », confie-t-il sur sa page

 

Quel avenir pour le restaurant et l’hôtel de la Chabotterie ?

 

Si une nouvelle histoire attend Thierry Drapeau à Bangkok et Phnom Penh, qu’en est-il de la table vendéenne et de l’hôtel, atouts touristiques indéniables pour la Vendée ? Questions qui  restent pour l’heure ouvertes

Paul* s'est occupé de la communication du restaurateur étoilé du domaine de La Chabotterie pendant près de deux ans. Ce dernier lui doit plus de 10.000 euros et ne l'a pas prévenu de son départ pour l'Asie. Il tente malgré tout d'expliquer son choix.

 

"Les chefs étoilés ont une très grande valeur en Asie"

 

D'après Paul, "les chefs étoilés ont une très grande valeur en Asie". Dans un message Facebook posté par Thierry Drapeau pour expliquer son choix, il fait référence à deux établissements qui portent son nom au Cambodge et en Thaïlande. "Ils ne lui appartiennent pas, il donne juste son nom", explique son ancien collègue. 

 

"En Asie, un chef étoilé peut toucher 2.000 dollars pour trois dîners (...) En France, vous avez une entreprise avec un hôtel un restaurant, vous êtes quasiment à un million 700 mille euros de chiffre d'affaires et, après les charges, vous avez à peine de quoi vous dégager le Smic", défend-il. Néanmoins, il reconnaît que Thierry Drapeau a la folie des grandeurs : il avait, raconte-t-il, dans son garage, une Maserati, une spider, une berline... 

 

Thierry Drapeau n'est pas un exceptionnel gestionnaire", Paul

Le chargé de communication, qui réclame encore plus de 10.000 euros à Thierry Drapeau, dépeint le portrait d'un "grand cuisinier qui se sert des gens et qui ne les remercie pas forcément".  D'après lui, ce "n'est pas un exceptionnel gestionnaire, ce chef avait un train de vie hors norme..." La perte de sa deuxième étoile l'an dernier, que Paul explique par les aller/retour incessants du chef entre l'Asie et la Vendée, a provoqué la chute de 25 à 30% du chiffre d'affaires du domaine de La Chabotterie. 

 

Malgré ces explications, Paul ne comprend pas pourquoi Thierry Drapeau est parti si vite. "Son idée c'était de rapatrier le restaurant au sein de l'hôtel [qui porte le même nom] parce que l'hôtel lui appartenait, il avait le projet de faire un couloir de nage à l'extérieur, un espace piscine pour attirer de la clientèle et développer un nouveau business", indique-t-il. S'il est autant déçu, c'est parce que "Thierry devait rester en France jusqu'au mois de mai, jusqu'au mariage de sa fille, en plus le bail du restaurant de La Chabotterie s'arrêtait au mois de mai... Il s'était aussi engagé à réaliser l'intégralité des bons cadeaux qui avaient été pris à Noël". 

 

Le guide Michelin reste un tremplin selon Thierry Drapeau

 

L’an dernier, le chef de La Chabotterie a perdu sa 2e étoile. Le Vendéen reste néanmoins fidèle au guide rouge. Et il travaille pour reconquérir cette étoile perdue. Pierre Dalicieux l’a retrouvé en cuisine.

LES COLONNES INFERNALES A SAINT-SULPICE-LE-VERDON EN 1794

 

C'est au mois de janvier 1794, que, pour en finir avec les royalistes, la Convention organise douze colonnes dont les commandants reçoivent les instructions officielles suivantes : ICI 
 

"Tous les brigands ... seront passés au fil de la baïonnette. On en agira de même avec les filles, femes et enfants qui seront dans ce cas. Les personnes seulement suspectes ne seront pas plus épargnées. Tous les villages, métairies, bois, genêts et généralement tous ce qui peut être brûlé sera livré aux flammes ..." Le pays de Charette sera occupé par huit de ces colonnes, si justement dénommées les colonnes infernales, placées sous les ordres des généraux Haxo, Dutruy, Cordellier, etc.


Ces généraux partent le 22 février, chacun de leurs cantonnements respectifs, à la poursuite de Charette, qui, avec son habileté ordinaire, se retire, le 25, vers Saint-Hilaire-de-Loulay. Cordellier, le premier averti de cette contre-marche, se met aussitôt en route, passe à la Chevasse et à l'Herbergement et arrive à Saint-Hilaire, mais déjà Charette a disparu, se reportant sur Saint-Sulpice et les Lucs en suivant des chemins détournés. Cordellier court derrière lui, l'atteint aux landes de Boisjarry, en Mormaison, où il trouve une défaite complète, le 28 février au matin.

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13 mars 2020 5 13 /03 /mars /2020 06:00

couverture du n°557 de 60 Millions "S?CF, tout déraille"

Les Français sont des veaux ironisait le grand Charlot (désolé pour la familiarité c’est pour la rime), ils pensent bouffer du bœuf alors que leur steak haché c’est de la vache laitière de réforme moulinée soit chez le boucher, soit dans les rayons de la GD frais ou surgelé.

 

Ce marché représente dorénavant 48 % des différents types de viandes de bœuf achetés par les ménages.

 

Résultat, plus de 52 % de la viande transformée provient des vaches de races laitières contre 28 % pour celles issues de races à viande et 15 % de jeunes bovins. Et faute d’animaux légers disponibles sur le marché intérieur, les industriels n’hésitent pas à s’approvisionner à l’étranger en carcasses et en découpes d’animaux légers.

 

La France est ainsi le principal importateur de vaches laitières européennes des Pays Bas, d’Irlande et d’Allemagne essentiellement. Elles représentent 80 % des volumes de viande achetés.

 

Les viandes bon marché d’origine polonaise ont de plus en plus la côte mais aussi les jeunes bovins élevés en France et initialement destinés à l’export. Déclassifiée et devenue bon marché, leur viande pauvre en matière grasse, n’en est pas moins appréciée. 

 

Ils en bouffent de plus en plus, ils en gavent leurs mouflons, ça leur évite de mâcher, faut dire que la viande de bœuf fraîche, c’est-à-dire peu rassise, même pas maturée, s’apparente à de la semelle.

 

Autrefois les bouchers l’attendrissait, aujourd’hui certains la frappe avec violence pour que les fibres éclatent.

 

On peut attendrir la viande principalement avec 3 types d’appareils d’usage courant :

 

Le maillet : c’est un instrument qui s’apparente à un marteau, dont la tête du manche est dotée de deux faces. Le recto est souvent une face plate tandis que le verso est équipé d’une face avec des picots en forme de pyramidions conçus pour piquer et attendrir la viande. Il arrive sur certains modèles que les deux faces aient la même fonction. La plupart du temps, ces attendrisseurs sont en inox pour une meilleure hygiène.

 

Le batteur ou aplatisseur : ce modèle, en acier inoxydable ou en fonte, dispose d’un manche court avec une face ronde, généralement lisse ou quelquefois munie de picots.

 

L’attendrisseur à lames : celui-ci est muni d’une série de lames (de 48 à 56 lames selon les modèles) qui pénètre la viande en brisant les fibres. Le plus souvent, l’ustensile dispose d’une plaque qui permet aussi d’aplatir la viande.

 

Il existe une variante à roue crantée, munie d’une poignée, que l’on roule sur la viande en créant des aspérités. Une version particulièrement facile à utiliser pour rendre les steaks plus fondants.

 

Bref, on voit mal votre boucher vous dire « madame Michu j’ai de la vieille carne voulez-vous que je vous l’attendrisse ? »

 

L’heure est au steak haché frais ou surgelé généralement acheté dans les rayons de la GD.

 

Si je vous en parle ce n’est pas que je sois consommateur de vache moulinée mais parce que le jeudi 27 février, le magazine 60 millions de consommateurs a publié une étude concernant les steaks hachés frais ou surgelés que l’on retrouve dans les grandes surfaces. Résultat, les steaks hachés bio se retrouvent en queue de peloton.

 

Au total, 29 produits "100 % pur bœuf" ont été testés et répartis en deux catégories selon leur taux de matières grasses : les 15 % et 5 %. L’analyse a été effectuée à partir de multiples caractéristiques : mesures des paramètres physico-chimiques (taux de collagène, sel, protéines...), analyses microbiologiques (afin d’identifier l'éventuelle présence de souches pathogènes) et histologique (présence de cartilage, d’os ou de graisses). Une note sur 20 a été attribuée à chacun des steaks étudiés.

 

Collagène excessif, fragments d’os, manque de protéines... Les steaks bios n'ont pas la cote

 

Les steaks hachés bio sont les mauvais élèves du classement.

 

En effet, parmi la catégorie 15 % de matières grasses, les trois derniers du classement sont porteurs de la fameuse annotation bio :

 

  • le « steak haché bœuf » de la gamme Ensemble de Biocoop,

 

  • le « steak haché façon bouchère » de Naturalia

 

  • celui de Jean Rozé (Intermarché) avec les notes respectives de 12, 11,5 et 9,5 sur 20.

 

Par comparaison, le meilleur produit, les « steaks hachés » de Casino, a obtenu la note de 15/20.

 

Ce qui pose problème ?

 

Les steaks Naturalia sont trop chargés en collagène traduisant une « viande de moindre qualité, polluée par la présence de tendons, tissu nerveux ou membranes fibreuses »

 

Les steaks de chez Biocoop présentent quant à eux de grosses lacunes au niveau microbiologique

 

Les steaks Jean Rozé ont un taux de protéines trop faible et contiennent des fragments d'os : « Sans danger pour la santé du consommateur, cette présence reflète surtout une mauvaise découpe du muscle »

 

Concernant les steaks hachés 5 % de matières grasses, le résultat est le même : les "bio" se retrouvent derniers du classement, notés 12,5 et 11,5 sur 20. Face à eux, les premiers de la classe sont les steaks hachés surgelés Casino ou Auchan, avec les notes respectives de 15 et 16,5 sur 20.

 

Du côté des steaks 5% de matières grasses, les deux moins bien notés sont eux aussi de marques bio. Il s’agit des « Steaks hachés » de Carrefour Bio et des « Steaks hachés » de Bio Village (E. Leclerc). Tous deux ont une microbiologie peu satisfaisante. Leurs notes sont de 12,5 et 11,5 sur 20, la meilleure note étant de 16,5/20.

 

Bon point aux surgelés

 

Contre toute attente, ce sont les steaks hachés surgelés qui obtiennent de meilleures notes.

 

Les steaks hachés frais « laissent à désirer » - et davantage pour les steaks 5 % - : « La moitié d’entre eux dépasse la limite recommandée par la Fédération du commerce et de la distribution (...). Les surgelés sont quant à eux irréprochables, ou presque. Encore faut-il respecter la chaîne du froid »

2017-06-27-SOC Burger-Refonte-Ri

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12 mars 2020 4 12 /03 /mars /2020 06:00

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C’était en août 1998

 

Lorsque je fus dépêché, en plein mois d’août, par le Ministre de l’époque Louis le Pensec, sur le conseil d’un certain Jean-Luc Dairien actuel directeur de l’INAO, c’est les stocks de Rivesaltes avaient atteint la limite du supportable et que le château de cartes artificiellement tenu par le CIVDN s’écroulait. C’était chaud : un vigneron fut embastillé pour avoir balancé un cocktail Molotov dans les chais d’un négociant qui cassait les prix. Le président du CIVDN de l’époque Bernard Dauré ne contrôlait plus rien.

 

L’économie de la viticulture roussillonnaise était l’une des pires de France, le revenu viticole était le plus bas de France, bref, il fallut faire sauter le CIVDN, créer le CIVR pour fédérer les vins secs et les vins doux. Faire comprendre, y compris aux politiques de l’époque la SOCODIVINS, que l’avenir du Roussillon ne se trouvait pas dans le renouveau des VDN de masse.

 

Ce petit rappel historique pour dire l’état de la viticulture roussillonnaise  à l’entrée du XXIe siècle. Je n’irai pas au-delà de ce constat pour ne pas apparaître comme un ancien combattant mais j’ai passé 18 mois de ma vie, à raison de 2 ou 3 jours par semaine à sillonner le Roussillon profond. Pas pour y faire du tourisme ou de la dégustation, mais pour me frotter aux hommes de ce pays. J’ai même connu en ce temps-là un certain Hervé Bizeul en son fief qui n’avait pas encore découvert la Petite Sibérie…

 

photo610.JPG

 

Quelques questions en vrac :

 

-          Les Vignerons catalans, qui s’en souvient ?

 

-          La Martiniquaise what else ?

 

-          Le Grand Roussillon c'était quoi au juste ?

 

-          L’économie de Banyuls a-t-elle été sauvée par le Collioure ?

 

-          Celle du Maury et de sa coopé « soviétique » a-t-elle raté le bon wagon ?

-          Demandez-donc à Jean-Luc Thunevin ce qu’il pense de la rentabilité de son investissement à Maury ?

 

-          Quel est le poids de la coopération en Roussillon ?

 

-          Le Mas Amiel joue quelle carte ?

 

Le Mas Amiel Repris en 1999 par le dynamique Olivier Decelle, fondateur avec son père de la marque de surgelés Picard, également propriétaire à Bordeaux (Jean-Faure à Saint-Émilion, Haut-Maurac en Médoc et Haut-Ballet à Fronsac)

 

15 février 2011

Trictrac baraque : lettre à Bernard Rouby Président du cru Maury ICI 

 

Cher Bernard Rouby,

 

En des temps difficiles, alors que je venais de débarquer à Perpignan dans la touffeur du mois août pour démêler les nœuds que la confrérie des VDN avaient su embrouiller avec une certaine facilité, médiateur donc, je vous ai reçu avec une petite poignée de vos amis. Vous étiez minoritaires, peu écoutés de la nomenklatura locale. En vous rappelant cela loin de moi de faire de vous mon obligé, comme vous le savez ce n’est pas le style de la maison.

 

Et puis, alors que je faisais un peu partie du paysage de votre beau département, une fin de journée je suis monté à Maury accompagné d’un natif du lieu : Jean-Pierre Borie, alors président de l’Interprofession des vins secs, pour sur l’invitation d’un groupe qui souhaitait se libérer du joug d’un petit potentat local faire le travail. C’était dans la grande salle communale, un vendredi soir je pense, il y avait beaucoup de monde. Je crois avoir ce soir-là mouillé le maillot. Paul Armengaud s’en souvient sans doute. Là encore je ne suis pas en train d’accumuler du crédit à l’endroit des vignerons de Maury.

 

Cependant, chers amis, si vous me permettez cette appellation, le mieux est souvent l’ennemi du bien : avec les meilleures intentions du monde il arrive parfois d’écraser des gens qui n’en peuvent mais. Bien évidemment, loin de moi l’intention de m’immiscer dans les affaires de l’ODG de Maury pour une histoire bien française consistant à se barricader dans son aire. Les erreurs du passé ne justifient pas forcément ce repli sans nuance sur soi-même. Ce n’est là que mon opinion mais j’en appelle au bon sens vigneron pour que l’esprit des origines des AOC retrouve de la vigueur et de la réalité. Vos pères n’auraient jamais édictés des règles aussi peu soucieuses de la vie en commun.

 

16 février 2011

Je n'irai pas à Maury : la réponse de Bernard Rouby ICI 

 

Bonjour monsieur Berthomeau,

 

Merci de mettre l’AOC Maury sous les feux de la rampe.

 

Quel est le rôle d’un syndicat ? Avec maintenant un statut d’ODG (organisme de défense et de gestion !!!), et un nouveau cahier des charges : c’est donner au consommateur la garantie, que sous la dénomination MAURY, il trouvera un vin correspondant aux exigences de qualités que ce sont fixées les producteurs.

 

Une vinification dans l’aire stricte : non ! Puisque des vinifications existantes en dehors de l’aire ont conduit à définir une aire de proximité immédiate (aire délimitée + 2 communes), qui n’a fait que reconnaître des antécédents.

 

Alors pour répondre aux interrogations, il faudrait les étendre et jusqu’où ? quelles seraient les nouvelles limites, car je suppose qu’il y aurait des limites quand même !: Le département ?, la région ? le sud de la France ?

 

Restons raisonnables, et parlons qualité, car il ne faudrait pas perdre de vue que si l’on dit ce que l’on fait et que l’on fait ce que l’on dit, le but ultime c’est de proposer au consommateur un Maury correspondant aux critères définis, avec une qualité irréprochable (j’ai bien dit but ultime)

 

Je concluais mon adresse à Bernard Rouby :

 

Je m’en tiens-là, cher Bernard Rouby, en ajoutant que les kilomètres de nos pères ne sont plus ceux de nos enfants et que les lignes Maginot ou autres réduits imprenables ne sont plus de saison. À mon humble avis il suffit pour assurer le consommateur de l’authenticité, de l’origine, d’un vin, de s’en tenir à la règle originelle des AOC « écrire ce que l’on fait, et faire ce que l’on a écrit... » Le passé a largement démontré, malheureusement, que sous des écrits vertueux se nichaient des pratiques moins avouables. Cette remarque est d’ordre général à l’attention de notre beau pays qui n’aime rien tant que donner la leçon à la terre entière, et non à Maury spécifiquement.

 

Au plaisir de vous revoir tous à Maury, en attendant ce jour je vous assure, cher Bernard Rouby, de mon meilleur souvenir et de ma réelle amitié.

 

Jacques Berthomeau médiateur un jour médiateur toujours

 

« J'ai sous-estimé la difficulté à vendre les VDN. Il faut déployer l'énergie nécessaire à la vente de 120 bouteilles de rouge pour vendre 1 bouteille de vin doux. »

Olivier Decelle Mas Amiel

Olivier Decelle, un vigneron tardif mais offensif ICI

L’ancien patron de Picard Surgelés ne cesse de s’imposer à la tête de vignobles : le Roussillon, le Bordelais, la Bourgogne, et maintenant le Rhône. Avec flair et un caractère trempé.

6 décembre 2013
 

C’était au temps où la Socodivin de Gilbert Conte et JL Cabaner allaient sauver le Rivesaltes du désastre le taulier y était ICI 

photo606.JPG

 

Flash souvenir :

 

 

C’était en août 1998. J’arrosais mes jeunes arbres à l’orée de ma forêt reculée. Mon téléphone a sonné dans ma poche : un des premiers Nokia. J’ai décroché. À l’autre bout JL Dairien alors conseiller pour les affaires viticoles de Louis Le Pensec alors Ministre de l’Agriculture du gouvernement Jospin suite à la brillante dissolution de Jacques Chirac. Bien embêté le petit père Dairien (il est l’actuel directeur de l’INAO) car il avait en main une patate chaude : une crise du Rivesaltes qui mettait à feu et à sang Perpignan. « Ça te dirait d’aller faire le médiateur là-bas avant que ça dérape encore un peu plus (un vigneron était allé jeter un cocktail Molotov dans le chai de la SOCODIVIN)… Louis (le Ministre) est bien embêté, tu lui tirerais une belle épine du pied. » J’ai dit oui en faisant cette réflexion peu aimable pour le Rivesaltes « y’a encore des gens qui en boivent ?  

 

Le dossier était lourd comme celui d’un juge d’instruction tatillon, les catalans étaient procéduriers. Je pris mes dispositions et quelques jours après j’embarquais pour les Pyrénées-Orientales sans mettre des sandales dans mon bagage. En ce temps-là Perpiniyà pétait dans la soie avec deux compagnies aériennes : AOM et Air Liberté. Je choisis la première car sa carte d’abonnement était très avantageuse  et permettait de bénéficier de siège, type première à l’avant de l’avion (c’était des DC10 et MD82 ou 83 consommant 30 % de carburant de plus que des Airbus) et de plateaux dîners de qualité bien arrosés. Bien évidemment j’y voisinait les parlementaires du cru et un régional de l’étape : Jacques Séguéla qui s’était mis en tête de racheter l’USAP. À mon arrivée m’attendait la voiture « blindée » (je plaisante) du Préfet Dartout. Je nouerai avec son chauffeur d’excellentes relations qui me permirent de bien comprendre la vie secrète de Perpignan. Le précédent Préfet était celui qui deviendrait célèbre avec l’affaire des paillotes en Corse, Bernard Bonnet qui adorait faire du VTT en compagnie… (Censuré). J’appris aussi que les horodateurs du parking de l’aéroport avaient été pillés manuellement pendant des années par le président de la CCI.

 

Le Préfet Dartout fêtait la naissance de sa sixième fille je crois. Il faisait une chaleur quasi-tropicale. Le dîner fut bien arrosé et le DDA de l’époque Guy Bringuier continua de m’informer sur l’étendue du désastre. C’était l’un des plus beaux sacs de nœuds de ma carrière. Mais en leitmotiv revenait un seul acronyme : la SOCODIVIN et son âme damné un certain Gilbert Conte. Celui-ci, simple courtier, s’était mis en tête avec l’aide de son beau-frère JL Cabaner de « nettoyer les écuries d’Augias du CIVDN (le comité interprofessionnel) » et de faire rendre gorge à son président de l’époque Bernard Dauré de la famille Dauré ayant régné pendant des années sur les VDN (la marque Dauré avait été vendue à la Martiniquaise)

 

La suite ICI 

 

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10 mars 2020 2 10 /03 /mars /2020 06:00

Résultat de recherche d'images pour "photos de rené Char et Camus" Albert Camus ( 1913-1960) et René Char ( 1907-1988) dans le Vaucluse à l'Isle-sur-Sorgue. Rue des Archives/©Rue des Archives/RDA

Sur la Toile il suffit d’un clic sur des sites de citations pour étaler, comme la confiture, sa culture  sur face de bouc.

 

Il  est loin le temps des livres de sa bibliothèque que l’on sauve de la mort en les ouvrant pour relire  les soulignés au crayon de papier.

 

Au risque de paraître membre de la caste, dites des élitistes, je revendique sans honte ma passion des livres, de leur lecture, du soin que je prends d’eux, à ma capacité de retrouver dans ma mémoire, encore vive en dépit de mon âge, non pas une citation mais la magie des mots d’un auteur, une phrase qui m’a touchée ou irritée, je ne sais…

 

 

J’ai pendant des années arpenté le Luberon, l’Isle-sur-Sorgue de René Char où il s’installe en 1935 rompant avec la vie parisienne pour « retrouver les eaux claires de la Sorgue et les paysages familiers de sa ville natale, et le Lourmarin d’Albert Camus  où il est enterré tout près de cette maison dont il n'a guère profité et que sa fille Catherine habite depuis de nombreuses années.

 

« Demain, oui, dans cette vallée heureuse, nous trouverons l'audace de mourir contents ! »

 

Camus à René Char

 

« Camus me proposa de venir à l'Isle (où je lui demandai) et il arriva un matin. J'allais le chercher en gare d'Avignon. Ce devait être dans l'automne 1946. La belle animation de la fin de la guerre durait encore, quoique légèrement abaissée. Les rapports entre les gens qui s'étaient connus pendant la Résistance restaient chaleureux, empreints du besoin de se retrouver, peut-être plus de se voir que de se parler, de respirer l'air nouveau, d'en étaler la liberté. »

 

Et puis un jour j’ai acheté dans je ne sais plus quelle brocante un tout petit carnet :

 

 

« Le Trousseau de Moulin premier », de René Char

 

« C'est un livre unique, composé, écrit et édité à un seul exemplaire, en 1937, par René Char (1907-1988) et aujourd'hui disponible en librairie grâce à sa veuve Marie-Claude Char et aux éditions de la Table ronde.

 

 

De quoi s'agit-il ?

 

D'une collection de cartes postales anciennes montrant L'Isle-sur-la-Sorgue, ce gros bourg du Luberon pénétré par la campagne et ses odeurs, divisé par les bras de cette rivière où l'on pêchait autrefois des écrevisses, piqueté de grands moulins répandant un "incendie blanc" sur toits et champs environnants.

 

 

Ce jeu de cartes postales, nous le feuilletons avec la sensation que René Char vient de nous le remettre, nous lisons dans ses marges ou au dos des cartes l'écriture du poète : le premier jet du poème "Versions", des vers aphoristiques que l'on retrouvera dans son recueil Moulin premier. D'où le titre de cet objet singulier : Le Trousseau de Moulin premier. Au charme des reproductions s'ajoute celui de la couverture de l'album, ornée d'un dessin à la plume du poète.

 

 

Mais au fait, pourquoi René Char s'est-il donné tant de mal ?

 

Pour qui ce cadeau tout à la fois modeste et somptueux ?

 

 

Pour Greta Knutson, une jeune peintre suédoise dont il est épris et qu'il veut initier aux charmes de sa ville natale. Sans tricher. Ainsi cet ensemble tient-il du guide amoureux, mais un guide où les images sont parfois corrigées par des annotations sévères. En contrepoint, on redécouvre à quel point la passion des cartes postales était déjà vive, largement répandue chez les surréalistes. A la demande de ses amis, et notamment de Paul Eluard et d'André Breton, Char écumait la Provence avec voracité. Il y trouvait des merveilles qu'il offrait généreusement à ses proches.

 

 

Résultat de recherche d'images pour "photos de rené Char et Camus"

 

Vingt ans plus tard, René Char délaisse les cartes postales. Une jeune photographe suisse, Henriette Grindat, lui rend visite. Il lui fait découvrir son pays. Elle en tire des photographies qui le touchent. René Char décide d'en faire un livre puis renonce et passe le témoin à Albert Camus. Ce dernier en rédige le texte en 1952, comme une respiration dans la polémique qui l'oppose à Jean-Paul Sartre à propos de L'Homme révolté. Enigme des compagnonnages : Camus fait du Char, adopte les images du poète qu'il place publiquement au niveau de Rimbaud et d'Apollinaire : « La matin est radieux ; la lumière pique. Renonce à ta visite. Ils peuvent attendre, et non ta joie. »

 

Une série d'aléas laissent le livre à l'état de projet.

 

Dans sa postface, Franck Planeille, spécialiste des deux œuvres, indique que Camus dira à son ami, quelques jours avant sa mort : « René, quoi qu'il arrive, faites que notre livre existe. »

 

René Char s'acquittera de son devoir : 120 exemplaires verront le jour. Une misère. Des exemplaires pour happy few. Il aura fallu attendre plus de cinquante ans pour lire La Postérité du Soleil chez soi, dans un grand format où les photographies respirent.

 

Par Laurent Greilsamer ICI Publié le 04 février 2010 

 

 

« Marqué par la poésie de Char qu’il admire profondément, il utilise l’aphorisme et cultive le tutoiement dans une forme parfois impérative : « Le matin est radieux ; la lumière pique. Renonce à ta visite. Ils peuvent attendre, et non ta joie. »

 

On observe dans l’ensemble une brièveté syntaxique, des phrases courtes relevant davantage de l’asyndète. L’ensemble dégage une impression de vitesse, de fulgurance. Les manuscrits révèlent qu’au moment de l’édition – dévolue à Char par la force des choses – le poète n’hésitera pas à corriger légèrement tel ou tel fragment. Les thèmes sont ceux de l’imaginaire camusien : ferveur de l’instant, tension entre les forces contraires, nostalgie des origines : « Le Premier amour t’attend à la fin des jours ».

 

 

Ce beau livre, désormais dans la Pléiade (tome IV), commence par un poème de Char, De moment en moment, et se clôt par l’un des rares textes que le poète ait consacrés à son ami Camus, Naissance et jour levant d’une amitié. »

Anne Prouteau

 

29 septembre 2018

Besoin de la lumière de Lourmarin «Chaque matin, de très bonne heure, je préparais son café à M. Camus et il partait faire son « tour de plaine » dans cette campagne austère, lumineuse, paisible, qui a bien peu changé en un demi-siècle » ICI 

René Char à Camus: «Je veux parler d'un ami» ICI

LES ARCHIVES DU FIGARO - Mort le 19 février 1988, René Char est l'un des plus grand poète français du XXe siècle. Proche de très nombreux écrivains, il entretient une profonde amitié avec Albert Camus. Le texte que le poète adresse au Figaro littéraire en 1957 en l'honneur de l'écrivain tout juste décoré du prix Nobel, en est un magnifique témoignage.

Le coronavirus dope les ventes de « La Peste » d’Albert Camus en Italie ICI

Le roman du prix Nobel 1957 connaît une hausse spectaculaire de ses ventes. Le phénomène est moins flagrant en France, mais un frémissement se fait sentir

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8 mars 2020 7 08 /03 /mars /2020 06:00

 

Au temps où je courrais les galeries j’ai acquis à la Galerie Flak 8 rue des Beaux-Arts dans le 6e arrondissement un tableau de la période Toscane (2004) de Didier CARFANTAN. Je crois me souvenir que nous avons échangé du courrier mais je n’en retrouve pas la trace.

 

Ce tableau est accroché en bonne place, en pleine lumière du sud, dans la pièce à vivre chez moi. (Photo titre)

 

Dimanche matin dernier, suite aux louanges de la mouche du coche, je ne sais quelle autre mouche m’a piqué mais j’ai entrepris une recherche sur internet pour retrouver les œuvres de cet artiste.

 

Peu sauf, ce tableau.

 

Oeuvre de Didier Carfantan, La petite Table, à l'huile sur toile

La petite Table , 1992

huile sur toile vendu le 18 janvier 2018 par Mutual Art

 

J’ai appris que l’artiste était décédé en 2007.

 

Puis, j’ai découvert qu’en mai 2011 l’association les « Ailes Du !… » organisait un exposition au Château de l’Hermine à Vannes

 

Enfin, à travers cette manifestation, l’association a également souhaité rendre hommage à Didier CARFANTAN, artiste peintre disparu en 2007. Son oeuvre, tout autant que ses qualités humaines restent présents dans la mémoire de ses amis.

 

 

« Cette association qui s’inscrit dans la continuité de Pigment Actif. Elle regroupe des artistes plasticiens et des créateurs de Vannes et ses alentours. Par goût du partage, du jeu et de la surprise, la réalisation de projets collectifs sur l’espace public est une des formes d’action privilégiée de cette association. Mais ce groupement d’artistes est avant tout une somme d’univers singuliers, parfois secrets

 

 « Ailes Du !… » ICI  Un nom « suffisamment vague et dynamique pour être complétée à la guise de chacun, est aussi symbole d’envol »

 

« Ce n’est ni une école artistique qui imposerait une certaine vision de l’art ou un idéal esthétique à la manière des impressionnistes de Barbizon ou des Nabis de Pont-Aven, ni un groupe figé défendant un pré carré », préviennent-ils.

 

« L’art peut s’afficher hors des musées »

 

Leur leitmotiv est de « faire vivre l’art contemporain dans une ville comme Vannes, c’est dire que cette ville au très riche patrimoine historique et culturel est aussi traversée par des courants proches de la modernité artistique. Nous voulons montrer que l’art peut aussi s’afficher hors des musées et animer l’espace urbain. »

 

Je jette donc ma bouteille à la mer.

 

Merci par avance, si elle est ouverte dans la baie du Morbihan, pour le retour.

Publié le 14 mai 1997

« Sables », par Didier Carfantan peintre de l'éphémère ICI 

Ce conseiller pédagogique en arts plastiques, après quelques années de peintures figuratives, a produit sur des plages de Carnac, des milliers de traces - suite à la vision des andains de pailles brûlés par les sillons des collines de la terre rouge de Sienne en Toscane (Italie).

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7 mars 2020 6 07 /03 /mars /2020 06:00

Image d'en-tête pour le site

« Tiens, voilà du boudin, voilà du boudin, voilà du boudin…

Pour les Alsaciens, les Suisses et les Lorrains,

Pour les Belges, y en a plus, pour les Belges, y en a plus,

Ce sont des tireurs au cul. »

 

Petite explication de texte officielle du Ministère des Armées pour comprendre les paroles du refrain de la marche de la Légion étrangère.

 

Tout d’abord, le boudin : avis aux amateurs, il ne s’agit pas ici de charcuterie mais de la toile de tente ou du paquetage que les légionnaires mettaient en bandoulière et dont la forme rappelait le boudin.

 

Concernant les Alsaciens, Suisses et Lorrains, il s’agit ici d’une allusion à une décision ministérielle du 6 mars 1871, rappelée par une circulaire du 27 novembre 1873, qui avait suspendu d’une manière générale les engagements volontaires des étrangers et spécifié que les Alsaciens, les Lorrains et les Suisses pouvaient seuls obtenir des autorisations.

 

Et les Belges ? Selon la version reconnue, en 1870, lorsque la guerre franco-prussienne éclate, la France décide que la Légion étrangère doit y participer. Le roi des Belges, Léopold II, demande formellement que les légionnaires ressortissants de son pays ne participent pas à ce conflit en raison de la neutralité de la Belgique. Le gouvernement français accède à cette demande et les légionnaires en partance chantent à leurs malheureux camarades belges obligés de quitter les rangs ces paroles quelque peu désobligeantes.

 

« Son rythme fait marcher la troupe à la cadence de 88 pas par minute, alors que généralement les marches des autres régiments sont fondées sur une cadence de 120 pas par minute. Le « pas Légion » est donc si lent qu'il oblige la Légion à défiler en dernier lors des cérémonies officielles. La lenteur de son pas reflète la force tranquille qui caractérise ce corps prestigieux. »

 

30 avril 1863, 11 heures du matin. Après le premier assaut des Mexicains sur l'hacienda de Camerone, les légionnaires de la troisième compagnie prêtent serment au capitaine Danjou de se battre jusqu'à la dernière extrémité.

 

Alors, dans ces terres chaudes, sous un soleil de feu, se déroule le combat légendaire entre une poignée d'hommes et toute une armée." Une lutte de géants", dira le maréchal Forey, commandant le Corps expéditionnaire.

 

Certains ont dit que sur ce petit coin de terre mexicaine a jailli, voilà plus d'un siècle, une source d'énergie capable d'aider des hommes à vivre et leur apprendre à mourir. Voici le Boudin, un autre symbole, l'hymne de la Légion Étrangère.

 

Il a été composé par Monsieur Wilhem en 1860.

 

Emmanuel Macron : pourquoi on lui a chanté “Tiens voilà du boudin” au milieu de l’océan Indien

 

Si l'origine de ce chant n'est pas clairement déterminée, néanmoins, elle a donné lieu à une tradition pour l'apéritif dans les casernes. Car désormais, c'est du boudin, et bien de charcuterie cette fois, qui y est servi, avec du vin blanc provenant du Domaine Capitaine Danjou, qui appartient à l’Institution des Invalides de la Légion étrangère à Puyloubier (Bouches-du-Rhône), et qui a pour but de réinsérer dans la vie civile les anciens légionnaires et les invalides. Et Emmanuel Macron n'a évidemment pas manqué ce moment, puisqu'il a également partagé le traditionnel BVB (Boudin vin blanc) avec les légionnaires…

 

14 août 2013

De fil en aiguille : Jean-Paul Kauffmann répond au Taulier pour nous amener jusqu’à Puyloubier «légion de vin d'honneur» ICI 

 

-          partir du côtes-de-provence mystérieux, millésime 1985 bu par JPK et ses deux compagnons de marche dans un petite baraque perdue au Val Travers sur les îles Kerguelen.

 

-          poser la question à JPK : se souvient-il d’où venait ce côtes-de-provence?

 

-          recevoir de Jean-Paul Kauffmann en retour la réponse :

 

Cher Jacques Berthomeau,

 

Il s'agit de Puyloubier, vignoble détenu par la Légion étrangère. Je crois qu'une cuvée se nomme Esprit de Corps. Je ne le mentionne pas dans le livre mais j'avais apporté six magnums de Lynch Bages 82 dégustés avec les hivernants à Port aux Français (…)

 

-          rechercher sur la Toile des éléments sur ce vignoble de la Légion étrangère,

 

-          trouver un très bel article du Monde Lifestyle du 21.05.2010 par Carole Rap Puyloubier, légion de vin d'honneur dont voici quelques extraits.

 

« Le vin fait partie de la culture de la Légion. Avant, à table, il y avait le quart de vin réglementaire. Après plusieurs jours sur le terrain, on buvait un bon coup, pour se décontracter et faire la fête", se souvient Nicolas Dadiani, un Géorgien de 62 ans dont vingt-cinq passés à la Légion ; »

 

« En janvier, ils sont une dizaine à tailler les sarments, parfois chaussés de rangers ou vêtus de pantalons treillis. "Mes respects mon adjudant-chef", lance un ouvrier agricole en passant devant le chef de viticulture Alain Lonjarret, retourné à la vie civile depuis peu, après trente ans de Légion. "Bonjour Picard", rétorque celui-ci, usant du seul nom de famille comme il le faisait en "opération", quand tout devait aller très vite. »

 

« Le raisin, apporté à la cave coopérative du mont Sainte-Victoire (la plus grosse cave en appellation Côtes-de-Provence), est désormais vinifié à part, dans cinq cuves en inox spécifiques à la Légion. Ainsi est née la cuvée Esprit de Corps – 80 000 bouteilles en 2008, plus haut de gamme que les cuvées dites Classique et Terroir – 60 000 bouteilles chacune, destinées aux régiments. Bien que réduite de 20 %, suite à la grêle du début août, la récolte 2009, de 227 tonnes, porte ses fruits. Pour la première fois, Esprit de Corps en rouge sera assemblé à partir de Mourvèdre, aux côtés des traditionnels cépages syrah et grenache. »

 

Aucune description de photo disponible.

Yohan Lastre  et  Marion Sonier

 

Aucune description de photo disponible. Lastre sans apostrophe 188 rue de grenelle 75007 Paris

Lastre Sans Apostrophe ou l’amour du bon ICI

 

S’ils maîtrisent leur sujet, ils montrent leur talent de l’entrée au dessert en passant par le plat. Oeufs mimosa à 63°, tête au carré, boeuf mode, boudin noir en terrine **avec des morceaux de tête et de poitrine fumée. Pour les becs sucrés : tartes aux fruits, aux pralines, biscuits de Savoie, riz au lait ultra crémeux, le flan de Mémé André, des shortbreads** à faire bisquer un écossais, un cake au citron qu’on vous défie de ne pas engloutir d’une traite…

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6 mars 2020 5 06 /03 /mars /2020 06:00

Jean Viard

Ce groupe de réflexion multidisciplinaire rassemble une quinzaine d’universitaires, de chercheurs, d’experts publics et de responsables professionnels, figurant parmi les meilleurs connaisseurs du monde agricole et rural français et international. Ont participé notamment à ces travaux : Gilles Allaire, économiste, Jacques Berthomeau, spécialiste de la viticulture, Vincent Chatelier, économiste, Jean-Claude Flamant, agronome, Bertrand Hervieu, sociologue, Jean-Luc Mayaud, historien, Jean Viard, sociologue… Ces échanges réguliers ont pour objectif d’éclairer les enjeux, les dynamiques et les tensions qui traversent nos territoires ruraux afin de contribuer à revisiter le projet de l’agriculture et de la ruralité, de ses territoires, ses fonctions, ses hommes et ses femmes. En clair, une redéfinition des politiques agricoles en France et en Europe. Avec pour but d’intégrer les données économiques, sociales et environnementales afin de proposer une vision partagée par le plus grand nombre, capable d’offrir aux agriculteurs un revenu, une reconnaissance et une légitimité dans la société.

 

J’en ai fait partie jusqu’en 2007, je l’ai quitté car j’estimais qu’il manquait autour de la table les principaux intéressés : les agriculteurs, les éleveurs, les viticulteurs ce qui conférait à nos réflexions un côté hors-sol c’est—à– dire déconnecté de la réalité. ICI 

 

Jean Viard est un garçon fort sympathique, très disert, charmeur, il aime s’entendre parler, né en 1949, il habite à La Tour-d'Aigues, dans le Luberon de Jean-Louis Piton (président de l’INAO). Il est directeur de collection aux éditions de l'Aube, dont il est le fondateur avec Marion Hennebert. Diplômé en économie (DES, Aix-en-Provence), et docteur en sociologie de l’EHESS (1982). Il est directeur de recherche au CNRS au CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po).

 

Sociologue engagé à gauche, en 2017, il rejoint En marche !. Il est candidat aux élections législatives de 2017, dans la 5e circonscription de Vaucluse. Il arrive en tête du premier tour avec 33,3 % des voix, loin devant le député sortant. Mais, il n'obtient que 49,11 % au second tour et se trouve battu par Julien Aubert LR réélu avec 459 voix d'avance.

 

Dommage, Jean Viard aurait apporté aux godillots LREM une once d’intelligence dont ils sont dépourvus et son lien avec les fameux territoires délaissés qui ont fait le lit des Gilets Jaunes. Le Vaucluse, ancienne terre socialiste, est farouchement à la droite extrême. Pas sûr, que la politique du 78 rue de Varenne lui  aille mais je ne peux penser à sa place.

 

Jean Viard est un excellent communicant :

 

« Il est l’un des meilleurs connaisseurs du territoire français. Plus encore que ses titres – sociologue, directeur de recherche au CNRS… – c’est son éclectisme qui fait sa richesse.

 

« Et puis on se met à penser aux discours des hommes politiques qui se présentent à nos suffrages : ils devraient visiblement lire Jean Viard ! » Médiapart

 

Il dirige les éditions de l'Aube. ICI 

 

 

Jean Viard vient de publier Le sacre de la terre avec Michel Marié et Bertrand Hervieu (un compagnon de route du Taulier)

 

J’avoue que je ne prise guère ce titre…

 

La référence à la terre éveille en mois des relents de « la Terre qui ne ment pas » chère au Maréchal, « La terre qui meurt »  de René Bazin, de même que l’adoration de nos fameux terroirs…   

 

« Aucun métier n’a connu une telle destruction des structures familiales. »

 

Mais le modèle industriel promu depuis lors – toujours plus d’hectares, de matériels, d’intrants, d’emprunts – est aujourd’hui confronté à la « révolution écologique ». Pourtant l’agriculture « est l’avenir de l’humanité, car c’est par définition un métier du renouvelable qui travaille avec le sol, le vent, le soleil, l’eau et les savoirs locaux ».

 

Le sociologue souligne que les agriculteurs ne sont pas restés passifs face aux nouveaux enjeux de l’écologie. « 20 % des fermes sont passées au bio, l’agriculture de proximité se développe (…) Le modèle des fermes qui fournissent directement les cantines scolaires se développe. 32 % des poules ne sont pas élevées en cage… »

 

Mais le monde paysan, classe dominante qui produisait plus de rente que l’industrie jusqu’aux années 1950, « a encore du mal à s’adapter à son statut de minorité, à discuter, négocier, mais aussi à se faire respecter, en particulier de la grande distribution ».

 

Le climat pour nous réconcilier avec la politique

 

Jean Viard, est intervenu aux assises du Vivre ensemble à Rennes, le 18 janvier, publie Le sacre de la terre. « Le changement climatique va nous obliger à recréer du commun. Sinon, on est mort », estime le sociologue.

 

  • C’est autour de l’écologie qu’il faut réinventer la politique ?

 

Les structures issues de la révolution industrielle se délitent. Les crises se multiplient. Nous sommes désormais une société d’individus qui se disent d’ailleurs le plus souvent heureux dans leur famille, leur quartier ou leur travail mais inquiets quant à l’avenir de la société. Le changement climatique peut être une chance en nous permettant de nous réinventer un avenir commun. La politique demain ne sera plus bâtie sur l’affrontement entre le capital et le travail mais autour des questions écologiques. Il y aura une droite et une gauche écologique.

 

  • La France est-elle bien placée pour relever ce défi ?

 

On ne peut plus tenir la nature à distance. Il y a eu des avancées. Plus de 30 % du territoire est classé en parcs et réserves. La loi littoral a permis la préservation et la restauration de nombreux rivages : des Agriates corses à la Guyane en passant par l’île de Tatihou à Saint-Vaast-la-Hougue (Manche) ou la pointe des Poulains de Belle-Île (Morbihan). On crée même de l’agriculture urbaine. Même s’il ne faut pas trop rêver. Paris consomme quotidiennement 1,2 million d’œufs. Il n’y aura jamais 1,2 million de poules dans la capitale.

 

  • Mais on continue aussi à beaucoup gaspiller.

 

On ne peut plus continuer à consommer chaque semaine 1 100 hectares de terre agricole. La France c’est aussi 63 000 ronds-points contre 10 000 en Allemagne et 5 000 aux États-Unis. Le temps est venu de sanctuariser les terres arables comme ont su le faire les Suisses ou les Canadiens. Notre survie dépend d’abord des sols, des écosystèmes, des travaux des champs et des fermes. Nous devons inventer un nouveau modèle agricole pour nous nourrir, capter du carbone et définir des paysages.

 

  • Comment réinventer de nouvelles relations ville-campagne ?

 

C’est un fait, la révolution numérique a concentré la création de richesses dans 200 métropoles réparties dans le monde. La France en compte huit qui représentent 61 % du PIB et où le prix du foncier, des bureaux et des logements a explosé. La France est encore trop organisée en silos alors que nous entrons dans un monde de mobilité. Il y a surtout un vrai sujet avec le périurbain dont toutes les cartes électorales nous montrent que c’est là que se développe le vote populiste. En France, le pourcentage du vote Rassemblement national double quand on est à 20 kilomètres de plus d’une gare.

 

Je n'ai pas encore eu le temps de me plonger dans ce gros livre, 469 pages, dès que j'aurai du temps j'y puiserai sans doute des sujets de chronique.

Pour le sociologue Jean Viard, l'agriculture ne sera probablement jamais 100% bio ICI
 

Selon Jean Viard, environ 50.000 fermes françaises sur 500.000 sont désormais converties en bio. Mais la perspective d'une production agricole complètement bio à l'avenir semble peu envisageable pour le sociologue. "Si on on veut que l'agriculture change, il faudra y mettre des moyens", rappelle-t-il lundi sur Europe 1.

INTERVIEW

L'année dernière en France, plus de 7.000 agriculteurs ont fait le choix de se convertir à l'agriculture biologique. Désormais, environ 50.000 fermes sur les 500.000 exploitations que compte la France fournissent une production bio, selon Jean Viard, sociologue et auteur du livre Le sacre de la terre. Invité du Grand journal du soir, délocalisé lundi à Langouët, cette commune d'Ille-et-Vilaine devenue célèbre en 2019 par l'arrêté anti-pesticides pris par son maire, Jean Viard confie ses doutes : il dit ne pas être "sûr" que la production agricole française sera 100% bio à l'avenir, même dans trente ans. "Ce qui est sûr, c'est que si on on veut que l'agriculture change, il faudra y mettre des moyens", affirme-t-il.

"L'agriculture et les pesticides tels qu'on les connaît n'existeront plus"

 

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5 mars 2020 4 05 /03 /mars /2020 06:00

Comment Lactalis veut devenir numéro 1 mondial du bio

Le feuilleton AOP camembert de Normandie vient de trouver son épilogue : Guerre du camembert : le camembert AOP reste 100 % au lait cru

 

Le syndicat du camembert d’Appellation d’origine protégée de Normandie a voté définitivement, mardi 3 mars, contre le projet de « grande AOP » autorisant le lait pasteurisé. ICI 

 

Véronique Richez Lerouge la reine du lait cru  triomphe :

 

OUF ! Après ce nouveau vote négatif contre la grande #AOP, l'#Inao doit encore statuer. Réunion prévue le 18 mars 2020. Je reste très attentive car dans ce dossier si complexe, il peut y avoir des rebondissements. L'#AssociationFromagesdeTerroirs est mobilisée pour aider la filière laitière à valoriser le #lait de #Normandie et à trouver une sortie de crise après deux ans de réunions qui n'ont abouti à rien. Tout reste à construire !!

 

Périco Légasse l'empereur du camembert tonne :

 

Soutien inattendu de Véronique Richez Lerouge au lobby industriel laitier, notamment le groupe Lactalis, qui a tout fait pour que capote le projet de nouvelle AOP camembert de Normandie. Ce projet prévoyait en effet la suppression et l'interdiction du "camembert fabriqué en Normandie", formulation illégale et malhonnête mise à profit par les industriels pour écouler des fromages au lait pasteurisé de provenance non spécifiée n'ayant rien à voir avec le camembert.

 

Une infamie commerciale qui trahit les producteurs de vrais camemberts et trompe le consommateur sur la nature du fromage. "Fabriqué en Normandie" signifie que l'usine d'où sortent ces fromages industriels à la chaine se situe sur l'un des cinq départements normands, en aucun cas que le lait qui les compose provient du territoire normand. Pourtant, ces fromages, dont certains conservent l'étiquette qu'ils avaient du temps où ils étaient de vrais camemberts d'appellation d'origine au lait cru, arborent en toute impunité le mot camembert et le mot Normandie. Il s'avère qu'un règlement européen interdit cette formule abusive et trompeuse et que, forts du silence, de la résignation, de la lâcheté des pouvoirs publics et des élus, les industriels l'utilisent depuis 20 ans dans l'indifférence générale. Combien d'honnêtes consommateurs croient-ils acheter un vrai camembert parce qu'il est "fabriqué en Normandie" alors que le lait qui le compose provient de Mayenne, de Pologne, d'Allemagne ou de Roumanie ?

 

Jamais nous n'avons entendu l'Association des fromages de terroir monter efficacement au créneau pour dénoncer ce scandale. Il s'avère que la nouvelle AOP, elle, lui tordait définitivement le cou. Elle autorisait, certes, la production de camembert AOP avec du lait chauffé, mais 100% normand et issu au minimum à 30% de vaches normandes nourries à l'herbe, et instaurait une autre AOP "Véritable camembert de Normandie", 100% lait cru de vaches normandes nourries à l'herbe. Projet soutenu en conscience par le président de l'organisme de défense du camembert de Normandie AOP, Patrick Mercier, par le président du Comité national laitier de l'INAO, Patrice Chassard, et par le président national de l'INAO, Jean-Louis Piton.

 

Amateurs vigilants et consommateurs avisés auraient fait la part des choses et chacun aurait su, enfin, ce qu'il mettait dans son assiette. C'était une conquête ! Le renoncement des industriels à la très bénéfique formule "fabriqué en Normandie" était donc un leurre car on sait aujourd'hui qu'ils avaient décidé depuis le début de ne rien lâcher. Il leur manquait juste des arguments éthiques, ceux sur lesquels ils ont toujours craché, pour torpiller la nouvelle AOP au dernier moment. Ces arguments leur ont été fournis par l'Association des fromages de terroir. Donc, le camembert de Normandie AOP reste au lait cru et l'on s'en réjouit bien sûr, avec ses 6.000 tonnes par an, mais le "camembert fabriqué en Normandie" sauve sa tête et continuera à sévir, en toute impunité, avec ses 60.000 tonnes par an et sa précieuse manne financière. Les industriels peuvent dire merci à Véronique Richez Lerouge.

 

Résultat de recherche d'images pour "vieilles étiquettes de camembert"

Moi je me gondole comme un touriste à Venise :

 

20 mai 2018

C’est la triste histoire d’un bon camembert Gillot au lait cru, moulé à la louche, congelé et coincé entre 2 Président dans une armoire de la GD : tout ça pour ça ! ICI 

 

  • Instruisons le dossier AOP fromagères

 

Les fromages français AOP kidnappés par les industriels

 

Fierté nationale, ils font la renommée de notre gastronomie partout dans le monde. En France, 45 fromages bénéficient du label AOP, « appellation d’origine protégée ». En principe une garantie de qualité, de produits du terroir fabriqués dans les règles de l’art.

 

70% des fromages AOP seraient industriels

 

La réalité est tout autre : 70% des fromages estampillés AOP sortent en fait de chaînes de production industrielle. Les multinationales du secteur laitier comme Lactalis, Savencia ou Sodiaal sont les trois multinationales françaises qui grignotent de plus en plus de parts de marché. Elles sont accusées de tirer les prix vers le bas au détriment de la qualité.

 

Frais, crayeux ou crémeux, à pâte cuite pressée ou lavée… la France compte plus de 300 fromages. Parmi eux, 45 bénéficient d’une appellation d’origine protégée, ou AOP, censée valoriser économiquement un savoir-faire local.

 

ICI 

 

Lactalis : le fromager aux vingt-sept AOC

 

L'industriel mayennais, connu pour le camembert Président, la mozzarella Galbani ou le lait Lactel, continue de produire des spécialités artisanales dans de minuscules ateliers du XIX e siècle. Paradoxes et ambitions d'un leader mondial.

Par Marie-Josée Cougard

 

Publié le 15 oct. 2010 Mis à jour le 6 août 2019

 

Les fromages qui fleurent bon le terroir ont-ils encore un avenir face au fromage à pizza, aux crèmes à tartiner, aux roues de Gouda néerlandaises et... aux barrières sanitaires ? Pour Lactalis, la réponse est un « oui » franc et massif. Dans la famille Besnier, où on est fromager de père en fils, on tient à la tradition du goût comme à la maîtrise totale du capital du groupe. Le mystérieux Emmanuel, qui a succédé à son père Michel et refuse tout contact avec la presse, estime avoir le devoir de perpétuer la diversité des plateaux de fromages à la française. Quitte à ne produire que de toutes petites quantités défiant les règles des économies d'échelle caractérisant... des entreprises de l'importance de Lactalis. Entre 400 et 500 tonnes dans la plus petite unité, contre 90.000 tonnes dans les plus grosses usines du groupe, dédiées aux fabrications industrielles sans prétention gastronomique. Seul 1 kilo de fromage sur 10 produits en France bénéficie d'une appellation d'origine contrôlée (AOC). Un tout petit marché...

 

A 800 kilomètres du siège mayennais de Lactalis, Roquefort-sur-Soulzon : le village du célèbre fromage bleu s'étire comme un gros chat, à l'ombre du plateau du Combalou. En plein coeur de l'Aveyron, à 600 mètres d'altitude. Cette montagne émerge du paysage depuis qu'un énorme chahut de la croûte terrestre, il y a 1,5 million d'années, a provoqué l'effondrement d'une partie de la falaise rocheuse. Sous terre, des grottes aérées par les « fleurines », de longues failles très étroites, où filtre le vent du plateau. C'est là, dans ces lieux naturellement ventilés, que les fromages de Roquefort sont fabriqués et affinés depuis des siècles. A vrai dire, les historiens ne savent pas très bien en dater l'origine. « La recette est apparue à l'époque où les hommes ont domestiqué les animaux et commencé à boire leur lait », raconte la guide des caves.

 

Créée en 1925, l'appellation d'origine contrôlée Roquefort est la toute première née des 47 AOC que compte actuellement la France, sur un total de 400 fromages. Elle a fait l'objet d'une loi à cette époque, à la demande des habitants de la région de Roquefort, désireux de mettre un terme à la concurrence de tous les bergers du Grand Sud, qui baptisaient leur bleu « roquefort ». « Des caves bâtardes », dit-on encore dans la commune, où seuls les camions livrant du lait de la zone protégée par l'appellation sont admis, par crainte d'un nouvel accès de concurrence déloyale.

 

« Valise diplomatique »

 

Le groupe Lactalis est l'heureux propriétaire d'une grande partie de ce bleu historique, fait à base de lait cru. Diderot l'appelait « le Roi des fromages ». Pour beaucoup d'étrangers, il est un des symboles de la gastronomie française. Pour Lactalis, c'est surtout la plus rentable des AOC maison.

 

La famille Besnier a acheté les caves Société à Nestlé en 1992, lorsque le géant suisse lui a vendu sa production de lait de brebis pour faire l'acquisition de la source Perrier. Cette marque représente désormais 60 % du marché total du roquefort, estimé à 18.500 tonnes par an. « Une niche, si on la compare à l'ensemble de la production de fromage en France, qui atteint 730.000 tonnes. » Mais c'est celui qui s'exporte le mieux. « On le trouve dans 180 pays », précise Thierry Zurcher, patron de la division AOC chez Lactalis. « La valise diplomatique est pour beaucoup dans sa large diffusion, mais le nombre de marchés significatifs ne dépasse pas la cinquantaine », ajoute-t-il. Le précieux bleu dégage la meilleure marge à laquelle cette industrie puisse prétendre. Elle serait de l'ordre de 8 %. Un pourcentage important dans le secteur du fromage. Beaucoup plus faible que celui des yaourts, en tête de la rentabilité dans le classement des produits laitiers, indique Luc Morelon, le porte-parole de Lactalis. Le lait de brebis, matière première du roquefort, se paie nettement plus cher que le lait de vache, et celui destiné à la fabrication de roquefort 40 % de plus que le lait de brebis réservé à d'autres usages. Compte tenu de toutes les contraintes réglementaires et des soins extrêmes requis par les fabrications au lait cru, le roquefort coûte entre 10 % et 20 % de plus à produire que les fromages pasteurisés. Le lait de brebis est, en outre, très gourmand en main-d'oeuvre, dix fois plus que le lait de vache. « Une véritable richesse pour une zone difficile », affirme José Bové, éleveur à Millau (Aveyron), avocat infatigable du roquefort.

 

L'AOC fromagère la plus connue à l'étranger n'a pas été épargnée par la crise. C'est même celle qui a le plus souffert en raison de son prix élevé et de son exposition aux caprices des monnaies étrangères. Très prisé au Royaume-Uni, le roquefort a perdu beaucoup de terrain auprès des consommateurs britanniques ces derniers mois, tout comme il en a cédé aux Etats-Unis, où, en outre, il sert de cible, avec le foie gras et les échalotes, aux représailles de Washington contre le refus européen des importations de boeuf américain aux hormones. « Une AOC, ce n'est pas une assurance tous risques », relativise-t-on chez Lactalis. « C'est une garantie de qualité, en revanche. C'est aussi tout un pan de la tradition fromagère française. » Des valeurs auxquelles Emmanuel Besnier, le patron de Lactalis est très attaché. « On ne peut pas vouloir devenir le premier fromager mondial sans détenir un savoir-faire complet », explique Thierry Zurcher.

 

Risque sanitaire

 

C'est ce raisonnement qui a conduit le groupe mayennais à enrichir sans cesse son portefeuille d'AOC, au point d'en posséder aujourd'hui 27, dont 22 françaises, soit près de la moitié de toutes les appellations nationales fromagères. Elles ne représentent que 5 % du chiffre d'affaires global de Lactalis (8,5 milliards d'euros en 2009). Et beaucoup sont produites dans de très petits ateliers de fabrication artisanale, où les conditions de travail contrastent singulièrement avec la course à la rentabilité du géant fromager. Un des plus grands paradoxes de cette entreprise, qui, tout en vantant la tradition, a renoncé il y a deux ans au lait cru dans la fabrication de deux de ses plus célèbres camemberts AOC de Normandie : Lepetit et Lanquetot. Motif : le risque sanitaire. La décision lui a valu les foudres de nombreux artisans fromagers, des crémiers et de violentes critiques dans la presse. Beaucoup de procès de mauvaises intentions aussi, le groupe se voyant accusé de vouloir industrialiser toutes les productions fromagères, quitte à en sacrifier les qualités gustatives. En chauffant le lait cru, on en élimine les éventuels germes pathogènes, mais, disent les gourmets, on en perd toute la richesse bactérienne qui donne son goût au fromage au gré de l'affinage.

 

Des critiques pas toujours infondées... Ses détracteurs doivent pourtant lui reconnaître le mérite d'investir encore beaucoup dans des microfromageries, dont la seule raison d'être est la volonté de préserver un savoir-faire et une tradition séculaire. C'est le cas du moulin de Carel et de la laiterie de Jort, les deux unités de production des Laiteries de Bernières dans le Calvados. Une dizaine de salariés fabriquent le camembert de Jort au lait cru moulé à la louche selon les méthodes anciennes codifiées par le décret définissant l'appellation du camembert de Normandie. Pour combien de temps encore ? Les « loucheurs » y travaillent dans des conditions de labeur d'un autre temps. Il règne une moiteur tropicale avoisinant les 30 degrés dans l'atelier où, cinq heures et demie durant, en torsion permanente, ils déposent les couches successives de caillé. Première étape de l'élaboration des camemberts fabriqués avec une extrême minutie, en très petites quantités. A Bernières, on sert les crémiers parisiens à la carte, au degré exact de maturité qu'ils souhaitent, dans la boîte qu'ils ont choisie avec l'étiquette imprimée au dessin et au lettrage qu'ils ont sélectionnés ou proposés. Les Laiteries de Bernières ont leur fabricant de boîtes à la carte et un designer d'étiquettes, qui ne refuse aucun caprice. La haute couture du fromage. Les caractéristiques du lait sont elles aussi très clairement établies par l'Institut national des appellations d'origine contrôlée dans un décret de 2007. Les contraintes sont très importantes, et peu de jeunes éleveurs ont envie d'y souscrire.

 

« Pas des philanthropes »

 

A Allanches, en plein Cantal volcanique, Lactalis exploite depuis 1945 la plus petite usine de France de Saint-Nectaire, avec une dizaine de salariés. La tournée de lait, spécifiquement collecté pour ce fromage, se fait en montagne, à 1.000 mètres d'altitude au moins, dans des conditions de circulation parfois périlleuses. Du lieu de fabrication et de l'origine du lait dépend l'octroi de l'appellation d'origine. Dans certaines estives, on trait encore les vaches au pâturage, à la trayeuse électrique alimentée par le tracteur. Le lait est pasteurisé dès son arrivée à l'usine. Les contrôles inopinés du respect du cahier des charges sont redoutés, car ils sont susceptibles de remettre en cause la détention de l'AOC. Gare aux erreurs de salage, déterminant pour le goût et pour la conservation... L'affinage, lui, peut se passer ailleurs. A Riom, dans ce cas précis. « La concurrence est rude. Le nerf de la guerre, c'est le volume de lait », explique le directeur de l'usine d'Allanches. « On donne une prime importante aux éleveurs pour les fidéliser. Les Auvergnats ne sont pas des philanthropes », ajoute-t-il avec un sourire entendu.

 

Sur fond de restructuration, au rythme de 40 départs de producteurs par an, l'ambiance est souvent tendue dans la région. Les plus petits sont éliminés. Les petites fromageries aussi ferment. « Trop d'acteurs, c'est trop d'hétérogénéité et le risque de perdre l'AOC », explique René Condamine, chargé de la collecte du lait pour Lactalis en Auvergne. Et la bataille pour valoriser les appellations auprès de la distribution est rude. « Le consommateur réclame de la qualité mais il n'est pas prêt à payer plus cher une AOC », dit-il. Un paradoxe de plus, qui pèse sur l'avenir des fromages sous appellation.

 

MARIE-JOSEE COUGARD

 

  • Trop de labels, tue le label. Dominique Schelcher Président de Système U ICI 

 

Multiplication de labels. J’en compte 28 et ai la conviction de la non-exhaustivité de mon recensement.

 

Certains sont publics, d’autres privés.

 

Certains sont sérieux, d’autres moins.

 

Une étude de 2016 de Que Choisir montre que seulement 5 labels ont un taux de compréhension de leur sens supérieur à 50% (AB, Label Rouge, AOC, Viandes de France et Fairtrade).

 

La même étude montre que seulement 4 labels dépassent les 50% de taux de confiance (AB, Label Rouge, AOC et Viandes de France).

 

Seulement 4 labels sur 28 inspirent confiance à plus de 50% des consommateurs !

 

  • Comment Lactalis veut devenir numéro 1 mondial du bio

 

Déjà leader du bio en France, Lactalis s'est fixé, pour 2025, de devenir le numéro 1 mondial du bio. Une ambition qui passe par le développement des marques existantes en bio, le développement sur de nouveaux marchés et éventuellement des acquisitions.

 

Grand absent des précédentes éditions du Salon de l'agriculture, le très discret Lactalis a changé de stratégie pour l'édition 2020. Impossible de manquer son stand dans le hall 1. Juste à côté de son logo blanc et bleu, le groupe de Laval n'a pas oublié de mentionner son nouveau slogan : "Bio engagé".

 

ICI 

 

Le goût de la discrétion sans doute. Lactalis, numéro un mondial des produits laitiers n’était jamais venu au Salon de l’agriculture. L’oubli est réparé. Clic-clac.  Dites « cheese » et repartez avec une boîte de fromage !  On se bouscule sur le stand du champion français de l’agroalimentaire : 15 000 salariés dans l’Hexagone, dont la moitié dans l’Ouest, pour une collecte laitière de 5,6 milliards de litres.

 

Traditionnellement, février est marqué par les négociations commerciales avec la grande distribution. Mais cette année, c’est le coronavirus qui donne le ton.  La Chine est le premier importateur mondial de produits laitiers.  Les mesures prises par Pékin bloquent la chaîne logistique.  Les ventes de mars ont été annulées.  Au sud de Shanghai où Lactalis dispose d’une usine,  l’activité reprend après avoir été arrêtée plusieurs semaines.  En Italie touchée à son tour, l’industriel craint des répercussions.  Nous avons un centre logistique dans la zone concernée. Pour l’instant, il fonctionne.

 

Autre inconnue, liée au Brexit. Lactalis dispose de trois usines au Royaume-Uni,  un des premiers marchés européens . Le groupe français (20 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019, soit une hausse de + 8 %) y exporte aussi des fromages à pâte molle et des produits laitiers ultra-frais.  Nous avons toujours dit que nous saurions nous adapter. Mais pour l’instant, le sujet reste entier.

 

Lactalis, douzième groupe agroalimentaire mondial, emploie 85 000 salariés dans le monde. Il investit chaque année 200 millions d’euros dans ses 70 sites de production français, vient de rappeler Emmanuel Besnier, son président, dans un entretien au Journal du dimanche.

 

Et pendant ce temps-là le syndicat des vins naturels prêche pour l’érection d’un nouveau label vin méthode naturelle » ça ne peut que réjouir les petits squales du vin, tel Gégé, qui surfent sur la tendance bio-biodynamie, vin sans soufre, faites-leur confiance pour trouver des gens qui leur fourniront le produit avec tous les tampons de la DGCCRF.

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