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30 mars 2022 3 30 /03 /mars /2022 06:00

Poster, Vermine Fasciste, Action Civique [Fascist Vermin, Civil Action] |  Objects | Collection of Cooper Hewitt, Smithsonian Design Museum

Il était une fois…

Non pas dans la ville de Foix,

Mais aux pays des vins nu

Dont on dit qu’ils puent

Une souris verte

Qui courait dans l’herbe,

Non ça c’est une contine,

Notre souris

Ici

C’est un goût,

Un mauvais goût

Disent les filles et les garçons

Qui ont le nez dans le verre

Toujours diserts

En long

En large et en travers

Tu la sens cette souris ?

 

Mais oui

D’où viens-tu Johnny ?

Mystère et boule de gomme

Tu en fais des tonnes

L’heure

Des ingénieures a sonnée

Elles vont traquer

Les vins souricés

Adieu, vaches, cochons, couvées

Arrête de décoconner

Sers-moi une lichée

De vin nu

La vérité est au fond des verres…

Pour en finir avec les goûts de souris dans les vins ICI

 

Le pôle Val de Loire-Centre de l'Institut Français de la Vigne et du Vin étudie de près les goûts de souris dans les vins pour proposer à la filière des voies préventives et curatives contre ce défaut en recrudescence.

 

Par Claire Furet-Gavallet Le 29 mars 2022


Observer, tester et résoudre. Telle est la devise de l’IFV Val de Loire-Centre pour son nouveau programme de recherche (2021-2023) sur les goûts de souris. « En d’autres termes il s’agit de mieux caractériser le défaut dans les vins, d’étudier les itinéraires qui sont en cause dans l’apparition du défaut et proposer des solutions préventives et curatives » résume Marie-Charlotte Colosio, ingénieure-microbiologiste et responsable de l’unité Vertou, lors d’une conférence le 17 mars dernier au SIVAL d’Angers. « C’est un défaut en recrudescence suite à la baisse du sulfitage et à l’augmentation des pH dans les vins. Il n’est pas nouveau, puisque déjà présent dans les années 70-80, mais il est encore méconnu » précise-t-elle.

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29 mars 2022 2 29 /03 /mars /2022 06:00

Les Loups - broché - Benoît Vitkine, Livre tous les livres à la Fnac

Difficile en ce moment de gloser sur le vin nu alors que la guerre s’est installée de nouveau sur le territoire de l’Europe, de plus Google à des vapeurs, mon ordinateur mouline.

 

Après  Donbass, son premier roman, que j’ai lu, qui racontait au plus près des gens, à ras des rues et des maisons, la routine de cette guerre qui n’en finit pas, à l’est de l’Ukraine, entre séparatistes pro-russes et forces gouvernementales, Benoît Vitkine, correspondant du journal Le Monde à Moscou, publie Les Loups qui se passe en 2012, quelques mois avant la révolution de Maïdan et l’installation d’un gouvernement pro-européen en Ukraine. La lecture de ce livre est une excellente manière d’aborder l’histoire et la réalité de ce pays. D’autant plus que Benoît Vitkine en est un éminent spécialiste.

 

Les loups, prend place dans une Ukraine toujours en conflit avec la Russie. Un pont évident se fait alors avec l'actualité des derniers jours.

 

« S'il fallait résumer le moment, je dirais qu'on est un peu dans un feuilleton, avec ce que ça comporte d'excessif. Mais le dialogue entre Lavrov et Poutine à son importance, puisqu'il semble amorcer un début d'apaisement », explique le journaliste et écrivain. Dans son livre, Benoît Vitkine entremêle la réalité et la fiction.

 

Il y a un agresseur et un agressé

 

« Les oligarques qui gravitent autour de cette femme sont des gens glamour mais qui sont pour autant des ordures », précise Benoît Vitkine. Le livre se recentre sur l'Ukraine mais la Russie joue son rôle. « On est encore dans une Ukraine rêvée de Poutine, à qui on peut pardonner son indépendance, à partir du moment où elle joue selon ses règles. La corruption et la manipulation », poursuit-il. Selon lui, l'Ukraine essaye peu à peu d'évoluer, mais la Russie ne veut pas que ça soit le cas : « Il n'y a pas de gentil et pas de méchant. Mais dans l'actualité il y a bien un agresseur et un agressé », assure Benoît Vitkine.

 

On est à Kiev, mais aussi dans une petite ville au sud-est du pays. Et le roman multiplie les allers-retours entre passé et présent.

 

À quoi renvoie le titre, Les loups ?

 

Aux maîtres du pays, une poignée d’hommes d’affaires richissimes qui ont profité des opportunités de la fin de l’empire soviétique. Ils possèdent l’essentiel des ressources, les usines, les moyens de distribution, les médias.

 

Les loups, ce sont les oligarques dont le roman dit la brutalité et l’avidité. Des prédateurs qui aiment l’argent mais aussi se battre, dominer, montrer leur force. Le roman décrit ainsi l’Ukraine en 2012, ravagé par la corruption, gangrené à tous les échelons de la société. Un pays de ce fait bloqué politiquement, économiquement et socialement.

 

Parmi ces loups, Olena Hapko, la femme d’affaires la plus riche de l’Ukraine, la reine de l’acier, que beaucoup surnomment « la Chienne »  fille du peuple, élevée dans une petite ville, brillante à l’école, et qui va tout faire pour réussir. Sans aucun tabou.

 

Elle vient donc d’être élue sur un programme de réformes ambitieux. Même si son attitude est ambiguë, elle souhaite lutter contre la corruption, rétablir l’État de droit pour répondre aux revendications de liberté et de dignité qui commencent à se faire entendre dans la société.

 

Évidemment certains sont en embuscade pour la faire tomber, en particulier les Russes qui voient ces changements d’un mauvais oeil. L’Ukraine rêvée de Poutine, c’est celle des oligarques corrompus que l’on peut facilement manipuler.

 

Le roman, solidement construit, vif, rythmé, est une sorte de thriller politique absolument passionnant. C’est le portrait d’une génération que brosse l’auteur. Celle qui a grandi à la fin de l’empire soviétique, qui a été élevée dans les valeurs et les références du modèle communiste devenues brusquement nulles et non avenues. Au moment où ils deviennent adultes, s’ouvre une nouvelle période, celle du capitalisme carnassier de l’après 1991. Le monde auquel ils doivent s’adapter est aussi sauvage que violent. Pour gagner, il faut être un loup.

 

Extrait :

 

Setchine doit profiter de l’arrivée au pouvoir d’Olena Hapko pour résoudre définitivement le dossier gazier à l’avantage de la Russie, et accroître dans le même temps la dépendance de l’Ukraine vis-à-vis de son voisin. Le plan conçu par Moscou permettrait de passer la bride aux rêves ukrainiens d’émancipation. Année après année, les oligarques ukrainiens viendront manger dans la main des Russes pour obtenir leurs précieux rabais. Poutine ne prend aucun plaisir à humilier ainsi le pays voisin et ses habitants. Tout serait plus simple s’ils restaient à leur place, celle du petit frère docile et satisfait de son sort. À vrai dire, dans l’esprit du président russe, l’idée même de peuple ukrainien est une vue de l’esprit. Les Ukrainiens ne sont rien de plus qu’une copie, certes un peu brouillonne, des Russes. Un prototype qui a mal tourné. L’indépendance ukrainienne a été une nouvelle trahison de ce pleutre de Gorbatchev et des Occidentaux. À présent ceux-ci cherchent à attirer l’Ukraine dans leurs filets. À lui, Poutine, de rétablir la balance.

 

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28 mars 2022 1 28 /03 /mars /2022 06:00

Nicolas d'Estienne d'Orves n'aime pas le champagne, le pauvre, comme je le  comprends… - Le blog de JACQUES BERTHOMEAU

Plaisanter sur l’essence est, par les temps qui courent, s’exposer à la vindicte des propriétaires de SUV ou autres gros chars qui puent.

 

Mais je n’ai pu m’empêcher de fredonner la ritournelle d’Alain Souchon :

On avance, on avance, on avance

C'est une évidence

On a pas assez d'essence

Pour faire la route dans l'autre sens

On avance

On avance, on avance, on avance

Tu vois pas tout ce qu'on dépense On avance

Faut pas qu'on réfléchisse ni qu'on pense

Il faut qu'on avance

 

Le 24 janvier 2008 j’écrivais :

Les champenois y font rien comme les autres...

 

La croissance régulière et consolidée de la demande exigeait que l’on se décidât à desserrer le carcan de la loi de 1927. Là encore, le modèle champenois, piloté par l’aval, n’en déplaise à mes détracteurs, sans bruit, avec la bénédiction des deux familles professionnelles, voit le SGV, en 2003, prendre la décision politique d’ouvrir une révision.

 

Là, apparemment, rien de nouveau sous le soleil de l’INAO, les commissions d’experts travaillent sur les 319 communes de la zone de l’appellation avant de passer le parcellaire au crible. Je ne vous fais pas un dessin, pour les intéressés c’est une partie de cache-cache, le loto, l’euro millions, le paradis futur des plaideurs, en être, ne pas en être, en avoir été et y revenir, être exclu… quand le coefficient multiplicateur avoisine 100 pour un lopin de terre à betteraves ou un taillis, le facteur temps est essentiel.

 

Le temps est politique. Rappelons qu’il s’agit d’une révision pas d’une extension mais qu’en définitive l’aire va s’enrichir d’un certain nombre d’hectares permettant d’alimenter la croissance. Combien, demande le naïf que je suis ?

 

Pas de chiffres avancés, bien sûr, trop d’hectares ajoutés effraieraient le monde, pas assez renforcerait l’inflation des prix du foncier et gripperait la belle mécanique. Alors, en un bel euphémisme on me répond que l’adjonction se devra d’être significative. Avec un soupçon d’ironie, on ajoute que cette progression ne sera pas entachée du soupçon de délit d’initié que recelait la distribution des nouveaux droits de plantation et, toujours très sérieusement, on ajoute auprès de moi qui suis bon public, et même si certains puristes de l’AOC, intégristes ou hommes des terroirs, vont rire jaune, que la belle mécanique inaoiste va renforcer le niveau qualitatif du vignoble champenois qui, rappelons-le fut formaté d’une manière très administrative en un temps où ni le raisin, ni l’hectare n’étaient rare. Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes en Champagne...

 

Le Taulier est allé buller en Champagne et il l'a sabré avec succès... avec  un chef de cave. - Le blog de JACQUES BERTHOMEAU

La nouvelle aire d'appellation Champagne dévoilée en 2026

Le travail de la révision de l'aire de l'AOC Champagne se poursuit. Le nouveau parcellaire devrait être connu dans quatre années.

 

Par Aude Lutun Le 25 mars 2022

 

« Cela avance », assure Maxime Toubart, le président du syndicat général des vignerons de Champagne. La révision de l’aire de l’AOC Champagne, qui ne manque pas d’enjeux avec un prix moyen de l’hectare dépassant le million d’euros, est un sujet très suivi. Certains aimeraient qu’elle n’aboutisse jamais, la rareté étant à leurs yeux plus facile à gérer qu’une hypothétique augmentation de la consommation mondiale. Pour d’autres, la Champagne a toujours su gérer sa croissance. Lancé en 2005, ce travail de révision n’a toujours pas abouti. La commission des experts nommés par l’Institut National de l'Origine et de la Qualité (INAO) a débuté son travail d’expertise sur le terrain en 2013, pour valider que les parcelles de l’aire AOC méritent bien d'y être et pour déterminer celles qui pourraient y entrer.

 

« Nous menons un travail de concertation avec l’INAO, poursuit Maxime Toubart. Nous aimerions, par exemple, intégrer les effets du changement climatique. On voit certaines parcelles situées plein sud qui souffrent de sécheresse les années sèches. Qu’en sera-t-il dans trente ans ? Nous sommes en train de retravailler sur un calendrier. Le projet de la nouvelle aire devrait être présenté en 2026 ».

 

2029

 

La gestion des probables recours étant estimée à trois ans, la nouvelle aire devrait donc être finalisée en 2029.

 

 

Julien Le 25 mars 2022 à 13:18:28 ( en l’état sans correction)


Quelle bêtises pour rester polie, de rouvrir de nouvelle surface en appelation, sa ne rime a rien, la champagne sub viens parfaitement à la demande nation et internationale ça fait déjà des années sans problème, d'ailleurs nous sommes même obligé de restreindre l'appellation pour éviter d'innonder le marché...comme en 2020... Si cela se fait, il y aura une baisse de l'appellation chaque année pour la vendange.. Au final on vendra toujours au temps de bouteille chaque (je l'espère) mais on devra mettre des raisin parterre faut d'une appelation basse tout les ans, sans parler des produits phytosanitaires qui serrons plus utiliser pour le même coût... Franchement j'espère que ça n'aboutira si il doive justifiée le travail il comprend que le temps n'et plus à l'augmentation de surface comme il y a u. Le temps maintenant et de tenir un marché constent, sans le frigilisée avec de nouvelle air, pour des marchés déjà bien Remplir actuellement...

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26 mars 2022 6 26 /03 /mars /2022 06:00

Le Jura connais pas !

Livre: Carte des vins du Jura, 30 x 40 cm, Benoît France, Benoît France,  9782843543135 - Athenaeum

 

Pas tout à fait, je me souviens que Dominique VOYNET avait commencé sa carrière en 1985, à l'hôpital de Dole, en tant qu'anesthésiste réanimatrice. En 1995, elle se présente à l'élection présidentielle sous l’étiquette des Verts. En 1997, Dominique Voynet entre dans le gouvernement de Lionel Jospin. Puis, elle est ministre de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement, jusqu'en 2001.L’ami Jean-François Collin est son directeur de cabinet). En 2007, elle est élue maire de Montreuil. Elle refuse de briguer un second mandat en 2013. Fin 2019, Dominique Voynet est nommée à la tête de l'ARS (Agence régionale de la santé) de Mayotte. En 2020, elle est confrontée à la gestion de la crise sanitaire liée au Covid-19.

 

 

2008 - 2014       Maire - Montreuil (93100)

2004 - 2011        Sénatrice de Seine-Saint-Denis - Seine-Saint-Denis (93)

2001 - 2002       Députée du Jura de la 3ème circonscription - Jura (39)

1997 - 1997           Députée du Jura de la 3ème circonscription - Jura (39)

1992 - 1994        Conseillère régionale - Franche-Comté

1989 - 2004       Conseillère municipale - Dole (39100)

 

Dominique Voynet, ancienne ministre de l’Environnement et figure des Verts, prend sa retraite ICI

L’ancienne ministre de l’Environnement quitte Mayotte où elle dirigeait l’Agence de santé. À 62 ans, elle prend sa retraite.

 

Tom-7203.JPG

24 mars 2010

Tintin au pays des Soviets : la pérestroïka du développement buvable à Montreuil dans le neuf trois ICI 

 

C’est pour moi un rituel annuel : depuis 2003 l’association des bouffons bios de Montreuil organise un Marché des Vins Bios et j’y va à mon pas. Aux temps héroïques, lorsque les « rouges » tenaient la ville, la manifestation trouvait refuge dans des lieux improbables mais où il faisait bon se retrouver même si quelque fois on se les gelait. Aux dernières municipales, à la surprise générale, Montreuil est tombée dans l’escarcelle des Verts sous la houlette de Dominique Voynet. L’indéracinable Brard, bon stal repeint en rénovateur, toujours député, ne s’en est pas remis. Bref cette année rendez-vous était pris au bar de la salle des fêtes de la Mairie de Montreuil.

 

Tom-7186.JPG

 

Le fait est à souligner : voilà un bel engagement d’une élue pour le vin, qu’il fut Bio, ce qui est logique pour une élue écologiste, n’enlève rien à l’exemplarité. Donc avec ma petite auto qui parle, samedi matin cap sur le neuf-3. À 350 mètres du but selon ma guide je trouve une place de stationnement. Vu que je suis un 75, un parigot tête de veau, je prends le risque de la gratuité. Quelques pas plus avant je passe devant le pavillon des époux Duclos sis au 22 avenue du Président Wilson. Je me souviens du petit pâtissier rondouillard, stalinien pur et dur, l’homme du bonnet blanc Pompidou, blanc bonnet Poher, de l’élection présidentielle de 1969 : meilleur score du PC 4 808 285 voix (21,27%). Sur ma droite des palissades enserrent une énorme balafre urbaine, un vaste chantier de rénovation : le centre-ville de Montreuil va-t-il s’humaniser ?

 
Pour mon ami Michel-Laurent : Pierre Denêtre président de l’association des médaillés de l’ordre du Mérite agricole
Par Le Progrès 28 oct. 2013

Revenons à l’objet de cette chronique : le Jura eldorado des vins nus.

 

Dimanche dernier je monte dans ma petite auto qui parle et cap sur le Jura où se déroule Le Nez dans le Vert le salon de printemps des vins nu du Jura à la Saline Royale d’Arc-et-Senans.

 

Saline royale d'Arc-et-Senans

 

Fait beau, le soleil brille sur la magnifique Saline Royale construite entre 1775 et 1779 par le célèbre architecte des lumières Claude Nicolas Ledoux (1736 - 1806) sur la volonté de Louis XV. Elle est inscrite au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 1982 car c’est un des rares exemples de l’architecture industrielle de l’époque. ICI 

Liste des participants

 

Domaine Overnoy

Domaine Julien Mareschal

Domaine André et Mireille Tissot

Domaine Pignier

Ratapoil

Domaine Ratte

Domaine Bornard

Nicolas Jacob

Valentin Morel

Les Dolomies

Domaine de La Pinte

Domaine des Coteaux du Val de Sorne JF Ryon

La Maison de Rose

Domaine de la Loue

Domaine de la Touraize

Domaine Philippe Chatillon

Domaine Thill

Domaine Berthet-Bondet

Domaine Villet

Domaine des Marnes Blanches

Domaine NOVICE

Domaine Overnoy-Crinquand

Domaine Cabaret des Oiseaux

Octavin

Domaine Labet

Domaine de la Renardière

Domaine Courbet

Domaine Wicky Gilles

Domaine de la Tournelle

Les Bottes Rouges

Domaine du Pélican

Buronfosse Peggy & Jean Pascal

Kevin Bouillet

GAEC Bruyère - Houillon

Domaine de la Cibellyne

Domaine des Miroirs

Domaine du Pont de Breux

Les Bodines

Thomas Jacquin

Julien Crinquand

Didier Grappe

Les Granges Paquenesses

Patrice Hugues-Beguet

LES PETAVINS (Savoie)

 

Belle matinée de dégustation puis retour sur Paris, vu mon faible niveau de dégustateur je vous épargne mes commentaires. En revanche je vous recommande l’acquisition de ICI 

 
Livre: Entre Les Vignes #3, Avec 3 générations de vigneron.nes du Jura,  Guillaume Laroche, Reverse, 9782955798850 - Athenaeum 

 

C'est quoi, le secret des vins du Jura ?

 

Mais qu'est-ce qui rend donc les vins du Jura si passionnants, qui fait qu'ils ont ce truc en plus qu'on ne retrouve nulle part ailleurs ? Vous voyez ce dont on parle ?

 

Mais si, ce petit goût qui fait toute la différence. Certains disent que c'est le terroir, d'autres penchent pour la méthode. Nous, nous pensons que c'est un peu plus que ça et même bien plus. Il a fallu quatre millésimes pour réaliser ce livre. Pendant quatre ans, nous avons multiplié les rencontres, les échanges, les vignes arpentées et les bouteilles éclusées afin de prendre le pouls de cette viticulture en mouvement, chamboulée par le dérèglement climatique, mais incroyablement ancrée dans ses traditions. C'était le temps nécessaire pour tenter de percer ce secret.

 

 

 

 

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25 mars 2022 5 25 /03 /mars /2022 06:00

DE NOS FRÈRES BLESSÉS de Hélier Cisterne : critique du film

L’autre soir j’étais accoudé au bar de la Passerina et le papa de Justine me brancha politique : moi le rocardien pensais quoi de notre président candidat ?

 

- Il n’est en rien l’héritier du courant de pensée porté par Rocard…

 

Et puis, au jeu des questions-réponses, l’une d’elle : « aimiez-vous Mitterrand ? » m’a incité à vous parler du film d’Hélier CisterneDe nos frères blessés” qui raconte l'histoire de Fernand Iveton, militant communiste, guillotiné après pour avoir posé une bombe dans un local désaffecté de son usine. Cette dernière n’a tué ni blessé personne. Pourtant la vie de Fernand Iveton, et de sa femme, bascule. Il est devenu un “traitre” et risque la peine capitale.

 

https://i.la-croix.com/1400x933/smart/2022/03/22/1201206304/freres-blesses-dHelier-Cisterne_0.jpg

 

Il faut en faire un exemple

 

« Le nom de Fernand Iveton s’est perdu dans les eaux glacées de la guerre d’Algérie », explique l’historien Benjamin Stora, dans la préface des notes de productions du film De nos frères blessés. Cet employé à Gaz d’Algérie, né à Alger en 1926, et militant communiste n’avait pas le profil d’un héros. « Il n’avait pas la tête de l’emploi, il n’avait pas l’allure du suspect à surveiller, il était engagé, entier et combattif, mais c’était un homme ordinaire », déclare aussi Hélier Cisterne.

 

Cette bombe, qui n’avait pas vocation à blesser qui que ce soit, n’explosera jamais. Fernand Iveton est repéré par l’un de ses contremaitres, arrêté et torturé. Il est ensuite déféré devant un tribunal militaire, mis en place à l’époque en Algérie, dans le contexte tendu de la guerre. Jugé de manière arbitraire, il est condamné à la peine capitale.

 

« Mais nous sommes en pleine ‘bataille d’Alger’, où les bombes provoquent la mort de plusieurs Européens. Pour les autorités de l’époque, il faut en faire un exemple », écrit Benjamin Stora.

 

Fernand Iveton n’est pourtant coupable d’aucun crime. Il demande la grâce au président Coty, mais son recours est refusé après les avis défavorables de Guy Mollet, et du Garde des Sceaux: François Mitterrand.

 

Pendant que François Mitterrand occupe les fonctions de Garde des Sceaux, « on compte 45 guillotinés », expliquait en 2010 François Malye au Point. « Il refusera 32 demandes de grâce, en acceptera huit. Cinq avis ne sont pas connus. Retenons que dans 80 % des cas connus, François Mitterrand a refusé la grâce ».

 

Est-ce pour réparer ces exécutions en Algérie que le président de la République fera voter, en 1981, l’abolition de la peine de mort, comme l’affirme l’avocat Roland Dumas?

 

« Peut-être », déclare Hélier Cisterne.

 

Bien qu’intimement lié aux décisions de François Mitterrand, De nos frères blessés n’est pas un film qui l’incrimine directement. La référence est subtile: on ne devine Mitterrand que grâce à ses mains, qu’il avait l’habitude de frotter l’une sur l’autre. Ce n’est qu’à la fin du film, que le réalisateur explique l’implication du président de la République dans certains des crimes commis en Algérie par la raison d’État.

 

 

Entre un Michel Rocard qui met sa carrière de haut-fonctionnaire en jeu avec son rapport sans concession sur les camps de regroupement en Algérie ICI et un François Mitterrand vieux routier de la IVe qui laisse le couperet de la guillotine faire son œuvre, pour l’exemple d’un brave garçon qui n’a tué personne. ICI

 

La peine mortelle de Mitterrand

Vincent Lacoste joue le rôle de Fernand

Derrière “De nos frères blessés”, la face sombre de Mitterrand pendant la guerre d’Algérie ICI 

 

Dans son film, Hélier Cisterne raconte l'histoire de Fernand Iveton, militant pour la guerre d'Algérie, dont le destin est intimement lié à celui de François Mitterrand.

 

 

Par Athena Rivas

 

 

 

Fernand Iveton est conduit à la guillotine, dans la prison de Barberousse à

De nos frères blessés : un héros si discret - ZONE CRITIQUE

L’Histoire :

 

Dans les années 50, une rencontre anodine dans un café se transforme en une relation passionnée pour Hélène et Fernand. Originaire d'Algérie, ce dernier parvient à convaincre sa dulcinée de le suivre pour commencer une nouvelle vie à Alger, dans un pays alors au bord de la guerre civile. Bouleversé par les exactions dont il est témoin, Fernand choisit de prendre fait et cause pour la libération du pays des mains et de rejoindre les rangs des partisans de l'indépendance. Malgré les pressions et les menaces des autorités françaises suspicieuses à son égard, Hélène ne cède pas et choisit d'embrasser la lutte aux côtés de son époux...

Cinéma. Vincent Lacoste, le cœur « de nos frères blessés »

Très Bien

De nos frères blessés ICI

De nos frères blessés de Hélier Cisterne  (Drame) : la critique Télérama

Drame (1h32) - 2022 - France - Belgique - Algérie

Réalisé par Hélier Cisterne

avec Vincent Lacoste, Vicky Krieps, Jules Langlade, Marc Brunet

Critique par Jacques Morice

Publié le 22/03/2022

 

Fernand Iveton, un nom, que l’Histoire avait effacé. Un héros ordinaire doublé d’un bouc-émissaire sacrifié. Son histoire s’inscrit dans le contexte de la guerre d’Algérie. En 1954, ouvrier tourneur dans une usine à Alger, ce jeune communiste ne supporte plus le sort réservé aux « indigènes » musulmans. Aux côtés de son meilleur ami, Henri, et de plusieurs autres camarades, il milite pour que les Arabes aient davantage de droits. La guerre n’est pas encore visible, le combat pour une Algérie libre tâtonne, source de divisions. Après avoir commencé à se rapprocher du FLN, Yveton décide un jour de poser une bombe dans son usine. L’attentat ne vise personne, il est consciencieusement planifié comme du sabotage, l’objectif étant de plonger la ville dans le noir. Mais la bombe est désamorcée et Iveton, arrêté.

 

La suite est à peine croyable : torture, procès qui vire à la mascarade dans un tribunal militaire, absence de soutien de la part de la métropole. Hélier Cisterne, le réalisateur remarqué de Vandal (2013), prend soin, pourtant, de juguler le pathos en apportant une forme d’innocence et de fraîcheur. Le film, construit en puzzle, avec une chronologie éclatée, est politique, mais c’est aussi une histoire d’amour, simple et forte, entre Fernand et Hélène, jeune mère polonaise, fière et entreprenante, qui a fui le régime stalinien. Le sujet du communisme, qui les oppose forcément au début, donne lieu à une scène de querelle à la fois véhémente et savoureuse. On y sent déjà leur attirance qui sera plus forte que l’idéologie.

 

Vincent Lacoste et Vicky Krieps forment un couple parfait. Dans leur rencontre au bal, dans les scènes de baignade ou de dîner avec les amis se dégage un parfum d’insouciance, qui rappelle parfois le cinéma populaire d’avant-guerre. Cette insouciance ne disparaît jamais tout à fait, même quand les événements prennent une tournure plus dangereuse. S’il est parfaitement conscient des risques encourus, Iveton manifeste, dans son idéalisme, une part d’ingénuité qui le voue sans doute à l’échec. Il n’empêche : sa bravoure et celle de son épouse, qui ne passe pas à l’action mais sait tout et a accepté, non sans tension, de rester auprès de son homme, réveillent le souvenir de ces couples humbles et unis engagés dans la Résistance.

 

Avec sa sobriété, sa pudeur, De nos frères blessés est poignant, tant l’injustice racontée est criante. Et en plus de faire connaître cette affaire, le flm révèle le rôle de François Mitterrand, garde des Sceaux de l’époque, qui signa l’arrêt de mort de Fernand Iveton. Lequel ne fut pas le seul dans ce cas : quarante-quatre autres condamnés furent guillotinés en un an, alors qu’il occupait ses fonctions, de 1956 à 1957.

 

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24 mars 2022 4 24 /03 /mars /2022 06:00

Eva Jospin - Artists - Suzanne Tarasieve

On me pose souvent la question : comment choisis-tu tes ses sujets de chroniques ?

 

Le plus souvent elles me tombent dessus, le genre tomber amoureux.

 

La présente part d’une visite d’une amie, au musée de la chasse et de la nature où expose Eva Jospin. ICI

 

Tient, tient, tient, une Jospin…

 

L’ancien Premier ministre socialiste, Lionel Jospin, a quitté le devant de la scène et la vie politique en 2002, après être arrivé troisième à l’élection présidentielle. Quant à ses enfants, Hugo et Eva, nés de sa première union avec Élisabeth Dannenmuller - ils ont divorcé en 1993 -, ils ont encore de belles carrières devant eux. Tous deux ont en effet embrassé des professions artistiques, dans des domaines très différents : la composition musicale pour l’aîné, les arts plastiques pour sa sœur cadette.

 

Désormais âgée de 45 ans (ndlr en 2021), Eva Jospin s’est fait un nom dans le milieu de l’art : cette plasticienne, dont le thème de prédilection est la forêt, a beaucoup travaillé pour être reconnue pour ses œuvres. Diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2002, elle se rêve d’abord scénographe. Mais très vite, elle se tourne vers la production par ses propres mains, et surtout elle se plonge corps et âme dans une matière dont elle use mais n’abuse jamais : le carton. Dans les colonnes du Monde, en 2017, elle confiait ainsi : « À mes débuts, je ne soupçonnais pas une telle richesse du matériau. »

 

 

Les 60 jours de Jospin - broché - Stéphane Ruet, Lionel Jospin, Jean  Glavany - Achat Livre | fnac

Du côté Jospin je l’ai côtoyé lors des séances du Comité Interministériel sur la Corse, il  était Ministre de l’Education Nationale du gouvernement Rocard, j’étais le seul non Ministre à la table et Rocard, qui me connaissait pour avoir été son CT au Ministère de l’Agriculture, me donnait la parole car les questions  agricoles sur l’île étaient chaudes bouillantes. Entre un Charasse se revendiquant d’une grand-mère Corse, un Joxe impérieux, le Jospin était raide comme un radis, n’appréciant guère Rocard, il imposait sa vision politique de la question Corse.

 

2022 : François Hollande se rêvait en « Capitaine France » mais reste sur  son pédalo | Atlantico.fr

 

Du côté Hollande, je l’ai côtoyé via Stéphane Le Foll, son directeur de cabinet à Solférino, deux notations à son sujet : l’état de son bureau, il disparaissait derrière ses dossiers, le sentiment lorsque je lui parlaitsqu’il en avait rien à  cirer. J'ai voté pour lui en espérant qu'il s'élèverait au niveau de sa fonction, il l'a fait lors des attentats mais il a enterré le PS sous son incapacité à sortir de ses compromis. 

Dans la forêt factice d'Eva Jospin, « le crime du musée de la chasse est  presque parfait »- – Parallèles Potentiels & Urbanités

La 1ère Madame Jospin :
"Lionel et moi"
ICI 
 

 

EXCLUSIF "Enarque le jour, trotskiste la nuit, il jouait au chat et à la souris avec lui-même". Voilà comment Elisabeth Dannenmuller, première épouse de l'ancien Premier ministre Lionel Jospin, raconte son ex-mari.

Publié le 13 novembre 2002

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Jospin +Hollande = 20 ans 1er secrétaire du PS (24 janvier 1981 - 14 mai 1988 - 14 octobre 1995 - 2 juin 1997 /27 novembre 1997 - 26 novembre 2008)

 

François Mitterrand et François Hollande sont devenus présidents de la République française par la suite.

 

Pierre Mauroy, Laurent Fabius, Michel Rocard et Lionel Jospin ont été Premier ministre. Seul ce dernier l'est devenu après avoir dirigé le Parti socialiste.

 

Lionel Jospin a été premier secrétaire à deux reprises durant 8 ans, 11 mois et 9 jours au total.

 

Martine Aubry est la seule femme à avoir dirigé le Parti socialiste.

 

François Hollande est le premier secrétaire à avoir eu le plus long mandat à la tête du parti (10 ans, 11 mois et 30 jours). A contrario, Michel Rocard est resté le moins longtemps en fonction (1 an, 2 mois et 16 jours).

 

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L'ex-femme de M. Jospin dit avoir « subi » sa « double vie » entre le trotskisme et le PS

Par ISABELLE MANDRAUD

Publié le 08 novembre 2002

 

UN DROIT d'inventaire par l'intime. Après la publication, le 27 septembre, du journal de campagne - fraichement accueilli par les socialistes - de Sylviane Agacinski, seconde épouse de Lionel Jospin, voici la confession de sa première femme, Elisabeth Dannenmuller, qui livre, dans Le Nouvel Observateur du 7 novembre, sa « part de vérité ». L'une expliquait la défaite du candidat socialiste à l'élection présidentielle par « la division et la démobilisation de la gauche » et pensait « presque jusqu'au premier tour qu'il allait gagner » ( Le Monde du 26 septembre). L'autre a « le sentiment d'avoir trop bien compris la catastrophe politique » du 21 avril... Agée de 60 ans, Mme Dannenmuller, qui se dit « gommée » de l'existence de « Lionel » depuis leur séparation, en 1989, sort d'un « silence de treize ans » pour décrire un « candidat impérial », resté tel qu'elle l'a connu, « bardé de sa propre vertu », tenu par « l'orgueil » et porteur de « failles profondes ». « Il a perdu, mais ce sont les autres qui n'ont pas voulu comprendre sa valeur... Cet orgueil est une marque de famille », assure Mme Dannenmuller, dont les relations tendues avec les Jospin, évoquées dans les biographies de l'ancien premier ministre, n'ont rien de secret.

 

Connu, l'engagement de M. Jospin à l'Organisation communiste internationaliste (OCI), l'était également - l'intéressé ayant fini par l'avouer à l'Assemblée nationale, le 5 juin 2001 -, tout comme l'appréciation que portait sa première épouse sur ses amis politiques trotskistes d'alors, les « trop tristes », décrits par le journaliste du Nouvel Observateur Claude Askolovitch dans son livre, Lionel (Grasset, 2001), qui recueille cette nouvelle confession.

 

Car Mme Dannenmuller va désormais plus loin dans son évocation de l'entrisme de M. Jospin au PS et de ses mensonges, y compris dans son propre ménage. Pendant « quinze ans », dit-elle, jusqu'en 1986, date de la première cohabitation, Lionel Jospin « mena une double vie » . « En 1971, raconte-t-elle, Lionel devint «taupe» au Parti socialiste. Il ne me prévint pas. (...) Je n'allais apprendre son entrée au PS qu'en 1973, alors qu'il se préparait à devenir secrétaire national. Il me le dit d'un coup. C'était sa manière d'imposer sa vie aux autres. «Désormais je suis au Parti socialiste». J'étais saisie. «Et l'OCI ?» Il fut tranchant. «On n'en parle pas» ». « J'allais devoir subir (...) Lionel avait recommencé à faire semblant », poursuit son ex-femme, qui justifie déjà leur première séparation, à la fin des années 1960, par un engagement politique qui l'insupportait. « Il se gâchait en se dissociant », dit-elle. « CLANDESTIN EXCEPTIONNEL »

 

Jusqu'au bout, M. Jospin serait donc resté, à l'en croire, cadenassé dans ce parcours-mensonge, prisonnier d'une formation de « clandestins exceptionnels ». Sa défaite à l'élection présidentielle de 2002 serait ainsi le produit de l'histoire d'un homme « incapable d'exprimer des choses simples tant lui-même ne l'était pas », incapable de « savoir lier ses talents » ni même d'opérer « une séparation des actes et des sentiments, des convictions et des pratiques, des émotions et de l'action ».

 

Silencieux depuis son retrait de la vie politique, au soir du 21 avril, l'ancien premier ministre, que l'on dit aujourd'hui poursuivi par les paparazzi, laisse, une fois encore, parler les autres à sa place. Ironie du sort, le témoignage de sa première épouse coïncide avec sa première intervention publique depuis sa défaite. Vendredi 8 novembre, M. Jospin devait participer, aux Etats-Unis, à une conférence sur le thème de « l'Amérique dans le monde », à l'université de Charlottesville, en Virginie. Mais il n'est pas prévu qu'il réponde aux questions des étudiants et des journalistes, a indiqué une responsable de cette université, interrogée par l'Agence France-Presse.

 

Au PS, certains se disent aujourd'hui « blasés » de cette parole jospinienne « par procuration ». « C'est un témoignage intéressant mais inélégant », estime un proche du premier secrétaire, François Hollande, ajoutant : « On en fait beaucoup sur le profil psychologique. »

 

ISABELLE MANDRAUD

Selon l'ex « capitaine de pédalo » il faut introniser Macron et Mélenchon  dans la confrérie du melon, je suis pour. - Le blog de JACQUES BERTHOMEAU

Comment François Hollande s’est préparé, en secret, à être candidat à l’élection présidentielle 2022 ICI 

 

C’est un épisode caché de cette guerre des candidatures à gauche qui a eu lieu en début d’année. L’ancien président de la République a envisagé de se présenter à l’Elysée. Un tour de chauffe qui pourrait lui servir pour la suite.

Philae a une vie de chien très confortable. Elle vaque à sa guise dans un vaste appartement de la rue de Rivoli transformé en cabinet de travail au mobilier choisi, doté d’une vue inestimable sur le jardin des Tuileries, au cœur du Paris historique. Sa journée de labrador consiste à se prélasser aux pieds d’ambassadeurs en goguette, d’experts et d’industriels de tout poil, de jeunes hauts fonctionnaires bourrés d’avenir, tous venus rendre des visites solennelles à son maître, l’ancien président de la République, François Hollande. Mais, pour tout dire, depuis qu’elle a quitté l’Elysée, en 2017, Philae s’embête un peu.

 

Heureusement, fin novembre 2021, le « Baron noir » sonne à la porte, et tout devient soudain beaucoup plus palpitant. Le « Baron noir », c’est Julien Dray, l’ancien député socialiste, le fondateur de SOS Racisme en 1984, l’un des acteurs de la réélection de François Mitterrand en 1988, le précepteur politique d’Emmanuel Macron, alors jeune conseiller élyséen, bien des années plus tard. Une vie d’expert en « coups » politiques, à la lisière des pouvoirs, qui a inspiré la série politique à succès avec Kad Merad. Hollande et Dray se connaissent par cœur depuis quarante ans. Ils se sont fâchés, rabibochés, ils ont réussi ensemble un nombre incalculable de manœuvres d’appareil.

 

En cette fin d’année 2021, donc, l’ancien chef de l’Etat est content. Julien Dray le boudait depuis des mois, pour un différend dont ils ont tous les deux oublié l’objet, évidemment. Le plus important, c’est qu’ils n’ont besoin que d’un regard pour savoir si une tentative politique peut présenter un certain intérêt. « Alors ? Comment tu vois les choses ?, demande François Hollande.

– Pourquoi pas…, répond Julien Dray.

– Bien. Mais, à ton avis, quelles sont les conditions ?

– Il faut donner un sens politique à ta candidature qui ne doit pas être celle de 2017. »

 

S’enclenche alors une aventure politique aussi courte – deux mois – qu’intense, le coup passa si près. L’idée organisée d’une contre-programmation extravagante, une opération souterraine durant laquelle François Hollande fut tout proche de se présenter à l’élection présidentielle de 2022. Pour l’instant, nous en sommes au début de l’histoire, Philae est emballée. Sans doute est-elle une spectatrice de Jean Yanne, qui a dit un jour : « Il faut commencer à se méfier le jour où l’on a plus de souvenirs que de projets. »

 

« Difficile, gonflé, insensé »

 

Tout début décembre 2021, François Hollande reçoit dans son nouveau chez-lui, une petite maison du 14e arrondissement parisien. Une grande table de cuisine, trois bricoles à grignoter, une conversation à bâtons rompus. Dray est là avec deux vieux amis : un publicitaire iconoclaste et Christian Michel, expert en stratégie et communication politique, qui œuvrait aux côtés de Jacques Séguéla et Gérard Colé lors de la campagne de François Mitterrand en 1981.

 

« En coulisses, on avait une trentaine d’experts enthousiastes. Ils n’attendaient qu’une chose : qu’il appuie sur le bouton », selon le haut fonctionnaire Maxime Boutron

 

Comme cette petite bande n’est pas née de la dernière pluie politique, elle sait que la candidature d’Anne Hidalgo est déjà un fiasco et prédit qu’elle aura du mal à la poursuivre. L’hypothèse d’une candidature de substitution s’impose. François Hollande y croit. Il y croira toujours. Il n’a pas été en mesure de se représenter en 2017, il s’en mord les doigts chaque jour. Il y croit d’autant plus qu’il achève la tournée promotionnelle de son dernier livre, Affronter (Stock, 2021). Il a parcouru la France, il en revient ravi. Depuis cinq ans, il se tient prêt, au cas où. Le passage à l’acte, c’est une autre histoire. « C’est difficile, gonflé, insensé, avec une prise de risque maximale. Donc, c’est idéal », raconte, aujourd’hui, Christian Michel.

 

Une soirée à chercher l’espace. Des macronistes de gauche peuvent être récupérés, et aussi les écologistes qui veulent gagner, et ceux pour qui Jean-Luc Mélenchon n’est plus un vote utile. La lucidité affleure : compliqué de viser le second tour ? Mais pourquoi ne pas créer un choc pour ne pas voir mourir le Parti socialiste (PS) ? « On ne pouvait pas y aller en disant : “J’ai tout fait bien”, poursuit Christian Michel. Il fallait vider l’abcès de son quinquennat qui ne fait pas l’unanimité… Ce n’est pas n’importe qui… Il a le talent pour plier le truc en deux émissions de télé bien préparées. » On se quitte avec des plans plein les têtes.

 

Rue de Rivoli, dans le bureau de François Hollande, s’ébroue une seconde équipe. Qui ne connaît pas encore l’existence de la première. Hollande aime compartimenter. Une poignée de jeunes énarques, d’anciens membres des cabinets ministériels du précédent quinquennat. Des têtes plus conventionnelles que celles de Dray et compagnie. Qui oscillent entre fan-club hollandais – certains surnomment l’ex-président « Captain America », le super-héros qui peut sauver la France – et principe de réalité autodécrété : qui d’autre que lui comme candidat crédible ? Qui, depuis qu’Anne Hidalgo veut doubler le salaire des profs, promesse pas très sérieuse, selon eux ? Qui, depuis que Bernard Cazeneuve se terre ?

 

Equation complexe

 

Cette seconde équipe fournit des notes d’analyse pour enrichir un socle programmatique très social-démocrate, agrège des propositions testées auprès d’une société d’études statistiques, Happydemics. Comme ces 50 000 euros octroyés à chaque Français ou Française qui fête ses 18 ans. « On mettait en place tout ce qui peut lui permettre d’être prêt au cas où… », précise Maxime Boutron. A 38 ans, ce haut fonctionnaire, ancien du cabinet de Michel Sapin à Bercy, parle beaucoup, vite et clair : « En vingt-quatre heures, on pouvait lancer une campagne. En coulisses, on avait une trentaine d’experts enthousiastes, fiers du bilan de François Hollande en 2017 et qui voulaient le poursuivre : la redistribution, l’émancipation, mais aussi des déficits maîtrisés, un chômage en baisse… Ils n’attendaient qu’une chose : qu’il appuie sur le bouton. »

 

 

Mercredi 8 décembre. Le moment est brûlant. François Hollande prend un thé à Lille avec Martine Aubry, qui passe des coups de fil. Elle n’en revient pas. « Mais que va-t-elle dire ? Va-t-elle se retirer ? » Anne Hidalgo vient de descendre, à Poitiers, d’un train qui devait l’emmener à La Rochelle. Elle se déroute pour s’inviter sur le plateau du « 20 heures » de TF1 et appeler à une primaire de la gauche. Devant la maire de Lille, François Hollande se pince les lèvres pour ne pas sourire. Anne Hidalgo est descendue du train comme si elle descendait de la campagne.

 

Foncer, puisque tout semble s’éclaircir. Le 21 décembre, l’ex-président opère la jonction des deux équipes. Enfin. Une douzaine de personnes qui se découvrent, rue de Rivoli. Les jeunes énarques sont hypnotisés par le bagou et les dix idées à la minute du « Baron noir » Dray. On accélère. Deux réunions par semaine. « On réfléchit aux propositions à mettre en avant, qui pourraient impacter la campagne. On travaille l’incarnation d’un ex-président qui prendra de la hauteur, loin des politicailleries », se souvient Karim Ziabat, 28 ans, élu à Cergy (Val-d’Oise), ancien stagiaire à l’Elysée. On réfléchit à l’annonce, à ses modalités. On guette l’actualité pour rendre François Hollande incontournable. Laisser s’épanouir l’évidence d’une candidature de recours, mais sans qu’il en soit l’initiateur. L’équation est complexe.

 

Exprimer une envie latente et raisonnable

 

En arrière-plan, le déroulé du film est prometteur. Anne Hidalgo met du temps à renoncer, mais des renseignements provenant du PS font penser que son débranchage ne serait plus qu’une question de jours. Elle est passée sous les 5 % d’intentions de vote. En privé, François Hollande est formel : « Les sondages qui tombent tous les jours… Ça va tourner au supplice. » La candidature inexplicable de Christiane Taubira rajoute à la confusion. Elles vont finir par se détruire l’une l’autre. Il faut laisser prospérer la catastrophe.

 

Il y a des réunions entre Noël et le jour de l’An. Mais François Hollande « n’a jamais exprimé de souhait définitif », précise Tarek Ouagguini, patron d’Happydemics et consultant à titre personnel dans cette histoire. L’ancien chef de l’Etat ne le dit jamais, mais personne ne s’en inquiète, c’est sa nature. Il n’aime rien davantage que de laisser faire. Il se satisfait que les autres y pensent encore plus fort que lui. « Ce n’est pas une lubie ou une obsession d’y aller à tout prix, insiste Maxime Boutron. S’il devait y aller, c’était pour de bonnes raisons, pour rassembler et réhabiliter la gauche, mais les sentiments de loyauté et de responsabilité l’emportent sur les aventures narcissiques. »

 

« Ce fut une aventure envoûtante, un exercice grandeur nature qui servira pour le coup d’après. Pour faire un congrès d’Épinay du XXIe siècle », indique Karim Ziabat, élu à Cergy (Val-d’Oise), ancien stagiaire à l’Élysée

 

François Hollande émet d’ailleurs une interdiction inviolable : il ne tolérera aucune manœuvre susceptible d’accélérer le retrait d’Anne Hidalgo. Il ne veut pas donner l’impression de s’emballer ou d’être déloyal. Il veut plutôt exprimer une envie latente et raisonnable. Mais « sa volonté de faire et de proposer est toujours évidente, si bien qu’il n’est pas nécessaire de tester continuellement son for intérieur », tranche Maxime Boutron.

 

Tellement évidente que, interrogé par des lycéens dans un reportage diffusé sur France 3, dimanche 23 janvier, il laisse planer un doute majuscule : « Pour l’instant, je ne suis pas candidat. » Cette intervention n’a pas été préparée, son équipe est d’autant plus aux anges. « François Hollande a beaucoup d’humour », commente Anne Hidalgo, le lendemain.

 

Le 31 janvier, il donne une conférence dans le grand amphithéâtre de Sciences Po Paris. Une occasion en or, réglée au millimètre. Ce ne sera pas une déclaration en bonne et due forme, mais l’expression d’une phrase forte, significative, qui doit générer un teasing décisif sur les réseaux sociaux et embraser l’affaire. Rue de Rivoli, c’est la fébrilité fiévreuse de Cap Canaveral.

 

« Il s’est enfermé lui-même »

 

Désillusion. François Hollande s’est dérobé. L’attente d’événements favorables est encore supérieure à sa volonté d’agir. Sauf que personne n’avait prévu d’être confronté à la championne du monde des coriaces. Anne Hidalgo martèle qu’elle ira jusqu’au bout.

 

François Hollande est déconcerté. Rationnel, il ne comprend pas l’acharnement de celle qui paraît l’être beaucoup moins. Il y a des frottements dans son équipe. Julien Dray trépigne, tiraillé par sa formation trotskiste et mouvementiste : « Si tu ne bouges pas, il ne se passera rien. C’est l’annonce de ta candidature qui scellera la fin d’Hidalgo. » Plus Dray le brusque, plus Hollande a tendance à s’éloigner de quelques pas : « Je ne veux pas aller contre Hidalgo, ni contre mon parti. »

 

Autour de la table, son sourire est toujours aussi débonnaire, mais ses interventions de plus en plus labyrinthiques. Il pose beaucoup de questions, pour montrer qu’il s’en pose encore plusTant qu’Anne Hidalgo restera en piste…

 

Le 1er février, sur la place de la Bastille, Julien Dray rencontre Pierre Jouvet et Luc Broussy, membres de la direction du PS. Il leur propose qu’une délégation du parti rende visite à François Hollande pour solder le cas Hidalgo. Ils regardent le « Baron noir » avec de grands yeux. Ils ne se doutent pas qu’une petite armée hollandaise est en marche.

 

Le 10 février, Anne Hidalgo s’apprête à s’envoler pour les Antilles. Elle sourit quand on lui parle de l’ancien président. Elle est sur le point de récolter ses 500 parrainages, elle sait que c’est terminé : « François Hollande n’a jamais été un sujet. » Mardi 15 février, un dernier déjeuner, rue de Rivoli. François Hollande conclut : « Bon… C’est assez clair, maintenant. » Tout le monde est là. Sauf Julien Dray, vinaigre : « En prenant un temps invraisemblable à se décider, il s’est enfermé lui-même. » L’ancien chef de l’Etat a l’air soulagé, pas franchement rongé par la frustration. Car il n’est pas vraiment question que cette aventure ait une fin. « Le Parti socialiste, c’est mon histoire. Je ne me suis pas engagé toute ma vie pour regarder des morceaux éparpillés. » Tous ont promis de se revoir. « Ce fut une aventure envoûtante, un exercice grandeur nature qui servira pour le coup d’après, explique Karim Ziabat. Pour faire un congrès d’Epinay du XXIe siècle. »

 

Désormais, le Paris politique bruisse de sa future candidature aux élections législatives en juin, cela met en colère l’ancien locataire de l’Elysée. Parce que c’est vrai ? Depuis le début de la guerre en Ukraine, François Hollande intervient tous azimuts dans les médias. Il devrait participer à un prochain meeting d’Anne Hidalgo. Selon nos informations, Philae est en pleine forme. Son maître aussi : « Philae est à côté de moi. Je vous la passe ? »

 

Laurent Telo

 

 

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23 mars 2022 3 23 /03 /mars /2022 06:00

De mon temps les agents c'était les hirondelles, de nos jours c'est pire  que le chiendent y'en a partout même chez les naturistes… - Le blog de  JACQUES BERTHOMEAU

Si j’étais un gars courageux, si je n’étais pas aussi vieux, si mon envie d’écrire ne s’était pas assoupie, si Paris pouvait être mis dans une bouteille, je tartinerais une chronique sur les agents qui ne serait pas piquée des hannetons.*

 

 

Elle est sympa cette Marie-Ève, dans l’empathie pour les braves agents de vin nu, elle les couche sur  son divan, les analyse, comprends leur précarité, les plaint.

 

Est-ce vraiment la réalité de ce métier ?

 

Pour en avoir croisé beaucoup depuis leur irruption dans le petit monde du vin nu, j’en doute. Pour autant, je ne mets pas en doute leur utilité dans le monde si parcellisée du vin nature.

 

Votre échantillon, chère Marie- Ève est un peu riquiqui pour vous permettre de dresser les différents profils d’agents de vin nu. Mais bon, c’est celui qui fait qui dit et, comme je n’ai aucune envie de travailler vous avez commencé à défricher la jachère, continuez ! Le risque c’est que vous ne vous ferez pas que des amis. Le monde des vins nu n’est pas un monde de bisounours.

 

Les hirondelles : la patrouille de police disparue de Paris

 

« Les Hirondelles » foulent pour la première fois le sol parisien en 1901. Leurs collègues et les habitants les surnomment ainsi à cause de leur cape flottante qui rappelle l’oiseau. Aussi, les vélos de ces policiers s’appellent très justement « Hirondelles ».

 

Avec trois brigades par arrondissement, la ville comptait 2819 policiers sur roues en 1950 ! Ces policiers spéciaux étaient chargés de faire régner l’ordre et le calme durant la nuit. Ils enfourchaient donc leurs précieuses « Hirondelles » pour faire acte de présence et non pour poursuivre de dangereux malfrats… En effet, ces agents de proximité étaient souvent les plus âgés car ils n’avaient qu’à pédaler tranquillement dans les rues de la capitale. Les Parisiens connaissaient leur brigade, les saluaient et parfois même trinquaient avec eux ! Malheureusement ils disparaissent petit à petit dans les 80’s au profit des brigades motos. « Les Hirondelles » sont rayées définitivement de la carte en 1984.

Un communiqué de notre ami Lefred-Thouron. | Glougueule

Métiers de l’ombre du vin : qui sont les agents de vins naturels ? ICI

 

Après les distributeurs de vins naturels, deuxième article de notre série de témoignages sur les métiers de l’ombre de la filière. Aujourd’hui : le mystère des agents, précieux intermédiaires entre villes et vignes.

 

Par Marie-Eve Lacasse

Publié le 15/03/2022

 

Vivre de sa passion pour le vin, que l’on soit caviste, distributeur ou agent est un pari risqué, surtout lorsqu’on veut promouvoir de petits domaines bio ou nature. A cet égard, les agents interviewés pour cette enquête nous ont tous mis en garde sur la précarité de leur métier.

 

Goût du risque, passion débordante, folie douce ?

La suite ICI

Pourquoi dit-on « Pas Piqué des Hannetons » ? Explication ICI !

*On peut dire d’une situation qui sort de l’ordinaire et qui n’est pas édulcorée, qu’elle n’est «pas piquée des hannetons».

 

Cette expression est apparue au début du XIXe siècle et tire son origine du monde paysan. Le hanneton est en effet un insecte bien connu des agriculteurs, qui a l’habitude de faire des ravages dans les exploitations, en s’attaquant tout particulièrement aux céréales.

 

Extrêmement vorace, cet animal détériore les plantes en y faisant de nombreux trous, au point de les rendre impropres à la consommation. A l’époque, il était donc courant, lorsqu’un vêtement ou un meuble en bois était troué ou très abîmé, de dire qu’il était «piqué des hannetons».

 

À l’inverse, «pas piqué» signifiait qu’il était en très bon état, parfaitement entretenu. Par extension, cette locution s’est rapidement appliquée à tout ce qui était sans défaut, notamment un individu.

 

Puis, à partir du début du XXe siècle, l’expression a légèrement évolué. Elle a donc fini par désigner ce qui est resté dans son état d’origine, naturel. Ainsi, pour un commentaire négatif, «pas piqué des hannetons» a permis de représenter une chose excessivement brute, manquant de finesse.

 

Dans la même logique, on peut utiliser la locution «pas piqué des vers».

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22 mars 2022 2 22 /03 /mars /2022 06:00

Le grand emprunt : véritable peau de chagrin ? - Raphaël DIDIER explique  l'économie

Je n’ai pas pu m’en empêcher, le nouveau chevalier blanc du vin levant l’étendard de la révolte contre le F noir de Nutri-score est doté d’un patronyme à rallonge, j’adore les patronymes à rallonge avec un faible pour Roux&Combaluzier, qui nous fait prendre de la hauteur, Pinay-Rabaroust donc, Franck de son prénom, jusqu’ici plutôt spécialisé dans le ragout sur son site Atabula, est doté d’un tarin qui hume le buzz, opportuniste, il se porte à la rescousse  des professionnels du vin qui s’inquiètent de l’apposition du F noir de Nutri-score sur leurs belles étiquettes.

 

La folie de l'emprunt Pinay | Alternatives Economiques

 

Pinay, Antoine de son prénom, maire de Saint-Chamond, évoque immanquablement, la rente Pinay, émise à deux reprises, en 1952 et en 1958, à l'initiative d’Antoine Pinay, lorsque les caisses de l'État se trouvaient vides, la rente 3 1/2 % avait dû être dotée d'avantages exorbitants du droit commun, tant était grande la méfiance des souscripteurs régulièrement spoliés par une inflation galopante.

 

Le résultat fut très brillant, compte tenu de la situation à l'époque : 430 milliards de francs légers collectés en 1952, dont 195 seulement en numéraire, il est vrai, et 320 milliards en 1958, dont 290 d'argent frais, auxquels il faut ajouter respectivement 35 et 140 tonnes d'or apportées à la Banque de France. L'amortissement était prévu jusqu'en 2012, et l'indexation sur le napoléon, passé de 36 F, en 1958, à 120 F actuellement, portait la valeur de remboursement et de reprise des 100 F originels à 250 F au 1er juin dernier, et à environ 330 F au 1er décembre prochain.

 

Le mécanisme de l'évasion fiscale

 

L'achat de rente Pinay, emprunt d'État, a donc, une fois n'est pas coutume, été profitable pour l'épargnant, et assez peu coûteux en définitive pour le Trésor, puisque la faiblesse du taux d'intérêt servi compensait en grande partie l'augmentation du prix de remboursement. L'agent de change Émile Meeschaert, dans un article publié dans la Vie française, chiffrait à 8,69 % le taux réel de l'emprunt, soit un niveau assez raisonnable. Ce qui était beaucoup plus lourd, en revanche, c'était le coût de l'évasion fiscale qu'offrait, en toute légalité, cet emprunt.

 

Le retour aux valeurs refuges – L'actu en patates

 

Depuis plus de dix-neuf ans, dès qu'un futur défunt fortuné donnait quelques signes de faiblesse, lui-même - ou bien souvent ses héritiers - faisait vendre tout ou partie de ses biens, dont le produit était transformé illico en titres de l'emprunt Pinay, revendus sitôt le décès acquis et la succession déclarée (en franchise de droits pour la partie constituée par l'emprunt). Cette pratique était si fréquente, notamment pour les valeurs mobilières, et en y ajoutant les donations anticipées, que, selon certains contrôleurs de l'enregistrement, la rente Pinay représentait le tiers ou la moitié de l'héritage déclaré dans les successions importantes. Par cette faille gigantesque du code fiscal, véritable " plaie ouverte au flanc de la direction générale des impôts ", plus du tiers des grandes fortunes transmises échappaient au fisc. La perte était difficilement chiffrable : les services de la Rue de Rivoli l'estiment à 400 millions de francs, mais le même M. Émile Meeschaert l'évalue à près de 900 millions de francs en 1972, chiffre que le Rue de Rivoli juge un peu fort.

 

Revenons à notre Pinay à tiret, je trouve que son poulet a des accents d’un autre chevalier blanc, le sieur Denis Saverot, de la vieille RVF, comme le dit une petite fille de 7 ans « ils en font des tonnes »

 

Avant que l’on m’accuse de collusion avec l’ennemi, le gang des blouses blanches, prohibitionnistes masqués, je rappelle que j’estime depuis toujours, ceux qui me suivent depuis l’origine de ce blog le savent, les messages de santé publique, en bandeau déroulant à la télé, sur les étiquettes, sur les paquets de tabac (je ne fume pas) les logos sur les étiquettes, sont sans effet sur les consommateurs, ils ne sont que l’expression de la bonne conscience de nos prescripteurs de Santé Publique.

 

Cependant, dans cette affaire du F noir de Nutri-score les professionnels du vin, avec leur combat d’arrière-garde contre la mention des composants du vin, comme c’était le cas de tous les autres produits alimentaires, leur communication sur le thème le vin est bon pour la santé, ont provoqué l’ire des blouses blanches qui, bien évidemment, ne ratent aucune occasion de monter au créneau pour imposer leurs normes.

 

Je suis un buveur festif de vin, je côtoie dans les bars à vin, les dégustations, les cavistes, de nombreux alcooliques qui ne se vivent pas comme tel, le vin c’est de l’alcool et l’addiction est pour certains un fait avéré qu’il serait stupide de nier. Tant que l’outrance dans les deux camps dominera, ce ne sont ni les dénis, ni les logos qui feront reculer l’alcoolisme qui est une maladie, un fléau qui brise des vies, des familles.

 

Du côté nutritionnel, le vin c’est beaucoup de calories, lorsque je pratique mes jeûnes, pour retrouver mon poids de forme, je ne bois que de l’eau.

Revenons à la prose du PINAY de la bouche : Nutri-score sur le vin : le F noir de la honte ICI 

 

par Franck Pinay-Rabaroust | Fév 7, 2022 | À BOIREÀ LA UNELE BILLET D'HUMEUR DE FPROPINION

 

Ce F noir change radicalement l’approche du système : elle ne hiérarchise plus, elle stigmatise. Elle pointe du doigt un coupable qui n’a même plus l’opportunité de plaider sa cause puisque son existence et sa nature sont nocives pour la société.

 

Faut-il alors lever une armée d’hoplites munis de sécateurs pour éradiquer la vigne ou, simplement, bannir à tout jamais ce F noir de la honte ? La réponse semble tellement évidente qu’elle pourrait échapper, par simple mégarde ou ivresse de la forfaiture, à la Sainte pensée nutriscorienne.

 

Comment peut-on tomber aussi bas dans la bêtise règlementaire, dans cette volonté de tout hiérarchiser, compartimenter, noter ? Ainsi de la volonté des concepteurs du Nutri-Score d’apposer un grand F noir sur toutes les bouteilles qui contiennent de l’alcool, même en faible quantité, dans tous les pays européens.

 

Un F pour dire quoi ?

 

Pour dire au consommateur abêti que le vin et consorts contiennent de l’alcool. Mais ne le sait-on pas « naturellement » que le vin en contient, n’est-ce pas déjà indiqué sur la bouteille ? Bien sûr que si, mais il faut toujours faire plus pour une frange de la population qui exècre la liberté individuelle et le bon sens collectif. Pour elle, il n’y a d’ordre que par la règlementation, par la mise au ban du citoyen, par l’instauration d’une société moutonnière uniforme, sans pensée ni aspérité. Puisque selon ces extrémistes le désordre vient du libre arbitre, il faut l’anéantir en offrant un schéma de pensée univoque issue d’une règlementation omniprésente. L’heure n’est plus au contrat social à la Rousseau, mais au Leviathan de Hobbes. L’ordre, c’est la vie, l’obligation son quotidien.

 

Le tout ICI 

 

 

Des professionnels inquiets de voir bientôt un Nutri-score «F» affiché sur les bouteilles de vin

Le système de Nutri-Score, mis au point en 2017 avait pour but d'améliorer la qualité des normes nutritionnelles. Ce système d’étiquetage des aliments de santé Nutri-Score AE établis par des scientifiques reviendrait à classer les bouteilles de vin «F».

Par Tatiana Jean-Dorize

 

Publié le 15/03/2022

 

 

Des étiquettes toquées d’un large F noir sur les flacons de vin ? Cette nouvelle a fait frissonner l’ensemble de la filière viticole. Alors que la filière se remettait avec soulagement de la décision prise par le parlement européen le 16 février dernier, ce dernier adoptant ainsi le rapport d'initiative de la commission de lutte contre le cancer (BECA) en retirant l'idée de risque sanitaire dès le premier verre, voilà que le vin français risque désormais d’être étiqueté comme nutritionnellement «malsain».

 

Une nouvelle vague de colère dans l’industrie viticole

 

Alors que le système de Nutri-Score est échelonné de A à E, le vin – et toutes boissons alcoolisées – serait fiché «F», et ce, en plus d’afficher sa teneur en sucre et en calorie. Lorsqu’il s’agit d’afficher des informations nutritionnelles et des ingrédients en général, le vin et la plupart des autres alcools qui n’ont qu’un seul ingrédient principal (raisins ou céréales) mais qui peuvent contenir des substances supplémentaires comme les sulfites, ont été spécialement dispensés de porter toutes les informations sur la bouteille. «Nous n'aurons pas besoin d'une étiquette supplémentaire sur la bouteille, mais plutôt d'un code QR ou d'un lien Internet» explique Christophe Château, responsable de la communication au Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB). La nouvelle n’avait pourtant pas manqué de faire réagir le ministre italien de l’Agriculture, ce dernier écrivait dans une lettre ouverte à ce sujet au président Macron. «Je voudrais savoir ce que Macron pense de la dernière proposition avancée par les concepteurs du Nutri-Score, qui suggèrent maintenant d'apposer un F noir sur toutes les boissons qui contiennent une quantité même minime d'alcool. Le président français est d'accord ?» 

 

 «Boire pour le plaisir et avec modération»

 

À partir de la fin de l’année prochaine, l’obligation de porter des informations nutritionnelles standard sur les aliments sera étendue dans l’UE aux boissons alcoolisées.


Le Nutri-Score a débuté en France en 2017 et n'est pas obligatoire, mais fortement conseillé. Une teneur élevée en fruits et légumes, en fibres, en protéines et en huiles saines signifie généralement des scores A et B. À l'inverse, un excès de sucre, d’acides gras saturés ou de sodium signifie généralement un D ou un E. Christophe Château, responsable de la communication au Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux, a déclaré : «Nous n’aurons pas besoin d’avoir une étiquette supplémentaire sur la bouteille, mais plutôt un code QR ou un lien Internet». Il a ajouté : «C’est un rappel que le vin contient beaucoup de calories – environ 80 pour un verre de vin rouge. Nous sommes convaincus que la plupart des gens verront les informations telles qu’elles sont. Nous conseillons toujours aux gens de boire pour le plaisir et avec modération». L’organisme Demeter, qui certifie les vins biodynamiques, a commenté : «Nous continuerons à faire certifier des vins en tant que vins Demeter avec les principes biodynamiques les plus élevés possibles. Si Nutri-Score dit que c’est un F, c’est leur problème, pas le nôtre». Reste à savoir si les consommateurs suivront la tendance. 

 

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21 mars 2022 1 21 /03 /mars /2022 06:00

Inscription en seconde au Lycée Louis le Grand et Henri IV

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Figure 3 – Proportion d’élèves issus de catégories socio-professionnelles très favorisées par lycée public général et technologique (élèves entrés en seconde à la rentrée 2021)
 
Lecture : À la rentrée 2021, 80 % des élèves qui sont entrés en seconde générale et technologique au lycée Louis-le-Grand étaient issus de catégories socio-professionnelles (PCS) très favorisées (chefs d’entreprises, professions libérales, cadres et professions intellectuelles). Cette proportion s’élevait à 87 % parmi les élèves précédemment scolarisés dans l’académie de Paris.

Champ : Élèves inscrits en seconde générale et technologique dans les lycées publics de l’académie de Paris à la rentrée 2021 et qui étaient scolarisés en troisième l’année précédente.
Notes : Pour déterminer l’origine sociale d’un élève, on utilise la PCS la plus élevée de ses responsables légaux.
Source : Base Élèves de l’académie de Paris. Calculs des auteurs.

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Le titre : «J’ai compris que j’étais pauvre en arrivant au lycée Henri-IV» de cet article du Monde m’a fait bondir.

 

H4 ou Henri IV est avec LLG Louis le Grand est, dit-on, le temple de la méritocratie républicaine.

 

Pauline Charousset & Julien Grenet du Collège de France répondent :

 

« Rentreront-ils dans le rang ? La modification annoncée de la procédure de recrutement des deux prestigieux lycées de la capitale est accusée par ses opposants de « briser l’excellence » et de faire le jeu du privé. L’analyse des données de l’académie de Paris va à l’encontre de ces arguments. »

 

ICI 

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Tableau 1 – Un « nivellement par le bas » ? Profil des élèves qui auraient été admis à Henri-IV et Louis-le-Grand en 2016 selon différentes modalités de sélection
 
Lecture : En 2016, 1537 élèves ont déposé un dossier de candidature pour entrer en seconde au lycée Henri-IV. Les 271 candidats ont obtenu une note moyenne de 16,0 au baccalauréat général (colonne 2). Les 271 candidats qui auraient été admis s’ils avaient été sélectionnés uniquement sur la base de leur note moyenne au contrôle continu de troisième ont obtenu une note moyenne de 16,3 dans les lycées où ils ont poursuivi leur scolarité (colonne 5). Les élèves qui auraient été admis s’ils avaient été sélectionnés selon la nouvelle procédure prévue pour la rentrée 2022 ont quant à eux obtenu une moyenne de 15,8 (colonne 8).

Champ : Élèves ayant déposé un dossier d’admission en seconde aux lycées Henri-IV et Louis-le-Grand à la rentrée 2016.

Source : Données Affelnet-Lycée 2016 et données des sessions 2018 à 2020 du baccalauréat. Calculs des auteurs.
« J’ai compris que j’étais pauvre en arrivant au lycée Henri-IV » ICI 

 

« Premières fois » : récits de moments charnières autour du passage à l’âge adulte. Cette semaine, Tony évoque sa scolarité au lycée Henri-IV et le choc social qu’il y a vécu en intégrant cet établissement parisien en seconde.

Par 

Publié le 14 mars 2022

EXTRAIT

 

Capital culturel

 

Au départ, j’étais très mal à l’aise. J’étais dépassé par le niveau d’anglais des élèves. Tous avaient beaucoup voyagé et évoluaient dans des environnements cosmopolites ; de mon côté, je n’avais jamais pris l’avion. Leurs parents étaient plus âgés que ma mère, qui m’a eu à l’âge de 22 ans. Cette différence de génération se reflétait dans les goûts de mes camarades, très marqués : ils écoutaient les Beatles, parlaient des films de la Nouvelle Vague. La bourgeoisie ex-soixante-huitarde avait transmis ce capital culturel à ses enfants. A l’époque, je me disais qu’on ne vivait pas dans le même pays.

 

J’entends aussi des discours qui me mettent en colère, comme cette proposition d’un camarade, en cours d’économie, de baisser le smic, alors qu’il vit dans un hôtel particulier. Tous étaient pourtant très bienveillants et admiratifs de mon parcours. Je me servais de mon histoire pour me démarquer.

 

Tous les week-ends, je prends le train pour retrouver ma famille et travailler au tabac-presse de mon village, en Isère. Je sens douloureusement un fossé se creuser entre mon milieu et mon nouvel environnement. Je me déconnecte complètement des préoccupations des jeunes de mon âge.

 

Après le premier trimestre de la classe de 1re, je craque. Je dis à ma mère que je commence à étouffer. Il se trouve que la situation devenait financièrement difficile : je décide de rentrer définitivement en Isère. J’avais pourtant été positionné pour représenter Henri-IV aux concours généraux de français et d’histoire.

Histoire du lycée – Lycée Louis Le Grand

A Paris, « l’intégration forcée des lycées Henri-IV et Louis-le-Grand dans Affelnet serait une erreur » ICI 

TRIBUNE

 

Collectif

Dix jours après l’annonce de l’entrée des deux prestigieux établissements scolaires dans la procédure d’affectation informatisée, des parents d’élèves et des élèves, anciens et actuels, prennent la parole pour défendre ce qu’apporte, selon eux, la sélection sur dossier.

Publié le 01 février 2022 

 

Tribune. Les élèves, anciens élèves, parents d’élèves et professeurs des lycées Henri-IV et Louis-le-Grand ont récemment appris avec surprise la volonté du rectorat de supprimer la sélection des élèves parisiens sur dossier pour entrer dans ces établissements.

 

Henri-IV et Louis-le-Grand seraient des temples de « l’entre-soi » et de la bourgeoisie, des « mauvais élèves » de la mixité sociale et scolaire. En tant qu’anciens élèves et parents d’élèves de ces lycées, nous exprimons ici notre stupéfaction. La réalité de notre expérience est très loin de ces clichés.

 

Pourquoi est-ce un mauvais procès ? Le rectorat met en avant un pourcentage de 9 % de boursiers à Henri-IV et Louis-le-Grand pour l’année 2021, chiffre qui serait inférieur à la moyenne nationale. Or ce chiffre ne reflète nullement la réalité historique des entrées de boursiers dans ces lycées depuis 2015. A Louis-le-Grand, par exemple, 20 % des entrants au lycée en 2015 étaient boursiers, et le taux moyen de boursiers y oscille entre 10 % et 14 %, ou plus, selon les années, et, en classes préparatoires, ce chiffre dépasse régulièrement les 20 %. Par ailleurs, les internats sont réservés en priorité aux boursiers (en classes préparatoires) pour encourager leur venue.

 

 

En 2020, les 260 élèves admis à Louis-le-Grand en seconde provenaient de 175 établissements. A Henri-IV, ce sont quelque 170 établissements dont sont issus les 280 élèves de seconde. Quel autre lycée en France peut se vanter d’une telle diversité ? En analysant leur indice de position sociale (IPS) [un indicateur créé par l’éducation nationale] sur la base d’un calcul rétrospectif, la moitié des collèges d’origine aurait un score de 600 ou 1 200 [scores d’un collège intermédiaire et/ou défavorisé, intégrés depuis 2021 à l’algorithme Affelnet, et jouant comme un « bonus » pour les collégiens qui y ont fait leur scolarité]. Par ailleurs, Henri-IV et Louis-le-Grand sont parties prenantes, depuis plusieurs années, d’un programme de « cordées de la réussite », qui permet à d’excellents élèves issus de collèges très défavorisés d’intégrer ces lycées.

 

Accompagnement individuel

 

Les lycées Henri-IV et Louis-le-Grand mettent un point d’honneur à accompagner leurs élèves issus de milieux modestes grâce à leurs fondations respectives : d’ores et déjà 750 élèves ont été aidés financièrement par le fonds de dotation d’Henri-IV, et 700 élèves l’ont été par la Fondation de Louis-le-Grand. Au-delà de cette aide financière, les élèves qui en ont besoin bénéficient d’un accompagnement individuel qui leur permet de s’épanouir, de bénéficier de la même vie culturelle et des mêmes opportunités que leurs camarades plus favorisés : solutions d’hébergement, sorties culturelles, séjours linguistiques, programmes de soutien et de tutorat.

 

Si le souhait est de recruter plus de boursiers ou de profils plus divers, l’étude individuelle et humaine des dossiers de candidature permet tout à fait de réaliser ces objectifs. Il suffit pour cela de puiser davantage dans le vivier d’excellents dossiers d’élèves éligibles – on estime, par exemple, à Louis-le-Grand, qu’il y a environ 350 « admissibles » ayant le niveau souhaité sur 260 places en seconde –, sans pour autant dévaloriser la qualité du recrutement. Pourquoi donc, dans ce cas, insister pour confier à l’algorithme Affelnet cette démarche, alors même que la sélection sur dossier, très sensible et personnalisée, intègre toutes les dimensions du profil de l’élève : notes, appréciations de ses professeurs, motivation et bien entendu son statut de boursier ?

 

L’intégration forcée des lycées Henri-IV et Louis-le-Grand dans le système Affelnet serait une erreur. En ce qui concerne les notes, tout d’abord : Affelnet fonctionne sur un agrégat beaucoup moins riche en informations qu’un bulletin scolaire. Affelnet ne distingue que faiblement la part de telle ou telle matière dans le résultat moyenné et empêche d’identifier les cas atypiques, ainsi que les élèves excellents en sciences ou en lettres par exemple (les coefficients de chaque matière étant plus ou moins les mêmes). Aussi, ce que le rectorat appelle « lissage » (il s’agit en réalité d’un nivellement) permet de rehausser ou d’abaisser les notes en fonction de tranches de points : un 15 et un 20 se valent dans ce système. Par conséquent, Affelnet ne fait pas de différence entre un excellent dossier et un autre simplement bon ! Ce qui révèle, en creux, l’un des objectifs de la réforme Affelnet : la disparition des « lycées de niveau ».

 

Disparition des filières d’excellence

 

Autre problème, le score IPS. L’indice de position sociale utilisé par Affelnet est un outil statistique illustrant en un « score » la diversité des positions sociales et métiers des parents d’élèves d’un collège donné, tels que renseignés par les parents à chaque rentrée de sixième sur des formulaires demandant d’indiquer la « profession des parents ». Si, sur cette base déclarative, le collège est jugé privilégié, Affelnet lui affecte un score IPS de zéro. Cela pénalise d’un malus de points tous les collégiens de cet établissement, qui ne sortiront donc pas, à niveau scolaire égal, parmi les premiers dossiers retenus sur la base du score total. A contrario, si l’IPS d’un collège est élevé, tout élève qui en est issu bénéficie d’un bonus de 600 à 1 200 points supplémentaires.

 

D’après les études communiquées par les parents d’élèves du collège Victor-Hugo à Paris, sur la base des scores et affectations des élèves de l’année 2020-2021, le score IPS permet d’ajouter jusqu’à près de 8 points à la moyenne de l’élève ! L’effet pervers est évident : quid de l’enfant de famille modeste habitant dans les « beaux quartiers », qui aura un « IPS 0 » ? Quid du fils de cadre supérieur d’un quartier jugé moins favorisé, qui aura, lui, un « IPS 1 200 » ? Un enfant scolarisé dans un collège à IPS avec bonus « IPS 1200 » avec 12/20 de moyenne se retrouverait peut-être ainsi en haut de la pile pour entrer dans un lycée d’excellence, alors qu’un excellent élève fréquentant un collège à « IPS 0 » en serait possiblement exclu. On voit bien l’incohérence d’un tel mécanisme avec l’objectif d’une sélection par le pur mérite. Quand bien même des aménagements à Affelnet seraient proposés pour Louis-le-Grand et Henri-IV, ils n’atténueraient qu’à la marge les effets structurels d‘un logiciel qui vise une autre finalité, difficilement conciliable avec la dynamique d’excellence républicaine.

 

En conséquence, avec les paliers de notes qui empêchent les excellents élèves de se démarquer, et l’indice IPS sans lien avec la qualité propre de l’élève, il n’y aura plus aucune motivation pour les élèves travailleurs et sérieux, les profils d’exception, à candidater dans ces établissements, tant leurs chances d’y entrer seront désormais encore plus réduites et surtout très fortement aléatoires.

 

Une telle absence de clarté et un si fort sentiment d’iniquité ne peuvent que faire le jeu des établissements privés, aux dépens des élèves de familles n’ayant pas les moyens financiers ou les relations pour y accéder. Pour ceux qui resteront dans le public, ces filières d’excellence auront bel et bien disparu. En les mettant en péril, tout en ne servant qu’à la marge l’ouverture sociale, la réforme proposée entraînera demain une véritable ségrégation de niveaux et de classes sociales entre un secteur public dépouillé et un secteur privé en plein essor.

 

Tribune écrite par un collectif d’élèves, de professeurs, d’anciens élèves et parents d’élèves des lycées Louis-le-Grand et Henri-IV, et co-signée par des représentants d’associations de parents d’élèves, des élus, des anciens élèves et des professeurs de ces établissements, dont : Anne Biraben, membre des Conseils d’Administration du college et lycée Henri-IV, ancienne élève du lycée Henri-IV ; Alexandre Barrat, membre du Conseil d’administration du lycée Louis-le-Grand, ancien élève du lycée Louis-le-Grand ; Antoine Bonneval, FCPE Louis-le-Grand, président depuis 2021, élu au Conseil d’administration ; Céline Jeanjean, FCPE Louis-le-Grand, vice-présidente depuis 2016, élue au Conseil d’administration ; Bruno Bensaid, FCPE Louis-le-Grand, membre du bureau, élu au Conseil d’administration et ancien du Lycée Henri-IV ; Béatrice Millot, FCPE Louis-le-Grand, secrétaire du bureau local, élue au Conseil d’administration et ancienne élève du lycée Henri-IV ; Nicolas Balaresque, professeur d’Histoire-Géographie en ECG au lycée Henri-IV ; Marie-Noëlle Faure, professeure honoraire de chaire supérieure, Lycée Henri-IV ; Martine Leloup, professeure honoraire de Lettres, lycée Henri-IV ; Carine de Saint-Rémy, professeur d’histoire au lycée Henri-IV ; Aliocha Piéchaud, élève de l’École normale supérieure, ancien élève du lycée Henri-IV (2016-2021) ; Aline Boutchenik, juriste publiciste, ancienne élève du lycée Henri-IV (2010-2013) et du CPES-PSL (2014-2017) ; Karim Bouyad, ancien élève du lycée Henri-IV (1998-2004), entrepreneur ; l’Association des anciens élèves de Louis-le-Grand (AAELLG) avec Bernard Chapot, president ; Habib Shoukry, vice-président ; Sophia Fassassi, membre du Conseil d’administration et professeure de Lettres ; Ophélie-Tiphaine Arcilla Borraz, membre du Conseil d’administration et enseignante ; Bérengère Chmielewski, membre du Conseil d’administration etc.

 

Collectif

 

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20 mars 2022 7 20 /03 /mars /2022 06:00

Concert sur le Maïdan à Kiev – culture

Sur la célèbre place Maïdan, une vingtaine de musiciens de l’Orchestre classique de Kiev ont joué quelques morceaux, dont les hymnes ukrainien et européen, alors que les troupes russes s’approchent chaque jour un peu plus de la capitale.

 

L’orchestre symphonique de la Philharmonie nationale d’Ukraine a donné mercredi un concert sur la célèbre place Maïdan alors que les troupes russes se rapprochent de la capitale, au 14ème jour de l’offensive militaire. Les musiciens dirigés par le chef d’orchestre Herman Makarenko ont joué quelques symphonies mondialement connues sur celle que l’on nomme également la place de l’Indépendance. Le répertoire était composé de l’Hymne à la joie de Beethoven, devenu l’hymne officiel de l’Union européenne, et d’autres musiques traditionnelles.

 

L’hymne ukrainien a également résonné sur la place Maïdan, lieu symbolique de la révolution ukrainienne de 2014. Quelques personnes sont venues assister à ce concert « pour la paix », comme l’a défini Herman Makarenko

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