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18 juillet 2018 3 18 /07 /juillet /2018 06:15
Alessandra Pierini quel vin de l’Aspromonte boire avec des tripes des chèvres enroulées autour du gras et des frites, noyées dans un bain d’huile, oignon et poivre ?

« … une fois par an, on allait en montagne pour honorer le saint patron du lieu et visiter Ascruthia et Coraci, deux villages de montagne abandonnés après l’inondation qui avait tout balayé au temps où les grands parents étaient jeunes mariés. Après les visites aux villages et la messe dans l’église dédiée au saint, on s’arrêtait dans la pinède, on mangeait et on buvait pendant des heures […]

 

« J’étais impatient que le déjeuner finisse : les poivrons rôtis à la braise du feu de yeuse ; les pommes de terre et les œufs enfouis à cuire sous la cendre brûlante ; les tripes des chèvres enroulées autour du gras et des frites, noyées dans un bain d’huile, oignon et poivre ; et puis les macaronis cuits à la maison   , assaisonnés de sauce de chèvre blanche ou rouge ; le capocollo, les lardons, les salamis piquants, les fromages doux de brebis et de vache et piquants de chèvre ; les tartes à la mûre des ronces et à la mûre de mûrier, à la cerise de montagne… »

 

Si les Calabrais de l’Aspromonte peuvent apparaître comme un «peuple de mâles», une race maudite qui n’a pour horizon que la guerre, leurs femmes, à l’opposé, «trament depuis toujours pour la paix».

 

« La ‘ndrangheta est comme la nature infecte d’une très belle femme ; les amants inexperts la pénètrent, brûlants de désir, et au lieu de l’apaisement des sens, ils trouvent l’anéantissement de l’âme. »

 

« Dans les livres comme dans la vie, il n’y a pas d’un côté «les bons» et de l’autre «les méchants». Une troisième catégorie d’individus existe: les «assassins par nécessité historique». Inclassables en termes moraux. Echappant à toute forme de jugement. Des êtres qui sont le siège d’une culture ancestrale et qu’il est impensable de vouloir étiqueter. Encore moins condamner. Et qui résident prioritairement en Calabre, terre de grande tradition grecque et de grande désespérance économique.

 

Tel est le thème du thriller calabrais à succès, «la Soie et le fusil», signé Gioacchino Criaco. Où il est démontré qu’«un homme et un peuple qui ne sont pas en mesure de défendre leur propre territoire cessent d’être un homme et un peuple».

 

 

Tout ici remonte à la nuit des temps, à la mythologie des «Aigles» (la famille Therrime) et des «Loups» (la famille Dominici). Deux clans qui s'affrontent et se disputent des terres. L’auteur affiche nettement une préférence pour les Dominici. Dans leur guerre, ils ont toujours refusé, même aux pires moments, de s’allier avec la mafia locale, la célèbre 'Ndrangheta, le bras armé des puissants. »

 

Lire ICI la critique de Marcelle Padovani le 06 avril 2018 : Avec "la Soie et le fusil", l'écrivain calabrais Gioacchino Criaco signe un romanzo criminale aux accents mythologiques. Epique. 

 

Résumé :

 

De part et d’autre d’une vallée de l’Aspromonte, deux familles s’affrontent dans une guerre sans âge et font le décompte de leurs morts : les Therrime contre les Dominici, les Aigles contre les Loups. Leur inimitié est balayée un jour par l’inondation qui emporte toute la vallée fertile jusqu’au bord de la mer et les deux peuples migrent sur la côte dans les « Jardins », où parmi les vergers les enfants font des courses à cloche-pied. C’est là que Julien, dit le Gecko, et Agnese, la Nymphe, deux descendants des lignées ennemies, tombent amoureux pour la vie, sous le regard jaloux du frère jumeau d’Agnese, Alberto, le Chiot, et avec la complicité des vieilles tisseuses de soie.

 

Mais dans l’Aspromonte les trêves ne durent jamais bien longtemps, et lorsque le père de Julien Dominici est tué, la vendetta reprend et la peste noire s’abat sur la vallée : Julien devient un monstre, un tueur. Alors qu’il sort de prison, vingt ans plus tard, il découvre qu’il est mêlé contre son gré à une sombre histoire de trafic de drogue avec les triades chinoises. Le combat reprend.

 

Souffle épique et antique, sentiment de la nature, affrontement des mythologies (épopées calabraises, mais aussi légendes de la Chine), thriller ultra contemporain, ce roman fait magnifiquement la fusion entre le polar et les batailles mythologiques qui se poursuivent aujourd’hui, sous le poids d’un implacable destin.

 

 

CANESTRATO D'ASPROMONTE

 

Sur le massif montagneux d'Aspromonte (Calabre), au pied du quel ce fromage est élaboré, paissent de nombreux troupeaux de brebis, de chèvres et de vaches. Aussi, utilise-t-on toujours au moins deux laits, en fonction des saisons de mise bas des animaux. Les meilleures origines, les plus caractéristiques du cru, sont sur le versant tyrrhénien, les communes de Scilla, San Syefano d'Aspromonte, Sinopoli, Scido. C'est un fromage caillé divisé et à égouttage acceléré sous presse. Il se présente sous la forme d'une petite roue à talon convexe de 1,5 à 4 kg. On le consomme après 2 mois de cave, soit en dessert, soit en hors d'oeuvre, lorsqu'il est conservé dans l'huile d'olive à la mode locale.

 

 

« Bordé par la mer Tyrrhénienne à l’ouest et la mer Ionienne à l’est, le territoire de la Calabre jouit d’une géographie très diversifiée composée d’un vaste littoral, de hauts plateaux et de montagnes luxuriantes. Séparée de la Sicile par le détroit de Messine, la région forme la pointe de la botte italienne dans l’extrême sud de la péninsule. Bien qu’on y cultive la vigne depuis le 7e siècle avant notre ère, la Calabre figure aujourd’hui parmi les régions d’Italie où il se produit le moins de vin. Optant longtemps pour une production de vin en vrac exporté vers le nord, la Calabre mise depuis les années 1970 sur la commercialisation de ses vins d’origine. Bien qu’elle accuse un certain retard par rapport aux autres régions du Mezzogiorno en termes d’investissement, la Calabre a entamé depuis peu la modernisation de son vignoble avec des résultats forts encourageants.

 

La Calabre demeure une région essentiellement agricole. Dans l’ensemble, la vigne reste toutefois secondaire par rapport aux autres formes de cultures telles les agrumes et les olives. Deux principaux cépages d’origine grecque, le Gaglioppo, pour les rouges, et le Greco, pour les blancs, dominent aujourd’hui le paysage viticole calabrais. L’écrasante majorité des vins de la région sont rouges avec 90 % de la production totale.

 

Surnommée Enotria (terre de vins) pendant l’antiquité, la Calabre produit sans doute l’un des plus anciens vins d’Italie, le vin Cirò DOC, cultivé dans les environs de la ville de Cirò Marina près de Crotone. De loin l’appellation la plus réputée de la région, ses collines ensoleillées situées sur la côte ionienne sont particulièrement propices à la viticulture.

 

Le vin de Cirò découlerait du vin de Kremissa, le nom de la colonie grecque qui occupait initialement l’emplacement de Cirò Marina à l’époque de la Magna Graecia (la Grande-Grèce). On raconte que c’est le vin que buvaient les athlètes calabrais pour célébrer leurs victoires lors des premières olympiades.

 

Confituré, puissant et acidulé, le Cirò est un rouge typique des chauds climats du sud de l’Italie et l’incarnation même du cépage Gaglioppo. Sa forte personnalité exprime un charme rustique intimement associé à son terroir d’origine. Contrairement à d’autres cépages du Mezzogiorno reconnus pour leurs robes denses et opaques, les vins de Cirò possèdent une teinte plus pâle et des nuances orangées. Les Riserva se conservent aisément pendant une bonne décennie. La récente modernisation du vignoble et des techniques de production tend à donner des vins moins alcoolisés, plus ronds et moins susceptibles à l’oxydation. De récentes expérimentations avec le cépage Magliocco et d’autres cépages internationaux comme le Cabernet Sauvignon assemblé au Gaglioppo livrent dernièrement d’assez bons résultats qui contribuent au rayonnement des vins de la région. Mais, le récent boom commercial vécu dans les Pouilles et la Sicile tarde encore à venir et la Calabre demeure toujours marginale dans le circuit des œnophiles.

 

Le vin de Cirò représente à lui seul près de 85% de la production du vin DOC calabrais. Les DOC de Lamezia, Scavigna et Savuto, sur la côte tyrrhénienne, constituent le second pôle viticole significatif de la région. Les autres DOC de la Calabre telles que Melissa, Donnici, Bivongi ou Pollino perdent de plus en plus de terrain et sont rarement exportées. Produit dans la ville de Bianco au sud de Reggio Calabria, le Greco di Bianco figure parmi les meilleurs vins doux d’Italie. Rare, il s’agit d’une curiosité gastronomique à ne pas manquer lors d’un séjour dans la région. »

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15 juillet 2018 7 15 /07 /juillet /2018 10:40
Le « penalty manqué » par Faruk Hadzibegic le 30 juin 1990 à Florence, les Yougoslaves affrontaient en1/4 de finale les Argentins de Maradona.

Rappeler un fait d’histoire enterré et ignoré, surtout par les Français, ce n’est pas faire injure au présent, ni verser dans la stigmatisation d’une équipe de football.

 

Le football yougoslave m’a toujours séduit et passionné, un régal pour ceux qui aiment le beau jeu.

 

Dans cette Coupe du monde j’ai visionné peu de matches mais le hasard veut que j’aie vu jouer la Croatie qui possède l’essentiel des talents de cette Yougoslavie oubliée. Avec la Belgique, elle est sans contestation une grande équipe.

 

Elle s’est qualifiée à plusieurs reprises après prolongation et tirs au but.

 

Les tirs au but ne sont pas des pénaltys car ce sont des fusils à un coup.     

       

« Ce que je sais de la morale, c’est au football que je le dois… » Albert Camus

 

« On se souvient de ce titre magnifique du roman et film éponyme de l'écrivain autrichien Peter Handke : «L'angoisse du gardien de but au moment du penalty».

 

Gigi Riva, dans son livre le Dernier Penalty écrit :

 

« Dans les Balkans, dire que le sport est comme la guerre n’est pas une métaphore. La guerre est la continuation du sport par d’autres moyens.

 

Le Dernier Penalty, est une formidable enquête, histoire de football et de guerre, ne manque pas de le rappeler, l’explosion de la Yougoslavie, «une idée romantique à l’agonie» alors, bruissait depuis quelque temps – dix ans après la mort du dirigeant Tito, la fédération socialiste n’était maintenue à flot qu’à coups d’illusions. Ainsi, ça avait chauffé fort lors d’un match entre le Dynamo Zagreb et l’Étoile Rouge de Belgrade. Dans le stade, les supporters avaient déployé des banderoles avec des slogans identitaires et créé une émeute.

 

Gigi Riva est rédacteur en chef de l’hebdomadaire italien L’Espresso, homonyme d’une légende de la Squadra Azzura et il a couvert la guerre des Balkans. Son livre raconte comment foot et politique se sont croisés durant un demi-siècle, jusqu’au paroxysme de Florence en 1990.

 

En 1990, l’Italie accueille le Mondial de foot, le 30 juin à Florence, les Yougoslaves affrontent, en quarts de finale, les Argentins de Maradona. Au coup de sifflet final, le score est nul. La séance des tirs au but s’achève sur ce qui a été qualifié à tort le penalty raté du capitaine, Faruk Hadzibegic.

 

Ce sera l’ultime apparition de l’équipe nationale d’un pays en voie d’implosion. C’est dans les virages des stades, tenus par la pègre, qu’ont été formés, en Serbie et en Croatie, les groupes paramilitaires, dont les méfaits, dans les années 1980, préfigurent les conflits de la décennie suivante.

 

Ce « penalty manqué » par Faruk Hadzibegic devenait soudain une histoire de football et de guerre. Le symbole, le déclencheur de l’éclatement d’un pays.

 

Croates et Serbes jouaient sous le même maillot, celui de la Yougoslavie – ce fut la dernière fois, une fin précipitée par le dernier penalty… Dans les mois qui suivirent, tant et tant de supporters devinrent les miliciens d’une guerre civile. Une guerre durant laquelle les nationalismes se sont affrontés dans le sang, sous les bombardements. »

 

Ce sont des pages d’Histoire les rappeler n’entache en rien le moment d’une finale de Coupe du Monde, que le meilleur gagne et quel qu’il soit, loin des excès de nationalisme chauvin, lever un verre de vin naturel de Croatie me va, j’aime ça comme j’aime l’eau de Vichy aussi.

FARUK HADZIBEGIC ICI

né le 7 octobre 1957 à Sarajevo, Yougoslavie, en Bosnie-Herzégovine fut un footballeur international yougoslave d'origine bosnienne, mais désormais de nationalité française, qui évoluait au poste de libéro. Il s’est reconverti en entraîneur depuis 1995.

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15 juillet 2018 7 15 /07 /juillet /2018 06:00
Pavelic Ante

Pavelic Ante

Dans sa lettre politique du 13 juillet Laurent Joffrin écrit :

 

Et la Croatie ?

 

« Une équipe beaucoup plus uniforme dans un pays au nationalisme sourcilleux, une équipe au blason terni par des vilaines histoires de corruption. La Croatie indépendante est née d’une guerre, celle des années 90, terrible et meurtrière. Elle a été gouvernée longtemps par Franjo Tudjman, leader identitaire s’il en fut. Son passé oustachi est de sinistre mémoire – une légion croate s’est distinguée par ses exactions aux côtés de l’armée allemande. Pourtant, cette ancienne province de l’empire austro-hongrois s’est aussi distinguée par son ouverture et sa résistance au nazisme : Tito était croate. Son nationalisme moderne est né, pour une bonne part, de la prétention serbe à dominer la fédération, alors même que c’est la Croatie, dans les années 30, qui avait pris l’initiative de réunir les «Slaves du Sud». Les temps changent et les dirigeants croates ont préservé la démocratie dans leur pays. Ils ont aussi refusé l’enfermement. Dès l’indépendance, ils ont demandé l’adhésion de leur pays à l’Union européenne, ce qui est chose faite. De quoi, là aussi, faire réfléchir les souverainistes… »

 

En 1941, alors que la deuxième guerre mondiale sévit depuis deux ans avec ses nombreux morts et combats, les Nazis attaquent la Yougoslavie et mettent en place en Croatie un Etat indépendant qui va devenir satellite de l'Allemagne, l’Etat indépendant de Croatie. Ses autorités, les Oustachis, se fondent sur une politique basée sur le modèle nazi et prônent un Etat croate ethniquement pur, qui sera débarrassé des « éléments indésirables », Serbes et Juifs. Le tristement célèbre Ante Pavelic, chef des Oustachis, ne cherche pas à dissimuler les massacres qu'il compte mener contre ces populations. Des lois raciales sont édictées [Loi pour la protection du peuple et de l’état (17 avril 1941), loi sur l’appartenance à la race (30 avril 1941), loi sur la protection du sang aryen et de l’honneur du peuple croate (30 avril 1941)] qui mettent en place de fortes discriminations envers les Serbes et les Juifs : Ceux-ci sont chassés des centres des villes, victimes d'expropriations, et doivent porter des signes distinctifs. Ceux qui refusent l'oppression ainsi que les Croates qui défendent les victimes sont accusés de haute trahison et emprisonnés ou fusillés.

 

Les Oustachis déclenchent rapidement des massacres. Le 2 juin 1941, le ministre de la justice de l'Etat indépendant de Croatie, Milovan Zanic, annonce que « les massacres déjà commis s’inscrivent dans un plan national de massacre des populations serbes et juives. [la Croatie], est seulement pour les Croates et pour personne d'autre. Il n'y a pas de méthode que nous, Croates, puissions négliger dans le but de faire ce pays vraiment nôtre et de le nettoyer des Serbes (et des éléments "hostiles"). (...) Nous ne cachons pas notre pensée, c'est la politique de notre État, (...) nous ne ferons pas autre chose, mais seulement ce qui est écrit dans les principes oustachis. »

 

Certains hauts responsables oustachis vont même plus vite que les autorités centrales de Zagreb : Le gouverneur oustachi de la région de Banja Luka, Gutic, lance des appels à la haine et signe des papiers autorisant " Tout Croate à exterminer les Serbes partout où on les rencontrera".

 

Durant le seul mois de Juin 1941, on compte 100 000 hommes, femmes et enfants serbes tués par les soldats oustachis et les paramilitaires qui les aident.

 

D'autres massacres encore plus vastes ont eu lieu en Herzégovine durant la même période. Dans la banlieue de Ljubinje, les oustachis ont entrepris le 2 juin un massacre en masse. Trois jours plus tard, les oustachis ont égorgé quelque 180 paysans du village de Korita, près de Gacko. Le 30 juin, à Ljubusko, nouveau massacre. En juin, c'était le massacre des Serbes sur le territoire de la Dalmatie du Nord. Encore plusieurs dizaines de milliers de morts.

 

Fin Juillet et début Aout 1941 ont lieu les massacres de Vrgin-Most qui seront de l'aveu même des soldats italiens alliés des Oustachis un déclenchement de la barbarie la plus affreuse. Des femmes de villages serbes sont affreusement violées puis mutilées, plusieurs milliers de civils exécutés. Lors du raid du 3 Aout, on comptera 5 survivants sur les 5000 Serbes qui ont été arrêtés par les Oustachis. Bien qu'alliée de ces derniers, l'armée italienne décidera d'intervenir et de prendre le contrôle de la région pour faire cesser cette barbarie, ce qui fâchera passablement les autorités centrales de Zagreb.

 

Concernant les camps de concentration, la Croatie sera le seul « État » d'Europe à mettre en place une politique concentrationnaire sans l'aide des Nazis. Et une différence remarquable entre les camps nazis et croates est que les exécutions dans les camps croates avaient le plus souvent lieu à l'arme blanche ou même.... à la hache comme dans le funeste camp de Jasenovac, l'Auschwitz des Balkans, dans lequel furent exécutes 360 000 personnes, comprenant des Serbes, des Juifs, des Tziganes et des opposants, ce qui en faisait selon les historiens le camp le plus meurtrier après ceux d'Auschwitz et de Treblinka.

 

Le bilan de ce génocide varie. Déjà en 1941, un rapport intitulé Documentation sur les actions illégales et brutales commis par les oustachis sur la population yougoslave, commandé par l’État-major de l'armée italienne, fait état de plus de 80 000 Serbes tués entre Avril et Aout 1941.

 

Le bilan total du génocide se chiffre lui en centaines de milliers de morts et de disparus : 744 000 selon un rapport du président Roosevelt lors de la conférence de Téhéran, dont 330 000 environ rien qu'à Jasenovac selon le United States Holocaust  Memorial Museum.

 

Force est néanmoins de constater que si le thème du génocide de 1941-1945 est bien connu des historiens des Balkans et de certains historiens américains, on en parle relativement peu. Et il a fallu attendre Avril 2011 pour qu’un officiel croate, le président Josipovic, fasse enfin des excuses pour les crimes commis par l’Etat indépendant de Croatie.

 

Source AGORAVOX ICI  : 

 

La Croatie face à ses fantômes oustachis. L'extradition d'un commandant de camp nazi réveille le passé par Thomas Hofnung — 18 juin 1998

 

« L'ancien officier nazi croate Dinko Sakic devait être extradé hier soir vers la Croatie où il sera jugé pour des crimes commis pendant la Seconde Guerre mondiale. Dinko Sakic, 76 ans, qui réside en Argentine depuis 1947, avait été arrêté en avril à son domicile, quelques heures après l'enregistrement officiel par l'Argentine d'une demande d'extradition présentée par la Croatie.

 

Zagreb envoyé spécial, Le 30 avril, c'est par un silence assourdissant que Zagreb avait accueilli la nouvelle de l'arrestation en Argentine de Dinko Sakic. Un silence révélateur de la gêne qu'éprouve le régime du président croate Franjo Tudjman face à la réapparition inopinée de l'ancien commandant du camp de concentration de Jasenovac (Croatie), où furent massacrés par les oustachis (pronazis), de 1941 à 1945, plusieurs dizaines de milliers de Serbes, de Juifs, de Tsiganes et de Croates antifascistes.

 

Dinko Sakic, un retraité d'apparence paisible, ayant reconnu à la télévision argentine qu'il avait dirigé le camp de sinistre mémoire, les autorités de Zagreb n'ont pas eu le choix. Elles se sont rapidement résolues à demander son extradition, en partie pour prendre de vitesse le «frère ennemi» yougoslave qui venait d'entamer la même démarche auprès de Buenos Aires. La Croatie se prépare désormais à juger l'ancien responsable oustachi au cours d'un procès qui promet d'être douloureux. Car, depuis 1990, les autorités de Zagreb n'ont pas ménagé leurs efforts pour réhabiliter partiellement le régime d'Ante Pavelic, qui avait collaboré avec l'Allemagne nazie. »

 

La suite ICI 

Pavelic Ante

 

Publié le par Mémoires de Guerre

Ante Pavelić (Bradina, Bosnie-Herzégovine, 14 juillet 1889–Madrid, 28 décembre 1959), était un homme politique yougoslave d'origine croate. Fondateur du mouvement nationaliste croate des Oustachis (Ustaše), il fut le dirigeant de l’État indépendant de Croatie (Nezavisna Država Hrvatska, NDH) pendant la Seconde Guerre Mondiale.

La suite ICI

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11 juillet 2018 3 11 /07 /juillet /2018 06:00
Le palais d'hiver, résidence des tsars, où s'étaient réfugiés le gouvernement provisoire qui abdique face aux communistes dans la nuit du 7 au 8 novembre 1917 | Olivier Pauly / Ouest-France

Le palais d'hiver, résidence des tsars, où s'étaient réfugiés le gouvernement provisoire qui abdique face aux communistes dans la nuit du 7 au 8 novembre 1917 | Olivier Pauly / Ouest-France

Cette chronique est écrite en temps réel pendant la demi-finale Belgique-France à Saint-Pétersbourg.

 

Je suis calfeutré car je ne veux pas être influencé par les cris de joie ou de déception montant de la rue : beaucoup visionnent le matche dans un café…

 

Pendant toute la sainte journée sur les réseaux sociaux les deux camps se sont affrontés,avec plus ou moins d’humour, on sentait chez mes amis belges une jubilation sourde : enfin ils allaient claquer le bec à ces ramenards de Français jamais avare d’une bonne histoire belge. 

 

Moi ça ne me dérange, ça ne me touche pas, ce n’est que du football, un jeu, que le meilleur gagne je l’espère sans aucune contestation.

 

Comme je vous l’ai avoué je n’ai pas l’âme d’un supporter, j’aime le beau jeu et ces deux équipes sont capables d’en produire. C’est tout le mal que je leur souhaite.

 

Ça se passe à Saint-Pétersbourg la capitale des tsars, cette improbable ville flottante, fondée il y a plus de trois siècles (1703) Pierre le Grand a voulu faire de Saint-Pétersbourg une ville européenne et donner son premier port à l’empire. N’avait-il pas conçu ce rêve en apprenant la navigation en Hollande, dont il imposa les multiples canaux lors de sa construction ?

 

« Née d’une double victoire sur les Finlandais et les marais, Saint-Pétersbourg est un acte contre nature, issu d’un désir impérieux de voir triompher la volonté sur les éléments. Ici, tout est démesure : palais, ponts en fonte et quais de granit, jardins et églises, statues de bronze. La Neva, surtout. Fleuve qui inspira nombre de poètes et dont les reflets changeants, à l’aube comme au crépuscule, au soleil ou dans la brume, donnent à la ville une aura si particulière. Une sorte de douceur de vivre qui tranche avec la rudesse du climat.

 

Ce n’est donc pas un hasard si tous les auteurs russes, de Pouchkine à Gogol, ont vécu ici et non à Moscou. Si Voltaire, Gérard de Nerval, Sartre, Gide ont été fascinés par la bipolarité de la cité. Une fois visités les incontournables musées, palais et églises, il faut donc se faufiler dans le roman russe.

 

La perspective Nevski d’abord, chère à Gogol, qui s’étend sur plus de 4 km, de l’Amirauté à Ligovski Prospekt.

 

à 20 km de la ville : le palais Sainte-Catherine, dit Tsarskoïe Selo, et ses 100 hectares de parc. C’est dans le lycée impérial, contigu au palais d’Eté, d’inspiration baroque orné d’une splendide façade turquoise et or longue de 300 m, que Pouchkine, autre grand poète russe, fit ses études. Celui qui décrivait Saint-Pétersbourg « comme étrangère à sa propre patrie »

Magali Cartigny Le Monde

 

Les soirs d’été, lors des nuits blanches, une lumière inégalable décrite par Custine comme une fantasmagorie. Alexandre Dumas, dans Le Maître d’armes (1859), le résume ainsi : « Aimer pendant de pareilles nuits, c’est aimer deux fois. »

 

Aimer oui aimer…

 

Lorsque le résultat tombera, faisant des heureux et des malheureux, j’aurai une pensée pour Arno chantant Adamo.

 

Deux symboles de l’absence de frontière grâce à la musique.

 

Lorsque mon amie Magalie vendait des fromages français qui puent aux belges j’allais la rejoindre le week-end à Bruxelles. Elle habitait dans le quartier d’Arno et nous nous étions promis d’aller l’écouter ensemble.

 

23 mars 2016

Cher Arno, longtemps je me suis rendu à Bruxelles par le Trans-Europ-Express pour que nous ne connaissions plus la guerre… et la voilà chez toi... 

 

Arno en 2012 dénonçait l'absurdité de notre société de repus, il se méfiait de la contestation érigée en tendance, en ligne officielle.

 

« Je ne veux pas appeler à la révolte, autrement je serais comme Staline, Hitler, Mao. Moi, je suis seulement un chanteur de charme raté, donc je constate seulement ». Pas optimiste, optimiste notre Arno « J'ai peur parce que la gauche d'aujourd'hui est devenu la droite, et la droite est devenue l'extrême-droite. En Europe, le tendance d'extrême-droite est incroyable. Regarde ce qui se passe en France, en Belgique, en Hollande, en Italie, en Espagne, en Grèce… Mon père a vécu une guerre, mon grand-père deux, je suis la première génération qui n'a pas vécu une guerre en Europe. En 68, j'avais 19 ans et c'était la première fois dans l'histoire que les jeunes avaient leur propre culture. Pour nous, tout était possible. Maintenant j'ai des enfants et je vois que des jeunes font des études pour un métier qui n'existera plus dans trois ans. On vit le même changement que dans les années 60, mais avec un Etat des années 30. »

 

22 mai 2016

 

Et moi, pendant ce temps-là, je me retrouve dans une salle de concert, Le Trianon, pleine à craquer, c’est la première fois depuis la nuit du Bataclan que je retrouve au pied d’une scène, au coude à coude, comment ne pas y penser puisque lorsque j’avais réservé ma place j’avais noté « Les dates d'Arno, initialement prévues au Bataclan, sont reportées au 19 et 20 mai 2016 à 20h00 Le Trianon 80 boulevard de Rochechouart. Tous les âges, toutes les conditions, Arno a mis le feu pendant deux heures avec ses musiciens qui envoyaient du bois, même que la salle a chanté juste avec lui Putain, putain, nous sommes tous des Européens et, bien sûr, tout à la fin, les filles du bord de mer, nous ont permis de reprendre en chœur : et encore, et encore… de faire tchouin, tchouin… que du bonheur. Y’a pas d’âge pour ça et ça c’est aussi Paris…

 

Révolution russe. 100 ans plus tard, Saint-Petersbourg oublie et se souvient 

 

 

La statue de Lénine s’adressant au peuple est toujours en place. Monumentale, devant la gigantesque maison des Soviets. Un peu plus loin, le tout nouveau centre commercial arbore une architecture volontairement stalinienne. Mais sous ses arcades, ce ne sont que marques de luxe et autres étendards de la société occidentale, de la mondialisation.

 

Selon un récent sondage, un jeune russe sur deux ignorerait qui est… Lénine. Pourtant, dimanche, une foule immense, jeune, s’agglutinait place du Palais d’hiver, pour un son et lumière commémorant la révolution de 1917.

 

Cent ans plus tard, une génération de Russes qui n’a jamais vécu sous le communisme atteint la majorité. « Pour eux, il est extrêmement compliqué de concevoir ce qu’était l’URSS, estime Eugène Berg. Et vis-à-vis de l’Histoire, la Russie ne peut pas évacuer complètement Staline comme l’Allemagne a pu le faire avec Hitler. Les crimes commis sous Staline ne sont pas contestés mais il reste aussi celui qui a défait les nazis. C’est très compliqué. »

 

Point de départ de la révolution bolchevique d’octobre 1917, celle qui mettra un terme au tsarisme et bouleversera la marche du monde, Saint-Petersbourg est aujourd’hui à l’image d’un pays qui a tourné la page, et la tourne encore, d'un vingtième siècle communiste.

 

Cent ans plus tard, une génération de Russes qui n’a jamais vécu sous le communisme atteint la majorité. « Pour eux, il est extrêmement compliqué de concevoir ce qu’était l’URSS, estime Eugène Berg. Et vis-à-vis de l’Histoire, la Russie ne peut pas évacuer complètement Staline comme l’Allemagne a pu le faire avec Hitler. Les crimes commis sous Staline ne sont pas contestés mais il reste aussi celui qui a défait les nazis. C’est très compliqué. »

 

D’autant que pour chaque Russe, la relation à la période communiste est singulière. « Quand une famille a été privée de ses biens au nom du collectivisme, elle n’en a pas retrouvé la jouissance avec l’écroulement de la société communiste, explique Ivan Medved, dont les grands-parents ont vu leurs terres confisquées. Cela laisse des traces… »

 

Néanmoins, de l'autre bord, il reste des nostalgiques. Pour Youri, 55 ans, cela peut s’expliquer. « Sous l’URSS, nous avions un système éducatif très performant, rappelle ce Moscovite de passage dans l'ancienne capitale russe. Pareil pour la santé. Les droits acquis étaient nombreux. Quand on a fait le ménage à la chute du communisme, on est peut-être allés trop loin. »

 

Les cafés soviétiques : un concept nouveau à Saint-Pétersbourg 

 

« Les deux « cafés soviétiques » visités sont bien différents de ce à quoi on aurait pu s’attendre.  Est-ce vraiment comme cela que vivaient les Soviétiques, quand ils allaient prendre un verre ? Eh bien, tout simplement, ils n’allaient pas au café. A leur arrivée au pouvoir, les Bolcheviks ont tenté de mettre fin à ces enseignes, ainsi qu’à tout type de restaurants privés. Ces derniers, contraints de fermer, devaient être remplacés par des cantines collectives ou stalovaya, modèle socialiste de la restauration. Avec la croissance urbaine, nombre de ces cantines ont été construites, aménagées et gérées par le pouvoir central. Du fait de leur qualité médiocre, des restaurants privés « secrets » se sont développés en marge du système légal.

 

Après l’époque stalinienne et surtout sous l’ère gorbatchévienne, des établissements, restaurants et cafés privés sous forme de coopératives, ont été autorisés. Néanmoins, le café comme place de repos, où l’on peut s’asseoir et discuter, restait assez rare. Le système de restauration soviétique était marqué par une hiérarchisation. En haut de celle-ci se trouvaient les restaurants, réservés aux membres du Parti. A l’étage intermédiaire, les cafés proposaient des glaces, gâteaux, bonbons et autres produits sucrés. En théorie ouverts à tous, ils correspondaient en pratique à une population relativement aisée. Enfin, les stalovaya proposaient une nourriture de mauvaise qualité pour une population plus pauvre. »

 

Comme c’est étrange au moment où je mets le point final à cette chronique je regarde mon compte Twitter qui annonce :

 

 

La France disputera dimanche (17h00) à Moscou la 3e finale de Coupe du monde de son histoire après 1998 - victoire face au Brésil (3-0) - et 2006 - défaite face à l'Italie (1-1, 5 t.a.b. à 3) #CM2018 #AFP

Pour moi les terrains de foot n’ont pas de frontières je suis fou d’Arno lorsqu’il chante Adamo, ma part de belgitude est entière…

C’est fini. Enfin, pas vraiment, parce que les Belges joueront samedi pour la troisième place du Mondial, mais l’incroyable espoir qui traversait tout le pays depuis quelques jours, l’espoir de pouvoir gagner la Coupe du monde de football, le Graal absolu du sport numéro 1, s’est évaporé dans la nuit de Saint-Pétersbourg.

 

Un petit but qui fait toute la différence. Un petit but qui change un destin et qui transforme un rêve en réalité ou en regrets éternels, selon le camp où l’on se place.

 

On n’a pas assisté à une rencontre flamboyante, ce mardi, contre la France. Loin de la remontada face au Japon ou du football total contre le Brésil. On a, au contraire, eu droit à un match tactique, fermé, cloisonné par une formation hexagonale pas forcément chatoyante mais très impressionnante d’organisation, de maîtrise et d’efficacité. Une équipe de France plus que jamais à l’image de son entraîneur, Didier Deschamps. L’homme qui contrôle tout et qui s’adapte à toutes les oppositions a créé un collectif prêt à mettre le talent individuel au service de l’intérêt général et de la roublardise. La quintessence du football moderne, où il n’y a pas de place pour les sentiments mais où tout se joue sur le résultat. Chapeau.

 

La beauté et la cruauté du football à la fois

 

Et au final, donc, c’est un petit but, sur une phase arrêtée, qui a fait la différence. C’est toute la beauté et la cruauté du football à la fois. Ce petit supplément d’âme entre une occasion ratée et un corner réussi. Un petit but mais une différence énorme. Car toute la Belgique, ou presque, était devant le match en croyant plus que jamais dans l’histoire du pays, en un destin triomphal et à une semaine encore de fêtes et de passion dans les rues, devant les écrans et sur les terrasses.

 

Car c’est le plus grand mérite des Diables rouges : ils ont donné de la joie et de la fierté à tout un pays pendant trois semaines. On a oublié, un moment, les querelles et les soucis pour passer quelques jours d’émotion collective, simple, contagieuse, dont on manque sans doute cruellement.

 

Alors, évidemment, c’est un silence assourdissant qui s’est abattu sur le Royaume sur le coup de 22h.

 

La Belgique ne gagnera pas la Coupe du monde. Elle ne gagnera peut-être jamais la Coupe du monde. Mais la génération en or rentrera de Russie avec le sentiment d’avoir rempli plus que sa mission. Elle a prouvé qu’elle n’était pas seulement un espoir potentiel ou une simple addition de jeunes vedettes sans âme, mais bien une réalité tangible dans le football mondial et elle a passé un cap en s’installant dans le carré final et en alignant cinq succès d’affilée.

 

Évidemment, et c’est sans doute neuf dans l’état d’esprit belge, on en aurait voulu un peu plus et le potentiel était là pour aller jusqu’au bout. Mais il faut garder l’image de ce formidable groupe qui allie le talent, la solidarité, la volonté de briller et qui donne le sourire de Bruges à Arlon.

 

Un but. Un tout petit but. Mais un but qui change le destin. En somme : la définition du foot.

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9 juillet 2018 1 09 /07 /juillet /2018 06:11
« En Russie, une bouteille vide sur une table est de mauvaise augure » chekouschka et zakouski autour du massacre de Katyn

Pour coller à l’actualité parlons ce matin de la Russie.

 

Nous sommes à Smolensk le samedi 27 mars 1943

 

« … un homme au faciès comme une boîte de limaille de fer et avec qui, visiblement, Bartov avait été en affaire par le passé, me vendit une chekouschka, un quart de litre de vodka estonienne. La bouteille était assymétrique, de sorte que vous aviez l’impression d’être déjà ivre, et la gnôle qu’elle contenait n’avait pas l’air moins douteuse que le samogon, mais Bartov m’assura du contraire, raison pour laquelle, probablement, je décidai d’en acheter deux et lui proposai de me tenir compagnie. »

 

« Nous bûmes deux autres verres, mangeâmes le pain et les cornichons – Batov appelait ces amuse-gueule des zakouski –, et la première bouteille fut bientôt finie. Il la posa à côté du pied de la table.

 

 « En Russie, une bouteille vide sur une table est de mauvaise augure »

 

Le berlinois Bernie Gunther et Batov le russe discutent, ce dernier explique :

 

« Depuis la guerre de 1920, il est presque aussi difficile d’être polonais sous les bolchevicks que juif  sous les Allemends. Une vieille cicatrice historique, mais, comme toujour, ce sont des cicatrices profondes. Les Russes ont perdu, vous comprenez. Les forces soviétiques commandées par le maréchal Toukhatchevski ont été battues par le général Pilsuldski devant Varsovie – le miracle de la Vistule, comme on l’appelle. Staline en a toujours imputé la faute à Toukhatchevski, qui, de son côté, en imputait la faute à Staline. Ils ne pouvaient pas se voir, de sorte qu’on se demande comment il a duré aussi longtemps. Finalement, il a été arrêté en 1937,et lui, sa femme et deux de ses frères ont été exécutés ; il me semble que ses trois sœurs et une de ses filles ont été envoyées dans un camp de travail. Alors je suppose que nous pouvons nous estimer heureux d’être encore là pour pouvoir relater les faits, ma fille et moi »

 

  • Et moi qui pensais que Hitler était un sale type »

Batov sourit.

 

« Hitler n’est qu’un démon mineur de l’enfer, mais Staline est le diable en personne. »

 

La Pologne célèbre "le Miracle de la Vistule" le 14 août 2010

 

« La Pologne a célébré samedi le 90e anniversaire de la Bataille de Varsovie contre l'Armée rouge en 1920, qui a permis de lui barrer la route dans sa marche vers l'Europe de l'Ouest. Le nouveau président polonais Bronislaw Komorowski a assisté à une messe solennelle célébrée à l'église d'Ossow en présence de militaires hauts gradés. plusieurs centaines de personnes en uniformes d'époque et armes à la main ont pris part samedi à une reconstitution des opérations militaires, en présence des milliers de spectateurs. La Pologne a remporté cette guerre, également appelée "le Miracle de la Vistule", peu après son retour à l'indépendance en 1918, mettant fin à 130 ans de son partage entre la Russie tsariste, la Prusse et l'Empire austro-hongrois. »

 

« Les Soviétiques commencèrent à concentrer sur les frontières polonaises les meilleurs détachements parvenus de tout le pays. Le 10 mars 1920, à Smolensk, eut lieu la réunion des chefs de l’Armée rouge, du « Front occidental » et des commissaires communistes, dont Staline. C’est alors que furent prises les décisions d’attaquer la Pologne et l’Europe selon un plan qui devait se dérouler le long de la trajectoire Varsovie, Poznan, Berlin et Paris.

 

Grâce au brillant travail de l’espionnage polonais, le maréchal Josef Pilsudski, le chef charismatique de l’armée polonaise, était au courant des plans soviétiques et il décida d’agir immédiatement. Le 25 avril, anticipant l’attaque bolchevique, Pilsudski lança l’armée polonaise contre les Russes pour disperser l’Armée rouge et pour créer sur le territoire conquis un État ukrainien indépendant. Malgré la conquête de Kiev, ces objectifs ne furent pas atteints et l’armée polonaise dut se retirer. »

 

Les zakouski

 

« Il est d’usage en Russie, le jour d’un dîner, de préparer dans une pièce, laplus près de la salle à manger, une table couverte de différents hors-d’œuvre : tels que, radis, beurre, anchois, caviars, saucissons en tranches, et quelques petits hors-d’œuvre chauds de cuisine, plusieurs carafons de liqueurs, telles que : eau-de-vie blanche, amer, pomeranz, anisette, genèvre de Hollande et arak ; quelques  assiettes de tranches de pain blanc et bis. Les convives avant d’aller se mettre à table, passent dans cette pièce et s’arrêtent autour de ce buffet, pour y prendre chacun selon son goût un peu de ces hors-d’ouvre et un petit verre de liqueur ; c’est ce qu’on apelle prendre le zakouski. »

 

               

Les ombres de Katyn de Philip Kerr

 

« C'est la plus sombre des enquêtes de Bernie Gunther. Non seulement parce que, contrairement à l'habitude que nous a donnée l'auteur de La trilogie berlinoise, notre héros, Bernie, n'ouvre pas le bal avec des baffes d'anthologie balancées aux nazis de l'hôtel Adlon, mais manque de périr enseveli sous les décombres de Berlin pilonnée en 1943 par la Royal Air Force... Mais sombre, encore et surtout, parce que Philip Kerr, malgré l'alacrité de son humour anglais (qu'il est), soufflant à Bernie un esprit chevaleresque un brin misogyne (il faut bien coller à l'époque...), s'empare cette fois d'un épisode effroyable de notre Histoire. En 1940, 14 500 hommes, Polonais pour la plupart, furent massacrés et enterrés par les soldats soviétiques aux abords de la ville de Smolensk. »

 

La suite ICI 

« En Russie, une bouteille vide sur une table est de mauvaise augure » chekouschka et zakouski autour du massacre de Katyn

Katyn, l'un des pires massacres de Staline

 

Les communistes soviétiques éliminent, en avril 1940, l'élite de la Pologne. Ils feront porter le chapeau aux Allemands durant cinquante ans. Par Michel Colomès

 

C'est pire qu'un massacre, c'est un abattoir, tant les gestes sont calculés, méthodiques, froids, précis, et surtout répétés en une procédure implacable, des dizaines et des dizaines de fois. Sans un tremblement, sans l'ombre d'une hésitation, sans une pause. Un homme à la fois, d'abord un noeud coulant passé autour du cou, puis les mains garrottées derrière le dos, trois pas à peine, le temps d'ébaucher une prière, il est saisi aux épaules par deux aides, une seule balle dans la tête tirée par un troisième. Le corps est déjà poussé sur un plan incliné et la flaque de son sang lavée d'un coup de seau.

 

4 404 officiers polonais au moins sont morts ainsi, ou plus expéditivement encore, exécutés au bord de la fosse commune qui allait les ensevelir, en avril 1940, dans la forêt de Katyn, près de Smolensk, en Russie. À l'occasion de l'anniversaire de ce qui fut une tragédie pour la Pologne et pour le genre humain, Arte a eu la bonne idée de diffuser, le 14 avril, le sombre et magnifique film d'Andrzej Wajda, dont le père, capitaine au 72e régiment d'infanterie, fut parmi les victimes. Wajda, ardent patriote polonais, a toute sa vie voulu reconstituer l'histoire et, surtout, rétablir la vérité sur Katyn. Car à l'atrocité des faits s'est ajoutée la honte de leur négation pendant plus de 50 ans par les Soviétiques. Et leur travestissement pour accuser le coupable idéal, le Troisième Reich, responsable, il est vrai, de tant d'horreurs dans cette région d'Europe, et dans d'autres.

 

Épuration de classe

 

Lorsque les Allemands envahissent la Pologne, le 1er septembre 1939, ils sont suivis, quinze jours plus tard, par l'Armée rouge. En vertu de leur pacte d'août 1939, Hitler et Staline avaient décidé de se partager les dépouilles du pays. Tout de suite, les Soviétiques font prisonniers 250 000 soldats et officiers polonais. Les agents du NKVD, à qui Staline a demandé de s'occuper spécialement de ce dossier, libèrent une partie des soldats et livrent les autres aux Allemands. Mais ils gardent les officiers, pas seulement ceux de carrière, mais tous les réservistes, étudiants, médecins, ingénieurs, chefs d'entreprise, qui représentent l'élite de la Pologne. Afin de supprimer une menace potentielle pour le nouveau régime qu'il veut imposer à Varsovie, Staline décide de procéder à une véritable épuration de classe. Le 5 mars 1940, il donne l'ordre d'exécution des officiers polonais "nationalistes et contre-révolutionnaires". Le massacre de Katyn est acté.

 

Tout le monde l'ignorera, jusqu'à ce que l'armée allemande, qui s'est retournée contre l'URSS et a dénoncé le pacte germano-soviétique, envahisse la Russie occidentale et tombe sur les charniers. Dès avril 1941, des identifications sont faites, et de rares objets personnels rendus aux familles. Commence alors une monstrueuse polémique qui prend d'abord la forme, pendant toute la guerre, d'une campagne de propagande organisée par les nazis, accusant les officiers juifs de l'Armée rouge du forfait.

 

Des revolvers de marque allemande

 

À cette accusation répondra, pendant 50 ans, un déni total de responsabilité de la part de Moscou. Les communistes non seulement nient toute implication, mais appliquent leur tactique habituelle de l'amalgame, un terrorisme intellectuel très efficace, surtout à la fin de la guerre : ceux qui mettent en doute la thèse soviétique sont des pro-nazis. Au point qu'en 1944, Roosevelt refusera les conclusions d'une commission d'enquête défavorable aux Russes. Les Anglais feront de même après un rapport de leur ambassadeur auprès des Polonais qui aboutissait à la même conclusion. Même la Croix-Rouge refusera de rendre publique l'enquête qui lui a été remise par ses services précisant les responsabilités soviétiques du massacre. En dépit des protestations des Polonais libres - les autres sont devenus un satellite de l'URSS -, Katyn va être catalogué pendant toute la guerre froide comme "une tentative sans importance (sic) des Allemands pour retarder leur défaite".

 

Il faudra attendre Gorbatchev et la glasnost, vraie déstalinisation, pour qu'à la suite des travaux d'une historienne soviétique, l'URSS reconnaisse, en 1990, la responsabilité de sa police secrète dans la tuerie organisée par le chef du NKVD, Lavrenti Beria. Deux ans plus tard, Boris Eltsine, nouveau président russe, remet à Lech Walesa, président de la République polonaise, plusieurs documents émanant du comité central, dont l'ordre d'exécution des officiers polonais.

 

Dans ces archives, une note montre à elle seule le cynisme et la duplicité des communistes soviétiques : elle indique que les exécutions doivent être accomplies avec des revolvers Walther, de marque allemande, et des munitions allemandes, elles aussi, saisies en Estonie que l'URSS vient d'annexer. Dès 1940, alors qu'il était encore son allié, Staline avait donc monté une opération destinée à faire croire à la responsabilité de son compère Hitler dans les atrocités de Katyn.

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8 juillet 2018 7 08 /07 /juillet /2018 07:00
Ceci n’est pas une histoire belge : la Convention annexa la Belgique à la France le 1er octobre 1795.

Allez, un petit coup de foot pour la route :

 

Coupe du monde 2018 : la Belgique se débarrasse du Brésil et hérite de la France…

 

La première demi-finale de cette Coupe du monde est connue. Elle opposera la France, vainqueure de l’Uruguay (2-0), à la Belgique, qui a renversé une équipe brésilienne trop brouillonne et pas assez inspirée (2-1). Il s’agira du premier match officiel entre les deux voisins européens depuis 1986, quand ils avaient joué le match de la troisième place.

 

Hériter de la France quelle histoire ?

 

Après la victoire de Fleurus, de longs débats ont lieu à la Convention pour décider du sort des Pays-Bas autrichiens. Poussée par Merlin de Douai, la Convention craint qu'une république belge séparée, comme la République batave, soit trop faible pour résister aux Anglais et aux Autrichiens et qu'elle ne devienne un État tampon contre la République française. La Convention vote finalement l'annexion de la Belgique le 1er octobre 1795, créant les neuf départements belges : la Dyle, les Deux-Nèthes, l'Escaut, les Forêts, le Jemmapes, la Lys, l'Ourte, la Meuse-Inférieure et la Sambre-et-Meuse. Cette annexion est confirmée le traité de Campo-Formio, par lequel l'Autriche cède officiellement les Pays-Bas autrichiens à la France, puis par le traité de Lunéville en 1801.

 

 

L'histoire de la Belgique ICI

 

Revenons au foot :

 

Les Français qui ont regardé le match auront raison de se demander si une demi-finale contre leurs voisins, plutôt que contre cette équipe brésilienne un peu perdue, est vraiment la meilleure issue. La Belgique est la meilleure attaque de ce Mondial (14 buts), elle a mis deux buts à la meilleure défense du Mondial et a battu pour la première fois une équipe sud-américaine en match à élimination directe. La Belgique n’a plus perdu lors de ses 23 derniers matchs (18 victoires, 5 défaites).

 

Surtout, elle arrive en pleine confiance, consciente d’avoir frôlé la mort footballistique contre le Japon. Les Diables rouges sont devenus la première équipe à être revenue d’un déficit de deux buts, pour remporter un match de Coupe du monde dans le temps réglementaire depuis le Portugal, en 1966. « On est très fiers d’avoir gagné contre ce genre d’équipe. C’est pour vivre ça qu’on veut jouer au foot, pour vivre des matchs comme celui contre le Brésil », a dit un Kevin De Bruyne élu homme de la rencontre par la FIFA.

 

La « génération dorée » belge avait jusqu’ici échoué en quarts de finale, en Coupe du monde 2014 et à l’Euro 2016. Ils atteignent pour la première fois le dernier carré et retrouveront donc la France, pays voisin et adversaire presque frère. La demi-finale, qui aura lieu mardi 10 juillet à 20 heures à Saint-Pétersbourg, sera le 74e match entre les deux pays, un record. Et, contrairement à la dernière demi-finale des Bleus, en 2006 contre le Portugal, Thierry Henry (123 sélections, 53 buts) ne sera pas dans le coin bleu. Il sera dans le coin rouge, en tant qu’entraîneur adjoint des Belges.

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7 juillet 2018 6 07 /07 /juillet /2018 06:00
Les cagots de Gascogne « Boire dans un verre que leurs lèvres auraient touché, serait comme boire du poison »

« On a peine à imaginer que dans le quart sud-ouest de la France, il y a moins d’un siècle encore, deux humanités coexistaient sans se mélanger.

 

En ville comme à la campagne, Français et Cagots se toisaient de loin, évitant tout contact direct. Ni guerre ni haine entre les deux peuples : les bons chrétiens acceptaient le poids d’une fatalité ancienne qui faisait considérer comme étrangers ces voisins de petite taille, aux trognes tragiques, aux oreilles curieusement découpées, avec lesquels on savait depuis l’enfance qu’il fallait proscrire tout échange organique sous peine d’être encagotté.

 

« Boire dans un verre que leurs lèvres auraient touché, serait comme boire du poison », écrit don Martin de Vizcay en 1621.

 

Dans de nombreux villages des Pyrénées et de Guyenne, existait « une fontaine des Cagots » distinctes de celle où les autres habitants allaient remplir leurs jarres.

 

« Certes les Juifs, les bohémiens étaient tenus à l’écart dans l’ancienne France, mais la religion des uns, le nomadisme des autres pouvaient encore expliquer les réactions de rejet. Quant au Cagots, également connus sous les noms d’Agotes, Capots, Gahets, Chrestiens – par anti-phrase – Gésites ou Gésitains, « ils avaient un domicile fixe, ils professaient la même religion que leurs voisins, ils  gagnaient leur vie en exerçant des métiers utiles et honorables », constate Francisque Michel, qui leur consacre l’essentiel de son livre sur les races maudites. »

 

 

« Ce qu’il y a de certain, c’est que ces êtres, dégradés par l’opinion et portant sur eux je ne sais quel sceau de malédiction, étaient bannis, repoussés de partout comme des pestiférés dont on redoutait le contact et la vue. Ils étaient sans nom, ou, s’ils en avaient un, on affectait de l’ignorer pour ne les désigner que par la qualification humiliante de Crestiaa ou de Cagot. Leurs maisons, disons mieux, leurs huttes, s’élevaient à l’ombre des clochers et des donjons à quelques kilomètres des villages, où ils ne se rendaient que pour gagner leur salaire comme charpentiers ou couvreurs, et pour assister à l’office divin à l’église paroissiale. »

 

Pour en savoir plus acheter Tour du Monde à travers la France inconnue Bruno Fuligni éditions du Trésor.

 

 

Envie de faire le tour du globe sans passer la moindre frontière ? C’est possible ! Discrètement mais sûrement, notre bonne vieille métropole cache, à travers ses peuplades méconnues, un étonnant monde miniature. Des Huns en Champagne, des Écossais dans le Berry, des Acadiens dans le Poitou, des Bédouins en Touraine, des Mexicains au cœur des Alpes, ou encore des vahinés sur la côte basque… Un voyage paradoxal : le tour du monde des grandes civilisations sans quitter l’Hexagone.

 

 

« Ils s'appelaient cagots dans les Hautes-Pyrénées, capots en Ariège, gahetz, gafets, agotas, gaouès, ladres… ailleurs. Leur particularité ? Ou plutôt leur malédiction ? Appartenir à une race qui les excluait par la naissance de la société. Plus considérés comme des bêtes que comme des hommes, ces cagots vivaient à l'écart, dans leur cagoterie. Et cela dès 1300 jusqu'au début du XXe siècle.

 

Où ?

 

Dans les vallées des Nestes, des Gaves des Hautes-Pyrénées, dans le Luchonais, l'Ariège, le Bearn, le Pays basque…

 

Sensible à ce thème de l'exclusion, Jean-Jacques Rouch, longtemps journaliste à «La Dépêche du Midi» a choisi d'aborder cette destinée méconnue et pourtant historique des cagots par la voix d'un jeune juge du parlement de Toulouse. Son roman s'intitule «Jean Le Cagot. Maudit en terre d'Oc»

 

Un musée à Arreau

 

Avant lui, un autre homme a aussi voulu rendre hommage à ce peuple persécuté pendant quelque 800 ans, en créant le musée des cagots, en 1989, dans le Château des Nestes, à Arreau, le seul qui existe en France. Il s'agit du professeur Raymond Fourasté.

 

Originaire d'Arreau, dans les Hautes-Pyrénées, bassin des cagots, le professeur Fourasté s'est intéressé à cette minorité en préparant une thèse d'état qui s'intitulait : «Analyse ethnopsychologique des identités basques et pyrénéennes». Lors de ses recherches, il est tombé sur un document du XIXe siècle, écrit par le médecin anthropologue René Collignon. «Dans ce texte, il avait classé les Pyrénéens en trois groupes. Les grands. Les moyens. Les petits. Les cagots font partie des petits. Si le terme ''petit'' n'est pas un mot d'exclusion. Celui de cagot, si !», précise le professeur.

 

«Le cagot type est plutôt blond, aux yeux bleus, et mesure entre 1 m 50 et 1 m 55. Il vit isolé en petits groupes dans les montagnes»

 

Naître cagot, c'était le rester à vie. Parias parmi les parias, les cagots ont supporté pendant des siècles le mépris des villageois. Interdiction leur était faite de vivre dans les mêmes quartiers. De marcher pieds nus. De posséder du bétail. De manipuler la nourriture. Et à l'église, ils ne pouvaient pas rentrer par la même porte que les fidèles et possédaient leur propre bénitier, le prêtre leur tend l'hostie au bout d'un bâton. Côté métiers, les cagots faisaient tout ce que ne voulait pas faire la population dominante. Ils exerçaient des métiers liés à la nature. Ils travaillaient le bois, le marbre, la pierre, l'eau. Ils étaient de très bons charpentiers, tonneliers, charrons…

 

A cette époque, les cagots effrayaient autant qu'ils fascinaient. Autour d'eux, gravitent de nombreuses croyances divines et occultes. On leur attribue le pouvoir du feu et de l'eau. Parmi les cagots, on recrutait beaucoup de guérisseurs.

 

En 1683, Louis XIV décide de les affranchir de leur condition de cagots, en leur accordant les mêmes droits qu'au reste de la population. Malgré cela, la ségrégation est restée de mise.

 

Aujourd'hui, encore le tabou demeure aussi pour ceux qui en descendent et qui en ont la mémoire. Comme une indicible douleur. »

 

Publié le 16/09/2012  dans la Dépêche du Midi :

Ces braves cagots ont été maudits pendant 800 ans 

 

 

« En 1963, un autre journaliste signalait encore à Argelès le dénommé Miquetot, « claudiquant,hébété,bonasse, sous des vêtements qui semblent toujours trop grands, grotesque et pitoyable » : haut d’un mètre vingt seulement, ce pensionnaire de l’hospice mendiait tristement par les rues, soutenant avec peine sa grosse tête disproportionnée d’où se détachaient deux oreilles que n’ourlait aucun lobe. Pauvre Alien pyrénéen, réduit à vivre de la charité publique ! »

 

« Près de 2 millions de Français portebt des noms de Cagoy=ts, sans que rien ne les distingue plus de leurs concitoyens. »

 

«Je te défens enter ès église, marché, moulin et lieux ès quels y a affluence de peuple.

 

Et te défens entrer ès tavernes et maison hors celles en laquelle est ton habitation.

 

Je te défens toucher compagnie d'aultre femme que celle que tu as espousée.

 

Je te défens toucher aucunement enfant et ne leur donner ce que tu auras touché.

 

Je te défens manger et boyre en autre compagnie que lépreux et sache que tu quand tu mourras tu sera enseveli en ta maison si ce n'est de grâce qui te sera faite par le prélat ou ses vicaires»

 

Cardinal de Pellevé, Rituel de Sens 1550.

 

Les cagots à Montgaillard et dans les Hautes-Pyrénées ICI 

 

 

 

«Je suis d'origine ariégeoise, et à Saint-Girons où j'ai vécu, il y avait la place des Capots. Cela m'a toujours intéressé», annonce Jean-Jacques Rouch, auteur de «Jean Le Cagot».

 

Après deux ans et demie de recherches, notre confrère signe un fabuleux roman historique qui rend hommage à ce peuple persécuté. Une belle leçon d'histoire et de courage. «Jean Le Cagot» a été sélectionné pour le prix national du roman historique qui se tiendra à Blois du 18 au 21 octobre.

 

«Jean Le Cagot», par Jean-Jacques Rouch, ed. Privat, 216 p, 18€.

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5 juillet 2018 4 05 /07 /juillet /2018 06:00
Chronique d’un trancheur de tomates « Le sel de l'existence est essentiellement dans le poivre qu'on y met. » Alphonse Allais…

Dans la touffeur  de ce début de juillet j’étais un homme en cuisine en train de trancher des tomates juteuses que j’allais étendre sur une assiette avant d’y poser des rondelles de mozzarella di Buffala ; une pincée de sel puis d’un coup de poignet léger actionner le moulin à poivre…

 

 

Et là, en un éclair fulgurant, je me suis dit « T’as jamais chroniqué sur le poivre, bougre d’âne ! Ça manque à ta palette de saveurs.»

 

Et puis, j’ai ri en pensant que mes premiers cheveux blancs sont apparus à 33 ans, l’âge du Christ et pendant tout un temps ma chevelure et ma barbe furent poivre et sel.

 

Et pour finir je me suis offert une petite citation poivrée

 

« Ne te laisse jamais embrasser par un homme sans moustaches; ses baisers n'ont aucun goût, aucun, aucun! Cela n'a plus ce charme, ce moelleux et ce... poivre, oui, ce poivre du vrai baiser. La moustache en est le piment. »

Guy de Maupassant Boule de suif (1880)

 

Enfin une pensée pour Annette Poivre et Patrick Poivre dit d’Arvor, le PPDA des défunts Guignols. En 2004, Patrick Poivre, ses enfants Arnaud, Dorothée et Morgane et son frère Olivier déposent une requête en changement de nom auprès des services du Garde des Sceaux, afin d'adopter officiellement le nom Poivre d'Arvor - requête satisfaite en septembre 2005, par décret.

 

« Pèbre d'ai ou « poivre d'âne » est le nom de la sarriette en Provence.

 

L'expression « poivre d'âne » vient du fait que cette herbe est très appréciée des ânes et, parait-il, leur permet d'avoir des érections grandioses. »

 

Lors de mon périple sur le sentier Stevenson, mon âne qui était une ânesse se nommait Sarriette.

 

23 août 2006

Adieu Modestine ! ICI 

 

J’entre dans le vif du sujet :

 

Il y a d’abord le poivre, l’épice des épices.

 

« En Chine comme à Rome son trafic tient un rôle à part, ne serait-ce que par son ancienneté, son volume et sa valeur. Son histoire à elle seule pourrait résumer celle de toutes les épices. Le poivre est synonyme de richesses et souvent valeur d’échange ; le roi wisigoth Alaric prend Rome en 410 ; il exige une rançon de 5000 livres de poivre. Au XVe siècle une expression française dit « Cher comme poivre ». De fait, lorsqu’un historien tente  de mesurer la plus-value qu’engendre ce commerce à la veille des grandes découvertes, il obtient des chiffres impressionnants : si le kilo s’achète un ou deux grammes d’argent aux Indes, il se rachète dix à quatorze à Alexandrie, quatorze à Dix-huit lorsqu’il est stocké au Fondaco dei Tedeschi à Venise ; le dernier acheteur, souvent un gros consommateur du nord de l’Europe, déboursera vingt à trente grammes de métal blanc. Lorsque les Portugais établissent un système d’approvisionnement direct à la source, le prix à l’arrivée est peu ou prou vingt fois celui du premier achat. Même si l’on tient compte des variations séculaires des cours et si l’on rappelle que le commerce du lointain a toujours engendré gros risque et gros profit, cette multiplication reste remarquable.

 

Le poivre est une marchandise dont il suffit d’énumérer les caractéristiques pour comprendre comment se déroulera la course aux épices. Il est de faible volume, rare, cher, exotique et impossible à transplanter en Europe ; il voyage surtout par mer et rapporte à l’intermédiaire bien plus qu’au producteur. Pendant longtemps les Européens ne peuvent s’en procurer que sur des marchés bien précis. Il y a fort à parier que celui qui emportera la course aux épices sera bon marchand, bon marin et bon diplomate. À ce jeu gagnera le plus inventif, le plus malin, le plus souple, parfois le plus cynique. »

 

L’horloge aux épices

 

« À la fin du XVIIe siècle, M. de Villayer fabrique une horloge dont chaque heure correspond à un logement contenant une épice différente. La nuit, on plonge le doigt dans le trou indiqué par l’aiguille des heures, et pour savoir à quelle vitesse passe le temps, il suffit de sucer son doigt. »

 

Les coureurs d’épices Edith Huyghe, François-Bernard Huyghe Payot

 

 

Tout savoir sur le poivre ICI 

 

Enfin, le poivre de Cayenne n’est pas du poivre.

 

« Il y a beaucoup de confusion entourant l'appellation "poivre de Cayenne". Ce dernier est extrait de piments forts du genre Capsicum et il ne doit pas être confondu avec le poivre noir ou blanc qui lui, est extrait d'une plante nommée Piper nigrum L. Le poivre de Cayenne est extrait à partir de cinq espèces différentes de Capsicum: Capsicum frutescens, Capsicum chinense, Capsicum baccatum, Capsicum pubescens et Capsicum annuum (comprenant jalapeño).

 

L'oléorésine de capsicum peut être extraite des piments avec un solvant organique. Cette oléorésine peut contenir de 0,1 à 1,5 % de composés piquants dont le plus connu est un alcaloïde appelé Capsaïcine. Celle-ci est une substance cristalline très irritante qu'on ne retrouve dans aucune autre plante. La Capsaïcine est la source de l'irritation et de la sensation de chaleur produite par les piments du genre Capsicum.

 

Le produit principalement utilisé par les forces policières qu'on appelle communément  "poivre de Cayenne", est en fait une bombe aérosol contenant de l'oléorésine de capsicum ou un autre type d'extrait de capsicum et un solvant qui peut être un mélange alcool-glycol. »

 

Pour finir en beauté Sgt Pepper's Lonely Heart Club Band.

 

« Le huitième album des Beatles, celui qui atteint des sommets dans les palmarès de vente de disques avec plus de 32 millions de copies écoulées, aura 50 ans ce 1er juin. Dès sa sortie, en 1967, Sgt Pepper's Lonely Heart Club Band, s'impose vite comme une oeuvre majeure de la culture pop et un des albums les plus influents. C'est cet album-là que le magazine iconique Rolling Stone hissera ainsi à la toute première place de son classement des "500 plus grands albums de tous les temps". »

 

Et petit coup pour la route avec Poivre d’âne le jaja rien que pour l'étiquette !

 

 

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1 juillet 2018 7 01 /07 /juillet /2018 07:00
Edinson Cavani quitte le terrain avec l'aide de son adversaire Cristiano Ronaldo, samedi 30 juin, lors du huitième de finale entre l'Uruguay et le Portugal à Sotchi (Russie). (JONATHAN NACKSTRAND / AFP)
Edinson Cavani quitte le terrain avec l'aide de son adversaire Cristiano Ronaldo, samedi 30 juin, lors du huitième de finale entre l'Uruguay et le Portugal à Sotchi (Russie). (JONATHAN NACKSTRAND / AFP)

Edinson Cavani quitte le terrain avec l'aide de son adversaire Cristiano Ronaldo, samedi 30 juin, lors du huitième de finale entre l'Uruguay et le Portugal à Sotchi (Russie). (JONATHAN NACKSTRAND / AFP)

 

L’Uruguay, pays de tous les exils ?

 

« L’histoire de l’Uruguay est celle d’un pays aux exils multiples. Autrefois « Suisse » d’une Amérique rêvée par des millions d’européens partis en quête d’une vie meilleure, le pays a par la suite joué le rôle capital d’espace-refuge lorsque l’Europe connut ses pires drames (la guerre civile espagnole, la répression franquiste, la seconde guerre mondiale) avant de devenir à son tour, à la fin du même siècle, le théâtre de la tragédie de la dictature et de la répression organisée au sein du Plan Condor. Dans ce contexte, c’est au tour des uruguayens de s’exiler massivement vers les pays de l’aïeul européen : l’Uruguay de l’accueil devient celui de l’ostracisme. Ces différentes facettes de l’exil sont au cœur des œuvres de José Mora Guarnido, Carlos Liscano et Marisa Silva Schultze, des écrivains qui ont connu de façon directe ou non l’effet de ces itinéraires transatlantiques, des contraintes des dictatures et des répressions. Dans leurs œuvres, ils ont choisi de mettre en scène cette condition de l’exilé « en » ou « depuis » l’Uruguay, ces voyages et expériences d’une rive à l’autre de l’Atlantique, contribuant ainsi à façonner une pensée de l’exil uruguayen. »

 

La suite ICI  

 

Le ballon rond, ciment social

 

Ce qui permet au petit pays d’exister sur la scène footballistique mondiale avec ses 3,4 millions d’habitants, est avant tout la part colossale de licenciés de la fédération de football, que le journal uruguayen La Republica estime à 165 000. Le Portugal, futur adversaire de la Celeste, et ses 10,3 millions d’habitants n’en comptent que 133 000.

 

Au-delà de la ferveur nationale, Pierre Arrighi trouve d’autres explications à la force du pays dans le domaine du ballon rond : « Si l’Uruguay a dominé le football d’Amérique du Sud depuis 1916 et le football mondial, (8 titres continentaux et 2 Coupe du monde entre 1930 et 1950) c’est en partie grâce au fait que l’équipe nationale uruguayenne a ouvert ses portes plus tôt et plus largement à l’immigration. »

Nicolas Rocca

1930

30 juillet

L'Uruguay remporte la première Coupe du monde

Lors de la finale de la première Coupe du monde de football à Montevideo, l'Uruguay bat l'Argentine par 4 buts à 2. La France terminera à la troisième place. L'équipe de l'Uruguay, qui joue à domicile, remporte tous ses matchs. L'Italie en 1938 puis le Brésil en 1970 et 2002 remporteront aussi la Coupe du monde sans perdre un seul match.

 

 

1950

16 juillet

La victoire de l'Uruguay noyée par les larmes des Brésiliens

Après douze ans d’absence, la Coupe du monde de football fait son retour au Brésil. Le pays tout entiers rêve alors du titre. La formule finale est unique cette année puisqu’elle se déroule sous la forme d’une poule. Mais le dernier match, qui oppose l’Uruguay au Brésil, a finalement la valeur d’une finale. En effet, les Brésiliens partent favoris puisqu’ils ont littéralement écrasé leurs adversaires : 7-1 face à la Suède et 6-1 face à l’Espagne. L’Uruguay a par contre fait match nul face aux Espagnols. Mais ce dernier bat le Brésil 2 à 1 et laisse le stade Maracanã dans un silence de mort. Abattus par cette défaite inattendue, les officiels brésiliens en oublient la cérémonie, si bien que c’est Jules Rimet en personne qui remet le trophée portant son nom au capitaine des Uruguayens.

 

1994

15 avril

Les accords de l'Uruguay Round

Dans le cadre du GATT (General Agreement on Tariffs and Trade), l’Uruguay Round aboutit, à Marrakech, à la signature de l’acte de naissance de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Ouvert en septembre 1986, ce cycle de négociations a réuni 125 pays. Il a été le plus long et le plus riche de l’histoire du GATT. Avant d’aboutir à l’OMC, il a porté sur la réduction des droits de douane et surtout sur l’élargissement des domaines de négociation à l’agriculture, au textile et aux services, incluant également le principe de propriété intellectuelle.

Présentation de l’Uruguay

Nom officiel : République orientale de l’Uruguay
Chef de l’Etat : M. Tabaré Vázquez

 

Données géographiques

Superficie : 176 065 km2
Capitale : Montevideo (1,34 million d’habitants)
Villes principales : Canelones (485 000 hab.), Maldonado (140 000 hab.), Salto (123 000 hab.), Colonia (119 000 hab.) et Paysandu (113 000hab.)
Langue officielle : espagnol
Monnaie : peso uruguayen
Fête nationale : 25 août (déclaration d’indépendance : 25 août 1825)

 

Données démographiques

Population : 3,42 M
Croissance démographique : + 0,24%
Espérance de vie : 77,3 ans
Taux d’alphabétisation : 98,4 %
Religion (s) : catholiques 66% ; protestants 2% ; juifs 1% ; autres et non-pratiquants 33% (Etat laïc depuis 1918).

La suite ICI 

 

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1 juillet 2018 7 01 /07 /juillet /2018 06:00
« Je suis d’une génération où il fallait faire silence. J’ai fait mes classes dans des écoles catholiques... »

Le grand silence à l’école d’agriculture Notre-Dame de la forêt commençait dès la fin du dîner jusqu’au lendemain matin où nous étions réveillé dans le grand dortoir par un  tonitruant « Dieu soit béni » auquel nous devions répondre « à jamais » en quittant notre lit avant d’allant torse nu, quel que soit la température, faire nos ablutions sous les robinets d’eau froide. Il n’était rompu qu’au moment du petit déjeuner.

 

Bien sûr, nous ne le respections pas toujours, le surveillant ne pouvant tous nous contrôler, mais dans cet internat, comme dans tous les internats, le silence était roi.

 

J’aimais bien ce silence comme une bogue dans laquelle mon imagination, cette folle du logis, s’en donnait à cœur joie.

 

Lire dans le silence, je lis dans le silence et ces derniers mois, sur mon lit, j’ai été gâté.

 

Écrire dans le silence, j’écris dans le silence du petit matin.

 

Le silence : « Comment enquêter sur ce qui touche à l’âme, cette «harpe silencieuse dans l’orchestre de Dieu», selon l’expression d’Henry David Thoreau

 

Chasseur de sensations, l’historien Alain Corbin consacre un livre lumineux au bonheur de se taire, traquant chez les écrivains le sens du silence, sa signification sociétale variable selon les époques.

 

Alain Corbin, Histoire du silence, De La Renaissance à nos jours, 210p. Albin Michel

 

Le silence, ce merveilleux signe de distinction

 

« Mais pourquoi cette chasse au silence, Alain Corbin?

 

«C’est quelque chose qui me tracassait depuis longtemps. J’ai souvent proposé ce sujet à mes étudiants doctorants, en vain. Comme mon livre sur les cloches, celui-ci dérive d’une expérience intime. Je suis d’une génération où il fallait faire silence. J’ai fait mes classes dans des écoles catholiques. Dans les années 1940, nous étions abonnés à l’adoration perpétuelle: on s’agenouillait dans une chapelle face au Saint-Sacrement et pendant une demi-heure, on n’avait pas le droit au moindre bruit. Je me rappelle aussi un voyage que j’ai fait avec mon père, un médecin mulâtre originaire de la Guadeloupe qui s’était établi en Normandie. Il m’a amené au monastère de Soligny-la-Trappe, j’y ai passé trois jours pendant la semaine sainte. J’avais 13 ans et j’étais fasciné par tous ces gens qui se croisaient en silence.»

[…]

« Première conclusion ici : le silence est un signe de distinction, une noblesse en soi. Dans le tintamarre de Paris, cette ville où au XIXe les forges imposent leur fureur dans les immeubles, où les charrois violentent les pavés, l’absence de bruit est un privilège. Et un raffinement. Sous les draps, il est recommandé de se masturber muet comme une carpe. Et quand le besoin se fait de pratiquer cet exercice dans une réunion familiale – mais oui –, il est là aussi exigé de ne rien montrer de son plaisir. Spécialiste du sujet, le docteur Deslandes note ainsi à propos de ces impénitents: «Ils n’exécutent aucun ou presque aucun mouvement, mais il y a dans le maintien, la physionomie, le silence du sujet […] quelque chose d’insolite.»

 

L’article ICI 

 

« De tous les métiers qu’un homme sensible et dépressif peut envisager, peu sont aussi périlleux que celui d’écrivain, un véritable écrivain. Les acteurs sont en première ligne, certes, mais la plupart des dommages surviennent au cours des auditions. Une fois qu’ils ont décroché un rôle, ils peuvent toujours se réfugier derrière un masque. Écrire, c’est se mettre à nu. « Ce sont les poètes qui ont découvert l’inconscient, pas moi », disait Freud, non sans un certain degré de frustration et d’envie. Il s’agit de laisser ses démons se manifester, aussi tapageurs et chaotiques soient-ils, de plonger dans les obscures profondeurs de ce pandémonium dans l’espoir de refaire surface avec quelque chose d’ordonné et de beau. La vie d’un véritable auteur requiert de longues périodes d’isolement. Celle d’un écrivain aussi consciencieux, méticuleux, scrupuleux et enclin à la dépression que Léonard Cohen exigeait une solitude implacable. »

La vie de Léonard Cohen I’M YOUR MAN Sylvie Simmons

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