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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 00:09

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« Faire salon… », expression un peu désuète se référant au temps où les salons nommés aussi « sociétés » étaient l’une des principales composantes de la sociabilité mondaine du XVIIIe siècle dont le XIXe siècle cultiva la nostalgie.


Le divertissement lettré, la recherche du bon mot, la maîtrise de soi et du savoir-vivre mondain étaient au cœur de cette sociabilité aristocratique. Chacun se devait de s’y faire valoir et reconnaître tout en respectant les autres invités. Lorsque les conversations s’échauffaient, l’hôtesse intervenait pour mettre fin aux débats et changer de conversation.


Certes les salonnières et les salonnards du « pinard » de notre époque post-modernes n’ont pas le prestige de leurs illustres prédécesseurs Jean le Rond d'Alembert, Louis Turgot, Denis Diderot, François Quesnay, Jean Philippe Rameau, Jean-Jacques Rousseau, l’abbé Raynal, Marivaux, René Antoine Réaumur…mais pour certains il est capital d’en être, de montrer au commun des mortels que l’on représente encore la crème du marigot.


La gestuelle, le rituel, la déambulation, le cercle des idolâtres, les clans, les tribus, dans les allées des salons de dégustation, officiels ou estampillés off, les grands critiques du vin ou présumés tels, côtoient la piétaille des sans-grades pour se livrer à une forme moderne de représentation.


Pour ma part, depuis toujours je me suis défini dans beaucoup de chroniques comme étant un « dégustateur-imposteur » lorsque je me croyais obligé d’arpenter les travées de ces salons. Je m’y ennuyais. Je déteste rester planter debout, je suis un buveur assis. J’exècre la bousculade, les ramenards postés devant les crachoirs, donner mon opinion sur le sauvignon. Bref, en début d’année j’ai pris une sage décision : l’abstention.


Mais, comme je suis soucieux, en vieux Taulier roué, des intérêts de ma crèmerie j’ai décidé d’externaliser cette fonction de dégustation en lançant un appel à contribution.


Bonne pioche, le sieur Denis Boireau avec sa chronique « LA TRIBU DES CHEVEUX SALES ou « une segmentation naturelle du marché du vin »link a fait péter les compteurs.


Qu’il est doux de ne rien faire…


Il revient en deuxième semaine comme  disait pour le Schmilblick.


Merci Denis, et sache que je ne suis fâché avec personne mais il est des gens que je ne fréquente et ils savent pourquoi… Quant au titre que tu me décernes en conclusion je lui préfèrerais celui d’homme adulé des femmes… mais pas de toutes... Désolé…


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A Renaissance il y avait foule, contrairement au SDVL

 

Le Taulier nous a fait part de son peu d’appétence pour  ces évènements, mais en proposant à ceux qui le voudrait d’en parler sur son blog. Puis quelques vieux routiers du monde du vin avaient ajouté leurs commentaires blasés. Faut pas charlier, ne pousson pas : moi je les trouve géniaux ces salons ! Donc j’ai pris Berthe au mot pour vous pondre cette petite revue des stars de la dégustation que vous pouvez croiser dans ces salons.


Commençons par le salon par lequel tout a commencé : le Salon des Vins de Loire, ou SDVL pour faire plus pro. Je confirme que ça semble en perte de vitesse : on ne se bousculait pas dans les allées. Mais du coup les contacts étaient faciles avec les vignerons. Ceux que j’ai revus après m’ont confirmé que ce fut un bon salon malgré l’ambiance un peu vide.  Et ça fourmillait de stars de la dégustation !


En finissant ma revue des vins de Bruno Cormerais (incontournable !), je croise David Cobbold  très studieux à la table d’à côté. Je lui balance une vanne sur les stars de la dégustation en plein travail, il me répond par une vanne sur les stars du rugby. Comment a-t-il deviné en moi l’ancien joueur ? Ça doit être son British Flair. Si comme moi vous aimez à la fois le vin, les motos et le rugby, vous devez suivre le blog de ce parfait gentleman link

 

David participe au Blog des Cinq link ‎ dont presque tous les membres ont gravité au SDVL et alentours. Soit en plus de David : Hervé Lalau, journaliste humoristique que les Belges nous ont volé, Marc Vanhellemont, journaliste-poète  réellement Belge, et Jim Budd, bourgeonnant sujet de sa Gracieuse Majesté qui aime tant le vignoble français qu’il a décidé d’y vivre. Il manquait malheureusement de la bande des cinq mon préféré : Michel Smith, un ex-bistrologue pas tout à fait retiré de la presse vineuse, qui était resté dans le Roussillon parmi ses chers  carignans.


Aussi croisé un Gaillard du guide à moitié éponyme, en train de tenir le crachoir à Henry Marionnet, mais sans déguster. Au vu de ce qu’ils sélectionnent je pense effectivement que le tandem du guide ne doit pas boire de vin.


Toujours au SDVL, j’ai croisé le meilleur dégustateur du monde : Michel Bettane. J’ne rigole pas ! Si vous êtes un néophyte du vin, vous avez au moins entendu parler de Robert Parker, le critique Américain devenu star internationale. Eh bien en France, on a mieux avec Michel Bettane. Lui et son compère Thierry Desseauve ont redressé la vénérable Revue du Vin de France pour se faire les dents, avant de voler de leurs propres ailes de guides en blog, de sélections en salon (le Grand Tasting). Comme j’allais le saluer, je comprends que Michel se rend, de sa démarche impériale, auréolé de son immense prestige, aux pissotières…je l’ai laissé aller son chemin.


Pas vu cette année Pierre Guigui, auteur du Gault-Millau des vins, et organisateur bénévole du plus important et plus anciens concours de vins bios : le Concours Amphore


Si on parle de vins bios, il faut vous parler des deux plus importants salons offs : le salon Renaissance qui regroupe surtout des biodynamistes haut de gamme, et La Dive Bouteille où on trouve la fine fleur du vin nature.


A Renaissance, je goutais les cidres d’Eric Bordelet lorsqu’arriva Olivier Poussier. J’ai immédiatement laissé la place à ce dégustateur surdoué, qui gagna le concours de meilleur sommelier du monde il y a quelques années. Ce que j’admire chez Olivier Poussier c’est son enthousiasme et sa vision sans limite du monde du vin. Pour preuve, son intérêt ici pour …des cidres ! Il aime avec autant de compétence et de passion les icones du vin comme les plus oubliées des appellations.


J’ai aussi eu le plaisir de discuter avec Nicolas Joly, le pape de la biodynamie dans la viticulture. J’entends d’ici les dents de Léon qui grincent : notre matérialiste n’aime pas les ‘explications ‘ trop ésotériques de la biody.  Moi je m’en fiche bien de leur ésotérie, la vérité est dans mon verre, et là y a pas photo, c’est chez les bios et biodys que j’ai trouvé la grosse majorité des vins qui me plaisent ces 10 dernières années.


A La Dive, j’ai droit à la bise de Sylvie Augereau à l’entrée. Maintenant ce sont les dents du Taulier que j’entends grincer, mais je ne sais toujours pas pourquoi ils sont fâchés ces deux-là. Sylvie est la grande prêtresse des vins nature. En plus d’organiser La Dive et d’un petit guide, elle collabore à la RVF, avec sans doute l’espoir de faire évoluer cette revue extrêmement conservatrice.


Bon, vous l’avez compris, tout le star-system du vin était là. Ne manquait pour éclairer ce scintillement que l’astre le plus lumineux de notre ciel vineux, la star des stars : notre Taulier Jacques Berthomeau.

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 10:00

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1-     Hier au soir une réunion sous l’égide du ministère du Redressement productif et du ministère délégué à l’Economie sociale et solidaire, s’est tenue « avec les différents acteurs du dossier » a été organisée afin « d’analyser les difficultés industrielles et financières de l’entreprise et les moyens éventuels de pérenniser son activité. »


Les deux ministres souhaitaient « que toutes les options soient examinées afin de permettre la poursuite de l’activité industrielle. » en rappelant cependant que « s’ils peuvent avoir un rôle de levier, les pouvoirs publics n’ont cependant pas vocation à prendre en charge la totalité des besoins de financement des activités industrielles »


Selon la matinale de France-Inter un accord aurait été trouvé avec les banques pour financer la poursuite de l’exploitation de l’entreprise. Il a été aussi annoncé que Les Atelières allaient lancer à 12 h aujourd’hui un appel à souscription  auprès du public. link


Je vous tiendrai au courant tout particulièrement sur Face de Bouc…


2-   Le feuilleton de l’autorisation de mise sur le marché du Baclofène semble toucher à sa fin


« Il y a dix mois, une recommandation temporaire d'utilisation (RTU) avait été pressentie pour le Baclofène, mais le dossier sur le bureau de l'Agence nationale de sécurité du médicament a pris un retard inattendu. Cette fois, le recours légal du médicament pour le sevrage alcoolique semble imminent et moins hypothétique. Il ne manque plus que l'accord de la Commission nationale informatique et libertés (CNIL), puisque le suivi des patients traités nécessitera l'ouverture d'un fichier. La CNIL se réunira avec cet ordre du jour le jeudi 13 mars et l'agence du médicament pourrait annoncer dans la foulée, une autorisation temporaire et encadrée. »


Mais, il se dit que ce ne sera qu’une autorisation limitée c’est-à-dire une recommandation temporaire d'utilisation, donc limitée dans le temps et avec aussi un seuil de dosage. Un maximum de 200 mg par jour est évoqué, mais les associations estiment la barre trop basse pour 30 % des personnes alcooliques.


Actuellement deux essais cliniques sont menés en France : l'un sur des doses allant jusqu'à 300 mg jour et le second à 170 mg. Les tests portent sur l'efficacité et la tolérance du Baclofène qui peut, à haute dose, provoquer des effets secondaires. Selon Samuel, à la tête d'une association de personnes alcoolo-dépendantes, la gêne n'est pas négligeable mais il se dit « guéri » après trente ans d'addiction, « guéri comme 50 000 autres personnes sous Baclofène ».


Ayant soutenu depuis l’origine le combat d’Olivier Ameisen mais n’étant ni scientifique, ni médecin, je vous livre ci-dessous 2 liens.


Le premier « Retard à l'autorisation du Baclofène : la colère monte »link 


Le second « Baclofène : qu'on attende la fin de l'évaluation ! »


Le Pr Bergmann rappelle que la preuve de l'efficacité du Baclofène contre l'alcoolisme n'a pas été apportée et qu'il existe des alternatives thérapeutiques. link

 

 

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 00:09

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Dans les critères du nouveau classement de Saint et Millions il y a une très grave omission préjudiciable au bon renom de l’appellation : la révérence obligatoire !

 

Illustration : Laquais servant du vin. Illustration de H. Reuß zu Köstritz: Der korrekte Diener, Paul Parey Verlag, Berlin 1900; p. 21


Comme à la Cour, genoux fléchis, le front bas, la plume serve telle une vile « nénette » sur la carrosserie d’une trop neuve Bentley…


Que le domaine Huet à Vouvray ait refusé la dégustation de ses 2013 à deux journalistes bloggeurs britanniques lors du Salon des Vins de Loire, Jim Budd Chris Kissack montre à l’évidence que le phénomène fait tache d’huile.


Sarah Hwang, présidente de la société Huet, a déclaré à La RVF : « Pour être claire, ni M. Kissack ni M. Budd n’ont été interdits de visite au domaine, et j’ai invité chacun à acheter des bouteilles du millésime 2013 lorsqu’il sera commercialisé. Après deux années où la situation du domaine a été parfois présentée de manière trompeuse, où nous avons parfois senti un manque de respect envers le domaine et un manque de soutien pour l’appellation Vouvray, j’ai fait le choix de ne plus me taire pour défendre le domaine, notre équipe, et Vouvray. »


Les critiques de tout poil se doivent donc pour être en odeur de sainteté d’être respectueux et de soutenir l’appellation. Des supporters tendance souteneurs…


Interdit de séjour, je connais ! Le président de la RVF Jean-Paul Lubot, après nous avoir fait de plates excuses, sous la pression de madame Prouvost sa présidente du groupe Marie-Claire, pour son comportement inadmissible, m’a puni.


Vive la liberté d’expression ! Les cireurs de pompes sont légion… y’en a même un qui donne du cher Hubert… pour se donner des airs qui ne trompent personne… y compris l’intéressé qui le renverra à son panier lorsqu’il ne lui sera plus d’aucune utilité… Vaillant pourtant, droit dans ses mini-bottes, le p'tit Rin Rin monte au front, à petits pas, tutoiement en bandoulière, pour laver la souillure de la Nunuche Saporta jetée sur le blason de son idole :

 

«Pour conclure, deux choses.


Un, la surabondance de notes de bas de pages montre que tu t’attends à quelques procédures. Je pense qu’il n’en sera rien. Ton petit livre sale n’intéresse déjà plus personne.


Deux, la jubilation avec laquelle tu décris la manière dont tu as piégé Hubert de Boüard montre assez quelle sorte de personne tu es. Il y a un gros mot de six lettres pour ça, mais ici, c’est un blog familial, des enfants peuvent le lire, tu m’as compris.»

 

C'est du lourd, et dire qu'ils ont picorés ensemble des petits fours au baptème des cloches d'Hubert. Le Nunuche étant en ce temps-là en odeur de sainteté au royaume des petits marquis et de leurs laquais. Y' a du Buisson chez la Saporta...


H de Boüard vient de faire savoir à un nez éminent qu’il ne sera plus « reçu » à Angélus pour déguster ses primeurs. Un de plus. Après Perse, Magrez, Rolland et quelques autres…


Faites-le savoir autour de vous !


Pour ce cher Hubert, le « je suis partout », ça se comprend après ses « liaisons dangereuses » avec la sulfureuse Isabelle Saportalink


Je vais de ce pas me fendre d’une belle lettre à ce bon Hubert de Boüard de Laforest pour lui proposer d’aller lui présenter mes civilités à Angélus… Adviendra ce qu’il voudra mais ça lui ferait du bien d’entendre des propos qui le fasse redescendre sur terre plutôt que de se contenter de l’encens des laquais.


Du côté de madame Prouvost, la présidente du groupe Marie-Claire je me propose de lui demander si les excuses de son directeur-délégué n’étaient  qu’un chiffon de papier ?


Affaires à suivre, je ne dispose pas de dictaphone enfouit dans la poche de ma veste pour enregistrer les propos peu amènes des uns sur les autres, je laisse cela au conseiller du Prince par ailleurs fort révérent comme le souligne le Canard Enchaîné

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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 10:00

Quand je pense que les élus d’Houilles souhaiteraient changer le nom de leur cité, et que dire des gens de Montcuq – la visite culte de Daniel Prévost à Montcuq ci-dessous – alors pour les citoyens de Groslay la vie ne doit pas être simple tous les jours.

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Par bonheur en ce mois de mars plein de giboulées vont débouler à Groslay derrière les Grololo de Jo Pithon une bande de vignerons venus de la France entière.


Groslay c’est dans le 95, un de ces départements venus de nulle part, le Val d’Oise créé en 1968 à la suite d'un démembrement du département de Seine-et-Oise qui a sombré corps et bien puisque le 78 est devenu les Yvelines.


« L'origine du nom Groslay provient de Graua (en langue gauloise) devenu groele, qui signifie terrain contenant de petits cailloux. Cette nature du sol est particulièrement favorable à la culture de la vigne, qui fut exploitée ici depuis la nuit des temps, jusqu'à l'épidémie de phylloxéra, à la fin du XIXe siècle.


Le nom de Groslay est attesté pour la première fois dans un acte de donation de vignes à l'abbaye de Saint-Denis en 862. Le premier seigneur de Groslay est Odon ou Éudes de Groslay à la fin du xie siècle. Au xiiie siècle, le village devient un fief des Montmorency, puis des Condé au XVIIe siècle.

La commune vit essentiellement de la vigne et du maraîchage jusqu'au début du XXe siècle (la culture du poirier s'y développe à partir de 1860). Groslay connaît une évolution comparable au village voisin de Montmorency : construction de châteaux de plaisance au XVIIIe siècle, de propriétés bourgeoises au XIXe siècle puis l'urbanisation pavillonnaire du XXe siècle. »

 

SALON DE GROSLAY  15 ET 16 MARS 2014
Domaine Appellation
PICHET ST EUGENE  
BARGE Côtes Roties  
CASTEL LA ROSE Côtes de Bourg 
CAVE DU CLOS  
WOD BEST SLICERS Trancheuses à jambon
CEP D'ARGENT Vins Etrangers 
CHAMPALOU Vouvray 
CLOS DU PELERIN Pomerol 
COLOMBIERE Fronton
COMMANDERIE DES VINS ET SPIRITUEUX C D V F 
CROIX SAINT PRIVAT Coteaux du Languedoc 
DESORMIERE Côtes Roannaises
FAILLENC SAINTE MARIE Corbières 
GATINAUDS Charentes
HATON Champagne 
JONC BLANC Bergerac
LA GABARE Cognac
LANDRON Muscadet 
LAMBERT Chinon
MACHARD DE GRAMONT Nuits Saint Georges
MEUZARD-MUSSY Pommard
MOUSSIERE Sancerre 
MURINAIS Crozes Hermitage
MUZARD Santenay 
OPERA DES VINS Côteaux de Jasnières (Loire) 
PITHON PAILLE Anjou
POUILLON Champagne 
RICARD Touraine 
QUATRE PIERRES CABARDES/IGP
LA RAMAYE Gaillac
ROUSSET PEYRAGUEY Sauternes
SAINT NICOLAS Fiefs Vendéens
JEAN BAPTISTE SENAT Minervois
SCHUELLER Alsace 
SEAILLES Armagnac et Côtes de Gascogne
SIGAUT Chambolle Musigny
SULAUZE Côtes de Provence
SURONDE Quarts de chaume
TOUR GRISE Saumur 
TOUR VIEILLE Collioure
VAQUER Risevaltes
VERGE Viré Clessé
   
  CDVF
  38 rue d'Amsterdam
  75008 PARIS
  01 39 83 32 93



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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 00:09

En ces temps ukrainiens et Copéistes, le vigneron-rebelle se porte bien sur les médias nationaux : Giboulot se fait le Grand Journal de Canal+ et Cousin s’invite à la matinale de France-Inter « messe vespérale, s’il en est, de la population bobo » dixit Thomas Legrand chroniqueur politique du 7-9 de Patrick Cohen, pour répondre à Clara Dupont Monod.


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Lorsqu’on est blogueur s’amuser au jeu des mots-clés qui font le buzz sur la Toile est une nécessité.


Titrer « Le Cousin d’Emmanuel Giboulot est-il le copain d’Isabelle Saporta la star d’Hubert de Boüard » c’est la quasi-certitude de faire péter les compteurs.


Pour autant pour défendre la cause de ces vignerons faut-il écrire n’importe quoi ?


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-        C’est le cas de JP Géné dans le Monde daté du 28.02.2014


 Il a rechaussé ses pompes de soixante-huitard « Nous serons nombreux le mercredi 5 mars à pique-niquer avec Olivier Cousin devant le palais de justice d'Angers comme nous avons été des centaines de milliers à signer la pétition en faveur d'Emmanuel Giboulot, qui a comparu le 24 février devant le tribunal correctionnel de Dijon. Parce qu'il arrive un moment où il faut dire "basta !". Assez de ces petits chefs de la bureaucratie vineuse, plus familiers du maroquin que du sécateur, qui font leur fiel de procédures misérables à l'égard de vignerons sincères et authentiques victimes de harcèlement textuel.


Que reproche-t-on à Olivier Cousin ? Ses cheveux (en catogan) ? Ses chevaux (qui labourent) ? Ses vins (sans intrants) ? Vous n'y pensez pas ! Les gens du vin sont civilisés : verticales et martingales pour quelques-uns, fringale pour beaucoup. Le vigneron de Martigné-Briand (Maine-et-Loire) a commis le grave délit de faire du vin en Anjou et d'en avertir le consommateur en l'écrivant sur l'étiquette de ses flacons. L'outrage absolu pour la nomenklatura des appellations. Il dit la vérité. L'accusation brandira les textes de loi qui interdisent à celui qui a osé sortir du système de l'AOC (appellation d'origine contrôlée) pour faire du vin de table de spécifier l'origine de son raisin, le cépage ou le millésime. Elle ne manquera pas de rappeler que l'individu a déjà été verbalisé pour son "Anjou cabernet" et ses cartons imprimés "Anjou Olivier Cousin" (AOC). Ce ne sont qu'arguments de prétoire. Au fond du fond, il faudra trancher un problème simple et néanmoins stupide : un vigneron en Anjou a-t-il le droit d'écrire qu'il fait du vin en Anjou ?


En son temps, Karl Marx a dénoncé l'appropriation privée des moyens de production ; nous en sommes au stade de celle des moyens d'expression avec la privatisation des mots et des appellations au profit des plus forts et des plus habiles. "Anjou" appartient aujourd'hui à l'Inao (Institut national de l'origine et de la qualité), d'abord observatrice dans l'affaire Olivier Cousin et désormais partie plaignante. Un dossier important, il est vrai : le litige porte sur 2 800 bouteilles de 75 cl dans un pays qui a produit plus de 45 millions d'hectolitres en 2013. A la veille de l'audience, Olivier Cousin remercie l'Inao de l'attention portée à ses crus désormais connus et défendus dans le monde entier. Il ne manquerait plus qu'une condamnation pour clore ce procès aussi ridicule qu'inutile. »


-        Désolé Géné lorsque tu écris que l’appellation «  "Anjou" appartient aujourd'hui à l'Inao (Institut national de l'origine et de la qualité) » c’est une connerie absolue puisque depuis l’origine des pères fondateurs de l’AOC une appellation est un bien collectif appartenant au syndicat d’appellation, nommé aujourd’hui ODG, et que l’INAO n’est là que pour le reconnaître et le protéger tout particulièrement au plan international en vertu de la propriété intellectuelle contre les « affreux » étasuniens impérialistes. De même, il est faux d'écrire qu'Olivier ne peut mentionner ni le cépage, ni le millésime, c'est autorisé en vin de France.


-        La bonne réponse est celle donnée par un vigneron voisin d'Olivier Cousin d’Anjou Patrick Baudouin qui est monté au créneau de l’INAO pour défendre Olivier Cousin et surtout l’esprit de l’AOC link


Reste le plaidoyer d’Olivier Cousin lui-même sur France-Inter pour expliquer sa position.


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Ecoutez le podcast de l'interwiew ICI link


Deux arguments : le premier fondé sur ce qu’il appelle « le vol de l’appellation Anjou par les AOC industrielles » et le second sur la nécessité de redonner aux AOC leur authenticité originelle en faisant référence à ce qu’avait proposé un temps René Renou : les AOC d’exception…


Ça se tient bien mieux que ce qu’écrit Gené qui jette le bébé avec l’eau du bain alors que Patrick Baudouin et Olivier Cousin mettent le doigt là où il faut, là où ça fait mal, sans pour autant partager le même chemin.


Tout comme les élucubrations dans son livre de miss Saporta sur l’INAO – et Dieu sait que j’ai éreinté ici cette maison – ne sont qu’un galimatias informe qui travestit l’histoire des AOC, Jean-Pierre Géné quand à lui, avec une emphase bien parisienne déclare ce qui suit (1), il se fait plaisir mais, que ça lui plaise ou non, la propriété d’une appellation reste un sujet entre les mains des vignerons et non de celle de l'INAO.


Bien sûr, et je suis le premier à l'un des premiers à l'avoir fait, on peut regretter la dérive des AOC sous la pression de la majorité des dit vignerons et militer pour un retour aux fondamentaux originels. Ça fait un bail que j’ai choisi ce parti et que je suis monté aux créneaux pour défendre ceux qui suivaient des chemins différents. Cependant je persiste à écrire que c’est un sujet trop important pour le laisser entre les mains des journalistes parisiens.


2 stratégies depuis les années 2000 s’affrontent : réformer le système de l’intérieur ou en sortir pour reconstruire ?

 

Rien n'a été fait, sinon une réforme qui bétonne l'existant, et je ne crois pas que c'est en faisant feu sur le quartier général, comme le président Mao, qui est un truc qu’adorent les bobos bien au chaud, et c’est vachement confortable, mais ça solidifie les gens d'en face.

 

Mieux vaudrait qu'ils accompagnent Patrick Baudouin lors d’une réunion de la Fédération d’Anjou pour voir et entendre. Des travaux pratiques, quoi, comme me disait le père Rocard « allez leur donc expliquer ce que vous me dites Berthomeau… »


(1)             « Messieurs de la Cour, des Douanes et de l'Inao, il faudra comprendre un jour qu'il existe en ce pays des vignerons et des amateurs de vin qui entendent faire et boire le vin qu'ils aiment. Ce n'est pas le vôtre, pas celui que vous avez encouragé durant des décennies à coup de pesticides, de progrès technologiques et de campagnes marketing. Pas ces cuves dont vous ne savez que faire face à la baisse de la consommation nationale et à la concurrence des vins étrangers à l'export. Avec vos AOC qui tombent comme à Gravelotte et les règlements sadomaso qui les encadrent, vous nous avez saoulés. Nous avons décidé depuis quelques années de cultiver, de vendanger, de vinifier et de boire autrement. Pourriez-vous, n'en déplaise à vos honorables personnes, nous lâcher un peu la grappe sur le vin que nous aimons ?

Assez de ces petits chefs de la bureaucratie vineuse, plus familiers du maroquin que du sécateur, qui font leur fiel de procédures misérables à l'égard de vignerons sincères et authentiques. »

 

 

Le combat d'Olivier Cousin est identitaire, il revendique le droit de mentionner le lieu d'origine de ses vins mais dans l'espace de liberté ouvert par les vins de France il cultive, récolte, vinifie ce qu'il veut comme il veut et rien ne m'a jamais empêché de boire ses vins... Pousser le bouchon trop loin nuit à la crédibilité et comme dirait l'autre c'est en écrivant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui...

 

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 08:59

Le samedi 11 août 2012 j’écrivais une chronique « Les dessous chic des Lejaby sur Facebook : Soutenez-les avec 10 euros : «les Atelières» sont en passe de boucler leur souscription »


 

« Les Atelières, atelier de façonnage haute couture en lingerie et bain, sera créé́ à l’automne prochain après la rencontre, en janvier 2012, entre d’une part, un groupe d’ouvrières et d’ouvriers de l’entreprise Lejaby conduit par Nicole Mendez et d’autre part, Muriel Pernin, chef d’entreprise.


 

Sur ce champ de ruines qu’est l’industrie de la corsetterie en France, notre objectif est de maintenir vivant ce savoir-faire. L’atelier, qui comptera 25 personnes à son ouverture, aura pour premier client la nouvelle Maison Lejaby puisque Alain Prost s’est engagé́ à nous confier la réalisation de ses collections haute couture. link 


 

Si notre aventure réussit, elle sera la preuve qu’un nouveau modèle est possible conjuguant, sur le marché́ du luxe, l’audace industrielle et l’excellence du savoir-faire français. Notre initiative est soutenue par la préfecture du Rhône pour son caractère expérimental. La dimension innovante de l’entreprise porte également sur l’organisation sociale de l’atelier qui fonctionnera avec un management participatif. »


Le Monde annonçait hier au soir avec AFP | 03.03.2014


« Les Atelières » vont devoir mettre la clé sous la porte… Cette société coopérative d'intérêt collectif (SCIC), fondée il y a plus d'un an et dirigée par une communicante, Muriel Pernin, va demander sa liquidation vendredi devant le tribunal de commerce de Lyon, selon un communiqué publié lundi. « C'est avec une grande tristesse que j'ai décidé de mettre fin à l'aventure des Atelières un peu plus d'un an après l'ouverture de l'atelier. C'est un crève-cœur pour celles et ceux qui ont eu l'espoir de relancer un atelier de lingerie corsetterie haut de gamme »


Pourquoi ?


1-    « Dans notre pays, les banques sont plus fortes que la République. Avec notre argent, elles exécutent chaque jour des dizaines de PME. Ce sont Les Atelières qui montent aujourd'hui à la guillotine. »


2-  « Nous avons souffert de la désorganisation de la filière corsetière et textile et des marques », a ajouté la dirigeante des Atelières, regrettant l'« absence de matières premières en circuit court », les commandes de tissus et de fournitures se faisant « souvent à l'étranger avec des délais toujours aléatoires ».


3-  « Les habitudes de payer des services à bas coût au Maghreb et en Asie faussent les relations entre clients et fournisseurs », souligne-t-elle encore, saluant toutefois le soutien du préfet du Rhône, Jean-François Carenco, et du président de la région, Jean-Jack Queyranne. link

 

Hier au soir j’ai publié ces infos sur ma page Facebook et la question m’a été posé : que peut-on faire ?


Très franchement je crois, à ce stade, pas grand-chose car, sans connaître le fond du dossier, au-delà du problème de financement : la coopérative avait besoin d’un million d’euros et n’a réussi à réunir que 500.000 euros, c’est la question du carnet de commandes qui a plombé l’entreprise. Même si l’entreprise estimait être sur la bonne voie, avec un carnet de commandes rempli à hauteur de 15.000 pièces, pour survivre, Les Atelières devait dépasser le seuil fatidique des 35.000 pièces commandées.


Les banquiers n’étant que des banquiers il ne faut pas attendre d’eux d’aller au-delà de leurs engagements lorsque la demande n’est pas au rendez-vous. Quant à l’Etat, la BPI, au risque de choquer certains, je ne vois pas ce qu’il irait faire dans cette aventure.


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Reste, nous, et de 2 manières :


-        Vu les prix de la lingerie de luxe (280 euros le bout de tissu ci-dessus), le créneau choisi par les Atelières, le seul moyen, mesdames, c’est que lorsque vous achetez vos sous-vêtements (les messieurs peuvent aussi le faire aussi lorsqu’ils se fendent d’un cadeau) c’est de privilégier le made-in-France. Et ne me dites pas que c’est ringard sinon gardez dans vos beaux yeux vos larmes de crocodile ;


-        Avec notre bel argent, pour ceux qui en ont dans leur bas de laine, en finançant des opérations de type crowdfunding par exemple. Les projets de la dimension de celui des ex-Lejaby ne pourront être financés, et non soutenus comme la corde un pendu, que si localement, régionalement des leviers sont mis en place. Joindre le geste à la parole même petitement : les petits ruisseaux font les grandes rivières et la démocratie y gagnera.


L’économie de l’offre, décriée par les bêlants de la gauche extrême alliés objectifs de la Grande Distribution grands acheteurs de produits délocalisés et des fabricants de produits de luxe qui se gavent en faisant fabriquer leurs produits à bas prix, c’est cultiver son petit jardin et acheter aussi les produits du petit jardin. Ce n’est pas du repli sur soi mais comme le dit avec justesse Muriel Pernin « Pour être dans l’innovation, il faut inventer un smartphone ou une application alors que nous, on s’investit avec des femmes qui s’investissent à 100%, qui trouvent des idées tous les jours et ce n’est pas reconnu ? C’est à pleurer… »


Alors les petites et les petits poucettes accrochés à vos  smartphones made in China sachez que le combat commence aussi par la remise en cause de vos pratiques personnelles et que vous contenter de signer des pétitions relève de la facilité. 

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 00:09

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Vendredi dernier messire le soleil ayant enfin consenti à sortir le bout de son nez j’ai de suite enfourché ma flèche d’argent pour rattraper le temps perdu. Marre de la pluie même si le ciel se pare parfois de superbes arc-en-ciel. Pour m’accompagner j’ai sorti Shaun le mouton héroïque de Wallace et Gromit de son étagère, il est tout content de prendre l’air.


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Moi aussi, ça me donne faim, une faim de tartare et en voilà un qui vaut le détour je vous l’assure de quoi défroquer une tribut de vegan des plus enragée ! Mon estomac en rit encore en se souvenant aussi de cet Avis de Vin Fort ce Bourgueil clairet de printemps même si nous ne n’y sommes pas encore.


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Shaun gentiment m’attendait pendant que je me prenais pour un grand reporter avec mon Leica C en bandoulière.


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Bien sûr j’ai pris aussi une entrée et un dessert avec le liquide qui va avec mais ce sera pour une autre fois. Faut pas gâcher la matière à chronique !

 

Le ciel perdait son sourire, des bubons noirs masquaient le Dieu soleil, et voilà que ça « guenassait » (pluie fine et collante caractéristique du climat breton). Je craignais le pire. Mes lunettes prenaient l’allure d’un pare-brise sans essuie-glaces. Ça se calmait ou plus exactement ça n’empirait pas et j’arrivais à bon port un peu humide.


Faire des courses, savoir faire ses courses, constitue la première marche pour qui veut cuisiner bon. C’est comme un bon raisin pour nos amis vignerons.


Sous l’œil indulgent d’Alessandra RAP ici link je prenais mon temps. Je cherchais et bien sûr je trouvais.


Certains esprits caustiques vont dire que je suis à l’Ouest (avoir un petit vélo dans la tête) puisque je m’écriais « Est ! Est !! Est !!! » en exhibant une fine quille aux reflets jaune paille.


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Qu’est-ce-à-dire ?


Je l’ai déjà dit en 2007 :


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L'Est ! Est !! Est !!! est un vin blanc de Montefiascone, près du lac de Bolsena. 


Les points d'interrogation ne sont pas toujours portés sur les étiquettes mais c'est un vin célèbre à Rome, sec ou plus souvent doux, jaune foncé, même si ce n'est pas un grand il faut le goûter rien que pour sa légende.


Sa légende veut qu'il remonte à l'an 1111 au cours duquel un certain évêque Fugger fit un voyage d'Allemagne à Rome. le prélat très pointilleux sur le chapitre du vin envoya un de ces hommes de confiance goûter les vins dans toutes les auberges et les tavernes de la route. S'ils lui semblaient bons l'homme devait écrire près de la porte « est » et dans le cas contraire « non est ».

Bref tout se passa normalement jusqu'à ce qu'il atteigne Montefiascone. Là, à peine eut-il goûté le vin qu'il ressortit en trombe écrire sur le mur : « Est ! Est !! Est !!! ».


Selon la légende, lui et son maître en burent, heureux jusqu'à leur mort.


En prime dans cette chronique une belle nouvelle de Frédérique Echard : Le balcon link  et link 


Tout content de cette belle prise : imaginez mon bonheur que cet Est ! Est !! Est !!! avec ses 6 points d’exclamation, je sentais que je devais pousser plus loin mon avantage. Du doigt, ce qui est malpoli aurait dit ma mémé Marie, je montrais à Alessandra un fromage qui me semblait nimbé de rouge.


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Bonne pioche : l’ubriaco-di-rabioso est un fromage au lait de vache affiné au vin produit uniquement dans la région de Trévise.


Je goûtais.


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Ubriaco signifie ivre être en état ​​d'ivresse.


Selon la légende les origines de ce fromage remontent à la Première Guerre mondiale lorsque les paysans italiens de la région du fleuve Piave cachaient leurs meules de fromage dans des fûts de fermentation du jus de raisin pour empêcher les armées d'invasion de les voler.


C'est donc un fromage de lait de vache cru demi-dur qui est pressé mais pas cuit. Il est plongé dans du Raboso, du moût de raisins pendant plusieurs semaines. Au cours de cette immersion le fromage absorbe la saveur du moût, son arôme et sa croute se teinte d’une couleur rouge rubis profond. Il est affiné pendant six mois dans les caves du  maître affineur Mr. Carpenedo.


La pâte du fromage obtenu est jaune pâle avec des petits trous et des notes de couleur rouge à la surface interne de sa croute. Sa saveur  forte, puissante même laisse en bouche des notes de fruits noirs et de cerises acides avec des notes poivrées. Il a du caractère.


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Alessandra me proposait aussi de compléter mon plateau de fromage avec un BLU’61 Raboso qui est un fromage bleu au lait pasteurisé ensemencé vieilli dans du mout de vin de Vénétie (raboso) et des myrtilles (canneberges). Comme il est enveloppé et sous poche car il baigne dans son jus je ne l’ai pas goûté. Depuis je l’ai fait c’est  un fromage parfaitement équilibré en saveur et en  texture, assez La vinosité n’est jamais envahissante, elle se marie à merveille avec  les notes de lactées et les marbrures.


Pour mettre un peu de baume sur notre susceptibilité de vieux pays qui produit plus de 365 sortes de fromages et qui, selon de Gaulle, ne peut pas perdre la guerre ! Je vous propose un Roquefort le Vieux Berger de la maison COMBES  fondée en 1923.


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« C’est avant tout une histoire de famille profondément attachée aux valeurs de son terroir et à celle de la fabrication manuelle du Roquefort.


 Ainsi depuis trois générations, la famille COMBES apporte sa sensibilité particulière à l’élaboration du Vieux Berger en s’inspirant de principes simples et immuables.


Des méthodes traditionnelles à la fabrication


Un savoir-faire incomparable à l’affinage


Pour faire du Vieux Berger un produit gastronomique de très haute qualité. »


-        Et avec le bleu vous boirez-quoi monsieur ?

-        Quelque chose de fort comme avec le Roquefort !

-        Alors un blanc macéré sur peau…

-        J’ai ce qu’il vous faut mais je vous ferai aussi découvrir le Bel Hazard issu d’une saignée de Merlot fait de raisins très mûrs qui a passé 4 ans en barrique et développé naturellement son voile…


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Je remontais sur ma flèche d’argent, descendais la rue Rodier qui luisait, le ciel restait menaçant, je pédalais de bon cœur mon cabas plein de provisions accroché au guidon ce qui est le gage de futures chroniques…


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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 09:33

Les vignes impeccables désherbées « au laser » qui faisaient autrefois la fierté de leurs propriétaires sont maintenant montrées du doigt et vilipendées. L’heure est à l’enherbement et au labour, les adventices ne sont pas toutes des herbes folles.


Comparaison n’est pas raison mais, en nos temps post-modernes, alors que « les barbus » attirent en certains lieux des regards soupçonneux « les barbiers repoussent à Paris. Comme le poil, qui fait son retour sur les joues et les mentons de la gent masculine.


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«Depuis deux ou trois ans, le poil est réhabilité», note Laurent. Barbier depuis dix ans, il a ouvert son salon Le Barbier des Faubourgs, dans le 18e, il y a un an et demi. » La barbe est redevenue à la mode. L’avènement des hipsters et la mode du vintage ont scellé ce come-back.


Bien sûr nous sommes loin des chevelus-barbus type hippie, peace and love, et tout l’attirail sur musique de Rhavi Shankar… Les stars de cinéma qui étaient toutes impeccablement rasées ont lancé la mode de Brad Pitt à George Clooney, en passant par Ryan Gosling, Jack Gyllenhaal et Ben Affleck pour n'en citer que quelques-uns.


Les mentalités ont évolué. «Moi qui bosse dans la finance à la Défense, c’est de mieux en mieux accepté», explique Ben, trentenaire à la barbe fleurie. «J’étais le premier, mais maintenant, même le PDG de la boîte en a une».


Côté tendance, Sarah, la seule barbière de la capitale, confirme d’ailleurs que, «même si la barbe de trois, quatre jours reste très demandée -car plus simple à entretenir- en ce moment la mode est à la barbe « à la hipster»».


Première conséquence logique : en janvier, le géant américain de la grande distribution Procter&Gamble nous apprenait que les ventes de rasoirs avaient été freinées par la tendance à la pilosité faciale fournie chez les hommes.


Plus étonnant « le 25 février, le site scientifique américain dnainfo.com affirme que les New-Yorkais sont de plus en plus nombreux à demander des implants de barbe, en raison notamment du succès du style hipster.

 

Une opération longue et onéreuse

 

« La greffe de barbe implique le plus souvent de retirer des cheveux pour les implanter sur le visage par micro-incisions, sous anesthésie locale. 


L'opération peut durer huit heures, et n'est pas donnée: le patient doit débourser 3 000 dollars (environ 2 200 euros) pour combler un trou dans sa pilosité faciale et jusqu'à 7 000 dollars (environ 5 100 euros) pour la création d'une barbe totale. »

 

Voilà une bonne reconversion pour Jérôme Cahuzac...


«30 à 35% de ces jeunes gens entre 26 et 40 ans entrent dans la catégorie hipster. Ce n’est pas un terme très précis, mais ils représentent probablement le groupe le plus important», ajoute-t-il. Ils vivent dans les quartiers ultra-branchés de Brooklyn à New York mais, selon les chirurgiens, viennent aussi de tous les États-Unis, de Grande-Bretagne ou même d’Australie.


Le tourisme pileux en Turquie


« Les Etats-Unis ne constituent pas le seul eldorado de la greffe de barbe. Au Moyen-Orient, où la pilosité faciale est signe de virilité, la Turquie est devenue une destination phare de l'implant de poils au visage grâce à des tarifs très compétitifs (de 1 500 à 2 000 euros). Un chirurgien esthétique d'Istanbul affirme ainsi réaliser pas moins de cinquante opérations de ce type... par mois ! »


Plus étonnant encore porter la barbe serait bon pour la santé :

 

« Selon Mother Nature Network, la pilosité faciale possède des bienfaits concernant de nombreux symptômes. »


-        les risques liés à l’exposition au soleil. Dans une étude publiée par le Radiation Protection Dosimetry journal, on apprend que la barbe freinerait les rayons UV à 90% voire 95%.


-        la barbe préserverait l'état de la peau qui, lorsqu’elle est trop exposée aux rayons de soleil, est amenée à vieillir.


-        La barbe et, par extension, la moustache seront aussi très utiles pour prévenir les formes d’asthme et d’allergies. Les poils filtrent l’air et ne laissent alors aucune chance aux allergènes d’entrer dans les narines.


-        Le rasage à blanc accentue l’apparition de boutons et les infections bactériennes de la peau comme la folliculite.


-        Face aux rhumes et aux maladies chroniques, la barbe a aussi son petit effet. En réchauffant le cou, la nuque et les bronches, les poils constituent une véritable muraille aux températures hivernales les plus rudes. Le docteur Felix Chua, cité par MNN, parle là d’un «isolant», d’une «barrière physique au froid».


Des arguments économiques aussi : plus de besoin d’écharpe.


Des arguments sanitaires ensuite: si on ne se rase plus, on ne risque plus de se couper et on évite aussi le risque de piqûre par les insectes. Tout simplement parce que les insectes sont davantage attirés par la chaleur de la peau que par une montagne de poils.


Des arguments de séduction enfin « les hétéros peuvent draguer plus facilement les filles qui voudront toucher leur barbe par curiosité; une longue barbe leur donne un côté dur-à-cuire ou alors vous confère un air intellectuel... »


Les blogueurs s’y sont mis aussi, pour l'heure à la barbe de 3 jours, Pousson, Smith, Antonin, Guillaume… mais pas le rin-rin… seuls les politiques sont, comme toujours, à la traîne… sauf ce diable de Sarkozy… à quand un Président de la République doté d’une barbe à la Gambetta ? Bon vous me direz : à quand une femme à ce poste, ce serait sans aucun doute une plus grande novation que le système pileux de ces messieurs…

 



Retour de la barbe en France, 20 Minutes teste... par 20Minutes

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 00:09

Le seul vin qui a droit de cité  dans le n° de Régal mars-avril l’est sous la forme d’une publicité en vis-à-vis de la première page (au dos de la couverture donc).


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Étrange publicité puisque ce Commandeur s’affiche comme « Le rosé d’hiver ».

 

Question : est-il un rosé fait en hiver (c’est possible) ou est-il à boire en hiver ce qui convenez-en à la veille du printemps me semble quelque peu décalé.


Il est issu d’une vigne historique franc de pied nous indique l’étiquette.


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photo papilles et papotes

 

Qu’est-ce donc « le franc de pied » ?


La réponse est donnée par les gars de B&D : « L’histoire de la viticulture française (et européenne) a eu ses heures sombres. La tragique épidémie de phylloxera qui a sévi dès 1863 en fait partie, qui a décimé le vignoble et transformé à jamais le visage de ses vins. Le fléau passé, et il a fallu près de trente ans pour s’en débarrasser, c’est à partir de greffes de pieds de vignes sains venus d’Amérique que tout a pu recommencer. Dans les sables de Camargue, l’insecte ravageur n’a pas pu se propager, la fragilité du terrain l’empêchant d’y creuser des galeries.


Grâce à cela, les parcelles de grenache désormais «historiques» du domaine Commandeur de Jarras ont été épargnées. »


Mais ce n’est pas tout, ce n’est pas tout ce « grenache d’autrefois » est apprécié par ces fins nez : « Ses ceps non greffés produisent un vin qu’on peut qualifier d’exception viticole, au nez plein de vie, d’arômes de fruits rouges, de pêches de vigne et d’abricots. En bouche, son charme délicat est amplifié par une rondeur et un gras parfait. Témoignage du passé élaboré avec les techniques d’aujourd’hui, ce gris de gris a une longueur et une consistance peu communes » disponible au prix conseillé de 18 euros chez les cavistes et auprès du domaine (tél. : 03 26 61 62 63).


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Les gars du Point sont plus concis et précis :


IGP sable-de-camargue

15/20

- Listel

Vin disponible en grande distribution et chez les cavistes.

 

« Commandeur de Jarras. Vigne historique franche de pieds (issue de vignes non greffées). Nez groseille, rose, floral, bouche tendre, élégante, bien parfumée, équilibrée, finement épicée, finale griotte. Environ 18 €. »


Les sieurs Bettane&Dessauve parle de domaine sans plus, au Point on dit Listel et qui dit Listel dit Vranken un petit vigneron bien connu en Camargue. SAS Domaines Listel - Château de Villeroy BP 126 - 34202 - Sète


Mais ce n’est pas tout mais ce n’est pas tout ce Commandeur de Jarras est vendu chez Nicolas qui lui aussi donne son avis : « Robe saumonée lumineuse, nez finement épicé avec des notes marines, iodées et de noisette. Bel équilibre, franc, fin, plein, ample, bien typé, nerveux avec une finale longue, ferme et enrobée. Réussi. » et  aussi son prix 13.40 € TTC


Ben dit-donc il casse les prix le père Nicolas, la maison Castel sait acheter…


Donc vous l’aurez compris ce Commandeur de Jarras a tout pour déplaire aux naturistes, il cumule tous les handicaps même si comme l’écrit une blogueuse en visite au domaine « les vieux pieds qui sont toujours récoltés à la main et qui donneront la cuvée « Commandeur ». On cultive par-contre le plus possible en bio ou tout au-moins le plus naturellement possible. Hors saison, des moutons sont lâchés entre les vignes pour désherber, et les lapins, nombreux ici, sont heureux de leur habitat ! »


Moi, même au prix discount de Nicolas je n’achète pas car je trouve ça cher pour un rosé d’hiver…

 

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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 07:00

Comme tous les jours depuis que nous nous sommes réfugiés à Sainte Anne je me suis levé de bonne heure, Adeline aussi, un peu avant moi pour préparer le jus d’orange et le café. Emmitouflés dans nos gros pulls, silencieux, nous aimons cet instant où, assis sous la loupiotte jaunasse de la cuisine, pelotonnés l’un contre l’autre, le  nez au-dessus de nos bols fumants, nous sortons de la ouate du sommeil. Ça peut paraître idiot mais c’est un moment de pur bonheur que ce sentiment de renaître chaque jour à la vie. J’aime dormir. Je dors comme un bébé. L’insomnie connaît pas ! Je rêve comme tout le monde sans doute mais je n’ai aucun souvenir de mes rêves sauf d’un qui m’assaille dans les moments de forte tension. À mon âge, et même si Adeline déteste que je fasse référence à mon âge, mon sentiment de finitude me rend serein. Chaque jour qui naît est un beau jour. J’adore le café brûlant. C’est mon premier choc du jour alors que le jus d’orange se contente d’ouvrir la voie. Nous faisons rarement l’amour le matin, sauf si nous nous offrons une grasse matinée, mais très souvent au cœur de la nuit et c’est toujours Adeline qui en prend l’initiative. S’épandre en elle dans le cocon de la nuit ajoute à ma plénitude. Je suis bien. Le matin mon estomac refuse toute nourriture solide alors je m’installe à ma table de travail pour écrire. Lorsque mon estomac crie famine, avec une régularité de métronome, je le calme avec un vrai déjeuner. Adeline me sert. J’adore me faire servir c’est reposant. Pourtant je fais souvent la cuisine, ça me détends. Nous papotons.


-         Dis-donc mon grand tu as l’art et la manière de fourrer ton nez là où c’est chaud…

-         Oui je suis un vrai truffier…

-         Ça, je sais, tu es un gros cochon…

-         Qui s’accouple avec…

-         Une grosse cochonne…

-         Non une belle…

-         Flatteur !

-         Je le pense…

-         Vil séducteur, je vais te faire passer sous tous mes désirs…

-         Revenons à mon nez beauté !

-         T’as vu Copé le petit roquet, il les collectionne les casseroles…

-         Un as, avec ses potes dont Grégoire Chertok, le meilleur banquier de Paris, qui n'a aucun sens politique. « La preuve, il prend Copé pour un homme d'Etat », plaisante le gnome sarkozyste Alain Minc.

-         T’aurais dû rester à l’UMP !

-         Pour quoi faire mon amour ?

-         Ce que tu sais si bien faire, foutre encore plus la merde !

-         Non, ce n’est plus de mon âge…

-         La prochaine fois que tu parles de ton âge, je te flanque un gage !

-         Quel type de gages ?

-         Les plus raffinés…

-         Mais encore…

-         Tu verras…

-         Tu me lècheras le dos !

-         Non, tu adores ça…

-         C’est toi qui devrait prendre ta carte à l’UMP tu ferais une concurrence sauvage à « Longueurs et Pointes »…

-         Salaud !

-         Tu n’aimes pas NKM mon cœur !

-         Bof, ce n’est qu’une poseuse et puis que veux-tu une nana qui épouse un gros connard comme son JPP ne saurait éveiller mon intérêt.

-         Tu n’as pas tort…

-         J’ai raison c’est une maniérée qui se la pète !

-         Je la trouve un peu maigre…

-         Tu phantasmes sur les grandes tiges maigres mais méfie-toi ce temps-là est fini…

-         Normal j’suis vieux…

-         Au piquet !

-         J’veux mon gage !

-         Tu vas l’avoir. Debout !

 

Elle m’a mis son casque sur mes oreilles puis a enclenché un podcast d’une interview de Jean-Michel Apathie et s’est étendue sur la table. L’horreur absolue :


-         C'est donc un prolongement de votre chronique de mercredi sur RTL ?

 

-         Oui. En fait j'ai publié ce tweet hier soir en voyant la Une de Paris Match sur Laurent Delahousse et Alice Taglioni. Des photos qui, j'imagine, sont volées. Si les personnes photographiées portent plainte, Paris Match sera sans doute condamné pour atteinte à la vie privée. Mais qu'est ce qu'on s'en fout dans le journalisme de ne pas respecter la loi ? On s'en fout totalement ! Il y a des lois qui existent et on ne les respecte pas sciemment. Personne dans la société ne fait ça et aucun journaliste ne réfléchit à ces questions. C'est incroyable !

 

-        Est-ce que les journalistes ont tous les droits ? Cette critique prolonge-t-elle celles formulées au moment de l'affaire Cahuzac, à l'encontre de "Médiapart" notamment ?

 

-         Oui, mais pas seulement. Dans l'émission de Benoît Duquesne, Complément d'Enquête par exemple, des journalistes ont infiltré des réunions du Front national et de l'UMP. Vous imaginez un peu la forme de scandale que ça représente ? On infiltre des partis politiques, on les espionnes, voilà. Est-ce que les journalistes ont tous les droits ? Apparemment oui. Est-ce que c'est étonnant ? Apparemment non. C'est un constat qui me stupéfie totalement. J'ai l'impression qu'il n'y a personne à part quelques hurluberlus qui se disent : « C'est incroyable cette profession. Quelle arrogance ! ». Au-dessus de toutes les lois, de toutes les règles morales, en permanence, parce que nous avons une mission supérieure, celle d'informer. Les bouchers, ils ont aussi une mission supérieure, celle de nourrir. Pourtant, ils respectent les lois… »


 

Ce fut au-dessus de mes forces je n’ai pas pu. 

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