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6 juin 2020 6 06 /06 /juin /2020 06:00

 

L’agence de détectives Duluc, rue du Louvre, à Paris. JEAN-MICHEL TURPIN / DIVERGENCE

Dans les années 80 j’eus ma première période Echenoz, Le Méridien de Greenwich 1979, Cherokee, 1983 Prix Médicis, L'Équipée malaise, 1986, L'Occupation des sols, 1988.

 

Éclipse !

 

Les années 90 : Nous trois, 1992, Je m'en vais, 1999 Prix Goncourt, Au piano 2002.

 

Abandon !

 

Puis, le déconfinement saison 1 me jette dans les bras des libraires et je tombe nez à nez avec Gérard Fulmar, sur sa vie plus précisément, écrite par Jean Echenoz.

 

 

J’achète !

 

Pourquoi ?

 

Le son du titre, comme une promesse, l’intuition  de retrouver dans ce roman « le goût du romancier pour ceux qui, a priori, n’intéressent personne, ces héros d’histoires séduisantes parce qu’elles sont farfelues et inutiles, parfois quasiment sans queue ni tête. Le romancier sait, comme à son habitude, nourrir son récit de détails qu’il n’hésite pas à multiplier, de précision en précision, fragmentant à l’envi le récit, qui devient de plus en plus gratuit et absurde. »

 

Mais pourquoi me direz-vous cette éclipse de presque vingt années ?

 

Sans doute parce qu’un temps j’avais rêvé d’être un Echenoz, de publier aux éditions de Minuit, mais la virtuosité de son écriture, sa langue qui m’intriguait, surprenante, séduisante mais décourageante. Mais aussi, « parce qu’à force de jouer avec son lecteur, d’entretenir cette lecture déceptive qui fait aussi le sel du récit et qui fait son talent, Jean Echenoz entretient une distance qui finit par rendre la lecture elle aussi parfois distante. »

 

Echenoz, biographe de l’ordinaire

« Le travail pour moi consiste à rendre un personnage de fiction aussi attachant qu’un personnage réel. Il me semble que les personnages auxquels on s’attache sont des personnages un peu ternes, négatifs, un peu mauvais, ils sont par nature plus attrayants que les personnages positifs, qui m’ennuient un peu. » 

 

«  Je ne m’amuse pas en écrivant, je ne me suis jamais surpris à rire. C’est plutôt un sourire attendri. C’est une chose que l’on prend au sérieux, c’est un corps à corps entre moi et le personnage. »

 

« J’ai été un grand lecteur de série noire dans les années 1970, cela comblait quelque chose qui me manquait dans la production de l’époque. Le système du roman noir me parait toujours très fertile quand on a envie de raconter des histoires, il y a des enjeux, la possibilité des tresser des paysages, des décors, c’est une forme riche. »                    

Jean Echenoz

 

Et c’est alors que sur mon écran je ne sais plus qui me préviens que l’on publie les Lettres du Mauvais Temps de Manchette, en librairie le 29 mai.

 

 

Bien sûr, pile poil j’achète, je feuillette, il correspondait avec James Ellroy et… Jean Echenoz

 

Je me rue !

 

Le 13 juillet  1979

 

Il remercie Echenoz de son aimable envoi de son Méridien de Greenwich, déclare qu’il a mis du temps à se décider de le lire pour « son appartenance manifeste à littérature d’art », puis qu’il a passé deux soirées intéressantes, « rit comme un bossu », qu’il est « troublé par la grande similitude de beaucoup de nos intérêts » tel qu’il a eu l’impression qu’il était l’auteur de son livre dans un univers parallèle, qu’il est inquiet du « malheureux hasard » qui afflige le héros.

 

Le 14 juillet 1983 copie à Jérôme Lindon

 

Cher Jean Echenoz,

 

À côté des énigmes nombreuses et saugrenues qui s’entrelacent dons ton Cherokee, le vrai mystère du bouquin, c’est qu’il tient debout et qu’il est passionnant et drôle. On ne sait pas pourquoi. Car enfin ce n’est qu’un ramassis de déchets, comme sont tous les romans contemporains ; et Cherokee est un ramassis de déchets spécialement hétéroclites et qui devraient se détruire les uns les autres. Ce « méta-polar » référentiel, cette frénésie de descriptions « objectales », cette débauche d’allusions qui fait du Faucon Maltais un perroquet débagoulant et latiniste…

 

Le 16 janvier 1987

 

Il remercie Echenoz un peu tardivement de l’envoi de L’Équipée malaise car il n’avait pas pu disposer du temps qui convient pour le lire d’une traite et sans hâte. « Tu es carrément le seul écrivain contemporain que je lis avec joie ». Il lui fait ses vœux de bonne année et ses amitiés.

 

Le 12 mars 1988

Cher Jean Echenoz,

 

Grand merci de l’envoi que tu m’as fait de L’Occupation des sols. Comme nous pouvions l’un et l’autre nous y attendre, je l’ai lu avec un plaisir solide.

 

 

Il lui dit ensuite s’écarter de la « subversion douce » de son écriture.

 

« Mais quand à L’Occupation des sols, je suis évidemment squeezé par le simple fait que c’est très bref. »

 

J’y reviendrai dans une prochaine chronique. Ce petit livre, vraiment très mince, 21 pages numérotés, 7 réelles, fut à l’origine de ma passion pour les petits livres.

 

Mais revenons à Gérard Fulmar, un critique m’apprend que le fulmar était un oiseau dans Je m’en vais ; c’est aussi le nom du moniteur d’auto-école dans l’Appareil photo, de Jean-Philippe Toussaint.

 

Né à Gisors le 13 mai 1974, 1 mètre 68 sous la toise, 89 kg sur la balance, en surpoids, il fut steward viré pour de sombres raisons jamais précisées, interdit de vol. Il habite rue Erlanger, dans le XVIe dans  l’appartement, où vivait sa défunte mère, dont le propriétaire, un dénommé Robert d’Ortho, vient d’être tué par un boulon géant, « propulsé à une vitesse de trente mètres par seconde ». En effet « …le 2e étage d’un vieux lanceur soviétique Cosmos 3M vient d’anéantir mon hypermarché. Il traînassait auparavant sur son orbite depuis plus d’un demi-siècle, en compagnie de six cents de ses congénères tirés en pleine guerre froide depuis les bases de Plessetsk, Kapoustine Iar ou Baïkonour pour installer au ciel de furtifs satellites militaires. »

 

La rue principale du récit, la rue Erlanger est une rue des morts précoces : celle de Renée Hartevelt, dévorée par le cannibale japonais Issei Sagawa (événement décrit par Nicole Caligaris dans Le paradis entre les jambes) ou encore celle de Mike Brant. Dans les deux cas, le narrateur passe à côté de l’histoire collective, il en est spectateur, acteur parallèle par l’écriture. Les deux fois sa mère voit les faits, particulièrement lorsque Mike Brant manque de l’écraser dans sa chute.

 

Gérard Fulmard qui va se trouver embarqué dans une affaire politique de second ordre, sans grand intérêt, une histoire de succession à la tête d’un parti qui oscille entre 2 et 2,2 %, la Fédération populaire indépendante. « Jean Echenoz joue avec les codes du roman d’espionnage, s’amuse en brassant des références que le lecteur saisira au vol, aligne les lieux communs pour mieux les détourner et nous faire rire, grâce à un narrateur complice qui, tout comme le lecteur avisé, est au-dessus de tout cela, n’est-ce pas ? Et qui pourrait donc penser avec lui : « C’est convenu, fastidieux, sans surprise, mais bon, je suppose que c’est une figure imposée. »

 

Jean Echenoz est piquant, et cela n’est ni nouveau, ni fait pour nous déplaire. « L’esprit de curiosité n’étouffe peut-être pas le personnage éponyme, de son propre aveu, mais la critique sociale lui est familière, et se confond d’ailleurs avec celle d’un narrateur jamais à court de remarques, que ce soit sur la pauvreté … ou encore sur l’absence de toute réflexion politique d’une société qui tourne à vide. Et on rit, bien sûr, de ses descriptions de l’agitation médiatique, par exemple, caractérisée par une absence totale de pensée :

 

« Point sur la situation à Auteuil effectué tous les quarts d’heure par un stagiaire sur fond de ruines fumantes, pendant qu’un autre battait la semelle devant le seuil de l’ambassade de Russie. Puis le plateau s’est renouvelé : on a fait venir, tant qu’on y était, des philosophes, des hommes d’Église et des tenants du millénium, il y a même eu un druide évhémériste en tenue vociférant que c’était toujours pareil, qu’il s’était tué à prédire un désastre et qu’on n’avait pas voulu l’écouter. »

 

SOURCE : 

Echenoz à distance ICI

 

Jean Echenoz, à Paris, le 26 décembre 2019.

Jean Echenoz, à Paris, le 26 décembre 2019. RÉMY ARTIGES POUR LE MONDE

Jean Echenoz : « J’ai fini par avoir une véritable affection pour mon héros Gérard Fulmard » ICI 

L’écrivain reçoit chez lui, à Paris – ville où se déploie « Vie de Gérard Fulmard » – pour évoquer la conception de ce nouveau roman, son esthétique de la distance et sa stylistique ludique.

Par  Publié le 01 janvier 2020

 Vie de Gérard Fulmard » : un dur à cuire à la sauce Jean Echenoz ICI 

Prenez un détective privé, une tragédie classique, quelques faits divers, liez d’une phrase minutieuse et désinvolte, servez. Le nouveau roman de Jean Echenoz est un délice.

Par  Publié le 01 janvier 2020

Keskili, Jean Echenoz ?

Un premier souvenir de lecture ?

De grandes espérances, de Charles Dickens (1861).

Le chef-d’œuvre inconnu que vous portez aux nues ?

Instructions aux domestiques, de Jonathan Swift (1745 ; 10/18, 2019).

Le chef-d’œuvre officiel qui vous tombe des mains ?

Voyage au bout de la nuit, de Louis-Ferdinand Céline (Denoël, 1932).

L’écrivain avec lequel vous aimeriez passer une soirée ?

Félix Fénéon (1861-1944).

Celui que vous aimez lire mais que vous ne voudriez pas rencontrer ?

Vladimir Nabokov (1899-1977).

Celui dont vous voudriez être le héros ?

Le Maître de Ballantrae, de Robert Louis Stevenson (1889).

Celui qui vous réconcilie avec l’existence ?

Jacques le fataliste, de Denis Diderot (1796).

Celui que vous avez envie d’offrir à tout le monde ?

Les Nouvelles complètes, de Joseph Conrad (Gallimard, « Quarto », 2003).

Celui qui vous fait rire ?

Le Journal, de Samuel Pepys (XVIIe siècle ; Robert Laffont, « Bouquins », 1994).

L’auteur que vous aimeriez pouvoir lire dans sa langue ?

William Faulkner (1897-1962).

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5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 06:00

 

À l’annonce du confinement les pousseurs de caddies, à mon grand étonnement, se sont rués sur le PQ, faire des stocks de nouilles, d’huile, de  farine…, j’aurais pu comprendre mais remplir ses placards de rouleaux de papier dit hygiénique ça m’en a dit plus long qu’un long discours d’Onfray sur l’état d’esprit de nos concitoyens…

 

Ne pleure pas Jeannette t’auras ta « Pelure d’oignon » vieillie en fût de chêne à Beaune mais occupe-toi de tes oignons !

 

Moi je me suis, selon la formule consacré, occupé de mes oignons…, j’ai vérifié l’état de mes oignons (par bonheur je n’en ai pas aux pieds)…, en effet ce bulbe, comme tous les bulbes germe facilement…Pour bien le conserver, il faut savoir que la plante entre en dormance pendant les mois froids pour germer à nouveau au printemps. Aussi, une fois cueilli, il est important de conserver le bulbe à température constante. « L’objectif est d’empêcher qu’il ne sente l’arrivée du printemps ». Optez donc chez vous pour la cuisine, la cave ou un cellier pour le stocker. En outre, il faut empêcher l’oxygène de parvenir au cœur du bulbe. La méthode du tressage est la meilleure parade : « Elle permet de pincer la base du bulbe, empêchant ainsi l’oxygénation. »

 

J’aurais pu titrer ma chronique : histoire d’O puisque on peut dire indifféremment Oignon ou Ognon…

 

Se mettre en rang d’ognons, à bonne distance, est un impératif de santé publique.

 

L’expression est du cru du baron d'Oignon, maître de cérémonie à la cour des Valois, avait l'habitude de crier, lorsqu'il assignait leur place aux seigneurs : « Messieurs, serrez vos rangs ». Entre eux, les seigneurs se moquaient des rangs d'Oignon. ICI

 

Artus de la Fontaine Solaro, dit le baron d’Ognon, du nom du château d’Ognon, situé dans l’Oise. Ce personnage, chef du protocole lors des états généraux de Blois en 1576 et 1577, était connu pour son organisation et sa méthode de «rangement» des députés selon des règles protocolaires très précises.

 

Si vous voulez tout savoir sur l’oignon-ognon c’est ICI 

 

Ce bulbe est cultivé depuis plus de 5 000 ans, le terme « ognon » est apparu dans la langue française en 1273. La forme définitive, « oignon », apparaîtra au XIVe siècle. Le mot vient du latin populaire unio, unionis qui, en Gaule, a éliminé caepa (d'où viennent « cive », « ciboule », « civette », « ciboulette »), mot employé jusque-là pour décrire ce légume.

 

Pourquoi unio?

 

Tout simplement parce que l'oignon est l'une des rares alliacées dont le bulbe ne se divise pas (on parle ici de l'oignon dans le sens étroit du terme, ce qui exclut l'échalote) et est donc uni.

 

« L’Exode, Les Nombres (le peuple de Dieu quitte l’Egypte) constatent qu’il n’est pas facile de changer les habitudes alimentaires des gens même au prix de leur liberté : la manne d’accord, mais l’oignon d’Egypte manquent au peuple d’Israël traversant le désert.

 

Le peuple de Dieu avait de bonnes raisons de réclamer des oignons égyptiens.

 

La migration de l’oignon du nord de l’Iran vers les zones subtropicales du sud égyptien, du Soudan, de l’Ethiopie donne lieu, au 3éme millénaire BC (ou avant), à la création de variétés nouvelles.

 

Michel Pitrat et Claude Foury dans l’Histoire des légumes (INRA) expliquent que l’adaptation protohistorique de la plante aux jours courts entraîne une nouvelle sélection variétale.

 

Parmi elles des oignons d’une extrême douceur qui diffuseront en Afrique et qui existent toujours en Egypte où on les consomme cru. »

 

Une des variétés égyptiennes « était si excellente qu’elle recevait des hommages comme une divinité » écrit D.Bois, culte qui a perduré jusqu’à il y a peu selon Nerval .


Les arabes les acclimatent dans le sud européen, en Sicile notamment où on en mangeait matin, midi et soir encore au XVIIIe siècle. ICI

 

Ce matin je reviens vers vous à propos de l’oignon pour 2 raisons :

 

  • La France pays de l’AOC qui l’a essaimé dans le monde entier, offert à l’UE pour en faire l’AOP a octroyé une AOP au rosé de Roscoff, qu’il ne faut pas confondre avec le rosé de Provence qui lui, on se demande bien pourquoi, est aussi une AOP. ICI

 

  • La pelure d’oignon

 

L’oignon appartient à la même famille que les poireaux, l’échalote et la ciboulette.

 

« L’oignon était l’un des seuls légumes que les marins pouvaient conserver aux 17e, 18e et 19e siècles», raconte Nelly Maguet, du Syndicat de l’AOP oignon de Roscoff. « À cette époque, confrontés au scorbut, ils y puisaient la vitamine C permettant de prévenir cette maladie. »

 

« Comme nous vivons sous le règne des nutritionnistes sachez qu’il possède de multiples vertus pour la santé. Sa forte teneur en composés organo-soufrés et en flavonoïdes lui confère des propriétés anticancéreuses. Il est notamment riche en quercétine, un antioxydant présent aussi dans les pommes. La consommation de ce légume contribue également à diminuer la pression artérielle. Consommé cru, il apporte plus de 150 mg de potassium pour 100 g. Il renferme également de petites quantités d’acides gras oméga-3. Sans oublier les vitamines, parmi lesquelles la C. »

 

Comment le choisir à l’étal ?

 

« Pour Samuel Blin, maraîcher à La Limouzinière en Loire-Atlantique, qui produit les variétés jaune Paille des vertus et rouge Red Baron, « l’oignon de garde doit être ferme, avec une peau brillante et sans taches. On sait alors qu’il n’est pas pourri ou encore qu’il n’a pas commencé à germer. »

 

L’oignon primeur, appelé également cébette, présente un bulbe plus petit. Cueilli avant que ses feuilles ne cessent de pousser et que le bulbe ne se mette à grossir en terre, il se consomme frais et ne se conserve pas plus de quatre ou cinq jours. Il est vendu en botte.

 

Du côté cuisine :

 

« Outre la célèbre soupe à l’oignon, ce bulbe permet beaucoup d’inventivité en cuisine. Contenant naturellement du sucre, il caramélise facilement. Il peut être préparé en confit pour accompagner le foie gras, ou ajouté dans toutes vos salades d’été. On peut aussi en faire des sauces et même des desserts, comme une mousse, un clafoutis ou encore une glace avec l’oignon sucré de Roscoff ! Samuel Blin recommande, lui, de couper finement les fanes d’oignons primeur et de les intégrer à une omelette. On apporte ainsi un petit goût de ciboulette, tout en réduisant les déchets. »

 

Pour ne pas pleurer

« L’oignon a un défaut : il fait pleurer celles et ceux qui l’épluchent. Ce sont les composés soufrés et un enzyme, l’alliinase, contenus dans son bulbe, qui réagissent l’un avec l’autre lorsque l’oignon est coupé. Une fois libérées, ces substances entraînent la formation d’un gaz particulièrement irritant pour les yeux : le sulfate d’allyle. Pour limiter son effet, découper l’oignon sous un filet d’eau. Si cela n’est pas suffisant, vous pouvez passer l’oignon quelques minutes au congélateur avant de le couper.

 

Oignons

 

Pelure d'oignon

 

Couleur rose orangée très pâle de vins rouges vinifiés en blanc, rappelant la pelure d'oignon.

 

Ne pleure pas Jeannette t’auras ta « Pelure d’oignon » vieillie en fût de chêne à Beaune mais occupe-toi de tes oignons !

 

La couleur du vin peut varier fortement selon son âge, sa concentration et les techniques de vinification utilisées. Cette nuance pelure d’oignon définit la teinte rose-orangé (saumon) d’un rosé (un Champagne Rosé par exemple). Elle peut désigner également un vin rouge peu coloré qui a pris une forte nuance de jaune en vieillissant notamment. Ne pas confondre avec le vin de table rosé Pelure d’oignon (François d’Aubigné).

 

Tuilé le vin tuilé est un vin dont la robe rappelle la couleur des briques ou des tuiles, c'est-à-dire orangée

 

« Le vignoble des Côtes de Toul et certainement le vignoble de Lorraine qui produit les vins plus qualitatifs. Il se situe sur la rive gauche de la Moselle et un peu à l’ouest de la magnifique ville de Nancy. C’est ici qu’on produit le fameux vin gris, pelure d’oignon, qui a fait la renommée de ce vignoble. »

 

La marque la plus célèbre est Champlure !

 

Ne pleure pas Jeannette t’auras ta « Pelure d’oignon » vieillie en fût de chêne à Beaune mais occupe-toi de tes oignons !

 

Les Caves de Noémie Vernaux sont une marque de la Maison Patriarche en Bourgogne, elle-même propriété de Castel France

La soupe à l’oignon rurale des nouveaux mariés de Vendée et l’urbaine des Halles de Paris qui séduisit Carlo Petrini

La soupe à l’oignon rurale des nouveaux mariés de Vendée et l’urbaine des Halles de Paris qui séduisit Carlo Petrini ICI 

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4 juin 2020 4 04 /06 /juin /2020 06:00

 

Le caoutchouc de pissenlit refait surface

Pendant le confinement lorsque je sortais faire mes courses à la supérette je n’ai jamais croisé âme qui vive dans mon immeuble, ni dans l’ascenseur, ni dans la cour, mais comme il faisait très beau nos parterres de fleurs, des roses, explosaient de couleurs. Un soir, descendant ma poubelle, je me suis dit je vais faire mon Pax (voir chronique), je suis remonté, pris mon sécateur et cueilli quelques roses. Après tout, étant co-propriétaire, je prélevais ma dîme de confiné.

 

L’image contient peut-être : ciel, plante et plein air

 

Dès que le black-out fut levé, j’ai ajouté à  ma razzia de livre un petit ouvrage : Miscellanées des fleurs d’Anne-France Dautheville, chez Buchet-Chastel.

 

Miscellanées des fleurs - Tout sur les fleurs et... de Anne-France ...

 

Comme au bas de chez moi, entre les arbres de la contre-allée, les pissenlits prospèrent, en effet le pissenlit pousse à peu près partout : dans les champs cultivés, les champs en friche, sur le bord des routes, aux abords des maisons. C’est la terreur des jardiniers traditionnels qui le considère comme une mauvaise herbe. J’ai feuilleté mon petit bouquin et je suis tombé sur une étrange rubrique : Le joyeux jaune du pneu.

 

Je me suis dit, ça doit être la nouvelle mode des chefs de cuisine et le guide du pneu en profite pour  se refaire une beauté (le pissenlit est aussi très apprécié pour ses vertus médicinales, la racine est utilisée comme dépuratif «Le pissenlit essore l’éponge hépatique et rince le filtre rénal» Henry Leclerc. « Précis de phytothérapie : essais de thérapeutique par les plantes françaises », 1954

 

À propos de racine, vous connaissez tous l’expression :

 

 

« Il pense à tous les types qui essaieront de vous faire la cour pendant qu'il cassera les cailloux.

- Ou qu'il mangera des pissenlits par la racine, dit Pinette »

Jean-Paul Sartre - La mort dans l'âme

 

Les lapins sont particulièrement friands de pissenlits, mémé Marie allait, sur le chemin de la Garandelière, couper des feuilles dans les fossés pour nourrir ses gros lapins aux yeux rouges.

 

La Salade de pissenlit est appréciée par ceux qui aiment l’amer. À la sortie de l'hiver, les rosettes des jeunes pissenlits sont tendres.

 

Pissenlit (Taraxacum officinale)

 

7 novembre 2009

Fatiguez votre salade de pissenlit avec du vinaigre de Banyuls pour votre omelette de saison ICI 

 

Mais j’avais tout faux, c’était encore un coup de nos chers voisins allemands qui font des grosses autos qu’adorent les bourgeois gaulois.

 

Un peu de patience, le pissenlit s'appelle aussi en français « dent-de-lion », terme dont on retrouve la traduction littérale dans le mot allemand Löwenzahn et qui, en anglais, a donné le mot dandelion.

 

Pisse en lit, eh, oui, c’est le CNRTL qui le dit « Composé de pisse (forme du verbe pisser*), de la préposition en* et de lit*. Cette plante est ainsi nommée en raison de ses propriétés diurétiques.

 

Le Figaro titre lui : Le pissenlit, la fleur qui détrempe les lits.

 

« Il est la petite fleur dans la prairie. Celui qui dore de têtes jaunes nos prés verts et que «les petits de l'hirondelle mangent» chez un autre Prévert. Le pissenlit. Voilà le bonhomme rayonnant de nos contrées qui fait également l'éclat des fioles de phytothérapie dans nos pharmacies. La plante herbacée est en effet très utile pour ses propriétés diurétiques. Une vertu qui n'est pas d'ailleurs sans avoir influencé son nom... »

 

Le pissenlit est une plante vivace et non une annuelle comme certains le pensent. La partie aérienne de la plante reste ou disparaît selon les températures en hiver, et l'énergie de la plante repart vers les racines. Lorsque la partie aérienne meurt, la plante donne naissance à une nouvelle rosette de feuilles à la fin de l'hiver ou au début du printemps.

 

Le pissenlit est très variable en taille, en fonction de l'environnement dans lequel il pousse. Au plus le sol sera riche, au plus sa masse aérienne sera importante. La forme des feuilles varie grandement elle aussi, et est plus ou moins découpée et dentée.

 

Très répandu en Europe, le pissenlit est souvent considéré comme une mauvaise herbe car il envahit rapidement les jardins, les espaces verts et les champs. En effet, grâce à la formation d’aigrettes à la suite de la floraison, cette plante a la particularité de disperser facilement ses graines.

 

Le pissenlit (Taraxacum officinale)

 

«Je sème à tout vent».

 

 

Je reviens à mon joyeux jaune du pneu.

 

Le pissenlit a fleuri. La pelouse, soudain, s’est constellée de taches jaunes, joyeuses comme le printemps. Le jardinier soupire : son gazon idéal n’est pas compatible avec ces sauvages. Et le fabricant de pneus se frotte les mains : me suc blanc, épais, amer qui imprègne la plante pourrait remplacer le latex du lointain hévéa. Un hectare de pissenlit fournirait autant de caoutchouc que la même surface d’arbres asiatiques. Les firmes Bridgestone ou Continental financent des recherches à coups de millions de dollars sur le pissenlit kok-saghyz, né en Russie En Orient, l’hévéa perd du terrain : le palmier à huile est plus rentable, il le remplace de plus en plus souvent. Comble de malheur, un champignon brésilien décime les plantations restantes.

 

Un pneu Continental au pissenlit - Recyclage Pneu

 

Quelques explications techniques pour les nuls comme moi :

 

Aujourd’hui, un pneu pour voiture de tourisme se compose de 10 à 30% de caoutchouc naturel. Cette proportion est encore plus élevée sur les pneus pour utilitaires. On obtient ce caoutchouc naturel à partir de la transformation du latex, une matière première provenant exclusivement de l’Hévéa (ou arbre à caoutchouc).

 

LE PISSENLIT RUSSE COMME ALTERNATIVE

 

Le pissenlit russe concurrent de l'hevea des zones tropicales, il fallait y penser

 

Continental, a choisi de se concentrer uniquement sur les pissenlits russes. Cette espèce originaire du Kazakhstan est la seule à produire un composé proche du latex et pouvant être utilisé pour fabriquer des pneumatiques solides et de qualité premium. Par rapport à l’hévéa, le pissenlit russe dispose de nombreuses qualités qu’il est important de souligner.

 

Tout d’abord, le cycle de croissance d’un pissenlit russe n’est que d’un an en moyenne. Cela signifie que la première récolte peut être effectuée seulement un an après la plantation du pissenlit !

 

Ensuite, le pissenlit russe pousse dans des régions à climat tempéré. Il n’a pas besoin d’un sol de qualité supérieure pour grandir. Ainsi, il sera donc possible de faire pousser les pissenlits à proximité des usines de pneumatiques Continental. Selon Carla Recker, responsable de la chimie des matériaux chez Continental, cela contribuera fortement à réduire les émissions de CO2, grâce à une réduction des trajets pour l’acheminement des matières premières.

 

Enfin, le pissenlit russe est une plante robuste et peu sensible aux conditions climatiques, ce qui est moins le cas de l’hévéa.

 

Le japonais Bridgestone, leader mondial du secteur, l’allemand Continental numéro 4 du marché.

 

En France, Michelin travaille sur d'autres pistes et ambitionne de fabriquer d'ici 30 ans des pneumatiques incluant 80 % de matériaux durables tels que des copeaux de bois ou de la betterave.

 

Lire ICI et ICI

 

Le pneu en pissenlit russe de Continental primé | Commodafrica

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2 juin 2020 2 02 /06 /juin /2020 06:00

 

Rien ne me mets plus en fureur que « les bien au chaud » affirment sur les réseaux sociaux que notre vieux pays républicain glisse vers la dictature sous la férule de notre caudillo Macron. Que notre démocratie ait besoin de se régénérer je suis le premier à le souhaiter comme l’a montré mon dialogue avec Jean-François, mais parler de dictature c’est insulter les morts des dictateurs et détourner son regard des femmes et des hommes qui, en 2020, vivent sous la botte de dirigeants adeptes de la manière forte pour réprimer ceux qui ne pensent pas comme eux.

 

1977 par Saccomanno

 

Guillermo Saccomanno dans le livre que je suis en train de lire 1977 ICI : Buenos Aires en 1977. La dictature militaire s’est installée depuis plusieurs années, certains résistent, des femmes défilent chaque jeudi pour rappeler qu’un de leurs proches, leur fils ou leur fille dans la plupart des cas, a «disparu» ; des voitures peintes en vert, comme un uniforme, bien reconnaissables, patrouillent, et la majorité des habitants essaie d’adapter sa vie aux circonstances.

 

Henri Jeanson, journaliste iconoclaste, donnait la meilleure définition que je connaisse de la démocratie :

 

« La démocratie, c’est quand on sonne chez vous à six heures du matin et que c’est le laitier »

 

… la terreur répondait toujours présente. Les militaires avaient mis en garde : « Nous éliminerons d’abord les subversifs, puis leurs complices, ensuite leurs sympathisants et enfin les indifférents et les tièdes. »

 

La Casa Rosada, le palais présidentiel argentin avec Argentina ...

 

La Casa Rosada

 

Le palais présidentiel devait sa couleur rose au sang de vache avec laquelle on l’avait peint au temps de la colonie espagnole. La conservation de la couleur d’origine constituait bien plus qu’une métaphore de cet abattoir que notre pays avait toujours été.

 

[…]

 

La Casa Rosada était plus rose que jamais. Cet après-midi-là, tandis que les mères des disparus commençaient leur ronde, juste en face il devait y avoir des officiers enfilant de jeunes appelés. J’ai pensé à ce qu’avait été l’armée de San Martin.

 

AFP Archives on Twitter: "30 avril 1977 : première marche en ...

 

C’est en 1977 que les mères ont commencé à se réunir sur la place  de Mai. Pas plus d’une douzaine au début, leur nombre s’est vite multiplié. Le foulard blanc était leur signe de reconnaissance. Les jeudis après-midi, elles tournaient autour de la  Pyramide de Mai. J’ai relevé le col de mon pardessus. Le  vent était humide. Il y avait un camion avec des effectifs de la garde d’infanterie. De chaque côté du palais présidentiel, comme en arrière-garde, des blindés de l’armée et des soldats postés avec leur FAL. Des policiers empêchaient que l’on s’approche de cette ronde. Comme un badaud parmi d’autres, j’avançais malgré tout vers ces femmes. Certaines étaient jeunes, d’autres plus âgées, mais la tragédie les avait toutes vieillies prématurément.

 

[…]

 

La dictature appelait ses victimes desaparecidos. Ce préfixe « des » suggérait que ces mères, quand bien même on retrouverait leurs enfants, ne recevraient que des fantômes. On aurait beau élaborer des explications et des théories psychologiques pour tenter d’en faire le deuil, ces disparus seraient à jamais des fantômes, des fantômes tournant autour d’elles comme elles le faisaient sur cette place de Mai, pour exiger leur réapparition à ce palais présidentiel couleur rose. L’épouvante constitue peut-être le genre le plus apte à raconter l’histoire de notre patrie.

 

[...]

 

Araucaria: ERNESTO SÁBATO, PAS ENCORE LE BOUT DU TUNNEL

 

Je me souviens que Ratti, le président du SADE (Société Argentine des écrivains), avait accepté une invitation à déjeuner du dictateur Videla, en compagnie de Jorge Luis Borges, Ernesto Sábato et du curé Leonardo Castellani. Au cours de ce repas, seul le curé Castellani avait osé mentionner le nom d’Haroldo Conti, un des nombreux écrivains disparus. À la sortie de ce déjeuner, la presse les attendait. Borges et Sábato – je m’en souviens parfaitement – ne tarissaient pas d’éloges pour le dictateur. Un parfait gentleman, voilà leur impression de Videla.

 

Rien à ajouter, je n’en suis qu’à la page 65, mais croyez bien que, lorsque je croise en chair et en os certaines grandes gueules qui tartinent sur les réseaux sociaux leur vomi sur notre démocratie bien imparfaite je passe mon chemin, je les ignore, j’aurais trop envie de leur dire que dans une vraie dictature il y a longtemps qu’on aurait sonné à leur porte, et ce ne serait pas le laitier.

 

Coupe du Monde 1978 en Argentine, triomphe de la dictature de Videla

 

Un rappel : en 1978  L'Argentine organise et gagne son premier Mondial en pleine dictature.

 

« À la tête de la patrie du tango, le général Jorge Videla a semé la terreur. Tout comme Pinochet au Chili, il a pris le pouvoir par un coup d'État en 1976 et a mis en place le concept de "Guerre sale" - inspirée des militaires français des guerres d'Indochine et d'Algérie - qui consiste à torturer et tuer toute personne soupçonnée d'opposition au régime. L'une des salles d'interrogatoire - l'École supérieure de mécanique de la marine - était d'ailleurs quasi mitoyenne du stade Monumental, où devait se dérouler la finale. »

 

Coupe du Monde 1978 en Argentine, triomphe de la dictature de Videla

 

Un "mélange des genres" dénoncé par des intellectuels du monde entier. Ainsi, Marek Halter lance un comité pour le boycott de l'organisation par l'Argentine de la Coupe du monde de football qui réussit l'exploit de mettre d'accord le communiste Louis Aragon et le philosophe occidentaliste Jean-François Revel !

 

Videla e quel pranzo con Borges e Sabato - Limes

 

Coca-Cola verse 8 millions de dollars !

 

Ces personnalités ont peur que Jorge Videla fasse oublier à travers le sport les massacres perpétrés par ses miliciens. Elles ne veulent pas que la Coupe du monde puisse servir de propagande positive pour ce régime politique. Sauf que le business est passé à une dimension supérieure. Coca-Cola ne s'embarrasse pas de ces "détails" et verse huit millions de dollars pour devenir le sponsor officiel de la compétition (c'est toujours le cas en 2014...). Les affaires passent en priorité, tant pis pour la morale...

 

Coupe du Monde 1978 en Argentine, triomphe de la dictature de Videla

 

Les Bleus laissent en revanche leur sensibilité en France, même si le sélectionneur Michel Hidalgo, victime d'une tentative de rapt, hésite à partir. La sélection décide au final de ne pas boycotter l'épreuve et de voler en Concorde en direction de l'Argentine. En revanche, une fois sur place, les joueurs menacent de faire grève non pas parce qu'ils sont touchés par le contexte politique argentin, mais parce qu'ils estiment que le sponsor Adidas les roule dans la farine concernant l'attribution des primes !

 

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31 mai 2020 7 31 /05 /mai /2020 08:00

Jean-Yves-Decottignies

 

On connaît la fameuse boutade du Général de Gaulle rapportée par l'ancien ministre de la Culture André Malraux dans «Les chênes qu'on abat». 

 

Les chênes qu'on abat..., by André MALRAUX - CONSUS - FRANCE

 

« Au fond, vous savez, mon seul rival international c’est Tintin ! Nous sommes les petits qui ne se laissent pas avoir par les grands. On ne s’en aperçoit pas à cause de ma taille. »

 

Au fond mon seul rival international, c'est vous. De Gaulle ...

 

De Gaulle et la France : plus qu’un duo, une incarnation. « Je suis France ! » disait déjà Louis XI à la fin du Moyen Âge. Mauriac, gaulliste de la première heure, mêlant passion et raison, confirme : « Un fou a dit « Moi, la France » et personne n’a ri parce que c’était vrai. »

 

De Gaulle, le modèle de Macron ?

 

Au lendemain de son élection il affirmait vouloir faire de la France une grande puissance, renouer avec l'héroïsme politique...

 

 

« J'assume ce discours de grandeur. Il est à la hauteur du moment que nous vivons », affirmait Emmanuel Macron... Il puise ses inspirations : Les mémoires de guerre du Général de Gaulle figurent sur son bureau. De Gaulle, son modèle ?

 

Et puis patatras un sale petit virus nous tombe dessus et 3 titres :

 

Charlie Hebdo

 

« La France n’est plus un grand pays, mais une petite nation mesquine, bouffie d’orgueil et de prétention. Et en face d’un virus microscopique, l’orgueil et la prétention, ça ne sert à rien.

Une injustice insupportable. »

 

Mélenchon dénonce la « clochardisation sanitaire » lors d’un meeting virtuel

 

Jérôme Fourquet : « Les Français ont vu l’Etat en voie de clochardisation »

 

Oui, le grand perdant, c’est l’Etat jacobin surplombant. C’est l’Etat central et sa haute administration. Il a été percuté par cette crise sanitaire. L’exemple type, ce sont les Agences régionales de santé. Ce à quoi nous avons assisté, c’est à son “étrange défaite” - pour reprendre le titre du magnifique livre de Marc Bloch - et ça a été un choc. Parce que, dans notre pays en temps de crise, on se tourne spontanément vers l’Etat, très présent et censé nous protéger mais qui là a pataugé. Résultat : les Français ont eu le sentiment de vivre un violent déclassement national. Ils ont vu des scènes - comme ces soignants qui, faute de sur-blouses, mettaient des sacs poubelles ! - qui disaient de notre Etat qu’il était en voie de clochardisation.

 

« Tout ce qui est excessif est insignifiant. » Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

 

Talleyrand, le diable diplomate - 2- Un hédoniste au service de la ...

 

Après une désobéissance caractérisée, du Diable boiteux, Napoléon avait explosé : « Mr de Talleyrand, vous êtes de la …m,  dans un bas de soie. » Et Talleyrand avait répliqué le fameux mot : «Sire, vous êtes excessif et ce qui est excessif reste insignifiant ! »

 

L’air du temps est à l’excès, j’ai vraiment envie de rétorquer aussi bien au petit sondeur Fourquet qu’au Leader Minimo, savez-vous ce qu’est un clochard ? Dans quel pays vivez-vous ?

 

Je préfère et fais mienne la réaction d’un lecteur :

 

Charles de GAULLE - Lettre signée et photographie originale

 

De Gaulle...

 

Pays assez étrange que la France quand même. Anarchiste, contre les lois, contre les  forces de l'ordre, contre les politiques, contre les partis politiques, souvent contre le parlement, contre l'Etat, mais un goût immodéré pour les chefs.

 

Ses chefs, son chef et son Etat. Napoléon, Louis XIV, de Gaulle. Tout le monde marche à l'ombre de ces "grands" personnages" : Mitterrand, Sarkozy.

 

Macron y va comme ses prédécesseurs, mais les autres y vont aussi. De Gaulle par ci, de Gaulle par là.

 

De Gaulle, c'est quand même le XIXe, une pensée politique qui n'a plus court. Maurras. Nous aurions pu espérer qu'elle était morte avec Mitterrand. Mais non,  là revoilà.  Le destin de la France Eternelle, centre du monde et lumière du monde. Et si nous acceptions tout simplement la place qui est la nôtre aujourd'hui, sans nous gonfler d'importance, sans narcissisme ? Après tout, l'idée que nous faisions ne se fait qu'au détriment des autres, et avec beaucoup d'oubli.

 

Le rêve d'un Etat fort qui nous protège de tout et d'où tout vient, même les masques. Mais ne pas payer d'impôts.

 

Conclusion provisoire : à quand Raoult candidat à la Présidentielles ?

Didier Raoult.

Il était une star des sciences. Puis il a promu un remède douteux pour Covid-19. ICI

 

L'homme derrière le traitement non prouvé préféré de Trump a fait une grande carrière dans l'orthodoxie. Sa revendication d'un taux de guérison de 100% a choqué les scientifiques du monde entier.

Le général de Gaulle en visite à Nantes, le 15 janvier 1945. Photo © AFP

De Gaulle : “L'Ena, c'est moi”

Par François d'Orcival

Publié le 18/05/2019 à 10:17

 

Le projet d'école nationale d'administration, c'était celui de Michel Debré. Il l'avait mûri avant-guerre, défini à la veille de la Libération. En 1945, de Gaulle lui donne huit mois pour le mettre en œuvre.

 

Dans son bureau du premier étage de l'hôtel du ministère de la Guerre, le Général fait asseoir devant lui un jeune maître des requêtes au Conseil d'État qu'il avait nommé commissaire de la République à Angers huit mois plus tôt, Michel Debré. Il vient de le faire entrer à son cabinet de chef du gouvernement.

 

De quoi veut-il lui parler ?

 

De “refaire la France”, tout simplement. Ses institutions ?

 

Pas seulement : « Pour l'administration, quelles sont vos intentions ? » , demande de Gaulle. Debré n'hésite pas une seconde ; il s'est préparé à l'entretien comme à un concours. Son sujet, c'est “le recrutement de la haute fonction civile”…

 

Nous sommes à la fin du mois d'avril 1945. La libération du pays est achevée. À Berlin, l'Armée rouge a lancé l'assaut final sur le bunker de Hitler. La fin approche. En France se préparent les élections municipales, auxquelles participent les femmes pour la première fois. Et puis, il est temps d'en finir avec les institutions qui ont mené la IIIe République au désastre. Mais qui est donc ce Michel Debré, pour être le premier interlocuteur consulté par de Gaulle ?

 

Une génération les sépare ; il est né en 1912. D'autres choses vont les réunir. Après avoir achevé ses études secondaires au lycée Louis-le-Grand, entrepris son droit en faculté et couronné son cursus universitaire par la voie royale vers la haute administration, l'École libre des sciences politiques, il a réussi un brillant doublé : sortir major de Saumur, être reçu au concours de l'auditorat du Conseil d'État.

 

Sa carrière est tracée ; il a 22 ans. Son père, le Pr Robert Debré, qu'il vénère, lui offre une édition originale de Qu'est-ce qu'une nation ? de Renan. À 25 ans, il fait la connaissance de Paul Reynaud, premier homme politique à avoir compris et soutenu la doctrine militaire d'un colonel de 47 ans, Charles de Gaulle. Deux ans plus tard, Gaston Palewski, le directeur de cabinet de Reynaud, ministre des Finances, l'appelle à son ministère....

 

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30 mai 2020 6 30 /05 /mai /2020 06:00

Dans Fonds de tiroir en 1967 Patrick Modiano, écrit les paroles d’une chanson Les Escaliers :

 

«  Il y a tant d’escaliers dans ma mémoire, tant d’escaliers

Dans mon passé

Que je monte le cœur battant

Tant d’escaliers que je descends,

Sur la pointe des pieds. »

 

« Rejoignant Balzac, Breton ou Perec, Sue et Simenon, Modiano fait du Paris intra-muros son terrain d’expression, à la fois prison et espace de liberté. Un Paris obsessionnel, méticuleux, où le passé et le présent se confondent, mêlant les années noires de l’Occupation aux années grises de la décennie 1960. »

 

« Le Paris où j’ai vécu et que j’arpente dans mes livres n’existe plus, déclare Modiano au Nouvel Observateur en 2007 »

 

« J’ai l’impression d’être tout seul à faire le lien entre le Paris de ce temps-là et celui d’aujourd’hui, le seul à me souvenir de tous ces détails. Par moments, le lien s’amenuise et risque de se rompre, d’autres soirs la ville d’hier m’apparaît en reflets furtifs derrière celle d’aujourd’hui. » Dora Bruder

 

À mon arrivée à Paris, en 1975, pour trouver mes marques, j’ai arpenté à pied le Paris des quartiers, et c’est ainsi que j’ai trouvé mon premier appartement rue Mazarine. C’était encore, plus pour très longtemps, un village. L’école maternelle de ma fille se situait rue du Jardinet, et tous les matins nous passions par la superbe cour de Rohan. Je me rendais ensuite à pied rue Barbet de Jouy où logeait, face au bâtiment historique du 78 rue de Varenne, la direction de la Production et des Échanges du Ministère de l’Agriculture. Il y avait même un tunnel qui reliait les deux adresses, fermé pour cause de trop nombreux rendez-vous galants dans les nombreux recoins bourrés d’archives poussiéreuses.

 

Avec le déconfinement je me suis remis en selle sans avoir de buts précis et c’est ainsi que je me suis retrouvé rue du Jardinet face à l’école élémentaire de ma fille. J’ai pris des photos avec mon smartphone et je lui ai envoyé : SOUVENIRS.

Rien n’avait changé…

 

La séquence pourrait se terminer là, sauf que, comme vous le savez j’étais en train de lire Unité 8200 de Dov Alfon.

Unité 8200 - Dov Alfon - Babelio

 

 

Dimanche soir, bien décidé à terminer ce roman politico-policier haletant, j’arrive page 318, chapitre 99 (le roman est découpé en chapitres très courts) :

 

Le portail se trouvait au coin de l’allée sur la droite. Il était verrouillé, et un panneau en quatre langues annonçait qu’il s’agissait d’une cour privée.

 

- Ce n’est pas tout à fait exact, expliqua le policier de patrouille à l’équipe de Léger.

 

Il était intimidé, saluant à la fin de chaque phrase, et les hurlements de Léger n’avaient rien pour le rassurer. Mais il avait beau bégayer et rougir, ses informations étaient solides. Cette allée reliant la rue Saint-André-des-Arts à l’Odéon, appelée la cour du Commerce-Saint-André, était le territoire qu’il arpentait trois fois par jour. L’endroit était en général bourré de touristes : ils venaient pour le Procope, le café le plus ancien de Paris voire du monde. Les trois mousquetaires s’étaient battus à cet endroit, et une partie des pavés d’origine existait encore.

 

 

Mais dissimulée sur la droite se trouvait l’entrée de la cour de Rohan, une série de cours intérieures entourées de deux immeubles prestigieux. L’un d’eux abritait la fondation Giacometti, et l’autre appartenait à la ville de Paris, qui s’en servait pour héberger des invités étrangers.

 

- Le panneau est trompeur, dit le jeune homme à Léger. Les cours sont situées dans l’espace public et la porte doit rester ouverte pendant la journée pour l’école élémentaire du Jardinet et le lycée Fénelon. Mais en dehors des horaires scolaires, ils ont le droit de fermer le portail.

 

Mes souvenirs resurgissaient. Je suivais les protagonistes du roman pas à pas.  (chapitre 100)

 

Abadi courut le long de la rue désertée, regardant les fenêtres allumées, les voitures qui passaient, écoutant les sons. Tous les cafés devant lequel il passait étaient obscurs et verrouillés. Le marché de la rue de Buci était désert, et sur la place Saint-Germain-des-Prés deux clochards et quatre chiens étaient allongés. Rue de Seine, rue Mazarine, rue Dauphine, rue Bonaparte, ces rues bondées pendant la journée ressemblaient à cette heure à celles  d’une ville fantôme. »

 

[…]

 

Le ciel commençait à s’éclaircir, la pluie cessa et le froid se fit sentir. Abadi allongea le pas, tant pour se hâter d’aller combattre les forces du mal que pour se réchauffer. En tournant rue Jacob il tomba sur la place Furstenberg, l’endroit qu’il préférait à Paris. Les portes vertes de l’abbaye étaient encore fermées, les portes rouges du bar à vin (1) à côté étaient closes. C’était comme si la ville dressait ses murailles contre lui.

 

Il poursuivit sa route, tourna à gauche rue des Saints-Pères, et il trouva ce qu’il cherchait….

 

L’image contient peut-être : boisson

 

(1) Le bar à vin s’appelle la dernière goutte. 6, rue de Bourbon le Château ICI 

 

Cour de Rohan, voyage immobile à travers l'Histoire – VIème : très beau reportage avec 1 très belle iconographie

 

Cour de Rohan - Eugène Atget - 1915            Cour de Rohan, le puits - dessin de Jules-Adolphe Chauvet - 1878

 

La Cour de Rohan, voie semi-publique aux allures de village provençal, est une intrigante curiosité parisienne, un lieu où l'écho de l'histoire résonne encore à travers l'architecture. Vestiges médiévaux, construction Renaissance, bâtiment Louis XIII, cette succession de trois courettes pavées et arborées reliant la rue du Jardinet à la cour du Commerce Saint André depuis 1791, a souvent été menacée de destruction. Repère d'artistes dès 1930, elle est aujourd'hui un summum du luxe, celui sans pareil d'un confetti champêtre en plein cœur de Saint-Germain-des-Prés.

 

A l'origine de la cour de Rohan se trouve un ensemble de bâtiments construit par Henri II (1510-1559) pour sa favorite Diane de Poitiers (1499-1566). La première des trois courettes formant la cour de Rohan s'ouvre sur la rue du Jardinet. A condition que les grilles ne soient pas fermées ce qui est assez rare depuis la décision de la copropriété en 2015 de restreindre l'accès au public. Cette première enclave dont les bâtiments de faible hauteur évoque les lignes pures de l'époque Directoire est dotée d'un puits à margelle orné d'une gargouille et surmonté d'une poulie datant du XVème siècle.

 

La suite ICI 

 

Repaire d'artistes, la cour de Rohan a abrité l'atelier de Balthus mentionné plus haut dès 1936. Georges Bataille qui y a vécu pendant la guerre organisait dit-on des fêtes dantesques durant lesquelles se réunissaient Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Michel Leiris, Raymond Queneau… Dans les années 70, David Hockney a fait un séjour cour de Rohan avant de repartir pour la Californie. Au 3bis s'est installée la sculptrice américaine Sheila Hicks et le metteur en scène canadien Robert Carsen y a séjourné également. Prolongeant la tradition créatrice, la Fondation Alberto et Annette Giacometti a pris place dans l'hôtel particulier légué par Annette Giacometti veuve de l'artiste au n°3 de la cour.

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28 mai 2020 4 28 /05 /mai /2020 06:00

 

Je ne sais si le confinement a fait progresser les ventes de conserve, le surgelé Picard lui a flambé, mais supposez que votre congélo vous lâche, qu’il y ait une longue panne d’électricité, alors rien ne vaut d’avoir dans le cellier quelques boîtes de conserve.

 

C’est mon cas, essentiellement des légumes : haricots verts, blancs, flageolets, petits pois, champignons de Paris, pois chiches, maïs doux… etc.

 

Mais qui se souvient de du  « père de la conserve » Nicolas Appert ?

 

Le grand quotidien israélien HA’ARETZ - TEL-AVIV ICI 

 

Histoire. Nicolas Appert, le génie de la conserve

 

Scène de repas au front, 1915. BM Dijon. Est 2148. Album photographique (fonds Robert). 

 

3 février 2016

Mon singe à moi, c’est du bœuf en conserve, la ration du poilu de 1914-1918.  ICI 

 

Grâce à la stérilisation inventée par Nicolas Appert au XVIIIe siècle on peut enfermer dans des boîtes en fer-blanc à ouverture facile des sardines, des viandes, des pâtés, des légumes et des fruits.

 

Le poilu y prend goût, même s'il les dénigre : du « singe », dit-il des boîtes de boeuf !

 

Les plus grandes entreprises comme Cassegrain (1856) ou Saupiquet (1891) sont les principaux fournisseurs et connaissent un bel essor, qui se poursuit après-guerre : tout le secteur profite alors à plein des nouvelles habitudes alimentaires nées de la guerre qui se propagent surtout dans la population urbaine, devenue aussi nombreuse que la population rurale à la fin des années 1920.

 

«Un poilu de mes amis m'a affirmé que jadis les boîtes de boeuf assaisonné portaient un nom de fabricant : Singer, d'où était venu le mot de singe» (Dech1918)

 

«Je me souviens particulièrement du « singe aux oignons », une salade de boeuf de conserve accompagnée de pommes de terre, légumes divers et relevée d'oignons crusJean Renoir 1966. Les cahiers du capitaine Georges - Souvenirs d'amour et de guerre (1894-1945)

 

« On profite de la halte, qui se prolonge, pour manger. Le menu est simple : boules de pain et boîtes de singe. Mais l'appétit est bon et l'on aurait tort de médire de ce boeuf à la gelée que les soldats dénomment singe par dérision » Jean Petithuguenin 1918. La barrière des Vosges

 

« Je tends mon dos à la chaleur qui grandit, en mâchant du singe filandreux et du pain élastique. » 1914-1919

 

« Le singe est la viande en conserve de l'armée, du boeuf bouilli tout préparé, dont la qualité est remarquable. On arrivait toujours à trouver des boîtes, et elles étaient toujours bonnes. » Maufrais Louis J'étais médecin dans les tranchées (2 août 1914-14 juillet 1919)

 

« Et pendant cette soirée du 19 [mai 1916] (soirée d’angoisse et de tristesse), l’on nous a distribué à chacun 4 boîtes de singe, 48 biscuits et 300 cartouches, tout un fourbi qui nous donnait le cafard ; ça commençait à sentir mauvais car les munitions que l’on donnait, ainsi que les vivres, n’étaient sans doute pas pour aller au grand repos ». François Barge, Avoir vingt ans dans les tranchées, Saint-Pourçain-sur-Sioule, C.R.D.P., 1984, p. 17.

 

L'interview imaginaire de Nicolas Appert | La conserve

 

Nicolas Appert (1749-1841), le « père de la conserve », était convaincu que seuls des légumes, des fruits et de la viande de bonne qualité méritaient d’être mise en boîte. Il était cuisinier, et son atelier, qui au début du XIXe siècle comptait plusieurs dizaines de collaborateurs, était attenant à un potager et à un verger qui lui fournissaient fruits et légumes de saison. Il s’approvisionnait en viande et en produits laitiers dans des exploitations situées à proximité. Comme certains chefs d’aujourd’hui, adeptes des circuits courts [du producteur à l’assiette], Appert estimait que les parcelles cultivées devaient jouxter l’atelier où des bocaux de nourriture sous vide, bouchés avec du liège et enveloppés de toile, étaient mis à chauffer dans des cuves d’eau bouillante.

 

En 1803, la marine française, après avoir testé des échantillons fournis par Appert – bouillon clair et bouillon de bœuf, de haricots et de petits pois –, affirmait dans un rapport qu’ « avec ou sans viande, les haricots et les petits pois [dégageaient] la fraîcheur et le parfum de légumes tout juste récoltés ». Grimod de La Reynière, premier critique gastronomique de l’histoire, devient le protecteur d’Appert. Il écrit :

 

« Le résultat est d’avoir dans chaque bouteille et à peu de frais un très-fort plat d’entremets, qui nous rappelle le mois de mai au cœur de l’hiver […]. »

 

En 1810, après la publication d’un livre où Appert révèle sa technique au monde entier, le journal Le Courrier de l’Europe le couvre de louanges pour avoir « trouvé l’art de fixer les saisons. Chez lui, le printemps, l’été, l’automne vivent en bouteilles, semblables à des plantes délicates que le jardinier protège sous un dôme de verre contre l’intempérie des saisons. »

 

https://www.courrierinternational.com/sites/ci_master/files/styles/image_original_765/public/assets/images/gettyimages-3139890-w.jpg?itok=j99IHS8u

Septembre 1934 : des femmes travaillent à la chaîne dans une usine de haricots en boite, à Wisbech en Angleterre.

 

Une curiosité insatiable

 

Appert est né en 1749 dans une famille d’aubergistes et de brasseurs de Champagne. De son propre aveu, il passe son enfance dans des resserres à provisions et des caves à vins. Devenu chef cuisinier à l’âge de 22 ans, il sera employé [comme officier de bouche] par des familles aristocratiques jusqu’à ce qu’il se mette à son compte, à 33 ans, s’installant comme confiseur. Outre la vente des bonbons, les confiseurs français proposaient des sirops, des confitures, des fruits conservés [dans l’alcool]. Peu instruit, mais doté d’une curiosité à toute épreuve, Appert n’a bientôt plus qu’une idée en tête : trouver d’autres procédés de conservation des aliments.

 

Comme tous les cuisiniers de son époque, le jeune chef était versé dans les techniques traditionnelles de préservation de la nourriture, comme le séchage, le salage et le fumage. Mais ces méthodes altéraient le goût et la texture des aliments. Appert cherchait un moyen d’obtenir un produit fini aussi proche que possible de son état naturel.

 

Dans un premier temps, il utilise des bouteilles de champagne, puis des bocaux spécialement conçus, à col épais, fermés avec du liège et du fil de fer, hermétiquement scellés à l’aide de goudron et d’autres mixtures. Il chauffait ces pots au bain-marie, à la température et pour la durée qu’il avait jugées nécessaires à la préparation des conserves de différents produits frais. Même si Appert ne connaît pas les ressorts de l’ « appertisation », il réalise empiriquement la préservation des aliments cinquante ans avant que Louis Pasteur ne découvre les principes du traitement par la chaleur connu aujourd’hui sous le nom de « pasteurisation », dont il publiera les résultats dans les années 1860.

 

Une invention disputée (et brevetée) par les Anglais

 

On ne saurait attribuer à une seule personne l’invention de la technique de préservation des aliments dans des boîtes de conserve en fer-blanc, sous vide. Toutefois, aujourd’hui, les spécialistes s’accordent à dire qu’Appert, dont le nom avait été oublié, est le premier en Occident à avoir publié une description détaillée de la manière de préserver la nourriture par la mise en conserve. La publication de son ouvrage a été le fruit d’un accord avec la marine française, qui avait accepté de financer ses recherches pourvu qu’il en divulgue les résultats. Appert ne fait pas breveter sa méthode ; trois mois après la parution de son livre, un négociant anglais, Peter Durand, dépose un brevet sur le procédé que le Français avait décrit en détail.

 

La question de savoir si Durand avait eu vent de la méthode d’Appert allait devenir un énième grief dans la perpétuelle rivalité entre la France et l’Angleterre. Quoi qu’il en soit, Durand et ses associés seront les premiers à pratiquer la mise sous vide dans des boîtes en fer. En Angleterre, la métallurgie était plus développée, elle s’était adaptée plus rapidement à la révolution industrielle que la France, cette dernière étant aux prises avec les conséquences de bouleversements politiques sanglants. À partir de l’Angleterre, le savoir-faire se répandra dans le reste du monde. En très peu de temps, la conservation des aliments par le vide deviendrait l’une des techniques les plus répandues et les moins coûteuses du genre dans le monde.

 

L'interview imaginaire de Nicolas Appert | La conserve

 

Reconnaissance tardive

 

Il faudra attendre 1830 et la Restauration pour que les autorités françaises reconnaissent l’apport scientifique et militaire d’Appert et l’aident à poursuivre ses recherches, alors qu’il a déjà plus de 80 ans. Assisté de son neveu, il parvient à mettre sur pied une petite conserverie qui lui survivra. Il meurt en 1841, seul et indigent. Les historiens ne savent pas pourquoi sa femme l’a quitté, ni pourquoi il a été enterré dans une fosse commune. C’est seulement à partir de la fin du XXe siècle que son nom sera cité parmi ceux d’autres pionniers de la cuisine.

Ronit Vered

 

Upton Sinclair, un romancier socialiste dans la jungle capitaliste ...

 

« En 1904, le journaliste Upton Sinclair enquête pendant sept semaines, en vivant parmi les ouvriers, sur les conditions de travail dans les abattoirs de Chicago. La Jungle, le livre qu'il en tire, sort le 28 février 1906 et fait l'effet d'une bombe : il y dénonce non seulement des conditions de vie et de travail atroces, les magouilles électorales, la corruption, le pouvoir des trusts mais y expose aussi, en long en large et en détail, les procédés de fabrication du corned-beef, des saucisses, du saindoux, etc. Les Américains et le monde découvrent l'horreur. Les produits manufacturés contiennent de tout jusqu'aux déchets de fabrication, aux rats, jusqu'à de la viande de bœufs tuberculeux et à celle des ouvriers tombés dans les cuves géantes de préparation des produits ! Le scandale est tel que l'écrivain est reçu par le président Théodore Roosevelt et que le Pure Food and Drug Act, constituant un premier pas pour la protection des consommateurs, est voté le 30 juin de l'année même de la publication de l'œuvre. »

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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 06:00

 

Au premier tour, j’y suis allé, constatant que les exigences sanitaires étaient respectées j’ai donc voté.

 

Le maintien de ce premier tour, à la veille du grand confinement fut l’un des premiers sujets de polémique : fallait-il ou ne fallait-il pas ? Les responsables politiques de tout bord se sont alors illustrés par leur pusillanimité, Larcher&Jacob en tête suivis de près par le couple improbable des ultras. L’important était d’ouvrir la chasse au Macron.

 

À Paris, le mode de scrutin, en permettant des alliances, aurait pu faire bouger les lignes mais la rigidité intellectuelle des Verts officiels ne l’a pas permis. Isabelle Saporta a perdu son pari et je le regrette. Elle  se retire du jeu, elle ne sera pas du second tour.  ICI 

 

L’échiquier du second tour est si prévisible que je ne vois pas ce que j’irais faire dans cette galère.

 

En effet, notre maire, qui déjà accueille dans son giron ce qu’il reste du PCF en la personne du médiatique Ian Brossat, va agglutiner les Verts, ceux qui lui étaient restés fidèles et ceux qui ont fait joujou avec Belliard au premier tour en roulant des biscotos. Il faut que tout change pour que rien ne change.

 

En face, madame Dati, réélue dès le premier tour dans le 7e arrondissement, elle aussi va recoller les morceaux en trouvant un accord dans le crucial 15e arrondissement, celui qui envoie le plus d’élus au Conseil de Paris : sa candidate, Agnès Evren, y fera liste commune avec le dissident Philippe Goujon.

 

Entre les deux le désert du parti présidentiel, qui pratique, avec constance, l’art raffiné de se vautrer dans le choix de ses têtes de liste, a accumulé les  : le mode de désignation digne d’un vote arrangé par l’ex-rocardien Alain Richard aboutissant au choix du fade Griveaux et à l’exclusion de Villani, l’atterrissage sur le ventre de Griveaux suivi par l’irruption abracadabrantesque du ministre de la santé, en pleine crise sanitaire, pour le remplacer

 

Agnès Buzyn, la troisième femme de cette élection a disparu du paysage. Au premier tour, elle avait pourtant réuni 17,3 % des suffrages. Le parti présidentiel est donc en mesure de se maintenir dans la totalité des seize arrondissements où aura lieu un second tour. Des triangulaires opposants la gauche, la droite et LRM sont donc en vue partout, à l’exception du 16e arrondissement, où la gauche n’a pas passé le seuil des 10 %.

 

Mais en pratique, LRM a fait une croix sur Paris.

 

« Surréaliste »

 

Les troublantes confessions de la candidate après le premier tour, son silence depuis, la désunion persistante au sein des macronistes ont abouti à une situation grandguignolesque le 26 mai, à un mois du second tour des élections municipales, Agnès Buzyn devait cesser d’être la candidate fantôme de la Macronie et sortir du silence dans lequel elle se mure depuis deux mois pour s’entretenir en visioconférence avec les seize têtes de liste de la majorité présidentielle.

 

« Agnès Buzyn est déterminée, et nous sommes déterminés à porter ensemble un projet pour Paris », confiait encore lundi matin le délégué général de La République en marche (LRM), Stanislas Guérini, comme s’il voulait convaincre encore la candidate de ne plus hésiter, comme elle le fait depuis plusieurs jours.

 

Mais lundi soir, à 23 h 12, son directeur de campagne, Paul Midy, a adressé via WhatsApp ce message laconique aux colistiers de Mme Buzyn :

 

« Bonsoir à tous, désolé pour le changement de dernière minute, la réunion de demain matin est décalée. Nous reviendrons vers vous demain dans la journée pour caler un nouveau créneau. Bonne soirée à tous. »

 

Que dit Le Monde sur le sujet :

 

Il faut dire que l’ex-ministre avait vécu la fin de la campagne du premier tour comme un « cauchemar », a-t-elle confié au Monde. D’un côté, pour l’hématologue, la conscience aiguë de l’épidémie qui montait, et de ses possibles ravages meurtriers ; de l’autre, l’obligation de faire comme si les deux tours allaient pouvoir se dérouler normalement. Au soir du premier tour, Agnès Buzyn avait ensuite obtenu un résultat sans éclat : 17,3 % des suffrages, au troisième rang, loin derrière la maire socialiste sortante, Anne Hidalgo (29,3 %), et sa concurrente Les Républicains (LR), Rachida Dati (22,7 %).

 

Dès le lendemain, elle avait stoppé net sa campagne. Au Monde, elle confiait, à propos de l’épidémie due au coronavirus, avoir alerté dès janvier le président de la République et le premier ministre, Edouard Philippe, du « tsunami » à venir, et n’avait rien caché de ses regrets : « On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade. » Des propos utilisés aujourd’hui contre elle, notamment dans plusieurs plaintes auprès de la Cour de justice de la République, et que ne manqueront pas de lui rappeler les commissions d’enquête parlementaires du Sénat et de l’Assemblée nationale, qui entament leurs auditions fin juin, et qu’elle doit préparer.

 

Deux options restent sur la table.

 

La première : Agnès Buzyn, définitivement découragée, angoissée par la violence à laquelle elle risque fort de se trouver exposée, abandonne sa candidature à la Mairie de Paris, et laisse le parti chercher un nouveau chef de file apte à reprendre la campagne au pied levé. « Mais juridiquement, elle ne peut pas disparaître complètement, elle doit au moins rester candidate dans le 17e arrondissement, sauf en cas de fusion avec une autre liste », analyse un macroniste parisien.

 

Autre hypothèse : elle choisit de demeurer la candidate de LRM. C’est la solution que lui conseillent notamment le président du MoDem, François Bayrou, et son bras droit, Marielle de Sarnez, indique un proche du dossier. A défaut de remplacer Anne Hidalgo à l’Hôtel de Ville, elle peut alors espérer limiter la casse si les maires sortantes des 5e et 9e arrondissements, d’ex-LR ralliées à Emmanuel Macron, sont réélues, et si les macronistes restent assez nombreux pour former un groupe au conseil de Paris.

 

Mais il lui faudra avant s’expliquer devant la presse sur sa gestion de l’épidémie et son départ du ministère de la santé. Et aussi participer au débat d’entre-deux-tours prévu avec Anne Hidalgo et Rachida Dati sur BFMTV – un rendez-vous que Mme Buzyn semble redouter par-dessus tout.

 

Première échéance : le dépôt des listes, d’ici au 2 juin.

 

La semaine qui s’ouvre va donc être consacrée à négocier d’éventuelles fusions entre les listes présentes au premier tour.

 

C’est couru d’avance, alors même si je suis plutôt pécheur que pêcheur je n’irai pas déposer mon bulletin dans l’urne le dimanche 28 juin, madame Hidalgo sera reconduite maire de Paris à la tête d’une majorité non renouvelée : PS-PC ne sont que des partis croupions, les Verts qui auraient pu peser s’ils étaient moins cons en seront réduit à ce qu’ils préfèrent : faire de la surenchère !

 

Ce sera la seconde fois dans ma vie de citoyen, je me suis abstenu lors du referendum instituant le quinquennat qui en faisant coïncider l’élection présidentielle et celle des députés, plus précisément de n’envisager l’élection des députés qu’une fois connue le nom du nouveau Président ce qui renforce le caractère présidentiel du régime. Le septennat non renouvelable ouvrant la porte à une cohabitation aurait redonné des couleurs au Parlement.

 

Désolé, j’avais raison. (1)

 

Anne Hidalgo: le vrai visage de la reine-maire de Paris

 

 

Conclusion provisoire :

 

Notre cher Président, en étant incapable de propulser la candidature d’un poids lourd à Paris – mais en disposait-il d’un ? J’en doute – puis par une gestion calamiteuse du conflit Griveaux-Villani, puis par la fausse bonne idée de propulser Buzyn, ministre de première ligne, en pleine crise sanitaire, pour remplacer ce pauvre Griveaux, enfin en maintenant le premier tour, a réussi l’exploit de se fabriquer une future candidate de gauche, genre gauche unie, à la prochaine présidentielle, Anne Hidalgo étant la seule personnalité du PS subclaquant de taille à y aller, en plus c’est une femme.

 

N’est pas Mitterrand qui veut !

 

Marianne libérée de ses chaînes grâce au général de Gaulle (détail d'une affiche pro-«oui» au référendum du 28 septembre 1958 sur la Constitution de la Ve République).

Marianne libérée de ses chaînes grâce au général de Gaulle (détail d'une affiche pro-«oui» au référendum du 28 septembre 1958 sur la Constitution de la Ve République).

 

(1)

 

Le 7 juin 2000 a été approuvé en Conseil des Ministres un projet de loi constitutionnelle réduisant de sept à cinq ans la durée du mandat présidentiel. Ce projet a été débattu au Parlement au cours du mois de juin et voté sans modification par l'Assemblée nationale et le Sénat.

 

Le Président de la République a fait savoir le 6 juillet que le texte ainsi adopté en termes identiques par les deux assemblées ferait l'objet d'un référendum le 24 septembre 2000.

 

C'est la première révision constitutionnelle soumise au référendum en application de l'article 89 de la Constitution. Quatorze révisions sont intervenues avant ce référendum. D'autres sont en cours.

 

Les résultats du référendum ont été proclamés par le Conseil constitutionnel le 28 septembre 2000.

 

Le oui a été majoritaire (73 % des suffrages exprimés), mais les abstentions (70 % des inscrits) et les « blancs et nuls » (16 % des votants) ont atteint des niveaux sans précédent.

 

La loi constitutionnelle sur le quinquennat ainsi approuvée par le suffrage universel a été promulguée le 2 octobre 2000 par le Président de la République et publiée au Journal officiel du 3 octobre 2000 (page 15582).

La candidate de La République en marche pour les élections municipales à Paris, Agnès Buzyn, lors d\'un meeting à Paris, le 15 mars 2020. 

Municipales : à Paris, une première alliance entre les macronistes et Les Républicains

Dans le 5e arrondissement, la maire sortante Florence Berthout, ralliée à Emmanuel Macron, prévoit de fusionner sa liste avec celle de la droite.

Par 

 

Dans le 5e arrondissement de Paris, La République en marche (LRM) et le parti Les Républicains (LR) feront en principe liste commune au second tour des municipales, prévu le 28 juin sauf reprise de l’épidémie de Covid-19. Un accord vient d’être conclu en ce sens, indiquent des sources convergentes. Il devrait être officialisé sous peu. C’est la première alliance passée par le parti présidentiel dans la capitale en vue du second tour.

Cet accord en annonce-t-il d’autres ? A Paris, les partisans d’Emmanuel Macron vont-ils s’allier globalement avec Rachida Dati, la candidate LR, en vue d’empêcher la réélection de la maire socialiste Anne Hidalgo ? La réponse n’est pas claire. Après des semaines de suspense, Agnès Buzyn a certes annoncé mardi 26 mai à son équipe qu’elle avait décidé de rester la candidate de LRM à la Mairie de Paris. Mais sa ligne politique reste à préciser.

 

Ces dernières semaines, tandis que l’ancienne ministre de la santé hésitait à repartir au combat, ses chefs de file dans les arrondissements ont, chacun séparément, commencé à examiner les alliances possibles. Et ils ont parfois entamé des négociations.

C’est le cas de Florence Berthout, la maire sortante du 5e arrondissement, qui y menait la liste LRM au premier tour. Le 15 mars, elle est arrivée première, mais avec seulement 28,5 % des suffrages. Pour elle, le rapport de forces est délicat. Ensemble, les socialistes et les écologistes ont obtenu 36,8 % des voix, tandis que la candidate LR Anne Biraben en a recueilli 17,3 %. « S’il y a une triangulaire gauche-droite-macronistes, Florence Berthout est cuite, et l’arrondissement bascule de droite à gauche », analyse un élu parisien.

Aucun accord global en vue

Cette perspective, Florence Berthout souhaite d’autant plus l’éviter qu’avant de rejoindre tardivement le camp macroniste, elle a dirigé le groupe LR au conseil de Paris. Ces dernières semaines, elle a donc discuté avec ses anciens amis de la droite, et trouvé un accord. Les deux listes vont en principe fusionner. Arrivée en tête au premier tour, Florence Berthout occupera la première place sur la nouvelle liste, et Anne Biraben, la troisième. Compte tenu des résultats du premier tour, les trois premiers candidats de la liste fusionnée pourraient être élus, le quatrième siège au conseil de Paris revenant à la gauche.

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Cette alliance servira peut-être d’exemple ailleurs. « Il y a un tel délitement de La République en marche à Paris que nous sommes approchés par certains de leurs candidats », confie-t-on dans le camp de Rachida Dati. Sans aller jusqu’à fusionner, certains ont imaginé des désistements réciproques, pour éviter que d’autres arrondissements ne passent à gauche. « Ce scénario existe », confirme une tête de liste macroniste.

Aucun accord global ne paraît cependant en vue. Une alliance à l’échelle de Paris enverrait en effet un message de virage à droite que les responsables de LRM ne souhaitent probablement pas. En outre, dans plusieurs arrondissements, les têtes de liste penchent à gauche, ou du moins n’envisagent pas de se rapprocher d’une sarkozyste pure et dure comme Rachida Dati. Ils préféreraient souvent s’entendre avec Cédric Villani, même si le mathématicien exclu de LRM n’a obtenu dans la plupart des arrondissements qu’un score de 6 % à 7 %.

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25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 06:00

 

 

Transport artisanal de "Jack fruit", au Sri Lanka. - © LAKRUWAN WANNIARACHCHI - BELGAIMAGE

 

Non, je ne fais pas le Jacques (1)

 

C'est l’AFP qui le dit : Comment le jacque, ce fruit du pauvre, est devenu le nouvel aliment à la mode Par Abhaya SRIVASTAVA

 

Et bien sûr, toute la presse brode là-dessus, alors pourquoi pas moi ?

 

Le jacque est le plus gros fruit du monde, ça va permettre à mes détracteurs d’ironiser sur celle de mon ego et de mes chevilles.

 

Originaire d’Inde, le fruit du jacquier, (Artocarpus heterophyllus) est un arbre portant des fruits pouvant peser jusqu'à 40 kilos, le jacque, jackfruit en anglais, avec sa texture fibreuse et sa chair ferme au goût sucré est en passe de devenir un aliment tendance. Il est notamment prisé par les consommateurs végétariens et végétaliens comme substitut à la viande. Ça ne va pas plaire à Pousson qui exècre les vegan.

 

Le jacquier serait apparu dans la forêt humide de l'Inde occidentale et au Bangladesh, il s'est par la suite répandu dans toute l'Asie tropicale, l'Afrique avec les Arabes. Il arrive aux Antilles et donc en Martinique en 1782, mais l'odeur musquée de son fruit mûr répugne. Il ne connaîtra pas le succès de l'arbre à pain !

 

Il existe 3 variétés de jacque : le jacque dur dont les fruits restent fermes à maturité, le jacque sosso aux fruits à chair plus molle et le jacque miel à jus très sucré.

 

dizaine de jacques accrochées au tronc du jacquier

 

Plus petit que l'arbre à pain, le jacquier est un arbre avec des feuilles entières ovales à elliptiques et avec des énormes fruits pouvant peser jusqu'à 50 kg. Le jacque peut naître à la fois sur des branches ou encore sur le tronc.

 

jacque prête à être dégustée

 

La peau du fruit, coriace, est constituée de protubérances devenant jaunâtre à maturité. Sa pulpe jaune ou de saveur sucrée, ferme ou molle selon la variété renferme des graines ovales brunes.

 

Les graines brunes sont bouillies ou grillées et mangées comme des châtaignes. Elles sont parfois mélangées à des plats traditionnels. Crues, elles ne sont pas comestibles.

 

La colle jacque à savoir le latex contenue dans toutes les parties du jacquier était autrefois utilisée pour ses propriétés adhésives et piéger les oiseaux.

 

Le bois du jacquier peut être utilisé en construction (BTP) ou la construction de meubles.

 

À noter qu'à la Réunion, le jacque est cuit avec du lard fumé pour préparer la fameuse recette populaire du ti'jaque boucané.

 

Boucané Ti Jacques - Photo de Le Petit Randonneur Restaurant ...

 

Là, Pousson jouit !

 

Intégré au régime alimentaire des régions méridionales indiennes depuis des siècles, le fruit du jacquier était si abondant et banal qu’il a longtemps été consommé surtout par les plus modestes. Chaque année, des tonnes de jacques étaient détruites.

 

Le jaque, le fruit qui remplacera le blé? | Radio-Canada.ca

Des enfants au Bangladesh transporte des jaques.

PHOTO : REUTERS

 

 

 

Mais l’Inde, le premier producteur mondial de ce fruit à la peau hérissée de piques et pesant en moyenne 5 kg, surfe désormais sur la popularité croissante de ce polydrupe hautement nutritif, aujourd’hui promu par des chefs de Londres à San Francisco.

 

« J’ai beaucoup de demandes de l’étranger, raconte à Varghese Tharakkan dans son verger de jaquiers de l’État du Kerala (sud-ouest de l’Inde). Au niveau international, l’intérêt pour le fruit du jaquier a été multiplié. »

 

Mûr, le jacque peut être mangé frais ou utilisé pour confectionner des gâteaux, des jus, des glaces ou des chips. Encore vert, on peut l’utiliser dans des currys, le faire frire, l’émincer et le faire revenir. En Occident, le jacque émincé est devenu une option populaire pour remplacer le porc effiloché et est même utilisé comme garniture de pizzas.

 

« Jacquepot »

 

Dans les seuls États indiens du Kerala et du Tamil Nadu (sud-est), la demande pour le fruit du jacquier est aujourd’hui de 100 tonnes par jour pendant la haute saison et génère un chiffre d’affaires d’environ 20 millions de dollars par an, selon S. Rajendran, professeur d’économie au Gandhigram Rural Institute. ICI 

 

Ce n’est pas un scoop car Loïc Chauveau en 2014 (le 20.06.2014)  dans SCIENCES&AVENIR  affirmait Le jaque, un aliment prometteur

 

Ce fruit géant pourrait contribuer à résoudre les problèmes de malnutrition dans nombre de pays tropicaux. ICI   

 

  1. L'expression date de 1880, et vient de la dénomination péjorative des paysans prétendus lourds et nigauds. Elle signifie se conduire stupidement, faire l'idiot. Elle a inspiré leur nom de scène aux Frères Jacques.

Lifestyle

Jacque : guide complet sur ce « fruit du pauvre » ICI

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24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 08:00

10-daladier-bonnet-accueillis-au-bourget

Face à Hitler et Mussolini, Chamberlain et Daladier paraphent les accords de Munich le 30 septembre 1938 un « compromis ». Dès le lendemain, les troupes du Reich annexent les Sudètes. À Paris, le soulagement domine. Encore sur la passerelle, plein d'appréhension et de honte rentrée, Édouard Daladier, le taureau du Vaucluse, Président du Conseil radical, contemplant la foule assemblée sur le tarmac qui l'acclamait, il confia, les dents serrées, à Alexis Léger qui l'accompagnait : « Ah, les cons… S'ils savaient ! »

 

Alexis Léger, le poète connu sous le nom de Saint-John Perse, était au moment des Accords de Munich, en Septembre 1938, secrétaire général du Ministère des Affaires Étrangères. C'est à ce titre qu'il accompagnait le Président du Conseil Daladier dans ces négociations restées synonymes à jamais de complaisance, d'aveuglement, d'abandon et de lâcheté.)

 

Le même jour, le Premier Ministre britannique Neville Chamberlain, lui aussi signataire des Accords pour le Royaume-Uni, rencontrait de retour à Londres un accueil triomphal. Le comte de Clarendon, envoyé du roi George VI, lui remettait une lettre du monarque l'assurant de la gratitude de l'Empire. Le lendemain, la presse unanime le gratifiait du surnom de « peace maker ».

 

 

Les Tchécoslovaques n'ont donc pas leur mot à dire et ne sont pas conviés à la conférence de Munich en septembre 1938, tout comme l'Union soviétique qui était un allié de la Tchécoslovaquie. Hitler souhaite poursuivre l'expansion de son "espace vital", et pour lui faciliter la tâche, la France devait rompre son alliance avec la Tchécoslovaquie où vivaient, minoritairement, les Allemands des Sudètes. La sanction n'a pas tardé, puisque les accords de Munich sont signés le 30 septembre et que la région des Sudètes est immédiatement annexée par l'Allemagne.

 

LA FIN DE LA TROISIEME REPUBLIQUE

 

Les diplomates français et britanniques pensent œuvrer pour la paix, mais ces accords suscitent de vives réactions, à l'image de Winston Churchill qui déclare à l'encontre de la démarche entreprise : « Nos concitoyens dévoués et courageux [...] devraient savoir que nos défenses ont été singulièrement négligées et qu'elles souffrent de faiblesses ; ils devraient savoir que nous avons subi une défaite sans guerre, dont les conséquences nous accompagneront loin sur notre chemin. [...] Les Français avaient le choix entre le déshonneur et la guerre, ils ont choisi le déshonneur et ils auront la guerre. »

 

Accords de Munich (1938): la Tchécoslovaquie sacrifiée sur l'autel ... Accords de Munich (1938): la Tchécoslovaquie sacrifiée sur l'autel ...

Disons-le tout de go: La Jungle est le livre le plus déprimant que j’ai lu. Vous trouvez Zola un peu misérabiliste? Et bien, sachez que Zola c’est Marc Lévy en comparaison d’Upton Sinclair. J’ai retrouvé une sensation perdue depuis des années: à la moitié du livre, l’ouvrir est devenu est une forme de torture. Je me posais à moi-même des dilemmes: «Tu préfères changer la litière du chat ou continuer de lire La Jungle La litière n’a jamais été aussi propre.

La règle d’Upton Sinclair : bonne définition des conflits d’intérêt de nos toutologues

 

« Il est difficile de faire comprendre quelque chose à quelqu’un quand son salaire dépend précisément du fait qu’il ne comprenne pas. »

 

 

Un livre peut-il changer le monde? ICI 

 

Titiou Lecoq — 26 décembre 2016 à 8h34

Upton Sinclair a modifié une partie du fonctionnement de la société grâce à un seul roman. C’est exceptionnel. Pourtant, il en gardera un regret éternel.

«Je voulais toucher le cœur du public et par accident j’ai touché son ventre».

Petit Larousse illustré 2020 - Larousse - 9782035938510 -

Date parution : 
 

Avec plus de 63500 mots, 125000 sens et 20000 locutions, 28000 noms propres. Et aussi : 1500 remarques de langue ou d'orthographe. 2000 régionalismes et mots de la francophonie. 4500 compléments encyclopédiques. 5500 cartes, dessins, photographies, schémas et planches. Avec une carte d'activation pour bénéficier d'un accès privilégié au Dictionnaire Internet Larousse 2020 contenant plus de 80000 mots, 9600 verbes conjugués et des dossiers encyclopédiques sur les notions clés de la culture générale. Le plus de l'édition 2020 : une couverture moderne et raffinée. 150 nouveaux mots, sens et expressions et 50 nouvelles notices de personnalités.

 

 

GRETA THUNBERG Stockholm, 2003. Militante écologiste suédoise. À 15 ans, elle devient le fer de lance de la lutte contre le réchauffement climatique, à travers ses interventions ou ses actions, notamment auprès des jeunes (grève scolaire pour le climat depuis 2018). 

DÉGAGISME Attitude d'insoumission et de rejet prônant l'éviction, par la voie des urnes ou la révolte, des détenteurs du pouvoir sans nécessairement vouloir prendre leur place.

 

ILLIBÉRAL Qui est opposé au libéralisme, à ses principaux fondements, tels que la séparation des pouvoirs, l'indépendance de la justice, l'État de droit et les libertés individuelles.

 

REMONTADA (de l'espagnol, « remontée »). 1. Sports. Remontée de score inattendue permettant à l'équipe qui perd d'emporter la victoire dans un match de football, alors qu'il y avait un grand écart de points entre les deux équipes ; par extension, victoire inespérée d'une équipe ou d'un joueur lors d'une compétition, quelle qu'elle soit. 2. Fam. Retour au premier plan, victoire spectaculaire d'un parti ou d'un homme politique, après une défaite électorale, une traversée du désert, etc.

 

ICI 

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