Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
25 juin 2021 5 25 /06 /juin /2021 06:00

 

Nos amis américains, grands libéraux, adorent les taxes : pour les autres… Les fromages, le Roquefort, les vins&spiritueux, étant leurs cibles favorites. Bref, maintenant qu’un armistice vient d’être signé sur le gel des mesures de rétorsion dans le conflit Boeing/Airbus, revenons au sciaccarellu d’Ajacciu.

 

 

Régionales en Corse : Les nationalistes ne s'accordent pas

 

Unies en 2015, les différentes composantes du mouvement nationaliste Corse n’arrivent pas à s’entendre. Le président autonomiste sortant, Gilles Simeoni, arrivé en tête du premier tour des élections régionales, a écarté lundi soir la possibilité d’une nouvelle coalition nationaliste, semblant poursuivre sa démarche en solo au deuxième tour.

 

Dans un communiqué, Gilles Simeoni a expliqué lundi soir avoir « proposé à l’ensemble des composantes de la majorité territoriale sortante une démarche commune basée sur six principes ». « Ces différents points n’ont pas été validés jusqu’à ce jour par les différents partenaires potentiels » de sa liste, indique Gilles Simeoni, ajoutant qu'« il semble donc difficile que ces questions essentielles, qui n’ont pu faire l’objet d’un accord malgré plusieurs semaines de discussions, puissent être entérinées en quelques heures ».

 

Dimanche, lors du premier tour des territoriales, Gilles Simeoni est arrivé en tête avec 29,2 % des suffrages exprimés, devant la liste unie de droite du maire d’Ajaccio Laurent Marcangeli (24,9 %), suivie de la liste du maire autonomiste de Porto-Vecchio Jean-Christophe Angelini (13,2 %) et celle, indépendantiste et refusant toute union au 2e tour de Paul-Felix Benedetti, à la tête du parti radical Core in Fronte (8,4 %). Ces quatre listes peuvent se maintenir au second tour. Sans revirement, quatre listes, dont trois nationalistes, s’affronteront au 2e tour.

 

Jean-Christophe Angelini a déposé sa liste en préfecture d'Ajaccio. Le leader du PNC a modifié l'ordre de cette liste puisqu'un accord sur une fusion avec Corsica Libera a été acté. Quatre noms indépendantistes figureront donc à des places éligibles : Josepha Giacometti, Petr'Antò Tomasi, Laura Maria Poli et Jean-Michel Simon. Jean-Guy Talamoni, président de l'Assemblée sortant et tête de liste Corsica Libera ne figure pas sur cette nouvelle liste de fusion, tout comme Lionel Mortini. Avant de déposer sa liste, Jean-Christophe Angelini a rendu un hommage appuyé à Jean-Guy Talamoni devant les grilles du palais Lantivy.

 

Désolé de ce long aparté mais nous sommes en Corse…

 

 

Les preuves de la culture de la vigne et du vin dans la région d’Ajaccio se situent au premier siècle de notre ère d’après le professeur agrégé d’histoire associé au CNRS Fabien Gaveau : « dès le premier siècle de notre ère, la ville d’Ajaccio est une ville où l’on produit du vin. » Au bas Moyen Âge, au nord de l’appellation dans le golfe de Sagone, « on y a retrouvé quantité d’installations viticoles, dont des pressoirs liés à un domaine dont tout porte à croire qu’il était dédié largement à la production de vin », précise le chercheur.

 

Mais c’est au XVe siècle, sous l’influence des Génois, que le véritable élan viticole a lieu dans la région. Un siècle plus tard, les vins d’Ajaccio sont déjà renommés dans tout l’environnement proche de la Méditerranée. On les boit à la cour des papes. Dans sa description d la Corse en 1531, l’évêque Guistiniani met en évidence cette renommée : « La pieve de Valle-di-Mezzana fournit les excellents vins rouges, et les plus réputés sont ceux de Sarrola. »

 

À cette même époque, on retrouve aussi des trace écrites d’un cépage : le sciaccarello. Une époque où, hasard ou non, les modes sont aux vins clairs, les clairets. Pour l’historien, en 1740, « la ville d’Ajaccio est baignée entre la ville et la vigne comme on ne peut plus l’imaginer ! ». En 1788, cette même ville compte plus de 500 ha de vignes.

 

Au début du XIXe siècle, sur le port de New-York, les vins de Corse, dont ceux d’Ajaccio, sont soumis à des taxes parfois plus élevées que celles appliquées à des vins du Bordelais, preuve d’une renommée certaine. À partir de 1820, la cité s’agrandit, dévorant progressivement son vignoble qui est pourtant à l’origine de sa fortune. Quand la crise phylloxérique touche le vignoble ajaccien à la fin du XIXe siècle, le fléau représente une aubaine pour accroître l’urbanisation de la ville portuaire.

 

Pour Fabien Gaveau, la Première Guerre mondiale  a surtout acté : « l’abandon de l’idée que la vigne puisse être la base de la cité. C’est dans la tête que cela s’est joué, dans des choix d’orientation ». Toutefois, à contre-courant, de grandes familles tinrent à conserver l’empreinte viticole d’Ajaccio.

 

Dans les années soixante, comme partout en Corse, le vignoble d’Ajaccio subit une nette mutation à la suite du « Plan vigne » instauré par le gouvernement de l’époque, ainsi qu’avec l’arrivée des rapatriés d’Algérie, dont l’article sur Patrimonio (n°134) s’est fait l’écho. À cette époque, deux modèles s’opposent, celui d’une viticulture productiviste et celui d’une viticulture qui souhaite renouer avec son histoire et avec la qualité.

 

Face à ces nouveaux enjeux, le vigneron ajaccien François Mercury, en compagnie d’autres producteurs comme Louis de Poix du domaine Peraldi, Jacques Bianchetti du Clos Capitoro, et Pascal Albertini du Clos d’Alzeto, s’engage à défendre une tradition viticole enracinée dans les siècles, afin de produire des vins de qualité et de mettre en avant le cépage sciaccarello. Le Syndicat de défense des Coteaux d’Ajaccio voit ainsi le jour au milieu des années soixante. S’ensuit la naissance de l’AOC Coteaux d’Ajaccio en 1971 qui devient Ajaccio tout court en 1984.

 

 

Deux portraits à lire :

 

COMMUNOVIN

Sébastien Poly le petit-fils de Jacques Poly président de l’INRA / Domaine U Stiliccionu : des arbres (1000 plantés), des tailles hautes en échalas, un poulailler mobile (une centaine de poules), quatre ânes, une dizaine de ruches.

 

Vin, veau, resto: les frères Abbatucci, success-story de la gastronomie  corse - Le Point

Domaine Abbatucci ses cépages autochtones vendus en Vin de France.

Fabien Gaveau, professeur agrégé d'histoire, chercheur au CNRS.

Fabien Gaveau : "La force de la viticulture insulaire, c'est le nombre incroyable de cépages" ICI 

Par: Propos recueillis par Laurent Casasoprana

Jean-Guy Talamoni siégeait à l'Assemblée de Corse depuis 29 ans.

Régionales en Corse. Quatre listes présentes au second tour, Talamoni absent pour la première fois en 29 ans

Quatre listes, trois nationalistes et une d’union de la droite, s’affronteront dimanche prochain lors des élections régionales en Corse. Victime de la désunion nationaliste, Jean-Guy Talamoni sera le grand absent de ce scrutin, pour la première fois en 29 ans.

 

La désunion nationaliste aux élections territoriales de Corse a été fatale à Jean-Guy Talamoni. Le président sortant de l’Assemblée de Corse ne sera sur aucune liste au second tour dimanche prochain.

 

La liste autonomiste de Gilles Simeoni, arrivée en tête au premier tour (29,2 %), affrontera celle de Laurent Marcangeli, maire d’Ajaccio et chef de file d’une droite unie (24,9 %), celle de Paul-Felix Benedetti, à la tête du parti indépendantiste radical Core in Fronte (8,4 %), et celle d’union PNC-Corsica Libera emmenée par Jean-Christophe Angelini, qui avait obtenu 13,2 % des voix.

 

Quelques minutes avant 18 h, Jean-Christophe Angelini, maire autonomiste de Porto-Vecchio, a déposé une liste fusionnant son Partitu di a Nazione Corsa (PNC) avec les indépendantistes de Corsica Libera en incluant quatre de leurs candidats parmi les 15 premières places mais pas leur tête de liste, Jean-Guy Talamoni, a confirmé à l’AFP Vannina Borromei, colistière de M. Angelini.

 

Jean-Guy Talamoni, 61 ans, quitte ainsi l’Assemblée de Corse où il siégeait depuis 29 ans. Niant que sa candidature ait été refusée - « une telle requête […] n’a jamais été formulée » -, le leader de Corsica Libera a au contraire affirmé dans un communiqué mardi soir avoir lui-même « décidé de ne pas présenter (sa) candidature en cas de fusion ».

 

« Je ne peux être tenté de faire passer ma situation personnelle avant les intérêts supérieurs de la Corse », affirme M. Talamoni dans ce texte : « C’est la raison pour laquelle j’ai demandé […] de ne jamais faire de cette question un élément de blocage », poursuit le dirigeant indépendantiste, qui précise que son « engagement pour la Corse prendra d’autres formes »

 

Ce choix a été qualifié de « courageux » et « de raison » par Jean-Christophe Angelini, qui a salué une démarche prise « sans que cela ne soit demandé politiquement ».

 

La liste Corsica Libera avait obtenu 6,90 % des voix au 1er tour, un résultat en dessous des 7 % requis en Corse pour pouvoir être en ballotage (contre 10 % dans les autres régions) mais suffisant pour fusionner. Lundi soir, Gilles Simeoni avait écarté la possibilité de voir se forger une nouvelle coalition nationaliste dans l’entre-deux-tours avec les listes de MM. Talamoni et Angelini.

 

Aucun accord trouvé

 

Depuis le deuxième tour des territoriales de 2015, le parti de Gilles Simeoni, Femu a Corsica, et celui de Jean-Guy Talamoni, Corsica Libera, étaient associés dans une coalition nationaliste baptisée Pe a Corsica. Cette coalition s’était présentée unie dès le premier tour aux territoriales de 2017 et avait obtenu la majorité absolue au 2e tour.

 

Dans un communiqué de deux pages, Gilles Simeoni a expliqué lundi soir avoir « proposé à l’ensemble des composantes de la majorité territoriale sortante une démarche commune basée sur six principes » qui constitueraient « l’ossature indispensable de tout rapprochement durable et de tout contrat de mandature ».

 

Aucun accord n’ayant pu être obtenu « malgré plusieurs semaines de discussions », Gilles Simeoni a donc jeté l’éponge et décidé de partir seul au second tour : « Il semble difficile que ces questions essentielles […] puissent être entérinées en quelques heures 

 

Partager cet article
Repost0
23 juin 2021 3 23 /06 /juin /2021 08:00

Biographie : Winston Churchill (1874-1965) - Touteleurope.eu

On prête à Churchill le mot selon lequel « les statistiques sont la forme la plus élaborée du mensonge »

 

« Je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées. »

 

J’applique la saillie aux pourcentages électoraux.

XAVIER BERTRAND - caricaturiste et caricature

 

Nos commentateurs commentent les résultats à coup de pourcentages, Xavier Bertrand écrase la concurrence dans les Hauts-de-France !

 

À y regarder de plus près on s’aperçoit que ce sont plutôt ses concurrents qui se sont écrasés, écrabouillés même, avec un même paquet de voix : 551 068 voix contre 558 420 voix en 2015, il passe de 24.97% à 41.42 %

 

 

En 2015

 

Liste conduite par Marine LE PEN (FN) 909 035 voix 40.64%

 

Liste conduite par Xavier BERTRAND (LR) 558 420 voix 24.97%

 

En 2021

 

Xavier BERTRAND

SE BATTRE POUR VOUS ! LUD - Union à droite 551 068 voix 41.42 %

 

Sébastien CHENU, UNE REGION QUI VOUS PROTEGE AVEC SEBASTIEN CHENU 324 260 voix  24.37 %

 

Belle déculottée… Une saignée de presque 600 000 voix. C'est heureux...

 

 

4 237 939 inscrits en 2015 4 226 927 inscrits en 2021

 

 

Pas de quoi pavoiser donc, mais il pavoise, en 2015 avec le désistement de la gauche il avait recueilli au 2e tour  1 389 340 voix soit 57.77%

 

En 2015 Liste conduite par Marine LE PEN (FN) 1 015 662 voix 42.23%

 

Combien obtiendra-t-il dimanche ?

 

Qui comparera les scores ?

 

Personne !

 

Bertrand le premier, sa région il s’en tamponne c’est la France qu’il veut : il lui suffit d’enlever le haut…

 

Xavier Bertrand au 1e tour en 2015 : 558 420 voix 24.97%

 

INSCRITS : 4 237 939

 

VOTANTS : 2 595 417 voix

61.24%

 

DONT EXPRIMÉS : 2 405 002 voix

92.66%

 

DONT BLANCS OU NULS : 190 415 voix

7.34%

 

ABSTENTIONS : 1 642 522 voix

38.76%

 

Xavier Bertrand au 1e tour  en 2021 : 551 068 voix 41.42 %

 

4 226 927 inscrits

 

Votants

1 388 093 inscrits

32.84%

 

Abstentionnistes

2 838 834 inscrits

67.16%

 

Votes blancs

34 895 inscrits

2.51%

 

Vive les pourcentages !

Partager cet article
Repost0
22 juin 2021 2 22 /06 /juin /2021 06:00

MELON CHARENTAIS AUX FLEURS DE SUREAU,

Crème aux fleurs de sureau, melon frais mariné et glace à la vanille de Madagascar.

N’est pas Coluche qui veut… même si l’épisode Coluche ne fut pas très glorieux…

 

Comment sommes-nous descendus aussi bas ?

 

Dans « La tentation du clown », la journaliste Laetitia Krupa explore l’hypothèse d’un candidat hors système à la présidentielle 2022.

 

Mirage ou cas de figure plausible ?

 

Hanouna, Zemmour, Onfray, Raoult…

 

Poussons encore plus bas dans la fange : Bigard, Lalanne…

 

Onfray, l’idole des retraités de l’Educnat, le naufragé de la philo, sans rire, proclame que le peuple le réclame sous ses, « présentez-vous, présentez-vous… » mais que bien sûr qu’il n’y ira pas…

 

L’idéologue d’extrême droite Eric Zemmour, à Paris, le 22 avril 2021.

L’idéologue d’extrême droite Eric Zemmour, à Paris, le 22 avril 2021. 

 

Zemmour, le possible candidat à la présidentielle de 2022 qui inquiète le RN ICI 

 

Le polémiste du « Figaro », qui attire chaque jour près de 1 million de téléspectateurs sur C.News, laisse monter la rumeur d’une participation à l’élection présidentielle et ne décourage en rien ses fidèles.

 

 

Je ne vous ferai pas l’injure de vous dire ce que signifie avoir le melon mais je vais en profiter pour vous parler du melon tout rond qui reste l’un des chouchous des français.

 

 

Le melon ne tourne plus en rond ICI

 

Le melon, madeleine de Proust des estivants, a le parfum des vacances. C’est le complice rafraîchissant des pique-niques familiaux, du régime qu’on se promet de faire durer tout l’été. Et selon une étude commandée par l’Association interprofessionnelle melon, il reste l’un des chouchous des Français. « C’est un produit qui se maintient, il s’en achète toujours environ 8 kg par ménage et par an, précise Marion Mispouillé, animatrice de l’association. En revanche, il est très sensible à la météo. On en produit et on en mange moins lorsqu’il fait mauvais, comme en 2020. »

 

« C’est 90 % d’eau »

 

C’est entre le littoral charentais et le Centre-Val de Loire que se cultivent environ un tiers des 250 000 tonnes de melons produits en France chaque année, le reste poussant dans le Sud, entre l’Aquitaine et la région PACA.

 

« Ici, les melons sont dans tous les potagers, précise Antoine Bertrand. On les accompagne traditionnellement de fleur de sel. Moi, je le taille en cubes que je propose en entrée avec du pineau des Charentes, servi à part dans un verre à shooter afin de ne pas noyer la chair. J’ajoute simplement du pain et du beurre salé pour contrebalancer sa puissance sucrée. Si la saison est belle, je pourrai en proposer jusqu’à fin septembre. »

 

Les grandes civilisations, égyptienne, grecque, romaine, l’ont toutes cultivé. En France, il était réservé, jusqu’au XVIIIe siècle, aux rois et aux grands seigneurs. Mais pendant longtemps, il était assaisonné avec du vinaigre et du poivre ! Cyril Lignac, dans l’une de ses salades, reprend ce mariage aromatique en l’associant à du vinaigre de Xérès, du sel et du poivre.

 

« Quand on travaille le melon, il y a quelques précautions à prendre, c’est vrai, remarque-t-il. Par exemple, quand on le passe sur la planche à découper, il faut bien qu’elle soit propre, car le melon absorberait le parfum de ce qui y a été travaillé. Mais, à partir de là, on peut vraiment s’amuser : ajouter des épices, des poissons légèrement saucés, de l’huile d’olive pure et du poivre torréfié… C’est un produit qu’on croit connaître, mais dont on commence tout juste à évaluer le potentiel ! »

 

Odeur ou pédoncule : comment choisir son melon ?

 

Attention, le sujet divise !

 

« Il faut soupeser les melons et choisir le plus lourd, le plus dense : ce sera le plus chargé en sucre », conseille le chef Adrien Brunet. Son confrère Antoine Bertrand reconnaît pour sa part les choisir à l’odeur – les melons charentais dégagent un parfum typique, d’autant plus fort qu’il est mûr – et vérifie « qu’ils ont le cul craquelé, fendu ». « Le sentir, le peser, c’est du pipeau ! », tranche de son côté Cédric Fargier, producteur des melons des Lonnes sur une quarantaine d’hectares, en Provence, qui fournit le chef Edouard Beaufils. Il n’y a finalement que sur un point que tous les professionnels se retrouvent : le pédoncule, la « queue », doit commencer à se décoller du melon. Il faut aussi garder en tête quelques éléments factuels pour faire son choix. Les premiers melons cultivés sous serre ou en provenance du sud-est arrivent mi-mai sur les étals. Mais la saison pour les melons de pleine terre, les plus goûtus, est juillet-août. Enfin, pour le conserver, emballez-le dans un film plastique et rangez-le dans le bac à légumes du réfrigérateur, mais pas plus d’une semaine. Et si vous voulez mettre de l’été dans votre cuisine d’hiver, vous pouvez conserver des billes de melon dans des sachets hermétiques au congélateur.

 

 

 

Partager cet article
Repost0
21 juin 2021 1 21 /06 /juin /2021 10:30

Image

L’ami Laurent Bazin sur Twitter pose le doigt où il faut :

@laurentbazin

 

C’est tout de même génial de s’interroger en boucle ce matin sur les «motivations des abstentionnistes», comme s’ils avaient cherché à envoyer un message politique… Alors que le sujet c’est, précisément, leur manque de motivation, non?

 

Tant que la régionalisation ne sera qu’un transfert de compétences : transports, routes, lycées… elle n’apporte rien aux citoyens… elle ne fait qu’ajouter une couche d’élus « inutiles », une strate administrative tout aussi inutile, qui se superpose au millefeuille départemental.

 

Si l’on souhaite vraiment que le pouvoir central omniprésent, via son Président, trouve un contrepoids, le seul moyen efficace est l’érection d’un vrai pouvoir régional fort.

 

Le Parlement ne joue plus, depuis fort longtemps, ce rôle, plus encore depuis la mise en place du quinquennat, les godillots du grand Charles ont fait des petits ; quant au Sénat, soi-disant émanation de la France profonde, vu son mode de désignation, n’est qu’une assemblée de notables repus, sans pouvoir réel, de Gaulle avait raison : à la trappe !

 

En m’abstenant je n’ai fait qu’exprimer mon désintérêt pour cette coquille vide, voter blanc ou nul ne sert à rien presque. Ce faisant je ne mets pas en péril la démocratie représentative, foin de grands mots, aux élus de se remettre en questions, de me proposer, de nous proposer une profonde réforme constitutionnelle qui redonne à nos votes un sens.

 

Mais plus encore mon abstention fut un choix très politique pour la raison suivante : je voulais minorer la nationalisation d’un scrutin local par les prétendants à la présidentielle, tout particulièrement, la fille du borgne, Pécresse et Bertrand pour leur primaire chez LR dont ils ne sont plus adhérents, les Verts…

 

Olivier Babeau

@OlivierBabeau

 

Rappel : avec 68% d’abstention, un candidat qui obtient 30% des suffrages exprimés n’est choisi en réalité que par 8% environ des inscrits. Autrement dit les futurs gagnants ne sont pas le premier choix de 92% des électeurs.

 

La seule bonne nouvelle c’est la quasi-claque du RN, nos insondables sondeurs ont surexposé le RN, reste à finir le boulot en PACA avec un front républicain sans faille.

 

La prime est aux sortants, LR et le PS conforteront leur base locale.

 

Attention à ne pas confondre scrutin régional et présidentiel ! L'avertissement

Richard Werly

@LTwerly

@letemps repris par @courrierinter

Merci et à dimanche prochain

 

Vu de l’étranger. Aux régionales, Macron et Le Pen “défaits” par le retour des partis traditionnels

 

Publié le 21/06/2021 - 06:26

 

 

 

Le premier tour des régionales, dimanche 20 juin, en France a été marqué par une abstention record, un net recul du Rassemblement national et une piètre performance du parti présidentiel, au profit de la droite et de la gauche. Pour la presse étrangère, cette dynamique pourrait rebattre les cartes de la présidentielle de 2022.

 

Un Rassemblement national (RN) “très en deçà de ses espoirs”, un parti présidentiel qui “peine plus que jamais à s’implanter localement” et des partis traditionnels, de la droite à la gauche, qui “résistent” : le premier tour des élections régionales a été marqué dimanche par une série de “grosses surprises”, résume la correspondante du Soir à Paris, Joëlle Meskens.

 

La très forte abstention – estimée entre 66,1 et 68,6 %, un record tous scrutins confondus en France – a avant tout profité aux présidents de région sortants, de droite comme de gauche. Les Républicains ont totalisé 34,4 % des voix et les socialistes 28,7 %, selon les estimations de l’Ifop. Les premiers espèrent pouvoir conserver leurs sept régions et les seconds leurs cinq en France métropolitaine.

 

En revanche, la défaite est “écrasante” pour Emmanuel Macron et sa formation, note Politico. Le parti présidentiel ne totalise que 11,5 % des suffrages selon Ipsos, un score qui confirme la faible implantation locale de LREM. “Il ne fait désormais aucun doute que M. Macron sera confronté à un défi” lors de la présidentielle de 2022, estime la BBC.

 

Dans un discours, qualifié de “morose” par l’agence Bloomberg, Marine Le Pen a de son côté reconnu que ses électeurs ne s’étaient “pas déplacés” et a appelé “à un sursaut” pour le second tour. Au niveau national, le RN, initialement donné en tête dans six régions sur treize par les sondages, n’arrive finalement en tête qu’en Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca). La formation d’extrême droite n’a recueilli que 19,4 % des voix au niveau national, contre 27,7 % en 2015.

 

“Le Pen et Macron ne sont plus seuls au banquet”

 

“La surprise est d’autant plus importante que les spéculations éditoriales et les sondages avaient prédit une explosion de l’extrême droite, et vu la droite et les socialistes passer sous la ligne de flottaison. Mais c’est le contraire qui s’est produit”, remarque Eduardo Febbro, le correspondant à Paris du quotidien argentin Página 12. “Si cette dynamique se maintient ou s’accentue dans les prochains mois, le retour des partis ayant une tradition de gouvernement et de présidence (PS et LR) pourrait saper les fondements de la stratégie macroniste, estime-t-il. Les anciens ennemis sont revenus à la table. Le Pen et Macron ne sont plus seuls au banquet.”

 

Le quotidien espagnol El País voit, lui aussi, dans ces résultats le signe que “la vieille politique refuse de disparaître”. Le scrutin du premier tour remet en cause “le diagnostic de Macron et de Le Pen”, selon lequel “les divisions partisanes qui avaient façonné la politique française depuis l’après-guerre – une alternance entre le centre gauche et le centre droit – n’étaient plus valables”. Dimanche soir, Macron et Le Pen ont été “défaits par le vieux monde”, renchérit Le Soir.

 

Gare aux “conclusions trop hâtives”

 

“L’abstention massive […] empêche” néanmoins de “tirer trop de leçons pour le scrutin présidentiel d’avril-mai 2022”, met en garde le journaliste du Temps Richard Werly, qui se méfie “des conclusions trop hâtives”.

 

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les deux grands partis traditionnels ont bénéficié à plein de la “prime aux sortants”, qui ont été à la manœuvre lors de la crise sanitaire. Selon le journaliste du Temps, il faut aussi “bien comprendre que le découpage de la France métropolitaine en treize grandes régions administratives n’est pas bien accepté, ce qui a pu amener de nombreux Français à bouder les isoloirs pour bien montrer leur désaccord et leur manque de confiance en cet échelon politique”. Cette abstention massive est le reflet d’une “France politique […] démotivée”, note-il. Pour lui, la principale boussole de ce pays centralisé demeure la présidentielle”.

 

Noémie Taylor-Rosner

 

 

Partager cet article
Repost0
20 juin 2021 7 20 /06 /juin /2021 06:00

Avec plus d'un million cinq cent mille exemplaires vendus en 2017, Guillaume Musso est pour la septième année consécutive le romancier le plus vendu en France. Ses livres sont traduits dans 40 langues et les ventes totales de ses romans dépassent les 32 millions d’exemplaires.

 

Je ne l’ai jamais lu.

 

 

Au détour d’une émission littéraire dans l’Info du vrai, Gérard Collard un libraire et chroniqueur littéraire, que j’ai découvert en 1992, dans sa première apparition télévisée dans l’émission de Bernard Rapp Caractère au cours de laquelle il fit une critique sévère et remarquée de Marguerite Duras : « L’écrivain buvait, les lecteurs trinquaient», dont je partage souvent les goûts, nous a fait le coup du frère : Valentin dont il a encensé le dernier et neuvième roman noir : « Qu’à jamais j’oublie ».

 

Qu'à jamais j'oublie par Musso

 

En vacances dans un hôtel d’Avignon, Nina se jette à la gorge d’un homme au moment où il ouvrait la porte de sa chambre, avec la ferme envie de lui régler son compte. Mais pourquoi cette mère de famille, veuve d’un célèbre photographe, s’en est-elle prise à ce paisible retraité, en villégiature en France ?

 

Pour tenter de comprendre cet acte insensé, son fils Théo, avec lequel elle a toujours entretenu des relations difficiles, n'a d'autre choix que de plonger dans le passé d'une mère dont il ne sait presque rien. De Paris à la Suisse en passant par la Côte d'Azur, il va mener sa propre enquête, jusqu'à découvrir des secrets inavouables et voir toute sa vie remise en question...

 

L'histoire bouleversante d'une femme décidée à prendre en main son destin.

 

Un suspense redoutable qui vous manipule jusqu'à la dernière page.

 

Deux remarques au passage :

 

- L’avocat choisi par Théo se prénomme Éric « C’est un avocat hypermédiatique, excellent client de tous les plateaux de télévision, où son sens de la formule fait mouche. Bête noire des prétoires, il a à son actif un nombre impressionnant d’acquittements, qu lui ont valu le surnom risible de Disculpator. Si les hommes politiques empêtrés dans des scandales fiscaux se l’arrachent, il défend souvent au pénal des familles de victimes dans des affaires de meurtre, de viol ou d’enlèvement. » « L’avocat est fidèle à l’image qu’en offrent les télévisions : rude et bourru. On physique est imposant. Il est calme mais ses yeux bleus se durcissent parfois et donnent l’impression  qu’ils vous mettent à nu »Je ne vous fais pas un dessin.

 

 

- Le roman se fonde sur une terrible réalité historique suisse « Jusqu’en 1981 ? au moins 60 000 personnes ont été internées administrativement en Suisse, sans avoir jamais commis aucun délit, au seul motif qu’elles étaient pauvres, mendiantes, alcooliques, réfugiées, mères illégitimes ou jugées dépravées, rebelles ou fainéantes. Ce phénomène de très grande ampleur n’a offert que peu de résistance et a longtemps été entouré d’un silence assourdissant. » Majoritairement des enfants, des adolescents, des femmes…

 

La Commission indépendante d'experts a proposé diverses aides financières en faveur des victimes. (Illustration)

ININTERNEMENTS FORCÉS TERNEMENTS

Selon une commission indépendante d'experts, au moins 60'000 personnes ont été victimes d’internements administratifs durant le 20e siècle en Suisse. Pour les aider financièrement, elle recommande notamment un abonnement général CFF à vie, une exonération d'impôts et une rente à vie. ICI 

 

Quand la Suisse internait les pauvres et les marginaux ICI

Partager cet article
Repost0
19 juin 2021 6 19 /06 /juin /2021 06:00

 

« J’aime ce légume car il me rappelle les odeurs et les saveurs des ravioli délicieusement aériens découverts dans ma jeunesse après avoir cru que ceux de la mamma, émilienne d’origine, étaient inégalables. Le secret de ces ravioli liguriens résidait dans une sorte d'hybride, mi-herbe, mi-salade, la bourrache. »

 

Au Moyen Âge, la bourrache était considérée comme une plante magique aphrodisiaque. La bourrache donne de l'assurance et de la hardiesse dans les entreprises amoureuses. Un rameau de bourrache fleurie permet au séducteur de remporter le succès auprès d'une femme.

 

La bourrache est utilisée depuis des millénaires. Pline la dénommait « plante du bonheur et du courage ». Elle permettait apparemment de retrouver sérénité de corps et d’esprit. La bourrache apparaît dans l’Odyssée d'Homère : son ingestion « […] ne laissait de tout le jour les larmes couler sur ses joues, sa mère et son père fussent-ils morts ». Elle était, par ailleurs, appréciée pour stimuler la lactation. Albert le Grand, savant, philosophe et théologien, la désignait comme « génératrice de bon sang ». Au XVIe siècle, Matthiole, naturaliste italien, la recommandait contre les défaillances du cœur pour soulager les fiévreux. Elle fut pendant très longtemps consommée comme un légume. Ses feuilles agrémentaient soupes et salades, ses fleurs aromatisaient le vin.

 

J’ai semé de la bourrache sur mon balcon :

 

 

La bourrache est une annuelle, dont les graines germent à l'obscurité. Semez en pot dès le mois de mars, ou en pleine terre à partir d'avril. Le repiquage s'avérant délicat (j’ai expérimenté ce fut la catata), ne prévoyez qu'une à deux graines par pot, ou semez directement en place au jardin, en prévoyant 40 cm entre chaque plant.

 

La rusticité de la bourrache est excellente. En effet, la bourrache se ressème toute seule d'une année sur l'autre via ses graines qui tombent au sol à maturité.

 

 

La bourrache, Borago officinalis (famille des Boraginacées), est une plante annuelle dont les tiges velues (son nom vient du latin borra, qui signifie poil) portent de grandes feuilles vert clair qui répandent une odeur de concombre si on les froisse.

 

À l'extrémité des tiges de 30 à 60 cm, ses petites fleurs bleues en étoile sont de toute beauté, avec le contraste des sombres étamines pourpres

 

Salade de riz aux fleurs de bourrache

Salade de riz aux fleurs de bourrache ICI 

 

 

Intérêt culinaire de la bourrache

 

La bourrache est pleine d'attraits lorsqu'on parle cuisine avec les fleurs :

 

  • les jeunes feuilles agrémentent salades, fromage blanc, oeufs...

 

  • les feuilles "adultes" peuvent être cuites en légume à la façon des épinards; elles composent également d'excellents potages

 

  • les fleurs sont comestibles : elles trancheront joliment avec une belle salade claire

 

  • vous pouvez mélanger les 2, à raison de 3 feuilles et 5 fleurs, pour réaliser une boisson rafraîchissante avec 1 litre d'eau, le jus de 2 citrons et quelques cuillerées de miel.

 

Propriétés

 

La bourrache est réputée pour ses propriétés dépuratives, drainantes et sudorifiques. Elle est également appréciée pour aider à soulager les troubles de peau. Avec l’âge, l’organisme manque de ressources en acides gras essentiels, que la bourrache lui apporte en quantité suffisante. Elle aide à lutter contre le vieillissement de la peau et des cheveux, notamment. Enfin, elle contribue à revitaliser les peaux les plus sèches et à redonner souplesse et élasticité à la peau.

 

 Huile de Bourrache Bio - 200 capsules - Orfito

 

L’huile de bourrache est riche en acides gras polyinsaturés de la famille des oméga 6, notamment en acides linoléique et gamma-linoléique, indispensables à la santé de l’organisme. La bourrache en est la source végétale la plus importante. Elle en contient près de deux fois plus que l’onagre. Le nitrate de potassium (salpêtre) confère à la plante son rôle sudorifique et drainant. Le mucilage, contenu dans ses feuilles, la rend utile pour aider à lutter contre les paresses intestinales. Les tanins que renferment ses feuilles présenteraient des propriétés astringentes. La bourrache contient également des alcaloïdes, des flavonoïdes, de la vitamine C, de la saponine et du calcium. Elle est enfin source de prostaglandines, agissant comme calmant et participant au bien-être circulatoire, du cœur et des artères.

 

 

Partager cet article
Repost0
18 juin 2021 5 18 /06 /juin /2021 06:00

 

Je suis fou de la pasta italienne, chez moi je suis carbonara, Cacio e Pepe, bolognaise parfois, pesto vert et rouge, sèches ou fraîches, au beurre ou à l’huile d’olive, spaghetti, tagliatelle, macaroni, penne, fettucine, linguine, farfalle, fusilli, trofies, pappardelle, casarecce… etc.

 

Au restau je suis 100% Passerini et pour les bons produits italiens chez Alessandra Pierini RAP et la Grande Épicerie du Bon Marché.

 

Selon TripAdvisor, il y aurait 1.500 restaurants italiens dans Paris et sa périphérie – de la pizzeria basique à l'adresse élégante fréquentée par le Tout-Paris. La restauration italienne en France est un millefeuille d'enseignes, du pire au meilleur, décrit Massimo Mori.

 

Combien de ressortissants italiens à Paris ?

 

Je n’ai pas trouvé de statistiques officielles mais sur la base d’un petit calcul ci-dessous (1), ils sont entre 40 et 45 000.

 

(1) Selon les données officielles de l'AIRE (Anagrafe degli italiani residenti all'estero) les citoyens italiens résidant en France étaient 348 722 en 2007, puis 411 839 fin 2017. Ils sont 370 000 selon le rapport Italiens dans le monde 2010 de la Fondation Migrantes

 

Selon les études démographiques en France 1 étranger sur 10 habite Paris.

 

L'écume des pâtes, Tommaso Melilli | Stock

 

 

Alors vous comprendrez que lorsque je tombe sur L’Écume des Pâtes À la Recherche de la Vraie cuisine italienne de Tommaso Melilli, j’achète !

 

 

L’EURO de foot 2020 vient de débuter, en juin 2021, au stadio olimpico de Rome, par un match entre la Squadra Azzura et la Turquie. Reste encore un contentieux entre les footeux italiens et les footeux frenchies : le coup de boule de Zidane à Materazzi lors d’une finale de coupe du Monde perdue par les coqs ; et puis à Rome, autour du ballon rond on est Lazio ou la Roma.

Maillot Lazio Domicile 2020/2021 - 315870G | Footcenter

 

Maillot AS Roma Domicile 2020/2021 - 310370G | Footcenter

 

À Rome, les tifosi se divisent entre «Laziali» et «Romanisti». Un choix qui illustre d'office l'appartenance à une classe sociale et s'impose comme un devoir «civique»

 

«Lorsque je confesse, je m'informe toujours pour savoir si le pénitent est tifoso de la Lazio ou de la Roma. Si la personne contrite m'avoue être «Laziale» les paters ne sont jamais moins de quatre. Pour les «Romanisti» je n'en donne qu'un seul, les supporters de la Roma ont déjà conquis la moitié du paradis», révèle Don Aristide, le prêtre du cercle sportif New Country Club qui rassemble les vieilles gloires de la Lazio et de la Roma. Un «aveu» qui fera trembler le Vatican, distant de quelques kilomètres…

 

Ainsi un rapide sondage révèle que la Lazio est le club de la périphérie, des couches sociales défavorisées, de ceux qui habitent les «castelli» sur les collines qui encerclent Rome; on trouve aussi des tifosi à Viterbo ou Frosinone distantes de 90 km. Une situation logique dans la mesure où le terme Lazio est le nom de la région.

 

A ce stade, c’est le cas de le dire, je sens que la mouche du coche peu portée sur le ballon rond, sauf pour le vin nu, pense que je déraille, il se goure. En effet, dès la page 10 du livre de Melilli, il est question d’un mystérieux tournoi de foot, la ligue des champignons, qui oppose les cuisiniers et les sommeliers qui travaillent à Paris.

 

Mon enclave d'Italie à Paris : le beau reffetorio de Giovanni Passerini où  j'aime me restaurer d'une cuisine joyeuse et inventive. - Le blog de  JACQUES BERTHOMEAU

 

« Notre vétéran s’appelle Giovanni Passerini. C’est le meilleur chef italien de Paris et l’un des plus célèbres de la ville. C’est lui qui, toute l’année conserve les tenues, et c’est aussi lui qui m’a fourni le maillot de la Lazio. Il a joué tous les matchs jusqu’à présent et il est ici en tant que président de notre fédération imaginaire.

 

Il a eu au moins trois vies, dont deux comme cuisinier, et dans ces eux vies il a connu tout le succès qu’il pouvait espérer. »

 

Si vous souhaitez tout savoir sur ces 3 vies vous savez ce qu’il vous reste à faire, c’est pages 17-18 et 29 à 46.

 

Et puis, je ne sais si Tommaso Melilli est complice, mais lorsqu’il traite du tavernier j’ai comme le sentiment qu’il va hameçonner PAX.

 

« Le tavernierl’oste – est un personnage à la croisée des chemins.

 

Ce n’est pas un chef ou un cuisinier, bien qu’il puisse également jouer ce rôle. En tout cas, il représente la cuisine. Ce n’est pas un serveur, mais il apporte les assiettes à table et lave les verres ; et ce n’est pas un sommelier, car – à l’évidence – il serait stupide de demander au tavernier si son vin est bon.

 

Le cuisinier suisse dans son nouveau restaurant parisien: Cest la création qui mexcite dans la vie!

 

L’un des meilleurs taverniers que je connaisse s’appelle Pierre Jancou. Il est suisse, mais il a passé une partie de sa vie en France et l’autre en Italie, comme Michel Platini. Il commence comme cuisinier et, à la viande, il préfère les pâtes et les légumes. »

 

Suivent les pages 168 à 171 sur l’Odyssée du dit Pierre Jancou.

 

Calcarius Falanghina Nù Litr Orange (1 L) · L'acheter sur Vinissimus 16,60 €

 

Et puis il y a le chapitre sur le vin de la maison

 

« Nous sommes plutôt d’accord sur la façon dont les choses que nous mangeons devraient être faites, en théorie du moins : les tomates du jardin sont meilleures que celles du supermarché, qui sont fades et dont les racines n’ont jamais connu la terre ; en théorie du moins, nous sommes plutôt d’accord sur le fait que la viande d’un animal élevé en liberté dans les pâturages est bien meilleure que celle d’un animal vivant dans les cruelles conditions de l’élevage intensif. Je parle de théorie, de ce que nous préférons dans l’abstrait. La réalité est autre chose, laissons-là de côté pour le moment. En théorie du moins, nous préférons tous manger de la nourriture produite de manière artisanale.

 

Cependant, allez savoir pourquoi, quand il s’agit de boire, nous avalons allègrement des vins contenant une quantité invraisemblable de cochonneries. Le choix de Pietro, d’Andrea et de ceux qui ont travaillé avec eux chez Consorzio a dès le début été le suivant : servir des vins produits avec les mêmes critères que les légumes, la viande et le fromage qu’ils doivent accompagner. Cela vous semble-t-il logique, évident et cohérent ? Ça l’est.

 

Est-ce habituel ? Cela l’était-il il y a dix ans ? Absolument pas.

 

On peut définir ce type de vin de nombreuses façons : artisanal, paysan, propre, « vrai », naturel. C’est un type de vin qui a toujours été produit en Italie et ailleurs jusqu’au début des années cinquante, c’est donc le vin qu’on buvait durant l’âge d’or des osterie et des trattorias ; par la suite, peu de gens ont continué de le faire, car c’était difficile et pas assez rentable. C’est aussi le vin que certains se sont mis à produire ces dernières décennies. Ce n’est pas la même chose, car les gens qui l’ont fait dans les années cinquante et ceux qui le font maintenant ne sont pas les mêmes. Le vignoble n’est pas traité avec des pesticides ou des produits chimiques. Le vin est fait avec du raisin et, dans l’idéal, rien d’autre. Le jus fermente seul, il n’est ni filtré ni traité pour obtenir une couleur spécifique. Aucun conservateur ou autre produit n’est ajouté pour le rendre plus pétillant ou moins pétillant, plus fort ou plus léger. Parfois il sent mauvais, comme les personnes, et ce n’est pas agréable. Parfois il a le goût et l’odeur de choses que nous avons toujours connues puis oubliées, d’autres fois il a un goût que nous n’aurions jamais imaginé. Pietro et Andrea ont toujours pensé que si l’on ne pouvait pas accompagner leur nourriture avec de tels vins, cela ne valait pas la peine de faire ce travail : c’est grâce à des gens comme eux qu’aujourd’hui on parle de plus en plus de vin naturel. »

Façade d'une librairie italienne à Paris

Les italiens en France : jalons d’une migration ICI 

 

L’arbre généalogique de plusieurs millions de Français comporte une branche italienne, même si celle-ci n’est pas toujours visible ou bien identifiée en raison d’une progressive francisation des patronymes qui, quelles que soient les époques, traduit l’intégration jusqu’à la dilution au sein de la société. L’immigration transalpine est en effet ancienne

Carte postale représentant la ville de Modane

« Je me suis résolu à partir » : les Italiens émigrent en masse ICI

 

Contrairement aux précédentes vagues d’émigration, ce sont surtout les jeunes diplômés italiens qui quittent le pays.

 

Par Marie Charrel

Publié le 04 avril 2019

 

Les « Italiens de Paris » du fascisme à l’après-guerre : artistes et expositions au service du rapprochement franco-italien  ICI

 

Gli «Italiani di Parigi» dal fascismo al dopoguerra: artisti e mostre al servizio del riavvicinamento franco-italiano

Caroline Pane

Partager cet article
Repost0
17 juin 2021 4 17 /06 /juin /2021 06:00

 

Fleuve Pô, au Nord de l'Italie, région d'Émilie-Romagne, des Alpes italiennes qui bordent la France à la mer Adriatique, de l'Ouest à l'Est

Le plus long fleuve italien ICI

J'aime beaucoup les polars de Valerio Varesi... Chronique dédié à un Crémonais occasionnel... 

Notre ami Soneri est envoyé par son chef caractériel et pas bien malin, surveiller des pêcheurs/braconniers d’origine étrangère (hongrois, russes, ukrainiens …) sur les bords du Pô. Les habitants s’en plaignent, ils pêchent des silures, campent, font du bruit, et puis, ils ne sont pas d’ici. On imagine facilement avec quel zèle Soneri va transformer ça en balade dans le brouillard le long d’un fleuve en crue, avec arrêt dans une bonne auberge.

 

La Maison du commandant

 

« Tu l’aimes, toi, cette société où les arrogants et les malhonnêtes dirigent les gens bien ? où les pires gouvernent les meilleurs ? où la méchanceté est toujours victorieuse ? Tu l’aimes ce monde où tout s’achète ? La justice, la respectabilité, le droit d’être aux commandes ? (…) Tu le sais ou tu le sais pas que tu es payé par ceux qui font les guerres et qui affament les peuples ? »

 

Le ton est donné par cet ami de Soneri qui vit sur une maison flottante et écoute Verdi à plein volume sur le fleuve déchaîné. Un fleuve qui est de nouveau l’un des personnages principaux du roman. Mais un fleuve à l’image du moral de Soneri : gavé de pollution et de saloperies. Un fleuve qui sent la mort, littéralement, et que même une belle grosse crue a du mal à nettoyer.

 

La suite ICI 

 

Valerio Varesi exhume les macabres secrets d’un fleuve indocile ICI 

 

LIVRES

 

Un petit tour sur les berges du Pô, ça vous tente? Valerio Varesi et son commissaire Soneri nous servent de guide dans «La Maison du commandant»

 

Le Pô pue! Par temps de crue, son lit sent la charogne, les déchets innommables, la pourriture et la mort. Des exhalaisons méphitiques qui littéralement empreignent comme un signe du destin l’atmosphère et les pages de La Maison du commandant, le dernier polar traduit en français de Valerio Varesi, un livre qui date de 2008.

 

Fragile et déstabilisé jusque dans son amour pour la pétillante Angela, doutant plus que jamais de la possibilité, voire de la légitimité, de faire appliquer la loi, le commissaire Soneri lui-même s’interroge sur la signification de «ces odeurs qui le persécutaient depuis le début de l’enquête». Rassurez-vous, cela ne l’empêche pas de partager avec vous son amour inconditionnel pour les magiques paysages de brume et d’eau de la Bassa, cette plaine du Pô qu’il connaît par cœur et où il sait, comme personne, dénicher le petit bistrot qui fait à merveille les anolini au bouillon, les tortelli aux blettes ou les tripes. Le tout arrosé d’un bonarda, «un bon vin charpenté qui vous console comme une grosse femme».

 

Pétarade inattendue

 

Tout commence d’ailleurs par une course-poursuite épique et, à sa manière, passablement alcoolisée. «Dans la lumière citrine» d’un début d’après-midi, notre commissaire parmesan enquête mollement sur un trafic d’armes censées circuler parmi des groupes de pêcheurs de silure, des anciens militaires slovaques et hongrois mal vus dans la région. Il n’y croit pas trop et, profitant de la balade, s’achète deux caisses de fortana de la dernière vendange, un vin nerveux qu’il faut ménager.

 

Or voilà que la bande dite «des distributeurs» vient de commettre un nouveau casse dans une agence de la périphérie. Envoyé par son chef sur la trace des voleurs, Soneri en oublie les bouteilles qui, dans son coffre, se mettent «à danser la samba». Après un brusque coup de frein et un zigzag improvisé sur l’asphalte, un premier bouchon saute, suivi de plusieurs autres. On imagine l’angoisse du collègue de Soneri qui suit la traque par téléphone et imagine qu’on vient de tirer sur le commissaire.

 

Fausses pistes à la pelle

 

Après cet épisode d’une indéniable drôlerie, la mort à son tour s’invite dans l’histoire. Deux cadavres sont retrouvés dans le même périmètre: un jeune Hongrois tué d’une balle dans la tête dans une peupleraie et un ancien partisan devenu garde-chasse, le commandant Libero Manotti, décédé de mort naturelle dans sa maison isolée, depuis quelque temps déjà. Y aurait-il un lien entre les deux hommes? Soneri est chargé de l’enquête. Sa tâche sera rude, car les indices sont minces et les fausses pistes nombreuses.

 

Et comme toujours chez Valerio Varesi, mais tout particulièrement dans ce polar-ci, c’est la société tout entière qui est mise en examen. Une comparution dont elle ne ressort pas grandie surtout quand, dans la peau de l’accusateur, se trouve l’intransigeant Nocio, un vieil ami de Soneri qui vit sur le fleuve dans une maison soutenue par deux chalands, et qui écoute La Force du destin de Verdi à plein tube quand les eaux du Pô se déchaînent.

 

La Bassa - Martina Maffini

Roman

Valerio Varesi

La Maison du commandant

Traduit de l’italien par Florence Rigollet

Agullo, 310 p.

 

Home | Varesi ValerioValerio Varesi : que dit le web de cet écrivain ?Les Mains vides - broché - Valerio Varesi, Florence Rigollet - Achat Livre  | fnac

1900 - Bernardo Bertolucci - DVD Zone 2 - Achat & prix | fnac1900 – Les Rouges et les Noirs | In Ciné Veritas

 

Le film se nomme 1900. Mais son titre original, Novecento, « le vingtième siècle », paraît plus juste puisqu'il n'est jamais question ici de l'année 1900. Cette foisonnante saga débute à la mort du compositeur Giuseppe Verdi, le 27 janvier 1901, et s'achève le jour de la libération de l'Italie, le 25 avril 1945. Novecento est une œuvre d'une ambition folle, embrassant un demi-siècle d'histoire italienne, de conflits sociaux et de lutte des classes. Un film-fleuve de 5 h 18 divisé en deux actes (2 h 43 et 2 h 35) où le réalisateur Bernardo Bertolucci, décédé ce lundi 26 novembre, accomplit un tour de force cinématographique. Cette fresque sur l'éclosion du communisme et la montée du fascisme, qui ont déchiré son pays, se hisse au niveau d'une grande œuvre littéraire ou picturale.

Partager cet article
Repost0
15 juin 2021 2 15 /06 /juin /2021 06:00

 

La réponse est page 94 :

 

« Rejeton d’une lignée détachée de ses racines, je n’ai connu de l’Italie que la cuisine de maman. En même temps que les vertus de savoirs universitaires que j’avais à tort jusque-là rejetés en bloc, Sonia m’a appris la langue de mes aïeux et c’est grâce à elle qu’un jour de furetage dans sa bibliothèque, j’abordai aux rivages du prodigieux continent Camilleri dont j’allais tirer bientôt l’essentiel de mes revenus. Entre nécessité de rencontrer mes éditeurs et désir de comploter avec les camarades de la revue Titanic que j’avais fini par fonder avec Francis, j’avais un alibi pour séjourner à Paris, tout comme j’avais une bonne raison de filer à Rome, avec la nécessité de nouer ces contacts directs qui font les bonnes collections de littérature étrangère. »

 

Page 181

 

« Après quelques instants de silence, nous avons trouvé des sujets : la littérature française contemporaine, puis très vite moi-même, ma vie, mon œuvre… viva morte e miracoli, comme disent les Italiens : sur ce sujet, j’étais intarissable. Je ne coupai pas à la sempiternelle question que tout citoyen de la Péninsule, un jour ou l’autre, m’a posée : « Mais comment faites-vous pour traduire en français Camilleri ? », et j’y répondis au mieux, en récitant presque mot pour mot un texte disponible sur Internet. »

 

Serge Quadruppani – Quais du Polar

Trois questions à Serge Quadruppani ICI 

 

par Pierre Benetti

10 septembre 2019

 

Avec le monde de Vigàta, inspiré de sa Sicile natale, et le personnage phare du commissaire Montalbano, Andrea Camilleri a renouvelé le roman policier et social italien en lui donnant une langue singulière. Il est mort à Rome le 17 juillet dernier. Pour lui rendre hommage, En attendant Nadeau s’entretient avec Serge Quadruppani, qui a traduit en français une trentaine de ses livres.

 

18 juillet 2019

 

Andrea Camilleri « Le fascisme est un virus, dont on a cru se débarrasser en pendant le chef par les pieds, mais qui revient depuis des décennies, sous des formes différentes» Ciao maestro ! ICI 

 

La plupart des romans de Camilleri, ceux où le commissaire Montalbano n’est pas présent, sont traduits par Dominique Vittoz. ICI 

 

Maldonnes - broché - Serge Quadruppani - Achat Livre ou ebook | fnac

 

NOUS AVONS LU « MALDONNES »

le nouveau polar de Serge Quadruppani

paru, le 17 mai 2021

 

 

 

« Je vais vous envoyer mon nouveau polar, mais ce coup-ci, ce serait sympa que vous le lisiez car il y a plein de bouts de moi dedans ! »
Sms de Serge Quadruppani le 10 avril 2021

 

« Non mais c’est chiant ton livre, on sait pas ce qui est biographique et ce qui est inventé, t’as vraiment suriné à la fourchette un dealer surinamais dans une prison d’Amsterdam ? »


 Bah oui ça c’est vrai ».


SMS de la rédaction de lm à SQ le 11 avril 2021

 

Critique à lire absolument ICI 

 

Dans les années 70 et jusqu’au milieu des années 80 du siècle dernier, la fêlure de 68 a laissé surgir sur le territoire français et bien au-delà, une minorité active dont je n’ai aucune honte ni fierté particulière à dire que j’en étais. Dans cette population, certains comportements allaient de soi. L’illégalisme en était un : du vol dans les magasins au braquage, le choix des moyens dépendant des capacités de chacun, des milliers de personnes s’efforçaient d’obéir à l’injonction que les situationnistes avaient reprise à Rimbaud : ne travailler jamais. Un principe tout aussi répandu et très peu discuté, c’était le rejet du couple – certains ajoutant « traditionnel » pour justifier une liaison durable. Ce que ce rejet impliquait parfois de mensonges à soi-même et de souffrance, toute une littérature de repentis l’a abondamment documenté, mais le degré d’intensité dans les passions et de beauté dans la rencontre qu’il a entraîné pour des milliers de femmes et d’hommes, on est peu équipé pour le deviner, à présent que les sensibilités sont quadrillées par la psychologie des magazines, le moralisme militant et la pornographie. Une chose est sûre, en tout cas : l’idée de se marier ne pouvait susciter que le rire et la dérision.

 

Le livre ouvert, on ne l’a plus lâché. Les personnages, l’intrigue, l’action, les descriptions culinaires tout est savoureux et haletant. Des faux papiers, des braquages ratés des braquages réussis, un butin, des coucheries et des histoires d’amour, ce serait donc ça un excellent polar. A cette nuance près que les vies qui s’y croisent et les aventures qui s’y trament ont quelque chose d’autobiographique.

 

Maldonnes n’est cependant pas une autobiographie. Dedans, il y a bien des « bouts » de Serge Quadruppani, plein même, mais ils se mêlent à d’autres histoires et anecdotes de l’époque et sont même parfois exagérés pour servir l’intrigue. Après son acquittement pour braquage, Georges Nicotra traine Antonin Gandolfo au fin fond de la Normandie pour y déterrer son butin. Dans des bocaux, les liasses de billets enterrées se désagrègent, pourries. Il reste néanmoins de l’or et c’est à partir de là que le récit se noue.

 

Le cas Nicotra publié par Maurice Nadeau c’est le cousin germain d’Un coupable idéal, Roger Knobelspiess, Maurice Nadeau, 1986

 

J’ai chroniqué sur lui

 

arton1256.jpg

 

27 janvier 2015

L’ami « Moineau » pilier solide des beuveries elbeuviennes, rempart de bistrot…le roman des Écameaux Roger Knobelspiess, Oui, Roger, c’est un bête qu’est devenu intelligent grâce aux livres ICI 

 

Citizen July

 

À propos de l’évolution de Libé sous July, rue Béranger, j’adore :

 

« Momo, l’archiviste et la mauvaise conscience de Libération, celui qui n’avait aucun ennemi à gauche mais conservait des dossiers sur les chefs du journal et leurs exploits à l’époque de la Gauche Prolétarienne. Lunettes rafistolées avec un trombone, cheveux aux vents même par temps calme, dentition lacunaire et vêture ostensiblement négligée, son allure contrastait violemment avec la branchitude en train de s’emparer du reste du personnel. » Page 122

 

« La première des coupures de presse était, bien sûr, de Libération. Avec son sens exquis du jeu de mots laid, le quotidien passé du col Mao au Rotary titrait : « Du plomb dans la balance » et sous-titrait : « L’ex-détenu rebelle devenu indicateur de police abattu chez lui. » Mais c’était comme toujours Le Parisien Libéré qui fournissait le plus de détails sur le fait divers. » page 123

 

Lire - Serge July : l'ex-gros timonier de Libé ICI

Partager cet article
Repost0
14 juin 2021 1 14 /06 /juin /2021 06:45

Enfant terrible. Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de la Défense, au côté de François Mitterrand, le 5 octobre 1990 à Paris. Leur relation a souvent été orageuse. © AFP - Michel Clément

« J’ai de plus en plus républicanisé mon socialisme, jusqu’au point où je ne discerne plus l’un de l’autre »

 

Jean-Pierre Chevènement l'invité de l'émission « Les Clefs d'une vie » sur Sud Radio. Il répondait aux questions de Jacques Pessis, dimanche 27 septembre 2020. ICI

 

Congrès d’Epinay, juin 1971 : Pierre Joxe, François Mitterrand, Jean-Pierre Chevènement et Jean-Marcel Bichat. (coll. FJJ-MPG)

 

De mon temps, Chevènement ce fut le CERES, l’aile gauche du PS qui s’accoquina, à Épinay, avec Gaston Deferre, l’ex-Monsieur X de JJSS, pour porter Mitterrand, au nez et à la barbe de ce pauvre Savary, à la tête du nouveau PS.

 

« … nous avions créé le CERES en 1964 avant de connaître François Mitterrand, ou peut-être même nous nous en méfiions un petit peu. Nos préventions avaient disparu parce que nous l'avions trouvé tout de même très attachant et intéressant, et c'était réciproque, il y avait un petit coup de foudre. Néanmoins nous grandissions très vite et en 1970 au Congrès de Grenoble nous faisions déjà presque 20 % des mandats dans le parti, ça commençait à peser lourd. Donc au dîner de jubilé de François Mitterrand, celui-ci s'approche de ma table où j'étais assis avec ma femme et Dalida, née en Égypte comme ma femme, il s'approche donc et glisse à ma femme : « Vous savez il ne faudrait pas que Jean-Pierre me prenne pour Naguib. » Naguib c'était celui qui avait pris le pouvoir en Égypte et qui avait évincé un jeune colonel ambitieux, Gamal Abdel Nasser. Moi je n'étais pas du tout désireux d'évincer François Mitterrand, ça me paraissait un procès très injuste, je ne l'ai pas pris au sérieux, j'ai trouvé ça plutôt marrant, ma femme était elle-même extrêmement surprise de découvrir le jeune homme qui venait de l'épouser sous les traits de Gamal Abdel Nasser. Alors cela se passe comme ça.

 

Le Congrès d'Epinay, j'ose le dire, je le fais, parce qu'il n'y a pas de majorité au Parti socialiste indépendamment du CERES, c'est-à-dire du petit groupe de jeunes gens que j'anime avec Didier Motchane, Georges Sarre, Pierre Guidoni. Nous avons 8,5 % des mandats, et les deux coalitions adverses, Savary-Mollet d'un côté 45 %, Mitterrand-Defferre-Mauroy 45 %. Donc c'est selon que nous votons avec l'une ou avec l'autre que les majorités se font. Sur les structures, par exemple la désignation à la proportionnelle des courants pour les organismes dirigeants du parti, nous votons avec Guy Mollet, mais la fois suivante pour ce qui est de la désignation du Premier secrétaire et de la majorité qui va diriger le parti, nous votons avec François Mitterrand et nous mettons en minorité Alain Savary et Guy Mollet qui le soutenait. Donc c'est la fin d'une période dans l'histoire du socialisme, celle qui commence en 46 et qui se termine en 71, et c'est le début d'une autre période avec François Mitterrand mais sur une base politique qui est la conclusion d'un programme commun avec le Parti communiste, sur la base d'un programme socialiste que Mitterrand me chargera de préparer. Donc j'ai en main au soir du 12 juin 1971 beaucoup d'instruments d'influence puisque, encore une fois, il n'y a pas de majorité sans nous dans le Parti socialiste.

 

Et en 1974 quand il a été battu par Valéry Giscard d'Estaing, il pensait que c'était fini et vous faites partie de ceux qui lui ont dit : «Non ça va marcher un jour ou l'autre».

 

Didier Motchane, Pierre Guidoni, Jean-Pierre Chevènement et Georges Sarre (Congrès de Metz du PS, avril 1979)

Didier Motchane, Pierre Guidoni, Jean-Pierre Chevènement et Georges Sarre (Congrès de Metz du PS, avril 1979)

 

Jean-Pierre Chevènement : Oui j'ai continué à la soutenir parce que dès qu'il a été battu, il a commis une petite imprudence, il a dit : « Il faudra que d'autres, plus jeunes, prennent le relais et poursuivent le combat pour le socialisme. » C'était un moment de déprime, au lendemain de l'élection. Naturellement, Michel Rocard y a vu un présage, les ailes lui ont poussé, et ensuite, après que François Mitterrand nous a mis dans la minorité, il était très content de nous retrouver pour s'opposer à Michel Rocard au Congrès de Metz en 1979 et l'écarter de la direction du Parti socialiste. C'est nous qui encore une fois lui avons fourni l'appoint nécessaire. Il m'a confié la rédaction du projet socialiste, la suite ne m'a pas appartenu car il en a très peu tenu compte !

 

Le 7 février 1983. Vous rétablissez la vérité sur une phrase historique que vous aviez prononcée ce jour-là : « Un ministre, ça ferme sa gueule. Si ça veut l’ouvrir, ça démissionne. » Cette phrase a fait le buzz, comme on ne disait pas encore, pendant des semaines.

 

Jean-Pierre Chevènement : Cela continue à le faire… C’est un principe de déontologie qui est valable mais il faut, pour bien comprendre cette affirmation devant des journalistes (il s’agit d’une conférence de presse que je donne en tant que ministre de la Recherche et de l’Industrie, avec le titre de ministre d’État que m’avait accordé François Mitterrand en prime), se souvenir du contexte. C’est quelques jours après avoir remis une lettre de démission en mains propres à François Mitterrand. Celui-ci, il faut le dire, m’a saboté le travail lorsque j’essayais d’organiser les entreprises nationales avec une petite feuille de route avec quelques chiffres sur leurs résultats en matière d’investissements, de commerce extérieur, de recherche, d’emploi, de dialogue social, etc. Cela a été le prétexte d’une offensive organisée d’une main de maître par un certain nombre de gens qui ne souhaitaient pas voir mettre en œuvre une politique industrielle, chose qui me tenait beaucoup à cœur car je considérais que la France était sur une mauvaise pente, celle de la désindustrialisation.

 

Mes convictions d’enfance, c’est celles que m’a léguées ma mère, mes parents instituteurs dans le Haut-Doubs. Disons que c’est une éducation républicaine. Mes parents ont voté socialiste, mais n’étaient pas socialistes, ils étaient plutôt mendésistes, moi-même je suis devenu mendésiste à l’âge de 15 ans et j’aimais Mendès France. Je me suis tourné vers de Gaulle, car j’ai trouvé que de Gaulle était quand même plus efficace pour résoudre le problème des guerres coloniales et pour éviter à la France une guerre civile désastreuse.

 

Et dans ce livre vous évoquez aussi vos trois semaines dans le coma. Je crois que c’est France soir qui a annoncé votre mort et vous êtes bien vivant, on le voit aujourd’hui. Vous avez eu un accident thérapeutique mais qui aurait pu mal finir Jean-Pierre Chevènement.

 

Jean-Pierre Chevènement : Ça tient essentiellement au fait que, pour une opération bénigne qui n’a d’ailleurs pas eu lieu, une opération de la vésicule biliaire, qui m’a fait souffrir le soir même de la victoire de la France à la coupe du monde de football, on m’a administré une dose de curare. Et cette dose de curare qui devait immobiliser mes viscères, a tellement bien fait son travail que mon cœur s’est arrêté pendant 55 minutes et que grâce à, non pas aux électrochocs, une bonne douzaine, mais grâce aux médecins militaire du Val-de-Grâce, manu militari, qui m’ont ranimé et au bout de 55 minutes mon cœur est reparti. Alors j’étais en mauvais état, ma femme ne voulait pas qu’on me voie dans cet état-là.

 

 

Plutôt qu’une « une espèce de retraite pas très glorieuse », Jean-Pierre Chevènement préfère « mourir en combattant ». Il décide donc de se présenter à la présidentielle de 2002 et de défendre « un projet alternatif aux politiques néolibérales pratiquées par la droite et par la gauche ». Un temps crédité de 14% des intentions de vote, il ne recueille que 5,4% des voix le 21 avril 2002. Mais il récuse le « procès très injuste et faux » qui lui est fait d’avoir fait chuter Lionel Jospin, écarté du second tour par Jean-Marie Le Pen : « Il faut dire les choses, Jospin n’avait pas de vrai programme ».

 

Ce dont il a rêvé, Emmanuel Macron l’a fait en 2017. « J’ai trouvé qu’il était assez fort ", reconnaît-il. Mais s’il " souhaite " la réussite de l’actuel président, il en doute car " il reste prisonnier d’une base sociale beaucoup trop étroite ». Au terme d’un demi-siècle d’engagement, l’Histoire l’a-t-elle déçu ? Non, « parce que l’Histoire est longue. Je pensais qu’un jour on me comprendrait, donc ça valait la peine.»

 

Jean Pierre Chevenement en 2019

 

Chevènement : « La dégradation du niveau du débat politique est consternante »

 

ENTRETIEN. Incarnation de l’autorité républicaine, l’ancien ministre socialiste revient sur la gifle qu’a reçue Emmanuel Macron et sur les enjeux électoraux.

 

 

 

Propos recueillis par Jérôme Cordelier

 

Entre les déclarations complotistes de Jean-Luc Mélenchon qui ont fait scandale et la gifle infligée au président de la République, la vie publique française cabote dans des marécages de plus en plus nauséabonds. Ce n'est pas bon signe alors que la présidentielle se jouera dans moins d'un an maintenant et que, dans un pays sous pression, la surenchère verbale et éditoriale et la radicalisation des positions tiennent lieu de débat. Dans cette atmosphère délétère, nous sommes allés interroger celui qui incarne encore « l'ordre juste » républicain, l'ancien ministre de la Recherche et de l'Industrie, de l'Éducation nationale, de la Défense et de l'Intérieur – sous François Mitterrand – Jean-Pierre Chevènement.

 

Le Point : Le débat politique, si l'on peut parler encore de débat, est-il devenu un cloaque ?

Jean-Pierre Chevènement : La dégradation du niveau du débat politique est évidemment consternante. Mais à quoi faut-il la rattacher ? Ne sommes-nous pas victimes d'une sorte de maladie infantile ou peut-être sénile de nos institutions parce que le système des partis politiques ne répond plus ou pas encore à la demande ? Je m'explique. Il ne suffit pas de détruire. Il faut remplacer. Le général de Gaulle a mis près de dix ans pour substituer aux anciens partis de la IVe République une majorité gaulliste, d'ailleurs trop écrasante pour ne pas lui échapper. Les anciens partis se sont adaptés aux institutions de la Ve République, le Parti socialiste à Épinay en 1971, quand son premier secrétaire a été considéré comme le candidat naturel à l'élection présidentielle, mouvement auquel la droite a répondu avec la création du RPR par Jacques Chirac en 1976. Dès lors, chaque parti devenu « parti de système » a prospéré sur son orbe, les socialistes de 1981 à 2017, la droite de 1995 à 2012. Les Français ont d'abord considéré cette opposition inscrite dans l'histoire comme naturelle, avant de s'en détourner de plus en plus manifestement. En 1993, le PS est écrasé et, en 1997, Jacques Chirac se piège avec sa dissolution ratée. Les abstentions et les votes extrêmes ne cessent de monter tout au long de cette période, jusqu'à donner corps au « dégagisme » que nous connaissons aujourd'hui. Les partis de gouvernement qui avaient adapté leurs modes de fonctionnement aux institutions ne recueillent plus en 2002 que 35 % des voix au premier tour et, en 2017, ils sont renvoyés sèchement dans les cordes, la droite avec François Fillon et le PS avec Benoît Hamon ne totalisent à eux deux que 26 %

La suite ICI  

 

 

Partager cet article
Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents