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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 06:00
« Mon veau est garanti sans cochonneries, je peux vous regarder dans les yeux quand vous le dégustez. » Philippe Roucan éleveur dans le Tarn by Télérama

Ma chronique du jour ne s’adresse pas aux disciples du No Viande chers à l’Aymeric Caron de ces dames, mini-vague bien crantée, sourire Gibbs incorporé sur barbe de 3 jours savamment taillée, chemise blanche ouverte type BHL de Ligue 2.

 

Télérama dans son dernier numéro apporte une contribution intéressante au débat sur l’impact sur le climat de l’élevage : Un effet bœuf sur le climat

« Mon veau est garanti sans cochonneries, je peux vous regarder dans les yeux quand vous le dégustez. » Philippe Roucan éleveur dans le Tarn by Télérama
« Mon veau est garanti sans cochonneries, je peux vous regarder dans les yeux quand vous le dégustez. » Philippe Roucan éleveur dans le Tarn by Télérama

« Un modèle de l’élevage intensif, chargé de satisfaire les voraces carnivores que nous sommes, est nocif pour le climat, dans le Tarn, un éleveur de Salers a choisi une autre voie : produire moins, mais mieux dans le respect de l’environnement. »

 

Tout a commencé avec un rapport de la FAO, en 2007, qui mettait en cause la responsabilité de la viande dans le réchauffement climatique : « Le secteur de l’élevage a des impacts environnementaux a des impacts environnementaux si profonds et d’une telle ampleur qu’il devrait être considéré comme l’un des principaux centres de préoccupation des politiques environnementales. »

 

En 2013, la FAO estimait que l’élevage qu’il rejette à lui seul 7,1 gigatonnes d’équivalent CO2/an dans l’atmosphère, soit 14,5% des gaz émis par les activités humaines.

 

« Que les usines à viande polluent, c’est l’évidence. Leur mode de fonctionnement est une aberration écologique. Entassés dans des hangars toujours plus grands, bovins, porcs, volailles se gavent d’aliments massivement importés (à hauteur de 77% pour l’élevage européen). En particulier du Brésil, où l’on rase la forêt amazonienne, poumon de la planète, pour laisser place à de gigantesques champs de soja – transgéniques essentiellement – imprégnés d’engrais et sillonnés de gros tracteurs. À cela, il faut ajouter les transports de céréales et de viande aux quatre coins de la planète, le stockage et le traitement des effluents (les fumiers et les lisiers), les quantités astronomiques d’eau utilisées pour nettoyer les sols bétonnés… »

 

Philippe Roucan pose la bonne question : « Vous pensez vraiment que nous faisons le même métier ? »

 

Reste le méthane : 39% des émissions causées par l’élevage.

 

Philippe Roucan répond « Mais bon sang, elles se nourrissent d’herbe et du foin que je fauche sur place, j’utilise l’eau de source, quasiment pas d’engrais parce que je traite mon fumier avec des bactéries qui triplent son efficacité. Sans compter que j’entretiens près de deux cents hectares de prairies permanentes qui absorbent les gaz. Mon bilan carbone est positif, vous pouvez me croire ! »

 

Mais comme le note Marc Belpois l’auteur de l’article « Hélas Philippe est la partie émergée de l’iceberg-élevage, celle que l’on aperçoit à la campagne, l’image rassurante d’une France rurale éternelle. Il est aussi, bien malgré lui, la vitrine de la filière de la viande, un secteur d’activité gigantesque qui œuvre à l’abri des regards. »

 

Là notre journaliste mélange les carottes et les navets, c’est-à-dire les élevages hors-sol essentiellement avicoles et porcins, et l’élevage bovin qui regroupe les bovins laitiers et les bovins élevés pour la viande dénommés en France le troupeau allaitant (le plus important en Europe). N’oublions pas que notre viande rouge provient essentiellement de vaches laitières réformées.

 

De plus les consommateurs pressés adeptes des caddies surchargés ne peuvent se dédouaner de leur responsabilité : le développement du steak haché dans les nouvelles générations, des nuggets de poulets, des tranches de jambon sous vide, des plats dit cuisinés… etc. est un booster de l’élevage industriel qui permet de produire à bas coût le « minerai ».

 

Je vous laisse le soin de découvrir l’article en allant acheter Télérama chez votre marchand de journaux.

 

Pour ma part je vous propose de lire ou de relire quelques chroniques sur ce sujet :

 

1-Yves-Marie Le Bourdonnec, boucher « révolutionnaire », va encore faire un « effet bœuf » avec sa charge contre la FNSEA de Xavier Beulin » 

 

« A l'instar de « mes amis » de la confédération des bouchers et plus particulièrement mon « camarade » H.Desnoyer. Je ne soutiens pas la manif des éleveurs à Paris ce dimanche. Cette manif est orchestrée par la FNSEA du seigneur tout puissant céréalier Xavier Beulin, qui aime se rendre solidaire des pauvres éleveurs pour mieux monopoliser les subventions de ses monocultures à chaque intempérie. Tout le monde sait que l'élevage Français est en faillite faute de ne pas avoir su produire une viande écologique, durable et indépendante de la spéculation des céréales mondiale. Je préfère leurs proposer comme je le fais avec mes éleveurs un nouveau modèle adapté aux monde actuel et les payer pour la qualité de leurs viande. Tout le monde sait aujourd'hui que le prix au kg de viande d'une Blonde d'Aquitaine est faussé par l'exportation de nos veaux mâles et par les subventions aléatoires. Ça me fait marrer tous ces mecs de droite qui prônent un modèle ultra-contrôlé et dépassé par l'UE. »

 

2-Les vaches qui «pètent» * menacent-elles la planète ? Bovins et Vins même combat ! 

 

« Mais revenons à nos moutons, je veux dire à nos braves vaches qui pètent dégageant ainsi un max de méthane (CH4) qui troue vachement notre bonne couche d’ozone : selon l’étude Livestock’s Long Shadow de la FAO de novembre 2006 18% des émissions totales de gaz à effet de serre (* pour Monsieur Mioche précisons en effet qu'ici les pets sont des pets de bouche, pas de nonne, en effet la vache rumine et Monsieur Mioche fulmine sans flatuler). Comme l’écrit JP Géné dans son livre c’est Apocalypse Cow ! Et de citer à l’appui de l’approche affective chère à notre société médiatique deux exemples qui en disent plus long qu’un long discours « Sir Paul McCartney lance un appel pour un jour sans viande par semaine (meatless day), Corinne Lepage, Yves Cochet, Alain Bougrain-Dubourg, Jean-Marie Pelt, font « la grève de viande » à Copenhague et Le Monde du 23 décembre 2009 s’interroge en une : « Manger moins de viande pour sauver la planète ? » Fermez le ban, les prohibitionnistes ont encore frappés.

 

3-Être Bête 

 

« Quand la fille de l'éleveur Philippe Roucan s'installe à Toulouse pour y poursuivre ses études, il accroche au mur de son appartement une photo des Salers. « Je lui ai dit : c'est pour te rappeler premièrement d'où tu viens et, deuxièmement, que si tu es là, c'est aussi grâce à elles. Et que si on peut te permettre de faire des études, c'est elles qui vont en payer une bonne partie. »

 

Pour terminer cette chronique je vous propose un passage du livre de Jocelyne Porcher « Être Bête » en guise de réflexion

 

« Ce n’est pas le pouvoir qui règle les rapports, mais la responsabilité. Et ce n’est plus une organisation interne, rythmée par les combats, mais un agencement tourné vers l’extérieur : cette organisation inclut l’éleveur.

 

L’animal est au centre de ce type d’organisation, c’est la meneuse. Elle remplit plusieurs rôles. Elle prend en charge de conduire le groupe et décide des déplacements. Les éleveurs disent d’elle qu’elle assure le calme et qu’elle peut tempérer l’inquiétude de ses congénères quand il y a lieu. La meneuse a généralement la confiance du groupe ; elle émerge du troupeau de manière consensuelle, notamment à cause de ses qualités particulières. Elle a de l’expérience, c’est souvent une vache plus âgée. Souvent gourmande, toujours curieuse et avide d’explorer, c’est une vache « prête à faire des expériences », une vache « qui prend des risques ». C’est surtout une vache qui est indépendante et qui a du tempérament.

 

Elle est capable d’entraîner le troupeau à sa suite ; le plus souvent, si la meneuse ne bouge pas, le groupe refusera de se déplacer. »

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 06:00
Coup de pompe sur le Tour de France : un petit coup de rouge et l’échappé repartait en sens inverse…

C’était le 28 juillet 1950, vu mon jeune âge : 1 an depuis le 12 juillet et, en dépit de mon extrême précocité, je ne suivais pas encore les résultats des étapes du Tour de France. La grosse TSF posée sur le vaisselier en cerisier dispensait pourtant chaque soir les Informations chères à mon père.

 

Ce jour-là, sur la 13e étape du Tour de France qui partait de Perpignan pour gagner Nîmes, le cagnard faisait régner une atmosphère d’enfer sur un parcours tourmenté égrenant les vignobles du Midi Rouge, du gros rouge bien sûr.

 

Deux larrons de l’équipe d’AFN (l’Algérie est alors française et le Tour se courrait par équipes nationales et régionales) Marcel Molinès (dossard 114) et Abdelkader Zaaf (dossard 115) attaquaient et prenaient une large avance : jusqu’à 16 minutes et leur échappée semblait les mener à joindre l’arrivée où la victoire se disputerait au sprint.

 

Zaaf lâchait Molinès mais, « assoiffé, se saisissait d’un bidon tendu par un spectateur. Malheureusement pour lui celui-ci contenait du vin. Coup d’assommoir pour le coureur qui, après s’être désaltéré, légèrement titubant, reprenait son vélo et repartait en sens inverse. » C’est donc Marcel Molinès qui ralliait Nîmes en vainqueur avec 4 minutes 30 d’avance sur le peloton comprenant Stan Ockers et le futur vainqueur le suisse Ferdi Kubler.

 

Légende que tout cela ? 

 

La chaleur, la fatigue et surtout l’ingestion d’amphétamines Zaaf a été victime d'un malaise et il s'est écroulé au bord de la route. Des vignerons qui se trouvaient là l'ont adossé contre un platane  et comme ils n'avaient pas d'eau sous la main l'ont aspergé avec du vin.

 

De plus Zaaf en bon musulman pratiquant ne buvait pas de vin ça ne l'empêchait pas de poser avec un verre de St Raphael à la main). Ayant retrouvé ses esprits, ou presque, enfourchait son vélo mais repartait en sens inverse.

 

L’organisation étant ce qu’elle était à cette époque, on ne sait trop comment il se retrouvait nez à nez avec la voiture-balai. Sans doute le peloton était passé devant son platane pendant son malaise. Il empestait la vinasse d’où cette histoire qui fit le bonheur des salles de rédaction. Bonne pioche, devenu populaire il fut invité à de nombreux critériums d’après-Tour. Et comme en 1951 il s’octroyait la lanterne rouge du Tour Abdelkader Zaaf entrait dans la légende de celui-ci.

 

Chronique du 24 juillet 2010 :

La légende du Tour : la « fameuse cuite » Abdelkader Zaaf et sa lanterne rouge en 1951

Coup de pompe sur le Tour de France : un petit coup de rouge et l’échappé repartait en sens inverse…
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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 06:00
La Claire de Picardie joue à la poissonnière au Lapin Blanc en vendant du « chien de mer » tout bleu…

Elle ne recule devant rien la fille de Saint-Quentin, même pas devant la confection d’un tartare de cheval divin. Avec elle ça fait souvent pfutt, le geste joint à la parole… faut que ça déménage ! Alors ne soyez pas étonnés,

 

même si notre Claire n’est pas une fille du bord de mer, ces filles au teint si clair qui ont l'âme hospitalière, ce qui n’est pas pour me déplaire,

 

de la voir se glisser dans la peau d’une poissonnière d’un nouveau type proposant des pichons frais de la marée aux clients de la cantine d’altitude.

 

En effet, les gars de la Poiscaille Charles Guirriec et Guillaume Gréaud  ce mardi ont déposé leurs casiers au Lapin Blanc la cantine d’altitude de la rue de Ménilmontant.

 

 

La Claire de Picardie joue à la poissonnière au Lapin Blanc en vendant du « chien de mer » tout bleu…
La Claire de Picardie joue à la poissonnière au Lapin Blanc en vendant du « chien de mer » tout bleu…

Dimanche dernier j’avais demandé à Claire :

 

  • Quelle poiscaille y vont nous ramener ?

  • Du requin m’a-t-elle répondu…

Ébaffé le Taulier, les dents de la mer chez Claire je n’en croyais pas mes oreilles. La surprise passée je me suis dit qu’après tout ça me changerait du mulet ou du maigre et je me suis plongé dans ma bible poissonnière : la fabuleuse histoire du nom des poissons.

La Claire de Picardie joue à la poissonnière au Lapin Blanc en vendant du « chien de mer » tout bleu…
La Claire de Picardie joue à la poissonnière au Lapin Blanc en vendant du « chien de mer » tout bleu…

« Le nom requin lui-même à une origine encore controversée. Selon l’hypothèse la plus probable, il vient de quin, forme normande ancienne du chien. Ce nom s’expliquerait donc comme une métaphore comparant ce poisson à un chien, avec un préfixe re- pouvant se comprendre comme un renforcement de la métaphore.

 

Cette hypothèse est cohérente avec l’usage initial en français du nom requin, qui était réservé aux plus gros d’entre eux. Lacépède n’employait le nom requin que pour le grand requin blanc, qu’il appelait spécifiquement le Squale requin.

 

Chez les anciens, Aristote (VI, 10 et 11) désigne certains requins sous le nom de kuôn « chien » ou encore skulion, ou skulios, formé sur skulax « jeune chien », et Pline (IX, 11à, 151) reprend cette métaphore avec les noms latins canis marinus « chien marin » et canicual « jeune chienne ».

 

Beaucoup plus tard, Guillaume Rondelet, dans son Histoire entière des poissons de 1558, donne à l’ensemble de ces poissons le nom de chien de mer, une expression qui s’emploie encore aujourd’hui, mais seulement pour désigner des requins de taille moyenne ou petite, comme les roussettes, les aiguillats et les émissoles… »

 

La comparaison avec le chien se justifie si l’on pense à leurs dents acérées et à leur flair exceptionnel : le requin à un flair extraordinairement développé qui lui permet de détecter la moindre particule de sang et de suivre une proie à la trace, exactement comme un chien suit le gibier sur la terre ferme.

La Claire de Picardie joue à la poissonnière au Lapin Blanc en vendant du « chien de mer » tout bleu…
La Claire de Picardie joue à la poissonnière au Lapin Blanc en vendant du « chien de mer » tout bleu…
La Claire de Picardie joue à la poissonnière au Lapin Blanc en vendant du « chien de mer » tout bleu…

Donc cap sur la poissonnerie d’altitude où le requin m’attend patiemment, c’est un requin bleu dénommé également peau bleue (Prionace glauca), est une espèce de requins pélagiques

 

Ordre :Carcharhiniformes

 

Famille : Carcharhinidae

 

Genre : Prionace

 

Taille : 3,00 à 3,50 m

 

Poids : 150 à 180 kg

 

Longévité : 15 à 18 ans

 

« Ce requin est caractérisé par sa forme très effilée et par la teinte bleue de la partie supérieure de son corps. Le requin bleu possède un long museau effilé, de grands yeux et un corps fuselé muni de deux longues nageoires pectorales, d’une nageoire caudale au lobe supérieur très allongé, et de deux ailerons dorsaux de petite taille. L’épiderme est bleuté sur la partie supérieure. La zone ventrale est blanche. »

 

Habitat

 

« De 350 mètres de profondeur à la surface, le requin bleu habite tous les océans et mers du monde dans des latitudes comprises entre 66° Nord à 55° Sud. Ce requin est pélagique mais peut occasionnellement rester à proximité de la ceinture continentale. De jeunes requins bleus sont parfois observés près des côtes. Il préfère les eaux entre 7 °C et 16 °C mais supporte bien les eaux légèrement au-dessus de 20 °C. C’est l’espèce de requin la plus répandue car il fréquente tous les milieux marins à l’exception des zones polaires. Il est abondant dans l’océan Atlantique et même en Méditerranée. »

 

Alimentation

 

« C’est un prédateur extrêmement agile qui peut passer de l’obscurité des profondeurs à la surface en quelques secondes. Son alimentation est très variée : calmars, poissons, petits requins, crustacés et plus exceptionnellement oiseaux et cadavres de mammifères marins. Il se fait également charognard à l’occasion. Il suit les bateaux à l’affût des déchets jetés par-dessus bord. »

 

Mon petit requin bleu a été péché au large de la presqu’île de Quiberon vendredi soir par Antony et son matelot Daniel par le Keralic au palangrier. Il mesurait 1,20 m et pesait 8 kg.

 

Cuisiné le voici dans mon assiette, la chair est d’une grande finesse, c’est surprenant et délicieux…

La Claire de Picardie joue à la poissonnière au Lapin Blanc en vendant du « chien de mer » tout bleu…

Mais je ne puis terminer cette chronique pour Claire sans rendre hommage à l’un de ses pays Jean de Boulogne Chasse-Marée de Picardie 

Les 5 Boulonnais menés par Michel Vincent (photo Jean-Léo Dugast)

Les 5 Boulonnais menés par Michel Vincent (photo Jean-Léo Dugast)

Je suis Jean de Boulogne, Chasse-Marée de Picardie si fier de ma besogne mener du poisson à Paris.

 

Sans un instant de trop, moi je n’ai qu’une seule journée pour atteindre au triple galop la porte au Faubourg Poissonnier.

 

Sur mon chariot j’ai vingt quintaux de pichons frais de la marée, par le devant cinq chevaux les plus beaux des grands Boulonnais.

 

Monté en croupe pour mieux conduire, je sais pousser, je sais freiner, je sais les pentes où l’on chavire, j’y vais la nuit les yeux fermés.

 

Holà ! Garez-vous donc ! Chasse-marée de Picardie ! Holà ! Garez-vous donc ! On m’attend à Paris !

 

Je suis fils de charretier et tant de fois j’ai vu mon père faire ces chariots, ces grands paniers, arcs tendus pour fendre l’air.

 

Que l’idée m’est venue, d’en devenir le maître, fils de charretier, Chasse-marée, c’est ainsi que dieu m’a fait naître.

 

J’ai débuté enfant par les chemins pierreux, petit mouilleur de frein, je n’étais pas peureux

 

Tant y’a des bosses et des cahots où des carrosses feraient des tonneaux, tant y’a des rues et des ornières où des charrues casseraient leur fer.

 

Holà ! Garez-vous donc ! Chasse-marée de Picardie ! Holà ! Garez-vous donc ! On m’attend à Paris !

 

A quatorze ans, j’ai pris la selle, seigneur de ma folle équipée aux grandes larmes des pucelles qui me voyaient déjà tomber.

 

Car les chemins en ont tués bien des gaillards de mon pays morts sous la roue, sur le pavé, au péché de s’être endormi.

 

Des yeux des gueuses je n’ai que faire aux relais où je prends chevaux car moi ma mie c’est la crinière qui vient me caresser le dos.

 

Et j’ai sur moi l’odeur du vent parfum des fées, filles des bois que j’aperçois de temps en temps Flottant sur l’ombre qui nous noie.

 

Holà ! Garez-vous donc ! Chasse-marée de Picardie ! Holà ! Garez-vous donc ! On m’attend à Paris !

 

Un jour j’ai failli chavirer par trop de routes dans le mois, las je me suis mis à rêver qu’un poète vantait mes exploits.

 

« En ce temps-là, la Picardie allait du Tréport en Calaisis et des hommes au prix de leur vie menaient du poisson à Paris.

 

Sorti de la Manche à minuit, grillade à Montmartre à midi, mais quels grands mages ont fait ceci ? Les Chasse-marée de Picardie ! »

 

Et sous les cris et les bravos, un hennissement m’a rappelé, j’allais glisser sous le tombereau mon cheval m’avait réveillé.

 

Holà ! Gare toi donc ! Chasse-marée de Picardie ! Holà ! Gare toi donc ! Et tant pis pour Paris !

 

Alors j’aimerais que le poète ajoute un vers à nos mémoires pour dire que nos chevaux, en fait... bien plus que nous ont fait l’histoire.

 

Jean-François Battez

VIDEO. Quel est l'animal qui tue le plus d'hommes sur Terre?

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 06:00
www.paysan-breton.fr

www.paysan-breton.fr

Attendu que j’adore le comique de situation.

 

Attendu que j’adore ceux qui ont des certitudes en béton.

 

Attendu que j’adore la mise en avant du paysan, modèle unique, non révisé depuis que ce barbu de Karl Marx écrivait que les paysans ressemblaient à « un sac de pommes de terre » : ils pouvaient se rassembler sous la pression d’une force extérieure, mais étaient incapables de s’unir de façon permanente pour servir leurs propres intérêts.

 

Attendu que j’adore la vision « modèle breton » bonnet rouge de Thierry Merret maraîcher à Morlaix.

 

Mercredi 15 avril 2015 à 04h28

 

« Le syndicat agricole a tenu les élections de son président, bureau et conseil d'administration mardi soir. Une élection compliquée cette année pour le président du syndicat. Il était disputé par un autre candidat, Pascal Prigent, son ancien secrétaire général. Bilan : Thierry Merret est tout de même réélu pour la 11ème fois à la tête de la FDSEA 29 par 44 voix à 37 

 

Attendu que ce qui suit est beau comme une caricature je vous laisse le soin d’apprécier :

 

« Les paysans traînent à leur pied le boulet de la bien-pensance urbaine, qui oppose « petites » aux « grosses » exploitations, l’agriculture « biologique » à l’agriculture « intensive », les circuits courts à l’export… Brièvement résumé, il y aurait d’un côté les « bons » agriculteurs, et de l’autre les «mauvais»

 

« Il est urgent de sortir d’une vision de l’agriculture et de l’agroalimentaire cantonnée au seul prisme des signes de qualité et d’origine. Encore une conception qui accrédite l’idée du « small is beautiful » ! Dans la réalité, cela fait belle lurette que l’agroalimentaire s’est affranchi des territoires. Prenons l’exemple de Lactalis, leader mondial des fromages, qui est aussi le riche propriétaire de plusieurs AOC françaises : voilà comment des entreprises internationales, souvent éloignées des territoires se forgent une image artisanale.»

 

« La vision bucolique de la campagne, avec des paysans en chemise à carreaux et coiffés d’un béret, est largement entretenue par les médias. L’agriculture dite « conventionnelle » est régulièrement mise au pilori dans des talk-shows très parisiens, où se côtoient chanteurs, acteurs, écrivains. Ces derniers, bien souvent encouragés par les présentateurs télé, délivrent leur vision « boboïsée » de l’agriculture sous prétexte de « débattre » sur des sujets d’actualité comme la ferme des 1000 vaches, la défense des droits des animaux (ah, Zahia et la ruralité !), les champs d’OGM, les pesticides, les antibiotiques, et que sais-je encore… »

 

« Conventionnel, bio, export, circuits courts sont complémentaires, et sont la force de nos territoires : que l’on cesse d’opposer la diversité de l’agriculture française ! »

 

L'ensemble de l'oeuvre ICI

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 11:30
Photo Armand Borlant ®

Photo Armand Borlant ®

En paraphrasant Antoine de Saint-Exupéry sache, mon cher Lincoln, que « lorsque je regarderai le ciel, la nuit, puisque tu habiteras dans l'une d'elles, puisque tu riras dans l'une d'elles, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles. Tu auras, toi, des étoiles qui savent rire ! »

 

Nous nous sommes croisés la première fois au 104 le 19 novembre 2009 à Autrement Vin, de suite ton humour teintée d’une ironie légère, ton franc sourire, ton regard pétillant, ton chapeau australien, ton solex que tu avais laissé à Sablet, tes questions taquines pertinentes ou impertinentes avec ta pointe d’accent, m’avait séduit.

 

Amis, oui… alors puisque tu viens de t’éloigner des routes goudronnées, cher Lincoln, et que je ne suis pas sûr que tu aurais apprécié que je te couvre de fleurs posthumes je préfère ressortir de la naphtaline une chronique que tu avais beaucoup apprécié.

 

« Le Solex, les ronds-points et les vignerons stars : tu seras œnotouriste mon petit-fils ! » 

 

Le solex

 

Celui de Tati, qui a retrouvé sa pipe, bien sûr, mais aussi celui d’Alain Duhamel le chroniqueur politique que le monde entier nous envie. Quel spectacle que de voir un si petit moteur traîner un homme aussi rond lové dans un imperméable Burberry antédiluvien : on eut dit un de ces petits ânes du Maghreb trottinant allègrement en dépit du poids des poussahs qui les montent ! Le mien aussi, un solex d’occasion acheté aux Puces de Montreuil, un des origines qui, lors du déménagement de la SIDO s’est vu embarquer par les préposés aux paquets pour leur propre compte comme le marbre des cheminées d’ailleurs : y’a pas de petit trafic ! En dépit de mes braiements mon collègue Olivier Drège, DG de l’Office des Céréales, n’a jamais voulu faire jouer les assurances : le solex étant considéré par lui comme un vieux jouet de bobo. Quel manque de goût !

 

En effet, que lis-je dans la presse bourgeoise ?

 

Que Lincoln Siliakus, ancien avocat, journaliste du vin, résident à Sablet, a été désigné comme œnotouriste de l’année 2009 par le magazine Winetourisminfrance.com…

 

Bonne route Lincoln, attention aux cumulo-nimbus et à la Grande Ourse, ce sont les ronds-points du ciel, et comme ton Solex va maintenant fonctionner à l’hydrogène, soit prudent car nous nous retrouverons dans quelques temps…

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 06:00
L’effet Spritz où le bras d’honneur fait aux pleurnicheurs qui mettent la baisse de consommation du vin sur le dos de la loi Évin

Dans le petit monde du vin, les grands, les petits, les vieux, les jeunes, les moins jeunes, les presque vieux, les barbus, les chauves, les rouquins, les blondes, le tout au masculin comme au féminin, il est un thème qui rassemble, lie, fortifie : vouer aux gémonies la loi Évin cause quasi-unique du déclin de la consommation du vin boisson nationale, totémique selon le quasi-oublié Roland Barthes.

 

Bouc-émissaire idéal fortifié par la stratégie de piqures de guêpes de l’ANPAA, la fameuse loi Évin a bien évidemment sa part de responsabilité mais passer par pertes et profits la disparition inéluctable des gros buveurs de vin, à partir des années 70, dans la consommation, donc bien avant la parution de la loi scélérate, pèse bien plus lourd que l’effet prohibitionniste.

 

Un autre facteur, que les pleurnicheurs se gardent bien d’assumer, c’est leur rôle dans cette baisse : lorsque l’on proclame à longueur de lignes, qu’il faut boire moins mais boire mieux, l’effet sur l’assiette de la consommation est redoutable. Les prescripteurs de tout poil ne s’intéressent pas à la consommation de masse, ils préfèrent s’en tenir à un élitisme plus porteur de retour sur investissements publicitaires.

 

Mais alors qu’est-ce qui fait boire, qu’est-ce qui déclenche l’acte d’achat, qu’est-ce qui booste les ventes ?

 

La publicité de marque, et là y’a pas photo, le monde du vin ne dispose que d’un maigre portefeuille de marques, hormis le champagne et quelques marques anciennes ou plus récentes comme Listel et la Roche Mazet, et de budgets publicitaires très modestes. Le cidre avec les marques Écusson et Loïc Raison du groupe Agriaal a une puissance de feu plus forte. 

 

En écrivant ce que j’écris je ne suis pas en train de faire l’apologie de la publicité de marque et de regretter que le vin soit absent de cette compétition, je me contente de constater une réalité. Les « petits gros » budgets publicitaires du vin sont entre les mains des Interprofessions qui ne peuvent faire de que la publicité générique dont l’impact direct sur la consommation reste assez faible. Disons que ce n’est que de l’entretien de notoriété.

 

Pour mieux me faire comprendre, illustrer mon propos, j’ai choisi la soudaine irruption d’une boisson, jusqu’ici peu connue, sur les terrasse des cafés et les bars : le Spritz.

 

« Prenez six centilitres de prosecco, quatre d'Aperol et deux d'eau gazeuse et vous obtiendrez le cocktail préféré du canal Saint-Martin parisien. Mais comment le Spritz est-il devenu la boisson tendance du moment ? Une question de goût, une envie d'Italie ? Que nenni : une stratégie marketing. » constate un blogueur.

 

Objection votre honneur c’est encore un truc de bobos !

 

Des clous !

 

Stéphane Cronier, directeur du pôle spiritueux chez Rothschild France Distribution, est explicite : ils ont construit la demande « Nous avons commencé par former les barmans des établissements premiums à la préparation de ce cocktail ». Reçu 5 sur 5 les bars ont été d'autant plus soucieux de le servir que le cocktail leur permet de faire une bien meilleure marge que le mojito, qui avait d'ailleurs déferlé dans les bars sous l'impulsion de la marque de rhum Havana Club.

 

Derrière cette stratégie le groupe Campari qui a racheté la marque d’apéritif Aperol trop amer pour être consommé tout seul. L’idée, une bonne dit-on après le succès, a été d’associer le nom de la marque à celui d'un cocktail, le Spritz, qui n'était dans la version originelle vénitienne que du vin blanc coupé à l'eau pétillante.

 

2000 litres en 2011.

 

500 000 litres en 2014.

 

750 000 litres prévus pour fin 2015.

 

Tout ça sous l’empire de la loi scélérate, un apéritif italien totalement inconnu il y a encore cinq ans cartonne, bien mieux qu'un long discours.

 

« Avant l'Hexagone, le géant italien de spiritueux l'a expérimentée dans d'autres pays. Depuis son rachat par Campari, en 2003, la marque a multiplié ses ventes par quatre, grâce notamment à son expansion internationale. Aperol pèse aujourd'hui 10% du chiffre d'affaires du groupe (1,56 milliard d'euros) avec une croissance de 7% l'an dernier. »

 

« Campari a eu l'intelligence de préempter le nom et de l'associer à la marque Aperol pour le propulser sur la scène internationale. Avec une recette simple: trois volumes de prosecco (vin blanc pétillant), deux d'Aperol et un d'eau gazeuse. A chaque fois, les hommes de marketing ont pris le soin de construire la demande avant d'inonder la grande distribution. » les Échos

 

La méthode :

 

  • Construire la demande en s’appuyant sur les vrais prescripteurs

  • Associer 1 vin en vogue le Prosecco (en l’occurrence la marque du groupe Campari Riccadonna) avec Aperol. Les deux boissons se renvoyant l'une à l'autre via une collerette donnant la recette de l'Aperol Spritz.

  • Investir progressivement dans la communication pour aboutir en 2015 à un dispositif massif de 5000 panneaux d'affichage dans vingt villes françaises.

 

Actuellement, 60% des ventes d’Aperol sont réalisées via la grande distribution.

 

«Dans tous les pays où elle a été expérimentée, cette progressive montée en puissance a payé, précise Stéphane Cronier. Le démarrage a été lent mais une fois partie, la courbe des ventes croît de manière exponentielle.»

 

Feu de paille que cette « spritzmania » ?

 

Je sais le nouveau vieilli vite et la mode est versatile, donc qui vivra verra. Mon propos ne se place pas sur le terrain de la durée de vie d’un produit mais sur celui très prosaïque, basique, de la PUBLICITÉ, la bonne vieille réclame chère à Marcel Bleustein-Blanchet avec les slogans basiques des lessiviers, celle qui fait vendre.

 

Dans le cas d’espèce le groupe Campari, qui n’a guère été gêné dans sa stratégie par la loi Évin, a simplement déployé de gros et judicieux moyens. Imaginez une seule seconde ce que pourrait être le déferlement des gros calibres si cette loi scélérate était jetée au panier ?

 

Face aux gros mercantis il nous reste une arme fatale : la CULTURE pour promouvoir le vin, « Les coteaux, maisons et caves de Champagne ainsi que les climats de Bourgogne, inscrits au patrimoine de l'humanité » et j’en suis très heureux.

 

Que l’on puisse éduquer, diffuser des reportages, des images sur les vignobles, les chais, les gens du vin, sur les grands médias les plus regardés j’en suis un fervent partisan. Mais, de grâce ne mélangeons pas tout : publicité, communication, information, ayons une vision réaliste de ce qu’est le monde du vin français, un patchwork complexe peu réductible au simplisme de la publicité de masse.

 

Les atouts du vin « à la française » ou pour être européen, même si c’est plutôt mal porté en ce moment, du type « vieux monde », ceux qui le distingueront de la masse des produits standards, se nichent prioritairement dans la capacité des gens du vin à intégrer toutes les nouvelles demandes sociétales qui permettront de revisiter ce produit culturel, de lui faire retrouver ses racines, ce fameux terroir tant galvaudé dans les pauvres slogans de la publicité.

 

J’aime beaucoup raconter des histoires mais il n’y a rien pire que de se raconter des histoires, à se la jouer, de faire comme si, de se masquer la réalité même si celle si déplaît, me déplaît. Le vin français n’a rien à gagner à se glisser dans un moule unique : celui des produits alimentaires de grande diffusion. Que certains s’engagent sur cette voie ne me pose, ne m’a jamais posé de problèmes. L’océan rouge, la concurrence exacerbée, les prix cassés, la domination de la GD sont pour beaucoup d’opérateurs une obligation et non un choix stratégique.

 

C’est l’autre branche de l’alternative qui pose problème, celle des vins que les bistrotiers parisiens qualifiaient bêtement de vins de propriétés, des vins d’artisans… Et là, il y a thrombose, ça se bouscule au portillon, l’ambiguïté la plus épaisse règne.

 

Et là, avec le retard habituel des ouvriers de la 25e heure, des voix s’élèvent dans le petit marigot de la blogosphère pour s’horrifier en découvrant la réalité de la dilution de nos appellations. Voilà donc les autoproclamés experts, adoubés par la RVF qui prennent le train en marche : 

 

« Le monde français du vin n’aura bientôt plus grand chose à envier au surréalisme belge. La loi Evin et ses divers rebondissements offrent déjà de quoi se divertir mais toujours plus loin dans l’ubuesque, je vous présente l’AOP.

 

L’AOP, c’est cet estampillage quasi obligatoire pour un vin bien-né, qui signe son appartenance à telle ou telle appellation. C’est le sceau de garantie, l’indispensable passeport pour la qualité, la référence. Du moins ça l’était: si le système des AOP en régulant et codant a assurément poussé la production vers le haut, c’est en passe de devenir le contraire. »

 

Ça mériterait une large réflexion qui dépasserait le bout du nez de la nuisibilité de la loi Évin, qui exigerait de cesser de mettre tous les vins dans le même grand sac, merci d’éviter de nous resservir de l’équivalent Rafale, qui cesserait de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, qui arrêterait de se complaire dans un entre soi dont l’opinion publique se tamponne comme de sa première chemise…

 

Bien sûr, l’avenir de nos vins se situe aussi sur les marchés extérieurs porteurs mais n’oublions pas que notre marché domestique, en dépit de la décroissance de la consommation, reste le plus important marché en volume dans le monde. Alors, un peu d’intelligence économique, d’imagination, de réelles innovations concernant la conduite du vignoble, des vinifications ne nuiraient en rien au développement de la notoriété de nos vins.

 

Un beau chantier pour la nouvelle génération de vignerons que ce retour aux fondamentaux qui dans un monde mondialisé, uniformisé, est un gisement de création de valeur, unique et inestimable…

L’effet Spritz où le bras d’honneur fait aux pleurnicheurs qui mettent la baisse de consommation du vin sur le dos de la loi Évin
L’effet Spritz où le bras d’honneur fait aux pleurnicheurs qui mettent la baisse de consommation du vin sur le dos de la loi Évin
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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, « le SAC c’était le bon dieu sans les curés» Pasqua était vice-président. La Garantie Foncière refuge des rentiers de la France qui avait tant aimé le Maréchal

J’ai toujours détesté les préavis, les départs programmés, lorsque la routine pointe son nez je me casse, je me tire. Nul besoin de déballer les tenants et les aboutissants de mon départ, je n’aime pas les mouchoirs, seule l’urgence de me mettre à nouveau en danger primait. Nul regret, une mue radicale, le minimum syndical en baluchon, la tête libre, le cœur en fête, bientôt je serais accoudé au bastingage du ferry qui traverserait le détroit de Messine. Mettre de la distance avec les médiocres, écrire…

 

Pour autant je ne rompais pas toutes les amarres, ma fine équipe restait opérationnelle et, avec mes instructions, je leur laissais un mémento historique pour fortifier leur capacité à voir un peu plus loin que le bout de leur nez.

 

Qui se souvient de la tuerie d’Auriol ? 

 

1981, l’élection de Mitterrand est en passe de devenir une réalité, on annonce des communistes au gouvernement. Alors que la droite la plus radicale redoute de voir arriver les chars soviétiques, le SAC est aux abois et se prépare à une guerre civile. Aussi ridicules que puissent paraître ces craintes aujourd’hui, elles sont réelles à l’époque et expliquent la forte tension qui règne en France. Les membres de l'officine droitière font alors campagne contre Giscard, avec le raisonnement suivant, d'une piètre lucidité : si les socialo-communistes gagnent, ce sera le chaos et les gaullistes reviendront vite au pouvoir...

 

Le SAC (Service d’Action Civique) voit le jour le 4 janvier 1960, date de son enregistrement à la préfecture de Paris, son but officiel est d'apporter un soutien inconditionnel à la politique du général de Gaulle. Dirigée par Pierre Debizet, l’officine barbouzarde est au service de Jacques Foccart, l’homme de l’ombre de De Gaulle. « Les membres sont chargés d’assurer la sécurité des personnalités du RPF, mais également le service d’ordre des manifestations ou le collage des affiches. Très polyvalents, les membres du Sac sont occasionnellement briseurs de grève et assurent plus largement toutes les basses œuvres du régime gaulliste. Largement composé d’anciens résistants, on sait bien que ces héros de 1940 ne sont pas tous des saints, le SAC recrute parmi les militants gaullistes mais aussi dans le milieu, dans la police, la gendarmerie. Parmi ses fondateurs, on trouve Alexandre Sanguinetti, Charles Pasqua qui en devient vice-président, ainsi que son ami Étienne Leandri. Des criminels de l'époque ont possédé une carte du SAC, à l'instar de Jo Attia ou de Christian David (dit « Le Beau Serge ») ; certains éléments de la pègre avaient en effet conservé des liens avec le gaullisme en raison de leur passé de résistant ou de déporté durant la Seconde Guerre mondiale, on compte aussi des truands comme Georges Boucheseiche, anciennement membres de la Gestapo de la rue Lauriston, désirant être proche du pouvoir politique pour profiter de la protection de ce dernier. »

 

Et qui se souvient de la « Garantie Foncière » ?

 

Les fondateurs de la Garantie Foncière : Robert et Nicole Frenkel pour séduire les rentiers de la France profonde, celle qui avait tant aimé Vichy et le Maréchal, de façon caricaturale offrait un échantillon représentatif de cette France éternelle qui osait de nouveau affirmer son attachement aux valeurs du bon monsieur Guizot. Ces petits bourgeois, boutiquiers ou notaires, maquignons ou petits patrons, ralliés bon gré mal gré au grand escogriffe de Colombey, qui après tout, en dépit de son reniement algérien et de ses fantaisies d’indépendance nationale, avait ramené la stabilité et l’ordre, trouvaient en Pompidou un bon syndic de succession. Après la grande peur de mai l’heure était de nouveau au recyclage des bas de laine et des lessiveuses dans la pierre pour les accédants à la propriété.

 

Robert Frenkel, qui se présentait comme le simple directeur financier de la Garantie Foncière, animait des tables rondes, où certains journalistes stipendiés de la presse financière lui servaient la soupe moyennant bakchich. Face aux hésitants, le petit homme rondouillard ne lésinait pas sur le calibre des arguments choc « Nous avons parmi nos actionnaires un lauréat du Nobel. Nous avons en portefeuille des décisions de juges des tutelles qui ont autorisé le placement de biens de mineurs à la Garantie Foncière… ». Le Figaro, qui en ce temps-là honorait sa devise, leva le lièvre dès septembre 1969 : « S’il l’on en croyait certaines publicités tapageuses, il existerait, pour reprendre l’expression d’un analyste-financier, des sociétés-miracles. Elles permettraient des rendements nets si élevés – plus de 10% pour certaines d’entre elles – qu’on voit mal comment ils pourraient être effectivement obtenus. On le voit d’autant moins que la gérance prélève le plus souvent une partie des fonds versés par le souscripteur et une partie également des loyers versés par elle. Pour donner du 10%, cela supposerait une rentabilité des capitaux investis de l’ordre de 14 à 15%, bien peu probable, surtout pour des locaux commerciaux d’acquisition trop récente pour qu’une indexation ait pu déjà jouer ; quant aux locaux d’habitation, cela apparaît à peu près impossible. »

 

Le groin du Prince Poniatowski fouissait déjà la fange, où se vautraient quelques compagnons des gaullistes, pour le compte de son mentor Giscard tenu par la solidarité gouvernementale en tant que Ministre des Finances. En janvier, à la suite d’une lettre du jeune déplumé de Chamalières, le procureur général de Paris avait ouvert une information judiciaire contre X à l’encontre de la Garantie Foncière visant des délits d’ « abus de biens sociaux, abus de confiance et autres infractions à la législation ». Le grand public l’ignorait mais pas nous qui attendions notre heure pour précipiter le processus de décomposition et faire que l’explosion de la bulle éclabousse au maximum le régime. Quand j’écris ces lignes je ne peux m’empêcher de penser que l’adage populaire, selon lequel l’histoire est un éternel recommencement, s’applique toujours à merveille à celle des escrocs financiers. Plus c’est simple, plus c’est gros, plus ça passe comme une lettre à la poste.

 

« Il connaissait tous les secrets de la République. Il n’en révéla aucun pour se défendre lorsqu’il fut attaqué. Question d’honneur, énonce Guaino des sanglots dans la voix. On l’accusait de “diplomatie parallèle” et d’être peu regardant sur les moyens. Il l’était, en effet, quand il s’agissait de sauver une vie ou de défendre l’honneur de la France. Mais personne ne l’a jamais vu accomplir un acte dont la France put avoir honte. » Puis il rappelle « l’écho des colères homériques et des immenses éclats de rire de Charles Pasqua et de Philippe Seguin résonnent encore dans les têtes de beaucoup d’entre nous. »

 

Derrière l’épouse et les petits-fils du défunt, des secrétaires et des collaborateurs étouffent un sanglot. Un chœur de voix d’hommes s’élève alors, chantant en corse le Dio vi salve Regina : « Voi dei nemici nostri/A noi date vittoria/E poi l’Eterna gloria/In Paradiso » (« Sur nos ennemis, donnez-nous la victoire et puis l’Eternelle gloire au Paradis… »).

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 06:00
« Les morts ne portent pas de costards » de la disparition de Charles Pasqua aux moutons d’Uber les accros des réseaux sociaux alimentent les poubelles

Je n’avais aucune sympathie particulière pour Charles Pasqua, dont j’ai suivi le parcours politique depuis plus de 30 ans, et je n’ai aucune sympathie pour la grande majorité des chauffeurs de la corporation des taxis parisiens mais j’avoue que la médiocrité et la petitesse des écrits de certains accros de Face de Bouc et de Twitter me donne la nausée.

 

Que des minables procureurs, des juges autoproclamés, qui se servent des réseaux sociaux pour déverser leur acrimonie, le vide de leur vie, l’inanité et la pauvreté de leur pensée.

 

Si dans le film loufoque « Les morts ne portent pas de costards » de Carl Reiner, sorti en 1982(Dead Men Don't Wear Plaid) le héros Rigby Reardon interprété par Steve Martin constate que cette affirmation « Les morts ne portent pas de costards » ne veut rien dire, moi je la reprends à mon compte à propos de la disparition de Charles Pasqua.

 

L’infatigable graphomane Bruno Roger-Petit écrit dans Challenges :

 

« La gauche n’est pas à l’aise avec Charles Pasqua. Entre fascination et répulsion. Charles Pasqua, le Ricard, le SAC, les réseaux et surtout, Malik Oussekine. A peine la nouvelle de la disparition de l’ancien ministre tombait, qu’un élu communiste parisien lançait l’une de ses polémiques dont les réseaux sociaux ont le secret. »

 

Pour ma part, alors que je n’ai aucune sympathie pour le défroqué mitterrandiste Mélanchon, je suis sur la même longue d’ondes que lui « Sans doute plus sensible au poids de l’histoire, tribunal du monde, Jean-Luc Mélenchon (sur France Info) tout en évoquant le cas Oussekine, se montre plus équilibré sur le bilan Pasqua : « Dans ma génération, son souvenir est surchargé par la mort de Malik Oussekine. Et par l'enfer qu'il a créé pour les gens qui sont comme moi nés en Afrique du Nord puisque nous sommes des suspects chaque fois qu'on change de papiers d'identité (...) Mais je ne voudrais pas résumer à ça sa vie ».

 

Résumer la vie d’un homme, la compresser en quelques signes sur Twitter ou en quelques lignes assassines sur son mur Face de Bouc, voilà bien la triste réalité de notre temps asservi à l’instantanéité.

 

Le silence n’est plus de mise.

 

Le petit peuple des moutons bêle, laissons le bêler, hormis le petit cercle des « amis » qui se congratule, like, ce ne sont même pas des scories de l’histoire qui seront charriées dans l’oubli.

 

L’Histoire, connaît pas chez ces gens-là !

 

Charles Pasqua y entrera avec sa part d’ombre mais aussi sa part de lumière… Laissons faire leur travail aux historiens, gardiens du temps long…

 

Pour en revenir à l'enquête loufoque et incompréhensible du film, « Les morts ne portent pas de costards » beaucoup de répliques sont hilarantes et j’adore le comique de répétition comme lorsque Rachel Ward suce les plaies par balle de Steve Martin pour récupérer entre ses dents le projectile… (voir la vidéo ci-dessous) 

 

C’est jouissif !

 

Tout ça pour vous dire que face à cette médiocrité crasse nous ne pourrons être sauvés que par le rire et l’intelligence.

 

Et j’en reviens à UBER : « Raphaël Enthoven démonte la mécanique Uber » 

 

Uber et le mouton

 

« Uber joue sur le développement de l’autonomie, sur le sentiment qu’avec Internet et l'essor de l’économie collaborative, chacun va avoir le sentiment de se construire lui-même sa petite vie. C’est une illusion. Cette célébration de l’autonomie va de pair avec une uniformisation des comportements. En réalité, plus les individus veulent être l'origine radicale de leur petite existence, plus ils adoptent les comportements de tout le monde, plus la prestation qu’ils reçoivent et qui leur semble spécifiquement destinée est une prestation absolument standardisée. Et c’est ce double mouvement qui est intéressant chez Uber, on flatte l’individu en vous, mais c’est le mouton qu’on caresse.

 

Pour finir j'avoue adorer dans la même brassée :

 

  • Les révoltés de comptoir qui dans le même mouvement glorifient UBER et conchient la dérégulation du monde mondialisé…

  • Les ardents défenseurs, communistes français et compagnons de route, du référendum grec, sommet de démocratie. Moi je veux bien, mais pourquoi ne pas l’avoir aussi ardemment demandé aux camarades Brejnev, Honecker and Co pour que les peuples asservis puissent disposer d’eux-mêmes. C’est le syndrome des alcooliques repentis…
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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 06:00
Comme un petit air d’Antoine Arena : le droit mène à tout « Les vins corses parlent une langue à part » —Éric Asimov The New York Times

Comme vous le savez, avant de quitter ma soupente du Ministère rue de Vaugirard, dénommé, avec une certaine pertinence, par les jeunes turcs : le gagatorium, j’ai ensilé la plupart de mes dossiers, mais il en est quelques-uns que j’ai mis de côté : en tête celui de la Corse où, au temps du Comité Interministériel de Michel Rocard, j’allais, avec « l’arrogance » d’un Pinzutu représentant le pouvoir central, tenter de démêler les affaires corses, agricoles bien sûr même si l’inscription à la MSA là-bas n’est pas obligatoirement la garantie d’un fort lien au terroir. Sur l’Ile je n’ai pas eu que des bonnes fréquentations, on ne choisit pas ses interlocuteurs, mais j’y ai aussi croisé des hommes de bonne volonté. Pour ne rien vous cacher, même si ce ne fut pas tous les jours une mission gratifiante, j’ai attrapé le virus de la Corse…

 

S’il est un Corse qui le sait c’est bien Antoine Arena.

 

Alors, lorsqu’Éric Asimov, critique gastronomique d’une « petite feuille confidentielle » de la Grosse Pomme, The New York Times, écrit dans l’édition du 4 juin, un article titré Les vins corses parlent une langue à part, où il n’y va pas avec le dos de la cuillère pour couvrir les vins corses de miel, en effet pour lui « l’île est devenue l’une des régions viticoles les plus passionnantes et les plus remarquables au monde. », comme lui je sors mon Antoine Arena.

 

Pourquoi ?

 

Asimov fait le lien

 

« En 1975, Antoine Arena poursuit de brillantes études de droit à Paris quand le mouvement indépendantiste corse bascule dans la violence. Il entend parler de combats armés entre les CRS et les séparatistes, et prend une décision : il quittera la fac de droit et retournera dans son petit village du nord-est de la Corse où sa famille vit depuis des générations. Il fera pousser de la vigne et deviendra producteur de vin.»

 

L’esprit du droit nous uni, et comme le droit mène à tout Antoine s’en ai retourné faire le vigneron à Patrimonio et moi faire tout autre chose que du droit…

 

« Quarante ans plus tard, longeant la pente abrupte de son vignoble dans le lieu-dit Carco, il se souvient : « Tout le monde pensait que j’étais devenu fou. » Au loin se dessinent les pics enneigés des montagnes du sud, à l’ouest le bleu de la Méditerranée. Le littoral dentelé de la Corse compte parmi l’un des plus beaux du monde, mais nulle part on n’échappe au regard menaçant de la montagne. « Quand j’ai arrêté mes études, mon père ne m’a pas adressé la parole pendant un mois, poursuit-il. Personne ne croyait à la viticulture. Seuls ceux qui ne réussissaient nulle part ailleurs se lançaient là-dedans. »

 

Après ce départ peu encourageant, Antoine Arena est néanmoins devenu un grand nom du vin corse. Accompagné de quelques grands pionniers de la viticulture, tels Christian Imbert, du domaine de Torraccia, et Jean-Charles Abbatucci, du domaine Comte Abbatucci, Antoine Arena a fait de la Corse une des régions viticoles les plus passionnantes et les plus remarquables au monde.

 

Pourquoi les vins corses sont-ils si spéciaux ?

 

« La Corse est très complexe », dit Yves Canarelli, du clos Canarelli, qui produit des vins purs et précis dans les régions de Figari et de Bonifacio. « Elle est française mais en même temps elle ne l’est pas. Nous sommes corses avant d’être français. Quand vous vivez sur une île, vous ne pensez pas comme sur le continent. »

 

« Nous possédons 40 variétés de cépages et tous les jours nous en découvrons de nouveaux”, se réjouit Christian Imbert, propriétaire du domaine de Torraccia [Lecci] depuis plus de cinquante ans. En 1972, il a fondé une association de vignerons corses dont la principale activité est de cultiver des cépages indigènes. »

 

Dans toute l’île, on ressent l’énergie et la passion de jeunes vignerons tels que Gérard Courrèges. Il y a Sébastien Poly, du domaine U Stiliccionu, qui pratique la viticulture biodynamique et cultive presque tout seul ses 7 hectares de vignes. Gérard Courrèges, lui, pratique la viticulture biologique, tout comme Marc Imbert, du domaine de Torraccia, qui a pris la succession de son père. « Nous essayons de travailler suivant les méthodes traditionnelles des paysans, comme avant la guerre »

 

Antoine Arena a lui aussi laissé la place à ses fils Antoine-Marie et Jean-Baptiste. « Mes fils ont apporté de la finesse aux vins, reconnaît-il. J’avais l’habitude de les faire trop lourds. » Il continue toutefois de défendre la culture corse à travers ses vins. « C’est parce que nous sommes corses que nous pouvons faire les choses différemment, dit-il. Nous sommes riches de nos différences. Il ne faut pas confondre unité avec uniformité. »

 

L’article ICI

www.bichel.dk

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 06:00
Pas si con ce Taulier lorsqu’il affirmait en avril 2014 « Non l’ANPAA n’a pas définitivement gagné dans l’affaire qui l’oppose à la publicité du CIVB. »

Pourquoi aurais-je le triomphe modeste puisque je ne suis pas modeste ?

 

« On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même… » S’envoyer des fleurs ne fait de tort à personne si ce n’est permettre à ses détracteurs d’épancher leur excédent de bile. Ça leur fait du bien et ça ne mange pas de pain. »

 

Sur Face de Bouc pullulent des médiocres, des illettrés du droit, qui ne savent que brailler, astiquer leur ego, se taper sur leur bedaine rebondie qui leur tient lieu de cerveau. Ils ne refont pas le match comme Eugène Saccomano mais ressassent à l’infini leurs obsessions, touillent le vide insondable qui leur tient lieu de pensée.

 

Oui, ne leur en déplaise, le 15 mars 2012, je chroniquais : « Non l’ANPAA n’a pas définitivement gagné dans l’affaire qui l’oppose à la publicité du CIVB » 

 

J’ai suivi cette affaire avec attention.

 

J’ai lu les considérants de la Cour d’Appel de Paris:

 

Non l’ANPAA n’a pas définitivement gagné dans l’affaire qui l’oppose à la publicité du CIVB : le taulier éclaire votre lanterne 

 

« La cour d'appel de Versailles a confirmé, le 3 avril 2014, que la campagne de publicité « Portraits de vignerons » ne contrevient pas aux dispositions du Code de la santé publique. Lancée par le CIVB, cette campagne d'affichage mettait en scène des professionnels de la filière vitivinicole, verre à la main et sourire aux lèvres, censés véhiculer l'image d'un univers du vin moderne, investi par les jeunes et ouvert aux femmes. La cour a considéré que :

 

« Les annonceurs ne peuvent évidemment être tenus, sous le prétexte de satisfaire aux exigences légales, de représenter des professionnels grincheux, au physique déplaisant et paraissant dubitatifs, afin d'éviter au consommateur toute tentation d'excès ». Voilà pour la forme.

 

Sur le fond, il y a lieu d'espérer, en attendant l'examen de la prochaine loi de santé publique prévue à l'été 2014, la cour ayant conclu que la démarche du CIVB est « pleinement en accord avec les dispositions légales autorisant une référence aux facteurs humains liés à une appellation d'origine ».

 

Comme dirait l’autre le ver était dans le fruit, les juges de Versailles avaient mis avec intelligence le doigt où ça faisait mal en reprenant les attendus des juges de la cour d’appel de Paris : « le caractère avenant, souriant, jeune, en tenue de ville, de personnes ou groupe de personnes, présentant différentes marques de vins en levant le bras en tenant un verre, avec une impression manifeste de plaisir ne peuvent être utilement reprochés dès lors que les autres exigences de la législation et réglementation applicables sont respectés, une telle représentation n’étant pas, par elle-même de nature à inciter à une consommation abusive et excessive d’alcool étant observé que par essence la publicité s’efforce de présenter le produit concerné sous un aspect favorable pour capter la clientèle et non pour l’en détourner. »

 

Voilà la messe est dite le 2 juillet 2015, la Cour de cassation reprend une partie des attendus du jugement : « Attendu que l’arrêt relève que les personnages figurant sur les affiches, expressément désignés comme des membres de la filière de production ou de commercialisation des vins de Bordeaux, ne sont pas assimilables au consommateur (…) que l'impression de plaisir qui se dégage de l'ensemble des visuels ne dépasse pas ce qui est nécessaire à la promotion des produits et inhérent à la démarche publicitaire proprement dite, laquelle demeure licite, et que l'image donnée de professions investies par des jeunes, ouvertes aux femmes et en recherche de modernité, est enfin pleinement en accord avec les dispositions légales autorisant une référence aux facteurs humains liés à une appellation d'origine… »

 

Pour le reste prière de lire « Affaire CIVB : la cour de cassation déboute l’ANPAA »

 

Fin d’un marathon judiciaire qui dure depuis 10 ans. Les prohibitionnistes déboutés et condamnés aux dépens.

 

PAR JACQUES DUPONT ICI 

 

Nouvelle donne donc, à la fois du contenu de la loi Evin, encore un mauvais coup de ces socialos incapables qui ne savent pas tenir un verre de vin par le pied et de la jurisprudence de cette loi, à l’épreuve de la réalité économique et financière des annonceurs du vin et de la capacité de ceux qui se disent journalistes du vin à ne pas verser dans la facilité du publi-reportage… ou du mélange des genres…

 

Merci de ne pas nous resservir une platée de Rafale...

 

Sur le bandeau de ce blog je tiens quoi dans mes mains ?

 

Un verre...

 

S'il est vide, c'est que je l'ai vidé car lorsque le vin est tiré il faut le boire !

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