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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 00:09

Pourquoi diable ne parle-t-on du mont Ventoux que lorsque les gars du Tour de France, qui carburent à l’eau de source exclusivement, le grimpent à la vitesse d’un TGV, du moins pour les premiers ? Je ne peux m’empêcher de penser à Tom Simpson.


Moi c’est à pied que j’ai décidé de l’escalader et d'y pique-niquer pour fêter mon saint patron.


« Bientôt le soleil se lève. Jusqu’aux extrêmes limites de l’horizon le Ventoux projette son ombre triangulaire dont les bords se frangent de violet par l’effet des rayons diffractés. Au sud et à l’ouest, s’étendent des plaines brumeuses ; au  nord et à l’est s’étale, sous nos pieds, une couche énorme de nuages, sorte d’océan de blanche ouate d’où émergent, comme des îlots de scories, les sommets obscurs des montagnes inférieures. Tout là-bas, du côté des Alpes, quelques cimes flamboient. »


« Il est dix heures du matin ; nous avons mis six heures pour venir de Bédoin à la fontaine de la Grave, mais d’un pas modéré, comme il convient pour une exploration attentive. »


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« La nappe est étalée sur un charmant tapis de plantes alpines… Les vivres sont tirés de leurs sacoches, les bouteilles exhumées de leurs couches de foin. Ici, les pièces de résistance, les gigots bourrés d’ail et les piles de pain ; là, les fades poulets, qui amuseront un moment les molaires, quand sera apaisée la grosse faim ; non loin, à une place d’honneur, les fromages du Ventoux épicés avec la sarriette des montagnes, les petits fromages au Pébré d’Asé ; tout à côté, les saucissons d’Arles, dont la chair rose est marbrée de cubes de lard et de grains entiers de poivre ; par ici, en ce coin, les olives vertes ruisselantes encore de saumure, et les olives noires assaisonnées d’huile ; en cet autre, les melons de Cavaillon, les uns à chair blanche, les autres à chair orangée, car il y en a pour tous les goûts ; en celui-ci, le pot aux anchois, qui font boire sec pour avoir du jarret ; enfin les bouteilles au frais dans l’eau glacée de cette auge. N’oublions-nous rien ? Si, nous oublions le maître dessert, l’oignon qui se mange cru avec du sel. Nos deux parisiens, car il y en a deux parmi nous (…) sont d’abord un peu ébahis de ce menu par trop tonique ; ils seront les premiers tout à l’heure à se répandre en éloges. Tout y est. À table !


Alors commence un de ces repas homériques qui font date en la vie. Les premières bouchées ont quelque chose de frénétique. Tranches de gigots et morceaux  de pain se succèdent avec une rapidité alarmante. Chacun, sans communiquer aux autres ses appréhensions, jette un regard anxieux sur les victuailles et se dit : « Si l’on y va de la sorte, en saurons-nous assez pour ce soir et demain ? » Cependant la fringale s’apaise ; on dévorait d’abord en silence, maintenant on mange et on cause (…) C’est le tour d’apprécier les vivres en connaisseur. L’un fait l’éloge des olives, qu’il pique une à une de la pointe du couteau ; un deuxième exalte le pot aux anchois, tout en découpant sur son pain le petit poisson jaune d’ocre ; un troisième parle avec enthousiasme du saucisson ; tous enfin sont unanimes pour célébrer les  fromages au Pébré d’asé, pas plus grands que la paume de la main. Bref, pipes et cigares s’allument, et l’on s’étend sur l’herbe, le ventre au soleil. »


Quel style me direz-vous !


Oui, mais ce n’est pas le mien et ce matin j’ai fait un emprunt rien que pour le plaisir d’exhumer ce texte. Comme vous êtes des gens cultivés je suis persuadé que vous aurez tous reconnus qui est l’auteur d’ « Une ascension au mont Ventoux »


  • La Sarriette, parfois appelée Pèbre d'ai ou Pèbre d'ase (qui signifie en provençal « poivre d'âne »

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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 10:59

Les débordements verbaux du maire de Cholet, qui ne sont à mon avis que l’expression de sa pensée profonde, la parole se libère, ont mis au grand jour un groupuscule politique : le CNIP, centre National des Indépendants et Paysans, membre de l’UDI du sémillant Jean-Louis Borloo, dont cet élu est le Président. Ça m’a rajeuni mais tout de même pourquoi garder le « et Paysans » ?


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Petit zoom arrière puis un brin d’histoire sur le plus ancien parti de la droite française :


Lors de la grande crise mondiale des années 20, dans un monde paysan pesant encore très lourd dans la population active française, deux mouvements de pensée s’affrontèrent : les « néo-physiocrates », partisans d’industrialiser l’agriculture, et les conservateurs « paysannistes » qui défendaient un groupe social, les paysans, comme un facteur d’équilibre de la Nation. Cette césure, amplifiée par Pétain et sa Corporation Paysanne, marquera très profondément les équilibres politiques de la IVe République et elle sera détruite par l’orientation prise par la Ve sous l’impulsion des jeunes paysans, tel Michel Debatisse, et des technocrates emmenés par Edgard Pisani. Ce sera la fameuse « Révolution Silencieuse » puis la naissance et la domination de la fameuse PAC.


Aussi bizarre que ça puisse paraître, du moins pour ceux qui l’ont connu à la fin de sa vie où il fut l’un des précurseurs du mouvement écologiste, le représentant le plus énergique et le plus persévérant de la doctrine néo-physiocrate fut René Dumont, jeune et brillant professeur à l’Institut National Agronomique de Paris (Misère ou Prospérité paysanne ? 1936). Pour eux les terres médiocres devaient cesser d’être cultivées, les produits peu rentables devaient être abandonnés et la disparition des petites exploitations accélérées. La plus forte production possible au moindre coût possible.


Face à eux, les conservateurs qui empruntaient au romancier suisse CF. Ramuz leur slogan « Etre paysan n’est pas un métier, mais une façon de vivre. ». Pour eux la protection ou la restauration de l’exploitation paysanne valaient bien des sacrifices à la productivité économique « Le monde paysan d’aujourd’hui est comme une grande île qui serait la dernière à ne pas être une société de masse. » L’exode rural était pour eux une tragique trahison du véritable héritage de la France, le but essentiel d’une juste politique agricole aurait dû tendre à enraciner le petit propriétaire dans son sol. Tout l’échiquier politique, y compris les socialistes, défendaient l’exploitation familiale.


La référence « à la terre qui ne ment pas » ne mettra pas à mal cette belle unanimité mais les modernistes de la Ve, qui inscriront l’exploitation à 2 UTH dans la nouvelle loi d’orientation de l’agriculture de 1960, lui assigneront un pur objectif de productivité. Le seul mouvement de défense de l’exploitation familiale traditionnelle fut, paradoxalement, le MODEF (comme son intitulé l’indique) lié au parti de la classe ouvrière le PCF. La vieille droite « paysanniste » ne sut jamais tirer parti du poids électoral, même affaibli, des paysans. Les héritiers du gaullisme, Jacques Chirac en plus fort symbole, sûre cultiver avec un soin constant l’orientation « conservatrice » du monde paysan. La cogestion entre la FNSEA et le pouvoir fut une constante de la Ve République, Edith Cresson qui voulut rompre l’appris à ses dépens.    

 

« Plus ancien des partis de la droite française, le Centre National des Indépendants et Paysans (CNI) a été créé le 6 janvier 1949 par René Coty et Roger Duchet maire de Beaune en 1949. Outre ces deux personnalités celui qui a le mieux personnalisé cette branche de la droite est Antoine Pinay, maire de Saint-Chamond, ancien Président du Conseil et Ministre des Finances du général assisté de Valéry Giscard d'Estaing, secrétaire d'Etat.


Lors des élections de Novembre 1958, le CNI compta dans la première Assemblée de la Ve République 118 députés, devenant ainsi le deuxième parti de France derrière l'UNR gaulliste (209 élus)


La politique algérienne du Général de Gaulle, le départ d'Antoine Pinay en janvier 1960, s'ajoutant à des désaccords sur le plan européen et constitutionnel, amenèrent la majorité des Indépendants à voter la censure. Lors de la dissolution de l'automne 1962, une trentaine d'élus CNI conduits par Valéry Giscard d'Estaing, Raymond Marcellin et Raymond Mondon, provoquèrent une scission qui aboutit à la création des Républicains Indépendants et n’être qu’un petit parti croupion qui depuis cette date a naviguée entre plusieurs eaux. Celles de Debout la République, du Parti Chrétien démocrate de Christine Boutin en 2010 et 2011 notamment. Et si l'on remonte dans le temps, le CNIP a, lors des législatives de 1986, présenté plusieurs listes avec le Front national. L'ancien président du FN, Jean-Marie Le Pen se présenta même sous son étiquette en 1958. Enfin, détail anecdotique en 1998, Gérard Bourgoin maire de Chailley dans l’Yonne, l’homme de l’AJA de Guy Roux et de la dinde industrielle la Chaillotine, est élu président. » 

 

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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 00:09

Lorsque les éléments naturels se déchaînent avec soudaineté et violence nous nous trouvons démunis, impuissants, nous subissons, et ceux qui sont en première ligne, les cultivateurs – j’emploie à dessein ce nom oublié – sont les premiers touchés très durement puisque c’est leur récolte, le fruit d’une année de leur travail qui disparaît en tout ou en partie. Hier, ce fut tout particulièrement les vignes de la côte de beaune qui eurent à subir les ravages des orages, de la grêle et du vent. C’est la désolation. Nos mots sont toujours impuissants à traduire ce que nous souhaiterions pouvoir dire face au malheur de ceux qui sont touchés par ces calamités.


Alors que faire ? Se taire. Dans un monde d’indifférence il est pourtant  important d’avoir une pensée, un geste d’amitié, simple et discret. Même si ça se situait dans un tout autre registre lundi j’ai accompagné Olivier Ameisen en sa dernière terre, nous n’étions guère nombreux, je ne connaissais personne mais être là, témoigner par sa simple présence auprès de ceux qui l'aimaient, ça me paraît important. C’est ce que j'essaie de faire ce matin. Moi qui chronique chaque matin sur le vin, je me tiens auprès de vous vignerons que je ne connais pas, le plus simplement et le plus discrètement possible.


Je le fais donc à ma manière en republiant une chronique du 2 août 2011 « On entend comme le roulement d’un train lancé à toute vapeur « C’est ce que je disais ; c’est plus de la pluie ; v’là la grêle »link extraite du livre « Moi, je suis vigneron » d’André Lagrange, un bourguignon né en 1909 à Chagny (Saône-et-Loire) d’une lignée de vignerons de la côte chalonnaise, publié en 1960. »


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« Le Toine bricole à son établi, devant la fenêtre du magasin ; il remet des manches à ses pioches. D’un œil, il regarde son travail, de l’autre, le Mont-Juillet, qui s’empanache de traînées d’un violet sombre. L’inquiétude le ronge : fin juillet, c’est la période la plus redoutable pour les orages, avec les environs du quinze août.

- « Pardi ! hier, c’était la Madeleine ; elle a pas fait sa fête ; des fois que nous, on pourrait ben, malgré nous, la faire aujourd’hui ! On a bougrement raison de dire :

« La Madeleine

Ne passe pas sans son étrenne ! »

Hélas ! Elle pourrait donc pas les garder pour elle, ses lugubres cadeaux ? Maudite pécheresse ! Elle sème à tous les vents le malheur de sa honte ; elle fait dégouliner, tout au long du ciel, ses larmes grosses comme des œufs ; un courant d’air, venu on ne sait d’où, les glace, et voici l’étrange couvée de grêlons qui s’abat sur le vignoble, pour le ravager.

(...) Il n’a pas le temps d’achever, qu’une espèce de queue rouge, attachée à une boule de feu, fouette tout du long la brume jaune ; ave ça, un craquement, oh ! mais, un de ces craquements ! Comme une charpente qui s’effondre.

-« Le tonnerre est tombé à Mercœur ! souffle l’Ugène à mi-voix. Un coup tout seul, comme ça, c’est le signal de ce qu’on sait que trop.

- Oui, répond le Toine. Misère de Dieu ! Tout est foutu. Ecoute !... »

On entend comme le roulement d’un train lancé à toute vapeur.

- « C’est ce que je disais ; c’est plus de la pluie ; v’là la grêle.

Les visages se figent ; sur celui de l’Ugène, se creusent les sillons des larmes silencieuses, prélude de la révolte qui gronde intérieurement.

Ça a duré au plus dix minutes, une éternité pour les deux hommes. Le bruit s’assourdit, s’estompe, s’éloigne. Le brouillard s’enlève, comme une toile de tente, pour ne rester attaché que d’un côté, là-bas, vers Rosey.

A la lumière retrouvée, l’Ugène bondit vers les ceps les plus proches. Le Toine le suit en reniflant et, machinalement, enlève son chapeau, comme on fait devant un mort.

-« Regardez-moi ça, hurle l’Ugène, si c’est pas une pitié ! Toutes les grappes par terre, les feuilles aussi ! Hein ! Travaillez donc ! A quoi ça sert ? Vous vous échinez toute une année, et au moment où ça commence à promettre, en cinq minutes, crac ! plus rien ! Ça fait déjà quatre fois que je vois ça, et j’ai guère que trente ans ! Nom de Dieu ! Vous voulez vivre avec ça, vous Toine ? »

 

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 11:00

En ce temps de canicule boire est une nécessité mais il est aussi important de se désoiffer, c’est-à-dire de calmer sa soif.


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Le radis d’été, les gros ronds tout rouge, remplissent cette fonction à merveille.


Le radis, raphanus sativus, est présent toute l'année sur le marché mais les radis d’été et d’automne, à croissance moins rapide, sont plus volumineux et de saveur plus forte.


« Tous les radis ne sont pas roses... bien que cette couleur commune aux variétés de printemps soit la plus connue. Il existe des radis d'été, d'automne et d'hiver! Ils peuvent être de couleur blanche, violette, noire, comme le « poids d'horloge" dont la longueur peut atteindre 25 cm. »


Le radis noir ou raifort, il est plus fort et moins apprécié chez nous alors qu’en Allemagne, en Pologne ainsi qu’au Japon il est très prisé. Enfin au Japon c’est plutôt le radis Daikon qui est apprécié et qui se déguste râpé dans la sauce soja. Les Japonais le consomment dans sa totalité, feuilles, graines et racines. Il est servi avec tout, sashimis, volailles et produits de la mer.


Le radis a presque complètement disparu des tables de nos restaurants, même en amuse-bouche avec une noisette de beurre. Moi j’en croque à tout moment en ce moment pour me désoiffer. Ces radis ont en commun un goût piquant, qui provoque la salivation et qui donc stimule l’appétit et la digestion.


En plus, le radis tient une place particulière dans ma mémoire car à la Mothe-Achard le négociant en grains portait le surnom de « Radis » car c’était me disait-on le nom de son cheval mais comme j’entendais le grand-père chanter « et raide comme un radis… » je soupçonnais fort que ce sobriquet venait plutôt de cette direction car l’homme portait beau.


Du côté chanson je vous invite à écouter Les Radis chanson enregistrée par Georges Brassens sur l'album « Les débuts de Brassens en privé, 1952-1955 »


« Chacun sait qu'autrefois les femm's convaincues d'adultère

Se voyaient enfoncer dans un endroit qu'il me faut taire

Par modestie… Un énorme radis.

Or quand j'étais tout gosse, un jour de foire en mon village,

J'eus la douleur de voir punir d'une épouse volage

La perfidie,

Au moyen du radis. »


Enfin, pour l’édification des petites louves et des petits loups sachez que sous la IIIe République, les Radicaux membres du parti dominant, ancêtre des deux groupuscules actuels les radicaux de gauche de JM Baylet, et de Bernard Tapie, et les radicaux valoisiens de JL Borloo, étaient comparés aux radis: « Roses à l'extérieur, blancs à l'intérieur, et toujours près du beurre » C’est-à-dire politiquement à gauche : roses, économiquement à droite : blancs, et presque toujours au gouvernement : le beurre.


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Les variétés:

 

« Les radis ronds ou demi-longs roses hâtifs à forcer, nommés ainsi car cultivés dès février sous abri avec ou sans un apport de chaleur (couche chaude, serre, châssis froid ou tunnel): Gaudo, Gaudry, Flamino, Callisto, Kiva,... voir la fiche de culture sous abri.


Les radis ronds ou demi-longs roses de pleine terre (dits aussi "de tous les mois) qui peuvent bien sûr être cultivés sous châssis froid dès fin février ou début mars. (Certaines des variétés précédentes entrent également dans cette catégorie) : radis gaudryGaudo, Gaudry, National, Cerise, Pontvil, Flamboyant, 18 jours, Pernot ...


Les radis d'été et d'automne, surtout cultivés dans l' Est de la France, à la racine plus volumineuse et dont le semis s'effectue de mai à fin juillet-début août: rond écarlate géant de Würzbourg, d'été jaune d' or ovale. Les radis d'hiver très volumineux qui se conservent parfaitement en cave: noir long poids d'horloge, violet d'hiver de Gournay, noir gros long d'hiver de Paris, rose d'hiver de Chine. »

 

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 00:09

Comme j'ai de bonne et saine lecture je consulte le Figaro vin sur la Toile link pour y apprendre hier que « L’une des plus grosses sociétés australiennes de vins, Treasury Wine Estates, a décidé de se débarrasser de 35 millions de dollars de vins bas de gamme stockés sur le sol américain, un stock gênant de plusieurs millions de bouteilles invendues et qui ne résisteront pas au temps.


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Cette décision n’a pas manqué d’être commentée. « J’écris sur le vin depuis 1975 et je n’avais jamais entendu parler d’une destruction de stock de vins aussi importante », a rapporté la célèbre critique Jancis Robinson. »


Au plan sémantique se débarrasser du stock ne signifie pas forcément le détruire. En effet, nos amis australiens peuvent le solder c’est-à-dire le confier à des professionnels qui se chargeront de lui trouver une nouvelle destination. Par exemple, du vrac qui servira de sauce – les vins semblent en fin de vie –  sauf que ce vin est en bouteille et disons que, grosse maille, déboucher 4 à 5 millions de bouteilles ça ne se fait pas tout seul et ça coûte du pognon. Sauf que si, Treasury Wine Estates décide vraiment de détruire le stock je ne suis pas sûr qu’il puisse envoyer ses bouteilles à la casse comme on le fait avec les bagnoles. Ce serait un vrai déluge de pollution des sols et des nappes.


Donc je résume : première opération le vin retourne à la citerne pour soit aller faire de la daube, soit être détruit. Je suppose dans ce dernier cas que l’on ne va jeter au caniveau 50 000 hl de vin. Alors comment détruit-on du vin ?


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Pardi en le distillant.


Donc obtient de l’alcool vinique qui fait l’objet d’un marché pour certains usages comme le mutage. On peut aussi le dénaturer pour l’utiliser à la carburation.


J’aimerais bien qu’on éclaire ma petite lanterne.


Mais ce n’est pas tout.


Permettez-moi de me gondoler grave car nos amis australiens adorateurs du marché libre sont en train de découvrir les joies de la régulation. Que n’ont-ils vitupérés contre ces affreux européens qui distillaient pour équilibrer le marché des vins de table. Nos amis anglais poussaient des cris d’orfraies, d’autant plus que ces distillations étaient subventionnées par l’Europe. Là, l’honneur libéral est sauf : Treasury Wine Estates déprécie son stock et ça ne coûte rien aux contribuables. Mais il y a tout de même un léger bémol à ce beau raisonnement, avec leurs bouteilles low cost, « critter labels », les grosses sociétés australiennes qui faisaient du chiffre avec des prix cassés ou des promotions en tout genre chez les cavistes américains ou britanniques, ont chassé du marché des vins qui eux n’avaient pas ce type de moyens. Dumping ravageur, politique qui met à mal le credo de la concurrence parfaite. Là, c’est clair ce sont nos pertes de part de marché qui ont subventionnées la politique d’expansion à marche forcée se traduisant par  des plantations de vigne à tour de bras dans des endroits peu propices. Alors, le retour du bâton est la sanction Mr David Dearie directeur général de Treasury Wine Estate. « Les clients australiens ou étrangers ont accepté notre vin comme un produit bon marché. Cela éreinte la renommée australienne et notre savoir-faire ».


Nous, nous connaissons la chanson, mais nos amis anglo-saxons qui nous ont tellement jetés la pierre, souvent à juste raison, sont ici un chouïa responsables de cette dégradation de l’image du vin. Il est des choses qu’il faut savoir dire même à Mrs Jancis Robinson qui n’a pas dû souvent tremper ses lèvres dans ces indignes breuvages.


Allez, allez, distiller ça fera du bien au marché…

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 11:00

Samedi je me suis fait agresser sur Face de Bouc par un monsieur bien sous tous les rapports qui m’a vertement reproché de faire du stop sur le bord de la Toile avec « ma gueule de métèque, de juif errant, de pâtre grec ». « Dégage Vieux Con! » m’a-t-il intimé tu nous fais de l’ombre à nous qui dégustons dignement. « T’as le melon ! Et sans des gars comme moi tu n’existerais pas… » Que des gracieusetés donc, comme s’il fallait avoir des vignes et faire du vin pour avoir le droit d’écrire sur la Toile. Argument massue, sauf que cet esprit fort oublie l’essentiel : s’il n’y avait pas des cons de mon genre pour acheter du vin il pourrait retourner la queue basse à ses chères études.


Ce qu’il y a de très drôle dans cette histoire c’est que nul n’est tenu de pénétrer sur mon espace de liberté et mes chroniques ne sont jamais intrusives même pour ceux qui s’y sont abonnés qui peuvent d’un clic les envoyer au panier. Je me suis dit, en plus d’être aigre ce type est masochiste et j’ai vaqué à mes occupations.


Reçu du courrier alsacien d’un président important en réponse à mon interrogation sur le remue-ménage autour CIVA. Serais-je lu jusque là-bas ? Ça m’a donné l’idée de donner mon sentiment à un ami vigneron alsacien sur l’Académie des Grands Vins dont il est membre. Et puis ce matin en feuilletant la [check-list] du Monde électronique qu’est-ce que je lis « Coup de pouce. Après le covoiturage, une association écologiste alsacienne veut remettre au goût du jour un mode de transport alternatif aussi ancien que la voiture : l'autostop. Le réseau s'engage à respecter un code de bonne conduite par le biais de stickers. »link 


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Du stop, pouce levé, j’en ai fait beaucoup dans ma jeunesse et ça marchait. Et c’est alors que j’ai tout compris, que j’ai relié les fils : Taulier sur tes vieux jours t’as remis ça, tu fais du stop sur les bords de la Toile et ça marche. Bien sûr ça énerve que je me la joue à la Jack Kerouac mais c’est si bon de se retrouver tous les matins assis à vos côtés. Ce n’est t’y pas là une bonne manière de vivifier la convivialité ? Sans être mauvaise langue il n’est pas certain que certains chantres des grands vins donnent envie de boire et pour sûr que la gaité soit au rendez-vous de la dégustation. C’est du sérieux ça ! Pas des digressions à la con ! N’empêche que moi j’ai choisi le parti des bons vivants pas celui des sinistres. Entre boire et écrire je n’ai pas choisi, pour moi l’un ne va pas sans l’autre.


Bonne journée à vous tous qui chaque matin stoppez aux bords de la Toile pour m’ouvrir votre portière et accueillez mes petits billets…                  

 


Coluche l'autostoppeur par fun347

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 00:09

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Loin des ronchons qui, comme les cornichons ne se sentent à l’aise que dans le vinaigre – le singulier suffit mais je noie le poisson –, ce samedi après-midi dans la touffeur de Paris, sous l’auvent de la Grande Halle de la Villette un vent joyeux soufflait avec nos amis italiens des Pouilles, le talon de la botte comme le dit l’ami Daniele de Michele. «Les Italiens sont des Français de bonne humeur» affirmait Jean Cocteau, je confirme. L’âme de l’Italie, son sens inné de la danse populaire joyeuse d’abord la Tarentelle, connue dès le XVIIème siècle, qui s’est longtemps vue octroyer des vertus thérapeutiques, prétexte à perpétuer des danses païennes dans une Italie ultra catholique. Les créations de la danseuse et chorégraphe Maristella Martella nous ont proposé un voyage qui nous a mené dans différentes régions du sud de l’Italie à travers les rituels de cette danse ancienne.


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Les Italiens de Paris, en dépit de la pression atmosphérique élevée et d’un mercure surchauffé, s’en sont donnés à cœur joie pendant presqu’une heure. Que du bonheur !


Tout à côté dans leur uniforme blanc, les musiciens de LA BANDA DI CONVERSANO attendaient leur heure, sous la baguette d’Angelo SCHIRINZI. Les Bandas sont emblématiques de la culture des Pouilles, elles reprennent les grands airs d’opéra. La Banda di Conversano n’a pas failli à la règle elle nous a apporté, avec ses deux cents ans d’histoire, tout le charme et les parfums de Conversano, ville d’Art et de soleil.


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Nos amis italiens ont le sens du spectacle, à l’heure dite, ils ont traversé l’esplanade brûlée de soleil – ça ne les dépaysait guère – pour revenir en formation jusqu’à l’auvent de la Grande Halles. J’ai fait plein de photos car ensuite j’ai communié. Je suis Verdien. L’opéra italien me prend aux tripes. J’ai des frissons. Je me sens italien. Que du bonheur !


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Après une heure d’intense émotion, banda en tête, je me suis rendu à la tente de dégustation où le jovial Daniele de Michele, tout sourire de dehors nous attendaient avec sa platine, ses verres et ses 4 vins des Pouilles (un blanc, un rosé, un rouge et une Malvoisie naturellement douce. Cerise sur le gâteau Marie flanquée de ses amis nous avait rejoints pour participer activement au jeu de Don Pasta Une dégustation musicale, un « œno-djset ». Un parcours sensoriel qui touchera l'oreille, la langue, le nez dans une interaction perpétuelle. Ce qui fut dit fut fait. Votre Taulier qui ne sait tenir à la fois un verre et un bidule à faire des photos a laissé ce soin à Marie. Un petit clin d’œil à l’ami Daniele, Marie lui offre pour enrichir sa bibliothèque musicale CHROMATICS « CHERRY »


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 photo de Marie Beauchesne — avec Rui Ferreira, à La Villette


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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 11:02

Le 29 mai dernier mon ami Jacques me faisait parvenir ce petit message « Je suis en contact avec Olivier Ameisen qui me dit le plus grand bien de toi (ça te ferait rougir) sans te connaître. Il dit que tu as écrit des choses d'une grande intelligence et gentillesse sur lui » et de me demander s’il pouvait lui communiquer mes coordonnées.


Nous ne nous sommes jamais rencontrés et j'en ai un grand regret car nous ne le feront jamais puisqu’Olivier Ameisen est décédé jeudi, à 60 ans pendant son sommeil d’une crise cardiaque.


La lecture de son livre  « Le Dernier Verre » m’avait bouleversé, choqué et convaincu que j’étais en présence d’un témoignage qui allait déranger l’establishment de l’alcoologie… Alors, le 3 novembre 2008 j’ai écrit une chronique qui était mes notes de lecture.link


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Il est toujours temps de lire ce livre d’une grande sincérité.


J’ai rencontré un jour lors d'une conférence le frère d’Olivier, Jean-Claude, une sommité du monde médical français, et nous avons parlé d’Olivier. Sans jamais l’avoir rencontré je me sentais proche de lui, de sa souffrance, de sa sensibilité, de son combat qu’avec mes faibles moyens je me suis efforcé de soutenir.


Je suis très triste en écrivant ces lignes, je le pleure car c'était un homme de bien qui vient de nous quitter. Son combat d’abord solitaire, face à une adversité arrogante, continue et c’est à nous de perpétuer sa mémoire à travers lui. Je tiens à saluer ici l’ami Pierre Leclerc qui s’est engagé avec toute sa fougue et sa pugnacité aux côtés de l’association Aubes www.baclofene.fr/ et de l'association Baclofène et son forum www.baclofene.com


Mes pensées vont à sa famille, à ses proches, à celles et ceux qui ont soutenu son difficile combat, Olivier et moi par la magie de cette étrange Toile nous étions en symbiose. Il va me manquer, il va vous manquer. Je me permets de vous embrasser.


«Sans ma souffrance, je n’aurais jamais connu le bonheur. Je croyais poésie et souffrance indissociables et ne pouvais m’empêcher de pleurer en entendant Rachmaninov ou Barbara, en lisant Eluard ou Tolstoï.» Olivier Ameisen

 

Les obsèques d'Olivier Ameisen auront lieu ce lundi 22 Juillet 2013, à 16h au cimetière du Montparnasse, Paris 14ème.


Le témoignage de Jean-Yves Nau sur Slate « Il venait d’avoir 60 ans et il est mort au moment où il commençait à être entendu. Olivier Ameisen restera comme une personnalité médicale hors norme, une forme de météore dans les cieux tourmentés de la lutte contre les addictions » link  


Portrait d’Olivier Ameisen dans Libération du 17 janvier 2012 « Arrêter l’alcool, ce n’est rien. Découvrir la vie, c’est extraordinaire»link


 « Les alcoologues sont un peu comme ces maris ou femmes trompés depuis des années… » à propos du livre du Dr Ameisen link

 

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 07:00

Le commandant de bord nous avait annoncé dès notre départ que la distance de vol entre Paris et Venise était d’environ 524 miles soit 843 kms et des poussières, et qu’il nous faudrait compter sur 1 heure 38 minutes de voyage pour atteindre l’aéroport Marco-Polo. Après le champagne notre charmante hôtesse dressa la table et nous servit une collation. Antoine y toucha à peine, il attendait son heure armé d’un petit sourire. J’avais remarqué dès le départ qu’il tenait à la main un livre sur la jaquette duquel trônait une jeune vache pie noire dans un décor de papier vert d’eau très bucolique, « Laitier de nuit » d’Andrei Kourkov. J’avais lu son désopilant best-seller « Le Pingouin » qui racontait l’histoire, à Kiev, de Victor Zolotarev, un journaliste sans emploi et de son pingouin Micha rescapé du zoo de la ville en pleine débine. Tous deux tentaient péniblement de survivre, entre la baignoire et le frigidaire de l'appartement. C’est alors que le patron d'un grand quotidien offrit à Victor d'écrire les nécrologies - les « petites croix » - de personnalités bien portantes. Bien évidemment,  Victor  s’empressait d’accepter ce job tranquille et bien payé. Mais comme à Kiev la vie est loin d’être un long fleuve tranquille, un beau jour, les fameuses « petites croix » se mettaient à passer l’arme à gauche, de plus en plus nombreuses et à une vitesse alarmante. Victor et son pingouin neurasthénique se trouvaient alors plongé dans la tourmente d’un monde impitoyable et sans règles, celui d’une république de l’ancien  empire soviétique. Antoine, je le savais, allait me faire le coup de la lecture. Avant qu’il n’ait le temps de me placer, avec son air de ne pas y toucher, « tu connais Andreï  Kourkov ? » je lui avais débité mon petit résumé de l’œuvre maîtresse de ce russe polyglotte vivant à Kiev. Beau joueur Antoine me félicita, avec une pointe d’ironie, pour mon érudition, en ajoutant à l’attention de Gabrielle « c’est pour ça qu’à la grande maison ils ne peuvent pas le piffer, il est riche et cultivé… »


Antoine ouvrit avec soin le livre de Kourkov, il fait tout avec soin Antoine, et entama son petit numéro bien rodé. « Nous sommes à l’aéroport de Bérispol, un matin. » Il nous précisait que c’était l’aéroport de Kiev. « Un maître-chien, Dmitri Kovalenko, employé des douanes inspectait avec son berger Chamil les rangées de bagages enregistrés, en  fredonnant une chanson inepte. Chamil reniflait les valises et les sacs depuis quatre heures du matin. Après trois heures de boulot le clebs fatiguait » Antoine chaussait d’élégantes d’écailles et citait « Ce matin-là, comme par un fait exprès, les passagers aériens se révélaient étonnement respectueux de la loi. Aucune trace de drogue dans leurs bagages. Or le chien avait grande envie de faire plaisir à son maître qui, à voir son regard, ne semblait pas connaître le sens du mot « excitation ». Comme il aurait aimé le voir cesser de bailler ». Antoine ôtait ses lunettes et les posaient avec précaution au centre de la table, Antoine fait tout avec précaution. Il nous précisait que Kovalenko, le gabelou, n’avait pas son compte de sommeil car il avait fêté jusqu’à l’aube les 25 ans de sa sœur cadette Nadka avec une vingtaine de personnes. « Ils avaient bu, mangé et joué au karaoké » et c’est ainsi que cette fichue rengaine lui était rentré dans la tête. « Tu nous ne rattraperas pas ! » À nouveau Antoine chaussa ses besicles chics. Chamil, nous précisait-il, truffe humide, continuait de humer les bagages lorsque soudain « une fragrance tout à fait neuve et insolite attira son attention. Ce curieux parfum émanait d’une petite valise de plastique noir à roulettes. Celle-ci était flambant neuve, et ce détail participait également de l’odeur, cependant il y avait autre chose encore, qui inspirait comme un étrange et pesant sentiment de joie mauvaise. »


Antoine marquait la page avec un marque-page, refermait le livre puis se mettait à jouer avec ses lunettes. Je le sentais en un état proche de la jouissance. En quelques mots il nous décrivait la scène. Chamil au lieu d’aboyer se tournait vers son maître qui lui regardait à l’autre bout de la salle de bagages où se tenaient, Boria et Génia deux bagagistes qui bavardaient tranquillement. La soudaine immobilité de Chamil et de son maître intriguait Génia. Ils rappliquaient. Antoine rouvrait le livre « écoutez bien ce qui va suivre, c’est ça l’Ukraine d’aujourd’hui ». Il reprenait sa citation.

-         Alors quoi ? demanda Boria, le moustachu, au maître-chien. Tu vas encore refiler la prise à tes connards de chefs, pour qu’ils puissent changer leur BMW contre une Lexus ?

Les deux hommes fixaient Dima d’un lourd regard interrogateur. Tous deux étaient solides, bien bâtis, et accusaient la cinquantaine ;

-         Et qu’est-ce que je peux faire d’autre ? répondit Dima avec un haussement d’épaules.

-         Le clebs ne va pas cafter, dit Boria avec bon sens, et nous, nous pouvons l’aider à quitter la zone de sécurité, ajouta-t-il en désignant la valise d’un signe de la tête ;

-         Et avec ça, nous éviterons la taule à son proprio, renchérit son compagnon. C’est aussi une bonne action ! »

Antoine souriait, satisfait de son effet. « Boria marqua la valise à la craie… J’adore l’échange entre le maître et son chien « Chamil sentit que quelque chose clochait et leva la tête vers son maître.

-         Pourquoi tu me regardes comme ça ? Allez, on dégage ! ordonna Dima d’un ton agacé. Ton job, c’est de renifler, pas de me zieuter ! »

Le commandant de bord annonçait que nous entamions notre descente.

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 00:09

Certains amis des bêtes, je parle ici des animaux de compagnies – en 2012, plus de 63 millions de chiens, chats, oiseaux, poissons et autres petits mammifères partagent la vie des familles françaises : 48,4% des foyers possèdent au moins un animal de compagnie, soit un peu moins d’un foyer français sur deux – se positionnent de façon radicale contre le sort qui est fait aux animaux domestiques qui finissent leur vie dans notre assiette, qu’ils soient élevés pour leur viande ou pour la production de lait.


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Chat de la voisine 

 

Mon propos ici n’est pas d’entrer dans une quelconque polémique entre les viandards et les vegan mais de poser la question : qu’y-a-t-il dans les écuelles de nos chiens, chats, oiseaux, poissons et autres petits mammifères ?


Le marché de l’alimentation des animaux de compagnie la «pet food» c’est 3 Mds d’€/an auquel il faut ajouter 580 millions d’€/an de d’hygiène et de soins et 405 millions d’€/an d’accessoires. Soit un total de 4,2 Mds d’€/an.


Dépense moyenne/an pour un chien : 800€ et pour un chat : 600€.


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Il y a « environ 400 millions de chiens et 200 millions de chats dans le monde. Leur nourriture est un marché énorme, qui représente plusieurs dizaines de milliards d’€. »


« Les croquettes sont en partie constituées de sous-produits de l’élevage : viscères, têtes, pattes, carcasses de porcs, de volaille ou de ruminants. Il s’agit là des animaux destinés à l’alimentation humaine et dont on valorise ainsi la part que nous ne consommons pas. Par ailleurs, on estime que près de 5 millions de tonnes de poissons entrent chaque année dans la composition des boîtes et des croquettes pour chiens et chats. Même les croquettes dites « au foie » ou « au poulet » contiennent de la farine et de l’huile de poisson. Selon une étude publiée en 2009, un chien de taille moyenne aurait une empreinte écologique deux fois supérieure à celle d’un 4X4. Un chat équivaudrait à une voiture moyenne ! »


Texte extrait du livre « Les insectes nourriront-ils la planète ? » de Jean-Baptiste de Panafieu qui indique « que les farines d’insectes pourraient se substituer aux farines de poisson ou aux protéines issues des élevages terrestres. Certaines marques intègrent déjà des grillons à leur composition, mais c’est rare en Europe ! Au contraire, en Chine, de nombreuses préparations alimentaires pour animaux de compagnie contiennent des vers de farine et d’autres insectes. »

 

« Le créneau du bio

Comme dans l'alimentation humaine, c'est l'aspect santé et nutrition qui s'est le plus fortement développé ces dernières années. Les recettes ont été revues pour faciliter la digestion, favoriser la beauté du poil, l'hygiène bucco-dentaire… Purina a ainsi lancé en début d'année une offre digestion sur Friskies. Le challenger, l'espagnol Ultima (Affinity Petcare), qui gagne du terrain en France, a lui lancé un lait haut de gamme «digestion légère» pour chats en minibouteille plastique. Il a aussi mis le cap sur la prévention du vieillissement des chiens avec Protect +, à base d'antioxydants.

Les industriels se sont également saisis de la problématique de l'embonpoint, qui touche 40 % des chiens et chats, souvent en mal d'exercice. Une offre light existe depuis six ans. Pedigree (Mars) vient de lancer une gamme de croquettes pour la prévention de l'obésité. Pour la première fois dans la pet food, l'apport calorique par portion et les recommandations journalières figurent sur l'emballage. «Nous voulons rendre plus accessible la nutrition que l'on trouvait jusque-là dans les circuits spécialisés, mais plus chère», explique Michel Klersy. »


Les matières premières utilisées en France :


- 1.568.000 tonnes de produits de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche sont valorisés, dont 76 % proviennent de France, 99% de l’Union Européenne. 1% provient des Pays Tiers.


- 441.000 tonnes de sous-produits de viandes et 32.000 tonnes de sous-produits de poissons (matières fraiches ou congelées)


- 1.095.000 tonnes de matières sèches (céréales, légumes et protéines animales déshydratées)


Pour une production de :


- 1.937.717 tonnes de produits fabriqués (tonnage en poids net)


- 760.158 tonnes de produits humides (chiens/chats)


- 1.177.559 tonnes de produits secs (tous animaux)


- 48 % de la production sont exportés, soit 933.347 tonnes.


- Une balance commerciale excédentaire de 599 millions d’euros.


En France les Fabricants d’Aliments pour Chiens, Chats, Oiseaux et autres animaux familiers sont regroupés dans la FACCO, Chambre Syndicale qui a été « créée en 1965. Elle rassemble 27 sociétés nationales et est fortement représentative de l’Industrie française de production et de commercialisation des aliments pour animaux familiers. La FACCO est l’interlocuteur privilégié des Pouvoirs publics et institutions françaises. Elle agit dans ses champs de compétence afin de promouvoir l’Industrie française des aliments préparés pour animaux familiers. La FACCO est membre de la FEDIAF - Fédération Européenne des Industries d’Aliments pour animaux Familiers – et du réseau RESEDA. »

 

Le secteur est dominé par des multinationales link  qui opèrent aussi en France et leurs marques bien connues :


NESTLE PURINA PETCARE France: ONE, Gourmet, Felix, Friskies, Fido, Pro Plan, Dog Chow, Cat Chow, Procare


MARS PF France : Pedigree, Canigou, Cesar, Frolic, Nutro, Whiskas,Sheba, Kitekat, Perfect Fit…


ROYAL CANIN FRANCE SAS: Royal Canin

 

Sources :


(1) FACCO link  

 

(2) link

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