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24 octobre 2021 7 24 /10 /octobre /2021 06:00

 

Sur scène, Murat envoyait du bois, je suis allé le voir deux fois. Le gars n’était pas particulièrement sympa mais j’achetais ses œuvres, et je lui consacrais des chroniques :

 

«Devant une assistance piaffant d’impatience, comblée d’avance dans une salle plus haute que profonde, l’artiste, accompagné de ses « fidèles » musiciens (toujours très pros et attentifs aux éclairs du génie), commence en douceur, avec des ballades qui lui ressemblent, sensuelles et hypnotisantes. Le quart d’heure noisy approche. Avec un mélange de quelques chansons de son répertoire actuel (couvrant les 3-4 derniers albums), Murat s’amuse et nous embarque, nous trimballe… En perpétuelle innovation, il va même interpréter « Pauline à cheval », dernière collaboration musicale de Jean-Louis avec le 7ème art (pour le film « Pauline et François »), dans une version entrecoupée de solos saturés et vivifiants. « Mousse noire », chef d’oeuvre de l’album « Tristan » (2008), prend toute son ampleur sur scène et renvoie aux plus belles heures de Neil Young période Crazy Horse, idole facilement devinable du terrible auvergnat. Murat continue d’alterner calme et tempête avec un tranchant « 16h qu’est-ce que tu fais », l’immersif et expressif « Chanter est ma façon d’aimer », le voyageur « Taormina », l’émouvant « Se mettre aux anges », et l’inédit « Yes sir », pop vintage qui se découvre uniquement sur scène. Une raison de plus d’assister au concert d’un artiste amoureux des mots et qui n’a rien à envier aux poètes historiques dont il s’inspire. »

 

Ghyslain Fribourg le  10 novembre 2010 M comme Murat, M comme Magique : un Rocker nommé Jean-LouisICI  et ICI 

 

Marcel Duchamp | Fashion Mayann

 

Et voilà que Murat, dans Paris-Match, organe bien connu pour son soutien aux révoltés, fait une déclaration d'amour à Michel Onfray et Éric Zemmour

 

C’est son droit me direz-vous, j’en conviens mais c’est aussi le mien de tirer la chasse d’eau sur lui. Je m’explique :

 

Face à ses déclarations qui le soutien : l’immonde François Desouche, héraut de l’extrême-droite la plus xénophobe…

 

« Il est de retour !

 

À bientôt 70 ans, Jean-Louis Murat s’apprête à revenir sur le devant de la scène. Dans un entretien accordé à Paris Match, l’artiste a accepté d’évoquer son nouvel album, mais s’est également exprimé sur des personnalités qu’il apprécie beaucoup.

 

Interrogé sur la possibilité de soutenir Éric Zemmour aujourd’hui, il a ainsi expliqué :

 

« Pas du tout ! La politique, je m’en fous, je n’ai jamais voté. Je lui étais rentré dedans lors d’une émission et j’avais vu qu’il avait du répondant. Ça m’avait bien plu. J’ai toujours bien aimé ce genre de mecs qui provoquent le clash, le débat. »

 

Michel Onfray | La lettre patriote

 

Évoquant Michel Onfray, Jean-Louis Murat a déclaré : « Dans le même ordre d’idées, comme j’ai arrêté l’école en première parce que mes parents ne pouvaient plus payer l’internat, je n’ai pas pu faire de philo. Alors quand Michel Onfray a lancé son université populaire, je me suis jeté dessus. Et j’ai fait vingt ans de philo en l’écoutant sur les ondes. Je lui voue une reconnaissance éternelle. »

 

Alors que Michel Onfray est très critiqué pour certaines prises de position ainsi que sa proximité parfois idéologique avec l’extrême droite, Jean-Louis Murat a expliqué :

 

« Dès que tu sors des sentiers battus, on te balance ça : ‘Ah, tu flirtes avec l’extrême droite.’ Mais moi, si je votais, je voterais pour le candidat soutenu par Onfray. Grâce à lui, je suis devenu un spécialiste d’Empédocle, je suis allé en Sicile pour essayer de trouver des chemins sur lesquels il aurait pu marcher. Merci M. Onfray. Et en plus, c’est gratis. Que demander de plus ? »

 

https://images.midilibre.fr/api/v1/images/view/617029f2d286c24d1526b084/large/image.jpg?v=11

 

Enfin, la star a ajouté : « Moi, j’aime le talent. Zemmour, ce qui me plaît, c’est son côté fuck the system, un peu punk. Cela dit, je préfère la virilité stoïque d’Onfray. » (…)

 

The Art of the bidet and the urinal.

 

Jean-Louis Murat sera bientôt de retour sur scène

 

Souhaitant retrouver son public, le chanteur sera en tournée partout en France à partir de février 2022. Alors que le journaliste de Paris Match lui a fait remarquer qu'il prenait moins de risques dans ses textes, il a révélé : « Ah, dans mes disques posthumes, je ne prends pas de gants, j'ai trois chansons sur l'incendie de Notre-Dame par exemple. Dans les albums officiels, je fais attention. Ce que nous vivons dans notre pays est historique et révolutionnaire. À cause de la nullité intrinsèque de ce qu'est la chanson, un chanteur doit fermer sa gueule. Mais si je publie ce que je pense, je suis mort. C'est aussi simple que cela. »

 

Notre nouveau bloc sanitaire à la Duchamp - Parenthèses imaginaires

 

Murat, qui ne fait pas de politique, qui n’a jamais voté, est emblématique de cette partie du pays, ramenarde à peu de frais, invertébrée, encore une victime de l’Université populaire de cette vieille ganache d’Onfray, qui se la joue avec Zemmour en osant adhérant à son côté fuck the system, un peu punk (sic), pour lui la vieillesse est bien un naufrage mais dans le fond du bidet.

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23 octobre 2021 6 23 /10 /octobre /2021 06:00

Spécial "Emmanuel Macron, LE maître des horloges..." - Image n° 3/3 !... -  LE BLOG DES IMAGES DRÔLES, INSOLITES,...(By DéLiRiUs illustrateur) !...

« … dans le monde des collectionneurs John Arnold et l’horloger suisse Abraham Breguet sont considérés comme les inventeurs de la montre mécanique moderne. » voir la suite plus bas.

John Arnold, un horloger et inventeur qui inspire le monde de l'horlogerieAbraham-Louis Breguet - Fondation de la Haute Horlogerie

 

Sous mes airs de sage, je suis un peu foutraque, plus encore en ce moment de ma vie où le malheur d’un être qui m’est cher me fait lâcher les brides de ma retenue coutumière.

 

Pour thérapie je lis, pas les poubelles de La Bête&Navet, « Le traître et le néant », mais des livres écrit avec de belles plumes et non des ballets de chiottes.

A Le traitre et le neant de Davet, Gérard, Lhomme, Fabrice | Livre | neuf

 

En ce moment c’est OMBRES PORTÉES d’Ariana Neumann

Amazon.fr - Ombres portées - NEUMANN, Ariana, Peronny, Me Nathalie - Livres

 

Ma présente chronique ne traite pas du fond de cette enquête familiale bouleversante, mais du goût immodéré du père de l’auteur pour les montres et l’exactitude.

 

 

« Mon père répare inlassablement ses montres. Il veut qu’elles soient exactes à la seconde près. Cela s’apparente davantage à un besoin vital qu’à une simple lubie. Il conserve la plupart de ses modèles dans sa chambre : certains sont exposés dans une vitrine Louis XV, d’autres soigneusement rangés dans les tiroirs d’un coffre en bois de tulipier du XIXe siècle tapissé d’un épais velours bordeaux. Il les ressort chaque semaine pour en examiner les rouages, les ressorts, les leviers et les carillons. Si une rectification doit leur être apportée, il les emporte dans son atelier, une longue pièce aveugle dont j’ai gardé le souvenir précis, situé tout au fond du couloir, près de la cuisine. Celle qui a la forme d’un wagon de train. Celle qui demeure invariablement fermée, et dont la clé reste en permanence dans la poche de mon père, au bout d’une chaînette en or fixée à l’un des passants de son pantalon Il s’y installera face à l’établi où sont disposés ses minuscules outils. Il enfilera l’une de ses loupes visières suspendues aux crochets du mur. En fonction du modèle de montre posé devant lui, il actionnera le levier, ou bien il ouvrira directement le boîtier pour examiner l’intérieur. Sa première tâche consistera à vérifier le bon fonctionnement de l’échappement et du train. Ce dernier devrait toujours être en mouvement ; c’est essentiel pour fournir de l’énergie au mécanisme des heures durant. En général, les trains comportent quatre rouages : un pour les heures, un pour les minutes et un pour les secondes, le quatrième étant relié à l’échappement. Celui-ci est constitué de minuscules crans, d’un levier et de deux rouages supplémentaires, l’un pour le dégagement et l’autre pour l’équilibre. Cela permet de propulser le train à intervalles précis, avec juste la puissance qu’il faut pour permettre le déplacement correct des aiguilles. C’est lui qui créé le tic-tac et permet l’exactitude… Le train et l’échappement sont des composants essentiels du mouvement. Ils doivent fonctionner ensemble de manière parfaitement huilée, sans quoi l’heure ne sera pas exacte… »

 

À méditer, c’est plus intéressant que les pluches de La Bête&Navet

 

L’expression maître des horloges est donc ainsi ressortie de sa naphtaline :

 

Collection Cristophel © Hal Roach Studios

Collection Cristophel © Hal Roach StudiosCollection Cristophel © Hal Roach Studios • COLLECTION CRISTOPHEL HAL ROACH STUDIOS

 

«Je resterai le maître des horloges, il faudra vous [les médias, nldr] y habituer, j'ai toujours fait ainsi. »

«Faut-il y voir une sorte de réappropriation de la métaphore voltairienne du grand horloger ?»

 

En effet, en 1772, dans l'une de ses distiques publiées dans les Cabales, l'auteur avait repris la figure de l'horloger en référence à Dieu, «le créateur de l'univers» : «L'univers m'embarrasse, et je ne puis songer, que cette horloge existe et n'ait point d'horloger.» Cette comparaison entre Dieu et l'horloger avait déjà été faite par René Descartes dans Essais philosophiques, suivis de la métaphysique.

 

Le Maître des horloges Modernité de l'action publique - Philippe Delmas -  Achat Livre ou ebook | fnac

En 1992, l'énarque Philippe Delmas, docteur en économie et en mathématiques, reprend la métaphore voltairienne pour parler du rôle de l'Etat sous la Ve République et parle alors de… «maître des horloges». «L'Etat est le gardien des horloges, le pourvoyeur de la lenteur nécessaire, inaccessible aux marchés parce que contraire à la rapidité qui leur fait force», précise-t-il dans le Maître des horloges, modernité de l'action publique.

 

Le maître des horloges a donc désigné, selon les cas, Dieu ou l'Etat. «Il est clair que l'expression renvoie à l'idée que l'action publique s'inscrit dans le temps long, par opposition à l'immédiateté. Le "maître" est une image très forte en matière de gouvernance, quant aux horloges elles donnent une petite teinte désuète au discours. Si on ajoute l'autre métaphore d'Emmanuel Macron, celle du "président jupitérien", référence à Jupiter, le maître des dieux dans la mythologie romaine, on se demande s'il n'est pas temps de redescendre sur Terre. Emmanuel Macron, c'est droite et gauche et dieu et maître…»

Delphine Gaston-Sloan Pourquoi et le Comment de nos expressions françaises (Larousse, 2016)

« … Arnold était particulièrement réputé par la précision de ses montres, au point qu’elles pouvaient même servir à la navigation. Il a été le premier à concevoir un modèle à la fois exact et pratique. Ce type de montre s’appelle un chronomètre. En Suisse, le pays qui comporte le plus grand nombre d’horlogers au monde, des critères très rigoureux définissent quel type de montres  peut entrer dans la catégorie des chronomètres. Ceux-ci doivent être certifiés par une autorité indépendante. Aux yeux d’une béotienne comme moi, cette montre à gousset n’a rien d’exceptionnel, avec son boîtier sans fioritures et ses chiffres romains ordinaires. Pourtant c’est une pièce de collection, précisément grâce à son exactitude. » 

Calibre Tourbillon Chronomètre N°36 © Arnold & Son

Le « tourbillon » ou le destin croisé d’Abraham-Louis Breguet et John Arnold ICI
MARDI, 13 FÉVRIER 2018

Swatch ICI

 

Dans les années 1980, l’industrie horlogère suisse était «sur son lit de mort». Elle fut sauvée par Nicolas Hayek et la modernité de ses montres Swatch
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22 octobre 2021 5 22 /10 /octobre /2021 06:00

L'écrivain, homme de télévision et critique Pierre Dumayer en 1993 à Paris.

Disparu en 2011, pionnier parmi les pionniers, Pierre Dumayet fut de ceux qui au lendemain de la guerre participèrent à la naissance de la télévision française (O.R.T.F) où tout était à inventer. Son nom reste attaché aux titres d'émissions aussi fameuses que Cinq Colonnes à la Une et Lectures pour tous.

 

Quand vient l’automne, ses feuilles mortes que l’on ne ramasse plus à la pelle, ses bourrasques de vent devenues alertes météo tellement elles sont violentes, ses flambées interdites en ville pour cause de pollution aux parties fines, ses jours gris, c’est le temps de se caler dans un vieux fauteuil, de chausser ses besicles lorsqu’on est vieux, de sucer son tuyau de pipe car fumer est interdit, de siroter une tasse de verveine préparée par Claire, d’ouvrir un nouveau livre fraîchement acquis chez son libraire préféré, et non sur Amazon, ou de choisir un déjà lu au temps de sa jeunesse.

 

« Relire c’est une façon de connaître, quand on connait quelqu’un on ne le va pas le connaitre qu’une fois. [….] On peut être avec les livres dans les mêmes rapports qu’avec des amis ou des gens qu’on aime, c'est à dire que les voir n’aurait pas de sens si on n’était pas assuré de les revoir plusieurs fois […] Revoir plusieurs fois un livre c’est le relire tout bêtement. Mais on ne peut pas relire un livre comme on l’a lu la première fois. »

 

Si vous préférez le vin chaud (15 novembre 2005 Nouveau Produit : le vin chaud ICI à la verveine de Claire vous pouvez aller à ICI MÊME vous achetez une boutanche de Pompadour le nectar de l’iconique coopé d’Embres&Castelmaure, des bâtons de cannelle et de la cassonade, et suivez les bons conseils de votre Taulier préféré, plongez-vous dans la lecture, que vous soyez retraités ou actifs, tel Jean-Yves Bizot qui écoute chanter le moût dans ses barriques du côté de Vosne-Romanée.  

 

L'Inspecteur Sadorski libère Paris

  • Détente : L’Inspecteur Sadorski libère Paris Romain Slocombe Robert Laffont 21 euros
  •  

R.Slocombe -L'étoile jaune de l'inspecteur Sadorski- interview - Ernest Mag

Jeudi Polar

 

Romain Slocombe : «Je considère mon personnage comme un acteur qui joue le rôle du méchant»

 

L’écrivain publie «L’inspecteur Sadorski libère Paris», le cinquième tome des aventures de son flic collabo, «une personnalité complexe mais pas une ordure absolue» selon lui.

 

Par Alexandra Schwartzbrod

 

Publié le 23 septembre 2021

 

 

 

À 8 ans, Ariana Neumann voulait devenir détective. Elle s’entraîne un jour en fouillant le bureau de son père, dans leur maison de Caracas. Originaire de Prague, Hans Neumann a émigré au ­Venezuela en 1949, bien avant la naissance d’Ariana, et n’évoque jamais le passé ni sa jeunesse en Europe. Assise sur le tapis, l’enfant fait alors la découverte qui l’amènera, quarante ans plus tard, à ce formidable livre : une boîte grise contenant un petit carton, avec la photo de son père à 22 ans. « Je ne l’avais jamais vu si jeune, sans […] ses rides ou ses cheveux blancs. » Mais le document, daté d’octobre 1943, porte un nom et une date de naissance inconnus, ainsi qu’un timbre à l’effigie d’Adolf Hitler… Cette mystérieuse trouvaille entrouvre une porte qu’Ariana Neumann enfonce aujourd’hui, au terme d’une décennie d’enquête vertigineuse entamée seulement après la mort de son père. Il lui a alors laissé cette même boîte grise, débordant cette fois de photos, lettres et documents, l’autorisant ainsi à exhumer le terrible passé de sa famille, dont il n’avait jamais rien dit.

 

Empreint d’une rigueur implacable, Ombres portées est un récit à l’incontestable valeur historique, retraçant le destin d’une famille pragoise et l’aventure insensée d’un jeune homme qui survécut, la peur au ventre, au cœur de la bête : à Berlin. C’est aussi — et cette incarnation en décuple la valeur — le bouleversant voyage d’une fille à la rencontre de son père adoré et mystérieux, prospère homme d’affaires hanté par de terribles cauchemars qui la réveillaient parfois, petite fille, dans une langue qu’elle ne comprenait pas. Ce père qui, un jour, à Prague, sanglota comme un enfant, agrippé aux grilles d’une gare, sans rien pouvoir expliquer. Dans ce récit parfaitement maîtrisé, la tragédie monstrueusement banale des Neumann se lit comme un thriller sans effet de manches, alimenté par de précieux documents et photos, par des rencontres aux quatre coins du monde et par quelques fragments écrits par Hans lui-même. Un poignant témoignage d’amour filial, doublé d’un périple intime au cœur de l’Histoire, dédié à « celles et ceux qui n’ont pas pu raconter » la leur.

 

 When Time Stopped. A Memoir of My Father’s War and What Remains, traduit de l’anglais par Nathalie Peronny, éd. Les Escales, 384 p., 22 €.

 

Juliette Bénabent

 

Télérama n°3740

Créé le 14/09/2021.

 

 

- Un livre qui  touche au cœur « Enfant de salaud » : les blessures de Sorj Chalandon Grasset 20,50 euros

Couverture du roman de Sorj Chalandon, "Enfant de salaud", août 2021 (GRASSET)

"Enfant de salaud" de Sorj Chalandon: la vérité sur son père dévoilée dans l'ombre du procès Barbie

 

Le nouveau roman de Sorj Chalandon raconte comment un fils découvre enfin l'histoire vraie de son père mythomane, au même moment que se déroule le procès de Klaus Barbie. 

Article rédigé par

https://www.francetvinfo.fr/assets/common/images/avatars/laurence-houot-deb7f051.png

Laurence Houot

France Télévisions  Rédaction Culture

 

Après avoir fait dans Profession du père (2015), le récit romancé de son enfance avec un père mythomane et violent, l'écrivain et journaliste Sorj Chalandon publie Enfant de salaud, un roman encore plus ouvertement autobiographique dans lequel il raconte comment il a découvert la vérité sur son père. En jouant la fiction sur la temporalité, il entremêle habilement son histoire personnelle avec un événement historique majeur : le procès de Klaus Barbie, en 1987. Son roman est paru aux éditions Grasset le 18 août 2021 et figure dans la première sélection du Goncourt 2021.

 

L'histoire : Un héros, c’est l’image qu'un fils a de son père, qui l’abreuve depuis l’enfance des récits épiques de ses exploits de résistant, entre autres. "Il faut que tu saches", lâche son grand-père, un jour de colère, lui annonçant de but en blanc que son père avait été "du mauvais côté" pendant la guerre; ajoutant qu'il l'a aperçu vêtu de l'uniforme allemand place Bellecour à Lyon. D’enfant de héros, le fils passe à "enfant de salaud".

 

Quelques phrases, quelques mots lâchés sans plus d'explication, ouvrent une brèche dans le récit paternel. Le doute s'imisce dans la tête de l'enfant. Il a dix ans, et n'a désormais plus le droit de voir son grand-père. Le père, lui, continuera à "fabriquer d'autres vies pour illuminer la sienne".

 

Plus tard, en 1987, le fils devenu adulte et journaliste couvre pour son journal le procès du criminel de guerre nazi Klaus Barbie, chef de la Gestapo pendant la guerre à Lyon. "Tu crois que je pourrais assister au procès ?", lui demande son père. Pendant les témoignages des victimes, le père baille, ou sourit. C'est le moment que choisit le fils pour ouvrir le dossier judiciaire de son père exhumé à sa demande des archives départementales du Nord. Le fils y découvre stupéfait que son père a été condamné pour activité anti-française à cinq ans d'indignité nationale après la Libération. Un collabo aux mille vies, changeant d'uniforme cinq fois en quatre ans : engagé à 17 ans dans l'armée française, puis dans l'armée d'armistice de Pétain, puis dans la Légion tricolore, une milice d'extrême-droite, puis dans l'armée allemande, carrément, et enfin la dans la Résistance, à la toute fin, pour se racheter une conduite.

 

"Le salaud, c'est le père qui m'a trahi"

 

Ce dernier roman de Sorj Chalandon résonne comme le dénouement de toute une vie, celle de "l'enfant devenu journaliste pour comprendre, pour chercher la vérité. Pour qu'on arrête de me mentir", a confié Sorj Chalandon à franceinfo.

 

Le fils découvre dans ce dossier judiciaire une vie de roman, et la détresse d'"un gamin égaré, qui rêvait d'uniformes de carnaval et de fusils trop lourds", un gamin sans éducation, un génie du mensonge. Ce père-là, le fils aurait pu le pardonner s'il avait dit la vérité. "Oui, je suis un enfant de salaud", mais le salaud n'est pas celui "des guerres en désordre", le salaud, c'est celui qui a trahi, celui "qui a jeté son fils dans la vie comme dans la boue".  Toute sa vie, le fils a attendu la vérité, celle qui lui aurait permis de se construire et de rencontrer son père.

 

"Tu m'aurais avoué tout ça, le soir, en confident secret. Peut-être n'aurais-je pas compris, mais tu m'aurais parlé, enfin. Enfin tu te serais débarrassé de ces oripeaux militaires et tu aurais endossé un bel habit d'homme. Un costume de père." 

 

Sorj Chalandon "Enfant de salaud", page 261

 

Rendez-vous manqués

 

Pendant que le fils tente de faire dire à son père la vérité, Barbie, lui, a décidé de déserter le box des accusés. Deux dénis, deux histoires, la grande, et l'intime,  s'entrechoquent, sur la scène de ce procès historique. En faisant coïncider sa guerre, celle qu'il a dû mener contre un père mythomane, "le premier de ses traîtres", avec le procès d'un grand criminel de guerre, qu'il a suivi à l'époque pour le journal Libération et qui lui a valu le Prix Albert Londres, Sorj Chalandon questionne à la fois sa propre histoire et celle de la France de Vichy, et l'insondable mal qui a conduit pendant la guerre des individus comme Barbie à torturer avec sadisme les résistants, ou à conduire sans ciller les enfants d'Izieu, et tant d'autres, vers les camps de la mort. En choisissant cette temporalité, Chalandon propulse son récit autobiographique dans une dimension bien plus vaste, celle de la mémoire collective.

 

Écrit comme un journal de bord scandé par les dates qui bornent le procès Barbie, et déployé dans une langue aux accents de tragédie, Enfant de salaud est un chant de désespoir adressé à un père qui n'a pas su aimer son fils, l'histoire aussi d'un double rendez-vous manqué, celui d'un fils avec son père, et celui, tant attendu par les victimes de Barbie, dignes, venues courageusement témoigner au procès, auxquelles leur bourreau, condamné à la perpétuité, s'est lâchement dérobé, incapable lui aussi d'endosser un "habit d'homme".

 

Le journaliste et écrivain Sorj Chalandon, août 2021 (JF PAGA)

Le journaliste et écrivain Sorj Chalandon, août 2021 (JF PAGA)

Il ne faut pas révéler l’aboutissement de cette quête, écrite dans une langue magnifiquement dépouillée. Juste indiquer ce que peut être la douleur d’un enfant qui cherche à se libérer et à libérer son père de l’emprise du mensonge. « Oui je suis un enfant de salaud. Mais pas à cause de tes guerres en désordre (…). Non. Le salaud, c’est l’homme qui a jeté son fils comme dans la boue. Sans traces, sans repères, sans lumière, sans la moindre vérité. (…) Le salaud, c’est le père qui m’a trahi. »

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19 octobre 2021 2 19 /10 /octobre /2021 06:00

Vignerons essentiels : entre tradition et innovation

Piqûre de rappel : la classification lors des confinements commerces essentiels et non-essentiels...

Un franc succès !

« Vignerons essentiels » : A la rencontre de vingt-six artistes de la vigne ICI

 

C’est le néo-vigneron naturiste in Bojolo Fabrice Le Glatin qui a extrait des profondeurs de la Toile cet article :

 

L’ouvrage du journaliste et expert Jérémy Cukierman et du photographe Leif Carlsson s’intéresse à l’apport de ces génies anonymes du monde entier.

Par Stéphane Lauer

Publié le 17 décembre 2019

 

« La table de triage utilisée n’en est pas moins redoutable. Ils ne sont que vingt-six élus dans cette anthologie nécessairement subjective. Un vingt-septième, pas assez disruptif, a même disparu au moment du bouclage… Pour rassurer les sceptiques, rappelons le profil des auteurs : Jérémy Cukierman est Master of Wine, un titre prestigieux que seuls sept Français ont décroché en soixante-six ans d’examen, et Leif Carlsson excelle depuis vingt ans pour saisir une lumière rasante sur un coteau ou capter le clair-obscur des plus belles caves. »

 

La Gaffelière photo by Leif Carlsson

 

Je ne connais ni l’un ni l’autre mais le titre de Master of Wine ne constitue pour moi un gage de compétence pour trier le bon grain de l’ivraie.

 

Je n’ai pas les moyens, 65 euros, ou plus exactement mon budget livre, le plus important poste de mon budget consommation, est consacré à des « livres essentiels », j’ironise bien sûr !

 

Dans les noms cités, je connais Aubert de Villaine et Marie-Thérèse Chappaz, pour autant sont-ce :

 

« Des rebelles à leur façon » ?

 

À chacun d’entre vous de juger moi je ne m’aventurerai pas sur ce terrain, je m’en tiens à la définition de :

 

  • Par le Larousse :

 

Essentiel, essentielle adjectif (bas latin essentialis, qui a trait à l'essence)

 

1. Qui est indispensable pour que quelque chose existe : L'air est essentiel à la vie.

 

Synonymes : constitutif - foncier - intrinsèque - vital

Contraires : accidentel - contingent - inutile - superflu

 

2. Qui est d'une grande importance ; principal, capital : Le point essentiel du procès.

 

Synonymes : capital - fondamental - important - primordial - principal

Contraires : accessoire - secondaire

 

  • Par le CNRTL ICI 

 

« La belle humeur essentielle aux méridionaux comme le soleil à leur pays »

A. Daudet, Tartarin Alpes, 1885, p. 166.

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18 octobre 2021 1 18 /10 /octobre /2021 06:00

Peut être une image de nature

Sur face de Bouc le 15 octobre

Claire Naudin ICI

 

Claire Naudin

En 2021 comme en 2016 la #vignehaute aura sauvé notre domaine. Globalement les pieds ont été épargnés par le gel. Ensuite ils n'ont pas été envahis par un enherbement rendu incontrôlable par des pluies trop fréquentes. Et ils ont mieux résisté aux maladies (mildiou, oïdium, botrytis...). Enfin ils font le bonheur des vendangeurs dont ils redressent le dos...

 

Mais pourquoi continuer à s'obstiner avec la vigne basse ??? Franchement, je pense sérieusement à les transformer dans un futur proche, tant il me semble absurde de travailler à ce point, pour un résultat si vexant. Au moins, dans les #HautesCotes cette transformation est possible !

 

Alors allons-y...

 

Côte-d'Or - Viticulture. Les vendanges commencent déjà dans les hautes côtes

 

Je ne suis pas un expert-sachant mais je fais plus confiance à une vigneronne émérite qu’aux experts de l’INAO ICI  pour qui, dans un monde qui change à grande vitesse, tout le monde dit s’effrayer du changement climatique, il faut que rien ne change, devant les tables de la loi du décret d’appellation il faut se prosterner.

 

Il faut que tout change pour que rien ne change

 

Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi.

 

Don Fabrizio Corbera, prince de Salina dit le Guépard, un prince sicilien

 

Giuseppe Tomasi di Lampedusa.

Paysage. Les hautes-côtes : des sites remarquables

La région des Hautes-Côtes de Beaune et de Nuits est située à l’Ouest du célèbre talus de la Côte-d’Or aux crus prestigieux et qui s’allonge de Marsannay à Santenay.

 

 Le 4 août 1961, était accordée aux vignerons du Syndicat de défense des Hautes-Côtes de Beaune et de Nuits une appellation qui couronnait de longues années d’efforts. Il avait fallu deux générations de vignerons pour que le vin des Hautes-Côtes retrouve enfin ses lettres de noblesse qu’il avait connues au temps de Philippe Auguste en 1180 puisqu’on en but à son sacre…

 

Il importe peu de savoir si le grand roi lui-même avait goûté aux vins des Hautes-Côtes. Par contre, il est intéressant de comprendre comment un vignoble, composé majoritairement de vins de consommation courante à la fin du xixe siècle, qui a connu les affres de la surproduction viticole du début du xxe siècle et de la crise des années 30, est devenu un vignoble de qualité en la seconde moitié du XXe siècle.

 

 Il est possible d’entendre par renaissance du vignoble des Hautes-Côtes de Beaune et de Nuits la croissance du vignoble à partir des années 50-60 par encépagement progressif de zones délimitées bien précises dans un contexte économique prospère conduisant à une reconnaissance juridique grâce à la nouvelle AOC acquise en 1961, assortie d’une exigence de qualité.

 

 Cette expression de « renouveau » ou de « renaissance » n’est pas nouvelle. Marcel Lachiver[1]et Philippe Roudié[2]l’ont utilisée. Nous avons repris dans notre réflexion cette phrase de Roger Dion en la discutant et en l’argumentant à plusieurs échelles d’analyse :

 

 « La viticulture, sous les climats qui la tolèrent, s’accommode, on l’a dit et répété, des terrains les plus divers. […] Aussi le rôle du terrain, dans l’élaboration d’un grand cru, ne va-t-il pas au-delà de celui de la matière dans l’élaboration d’une œuvre d’art »[3]

 

 Nous avons donc posé en hypothèse que cette renaissance est d’abord le fruit du travail de l’homme, davantage encore que des qualités intrinsèques des terroirs qui pourtant ne sont pas à négliger.

 

 Plusieurs questions se posent sur cette renaissance des Hautes-Côtes :  

 

- Comment l’évolution du vignoble s’est-elle déroulée depuis la fin du XIXe siècle ?  

 

- Quels sont les acteurs du renouveau de la vigne et du vin des Hautes-Côtes de Beaune et de Nuits ?

- Quelles sont les causes et les conséquences spatiales, paysagères, sociales, économiques et culturelles de cette renaissance ?

 

- La vigne dans les Hautes-Côtes est-elle toujours une activité peuplante et source de développement local ? Quel est le rôle des terroirs ?  

 

- Quelle est l’influence des grands cycles économiques sur l’économie vitivinicole bourguignonne ? L’image des Hautes-Côtes, de la région, et de ses vins en a-t-elle été modifiée ?

De la crise du phylloxéra au jugement de Dijon de 1930

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Avant le phylloxéra (1878), le vignoble des Hautes-Côtes de Beaune et de Nuits connaît un cycle d’expansion de la vigne lié à la croissance économique sur l’ensemble du XIXe siècle jusqu’au phylloxéra. Cette prospérité résulte de l’augmentation de la consommation de vins ordinaires et des méfaits du phylloxéra dans les vignobles méridionaux.

 

L’historien R. Laurent[4] a montré la croissance de la superficie viticole pendant cette période. Les Hautes-Côtes bénéficient d’une augmentation de 140 % de vignes par rapport à 1800, et la Côte de seulement 43 %. « À la veille de l’invasion du phylloxéra, elle [la vigne] atteint son apogée »[5]

 

 L’expansion a été surtout réalisée à l’aide du cépage gamay qui donne des vins ordinaires ou Passe-tout-grain, obtenu avec le mélange du pinot. Ce sont les petits vignerons qui ont favorisé le gamay.

 

 En 1878, la crise du phylloxéra arrête la progression. La reconstitution redémarrée à partir de 1892 à l’aide de porte-greffes américains connaît son apogée en 1910 dans les Hautes-Côtes. Le vignoble des Hautes-Côtes a perdu environ 16 % de surfaces entre 1878 et 1910. Mais ces pertes sont peu de choses comparées à celles qui ont suivi, en raison de la crise de surproduction et de la crise économique des années 30. On peut estimer à 50 % les vignes disparues entre 1910 et 1936.

 

Pourtant, les vignerons des Hautes-Côtes ne sont pas restés les bras croisés. Ils ont, à partir des années 20, replanté des vignes en cépage pinot donnant des vins fins. Mais, le jugement de Dijon de 1930 a été considéré comme un coup de poignard dans le dos en n’accordant l’appellation Bourgogne (tout court) qu’aux seuls vins provenant du pinot, alors que l’essentiel du vignoble était encore en gamay. Les gamays de Saône-et-Loire obtenaient par ce même jugement la possibilité de prendre l’appellation Bourgogne. Il y avait bien deux poids et deux mesures. Les vins des Hautes-Côtes déjà difficilement vendables étaient un peu plus mis de côté par les « gens » de la Côte. Le ressentiment était très vif dans les Hautes-Côtes.

 

 

Il a fallu attendre le lendemain de la seconde guerre, en 1945, pour voir les vignerons de la région s’attacher à nouveau à l’obtention d’une appellation digne de ce nom. Le premier acteur de cette renaissance est d’abord un modeste instituteur : Étienne Kayser, Secrétaire du Syndicat de Défense des Hautes-Côtes de Beaune recréé en 1945. Reprenant le formidable travail entamé dès 1922 par son prédécesseur, c’est lui le véritable organisateur du redressement spectaculaire des Hautes-Côtes en refusant ce terme blessant « d’Arrières-Côtes », en prônant une amélioration significative de la qualité des vins, en favorisant les pinots plutôt que les gamays. C’est lui encore qui a lancé plusieurs actions de promotions des vins des Hautes-Côtes, qui a su s’attirer les bonnes grâces des « gens » de la Côte, qui a su encourager les viticulteurs des Hautes-Côtes à se former et s’informer sur les nouvelles techniques vitivinicoles. C’est enfin lui qui a monté le dossier de demande d’appellation accepté le 4 août 1961… Il a été le porteur de projet d’un véritable « développement local ascendant ».

 

La dynamique des espaces viticoles sur la longue et la moyenne durée

 

Les terroirs bourguignons relèvent actuellement plus du mythe que de la réalité. Il faut comprendre par là que les connaissances scientifiques sur leur fonctionnement sont encore bien maigres...

 

 

Robert Laurent, Les vignerons de la Côte-d’Or au xixe siècle,… la suite ICI

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17 octobre 2021 7 17 /10 /octobre /2021 06:00

Emmanuel Macron, aligné dès le coup d’envoi face aux soignants du CHU de Poissy ce jeudi, a marqué sur penalty et disputé 70 minutes avec le Variétés CF.

Je ris dans ma barbe blanche : comment puis-je oser complimenter notre Président ?

La règle c’est de l’exécrer.

 

Tant pis pour moi, je fais une exception à la règle, je salue la prestation de Macron.

 

Ce jeudi, j’avais du temps à perdre, ce qui est chez moi la position dominante, j’ai visionné le match d’Emmanuel.

 

VOIR ICI 

 

Emmanuel Macron a chaussé les crampons, ce jeudi, lors d’un match caritatif organisé au profit de la Fondation des Hôpitaux.

 

Buteur, travailleur, rugueux… On a noté le match d’Emmanuel Macron à Poissy

 

C’était l’événement football de ce jeudi 14 octobre et Prolongation y était. Emmanuel Macron participait à un match de football, avec le « Variétés Club de France », au profit de la Fondation des Hôpitaux, présidée par Brigitte Macron, la Première dame. Le président de la République a joué 76 minutes dans l’axe droit du milieu de terrain. S’il s’est rendu coupable d’approximations techniques, il a montré une belle activité et a transformé un penalty. On a analysé et noté son match.

 

Les forces de l’ordre sont partout, à tous les coins de rue, ce jeudi 14 octobre à Poissy (Yvelines). Alors ça bouchonne, forcément. Il faut dire que ce n’est pas tous les jours qu’un président de la République en exercice joue un match de football. C’est même une première dans l’histoire de la Ve République.

 

Valéry Giscard d’Estaing avait ouvert la voie en 1973, où il avait joué avant-centre lors d’un match entre son équipe municipale de Chamalières et des commerçants de la ville, un an avant son entrée à l’Elysée. François Hollande avait, lui aussi, chaussé les crampons pour l’association France Alzheimer en 2008, quatre ans avant son accession au pouvoir. À sept mois des élections présidentielles 2022, l’opération n’était peut-être pas due au hasard. Toujours est-il que le Variétés Club de France ne pouvait rêver mieux pour fêter son 50e anniversaire et son 2 381e match.

 

« Sera-t-il à gauche ? À droite ? Au centre du jeu ? »

 

Dans un stade Léo-Lagrange baigné d’un radieux soleil d’automne, les 3 500 spectateurs de l’habituel antre de l’AS Poissy n’attendent qu’une chose : l’entrée sur le terrain d’Emmanuel Macron en territoire visiblement conquis. Ici, l’opposition se fait bien plus discrète. Il foule la pelouse peu après 17 h 15. Le speaker pose alors la question qui brûle les lèvres de tout le monde : « Sera-t-il à gauche ? À droite ? Au centre du jeu ? ». Clin d’œil ou pas, sur la composition d’équipe, le Président est annoncé milieu axial droit, alors que son nom circulait dans le couloir gauche de la défense…

 

Bien loin de ces considérations aussi politiques que tactiques, le pensionnaire de l’Elysée effectue quelques premières jongles aux côtes de Christian Karembeu, champion du monde 1998. Le ballon n’a pas l’air de lui brûler trop les pieds, mais ses passes sont parfois mal assurées. Il faudra régler la mire contre l’équipe des soignants de Poissy et de Saint-Germain-en-Laye, sans doute biberonnée aux exploits du PSG.

 

Quelques secondes avant le coup d’envoi, Macron prend ses dernières consignes auprès de Rudi Garcia, ancien coach de l’OM, club de cœur du Président. Ce sera lui, son partenaire du milieu de terrain. « J’avais un avantage, c’est que je sais comment joue le Président, explique l’entraîneur également passé par Lille et Lyon. En 2017, le Président Macron était venu avec son équipe de sécurité faire un match contre mon équipe de l’OM. Ça s’était bien passé et je savais que c’est quelqu’un qui ne lâche pas l’affaire sur le terrain. Il est demandeur de communication. » Le VCF évolue en 4-5-1 avec une charnière Desailly - Wenger, Giresse en meneur de jeu et Sonny Anderson en pointe, entre autres anciens joueurs de renom. De quoi faire le spectacle…

 

Une première accélération foudroyante… et un penalty chanceux

 

Le coup d’envoi est donné. Emmanuel Macron touche son premier ballon à la 2e minute de jeu, et le stade se lève comme un seul homme. Le Président tergiverse, tourne sur lui-même façon Marco Verratti et finit par déclencher une accélération pour laisser son vis-à-vis sur place. L’assistance est médusée. Le président de la République nous aurait-il caché des talents footballistiques insoupçonnés ? On déchante quatre minutes plus tard à la suite d’une mauvaise passe synonyme de perte de balle.

 

Mais vient la 8e minute. Laure Boulleau est fauchée dans la surface adverse et l’arbitre siffle penalty. Au Variétés Club de France, on ne se fait pas des nœuds au cerveau pour choisir le tireur comme en équipe de France. Il est tout désigné, malgré ce que peut bien dire Arsène Wenger : « Non, il n’était pas désigné. Il a pris ses responsabilités et je l’ai trouvé très courageux. Je me suis dit, s’il le loupe, ça va se savoir (rires). »

 

Emmanuel Macron s’empare du ballon et le place sur le point des 11 mètres. Il s’élance et tire… au centre, sur le gardien. Celui-ci est coupable d’une maladresse et laisse curieusement filer le ballon. Y a-t-il eu corruption au plus haut sommet de l’État ? L’histoire ne le dit pas. Le Président célèbre avec ses partenaires sans effusion de joie.

 

 

Aérien, en bonne condition physique

 

Sur le terrain, Macron, démarche bondissante à la Peter Pan, est plutôt aérien. Il se veut généreux dans l’effort, mais est souvent victime de maladresse, avec ou sans le ballon. Les replacements défensifs sont assurés. À la 14e minute, l’ancien ministre de l’Économie la joue même « Joga Bonito » en contrôlant un ballon de la tête, avant d’être en retard sur une tentative d’intervention défensive (17’). La tentative de une-deux avec Robert Pirès est intéressante (23’), mais pas assez tranchante. Heureusement, Sonny Anderson, double-buteur, fait le travail en attaque (3-1).

 

Tout le monde s’en souvient, Emmanuel Macron avait un « projet ». Le projet de jeu, en revanche, est plus flou chez lui. Il discute avec Karl Olive, le maire de Poissy, peine à se positionner dans cet entrejeu très dense, ne sait trop quand attaquer ou défendre. Néanmoins, à sept mois des échéances présidentielles lors de laquelle il briguera un second mandat, sa condition physique paraît optimale. Sa première vraie récupération - nous parlons uniquement de football -, il la réussit à la 29e minute sur son côté droit, sortant intelligemment le ballon en touche.

 

Une chevauchée et une vilaine faute

 

À la 40e, à la suite d’un beau une-deux avec Anderson, il se montre un peu trop tendre dans le duel face à un défenseur qui, visiblement, n’a pas peur d’aller à l’épaule avec son Président. Un nouveau but de Benoît Cheyrou, et la mi-temps est sifflée. Emmanuel Macron reste faire quelques photos avec ses adversaires, alors qu’une ola est partie dans les tribunes de Léo-Lagrange.

 

Le président de la République jouera encore 21 minutes en seconde période. Au petit trot, pour le leader d’En Marche ! Après une belle passe à Christian Karembeu, il tentera même d’y aller seul à la 55e, sous les hourras de jeunes Pisciacais massés le long de la main courante. Mais sa chevauchée fantastique se terminera par une faute, le chef de l’État n’hésitant visiblement pas à laisser trainer le pied… Ses adversaires politiques sont prévenus.

 

 

Football. Penalty d’Emmanuel Macron, sept buts… Revivez les temps forts du succès du Variétés CF

 

Emmanuel Macron a chaussé les crampons, ce jeudi, lors d’un match caritatif organisé au profit de la Fondation des Hôpitaux. Le Président de la République a parfaitement honoré l’invitation du Variétés Club de France, présidé par Jacques Vendroux, puisqu’il a inscrit le premier des six buts de son équipe et ainsi participé à la victoire face aux soignants du CHU de Poissy (6-1). Revivez les temps forts de la rencontre.

 

Ce n’était pas une soirée comme les autres, ce jeudi, au stade Léo-Lagrange de Poissy. Le rendez-vous n’avait rien de diplomatique mais Emmanuel Macron a tenu être là. Le Président de la République a répondu favorablement à l’invitation du Variétés Club de France, présidé par un certain Jacques Vendroux, pour disputer une rencontre caritative de football face aux soignants du CHU de Poissy. Le chef de l’État était titulaire, positionné au poste de milieu récupérateur aux côtés entre autres de Rudi Garcia et d’anciennes gloires du football.

 

Dans ce match, disputé au profit de la Fondation des Hôpitaux, Emmanuel Macron s’est particulièrement illustré. Crampons aux pieds, maillot bleu ciel sur les épaules et numéro 3 dans son dos, il s’est d’abord mué en buteur égalisateur, en transformant un penalty en tout début de rencontre. Il a ensuite contribué au succès de son équipe (6-1) en étant impliqué sur le quatrième but et en ne comptant pas ses efforts durant 75 minutes.

 

Le Président de la République a cédé sa place dans les derniers instants, sorti sous les applaudissements du stade Léo-Lagrange et remplacé par le journaliste Smaïl Bouabdellah.

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16 octobre 2021 6 16 /10 /octobre /2021 06:00

Peut être une image de nature

Sur Face de Bouc le 11 octobre :

 

Éric Texier est à Charnay, Rhône-Alpes, France.

  · 

Mildiou, mildiou, Plasmopara viticola, Peranospera.

 

2021 sera souvenu par les vignerons français pour le gel d'avril et sa pression énorme de mildiou. Et nous fera encore face que vinifera n'a presque aucune défense contre lui.

 

Malgré la tendance aux approches bienveillantes de l'agriculture que je croise très souvent parmi les jeunes fantastiquement enthousiastes qui vont faire pousser des vignes et faire du vin dans un avenir proche, vinifera NE PEUT PAS supporter le mildiou dans les millésimes comme 2021 sans l'aide et le soin du vigneron. nes.

 

La vigne imaginée ici a été formée par des membres de Vignenvie, dans le cadre de l'agriculture naturelle (Fukuoka) et des principes biodynamiques depuis sa plantation en 2007. Elle pousse sous une culture de couverture permanente, sans labourage, et a extrêmement bien géré le gel.

 

Mais mildiou nous a laissé moins de 1/4 d'une récolte normale. Et comme c'est contre les principes Vignenvie de vendre une bouteille à plus que le prix d'un sandwich jambon-beurre, 2021 nous laissera une sacrée perte financière substantielle mais beaucoup de moments de joie 😊

 

VIGNE EnVie Guérard | Accueil - VIGNE EnVie

C Vignenvie oordonnées
ASSOCIATION VIGNEENVIE

Adresse :
485 RTE DES CARRIÈRES
69380 CHARNAY

Tel : 04 78 47 94 22

Objet : 

 

Effectuer directement, ou en participation avec d'autres entités, des opérations dans le but de préserver le paysage de vignes, promouvoir une viticulture environnementale et durable, préserver les métiers de la vigne et la culture du vin.

 

Activités : 

  • DÉFENSE DE DROITS FONDAMENTAUX, ACTIVITÉS CIVIQUES (défense des droits des enfants)

 

  • REPRÉSENTATION ET DÉFENSE D'INTÉRÊTS ÉCONOMIQUES

 

Commentaires

Alice Olivier de Moor

Franchement Eric, YAKAFOKON augmente ...le prix du sandwich Jambon-beurre. Nous avons de grosses questions à nous poser. En tout cas, bon courage !

 

Eric Texier

Alice Olivier de Moor dans le cadre d'une assos ( Vignenvie ), on peux se permettre bien des choses, y compris voir comment une vigne gère une forte pression de mildiou sans cuivre et vendre des bouteilles aux adhérents actifs ( ce sont eux qui font tous les travaux viti- vini) au prix d'un jambon beurre et encore, pas Gare de Lyon ni dans le 11eme... Sisi😉

N'empêche, même dans ce cadre, pas de cuivre en 2021 = on ne couvrira pas les coûts, plutôt réduits pourtant, de production. Alors dans le cadre d'une activité professionnelle...

 

Eric Texier

Précision de mise: Laurence et moi sommes 2 membres parmi pleins d'autres. Les décisions y sont prises collectivement (d’où Biody, vous m'imaginez touiller une 501 au petit matin..., mais je revendique la non culture et le couvert).

 

Alice Olivier de Moor

Je comprends désormais, ce sont les vignes proches de chez toi. Tu m'avais parlé d'un Chardonnay. Je suis un peu long à la détente. J'espère que tu t'en tire pour le reste. Bon courage à vous.

 

 

Le mildiou

Le mildiou

 

Francisation phonétique de l’anglais downy mildew ICI qui évoque la substance collante sécrétée par les pucerons. Originaire d’Amérique, le mildiou est présent partout dans le monde où la vigne est cultivée et où les conditions climatiques sont favorables.

 

C’est encore  l’une des principales maladies de la vigne qui occasionne chaque année d’énormes dégâts, en culture dites traditionnelle, nécessite dans tous les cas plusieurs traitements fongicides (entre 5 et 10 traitements par an). On traite avec des cadences resserrées, en fonction de la fréquence des précipitations (en règle générale tous les 10 jours).

 

À l’origine, une algue-champignon microscopique

 

Le mildiou (Plasmopara viticola) a pour agent pathogène, les oomycètes, algues-champignons microscopiques qui appartiennent au groupe des stramenopiles* (regroupant également les algues brunes), des algues ayant perdu la capacité de faire la photosynthèse. Elles sont responsables du mildiou de la vigne aux épidémies potentiellement fulgurantes ; une maladie qui se développe sur tous les organes verts : rameaux, feuilles, grappes, vrilles. Elle infecte la plupart des espèces du genre Vitis. Les cultivars de l’espèce vinifera y sont très sensibles alors que les espèces sauvages y sont relativement résistantes.

 

Tous les oomycètes (anciennement classés avec les champignons), sont des micro-organismes aquatiques proches des algues brunes qui parasitent entre autres la vigne mais aussi les animaux. Ils ne sont pas au sens strict des champignons.

 

*Au sein du groupe des stramenopiles, il existe d’après l’INRA : environ 800 espèces saprophytes (micro-organisme vivant aux dépens des matières organiques) ou parasites d’oomycètes. Ces derniers ont longtemps été classés dans les phycomycètes ou « champignons inférieurs » (eumycètes). Cette classification a été révisée il y a quelques années car leur ultra structure, leur biochimie et leurs séquences moléculaires indiquaient qu’ils appartenaient à un groupe d’organismes incluant surtout des algues (vertes et brunes), des diatomées (micro-algues unicellulaires). Source  INRA : ICI 

 

La suite ICI 

 

Mildiou

Masanobu-Fukuoka.jpg

« J'ai en horreur la confusion, savamment entretenue par beaucoup, entre méthodes d'agriculture bio ou «naturelle» et vins «nature» ou «naturels » ICI

 

Le 23/03/2009 je publiais anonymement, avec son accord, le texte d’un vigneron. Ce garçon discret m’avouait qu’il ne goûtait guère le côté place publique de la blogosphère, qu’il n’avait nulle envie de devenir un icône de tous les milieux alternatifs du microcosme de la viticulture française, qu’il ne souhaitait pas rejoindre telle ou telle micro mouvance, qu’il n'avait rien demandé à personne et n’avait aucune aspiration de la sorte.


 

J’avais donc choisi de conter à ma façon son histoire sans en changer le fond d’aucune manière. C’était sans compter sur notre amie Iris qui dans un commentaire écrivait « Merci, d'avoir repris ce texte d'Eric Texier, qu'il avait mis sur LPV il y a quelques jours, et de l'avoir romancé à votre belle manièrehttp://fdata.over-blog.com/pics/smiles/icon_biggrin.gif

 

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15 octobre 2021 5 15 /10 /octobre /2021 06:00

Comprendre le “wokisme” et le réfuter»https://resize.marianne.net/r/770,462/img/var/LQ6266267C/564059/075_cotA-notitle160707_np9lz-1.jpg

Longtemps j’ai cru que le woke était le wok, l’ustensile de la tradition culinaire en Chine : la cuisine au wok : on peut faire sauter, faire mijoter, faire cuire à la vapeur, et même frire !

 

La cuisson au wok : comment ça marche ?

 

Caramba j’avais tout faux : sur les réseaux sociaux les belligérants se bombardent à coup  de woke et de cancel culture

 

Philippe n'aime pas "le wokisme, la cancel culture et tout le tintouin"

 

Même notre barbu à l’unilatéral, l’homme au nom qui est un prénom, Édouard Philippe qui s’est fait lourdé de Matignon par son patron Macron, raille lors du lancement de son parti politique : Horizons, un de plus ! ICI 

 

D'où vient la "cancel culture" ou culture de l'annulation ?

 

Qu'est-ce que c'est concrètement et quels problèmes cela soulève-t-il ?

 

Explications.

 

Roman Polanski, J. K. Rowling, Autant en emporte le vent, le tunnel Léopold II à Bruxelles : voici quelques exemples de personnes, d'œuvres ou de monuments visés par la "cancel culture" (culture de l'annulation).

 

Où est né ce mouvement ?

 

En quoi consiste-t-il ?

 

Pourquoi est-il aussi critiqué ?

 

Un mouvement qui vient des États-Unis

 

La cancel culture s'appuie sur le mouvement américain "woke" ou encore le "wokisme". Être "woke", du verbe to wake, "se réveiller", c'est être "éveillé" et conscient des injustices qui pèsent sur les minorités. Une attitude qui se répand en 2013 avec le mouvement "Black Lives Matter" pour dénoncer les actes de ségrégation raciale et de discrimination à l’égard des Noirs américains. La pensée "woke" s'est ensuite popularisée sur les réseaux sociaux. Être woke, c'est avoir conscience du racisme, de la grossophobie, du sexisme, etc. On retrouve logiquement derrière cette pensée les militants antiracistes, féministes, anticolonialistes, ou encore LGBT+.

 

De la "woke culture" naît la "cancel culture", la culture de l'annulation, qu'on appelle aussi la "call-out culture", la culture de la dénonciation ; pour pointer du doigt, en particulier sur les réseaux sociaux, une personne qui aurait eu des propos ou comportements inappropriés. C'est la volonté de faire taire, voire d'effacer une œuvre ou une parole jugées non conformes à la défense d'une cause.

 

Une personne peut être "cancel" pour son comportement, comme c'est le cas pour Roman Polanski, condamné et accusé d'agressions sexuelles, et cible d'appels au boycott lors de la sortie de son dernier film, J'accuse, sur fond de dénonciation des violences sexuelles dans le cinéma. La "cancel culture" est aussi associée à la vague MeToo à l’automne 2017. Le mouvement invitait les victimes d’agressions sexuelles, de viols ou de pédophilie à s’exprimer publiquement et à dénoncer leurs agresseurs.

 

On peut aussi "cancel" quelqu'un pour un tweet, une déclaration jugée sexiste ou encore raciste. Par exemple, J. K. Rowling, autrice de la saga Harry Potter, sous-entend dans un tweet que les femmes transgenres ne sont pas des femmes. Un tweet jugé transphobe sur les réseaux sociaux où les appels à boycotter ses livres se multiplient.

 

 

Enfin la "cancel culture" peut aussi s’attaquer à des œuvres cinématographiques, littéraires ou artistiques en elles-mêmes. Par exemple, en juin 2020, le film Autant en emporte le vent est retiré provisoirement du catalogue de la plateforme en ligne HBO Max, car des historiens avait qualifié le film de "révisionniste" et "porteur de préjugés racistes".

 

Un mouvement aussi critiqué

 

La "cancel culture" est souvent critiquée pour son manque de nuance ou le harcèlement qu'elle provoque sur les réseaux sociaux. En juillet 2020, 150 écrivains et intellectuels, de J. K. Rowling à Margaret Atwood, publient une tribune dans "Harper’s Magazine" pour dénoncer "l’intolérance à l’égard des opinions divergentes, un goût pour l’humiliation publique et l’ostracisme". L'universitaire et féministe américaine Loretta Ross dénonçait en juillet 2020 le manque de nuance d'une pratique qui est parfois utilisée pour "faire honte et humilier publiquement des gens".

 

Le terme de "cancel culture" est aussi parfois utilisé de façon péjorative par ses opposants afin de décrédibiliser le mouvement en l'associant à de la censure. Début mai, des articles et des personnalités disent que la "cancel culture" veut supprimer la scène du baiser dans le dessin animé Blanche-Neige et les Sept Nains parce que l'héroïne endormie ne donne pas son consentement au prince charmant. Il s'agit en réalité d'une critique publiée par deux journalistes de SF Gate, la version en ligne du quotidien San Francisco Chronicle, qui donnent leur avis sur la nouvelle attraction du parc Disneyland au moment de sa réouverture. Quelques lignes qui enflamment les réseaux sociaux, mais qui n'ont rien à voir avec le mouvement.

La statue d'Egerton Ryerson abattue par des manifestants - Nouvelles Du  Monde

Plutôt de la dialectique que du marbre blanc

LA CHRONIQUE D'AURÉLIEN BELLANGER par Aurélien Bellanger

 

Je me souviens d’un beau livre de Cocteau, qui tentait peut-être de faire oublier son amitié avec Arno Breker, un livre à la gloire des statues détruites sous l’occupation nazie.

 

Ça ressemblait à la Porte de l’Enfer de Rodin, avec des morceaux de bras et de tête dans tous les sens.

 

Ce chaos, entreposé je ne sais plus où, était essentiellement destiné à être fondu, moins à la demande de l’occupant, d’ailleurs, qu’à celle de Vichy qui voyait là l’occasion idéale de faire sa révolution nationale tout en fayotant avec l’Allemagne, question matière première.

 

Les fascistes d’aujourd’hui, on l’entend, s’en prendraient aujourd’hui à Voltaire, à Colbert ou à Jules Ferry — tous des héros nationaux, tous des personnages qui entretiennent des rapports peu clairs à l’esclavage et la colonisation.

 

Et après tout, pourquoi pas : le seul vrai bien, dans un pays démocratique, c’est la dialectique. Arracher ces statues au néant où elles survivent péniblement, et les rendre à l’histoire en train de se faire, pourquoi pas. Ce n’est pas spécialement pire que les pluies acides ou que la corrosion due à la fiente de pigeon, et ça a la mérite de remettre les personnages historiques ainsi représentés sur l’échiquier politique contemporain — la tête de Nixon, dans Futurama, échangerait volontiers un corps contre un nouveau Watergate.

 

Étonnante surprise, pour les adversaires autoproclamés de la soit disant cancel culture, qui se fantasment en démocrates exemplaires : l’espace public, au sens géographique redevient sous leurs yeux un espace public, au sens politique.

 

Mais ce qu’ils reprochent, n’est-ce pas plutôt l’absence de débat, et que n’importe qui peut renverser la statue de son ennemi politique du moment ?

 

C'est Gradiva qui vous appelle

 

Convenons peut-être d’abord que la statuaire urbaine est un art plutôt en déclin — contrairement, par exemple, au street art, qu’on a vu plusieurs fois, notamment à l’occasion de panthéonifications, accéder au statut d’or officiel.

 

En vérité, les statues nous ennuient, comme les kiosques à musique ou les discours du 11 novembre : plus personne ne les regarde vraiment et il faut en général ou bien Jeff Koons, ou bien des attentats à la peinture rouge pour qu’on s’y daigne s’y intéresser encore. Combien de militaires oubliés ont vu leur carrière relancée d’avoir été pris un instant pour le capitaine ACAB en personne…

 

 

Les statues, c’est un fait, étaient depuis longtemps sorties de l’espace public du regard : elles dormaient. Mais leur sommeil était plus agité qu’il n’en avait l’air. Car ce que les débats les plus vifs du moment, sur le général Bugeaud, en France, ou sur Christophe Colomb, en Amérique, ont révélé, c’est que ces statues à défaut d’être vraiment regardées, nous empêchaient de voir.

 

On connaît la fameuse réflexion de Benjamin, dans ses Notes sur le concept d’histoire : “si l’ennemi triomphe, même les morts ne seront pas en sécurité.”

 

Mais Bugeaud et Colomb ont eu leur siècle de gloire, tandis que leurs victimes demeuraient, éclipsées dans leur cône d’ombre.

 

On dit de notre façon d’envisager l’histoire qu’elle est victimaire : il s’agît, tout au plus, de laisser s’exprimer, après les idéaux aux yeux crevés de ces conquérants, la plainte de leurs victimes oubliées.

 

Et ces statues qu’on renverse, c’est en dernier lieu ce souffle, leur dernier souffle comme un vent venu des profondeurs de l’histoire qui s’en charge.

 

Ainsi, chaque statue qui tombe aujourd’hui vient nous rappeler que la porte du temps n’est jamais tout à fait fermée. Et alors que les forces historiques se déchaînent à nouveau autour de nous, cette façon, très lente, qu’ont les statues de revenir à la vie juste le temps qu’on les achève, le temps qu’elles tombent de leur piédestal, nous procure l’une des rares joies politiques de la période : nous pourrions bien mourir, être cancellés par un Papacito quelconque, mais nous savons que la main imparable du temps est déjà posée sur l’épaule de notre éphémère vainqueur.

 

 

 

 

 

 

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14 octobre 2021 4 14 /10 /octobre /2021 06:00

 

Sur Face de Bouc le 24 octobre

 

Laura Vidal se sent chanceuse.

 

C'est pas un secret pour beaucoup, mais je suis sober depuis + de 2 ans now and it's freaking amazing! Oh... I still taste ans spit and carry a spitoon around with me wherever I go

 

Le lien avec l’AVIS du Vin du Figaro ne fonctionne plus alors je vous livre l’info :

 

Laura Vidal, elle, a choisi, après d’innombrables soirées de fête qui tournaient au vinaigre, d’arrêter complètement de boire, et ce depuis deux ans. Le constat d’une vie plus apaisée, d’un sommeil plus profond, d’une énergie retrouvée, l’a convaincue de ce choix radical. L’accès à la cave est trop tentant, le stress trop intense. D’autres acteurs de la restauration ont fait ce choix, comme David McMillan, à Montréal, qui a beaucoup parlé du versant sombre de l’alcool dans le milieu de la restauration et qui a fait aussi le choix de rester sobre. ICI 

 

Laura Vidal est sommelière au restaurant La Mercerie à Marseille ICI 

 

Laura Vidal fut Première femme sommelière de l’année 2020 Gault & Millau ICI 

Zéro alcool : quand les professionnels du vin arrêtent de boire

« Les critiques de vins sont-ils tous alcooliques ? », Antonin Iommi-Amunategui en était arrivé à la conclusion que, si certains d’entre eux sont « bien rougeauds », d’autres pouvaient rester « plusieurs jours sans boire une goutte ». Le métier de critique n’aurait rien à voir avec le fait de boire pour s’enivrer, mais plutôt d’étudier son objet par petites touches, comme des coups d’œil furtifs à un tableau avant de révéler les secrets du peintre. Il y aurait donc les moments d’étude, sérieux, où le plaisir jouxte l’analyse, et des moments de détente, où le jugement du critique est suspendu le temps d’un repas, et où l’on boit pour boire. Vraiment ? N’y a-t-il pas des moments de dégustation où, le liquide roulant dans la bouche avec sa belle suavité, l’idée de le cracher apparaît comme un sacrilège ? Je me rappelle d’un dilemme particulièrement cornélien où, découvrant pour la première fois « Pulpes » de Sylvie Augereau, l’idée de cracher l’adorable venin au fond de son chai me semblait surhumain. C’était une cuvée particulière, oxydée par accident (un oubli d’ouillage pendant une nuit avait permis ce miracle), et j’ai préféré garder discrètement le liquide en moi, comme une denrée d’or.

 

Comme je ne suis ni critique, ni caviste, ni négociant, ni acheteur de GD, qui eux doivent choisir ce qu’ils vont revendre, je n’exprime ici que l’opinion d’un consommateur de vin, nu exclusivement. Chacun est libre de choisir la sobriété et, l’alcoolisme règne en maître dans le milieu du vin et de la restauration.

 

Pour moi, je le répète cochon de payant de consommateur, un vin doit être bu et non craché, pour ce faire reportez-vous à cette chronique :

 

PUBLIÉ LE 14 MAI 2010 PAR MISSGLOUGLOU

Crachons le vin, c’est bon pour lui (et pour nous) ICI

 

Afterwork du taulier : Des rafales de chiffres pour les vins de France à  l'export... - Le blog de JACQUES BERTHOMEAU

 

Ma réponse furibarde :

15 mai 2010

Lettre ouverte au Président de l’Université du Vin de Suze-la-Rousse à propos de Miss Glou Glou...

 

Monsieur le Président et cher Jérôme Quiot,

 

 

 

Vous avez accueilli récemment dans votre beau château Miss Glou Glou – Ophélie Neiman dans le civil – qui commet des chroniques sur blog le Monde « Les tribulations vinicoles de Miss Glou Glou » Cette charmante personne s’est payée une semaine de vacances pour «apprendre à boire du vin, « genre t’as besoin de cours pour apprendre à picoler », m’a perfidement glissé une amie sur mon profil Facebook. On verra bien. » Elle a vécu s’enthousiasme-t-elle « une semaine incroyable » ce qui me réjouit vraiment d’autant plus qu’elle a pris « un pied pas possible lors des dégustations ». Son objectif initial est atteint puisqu’elle a structuré sa façon de goûter le vin « apprendre à analyser chaque détail, les arômes, l’alcool, l’acidité, les tanins, la fin de bouche... » Fort bien car elle est heureuse de mieux comprendre pourquoi un vin lui plaît et de pouvoir analyser son potentiel d’évolution. Pour faire court, c’est comme si après une retraite de préparation au mariage elle comprenait mieux pourquoi son fiancé lui plaît.

 

 

 

Je plaisante bien sûr.

 

 

 

Tout cela et bel bon me direz-vous. J’en conviens sans problème sauf qu’en ouvrant l’édition du Monde électronique du vendredi 14 mai je découvre ce titre accrocheur, racoleur et étonnant : « Crachons le vin, c’est bon pour lui (et pour nous) »

 

La suite ICI 

 

Pour finir je signale que Miss Glou Glou reçut alors le soutien de François O 13, le Pape des vins anciens ICI  qui crache son vin au restaurant dans une timbale en argent.

 

Académie des vins anciens | Wine-dinners.com et l'Académie des vins anciens  | Page 20

22 juin 2010

Un «enchaîné» de la dégustation crache son vin dans une timbale d’argent au restaurant tel Clint Eastwood son jus de chique dans «Impitoyable» ICI 

« Je suis mille fois d’accord avec miss glou glou. Cette idée, je l’ai depuis longtemps, et j’essaie d’en convaincre les autres. Enchaînant les repas avec de nombreux vins les uns après les autres, c’est un atout pour la santé. J’ai un gobelet en argent (mais l’argent n’est pas obligatoire bien sûr) qui me permet de le faire avec une discrétion totale, puisque quelqu’un à ma table m’a demandé : « mais pourquoi buvez-vous le vin dans cette timbale au lieu de le boire dans votre verre ». Donc, c’est discret. Ensuite, je quitte le repas l’esprit léger, même quand on s’est partagé nettement plus d’une bouteille par personne en moyenne. Enfin, on goûte mieux quand on recrache car l’air qui pénètre en bouche exacerbe le final. De plus, ça devrait intéresser les vignerons, car on boit beaucoup plus quand on recrache : on ouvre toujours une bouteille de plus. Si on veut avoir le délicieux picotement du vin que l’on avale, eh bien, on avale une fois sur trois et on a l’excitation du vin sans la lourdeur. Oui, je recommande l’extension de cette pratique qui n’a que des avantages. » François Audouze

Moderniser les rouges du Languedoc me dit-on, mais jusqu'où ira-t-on dans  la tambouille au chai pour retrouver la faveur des marchés ? - Le blog de  JACQUES BERTHOMEAU

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12 octobre 2021 2 12 /10 /octobre /2021 06:00

Recycler du papier pour faire des bouteilles de vin - étapes:

Je ne crois pas !

 

Les bibs sont déjà en carton ce qui n’altère pas le vin.

 

Les flacons de verre ne se justifient que par l’image qu’ils portent, ils ne sont que des costumes, le costume fait-il l’homme ? Bien sûr que non ! Même prévention que pour la capsule à vis au lieu du bouchon de liège, la conservation du vin n’est pas en cause.

 

Les producteurs bio devraient être pour, peut-être que le Grand Gégé,  toujours sur l’action, va y aller ? J’en doute !

 

Enfin, argument massue, les vins de GD ultra-majoritaires, vendus moins d’une petite poignée d’euros, devraient adopter la bouteille en papier.

 

Pour les GCC, les climats bourguignons et autres grands vins, la réponse est plus délicate mais pourquoi pas !

 

La bouteille en papier prête à conquérir le monde du vin ICI

 

Vendredi 08 octobre 2021 par Sharon Nagel

 

 

Les gros industriels rivalisent d’ingéniosité pour conditionner leurs produits dans des packagings susceptibles de réduire leur empreinte carbone. Mais c’est une entreprise britannique aux origines modestes qui entend révolutionner le conditionnement du vin avec sa Frugal Bottle en papier recyclé.

 

Fin 2020, un sondage auprès de 1 741 consommateurs britanniques de vins a révélé que près des deux tiers d’entre eux étaient disposés à acheter du vin conditionné en bouteilles en papier. Fait marquant : ce sont plutôt les 55-64 ans qui se montrent les plus réceptifs (67 %) à ce packaging novateur, qui pèse seulement 83 g, soit cinq fois moins qu’une bouteille en verre, offre une empreinte carbone jusqu’à six fois inférieure, se fabrique sans chimie à partir de carton recyclé et se démonte entièrement pour être recyclé.

 

La suite ICI

 

 

Une bouteille de vin en papier débarque sur le marché européen ICI

Les bouteilles de vin en papier recyclé, est-ce l'avenir

La bouteille de vin en papier

 

 

testée en Angleterre

 

 

ICI

 

 

Par Agathe Petit

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