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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 00:09

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La rentrée à toutes les sauces, même les sauces au vin, la Cave de la Grande Épicerie du Bon Marché y va de son couplet pour se distinguer de la piétaille des foires aux vins en se mettant, dit-elle au diapason de la rentrée littéraire. 4 écrivains, Amélie Nothomb, Philippe Claudel, Thierry Richard et Sacha Sperling ont joué aux chefs de cave et partagé (sic) « leur goût pour le travail de la vigne. » Ces gens de plume, me dit-on, « ont chacun sélectionné des flacons évocateurs, empreints d’émotions, de moments partagés er de souvenirs gourmands. » Fort bien, j’en accepte l’augure et je me précipiterai dès l’ouverture le 29 septembre pour vérifier « comment le plaisir de la lecture accompagne celui de la dégustation ». Étant un énorme lecteur et un little dégustateur j’avoue humblement que le rapport ne me saute ni aux yeux, ni aux papilles.


Donc du 29 septembre au 19 octobre, dans la cave à la Grande Épicerie du Bon Marché, les bouteilles cohabiteront avec les livres. La froideur chic du lieu ne me semble pas être le meilleur cadre pour flâner autour des livres, mais attendons.


En avant-première je vais vous révéler le choix d’Amélie Nothomb qui bien évidemment participe à la fameuse rentrée littéraire avec son nouveau roman la Nostalgie Heureuse.


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Photo Jacques Lange

 

Pour les ignares :


Amélie Nothomb est belge (y’en a que pour eux en ce moment voir ICI link 

 

2° « Une image d'excentrique la précède. Sur photo, elle apparaît pourtant assez sage, banale même, à part pour ces chapeaux extravagants qui sont l'une de ses marques de commerce. En personne, Amélie Nothomb déstabilise. Il y a les Doc Martens bleus. Les gants rouges rayés noirs. Les habits noirs très «Foufounes électriques, circa 1991». Les lèvres rouges, les yeux charbonneux. Et une prestance d'aristo-gothique à la répartie vive, qui ne craint ni critique ni questions personnelles, mais qui dénigre son apparence physique à la moindre occasion. 

Et un haut-de-forme à plumes. Sa signature. »

SYLVIE ST-JACQUES La Presse 26 février 2010

 

3° « La cuisine est une affaire de cœur, de tradition, de famille et souvent de femmes. Rien d’étonnant donc que ­Juliette Nothomb publie un recueil des petits plats qui font craquer Amélie, sa cadette. Pour savoir ce qu’elles ont dans le ventre, nous les avons invitées à déjeuner. Au ­moment de passer la commande, elles détaillent devant les serveurs du Diane, le restaurant gastronomique de l’hôtel Fouquet’s Barrière, les mélanges les plus détestables qu’elles aient inventées. Fromage de chèvre très affiné et coulant arrosé de Coca Light pour Juliette. Camembert mandarine pour Amélie. Il y a de quoi tourner de l’œil !

 

Heureusement, on passe rapidement aux choses sérieuses. « Mes aliments préférés sont les trois C : « Cornichon, chocolat et champagne », lâche Amélie. Pour le reste, je ne sais rien cuisiner, tout le contraire de ma sœur ! » Il n’est pas rare que celle-ci se lève à 4 heures du matin pour tester une nouvelle recette, s’assurer qu’un mélange répond à ses attentes. Les endives – les Belges disent chicons – sont l’un de ses légumes préférés. Elle les prépare de multiples façons. Presque autant que les banana split qui se déclinent en une douzaine de versions ! De son adolescence au Japon, Juliette Nothomb garde une passion pour le riz blanc. « Il n’a aucun goût et est le plus fade de tous les riz, mais je l’aime. Comme le poisson de l’archipel », annonce-t-elle.

FRANÇOIS BOURBOULON Paris-Match le 06 novembre 2008

 

Dans « Biographie de la faim », Amélie Nothomb raconte la boulimie - cette « surfaim », « une faim que rien ne comble, une faim plus grande que soi, désir inapaisable » - et sa décision irrévocable d'arrêter de manger à l'âge de 13 ans - anorexie qui durera 2 ans.


Amélie Nothomb ne se cache pas du fait qu'elle ait souffert d'anorexie mentale, qu'elle nomme son « ennemi intérieur ».


 La disparition de la maladie coïncidant avec sa venue à l'écriture, au travers de ce que l'on pourrait appeler une « sublimation » par les mots.


Elle consacre d'ailleurs quatre heures par jour à l'écriture, sans quoi elle est incapable de fonctionner, incapable de s'arrêter d'écrire, ne serait-ce qu'un jour, elle serait en somme devenue une boulimique d'écriture.

 

Elle a depuis gardé des goûts alimentaires particuliers : aliments très pimentés, thé très infusé, la plupart des fruits pourris (dont le goût se rapproche de l'alcool, Amélie N. ayant connu un alcoolisme infantile). »


Enfin, ci-dessous la sélection d’Amélie Nothomb


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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 11:00

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La Corse est l'île de tous les clichés.


Je déteste les clichés.


Si ça vous dit lisez ou relisez deux de mes Esquisses Corses.


« Il y a un esprit des îles » partagez-le avec moi !link

 

La Corse n’est pas tout à fait la France, nous le savons. C’est une île, tout y prend vite un tour particulier, il faut s’y faire ou s’éloignerlink 


Mais rien ne vaut une Inglese, sirotant une myrte, assise sous l'auvent art déco du Café des Platanes, place Pasquale Paoli, à L'Ile-Rousse, alors que le soleil descend sur la mer, pour démonter les clichés. Subjuguée, elle en arrive même à se demander ce qui a bien pu vous prendre de haïr les Français comme ça, avant de se reprendre en ajoutant, perfide, « on voit mal ce que la Corse a de français.»


Julie Burchill, militante féministe autoproclamée, déclare dans le Times de Londres sa flamme à la Corse.


« Même l'Anglais le plus suffisant, le plus chauvin et le plus près de ses sous risque fort de devoir admettre, sio, l'y accule, que quand même il est plutôt sympathique de pouvoir quitter la pluvieuse et humide Albion en prenant un avion à Gatwick à 6 heures du matin pour se poser en Corse environ deux heures plus tard. Et de là, en voiture pendant une ou deux heures de plus, avec son meilleur pote au volant, celui qui n'a peur de rien, emprunter les routes les plus tortueuses dans les montagnes les plus sauvage que connaisse l'homme.»


Rebelle et superbe, un île presque parfaite notre Inglese est vraiment sous le charme de la Corse mais, étrangement, elle parle peu des Corses. Cette dichotomie est fréquente, elle permet d'esquiver la vie que l'on vit en Corse et de ne contempler que les splendeurs de cette île rétive.


Quelques vieilles photos privées du village de Nonza, Cap Corse, extrait du livre Album de Familles de Julie Canarelli éditions Alain Piazzola.


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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 00:09

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Quand tu es cycliste comme moi, t’arrêter à la terrasse d’un café à Paris à l’heure du déjeuner pour te désaltérer relève de la mission impossible. Toutes les tables sont dressées pour la bouffe. Les plus accueillants réservent deux ou trois misérables tables dans le coin le plus exécrable de l’établissement près des poubelles (j’exagère à peine). Dans le temps la grande majorité des bistros se cantonnaient aux braves sandwiches, au croque-monsieur et à l’affreux hot-dog parisien avec râpé grillé incorporé. Maintenant, grâce à l’assemblage made in Métro, le moindre con t’aligne un menu sur ardoise. C’est ni bon ni mauvais c’est simplement le premier pas vers l’enterrement de première classe de la tortore de comptoir. Partout pareil ! C’est souvent très propret, parfois même chic avec serveuses genre intermittentes du spectacle faisant des extras. Entre touristes en tongs et bureaucrates du coin c’est plein.


Jörg Zipprick,link  qui se bats à la fois contre la cuisine moléculaire (les fausses truffes de l’Espagnol Quique Dacosta 3 étoiles au Michelin) et pour le fait maison mets les pieds dans le plat « Est-ce trop demander que la France, un des berceaux de la gastronomie occidentale, œuvre dans les coulisses bruxelloises pour plus de transparence sur les menus ? On pourra alors comparer ce qui est comparable, voir qui est cuisinier, qui réchauffe et qui a établi un showroom de l’industrie chimique. Après ce sera au consommateur de décider s’il trouve que la cuisine française est dépassée. »  Que du bon sens qui  se heurte à  ceux que l’on découvre dans l’arrière-cour du SHIRA à Lyon, bien planqués derrière le cinéma des grands chefs. Je vous invite à aller vous promener dans les allées pour visionner ce qui va peupler les assiettes de 80% des nouveaux bouis-bouis de Paris et d’ailleurs. C’est de la bouffe de cantoche servie pas au prix de la cantoche dans des lieux chromos et sans âme.


Sur la Toile  j’ai trouvé une fiche pour élève d’un établissement de formation au métier de cuisinier d'assemblage.


1 - Définition de la cuisine d’assemblage


La cuisine d’assemblage consiste à utiliser principalement des produits semi-élaborés issus de l’industrie agro-alimentaire pour sa production en grande quantité (quelques centaines à quelques milliers de repas par jour).


2 - Intérêts de la cuisine d’assemblage

La cuisine d’assemblage présente plusieurs intérêts :

- production en plus grande quantité, plus rapidement,

- contrôle de l’hygiène plus facile,

- économie de main d’œuvre,

- économie d’énergie.


3 - Produits d’assemblage intermédiaires (PAI)


Afin de réaliser des plats de qualité et variés, les industries agro-alimentaires proposent une large gamme de produits semi-élaborés et finis faciles à préparer.

Ces produits d’assemblage intermédiaires offrent un gain de temps en cuisine et une solution efficace à la réduction du temps de travail et des effectifs.


Exemples de PAI : crème brûlée déshydratée, sauces déshydratées, fonds de tarte, coques de pâte à choux cuite prête à garnir, pâte feuilletée en plaque, coulis prêt à l’emploi…

Avantages des PAI

:

- suppression des préparations préliminaires (épluchage…), répétitives et peu enrichissantes

- sécurité hygiénique (traçabilité, hygiène)

- gain de temps, utilisé pour les opérations de finition,

- facilité d’usage

- dosages et portion adaptée à la restauration collective

- bon rapport qualité/prix

- large choix de produits


J’adore la notion de bon rapport qualité-prix car très franchement il vaut mieux manger la même cuisine au restaurant d’entreprise. Que voulez-vous quitte à passer pour un vieux con je suis resté de la tendance Pierre Perret Il s'agit d'un boui-boui bien crado / Où les mecs par dessus l'calendo / Se rincent la cloison au Kroutchev maison / Un Bordeaux pas piqué des hannetons /D'temps en temps y a un vieux pue la sueur / Qui s'offre un vieux jambon au vieux beurre / Et puis une nana, une jolie drôlesse / Qui lui vante son magasin à fesses…


Le Robert historique : BOUI-BOUI n. m. d'abord bouig-bouig (1847, Gautier), puis bouisbouis (1854), est d'origine incertaine, peut-être issu par redoublement expressif du mot argotique bouis (1807) « cloaque » et au figuré « bordel, maison de prostitution ». Ce mot est lui-même d'origine douteuse, peut-être à rapprocher du bressan boui « local des oies et des canards », d'origine inconnue. Selon P. Guiraud, la forme décisive est l'argot bouisse, « fille de bas étage » (1800), qu'il interprète comme le féminin d'un mot régional ancien, bouis (…) le reste est trop savant.


Le député-maire UMP de Saint-Laurent-de-la-Salanque Pyrénées-Orientales Fernand Siré est reparti à la charge dans sa croisade sur la transparence en restauration, avec deux propositions de loi, déposées à l’Assemblée le 16 janvier dernier visant la restauration. La première concerne la formation des professionnels et la deuxième propose d’établir un distinguo entre ingrédients bruts et transformés, dans l’élaboration des plats.

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 11:00

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Cher monsieur le Président Claude Chabran,


Nous ne nous connaissons pas mais j'ai des liens anciens avec Beaumes-de- Venise et sa cave puisque mon grand âge m'a fait bien connaître et apprécié le président de votre cave Henri Rougon qui, en 1960, succédait à votre président fondateur. Homme d'entreprise et de rigueur, il a, pendant plus de trente ans, avec l’ensemble de vos administrateurs et de vos équipes, porté votre appellation et votre cave à un niveau reconnu par tous, moi le premier.


Beaumes-de-Venise c'est aussi pour moi Pierre Meissonnier que j'ai bien connu et apprécié lors de ma mission en pays catalan où le Ministre de l'époque m'avait dépêché au chevet des Vins Doux Naturels.


La raison de mon courrier tient en mon étonnement de ne pas avoir été convié à la réception au Dolium, « la table « gastro » du coin» du grand, de l'immense, de l'incomparable, de l'incontournable Charles-Henri Orliac et de sa suite. J'en suis marri car j'eusse pu enfin lui remettre le Prix « bette » de l’ABV attribué en 2012 pour l’ensemble de son œuvre.link 

 

Cet homme si modeste, si peu disert, un modèle de courtoisie discrète, si occupé par l'accomplissement de son immense et inlassable tâche, est intouchable. Mon bonheur eut été grand de le fêter chez vous en levant nos verres de vin de votre cave en son honneur. Je me contente de le citer, c'est tout chaud ça date de lundi dernier.


« Beaumes de Venise, avec cette appellation qui sonne (presque) à l'oreille comme une mistral léger sur un vin doux naturel âgé aujourd'hui de 70 ans, à l'ombre des (fameuses) Dentelles de Montmirail, il nous fallait bien croiser le chemin d'un chef qui aura du « parcours », du « vécu » ...Disciple d'Escoffier, issu de l'Académie Culinaire de France, et Nationale de Cuisine, Fabrice Martin, ancien de la Magnaneraie à Villeneuve-lés-Avignon, aura saisi l'opportunité offerte par Claude Chabran, le Président de Balma Venitia, une coopérative vinicole version Beaumes de Venise, de « veiller » à la destinée du Dolium, « la » table « gastro » du coin, Ainsi, depuis sept mois, sa femme Laurianne et lui, auront-ils « imprimés » leur propre personnalité à un lieu un peu « brut de décoffrage » lové, là, entre cave et parking, avec vue sur les vignobles. Un soupçon de chant de cigales, un poil de celui du coq voisin, la terrasse ombragée, et une abeille en goguette, il ne nous en faudra pas plus pour nous laisser aller à rêver …»

 

C'est beau comme de l'oncle CHO !


Par bonheur, cher Président, votre restaurant, a échappé, contrairement à celui de Marc de Passorio, L'esprit Culinaire, à Châteaurenard, à la plume vinaigrée de Charles-Henri. Je le cite :


« Mais qu'êtes-vous donc venu faire dans ce coin perdu, Marc ? Le seul emplacement, non loin des Halles, et de la Mairie, ne justifiera pas tout ! Exit la « belle » clientèle du Vallon de Valrugues, et bienvenue à une clientèle (très) lambda, d'employés de bureau, de VRP ou de petits « notables » locaux. »


Pourquoi me direz-vous, cher Président, ce mépris pour le petit peuple de Châteaurenard ?


La réponse est ICI link  Je vous laisse le soin, monsieur le Président Claude Chabran de la lire.

 

Je m'en tiens là.

 

Merci par avance de votre attention et au plaisir de vous voir monsieur le Président en votre beau pays de Beaumes de Venise. Nul besoin, bien sûr, d'inviter à nouveau ce cher Uncle CHO il fait si bien ça tout seul, façon de parler bien sûr.

 

Je me tiens à votre disposition pour une plus ample conversation.


Bien à vous, avec mes salutations les meilleures.


Jacques Berthomeau

 

 

LE DOLIUM link

Cave des Vignerons de Beaumes de Venise

228 route de Carpentras

84190 BEAUMES DE VENISE

Tél. 04 90 12 80 00 

 

 

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 00:09

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Pour quiconque cherche à comprendre les gens d’en face, tout particulièrement ceux de l’ANPAA, la cohorte des blouses blanches prohibitionnistes masqués, il est absolument indispensable de lire les pages 230 à 244 de la somme de Didier Nourrisson « Crus et cuites  Histoire du buveur » que je vous ai chaudement recommandé de consommer sans modération.


Bien évidemment je ne vais pas tenter de vous résumer cette période de la IIIe République mais me contenter de vous livrer quelques citations afin de vous allécher.


La loi du 13 février 1873 visant à « réprimer l’ivresse publique »


« Elle s’attaque à  l’ivresse, du moins quand elle est « publique et manifeste ». Il s’agit donc d’entraver la consommation populaire. Les riches peuvent bien s’ivrogner à domicile, leur cave ne craint rien. Tandis que le peuple, condamné au cabaret, est particulièrement visé par ces mesures d’ordre. Il s’agit d’une loi de classe. » note l’auteur.


Le sénateur du Nord le Dr Tesselin le clamait avec force lors des débats parlementaires sur la loi.


« C’est la classe la plus abrutie, la moins éclairée de la société que vous atteindrez par votre loi… Vous voulez frapper l’ivresse publique, parce que l’ivresse publique est celle du peuple, car le peuple n’a pas d’endroit où se retirer et, quand il s’enivre, il se montre dans la rue. Ceux qui s’enivrent de champagne et commettent des excès dans l’intérieur de leur maison sont bien plus coupables […] car ils n’ont pas l’excuse de la misère et le désir  d’échapper à la malheureuse situation dans laquelle ils se trouvent. »

« C’est la première loi qui tend à responsabiliser le citoyen, car « le mal à sa source immédiate dans l’homme ». Ce n’est pas la société qui est coupable, c’est bel et bien l’individu  qui créé son malheur et le mal commun. »


Le mouvement antialcoolique prend beaucoup d’ampleur à la fin du XIXe siècle. La Société Française de Tempérance et l’Union Française antialcoolique fusionnent en 1905 c’est la Ligue nationale contre l’alcoolisme « la fusion d’un antialcoolisme d’élite avec (un) antialcoolisme populaire. »


En 1912 la LNCA fait état de 98 774 membres mais « L’énorme majorité est « tempérante », puisqu’on ne dénombre que 3000 membres abstinents. Les consignes sont d’ailleurs très claires, par conviction ou par pragmatisme : « Nous ne faisons la guerre qu’à l’alcool et aux innombrables liqueurs fabriqués avec lui […] Nous  défendons le vin, la bière et le cidre, à la  condition que ce ne soient pas de dangereuses falsifications. » les membres de la LNCA, en même temps que militants d’un certain boire, sont bels et bien des « buveurs ».


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Clémenceau « compromis dans le scandale de Panama, l’ancien médecin refait surface enpolitique avec l’antialcoolisme : il signe un ouvrage Le Grand Pan,  en  1896, dénonçant le fléau alcool et son emprise sur la société française… Sommons l’Etat de faire son devoir, tout son devoir, pour arrête de façon définitive l’invasion du fléau destructeur. »


Reste le peu connu Paul-Maurice Legrain, aliéniste à l’hôpital Sainte Anne à Paris l’apôtre français  de la tempérance. C’est indéniablement le père spirituel des inspirateurs de la loi Evin. Il considère que l’absence de fréquentation de tout alcool est la seule bonne manière d’assurer la prévention de l’alcoolisme, il fait de l’abstinence une politique,  voire une mystique »


« Après la Grande guerre, Legrain construit le problème social de l’insécurité routière, étend le champ des toxicomanies et inaugure la « rédemption » par la consommation de jus de fruits. »


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« C’est un constat politique et nationaliste qui l’entraîne : la France connaît une grave « dépopulation » en regard de l’explosion démographique des pays voisins et sa société est littéralement gangrénée par l’alcool « Les nations intoxiquées s’en vont ; les races alcoolisées s’éteignent. »


Le maréchal nous voilà s’en souviendra…


L’homme se radicalisera, prendra des postures de martyr, et exercera son « apostolat social » au sein de l’Ordre International des bons Templiers. « Fondé à New-York… il constitue une franc-maçonnerie aux exigences morales élevées … Notre but idéal est l’abstinence… »


Il sera l’un des premiers à dénoncer l’ « automobilisme ». Pour lui c’est une maladie addictive « surtout boire et conduire devient pour la première fois suspect ». Ça ne vous rappelle rien ! « Legrain prône une solution radicale « le permis de conduire devrait être retiré en cas d’ivresse. »


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Pour le détail  se reporter au livre de Didier Nourrisson : instructif et passionnant… Vous pouvez lire son article Aux origines de l'antialcoolisme  ICI link


A suivre sur mes lignes…

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 11:00

Pendant que les Bordeaux, le maire de Bordeaux en tête, séduisaient la belle province, c'est Sud-Ouest qui le dit ICI link le «père» JM Quarin montait en chaire pour nous éclairer sur la La nouvelle évangile de St Emilion. Depuis que le cardinal évêque de Bordeaux et de Bazas, Mgr Ricard, s'est tranpondé pour oindre les cloches de l'Angélus, et que ce château dont on dit qu'il pourrait se dénommer un jour Hubert de Boüard de Laforest lorsqu'il aura damé le pion à Ausone, Cheval Blanc et Pavie, la grande appellation de Saint-Emilion n'en finit pas d'occuper le devant de la scène médiatique comme au bon vieux temps des garagistes chers au coeur de mon ami Jean-Luc Thunevin.


Ce matin, alors que je m'apprêtais à pondre une misérable chronique, en craignant les foudres orthographiques des pères fouettards Feuilly&Charlier réunis, quel ne fut pas ma divine surprise que de recueillir la prose vinaigrée du «père» JM Quarin « Ah mes amis, le vin ne serait que du vinaigre sans le travail des hommes !» Je l'a bue avec un délice proche de celui d'un vin nu. Ma journée serait belle, je le sentais. Le constat était lumineux, nos Bordelais, en bons marchands qu'ils sont, s'asseyaient avec leur habituelle aisance, sans rougir, sur « l’imaginaire du vin de ceux qui croient à de belles histoires où l’on paye cher des valeurs pérennes à l’aspect unique dans lesquelles le terroir, la nature, jouent le rôle essentiel.»


Avec force de détails, de fusion-acquisition, de châteaux rayés de la carte de St Emilion d'un trait de plume de notaire, absorbés, digérés, promis aux belles destinées de leur ogre beaucoup mieux classés dans le célèbre Top à étages de leur célèbre appellation. Bref, tout est dans le titre de l'homélie sulfureuse «Bordeaux : quand la rive droite copie le business modèle de la rive gauche


Que Dieu nous garde des business modèle ! Ils ont autant d'âme que les Berlutti du premier parvenu venu dans notre monde impitoyable. Sans tomber dans la vulgarité, il n'est pas interdit de regretter que ce petit monde prend ce qui est bon pour lui en s'asseyant sur tout ce qui entraverait leurs bonnes affaires. C'est la vie que l'on vit mais il serait bienséant que les marchands du table cessent de se pavaner dans les soupentes du Comité National de l'INAO expatrié dans une ex-banlieue rouge devenue verte, car très franchement on ne mélange pas les torchons et les serviettes...


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Le domaine Clarence Dillon, propriétaire de Haut-Brion et Mission Haut-Brion vient d’acheter le château L’Arrosée, grand cru classé, à Saint-Emilion. En 2011, il devenait acquéreur de Terte Daugay, situé juste au-dessus de l’Arrosée et le rebaptisait Quintus. Quand je pense à ces deux crus, je vois la fougue puissante et rustique de la zone de Daugay et la texture plus délicate, mais manquant de puissance, de celle de l’Arrosée. Comment ne pas penser à les assembler ? Alors Quintus, non classé, est-il destiné à se fondre dans l’Arrosée, grand cru classé ?


Ce principe de l’absorption d’un cru par un autre est une réalité historique médocaine qui tend à s’étendre progressivement à d’autres vignobles de Bordeaux au fur et à mesure que l’économie viticole se porte au mieux. Le récent classement de Saint-Emilion (2012) vient de déverrouiller ce qui constituait une des plus fortes différences entre la rive gauche et la rive droite : la préférence du sol et tout le discours vitivinicole attenant pour la rive droite à celui de la marque et de ses exigences commerciales sur la rive gauche. A ce sujet, Philippe Castéja, négociant de longue date à Bordeaux, mais aussi propriétaire sur les deux rives, à Pomerol et Saint-Emilion comme dans les Graves et à Pauillac, est très clair. Le grand cru classé Bergat a disparu pour intégrer le foncier de Trottevieille pourtant d’un rang au-dessus (premier grand cru classé B) parce que « Trottevieille manquait de second vin sur le marché ». Evidemment, rien n’empêche désormais que toutes les vignes de l’ex Bergat rentrent dans l’assemblage de Trottevieille. Comme dégustateur, je ne doute pas que certains lots puissent être du même niveau.

 

A l’annonce du nouveau classement l’an dernier, je me suis dit que Michel Bécot, décédé il y a peu, devait se retourner dans sa tombe ! En effet, Beauséjour Bécot perdit son rang de premier grand cru classé en 1986 pendant 10 ans pour y avoir intégré le château La Carte. Ses enfants le calmeront en lui chuchotant que le château La Gomerie qui leur appartient, cru non classé, disparaît et se voit officiellement intégré par le miracle d’une nouvelle convention entre les hommes à Beauséjour Bécot. Quel revers de l’histoire ! C’était une autre époque, une autre économie !


Magdelaine, premier grand cru classé B, disparaît aussi pour s’intégrer à Belair Monange premier grand cru classé B appartenant au même propriétaire. Cadet Piola disparaît de la carte au profit de son voisin Soutard, grand cru classé comme lui. Les 2 crus appartiennent aux assurances La Mondiale. Matras, grand cru classé, où était fait la surprenante cuvée Hermitage, s’intègre à Canon, premier grand cru classé B qui voit ainsi son patrimoine foncier s’agrandir et s’élever. Enfin, Grand Corbin, récupère Haut Corbin, son voisin grand cru classé du même rang.


Même le très exigu Pomerol est concerné. L’Evangile a récemment acquis La Fleur de Gay. Le Pin a manqué la vente de château Guillot, sa vigne mitoyenne, au profit des établissements Jean-Pierre Moueix. J’avoue ne pas savoir si le château Guillot existe encore ou si ce superbe terroir s’est fondu dans un Pomerol déjà existant.

 

L’histoire est donc en marche sous nos yeux et montre que Bordeaux s’adapte en permanence aux marchés. Ces réalités économiques chatouilleront l’imaginaire du vin de ceux qui croient à de belles histoires où l’on paye cher des valeurs pérennes à l’aspect unique dans lesquelles le terroir, la nature, jouent le rôle essentiel. Ah mes amis, le vin ne serait que du vinaigre sans le travail des hommes !


Dans la vieille compétition entre le Médoc et Saint-Emilion, le nouveau classement de Saint-Emilion lâche donc la bride à ce vignoble qui a longtemps cherché à se différencier y compris en créant sa propre classification, faite de premiers grands crus classés A et B, puis de grands crus classés, au lieu de reprendre celle du Médoc (ce qui fût plus simple pour les amateurs) où l’on trouve non plus des grands crus classés, mais seulement, si je puis dire, des 1er crus classés, 2ème crus classés, 3ème crus classés, 4ème crus classés et 5ème crus classés. Sans ce débridage et ces avantages fonciers colossaux, Clos Fourtet aurait-il acheté 3 grands crus classés en mars dernier ? Son voisin le château les Grandes Murailles qui le touche, Clos St Martin, un peu plus loin mitoyen de Beausejour Duffau Lagarrosse et Côte Baleau un peu plus bas. Que deviendront-ils ?


C’est amusant de constater que les Médocains ne veulent pas chez eux du classement révisable chaque dix ans à St Emilion. Ils préfèrent garder leur historique classification de 1855, ne trouvant rien de plus attractif ni de plus glorieux, laissant ceux de « là-bas » à leurs « petites affaires ». Il faut dire que malgré son antériorité de presque mille ans sur le Médoc, le vignoble de Saint-Emilion n’a jamais su s’imposer sur les marchés mondiaux de par son manque de volume. Aujourd’hui encore, lors de la mise en marché en primeur de la nouvelle récolte, le Médoc fixe les prix et Saint-Emilion suit.


Alors Quintus intègrera-t-il l’Arrosée ? Les deux propriétés changeront-elles de nom ? Pourquoi pas ? Belair est bien devenu Belair Monange du nom de la grand-mère de Christian Moueix. Une façon de faire qui s’inspire de l’histoire des grands crus médocains. Par le passé les trois nouveaux propriétaires du domaine de Léoville ont bien accolé leur nom à leur nouvel achat : Las Cases et Barton et plus tard Poyferré. Idem pour M Lynch Irlandais qui, au XVIIéme siècle, ajouta son nom à deux crus pour donner Lynch-Bages mais aussi, un peu plus loin, Lynch-Moussas. Etc.


Alors que diront les Bordelais et les Français le jour où un dénommé Li ou Chang, homme d’affaires chinois respectable, ajoutera son nom au cru qu’il vient d’acheter ? Les Français qui savent si peu de Bordeaux penseront que leur patrimoine fou le camp. Les Bordelais se réjouiront du cadeau fait à l’égo de ce nouvel investisseur. Il sonne comme une garantie dans cette économie libérale.


Que Jean-Marc Quarin me pardonne :


1° de l'emprunt fait à sa Chronique 154 (1er septembre 2013) mais c'est permis «Les médias et les distributeurs de vins peuvent utiliser ces notes à condition de ne pas les déformer et en citant l'origine de leur source : www.quarin.com ainsi que son auteur : Jean-Marc Quarin (JMQ).»


2° de l'avoir affublé du titre de «père» mais je n'ai pu empêcher mon esprit, très porté sur les bondieuseries en ce moment, de se focaliser sur Père Etienne GARIN, jésuite, président de l'association la "Maison de Lazare". Je suis ainsi fait...

 

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 00:09

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Notre arrogance cocardière à propos de la supériorité incontestée de notre cuisine semble depuis une dizaine d’années avoir laissé la place à une forme de passivité outragée. N’ayant que peu de goût pour le chauvinisme ou les classements ce qui m’intéresse ce matin c’est de battre en brèche le déclinisme qui porte en lui tous les stigmates du mal français : notre incapacité à prendre conscience de nos forces et de nos faiblesses pour nous projeter dans ce fichu monde mondialisé. Nous n’avons pas que des fers aux pieds, même si nous en avons bien sûr, et si nous voulons bien, collectivement, nous prendre en mains nous pourrons, non pas défendre, mais affirmer le « modèle », qui n’est pas le seul apanage de notre pays, d’un art de vivre qui ne cède pas aux sirènes de l’industrialisation de notre alimentation.


Comme souvent ce sont nos voisins qui ne se laissent pas abuser par le prétendu déclin de la cuisine française. Tel est le cas de Jörg Zipprick, journaliste à Stern et critique gastronomique allemand, installé en France depuis 1992, fervent défenseur d’une cuisine naturelle fondée sur la qualité des produits. Dans son livre « les dessous peu appétissants de la cuisine moléculaire » il a dénoncé les dérives de cette cuisine incarnée par le chef catalan Ferran Adrià ainsi que les liens entre le secteur agroalimentaire de certains chefs. Dans le hors-série du Monde « à table » il signe un remarquable article sur « Le prétendu déclin de la cuisine française ». Il commence par y dénoncer « un drôle de patriotisme gastronomique dans les pays de l’Ouest » dont « le coup d’envoi fut donné en 2003 par le New York Times, avec ce gros titre « Comment l’Espagne est devenue la nouvelle France ».Vous allez me dire que le sieur Pousson pousse en permanence la même chanson. Certes, mais tout en reconnaissant au blog de Vincent une portée planétaire je reste encore persuadé que la presse papier à plus d’impact que nos écrits sur la Toile plutôt lus par le milieu (pas  celui de Marseille bien sûr).


Je souscris totalement à ce qu’écrit Jörg Zipprick


« Ce nationalisme gastronomique est extrêmement réducteur et déformant. On ne parle jamais de la « cuisine » en soi, on parle de la cuisine des grands chefs et souvent, dans le cas des destinations culinaires à la mode, de la cuisine d’un seul chef qui, au moins au Danemark et en Espagne, est mis en vedette grâce à des financements publics considérables. Or, une culture gastronomique se vit d’abord au quotidien et ne se mesure pas en nombre de retombées médiatiques pour un, trois ou cinq restaurants. De bons indicateurs se trouvent facilement, il suffit d’aller sur un marché de plein air, chez un poissonnier, un boucher, dans un restaurant populaire, voire un supermarché. En observant attentivement l’offre et la demande, on en saura plus sur un pays et sa cuisine qu’en dînant chez le dernier chef à la mode. Seule l’offre en Italie peut égaler celle de la France, à condition de connaître les bons endroits. Bref : la cuisine française est plus variée que la plupart des pays voisins. Tant qu’on la pratique dans les ménages, elle ne peut pas mourir. »


Pour lire l’intégralité de l’article il vous faudra acquérir le Hors-Série à table juillet-septembre 2013 : 7,50€link


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2 citations pour finir « Il est vrai qu’elle offre (la cuisine française NDLR) une cible facile : mauvaise communication de la profession, un rapport qualité-prix-plaisir parfois contestable, des guides qui ne font plus leur travail, une alliance de certains chefs avec l’industrie alimentaire, un manque d’encadrement du législateur, et un certain manque d’éthique (ethos) de la part de certains cuisiniers. »


« On assiste partout en Europe, à la montée d’une stratégie de l’esbroufe culinaire. Faute de vendre des grands plats, certains chefs se mettent à vendre une « philosophie », une « vision », une « expérience » (…) » Derrière ces termes se cache souvent un autre mot profit « Auparavant, les additions étaient basées sur le food cost (prix des produits). Aujourd’hui, on paie cher la philosophie, la « vision » qui, par définition n’a pas de prix et dont le food cost est proche de zéro. »


Et un clin d’œil appuyé : À New York, la renaissance de la cuisine française Sylvie Bigar le 25 mars


« Le New York Times consacre une page entière à Lafayette, le « grand café » français que l’Américain Andrew Carmellini ouvrira mi-avril. A Calliope, dans le Lower East Side, c’est un très français œuf-mayo qui fait office de pub. Au menu de Montmartre, le nouveau bistrot de Chelsea, on trouve une blanquette de veau revisitée et radieuse.


Allô New York: la cuisine française serait-elle tout à coup branchée ? Pour une toute nouvelle génération de chefs new-yorkais, la réponse est « oui ». Bien loin des clichés sur le prétendu déclin de la cuisine française traditionnelle que nous servait dès 2010 le journal britannique The Independent quand il déclarait « la vraie nourriture française est morte ».


« La cuisine française n’est pas morte », rétorque Andrew Carmellini (ancien de Café Boulud et déjà patron de deux restaurants, Locanda Verde et The Dutch), «elle n’était plus à la mode peut-être, mais je ressens les choses différemment. J’adore manger. Il ne s’agit pas de showbiz ou d’inventions.» Il va plus loin : « Ce qui me rend heureux, c’est de mitonner une magnifique côte de veau et je n’ai pas peur de dire : eh oui, nous ouvrons un restaurant et notre cuisine sera française. »


Carmellini connait bien la France. « J’ai fait les vendanges au pays de l’Armagnac, j’ai moulé des fromages de chèvre frais en Ardèche, j’ai gavé des canards dans le Gers. En voiture pendant quatre mois, carte Michelin à la clé, j’ai sillonné le pays sans jamais prendre les autoroutes. C’était le seul moyen de comprendre le terroir. » L’année dernière pour se remettre dans le bain, il emmène son équipe à Paris puis dans une maison près de Vence. « Nous allions au marché à Antibes, chez le meilleur tripier de Nice, nous faisions la cuisine toute la journée. »


Suite de l'article ICI link 

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 07:00

Adeline était insatiable. Le soir, alors que notre maître d’hôtel nous préparait un barbecue avec les poissons et les coquillages que nous avions ramené du marché de la Pescheria au Rialto et que nous sirotions du champagne elle contre-attaqua à nouveau. Les Italiens adorent le champagne et Matteo s’était constitué une cave avec la fine fleur des nouveaux vignerons qui bousculaient l’establishment du négoce de Reims et d’Epernay. Nous venions de descendre une première bouteille du blanc de blancs extra-brut d’Olivier Collin. Adeline la bouche enfarinée se moquait de moi « Tu me dis que c’est un champagne d’Olivier Collin alors que sur l’étiquette je lis Ulysse Collin… » Je la remettais à sa place gentiment ce qui me valait une réplique savoureuse « Tu parles comme un livre mon grand. Tu as une mémoire d’éléphant. Sois gentil parles-moi de ta grosse enflure d’indic !

-         Gustave la balance…

-         Oui

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«  Nous nous retrouvions toujours dans le même bistro du côté de la Porte Champerret. Un matin, le Gustave, l’œil vitreux, teint cireux, barbe de deux jours, s’affalait sur la banquette de skaï en baillant. Son haleine fétide m’environnait, tel le fumet s’exhalant d’une lunette de chiottes à l’ancienne. Avachi, il se grattait les roustons avec un plaisir non dissimulé puis, sortant son canif, il se curait les ongles avec des mimiques satisfaites. Ça devait lui tenir lieu de toilette matinale car, sans se soucier de ma présence, il se grattait ensuite les oreilles avec une allumette pour terminer enfin par un ramonage de ses crottes de nez qu’il enfournait avec délice dans sa bouche après les avoir contemplé d’un air extatique. Face à ce spectacle peu ragoûtant, le garçon, restait de marbre ; il faut dire qu’il se posait en concurrent sérieux du Gustave pour ce qui est de la craderie matinale : ses effluves de pisse rance, sa gueule de vieux rapace déplumé couvert d’une neige de pellicules, ses pognes incrustées d’une crasse néolithique, dénotaient un sujet plein d’avenir en ce domaine. Bien évidemment, Gustave se commandait un bock de bière agrémenté d’une Francfort frites. Minimaliste, je me contentais d’un simple petit noir. Nous restâmes silencieux jusqu’à l’arrivée de sa pitance. D’un trait, le Gustave se sifflait la moitié du bock, claquait de la langue, rotait, puis tout en plongeant ses gros doigts dans la bouffe huileuse, il embrayait.

 

« Les frelons sont d’accord. Faut dire que je pète le feu pour leur vendre ma soupe pas fraîche. Tu ne peux pas t’imaginer ce qu’une petite salope de négresse peut te soulager les glandes. Pompeuse à t’assécher en une passe. Goulue, avec des nibards pires que des obus de 75, elle m’a fait brailler pire qu’un goret. Quand on dit que les nègres sont des feignasses, c’est vrai, ce sont leurs gonzesses qui s’tapent le boulot. Ça m’a changé de la grosse Denise avec sa bidoche molle et ses outres pendouillantes. Bref, quand je suis sorti, essoré, je me sentais gai comme un jeune homme alors les têtes d’œufs avec leurs bites en rideau ils ont eu droit à ce que je sais faire de mieux : raconter des craques… » Satisfait, l’enflure se torchait la bouche du revers de sa main souillée, en quêtant des yeux mon approbation. Mon indifférence ostensible refroidissait son enthousiasme : « si je te fais chier faut me le dire ?

–       Tu pues, t’es con et tu m’emmerdes…

–       Vas-y molo p’tit  con sinon...

–       Sinon quoi la balance, ici c’est boulot-boulot, tes histoires de cul j’en ai rien à traire, compris. Tu me dis comment je dois prendre contact avec les fêlés de la GP et tu me débarrasses de ta sale tronche. Elle me donne envie de gerber.

–       Tu me le paieras…

–       Je ne te paierai rien Gustave. Je suis flic et je peux t’écraser comme la mouche à merde que tu es, alors rengaine tes menaces et accouches…

 

Gustave, en bon faux-derche, virait brutalement à 180°, se faisait tout miel. M’assurait que ce n’était pas ce qu’il voulait dire, qu’il comprenait qu’un beau mec comme moi se foute de ses cochonneries avec des putes, qu’il ferait tout pour me faciliter le sale boulot. Loin d’attraper la perche qu’il me tendait je lui enfonçais plus encore la tête dans sa merde : « Porcheron, je sais que tu palpes des RG pour te payer un bistro alors fais gaffe que tes potes de Denain n’apprennent pas d’où te vient l’oseille. Ça ne serait pas bon pour ta clientèle qu’on sache que t’es une balance. À partir de maintenant tu m’évites le spectacle que je contemple en ce moment et tu te cantonnes à parler de ce que pourquoi tu es payé. Compris ! » Il acquiesçait tout en raclant jusqu’à la dernière frite et en se commandant un nouveau bock. « T’as rendez-vous mardi soir, disons à neuf heures, à « Base-Grand » avec Antoine et Tarzan : c’est leur nom de code tout comme « Base-Grand » qu’est celui du lycée Louis-le-Grand rue St Jacques. Je n’ai pas eu grand mal à vendre ta candidature vu que t’es pour eux ce qu’ils appellent un représentant des larges masses : un ouvrier prêt à troquer sa clé à molettes pour un fusil quoi. Bien sûr, ils ont référé au guide, le leader suprême qui vit dans son camp retranché, Pierre-Victor, qui a dû comme c’est son habitude les traiter en petites larves et leur dire que ça leur ferait du bien de se frotter à la réalité d’un vrai prolétaire. Tu te pointes là-bas, tout sera prévu pour t’accueillir avec les honneurs dus à ton rang. Y sont cons à manger du foin faudra pas que t’es peur de les humilier : ils adorent ça se la faire mettre jusqu’au trognon… »

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 00:09

Pour le champagne, même si Apple lui fait les yeux doux link , en ce moment ça ne pétille pas beaucoup. Les rentiers tirent la tronche et les sociétés de Bourse leur conseillent de se tirer de chez Vranken-Monopole. Sale temps pour nos amis belges.


Par bonheur pour eux, Benoît Poelvoorde invité du 20 heures de Claire Chazal fin juin, est arrivé ivre en plateau et il se confesse enfin aujourd'hui : « Le problème, c’est que je suis arrivé trop tôt à la télé. Comme ils servaient de l’excellent champagne, j’en ai bu… trop. C’est pas compliqué...»


Je ne sais si Benoît s'était liché du champagne de chez Vranken peut-être que ça l'aurait aidé le pauvre, façon de parler, car les boursiers y font tout pour l'embêter ces derniers temps.


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Crédit photo © Reuters

 

Le 20 juillet Vranken touche un plus bas depuis six mois: (CercleFinance.com) - Le titre perd 3,4% actuellement, ce qui représente un nouveau plus bas depuis six mois.


Le 25 juillet Pas top pour Vranken Pommery : (CercleFinance.com) - Le titre perd que 0,1% suite a un chiffre d'affaires semestriel franchement médiocre. L'action est très chère avec un PER de 19 aux cours actuels.


Le 30 août Vranken Pommery Monopole : les marges tiennent bon ! Boursier.com) -- Vranken Pommery Monopole, dont les revenus intermédiaires ont reculé de -10,8% à 111,9 millions d'euros, a stabilisé son résultat opérationnel courant à 8,5 millions d'euros, tandis que son résultat net était déficitaire de -0,8 million d'euros, après -1,4 million d'euros un an avant. L'activité de la société est saisonnière, avec une forte contribution du 4ème trimestre.


La société rappelle qu'elle a centré son activité au premier semestre sur la commercialisation de grandes marques de Champagne et de vin rosé de Provence. Ces choix stratégiques ont conduit à une meilleure valorisation de nos produits, explique-t-elle, avec une montée en gamme mécanique liée à la forte réduction des ventes de vin générique et interprofessionnelles à faible marge.

Si la visibilité est encore limitée pour la fin d'année 2013, les tendances commerciales enregistrées à date confortent le groupe dans ses perspectives d'amélioration de la rentabilité opérationnelle courante annuelle, ajoute la direction. »


Pour clore cette chronique laissons à Benoît les mots de la fin :


« C’est aussi con que ça. Je ne tiens pas bien l’alcool, voilà tout. »

« On ne me donne plus que des rôles de mecs qui boivent »

L’alcool est « un allié » Je ne me considère pas comme un alcoolique. Mais il faut faire attention de ne boire un coup que quand tu vas bien ».


Importation-Exportation, libre circulation des biens et des personnes : la Belgique a exporté les meilleurs de Luc CHARLIER héritier de Jules Grévisse - désolé je n'ai pas pu m'en empêcher, c'est Maurice - aux barons Frère et Vranken et quelques autres à Bordeaux en échange nous avons du, à regret, laissé partir notre Gégé pour qu'il puisse enfin ouvrir un bistrot chez nos amis belges. J'espère qu'il donnera un coup de main à Vranken-Monopole pour les sortir de l'ornière (ils ne vendent pas que du champagne mais aussi du Listel...)


Dernière minute : nouveau scandale de la viande de cheval ?


Trois mille chevaux impropres à la consommation auraient été exportés en Europe et écoulés frauduleusement dans l'alimentation humaine, dans l'est de la France a indiqué le procureur de Marseille, le vendredi 30 août. « C'est une filière avec la Belgique. Les chevaux proviennent apparemment de Hollande, de Belgique, de France, d'Espagne. Il y a des irrégularités qui ont été constatées, notamment sur les documents d'identification des chevaux qui étaient présentés à l'abattoir. La traçabilité a été volontairement occultée, puisque souvent les chevaux possèdent deux identités différentes.»


Selon une source proche de l'enquête, il s'agit de chevaux de toutes catégories (de trait, de sport, de courses...).


Des maquignons complices promettaient aux propriétaires concernés une «retraite paisible» à leurs montures, qui finissaient en réalité à l'abattoir. Les animaux partaient alors en Belgique, où leurs carnets de santé étaient falsifiés, puis ils revenaient en France pour y être abattus. Leur viande était bien vendue comme viande de cheval, mais le problème est que «les trois quarts des chevaux de selle ont reçu un traitement médicamenteux, qui les rend impropres à la consommation humaine...» a rappelé à l'AFP Jacques Largeron, président de la FNEPE.

 

L'info complète ICI link

 

Pour accompagner le steak de cheval en Belgique: un distributeur automatique de frites tente sa chance link

 

 


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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 00:09

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C'est la rentrée !


C'est la ruée !


Ma messagerie prise d'assaut, regorge, déborde, ruisselle jusqu'à la poubelle de propositions alléchantes des grands épiciers qui m'invitent à goûter les vins de leur Foire aux Vins, d'agences qui veulent me balader en troupeau, de vignerons qui affirment que leur vin et bel et beau...

 

Bref profusion n'est pas raison !


Comme vous le savez votre Taulier n'est mû que par ses désirs qui sont les seuls marchepieds du plaisir...link 

 

Alors si vous me désirez vraiment, si vous souhaitez que je me transporte jusqu'à vos lieux de dégustation : transportez-moi ! débauchez-moi ! excitez-moi ! Je suis votre homme...


Ceci écrit j'ai extrait du flux torrentiel une accroche qui se voulait alléchante:


« Si le vin a toujours enchanté les poètes, force est de constater que rares sont les écrivains actuels qui savent encore faire des textes de rêve sur ce noble breuvage... Loin des descriptions cliniques, il a écrit une ode aux sens titillés par sa dégustation. Peut-être est-ce le côté bucolique de la culture bio qui l’a inspiré ?»


Vérigoud me dis-je !


D'autant plus que le message provenait d'une appellation chère à mon coeur de rabibocheur de vignerons querelleurs.


J'ouvre les pièces jointes.


Première constatation : le domaine ployait sous une pluie de médailles d'or, d'argent et de bronze...


Même qu'il alignait une belle triplette au concours des vins bio Amphore : 1 médaille d'or et 2 d'argent au «superbe concours, organisé par Pierre Guigui, rédacteur en chef vins chez Gault & Millau.» où j'étais pour la première fois de ma vie juré. C'est dire...


Des coups de coeurs de l'auguste RVF et des appréciations flatteuses du célèbre duo Gilbert&Gaillard...


N'en jetez plus me dis-je.


C'est alors que je suis tombé sur une information capitale « Jean Natoli, notre oenologue, vient d'être distingué par la RVF comme l'une des 200 personnalités du monde du vin. Bravo ! De plus, il vient de faire paraître le Guide pratique du vin bio chez Dunod. La preuve, s'il en était encore besoin, de son engagement auprès des vignerons bio.»


Prudence de Sioux donc avant de m'aventurer en Terre de poètes me suis-je dit...


J'y suis donc allé, à pas comptés, façon de parler :


Et hier, alors je recevais ton message, j'ai pensé judicieux d'attendre aujourd'hui pour y répondre car je devais déguster blanc et rouge le soir même avec des amis (l'excellent Francis Z., romancier et journaliste qui a commencé sa carrière comme... cuisinier, ce qui lui a laissé d'irrémédiables et savoureuses séquelles), première occasion que j'ai jugée digne de ces flacons.

Le blanc sur une dorade grillée, le rouge un peu plus tard avec quelques fromages.

Les deux vins sont des merveilles d'équilibre et de complexité. Pas une complexité qui les rendrait compliqués, non, car ils gardent une évidence éclatante.

Les robes sont limpides et sexy sans être aguicheuses.

Je ne sais pourquoi, j'ai envie de parler de ces deux vins ensemble.

Ou plutôt si, je le sais. Ils ont un net air de famille dans leur structure, dans leur construction.

Le vigneron a su leur donner une hérédité commune, que chacun exprime à sa manière, de manière flamboyante.

Comme deux sœurs, l'une danseuse étoile en ballerines blanches et l'autre chanteuse de blues qui flirte avec les comètes.

Bref, tu vas croire que je divague. Non, la science des œnologues m'agace parfois quelque peu (par le côté normatif du vocabulaire, entre autre :-), mais ce n'est pas ce qui m'empêche d'apprécier les grands vins que je ne peux guère m'offrir pourtant, et en parler... à ma manière.

Le blanc a un nez subtil, tout en finesses. Des nuances étonnantes, changeantes, malicieuses sans doute. On ne finit pas d'en faire le tour, de surprise en surprise. D'étonnement en étonnement –tiens voilà Noisette qui passe... Ai-je rêvé? Etait-ce bien elle? Ou sa sœur Pistache?). Beaucoup d'exubérance finalement, sous la discrétion de façade...

L'attaque est elle aussi étonnamment discrète (était-ce les poivrons aillés de l'apéritif qui donnaient cette impression?) mais pleine d'évidence. Comme s'il disait, ce vin : « voilà, je suis un blanc, pas de quoi en faire un fromage, »avec la modestie de celui qui connait ses atouts avec certitude et attend le moment de les lancer en pleine lumière.

Un corps fluide, des muscles longs qui glissent tous seuls en bouche très sensuel sur les papilles. On comprend bien qu'on puisse parler de "corps". On le sent glisser sur la langue.

Et là, c'est un corps de nageuse, souple, élégante, racée, fuselée... Qui monte en puissance tout au long de sa course.

Et puis viennent les bouquets de nuances, qu'il jette longtemps, assortissant les arômes de manière déconcertante.

On comprend alors ce nez qui nous étonnait tellement, comme s'il s'amusait de nos sens en changeant sans cesse.

Et puis, il y cette finale qui n'en finit plus et qui évoque tellement ces vers :

« Longtemps, longtemps, longtemps après que les poètes ont disparu... leurs chansons courent encore dans les rues.

Après avoir fait connaissance, ce blanc se livre davantage à chaque gorgée... montre de nouvelles facettes où la seule constante est le plaisir et une complicité un peu canaille...

Et quand la bouteille est finie, le vin est encore là, même si on sait bien qu'il n'a pas encore tout livré, que, malgré ce long voyage, on n’en a pas encore fait le tour. Ou est-ce juste le prétexte que l'on se trouve pour imaginer, déjà, les plaisirs secrets que l'on découvrira encore dans... la prochaine bouteille de la même caisse ?...

J'ai envie de parler du rouge de la même manière... Même si, évidemment, il n'a rien à voir avec son frère de sol.

Mais cette fraternité a laissé des traces...

Lui, il est davantage ancré dans sa terre, ce n'est pas une naïade, celui-là.

Il est moins discret à l'approche, plus tonitruant, sans être fanfaron.

D'entrée on le remarque, lui. Costume impeccable, juste un peu froissé par la dernière bagarre.

Ce n’est pas une mauviette. Il est franc, lui aussi. (Le côté changeant du blanc n'entamait rien de sa franchise...)

Pas plus de chichis que son frère chez ce beau rouge-là.

On approche le nez du verre et le bouquet explose. Pourvu qu'il n'ait pas tout en devanture, pense-t-on aussitôt, habitués qu'on est aux facilités modernes. Pourvu qu'il y ait quelqu'un derrière cette embardée flamboyante.

Et on n'est pas déçus. Déjà, le nez se creuse, un tournoiement d'arômes. C'est bien le fils de son père, le frère de son frère.

Dans cette famille, on n'est pas des caricatures. L'équilibre est là, pardi, la structure qu'on attend d'un ... , parfaite, solide, avec ses rondeurs et sa puissance. Mais, pétard, ces nuances, ces subtilités, ce sens de la pirouette!

Comment imaginer une danse si légère, si enlevée, si spirituelle, avec un corps aussi charpenté, solide... Mais qui a su garder une âme flexible.

Même ce soir d'été, à une température un peu trop forte sans doute, l'agilité et les finesses de

ce malabar sont déconcertantes. Les nuances des valeurs d'arômes sont inépuisables, elles assemblent selon leur fantaisie une palette qui semble inépuisable, ce qui donne cette

impression changeante qu'on avait déjà vue chez le frère. Mais quelle personnalité dans la permanence du plaisir, quel caractère.

Un caractère généreux, un caractère qui donne, un caractère d'artiste.

Les tanins sont là, pardi, dans cette belle jeunesse, mais ils ne forment pas carcan, ont déjà une belle souplesse qui laisse s'exprimer les merveilleuses fantaisies de l'artiste.

Je n'ose imaginer que donneront les sœurs de cette bouteille quand le temps aura encore assoupli la structure et que les myriades d'arômes s'en trouveront encore plus présents, encore plus riches, encore plus déconcertants...

Ce jour-là, peut-être, ce vin pourra-t-il me rendre fou; fou d'un plaisir inépuisable...

Oui, merci G..., pour ces trésors que je ne mérite guère.

La vie est parfois délicieusement injuste !

 

Voilà j'ai fait par deux fois le parcours et je me suis assis sur mon céans au bout du rang de vigne.


Qu'allais-je faire ?


Des commentaires ?


C'eût été outrecuidant de la part du plumitif comme moi non déclaré à la Sécurité Sociale face à une écrivain patenté et installé.


Alors, j'ai décidé de vous interroger : Dites-moi si ce texte sur le vin vous fait rêver ?


Bien évidemment, le Pousson des vins virils eût sans doute préféré que j'utilisasse un autre verbe chéri par le grand Georges Brassens, mais comme j'ai décidé de ne plus choquer, d'être sage comme une image pour que l'on puisse me donner le bon Dieu sans confession, je me replie sur le politiquement correct.


Toute personne ayant reconnu le domaine n'est pas dans l'obligation de lementionner l'important c'est que vous me donniez votre sentiment sur cette ode au vin qui selon le vigneron titille les sens...

 

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