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26 juillet 2022 2 26 /07 /juillet /2022 06:00

La Poste met fin au timbre rouge : ce que ça change

Olivier Besancenot est postier, on me dit qu’après avoir été facteur à Neuilly il est guichetier à mi-temps dans le XVIIIe arrondissement, un postier révolutionnaire anticapitaliste, il est donc normal qu’il s’élève contre la disparition du timbre rouge.

 

PaSiDupes: LCR ou NPA, le Che-Besancenot fait pitié

 

« Fin du timbre rouge et surtout une norme de distribution du courrier portée à J+3. La Poste malgré ses bénéfices pourra économiser 100 à 150 millions par an. La mort programmée du service public postale continue ! »

 

Ne postant plus de lettre je n’ai pas d’avis sur le sujet, je laisse donc la parole à ceux qui bossé sur le sujet :  

Trois questions sur la fin du timbre rouge annoncée par La Poste

 

La Poste a annoncé ce jeudi 21 juillet 2022 un renouvellement de sa gamme de courrier à compter du 1er janvier 2023. Mesure la plus emblématique : la fin du célèbre timbre rouge des lettres prioritaires, au profit d’une e-lettre.

 

        

C’est une petite révolution. La Poste a annoncé ce jeudi 21 juillet 2022 une refonte de son offre d’affranchissements au 1er janvier 2023, avec notamment la disparition du timbre rouge (urgent), qui sera remplacé par une « e-lettre » dématérialisée. Voici ce qu’il faut savoir sur les raisons de cette décision.

 

Qu’a décidé La Poste ?

 

La Poste va cesser de vendre son célèbre timbre rouge, à 1,43 €. Il sera remplacé par une e-Lettre rouge, « envoyée depuis laposte.fr jusqu’à 20 h, imprimée par La Poste à proximité du destinataire, et distribuée le lendemain sous enveloppe arborant un dessin de timbre rouge. » Celle-ci sera commercialisée à partir de 1,49 €.

 

La Lettre verte du quotidien sera distribuée en trois jours lieu de deux actuellement. Son prix restera inchangé 1,16 € pour 20 grammes, malgré l’inflation.

 

La Poste va par ailleurs lancer une lettre « turquoise services plus ». Elle concernera les envois « les plus importants nécessitant une traçabilité, comme pour l’envoi d’un chèque ou de petites marchandises. » Elle sera distribuée en J + 2 et proposée à partir de 2,95 €, variable en fonction du poids (jusqu’à 2 kg).

 

 

Une lettre internationale jusqu’à 20 grammes coûtera 1,80 € (+9 %). Les tarifs des colis postaux classiques envoyés en France (Colissimo) augmenteront parallèlement de 2,4 % au 1er janvier, mais le paquet de moins de 250 grammes restera au même prix de 4,95 €. La Lettre recommandée sera commercialisée à partir de 4,83 € (contre 4,55 € en 2022), avec un délai de distribution prolongé à J + 3.

 

Pourquoi a-t-elle pris cette décision ?

 

La Poste affiche trois raisons.

 

  • Il s’agit d’abord selon elle de répondre à l’évolution des usages des clients. « Les attentes exprimées par les 22 000 clients professionnels et particuliers consultés se concentrent autour de la fiabilité de la distribution, des services de suivi du courrier et de la prise en compte de l’impact environnemental », justifie-t-elle. « L’utilisation de la Lettre rouge tend à disparaître : les ménages envoyaient 45 Lettres prioritaires par an en 2010, seulement 5 en 2021. »

 

  • Ensuite, avec cette nouvelle offre, d’ici 2030, La Poste affirme qu’elle aura économisé « 60 000 tonnes de CO2 par an, ce qui représente une réduction de 25 % par rapport aux offres actuelles. » Et pour cause : l’usage de l’avion pour les lettres rouges ou des centaines de kilomètres parcours par des camionnettes très peu remplies.

 

  • Mais pour La Poste, ces économies sont surtout indispensables pour pérenniser le service universel postal, qui est devenu lourdement déficitaire (à hauteur de 1,1 milliard d’euros).

 

Pour Philippe Dorge, directeur général adjoint en charge de la branche services-courrier-colis, il faut « conforter l'avenir du courrier » et « pérenniser le service universel postal », qui garantit notamment une distribution six jours sur sept et des tarifs abordables pour les envois les plus courants. Car depuis 2008, les volumes de lettre rouges ont « été divisés par 14 ». Ce service commence donc à coûter cher et à peser sur l'environnement puisque le groupe utilise des avions, camions et camionnettes de moins en moins remplis.

 

Une modernisation que les syndicats ont du mal à comprendre. Selon eux, ce changement risque au contraire de rendre le service postal moins « universel ». « Une partie de la population sera exclue de ce service, notamment les personnes vivant dans les zones blanches [sans connexion Internet, ni réseau] les personnes âgées ou à mobilité réduite », s’inquiète Jean-Philippe Lacout, responsable national Courrier Colis FO Com. Ces citoyens seront donc contraints d’utiliser la lettre verte qui sera désormais distribuée sous trois jours au lieu de deux. « Ce qui est très pénalisant lorsqu’on a du courrier urgent à envoyer » estime le syndicaliste.

 

Quelles conséquences sont à prévoir ?

 

Vis-à-vis du pouvoir d’achat, « l’impact de la nouvelle tarification de la lettre sur le budget des ménages sera faible voire nul, compte tenu de la baisse de la consommation de courrier », assure La Poste. Selon l’Autorité de régulation des communications électroniques (ARCEP), la nouvelle gamme proposée par La Poste reste abordable.

 

Quant à la fin du timbre rouge au profit d’une e-Lettre, l’association de lutte contre l’exclusion des personnes âgées, Les Petits Frères des Pauvres, dénonce « une digitalisation à marche forcée ». La Poste assure que les clients éloignés du numérique auront « la possibilité d’envoyer une e-Lettre rouge depuis un bureau de poste, sur un automate ou avec l’aide d’un conseiller. » Mais pour Isabelle Sénécal, responsable du pôle plaidoyer des Petits Frères des Pauvres, pour envoyer leur courrier prioritaire, les personnes âgées « au mieux entreront dans la dépendance parce qu’elles auront besoin de quelqu’un pour les aider, et au pire y renonceront, faute de pouvoir se déplacer. »

 

En ce qui concerne la question de la confidentialité de la lettre, une porte-parole du Groupe assure que l’impression est gérée par des machines, sans la moindre intervention humaine, et que la lettre numérique est ensuite supprimée du système informatique.

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25 juillet 2022 1 25 /07 /juillet /2022 06:00

ÉGLISE SAINT-JACQUES DU HAUT PAS - LE PIETON DE PARISSaint-Jacques du haut pas : église St-Jacques du haut pas. Rue de l'abbé de  l'épée. | Paris Musées

Comme un lundi après une virée dégustative de vin nu en Bourgogne je vais puiser dans mon vivier une chronique qui me permet  de célébrer cette date mémorable.

 

 

Pourquoi compte-t-elle double me direz-vous ?

 

Sainte Claire d'Assise et l'Ordre des Clarisses

 

Par le hasard d’une très belle rencontre, de celle qui marque une vie, mais je n’en dirai pas plus, c’est intime.

 

Nicolas Carmarans Minimus Rosé | Vivino

 

25 juillet 2008

 

L’adresse mystère d’un jour de fête : le 19-21 rue des Fossés Saint Jacques

 

Pour m’y rendre, de chez moi, le 24 Boulevard Saint Jacques, avec mon vélo, je commence par emprunter la rue du Faubourg Saint Jacques. Au bout de celle-ci je bute sur la rue Saint Jacques que je ne peux prendre car elle est en sens interdit. Alors je prends la rue Pierre Nicole puis celle des Feuillantines et je passe à quelques pas de l’église Saint Jacques du Haut-Pas (escale sur la route des pèlerins de Saint Jacques de Compostelle) Je coupe la rue Gay-Lussac – celle qui fleure bon le pavé made in 68 – et je m’enfile la rue d’Ulm qui, elle, garde un petit goût de GP (Gauche Prolétarienne pour les initiés qui lisent mes écrits du dimanche) mais, juste avant que celle-ci ne se jetât sur la place des Grands Hommesle Panthéon – je vire à gauche – pas celle du facteur de Neuilly – pour me retrouver dans la rue des Fossés Saint Jacques. Voilà, je suis arrivé sur la place de l’Estrapade qu’est toute mignonne avec sa petite fontaine et son jet d’eau, l’ombrage de ses arbres et ses quelques bancs. On se croirait presque arrivé sur la place d’une sous-préfecture endormie alors qu’on est à deux pas de l’inexpugnable mairie de Tibéri.

 

La suite ICI

 

*Le facteur de Neuilly : Olivier Besancenot

 

*Tibéri Jean fut le successeur de Jacques Chirac à la mairie de Paris, avec Xavière ils  régnaient sur le 6e, faisaient votre les trépassés, Jean fut le premier à faire tracer des pistes cyclables à Paris.

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24 juillet 2022 7 24 /07 /juillet /2022 06:00

 

Peu friand des discours de commémoration j’ai pourtant écouté celui d’Emmanuel Macron à Pithiviers dans cette gare où ont transité une partie des 13.000 Juifs arrêtés à Paris et en banlieue le 16 juillet 1942, il a d'abord repris les mots de Jacques Chirac qui en 1995 avait été le premier président à reconnaitre la responsabilité de la France dans la Rafle du Vel d'Hiv: « L'Etat français manqua à tous les devoirs de la patrie des lumières et des droits de l'homme » rappelant que les déportés sont à la fois des « victimes de l'Allemagne nazie et de la France de Vichy »

 

« Nous n'en avons pas fini avec l'antisémitisme. Et nous devons en faire le constat lucide. Cet antisémitisme est encore plus brûlant, rampant, qu'il ne l'était en 1995, dans notre pays, en Europe, et dans tant d'endroits du monde » a ensuite mis en garde Emmanuel Macron. Désormais, l'antisémitisme « peut prendre d'autres visages, se draper dans d'autres mots, d'autres caricatures, a-t-il poursuivi, évoquant tour à tour la "barbarie terroriste", les "assassinats et crimes", les commentaires "les réseaux sociaux" ou les "profanations de tombes" »

« Il s'immisce dans les débats sur les plateaux de télévision. Il joue de la complaisance de certaines forces politiques. Il prospère aussi autour d'une nouvelle forme de révisionnisme historique, voire de négationnisme », a-t-il insisté, faisant allusion, sans le nommer, au candidat d'extrême droite à l'élection présidentielle Éric Zemmour qui avait notamment soutenu que le maréchal Pétain avait "sauvé" des juifs français durant la Seconde Guerre mondiale.

 

« Ni Pétain, ni Laval, ni Bousquet, ni Darquier de Pellepoix, aucun de ceux-là n'a voulu sauver des Juifs. C'est une falsification de l'histoire que de le dire », a répondu le chef de l'Etat, en estimant que « ceux qui s'adonnent à ces mensonges ont pour projet de détruire la République et l'unité de la Nation ».

 

N’en déplaise aux anti-Macron systématiques ce fut un discours clair, sans ambiguïté, cette ambiguïté si chère à François Mitterrand.

 

La porte-parole de la NUPES s’est illustrée sur Twitter, sans y écrire le mot juif, en affirmant qu’Emmanuel Macron était disqualifié car il avait rendu hommage au Pétain de Verdun. Polémique stupide, Pétain fut élevé au grade de Maréchal de France puis déchu mais son ignominie en tant que chef de l’Etat Français n’efface en rien son passé. Si la grande majorité des Français se sont ralliés à lui c’est sur l’image d’Epinal qu’il s’était forgé. C’était un conservateur réactionnaire et sa trajectoire finale n’est pas due au hasard, elle était inscrite dans son parcours politique. Bref, je ne me fait pas l’avocat de Pétain, ni son procureur, je regrette le niveau zéro du débat politique qui s’est instauré dans notre pays, une hystérie menée à la baguette par Mélenchon ; disruptif Macron ne fait rien pour calmer le « jeu ».

Le Vel d'Hiv, invisible et inoubliable - Histoire analysée en images et  œuvres d'art | https://histoire-image.org/

DÉBATS

ANTISÉMITISME

 

Dans « De la haine du juif », Pascal Ory déjoue les pièges de l’histoire ICI 

 

En s’attaquant à la « question antijuive », l’historien décortique les différentes formes de judéophobie intervenues depuis l’avènement du christianisme, de l’antijudaïsme médiéval à l’antisionisme contemporain en passant par l’antisémitisme du XIXe siècle.

 

Par Philippe-Jean Catinchi

Publié le 03 décembre 2021

 

Il faut un sacré courage à l’historien Pascal Ory pour s’attacher à interroger la longue généalogie de la haine du juif, dont le vocabulaire atteste les mutations comme la variation des fondements revendiqués. Sans le sous-titre « essai historique », l’étude pourrait être prise pour un pamphlet alors il faut du courage pour conduire ce chantier gigantesque. Cela suppose une impeccable vigilance envers les approximations et les anachronismes à déjouer, tant la littérature sur le sujet est encombrée de scories d’une décourageante vitalité.

 

Du courage aussi puisqu’il n’élude pas la question de sa propre identité pour mieux saisir d’où il vient et où il veut en venir (« Ni juif, à sa connaissance, ni antijuif, autant qu’il le sache. Après tout, ce ne serait déjà pas si mal : imaginez un instant un univers peuplé seulement de juifs et d’antijuifs. ») Au risque d’être disqualifié par ceux qui n’entendent pas sans réserve la parole d’un goy. Du courage enfin parce que la langue est le premier piège – le pire, dès qu’il s’agit de disséquer les haines ? – et que Pascal Ory, qui vient d’être élu à l’Académie française, interroge autant les mots que leur promotion historique (« antijudaïsme » médiéval, « antisémitisme » scientiste du XIXe siècle, « antisionisme » géopolitique contemporain) pour adopter une « judéophobie » générique qui ne règle pas véritablement le problème, la peur (« phobie ») n’équivalant pas à la haine et à la radicalité qu’elle implique. Mais y a-t-il une issue satisfaisante quand tout relève du parti pris hostile ?

 

Concurrence de radicalités

 

Car Pascal Ory assume crânement qu’« il n’y a pas de question juive. Mais une question antijuive, oui, assurément ». S’il emprunte la formule à Jean-Paul Sartre et à ses Réflexions sur la question juive (1946), elle remonte au début du XIXe siècle et naît en Allemagne où elle stigmatise l’impossible assimilation d’une communauté au nom de sa religion, et bientôt de sa « race ». C’est dans la culture germanique, où la philologie est une science souveraine, que naît aussi peu après la notion d’antisémitisme, déclinaison particulière de la xénophobie qui accompagne alors l’affirmation des nationalismes.

 

Que l’essai soit celui d’un historien s’avère d’entrée décisif puisque M. Ory réfute toute judéophobie avant l’avènement du christianisme. Si les récits antiques attestent de luttes et de répressions sous les Assyriens, Babyloniens et autres, jusqu’à Rome, les raisons n’en sont jamais que politiques, l’hétérogénéité tant ethnique que religieuse n’indisposant pas les dominants. L’historiographie a parfois privilégié des temps forts, tels que la destruction, en 70, du Temple de Jérusalem par Titus, dont la compagne Bérénice est du reste fille du dernier roi juif de Judée, ou la révolte du zélote Bar Kokhba qui conduisit Hadrien à raser Jérusalem (135) au terme d’une guerre atroce, mais l’empereur Julien envisagea en 362 la reconstruction du Temple.

 

Les fables qui ont popularisé l’idée d’une judéophobie impériale ne sont que le fruit d’une concurrence de radicalités pour dire l’une l’impossible assimilation des juifs, l’autre la virulence d’une haine générale à leur égard. L’historien n’est pas dupe. Comme il n’a garde de confondre l’antijudaïsme médiéval, qui caricature le peuple juif en déicide et pointe la foi et les pratiques en ménageant une possible assimilation par la conversion et l’antisémitisme moderne. Là il n’est plus question de réconciliation possible avec des égarés. Malgré les progrès, hérités des Lumières, d’une tolérance théorique et d’une émancipation pratique, l’animosité antijuive persiste et change de registre.

 

Contre le nouvel ordre libéral, traditionalistes et socialistes traquent le complot et le juif se retrouve au cœur de délirants scénarios dont le franc-maçon fait pareillement les frais. La mythologie haineuse en est réactivée et si la Shoah semble clore le paroxysme sur l’ignominie absolue, la naissance d’Israël ouvre un troisième moment, où l’antisionisme rejoue, en mode désormais mondialisé, la haine activée au cours du IVesiècle quand le christianisme a bouleversé la donne.

 

On peut penser que cette réflexion dense mais accessible vient à point nommé quand l’actualité littéraire (Anne Berest, La Carte postale, Grasset ; Christophe Donner, La France goy, Grasset ; François Noudelmann, Les Enfants de Cadillac, Gallimard) comme cinématographique (Philippe Le Guay, L’Homme de la cave) accompagne les remous de la candidature d’Eric Zemmour à l’Elysée. Ce serait oublier la cohérence de la démarche de Pascal Ory, champion pionnier de l’histoire culturelle, qui en élève de Jean Delumeau et René Rémond, conjugue stricte rigueur et analyse en profondeur.

 

En marge des salutaires Ce que dit Charlie (2016), Peuple souverain (2017) et son « Tract » Un monde moins mondial que jamais (2020), tous parus chez Gallimard, il y a aussi récemment livré une capitale réflexion, Qu’est-ce qu’une nation ? (2020), où la place faite aux juifs, tributaire des variations de la notion de national, donnait déjà des clés pour comprendre les récurrences de leur rejet.

 

 

« De la haine du juif. Essai historique », de Pascal Ory, Bouquins, 162 pages, 18 euros.

 

Philippe-Jean Catinchi

Rafle du Vel' d'Hiv' : les justifications de Benjamin Griveaux après avoir  publié une photo de collaborateurs

Pascal Ory, né en 1948, est un historien français, élève de Jean Delumeau, spécialiste d'histoire culturelle et d'histoire politique. Il s'est intéressé au fascisme dès sa maîtrise, consacrée aux Chemises vertes d'Henri Dorgères. Il est l'un de ceux qui ont, dès les années 1970, contribué à mieux définir l'histoire culturelle.

 

Après avoir enseigné à l'Université de Versailles-Saint Quentin en Yvelines, il est aujourd'hui professeur à l'Université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne. Il préside l'Association pour le développement de l'histoire culturelle (ADHC) et il est régent du Collège de Pataphysique.

 

En janvier 2012, il est nommé commandeur de l'Ordre des Arts et des Lettres. Il a été également Président du Conseil Permanent des Ecrivains (CPE) de 2017 à 2019.

 

N'en déplaise à Jean-Paul Sartre, il n'y a pas de question juive, mais une question antijuive. Et c'est une question qui se pose aux non-juifs, les goys, comme l'auteur, comme moi. Pourquoi l'Homme a posé la question dans L’Histoire, depuis quand et pourquoi, et surtout pourquoi encore aujourd'hui, et pourquoi elle se posera à jamais. La démonstration est aussi cruelle qu'éclairante.

 

Le mot antisémitisme est né sous la plume d'un philologue autrichien en 1860 puis repris en 1879 par Wilhelm Marr, un Allemand. Il convient de souligner que la philologie est une spécialité germanique, dont l'une des catégories est le langage « sémitique ». En découle une perspective culturelle visant la bipolarité Aryens / Sémites. L'auteur préfère user du terme de judéophobie. Il en retrace l'histoire, celle des exclusions entre communautés : Grecs, Egyptiens, Romains, Chrétiens. Un panorama des haines : monothéiste, athée, mondialisée …

 

Après le choc de la Shoah, la situation des Juifs ne fut jamais aussi favorable que pendant les trente années qui la suivirent. Pour la première fois depuis la chute du Second Temple, un Etat put se revendiquer du peuple juif. Un consensus s'impose alors parmi les instances intellectuelles et politiques d'Occident autour de la délégitimation de toutes les formes de judéophobie. Sauf en Union Soviétique

 

Si la judéophobie est née avec le christianisme, elle est donc « de droite », mais l'antisémitisme d'aujourd'hui vient de « la gauche », parmi ceux qui se considèrent comme exploités, humiliés, menacés : du ressentiment naît la xénophobie – un sondage de 2019 révèle que 44% des sympathisants des Gilets jaunes adhéraient à la thèse d'un complot sioniste mondial, contre 22% (quand même !) dans la population française.

 

Le phénomène se développe avec l'essor des idéologies et mythologies marginales et complotistes. L'effondrement du modèle marxiste et la droitisation continue de la société israélienne, substitue pour certains intellectuels de gauche militants le concept de « classe » à celui de « race ». le prolétaire est devenu l'immigré, et une partie de la gauche radicale est accueillante à la problématique de la traditionnelle judéophobie du XIXème siècle, sous couvert désormais d'antisionisme.

 

La conclusion de cet essai historique est tragique. La judéophobie ne remonte pas à la nuit des temps mais prend date pour être éternelle.

 

Lien : ICI 

80 ans après, des photos inédites mettent des visages sur les "raflés du  billet vert"

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22 juillet 2022 5 22 /07 /juillet /2022 06:00

 

J’ai un faible pour le nouveau Ministre de l’Éducnat, Pap NDIAYE.

 

https://www.leparisien.fr/resizer/V6BBAprzwEXppfcZ9ev4zfLFJIo=/932x582/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/leparisien/5BBVLG6RCRAQFO337TSTVRYJSU.jpg

 

Pourquoi ?

 

Pour une raison, que certains trouveront mauvaise, il a scolarisé ses enfants dans une école privée, et pas n’importe laquelle, ne fût-elle sous contrat, l’École Alsacienne, une des plus élitistes et des plus chères de France ?

 

L’École de l’entre-soi.

 

Passant le matin et en fin d’après-midi à vélo devant cette prestigieuse école j’ai  pu constater que la gauche parentèle y était bien représentée.

 

Mais, le monstre bureaucratique de l’Éducnat, cette hydre qui lamine tout, ne peut être démantelé que par une méthode, fort critiquée en ce moment, la méthode Uber qui a permis de foutre un coup de pied au cul aux taxis pourris, malpolis et voleurs, quasi-monopole de la compagnie G7. En écrivant cela je ne suis pas un farouche partisan de l’Ubérisation de notre économie mais j’affirme « qu’un malheur est bon » dans ce pays un malheur pour les choses changent. Aujourd’hui, les taxis sont propres, souvent polis, les tarifs sont maîtrisés, reste à la puissance publique à mettre des grains de sable dans le modèle Uber. Les Nupes  devraient se souvenir que les acquis sociaux des salariés sont le fruit du droit.

 

Pendant la convalescence de mon opération de la hanche puis, suite à ma gamelle en vélo, j'ai pratiqué Uber pour la qualité du service, simplicité, régularité, aide à la montée et descente avec des béquilles, maintenant je suis à nouveau 100% vélo et je ne me fais rien livrer par Uber ou autres Deliveroo. 

 

J’ai choisi de lui ce texte sur les digues du Mississippi car, en ces temps de changement climatique, il apporte une pierre à la réflexion pour ceux qui pensent que seule la technique pourra en contrecarrer les effets dévastateurs de la montée des eaux.

Mississippi (fleuve).Le fleuve Mississippi | ECO 99 International

Le Mississippi défie les ingénieurs américains depuis de l’un siècle et demi. Son bassin de drainage est de 20% plus large que celui du fleuve Jaune, deux fois plus large que celui du Nil ou du Gange. Il couvre 41% du territoire américain, de la frontière canadienne au golfe du Mexique, de la Caroline du Nord à l’Idaho. Dompter un tel monstre est une tâche colossale.

 

Pap NDIAYE, notre nouveau ministre de l’Éducation Nationale, dans son livre Les Noirs Américains. ICI 

 

Le cyclone Katrina, en août 2005,  a pris les États-Unis  de court. Pourtant, en 1927, une crue du Mississippi mit déjà en évidence les erreurs techniques et politiques commises dans l’aménagement de la région. Mais aussi l’efficacité de l’État, quelques années avant le New deal.

 

Les pluies étaient tombées dru  dès l’été 1926 dans le Midwest, en saturant les sols et en gonflant les  rivières. Les premières inondations survinrent en septembre dans l’Iowa et l’Illinois. Il plut encore tout l’automne, de telle sorte que les eaux du Mississippi montaient lentement, inquiétant la population. Mais les autorités et les ingénieurs expliquaient d’un ton rassurant que les formidables digues enserrant le fleuve tiendraient aisément. En avril 1927, les pluies redoublèrent sous un ciel noir.

 

[…]

 

Au milieu du XIXe siècle, trois des plus célèbres ingénieurs du pays, Charles Ellett, Andrew Humphreys et James Eads, s’affrontèrent férocement pour faire prévaloir leurs plans. Ellett recommanda la construction de digues avec des ouvertures et des réservoirs, de manière à laisser écouler progressivement un trop plein d’eau pour éviter une trop forte pression et une rupture brutale. Par contraste Humphreys, un ingénieur de l’armée, préconisait des digues simples, dont la construction bien calculée devait, selon lui, augmenter la vélocité du courant et aussi creuser le lit du fleuve afin de remédier au problème principal posé par les digues : elles contraignent le fleuve et haussent son niveau d’eau, de telle sorte qu’en cas de rupture, un mur d’eau s’abat instantanément sur la région. Quand à Eads, un ingénieur autodidacte, il prônait des digues simples assorties de jetées pour contraindre les courants.

 

En 1879, le Congrès créa la Mississippi River Commission, composée d’ingénieurs civils et militaires, chargée de trancher entre les différents projets. La commission opta finalement pour des digues simples, en suivant la proposition d’Humphreys. Le fleuve, qui pendant des siècles avait creusé une vallée très large dans un équilibre délicat entre la terre, les courants et les alluvions, était désormais enserré entre des digues comme un vulgaire canal. Or, loin de creuser le lit du Mississippi, es digues n’eurent pour résultat que de faire monter le niveau de l’eau. la commission fit donc rehausser les digues, engageant une course sans fin entre le fleuve et les hommes. À Morganza, en Louisiane, l’inondation de 1850 fut contenue par une digue  de 2,5 mètres ; dans les années 1920, les digues avoisinaient 13 mètres de hauteur. Cette fois-ci elles semblaient infranchissables.

 

Et pourtant, en avril 1927, les eaux furieuses du Mississippi rompirent les digues une à une. L’une des plus hautes, fierté des ingénieurs, près de Greenville dans le Mississippi, céda brutalement le 14 avril, en libérant une masse d’eau large d’un kilomètre, représentant deux fois le volume d’eau des chutes du Niagara. Alors la panique s’empara des villes en aval, Vicksburg, Natchez, Bâton-Rouge et surtout La Nouvelle-Orléans, la plus peuplée et prospère du Sud, second port du pays.

 

Située en dessous du niveau du fleuve et du lac Pontchartrain, la Nouvelle-Orléans en était protégée par des digues dont les plus anciennes remontaient au XVIIIe siècle. Face au danger imminent, les pompes installées en 1913, ne suffiraient pas ; on le savait. Des ouvriers réquisitionnés de force ajoutèrent des sacs de sable par centaines de milliers pour rehausser les digues. On posta sur elles des gardes qui avaient ordre de tirer sur les saboteurs.

 

L’eau montait toujours. Le 29 avril, les autorités firent dynamiter les digues en aval pour protéger la ville, en sacrifiant les paroisses de saint-Bernard et Plaquemines. La politique des digues fermées, credo officiel des ingénieurs, prit fin ce jour-là. La Nouvelle-Orléans fut ainsi sauvée.

 

Dans la brume électrique en Blu Ray : Dans la brume électrique - AlloCiné

23 janvier 2022

La rencontre d’un livre La face Nord du cœur de Dolorès Redondo et d’un film Dans la brume électrique de Bertrand Tavernier avec Tommy Lee Jones : La Nouvelle-Orléans, les bayous, le vaudou, le cyclone Katrina ICI 

La grande crue du mississippi - Charlie Hebdo

Le delta du Mississippi : une lutte à finir entre l'homme et la nature

Rodolphe de Koninck

Dans Hérodote 2006/2 (no 121), pages 19 à 41

L’empire du Mississippi ICI 

 

Le cœur du territoire américain

 

La place qu’occupe le Mississippi dans la géographie des États-Unis est considérable. Avec ses affluents, le « Grand Fleuve » – son nom en langue ojibway – draine un territoire de près de 3,3 millions de km2, dont moins de 2% relèvent du Canada, le reste correspondant à plus de 40% des quelque 7,8 millions de km2 que couvrent les États-Unis centraux (sans l’Alaska et Hawaï). Cette immense cuvette[2] grande comme six fois la France, s’étale des piémonts des Appalaches à ceux des Rocheuses et comprend en tout ou en partie 31 des 48 États centraux. Nettement moins urbanisé que le versant américain du bassin des Grands Lacs ou que les façades atlantique et pacifique du pays, la cuvette centrale n’en est pas moins largement intégrée aux grands réseaux de communication qui maillent le territoire. Ce maillage, c’est d’abord celui qui est assuré par le réseau hydrographique même, dont le Mississippi est l’artère centrale.

 

[2]

Le bassin du Mississippi est le troisième plus étendu au monde…,

 

 

Le cours du Mississippi proprement dit s’étire sur près de 3 800 kilomètres. Mais le Missouri, cet affluent qui le rejoint sur sa rive droite à la hauteur de Saint-Louis, en parcourt à lui seul quelque 4 400. Au total, de la source du Missouri dans les Rocheuses du Montana, à l’embouchure du Mississippi sur le golfe du Mexique, c’est d’un itinéraire de quelque 6 300 kilomètres qu’il s’agit, dont près de la moitié est navigable. En fait, tant le Mississippi lui-même, accessible sur la majeure partie de son cours aux péniches et bateaux tirant jusqu’à trois mètres d’eau, que ses principaux affluents, dont les rivières Ohio, Arkansas et Rouge, assurent au cœur du territoire américain un remarquable réseau de navigation se déployant sur près de 8 000 kilomètres. S’y ajoutent une multitude de petits affluents et défluents, en particulier dans le delta, dont une bonne partie est également accessible aux embarcations à faible tirant d’eau.

Mississippi (fleuve).

En août 1926, sous l'effet de fortes pluies, le Mississippi avait commencé à monter. Le 1er janvier 1927, il atteignait la cote d'alerte. On avait barré les affluents, pour ralentir le flot. La colère des eaux avait redoublé. Les digues, construites cinquante ans plus tôt dans la controverse, donnaient des signes de fatigue. Non seulement elles accéléraient le cours du fleuve mais elles menaçaient de céder.

 

Face aux critiques, un haut fonctionnaire avait cru utile de rappeler que les digues, «en permettant l'exploitation de toutes les ressources de la rivière, avaient aussi contribué à l'amélioration des conditions de vie de l'homme noir. Nulle part ailleurs dans le Sud, celui-ci n'avait eu d'aussi bonnes occasions que sur les terres conquises sur le Mississippi. Nulle part il n'avait eu de meilleures chances de s'élever socialement

 

Mais l'eau montait. Le 21 avril, elle fit une crevasse dans la digue puis se précipita, furieuse, sur le Delta. En quelques heures, 70 000 km2 de terres furent inondées sur le territoire de sept Etats et de centaines de villes. On la détourna de La Nouvelle-Orléans en dynamitant une digue. La ville fut épargnée, mais pas les terres basses occupées par les Noirs. En août, plus de 700 000 personnes avaient perdu leur maison, dont 330 000 Noirs hébergés dans des camps gardés par l'armée. Les morts étaient officiellement au nombre de 246, mais chacun savait, soupçonnait que des milliers d'autres, noirs, n'avaient pas été comptés.

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21 juillet 2022 4 21 /07 /juillet /2022 06:00

Jean-Luc Mélenchon (en rouge) était un bon élève et actif en classe. Photo DR

 

Été 67 : Jean-Luc Mélenchon s’installe à Lons-le-Saunier alors que son beau-père est muté dans le département. Il passe sa scolarité au lycée Rouget de Lisle, un établissement pour garçons de 600 élèves. Surnommé « Mémé » par ses amis, le jeune Mélenchon est un bon élève et n’est pas encore marqué par des références politiques.

 

Il aime la littérature et obtient 16 au baccalauréat. Son professeur de français, Rémi Jobart, avec qui il aura de longues discussions, devient son mentor. C’est en mai 1968 que Mélenchon a le déclic : alors que la tension monte dans la capitale, l’ambiance est calme à Lons-le-Saunier. Il décide de prendre les choses en main : pour cela il fédère les lycéens, organise des rencontres avec les professeurs et les syndicalistes. Il va même jusqu’à créer le Comité d’action lycéen (CAL) de Lons-le-Saunier. Lors des manifestations, il se distingue des autres.

 

Quand il monte sur scène, tout le monde l’écoute. Il a ses inconditionnels et son public féminin. Le jeune Mélenchon découvre alors ses talents d’orateur. Il est par la suite approché par les communistes ou les maoïstes mais souhaite rester en dehors de tout mouvement politique.

 

Plus tard, il connaît son premier échec politique en perdant aux élections des délégués de classe. Vexé, « Mémé » va alors réussir sa première manœuvre politique : il arrive à faire annuler l’élection de certains délégués, qui lui sont défavorables, en faisant circuler une pétition.

 

Un nouveau vote est alors organisé duquel il ressortira vainqueur : « J’ai mobilisé jusqu’aux sixièmes, si bien que je suis devenu une légende vivante : sept ans après, les mecs entendaient encore parler de moi ! », a-t-il confié aux journalistes Stéphane Alliès et Lilian Alemagna dans leur livre Mélenchon, le plébéien (paru aux Éditions Robert Laffont), qui retrace les jeunes années jurassiennes du candidat à la présidentielle. ICI 

 

 

J’ai connu Mélenchon en 1981, alors qu’il vivait à Massy, dès 1983 il est adjoint au maire de  l'époque Claude Germon « c’était un visionnaire et un gestionnaire exceptionnel ».

 

De quelle(s) réalisation(s) êtes-vous le plus fier? 

 

Le temps qui a passé aura effacé bien des souvenirs. De mon mandat de maire adjoint à la jeunesse (1983-1989). Il y a entre trente-quatre ans et vingt-huit ans en arrière. La mise en place de tous les plans jeunesse des premiers gouvernements de gauche notamment dans le domaine de la prévention de la délinquance, et de l'emploi des jeunes. J'ai créé, entre autres choses, la première PAIO de ma ville. En tant que maire adjoint à la culture (1989-1995) il y a entre vingt-sept ans et vingt et un ans en arrière, mon mandat a été celui de la création d'une médiathèque, de l'ouverture de quatre salles de cinéma, de la numérisation des bibliothèques de la ville et de l'ouverture d'un Opéra. Ce sont des dossiers extrêmement techniques qui m'ont bien préparé à mes responsabilités de ministre dans un domaine lui-même aussi technique que l'est l'enseignement professionnel. 

Pour la gestion municipale j'étais en désaccord avec l'ouverture l'Opéra mais il s'est avéré que j'avais tort car ce fut un total succès. Mais ce fut surtout pour moi un dossier très pesant car l'affaire avait été très mal engagée. 

 

Ma plus grande fierté d'adjoint à la Culture est d'avoir réussi à atteindre la proportion record de France des inscrits en bibliothèque municipale (30% de la population) par une politique volontariste de promotion de la lecture. 

 

Amélie de Montchalin sur Twitter : "Merci à Claude Germon, ancien maire de  Massy,pour son soutien et pour notre fructueux échange sur l'histoire et  l'avenir de notre territoire https://t.co/uK6qVFhszq" / Twitter

 

A Massy, les grands travaux de Claude Germon restent à payer. Les audits commandés par le nouveau maire UDF accablent le bilan pharaonique de son prédécesseur PS, battu en juin. ICI 

 

par Olivier Bertrand

 

publié le 29 décembre 1995 

Claude Germon — Google Arts & Culture

 

Le Grand-Ensemble, principale cité de la ville, manque d'un centre culturel. Mais, comme dit Claude Germon, «Small is not beautifull», et la salle devient un opéra-théâtre, le plus beau de toute la couronne parisienne. Huit cents places au coeur d'une cité. Germon, passionné d'opéra, essaie lui-même les fauteuils que proposent les fournisseurs. Puis, n'en trouvant pas d'assez confortable à son goût, il en fait construire de spacieux. Sur mesure. Le modèle est aujourd'hui en vente dans les catalogues, sous le nom de «Fauteuil Massy».

 

L'opéra coûtera au total 190 millions de francs, mais Claude Germon ne se fait pas de souci. Viticulteur endurci par des années de syndicalisme à la CGT, il est d'un abord très rond, affable. Mais il est également malin, et sait négocier. Pour financer ses trésors, il compte sur les entreprises qui s'intéressent à Massy, ses voies de communication, sa future gare TGV. Il mise, non sans cynisme, sur la spéculation: le prix des terrains grimpent en flèche, le maire fait signer des promesses de vente aux plus offrants. Il anticipe sur ces rentrées, et imagine une ZAC près de la gare, en forme de pyramide, puis de sphère ­ comme au Louvre ou à la Villette. Mais ces projets n'aboutiront pas plus que l'arche, et la ville va prendre la crise de plein fouet. Dans les années 90, un simple recours déposé par un professeur de droit et ses élèves ralentit considérablement les travaux autour de la gare. Quand la situation se débloque, la récession est là, plus personne ne veut acheter.

 

Aujourd'hui, la ville doit rembourser les entreprises qui ont versé des acomptes, près de 70 millions de francs. Il faut également rembourser les emprunts: rien que pour l'opéra-théâtre, il reste 170 millions à payer. Et la ville doit assumer seule: Claude Germon a toujours évité les cofinancements. Il préférait investir seul: «Les choses allaient plus vite comme ça.» Accessoirement, murmurent ses détracteurs, cela permettait d'arroser la Sagès, le bureau d'étude du PS (1).

 

(1).En janvier 1993, Claude Germon a d'ailleurs été mis en examen pour trafic d'influence par le juge Van Ruymbeke. ICI 

 

 

L’ex-Premier Ministre sur le chemin des révolutions citoyennes en Amérique Latine « je vais me réhydrater politiquement, me re-imprégner, labourer mon imagination politique. Apprendre. ICI  » 

 

Le président du Mexique, Andres Manuel Lopez Obrador, s'exprime lors de sa conférence de presse quotidienne du matin à Mexico, le 11 avril 2022. (AFP)

Le président de gauche nationaliste du Mexique, Andres Manuel Lopez Obrador, a affirmé lundi qu'il avait "beaucoup apprécié" les résultats du président sortant Emmanuel Macron et de son "ami" Jean-Luc Mélenchon dimanche au premier tour de l'élection présidentielle en France.

 

"Macron comme social-démocrate, modéré, centriste, ne s'en est pas mal sorti comme président", a commenté le chef d'Etat mexicain, qui veut rompre dans son pays avec les "néo-libéraux".

 

"Dans l'unité je suis sûr que M. Macron va triompher de nouveau", a-t-il ajouté en référence au second tour qui se jouera le 24 avril entre le président sortant et la candidate d'extrême droite Marine Le Pen, comme en 2017.

A quel point le mouvement lambertiste pèse-t-il idéologiquement sur Jean Luc Mélenchon et La France insoumise ?

Ce trotsko-lambertisme de Jean-Luc Mélenchon qui plombera tôt ou tard la Nupes | Atlantico.fr ICI 

 

  • Atlantico : A quel point le mouvement lambertiste est-il présent au côté de Jean Luc Mélenchon ?

 

  • Gaël Brustier : Deux éléments majeurs et concrets en attestent. Le chef du parti trotskiste POI a été élu à l’Assemblée dans la circonscription de Livry-Gargan. Il faut se rappeler que lorsque le parti s’est scindé, en expulsant la branche représentée par Daniel Gluckstein ; le POID a gardé l’essentiel des troupes, les autres ont gardé les locaux. C’est d’ailleurs le deuxième élément, les réunions se font dans les locaux du POI, ouvertement et presque de façon bravache. C’est quelque chose de parfaitement révélateur et aussi de totalement assumé. Ce qui interroge est : depuis quand les liens sont rétablis à ce point ? Et depuis quand et jusqu’à quand ont-ils été camouflés ? Il est intéressant que ce soit précisément cette extrême gauche qui soit choyée par Mélenchon et pas d’autres courants minoritaires de la défunte Ligue, bien plus intéressante et foisonnante intellectuellement. Le trotskisme lambertiste est l’un des plus autoritaires qui soit. Ils sont loin d’être des libertaires. Ils ont une organisation quasi militaire héritée du bolchevisme ou du moins issu de la tradition reconstruite par leurs soins. Cela leur donne une organisation efficace. Par ailleurs, ils savent penser, écrire, militer, enrôler et ils ont des liens avec la quatrième internationale, du moins avec les survivances de la leur. Il y a des mouvements trotskistes proches du lambertisme dans beaucoup de pays dans le monde. Jean Marie Le Guen l’a dit récemment, dès qu’il faut faire des mauvais choix dans l’histoire, les lambertistes sont là.
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20 juillet 2022 3 20 /07 /juillet /2022 06:00

Cantillon-054.JPG

Une de mes jeunes amies : Magalie qui, après avoir bourlingué depuis Bruxelles pour vendre nos merveilleux fromages AOP aux rosbifs, a émigré à Barcelone pour le même job, puis pour vendre je ne sais plus trop quoi, un truc avec des amandes catalanes dedans, vient de poser sa valise en Bourgogne, à Burgundy School Buiseness (c’est chic) où elle occupe un poste d’assistante de recherche et d’enseignement.

 

Elle couve et va pondre : « Experience good and the role of experts : an analysis on recommandation effect wine purchasing decision »

 

Elle ne liche pas du vin nu alors, comme elle doit rendre une copie pour The Conversation ICI elle fait appel aux dons d’idées pour conforter les siennes.

 

Comme je suis dans une phase sèche, je me suis dit que j’allais solliciter la cohorte de beaux esprits qui suit mes chroniques à nulles autres pareilles pour qu’elle planche, en dépit de la canicule, sur ce merveilleux sujet.

 

À vos porte-plumes, clavier AZT !

 

Vous avez 7 heures, comme l’agneau, pour me rendre votre copie.

 

Merci pour elle.  

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19 juillet 2022 2 19 /07 /juillet /2022 08:45

Il y a 10 ans 1 petit viticulteur métayer du Beaujolais m’écrivait : son père lui disait « le Beaujolais est perdu »  Qui sauvera le beaujolais ?

Sans jouer les oiseaux de mauvaise augure, seriner « je vous l’avais bien dit », nous produisons trop de vins, du moins trop de certains types de vin, non qu’ils fussent hors des canons de leur AOC ou de leur IGP mais tout simplement parce qu’ils ne sont pas acceptés par le marché, essentiellement la GD ultra-majoritaire. Les grands critiques, si tant est qu’il en existât encore, ne plongent leurs nez que dans ce qui est grand, la piétaille à deux balles ne les intéresse pas. Quant aux grands chefs de la filière, ils ne voient pas plus loin que du bout de leur nez, Jérôme Despey en tête, pur apparatchik de la FNSEA, quasi-fonctionnaire de FranceAgriMer, qui n’a jamais vendu une goutte de vin, alors ils ressortent les vieilles « recettes » qui sont des dépenses publiques et ils vont tendre la sébile chez le Ministre. Faut bien justifier leur séjour dans la capitale.

 

Suis mauvaise langue mais que voulez-vous ils ont toujours un quart de retard sur la réalité, à la manière de la CGT, ils campent sur « leurs droits acquis ».

 

La crise est structurelle, les causes conjoncturelles ne doivent pas masquer que notre marché domestique des vins courants va se rétracter violemment du fait que la génération honnies des baby-boomers, qui les écluse en après avoir empli leur caddie, comme moi, ont tendance à sucrer les fraises et aller sucer les pissenlits par la racine.

 

La relève des consommateurs n’est pas là, les seuls producteurs qui ont un avenir, car ils ont des consommateurs jeunes et friqués, sont ceux qui vendent leur vin cher et ceux qui font des vins nature, les autres vont souffrir et l’illusion d’un vignoble peuplé de petits vignerons indépendants et de coopérateurs va laisser la place à la ruine de beaucoup d’entre eux.

 

ÉTAT DES LIEUX

 

 

La filière vin rouvre la boîte à outil de la gestion des excédents ICI 

 

Le repli des commercialisations en France se confirmant, les représentants du secteur se mettent à réfléchir sur les outils les plus opportuns pour résorber les surstocks, qu'ils soient structurels ou conjoncturels.

 

 

Mauvaise nouvelle : la baisse de consommation de vin se confirme en grande distribution, avec des baisses en volume de 15 % pour les vins rouges, 5 % pour les rosés et 4 % pour les blancs depuis le début 2022 rapporte Jérôme Despey, le président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer, qui s’est réuni ce mardi 12 juillet. Malgré une dynamique export restant soutenue, la filière vin doit se pencher sur la gestion de déséquilibres conjoncturels et structurels entre son offre et la demande domestique. « Rien ne doit être fermé comme propositions » précise Jérôme Despey, qui note le besoin de distinguer le conjoncturel du structurel dans le diagnostic pour apporter les bons remèdes à l’échelle des bassins viticoles en difficulté.

 

On ne parle plus "arrachage" mais "reconversion vertueuse" pour le vignoble bordelais excédentaire ICI 

 

Le négociant bordelais Allan Sichel rempile à la tête du CIVB en s’affichant dans la continuité de son prédécesseur, malgré des inflexions notables dans son discours pour résoudre le déséquilibre structurel entre offre et demande. A commencer par le fait de ne pas utiliser le mot "arrachage".

 

Par Alexandre Abellan Le 11 juillet 2022

 

 

Réélu à la présidence du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB) ce 11 juillet (avec 47 voix pour et 1 abstention), le négociant Allan Sichel s’affiche dans la continuité de son prédécesseur, le viticulteur Bernard Farges, pour réduire la production de vins d’appellation en Gironde. « Le sujet le plus important aujourd’hui pour notre filière est son volume de commercialisation » déclare dans son discours Allan Sichel, soulignant que « la production des vins de Bordeaux en année normale – autour de 5,5 millions d’hectolitres - est désormais largement supérieure à nos volumes de commercialisation. Or, même si nous identifions des pistes de développement à l’export, il est peu probable que nous puissions compenser la baisse continue de la consommation de vin sur le marché français. Lequel, je le rappelle, représente 55 % de nos ventes. »

 

Si Allan Sichel partage avec Bernard Farges la même fin, rééquilibrer l’offre et la demande, il ne l’articule pas tout à fait par les mêmes moyens.

 

TROP DE STOCK

 

L’IGP Vaucluse veut distiller 100 000 hl de vin rosé ICI 

 

L’Indication Géographique Protégée veut se délester de stocks du millésime 2020 « dont plus personne ne veut ».

 

Par Bertrand Collard Le 11 juillet 2022

 

 

À quelques semaines des vendanges, il reste trop de rosés dans les caves du Vaucluse. L’IGP de ce département veut distiller 100 000 hl pour faire de la place dans les chais. « La consommation est en panne ; ce sont des vins de 2020 dont plus personne ne veut, explique Joël Reynaud, président de l’ODG Vaucluse. Nous étions déjà en discussion au printemps à ce sujet. Puis il y a eu le gel du 8 avril. Et tout s’est arrêté. » Jusqu’à maintenant.

 

50 à 60 €/hl

 

L’IGP Vaucluse vient d’adresser un courrier à VinIGP, la Confédération des vins IGP de France pour lui demander de porter sa demande devant les pouvoirs publics. Joël Reynaud espère une aide entre 50 et 60 €/hl pour envoyer les excédents à la chaudière.

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18 juillet 2022 1 18 /07 /juillet /2022 06:00

 

Je déteste les commémorations, pis encore celles sur le ton des regrets, « si ça avait été lui, nous n’en serions pas là… »

 

Ça n’a pas été lui !

 

Pourquoi ?

 

Je ne sais, ou plus simplement je n’ai pas envie de le dire.

 

Bref, Michel Rocard, est mort le samedi 2 juillet 2016. C'est son fils Francis qui l'a annoncé à l'AFP. Il est décédé vers 18h30, à l'âge de 85 ans, à l'hôpital de la Salpêtrière à Paris, où il avait été admis quelques jours auparavant.

 

Dans l’ambiance étrange qui règne dans la nouvelle Assemblée Nationale, notre Vulcain découvre les joies d’une majorité relative doublée de mise en minorité de circonstances par des alliances de circonstances : NUPES/RN/LR, pour l’heure la censure a montré que le camarade Mélenchon est un bon communicant mais un piètre manœuvrier, des voix se sont élevées pour déplorer que la ligne social-démocrate de Michel fut jetée aux orties.

 

Alors, j’ai pris du champ, répondant à mes amis que Macron n’est pas l’héritier du Rocard militant, d’une fidélité au PS qui lui a fait rater la dernière marche.

 

Et puis, dans mes recherches pour écrire une chronique je suis tombé sur ça :

 

A Paris, en octobre 2008.

 

Jean-Marie Cavada : « Ce n'est pas parce que Rocard avait 86 ans qu'il était vieux ! »

 

L’interview date du 7 juillet 2016

 

Elle m’a plu, je vous la propose :

 

Qui était Michel Rocard pour vous ?

 

Jean-Marie Cavada : Il était un ami personnel de longue date. Attention, pas un ami social. C'était un de mes trois meilleurs amis. Je l'appelais souvent pour lui demander conseil : « Michel, qu'est-ce que tu penses de ça ? » J'ai perdu un grand frère, qui était aussi un maître à penser.

 

Comment l'avez-vous rencontré ?

 

En 1976, je faisais une émission sur Antenne 2 qui s'appelait C'est-à-dire. Michel était le grand témoin. À ce moment-là, le travail manuel faisait débat. Tout le monde en parlait : Giscard, le gouvernement... Je demande à Michel son opinion, et j'ouvre le rideau derrière lequel se trouvait un établi, avec une planche, une scie, une équerre et un crayon. Je lui demande alors de couper la planche en angle droit. Et son angle était parfaitement droit... J'apprendrais plus tard que lorsqu'il était jeune homme, son père, un grand scientifique, voulait qu'il fasse Polytechnique. Michel a tenu tête : il voulait faire Sciences Po. Son père lui a alors coupé les vivres. Et son premier boulot fut... ajusteur de métal au labo scientifique de Normale Sup'. Donc le travail manuel, il connaissait bien, il en faisait sur le fer ! Moi qui voulais le mettre en difficulté...

 

Ensuite, je l'ai vu plus régulièrement en tant que journaliste quand il est entré à Matignon. C'était un remarquable Premier ministre. J'ai été pris de sympathie pour lui quand j'ai commencé l'émission La Marche du siècle. Il a été le premier invité, sur le thème de l'urbanisme de demain. J'avais également organisé en 1992 un débat entre lui et Nicolas Sarkozy.

 

Mais on est devenus très amis seulement au début des années 2000. En 2004, on s'est retrouvés tous les deux au Parlement européen. À Bruxelles, on a passé de longues soirées à boire et à refaire le monde, avec deux œufs et quelques whiskys...

 

On a failli faire un livre tous les deux. Le thème était « Les médias destructeurs de la démocratie ». Cela ne s'est jamais fait.

 

Que représentait-il politiquement ?

 

Pour moi, Rocard incarne la social-démocratie dans ce qu'elle a d'apaisant. C'est une doctrine qui concilie la vivacité du capitalisme avec la nécessité de la répartition des richesses pour les salariés. C'est la doctrine parfaite pour le continent européen.

 

En 2007, je voulais un accord entre Bayrou et Michel. Nous avions eu un dîner dans les Yvelines. L'accord ne s'est pas fait, mais ce n'était pas la faute de Rocard. Si on avait fait le bon accord, on aurait transformé la social-démocratie.

 

Concrètement, comment le voyiez-vous dans l'exercice du pouvoir ?

 

Rocard mettait vraiment la main à la pâte. Il remontait ses manches et mettait les mains dans le cambouis pour négocier les évolutions nécessaires au pays. J'ai admiré sa volonté d'apaisement, et en même temps de changement et de dialogue.

 

Si François Mitterrand ne l'avait pas étouffé et empêché de devenir président, ce pays ne serait pas le même aujourd'hui. Il aurait transformé la France. François Mitterrand, accroché aux sondages, ne regardait que le présent. Il a empêché la France d'avoir un candidat réformateur qui aurait changé le pays. Je pense que Michel cherchait avec lui la référence paternelle. Et Mitterrand l'a senti, en a abusé pour le clouer sur place et l'empêcher en 1988. Mitterrand était un néo conservateur qui avait fait le rapt de la gauche pour s'installer au pouvoir. Michel Rocard incarnait l'expérimentation politique, le modernisme, tout ce que François Mitterrand détestait. Pour le RMI par exemple, plutôt que de conduire une négociation jacobine, il a fait une expérimentation dans le département d'Ille-et-Vilaine. Il a vu que ça marchait, et a donc fait une loi. C'est une attitude pleine de modestie. Ce qui tue le pays aujourd'hui, c'est l'arrogance jacobine. C'était un homme d'une grande modernité. Ce n'est pas parce qu'il avait 86 ans qu'il était vieux !

 

A-t-il des héritiers aujourd'hui ?

 

Je ne crois pas... Beaucoup de gens que j'ai vu ces derniers jours pleurer sur le rocardisme ont en fait aidé François Mitterrand à le massacrer.

 

Vous qui connaissiez Rocard personnellement, quelle était sa personnalité ?

 

C'était un intarissable bavard. Il faisait des phrases composées, longues. Il parlait avec sa pensée, pas pour faire du bruit avec sa bouche. Il était très cultivé. Un de mes derniers souvenirs de lui, c'était pour son anniversaire en octobre dans sa maison des Yvelines. Il était fier de montrer qu'il avait tout un étage pour ranger ses livres et ses archives. C'était touchant. Il avait commencé à structurer ses mémoires et à écrire. Je ne sais pas ce qu'il va en advenir.

 

Il était traversé par la beauté de la mission publique, et était un des seuls hommes publics qui n'avait pas d'égoïsme personnel. Il avait bien sûr l'orgueil de ses idées et de ses positions. Mais je ne l'ai jamais vu égoïste.

 

Enfin, c'était un des derniers intellectuels totalement dédiés à la politique. Sa dernière sortie publique date du 12 avril, lors d'un débat sur le Brexit en face de l'ancien ministre des Affaires étrangères britannique David Owen. Cela se passait Cité de l'industrie place Saint-Germain à l'invitation du Mouvement Européen que je préside. Le public était médusé de voir arriver un monsieur parcheminé, fatigué. Puis, il se lève pour aller au pupitre, et ce n'est plus le même homme : ardent, malicieux, éloquent. Standing ovation à la fin...

 

Aucune description de photo disponible.Michel Rocard - Scoutopedia, l'Encyclopédie scoute !Dossier: la mort de Michel Rocard | MediapartMichel Rocard, un homme moderne – LibérationRapport historique – «Mitterrand et Rocard avaient deux conceptions du  socialisme» | 24 heures

Michel Rocard, figure essentielle de la gauche, est mort ICI 

 

Premier ministre de François Mitterrand de 1988 à 1991, faiseur de paix en Nouvelle-Calédonie, Michel Rocard est mort samedi, à 85 ans.

Par Raphaëlle Bacqué et Jean-Louis Andreani

 

Publié le 3 juillet 2016

 

 

Michel Rocard, mort le samedi 2 juillet à l’âge de 85 ans, avait rêvé d’un destin présidentiel. Il n’y sera jamais parvenu. Mais il y a aujourd’hui, au sein du Parti socialiste, dans les ministères, dans les think tank de la gauche qui rêvent de la refonder, quantité de ses disciples, nourris par cette « deuxième gauche » sociale-démocrate, réaliste et redistributrice qu’il avait fini par incarner.

 

Derrière une apparente simplicité, Michel Rocard, né le 23 août 1930 à Courbevoie, fut un homme politique paradoxal et compliqué. Longtemps l’homme politique le plus populaire de France, il était spontané voire impulsif, sincère voire naïf, maladroit mais volontiers calculateur ; apôtre d’un « parler vrai » parfois dévastateur, mais capable de manier sans broncher la langue « de madrier », selon l’expression d’un de ses anciens conseillers ; orateur parfois obscur, mais, en dehors des tribunes, d’un abord simple et direct. Obsédé par l’idée d’être écouté, reconnu, respecté.

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17 juillet 2022 7 17 /07 /juillet /2022 06:00

Paul Ricard, Robert Murphy | 9781681884462 | Boeken | bol.com

 

Bien évidemment, nous avions détourné le slogan en : « 1 Rocard sinon rien… »

 

10 juillet 2009

Un Rocard sinon rien : l'été sera chaud !

 

Comme pour le célèbre anis de Marseille, cher à mon ami Pierre Pringuet, DG du groupe éponyme, je vous propose ce matin, pour vous rafraîchir les neurones, de noyer une dose d'humour dans plusieurs volumes de sérieux et de déguster le tout sous la tonnelle... Jugez par vous-même.

 

La suite ICI 

 

Le Monde, qui ne recule devant rien, lui aussi, dans ses sagas de l’été titre :

 

LE MONDE PASSE À TABLE

VINS & AUTRES PLAISIRS LIQUIDES

 

L’enivrante aventure de la maison Ricard ICI   

 

Par Michel Guerrin Publié le 10 juillet 2022 à 06h00

 

RÉCIT

 

L’entreprise créée par Paul Ricard en 1932 à Marseille fête ses 90 ans. Et son magistral succès. Cette réussite, impulsée grâce au sens du commerce, du marketing et de la communication du patriarche, n’a fait que se renforcer au fil des années : le groupe familial est aujourd’hui numéro deux des spiritueux dans le monde.

 

J’ai, au temps de la SVF (Société des Vins de France), filiale du groupe Pernod-Ricard, lors d’une convention du groupe, animée par Jean-Marie Cavada (un ménage), côtoyé les « boys » de Ricard, ceux qui avait la foi en « Monsieur Paul », qui y ont aussi laissé leur foie, les « pousseurs », les gars de la pétanque, ils adoraient le roi du pastis. Dans mes relations avec des collègues de cabinet ministériel, l’un d’eux, bossant pour Georgina Dufoix (désolé), était intarissable sur « Monsieur Paul », le mas de Méjanes, les Ambiez…

 

Bref, je connais la maison, et je vais me permettre de placer des réalités pour souligner que, notre chroniqueur, tout à sa volonté de célébrer « Monsieur Paul » fait 2 oublis.

 

Le premier, c’est que le pastis, Ricard, Pastis 51, Pernod, ne fait guère recette auprès  des nouvelles générations, c’est l’apéro des pépères, bob, marcel, pétanque et farniente. La photo titre prise sur un abri bus parisien montre bien la volonté du groupe  de conquérir les bobos, à mon avis en vain.

 

Le marché du pastis continue à perdre du terrain, avec des volumes en recul de - 7,3 % en 2018 versus 2017 et des ventes en valeur en baisse, à - 5,9 %. Néanmoins, il reste un poids lourd, puisqu’il occupe sur le marché global la deuxième place des spiritueux, derrière les whiskeys (23,5 % PDM vol vs 35,5 % PDM vol.) et pèse en CHR 11,7 % du volume des alcools, le plaçant à la 4e place derrière les whiskeys, les rhums et les vodkas.

 

Le moment apéritif reste d’ailleurs très fort en France, avec 26 millions de moments de consommation d’alcool par semaine, mais « l’émergence de la bière et des vins rosés au moment de l’apéritif a impacté le marché des anisés », analyse Marc-Antoine Hornecker, group brand manager du pôle apéritif chez Pernod. Autre raison de ce recul, les anisés souffrent d’une image vieillissante : « Les jeunes adultes n’entrent pas facilement dans la consommation d’alcool par les anisés et le goût plaît peu aux femmes. C’est un alcool typé plutôt masculin et d’une autre génération », renchérit Jean-Louis Denis, directeur commercial hors-domicile de Bardinet La Martiniquaise.

 

Ironie de l’Histoire, le pastis a envoyé les Vins Doux Naturels dans le cimetière des éléphants, Bartissol, Byrrh, Dauré…. Et aujourd’hui, lui aussi se voit détrôné par le vin rosé piscine.

 

 Le second, est que si le socle de Pernod-Ricard fut l’œuvre de « Monsieur Paul », sa deuxième place des spiritueux dans le monde, n’est pas l’œuvre d’n Ricard, mais de deux hommes : Thierry Jacquillat, branche familiale Pernod, directeur-général qui a étendu le groupe vers les whiskies et les vins ( vin australien ); Pierre Pringuet, X-Mines, ancien du cabinet de Michel Rocard, qui a mené tambour battant la diversification dès 2004, il mène en 2005 avec succès l’acquisition d’Allied Domecq, puis son intégration (Martell, Perrier-Jouet, Mumm) . En décembre de la même année, il devient Directeur général délégué du Groupe. En 2008, il conduit l’acquisition de Vin&Sprit (V&S) et de sa marque Absolut qui parachève l’internationalisation de Pernod Ricard.

 

Fais vite, ne traîne pas en route - broché - Thierry Jacquillat, Livre tous  les livres à la Fnac

28 avril 2021

Au temps où j’étais le porte-plume de Thierry Jacquillat le DG de Pernod-Ricard : Ararat son Cognac arménien était menacé aujourd’hui Le « cognac » arménien prié de changer de nom par l’UE. ICI 

 

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16 décembre 2009

Entretien avec Pierre Pringuet DG du groupe Pernod-Ricard «nous restons dans la Rioja...» ICI 

 

Rencontrer Pierre Pringuet est toujours pour moi un réel plaisir. Notre compagnonnage amical date du cabinet Rocard à l’Agriculture. Depuis l’X Mines qui nous faisait nous élever au-dessus des crises du porc ou de la tomate lors des séminaires du cabinet, qui se tenaient à la MJC de Conflans Ste-Honorine, a fait son chemin puisque, après avoir conduit toute sa carrière privée dans le groupe, le voilà, depuis que Patrick Ricard a pris du recul en présidant le CA, à la tête du co-leader mondial des Vins&spiritueux, un des poids lourds du CAC 40. Le journal La Tribune lui a déjà fait le coup du « de Rocard à Ricard » mais l’image souligne l’un des traits de caractère de Pierre c’est d’être fidèle en amitié.

 

Bandeau du bulletin de l'association MichelRocard.org

Dernier point, Pierre préside : l’Association Michel Rocard.org, ICI ça ne doit pas plaire au leader maximo de la NUPES, ex-député de Marseille.

 

L'enivrante aventure de la maison Ricard

L’enivrante aventure de la maison Ricard

Par Michel Guerrin

Publié le 10 juillet 2022

 

Alexandre Ricard règne sur 19 000 salariés dans le monde et il semble prendre plaisir à diluer son autorité, comme le pastis dans l’eau. Le patron du groupe Pernod Ricard, numéro deux mondial des spiritueux, affiche à 50 ans un visage adolescent, un sourire angélique, une courtoisie extrême, y compris quand une question peut l’agacer. Costume sobre, pas de cravate. Il se fond dans les équipes. Vous n’avez pas rendez-vous dans son bureau, il n’en possède pas. Comme les 1 000 salariés du siège parisien, près de la gare Saint-Lazare, le patron s’installe à une table ­commune dans un open space et range ses affaires en fin de journée dans un casier.

 

Avec un tel nom, on s’attend à autre chose. Il est le petit-fils de Paul Ricard (1909-1997), qui a lancé l’aventure familiale dans le pastis en 1932 à Marseille. Dans son livre de souvenirs, au titre convenu alors que lui ne l’était pas, La Passion de créer (Albin Michel, 1983), le fondateur assène qu’un patron ne doit pas avoir de bureau, que les équipes ont les clés, qu’il faut faire simple et se laisser guider par le bon sens. Troublante ressemblance.

 

Elle s’arrête là. Paul Ricard piquait des colères à faire trembler la Canebière alors qu’il est difficile d’imaginer Alexandre Ricard dans ce registre. Le fondateur, ancré à Marseille, diplômé de l’école de la rue, a fait fortune dans le pastis et incarnait l’apéro anisé avec deux slogans géniaux : « Un Ricard sinon rien » et « Garçon, un Ricard ! ».

 

 

Pendant la guerre, Paul Ricard se replie avec une partie du personnel en son domaine de Méjanes, en Camargue, qu’il transforme en corne d’abondance, produisant du riz, des jus de fruits, du vermouth, une eau, alimentant au passage la Résistance en alcool pour ses voitures.

 

Son petit-fils, diplômé de la réputée université Wharton, aux Etats-Unis, bien de son temps et mondialisé, pilote toujours le pastis, mais ­surtout 240 marques d’alcool, de la vodka au whisky en passant par le cognac. Au gré des acquisitions, le petit jaune rétrograde au rang numéro six dans le chiffre d’affaires de Pernod Ricard. Devant, on trouve la vodka suédoise Absolut, le whisky irlandais Jameson, le whisky écossais Ballantine’s, la liqueur au goût coco Malibu, le rhum cubain Havana Club.

 

Le recul s’explique. Ricard est vendu à 90 % en France alors que les marques de tête sont mondialisées. Si Paul Ricard, génie de la communication, n’a pas réussi à exporter son pastis, c’est que c’est vraiment impossible. Le pourtour ­méditerranéen est imprenable, chaque pays possédant son propre anisé. Ailleurs dans le monde, le goût peut rebuter et l’eau du robinet est ­souvent trop chlorée.

 

Les mille vies de Paul Ricard

Mais, en France, Ricard est la star du pastis, accaparant 51 % du marché ; 51, comme le nom de l’autre célèbre pastis de Marseille, également détenu par le groupe Pernod-Ricard, jolie coïncidence. Ricard vole au-dessus de la mêlée, elle est même, tous produits alimentaires confondus, la marque numéro un en valeur dans les supermarchés. Mieux que Coca-Cola ou Nutella.

 

Et puis l’anisé occupe une place spéciale au sein d’un groupe hanté par son fondateur. Chaque année, aux beaux jours d’avril, de 700 à 800 cadres accourent de 70 pays et se retrouvent pour discuter stratégie sur l’île des Embiez, au large de Toulon, que le fondateur a achetée en 1958. Les retrouvailles ont lieu autour d’un apéro-terrasse. « Chacun déguste ce qu’il veut, ce n’est pas ce qui manque, mais tout le monde ou presque demande un Ricard, même ceux qui n’aiment pas, par plaisir de l’instant et respect pour nos valeurs », explique Alexandre Ricard. Les 19 000 salariés connaissent-ils l’histoire du grand-père ? « Je crois que oui. »

 

Paul Ricard a eu mille vies à côté du pastis. Pendant la guerre, il se replie avec une partie du personnel en son domaine de Méjanes, 600 hectares en Camargue, qu’il transforme en corne d’abondance, produisant du riz, des jus de fruits, du vermouth, une eau (en Ardèche), alimentant au passage la Résistance en alcool pour ses voitures.

 

Les années passant, il construit un aérodrome et un circuit de formule 1 sur un plateau varois. Il aménage deux îles qu’il acquiert (les Embiez pour le tourisme, Bendor pour la culture, les deux pour la famille). Il invente un Institut océanographique dans les années 1960, ferraillant contre les boues rouges rejetées dans la Méditerranée par l’usine Péchiney (son slogan : « La Grande Bleue ne deviendra pas la mer Rouge »). Il lance une fondation d’art et joue les mécènes. Il peint 1 500 tableaux, crée un club taurin, produit des films, dont D’où viens-tu Johnny ? (1963), avec Johnny Hallyday, devient maire du village de Signes.

 

Il endosse, pendant quelques mois, en 1968, l’habit du gardien de chèvres, après avoir claqué la porte de son entreprise, non pas en réaction à la révolte étudiante, mais parce qu’il en a marre de la bureaucratie d’Etat, puis se replie, jusqu’à la fin de ses jours, dans une bastide blanche sur le piton de La Tête de l’Evêque, dans le Var. On en oublie sûrement.

 

L’alchimiste de l’anis

 

Paul Ricard trouve même le temps de faire ­fortune dans le pastis. Cette aventure naît d’une douleur. Nous sommes dans les années 1920. Il veut être peintre. Son père, négociant en vin, balaie le rêve et l’embarque dans ses tournées des bistrots. Il constate alors que les cafetiers servent sous le manteau de l’absinthe, la boisson anisée coupée avec de l’eau, interdite depuis 1915 tant elle fait des ravages.

 

Paul Ricard y voit le signe que l’anis reviendra dans la lumière. « J’ai passé ma vie à répondre aux besoins des autres. » Il a encore en bouche l’anisé exquis que lui avait fait goûter le père Espanet, courtier en vin et braconnier à ses heures perdues. Il veut en retrouver le goût. Il multiplie les essais en son fief familial de Sainte-Marthe, quartier excentré de Marseille – il fait même exploser un jour son laboratoire –, puis les teste auprès de cafetiers avant de les noter dans un cahier.

 

La formule serait gardée secrète dans un coffre, comme une bombe atomique. Un mythe ? « Disons un demi-mythe. Un bon chimiste doit pouvoir la reproduire », sourit Patricia Ricard, petite-fille du fondateur.

 

En 1932, l’alcool anisé est de nouveau autorisé. Paul Ricard est prêt. Il a 23 ans et il commercialise son « vrai pastis de Marseille », alors que cet apéritif se boit partout en France. C’est la première fois que le mot « pastis » est inscrit sur une bouteille. Mais, surtout, il lui donne son nom. On lui dit que c’est une folie, il répond : « Donner son nom est une garantie de qualité. »

 

La recette ne bougera jamais : 45 degrés d’alcool, anis de fenouil de Provence, anis étoilé de Chine, réglisse du Moyen-Orient et une flopée de plantes aromatiques de Provence. « Vous la changez, vous êtes mort », sourit Caroline Casta, qui veille sur les archives de la maison. La formule serait gardée secrète dans un coffre, comme une bombe atomique. Un mythe ? « Disons un demi-mythe. Un bon chimiste doit pouvoir la reproduire », sourit Patricia Ricard, petite-fille du fondateur et présidente de l’institut océanographique. Elle ajoute : « L’essentiel, c’est que la qualité soit immuable. »

 

« Le pastis est le meilleur ami de l’eau. »

 

Quelques chiffres disent le triomphe. La première année, Paul Ricard vend 250 000 bouteilles de son pastis, ce qui est remarquable pour un nouveau-né ; 3,6 millions en 1939, grâce en partie aux congés payés du Front populaire ; 9 millions en 1951 ; 20 millions en 1961 ; 60 millions en 1972 ; 106 millions en 1993 – le record – ; autour de 40 millions ces dernières années, dans un contexte de forte baisse de la consommation de tous les alcools en France.

 

« Personne ne fait un meilleur pastis que le mien », écrit Paul Ricard dans son livre de souvenirs. Les consommateurs font-ils vraiment la différence avec un 51 et une autre marque ? « Moi, je la fais en goûtant à l’aveugle », affirme Patricia Ricard. La réglisse, outre qu’elle génère la légendaire couleur jaune, donne de la gourmandise et de la rondeur à cet anisé, les plantes faisant le reste, indique Cédric Modica Amore, ­responsable marketing de Ricard.

 

Paul Ricard impose une autre révolution : les ­subtilités aromatiques et la fraîcheur de son anisé sont à leur meilleur quand il est fortement dilué. Sept doses d’eau et non cinq. Il a cette formule osée : « Le pastis est le meilleur ami de l’eau. » Le pastis pour se désaltérer… On lui dit qu’il est dingue, qu’il va tuer le marché si une bouteille dure plus longtemps, qu’il s’en vendra moins. Il s’en vendra davantage.

 

L’invention d’un capitalisme populaire

 

Paul Ricard met en place pour son pastis un réseau de commerciaux d’un nouveau genre. Ils doivent faire leur tournée avec l’habit du dimanche, arborer un sourire permanent et multiplier les kilomètres jusqu’à plus soif afin qu’on les appelle « le monsieur de Ricard » et pas par leur nom. Charles Pasqua, avant de devenir une figure droitière de la politique, est un de ces représentants. Lors de son entretien d’embauche, il emporte le morceau en lâchant son ambition : « Aller aussi loin que je pourrai, Monsieur. »

 

Alors qu’il était enfant, Alexandre Ricard se ­souvient d’avoir accompagné son grand-père qui, le mardi, se rendait en Lada au Géant Casino d’Hyères pour prendre la température des ventes. Il était ravi quand le chef du rayon des spiritueux saluait son représentant avant les autres. « Parce qu’ils étaient devenus amis. » Lors d’un voyage de quarante jours aux Etats-Unis, en 1946, Paul Ricard, plus à l’aise avec le provençal que ­l’anglais, comprend ce qu’est une entreprise efficace et le rôle central des équipes. Sa devise devient : « Fais-toi un ami par jour. » Son petit-fils la cite souvent.

 

Un patron paternaliste ?

 

Patricia Ricard cite un ancien employé : « Le paternalisme, c’est comme le camembert. Pour certains, ça pue, mais, pour d’autres, c’est délicieux.»

 

Paul Ricard invente un capitalisme populaire à partir d’un principe : des « collaborateurs » (on ne dit pas « salariés ») heureux travailleront dix fois mieux. Il est pionnier sur les salaires élevés, l’intéressement des employés aux bénéfices, les vacances étirées et les congés payés en des lieux-maisons, à la mer ou à la montagne. Il invente son propre PEL pour que les employés puissent être propriétaires de leur logement. « Les commerciaux avaient une vie rude, il fallait des contreparties », explique Patricia Ricard. Elle ajoute : « J’ai dû attendre mes 12 ans pour comprendre, en vacances, si une personne était salariée de l’entreprise ou membre de ma famille. »

 

Un patron paternaliste ? Patricia Ricard cite un ancien employé : « Le paternalisme, c’est comme le camembert. Pour certains, ça pue, mais, pour d’autres, c’est délicieux. » Il aime l’ordre, l’effort et goûte peu les éducateurs chevelus. A la lutte des classes il préfère la collaboration de classes. Il se tient à distance des organisations patronales et confie un jour : « Les patrons qui ne laissent rien après eux, je les plains. »

 

Michel Braudeau, qui l’a rencontré en 1997 pour Le Monde, dessine un « dictateur bienveillant », qui se sent bien au milieu du peuple. Un train de vie modeste, pas de costume de luxe. Il achète ses blousons en grande surface – comme le pastis. « Il ne possédait pas de yacht mais un chalut dessiné par lui. Pas de chevaux de course, il montait ceux de Camargue. Il ne collectionnait pas de tableaux, il les peignait », raconte Patricia Ricard.

 

Publicitaire hors pair

 

Le fondateur sait qu’un bon produit ne suffit pas, il faut « lui donner une âme ». Susciter le désir. Là, il est champion. Les théories du publicitaire ­britannique David Ogilvy (1911-1999), notamment sur l’imaginaire d’une marque, sont une révélation. Le patron imprime son nom sur tout ce qu’il crée. « Le mot Ricard doit supplanter le mot pastis et devenir un nom commun. » Mégalomanie ? Plutôt un art du marketing : une marque totale sert les intérêts de chaque branche – du pastis à la formule 1.

 

« Paul Ricard est mon père de pub », dira Jacques Séguéla, qui a élaboré l’image de François Mitterrand en 1981. Pour son logo, le Marseillais utilise le bleu pour la mer et le jaune pour le soleil, deux couleurs qui se voient de loin. Il invente ensuite une gamme d’objets associés au petit jaune, dessinant lui-même, en 1935, un broc d’eau couleur « pain brûlé », obtenue après une erreur de cuisson de la céramique. Suivent des verres, des cendriers, des bobs…

 

Ses goûts esthétiques ne sont pas modernes. Sa peinture ne vaut pas un clou – figurative, académique. Michel Braudeau comparait l’architecture touristique des Embiez à des camps de vacances dans l’ex-Yougoslavie. « Il avait le sens du spectacle », rétorque Patricia Ricard. Pour les affiches, se méfiant de la modernité épurée des années 1930, il opte pour des créateurs maison, qu’il peut contrôler, concoctant des images ­efficaces, colorées, à partir de mannequins souriants.

 

Il crée un service de dessin industriel, installe une imprimerie pour les publicités, jusqu’au papier à lettres. Et surtout, il arrose. Dès 1938, il lance une première campagne d’affichage nationale. L’année suivante, rebelote à la radio et dans les journaux. Cendriers et bobs s’invitent dans les manifestations populaires, les plages, les fêtes de village. On raconte encore que le patron a glissé une pièce de monnaie entre le goulot et le bouchon de chaque bouteille pour séduire les cafetiers. En 1948, Ricard devient la première marque partenaire du Tour de France.

 

En bon catholique, Paul Ricard est reçu au Vatican avec trois trains de « ricardiens » auxquels le pape Jean XXIII donne sa bénédiction – à son pastis aussi.

 

Au final, le patron marseillais réussit un tour de force : faire d’un alcool assez basique une boisson culturelle. « Il a mis en bouteille un imaginaire », estime Caroline Casta. Celui de la Provence, du compositeur Vincent Scotto, de l’écrivain Marcel Pagnol, de l’acteur Fernandel, du chanteur Tino Rossi. De Darcelys, surtout, qui vante en chansons le « vrai pastis de Marseille » : Une partie de pétanque, Un pastis bien frais ou C’est le Ricard.

 

La paix entre les deux coqs du pastis

 

Le fondateur de la marque reconnaîtrait-il son entreprise aujourd’hui ? Les bâtiments, non. La direction du groupe a emménagé en 2020 dans un immeuble élégant et lumineux dessiné par l’architecte Jacques Ferrier près de la gare ­Saint-Lazare. Mais il retrouverait accroché dans le hall La Pêche au thon (1967), de Salvador Dalí, l’un des rares tableaux qu’il avait achetés. Le siège de Pernod Ricard France, lui, est toujours à Marseille, mais il a quitté, en 2020, le site historique de Sainte-Marthe pour les Docks, à deux pas du port et de la mer.

 

Ce visage immobilier, l’un marquant l’ancrage marseillais, l’autre l’expansion mondiale, est le résultat d’un moment-clé et d’une évolution. En 1975, d’abord, l’alliance avec Pernod met fin à la guerre sans merci que se livraient les deux coqs du pastis. « C’était un peu comme les O’Timmins et les O’Haara [les deux clans familiaux en conflit dans un album de Lucky Luke] et ça devenait impossible », confie Patricia Ricard. Et puis, au cours des dernières décennies, Pernod Ricard est devenu un géant des spiritueux coté en Bourse. Avec 8,8 milliards de chiffre d’affaires et des bénéfices de 1,3 milliard en 2021, cette stratégie « visant à grandir » par acquisitions de marques continuera, confie Alexandre Ricard.

 

Certaines choses n’ont pas changé. En premier lieu, c’est toujours un Ricard aux manettes. Après son retrait, en 1968, Paul confie les clés à son aîné, Bernard, qu’il vire un peu plus tard, puis au cadet, Patrick, non sans garder un œil sur les comptes. « Toutes les semaines, il surlignait au Stabilo Boss vert ou rouge les ventes en volume et par marque. S’il y avait trop de rouge, il passait un coup de fil… », sourit Alexandre Ricard.

 

Ce dernier, fils de Bernard et neveu de Patrick, pilote le groupe depuis 2015. Il est le guide d’une famille dont une cinquantaine de membres sont réunis au sein de la société anonyme Paul Ricard, qui détient 14,05 % du capital et 20,71 % des droits de vote. Alexandre Ricard a été choisi pour « son talent », répète-t-on, pas sur son nom. Ce dernier insiste : s’appeler Ricard n’est pas un ­critère d’embauche. Et si après lui personne ne s’impose dans la famille, le patron sera recruté en dehors.

 

Une lente érosion des ventes

 

En son sein régnerait un bon esprit. Le contraire serait un peu déplacé, d’autant que les dividendes sont appréciables. « Nous sommes bien conscients d’être des privilégiés », indique Patricia Ricard, qui vient d’intégrer le conseil d’admi­nistration. En 2018, quand le groupe a dû ­affronter l’entrée inamicale au capital du fonds activiste américain Elliott, en appelant à une fusion avec un autre géant des alcools, la famille s’est avérée un atout de stabilité.

 

La tribu familiale veille aussi sur l’héritage du grand-père – elle était quasiment au complet, aux Embiez, pour fêter les 90 ans de la marque. Mais, voilà, le pastis en général subit une lente érosion des ventes en raison de l’attractivité d’autres apéritifs. Pernod Ricard s’en sort le mieux, puisque son anisé gagne des parts de marché, mais la marque a dû supprimer 10 % des effectifs en 2019, au moment de la fusion définitive avec Pernod.

 

Comme son grand-père, Alexandre Ricard veut ancrer son pastis dans les apéritifs tendance à dimension culturelle, notamment auprès des jeunes adultes. La bouteille, relookée en 2011, est un bel objet d’une couleur feuille-morte. La marque se veut aussi à la pointe de l’environnement et de l’écologie, tant au niveau des produits que des sites de production. Les lancements récents d’un anisé issu de plantes fraîches ou de Ricard fruité bio (citron et amande) vont dans ce sens.

 

Le groupe a également ouvert, en 2020, dans les Docks, quatre espaces au design branché, à la gloire de l’anis sous le concept Mx (« M » pour Marseille, « x » pour mélange) : une exposition immersive (8 euros l’entrée tout de même) pour raconter le pastis, une boutique, un bar à cocktails avec cours de pastisologie et un restaurant. C’est un mélange des genres digne du grand-père, l’art de raconter le pastis et de vanter la marque.

 

Pour son anniversaire de 90 ans, la maison a mis le paquet – à se demander ce que ce sera pour les 100 ans. Le slogan franglais « Born à Marseille en 1932 » est décliné par le designer Yorgo Tloupas sur une bouteille en édition limitée, un verre et une carafe. Pour l’occasion, le célèbre cruchon de 1935 a été réédité.

 

Cela fait des années que Pernod Ricard fait appel à des designers (Garouste et Bonetti, le Studio 5.5 ou Marc Newson) avec pour mission de donner un coup de jeune à la bouteille ou au broc. On retrouve le même esprit avec la fondation d’art, installée au pied du siège parisien, réputée pour soutenir les artistes émergents.

 

Alexandre Ricard semble évoquer un fantôme quand il veut « une entreprise humaniste, à la pointe du social et de l’intéressement des équipes ». Comme son grand-père, il est friand d’un apéro Ricard-olives-saucisson. Comme lui, il ne veut pas rater un wagon de la nouveauté – il a beaucoup lu sur le métavers. Il passe ses vacances estivales aux Embiez. Sur l’île, pas loin, Paul Ricard est enterré avec une bouteille à son nom.

 

Michel Guerrin

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15 juillet 2022 5 15 /07 /juillet /2022 06:00

 

J’ai toujours rêvé de ragoter dans le papier glacé de Gala, Voici, Grazia… sous-titrer des photos de people volées par des paparazzis ou, le plus souvent commanditées par les susdit. De mon temps, les magazines pour le petit peuple, les gens de Jean-Luc, étaient moins glamour, sauf Paris-Match, c’était Ici Paris, France-Dimanche

 

Comme j’ai plutôt pataugé dans le marigot politique et le mondo vino, les frasques du capitaine de pédalo et les amours de Sarko furent mon miel de petite main des dits grands de ce monde, mais aujourd’hui alignement des planètes : vin, people et politique se rejoignent.

 

En effet, tout le monde, ou presque, sait que Nicolas Sarkozy n’aime toujours pas le vin, mais voilà t’y pas qu’il devient copropriétaire d’un domaine, vigne et oliviers, en Provence, aux côtés des familles Courbit et Prats.

 

Alexandre Abellan, le Stéphane Bern de Vitisphère

 

Intégralement cédé en 2020 par la famille Reboul-Schneider, le château d’Estoublon appartient désormais à Stéphane Courbit (groupe hôtelier Lov Group), à la famille Prats (anciennement propriétaire du château Cos d’Estournel) et… au couple formé par la chanteuse Carla Bruni et l’ancien président Nicolas Sarkozy rapporte Paris Match. Proposant une offre hôtelière haut-de-gamme (avec un restaurant), le domaine provençal produit de l’huile d’olive (avec 120 hectares d’oliviers) et des vins (avec 18 ha de vignoble). S’appuyant sur l’expertise technique de l’œnologue Anaïs Maillet, Carla Bruni indique à Gala s’impliquer dans la création des cuvées du domaine : « je ne me suis pas juste contentée de déposer ma marque » Roseblood (lancée en 2021) indique-t-elle, précisant que « concernant l'assemblage, nous avons bien sûr notre mot à dire mais cela reste tout de même relatif. Nous donnons nos impressions. »

 

Dans cet entretien résolument people, Carla Bruni rappelle que ICI

 

Nicolas Sarkozy n’aime toujours pas le vin, mais devient copropriétaire d’un vignoble

ça me rappelle une vieille chronique :

 

27 novembre 2009

Grand Q Glacé : cuvée du Château Gonflable ICI 

 

C’est donc le rush  des people sur le rosé de Provence

 

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Le rosé de Provence séduit toujours plus de stars ICI 

 

Après Brad Pitt, Georges Clooney, Georges Lucas, Kylie Minogue et John Malkovich, c'est le basketteur Tony Parker qui vient de s'associer avec un poids lourd du secteur vinicole. Un coup de pub international pour le vin de Provence, mais qui entraîne une forte augmentation du prix du foncier sur place.

 

 

C’est Olivier Nasles, le pape du bio de l’INAO, qui va être content, suivi par mes nombreux supporter provençaux : dont « Ô, ô, ô… »  taquin je suis pour un lecteur qui me lit par le trou de sa serrure.

 

Pour ne rien vous cacher le rosé de Provence n’est pas ma tasse de thé mais, n’étant pas abonné à la NUPES, je ne crache pas sur le succès, la réussite, à chacun selon ses goûts, si tant est que certains jus pâle en ait, du goût.

 

Le plus génial inventeur du rosé de Provence chic et people est le fantasque Sacha Lichine avec le rosé le plus cher du monde, la cuvée Garrus du Chateau d’Esclans

 

« Il sort du standard des rosés de Provence fruités et vifs. Ce vin est puissant, sur des notes de fruits rouges et d’épices du bois. »

ICI 

Situé à Fontvieille depuis 1489, en plein cœur du massif des Alpilles, le château d’Estoublon est un des grands domaines de l’appellation baux-de-provence. En médaillon: Carla Bruni,  Le 5 avril, balade dans l’oliveraie de 120 hectares conduits en agriculture biologique.

Carla Bruni : «Château d’Estoublon, une terre d’inspiration» ICI 

Pour Raphaëlle avec deux ailes

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