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8 août 2018 3 08 /08 /août /2018 06:00
Brèves de comptoir au café des Alpes : Pierre Jancou prend Racines à Chatillon-en-Diois… Le Taulier toujours le premier !

Il n’y eut aucun avis de recherche et pourtant Pierre Jancou avait disparu depuis des mois des radars de la bistronomie parisienne.

 

« L’absence de son nom dans l’actualité des chefs en cette rentrée des classes culinaires (ndlr 2017) est assourdissante. C’est que Pierre Jancou nous a habitués à faire parler de lui, pour une ouverture ou un projet de restaurant à venir. Depuis la Bocca, son premier bouclard jusqu’à Achille, l’homme âgé de 47 printemps n’a pas cessé de bouger, de créer, souvent avec talent. Mais que devient Pierre Jancou ? »

 

le 28 / 05 / 2018 son ami François Simon titrait :

 

PIERRE JANCOU, LE RETOUR !

 

« On le devinait tourner autour du pot, vouloir revenir, oublier la fin laborieuse d’Achille, mais où ? Il semble que Pierre Jancou ait trouvé son point de chute, le délicieux café de son village de la Drome, Châtillon-en Diois, le Café des Alpes qui ouvrait dès 6h30 pour les locaux et les travailleurs. Il ouvrira à la mi-juillet une formule très simple: salades, sandwiches pour les nombreux randonneurs avant de s’embarquer plus haut dans une salle en cour de rénovation. Pierre Jancou a ouvert son nouveau site  tout en portraits décalés et un poil punk…toujours sur le vin vivant. La meilleure nouvelle du mois. »

 

Fort bien très chers lecteurs fidèles, mais qui donc est allé, avec sa petite auto, sous un cagnard d’enfer de ce mois d’août, faire la première du café des Alpes à Châtillon-en Diois ?

 

Moi, bien sûr !

 

Je ris dans ma barbe de 3 jours de vieux bobo non révisé. Aller se glisser dans les plis et replis de la France profonde (Vidal de la Blache) n’est pas à la portée des abonnés aux étoilés…

 

Pour faire genre, avant de vous narrer mon équipée, quelques précisons pour mieux cerner la quête de Pierre Jancou :

 

Café, bar, caboulot, buvette, bistrot, troquet, rade, bouclard, estaminet, mastroquet, assommoir…

 

C’est un lieu dans lequel on boit. « On ne va pas dans un troquet ou un « bistroquet » pour prendre une coupe de champagne, plutôt un coup de rouge ou de blanc, ou une bière. On ne s’y attarde pas pour le plaisir. On s’y assied rarement. »

 

Les bistrots sont « des endroits où le quotidien s'égrène doucement au rythme de l'horloge biologique d'un quartier, du café de six heures et de la découverte des nouvelles dans le canard plié derrière le comptoir, près du compteur du téléphone, aux premiers blancs secs lorsque le bourguignon ou la blanquette commencent à mijoter en cuisine. Pour les apéros, par strates successives, les menus ouvriers à midi, le plat du jour, le digestif de quinze heures, l'accalmie de quatre heures. Les cafés, les chocolats à la sortie de l'école. Et cette longue zone de flou du soir qui s'éternise pour ceux qui, par solitude ou par goût, repoussent à plus tard le retour vers chez eux.

 

Voilà ce qu'est un bistrot. Un concentré de l'âme d'un quartier. »

 

Extrait de « Au vrai zinc parisien » de François Thomazeau et Sylvain Ageorges.

 

« Ce qui fait le bistrot, le vrai bistrot, c’est sa disponibilité dans le temps : il est ouvert du matin au soir, plus ou moins tôt, plus ou moins tard, mais sans interruption. »

 

Le bistrot, comme le café du coin, en tout lieu, grande ou petite ville, patelin, c’était le peuple qui y allait, le populo, les classes dangereuses, les poivrots, les traîne-lattes, les vas-de-la-gueule, les petits vieux et les mémés solitaires, les poinçonneurs de tickets de tiercé, le facteur, le boulanger, le boucher, les étudiants fauchés, les filles émancipées, les bidasses en goguette…

 

Fermez le ban !

 

 

J’arrive samedi sur la place du Reviron, cœur de la petite cité, la mairie, la fontaine, je gare ma petite auto, je loge chez Véro, une chambre d’hôtes au premier étage au-dessus du café de la mairie. Je me désaltère en terrasse. L’accueil est chaleureux, sans jouer sur les mots. Je m’installe. Je vais ensuite garer ma petite auto dans le bas du village car le lendemain dimanche c’est la fête de la Vigne à Châtillon-en Diois.

 

 

Me voilà chez Pierre, il « essuie les verres au fond du café », de son café des Alpes qui ne paie pas de mine mais c’est Le Café du village, là où se retrouvent les hommes du village, quelques femmes aussi, le café du matin, des lignes de petit jaune à l’apéro, à l’à pic du bar, sur le trottoir, ça cause fort, ça se charrie, des blagues, chacun tient son rang, grand ou petit, un petit confetti de la France des terroirs.

 

Le Diois c’est quoi ?

 

Le Diois cultive d’autres façons de vivre

 

« Tijlbert Vink est un entrepreneur de 36 ans dont le patronyme rappelle les origines néerlandaises. Ses parents ont quitté les Pays-Bas pour débarquer dans la Drôme quand il avait un mois. « J’ai dû voyager dans le coffre d’une 2 CV », raconte-t-il en souriant. Accompagnés d’un couple de compatriotes, ces jeunes urbains diplômés avaient laissé derrière eux Amsterdam pour effectuer un « retour à la terre », comme tant d’autres dans les années 1970.

 

Les Vink ont choisi le Diois, un pays de moyenne montagne constitué autour de la petite ville de Die, nichée entre le Vercors, les Préalpes et les monts de la Drôme provençale. Le climat est doux et la place ne manque pas. Ils y ont élevé des chèvres, puis ont cultivé des plantes aromatiques. Leur « héritier » se trouve aujourd’hui à la tête de l’Herbier du Diois, une entreprise qui réalise 5,4 millions de chiffres d’affaires et emploie 42 personnes, à Châtillon-en-Diois, un village de 560 habitants. »

 

La suite ICI

 

 

Voilà j’ai fait mon devoir.

 

Je bois l’excellente bière que me propose Pierre. Il me parle de son projet, il a l’air apaisé, loin du bruit et des fureurs de la notoriété parisienne, il est dans son élément, bien dans ses baskets qui sont des sandales, toujours un peu inquiet de bien faire, le voilà patron d’un petit boui-boui qui, je le crois, va faire son chemin, son chemin de traverse bien sûr, tranquille, sans esbroufe, simple et de bon goût, se fondre dans le paysage des habitués du café sans pour autant abandonner son identité de découvreur de belles quilles de vins nu. Et de bons produits pour la table ça va sans dire.

 

Ce soir je dîne au bar, souvenir, souvenir, des canons de Pierre bu au bar d’Heimat puis d’Achille…

 

C’est plein !

 

La carte du soir est écrite au blanc d’Espagne sur un tableau plaqué au mur.

 

 

Je confie le choix du vin à Pierre, très bonne pioche :

 

 

Je choisis :

  • Soupe froide de lentilles corail
  • Mijoté d’épaule d’agneau haricots/tomates
  • Clafoutis aux mirabelles

 

 

Le service d’Anaïs au bar et en salle est souriant et prévenant.

 

Pierre est, évidemment, au four et au moulin, et Anezka concocte les bons petits plats.

 

Bien sûr je ne suis pas François Simon, je n’ai pas le bras long, mais sans flagornerie je puis vous assurer que je me suis régalé, la soupe froide, outre d’être la bienvenue, alliait la beauté à la subtilité. J’ai bien mangé, j’ai bien bu, merci Petit Jésus !

 

La satiété !

 

« Mais les femmes caressées à satiété n'ont besoin de rien, ne désirent rien, ne regrettent rien. Elles rêvent, tranquilles et souriantes. »

Guy de Maupassant, Contes et nouvelles, t. 1, Caresses, 1883

 

Rassurez-vous, je ne suis pas liché toute la bouteille au dîner, Pierre l’a rebouchée, je la finirai le lendemain. C’est du bon nature, comme j’aime, celui qui se fait mitrailler par les hargneux et les teigneux de tout poil (ils détestent les vins à poils) qui enragent de voir leur jaja formaté délaissé.

 

Je prends le temps, je prends mon temps, je me laisse aller, sentiment d’éternité…

 

 

Avec la nuit, l’embrasement a fait place à une tiède douceur qui incite à la flânerie dans les ruelles du vieux village. Demain matin je me lèverai tôt pour y faire des photos.

 

C’est ma première sortie de Paris depuis 7 mois, je profite, je goûte avec délectation le plaisir de baguenauder, de m’asseoir en terrasse pour lire, pour rêvasser, aligner des mots sur mon petit carnet, d’espérer… de partager… de perdurer… le dur plaisir de durer… je sèmerais bien des petits cailloux pour aller côte-à-côte sur mon dernier bout de vie.

 

C’est l’heure d’aller dormir, à demain…

 

Notez bien sur votre petit cahier de devoir de vacances : le café des Alpes, le nouveau bouiboui de Pierre Jancou qui fait tout ce qui est en son pouvoir pour l’extension du domaine du vin sans poudre de perlin-pinpin…

 

Je sais, Mareva Saravane, Isabelle Spiri, Guillaume Nicolas-Brion, je fais des jaloux, ne m’en veuillez pas, si ça vous dit, nous irons de conserve, Mareva sur son vélo tout terrain, Isabelle en stop depuis le Vercors de papa-maman, Guillaume en blablacar, et moi sur mon tacot électrique de vieux bobo, déjeuner, dîner, au café des Alpes lorsque Pierre aura mis un point final à son projet… sur la terrasse pour le plaisir du partage…

 

 

 

 

 

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commentaires

C
"Le climat est doux", oui très doux surtout en hiver.
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P
Dans la série « je l’aurai un jour » un couac !<br /> Après une route de la Clairette nous menant le l’autoroute à Chatillon en Diois je ne peux retenir des oh ! et des ah ! à chaque tournant, tant les paysages nous bluffent.<br /> A Chatillon, chapeau bas, nous nous présentons au café ou nous avions réservé.<br /> Sans même pénétrer sur la terrasse, gros charivari du à Nane, notre jeune teckel à poil dur tenue en laisse qui renifla un chat. Un tonitruant « Pas de chien chez nous » nous empêcha de nous faire comprendre. Le chien fut très vite éloigné (dans sa caisse en voiture) De retour, pour tenter de faire le point, et, toujours chapeau bas, nous essayons de nous présenter nos excuses et proposons de repartir à zéro. Un second « Pas de chien chez nous » sortant de la cuisine et relayé par le garçon de café. Bref *, pas moyen de s’expliquer et nous voilà abasourdi sur la placette cherchant à nous orienter. Reprenant quelque peu nos esprits et attablés à une terrasse accueillante je mets de l’ordre dans mes pensées et suis marri d’avoir, en un si beau pays, eu maille à partie avec cette sorte d’imbéciles qui ne change pas d’avis. Par ailleurs il est dommage que dans un village qui, à juste titre, s’enorgueillit d’un superbe quartier médiéval certains aient oublié que la courtoisie, en France, date de cette époque : le moyen âge. Enfin, il est tout aussi regrettable, que l’amusant autant qu’instructif chemin botanique, autre fleuron de Chatillon n’incite pas les même à dire ce qu’ils ont à dire avec des fleurs .<br /> Alors, carton jaune pour un Taulier qui joue le Guide Vert ? Je l’ai eu enfin ?<br /> Que nenni ! L’accueil fait par les autres habitants rencontrés , tant pour la joueuse Nane que pour nous, nous est allé droit au cœur. On ne peu résister au charme de ce village. Nous avons trouvé refuge à l’Hôtel du Dauphiné. (Fin prêt pour un décor d’un Maigret des années 50, meublé en pur style Emmaüs) et nous avons très bien dormi. Nous avons surtout découvert le Vercors aussi mystérieux qu’enchanteur et totalement méconnu d’Alsaciens qui ne fréquentent que le Roussillon qu’ils se dépêchent de rejoindre sans quitter l’autoroute.<br /> Fini, me dit Marie Louise sur le chemin du retour, le nez plongé dans le guide acheté dés la première étape carburant. C’est décidé, lors de la prochaine « transhumance » estivale, l’étape se fera à Chatillon en Diois pour 2 ou 3 nuits, pour jouir de cette contrée méconnue de nous.<br /> Encore merci Taulier de nous faire partager tes découvertes! Pour « t’avoir », c'est sur, on repassera<br /> <br /> * Récit complet et détaillé sur demande (Lol !)
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R
J'y étais le lendemain midi. Malheureusement avec l'agitation au village, Pierre ne pouvait pas servir de repas mais Anezka nous a quand même apporté deux assiettes de crudités pour nous désaffamer. On a passé un bien agréable moment à discuter avec Aurélien qui profitais de quelques jours en famille, loin des vignes. Je prédis un bel avenir pour ce bouclard, un nouveau lieu insolite sur la carte hexagonale, un peu comme l'auberge de Chassignolles...
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P
En effet le Taulier joue le premier de cordier bien plus efficacement que l'illusoire concept du Mac rond. Mon épouse et moi n'avons eu qu'a nous réjouir de sa chronique sur le Château Castigno qui après 2 h 30 de voiture par de superbes routes nous avait enchanté, accueil, bonne chère,hébergement. La présente chronique nous met l'eau à la bouche et nous allons tenter l'aventure sur le chemin du retour.
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P
Réservation faite ! J'adore marquer le Taulier à la culotte. Vous savez bien : " Je l'aurais un jour, je l'aurais ! "

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