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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 10:00

J’ai longuement hésité.


Sur cet espace de liberté, chacun sait d’où je viens, ce que j’ai fait dans la vie, ce que je suis, mais je ne me risque jamais sur le terrain de la stricte politique, celui de l’affrontement partisan. Bien sûr je m’intéresse à la vie de la cité, je suis partie prenante aux débats, j’y  prends ma part sans faire preuve de prosélytisme, du moins je l’espère. Mais au-delà  des choix politiques, économiques, philosophiques ou religieux, il y a un noyau dur de notre vie ensemble, le respect de valeurs essentielles, sur lequel j’estime qu’il est impossible de transiger. Depuis des mois je me sens mal à l’aise face à la libération de certaines paroles de plus en plus nauséabondes.


J’ai honte.


Que faire ?


Que dois-je faire ?


Si je me suis décidé à publier l’interview de Robert Badinter aux Inrocks c’est que cet homme est courageux. Je l’ai vu plaider en 1981, à la tribune de l’Assemblée Nationale, avec passion et justesse, l’abolition de la peine de mort. Faut-il rappeler que l’opinion publique était alors majoritairement contre. Et pourtant, même si le débat a été vif, je l’ai suivi dans son intégralité, il y eut des orateurs éloquents parmi les abolitionnistes : Raymond Forni (PS), Guy Ducoloné (PC), Philippe Seguin (RPR), parmi d’autres. L’abolition a été votée par la totalité des députés de gauche, par un tiers des députés de l’UDF et un quart du RPR, dont Jacques Chirac. La loi a été votée par le Sénat, très hostile au gouvernement de la gauche, dans les mêmes termes que l’Assemblée nationale.link


Pour moi ses réponses sont parole de sage et elles disent, bien mieux que je ne saurais le faire, ce qui agite le corps social de notre pays. Elles devraient servir à alimenter une réelle réflexion, à sortir des pures invectives, des affrontements stériles, à débattre réellement sur notre capacité à nous en sortir ensemble. C’est mon souhait le plus ardent.


Enfant de la paix retrouvée je redoute pour mes enfants, et nous tous, l’état de guerre intérieure larvée que nous vivons. Plus qu’une recherche de responsabilités, celle des autres bien sûr, de la désignation de bouc-émissaires, l’important est d’exercer pleinement notre responsabilité individuelle au lieu de nous abriter trop facilement sous le paravent du collectif.


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« La peur ronge notre société », disiez-vous récemment. A quoi tient cette peur selon vous ? Peut-on la conjurer ?

 

Robert Badinter - Il y a une angoisse permanente chez nos concitoyens ; cette peur, constante, s’explique par la présence de 4,8 millions de chômeurs, à temps complet ou partiel. Dans beaucoup de foyers, on redoute de perdre son emploi, de n’en plus retrouver, on s’inquiète pour l’avenir des enfants, pour le sort du conjoint. Si vous regardez l’histoire de la République depuis 1977, toutes les élections nationales ont été perdues par le parti au pouvoir, le chômage ne cessant de progresser. J’appelle cela la loi de l’insomnie : vous êtes fiévreux, vous ne dormez pas, vous passez la nuit à vous retourner, du côté gauche puis du côté droit, toujours en vain. Le corps social français est atteint de la maladie du chômage. Vous avez donc l’inquiétude, et pire encore, une mélancolie profonde. « Cela ira encore plus mal demain qu’aujourd’hui. » C’est le sentiment de fond de la société française.

 

La suite ICI link 

 

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 00:09

«Du point de vue topographique, c’est une vérité indiscutable. Le village domine ses vignes, l’église, qui domine le tout, est le point de rencontre des chemins de vignoble qui y descendent, et des rues du village qui y grimpant» écrivait Alexis Lichine.


C’est de Volnay dont il s’agit, haut perché sur la Côte de Beaune  le village est adossé à la petite montagne du Chaignot, dessinant un léger coude dans l'orientation générale des versants : du levant au sud-est.


Entre Volnay et Meursault

C’est toujours Volnay le plus haut


L’Appellation d'Origine Contrôlée volnay reconnue en 1937 ne compte que des vins rouges toutefois, les vins blancs provenant du Climat Santenots, commune de Meursault, bénéficient, selon les parcelles, de l'appellation Meursault premier cru ou Meursault-Santenots ou de l'appellation Meursault.


L'appellation volnay comporte 29 Climats classés en Premier Cru (1)


Les appellations volnay et volnay Premier Cru peuvent être suivies ou non du nom de leur Climat d'origine.


Dans son Encyclopédie Alexis Lichine parlait de Premier Grands Crus de la Commune alors que, comme vous pourrez le constater sur la liste  (2) ni volnay, ni meursault n’y sont répertoriés comme Grands Crus.


Pour Lichine « les Caillerets, cru le plus élevé, situé près du cimetière, est aussi le meilleur. »


Bien évidemment, eu égard à la prolifération des grands experts en bourgogne de haute extraction, bourguignons eux-mêmes, dont l’un est voisin de Pascal Roblet, je me garderai bien de vous faire part de mes minuscules réflexions sur l’étendue des Grands Crus en Bourgogne. Il ne faut pas fâcher les beaux nez… Je me retire donc du sujet au pas de gymnastique.


Plus consensuelle l’Histoire « Au Moyen-Âge, le volnay avait une légère teinte œil-de-perdrix. On en raffolait. Les ducs de Bourgogne offraient du beaune et du volnay aux rois, ainsi qu’aux papes d’Avignon. Louis XI finit par venir à bout des ducs de Bourgogne, annexa leur duché et prit ainsi possession des vignes dont ils étaient si fiers. Volnay semble avoir été son vin préféré. Il fit transporter à son château de Plessis-Lès-Tours toute la production de l’an  de cette commune.» 


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Nous, au lieu-dit bien dit de Paris Les Climats link, étrangement sis rue de Lille mais à deux pas de la rue de Beaune, nous étions tout ouïe ce soir-là pour boire les paroles et le vin de volnay de Pascal Roblet établi à Bligny-lès-Beaune. Il faisait recette le Pascal, c’était bourré. Il faut dire que Pascal Roblet, du domaine Roblet-Monnot fait partie de la nouvelle génération qui a opéré une profonde remise en question des pratiques traditionnelles. L’homme est réservé, sensible, attentionné, mais, comme ses vins, avec de la patience et de l’empathie Pascal se livre avec conviction et pudeur. Ces deux dernières années ont été difficiles, pour lui qui ne dispose que de peu d’hectares, du fait des dégâts de la grêle. Nous nous étions déjà croisés aux Climats et j’avais beaucoup apprécié la philosophie sereine de Pascal Roblet fondée sur une approche où, ce que fait la main, ce lien entre la réflexion et l’action, avec sa part de passion, de doute aussi, débouche sur des vins à la personnalité marquée par la finesse et la quintessence du fruit de ses pinots noirs issus aussi bien de grandes origines que d’un simple Bourgogne Passetoutgrain.


L’exercice auquel s’est livré Pascal Roblet au bar du restaurant les Climats, devant un public nombreux et attentif, n’était pas chose aisée mais, ce qui a fait la différence, c’est que, petit à petit, il a su, en parlant peu de lui-même et de son domaine, mais de ses vins, j’oserais écrire de ses enfants, passer du particulier au général pour éclairer les têtes et les cœurs. Pascal est un garçon sans concession mais il sait le faire avec un doigté plein de réserve, loin du pédagogisme des grands experts ou des paillettes frivoles des communicants. C’est de la belle ouvrage qui mérite d’être saluée à sa juste valeur.


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Et les vins me direz-vous ?


Bien sûr que si mes chers amis, avec les douceurs bourguignonnes fort roboratives de Carole et de son équipe, le service précis et rythmé du sommelier, dans une chaleureuse ambiance décontractée, ce fut un régal des papilles, une grande difficulté de ne pas aller au-delà de la dégustation. Faire état de mes préférences n’a aucune importance. Tout ce que j’ai dégusté, est pour moi, en fonction des circonstances, des millésimes, de la race des grands vins que j’aime.


Un conseil allez du côté du Domaine Roblet-Monnot voir Pascal Roblet-Monnot 52, Grande-Rue Curtil - 21200 Bligny-lès-Beaune – France  Tél. : (33) 3 80 21 46 75


(1)    Climats classés en 1er cru


Carelle sous la Chapelle

Champans

Clos de l'Audignac

Clos de la Barre

Clos de la Bousse-d'Or

Clos de la Cave des Ducs

Clos de la Chapelle

Clos de la Rougeotte

Clos des 60 Ouvrées

Clos des Chênes

Clos des Ducs

Clos du Château des Ducs

Clos du Verseuil

En Chevret

Frémiets

Frémiets - Clos de la Rougeotte

La Gigotte

Lassolle

Le Ronceret

Le Village

Les Angles

Les Brouillards

Les Caillerets

Les Lurets

Les Mitans

Pitures Dessus

Robardelle

Santenots

Taille Pieds


(2) les 34 grands crus de Bourgogne


 - Vins rouges :


Chambertin, charmes-chambertin, mazoyères-chambertin, griotte-chambertin, ruchottes-chambertin, chapelle-chambertin, chambertin-clos-de-bèze, latricières-chambertin, mazis-chambertin, clos-saint-denis, clos-de-la-roche, clos-des-lambrays, clos-de-tart, bonnes-mares, musigny, clos-de-vougeot, échezeaux, grands-échezeaux, la romanée, romanée-conti, romanée-saint-vivant, richebourg, la tâche, la grande-rue, corton.


- Vins blancs :


corton-charlemagne, charlemagne, montrachet, chevalier-montrachet, bâtard-montrachat, bienvenues-bâtard-montrachet, briots-bâtards-montrachet et chablis grand cru (qui peut être suivi du nom de climat : blanchot, bougros, les clos, grenouilles, preuses, valmur, vaudésir).

 

La Fiche Volnay : link


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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 18:45

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C’est Gilles Jacob, président du festival de Cannes, qui l’écrit sur son compte Twitter suite à la disparition de Georges Lautner, mort vendredi à Paris à l'âge de 87 ans.

 

Il ajoute « Il a fait tourner les plus grands et rire tout le monde. C'était un homme  délicieux, d'une modestie charmante et d'un métier sûr. Merci, Georges »


« Les répliques d'AUDIARD dites par des acteurs magnifiques, filmées par LAUTNER c'est comme dirait BLIER dans Les Tontons: toute une époque. »


Petit florilège


Les Tontons Flingueurs


«Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît.»


«Moi, les dingues, j'les soigne, j'm'en vais lui faire une ordonnance, et une sévère, j'vais lui montrer qui c'est Raoul. Aux quatre coins d'Paris qu'on va l'retrouver, éparpillé par petits bouts, façon puzzle... Moi, quand on m'en fait trop, j'correctionne plus, j'dynamite, j'disperse, j'ventile.»


Le Guignolo


«Vous savez quelle différence, il y a entre un con et un voleur?

- Non?

- Un voleur, de temps en temps, ça se repose !


Flic ou voyou


«Je sais bien que t'as pas buté l'autre imbécile! Mais t'en a fait flinguer d'autres! Si on rajoute à ça le racket, la drogue, les putes, ça fait une jolie carrière quand même! Les vingt ans que tu vas prendre, c'est un peu la médaille du travail qu'on va te remettre.»


Mort d'un pourri


«Beaucoup de politiciens, d'aimables clowns, quelques duchesses, pas mal de putes... La qualité française quoi!»


Le Pacha


- «C'est visiblement un accident, un regrettable accident.

- La mort de Louis XVI aussi.»


Ne nous fâchons pas


- «Écoute-moi bien, Léonard! Je suis un honnête commerçant, moi ! Inscrit au registre! Exemplaire, et tout et tout! Je suis venu ici pour parler avec toi. Et puis, y a ce porte-flingue qui est rentré par la fenêtre et maintenant le voilà sur la descente de lit ! Je te jure que ça m'ennuie! Ça m'ennuie vraiment, mais vraiment beaucoup! Je te garantis que ça m'ennuierait beaucoup plus s'il y en avait deux!

- Parce que vous prévoyez une suite?

- Oui! Toi, si tu continues à m'emmerder!»


Les Barbouzes


- «Citoyen de Genève, représentant des banques et dépositaire de la pensée neutraliste, voici Eusébio Caffarelli, dit « le Chanoine », entomologiste et esprit distingué. Son mysticisme, à la fois très hostile au rationalisme de saint Thomas et à l'orthodoxie mécaniste de la scolastique, le pousse parfois à des actions brutales que sa conscience réprouve. Mais le meilleur des hommes ne saurait être parfait. »

 

10 répliques mémorables des « Tontons flingueurs » en vidéo link



George Lautners Hommage : Les Tontons... par Josepha_Coccinelle

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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 00:09

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Le camarade Michel Grisard très attaché aux feuilles de vignes et aux cépages modestes s’inquiète du devenir de la collection de vignes au Domaine de Vassal car l'INRA a l'intention de déménager ce conservatoire au Domaine de Pech Rouge, près de Narbonne. Un courrier adressé aux Ministres de l'Agriculture et au ministre de la Recherche tuteurs de l'INRA voilà plus d'un mois n’a même pas reçu d’accusé de réception.


Alors prenant le taureau par les cornes une pétition a été mise en ligne avec des signataires prestigieux, pas moi je ne suis pas prestigieux et que je ne signe jamais de pétition car j’estime que c’est pisser dans un violon. La lire ci-dessous et Michel demande de la signer et de la faire signer par votre entourage et de la diffuser largement autour de vous.


Vous allez me dire que je ne manque pas d’air. La réponse est oui car si je ne signe jamais de pétition j’utilise d’autres moyens à ma disposition.


Pour enfoncer plus encore le clou le 29 novembre à Paris, Porte de Versailles, avec l'association des « vignerons indépendants », à l'occasion du leur salon une table ronde, point presse est organisée pour :


-relancer cette pétition (à cette date Michel espère plusieurs milliers de signatures)


-soutenir les salariés du Domaine de Vassal.


-mobiliser et impliquer, autour du sujet, les professionnels vivants et dépendants de la viticulture.


-créer une association - fondation d’intérêt général pour aider à la sauvegarde de cette fameuse collection de vigne.

 

Un conseil, afin de faire le buzz, attirer les réseaux sociaux je propose qu'une photo de famille des pétitionnaires prestigieux posant nus simplement protégés par une feuille de vigne soit réalisée par un grand photographe travaillant pour le magazine de Beigbeder LUI.


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Et pendant ce temps-là dévoilée hier sur le compte Twitter @RayonBoissons, l'information est officielle depuis hier matin. « Pour accroître leur offre de vin rosé, Vranken et Castel ont décidé de créer une co-entreprise à 50/50 sous le nom de Listel SA.


Vranken apportera à la nouvelle entité son usine de Villeroy (Hérault) avec les deux marques Listel-Gris de Camargue et Billette-Rosé de Provence. Castel mettra quant à lui 42 millions d’euros dans l’affaire. « C’est le fonds de roulement nécessaire au développement de notre activité » a précisé Paul-François Vranken. »


L’objectif à moyen terme : produire 40 millions de bouteilles de vin rosé.


A ce jour, il sort 33 millions de bouteilles de rosé des lignes de fabrication de l’usine de Villeroy. Elles sont consommées à 85 % en France et pour les 15 % restants, exportées sur le continent européen, aux Etats-Unis et au Japon.


Rayon Boissons commente « Dans les faits, Vranken-Pommery Monopole reste propriétaire des domaines et châteaux et assurera à son nouveau partenaire les approvisionnements dont il a besoin. De son côté, Castel prendra en charge la commercialisation des produits. Et pas des moindres. Le groupe de Pierre Castel récupère le leader des côtes de Provence, à savoir Billette, ainsi que la marque emblématique Listel en IGP. Avec ces deux signatures, Castel détient tout simplement 13 références du Top 15 des marques de vins tranquilles vendues en GMS. Sans compter un poids très important sur des segments de marché comme le Bag-in-box® et les marques de distributeurs. Bref, qui dit rosé dit désormais Listel SA ! »link


Votre Taulier ne commente pas ce genre d’union, Vranken est un groupe coté, mais son petit doigt lui dit que le contrat de mariage d’apparence bien équilibré, pour le meilleur et pour le pire on s’embrasse sur la bouche, genre carnet rose avec dragées, sans être un mariage blanc lui semble n’être qu’un premier pas. L’avenir nous dira si la corbeille des mariés ne contenait pas d’autres perspectives que de fournir au groupe Castel l’approvisionnement qualitatif et quantitatif nécessaire à l’application de la stratégie de conquête des marchés internationaux et que ce bon Pierre Castel se contentera d’ouvrir à Vranken-Pommery l’accès à ses réseaux de distribution, plus particulièrement sur les marchés à très fort potentiel, la Chine, la Russie et l’Afrique.


Dans un pilotage à deux il y a un commandant de bord et un co-pilote. Suivez mon regard et à bientôt sur mes lignes.

 

La France possède le plus beau patrimoine viticole au Domaine de Vassal.


Préservons-le, il est en danger !


Lettre ouverte aux Ministres de l’Agriculture et de la Recherche pour la préservation de l’extraordinaire collection mondiale de variétés de vignes du Domaine de Vassal.


Crée en 1876 au sein l’école d’Agriculture de Montpellier, aujourd’hui Supagro, la collection viticole Française de référence a été implantée en 1949, dans l’Hérault, au domaine de Vassal, sur des terrains sablonneux propices à la préservation et à la sélection de vignes exemptes de maladies.


Ce sont aujourd’hui plus de 7500 vignes qui sont collectionnées, représentatives du patrimoine ampélographique de toutes les régions de France, mais également des variétés issues du monde entier.


Sur ce domaine, l’INRA réalise un travail fondamental au service de la profession viticole Française, mais aussi des générations futures. Pourtant cette collection vivante, utilisée au quotidien par les chercheurs, les pépiniéristes et les vignerons, risque de disparaître en l’état et, à tout le moins, de s’appauvrir.


En effet, en vertu d’un principe de précaution, l’INRA étudie depuis quelques années la faisabilité d’un déménagement de cette collection. Sa motivation est double : les vignes sont implantées sur des terrains privés, ce qui engendre des couts de gestion importants et, dans le même temps, avec les aléas du réchauffement climatique, les vignes situées à 1,50m au-dessus du niveau de la mer risquent, d’ici quelques décennies, d’être affectées par une éventuelle remontée des eaux salines du littoral méditerranéen.


Dans ce contexte, le monde viticole Français s’inquiète des décisions qui seront prises dans les prochaines semaines. Les professionnels de tous les pays viticoles et des métiers de la filière viticole Française –pépiniéristes, chambres d’agriculture, interprofessions, vignerons, distributeurs, cavistes, journalistes…- s’insurgent et en appellent aux Pouvoirs Publics quant à l’impérieuse nécessité de conserver l’ensemble de la collection constituée au fil du temps et aujourd’hui encore enrichie de vieux cépages orphelins retrouvés. Il n’est pas concevable que, dans un mouvement précipité et faute de temps et des moyens adéquats, un déménagement se traduise par une perte de la richesse végétale patiemment engrangée depuis 140 ans.


C’est pourquoi nous demandons des garanties et proposons trois actions concrètes :


1/ Nous proposons qu’une dernière médiation puisse être engagée entre l’Etat, la direction de l’INRA, les collectivités territoriales et le groupe Vranken, propriétaire du foncier du domaine de Vassal, pour pérenniser la collection sur le site et en améliorer le fonctionnement.


2/ Nous demandons que l’Etat s’engage sur une sauvegarde totale des collections implantées au Domaine de Vassal. Si le principe d’un déménagement devenait inéluctable, nous souhaitons que l’Etat donne en effet à l’INRA les moyens de pouvoir le réaliser dans les meilleures conditions, sur un site unique, approprié et exempt de phylloxera. Ce déménagement devrait être réalisé sur une durée longue permettant la replantation des vignes en toute sécurité, mais aussi en assurant la disponibilité des personnels mobilisés par cette démarche afin qu’ils poursuivent, dans le même temps, leurs activités de recherche, de conseil et de suivi technique, dont celui du vignoble.


3/ Nous suggérons enfin la création d’une Fondation pour la Sauvegarde du Patrimoine Ampélographique Français, qui aurait pour objet : de contribuer à la permanence, au rayonnement et à la valorisation nationale et internationale de la collection ampélographique française, y compris sur un plan économique, de regrouper et d’impliquer les vignerons Français, les structures professionnelles concernées, les collections ampélographiques régionales et les associations de préservation de la diversité viticole, d’accompagner durablement les démarches entreprises par l’INRA et par l’ensemble de la filière technique, de participer au financement conjoint de la collection.


Ces propositions permettraient de mieux répondre à la demande croissante des amateurs de vins, qui, lassés par une standardisation où 30 cépages représentent 70% de la production mondiale, souhaitent découvrir des vins issus de cépage locaux, originaux et historiques. Dans cette perspective, le rôle important de cette collection prend tout son sens.


Madame et Monsieur les Ministres, il s’agit là  de bâtir l’avenir d’un secteur économique national de référence, par la préservation d’un trésor de biodiversité unique au plan mondial qui, de fait, concerne l’Humanité toute entière.


Les signataires


Michel Grisard. Président du Centre d’Ampélographie Alpine Pierre Galet

Olivier Poussier. Meilleur Sommelier du monde 2000

Nicolas Joly. Président de l’association Renaissance des Appellations

Philippe Meyer. Président de la Rencontre des Cépages Modestes

Eric Rominger et Jean-Michel Deiss. Président et dirigeant de l’association Vigne Vivantes d’Alsace

Marc Parcé. Membre de l’association SEVE et du Comité National de l'INAO

André Mercier. Président des Vignerons Ardéchois

Jean-Luc Etievent. Président du Conservatoire International des Cuisines Méditerranéennes

Guy Kastler. Délégué général du Réseau des Semences Paysannes

Claire Julien. Coordinatrice de la Fédération Nature & Progrès

 

Correspondance à adresser au Centre d’Ampélographie Alpine Pierre Galet

Musée régional de la Vigne du Vin. 46, rue du docteur Veyrat. 73800 Montmélian

Michel Grisard. Président link

Michelgrisard@wanadoo.fr  Tel : 06 15 38 50 61 


 

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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 00:09

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Dans le Bien Public de Dijon, qui porte bien son nom, c’est simple comme une annonce rassurante et bienveillante « 2013 restera une année très difficile dans la mémoire des viticulteurs. Cependant, la qualité constatée du millésime semble récompenser leurs efforts. », et de citer Dominique Prieur du domaine Michel Gay&Fils de Chorey-les-Beaune « Nous sommes très contents. Ce fut une très belle récolte. Nous avons conclus nos traitements correctement, même en ce qui concerne la pourriture. Certes, le rendement est bon, pas grandiose, mais bien supérieur à l’année dernière lors de laquelle nous avions 50% de pertes. » Bruno Colin d’Aloxe-Corton renchérit « Vu les circonstances, cela ne se termine  pas trop mal. Nous sommes relativement confiants. Après toutes ces galères, on peut dire qu’on a réussi. »


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Infos-Dijon, est un peu plus sceptique « La crise est là. Mais, dans le monde du vin de Bourgogne, on relativise.


Alors que Beaune préparait la très (trop ?) médiatique vente aux enchères des hospices organisées par la maison Christie’s, les forces vices du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB) a mis en avant les grandes perspectives du vin bourguignon dans le monde et le bilan de l’année 2013.


Marqué, comme chacun le sait en Côte-d’Or, par des aléas météorologiques dont les vignerons se seraient bien passés. Visiblement, l’épisode n’aura pas eu les répercussions que l’on pouvait craindre.


Roland Masse, le régisseur du domaine des hospices de Beaune ne manquait pas de citations de visiteurs beaunois asse élogieuses : « agréablement surpris », « très bon millésime » ou encore « critiques positives » n’ont pas manqué d’alimenter son discours d’introduction. On le comprend aisément… »


Eu égard à mon niveau de dégustateur je me suis bien sûr abstenu de mettre mon nez dans les verres du millésime 2013. Je laisse ce soin à ceux dont c’est le métier en notant cependant que certains beaux nez se gardent bien de descendre jusqu’aux vins vendus au négoce bourguignon, eux ne connaissent que les vins de vignerons. Ne tournons pas trop autour du pot le millésime 2013 ne frisera pas les sommets sans pour autant se retrouver dans les abîmes mais ce qui va être paradoxal c’est que les prix vont flamber pour un millésime que nous qualifierons d'honnête.


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photo Infos-Dijon

Normal, sur tout marché de produits de base la pénurie provoque une surchauffe des prix. Qualifier le vin de Bourgogne de produit de base va faire lever bien des cheveux au-dessus des têtes des grands amateurs mais nous sommes ici sur le marché du vrac qui répond à tous les critères de ce type de marché. Lors de la conférence de presse, Louis-Fabrice Latour, président de l’Union des maisons de vins de Bourgogne, l’a dit sans détour « les volumes vont baisser alors que les valeurs vont augmenter » dans les mois à venir, les vins de Bourgogne à l’export ayant connu fin septembre une hausse de 1 % en valeur et une baisse de 4 % en volume sur les neuf derniers mois. La campagne d’achat des vins sur les blancs a commencé avec 20 à 30 % de hausse sur les prix »


C’est la fin pour lui des vins à 10 € la bouteille a-t-il lancé avant d’ajouter « Le négoce bien conscient de ce mouvement général se demande comment il pourra faire accepter ces hausses, sans nuire à l’image du bourgogne. Et si en 2014, la récolte revenait à des volumes normaux ? Je crois qu’il faudrait au moins deux récoltes pour faire baisser les prix. Le défi nous attend en 2014 pour faire accepter les hausses de prix face à la pénurie »


Paroles de négociant, plus chaud pour les baisses que les hausses de ses prix d’achat, diront les vignerons qui ont vu leurs charges d’exploitation galoper et leurs volumes dévisser. Faux-débat puisque la campagne d’achat est haussière, le négoce veut se couvrir et est lui-même responsable du mouvement des prix. Le point important n’est pas là, il se situe sur le plan de la compétition internationale où, sur ce type de vins d’entrée de gamme, à qualité égale voire même supérieure, des vins concurrents à des prix plus raisonnables risquent de prendre la place des vins bourguignons.


Tel est bien le défi évoqué par Louis-Fabrice Latour.


La récolte 2013 a été médiocre. Les viticulteurs craignent la concurrence américaine ou chilienne titre l’article de Laurence Girard © Le Monde


 «  La situation est tendue », reconnaît Pierre-Henry Gagey, président de la maison Louis Jadot, mais aussi président du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB), alors que le round d'observation se poursuit entre viticulteurs et négociants pour fixer les prix. Le faible niveau des cuves après la vendange tardive de 2013 fait monter la pression. « Une année normale, la récolte de vins de Bourgogne représente de 1,45 à 1,5 million d'hectolitres. Cette année, elle devrait se limiter à 1,2 million d'hectolitres. Moins que les 1,25 million de 2012, qui était déjà l'une des plus petites années depuis 2003 », estime M. Gagey.


La demande de vins de Bourgogne reste, elle, très soutenue. Selon le BIVB, les ventes dans les grandes enseignes de distribution en France ont atteint un record de 239 millions d'euros (37 millions de bouteilles) entre septembre 2012 et août 2013. Les exportations ont connu une légère hausse de 1,4 % sur les huit premiers mois de l'année, à 460 millions d'euros. Sur le plan de l’export, le décalage entre les rouges et les blancs est patent. Alors que, sur les volumes, les blancs grimpent de 9%, les rouges s’écroulent avec -6%.


Tout concourt donc à nouvelle hausse des prix, après celle de 2012. La spirale est enclenchée dans les appellations pourvoyeuses des gros volumes dont les disponibilités sont les plus faibles : mâcon, chablis et pouilly-fuissé. « La pièce de pouilly-fuissé se négociait en vrac à 900 euros en 2011, son prix est monté à 1 300 en 2012, et il est actuellement à 1 600 euros. Certains viticulteurs veulent aller à 2 000 euros », explique Frédéric-Marc Burrier, président de l'Union des producteurs de pouilly-fuissé. Pour les crémants, une belle récolte et les prix restent raisonnables.


Mais que les grands amateurs se rassurent LF Latour précise que pour le nec plus ultra des vins les 4 à 5 années de stocks permettront de lisser les prix.


Ainsi va la vie du vin, des vins qui, contrairement aux grands pondéreux s’échangeant et se cotant sur les marchés à terme, voient leurs prix se jouer dans des têtes à têtes entre les acheteurs du négoce et les vignerons. La qualité intrinsèque des vins, la valeur du millésime réelle ou ressentie, l’état des trésoreries, sont un ensemble d’éléments qui joueront lors de l’achat d’approvisionnement mais qui ne pèseront pas très lourd dans l’attractivité de ces vins au stade du consommateur. En effet, à ce niveau de produit, n’en déplaise aux grands amateurs, les consommateurs privilégient le prix.  C’est aussi vrai sur le marché domestique que sur la plupart des pays où la Bourgogne exporte.


L’inquiétude de LF Latour pour 2014 n’est donc pas feinte «  Il n'est pas aisé de faire passer des hausses dans le contexte économique actuel »


L’euro fort sur le marché US, l'enquête antidumping engagée par Pékin sur les vins européens, les consignes du Gouvernement chinois pour aller un peu moins vers l’ostentatoire, la faible reprise de la croissance dans la zone euro, la morosité des ménages français, sont autant de facteurs anxiogènes.


Même s’il ne représente pas à lui seul l’état de santé de l’ensemble des vins Français ce pouls de la Bourgogne est intéressant. En effet, le négoce bourguignon, contrairement à celui de Bordeaux, n’a pas tout misé sur la Chine en jouant sur la diversité de ses débouchés à l'export pour limiter les risques. La Chine et Hongkong ne représentent que 6 % des exportations. Ce sont bien sûr des marchés d'avenir mais le moindre hoquet économique ou protectionniste de l’ancien Empire du Milieu risque de faire tousser fortement notre économie viticole par des effets de replis massifs de vins sur un marché domestique déjà pas très rémunérateur.

 

Une grande banque américaine avec des données macro-économiques mal digérées prévoyait une future pénurie mondile de vin dans les années à venir. Les grands équilibres du marché mondial du vin ne s’apprécient pas ainsi. Le vin, les vins ne s’additionnent pas comme les patates ou les quintaux de blé, il faut apprécier avec un degré de finesse qui va jusqu’à l’analyse des fondamentaux de la Grande Bourgogne. Loin des effets médiatiques de la vente des Hospices d’autres parties se jouent et il n’est pas inutile d’aller en apprécier les éléments au plus près des acteurs.


C’est ce j’ai tenté de faire ce dimanche en me promettant bien sûr de ne plus mettre les pieds dans la bétaillère de Christie’s où je n’ai strictement rien à faire sauf à descendre dans le parterre pour me muer en enchérisseur mais ce n’est pas demain la vieille. La suite dans la chronique qui suit.


Avertissement de mon hébergeur : Maintenance sur des serveurs mardi 19/11/2013

Une opération de maintenance sur nos serveurs entraînera les perturbations suivantes le mardi 19 novembre entre 10h et 12h :

– Interface d'administration des blogs inaccessible

– Impossibilité de poster des commentaires

– Mise à jour des statistiques retardée

L'accès à votre blog ne sera pas impacté par cette intervention.

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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 00:09

La provocation est une arme à double tranchant à ne pas mettre entre toutes les mains, surtout dans celles de la faune pépiante des éditorialistes qui squattent les grands médias. En effet, maniée avec hauteur, distance et à propos, elle permet à ceux qui l’utilisent de se démarquer de ce qu’on qualifie d’une expression générique « du politiquement correct » ; en revanche si, comme c’est le cas sur les réseaux sociaux et plus particulièrement sur Twitter, c’est pour faire de la surenchère face à la concurrence, afin d’émerger du flux continu de la Toile, elle relève comme le sérieux de l’esprit de série (c’est du Lacan). Besogneux, navrant, nombriliste, parfois même malodorant lorsque l’instantanéité fait déraper.


Pour autant, entre les petits robinets d’eau tiède et les provocateurs, les vrais, les grands, j’ai choisi mon camp. Ils sont rares c’est pour cette raison qu’ils me sont chers. Sinon, comme le disait Jean-Michel Ribes « se pendre au sérieux » Je plaide donc ce matin pour une esthétique de la provocation en m’appuyant sur des maîtres anciens. Que des défunts, je n’ai pas trouvé de petits nouveaux à la hauteur en magasin.


Tout d’abord le précurseur jamais égalé

 

« Clochard, ivrogne, grande gueule, exhibitionniste, échangiste et pourfendeur des contraintes sociales Diogène… » qui dans la vie s’efforçait de faire le contraire de tout le monde, se masturbait en public, qui pissait sur les convives lors d’un banquet, ne craignait personne, pas même l’empereur Alexandre « Que désires-tu Diogène ?

-          Que tu t’ôtes de mon soleil ! »

 

David Wahl écrit qu’on devine aisément que derrière son ironie féroce, se cache une bienveillance infinie pour ses semblables. Un gai savoir avant la lettre, une esthétique de la provocation au service de la défense du genre humain, une ode à la liberté de dire, à l’indépendance de l’être. Vivre est-il un mal ? lui demandait quelqu’un, « non, mais mal vivre… ! »

 

Ensuite un provocateur bonhomme le regretté Jean Carmet

 

« Magnifiques toutes ces statues antiques. Tous ces costauds avaient des petites bites. Ça rassure ! »


Puis l’un des plus grinçants avec une Lettre ouverte à Mgr Lustiger en 1983


« Cher Seigneur, qu’il me soit permis de de m’indigner ici véhémentement contre les insupportables attaques portées régulièrement à la télévision à mon athéisme militant par vos camarades de goupillon Il est intolérable, deux siècles après la séparation de l’Église et de l’État, dans un pays qui pousse la laïcité officielle au rang d’institution nationale, que des anti-athées hystériques accaparent l’antenne de la télévision le dimanche matin avec des émissions (je cite) : « La Messe du dimanche » dans laquelle les minorités athées non priantes, non bigotantes et mal bêtifiantes sont méprisées et bafouées – et je pèse mes mots – au profit de grotesques manifestations incantatoires d’une secte en robe dont le monothéisme avoué est une véritable insulte à Darwin, aux religions gréco-romaines et à ma sœur qui fait bouddhiste dans un bordel de Kuala-Lumpur. Voilà. Et je précise que j’envoie par ce même courrier une copie de cette lettre à Dieu et que ça va chier ! »

 

Pierre Desproges.

 

Pour terminer par des TRAITS j’ai choisi Bosc plutôt que Reiser, bien que ce dernier soit sans contestation un maître-étalon de la provocation, car l’expression « mon cul ! » est l’une de celle que j’aime balancer à ceux qui me prennent la tête.

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« Je suis la manivelle des pauvres : je leur remonte le moral » disait Coluche, il manque drôlement à l’appel…

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 09:23

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Pour les amateurs de classement et les grands amateurs de GCC le Château Canon-La Gaffelière Saint-Emilion 2010 link est sur le podium du Top 100 du Wine Spectatorlink. Pour la petite histoire la propriété de Stephan Von Neipperg, qui fut le premier à embaucher Stéphane Derenoncourt, fait partie des promus du  classement de Saint-Emilion : 1er Grand Cru classé B.


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Le Top 10 sans le n°1 qui sera connu demain link


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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 11:00

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Il va falloir vous y habituer ce titre va devenir pour un bon moment un marronnier des médias français et tout particulièrement de la presse écrite en voie de perdition. « Le péril jaune » est aux portes des châteaux de Bordeaux. Le tocsin sonne. Alors que les viticulteurs sinistrés du Libournais menacent de porter le béret rouge link les nouveaux riches chinois vont faire main basse sur nos derniers bijoux de famille : les GCC.


« La viticulture à la sauce chinoise, il va falloir s’y habituer. Car le pays de Mao s’est vraiment pris de passion pour le rouge : en 2013, pas moins de 85 millions de bouteilles de bordeaux y seront expédiées, contre quasiment aucune dix ans plus tôt. Et les Asiatiques ne se contentent pas de consommer, ils veulent aussi produire. Depuis la fin des années 2000, des dizaines d’investisseurs de Pékin ou de Shanghai sillonnent le Médoc à la recherche d’un bout de terrain à acheter. «Nous leur organisons une visite par semaine», témoigne Karin Maxwell, agent immobilier spécialiste des exploitations viticoles. Et les affaires vont vite. En cinq ans à peine, les nouveaux envahisseurs ont déjà raflé une cinquantaine de châteaux, plus que les Américains ou les Hollandais en leur temps. Si bien que l’inquiétude grandit dans le petit monde très fermé des terroirs aquitains. «Les Chinois s’emparent de notre savoir-faire, s’angoisse le consultant vinicole Loïc Le Roy, et ils apprennent vite.»


Les seuls gagnants, hormis les agents immobiliers et les notaires, dans cette histoire ce sont les consultants


[…] Les propriétaires chinois ont aussi contacté de grands œnologues afin d’essayer de monter en gamme. Au château ­Latour-Laguens, par exemple, Stéphane Toutoundji a pour consigne de préparer un vin légèrement boisé, très fruité et peu amer. «Pour plaire au public asiatique, les tanins ne doivent pas marquer le palais», dit-il. Le groupe Haichang, qui possède déjà une vingtaine de châteaux, fait pour sa part ­appel à Christian Delpeuch, l’ex-président du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux. Quant à la holding hong­kongaise Goldin Financial Holdings Limited, qui vient de racheter les trois vignobles de la ­figure bordelaise Michel Rolland, elle a prié ce dernier de continuer à l’épauler. »


La menace se précise :


[…] Mais pour être sûrs de faire de l’argent, c’est désormais du côté des vrais grands crus que se tournent les riches Chinois. »


L’intégrale de « Comment les Chinois font main basse sur nos bordeaux » de Tiffany Blandin sur Capital.fr ICI link

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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 00:09

Sur la Toile rien ne vaut, pour faire de l’audience, d’aborder des sujets sur lesquels s’affrontent deux camps irréductibles, titrer par exemple « Non aux vins nature qui puent le lisier ! » ou « les chinois ne connaissent rien au vin ! » Sitôt ça chauffe, ça brûle, ça castagne, pas grand monde ne prend le temps de lire ou de comprendre les arguments du camp d’en face. L’important c’est d’affirmer, sans beaucoup de nuances, d’envoyer des scuds, d’ironiser, de se conforter dans ses opinions. Ça vole bas. Pur feu de paille, très vite les protagonistes regagnent leur casemate en attendant le prochain épisode du conflit.

 

Le manger local est un sujet plus consensuel même s'il possède lui aussi ses irréductibles : les locavores et les éternels railleurs d'en face qui disent que tout ça ce sont des conneries de bobos. Alors se poser la question de savoir si une alimentation de proximité peut couper l'herbe sous le pied aux crises alimentaires ne relève pas de l'enculage de mouches mais participe à une réelle réflexion sur un infléchissement de nos habitudes alimentaires et des modes d'achat qui vont avec. Invectiver la GD ça fait plaisir mais ça ne fait guère avancer le bouchon.


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« Une alimentation de proximité pour couper court aux crises ? »


Voilà un sujet qui sent la marotte de « bobo écolo », qui prêtait surtout à sourire dans les cercles économiques dit sérieux, ceux qui nous ont vanté le cheval dans les lasagnes et le poulet export breton gavé de restitutions qui sont un nom pour les subventions à l'exporation. Le mode d'élevage du poulet dit export à la sauce DOUX est une véritable merveille de transformation à la vitesse du TGV de protéines végétales importées en protéines animales exportées. Mais qui le sait ? Tout le monde ou presque s'en fout. Chacun pour sa peau, et le modèle productiviste vilipendé est défendu par ceux qui se retrouvent sur le carreau par l'impéritie de leurs dirigeants.  


Et pourtant il ne faut pas baisser les bras, se contenter de contester, d'être aquoibonniste, les circuits-courts et de proximité font désormais figure d’alternative possible et sérieuse, à l’heure où le modèle agro-industriel est en proie à de vives et justes critiques.


Mais tout n'est pas rose pour autant, alors qu’aujourd’hui un producteur sur cinq affirme vendre en circuits courts, ces derniers, malgré leurs nombreux atouts, ne sont pas sans paradoxe ni sans limite. Ils nécessitent aussi que quelques défis soient relevés par les décideurs publics et quelques enjeux éclaircis par la recherche. Autant de points à instruire, pour que ce beau projet d’une alimentation durable ne se transforme pas en un simple fantasme d’autosubsistance attisant les replis identitaires.


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Mais que sait-on réellement aujourd’hui sur l’importance de ces modes de commercialisation ?


Sont-ils plus respectueux de l’environnement comme on l’entend souvent ?


Qui en sont les principaux adeptes ?


Et comment tendre vers une démocratisation alimentaire de ces produits ?


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Il y a fort longtemps, en mai 2008 soit une éternité dans le calendrier j’avais chroniqué en ironisant sur une forme de localisme alimentaire assez étroit Les « locavores » : une espèce en voie d’apparition…link On relocalise donc tout achat de nourriture sur la base des fameux miles always : 1 mile = 1,6 km. En revanche j’écrivais :


« Que nous nous interrogions sur l’utilité de faire voyager en cargo la crevette pêchée et congelée par les bateaux écossais de Young’s Seafood dans la mer du Nord pour qu’elle aille se faire décortiquer à moindre frais en Thaïlande puis revenir en Écosse pour se faire conditionner en barquettes me semble relever du bon sens. 27000 km parcourus soit 900 tonnes de CO2 pour 600 tonnes de crevettes trimballées, c’est aberrant. Comme par ailleurs, ces braves crevettes décortiquées vont, dans de gros camions isothermes, gagner les plates-formes de distribution de Carrefour, Leclerc&Cie, pour être rééclatées vers les hypers où pleins de petits urbains ou de petits ruraux avec leurs petites autos iront les acheter pour les entasser dans leurs congélos, la plaisanterie coûte encore plus cher. Pour autant je ne demande pas de ressusciter les chasse-marées et leurs boulonnais (les boulonnais flatulent, donc CO2) pour ramener sur nos étals de poissonniers des belles crevettes bien fraîches, sitôt pêchées, sitôt achetées, sitôt consommées, mais convenez-en, tout ce gâchis, pour « économiser » le geste épuisant de décortiquer ces foutues crevettes à deux balles et pour pouvoir en bouffer en toute saison, confine à l’absurde. Le voyage des tomates produites à Almeria et errant dans la vaste Europe participent elles aussi, comme bien d’autres produits frais, à l’absurdité des modes de distribution, dits modernes. 

 

Tout aussi absurde est l’isolationnisme alimentaire des locavores car il ne peut constituer une alternative crédible aux dérives actuelles liées à des modes de distribution qui déconnectent la majorité des consommateurs du rythme des saisons et les amènent à acheter des produits de plus en plus préparés : par exemple des pommes pelées, prédécoupées en barquettes operculées. Ce type de comportement extrémiste de repus décrédibilise des actions de relocalisations des productions, de circuits courts, de réintroduction de gestes simples dans les cuisines, qui responsabilisent les consommateurs. De plus, il faudra m'expliquer comment le modèle est applicable aux habitants des mégapoles urbaines et comment cet "égoïsme" alimentaire prend en compte les produits solidaires et les producteurs de vanille, de bananes, ou autres denrées exotiques ? Exit ? Le simplisme des locavores fait dire à un journaliste « qu’il est plus écologique pour un New-Yorkais de boire du vin français qui arrive par bateau que du vin californien qui a traversé le pays en camion. »

 

Je vous propose donc de visionner sur Agrobiosciences TV une table ronde propose un véritable état de l’art de la question. Avec : Yuna Chiffoleau, sociologue Inra, Florence Scarsi, chargée de mission « Politiques d’une alimentation durable » au Ministère de l’Environnement et Pierre Moureu, agriculteur, fondateur de Ferm’envie.


1 - Une alimentation de proximité pour couper court aux crises ? (1ère séquence) from AGROBIOSCIENCES TV on Vimeo.

2 - Une alimentation de proximité pour couper court aux crises ? (2ème séquence) from AGROBIOSCIENCES TV on Vimeo.

3 - Une alimentation de proximité pour couper court aux crises ? (3ème séquence) from AGROBIOSCIENCES TV on Vimeo.

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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 00:09

Octobre tirait à sa fin lorsqu’un soir je reçus cette sympathique invitation :

 

Bonsoir Monsieur Berthomeau,

 

Vin & Société et le Point ont le plaisir de vous convier au colloque « VinoBravo, Raisin et Raison font-ils bon ménage ? » organisé le 30 novembre à Bordeaux.


Toutes les informations relatives à cet évènement sont accessibles en suivant ce lien link


Pour découvrir le programme c’est ici.link 

 

Si celui-ci vous intéresse et que vous êtes disponible, nous vous invitons à vous inscrire en ligne ici link 

 

Je reste à votre entière disposition pour plus d’informations sur cet évènement.


Bien Cordialement


Vous me connaissez, faire une virée à Bordeaux ça me tente toujours car j’y ai des attaches et, qui plus est, pour aller me caler dans un fauteuil pour écouter des gens intelligents débattre. Donc, dans la foulée : inscription ! Mais avant de sauter en commando sur Bordeaux dans le cadre de l’opération VinoBravo je me suis dit qu’il me fallait asticoter le Jacques Dupont pour lui tirer « les vers du nez », comme on dit, ce qui est une procédure normale à adopter pour un gars qui passe son temps à mettre son nez dans les verres.


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Je l’ai donc soumis à mes 3 questions :


Question 1 : Jacques tu nous as exhortés dans ton dernier livre à nous Invigner et maintenant tu passes un treillis pour une opération Vino Bravo à Bordeaux. Tu t'aventures il me semble en terrain conquis, y-a-t-il vraiment péril en la demeure du bastion vin ?


JD : Si c’est un terrain conquis d’avance, tant mieux. Pour une fois dans ma vie militante, je serai du côté gagnant… Il suffit de faire quelques recherches sur Internet pour sans trop de peine découvrir que ce sera pour moi une première. Les radios libres, la sidérurgie en Lorraine, je suis un cumulard des causes perdues et encore, j’en oublie volontairement… Au fond, j’ai toujours défendu une seule idée avec plus ou moins de succès : la seule vraie oppression est celle de la bêtise. Je parle de celle des autres, bien sûr. Le vrai salaud, le cynique, le manipulateur, celui que combat le héros, Robin ou James Bond, n’existe qu’en peu d’exemplaires. Pour le reste, les détrousseurs de liberté sont la plupart du temps des gens dans une ignorance bornée, une vision verticale de la société, spécialisée, vision à œillères, avec les peurs que celle-ci provoque et trouvent de satisfaction que dans les interdits. Tu peux ajouter le trivial, les égos sur dimensionnés (surtout chez les mâles) et toutes ces sortes de choses que dénonce Alceste. Oui, le vin a du souci à se faire car les gens qui lui veulent du mal relèvent de ce redoutable assemblage : 60% de connerie, 30% d’égo, de « je sais mieux que toi », 10% de trivial (intérêt pécuniaire) si tu préfères.


Dans Invignez-vous, j’ai parlé de la dangereuse influence qu’avait eu la pensée utilitariste du XVIII e siècle, représentée par Bentham. Le professeur G…, qui a rédigé la loi Evin, se dit proche de Bentham. Il a raison, mais du Bentham tardif, celui qui dérivait vers le « je sais mieux que toi et je pense à ta place », qui très vite enchaîne avec le «je construis ton bien même contre toi». La théorie du « maître à penser » nécessaire dans ce monde qui a « perdu ses repères ». Et, s’il le faut pour bien me faire comprendre, je triche, je bricole les chiffres etc. L’essentiel, c’est que qu’au final, le politique prenne les bonnes décisions, celles que je lui inspire. On l’a vu avec les 49000 morts de Catherine Hill qui s’ils étaient exacts dans une France où la consommation d’alcool n’a cessé de baisser, signifieraient : moins on boit d’alcool, plus on en meurt… Une illustration de la bien connue devise de François Rabelais : beuvez toujours, meurrez jamais !


Ajoute à cela que de l’autre côté, celui du politique, les décisions voyantes, c’est-à-dire les interdictions sont bien plus « bankable », rentables du point de vue communication que celles qui nécessitent une approche longue, réfléchie et peu visible dans un espace-temps court.


Regarde Frédéric Péchenard, le Frédo de Sarko, ancien patron de la police devenu sous François responsable de la sécurité routière. Que nous propose-t-il pour mettre un terme au problème terrible des jeunes qui se tuent en voiture à la sortie des boîtes de nuit ? Faire passer le seuil de tolérance de 0,5 à 0,2 g d’alcool dans le sang. Si ce n’était pas aussi dramatique, on penserait qu’il a péché ça dans Audiard, une réplique de « Ne nous fâchons pas »… Comme si les jeunes qui se tuaient au volant avaient 0,5 ou 0,6 et pas 1,5 ou 1,8 g. C’est à pleurer, mais voilà c’est de la belle annonce.


Question 2 : Raisins Raison font-ils bon ménage ? Vaste question posée par Vin&Société et le Point! Qui va y répondre ? Des avocats de la cause du vin ? Des procureurs ? Madame Michu qui achète son vin chez le caviste du coin de la rue ? Des blogueurs ? Des politiques ?


JD : Franchement, j’aimerai bien que tout le monde s’y mette. D’abord Madame Michu qui flirte avec Monsieur Berthomeau chez le caviste du coin. Je plaisante. J’aimerais, je le dis dans le bouquin, que les organisations professionnelles s’emparent du problème, s’allient et nous proposent une belle manif sur les Champs Elysées, à la capitale, pour bien montrer dans notre jacobin pays que c’est un patrimoine de la nation – ce plébiscite permanent comme disait Renan. Pas une manif « bonnets rouges » on casse, on brûle des pneus (comme pour bien montrer qu’on est des pollueurs). Non une manifestation joyeuse, pédagogique, une manif de l’éducation au plaisir.  La FNSEA, dont il m’est arrivé parfois de penser que ce n’était pas le syndicat professionnel le plus sublime, a réussi à créer des champs de blé sur la place de la Concorde… Tu ne vas pas me dire que Bordeaux, Champagne, Bourgogne et tutti ne sont pas capables de nous dresser des vignes et des stands de dégustation et d’explications du travail viticole quand même !


J’ai reçu des courriers de vignerons me disant après lecture d’Invignez-vous : « faites la vôtre manif, on viendra vous aider ! » Mais, c’est à eux de le faire et nous les aiderons, si tu es d’accord.


Les avocats de la cause du vin sont bien silencieux. A commencer par les médecins. Je suis à peu près certain qu’une immense majorité  d’entre eux pensent comme nous. Le problème c’est qu’ils travaillent et n’ont guère le temps ou l’envie de s’associer à une démarche militante ou d’explication. Nous nous en sommes rendu compte en montant l’opération VinoBravo. Les autres, les prohibitionnistes, les « médecins de commission » comme les appelle le professeur Broustet, cardiologue de grande réputation, ont tout leur temps et l’argent des pouvoirs publics.


Question 3 : Qu'attendez-vous d'une telle opération ? N'est-ce pas là seulement un fusil à un coup ? Le travail de fond n'est-il pas devant nous pour convaincre les décideurs publics à prendre en compte toutes les données du dossier afin d'infléchir les politiques de santé et enfin nous faire sortir de l'insécurité juridique de la loi Evin ?


JD : Tu as parfaitement raison, mais si on ne fait rien, si on attend « assis sur son derrière avec les bras croisés » comme disait Johnny en réponse aux « Elucubrations » d’Antoine (à noter que tous deux ont fini dans la pub pour opticiens, ce qui en dit long sur leur vision de la société) que se passera-t-il. J’aimerais bien que ce ne soit pas un fusil à un coup, mais cela ne dépend pas de moi ou de nous. Il semble ces derniers temps que pour infléchir les politiques, il vaut mieux se faire entendre et fort.


Et si ce n’était pas vrai, si tu n’y croyais pas, si tu pensais qu’il suffit de parler avec « raison » pour se faire comprendre, pourquoi aurais-tu dépensé autant d’énergie dans ce combat, mon cher Jacques ?


Oui ça c'est sûr Jacques, le Taulier s’est beaucoup agité en vain pour l’extension du domaine du vin. Pour preuve entre autres élucubrations :


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1-      Le 16 septembre 2009 « Nous avons le vin triste : réagissons ! Célébrons le jour du vin » link 


« Bien plus que la tarte à la crème : « accord Mets&Vins » ce qu’il nous faut promouvoir se sont les accordailles entre la fête et le vin. Dans un monde où chacun se replie sur sa tribu la table reste l’un des lieux privilégiés pour se retrouver.


Alors, pour une fois, passons à l’acte !


Bougeons-nous le cul !


 Je m’adresse aux grands zinzins pompeurs de CVO : quand comprendront-ils qu’il leur faut faire cause commune pour mener auprès des « urbains » comme des ruraux des démarches conviviales dépourvues d’esprit de lucre. Le genre grand Pique-nique en ville où chacun amènerait son panier et où nos vignerons de toutes obédiences, régions, chapelles, porteraient quelques petites boutanches, profitant de l’occasion pour tailler des bavettes avec papa, maman, la bonne et moi.


2-      Le 13 juin 2012 « J’organiserai un grand pique-nique pour terroriser les tenants de la santé à tout prix, les sobres, les culs-bénis, les politiquement corrects, les dégonflés. » link


« Désolé de vous décevoir mais aucune nouvelle mouche n’a piqué votre Taulier préféré, ce matin il se contente d’être le porte-parole d’un type border line Taras Gresco, un canadien allumé, qui déclare d’emblée « J’ai joué à cache-cache pendant un an avec le diable… » et qu’il « n’a pas toujours su résister à la tentation ». Pour sûr que ce gus donnerait des cauchemars à Claude Guéant et Manuel Valls réunis en séminaire, affolerait les sanitairement correct de tous poils et de toutes obédiences, plongerait l’ANPAA et ses adeptes dans la plus profonde attrition, risquerait les buchers des fous de Dieu, mais il faut se garder de le cantonner dans le rôle du pur provocateur. Mieux vaut le lire. En exergue il cite Voltaire « Usez, n’abusez point ; le sage ainsi l’ordonne. Je fuis également Épictète et Pétrone. L’abstinence ou l’excès ne fit jamais  d’heureux. »


[…] L’auteur s’interroge sur son devenir car en paraphrasant Voltaire « Il est dangereux d’avoir raison quand les autorités constituées ont tort » :


« En attendant, je suis encore assez jeune pour aimer le monde et le désordre, et l’irrationalité des idéologies vétustes qui s’y affrontent. Un jour viendra peut-être où je serai forcé de trouver refuge dans un autre pays (…)


Et ce ne sera pas la France « J’ai déjà vécu en France, mais j’ai beau adorer ses fromages, son chocolat, son vin, la culture française devient si rigide et si immobiliste, si confite dans sa gloire passée, que j’aurais peur d’être perclus de rhumatismes avant l’âge. »

 

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