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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 00:04

Caillou 0064
Rencontrer Pierre Pringuet est toujours pour moi un réel plaisir. Notre compagnonnage amical date du cabinet Rocard à l’Agriculture. Depuis l’X Mines qui nous faisait nous élever au-dessus des crises du porc ou de la tomate lors des séminaires du cabinet, qui se tenaient à la MJC de Conflans Ste-Honorine, a fait son chemin puisque, après avoir conduit toute sa carrière privée dans le groupe, le voilà, depuis que Patrick Ricard a pris du recul en présidant le CA, à la tête du co-leader mondial des Vins&Spiritueux, un des poids lourds du CAC 40. Le journal La Tribune lui a déjà fait le coup du « de Rocard à Ricard » mais l’image souligne l’un des traits de caractère de Pierre c’est d’être fidèle en amitié. Rien bien sûr ne semblait le prédestiner à ce beau parcours chez Pernod-Ricard et, lorsqu’il quitta la Direction des Industries Agro-alimentaires, où il laissa un excellent souvenir à son personnel, les beaux esprits à la française se gaussèrent. Je ne vais pas ici ni retracer sa carrière au sein du groupe ni le couvrir de louanges mais souligner que Pierre est un homme discret, disponible, d’une réelle simplicité, précis, travailleur infatigable, qui a su faire patiemment ses classes au sein du groupe ce qui le rend très sensible aux réalités de terrain, atout décisif en période de fortes turbulences. Avant de passer aux choses sérieuses permettez-moi d’évoquer le seul domaine où Pierre n’excelle pas vraiment : le football. Oui, Pierre et moi avons joué en tant que défenseurs – la seule chose que notre équipe savait faire puisque dans toutes ses prestations elle n’a jamais scoré – au sein d’une équipe « Rocard » qui chaque année disputait le Tournoi de la Pentecôte contre de vaillantes équipes normandes. Bref, Pierre ne goûtait guère la tactique du hors-jeu et notre défense ressemblait plus à un pack de rugby ou à une Légion romaine qu’à un bel alignement à la rémoise. Belle époque que j’ai évoqué dans l’une de mes premières chroniques : « l’eau chaude » http://www.berthomeau.com/article-2896769.html

Hormis le plaisir de le rencontrer, non pour évoquer nos souvenirs, ma visite à Pierre Pringuet se plaçait sous le signe de votre information chers lecteurs et lectrices. En effet, dans la tourmente mondiale le groupe Pernod-Ricard a plutôt bien résisté et la position de Pierre Pringuet, à la tête d’un groupe mondial, opérant sur tous les continents (hormis une présence discrète en Afrique), dont le réseau commercial couvre 70 pays, fait de lui un observateur privilégié de la santé de l’économie mondiale et de celles des grands espaces régionaux. De plus, même si les Vins ne représentent que 15% du chiffre d’affaires du groupe, la présence de Pernod-Ricard, tant dans le Nouveau Monde que dans l’Ancien, en France et en Espagne, permet de prendre le pouls de cette branche d’activité, elle aussi secouée par la crise. De plus, comme le souligne Patrick Ricard le « modèle Pernod-Ricard » est robuste et il est pour beaucoup dans le maintien des positions du groupe sur la plupart de ses marchés en dépit du contexte difficile. Enfin, comme Pierre a gardé de son passage au Ministère de l’Agriculture un goût prononcé pour le secteur des IAA il préside Comité Sully, association destinée à promouvoir l’industrie agroalimentaire française, son champ de vision s’élargit à l’ensemble de ce secteur clé.

Pour Pierre le monde a frisé le bord du gouffre à l'automne 2008, mais grâce à l'action coordonnée des Etats et des Banques Centrales ce scénario catastrophe n'est plus de mise et nous faisons face à une crise économique plus classique. Sommes-nous en train d’en sortir ? La réponse de Pierre est d’un optimisme prudent « c’est gris avec quelques coins de ciel bleu et pas d’avis de tempête... » En termes économiques on voit s’installer des signes de reprises mais celle-ci est très inégale selon les blocs régionaux. L’Asie est repartie sont l’impulsion de l’économie chinoise. La Corée et le Japon tirés par les exportations vers la Chine et l’Inde redémarrent. Le Japon connaît une vraie crise sociale. L’Australie va bien elle aussi tirée par les importations de matières 1ières de la Chine. En Europe, la consommation en France résiste bien. La Grèce, l’Irlande, et dans une mesure moindre l’Espagne, sont les économies malades du Vieux Continent. L’Amérique latine se porte bien et aux USA les signes de reprise s’affichent en dépit d’un niveau de chômage important et de la poursuite de la dégradation de la position de la classe moyenne. Le groupe Pernod Ricard est en ligne pour bénéficier de la reprise. J’y reviendrai.

En 2000 le portefeuille des marques mondiales du groupe PR recensait 12 marques dont une seule de vin Jacob’s Creek. En 2009, ce portefeuille regroupe 15 marques mondiales dont 5 sont des produits issus du raisin : 3 françaises = Martell, Mumm, Perrier-Jouet ; 1 Australienne Jacob’s Creek et 1 Néo-Zélandaise Montana. Pour ces 2 dernières en dépit du repli des consommateurs sur des vins moins chers et la pression d’une offre excédentaire sur l’équilibre offre/demande en Australie puis en Nouvelle-Zélande (surproduction de Sauvignon blanc) elles enregistrent de bons résultats. Pierre me fait malicieusement remarquer que dans ces deux pays « les producteurs de raisins en sont même arrivés à solliciter l’aide de l’Etat. » Dans le vin l’axe de la gamme s’organise le plus possible autour de l’axe des 10 euros (hormis le champagne bien sûr) dans une fourchette de 5 à 15 euros et, à l’exemple de la marque Jacob’s Creek qui a refusé de se laisser entraîner dans la spirale baissière, surtout au Royaume Uni, certes le volume baisse mais le CA est stable et surtout la contribution est en hausse. Pierre souligne tous les méfaits de la perte de valeur sur le marché anglais résultat d’une concurrence entre les enseignes. Jacob’s Creek ambitionne l’objectif de devenir le numéro un mondial des vins Premium. La marque figure déjà dans le Top 10. Avec Montana cette marque s’insère parfaitement dans le positionnement de Premiumisation des marques mondiales du Groupe. En spiritueux les ¾ des marques sont en Premium (Premium et Super Premium) alors que le marché est à 50%. À dessein je ne m’appesantis pas sur les marques françaises : les Champagne Mumm et Perrier-Jouet et le Cognac Martell, car ce sont des marchés spécifiques. Mon intérêt immédiat c’est la Rioja, en effet c’est la seule région du Vieux Monde du vin où Pernod-Ricard s’intéresse aux vins tranquilles et comme la rumeur récurrente est qu’il va s’en dégager, la réponse de Pierre est sans ambigüité « Nous restons. Une nouvelle équipe de direction est en place qui va focaliser ses efforts sur la rationalisation du portefeuille de marques, en se concentrant sur les plus puissantes comme Campo Viejo et en segmentant mieux l’offre produit. » Dans avenir proche, votre serviteur ira in situ faire un petit reportage au-delà des Pyrénées.

Reste mon dernier centre d’intérêt, a portée plus générale, qui concerne le modèle Pernod Ricard construit sur 4 axes stratégiques dont 2 me semblent à méditer par le monde du vin français (les 2 autres sont plus internes, liés à la culture de l’entreprise PR). Le premier repose sur une forte décentralisation (la holding est mince) qui induit la réactivité et la souplesse, les décisions s’adaptent au terrain et sont rapides ce qui, en période de crise, permet de réagir en temps réel aux évolutions des marchés. Le second tient au fait que le groupe détient le réseau le plus complet du marché (70 pays) un réseau commercial détenu en propre. « Nous vendons nos marques avec nos propres hommes » souligne Pierre Pringuet. Le ciment qui soude ce modèle décentralisé est une culture d’entreprise très forte, 85% des collaborateurs du groupe sont des non-français et 45% des non-européens. Pour Pierre Pringuet le groupe est prêt pour bénéficier de la reprise car : « la Premiumisation est une tendance à long terme ; les marques du groupe sont bien placées sur les nouvelles économies relais de croissance du marché et que l’avenir est aux marques fortes génératrice de marges importantes. »
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Aperçu des marques de vins et d’apéritifs à base de vin de Pernod Ricard


 

Apéritifs à base de vin et
vins doux naturels

Ambassadeur
Bartissol
Dubonnet
Sandeman*
Byrrh
La Ina

Vins Australiens
Jacob’s Creek
Wyndham Estate

Vins Néo Zélandais
Montana
Stoneleigh
Lindauer
Church Road

Vins Espagnols
Campo Viejo
Marques de Arienzo
Siglo
Azpilicueta
Ysios
Viña Alcorta
Palacio de la Vega

Vins Argentins
Graffigna
Etchart
Colón
Santa Silvia
Balbi
Mumm Espumante

Autres vins
Almaden (Brazil)
Domecq (Mexico)
Tamada (Georgia)
Old Tbilisi (Georgia)
Long Mountain (South Africa)
Aussie,
Blossa,
California,
Chill Out,
Opal Springs

Champagnes
Mumm
Perrier-Jouët


Vins effervescents
Jacob’s Creek (Sparkling)
Café de Paris
Lindauer
Mumm Napa
Mumm Espumante
Carrington

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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