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23 août 2018 4 23 /08 /août /2018 06:00
Dédié aux petites louves et petits loups Grenadou paysan français « L’histoire d’être cultivateur, c’est d’observer. Toutes ces plantes-là, c’est comme des animaux, ou même des enfants. »

En juin 1959, Alain Prévost, écrivain achète le presbytère de Saint Loup près de Chartres en pleine Beauce et fait la connaissance de son voisin Ephraïm Grenadou. De là naît l'idée de ce livre, « récit d'une vie consacrée à la vie d’un paysan de la Beauce, celle d’un homme de la grande culture céréalière qui a vécu toute sa vie au rythme saisonnier des labours, de l’ensemencement des champs, de la moisson et du battage. Il a été élevé dans la familiarité des bêtes, des chevaux en premier lieu, car le paysan beauceron ne pouvait accéder à l’indépendance que s’il possédait un attelage et c’est la maîtrise de la conduite des chevaux, à la charrue et dans les charrois, qui conférait la qualification la plus noble. »

 

Vie quotidienne : Grenadou, paysan beauceron

GÉRARD VINDT

01/03/1999

ALTERNATIVES ECONOMIQUES N°168

 

Saint-Loup se modernisait. L’électricité est venue en 26 et l’eau dix ans plus tard. En 30, (...) j’ai acheté d’occasion pour six mille francs une batteuse à moteur qui pouvait faire jusqu’à soixante quintaux par jour 1. Et je crois que c’est en 30 que j’ai acheté ma première voiture : une B2 d’occasion que j’ai payée six mille francs (...). On allait tous les samedis à Chartres, on se rencontrait. Tous, on s’intéressait à la nouvelle culture. « ça changeait d’avant la guerre, quand les gens n’étaient amis qu’avec le monde du village »

 

Grenadou, paysan français, par Ephraïm Grenadou et Alain Prévost, coll. Points-Histoire, première éd. Le Seuil, 1966).

 

 

Ephraïm Grenadou est né à Saint-Loup en 1897, commune de Luplanté, Eure-et-Loir, à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest de Chartres, « avec la cathédrale sur l’horizon ». Son père, charretier, avait réussi à s’acheter un bout de terrain : « C’était des gens tout à fait économes. Ils travaillaient comme des serfs. »

 

Grenadou, revenu de la guerre, se marie et se met en quête de terres à blé. Il loue neuf hectares et achète les vingt-cinq de son beau-père. Il met tout de suite de l’engrais à la place du fumier, innove dans l’élevage de cochons, ouvre en 1926 un compte au Crédit agricole et achète un tracteur d’occasion qui fait bien « le travail de huit chevaux ». En 1928, après avoir repris la ferme de son père et acheté encore une dizaine d’hectares, il se retrouve à la tête de 75 hectares. Suivent la batteuse et la voiture. Il est assez fort pour encaisser la crise des années 30 et même pour s’agrandir, en rachetant les terres de deux petits paysans : « J’étais pas loin de la centaine d’hectares et la crise était passée. »

 

Parti de peu, Grenadou a fini par " commander une grande ferme ". Il est de cette paysannerie moyenne qui prospère et se modernise dans l’entre-deux-guerres, alors que l’agriculture française fait encore preuve d’un retard certain. Un résultat de la lenteur de la modernisation et de la décrue rurale. Ainsi, c’est seulement en 1926 (soixante-quinze ans après le Royaume-Uni) que la population urbaine passe définitivement la barre des 50 %. Depuis le milieu du XIXe siècle en effet, seuls les ouvriers agricoles ont quitté massivement la terre : de 3,7 millions en 1851, ils passent à 1,9 million en 1921, puis à 1,5 million en 1936. Mais les exploitants agricoles, qu’ils soient propriétaires ou locataires, s’accrochent à leur terre et se maintiennent autour de 5,8 millions depuis le milieu du XIXe siècle.

 

Il faut la guerre, le déficit de jeunes, la concurrence de produits meilleur marché d’outre-mer, l’attraction des emplois industriels ou du service public et la crise pour qu’ils cèdent inexorablement du terrain : ils ne sont plus que 4,5 millions en 1936.

 

Mais ce nombre est encore important et traduit les faiblesses de l’agriculture française. Peu productive, elle n’est pas capable d’alimenter le marché national et le pays importe 25 % de sa consommation en 1929. Les rendements moyens à l’hectare sont nettement inférieurs à ceux des principaux concurrents européens : 14 quintaux pour le blé (20 en Allemagne, 29 aux Pays-Bas), 104 quintaux pour les pommes de terre (207 en Belgique). Si l’araire a été remplacée par des charrues plus perfectionnées, beaucoup de fermes ont des râteaux et des faucheuses à traction animale, les machines plus performantes sont rares : 322 000 semoirs mécaniques, 422 000 moissonneuses-lieuses, une centaine de moissonneuses-batteuses en tout et pour tout, 27 000 tracteurs.

 

L’agriculture modernisée est donc clairement minoritaire. Mais elle existe. C’est même son essor qui explique largement la croissance annuelle moyenne du produit de l’agriculture de 2 % dans les années 20, le recul de la jachère, la croissance des dépenses pour produire, qui passent de 10 à 20 % du montant du produit brut final entre 1913 et 1936. Sur une bonne terre et en pratiquant une agriculture moderne, Grenadou fait deux fois plus de blé à l’hectare que la moyenne nationale.

 

Les bienfaits de la République

 

Il n’est pas le seul dans ce cas et ne doit pas tout à sa seule vaillance et à son sens, bien réel, du marché. Il bénéficie d’abord des politiques publiques. Au début, pour acheter six hectares, il emprunte 10 000 francs : « La République prêtait de l’argent à 2 % aux anciens soldats. «  Grenadou a bonne mémoire : dès avril 1918, une loi accorde des prêts à taux très bas en cette période de forte inflation, sur 25 ans (1 %, puis 2 % après la fin de la guerre), par l’intermédiaire des caisses de Crédit agricole, pour l’acquisition ou l’aménagement des petites propriétés rurales, afin de " donner un témoignage de la sollicitude à l’égard de ceux qui ont été particulièrement éprouvés par la guerre ". Grenadou, d’autre part, ne se plaint guère des impôts, et pour cause : la paysannerie, qui représente 38 % de la population active en 1929, verse 5 % de l’ensemble de l’impôt sur le revenu, et l’impôt foncier connaît une nette baisse.

 

Dans le même temps, l’Etat finance l’équipement du monde rural. Il n’y a pas qu’à Saint-Loup que l’électricité arrive. En 1917, 17 % des communes étaient raccordées, elles sont 48 % en 1927 et 95 % en 1938. Par cette politique volontariste, l’Etat veut pallier le manque de main-d’œuvre salariée en facilitant l’usage des machines. Il entend aussi réduire le décalage entre les modes de vie ruraux et urbains, afin de freiner l’exode rural. D’ailleurs, Grenadou, né en terre de radicalisme, reconnaît volontiers ce qu’il doit à la République, comme il sait gré au Front populaire de stabiliser les prix des céréales avec la création de l’Office du blé. Grenadou peut compter aussi sur tout un réseau de modernistes comme lui, qui s’entraident. Le samedi, à Chartres autour d’un billard, ces paysans qui " s’intéressent à la nouvelle culture " se rencontrent et s’épaulent. Plus tard, en 1946, les mêmes fondent une coopérative pour se payer une grosse batteuse et d’autres engins.

 

Mais Grenadou est aussi, par d’autres traits, représentatif de l’ensemble de la paysannerie française : quand la crise survient, on retrouve, y compris chez lui, l’importance de l’autosubsistance : « Presque tout ce qu’on mangeait venait de la ferme : le cochon, les légumes, les pommes de terre. Je faisais du fromage blanc. Une fois par semaine, on tuait un lapin. » Une autosubsistance qui, au niveau national, représente encore le quart de la production des paysans en 1938. Malgré son enrichissement, il reste fidèle à son mode de vie austère et à son milieu d’origine. Il est fier de se dire « paysan », attaché à garder des bêtes, même si elles ne rapportent pas. C’est son beau-fils, d’une autre génération, qui deviendra  « cultivateur ».

 

Chapitre 13 et dernier chapitre : Aujourd’hui

 

Nous voilà aujourd’hui.

 

J’ai soixante-neuf ans et je cultive cent soixante-dix hectares.

 

Tous les matins, je me lève à six heures. Mes compagnons viennent manger et je fais chauffer le café. La patronne se lève après, tout doucement. Pendant que mes ouvriers déjeunent, je prends seulement du café et on cause boulot de la vieille, d’où on en est, de ce qu’on va faire. Quand ils savent leur travail de la journée, je vais curer mes deux vaches.

 

Si j’ai encore deux vaches, c’est parce que je veux pas être cultivateur et aller au lait chez le voisin. Je peux pas lui dire : « J’ai plus de vache parce que ça me rapporte pas. » Pourquoi est-ce qu’il me vendrait du lait, alors ?

 

Curer les vaches, ça e met en train. La patronne vient tirer quelques litres de lait pour la maison et après, je fais boire les veaux. Tout en faisant mon ouvrage, j’entends les tracteurs qui démarrent.

 

Je déjeune : des œufs. Je soigne les poules, les canards, mon chien. J’aide la patronne ; je vais lui chercher ses pommes de terre, ses poireaux dans le jardin. Je lui apporte tout à la maison parce qu’avec l’âge, elle est moins magnante.

 

Après, je prends ma voiture et fais un tour, voir mes gars. Je prends les chemins de traverse, je passe dans le bout de mes champs, je vois le blé où j’ai semé. Je le vois lever, je le vois pousser, je vois ce qu’il lui manque, s’il a faim, s’il faut que je traite, que je le nettoie.

 

L’histoire d’être cultivateur, c’est d’observer. Toutes ces plantes-là, c’est comme des animaux, ou même des enfants. Je les regarde grandir et si elles profitent mal, je fais ce que je peux. Ce qui m’intéresse dans la moisson, c’est de la voir pousser belle. Elle me plaît parce qu’elle vient de moi, un peu. Quand elle est battue et stockée sous le hangar, je la regarde plus.

 

Je retrouve mes gars, je descends de l’auto, je marche derrière le tracteur. Ça m’intéresse tellement qu’au lieu de faire un tour, j’en fais trois. Midi arrive, je suis surpris.

 

Le midi, je mange avec mes ouvriers. Là, c’est plus la même conversation que le matin et on ne parle plus boulot. On parle du journal et de toutes sortes. Après les grandes tablées d’autrefois, nous voilà quatre. C’est plutôt la vie de famille. Quand on était beaucoup, on avait des horaires, tandis que là, on a des heures pour rentrer, mais pour sortir, les gars font ce qu’ils veulent ; ils lisent, ils flânent, ils se reposent.

 

Quand le journal arrive le matin, je regarde seulement les grandes lettres. Après-midi, je dors mon somme et je lis les articles qui me plaisent. C’est pour ça que je fais jamais marcher la TSF,  parce que si j’ai entendu les nouvelles à la radio, je veux plus lire le journal.

 

À deux heures moins dix, je suis tellement habitué que je me lève sans regarder la montre. Mes gars partent. Souvent, j’ai des courses à faire ; comme aujourd’hui, j’ai été à Chartres avec Marius et on a acheté une tronçonneuse ; ou bien la banque, des visites, emmener la patronne chez le médecin.

 

Vers cinq heures, je vais à Luplanté faire ma partie de billard. Je retrouve les copains : Chaboche, Chevalier, Balais et puis toi. On joue jusqu’à sept heures et je rentre.

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22 août 2018 3 22 /08 /août /2018 06:00
Au café des Alpes, chez Pierre Jancou, Patrick Axelroud, enchanté par 1 vin nature de 18 ans, «encore jeune» avec 1 légère pointe d’oxydation qui équilibre le «beurré» du chardonnay. 1 super bonne pioche à même de convaincre le plus réticent et opposant aux vins nature.

Lundi, je reçois un SMS de l'ami Pierre Jancou « … Jacques, un monsieur très classe est venu, suite à ta chronique. Un fervent lecteur alsacien mais qui ne connaît que ta plume. Il était un poil contre les vins nature… »

 

Alors, alors… je me suis dit que, pour connaître le fin mot de l’histoire, je n’avais qu’à tendre la perche «au monsieur très classe» connu de moi sous le timbre PAX, soit Patrick Axelroud.

 

Je le fis.

 

Et voilà, ça donne une chronique de haute volée.

 

Merci, cher Pax, de soulager mon lourd labeur journalier…

 

 

Y m’lâche plus c’Taulier ! C’chais pas si c’est ce statut auto proclamé de mouche du coche qui me vaut cette exigeante attention mais va falloir faire gaffe !

 

À peine les valises déposées, l’ordre tombe : « Pax, au rapport ! »

 

Certes j’avais laissé entendre que, sur le chemin du retour, nous irions voir ce qu’il y avait  à voir à Châtillon-en-Diois et goûter ce qu’il y avait à goûter : la cuisine d’un certain Jancou.

 

Nous y fûmes donc, mon épouse préférée et moi. Le Taulier qui, sans doute, a des yeux et des oreilles partout, aussitôt le dos tourné, en fut immédiatement informé ; d’où cette demande (après le pensum, gonflé l’autre, vivement la reprise du boulot !)

 

En annonçant que nous avions réservé et compte-tenu des chroniques sur Châtillon qui n’arrêtaient pas de tomber, nous précisions craindre, dans ces conditions, de ne pas trouver de place.

 

Nous ne pouvions mieux dire.

 

C’est par un direct du droit, suivi d’un sévère uppercut que nous fûmes accueillis à Châtillon et qui nous laissât K.O. debout au point que Marie- Louise déclara ne pas vouloir rester. Je lui rappelai que l’important détour avait pour motif la rencontre avec le sieur Jancou et que je ne partirais pas avant d’avoir satisfait ma curiosité.

 

Une population souriante nous oriente et nous voilà rendu,  quelque peu hébété (K.O. debout vous dis-je.)

 

J’observe l’ancien bar PMU «Au café des Alpes» avec quelques habitués attablés en terrasse en ce calme et paisible dimanche matin. J’entre et j’aborde, chapeau bas, quelqu’un dont l’assurance et la prestance indique le propriétaire des lieux. Il me confirme être Jancou. Tout en lisant le menu du tableau mural, qui laisse dubitatif, je demande s’il est possible de réserver 2 couverts pour le dîner. Je décline mon identité et l’affaire est dans le sac.

 

Reprenant un peu, nous nous installons en terrasse et commandons une boisson : jus de pomme au gingembre pour moi et chocolat chaud pour MLA. Nous voyant feuilleter dépliants et prospectus Jancou nous demande où nous déjeunons à midi et nous recommande immédiatement le Mont Barral, aux Nonières, à l’extérieur de Châtillon. Un Logis de France avec tout ce qu’il fallait pour nous requinquer et nous rabibocher avec l’existence. En attendant le soir, montée au col de la Menée (Maman, peur, vertige ! - Je m’arrête pour laisser passer les voitures qui nous croise tant je redoute de serrer trop à droite vers l’à pic pour laisser passer l’autre véhicule)

 

Redescendu dans le village nous flânons sur les traces du Taulier (cherche Nane, cherche bon chien, qui s’en fout et ne course que les oiseaux – il n’a peut-être pas tort et pense qu’il peut y avoir confusion entre ses proies habituelles et ce drôle d’oiseau de Taulier.)

 

Le service démarre à 20 h. A 20 h 15 nous pénétrons en salle et demandons où nous avons été installés. Table dressée simplement, menu du soir modifié par rapport à ce que nous pouvions lire le matin. Quelques tablées déjà affairées déclinent leur choix.

 

Nous commandons.

 

Pour Marie Louise :        Soupe froide au fenouil et jambon de                                               brebis

                                              Karbanatky à la purée de carottes

                                              Clafoutis de mirabelles

 

Pour Pax :                           Arancini

                                              Karbanatky à la purée de carottes

                                              Tarte aux mirabelles

 

Je ne dévoilerais pas ce que recouvre le nom des plats. Pour les amateurs deux alternatives : l’insipide quoiqu’utile Wikipédia ou aller au Café des Alpes écouter Jancou chanter et faire saliver ses convives en décrivant le comment de chaque plat.

 

Pour la qualité de la cuisine tout était au top. Marie-Louise, cordon bleu hors pair, difficile et exigeante n’a pu que décerner un savoureux sans faute. Le Taulier y a goûté avec bonheur semble-t-il. Pour vous faire une idée exacte, n’écoutez pas n’importe qui, faites le voyage.

 

Et pour boire ? Pour boire…

 

La carte des vins est remplie de VDP ! Ça sent le vin nature…

 

Je fais part de mes réticences à l’attentif Jancou et blablabla et blablabli…

 

Je sors mon joker, c’est J. Berthomeau qui nous a donné l’envie de venir, comme je lui fais confiance, nous allons vous faire confiance. Et Jancou de me parler avec une gourmandise éclairée de sa carte des vins. Quand il arrive à un Chardonnay nature 2000 *, malgré le prix (au diable les avares et les avaricieux, c’est la fin des vacances etc. etc.) On pourrait aussi parodier l’âne des « Animaux malade de la peste » La soif, l’occasion, l’herbe tendre, et je pense quelque diable aussi me poussant, je passais commande de ladite bouteille.

 

Un vin nature de 18 ans, « encore jeune » avec une légère pointe d’oxydation qui équilibre le «  beurré » du chardonnay. Une super bonne pioche à même de  convaincre le plus réticent et opposant aux vins nature. *

 

Nous ne terminons pas la bouteille et demandons à Jancou de nous la garder au frais pour l’emporter le lendemain.

 

Ce qui fut fait. Quand il nous vit arriver Jancou était sur le seuil de son café. Il nous remis la bouteille, sans un mot mais avec un œil pétillant mi amusé mi intrigué en tout cas sans malice.

 

Après 7 heures de route, le vin mis au frais a retrouvé toutes ses qualités, Nature ! 18 ans ! Sans souffre ! Faut le faire !

 

Dans les observations utiles accompagnant la demande de rapport on a cru devoir rappeler que ce n’est pas d’un 3 étoiles qu’il s’agissait comme pour nous inciter à quelques modérations éventuelles. Est-il ballot, parfois, ce bon Taulier. On n’a pas besoin de lui pour fréquenter ces lieux onéreux, prétentieux et obséquieux. C’est justement des « Cafés des Alpes » au diable vauvert qu’on attend de lui. Il devrait savoir que s’il nous recommandait un coupe-gorge, moi du moins, j’irai me faire couper la gorge en toute confiance et y prendrais sans doute plaisir.

 

Alors dans la série «  Je l’aurai un jour, je l’aurai ! »

 

C’est pas demain la veille : encore raté !

 

pax

 

Lutzelhouse le 21 août 2018

 

 

*   Le Mazel 2000 – VDP Ardèche – Cuvée Charbonnière

 

 

Gérald et Jocelyne Oustric  

      

En 1983 Gérald Oustric et sa sœur Jocelyne reprennent la propriété familiale de 24 hectares (aujourd’hui 30) à Valvignères, petit village au sud de l'Ardèche, pour créer le Domaine du Mazel. Comme la quasi-totalité des vignerons de la région, ils vendent l’ensemble de leur production à la cave coopérative. En 1997, une rencontre avec Marcel Lapierre, illustre vigneron du Beaujolais et Jacques Néauport, vinificateur de légende, va tout changer.

 

Sur des sols souvent argilo-calcaires, voire résolument calcaires, sont plantés des cépages tels que syrah, grenache, carignan, merlot, cabernet et même le rare et local portan, dont la majorité a plus de cinquante ans. Du côté des blancs, les viognier, chardonnay et grenache blanc ont au moins dix à treize ans et souvent vingt à vingt-cinq ans.

 

Toutes les cuvées de rouges sont vinifiées en macération semi-carbonique. La vendange est ramassée en caissettes entreposées entre 10 et 15°. Les raisins sont mis entiers en cuve, sans pigeage, pour 30 à 45 jours de macération. Ils sont ensuite pressés à l’aide d’un pressoir en bois vertical. Les fermentations durent de six mois à un an. Tout le processus, y compris la mise en bouteilles, se déroule sans aucun intrant, aucun apport chimique et zéro soufre. Une dizaine de cuvées sont disponibles au domaine, le plus souvent des mono-cépages dont la plupart porte le nom de la parcelle d'origine. Pour les rouges la fraîcheur et le fruité sont résolument le style de la maison ; tandis que les blancs, qui patientent un peu plus en fûts, présentent des notes aromatiques plus évoluées.

 

Et, fait unique et remarquable, en réduisant sa propre part d’exploitation, Gérald a permis l'installation de nouveaux vignerons comme Andréa Calek, Jérôme Jouret ou Sylvain Bock :  un très beau système d'entraide s'est mis en place, notamment pour la vinification qui a abouti à une mise en commun des moyens pour tout ce qui concerne la commercialisation et l'expédition.

 

SourceLa cave des Papilles 5, rue Daguerre, 75014 PARIS - Tél.: 01 43 20 05 74

lacavedespapilles@gmail.com

 

 
KARBANÁTKY ICI
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21 août 2018 2 21 /08 /août /2018 09:10
1 vigneron d’1 région où l’on ne peut plus boire l’eau du robinet répond à  Emmanuel Ferrand et à Marion Sépeau Ivaldi « Pauvre Galilée ressorti à toutes les sauces, pauvre martyr de l’obscurantisme... La religion hier, aujourd’hui, cet âne de citoyen. J’ai du mal à placer Monsanto au même niveau que Galilée... »

Avant de lire ce qui suit pour ceux qui ne l’aurait fait consulter ma chronique du 18 août 2018

 

Haro sur les consommateurs, la FNSEA et ses séides Marion Sepeau Ivaldi et Emmanuel Ferran montent au créneau pour défendre Monsanto : ils nous disent quelle est la vraie guerre à mener…

ICI 

 

Encore un « c’est pas moi c’est lui » qui ne fait rien avancer, au contraire. Oui, il y a une guerre à mener, et elle est peut-être déjà contre notre attitude vis à vis des traitements : prendre comme excuse que l’autre salit aussi pour ne pas bouger est de l’aveuglement, pas de la raison.

 

D’ailleurs en parlant de raison.  «… le déploiement de la technologie et de l’innovation pour que chaque décision technique soit fondée sur un raisonnement scientifique ». 

 

Ça me fait doucement rire ce genre de phrases ronflantes, qui servent aussi d’excuse.  Joli mélange de concepts qui échappent en grande partie, dans l’enthousiasme de sa croisade, à cette pauvre éditorialiste : technologie, technique, science, tout cela mélangé dans une seule phrase.

 

Bravo, belle maîtrise des éléments de langage ! 

 

Mais est-ce que cela apporte une information ?

 

Une idée ?

 

Que nenni, as la moindre.  Elle duplique juste, en plus policé disons, le : «Alors foutez nous la paix !! et faites-nous confiance !! » d’Emmanuel Ferrand. Mais la teneur est bien la même, mais en pire presque : Circulez, il n’y a rien à voir, nous on sait, c’est fondé car c’est scientifique.

 

Mais c’est le début de quoi comme discussion ?

 

La demande de ses concitoyens est un élément majeur à intégrer dans une réponse technique, ce qui nous éloigne fort heureusement du diktat scientiste de Mme Marion Sépeau Ivaldi.

 

Pauvre Galilée ressorti à toutes les sauces, pauvre martyr de l’obscurantisme... La religion hier, aujourd’hui, cet âne de citoyen. J’ai du mal à placer Monsanto au même niveau que Galilée... Je dois me forcer. La science a du bon, elle nous apprend déjà le doute, et si je me souviens bien de mes cours de philo, le cardinal  Bellarmin lui reprochait déjà de présenter l’héliocentrisme comme la seule vérité. 

 

Mais de ce débat fondateur au glyphosate, victime de la vindicte « politique médiatique », il y aurait comme un amoindrissement, non ?

 

On a les controverses philosophiques qu’on mérite.  Mais ce succédané de débat manque la question de fond, qui est celui de notre modèle de production, fondé sur les traitements.

 

Traitements en général, qu’il soit chimique ou bio et un éditorial d’une revue avec un minimum d’ambition aurait été de poser la question à ce niveau : le modèle de production convient-il  encore à la société ?

 

Pour répondre aux propos douteux de M. Ferrand sur 45, il nous sera peut être reproché demain d’avoir été complice d’un empoisonnement. Le contrat social n’est plus le même, il faut faire avec.  Cherchons la réponse, elle sera à terme tout aussi raisonnable et scientifique.

 

 

En Bourgogne, le micmac aquatique d’Etais-la-Sauvin

 

Depuis près de deux ans, les habitants de la commune doivent se passer d’eau courante. En cause : une présence trop importante de pesticides dans la nappe phréatique.

 

Par HENRI SECKEL Étais-la-Sauvin (Yonne), envoyé spécial

 

On peut manifestement vivre sans eau courante, les 840 habitants d’Etais-la-Sauvin y parviennent depuis bientôt deux ans. Il y a bien de l’eau aux robinets de ce village de l’Yonne situé à quarante kilomètres au sud d’Auxerre, mais on n’a pas le droit de la consommer, ordre de la préfecture, qui a donc contraint la mairie à fournir de l’eau en bouteille en quantités industrielles. Evidemment, cela complique un peu l’existence.

 

Au seul restaurant du bourg, le patron dilue son pastis dans de la Cristaline, fabrique ses glaçons avec de la Cristaline, fait bouillir sa potée auvergnate, spécialité de la maison, à la Cristaline. A la boulangerie, éclairs et mille-feuilles sont préparés à la Cristaline. Dans les foyers, on lave la salade à la Cristaline, la tétine du bébé aussi, et les enfants prennent des douches plutôt que des bains, pour éviter d’ingurgiter trop d’eau courante.

 

Impossible, pourtant, de faire respecter l’interdit préfectoral à 100 %. A l’Ehpad, les soixante-dix résidents avalent une soupe à la Cristaline, mais ceux atteints d’Alzheimer oublient qu’on leur a dit de ne pas boire l’eau du robinet. Dans les jardins, on ne peut pas remplir les piscines gonflables de Cristaline, alors, quand les bambins boivent la tasse, c’est de l’eau courante. Quand on est lassé de se laver les dents à la Cristaline, on les rince normalement, même si c’est défendu.

 

De toute façon, une bonne partie des citoyens d’Etais passent outre la consigne de la préfecture, à commencer par le premier d’entre eux : « Moi, j’ai toujours bu l’eau du robinet », dit fièrement le maire, Claude Macchia, qui n’a pas l’air particulièrement mal en point du haut de ses 71 ans. Et qui, aujourd’hui, ne prend pas de risque, car l’eau courante, interdite à la consommation, est en fait… potable. Voilà où l’on en est de cet absurde micmac aquatique au cœur de la Bourgogne, à mi-chemin entre querelles de clochers dérisoires et enjeux sanitaires, commerciaux et sociétaux majeurs.

 

L’eau, enjeu hautement symbolique

 

Point de départ de cet imbroglio d’une complexité formidable : le 16 octobre 2016. Une analyse de la nappe phréatique d’Etais-la-Sauvin, menée par l’Autorité régionale de santé (ARS) de l’Yonne, y révèle la présence trop importante de plusieurs pesticides, notamment le métazachlore, utilisé pour la culture du colza. Principe de précaution : la préfecture interdit dès lors la consommation de l’eau – uniquement pour les femmes enceintes et les nourrissons par périodes, pour toute la population la plupart du temps.

 

Que faire ? Construire une unité de traitement pour assainir l’eau de la nappe phréatique ? La municipalité n’en a pas les moyens. Se raccorder à la Fédération des eaux Puisaye-Forterre, réseau local mieux équipé qui alimente déjà vingt-sept communes alentour ? Hors de question pour le maire de renoncer à sa ressource, garantie d’une eau à un prix imbattable, et enjeu hautement symbolique : « Notre réseau date du début des années 1960. Avant, on devait tirer l’eau du puits, et on se lavait dans un grand bac, à l’éponge. La première douche que j’ai prise, j’avais 14 ans, j’en aurais pleuré ! Subitement, on ouvrait le robinet, et il y avait l’eau sur l’évier, vous vous rendez compte ? Mais c’est merveilleux ! Mon pépé et mon frère ont fait les tranchées à la pioche pour mettre l’eau ici, et aujourd’hui, tout est balayé d’un coup de crayon. Ça fait mal. Nous avons toujours eu de l’eau saine, et maintenant nous sommes pollués par les pesticides. »

 

Ces pesticides, d’où viennent-ils ? « A 98 % », assure Claude Macchia, de chez un certain François Durand : « C’est un agriculteur qui habite sur la commune voisine, dans le département de la Nièvre [une route tient lieu de frontière avec l’Yonne]. Il traite ses champs, en toute légalité certes, mais ses eaux arrivent dans notre captage. C’est aussi simple que ça. »

 

Il suffirait donc de le convaincre de passer au bio, ou d’envoyer l’eau de ses champs ailleurs ? « Mais ça ne vient pas de chez moi, répond calmement M. Durand. Le maire se trompe de cible, j’en ai assez de cette instruction à charge. » L’agriculteur estime qu’il paie la « jalousie » que suscite son vaste domaine, et le fait qu’il ne soit pas étaisien : « C’est plus simple d’incriminer quelqu’un d’ailleurs. » Il a « la preuve absolue » que ce n’est pas lui : « Une étude a été confiée en 2017 à la chambre d’agriculture de l’Yonne pour déterminer l’origine des pesticides. Pourquoi les résultats n’ont-ils jamais été publiés ? »

 

Ils le seront le 18 septembre, assure-t-on à la chambre d’agriculture où, en attendant, on estime que « M. Durand ne peut être tenu pour unique responsable. L’ensemble des parcelles situées sur le bassin d’alimentation du captage est concerné par un risque de transfert, vers l’eau du captage, des molécules utilisées par les agriculteurs. » Traduction : dans la nappe phréatique d’Etais-la-Sauvin arrive aussi l’eau des champs de plusieurs agriculteurs d’Etais-la-Sauvin, qui utilisent du métazachlore. Or, six agriculteurs siègent au conseil municipal du village. Ainsi, et l’ubuesque confinerait là au scandaleux, il n’est pas impossible que des élus d’Etais-la-Sauvin « polluent » l’eau d’Etais-la-Sauvin…

 

« Sujet qui fâche »

 

« On évite d’en parler au conseil municipal, c’est un peu le sujet qui fâche », admet Nicolas Gauthier, l’un des six agriculteurs élus – pas sur la liste du maire, en ce qui le concerne – qui précise que ses champs ne se trouvent pas sur le bassin-versant dont les eaux s’écoulent vers la nappe phréatique. « La première fois qu’on a entendu parler de ça, je me suis dit que nous, les agriculteurs, allions sûrement avoir des problèmes, qu’il y aurait des parcelles qu’on n’aurait plus le droit de cultiver, etc. Mais non. On nous a dit “c’est en vente libre, c’est légal, vous pouvez continuer à travailler”. »

 

« Vu les doses détectées par les analyses, ça ne peut pas être que M. Durand. On pollue notre eau nous-mêmes ! », s’étrangle Rémy Moulin. Cet agriculteur bio, qui ne siège pas au conseil municipal, a un jour suggéré que tout le monde abandonne les pesticides, afin de retrouver une eau saine : « Je n’ai reçu que des sourires moqueurs, et un agriculteur qui est un élu m’a dit “t’as qu’à faire comme nous, bois du rouge.” »

 

Bannir les pesticides : seul l’Etat pourrait prendre cette décision compliquée, contraire aux intérêts économiques des agriculteurs – rendement moindre – et, à plus grande échelle, de la France – exportations moindres –, sans même parler de ceux de l’industrie phytosanitaire. « D’accord, mais enfin, il faut savoir quelle société on veut, soupire Philippe, Etaisien depuis une vingtaine d’années. Une autre agriculture doit être possible. C’est important l’eau, quand même, non ? »

 

Ça l’est tellement que Claude Macchia a tout de même fini, à contrecœur et contraint par la préfecture, par accepter d’être raccordé au réseau de la Fédération des eaux Puisaye-Forterre, le temps de trouver une solution pour débarrasser son captage des pesticides. Depuis début juillet, une eau certifiée conforme par l’ARS arrive donc au robinet des habitants. Qui n’ont pourtant toujours pas le droit de la boire.

 

Le problème se niche cette fois dans les tuyaux vétustes du réseau d’Etais-la-Sauvin. Plus de la moitié de l’eau (propre) qui y circule se perd dans la nature en raison de fuites, à cause desquelles « la Fédération n’est pas en capacité d’alimenter Etais à 100 % », assure la préfecture, car, « si la Fédération alimentait Etais en totalité, ce sont les communes en bout de réseau qui n’auraient plus de pression à leur robinet ». Dans ces conditions, la préfecture redoute que le maire ne rouvre les vannes de son eau au métazachlore, et maintient donc son interdiction.

 

De son côté, la Fédération des eaux Puisaye-Forterre dément : « On peut sans problème alimenter Etais à 100 %. C’est un argument que met en avant la préfecture pour faire pression sur la commune d’Etais. » Et l’obliger à refaire sans traîner ses quarante kilomètres de tuyauterie souterraine, voire à renoncer à sa souveraineté sur la gestion de l’eau – qu’il faudra de toute façon abandonner en 2026. Claude Macchia promet que les travaux seront bouclés avant 2019. Cela mettrait fin à une situation qui, pour saugrenue qu’elle soit, n’est pas unique : selon l’ARS, « une quinzaine de communes sont concernées par des interdictions d’eau », rien que dans l’Yonne. Où l’on n’a pas fini de boire de la Cristaline.

 

Par HENRI SECKEL Étais-la-Sauvin (Yonne), envoyé spécial

 

Publié Hier à 05h20

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21 août 2018 2 21 /08 /août /2018 06:00
L’auteur que je suis du Manifeste du Cochon libre vous offre « Les trois petits cochons » basque, noir de Bigorre et Corse de Blandine Vié

Le 3 septembre 2011

 

Mon séjour dans un pays où de tradition on tue les sciocche sous le châtaignier éveille en moi des sentiments indépendantistes. Dans ma Vendée profonde, comme en  Corse, dans nos campagnes beaucoup élevaient quelques gorets en les nourrissant avec les lavures (eaux grasses de vaisselle), les épluchures et les restes des repas. Au Bourg-Pailler, chez nous aussi, tout près des cabinets, juste avant les clapiers de la mémé Marie, une petite bâtisse cernée d’un enclos rudimentaire abritait un ou deux gorets à l’engrais. Le pépé Louis achetait les porcelets sur le foirail aux gorets des foires de Mothe.

 

Ben oui, sans nostalgie, je me souviens que « tous les ans, après la Toussaint, dans la première semaine de novembre, on tue le cochon acheté en avril » et je me dis pourquoi, nous les urbains, lorsque nous mangeons du saucisson y’a de forte chance que la truie (oui, oui, ce sont les vieilles coches qui font le bon saucisson) dont il est tiré provenait d’un de ces élevages industriels qui puent et enlisent d’azote les terres bretonnes (y’a pas qu’eux d’ailleurs, les champs de maïs pour l’ensilage aussi).

 

Pour être sûr de la provenance de la cochonnaille que l’on ingurgite il est possible de s’approvisionner chez un charcutier-artisan qui achète et fait abattre des cochons d’origine et d’élevage fermier, mais y sont pas nombreux. Alors, pour inverser la tendance je propose que nous, les urbains, puissions mettre en pension des petits cochons chez des paysans d’accueil. Tous nos politiques nous bassinent et vont, dans les mois qui viennent, nous bassiner plus encore avec les circuits courts, la proximité pour être carbon neutral, sauver nos campagnes et la sécurité sociale, alors prenons-les au mot : exigeons d’eux la liberté de mettre un cochon en pension pour notre consommation personnelle.

 

3 septembre 2011

 

Manifeste du cochon libre : de la liberté de mettre un cochon en pension pour notre consommation personnelle. ICI

 

 

Trois jambons crus français rivalisent avec les jambons ibériques ICI 

 

BLANDINE VIÉ

 

Article publié le 30 mars 2018 

 

Il y a 3 semaines, nous vous racontions tout sur les jambons ibériques. Les jambons crus français sont aussi épatants. Notamment au Pays basque, en Bigorre et en Corse où des races de cochons ancestrales comme le porc kintoa ont été sauvées et élevées de manière traditionnelle afin de revenir aux fondamentaux. Cela donne des cochons qui ont le goût de leur terroir, des goûts de sous-bois et de noisette, de glands, de châtaignes et d’herbes du maquis.

 

Le « prisuttu » (jambon) AOC de porc nustrale corse

 

Prisuttu est l’appellation en langue corse d’un jambon cru et sec issu de la race porcine autochtone (élevée seulement sur l’île) « nustrale » (le nôtre) dite « porcu nustrale » et par conséquent de la région administrative Corse (Corse du Sud).

 

De souche méditerranéenne, le porc nustrale se caractérise par sa petite taille, la diversité de ses couleurs et sa grande rusticité. Il a une croissance lente et est mené en liberté toute l’année. Il estive en été sur des pâturages de haute montagne où il se nourrit essentiellement d’herbe verte et d’herbes du maquis (la flore est très variée) qui lui donnent son goût caractéristique. Il redescend à l’automne pour se gaver dans les châtaigneraies et les chesnaies. Son alimentation peut être complémentée par de l’orge et des céréales en fonction des conditions climatiques. Sa saveur est douce et onctueuse et son gras oscille entre 2,5 et 5,5 cm d’épaisseur. Cet élevage dure de 12 à 24 mois et les porcs sont abattus en hiver, quand ils sont âgés de 14 à 24 mois et pèsent entre 160 kg (femelle) et 220 kg (mâle).

 

 

L’Espagne compte désormais plus de porcs que d’habitants

par   Servan Le Janne   | 20/08/2018 ICI

L’Espagne compte désormais plus de porcs que d’habitants
Des cochons noirs ibériques
Crédits : Melissa Golden

Le cochon est bel et bien dans l’ADN de l’Espagne. Connu pour sa production de jambon, le cinquième pays le plus peuplé d’Europe compte désormais plus de porcs que d’habitants, selon les chiffres du ministère de l’Environnement rapportés dimanche 19 août 2018 par le Guardian. Non content de partager certains éléments génétiques avec son éleveur, l’animal le dépasse désormais en nombre au sud des Pyrénées : il s’en trouve 50 millions pour 46,5 millions de citoyens. Le troupeau a gagné neuf millions de têtes en cinq ans.

Alimentée par une industrie qui a généré six milliards d’euros l’an passé, cette croissance inquiète les défenseurs de l’environnement. Les porcs sont les quatrièmes émetteurs de gaz à effet de serre derrière les moyens de transport, les centrales produisant l’électricité et les usines. Chaque individu nécessite du reste 15 litres d’eau par jour alors que le sud du pays souffre de la sécheresse. À lui seul, l’élevage de cochons en consomme plus que Saragosse, Séville et Alicante. Il rejette en plus des nitrates polluant les sols.

Pour ne rien arranger, les normes qui encadrent le marché ont été à plusieurs reprises violées ces derniers mois. Quelque 50 tonnes de jambon impropre à la consommation ont été découvertes chez des fournisseurs de supermarchés français. Les dates de péremption avaient été frauduleusement modifiées. En Espagne, le label jamón ibérico de bellota est régulièrement donné à des producteurs qui bafouent pourtant ses critères, faute de contrôles. Il faut dire que le cheptel a pris une dimension sur-humaine.

Source : The Guardian

 
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20 août 2018 1 20 /08 /août /2018 06:00
©Thierry Zoccolan/AFP

©Thierry Zoccolan/AFP

Je prenais un petit noir sur la terrasse du café des Alpes, le nouveau bouiboui de Pierre Jancou, en feuilletant  l’édition drômoise du Dauphiné Libéré, lorsque mon œil acéré de chroniqueur est tombé sur un titre, en première page, qui m’a mis la puce à l’oreille : Découvrez les vertus de l’ail noir.

 

 

« Mais c’est bien sûr ! », comme le disait le commissaire Bourrel dans les 5 dernières minutes, l’ail noir je l’ai découvert, en juillet 2013, au restaurant Simone 33 boulevard Arago sous les arbres de la contre-allée du boulevard Arago. Il faisait aussi très chaud et je commençais par me désoiffer avec un Sancerre blanc de Sébastien Riffault les quarterons, droit comme un I, frais, vif. Le patron Alain m’a fait déguster l’Ail noir d’Aomori. Étonnant, sa tête est d’aspect tout fripé, souple et sa gousse d’un noir intense, luisante, charbonneuse. Sa texture est ferme  et il se découpe facilement en lamelles. Mais ce qu’il y a de plus stupéfiant c’est qu’au nez comme en bouche cet ail n’exhale aucune odeur forte et n’a aucun goût âcre. Bien au contraire il est moelleux et à une saveur de pruneau. En fin de bouche l’arôme qui persiste peut s’apparenter au balsamique.

 

Lire la chronique ICI 

 

Sous la plume de Julien Combelles je découvre que Fanny et Stéphane Boutarin, depuis un an se sont lancés dans la production de l’ail noir. Lui cultive, elle le confit.

 

L’idée leur en est venue sur l’île de Wight où le couple s’était rendu pour découvrir le Garlic Festival. « Un endroit incroyable où l’on célèbre l’ail comme à Woodstock »

 

Pour s’initier à la technique Fanny Boutarin a intégré, fin 2017, l’incubateur Agropole de l’ISARA de Lyon. « Ça m’a permis de réaliser toutes les analyses physico-chimiques et mettre au point le process idéal. Nous avons testé tous les ails noirs du monde et croisé les différentes bases de données pour aboutir au produit le plus qualitatif possible. »

 

L’ail noir est un ail maturé et confit après une très lente caramélisation, connue sous le nom de réaction de Maillard.

 

« Il y a trois facteurs à maîtriser : l’hygrométrie, la température et le temps de cuisson et de séchage. Tout d’abord on le cuit à 70°, ce qui va transformer l’ail blanc en noir. Ensuite, nous procédons à une deuxième cuisson très basse entre 20 et 30°, qui va être proche de la fermentation, pendant 28 jours.

 

L’ail blanc utilisé est un ail IGP de la Drôme et dans une phase de test les Boutarin ont transformé et commercialisé 1 tonne 5 d’ail blanc en ail noir. Ils ont créé une start-up Ail Shake.

 

Voir ICI Maison Boutarin

 

 

Mon Ail noir d’Aomori était produit ainsi : « L’ail est mis à fermenter dans des vases d’argile avec une eau de mer puisée en profondeur d'une extrême pureté entre 45 et 60 jours. Température et hydrométrie contrôlées sans additif ni conservateur.  L’ail se confit dans sa chemise, sans subir aucun chauffage. Il devient souple. C’est une technique ancestrale spécialité de la région d'Aomori. »

 

Utilisations en cuisine : Pilé au mortier avec de l’huile d’olive du sel et du poivre, c’est un excellent condiment pour les poissons blanc, la viande d'agneau, de porc et de volaille. Il leur apportera couleur et fruité. On peut aussi l'utiliser pour enrichir les sauces.  Emincé, il parfumera délicatement vos pizzas, riz blanc, riz sauté et pâtes. Dégusté tel quel c’est aussi délicieux.

L'ail noir, pépite culinaire venue d'Asie à la conquête de l'Occident
Publié le 
19 Décembre 2016

 

 

A Billom (Puy-de-Dôme), le premier producteur d'ail noir français part à la conquête des gastronomes et des tables étoilées pour faire connaître un condiment déjà fort apprécié en Asie.

 

Au milieu du capharnaüm de la vieille demeure familiale, qui abritait autrefois un magasin de meubles dans cette cité médiévale connue pour son ail rose, Laurent Girard toilette, une à une, les gousses d'ail d'un blanc éclatant pour les faire confire.

 
 

Alignées en rang d’oignons, elles vont cuire lentement au four pendant quatre à six semaines dans un savant dosage d'humidité, de température et de temps de cuisson, tenu secret.

 

La suite ICI

 

 

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19 août 2018 7 19 /08 /août /2018 07:00
À l’attention de Me Morain, le naturiste en robe noire, qu’est devenu le brie de Meaux Roi des Fromages et Prince des desserts ?

C’est du Talleyrand qui le sacra « Roi des Fromages » lors du Congrès de Vienne de 1815 devant les ambassadeurs de 30 nations, et parmi 50 fromages !

 

 

Me Éric Morain, qui fait ses courses à Terroirs d’avenir, mais qui va aussi à Monoprix, qui ne liche que des vins nus, vendredi dernier sur Twitter plantait une nouvelle flèche dans le flanc de son ennemi préféré : l’INAO :

 

« Quand on vous dit que nos Appellations d'Origines ne valent plus grand chose.

Merci @Monoprix de nous rappeler que #Meaux est en Espagne. »

 

 

Bien évidemment pour l’érudit que je suis, oui, oui, quand on évoque Meaux c’est à Jean-Bénigne Bossuet, Évêque de Meaux, prédicateur et écrivain, « le plus grand orateur que le monde ait connu » pour certains, que je pense puisqu’il fut surnommé l’aigle de Meaux.

 

 

Mais comme le virus de la politique ne m’a pas encore quitté je m’empresse d’évoquer Jean-François Copé, le roi de la Cocoe de l’ex-UMP.

 

 

Pour les petites louves et les petits loups ignares :

 

Le brie de Meaux, appellation d'origine protégée depuis 1980, est un fromage au lait cru de vache, à pâte molle, à la croûte fleurie d'un fin duvet blanc. Il est formé d'un cylindre plat (35 à 37 cm de diamètre, 2,5 cm d'épaisseur), dont la teneur en matière grasse est de 45 %. Le brie de Meaux se distingue par sa pâte jaune paille clair, sa consistance onctueuse, bien souple, mais non coulante, son bouquet développé au nez et, au goût et sa fine saveur de noisette. »

Source : France.fr

 

« Le Brie tout court on peut en faire partout dans le monde (tombé dans le domaine public en 1926) comme le Camembert d’ailleurs. En revanche, le Brie a deux AOC depuis 1980 : le Brie de Meaux (Décret du 29 décembre 1986) et le Brie de Melun Décret du 29 décembre 1980 et il existe aussi le Brie de Nangis, le Brie de Montereau et le Brie de Coulommiers pour lequel le chevalier blanc du lait cru, notre Périco Légasse, a lancé un cri d’alarme en  avril 2009 : « Il faut sauver le brie de Coulommiers », depuis je ne sais pas ce qu’est devenu son titanesque combat et s’il a sauvé le brie de Coulommiers des « griffes de Besnier »

 

L’aire de production du Brie de Meaux s'étend sur tout l'Est du bassin parisien (tout le département de Seine et Marne auquel s'ajoute une partie des départements de l'Yonne, de l'Aube, de la Marne, de la Meuse, de la Haute-Marne). C’est un poids lourd 6 798 tonnes, 1 producteur fermier, 6 fabricants : industriels privés et coopératives.

 

« L’histoire du Brie fermier en Brie va néanmoins de pair avec la diminution du nombre de vaches : 75000 en 1880, 53000 en 1914, 50000 en 1953, 12000 en 1985, avec une industrialisation qui consacre la Seine-et-Marne à la betterave et donc au sucre plutôt qu’aux pâturages (...) En 1914, on évaluait à 900 les producteurs de fromages fermiers en Seine-et-Marne. Ils «étaient encore 500 en 1928, mais en 1955 leur nombre était tombé à 28 »

 

 

Reste pour moi le Brie de Provins®

11 octobre 2011

Quand un Rothschild fait dans le fromage ça fait le brie de Provins ®

Lire ICI 

 

Pour finir, comme Me Morain roule dans Paris avec une petite anglaise je lui offre ce morceau de bravoure so british :

 

« Mesdames, messieurs, la seule notion de "normes minimales d'hygiène" a de quoi glacer le coeur de tout Français normalement constitué ! Je la trouve, quant à moi, terrifiante, comme tous ceux de mes compatriotes qui pensent que la vie ne vaut plus d'être vécue si l'on n'a plus le loisir de savourer les défis à l'hygiène que sont certains produits, créé avec amour par l'humanité - la France surtout - à partir de la planète de Dieu !

 

Dans une société irréprochable sur le plan bactériologique, qu'adviendra-t-il du Brie de Meaux, du crottin de Chavignol, ou du bleu d'Auvergne ? Dans un futur aseptisé, expérimental, génétiquement organisé, quelle place y aura-t-il pour l'archaïque fourme d'Ambert, le gruyère de Comté mal formé ou l'odorant Pont-l'Evêque ? L'obsession de l'homologation, de la catégorisation, de l'homogénéisation et de la pasteurisation viendra-t-elle émasculer les robustes roqueforts, reblochon vacherin et même le sempiternel camembert ? Cela paraît peut-être stupide à dire, mais une part importante de la civilisation européenne réside dans le génie et le savoir-faire que se transmettent d'âge en âge les auteurs de ces illustres concoctions... »

 

Extrait de l'allocution de son Altesse Royale le Prince de Galles pour le 75ième anniversaire de l'association France-Grande-Bretagne le lundi 2 mars 1992. Sacré Charles !

 

Là où Emmanuel Besnier passe le lait cru trépasse !

 

Seine-et-Marne : la Confrérie du brie de Meaux égratigne Lactalis

« Le lobbying de Lactalis […] est très actif auprès de la préfecture et de l’Institut national de l’origine et de la qualité. Leur objectif commun [NDLR : des industriels] est bien d’éliminer la concurrence notamment des deux fromageries familiales implantées en Brie. […] »

 

« On connaît la puissance de frappe [NDLR : de Lactalis] qui lui permet de racheter toutes les fromageries familiales et d’acquérir dans un premier temps une capacité de production de fromage authentique avant d’obtenir, par lobbying, un détournement de la notion d’appellation d’origine protégée (AOP) de produit de terroir. »

 

ICI 

 

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19 août 2018 7 19 /08 /août /2018 06:00
Au secours François Hollande 2022 revient !

Les yeux de l’amour, les yeux de Chimène « … je le vois quand on sort, c’est qu’il y a une vraie attente, beaucoup de gens espèrent son retour. » L'aveuglement paradoxal de ce regard de Julie Gayet sur François Hollande : « Un seul regard de l'être qu'on aime équivaut à douze années de bonheur. » transforme un succès de librairie de son livre Les Leçons du pouvoir, publié le 11 avril, qui a dû être réimprimé dix fois, le tirage initial de 70.000 étant finalement doublé. Près de 100.000 exemplaires ont été vendus, selon un proche de François Hollande. L'ouvrage devrait être publié en livre de poche l'année prochaine, augmenté d'un ou deux chapitres où François Hollande essaiera de « tirer tout le miel de ses rencontres » durant sa tournée de promotion. La plus longue séance de dédicaces, à Saint-Brieuc, a duré... 8h30, plus de 1.000 personnes étant venues à la suite du "buzz" autour de la signature du livre dans le centre culturel Leclerc de Plérin (Côtes-d'Armor).

 

 

Selon son entourage, il a rencontré près de 21.000 personnes dans 56 villes en trois mois. L'ancien chef de l'Etat aura tenu en tout soixante séances de dédicace dans 48 départements. En moyenne, il a rencontré à chaque fois 350 à 400 personnes, échangeant avec chacune environ trois minutes, précise son entourage.

 

Alors, François Hollande 2022 ?

 

 

Au recto, le portrait de l’ancien président encadré par le slogan "Hollande 2022". Au verso, quelques lignes : "Qui a tenu face aux attentats? Qui a rétabli les comptes publics? Qui a inversé la courbe du chômage? C’est François Hollande. L’histoire n’est pas terminée." Ce tract, de jeunes gens vous le mettront peut-être en main dimanche, si vous passez vos vacances dans le Puy-de-Dôme. Les 21 et 22 juillet, ils le distribuaient sur deux marchés de Marseille (Bouches-du-Rhône). Fin juillet, ils frappaient aux portes de la commune de Montreuil (Seine-Saint-Denis). Effet de surprise garanti. C’est d’ailleurs l’objectif : tester la réaction des Français.…

 

Revenir !

 

Redevenir président de la République ?

 

Mission impossible !

 

Là où Giscard et Sarkozy ont échoué, Hollande peut-il réussir ?

 

Pour l'historien Christian Delporte, « le niveau de condamnation morale, au moment du départ, détermine le retour en politique. L'âge aussi est un autre critère. »

 

 Selon le chercheur, seul le général De Gaulle a réussi à revenir : « Le général De Gaulle symbolise l'homme providentiel. Son retour est improbable. Il quitte le pouvoir en 1946, rate le créneau d'un retour en 1947 puis en 1951. Et après cette date, il est fini. Il se retire, écrit ses mémoires, se coupe du monde. Six mois avant son arrivée au pouvoir, il est absent et sa cote ne dépassait guère les 17% d'opinions favorables. Et d'un seul coup, il y a le chaos et son nom émerge. C'est oublier qu'en coulisses, il a su agiter ses réseaux, les relais dans la presse via l'action d'Olivier Guichard [son chef de cabinet de 1951 à 1958, NDLR] sans oublier un fort activisme du côté d'Alger. Pour revenir, il faut avoir des amis qui doivent préparer le désir du retour. » Agiter ses réseaux pour monter qu'on existe encore, voici peut-être ce qu'essaie de faire François Hollande.

 

Lire VGE, l'éternel retour avorté et Sarkozy, la barrière de la primaire ICI 

 

Quelques remarques en vrac :

 

  • Hollande ne peut, ni adopter la tactique Giscard, reconquête de mandats, il n’y a aucune élection en vue,  de plus rien ne dit qu’il serait élu ; ni celle de Sarkozy, la reconquête du parti, il a  carbonisé le PS, de plus dans ce qu’il en reste il n’est pas majoritaire : voir l’échec de son grognard Le Foll.

 

  • Des élus PS il ne reste que les grands féodaux des régions, les sénateurs et les recasés européens, tout  ce petit monde, lors des futures échéances, voudra sauver sa peau et non faire une quelconque allégeance à un Hollande dévalué.

 

  • Hollande oublie qu’il a été coulé d’abord par les frondeurs et, qu’au premier tour des Présidentielles, tout ce beau monde ira se nicher dans les bras de Mélanchon, y compris les communistes ; alors au premier tour il risque fort de se retrouver, au mieux, quatrième, à la place qui a rendu Mélanchon dingo.
  • En 2022, le bilan de Hollande sera oublié, les cartes rebattues, c’est son fils Macron qui sera la clé du scrutin de premier tour : supputer sur les conditions de celui-ci, 4 ans avant l’échéance, relève de l’amnésie.
  •  

Certes en politique il ne faut jamais dire jamais mais 2022 c’est loin, très loin, mais comme Hollande ne sait rien faire d’autre que de la politique il faut bien qu’il s’occupe.

 

Tract «Hollande 2022» : au secours, Hollande revient? par  Arnaud Benedetti 

 

Arnaud Benedetti est professeur associé à l'Université Paris-Sorbonne. Il vient de publier «Le coup de com' permanent» (éd. du Cerf, 2017) dans lequel il détaille les stratégies de communication d'Emmanuel Macron.

 

« Ce tract au cœur de l'été vantant une éventuelle candidature de Francois Hollande en 2022 n'a sans doute pas le sens qu'à première vue nous serions tentés de lui prêter: un teasing un peu pathétique d'une aventure improbable. C'est vrai qu'à y regarder de près tant le timing que le message grandiloquent selon lequel «l'histoire n'est pas finie» prêteront inévitablement à sourire pour l'immense majorité de ceux qui à ce stade n'ont aucune envie de revoir un ancien Président dont la trace demeure pour l'instant celle d'une impuissance pataude. À l'aune de l'immédiat, qui est l'étalon incertain mais sans appel du jugement de l'actualité, le coup de com' est raté: il s'apparente plus à la farce de Maître Pathelin qu'à la bande-annonce d'un futur blockbuster. On s'interrogera sur une opération dont l'écho ne peut que rencontrer scepticisme et moquerie mais dont il faut bien admettre qu'elle s'inscrit manifestement dans une stratégie plus globale.

 

Voici des semaines que l'ancien chef de l'État sème, tel le petit-poucet d'une social-démocratie égarée dans la forêt du «nouveau monde» marketé, les cailloux de ce qu'il imagine être sa «remontada» dans les esprits et l'opinion. Son livre, long plaidoyer d'un quinquennat qu'il estime incompris, a été une première étape dans la quête de sa crédibilité perdue. Encore faut-il ne pas prendre un succès de librairie pour un capital politique mais les nombreuses ventes signifient que la marque Hollande peut encore susciter de l'intérêt, à défaut d'adhésion. Le pari, d'évidence, est loin d'être gagné mais attestons qu'il repose sur un semblant de ce qu'on pourrait appeler un carré magique. »

 

Hollande est obsédé par son bilan qu'il considère piétiné par une appréciation hâtive. L'ancien président spécule sur la maturation à venir de celui-ci.

Hollande force le trait, clivant toujours plus sa différence avec Macron dont il fut pourtant le géniteur politique.

Lire ICI

 

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18 août 2018 6 18 /08 /août /2018 06:00
L'ANGELUS DE MILLET REVISITE par Moicani - L'Odéonie

L'ANGELUS DE MILLET REVISITE par Moicani - L'Odéonie

En ce moment je ne suis guère d’humeur guerrière alors lorsque j’ai lu la bafouille d’un certain Emmanuel Ferrand ICI je me suis laisse tomber ce gars-là il a oublié, ou il ne sait plus ce que c’est, les consommateurs. Faut dire qu’il produit des commodités qui servent à engraisser des gorets ou des poulets qui seront le minerai de l’agro-alimentaire, découpés, transformés pour le plus grand plaisir des voraces de la GD.

 

Ce brave homme, outre d’exercer la profession d’agriculteur, est un politique : conseiller régional de je ne sais quel bord, ce qui lui permet de taper sur les affreux jojos de Paris qui n’ont rien compris et de s’en remettre entre les mains « de la Science »

 

C‘est son droit, sa démonstration sur la dangerosité du glyphosate par rapport aux autres poisons est remarquable puisqu’il nous montre, à nous pauvres cons, que c’est une belle brochette de poisons violents. Je ne vous fais pas un dessin, ceux qui les épandent sont équipés comme des cosmonautes.   

 

Mais là où le pépère dérape gravement c’est lorsqu’il nous assène :

 

« Moi je réponds deux choses :

 

  • la première êtes-vous prêts à payer 40% plus chère votre alimentation pour compenser la perte de rendement ou le coût de distorsion économique avec les pays qui utilisent du glyphosate ? y compris dans la restauration collective qui tire les prix vers le bas ?

 

  • Et la deuxième est mais vous êtes où tous ces gens qui veulent nous dicter notre façon de faire alors qu’il y a 50 ans vous avez déserté les petites fermes familiales, la campagne et la nature si parfaite ? pourquoi vous avez fui cette campagne où un agriculteur gagne 350€/mois pour 70h de travail par semaine pour aller vivre en ville et nous demander une alimentation à pas cher ? Pourquoi vous n’êtes pas restés croupir dans les petites fermes mais tellement bucoliques à vos yeux ? Pourquoi plutôt que nous faire la morale vous ne revenez pas reprendre des fermes pour nous montrer comment on peut bien vivre en bio, en permaculture ou autres façons si naturelles et si prometteuses pour faire fortune ?
  •  

Là, je me fâche, du côté des prix dans la GD, l’argument est fallacieux, et les 40% plus cher c’est du grand n’importe quoi. Les mêmes qui, à la FNSEA, braillent, à juste raison, sur les prix de misère qu’on leur paye, sont les premiers à monter au créneau pour défendre le système. D’ailleurs, la GD va chercher son bio ailleurs que chez nous. Bravo les gars !

 

Je suis fils d’agriculteur, le petit dernier, mon frère ainé a repris la petite métairie de 15 ha, j’ai fait l’école d’agriculture de la Mothe-Achard avec un certain Luc Guyau, et si je ne suis pas devenu agriculteur c’est que j’en n’avais pas les moyens. Alors, de grâce, stop à la démagogie, désertion, fuite, rester croupir… faut pas déconner avec ça, relire la Révolution Silencieuse de Michel Debatisse, un auvergnat, président de la FNSEA. Tout ça a été organisé avec les lois d’orientation des années 60 sous l’égide des gouvernements du général. Travestir l’Histoire pour quelqu’un qui s’en remet à la Science en dit plus long qu’un discours de madame la présidente de la FNSEA.

 

 

Je n’ironiserai pas sur les 5 années d’école d’agriculture. Nos écoles ne sont pas des modèles d’innovation.

 

L’argument de la haute valeur gastronomie française liée à l’agriculture survitaminée est du genre boomerang qui vous revient à la gueule : la tendance est au naturel et au local, et pas qu’à Paris bien sûr. Produire de la valeur est notre vocation, pas de faire du grain pour les cochons en batterie.

 

Reste le sommet du « Alors foutez nous la paix !! et faites-nous confiance !! »

 

Eh bien, c’est non. Nous les citoyens consommateurs, mais savez-vous ce que nous sommes, nous vendez-vous directement ce que vous produisez, oui nous sommes en droit d’exiger des politiques, nous les élisons, qu’ils fassent prendre un virage à l’agriculture française qui, pour les grandes cultures, pompe l’essentiel des aides directes de l’UE. Vous êtes peut-être anti-européen camarade ?

 

La chute du texte est de la même hauteur « Mais surtout si un jour vous deviez avoir faim vous qui nous donnez des leçons dans les villes, oubliez-nous et ne venez pas nous chercher comme en 1945 pour vous donner à manger. »

 

Faut pas pousser pépé dans les chiottes, personne n’est allé chercher les agriculteurs en 1945 pour qu’ils nourrissent le peuple des villes affamé. L’irruption du fameux progrès a boosté les rendements, il suffit de lire Grenadou paysan français (chronique à venir) pour mettre à bas cette fable que l’on nous sert et ressert à l’envi. D’ailleurs, pour qui connaît l’Histoire, très vite les excédents sont apparus et sous la IVe République les pouvoirs publics, avec le FORMA, ont forgé les outils de régulation qui serviront à fabriquer les OCM, la fameuse PAC.

 

 

Bref, madame Sepeau Ivaldi ICI enfourchant le même bourrin que son actionnaire nous parle de guerre « C’est ainsi que s’il y a une guerre à mener, c’est celle du déploiement de la technologie et de l’innovation dans les exploitations pour que chaque décisions techniques soient fondées sur un raisonnement scientifique. Et que l’on mette un point final à l’opposition de modèles qui ont chacun leurs versants flamboyants et leurs revers plus sombres. »

 

Et pourtant, monsieur Ferrand, elle écrit dans Vitisphère, et que je sache le vin n’est pas une nourriture indispensable à la vie des humains, bien sûr c’est bon pour le moral et le convivial, alors s’il est un secteur où le glyphosate doit être immédiatement banni c’est dans la vigne.

 

Et qu’on ne vienne pas me dire que c’est un argument de bobo parisien, la montée en gamme chère à Macron, passe par ce chemin et non, comme continue à le penser le président Farges de Bordeaux, par une viticulture copiant les industriels du Nouveau Monde.

 

Enfin, monsieur Ferrand, arrêtez de présenter ceux qui ne prennent pas les mêmes chemins que vous comme des illuminés, des moins que rien, des minables… Beaucoup d’entre eux vivent bien, exportent des produits de haute valeur, et d’ailleurs, je suppose que vous n’êtes pas dans la tranche des agriculteurs à 350€/mois pour 70h de travail par semaine, qui sont les victimes du système que vous défendez au nom de la Science.

 

PS. Combien touchez-vous d’aides PAC ?

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17 août 2018 5 17 /08 /août /2018 06:00
Gino Bartali « le pieux » inscrit « Juste parmi les nations » au jardin des justes de Yad Vashem, Alberto Toscano nous éclaire sur son incroyable destin dans 1 vélo contre la barbarie nazie.

Vous connaissez mon amour de l’Italie.

 

Le 7 mars 2008 je livrais une chronique :

 

Coppi et Bartali : les campionissimi et le Chianti  ICI 

 

Curzio Malaparte dans « Coppi et Bartali Les deux visages de l'Italie », écrit en français, notait :

 

 

« Dans la rivalité de Bartali et de Coppi, peut-être, Pindare ne verrait que le symbole des luttes, des souffrances, des sacrifices, des espoirs de nos générations offrent à la liberté, à la paix, au bonheur des hommes et des nations. »

 

Gino Bartali, qui gagna son deuxième Tour de France en 1948, à 34 ans, « buvait du chianti, le chianti de ses vignes, et fumait des Gauloises, alors que Fausto, on l'a souligné, observait une discipline de vie monacal. » écrit Jacques Augendre. Bartali est décédé en l'an 2000 à l'âge de 86 ans, Coppi en 1960 à l'âge de 41 ans mal soigné de la malaria.

 

Lire ICI l’extrait le beau texte de Curzio Malaparte.

 

Alberto Toscano, le plus parisien des Italiens de Paris, vient d’éclairer ma lanterne sur une facette de Gino Bartali, homme pieux, épris de justice et pétri d'humanisme, qui s'est mis à collaborer avec une organisation chrétienne pour lutter en sous-main contre le fascisme/nazisme.

 

 

« Trois fois vainqueur du Giro d'Italia (1936-1937-1946), deux fois vainqueur du Tour de France (1938 - 1948), Gino Bartali avait également un tout autre trophée à son actif, qu'il a soigneusement et pudiquement gardé pour lui de son vivant, préférant être célébré d'abord pour ses capacités sportives. En collaborant avec une structure clandestine catholique ayant hébergé et assisté les persécutés politiques et ceux qui avaient échappé aux rafles des nazis et des fascistes en Toscane, le coureur cycliste est parvenu à sauver au moins 800 Juifs pendant cette sombre période de l'histoire de l'Italie, notamment en transférant de faux papiers cachés à l'intérieur de son vélo. Performance sportive et performance humaniste, pour un destin hors du commun. »

 

Toute sa vie Gino Bartali refusera d’évoquer ce moment de sa vie, son fils Andrea donne le pourquoi par une phrase que son père lui avait confiée :

 

« Je  veux qu’on se souvienne de moi pour mes performances sportives et pas comme un héros de guerre. Les héros, ce sont les autres, ceux qui ont souffert dans leur chair, dans leur âme, dans leur famille. Je me suis contenté de faire ce que je savais faire de mieux. Aller à bicyclette. Le bien doit être accompli dans la discrétion. Si on le divulgue, il perd de sa valeur car c’est comme si on voulait tirer bénéfice de la souffrance d’autrui. Il y a des médailles qu’on accroche à son âme et qui compteront dans le royaume des Cieux, pas sur cette terre. »

 

Gino Bartali a gagné le Tour 1948 (édition numéro 35 de la Grande Boucle et numéro deux de l’après-guerre)

 

C’est l’année  de ma naissance en juillet.

 

Fausto Coppi son jeune ambitieux rival refuse d’y participer comme « valet » de Bartali.

 

Ce sera un tour dur : « Sur les 120 coureurs qui prennent le départ le départ le 30 juin à Paris, seulement 44 arriveront dans la capitale le 25 juillet, après un parcours de 4922 km en 21 étapes… »

 

L’équipe de France est dominée par deux personnages : Jean Robic qui a remporté le tour 47 et le grand espoir Louison Bobet.

 

Alberto Toscano souligne que « ce Tour de France a été pour l’Italie un évènement plus historique que sportif.

 

Pourquoi ?

 

Le 14 juillet est jour de repos à Cannes.

 

« Ce même jour La Botte explose. À Rome, Palmiro Togliatti, le très habile et pragmatique secrétaire général du PCI, est en train de quitter le Palais Montecitorio ( siège de la Chambre des députés) avec sa jeune ami, la sénatrice Nilde Jotti, quand un certain Antonio Pallante, néo-fasciste et déséquilibré (une chose n’exclut pas l’autre, bien au contraire…), tire sur lui trois coups de révolver. Togliatti est grièvement blessé, mais heureusement vivant. »

 

« La grève générale est proclamée. Certaines usines sont occupées. La colère devient protestation. La protestation fait tache d’huile et devient révolte. La révolte pourrait devenir guerre civile. »

 

À gauche les tendances du fanatisme révolutionnaire et à l’extrême droite néo-fasciste et monarchiste, on espère profiter du chaos.

 

14 morts au cours de la seule journée de l’attentat, et 16 autres dans les deux jours qui suivent, plus de 800 blessés.

 

Le soir du 14 juillet, Gino Bartali, reçoit un coup de téléphone d’un homme qu’il connaît bien (il lui a demandé de se présenter aux élections) Alcide De Gasperi le Président du Conseil Démocrate-Chrétien.

 

« On dit, mais sur le contenu de la conversation réalité et légende s’entremêlent, qu’il demande à Bartali de réaliser un formidable exploit pour détourner les Italiens d’une agitation sur le point de franchir la ligne rouge. »

 

« Bartali doit tout simplement gagner le Tour de France ! Il doit passionner ses compatriotes par une performance hors du commun, Et il le fait. »

 

Il va gagner 3 étapes consécutives et décisives.

 

« Le 14 juillet, le maillot jaune est sur les épaules de Louison Bobet. Bartali est huitième au classement général, avec un retard de 21 minutes et 28 secondes. C’est énorme. Le 15, Gino part à l’attaque pendant l’étape de montagne (avec entre autres l’Izoard) de Cannes à Briançon. Il gagne en solitaire. Il grimpe dans le classement général. Il est désormais en seconde position et son retard sur Bobet n’est plus que d’1 minute et 6 secondes. »

 

« Le 16, de Briançon à Aix-les-Bains (avec le Galibier), Bartali gagne encore en solitaire et arrache à Louison Bobet le maillot jaune qu’il ne quittera plus jusqu’à Paris. »

 

« L’étape suivante, d’Aix-les-Bains à Lausanne, se dispute (après un autre jour de repos) le 18 juillet. C’est l’anniversaire de Gino le Vieux, qui souffle 34 bougies en obtenant son troisième succès consécutif dans les Alpes et en renforçant encore sa position au classement  général. »

 

À l’arrivée à Paris, le 25 juillet : 26 minutes et 16 secondes d’avance sur le belge Briek Schotte et 28 minutes et 48 secondes sur le français Guy Lapébie.

 

Gino a gagné 7 étapes et le prix du meilleur grimpeur.

 

Gino déclarera plus tard à la télé « J’ai fait seulement mon devoir. Je me suis comporté comme un coureur cycliste. Mais, si tout avait été calme en Italie, j’aurais livré bataille plus tard. Lors d’une autre étape »

 

« Même les Français sont séduits par Gino, ovationné à la fin de la Grande Boucle. Son succès est celui de la réconciliation franco-italienne. La page de la rancune et des incompréhensions de l’après-guerre est tournée. La France est pacifiée avec l’Italie ; et l’Italie est pacifiée avec elle-même. »

 

« L’une des chansons les plus connues de Paolo Conte est dédiée à cet aspect franco-italien de la performance de Bartali. On y fait allusion à la méfiance française d’avant le Tour et au défi de Gino à ce qui reste d’une certaine hostilité anti-italienne. La France se sentait à juste titre blessée par la lâche agression mussolinienne du 10 juin 1940, mais – en voulant à tout prix participer au Tour 1948 et en obtenant une victoire si précieuse – Bartali lui a montré l’existence d’une Italie profondément digne de respect. »

 

Pour Paolo Conte « l’essence de la transformation de 1948 tient à ce mot respect. »

 

Combien de route j’ai fait jusqu’ici

Combien de route a fait Bartali !

Son nez est triste comme une longue montée

Cet italien a un regard tellement gai !

Et les Français finalement nous respectent

Ils sont là, encore, qui rouspètent !

Moi, je suis en train d’attendre Bartali

Sandales aux pieds, je ne bouge pas d’ici !

Je veux voir surgir de la chaussée

Ce nez triste d’Italien tellement gai !

« On a tiré sur Togliatti ! » La difficile interprétation de l’attentat du 14 juillet 1948
Fabien Archambault
Le 14 juillet 1948, à la nouvelle de l’attentat contre Palmiro Togliatti, le secrétaire général du Parti communiste italien, se déclenche de manière spontanée une grève générale illimitée tandis que l’Italie se couvre de barricades. Le calme ne revient que le 16 juillet, alors que de l’autre côté des Alpes, le cycliste Gino Bartali s’apprête à remporter le Tour de France. Dès lors débute un autre combat, historiographique celui-là, autour de l’interprétation de cet événement exceptionnel. À gauche, le débat porte sur la question de savoir s’il s’agissait d’une authentique tentative insurrectionnelle ou bien d’une explosion de colère et d’indignation sans perspective politique précise. Du côté catholique s’élabore en contrepoint le mythe des vertus pacificatrices d’une victoire sportive, capable de détourner la masse des Italiens des sirènes démagogiques d’un Parti communiste présenté ainsi comme un corps étranger à la société italienne.
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16 août 2018 4 16 /08 /août /2018 07:00
Les Pitoyables du Media TV : Chikirou, Lancelin, Miller… L’argent n’a pas d’odeur surtout celui des socios… Le dérisoire porté à l’incandescence…

Ce pourrait être un vaudeville, avec des portes qui claquent, des cocus, des vacheries, des règlements de compte, ce n’est que l’édifiante et dérisoire histoire du Media TV, le zinzin avec un faux nez des Insoumis, qui part en eau de boudin.

 

Ce n’est ni un drame, ni une tragédie, mais le minuscule combat, d’egos surdimensionnés, avides de pouvoir et de reconnaissance médiatique avec en sus du beurre dans leurs épinards.

 

Présentation :

 

D’un côté les grands bourgeois, qui aiment le peuple quand il est loin, qui se refont une virginité de gôche en enfourchant tous les sujets fédérateurs des mécontents, des frustrés de la présidentielle, des orphelins du non au référendum sur le traité européen, mélange indistinct de rouge et de brun, du ramassis de l’extrême-gauche minoritaire qui n’a jamais compris qu’elle ne représentait que les phantasmes de ses membres, les vieilles lanternes, Castro, le Vénézuela… : Aude Lancelin, dites Galadriel en interne, qui pourfend depuis son salon ses ex-confrères et le courage fuyons, l’ex porteur d’eau de la Gauche Prolétarienne, le caqueteur médiatique Gérard Miller.

 

De l’autre, Sophia Chikirou, la double face, la bénévole vertueuse et la gagneuse qui se fait des virements sur son compte perso, celle par qui le scandale arrive, mais où est passé son patron Mélenchon ?

 

Le dérisoire porté à l’incandescence !

 

Le Guignols de l’info de Bruno Gaccio qu’est socio du Media TV

 

Alors quel est l’intérêt d’évoquer ces déchirements minables ?

 

Tout simplement pour mettre en exergue l’état du débat public qui s’approche du degré zéro , où que le regard se porte, aussi bien du côté des médias traditionnels que de ceux qui se disaient novateurs, je ne suis pas sûr que nous ayons encore touché le fond.

 

Mais aussi pour river le clou aux donneurs de leçon de salon, qui pullulent, ceux qui lavent plus blanc que blanc, les dégagistes, les profiteurs du vide idéologique des partis politiques, les va-de-la-gueule, les opportunistes, les amnésiques des errements communistes, les qui ne se mettent jamais les mains dans le cambouis, les orphelins du grand soir, les apparatchiks syndicaux en voie d’extinction, en un mot celles et ceux qui nous traitaient de gauche américaine pour prospérer dans la rue sous la droite.

 

Ce qui les emmerde, les fait enrager, c’est que Macron penche beaucoup à droite mais leur sauce ne prend pas.

 

Et alors, ce n’est pas une raison pour nous vendre toujours la même soupe pas fraîche, nous faire accroire que leur média est indépendant alors qu’il est, et c’est dans sa conception même, le vecteur d’une idéologie partisane.

 

Faut arrêter de prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages.

 

Alors moi, qui n’en ai rien à péter, je me fais un malin plaisir de les marquer à la culotte, de les contrer, de les renvoyer à leurs contradictions. Avec gourmandise j’attendais le jour où le boomerang de leurs pratiques, les insoumis ne sont pas pires que les autres mais ils sont comme les autres, leur reviendrait en pleine gueule.

 

C’est fait !

 

Je me gondole…

 

Je ne suis pas socio de Media TV, donc ça ne fait ni chaud ni froid de voir leur blé partir en fumée mais nos grands médias sont malades et le spectacle donné par les fondateurs du Média TV est lamentable, apte à faire penser à beaucoup de nos concitoyens : « tous pourris »

 

Pièces versées au dossier :

 

Une lettre de Gérard Miller, sur le mur Facebook des Socios, le 12 août 2018, pour patienter avant la rentrée du Média TV.

 

"C’est compliqué de savoir si on doit ou non intervenir dans la polémique actuelle. Certains Socios le souhaitent, d’autres demandent au contraire qu’on mette tous la pédale douce. Pour ma part, ayant quitté la présidence de l’Association et ne souhaitant plus occuper à la rentrée la moindre fonction dirigeante (c’est ce que j’avais annoncé à la création du Média), j’ai décidé de ne plus communiquer dans la presse et je m’y tiendrai. En revanche, je me dis qu’il ne faudrait pas interpréter mon éventuel silence comme du désintérêt, encore moins comme de l’embarras. Tout au plus y-a-t-il chez moi de la perplexité.

 

Je m’explique.

 

La connaissant pas trop mal, j’imaginais bien que notre amie Sophia, tout en annonçant urbi et orbi qu’une nouvelle mission enthousiasmante l’attendait (coordonner une campagne électorale européenne) aurait un peu de mal à quitter le Média (c’est plus qu’humain). Mais j’avoue que je ne me doutais pas que sa décision de partir s’accompagnerait d’un tel tumulte.

 

Certains ont donc souhaité lancer tous azimuts une polémique… un peu avant le 15 août !

 

Un peu avant le 15 août, c’est-à-dire quand le Média est en vacances et ses salariés dispersés à travers le monde. En plein mois d’août, comme s’il fallait lancer ladite polémique juste avant que la saison 2 ne commence en septembre...

 

Que dire du coup de l’avalanche de messages envoyés, et surtout de l’avalanche de fausses informations ? A coup sûr, que le risque est grand de voir les Socios troublés sinon dégoûtés, et que c’est manifestement l’objectif de cette polémique : affaiblir le Média, empêcher la saison 2 de commencer et si possible mettre un terme à l’aventure.

 

Alors, avant de répondre à deux ou trois de ces fausses informations, histoire de ne pas tout remettre à demain, précisons l’essentiel : noyer les poissons est absolument stérile, mentir ne sert à rien et calomnier est tout autant superflu. Les Socios veulent en savoir plus, beaucoup plus, sur ce qui se passe, sur ce qui s’est passé et sur ce qui se passera ? Ils ont mille fois raison ! C’est justement là un des premiers objectifs de cette déjà fameuse saison 2, car s’il y a une chose qui a été dite et répétée, tout au long du séminaire que les équipes du Média ont tenu en juillet, c’est qu’il fallait en finir définitivement avec l’opacité qui a régné pendant la saison 1.

 

Vous savez quelle est l’une des premières mesures qui a fait l’unanimité entre nous ? Précisément de publier sur le site (pas seulement sur Facebook), et ce dès le début de la saison 2, tous les faits, toutes les données et notamment tous les chiffres qui intéressent la vie du Média. Tout sera « à ciel ouvert » dès le début de la saison 2, en septembre, plus que quelques jours à attendre...

 

Bon évidemment, vous qui me lisez, vous n’êtes pas obligés de le croire. Si vous êtes Socio depuis un moment, vous savez que ce n’est pas la collégialité et la transparence qui ont étouffé jusqu’à présent le Média, et vous êtes en droit de penser que ce sera du pareil au même pendant la saison 2. Alors, je vous le dis simplement : ok, ne croyez que ce que vous voyez, mais du coup, restez solidaires du Média, acceptez au moins qu’elle commence, cette saison 2, histoire de voir justement ce qu’elle sera ! Attendez au moins septembre, attendez au moins les premières semaines (je n’ose pas dire les premiers mois tant je vous suppose, et je le comprends, impatients), attendez de pouvoir juger sur pièces ! Laissez au moins Aude commencer ! Laissez les premiers programmes arriver sur les écrans ! Et attendez de savoir comment les nouvelles présidentes et leurs équipes vont enfin associer les Socios à la vie du Média !

 

Sophia, même si cela t’agacera, je prends la liberté de m’adresser publiquement à toi. Tout semble nous séparer aujourd’hui alors que nous avons été particulièrement proches pendant plus d’un an. Nous avons eu beaucoup plus que quelques points communs politiques, nous avons co-fondé ensemble le Média, tu es venue chez moi, tu connais plusieurs de mes enfants, nous avons passé ensemble des jours de vacances — je veux bien que tout à coup la terre se soit fendue en deux et que nous nous retrouvions à deux bouts de la planète, mais, n’étant pas stalinien, je t’avoue avoir encore du mal à y croire. Alors calmons-nous un peu. Et remettons les choses à leur juste place. Tu étais présidente de la Société de production jusqu’au 24 juillet, toi tu dis même jusqu’au 27. Eh bien jusqu’à quasiment la fin du mois de juillet, tu as donc dirigé le Média, et comme tu l’entendais — comment en 15 jours, et en 15 jours de vacances qui plus est, peux-tu accuser la nouvelle direction et te répandre un peu partout dans la presse et sur les réseaux sociaux pour dire que tout n’est que trahison, compromission et déception ? Pendant un an, sans mégotter une seule fois et comme tant d’autres, je t’ai accompagnée, encouragée, défendue, tu étais LA présidente du Média, et tu ne pourrais pas supporter qu’Aude ait tout simplement la possibilité de faire ses preuves ! « J’aurais dû créer le Média toute seule », as-tu dit un jour de colère. Peut-être, mais tu l’as créé avec nous et avec des milliers de Socios — aide-le à survivre plutôt que de contribuer à le tuer. C’est toi qui as décidé de partir, arrête de considérer a priori que rien de bon ne peut te survivre.

 

Je te parle franchement : rien que de devoir démentir les allégations perfides que tu diffuses sur mon compte, j’ai un goût de cendres dans la bouche. Moi, je t’aurais par exemple refusé de faire un audit sur les finances du Média — mais quelle blague ! J’ai essayé pendant les 15 jours du séminaire d’y voir un peu clair sur ta gestion (et ce n’était pas facile, crois-moi), et j’aurais refusé que tout s’éclaire comme par miracle — mais qu’un, dix, cent audits fleurissent, je te soutiens ! Et je compte bien sur le Média, que je n’aspire pas un instant à diriger (autre bobard), pour encourager cette très bonne idée. Tu vois, on va finir par être d’accord...

 

Ah, non, il y a point où je crains que ça ne passe pas entre nous : c’est ce qui concerne Mediascop. Je respecte ton travail de communicante, j’ai animé une émission entière des Sujets qui fâchent avec un journaliste de Radio-France qui avait notamment mis en cause ta société, et j’ai défendu un point de vue que je crois toujours être juste et qui t’était sans nuances favorable. C’est pourquoi je suis d’autant plus à l’aise pour te rappeler ce qui n’est pas une critique de Mediascop ou de Sophia Chikirou, mais une simple vérité : je n’ai jamais entendu parler de la convention liant le Média à Mediascop, convention dont tu fais état dans différents messages, et je ne souhaite pas que tu me mêles à ça. Idem quand tu expliques que le règlement de la première facture de Mediascop s’est fait sans problème, laissant là encore entendre je ne sais quel accord de ma part ou de celle des autres membres du comité de pilotage. Je ne veux pas aller sur ce terrain et je n’irai pas : tu étais présidente de la Société de production, tu as établi puis reçu cette première facture de Mediascop, c’est toi et personne d’autre qui as signé le chèque correspondant et c’est toi et personne d’autre qui l’as encaissé — point final.

 

Bon, j’ai écrit ce texte au fil de la plume, je ne sais pas bien s’il sera utile — je l’espère. Les plaies que cette polémique a ouvertes ne se refermeront pas tout de suite, ça c’est sûr. Pour ma part, j’ai été tout particulièrement indigné de ces rumeurs infâmes sur les avantages financiers que j’aurais tirés du Média et cette pure saloperie diffamatoire, je vous le dis, amis Socios, me restera longtemps en travers de la gorge. Mais bon, espérons que le temps jettera à la rivière le pire de cette histoire et gardera le meilleur. Je reste en tout cas sur une conviction : le Média doit continuer sa route, mais, pas de doute il ne la continuera… que si vous êtes là et bien là. »

 

 

Au « Média », le grand déballage se poursuit

 

La nouvelle direction et ses opposants s’affrontent via les réseaux sociaux. Dimanche, c’est l’un des cofondateurs, Gérard Miller, qui s’est exprimé sur sa page Facebook.

LE MONDE | 15.08.2018 Par François Bougon

 

Au Média, c’est l’heure du grand déballage. Qui parfois tourne à l’invective, par comptes Twitter et Facebook interposés. Après les révélations de la presse sur les accusations portées par la nouvelle direction à l’encontre de l’une des cofondatrices, Sophia Chikirou – poussée à la démission en juillet –, les protagonistes multiplient communiqués et prises de position. Les uns dénoncent une tentative de putsch et des règlements de comptes, les autres cherchent à éteindre la polémique tout en évitant une possible hémorragie des « socios », ces abonnés qui constituent la source principale de financement du média alternatif de gauche, lancé en janvier.

 

Tout d’abord, l’un des cofondateurs, le psychanalyste Gérard Miller, qui a décidé de prendre du recul en démissionnant de la présidence de l’association, a publié un long texte, dimanche 12 août sur le compte Facebook des « socios », où il s’adresse directement à Sophia Chikirou – appelée à rejoindre la campagne de La France insoumise (LFI) pour les élections européennes –, rappelant leurs anciens liens d’amitié :

 

« Pendant un an, sans mégoter une seule fois et comme tant d’autres, je t’ai accompagnée, encouragée, défendue, tu étais LA présidente du “Média “, et tu ne pourrais pas supporter qu’Aude [Lancelin, la journaliste désormais présidente de l’entreprise de presse] ait tout simplement la possibilité de faire ses preuves ! “J’aurais dû créer le Média toute seule”, as-tu dit un jour de colère. Peut-être, mais tu l’as créé avec nous et avec des milliers de Socios — aide-le à survivre plutôt que de contribuer à le tuer. C’est toi qui as décidé de partir, arrête de considérer a priori que rien de bon ne peut te survivre. »

 

Il aborde également le sujet qui fâche : l’argent que réclame Sophia Chikirou au Média pour le compte de sa société de communication Mediascop correspondant à ses prestations de « direction conseil et stratégique ». Ces dernières étaient encadrées, affirme-t-elle, par une convention dont avaient connaissance les deux autres cofondateurs, Gérard Miller et Henri Poulain. Deux demandes de virement, pour un montant total de 130 000 euros, ont été présentées à la banque fin juillet, dont la deuxième a été refusée.

 

« C’est toi et personne d’autre qui as signé le chèque »

 

« Je n’ai jamais entendu parler de la convention liant le “Média” à Mediascop, convention dont tu fais état dans différents messages, et je ne souhaite pas que tu me mêles à ça. Idem quand tu expliques que le règlement de la première facture de Mediascop s’est fait sans problème, laissant là encore entendre je ne sais quel accord de ma part ou de celle des autres membres du comité de pilotage. Je ne veux pas aller sur ce terrain et je n’irai pas : tu étais présidente de la Société de production, tu as établi puis reçu cette première facture de Mediascop, c’est toi et personne d’autre qui as signé le chèque correspondant et c’est toi et personne d’autre qui l’as encaissé — point final. »

 

Enfin, M. Miller, qui promet d’« en finir avec l’opacité » qui caractérisait, selon lui, l’époque Chikirou, enjoint aux « socios » de donner du temps au temps et de laisser Aude Lancelin et son équipe leur présenter le nouveau projet : le JT quotidien, qui phagocytait les énergies, devrait être supprimé et l’accent mis sur l’investigation et le décryptage des médias. Mais, au sein de la rédaction, les divisions sont tout aussi vives. Et elles sont étalées sur les réseaux sociaux.

 

La Société des journalistes (SDJ) du Média a été la première à s’exprimer. Dans son texte, elle revient notamment sur les accusations portées par un des journalistes, Serge Faubert, qui, interrogé par Le Monde, avait dénoncé « une chasse aux sorcières [faisant] curieusement écho à des tentatives communautaires ou identitaires au sein de la rédaction ». « Nous aurions pu imaginer entendre cette position de la part d’un journaliste de Valeurs actuelles, pas du Média, ce qui nous choque terriblement. La SDJ fera de la reconnaissance du pluralisme et de la diversité dans notre rédaction un combat et s’oppose à toute velléité de les étouffer ou de les nier. Quant à ceux et celles qui craignent un “changement d’identité”, nous leur répondons que nous sommes fier-ère-s de la diversité présente au sein de notre rédaction », réagit la SDJ, tout en appelant de ses vœux un Média « réellement démocratique et transparent, avec la participation des socios ». Elle nie également toute « purge anti-FI » (La France insoumise).

 

Mais, en réponse, Serge Faubert et trois autres journalistes et chroniqueur (Julie Maury, Léonard Vincent et Alexis Poulain) ont cosigné un texte dans lequel ils dénient toute légitimité à la SDJ, qualifiée d’« instrument pour la prise de pouvoir sur les sociétés du Média par une nouvelle direction ». Désapprouvant la fin annoncée du JT, ils s’inquiètent de la nomination du président de la SDJ, Théophile Kouamouo, au poste de « rédacteur en chef pour les questions d’actualité » : « Rappelons que c’est lui qui était le présentateur le jour où a été annoncé “un blessé grave à Tolbiac”, information qui s’est avérée fausse. »

 

Sophia Chikirou veut faire payer ses anciens camarades du « Média »

 

La nouvelle direction accuse la cofondatrice du média alternatif de gauche, partie rejoindre La France insoumise, d’avoir caché la réalité des comptes.

LE MONDE | 13.08.2018 Par François Bougon

 

La deuxième saison du Média n’a pas commencé, mais tout laisse penser qu’elle sera aussi trépidante que la première. Ce média alternatif de gauche lancé en janvier traverse une crise d’une ampleur inédite. Comme l’a révélé Mediapart, l’une des chevilles ouvrières du Média et ex-conseillère de communication de Jean-Luc Mélenchon, Sophia Chikirou, poussée à la démission pendant l’été, a annoncé vouloir saisir la justice, alors que la nouvelle direction s’interroge sur des mouvements de fonds réalisés juste avant qu’elle ne quitte la direction, fin juillet.

 

Les six premiers mois de cette petite entreprise (35 salariés dont une douzaine de journalistes) avaient déjà été riches en polémiques, notamment sur le départ de la première présentatrice ou la diffusion d’une fausse information à propos de l’évacuation policière de l’université Tolbiac… Mais, en juin, lors du dernier point d’étape diffusé sur YouTube, les dirigeants affichaient à l’écran une belle unité et un certain optimisme.

 

Mme Chikirou, cofondatrice aux côtés du psychanalyste Gérard Miller et du producteur Henri Poulain, revendiquait alors plus de 19 000 « socios » qui, grâce à leurs contributions, permettent à la structure de se financer. Et même si Le Média perdait 32 000 euros par mois, elle se réjouissait du lancement d’un mensuel papier, 99 %, et présentait un plan de développement prévoyant notamment la mise en place d’une coopérative pour mettre fin au bricolage juridique (une association détient deux sociétés, l’une salariant les journalistes, l’autre gérant les aspects techniques). L’objectif était d’atteindre les 25 000 « socios » d’ici à la fin de l’année 2018 pour assurer l’équilibre financier.

 

Deux mois plus tard, Sophia Chikirou n’imagine plus l’avenir : elle tente de justifier le passé. Tout s’est joué lors d’un séminaire de deux semaines en juillet, où, selon Henri Poulain, « certains ont dénoncé une gouvernance extrêmement solitaire » de l’intéressée. « Cela avait des conséquences éditoriales. Le JT absorbe 50 % des finances mais 90 % des énergies et cela empêche de penser de nouveaux formats, de nouvelles émissions… », poursuit-il. Au sein de la rédaction, certains dénoncent aussi son autoritarisme.

 

« Sophia ne veut pas que “Le Média” survive à son départ »

 

Les débats ont été âpres – « tous les cadavres sont remontés à la surface en l’espace de quarante-huit heures », se souvient un des participants –, se soldant par le départ de Mme Chikirou à la fois de la présidence de la société de presse – où elle a été remplacée par la journaliste Aude Lancelin –, puis de celle de la société de production – où a été nommée une directrice de production, Stéphanie Hammou. Le premier départ était prévu, car elle avait annoncé qu’elle rejoignait la campagne de La France insoumise pour les élections européennes. Mais le second l’est moins.

 

Mme Chikirou affirme avoir posé trois conditions à son départ : « Que tous les salariés en CDD qui le souhaitent soient confirmés sous forme de CDI dès le mois de juillet ; que les journalistes qui, eux, ne souhaitaient pas mon départ, ne soient pas victimes de représailles à la rentrée et donc que leurs émissions soient confirmées ; que ma société, prestataire du Média, soit payée de sa dernière facture. Aucune de ces conditions n’a été respectée. » D’où l’affrontement actuel.

 

La nouvelle direction explique, en effet, avoir découvert en juillet les prestations « de direction conseil et stratégique » facturées par la société de communication de Sophia Chikirou, Mediascop, alors qu’elle a toujours déclaré travailler bénévolement pour Le Média. Deux demandes de virements, pour un montant total de 130 000 euros, ont été présentées à la banque fin juillet par Mme Chikirou. L’une d’elles (qui s’élève à plus de 67 000 euros) a été refusée. Si M. Poulain évoque « une blessure d’orgueil », la journaliste Aude Lancelin, nouvelle présidente de l’entreprise de presse, juge que « Sophia ne veut pas que Le Média survive à son départ ». « Chercher à effectuer ces deux virements à quarante-huit heures d’intervalle, sans en avertir personne, c’est vouloir asphyxier financièrement un média fragile », relève-t-elle.

 

GÉRARD MILLER NE VEUT PLUS S’EXPRIMER. IL A QUITTÉ LA PRÉSIDENCE DE L’ASSOCIATION

 

Mme Chikirou répond que tout le monde était au courant de ces « prestations très précises », encadrées par une convention signée en janvier, et surtout met en avant une trésorerie « largement positive » : plus de 113 000 euros. « La nouvelle direction empêche le paiement de cette facture. Dès lors, elle a lancé, semble-t-il, une campagne mettant en cause ma probité », déclare-t-elle.

 

Ses anciens camarades affirment ne pas disposer des pièces nécessaires pour avoir une vision claire de la situation, car l’ancien bureau de Sophia Chikirou est fermé à clés – qu’elle a perdues. Ils ont tous les documents en leur possession, rétorque-t-elle. Face à ce qu’elle qualifie de diffamation, elle explique n’avoir « d’autre choix que de saisir la justice : d’abord pour demander qu’un administrateur provisoire soit nommé et surtout qu’un audit des comptes et du business plan que j’ai mis en place soit fait ». Gérard Miller, qui juge avoir « beaucoup donné pendant la saison 1 du Média », ne veut plus s’exprimer. Il a quitté la présidence de l’association.

 

« Chasse aux sorcières »

 

Pendant ce temps, Aude Lancelin prépare la rentrée, qui sera marquée par la fin du JT et la volonté de développer l’investigation et la critique des médias. Les proches de Sophia Chikirou s’inquiètent. Un ancien responsable des réseaux sociaux, Bastien Parisot, qui a démissionné, dénonce un « changement d’identité » et une « purge » à l’encontre des supposés soutiens de Mme Chikirou. Parmi eux, Serge Faubert. « Nous sommes cinq journalistes dans le collimateur de la nouvelle direction. Cette chasse aux sorcières fait curieusement écho à des tentatives communautaires ou identitaires au sein de la rédaction. Sur ces cinq, nous sommes quatre Blancs, quinquagénaires, et cela semble poser un problème à certains », déclare-t-il. Au Média, qui se veut le miroir des luttes sociales, la rentrée sera chaude.

 

 

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