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13 janvier 2019 7 13 /01 /janvier /2019 06:00
Dans le futur grand débat national je trouve que les pouvoirs publics mettent la charrue avant les bœufs en voulant tout régenter sans vraiment pour autant bien organiser la collation des doléances du bon peuple.

Les premières modalités d'organisation du grand débat national dévoilées Publiée le 11/01/2019

 

Le président de la République et le gouvernement ont promis des échanges avec la population sous la forme d’un grand débat national qui commencera le 15 janvier prochain. Même si toutes les modalités ne sont pas encore connues, que savons-nous déjà de l’organisation et du déroulement de cette grande consultation citoyenne ?

 

Le point dans cet article.

Lire ICI 

 

Dans l’affaire  du grand débat national je trouve que les pouvoirs publics mettent la charrue avant les bœufs en voulant tout régenter sans vraiment pour autant bien organiser la collation des doléances du bon peuple.  

 

Tout doit être mis sur la table, ce ne sont que des doléances qui n’ont pas toutes vocations à se traduire dans la loi ou à changer changer la loi.

 

La plus grande difficulté est à la fois de déterminer les lieux où ces cahiers de doléances « nouvelle manière » seront élaborés et la représentativité de ceux qui les signeront.

 

Trop de flou nuit, il faut être précis.

 

La France est le pays où il subsiste le plus grand nombre de communes, alors pour les plus petites la mairie pourrait être le lieu avec peut-être une collation au niveau des syndicats de communes. Pour les villes c’est plus compliqué mais avec les moyens modernes de communication, avec un peu d’inventivité, c’est jouable.

 

Toutes les communes donc !

 

Nous sommes aussi un pays où prospèrent de multiples associations de toute nature, avec des statuts, un mode fonctionnement démocratique, alors pourquoi ne seraient-elles pas le réceptacle des doléances ?

 

Sans prendre trop de temps il faut prendre le temps, ne pas brûler les étapes, ne pas laisser à une minorité active le monopole de l’expression.

 

En 89, ce sont des groupes identifiés qui se sont exprimés, ils représentaient leurs membres, bien sûr tel n'est plus le cas et je doute que la somme d'expressions individuelles accouche d'un quelconque concensus.

 

Enfin, même si la nôtre est un peu malade, le dernier mot restera aux élus, la démocratie représentative reste encore le meilleur rempart aux dérives totalitaires.

 

Faisons preuve d’inventivité, imaginons, sortons un instant des chemins convenus sans pour autant oublier que même les chemins de traverse mènent quelque part.

 

Cahier Doléances au Relecq Kerhuon, le 8 janvier. Didier Olivré POUR LE MONDE

 

« Gilets jaunes » : voyage dans les cahiers de doléances à travers le Finistère

 

De Plouguerneau à Concarneau, en passant par Brest et Quimper, « Le Monde » a sillonné les routes du département breton agité par la crise des « gilets jaunes » pour consulter les cahiers de doléances mis à disposition par les mairies.

par Anne Michel Publié le 12/01

 

Cinq jours en Finistère, du nord au sud, et 347 kilomètres parcourus, pour faire le tour des principales communes qui ont ouvert des cahiers de doléances, et sonder ainsi les âmes des Finistériens, à la veille du débat national voulu par le gouvernement. Sur une soixantaine de villes et de villages visités ou joints par téléphone, plus de la moitié a mis en place de tels cahiers, souvent à la demande des associations de maires. Ils seront ensuite transmis au préfet ou aux députés, pour nourrir le « grand débat ». A ce jour, le succès des cahiers est variable et les retraités semblent surreprésentés. Tour d’horizon d’un département qui se distingue par un réseau de communes peu nombreuses, mais de tailles importantes, et bien organisées en termes de communications routières.

 

Landerneau, kilomètre zéro

 

Avec 15 800 habitants, c’est une ville à la campagne, jusqu’où s’entendait autrefois le canon du bagne de Brest. Dans le hall de la médiathèque, un écritoire a été installé. Un couple s’assoit. Elle tient la plume. Lui fait souffleur : « Il faut commencer par la CSG sur les retraites. Dire qu’avec moins de 2 000 euros par mois, on n’est pas riches, on est la classe moyenne. Qu’on veut bien contribuer, mais que là ça fait trop. »

 

De son écriture appliquée, Yamina Gobry, retraitée de la fonction publique comme son mari, Lionel, consigne les doléances du couple dans le cahier à grands carreaux mis à disposition du public, depuis décembre, par la mairie. Ils sont les cinquante et unièmes à s’exprimer. L’annonce d’un grand débat national les a conduits jusqu’ici. « On est là pour que quelque chose se passe. On est dans la catégorie qui paie tout, tout le temps, plein pot, l’eau, le médecin. On paie pour ceux qui ne peuvent pas, d’accord. Mais justement, pourquoi Macron pénalise les retraités ? », lance Lionel Gobry, 66 ans. « Je ne comprends pas ce qu’on nous reproche, ajoute sa femme, soucieuse. C’est comme si l’argent tombait du ciel ou qu’on l’avait volé. Mais on a travaillé sans jamais s’arrêter. Toi, quarante-deux ans, moi quarante-trois. Vraiment, Macron fait une politique pour les très riches… Les vrais riches, eux. »

 

Beaucoup d’autres doléances, au ton policé, sont déclinées sur le même thème : « Augmentation générale des petites retraites, suppression de la hausse de 1,7 % de la CSG sur les retraites et indexation sur l’inflation… », réclament-elles. « Je suis d’une génération qui a travaillé, dans les années 1960, 56 heures par semaine. J’ai débuté à 14 ans sans le sou, j’ai une retraite de 1 650 euros, suis-je un nanti ? », interroge un signataire.

 

Une autre doléance revient en boucle : le « rétablissement de l’ISF », l’impôt sur la fortune, d’autant que, note une habitante, « depuis sa suppression, les personnes fortunées ont largement diminué leurs dons aux associations comme ATD Quart Monde ». Deux Landernéens enfoncent le clou : « Monsieur le Président, arrêtez de nous pomper de l’argent et demandez plutôt aux riches qu’aux pauvres », écrit l’un. « Lorsque j’ai voté pour Emmanuel Macron il y a dix-huit mois, j’ai cru au Père Noël (…) je trouve le Père Noël qui habite l’Elysée très arrogant », écrit l’autre. Ils ont laissé leurs noms et adresses. Au cas où.

La suite ICI

 

 

Les cahiers de doléances ont été rédigés en mars-avril 1789 par la noblesse, le clergé et le Tiers-Etat pour servir aux Etats généraux convoqués par Louis XVI pour le 1er mai 1789.

 

Ils contiennent les plaintes et les vœux des populations que doivent présenter les députés élus aux Etats généraux.

 

Pour le Tiers-Etat, les opérations se sont déroulées en trois temps donnant lieu, à chaque étape, à la rédaction d'un cahier : cahiers des villes, paroisses, communautés de métiers de l'assemblée préliminaire, cahiers des bailliages secondaires, cahier du bailliage principal.

 

 Dans les cahiers de doléances, plusieurs catégories sociales s’expriment : paysans aisés (laboureurs) et pauvres et des ouvriers (manouvriers).

 

Les doléances portent sur plusieurs domaines :

 

- les impôts, jugés trop lourdes et injustes,

 

- les privilèges,

 

- le système seigneurial, notamment en matière de justice.

 

Les textes font apparaître des divisions au sein du Tiers États-. Le cahier des laboureurs et ouvriers de Pont-L’Abbé critique les bourgeois qui ont refusé de tenir compte des doléances des laboureurs et ouvriers (paysans salariés pauvres).

 

 « Sire, nous sommes accablés d’impôts de toutes sortes ; nous vous avons donné jusqu’à présent une partie de notre pain, et il va bientôt nous manquer si cela continue. Si vous voyiez les pauvres chaumières que nous habitons, la pauvre nourriture que nous prenons, vous en seriez touché. Cela vous dirait mieux que nos paroles que nous n’en pouvons plus et qu’il faut nous diminuer nos impôts. Ce qui nous fait bien de la peine, c’est que ceux qui ont le plus de bien paient le moins. Nous payons la taille, et le clergé et la noblesse rien de tout-cela. Pourquoi donc est-ce que ce sont les riches qui paient le moins et les pauvres qui paient le plus ? Est-ce que chacun ne doit pas payer selon son pouvoir ? Sire, nous vous demandons que cela soit ainsi, parce que cela est juste. »

Les paysans de Culmont, 1789.

 

« Nous ne sommes pas jaloux de leur grandeur et de leurs privilèges, mais nous sommes jaloux qu’ils ne payent pas le quart des impôts qu’ils devraient payer… D’où tiennent-ils ces honneurs, ce n’est que par les Devoirs et les Services que leurs ancêtres ont rendu à l’Etat et dont ils sont comptables…»

 

Un extrait de cahier de doléances de 1789 (Saint-Avit, en Agenois)

 

« Cayher des plaintes, doléances et remontrances qu’ont l’honneur de faire très respectueusement au Roi les très soumis, fidèles sujets du tiers Etat de la communauté et juridiction de Saint Avit en Agenois, tendantes au besoin de l’Etat et à la réforme des abus.

 

(…)

 

Article 2. Il sera observé que, outre le impôts mentionnés en l’article ci-dessus[4], le Seigneur du lieu retire encore une rente considérable qui est un picotin par journal[5] de froment, avoine autant, un sou en argent et chaque maison ou famille paye encore de la volaille. […] il est payé au Seigneur une infinité de journées [6].

 

Article 3. Il sera observé à Sa Majesté qu’outre les impôts mentionnés aux articles précédents, il est encore payé un dixième [7] au curé.

 

Article 5. Il sera observé au Roi qu’on ne peut comprendre la raison qui a pu occasionner la diversité des poids et mesures qui se pratique dans le royaume ; on pense que l’uniformité serait plus utile […], les individus connaîtraient ce qu’ils achèteraient et ce qu’ils vendraient.

 

Article 7. Sa Majesté sera suppliée d’observer que le Clergé et la Noblesse jouissent de revenus immenses, avec honneurs et privilèges sans bornes […]. Nous ne sommes pas jaloux de leur grandeur et privilèges, mais nous sommes jaloux qu’ils ne payent pas le quart des impôts qu’ils devraient payer.

A Saint-Avit, le 9 mars 1789. »

 

Cahier de doléances du village de La Caure (Marne) en 1789

 

 « Les impôts. « Les impôts nous surchargent : la répartition en est mal faite ; ceux qui ont les plus grands biens [8] ne paient presque rien ; le peuple paie tout et plus qu’il ne doit. […] »

 

Les mendiants. « Nos campagnes inondent de mendiants de tout âge, de tout sexe et de toute condition ; c’est le plus grand et le plus dangereux de tous les abus. […] Nous demandons donc que chaque pauvre demeure dans sa paroisse et qu’on établisse un bureau de charité pour les vrais pauvres. »

 

Les pères de famille. « Le nombre de nos enfants nous décourage ; nous n’avons pas de quoi les nourrir, les vêtir. Nous demandons donc un soutien, par exemple une gratification ou une diminution des impôts à raison de chaque enfant qui naîtrait, jusqu’à l’âge de quatorze ans, temps où l’enfant pourrait gagner sa vie. […] »

 

Conclusion. «  Telles sont les doléances, plaintes, remontrances et demandes vraies que nous exposons à la bonté du Roi et aux lumières des états généraux.

 

Fait et arrêté à La Caure, dans le lieu accoutumé de nos assemblées, par nous syndic [9], officiers municipaux7 et habitants soussignés, le 1er mars 1789. »

 

« Nous, paroissiens de Chennevières-sur-Marne, pour nous conformer à la lettre et au règlement du roi et à l’ordonnance de la vicomté et prévôté de Paris, pour la convocation des états généraux, nous sommes assemblés aujourd’hui 14 avril 1789, au lieu et à la manière ordinaires, pour dresser le cahier des plaintes et doléances. (Et nous avons chargé nos délégués) :

 

Art. 1er. De supplier très respectueusement le roi d’établir dans ses finances et dans les charges de l’Etat une administration fixe et économique, afin que son peuple, et spécialement les cultivateurs et gens de la campagne, y trouvent le plus tôt possible un soulagement sur les impositions multipliées dont ils sont chargés sous différentes dénominations, comme tailles, ustensiles, vingtièmes, corvée, droits d’aides, gabelle et autres.

 

Art. 2. Demander la suppression de la gabelle, et le remplacement de cet impôt mis sur chaque tête.

 

Art. 3. Demander la suppression des corvées, soit en nature, soit en argent.

 

Art. 4. Demander la suppression des droits de gros manquant, sous la dénomination vulgaire de trop bu. (Il s’agit d’un droit sur le vin consommé par le producteur).

 

Art. 17. Enfin, demander qu’il y ait mêmes poids et mesures pour tout le royaume, et que l’on tienne plus exactement la main à la vérification desdits poids et à la police qui doit s’observer dans les bourgs et villages relativement au bon ordre. »

 

Archives parlementaires, t. IV.

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13 janvier 2019 7 13 /01 /janvier /2019 06:00
Rien à faire d’Hitler ! Qui était 1 sorte de condensât, de précipité de quelque chose qui s’est cristallisé à l’orée du XXe siècle et finit par le transformer en sorte de paradigme, de quelque chose qui doit sortir, donner 1 système d’idée, puis 1 Etat

« Un Hitler en 190 pages, voilà qui pourra étonner le connaisseur. Celui-ci passera son chemin car l’ouvrage ne s’adresse pas à lui mais bien à tous ceux qui ne connaissent du Führer que ce qu’ils ont appris à l’école et ne souhaitent pas se jeter dans un pavé biographique, aussi excellent soit-il. »

 

C’est mon cas, Hitler connaît pas ou si peu.

 

J’ai beaucoup aimé le film La Chute  d’Oliver Hirschbiegel 2 h 36 min  8 septembre 2004

Avec Bruno Ganz, Alexandra Maria Lara, Corinna Harfouch

ICI

 

J’ai donc acheté chez Gallimard HITLER  de Johann Chapoutot et Christian Ingrao 207 pages

 

Un petit livre que j’ai avalé d’une traite.

 

Ce qui suis traduit bien ce que j’en ai pensé et surtout levé dans mon esprit des doutes que j’avais du mal à formuler.

 

Faut-il oublier Hitler pour comprendre le nazisme ?

 

C’est votre postulat, Hitler serait avant tout un produit de circonstances avant d’être une force de volonté individuelle pliant le réel à ses désirs ? ICI

 

Quelques extraits

 

  • Johann Chapoutot Effectivement, il est à la fois symptôme et acteur. Le problème, c’est qu’on a beaucoup trop longtemps insisté sur le côté acteur, et acteur unique en plus, jusqu’à confondre nazisme et hitlérisme. Cette focalisation sur l’homme, alors que c’est un acteur parmi d’autres qui a eu une capacité d’action qui reste à élucider pour l’historien, est problématique. Par ailleurs, sa biographie est intéressante dans la mesure où elle est un symptôme d’une époque.

 

« Ce livre est la biographie qui vous fera oublier Hitler ».

 

Parler beaucoup d’Hitler au début, et peu à la fin pour parler de l’Etat allemand et du nazisme – à la différence que ce que nous voulons monter est qu’il a été une sorte de maëlstrom du nazisme, de cœur du réacteur mais que les réactions qu’il créait, il ne les maîtrisait pas.

 

Parler de cette manière d’Hitler nous fait nécessairement sortir de la biographie du seul individu. On essaie de faire le portrait d’une époque, et quand on parle d’Hitler c’est seulement en tant que citoyen d’une Europe centrale du début du XXe. Avec Hitler, on fait donc le portrait d’une Autriche-Hongrie, de ses rapports avec l’Allemagne, et de ses propres problèmes de confrontation avec la modernité.

 

[…]

 

Il ne comprend rien à la réalité stratégique des combats. Il n’est en fait jamais sorti de la Grande guerre. On le voit pendant la Campagne de France, pendant la Blitzkrieg (la Guerre éclair) : il ne comprend rien au mouvement et à la vitesse, que ses généraux imposent, parfois par la ruse (tel général invoque un problème de réception des ordres du GQG, tel autre désobéit ouvertement pour poursuivre sa route..). Il a peur du mouvement. Au fond, il ne fait que reproduire de manière sclérosée des types de combats qu’il a connus, sans aucune invention ni imagination. Son art de la guerre est comparable à son art de l’aquarelle : il reproduit de manière stéréotypée, il ne crée rigoureusement rien.

 

[…]

 

Effectivement, il ne sait pas travailler, ne lit pas les dossiers ni les notes… mais il est hypermnésique, cette force des imbéciles : il retient tout, ce qui impressionne tout le monde, et il dispose de qualités orales certaines. Bien des témoins ont ergoté sur son "magnétisme", alors que c’est tout simple : c’est quelqu’un de tellement convaincu de ce qu’il dit, qu’il parvient à convaincre.

 

  • On pourrait vous asséner le reproche de déresponsabiliser Hitler, non ?

 

CI- Je préfère déresponsabiliser Hitler et essayer de comprendre comment 80 millions d’individus s’y sont mis. En somme, me demander pourquoi 100 000 personnes ont participé à des fusillades d’hommes et de femmes en URSS.

 

Je vais vous dire, le 22 juin 1944, l’Armée Rouge lance la plus grande offensive terrestre qui a jamais existé. Ce jour-là, 50% des soldats allemands qui doivent mourir dans la guerre sont encore en vie. Alors que la situation tactique montre qu’il n’y a non seulement plus aucun espoir de gagner mais pas non plus de la perdre convenablement, pourquoi est-ce que ces 2,6 millions de soldats allemands (les 50% en vie) acceptent de mourir dans ce désespoir absolu qu’est-ce cette dernière année de guerre ?

 

Quand Christian fait cela, cet exercice qui consiste à comprendre l’autre et ses modes de représentation, cela implique de faire un usage d’oxymores. L’ "espérance nazie", c’est une réalité. Ça, les historiens s’en sont rendu compte dans les années 1980 : il n’y avait pas simplement violence nazie, mais aussi séduction. On ne tient pas une société de 80 millions de personnes avec 30 000 agents de la Gestapo. D’ailleurs, le débat se pose également lors de la guerre des tranchées. Les soldats restent-t-ils parce qu’il y a d’autres soldats derrière prêts à leur tirer dessus s‘ils reculent ou parce qu’ils adhéraient à ce combat ? Pour le nazisme, il y a, a minima, un consentement déjà acheté matériellement. Quand on n’est pas Juif, pas homosexuel, pas déviant…etc, on vit mieux, et on a un espoir de vivre mieux qui se concrétise déjà avec l’extension de l’empire. Vous pouvez avoir fait des études médiocres en droit, ne pas avoir de doctorat, et finir responsable de district en Biélorussie. Vous pouvez être capitaine, et huit ans plus tard être Maréchal du Reich, comme Rommel. Parallèlement, il y a l’adhésion spirituelle et intellectuelle.

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12 janvier 2019 6 12 /01 /janvier /2019 06:00
Le discours de santé publique sur le vin en France : vers un nouvel hygiénisme ? Tous derrière Jacques Dupont le chevalier Bayard sans peur et sans reproches du French Paradox !

Pour les ignorants, et antes, le chevalier Bayard, selon mes livres d’Histoire, est né vers 1475. Pierre Terrail de Bayard devint célèbre dès l’âge de 17 ans grâce à sa bravoure et ses faits d'armes lors de toutes les guerres d'Italie qui seront menées par Charles VIII, Louis XII et François Ier.

 

En 1503, il s'illustre notamment en défendant le pont du Garigliano, seul face à 200 Espagnols pour protéger la retraite de ses compagnons.

 

Epicness (Bayard sur le pont du Garigliano, par Henri Félix Emmanuel Philippoteaux, 1840)

 

En raison de son courage légendaire, il est surnommé le chevalier sans peur et sans reproche.

 

Fait capitaine par le roi Louis XII pour lequel il remporte plusieurs victoires, Bayard est nommé lieutenant général du Dauphiné par François Ier dès son accession au trône.

 

Au soir de la bataille de Marignan, où il a encore joué un grand rôle, le roi de France afin de l'honorer lui demande de l'armer chevalier.

 

Au cours de la sixième guerre d'Italie, Bayard est mortellement blessé par un coup d'arquebuse alors qu'il protège la retraite des Français. Il meurt auprès de ses ennemis qu'il avait si vaillamment combattus mais dont il a gagné le respect et l'admiration.

 

Bayard restera dans les mémoires comme l'exemple même du parfait chevalier à la loyauté et au courage indéfectible.

 

1515 Marignan !

 

Les dates, une autre époque mais, bref, comme disait Pépin, revenons à nos moutons, plus exactement à nos blouses blanches, gardiennes de notre santé Publique, qui veulent couper la route du vin, faire de nous des abstènes, transformer la France des vignes en un Sahara !

 

Mais Delbello Manon • Hassini Sarah • Mouinie Angèle • Martin-Meyer Laura •Abgrall Ewen • Marin Cécile, dans leur parcours de cinquième année, «Risques, Science, Environnement et Santé» à SCIENCES PO TOULOUSE - Septembre / Décembre 2018, encadrés par Valérie Péan et Antoine Doré, relèvent le gant pour épauler notre Jacques Dupont.

 

« Souvenez-vous. Il y a près d’un an, Agnès Buzyn déclarait "Scientifiquement, le vin est un alcool comme un autre", suscitant une vague de protestations d’élus, d’acteurs de la filière comme de certains scientifiques. Et la ministre de la santé de se voir taxée d’"intégriste de l’hygiénisme". C’est parti pour la controverse ! Entre tenants de la prohibition et défenseurs de la modération, se déploie toute une palette d’enjeux et d’arguments scientifiques, culturels et économiques que synthétise ce document, réalisé par un groupe d’étudiant(e)s en 5ème année de Sciences Po Toulouse (Parcours "Risques, Science, Environnement et Santé"). L’originalité de leur approche ? Une mise en perspective de l’hygiénisme "pris entre deux vins", des premières croisades du XIXe siècle à la situation actuelle du sanitairement correct. Mais aussi une analyse par le prisme du portefeuille de risques dont se dote notre société. Le tout émaillé d’encadrés repères et de verbatims tirés d’entretiens exclusifs menés avec des professionnels du vin et d’experts scientifiques. »

 

Je vous donne LE MOT DE LA FIN...

 

En militant aujourd’hui pour une tolérance zéro vis-à-vis de la consommation d’alcool de ses citoyens, les termes du discours français de santé publique paraissent contradictoires au sein du «pays de la gastronomie », où la production de vin de qualité (357 vignobles A.O.C recensés en 2014) permet pourtant de s’adonner au « plaisir de déguster du bon vin » et d’exporter 13 millions d’hectolitre par an dans le monde. Plus qu’un nouvel hygiénisme, c’est un nouveau French Paradox que ces récentes injonctions sanitaires semblent définir, à savoir le rejet d’une spécificité culturelle française – une consommation régulière de vin - pour éviter une source d’exposition supplémentaire aux maladies.

 

Certes, appeler à modérer les consommations, sous couvert de preuves scientifiques, ne peut être nocif pour la santé des individus. Néanmoins ces injonctions publiques envers la tolérance zéro sous-entendent / révèlent des tendances plus larges sous lesquelles est régie la santé publique en France.

 

Premièrement, cette tentation d’associer la consommation – modérée – de vin à la seule absorption d’éthanol / alcool revient à nier tous les potentiels liens sociaux ou potentiels plaisirs émanant de la dégustation du vin. Appréhendé par les seules substances le composant, le vin passe progressivement sous le joug de notre société hypermédicalisée qui inhibe progressivement l’idée d’hédonisme à laquelle étaient jusqu’alors associées nourriture et boisson.

 

Les individus ingurgitent des nutriments, calories, sucres, graisses ou autre substances psycho-actives et non plus des saveurs, des textures, des couleurs, des savoir-faire. Ensuite, appréhender la consommation de vin comme la seule absorption d’une substance nocive qu’est ici l’éthanol, c’est également nier tous les autres facteurs pouvant porter atteinte aux états de santé des individus. Si le buveur est jusqu’ici rendu coupable de sa consommation, de ses excès et des travers que ceux-ci occasionnent, de plus en plus de chercheurs militent aujourd’hui pour que soit reconnue la contribution des contextes sociétaux, conditions de travail et de vie dans la propension ou la dissuasion à consommer de l’alcool. Si la prohibition éloignerait le consommateur de comportements à risques, elle éloignerait également les pouvoirs publics de la recherche sur les causes sociales conduisant à l’excès, à l’addiction. ; à la promotion de politiques éducatives et préventives efficaces pour prévenir les conduites à risques.

 

Enfin, n’envisager le vin que par sa quantité d’alcool, c’est masquer tout.e.s ceux et celles qui le façonnent, - ses récoltant.e.s, ses vigneron.ne.s, ses vendeu.r.se.s, ses consommat.eur.ice.s. - et surtout tout ce qui le compose. Car si l’alcool est un fléau, la présence de produits phytosanitaires dans ses raisins en est un autre. L’essor récent de vin “naturels”, “biologiques”, “biodynamiques”, promouvant une culture plus saine, un rapport différent à la terre, au terroir, aux vendanges doit peut-être s’appréhender comme une réponse au lynchage sanitaire présentant le vin comme nocif. Ou peut-être l’est-il au nom d’une spécificité culturelle française, d’un mode de vie qui émerveille à l’étranger, et que l’on souhaiterait continuer d’exporter...

 

L’idée de ce projet n’étant pas de donner tort ou raison à ces injonctions politiques, scientifiques ou encore économiques, notre volonté première était de mettre à disposition de chacun.e des clés de lectures suffisamment claires pour se forger une opinion sur l’association de consommation régulière de vin rouge à une bonne humeur quotidienne, une bonne santé cardio-vasculaire ou encore une exposition à un risque supplémentaire. Parce que le vin n’est pas encore prêt à disparaître de nos rayons et paysages, nous conclurons par ce proverbe gallicana du XVe siècle : «Le vin est bon pour qui en prend par raison».

 

Une raison que seules éducation et information permettraient d’atteindre...

 

Le tout est ICI 

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11 janvier 2019 5 11 /01 /janvier /2019 06:00
Le crépuscule des grands blancs… fantasme ou réalité ? la côte d’or de Franck Ribery…

En ces temps incertains où, n’importe qui peut affirmer n’importe quoi sans être contredit par ceux qui se disent « le peuple », chenille jaune errant dans les rues de Paris* d’où souvent des « rageux »* qui boxent, brisent, brûlent, sous les yeux plus ou moins complices des autres ; en face, les mainteneurs  de l’ordre ne sont pas tous des enfants de chœur et leur équipement, les fameux flash-ball, peuvent blesser grièvement ; escalade incontrôlée de la haine et de la violence ; je ne vais pas verser dans la théorie du grand remplacement ou dans le déclin de la population blanche dans notre vieux pays.

 

« Cessons de faire les chochottes la bouche en cul-de-poule et ouvrons les yeux : le grand remplacement est un fait, que tous les démographes reconnaissent, mesurent, et que les courbes de naissance et de mortalité annonçaient depuis longtemps. »

Jean-Marie Le Pen, Mémoires, 2018

 

*J’écrivais dimanche soir :

 

Ignorant qu’il y avait du grabuge autour du Palais Bourbon je me suis rendu tranquille à vélo rue de Bourgogne, qui relie la rue de Varenne, celle de l’hôtel Matignon, à la place du Palais Bourbon, via la rue de Grenelle. J’ai remonté une chenille de gilets jaunes errante, lorsqu’elle est arrivée à l’intersection de la rue de Bourgogne elle semblait perdue, ignorant qu’elle pouvait débouler sur la rue de Varenne et foncer sur Matignon. Pas un casque en vue, lorsque je suis sorti de faire ma course une colonne de fourgons de Gendarmes : 5 ou 6 a surgi toutes sirènes dehors pour occuper l’intersection. Les gilets jaunes ont reflué vite fait sur la rue de Grenelle, sauf un cycliste sur VTT bardé de jaune des pieds à la tête qui s’est lancé vers la rue de Varenne. Je l’ai suivi. À l’angle, devant chez Alain Passard, il a viré à gauche. Face au Ministère de l’Agriculture il a hésité et a pris la rue Barbet de Jouy. Je l’ai suivi jusqu’à l’intersection de la rue de Babylone. Il a encore hésité, un peu paumé, puis a tourné à droite vers le boulevard des Invalides. Étrange impression d’errance sans but de gens âgés, des hommes surtout… Moi je connais le quartier comme mes poches, je n’en dis pas plus mais l’hôtel Matignon était à leur portée…

 

PS. C’est en refluant sur la rue de Grenelle que certains ont forcé les portes, avec un engin de chantier, des locaux du porte-parole du gouvernement, B. Griveaux. Cet hôtel particulier accueilli le Ministre délégué du gouvernement Jospin, le sénateur à vie Mélenchon qui ironise sur Twitter :

 

Griveaux veut plus de respect pour la porte d'un ministère que Belloubet n'en eu pour celle de chez moi. Sa porte est sacrée ? La République c'est sa porte ? 😉

 

*Les « rageux » selon Franck Ribery, le footeux bouffeur de bidoche badigeonné à l’or fin, ceux qui ont osé s’en offusquer, je vous épargne le texte complet qui va lui valoir de la part de son employeur le Bayern de Munich une amende salée.

 

Revenons une seconde sur la question : LE « GRAND REMPLACEMENT » EST-IL UN CONCEPT COMPLOTISTE ?

 

Les fantasmes sur l’immigration sont anciens et ceux qui les diffusent ont parfois recours à des chiffres fantaisistes ou à des comparaisons abusives. Revient régulièrement dans ces débats la thèse du « grand remplacement », qui désigne clairement des responsables aux flux migratoires ainsi que la solution – radicale – envisagée pour les endiguer, la « remigration ». Rudy Reichstadt et Valérie Igounet analysent les origines de ce concept et la puissance de ce mythe complotiste.

 

Lire ICI 

Mon propos est plus modeste ou plus exactement c'est celui d’un grand dégustateur de grands vins, Jean-Emmanuel Simond, officiant à la RVF, qui s’angoisse :

 

Est-on en train de dénaturer les vins blancs ?

 

Tribune publiée le 08/01/2019

 

Je ne résiste pas au plaisir de vous la donner à lire car j’avoue ne pas bien comprendre cette soudaine angoisse. J’adresse aux bourguignons une supplique : est-ce que ça a vraiment à voir avec le réchauffement climatique ou n’est-ce qu’une pratique visant à un rentabilité plus immédiate ?

 

La mode des rosés insipides est-elle en train de déteindre sur les vins blancs ?

 

Pour conserver de la fraîcheur et lutter contre les effets du réchauffement, de plus en plus de vignerons vendangent en sous-maturité. Dans une tribune sentie, notre dégustateur Jean-Emmanuel Simond dénonce l'avènement de vins blancs squelettiques et même anorexiques.

 

Lorsque j’ai découvert le vin, à la fin des années 80, j’étais émerveillé par les grands blancs de Bourgogne, du Mâconnais à Chablis, et en particulier par les blancs de la Côte de Beaune. Encore accessibles, ces flacons représentaient le Graal de tout amateur, que faisaient rêver les climats prestigieux qui jalonnent ces vignobles d’exception. Et comme pour les grands rouges, pouvoir déguster des blancs de millésimes âgés permettait de s’éduquer et d’accéder à un monde merveilleux de saveurs et d’arômes uniques, issus de raisins à pleine maturité, sublimés par de formidables terroirs.

 

Trente ans plus tard, le paysage des vins blancs me déconcerte. La culture des blancs à maturité s’est comme perdue : combien d’amateurs ou de restaurateurs attendent au moins dix ans un Premier cru bourguignon, et cinq à dix ans de plus un Grand cru ?

 

Les scènes absurdes se multiplient : ici, c’est un blanc aux saveurs mûres qui déconcerte des critiques qui ne jurent que par le ciselé, le tranchant, la fraîcheur acidulée. Là, ce sont quelques grammes de sucres résiduels dans un vin dit sec qui sont jugés suspects, comme toute couleur un peu foncée dans le verre. Nous assistons à l’avènement de blancs anorexiques, squelettiques à force d’être dépouillés, neutres et variétaux à force d’être récoltés en sous-maturité. Tout se passe comme si la mode envahissante du rosé apéritif et insipide avait déteint sur les blancs.

 

L'AFFAIRE DES "PRÉMOX" A LAISSÉ DES TRACES

 

Que s’est-il passé ? La redoutable affaire des “prémox”, phénomène d’oxydation prématurée qui a fait des ravages dans les années 90 et 2000 – principalement en Bourgogne – a modifié les usages : diminution du batonnage, crainte des élevages longs et du contact avec l’oxygène, choix d’une maturité plus précoce. Mais en revisitant le style d’élaboration des blancs, un mouvement de balancier les a portés vers un excès opposé, tout aussi redoutable et insidieux. On rencontre de plus en plus de vins longilignes, souvent réduits à l’excès, dénués de chair et de relief. Et l'on est surpris devant des meursaults qui ressemblent presque à des sancerres, ou bien des savennières dont le profil se rapproche de certains blancs du Roussillon.

 

Trop de vignerons croient réussir des blancs plus précis alors qu’ils confondent acidité et fraîcheur, nervosité de saveurs et raisins insuffisamment mûrs dans des breuvages cliniques, issus de raisins récoltés trop tôt, qui ne peuvent donner des vins capables de vieillir harmonieusement. Le manque de chair, les raisins verts enfantent des vins qui ne tiennent que par l’acidité, puis s’amincissent dans le temps sans vraiment gagner en complexité.

 

Rares sont les producteurs du talent d’un Jean-Marc Roulot, capable de récolter des raisins “sur le fil” et, tel un équilibriste, d’affronter le danger du vide avec juste ce qu’il faut de saveurs pour transformer l’austérité en pureté lumineuse. Mais ce dernier lui-même va parfois trop loin : un meursault 1er cru Charmes 2008 bu récemment s’est montré maigre et monocorde, bloqué dans son évolution.

 

La compréhension de ce qu’est un grand blanc est en jeu : beaucoup de vignerons réduisent la prise de risques avec des récoltes précoces, pléthoriques si la nature le permet, abondamment sulfitées par sécurité, et des moûts généreusement chaptalisés pour obtenir ensuite les degrés requis. Combien récoltent leurs raisins blancs à pleine maturité ? Il y en a, mais les voici en minorité.

 

PLUS PERSONNE NE LAISSE VIEILLIR LES GRANDS BLANCS

 

En Bourgogne, surtout en Côte de Beaune, la facilité commerciale fait dévier nombre de domaines qui privilégient le confort et galvaudent leurs terroirs. Au nom du réchauffement climatique, on récolte des raisins plus tôt pour préserver l’acidité alors que l’on pourrait en profiter pour rentrer des raisins mûrs, surtout lorsque l’état sanitaire est excellent.

 

Je suis persuadé que de très grands blancs peuvent naître avec des acidités basses dans des années solaires, pour peu qu’on sache faire preuve de patience, comme le prouvent aujourd’hui certains 2003 qui bluffent par leur éclat frais et leur gourmandise. Ceux qui auront la chance de déguster un viré-clessé des Bret Brothers ou l’hermitage blanc de Jean-Louis Chave pourront en témoigner.

 

Hélas : comme les vins nés dans le culte de la tension acide se présentent souvent mieux jeunes qu’à leur supposé apogée, personne n’a intérêt à les laisser vieillir. Et chacun boit des Grands crus âgés de deux ou trois ans, la clientèle impatiente comme les sommeliers friands de ces blancs al dente soi-disant adaptés à une cuisine épurée traquant le gras et les sucres. La plupart des blancs sont désormais bus dans les six mois suivant leur mise en marché, ce qui arrange beaucoup de monde. Mais n’est-on pas en train d’assister au crépuscule des grands vins blancs ?

Bonjour Jacques,

 

J'ai déjà discuté avec JE Simond de ce sujet. Et je suis en accord avec ce qu'il dit. Même si je ne sais pas ce qu'est un grand blanc.

 

En tout cas cette mode de l'acidité dominante existe depuis un certain temps. Je pense qu'elle trouve son origine en termes de goût à la fin des années 80, et dans le début des années 90 quand les vins plus opulents tenaient le haut de la rampe.

 

Et les vins du nouveau monde en ont profité à cette époque.

 

Générant une contre-réaction interne pour argumenter sur la typicité qui ici voulait dire acidité. L'acidité quand il n'y avait que ça, fut et reste le vrai cache misère de notre travail. Quand j'y sombre moi-même, et que je fais tout pour l'éviter, je sais que c'est un échec dû à un manque de moyens. Mais je suis toujours frappé que nombre de clients appréciant ce type de vins monocorde. Journalistes compris. J'aime que cette acidité structurelle soit accompagnée d'autre chose. D'une chair, d'une épaisseur. Mais on a caricaturé la présentation de l'acidité la renvoyant à sa portion congrue, à l'absence de nuance. Nous en sommes là comme sur bien d'autres points.

 

Dans l'article, il y a une coquille de taille mais si révélatrice: on recherche dans les blancs des PO, du 66, à faire du Savennières ou du Chablis. La tournure de la phrase laisserait penser le contraire mais elle fait plutôt un constat de ressemblance de banalisation. Et en termes de mode, puisque cela en est une bien pratique donc, je dis t'avouer que je préférais presque ces Meursaults "gras", beurrés que flirtaient avec le diacetyl. Le bon goût a voulu qu'on détruise cette mode. Il ne faut pas oublier non plus que la géographie de blancs à grande réputation s'est faite en allant taquiner les sucres résiduels, et même au-delà. Par exemple le Château-Chalons était vendangé le plus tard possible par le moniales (un gros mot pour JY) dans cette recherche. Désormais le meilleur vigneron, "le grand vigneron" est celui qui vendange le plus tôt.

 

En écrivant ceci et en réfléchissant, je me dis que le vrai danger actuel c'est la simplification des saveurs, des présentations, des résonnements, des questions, des chemins parcourus. Trop souvent les "gens", comme diraient Méluche et les autres, se fourvoient dans des autoroutes de la pensée. Jusqu'ici.

 

Alors cet article a un aspect bénéfique.

 

Bon faut que je retourne tailler.

 

Amicalement,

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10 janvier 2019 4 10 /01 /janvier /2019 06:00
Discours de notre Présidente Catherine Bernard «je pense profondément que s’il ne se trouve pas une poignée à résister au rouleau compresseur du déni et du tout prêt, le vin perdra de son humanité, et nous la nôtre.»

Chaque année, le  GFA de LA CARBONELLE, tient son assemblée générale ordinaire et extraordinaire au pied du chai de Catherine Bernard, en pleine campagne. 

 

 

Cette année j’ai pris le TGV jusqu’à Nîmes puis un TER jusqu’à Lunel, où l’on vint me chercher, pour assister à l’AG du 6 octobre 2018, c’était un samedi.

 

Au menu, les 8 résolutions, mais surtout le petit discours de Catherine, que j’ai baptisée pour l’occasion présidente, car ça fait sérieux dans le Languedoc qui recèle le plus de présidents à l’are de vignes.

 

 

Ensuite nous avons bien mangés et bien bus et à la fin, à 23 heures, comme prévu par la météo un orage monstrueux nous est tombé dessus. La pluie, tant attendue par tous, les vignes y compris, tomba comme vache qui pisse.

 

 

J’ai attrapé un rhume dans le mobil-home jouxtant le chai où j’ai dormi malgré les illuminations du ciel et ses fureurs.

 

 

Mais revenons au plat de résistance, le petit discours de Catherine, c’est elle qui le qualifie ainsi, pourtant il n’a rien à voir avec ceux que j’ai, dans ma vie antérieure, si souvent entendus dans les AG de caves coopé (une pensée pour le président Verdier), car il donne à réfléchir.

 

C’est si rare dans le monde du vin de réfléchir, de donner à réfléchir, et j’ose écrire, en parodiant l’ouvrage de Laure Adler « les femmes qui lisent sont dangereuses », que « les femmes qui donnent à penser sont dangereuses », Catherine est de cette espèce.

 

 

Bien évidemment, j’ai bu ses paroles comme du petit lait – Catherine est née dans un pays de vaches à lait – et je me suis dit, dans ma petite Ford d’intérieur, sitôt qu’elle eut terminé : en voilà une belle chronique !

 

Mais, comme nous n’étions point dans une AG de coopé, le petit discours de Catherine n’était pas dactylographié pour être distribué aux membres du GFA. Elle avait bien un petit papier, notre présidente d’un jour, mais comme disait mon père, elle a brodé.

 

J’ai donc dû attendre ce début d’année où avec les papiers officiels, que je ne lis jamais, Catherine a eu l’obligeance de nous transcrire son petit discours comme je le lui avais demandé.

 

Merci à notre présidente d’un jour et bonne lecture à vous mes chers lecteurs.

 

 

Chers tous,

 

Je vous avais promis de coucher par écrit les quelques réflexions ébauchées lors de l’assemblée générale le 6 octobre dernier. Le temps a passé, mes réflexions sont toujours à l’état d’ébauche, et sont, en fait, avec le recul, plutôt des interrogations.

 

Comme vous le savez tous maintenant, la grêle et le mildiou ont mangé 85% de la vendange 2018. C’est fort dommageable, mais cela n’engage pas l’avenir. Tout vigneron, où qu’il soit, connaît au moins une fois dans sa vie une telle perte. Cela fait partie du métier.

 

Mes interrogations se situent ailleurs sur l’échelle du temps. Je pense que nous sommes à l’aube d’une grave crise du vignoble, et plus généralement agricole. Le paradoxe est le suivant : après presque un demi-siècle de désamour, les Français, et avec eux le monde occidental ou en voie d’occidentalisation, ont (re)trouvé le goût du vin. Jamais le vin n’a été aussi bon, jamais il n’a été aussi populaire, de la Chine aux pays nordiques. Il n’a pourtant jamais été autant menacé. Sauf et comme en 1863, année de l’apparition du phylloxera à Pujaud, dans le Gard. Il n’y a pas de cause unique, mais un enchaînement de causes qui forment un écheveau difficile à démêler, au rang desquels :

 

Le changement climatique

 

Cela fait maintenant trois millésimes, 2018 compris, que les vignes souffrent d’un stress hydrique que je qualifierais au minimum d’inquiétant. Je pourrais même en ajouter un 4ème, 2015. Ce stress  (pour la seule année 2018, conjugaison de températures extrêmes, jusqu’à 48°, et 16 semaines de sécheresse) n’ampute pas seulement les rendements en jus, il modifie profondément les équilibres et le métabolisme du raisin, rendant les fermentations compliquées, et plus grave, porte atteinte à la pérennité des vignes.

 

Ces conditions climatiques répétées rendent très difficiles l’enracinement des jeunes vignes. Sur les 900 jeunes vignes plantées en janvier à La Carbonelle pour remplacer les mourvèdres morts de ce que l’on qualifie banalement de «dépérissement précoce», la moitié n’a pas survécu d’abord à l’asphyxie racinaire engendrée par les 300mm de pluie du printemps, puis par la sécheresse de l’été. Enfin, chaque année supplémentaire de stress hydrique  fragilise davantage encore les plus âgées, comme nous-mêmes vieillissons. Nous prenons chaque année une année supplémentaire, mais la prise de conscience de l’âge se fait par palier. Boum.

 

La dégénérescence du vignoble

 

Depuis le phylloxera, les vignes (vitis vinifera, à peu près 6 000 variétés connues dans le monde) sont greffées sur 4 autres familles de vigne (vitis berlandieri, labrusca, riparia et rupestris). 

 

En soi, déjà, cela interroge. C’est comme si on arrivait au monde avec une jambe de bois. Et en soi, cela réduit singulièrement la diversité. On passe, dans la terre, de potentiellement 6 000 à 4.

 

Cette diminution (le mot est faible) a été elle-même multipliée de manière exponentielle par les pratiques viticoles et la généralisation des pépiniéristes. Au fil des ans, de manière tout à fait insidieuse, les vignerons ont délégué aux pépiniéristes l’acte de planter. Depuis plus d’un demi-siècle, ces derniers sélectionnent par clonage les porte-greffes ainsi que les greffons. Cela a eu pour première conséquence l’abandon de cépages dits «autochtones»,  par exemple en Languedoc, le terret, le ribeyrenc, l’aramon, et d’autres qui ne me viennent pas sous mon clavier.

 

Le nombre de cépages réellement cultivés en France a fondu comme neige au soleil, tant et si bien, que maintenant, n’importe quel amateur peut demander à  propos d’un vin : «qu’y a-t-il comme cépage dedans ?» 

 

Cette question a priori tout à fait banale et ordinaire a le don de me mettre dans une colère noire.

 

Car la connaissance que l’on a aujourd’hui des cépages est précisément rendue possible par l’immensité de la perte. Je referme la parenthèse, et reviens à mes interrogations.

 

La deuxième conséquence de ce rétrécissement de la diversité engendre aujourd’hui la dégénérescence, ainsi de la consanguinité. Apparaissent donc des maladies qui amputent l’espérance de vie de la vigne et son équilibre présent.

 

Je passe sous silence les autres pratiques, encore plus innommables, qui répondent à un marché et ne nous concernent pas : les machines à vendanger, les pesticides dans le sol et foliaires, les plantations forcées

 

Je ne suis pas sûre (encore un euphémisme) que les instituts de recherche divers et variés cherchent dans le bon sens, ni d’ailleurs la profession dans son cri majoritaire.

 

Nous abordons les choses de manière saucissonnée, en faisant aveuglément confiance au positivisme scientifique.

 

Après analyse des bois auprès de l’Institut Français de la Vigne, il s’avère que «le dépérissement précoce» des mourvèdre de La Carbonelle est lié au porte-greffe, lequel s’avère pas du tout adapté au Languedoc, pourtant à l’époque conseillé et vendu par le pépiniériste…

 

Comme celle de la démocratie, la crise est encore à ce jour trop complexe à cerner pour qu’il y ait un vrai sursaut conduisant à un changement de paradigme, soit, non plus regarder les choses avec les yeux de la volonté rivés sur l’objectif, mais à travers le prisme de leur environnement.

                                                                                                      

Il n’y a pas de solution miracle, ni unique, mais peut-être une multitude de solutions, propres à chaque région viticole, à chaque manière de conduire la vigne. Et peut-être, faudra-t-il se résigner à pas de solutions du tout dans certains cas.

 

En 2009, je suis allée pour Vitisphère à Nuits Saint Georges au festival international de la vigne et du vin. J’ai retrouvé depuis le titre de l’un des films que j’ai vu et dont les images continuent de me hanter, bien qu’improbables, «Les temps changent». Le film, au demeurant assez moyen, se déroule en 2099. Le réchauffement climatique n’est plus un scénario. L’héritière d’un Château de l’appellation de Bordeaux se bat pour maintenir en vie le domaine dont les vignes ont été remplacées par des orangers. Les orangers sont eux-mêmes menacés par des nuées de criquets poussés par les vents du Maghreb, lui-même devenu inhabitable...

 

Si en Languedoc, à La Carbonelle, à Saint-Drézéry, « La » solution au stress hydrique doit être l’irrigation, cela n’en est pas une.

 

Cela signifie qu’il faut cultiver autre chose à La Carbonelle, et cultiver des vignes ailleurs, là où c’est possible sans avoir à puiser dans les ressources de l’eau.

 

Avant d’en arriver là, je vais explorer d’autres voies, cette année la permaculture, pour limiter l’évapotranspiration qui stérilise les sols.

 

Néanmoins, en viticulture, à cause ou grâce (selon le point de vue où l’on se place), le temps se compte en années et il n’y a qu’un millésime par an.

 

Avant de planter les 27 ares qui restent à planter à La Carbonelle et de replanter les 30 ares des Travers et les 30 ares des Combes, je vais réfléchir à comment planter : d’abord le porte-greffe pour qu’il s’enracine, puis au bout de deux à trois ans greffer. Entre temps, il faut trouver des porte-greffes, apprendre à greffer ou trouver un greffeur …

Et si la vigne n’a pas sa place, planter autre chose. Bref, chercher, retourner aux origines pour comprendre, expérimenter, se tromper.

 

Si j’ai dix millésimes devant moi, Nicolas, ou tout enfant de ma génération, en a 40 devant lui. C’est en cela où la vigne, le vin et le GFA prennent tout leur sens.

 

Pour conclure, je pense profondément que s’il ne se trouve pas une poignée à résister au rouleau compresseur du déni et du tout prêt, le vin perdra de son humanité, et nous la nôtre.

 

Mon intention n’était pas de vous affoler, mais de partager avec vous mieux qu’avec quiconque, ces quelques interrogations majeures.

 

 

Les photos illustrant cette chronique sont tirées du très beau reportage qu'a réalisé le photographe François Flohic, venue avec Catherine Flohic, deux jours pendant les vendanges 2016, pour le livre « Les semences en questions de la terre à l'assiette », que je vous invite aussi à lire.

 

 

 

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9 janvier 2019 3 09 /01 /janvier /2019 06:00
La Vendée est-elle 1 « terroir de haricots » ? Le petit traité du haricot de Marie-France Bertaud vous dit tout sur les  mojhètes…

En pension nous chantions «Patate, fayot, patate, fayot/C'est le régime, c’est le régime/ Patate, fayot, patate, fayot/C'est le régime pour être beau… »

 

Tout comme le Carrouf triomphant d’autrefois votre serviteur se gausse d’avoir toujours un ¼ d’heure d’avance sur la concurrence.

 

Ainsi le 13 juillet 2015 je pondis :

 

Des mojhètes froides couchées sur une tranche de pain de 4 embeurrée, un délice d’été et ne me dites pas que vous n’en avez rien à péter ! ICI

 

Revenons à nos mojhètes, souvenir des semis aux premiers jours de mai, le labour en planches ou billons, en refendant ou en adossant, avec notre vieille jument Nénette «pour y enfouir, pas trop profond, répétons-le, sinon ils pourrissent, ses lingots »

 

« Le haricot « veut voir partir son semeur », il aime « entendre sonner midi »

 

« Il ne doit être ni profondément enterré, ni recouvert d’une terre trop froide. »

 

Souvenir encore des cosses de mojhètes étendues sur des grandes bernes de jute au soleil, ça craquaient, puis ont les battaient au sens propre du mot avec une fourche à 8 dents. On les laisserait encore sécher avant de les ensacher puis, pendant les veillées d’hiver, sur la table de la cuisine, on trierait les mojhètes.

 

Au Bourg-Pailler les mojhètes étaient autoconsommées.

 

Rajout : nous jouions aussi aux fayots, je n’ai plus aucun souvenir des règles mais ça consistait à faire péter son voisin en lui refilant ses haricots. Gagnait celui qui avait épuisé son tas initial.

 

Mais à côté de celle de Françoise Bertaud ma science du haricot est du niveau cours élémentaire.

 

Son petit Traité’est complet, bien documenté, bien illustré et vous connaissez mon amour pour les petits livres.

 

Je lui laisse la parole :

 

« C'est une formidable aventure qui a démarré pour moi l'année dernière quand j'ai intégré les Editions le Sureau avec ce projet de Petit traité. J'apprécie depuis longtemps cette maison d'édition située à Gap, grâce aux nombreux ouvrages d'un de leurs auteurs, Pierre-Brice Lebrun : Petit traité de la boulette, Petit traité du pois chiche, Petit traité de la pomme de terre et des frites, Petit traité des pâtes, Petit traité du camembert.

 

Mon Petit traité du haricot s'inscrit donc dans une ligne éditoriale très fournie et m'a obligée à des recherches passionnantes sur une légumineuse - le haricot sec - présente dans le monde entier.

 

Ce que j'aime particulièrement dans cette collection, c'est le mélange des deux genres : travail d'écriture avec recherches sur l'histoire du produit, et élaboration de recettes. Ce sont de beaux livres, toujours passionnants à lire, mêlant histoire, humour et recettes.

 

Je me suis efforcée de respecter ces critères en explorant l'histoire du haricot de par le monde et dans toutes les régions de France : lingots de Paimpol, haricot de Soissons, haricot tarbais, lingot du Nord, mogette de Vendée... et bien d'autres, et en traitant aussi du haricot dans la littérature, le cinéma et dans son utilisation argotique.

 

LES ILLUSTRATIONS

 

Je suis particulièrement fière d'avoir collaboré avec Agnès Doney, illustratrice très talentueuse qui a réalisé des dessins vraiment extraordinaires, au fur et à mesure que j'avançais dans le texte et les recettes. Vous pouvez déjà en consulter quelques-uns sur son portfolio ICI.

 

Je laisse à Bérurier, le gros de San-Antonio (un des maraîchers de Terroirs d’avenir se nomme Bérurier *) le mot de la fin (c’est extrait du livre de Blandine Vié San-Antonio se met à table)

 

13 mars 2016

Des nourritures spirituelles aux nourritures terrestres, d’Alexandre Benoît Bérurier à Laurent Berrurier… une histoire de légumes oubliés. 

ICI

« Un pet, j’peux plus m’permette’, commissaire. C’est esclu ! Mais comme madame Bérurier avait confectionné un cassoulet pour suivre les asperges, il faut savoir prend’ ses responsabilités : éclater ou y aller à la surfateurse… »

 

[…]

 

« Tandis qu’y jactait, un rappel des flageolets s’opère dans ma boîte. Moi, caparé par la causance du miniss, j’oublille les précautions dont j’dois prendre, et v’zoum, je veux balancer un’louise. Ma douleur ! Désastre du parvis ! Dieu d’Dieu, c’déboulé ! D’autant qu’ j’y allais franco d’port... »

 

Extraits de Remouille-moi la compresse.

20 mai 2011

 

« Moi, j’estime que, religion pour religion, autant s’en farcir une qui t’incite au godet. »

 

Cette déclaration date de 1971, presqu’un demi-siècle, une éternité pour notre pas de temps médiatique. Elle émane d’un personnage très aimé et très populaire auprès de la France qui se lève tôt. Pour lui c’est le vin qui fait l’homme. La suite de ses propos que je vais vous rapporter, sans en changer un iota, sont « politiquement incorrects ». À l’époque, nul ne s’en était ému car la langue verte ne charriait pas des relents exploités par les xénophobes qui se planquaient encore eu égard à leur faits d’armes peu glorieux sous l’Occupation. Alexandre-Benoît Bérurier, dit le Gros, marié à Berthe Bérurier (dite B.B.), inspecteur de police sous les ordres du commissaire San-Antonio, collègue de l’inspecteur Pinaud dit Pinuche, n’est pas à proprement parlé un être raffiné, il adore entonner l’hymne des matelassiers, il se bâfre, lichetronne sec, il n’est pas très finaud mais il n’a pas mauvais fond et il est assez représentatif du populo de l’époque.

ICI

 

 

Un document calameo permet de pré-visualiser et découvrir quelques pages. Je vous laisse y jeter un œil ICI

https://fr.calameo.com/read/000219963cbc71d97ff1e

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8 janvier 2019 2 08 /01 /janvier /2019 06:00
notre galette est signée Carl Marletti papa sapiens 32 rue de Bourgogne, 75007 Paris

notre galette est signée Carl Marletti papa sapiens 32 rue de Bourgogne, 75007 Paris

Avant de mourir, François d’Assise, le « Poverello » demanda à revoir celle qu’il nommait frère Jacqueline… son amie Jacomina de Settesoli, née à Rome vers 1192, béatifiée par l’Église catholique et fêtée le 8 février, inhumée non loin de lui, dans la grande basilique d’Assise, connue en France sous le nom de Jacqueline de Septisoles, pour lui demander la fameuse crème d’amande dont elle avait le secret !

 

« Un jour le bienheureux François appela ses compagnons et leur dit : « Vous savez combien dame Jacomina de Settesoli fut toujours et demeure attachée à notre Ordre. Je crois que, si vous l’informiez de mon état, ce serait pour elle une grande délicatesse et une grande consolation. Écrivez-lui de vous envoyer, pour une tunique, de ce drap monastique couleur de cendre, comme celui que fabriquent les Cisterciens dans les pays d’outre-mer. Qu’elle envoie aussi de ce gâteau qu’elle m’a préparé maintes fois quand j’étais à Rome. »

 

« La fin de ma vie est proche. Mets-toi donc aussitôt en route si tu veux me revoir encore. Apporte je te prie de cette bonne chose que tu me donnais quand j’étais malade à Rome ».

 

Jacomina de Settesoli avait épousé Graziano de Frangipani, seigneur de Marino, devenue veuve prématurément, à l’âge de 25 ans avec deux enfants, consacra sa fortune à aider les fondations de saint François. Lorsque ce dernier venait à Rome elle l’accueillait dans son palais du mont Palatin. C’est là qu’il aurait découvert cette crème aux amandes qu’elle confectionnait et il l’aurait baptisée frangipane, du nom de son amie, Frangipani.

 

Tout le monde est d’accord sur l’origine italienne de la crème frangipane, certains racontent que la recette de la crème aurait été donnée par le comte Cesare Frangipani en cadeau de mariage à Catherine de Médicis qui va épouser le futur roi de France.

 

Mutio Frangipani, botaniste italien qui aurait visité les Antilles en 1493 et aurait appris aux marins qu'il accompagnait que l'odeur délicieuse ressentie à proximité d'Antigua provenait d'un arbuste, Plumeria alba, devenu frangipanier.

 

 

 

Le petit-fils de Mutio Frangipani, marquis au XVIIe siècle, maréchal des armées de Louis XIII, aurait inventé le parfum de la frangipane, pour cacher l'odeur du cuir des gants et des souliers]. L'invention de la pâtisserie lui a aussi été attribuée.

 

Mauritius Frangipani, un moine italien pionnier de la parfumerie, aurait constaté que les principes des parfums étaient solubles dans l'esprit de vin.

 

« En 1653, La Varenne donne deux recettes dans le Patissier françois : l'une simplement nommée "crème plus fine" à base d'amande, tandis que la "tourte de franchipane" est réalisée à base de... pistaches !

 

En 1674, "le Sieur Robert", dans l'Art de bien traiter, confie une recette de tourte à base d'amandes et de pistaches pilées nommée "franchipane" (source Maguelonne Toussaint-Samat)

 

Vers 1690, la frangipane est aussi une liqueur parfumée, sans autre précision (Dictionnaire universel d'Antoine Furetière).

 

Dans les années 1750/1770 plusieurs sources (dictionnaire, ouvrage de pâtisserie) citent la frangipane comme une crème d'amande liée à un Frangipani romain... »

 

De nos jours, au nord de la France, la crème frangipane est souvent utilisée pour fourrer la galette de pâte feuilletée que l’on sert pour l’Épiphanie.

 

C’est ce mélange de crème d’amande et de crème pâtissière, parfois trop corsée d'extrait d'amande amère, qui donne à la galette toute sa saveur. C’est aussi dans cette crème que l’on cache la fève.

 

Autrefois, on partageait la galette en autant de parts qu’il y avait de convives plus une ; la part du pauvre… Saint François, le Poverello, aurait certainement apprécié !

 

Source : ICI 

 

 

Galette des rois à la frangipane : la recette légère et moelleuse de Christian Le Squer

 

Traditionnellement dégustée à l’Epiphanie, la galette des rois fait le beurre des boulangeries-pâtisseries chaque mois de janvier. Le chef du Cinq (Paris 8e) livre son secret.

 

Par Joséfa Lopez Publié le 03 juillet 2018 

 

 

ICI 

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7 janvier 2019 1 07 /01 /janvier /2019 06:00
LE POT-AU-FEU DES PAUVRES A PARIS EN 1932 , ŒUVRE DE Mlle DUCHOISELLE .

LE POT-AU-FEU DES PAUVRES A PARIS EN 1932 , ŒUVRE DE Mlle DUCHOISELLE .

Comme son nom l’indique le pot-au-feu c’est le pot, d’abord en terre, qui durant des siècles, dans l’âtre, était perpétuellement dans le coin à cuire doucement. C’était le pot à soupe, aux légumes habituellement.

 

Puis vint la modernité, le pot de terre pourtant bon pour l’exhalaison des saveurs, était fragile et difficile à nettoyer, aussi dès le début du XIXe apparût le pot en fonte de fer émaillé appelé aussi émail belge, le pot belge quoi, mieux adapté au nouveau fourneau au charbon, le gaz et l’électricité qui suivront vers la fin du siècle ne vont que renforcer ce dernier.

 

LES APPRÊTS DU POT-AU-FEU , MICHEL BOUNIEU 1740-1814 .

 

Difficile de dater le pot-au-feu dans l’histoire de la cuisine française, il semble toujours avoir existé, il était considéré comme l’un de nos plats nationaux. Plat populaire par excellence, le pot-au-feu symbolise le repas unique du pauvre. En effet, il permettait de fournir à la fois un potage (le bouillon), de la viande bouillie et des légumes. Ce n’est qu’à partir du 18e siècle que le pot-au-feu devient un plat de la cuisine bourgeoise.

 

Lire ICI 

 

Catherine Segurane écrit :

 

« Il nous parait éternel, mais il nous sera possible de dater sa naissance au moins approximativement, quelque part entre le XVIIe siècle (La Varenne, grand cuisinier du siècle des Lumières, ne le connait pas) et le XVIIIe siècle (Goethe en mange un qui aurait pu être cuisiné aujourd'hui). »

 

En effet, pour pouvoir cuisiner un pot-au-feu, il faut posséder les ingrédients nécessaires. Or, le Versailles de Louis XIV ne mangeait pas de pommes de terre et peinait à découvrir la carotte. »

 

Le pot-au-feu de Goethe (1792)

 

Cette année-là, Goethe participe, côté ennemi, aux guerres de la Révolution. Mais nous oublierons ces aspects politiques et historiques : ses mémoires nous parlent aussi du pot-au-feu qu'il a mangé alors que, militaire, il était logé chez l'habitant. On constatera que la recette était identique à celle d'aujourd'hui :

 

« Au-dessus du feu, pendait une grande marmite de fonte, dans laquelle bouillait le mets national appelé pot-au-feu, et j’en suivis les apprêts avec beaucoup d’intérêt. Le boeuf était déjà presque cuit, lorsqu’on mit dans la marmite des carottes, des navets, des poireaux, des choux, et autres légumes semblables. (…) une jeune servante ou soeur de mes hôtes mettait le couvert et posait sur la table une grande terrine remplie de petites tranches de pain blanc. Elle y versa le bouillon de la marmite et nous engagea à venir manger la soupe. Les légumes et la viande complétèrent ce dîner si simple et dont tout le monde cependant pouvait se trouver très heureux. »

 

J’ai beaucoup écrit sur le pot-au-feu :

 

16 février 2012

Il a fait un temps de pot-au-feu : le taulier est plus tendance Desnoyer que Dodin-Bouffant ICI 

 

Le Pot-au-feu de Dodin-Bouffant de Marcel Rouff La Vie et la passion de Dodin-Bouffant, gourmet, Société littéraire de France, 1920

 

« Il arriva enfin, ce redoutable pot-au-feu, honni, méprisé, insulte au prince et à toute la gastronomie, le pot-au-feu Dodin-Bouffant, prodigieusement imposant, porté par Adèle sur un immense plat long et que le cordon-bleu tenait si haut au bout de ses bras tendus que les convives, anxieux, n’en aperçurent rien tout d’abord. Mais quand il fut posé avec effort et précaution sur la table, il y eut plusieurs minutes de réel ahurissement. Le retour au sang-froid de chacun des convives se manifesta suivant des réactions et des rythmes personnels. Rabaz et Margot, mentalement, se morigénaient d’avoir douté du Maître ; Trifouille était pris d’un saisissement panique devant tant de génie ; Beaubois tremblait d’émotion ; quant au prince d’Eurasie, son sentiment oscillait entre le noble désir de faire duc Dodin-Bouffant, comme Napoléon voulait faire duc Corneille, une envie furieuse de proposer au gastronome la moitié de sa fortune et de son trône pour qu’il consentit à prendre la direction de ses fêtes, l’énervement de recevoir une leçon qui était cette fois parfaitement limpide, et la hâte d’entamer la merveille qui étalait devant lui ses promesses et ses enivrements.

 

Le pot-au-feu proprement dit, légèrement frotté de salpêtre et passé au sel, était coupé en tranches et la chair en était si fine que le bouche à l’avance la devinait délicieusement brisante et friable. Le parfum qui en émanait était fait non seulement de suc de bœuf fumant comme un encens, mais de l’odeur énergique de l’estragon dont il était imprégné et de quelques cubes, peu nombreux, d’ailleurs, de lard transparent immaculé, dont il était piqué. Le tranches assez épaisses et dont les lèvres pressentaient la velouté, s’appuyaient mollement sur un oreiller fait d’un large rond de saucisson, haché gros, où le porc était escorté de la chair plus fine du veau, d’herbes de thym et de cerfeuil hachés. Mais cette délicate charcuterie cuite dans le même bouillon que le bœuf, était elle-même soutenue par une ample découpade, à même les filets et les ailes, de blanc de poularde, bouillie en son jus avec un jarret de veau, flottée de menthe et de serpolet. Et pour étayer cette triple et magique superposition, on avait glissé audacieusement derrière la chair blanche de la volaille, nourrie uniquement de pain trempée de lait, le gras et robuste appui d’une confortable couche de foie d’oie frais simplement cuit au chambertin. L’ordonnance reprenait ensuite avec la même alternance, formant des parts nettement marqués chacune, par un enveloppement de légumes assortis cuits dans le bouillon et passés au beurre ; chaque convive devait puiser d’un coup  entre la fourchette et la cuiller le quadruple enchantement qui lui était dévolu, puis le transporter dans son assiette.

 

Subtilement, Dodin avait réservé au Chambertin l’honneur d’escorter ce plat délite. Un vin uni aurait juré avec quelqu’une des parties qui le composaient ; le Chambolle nuancé, complexe et complet, recelait dans son sang d’or rose assez de ressources pour que le palais y pût trouver à temps, suivant la chair dont il s’imprégnait, le ton nécessaire, la note indispensable… »

 

10 novembre 2017

Il fait enfin un temps de pot-au-feu : vive les bas-morceaux ! Paleron, gîte, carotte, plat de côte, macreuse, basse côte, joue, queue, crosse, os à moelle… ICI 

Le pot-au-feu c’est un patchwork qu’énumère Hugo Desnoyer dans l’une de ses 8 recettes fondamentales pour les amoureux de la viande. Je vous les énumère, tout en soulignant que pour ma part, le pot-au-feu c’est du bœuf et rien que du bœuf. Si je suis ainsi c’est la faute de mon père qui, à chaque fois que Ratier le boucher – le camionneur marchand de charbon se dénommait Lebœuf – achetait un bœuf gras au pépé Louis il gratifiait mon père, grand-amateur de pot-au-feu avec une prédilection pour la queue de bœuf, de tous les morceaux ad-hoc. Donc, contrairement à maître Desnoyer point de veau dans notre pot-au-feu. Du pur bœuf !  

 

 

-    Paleron de bœuf

 

-    Gîte de bœuf

 

-    Carotte de bœuf

 

-    Plat de côte

 

-    Macreuse

 

-    Basse côte

 

-    Jarret de veau

 

-    Joue de bœuf

 

-    Queue de bœuf

 

-    Crosse de veau

 

-    Crosse de bœuf

 

-    Os à moelle

 

Hachis Parmentier avec les restes de pot-au-feu

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6 janvier 2019 7 06 /01 /janvier /2019 07:00
Eric Drouet, Jean-Luc Mélenchon et Jean-Baptiste Drouet (Montage - AFP / Wiki Commons )

Eric Drouet, Jean-Luc Mélenchon et Jean-Baptiste Drouet (Montage - AFP / Wiki Commons )

En incipit de ma chronique j’ai traficoté une présentation sur la Toile du Camion bulgare * un roman du Roumain Dumitru Tsepeneag :

 

 

Un sénateur obsédé par l'amère question de la candidature de trop et de la cessation définitive d'activité en vient à s'éprendre d'un jeune gilet jaune camionneur de son état, dans le contexte d'une Europe dégonflée, toujours moins capable de répondre aux intenses défis de sa marge orientale.

 

Entre Marguerite Duras et les calendriers érotiques des routiers

 

* ironie de ma référence 

Un camion bulgare caillassé puis poursuivi pendant 12 kilomètres par des "gilets jaunes" à Rouen ICI

 

MARGUERITE DURAS UNE FIDÈLE DU RÉSEAU MITTERRAND.

Par Claire Devarrieux

4 mars 1996

 

De la Résistance à sa mort, elle lui a voué une amitié indéfectible.

 

En 1985, un an avant la publication des entretiens avec François Mitterrand dans l'Autre Journal, où ils échangent leurs souvenirs sur la guerre, Marguerite Duras publie la Douleur. Elle y raconte le retour de déportation de son mari, Robert Antelme, que François Mitterrand a sauvé in extremis, à Dachau, lorsqu'il a accompagné les Américains à l'ouverture des camps de concentration. Duras raconte aussi comment, auparavant, elle est entrée en relation avec un agent de la Gestapo, dans l'espoir de faire libérer son mari. Puis, sous le nom de Thérèse («Thérèse c'est moi»), elle se met en scène en train de mener l'interrogatoire d'un «donneur»: c'est-à-dire qu'elle dirige la séance de torture.

 

C'est en 1943 que Marguerite Duras fait la connaissance de Mitterrand (alias Morland) et de son Mouvement national des prisonniers de guerre, et c'est par lui qu'elle entre dans la Résistance. Jusque-là, Duras survivait comme beaucoup d'intellectuels parisiens pendant la guerre, ni résistante ni collaboratrice ­ elle était cependant secrétaire de la Commission de contrôle chargée de répartir le contingent de papier pour l'édition.

Antelme et les siens (il y a aussi Dionys Mascolo) forment le groupe de la rue Dupin, où la famille a un appartement. Y loge Marie-Louise Antelme, sa soeur, s'y cachent Dominique Arban et des membres du réseau, de passage. C'est là qu'ont lieu les réunions, jusqu'au 1er juin 1944. La Gestapo arrête Robert Antelme, sa soeur, Paul Philippe et Minette de Rocca-Serra (ces trois derniers meurent en déportation). Il s'en faut de peu que Mitterrand-Morland soit pris dans la nasse. C'est dans le livre de Pierre Péan sur François Mitterrand, Une jeunesse française, qu'on trouve le plus de détails sur la suite de l'histoire. »

 

[…]

 

« Duras traverse mai 1968 avec exaltation, passe les années 70 à dire: «Que le monde aille à sa perte, c'est la seule politique.» Quand Mitterrand est élu, en 1981, elle devient, non pas socialiste, mais «mitterrandienne»: «Parce que c'est une personne à part entière. Il n'a rien derrière. Il n'a pas d'argent. C'est une sorte de seigneur. De sa personne il est seigneurial, je trouve.» C'est une amitié à laquelle elle aura été indéfectiblement fidèle (elle était aussi fidèlement anticommuniste et contre la droite, «la droite la mort»), retrouvant un peu de forces, en janvier dernier, pour réagir ainsi à la mort du Président: «J'embrasse François Mitterrand, encore et toujours.»…

Claire Devarrieux

 

L’intégrale ICI 

 

 

Revenons à notre sénateur Mélenchon grand admirateur de Tonton :

 

« Ce n'est plus un plaidoyer, c'est quasiment une déclaration d'amour. Pendant que la France fêtait le réveillon du nouvel an, le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, publiait sur sa page Facebook un long texte à l'honneur, ou plutôt à la gloire, d'Éric Drouet, qu'il compare à longueur de lignes à un héros de la Révolution française.

 

« La révolution citoyenne des gilets jaunes est une des meilleurs choses qui nous soit arrivée depuis si longtemps. L'histoire de France a pris un tournant qui a déjà ses répliques dans nombre de pays. Quel bonheur c'est là. Je m'amuse des ironies de l'histoire. Il y en a tant ! La plus suave c'est de voir l'action de monsieur Éric Drouet », écrit le député de Marseille qui estime que le chauffeur routier a su, avec d'autres, « se tenir à distance des pièges grossiers qui leur sont tendus à intervalles réguliers par les terribles adversaires qu'ils affrontent à mains nues ».

 

« La France est pleine de ces personnages qui marquent son histoire comme autant de cailloux blancs. C'est pourquoi je regarde Éric Drouet avec tant de fascination », poursuit l'élu des Bouches-du-Rhône, qui dresse un parallèle entre ce porte-parole des gilets jaunes et Jean-Baptiste Drouet, un révolutionnaire français qui a participé à l'interception de Louis XVI à Varennes en 1791. « Il a reconnu le passager. C'était le roi Louis XVI fuyant Paris, le peuple et la révolution. Son sang n'a fait qu'un tour ! Il alerte un copain et les voilà qui chevauchent à travers bois pour atteindre Varennes avant le fuyard », narre Jean-Luc Mélenchon.

 

Filant la comparaison entre la Révolution et le mouvement des gilets jaunes, l'ex-candidat à la présidentielle poursuit: ‘Sur le seul tableau à l'Assemblée nationale montrant un épisode de cette Révolution française, on le voit, lui Drouet, un pistolet à la main, menaçant le président de séance un jour où les sans-culottes parisiens avaient envahi l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Les sans-culottes exigeaient l'arrestation des députés qui servaient la soupe à un gouvernement protecteur des riches, fermé aux demandes populaires, inerte devant l'envahisseur après avoir provoqué la guerre ».

 

Et Jean-Luc Mélenchon d'insister dans son parallèle: « Ce n'est pas légal', hurlaient les réactionnaires de l'époque. 'Et alors? », demande Robespierre. La chute de la Bastille non plus, réplique-t-il, la proclamation de la fin de la royauté pas davantage ! De nos jours nous pourrions argumenter à l'inverse : « l'esclavage c'était légal, le droit de vote réservé aux hommes c'était légal, la monarchie présidentielle c'est légal, les privilèges fiscaux c'est légal, la suppression de l'ISF c'est légal, l'usage du glyphosate c'est légal ».

 

En conclusion de sa démonstration historique, le chef de file de la France insoumise joue encore de l'homonymie des deux personnages.

 

« Monsieur Drouet, on vous retrouve avec plaisir. Puisse cette année être la vôtre, et celle du peuple redevenu souverain. Puisse-t-elle être celle de la fin de la monarchie présidentielle, et du début de la nouvelle république. Sur le seuil de ce début d'année prometteur, pour saluer tous les gilets jaunes et l'histoire dont ils sont les dignes héritiers, je vous dis « merci, monsieur Drouet ».

 

Mélenchon exprime sa "fascination" pour Éric Drouet par Romain Herreros Journaliste politique au HuffPost. ICI

 

Pour qui, comme moi, a suivi pas à pas la trajectoire politique, quasiment sénateur à vie, du Mélenchon je suis fasciné par son art de s’écouter et de se foutre de notre gueule… Il y a du Marguerite Duras chez cet homme-là.

Jean-François Kahn : « “Gilets jaunes” : une autocritique des médias s’impose »

 

L’essayiste et ex-journaliste Jean-François Kahn estime, dans une tribune au « Monde », que le temps est venu pour chaque grand média de « mettre ses erreurs sur la table » à propos du traitement d’un mouvement qui « charriait le pire à côté du meilleur ».

 

Par Jean-François Kahn Publié le 03 janvier 2019 

 

 

Tribune. Pas de faux procès : non, Le Monde, au-delà des ambiguïtés esthétiques, n’a jamais voulu comparer Macron à Hitler. Pas de faux-semblant non plus : non, concernant le phénomène « gilets jaunes », il n’y a pas eu dérive de dernière minute.

Depuis le début, pour qui l’a observé de près de rond-point en rond-point, le mouvement des « gilets jaunes », en partie, mais en partie seulement, spontané, non pas apolitique (ce qui ne veut rien dire), mais expression des colères et aspirations ambivalentes du pays profond, amplifié d’abord par les extrêmes droites puis, rapidement, grossi par l’extrême gauche, portait à la fois le pire et le meilleur, le rouge et le noir, une générosité ouverte et des rancœurs fermées, un lumineux besoin de communion et la haine assassine du hors-communion, le « sublime et l’abject » comme l’a fort bien exprimé Christiane Taubira, ou plutôt le poignant et le poisseux, le vécu et le fantasmé. (Macron, rageusement exécré, étant trop fréquemment rhabillé, non seulement en agent des riches, mais aussi en homosexuel, en juif et en franc-maçon !)

Depuis le début… Simplement il y eut, pendant quatre semaines, une obligation, que certains médias, de tous bords, se firent à eux-mêmes, d’occulter la part du réel qui les dérangeait. Le Monde ne nous offrit-il pas une description idyllique de la belle « fusion », sur certains ronds-points, de militants lepénistes et mélenchonistes ?

Un mouvement effectivement et réellement populiste émerge

 

 

La suite ICI 

 
 
 
 
 
Jean-Baptiste DROUET a-t-il été toujours sincère ? ICI
 

dimanche, 24 février 2008 / François Duboisy

 

 

Drouet, le révolutionnaire, avait respecté la loi

Mélenchon admire dans Drouet numéro 2 – celui qui appelait à "marcher sur l’Elysée"- le héros à poigne, le surmâle qui, pour faire triompher son combat, n’est pas homme à s’embarrasser du "légal". Dans l’affaire de Varennes, c’est le roi, qui, en fuyant son trône pour s’allier à des ennemis de la France, s’était mis hors la loi.

Drouet numéro 1 n’avait fait au contraire que s’y conformer en la faisant respecter. Par la suite, il est vrai, le bouillonnant maître des postes fut plus conforme aux fantasmes turbulents de notre néo-montagnard marseillais. Elu député à la Convention en septembre 1792, il devint un des ultra assoiffés de sang et de violence qui ont fait la triste réputation de la vingtaine de mois qui ont suivi.

Il vote bien sûr pour la mort du roi sans sursis, sans appel au peuple, sans recours. 
Il est bien sûr parmi les défenseurs acharnés de Marat quand la justice, à raison, demande au publiciste haineux de cesser ses appels au meurtre.
Il est derrière les sans-culottes, ces justiciers auto-proclamés qui prétendent représenter le peuple et ne représentent en fait que des factions outrancières qui font le coup de main pour chasser de l’assemblée ceux qui ne pensent pas comme eux.
Il va avec tout ce qui fait 1793, le robespierrisme, la justice d’exception, le règne de la force, la terreur, la guillotine.
Il épouse la période sinistre qui, prétendant parachever la révolution française, a failli noyer dans le sang les nobles principes qui la gouvernent, la liberté, l’égalité, la fraternité.

A part les nostalgiques des aimables tyrans soviétoïdes susmentionnés, on ne croyait pas qu’elle eût encore des fans. Rappelons donc au passage que c’est pour ne jamais la voir renaître que notre pays a peu à peu établi la démocratie telle qu’elle existe aujourd’hui. Elle repose sur les vertus de la délibération, elle suppose le rejet absolu de la violence, elle donne à chacun le droit de manifester pour faire entendre ses idées, à condition que cela soit dans le respect de l’ordre public et dans la paix. Elle repose sur l’Etat de droit, ce bien commun admirable et fragile, sur lequel M Mélenchon vient de cracher, avec une désinvolture qui laisse pantois.

François Reynaert

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6 janvier 2019 7 06 /01 /janvier /2019 06:00
Pour José Bové Houellebecq est un as des quotas laitiers, Lactalis n’a pas de secrets pour lui, « Lisez Sérotonine. C’est dur, ça remue, ça dérange. Mais tout est dit. »

Imaginez le gars José, grosses baccantes, paysan à la retraite et encore député européen pour quelques mois, assis à la table de sa cuisine, un stylo à la main pour prendre des notes. En effet, l’hebdomadaire La Vie (de mon temps La Vie catholique) lui a prêté le nouveau roman de Houellebecq, Sérotonine.

 

 

Pourquoi ?

 

La Vie l’avait prévenu : l’auteur parle des paysans et de la campagne.

 

José prévient : « Que les choses soient claires : je ne suis pas critique littéraire. Je suis lecteur.

 

Quelle expérience ! J’étais aimanté à ma chaise, un paquet de gris tout neuf, ma pipe et une cafetière pleine.

 

Pendant deux jours, j’ai vécu avec le narrateur, Florent-Claude Labrouste, contractuel au ministère de l’Agriculture, et ça, ce n’est pas rien… »

 

Tiens le Michel revient à ses premières amours d’extension du domaine de la lutte où sont lamentable héros Tisserand est fonctionnaire au Ministère de l’Agriculture, normal Houellebecq a fait l’Agro.

 

Le 7 novembre 2006 j’en citais un passage

 

Une caricature de socialiste agricole

 

« Six personnes sont maintenant réunies autour d'une table ovale assez jolie, probablement en simili-acajou. Les rideaux, d'un vert sombre, sont tirés ; on se croirait plutôt dans un petit salon. Je pressens subitement que la réunion va durer toute la matinée.

 

[…]

 

Le quatrième représentant du ministère est une espèce de caricature du socialiste agricole : il porte des bottes et une parka, comme s'il revenait d'une expédition sur le terrain ; il a une grosse barbe et fume la pipe ; je n'aimerais pas être son fils. Devant lui sur la table il a ostensiblement posé un livre intitulé : « La fromagerie devant les techniques nouvelles. »  Je n'arrive pas à comprendre ce qu'il fait là, il ne connaît manifestement rien au sujet traité ; peut-être est-il un représentant de la base. Quoiqu'il en soit il semble s'être donné pour objectif de tendre l'atmosphère et de provoquer un conflit au moyen de remarques répétitives sur «  l'inutilité de ces réunions qui n'aboutissent jamais à rien », ou bien sur «  ces logiciels choisis dans un bureau du ministère et qui ne correspondent jamais aux besoins réels des gars, sur le terrain ».

 

Le tout ICI 

 

José apprécie :

 

« Il est toujours dangereux pour un romancier de se coltiner avec le monde rural et sa réalité. Souvent, c’est la caricature ou l’idéalisation. Les seuls qui y arrivent aujourd’hui sont certains auteurs de romans policiers.

 

Par petites touches, dès le début, Labrouste dépeint son travail au ministère. Incapable de lutter contre la destruction des productions locales par les accords de libre-échange : « Que l’on négocie des abricots, des calissons d’Aix, des téléphones portables ou des fusées Ariane, la négociation est un univers autonome. »

 

Pensez-donc le héros à sa sortie de l’Agro, a travaillé pour Monsanto, « sur une situation de communication de crise » :

 

« Mes supérieurs étaient tout simplement des menteurs pathologiques. » Il décrypte en quelques phrases les semenciers et les producteurs de pesticides, dont « le rôle est destructeur et létal ». Il déconstruit le modèle agricole intensif, celui des exploitations gigantesques, « entièrement basées sur l’exportation ».

 

Du miel pour José.

 

« En contrepoint, il défend un projet où « il fallait au contraire privilégier la qualité, consommer local et produire local, protéger les nappes phréatiques en revenant à des assolements complexes et à l’utilisation de fertilisants animaux ».

 

José est en extase :

 

« Un véritable plaidoyer pour l’agriculture paysanne face à la mondialisation destructrice des paysans. »

 

Et sans rien lâcher aux bobos de gauche !

 

Et toc pour eux…

 

José boit aussi du petit lait lorsque Houellebecq « décrit avec justesse la façon dont la fin des quotas laitiers, la toute-puissance de l’industrie laitière (Lactalis) et les errements de la PAC ont raison des éleveurs. »

 

Je ne plaisante pas, le José en connaît un rayon sur le sujet.

 

9 avril 2015

Le cracking moléculaire : casse ton lait cru pour faire un max pognon !

ICI 

 

José conclut :

 

« L’agriculture est une industrie lourde qui mobilise des capitaux de production importants pour dégager un revenu faible ou nul, voire dans le cas d’Aymeric un revenu négatif. » Malgré les investissements raisonnables – pas de robot de traite, la conversion au bio et des vaches normandes – l’éleveur ne s’en sort pas : « Je n’ai jamais réussi à atteindre l’équilibre financier, alors le soir je rumine. »

 

Son couple explose.

 

C’est l’engrenage infernal.

 

« L’agriculture en France, c’est un énorme plan social, le plus gros plan social à l’œuvre à l’heure actuelle, mais c’est un plan social secret, invisible où les gens disparaissent individuellement, dans leur coin, sans jamais donner matière à un sujet pour BFM. »

 

Lisez Sérotonine. C’est dur, ça remue, ça dérange. Mais tout est dit.

 

José Bové a lu le dernier Houellebecq, voici ce qu'il en a pensé ICI 

Publié le 28/12/2018

 

Non, la sérotonine ne fait pas le bonheur (mais elle fait bien plus !)

 

« Docteur, je dois manquer de sérotonine ! »

J’ai entendu cette phrase des dizaines de fois au cours de mes consultations de psychiatre, et la sortie du dernier livre de Michel Houellebecq, intitulé « Sérotonine » risque fort d’amplifier le phénomène. Le narrateur y dompte en effet son mal de vivre à grands coups de « Captorix », un antidépresseur imaginaire qui stimule la sécrétion de… sérotonine, évidemment.

 

Suffirait-il donc d’ingérer la bonne dose de ce neurotransmetteur, parfois aussi appelé « hormone du bonheur », pour être heureux et reléguer mal-être ou dépression au rayon des mauvais souvenirs ? Les choses ne sont pas si simples.

Pink Floyd fait voir à Houellebecq des vaches qui n'existent pas

 

Houellebecq l'avait toujours assuré:  musicalement, il n’avait pas dépassé les années 70. Fort bien. Mais dans Sérotonine, il nous exécute un splendide dérapage incontrôlé. « Une grosse boulette », souligne le lecteur qui, photo à l’appui — et confirmation apportée par la version numérique — montre comment Houellebecq a légèrement perdu le sillon.

ICI 

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