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16 novembre 2020 1 16 /11 /novembre /2020 08:00

Musée de l'école à Montceau-les-Mines: Le bonnet d'âne

Julien Denormandie est, je crois, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, à la question ci-dessous, que répond-il ?

 

  • Quelle est votre analyse des forces et faiblesses du vignoble français dans le contexte inédit que traverse le monde, en termes sanitaires et économiques ?

 

Il répond des aides !

 

Julien Denormandie : La situation est difficile, mais il faut s’organiser pour tenir. Je suis et continuerai à être aux côtés de la filière. Dès mon arrivée, j’ai décidé d’accroitre les aides après un travail très approfondi avec la filière dont je salue l’engagement. Ainsi plus de 250 millions d’euros ont été débloqués avec une mobilisation de la filière, pour mettre en place des mesures de distillation et de stockage.

 

La suite ICI 

 

En étant indulgent, il est difficile de noter son analyse des forces et des faiblesses vignoble français car notre jeune ministre pratique l’évitement. En ces temps de pandémie il se contente de panser les plaies, ce que je comprends bien évidemment.

 

Le titre de Vitisphère : De la crise sanitaire au glyphosate

 

Le ministre de l’Agriculture répond aux angoisses de la filière vin, le laissait présager.

 

Vendredi 13 novembre 2020 par Alexandre Abellan

 

Elle est plus que courte son analyse puisque c’est un ensemble vide, c’est pour cela qu’elle vaut un zéro pointé.

 

Il va m’être rétorqué que ce n’est pas le moment de faire un diagnostic réaliste, de mettre le doigt là où ça fait mal, mieux vaut rassurer le malade avec des potions : distillation, aide au stockage… mettre sous perfusion. Les cavistes, la G, pendant le confinement, vendent du vin, le point douloureux c’est la fermeture des CHR. Des mesures spécifiques devraient donc être mises en œuvre pour ceux dont c’est l’essentiel du CA, alors que les chefs de la viticulture soutiennent des mesures générales qui ne bénéficieront pas à ces entreprises, souvent petites.  

 

Notre marché domestique est en pleine mutation, se réfugier derrière un quelconque bashing pour expliquer le désamour de la jeune génération est un peu court, les baby-boomeurs, dont je suis, qui forment encore le gros bataillon des acheteurs traditionnels, vieillissent et …, l’inadaptation de notre offre est de plus en plus criante, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, nos chiffres du commerce extérieur sont en trompe-l’œil, le mythe du vigneron-indépendant atteint ses limites, la coopération n’a pas su ou voulu se forger des outils de commercialisation performants, un négoce soit marchand vin, soit metteur en marché de GCC et ce ne sont pas les couplets ministériels, du type de celui du jeune Denormandie ci-dessous, qui laissent augurer d’une réelle prise de conscience post-Covid, post Trump, post-glyphosate…  

 

« Je crois que la vigne fait partie intégrante de notre culture, je la défends ardemment. Elle façonne notre territoire, nos paysages. Le vin est parti intégrante de notre agriculture et participe largement au rayonnement international de la France. Je tiens ici à rendre hommage à nos viticulteurs, ces femmes et ces hommes, dont le monde entier envie le savoir-faire. Vous citez Cahors parce que j’y suis né et je vous en remercie. Mais la France est le plus grand pays au monde pour le vin et c’est un motif de fierté pour le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation que je suis. »

 

Je radote !

 

Caramba, j’allais oublier la mesure phare pour sauver la vigne France : le maintien des droits de plantation.

 

Julien Denormandie : Cela a été une grande bataille à Luxembourg et nous l’avons gagnée. C’est très important pour moi de donner une visibilité au secteur. C’est pourquoi j’en avais fait une de mes premières priorités dans cette négociation. La France avait réuni, avant le Conseil, onze Etats membres derrière cette prolongation. Je me félicite du compromis obtenu lors du Conseil des ministres européens d’octobre, ainsi que du vote du Parlement européen, permis par la mobilisation de l’ensemble de la filière aux côtés du gouvernement pour défendre cette priorité auprès de nos partenaires européens. Je resterai mobilisé pour que les discussions en trilogue qui vont s’ouvrir dans les prochaines semaines, permettent d’obtenir un accord ambitieux et consolidé entre les institutions européennes sur ce point.

 

Comme le dirait mieux que moi JY.B, vigneron bourguignon, nous sommes dans une économie de rente et de défense des droits acquis qui me rappelle furieusement la défense ligne Maginot de la fiscalité spécifique, et faible, des Vins doux naturels. Résultat : les VDN sont en mort clinique, sur l’archipel des icônes disparus.

 

À propos, que font mes ex-collègues du CGAER ?

 

Ils attendent patiemment l’heure de la retraite !

 

Quant à l’Académie de l’Agriculture, c’est un ramassis de bien-pensants qui n’ont jamais rien compris.

 

Pour FranceAgrimer, depuis que ses chefs ont tué le service économique, l’heure est à la liquidation.

 

Bonne continuation !

Tableau de Jean Geoffroy, Musée National de l'Education à Rouen

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16 novembre 2020 1 16 /11 /novembre /2020 06:00

Bouteille Coca Cola 1943 | US Militaria & collection

soldats de la 36ième division, lignes de front près de San Michele Italie 2 mars 1944

 

Pages 238-239

 

Lorsque la Seconde Guerre mondiale a éclaté, Coca-Cola dévorait à lui seul 90 000 tonnes (de sucre) par an et avait besoin que l’on protège son approvisionnement – à bas coût. En plein conflit, le gouvernement fédéral fit tout ce qu’il pouvait pour en stabiliser le prix, alors que les entreprises devaient s’adapter au rationnement (…) Coca-Cola reprit sa vieille tactique éprouvée, en persuadant le public – et surtout le gouvernement – qu’elle était une entreprise patriote et que sa boisson apportait un réconfort indispensable dans la tourmente ; elle redonnait du courage en désaltérant les travailleurs en temps de guerre, en premier lieu ceux qui portaient l’uniforme.

 

[…]

 

Coca-Cola s'associe à l'exposition commémorative des 70 ans de la  libération de Paris

 

Le coup de maître fut néanmoins d’obtenir le soutien des militaires – ce qui se révéla d’une valeur inestimable. L’armée des États-Unis persuada le gouvernement d’exempter Coca-Cola de tout rationnement de sucre pour que l’entreprise puisse envoyer sa boisson dans toutes les bases à travers le pays et sur tous les théâtres d’opération à l’étranger. En janvier 1942, le général Eisenhower commanda un approvisionnement mensuel en Coca-Cola pour les troupes américaines. Ainsi, l’entreprise put acheter du sucre avec le soutien du gouvernement et bénéficier d’un accès exclusif au vaste marché que représentaient les États-Unis en guerre – en Europe et en Asie. Ses profits bondirent à 25 millions de dollars pour la seule année 1944.

 

[…]

 

Coca-Cola s'associe à l'exposition commémorative des 70 ans de la  libération de Paris

 

Au cours de la seconde Guerre mondiale, on estime que la firme a vendu 10 milliards de bouteilles sur les bases américaines et dans les magasins de ravitaillement (PX), fournissant 95% de tous les sodas bus par les soldats américains.

 

[…]

 

Pin on Coca Cola...

 

L’inextinguible soif de Coca-Cola des militaires américains en diffusa le goût partout dans le monde. Des membres de l’entreprise (surnommés les « colonels Coca-Cola ») voyageaient dans le sillage des militaires, créant des usines d’embouteillage et des systèmes de distribution pour atteindre les troupes partout.

 

Pin on Coca-Cola

 

Tout aussi important, des figures emblématiques de l’armée – Patton, MacArthur, Omar Bradley, et, surtout, le chef suprême du commandement allié en Europe, Eisenhower – assuraient la promotion de la marque en public. Eisenhower et le général Marshall signèrent des ordres autorisant le transport par bateau et l’installation d’usines de Coca-Cola sur e théâtre des opérations – alors même que les moyens manquaient pour acheminer les équipements militaires vitaux.

 

À la fin du conflit, les militaires américains avaient construit 64 usines d’embouteillage pour Coca-Cola, où travaillaient de nombreux GIs. L’impact fut sensationnel. Entre 1941 et 1945, l’armée américaine a acheté 10 milliards de bouteilles à Coca-Cola.

Le 18 février 1933, le Coca-Cola arrivait à Paris

70 ANS DE LA LIBÉRATION DE PARIS

PERNOD-RICARD ET COCA-COLA : LE DIVORCE

Mis en ligne le 10/08/1989

 

 

Coca-Cola Co. est devenu le seul maître à bord sur le marché français. La société américaine vient d'annoncer l'acquisition de la Société parisienne de boissons gazeuses (SPGB), une filiale de Pernod-Ricard, qui était concessionnaire, embouteilleur et distributeur depuis plus de quarante ans de la marque Coca-Cola sur la plus grande partie de la France.

 

En 1988, elle avait commercialisé plus de un milliard de bouteilles, soit près de 90 % de la consommation française. La transaction s'élève officiellement à 890 millions de FF. Mais Pernod-Ricard a pour sa part déjà évoqué un montant supérieur au milliard de francs français.

 

Cette acquisition met fin à plus d'un an de conflit commercial entre Coca-Cola et Pernod-Ricard. En janvier 1988, les deux sociétés, à la suite de divergences de vues portant sur le développement des marques appartenant à Coca-Cola, avaient engagé des pourparlers pour examiner les conditions d'une reprise éventuelle par la société américaine de certaines activités des filiales du groupe Pernod-Ricard. Mais cela avait été assez rapidement la rupture. Pernod avait accusé Coca-Cola de rupture de contrat et porté l'affaire devant les tribunaux.

 

Coca-Cola voulait reprendre les activités de production, de distribution et de vente des boissons Coca-Cola, Sprite, Fanta et Finley exploitées sous licence par plusieurs filiales du groupe français. Soit un chiffre d'affaires de 1,5 milliard de FF pour Pernod-Ricard, ou 8 % du chiffre d'affaires total et environ 10 % de son résultat net.

 

Les deux parties viennent donc d'aboutir à un accord, qui porte «en grande partie sur des biens immobiliers», a-t-on précisé chez Coca-Cola, en ajoutant que l'ensemble du personnel du groupe SPBG serait repris. Il faut dire que les différentes actions intentées, qui ne sont pas encore achevées, pouvaient durer encore longtemps, l'embouteillage, la distribution, la production étant répartis sur neuf territoires et plus d'une centaine de contrats liant les deux partenaires. De plus, Pernod-Ricard, s'il n'avait pas les moyens de s'opposer à un rachat de concessions, pouvait fort bien attendre jusqu'à l'échéance de certaines d'entre elles, qui couraient jusqu'en l'an 2000.

Coca-Cola n'était donc pas en position de force dans cette négociation. Il devait payer le prix fort, s'il voulait être le seul maître d'oeuvre sur le marché français.

En annonçant cet accord, qui est le fruit de négociations entamées en mai dernier par les deux groupes, Coca-Cola prend donc la pleine maîtrise de l'exploitation de ses produits en France. Pernod-Ricard était concessionnaire des marques Coca-Cola en France depuis 1947. L'acquisition du groupe SPBG «renforce l'importance du rôle de la France dans le développement de nos activités dans la CEE», a commenté M. Douglas Ivester, président du groupe Coca-Cola pour la Communauté européenne.

 

One Two Three [Import USA Zone 1]: Amazon.fr: Cagney, James, Buchholz,  Horst, Tiffin, Pamela, Francis, Arlene, St. John, Howard, Lothar, Hanns,  Askin, Leon, Wilder, Billy, Cagney, James, Buchholz, Horst: DVD & Blu-ray

Un, deux, trois (titre original : One, Two, Three) est une comédie américaine réalisée par Billy Wilder, sortie en 1961.

 

En 1961, pendant la guerre froide, C. R. MacNamara, représentant à Berlin-Ouest de la société Coca-Cola, ambitionne d'en devenir le directeur en Europe, et d'introduire la boisson derrière le rideau de fer. Son patron, Wendell Hazeltine, lui demande de s'occuper de sa fille, Scarlet, qui fait un séjour en Europe. Mais la jeune femme disparaît, puis revient accompagnée d'un militant communiste, Otto Ludwig Piffl, qu'elle présente comme son mari. Ils se rendent également compte qu'elle est enceinte.

 

MacNamara, qui souhaite ardemment sa promotion, transforme alors le jeune homme en quelques heures en un gendre idéal pour Hazeltine. Il le fait adopter en payant un comte désargenté pour lui donner une situation sociale. Il l'engage comme chef d'une usine de production de Coca-Cola pour lui donner une situation professionnelle. Il lui constitue également une garde-robe en correspondance.

 

Lorsque Hazeltine rencontre son gendre, il est subjugué. MacNamara obtient alors une promotion, mais pas précisément celle qu'il escomptait.

UN, DEUX, TROIS (Critique) – Les Chroniques de Cliffhanger & Co

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15 novembre 2020 7 15 /11 /novembre /2020 08:00

Nelly Kaplan DR - T.C.D

Nelly Kaplan, est décédée du Covid-19 ce jeudi dans une maison de repos à Genève. «Emportée par la vague», dit le beau titre de La Libre Belgique.

 

On dit Nelly Kaplan et un film remonte immédiatement: La Fiancée du pirate, flambeau féministe, rageur et joyeux incarné par Bernadette Lafont, dans le rôle de la femme libre, qualifiée de sorcière parce qu’elle tourne la tête des hommes et qu’elle y prend plaisir, dans un village en 1969 – une sorcière qui brûle les inquisiteurs plutôt que de se faire brûler, et qui chante à qui mieux mieux: «Moi, je m’en balance, mon lit est assez grand pour des milliers d’amants» de Barbara. On répète Nelly Kaplan et l’on entend sa voix rocailleuse et persuasive, son accent argentin qu’elle avait gardé de sa jeunesse, jusqu’à 18 ans à Buenos Aires. De son pays natal, elle avait gardé la croyance en la force des rêves dont nous sommes faits, un goût aigu pour le fantastique et la conviction que rien ne résistait à l’impérieux besoin d’une rencontre.

 

La suite ICI 

 

Nelly Kaplan, une amie de Langlois et de la Cinémathèque qui nous quitte aujourd'hui. C'est surtout une immense actrice, scénariste, auteure, essayiste, historienne. Et réalisatrice, qui, avec le génial "La Fiancée du Pirate", remua durablement le cinéma français des années 60.

Nelly Kaplan, mais «qui êtes-vous, fleur exorbitante au milieu de tous ces crétins?» ICI 
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REVUE DE PRESSE

«Lady N» s’est envolée. Elle laisse derrière elle une œuvre cinématographique de révoltée et un beau scandale, sa mythique «Fiancée du pirate» (1969). Une sorcière moderne, pour les médias

 

Le cinéaste Abel Gance (au centre) fête ses 90 ans à la Maison de la radio, le 20 octobre 1979, en présence de Nelly Kaplan (en pull léopard), Denise Fabre, Yves Mourousi, Mireille Mathieu et Michou: toute une époque! — © Marcel Binh/AFP)

 

«Un règlement de comptes avec les institutions. L’ordre établi pris à son propre piège. Une bouffée d’oxygène contestataire dans notre atmosphère sociale polluée.» A cette époque, l’année 1968 était encore dans tous les souvenirs. Nelly Kaplan, dont Laurent Bonnard évoquait dans la Gazette de Lausanne du 25 avril 1970 la sortie de son premier film de fiction, le mythique La Fiancée du pirate, est décédée du Covid-19 ce jeudi dans une maison de repos à Genève. «Emportée par la vague», dit le beau titre de La Libre Belgique.

 

Buenos Aires, 1940, raconte Télérama. «Quand je serai grande, je ferai du cinéma, déclare la jeune Nelly Kaplan, 9 ans, au petit-déjeuner, après avoir été éblouie par le J’accuse d’Abel Gance (1919). «On ne parle pas la bouche pleine», lui rétorque son père, bourgeois argentin, habitué aux frasques de son impétueuse fille. Scène de la vie familiale ordinaire chez les Kaplan où la cadette, «née rebelle comme d’autres naissent coiffées», a toujours entendu sa mère dire que le jour où elle a été conçue les diables avaient pris la place de son père! «Ça m’a beaucoup plu, racontait-elle. Belzébuth comme père, pourquoi pas?»

 

Souvenez-vous. En porte-flambeau du féminisme, l’«insolente et sensuelle» Bernadette Lafont paradant en «fiancée» dans une danse avec les bourgeois, en un «éclat» composé «sur le mode surréaliste». Marie transitant du rôle de «victime misérable» à celui de «bourreau impitoyable» dans une «fable corrosive sur une société en voie de décomposition»… «Séduisant tous les notables du petit village de campagne où elle a trouvé refuge» après la mort de sa mère.

 

La suite ICI 

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15 novembre 2020 7 15 /11 /novembre /2020 06:00

 

Le slogan eut son heure de gloire : « du pain, du vin, un Boursin fromage fin »

 

Le groupe Bel lance le fromage sans lait ICI 

 

Bel, fabricant des fromages en portion La Vache qui rit, Kiri, Babybel et Boursin, entend « rééquilibrer » son portefeuille en développant des propositions sans lait, moins émettrices de gaz à effet de serre, a-t-il annoncé mardi 13 octobre.

 

« On sait que les protéines animales sont gourmandes en termes de CO2 » alors « on végétalise nos gammes* », a déclaré à l'AFP le PDG Antoine Fiévet, en marge d'une conférence de presse.

 

*et on dope nos profits en surfant sur la vague Vegan

 

L'Histoire De Boursin | Boursin Fromage

 

La tendance « sans » a commencé dans l’alimentation industrielle par le retrait de toutes les saloperies longtemps ajoutées par les marques : sans colorants, sans sucre ajouté, sans additifs, sans antibiotiques dans la nourriture des animaux, sans sulfites ajoutés …etc.

 

Et puis vint la mouvance dite vegan, libre à chacun de se nourrir comme bon lui semble, mais je trouve paradoxal de vouloir toujours manger de la « viande » sans chair animale et maintenant du « fromage » sans lait. Cette captation du vocabulaire en dit plus long qu’un long discours sur ces comportements.

 

Ce ne sont que des préparations de laboratoires à partir d’ingrédients végétaux, dont certains ne sont guère respectueux de la planète et de ceux qui les cultivent, et de l’eau, beaucoup d’eau permettant de se faire de belles marges.

 

Merci de ne pas nous faire prendre des vessies pour des lanternes, ça brûle répondait Pierre Dac à Francis Blanche, toutes les startups qui lèvent des fonds pour concocter aux gentils vegan des ersatz de « viande et de lait végétal », ne sont pas mues, tout comme les industriels de l’agro-alimentaires, par des soucis ni de santé publique, ni de sauvetage de la planète, mais par la capacité de ces produits à générer des retours sur investissements rapides et pharaoniques. Pourquoi s’emmerder à élever des animaux, mieux vaut le secret des labos.

 

L’élevage extensif est bon pour la planète, les prairies captent le carbone, les éleveurs respectueux de leurs animaux, les animaux sont heureux, les paysages sont préservés, reste le sacrifice des animaux.

 

En finir avec les abattoirs monstrueux, revenir à la proximité, et autoriser l’abattage chez les éleveurs comme en Suisse.

 

 

Pour le Boursin sans lait on boit bien sûr un vin vegan, sans moi bien sûr !

Enfin des vins VEGAN, dans nos verres! - FEMIVIN

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14 novembre 2020 6 14 /11 /novembre /2020 08:00

 

L'un de nos plus grands dessinateurs de presse, Piem, vient de nous quitter.

 

Quelle tristesse !

 

Homme de gauche, il dessinait dans @Le_Figaro

 

Il fit toute sa vie un énorme pied-de-nez aux sectaires et aux bornés de tous bords. Il était un authentique seigneur.

 

Éric Anceau

 

Piem, en janvier 2015.

Piem, en janvier 2015. GUILLAUME SOUVANT / AFP

 

claude askolovitch @askolovitchC

 

Jacques Martin et Pierre Desproges l’attendent pour une pêche aux moules. On peut fumer la pipe sur les plateaux télés au Paradis.

 

le petit rapporteur - DVD Zone 2 | Rakuten

 

Piem, le dessinateur humoristique à l’éternelle barbe naissante et aux fines lunettes, qui a œuvré dans la presse et est devenu célèbre par la télévision, est mort, jeudi 12 novembre, le jour de son 97e anniversaire.

 

De son vrai nom Pierre de Barrigue de Montvallon, Piem est né à Saint-Etienne, le 12 novembre 1923 dans une vieille famille de la noblesse catholique. Il est le troisième d’une fratrie de cinq. La famille s’établit à Paris, en 1928, le père est directeur d’agence à la Société générale, puis directeur de la Maison de la chimie.

 

La suite ICI 

 

Piem vivait retiré depuis de longues années en Touraine, dans la petite commune de Notre-Dame-d'Oé. Il était commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres.

20 août 2009

Y-a-t’il un caviste rue de Bourgogne ? ICI 

... on pouvait se faire couper les tifs chez Michel Caro avec sa vitrine signée PIEM

 

Le dessinateur Piem est décédéhttps://www.actuabd.com/IMG/jpg/piem_dessin.jpgPiem twitter tendance - top tweets | FranceCarte Postale Humour Dessinateur Caricaturiste PIEM " j'entends passer le  TGV par Amiens , tais toi et prie " train | RakutenAUT) Piem- Les mordus du tennisMort de Piem, dessinateur satirique du Petit Rapporteur et du FigaroCrayons engagés | La Maison du Dessin de PresseL'objet de collection que vous recherchez est sur DelcampeLes dessins de Piem…. | Kling38's BlogAUT) Piem- La Terre jusqu'au trognon

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14 novembre 2020 6 14 /11 /novembre /2020 06:00

Etiquette du

Loin du langage savant des psys, des réparateurs de libidos déglinguées, des curés de mon enfance, des marins, des capitaines partis sur des îles lointaines, c’est le langage du populo dans les romans méprisés, ignorés, baptisés de gare :

 

« Si elle ne débarque pas dans les minutes qui suivent, il devra absolument retrouver son calme. Sinon, il en sera réduit à mobiliser la veuve poignet. »

 

« …déclarant qu'une femme raide comme une tige de bielle est préférable à la veuve poignet, dont l'abus rend idiots certains individus de sa connaissance. »

 

C’est se taper une sega en langue occitane (cf. plus bas)

 

Ce n’est pas mon vocabulaire, à la veuve Poignet, qui n’est pas la mère Denis la lavandière, je préfère vous  causer ce matin de la lessive à la main.

 

Chez nous au Bourg-Pailler, la lessive était faite par Alida la laveuse. L’opération commençait avec le linge à bouillir dans une lessiveuse puis venait l’opération savonnage dans une énorme bassine en zinc, le linge était savonné et brossé à la brosse de chiendent avant d’être mis dans une autre bassine posée dans une brouette. Direction le lavoir où la fine fleur des commères allaient cancaner tout en magnant le battoir.

 

C’était galère.

 

Résultat de recherche d'images pour "les cancans du lavoir Théodore Botrel"

 

J’en ai tiré un titre de chronique qui a mis Pax dans tous ses états.

26 mai 2019

Brèves de lavoir ICI  

 

Et puis la lessive à la main laissa la place à la machine, en Vendée nous étions fier d’avoir l’usine de machines à laver : Atlantic

 

marque d'électroménager Thomson atlantic

 

Jean Esswein, le fondateur

 

1901. Naissance à La Roche-sur-Yon.

 

1969. Il vend son entreprise à Thomson.

 

1984. Décède à Besançon à l'âge de 83 ans.

 

Le père de la machine à laver est le 9e enfant d'une famille qui en compte dix. Son père, Alsacien, est arrivé en Vendée dans les années 1880. Jean Esswein grandit dans un milieu « strict et sévère », témoigne Henriette Esswein, sa belle-fille.

 

L'histoire d'Esswein débute au 21 de la rue Boileau, en 1948, avec la fabrication de bobines d'allumages et de condensateurs pour l'automobile. Sa rencontre avec George Henry, un jeune Franco-américain de dix ans son cadet, va être déterminante.

 

Les deux hommes sont complémentaires. Jean Esswein est un vendeur hors-pair ; George Henry sait tout faire. « Une sorte de professeur Tournesol », raconte l'un de ses fils, qui vit en Vendée.

 

Au début des années 50, l'histoire s'accélère. Les deux hommes misent sur l'électroménager. « Aux États-Unis, mon père avait vu arriver les premières machines à laver », se souvient le fils Henry. Les premiers prototypes sortent en 1954. « Mais ce n'était pas au point. Les peintures cloquaient, les métaux rouillaient. » Il faudra deux ans de recherche pour créer la fameuse « machine à bien laver le linge Atlantic ». La saga Esswein est lancée.

 

Aux Ajoncs, l'entreprise passe en mode industriel. En 1970, l'usine tourne à plein régime, quand Jean Esswein décide de vendre. « Je récupère mes billes », confie-t-il alors.

 

Il s'éteindra en 1984 dans le Doubs, le berceau de sa seconde femme. « J'ai le souvenir d'un grand-père impressionnant, toujours tiré à quatre épingles, qui ne s'arrêtait jamais et qui s'intéressait à tout », témoigne son petit-fils, Christian. George Henry meurt en 1988, à l'âge de 76 ans, à La Roche-sur-Yon, où il est enterré.

 

L’usine de machines à laver des Ajoncs ne fabrique plus de machines à laver, la marque Atlantic avait déjà laissé la place à la marque Vedette lors du rachat par Thomson-Brant qui a vendu à l’espagnol Fagor qui le vend le 15 avril 2014 au conglomérat algérien Cevital, qui reprend les activités françaises du groupe Fagor-Brandt.

 

Bref, tout fout le camp mais revenons à ma petite histoire de lessive à la main où comme toujours depuis la fin du second conflit mondial tout vint des USA :

 

Lessiviers depuis 1837, cotés au NYSE avec une capitalisation de 230 milliards de $ environ, Procter & Gamble ont comme on pourrait dire « bien réussi dans les affaires ».

 

William Procter, fabricant de bougies, et James Gamble, fabricant de savon, peuvent être fiers de leurs suivants qui ont fait de la lessive l’un des produits du XXᵉ siècle, surfant sans cesse sur les modes à grands renforts de pin des Landes et de fraîcheur des Alpes, de formule enrichie aux enzymes gloutons et d’agents spéciaux pour le blanc, la couleur, le noir, la laine, la soie, etc.

 

Qu’elle se fasse en machine, en famille, à la main, la petite lessive trouve toujours son liquide ou sa poudre grâce à ces bons Willy et James. Mieux encore, les deux malins qui ont pensé à tout ont même imaginé tout ce qu’il faut pour faire sa petite lessive à la main.

 

Ce que les deux business men n’avaient nullement envisagé c’est le ton d’outrage aux bonnes mœurs qu’allait bientôt prendre leur expression préférée, vraisemblablement généré par une interprétation allégorique du mouvement de va-et-vient de la lavandière dont le travail précède dans la chaîne du propre celui de la branleuse de gendarme. Il y a des petits vicieux partout.

 

[…]

 

Bien entendu les très malins services marketing des susnommés Procter & Gamble cherchèrent ardemment à tirer avantage de ce glissement sémantique de faire sa petite lessive à la main, créant dans la chaîne logique de leur empire de l’astiquage des marques telles que Monsieur Propre, Cover Girl, Cascade, Mum, Yes, Zest, et Oral-B. Vous décryptez le truc…

 

La suite ICI 

 

Faire sa petite lessive à la main

Fig. A. Main pour la lessive. Don de P&G.

 

CNRTL :

 

ONANISME, subst. masc.

 

Ensemble des pratiques, notamment des pratiques auto-érotiques, utilisées pour parvenir à l'orgasme en dehors du coït normal.

 

« Maintenant, je suis perdu dans les systèmes d'éducation, y compris les moyens de prévenir l'onanisme! Grande question! Plus je vais, plus je trouve farce l'importance que l'on donne aux organes uro-génitaux »

 

Flaubert, Correspondance, 1880, p.321.

 

« L'onanisme n'a guère d'intérêt médico-légal, sauf dans les cas où il se pratique en public (parfois à deux, sous forme de masturbation réciproque). Il constitue alors un outrage public à la pudeur » (Porot 1960).

 

− P. métaphysique.

 

« M. Benda lui-même, qui annonce le jour où la pensée bourgeoise pleinement avertie enfin de son impuissance tirera un orgueil inquiet de sa démission (...), qui annonce le jour où les penseurs se livreront à l'onanisme de l'intelligence miroir »

 

Nizan, Chiens garde, 1932, p.119).

 

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaalors heureuse.jpg

 

Doctissimo

 

Définition du terme Onanisme :

 

L'onanisme est souvent confondu avec la masturbation. Son origine remonte à la fin du XVIIème siècle, alors qu'on croyait encore que le sperme, considéré comme essence de la vie, contenait des milliards de vies. Il fallait ainsi que le vagin soit sa destination, comme Dieu le disait à Onan, éjaculant sur le sol, dans la Bible. Les choses ont changé avec le développement de la contraception et l'acceptation du plaisir solitaire.

 

Voir aussi : [mot]anus[/mot], [mot]bander[/mot], [mot] caresses[/mot], [mot]chatte[/mot], [mot] clitoris[/mot], [mot]gode[/mot], [mot] masturbation[/mot], [mot] massage[/mot], [mot] pénis[/mot], [mot]seins[/mot], [mot] vagin[/mot], [mot]vulve[/mot], [mot]zones érogènes[/mot]

 

« Juda dit alors à Onan : Va vers la femme de ton frère. Agis envers elle comme le proche parent du mort et suscite une descendance à ton frère. Mais Onan savait que la descendance ne serait pas la sienne ; quand il allait vers elle, il laissait la semence se perdre à terre pour ne pas donner de descendance à son frère. Ce qu'il faisait déplut au Seigneur qui le fit mourir. » (Gen. 38, 9-10)

Jean-Marie Le Pen, adepte de la « Veuve Poignet » ICI

 

Étiquette du « Champagne Veuve Poignet » - Canard Enchaîné

 

Jean-Marie Le Pen, co-propriétaire d’un champagne baptisé « Veuve Poignet » à destination des bars gay parisiens... C’est une blague ?

 

Non, la production était certes confidentielle, 800 bouteilles par an, mais bien réelle. Et Jean-Marie Le Pen y était donc associé, à hauteur de 50%, aux côtés du pittoresque Patrick Bourson.

 

56 ans, « fils d’une naine et d’un soldat américain », ex-braqueur de banque, ex-tête de liste FN, Bourson est l’auteur de ce nom de cuvée d’un goût branlant, dont il détaillait ainsi l’inspiration à un journaliste de LCI :

 

« Comme j’entendais toujours dire qu’au Front national on est des branleurs... J’ai dit, bah tiens, si on est des branleurs, on va leur sortir la veuve poignet, voilà. »

 

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13 novembre 2020 5 13 /11 /novembre /2020 08:00

 

SB Picks: US Presidents and their whiskey

Les dernières élections étasuniennes, surtout lors d’un dépouillement interminable, ont occupé le devant de la scène en notre vieux pays centralisé, pour un black béret, baguette de pain et kil de rouge, le modèle électoral étasunien est imbitable avec son vote par État pour élire des grands électeurs, des sénateurs, des représentants, des procureurs, des sheriffs… et plein de petits scrutins locaux, sa transition longue de deux mois… Bref, ce qui a passionné le populo c’est que  le grand manipulateur Trump avait concocté un scénario, prévu par Bernie  Sanders, : « j’ai gagné, arrêtez de dépouiller car les démocrates sont des fraudeurs… », qu’il a déroulé comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.

 

Le gros blond filasse Donald, ravagé de twitter, golfeur impénitent, comme tous les démagos à gros ego, croyait qu’il ne pouvait pas perdre contre le vieux Biden, et il pensait, et continue de penser, se succéder et devenir le 46e Président des USA mais le Jo Biden, dans la dernière ligne droite, a fait une remontada décisive et  a raflé la mise et, même si Donald s’accroche à son fauteuil, comme  dans Lucky Luke, son destin risque d’être le goudron et les plumes.

 

Image

 

Contrairement aux squatters de plateaux télévisés qui disent tout et le contraire de tout,  je ne vais pas vous asséner ma science électorale, même si mon professeur de droit constitutionnel, Jacques Georgel m’a initié en 1966, dans les préfabs de la toute naissante faculté de Droit de Nantes. « Le juriste constitutionnaliste et historien du droit avait l'art de captiver son auditoire. C'était l'un de ses talents. Savoir piocher dans les connaissances avec exigence tout en les rendant accessibles. Ceux qui l'ont eu comme enseignant à la faculté de droit ne diront pas autre chose. Ce brillant intellectuel à l'esprit libre avait la pédagogie pour passion » ICI 

 

J’ai décidé de lever le voile sur l’une des facettes méconnues du 1ier Président des USA Georges Washington :

 

En 1797, la plus imposante distillerie d’Amérique produisait plus de 40 000 litres de whisky par an. Elle appartenait au plus grand distillateur de la jeune république, un certain George Washington.

 

Une brève histoire de l'ivresse – Les Éditions du Sonneur

 

L’histoire de la vie de Washington est plutôt extraordinaire. Avant de devenir un magnat du whisky, il avait fait un bout de chemin sous les drapeaux ainsi qu’en politique. Ne nous étendons pas trop sur ces aspects.

 

Pour résumer, donc, dans le domaine politique, il s’était présenté à une élection et avait perdu. Puis i s’était représenté en offrant à boire aux électeurs et cette fois-là, il avait gagné. Ses frais de campagne pour l’élection à la Chambre des Bourgeois (chambre basse de la colonie de Virginie avant l’Indépendance) de 1758 se décomposaient comme suit :

 

 

Il n’y avait que six cents inscrits sur les listes électorales (bon d’accord, par électeur, cela représente à peu près une pinte de bière, un verre de vin et une pinte de rhum).

 

Quant à sa carrière dans l’armée, elle est encore moins intéressante. Elle se réduit essentiellement à sa brillante idée de doubler les rations de rhum de ses hommes, ce qui créa un phénomène étrange nommé États-Unis. Après cela, il mena une autre guerre, plus brève, pour taxer le whisky. Puis il se lança enfin dans un domaine sérieux : la distillation. Il produisit toutes sortes d’alcools : du whisky distillé quatre fois, du whisky de seigle, du whisky aromatisé à la cannelle et des cognacs à base de pomme, de kaki et de pêche. C’était un bon investissement car, dans cette nouvelle et curieuse invention appelée États-Unis, l’alcool faisait fureur.

 

Pages 255-257 Une brève histoire de l’ivresse

 

George Washington, le héros du Nouveau Monde ICI

La taxe d'accise sur le whisky de 1791

La taxe d'accise sur le whisky de 1791 ICI
27 janvier 1791
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13 novembre 2020 5 13 /11 /novembre /2020 06:00

Mémoire du ChampsaurChaudun (05 ) : un village abandonné par ses habitants.  - Mémoire du Champsaur

La citation titre est d’Onésime Reclus, le frère d’Élisée Reclus, « grand géographe et grand anarchiste, deux qualité qui ne sont pas contradictoires malgré les apparences. », auteur de récits de voyage en France « le plus beau royaume sous le ciel »

 

Page 109                                            

Que fut Chaudun lors de ses origines ? me demande-t-on. Nous le savons, mais on doit croire que ses fondateurs ne le plaquèrent pas contre la roche vive, sans un arbre, sans un brin d’herbe, sans un bout de champ, sans un liseré de prairie », devenu « une casse inhabitable… une pierraille, une rocaille, une Sibérie d’hiver, un Sahara d’été.

 

Si j’ai pu acquérir très vite Chaudun, la montagne blessée de Luc Bronner c’est grâce au journal Le Temps En France, des blessures rurales et républicaines ICI  Richard Werly

Publié mercredi 28 octobre 2020

 

Chaudun ou « l'histoire d'un désastre écologique et humain, d'un suicide  collectif et d'une étonnante résurrection »

 

Le premier jour du confinement je l’ai dévoré d’une traite.

 

C’est un ouvrage fort, précis, sans fioritures quoique poétique, ciselé d’une écriture implacable mais charnelle, c’est un objet unique de référence, un récit qui m’a touché au cœur moi le petit péquenot vendéen du bocage qui a découvert la montagne à l’âge de 10  ans lorsqu’il est allé en colonie de vacances à Saint-Jean-de-Maurienne avec les enfants de marins de l’Ile d’Yeu, moi le directeur de cabinet du Ministre de l’Agriculture et de la Forêt qui ai découvert les forestiers lors de mon premier séjour au 78 rue de Varenne avec René Souchon ministre délégué à la forêt, j’ai le sentiment, moi qui me suis lavé jusqu’à mon départ à la Fac dans une bassine d’eau froide, d’être né dans la soie lorsque je découvre l’extrême dureté de la vie des habitants de Chaudun.

 

Achetez et lisez Chaudun, la montagne blessée de Luc Bronner !

 

Richard Werly écrit :

 

Il n’y a rien de plus aride qu’un village oublié, déserté, ravagé voici plus d’un siècle par les troupeaux de moutons aujourd’hui protégés et ramenés dans les montagnes qu’ils contribuèrent, parfois, à dévaster. Il n’y a rien de plus aride qu’un registre d’état civil où naissances et décès se côtoient dans un quotidien, à l’époque, ordinaire.

 

Mais il n’y a rien d’aride dans Chaudun, la montagne blessée (Ed. Seuil), le récit fait par Luc Bronner de ce village abandonné des Hautes-Alpes, son département d’origine qu’il continue de sillonner par ses sentiers d’alpages. Le directeur de la rédaction du Monde – partenaire et actionnaire du Temps – s’est fait pour l’occasion défricheur d’archives. Le voici, maison par maison, à recenser les habitants qui, jadis, se rendaient chaque dimanche à l’église, puis retournaient à leurs corvées de bois ou à leurs décourageantes cultures.

 

Ausculteur de souffrances

 

L’un des passages les plus émouvants de son livre est la reproduction de la lettre adressée, le 28 octobre 1888, par ces montagnards épuisés par la tâche, le relief et le climat de Chaudun au ministre de l’Agriculture. Des mots pour réclamer, pour chacun, un lopin de terre dans cette fertile colonie algérienne où un Genevois, Henry Dunant, futur créateur de la Croix-Rouge, s’était établi trente ans plus tôt.

 

Mémoire du ChampsaurChaudun, mais pourquoi ont-ils fait ça ? - Mémoire du  Champsaur

 

« Monsieur le Ministre,

 

Nous soussignés, habitants de la commune de Chaudun (…) avons l’honneur de vous adresser respectueusement la requête suivante. Il n’est douteux pour personne qu’un des tristes privilèges conférés par la nature au département des Hautes-Alpes est celui de compter parmi les plus pauvres et parmi ceux où les conditions de l’existence sont les plus rudes et les plus précaires. Les montagnards alpins, sans cesse aux prises avec les difficultés les plus lourdes et les plus imprévues, disputent péniblement à un sol rebelle et à un ciel peu clément les chétives ressources qui suffiront à peine à nourrir leur famille. Pour ces déshérités de la nature, le combat de la vie est terrible, continuel et souvent fatal.

 

La “commune” de Chaudun et qui ne compte que 112 habitants est une des plus malheureuses parmi les localités de ce malheureux pays. Bâti à une altitude moyenne de 1 900 mètres au-dessus du niveau de la mer, notre village est enfoui sous les neiges pendant huit mois de l’année. Privé de toute communication avec les villages environnants, enfoncé dans les replis abrupts de rochers dénudés, Chaudun est éloigné d’environ 19 kilomètres de son centre d’approvisionnement. L’élévation des montagnes, l’extrême déclivité de leur pente, le mauvais état des sentiers rendent le parcours du pays excessivement difficile et périlleux. Le mulet est la seule bête que nous puissions employer avec sécurité pour le transport à dos de nos approvisionnements et encore devons-nous faire ces provisions durant la belle saison d’été car il nous serait impossible d’y pourvoir pendant l’hiver.

 

« Il est rare que nos maigres récoltes qui d’ordinaire existent à l’état d’espérance puissent résister aux âpres rigueurs de notre climat »

 

Nous n’avons pas à compter sur le revenu de nos forêts par suite de manque de voies de transport. Le terrain est stérile et c’est au prix des plus grandes fatigues que nous en retirons un peu de blé. D’ailleurs, par sa position géographique, le village se trouve protégé par aucun abri naturel. Les intempéries fréquentes ici nous font souffrir plus que personne et il est rare que nos maigres récoltes qui d’ordinaire existent à l’état d’espérance puissent résister aux âpres rigueurs de notre climat.

 

Les terrains incultes s’étendent de jour en jour devant la violence des éléments, et malgré nos persévérances et nos efforts, nous nous voyons obligés de reculer et nous sentons qu’il est impossible de continuer la lutte. (…)

 

Vaincus par l’indigence, nous avons l’honneur de proposer au gouvernement l’achat du territoire de notre commune. Nous avons appris que le gouvernement faisait des concessions de terrain en Algérie à ceux qui ont l’intention de coloniser. En présence d’une situation géographique et géologique aussi mauvaise que celle de Chaudun, nous n’hésiterons pas, Monsieur le Ministre, à émigrer sur le sol si fertile de l’Afrique française. La sollicitude avec laquelle la République s’occupe du sort des malheureux cultivateurs, en leur abandonnant des terrains en Algérie, nous fait espérer que l’on ne voudra pas nous laisser plus longtemps plongés dans la plus triste indigence.

 

C’est avec la plus grande reconnaissance que nous accepterions quelques hectares sur le sol algérien, attristés assurément par la dure nécessité qui nous contraint à quitter le pays où ont vécu nos frères, mais réconfortés par la pensée que nous trouverons sur la terre africaine une nouvelle France, une seconde patrie plus généreuse et moins désolée que celle qui nous oblige à émigrer.

 

Dans l’espoir que notre modeste supplique recevra de votre bienveillance un favorable accueil nous sommes, avec le plus profond respect, Monsieur le Ministre, vos très humbles et obéissants serviteurs. »

 

https://medias.liberation.fr/photo/1339574-insertion-chaudun.jpg?modified_at=1602086263&ratio_x=03&ratio_y=02&width=620

 

Luc Bronner écrit :

 

La colère était là, tapie depuis des années, ressassée, malaxée, conservée, et elle s’exprimait brutalement. La peur de ne plus y arriver. La peur d’avoir atteint l’extrémité de ce que l’être humain pouvait accepter en cette fin de siècle. Ce soir d’octobre 1888, le texte a été relu une dernière fois dans un silence complet. Je ne sais pas qui l’a prononcé à haute voix. L’instituteur ? Le maire ? Le curé ? Cet appel est si beau, écrit d’une langue qui châtie, une langue qui claque, qu’il pourrait être déclamé comme au théâtre, en respectant les blancs, les silences, en jouant avec la force des mots, de ces mots-là. « Le sol rebelle. Les âpres rigueurs. Les chétives ressources. Les déshérités de la nature. Les récoltes qui existent à l’état d’espérance. » Il y a de la poésie autant que de la politique dans cette souffrance de montagnards qui osent formuler leur impuissance face à la violence du monde.

 

(…)

 

Ce qui a fait la petite fortune de Chaudun a provoqué son malheur. Chaque été, depuis des décennies, les éleveurs du sud de la France, ceux de la plaine du Crau en particulier, expédient leurs moutons dans les alpages, jusqu’à 3 000 bêtes pour la vallée. Le déplacement, à pied, des animaux est encadré par des gamins payés à la pièce. Les paysans prennent la suite pour surveiller les bêtes, dans ce temps très long de l’engraissement au milieu des alpages. Les moutons se nourrissent d’herbe dans les pentes et produisent de la laine, à faible coût. Les paysans sont rémunérés comme bergers pendant trois mois, une fois le bétail arrivé en altitude. Ces moutons s’ajoutent aux animaux que possèdent les habitants, et dont ils tirent aussi la laine et la viande, vendues sur les marchés voisins.

 

La montagne, certes, est immense. Deux mille hectares, un cinquième de la commune de Paris, étagés entre 900 et 2 500 mètres, dans un cirque qui prend volontiers le soleil de l’après-midi. Mais les surfaces accessibles sont loin d’être aussi considérables, réduites par les rochers, les pentes dangereuses, les torrents, les terres de schistes. Trois mille moutons, ce sont trois mille mâchoires qui arrachent, déchiquettent, mâchent toute la végétation comestible, une douzaine d’heures par jour en moyenne, entre le sol et un mètre, lorsqu’elles ont faim, et elles ont, par nature, toujours faim. (…)

 

87 – Rabou – Chaudun par le sentier des bans (05) – LES COPAINS RANDONNEURS  DU 04

 

Richard Werly écrit :

 

 «Les montagnards alpins, sans cesse aux prises avec les difficultés les plus lourdes et les plus imprévues, disputent péniblement à un sol rebelle et à un ciel peu clément les chétives ressources qui suffiront à peine à nourrir leur famille», écrivent-ils. Ils se présentent, dans cette missive, comme des «déshérités de la nature», pris dans un «combat de la vie terrible, continuel et souvent fatal». Destin connu en Valais, et dans tant de contreforts des Alpes suisses…

 

Luc Bronner écrit comme on ausculte. Spécialiste des banlieues, qu’il sillonna avec talent lors des fameuses émeutes de 2005, le journaliste met sa plume à l’unisson de la souffrance. Les jeunes femmes de Chaudun meurent en couches. Même un curé du village succombe. L’on copule à l’ombre des fagots. Les jeunes sœurs remplacent, dans le lit, leurs aînées disparues pour refonder des familles aux côtés de leurs ex-beaux-frères. «La dureté de cette France-là est inimaginable. Elle est celle des combattants de la guerre de 1870. Elle sera celle des Poilus envoyés combattre en 1914», explique l’auteur, dont les recherches pointent l’encadrement de cette population – déjà – par un Etat aussi protecteur que redoutable.

 

La République est intransigeante. Elle est affaire de fonctionnaires. Elle tolère qu’à Chaudun, les uns soient riches et les autres très pauvres. Elle consigne. Elle note. Elle indemnise à peine, puis replantera des milliers d’arbres dans ces vallées décimées par le bétail. «Un Etat visionnaire et impitoyable. La nature d’aujourd’hui lui doit tout. Ceux de Chaudun n’en ont presque rien tiré», juge Luc Bronner. Lui-même en est le produit. Ses aïeux émigrèrent aux Etats-Unis, comme beaucoup de montagnards de ces contrées, mais revinrent plus tard en France. L’exil était, à Chaudun, l’unique porte de sortie hors de la misère rurale.

 

Gap - L'ancien village de Chaudun

 

LITTÉRATURE dans AOC

 

Un lieu commun – à propos de Chaudun, La montagne blessée de Luc Bronner ICI

Par Fabrice Gabriel

ÉCRIVAIN

 

Dans Chaudun, La montagne blessée, Luc Bronner raconte l’histoire étonnante d’un village des Hautes-Alpes abandonné et vendu par ses habitants à l’État à la fin du XIXe siècle : à force de déforestation et de surpâturage, la nature alentour avait été littéralement ruinée par ces gens modestes, qui essayaient en vain de s’extraire de la misère.

Quelle leçon tirer de cette « faute » ?

Fondé sur un travail d’archiviste aussi passionnant que minutieux, le livre du futur ancien directeur de la rédaction du Monde est d’abord une réflexion sur le présent.

 

C’est un beau livre qui s’ouvre sur une tombe, où la mort est présente très souvent, mais qui dit d’abord la vie, les vies : celles, difficiles, de gens simples dont Luc Bronner a recueilli le cours ancien en consultant une masse impressionnante d’archives relatives à Chaudun, ce village des Hautes-Alpes qui est un peu plus que le décor de son récit. La montagne blessée fait en effet de Chaudun le personnage principal d’une sorte de fable historique, assez fascinante, qui court du XVIIIe siècle jusqu’aux perspectives d’avenir de notre aujourd’hui.

 

Ce village a vécu, dans l’ingratitude d’un paysage pauvre en lumière l’hiver, où les destins sont brefs et la terre rude, où la pauvreté fut la norme. Et ce village est mort, vendu à l’État par ses habitants en août 1895 : étrange aventure d’un lieu commun, sciemment abandonné au bout d’années d’efforts et d’épuisement vain des ressources de la montagne, finalement restitué, exsangue, à la nature, au maigre profit d’exils individuels pour l’Algérie ou les régions voisines.

 

Avec une rigueur d’historien et une vraie plume d’écrivain, Luc Bronner raconte d’abord une histoire, dans une sorte de récit choral où il s’agit de retrouver des voix : qui étaient les habitants de ce village, au XIXe siècle, quels étaient leurs noms, leurs activités, leurs infimes espoirs de voir s’améliorer un sort d’une extrême modestie ?

 

Ce sont les registres d’État civil, les promenades au cimetière, le dépouillement des archives diocésaines et des correspondances soigneusement conservées qui aident à l’enquête, pour une espèce de plongée première dans ces vies d’un autre temps. Et c’est bien ce qui fait le sel initial du livre : la déambulation d’un randonneur passionné dans le double paysage d’une montagne qu’il connaît dans ses moindres parcelles et d’un territoire de papier où retrouver, comme sur la neige du passé, les traces de pas de gens oubliés, antihéros absolus de ce qui pourtant pourrait s’apparenter à un roman.

 

L’ignorance de l’enquêteur fait la force de l’écrivain.

 

Il y a dans ce désir de revoir et de savoir comme une célébration des beautés de l’archive, de sa puissance évocatoire, presque fantastique, qui fait réapparaître la silhouette de plus en plus précise de quelques fantômes, ces passants éphémères dont l’empreinte fut fugace, et dont on ne peut que rêver la vie à partir des rares signes qu’ils ont laissés.

 

Ainsi de la petite Félicie Marin, dont le mystère incertain offre au récit de belles pages d’ouverture : « Le cimetière. C’est là, mieux qu’ailleurs, que se comprennent les sociétés. Leurs fractures. Leurs plaies. Leurs secrets. À Chaudun, dans le carré où ont été enterrées et mélangées avec la terre des générations d’hommes et de femmes, les ronces ont conquis l’espace, il ne reste plus qu’une pierre tombale, ultime trace de vie et de mort, avec ces mots gravés que l’on distingue encore en écartant les plantes sauvages : « Félicie Marin, morte le 30 avril 1877, à l’âge de 17 ans. » Dix-sept ans. Félicie Marin, j’ignore quels étaient ses espoirs, ses peurs. J’ignore à quoi ressemblait son visage, si elle avait gardé ses cheveux longs, si elle les dissimulait sous un foulard, si l’hiver et le soleil des champs avaient déjà brûlé sa peau, si ses mains avaient déjà pris la corne des montagnards, si elle avait pu être heureuse, à quoi ressemblaient son sourire, son rire, sa voix… »

 

L’ignorance de l’enquêteur fait la force de l’écrivain, qui va chercher dans les lieux perdus et le papier pelure des documents anciens la trame d’une histoire vraie, mais si singulière qu’on la dirait imaginée exprès pour nous donner à penser notre relation contemporaine à la nature, à la planète même.

 

Cette histoire, c’est celle de gens qui souffrent des âpretés de leur condition et de la situation géographique d’un village où il n’est pas bon être nommé, quand on est prêtre ou instituteur : autant de « vies minuscules » dont Luc Bronner restitue les échos avec la minutie d’un mémorialiste inspiré, attentif au concret des existences, aux listes d’objets, à l’envoûtement des dates, des âges, des noms, des morts… Car la vie est difficile, à Chaudun, et le réflexe des hommes pour échapper à la misère est alors de solliciter la montagne, en lui demandant plus qu’elle ne peut donner, dans une manière de fuite en avant qui donne littéralement le vertige.

 

La montagne blessée raconte comment les habitants d’un village ont ruiné la montagne en croyant – provisoirement – se sauver. À force de déforestation et de surpâturage, un désastre écologique autant qu’humain a eu lieu, qui aboutit à la vente de la commune aux services des Eaux et Forêts, les habitants finissant par renoncer à leurs biens pour échapper au cauchemar – à suspens – que nous fait revivre l’auteur, ressuscitant par exemple une lettre de 1888 des villageois au Ministre de l’agriculture, où cette catastrophe est annoncée dans une assez jolie rhétorique d’époque : le sol est « rebelle » et les ressources « chétives », les récoltes « n’existent qu’à l’état d’espérance »…

 

La grande originalité du récit de Luc Bronner est de nous communiquer, sans autre recours ou effet que la précision et rigueur des archives, ce sentiment de plus en plus oppressant d’une fatalité que l’homme a lui-même provoquée, dans ce qui est explicitement désigné comme un « cercle vicieux », et dont la prose épouse, l’air de rien, l’espèce de cycle tragique

 

« Trop d’hommes et de femmes, trop de bêtes à nourrir. En trois décennies, la plupart des forêts ont disparu, ravagées par les coupes sauvages pour chauffer les foyers l’hiver et utiliser les plus beaux arbres pour entretenir les maisons. Un cercle vicieux terrible, cercle déprimant du court terme et de l’exploitation. Pour survivre, les bergers ont accepté de prendre plus de moutons pendant l’été. Des milliers de bêtes, qui ont piétiné les pelouses de montagne, creusé les chemins, érodé les pentes au-dessus des ruisseaux. À cause de la déforestation, l’eau déborde au printemps et transforme les ruisseaux et les torrents en forces de destruction qui font rouler les pierres, les arbres, la terre. L’hiver, ce sont les avalanches qui descendent et balaient ce qui reste des forêts, des chemins. La vallée est exsangue, les bois sont décimés, les pâturages inexploitables. La faute de l’être humain, sans appel, une faute qu’il paye très cher»

 

La personnification de la montagne prend presque valeur de mythe et oblige absolument à considérer notre futur.

 

Une faute, voilà bien le nœud central du livre : La montagne blessée implique un coupable, et nous interroge sur notre propre rapport aux éléments, dans l’urgence écologique pour laquelle les alertes se multiplient aujourd’hui. L’histoire de Chaudun, village réduit aux ruines dans un paysage que l’homme a abîmé, mais dont les blessures ont cicatrisé (la nature ainsi a repris ses droits, à force d’efforts, de reboisement, et plus simplement de temps…), peut se lire, de fait, comme une fable et un avertissement.

 

Luc Bronner essaie, et c’est aussi la noblesse de son entreprise, de comprendre au plus près ce que furent les femmes et les hommes d’une époque où il s’agissait d’abord de survivre, où les conditions mêmes de l’existence rendraient sans doute anachronique l’acception contemporaine de la notion d’écologie.

 

Nul procès rétrospectif simplificateur dans son travail d’archiviste, mais la volonté de nous rendre sensible à ce qui doit demeurer, aujourd’hui, d’un équilibre entre l’homme et la terre qu’il habite, qu’il croit posséder, mais dont il peut oublier parfois ce qu’elle est : vivante, également. Du coup, la personnification de la montagne, qui guide l’ensemble du récit, prend presque valeur de mythe, et oblige absolument à considérer notre futur.

 

Retrouvant le compte rendu d’un voyageur de la fin du XIXe siècle, Onésime Reclus, l’auteur reprend les formules terribles par lesquelles est décrit le destin du village de Chaudun, plaqué « contre la roche vive, sans un arbre, sans un brin d’herbe, sans un bout de champ, sans un liseré de prairie », devenu « une casse inhabitable… une pierraille, une rocaille, une Sibérie d’hiver, un Sahara d’été. »

 

Difficile, 130 ans plus tard, de ne pas lire dans ces lignes quelque chose comme la préfiguration cauchemardesque de ce qui pourrait arriver, à une autre échelle, si se confirmait une forme d’inconscience collective quant à l’épuisement des ressources naturelles de la planète.

 

Si La montagne blessée n’a rien d’un tract politique, et si son propos est d’abord le passé, revisité avec une double attention d’écrivain et de mémorialiste scrupuleux, son effet n’en est pas moins de nous offrir un miroir tout à fait contemporain : nous y voyons cette espèce de village planétaire auquel nous pouvons avoir l’illusion d’appartenir, quels qu’en soient les exclus, et nous y devinons des menaces qu’il serait fou, peut-être criminel, de négliger. L’archive peut donc nous apprendre le présent de demain : Luc Bronner le montre d’une façon remarquable

Chaudun.jpg

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12 novembre 2020 4 12 /11 /novembre /2020 08:00

Gastronomie : d'où vient la teurgoule ?

François-Jean Orceau, baron de Fontette, marquis de Tilly,l'un des inventeurs de la teurgoule

Longtemps j’ai pris le « turbo-train » à la gare Saint-Lazare, toujours en retard, pour aller, tel un surintendant du Roi de France, inspecter  les pommiers et les poiriers normands, cidre, pommeau, poiré et, bien évidemment calvados. Je logeais du côté de Pont-Audemer et me rendait une fois par an à Cambremer pour fêter royalement ces divins nectars et le « calendos » issu du pis des douces normandes paissant sous les pommiers haute-tige.

 

J’aimais bien aussi aller à Trouville ICI me promener sur sa longue et grise plage, chiner chez un bouquiniste, arpenter la belle halle aux poissons inscrite depuis 1996 sur la liste annexe des monuments historiques, pour y acheter des bulots, des coquilles saint-jacques, des tourteaux, de la soupe de poisson puisée dans un grand faitout, déjeuner Aux vapeurs d’une belle sole, et m’approvisionner à L'Instant Fromages une petite boutique de la rue des Bains. ICI C’est là qu’un beau jour j’ai découvert la Teurgoule.

 

 

Qu’est-ce donc que la Teurgoule ?

 

Je confie la réponse au grand, à l’immense, à l’incomparable, à l’insubmersible, Périco Légasse, chantre du camembert au lait cru qui, avec son lyrisme coutumier, dans Paris-Normandie, le 26/04/2018, nous vante les beautés de la Teurgoule qui le fait se « teurgouler de plaisir. »

 

Trêve de railleries, lorsqu’il oublie son gros ego le Périco il fait du bon et beau boulot.

 

Rien n’a plus divisé la Normandie, à l’époque de la scission régionale, que l’origine de la teurgoule. Pas sûr que la réunification ait d’ailleurs mis un terme au débat.

 

La vérité est que chaque village de l’Eure et du Calvados pourrait se dire le berceau de la teurgoule, le dénominateur qualitatif commun de ce dessert étant un paramètre bien normand, la richesse du lait. La teurgoule étant, en gros comme en gras, un gâteau de riz au lait sucré cuit lentement durant de longues heures, et la Normandie ne comptant pas, pour l’heure, de rizière, il est probable que la recette soit née dans l’un des ports de la côte au temps des premiers échanges maritimes d’outre-mer.

 

La suite ICI 

La Teurgoule De Janville Riz au lait à la cannelle 0

Depuis que j’ai quitté la Normandie, ça fait maintenant bientôt plus de 15 ans, l’offre de Teurgoule, sans doute peu prisée par les bobos parigots, se fait rare. J’en trouve parfois au Monop  de la rue Daviel et, plus récemment, au Biocoop de la rue de la Glacière.

 

ZZ RIZ AU LAIT FAÇON TEURGOULE 2X110G - Biocoop du Rouennais

 

Pas à la hauteur de notre Périco, celle de Monop est acceptable, celle de Biocoop exécrable !

 

Tout Michalak, 2e édition Le meilleur de la pâtisserie Edition Collector -  relié - Christophe Michalak - Achat Livre | fnac

 

Mais, en surfant sur le web, je viens de découvrir qu’une star révérée par notre omniprésent François-Régis, son acolyte Me Morain et, bien sûr, la longue cohorte des addicts à OnVaDé, CHRISTOPHE MICHALAK, s’est converti à la Teurgoule dans son opus « Tout Michalak »

 

C’est chic et choc !

 

Mais ça n’a rien à voir avec la Teurgoule, sans aucun doute Périco sortira sa sulfateuse pour dézinguer ce manant !  

La crème des savoir-faire culinaires normands avec la teurgoule et la  fallue - Société - Paris Normandie

TEURGOULE AUGERONNE

 

La recette authentique selon don Périco

 

Rappelons, s’il en est encore besoin, pour qu’il n’y ait pas de jaloux, que le Pays d’Auge s’étend sur la moitié orientale du Calvados, le tiers septentrional de l’Orne et le quart occidental de l’Eure, et que les Augerones et les Augerons naissent libres et égaux en droit de préparer la Teurgoule...

 

Au commencement était le lait cru de vache normande. Hors de ce bocage passez votre recette. Nous disons donc deux bons litres du dit lait entier tiré au pis, à l’étable de la ferme, et fleurant bon le pâturage, 150 g de riz rond (essentiel), 200 g de sucre de canne blond comme du temps des corsaires et une pincée de sel, avec une gousse de vanille de la Réunion et un bâtonnet de cannelle. Dans un vaste récipient se rapprochant de la terrine, déposer le riz mélangé au sucre et recouvrir entièrement avec le lait.

 

Une fois le tout bien mélangé, ajouter la vanille et la cannelle. Placer la terrine dans le four froid et commencer la cuisson par un coup de chaud à 200° durant une heure afin que la croûte se forme.

 

Une fois la croûte solidifiée, baisser à 160° durant quatre heures ou 150° durant cinq heures. Surveiller la cuisson afin que la croûte soit bien dorée. On ne peut parler de Teurgoule que si l’ensemble est à la fois onctueux et compact, ferme et crémeux. Toute liquidité sera disqualifiée...

Au risque de me faire excommunier par les chefs normands&Don Périco, avec une vraie Teurgoule je ne boirais pas du cidre : sucre/sucre ! Il me faut de l’acidité ! Donc j’ouvrirai une bouteille de Terret le blanc de ma vigneronne préférée : Catherine Bernard.

Le Terret Vin de France, Catherine Bernard

La teurgoule cherche recette pour s'exporter - Caen.maville.com

D’où vient la Teurgoule ? La Teurgoule fait partie de la gastronomie normande depuis le 18e siècle. ICI

 

Le 06 décembre 2012

 

Notre chroniqueur histoire, David Nicolas-Méry nous parle de l'origine de la Teurgoule, plat typiquement normand.

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12 novembre 2020 4 12 /11 /novembre /2020 06:00

En ce moment je lis un livre passionnant 'Ndrangheta Sur les routes secrètes de la mafia la plus puissante au monde d’Antonio Talia paru chez Grasset le 14 octobre 2020, que j’ai acheté dans ma razzia la veille de la saison 2 du confinement.

 

'Ndrangheta

 

Passionnant !

 

Étonnant !

 

Moins célèbre que ses cousines, la Cosa Nostra sicilienne la Camorra napolitaine, c'est justement parce que la ‘Ndgrangheta a su rester discrète qu'elle a tissé sa toile dans le monde entier. Active de l’Amérique latine à l’Asie, en passant par l’Europe de l’Est et la Suisse, misant davantage sur la corruption généralisée que sur les assassinats spectaculaires, elle génère un chiffre d’affaires de 50 milliards d’euros par an, soit plus de 3% du PIB italien.

 

 
Opération «Imponimento»: le 21 juillet 2020 a eu lieu une série d’arrestations en Suisse et en Italie liées à la ’Ndrangheta. © DR

 

Mardi 3 novembre 2020

Par Audrey Magat

 

Les restaurants suisses ciblés par la ’Ndrangheta ICI 

 

La crise sanitaire a fragilisé les restaurateurs, créant une opportunité inédite pour les mafias italiennes de reprendre ces établissements et d’étendre leur réseau. Selon une enquête, la Suisse serait même un véritable bastion pour l’organisation criminelle calabraise.

 

«Les mafias ont profité de la crise sanitaire pour développer des trafics de masques ou de respirateurs artificiels. Dès lors, elles ont besoin de blanchir leur argent, ce qui se fait notamment par la reprise de restaurants. Le risque d’infiltration de la mafia est donc important en Suisse.» Cet intérêt des organisations criminelles pour la restauration, constaté par la porte-parole de l’Office fédéral de la police (Fedpol) Katrin Schmitter, arrive dans une période où les besoins en liquidités sont très forts dans le secteur, puisque neuf restaurants sur dix ont travaillé à perte ces derniers mois.

 

Au total, le territoire compterait une vingtaine de cellules mafieuses, soit plus de 400 membres selon les chiffres de l’ATS. La sicilienne Cosa Nostra et la napolitaine Camorra sont également présentes, mais la cellule calabraise ’Ndrangheta (sud-ouest de l’Italie) reste l’organisation criminelle italienne la plus représentée en Suisse, selon le dernier rapport de la Fedpol.

 

«La Suisse est un bastion de la ’Ndrangheta, explique Madeleine Rossi, journaliste indépendante et auteure du rapport «Mafias italiennes en Suisse, panorama, perception et cadre législatif», publié en italien en mai 2019. L’organisation est présente sur tout le territoire et dans de nombreux domaines économiques, comme la restauration, la construction, la gestion des déchets, les transports de matériaux. Certaines fiduciaires et conseillers financiers profitent également de son argent.»

 

Extrêmement structurée au niveau hiérarchique, l’organisation a installé sa présence dans toutes les régions du pays mais principalement dans les cantons méridionaux (Tessin, Valais et Grisons), le long de la frontière avec l’Allemagne et dans les agglomérations de Zurich et de Bâle. «Et ici aussi, souffle Patrice Bayard, ancien propriétaire de restaurants à Genève. Dans la région, de nombreux restaurants sont prospères, avec des loyers exorbitants, mais une clientèle rare. On se demande forcément d’où proviennent leurs fonds.»

 

La suite ICI 

 

La mafia calabraise règle ses comptes en Allemagne : six morts à Duisbourg

La tuerie de Duisbourg, une sanglante vendetta entre familles calabraises

 

Publié le 16 août 2007

 

Au lendemain de la tuerie de Duisbourg (Allemagne), où six jeunes Italiens ont été abattus à la sortie d'un restaurant, la police allemande poursuit son enquête. Les autorités souhaitent explorer toutes les pistes en attendant les résultats de l'autopsie des six corps criblés de balles retrouvés dans deux véhicules. Mais, en Italie, de nombreux responsables politiques estiment que ce massacre est lié à une vengeance. Selon le ministre de l'intérieur, la tuerie de Duisbourg, où vit une importante communauté italienne, est la réponse à un précédent délit qui a eu lieu en Calabre.

 

Dans le petit bourg de San Luca, une querelle oppose depuis 1991 deux clans, les Pelle-Vottari-Romeo et les Strangio-Nirta. Une rixe banale, pour un motif futile, a déjà provoqué plusieurs tueries jusqu'au début des années 2000. Les six morts de Duisbourg, qui appartenaient au clan Pelle-Vottari-Romeo, travaillaient pour le restaurant Da Bruno.

 

Pour le procureur antimafia Pietro Grasso, ce massacre commis à l'étranger est "un fait sans précédent". Il explique qu'il est très rare que des personnes qui ont fui leur région pour éviter une vengeance soient rattrapées au-delà des frontières.

 

De son côté, Giuliano Amato, ministre de l'intérieur, craint des représailles et assure que les forces de sécurité vont s'efforcer d'éviter une nouvelle tragédie en Calabre. Dans le village, personne ne souhaite s'exprimer sur cette affaire.

 

Le Monde

 

Vendetta et trafic de drogue à l'origine de la tuerie de Duisbourg

La mafia calabraise règle ses comptes en Allemagne : six morts à Duisbourg

 

En Italie, on estime que ce massacre est le deuxième acte d'un drame qui oppose deux clans, les Strangio-Nirta et les Pelle-Vottari-Romeo, la famille du restaurant Da Bruno.

Par Jean Tarcy et Salvatore Aloïse Publié le 16 août 2007 

 

Tommaso-Francesco venait de fêter ses 18 ans au restaurant Da Bruno de Duisbourg (Allemagne), où il était apprenti. A 2 heures du matin, mercredi 15 août, il allait repartir en voiture avec cinq autres Italiens quand la "Pieuvre" a frappé, les prenant au piège enfermés derrière des vitres éclatées par une grêle de tirs - les enquêteurs parlent d'une centaine.

 

Le plus jeune avait 16 ans, le plus âgé 38. Certains corps sont si méconnaissables que l'autopsie durera plusieurs jours. Tous ont été visés à la tête. Vraisemblablement un règlement de comptes au sein de la'Ndrangheta, à des milliers de kilomètres de la Calabre où cette ramification de la mafia, spécialisée dans la cocaïne, a ses racines.

 

"Il n'y a jamais rien eu de cette ampleur ici en Allemagne", affirme Jürgen Roth, spécialiste de la mafia outre-Rhin. Si les autorités allemandes continuent d'explorer toutes les pistes, en Italie, chacun se doute que ce massacre est lié à la faida (la guerre entre familles, la vengeance) de San Luca, un petit bourg montagneux de l'Aspromonte, en Calabre, d'où étaient originaires les victimes.

 

Une faida née en 1991 pour des raisons apparemment banales, un jour de carnaval, et qui oppose deux clans, les Strangio-Nirta et les Pelle-Vottari-Romeo, la famille du restaurant Da Bruno. Selon le ministre italien de l'intérieur, Giuliano Amato, la tuerie de Duisbourg, où vit une importante communauté italienne comme dans le reste de la Ruhr, est la réponse à "un précédent délit qui a eu lieu à San Luca", dont l'auteur se trouvait parmi les six victimes.

 

RARES VENGEANCES À L'ÉTRANGER

 

"Probablement, a continué le ministre, il s'attendait à ce que quelque chose puisse lui arriver vu qu'il semble qu'il était à la recherche d'armes pour se défendre. Mais ceux qui voulaient se venger l'ont rejoint avant la justice." M. Amato craint des représailles : "Nous sommes en train de travailler afin qu'il n'y ait pas un troisième acte" en Calabre, a-t-il dit mercredi, lors d'une conférence de presse.

 

Un "fait sans précédent", souligne le procureur national antimafia, Pietro Grasso, relevant qu'il est très rare que des personnes ayant fui pour éviter la vengeance soient rattrapées à l'étranger. "La mafia sicilienne, note-t-il, est plus structurée ; la'Ndrangheta calabraise, elle, se base sur le pouvoir des familles qui se battent sans règles."

 

Les enquêteurs recherchent deux personnes aperçues près des voitures. Des policiers italiens sont arrivés en renfort mercredi soir. A San Luca, où se sont rendues en masse les télévisions, personne ne veut parler : il y règne un silence irréel ; personne dans les rues. Chacun reste cloîtré chez soi en attendant que la tension baisse. Comme toujours.

 

Jean Tarcy et Salvatore Aloïse

 

 

Tuerie de Duisbourg: arrestation d'un chef mafieux en Italie | Monde |  7sur7.be

Les assassins présumés de Duisbourg arrêtés ICI

Par Delphine Saubaber publié le 12/02/2010

Les derniers assassins présumés du massacre de Duisbourg, en 2007, ont été arrêtés ce jeudi. L'Etat italien livre une guerre désormais sans pitié à la 'Ndrangheta, la mafia calabraise.

 

Carte de Reggio de Calabre : communes comportant des annonces de logements  en vente — idealistaCarte Calabre - Plan de la Calabre

La route nationale 106 sillonne la Calabre, dans une étroite bande de terre entre mer et monts escarpés, à l'extrémité sud de la botte italienne. Bordée d'oliviers, de figuiers de Barbarie et de constructions abandonnées au sel et au vent, elle semble presque paisible. C'est pourtant là, dans les villages émaillant cette route, qu'est née la 'ndrangheta, la mafia calabraise implantée sur les cinq continents et devenue l'une des organisations criminelles les plus influentes au monde.

 

Guerre de clans au Canada, blanchiment d'argent à Hong-Kong, monopole du trafic de cocaïne en Europe, livraison record d'ecstasy dans le port de Melbourne : suivre la Nationale 106, c'est remonter à l'origine d'une organisation aux rites ancestraux qui peut, simultanément, vénérer une Madone en larmes et négocier des opérations financières de plusieurs millions d'euros. Antonio Talia, célèbre journaliste d'investigation calabrais, n'a eu de cesse d'enquêter sur l'organisation criminelle à laquelle lui et les siens ont toujours eu affaire.

 

Reportage implacable, marqué par l'émotion et la rage de celui qui décrit sa terre natale, 'Ndrangheta est une immersion dans la psyché mafieuse, la carte mentale et géographique d'une organisation dans laquelle, selon la formule de Roberto Saviano, « on n'entre que par le sang : celui qui coule dans nos veines ou celui que l'on fait couler ».

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