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1 mars 2018 4 01 /03 /mars /2018 07:00
Le camembert est produit par monts et par vaux de Oulan-Bator jusqu’à Bamako : je demande le classement en Grand Cru par l’INAO du camembert au lait cru…

La nouvelle est tombé, sous la houlette du ci-devant Jean-Louis Piton, grand connétable de l’INAO, grand amateur de Banon petit fromage de chèvre tout juste vêtu d’une feuille brune de châtaignier, les normands p’tète bien oui, p’tète bien que non, se sont unis pour jeter aux orties le camembert fabriqué en Normandie.

 

Compromis !

 

Compromission !

 

Horreur malheur l’AOP camembert de Normandie ouvrait grand les bras au lait thermisé cher aux deux poids lourds de la contrée : Lactalis et Isigny.

 

Sitôt le grand-prêtre Périco et la madame, filloniste endiablée, laPérette au pot au lait du XVIe arrondissement, sortaient de leur pré-carré normand pour crier au scandale, à la fin de la France éternelle du calendos, de la baguette de pain et du black béret…

 

Macron démission !

 

Travers t’es un blair !

 

Hulot au poteau !

 

Piton démission !

 

Qu'en est-il donc ?

 

Normandie. La pasteurisation du camembert AOP a du mal à passer

 

Le 21 février, sous l’égide de l’institut national de l’origine et de la qualité (Inao), un accord entre tous les fabricants a ouvert la voie à la pasteurisation et plus seulement au lait cru dans le cahier des charges de l’AOP «Camembert de Normandie» (5500 tonnes par an).

 

En contrepartie, le «fabriqué en Normandie» des industriels (60000 tonnes par an), qui concurrençait depuis dix ans lappellation, sera abandonné. La victoire de Lactalis, leader du marché national du camembert avec près de 50% des volumes?

 

«Non, lors des discussions en comité, Lactalis a été le dernier à se rallier à cette solution, se défend Patrick Mercier, un des deux derniers producteurs fermiers de camembert de Normandie. Tout simplement parce que les industriels, qui vont rentrer dans l’AOP, vont devoir revoir leurs méthodes de production (par exemple, ne pas enlever l’eau du lait pour accélérer la fabrication du fromage, NDLR). On s’attend à une amélioration de la qualité gustative de leurs camemberts.»

 

Lire ICI 

 

Votre serviteur, pour reprendre une saillie chiraquienne – en ce temps de Salon de l’Agriculture ayons une pensée pour ce grand amateur de cul des vaches – qu’un insoumis dealer de vins étrangers, corrupteur de notre belle jeunesse, un certain Antoine Gruner,  un gars de l’Est, adore, cette histoire de camembert « cela m’en touche une sans faire bouger l’autre »

 

Le 29 janvier 2016 je commettais une chronique qui règle tout

 

 

Comme 1 vache normande n’y retrouverait plus son veau je demande à l’INAO de procéder à la louche au classement en Grand Cru des calendos au lait cru de Normandie

 

ICI

 

 

Ma conclusion était d’une limpidité qui permet de sortir de l’ambigüité.

 

Je fais requête express auprès du Ministre de l’Agriculture, tuteur de notre grande et belle patrie des fromages AOC, pour qu’il mette ses plus fins limiers de l’INAO au boulot afin qu’ils nous mijotassent, avec bien sûr le truchement de la plume de L'Association de Défense et de Gestion de l'AOC* Camembert de Normandie un beau cahier des charges de classement en Grand Cru des camemberts au lait cru… fait à cœur bien entendu !

 

Comme le disait la pub du Port Salut c’est écrit dessus, y’aurait  donc :

 

  • Camembert de Normandie grand cru au lait cru, bio et délimité.

 

  • Camembert de Normandie AOP au lait normand

 

  • Camembert tout court

 

Si vous souhaitez plus de détails allez lire ICI ma chronique du 14 avril 2015

 

« Pouet pouet Camembert Lanquetot ! » dis-nous donc qui tient la queue de ta louche ?

 

 

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1 mars 2018 4 01 /03 /mars /2018 06:00
La Noce chez les petits bourgeois de BERTOLT BRECHT

La Noce chez les petits bourgeois de BERTOLT BRECHT

Pour sa mère Benoît était l'expression la plus aboutie de ce qu'une maman pouvait rêver, ses amies lui disaient « Madeleine comme vous en avez de la chance, votre Benoît a tout pour lui... » Ce statut d'enfant doué, à qui l'on donnait le bon dieu sans confession, il en avait joué tout au long de sa prime jeunesse pour préserver son petit jardin d'intérieur mais aujourd'hui, introduire entre sa mère et lui, une femme aimée, celle avec qui il voulait partager ses jours et ses nuits, n'était pas chose simple. Jusqu'à ce jour, même si son goût pour le butinage aurait pu lui causer quelques frayeurs, un accident était si vite arrivé en ces temps obscurs, sa chère maman s'accommodait fort bien de ne voir aucune fille s'installer dans son coeur d'artichaut. Lors de sa dernière visite Benoît s'était bien gardé de préparer le terrain, sa mère n'avait rien perçu, les mères aimantes sont aussi aveugles que les maris trompés, ou les épouses d'ailleurs. Pas un mot sur Marie, il s'en voulait de ce manque de courage et, chaque matin qui se levait, Benoît se disait qu’il allait lui écrire une belle lettre et, chaque soir, en se glissant au plus près du corps de Marie, la mauvaise conscience s'installait. Comment le lui dire ? Lui dire tout simplement.

 

Dans ses conversations avec Marie, parlant de son pays crotté, de son enfance de sauvageon, de ses ballades dominicales dans les métairies, avec son père, pour voir ses clients si peu pressés de lui régler son dû, Benoît ne cessait de dire à Marie « Tu vas lui plaire, il va t'adorer... » ce qui lui valait en retour de sa douce et tendre un beau sourire ponctué d'un regard rieur qu’il traduisait « et ta maman, elle, elle va me détester. Je suis une voleuse, la rivale absolue, celle par qui le cordon invisible se rompt définitivement... » À la veille du 15 août Benoît revint de Port-Joinville avec deux allers-retours pour le continent. « Je vais te présenter à maman Marie... » Son regard se voilait d'un léger nuage et, pour faire diversion, elle voltait pour que sa jupette tournoie « Je vais tout faire pour lui plaire mon Benoît… » Achille, lui aussi, esquissait une gigue pataude. Jean, de derrière son journal ouvert, en bon célibataire inoxydable commentait « Vous allez monter la première marche qui va vous mener à la salle à manger des petits bourgeois... »

 

À une heure de traversée et pourtant ils quittaient l'île d'Yeu accoudés au bastingage comme de grands voyageurs rompant les amarres avec leur vie d'avant. Jean, égal à lui-même, la veille au soir, leur avait sorti le grand jeu. Tournée des grands ducs chez leurs plus gros clients puis dîner chez Van Strappen un antiquaire très blonde oxygénée avec solitaire au petit doigt. Tout au Krug millésimé pour une conversation très langue de pute. Marie, halée pain d'épices, mangeait des boudoirs de Reims rose qu'elle trempait dans le champagne aux fines bulles. Barbaresco, un  grand noir homme à tout faire de Van Strappen, flambait des langoustes au Richard Hennessy en un rituel sauvage : sur un billot de bois d'un coup précis de hachoir il les tranchait vivantes en deux, sans s'émouvoir de leurs coups de queue violents et désespérés ; puis les grillaient sur de la braise vive. Les chairs exhalaient leur puissant parfum de roche iodée. La flambée, haute et incandescente, illuminait la terrasse et Jean, ludion, n'en finissait pas de lever sa coupe en marmonnant « Le problème avec la champagne c'est que ça pétille, les bulles mes amis sont des traîtresses, elles amusent la galerie, vous font des ronds de jambes, vous aguichent et pfutt, disparaissent... »

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28 février 2018 3 28 /02 /février /2018 07:00
photo extraite du blog les vins bio de Camille

photo extraite du blog les vins bio de Camille

 

« Rocardien un jour, rocardien toujours… ». Oui je le confesse sur les mannes du Michel vilipendé par la gauche bien-pensante de Tonton, de Joxe à Mélenchon en passant par le ressuscité de Belfort, je continue de cultiver ce goût immodéré, chevillé au corps, pour le cambouis des solutions, se coltiner la réalité du terrain, un vieux reste de l’autogestion enterrée par Tito, loin des étatistes de tous poils qui pensent et légifèrent à notre place.

 

L’INAO des origines, cet objet juridique non identifié, fleurait bon l’autogestion, les vignerons y avaient le dernier mot. De nos jours, la maison n’est plus qu’un conservatoire des « labels », ce que l’AOC n’a jamais été, une soupente de la rue de Varenne, une administration où l’imagination a depuis longtemps perdu le pouvoir.

 

L’INAO a raté, il y a 10 ans, la mise en avant de la protection de l’environnement en s’enferrant dans une soi-disant redéfinition des cahiers des charges, en s’abritant derrière les exigences communautaires pour fabriquer des ODG et tout ce qui s’ensuit. Le pouvoir est passé entre les mains de la FNSEA et de ses satellites avec Despey et la CNAOC comme supplétifs.

 

Alors qu’espéraient donc certains producteurs de vins nature en allant quémander une définition de leur breuvage qui pue au Comité National ?

 

Faire barrage au Gégé et consorts qui se sont jetés sur la tendance comme la vérole sur le bas-clergé en surfant outrageusement sur le sans soufre ?

 

J’avoue que je ne comprends pas le but de cette démarche étant donné que les grosses locomotives dépotent dans la GD alors que les naturistes sont chez des cavistes. Ce n’est pas la même chalandise, la cloison est étanche et la notoriété des vins nature me semble au contraire renforcée par la stratégie de ces copieurs. C’est l’effet la laitière de Vermeer sur les yaourts industriels, le consommateur qui réfléchit ne se laisse pas prendre au piège.

 

Croire en la vertu d’une définition, quelle qu’elle soit, c’est se bercer d’illusion, c’est se fourrer tête baissée dans ce que souhaitent les gros faiseurs. L’exemple de la définition communautaire du vin bio en est un bel exemple.

 

Bref, lorsqu’on m’annonce que l’INAO enterre le rapport sur la définition des vins nature je me réjouis. 

 

Mais  comme je suis un bon garçon, traduire un rocardien non révisé, je verse au dossier de ceux qui aiment les définitions, la mienne.

 

« Le vin nature est un vin qui pue… »

 

C’est concis, c’est précis, ça satisfait les 2 camps, celui des pourfendeurs comme celui des adorateurs et c’est scientifique.

 

Démonstration !

 

Quelques citations tirées du livre La civilisation des odeurs XIVème-XVIIIème siècles de Robert Muchembled Les Belles Lettres 249 pages

 

 

Chapitre 1 Sens unique :

 

Page 15

 

« Jusqu’en 2014, l’odorat était un sens profondément dévalorisé, voire méprisé. Trop animal, il gênait l’homme dans sa conquête d’un statut exceptionnel, en un temps de fulgurantes découvertes technologiques et scientifiques ? Vestige inutile d’un passé bestial, il se trouvait puissamment refoulé dans notre civilisation désodorisante. Il n’intéressait guère les savants, qui n’avaient jamais tenté de vérifier l’opinion courante de leurs prédécesseurs à propos des 10 000 senteurs, au maximum, qu’était censé discerner le plus affûté des nez humains. Il est vrai que ce petit dernier faisait pâle figure face à la vue, capable de détecter plusieurs millions de couleurs différentes, ou à l’ouïe, distinguant près de 500 000 tons. Impasse biologique, en quelque sorte, il semblait sur la voie d’une lente extinction. »

 

Page 19

 

« L’odorat est un sens unique, exceptionnel […] L’idée commune selon laquelle l’olfaction serait très faible, résiduelle, chez l’homme n’est qu’un mythe sans réel fondement. Le flair a été refoulé culturellement par les bourgeoisies triomphantes, aux XIXe et XXe siècles »

 

Page 20

 

« Le système olfactif présente de grandes originalités. Il se développe dès que le fœtus atteint douze semaines. L’apprentissage olfactif-gustatif commence dans le liquide amniotique, qui contient les traces chimiques de tout ce que la mère consomme. Ainsi peut se créer une accoutumance à l’ail, par exemple. Il faut cependant plusieurs années pour arriver à la maturité en ce domaine. »

 

Page 21

 

« … l’odorat est le plus flexible, le plus manipulable de tous les sens. »

 

«… l’olfaction est le siège primaire des émotions… »

 

« Les choses ne sentent ni bon ni mauvais par elles-mêmes : c’est le cerveau qui opère la différence, puis la mémorise. Il s’adapte parfaitement aux fortes exhalaisons, car, au bout d’environ un quart d’heure, l’individu concerné ne discerne plus ni puanteur ni capiteuse fragrance. »

 

Page 22

 

« Montaigne écrit […] que pour chacun son excrément sent bon, formule appliqué au pet d’Érasme. »

 

Page 24

 

«  L’odorat est le sens « le plus voluptueux, disait déjà Diderot.

 

« Le choix du compagnon ou de la compagne de rêve ne devrait donc pas être défini comme un coup de foudre, mais plutôt comme une brève extase aromatique. La quête romantique du prince charmant ou de la belle au bois dormant prend ainsi une autre dimension. L’odeur de chacun est pratiquement unique, à tel point que les scientifiques parlent d’empreinte olfactive pour la définir. »

 

Page 26

 

« L’odorat est en outre un sens profondément social. D’une manière binaire, une fois encore, il produit du lien ou du rejet. Des champs aromatiques préférentiels enveloppent chaque groupe humain. Ils résultent en particulier des traditions culinaires locales et de la gestion collective  des effluves. »

 

Page 28

 

« Un dernier point du passionnant dossier concerne la grande difficulté à transposer les expériences olfactives dans le langage, quel qu’il soit. Ceux dont le métier implique la meilleure perception des odeurs, tels les cuisiniers, les médecins légistes ou les parfumeurs, l’éprouvent également. Les derniers ont résolu le problème en se dotant d’un jargon métaphorique, pour distinguer des fragrances vertes ou roses, des types épicés ou herbacés, des produits fruités, des symphonies florales, des notes dissonantes, balsamiques, fraîches ou ambrées. La raison du mystère provient de la corrélation directe établie entre les senteurs, les émotions et la mémoire, en toute indépendance des parties du cerveau régissant la verbalisation. »

 

Voilà c’est dit et ma définition lapidaire du vin nature me paraît être la seule qui permette de refermer le dossier.

 

Donc, à quand un logo « vin qui pue » !

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28 février 2018 3 28 /02 /février /2018 06:00
La résistible ascension de Benoît H les préséniles du Kremlin n'ont que faire du sang neuf, ils préfèrent l'épandre dans les caniveaux de Prague. Marie et Benoît en pleuraient de rage en écoutant le silence assourdissant des dirigeants communistes français (29)

Quand ils discutaient, et surtout lorsqu'elle se passionnait, Marie jouait en permanence avec le troisième bouton de ses corsages, Benoît adorait ce geste léger, instinctif. Voulait-elle le défaire ou vérifiait-elle qu'il fût bien en place ? Balancement ou équilibre, il se régalait avec volupté, du jeu de son pouce et de son index. Parfois, dans le feu de la conversation, la barrière du troisième bouton tombait, les pans du corsage s'entrouvraient, laissant apparaitre la naissance de la gorge de ses seins.  Il la désirait alors, avec une force brutale, il bandait, se réfrénait. Souvent, Benoît se levais pour lui caresser la nuque, sentir au bout de ses doigts le grain si fin de sa peau. Transfuser de sa chaleur adoucissait le tranchant de son sexe de silex. Marie attrapait sa main. Il la laissait la guider « Benoît, m'aimeras-tu quand je serai vieille et que mes seins ne seront que des petites pommes ridées ? » Benoît,  les enveloppant dans le creux de ses mains lui répondait « Nous ne serons jamais vieux ma belle car nous vieillirons ensemble... »

 

Les parents de Benoît,  sa mère surtout, l’avaient élevé dans la  diabolisation de la chair, le plaisir érigé en péché, après ce mois de mai de tous les excès, ils allaient être étiquetés comme les enfants de la libération sexuelle, et Dieu sait que ce boulet ils le traineraient dans les temps futurs. Ce sujet n’était pas à l’ordre du jour, leur harmonie suffisait, le mot fidélité s'ancrait naturellement dans leur manière d'être. Pour sa part, Benoît, en libertin repenti, appréciait l'intensité de leur vie à deux. Marie comblait tous ses vides, le protégeait de ses démons. Il n'imaginait rien d'autre que la vie avec elle. Sur cette miette d'île, il travaillait, elle peignait, ils lisaient au lit jusqu'à des heures avancées. Benoît s'appuyait sur elle, Marie le déliait, Marie le bordait, Marie l'aimait, il l'admirait, elle le haussait, il l'adorait, avec Achille ils arpentaient la côte sauvage en se disant que vite ils auraient des enfants. 

 

À partir du 18 août, les 200 000 soldats et les 5000 chars du Pacte de Varsovie allaient étouffer les premiers bourgeons du printemps de Prague. L'opération Danube réprimait brutalement dans le sang le peuple de Prague qui n'avait que ses mains et son courage à opposer aux tankistes soviétiques, qui, sur les photos, semblaient tout étonnés de ne pas être accueillis par des jeunes filles aux bras chargés de fleurs. Ils sont jeunes eux aussi mais les préséniles du Kremlin n'ont que faire du sang neuf, ils préfèrent l'épandre dans les caniveaux de Prague. Marie et Benoît en pleuraient de rage en écoutant le silence assourdissant des dirigeants communistes français. Fort des voix populaires, ces couards, insensibles aux cris de liberté, ces merdes suffisantes, ces intellectuels émasculés, allaient jouer la comédie de la protestation officielle avant de devenir le parti de Georges Marchais, tout un symbole du dévoiement d'hommes et de femmes confinés dans leur bunker de la place du Colonel Fabien. Ils sont morts, jamais plus ils ne pourront parler en notre nom.

 

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27 février 2018 2 27 /02 /février /2018 06:00
Aux pudibonds de tous poils « cachez-moi ce sein ou cette cuisse que je ne saurais voir » je dédie cette chronique sur la mini-jupe en défense d’Aurore Bergé

Aurore Bergé, députée LREM, était l'invitée de Salut les Terriens, samedi 24 février, sur C8. Pour évoquer son parcours politique et plusieurs sujets d'actualité, notamment le combat contre le harcèlement sexuel, la lutte contre les fake news ou encore l'avenir de l'audiovisuel public.

Pendant l'émission, la parole s'est libérée sur les réseaux sociaux... pour le pire. Aurore Bergé a essuyé de nombreuses remarques sur la longueur de sa robe ou sur son décolleté, au milieu d'un flot de tweets insultants.

 

Les messages jugeant sa tenue inappropriée et provocante ont fait réagir la députée LREM, qui s'est fendue de plusieurs tweets.

 

« Je n'ai pas à être jugée sur la longueur de ma robe. Ni moi, ni aucune femme. Je n'ai pas à subir d'insultes, de harcèlement ou pire, en raison d'une robe. Ni moi, ni aucune femme. Rien ne justifie ou n'excuse cela », a écrit Aurore Bergé.

 

Laissons de côté les tweets insultants qui sont le flot de merde  habituel qui déferle sur les réseaux sociaux, vulgarité des mâles qui perdent pied. Ce qui m’interroge, me trouble c’est l’irruption de la notion de tenue inappropriée et provocante chère aux grenouilles de bénitier et aux Tartuffe de toute obédience.

 

Retour en force de l’ordre moral, des pudibondes et des pudibonds, de l’odeur fade des sacristies où l’on touche le zizi des enfants de chœur, des remugles rance des pères la pudeur qui vont à la messe mais sautent la bonne dans sa chambre, de l’armée des mâles frustrés, de la cohorte des qui cachent leur misère sexuelle sous les voiles, des protecteurs hypocrites de la femme…

 

On a beaucoup bavé, raillé sur mai 68, je suis tout prêt à admettre que nous étions un peu con et que nous n’avons pas réussi notre Révolution, sauf que nous avons ouvert grandes les portes à la libération des femmes, des jeunes femmes, celles qui devaient subir l’infamie des aiguilles à tricoter, des ménagères de plus de 60 ans.

 

Traiter une femme de pute en fonction de la longueur de sa jupe ou de la profondeur de son décolleté m’a toujours fait gerber ; que celles qui se sont fait agresser dans ce genre de tenue l’ont bien cherché les salopes me révulse.

 

 

Alors ce matin je ressors de la naphtaline une chronique du 20 juillet 2007  je rendais hommage à la mini-jupe : Mini, mini, tout est mini dans notre vie...

 

 

« Ceux qui me lisent le savent, j'aime Jacques Dutronc. En 1966, il écrit et interprète : Mini, Mini, Mini. La première jupe rase-pets est apparue dans le quartier de Chelsea dans la boutique Bazaar sur King's Road et est l'oeuvre d'une jeune styliste autodidacte : Marie Quant. La mini-jupe va déferler sur le monde : 200 000 pièces vendues en 1966 pour la France. Coco Chanel la trouve « ridicule ». Le Ministre de l'Education Nationale, Christian Fouchet, la juge déplacée « dans les lycées » ; en Pologne le Parti dit « oui » ; en Hollande le Parlement vote « non ».

 

 Plus qu'une jupe raccourcie, la mini-jupe est le symbole de la contestation exit les bas et les porte-jarretelles, vive les collants. C'est aussi, paradoxalement, l'expression des premiers effets de l'opulence : provocation de la perfide, pourtant reine des filatures. Les baby-boomeuses s'affichent, s'exhibent diront certains, montre leurs cuisses et leurs petites culottes. Le top-modèle Twiggy personnifie cette époque et défile pour Marie Quant. Corps d'adolescente à la silhouette filiforme, la raie sur le côté à la garçonne personnifie le début des Swinging Sixties qui s'exprime dans les rues aussi bien dans la musique ou la peinture que dans les tenues vestimentaires. Londres avec sa City guindée fait exploser les lignes, devient la capitale de la création.

 

À l'instar des Beatles, Elizabeth II élève Mary Quant au rang d'officier de l'Empire britannique. André Courrèges se fait un nom en créant une mode ultra-courte taillée et structurée comme une architecture. « Ce n'est pas un raccourcissement mais une construction parfaite. » écrira Roland Barthes dans Marie-Claire en 1969. Le préfet Gandouin, doublement célèbre pour être à la fois l'auteur reconnu d'un guide du protocole et des usages et s'être fait débarquer par son Ministre de l'Intérieur, alors qu'il était préfet de la Sarthe, pour propos orduriers à l'endroit d'un preneur d'otages, donne du discours une définition savoureuse « Un discours doit être comme une mini-jupe, suffisamment long pour couvrir le sujet, mais suffisamment court pour retenir l'attention ». Tout ça pour dire, et l'écrire, que ceux qui réécrivent l'histoire des années 60, à l'aune d'une nouvelle pudibonderie, en prêchant pour un retour à l'ordre moral, couvrant au passage les baby-boomers d'opprobre, me gonflent.

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27 février 2018 2 27 /02 /février /2018 06:00
La résistible ascension de Benoît H Benoît avait levé, en son pays, sa Mme de Tourvel. Femme mariée, aux yeux de biche effarouchée à peine masqués par sa voilette légère de pieuse se rendant à la messe du matin.(28)

Avant l'irruption de Marie dans sa vie Benoît adorait se glisser dans la peau du libertin. Dans ces temps où le péché de chair pour les filles gardait un goût de fruit défendu, conduire hors du sentier balisé l'innocente victime, la séduire, l'amener dans ses filets, procurait des émotions fortes. Faire œuvre de séduction pour un libertin c'était suivre un plan déterminé, avoir un projet. Tout est dans l'avant, la traque, l'attente, la jouissance suprême de voir la caille innocente s'engager sur le chemin de l'abandon. Le libertinage est cérébral, on y manipule le cœur humain, on y est patient, calculateur. Se contrôler, ne pas céder à la passion, éviter l'écueil de l'amour forment l'armature froide du projet libertin. Dans ce jeu cruel, où la victime devient très vite consentante, l'important pour le libertin est de ne pas être conduit à son insu là où il n'a pas prévu d'être. Toute la jouissance vient de ce contrôle sur ses actes, ses sentiments, ses pensées et d'exercer sur l'autre un empire total. Comme dans un jeu d'échecs il faut toujours prévoir le coup d'après. Mais une fois l'acte accompli l'angoisse du vide vous saisit. On n'est plus qu'un animal à sang froid.

 

Comme dans les Liaisons Dangereuses Benoît avait levé, en son pays, sa Mme de Tourvel. Femme mariée, aux yeux de biche effarouchée à peine masqués par sa voilette légère de pieuse se rendant à la messe du matin. Jeune, très jeune prisonnière de la couche d'un barbon ventru et moustachu, au portefeuille épais, pour Benoît ces messes matinales ne pouvaient être que le change donné à sa sèche et impérieuse belle-mère. Il lui fallait donc se placer sur son chemin avec une régularité qui attiserait sa curiosité. Ce qu’il fit sans jamais lui adresser autre chose que des regards appuyés. Après avoir baissé les yeux puis sourit, Benoît pressentit qu'une révolution s'opérait chez la belle pieuse. Elle devait, avant son départ du domicile conjugal ruser, se donner des frayeurs extrêmes. Restait pour elle à franchir une nouvelle étape : lui donner le premier signe de sa soumission. Le printemps à cette vertu que les matins y sont souvent tendres. Ce matin-là, sa trajectoire ordinaire s'incurva et la belle, d'un pas vif, gagna la place des tilleuls. Dans la ligne de mire de Benoît, elle posait le pied sur un banc de pierre dévoilant une jambe galbée d'un bas de soie noire. Imperméable à sa volupté Benoît exigea d'elle plus encore. Ce qu'elle fit. Sous un imperméable mastic, perché sur des hauts talons, elle me présenta avec des yeux implorants son corps à peine voilé d’une combinaison en dentelles. Leurs amours, dans les prés hauts de Bibrou, furent longtemps catastrophiques, elle attendait, soumise, la jouissance de Benoît, alors que c'était la sienne qu’il espérait.

 

Benoît la déniaisa, la guida dans des voluptés extrêmes, elle devint une amante insaisissable dont il eut grand peine à se défaire. Par bonheur, un jeune brigadier fut nommé à la gendarmerie, elle devint sa maîtresse. L’irruption dans sa vie de Marie lui ôta ce carcan de froideur qui l’enserrait. Lui le silencieux, le garçon qui tenait tout sous contrôle, se laissait aller à lui confier ses peurs, ses faiblesses. Cet abandon il le devait à l'absolue certitude, que jamais Marie ne retournerait ces armes contre lui. Ils étaient si différents, leurs origines aux antipodes, mais leur nous s'érigeait sans question, avec naturel. Marie lui donnait la chance de s'aimer lui-même, de se départir de ses refus, d’abattre ses hautes murailles. Jamais nous ils ne faisaient de projets. Ils vivaient. À chaque moment, seuls ou ensemble, ils inventaient leur vie. Benoît abordait leur vie à deux avec dans sa besace de jeune homme rien de ce qui encombre les gens de son âge : tous ces désirs refoulés qui, le jour où la flamme décline, resurgissent à la surface.   

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26 février 2018 1 26 /02 /février /2018 07:00
La Taulière du Lapin Blanc, la Claire de Saint-Quentin, se lance dans la « jachère emblavée »

Les jeunes filles d’aujourd’hui n’ont ni froid aux yeux, ni aux mains qu’elles osent, comme nos grands-mères, plonger dans la terre, cette glaise nourricière chère à Pétain – désolé je me suis laissé emporter par la Terre ne ment pas d’Emmanuel Berl* – c’est que l’ancien très sérieux Monde d’Hubert Beuve-Méry, un peu estropié par le duo d’enfer Colombani-Plenel, vient de publier  Agriculture biologique : le pari enthousiaste des femmes sous la signature d’un homme par Michel Dalloni bien évidemment.

 

*« En juin 1940, alors que le gouvernement est replié à Bordeaux, il travaille comme speech-writer pour… le maréchal Pétain. Provocation, pour cet intellectuel juif de gauche ? Ou réelle adhésion aux idées ultra-conservatrices de la Révolution nationale ? Reste que le futur chef de l’Etat français lui doit ses meilleurs éléments de langage. « Je hais les mensonges qui vous ont fait tant de mal », et « la terre, elle, ne ment pas »...

 

 

Oui, oui, oui, la Claire des hauteurs de Ménilmuche, la Taulière du Lapin Blanc, délaisse ses petits choux à la crème pour aller planter des choux chers à mon cœur de ventre à choux. Elle est vaillante la Picarde de Saint-Quentin, la voilà qui se plonge avec entrain dans la permaculture, s’initie chez Cazottes à la taille de la vigne, apprend à distiller la goutte, rêve de vaches, cochons, couvées en liberté bien sûr.

 

Notre Claire cuisinière de l’extrême n’est pas toute seule dans ce grand virage qui n’a rien de soixante-huitard, lire C’était au temps d’après mai 68 où les parents de Thomas Piketty partaient élever des chèvres dans l’Aude…

 

L’image des intellos soixante-huitards larguant les amarres, quittant Paris, s’installant à la cambrousse pour élever des chèvres et vivre du produit de la vente de fromages sur les marchés locaux fait partie intégrante de l’historiographie officielle du fameux mois de mai.

 

ICI 

 

D’abord y’a la Merluche insoumise, ex-productiviste forcené au temps de l’Union de la Gauche de Tonton, qu’a viré sa cuti pour devenir le barde d’une l’agriculture amoureuse de la nature. Ça plaît beaucoup à la boboïtude urbaine qui n’a jamais mis les pieds dans la bouse de vache mais qui ne jure que par l’agriculture urbaine ;  c’est commode, c’est à deux rues et on peut y aller à vélo avec les mouflons sur le porte-bagages y puiser ses choux et ses navets.

 

Alors Dalloni écrit : « Hôtesse de l’air, assistante mise en scène, peintre en bâtiment… Rien ne prédestinait ces femmes à devenir chef d’une exploitation agricole. En dépit des difficultés, elles sont de plus en plus nombreuses à relever le défi. »

 

« Je voulais agir sur le monde à ma hauteur, faire quelque chose de positif, qui n’abîme pas la terre. Le maraîchage bio, c’était une évidence. » Séverine Clory, maraîchère en Maine-et-Loire

 

« Le système actuel est dément. Il faut respecter la terre, ne pas l’intoxiquer. Il faut éviter la dépendance aux produits phytosanitaires et aux prêts bancaires. C’est la seule manière de rester libre sans avoir peur. » Clémentine Raimbault, maraîchère dans la Vienne.

 

« Il n’y aura pas de retour en arrière »

 

Rêveuses, mais les pieds sur terre. Engagées, mais pas militantes. « Femmes, mais pas féministes. » Libres, mais pas insouciantes. Elles savourent. « Je suis assez heureuse. J’aimerais que ça continue. Je crois à cette révolution par la pratique », proclame Clémentine Raimbault. « Il n’y aura pas de retour en ­arrière », jure Séverine Clory. Peut-être un troisième acte, une fois passée la cinquantaine. Mot d’ordre : « Rester utile », lance Sandra Vallon. Rejoindre une association. S’engager dans les institutions agricoles où les femmes pèsent si peu. Œuvrer à la transmission des terres bio.

 

Le bonheur serait-il dans le pré plutôt que dans le lointain ? S’agirait-il du triomphe de la jachère emblavée de Charles Péguy sur les îles lointaines du poète Louis Brauquier ? De la victoire des agitées du local ? Faut voir. Car nos agricultrices respirent l’époque. Ses contradictions sont aussi les leurs. Elles assument. Voitures diesel et traction animale. Smartphone et poêle à bois. Grand air et tabac à rouler. Toilettes sèches et ­télévision à écran plat. Ni babas ni ­bobos. Peu de comptes à rendre. L’horizon comme perspective. Les saisons pour emploi du temps. « Le soir, je regarde Plus belle la vie », dit Sandra ­Vallon en riant de bon cœur. Elle a raison : c’est drôle. Et c’est exactement ça.

 

En savoir plus ICI  

 

Permaculture

 

Forgé au milieu des années 1970 par l'Australien Bill Mollison, le terme « permaculture » est une contraction de « permanent » et « agriculture ». Il peut aussi s'entendre comme « culture de la permanence ».

 

C'est avec son collègue et ami David Holmgren, de l'université de Tasmanie, que Bill Mollison va en déterminer les principes dans leur ouvrage Permaculture 1. Tous deux réagissent aux dégradations de l'environnement causées par une agriculture conventionnelle qui se soucie peu du vivant et ne voit les sols que comme un support.

 

La suite ICI

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26 février 2018 1 26 /02 /février /2018 06:00
La résistible ascension de Benoît H Le Printemps de Prague le « socialisme à visage humain » d'Alexander Dubcek indisposait nos staliniens officiellement reconvertis à la démocratie (27)

Le matin ils allaient à vélo, par le sentier côtier, jusqu'à l'anse des Vieilles. Au soleil levant l'eau, d'une extrême transparence, semblait de pur cristal. Marie l'intrépide s'y plongeait sans la moindre hésitation et, de son crawl fluide et silencieux, elle filait vers le large. Benoît s'adossais à la pente sableuse pour lire. De temps à autre il relevait les yeux pour repérer le point blanc du bonnet de bain de sa naïade favorite. La montée du soleil l'emplissait d'une douce chaleur mais il ne pouvait effacer la pointe d'angoisse qui ne disparaîtrait que lorsque Marie serait de nouveau à portée de sa brasse minable. L'océan, avec ses airs paisibles, lui déplaisait. Il connaissait sa nature profonde, charmeuse et hypocrite comme celle de tous les puissants. À la fin juillet, en un accès de rage soudain, de ses entrailles obscures, il avait enfanté une tempête féroce. Avec Marie, blottis dans la faille d'une falaise, à l'abri du vent et des embruns, pendant des heures, ils s’étaient grisés de ses outrances. Dans le grand lit de la Ferme des Trois Moulins, ce soir-là, pour conjurer sa peur, Benoît avait pris Marie avec une forme de rage désespérée. Après, blottie dans mes bras, elle lui avait dit « Tu m'as baisé mon salaud, c'était vachement bon... »

 

Écrire que leur nous aurait survécus aux pires tempêtes comme à la mer d'huile du quotidien lui semblait dérisoire. Benoît avait la certitude qu’il aurait préféré que ce putain de quotidien se disloquât sous leurs faiblesses ou, pire, avec l'irruption d'un autre, plutôt que de le voir trancher ainsi sans appel. Même si ça emmerde tous ceux qui pataugent dans le foutre et le cul, l'amour heureux existe. Ne venez pas faire chier Benoît avec des railleries sur l'eau de rose ou le sucre Candy et toute autre vacherie. Même maintenant qu’il était au régime sec sa faculté de vous faire une tête au carré, de vous bourrer le pif, de vous foutre ma main sur la gueule, restait intacte. Marie et lui, dans la grande loterie des rencontres, étaient l'exception qui aurait confirmé la règle de leur génération championne du divorce. À cet instant, alors qu’il s'échinait à ne pas décrire par le menu leurs 52 jours passés à vivre simplement ensemble, il s’accrochait à la certitude qu’ils auraient été, trente ans après, les mêmes. La vie les aurait sans doute cabossés mais les autres envieraient leur amour intact. Présomptueux me direz-vous ? Sans doute mais, Benoît se connaissait, toute l'énergie qu’il avait déployé à s'avilir, il l’aurait, avec encore plus de force et de pugnacité, tournée vers Marie. Quant à elle, n'y touchez pas, son coeur n'avait pas de limite et son ventre eut été fécond.

 

Le Printemps de Prague semblait résister aux grosses pattes de l'Ours soviétique. Notre PC national, toujours à l'extrême pointe de la collusion avec la nomenklatura du Kremlin, soutenait du bout des lèvres, les initiatives du parti frère. Grand progrès par rapport à l'insurrection de Budapest de 1956, où la chape de silence, la même que celle qui avait étouffé les cris de Laszlo Rajk et de ses compagnons d'infortune, exécutés à la suite des procès préfabriqués, en 1949. Le « socialisme à visage humain » d'Alexander Dubcek indisposait nos staliniens officiellement reconvertis. Marie espérait, Jean lui doutait de la capacité d'un parti unique à se réformer de l'intérieur, Benoît avait la certitude que les gardiens du bloc ne pouvaient le laisser se fissurer. Ses talents culinaires explosaient. Lui, que sa très chère maman n'avait jamais laissé effleurer une queue de casserole, se révélait un maître-queue inventif. Marie le charriait gentiment «Tu es l'homme parfait mon amour, où est la faille de l'armure ? » Et Jean de répondre « C'est qu'il n'a pas d'armure belle enfant... » 

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25 février 2018 7 25 /02 /février /2018 08:00
Le président du Conseil français Pierre Mendès France boit un verre de lait en compagnie de Tony Vacaro, président du National Press Club, au cours d'une réception, le 22 novembre 1954, lors de son voyage officiel aux États-Unis. |AFP

Le président du Conseil français Pierre Mendès France boit un verre de lait en compagnie de Tony Vacaro, président du National Press Club, au cours d'une réception, le 22 novembre 1954, lors de son voyage officiel aux États-Unis. |AFP

Dans une tribune à Slate « Macron, choisit le vin, désavoue Buzyn et oublie Mendès France » Claude Askolovitch, un des derniers journalistes à connaître sur le bout des doigts l’histoire de la IVe République, en appelait à Mendès-France pour brocarder  notre jeune Président a qui il trouve une rouerie pompidolienne avec son « arrêtez d’emmerder les Français. »

 

Cette tribune va hérisser le poil du sieur Dupont Jacques et beaucoup de vignerons mais il m’a semblé intéressant pour alimenter un débat qui n’existe pas de la verser au dossier car elle est représentative du ressenti d’une partie de la population.

 

Extraits

 

« Pierre Poujade, organisateur des révoltes anti-fisc des artisans, en avait commenté ceci: «Si vous aviez une goutte de sang gaulois dans les veines, vous n'auriez jamais osé, vous, représentant de notre France, producteur mondial de vin et de champagne, vous faire servir un verre de lait dans une réception internationale! C'est une gifle, monsieur Mendès, que tout Français a reçue ce jour-là, même s'il n'est pas un ivrogne».

 

[…]

 

« Chacun comprenait, alors, que Mendès France, pour Poujade, était un juif qui niait la France en refusant le picrate. C’était idiot comme l’antisémitisme, quand le vin faisait partie des rituels mosaïques, mais cette négation prenait. D’autres soupçonnaient Mendès, élu de l’Eure, de favoriser le lait contre le vin, par tropisme normand! En tous les cas, c’était un sacrilège! De quel droit ce politique voulait-il sauver les enfants de France, en substituant du lait concentré sucré au vin coupé d’eau de la cantine -car il y avait encore, dans notre France des années cinquante, de l’alcool à l’école, de l’alcool en famille  et de l’alcool en politique, et un lobby qui aurait la peau de l’éphémère Mendès. Il tomberait à l’Assemblée en février 1955, quelques jours après que des bouilleurs de crus (fabriquants privés d’eau-de-vie) soient venus assiéger sa ville de Louviers, emmenés par le fasciste paysan Dorgères…

 

 

«Les propos émis par le ministre sont inacceptables et inexcusables de la part d'un haut responsable politique français […] les professionnels du vin, vignerons, commerçants, sommeliers, écrivains et critiques […] constatent quand ils sont à l'étranger la place éminente, bien plus que particulière, qu'occupe le vin dans l'appréciation de la culture et de la civilisation françaises. Ils vivent mal cette attaque frontale venant d'un ministre, eux qui consacrent chaque instant de leur vie à la production de vins qui répondent à cette attente d’excellence.»

 

« Texte vengeur contre Madame Buzyn, signé d’un aéropage d’amants du vin. Le titre était un rappel à la Patrie. «Mme Buzyn, cessez de diaboliser le vin, qui est une part de la civilisation française!», proclamaient donc Bernard Pivot et quelques palais choisis, parmi lesquels ces Chefs qui proposent, sur leurs tables, d’honnêtes AOC à 100 euros et au-delà - la qualité se paye. Madame Buzyn menaçait donc la civilisation française? Le titre était-il des auteurs, ou de la rédaction du Figaro, espiègle? »

 

 

[…]

 

« In vino veritas: Emmanuel Macron n’est pas Mendès France, loin s’en faut; Mendès ne mégotait pas en matière de risque, d’ennemis, de convictions, et défiait au nom de sa raison, quitte à périr. Macron durera plus longtemps, qui sait soupeser le danger et flatter la bête, finalement edgar-fauriste, si quelques fins justifient l’habileté. On bouscule assez d’habitudes nationales, de la SNCF au droit du travail, pour ne pas écorcher l’identité viticole. Le paysans ont assez de raisons de se plaindre, quand ils doivent manifester et bloquer le Sud-Ouest pour conserver des aides vitales, pour qu’on ne réveille en plus pas les guerres des vignerons d’antan: lou cigal Marcelin Albert, qui défiait la troupe de Clemenceau,  chante encore dans la mémoire des pouvoirs. Le macronisme sait tout cela. Il ne mésestime pas des succès faciles.

 

 

Recevant à l’Elysée de jeunes agriculteurs, jeudi dernier, Emmanuel Macron a donc sacrifié la sérieuse Buzyn aux envoyés de Bacchus, devenus faire-valoirs du message. «Il faut arrêter d’emmerder les Français avec ces conneries», entend-on de sa bouche, dans un enregistrement que Ouest France a publié, plus brut que les propos repris généralement. Face à des paysans du Tarn-et-Garonne, Emmanuel Macron qualifiait de «conneries» les projets attribués à sa ministre de la Santé, et rappelait ses hauts faits. Il avait été ministre de l’Économie, insistait-il, et c’est dans sa loi, portant son nom, que la publicité pour l’œnotourisme -le tourisme vinicole- avait été autorisé. »

 

Texte intégral ICI

 

« Pas une ombre de désaccord avec Macron »

 

Plaisir du vin, prévention des dangers de l'alcool, transition écologique : le courant est bien passé entre les responsables de la filière et Emmanuel Macron au salon de l'agriculture ce 24 février.

 

ICI 

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25 février 2018 7 25 /02 /février /2018 06:00
La résistible ascension de Benoît H Y’a pas à dire ça rapporte plus de vendre du vermoulu aux parigots que d'aller lever des casiers les gars...(26)

Les mots lui manquaient, pourtant ils se bousculaient dans sa tête, lui faisaient mal. Écrire sur un temps heureux, un temps de grand bonheur simple, se replonger dans son passé pour en extraire, non pas des souvenirs éteints, mais des braises vives, était une vraie douleur. Depuis ce fichu jour, chaque moment, tous leurs instants, leurs débordements, leurs rires, leurs fous-rires, les riens, tout ce qui était leur nous dont Benoît ne retenait que ce qui était « elle », sa belle, la douceur de sa peau, le  grain beauté sur son cou, son parfum, la soie de ses cheveux, le lac de ses yeux, son envie d'elle, sa fièvre aussi, l'amour comme on dit, Benoît les retenait, tout au fond, tels des biens précieux, enfouis, protégés de l'oubli. Pas un jour, pas une nuit, sans les avoir exhumés pour tenter de conjurer son malheur, de tenter de revivre. Vain combat, jamais entamé, toujours perdu, seul moyen de perdurer, de traîner sa vie comme un boulet. Et pourtant ce fardeau n'était rien, aujourd'hui enchaîner des mots en des phrases heureuses le plombait. Benoît n’avait pas envie de gueuler pour qu'on vienne me sauver. Face au silence, à l'indifférence il se contente de pleurer sur ce qui n'est, après tout, rien que son malheur.

 

Ce vieux salaud d'Achille fit une fête d'enfer à Marie. Jean et Benoît arboraient des salopettes Adolphe Laffont bleu marine flambant neuves. Ils les avaient achetées à la coop maritime. Avant que le bateau n'accoste, les marins les avaient chambrés copieusement « Y’a pas à dire ça rapporte plus de vendre du vermoulu aux parigots que d'aller lever des casiers les gars... Faudra tout de même qu'on se cotise pour lui acheter des souliers au Jean. La sandale en plastique c'est bon pour aller aux berniques mais pas pour faire le gandin... » Imperturbables ils les laissaient dire. Lorsque Marie apparut en haut de la passerelle de débarquement, Achille se faufila sitôt entre les jambes du flux descendant. Jean marmonna entre ses dents serrées sur son tuyau de pipe éteinte « la classe... du rare mon petit Benoît... » Il faut dire que tout de blanc vêtue, Marie prenait si bien la lumière de l'Ile d'Yeu, un blanc de bleu, pur, qu'elle semblait tout droit sortie d'une toile de maître peinte a tempera.

 

Jamais ils ne s’embrassèrent comme ce jour-là. Les marins, bouche bée, les protégeaient par leur silence. Ils étaient beaux tout simplement. Jean décréta que c'était un jour à langouste. En dépit de du froncement des sourcils de Benoît, le redressement de leur trésorerie était encore fragile, grand seigneur les embarqua dans la C4 jusqu'au port de la Meule. Le déjeuner fut somptueux de simplicité, palourdes, langouste grillée, bar de ligne en croûte de sel, bien arrosé d'un Muscadet, avec un Jean au sommet de son art. Marie était aux anges. Au dessert, ce grand escogriffe, tout en frottant ses éternelles allumettes qui n'allumaient jamais rien, demanda le silence. C'était cocasse puisque lui seul parlait. Tout d'abord, il commanda du champagne. Le patron confus avouait qu'il n'en avait point. Nous nous rabattîmes sur un Saumur. Il était tiède. Jean gazouillait « Mes amis, c'est ma décision, mon service en vieux Rouen, c'est mon cadeau pour votre mariage... » 

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