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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 01:28

Même si l’adage de mon pépé Louis me reste toujours profondément chevillé au cœur « les conseilleurs ne sont pas les payeurs » face à la recrudescence, forme de pandémie des temps modernes, de la fonction de consultant en tout et en rien et bien sûr en vin, je me dis mon gars t’es bien con de ne pas vendre tes éminents talents à tous ces chalands qui t’aiment tant. L’important dans ce genre de biseness c’est de faire chic, tendance je lève des fonds – de mon temps on se contentait de lever les filles – genre crownfunding ça fait start-up et ça fait bander les banquiers qui préfèrent sniffer des lignes plutôt que d’ouvrir des lignes de crédits. Va falloir que je consulte Antonin pour qu’il me trouve un nom américain genre « no wine is innocent ». En effet j’avais pensé baptiser le bébé « aux innocents les mains pleines » mais ça fait vraiment trop 68 huitard retraité et non révisé.


Quand je repense à dimanche dernier où j’évoquais les vêpres link je me dis rétrospectivement franchement Taulier avec des références de ce tonneau tu vas tout droit au fiasco. Pour réussir dans le service moderne et innovant, celui qui astique les réseaux sociaux, qui brique le Tweet, Instagramise la moindre lichette de sushi, faut pratiquer, mieux que Philippe Candeloro le faisait de la double boucle piquée, l’anglais de cuisine et l’instantanéité. L’important c’est de tirer le premier, d’alimenter le flux, de faire genre je suis capable de vous déniaiser en trois clics bien placés. Ça épate, c’est porteur, très Vinocampeurs en goguette, reste que pour vivre de ses services si c’est du vent ça ne dure pas très longtemps car le cochons de payant veulent très vite du retour sur investissement. Amusez-vous jeunes gens, c’est de votre âge, mais courrez très vite car le vieux monde a de forte chance de vous rattraper.


Coït interruptus, je rentre d’une soirée bourguignonne aux Climats et je reprends le fil de ma chronique. Il est tard dans la nuit je vais donc faire dans l’efficacité, en effet pour vendre ses services mieux vaut passer à l’acte, c'est à dire les proposer, appater le client. Donc ce que je vous propose en ce dimanche matin ce ne sont que des amuses bouches pour vous attirer dans mes rets, je suis trop fatigué pour vous donner toutes les clés. L'art et la manière de susciter l'intérêt c'est de se faire désirer. Rendez-vous donc dans la semaine pour mieux découvrir la palette des services que vous pourrez acheter chez votre Taulier préféré.

 

1-      Conseil pour faire avec quelques tomates, du basilic, de la mozzarella di Bufala de Campana DOP, huile d’olive, aceto balsamico di Modena, sel et poivre de belles assiettes.


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2-      Conseil pour bien traiter le chat de ses voisins.


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3-      Conseil pour s’offrir un petit canon pour la route.


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4-      Conseil pour découvrir du côté de Pantin un fondeur de chocolat Jacques Genin et une fondue de l’écriture Ingrid Astier, affaire à suivre...


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5-      Conseil pour retrouver Rachkam le rouge dans l’univers  des sushis.


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6-      Conseil pour démasquer les rouquins masqués, affaire  à suivre.


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Conseil pour savoir si Bacchus était une femme.


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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 11:00

Au classement 2013 des plus grosses fortunes de France du magazine Capital le vin est très bien représenté. ICI galerie de photos link  


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N°1 Pierre Chanau fortune estimée : 24,55 milliards d'euros il vend beaucoup de vin et pas que du bon…


N°2 Liliane fortune estimée : 21,66 milliards d'euros elle fait plutôt dans la savonnette et le shampoing mais il y a eu via son gendre des connections avec le vin 1855…


N°3 Familles Dumas, Puech, Guerrand : fortune estimée : 18,06 milliards d'euros maison très prisée par les messieurs dames des GC C et les propriétaires du château Fourcas-Hostein Listrac, les frères Renaud et Laurent Momméja, sont deux héritiers du fondateur de la maison Hermès.


N°4 Bernard : fortune estimée : 18 milliards d'euros, lorgne sur le précédent et vend beaucoup de vins  du côté de grande épicerie du Bon Marché. Accessoirement fait aussi dans le Cognac, les Champagnes et les GCC…


N°5 le fils de Marcel fortune estimée : 10,38 milliards d'euros, a graissé la patte à la FEVS pour que l’on parle plus des Airbus mais des Rafale et y’a maintenant un château au nom de famille du génial Marcel qui fut député de l’Oise…


N°6 François fortune estimée : 6,8 milliards d'euros, ce n’est pas le locataire de l’Elysée mais c’est un breton amateur d’art contemporain qui a passé la main au fiston mais qui continue d’adorer le Bernard. Très beau portefeuille de propriétés, Latour, de belles ouvrées et Château Grillet…


N°7 les propriétaires de Coco et de chevaux fortune estimée : 6,07 milliards d'euros, propriétaires de Château Rauzan-Ségla à Margaux et Château Canon à Saint-Émilion.


N°8 Pierre Castel fortune estimée : 5,61 milliards d'euros N°3 du vin dans le monde, propriétaire et négociant je ne fais pas la liste des marques et propriétés…


N°9 Monsieur Free fortune estimée : 5,34 milliards d'euros sans doute l’exception qui confirme la règle. Je suppose qu’il en boit...


N°10 Vincent fortune estimée 5,16 milliards d'euros propriétaire du domaine de la Croix et de la Bastide Blanche en Provence...

 

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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 00:09

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En lisant, au cœur de la nuit ma chronique sur le débat de la RVF à Vinexpo à propos de la puissance chinoise analysée par deux grands experts de la planète vin link le jeune et sémillant Olivier Legrand qui sait être pertinent, surtout dans le domaine du basket, m’avait prévenu dans l’un de ses nombreux Tweet que je n’allais pas me faire que des amis avec mes écrits !


J’m’en doutais : « Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m'en charge! » Voltaire.


Le blogueur chroniqueur que je suis, sorte d’adventice tout juste digne d’un jet de Round Up, s’il veut couler des jours heureux en ce gentil monde du vin plein de gens qui s’aiment, s’adorent, se congratulent, le mieux pour lui c’est de pisser de la copie pour plaire à ses commanditaires. Il faut surtout ne pas perdre les bonnes habitudes de la gente de plume installée sinon le désordre règnerait en maître. Par bonheur, les bougres de blogueurs apprennent vite, prennent le bon pli et c’est un vrai plaisir de les embarquer au bain de mer car ils frétillent comme du menu fretin.


Moi j’en n’avions point de commanditaires, même pas Marie-Claire, mais je sentions de plus en plus poindre chez certains une forme non dissimulée d’irritation.


T’es qui toi pour réagir comme un simple lecteur d’article de la RVF ?


T’es n’importe qui donc tu écris n’importe quoi.


Abstiens-toi me conseille-t-on, laisse la parole aux gens compétents, critiques reconnus ou faiseurs de vin made in monde, qui battent les estrades, hantent les hubs et ne fréquentent que le gratin de la profession.


Pour sûr que je comprends parfaitement leur courroux face à un petit blogueur de M, qui ne fait rien d’autre que de lire la RVF, rien de plus. T’avais qu’à être là con, sinon ferme ta grande gueule pauv’con ! Pour ma misérable défense je plaide que je ne suis pas responsable du choix des citations d’un article de la RVF relatant un débat organisé par la RVF et animé par le boss de la RVF qui aime tant faire du scooter ? Minable ver de terre d’une terre bien labourée je n’ai rien inventé me contentant sottement de m’offusquer du ton sans pour autant mettre en doute le fond. Comment puis-je oser objecter que nos amis chinois, tout impérialistes qu’ils fussent, du moins leurs dirigeants, sont très sensibles au ton, à  la manière de dire les choses ? Comment un type comme moi peut-il affirmer qu’il ne voit pas au nom de quoi la fermeté à leur égard rimerait avec une forme de grossièreté reprenant des clichés éculés ?


La réponse est que pour mon plus grand malheur de simple chroniqueur j’ai l’heur de croire, de soutenir plutôt à juste titre, que le marché mondial du vin, des vins, ne se réduit pas à celui dit des grands vins qui sont certes de grands outils de notoriété mais qui ne sont que l’épaisseur du trait. L’histoire du vin dans notre vieux pays de vin, en une forme de pied-de-nez aux grands amateurs, fait que le principal groupe de vin français dans le monde, baptisé du nom de son fondateur, un château dans son genre, fut et reste encore un groupe qui commercialise essentiellement des vins de modeste extraction, y compris en Chine. Faites le compte des GCC rachetés par des gens fortunés ou des institutionnels depuis une dizaine d’années et vous m’expliquerez en quoi cela n’a pas profondément bouleversé l’écosystème des châteaux bordelais et de leurs appellations. Pour sûr on ne parle que qualité, jamais de la valeur du foncier...


Ceci dit, je ne tire aucune gloriole de l’urticaire que je provoque chez certains experts patentés en m’élevant, avec une certaine véhémence je le concède, contre des formules à l’emporte-pièce qui ne font guère progresser un débat qui, je le rappelle, était initialement voué aux différences de goût entre nos deux pays. Simplement je note avec un plaisir non dissimulé que mon vulgaire espace de liberté, si peu couru au dire de l’un des protagonistes, a eu droit à des réponses circonstanciées des deux intéressés. Pourquoi diable ce soudain intérêt pour un torchon (sic) qui ne sent ni l’encaustique Johnson ni le parfum d’encens qui sont les seules fragrances en vogue au « Davos du vin » où se retrouvent tous, comme chacun ne le sait pas,  les plus grands experts mondiaux de l’industrie du vin.


Oui, je le concède, nous vivons une époque formidable, comme l’écrit l’un de mes contempteurs, pensez-donc un gugusse comme moi sorti de nulle part ose contester non les dires, qu’il ne fait que lire, mais la façon de le dire, de gens qui analysent le monde du vin du haut de leur chaire et de leurs compétences, que je ne conteste d’ailleurs pas. Qu’ils se rassurent je suis vacciné depuis fort longtemps et j’attends avec gourmandise la prochaine charge que je sens poindre chez certains. Avant-hier au soir je me suis fait traiter d’encarté, demain ce sera sans doute de suppôt du gouvernement et après-demain je l’espère de fossoyeur de la France qui bosse. C’est ainsi que va la vie dans notre beau pays mais rassurez-vous, en dépit des confidences que beaucoup me livrent, mon déjà qualifié de torchon ne virera ni du côté de Médiapart ni de celui Voici, et Dieu sait pourtant qu’il y aurait matière.


Et voilà qu’écrivant faisant je suis rattrapé par mon sujet. En effet alors que je suis en train de commettre cette chronique j’apprends que les Caves Legrand viennent d’être rachetées par la famille japonaise Nakashima, « spécialiste des grands vins au Japon et propriétaire d’un vignoble en Nouvelle-Zélande, mais qui a fait fortune dans l’agroalimentaire avec, entre autres, la célèbre mayonnaise Kiewpi consommée par tous les Japonais, et qui a elle seule réalise 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an. »


La famille Nakashima s’est portée acquéreur des 78% du capital de Legrand jusque-là détenus par Christian de Chateauvieux, qui avait lui-même racheté l’entreprise à la famille Legrand en 2000 avec son associé Gérard Sibourd-Baudry. Ce dernier, âgé de 64 ans, conserve ses 22% de Legrand ainsi que la direction générale de l’entreprise qui est passée de 1,5 à 25 millions d’euros de chiffre d’affaires en 12 ans. La transaction valorise l’entreprise 20 millions d’euros, l’acquéreur ayant signé un chèque de 16 millions pour l’acquisition des 78%. Legrand était conseillé par la Banque Rothschild. » note Challenge.link


Mes contradicteurs vous l’avaient bien dit, tout fout le camp ma bonne dame, bientôt il ne nous restera plus que nos beaux yeux pour pleurer mais, comme à toute chose malheur est bon, je pourrai ainsi fourguer les mouchoirs de Cholet de mon pépé Louis qu’étaient presqu’aussi grands que les torchons de mémé Marie. Ainsi je ferai fortune dans l’authenticité et je pourrai enfin m’offrir un GCC dans le bordelais ou un paquet d’ouvrées en Côtes-de-Nuit. Bien sûr, comme en-dehors de produire du torchon, je ne sais rien faire de mes dix doigts, pour conduire mon vignoble et mener à bien mes vinifications, mon petit doigt me dit que je devrais solliciter qui vous savez. Chiche !


Sans vouloir revenir aux temps anciens, qui ne sont pas si lointains, au détour des années 2000, autour de René Renou et de quelques autres les débats dans notre monde du vin volaient bien plus haut, au niveau de l’ensemble des vignerons, loin des vases clos où chacun s’empresse de faire reluire son ego. Aujourd’hui les affaires sont les affaires et surtout qu’on ne vienne pas me chanter le contraire sinon je serais capable de sortir mon révolver… à bouchons.

Le titre initial de cette chronique était : « Casse-toi pauv’con de Taulier remballe ton torchon te reste plus que tes yeux pour pleurer dans le mouchoir de Cholet du pépé Louis qu’était aussi grand que les torchons de mémé Marie… »

 

Trop long coco aurait dit Saverot alors j’ai coupé.

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 12:29

Cher Patrick Böttcher,


M’atteler à une tâche, celle qu’en tant que grand Chambellan de ce vendredi du vin tu nous a confiée,  dont je sais par avance, avant même d’avoir tenté de m’imaginer l’accomplir, qu’elle sera vouée à l’échec, me plonge dans une forme profonde d’attrition créative.


Qu’est-ce donc que ce jargon ?


Rien d’autre que l’envie de faire semblant de me coltiner cette tâche pour mieux me laisser-aller à emprunter l’un de ces chemins de traverse que j’aime tant en espérant arriver à l’endroit où toi tu nous as dit d’aller.


C’est clair comme du jus de boudin, mais le boudin est si  injustement décrié par les vegan que cette image me va comme un gant en peau de porc.


Donc, permets-moi Patrick de commencer ce périple en évoquant les mammas « Oh, les mammas sont nos pires ennemies. Ces mammas siciliennes qui font des fils et ensuite les avalent. » écrivait le sicilien Brancati dans son roman les Années perdues publié en 1941 alors qu’avant lui, le pur et austère sarde, Gramsci répondant à sa mère qui s’inquiétait de sa santé écrivait « Oh ! ces mammas, ces mammas ! Si le monde était resté entre leurs mains, les hommes vivraient encore à l’intérieur des cavernes, vêtus seulement de peaux de bouc. »


« Les mammas sardes sont maigres, sèches et silencieuses. Elles ne crient ni ne pleurent. Elles se tiennent droites sur leur seuil, à l’image des blocs de granit qui scandent leur horizon. Rien de l’affalement bruyant ni de la redondance sentimentale de leurs consœurs siciliennes. »


Ce figlio di mamma « tant qu’il n’est pas marié (…) reste chez ses parents, où il se fait servir en tout repos de sa conscience. J’ai vu (c’est Dominique Fernandez le narrateur qui l’écrit dans Le voyage d’Italie *) des gaillards de trente ans, sans travail, sans occupation, attendre tranquillement que la mère ait mijoté les plats du déjeuner (toujours compliqués, même la simple pasta, à cause de la sauce tomate qui doit être faite à la maison : gare à celle qui oserait la sortir d’une boîte !) puis mis le couvert, s’attabler et manger à leur aise, retourner ensuite s’asseoir dans un coin de la pièce pour digérer, pendant qu’elle emporte les assiettes et lave la vaisselle. Jamais il ne leur viendrait à l’idée de prêter main-forte, de rendre tant soit peu de cet aiuto dont ils quémandent sans cesse les bienfaits. L’homme n’entre pas dans la cuisine : de cet axiome dont il a fait un des articles de son code d’honneur, le Latin se sert pour se tenir à jamais exempt des corvées ménagères. »


Bien sûr, j’entends déjà nos amies féministes, emmenées par Sandrine Goeyvaerts, aiguiser le fil de leurs longs couteaux pour couper court à cet insupportable machisme mais je les supplie de les rengainer car cette évocation n’avait que l’humble ambition, cher Patrick, de vanter la naturalité de la sauce tomate des mammas italiennes qui accompagne une belle platée de pasta.


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Après ces pertinentes références, je me suis imaginé face à un plat de spaghettis fumants et, dans ma petite Ford intérieure, je me dis vais-je manger ces spaghettis comme Alberto Sordi ?


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Là je sens Patrick que tu perds pied et pour te sauver d’une hydrocution mal venue je me permets de faire un petit retour en arrière : octobre 2008, je lisais alors le beau roman de Sandro Veronesi «Chaos calme» chez Grasset (Prix Méditerranée et Nanni Moretti en a fait un film) et, l’effet madeleine de Proust, avait  joué. Si vous voulez savoir pourquoi allez ICIlink .


Patrick puisque je t’ai lancé une bouée ne perd pas le fil de mes divagations qui doucement nous mène à pied sec au port. Juges-en par toi-même en lisant ce qu’écrivait Sandro Veronesi.


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« Ah ah !  Ça y est ! crie-t-il à travers la porte. Trente seconde de plus et ils n’étaient plus du tout al dente.


Par la porte arrive le bruit des opérations qu’il accomplit, si net et précis qu’il me semble voir la scène : les spaghettis qui tombent dans la passoire, la casserole posée dans l’évier, les spaghettis qui tombent dans la passoire, la casserole posée dans l’évier, les spaghettis bien égouttés, transvasés dans la poêle avec la sauce et repassés sur le feu resté allumé. Et il y a maintenant un fumet de sauce tomate qui arrive de la cuisine, me chatouille les narines et sort par la fenêtre, si intense et si délicieux qu’il me semble le voir lui aussi – sous forme d’épais nuage comme dans un dessin animé. »


« Il attaque ses spaghettis bille en tête, à croire que son temps est compté. Il ne les enroule pas : il les fourre dans sa bouche comme si c’était du foin, et avec sa fourchette, il se contente de les accompagner au fur et à mesure qu’ils montent. Ça aussi c’est romain, une saine façon de manger populaire – incarnée par Alberto Sordi aux prises avec des macaronis – qu’ici à Milan on prend pour une absence de bonnes manières. »


« Ce n’est pas bon pour vous de ne manger que des sandwiches, vous savez ? Une belle assiette de pâtes al dente, avec de la tomate fraîche et un filet d’huile, est beaucoup plus indiqué pour la santé. »


Il remplit les deux verres de vin, à ras bord, comme à la campagne.


« Goûtez-moi ça. Ce n’est pas un grand cru, mais c’est un bon petit vin pas trafiqué. »


Il me tend un verre, prend le sien, le lève.


« Santé. »


Il boit une gorgée franche, décidée, et vide la moitié de son vin. J’en bois moins. C’est un de ces vins forts, âpres dont on ne comprend pas s’ils le sont par hasard ou de façon délibérée


« Il vous plaît ?


-         Oui. Il est bon.


-         Frascati. C’est ma sœur qui me l’envoie, de Velletri. Qui me l’envoyait : dorénavant, j’irai le chercher moi-même. »


« Un bon petit vin pas trafiqué… » ça doit te plaire mais, pas sûr, cher Patrick, qu’il existât un Frascati nature ?


Donc en attendant de trouver la perle rare, puisque nous sommes à quelques encablures d’un Tour de France qui a pris la mer – je n’ai pas osé écrire a pris l’eau – pour partir de Porto-Vecchio en Corse, une Grande Boucle qui reste populaire, en dépit des « pots belges » modernes, aussi bien dans la Péninsule que dans le Plat Pays, j’ai  décidé, toujours pour te faire patienter, d’évoquer l’Ange de Coppi.


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C’est un livre d’Ugo Riccarelli chez Phébus qui exalte la beauté des athlètes qui avaient du sport la plus haute idée, pour pousser le bouchon au plus loin des athlètes nature !


Me suivre peut paraître une forme absolue du non-sens mais, si tu te laisses aller Patrick tu  ne pourras que constater que nous allons bien au contraire dans le bon sens et le bon sens ne saurait mentir comme dirait Lance Armstrong et Bernard Tapie réunis (ce dernier a fait aussi dans le genre avec La Vie Claire une chaîne de magasins bio)


« Ce soir-là, Biagio Cavanna l’aveugle, et ses mains de magicien vint les rejoindre. « Ils se saluèrent chaleureusement, prenant toujours bien garde de ne jamais évoquer les histoires extra-conjugales de Fausto avec la signora Giulia, la Dame blanche. Ettore Milano était là lui aussi et ils discutèrent ensemble des projets futurs, de la belle journée qui s’annonçait et, d’ici peu, du voyage en France pour les Six jours de Paris.


Coppi guida Cavanna jusqu’à sa chambre . [...]


Cavanna avait le sourire de celui qui voit, de celui qui peut tout distinguer à partir d’une pensée.


-          Les diables sont des anges déchus, dit-il au Champion, ce sont des êtres qui errent sans paix de par le monde. Et celui-là, c’est sûr, a hâte de retourner par le monde. Et celui-là c’est sûr, a la hâte de retourner d’où il vient. Il ne peut pas courir, il veut fuir. Tu t’es mesuré à tant d’autres diables, tant d’autres démons. Louison Bobet, Koblet, Trompe-la-Mort (surnom de Robic), Magni. Tu te souviens de Van Steenbergen ? Ou de Gino, le maudit Toscan, et de Ferdi Kübler, rejeté dans le décor sans qu’il ait le temps de dire amen ? Rappelle-toi Archambaud, des minutes que tu sas mises dans le nez, et de tous les autres qui restent sagement alignés derrière ta roue. Laisse tomber, Fausto, celui-là a un autre destin, il s’en fiche de courir, il veut fuir. »


Avec Fausto, nous sommes loin des bodybuildés à l’EPO, tiroir-caisse sur 2 roues, mais c’était bien joli de batifoler ainsi avec les forçats de la route, je devais partir déjeuner avec Fleur chez Simone fille du vent. Je posai donc mon ouvrage pour me rendre chez Simone qui est à deux pas de chez moi. C’est un caviste nature de chez nature qui vient avec des associés d’ouvrir un resto à côté au 33 Bd Arago. J’y ai déjà becté le soir de la fête de la musique avec mon ogresse préférée. J’arrivai cool Raoul chez Simone avec une bouteille sous le bras pour dégustation impromptue et je m’installais en commandant un verre de Puzelat.


La suite, cher Patrick, fut ce que le Taulier adore par-dessus tout : un enchaînement indescriptible de circonstances étranges et heureuses qui m’ont apporté sur un plateau, sans le moindre effort, tel Salomé recevant la tête de saint Jean-Baptiste, le fameux vin nature italien que tu appelais de tes vœux. La chance ne sourit pas qu’aux audacieux, elle n’a aucune pudeur à venir draguer des gars comme moi qui ne savent rien faire de leurs dix doigts. Ça en est honteux mais j’avoue que j’aime ça. J’en jouis sans retenue ni honte bue.


Le résultat est là. Un pur vin de Sicile recommandé par mes amis de la cave SIMONE. Pas encore bu mais suivant le bon vieil adage de mémé Marie la bonne viande on la trouve chez un bon boucher.


A bientôt Patrick pour une virée chez Cantillon.


Sincères amitiés.


Jacques

 


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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Vendredi du Vin
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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 00:09

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Longtemps je me suis demandé si j’allais titrer cette chronique : « Denis Dubourdieu l’Extravagant »link mais au dernier moment j’ai préféré laisser de côté ce qui aurait pu être perçu par les non-initiés comme une provocation, alors que ce n’aurait été qu’un clin d’œil à l’une de ses belles réalisation, pour m’en tenir, pour une fois, à une formulation simple.


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Dubourdieu « Il n’y a ni Dieu ni bourg là-dedans » comme le dit avec humour le titulaire du patronyme. En effet, « le bourdieu est une propriété qui appartenait à quelqu’un de Bordeaux, selon les savants géographes bordelais, René Pijassou et Philippe Roudier. Du Bourdieu désignait quelqu’un d’une telle propriété sans savoir s’il y taillait la vigne ou s’il en était propriétaire. Les bourdieu sont les ancêtres des crus. »


Bonne origine ne saurait donc mentir le CV de Denis Dubourdieu est dense et riche : œnologue, chercheur et professeur d’université directeur de l’Institut des Sciences de la Vigne et du Vin, consultant et vigneron mais je dois avouer que c’est sur cette dernière facette que l’homme se révèle passionnant car ses attaches terriennes et familiales donnent à ses réponses une belle chaleur et une vraie sincérité.  « Celui qui peut, agit. Celui qui ne peut pas enseigne. » G.B.Shaw.


En effet je dois avouer que je préfère lorsque Denis Dubourdieu nous parle de sa grand-mère maternelle Jeanne Masencal plutôt que de l’élevage du sauvignon sur lie ou de la fermentation en barriques. Ceci souligné j’ai tout lu avec beaucoup d’attention et j’ai en partie comblé mes immenses lacunes dans les domaines de l’art du vin, surtout pour ce qui concerne la pourriture noble « En quoi réside notre savoir-faire pour obtenir une pourriture noble rapide et précoce ? (ndlr celle qui favorise l’explosion du fruit et non la seule concentration en sucre). Il n’y a pas de secret. C’est simplement en pratiquant la viticulture la plus traditionnelle qui soit, celle de mes grands-pères et  de mon père, ni plus, ni moins. C’est en ayant cette passion folle, ruineuse, du sol extrêmement bien travaillé qui, dès le printemps, amorce la précocité du  cycle de la vigne. Nous sommes certainement les seuls crus de Barsac qui travaillons l’intégralité de nos sols à la charrue, l’intégralité ! Aucune parcelle n’est désherbée chimiquement ou enherbée, aucune ! Ce sol de Barsac, à la fin du mois de février, est d’un beige grisâtre, battu par les pluies de l’hiver mais quand le labour le retourne, il devient tout d’un coup magnifique ; il prend la couleur fauve d’une robe d’alezan ou de setter irlandais. A ce moment-là, toute la chaleur des premiers rayons de mars vient s’y emmagasiner. Cette forte évaporation le ressuie par le haut ; les racines se réchauffent, la vie débute… »


Là je comprends, je retrouve mes racines si je puis m’exprimer ainsi. Mais, comme je suis un petit  chroniqueur qui aime bien mettre les pieds dans le plat, je ne puis m’empêcher de citer le Denis Dubourdieu qui ne va guère plaire aux adorateurs des vins nus « Mais que de bêtises entend-on dans ce métier ! Que de vins sans finesse, que de grossières caricatures, justifiés par des argumentations simplistes, retiennent l’intérêt de certains critiques : vins ni collés ni filtrés, vins naturels, vins sans sulfites, vinifications intégrales, élevage des vins rouges sur lies, cuves ovoïdes, champ telluriques dans les caves…, etc. Je me suis toujours demandé si les gens qui racontent ces âneries y croient ou s’ils pensent que le public est tellement naïf qu’on peut lui faire avaler n’importe quoi. » J’adore les ânes Denis Dubourdieu et j’écris tellement d’âneries que je suis sans aucun doute un bon public mais, à mon âge, on se refait pas et je reste totalement allergique aux exercices dégustatifs entre grands amateurs. L’émotion du vin ne passe pas par ce vocabulaire qui n’évoque rien pour moi. Sans doute en écrivant cela je n’arrange pas mon cas mais il n’empêche que ma sensibilité n’en est pas moins exacerbée que celle des susnommés.


Mais laissons là les sujets qui fâchent et revenons à Jeanne Masencal qui a régalé Denis et ses parents lors des déjeuners dominicaux et repas de fête à Cantegril. « Toute la bonté et la générosité de Jeanne s’exprimaient dans sa cuisine. Avant  de se mettre au fourneau, point n’était besoin pour elle d’aller au marché ou si peu. Il y avait presque tout à Cantegril ; on aurait pu tenir un siège. Un potager admirable donnait à profusion légumes et petits fruits ; la basse-cour ne fournissait pas seulement de poulets et des œufs, mais aussi dindons, pintades, canards et pigeons. Il y avait une dizaine de clapiers et, évidemment, un parc à cochon. Le verger comptait toutes les vieilles variétés de pommes, poires, pêches, abricots, prunes, cerises, noix et noisettes. Les confitures, gelées et fruits à l’eau de vie étaient millésimés et mis en bocal au château. Jeanne ne se contentait pas de régner sur cet empire domestique, elle en assurait, pratiquement seule, l’entretien, non par seul souci d’économie mais pour le plaisir d’offrir à ceux qu’elle aimait, le fruit de son travail. Des nécessiteux de sa connaissance et même des vagabonds de passage profitaient de ses dons. Cantegril, c’était alors, à la fois, la banque alimentaire et le « resto du cœur » mais 3 étoiles. Qui  ferait cela aujourd’hui ? […]


Et Denis Dubourdieu se souvient « des menus pantagruéliques de Cantegril et des plats savoureux de ma grand-mère. Il y avait les pâtés de porc et les galantines de volaille, le lapin en gibelotte aux petits oignons ou à la persillade, les civets de lièvre, la poule au pot et son bouillon, les escargots ramassés après les pluies d’orage et préparés au hachis de jambon, les volailles à la broche et à la « tue cochon », des boudins incomparables et des « costillons » (petites côtes) à se damner. Et puis les petits oiseaux en brochettes ou confits, les grives de vendanges grillées sur les braises de sarments de vigne. Je me souviens aussi, avec l’eau à la bouche, d’autres plats que je dégustais plutôt chez mes parents : le perdreau au verjus, la bécasse rôtie flambée à l’armagnac dont la saveur unique défie la description, la lamproie au vin rouge ou au barsac confectionnée selon la recette de ma mère toujours inégalée. A la table de la grand-mère maternelle de Florence (ndlr l’épouse de Denis Dubourdieu), j’ai savouré la palombe rôtie flambée au lard, gibier tenu pour « sec dans ma famille et pourtant onctueux lorsqu’il est accommodé ainsi ; étonnement, c’est aussi dans ma belle-famille que j’ai  découvert l’alliance magique des vins blancs liquoreux et de l’alose grillée entière sur les sarments entre des feuilles de laurier sauce. Ce mariage parfait, je le célèbre encore moi-même, à Reynon, chaque année à la saison, en servant nos vins de Barsac sur l’alose grillée par mes soins. »


Vous allez me dire que je n’ai guère parlé vin. Normal, m’aventurer sur ce terrain eut été bien présomptueux de ma part. Le mieux que vous puissiez faire si vous souhaitez mieux connaître et Denis Dubourdieu et ses vins c’est de faire l’acquisition, dans la collection Autour d’une bouteille avec, du livre de Gilles Berdin « Denis Dubourdieu l’œnologie dans tous ses états » chez Elytis 16€. Enfin, pour clore cette chronique,  à l’heure où je l’écris, l’ensemble des 130 ha des propriétés de Denis Dubourdieu termineront leur conversion en Agriculture Biologique. « Par réflexe de survie, d’une prise de conscience, certes tardive, des dangers des pesticides pour nous –mêmes et notre environnement. Risques sous-estimés par l’administration mais inquiétants pour le consommateur. »


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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 11:00

Jean Natoli l’auteur du « Guide pratique du Vin bio » Réussir sa conversion bio chez Dunod a eu la gentillesse de me faire parvenir son ouvrage. Je l’en remercie mais c’est, mon cher Jean, comme on dit dans la langue populaire, offrir de la confiture à un cochon. Mon bagage technique en toute chose, et dans le vin plus encore, n’est même pas un balluchon, il a l’épaisseur du papier à cigarette Riz-la-Croix. Donc, hormis la partie réglementaire, passe très au-dessus de ma pauvre tête de chroniqueur. Tout ça pour vous dire que je ne me suis pas lancé dans la lecture de ce Guide Pratique du Vin Bio.


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Comme le disait fort à propos ma mémé Marie : « la bonne viande on la trouve chez un bon boucher ». Ce sage et judicieux précepte je l’applique à Jean Natoli, ingénieur agronome et œnologue conseil, et à son ouvrage : vous pouvez donc lui faire confiance c’est un professionnel du vin sérieux, ouvert, courtois, qui n’étale pas ses certitudes, ne joue ni à la star ni  au gourou. C’est homme de l’art c’est-à-dire un praticien qui tente d’expliquer et de faire comprendre ce que fait la main.

    

« Réunir ces informations, les traiter, les ordonner a été un travail long et enrichissant, y compris pour un œnologue consultant auprès de nombreux domaines en agriculture biologique et lui-même producteur bio.

On apprend chaque jour et c’est passionnant »


J’apprécie cette humilité non feinte de Jean Natoli.


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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 00:09

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J’avoue, sans aucune honte  que bue, que pour bien appréhender ce que représente la Chine pour la planète vin, il vaut mieux se rendre place des Etats-Unis au siège du groupe Pernod-Ricard pour rencontrer son DG Pierre Pringuet que d’aller dans les soupentes de Vinexpo pour entendre des soi-disant experts brasser des idées reçues.


Bien avant ce grand débat de la RVF à  la française sur le « péril jaune », sous des trombes d’eau – j’espère que vous noterez l’à-propos de mon propos – je me suis rendu dans le bureau de Pierre Pringuet pour qu’il m’explique la stratégie du groupe « Capturing the wine opportunity in  Asia »


Un petit rappel pour mieux resituer Pernod-Ricard dans le monde du vin. Au fil de ses acquisitions, en 1989, Jacob’s Creek en Australie, en 2005 avec le portefeuille d’Allied Domecq’s : Campo Viejo dans la Rioja, Stoneleigh et Brancott Estate en Nouvelle-Zélande et Graffigna en Argentine, de son désengagement en France avec la vente de la SVF à Pierre Castel link, le groupe Pernod-Ricard est devenu le n°4 de la vente de vins tranquilles dans le monde. S’ajoute à ce portefeuille, en France, le Cognac Martell et les champagnes Mumm et Perrier-Jouet.


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D'après les simulations du groupe, Pernod Ricard était en 2011-2012 le premier opérateur asiatique de spiritueux occidentaux (concentrant 13 % des parts de marché). Entre 2002 et 2012, les ventes de vins et spiritueux du groupe ont été multipliées par 7 en Asie, alors que le groupe considère toujours « que le potentiel de développement asiatique est encore important ». Les ventes des cognacs Martell y soulignent ces tendances, comme les vins premium (+17 % en Asie).


Mais comme le note le Monde, en Chine « Près des deux tiers de l'activité proviennent de l'engouement des Chinois pour le cognac en général, et ses déclinaisons les plus luxueuses en particulier. Viennent ensuite les whiskys. La vodka et les vins – moins de 10 % des ventes en volume – sont considérés comme des relais de croissance.


En effet, « depuis fin 2012, le français a dû reconnaître que le marché chinois des alcools montre des signes de ralentissement. Une baisse de régime confirmée lors du Nouvel An chinois, moment privilégié des banquets et autres échanges de cadeaux. Les directives du nouveau gouvernement, soucieux de limiter les signes ostentatoires de richesse, couplées à un ralentissement de la croissance du pays ont un impact sur les ventes de cognac ou de whisky. Le très haut de gamme étant le plus touché. »


Sur les neuf premiers mois de l'exercice 2012-2013, « la croissance du chiffre d'affaire du groupe s'est ralentie (avec 6,65 milliards d'euros, + 4 % par rapport à la période précédente. Les marchés émergents marquent cependant un net coup d'arrêt dans leur développement (+10 %). L'Asie représente actuellement 40 % du chiffre d'affaires du groupe (la France en représente moins de 8 %). Le chiffre d'affaires en Chine du groupe affiche une hausse importante (+10 %), mais cette croissance est principalement due aux bons résultats du premier semestre. Les ventes ont été particulièrement décevantes durant le Nouvel An Chinois, restant stables par rapport à l'an passé. »


« Mais Pierre Pringuet, le patron de Pernod Ricard, en est sûr : le marché chinois des vins et spiritueux reste un territoire de conquête… »


Pierre, très pédagogue comme au temps de nos séminaires de cabinet à Conflans-Sainte-Honorine, a fait défiler sur une tablette ce qui fonde cette stratégie de conquête. Je vous propose donc de faire la même chose.


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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 11:00

Sur Face de Bouc il est interdit de montrer ses seins, même Pascal Simonutti, qui pourtant « s’en bat les couilles »ICI link  a dû planquer ceux forts beaux de Brigitte Lahaie link 


Votre Taulier qui n’a pas peur des mots, surtout lorsque ce ne sont pas des gros mots mais des mots qui veulent dire très exactement ce qu’ils désignent, vous propose cette petite histoire glanée dans mon beau milieu de grands ingénieurs – dont certains savent manier l’autodérision – et que je trouve particulièrement savoureuse.


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« Quand la vérité sort de la bouche des enfants ! Les gens trop érudits manquent parfois d'humilité.


Un jeune ingénieur fraîchement diplômé se retrouve dans le train assis à côté d’une petite fille.  

   

L'ingénieur dit à la petite fille :


-          Il paraît que les voyages passent beaucoup plus vite si on parle avec quelqu'un.


La petite fille le regarde et dit :


-           D'accord, de quoi voulez-vous qu'on parle ?


L'homme fanfaronne :


-           Et si on parlait de physique nucléaire ?


La petite fille lui répond :


-           D'accord, mais avant, écoutez-moi bien.


Un chevreuil, une vache et un cheval mangent tous de l'herbe.

Pourtant le chevreuil fait des petites crottes, la vache fait des bouses plates et le cheval de grosses boules.

Comment expliquez-vous cela ?


L'ingénieur pantois, réfléchit un instant puis doit avouer :


-          Ma foi, je ne saurais l'expliquer.


Alors, maligne et ironique, la petite fille lui dit :


-           Comment voulez-vous que je vous explique la physique nucléaire si vous ne maîtrisez même pas un petit problème de merde ? »

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 00:09

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Je n’étais pas présent à ce débat et je m’en tiens au compte-rendu paru en ligne publié sur le site de la RVF. Je ne sais si celui-ci reflète très exactement de la tonalité du débat ou si le sensationnel a été privilégié par la rédactrice de l’article Florentine Mähler-Besse mais, dans la mesure où le compte-rendu est publié par l’organisateur du débat la RVF, je suppose que le choix a été fait de mettre en avant les saillies dont je n’apprécie ni le ton, ni le fond. J’étais prévenu que « le ton était tranché et sans langue de bois » mais je ne m’attendais pas à un tel degré d’agressivité et à un tel niveau  de suffisance. Avec de tels propos nous nous caricaturons, dressés sur nos petits ergots, arrogants et suffisants.  


La palme de la suffisance revenant à M.Poëls qui après 3 petits séjours en Chine, pays qui comme chacun le sait est grand comme un mouchoir de poche, délivre des jugements sans nuances qui font les intertitres de l’article  « AUCUN CHINOIS NE RÉCLAME DU VIN AU RESTAURANT » et « JE SUIS TOMBÉ SUR DES VINS IMBUVABLES ». Quand à Stéphane Derenoncourt il fait du Stéphane Derenoncourt « ILS NE SAVENT MÊME PAS CE QU’ILS VENDENT ! » et « Je n’ai personnellement pas envie de voir certaines appellations bordelaises se transformer en Chinatown ». Sous de telles affirmations péremptoires et agressives qui, je ne le nie pas, recouvrent bien sûr des réalités, on sent poindre notre goût immodéré à donner des leçons à la terre entière.


Ce qui est stupéfiant c’est qu’à l’origine l’intitulé du débat était : « France/Chine : avons-nous le même goût ? » et que très vite il ait glissé vers des jugements de valeur tant sur le consommateur chinois lambda et bien évidemment sur la capacité des chinois à produire sur le sol des vins… dit de qualité. Tout cela relève d’une grande confusion, une totale méconnaissance du marché du, des vins, comme si celui, dit des Grands Vins, constituait l’enjeu des temps à venir. Bref, même causes mêmes effets nous avons l’art de répéter les mêmes erreurs d’analyse qu’au tournant du siècle face à l’irruption des vins dit du Nouveau Monde. Certains, réfugiés dans leur tour d’ivoire, ou d’autres craignant de perdre la main, adoptent le ton de Mélenchon ou de Montebourg pour aborder des sujets importants comme s’ils avaient peur d’affronter la réalité d’une Chine grande puissance qui bien sûr peut être perçue comme une menace mais qui, dans le domaine du vin, est pour nous Français une opportunité à saisir.


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Sans vouloir ironiser pendant que la RVF plaçait le sieur Jérôme Despey, illustre inconnu au-delà de nos frontières nationales, en tête de ses personnalités influentes du monde du vin en notre vieux pays qui se vit comme un grand pays du vin, Decanter plus au fait des réalités mondiale du vin plaçait lui un certain Pierre Pringuet, illustre inconnu en France tout DG du groupe Pernod-Ricard qu’il soit, sur la première marche du podium. Ce dernier m’a reçu la semaine passée pour m’expliquer en quoi, pour son groupe, très bien implanté en Chine, le vin constituait un relais de croissance. Bien sûr il s’agit de vins australiens vendus sous la marque Jacob’s Creeks, donc pour M.Poëls et Stéphane Derenoncourt des vins sans pedigree donc indignes de leur intérêt et pourtant ce sont eux qui s’imposent et vont s’imposer dans le cœur du marché chinois naissant de cette nouvelle classe moyenne. Ces consommateurs qui boivent « du thé à table, puis éventuellement du baijo, un alcool local qui titre 40° » et qui ne réclament pas spontanément du vin au restaurant, entreront dans l’univers du vin par cette misérable petite porte, et n’en déplaise au sieur Poëls entameront ainsi leur apprentissage du vin et nourriront ensuite leur culture du vin.


Quant à la qualité des vins chinois je me permets de vous renvoyer à un article de Jérôme Baudouin paru  dans la RVF en juin 2012.


Voici le début « Emma Gao hier, Pernod-Ricard aujourd’hui. Deux mondes, deux visions de la viticulture. Et pourtant, ils semblent si proches. Le n°1 mondial des spiritueux et la jeune œnologue ont en commun d’appliquer des méthodes occidentales pour élaborer leurs vins. Et chacun dans son genre, avec son expérience et ses compétences, tire le meilleur de ce que la vigne peut offrir sur cette terre du Ningxia.


Cela peut paraître paradoxal qu’un géant comme Pernod-Ricard puisse rivaliser avec la jeune Emma. L’idée me saute aux yeux dès que je serre la main de Brett Richardson, le directeur technique de Helan Montain, le vignoble que Pernod-Ricard a mis en place au sud de yinchuan, et de Craig Grafton, le winemaker du domaine. Deux Australiens arrivés tout droit de Jacob Creeks, l’emblématique winery australienne de Pernod-Ricard, qui depuis cinq ans mettent en musique les vins d’ici. Les Australiens sont les maîtres de l’irrigation, ce n’est donc pas un hasard si Pernod-Ricard a confié les rênes du projet à ces deux Aussies […]


Voici la conclusion « On est très loin des vins "bodybuildés" auxquels on s’attendait un peu. Pour ne pas qu'ils soient trop marqués par le bois, Craig Grafton vinifie les vins dans des barriques d’un vin et ne fait venir ses fûts que de la tonnellerie François Frères, en Bourgogne. Ses vins sont irréprochables. Certes, ils manquent de profondeur et de tension, mais quand on voit les vignes, on comprend que Pernod-Ricard donne le ton et montre le potentiel que l’on peut tirer de vignes irriguées non loin du lit du Fleuve Jaune. »


Le tout est ICI link 


Par bonheur dans ce débat il n’y eut pas que des outrances tels les propos de Mei Hong « une jeune femme polyglotte installée en Bourgogne où elle achète des vins destinés au marché chinois. Dans un français parfait, Mei Hong a rappelé que la découverte du vin était un phénomène récent en Chine et elle a encouragé les Européens à partir aider ses compatriotes à parfaire leur connaissance et leur goût du vin. » ou ceux tenus par un disciple de Denis  Dubourdieu : Axel Marchal, docteur en œnologie et chercheur à la faculté de Bordeaux, qui « a ramené le débat sur le terrain du goût, évoquant les différences dans le ressenti qui séparent Français et Chinois. » Vous lirez leurs propos ICI link


J’invite les brillants esprits cités à lire l’excellent livre de Zeng Ruolin « Les chinois sont des hommes comme les autres »link et à consulter Carte des vins au restaurant LAN à Beijing (1) link et (2) link de juillet 2008 pour inciter ceux qui se disent journalistes à aller enquêter sur le terrain des tables chinoises plus ordinaires au lieu de pérorer sur les estrades de Vinexpo.


Enfin demain « Le vin relai de croissance en Chine pour Pernod-Ricard » sera sur mes lignes.


En conclusion une petite question révolutionnaire dans le style Mao-Spontex « y font quoi ceux qui ne font pas de l’argent ? »

 

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 11:00

Notre homme se cache derrière un pseudonyme car il est connu comme le loup blanc de tous les bobos de Paris, plus particulièrement les addict de Télérama. C’est un virtuose qui allie talent d’écriture, sensibilité exacerbée, pertinence de ses accords les plus inattendus, finesse de ses références politiques et une culture encyclopédique. Il adore Paris, aiment les jolies femmes et le divan.


J’invite tout particulièrement, celles et ceux  de mes confrères blogueurs s’intéressant à la table, à se pencher sur ce texte d’une profondeur abyssale afin d’affiner leur style et renouveler un genre qui a tendance à se cantonner dans les clichés, Instagram tout particulièrement. Excellente lecture et, si vous découvrez qui s’est glissé dans les oripeaux de ce critique gastronomique d’un autre type rien ne vous interdit de le révéler aux lecteurs du Taulier.


La critique ci-dessous concerne le restaurant Villa Nova de Fabrizio situé dans la Seconde Avenue de la Grosse Pomme.


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« Chez Fabrizio, la touche artistique réside dansle poulet désossé à la Parmigiana de Spinelli. L’intitulé est au deuxième degré, puisqu’il a fourré le poulet de petits os supplémentaires, comme pour signifier que la vie ne doit pas être consommée trop vite ou sans précaution. L’obligation d’ôter constamment de petits os de sa bouche et de les déposer sur l’assiette donne au repas une sonorité mystique. On est obligé alors d’évoquer Webern qui semble ressurgir à tout instant dans la cuisine de Spinelli. Robert Craft, parlant de Stravinsky, suggère un intéressant rapprochement entre l’influence de Schoenberg sur les salades de Spinelli, et l’influence de Spinelli sur le Concerto en pour cordes de Stravinsky. À cet égard, le minestrone est un superbe exemple d’atonalité. Accompagné tel qu’il est de croûtons aillés et de petits morceaux de légumes, le dîneur, quand il le boit est obligé de faire des bruits harmonieux avec la bouche. Ces accords sont disposés selon un rythme précis, et se répètent dans un ordre immuable. La première  fois que j’allai chez Fabrizio, deux clients, un jeune garçon et un gros homme, mangeaient leur soupe à l’unisson, et l’émotion fut telle qu’ils reçurent une vibrante ovation. Comme dessert, nous eûmes des tortoni, ce qui me rappela cette remarquable phrase de Leibnitz : « Les monades sont des fenêtres. » Quelle lucidité ! Les prix chez Fabrizio, sont, ainsi que me le dit un jour Hannah Arendt, « raisonnables sans être historiquement inévitables ». Je souscris à ce jugement. »


3 notes en bas de page :


1-      « La pasta, en tant que mode d’expression du néo-réalisme italien, est bien mise en valeur par Mario Spinelli, le chef de chez Fabrizio.


2-      Spinelli a milité des années durant dans les rangs du Parti communiste italien, et s’est révélé par l’inclusion subtile dans ses tortellini.


3-      C’est grâce à Spinelli que la Cour Suprême déclara solennellement que « les hors-d’œuvre ont droit à une protection totale en vertu du Premier Amendement. »

 

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