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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 00:09

« Ce genre de choses » chez Stock écrit par Jean Rochefort.


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« C'est un ouvrage à son image : foutraque, touchant, excentrique, cocasse, drôle. Une anti-autobiographie sans ordre chronologique, sans enfance racontée par le menu, sans emphase ni litanie sur son impressionnante filmographie, sans bavardage superflu et avec une dose réjouissante d'autodérision. Ce genre de choses est un recueil de souvenirs truculents, d'anecdotes délicieusement contées, de réflexions délicatement nostalgiques, d'hommages véritablement sincères ; un pêle-mêle de vie dans lequel il est davantage question des autres que de lui. »


« Jean Rochefort, dandy cool » LE MONDE du 25.10.2013 par Sandrine Blanchard.


Bravo ! Chapeau ! Mes compliments, je vous ai tellement houspillé Sandrine Blanchard.link 


En 1990 Jean Rochefort, homme de spectacle et éleveur de chevaux – c’est ainsi qu’il signait ses chroniques lors des Jeux de Londres * – accepta à ma demande de présider la première journée nationale du Cheval qui se déroula pendant 2 jours, les 22 et 23 septembre, pour la première et dernière fois, dans les jardins des Tuileries. L’homme est délicieux, drôle, très nature, notre rencontre dans mon bureau du 78 rue de Varenne fut un de ces moments que je garde précieusement en mémoire.


Avec son petit sourire sous sa moustache « puis-je vous demander une faveur, monsieur le directeur (ironique) ?


-         Bien sûr…


-         Pourriez-vous me faire chercher et reconduire ?


Jean Rochefort habitait alors à Neauphle-le-Château (un chapitre de son livre est consacré à une audience qu’accorda, à Rufus et lui-même l’ayatollah Khomeiny qui séjourna en cette bourgade des Yvelines avant son retour à Téhéran le 1er février 1979.


La classe ! Ce fut notre seule contribution pour sa venue...


Quelques traits de Jean Rochefort relevé par SB qui me vont bien au teint.


« Quand je vois les femmes, je regrette d'être né en 1930 ! »


Le pull-over vert pomme, le pantalon violet, les baskets blanches ; c'est pour lutter contre « la crainte de l'érosion », résume-t-il. Avec le gris et le noir, «on sent la grande faucheuse qui rôde».


L’incroyable tournage du Crabe tambour (1977), de Schoendoerffer. « On ne jouait pas, on s'enivrait d'exister, la vie et le cinéma s'agrippaient l'un à l'autre. C'était unique. »


Mais Dieu que ces treize mois d'écriture furent difficiles ! , reconnaît-il. « Je vivais dans une insatisfaction permanente de relecture le matin de ce qui m'avait enthousiasmé la veille, ce qui me désespérait et me mettait dans un état dépressif fort. J'ai eu des moments de découragement. Je suis pathologiquement organisé comme cela ; j'ai toujours vécu dans le doute, dans le manque de confiance en moi. Aborder une nouvelle activité à 83 ans, c'est l'arthrose qui se réveille, le corps gueule et dit mais tu es fou, à quoi tu joues là !”


Le « Déjeunons à Nogent-le-Rotrou, ils ont du pouilly-fuissé et ils ont reçu des ormeaux » de mon titre c’est du Rochefort pur sucre (page 45-49). La MG TF 1500 « avec phares incorporés dans les ailes, noire, capote beige intérieur cuir vert. La voiture de mes rêves.


La même que lui, l’amant de la femme que j’aimais et dont j’étais l’amant »


La Triumph TR3 bleu ciel de Calder, « cent trente kilos, un mètre quatre-vingt-dix… comment fait-il pour entrer et sortir de cette petite automobile ? »

La Panhard et Levassor « imposante et sans soupapes, avec vases à l’arrière où l’on pouvait disposer des roses en petit nombre » de Jean-Pierre Marielle

 

« M. Ymonet, grand maître des carburateurs Paris-Banlieue » et sa clé de douze...


« Bruits somptueux des moteurs. La chienne de M. Ymonet, comme pour un au-revoir, assise sur le bord du trottoir, patte gauche dans le caniveau, à l’aide de sa patte droite se masturbe.


Avec tendresse M. Ymonet nous avertit : « Regardez, messieurs, elle part pour le grand voyage ! »


La manière incomparable de Jean Rochefort de conter son étrange relation « avec l’amant de la femme que j’aimais et dont j’étais l’amant »


Un bijou !


Et pour nos amis les chevaliers à la triste figure un  dernier petit coup pour la route :


« Ce cher Harold (ndlr Pinter), à la cravate inamovible, me prouvait son amitié en m’invitant avec Fresson à des mufflées historiques. Devant le café du Dôme, au lever de l’aube Fresson et moi, enroulés tels des boas constrictors autour d’un bec de gaz, là où pissent les chiens. Fresson tentant de lever la tête pour, dans son brouillard éthylique, admirer ce cher Harold toujours debout, négligeant même l’appui du bec de gaz, cravate en place, veste sortant de l’armoire, défiant le boulevard Raspail, l’horizon ce cher Harold ! Nelson sans tonneau, Nelson sans pitié pour notre Trafalgar. »


* Les juments impavides, par Jean Rochefort LE MONDE SPORT ET FORME | 04.08.2012


« Sachez ici qu'impavide est la jument quand l'étalon la pénètre, impavide et pourtant nous n'ignorons pas que la verge de l'étalon est digne d'estime lorsqu'elle sort de son fourreau. Les juments sont-elles insensibles à Eros ? « J'étais victime d'Eros ! Eros qui fait trembler même les petits oiseaux. »Coetzee, Prix Nobel de littérature.


Il me faut briller encore, amis : les juments n'ont pas les muscles faciaux qui nous permettraient de décrypter chez elles les tsunamis du plaisir, les vagues bouleversantes qui selon une confidence avaient fait hurler à une amie, qu'un de mes amis honorait : "C'est pas possible, ils sont plusieurs." Ah, le beau constat ! Oh la somptueuse mise en confiance. Mon ami bouleversé réussit ensuite tout ce qu'il entreprit, de la belote coinchée à la formule 1.


Darwin est au courant, il y a des manques, des erreurs, des oublis. C'est pourtant beau les partages, hélas les juments n'ont que leurs yeux pour nous transmettre un message. Tandis que l'étalon ivre de plaisir mord brutalement la crinière de l'honorée, celle-ci, au monde impénétrable, semble somnoler. Nos belles juments, les bais brunes, les alezanes au crin lavé, les rouannes et les isabelles sont donc à nos yeux surpris les Buster Keaton de l'étreinte.

 

 

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 00:09

Vous auriez tort de zapper. Il est d’actualité ce copié-collé d’une scène se déroulant entre les murs du bureau privé de l’occupant précédant du « château ».


Marie-Célie Guillaume, était directrice du cabinet de Patrick Devedjian au Conseil  général des Hauts de Seine depuis 2007. Le titre ne biaise pas : Le Monarque, son œuvre, son fief, avec en sous-titre Hauts-de-Seine : chronique d’un règlement de comptes. Paru en librairie le 14 juin 2012, soit entre les deux tours des élections législatives, le livre rencontre le succès commercial et figure, plusieurs semaines consécutives, dans les meilleures ventes de sa catégorie.


Un chapitre de l’ouvrage a soulevé une émotion particulière. Intitulé Rocky et le monologue du périnée, ce chapitre met en scène une pulsion sexuelle de « Rocky », alias le « Monarque », demandant — et obtenant — une faveur sexuelle à l’élue d’une grande ville du Sud de la France venue solliciter du président de la République une subvention pour un nouveau musée de sa ville. « Au milieu du livre, elle assène le coup de grâce au Monarque. Dans son bureau, il reçoit une élue quand son souffle devient court : « Sois gentille... Tu vois bien que j'ai besoin de me détendre ! Allez, c'est pas grand-chose... » link

 

D’après l’enquête de certains journalistes, c’est ce récit qui aurait suscité la plus vive colère de Nicolas Sarkozy. « Sarkozy n'a pas digéré la scène du livre qui se passe dans son bureau. Il veut la peau de Devedjian », déclare au Monde un élu UMP« Il passe [notamment] une soufflante à la présidente du groupe UMP au conseil général des Hauts-de-Seine, Isabelle Caullery, qui, tétanisée, préfère démissionner »


Voilà ce que j’écrivais dans mon petit roman :


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Jean Sarkozy devant Patrick Devedjian et Marie-Célie Guillaume, le 31 mars 2011 à Nanterre (Christophe Morin/IP3 PRESS/MAXPPP)

 

« La bougresse écrit vivement et bien. C’est un  régal ! Les pseudos sont évidemment transparents : le Monarque, la Première Dame, la deuxième Première dame, le Préfet Tigellin, Maître Jourdain la plume du Monarque, le Conseiller aux Cultes, Langue de VIP, le Muet d’Orsay, Gazelle du Sénégal, Belle Amie, @fdebeauce, l’Arménien, le Dauphin, Don Léonard, les Thénardier… pour les principaux protagonistes.link 


Je ne résiste pas à vous lire à haute voix des pages frappées au coin de la pertinence et de l’impertinence. « Debout dans un coin, Préfet Tigellin, objet de toutes les curiosités, écoute l’air affable le célèbre philosophe mondain prodiguer ses conseils sur la paix en Orient tout en surveillant sans relâche les convives du coin de l’œil.


Rien ne lui échappe. Les questions des journalistes, les jeux d’alliances d’un clan à l’autre, le numéro un peu surjoué de Maître Jourdain, le cinéma de Belle Amie, le frémissement d’impatience qui flotte dans l’air dans l’attente du Monarque et de son épouse. Il est la clé du dispositif, celui sur qui tout repose. Contraire et double du Monarque, il a minutieusement construit avec lui une proximité d’autant plus mystérieuse que tous les oppose. Les collaborateurs historiques supportent mal cette relation qu’ils ne comprennent pas. Ils ont vu arriver avec un mépris à peine dissimulé ce haut-fonctionnaire passe-muraille et discret, ne s’en sont pas méfiés. Mal leur en a pris ! En quelques années, Préfet Tigellin les a tous supplantés. Le Monarque a une confiance absolue en lui, il l’appelle à chaque instant, l’associe à tous ses rendez-vous et lui délègue tout, absolument tout, secrets d’Etat et affaires privées. »


Pour la bonne bouche, la réception par le Monarque, dans son bureau privé, de Madame de P, maire d’une agglomération de 265 000 habitants aux magnifiques remparts classés, parlementaire active et appréciée.


Tailleur pantalon strict, gros dossier sous le bras, elle est intimidée, cela ne lui ressemble pas. Le Monarque l’écoute à peine et il « s’est approché. Il est encore sous l’effet de l’euphorie de son combat de boxe imaginaire. Il savoure l’hystérie adorante de ses groupies, leurs cris de désir qui montent à lui, il ressent dans tout son corps la tension du duel et l’excitation de la victoire. Il a chaud, très chaud. « Regarde dans quel état je suis, tu  ne peux pas me laisser comme ça… » Son souffle est court, son visage se congestionne. « Monsieur le Monarque, enfin, contrôlez-vous ! »


-         Sois gentille… Comment je vais faire pour mon discours, là tout de suite ? Tu vois bien que j’ai besoin de me détendre ! Allez, c’est pas grand-chose… » supplie-t-il.


 Elle tourne la tête, ferme les yeux quelques instants. Les images affluent par flashs, souvenirs refoulés d’une autre vie. Un sourire imperceptible, un léger hochement des épaules. Tout cela a si peu d’importance, les hommes sont pitoyables. Cela ne dure que quelques instants. Le Monarque est pressé. Madame de P. compréhensive. Après tout se dit-elle, non sans humour, le Monarque a tellement de soucis, tellement de responsabilités, il faut bien qu’il les évacue. Si elle peut l’aider, c’est vrai que ce n’est vraiment pas grand-chose. Apaisé, souriant, le Monarque ajuste sa cravate et enfile sa veste. « Bon, faut que j’y aille. J’ai un discours. »

 

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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 08:18

« Reprendre des forces, tenter de voler à la rame de haricot un peu de son incroyable vigueur, de cette folle énergie qui la fait grimper au ciel, manger et boire. Respirer. Penser, aussi, car, plus encore qu'hébété, la mort rend idiot: on pleure l'injustice, alors que la règle du jeu de cette merveilleuse chienne qu'est la vie, on la connait. Il suffit d'un QI supérieur à celui d'une huître ou d'un supporter de football, pour savoir que le match, aussi disputé, aussi beau soit-il, a une fin. Que certaines absences sont tout aussi définitives qu'inéluctables, qu'il faut apprendre à vivre avec.


Oui, vivre. Vivre, créer, produire, s'émerveiller, aimer, avancer… Écrire, aussi. Mon père, fort d'amour et de livres, était mon premier lecteur. Je pense même qu'il y avait un peu de lui dans chacun de mes mots. C'est pourquoi je vous prie d'excuser le style un rien tremblotant de cette chronique dédiée au lecteur que j'ai perdu, il s'agit du premier texte que j'écris seul. En son absence. » link

 

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* Après la bataille

 

Mon père, ce héros au sourire si doux,

Suivi d’un seul housard qu’il aimait entre tous

Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille,

Parcourait à cheval, le soir d’une bataille,

Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.

Il lui sembla dans l’ombre entendre un faible bruit.

C’était un Espagnol de l’armée en déroute

Qui se traînait sanglant sur le bord de la route,

Râlant, brisé, livide, et mort plus qu’à moitié.

Et qui disait: « À boire!  À boire par pitié ! »

Mon père, ému, tendit à son housard fidèle

Une gourde de rhum qui pendait à sa selle,

Et dit: « Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé. »

Tout à coup, au moment où le housard baissé

Se penchait vers lui, l’homme, une espèce de maure,

Saisit un pistolet qu’il étreignait encore,

Et vise au front mon père en criant: « Caramba ! »

Le coup passa si près que le chapeau tomba

Et que le cheval fit un écart en arrière.

« Donne-lui tout de même à boire », dit mon père.

 

Victor Hugo

 

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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 00:09

 

Comme promis, un morceau glané dans mes écrits du dimanche...


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« Condamnée le 10 juillet dernier à douze mois de prison avec sursis et à 500 F d’amende pour détournement de mineur, Mme Gabrielle Russier, trente-deux ans, professeur de lettres, a été trouvée morte, lundi soir, dans son appartement marseillais de la résidence Nord : elle s’était suicidée en s’intoxiquant par le gaz. L’aventure vécue pendant plusieurs mois par la jeune femme avec l’un de ses jeunes élèves trouve ainsi un épilogue tragique.»


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La suicidée par le gaz, avait trente-deux ans, Christian Strossi son élève en seconde au lycée Saint-Exupéry de Marseille, juste la moitié. Dans l’effervescence du mois de mai 68, ils se sont aimés et, les imprudents, devenus amants.


Gabrielle est divorcée, mère de deux enfants, promise à un bel avenir à l’université d’Aix, où la mère de Christian est titulaire d’une chaire, elle a craqué pour ce beau jeune homme bien plus mûr que les autres.


En ces temps obscurs, que tout le monde a oublié, pour être majeur il fallait passer le cap des 21 ans, les parents de Christian, de « gauche », libéraux, ont porté plainte pour détournement de mineur.


Qu’était-ce pays qui pouvait me faire conscrit à 18 ans, m’envoyer à la guerre – moi j’avais échappé au djebel, mon frère non – me laisser entrer à l’Université à l’âge de Christian et m’interdire d’aimer, de faire l’amour avec qui bon me semble ?


Quel crime avait commis Gabrielle pour être jetée, pour 8 semaines, à la fin du printemps 69, dans une cellule sordide de la prison des Baumettes ?


Aimer un grand jeune homme, qui aurait pu être moi, c’est tout, alors qu’en ces temps gris, Papon fut, lui, le préfet de police de Paris, le Ministre du Budget du madré de Montboudif, avec du sang sur ses belles mains d’administrateur impitoyable.


Crime suprême, leurs corps s’étaient mêlés, enflammés, Christian avait empli cette « vieille » femme de sa jeune sève. Ils avaient jouis. Condamnée, le 12 juillet – mon jour anniversaire – à 12 mois de prison avec sursis et 500 francs d’amende, le Parquet jugeait la condamnation trop faible et faisait appel a minima, et Gabrielle ouvrait le 1er septembre le robinet du gaz. Exit la femme de mauvaise vie, celle qui avait détourné l’innocence vers les infâmes plaisirs de la chair. Bouclé dans une maison de repos par les psychiatres de service, Christian, lui, grâce à la protection de ses parents, allait enfin voir s’ouvrir une sacré belle vie.


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Lorsque le 22 septembre, notre normalien de Président, questionné par Jean-Michel Royer, sur ce qu’il était maintenant de bon ton d’appeler « l’affaire Russier », allait convoquer Paul Eluard pour jeter un étrange voile sur Gabrielle, délivrer, une brève et ambiguë, oraison funèbre : « Comprenne qui voudra… » lance-t-il.


En exergue de son poème, Eluard avait écrit : «  En ce temps-là pour ne pas châtier les coupables, on maltraitait les filles. On allait jusqu’à les tondre. »


Pompidou était prévenu, du poème d’Eluard filtre une émotion poignante :


Comprenne qui voudra

Moi mon remords ce fut

La malheureuse qui resta

Sur le pavé

La victime raisonnable

A la robe déchirée

Au regard d’enfant perdue

Découronnée défigurée

Celle qui ressemble aux morts

Qui sont des morts pour être aimés                

Une fille faite pour un bouquet

Et couverte

Du noir crachat des ténèbres

Une fille galante

Comme une aurore de premier mai

La plus aimable bête

Souillée et qui n’a pas compris

Qu’elle est souillée

Une bête prise au piège

Des amateurs de beauté

Et ma mère la femme

Voudrait bien dorloter

Cette image idéale

De son malheur sur terre.


 

Christian Rossi attendra ses vingt et un ans pour donner un unique entretien au Nouvel Observateur, le 1er septembre 1971, avant de disparaître : "Les [deux ans] de souvenirs qu'elle m'a laissés, elle me les a laissés à moi, je n'ai pas à les raconter. Je les sens. Je les ai vécus, moi seul" , raconte-t-il à l'hebdomadaire. "Le reste, les gens le savent : c'est une femme qui s'appelait Gabrielle Russier. On s'aimait, on l'a mise en prison, elle s'est tuée. C'est simple". Simple comme comme une histoire d'amour, "pas du tout une passion", selon Christian Rossi qui expliquera : "La passion, ce n'est pas lucide. Or, c'était lucide".



Le cinéaste André Cayatte rendra un hommage à cette histoire en 1971, dans le film Mourir d'aimer, avec Annie Girardot. Charles Aznavour signera la bande originale. Film controversé, ce sera un grand succès public avec 4,5 millions d'entrées.


-Qui a tendu la main à Gabrielle


 Lorsque les loups, se sont jetés sur elle ?


 Pour la punir d’avoir aimé l’amour


 En quel pays, vivons nous aujourd’hui


 Pour qu’une rose soit mêlée aux orties


 Sans un regard, et sans un geste ami ?


Serge Reggiani 

 

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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 14:51

Dès le vendredi la France urbaine s’éteint comme une bougie, elle se réfugie déjà dans le week-end : bricolage et jardinage sont les deux mamelles du pays avec bien sûr comme pis le caddie poussé dans les allées des temples de la consommation.


Ce vendredi sur Paris le soleil luit et je me dis mon garçon tu aurais dû faire journaliste d’investigation à la water-closer si t’aimes fouiller les poubelles ou à la Edwy Plenel si t’as un ego XXXL.


Et pendant ce temps-là du côté de Bordeaux la brosse à reluire fonctionne à plein pot. Saint et Millions s’enorgueillit d’avoir enfin son Napoléon qui perce sous Bonaparte : Hubert, qui n’est pas Bonnisseur de la Bath mais l’autre pour qui sonne l’Angéluslink

  

Je me gondole grave de tant d’encens mais c’est dans l’air du temps d’être révérant.


Et pendant ce temps-là notre Président, volage et adepte du 2 ou 3 roues pour aller et venir entre le public et le privé, au risque de nous lasser abuse d’anaphores « nom féminin, reprise du même mot au début de phrases successives », détaille le dictionnaire Larousse. « Quand on a 25 ans », « c’est pour la jeunesse », « la France ».


Mais « Ô  grand bonheur le pure player du petit moustachu de Médiapart tape sur la concurrence pour prouver son indépendance. » C’est beau comme un appartement appartenant à un «bandit corse».Par l’odeur alléché de son fumet je lui réponds d’arrêter avec ses relances permanentes pour que je crache à son bassinet.


Ôtes-toi de mon soleil petit Edwy mon modèle de journaliste d’investigation c’est François Morel qui, chaque vendredi matin, me fait grand bien.


Merci François

 


La boite à outils par franceinter
À qui appartient votre journal ? par Mediapart

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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 00:09

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Le rangement ça a du bon, on retrouve des chroniques oubliées comme celle-ci « Éditeur » de vin : un inventeur de notoriété du 17 décembre 2008.

 

2 mn chrono 


Alors au choix :


1-    vous pouvez lire l’original ICI link


2-  Où vous en tenir à mon copié-collé ci-dessous


Sans m’en référer à l’histoire des 3 petits cochons, je pense que pour bâtir il faut des fondations, du solide, et du temps, donc une forme de patience. C’est de l’investissement d’image, et comme je l’ai écrit dans une récente chronique, l’irruption d’une nouvelle génération de vignerons « atypiques », se référant à des pratiques « durables », met en orbite sur le marché une nébuleuse de points, à la fois indépendants les uns des autres tout en gravitant autour d’un corps de doctrine commun, sans pour autant produire un langage commun ni dessiner une nouvelle géographie des vins de terroir.


Trop de fragmentation, de personnalités fortes, de singularité identitaire, implique des démarches solitaires. Le potentiel actuel des consommateurs se reconnaissant dans ces «pratiques» étant restreint – le bruit médiatique n’étant pas un indice probant de la capacité de ces vins  à trouver leur public – ce segment de marché reste marginal et la frilosité des distributeurs peut se comprendre. En effet, comme me le faisait remarquer le patron du principal site de vente de vins en ligne : mettre en avant des « valeurs sûres » c’est la garantie d’un taux de visite 10 fois plus important que lorsqu’on se risque à mettre en avant des « découvertes ».

 

Pour sortir du cercle, se faire reconnaître de façon durable, plus particulièrement en dehors du marché domestique, tout en restant attaché à ses valeurs, à son indépendance, sans sacrifier au maelstrom médiatique, il me semble que nos «indépendants», au sens des peintres du Salon des Indépendants, devraient tenter de susciter l’émergence d’un nouveau métier : éditeur de vin.


Je n’aurais pas ici l’outrecuidance de rappeler le rôle de l’éditeur auprès des écrivains mais de souligner que l’une de ses fonctions essentielles est de découvrir de nouveaux talents, de prendre le risque de les éditer, de les promouvoir. Dans le passé des négociants, de grandes ou de petites maisons de commerce, ont joué, et quelques-uns jouent encore, à leur manière, ce rôle d’éditeur auprès de domaines ou de châteaux.


Pourquoi ne pas imaginer – ça ne mange pas de pain d’imaginer – que nos «atypiques» puissent confier, pour certains pays, tout ou partie de leurs enfants à des «éditeurs de vin» afin de construire avec eux cette fameuse notoriété.


Celle-ci, une fois acquise, même si en ce domaine rien n’est jamais acquis, quelques-uns pourront ou voudront voler de leurs propres ailes, d’autres viendront les remplacer.


Je rêve direz-vous – c’est beau aussi de rêver – mais comme je ne recule devant aucune provocation j’avoue que je me verrais assez bien dans ce rôle d’éditeur de vin, appuyé bien sûr, vu mon incompétence, sur un comité de lecture – pardon de dégustation – dans le giron d’une maison de confiance.


Ainsi, Vin&Cie pourrait lancer des collections par thème, jaquette commune avec en reprise sur cette étiquette de l’identité de la cuvée de l’indépendant sous la forme toute bête d’un timbre ou d’une miniature de l’étiquette de la cuvée originale.


Innovation d’image identifiant une démarche commune, un état d’esprit, un fil rouge pour tous ceux qui ne sont pas des experts ou des esthètes du vin. Mariage intelligent, du moins je le crois, d’un découvreur de talents qui, en s’appuyant sur des outils commerciaux existants, pourrait ouvrir des portes, apporter sa caution aux nouveaux arrivants, investir dans le temps sous la référence d’une signature reconnue et respectée.


Plutôt que de s’éditer à compte d’auteur, de n’espérer que de ses propres forces pour bâtir sa notoriété, je suis intiment persuadé que pour beaucoup de vignerons atypiques le passage par un éditeur de vins, assembleur de diversité, inventeur de notoriété, est une voie à expérimenter : faire un Actes Sud du vin quel beau challenge !  


L’idée n’a pas fait son chemin mais sait-on jamais : à quand une collection « J’ai bu » ?

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 10:00

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Comme je suis bon zig, vite fait bien fait sur le gaz, en 3 coups de cuillère à pot, ce matin je vous relaie l’info : « Avoir des rapports sexuels améliore la mémoire, boire trop d'alcool en fait perdre »


Suivez mon  regard goguenard je ne touche pas à l’alcool, je me contente de boire du vin et je ne fume pas de cigarette après l’amour.


Voilà les résultats bruts de décoffrage.


Premier enseignement, tiré d'une étude épidémiologique conduite par des chercheurs de l'Inserm et l'University College London, chez 5 054 hommes et 2 099 femmes : les hommes qui boivent régulièrement trop d'alcool à l'âge adulte s'exposent à un déclin accéléré de la mémoire, entraînant une diminution de leurs capacités d'attention et de concentration. Ce risque concerne en particulier les hommes buvant plus de 3,5 verres d'alcool par jour. Ainsi, selon un exemple cité dans l'étude, un gros buveur de 55 ans aurait un déclin de mémoire comparable à celui d'un sujet de 61 ans.link


A l'inverse, une autre étude, menée par des chercheurs de l'université du Maryland (Etats-Unis), et relayée par le Daily Mail mercredi, affirme qu'avoir des relations sexuelles fréquentes peut stimuler la mémoire. Pour parvenir à cette conclusion, ces chercheurs ont étudié le comportement des rats lors de l'accouplement : ils ont constaté que ceux-ci créaient de nouvelles cellules du cerveau, et stimulaient ainsi la mémoire à long terme. A l'inverse, ils ont remarqué que les bénéfices disparaissaient peu à peu lorsque les accouplements se faisaient de plus en plus rares. link


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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 10:45

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Le creux de la nuit, son silence, comme un cocon qui se dissout avec l’aurore. Écrire donc ! Frisquet le petit matin de Paris, à la radio j’entends qu’il neigeote en Champagne. Café.


Dans ma boîte je reçois l’info émanant du Midi-Libre via Jean Clavel  Un enlèvement en marge des lettres anonymes


Béziers : Ligoté, jeté dans le coffre d'une voiture et menacé de mort : le « comité d'actions agricoles » est passé des écrits aux actes.


Je Twitte et poste sur Face de Bouc link

 

Revue de Presse les rosbifs se délectent link

 

«Dieu merci que l'affaire Hollande a éclaté, elle est aussi juteuse qu'un bon coq au vin (…). François Hollande a repris le rôle de fêtard en chef du G8 laissé vacant depuis le départ de Silvio Berlusconi», écrit Cristina Odone. «Les détails de cette liaison sont savoureux: il n'y a qu'en France où le garde du corps est chargé de ramener les croissants. Seuls les Français peuvent s'indigner sur le mode de transport choisi plutôt que sur cette infidélité», s'étonne-t-elle. Et de poursuivre en citant les cas de Félix Faure (que la journaliste confond par erreur avec Edgar Faure), VGE et François Mitterrand: «François Hollande n'est que l'héritier d'une ignoble tradition de politiciens libidineux».


 «Comme tout cela est étrange», écrit le «Daily Telegraph». «Depuis des siècles nous avons raillé le stéréotype du Français obsédé sexuel. Alors qu'en réalité, ces âmes parfaitement abstinentes sont si peu portées sur le sexe que, lorsque le sommet de l'État se trouve mêlé à un scandale comparable à l'affaire Clinton-Lewinsky, elles n'ont envie de parler que de sécurité sociale», plaisante-t-il. Et de se demander si ce sont les Français «qui sont fous, ou nous ?»


Bande de faux-culs hypocrites et le Prince Charles avec Diana c’était quoi au juste ?


Je préfère nos amis belges et les Dupont&Dupond d’Hergé qui commandent toujours leur bock de bière en précisant « et sans faux col »


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Explication d’un expert


« La bière pression ne doit pas se tirer en une fois mais en plusieurs fois, car ainsi la partie de la mousse blanche qui se trouve au contact de l'air durcit et devient suffisamment solide pour emprisonner la mousse plus tendre que génère les tirages successifs. La bière peut alors monter plus haut dans le bock et atteindre la contenance de 25 ou 33 cl ou plus sans difficulté. Le bistro qui pratique « le vrai col » ne vous a pas trompé sur la contenance.


Aujourd'hui, dans les bars, on tire la bière en une fois. On veille à ce que la mousse arrive au ras du bord du verre. On vous la sert directement en coupant même la mousse qui déborde. Le barman gagne ainsi 2 cl de bière par verre de 25 cl. Ainsi, sur un tonneau de 50 litres, il peut gagner 8 cl par litre de bière soit 8x50=400 cl soit 16 verres sur un tonneau. C'est le principe du « faux col ».


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Bonne journée, mon horloge biologique s’adapte bien à mon nouveau rythme. Il est 10 heures je pars m’occuper de mes vaches.

 

Tintin chez les Belges

Une BD de Daniel Couvreur et Hergé  chez Éditions Moulinsart - 2011

  01/2011  63 pages  978-2-87424-238-0  Autre format 120127

Une initiative de Moulinsart et des groupes de presse belges, Le Soir et Sudpresse. 
Cet album, au même format que Tintin au Congo de papa, rappelle que tout est belge dans Tintin ! Mais Hergé s'est ingénié à brouiller les pistes, à déguiser les noms des personnages et des rues, à gommer les marques de bières, de voitures, de motos, à réinterpréter les paysages ou les patois de Bruxelles, de Flandre et de Wallonie... 
Le livre présente des documents inédits, des faits rarement mis en avant et constitue un excellent « dictionnaire de la belgitude » à l'usage de tous les lecteurs de Tintin, proches ou éloignés de Belgique, qui ne comprennent pas toujours ce qu'est ce mystérieux pays... 
Préfacé par Philippe Geluck, Tintin chez les Belges est un livre inédit, hors commerce.


 

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 00:09

Davodeau Etienne c’est un gars de près de chez moi qui fait des bulles et les remplies pour un ignorant comme moi. Je l’ai découvert dans les bras d’Eva, un soir, au Siffleur de Ballons Avant ça j’ignorais qui était Étienne Davodeau, et pire encore pour un soi-disant chroniqueur qui affirme que le vin lui tient compagnie j’ignorais qui était Richard Leroy.


Maintenant tout le monde sait cela sa BD avec Richard Leroy «Les Ignorants» a fait un tabac.link

 

Après l’énorme succès de ses « Ignorants », Etienne Davodeau a publié en novembre « Le chien qui louche », une comédie ficelée autour du Louvre. link 


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Mais mon petit doigt me dit qu’en ce début d’année c’est une l’adaptation au ciné d’une autre BD de Davodeau, publiée en 2 tomes en 2008 et 2010, « Lulu femme nue » qui va cartonner.


L’éditeur a eu la bonne idée de republier la BD en un seul opus.


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Pure intuition de votre Taulier, pourquoi donc ?


1-    Pour le sujet traité « A la suite d’un entretien d’embauche qui se passe mal, Lulu décide de ne pas rentrer chez elle et part en laissant son mari et ses trois enfants. Elle n’a rien prémédité, ça se passe très simplement. Elle s’octroie quelques jours de liberté, seule, sur la côte, sans autre projet que d’en profiter pleinement et sans culpabilité. En chemin, elle va croiser des gens qui sont, eux aussi, au bord du monde : un drôle d’oiseau couvé par ses frères, une vieille qui s’ennuie à mourir et une employée harcelée par sa patronne… Trois rencontres décisives qui vont aider Lulu à retrouver une ancienne connaissance qu’elle a perdu de vue : elle-même. »


2-   Rien que pour cette phrase « j’ai parfois l’impression d’être juste l’extension de la gazinière et du lave-linge. » dit Lulu tout au début de son échappée belle.


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3-  Car tout part de Saint-Gilles-Croix-de-Vie tout près de chez moi


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4-  J’aime la fraîcheur de Karine Viard que j’ai eu l’occasion de l’entendre parler de ce film pendant ma réclusion « mou du genou », très nature ça plaira à Eva 


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5-   J’adore Bouli Lanners un belge tel que je les aime : Quand la mer monte... de Yolande Moreau et Gilles Porte, Louise-Michel et Mammuth de Gustave de Kervern et Benoît Delépine, Neuf mois ferme d'Albert Dupontel...


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6- On n'y suce pas de la glace 


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Si vous voulez en savoir plus allez ICI link


Lulu femme nue au cinéma, c’est le 22 janvier 2014 !

 

La bande-annonce :

 

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 09:33

Le talent, et celui de faire rire, de nous faire rire, est une denrée fort rare et ceux qui en sont doté une espèce en voie de disparition. Quitte à passer pour un vieux con j’ose écrire mais que sont devenus les Coluche, Desproges et Le Luron ?


Desproges tenait des chroniques de la haine ordinaire.


J’aime beaucoup l’humanité.

Je ne parle pas du bulletin de l’Amicale de la lutte finale et des casquettes Ricard réunies.

Je veux dire le genre humain.

Avec ses faiblesses, sa force, son inépuisable volonté de dépasser les dieux, ses craintes obscures des Ténèbres, sa peur païenne de la mort, sa tranquille résignation devant le péage de l’autoroute A6 dimanche dernier à 18 heures.


L’Humanité 10 mars 1986 / Tôt ou Tard / 2001


Tout ce que je lis ou entends en ce moment, pour se justifier, de la part de ceux qui vont poser leurs fesses en un lieu où se déverse la haine ordinaire me donne envie de vomir.


Reste la défense de la liberté d’expression qui, selon des belles âmes, serait menacée dans notre vieux pays. La meilleure réponse qu’on puisse donner à ces défenseurs c’est François Morel qui la délivre ICI link J'aurais dû faire antisémite


Je suis à 100% en accord avec lui. Il a du talent, lui.


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