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20 juin 2019 4 20 /06 /juin /2019 06:00
Margaret Thatcher (2e à droite), lors d'une manifestation pro-UE en 1975. [Dick Roche]

Margaret Thatcher (2e à droite), lors d'une manifestation pro-UE en 1975. [Dick Roche]

Pour le français de base l’agriculture britannique n’existe pas puisque l’Angleterre est une îleet je devrais m’arrêter là… C'est par cette phrase que le célèbre André Siegfried introduisait sa leçon à sciences po dans les années 1950. Suivait une entière page blanche pour inciter à la méditer.

 

De Gaulle reprochait à Churchill de lui préférer Roosevelt, il se vit recevoir la volée de bois vert suivant « Comprenez bien qu’entre l’immensité de l’océan et vous [le continent], nous choisirons toujours l’océan ».

 

Pays marchand et aux origines de la démocratie libérale occidentale, le Royaume-Uni est, par nature, tourné vers l’océan : son histoire et sa géographie l’y obligent, et ce n’est pas un hasard si la Grande-Bretagne fut la première puissance mondiale pendant plus d’un siècle, avec un empire colonial à l’origine d’une mondialisation et une marine réputée invincible.

 

Il a fallu l’arrivée de Miss Thatcher au pouvoir pour qu’ils s’aperçoivent qu’il y avait encore des agriculteurs sur le sol de la perfide Albion :

 

  • Son histoire de chèque  « I want my money back » (Je veux qu’on me rende mon argent) Le 25 juin 1985, lors du Conseil de Fontainebleau, la Première ministre a en effet arraché ce « rabais britannique », en menaçant de cesser de verser la participation au pays au budget des communautés européennes.

 

Le rabais, aussi surnommé « chèque britannique » ou « correction britannique » dans le jargon européen, équivaut à 66 % de la contribution nette de l’année précédente. On prévoyait que cette pratique serait réduire après les élargissements de 2004-2007, mais les chiffres indiquent que les remboursements sont restés stables ou ont augmenté depuis. Le montant pour 2001 était par exemple très élevé, principalement à cause d’ajustements apportés aux comptes de 1997 et 1999, qui allaient dans le sens du Royaume-Uni.

 

Un poids pour les membres plus pauvres

 

Tous les États membres de l’UE paient donc les remboursements au Royaume-Uni, y compris les nouveaux membres moins aisés d’Europe de l’Est. En 2014, la Pologne a ainsi participé à hauteur de 294,4 millions d’euros, la Roumanie de 101,4 millions d’euros et la Bulgarie, le pays le plus pauvre de l’union, de 29,9 millions d’euros.

 

Par contre, les Pays-Bas, la Suède et l’Autriche ne paient qu’un quart de ce que devrait être leur participation à la « correction britannique ». Il existe donc des « rabais sur le rabais ». Résultat : la France et l’Italie supportent à elles deux près de la moitié du total à rembourser à Londres. Pour l’année 2014, l’Allemagne a payé 379,6 millions d’euros, alors que la France et l’Italie versaient respectivement 1,592 et 1,165 milliards.

 

  • La vache folle :
  •  

En France, les instances officielles, et en particulier le journaliste Jean-Yves Nau du quotidien Le Monde et le site internet ESB de l’INRA, ont accusé le gouvernement de Margaret Thatcher d’avoir déclenché l’épidémie d’ESB suite aux décisions de réduire la température et la durée de cuisson des farines animales dans les usines d’équarrissage. À la même époque, quelles étaient les pratiques chez nous ?

 

La France, en compétition, était obligée d’appliquer les mêmes pratiques. D’ailleurs, Alain Glon, Président de la société Glon-Sanders, dans un procès-verbal de la séance du 15 mai 2001 au Sénat, révèle qu’à partir de 1983, pendant le choc pétrolier, la compression des coûts fixes a conduit en France, comme en Angleterre, à une diminution de l’utilisation du pétrole pour chauffer les farines aussi fort et aussi longtemps. Ainsi, M. Glon a déclaré : « Les procédés de traitement pratiqués en France, en Grande-Bretagne et dans d’autres pays, étaient les mêmes puisque les Anglais appelaient cela le “procédé français“ » ! Le rapporteur lui demande ensuite : « D’après ce que j’ai lu, le processus de fabrication des farines anglaises, abaissant les trois paramètres [durée, température et pression], relevait plutôt d’un brevet américain. Contredisez-vous cela ? ». Et Alain Glon répond : « c’est le procédé Stord bartz system. Mais le même était également utilisé en France », d’où la conclusion sans ambiguïté du rapporteur : « c’était un brevet américain qui a été pratiqué en France …Vous êtes ferme : à partir de 1983, date du choc pétrolier, la compression des coûts fixes a conduit à une diminution de l’utilisation du pétrole pour chauffer les farines aussi fort et aussi longtemps… ». Dès le démarrage de l’épidémie de l’ESB, les marchands d’aliments français savaient donc qu’en France, comme la Grande Bretagne, on « ne chauffait pas ».

 

Pourquoi s'est-on rué sur les farines anglaises ? A cause de leur bas prix. A partir de 1988, le gouvernement Thatcher ayant interdit l'usage des farines en Grande-Bretagne, les Britanniques ont tout misé sur l'exportation. A destination de la France, principalement, mais aussi vers d'autres pays de l'Union, qui ont pu eux-mêmes réexporter en France. En France, ces farines ont été consommées par toutes sortes d'animaux jusqu'à ce que, le 24 juillet 1990, Henri Nallet, alors ministre de l'Agriculture, en interdise l'utilisation pour les ruminants. 

 

«Nourriture infectée». Certains retards se sont avérés fatals pour l'élevage bovin britannique qui, au total, a dû sacrifier 4,3 millions de têtes. En juin 1988, le gouvernement de Margaret Thatcher a bien interdit l'utilisation de protéines animales dans l'alimentation du bétail. Mais sous la pression du lobby agricole, les fabricants de farines animales ont obtenu un délai de cinq semaines pour écouler leurs stocks, alors que chaque jour supplémentaire se traduisait par des centaines de bêtes infectées. Même après la date butoir du 18 juillet 1988, les équarrisseurs n'ont pas respecté l'interdit, faute de contrôle. «Il est clair que de la nourriture infectée a continué à être donnée au bétail dans des quantités substantielles.»

 

Il y avait donc des vaches en Grande-Bretagne et des farmers au premier rang desquels la famille royale qui touchait de gros chèques de l’UE.

 

L’agriculture britannique se place au 5e rang de l’Union européenne. Elle se caractérise par une forte concentration, 20% des exploitations utilisant près des trois quarts de la surface agricole utile du pays, et est majoritairement orientée vers les productions animales.

 

Traditionnellement opposé à la régulation des marchés et aux soutiens directs à l’agriculture, le Royaume-Uni se distingue par son choix de renforcer significativement les soutiens octroyés à l’innovation et au développement rural.

 

Le Royaume-Uni est très dépendant des importations et présente une balance commerciale agroalimentaire fortement déficitaire. Son taux d’autosuffisance alimentaire est de 62%. La France est le 3e fournisseur et le 2e client du Royaume-Uni.

 

Par référendum en date du 23 juin 2016, les Britanniques ont voté en faveur d'une sortie de l'Union européenne à 51,9 % des voix et un fort taux de participation de 72,2%.

 

ICI 

 

Brexit : la dépendance du Royaume-Uni aux importations européennes en trois graphiques ICI 

 

  • Le Royaume-Uni dépend des importations pour se nourrir

 

  • Le Royaume-Uni plus dépendant du marché européen que l’inverse

 

  • Importations et exportations avec l’UE représentent la moitié du commerce de biens au Royaume-Uni

 

 

Au Royaume-Uni, le Brexit risque d'impacter très profondément aussi le système agroalimentaire. Mais ce danger est négligé par le gouvernement de Theresa May, alerte Tim Lang, professeur de politique agroalimentaire à la City University of London.

 

Importations, exportations, revenu des agriculteurs, santé des consommateurs, qualité des aliments... depuis le référendum qui a scellé la prochaine séparation du Royaume-Uni de l'Union européenne, Tim Lang, professeur de politique agroalimentaire à la City University of London, se penche avec d'autres chercheurs et des ONG (dans le cadre de la Food Research Collaboration) sur les effets potentiels du Brexit sur le système agroalimentaire. Il revient pour La Tribune sur l'ensemble de ces enjeux, dont l'opinion publique britannique, estime-t-il, n'est pas encore suffisamment consciente.

 

LA TRIBUNE - Selon vos études, quel est le principal danger que le Brexit fait encourir au système alimentaire britannique?

 

TIM LANG - Notre dernier rapport, Feeding Britain: Food Security after Brexit (nourrir la Grande-Bretagne : la sécurité alimentaire après le Brexit) rappelle à l'opinion publique et aux politiques britanniques que, depuis 50 ans, notre système alimentaire est intégré à celui des autres États membres. La Grande-Bretagne ne se nourrit pas toute seule: elle importe 30% de sa nourriture directement de pays de l'Union européenne et 11% de pays tiers ayant négocié des traités de commerce alimentaire avec l'UE. Quitter l'Union européenne signifie donc perturber 50 ans de négociations, qui ont pourtant globalement amélioré la qualité de l'offre.

 

Notre rapport montre en outre clairement que si la Grande-Bretagne quitte l'UE, elle doit décider quels seront ses futurs standards alimentaires, ainsi que comment elle compte les faire respecter et s'assurer de la qualité des contrôles. Sinon, elle doit assumer publiquement qu'elle ne sera pas capable d'exiger et d'imposer des normes strictes. Dans ce cas, puisque les autres États membres n'accepteront pas de nourriture de qualité inférieure à leurs standards, en quittant l'UE nous détruirons également les exportations du secteur agroalimentaire britannique -des spiritueux, des boissons gazeuses, des biscuits, de la viande, des produits laitiers... des aliments déjà pas très réputés en termes de santé publique.

 

  • Dans votre rapport, vous évoquez également la question des migrants...

 

Oui. L'horticulture britannique est l'un de nos rares succès agricoles, grâce à nos fraises, framboises, etc. Mais la cueillette dépend entièrement de 60-70.000 travailleurs d'autres pays de l'UE -dont l'expulsion a motivé une partie de ceux qui ont voté pour le Brexit. Il y a quelques semaines, le gouvernement a affirmé qu'il introduira un nouveau régime pour les travailleurs saisonniers, mais seulement pour 2.500 personnes! Cela va détruire notre industrie horticole. Sans compter les effets sur la fabrication alimentaire britannique, dont 30% des emplois sont aussi occupés par des migrants de l'UE... Si ces travailleurs ne viennent plus de Roumanie, Bulgarie, Croatie, Slovénie, Lettonie, Lituanie, d'où viendront-ils? Inde, Pakistan, Algérie, Afghanistan? Quels nouveaux pays nous fourniront de la main-d’œuvre agricole bon marché? Les idéologues de la droite nous disent qu'il ne fait pas s'inquiéter, car nous aurons des robots. Mais pour cela, il faudra au moins 15 ans... alors que les Britanniques disent déjà aujourd'hui qu'ils veulent de la nourriture locale!

 

  • Pourquoi le système alimentaire britannique se retrouve-t-il à être si dépendant des importations?

 

La Grande-Bretagne ne produit plus sa propre nourriture depuis 1780. Grâce à son Empire, elle a commencé dès la fin du 18e siècle à importer de la nourriture de l'Amérique du Nord, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande... Et en 1846, lors de l'abolition des textes réglementaires qui encadraient le commerce de céréales avec l'étranger (les "corn laws"), elle a pris la décision politique de ne pas soutenir ses agriculteurs. Depuis 172 ans la culture politique des Britanniques consiste ainsi à croire que le reste du monde les nourrira: que dès lors que nous gagnons de l'argent via d'autres industries, nous pouvons le dépenser pour acheter de la nourriture bon marché d'autres pays. C'est une vision impériale de la nourriture!

 

Cette approche a été remise en cause lors des deux guerres mondiales. En 1939, nous importions 70% de nos aliments. En 1945, nous n'en importions plus qu'un tiers: nous avions réussi, malgré la guerre, à doubler notre production. Pour ne plus reproduire de trop graves situations de dépendance, après la guerre il fut donc décidé de reconstruire l'agriculture britannique, en mettant en place un système d'aides pour les agriculteurs. Mais en 1973, quand nous avons rejoint la Communauté économique européenne, nous en avons intégré un nouveau , celui du marché unique. Aujourd'hui, certains supporteurs du Brexit pensent qu'il faudrait retourner au modèle de 1846, d'autres à celui de 1939... Quoi qu'il en soit, d'importantes décisions politiques doivent être prises, et soumises à l'opinion publique. Or, les citoyens britanniques ignorent complètement ces enjeux.

 

  • Mais les importations de l'Union européenne ne pourraient-elles pas être remplacées par de la nourriture venant d'autres pays?

 

Il y a effectivement une véritable pression de la part de certains membres du parti conservateur, des néo-libéraux, pour importer de la nourriture bon marché des Etats-Unis, de pays émergents ou d'anciennes colonies. Mais conclure un accord commercial avec les Etats-Unis a de graves implications. Depuis deux ans, le secrétaire d'Etat américain au Commerce le dit clairement: si le Royaume-Uni signe un traité avec les Etats-Unis, il devra abandonner les standards alimentaires européens. Et si au lieu que de l'Espagne, du Portugal, de la Pologne ou de l'Italie, nous importons de l'Afrique de l'Ouest, de la Turquie, d'Israël, quels contrôles de qualités appliquerons-nous? Le Brexit engendre donc d'importants choix politiques qui ne sont pas suffisamment discutés.

 

  • Quel impact risque notamment d'avoir le Brexit sur les agriculteurs?

 

Pendant les 50 dernières années, le système agroalimentaire a traversé une véritable révolution. Nous croyons encore que notre nourriture vienne des agriculteurs, mais ce n'est plus vrai. Les agriculteurs ne créent que des matières premières bon marché pour un traitement industriel de masse. Ceux d'entre eux qui nourrissent encore directement les consommateurs ne sont pas nombreux. Le système alimentaire est largement industrialisé, et chez nous plus que dans le reste de l'Union européenne. La grande partie de l'argent produit par le secteur agroalimentaire est d'ailleurs gagné par les fabricants industriels et par un petit nombre de distributeurs. En Grande-Bretagne, le système est très concentré: six distributeurs se partagent 90% des ventes de nourriture. Le secteur des services a aussi énormément crû pendant les dernières trente années: traiteurs, restaurants, cafés, plats à emporter...

 

Ce nouveau système écrase  les agriculteurs, qui ne gagnent plus beaucoup d'argent. Les marges des fabricants alimentaires sont de l'ordre de 15-16%. Dans la distribution, le rendement du capital est de 2%. Il peut aussi être plutôt haut dans les services -même si la plupart des cafés et restaurants ferment boutique après deux ou trois ans. Les agriculteurs en revanche ne survivent désormais qu'en s'agrandissant, alors que la valeur en capital des terres est très élevée. Si les Britanniques veulent plus d'agriculteurs, ils doivent donc accepter de les rémunérer davantage. Mais que va-t-il se passer si nous quittons l'Ue ? Le gouvernement a évoqué l'idée de d'abord maintenir les aides pour trois ans, puis de les réduire progressivement pendant une décennie. Ce ne sont pas des délais très longs en termes de pratiques agricoles...

 

Or, nous pensons que la "disruption" du Brexit est l'occasion de repenser radicalement notre agriculture, en tenant compte de l'ensemble de ses nouveaux défi: le développement durable, le réchauffement climatique, le stress hydrique, la perte de biodiversité, la santé publique... Une nouvelle révolution alimentaire est nécessaire afin de renverser les dernières 50 années. La question concerne d'ailleurs l'ensemble de l'Europe: comment créer des régimes alimentaires "durables", tenant compte de l'ensemble de ses nouveaux défi: le développement durable, le réchauffement climatique, le stress hydrique, la perte de biodiversité, la santé publique... Une nouvelle révolution alimentaire est nécessaire afin de renverser les dernières 50 années. La question concerne d'ailleurs l'ensemble de l'Europe: comment créer des régimes alimentaires "durables", tenant compte non seulement des capacités nutritionnelles des aliments, mais aussi de leurs effets sur l'environnement, l'économie et la société?

 

  • Vous pensez donc que le Brexit peut aussi être une opportunité positive pour le système agro-alimentaire britannique?

 

Théoriquement oui. Mais le gouvernement actuel, qui depuis le référendum montre ne pas avoir de vision à propos de la question alimentaire, vient de proposer une loi agricole où les agriculteurs sont réduits au rôle de gardiens des paysages, selon une approche de la gestion des terres purement environnementale. Certes, c'est très positif, voire nécessaire, d'adresser les questions des sols et du carbone... Mais il n'y a toujours pas de plan alimentaire national! Or, à quoi sert la terre: à nourrir la population ou à la contemplation des riches ?

 

Depuis le plan dit "de Chequers" présenté en juillet par le gouvernement, qui contient aussi quelques mesures visant à anticiper les conséquences du Brexit dans le secteur agroalimentaire, mes collègues chercheurs et moi ne savons pas du tout si et comment le gouvernement continue de réfléchir à la question. Nos recherches depuis deux ans nous ont convaincus que l'ensemble des acteurs du secteur sont laissés dans la même ignorance. Ceci est inacceptable. Un enjeu aussi sérieux, économiquement, politiquement et culturellement, doit être discuté sérieusement et publiquement.

 

Propos recueillis par Giulietta Gamberini  ICI 

 

Vu du Royaume-Uni. Après le Brexit, cap sur l'agriculture verte ICI 

 

Une fois les subventions européennes taries, Londres entend chambouler l’agriculture en axant sa politique sur l’environnement et l’utilisation des nouvelles technologies.

 

Ce fut une année difficile pour les quelque 150 000 agriculteurs britanniques. Cet été, la vague de chaleur a desséché les cultures de brocolis et de choux-fleurs. Avant cela, le gel avait retardé le moment des semailles et chamboulé la saison des naissances des agneaux. Dans la ferme de Pant-y-Beiliau, dans la vallée de l’Usk, au pays de Galles, la famille Trumper prévoyait une année exceptionnelle pour son troupeau d’un millier de brebis. En fin de compte, elle a dû envoyer environ 5 % de ses nouveau-nés à l’équarrisseur. Mais les conditions météorologiques extrêmes sont une chose avec laquelle Maurice Trumper, qui est né dans sa ferme dans les années 1920, a appris à vivre. Le Brexit, c’est autre chose.

 

Dans la plupart des secteurs économiques, le gouvernement fait de son mieux pour assurer une continuité après que le Royaume-Uni aura quitté l’Union européenne (…). Mais pour l’agriculture, il annonce d’importants changements. Michael Gove, le secrétaire d’État à l’Environnement, à l’Alimentation et aux Affaires rurales a promis un grand chambardement, quel que soit l’accord auquel le gouvernement aboutira avec Bruxelles.

 

Dans le cadre de la politique agricole commune européenne [la PAC, subventions consenties au monde agricole européen], les agriculteurs britanniques touchent des subventions d’environ 3,1 milliards de livres [3,5 milliards d’euros] par an. Ces paiements prendront fin avec le Brexit. Cependant, le Trésor britannique a promis aux agriculteurs de leur payer l’équivalent des aides de la PAC jusqu’à ce que le mandat du Parlement prenne fin en 2022. Après cette date, les versements seront progressivement supprimés et remplacés par un nouveau système sur lequel le gouvernement planche actuellement. Son projet sera déterminant pour l’avenir de l’agriculture et l’ensemble du paysage rural britanniques.

 

L’agriculture ne représente environ que 0,5 % de l’économie britannique. Mais elle emploie près d’un demi-million de personnes, soit 1,5 % de la population active. Elle aide d’autres secteurs à fonctionner, par exemple en fournissant la majeure partie des matières premières du secteur de l’alimentation et des boissons. Et aucun autre secteur économique, peut-être, n’a un tel impact physique sur le territoire : près de trois quarts des terres britanniques sont utilisées pour l’agriculture.

 

La PAC, un système impopulaire

 

La plupart des subventions de la PAC sont calculées en fonction de la superficie des exploitations ; ce sont les paiements directs. Le reste récompense les activités des agriculteurs visant à préserver l’environnement. Cela fait très longtemps que les paysans britanniques se plaignent que le système est injuste et inefficace, qu’il récompense les riches propriétaires fonciers qui possèdent de grandes propriétés et qu’il ne reconnaît pas le travail de gestion de l’espace rural. En 2016, les 10 % des exploitants qui recevaient le plus d’aides de la PAC accaparaient 47 % des fonds, tandis que, à l’autre extrémité, les 20 % des exploitants qui touchaient le moins de subventions n’en totalisaient que 2 %.

 

Le gouvernement saisit l’occasion du Brexit pour changer de formule. À l’avenir, les subventions seront là pour favoriser les “biens publics”. Le plus important d’entre eux, selon M. Gove, est “la protection et l’amélioration de l’environnement”, comme la création de forêts, la restauration de tourbières et l’entretien des haies. M. Gove suscite les louanges des écologistes par son dévouement manifeste à leur cause ; il dit d’ailleurs avoir une vision “romantique” de la campagne.

 

Même si la PAC est impopulaire, toute volonté de toucher au système provoque une certaine nervosité. Les subventions de Bruxelles représentent 61 % des revenus agricoles de l’Angleterre ; au pays de Galles et en Irlande du Nord, ce chiffre dépasse même les 80 %. Les petites exploitations de bétail installées sur les hauts plateaux sont particulièrement dépendantes des aides européennes. M. Trumper raconte que sa ferme de 200 hectares reçoit environ 36 000 livres [40 000 euros] par an de la PAC : “Notre survie en dépend totalement.”

 

Le gouvernement a modélisé les conséquences d’une suppression des paiements directs versés aux fermes de bovins et de moutons installées dans les plaines. Le résultat est édifiant. Entre 2015 et 2017, 19 % de ces fermes ont enregistré des pertes malgré les subventions ; sans subventions, elles auraient été 53 % à être déficitaires.

 

Hébergements touristiques et énergie solaire

 

Les ministres doivent encore révéler les détails du système qui remplacera celui des paiements directs. Mais il semble bien que les agriculteurs devront faire un choix : soit œuvrer pour les biens publics en cherchant à se qualifier pour les aides du gouvernement, soit mettre l’accent sur l’efficacité pour survivre sans subventions.

 

Certains exploitants agricoles sont ravis à l’idée d’être rémunérés pour des activités de gestion de l’environnement. Reste que les petites fermes ne rempliront pas les critères pour prétendre aux aides auxquelles pense M. Gove. Parmi ceux qui ont voté en faveur du Brexit, beaucoup voulaient protester contre toute la bureaucratie nécessaire pour obtenir les subventions de l’UE. Mais le nouveau système ne sera peut-être pas moins fastidieux. On ne sait pas non plus clairement si les paysans auront suffisamment de marge de manœuvre pour diversifier leurs activités. À l’heure actuelle, deux tiers des agriculteurs sont déjà lancés dans d’autres activités, comme l’énergie solaire et l’hébergement touristique. Un quart d’entre eux gagne davantage d’argent avec cette activité qu’avec l’agriculture.

 

Et quid d’une amélioration de l’efficacité ? Le pays possède de grandes exploitations très efficaces, comme les cultures céréalières de l’Est, et 7 % des fermes d’Angleterre assurent 55 % de sa production agricole. Mais le pays compte une ribambelle d’exploitations de plus petite taille et moins productives. Près de la moitié des exploitations du pays font moins de 20 hectares. Les partisans d’un changement estiment que, dans des régions comme le pays de Galles, les petites fermes devront fusionner, ou du moins coopérer plus étroitement afin de diminuer leurs coûts.

 

Des drones et des serres connectées

 

M. Gove vante également le potentiel des technologies. Sur les petites exploitations comme celle de Gary Ryan, dans le Monmouthshire, au pays de Galles, on utilise des appareils comme Moocall, un capteur fixé à la queue des vaches qui alerte l’éleveur avant la mise bas. Les conseillers du gouvernement se tournent vers les Pays-Bas, un pays qui, avec seulement 17 millions de personnes, est le deuxième exportateur mondial de produits agricoles grâce à de massifs investissements dans des technologies comme des drones et des serres connectées.

 

Toujours est-il que les agriculteurs britanniques ont peu de temps pour rattraper ce retard. Tom Hind, de l’organisation professionnelle Agriculture and Horticulture Development Board, explique que la croissance de la productivité est si faible que la tâche qui s’annonce est “un peu comme demander à un pétrolier géant de faire demi-tour”. Il ajoute que la Grande-Bretagne est bonne en sciences agricoles, mais pas pour ce qui est de les appliquer à l’agriculture.

 

Pendant ce temps, dans la vallée de l’Usk, les agriculteurs attendent de connaître leur sort. La politique agricole a été déléguée aux gouvernements d’Écosse, du pays de Galles et d’Irlande du Nord, qui pourront choisir de continuer de soutenir directement les exploitants s’ils n’aiment pas le nouveau système de M. Gove. Comme le rappelle un responsable gallois, dans les années 1980, les exploitations de charbon et d’acier locales se sont fait décimer. Et aujourd’hui, dans certaines régions, l’agriculture est “un pilier social” – c’est tout ce qui reste aux populations.

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19 juin 2019 3 19 /06 /juin /2019 06:00
livre lu le 18 juin

livre lu le 18 juin

De passage chez Gallimard j’ai acheté du Stéphane Denis, qui n’est pas le fils de la mère Denis, mais un fin connaisseur du sérail politique français pour avoir bourlingué dans les cabinets ministériels dans les années 70 avant de faire journaliste et écrivain.

 

Je me souviens du Stéphane Denis des années Mitterrand (1). II a révélé dans Paris Match l'existence de Mazarine, la fille naturelle de François Mitterrand.

 

À gauche, on déteste ce réactionnaire bon teint qui plaide volontiers pour Maurice Bardèche contre Jean Daniel; à droite, on se méfie de cet anarchiste en flanelle qui traite René Monory de «morceau de pâté oubliant ses tartines» et trouve à Pierre Méhaignerie «une tête de fond de culotte». Trop cultivé pour les mondains, trop jet-set pour les intellos.

 

C’est ce qu’écrivait Jérôme Garcin 16/11/1995

 

Stéphane Denis est un cynique doué, un sceptique avantageux. Il doute de tout avec élégance. Il met beaucoup de style à prouver qu'il ne croit en rien. Il a, pour la politique, une curiosité d'esthète désabusé et, pour ceux qui la font, un dédain d'aristocrate. On sent bien que les enjeux idéologiques l'ennuient, que les querelles de partis lui sont étrangères, que la fonction sociale des élus l'indiffère au plus haut point. Il leur préfère l'art de la rhétorique, la dramaturgie des alcôves ministérielles, la mathématique des secrets inavoués et des rumeurs assassines. C'est un romancier chic qui a un air canaille: il tient à la fois de l'inspecteur des Renseignements généraux, du mercenaire et du fou du roi. Il joue à la politique comme, autrefois, Sagan au casino de Deauville, au volant de sa Jaguar XK 140, ou avec du Palfium 875: pour se donner des émotions rapides et conjurer, à Neuilly, le spleen du crépuscule.

 

Bonne pioche que son dernier roman Sanctissima, c’est féroce, précis, implacable, jubilatoire, pour moi un excellent antidote à l’esprit amolli du temps.

 

Sanctissima

 

Le président de la République se prépare pour le transfert, au Panthéon, de la dépouille d’Amandine de Groot : une héroïne nationale, prix Nobel de la paix, aimée et célébrée dans le monde entier sous le nom de la Sanctissima, la très sainte. La veille de la cérémonie, le mari de cette dernière, James de Groot, président du Conseil Constitutionnel et éminence grise qui a œuvré pour tous les gouvernements depuis Pompidou, se rend à l’Elysée.

 

Je l’ai lu d’une seule traite sur mon balcon.

 

Je chronique aussi sec.

 

« Avec chaque Président, il avait su comment il fallait faire.

 

Georges Pompidou était carré, ombrageux, pratique.

Georges POMPIDOU dans son bureau de Latour Maubour Cinquantenaire de l’élection de M. Georges POMPIDOU à la Présidence de la République

 

Valéry Giscard d’Estaing, lorsqu’il le recevait, commençait par des mondanités. Comment allait la tante Chose ? Puis il citait les trois  principaux points de la fiche qu’il avait lue avant l’entretien accordé à son visiteur.

 

François Mitterrand noyait le poisson, la garde haute, l’allure marmoréenne, curieux de savoir et verrouillé sur sa petite personne.

 

Jacques Chirac était enveloppant, jovial, et parfaitement indéterminé.

 

Nicolas Sarkozy parlait de lui.

 

Après, le président de Groot ne se souvenait plus très bien. C’était une caractéristique de François Hollande qu’on avait l’impression de frayer avec  une éponge, une éponge sympathique, mais dont on se demandait ce qu’elle faisait là.

L’image contient peut-être : texte

Leur successeur était respectueux, ça, on ne pouvait pas dire le contraire.

 

« C’est un inspecteur des Finances, trancha intimement François de Groot : je viens luis casser les pieds mais je suis riche, j’ai  de l’influence, et il respecte les plus anciens dans le grade le plus élevé. Il ne voit que des gens qui lui ressemblent. Allons-y et essayons de le distraire. Ce sera déjà ça de gagner. »

 

Ça part donc sur les chapeaux de roue pour ensuite décoiffer grave.

 

Quelques traits saillants.

 

« Amandine (prénom d’emprunt de la future panthéonisée) était une jolie petite fille élevée par les sœurs de la Visitation du Mont, et maintenue dans les bons principes par les dames de la nouvelle maison, l’Ostensoir, que tenait sa mère rue des Frangipaniers. Ce nom venait d’une certaine position sexuelle, spécialité du quartier chrétien. Je n’ai pas de photographie d’elle mais je l’imagine assez faire ses devoirs au salon où on attendait le client. Elle m’a dit avoir adoré Beyrouth après Bergen au climat si humide. »

 

[…]

 

À propos de Jeanne d’Arc :

  • Fallait être une vraie cruche pour s’être fait baiser par le roi, avait dit Amandine, à sœur Félicité. Ça se piffait d’avance, qu’il la vendrait aux Britiches.

 

[…]

 

Ses sentiments, j’en ai peur, étaient fort peu démocratiques.

  • Mais je croyais, dit le Président… Enfin, son combat pour les droits de l’homme…

 

  • Elle disait qu’elle préférait les doigts de l’homme. Malgré l’éducation des sœurs, elle n’avait pas plus de sens moral qu’un jeune chat.

 

[…]

 

En bon énarque, il se demandait (ndlr. le Président) aussi si croire en Dieu n’est pas un préalable à une dévotion réussie. Pascal, ou était-ce François Mauriac, avait écrit quelque chose là-dessus.

 

[..]

  • Elle avait toujours une arme dans sa poche, répéta le Président accablé.

 

  • Que voulez-vous qu’elle eût ? Des pansements ou des images pieuses ?
  •  

[…]

 

Ministre de l’Intérieur, j’espère que vous avez mis fin à cet état de fait, pour parler comme mon secrétaire-général. Il est tellement Sciences Po qu’il doit coucher avec sa femme en trois parties.

 

[…]

 

Toute ma vie, j’ai combattu l’arbitraire au profit du pouvoir. Le pouvoir calme les peuples et les rend heureux. L’arbitraire les excite et les rend jaloux. Ce n’est pas la Constitution que je sers, monsieur le président. Vous m’avez qualifié tout à l’heure de grand serviteur de l’État, la formule la plus creuse de la Ve République. Un serviteur de l’État, c’est un fonctionnaire. L’État n’est qu’un placard qu’il faut remplir. C’est utile les placards. On peut y mettre n’importe quoi. C’est à ça que servent les fonctionnaires : à remplir les placards. Moi, je sers à autre chose. J’essaie d’obliger le pouvoir à tenir le manche.

 

Voilà, j’ai accompli mon devoir 122 petites pages. 14 euros 90 faites ce que bon vous semble chers lecteurs.

 

(1) le portrait de François Jardin, bourgeois de province attaché à sa Saintonge natale - ah! «le demi-tour droite des feuilles de tilleul argenté au premier vent d'ouest»; il a des ambitions littéraires académiques («Avec l'âge, je passai de Barrès à Lamartine en risquant de finir chez Henry Bordeaux»), il s'égare à Vichy, où il se voit remettre la francisque par le maréchal Pétain (photo de 1943 inédite, selon Denis, et scène fondatrice de tous les mensonges à venir), il cultive une amitié persistante et clanique pour des personnages derrière les noms fictifs desquels l'on reconnaît sans mal Pelat, Bousquet, Bénouville, Hersant, Grossouvre, il aime l'ordre, il trompe sa femme, il va à la messe pour les fêtes carillonnées, il passe en 68 pour un vioc prématuré et en 74 pour un homme neuf, il se fait élire à la présidentielle sur la base d'un programme «datant de Babeuf et des mines d'Anzin» et, tel un comédien parvenu au faîte de sa carrière ou un sportif au bout de son incroyable marathon, le miraculé finit par éblouir la jeunesse à laquelle il aime à distribuer quelques confidences: «On me visitait comme le château de Pierrefonds et les tours des neuf preux. Et tout ce qui était menace mortelle, arme terrible dirigée contre moi, devenait un merveilleux jardin. (...) Tout le côté ??pas net'' fascinait mes interlocuteurs.

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18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 06:00
Et si le vin dit de Bordeaux subissait au XXIe siècle le même déclin que le vin de table du Languedoc au XXe siècle ?

À Bordeaux, dans les milieux professionnels, il est de bon ton de se lamenter à propos du Bordeaux bashing que subirait le grand vignoble bordelais.

 

Qui fait du Bordeaux bashing ?

 

Pas la presse spécialisée qui continue de se délecter des grands nectars de Bordeaux tout en nous serinant que c’est injuste car il existe d’excellents Bordeaux à des prix raisonnables.

 

Les consommateurs alors ?

 

Jacques Dupont, grand arpenteur des 2 rives, parle de désamour.

 

Bordeaux, les raisons d'un désamour

"Abandonner l'avenir de nos grands crus aux seuls hommes d'affaires équivaudrait à confier aux croque-morts l'organisation du défilé du 14 Juillet*." Par Jacques Dupont

Publié le 23/02/2016

ICI 

 

Je partage en partie ce point de vue, en partie seulement car notre Jacques évoque, en dehors des GCC, des vins de Bordeaux qui ne sont qu’une part très minoritaire de la production.

 

La masse, le vrac, qui en parle ?

 

Souvenir de miss Glou-glou découvrant avec stupéfaction l’importance du marché du vrac dans les appellations.

 

Comme le dit très Nathalie Feydieu du château du Taillou à Saint-Androny.

 

La physionomie de la clientèle a changée…Les gens qui achetaient du vin dans nos propriétés de manière fidèle, et en grande quantité, ont vieilli et ne consomment plus, il faut donc se tourner vers la nouvelle génération, à travers des salons et les inciter à venir en propriété»

 

C’est la nature du produit qui est en cause, il ne correspond plus aux attentes du marché domestique et maintenant ceux de l’export.

 

Le marché des vins de Bordeaux en panne, les courtiers peinent à écouler les stocks

 

« Des nuages dans le ciel de Bordeaux. C’est un peu la métaphore qui colle au marché qui depuis 12 mois, selon tous les opérateurs, est morose et touche surtout les petits Bordeaux et cœur de gamme. Cela inquiète tout le monde, négoce, courtiers mais avant tout les vignerons »

 

« Bordeaux produit en moyenne 5,5 millions d’hectolitres de vin, mais sur les 12 derniers mois, 4,2 millions ont été commercialisés », me précise Xavier Coumau, président régional des courtiers de Bordeaux et du Sud-Ouest.

 

Lire ICI

 

Alors mon titre est-il aussi provocateur qu’il en a l’air ?

 

Sans ramener ma fraise je rappelle : Rapport remis à Jean GLAVANY, ministre de l’agriculture et de la pêche, le 31 juillet par Jacques BERTHOMEAU, contrôleur général des offices

 

Pour ma part je crois que nous sommes en train de récolter ce que nous avons semé, nos échecs à l’exportation trouvent principalement leur source dans un manque de rigueur.

 

En effet, depuis toujours nous sommes, et nous restons encore, la référence dans le domaine du vin. Une telle position, doublée de celle de leader mondial sur le marché des vins et spiritueux, nous oblige à maintenir notre niveau d’excellence sur tous les segments du marché du vin.

 

Sous les grandes ombrelles que sont nos appellations d’origine contrôlée, surtout sous celles qui jouissent de la plus grande notoriété, s’abritent des vins moyens voire indignes de l’appellation. Succès aidant ou pression d’une demande momentanée une grande part de nos vins de pays, petits nouveaux dans la cour, se sont laissés aller, comme certains de leurs grands frères AOC, à confondre rendement administré, moyenne arithmétique, et qualité du produit. On optimisait la déclaration de récolte. Nous étions sur notre petit nuage, grisés, insoucieux telle la cigale de la fable, alors qu’il eût fallu capitaliser les dividendes de cette embellie en investissements commerciaux, en un pilotage fin de chacun de nos vignobles – quel que soit son statut juridique, sa notoriété, - par les metteurs en marché.

 

Nous en sommes restés, pour la part volumique de certaines appellations génériques et de beaucoup de nos vins de pays, à une conduite approximative du vignoble ; le viticulteur, la cave coopérative produisent du vin et attendent le courtier pour que les assembleurs que sont nos négociants généralistes, nos embouteilleurs-distributeurs, nos embouteilleurs pourvoyeurs des premiers prix pour la grande distribution et les hard discounteurs, l’écoulent. On ne peut espérer être fort sur les marchés extérieurs avec ces vins d’entrée de gamme si on les traite ainsi sur son marché domestique

 

Nagerions-nous dans les eaux molles d’un de ces consensus à la française où l’on évite d’aborder les sujets qui fâchent ? Non bien sûr et, lorsque le président de la FEVS déclare qu’« Historiquement et aujourd’hui encore la France couvre tous les segments. Elle doit continuer à le faire. Mais segment par segment, nous devons analyser les choses. Une partie de la copie est à revoir. La segmentation du marché se fait par les prix. » on ne peut que l’approuver car c’est la réalité du marché.

 

2 – Les grands ensembles viticoles méconnus

 

Dans notre imaginaire collectif, celui des non spécialistes, du consommateur ordinaire qui pousse son caddie dans les rayons des grandes surfaces, l’évolution de notre vignoble depuis 25 ans pourrait se résumer à la décrue inexorable des vignes à gros rouge du Midi à haut rendement et à la montée tranquille de vignobles d’appellation d’origine contrôlée maîtrisant leurs rendements au nom de la qualité.

 

La France viticole serait devenue l’eldorado du vigneron cultivant sa vigne comme un bon artisan, élaborant son vin comme un artiste pour le vendre dans sa bouteille au nom de son domaine, de son clos, et même de son château. Argument de vente fort puisque le réseau Leclerc proclame sur sa marque de distributeur « nos vignerons ont du talent ». Cette vision est confortée par les cavistes, les guides, les revues spécialisées et les numéros spéciaux des grands news magazines : le Point en particulier. Elle correspond bien sûr à une réalité, celle des multiples joyaux nichés dans de plus vastes vignobles.

 

La batterie de chiffres que j’ai jeté en vrac dans le point précédent montrent que le ventre de notre production est bien dodu, qu’il ne répugne pas à la productivité : les hauts rendements ne sont pas là où l’on s’attendrait à ce qu’ils soient. En le soulignant je ne porte aucun jugement de valeur. Mon objectif est simplement de mettre en exergue ces grands ensembles vinicoles, ceux qui dégagent des volumes, ceux qui devraient permettre à nos metteurs en marché de trouver la ressource vin longue pour alimenter l’assemblage de produits de marque.

 

C’est vieux : 2001 !

 

18 ans l’âge de la majorité légale.

 

On va me rétorquer que la qualité technique des vins s’est depuis largement améliorée. J’en conviens mais sont-ce des vins qui sont vendables ou plus exactement : le processus de leur mise en marché n’est-il pas obsolète ?

 

On en reste, en matière de vrac, à une forme modernisée d’économie de cueillette auprès des viticulteurs, même les grosse coopératives ont été incapables de sortir du modèle dominant.

 

On ne change pas un modèle par décret et j’ai nettement le sentiment qu’il est trop tard !

 

Nous nous cachons derrière les bons chiffres en valeur de nos exportations de vins et spiritueux.

 

Nous importons à tour de bras des vins de début de gamme, euphémisme cachant l’effet prix, venant d’Espagne.

 

Nous mélangeons dans le même tonneau des vins dit d’origine que nous ripolinons à grand coup de terroir.

 

C’est le gros ventre mou.

 

En un mot nous bricolons alors que nos concurrents déroulent un modèle qui ne se cache pas derrière un faux-nez.

 

Entendez-moi bien, tout comme en 2001, je ne prêche pas pour ma paroisse, ces vins ne sont pas les miens mais je me contente de mettre le doigt là où ça fait mal, non pour me la jouer oiseau de mauvaise augure mais tout bêtement pour couper court aux lamentations d’usage.

 

Et si c’était la faute du gouvernement néo-libéral ?

 

Je plaisante bien sûr puisque je suis rangé des voitures, il n’en reste pas moins vrai comme le dit l’adage : « il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre… »

 

Le Crédit Agricole acte la crise des vins de Bordeaux

Lundi 17 juin 2019 par Alexandre Abellan

 

Face au blocage des ventes en vrac, la banque verte vient d’accroître son aide à court-terme aux chais indépendants afin de limiter la chute des cours.

 

Chais pleins et marché atone pèsent sur le moral et les finances du vignoble bordelais. « Premier financeur du vignoble girondin*, nous avons une responsabilité vis-à-vis de la filière. Nous n’avons pas vraiment le choix, nous devons la soutenir dans ce moment compliqué de méventes. Certains viticulteurs n’ont pas eu de rentrées [de trésorerie] et de retiraisons [en vrac] depuis des mois, nous leur ouvrons une enveloppe supplémentaire pour permettre d’assurer les coûts de leur cycle de production » explique Pascal Gentié, le nouveau président de la caisse régionale du Crédit Agricole, qui connaît bien le vignoble, étant pépiniériste dans le Lot-et-Garonne. Pour assurer leurs frais de fonctionnements (taille, traitements, travaux en vert…), les prêts vignerons ont augmenté : +8 % d’encours depuis le début d’année, +13 % sur l’année glissante s’achevant en mai 2019.

 

La suite ICI 

La crise viticole n'est pas une fatalité !

 

Editorial de Mgr Ricard

 

Très présente dans la presse à certains jours, plus discrète à d’autres, la crise viticole est bien toujours là. Contrairement à une série de crises rencontrées par la viticulture depuis plus d’un siècle, la crise actuelle n’est pas conjoncturelle mais structurelle. Il serait vain d’attendre que « ça passe » en rêvant au retour des années fastes pour les vins de Bordeaux.

 

La sortie de cette crise est un vrai problème régional pour ne pas dire national. Certaines régions sont peut-être encore plus touchées que la nôtre. Le 4 février dernier, les évêques du Languedoc-Roussillon ont fait part de leurs préoccupations devant l’inquiétude et la souffrance de beaucoup de viticulteurs. Mais notre région, longtemps épargnée, est touchée elle aussi.

 

Certes, la crise viticole ne touche pas toutes les propriétés de la même façon. Certains châteaux, des crus renommés, s’en sortent plutôt bien et n’ont pas de mal à commercialiser leur vin. D’autres sont frappés de plein fouet et on peut dire que c’est toute une partie de la profession qui ressent les contrecoups de la crise. Au cours de mes visites pastorales et des rencontres que j’ai pu avoir, j’ai été témoin du drame vécu par un certain nombre de viticulteurs qui se sont endettés au moment des années fastes et qui, aujourd’hui, devant la difficulté à vendre leur vin, se sentent étranglés par les remboursements auxquels ils doivent faire face. Cette réelle angoisse du lendemain a chez eux des conséquences sur leur moral, parfois sur leur vie conjugale et familiale. Certains enfants ne voient pas comment prendre en charge après leurs parents la propriété familiale. Cette crise a fatalement aussi des répercussions sur la situation des ouvriers agricoles, des saisonniers et des artisans. Ces viticulteurs sont guettés par le désespoir et la désespérance n’est jamais bonne conseillère. On peut redouter qu’elle provoque parfois des réactions de violence ou pousse à des extrémités.

 

Devant cette crise, certains sont tentés de baisser les bras et de se laisser gagner par un sentiment de fatalisme. D’autres cherchent un bouc émissaire qu’ils chargent alors de tous les maux (les organisations professionnelles, le négoce, les pouvoirs publics, les campagnes antialcooliques, la mondialisation…) L’heure n’est pourtant pas au découragement. D’ailleurs, au cours des deux siècles précédents, les viticulteurs ont toujours fait preuve de courage et d’ingéniosité pour surmonter les crises rencontrées. Une telle ténacité continue. Il nous faut saluer ici les efforts de ceux qui courageusement veulent relever le défi d’aujourd’hui. Ils savent qu’il leur faut compter avec des facteurs nouveaux qui ne disparaîtront pas dans les années qui viennent : la baisse en France de la consommation du vin, la concurrence des vins européens et des vins du nouveau monde et la politique commerciale des grandes surfaces. Ils sont convaincus également qu’il faut veiller à la qualité du vin produit, à sa commercialisation et donc à des campagnes de promotion de leur vin en France, en Europe et dans d’autres pays du monde. En effet, produire, malgré tout le savoir-faire que cela met en jeu, aujourd’hui ne suffit pas. Il faut commercialiser, tenir compte de la demande, et gagner de nouveaux marchés.

 

Cette crise ne peut être surmontée qu’ensemble, solidairement, qu’en s’appuyant les uns sur les autres, qu’en s’entraidant les uns les autres. Or, la viticulture a été une profession qui a favorisé jusque-là l’investissement individuel et la recherche personnelle du profit. L’argent gagné était le secret de chacun et on se méfiait de l’autre qui pouvait toujours devenir un concurrent possible. D’où la difficulté qu’ont eu beaucoup de viticulteurs, même voisins, à se parler quand la crise a commencé. Or, la solidarité et l’entraide sont aujourd’hui des conditions sine qua non pour surmonter la crise.

 

Devant cette crise qui marque profondément notre région, les communautés chrétiennes ne peuvent pas ne pas se sentir concernées. Il est important qu’elles partagent les préoccupations des viticulteurs, soutiennent ceux qui sont dans une passe difficile, encouragent ceux qui se battent pour relever le défi. Je les invite à lire le document de réflexion ci-joint sur « La crise viticole » et à manifester à tous les viticulteurs leur solidarité.

Dans ce temps pascal, le Christ vient à nous, vainqueur du fatalisme et de la résignation. Sa résurrection ouvre une brèche, déploie un avenir nouveau. Elle crée du neuf. Que cette espérance soutienne tous ceux qui se battent aujourd’hui pour ouvrir des voies d’avenir à la viticulture dans notre région.

 

Bordeaux, le 5 mai 2006

 

Cardinal Jean-Pierre RICARD

Archevêque de Bordeaux

Evêque de Bazas

 

 

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17 juin 2019 1 17 /06 /juin /2019 06:00
 Davidsz de Heem

Davidsz de Heem

Comme dans un premier jet je voulais titrer : Homard m’a tué j’ai longtemps hésité avant de me résoudre à un appeau moins croustillant mais plus je tartine ma culture comme la confiture de groseille sur mon toast du matin.

 

Au milieu du XIXe siècle, Gérard de Nerval fut justement surpris en train de promener un homard sur les marches du Palais Royal. Réponse du poète aux regards ahuris des badauds : « En quoi un homard est-il plus ridicule qu'un chien, qu'un chat, qu'une gazelle, qu'un lion ou toute autre bête dont on se fait suivre ? J'ai le goût des homards, qui sont tranquilles, sérieux, savent les secrets de la mer, n'aboient pas ».

 

 

Pour attirer le chaland ou la mouche du coche sur mes lignes, les ferrer, les hameçonner, les mettre dans ma poche, manipulateur que je suis, pas simple de titrer dans l’univers des mots-clés.


En effet, rendre hommage au créateur de la chronique : Alexandre Vialatte ce n’est pas très vendeur auprès des jeunes pousses perfusés d’images et de like sur face de bouc.

 

Et pourtant :

 

21 novembre 2009

«Une chronique il faudrait la faire pousser comme une herbe dans les fentes d’un mur, dans les pierres de l’emploi du temps».

 

Alexandre Vialatte pendant dix-huit ans, tous les dimanches soirs, portera sa copie au wagon postal du train de vingt-trois heures quinze pour qu’elle soit publiée dans le journal La Montagne. Il n’a manqué que deux ou trois fois son rendez-vous.

 

ICI 

 

Bien sûr, du côté de Collioure notre commentateur en chef va se pourlécher, affûter sa plume, la tremper dans l’encre de seiche, titiller le malheureux graphomane que je suis.

 

Cette flèche étant décochée, je m’en reviens au sujet de mon poulet, qui est double :

 

  • La meilleure façon de tuer un homard s'il en est une

 

Scientifiquement, aucun consensus n'est établi pour savoir si les homards ressentent oui ou non la douleur. Selon une étude norvégienne, ils réagissent aux stimuli douloureux. Leur système nerveux étant différent du nôtre, difficile d'en tirer plus de conclusions. D'autres études affirment qu'il suffit d'observer le comportement des homards pour constater qu'ils ressentent la douleur.

 

La Suisse a été le premier pays à bannir la très répandue pratique de bouillir vivant les homards, la jugeant cruelle. La loi helvétique veut maintenant que le homard soit à tout le moins « étourdi » avant d’être bouilli. Les méthodes acceptées pour le tuer seront la « destruction mécanique du cerveau » ou l’électrocution préalable du crustacé avant sa cuisson. La loi ajoute que les homards devront bénéficier de meilleures conditions de transport.

 

J’y reviendrai en fin de chronique pour mettre en émoi les animalistes.

 

  • Vialatte dans « chronique des choses les plus diverses – La Montagne 21 juillet 1968

 

Le homard est un animal paisible qui devient d’un beau rouge à la cuisson. Il demande à être plongé vivant dans l’eau bouillante. Il l’exige même, d’après les livres de cuisine.

 

La vérité est plus nuancée. Elle ressort parfaitement du charmant épisode qu’avait rimé l’un de nos confrères et qui montrait les démêlés d’un homard au soir de sa vie avec une Américaine hésitante :

 

Une Américaine

Était incertaine

Quant à la façon de cuire un homard.

  • Si nous remettions la chose à plus tard ?...

Disait le homard

À l’Américaine.

 

Note du rédachef à l’attention de la bouche du coche :

 

Un bavoir

En sautoir

Attention

Au nœud papillon

Car

Le homard

À l’américaine

donne bien de la peine

Au retraité

gourmet

 

Vialatte poursuit :

 

Précisons de plus que le homard n’aboie pas et qu’il a l’expérience des abîmes de la mer, ce qui le rend très supérieur au chien et décidait Nerval à le promener en laisse, plutôt qu’un caniche ou un bouledogue.

 

La folle histoire du homard, des origines à nos tables

 

ICI 

 

Avant de devenir un produit de luxe ou une icône de l'art contemporain, le homard a longtemps été un mets très bon marché, quasi gratuit et consommé par les plus démunis.

 

Au XVIIe siècle, quand les premiers colons européens arrivèrent en Nouvelle-Angleterre, ils se retrouvèrent face à une surpopulation de homards.

 

En 1654, William Hood un historien en visite dans ces nouveaux territoires écrivait alors : « Leur surabondance en fait une denrée peu estimée et peu digne d'intérêt, sauf pour les Indiens qui se servent du homard comme engrais, comme appât ou au pire comme repas s'ils n'arrivent pas à attraper de bar (le poisson) ».

 

Que faire alors de ces « cafards de la mer » dont personne ne voulait ?

 

La réponse est toute trouvée et la bonne société décide de les donner à manger aux prisonniers, aux servants, aux veuves et aux enfants. Mais au XVIIIe siècle, dans le Massachusetts, les domestiques commencent à saturer et parviennent à inclure des closes dans leurs « contrats » qui leur permettent de ne plus avoir obligatoirement du homard à leur table tous les jours, mais trois fois par semaine au maximum.

 

Note du rédachef : la même saturation exista avec le saumon en Bretagne : La fabuleuse richesse en saumons des rivières bretonnes d'autrefois, mythe ou réalité  ICI  dans les contrats de louage des domestiques il existait des clauses limitant la consommation hebdomadaire de ce poisson.

 

Dur, dur d'être un homard au XVIIIe siècle : pendant cette période trouble de la Révolution américaine, les soldats britanniques à l'uniforme rouge sont traités de « lobsterback » par les révolutionnaires qui en font une insulte à la mode. Seule consolation pour le crustacé décapode, à cette époque on le cuisinait directement mort, sans encore imaginer que pour révéler toute l'essence de sa saveur, il fallait le cuire vivant dans de l'eau bouillante.

 

Résultat de recherche d'images pour "lobsterback"

 

La suite ICI

 

« Dans les années 1920, la surpêche réduit de manière drastique l'offre de homard qui devient, en conséquence, un produit de luxe pour les gens qui veulent vivre la grande vie et goûter au mets préféré de Gatsby, le héros du roman de Scott F. Fitzgerald. Le crustacé atteint alors son premier pic de prix, qui ne cessera d'être revu à la hausse durant la décennie. »

 

« En Europe, le homard européen a.k.a le homard gamarus a.k.a homard bleu ou simplement homard Breton en France, est connu et apprécié depuis l'Antiquité. Au Moyen-Âge et à la Renaissance, on lui reconnaît des vertus médicinales, tandis qu'à partir du XVIIe siècle, il commence à faire son apparition sur les tables bourgeoises lors de joyeux festins. C'est la raison pour laquelle on voit l'animal s'inviter de plus en plus dans les natures mortes des peintres flamands tels que Davidsz de Heem, Joris van Son ou encore Pieter Van Overschee. Plus rare et donc plus cher que son cousin américano-canadien, il traîne surtout sa carapace bleutée dans l'Atlantique-Est ainsi que dans le nord de la mer Méditerranée. »

 

  • Homard bleu à la vendéenne

 

Samedi matin je suis monté jusqu’à la rue du Nil, non pour y pêcher mais pour remplir mon panier de victuailles.

 

Sur ce Terroirs d’avenir tu as tout à portée de mains : du poisson, des coquillages, de la viande, de la charcuterie, du pain, de la pâtisserie, des fruits, des légumes et des fromages.

 

Avec ma grande besace je commençai par la poissonnerie pour acheter des moules de bouchot de Granville. Et puis, je vis, ses pinces entravées, un petit homard bleu qui frétillait tellement il était vivant.

 

 

Que faire ?

 

L’acheter !

 

Mais il allait me falloir le faire passer de vie à trépas au risque de me faire agonir d’injures par la ligue des animalistes.

 

Le prix était attrayant je succombai à la tentation.

 

J'ai estourbi la bête à la suisse.

 

Je l'ai passée rapidement dans un four très chaud.

 

Ensuite traitement au beurre salé à la poêle.

 

La suite est en photos :

 

 

 

 

 

 

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16 juin 2019 7 16 /06 /juin /2019 07:00
Arrêtez de dire que les vélos, les trottinettes, les scooters, les motos, les autos, etc. sont des dangers sur la chaussée ! C’est vous, c’est nous les dangers publics…

Ça y est : premier mort sur la chaussée parisienne d’un gamin en trottinette électrique.

 

 « Lundi soir, un jeune homme de 25 ans en trottinette électrique est mort dans un accident à Paris.

 

Un homme de 25 ans est mort, percuté par un camion, tandis qu’il roulait sur une trottinette électrique. L’accident s’est déroulé lundi soir vers 22h30 dans le quartier de la Goutte d’Or, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Europe 1 rapporte que le jeune a refusé la priorité à une camionnette qui arrivait sur sa droite à un carrefour. Il se trouvait en arrêt cardio-respiratoire à l’arrivée des secours et a succombé à ses blessures quelques heures plus tard.

 

Le chauffeur n’était pas sous l’emprise de l’alcool ni de drogue au moment de l’accident. Il a été placé en garde à vue. »

 

Apparues il y a un an, les trottinettes - évaluées à environ 20.000 dans la capitale - sont devenues un véritable casse-tête pour la mairie de Paris, faute de loi pour les réguler. Interdiction de stationnement sur les trottoirs, limitation de vitesse à 20 voire 8 km/h : la maire de Paris, Anne Hidalgo, a égrené jeudi plusieurs mesures pour mettre un terme aux nuisances causées par les trottinettes électriques, responsables de plusieurs accidents.

 

Vitesse, accidents, stationnement... La trottinette est-elle passée d'engin ludique à danger public ?

 

Combien d'accidents sont attribués aux trottinettes électriques ?

 

Difficile de réponse à cette question. En effet, en dehors de cet accident, aucun décompte national n'est disponible pour cette année. A Paris, la préfecture de police ne comptabilise pas les accidents de trottinettes à part : ils sont inclus dans un chiffre incluant également les accidents de rollers et de skateboards. A la Sécurité routière, une nouvelle catégorie a été créée en janvier 2018 dans le fichier de statistiques des accidents de la route. Pour l'année dernière, une seule mort par trottinette électrique a été comptabilisée. Aucun chiffre n'a été communiqué sur le nombre de blessés car "les données se limitent au recueil effectué par les forces de l'ordre" lorsqu'elles sont mobilisées sur des accidents de la route, précise la Sécurité routière. 

 

Du côté médical, il n'y a pas non plus de décompte global du nombre de blessés par trottinettes électriques. Tout dépend des établissements et des expériences des soignants. Le professeur Marc-Antoine Rousseau est chef de service de chirurgie orthopédique et traumatologique, à l'hôpital Bichat et à l'hôpital Beaujon à Paris, qui accueillent respectivement 80 000 et 30 000 personnes aux urgences chaque année. Interrogé à ce sujet par franceinfo, il considère avoir "environ trois entrées par semaine en ce qui concerne les trottinettes" et avoir recensé "dix patients graves par entrées spécialisées [hélicoportage ou en ambulances] sur les six derniers mois". C'est bien moins que son confrère à l'hôpital Saint-Antoine, Alain Sautet, qui estime dans L'Obs voir "une quarantaine de personnes chaque semaine qui passent aux urgences pour un accident de trottinette."

 

De son côté, un interne aux urgences dans un troisième hôpital de la capitale, contacté par franceinfo, assure que "sur 24 heures passées aux urgences où [il] travaille, entre 5 et 10 accidents sont dûs aux trottinettes". Selon lui, ce chiffre est "certainement minoré par rapport à la réalité" car il n'a pas connaissance des cas dont s'occupent ses collègues présents sur le même site.

 

  • La trottinette provoque-t-elle des blessures particulièrement graves ?

 

  • Que recommandent les médecins ?

 

La suite ICI

 

Tout ça c’est la faute des pouvoirs publics, notre maire en tête, de ne pas avoir su endiguer le flot des trottinettes en libre-service.

 

Ce n’est pas tout à fait faux mais vu de mon point-de-vue de vieux cycliste parisien, tout comme la propreté des rues de Paris, les responsables sont les usagers de tout ce qui roule ou marche dans les rues de Paris.

 

L’incivilité est la règle, la grande majorité se fout des règles, du code de la route, ôte toi de mon soleil et marche à l’ombre.

 

Tout le monde accuse tout le monde pour justifier de faire ce que bon lui semble, c’est le miroir de notre société triomphe du moi je…

 

La liste est longue et je ne vais pas vous l’infliger  pour m’en tenir au comportement des utilisateurs de trottinettes électriques en libre-service.

 

  • Les parents qui vont conduire à l’école leur gamine ou gamin sans casque à 25 km/h juchés sur les dites trottinettes comment les qualifier ?

 

  • Les parents qui permettent à leur gamine ou gamin de moins de 1516 ans d’avoir accès à une trottinette électrique en les inscrivant via leur carte bancaire comment les qualifier ?

 

  • Les adultes qui roulent comme des dingos, n’importe où, qui grillent les feux tricolores, moi je me fous qu’ils mettent leur vie en danger, c’est leur problème, mais l’ancien usager de béquilles que je suis leur dit vous êtes des assassins en puissance.

 

  • L’abandon de trottinettes n’importe où, tout comme d’ailleurs le stationnement des gros scooters sur les trottoirs, c’est sans aucun doute la faute de madame Hidalgo.
  •  

Le vivre ensemble est, dans cette histoire d’occupation de la chaussée, l’enjeu.

 

Que les pouvoirs publics mettent en œuvre les structures adéquates pour que la ville respire, que l’on puisse s’y déplacer en toute sécurité, surtout les enfants que l’on est obligé de surveiller comme du lait sur le feu tant on a peur qu’ils se fassent écrabouiller par des débiles à casquette ou des bobos en basket, que cesse c’est la faute à, y’a ka faukon, l’exemple vient du nord ayons l’humilité de nous y intéresser.

Berlin : pas de panique, les trottinettes débarquent !

 

Le premier accident mortel impliquant une trottinette électrique à Paris refroidira sans doute l'enthousiasme des Berlinois, qui s'apprêtent à accueillir très bientôt ces nouveaux engins dans les rues de leur ville. En Allemagne, les opérateurs sont déjà dans les starting-blocks et le signal du départ est imminent.

 

Mais contrairement aux Français, les Allemands ont fait les choses dans le bon ordre : d'abord un vif débat et la mise en place d'une réglementation pour encadrer strictement l'utilisation des trottinettes électriques. Ensuite seulement elles seront déployées dans les rues. Première mesure obligatoire : les opérateurs doivent obtenir une autorisation avant de pouvoir mettre leurs engins en circulation. Une centaine d'opérateurs ont déposé une demande dans l'ensemble de l'Allemagne, huit à Berlin. Prix estimé de la location : 15 cents la minute.

 

À la mi-mai, le Bundesrat, la Chambre basse allemande, a adopté un décret limitant la vitesse à 20 km/h et fixé à 14 ans l'âge minimum pour les utilisateurs. Les locataires et les propriétaires de trottinettes électriques ne seront pas obligés de porter un casque, le permis de conduire ne sera pas requis, mais ils devront être assurés. Un autocollant bien visible posé sur le véhicule faisant foi. Ils pourront emporter gratuitement leur trottinette électrique dans le métro et le train, à condition de la replier ou de la ranger sous leur siège. Ils n'auront pas le droit de circuler sur les trottoirs (pourtant beaucoup plus larges à Berlin qu'à Paris) et devront obligatoirement emprunter les couloirs à vélo, dont le réseau est très étendu, contrairement à Paris.

 

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Les Berlinois redoutent par-dessus tout la loi de la jungle dans leur ville où les cyclistes (très nombreux) se livrent déjà une bataille acharnée avec les automobilistes. Injures, bras de fer, hurlements… cette rivalité domine les rues berlinoises. Et cela ne risque pas de s'arranger avec l'arrivée de ces nouveaux engins sur les pistes cyclables déjà très fréquentées. Avant même leur arrivée, les partisans du vélo sont déjà remontés contre les nouveaux venus qui risquent de provoquer de nouveaux accidents.

 

Entre la nécessité d'inventer de nouveaux modes de transport urbain écologiques et la sécurité routière, les Allemands sont tiraillés. Ils sont nombreux à refuser que leurs villes se transforment en parcs d'attractions avec des tas de petites machines rigolotes qui détalent dans tous les coins : trottinettes électriques, mais aussi gyropodes et monoroues, skateboard et autres planches à roulettes. Silencieuses, non polluantes, pratiques, les trottinettes ont toutes les qualités du produit écolo conforme, mais elles sèment aussi la panique. À Berlin, un vélo peint en blanc et entouré de gerbes de fleurs marque souvent les endroits où des accidents mortels ont eu lieu. À quand la première trottinette peinte en blanc posée comme un mausolée à un croisement berlinois ? se demandent les Berlinois après l'accident à Paris.

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15 juin 2019 6 15 /06 /juin /2019 06:00
Cours de zootechnie à l’attention des naturistes parisiens adulateurs de Me Morain ou comment faire son beurre avec le lait de La Froment du Léon !

Souvenirs, souvenirs… chantait défunt Johnny… de mes cours de zootechnie à l’école d’agriculture de la Mothe-Achard.

 

Les vaches !

 

Ça sentait bon la bouse de vache…

 

Je les ai brossé et étrillé, c’était des normandes aux yeux tendres.

 

Mais je dois avouer avec humilité que je n’ai jamais trait les vaches.

 

En ces temps reculés on les trayait à la main, il fallait, assis sur un tabouret 3 pieds, du doigté pour empoigner les trayons, presser avec un bon rythme, alterner (en effet les vaches ont 4 tétines, je dis ça pour les naturistes parisiens), faire attention de ne pas renverser le seau plein de lait chaud et moussu.

 

L’odeur du lait juste trait m’a toujours levé le cœur et je n’en ai jamais bu.

 

Venait ensuite le passage dans l’écrémeuse à manivelle, celle dont le ding ding m’éveillait (je couchais juste au-dessus de la souillarde) alors la crème s’écoulait dans le tarrasson.

 

On la mettait au frais et, lorsqu’elle était devenue ferme, la tante Valentine y jetait une poignée de sel et la barattait à la main dans le tarrasson.

 

Lorsqu’elle était devenue beurre, une motte de beurre que la tante Valentine tassait dans un moule en bois ovale  avec tout au fond une plaque dessinant en creux un joli motif de fleur.

 

On l’enveloppait dans du papier beurre.

 

Selon les saisons, ce que mangeaient les vaches au pré ou à l’étable le beurre changeait de couleur : du jaune pâle au jaune bouton d’or.

 

Aimes-tu disions-nous en plaçant la corolle de cette petite fleur sous le coup des filles.

 

Enfant, puis adolescent, je n’ai jamais mangé d’autres beurres que celui de la tante Valentine.

 

Et puis ce beurre me sembla à jamais englouti dans les abysses de celui baratté par les industriels : Besnier Président à vie !

 

Et puis, la résistance s’organisa du côté des bretons qui, dans un océan de Prim’Holstein pissant un lait sans âmes, sauvèrent leurs petites vaches pissant un lait bourré de crème, la fameuse matière grasse honnie par les adorateurs de la diététique.

 

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La bretonne, la jersiaise et … La Froment du Léon… qui  « est une petite vache : 1,40 m au garrot pour environ 500 kg. La couleur de sa robe unie rappelle celle d’un blé mûr, allant du clair au foncé. On dessine son berceau d’origine dans un secteur compris entre Paimpol et Saint-Brieuc. Animal doux et docile, on la surnommée « vache à madame » ou « vache des châteaux ». Elle est génétiquement proche de la Jersiaise et de la Guernesey (races des îles anglo-normandes). Adaptée à la vie en plein air, elle présente cependant quelques fragilités dans sa conduite. Attention, par exemple, à ne pas réduire trop vite sa ration au moment du tarissement. Friande d’herbe et de prairies, la Froment produit environ moitié moins qu’une laitière classique : 4 000 litres par an. Un Inconvénient largement compensé par un lait riche en carotène (d’où ce beurre jaune « bouton-d’or ») et en acides gras qui donnent une excellente crème.

 

Après avoir failli disparaître, la Froment du Léon reconstitue peu à peu ses effectifs grâce au travail de quelques éleveurs.

 

Ce lait est donc particulièrement adapté pour une valorisation en produits haut de gamme sur le plan gustatif comme nutritionnel. Pas étonnant qu’avec la préoccupation croissante des consommateurs pour ce qu’ils mangent, la race suscite à nouveau l’intérêt des éleveurs. Le syndicat veille De quoi assurer définitivement le sauvetage d’une race qui a bien failli disparaître. De 25 000 vaches recensées en 1932, les effectifs ont chuté régulièrement jusqu’à atteindre quelques dizaines d’individus dans les années 80, puis remonter jusqu’à 400 actuellement. Le syndicat d’éleveurs de Froment du Léon, créé en 1994 sous l’impulsion de Jean Sergent, technicien au Parc naturel régional d’Armorique, veille sur ses protégées. En partenariat avec l’Institut de l’élevage, il contribue à l’encadrement zootechnique et génétique de la race et participe au projet Varape : « Valorisation des races à petits effectifs par les circuits courts ».

 

La suite ICI

 

J’en ai presque fini avec mon cours de zootechnie pour les naturistes ignorants.

 

 

Comme je ne sais pas faire mon beurre alors j’ai acheté, comme le petit chaperon rouge, un petit pot de beurre de la Froment du Léon  qui, bien évidemment se nomme : Beurre de madame

 

 

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14 juin 2019 5 14 /06 /juin /2019 06:00
Chez les Black Blocs on boit des GCC : 1 chasse-spleen 99 j’attends la réaction de Jacques Dupont « Samuel lui tendait toujours son verre pour trinquer. Il le tenait par le pied pour ne pas réchauffer le vin. »

Je viens de lire Black Blocs d’Elsa Marpeau.

 

 

La vie de Swann, technicienne en biologie à Jussieu sans histoire bascule le jour où, en rentrant chez elle, elle trouve son compagnon Samuel, assistant en sociologie à la fac, abattu d’une balle dans le dos. Elle découvre à l’occasion qu’il militait dans des groupes que les flics et la presse qualifient d’ultragauche. Pour venger Samuel, pour savoir qui l’a tué, elle va s’immerger dans un de ces Black Blocs. S’immerger et se perdre peu à peu, jusqu’à douter de tout, y compris de sa santé mentale.

 

Bonne doc sur l’écosystème où nagent les black blocks et nos chers agents de la DGSI et de la SDAT la référence déclarée à l’affaire de Tarnac et à l’absurdité et l’énormité de ce qui a été dit et publié par la police, la justice et les ministères et relayé par une bonne partie de la presse semble aller dans ce sens mais l’intrigue est tellement tordue que ça ne m’a guère convaincu.

 

« Un demi-ratage d'autant plus triste que beaucoup d'ingrédients étaient présents pour obtenir un bon roman, et que la capacité de l'auteur à brosser des portraits rapides mais saillants reste impressionnante.

 

Mais une ambiguïté trop forte l'emporte in fine : tout y semble trop artificiel et accidentel, entre Black blocs réduits fortement, pour l'essentiel, à des gamins irresponsables, tandis que leurs adversaires policiers sont soit d'odieux cyniques (ce qui pourrait passer) soit de purs psychopathes (et là, sans humour, non, désolé, ça ne marche pas)... Les citations parfois habiles, mais souvent joyeusement mélangées en une bouillie infâme (ironique, certes, lorsque les anti-terroristes sont à l'oeuvre - mais plus difficile à saisir lorsqu'il s'agit de "théoriciens spécialistes" anarchistes, qui savent au moins lire, en général...). »

 

Ceci écrit j’ai coché deux passages où le divin nectar de Bordeaux encensé par nos chers critiques occupe une place de choix.

 

  • Ça t’a fait quoi d’être arrêtée ?

 

Aurélie fixe Swann avec curiosité. Swann réfléchit. Elle commande une deuxième bouteille de bordeaux.

 

En contemplant le liquide rouge sombre, elle se  souvient de la visite des vignobles dans la résidence secondaire des Bordat, le jour où elle les a rencontrés. Le père de Samuel lui a expliqué les cépages l’ensoleillement, la terre. Il faisait un soleil de plomb. Le paysage était magnifique. Jamais Swann ne s’était sentie aussi minable. Humiliée par leur aisance à marcher dans les vignes sans salir leurs chaussures en crêpe, par leur amabilité imperturbable, par leur culture, par la beauté du paysage. Samuel l’avait senti. Entre deux dissertations paternelles, il lui avait glissé :

 

  • T’inquiète, tu pourras quand même boire un Ricard en rentrant.

 

[…]

 

Cuisine. Swann lui a préparé une surprise. Elle est allée faire des courses. Elle a acheté un rôti et une bouteille de chasse-spleen 99. Elle débouche la bouteille pour l’aérer, comme Samuel le lui a appris. Elle mt la viande au four. Il est vingt heures. À vingt et une heures, Samuel n’est toujours pas rentré. Son portable est coupé. Le rôti est déjà trop cuit. Swann boit cul sec deux verres de vin. Il rentre à vingt-deux heures. Le rôti a brûlé. La bouteille est finie. Il s’excuse. Il a dû corriger une thèse avec un étudiant largué. L’imaginer discutant sociologie fait enrager Swann. Elle s’approche de Samuel et le frappe au bras. Il se défend. Elle frappe à nouveau. Il serre son poigne. Il le broie. Elle retient son cri par défi. Elle se libère en lui mordant la main. Elle jette le rôti par la fenêtre. Samuel se penche et observe le morceau de viande, pitoyablement écrasé par terre. Ils éclatent de rire. Swann leur sert deux verres de Ricard.

 

[…]

 

Justine verse à Swann un verre de bordeaux grand cru. La bouteille évoque Samuel. Il lui tendait toujours son verre pour trinquer. Il le tenait par le pied pour ne pas réchauffer le vin.

 

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13 juin 2019 4 13 /06 /juin /2019 06:00
J’irai à Macao le pays des casinos en cargo manger des Pastéis de de Nata avec mes doigts…« Tout le passé du Portugal se trouve distillé dans une bouchée. »

Macau Physique Carte

 

Selon le Jornal de Noticias, aucun gâteau portugais  n’égale le pastel de nata, cette tartelette aux œufs emblématique de Lisbonne et de ses alentours.

 

Comme le souligne le quotidien, « ce gâteau raconte de nombreuses histoires », écho des invasions et des grandes explorations des siècles passés. De la pâte feuilletée, introduite dans la péninsule Ibérique par les Maures, à la cannelle, venue de Ceylan, en passant par la canne à sucre, qui a voyagé d’Afrique à l’Amérique du Sud, au prix de la « très grande souffrance des Africains », avant de revenir enchanter le palais des Européens : « Tout le passé du Portugal se trouve distillé dans une bouchée. »

 

L'énorme et vieux ventilateur

Essayait d'brasser l'air lourd d'odeur

On aurait pu palper la peur

Dans une aussi épaisse moiteur

Pour la douzième fois d'la soirée

Jeanne dégrafait l'air emmerdé

le troisième bouton de son bustier

Pour trois matelots vraiment flippés

A la grande table de poker

Deux as planqués sous la théière

Le vicomte lançait les enchères

Une main posée sur le revolver

 

MACAO MACAO

Ti plamb di maté

ça sent le sangue

écarlaté

 

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L’A.F.P me dit que :

 

Avec leur pâte feuilletée garnie de crème aux œufs, les tartes portugaises de Macao sont aussi emblématiques du territoire chinois que ses casinos. Mais paradoxalement, elles ont aussi des origines britanniques.

 

Mais l'appétence pour ces flans de style lisboète s'est répandue à travers la Chine et une partie de l'Asie grâce à un Britannique.

 

Il y a 30 ans,  Andrew Stow, un pharmacien, ouvrit la boulangerie Lord Stow dans le village de Coloane à Macao.

 

Andrew Stow n'avait pas la recette originale des pasteis de nata si bien qu'il expérimenta avec le custard britannique, une crème aux oeufs plus lourde, en suivant une recette de famille, et y ajouta des techniques portugaises de fabrication de la pâte.

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Si certains de ses amis portugais se montrèrent circonspects, les Chinois de ce territoire du sud de la Chine furent conquis

Macao

 

En 1152, ce petit territoire était rattaché au comté de Xiangshan de l’Empire chinois. En 1557, les portugais établissent la première colonie permanente en Extrême-Orient. La même année, ce territoire est cédé au Portugal contre une sorte de loyer annuel et certaines taxes, mettant en évidence que Macao était toujours partie intégrante de l'Empire chinois de l’époque (Qing). La dynastie des Qing va percevoir ces taxes jusqu’en 1849, date à laquelle les portugais proclament l’indépendance de l’île.

 

En 1999, deux ans après Hong-Kong, le territoire de Macao redevient finalement chinois avec le statut de région administrative spéciale.

 

Le « Pastel de Nata »

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Au pluriel Pastéis de Nata est une pâtisserie typique de la cuisine portugaise. Il s’agit d’une sorte de flan, parfois dégusté tiède. Une célèbre boulangerie de Lisbonne, véritable institution au Portugal, utilise également le terme « Pastéis de Belém ».

 

Au début du XIXe siècle, à Belém, près du “Mosteiro dos Jerónimos” (Monastère des Jerónimos), se trouvait une raffinerie de sucre de canne, associée à un petit magasin de commerce en tout genre. Suite à la révolution libérale de 1820, tous les couvents et monastères du pays furent fermés en 1834 le clergé ainsi que ses travailleurs expulsés.

 

Toutefois, afin de subsister, un des anciens occupants du Monastère décida, 1837, de vendre, dans ce même petit magasin, des tartelettes issues de la recette originale du monastère et rapidement appelées “Pastéis de Belém”

 

 A l’époque, Belém était éloignée de Lisbonne et le parcours se faisait par bateau à vapeur. Cependant, la somptuosité du “Mosteiro dos Jerónimos” et de la ” Torre de Belém” attirait beaucoup de visiteurs qui se sont rapidement habitués à savourer les délicieuses tartelettes du Monastère.

 

En 1837 débuta La confection des “Pastéis de Belém” dans les installations annexes de l’ancienne raffinerie, selon l’antique “recette secrète” originaire du monastère, fut depuis, transmise aux maîtres-pâtissiers successifs et exclusivement connue de ces derniers qui continuent aujourd’hui à les confectionner de façon artisanale dans “l’Atelier du Secret”.

 

Cette recette reste immuable. En fait, grâce au savoir-faire de ses maîtres-pâtissiers et au choix judicieux de ses ingrédients, les “Pastéis de Belém” offrent toujours la seule et unique saveur de la pâtisserie portugaise d’autrefois.

 

LE MEILLEUR “PASTEL DE NATA”

 

Tous les ans, la mairie de Lisbonne organise un concours pour dénicher les meilleurs pastéis de nata. Le meilleur pastel 2017 se déguste à la pâtisserie O Pãozinho das Marias, à Ericeira, une ville côtière au nord de Lisbonne. Visão a interrogé le pâtissier Francisco Duarte, jeune lauréat de 25 ans. “Nos pastéis respectent la recette classique, dont nous nous approchons le plus possible”, fait-il valoir. Le jury du concours a confié à l’hebdomadaire les raisons de son choix : “Un aspect alléchant, une pâte feuilletée parfaite, qui se défait dans la main tant elle est croquante, et une garniture très crémeuse sans excès de vanille ou de citron. C’est le meilleur.”

 

Vins nus portugais : un orange et un pet'nat
Vins nus portugais : un orange et un pet'nat

Vins nus portugais : un orange et un pet'nat

merci à ICI MÊME :

ICI  Ici-même

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12 juin 2019 3 12 /06 /juin /2019 06:00

Ulysse

Je me suis lancé un défi , reprendre à mon compte certains thèmes d’Aurélien Bellanger traités dans son livre : La France chroniques chez Gallimard-France Culture.

 

Je commence par Télérama.

 

Aurélien Bellanger né en 80 pourrait être mon fils.

 

Alors, lorsqu’il écrit, avec un humour féroce, que le jour où ses parents ont abandonnés leur abonnement à Télérama, lui et ses sœurs se sont dit que « ce renoncement à la culture, c’était comme s’ils nous avaient annoncé qu’ils vendaient la maison, qu’ils se débarassaient de leurs livres et qu’ils voteraient désormais pour le Front National. »  je me suis gondolé en pensant que, moi-même, abonné depuis la nuit des temps à Télérama, je continue de casquer sans trop savoir pour quoi.

 

Petite histoire de Télérama

 

Georges Montaron, directeur de publication de la lettre Témoignage Chrétien, qui est née en 1940 sous l’impulsion des Jeunes chrétiens combattants,  décide de créer un hebdo sur les programmes radio et les loisirs afin d’aider les Français à « organiser leurs loisirs ». C’est ainsi que naît en 1947 «Radio-Loisirs».

 

« Le premier numéro de Radio-Loisirs sort en février et Georges Montaron fait figurer à la fois les programmes de la radio, un courrier des lecteurs « Nos lecteurs ont la parole », des chroniques d’informations et artistiques et des critiques notamment sur des films car pour lui la culture passe désormais par le cinéma, la radio et la télévision qui tend à prendre de plus en plus de place dans le salon des Français. »

 

« Mais s’il y a bien une chose qu’il n’a pas vu venir, c’est la grève du monde de l’imprimerie et des restrictions de papier après seulement 24 numéros. Pour permettre à Radio-Loisirs de ressusciter, Georges Montaron s’associe en 1949 à Ella Sauvageot, c’est la naissance de Radio-Cinéma, qui prend un peu plus tard le nom de Cinérama. »

 

Source ICI 

 

L'acte fondateur fut signé en février 1950 entre Ella Sauvageot pour La Vie catholique dont le fondateur est Francisque Gay, le Révérend Père Pierre Boisselot pour les Dominicains et Georges Montaron pour Témoignage chrétien. Il hérita du titre Radio-Loisirs et de ses abonnés dont la liste fut donnée par Témoignage chrétien. Et il s'installa dans les locaux des Éditions du Cerf, Boulevard de La Tour-Maubourg, avant de déménager pour la rue Saint-Dominique (VIIe arrondissement de Paris).

 

Cinq ans plus tard, son tirage atteint 75 000 exemplaires. Le 5 janvier 1958 il change de nom pour devenir Télévision-Radio-Cinéma, le 2 octobre 1960, le numéro 559 de ce qui était devenu Radio-Cinéma-Télévision (puis Télévision-Radio-Cinéma) change son nom en Télérama (contraction syllabique des trois mots télévision, radio et cinéma).

 

telerama noel

 

En 1976, Télérama rachète le titre et les lecteurs de La Semaine Radio Télé qui n'avait pas su passer de l'âge de la radio à celui de la télévision et avait perdu une bonne partie de son lectorat.« Enfin, en 1960, on change encore quelques lettres pour Télérama, la contraction de TELEvision, RAdio, cinéMA. La télévision prenant officiellement place dans le salon des Français, on souhaite mettre sa programmation en valeur chaque semaine. En 1955, la ligne éditoriale séduit car son tirage compte plus de 75 000 exemplaires vendus. Le magazine est marqué à gauche et offre une vision spirituelle humaniste et chrétienne de la culture de l’époque. »

 

Vu du côté de France-Culture ça donne ça :

 

« Vers la fin des années soixante-dix, le journal se détache de ses influences religieuses, défend son indépendance et la sélectivité de ses choix jusque dans leurs contradictions en proposant parfois deux points de vue divergents. Peu à peu le magazine s’intéresse à tout ce qui touche à la vie culturelle, qu’elle soit politique ou sociale. *Télérama* s’enthousiasme ou s’indigne : les prises de position sont toujours fortes, les opinions déterminées. C’est aussi la marque de fabrique du magazine : exigeant et sans concessions.

 

Depuis les années 1990, le journal s’est enrichi d’enquêtes approfondies, d'études, de portraits, de reportages sur la société, sur l’actualité politique, quelle soit nationale comme internationale. Il a élargit ses champs culturels d’exploration à la scène, à la musique, au théâtre, à la danse, au design, à l’architecture ou plus récemment aux arts numériques.

 

Il a su imposer un regard différent qui garantie sa liberté de ton et lui a offert un beau succès auprès d’un lectorat particulièrement fidèle. Il se vend chaque semaine à 630 000 exemplaires et dépend du groupe *Le Monde* depuis 2003, après la prise de participation majoritaire de celui-ci dans PVC.

 

Un supplément gratuit, *Sortir*, complète le *Télérama* d’une mine d’informations locales. L’édition de la région parisienne est hebdomadaire et plus espacée pour les autres grandes villes de France. »

 

J’avoue que la ligne éditoriale de Télérama très « bonne conscience de gôche » me gonfle, le courrier des lecteurs m’énervent, alors je m’en tiens à la version électronique où je fais mon marché ça m’évite de me cailler le lait.

 

Si je continue de cotiser c’est sans doute par fidélité au Télérama qui m’a dégrossi culturellement, qui m’a guidé dans le Paris des cinémas, du théâtre, des concerts ; au Télérama qui m’a fait aimé l’opéra ; au Télérama des petits restos de Paris ; du Télérama des éditoriaux d’Alain Raimond…

 

Bref, comme ans notre pays, du moins autrefois, tout finit par des chansons, je vous offre le plus beau spécimen des chouchous de Télérama : Vincent Delerm.

 

Anna Mouglalis, toujours souveraine

Fabienne Pascaud

 

Elle a des yeux et une bouche interminables. Une chevelure intensément sombre. Elle a surtout cette voix noire de fumeuse qui se promène et traîne dans des graves infinis, fait traverser d’insondables abîmes, rauque et caverneuse. Une voix d’antique pythie, qui saurait avec détachement et grâce annoncer les pires catastrophes. Est-ce de ses origines grecques qu’Anna Mouglalis tient ses archaïques et fascinants pouvoirs ? Déjà, quand on l’avait vue débuter au théâtre en 1997, à 19 ans, dans L’Eveil du printemps, de Wedekind, mis en scène par Yves Beaunesne, on avait été saisie par cette présence fauve, lourde et aérienne à la fois, séduisante et dangereuse. Mais l’égérie de Chanel, révélée au cinéma par Claude Chabrol dans Merci pour le chocolat (2000), n’a pas eu encore la carrière qu’elle méritait. Voilà que la présidente de la République socialiste de la série Baron noir de Canal+ revient enfin embraser de sa présence entêtante cette scène où elle électrise l’espace, dans Mademoiselle Julie, de Strindberg, jusqu’au 30 juin au Théâtre de l’Atelier à Paris, intelligemment mise en jeu, en joute, par Julie Brochen. Mouglalis apporte une violence, une sensualité bouleversantes à son personnage soudain déclassé, nié, errant dans les vertiges du sexe comme de la culpabilité. Jusqu’à ce que mort s’ensuive. Elle est fracassante. Pitoyable et grandiose.

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10 juin 2019 1 10 /06 /juin /2019 06:00
Je ne sucre pas encore les fraises mais je vais vous conter la chute de la betterave sucrière en notre beau pays françois : les sucreries ferment c’est presque la Bérézina !
Je ne sucre pas encore les fraises mais je vais vous conter la chute de la betterave sucrière en notre beau pays françois : les sucreries ferment c’est presque la Bérézina !

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La betterave sucrière je l’ai découverte, au 78 rue de Varenne, avec le lobby le plus puissant, car le plus argenté, celui du sucre. La CGB, syndicats des planteurs, était présidée par Georges Garinois, 15 ans à la tête de ce puissant syndicat (1977-1992) qui, avec celui des céréaliers, dominait la FNSEA : faiseurs de présidents.

 

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Bref, planteurs et industriels du sucre : Béghin-Say et Saint-Louis se faisaient des couilles en or.

 

Pourquoi ?

 

Grâce au système des quotas sucriers A, B, C négocié à Bruxelles était une petite merveille de protectionnisme à la sauce libérale qui avait permis à la France de disposer l’une des plus puissantes au monde industrie du sucre.

 

Ces gens-là savaient y faire à Bruxelles comme à Paris, discrets, efficaces, pas du tout bling-bling, des pros du lobbying quoi.

 

Mais le monde change, dernier vestige de la PAC, les quotas sucriers sont tombés dans les oubliettes le 1er octobre 2017, et la surproduction mondiale, ont fait s’effondrer les cours et déstabilisé la filière betteravière européenne.

 

« Ça eut payé mais ça ne paye plus » Fernand Raynaud.

 

Les 26 000 betteraviers français y sont confrontés aujourd’hui.

 

À l’occasion de la campagne 2018 (de septembre à janvier 2019), les planteurs ont affiché des pertes de 400 à 500 € par hectare.

 

« Du jamais vu depuis cinquante ans », disait en décembre, Éric Lainé, alors président de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB).

 

« C’est la première fois que les betteraviers ne couvrent pas leurs coûts de production. »

 

Filiale de Südzucker, Saint Louis Sucre va fermer, en 2020, deux de ses quatre usines en France. Cristal Union prévoit aussi l’arrêt de deux sucreries. Le numéro 1 français, Tereos a essuyé des pertes colossales au premier semestre.

 

Comme le millier de planteurs Saint-Louis Sucre de Cagny (Calvados). « L’usine la plus rentable du groupe », s’indigne Loïc Touzé, délégué syndical central FO.

 

D’autant plus incompréhensibles pour les Français que des bassins de production européens peu rentables sont sauvegardés à coup de subventions… Une douzaine de pays, aux rendements les plus faibles, ont fait le choix d’aides PAC couplés pour conserver une production de betteraves sucrières. C’est le cas en Pologne, Roumanie, Italie, Espagne.

 

Une surproduction mondiale

 

Le cours du sucre européen (dont dépend le prix de la betterave) a été divisé par deux en l’espace de deux ans. La faute à une surproduction mondiale. L’Europe, qui a mis fin aux quotas de production le 1er octobre 2017 et au prix minimum garanti, y a contribué (+4 millions de tonnes de sucre) mais beaucoup moins que l’Inde (+11 millions) ou le Pakistan (+5 millions).

 

En France, une betterave sur cinq est exportée hors d’Europe. Les vingt-cinq sucreries françaises devaient tourner à plein régime pour vendre un sucre de betterave plus compétitif vis-à-vis du sucre de canne (80 % du marché) moins cher à produire. Les durées de campagne (industrielle) sont passées de 100 à 130 jours, l’an dernier et jusqu’à 147 jours à Cagny, dans le Calvados, un record.

La maison mère, l’allemand Südzucker, a annoncé la fermeture d’ici à 2020 des sucreries de Cagny (Calvados) et d’Eppeville (Somme).

 

Fermeture de cinq des vingt-neuf usines européennes

 

C’était la stratégie pour des lendemains qui chantent. Mais patatras… Südzucker, le numéro 1 mondial du sucre, n’a pas tenu son pari. En février, il annonce la fermeture de cinq de ses vingt-neuf usines européennes. Dont deux en France, dans sa filiale Saint-Louis Sucre, à Cagny (Calvados) et Eppeville (Somme). La France paie le plus lourd tribut de la restructuration avec une baisse de production de 500 000 tonnes sur 700 000 tonnes en Europe. Südzucker avance une perte opérationnelle de sa branche sucre « de 150 à 200 millions d’euros sur l’exercice 2018-2019 ».

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Pénurie de sucre en 2019

 

Confrontés à la volatilité des prix, les betteraviers français ont réclamé de pouvoir ajuster les surfaces cultivées à la demande mondiale en sucre. Ils demandent de mettre en place « un instrument de stabilisation des revenus », c’est-à-dire un fond de mutualisation abondé par les agriculteurs, les industriels et les subventions de la PAC, « pour passer les caps difficiles. » Il aurait aussi fallu adosser le prix de la betterave sur les marchés à terme du sucre. L’interprofession n’a pas su le mettre en place à temps pour éviter les coupes claires industrielles d’aujourd’hui.

 

Pourtant les perspectives ne sont pas mauvaises pour le secteur. C’est tout le paradoxe. Si 76 % des betteraves sont transformées en sucre, 24 % d’entre elles servent à fabriquer l’éthanol. Les automobilistes français se tournent de plus en plus (+45 %) vers ce biocarburant à 57 centimes le litre. La consommation ne sera pas bridée par la nouvelle directive européenne qui n’a pas réduit le plafond d’incorporation des biocarburants de première génération dans les essences (7 %).

 

Le Brésil (40 % de l’export mondial) a décidé de consacrer les deux-tiers de sa production à l’éthanol. Certains prévisionnistes évoquent une pénurie de sucre dès 2019. Pour Sébastien Abis, directeur du think tank Demeter, la demande mondiale de sucre n’est pas près de se tarir. Elle devrait passer « de 185 millions de tonnes à 225 millions d’ici à 2030, avec l’avènement d’une nouvelle classe moyenne en Asie et en Afrique ».

 

Petite histoire de la betterave sucrière

 

Dès la fin du 16ème siècle, simple curiosité de botaniste, Olivier de Serres observait que la betterave  possédait un jus qui, en cuisant, ressemblait au sirop de sucre issu de la canne.

 

C’est en 1747, qu’en Allemagne, Andréas Sigismund Marggraf parvenait pour la première fois à cristalliser, en laboratoire, du sucre de betterave et ce fut François Charles Achard qui consacra sa vie scientifique à appliquer industriellement la découverte. « En 1799, il produit des pains de sucre, comparables à ceux issus de la canne et en 1801, il crée la première fabrique de sucre de betterave du monde, en Silésie. »

 

Au début du XIXème siècle une véritable « saccharomanie » s’empare, en Europe, des  chimistes, pharmaciens, agronomes qui, tous essayent d’extraire du sucre à partir de la betterave.

 

« Au cours de la première décennie du XIXème siècle, les deux premières fabriques métropolitaines sont établies en région parisienne à Chelles et à Saint-Ouen. D’autres fabriques sont créées dans la Somme, dans l’Aisne et le Pas de Calais. La naissance de la sucrerie de betterave est donc l’aboutissement d’un long processus de maturation scientifique et intellectuelle, concrétisant une idée qui était « dans l’air » depuis plusieurs années.

 

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Mais c’est le blocus continental, instauré en 1806 par Napoléon 1er, qui va engendre une guerre économique contre le commerce anglais et rendre nécessaire le remplacement des produits coloniaux, comme le sucre de canne.

 

« En 1811,  Le Ministre Montalivet  présente à Napoléon 1er des pains de sucre, fabriqués par le chimiste et pharmacien de l’Empereur, Deyeux.

 

Napoléon, voulant  favoriser le développement de cette production et avec l’influence décisive du chimiste Chaptal, signe le 25 mars 1811 un décret ordonnant la mise en culture de 32 000 hectares de betterave.

 

La suite ICI

 

Sur les pistes de l'or blanc (le sucre)

Revue Reliefs n°7, 2018

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«Un roseau donnant du miel sans le concours des abeilles» c’est ainsi que Néarque, compagnon d’Alexandre le Grand, caractérisa la canne à sucre au IVe siècle av. J.-C. lors d’une expédition en mer des Indes. Depuis, la saveur sucrée flatte le palais des femmes et des hommes un peu partout sur le globe. La denrée rare et précieuse que l’on achetait à Madère au XVe siècle a aujourd’hui perdu de sa valeur. Mais l’avenir du sucre reste prometteur : de la chimie à l’énergie, cette ressource renouvelable offre des solutions durables.

 

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