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4 décembre 2020 5 04 /12 /décembre /2020 06:00

 

« Valéry Giscard d’Estaing est mort mercredi, à l’âge de 94 ans, des suites du Covid-19. Après une ascension politique menée à un rythme soutenu, le président de la « société libérale avancée » a laissé place à l’homme marqué par l’échec de 1981, trouvant dans l’Europe un autre rôle à sa mesure. »

 

«La postérité ne retiendra rien de moi, nos sociétés sont sans mémoire. Mais je l’accepte sans difficulté, disait-il dans un documentaire de William Karel intitulé VGE, le théâtre du pouvoir (2002)

 

Avec la disparition de Giscard d’Estaing, le paysage politique français perd une figure singulière :

 

« Trop jeune, trop intelligent, trop chanceux… Le malheur de Valéry Giscard d’Estaing fut peut-être d’arriver trop tôt au sommet. Et d’assister trop longtemps au spectacle de successeurs occupant un poste, dont il se jugeait plus digne – et il ne s’en cachait pas. Moins de vingt ans pour conquérir la plénitude du pouvoir. Sept petites années pour l’exercer. Plus de vingt ans pour le pleurer. »

Laurent de Boissieu et Corinne Laurent, La Croix

 

« Bien sous tous rapports. Pas sérieux et plus de quarante ans s'abstenir. » On croirait le nouveau ministre des Finances recruté dans une rubrique de petites annonces : Grand, mince, les traits fins dans un visage de dolichocéphale, le cheveu noir mais le front élégamment dégarni (à la manière des « têtes d’oeuf » américaines), l'air intelligent, le langage choisi, châtié, « ce qui, fait-il remarquer, n'est pas toujours sans risque »

 

Le jeune ministre des Finances de trente-six ans Valéry Giscard d'Estaing, conduit lui-même sa DS.

 

On a dit aussitôt que c'était un ministre nouvelle vague. Nouvelle vague ?

 

Certainement pas par ses théories qui n'ont rien de révolutionnaire. Car c'est un ministre parfaitement rassurant, dans la tradition bourgeoise si chère à la rue de Rivoli. Il n'a d'ailleurs en apparence, dans l'immédiat, qu'un seul problème à régler : celui des prix qui ont une certaine tendance à suivre le boeuf, cet animal à vocation d'alpiniste. » La suite ICI

 

« On ne gouverne pas avec des mais… » 11 mai 1967 de Gaulle en conseil des Ministres

 

Dans les six premiers mois qui suivent son départ du Ministère des finances, et pendant les mois et l'année qui suivent, Valéry Giscard d'Estaing continue, il a qualifié sur le mode badin ses incommodes alliés de « cactus » en parodiant Jacques Dutronc. 

Après les banderilles, c’est l’estocade, en avril 1969. Au général de Gaulle, qui a lié son sort à celui d’un référendum, il répond « non »« tout compte fait, avec regret mais avec certitude ». Le « non » l’emporte, exit le Général

 

Giscard, qui a apporté son soutien à la candidature victorieuse de Georges Pompidou, retrouve son poste de ministre de l’économie et des finances, où il sera reconduit jusqu’en 1974. La tactique reste la même, avec un partage des rôles adapté : VGE laisse à ses lieutenants – et notamment à Michel Poniatowski – le soin de décocher des flèches contre les « copains et coquins » de l’UDR, maître d’œuvre du pouvoir auquel il participe. Et se contente pour sa part de rares déclarations politiques. Dont celle-ci, le 10 octobre 1972, à Charenton : « Assurée de sa majorité, la France souhaite être gouvernée au centre. »

 

Georges Pompidou décède le 2 avril 1974. Le 8, à Chamalières, Valéry Giscard d’Estaing se porte candidat à sa succession : « Je m’adresse à vous tous de cette mairie de la province d’Auvergne pour vous dire que je suis candidat à la présidence de la République… » Minutieusement préparée et pensée bien avant l’heure, sa campagne est d’une redoutable efficacité. Dans le droit-fil de l’ancien ministre, qui s’était distingué du gaullisme sans rompre avec lui, le candidat incarne « le changement dans la continuité ». Il est à la fois jeune (48 ans) et expérimenté ; moderne mais rassurant.

 

À sa mort, en plein exercice, VGE, 48 ans, 1,89 mètre, se lance dans une campagne blitzkrieg, embauche des publicitaires inspirés par la communication kennedienne, pose aux côtés de sa fille Jacinte, 13 ans, sur son affiche électorale, embauche des vedettes trentenaires, Alain Delon, Brigitte Bardot ou Johnny Hallyday, qui arborent des T-shirt, « Giscard à la barre » . Le 5 mai 1974, il terrasse le candidat gaulliste Jacques Chaban-Delmas et la semaine suivante, à l’issue d’un débat télévisé ponctué d’une réplique cinglante – « Vous n’avez pas le monopole du cœur » –, bat sur le fil le candidat de la gauche, François Mitterrand. La suite est pénible pour les jeunes gens de l’époque, qui regardent d’un air narquois ou consterné le grand bourgeois descendre à pied les Champs-Élysées, remplacer lors des cérémonies officielles la jaquette par le veston pied-de-poule, organiser pour les éboueurs de son quartier un petit déjeuner à l’Élysée, et s’inviter à dîner chez « les Français moyens », tout en jouant de l’accordéon. 

 

DANIEL JANIN/AFP

N’empêche. Le 5 juillet, Giscard abaisse la majorité civique à 18 ans – ouvrant le droit de vote à 2,5 millions de jeunes… majoritairement à gauche. Le 7 août, il démantèle l’ORTF et abolit le monopole public de la radio et de la télévision. Le 14 octobre, faisant face au premier choc pétrolier de 1973, il indemnise les récents licenciés économiques sur la base de 90 % de leur dernier salaire pendant un an. Le 21 octobre, il élargit la saisine du Conseil constitutionnel. Il met aussi fin aux écoutes téléphoniques, à la censure dans le cinéma. La France sort peu à peu du Moyen Âge.

 

La loi qui légalise l’avortement...

 

Mais l’action de VGE la plus forte est assurément en direction des femmes. Ayant choisi Jacques Chirac comme Premier ministre (qui, très vite, s’employera à provoquer sa perte), il nomme Françoise Giroud, 57 ans, alors directrice de la rédaction de L’Express, secrétaire d’État à la Condition féminine, et surtout la magistrate Simone Veil, 47 ans, ministre de la Santé. Le 28 novembre, sous les menaces de l’extrême droite et d’une partie de la droite, Simone Veil fait adopter avec le concours des députés de gauche, la loi qui légalise l’avortement. Le 4 décembre, une nouvelle loi autorise la délivrance de la pilule contraceptive aux mineures sans l’autorisation de leurs parents. Dès lors, Giscard est assuré de perdre sept ans plus tard une bonne partie de l’électorat catholique. D’autant que, libéral en matière économique comme sur le terrain des mœurs, il introduit ensuite le divorce par consentement mutuel, instaure le collège unique afin de favoriser un égal accès de tous les enfants à l’enseignement, généralise la mixité dans les écoles…

STF/AFP

Mort de Valéry Giscard d'Estaing : sa vie en 15 photos ICI
Mort de Valéry Giscard d’Estaing : le destin facétieux du « président moderne »  ICI

Par 

RALPH GATTI/AFP

Valéry Giscard d’Estaing, le président des « seventies » ICI

Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac, alors premier ministre et candidat à l’élection présidentielle, à Aulnat (Puy-de-Dôme), le 6 mai 1988.

Mort de Valéry Giscard d’Estaing : « VGE le monarque » vs « Chirac l’agité » ICI

Valéry Giscard d'Estaing, «au revoir» ICI

 

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DÉCÈS

L'ancien président français est décédé des suites du covid, indique son entourage. Il incarnait la modernité lorsqu'il accéda à l'Elysée à l'âge de 48 ans. Son septennat, puis la suite de sa carrière politique, démontra son incapacité à transformer la France

2005, Valéry Giscard d'Estaing vient d'acquérir le château.

Mort de Valéry Giscard d'Estaing : en Aveyron, Estaing a perdu son châtelain ICI
Le musée d'Orsay renommé VGE? L'idée monte chez certaines personnalités ICI
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3 décembre 2020 4 03 /12 /décembre /2020 08:00

En mai 2019, Claire-Anne Siegrist se voit remettre la Légion d’honneur, la plus haute distinction française, pour sa contribution aux progrès en vaccinologie.

archives personnelles

En France, la vaccination fait débat, 6 Français sur 10 sont partants pour se faire vacciner, d'après un sondage BVA exclusif pour Europe 1. Mais seulement 20% des Français sont d'accord pour se faire vacciner dès maintenant.

 

INTERVIEW

 

  • pourquoi sont-ils si nombreux à vouloir attendre un peu ? La directrice de l'institut de sondage BVA, Adélaïde Zulfikarpasic, invitée de la matinale d'Europe 1, explique les résultats de ce sondage.

 

Pour les Français, le vaccin a été élaboré "trop rapidement" ICI 

 

Je ne fais pas parti des anti-vaccins, mais face au matraquage actuel à propos de la future vaccination contre le Covid 19, mais en tant que vieux  je me situe dans le cœur de cible, et j’estime que je suis en droit de me poser des questions sur l’absence d’informations, vu l’extrême rapidité de leur élaboration, sur les éventuels effets secondaires de ces vaccins d’une nouvelle génération. Je signale à ce propos que Sanofi Pasteur, loin d’être un géant endormi, en retard sur le papier, le leader français mise sur son savoir-faire historique et sa force de frappe pour s'imposer. C'est le seul à mener deux projets de front.

 

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Sanofi Pasteur semble à la peine.

 

Le champion français est pourtant leader mondial, en ventes, sur les vaccins pédiatriques et la grippe, et numéro trois tous vaccins confondus. Or il ne démarrera qu'en décembre sa phase 3 d'essais, pour son projet le plus avancé, bâti avec l'autre géant de l'industrie du vaccin, le britannique GSK. Pour le second, un vaccin innovant à base d'ARN messager (ARNm), il ne promet rien avant fin 2021, quand Moderna et le duo Pfizer-BioNTech, qui utilisent la même technologie, devraient sortir les leurs dans quelques semaines. De quoi donner au pape tricolore l'allure de tortue géante courant en vain derrière le lièvre. « Quelques semaines, quelques mois, on est dans un mouchoir de poche. » Olivier Bogillot, président de Sanofirance.

 

Puisque la vaccination ne sera pas obligatoire je ne vais pas me précipiter pour me faire vacciner. J’examinerai attentivement dans le bouquet des vaccins pour choisir celui qui me convient.

 

En cela je n’estime pas être un mauvais citoyen…

 

Pour confirmer mes propos je vous propose l’interview accordée au journal le Temps par la Cheffe du centre de vaccinologie des Hôpitaux universitaires de Genève, la pédiatre Claire-Anne Siegrist

 

Claire-Anne Siegrist  — © Anoush Abrar

 

«Il est normal que les gens se posent des questions sur les vaccins»

 

 

Plusieurs laboratoires pharmaceutiques ont annoncé que leur vaccin contre le Covid-19 paraissait efficace. Mais pour combien de temps, et avec quels risques? Pour le savoir, un peu de recul supplémentaire sera précieux, estime la cheffe du centre de vaccinologie des Hôpitaux universitaires de Genève

 

C’est la quête du graal de l’année 2020: la recherche d’un vaccin contre le Covid-19 semble en passe d’aboutir. Au cours de ces dernières semaines, plusieurs laboratoires ont fait état de résultats très encourageants obtenus avec leur candidat vaccin: l’alliance américano-allemande Pfizer/BioNTech, le laboratoire américain Moderna, l’alliance britannique AstraZeneca/Université d’Oxford et les Russes de l’institut d’Etat Gamaleïa. Des annonces qui ont suscité beaucoup d’enthousiasme. Mais de nombreuses questions subsistent, que ce soit sur l’efficacité de ces vaccins, leur innocuité ou la manière dont ils seront administrés.

 

Cheffe du centre de vaccinologie des Hôpitaux universitaires de Genève, la pédiatre Claire-Anne Siegrist a déjà été confrontée à plusieurs situations de crise, que ce soit lors de la pandémie de virus H1N1 en 2009 ou pendant l’épidémie d’Ebola qui s’est déroulée en Afrique de l’Ouest entre 2013 et 2016. Forte d’une expérience de plus de vingt ans dans la recherche, elle a longtemps collaboré avec l’Organisation mondiale de la santé et présidé le groupe d’experts chargé de conseiller la Confédération sur les questions vaccinales.

 

Le Temps: Moins d’un an après l’apparition du Covid-19, nous aurons bientôt plusieurs vaccins efficaces contre cette maladie. Comment est-ce possible?

 

Claire-Anne Siegrist: C’est vraiment stupéfiant, quand on pense qu’on met en général une dizaine d’années à développer un nouveau vaccin. Plusieurs éléments ont permis cette prouesse. En premier lieu, il y a la mobilisation sans précédent des laboratoires pharmaceutiques et universitaires, qui ont été très nombreux à réorienter leur effort de recherche vers la lutte contre le Covid. Plus important encore sans doute, tous ces laboratoires ont reçu des fonds massifs de la part des Etats, ce qui leur a permis de prendre des risques. C’est grâce à cela que des vaccins innovants à ARN ont pu être développés par Moderna et Pfizer.

 

Cette technique, qui consiste à fabriquer un «pseudo-virus» en encapsulant une partie de son code génétique dans une goutte d’huile, fait l’objet d’études depuis une dizaine d’années, mais n’était jamais passée à un stade clinique avancé en raison du risque financier. Enfin, la manière dont ces nouveaux vaccins ont été évalués explique aussi leur développement rapide: au lieu de procéder par phases successives, comme on le fait habituellement, on a procédé de manière simultanée. Par exemple, on est actuellement encore en train de tester leur stabilité, soit les conditions dans lesquelles on doit les stocker, alors qu’en parallèle leur efficacité est en cours d’étude sur des dizaines de milliers de personnes dans le monde, dans le cadre des essais dits de phase 3.

 

Certains laboratoires avancent une efficacité très élevée pour leur vaccin. Comment la calcule-t-on?

 

La suite ICI

 

Questionnaire de Proust

 

Marcel Proust répond au questionnaire - Le blog de JACQUES BERTHOMEAU

  • Une chose que la crise du Covid-19 vous a apprise?

 

  • à mieux accepter le doute, les questions sans réponses, et faire de son mieux chaque jour…

 

  • Ce qui vous donne espoir pour la suite? 

 

 

  • La possibilité de sortir du tunnel en pouvant protéger du Covid-19 les personnes à risques, puis tous ceux qui le souhaiteront.

 

  • Et ce qui vous inquiète?

 

  • Que le travail d’information nécessaire pour répondre aux doutes ne soit pas fait suffisamment bien pour permettre à chacun de se décider.

 

  • Votre truc pour résister dans les moments de crise?

 

  • L’auto-hypnose à haute dose… et dormir autant que c’est possible!

 

  • La liste des vaccins qui figurent sur votre carnet de vaccination?

 

  • Elle est longue! J’espère pouvoir y ajouter bientôt les vaccins Covid, une fois que je me serai décidée en connaissance de cause.

 

  • Un remède contre les théories du complot?

 

Non. Je suis pour la liberté de pensée et le respect des choix de vie – aussi longtemps qu’ils ne mettent pas les autres en danger.

 

Profil

 

1958 Naissance à Zurich.

 

1999 Nommée professeure de vaccinologie à l’Université de Genève.

 

2004 à 2014 Préside la Commission fédérale pour les vaccinations.

 

2010 Rejoint le Groupe stratégique consultatif d’experts de l’OMS sur la vaccination.

 

2014 Participe à l’essai en urgence d’un vaccin contre Ebola.

 

2016 Développe une pathologie neurologique appelée «polynévrite».

 

2019 Reçoit la Légion d’honneur par décret du président français.

 

 

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2 décembre 2020 3 02 /12 /décembre /2020 08:00

 

Eulala, mon petit patelin devenu grand, une communauté de communes dites des Achards, n’est plus ce que j’ai connu au temps où nous courrions les champs, fumions des P4, déféquions tranquillement dans la chaintre (bande de terre au bout des sillons où tournent les attelages ou les tracteurs in Les mots du passé Marcel Lachiver)d’un champ en nous torchant avec une feuille de chou(le chou fourrager est l’un des emblèmes de la Vendée)  

 

C’est la ville à la campagne chère à Alphonse Allais « Les villes devraient être construites à la campagne, l'air y est tellement plus pur. »

 

Pas si sûr que l’air y soit plus pur !

 

C’est plein de camions qui puent (comme les vins nu)

 

Le parking de délestage de la zone industrielle des Achards. (©Journal des Sables)

 

Et puis, y’a la bureaucratie qui a suivi : pensez-donc y’a maintenant un directeur général des services de la communauté de communes du Pays des Achards ICI

 

Image

 

Une pensée émue pour mon père Arsène Berthomeau, conseiller municipal en charge des chemins vicinaux, des travaux… et de son alter-ego, Alfred Troussicot, en charge des picaillons (normal il travaillait à la perception), je ne sais pas où ils sont mais je suis sûr qu’ils doivent se dire : « ils sont devenus marteaux… »

 

Revenons à ce fameux panneau :

 

Le panneau de signalisation routière en gros plan.

 

Dans la zone industrielle des Achards on peut observer ce curieux panneau de signalisation très explicite mais pas très réglementaire.

 

Mais qui a eu l'idée et pourquoi ?

 

Rapporté par nos confrères du Sans Culotte 85, l’information vaut son pesant de cacahuètes. Ou plutôt de papier toilette, pour en convenir avec l’actualité de ces derniers temps…

 

Dans sa rubrique Photo’Caftons, le journal satirique évoque la présence d’un panneau pour le moins surprenant dans une zone industrielle des Achards.

 

Ce panneau interdit effectivement aux humains du secteur, de satisfaire tous besoins naturels. Le panneau fait réagir et il est facilement compréhensible par tous.

 

Yann Thomas, candidat aux élections municipales 2020 à Brem-sur-Mer.

 

Et c’est justement le but, comme le confirme Yann Thomas, directeur général des services de la communauté de communes du Pays des Achards, qui a permis l’installation de ce panneau.

 

Une zone de délestage…

 

En effet, le DGS de l’intercommunalité explique non sans rires, que la finalité est d’informer le plus clairement possible les chauffeurs-routiers de cette zone industrielle, qu’ils sont priés d’effectuer leurs besoins ailleurs.

 

La suite ICI 

 

 

Municipales. Yann Thomas, tête de la liste Agir pour tous à Brem-sur-Mer

Yann Thomas, habitant de Brem-sur-Mer depuis quinze ans, est candidat aux élections municipales de mars 2020.

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2 décembre 2020 3 02 /12 /décembre /2020 06:00

 

Au sortir de mai 68, je me suis engagé dans le sillage de Michel Rocard au PSU « petit parti, débordant de militants brillants, qui devait réveiller et rénover la gauche. Il sera, selon une expression de Michel Rocard, un « laboratoire terrifiant », s’abîmant des nuits entières en d’obscures querelles. »

 

En 1974, toujours, en théorie, membre du PSU, Michel Rocard apporte son soutien à la deuxième candidature Mitterrand à la présidentielle et prend une part active à la campagne. Avant de rejoindre le PS la même année, avec des militants du PSU et des syndicalistes de la CFDT. Michel Rocard n’est pas vraiment accueilli à bras ouverts par tous les dirigeants. Venu de l’extrême gauche, il passe directement à la « droite » du PS en incarnant désormais la « deuxième gauche » : une gauche souvent d’origine chrétienne, plus décentralisatrice, qui préfère la recherche du consensus à l’affrontement, croit moins en l’Etat et plus en l’autonomie de la « société civile » que les amis de François Mitterrand.

 

Au congrès de Nantes, en 1977, il prononce un discours, resté célèbre, sur les « deux cultures » qui structurent la gauche.

 

J’ai donc fait partie de cette deuxième gauche raillée par la première jacobine, centralisatrice, étatique, nationaliste et protectionniste, revendiquée par une classe ouvrière qui exigeait une intervention maximale de l’État, en vertu d’un marxisme d’« exception française », « puisque Marx prônait au contraire le dépérissement de l’État et l’autodétermination des travailleurs ». Le CERES de Jean-Pierre Chevènement représentait ainsi à ses yeux une illustration contemporaine de cette gauche.

 

Au soir du second tour des législatives de 1978, perdues, Rocard exprime à la télévision la déception et l’amertume de la gauche, mais aussi sa foi en l’avenir. La déclaration respire la spontanéité (elle avait été répétée). Dès l'automne 1978, il condamne « un certain archaïsme politique », formule dont chacun a compris qu'elle désignait le premier secrétaire du PS, et en plaidant pour le « parler vrai, plus près des faits ». Ses adversaires, au sein du PS, n'ont pas tardé à le surnommer Rocard d'Estaing, établissant ainsi un parallèle entre le « libéralisme avancé » du président de la République et le socialisme redéfini que propose le député des Yvelines.

 

En 1979, encore un congrès historique : celui de Metz. Pour la première fois, Michel Rocard, allié à Pierre Mauroy, passe dans l’opposition à François Mitterrand. De nouveau, c’est le rapport au réel qui l’oppose aux mitterrandistes. Le premier secrétaire et ses alliés prônent la « rupture avec le capitalisme » ; Michel Rocard, suspecté – déjà – de tentations centristes, n’y croit pas.

 

Après la victoire de 1981 et le purgatoire de son premier ministère-placard, le Plan, Michel Rocard se retrouve en 1983 à l’Agriculture pour éteindre la fronde des agriculteurs déclenchée par la passionaria Édith Cresson.

 

 

« La F.N.S.E.A. triomphante a rencontré un ministre sans complexes. M. Michel Rocard avait réservé à la F.N.S.E.A., qui tenait son trente-septième congrès, du 12 au 14 avril à Grenoble, la primeur de ses intentions en tant que nouveau ministre de l'agriculture. Il propose un contrat entre le monde agricole et la collectivité publique. L'engagement financier de l'État sera maintenu, mais une meilleure efficacité économique et sociale de cet engagement devra être recherchée. « Je n'aurai pas les moyens de faire en sorte que l'agriculture échappe à l'austérité des temps », a-t-il déclaré. Il s'est quand même fait applaudir. ICI 

 

C’est à ce moment-là que je rejoins son cabinet.

 

Dans la nuit du 3 au 4 avril 1985, Michel Rocard présente sa démission. Il justifie sa décision par son opposition irréductible à ce mode de scrutin, qui va amener pour la première fois le Front National à l’Assemblée. Chacun sait cependant qu’il a l’échéance de 1988 en tête. Très vite, Rocard utilise « la parole retrouvée », selon ses propres termes. Il incite les socialistes à « tenir le discours de leurs actes », rappelle avec cruauté que « ce sont les faits qui ont tranché (…) nos anciennes querelles »

 

Je pars travailler à la SVF, Société des Vins de France.

 

En mars 1988, François Mitterrand sonne la fin de la récréation, en annonçant qu’il est candidat à sa propre succession. Il ménage une place à un Michel Rocard, bombardé porte-parole d’un homme qu’il déteste, et contraint de faire contre mauvaise figure bon cœur. Une fois réélu, François Mitterrand envoie à Matignon, le 10 mai, celui des socialistes qu’il juge le plus « en situation », quoi qu’il en pense sur le fond.

 

Des années plus tard, Michel Rocard nous avait raconté l’histoire de sa nomination et la façon dont Mitterrand, avec toute la perversité dont il était capable, la lui avait apprise (L’Enfer de Matignon, Albin Michel, 2008).

 

La scène avait eu lieu à l’Elysée, lors d’un déjeuner réunissant, outre Rocard, Jean-­Louis Bianco et Pierre Bérégovoy – qui espérait alors que Mitterrand le nomme premier ministre. Mitterrand, juste avant le dessert, avait regardé sa montre : « Il ne faudrait tout de même pas oublier que, dans une heure et quart, je vais nommer un premier ministre… »

 

Puis il avait regardé Bérégovoy, qu’il tenait pour son collaborateur le plus proche : « C’est un exercice purement politique qui est totalement étranger à toute catégorie intellectuelle connue sous le nom d’amitié, de confiance, de fidélité ou de choses de ce genre. En fait, la nomination d’un premier ministre, c’est le résultat de l’analyse d’une situation politique. » Enfin, il avait délivré son jugement royal : « Et l’analyse de la situation politique actuelle est claire. Il y a une petite prime pour Michel Rocard. » Cette « petite prime » lâchée avec mépris résume le jeu subtil qui va commencer entre les deux têtes de l’exécutif. Chacun s’observe, dans cette sorte de cohabitation interne au PS, sans jamais engager de front les hostilités.

 

Je quitte la SVF le matin même pour rejoindre, en tant que directeur-adjoint, le cabinet du nouveau Ministre de l’Agriculture Henri Nallet.

 

En mars 1990, Michel Rocard joue son jeu dans l’affrontement fratricide du PS au congrès de Rennes (j’y étais), ce qui n’arrange rien. La première guerre du Golfe lui donne un sursis. Mais le 15 mai 1991, François Mitterrand le congédie en quelques minutes, malgré sa popularité encore confortable.

 

Michel Rocard quitte Matignon, persuadé que son destin politique n’est pas encore joué.

 

L’échec de ses successeurs Edith Cresson, puis Pierre Bérégovoy, le laisse espérer. Il décide de se lancer dans la bataille du parti. En février 1993, il réclame un « big bang » du PS, dont il devient premier secrétaire après le désastre des législatives.

 

L’heure de la refondation de la gauche à laquelle il aspire depuis tant d’années serait-elle arrivée ?

 

Le 29 mai 1994, il annonce que « rien », cette fois, ne l’empêchera d’être candidat à la présidentielle de 1995, où on sait que François Mitterrand ne se représentera pas. Mais le président de la République n’a pas dit son dernier mot. Lors des européennes de juin, Mitterrand laisse Bernard Tapie conduire une liste radicale de gauche, qui concurrence directement les candidats socialistes menés par le premier secrétaire. Le PS s’effondre de nouveau, à 14,5 % des suffrages.

 

Michel Rocard est débarqué aussitôt, sans ménagement. C’est la fin de ses espérances. Symbole de sa semi-retraite, il abandonne à l’automne la mairie de Conflans, après presque de vingt ans de mandat.

 

Clap de FIN !

 

C’était ma gauche.

 

Avec la mort de Michel Rocard, survenue le 2 juillet 2016, une question restera à jamais en suspens. Ou plutôt chacun y apportera sa propre réponse : l’homme qui, pendant trente ans, a fait de la rénovation de la gauche la raison d’être de son engagement politique est-il passé à côté de son destin ? Ou bien a-t-il eu la trajectoire qui correspondait à ce qu’il était vraiment ?

 

Il sera couvert de fleurs, j’étais de l’hommage aux Invalides.

 

J’irai lui rendre visite à Monticello son dernier domicile connu.

 

Alors, même si ça fait ricaner certain : « Oui, j’ai mal à ma gauche, lorsque je constate les dérives de celle qui nous qualifiait de social-traître, celle qui comme l’écrit Birnbaum dans sa conclusion «  De même que Lénine définissait le « gauchisme » comme la maladie infantile du communisme, on peut affirmer que l’«islamo-gauchisme» constitue la maladie sénile du tiers-mondisme. Celle d’une gauche occidentalo-centrée, qui n’imagine pas que l’oppression puisse venir d’ailleurs. Celle d’une gauche anti-impérialiste qui voit en tout islamiste un damné de la terre, même quand il est bardé de diplômes ou millionnaire. Celle d’une gauche qui plaçait naguère sa fierté dans son aura mondiale, et qui a été surclassée par un mouvement qu’elle a longtemps regardé de si haut : l’internationale islamiste»

 

Je remercie Jean Birnbaum pour sa tribune dans le Monde du 25 novembre, j’en partage tous les points.

Michel Rocard en 2008.

 Source : Michel Rocard, l’homme de la « deuxième gauche » ICI

 

Rénover la gauche, la réconcilier avec le réel, allier le concret et la rigueur, tel fut le moteur de la vie politique de Michel Rocard, mort samedi 2 juillet à l’âge de 85 ans

Par  et  Publié le 01 octobre 2014 

 

 

Marche contre l’islamophobie à Paris, le 10 novembre. GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

La gauche et l’islamisme : retour sur un péché d’orgueil ICI 

 

Croyant en une force internationaliste capable de briser la domination de l’Occident, certains militants de gauche étaient persuadés que, tôt ou tard, la religion serait abandonnée au profit de l’émancipation.

 

 

Analyse. Au lendemain de l’attentat contre Samuel Paty, quand a refait surface une vidéo où un prédicateur islamiste, Abdelhakim Sefrioui, appelait à la mobilisation contre le professeur, certains militants d’extrême gauche ont reconnu ce visage. Ils se sont souvenus du temps où ils avaient eu maille à partir avec Sefrioui et ses compagnons.

 

Non sans nostalgie, ils ont repensé aux manifestations propalestiniennes au cours desquelles le service d’ordre de telle ou telle organisation anarchiste ou trotskiste était encore assez vigoureux pour expulser du cortège ces partisans du djihad liés à l’ex-humoriste Dieudonné et à l’extrême droite radicale. Et puis ils ont songé à ce moment pivot, autour de 2010, où il avait fallu admettre que le rapport de forces avait changé : sur le pavé parisien, désormais, la vieille garde révolutionnaire était trop faible pour maîtriser les islamistes.

 

L’espoir algérien

 

Or ce renversement des équilibres dans la rue avait une signification plus vaste. Il scellait la fin d’une époque, celle où les gauches européennes se croyaient si désirables qu’elles pouvaient polariser toutes les colères du monde. Dès 2005, le philosophe Daniel Bensaïd (1946-2010), l’une des références de la gauche révolutionnaire, constatait que les dirigeants anticolonialistes de jadis, ceux qui se réclamaient souvent du marxisme, avaient été remplacés par des profils inquiétants : « L’heure n’est plus aux luttes de libération des années 1950 et 1960, et à leurs grandes promesses. Les leaders n’ont plus pour nom Ho Chi Minh, Guevara, Cabral, Lumumba, Ben Bella, Ben Barka, Malcolm X, mais Ben Laden, Zarkaoui ou Mollah Omar. »

 

Un parmi d’autres, Daniel Bensaïd regrettait les grandes heures de ce qu’on a appelé le « tiers-mondisme ». Dans les années 1960, les révolutionnaires occidentaux avaient constaté que le « grand soir » se faisait attendre aussi bien à l’Est, où le stalinisme étouffait toute révolte, qu’à l’Ouest, où le capitalisme semblait avoir plus d’un tour dans son sac. Ils avaient alors placé leurs espoirs dans les insurrections d’un monde « tiers », dont l’Algérie indépendante constituait le symbole le plus séduisant.

 

Les « pieds-rouges »

 

Au cœur de ce pays, pourtant, des militants européens avaient déjà conscience que les choses n’étaient pas si claires. On les a appelés les « pieds-rouges ». Ces Français avaient soutenu le Front de libération nationale (FLN) dans sa lutte pour l’indépendance. Celle-ci acquise, ils s’étaient installés en Algérie pour contribuer à y bâtir « le socialisme ». Bientôt, ils avaient été confrontés à une tout autre réalité : le nouveau régime islamisait le pays à marche forcée, organisait la chasse aux Kabyles et aux homosexuels, s’en prenant même à ses plus fidèles soutiens européens.

 

 

Certains d’entre eux réaliseront alors leur erreur : si le FLN avait une face laïque, il en possédait aussi une autre, profondément religieuse. Le nom de son journal, El Moudjahid, ne signifiait pas « le combattant », comme ils l’avaient cru, mais « le combattant de la foi ». Bannis d’Algérie, la plupart des pieds-rouges garderont pour eux ce qu’ils ont vécu (il ne fallait pas « faire le jeu » de l’extrême droite), et leur silence pèsera lourd sur la mémoire « algérienne » de la gauche française.

 

Des années plus tard, en 1980, ils liront dans Le Monde un entretien avec l’ancien président algérien, Ben Bella. « C’est l’islamisme qui offre les meilleures chances d’une libération réelle », dira-t-il, établissant même une continuité entre les combats du FLN et la révolution islamique qui venait de triompher en Iran.

 

Doute après le triomphe des mollahs

 

Cette révolution marque une autre étape dans les relations entre l’islam politique et la gauche européenne. Avec le triomphe des mollahs, le doute commence à s’installer : bien que la religion soit toujours considérée comme un « opium du peuple » voué à s’évaporer, on doit concéder que ses effets se révèlent tenaces. A Téhéran, les insurgés qui défendaient le socialisme n’ont-ils pas été balayés par ceux qui promettaient l’avènement du royaume divin ? Cependant, pour beaucoup de gens à gauche, cela ne changea pas grand-chose. « Tout ce qui bouge est rouge », disait un slogan bien connu des soixante-huitards. A coup sûr, Marx finirait donc par l’emporter sur Allah.

 

 

Il faut avoir tout cela en tête au moment d’ouvrir la brochure intitulée Le Prophète et le prolétariat. Parue en 1994, rédigée par Chris Harman, figure du trotskisme britannique, elle analyse le défi que l’islamisme représente pour la gauche. Contrairement à ce qu’on affirme souvent à son propos, Chris Harman ne prône pas une alliance systématique avec les islamistes. Les considérant comme une force tantôt réactionnaire, tantôt subversive, il propose de marcher à leurs côtés partout où leurs actions minent l’impérialisme occidental et les Etats qui le servent. « Avec les islamistes parfois, avec l’Etat jamais », écrit-il.

 

Cette formule résume le credo durable d’une partie de la gauche européenne, credo qui repose sur trois articles de foi : 1) il n’y a qu’une domination réelle, celle qu’exerce l’Occident ; 2) la seule force qui peut en finir avec cette domination sans frontières est une gauche internationaliste, qui connaît le sens de l’histoire ; 3) quand les dominés se soulèvent au nom de Dieu, il ne faut pas juger le « détour » qu’ils empruntent, car tôt ou tard ils délaisseront les chimères de la religion pour la vérité de l’émancipation.

 

Partout où il a pris ses aises, l’islamisme a écrasé la gauche… Il suffit de penser à l’Iran. Ou à la « décennie noire » en Algérie

 

Cette façon de voir pouvait se prévaloir d’un précédent historique. En effet, les militants de gauche qui saluaient le potentiel révolutionnaire de l’islam invoquaient souvent l’expérience latino-américaine des années 1960-1970. A l’époque, les guérilleros marxistes avaient pu compter sur l’appui de ce mouvement chrétien qu’on a appelé la « théologie de la libération » : conjuguant évangiles et lutte de classes, ses animateurs en appelaient à la rébellion, et des prêtres y ont laissé leur peau. Par la suite, ce compagnonnage sera invoqué : si nous avons pu recevoir le soutien de croyants chrétiens, pourquoi ne pourrait-on s’appuyer sur des fidèles musulmans ?

 

Bientôt, cependant, apparut une différence de taille : partout où il a pris ses aises, l’islamisme a écrasé la gauche… Il suffit de penser à l’Iran. Ou à la « décennie noire » en Algérie (1991-2002), quand des intellectuels, des syndicalistes, des féministes étaient égorgés quotidiennement. « L’intégrisme islamique, en règle générale, a crû sur le cadavre en décomposition du mouvement progressiste », constate le marxiste libanais Gilbert Achcar.

 

« Islamo-gauchisme », une étiquette hasardeuse

 

Même à terre, cependant, ce cadavre bouge encore. Mieux, il continue à se croire universellement désirable. Si « islamo-gauchisme » est une étiquette hasardeuse, trop souvent utilisée pour dire n’importe quoi et disqualifier n’importe qui, il n’en désigne donc pas moins quelque chose de solide. Mais, plutôt qu’une complaisance cynique, il nomme un péché d’orgueil, reposant lui-même sur une croyance obsolète : parce que la gauche est seule à pouvoir canaliser les espérances, toute lutte qui se réclame de Dieu finira par être aimantée par l’idéal de l’émancipation sociale.

 

 

Bien plus encore que les calculs clientélistes qui permettent à telle ou telle mairie de se cramponner au pouvoir, c’est cette prétention qui éclaire les épisodes au cours desquels la gauche a cru pouvoir côtoyer l’islamisme sans se brûler : la gauche antiraciste s’est retrouvée en compagnie d’intégristes musulmans au sommet de Durban, en Afrique du Sud, en 2001 ; la gauche altermondialiste a invité Tariq Ramadan au Forum social européen de Paris, en 2003 ; la gauche propalestinienne a laissé proliférer plus d’un slogan haineux dans les défilés auxquels participait le prédicateur Abdelhakim Sefrioui… Entre autres.

 

Or, autant il est faux d’affirmer que la masse des militants et des intellectuels de gauche ont consciemment « misé » sur l’islamisme comme force politique, autant on peut considérer qu’ils ont longtemps manifesté, à son égard, une forme d’indulgence. Là encore, toutefois, cette indulgence relève d’abord d’un complexe de supériorité.

 

De même que Lénine définissait le « gauchisme » comme la maladie infantile du communisme, on peut affirmer que l’« islamo-gauchisme » constitue la maladie sénile du tiers-mondisme. Celle d’une gauche occidentalo-centrée, qui n’imagine pas que l’oppression puisse venir d’ailleurs. Celle d’une gauche anti-impérialiste qui voit en tout islamiste un damné de la terre, même quand il est bardé de diplômes ou millionnaire. Celle d’une gauche qui plaçait naguère sa fierté dans son aura mondiale, et qui a été surclassée par un mouvement qu’elle a longtemps regardé de si haut : l’internationale islamiste.

 

Jean Birnbaum

 

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1 décembre 2020 2 01 /12 /décembre /2020 08:00

 

Comme j’ai la chance, le privilège ironiseront certains, pendant le confinement j’ai pu acheter des livres dans une librairie : un coup de fil, au bout quelqu’un note ma commande, si les livres sont en stock pas de soucis, sinon lorsqu’ils sont arrivés on me prévient par SMS.

 

J’ai donc acheté, entre autres, 1 bande dessinée de Mathieu Sapin publiée chez Dargaud « Comédie française: voyages dans l’antichambre du pouvoir », qui est à la fois une sorte de reportage sur la présidence d’Emmanuel Macron et une réflexion historique sur la relation entre l’artiste et le pouvoir, et Président cambrioleur une enquête de la journaliste Corinne Lhaïk le livre pour comprendre cet inconnu nommé Macron.

 

J’ai parcouru la BD mais je préfère pour l’heure me référer à des spécialistes de la BD :

 

album comedie française: voyage dans l'anti-chambre du pouvoir

 

Mathieu Sapin, auteur de BD, s’est fait connaître dans les années 2000 avec Supermurgeman un anti-héros très parodique. Il a beaucoup publié pour les enfants en participant par exemple à la longue série Sardine de l’espace. En 2010, il publie Feuille de Chou, une sorte de reportage sur le tournage de Gainsbourg, vie héroïque, le premier long-métrage du dessinateur Joann Sfar.

 

Il débute ainsi dans la BD documentaire qu’il va poursuivre en passant six mois dans les coulisses du quotidien Libération puis en suivant Gérard Depardieu dans quelques voyages. Au même moment il débute un reportage en bande dessinée sur la campagne de François Hollande qui débouche sur la publication de Campagne présidentielle en 2012. Il entame ensuite une longue plongée dans la vie de l’Elysée qu’il décrit avec beaucoup d’humour et de détails très journalistiques dans Le Château – Une année dans les coulisses de l’Élysée en 2015.

 

Cette plongée dans la vie politique se conclut en 2020 avec Comédie française : voyages dans l’antichambre du pouvoir qui lui permet de raconter quelques voyages du président Macron. Il en profite pour réfléchir à la relation de l’artiste et du pouvoir politique en se plongeant dans l’histoire. Pour cela il se penche longuement sur le dramaturge Jean Racine dont il raconte la relation avec Louis XIV. Nous lui avons demandé quel bilan il tirait de cette expérience de dessinateur en plongée dans les arcanes du pouvoir.

 

La suite ICI 

 

 

Le Président cambrioleur je ne l’ai pas encore ouvert donc je vous livre l’article d’Eric Mandonnet publié le 25/11/2020 dans L’Express :

 

Président cambrioleur : le livre pour comprendre cet inconnu nommé Macron ICI 

 

Ce prisonnier est un cambrioleur. Faut-il y voir là la vengeance de l'Histoire ? Emmanuel Macron se trouve aujourd'hui prisonnier de trois crises, sanitaire, économique, terroriste, mais ce président est un "cambrioleur", selon le titre de l'ouvrage dont L'Express publie des extraits inédits (parution ce 26 novembre aux éditions Fayard). Ce n'est pas seulement son élection qui a pris les allures de "casse du siècle", c'est tout son mandat qui met l'hôte de l'Élysée en situation de piller les idées des autres, sans que l'on sache s'il se les approprie vraiment ou s'il ne s'en sert que pour neutraliser les adversaires. Il ne faut dès lors pas s'étonner que l'insécurité gagne jusqu'à ses électeurs de 2017, qui peinent parfois à reconnaître leur champion de l'époque.

 

Qui connaît M. Macron ? Ce livre servira de référence sur un homme et un quinquennat aussi insaisissables l'un que l'autre parce qu'il privilégie l'enquête, oserait-on dire à l'ancienne, au prêt-à-penser. La journaliste Corinne Lhaïk, hier à L'Express, aujourd'hui à L'Opinion, a commencé à le suivre en 2011. Elle l'a observé comme ministre, scruté comme président et revu pour ce récit. Elle a également rencontré une centaine de personnes : l'épouse du chef de l'État, des ministres, responsables politiques, collaborateurs, économistes, intellectuels. 

 

Chez lui, tout est calcul, même les improvisations la suite ICI

 

à bientôt sur mes lignes, patience Jean-Yves je vais tenter de dresser la liste des livres que j’ai aimés…

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1 décembre 2020 2 01 /12 /décembre /2020 06:00

Amazon.fr - Metropolis: Bernie Gunther 14 - Kerr, Philip - Livres

© Alberto Estevez/EPA

« À l’instar de Balzac ou de James Ellroy, l’œuvre de Philip Kerr pourrait donner lieu à divers diagrammes illustrant, dans le temps et dans l’espace, les récurrences de personnages fictifs ou réels (hauts ­dignitaires nazis comme Heydrich, ­Himmler, Goering ou Goebbels, mais également des artistes, peintres, cinéastes, écrivains). Car il y a beaucoup de revenants et de retrouvailles dans la série « Bernie Gunther ».

 

Mireille Descombes, le lundi 30 novembre 2020, dans le Temps annonce  :

 

« Il y a des romans que l’on tarde à ouvrir pour gagner du temps, pour leur conserver leur part de mystère et de leur précieux parfum d’inédit. Metropolis de Philip Kerr appartient à ces livres-là. Impossible de l’appréhender sans émotion quand on sait qu’il n’y en aura plus d’autre. Achevé peu avant sa mort en mars 2018, à 62 ans, Metropolis est donc le troisième et dernier polar de l’écrivain britannique publié en français à titre posthume. Il nous offre la quatorzième… et de fait première aventure de Bernie Gunther puisque, comme l’a fait également Henning Mankell, Philip Kerr se plaît ici à revenir a posteriori sur les jeunes années de son enquêteur fétiche. »

 

 

« Metropolis couvre un angle mort : la formation de Gunther auprès de son mentor, qui n’avait été jusque-là qu’évoqué. Bernhard Weiss (1880-1951), directeur de la police criminelle de Berlin et ardent défenseur de la démocratie parlementaire, lui aurait appris les techniques d’interrogatoire, lui conseillant : « Laissez le silence travailler à votre place » (L’Offrande grecque, Seuil, 2019). Dans Une douce flamme (Le Masque, 2010), il n’a pas non plus oublié les ragots et le surnom antisémite dont on affublait son « vieux patron et ami ». Par la suite, le farouche adversaire de Weiss au sein de la police de Berlin, Arthur Nebe (1894-1945), qu’on voit, dans Metropolis, au début de sa néfaste carrière, sera promu chef de la Kripo. Il réapparaît dans Vert-de-gris, La Dame de Zagreb et Bleu de Prusse (Le Masque, 2013 et 2016, Seuil, 2018). »

 

Philip Keer prolifique, auteur écossais, maître du polar historique, père du célèbre détective Bernie Gunther, ex-commissaire de la police berlinoise devenu détective privé spécialiste des personnes disparues opérant durant le Troisième Reich, qui exhume les spectres de l'Allemagne nazie, « Désabusé et courageux, perspicace et insolent, Bernie est à l'Allemagne nazie ce que Philip Marlowe est à la Californie de la fin des années 1930 : un homme solitaire, témoin de son époque. »

 

La «Trilogie berlinoise» (1989-1991) L'Été de cristal, Pâle figure, Un requiem allemand.

 

critiquesLibres.com : Trilogie berlinoise Philip Kerr

 

Premier volet de sa fameuse série au succès mondial, est L'Été de cristal

 

« En Bernie, Philip Kerr injecte son âge (un peu moins de quarante ans) et son caractère (volontiers sarcastique et mélancolique). Nous sommes en 1936 et le Troisième Reich file sa troisième année d'existence. Le détective, allergique aux sbires d'Hitler, est chargé d'enquêter sur la mystérieuse disparition de la fille d'un riche industriel - et parallèlement sur celle de sa compagne Inge. Ce qui le mènera aux prises avec la Gestapo, à la rencontre du personnage historique Reinhard Heydrich, bras droit d'Himmler, jusqu'au camp de concentration de Dachau. »

 

22 juillet 2018

 

Les liaisons dangereuses d’Elisabeth Schwarzkopf avec Joseph Goebbels ministre du Reich à l'Éducation du peuple et à la Propagande  ICI 

 

Les liaisons dangereuses d’Elisabeth Schwarzkopf avec Joseph Goebbels ministre du Reich à l'Éducation du peuple et à la Propagande

 

20 juillet 2018

Les allemands aimaient autant le Calvados que le schnaps alors les normands ont obtenus l’AOC en 1942… ICI

 

Sources :

Les adieux de Philipp Kerr

LIVRES

Dans «Metropolis», son dernier polar, le romancier britannique disparu remonte le fil du temps et évoque les débuts de son héros dans le chaudron berlinois de l’après-Grande Guerre. Magistral ICI

Mireille Descombes

Publié lundi 30 novembre 2020 à 11:26
 

Nous sommes en 1928. Berlin bouillonne comme un chaudron aux exhalaisons méphitiques. L’alcool et la drogue peinent à cautériser les plaies de la misère. Les rues sont pleines d’estropiés rescapés des tranchées de la Grande Guerre. Faute de revenus suffisants, de nombreuses femmes en viennent à se prostituer pour boucler leurs fins de mois. Les communistes manifestent, les nazis ont le vent en poupe, les juifs sont de plus en plus attaqués pour le simple fait d’être juifs. Bref, la situation est si tendue que le moindre faux pas peut déclencher une catastrophe.

 

[…]

 

Dans Metropolis, comme dans tous ses romans noirs, Philip Kerr marie avec une époustouflante virtuosité les faits historiques et la fiction. Plusieurs de ses personnages, dont Bernhard Weiss, ont réellement existé. Dans les marges du récit, on croise aussi Thea von Harbou, la femme du réalisateur Fritz Lang, en quête d’informations pour un futur scénario, et le peintre George Grosz, habillé en cow-boy et dessinant des gorges tranchées et des corps éviscérés à la morgue de Berlin. Un sinistre lieu qui, apprend-on, était alors ouvert au public et où l’on se pressait pour voir «les cadavres de ses compatriotes assassinés, dans toute leur dégradation anonyme, si épouvantable fût-elle».

 

L’écrivain écossais Philip Kerr, à Edimbourg, en 2011.

L’écrivain écossais Philip Kerr, à Edimbourg, en 2011. Phil Wilkinson/Writer Pictures/Leemage

 

Philip Kerr et Bernie Gunther : trente ans de route commune ICI 

 

Le romancier écossais est mort en 2018. Il aura écrit quatorze aventures de son héros, un policier allemand avant, pendant et après le IIIe Reich. Dont « Metropolis », roman posthume qui narre les débuts de l’enquêteur et conclut ce remarquable exercice d’ambivalence.

 

Par Macha Séry Publié le 01 novembre 2020 

 

Avec son héros avançant sur une ligne de crête, d’une viscérale ambivalence, Philip Kerr a tracé une nouvelle voie dans le polar comme dans le roman historique. Résultat : une fresque réaliste et terrifiante, véritable morceau de philosophie morale et politique. Dans la préface à l’édition anglaise de Metropolis, l’écrivain Ian Rankin conclut son hommage par ces mots : « Je suis si reconnaissant à Philip Kerr d’avoir été un guide expérimenté pour beaucoup d’entre nous à travers son dédale de pièces et de couloirs ­enténébrés. » Passage en revue de quatre points nodaux d’une œuvre maîtresse dans la bibliographie de Philip Kerr, auteur par ailleurs de livres pour enfants et de la série « Scott Manson ».

 

BIOGRAPHIE ICI

Mort de l'écrivain Philipp Kerr, auteur de polars à succès

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

AVENTURES DU DÉTECTIVE BERNIE GUNTHER

 

  1. L’ été de cristal (Le Masque 1994. Livre de Poche 1995)
  2. La pâle figure (Le Masque 1994. Livre de Poche 1996) Ressorti sous le titre :
  3. Un requiem allemand (Le Masque 1995)
    • Ces 3 premiers tomes sont ressortis regroupés sous le nom La trilogie berlinoise (Le Masque 2008. Livre de Poche 2010)
  4. La Mort entre autres (Le Masque 2009. Livre de Poche 2011) Prix Polar Européen 2009
  5. Une douce flamme (Le Masque 2010. Livre de Poche 2012)
  6. Hotel Adlon (Le Masque 2012. Livre de Poche 2013)
  7. Vert-de-gris (Le Masque 2013, Livre de Poche 2014)
  8. Prague fatale (Le Masque 2014, Livre de Poche 2015)
  9. Les ombres de Katyn (Le Masque 2015, Livre de Poche 2016)
  10. La dame de Zagreb (Le Masque 2016, Livre de Poche 2017)
  11. Les piège de l’exil (Seuil 2017, points seuil 2018)
  12. Bleu Prusse (Seuil 2018, points seuil 2019)
  13. L’offrande grecque (Seuil 2019)
  14. Metropolis

 

La suite ICI 

 

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30 novembre 2020 1 30 /11 /novembre /2020 08:00

 

J’en suis resté abasourdi lorsque j’ai découvert sur les réseaux sociaux que l’éloge à Diego Maradona s’appuyait sur la béatification de sa fameuse main, dites de Dieu, le 22 juin 1986, l'Argentine affronte l'Angleterre en quart de finale de la Coupe du monde au Mexique.

 

Marquer un but de la main c’est tricher !

 

Toutes ces belles âmes qui fustigent les sauvageons de banlieue, pleurnichent sur les incivilités des jeunes, prônent le respect des règles qui régissent notre vie en société, n’ont pas trouvé mieux que de louer ce geste, qu’il a dit ne pas regretter.

 

Par bonheur, dans le flot d’éloges qui pleuvent depuis l’annonce du décès de Diego Maradona mercredi à l’âge de 60 ans, l’entraîneur du FC Nantes, Christian Gourcuff, a affiché sa différence.

 

.Christian Gourcuff.

 

Le technicien peut comprendre qu’on pleure un « joueur d’exception », mais il regrette les discours trop indulgents selon lui sur le mode de vie de l’Argentin, qui souffrait de plusieurs addictions.

 

« Dès qu’une personne meurt, on lui trouve toutes les qualités. C’est très triste qu’une personne ou qu’un sportif décède. Soixante ans, c’est très jeune. Je l’ai admiré. Je l’ai vu évoluer dans ses meilleures années. Sur le plan technique, de la virtuosité, c’était phénoménal. Sans doute est-il un chic type, je ne le connais pas. Il a eu une vie qu’on ne peut pas mener en exemple. C’est pour ça qu’il faut relativiser. Ce n’est pas parce qu’il est décédé que c’est devenu un exemple pour la jeunesse », a estimé le Breton ce vendredi en conférence de presse.

 

Dans son viseur aussi : la Une de L’Equipe intitulée "Dieu est mort" (voir ici). "C’est très malsain. Le but de la main qu’il marque est une entrave à la morale et à l’éthique sportive. Considérer ça comme un exploit et la revendication de la main de Dieu, j’ai trouvé ça complètement déplacé. Il en a fait des exploits. Reprendre ça comme principal fait d’armes, c’est pas terrible", a taclé le coach des Canaris avec beaucoup de franchise.

 

 

VAUTROT : «LA MAIN DE DIEU ? C'ÉTAIT LA MAIN DU DIABLE !»

 

Il y a ceux qui ont joué avec Diego Maradona, ceux qui l'ont affronté et d'autres qui l'ont arbitré. Michel Vautrot fait partie de la dernière catégorie. Dans les années 1980, l'homme au sifflet a croisé plusieurs fois la route du Pibe de Oro, avant même de diriger la fameuse demi-finale de la Coupe du monde 1990 entre l'Italie et l'Argentine dans le temple de Diego, à Naples. En pleine rééducation après une opération au genou, l'ancien arbitre aujourd'hui âgé de 75 ans a accepté de partager ses souvenirs de Maradona au lendemain de sa disparition.

 

PROPOS RECUEILLIS PAR CLÉMENT GAVARD VENDREDI 27 NOVEMBRE ICI 

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30 novembre 2020 1 30 /11 /novembre /2020 06:00

 

Commençons par le « seigneur et maître de la dégustation », Michel Bettane qui fait l’actualité sur les réseaux sociaux par le soin d’un certain Nicolas de Rouyn, adoubé par le couple Bettane&Desseauve comme rédacteur en chef d’un magazine pompeusement baptisé : En Magnum, une feuille que l’on ne peut baptiser feuille de chou vu que le papier glacé n’est adapté à la fonction paysanne de celle-ci, perfusé de publicité, sans lectorat constaté par l’OJD, le genre machin qui traine chez les professionnels tel Paris-Match et Voici chez votre dentiste.

 

Aucune description de photo disponible.

 

Je me contente de publier l’objet qui a attiré, à juste titre, l’ire des femmes du vin Ophélie Neiman qui déclare : « Et pour être bien transparente, j'ai tenté de discuter avec Michel Bettane qui a déclaré vouloir rompre toute relation avec moi. Je lui ai exprimé ma peine, j'ai prôné le dialogue. Il m'a envoyé par Sms la motivation de sa décision : "je suis allée trop loin dans mon soutien" envers Sandrine Goeyvaerts. Voilà, voilà. Que cela me serve de leçon, donc. Promis, je n'oublierai pas. »

 

L’image contient peut-être : Antonin Iommi-Amunategui, texte qui dit ’Michel Bettane @michel_bettane En réponse à @antoniniommi, @Desseauve_BD et @MyBettaneD Liberté de caricature. Même border ine Mais ignominie fascisante donneurs de leçon, peu regardants quand cela les arrange. Honte à vous. 19:03 25/11/2020 Twitter for Android 7 Antonin lommi-Amunategui @a... .29s 29s En réponse à @michel_betta @Desseauve_BD et @MyBettaneD vous vous prenez pour Charlie Hebdo avec votre dessin lamentablement sexiste, sérieusement ? et côté fachos regardez plutôt dans vos rangs tiens’

N’est pas Reiser qui veut, bien évidemment loin de moi de contester la liberté de caricature, mais il est tout autant important de préserver la liberté de critiquer une caricature glauque et sexiste ayant des relents des plaisanteries des gastro-couillards du vin. La mise à l’index d’Ophélie Neiman, longtemps copine avec le de Rouyn, par Michel Bettane, enlève le peu crédit qui pouvait être accordée à leur défense zigzagante (ils n’ont pas relu la prose de leur valet)

 

 Bettane+Desseauve

 

Des internautes ont accusé Bettane+Desseauve de s’en prendre à une agent du vin et plus largement d’avoir un message sexiste à l’encontre des femmes dans le milieu du vin. En cause : l’extrait d’une bande dessinée parue dans le dernier numéro d’En Magnum qui met en scène un personnage de commerciale du vin que certain(e)s ont cru reconnaître.

 

Cela nous a fait vivement réagir, Michel Bettane et moi, et cela pour plusieurs raisons :

 

1. Nous exerçons le métier de critique du vin avec rigueur et enthousiasme depuis plus de 30 ans et nous n’avons jamais corrigé, ni censuré les propos d’un de nos journalistes ou dégustateurs, cela ne fait pas partie de notre ADN.

 

2. Nous ne connaissons absolument pas l’entrepreneuse que des internautes ont imaginé représentée dans ce dessin. L’auteur, Régis Franc, auteur de BD reconnu, « chroniqueur d’une société immobile » qui a fait ses armes dans Pilote, Charlie Mensuel ou L’Écho des Savanes (il a aussi collaboré au magazine Elle) et reconverti depuis plusieurs années dans le métier de vigneron, a appelé son domaine « Chante Cocotte » et ses  cuvées, « cocotte blanche », « cocotte rose », etc. On peut aussi lire dans « Vins Fins-Poulet-Rautiz », une manière de se moquer de lui-même, moquerie dont il est évidemment coutumier.

 

3. Enfin, et surtout, j’encourage nos détracteurs à relire l’intégrale de mes articles, ainsi que ceux de Michel Bettane et du contenu des journaux dont j’ai été le rédacteur-en-chef depuis 1985 (La Revue du Vin de France, Tast et aujourd’hui l’ensemble des supports Bettane+Desseauve) et d’y trouver le moindre propos machiste ou sexiste.

 

Jamais, ni Michel, ni moi, n’avons dénigré le rôle d’une femme dans le vin au motif qu’elle était une femme ou boycotté une cuvée au titre qu’elle était réalisée par une femme.

 

L’époque est à l’accusation facile à coups de hashtags stigmatisants, les réseaux s’emballent et le partage vaut preuve irréfutable. C’est une insulte à notre travail et à celui de nos équipes, que nous voulons rigoureux et irréprochable. Notre seule passion, c’est le (bon) vin. Puisse-t-il nous faire oublier ce genre de vicissitude.

 

Précisions :

 

  • Il y a un bail que j’ai viré de Facebook le sieur De Rouyn

 

  • Bettane m’a excommunié je n’ai plus à subir ses gloubiboulga matinaux.

 

  • L’agente caricaturée fleure bon Fleur Godart que le De Rouyn ne peut pas piffer.

 

  • Le couple Bettane&Desseauve s’est illustré par son silence couard à propos des agissements du sieur Sibard

Chapitre 14 - Régis Franc - Un Piboulard qui a bien "tourné" - Piboulards  Productions

L’auteur en est Régis Franc, ex-caricaturiste  ICI  , maintenant propriétaire de vignes ICI  

Régis Franc, "plus jardinier que vigneron" dans ses vignes centenaires.

Le  10 juillet 2008, je découvrais chez Arold 3, rue Monge, dans le Ve arrondissement cher à Jean et Xavière Tiberi

 

 

Vins de Paysans éclairés : tiens v'là Olivier Cousin ! ICI

 

 

Traiteur et un récent n° du Point sur les bonnes adresses parisiennes du bien manger accorde à sa terrine de campagne des lauriers en indiquant aussi la qualité de sa cave de vins "natures". Pour la petite histoire sur la photo le vigneron en pantalon est : Claude Courtois de Soings en Sologne, Loir-et-Cher et le vigneron en short est Olivier Cousin de Martigné-Briand dans le Maine-et-Loire.

 

je cultive mes vignes avec des chevaux - Shamengo

Et puis 2012, ce fut au tour de Pierre Jancou d’entrer dans la danse avec sa casquette de marlou, son bourgeron de travailleur et ses tatouages…

 

« Merci, Monsieur, d’avoir rendu son âme à ma crèmerie… » cher Pierre Jancou, Dieu qu’il est difficile de passer derrière la plume de François Simon

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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 08:00

 

Le grand enfant de Choeur De Chaïm SOUTINE (1893-1943)

Je n’ironise pas, la messe du dimanche je l’ai servie au temps de mes culottes courtes, soutane rouge, surplis empesé, savates de feutre, en dirigeant la manœuvre, assis sur mon tabouret de boss des enfants de chœur.

 

Le président de la Conférence des évêques de France a déposé un recours devant le Conseil d’État. L’interdiction des messes porte « atteinte à la liberté de culte »

 

Mgr Éric de Moulins-Beaufort estime que la décision du gouvernement « porte atteinte à la liberté de culte qui est l’une des libertés fondamentales » en France. Après avoir consulté tous les évêques de France, il estime « hors de proportion l’interdiction de célébrer la messe et d’autres sacrements en communauté. » Une cérémonie jugée « essentielle » par l’Église, qui réclame un assouplissement des mesures. « Pour les fidèles, ces célébrations sont vitales parce qu’elles sont une rencontre avec le Seigneur et avec leurs frères », justifie le président de la Conférence des évêques de France.

 

Ouragan dans le bénitier !

 

Dans le cadre d'un déconfinement progressif, notre Emmanuel qui s’occupe de tout a annoncé la réouverture des messes. Mais avec une condition : elles seraient limitées à 30 personnes. Une décision que Monseigneur Matthieu Rougé, évêque de Nanterre, qualifie de "contradictoire" et "grotesque".

 

Nouvelle tempête pour la jauge, notre grand timonier fait machine arrière

 

Lors d'une conversation téléphonique dans la soirée du 24 novembre, entre le président de la République et le président de la conférence des évêques de France (CEF) Mgr Eric de Moulins-Beaufort qui protestait contre la «stricte limite de 30 personnes pour les messes» imposées par Emmanuel Macron, il a été convenu qu'un nouveau plafond maximal de fidèles pour les messes sera étudié d'ici jeudi matin 26 novembre, pour une «jauge réaliste, tout en étant stricte» a indiqué l'épiscopat par communiqué mercredi matin.

 

Donc, au sortir de la grand-messe, préparez-vous des spaghettis cacio e pepe selon la recette de Gabriele Muti, chef du restaurant Uncino

 

La recette des spaghettis cacio e pepe du chef Gabriele Muti Les spaghettis cacio e pepe de Gabriele Muti, chef du restaurant Uncino.

 

Ingrédients

 

150 g de pecorino romano (si vous trouvez le pecorino trop salé, vous pouvez mettre 2/3 pecorino et 1/3 de parmesan)

 

10g de poivre (en fonction de vos goûts et de la puissance de votre poivre, on a utilisé du poivre noir de Sarawak)

 

200g de spaghetti

 

8g de sel par litre d’eau pour la cuisson de la pasta

 

 

Préparation

 

Râpez finement le fromage et réservez-le dans un petit saladier.

 

Mettez l’eau à bouillir.

 

Dans une poêle, mettez le poivre finement moulu et faites-le torréfier à feu doux. Attention, en chauffant le poivre va dégager un arôme puissant qui pique.

 

Mettez les spaghettis à cuire (la moitié du temps de cuisson indiqué sur le paquet)

 

Quelques minutes avant la fin de la cuisson, ajoutez un peu d’eau de cuisson au fromage et commencez à le travailler.

 

Ajoutez un peu d’eau au fur et à mesure. Bien mélanger pour obtenir une boule compacte.

 

Ajoutez de l’eau de cuisson sur le poivre torréfié (ne vous mettez pas au-dessus, et aérez bien) puis ajoutez la pasta.

 

Il faut terminer la cuisson des pâtes à la poêle en ajoutant au fur et mesure de l’eau de cuisson. Quand la cuisson est finie, l’amidon relâché par la pasta, l’eau et le poivre vont former une sorte de sauce crémeuse, éteindre alors le feu.

 

Hors du feu, versez la boule de fromage et continuez à mélanger jusqu’à ce que tout se lie. La sauce devient crémeuse, dressez immédiatement car la sauce coagule rapidement.

 

La suite ICI

Le conseil de qui vous savez :

 

Loreline Laborde
Les Granges Paquenesses
39800, Tourmont
Tél. : +33 (0)6 23 87 65 19
Mail : contact@granges-paquenesses.fr  

 

Les Granges Paquenesses - Loreline Laborde

 

Un jeune domaine établi à Tourmont, près de Poligny.

 

 Présentation (par amicalementvin):

 

Partie de Montpellier Loreline la citadine est devenue vigneronne et paysanne. Les rencontres et les heures passées au milieu des vignes, de la terre et des animaux, lui ont forgé des envies et des certitudes. Le Jura est devenue sa terre d'accueil, ses parcelles sont terrain de jeu et sa ferme des Granges Paquenesses son refuge.

 

Loreline Laborde exploite seule 3,5ha en Côtes du Jura, depuis 2010. Des vignes assez groupées mais à la géologie nuancée, qui lui permettent de s'exprimer sur les cépages typiques du Jura : Savagnin, Chardonnay, Poulsard et Trousseau.

 

Le domaine des Granges Paquenesses est en bio tout naturellement. Travail du sol, maîtrise des rendements, préparation de compost,... tout est fait pour exprimer l'extraordinaire terroir du Jura, en respectant la nature.

 

Le travail à la cave va à l'essentiel, avec peu d'intervention. Le vin est gentiment accompagné, les fermentations sont en levures indigènes, pas de chaptalisation ou autre enzymage. Le soufre est utilisé à bon escient. Bref c'est propre quoi !

 

A la vigne, Loreline marche dans les pas de sa jument comtoise Amazone. Avec elle, elle travaille l'ensemble de ses parcelles, pour vivre un peu plus en harmonie avec la nature.

 

 

COMMENT RÉUSSIR LES PÂTES CACIO E PEPE ? DEUX MÉTHODES

 

 

Méthode scientifique : c’est celle qui a été élaborée par le scientifique Dario Bressanini dont je vous ai déjà parlé et que j’aime beaucoup. Il s’occupe de divulgation scientifique de l’alimentation, avec rigueur, humour et bon sens (un peu comme Hervé This mais plus à notre portée je trouve, avec des aliments ou plats basiques).

 

Le principe est celui de porter la température du fromage mélangé avec l’eau de cuisson des pâtes (important pour la présence d’amidon) à une température de 55°C (celle idéale où le fromage fond mais ne coagule pas). Pour ce faire (et sans se casser la tête à tremper un thermomètre), il suffit de réaliser un mélange de fromage et d’eau de cuisson (proportions 40/60 par ex. 80 g de fromage et 120 g d’eau) et le réchauffer au bain-marie jusqu’à ce le mélange soit fluide et non coagulé. On garde ensuite cette crème au chaud (dans le bain-marie), on la verse sur les pâtes égouttées et misent dans un saladier et on mélange rapidement.

 

 

Il nous explique aussi que l’amidon contribue à empêcher la coagulation rapide du fromage (il cite d’ailleurs l’exemple de la sauce Mornay qui contient de la farine et du fromage). Donc plus il y a d’amidon dans l’eau des pâtes (mais pas trop non plus) mieux c’est. C’est pourquoi, il préconise aussi de mettre la moitié de l’eau habituelle pour la cuisson des pâtes : soit 50 cl au lieu d’un litre pour 100 g de pâtes.

 

 

Méthode empirique : c’est celle de la plupart des chefs romains (certains même étoilés) mais qui peut ne pas marcher à 100% (et c’est celle que j’utilise le plus aussi)

 

Elle consiste à créer le mélange au moment de l’égouttage des pâtes ou juste un peu avant en prenant un peu d’eau de cuisson mélangée au fromage dans un saladier. Ensuite, on y met les pâtes, encore un peu de fromage et on dilue avec un peu d’eau de cuisson tout en mélangeant. Cela peut être parfait mais il peut arriver que la température de l’eau soit trop chaude ou pas assez et donc de ne pas avoir une crème parfaite.

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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 06:00

Avec Pierre Clémenti (Antoine Desvrières), Jacques Spiesser (Jean Rimbert), Marie-Hélène Breillat, (Anne de Hauteclaire),

En exergue du film,  « L'ironie du sort »  ICI  inspirée du livre de Paul Guimard cette citation du grand Tennessee Williams.

 

 

L'histoire se déroule à Nantes, sous l'Occupation! Pierre Clémenti et Jacques Spiesser incarnent deux résistants qui ont pour mission d'abattre un officier allemand! Deux issues possibles nous sont proposées !

 

Avez-vous remarqué comme la vie se charge, souvent brutalement, d'opérer à notre place des choix que nous n'osons faire? Comme si, après nous avoir laissé tout le loisir de réfléchir, d'aménager notre destinée, elle s'impatientait de notre aveuglement, de notre inertie et se chargeait, par un de ces coups de théâtre dont elle a le secret, de nous mettre face à ce changement secrètement désiré ou redouté?

 

« Guimard, Molinaro et Kast s’interrogent sur la part d’indécidable dans le destin de ceux qui ont traversé cette période. Il est certain que le hasard, les rencontres ont joué un rôle dans le destin de tout résistant ou de tout collaborateur. Mais ce qui caractérise celui de Caracalla (Cordier), de Marat (Vaillant) ou encore de Jean et Paul, les deux héros du film de Molinaro, c’est l’exact contraire du hasard. C’est cet entêtement, cette volonté farouche à résister et cet engagement renouvelé dans le combat pour la liberté. Ce choix-là ne doit rien au hasard. Pour des raisons qui nécessiteraient d’être expliquées, pendant une longue période qui commence dans les années soixante-dix, le choix des résistants a été systématiquement minoré, dévalorisé jusqu’à considérer leur engagement au même niveau que celui contre lesquels ils se sont battus. C’est ce voile, cette approximation, ce trouble qui a été déterminant dans la décision de qu’a prise Daniel Cordier de raconter son histoire de la guerre. »

 

Les dossiers de l’écran du 23 avril 1974 animés par Alain Jérôme débat sur le film La traversée de Paris d’Autant-Lara. Avril 1974 c’est la sortie de Lacombe Lucien de Louis Malle, le scénario est signé Patrick Modiano. Malle a été très clair : « semer la confusion », « montrer un salaud au sens sartrien du terme » ; « montrer que tout était possible » : une jeune juive qui couche avec le gestapiste qui va déporter sa famille, un curé qui torture en soutane, un homme « extrêmement ordinaire qui devient tortionnaire à la botte des nazis »

 

Les débateurs : Henri Amouroux, André Frossard, Jacques Laurent, Paul Guimard, François Nourissier…

 

Lorsque Guimard intervient il déclare : « Il ne faut pas prétendre, que la France, unanimement, s’est dressée contre l’occupant, parce que c’est faux. » Il ajoute ensuite : « Il faut encore moins prétendre que la France, unanimement, s’est couchée et a rampé, parce que c’est encore plus faux, et là, c’est odieux en plus. »

 

Guimard, avec justesse, parle de la masse des Français qui étaient favorables à la Résistance sans y être pour autant engagés.

 

Sa conclusion est admirable : « On n’a pas le droit de s’étonner qu’il n’y en ait pas eu assez ; on est obligé d’admirer qu’il y en ait eu autant. »

 

Paul Guimard a été révélé au grand public par Claude Sautet, dont le film Les Choses de la vie (1970) portait à l'écran son troisième roman, publié en 1967, Paul Guimard avait déjà remporté le grand prix de l'humour, en 1956, pour Les Faux Frères, et le prix Interallié, l'année suivante, pour Rue du Havre. Dans un style lapidaire, Paul Guimard brossait le portrait de personnages dont le destin dérape.

 

 

L'IRONIE DU SORT de Paul Guimard

 

Par JACQUELINE PIATIER ICI Publié le 16 septembre 1961 

 

On savait depuis la Rue du Havre, Prix interallié 1957, que Paul Guimard, bon conteur sinon puissant romancier, aimait à se promener dans la cervelle d'une multitude de personnages, pour scruter leur drame intime et suivre leur destin. Tenté comme Fantasio par ce bourgeois qui passe, pour le sonder, une minute, deux minutes, pas davantage, avant de passer à un autre. Mais le coup de sonde est précis et ramène à chaque fois une silhouette vivante et pensante, vite et bien caractérisée. Après quoi, de toutes ces expériences in vivo l'auteur tire une petite philosophie, sceptique, enjouée et tendre, tout à fait dans la tradition de l'esprit français.

 

Tout cela se retrouve dans l'Ironie du sort, qui prétend donner une de ces leçons de philosophie sans jactance, comme en donnent les moralistes et aussi les humoristes, qui bien souvent leur ressemblent. Les hommes ne devraient être dupes ni des grands mots ni des grands sentiments. Ceux-ci sont déjoués par la vie et c'est le sort ironique parce qu'aveugle qui fabrique les héros. A l'origine d'un destin il peut y avoir un acte libre. C'est le bouton qui met en branle la mécanique. Après quoi celle-ci broie, moule et façonne à son gré, c'est-à-dire au gré des circonstances, soit l'homme d'élite, soit l'homo qualumque. « Sacrifice suprême, mourir pour la patrie... nation reconnaissante... ces grands mots fatigués attendent de se poser. Il leur faut pour cela deux choses ; une bouche pour être prononcés, un nom propre auquel être accolés. Le coucou n'est pas difficile sur le choix de son nid, les grands mots, de même, ne choisissent pas leur homme, le crémier venu fait l'affaire, mais il leur faut une tête sur quoi se fixer sous peine d'errer indéfiniment dans les limbes où sont les velléités. "

 

Supposez donc un résistant qui sous un porte cochère attend l'officier allemand qu'il va tuer... La scène se passe à Nantes en septembre 1943. Plusieurs personnes sont liées, à leur insu, à l'acte qui va s'accomplir. Antoine d'abord, l'exécuteur ; son ami Jean, responsable de son engagement dans la Résistance et chef du réseau ; le père d'Antoine, qui soupçonne sans l'approuver la lutte menée par son fils : son âge et son passé ne lui permettent pas d'autres convictions qu'une fidélité maréchaliste. Il y a aussi la fiancée d'Antoine, fille d'un avocat collaborateur et huppé, qui, avant le meurtre, n'a pas osé lui révéler qu'elle attend un enfant ; puis la victime elle-même, cet officier de la Wehrmacht d'un aristocratique détachement qui à l'heure du guet-apens va rejoindre la petite bonne qui lui sert de maîtresse. Il y a enfin l'instrument du destin, le feldgendarme Helmut Eidemann, un balourd qui ne sait pas tirer, ni faire démarrer les autos. Selon la technique unanimiste, tous ces personnages bien vivants sont mis en scène, chacun dans leur épaisseur propre, au moment où le coup va partir. Il part. L'Allemand est tué. Mais Helmut Eidemann, pour une fois, a su mettre en marche la voiture et ajuster son tir. Antoine, blessé, ne peut s'enfuir. Il est arrêté, condamné, fusillé. Le voilà un héros.

 

La scène tourne et six ans plus tard nous assistons à son exaltation devant le monument aux morts. Chacun a profité de son geste : le village, son père, qui, au retour d'une déportation que ses convictions ne justifiaient guère, est devenu maire, et son futur beau-père, auquel nul n'a songé, à cause de l'enfant, à reprocher sa collaboration. La fiancée d'Antoine a trouvé le bonheur au bras de Jean, qui a recueilli la femme et le fils de son ami. La rencontre est cocasse et tourne à la farce. Comme l'Antoine des discours officiels ressemble peu à l'Antoine vivant ! Par un procédé de flash back, le voici qui resurgit, dans sa prison, à ses derniers moments. Dans la réalité c'est tout simple, la mort d'un héros. Et c'est très émouvant. Paul Guimard voulait montrer ce décalage et cette disproportion.

 

Mais supposez maintenant que le coup ne parte pas... parce qu'Helmut Eidemann est intervenu d'une autre manière. Tout se transforme et une nouvelle histoire commence. Le héros a changé de nom. Il s'appelle Jean au lieu d'Antoine. Les proches de celui-ci ne connaissent ni la gloire ni l'absolution. Et lui-même, qui a épousé Marie-Anne, n'est plus qu'un homme très commun, qui réussit sa carrière, trompe sa femme et la quitte pour une plus sémillante conquête.

 

Tel est le diptyque que propose Paul Guimard. On songe à Antoine Blondin, qui avec un si dans les Enfants du Bon Dieu - si le traité de Westphalie n'avait pas été signé - bouleversait lui aussi, non pas une histoire, c'est-à-dire le destin d'un homme, mais le cours de l'histoire. Plus intellectuel, le divertissement était aussi plus relevé.

 

Mais l'Ironie du sort est un joli conte et qui possède un charme. Paul Guimard s'y révèle bon magicien. D'un coup de baguette, non seulement il transforme son personnage, mais fait jaillir à volonté les pleurs ou le rire, le pathétique sans grandiloquence ou la détente bouffonne. Le lecteur, entraîné dans un kaléidoscope d'émotions, est déconcerté. Mais il y prend un excitant plaisir.

 

Il s'en faut malheureusement que les deux volets de ce diptyque se vaillent. Le premier avait pour lui ses ruptures de tons, son alternance sourire-larmes, ses personnages humains qu'on voyait transformés en surhommes. Dans le second, nous assistons seulement à la désintégration d'un couple et à la formation d'un autre, qui nous est contées sur le même ton badin. Il eût fallu beaucoup d'esprit pour rehausser ce tableau d'une courante banalité humaine. Sans doute y a-t-il toujours sous la plume de Paul Guimard de piquantes formules, d'heureux raccourcis et d'amusantes trouvailles, mais le récit se perd dans les digressions autour de nouveaux personnages qui ne nous intéressent plus, n'étant pas en réplique. Fantasio cède à sa tentation. Il ouvre trop de crânes.

 

Ce divertissement d'un sceptique, tendre, est joué sur un petit fifre qui rend un son très juste et assez aigrelet pour agacer agréablement le cœur et l'esprit. Mais il arrive à ce petit fifre, parfait quand il expose son thème, le tourne et le retourne, de s'égarer dans de trop longues cadences.

 

(1) Denoël, 214 p.

JACQUELINE PIATIER

 

 

En 1981, après la victoire de François Mitterrand à l'élection présidentielle, il est chargé de mission auprès du président de la République, poste qu'il occupe jusqu'en août 1982. « Mon seul regret est de n'avoir pas obtenu, lors de mon passage à l'Élysée, la création d'une académie de la Mer », dira-t-il plus tard, affirmant que « cette expérience n'a été dans (sa) vie qu'un long accident ».

 

Citations de Paul Guimard

 

« Le noyau de l'homme est ferme, dur, peut-être même invariable. Mais ce qu'il fait dépend pour 99 % du hasard. »

 

« La jeunesse heureuse est une invention de vieillards. »

 

« Ce n'est rien de vieillir mais le terrible est que l'on reste jeune. »

 

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