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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 06:00
À propos  des vins nus pour la énième fois les marchands du temple me jetèrent le vinaigre à la face et la moutarde me monta au nez… et je vis rouge… de Charroux®
À propos  des vins nus pour la énième fois les marchands du temple me jetèrent le vinaigre à la face et la moutarde me monta au nez… et je vis rouge… de Charroux®
À propos  des vins nus pour la énième fois les marchands du temple me jetèrent le vinaigre à la face et la moutarde me monta au nez… et je vis rouge… de Charroux®

Sur le Golgotha le centurion offrit à Jésus l'amphore pour qu'il boive la mixture anesthésique du vin myrrhé. Mais Jésus la refusa. Les deux larrons, au contraire, en burent en quantité. Puis l'amphore à la bouche largement évasée est placée près d'une grosse pierre, presque en haut de la cime.

 

Au catéchisme on m’a enseigné qu’un soldat a tendu à Jésus au bout de sa lance un chiffon imbibé de vinaigre.

 

Tout ça pour vous dire que lorsqu’on me met dans les gencives que le destin du moût fermenté est le vinaigre si on n’y ajoute pas diverses poudres de perlimpinpin la moutarde me monte au nez.

 

« La moutarde au XIXe siècle était fabriquée dans toutes les régions où poussait la vigne, notamment à Dijon, Paris, Meaux, Bordeaux, Tours, Chalon, et Reims. En fait, on fabriquait la moutarde avec le mauvais vin ou celui qui avait piqué, que l’on recyclait en vinaigre. »

 

Vous allez me dire que je me donne des verges pour me faire fouetter mais j’adore provoquer les marchands du temple qui me gonflent avec leur pharmacopée indispensable pour mettre le vin sur pied.

 

La moutarde la plus célèbre depuis me Moyen Âge est celle de Dijon :

 

Elle connut la célébrité à la cour de France grâce à Philippe le Téméraire, duc de Bourgogne, qui autorisa la ville à porter ses armes avec la devise « Moult me tarde »

 

Jusqu’à la seconde Guerre Mondiale, on cultivait la graine de moutarde en Bourgogne dans les bois et les clairières à charbon de bois. En effet, la cuisson du charbon de bois enrichissait le sol en potasse, un engrais favorable à la culture de la moutarde, que les charbonniers semaient et revendaient aux moutardiers dijonnais.

 

Mais dans notre beau pays de plaideurs un litige entre les moutardiers parisiens et dijonnais fit que la Cour de Cassation par un arrêt du 10 septembre 1937 précisa que la dénomination Moutarde de Dijon ne désignait qu’un procédé générique et n’imposait aucune contrainte quant à son lieu de production. Comme pour le camembert il était possible de produire la moutarde de Dijon partout dans le monde.

 

Et puis, les charbonniers disparurent et les plantations de moutarde avec. Les moutardiers durent s’approvisionner dans d’autres régions françaises puis  au Canada et aux USA où la moutarde pousse en abondance à des prix canons.

 

Reste plus qu’un fabricant artisanal : la moutarderie Edmond Fallot à Beaune. Tout le reste, Amora-Maille c’est Unilever.

 

Il existe une Moutarde de Bourgogne IGP depuis 2009 qui garantit une moutarde fabriquée avec des graines et du vin blanc produits exclusivement en Bourgogne.

 

Ma science moutardière est intégralement tirée de l’Almanach gourmand 2017 d’Yves Rouèche.

 

Bon mais par bonheur il y a la Moutarde de Charroux® ci-dessous.

 

 

À propos  des vins nus pour la énième fois les marchands du temple me jetèrent le vinaigre à la face et la moutarde me monta au nez… et je vis rouge… de Charroux®
À propos  des vins nus pour la énième fois les marchands du temple me jetèrent le vinaigre à la face et la moutarde me monta au nez… et je vis rouge… de Charroux®
À propos  des vins nus pour la énième fois les marchands du temple me jetèrent le vinaigre à la face et la moutarde me monta au nez… et je vis rouge… de Charroux®
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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 06:00
« Mon projet, ce n’est pas d’être en bio dans 20 ans, c’est de ne plus traiter. » Claire Naudin vigneronne des Hautes Côtes de Beaune

Si vous me permettez cette façon de m’exprimer, Claire ça fait un bail que je l’ai repérée, ça date du 24 juin 2008 lors d’une AG du BIVB. Pensez-donc, une femme à la tribune d’un débat qui divisait et qui divise encore le petit monde du vin, et qui plus est une forte personnalité qui pointait le doigt là où ça faisait mal. Enfin, ça me changeait de l’eau tiède de la nomenklatura du vin. Et Dieu sait si le politiquement correct est de mise dans le marigot du vin.

 

Paroles simples d'une vigneronne bourguignonne sur la typicité... ICI 

 

Les mauvaises langues, si elles prennent le temps de me lire, feront remarquer qu’au déjeuner avant cette assemblée j’avais aux caves de la Madeleine à Beaune, où le patron parle, comme j'aime, du vin avec simplicité et pertinence, j’avais éclusé un St Aubin sur le ban 2006 de chez Dominique Derain.

 

La « magie » biodynamique aurait-elle jouée ?

 

Je plaisante bien sûr.

 

J’adore le parler net de Claire : « Pour moi, il y a vraiment deux vinificateurs : celui qui a peur des bestioles et celui qui n’en a pas peur. Même ce qu’on appelle les levures bactéries de contamination, que ce soit de Brettanomises pour les levures ou de Prédiocoques pour les bactéries, il y a des équilibres à trouver qui font que l’on peut tout à fait cohabiter avec. Les Bretts, il faut sans doute les maîtriser, mais elles ne produisent pas toutes des phénols volatils. Il y a encore plein de choses à découvrir pour comprendre pourquoi elles se mettent à fabriquer ça, qui est effectivement dégueulasse. En attendant, bombarder les vins au soufre parce que l’on ne veut pas de Bretts, ça n’a pas de sens, avec de très petites quantités, on pilote ça très bien. »

 

Ça me change des empaillages convenus Bio or not bio sur les réseaux sociaux entre les tenanciers de divers fonds de commerce, les vendeurs de poudre de perlimpinpin tout comme les « gentils » défenseurs du bio.

 

Ça ne sent pas le soufre mais le petit huis-clos entre gens du vin qui se regardent le nombril en feuilletant le papier glacé d’un truc qu’eux seuls lisent. Ce conformisme satisfait, buté, avec des œillères, m’étonnera toujours. « Passe-moi le sel, je te passe la moutarde… » « Nous sommes sur le même bateau alors renvoyons-nous l’ascenseur ! »

 

C’est beau comme le commerce !

 

Pour ne rien vous cacher je trouve ces pseudos-batailles tellement dérisoires que je n’en mêle pas car elles sont le fait de protagonistes qui ne font que défendre leur petite boutique.

 

Comme l’écrivait un humoriste méconnu Vincent Rocca « On peut se torcher avec un vin, avec un livre aussi. »

 

Si ces docteurs de la loi daignaient laisser la parole aux intéressés serait-ce trop leur demander ?

 

Revenons à Claire qui n’a pas sa langue dans sa poche :

 

« L’agriculture  biologique qui est faite actuellement, c’est de la bio d’assurance qui n’a de bio que le nom, et ça, ça ne m’intéresse pas. Dans la biodynamie, je suis gênée par le côté gourou, et ce que je ne je ne supporte pas, c’est le côté : « Ne cherchez pas à comprendre, faites juste ce que je vous dis. » Moi ça, je ne peux pas. Comme je fréquente beaucoup ce milieu-là, ça me choque de voir ça chez des potes. Il n’y a jamais de parcelle témoin, on leur amène une nouvelle poudre en leur disant : « Mets ça, tu vas voir, ça va aller mieux. » Ils le mettent, ça va mieux, mais il n’y a pas de témoin. Le gourou a dit que ça allait aller mieux, donc c’est mieux  (rires) et, au passage, il t’a facturé ça 500 euros. Je suis quand même près de mes sous par obligation, donc j’ai du mal avec cet aspect-là (elle réfléchit)  Je suis peut-être trop cartésienne pour plonger là-dedans en fait.

 

En revanche, j’ai un pote à Bergerac qui a créé sa propre méthode et c’est assez intéressant. Le gars, c’est une tronche, il a passé des nuits et des nuits à potasser sur toutes ces notions. Si je devais m’y mettre, je pense que je ferais comme lui. Je veux comprendre ce qui se passe, comme j’ai pu le faire par rapport au soufre et aux bestioles. »

 

Que ça fait du bien à la tête de lire cela !

 

Mais Claire va plus loin et c’est l’objet de ma chronique d’aujourd’hui :

 

« Mais les maladies, c’est compliqué. Le mildiou, on le connaît par cœur, mais l’oïdium, franchement, on ne le maîtrise pas. C’est pourtant un champignon qui est présent presque tout le temps, mais on a tous la trouille. Il y a plein de trucs que l’on ne comprend pas, alors forcément on bombarde en masse. Malgré tous les modèles que l’on nous propose, je vois bien que l’on n’y arrive pas, mais je ne connais pas certainement pas assez mes vignes et mes sols. C’est donc mon défit pour les 50 prochaines années. (Rires)

 

Mais mon projet, ce n’est pas d’être bio dans 20 ans, c’est de ne plus traiter. La vigne de demain sera sans traitement ou elle ne sera pas. La société va nous l’imposer de toute façon, on n’aura pas le choix. Actuellement, nous sommes des pollueurs ! Je l’ai vu au moment de l’affaire de la flavescence (Emmanuel Giboulot), il ne fallait pas aller chercher beaucoup sur Internet. En gros, lorsqu’on expliquait que c’était soit le traitement, soit la disparition des vignerons, la réponse du grand public c’était : « Mais qu’ils crèvent ces salauds de pollueurs ! »

 

Le vin ce n’est quand même pas un aliment essentiel, on est dans le facultatif. Pendant combien de temps la population va-t-elle accepter que l’on pollue pour un truc qui n’est pas indispensable ? Avec Jean-Yves on participe à des groupes de prospective, on essaie de se poser aujourd’hui les questions qui vont apparaître dans 20 ou 30 ans et d’imaginer un modèle de vignes sans traitement, ce n’est pas si farfelu que ça. On ne sait pas encore comment on fera, ni à quel niveau de rendement on pourra espérer arriver, mais, objectivement, on ne peut pas continuer à bombarder de la cochonnerie, même si on en met le moins possible et même si elle est bio. »

 

Moi ça me va, ça correspond à ma philosophie de la vie, douter, réfléchir, écouter, entendre, avancer même s’il faut se battre contre les idées reçues et les marchands du temple quels qu’ils soient. Dieu sait qu’ils sont nombreux à papillonner autour des vignerons…

 

Bien évidemment, les propos de Claire Naudin sont extraits de l’excellent livre de Guillaume Laroche « Entre les Vignes » que je vous invite fortement à acquérir : 29 euros… C’est un investissement bien supérieur en utilité à la pseudo-presse sur papier glacé qui ne vit que de la publicité.

 

« Mon projet, ce n’est pas d’être en bio dans 20 ans, c’est de ne plus traiter. » Claire Naudin vigneronne des Hautes Côtes de Beaune
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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 06:00
La définition du vin nature existe je l’ai rencontrée dans le livret de leçon  de choses de l’Éducation Nationale

« Le Maître n’a pas à faire de cours ; il doit, en classe et en promenade, faire observer, faire expérimenter. »

 

Telles étaient les Instructions Officielles de l’Éducation Nationale pour Les Leçons de choses destinées aux enfants du Cours Élémentaire.

 

Les auteurs : L. Pastouriaux Inspecteur Général, E. Le Brun  Directeur d’École Normale et S. Blin institutrice précisent que le Maître pourra atteindre ce but « par une application constante de la méthode socratique. »

 

Dans l’étrange bataille que livrent certains faux-nez, comme ce vendeur de trucs et de machins qui, sur le papier glacé d’En Magnum, nous livre ses hautes analyses hautement contestables en ne signant que sous son simple petit nom sans ajouter ce qu’il fait dans la vie,  pour accréditer que laisser-faire la nature ce serait  mission impossible.

 

Et si le retour à l’observation messieurs les Diafoirus modernes était un concept moderne porteur d’avenir ?

 

Vos trucs et vos machins, vos poudres de perlin-pinpin dites-nous à quoi ça sert pour faire du vin ? Pourquoi, cette absence d’informations, d’explications, ce volonté de ne pas révéler ce qui se cache dans la boîte noire ?

 

Votre seule réponse c’est que ces produits sont autorisés et ne nuisent pas à la santé. Encore heureux mais ça ne répond pas à mon interrogation : pourquoi ça ici, pourquoi ça là ?

 

Votre silence me paraît étrange et mal venu, le dossier de la fabrication d’un vin devrait être à tout moment consultable par tout consommateur désireux de s’informer sur le produit qu’il va acheter et consommer.

 

C’est simple comme la consultation d’un « dossier médical »l sur Internet !

 

Le vin ne pourra pas éternellement être une exception sinon il risque fort, un jour ou l’autre, d’être amené au banc des accusés pour de mauvaises ou de bonnes raisons.

 

Revenons à la définition :

 

« Le raisin  est le fruit de la vigne. C’est un aliment sain et délicieux. Son jus sucré se change naturellement en vin. »

 

 

 

La définition du vin nature existe je l’ai rencontrée dans le livret de leçon  de choses de l’Éducation Nationale
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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 06:00
Un livre à savourer d’abord avec les yeux  avant de mettre la main à la pâte
Un livre à savourer d’abord avec les yeux  avant de mettre la main à la pâte

Beau !

 

Ce petit livre est beau.

 

Trop beau comme le disent les petites louves et les petits loups d’aujourd’hui.

 

Son auteur Alesia Serafini est née à Ferrare.

 

Ferrare c’est pour moi « Le Jardin des Finzi-Contini » de Giorgio Bassani romancier et poète italien né le 4 mars 1916 à Bologne, et mort le 13 avril 2000 à Rome, adapté au cinéma par Vittorio De Sica.

 

Lire ICI 

 

Ce beau petit livre je  l’ai savouré d’abord avec les yeux.

 

Puis je l’ai lu. 

 

J’ai noté :

 

« On apprenait à cuisiner en regardant, en écoutant et ensuite, en répétant. »

 

Les chutes des rubans dorés de Lucrèce : les maltagliati « mal coupés »

 

« On peut bien manger avec peu et préparer soi-même, comme par le passé »

 

Mon credo.

 

Choisir ses ingrédients, ne rien jeter, jongler avec les restes, la fortune du pot comme on le disait chez moi.

 

Moi aussi je mets la main à la pâte mais pour d’autres pâtes que les belles pâtes italiennes… Elles je vais les manger chez Giovanni Passerini.

 

Un livre à savourer d’abord avec les yeux  avant de mettre la main à la pâte
Un livre à savourer d’abord avec les yeux  avant de mettre la main à la pâte
Un livre à savourer d’abord avec les yeux  avant de mettre la main à la pâte

À Paris le meilleur de l’Italie nous envahi, même qu’à Table Bruno Verjus m’a présenté des gnocchi d’anthologie à la truffe blanche d’Alba !

Un livre à savourer d’abord avec les yeux  avant de mettre la main à la pâte

Chez moi je me contente de faire des gammes italiennes avec les pâtes sèches achetées chez Alessandra Pierini.  

Un livre à savourer d’abord avec les yeux  avant de mettre la main à la pâte
Un livre à savourer d’abord avec les yeux  avant de mettre la main à la pâte

Mais jamais je ne me suis risqué à m’attaquer au millefeuille préféré des romains, laganum, qui dans la tradition d’Émilie-Romagne « les couches de pâte verte préparées avec des épinards alternent avec le ragù, la béchamel et le parmesan »

 

Pourquoi ?

 

Parce que ce plat demande une longue préparation et que j’aurais trop peur de faire une forme de gloubiboulga.

 

Je vais peut-être me risquer au mariage de la pâte et du haricot. En effet je suis né dans un pays de fayot, le lingot et le coco, et je me vois bien utiliser les fameux « mal coupés », les maltagliati avec le bouillon des fagioli.

 

Voilà, vous savez ce qui vous reste à faire : allez ICI

 

 

Pour les vins qui vont avec j’irai piocher dans la cave d’Alessandra chez RAP.

 

Un livre à savourer d’abord avec les yeux  avant de mettre la main à la pâte
Un livre à savourer d’abord avec les yeux  avant de mettre la main à la pâte
Un livre à savourer d’abord avec les yeux  avant de mettre la main à la pâte
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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 06:00
Les seuls critiques qui soient passés à la postérité : les jeunes turcs des Cahiers du cinéma  François Truffaut le chef de bande en tête !

Je parle critique vin tout à la fin.

 

Cette chronique est née d’une remarque de l'ex miss glouglou du vin sur Face de Bouc « Je ne suis pas du tout d'accord mais ce post est trop brillant pour ne pas être partagé. »

 

Ce post intitulée Leonard Cohen, celui qui plombait l’ambiance est signé par un critique musical, Jean-Marc Proust qui collabore notamment à Opéra magazine et Slate.fr.

 

Ce gus estampillé critique profite de la disparition de Léonard Cohen pour nous compter sa triste vie d’inconnu au bataillon, avec l'ironie qui sied aujourd'hui dans tout papier qui tente de faire le buzz. Ça s’appelle l’effet d’aubaine permettant de profiter de la vague médiatique pour afficher qu’on existe.

 

Je crois que c’est le lot de la grande majorité des critiques qui restent toute leur vie critique, et la soi-disant brillance évoquée par sa consœur vineuse n’est qu’une dorure aussi mince que le métal argenté. Demain il retombera dans son anonymat.

 

C’est donc en contre-point de son petit exercice de style bien caractéristique de notre temps que je vous offre du François Truffaut, un affreux jojo, dont Henri Langlois confiait avant sa mort « qu’il n’y a que deux grands critiques de cinéma dans ce siècle, François Vinneuil * et François Truffaut.

 

* François Vinneuil nom de plume de Lucien Rebatet dans L’action Française puis Je suis Partout, antisémite notoire.

 

Pour lui, comme pour les jeunes turcs, ces années furent des années grises « nous ne vivions pas d’espoir, nous ne vivions même pas » déclare Éric Rohmer. Pour eux « la vie c’était l’écran, c’était le cinéma, c’était la discussion sur le cinéma, c’était l’écriture sur le cinéma. »

 

Mais, eux, ils n’en sont pas restés là comme notre pioupiou de la critique musicale…

 

Le 2 août 1957 débute à Nîmes le tournage des Mistons avec Bernadette Lafont et Gérard Blain.

 

Le film sortira en salle que le 6 novembre 1958 à la Pagode. La presse est abondante et souvent élogieuse

 

« On l’attendait au tournant. Il se tire avec honneur de l’épreuve. Il ne sait pas encore raconter une histoire solide, mais sa pochade éclate de dons. Il a le sens des images, il sait diriger des acteurs et surtout il possède un « ton » à la fois poétique et cruel » écrit France Soir.

 

Les seuls critiques qui soient passés à la postérité : les jeunes turcs des Cahiers du cinéma  François Truffaut le chef de bande en tête !

Petit retour sur Léonard Cohen :

 

Christophe Lebold maître de conférences à l’université de Strasbourg, spécialiste de littérature américaine a consacré sa thèse de doctorat à Leonard Cohen et à Bob Dylan, et est l’auteur du livre Leonard Cohen : l’homme qui voyait tomber les anges (Ed. Camion Blanc, 2013) écrit :

 

« Les textes de Cohen ont parfois occulté la force de ses propositions musicales. Au début de sa carrière, il a mis en place des paysages métaphysiques dans ses chansons, dont les plus connues, Bird on the Wire, Avalanche… Il a créé des valses noires, en mêlant ses rythmes ternaires ou flamenco avec des choeurs de femmes angéliques qui font contraste avec la gravité de voix. A partir des années 1980, il devient un crooner électro plein d’ironie. Pour moi, c’est un crooner supérieur à Sinatra, il ose le groove hip-hop, sur son dernier album, on peut même danser sur certaines chansons, sans qu’elles perdent pour autant leur dimension métaphysique. Pour moi, c’est un des grands versificateurs de sa génération. J’ai pu accéder à ses archives, et il pouvait travailler pendant des années sur la même chanson, jusqu’à accoucher de métaphores exceptionnelles. »

 

T’as du chemin à faire camarade critique pour te porter à la bonne hauteur…

 

Mais revenons au Truffaut des origines.

 

Le 6 juillet 1955, Truffaut, publie dans la revue ARTS « Les 7 péchés capitaux de la critique »

 

« Il existe, en marge du cinéma, une profession ingrate, laborieuse et mal connue : celle de « critique cinématographique ». Qu’est-ce qu’un critique ? Que mange-t-il ? Quels sont ses mœurs, ses goûts, ses manies ? »

 

« Déclinés en sept points, les réponses de Truffaut suggèrent que la critique n’est ni libre ni intelligente, car elle est ignorante de l’histoire du cinéma comme de sa technique, sans imagination. Elle est professorale et pleine de préjugés. Il va même jusqu’à dire qu’elle est chauvine et vendue au plus offrant, puisqu’ « on  ne fait pas une carrière critique à Paris sans rencontrer un jour ou l’autre Delannoy, Decoin, Cayatte ou le Chanois. »

 

Il illustre son propos de nombreux exemples dont Dutourd, Nourissier, Sadoul, Charensol…

 

Truffaut propose le portrait du « cinéphile non critique », autoportrait révélateur qu’il définit par 2 caractéristiques :

 

  • La radicalité du point de vue « Chacun son système. Le mien m’amène à louer ou à éreinter sans réserve. »

 

  • L’intégrité des jugements. Rendant compte d’un déjeuner de presse pour la sortie de Mauvaise graine de Mervyn LeRoy, en présence de l’auteur, il écrit « Je me souviens d’y avoir très bien mangé, mais la reconnaissance du ventre n’est sans doute pas mon fort, d’autant qu’il vaut mieux n’avoir jamais rencontré Mervyn LeRoy sans quoi on n’a plus aucune envie d’aller voir un film de lui. »

 

Jacques Laurent, qui soutient Truffaut, estime qu’il est un « hussard », l’équivalent pour le cinéma d’un Nimier ou d’un Céline pour la littérature. Dans un éditorial d’Arts publié en février 1955, il écrit qu’il y a 2 sortes de critique de cinéma :

 

  • D’abord une critique dont l’enseigne pourrait être « cuisine bourgeoise ». Elle est brave fille, désireuse de s’accorder avec les goûts du gros public et pratiquée par des gens pour qui le cinéma n’est pas une religion, mais un passe-temps agréable.

 

  • Et puis il y a une intelligentzia qui pratique à l’état furieux. Truffaut en étant un des représentants les plus doués.

 

État de belligérance, tous les assauts lui sont bons puisque le dieu du cinéma reconnaîtra les siens.

 

Tout est parti d’un article-fleuve publié dans les Cahiers du cinéma « Une certaine tendance du cinéma français »

 

Il y attaque frontalement « ces 10 ou 12 films qui constituent ce que l’on a joliment appelé la tradition de qualité… » et retourne contre lui une bonne part de la critique française mais il ouvre la porte des Cahiers aux jeunes turcs dans le sillage d’Éric Rohmer : Jacques Rivette, Jean-Luc Godard, Claude Chabrol…

 

« Entre mars 1953 et novembre 1959, Truffaut publie 170 articles aux Cahiers. Il ne revendique pas un rôle de maître à penser, mais plutôt celui de stratège, allant à la rencontre des cinéastes, attaquant  ses adversaires, faisant valoir son avis, avec fantaisie, mauvaise foi, désinvolture, parfois avec une certaine arrogance, sur tous  les films qui sortent à Paris. Car, qu’il vente ou qu’il pleuve, Truffaut voit en moyenne plus d’un film par jour… »

 

C’est un véritable chef de bande qui avec « un film quotidien, un article tous les deux jours : le jeune homme tient son rythme, travaille toutes les nuits, se bourrant de Maxiton, de cigarettes et de café. »

 

Il confie à Jean Mambrino, jésuite et critique de cinéma.

 

« Au fond je suis très primaire, très inculte (je n’en suis pas fier) ; j’ai seulement la chance d’avoir un peu le sens du cinéma, d’aimer ça, et de bosser dur. Voilà. À part quoi toute considération plus profonde sur le fond passe au-dessus de ma pauvre tête. Comme je suis un autodidacte qui se hait, je ne « m’apprends » rien, ou presque. Ce qui me sauvera, c’est de m’être « spécialisé » très tôt dans le cinéma et d’occuper la place, au maximum, en travaillant toutes les nuits s’il le faut. »

 

Le talent camarade critique !

 

Comme disait ce cher Audiard « Il est plus agréable de dilapider son talent que  de ne pas en avoir.»

 

Du côté critique du vin je classe sans hésitation O.N. du Monde dans la catégorie chère à Jacques Laurent « cuisine bourgeoise »,  brave fille, désireuse de s’accorder avec les goûts du gros public.

 

La chronique sur le bojolo nouveau est de ce tonneau. Ha qu’il est loin le temps de PM Doutrelant !

 

Cette chronique doit tout à mes notes de lecture de l’excellente biographie de François Truffaut signée par Antoine de Baecque et Serge Toubiana chez Gallimard 1 pavé de 576 pages.

 

Je signale qu'on est tout à fait en droit de détester Léonard Cohen...

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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 06:00
Mr. Cohen in February 2009 during his first world tour in 15 years, which, he said, was driven partly by financial necessity. “I didn’t even know where the bank was,” he said at the time. Credit Fred R. Conrad/The New York Times

Mr. Cohen in February 2009 during his first world tour in 15 years, which, he said, was driven partly by financial necessity. “I didn’t even know where the bank was,” he said at the time. Credit Fred R. Conrad/The New York Times

L’écriture de cette chronique a commencé le 10 novembre au soir et s’est terminée le 11 novembre au matin, l’espace-temps où Léonard Cohen a tiré sa révérence avec sa superbe élégance.

 

J’avais titré provisoirement « Léonard Cohen est en phase avec mon profond sentiment de finitude » et je voulais la poster dimanche.

 

Parodiant l’une des rares chansons de Bécaud que j’aime, j’écris « la finitude ça n’existe pas »  

 

« La finitude ça n’existe pas »  pour les poètes, les troubadours,  les qui prennent le temps : « Le lien intime avec nous ne s’est jamais rompu, le vieux séducteur pose toujours le même regard ironique sur lui-même « I love to speak with Leonard. He's a sportsman and a shepherd. He's a lazy bastard Living in a suit J’aime parler avec Leonard c’est un sportif et un berger. C’est un batard de fainéant qui vit dans un costume » confiaient-il  dans Going Home aux premières minutes de cet album qu’il termine par un constat familier ».

 

 « Que l’être humain soit un être fini, c’est-à-dire éphémère, puisque son existence ne s’étend qu’entre les deux bornes que sont sa date de naissance et celle de sa mort, cela peut paraître au premier abord une évidence. Cette « finitude », que nous partageons d’ailleurs avec tous les vivants, ne va pourtant pas de soi, car nous vivons la plupart du temps dans l’oubli de notre propre mortalité. C’est ce qui conduisait Freud à affirmer que « personne, au fond, ne croit à sa propre mort ou, ce qui revient au même : dans l’inconscient, chacun de nous est persuadé de son immortalité » S. Freud, Essais de psychanalyse, Paris, Payot, 1981,....

 

Lorsque j’évoque auprès de mes jeunes amies mon profond sentiment de finitude ils protestent en m’assurant que j’ai encore toute la vie devant moi.

 

« C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre, d'où tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière. »

Genèse 3:19

 

Tel est mon destin, tel est notre destin, je continue de parcourir sans peur mon chemin en ne sachant ni le jour ni l’heure, c’est la vie.

 

C’est Thomas Legrand éditorialiste politique pour le 7/9 de France Inter que j’écoute chaque matin à mon réveil, admirateur comme moi de Leonard Cohen depuis des années, qui le mercredi 9 novembre m’a donné l’idée d’écrire cette chronique.

 

Il déclarait avoir été emporté par son dernier album, annoncé comme son ultime production. Un album sombre et résigné, comme un chant du cygne.

 

Le dernier album de Leonard Cohen est l'album d'un chanteur à l'agonie, qui s'éteint tout en grâce.

 

Thomas Legrand affirmait qu’il écoutait en boucle « You Want It Darker », au travail, chez lui, sur son scooter, jusqu’à déjà plus de 200 fois.

 

Le ton est  sépulcral, comme l'est la voix de son auteur qui y chante « I am ready my Lord » : un appel à l’extinction grandiose et assumé.

 

Extinction !

 

On éteint la lumière pour l’éternité…

 

«Leonard Cohen chanterait pour tous ceux qui essuient leurs larmes»

 

«Leonard Cohen est parti rejoindre sa muse», décédé jeudi à l’âge de 82 ans. Car «nous sommes arrivés au point où nous sommes si vieux» que «nos corps tombent en lambeaux, et je pense que je te rejoindrai bientôt. […] Sache que je suis si près, derrière toi, que si tu tends la main tu peux atteindre la mienne. […] Je veux seulement te souhaiter un très beau voyage. Au revoir, ma vieille amie. Mon amour éternel. Rendez-vous au bout du chemin.»

 

«Après David Bowie et Prince plus tôt cette année, le monde de la chanson a» donc «encore perdu un monument. […] C’est avec une profonde tristesse que nous annonçons que le poète légendaire, auteur-compositeur et artiste Leonard Cohen, est décédé», pouvait-on lire sur sa page Facebook

 

À tous ceux qui se moquaient de mon addiction aux chansons de Léonard Cohen je répondais que bien au-delà de la mélancolie, de la tristesse, d’une  forme de noirceur, elles me transcendaient, me tiraient vers le haut.

 

Écrire est une réelle douleur, Léonard est un sculpteur de mots, un « obsédé de la juste syllabe et du vers parfait »

 

Union intime, pudique, qui n’a ni besoin de mots, ni de justifications, Léonard Cohen est sans contestation éternel, ses traces marquent à jamais mon chemin.

 

«Donner le Nobel à Dylan, c'est comme dire du mont Everest que c'est une grande montagne.» disait-il avec son éternelle élégance.

 

« En ce qui me concerne, Leonard, tu es le numéro un. Et je suis le numéro zéro. » Bob Dylan

 

« Dieu était tellement inconsolable d'avoir laissé Trump gagner la présidentielle américaine que Leonard Cohen, en bon fils de famille, a dû aller le consoler. C'est la seule explication que je trouve à sa disparition. Leonard Cohen n'était pas censé mourir. Ni aujourd'hui, ni demain, ni jamais. Il était la voix du prophète, le sang de la Bible, la voix de l'immémoriale sagesse née sur les rives du Jourdain.

 

Il n'avait pas d'âge. Ses chansons non plus. On les écoutera encore dans cent mille ans. On les écoutera même après que le monde aura cessé d'être. On les écoutera dans la même ferveur religieuse qu'aujourd'hui, saisis par cette voix grave et chaude, lente et suave, sensuelle et tendre, la voix même de l'amour, l'amour de la femme, l'amour des hommes, l'amour de l'amour. »

 

Laurent Sagalovitsch

 

Leonard Cohen live in Barcelona 03-10-2012 ci-dessous à voir et écouter absolument...

 

 

 

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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 06:00
« Tout artiste reproduit sur une étiquette de vin est vraiment passé à la postérité » Jacques Dupont en appelle à Hugo et Alain Weill à Toulouse-Lautrec

Notre Jacques Dupont national, dans son dernier opus consacré à la vénération du Dieu vin, commence par les vices et les vertus de l’étiquette afin de nous vanter les mérites de la chaussette.

 

Ce glissant dans la peau du père Hugo d’Oceano  Nox – l’un des poèmes que j’ai déclamé au temps de mes culottes courtes – il envoie du lourd :

 

« Combien de marins et de capitaines de dîners se sont esbaudis face à de très grands du Médoc ou des noms ronflants de crus bourguignons influencés justement par leur rang alors que le vin lui-même ne valait pas tripette ? »

 

Et, en bon bas-bourguignon qu’il est, il répartit ses coups de dague, « père gardez-vous à gauche, père gardez-vous à droite » (Conseil donné à Jean le Bon par son fils, le futur  Philippe II le Hardi, qui est âgé de 14 ans, à la bataille de Poitiers) en ferraillant sur le flanc des vins à poils :

 

« Combien de vins qui, après analyses, peuvent se révéler « impropres à la consommation », sont bus avec délectation par des militants de la cause « nature » ?

 

Bon, sans vouloir titiller ce beau nez, je ne suis pas persuadé que son échantillon de vins nus dégustés soit très représentatif surtout au regard de la cohorte imposante des flacons du camp d’en face. Mais la question n’est pas là, revenons à l’étiquette.

 

« Pourquoi, alors, autant d’étiquettes vilaines ? »

 

En voilà une bonne question mon cher Dupont !

 

« Le vigneron aurait-il une attirance particulière pour le ringard et le laid ? »

 

Je vous laisse le soin de lire les réponses dans son livre Le Vin et moi.

 

Mais revenons au sujet du jour : mettre un artiste sur son étiquette !

 

Notre bas-bourguignon rappelle  qu’en ce domaine le baron Philippe de Rothschild fut un précurseur en affichant le V de la victoire sur la bouteille de Mouton 1945. Il pouvait se le permettre, arrêté par les séides de Pétain, ses biens confisqués, il  avait rejoint de Gaulle à Londres, dès avril  1941. Ce fut un succès et pour le millésime suivant il fit appel à Jean Hugo, arrière-petit-fils de Victor, qui dessina une colombe tenant dans son bec un rameau d’olivier, symbole de la paix retrouvée. La suite on la connaît.

 

J’ai beaucoup cité l’homme vin du Point mais l’idée de cette chronique m’est venue en feuilletant à nouveau le petit opus d’Alain Weill : Cadavres Exquis.

 

Toulouse-Lautrec, mort à 33 ans, qui fut littéralement pillé car « ses œuvres tombèrent dans le domaine public pile au moment où l’on redécouvrait l’Art Nouveau. »

 

Alain Weill, dans les années 70, acheta à New-York, 3 bouteilles (rouge, rosé, blanc) décorées de reproductions de Lautrec.

 

Ce qu’il écrit ensuite sonne comme une forme de paradis perdu :

 

« À l’époque, j’adorais voyager et mes activités professionnelles m’ont amené sur les cinq continents. C’était formidable – toujours le frisson de la découverte… et puis les aéroports étaient accueillants, les formalités minimales, et on pouvait fumer dans les avions. J’ai donc toujours eu de très grandes valises, moitié pleines à l’aller, bourrées à craquer au retour… Entourée de deux ou trois chemises, une bouteille ne craint rien. En ramener trois était un jeu d’enfant : je m’étais précipité dès mon arrivée chez Brooks Brothers pour acheter des polo shirts de toutes les couleurs. »

 

 

 

 

« Tout artiste reproduit sur une étiquette de vin est vraiment passé à la postérité » Jacques Dupont en appelle à Hugo et Alain Weill à Toulouse-Lautrec
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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 06:00
Comme un lundi neigeux à mettre des patates en robe des champs sous la braise d’un grand feu de bois accompagnées de Vuletta et Viola odorata  de Claire Naudin-Ferrand

Rappelez-vous, ce fut l’une des grandes batailles comme nous les aimons : l’interdiction de faire des feux de cheminée dans Paris et sa banlieue. Même la Ségolène du Poitou s’en était mêlé.

 

Tout est rentré dans l’ordre : « Que vous habitiez Paris ou la banlieue, vous avez le droit de faire de cheminée chez vous. L'interdiction prise en 2014 a finalement été annulée par les préfectures concernées. »

 

Il fait froid et alors ?

 

Le 13 janvier 1985 : le Groupe de Liaison Anti-Gel, animé par Basile de Koch, et Frigide Barjot, organisait une Manifestation contre le froid au métro Glacière.

 

Slogans : « Verglas assassin, Mitterrand complice ! », « A bas la calotte glaciaire ! »

Les temps ont bien changé depuis…

 

Alors avec le froid rester chez soi, écouter de la musique, prendre un livre et à l’heure du déjeuner s’offrir une platée de pomme de terre en chemise, en robe de chambre ou en robe des champs.

 

Au temps où j’habitais dans les bois ma cheminée était si grande que j’aurais pu y faire cuire un cochon de lait mais à Paris le conduit a été obturé par la copropriété alors mais braves patates se contenteront de cuire dans de l’eau salée.

 

De l’art de peler une patate en robe des champs par Francis Ponge.

 

« Entre le gras du pouce et la pointe du couteau tenu par les autres doigts de la même main, on saisit, après l’avoir incisé par l’une de ses lèvres, ce rêche et fin papier que l’on tire à soi pour le détacher de la chair appétissante du tubercule.

 

L’opération facile laisse, quand on a réussi à la parfaire sans s’y reprendre à trop de fois, une impression de satisfaction indicible.

 

Le léger bruit que font les tissus en se décollant est doux à l’oreille et la découverte de la pulpe comestible réjouissante. »

 

Je pratique avec brio le pelage à chaud de la pomme de terre en robe des champs.

 

Ensuite c’est le délice du mariage de sa chair avec un bon beurre cru de baratte salé.

 

Mais à propos c’est quoi une patate ?

 

C’est officiellement une MORELLE TUBÉREUSE, de la famille des solanacées, une tribu qui compte aussi bien tomate, aubergine et piments.

 

« Son tubercule consiste en une portion renflée de rameau souterrain dans laquelle des réserves se sont accumulées. »

 

« Les tubercules de la pomme de terre se présentent, selon les espèces, sphériques, ovoïdes, oblongs, allongés ; certains deviennent plus gros que le poing. L’Institut de Beauvais est de chair ivoire revêtue d’une peau ambre, rosée autour des yeux. La saucisse de pulpe paille s’habille de rouge. La négresse, sous sa pelure noire, apparaît violette. La quarantaine, dans une enveloppe mauve, excipe d’un intérieur jaune ; la rose hâtive, sous un épiderme saumoné, se montre éminemment blanche. »

 

« La pomme de terre se cultive aussi pour sa fleur, dont la couleur peut aller du clair au sombre. Celle de la Fluke apparaît d’un pourpre profond ; celle  de l’Erstetingen, blanc verdâtre, celle de la Pépo, rose, celle de la Belle de Fontenay, bleue, celle de la Jubé, mauve. Il existe aussi des espèces à fleurs de teinte lilas ou jaune pâle ou éclatant.

 

Le violet vif d’autres fleurs fait somptueusement valoir des étamines d’un or rutilant. »

 

Mais d’où-je tire cette science de la patate ?

 

Je vous le donne en mille : d’un petit livre jaune de Jean Follain

 

« célébration de la pomme de terre »

 

Un petit bijou écrit en 1965

Comme un lundi neigeux à mettre des patates en robe des champs sous la braise d’un grand feu de bois accompagnées de Vuletta et Viola odorata  de Claire Naudin-Ferrand
Comme un lundi neigeux à mettre des patates en robe des champs sous la braise d’un grand feu de bois accompagnées de Vuletta et Viola odorata  de Claire Naudin-Ferrand

À la réception du manuscrit en novembre 1965, Robert Morel (l’éditeur), écrit sur le champ à Follain : « Quelle surprise ! Quelle bonne surprise ! J’ai dévoré votre pomme de terre. La surprise fut double. À chaque tournant, je me disais : le poète va sortir son violon ! Eh non, vous avez tenu bon, jusqu’au bout, et vous avez laissé la parole à la seule pomme de terre : c’était une gageure. »

 

En effet Follain dans son livre « mélange avec jubilation les références érudites et populaires, Roland Barthes et Paris-Match, François Marrec et Francis Ponge, le général de Castrie et la grand-mère Heussebrot, faisant fi des hiérarchies et dans un désordre savamment orchestré. »

 

À acquérir et lire absolument !

 

Et comme je suis un bon garçon je vous fais profiter de mon déjeuner :

Comme un lundi neigeux à mettre des patates en robe des champs sous la braise d’un grand feu de bois accompagnées de Vuletta et Viola odorata  de Claire Naudin-Ferrand
Comme un lundi neigeux à mettre des patates en robe des champs sous la braise d’un grand feu de bois accompagnées de Vuletta et Viola odorata  de Claire Naudin-Ferrand
Comme un lundi neigeux à mettre des patates en robe des champs sous la braise d’un grand feu de bois accompagnées de Vuletta et Viola odorata  de Claire Naudin-Ferrand
Comme un lundi neigeux à mettre des patates en robe des champs sous la braise d’un grand feu de bois accompagnées de Vuletta et Viola odorata  de Claire Naudin-Ferrand
Comme un lundi neigeux à mettre des patates en robe des champs sous la braise d’un grand feu de bois accompagnées de Vuletta et Viola odorata  de Claire Naudin-Ferrand

Jean Follain

 

Un poète peuplé d’attente et d’enfance

 

« Homme d’un terroir, homme d’une enfance qui le hante, ou voyageur sans regret - liseur infatigable, de la comptine aux Pères de l’Église, ou heureux par toutes choses qui se passent du langage - homme du monde et grand causeur, homme à l’écart et taciturne : Jean Follain est tout cela, sans donner pour autant l’impression d’être particulièrement déchiré.»

 

ICI 

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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 06:00
« Le Veuf en daube » ou comment 1 ex-manieur de bistouri nous gobichonne le gosier en moulinant des mots saupoudrés d’ironie : la cuisinothérapie

Mon amour pour les petits livres est comme ma soif et ma faim : inextinguible…

 

Dimanche dernier, profitant d’un soleil à éclipse, je suis monté jusqu’au Monte en l’air pour tenter de l’étancher.

 

Bien m’en a pris car je suis tombé sur un opuscule de taille modeste mais tendre et fort goûtu. L’auteur, un ancien manieur de bistouri, a troqué celui-ci pour un écorche-poulet (écouter ci-dessous : La complainte du progrès de Boris Vian) afin de nous concocter un O.E.N.I : Objet écrit non identifié.

 

« La cuisine est l’affaire de tous et tout est à faire en cuisine… » écrit dans sa Préface Guillaume Gomez (MOF et président des cuisinier de la République Française) et qui cite Erasme pour qui un repas est insipide, s’il n’est assaisonné d’un brin de folie…

 

Autre référence de poids Frédéric Dard, grand amateur de tortore, « Un mec qui sait bâfrer enchtibe tous les autres. »

 

 

Bref, ne tournons pas autour du pot « Le veuf en daube » est un livre qu’il faut stocker dans son garde-manger « pour commencer à rêver de petits plaisirs, ceux qu’on avait eu dans son enfance, dans sa vie : la daube de mémé, la blanquette mijotée nappée de crème, les pommes au four, tièdes et dorées, avec la confiture  de groseilles qui ruisselle dans les craquelures… Évoquer, retrouver, reconnaître le lien à la mère, première nourricière (Freud m’entends-tu ?), c’est évoquer toutes les figures matricielles qui ont pris du temps pour nous faire plaisir ou pour nous consoler. On a toujours du chagrin quand on est petit, mais il se peut que plus tard on en est aussi. »

 

 

 

C’est tout moi ça !

 

« Enfin, et pour plagier Francis Picabia (Affiche pour le salon d’automne, 1922) l’auteur Jean Ronceray croit pouvoir affirmer :

 

qu'il est un loustic 

 

qu’il n’est pas un linguiste

 

qu’il est un idiot

 

qu’il n’est pas un cuisinier

 

qu’il est un professeur

 

qu’il n’est pas savant

 

et surtout

 

qu’il n’est pas sérieux

 

et si vous avez tout compris, c’est qu’il s’est mal exprimé. »

 

Et pour couronner le tout, tels des cerises sur le gâteau, les dessins de Jacques Colombay sont de vrais bijoux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfin pour plaire à Jacques Dupont grand ferrailleur devant l’éternel  des abstèmes la définition de l’EAU par l’auteur ex-blouse blanche :

 

« WC Fields (in Fields for president 1940) disait qu’il n’en buvait jamais depuis qu’il avait envisagé tout ce que les poissons y faisaient. C’est l’acide hydroxique, (dihydrogen monoxyde ou DHMO), et ce n’est pas un produit très sympathique. Responsable partiellement de l’effet de serre et du réchauffement climatique qui vont obérer notre avenir, et d’innombrables maladies infectieuses ou parasitaires qui occasionnent beaucoup plus de décès que l’usage du vin. Enfin l’abus personnel peut conduire à l’hyponatrémie, l’œdème cérébral, et même au coma (water intoxication syndrom). De plus elle est « vénéneuse, car elle contient un autodépresseur  suractif, dont la consommation régulière peut conduire au suicide, au meurtre, voire même à s’abonner à Jours de France » Pierre Desproges. On peut admettre, cependant, que consommée avec modération – pour diluer le pastis ou l’anisette, voire légèrement le whisky – elle ne peut sans doute pas faire grand mal, car sa toxicité est contrebalancée par le pouvoir antiseptique de l’alcool. »

 

J’allais l’oublier le narrateur est un dénommé Hom (pour être moins cérémonieux que l’homme métaphysique, et moins neutre, moins insipide que ce vague et indéfini « on »), un veuf qui en réussissant la daube « prouvera à tous, que le vide peut se combler, que la peine peut s’éloigner, que Hom n’est pas mort, qu’il ne survit pas, mais qu’il vit. Comme le divin boiteux, mais dans un autre registre, il aura « Fait surgir un rire émancipé du gosier  de la mort. » Shakespeare, Peines perdues d’amour.

 

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 06:00
Jacques n’a plus la cote mais la Saint-Jacques est la star de l’automne… avec un brut nature Bourgeois-Diaz les bulles échappent à l’attraction terrestre…

C’est mon parrain Alain qui a décidé de mon prénom : Jacques, Jacques le majeur saint patron à la coquille de notre paroisse.

 

C’est par le plus grand des hasards que j’ai établi, depuis presque vingt ans, mes pénates dans un immeuble du boulevard Saint-Jacques dans lequel  se jette la rue du Faubourg-Saint-Jacques qui prolonge, à l’intersection du boulevard de Port-Royal, la longue rue Saint-Jacques  qui est probablement la rue la plus ancienne de Paris, son tracé est inchangé depuis au moins le 1er siècle av. J.-C.

 

Le prénom n’a plus la cote, c’est un prénom de vieux, désolé cher Jacques le bas-bourguignon, nous sommes une espèce en quasi disparition.

 

JACQUES EN CHIFFRES

 

Popularité actuelle : Prénom rare

 

Popularité depuis 1900 : Prénom très fréquent

 

Tendance actuelle : Prénom stable

 

Meilleure année : 1946 (15 408 naissances de Jacques)

 

Naissances en 2013 : 109 garçons ont reçu le prénom Jacques

 

Naissances depuis 1900 : 482 158 garçons ont reçu le prénom Jacques

 

Age moyen des Jacques : 75 ans

 

En 2013 le prénom Jacques occupe le rang n°446 du top des prénoms de garçon et le rang n°886 du classement des prénoms les plus donnés en France.

 

Les départements où le prénom Jacques est le plus populaire en 2013

 

Paris (75) : 26 Jacques Nord (59) : 7 Jacques Bouches-du-Rhône (13) : 6 Jacques Yvelines (78) : 6 Jacques Haute-Garonne (31) : 5 Jacques Bas-Rhin (67) : 5 Jacques Seine-Maritime (76) : 4 Jacques Alpes-Maritimes (6) : 3 Jacques Gironde (33) : 3 Jacques Loire-Atlantique (44) : 3 Jacques

 

En revanche cher Jacques Dupont ton compère Olivier Bompas célèbre la vraie coquille Saint-Jacques "Pecten maximus", fraîche et dans sa coquille, qui est enfin de retour sur les étals.

 

ICI 

 

Au passage je note que ma sainte mère souhaitait me prénommer Olivier.

 

 

 

Attention à la contrefaçon !

 

« Mais, attention, on parle là de « Pecten maximus », la seule, la vraie, et non des nombreux pétoncles qui ont droit depuis 1996 à l'appellation « Saint-Jacques », à des fins strictement commerciales. La différence est simple, la coquille Saint-Jacques est pourvue d'une valve inférieure bombée et d'une valve supérieure plate, les pétoncles sont formés de deux valves bombées. Une spécificité anatomique pas toujours simple à vérifier, ces nombreuses variétés étant proposées sous forme de noix décoquillées, le plus souvent congelées, et la plupart du temps transformées en plats cuisinés... 

 

Comble du raffinement, la plupart des « Saint-Jacques » d'importation sont « trempées », en d'autres termes, gorgées d'eau, jusqu'à 50 % du poids, et pour faire bonne mesure, « glazurées », c'est-à-dire protégées par une fine couche de glace. »

 

Ce sujet je l’avais abordé le 17 décembre 2013

 

« Confondre la pétoncle et la coquille Saint-Jacques dans une même appellation revient à autoriser la dénomination caviar pour les œufs de lump »

 

Les pétoncles seraient-elles des petites sœurs des coquilles Saint-Jacques ?

 

La réponse est non même si elles ont un petit air de famille. Sur ce sujet je ne vais pas vous embrouiller dans les méandres des classifications des naturalistes. L'histoire de la dénomination du pétoncle est complexe. « Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, il a servi pour nommer une grande diversité de coquillages avant que Jean-Baptiste de Lamarck n'en fasse un genre précis (Pectunculus). Les pétoncles de Lamarck et des naturalistes du XIXe siècle ne correspondent toutefois pas du tout aux coquillages que nous connaissons aujourd'hui sous ce nom. »

 

« Les plats cuisinés portant la marque « Produit en Bretagne » (le phare) nommés « Coquille de Noix de St Jacques, Recette Bretonne » sont le parfait exemple, on vous sert des noix de pétoncle du Chili dans des valves de vraies coquilles avec une recette pseudo bretonne ! »

 

« En surgelé, là pour savoir ce qu'on bouffe, qu'une solution, regarder sous les gros titres mensongers, car tous les coquillages de cette famille peuvent s'appeler « noix de Saint -Jacques » (noix car ils sont décoquillés), le nom scientifique de l'espèce et le pays d'origine du coquillage doivent être indiqués dans l'étiquetage. Pecten Maximus c'est de la véritable coquille Saint-Jacques. Mais bien souvent, on trouvera que des pétoncles aux noms exotiques, des noix du Chili (Argopecten purpuratus) ou des de Chine (Clamys farreri), mais des européennes : Chlamys varia et Chlamys opercularis. Ne pas se leurrer avec la présence de corail, certains pétoncles en ont aussi. Dans les rayons plus de 90% des produits proposés sont des pétoncles ! L'aquaculture des pétoncles est très développée dans les pays asiatiques, mais il y a encore peu d'importation de ces produits pour des raisons sanitaires.

 

Reste pour terminer un sujet de discordance avec les 2 compères du POINT : le vin !

 

En effet, pour eux, le vin nu est réservé aux jeunes zozos adeptes du jus de raisin qui vit sa vie en union libre.

 

Je pousse un peu loin le bouchon rien que pour les embêter car dans les conseils d’accords Olivier propose le champagne Bourgeois-Diaz 

02310 Crouttes-sur-Marne

Tél. : 03 23 82 18 35

Champagne - Cuvée 3C extra-brut

 

Jérôme Bourgeois :

 

Nous exploitons un domaine de sept hectares, une trentaine de parcelles réparties à Crouttes sur Marne et sur les communes environnantes. Nos vignes, au sol argilo-calcaire, sont en majorité exposées sud-ouest et plantées à 55 % de Pinot Meunier, 30 % de Pinot Noir, et 15 % de Chardonnay.

 

Nous avons toujours travaillé les vignes comme des jardins et cela se ressent dans nos vins. A la vendange, les raisins sont triés à maturité parfaite et pressés sur pressoirs traditionnels. Seules les meilleures parcelles sont vinifiées dans nos chais.

 

Nous travaillons le sol, raisonnons toutes nos interventions sur la vigne, et visons à obtenir un rendement moyen en employant les tailles nobles champenoises. Les vignes sont systématiquement ébourgeonnées à la main et certaines vendangées en vert si cela est nécessaire.

 

Nous portons un soin extrême à l'élevage de nos vins. Ils sont vinifiés dans des cuves inox, et dans des fûts de chêne pour les cuvées spéciales. Nos cuvées vieillissent au minimum 27 mois en cave pour les cuvées de base et jusque 5 ans pour les plus grandes cuvées. Elles sont élaborées par assemblage des trois cépages champenois, avec des proportions différentes, favorisant l'équilibre et le fruité du vin. Travailler le vin est pour nous une passion, et votre satisfaction la meilleure des récompenses.

 

ICI 

Jacques n’a plus la cote mais la Saint-Jacques est la star de l’automne… avec un brut nature Bourgeois-Diaz les bulles échappent à l’attraction terrestre…
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