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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 00:09

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Chers présidents,


Je ne vais pas tourner autour du pot je me tourne vers vous pour, qu’au nom de tous vos vignerons-cotisants, vous fassiez œuvre utile en vous glissant dans la peau d’un mécène.


Récemment j’ai rencontré un petit éditeur, Jean-Paul Barriolade, qui a entamé le grand chantier de la réédition de l’ouvrage de référence, pour les spécialistes de la vigne et du vin, de Pierre Galet le Dictionnaire encyclopédique des cépages dont la première édition en  2000 chez Hachette est désormais introuvable.


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À l’heure où Pierre Galet – mémoire et science toujours aussi prodigieuses – a dépassé les 90 ans, il est temps de lui donner la place qui lui revient pleinement dans la viticulture moderne. L’édition de la version définitive d’une œuvre majeure et unique comme le Dictionnaire encyclopédique des cépages, entièrement revu et corrigé par son auteur et en cours de publication par les éditions Libre & Solidaire., est de toute première importance. Travail de grande ampleur, elle requiert la mobilisation de tous, amateurs passionnés ou professionnels de la vigne et du vin qui savent cette publication utile et nécessaire ; en un mot indispensable.


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Cette réédition comportera pas moins de 1 300 pages et plus de 3 000 illustrations…


L’éditeur a souhaité améliorer l’iconographie en faisant appel à des professionnels qui ont bien voulu lui fournir les clichés qui lui manquaient : l’INRA, José Vouillamoz et Anna Schneider.


Michel Grisard, président du Centre d’ampélographie alpine Pierre Galet, a quant à lui écrit la préface.


Pierre Galet a également fait un travail considérable de mise à jour tant sur les statistiques que sur les dernières techniques de la science de l’ampélographie.


Le Dictionnaire encyclopédique des cépages et de leurs synonymes sera disponible au premier trimestre 2015.


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Ce grand chantier pour un petit éditeur c’est une avance de fonds considérable et il me semble que votre participation significative, avant même la parution, sous la forme que vous souhaiterez, la souscription par exemple d’un nombre important d’exemplaires, allègerait la charge des éditions Libre & Solidaire.


La défense de la culture du vin, mise souvent en avant pour souligner la spécificité du vin, sa longue histoire, son enracinement, passe, je le crois, en dehors des pures préoccupations commerciales, par une prise en charge par les vignerons eux-mêmes, par votre truchement, de la diffusion et de préservations des travaux de Pierre Gallet qui ont été déterminants pour la reconstitution du vignoble.


Ce serait aussi un vrai coup de chapeau, un beau geste à l’endroit de cet ampélographe « de terrain » plus « trouveur » que « chercheur », selon ses propres mots.


Voilà c’est dit.


J’espère votre réponse et, si vous le souhaitez, je me tiens à votre disposition pour que vous puissiez contacter Jean-Paul Barriolade pour finaliser votre soutien à la réédition du Dictionnaire encyclopédique des cépages et de leurs synonymes de Pierre Galet.


Je vous communique son e-mail libre.solidaire@gmail.com


Merci par avance de ce que vous pourrez faire.


Dans cette attente recevez mes salutations les meilleures.


Jacques Berthomeau


Encyclopédie1

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Liste des destinataires :


Alsace : Comité interprofessionnel des vins d'Alsace

Beaujolais : Inter Beaujolais

Bordeaux : Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux

Bourgogne : Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne

Champagne : Comité interprofessionnel des vins de Champagne

Corse : Comité intersyndical des vins de Corse

Gaillac : Comité intersyndical des vins de Gaillac

Jura : Comité interprofessionnel des vins du Jura

Languedoc : Comité interprofessionnel des vins du Languedoc

Provence : Conseil Interprofessionnel des Vins de Provence

Rhône : Comité Interprofession des vins AOC Côtes et vallée du Rhône

Roussillon : Conseil Interprofessionnel des vins du Roussillon

Sud-Ouest : Comité Interprofessionnel des Vins du Sud-Ouest

Val de Loire : Interprofession des vins du Val de Loire


Encyclopédie1

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 18:06

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J’apprends par la Vigne que : « Moins de deux mois après son lancement, la campagne publicitaire des côtes-du-rhône tombe sous le couperet de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa).


L'Anpaa vient d’assigner en référé l’interprofession des vins de la vallée du Rhône, commanditaire de la campagne incriminée. « Elle comporte des éléments contraires à la loi Évin », expose-t-on à l’Anpaa, qui en demande donc le retrait immédiat. La signature de ce nouvel opus de promotion, « Au goût de la vie », a fait bondir les responsables de l’association.


Le responsable de ce rebond – normal de la part de ce fondu de basket, CSP Limoges addict – des vieilles barbes arthritiques de l’ANPAA est Olivier Legrand, le boss du marketing d’Inter Rhône qui déclarait lors de la présentation de la campagne mi-octobre au siège de cette Interprofession « Le ballon est synonyme d’évasion, il permet de sextraire de son quotidien, pour faire une pause. C’est un rêve à la portée de tous!».link


Ça les fâche les barbons, même qu’ils ont sorti leur règle en bambou après avoir « mis en garde l’interprofession des vins de la vallée du Rhône sur le caractère litigieux de cette communication, mais elle n’en a pas tenu compte »


Moi qui ne suis pas tout à fait con j’ai décidé :


1° d’appliquer le principe de précaution :


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2° de me rendre de ce pas, si je puis dire car j’y vas à vélo, apporter mon soutien à mon ami Olivier Legrand qui m’a supplié de venir muni de ma haute-autorité au petit pince-fesses organisé à la Cartonnerie dans le 11e à Paris.


Ça va cartonner à la Cartonnerie ! En 1 contre 1 les papys de l'ANPAA ne font pas un pli...


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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 00:09

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Dans l’univers compassé des beaux nez au-dessus des verres Riedel, Denny  Baldin fait vraiment tache, il est très nature, déjanté ajoutent certains, farfelu pour d’autres, un clown aux crocs rouge, poète absolument, économiste de formation et vigneron nature à l’occasion.

 

Tout ce que déteste le Bettane du « Nous souhaitons sincèrement aux amateurs de vin italiens ne pas avoir à souffrir à l'avenir ce qui se passe en France: une invasion de mauvais vin appelé «naturel», le soi-disant "sans soufre", avec la complicité de nombreux sommeliers, magasin de vin et de journalistes irresponsables. » dans le Gambo Rosso de janvier 2013.


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Jenny répondit à la charge violente du maître en s’interrogeant sur la capacité des vieux amateurs de natures mortes du XVIIIe à entrer dans l’univers de Jackson Pollock…

 

« Il faut que tout change pour que rien ne change », professait Tancredi aux oreilles de son oncle dans le Guépard, tout change effectivement, les fous d’aujourd’hui seront peut-être les sages de demain ?

 

Qu’importe, le poète a toujours raison /Qui voit plus haut que l'horizon / Et le futur est son royaume /

(…) Entre l'ancien et le nouveau /Votre lutte à tous les niveaux/De la nôtre est indivisible…

 

Dans notre monde normé, aseptisé, lissé, froid, bien plus encore qu’au temps de ma folle jeunesse j’ai un faible pour les porteurs d’un grain de folie « Heureux sont les fêlés car ils laisseront passer la lumière » c’est signé Michel Audiard. « Nous naissons tous fous. Quelques-uns le demeurent. » écrivait Samuel Beckett.


Le petit opus « Super Natural Wine » écrit, selon Denny Baldin, dans un grand moment d’ivresse, ne fera jamais parti de la bibliothèque de référence des rationnels qui tiennent tout sous contrôle, ou presque.


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Je les comprends mais, comme je ne comprends rien à leur sabir, je préfère, comme Denny, regarder par la fenêtre du microscope pour y voir l’univers tout entier au commencement du commencement…

 

Les pieds dans la cuve, la tête dans les étoiles, les levures racontées aux enfants… les vieux dit-on retournent en enfance. J’assume !


 « Chaque année ici dans le Beaujolais nous mettons les raisins dans des cuves pour les accompagner à la naissance d’un vin. Ces cuves en béton mesurent en moyenne 4m x 4m x 4 m. Soit 64 m³. Une fois que les raisins commencent à fermenter nous prélevons régulièrement un peu de ce jus et partons en direction du labo afin d’observer au microscope comment évolue la dynamique des levures et des bactéries au fil du temps. Et il n’y a pas que le temps ! Bien d’autres facteurs y ajoutent leur grain.

 

Cette année en 2013, nous avons eu une moyenne de 25 millions de levures par millimètre carré soit, 125 millions de levures par millimètre cube.


125 x 10³ x 10³ x 10³ levures par m³


J’en arrive à la capacité de la cuve : 8.000.000.000.000.000.000 levures par cuve.


C’est pas stupéfiant ça ? Tellement dense, tellement vivant. Les nombres sont si grands presque infinis.


Pour vous donner un ordre de grandeur j’aimerais vous demander savez- vous combien la science a déclaré d’étoiles dans l’univers ?


Une petite idée ?


Mes recherches me disent que les scientifiques estiment un nombre de 10 puissance 24.


Si vous levez la tête au ciel un beau soir d’été vous ne verrez qu’une infime fraction du nombre total d’étoiles présentes tout là-haut.


Ce n’est pas fou de penser qu’en regardant de petits organismes au microscope on observe le même spectacle qu’une nuit étoilée au télescope ?


Regarder par la fenêtre du microscope c’est comme voir l’univers tout entier au commencement du commencement.


Pour un Super Naturel Vigneron le Bing Bang est un mythe moyenâgeux. Il est clair que pour nous chaque vinification unique à chaque cuve est un tout nouvel univers en expansion. Cet univers-là n’existait pas avant car les raisins étaient éparpillés autour du Vivier et de la Roilette. Et puis peu à peu l’univers magique se dissout j’imagine dans le ventre d’un certain mammifère ou se noie dans les effluves d’un rêveur. »

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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 00:09

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Je suis tombé en arrêt, tel un épagneul breton, devant la recette d’Henri Gagneux chef à la Palette à Wettolsheim link


Pensez-donc la pâte sablée c’est mon truc à moi avec mes secrets de la main qui fait !


Le Salers je vous en ai causé dans une chronique du 18 décembre 2012 : link


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Les chinchards « Les chercheurs l’appellent Trachurus trachurus, les Anglais, horse mackerel ou scad. Le chinchard est un poisson fusiforme de la famille des Carangidae présentant deux nageoires dorsales presque jointives, trois épines à la nageoire anale, une ligne latérale arquée recouverte de hautes écailles et une tache noire près de l’opercule. Il atteint 30 à 40 cm et peut peser jusqu’à 2 kg. »


Pourquoi manger du chinchard est bon pour la planète ?


« Les scientifiques étudient chaque année l'état des stocks, c'est-à-dire la quantité de poissons adultes que l'on peut pêcher en préservant un nombre suffisant de poissons qui vont se reproduire. En consommant davantage de chinchards dont la chair est peu calorique, nous consommerons moins d'espèces dont les stocks sont déjà surexploités. Attention, il faut consommer des chinchards dont la taille est d'au moins 20 cm (calibre minimum de consommation), car ces animaux ont eu le temps de se reproduire au moins une fois ! »


En France, il est peu consommé (211 tonnes) par rapport au maquereau et autres poissons vedettes (saumon 33 579 tonnes, lieu noir 7 269 tonnes …).


Les chinchards, à chacun sa technique pour se protéger des prédateurs.


Les jeunes s’abritent sous l’ombrelle des méduses quand ils en ont l’occasion. Ils s’enduisent du mucus de ces dernières ; cela stoppe les décharges de toxine et les jeunes chinchards s’accoutument ainsi au poison.


Les aînés, eux, préfèrent le « ton sur ton ». Avec leur ventre clair, ils se confondent avec la mer vue par les prédateurs du dessous tandis que leur dos, sombre comme les profondeurs océaniques, les rend inaperçus pour les prédateurs du dessus. »


Source Nausicaa link


Le vin rancio  Les vins rancios secs ont traversé des siècles d’histoire et constituent un témoignage de la culture viticole de cette région. Bien avant que ne soit réglementée la production des Vins Doux Naturels avec l’apparition du mutage, et bien avant que le grenache ne devienne un cépage emblématique des vins de Collioure et des Côtes du Roussillon, les vignerons élaboraient, avec leurs grenaches, carignans ou maccabeu, des vins secs de fort degré (plus de 15% d’alcool) qu’ils conservaient sans ouillage dans des pièces de bois, donc au contact de l’air ambiant. Dans un recoin de leur chai, au cours de cet élevage, dit oxydatif, qui pouvait durer de très longues années, naissait le bouquet d’arômes très particulier que l’on appelle le «rancio » et qui évoque la noix fraîche et le menthol. Ces rancios secs sont très éloignés de la conception moderne du vin. Ils présentent généralement des robes topaze plus ou moins claires. Au nez l’arôme rancio domine et il est complété de notes de vanille ou de réglisse. En bouche, des attaques nerveuses et fines laissent la place à une explosion aromatique soutenue par une rafraîchissante amertume. Les anciens consommaient ces vins comme vins de soif, souvent coupés d’eau… » link


En plus y’a du Houmous : 300g de pois chiches qu’il faut mixer avec 0,5 dl d’huile d’argan en ajoutant 8 abricots secs coupés en dés.


Pour faire les petits sablés au Salers il faut bien sûr mélanger la farine 80 g avec 1 jaune d’œuf, le beurre ramolli 55g, le salers râpé 55g malaxer avec vos petites mains pour obtenir une pâte sableuse à laquelle vous rajoutez des petits morceaux de 3 abricots secs.


Former un boudin de 8 cm de diamètre, enveloppez-le d’un film alimentaire et laissez reposer au frais pendant 3 heures minimum.


Ensuite vous découpez des rondelles de 5 mm d’épaisseur que vous déposez sur du papier sulfurisé et que vous cuisez au four à 200°C pendant 10 mn.


Les chinchards sont levés en filets et poêlés côté peau dans une poêle antiadhésive avec 1 filet d’huile d’olive.


Émulsion de vin rancio : ¼  de litre d’eau, ¼ de litre de vin rancio et 10 g de lécithine de soja.


Vinaigrette de vin rancio 2 dl de vin rancio, 5 dl d’huile de pépins de raisin, 1 dl de vinaigre rancio.


La suite est simple vous tartinez vos petits sablés au Salers tièdes de houmous, vous déposez vos filets de chinchards, vous nappez de vinaigrette rancio. Ajouter l’émulsion de rancio sur le dessus.


Bon appétit !


Merci à Élisabeth Tempier auteur de POISSONS  publié chez Libre&Solidaire et au Henri Gagneux le chef de la PALETTE.


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Il ne vous reste plus, même si c’est aujourd’hui le jour du Seigneur, qu’à travailler pour nous dire ce que nous devons boire avec Sablé de Salers aux filets de chinchards poêlés ?


Merci par avance de vos réponses.


Pour acheter des chinchards aller sur le site Le Poisson Volant livraison de poisson à domicile link  c’est 3€ le kg

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 00:09

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Le sanglier, la seule fois que je l’ai vu chassé c’était dans la forêt de Chambord lors d’une chasse du Ministère organisée par l’ONF. J’accompagnais les rabatteurs, des lycéens du lycée agricole de Vendôme « Gestion des Milieux Naturels et de la Faune ». Le prélèvement annuel dans la population des sangliers est une nécessité pour préserver les équilibres de la forêt. Les chasseurs qui étaient postés derrière des panneaux végétaux ne pouvaient tirer, vers l’aval, qu’à partir d’un coup de trompe et cesser à un nouveau coup  de trompe.


En revanche je n’ai jamais assisté au dépeçage du sanglier. C’est pour cette raison que je vous propose de lire ce qu’écrit Aurélien Bellanger dans son roman « L’Aménagement du territoire » prix de Flore.


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En scène : André Taulpin, le patriarche, un Francis Bouygues illuminé, et les deux enfants de son beau-frère Pierre et Yann Piau. Ce dernier « excellent tireur invité dans l’une de ses chasses les plus giboyeuses et accompagné de ses meilleurs veneurs, avait comme prévu abattu un sanglier, d’une balle en pleine tête, et lui avait apporté dans l’heure. »


Âmes sensibles s'abstenir ! Surtout de visionner la vidéo ci-dessous.


« La bête était à présent suspendue au plafond de la salle de découpe du château par des crochets qui passaient derrière les tendons de ses pattes arrière.


Pierre était arrivé presque en même temps qu’elle.


« Cher Yann, vous me seconderez. Cher Pierre, ne perdez pas une goutte du spectacle. Je suis comme un vieux chirurgien au faîte de sa carrière,  après des centaines d’opérations, dont un certain nombre conduites en plein champ de bataille dans des conditions d’inconfort extrême. Car l’éviscération du gibier doit être presque immédiate, surtout si la blessure fatale est intervenue au niveau du  ventre – ce qui n’est ici heureusement pas le cas. Dès  la première heure, le ventre de la bête gonfle et les bactéries prolifèrent. L’intestin perd son étanchéité. Tout va alors très vite, et la viande, en seulement deux ou trois heures, devient inconsommable – on parle d’un million de bactéries par gramme de viande souillée. Par bonheur, nos ancêtres nous ont légué des techniques de conservation d’une robustesse à toute épreuve. Prenez note de la précision de ces gestes ancestraux. »


Taulpin commença à trancher, d’un geste sûr, les testicules du sanglier, puis il incisa l’abdomen. Les poils foncés s’écartèrent, laissant apparaitre un univers beaucoup  plus propre, fait d’organes irisés et brillants. La bête, déjà vidée de tout son sang était lumineuse et précise. Le vieillard sectionna le morceau de cartilage qui unissait les deux parties du bassin et le fit jouer comme une charnière, afin  d’accéder aux entrailles. Il retira la vessie et se mit à couper les membranes dentelées qui retenait l’intestin ; celui-ci glissa doucement jusqu’à une bassine, expulsant avec lui l’estomac hors du corps. L’étape suivante, l’une des plus délicates, consistait à détacher, à la pointe du couteau, la vésicule biliaire sans la percer. Venaient ensuite le foie, les reins, les poumons et le cœur.


« Même les spécialistes de l’anatomie mettraient quelques secondes à  déterminer l’origine, animale ou humaine, de ces nobles organes. Nous frôlons ici les terres dangereuses de l’homicide et de l’anthrophagie, dit-il en regardant Pierre. Tenez, ajouta-t-il en tendant  le foie, les rognons et le cœur à Yann,  réservez cela pour nos invités de ce soir, qui auront l’honneur de les déguster poêlés et accompagnés d’une sauce aux échalotes et à la gnôle. Je vais aussi vous demander de prendre le relais. »


André Taulpin, épuisé, dut s’asseoir pour assister à la fin des opérations.


Yann enfila des gants en maille et, jouant avec un couteau dans la couche graisseuse qui séparait les muscles de la peau, dépeça l’animal avant de le décapiter et d’attaquer, à la scie, un pénible travail de découpe à travers la colonne vertébrale. Enfin l’animal se sépara en deux parts égales qui oscillèrent un instant, avant d’entamer un double mouvement de torsion symétrique.


« Jeune homme, c’est du beau travail. Quant à vous, mon cher Pierre, j’espère que cela vous aura éclairé. La découpe des êtres vivants, contrairement aux pénibles leçons des écologistes, est un processus très pur et très beau, qui n’a rien de barbare. C’est depuis des millénaires l’un des actes les plus achevés de notre civilisation. »


Les abats furent soigneusement cuisinés pendant que les trois hommes se préparaient, en se lavant les mains aussi minutieusement que s’ils avaient commis un crime, Yann Piau et André Taulpin par application des procédures d’hygiène cynégétique, Pierre avec un étrange sentiment de culpabilité. »


[…] L’arrivée du ragoût d’abats de sanglier à la gnôle, parfaitement assorti à un romanée-conti de 1971, détendit l’atmosphère du dîner. »


Une seule question pour les grands amateurs : est-ce que vraiment une romanée-conti 1971 va bien au teint d'un ragoût d'abats de sanglier ?


Credit photo link


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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 00:09

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C’est un court récit de Didier Daeninckx édité chez Verdier Retour à Béziers. Houria, à sa retraite, aussi épaisse qu’un fil à couper le beurre 917 euros, quitte Montreuil pour revenir à Béziers la ville de son enfance. Elle trouve facilement à se loger dans un immeuble haussmannien avec vue sur les Champs Elysées biterrois, les allées Paul-Riquet. Ensuite le choc est rude : il ne reste plus grand-chose de l’ancienne capitale du Midi viticole…


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L’extrait ci-dessous est intéressant car il éclaire bien l’antagonisme violent qui explique beaucoup de prises de position futures loi Evin compris.


Françoise l’interrompit.


-          C’est sa marotte qui le reprend… Depuis qu’il a décidé d’être abstinent, il ne parle plus que de vin!


Il avait soupiré mais on voyait que leur numéro était bien réglé.


-          Pour ce que je buvais ! Personne ne peut nier que c’est le jus de treille qui a fait l’immense richesse de Béziers. Les immeubles des allées Paul-Riquet, les châteaux pinardiers de la rue de la République, les halles, le théâtre, la gare de triage, la Caisse d’Épargne ! Tout vient des alignements de ceps qui striaient le paysage ! Jusqu’à la guerre de 14 qui a, elle aussi, été source de profits quand le pipeline de gros rouge alimentait les tranchées. Il pèse bien 10% du sang répandu à Verdun sur le chemin des Dames… Cette ville est bâtie sur le crime ! Tenez, lisez ce texte, il date seulement de 1961, vous n’allez pas en croire vos yeux !


J’ai saisi la feuille pliée de la Dépêche du Midi où se détachait en lettres grasses le titre « S.O.S ». L’article que j’avais sous les yeux était signé d’Émile Claparède, ancien ministre, sénateur, maire de Béziers, et avant tout président du Comité national des Vins de France :


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La défense de notre boisson nationale est devenue une nécessité vitale, impérieuse. Au départ, en novembre 1954, la lutte anti-alcoolique avait été organisée dans un esprit louable. Ensuite, beaucoup plus récemment, les coups les plus durs – des coups bas – furent portés au vin. De tels moyens étaient déjà inadmissibles, révoltants. Aujourd’hui la situation s’aggrave considérablement. Le vin, selon certains, ne serait plus UN des facteurs de l’alcoolisme, mais le SEUL responsable du fléau. Il est temps de réagir énergiquement contre de telles aberrations. Il faut, sans plus attendre, mettre en place, avec des moyens puissants, une véritable « force de frappe » qui touchera les masses. C’est alors, mais alors seulement, que triomphera la vérité, celle que criait avec autorité et bon sens, sous la IIIe République le président Raymond Poincaré : « Mais is le vin était nuisible, eh bien !on le saurait. On le saurait depuis les Latins, depuis les Grecs, depuis Homère, depuis la Genèse… C’est un très vicieux procès. C’est un procès jugé depuis Bacchus. » Croyez-moi, amis vignerons, et vous tous qui vivez du produit de la vigne : la vague anti-vin se développe de façon très inquiétante. Il est relativement facile de l’endiguer. Mais attention il n’y a pas une minute à perdre.


Jean-Claude s’était rapproché pour lire par-dessus mon épaule.


-          C’est incroyable, non ? Ils ont organisé des caravanes de promotion de la boisson hygiénique » dans toutes les fêtes de village, au moment du Tour de France, sur les plages. Résultat, des cirrhoses du foie comme s’il en pleuvait… »

 

Photos extraites de La caravane publicitaire VINS DE FRANCE link


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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 09:18

Depuis que le Tribunal de commerce de Paris a homologué le  plan de continuation, entraînant la clôture de la procédure de redressement judiciaire d’Héraclès, société faîtière du groupe 1855 - CHATEAUONLINE - CAVES DE LA TRANSAT - CAVE PRIVÉE ! J’entends certains pousser des cris d’orfraies, parler même de journée noire de l’e-commerce.


Il faut savoir raison garder la clôture de la procédure de redressement judiciaire n’éteint en rien les autres procédures judiciaires. En effet, c’est Héraclès lui-même qui, en octobre 2013, s'était placée sous la protection du Tribunal de Commerce de Paris afin de mettre en place « un plan de traitement global et équitable des derniers clients attendant des Bordeaux Primeurs. »


Le Tribunal de commerce de Paris a donc homologué ce  plan de continuation et avec le soutien de son partenaire financier historique Héraclès « estime qu'elle a désormais l'opportunité de reprendre sereinement le développement de l'activité de vente de vins des différentes marques du groupe »


Et c’est là qu’il faut faire la part entre le traitement du passé et l’activité de ce groupe.


Sur le premier point il faudra vérifier si Héraclès a vraiment apporté « une solution permettant à tous les clients concernés d'obtenir soit le remboursement intégral et progressif du montant de leur commande, soit une livraison garantie d'une sélection de vins de Bordeaux de qualité ». Selon les intéressés : « À ce jour, plus de 500 clients concernés ont choisi une livraison de vins en remplacement de leur commande initiale de Bordeaux Primeurs. »


Affaire à suivre !


Pour l’avenir, en dépit du bel optimisme affiché par les petits génies de l’e-commerce de 1855 and Co reste pour eux à rétablir avec leurs clients le lien de confiance quelque peu effiloché. De plus, à eux aussi d’être en capacité de faire des offres crédibles et attractives par rapport à leurs concurrents de l’e-commerce.


L’avenir des marques d’Héraclès est donc entre les mains à la fois de ses clients et de ses fournisseurs.


Aux premiers je dis tout simplement : donnez-moi 1 bonne raison d’aller acheter votre vin chez 1855 - CHATEAUONLINE - CAVES DE LA TRANSAT - CAVE PRIVÉE ?


Aux seconds, je ne dis rien, à eux de juger de l’opportunité de commercer avec les marques du groupe Héraclès.


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Bref, dans ce genre d’affaire, un homme averti en vaut deux alors :

 

Apprenez que tout flatteur


Vit aux dépens de celui qui l'écoute :


Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute.


Le Corbeau, honteux et confus,


Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.



Coluche_-_Un_homme_averti par jejeandco1

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 00:09

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Dans une chronique du 21 novembre 2014 Jamie Goode s’interroge « Whatever happened to wine journalism? »link


Certes Jamie Goode est anglais, docteur en biologie végétale, mais comme d’entrée il cite Sartre, l’homme de l’enfer c’est les autres « In his play No Exit, Jean-Paul Sartre outlines a vision of hell. It consists of three people who don’t like each other confined together for eternity» et que du vin on en trouve un peu plus de ce côté-ci du Channel, son point de vue mérite qu’on s’y arrête un instant car il met en lumière l’une des ambiguïtés de la presse du vin.


En effet, lui qui s’estime être un journaliste du vin, c’est-à-dire quelqu’un qui aime visiter des vignobles, prendre son temps, le temps rencontrer des vignerons pour écrire des histoires, de goûter des vins tranquillement, soit tout le contraire d’un critique de vin qui lui reçoit des échantillons dans un bureau ou va déguster, à Bordeaux ou ailleurs, à la chaîne pour pondre des brèves notes de dégustation accompagnées de notes chiffrées sur 100pts, a peur d’être aspiré par ce modèle dominant et ça le déprime.


« And instead of spending time in the vineyards, getting to grips with the culture of a wine region, I’ll be stuck in an air-conditioned office, tippy tapping into my laptop as I work through a flight of 120 Douro reds before lunchtime. Welcome to my version of wine hell. »


Comme je le comprends!

 

À qui la faute ?

 

Au modèle Parker dominant ?


Sans aucun doute mais, à mon avis, pas que. Le journalisme du vin, tel que défini par Jamie Goode, doit aussi se pencher sur sa part de responsabilité dans la désaffection de son lectorat. Cette remise en question des lignes éditoriales suivies, de certaines proximités avec les annonceurs, de la pertinence de certains contributeurs, d’un certain mélange des genres, me semblerait salutaire à l’heure où la presse du vin, comme le presse tout court, ne jouit pas d’une santé très florissante.


Quant au fameux modèle Parker on peut légitimement se poser la question : survivra-t-il au maître qui a passé la main en cédant son entreprise tout en continuant à peser encore de toute sa notoriété sur la critique du vin ?


Nul ne le sait et l’espoir de Jamie Goode de voir ce modèle régresser du fait de la foultitude de critiques, qui se bousculent au portillon sans avoir la notoriété de Parker, ainsi que l’inflation de leurs notes, me semble vain.


« But in this increasingly competitive wine critic landscape, an important part of the model is that your score appears in marketing material such as shelf-talkers and bottle stickers. It’s one of the ways that you build your brand. The irony fo this is that most consumers have never heard of most of the many critical voices – it’s the score they notice. And the score that will be used in this context is invariably the highest. This creates an upwards pressure on scores, and soon we will be running out of points. The situation is particularly bad in Australia, where even a modestly good wine is ranked in the mid-90s by the leading critical voices. »


Certains vont m’objecter que ce qu’écrit Jamie Goode ne concerne pas la presse du vin en langue française où la césure entre notateurs et écrivains du vin n’est pas aussi nette. Je suis tout prêt à en convenir mais n’est-ce pas là aussi une des raisons du peu d’audience dont bénéficie cette presse comme du poids très relatif des notes de nos critiques dans les décisions d’achat du plus grand nombre des consommateurs ?


Bien évidemment Internet est pour beaucoup dans ce phénomène. Le consommateur avisé peut aller chercher des informations sur la Toile, les croiser et se faire une opinion personnelle mieux fondée que le pur suivisme de notateurs. Et la situation de la presse du vin en France, ne vivant que de publicité et d’organisation de salons ou d’évènements lucratifs, ne s’améliorera pas tant que le traitement sur le Net ne sera qu’une simple transcription de ce qui se faisait avant dans la presse papier.


Les blogueurs vin de langue française, se contentant de se caler sur le modèle existant, n’ont pas effectué une percée notable sur la Toile eux aussi et leur contribution au renouvellement de la presse du vin et de la critique est infime.


Alors l’horizon d’une vraie presse du vin, indépendante et suivie, est-il totalement bouché en France  comme chez nos voisins ?


Je ne le pense pas car beaucoup de nouveaux arrivants sont friands de contenu. Pas le énième reportage sur la saga de Tartempion ou de Tartemolle, ni des papiers recyclés pour des numéros spéciaux vin de la presse généraliste sous-traités aux 2 boutiques qui ont encore pignon sur rue. Aborder de vrais sujets, même ceux qui fâchent, les traiter avec rigueur, ouvrir des perspectives, intégrer bien mieux que par les éternels accords mets&vins les autres produits de bouche dans le monde du vin.


S’ouvrir quoi !


Le confinement et l’entre-soi du monde du vin français est source de confusion qui pèse sur la crédibilité des notateurs-prescripteurs. Dans ce domaine il ne suffit pas de plaidoyer pro-domo ou de bordées d’insultes à l’endroit de quiconque ose faire entendre une opinion discordante pour rétablir la confiance dans l’indépendance de certains critiques

.

Investigation vous avez dit investigation ?


Triste époque que la nôtre que de voir se pavaner des laquais… Oui je préfère être traité de grouillot de Michel Rocard par un courageux anonyme sur le blog du bedeau d’Hubert et, que je sache, être à la retraite n’est ni un choix, ni une tare, un fait tout simplement… Après cela il ne faut s’étonner  de voir nos hommes publics abaisser le débat au degré zéro car ils satisfont une demande d’une part de nos concitoyens.

 

Le 23 novembre Jamie Goode complète sa chronique Wine critics and wine writers

 

“There’s been a lot of response to this article, so I thought I’d attempt to clarify my stance here”.link 

 


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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 00:09

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Dans cette chronique mon objectivité « reconnue et légendaire » va être prise en défaut : Catherine d’abord ma voisine car née sur un arpent de la Vendée militaire où coule le Muscadet fut d’abord mon intervieweuse de choc pour la Tribune à propos du rapport éponyme, elle me tira même le portrait, avant d’émigrer dans les vignes à Saint-Drézéry dans cet Hérault macho – souvenir du bougon  des cépages son perfecto, ses ray-ban, ses santiags et son double langage – est aujourd’hui une grande amie au sens de Montaigne et de La Boétie.


Catherine c’est Catherine Bernard en sa Carbonnelle où j’ai eu cette année le plaisir de pique-niquer, dans l’obscurité, au milieu de ses vignes, afin de finaliser et de porter son nouveau projet : sa cave ouverte à tous les vents.link


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Comme j’ai, contrairement à elle, un égo surdimensionné, Catherine me voue une reconnaissance éternelle, qu’elle renouvelle chaque année, puisqu’elle élabore une cuvée Vin de France en rosé.


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Je m’enivre de mon propre encens alors que notre Catherine fait une entrée remarquée dans la Bible des naturistes : la saison 2 des Tronches de Vin. Consécration suprême pour elle que de recevoir l’onction du Pape des vins nus Olivier Grosjean, dit Olif pour les intimes de son blog jurassien, aussi vieux que le mien.  


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Bien sûr je ne déflorerai pas les lauriers tressés par notre Olivier à Catherine me contentant de dévoiler un énorme scoop : à Montaud grâce à plusieurs plantiers de terret bourret, cépage autochtone languedocien, Catherine va revenir à ses amours de jeunesse faire du blanc, enfin !


Donc, comme vous pouvez vous en douter c’est officiel, Tronches de vin 2 – le guide des vins qu’ont d’la gueule sortira dans toutes les bonnes librairies le 13 mars 2015 !


Au menu :


-         120 portraits inédits de vigneron-ne-s issu-e-s de quelque 12 pays différents,


-         un sixième auteur : Patrick Böttcher, amoureux fou des Vins Libres, j’atteste !


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-         un préfacier qu’a d’la gueule Jonathan Nossiter, réalisateur de Mondovino ou, plus récemment, de Résistance Naturelle, suis pas très fan…


-         un carnet de cavistes très largement consolidé, avec plus de 250 adresses en France, en Europe et dans le monde,


-         une nouvelle couverture  toujours conçue et réalisée par Michel Tolmer himself… et pas mal d’autres surprises !


Vous avez la possibilité de précommander dès à présent un ou plusieurs exemplaires de notre ouvrage, en téléchargeant et renvoyant ce bon de souscription ICI link


Vous bénéficierez ainsi d’un tarif préférentiel (17 euros franco de port, contre 22 euros) et contribuerez directement au succès de ce deuxième opus !


Souscrivez, souscrivez, faites du crownfunding c’est très tendance, ouvrez les cordons de votre bourse largement, placez votre argent dans l’éloge des vins nus vous pourrez ainsi dire à vos petits enfants émerveillés : j’en étais !

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23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 00:09

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Sur cette photo de classe de l’école Sainte-Marie à la Mothe-Achard, avec le frère Pothin, en 1957, j’avais donc 9 ans, beaucoup de mes petits camarades, une bonne dizaine, fils de paysans disparaissaient de l’école lorsque les bras manquaient à la ferme. Nous, les gars du bourg, nous ne nous en étonnions pas car pour beaucoup de parents en ce temps-là aller à l’école c’était perdre son temps et les temps étaient durs en ces années d’après-guerre.


Alors, lorsque j’ai lu la nouvelle de l’immense auteur suédois Stig Dagerman, « la voiture de Stockholm », la première du recueil « Le froid de la Saint-Jean » chez Maurice Nadeau, j’ai de suite eu envie de chroniquer pour le souvenir des gars qui en revenant en classe « n’avaient pas les mains propres ».


J’ai découvert Stig Dagerman lorsqu’une amie m’offrit, il y a 6 ou 7 ans, un minuscule opus « Notre besoin de consolation est impossible à rassasier » publié en 1952 dans la revue Husmoden numéro 13.


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« Je suis dépourvu de foi et ne puis donc être heureux, car un homme qui risque de craindre que sa vie ne soit une errance absurde vers une mort certaine ne peut être heureux. Je n'ai reçu en héritage ni dieu, ni point fixe sur la terre d'où je puisse attirer l'attention d'un dieu : on ne m'a pas non plus légué la fureur bien déguisée du sceptique, les ruses de Sioux du rationaliste ou la candeur ardente de l'athée. Je n'ose donc jeter la pierre ni à celle qui croit en des choses qui ne m'inspirent que le doute, ni à celui qui cultive son doute comme si celui- ci n'était pas, lui aussi, entouré de ténèbres. Cette pierre m'atteindrait moi-même car je suis bien certain d'une chose : le besoin de consolation que connaît l'être humain est impossible à rassasier. »link


Vous pouvez aussi écouter le texte déclamé par les Têtes Raides (vidéo ci-dessous)


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Extrait de la nouvelle « la voiture de Stockholm »


« Quand vient l’époque du ramassage des pommes de terre, on tombe régulièrement malade et il faut qu’on reste deux ou trois jours à la maison, sans aller à l’école. Chez les enfants de petits paysans c’est là une maladie incurable. Alors après notre maladie quand nous revenons à l’école, les enfants des gros propriétaires et les enfants des ouvriers d’usine nous chuchotent, mais quand même suffisamment haut pour que le maître puisse entendre, qu’en passant sur la route ils nous ont vu ramper dans le champ de pommes de terre. Ce n’est pas vrai, ils ne nous ont pas vus, car au moment où les enfants qui ont le droit d’être des enfants passaient, nous, on s’allongeait dans les sillons. Mais autrement, ce qu’ils disent est vrai. Impossible d’ailleurs de cacher de quelle maladie nous étions atteints, car nous n’avons jamais les mains propres en automne. Nous avons beau frotter, gratter avec les brosses de chiendent, la terre d’octobre reste là où elle est, dans les plis des articulations et tout autour des ongles »

Croyez-moi, ces « enfants qui ont le droit d’être des enfants », j’en étais un dans mon bas-bocage en ces années 50, un qui se souvient des mains tachées par l’étêtage des betteraves, des ongles noirs de terre, de mes copains : le gros Grollier de la Durandière,  les frères Tenailleau de la Ste Marie, le grand Mathé des Chapelières, le petit Bironneau de Villeneuve qui mourut si tôt, le Bouron tout rond de la Giraudière, le Delaire du Chiron et quelques autres dont j’ai oublié malheureusement le nom.

Tout au long de ma vie professionnelle, ils m’ont, à leur manière, rappelé à l’ordre au cas où j’aurais oublié d’où je venais.


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