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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 08:00

L’image contient peut-être : texte qui dit ’Mathieu Léonard Guy présente Debord Potlatch (1954-1957) L' émancipation des travailleurs Une Internationale histoire de la Première POTATCH 2019 M-SULFITES que editions folio’

Une tête bien faites, rencontrée dans le bouiboui du haut de Ménilmontant, le Lapin Blanc, un certain Jérémie F. Bartomeu, émigré chez les Helvètes pour fuir la police macroniste, tout en rêvant que je lui accrochasse « le poireau » au revers de son bourgeron révolutionnaire, sur Face de Bouc, a fait de la réclame pour un nectar qui pue, millésime 2019, baptisé Potlatch.

 

 

Ce vin nu est l’oeuvre «  du compagnon Mathieu Léonard, spécialiste de la Première Internationale, activiste du CQFD Mensuel, vigneron à Rasteau. » Éditions Libertalia (12, rue Marcelin-Berthelot 93100 Montreuil. Les éditions Libertalia éditent des livres de critique sociale (histoire, littérature, rock'n'roll...) et animent une librairie à Montreuil.)

 

Voici ce qu’il écrit sur sa page Face de Bouc :

 

Nous y sommes.

 

Le millésime Potlatch 2019 est dans les quilles, prêt à rencontrer ses buveuses et buveurs.

 

 

Tout ça est évidemment encore très nouveau pour moi, et rien n’aurait été possible sans la transmission de Jean-Claude Leyraud, vigneron retraité très actif, qui m’a d’abord laissé deux parcelles de vieilles vignes en fermage à Rasteau et à Tulette il y a deux ans « pour me faire la main » et a laissé à ma disposition une partie de son outillage et sa cave à Rasteau, tout en me distillant expérience et savoir-faire au fur et à mesure du processus. La commercialisation de cet ouvrage commun se retrouve désormais sous l’étiquette Potlatch. Naguère, le vin de Jean-Claude portait le nom de Le Serre des pins.

 

Pour l’esprit et la pratique, je ne peux que m’inscrire dans la démarche qui est la sienne depuis plus de trente ans.

 

Comme la définir ?

 

Celle d’un discret artisan en vin vivant, peut-être… En tout cas, Jean-Claude a toujours cultivé la simplicité. Comme il l’écrivait dans CQFD :

 

« Alors que l’artisan savait s’effacer derrière le produit de son savoir-faire, on en est venu à survaloriser le vigneron, certes méritoire, en lui accordant un statut d’artiste. [...] Alors qu’il s’agit tout simplement de vrais vins, de bons vins, que l’on reconnaît surtout en bouche au fait qu’ils passent avec fluidité, et laissent une impression d’harmonie. »

 

(« Vin naturel: dynamique ou produit fini ? », paru dans le dossier « Vins libertaires et bières sociales », CQFD n°122, mai 2014.)  ICI 

 

Pour autant, les amateurs savent immédiatement reconnaître et apprécier l'exceptionnelle personnalité du vin de Jean-Claude.

 

Dans cette continuité, Potlatch est donc un vin rouge issu de raisins cultivés sans recours aux produits chimiques de synthèse et récoltés à la main. Un vin  « tout raisin » élaboré dans la rusticité, sans intrants, sans technologies œnologiques, sans sulfites ajoutés ni levures artificielles, sans filtrage, sans machine à la cave – le fouloir, le pressoir, la pompe à piston, la boucheuse sont manuels –… et sans autre mystère que celui de l’alchimie du vin.

 

Issu de terroirs côtes-du-Rhône Villages, l’assemblage est 60 % grenache, 20 % carignan, 15 % syrah et 5 % mourvèdre.

 

Sa robe est de couleur pourpre profond. Ample et long en bouche, il libérera des arômes intenses de fruits rouge et noir, avec une note cerise confite.

 

Il chiffre à 15 % vol.

 

C’est donc un aliment tannique et puissant mais parfaitement digeste.

 

Ah oui au fait, pourquoi « Potlatch » ?

 

Sans doute en référence à de vieilles lectures ethnographiques et au bulletin éponyme de l’Internationale lettriste. Le potlatch en soi fait référence à une cérémonie chez les Indiens de l’Ouest de l’Amérique du Nord reposant sur le don ostentatoire et la destruction de richesse. Cette fête était aussi un rituel de défi entre chefs indiens – la prodigalité des uns obligeant les autres à une surenchère. Peu de temps après m’être arrêté sur ce choix de nom, je lisais dans l’ouvrage de Christelle Pineau, "La Corne de vache et le microscope" (La Découverte, 2019) que l’esprit du don qui prévaut dans le milieu des vins nature – et que j’ai rencontré chez Jean-Claude Leyraud – « exclut toute notion de potlatch [car] la dimension d’honneur et de supériorité n’intervient pas dans ce type d’échange qui reste amical et égalitaire. »

 

Caramba, ce n’est pas faux, néanmoins j’ai souhaité garder ce nom parce qu’il sonne bien et qu’il ouvre à d’autres discussions – ce qui me semble un des objectifs du boire-ensemble.

 

Sa signification n’est donc pas à prendre au cep…euh, au pied de la lettre. J’espère juste que ce vin saura accompagner de belles fêtes comme des moments intimes ou de convivialité tout aussi mémorables.

 

Si tout cela vous a mis la pépie, reste la question de la distribution.

 

Si vous connaissez des cavistes, cantines, épicemars corrects, Amap, lieux collectifs ou librairies (une ou un bonne librairie est forcément une libraire qui boit du vin) qui seraient intéressés pour distribuer Potlatch, faites passer le mot.

potlatch84@gmail.com

 

Mathieu « Matéo » Léonard

 

Face aux Dentelles de Montmirail, « où il n’y a pas de repli, seulement une patience millénaire sur laquelle nous sommes appuyés » (René Char).

 

J’ai établi son prix public de lancement à 12 euros.

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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 06:00

 

Comparaison n’est jamais raison, ce que je mets ici en parallèle ce n’est ni le fond, ni la forme, c’est que le moment, était pour Rocard, est pour Mélenchon, mal choisi, avec pour conséquence le naufrage de la candidature de l’un, et le futur plantage de l’autre.

 

Dans une chronique du 10 novembre Françoise Fressoz, « Victime de son tempérament et de ses impasses stratégiques, Jean-Luc Mélenchon est devenu son pire ennemi » ICI  conclut :

 

Aujourd’hui, la somme de ses handicaps est telle qu’une hypothèse ne peut être exclue : s’il se présente, ce n’est pas pour gagner mais pour terminer le travail auquel il s’est attelé en 2008 lorsqu’il a claqué la porte du PS. Il veut fermer la boutique en achevant le dernier carré des « éléphants ». Tant que lui sera dans le paysage, aucun d’entre eux ne pourra prétendre rassembler la gauche.

 

Rocard, bon militant, a sauvé la candidature de son Premier Secrétaire, permis à « son pire ennemi » de devenir Président de la République pour deux septennats, de tenter de le « tuer » en le nommant 1ier Ministre, l’humiliant en le congédiant sans raison, en le « tuant » définitivement en soutenant la candidature Tapie aux européennes.

 

Mélenchon, qui se croyait le chouchou de Tonton, honnissait Rocard, devra se contenter d’un strapontin sous Jospin, fait le chemin inverse, il achève son entreprise de démolition des ex union de la gauche : le PC d’abord, le PS ensuite. Grand Timonier, à la barre de son rafiot FI, il se saborde pour, dans un dernier sursaut d’orgueil, couler en vouant aux gémonies ceux qui ne se sont pas rallié à lui l’incompris. La FI c’est la France Incomprise.

 

Dernière pantalonnade,  il conditionne sa troisième candidature à la signature, par au moins 150 000 personnes de la plateforme «nous sommes pour». C’est ouvert à tous les vents, aucun contrôle, ça sent le bourrage d’urne cher aux élus de la ceinture rouge.

 

La plate-forme "Nous sommes pour" est permissive. Pour les besoins de cet article, nous avons ainsi parrainé Jean-Luc Mélenchon avec les noms de Jean Jaurès et Maximilien Robespierre, qui contribueront donc à l'"investiture populaire" du leader de la FI.

 

Le 21 octobre 1980, Michel Rocard a annonce depuis sa mairie de Conflans-Sainte-Honorine, sa candidature a la présidence de la République.  

 

Michel Rocard, pour accentuer sa pression, décide de faire une déclaration télévisée depuis sa mairie de Conflans-Sainte-Honorine le 19 octobre 1980. Il a toutefois tenu à contacter François Mitterrand par téléphone qui lui a confié lui aussi vouloir se présenter.

 

C’est donc un Michel Rocard moins sûr de lui et hésitant qui se présente devant les caméras de télévision. Le maire de Conflans bafouille et le décor fait d’un rideau marron paraît lugubre. En outre, il regarde la mauvaise caméra et ne peut donc toucher directement les téléspectateurs. Sa déclaration paraît ambiguë, il présente sa candidature, mais la conditionne à une validation par le Parti socialiste, et rend un hommage appuyé à François Mitterrand. Les critiques sont cinglantes le lendemain dans les journaux. Cette candidature tient encore deux semaines, avant que François Mitterrand se déclare lui-même candidat. Michel Rocard n’hésite pas, il s’en tient à sa promesse de 1979 et renonce à sa candidature. Il soutiendra loyalement la candidature de François Mitterrand à l’élection présidentielle de 1981.

 

 

Détournement 

Image

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10 novembre 2020 2 10 /11 /novembre /2020 06:00

Cassissier Andega ‒ Graines Baumaux

Au fond du jardin du Bourg-Pailler il y avait un beau cassissier dont les petites baies, en grappes, à la peau lisse, pulpeuses, très aromatiques, surmontées des restes des calices des fleurs dont elles sont issus, à la fin de l’été, se coloraient d’un éclatant, bleu profond allant jusqu’au noir réglisse.

 

Je me goinfrais de leur chair juteuse et acidulée. Sans le savoir mon palais se préparait à l’accueil des vins nu.

 

La production était abondante, j’étais le seul consommateur direct en baies crues alors mémé Marie la transformait en vin de cassis. Je pouvais en boire car ce vin n’était pas alcoolisé (je n’ai aucun souvenir de sa fabrication, donc je ne puis vous en donner la recette)

 

 

Mais ce n’est pas le vin de cassis de mémé Marie qui a donné ses lettres de noblesse aux baies du cassissier, c’est la crème de cassis de Dijon, devenue célèbre grâce au Kir du chanoine Kir. ICI

 

 

Il existe aussi une AOC Cassis  qui a vu le jour le 15 mai 1936, date concomitante avec la création de l’Institut National de l’Origine et de la qualité (Inao. Cassis se considère, au sens de l’antériorité, comme la première Appellation d’Origine Contrôlée de France. Elle recouvre, aujourd’hui 215 hectares et affiche une production de 7 500 hl par an en moyenne. Entre Marseille et Toulon, au pied de falaises imposantes, un creux de rochers abrite des calanques et, depuis l'époque romaine, un vignoble, dont les limites de l'appellation coïncident aujourd'hui avec celles de la commune de Cassis. Cette aire doit sa renommée à son vin blanc sec, un « vin de bouche », capiteux et parfumé. 67 % de la production de l’appellation

 

GRANDS CRUS ET VINS DE PROVENCE - Vignerons d'Exception

 

PRINCIPAUX CÉPAGES

 

Barbaroux • Carignan • Cinsault • Clairette • Grenache noir • Marsanne • Mourvèdre • Sauvignon • Ugni blanc

 

J’avoue n’avoir jamais goûté un blanc de Cassis.

 

Enfin, dans nos villes, nos villages, nos braves ingénieurs des Ponts&Chaussées alliés aux élus locaux, en sus de la prolifération  des giratoires, ont multipliés les cassis.

 

Mobilier urbain, Matériel de collectivités, Bancs de jardin, Extérieur  Panneau dos d'âne vendu par France Collectivités

 

Dans le code de la route le CASSIS OU DOS D'ÂNE était ainsi défini :

 

Indique l'approche d'un cassis ou encore un dos d'âne.

 

Le cassis ou dos d'âne est une déformation naturelle de la chaussée en trou (cassis), ou en tas (dos d'âne) nécessitant une vitesse réduite pour la traverser sans encombre.

 

Son aspect naturel et non construit par l'homme à des fins d'obligation de ralentissement le distingue de son cousin artificiel le ralentisseur annoncé par un autre panneau.

 

Ressources Éducatives Libres - data.abuledu.org | Les ressources libres du  projet AbulÉdu

 

Donc comme le naturel est l’ennemi de la modernité furent défini les ralentisseurs de vitesse installés dans des zones potentiellement sensibles afin de canaliser le trafic et de réduire la vitesse. On les trouve généralement en agglomération, aux abords des zones limitées à 30 km/h, des écoles ou sur les parkings et voies privées. Si les plus connus des ralentisseurs sont les dos d’âne ou les ralentisseurs trapézoïdaux, il existe d’autres types d’aménagements qui peuvent agir comme des ralentisseurs.

 

Les différents ralentisseurs et leur signalisation

 

Le dos d’âne ou cassis

 

Le dos d’âne, ou gendarme couché dans le langage populaire est le plus ancien des ralentisseurs. Il a une hauteur de 10 cm et une longueur de 4 m. Ils sont implantés en agglomération, sur des zones ou voies limitées à 30 km/h, les aires de repos ou sur les chemins forestiers.

 

Le coussin

 

Aussi appelé coussin berlinois ou coussin lyonnais, ces ralentisseurs sont des plateaux surélevés de 6 à 7 cm dotés de quatre bords obliques. Leur forme et leur couleur les distinguent du dos d’âne est le rendent particulièrement visibles.

 

On les trouve en agglomération, sur les sections de voies limitées à 30 km/h, les aires de repos routières ou autoroutières et dans les aires de stationnement. Ils s’intègrent mieux dans le paysage urbain.

 

La bande sonore

 

La bande sonore s’apparente au dos d’âne, mais elle est plus fine et moins haute : 50 cm de largeur et environ 1 cm de hauteur. Elle a pour particularité d’émettre un bruit sourd à chaque passage de voiture. Elles sont généralement regroupées par 5 ou 6 pour avoir un véritable effet dans l’esprit du conducteur.

 

On en trouve 2 types : celles placées sur les autoroutes ou aux abords des péages pour s’assurer que les usagers ne dévient pas de leur route et les bandes sonores à usage privé, généralement jaunes et noires, implantées dans les parkings des centres commerciaux, des hôpitaux, etc. Aucune signalisation ou marquage au sol ne les annoncent.

 

Le créneau

 

Le créneau (ou chicane) prend la forme d’une déformation du tracé de la route, il oblige à ralentir du fait des deux tournants serrés, d’autant plus pour les véhicules de grande envergure considérés comme plus dangereux.

 

Ce type de ralentisseur ne présente pas d’inconfort pour le conducteur ni de risque pour le véhicule. On le trouve généralement aux abords des écoles ou des carrefours à la place d’une ligne droite.

 

L’écluse

 

L’écluse est une autre version du créneau ou chicane, elle se matérialise par une avancée du trottoir qui délimite une chaussée de 3,5 m. De ce fait, seul un véhicule peut passer à la fois et celui arrivant en face doit attendre. L’écluse peut être bordée de voies cyclables afin que les deux roues n’aient pas à passer par la route.

 

Je hais les ralentisseurs urbains, par la grâce de l’un d’eux, boulevard Arago, j’ai passé 15 jours en pneumologie à l’hôpital Cochin, mon cale–pieds s’étant coincé sur le dos de cet âne me faisant valdinguer et poignardé par mon guidon droit. Par temps de pluie ce sont des dangers publics, et la hauteur de certains sont des casse-dos pour les cyclistes.

 

Mais, pour terminer sur une note rieuse cette chronique je vais vous instruire sur mon sorbet au cassis.

 

Note initiale, le cassis est une denrée rare à Paris, deux raisons à cela, il est cher et ne se consomme guère cru, les parigots ne sont pas adeptes de la gelée de cassis. J’ai donc galéré pour en trouver. Lorsque je suis enfin tombé sur des barquettes, afin  de modérer le coût de revient, j’ai fait un mix avec des groseilles.

 

 

C’est simple à réaliser :

 

  • Comme je ne fais pas comme Jean-Yves Bizot de la grappe entière, j'égrappe cassis et groseille, puis je réduis les baies en jus au mixer.

 

  • Ensuite, je passe le jus au chinois, c’est un peu d’huile de coude pour extraire au maximum, comme les bordelais, couleur et arômes.

 

MGE - Passoire Chinois - Passe-sauce de Cuisine - Acier inoxydable - Ø 20  cm: Amazon.fr: Cuisine & Maison

 

  • Ajouter une lampée de Cassis pur jus bio, non alcoolisé.

 

  • Allonger avec du sirop à sorbet maison (sucre cristallisé dans de l’eau bouillante), je sucre peu afin de ne pas tuer l’acidité.

 

 

  • Brassage dans ma turbine à glaces Magimix.

 

  • Empotage

Et voilà le résultat, je suis le petit Berthillon  ICI de la glace maison pour le plus grand bonheur de mes zamours, ça fait des envieux.

Raymond Berthillon, célèbre artisan-glacier de Paris, est mortSorbet Cassis

 

SORBET CASSIS ICI

 

 

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9 novembre 2020 1 09 /11 /novembre /2020 08:00

 

Dimanche, en loucedé, même Pax n’a rien remarqué, j’ai changé mon enseigne de confiné saison 2, la précédente vieillissait mal, elle était bancale, poussive, indigne de mon standing (rires enregistrés). La nouvelle me va mieux au teint.

Samedi matin, j’ai manqué tomber de ma chaise au vu du titre d’un article de Sud-Ouest signé Sébastien Darsy :

 

 Le vigneron Osamu Uchida, un "miracle" japonais dans le Médoc

Venu de l’autre bout du monde, Osamu Uchida s’est taillé rapidement une solide réputation dans la viticulture bordelaise. Installé à Pauillac depuis 2015, lui-même n’en revient pas d’avoir réalisé son rêve. Portrait

 

En peu de temps, il est devenu la coqueluche des cavistes bordelais. De ceux qui s’enorgueillissent d’avoir déniché une petite pépite pour leurs clients. Le succès du vigneron japonais Osamu Uchida, installé dans le Médoc à Pauillac depuis 2015, a été fulgurant. Si bien qu’actuellement, il n’est pas aisé de se procurer l’une de ses bouteilles dans le commerce. Lui-même ne dispose pas de stocks!

 

Sa cuvée 2018 est « un travail sur l’architecture, pensée en dentelle pour un touché tannique sur le velours. Les arômes de mûres, de café et de cuir dansent sur cette plateforme. C’est chirurgical », écrit…

 

C’est dans Sud-Ouest, je ne suis pas abonné, la suite ICI

 

Pensez-donc un naturiste, japonais de surcroît, en plein Médoc !

Osamu Uchida souhaite faire revivre les vins naturels d'autrefois. Des vins purs, savoureux et nets. Des vins vivants que nous affectionnons.

 

Environ 2000 bouteilles produites chaque année. Vendange à la main, traction animale, un vrai vin d'artisan. Nous adorons !

 

 

Ma tribu médocaine : Osamu Uchida, vigneron nippon

 

Par Loïc Siri Dégustateur

Dégustateur

 

Bienvenue dans ce nouveau volet de la série “Ma tribu médocaine”. J’y présente une galerie de portraits singuliers et attachants qui viennent contredire l'idée d’un médoc inhospitalier, qui subit aussi le “bordeaux bashing". En voici le cinquième volet, une improbable rencontre avec le remarquable vigneron japonais néo-médocain Osamu Uchida.

Une vraie saga !

Il y a de quoi se poser la question : comment, en étant né à 10 000 kilomètres devient-on vigneron dans le Médoc?
Dans un français irréprochable, il lui manquerait juste un peu d’accent du cru, Osamu me raconte comment il a réalisé son miracle. Miracle, est le nom vraiment bien trouvé de sa cuvée.

 

La suite ICI 

 

La P'tite Cave Libourne ICI

 

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8 novembre 2020 7 08 /11 /novembre /2020 06:00

 

Les saillies de Chirac, grand peloteur du cul des vaches, bâfreur, buveur de bière, serreur de manettes hors catégorie, adorateur de sumo, humour  de carabin, pourraient faire l’objet d’une anthologie à la manière de Desproges.

 

Expression favorite de Chirac « Ça m'en touche une sans faire bouger l'autre… » Voir plus bas.

 

Chirac-Rocard, une amitié de 65 ans

Dans une déclaration écrite à l’AFP, Jacques Chirac a rendu hommage à «son ami de jeunesse» dont il a appris le décès, samedi, «avec une profonde tristesse».

 

« La France perd un homme d'État qui unissait, de manière rare, le goût des concepts et la capacité d'action et de réalisation»

 

« Leur amitié remonte à Sciences-Po, dont ils fréquentent les bancs au début des années 50. Dans le livre d’entretien «Si la gauche savait», avec Georges-Marc Benamou, paru aux éditions Robert Laffont, Michel Rocard racontait sa rencontre avec celui qui allait devenir président de la République.

 

«Ce Chirac était un jovial, un gars généreux, pas trop compliqué. Il aimait s’amuser. J’avais essayé de lui fourguer la carte des Etudiants socialistes SFIO. Il s’en souvient. Il ne l’a pas prise. (…) C’était vraiment un bon copain. Je me souviens surtout qu’il me bluffait par son aisance et ses manières. J’étais éberlué par son audace auprès des filles

 

Michel Rocard explique qu’avec Jacques Chirac, ils avaient en commun «l'humour, le refus de l'arrogance et la simplicité».

 

Hier (juin 2009), les deux hommes ont déjeuné ensemble à l'Auberge d'chez eux, un restaurant gastronomique du VIIe arrondissement de Paris. Ils ont évoqué la politique française à voix haute, faisant profiter les tables voisines de leur conversation. (ils sont sourds tous les 2)

 

« Et toi, tu t'entends bien avec Sarkozy ? » demande Rocard.

 

« À ça va, ça va, répond Chirac. Mais quand j'ai un message à faire passer, j'appelle Claude Guéant. C'est un bon. Un type très bien, très honnête. »

 

D'accord sur les conséquences « désastreuses » du réchauffement climatique, ils ont envisagé de publier ensemble un manifeste contre la déforestation, sous le patronage du chef de l'Etat. « On va aller le voir tous les deux », glisse Chirac. « Dans la vie, il y a des moments où c'est bien d'être sérieux ! » lance Rocard. « Tu as raison, mais c'est sacrément fatigant », plaisante Chirac

 

Avant de partir, Chirac a proposé de raccompagner en voiture l'ancien Premier ministre. Qui a décliné l'offre en souriant : « Tu sais, Jacques, j'ai aussi une voiture. La République a cela de bien qu'elle est généreuse avec ceux qui l'ont servie, même à des postes aussi subalternes que celui de Premier ministre. »

 

 

Jean-Luc Barré, qui s'est chargé d'écrire les Mémoires de l'ancien président de la République, l'a fréquenté intensément durant quatre ans. Il a livré des détails étonnants sur sa personnalité et celle de son épouse. Avec au passage, quelques punchlines inscrites dans le marbre.

 

C'est un homme qui a acquis la confiance de Jacques Chirac, et par la même une occasion en or d'en dresser un portrait parfaitement intime, inédit. Jean-Luc Barré, biographe de 62 ans, a permis à l'ancien chef de l'Etat, décédé des suites d'une longue maladie le 26 septembre 2019, de publier ses mémoires. Deux tomes, sortis en 2009 puis 2012, dans lequel se raconte l'ancien leader de droite. En le fréquentant durant quatre années,

 

« On était autour d'une petite table, Chirac buvait du punch à 10h du matin, donc je buvais du punch à 10h du matin, ou du gin tonic, avec un peu de saucisson, il y avait quelque chose de très convivial, on parlait, on bavardait ».

 

Parfois, il adoptait un ton et des formules absolument incroyables, dignes de Desproges, pour ridiculiser sa propre relation avec Bernadette Chirac.

 

« On beaucoup ri ensemble, beaucoup travaillé, mais surtout beaucoup ri », confie Jean-Luc Barré, qui se souvient finalement d'une punchline aussi drôle que cruelle :

 

'Je n'ai pas trompé ma femme, je me suis trompé de femme' : un biographe de Jacques Chirac rapporte sa phrase cruelle sur Bernadette

 

« Un jour, je lui dis en riant ‘vous avez quand même beaucoup trompé votre femme », et il me répond « non, vous faites erreur, je n’ai pas trompé ma femme, je me suis trompé de femme ». C’est presque du Sacha Guitry, mais non, c'est de lui ».

 

Physique

« Je sais que j'ai une gueule de droite, mais on peut pas se refaire. »

Lucide, dans Libération en mai 1995.

 

Aléas

« Dans la vie il y a des hauts et des bas. Il faut savoir mépriser les hauts et repriser les bas. »

 En 1986, année de son retour au pouvoir, au poste de Premier ministre.

Action

 

« Lorsque la prudence est partout, le courage est nulle part. »

Parole de sage dans Une nouvelle France : réflexions (1994).

 

Politique

« L'État doit être un garant, et non un gérant. »

 Une pique contre les socialistes, lors d'un meeting en 1984.

 

La France

 

« La France a besoin de passion - celle de l'amant - et de constance - celle du mari. »

Cité sur France 2, en 1995.

 

Culture

 

« Pendant 20 ans on m'a pris pour un parfait ignorant parce que j'avais fait courir le bruit que je n'aimais que les romans policiers et la trompette militaire. »

 Mise au point dans Femme, en 1995.

 

Paroles

 

« Les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent ».

Cité dans Le Monde, en 1988. Les Français ont fini par comprendre.

Margareth Thatcher

 

« Mais qu'est-ce qu'elle veut en plus cette ménagère ? Mes couilles sur un plateau ? »

La phrase qui faillit relancer la guerre de Cent ans, après un échange plutôt vif entre les deux Premiers ministres sur des questions budgétaires, lors d'un sommet européen en 1988.

 

François Mitterrand

 

« Méfie-toi de Mitterrand. C'est quand il te sourit qu'il a le poignard le plus solide dans la main. »

Un avertissement donné à Michel Rocard, qui lui succède au poste de Premier ministre en 1988.

 

Nicolas Sarkozy

« Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça porte chance ! »

Cité par Ghislaine Ottenheimer dans Le Fiasco (Albin Michel, 1996).

 

Édouard Balladur

 

« Balladur, c'est comme la porcelaine. Il supporte les décorations, mais pas le feu. »

Cité par Ghislaine Ottenheimer dans Le Fiasco.

 

Sondage

« Les sondages, ça va ça vient, c'est comme la queue d'un chien. »

 L'une de ses phrases préférées, à l'usage de la jeune génération politique.

 

Bilingue

 

"What do you want ? Me to go back to my plane and go back to France ?"

Dans un anglais aléatoire et fort peu diplomatique, le président fait éclater son exaspération devant un service d'ordre israélien trop envahissant lors de sa visite de Jérusalem, en 1996. Les Palestiniens ont adoré.


 

Fatalisme

 

« Les emmerdes, ça vole toujours en escadrille »

Citée dans de nombreux articles, digne des Tontons Flingueurs

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7 novembre 2020 6 07 /11 /novembre /2020 06:00

Le Procès (Kafka) : Une analyse existentialiste

La bafouille décisionnaire de la directrice générale, épaulée par la direction des interventions, le service des aides nationales, de l’appui des entreprises et de l’innovation, du service de gestion du potentiel et amélioration du potentiel viticole, et d’un certain GECRI (ndlr. j’écris avec mes pieds) pèse son poids d’un obscur jargon bureaucratique, à côté de ce pensum de 14 pages, le JO de la République est une petite merveille de clarté et de légèreté.

 

Si vous souhaitez la lire cliquez sur ce lien ICI

 

Vous déroulez et, tout en bas, dans DOCUMENTS ASSOCIÉS vous pourrez télécharger la DECISION INTV GECRI 2020-52 | 30/10/2020

 

Je vous laisse seul(e) juge de la pertinence de mon propos initial.

 

Quelques remarques toutefois :

 

  • C’est 1 fake-news d’État ce brouet ne s’adresse pas à l'ensemble des producteurs de la filière comme l'énoncé même de l'établissement, FranceAgrimer, porte à le croire, mais seulement à une partie d'entre eux à l'exclusion des autres. Le seuil des 100 hl indique clairement que la mesure ne touchera que les caves coopératives, les grosses caves particulières et les négociants. 100 hl = approximativement 13  000  bouteilles de 75 cl, Exit donc, les vignerons qui sont les plus touchés par la fermeture des CHR.

 

  • C’est de la pure réclame gouvernementale : très alléchante l’annonce : 40 millions d'euros, dont 5 venant de l'Europe ! Mais au bout du bout, ça tombera dans la poche de qui ?

 

  • Pour la phase de paiement : Le dépôt des demandes de paiement sur PAD débute le 3 mai 2021 à 12h et se clôture le 14 mai 2021 à 12h pour les durées de stockage de 6 mois et débute le 1er juillet 2021  à 12h et se clôture le 13 juillet 2021 à 12h pour les durées de stockage de 8 mois. Le ballon d’oxygène ne sera donc disponible que mi-2021, c’est donc clairement une mesure pour rassurer le banquier privilégié des coopératives, le Crédit Agricole, qui pourra se sucrer en fin de période.

 

 

  • Aucun dossier papier ne sera pris en compte. Pourquoi ?

 

  • La demande d’aide est constituée du formulaire en ligne dûment complété sur PAD, comprenant notamment le numéro d’entrepositaire agréé et d’Exploitation Viti-Vinicole (EVV) le cas échéant, les données déclaratives et les engagements du demandeur. Elle est accompagnée des pièces suivantes : le relevé d’identité bancaire (RIB) du demandeur. En cas de procédure collective (hors liquidation), le dossier doit comporter une note du mandataire précisant à qui le paiement doit être fait et le cas échéant le RIB du mandataire devra être fourni, pour les demandeurs visés au point 4.3.a (ii) de la décision : une attestation comptable (établie par un centre de gestion agréé, un expert-comptable ou un commissaire aux comptes identifié, pour le compte du demandeur) faisant état de l’ensemble des volumes dont ils sont propriétaires et stockés par eux-mêmes et une ou plusieurs entreprises de stockage spécialisées dont le code APE/NAF commence par 521 (section H division 52.1 des codes NAF/APE), en septembre 2019 et mai 2020. Les volumes seront distingués par entrepositaire agréé identifiés par leur SIRET et leur numéro d’EA. Cette attestation sera dématérialisée, sur la base d’un document pdf inscriptible fourni prochainement par FranceAgriMer sur cette page internet et signé par voie dématérialisée par le comptable. Les numéros d’EA et SIRET des entreprises de stockage spécialisées concernées par l’attestation

 

Nb : les déclarations récapitulatives mensuelles des demandeurs devront avoir été réalisées sur le service en ligne Contribution Indirectes En Ligne (CIEL) au plus tard le 10 du mois suivant, pour les mois de septembre 2019 et mai 2020, conformément au décret n° 2018-206 du 26 mars 2018 relatif à l'obligation de déclaration et de règlement par voie électronique en matière de contributions indirectes.

 

Ce texte devrait mettre en joie Isabelle Saporta !

 

  • Christine Avelin, la directrice générale de FranceAgrimer, administrateur civil, dircab de Le Foll Ministre de l’Agriculture, aux commandes de FranceAgriMer a succédé le 5 avril 2017  à Éric Allain qui dirigeait FranceAgriMer depuis septembre 2013 et qui rejoint La Cour des comptes. La noria des hauts-fonctionnaires, le Figaro ironise «Merci qui?» interrogeait un opérateur télécom dans sa récente campagne d'affichage. «Merci Stéphane», pourrait-on répondre à l'hôtel de Villeroy, tant le ministre de l'Agriculture veille à replacer sa garde rapprochée.

 

  • Le président du Conseil Spécialisé Vin est Jérôme Despey bras droit de la présidente de la FNSEA, exemple-type du petit apparatchik des organisations professionnelles qui passe son temps à Paris et dont la pratique vigneronne est bien mince. Une vigneronne m’écrit « bien que productrice,  je ne fais pas partie de ceux à qui FranceAgrimer s'adresse. Ce n'est ni la première, ni la dernière fois. Cependant, à aide exceptionnelle en temps exceptionnels, le gouvernement promettant son épaule à l'ensemble de la filière, on pouvait légitimement penser que FranceAgrimer se serait exceptionnellement adressé à l'ensemble des producteurs.  Mais non, il n'en est rien. » Comme dirait Jean-Michel Apathie : « Étonnant, non ! »
  •  

Comme je suis constructif je propose au gouvernement de faire des économies de fonctionnement en supprimant FranceAgrimer sert à rien, évidemment Despey et consorts ne seront pas contents mais la concertation-bidon ça coûte trop cher. Quant aux 1000 collaborateurs de FranceAgriMer ils pourront être accueilli, sans problème, dans des postes utiles où on manque de bras : la justice par exemple, et lorsqu’ils partiront à la retraite il suffira de pérenniser cette affectation.

 

Mais alors, qui va distribuer les aides ?

 

Mon expérience du paiement de ces aides vous donne la réponse : la grosse machine des Finances qui tient d’une main de fer les cordons de la bourse plate et qui, à FranceAgrimer comme ailleurs, via des agents comptables grassement rémunérés, dicte les termes de la bafouille dont vous avez pu peser le poids de bureaucratie.

 

Bonne journée !

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6 novembre 2020 5 06 /11 /novembre /2020 06:00

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Non je n’ai pas oublié que mon espace de liberté est né dans le jus pressé du raisin mais, étant un farouche adversaire de la monoculture, je m’aventure, turelure, en empruntant des chemins de traverse, sur tous les terrains d’aventure.

 

Comme un brave confiné déconfiné puis reconfiné que puis-je faire dans mes m 2 perchés au 9e plein sud : boire et manger, lire, écrire, visionner des films, pour mettre mon nez dehors j’ai le droit de faire mes courses une petite heure avec la paperasse ad hoc, de chevaucher mon vélo dans un rayon d’1 km toujours avec l’attestation.

 

Pour autant je ne crie pas à l’attentat à ma liberté, simplement je persiste à affirmer que faire du vélo masqué, à toute heure du jour ou de la nuit, dans tout Paris ne favorise en rien la circulation du Covid 19.

 

Je paye l’irresponsabilité de certains de nos concitoyens, c’est un grand classique de notre pays de ramenards.

 

Nous atteignons des sommets lorsque nos fabricants d’interdits se croient obligés de faire le tri entre les brosses à dents et les capotes anglaises ou me mascara dans les rayons de la GD.

 

Le fera-t-on dans nos pharmacies où la parapharmacie occupe 60 % des rayons ?

 

Vive le non-essentiel !

 

Au risque choquer l’œil de Moscou, je peux vivre sans souci d’amour et d’eau fraîche avec parfois pour le plaisir un soupçon de vin qui pue et un bon plat de pasta !

 

Le vin nu, le mot est lâché !

 

J’en raffole et ça affole, pour autant je ne place pas mon mouchoir de Cholet sur le vin d’avant, celui chanté par Baudelaire et dépiauté par Roland Barthes.

 

Explications :

 

Une brève histoire de l'ivresse – Les Éditions du Sonneur

 

Dans son avertissement au lecteur français, avec l’humour qui est dit-on la marque de fabrique des habitants de la perfide Albion, Mark Forsyth écrit :

 

LES FRANÇAIS SONT DE CÉLÈBRES BUVEURS, mais pas de célèbres ivrognes. Comment ils y parviennent reste un mystère aux yeux des Britanniques, mais le résultat est là demandez à n’importe quel habitant de la planète de vous croquer un Français moyen, ou plus exactement un Français archétypal, le Français ultime, il vous dessinera un homme coiffé d’un béret avec un verre de vin à la main. C’est vrai de Tallinn à Tombouctou, parce que tout le monde sait que les Français sont des buveurs  (bien que le béret, hélas, soit un ornement vestimentaire en péril). Et pourtant, si vous demandez à votre interlocuteur si les Français se saoulent (ce qui après tout la conséquence biochimique de l’ingestion d’alcool), il froncera les sourcils, secouera la tête et répondra que les Français n’en arrivent jamais là.

 

Lo berret qu'ei bearnés ! Le béret est béarnais !

 

Bien sûr, il est absurde de penser que les Français ne se saoulent jamais. J’ai moi-même eu l’occasion d’observer une petite équipe de rugby du Gers qui venait de remporter un championnat régional. Les joueurs étaient ivres, à coup sûr – d’une manière explosive et spectaculaire, un vrai son et lumière de l’ivresse. Ils étaient, pour employer un merveilleux vocable français, beurrés (en français dans le texte). Et ils portaient des bérets, mais ce n’est pas le sujet.

 

[…]

 

La France est un pays où l’alcool est partout, et ses effets nulle part. C’est comme de la lumière sans chaleur, comme un voyage sans destination.

 

Mais l’alcool y est bel et bien partout. Et, de l’avis général, c’est le meilleur du monde. Tel un prêtre qui ne croirait pas en Dieu, 1 Français qui n’aimerait pas le vin ne serait plus un Français. Arrêtez-vous devant un café à onze heures du matin (quand aucun anglais ne boit) et vous apercevrez un vieux avec son pastis, qui sera toujours là lorsque vous repasserez quelques heures plus tard. Mais ce sera toujours le même pastis qu’il boira, celui qu’il sirote lentement depuis 1956. Toujours en train de boire, mais jamais bourré. Bien sûr, il arrive qu’un Français décide de se saouler.

 

ENIVREZ-VOUS

 

Il faut être toujours ivre. Tout est là : c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

 

Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.

 

Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront : « Il est l'heure de s'enivrer ! Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »

 

Baudelaire, Le Spleen de Paris, XXXIII

 

Mais ce qu'il y a de particulier à la France, c'est que le pouvoir de conversion du vin n'est jamais donné ouvertement comme une fin : d'autres pays boivent pour se saouler, et cela est dit par tous ; en France, l'ivresse est conséquence, jamais finalité; la boisson est sentie comme l'étalement d'un plaisir, non comme la cause nécessaire d'un effet recherché : le vin n'est pas seulement philtre, il est aussi acte durable de boire […]

 

Le vin est socialisé parce qu'il fonde non seulement une morale, mais aussi un décor ; il orne les cérémoniaux les plus menus de la vie quotidienne française, du casse-croûte (le gros rouge, le camembert) au festin, de la conversation de bistrot au discours de banquet…

 

Roland Barthes Mythologies, « le vin et le lait » 11 janvier 2008 Le Vin et le lait ICI 

 

Il y a beaucoup de vérité là-dedans. Le vin est un ornement. Il y aune cérémonie. Il n’est jamais, ou rarement, un moyen d’accéder à une fin. Je n’aurais jamais cru que je dirais une chose pareille, ces mots m’écorchent l’âme, mais il me faut bien reconnaître que je suis d’accord avec Barthes et Baudelaire.

 

Je dois être ivre.

 

Morale de cette histoire so british :

 

Le Français black béret ballon de rouge à la main s’est enfoui dans les abysses du XXe en même temps que le béret et le gros rouge. Il a été assassiné par la RVF et tous les licheurs de nectars royaux, sus aux buveurs, vive les dégustateurs ! Quoi de plus chiant qu’un repas en compagnie de cette engeance, rien à voir avec la 3e mi-temps des ovales du Gers ? Ils ont tué la convivialité du vin qui, par ailleurs, bien mieux fabriqué, formaté par la tribu des œnologues, est trop souvent d’une tristesse infinie.

 

Par bonheur, vinrent les vins nu qui puent ! Ce fut le retour du plaisir, du partage, de la convivialité et ça faisait chier, désolé pour ma vulgarité, les bonzes de toutes obédiences : ces jeunes connes et cons, accompagné(e)s de vieux cons dans mon style, buvaient joyeusement !

 

Tout ce petit monde a l’art de rater systématiquement les bons trains, il s’agrippe à ses certitudes, tempête, raille, excommunie, avant, pour certains, de revenir « la queue entre les jambes » (le monde du vin est très masculin) licher ces breuvages plein de défauts, de déviances, faut bien vivre coco !

 

Ainsi va le petit monde du vin de notre vieux pays, il vit dans l’illusion de sa puissance mondiale, il se cache derrière des chiffres sans accepter leur implacable réalité, oser le dire c’est se voir taxer d’oiseau de mauvaise augure, mais pour leur faire plaisir, comme le note avec humour Mark Forsyth : je dois être ivre.

 

 

« Nous nous sommes mis à l'agriculture non parce qu'on voulait manger – de la nourriture, il y en avait en quantité partout. On a commencé à cultiver parce qu'on voulait se murger »

 

Mark Forsyth dans son livre Une brève histoire de l'ivresse.

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5 novembre 2020 4 05 /11 /novembre /2020 06:00

 

Le manuscrit de la lettre de Jean Jaurès lue en hommage à Samuel Paty © Maxppp - Humberto De Oliveira

J’aurais dû titrer : je suis lecteur de Didier Daeninckx mais j’ai préféré parodier le je suis Charlie pour marquer que je me retrouve dans les propos d’un auteur qui m’a toujours convaincu de son enracinement dans son terroir populaire. C’était un de ces militants communistes sincères, de ceux qui vivaient au plus près du petit peuple, de ceux qui maillaient ces fameux territoires dont a dit et écrits  qu’ils étaient les territoires perdus de la République.

 

Je n’ai jamais adhéré au PCF pour cause de Budapest et, dans ma vieille Vendée, du sectarisme des permanents de ce parti toujours en ligne avec la Direction, mon choix du PSU tenait d’un double rejet : celui d’un PCF aligné sur Moscou et d’une SFIO démonétisée par les errements et les trahisons de Guy Mollet.

 

Nous qui nous disions progressistes avons dialogué avec les intellectuels du PCF, beaucoup de prêtres-ouvriers étaient communistes (Nous catholiques communistes par Jean Galisson menuisier, prêtre (Le Havre) ICI , la JOC, les paysans-travailleurs, l’Ouest catholique sera ensemencé et basculera en grande partie dans le vote pour le PS d’Epinay sous la houlette des rocardiens issus du PSU.

 

Nous n’avions pas forcément raison mais nous ne transigions pas avec la réalité du monde d’au-delà du rideau de fer, l’étouffement du printemps de Prague, la dérive populiste de Marchais, la lente .érosion du bastion de la ceinture rouge, tout ce que Didier Daeninckx dénonce dans sa tribune

 

 

 

« Qui aurait pu imaginer que la gauche se déchirerait à propos d’un délit imaginaire forgé par des assassins ? »

TRIBUNE

Didier Daeninckx

Ecrivain

 

Le romancier raconte dans une tribune au « Monde » comment, en Seine-Saint-Denis comme ailleurs, une partie de la gauche a peu à peu cédé sur les principes républicains et notamment sur la laïcité dans sa lutte contre l’islamophobie.

 

Publié le 28 octobre 2020

 

Au début des années 1960, sans trop comprendre ce que signifiait le mot, je vendais chaque année au porte-à-porte les timbres de l’école « laïque » édités par la Ligue de l’enseignement ; je participais dans les rues de Seine-Saint-Denis aux défilés des fêtes de l’école qui se proclamait fièrement gratuite, obligatoire et laïque.

 

Il m’a fallu attendre l’année du bicentenaire de la Révolution, 1989, il y a plus de trente ans, pour prendre conscience qu’il s’agissait là d’un bien essentiel, quand l’Iran des mollahs a condamné à mort un écrivain laïque, Salman Rushdie, coupable d’« islamophobie » [son roman Les Versets sataniques avait provoqué l’ire de l’ayatollah Khomeyni]. Puis il y eut Taslima Nasreen que les mêmes dictateurs de conscience destinèrent à la décapitation [pour son roman La Honte, en 1994].

 

Qui aurait pu imaginer que la gauche, dans son ensemble, se déchirerait à propos d’un délit imaginaire forgé par les assassins, alors même que Rushdie nous mettait en garde, dès le prononcé de la fatwa le visant, en nous expliquant que ce concept d’islamophobie était jeté en pâture aux ignorants, afin qu’ils le restent ?

 

La trajectoire de Merah comme déclencheur

 

La terreur islamiste a sidéré le monde, elle a mis les mots en actes, répandant le sang « impur » des traducteurs, des éditeurs, des cinéastes, des dessinateurs, des amateurs de rock, des enfants de maternelle, des professeurs, des prêtres, de ceux qui les protégeaient… Cet effroi planétaire a produit ses effets au plus près et j’ai pu, au fil des ans, en mesurer l’impact dans mon entourage immédiat. Les premières alertes datent du début des années 2000, quand le responsable national de l’association antiraciste dans laquelle je militais s’était rapproché de Tariq Ramadan, de Dieudonné, et qu’il évoquait la nécessité d’une loi contre le blasphème. C’était tellement loin de mes préoccupations que je n’en ai, à l’époque, pas saisi la portée.

 

La trajectoire sanglante de Mohammed Merah, en 2012, a servi de déclencheur. Dans ma ville natale, Saint-Denis, un élu communiste et « délégué à l’égalité », répond alors sur les réseaux sociaux à ceux qui lui demandent ce qu’il pense des enfants juifs tués d’une balle en pleine tête dans une cour d’école : « Suis en mode hommage, j’arrête tout ou on va me dire que je ne suis pas touché, pas ému, du coup je vais m’entraîner à pleurer. » Au cours des années suivantes, il fera de cette ironie meurtrière sa marque de fabrique, produisant des centaines de Tweet infâmes, sans que jamais les organisations auxquelles il appartenait ne lui fassent la moindre remarque. Il sera l’un des principaux organisateurs, en 2019, de la déshonorante marche contre l’islamophobie, avant de figurer en bonne place sur la liste des « insoumis » aux dernières élections municipales.

 

En 2014, à Aubervilliers, ma ville de résidence, la coalition Front de gauche s’est vue adoubée dans les locaux mêmes de la mosquée où un imam dispense des prêches antirépublicains, homophobes et organise la défiance envers l’école laïque. Cette coalition acceptera dans ses rangs trois maires adjoints issus de l’association locale des musulmans.

 

Directeurs de conscience

 

L’un de ces adjoints s’illustrera en engageant publiquement le dialogue avec la mouvance d’Alain Soral, qui se définit lui-même comme national-socialiste, et en déclarant à plusieurs reprises qu’en matière d’immigration les gouvernements de la République se comportent plus durement que l’ancien maire Pierre Laval à l’encontre des juifs ! Ce qui, là encore, ne l’empêchera pas de figurer sur l’une des listes de gauche en mars dernier. Pour faire bonne mesure, on embauchera également, entre autres, un trafiquant de cocaïne à la tête d’une des directions municipales, pour service rendu. Il sera arrêté pour menace de mort [en 2016], un mois après son intronisation, alors qu’il arborait les insignes de Daech.

 

Dans le même mouvement, des directeurs de conscience autoproclamés peuvent, sans trembler, affirmer que Charlie a déclaré la guerre à l’islam, une obscénité qui n’a heureusement pas été réitérée lorsque Samuel Paty a subi le même sort que celui des membres de la rédaction du journal dont il expliquait les dessins. On se contente de parler, dans cet espace de radicalité, de « barbarie policière » pour qualifier l’exécution, en état de légitime défense, du tueur. Ces mêmes directeurs de conscience qui s’affichent aux côtés des racistes, des homophobes, des antisémites du Parti des indigènes de la République, et qui considèrent que l’on en fait trop avec la jeune lycéenne Mila, qui vit depuis des mois sous la menace des assassins pour avoir usé de sa simple liberté.

 

Basculement d’électeurs

 

Comment dire son dégoût lorsqu’une sénatrice sensible à l’environnement pollue le sien en posant au milieu de jeunes enfants manipulés qui portent une étoile jaune où est inscrit le mot « musulman » [lors de la marche contre l’islamophobie], suggérant une fois encore que la persécution fantasmée de l’Etat à l’encontre d’une religion équivaudrait à la « solution finale » ?

 

Toutes ces trahisons, tous ces abandons ont désarmé la gauche dans un combat essentiel. Ils permettent à la droite la plus obscure, à l’extrême droite, de se faire les championnes de la préservation des principes républicains ! Ils creusent la défiance, ils favorisent le basculement de centaines de milliers d’électeurs vers les porteurs de solutions autoritaires.

 

 

Tous ces gens qui ont failli, leaders de partis gazeux, adjoint à la mairie de Paris, députées des quartiers populaires, syndicalistes éminents, chroniqueuses en vogue, devraient avoir la décence de se retirer. Aucun d’eux ne parle en notre nom.

 

Une couverture emblématique de Charlie [datant de 2005] représente le prophète Mahomet qui se lamente prenant sa tête entre ses mains : « C’est dur d’être aimé par des cons. » Si j’avais deux doigts de talent, je placerais Jean Jaurès dans la même position, s’adressant à ceux qui, aujourd’hui, à gauche, usurpent et sa pensée et son nom, lui qui affirmait que laïcité et démocratie sont synonymes.

 

Didier Daeninckx est écrivain. Dernier ouvrage paru : Municipales. Banlieue naufragée (« Tracts », Gallimard, 48 pages, 3,90 euros).

 

Didier Daeninckx(Ecrivain)

Aux Instituteurs et Institutrices 

 

Vous tenez en vos mains l’intelligence et l’âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie. Les enfants qui vous sont confiés n’auront pas seulement à écrire et à déchiffrer une lettre, à lire une enseigne au coin d’une rue, à faire une addition et une multiplication. Ils sont Français et ils doivent connaître la France, sa géographie et son histoire : son corps et son âme. Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce qu’est une démocratie libre, quels droits leur confère, quels devoirs leur impose la souveraineté de la nation. Enfin ils seront hommes, et il faut qu’ils aient une idée de l’homme, il faut qu’ils sachent quelle est la racine de toutes nos misères : l’égoïsme aux formes multiples ; quel est le principe de notre grandeur : la fierté unie à la tendresse.

 

Il faut qu’ils puissent se représenter à grands traits l’espèce humaine domptant peu à peu les brutalités de la nature et les brutalités de l’instinct, et qu’ils démêlent les éléments principaux de cette œuvre extraordinaire qui s’appelle la civilisation. Il faut leur montrer la grandeur de la pensée ; il faut leur enseigner le respect et le culte de l’âme en éveillant en eux le sentiment de l’infini qui est notre joie, et aussi notre force, car c’est par lui que nous triompherons du mal, de l’obscurité et de la mort. 

 

Eh quoi ! Tout cela à des enfants ! — Oui, tout cela, si vous ne voulez pas fabriquer simplement des machines à épeler. Je sais quelles sont les difficultés de la tâche. Vous gardez vos écoliers peu d’années et ils ne sont point toujours assidus, surtout à la campagne. Ils oublient l’été le peu qu’ils ont appris l’hiver. Ils font souvent, au sortir de l’école, des rechutes profondes d’ignorance et de paresse d’esprit, et je plaindrais ceux d’entre vous qui ont pour l’éducation des enfants du peuple une grande ambition, si cette grande ambition ne supposait un grand courage. […] 

 

Sachant bien lire, l’écolier, qui est très curieux, aurait bien vite, avec sept ou huit livres choisis, une idée, très générale, il est vrai, mais très haute de l’histoire de l’espèce humaine, de la structure du monde, de l’histoire propre de la terre dans le monde, du rôle propre de la France dans l’humanité. Le maître doit intervenir pour aider ce premier travail de l’esprit ; il n’est pas nécessaire qu’il dise beaucoup, qu’il fasse de longues leçons ; il suffit que  tous les détails qu’il leur donnera concourent nettement à un tableau d’ensemble. De ce que l’on sait de l’homme primitif à l’homme d’aujourd’hui, quelle prodigieuse transformation ! et comme il est aisé à l’instituteur, en quelques traits, de faire sentir à l’enfant l’effort inouï de la pensée humaine ! […]

 

Je dis donc aux maîtres, pour me résumer : lorsque d’une part vous aurez appris aux enfants à lire à fond, et lorsque d’autre part, en quelques causeries familières et graves, vous leur aurez parlé des grandes choses qui intéressent la pensée et la conscience humaine, vous aurez fait sans peine en quelques années œuvre complète d’éducateurs. Dans chaque intelligence il y aura un sommet, et, ce jour-là, bien des choses changeront. 

 

Jean Jaurès, La Dépêche, journal de la démocratie du midi, 15 janvier 1888.

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4 novembre 2020 3 04 /11 /novembre /2020 06:00

Le procès de Bobigny : La cause des femmes (fr) - La GBD

Le procès de Bobigny : La cause des femmes. La plaidoirie de Me Gisèle  Halimi - Mission égalité - diversité - Université Claude Bernard Lyon 1

Lors de la disparition de Gisèle Halimi, en juillet dernier, de nombreux commentaires avaient souligné le tournant décisif qu'avait constitué le procès de Bobigny, en octobre-novembre 1972, dans le long combat qu'elle avait mené pour le droit à la contraception et à l'avortement. Avocate de la défense, elle avait alors appelé à témoigner de nombreuses personnalités comme Jean Rostand, Jacques Monod, François Jacob mais aussi Michel Rocard en tant que secrétaire national du PSU - parti qui était en effet à la pointe dans le combat pour les droits des femmes. A cette occasion, Michel Rocard avait apporté son soutien à la proposition de loi de l'association "Choisir" et s'était engagé à la présenter à l'Assemblée nationale.

 

Gisèle Halimi, une avocate irrespectueuse - Ép. 3/5 - Gisèle Halimi, la  cause des femmes

Gisèle Halimi et Delphine Seyrig, 11 octobre 1972 à Bobigny. © Michel Clément / AFP

 

Déposition Rocard au procès de Bobigny(1972)

 

Le procès dit de Bobigny s’est déroulé dans cette même ville en octobre-novembre  1972.  Marie-Claire  Chevalier,  sa  mère,  Michèle  Chevalier  et  trois  autres  femmes sont alors jugées pour l’avortement de Marie-Claire,  enceinte  suite  à un  viol. L’avocate des accusées, Gisèle Halimi, va faire de ce procès celui de la pénalisation de l’avortement en France. C’est ainsi qu’elle appelle à la barre des personnalités politiques et du spectacle pour donner  un  écho  médiatique  et  donner  à  ce  procès  un  contour  volontairement  politique.

 

Michel Rocard, Secrétaire National du PSU et député des Yvelines depuis 1969 fait ainsi partie des témoins.

 

Michel  Rocard : Député  des  Yvelines,  signataire  de la  proposition  de  loi  sur  la liberté  de l’avortement rédigée par l’Association « Choisir »

 

Déposition de Monsieur Michel Rocard au procès de la mère de Marie-Claire le 8 novembre 1972, dans Choisir la cause des femmes, Le procès de Bobigny, Paris, Gallimard, 1973, 2006, p. 64.

 

 

Le Président: Le Tribunal vous écoute.

 

Me Halimi: J’ai un certain nombre de questions à poser au témoin.

 

Le Président: J’aimerais que le témoin s’explique spontanément sur les faits.

 

Me Halimi: Monsieur le Président, il est cité à la requête de la défense.

 

Le Président: J’aimerais d’abord qu’il me dise s’il peut témoigner, car témoigner c’est dire ce que l’on sait sur les faits ou sur la personnalité des prévenus. Après je vous laisserai la parole et vous poserez les questions que vous voudrez. Sur ce point-là avez-vous des précisions et des indications à donner au Tribunal? Que pouvez-vous dire sur les faits eux-mêmes?

 

M. Rocard: Monsieur le Président, je ne connaissais pas Mme Chevalier. Quand j’ai appris par la presse ce qui se passait, j’ai tenu à faire sa connaissance. J’étais indigné que le système légal, qui est encore le nôtre place Mme Chevalier, sa fille et les personnes qui lui ont rendu ce que je considère comme un service, au banc des accusées devant notre justice. C’est pour cette raison que j’ai cherché à connaître Mme Chevalier et à m’informer de plus près sur les faits, auxquels je ne suis pas directement mêlé. La chose est d’autant plus importante pour moi  que  je  prépare  une  proposition  de  loi  à  l’Assemblée Nationale, destinée à modifier la législation sur l’avortement. Je dirai d’abord quelques mots personnels. Je suis parlementaire, et c’est à ce titre que j’ai commencé à réfléchir à ce problème. Je n’y suis pas parvenu sans hésitations ni difficultés. J’ai reçu une éducation chrétienne lourde de blocages et d’interdits variés sur cette question. Il m’est arrivé de me demander moi-même comment j’aurais agi si je m’étais trouvé d’aventure dans une situation analogue...

 

Le Président: Je me permets de vous rappeler un arrêt récent de la Cour de Cassation qui dit que nous ne pouvons prendre en compte les appréciations personnelles du témoin. Ce n’est pas une loi que nous jugeons, nous jugeons des faits et des personnes qui, malheureusement, sont là. Alors il ne faut quand même pas les oublier

 

M. Rocard: Je n’ai garde de les oublier.

 

Le Président: Je voudrais quand même que l’on ne s’écarte pas trop de ce qui est l’essentiel des débats.

 

M. Rocard: L’essentiel de ces débats, Monsieur le Président, c’est une situation à mes yeux inique, dans laquelle une jeune femme se voit interdire le choix fondamental qui est celui de donner ou de ne pas donner la vie. C’est sur ce point qu’en tant que membre du Parlement français j’entends intervenir. Dans un certain nombre de pays étrangers de l’Est ou de l’Ouest, la législation aurait évité la situation que nous connaissons ici aujourd’hui. De plus, il faut dire que pour un cas qui vient devant ces Tribunaux (il y en a à peu près 300 par an) le nombre d’avortements clandestins est estimé entre 500 000 et 1 million par an. La plupart sont dramatiques par leurs suites médicales, par les risques d’infections,  de tétanos  et  par  les risques de stérilité qu’ils comportement pour  les  femmes  ayant  avorté  dans  de  mauvaises conditions. Comme je suis aussi un militant socialiste révolutionnaire, je ne peux pas ne pas m’intéresser aux  conditions  économiques  dans  lesquelles  les  choses  se  passent.  Pour  les  personnes  qui disposent de revenus suffisants il est possible de se faire avorter dans les pays étrangers. Pour les  personnes  qui  ne  disposent  pas  de  tels  moyens,  on  en  est  réduit,  en  France,  à  des dispositions clandestines qui sont, en l’état actuel, réprimées. C’est devant cette situation inadmissible que je n’hésite pas à déclarer qu’à mes yeux Marie-Claire Chevalier était dans son droit de choisir de donner la vie ou de ne pas la donner parce que  les  conditions  dans  lesquelles  elle  attendait  cet  enfant  posaient  pour  son  avenir  des problèmes  extrêmement  difficiles.  C’est  sur  ce  point  qu’il  me  semble  que  le  cas  est parfaitement exemplaire de l’ensemble du problème législatif que j’entends aborder. J’ajoute que mon expérience de militant socialiste m’a fait rencontrer d’autres  cas de  cette nature et c’est au nom même de ce nombre énorme d’exemples que je suis décidé à suivre cette bataille qui est politique et parlementaire, et que nous gagnerons grâce à une campagne populaire. Le Président: Autre question?

 

Me Halimi : M. Rocard vient de nous le dire, et c’est en cette qualité que je l’ai cité moi-même, qu’il  est  signataire  d’une  proposition  de  loi  déposée  devant  l’Assemblée  Nationale, proposition de loi concernant la liberté de l’avortement. Je voudrais demander à M. Michel Rocard  de  me  préciser  le  point  suivant :  en  toute  hypothèse  et  même  en  dehors  de  ce  cas exemplaire, qui selon vous peut décider en dernier ressort du droit de donner la vie?

 

M.  Rocard: La  réponse est  parfaitement  claire pour  moi ; en tant qu’homme  qui  fait partie d’un couple je souhaite que l’accord du couple se fasse, mais en tant que législateur, il n’y a d’autre réponse possible à mes yeux que le choix de la femme enceinte.

 

Me Halimi : C’est tout, monsieur le Président.

 

Le Président : Je vous remercie.

 

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3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 08:00

C’est du foot, pas sur Canal+, mais au ciné.

 

Je l’ai visionné avant le confinement sur une chaîne du câble : Ciné+ émotion je crois.

 

Ça m’a bien intéressé, même si la romance du héros avec la fille de son découvreur anglais est parfois un peu mièvre, car l’histoire de ce gardien de but allemand en butte au ressentiment du petit anglais, illustre avec vérité la difficulté de la réconciliation avec nos voisins allemands du fait des atrocités commises par les nazis.

 

Souvenir du courroux de nos parents lorsque nous avions invités de jeunes allemands à La Mothe-Achard, nous n’avons pas cédé et leur séjour fut un tout petit pas vers la réconciliation.

 

J’ai découvert ensuite que The Keeper de Marcus H. Rosenmüller, avait raflé, au Dinard Film Festival, dédié aux productions britanniques, le « Hitchcock d’or » du jury, présidé par Sandrine Bonnaire, et le Prix du public.

 

ABC Film Challenge – Favourites – K – The Keeper (2018) Movie Review |  Movie Reviews 101

 

J’adore le commentaire d’Hussam Hindi, le directeur artistique du festival :

 

«Je ne m’attendais pas à ce que le jury présidé par Sandrine Bonnaire prime un film d’une facture aussi classique et un biopic»

 

«En général, ils choisissent de récompenser la structure narrative ou l’écriture cinématographique. Là, les jurés ont opté pour leur coup de cœur»

 

 

Coup de cœur, prix du public c’est beaucoup et même Télérama applaudit :

 

The Keeper de Marcus H. Rosenmüller est l’histoire vraie, et méconnue de moi, est celle de Bert Trautmann, soldat dans la Wehrmacht pendant la Seconde Guerre mondiale. Fait prisonnier par les Anglais, il croupit dans un camp où il subit des mauvais traitements comme d’autres compatriotes mais où il a aussi la chance d’être remarqué pour ses exploits, comme gardien de but, par le coach d’un club local.

 

https://www.critique-film.fr/wp-content/uploads/2019/09/Keeper2-620x392.jpgA brief history of St Helens Town

 

Plus tard, Trautmann est engagé par le club prestigieux de Manchester City. Un recrutement mal accueilli au début, car le conflit contre les Allemands est encore dans tous les esprits, particulièrement à Manchester, qui compte une communauté juive importante. Mais Trautmann force peu à peu le respect puis l’admiration, notamment lors de la finale de la Coupe d’Angleterre en 1956, où, blessé gravement, il livre une performance héroïque. (voir la chronique plus bas)

 

The Keeper: Best of the San Francisco Jewish Film Festival, Season 39 |  Osher Marin Jewish Community Center

Alignant des chromos rétros, le film est archi classique (voire académique) mais le parcours tumultueux de Bert Trautmann, rongé par la culpabilité, se révèle assez poignant.

 

Bert Trautmann, du nazisme à Wembley 

 

Le petit Bernhard – trop difficile à prononcer, les Anglais le surnommeront Bert – naît en 1923 dans la toute jeune république de Weimar. Fils d’un docker brêmois, vétéran de la Grande Guerre, son histoire suit celle d’un pays sur les rotules après la défaite de 1918. La déflation ne s’arrête pas, la crise de 29 touche durement sa famille …

 

Dès l’été 1933, quelques mois après l’accession au pouvoir du petit autrichien à moustache, il rejoint en bon aryen, les jeunesses hitlériennes. Pas forcément grand partisan du Führer « Les gens n’avaient aucune idée qu’il se préparait pour la guerre et à occuper l’Europe. Ils voulaient juste de la nourriture et des prospectives d’avenir pour leurs familles », Trautmann, comme beaucoup, tombe devant l’effort de propagande.

 

A l’âge de 16 ans logiquement, quand le conflit explose, Bert se porte volontaire, comme la plupart de ses amis. Alors qu’il est apprenti mécanicien – et sportif de bon niveau – il rejoint en 1941 la prestigieuse Luftwaffe, en espérant devenir pilote. Cantonné aux transmissions, il intègre finalement au bout de quelques semaines les troupes aéroportées.

 

Le para Trautmann voyage sur les différents fronts. La Pologne occupée tout d’abord, où, loin des champs de bataille, il s’emmerde considérablement. Il connaîtra son baptême du feu en Ukraine, où ses exploits sur le terrain et son évasion des geôles soviétiques font de lui un caporal. Direction ensuite la Somme, où il est fait prisonnier par les résistants français, qu’il parvient à berner pour revenir en Allemagne, fuyant la débâcle de ses compatriotes devant la poussée alliée.

 

Coincé entre les deux camps, déserteur pour l’un, ennemi pour l’autre, sa situation ne peut être plus complexe. Les américains finissent par le rattraper vers Berlin, mais une nouvelle fois, Trautmann parvient à se faire la malle … Une fuite malheureuse qui se finira par hasard dans une tranchée anglaise camouflée. Nez à nez avec les rosbeefs, c’en est fini de sa carrière militaire.

 

Et cette fois ci, nos étranges voisins vont mettre un verrou inviolable à sa prison. Endoctriné, ils lui font traverser la Manche pour l’envoyer dans des camps-prisons spécialisés. Il est pendant plusieurs mois brinquebalés dans tout le royaume pour finir sa course à Ashton, à côté de Manchester. En 1948, la tâche accomplie, Bert fait partie des 24 000 allemands qui ne rentreront pas chez eux, dans leur nouvelle démocratie. Comme beaucoup, il a commencé une nouvelle vie sur place, il s’est marié, et enchaîne même les boulots.

La suite ICI

Bert Trautmann's jaw-dropping story from Hitler Youth to heroic goalkeeper  who won the FA Cup with a broken neckBert Trautmann – City Til I Die

En 1950, c’est avec appréhension qu’il prépare son premier match à Londres, contre Fulham, dans une ville encore hantée par le Blitz de 1940 « Je comprends que le peuple de Londres ne devait pas tenir un Allemand en très grande estime après ce qu’il s’était passé, mais c’était quelque chose auquel je devais faire face ».

 

Et quoi de mieux que de répondre à ses détracteurs par une performance inouïe à Craven Cottage ?

 

Bert sort le match de sa vie, et City l’emporte « Je voulais montrer aux gens que j’étais un bon gardien et un bon Allemand, et les choses sont allés dans mon sens ce jour-là. Mais que les deux équipes m’applaudissent à la fin du match, et que les fans de Fulham me fassent une standing ovation, c’est quelque chose que je n’oublierai jamais ».

 

 

Fort de sa trajectoire extraordinaire, Trautmann remportera en 1956, la FA Cup contre Birmingham City, avec un cou brisé après s’être sacrifié la tête la première dans les jambes de Peter Murphy. Manchester City mène 3 à 1, il reste 17 mn à jouer et à l’époque pas de changement possible.

 

« À 17 minutes de la fin, Murphy a devancé Dave Ewing mais Trautmann a plongé dans les pieds de Murphy pour gagner le ballon. Lors de la collision, le genou droit de Murphy a frappé le cou de Trautmann qui  a été assommé, l'arbitre a immédiatement arrêté le jeu. L'entraîneur Laurie Barnett s'est précipité sur le terrain pour le soigner. Aucun remplaçant n'était autorisé, donc Manchester City devrait voir le match à dix si Trautmann était incapable de continuer. Le capitaine Roy Paul était convaincu que Trautmann n'était pas apte à terminer le match et souhaitait plutôt placer Roy Little dans le but. Cependant, Trautmann, étourdi et instable sur ses pieds, a insisté pour continuer. Il a joué les minutes restantes avec une grande douleur, les défenseurs de Manchester City tentant de dégager le ballon bien en amont ou dans la tribune à chaque fois qu'il s'approchait. Trautmann a été appelé à faire deux autres arrêts pour refuser arrêter des tirs de Brown et Murphy.

 

Aucun autre but n'a été marqué, et l'arbitre a sifflé  sur le score final de 3-1 pour Manchester City. Alors que les joueurs quittaient le terrain, la foule a chanté en chœur « For he's a jolly good fellow” en hommage à la bravoure de Trautmann. Roy Paul le capitaine a dirigé son équipe vers la loge royale pour recevoir la troisième FA Cup de Manchester City.

 

Archive,1956: Bert Trautmann FA Cup final pictures and match report | From  the Guardian | The Guardian

 

“Trautmann's neck continued to cause him pain, and the Duke of Edinburgh commented on its crooked state as he gave Trautmann his winner's medal. Three days later, an examination revealed that Trautmann had broken a bone in his neck.

 

Trautmann attended the evening's post-match banquet (where Alma Cogan sang to the players) despite being unable to move his headand went to bed expecting his injury to heal with rest. As the pain did not recede, the following day he went to St George's Hospital, where he was told he merely had a crick in his neck which would go away. Three days later, he got a second opinion from a doctor at Manchester Royal Infirmary. An X-ray revealed he had dislocated five vertebrae in his neck, the second of which was cracked in two. The third vertebra had wedged against the second, preventing further damage which could have cost Trautmann his life.

 

 

in tribute to Trautmann's bravery.[54] Roy Paul led his team up the steps to the royal box to receive Manchester City's third FA Cup. Trautmann's neck continued to cause him pain, and the Duke of Edinburgh commented on its crooked state as he gave Trautmann his winner's medal.[33] Three days later, an examination revealed that Trautmann had broken a bone in his neck ors que les joueurs quittaient le terrain, la foule a chanté un chœur

 

 

Mais après tout, comme le disait Francis Lee, la star de City de l’époque, « Il a été sur le front occidental et sur le front oriental, il a vu un peu d’action et ce n’était pas un cou cassé qui allait le mettre hors d’état ».

 

Décès du héros du football au cou brisé Bert Trautmann

Bien que reconnu comme un gardien de tout premier plan à son époque, il n'a jamais joué pour son pays natal. Trautmann rencontre le sélectionneur allemand Sepp Herberger en 1953, qui lui explique qu'il ne peut sélectionner un joueur qui n'est pas immédiatement disponible du fait des voyages et des implications politiques, et qu'il ne peut reconsidérer sa position que si Trautmann joue pour un club allemand. Par conséquent, le fait qu'il joue en Angleterre l'empêche de prendre part à la victoire allemande lors de la Coupe du monde de football 1954, le poste de gardien étant tenu par Anton Turek. Lors de la phase finale de cette compétition, il rejoint la sélection allemande pour occuper un rôle d'interprète.

 

Le gardien russe Lev Yachine, considéré lui-même comme un des meilleurs gardiens de tous les temps, déclare un jour que Trautmann et lui-même sont les « deux seuls gardiens de but de classe mondiale »

 

Pendant sa carrière, Trautmann est élu « footballeur de l'année de la FWA » en 1956, devenant le premier gardien de but et le premier joueur non originaire des Îles Britanniques à recevoir cette distinction

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