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4 novembre 2020 3 04 /11 /novembre /2020 06:00

Le procès de Bobigny : La cause des femmes (fr) - La GBD

Le procès de Bobigny : La cause des femmes. La plaidoirie de Me Gisèle  Halimi - Mission égalité - diversité - Université Claude Bernard Lyon 1

Lors de la disparition de Gisèle Halimi, en juillet dernier, de nombreux commentaires avaient souligné le tournant décisif qu'avait constitué le procès de Bobigny, en octobre-novembre 1972, dans le long combat qu'elle avait mené pour le droit à la contraception et à l'avortement. Avocate de la défense, elle avait alors appelé à témoigner de nombreuses personnalités comme Jean Rostand, Jacques Monod, François Jacob mais aussi Michel Rocard en tant que secrétaire national du PSU - parti qui était en effet à la pointe dans le combat pour les droits des femmes. A cette occasion, Michel Rocard avait apporté son soutien à la proposition de loi de l'association "Choisir" et s'était engagé à la présenter à l'Assemblée nationale.

 

Gisèle Halimi, une avocate irrespectueuse - Ép. 3/5 - Gisèle Halimi, la  cause des femmes

Gisèle Halimi et Delphine Seyrig, 11 octobre 1972 à Bobigny. © Michel Clément / AFP

 

Déposition Rocard au procès de Bobigny(1972)

 

Le procès dit de Bobigny s’est déroulé dans cette même ville en octobre-novembre  1972.  Marie-Claire  Chevalier,  sa  mère,  Michèle  Chevalier  et  trois  autres  femmes sont alors jugées pour l’avortement de Marie-Claire,  enceinte  suite  à un  viol. L’avocate des accusées, Gisèle Halimi, va faire de ce procès celui de la pénalisation de l’avortement en France. C’est ainsi qu’elle appelle à la barre des personnalités politiques et du spectacle pour donner  un  écho  médiatique  et  donner  à  ce  procès  un  contour  volontairement  politique.

 

Michel Rocard, Secrétaire National du PSU et député des Yvelines depuis 1969 fait ainsi partie des témoins.

 

Michel  Rocard : Député  des  Yvelines,  signataire  de la  proposition  de  loi  sur  la liberté  de l’avortement rédigée par l’Association « Choisir »

 

Déposition de Monsieur Michel Rocard au procès de la mère de Marie-Claire le 8 novembre 1972, dans Choisir la cause des femmes, Le procès de Bobigny, Paris, Gallimard, 1973, 2006, p. 64.

 

 

Le Président: Le Tribunal vous écoute.

 

Me Halimi: J’ai un certain nombre de questions à poser au témoin.

 

Le Président: J’aimerais que le témoin s’explique spontanément sur les faits.

 

Me Halimi: Monsieur le Président, il est cité à la requête de la défense.

 

Le Président: J’aimerais d’abord qu’il me dise s’il peut témoigner, car témoigner c’est dire ce que l’on sait sur les faits ou sur la personnalité des prévenus. Après je vous laisserai la parole et vous poserez les questions que vous voudrez. Sur ce point-là avez-vous des précisions et des indications à donner au Tribunal? Que pouvez-vous dire sur les faits eux-mêmes?

 

M. Rocard: Monsieur le Président, je ne connaissais pas Mme Chevalier. Quand j’ai appris par la presse ce qui se passait, j’ai tenu à faire sa connaissance. J’étais indigné que le système légal, qui est encore le nôtre place Mme Chevalier, sa fille et les personnes qui lui ont rendu ce que je considère comme un service, au banc des accusées devant notre justice. C’est pour cette raison que j’ai cherché à connaître Mme Chevalier et à m’informer de plus près sur les faits, auxquels je ne suis pas directement mêlé. La chose est d’autant plus importante pour moi  que  je  prépare  une  proposition  de  loi  à  l’Assemblée Nationale, destinée à modifier la législation sur l’avortement. Je dirai d’abord quelques mots personnels. Je suis parlementaire, et c’est à ce titre que j’ai commencé à réfléchir à ce problème. Je n’y suis pas parvenu sans hésitations ni difficultés. J’ai reçu une éducation chrétienne lourde de blocages et d’interdits variés sur cette question. Il m’est arrivé de me demander moi-même comment j’aurais agi si je m’étais trouvé d’aventure dans une situation analogue...

 

Le Président: Je me permets de vous rappeler un arrêt récent de la Cour de Cassation qui dit que nous ne pouvons prendre en compte les appréciations personnelles du témoin. Ce n’est pas une loi que nous jugeons, nous jugeons des faits et des personnes qui, malheureusement, sont là. Alors il ne faut quand même pas les oublier

 

M. Rocard: Je n’ai garde de les oublier.

 

Le Président: Je voudrais quand même que l’on ne s’écarte pas trop de ce qui est l’essentiel des débats.

 

M. Rocard: L’essentiel de ces débats, Monsieur le Président, c’est une situation à mes yeux inique, dans laquelle une jeune femme se voit interdire le choix fondamental qui est celui de donner ou de ne pas donner la vie. C’est sur ce point qu’en tant que membre du Parlement français j’entends intervenir. Dans un certain nombre de pays étrangers de l’Est ou de l’Ouest, la législation aurait évité la situation que nous connaissons ici aujourd’hui. De plus, il faut dire que pour un cas qui vient devant ces Tribunaux (il y en a à peu près 300 par an) le nombre d’avortements clandestins est estimé entre 500 000 et 1 million par an. La plupart sont dramatiques par leurs suites médicales, par les risques d’infections,  de tétanos  et  par  les risques de stérilité qu’ils comportement pour  les  femmes  ayant  avorté  dans  de  mauvaises conditions. Comme je suis aussi un militant socialiste révolutionnaire, je ne peux pas ne pas m’intéresser aux  conditions  économiques  dans  lesquelles  les  choses  se  passent.  Pour  les  personnes  qui disposent de revenus suffisants il est possible de se faire avorter dans les pays étrangers. Pour les  personnes  qui  ne  disposent  pas  de  tels  moyens,  on  en  est  réduit,  en  France,  à  des dispositions clandestines qui sont, en l’état actuel, réprimées. C’est devant cette situation inadmissible que je n’hésite pas à déclarer qu’à mes yeux Marie-Claire Chevalier était dans son droit de choisir de donner la vie ou de ne pas la donner parce que  les  conditions  dans  lesquelles  elle  attendait  cet  enfant  posaient  pour  son  avenir  des problèmes  extrêmement  difficiles.  C’est  sur  ce  point  qu’il  me  semble  que  le  cas  est parfaitement exemplaire de l’ensemble du problème législatif que j’entends aborder. J’ajoute que mon expérience de militant socialiste m’a fait rencontrer d’autres  cas de  cette nature et c’est au nom même de ce nombre énorme d’exemples que je suis décidé à suivre cette bataille qui est politique et parlementaire, et que nous gagnerons grâce à une campagne populaire. Le Président: Autre question?

 

Me Halimi : M. Rocard vient de nous le dire, et c’est en cette qualité que je l’ai cité moi-même, qu’il  est  signataire  d’une  proposition  de  loi  déposée  devant  l’Assemblée  Nationale, proposition de loi concernant la liberté de l’avortement. Je voudrais demander à M. Michel Rocard  de  me  préciser  le  point  suivant :  en  toute  hypothèse  et  même  en  dehors  de  ce  cas exemplaire, qui selon vous peut décider en dernier ressort du droit de donner la vie?

 

M.  Rocard: La  réponse est  parfaitement  claire pour  moi ; en tant qu’homme  qui  fait partie d’un couple je souhaite que l’accord du couple se fasse, mais en tant que législateur, il n’y a d’autre réponse possible à mes yeux que le choix de la femme enceinte.

 

Me Halimi : C’est tout, monsieur le Président.

 

Le Président : Je vous remercie.

 

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3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 08:00

C’est du foot, pas sur Canal+, mais au ciné.

 

Je l’ai visionné avant le confinement sur une chaîne du câble : Ciné+ émotion je crois.

 

Ça m’a bien intéressé, même si la romance du héros avec la fille de son découvreur anglais est parfois un peu mièvre, car l’histoire de ce gardien de but allemand en butte au ressentiment du petit anglais, illustre avec vérité la difficulté de la réconciliation avec nos voisins allemands du fait des atrocités commises par les nazis.

 

Souvenir du courroux de nos parents lorsque nous avions invités de jeunes allemands à La Mothe-Achard, nous n’avons pas cédé et leur séjour fut un tout petit pas vers la réconciliation.

 

J’ai découvert ensuite que The Keeper de Marcus H. Rosenmüller, avait raflé, au Dinard Film Festival, dédié aux productions britanniques, le « Hitchcock d’or » du jury, présidé par Sandrine Bonnaire, et le Prix du public.

 

ABC Film Challenge – Favourites – K – The Keeper (2018) Movie Review |  Movie Reviews 101

 

J’adore le commentaire d’Hussam Hindi, le directeur artistique du festival :

 

«Je ne m’attendais pas à ce que le jury présidé par Sandrine Bonnaire prime un film d’une facture aussi classique et un biopic»

 

«En général, ils choisissent de récompenser la structure narrative ou l’écriture cinématographique. Là, les jurés ont opté pour leur coup de cœur»

 

 

Coup de cœur, prix du public c’est beaucoup et même Télérama applaudit :

 

The Keeper de Marcus H. Rosenmüller est l’histoire vraie, et méconnue de moi, est celle de Bert Trautmann, soldat dans la Wehrmacht pendant la Seconde Guerre mondiale. Fait prisonnier par les Anglais, il croupit dans un camp où il subit des mauvais traitements comme d’autres compatriotes mais où il a aussi la chance d’être remarqué pour ses exploits, comme gardien de but, par le coach d’un club local.

 

https://www.critique-film.fr/wp-content/uploads/2019/09/Keeper2-620x392.jpgA brief history of St Helens Town

 

Plus tard, Trautmann est engagé par le club prestigieux de Manchester City. Un recrutement mal accueilli au début, car le conflit contre les Allemands est encore dans tous les esprits, particulièrement à Manchester, qui compte une communauté juive importante. Mais Trautmann force peu à peu le respect puis l’admiration, notamment lors de la finale de la Coupe d’Angleterre en 1956, où, blessé gravement, il livre une performance héroïque. (voir la chronique plus bas)

 

The Keeper: Best of the San Francisco Jewish Film Festival, Season 39 |  Osher Marin Jewish Community Center

Alignant des chromos rétros, le film est archi classique (voire académique) mais le parcours tumultueux de Bert Trautmann, rongé par la culpabilité, se révèle assez poignant.

 

Bert Trautmann, du nazisme à Wembley 

 

Le petit Bernhard – trop difficile à prononcer, les Anglais le surnommeront Bert – naît en 1923 dans la toute jeune république de Weimar. Fils d’un docker brêmois, vétéran de la Grande Guerre, son histoire suit celle d’un pays sur les rotules après la défaite de 1918. La déflation ne s’arrête pas, la crise de 29 touche durement sa famille …

 

Dès l’été 1933, quelques mois après l’accession au pouvoir du petit autrichien à moustache, il rejoint en bon aryen, les jeunesses hitlériennes. Pas forcément grand partisan du Führer « Les gens n’avaient aucune idée qu’il se préparait pour la guerre et à occuper l’Europe. Ils voulaient juste de la nourriture et des prospectives d’avenir pour leurs familles », Trautmann, comme beaucoup, tombe devant l’effort de propagande.

 

A l’âge de 16 ans logiquement, quand le conflit explose, Bert se porte volontaire, comme la plupart de ses amis. Alors qu’il est apprenti mécanicien – et sportif de bon niveau – il rejoint en 1941 la prestigieuse Luftwaffe, en espérant devenir pilote. Cantonné aux transmissions, il intègre finalement au bout de quelques semaines les troupes aéroportées.

 

Le para Trautmann voyage sur les différents fronts. La Pologne occupée tout d’abord, où, loin des champs de bataille, il s’emmerde considérablement. Il connaîtra son baptême du feu en Ukraine, où ses exploits sur le terrain et son évasion des geôles soviétiques font de lui un caporal. Direction ensuite la Somme, où il est fait prisonnier par les résistants français, qu’il parvient à berner pour revenir en Allemagne, fuyant la débâcle de ses compatriotes devant la poussée alliée.

 

Coincé entre les deux camps, déserteur pour l’un, ennemi pour l’autre, sa situation ne peut être plus complexe. Les américains finissent par le rattraper vers Berlin, mais une nouvelle fois, Trautmann parvient à se faire la malle … Une fuite malheureuse qui se finira par hasard dans une tranchée anglaise camouflée. Nez à nez avec les rosbeefs, c’en est fini de sa carrière militaire.

 

Et cette fois ci, nos étranges voisins vont mettre un verrou inviolable à sa prison. Endoctriné, ils lui font traverser la Manche pour l’envoyer dans des camps-prisons spécialisés. Il est pendant plusieurs mois brinquebalés dans tout le royaume pour finir sa course à Ashton, à côté de Manchester. En 1948, la tâche accomplie, Bert fait partie des 24 000 allemands qui ne rentreront pas chez eux, dans leur nouvelle démocratie. Comme beaucoup, il a commencé une nouvelle vie sur place, il s’est marié, et enchaîne même les boulots.

La suite ICI

Bert Trautmann's jaw-dropping story from Hitler Youth to heroic goalkeeper  who won the FA Cup with a broken neckBert Trautmann – City Til I Die

En 1950, c’est avec appréhension qu’il prépare son premier match à Londres, contre Fulham, dans une ville encore hantée par le Blitz de 1940 « Je comprends que le peuple de Londres ne devait pas tenir un Allemand en très grande estime après ce qu’il s’était passé, mais c’était quelque chose auquel je devais faire face ».

 

Et quoi de mieux que de répondre à ses détracteurs par une performance inouïe à Craven Cottage ?

 

Bert sort le match de sa vie, et City l’emporte « Je voulais montrer aux gens que j’étais un bon gardien et un bon Allemand, et les choses sont allés dans mon sens ce jour-là. Mais que les deux équipes m’applaudissent à la fin du match, et que les fans de Fulham me fassent une standing ovation, c’est quelque chose que je n’oublierai jamais ».

 

 

Fort de sa trajectoire extraordinaire, Trautmann remportera en 1956, la FA Cup contre Birmingham City, avec un cou brisé après s’être sacrifié la tête la première dans les jambes de Peter Murphy. Manchester City mène 3 à 1, il reste 17 mn à jouer et à l’époque pas de changement possible.

 

« À 17 minutes de la fin, Murphy a devancé Dave Ewing mais Trautmann a plongé dans les pieds de Murphy pour gagner le ballon. Lors de la collision, le genou droit de Murphy a frappé le cou de Trautmann qui  a été assommé, l'arbitre a immédiatement arrêté le jeu. L'entraîneur Laurie Barnett s'est précipité sur le terrain pour le soigner. Aucun remplaçant n'était autorisé, donc Manchester City devrait voir le match à dix si Trautmann était incapable de continuer. Le capitaine Roy Paul était convaincu que Trautmann n'était pas apte à terminer le match et souhaitait plutôt placer Roy Little dans le but. Cependant, Trautmann, étourdi et instable sur ses pieds, a insisté pour continuer. Il a joué les minutes restantes avec une grande douleur, les défenseurs de Manchester City tentant de dégager le ballon bien en amont ou dans la tribune à chaque fois qu'il s'approchait. Trautmann a été appelé à faire deux autres arrêts pour refuser arrêter des tirs de Brown et Murphy.

 

Aucun autre but n'a été marqué, et l'arbitre a sifflé  sur le score final de 3-1 pour Manchester City. Alors que les joueurs quittaient le terrain, la foule a chanté en chœur « For he's a jolly good fellow” en hommage à la bravoure de Trautmann. Roy Paul le capitaine a dirigé son équipe vers la loge royale pour recevoir la troisième FA Cup de Manchester City.

 

Archive,1956: Bert Trautmann FA Cup final pictures and match report | From  the Guardian | The Guardian

 

“Trautmann's neck continued to cause him pain, and the Duke of Edinburgh commented on its crooked state as he gave Trautmann his winner's medal. Three days later, an examination revealed that Trautmann had broken a bone in his neck.

 

Trautmann attended the evening's post-match banquet (where Alma Cogan sang to the players) despite being unable to move his headand went to bed expecting his injury to heal with rest. As the pain did not recede, the following day he went to St George's Hospital, where he was told he merely had a crick in his neck which would go away. Three days later, he got a second opinion from a doctor at Manchester Royal Infirmary. An X-ray revealed he had dislocated five vertebrae in his neck, the second of which was cracked in two. The third vertebra had wedged against the second, preventing further damage which could have cost Trautmann his life.

 

 

in tribute to Trautmann's bravery.[54] Roy Paul led his team up the steps to the royal box to receive Manchester City's third FA Cup. Trautmann's neck continued to cause him pain, and the Duke of Edinburgh commented on its crooked state as he gave Trautmann his winner's medal.[33] Three days later, an examination revealed that Trautmann had broken a bone in his neck ors que les joueurs quittaient le terrain, la foule a chanté un chœur

 

 

Mais après tout, comme le disait Francis Lee, la star de City de l’époque, « Il a été sur le front occidental et sur le front oriental, il a vu un peu d’action et ce n’était pas un cou cassé qui allait le mettre hors d’état ».

 

Décès du héros du football au cou brisé Bert Trautmann

Bien que reconnu comme un gardien de tout premier plan à son époque, il n'a jamais joué pour son pays natal. Trautmann rencontre le sélectionneur allemand Sepp Herberger en 1953, qui lui explique qu'il ne peut sélectionner un joueur qui n'est pas immédiatement disponible du fait des voyages et des implications politiques, et qu'il ne peut reconsidérer sa position que si Trautmann joue pour un club allemand. Par conséquent, le fait qu'il joue en Angleterre l'empêche de prendre part à la victoire allemande lors de la Coupe du monde de football 1954, le poste de gardien étant tenu par Anton Turek. Lors de la phase finale de cette compétition, il rejoint la sélection allemande pour occuper un rôle d'interprète.

 

Le gardien russe Lev Yachine, considéré lui-même comme un des meilleurs gardiens de tous les temps, déclare un jour que Trautmann et lui-même sont les « deux seuls gardiens de but de classe mondiale »

 

Pendant sa carrière, Trautmann est élu « footballeur de l'année de la FWA » en 1956, devenant le premier gardien de but et le premier joueur non originaire des Îles Britanniques à recevoir cette distinction

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3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 06:00

So scottish !

Samedi dernier, l'Écosse, chère au cœur de Sean Connery, a réalisé l'exploit les joueurs de Townsend se sont imposés 14-10  au Parc Y Scarlets de Llanelli face au pays de Galles, tenant du titre, une première depuis 2002 !

 

« L'icône de l'élégance à l'écossaise, Sir Sean Connery s'est éteint aujourd'hui à l'âge de 90 ans » a sobrement tweeté le compte officiel du gouvernement écossais en France ce samedi 31 octobre. Dans le monde, l'acteur qui s'est éteint dans son sommeil aux Bahamas était un monstre sacré. En Ecosse bien plus encore.

 

Adam Hastings et les Écossais ont créé la surprise au Pays de Galles.

 

La mort de Sean Connery, natif d'Edimbourg, a suscité de nombreuses réactions émues dans sa nation d'origine. L'ex Premier ministre écossais Alex Salmond l'a qualifié de « plus génial écossais au monde, la dernière des stars hollywoodiennes, l'inoubliable Bond ».

 

L'actuelle Première ministre, Nicola Sturgeon a quant à elle souligné son patriotisme : « C'était une légende internationale mais d'abord et avant tout un écossais patriotique et fier » a-t-elle souligné sur Twitter, rappelant qu'il défendait l'indépendance de l'Ecosse. Un combat qui ne lui a par ailleurs pas empêché d'être anobli par la reine Elisabeth II en 2000, lors d'une cérémonie au cours de laquelle il arborait un kilt.

 

Your Majesty, Commander Bond is dead ! »

 

« Sean Connery est acteur et aussi activiste politique. Peu importe son rôle, qu’il soit russe ou arabe, Sean conserve l’accent écossais. Il exige que son prénom soit également prononcé à l’écossaise, soit "Shaun" Il quitte les iles britanniques à cause de la pression fiscale direction Marbella en Espagne. Il plaide pour l’indépendance de l’Écosse dès les années 90 en intégrant le Parti Nationaliste Écossais. Pour chaque apparition officielle dès ce moment, Sean arborait le kilt. Depuis 1970, il finançait un fonds d’éducation pour les jeunes écossais. En 2000 et malgré la pression des conservateurs, la Reine Elizabeth II avait anobli l’acteur : c'est donc en véritable chevalier, au-delà du grand écran, qu'est parti Sean Connery. »

 

Image

 

Le monde du cinéma pleure aussi la perte d'une de ses légendes. « Il était et restera toujours dans les mémoires comme le James Bond original dont l'entrée indélébile dans l'histoire du cinéma a débuté quand il a prononcé ces mots inoubliables ‘Mon nom est Bond ... James Bond ‘»

 

Mais pas que, pour le grand public, il restera comme l'interprète inoubliable de la première série des Bond, James Bond. Mais il sut aussi échapper à cette image, tourner avec les plus grands cinéastes et démontrer qu'il était un grand acteur.

 

Sean Connery dans le rôle de James Bond dans "Goldfinger", en 1964

Sean Connery dans le rôle de James Bond dans "Goldfinger", en 1964 © AFP / MGM - Eon - Danjaq / Collection ChristopheL

 

« Son levé de sourcil était inimitable. Son caractère était aussi bien trempé que ses clubs de golf. Un magazine féminin l’avait élu en 1999 l’homme le plus sexy du siècle, alors qu’il avait 68 ans. Et le réalisateur John Huston l’aurait bien vu Roi d’Ecosse. Parfois il fut aussi objet de critique : radin, macho, violent, insupportable. Mais avant tout, Sean Connery était un acteur comme rarement on en a vu, de par son charisme, sa rigueur et son  professionnalisme.

 

La vie de l’Écossais est digne d’un roman. (source Gaudéric Grauby-Vermeil France-Inter  ICI  )

 

« Le jeune Sean est né à Edimbourg dans le quartier de Fountainbridge. Sa mère, protestante écossaise, est femme de ménage. Son père, catholique irlandais, est chauffeur sur les chantiers. En parallèle de l’école, il travaille dès l’âge de huit ans comme livreur de lait et apprenti boucher. Engagé dans la Marine Royale à 17 ans, il est rapatrié en urgence 3 ans plus tard pour raisons de santé. Il en rapportera deux tatouages « Dad and Mum » et « Scotland Forever ».

 

Pour vivre, il vernit des cercueils ou travaille comme docker. Dans les années 50, il monte sur la troisième marche du podium de Monsieur Univers. Sean mesure près d’1m90 et il est sportif. Une carrière de footballeur se profile, mais il a 23 ans et préfère se lancer dans une carrière de comédien, qu’il espère plus longue, plus riche intellectuellement.

 

Un matin, il part sur sa moto Royal Endfield, et dans la tête la méthode Stanislavski qu’il a lu et relu. Il se rend à casting pour une comédie musicale, "South Pacific". Il sera figurant. Sean Connery va enchainer les petits rôles. Dans "Train d’enfer" en 57, il incarne un chauffeur routier. Il fait une apparition dans "Au bord du volcan" de Terence Young, qu’il recroisera sur les tournages de James Bond à 3 reprises. Parmi les films où il se fait remarquer : "Darby O’Gill et les Farfadets" en 1959 pour Disney et dans le téléfilm pour la BBC "Anna Karenine" en 61.

 

Sean devient James Bond, au nez et à la barbe de centaine de candidats dont Cary Grant et David Niven. Mais c’est avant tout pour des raisons budgétaires que Sean est engagé par les producteurs Saltzman et Broccoli. La production ne peut pas se payer de vedette. Et Ian Fleming, auteur de Bond, n’est pas convaincu par ce choix. Son épouse l’est beaucoup plus car elle trouve qu’il a "le charisme sexuel requis" pour incarner l’espion.

 

Sean fait le job à merveille. Il portera le costume à 7 reprises entre 62 et 83. James Bond le rendra célèbre. Fleming, lui, sera définitivement séduit au point de faire évoluer l’écriture de James par rapport à Sean. Ce dernier se sépare de James une première fois en 71, lassé du rôle. Mais celui qui avait dit "plus jamais" fait son come-back. C'est ainsi qu'en 1983, deux James Bond s'affrontent sur les écrans de cinéma. À notre droite, le Bond l'officiel incarné par Roger Moore, 56 ans qui affronte "Octopussy". À ma gauche pour la Warner, Sean Connery, 53 ans fait son come-back au bras de Kim Basinger dans le remake d'"Opération Tonnerre", "Jamais plus jamais" et réalisé par Irvin Kershner ("L'empire contre-attaque"). Ce sera le seul duel fratricide de la série.

 

Pour l'anecdote, Uderzo immortalise l'acteur écossais en 1981 dans "L'odyssée d'Astérix" dans le rôle de l'agent ZéroZéroSix.

 

Paul Chopelin's tweet - "Sean Connery, ce fût aussi une apparition  remarquée, dans le rôle de l'agent secret Zérozérosix, aux côtés de Bernard  Blier, dans "L'Odyssée d'Astérix" d'Albert Uderzo (1981). " -

 

Fini Aston Martin, costumes, Martini au shaker, cigarettes et jolies femmes. Sa mission après Bond, est d’exister hors de ce cadre et prouver qu’il a l’étoffe des grands.

 

Ses choix tombent juste.

 

Comme d’autres grands acteurs, Sean Connery va tourner avec de grands réalisateurs comme Alfred Hitchcock, Steven Spielberg, John Huston, Brian de Palma, Jean-Jacques Annaud, et Sydney Lumet. Ce dernier le fera tourner 5 fois avec en point d’orgue le film "The Offence" en 1972.

 

Le grand public et la critique le suivent dans "Le crime de l’Orient Express", aux côtés de Michael Caine dans "L’homme qui voulut être roi", en prince arabe dans "Le Lion et le Vent". Moins quand il joue les cow-boys face à Brigitte Bardot dans "Shalako" ou les héros futuriste dans "Zardoz". Les bides s’alternent ensuite sur fond d’heroic fantasy, de films catastrophes. Mais il sait rebondir malgré tout. Il est second rôle dans le film de Terry Gilliam "Bandits, Bandits".

 

le nom de la rose | Sean connery, Jolie photo, Actrice

 

Mais Sean n’est pas du genre facile. Il entre en guerre facilement sur des histoires de contrats avec les majors du cinéma. Il fera même couler la United Artists. Entre 83 et 85, il ne tourne pas suite à des soucis de santé et le décès de son père. En 1986, le français Jean-Jacques Annaud le remet dans la lumière avec "Le Nom de la Rose" pour lequel il remporte un BAFTA. Dans la foulée, il devient le mentor de Christophe Lambert dans "Highlander".  Il accepte les seconds rôles prestigieux et les caméos flatteurs comme dans le Robin des Bois de Kevin Costner où il incarne Richard Cœur de Lion. Il accepte avec plaisir ce rôle de mentor auprès des jeunes comédiens. Son rôle dans Indiana Jones est un clin d’œil à James Bond. En effet, Steven Spielberg rêvait de réaliser un épisode de l’agent secret. Mais il est recalé. Par dépit avec Georges Lucas, il crée Indiana Jones et demande au premier des James Bond d’incarner le père d’Indy.

 

tarkowski: Sean Connery in The Hunt for Red October | Movie stars, Sean  connery, British actors

 

Les succès reviennent : Un oscar pour "Les incorruptibles" de Brian de Palma en 87, des rôles prestigieux et des cartons au box-office : "À la poursuite d’Octobre Rouge", "La maison Russie", "Rock", "Haute Voltige" ou encore "À la rencontre de Forrester".

 

« Le cinéma c’est comme le golf", disait-il dans une interview au Nouvel Observateur. Il faut travailler au millimètre. Et il faut savoir accepter que le millimètre ne suffit pas à garantir le succès. »

 

Son dernier rôle, celui d’Allan Quatermain dans "La ligue des gentlemen extraordinaires" le place en héros légendaire retiré du monde dans une fin de XIXe siècle trouble. Il doit sauver l’empire britannique et la paix dans le monde. Le tournage vire au fiasco. Le film, un échec. »

 

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Sean Connery est mort au court de son sommeil à l’âge de 90 ans, on le disait atteint de la maladie d’Alzheimer, ce que ses proches démentaient, je suis triste bien sûr, mais au-delà de la tristesse je me console en sachant qu’il me sera possible de retrouver sa trace sur mon écran : il est immortel !

 

Puisqu’il faut bien mourir un jour, c’est notre destin commun, je me dis que j’aimerais bien poser, comme lui, mon sac à cette borne, ça me laisserait 18 ans à vivre, une belle trotte, de la même longueur que celle qui m’a conduit à l’âge adulte.

 

«Mon nom est Bond. James Bond

 

Il commande d'un air nonchalant une Vodka Martini, «au shaker, pas à la cuiller» ; lui qui possède un permis de tuer 007 et dégaine son Walther PPK, tout en conduisant son Aston Martin DB5, dans Goldfinger, en 1965.

 

 

Les siens ont déclaré que l'acteur «est décédé paisiblement dans son sommeil entouré de sa famille» et ont ajouté : «Il y aura une cérémonie privée suivie d'un service commémoratif encore à planifier une fois que le virus aura pris fin».

 

« J'aime bien ce statut de vieux singe qui apprend aux plus jeunes à faire des grimaces » (Sean Connery, le Figaro mai 1999)

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1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 08:00

Recep Tayyip Erdoğan devant le portrait de Moustafa Kémal Atatürk en 2013 (DR)

Depuis qu’il est revenu du ciel à la surprise générale notre Jean-Pierre Chevènement se bonifie, il n’est plus tout à fait le même, c’est un sage.

 

L'homme qui a marché sur l'eau de Anne Nourry - Livre - Decitre

 

Le 3 septembre 1998, une dépêche de l'AFP annonce que « Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'Intérieur, hospitalisé au Val-de-Grâce pour une intervention bénigne, est dans le coma depuis vingt-quatre heures. » L'émotion est vive, d'autant que les pires rumeurs s'amplifient sur l'état du ministre. Pendant des semaines, ils sont nombreux à être suspendus jour après jour à l'évolution de la santé de Jean-Pierre Chevènement qui, le 4 janvier 1999, fait une rentrée fracassante au gouvernement

 

24 novembre 1998

 

En patois du haut Doubs, berceau de sa famille, Jean-Pierre Chevènement commente sa résurrection. « Lon Bon Dieu n'ait pai vu d'moi. Mé lou diable n'ait tout. Ce qui fa qui se repatchi. » Et de traduire aussitôt : « Le Bon Dieu n'a pas voulu de moi mais le diable non plus. Ce qui fait que je suis revenu. »

 

Conclusion, par lui-même : « Vous voyez, tout ministre de l'intérieur que je sois, je ne suis ni si bon que certains l'imaginent, ni si mauvais non plus ! »

 

Une délégation du Burkina Faso offre à Jean- Pierre Chevènement un lion en bronze de 52 kilos, symbole de Belfort et de la « rage de vaincre » qui a permis à son hôte de triompher du curare. « Puissent Dieu et les mânes des ancêtres accorder toujours à notre ami, à notre frère Jean-Pierre Chevènement, la force de servir, comme il le fait déjà si bien, la cause de nos communautés, commente le ministre de la guerre du Mooghonaaba, l'empereur des Mossis. Lui qui a donné un visage à la solidarité entre les peuples. »

 

Jean-Pierre Chevènement : "C’est notre laïcité qui fait peur à Erdogan"

Paris Match | Publié le 29/10/2020

 

Aux yeux des Frères musulmans dont M. Recep Tayyip Erdogan est un adepte, la laïcité est l’ennemie par définition. D’un côté, une conception littéraliste de l’islam, de l’autre la séparation du politique et du religieux et la liberté de penser les affaires de la cité à l’écart des dogmes religieux. D’un côté le droit divin, de l’autre les droits de l’homme et du citoyen, liberté d’opinion y compris religieuse et surtout croyance en la raison humaine comme boussole collective permettant la définition en commun du meilleur intérêt général.

 

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Mustafa Kemal Atatürk proclamait la République turque il y a 95 ans

 
Moustafa Kémal (1881 - 1938)

Le « Père des Turcs »

On le connaît sous le nom de Moustafa Kémal mais ses concitoyens l'appellent plus volontiers Atatürk (le « Père des Turcs »), le patronyme qui lui a été attribué en 1934, assorti du prénom Kémal.

 

La Turquie, il est vrai, lui doit beaucoup. Menacée de dépeçage suite à sa défaite dans la Grande Guerre de 1914-1918, lorsqu'elle s'appelait encore empire ottoman, elle fut sauvée par cet homme d'exception que fut Moustafa Kémal (Mustapha Kemal en anglais). 

 

D'une énergie peu commune, noceur, grand buveur, indifférent à la religion et notoirement athée, ce stratège de talent s'est montré très vite animé par l'ambition de bâtir une nation turque foncièrement homogène sur les ruines de l'empire multiculturel ottoman.

 

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Nawaat – Mustafa Kemal, un grand homme de l'Histoire ?

 

Mustafa Kemal, l’homme qui fit naître la nation turque

 

Par Francisque Oeschger - Publié le 05/02/2019 

 

Son portrait est partout, sur les billets de banque, sur les murs des bâtiments administratifs et dans la vitrine de la moindre échoppe. Des statues à son effigie trônent aussi dans tous les parcs publics. Insulter sa mémoire est passible d’un à trois ans de prison. Quatre-vingts ans après sa mort, Mustafa Kemal Atatürk, le père fondateur de la Turquie moderne, reste toujours adulé comme aucune autre personnalité dans une démocratie. Son destin, intimement lié à celui de son pays, explique cette intense ferveur populaire qui ne s’est jamais démentie.

 

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La Turquie d’Atatürk à Erdoğan

L'introuvable synthèse de l'islam et de la laïcité

 

À sa mort le 10 novembre 1938, Moustafa Kémal Atatürk laissait derrière lui une Turquie laïque et en apparence occidentalisée. Et pourtant, dès que le régime commença à s’ouvrir à la démocratie dans les années 1950, l’instabilité alla de pair avec la lente affirmation d’un islam politique, ponctuée à intervalles réguliers de coups d’État militaires.

 

Encore très pauvre vers 1950, peu peuplée (20 millions d’habitants), très peu alphabétisée et rurale à 80%, la Turquie est en ce début du XXIe siècle un pays de 80 millions d’habitants largement urbanisé, doté d’une métropole, Istanbul, passée dans l’intervalle de 1,5 millions à quinze millions d’habitants.

 

Issue de la dislocation d’un grand empire à cheval sur l'Europe et le Moyen-Orient, elle est en passe de redevenir une puissance mondiale. Elle constitue un cas à part, tant par son importance géopolitique que par sa profondeur historique.

 

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1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 06:00

Tasses à Café - Louise et Juliette - Location vaisselle vintage

Les questions des tout petits qui ont tout à découvrir tout autour d’eux, pour y associer des mots nouveaux après avoir ingurgité l’alphabet, assemblé des mots pour en faire des phrases, d’abord parlé : des questions, plein de questions, puis calligraphié, même si l’écriture scripturale est en forte régression au profit du clavier français (AZERTY) vers le clavier américain (QWERTY).

 

La question qui m’a toujours ravie, autour du Grand Bassin du jardin du Luxembourg, « Maman les bateaux ont-ils des jambes ? »

 

Maman les p'tits bateaux - Il était une histoire - IEUH

 

Ce matin, au lieu de m’intéresser, comme les zozos des réseaux sociaux, aux queues de cerise, j’ai décidé de me pencher sur les queues des tasses.

 

La tasse à café ou à thé, cette dernière plus rare dans ma Vendée crottée, fait partie de mon patrimoine génétique. En effet, le mariage, institution hautement sanctifiée car officiellement, en vertu des lois de l’Eglise romaine, c’était l’autorisation de pécher entre femme et homme, avec l’autorisation du clergé, sans trop de plaisir toutefois, juste pour perpétuer l’espèce.

 

Les agapes de mes parent, pour leur mariage, durèrent 3 jours à la Célinière, on avait tué le veau gras, tapissée la grange de draps blancs, fabriqué des fleurs en papier, engagé un joueur d’accordéon…  Dans la grande salle de la métairie, sur une grande table, s’étalaient les cadeaux de mariage.

 

La star des cadeaux de mariage étant la ménagère, dans un écrin tapissé de soie blanche, soit la batterie des fourchettes, des cuillères, des petites cuillères, des couteaux, de la louche… etc. venait ensuite l’imposant service de vaisselle complet dans lequel on trouvait le service à café.

 

Ménagère en argent du XIXe siècle. - 290110 - Expertissim

 

La qualité de l’argenterie au poids et au poinçon, ou plus simplement en métal argenté, porcelaine ou faïence, étaient tout comme le cristal du service de verre, la marque de l’importance des auteurs du cadeau.

 

Au Bourg-Pailler, nous avons lors des fêtes de famille, mangé et bu dans de la belle vaisselle et de beaux verres. Maman en prenait un soin extrême.

 

Les tasses à café en porcelaine étaient fines et translucides, et bien sûr dotées d’une queue.

 

Je n’ai jamais posé la question à mes parents du pourquoi de cette queue, ça allait de soi.

 

Grand service à café LIMOGES blanc & or - Le palais des bricoles

 

Offrir un « service » remonte au XVIIIe siècle, avec la création des faïenceries, puis des porcelaineries. La pratique se généralise au siècle suivant lorsque la pratique du moulage permit de passer de la fabrique à l’industrie, en particulier à Limoges.

 

C’est au Siècle des Lumières, en Europe, que les petits gobelets munis d’une anse ont été codifiés. Ils représentent les contenants d’une nouvelle pratique : la consommation de boissons chaudes d’origine exotique, le thé, le café et le chocolat. Ils dérivent des récipients utilisés par les sociétés inventrices de ces boissons, mais avec de notables modifications pour les adapter aux manières de tables européennes, dont l’anse, ce petit crochet qui permet de saisir une tasse à thé, à café ou à chocolat. La tasse ainsi appareillée est né lorsque l’Europe se convertissait à la consommation de boissons chaudes d’origine exotique. Thé, café, ou chocolat, issus des cultures tropicales, sont au début du siècle des produits encore rares, donc chers. Nourritures stimulantes, surtout que la pratique européenne les associe au sucre, voire au lait, à la différence de leurs sociétés d’origine…

 

Je saute sur l’occasion de la référence au sucre pour évoquer un objet-culte des cadeaux de mariage : la pince à sucre.

 

ancienne Pince à sucre argent – Luckyfind

 

Pour en savoir plus lire Cabinet des curiosités de l’histoire du monde : Un demi-cercle banal et original : l’anse de la tasse.

 

Cabinet de curiosités de l'histoire du Monde - Christian Grataloup

 

Et dans l’Histoire du sucre histoire du monde le chapitre : Thé ou café ? l’accord parfait

 

Histoire du sucre, histoire du monde – La porte de l'histoire

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31 octobre 2020 6 31 /10 /octobre /2020 06:00

 

BYRRH (Porte Puymorens 66 ) ICI

Les 2 Sèvres sont sortis de l’anonymat grâce à Ségolène ICI et son chabichou…

 

Chabichou du Poitou - AOP - fromage de chèvre d'Appellation d'Origine  Protégé | Fromage de chèvre, Fromage, Chèvre

 

La Vendée a failli se nommer les 2 Lays

 

« On n’avait pas de cours d’eau important, sauf le Lay (…). Mais le nom du département du Lay sonnait mal à l’oreille ; et comme il y a le grand et le petit Lay, le rapporteur proposa le nom de Département des Deux-Lays. C’était logique après l’appellation Deux-Sèvres. Deux députés de l’Ouest, Larevellière-Lepeaux et Alquier, bondirent furieux, injuriant le rapporteur, lui reprochant véhémentement de les ridiculiser par un affreux calembour.  Il faut savoir que les deux députés n’avaient physiquement que des rapports extrêmement lointains avec Apollon, fût-il du Belvédère. Et dans l’appellation des Deux-Lays (les deux laids), ils trouvaient une injure personnelle... On finit par où on aurait dû commencer : chercher un autre nom… »

 

Houellebecq, dans son roman « Sérotonine » a écrit : « Niort, l'une des villes les plus laides qu'il m'ait été donné de voir »

 

Niort la capitale des Mutuelles.

 

Parthenay longtemps le plus grand foirail à bestiaux de France où mon père se rendait pour mieux vendre ses bêtes.

 

Thouars le terminus de la Micheline La Mothe-Achard-Chantonnay où ma sœur était en pension.

 

Depuis bientôt deux cents ans, la Petite Eglise de Vendée se maintient en dissidence de l'Eglise catholique. Créée en 1801 dans le département des Deux-Sèvres, en réaction au Concordat signé par Napoléon avec le pape, elle compte aujourd'hui trois mille membres, et continue à observer le culte catholique tel qu'il était pratiqué avant 1789. Pour combien de temps encore ? ICI

 

Melle où le mouvement des Paysans-Travailleurs prit naissance après mai 68, j’y étais.

 

La Venise Verte.

 

Le Marais Poitevin : où est-ce ? – Venise Verte

 

Et puis vint Mathias Enard et son roman La confrérie annuelle des fossoyeurs, qui suit le parcours d'un jeune ethnologue, David Mazon, qui se rend dans la campagne niortaise pour observer son "terrain" de recherche et effectuer des entretiens qui nourriront son travail de thèse, dont le sujet est la vie à la campagne.

 

Le Banquet annuel de la Confrérie des fossoyeurs

 

À travers le parcours de ce scientifique en herbe découvrant son « Nouveau Monde », comme il l'appelle, plongée hors de sa zone de confort parisienne pour découvrir la ruralité contemporaine, ce sont toutes les formes de vies présentes et passées de cet univers rural que l'auteur saisit. En effet, non seulement a-t-on accès au journal de bord du personnage, qui se prend pour un Lévi-Strauss narrant ses aventures en terre indigène.

 

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Un échantillon : pages 107-108

 

Il était donc de bonne humeur en poussant la porte du bar, il salua Thomas ; Thomas répondit d’un air enjoué au salut du maire, lui serra la main par-dessus le comptoir et se retourna pour préparer l’apéritif anisé que Martial affectionnait et dont la présence dans ces contrées remontait aux années 1960, à en juger par les cendriers et les carafes en plastique jaunes et bleues que es représentants distribuaient alors avec largesse, tout comme ils arrosaient aussi largement les kermesses et les buvettes des équipes de football. Autrefois on buvait son propre vin, sa propre gnôle, sa propre épine, ou des boissons oubliées, dont les publicités peintes pâlissent encore parfois sur les murs des bourgades, Fernet-Branca, Dubonnet et Byrrh, cordiaux qu’aujourd’hui seules une nostalgie incurable ou une âme d’explorateur peuvent pousser à ingurgiter. Le maire ne crachait pas, de temps à autre, sur une gentiane, il lui arrivait même d’en verser une larme dans son pastis, ce qui donnait un cocktail paysan appelé, pour sa couleur étrange, « mazout agricole » par les connaisseurs, mais ces fantaisies étaient plutôt pour le soir ; il se limitait, avant le déjeuner et juste pour les jours de relâche, à une ou deux verres pour se mettre en appétit, et on l’entendait dire plaisamment qu’il était sobre comme un gendarme, ce qu’il ne dirait certainement pas ce matin-là, puisque les gendarmes étaient au comptoir : deux d’entre eux sirotaient un petit noir que Thomas avait rallongé discrètement de calva ; ils appréciaient ce geste depuis qu’un règlement tatillon leur interdisait de boire en public et en uniforme et les contraignait à prendre l’apéro au bureau, toujours entre soi. C’étaient deux représentants d’une espèce éteinte, leurs jeunes collègues étant sportifs, disciplinés et rigides là où ces anciens étaient bedonnants, feignants comme des couleuvres et amicalement corrompus : longtemps, ils s’étaient arsouillés uniquement avec les bouteilles de pastis et de whisky offertes en contrepartie de leur indulgence pour les peccadilles routières, de leur mansuétude quant aux délits de distillation clandestine ; pour le braconnage, ils fermaient gentiment les yeux contre la promesse qu’on n’y reviendrait plus et une partie du butin, car au fond, tous ces contrevenants étaient de braves gars, point des malfrats ou des métèques, et ne méritaient donc pas toute la rigueur de la loi. Les deux cognes n’étaient donc ni les plus vifs, ni les plus méchants des argousins ; ils n’étaient pas du coin originaires l’un des environs de Ruffec et l’autre de Thouars autant dire du bout du monde, mais il y avait si longtemps qu’ils officiaient dans les parages qu’on oubliait presque ce détail, car la plupart de leurs camarades et officiers venaient des quatre coins de la France : le chef de détachement de Coulonges par exemple, était un véritable gendarme de journal télévisé à l’accent chantant, originaire des Pyrénées-Orientales, fils de contrebandier : il avait donc toujours su qu’il entretiendrait une relation étroite avec la loi, tout en ignorant de quel côté.

 

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28 octobre 2020 3 28 /10 /octobre /2020 06:00
Le LULU de Bouju est bien bu merci petit Jésus…

Sur les réseaux sociaux vineux, tel le Lou ravi de la crèche ou la Bernadette Soubirous de la grotte de Massabielle, les yeux tournés vers le ciel, je suis aux anges qui, comme vous le savez par bonheur n’ont pas de sexe, face à la controverse à propos du langage du vin : sexiste, raciste et classiste ? ICI

 

Ça me laisse de glace, non par indifférence ou machisme indécrottable mais tout bêtement parce que je ne pratique pas le langage du vin, je ne cause pas son vocabulaire, le vin je le bois laissant aux sachants, quel que soit leur sexe, le monopole de son langage.

 

En dehors de l’entre soi du petit marigot du vin, d’un penchant nombriliste prononcé, de l’irruption des hallebardiers féministes de la 25e heure, j’en connais qui feraient bien de fermer leur clapet, cette tempête dans un verre de vin ne me semble guère faire avancer la cause des femmes. Ce n’est que mon avis mais je le partage, ça suffit à mon bonheur.

 

Pourquoi une telle introduction me direz-vous ?

 

Tout simplement parce que je recherchais une rime en U pour mon titre…

 

Bien évidemment je m’abstiendrai de livrer celle qui allait de soi dans la bouche, si j’ose m’exprimer ainsi, des mâles blancs de bord de bar, je ne suis pas candidat à la lapidation tel Marie de Magdala la pécheresse, ou a être criblé de flèches comme Saint Sébastien.

 

MARRY MAGDALA PENITENT

Denis Michalet
Marie Madeleine Pénitente, 1768, Laurent Pécheux, huile sur toile, monastère royal de Brou, Bourg-en-Bresse.

 

 

Dans le monde du vin seules les vigneronnes ont vraiment changé la donne, je cite ici Claire Naudin et Catherine Bernard, qui ont les pieds dans leurs vignes et les mains dans leur chais, dans une moindre mesure les prescriptrices : sommelières rares, cavistes tout aussi rares, ont elles aussi permis une inflexion en promouvant les vins nus. Pour les journalistes au féminin c’est morne plaine, celles qui tiennent le haut de l’affiche ont adopté l’attitude classique : je brosse dans le sens du poil les annonceurs capables d’apporter du blé à la régie publicitaire. Il suffit de suivre leurs publications sur face de bouc pour étayer ce constat.

 

Je reviens à mon histoire du Lulu de Bouju.

 

C’était un lundi soir, il me fut demandé, avec amour, à l’heure de l’apéritif, nous sirotions un blanc nu, de choisir un jaja de Bouju pour accompagner nos coquillettes-jambon de Paris. Il nous arrive parfois de tomber dans la régression et c’est bon.

 

 

Qui est Patrick Bouju ?

 

 

 15 septembre 2017

« Dans mes vins, il n’y a que du raisin et de la sueur » Patrick Bouju le Toscan d’Auvergne ICI  

 

Le vin de Patrick Bouju est-ce un vin de punk ?

 

Une spécialiste caviste, blogueuse, qui écrit aussi dans la presse répond à cette question.

 

Sandrine Goeyvaerts 1 Juillet 2016

 

La Bohême, c’est le domaine de Patrick Bouju se répartit entre trois communes, Égliseneuve-près-Billom, Chauriat et Corent car selon ses convictions, il est « à la recherche des meilleurs terroirs connus ou oubliés du Puy-de-Dôme »

 

Que dit Patrick ?

 

« Les vignes sont morcelées car je suis à la recherche des meilleurs terroirs connus ou oubliés du Puy-de-Dôme.

 

Ce sont en majorité de vieilles vignes avec des densités de plantation élevées (10000 pieds/ha) et la doyenne a 116 ans.

 

Ces vignes sont d’une biodiversité étonnante, on trouve de multiples cépages, comme le Limberger, le Mirefleurien, gamay Fréau, gamay de Bouze et de multiples variétés de gamay à petit grain ou gros grain.

 

En ces périodes d’uniformisation, ces cépages sont une richesse inestimable.

 

Ces vignes sont cultivées avec un grand respect de la nature. Les vignes sont enherbées.

 

Pour les traitements, j’utilise des produits à base de cuivre et de soufre ainsi que des extraits fermentés de plantes ou des tisanes comme l’ortie, la prèle, la consoude pour renforcer les défenses naturelles de la vigne.

 

Je n’utilise pas de désherbant ni de produits chimiques de synthèse.

 

La majorité des travaux à la vigne se fait manuellement. Dans mes vins, il y a du raisin et de la sueur...

 

Et le Lulu de Bouju dans tout ça ?

 

 

Il fut bu, bien bu, pour une large part par votre serviteur.

 

Pour les fondus des accords mets-vins je réponds que je m’en tamponne la coquillette ! Je préfère coquillette à  coquillard car c’est féminin !

 

 Et le vin dans tout ça ?

 

Ce fut comme se rouler nus dans l’herbe tendre verte d’une prairie naturelle avant d’aller se plonger dans l’eau fraîche et pure d’une fontaine, que du bonheur !

 

Sus aux voyeurs !

 

Bonne buvaison !

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27 octobre 2020 2 27 /10 /octobre /2020 06:00

Hans Brinker or The Silver Skates: A Story of Life in Holland First Edition

Longtemps j’ai ânonné le poème de Verlaine : 

 

 

Les sanglots longs

Des violons

De l’automne

Blessent mon cœur

D’une langueur

Monotone.

 

 

Et puis, j’ai grandi, vieilli, longtemps insoucieux des dégâts que je causais à l’avenir de notre terre, cigale gaspilleuse qui, sur le tard, ayant posé son sac contemple avec horreur et effroi l’état des lieux de notre planète.

 

 

Que faire ?

 

 

Faire !

 

 

Même si, pour certains, ce faire est, à l’échelle du monde, rien qu’un confetti.

 

 

Plutôt que de se lamenter, de signer des pétitions, de porter des pancartes, de me tourner vers les politiques, je préfère ré-emprunter les chemins de traverse de mon enfance afin de retrouver l’enthousiasme juvénile, point d’appui permettant de faire basculer notre monde dans plus de sobriété et de diversité.

 

 

Oui choisir ce petit chemin discret, embocagé, à l’ombre des hautes haies, loin du bruit et de la fureur du monde, marcher, écouter les oiseaux chanter, sauter un échalier, retrouver les parfums et les senteurs, la vie quoi !

 

 

Choisir, tel Hans Brinker, qui plaça son doigt sur la faille de la digue de Spaarndam, passa sa nuit entière à boucher la fissure pour sauver la ville de l’inondation, c’est le privilège de la vieillesse, la mienne, qui a du temps, un peu d’argent, et la chance d’être aimé. 

 

 

Même si, avec Veni Verdi, à Paris, nous cultivons la terre sur les toits, c’est du côté des vignes de Catherine Bernard, que mon chemin de traverse me porte, au Sud, à l’automne, lorsque vient le temps de l’AG du GFA La Carbonnelle.

 

 

Cette année, COVID et intempéries, nous ont privé de ce rassemblement amical, l’AG emprunta la modernité du web.

 

 

Tout s’est passé dans les règles et, comme le veut la coutume, notre Catherine nous a gratifié d’un petit discours qui traduit, bien mieux ce que j’ai tenté de vous l’expliquer, l’apport de ma toute petite pierre à l’édifice du jardin extraordinaire dans ses vignes.

 

 

La viticulture est 1 œuvre d’inscription dans le temps, lorsque l’on boit du vin, on boit le temps qu’il a fait et le temps qui passe…

 

Chers tous, 

 

 

D’abord et en tout premier lieu, merci à tous pour votre présence à la vie de ce GFA, et à chacun, chacun apportant, avec ses talents propres, une pierre à l’édifice. 

 

 

J’ose le mot édifice. 

 

 

L’année dernière, j’étais encore trop sous le choc du coup de chalumeau du 28 juin qui s’est avéré être un coup du Sirocco pour exprimer clairement l’ambition qui pouvait être celle du GFA dans la mise en œuvre d’un jardin expérimental. Ce projet, qui s’ancre dans la réalité, était dicté par l’urgence et l’intuition réunies.

 

 

L’urgence d’explorer une alternative à la culture de la vigne telle qu’elle se pratique depuis la seconde moitié du XIXème siècle, c’est-à-dire en mono culture, jusqu’à plus soif si je puis dire.

 

 

L’intuition que le changement climatique à l’œuvre est une conséquence de l’achèvement de la conversion de l’agriculture à la mono culture à l’échelle de la planète et donc, par un revers de fortune, une chance de ré-inventer une agriculture plus sobre. J’évite à dessein la résilience, maintenant dévoyée comme l’a été l’authentique appliqué au terroir, mais il y a de cela aussi.  

 

 

Avec Nicolas et Benjamin nous vous avions parlé de la nécessité première du beau, le beau venant, entre autres, de la diversité. Ceci pourrait sembler incongru, hors-sujet, voire absurde, à tout le moins déraisonnable.

 

 

Un an plus tard, je persiste, et je puis qualifier l’urgence et l’intuition. Je sais maintenant que nous faisons œuvre de transition, agronomique et économique, et de transmission, de savoirs et de génération. 

 

 

Ces deux mots, transition et transmission, puisent au préfixe latin trans, la traversée. Ils me sont venus au fil des travaux : 

 

 

Les centaines de tonnes de terre pelletées qui modèlent et favorisent la circulation de l’eau, toute terre enlevée trouvant sa place ailleurs dans la parcelle.

 

 

L’œil de Benjamin dans le viseur du niveau pointé vers le Pic Saint Loup.

 

 

Le godet de la pelle de Cyril Duri, le terrassier, manié avec la précision d’un crayon.

 

 

La plongée de Nicolas dans les noms latins des espèces d’arbres, arbustes et plantes, de leurs propriétés et du milieu qui leur convient.

 

 

Les ballots de paille déroulés et épandus au printemps pour protéger les sols de l’érosion et les préparer pour la plantation en décembre.

 

 

La fraîcheur conservée au fond des trous jusqu’à la fin de l’été.

 

 

La vision claire de vignes courant dans les érables, ormes, frênes, arbres de Judée, appelée conduite en hautains, les uns et les autres frayant avec des fruitiers.

 

 

Les galets roulés de La Carbonelle venus tenir le flan des terrasses et abriter les serpents.

 

 

Les premiers saules et menthes prélevés dans le lit du Vidourle et pointant leurs feuilles dans la zone humide derrière le bassin de roseaux.

 

 

Le auvent qui abrite les véhicules et matières sèches, laissant la place dans la cuverie pour héberger l’alambic de deux Américaines.

 

 

Et enfin, 

 

 

La joie de voir l’herbe verte pointer par-dessus la paille au premier jour de pluie. 

 

 

Il ne reste plus qu’à …. 

 

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26 octobre 2020 1 26 /10 /octobre /2020 06:00
Je contresigne la lettre de Pierre Jourde à nos concitoyens musulmans : Ne nous voilons pas la face : il y a un problème. Tant de morts, tant de souffrances pour de simples caricatures. Comment en est-on arrivés là ?

Se voiler la face, détourner la tête, pratiquer l’évitement, l’indifférence frileuse, passer son chemin, ne pas nommer les choses ou bien s’engager, camper dans un camp, le bon bien sûr : « si tu n’es pas avec moi tu es contre moi » comme au beau temps de la guerre froide, il est interdit de débattre ni même de dialoguer, peu de voix ou d’écrits se lèvent pour apaiser, les partisans s’écharpent, se déchirent, « mais où sont passés les sages ? »  ceux qui s’élèvent au-dessus de la mêlée pour éclairer ceux qui, comme moi, tentent de comprendre.

 

Le texte de Pierre Jourde, écrivain, professeur d’université et critique littéraire « Aux musulmans, et en particulier aux élèves et parents d’élèves qui désapprouvent les caricatures de Mahomet » publié le 20 octobre 2020 pose quelques questions et c’est déjà beaucoup.

 

C’est une chronique libre, non rémunérée, qui ne reflète que les opinions de son auteur et non celles du site qui l’héberge.

 

J’y souscris et vous propose de la lire.

 

Chers concitoyens musulmans,

 

Ne nous voilons pas la face : il y a un problème. Tant de morts, tant de souffrances pour de simples caricatures. Comment en est-on arrivés là ?

 

A la fin du Moyen-Âge, tous les pays chrétiens et musulmans vivaient sous le même régime d’intolérance. Un simple soupçon de blasphème ou d’impiété pouvait vous mener à l’échafaud. Les gens des autres religions ne disposaient pas des mêmes droits et étaient à peine tolérés. On peut même dire que les pays musulmans, l’empire ottoman en particulier, étaient un peu plus tolérants envers les juifs et les chrétiens que les pays chrétiens ne l’étaient envers les juifs et les musulmans.

 

Et puis, en Europe, il s’est passé deux phénomènes, étroitement liés, qui ont fait la société où nous vivons aujourd’hui, la France, et plus généralement les pays occidentaux : la naissance de l’esprit scientifique et la philosophie des lumières. Cela a mis quatre siècles pour aboutir, du XVIe siècle au début du XXe siècle, le travail a été long, douloureux et sanglant. Au bout de ce travail, il y a, entre autres, le droit au blasphème.

 

L’esprit scientifique a cherché à expliquer rationnellement le monde, par l’observation et la logique, sans s’en tenir aux vérités religieuses. Il a d’abord fallu faire admettre aux autorités chrétiennes que la terre tournait sur elle-même et autour du soleil. Galilée a été obligé par l’Eglise de renoncer à ses découvertes. Au XIXe siècle encore, les découvertes de Darwin étaient refusées au nom de la Bible. Mais l’esprit scientifique a fini par s’imposer. Grâce à lui, on en sait plus aujourd’hui sur l’univers, l’homme et la nature. Mais il a aussi permis l’essor technique : si vous avez un téléphone portable, la télévision, une voiture, la lumière électrique, si vous prenez l’avion, le train, si vous pouvez vous faire vacciner, passer une radio, c’est grâce au développement de l’esprit scientifique tel qu’il s’est développé en Europe, et qui a dû lutter des siècles contre la religion et ses soi-disant vérités révélées.

 

L’esprit des lumières s’est opposé aux persécutions religieuses, au fanatisme religieux, à la superstitionVoltaire a lutté pour faire réhabiliter Calas, condamné à l’atroce supplice de la roue, parce qu’il était protestant et qu’on le soupçonnait d’avoir tué son fils parce qu’il voulait se convertir au catholicisme. Voltaire a lutté pour faire réhabiliter le Chevalier de la Barre. Ce garçon de vingt ans est torturé et décapité pour blasphème. On lui cloue sur le corps un exemplaire du Dictionnaire philosophique de Voltaire et on le brûle.

 

La Révolution française, puis les lois de la laïcité, qui s’imposent à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, vont dans le même sens : empêcher la religion catholique, qui est pourtant celle de l’immense majorité des Français, d’imposer sa vérité, son pouvoir, de torturer et de tuer pour impiété ou pour blasphème, et faire en sorte que toutes les religions aient les mêmes droits, sans rien imposer dans l’espace public. Car c’est cela, la laïcité.

 

Mais le catholicisme n’a pas abandonné si facilement la partie, même après avoir perdu le pouvoir, il voulait encore régner sur les esprits, censurer la libre expression, imposer des visions rétrogrades de l’homme et, surtout, de la femme. En 1880, puis encore en 1902, il a fallu expulser de France tous les ordres religieux catholiques qui refusaient de se plier aux lois de la république. Pas quelques imams : des milliers de moines et de religieuses. Ça ne s’est pas passé sans résistance et sans violences.

 

La critique, la satire, la moquerie, le blasphème ont été les moyens utilisés pour libérer la France de l’emprise religieuse. Tant que la religion était religion d’État, ceux qui le faisaient risquaient leur vie. Puis l’Eglise catholique a fini par accepter d’être moquée et caricaturée. Elle a accepté les lois de la démocratie. Les caricatures et les blasphèmes étaient infiniment plus durs et plus violents que les caricatures assez sages de Mahomet, chez les ancêtres de Charlie Hebdo, qui s’appelaient par exemple L’Assiette au beurre, et plus récemment, il y a une cinquantaine d’années, Hara-Kiri, et de nos jours dans Charlie Hebdo, beaucoup plus durs avec le Christ qu’avec Mahomet. Imaginez qu’un artiste comme Félicien Rops représentait le Christ nu, en croix, en érection, avec un visage de démon ! Et « Hara-Kiri » la sainte vierge heureuse d’avoir avorté ! Personne ne les a assassinés. Au contraire, en 2015, une revue catholique a publié des caricatures du Christ par Charlie Hebdo ! Pour montrer qu’ils étaient capables de les accepter.

 

La suite ICI https://www.nouvelobs.com/les-chroniques-de-pierre-jourde/20201020.OBS34966/aux-musulmans-et-en-particulier-aux-eleves-et-parents-d-eleves-qui-desapprouvent-les-caricatures-de-mahomet.html

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25 octobre 2020 7 25 /10 /octobre /2020 07:00

 

Le grand succès de Régine fut Les petits papiers.

 

Depuis quelques chroniques je fais dans Les vieux papiers, aurais-je le même succès ?

 

Pour booster l’audience, aujourd’hui, j’extirpe de la naphtaline Hara-Kiri, l’ancêtre de Charlie, où sévissait Reiser. Février 1969 – novembre 1970 : Hara-kiri hebdo puis L'hebdo hara-kiri, 94 numéros (hebdomadaire), le N°1 a été lancé le lundi 3 février 1969. Il s'agit de l'ancêtre de Charlie-hebdo qui se termina avec la fameuse couverture « Bal tragique à Colombey – 1 mort »

 

Hara-Kiri hebdo n°94 : Bal tragique à Colombey - 1 mort | La bande des cinés

 

16 septembre 2015

Reiser a commencé sa carrière comme livreur chez Nicolas et s’est fait virer du Monde le 4 août 1978 au 23ième épisode de son feuilleton d'été« La famille Oboulot en vacances »  ICI 

 

Reiser a commencé sa carrière comme livreur chez Nicolas et s’est fait virer du Monde le 4 août 1978 au 23ième épisode de son feuilleton d'été« La famille Oboulot en vacances »

 

Je voue à Reiser une affection sans bornes, il est pour moi le symbole de l’esprit Charlie. Il appartenait à cette bande de « mal piffés, morve au nez, Pieds Nickelés du journalisme », comme Cavanna appelait sa petite troupe de Charlie. « Reiser, c'était des couilles qui dépassaient de partout, une transgression pour Le Monde », rappelait, amusé, l'ex-journaliste politique Thierry Pfister.

 

Koondelitch: Jean-Marc Reiser : Un génie du dessin satirique

 

Je rapproche deux épisodes de sa sulfureuse carrière : ses débuts chez le très sérieux caviste Nicolas où il est livreur et publie ses premiers dessins dans le journal interne de la Maison : La Gazette du Nectar sous le pseudo de J.M. Roussillon et sa collaboration au Monde, à la demande du très sérieux Bruno Frappat « Il était tout le contraire de moi, petit bourgeois tranquille qui passais mes vacances dans ma bulle familiale de l'Ain. » pour un feuilleton d’été dans un journal austère, sans photos. « Il faut imaginer que les seules images qu'il y avait alors, c'était des cartes de géographie ou presque », rappelait Delfeil de Ton, du Nouvel Observateur.

 

Reiser : le Coluche de la BD est mort il y a 30 ans

 

La suite ICI

 

 

 

 

Dessin sur la mort de Reiser :. - .: Le Monde vu par plantu :.

Reiser, dessinateur de BD à Hara-Kiri et Charlie Hebdo est mort, à 42 ans, d'un cancer le 5 novembre 1983. Son biographe attitré Jean-Marc Parisis a publié un ouvrage sobrement titré Reiser.

 

Reiser: Amazon.fr: Parisis, Jean-Marc: Livres

Les 50+ meilleures images de Charlie Hebdo 1976 | charlie hebdo, satirique,  liberté de la presse

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