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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 00:09

Le fromage c’est d’abord la forme… le moule, une « forme »… la déformation du mot initial le formage… la langue italienne a conservé la morphologie première du mot : formaggio…


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Alessandra Pierini, génoise par son père et émilienne par sa mère, est à Paris l’une des plus sûre référence de ce que l’Italie nous offre d’excellence liquides et solides. Que du bon accompagné d’un large sourire, d’une connaissance profonde de ce qu’elle nous propose dans son épicerie, la voix chante, Alessandra prend le temps de raconter, d’expliquer. C’est rare en ce temps de gens pressés, oublieux de tout ce représente d’amour et de minutieux travail, l’intelligence de ce que fait la main, ces fromages, ces vins, ce lard de Colonatta, ces câpres de Pantelleria, l’or liquide de l’huile d’olive… Dans sa nouvelle caverne d’Ali-Baba, à l’ombre des hauts murs de l’église Notre-Dame de Lorette, 4, rue Fléchier, Alessandra est plus encore qu’auparavant l’ambassadrice de l’Italie de cette Italie que j’aime, celle qui me donne le sourire.


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Pour le chroniqueur que je suis Alessandra Pierini est du pain béni car elle écrit des Petits Précis de la gastronomie italienne : tel son Parmigiano aux éditions du Pétrin.

 

L’enfance à Vesta, à l’heure du déjeuner, la maman d’Alessandra l’appelait « Ale vieni a lavari le mani e gratta il parmigiano ! » Râper le parmesan n’était pas un jeu, gare aux doigts ! Mais, comme tout travail mérite salaire, la jeune gourmande lorsqu’elle atteignait la croute, la crosta di formaggio abbrustolita, la croute toastée du parmesan c'était l'extase. Les goûts premiers de la petite enfance forment le socle du goût.


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Alessandra conte bien, elle laisse place à notre propre imaginaire : la latteria de son grand-père à Gênes, les 8 jolies rousses, vacche rosse, broutant l’herbe  des alpages de Vesta avant de donner leur lait pour faire le parmesan : 600 litres pour faire une meule de 35 kilos, le coltello a mandorla, une sorte de poinçon en forme de goutte pour couper le fameux formaggio. Notre Alessandra malgré sa constitution fluette une meule de parmesan ne lui fait pas peur : traduction elle sait entamer une meule de 35 kg avec un long coltello a mandorla.


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Le prince des formaggio a forgé ses lettres de noblesse dans une longue histoire qu’Alessandra nous relate en la reliant à celle d’aujourd’hui, le Parmigiano Reggiano « est le fer de lance de l’économie laitière italienne (13% du lait produit sur le territoire sert à sa production), ainsi qu’une valeur bancaire innovante. Dans les coffres-forts de certaines banques italiennes, les meules de parmesan sont entreposées tels des lingots  d’or en échange de financements. Ce système unique en son genre permet aux producteurs de contracter des prêts, les meules de parmesan leur servant de garanties. Dans ces coffres-forts aménagés, les meules sont ainsi déposées deux ans en garantie – le temps requis de l’affinage – avant leur mise en vente par leur propriétaire. »


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Mais l’Italie aurait pu être privée de son prince puisque le parmesan a bien failli devenir français… C’est l’histoire de Jean-Baptiste Huzard, vétérinaire et membre de la Société Royale d’agriculture fondée par Louis XV. Je vous laisse découvrir le dénouement de cette histoire vraie dans le petit opus d’Alessandra.


Comme en Italie tout fini par des tortelli (tortelli di patate e parmigiano di San Nicola), Alessandra nous donne quelques recettes où le Prince di formaggio est un merveilleux compagnon.


Rappelons que, 10 ans avant que ne s’achève le grand siècle, en 1690, dans son Dictionnaire universel, Antoine Furetière, écrivait « Quant au fromage de Parme, c’est-à-dire le parmesan, voici bien naturellement aussi l’Italie mise en vedette qui, de tout temps, fut très prisée en matière de fromage. »


Cambacérès, duc de Parme, eut droit à une épigramme hostile :


Le duc de Parme déménage ;

Plus d’hôtel, plus de courtisan ;

Monseigneur mange du fromage ;

Mais ce n’est pas du parmesan…

 

* Manger du fromage pour le peuple : être mécontent, rager, pester…

 

Alessandra qui est aussi Française de cœur conseille, entre autre, pour accompagner le Prince « un verre de champagne non dosé ». Comme elle a raison !

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Philippe MARGOT 22/11/2014 11:04


Bravo d'en avoir "fait tout un fromage“ ou “tout un plat“ de cette manière exquise, originalement présentée !


Dans le très bon sens et à l'inverse de l'expression populaire...


Origine

Cette expression date du XXe siècle.
En partant de pas grand-chose (du lait) on peut arriver à obtenir quelque chose de très élaboré, nécessitant un savoir-faire certain (le fromage).
Peut-être que quelqu'un qui a tendance à faire toute une histoire en partant de peu, pourrait être un excellent maître fromager ?



 

patrick axelroud 22/11/2014 06:16


Voila un ouiken qui commence bien, sous de tels augures ! Un peu de piquant dans tout cela: la mouche du coche va semer la zizanie en évocant le SBRINZ fromage AOP suisse, découvert cet été et
qui revendique une antériorité sur le parmesan qui ne serait qu'une tentative d'imitation ( hihih !)

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