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13 juillet 2022 3 13 /07 /juillet /2022 06:00

Guerre d'Algérie, les pouvoirs spéciaux à Guy Mollet | L'Humanité

On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, et Mélenchon, pour ce qui est de se lustrer le poil est un maître, il se désigne comme «Le tribun du peuple» et main de fer il tance et lance : «Désormais, il en coûtera très cher de descendre du train. Cela vaut pour tout le monde. Y compris pour nous insoumis.» Le petit filou de Ruffin, fait entendre sa petite musique, le coquin, en mettant le doigt où ça fâche : les classes populaires s’abstiennent ou vote RN.

 

La NUPES, c’est son œuvre, il adore les forceps, et son «horizon», désormais, «c'est la pérennité de l'œuvre réalisée : la Nupes». Tel un Mitterrand à Épinay, mais un Mitterrand venu des soupentes sombres de l’extrême-gauche,  et  non de celles de la droite comme le Tonton, il a «dénoué une crise qui durait à gauche depuis une génération».

 

Quel homme !

 

Il borne, grand arpenteur la « vraie gauche », son œuvre : « La dernière fois qu'il y a eu une union populaire à gauche, c'était au siècle précédent, avec la gauche plurielle.» Normal, sous la main d’un Jospin, venu des mêmes bords que lui, il y faut un vague sous-secrétaire d’État à la formation professionnelle – Ministre délégué pour ne pas froisser sa fierté.

 

« Le choix d'Olivier Faure et Julien Bayou a été tracé par les événements », estime-t-il,  mais a rendue caduque la ligne qui était défendue par le Parti socialiste ces dernières années. Il assure que ses alliés « ont compris alors l'impasse de la ligne sociale-libérale ».

 

Bon Prince « Le refus des autres membres de la Nupes de faire un groupe unique ne voulait pas dire refus de travailler plus étroitement ensemble. J’ai donc cédé. De bon gré »

 

« La bonne surprise, c’est de voir à quel point socialistes et Verts sont engagés »

 

Mais où sont passés les cocos ?

 

Omission !

 

Depuis la création de l'alliance, certains membres du PC, et notamment Fabien Roussel, n'hésitent pas à charger ceux avec qui ils sont censés siéger. Celui qui n'avait dans un premier temps pas fermé la porte à un gouvernement de coalition, avait, au lendemain du second tour des législatives, tenus à rappeler que l'alliance « n’a pas empêché non plus l’extrême droite de progresser fortement, et ça, ça m’interpelle, ça me questionne ».

 

Mais n’ayant jamais frayé ni avec le PCF, ni avec les Verts, je vais me contenter d’ironiser sur le PS versus Faure, Olivier, pas Edgar ou Maurice.

 

Ce Faure-là, ce fut d’abord pour moi cela :

 

11 septembre 2021

C’était au temps où Olivier Faure, premier secrétaire du PS, choyait Ségolène Royal dans Ségo, François, papa et moi… ICI 

 

Purge au PS: exclure François Hollande « n'a jamais été envisagé » assure Olivier Faure

 

Interrogé sur la procédure d'exclusion lancée par le PS à l'encontre de 79 dissidents (57 candidats, 22 suppléants), Olivier Faure a assuré qu'il ne s'agissait « pas d'une purge », comme certains opposants l'ont dit.  « Il n'y a jamais eu de purge, mais la volonté de faire respecter des règles et de faire en sorte que nous honorions notre parole », a-t-il ajouté. « Il y a des gens qui ont été candidats contre des candidats soutenus ou présentés par le PS (dans le cadre de l'alliance de gauche Nupes, N.D.L.R.). Nos statuts disent clairement qu'on ne peut pas être candidat contre nos candidats » a expliqué le premier secrétaire.

 

LES DISSIDENTS CUISINÉS DEVANT UNE COMMISSION

 

Les personnes concernées par la procédure d'exclusion passeront devant « une commission des conflits, qui est une commission pluraliste, il y aura du contradictoire », a-t-il assuré, et les sanctions « pourront aller de l'avertissement jusqu'à l'exclusion, en passant par la suspension temporaire ».

 

Mais ça c’est de la petite bière, Olivier Faure a fait sa mue. On a taclé sa mollesse. On l’a suspecté d’avoir été tenté par le macronisme, classé un parmi les vallsistes du PS.

 

À gauche toute donc ! La vraie ! Celle qui dans l’opposition est pure et dure, inflexible…

 

Selon un de ses admirateurs « il a fait l’inventaire des années Hollande. Tardivement, mais il l’a fait. Réglé ses comptes avec Valls. Il s’est fâché avec beaucoup des historiques de sa famille politique. Il a pris des risques. Et il a eu ce courage de ramener le PS sur sa gauche en s’engageant sincèrement dans cette alliance inédite de la gauche et des écologistes – acceptant que le PS ne soit plus la matrice, la colonne vertébrale, la centre de gravité de la gauche. Faure trace l’avenir du parti socialiste avec humilité et lucidité. Aujourd’hui, loin de se cacher derrière son petit doigt, il est devenu l’un des principaux acteurs de la NUPES quand le communiste Fabien Roussel se montre plus réservé, voire n’hésite pas à taper le camarade Mélenchon. »

 

En clair, le petit Faure, qui fut le toutou de Ségo et du capitaine du pédalo, se refait, à bon compte, la cerise, il a sauvé son siège, et celui de quelques camarades, Saint Paul tombé de son cheval, il  suit son nouveau maître, le messie Jean-Luc.

 

Celui-ci qualifia en son temps la gauche de Rocard, de gauche molle, la sienne étant dure en paroles, alors renvoi d’ascenseur celle du PS-NUPES c’est la gauche Mollet.

 

L’œuf mollet  a l’apparence d’un œuf dur avant que l’on fende la coque, mais dès qu’on le décapite c’est liquide, mou.

 

Je plaisante mais c’est pourtant ce qu’était l’ancêtre du PS, la SFIO de Guy Mollet, dur en paroles, molle en actes.

 

Lettre ouverte à Guy MOLLET, via Pierre LAURENT - Je ne garderai pas la vielle maison (par Fabrice AUBERT)

Un chef calamiteux

 

L’après-Seconde Guerre rebat les cartes. Des socialistes ont collaboré. D’autres ont été résistants. La SFIO renaît et se donne à un chef qui, à ce jour, reste comme le plus calamiteux qu’elle ait connu. Guy Mollet (1905- 1975), un professeur d’anglais d’Arras, est l’incarnation de la schizophrénie politicienne.

 

En campagne, il est un doctrinaire d’un marxisme irréprochable.

 

Arrivé au pouvoir en 1956, il est incapable de faire évoluer la situation algérienne et de s’opposer à l’extrémisme pied-noir ; il s’engage, à côté des conservateurs anglais, dans la désastreuse opération de Suez ; puis, en 1958, se rallie sans condition à de Gaulle.

 

effel.mai58

 

Envers et contre tout, il garde son fauteuil de patron de la SFIO, mais son parti est un astre mort. Le grand homme de la gauche est Mendès France, membre du Parti radical. Les intellectuels sont dans des clubs, hors du parti. Les rénovateurs ont rallié le PSU, créé en 1960.

 

À la présidentielle de 1969, Defferre représente la SFIO. Il obtient 5% des voix. La catastrophe conduit à la création d’une nouvelle formation, le Parti socialiste. En 1971, à Epinay, il fusionne avec d’autres courants de gauche, et se donne à Mitterrand, pour entamer ce nouveau cycle dont on dit qu’il s’achève.

 

Socialiste, Michel Rocard le restera toute sa vie, mais selon une acception qui doit beaucoup à la grande expérience de la jeunesse : l'Algérie. L'insurrection qui s'est déclenchée en 1954 laisse la IVe République empêtrée et bientôt déchirée. Elle fait naître en réaction une génération politique, dans le drame et la scission morale. Comme il s'agit de deux départements français et qu'un million d'Européens vivent là-bas, les forces politiques, communistes compris, n'imaginent pas que la colonie puisse devenir indépendante. On réprime, mais on cherche aussi à négocier.

 

Très vite, la gauche se divise.

 

Les uns - Guy Mollet, François Mitterrand - font la guerre.

 

Les autres - Pierre Mendès France, Alain Savary ou Daniel Mayer - veulent un compromis.

 

En 1956, on croit que Mendès France va redevenir président du Conseil et négocier, comme il l’a fait avec les nationalistes vietnamiens en 1954.

 

C’est Guy Mollet qui est désigné. Le jeune Rocard voit ainsi le chef de son parti, la SFIO, mobiliser le contingent, encourager l’action des paras, couvrir la torture. Pour ce militant de culture chrétienne, qui a pris pour ses activités politiques le pseudonyme d’un hérétique de Genève brûlé par Calvin, Michel Servet (il est tenu au devoir de réserve comme fonctionnaire), cette dérive coloniale et cette chute morale sont inconcevables. Au même moment, François Mitterrand est ministre de la Justice et vise Matignon. Pour rester dans le jeu, il applique sans hésiter la politique répressive du gouvernement en Algérie. Contraste entre deux hommes qui ne se connaissent pas mais qu’une conception antagonique de la politique oppose déjà…

 

Les années Mollet

 

Et puis arrivent les années Mollet en 1956. Le retour de la gauche au pouvoir. En Egypte, l’ancien professeur d’anglais pacifiste voit en Nasser “un nouvel Hitler” et envoie les parachutistes récupérer le canal de Suez.  Sa grille de lecture issue des années 30 et son fort attachement à Israël font le reste. Suez est un échec. Nasser devient un “héros dans le monde arabe”, la France et son allié anglais la risée de l’Ancien monde.

 

Au Maroc et en Tunisie, on arrête comme rarement auparavant les opposants et on soutient les colons à l’heure où le globe se libère de la domination européenne. Mais ce n’est rien à côté de l’Algérie ! Guy Mollet et son entourage (Max Lejeune, Christian Pinault, Marcel Naegelen…) vont y opérer la politique la plus dure et la plus répressive desdits «événements».

 

Refusant d’écouter des hommes comme Ferhat Abbas ou Jacques Chevallier appelant au dialogue, les socialistes au pouvoir font arrêter Ben Bella, couvrent la torture, truquent les élections, notamment à Oran, multiplient les arrestations arbitraires et, cerise sur le gâteau, envoient près d’un million de jeunes conscrits français dans le Djebel…

 

La fracture est définitive. Le PCF de son côté a effectué un virage à 180° – mais il en a l’habitude ! – en passant d’un Algéristan à la soviétique à l’Algérie algérienne. La SFIO de Jaurès ne s’en relèvera pas et le lien avec les intellectuels et la Méditerranée non plus.

 

Michel Rocard poste avec le bureau politique du PS en 1993 dont Jean-Luc Mélenchon.

 

Régis Debray : « Fidel Castro, flamme et cendres »

TRIBUNE

Régis Debray

Écrivain et philosophe

Familier, compagnon de route et interlocuteur du dirigeant cubain, l’écrivain Régis Debray revient, à l’heure des obsèques du chef révolutionnaire à La Havane, sur cette aventure qui l’a « marqué pour toujours ».

Publié le 03 décembre 2016 

 

« Il est déjà trop tard pour faire sentir à une génération sans histoire, ni peut-être même sans la mémoire d’une histoire, ce que fut le vibrato d’un moment de fraternité évanoui. Il a, dans nos années 1960, arraché plus d’un enfant du siècle à son confort, en l’élevant, parfois, au-dessus de lui-même. De cette colère et de cet espoir, Fidel Castro fut le parrain, l’entraîneur, le blason. La République torturait en Algérie, des humiliés se soulevaient par milliers sur trois continents, et une tierce voie, entre capitalisme et communisme, luisait à l’horizon.

 

De cet élan venu des profondeurs, plus qu’un engouement, reste un sobriquet injuste et dédaigneux, le tiers-mondisme. Une certaine ingénuité d’âme, un zest de messianisme chrétien, la guerre d’Espagne encore dans les têtes et la volonté d’expier nos hontes nationales, Pétain et Guy Mollet… On en connaît la critique, bien courte. Qui se souvient aujourd’hui des dictatures militaires, des escadrons de la mort et de l’opération Condor activée par la CIA, des exactions d’un Empire sans scrupule aucun, dans son arrière-cour ?

 

Aujourd’hui que l’économique et le médiatique, chiffrage et bruitage, deux illusions qui se prennent pour des réalités suprêmes, obnubilent le marché, non plus des convictions, mais des opinions… Et sans doute, comme Obama l’a dit à bon escient, est-il trop tôt encore pour savoir dans quelle niche l’histoire rangera demain cette figure insolite, Bolivar prolongé ou Mussolini tropical. Pile ou face. Et le choix final du stéréotype en dira encore plus sur l’historien et son moment que sur son condamné ou son héros. Etrange, incommode entre-deux.

 

Fidel étonnait et détonait

 

À chaque génération, sa sensibilité et sa géographie, et c’est peu dire qu’elles ne s’entendent plus. On soliloque de part et d’autre. Chacune a son sabir et ses simplismes. L’opposition « démocrate-dictateur », alpha et oméga de la culture politique d’une Europe désormais infantilisée par le manichéisme nord-américain, c’est une case par trop sommaire pour y loger les « hommes à cheval » issus d’une autre histoire que celle des hommes à chiffres. Si caudillo, c’était tyran, et commandante, icône, ni plus ni moins, les chefs d’Etat démocratiquement élus d’Amérique latine, gauche et droite confondues, du Colombien Santos au Brésilien Lula, ne seraient pas si nombreux à escorter l’urne funéraire.

 

Les souvenirs personnels ne valent pas pour des jugements d’historien, mais, pour avoir été une année durant, en 1966, l’un de ses familiers et son interlocuteur jusqu’en 1989 (lors du procès Ochoa, brouille et divorce), je ne peux me défendre d’un curieux sentiment : je ne reconnais pas la personne qui m’a permis de vivre des moments de grande intensité, dans le personnage caricaturé çà et là. Sans doute n’ai-je pas eu à connaître le chef d’Etat, mais seulement, insoucieux comme je l’étais de la situation intérieure, l’inlassable animateur des résistances nationales au-dehors. Ce Fidel-là était beaucoup plus attachant que Castro, et que l’idéologie qui s’attache à son nom. Et on pouvait, par moments, se demander s’il aimait vraiment le régime dont il était la tête.

 

Nul ne règne innocemment

 

Ouvert et curieux de tout, étonnamment cultivé, sans grandiloquence, pas Lider Maximo pour un sou, affectueux et parfois enfantin. Lançant le concours, en petit comité, au cours d’une randonnée dans la jungle, de qui tiendra le plus longtemps sans boire, et à l’arrivée, de qui remplirait le plus vite sa gourde à un suintement de source – ce n’était pas lui qui gagnait à chaque coup, je précise. Un souvenir des années 1970. Ce qu’il pouvait dire dans l’intimité de l’Union soviétique et de ses dirigeants, comme des régimes communistes de l’époque, lui aurait valu l’excommunication sans phrases du magistère marxiste-léniniste et les foudres de Granma, le journal unique de son île. Fidel étonnait et détonait. Les dissentiments politiques n’effaceront pas, en ce qui me concerne, ce sentiment tenace.

 

Bien sûr, le romantisme côtoyait le cynisme, Robin des bois, le prince de Machiavel, et la générosité, la cruauté. C’est la loi du genre. Nul ne règne innocemment et le pouvoir absolu corrompt absolument : ces aphorismes sont sans âge ni patrie. Ils n’empêchent pas certains clins d’œil chez les grands seigneurs de la profession, aussi contrastés soient-ils, par les mœurs ou l’idéal. C’est un club exclusif. Fidel en était, et les membres ont pris congé.

 

À la Boisserie, dans le salon, trône aujourd’hui encore une boîte à cigares ouvragée bien en vue, un cadeau personnel de Fidel Castro au général de Gaulle. Et les Lettres à Anne nous apprennent à quel point François Mitterrand, en 1974, à La Havane, face à son hôte, sentit passer le grand souffle de l’Histoire. J’ai décrit ailleurs, dans Loués soient nos seigneurs, les hauts et les bas de l’aventure. Celle-là m’a marqué pour toujours. « Le monde d’hier », aurait murmuré, avec un sourire ému et, qui sait, un peu triste, Stefan Zweig, avant de tirer sa révérence.

 

Régis Debray (Écrivain et philosophe)

 

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commentaires

P
Le Tribun déraille. <br /> Il faut se méfier des périphrases. On a vu ou menaient les trains ou l’on empêchait les gens de descendre *<br /> Heureux d’apprendre que le Tribun est dans un train. On peut reprendre la comptine de notre enfance :<br /> (Refrain)<br /> Bon voyage, Monsieur Dumollet,<br /> A Saint-Malo débarquez sans naufrage;<br /> Bon voyage, Monsieur Dumollet,<br /> Et revenez si le pays vous plaît.<br /> <br /> Si vous venez voir la capitale,<br /> Méfiez-vous des voleurs, des amis,<br /> Des billets doux, des coups, de la cabale,<br /> Des pistolets et des torticolis.<br /> <br /> Encore une fois se vérifie ce que disait Hegel « tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois […] », corrigé par Marx qui pensait qu’il avait omis de préciser que la première fois est toujours une tragédie, et la seconde fois, une farce.<br /> <br /> De toute les manière le deuxième quinquennat du président Micron est bien mal en point quand on observe le Singe et ses marioles tout en se disant que ce n’est ,là encore, ni la première, ni la dernière fois que l’histoire nous présente singes et marioles<br /> <br /> <br /> * Cela me fait penser à cette tournure de phrase utilisée par notre prof en fac de théologie : « Le juif n’est pas de ce qu’on voit… » Le tout prononcé à haute voix ! Il en rougissait le cher homme.
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