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20 juin 2018 3 20 /06 /juin /2018 07:00
La résistible ascension de Benoît H Avec elle, même durant nos ébats les plus frénétiques, les questions essentielles fusaient, impitoyables. Aborder la nécessité de la révolution permanente, chère à Trotski et Bakounine (123)

Le printemps venait enfin d’inviter le soleil et celui-ci s’engouffrait comme un feu follet par la fenêtre de leur tanière pour jeter sur la longue chevelure blonde de Karen de la poudre d’or. Le moral en berne de Benoît s’était mué, dès leurs premiers transports violents et assouvis, en une euphorie rebelle. Karen se révélait une partenaire insatiable tant au plan sexuel que de la confrontation dialectique. Avec elle, même durant nos ébats les plus frénétiques, les questions essentielles fusaient, impitoyables. Aborder la nécessité de la révolution permanente, chère à Trotski et Bakounine, alors qu’elle le chevauchait, altière, allant et venant avec volupté, que le spectacle de ses seins noyés dans les flots de ses cheveux le transformait en un boyard lubrique, lui demandait des efforts qui le lessivaient plus encore que la fourniture de ma semence. Ils échangeaient en anglais. Couverts de sueur, alors que Benoît tenait à pleine mains ses fesses fermes, Karen lui confiait que sa vie ne pouvait être que celle d’une révolutionnaire professionnelle pourrissant la plupart du temps dans les geôles glaciales des porcs. Elle se décrivait enchaînée pour des travaux forcés, ce qui décuplait ses envies de knout et de foutre. Il lui confiait pourtant d’une voix essoufflée son absolue admiration pour sa longue marche vers la perfection radicale. Sa libido s’en trouvait renforcée car ce petit jeu, où il devait s’extirper de la violence de ses pulsions, le transformait en marathonien du sexe. Quoi de plus efficace pour se réfréner que d’aborder en pleine fornication la thèse de Régis Debray et de Che Guevara selon laquelle « si le prolétariat n’est pas assez prêt ou mûr, l’avant-garde doit se mettre à la place des masses. » Rien, sauf le summum, au bord de l‘extase, de la petite mort, se voir dans l’obligation, alors que votre bien-aimée, juste avant d’entrer dans les désordres de la jouissance, vous a sommé de prendre parti sur la légitimité de la violence, se mouler corps et âme dans le précepte de Frantz Fanon selon lequel toute violence exercée par les damnés de la terre, les opprimés de toutes les couleurs est légitime. Dégoupiller une grenade, alors que l’explosion monte en vous, la balancer sur les tyrans et les oppresseurs, en contemplant le lever de bassin de Karen, sa projection implorante, son retour à sa langue maternelle pour proférer des mots durs, le faisait chavirer dans la forme la plus aboutie de la dictature machiste.

 

Grâce au traitement de Karen Benoît retrouvait le goût des manifs, des sit-in, des occupations de bâtiments universitaires et parfois de l’érection de barricades. Tout ça pour délimiter un périmètre au centre duquel leur leader charismatique, Sacha, juché sur une caisse à savon, vilipendait « les vils laquais américains du soi-disant gouvernement de Bonn de blanchir le passé nazi allemand par le biais du consumérisme et de convertir la génération d’Auschwitz en un troupeau de gros moutons obnubilés par des réfrigérateurs, téléviseurs et Mercédès neufs. » Cet après-midi-là, en dépit des confidences inquiétantes d’un flic qui couchait avec Magda, une fraülen révolutionnaire, selon laquelle Sacha serait cette fois-ci embarqué, ils s’étaient sur la pelouse sacrée de l’Université libre. L’inégalité des forces en présence était patente et la qualité et la quantité des munitions révélatrices de leur incapacité à traduire notre discours belliqueux en actes. Sacha tenait une forme olympique crachant son mépris et sa haine sur cette Amérique pilonnant les villes du vaillant Vietnam, empoisonnant les moissons des rizières des courageux paysans, napalmisant la jungle. Il en appelait à un nouveau tribunal de Nuremberg pour les dirigeants US afin qu’ils comparaissent pour génocide et crimes contre l’humanité. Il vilipendait le shah et sa Savak, les colonels grecs financés par la CIA, « l’Etat fantoche américanisé d’Israël ». Il adressait son salut fraternel aux frères activistes de Paris, Rome, Madrid et aux courageux étudiants de Berkeley et de Washington « qui avaient ouvert la voie que nous empruntions tous ». Rien ne les ferait taire ! Ils ne seraient plus des enfants sages. Ils avaient retenu la leçon de nos parents muets sous les nazis. Et pendant ce temps-là le cercle se resserrait sur nous. Les casqués frappaient sur leurs boucliers avec leurs matraques. Les premières bombes lacrymogènes fusaient. Sacha imperturbable continuait de laïusser. Les canons à eau entraient en action. Pleurant, toussant, les premières lignes s’effilochaient. Le martèlement des sabots des chevaux paniquaient les étudiants. La débandade, les matraques qui cognaient. La masse des uniformes maronnasses les engluait. Dans un ultime effort, protégé par le Viking armé lui d’une batte de base-ball,  Benoît exfiltrait Sacha sur ses épaules.

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20 juin 2018 3 20 /06 /juin /2018 06:00
Oui, Pauline Dupin-Aymard, la terre est basse en Vendée chez mon voisin vigneron Thierry Michon du domaine Saint-Nicolas à l’Île-d’Olonne…
Oui, Pauline Dupin-Aymard, la terre est basse en Vendée chez mon voisin vigneron Thierry Michon du domaine Saint-Nicolas à l’Île-d’Olonne…

Belle enseigne : Chassez le naturel

 

… et il revient au galop (1)

 

Elle aurait pu écrire : Chasser le naturel

 

… mais la chasse n’a pas bonne presse par la faute des chasseurs.

 

Ou bien encore : Inventez le naturel

 

Inventeur au sens d’une personne qui trouve, qui découvre un trésor.

 

Bref, dans la morne plaine des blogs du vin quel bonheur que de découvrir une plume vive et fraîche, primesautière, naturelle quoi.

 

L’accent vendéen, chère chroniqueuse, ça n’existe pas, juste une façon d’accentuer les A comme les A de Achard de la Mothe-Achard mon bled natal voisin de celui du Thierry Michon.

 

En revanche, je confirme, notre tantôt, celui de la mariennée en été « Sandrine nous rejoignait chaque après-midi, chaque tantôt comme ils disent les vendéens »

 

« La brioche vendéenne est grasse » dites-vous, ça dépend laquelle, la vraie est aérienne, toute en volupté, mais je ne vais pas chicaner.

 

Que Mika choisisse des petites vaches maraîchines, oui…trois fois oui… leur lait si crémeux permettra de faire du bon beurre pour pétrir une brioche légère.

 

À ce propos, causons du céteau frit au beurre de pot (chronique du 5 juillet 2008)

 

« Le vendredi, jour maigre dans ma Vendée profonde, le poisson occupait nos assiettes et, comme nous étions à la Mothe-Achard à quelques lieues des Sables d’Olonne et de son port de pêche de la Chaume, le céteau faisait partie de notre ordinaire. Fricassé, bien sûr, après avoir été, comme les électeurs, roulé dans la farine sans même qu’on eut besoin de le vider. Saisi dans un grésillement mousseux de beurre de pot le petit céteau se dorait la pilule.

 

Pour les ignorants, le beurre de pot, est du beurre salé conservé dans un pot de terre pour l’hiver. Aigrelet mais sans égal pour croustiller la peau du petit céteau. On le mange avec ses doigts sans le dépiauter, tout entier. On se lèche les doigts qui sont bien gras. On passe un bout de pain dans le fond de l’assiette pour recueillir le beurre frit qui reste. Et avec ça qu’est-ce qu’on boit les gars ? Un Fiefs Vendéens La cuvée les Clous 2003 du Domaine Saint Nicolas de chez Thierry Michon.

 

Trop de mots Berthomeau, laisse la parole à ton invitée :

 

« Pendant une semaine, 7 heures et demie par jour, j’ai attaché du chenin, du chardonnay, du pinot noir, et du groslot sur différentes parcelles. Il y avait Aurélie qui était toujours là. Elle commençait même avant moi, elle faisait ça depuis plusieurs semaines déjà, et elle continuerait plusieurs semaines après moi. Elle était un peu mon héros. Rapide à la tâche comme à l’attache, à peine à s’étirer et rouler une cigarette de temps en temps, jamais à se plaindre. La classe. Moi, il me semblait que je souffrais. J’avais le bas du dos brûlant, mon corps qui me détestait de lui faire subir cette espèce de cambrure inversée - pliée en deux ? -  frugalement appuyée sur mes cuisses contractées, le regard centré sur une liane menaçant de péter, de craquer à chaque instant, à la moindre contorsion maladroite, et crac, putain, fait chier. Les vignes sont proches de la terre chez Michon, et la terre est basse. La douleur du bas du dos remontait dans toute ma colonne vertébrale, me lançait jusque dans les omoplates, venait crisper mes semblants de muscles abdominaux, et descendait jusque dans mes fesses en une espèce de crampe. Bref, ça m’a fait mal d’attacher. Mais c’était de beaux moments d’introspection, en tête-à-tête avec la vigne. »

 

Lire le tout ICI

 

Jeune et brillante chroniqueuse, le Pays de Brem, cher à Thierry Michon, ce n’est pas la Bretagne,  « Le ciel se déversait en cascades à intervalles réguliers, des précipitations que j’appelais déluges, et qu’Aurélie appelait bruine. » Chez nous on dit que ça guenasse. Bien au contraire :

 

« Bien que placée sous un climat océanique, la côte vendéenne enregistre 2.200 à 2.300 heures de soleil par an, notamment à Noirmoutier, Yeu et les Sables d’Olonne, soit autant que Carcassonne ou Montélimar. Et les pluies y sont peu abondantes: les nuages partent vers les reliefs de l’arrière-pays et épargnent ainsi les côtes. Dans un classement météo des départements français réalisé par l’Express sur la base de données moyennes sur trente ans, la Vendée arrive en 17e position, entre le Tarn-et-Garonne et le Lot-et-Garonne, grâce à une bonne moyenne entre ensoleillement, températures et pluie. »

 

Bon vent, longue vie à Chassez le naturel

 

Enfin, juste un tuyau, pour l’extension du domaine du vin, hors Bordeaux, deux adresses de vigneronnes : Catherine Bernard dans l’Hérault et Claire Naudin dans les Hautes-Côtes de Beaune…

 

(1) Origine

Il y a bien longtemps que l'homme a couché sur le papyrus cette presque systématique vérité qui veut que quelqu'un ne puisse longtemps dissimuler sa vraie nature. Quels que soient ses dons pour tromper autrui, il est probable qu'il y aura toujours des circonstances où il finira par laisser transparaître son véritable caractère, ses véritables penchants [1].

C'est en effet chez Horace, au cours du dernier demi-siècle avant Jésus-Christ, que, dans ses Épîtres, on trouve la phrase "naturam expellas furca, tamen usque recurret" qu'on peut à peu près traduire par "chasse la nature à coups de fourche, elle reviendra toujours en courant".

Mais c'est Destouches qui, en 1732, dans sa comédie "Le Glorieux", a fait passer notre expression à la postérité.

Dans cette histoire, le protagoniste est un homme infatué de sa personne qui, noble ruiné, s'est mis dans la tête d'épouser la fille d'un riche bourgeois. Mais la promise hésite fortement devant l'orgueil trop visible du prétendant dont la suivante, Lisette, lui conseille de moins montrer ses défauts en lui disant :

 

Je ne vous dirai pas : changez de caractère ;

Car on n'en change point, je ne le sais que trop ;

Chassez le naturel, il revient au galop.

Oui, Pauline Dupin-Aymard, la terre est basse en Vendée chez mon voisin vigneron Thierry Michon du domaine Saint-Nicolas à l’Île-d’Olonne…

La Route des Vins "Terroir de Brem" (31km) : Sur les Routes des Vins, ce circuit oenotouristique de 31 km vous fera découvrir la bonne cuisine vendéenne, les sites incontournables de la région, sans oublier l’AOC des Fiefs Vendéens. Une belle journée en perspective ! Profitez de votre balade pour savourer des plats locaux et découvrir le patrimoine vendéen !

 

La première étape de ce circuit est le charmant village de Brem-sur-mer, où se trouve l’Eglise Saint-Nicolas de Brem, classée monument historique. Enfourchez votre bicyclette ou montez en voiture, direction l’ancien petit village de pêcheurs la Gachère. Sur place goûtez les huîtres creuses, accompagnées d’un petit verre de blanc. Cela tombe bien, car vous êtes au bon endroit ! N’hésitez pas à demander un AOC de Brem au goût iodé. Sur ce circuit touristique, arrêtez-vous ici et là, dans un restaurant typiquement vendéen, ou une cave qui se trouvera sur votre parcours. Après l’effort, trouvez le réconfort auprès des nombreuses plages de sable de Brétignolles sur Mer, les Dunes ou la Normandelière plus familiale. En été, n’oubliez pas votre maillot de bain dans le panier pour goûter aux vagues de l’océan Atlantique. Ce serait dommage de ne pas en profiter !

 

- La Route des Vins "Côte de Lumière" (39km) : Sur les Routes des Vins ce circuit œnotouristique de 39 km vous transporte plus au sud de Brem, pour un voyage en Pays des Olonne. Cette boucle vous fera voyager entre dégustation œnologique et paysages vendéens. C’est parti pour une journée nature et sportive !

 

Au départ de Brem-sur-Mer, vous pourrez, si vous le souhaitez, louer un vélo et vous diriger vers le village de pêcheurs de la Gachère, pour un bon bol d’air frais. La Côte de Lumière, territoire très ensoleillé mérite bien son nom. Le soleil donne des teintes différentes à des paysages variés : marais salants, grandes plages, dunes, petits villages… Sur les Routes des Vins, posez pied à terre pour une sympathique partie de pêche, et peut-être attraper un ou deux bars avant de reprendre la route !

 

A Olonne-sur-Mer, le kayak ou le stand-up paddle en marais sont de mise ! Et après l’effort, le réconfort… Pour une pause gourmande, dégustez une brioche vendéenne bien moelleuse avec vue sur les marais, ou arrêtez-vous dans l’un des nombreux domaines pour déguster un verre de vin de Brem. L’Île d’Olonne, dernière étape, réserve bien des surprises ! Les enfants vont pouvoir observer aux jumelles les oiseaux à l’observatoire ornithologique.

Oui, Pauline Dupin-Aymard, la terre est basse en Vendée chez mon voisin vigneron Thierry Michon du domaine Saint-Nicolas à l’Île-d’Olonne…
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19 juin 2018 2 19 /06 /juin /2018 07:00
Que mangent les footballeurs pendant le Mondial ? Des pâtes, bien sûr ! Et Ménagez-leur une bonne dose... de gras

Désolé mais je ne pense par pas qu’un petit verre de rouge, même nature, soit au menu des footballeurs du Mondial, en revanche les Cristiano Ronaldo, Neymar et Antoine Griezmann  ont un bon coup de fourchette.

 

Que mangent-ils ?

 

Des pâtes, bien sûr !

 

« Le nerf de la guerre. Impossible de remporter une grande compétition sans des pâtes de champions du monde. Avant le Mondial 1998, Zidane et le contingent des Bleus qui évoluaient dans le championnat italien avaient envoyé le cuisinier des Bleus, André Bisson, faire un stage en Italie pour apprendre à cuire des pâtes al dente. Faut-il y voir un lien de cause à effet avec le sacre final ? Pas impossible. Certaines équipes sont passées au stade supérieur. Le cuistot de la Mannschaft va jusqu'à fabriquer ses propres pâtes. Et pas avec de la farine de supermarché. "Exclusivement avec du kamut, une forme de blé sans gluten, plus digeste", explique dans la Frankfürter Allgemeine Zeitung Anton Schmaus, le Nationalmannschaftskoch. »

 

« Je suis allé faire des repérages au supermarché du coin, et je suis désolé, je ne peux pas cuisiner correctement avec le chocolat russe. »

Emil Bolli, chef de la sélection suisse

 

Ménagez une bonne dose... de gras

 

« Oubliez l'image d'Épinal du footballeur qui ne mange que de la salade et du poisson blanc. Pour soutenir le moral des troupes, rien de tel que de la graisse. Pour l'équipe d'Uruguay, ce sera asado une fois par semaine, "pas trop près des matchs", nous précise le Philippe Etchebest local, qui anime des émissions comme "Top chef" au pays. Et pour des raisons d'équilibre nutritionnel, oubliez la viande de bœuf tartinée de matière grasse qui cuit pendant des heures pour être mangée à la cuillère. "On fera avec les moyens du bord en Russie, explique Aldo Cauterrucio, et probablement avec des viandes moins grasses, comme du poulet ou du poisson. Pas nécessairement un 'asado' typique, mais l’important, c'est le feu".

 

Les Suisses, eux, auront droit à une bonne entrecôte avec des frites les lendemains de victoire. "J'ai prévu de leur faire des hamburgers ou un kebab, c'est ce que cette génération de joueurs préfère, abonde Mats Broström. Ce sont de grands garçons, ils savent ce qui est bon pour eux et ce dont il ne faut pas abuser. Le plus important, c'est qu'ils ne grignotent pas dans leurs chambres."  L'époque du trafic de chocolat qui avait cours dans les chambrées de Clairefontaine en 1998 semble révolue. »

 

Lire ICI https://www.francetvinfo.fr/sports/foot/coupe-du-monde/coupe-du-monde-2018-des-cuistots-des-equipes-nationales-nous-livrent-leurs-recettes-pour-un-mondial-reussi_2775605.html#xtor=EPR-51-[c-est-l-heure-du-dejeuner-mais-savez-vous-ce-que-mangent-les-footballeurs-pendant-la-coupe-du-monde-on-a-pose-la-question-a-leurs-cuisiniers_2807837]-20180618-[bouton]

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19 juin 2018 2 19 /06 /juin /2018 06:00
28 Février 1967 la sélection CORSE à MARSEILLE battait l’équipe de FRANCE par 2-0, le 17 juillet 2014 « Memo » Ochoa l’ancien gardien de l’AC Ajaccio a gardé sa cage inviolé contre  l’Allemagne 0-1

Parlons peu mais parlons foot, c’est politique :

 

« Emmanuel Macron avait 4 ans à Séville, et 15 quand l’OM battait Milan en coupe d’Europe, il faut le comprendre, il n’a pas su le reste. Mais elle est irrespirable la société que l’on fabrique, sur le modèle d’un football dénaturé, où le culte du plus fort a balayé l’humour et la tendresse. Seuls sont digne d’éloges le start-upper et le footballeur couronné, et les malchanceux aux mains qui glissent, les moins adaptés, les jamais-spadassins, ne seront rien, n’ont jamais été ?

 

Comment vivre si la victoire seule surnage, comment vivre dans ce mensonge, comment vivre dans une telle injonction? Il faut donc chanter nos pertes, chanter Robert Herbin, que l’infâme anglais Stiles, «the Toothless Tiger», le tigre édenté, blessait il y a 52 ans. Retenez ceci. Ils n’étaient ni de mauvais footballeurs ni de mauvais Français, les Bleus de 1969, ni les appelés de 1940, les non-nommés, les interdits.

 

Voici donc, dans leur beauté, Angleterre 5, France 0, 12 mars 1969, la composition de notre équipe: Carnus, Djorkaeff, Lemerre, Bosquier, Rostagni, Herbet, Bonnel, Simon, Michel, Loubet, Bereta. Tous excellents hommes et Henri Michel le premier, qui vient de mourir. Regarder et aimer cette équipe et la commémorer est un antidote aux déshumanisations chatoyantes que l’on nous propose. »

 

Quand les Bleus perdaient, nous n'étions pas si malheureux

Claude Askolovitch — 16 juin 2018 à 11h00 — mis à jour le 16 juin 2018 à 15h41

 

« L'équipe de France de foot n'a pas toujours été la plus performante, loin de là. Pourtant, ses joueurs ont fasciné plusieurs générations. »

 

Lire ICI 

 

Les disettes de mon enfance semblent pesantes dans leur répétition. Ce n’était pas vraiment le cas. Il y avait, après chaque défaite de l’équipe nationale, une émouvante recherche de résilience. Battus, les Bleus s’acharnaient à revivre, et nous à y croire. On se racontait des belles histoires et on saluait les jeunes joueurs qui montaient dans les routines du championnat. On découvrait un feu follet lyonnais du nom de Di Nallo, un buteur nantais nommé Gondet, un attaquant argentin mais français, Nestor Combin, et le chti Georges Lech. Il y avait ces moments où la malédiction s’estompait. La cruauté ou le ridicule nous faisaient retomber. Nous nous étions qualifiés pour la Coupe du monde en Angleterre, en 1966, par la grâce éphémère d’une équipe rajeunie. Sur place, nous fûmes piteux. Un an après, une sélection de joueurs corses évoluant en deuxième division battait la France à Marseille. On n’y échappait pas.

 

 

Le 17 juillet 2014, le Mexique arrivait, pour la première fois, à ne pas perdre contre le Brésil en Coupe du monde. Un 0-0 en phase de groupes arraché notamment grâce aux gants de Guillermo Ochoa. Le gardien sera un de leurs meilleurs joueurs jusqu’à l’élimination de sa sélection en huitièmes de finale face aux Pays-Bas. Quatre ans après, « Memo » Ochoa a commencé sa Coupe du monde comme il avait fini la dernière : en étant décisif. »

 

Son arrêt d’un tir de Toni Kroos, lors de la victoire historique de son équipe face à l’Allemagne (1-0), rappelait celui qu’il avait réalisé contre Neymar il y a quatre ans : une incroyable détente et une main ferme au moment où son équipe avait le plus besoin de lui.

 

Dans ce match, les Allemands ont tiré 26 fois en direction du but mexicain et ont cadré neuf frappes. Ochoa les a toutes arrêtées. Aucun gardien mexicain n’en avait arrêté autant depuis la Coupe du monde 1966. Il est devenu le deuxième de l’histoire à avoir empêché et l’Allemagne, et le Brésil, de marquer le moindre but dans cette compétition. Au coup de sifflet du match, l’Institut des affaires géologiques mexicain a détecté un tremblement de terre « artificiel » à Mexico, qui était autant dû au but victorieux de Hirving Lozano qu’aux gants de l’ancien gardien de l’AC Ajaccio. »

 

 

Le président de la République a déjeuné avec les joueurs de l’équipe de France à Clairefontaine mardi. Plongeon dans les coulisses de la rencontre.

 

Avant de rejoindre la Russie dimanche pour y disputer la 21e Coupe du monde de l’histoire (14 juin-15 juillet), l’équipe de France a reçu Emmanuel Macron à Clairefontaine, mardi. Le président de la République, grand amateur de football, a perpétué la tradition initiée par Jacques Chirac il y a vingt ans. En 1998, l’ancien maire de Paris avait porté chance à Zidane et sa bande. Ses successeurs, Nicolas Sarkozy et François Hollande, n’avaient pas connu le même succès, ni bénéficié des retombées «magiques» d’une victoire au Mondial sur leur cote de popularité.

 

S’il s’est engagé à venir en Russie en cas de qualification pour le dernier carré de la compétition, l’objectif fixé par le patron du foot français Noël Le Graët, Emmanuel Macron nourrit de plus grandes ambitions pour les Bleus. «Une compétition est réussie quand elle est gagnée», a déclaré à la presse le président avant de rejoindre Didier Deschamps et ses joueurs. Et de s’extirper habilement d’un piège tendu par un confrère de l’émission Quotidien lui demandant les prénoms de Kimpembe et Dembele. «Je me suis toujours refusé au quiz mais je connais les prénoms des joueurs», a dribblé le président.

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18 juin 2018 1 18 /06 /juin /2018 07:00
Berlin, le 7 novembre 1968, Beate Klarsfeld vient de gifler le chancelier Kiesinger. Elle sera immédiatement jugée.

Berlin, le 7 novembre 1968, Beate Klarsfeld vient de gifler le chancelier Kiesinger. Elle sera immédiatement jugée.

Le Centre de la Paix de Sacha, comme son appellation l’indiquait, ne draguait pas dans les eaux troubles et tumultueuses de l’activisme révolutionnaire poseur de bombes. On y débattait beaucoup, surtout des combats des camarades étudiants dans la Grèce des colonels, l’Iran du Shah et de sa sinistre Savak, et bien sûr dans l’Amérique de l’odieuse guerre du Vietnam qui, à Berlin, du fait de la présence visible de l’armée américaine, était un sujet plus que sensible. On y prenait des douches en commun. On y baisouillait dans des géométries variables. On tractait vaillamment aux coins des rues bourgeoises pour y fourguer des journaux indigestes. Ce n’était pas de tout repos car la petite et moyenne bourgeoisie de Berlin-Ouest en avait vraiment marre de voir ces étudiants privilégiés casser des vitrines, prôner la copulation en public, provoquer des embouteillages monstres et, le comble, baver en permanence sur ses sauveurs américains. Ils avaient droit à des insultes, à une vieille dame de la génération d’Auschwitz leur criant d’aller jeter leurs PQ là où ils seraient utiles, c'est-à-dire à l’Est de l’autre côté du mur, à des chauffeurs de taxis montant sur les trottoirs pour les mettre en fuite. Le comble pour ces partisans de la Grande Coalition présidée par un chancelier, Kurt Georg Kiesinger, membre du parti  nazi, qui avait travaillé sous les ordres de Goebbels, c’était de voir, moins de 25 ans après Hitler, leurs paisibles rues envahies par des bataillons de policiers antiémeutes, casqués et armés de matraques  face à des hordes de gauchistes sales et chevelus, au langage provocant « Tapez, tapez sur les flics, qu’ils soient plats comme des sandwiches » qui les lapidaient.

 

En dépit de sa bonne humeur affichée cette ville grise, découpée en tranches inégales, scindée en deux blocs par un mur ladre et couronné de barbelés, perdue dans une RDA sinistre et glacée, déprimait  Benoît. Tout ce qui s’y passait lui apparaissait irréel, ses colères lui étaient inconnues, son atmosphère lugubre s’ajoutant à l’humour macabre de ses camarades, toutes ces quêtes de grandes vérités l’enkystaient sans grand espoir de débouchés excitants dans ce troupeau d’égarés. Pour rajouter à son spleen Chloé menait son travail d’infiltration dans les eaux troubles des FAR et le délaissait. Il espérait beaucoup dans l’irruption du printemps pour sortir la tête de son pot au noir malheureusement la météo ne fut pas au rendez-vous. Des rafales de neige fondue balayaient leur sinistre horizon. La plupart du temps Benoît gisait frustré dans le réduit qui lui servait de chambre sans que ses petits camarades se préoccupent de son enfermement. Dans le creux d’un dimanche sinistre il entendait dans son demi-sommeil une voix qui me sommait de s’éveiller. Il tendait la main droite qui, au lieu de trouver le vide, rencontrait la fermeté glacée d’une fesse. Avant que ce qui lui semblait être un rêve ne se dissipa Benoît ouvrait les yeux pour découvrir, en surplomb, une Karen entièrement nue. Ses longs cheveux retombaient en cascade sur ses épaules étroites. Bêtement il  lui demandait « Qu’est-ce qui se passe ? Une descente de police ? » et l’entendais lui répondre, alors qu’il contemplait le lacis frisottant de sa chatte, « Pourquoi ? Tu as envie de faire l’amour avec les flics ? » Toujours aussi neuneu il l’assurait que non. Sans se soucier de son état d’hébétude elle l’interrogeait « Tu attends peut-être une autre fille ? » Là encore il la rassurait avec conviction « Mais non je n’ai pas d’autre fille » Elle se glissait alors sous les draps froissés en le prévenant « On va prendre notre temps. Tu es mon premier homme. Vous les français vous devez savoir faire cela avec les doigts » Benoît rectifiait « Tu veux dire avec doigté sans doute... » Elle se calait tout contre lui. « Tu ne diras à personne que nous avons fait l’amour car tous les hommes ici voudront passer sur moi... » En lui caressant la pointe dure de ses tétons Benoît l’assura de mon silence. « Tu seras mon amant secret et triomphant... » gazouilla-t-elle  alors que ses doigts glacés enserraient le sexe brûlant de benoît avant d’empoigner avec douceur ses gonades enflammées.

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18 juin 2018 1 18 /06 /juin /2018 06:00
En 1972 McDonald’s s’implante sur les Champs-Élysées 1 disruption dans la restauration française «L’odeur des frites trempées dans cette abomination que fut le ketchup se propagea à vive allure…»

Je glandais, je glanais, et cet après-midi-là, ma tête était ailleurs, seuls des petits livres me permettraient de trouver un dérivatif à mes pensées folâtres, et quand on cherche on trouve.

 

Le titre m’intrigua : Phénoménologie de la mayonnaise

 

Format de poche, léger comme une plume, je feuillette, je lis la 4e de couverture :

 

« À partir d’une relecture d’À vau-l’eau de Huysmans, dont le héros déambule dans un Paris culinaire, en quête de sens, Luka Novak retrace les étapes qui ont marqué la suprématie de la gastronomie française, puis l’émergence des cuisines du monde, avant que ne soit consacrée la fusion food, propre de la mondialisation et de la culture hipster. La mode du fooding, qui s’est imposée grâce à une sprezzatura brooklynoise et à la starification des chefs, a effacé ce qu’il y avait d’innovant dans les différents arts culinaires, pour laisser place à une reproductibilité à l’infini des plats, dont le toast à l’avocat partagé sur les réseaux sociaux est le symbole. Serions-nous arrivés à un degré zéro de l’âge gastronomique ? »

 

Luka Novak est écrivain et éditeur. Il s’appuie ici sur son expérience : il a produit des émissions de télévision consacrées au foodisme, et en a fait des livres de cuisine, tous des best-sellers en Slovénie. Il est également l’auteur du Métro, inconscient urbain, paru aux Éditions Léo Scheer en 2017.

 

Je le glisse dans ma besace avec d’autres petits livres.

 

Dimanche en fin d’après-midi le soleil ayant pointé son nez entre de gros nuages noirs j’ai lu le premier chapitre : Un McDonald’s sur les Champs-Élysées : le bouleversement enchaîné ou un open source gastronomique.

 

Et j’ai sitôt décidé d’écrire cette chronique.

 

Il faut dire que le matin j’étais allé faire une autre moisson à Terroirs d’Avenir.

 

 

Morceaux choisis

 

« C’est avec l’apparition de la génération du baby-boom que furent inventés le supermarché, le self-service, les traiteurs et les chaînes de restauration rapide qui démocratisèrent l’accès à l’alimentation hygiénisée et livrable à domicile dans les années 1960 et 1970. Adaptant l’offre à la demande, cette génération hissa ensuite la cuisine au statut d’art culinaire dans les années 1980, avant qu’elle ne soit disséminée au niveau mondial par la génération des Millennials, où elle représente à présent une communication en soi pouvant être comprise par tous et partout de Paris à Hong Kong. »

 

[…]

 

« Un McDonald’s vint s’implanter aux Champs-Élysées au moment même où cette dichotomie du banal et du sublime culinaire fut pour ainsi dire formalisée. Arrivé en 1972 sur l’avenue des Champs-Élysées, il en laissa perplexe plus d’un. Un jour au prétexte que ça devrait plaire aux gosses (et donc à moi), un ami  de mes parents, de l’ambassade américaine, nous y entraîna. Et pour plaire, cela plut. »

 

[…]

 

« Il fallut l’audace américaine pour déranger ce système hermétique et codifié, il fallut sa muflerie pour l’ouvrir aux classes populaires et apporter l’alimentation des restaurants aux masses. Comme le constate Folantin, saisi par « un profond dégoût dès qu’ils franchissent la rive gauche », il fallut « traverser l’eau pour dîner ». Et il le fallut aussi symboliquement. Ce fut alors l’avènement d’un open source gastronomique, le déverrouillage d’un code jusqu’alors strictement placé sous les auspices du « droit d’auteur » gastronomique réservé aux bourgeois : tandis que le copyright se crispait de plus belle dans sa codification suprême des carrés d’agneau et des côtelettes, le copyleft, qui représentait un tournant sur la voie de la modernité, se répandait avec ses hamburgers à une vitesse inouïe. »

 

[…]

 

« Avec l’ouverture du McDonald’s sur les Champs-Élysées, nous avons affaire à un exemple de ce que les économistes américains appellent la disruption. Pour faciliter la percée d’une économie nouvelle, il faut déranger le système là où il est le plus vulnérable et surtout le plus pénétrable. Dans le monde de la photographie, il fallait par exemple prévoir l’arrivée du tsunami digital qui coûta la vie à des géants de la photo comme Kodak ou Agfa qui ne l’avaient pas vu venir. Dans la restauration du début des années 1970, il fallait penser aux chaînes. La restauration française de l’époque était constituée de cocottes au petit feu dans une multitude de petits établissements gérés par des familles et reliés par la très symbolique cohésion du rouge de la toile Michelin qui veillait sur les paramètres du bon goût. »

 

[…]

 

« … le McDonald’s des Champs-Élysées se décida à commettre cet acte disruptif : il fournit de la mayonnaise, bien emballée dans des sachets plastique multicolores, à ceux qui ne savent (ou ne peuvent) pas la monter eux-mêmes (ou la faire monter par des chefs étoilés). »

 

« L’odeur des frites trempées dans cette abomination que fut le ketchup se propagea à vive allure… »

 

Affaire à suivre sur Phénoménologie de la mayonnaise

Luka Novak

Editions Léo Scheer – 100 pages 15 euros

 

 

En 1972 McDonald’s s’implante sur les Champs-Élysées 1 disruption dans la restauration française «L’odeur des frites trempées dans cette abomination que fut le ketchup se propagea à vive allure…»
McDonald’s au Louvre, un tsunami dans la presse internationale
Bernard Hasquenoph |

 

05.10.09 | Depuis la parution, hier, d’un article signé Henry Samuel dans le très britannique DAILY TELEGRAPH révélant outre-Manche l’ouverture prochaine d’un McDonald’s dans les sous-sols du Louvre, c’est un tsunami médiatique dans le monde entier. De Grande Bretagne en Russie, d’Italie en Norvège, de la Corée aux Etats-Unis [1]. Jusqu’à une dépêche de l’Associated Press. Partout sauf en France.

 

L’article d’origine, nous citant et reprenant certaines de nos informations publiées il y a une semaine dans « McDo au Louvre, une faute de goût », donne la parole à Didier Rykner de la TRIBUNE DE L’ART qui se déclare aussi choqué : « McDonald’s is hardly the height of gastronomy. Today McDonald’s, tomorrow low-cost clothes shops ». L’article anglais fait également état d’un mécontentement parmi le personnel du musée et cite un anonyme conservateur au bord de l’apoplexie : « This is the last straw. This is the pinnacle of exhausting consumerism, deficient gastronomy and very unpleasant odours in the context of a museum ».

 

La presse internationale s’étonne et s’amuse du paradoxe de voir encore des réfractaires au Roi du Hamburger dans un pays qui y fait ses meilleurs chiffres après les Etats-Unis. Dans le royaume où la cuisine a été hissée au rang d’Art. La honte. Une entreprise florissante qui fête cette année ses trente ans de présence dans l’hexagone, « un des premiers recruteurs de France » selon LES ÉCHOS « mais en fait à 80% à temps partiel ». Roi de la Précarité...

 

Face à ce soudain intérêt pour un sujet qui, en France, n’intéresse quasi personne, excepté une brève du MONDE.FR, la direction du Louvre a dû produire fissa un communiqué rassurant, où elle déclare que le projet présenté par McDonald’s « est conforme à l’image du musée », l’entreprise ayant « pris le plus grand soin pour assurer la qualité du projet, tant en termes culinaires et esthétiques ». On a hâte de voir. Sa présence, parmi d’autres comptoirs de cuisines du monde proposés à cet endroit du Carrousel du Louvre, correspondrait... au segment américain.

 

Suite ICI 

Le plus gros McDonald’s au monde rouvre sur les Champs-Elysées

 

1370 mètres carrés, terrasse de 50 mètres carrés, 2 étages, 470 places assises

250 salariés

Fermé depuis septembre 2015 pour travaux

Investissement de 5 millions d’euros

Réouverture vendredi 19 février 2016  au 140 Avenue des Champs-Elysées

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17 juin 2018 7 17 /06 /juin /2018 07:00
La résistible ascension de Benoît H Rudi Dutschke tombé, sur la Kurfürstendamm de Berlin, sous les balles d’un ouvrier déséquilibré d’extrême-droite, perfusé de haine par la rhétorique fasciste du baron de la presse Axel Springer, via son torchon ignoble Bild Zeitung, était un martyr de la cause (121)

Pendant que Chloé épluchait ses carottes avec ses réfrénés des gonades dans l’appartement de  la Kommune I Benoît se shootait à l’histoire du mouvement étudiant. Il était toujours prêt à se faire réquisitionner pour la cause, devenant ainsi le dépositaire du nom des héros de l’épopée qu’avait été, le 2 juin 1967, la visite du shah d’Iran et de Farah Diba à Berlin. D’un côté les « Perses de la claque » Jubelperser, de l’autre les « Perses de la castagne » Prügelperser et au milieu les agents des services secrets du régime iranien qui se serviront des montants des pancartes des manifestants comme des matraques efficaces. Parmi ces héros d’abord Bahman Nirumand qui révéla toute l’horreur de la répression du régime du shah, soutenu par les impérialistes américains, aux étudiants entassés dans l’Audimax de l’Université libre. Et puis ensuite, le martyr, la figure sanglante de Benno Ohnesorg qui, le lendemain de la manifestation, sera abattu d’une balle dans la tête par un policier en civil devant l’Opéra de Berlin-Ouest. Aux obsèques de Benno, en dépit des démentis du maire et de la police, la ferveur militante s’était exacerbée accélérant ainsi l’ascension irrésistible de Rudi Dutschke, le fondateur de l’opposition extraparlementaire étudiante. « Tant de frères et de sœurs partout ! Tant de camarades qui partageaient le même rêve » qui ne savaient pas où ils allaient mais ils y allaient, précipitait Benoît dans une adhésion étrange.

 

Alfred Willi Rudolf, dit Rudi Dutschke tombé, sur la Kurfürstendamm de Berlin, sous les balles d’un ouvrier déséquilibré d’extrême-droite, perfusé de haine par la rhétorique fasciste du baron de la presse Axel Springer, via son torchon ignoble Bild Zeitung, était un martyr de la cause placé à la même hauteur qu’un Martin Luther King abattu le même mois. L’icône du Mai 68 berlinois était né de l’autre côté du mur, dans un bourg au sud-ouest de Berlin. Malgré son discours rebelle, plaidoyer contre le service militaire et la réunification de l’Allemagne, qu’il tint dans la salle des fêtes de son lycée, à Luckenwalde, les sourcilleuses autorités de la RDA  lui délivrèrent quand même son baccalauréat en 1958. C’était un fils de postier qui remerciera, dans sa Présentation de mon cheminement, son directeur de lycée de la bonne éducation qu’il avait reçu et qui tiendra à ses débuts, et pour un bref laps de temps, la rubrique sportive dans un journal populiste appartenant au groupe honni d’Axel Springer. Quand Sacha leur fit réécouter ses discours politiques Chloé, qui parlait et entendait parfaitement l’allemand, dit à Benoît, hors des oreilles du nabot, être très impressionnée par son extraordinaire capacité à proférer dans un haut débit un charabia pâteux et jargonneux. Restait, pour compléter le panthéon révolutionnaire, la grande prêtresse, l’immaculée conception de la révolution, l’ex-éditorialiste de la revue de son mec Klaus Rainer Roehl : Konkret qui s’était radicalisée jusqu’à devenir membre de la Rote Armée Fraktion (F.A.R) et qui participera en mai 70 à la libération d’Andréas Baader.

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17 juin 2018 7 17 /06 /juin /2018 06:00
Fra Angelico. Noli me tangere, détail

Fra Angelico. Noli me tangere, détail

Il est des jours où tout s’enchaîne avec une belle fluidité : alors que je maraudais dans une de mes librairies je tombe sur le dernier Camilleri : Noli me tangere / Ne me touche pas, et puis en furetant dans ma boîte mail je découvre que Sylvie Simmons, une journaliste anglaise vivant aux Etats-Unis, a passé des années sur les traces de Léonard Cohen, le Canadien errant, pour écrire une volumineuse biographie I’m your man.

 

J’ai lu tout Camilleri, le conteur sicilien, pas ses polards avec son commissaire Montalbano, je lui consacré de très nombreuses chroniques et j’ai osé écrire « Si à 50 ans on n'a pas lu un roman sicilien d’Andrea Camilleri, c'est qu'on a raté sa vie. »

 

Pour Léonard Cohen lire :

 

 5 février 2012

Pour sa prochaine tournée « Il faut que je trouve le carburant nécessaire. Ce sera peut-être du vin » Léonard Cohen 

 

12 novembre 2016

Léonard Cohen est immortel « Il n'avait pas d'âge. Ses chansons non plus. On les écoutera encore dans cent mille ans. On les écoutera même après que le monde aura cessé d'être » 

 

Dans la foulée je déjeune avec l’ex-Taulière du Lapin Blanc, lieu interlope des hauts de Ménilmontant où l’ami PAX s’était aventuré, et nous partageons un homard de l’Ile d’Yeu en deux services et, même si ça surprends certains, nous nous offrons un superbe Morgon 2016.

 

Que du beau et du bon, le matériau idéal pour une chronique dominicale.

 

  • « Andrea Camilleri, malgré son âge Andréa Camilleri (né en 1925), garde une incroyable capacité de renouvellement. Déjà très polyvalent, maître dans l’art du polar, du roman historique, de la biographie romanesque, de la grande littérature, il ne cesse pas de renouveler ses outils littéraires. Noli me tangere est un ouvrage très singulier. Il ne se situe pas dans un genre bien défini. Il est tout à la fois.

 

Sur le plan de la forme, on le trouve dans les parages frontaliers du « giallo » et du roman épistolaire. L’intrigue se tisse par juxtaposition d’informations. Des interviews, lettres, témoignages, interrogatoires, souvenirs, qui chronologiquement apportent leur petite contribution à la toile. Un morceau de mosaïque, une pièce de puzzle par jour… »

Stefano Palombari

 

  • « Peu de musiciens valent un livre de cinq cents pages. Mais il suffit d’avoir fréquenté la discographie de Leonard Cohen pour savoir que sa relative minceur (quatorze albums studio en cinquante ans) recèle un personnage d’une épaisseur considérable. Sylvie Simmons, journaliste anglaise vivant aux EtatsUnis, a passé des années sur les traces du Canadien errant. Elle a tiré de ses rencontres et recherches une biographie à l’américaine, chronologique et factuelle, empathique et sans concession, fourmillant de mille détails. Cela donne une lecture parfois fastidieuse mais toujours prenante. Le portrait complet d’un homme difficile à saisir dans sa complexité et que l’auteure nomme tout du long « Leonard » — pour le rendre plus intime ?

 

Elle cite Virginia Woolf : « Un biographe peut s’estimer heureux s’il parvient à cerner six ou sept facettes d’une personnalité qui en compte pourtant des centaines. » En nous décrivant un Cohen montréalais, juif, poète, chanteur, homme à femmes, solitaire, chef de bande, dépressif, moine bouddhiste, Simmons remplit quant à elle son contrat. Du côté de la musique, elle a tendance à lisser l’œuvre au nom d’un recul magnanime. Il est d’ailleurs frappant de relever que les trois premiers albums de Leonard Cohen, généralement estimés comme les meilleurs (et contenant la plupart de ses classiques), ont été les plus durement critiqués en leur temps. »

François Gorin

 

  • Noli me tangere / Ne me touche pas Andrea Camilleri - Métailié - 140 pages (traduit de l'italien par Serge Quadruppani)

 

 

  • I’m your man, la vie de Leonard Cohen, biographie de Sylvie Simmons | Traduit de l’anglais (EtatsUnis) par Elisabeth Domergue et Françoise Vella, éd. L’Echappée, 512 p., 24 €.

 

 

« Noli me tangere » (Ne me touche pas… ou… Ne me retiens pas) est une locution latine tirée de la vulgate, version latine de la Bible. Elle fait référence à l’épisode pascal de la résurrection lorsque Marie-Madeleine découvre le tombeau vide et un étrange personnage qui s’avère être le Christ. L’expression traduit la parole de Jésus envers Marie-Madeleine. »

 

« Une trop grande différence d’âge. Essayez de comprendre. Quand on s’est mariés, Laura avait trente et un ans et moi soixante-cinq. J’aurais pu être son… si nous avions eu des enfants, j’aurais été un père-grand-père. Je trouvais ça absolument ridicule, et je n’ai pas changé d’avis. »

 

Homard de l’Ile d’Yeu en deux services

 

D’abord la queue de homard avec légumes de saison, mousseline de pomme jaune ; puis linguine avec les pinces et le corail

 

 

Domaine Guy Breton Morgon Vieilles Vignes 2016

252 Rue Pasteur, 69910 Villié-Morgon

 

 

Les nouveaux papes du Beaujolais ICI
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16 juin 2018 6 16 /06 /juin /2018 07:00
La résistible ascension de Benoît H Chloé raconta à Benoît qu’elle passait son temps à éplucher des légumes à la cuisine avec les autres nanas pendant que les mecs se torturaient les méninges pour inventer des trucs pour choquer le bourgeois (120)

Leurs nouveaux camarades manifestaient dans les quartiers bourgeois : la Frei Universität, avec son grand amphi l’Audimax, où se tenaient toutes les AG, était située dans le Neuilly berlinois à Dahlem. La haute société berlinoise goûtait à demi la rhétorique très moralisante de ces étudiants chevelus. Il faut dire que c’était vraiment du grand théâtre et Sacha se révélait un as de la mise en scène sur le Kurfürstendamm : une belle avenue chic bordée de magasins opulents, de théâtres et de cafés aux baies vitrées où les mémères à caniche, les vieux beaux, des veuves poudrées, des gigolos en veste cintrée et col pelle à tarte et des poules de luxe en manteaux de loup se retrouvaient pour tromper l’ennui. Le café Krantzer était le QG préféré des chefs étudiants car le bureau du Sozialistischer Deutscher Studentenbund (SDS), le mouvement des étudiants socialistes était à quelques encablures de là. Très vite Chloé allait devenir l’égérie de la frange libertaire du mouvement : la Kommune I spécialisée dans la provocation extrême. Celle-ci louait un vaste appartement dans une rue avoisinante pour expérimenter une communauté prônant l’amour libre mais les frelons allemands se révélaient eux aussi, comme leurs homologues de la GP, totalement coincé du calcif : Chloé raconta à Benoît qu’elle passait son temps à éplucher des légumes à la cuisine avec les autres nanas pendant que les mecs se torturaient les méninges pour inventer des trucs pour choquer le bourgeois. Leur coup de maître fut une photo où sept d’entre eux posaient nus, les mains en l’air, les fesses tournées vers les caméras, comme pour une fouille de police. Pour corser la provoc un bambin blond se tenait à leurs côtés.

 

L’ambiance au Centre de la Paix, du fait de son recrutement international, se révélait bien plus propice à des copulations effrénées et à des enlacements féminins languissants. Curieusement, seule l’homosexualité masculine ne s’affichait pas ouvertement. Sacha entretenait avec les femmes des rapports brefs et utilitaires que nul ne songeait à interrompre lorsqu’un ruban rouge était accroché à la porte du grenier. Chloé charriait Benoît sur son abstinence face au nombre indécent de beautés qui se baladaient nues dans le squat. La plus assidue à le provoquer était bien sûr Karen, la blonde évaporée, compagne de chambre de Judith la grande hommasse. Peter le Viking lui ressassait que ces foutues gouines, avec leurs robes en grosse toile, leurs godillots militaires, leurs cheveux tirés en chignon, étaient des causes perdues avec lesquelles il ne devait pas perdre mon temps. Elles avaient apposées sur la porte de leur chambre un panneau « Allez-vous faire foutre ! ». Sacha ironisait sur le fait qu’elles passaient leur temps à lire des livres de droit. Et pourtant Karen, gracile et éthérée, ne se privait pas, à chaque fois que Judith s’absentait, de venir exhiber sous le nez de Benoît son opulente poitrine. Très vite elle avait sollicité de lui qu’elle lui apprenne le français au motif que sa compagne était une allemande du Nord qui cachait un feu intense sous son enveloppe de glace. Dès qu’il le sentait fondre face à ces minauderies Sacha lui ordonnait « Oublie-là ! Elle fait partie de ces filles de bonnes familles, toujours reçues dans les meilleurs salons radicaux de Berlin, dont la sexualité frise le zéro absolu. »

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16 juin 2018 6 16 /06 /juin /2018 06:00
Il est des jours où je trouve vain de radoter sur le vin, alors je me replie dans ma cuisine et j’ose le bain-marie pour préparer une terrine de salades à la ricotta et je bois un savagnin ouillé de Didier&Jules Grappe.

Oui, je vous l’avoue chers lecteurs, depuis quelque temps je m’interroge, je doute, je me trouve frivole, vain de radoter sur le vin alors notre vieille Europe, qui se disait unie, craque de toute part. Quand je lis que le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, a annoncé mercredi 13 juin la création d'un AXE entre les ministres de l'Intérieur autrichien, allemand et italien pour lutter contre l'immigration illégale dans l'Union européenne, alors que les Européens se déchirent sur cette épineuse question, je me dis que c’est le début de la fin.

 

Même si l’Histoire ne se répète jamais, en ce moment elle bégaie : l’Axe Rome, Vienne et Berlin fleure mauvais, ça  affaiblit la position d'Angela Merkel. La chancelière allemande cherche à arracher un accord sur un système d'asile européen en vue du sommet de l'UE de la fin juin. Mais nombre de pays, notamment dans l'est de l'Europe, s'y opposent car ils ne veulent pas d'une répartition européenne des réfugiés ou ne souhaitent pas en accueillir.

 

Je désespère de notre foutu monde !

 

Rendre une feuille blanche n’étant pas encore à l’ordre du jour, ce matin pour ne pas sombrer dans la déprime je me réfugie dans ma cuisine pour préparer une terrine de salades au bain-marie.

 

Une de mes jeunes amies, néo-cuisinière, étonnée, à la vue de ma jardinière de légumes « tu fais cuire de la salade… ». Certes ce n’est pas courant d’où l’intérêt d’éclairer la lanterne des petites louves et des petits loups.

 

D’où vient la dénomination de ce mode de cuisson bien utile pour préparer les œufs brouillés, les sauces anglaise, béarnaise, hollandaise ?

 

Bain-marie : « du latin médiéval balneum Mariae (« bain de Marie »), en référence à l’alchimiste Marie la Juive (IIIe siècle av. J.-C.), à qui l’on attribue également l’origine de certains ustensiles de laboratoire et l’emploi de la technique comme outil. La première attestation en latin Balneum Mariae date du début du XIVe siècle, dans le Rosarium attribué à Arnaud de Villeneuve. » C’est elle qui aurait inventé ou amélioré cette technique à l'aide du vase appelé κ η ρ ο τ α κ ι ́ ς

 

Olympiodore, philosophe alchimiste grec de la période alexandrine, fait allusion à ce personnage à propos de ce procédé, Marie-la-Juive représenterait la sœur de Moïse et d'Aaron. La prophétesse Miriam (Exode, XV, 20), s'appuie sur une autre tradition selon laquelle Miriam (nom hébreu de Marie) aurait été l'auteur de traités d'alchimie; on a aussi supposé qu'il pourrait s'agir de l'intégration symbolique de la Vierge Marie à la mystique ésotérique des alchimistes, succédant à la tradition égyptienne du mythe d'Isis » source CNRTL

 

Pour faire un bain-marie nul besoin de posséder un dispositif particulier. Sur le feu, il suffit de trouver un récipient qui puisse se poser sur une casserole dans laquelle on placera un fond d’eau. On fait bouillir ou frémir l’eau selon la température que l’on souhaite.

 

 

La recette est pour 6 mangeurs normaux.

 

Les ingrédients

 

Des salades de n’importe quelle sorte, le nombre dépend de leur grosseur, 4 à 6.

 

Deux carottes de taille moyenne.

 

2 oignons blancs

 

De l’huile d’olive

 

200 g de ricotta

 

2 yaourts nature

 

4 œufs

 

100 g de parmesan

 

Sel-poivre

 

Éventuellement pour adoucir 1 cuillerée à café de sucre en poudre

 

Pour servir : 500 g de faisselle et des herbes aromatiques de votre choix.

 

Le faire

  •  Faire revenir avec un peu d’huile d’olive les oignons émincés dans une cocotte à fond épais ; lorsque ceux-ci sont transparents ajouter les carottes coupées en rondelles, et la salade.

 

  • Couvrir et laisser cuire à feu très doux 15 mn.

 

  • Laissez refroidir, puis égoutter les légumes dans une passoire en les pressant énergiquement.

 

  • Mixer le tout, ajoutez la ricotta, les yaourts, le parmesan râpé, les œufs battus.

 

  • Saler, poivrez et si vous voulez rectifier l’éventuelle amertume ajoutez un peu de sucre.

 

  • Versez la préparation dans un moule à cake beurré.

 

  • Mettre au four 180°C pendant 40 mn en plaçant le moule dans un plat à four rempli à mi-hauteur d’eau.

 

  • Sortez le moule lorsque la préparation est bien ferme, laissez refroidir puis rangez dans le frigo pour passer la nuit.

 

  • Le lendemain démoulez et servir accompagné de la faisselle mélangée avec des fines herbes.
  •  

 

Et avec ça je bois Champ rouge Côtes du Jura 2016, un savagnin ouillé de Didier et Jules Grappe ICI

 

 

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