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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 00:09

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Moi qui ne suis qu’un modeste Taulier blanchi sous le harnois je m’enorgueillis d’être un vieil ami du patriarche du Château le Puy : Jean-Pierre Amoreau. Ça ne date pas d’hier même que Jean-Pierre fut un membre assidu du club « Sans Interdit ». Temps héroïques où les petits génies de la dégustation, avec l’appui de l’INAO de Bordeaux, qui fermaient les yeux sur de drôles de pratiques dégustatives dans la grande bassine bordelaise, se drapaient dans l’intransigeance, dégainaient leur typicité pour envoyer le Château le Puy au fossé des vins de table. Souvenir de discussions au téléphone avec Jean-Pierre qui se désespérait et, fort justement, avait envie d’en découdre avec ces sinistres pratiquant du croskill niveleur du soi-disant standard de l’appellation. Ce combat n’est pas gagné. Comme le fait remarquer Pascal, le fils de Jean-Pierre « Les dégustateurs de Quali-Bordeaux, organisme d’agrément, sont formatés à un goût. Il leur est demandé en amont de goûter un vin qui va servir d’étalon. Cette standardisation des vins n’est pas acceptable ».


Paria donc la famille Amoreau qui à  Saint-Cibard cultive l’authenticité par le vin de père en fils depuis  1610 « sur le même plateau rocheux que saint-Emilion et Pomerol, surplombant la magnifique vallée de la Dordogne » Les anciens l’appelait « le Coteau des Merveilles ». Les goguenards, toujours en retard d’une guerre, les railleurs, tout le petit monde des suiveurs, les ignoraient. Et c’est alors que ce sont pointés, en septembre 2010, nos amis les amateurs japonais. «Un manga japonais fait d'une cuvée sans histoire un vin culte » il s’agissait bien sûr des Gouttes de Dieu,link. Avec délice, et une satisfaction à peine contenue, j’écrivais alors que cuvée sans histoire prêtait à sourire – si tant est que les emmerdements puissent faire sourire – car c’était ignorer que le château le Puy a connu, et connaît encore, bien des déboires avec le système officiel de la dégustation qui lui a retoqué, et lui retoque encore, des cuvées pour les habituelles divagations sur la typicité, « l’air de famille »link


Je montais alors sur mes grands chevaux pour pourfendre  les grands experts du goulot « Bref, encore une mornifle sur la joue de ceux pour qui dégustation (agrément) rime avec exclusion de tout ce qui n’est pas à la hauteur du plus petit commun dénominateur. Accepter la différence, la prendre en compte dans l’exercice périlleux des dégustations d’agrément, en finir avec le rabot niveleur de « l’air de famille » me paraît, au vu de ce qui vient de se produire, le minimum d’intelligence que l'on puisse attendre. Ce sont les consommateurs qui sont les seuls juge »


Cerise sur le gâteau de cet épisode médiatique, comme l’ami Jean-Pierre avait confié au journaliste de Libération qu’il « connaissait l'existence du manga grâce à une note lue sur le blog de Jacques Berthomeau. » je connus les joies extatiques du premier gros buzz sur mon espace de liberté. Comme quoi amitié et fidélité ont de beaux retours. Je profite de cette minute de célébration pour saluer la constance de Patrick Beaudouin à soutenir la cause de Jean-Pierre Amoreau.


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Mais ce n’est pas tout car  voilà t’y pas qu’en janvier de cette année 2013 tombait la nouvelle : « Jean-Pierre Amoreau et son fils Pascal, à la tête du château Le Puy, situé à Saint-Cibard (Gironde), ont déposé un dossier auprès de l’Inao pour qu’une partie de leur vignoble actuellement en AOC Côtes-de-Francs passe en appellation Le Puy, AOC qu’ils souhaitent voir reconnaître. » Tout ça datait d’août 2011, où Jean-Pierre a déposé un dossier auprès de l’Inao. « Le service juridique a jugé que sa demande pouvait être instruite. Sa demande ? Ni plus ni moins que de changer d’appellation pour une petite partie de ses vignes, à savoir 5 ha en AOC Côtes-de-Francs, sur les 50 ha que compte le domaine. La famille Amoreau voudrait voir passer ces 5 ha sous leur propre appellation, baptisée Le Puy » Pour les détails lire ICI link et link


J’adore le panache surtout lorsqu’il est le fait de quelqu’un comme Jean-Pierre pour qui « Etre vigneron, c’est être observateur, curieux, méditatif, travailleur, hardi, méticuleux, amoureux de la nature et des êtres vivants, respectueux de ses semblables. » Affaire à suivre, donc…

Reste qu’à Paris, Château le Puy, a toujours eu dès son ouverture boulevard de la Madeleine, un soutien et une fidélité sans faille de LAVINIA. Dans les entrailles du grand caviste, au cœur de l’espace précautionneux, le Château le Puy occupait un bel espace. Chapeau aux dirigeants de Lavinia. Et ça ne faiblit pas puisque, un soir de cette semaine, rentrant sur ma flèche d’argent de dîner avec le Bout de ma langue, je découvrais une vitrine entièrement dédiée au Château le Puy. Vous me connaissez, samedi dernier j’y suis retourné et je suis tombé nez à nez avec Yannick Branchereau. Bien reçu le Taulier ainsi il a pu réaliser tous ses petits clichés en père peinard. L’a aussi dégusté le millésime 2008.


En passant notez chers lecteurs la bonne synchro de la RVF:

84e Yannick Branchereau

184e Jean-Pierre Amoreau


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Vraiment top la mise en avant de Château le Puy, bonne approche de l’extension du domaine du vin : l’intérêt des consommateurs à la dégustation était évident. Un grand jeune homme barbu, accompagné de  sa compagne (oui j’ose tout) marquait son étonnement en soulignant qu’il ne s’imaginait pas qu’on puisse produire un tel vin à Bordeaux. Ils sont repartis bardés de quilles de château le Puy. Les actes valent mieux que les plus beaux discours. Le taulier est reparti tout guilleret sur sa flèche d’argent en pensant aux ouvriers de la 25e heure qui volent au secours de la victoire…


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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 07:00

La vengeance est un plat qui se mange froid, dit-on, mais à la seule et unique condition de bien savoir la conserver, la préserver des outrages du temps, même la réchauffer lorsqu’il le faut, sinon elle devient vite amère ou rance. Pour ce faire je fais mienne, depuis toujours, celle mise en exergue par Baltasar Gracian y Morales « Le mépris est la forme la plus subtile de la vengeance.  » J’attends. J’attends le bon moment. Surtout ne laisser rien paraître, ravaler son orgueil, mettre un mouchoir sur son amour-propre, garder juste ce qu’il faut de distance et de froideur apparente, résister parfois au désir de profiter d’un avantage passager car il ne s’agit pas de gagner une bataille mais la guerre, une guerre totale sans rémission ni capitulation. Réduire au silence, pas au silence éternel bien sûr, mais à une forme d’attrition qui est une destruction intérieure, invisible, préservant les apparences. Ruiner, j’aime ce mot. Croiser le regard atterré de celle ou de celui qui pensait que l’oubli avait effacé l’outrage. Quel drôle de mot, mal adapté à la blessure jamais vraiment cicatrisée. Nulle offense, nulle injure à mon égard mais cette hauteur que soi-disant donne le pouvoir à certains, les bras droit, les exécuteurs froids des basses œuvres, pour vous briser, vous ignorer, vous mépriser. Pas un mot, pas une sentence, le vide, la solitude et le gouffre, alors résister, ne pas pleurer, serrer les dents. S’accrocher. Que faire ? Dériver, laisser le temps faire son œuvre, s’armer de patience, sourire à la vie, laisser faire le hasard. Devant mon verre, à la terrasse du café de la place du Palais Bourbon, sous la chaleur du convecteur à gaz, je feuilletais la presse, morne plaine : la démission de Cahuzac, la mise en examen de l’agité, les piaillements des uns et des autres, sans intérêt. Le temps serait-il venu que je me bouge le cul, que je cesse de renvoyer à demain ce que je voulais faire ? Sans grande conviction je décidai que oui. Je payais et je rentrais à la maison faire mon paquetage.

J’adore partir sans prévenir. Ce n’est ni digne, ni courageux,  mais pratique. Où allais-je aller ? À la gare, prendre le premier train, puis réfléchir à la situation que je venais de créer. En fait je savais très bien où j’allais mais je faisais comme si. Tordu le mec, oui sans doute, simple cloisonnement entre la pensée et le faire afin de ne pas reculer, se trouver cent-mille bonnes raisons de rester le cul au chaud à ne rien faire. « Vous avez une chambre avec douche ? » La réception était minable. Le réceptionniste était minable. L’hôtel était minable. Le type me zieutait comme si j’étais un sans-papier. Ça m’énervait. Sans réfléchir j’étalais sous son nez poilu ma carte barrée de tricolore. Il déglutissait. Il toussait. Il s’étouffait. Se ruait sur le tableau des clés. M’en tendait une. Balbutiait « la 56, c’est la plus calme et la meilleure… prenez l’ascenseur à gauche c’est au cinquième…» Je n’aime pas les ascenseurs, ça réserve parfois des surprises à l’arrivée. Je le lui disais d’un air contrarié. Sa bouche s’arrondissait, aucun mot ne sortait, seul un gargouillis baveux humectait ses lèvres craquelées. J’avais soudain honte  de foutre la trouille à ce pauvre veilleur de nuit payé au lance-pierre. Je lui demandais s’il avait soif. Il dodelinait sa tête déplumée en guise d’acquiescement. « Commandez deux bocks au café d’à côté, c’est ma tournée…

-         Mais m’sieur le commissaire ils ne voudront jamais venir…

-         Alors dites-leur que c’est pour le commissaire vous verrez le service sera rapide.

-         J’suis con je n’y avais pas pensé m’sieur le commissaire…

Nous nous sommes installés côte à côte dans les fauteuils élimés de ce qui se voulait la réception de ce palace. Le loufiat qui était venu nous porter nos mousses avait eu la bonne idée de nous demander si nous souhaitions casser une petite graine. Le gars y devait penser, comme tout bon Français qui se respecte, que faire de la lèche avec un représentant haut placé de la maison poulagas c’était un bon investissement. « Et si on se tapait une bonne choucroute ? » Mon réceptionniste qui avait descendu son bock en deux lampées me contemplait comme si j’étais la Vierge de Massabielle. « Une Royale, c’est la mieux garnie…

-         Deux, avec de la moutarde forte mon garçon !

-         Oui monsieur le commissaire…

-         Et tu nous remets deux pintes sans faux-col !

-         Oui monsieur le commissaire…

C’était la première fois de ma carrière qu’on me donnait du commissaire ce que je n’avais jamais été. Le plus drôle c’est que je ne savais même pas quel était mon rang dans la Grande Maison. Je vivais hors hiérarchie depuis des lustres et maintenant que mes petits copains étaient aux manettes place Beauvau tout le monde trouvait ça très bien dans la haute hiérarchie de la Grande Maison. Je comptais bien profiter de la situation pour préparer le terrain de mes basses œuvres. La choucroute se révélait d’excellente qualité et, comme le loufiat nous avait gratifiés de portions gargantuesques, nous rotions comme des bienheureux. « Un café avec une petite prune, monsieur le commissaire ? » J’acceptais. Le réceptionniste commençait à me raconter sa vie et je l’écoutais en sirotant ma prune. Pour la première fois depuis fort longtemps je me sentais pêchu, j’avais envie d’en découdre. Sans doute sera-ce mon chant du cygne. 

 

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 00:09

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Même le dimanche il bosse votre Taulier, il remet encore l’ouvrage sur le métier mais tout de même il ne faut pas pousser pépé c’est le service minimum pour toujours mieux vous informer sur des sujets concernant votre chère santé.

Deux liens :

-        Un vers le blog de Jean-Yves Nau, titulaire de la chaire journalisme et santé publique sur « le possible retour à une consommation raisonnée de boissons alcooliques chez des personnes devenues malades de l’alcool. Des alcooliques pour lesquels le salut ne passait jusqu’ici que par l’abstinence totale, absolue, définitive et radicale. Tous les alcoologues (et plus encore les malades alcooliques) vous diront que c’est là, sinon un nouveau paradigme, du moins un évènement considérable. »link

-        L’autre vers le Département Sciences Sociales, Agriculture et Alimentation, Espace et Environnement (SAE2) de l'INRA qui organise une Journée de communication et de discussion de travaux récents sur le thème de : « L’étiquetage nutritionnel face à l’arbitrage goût-santé » le Mercredi 10 avril 2013 Paris, FIAP Jean Monnet.

 

« Les relations entre pathologies chroniques et consommations alimentaires soulèvent de nombreux enjeux en matière de santé publique. Cet événement a pour objectif de contribuer aux réflexions sur ce thème en s’intéressant à l’arbitrage entre goût et santé par les consommateurs et à ses conséquences sur l’évolution de l’offre alimentaire. La journée abordera en particulier la question du rôle de l’étiquetage et de l’information nutritionnelle face à cette tension, parfois perçue par les consommateurs, entre qualités gustative et nutritionnelle.

 

Cet évènement s’adresse à un public élargi (chercheurs mais aussi professionnels, spécialistes des secteurs agricoles, agroalimentaires et de l’environnement, journalistes).

 

Louis-Georges Soler, Directeur de Recherches au Laboratoire INRA ALISS, et Bernard Ruffieux, Professeur d’Economie à l’INP de Grenoble et membre de l’UMR GAEL, animeront cette journée.

Les présentations scientifiques s’appuieront particulièrement sur les résultats du programme ANR-AlimInfo (Politiques alimentaires et d’information nutritionnelle des consommateurs).

 

Les intervenants seront Olivier Allais, Martin Bruegel, Philippe Cardon, Nicole Darmon, Géraldine Enderli, Caroline Méjean, Laurent Muller, Pascal Schlich, Gilles Trystram.

 

L'inscription est gratuite mais obligatoire dans la limite des places disponibles.

Merci de vous inscrire avant le vendredi 29 mars 2013 auprès de Céline Colasuonno via le formulaire d’inscription en ligne à l’adresse suivante :link et link

 

La restauration sur place est possible, aux frais des participants (merci de le préciser lors de votre inscription).

En espérant vous recevoir nombreux à cette occasion.

La direction du département SAE2 et le comité d'organisation.

LE PROGRAMME ICI link

 

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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 13:00

Luc Charlier, vigneron en Roussillon, c’est un gars franc du collier comme je les apprécie, avec lui pas de chichis, il envoie dire ce qu’il a envie de dire. Ses premiers pas chez le taulier, en tant que commentateur attitré, en a ébouriffé  plus d’un mais, très vite, sa sincérité lui a rallié une belle majorité. Je ne vais pas lui envoyer une trop grande brassée de fleurs ça casserait son image de pourfendeur au grand cœur.

Aujourd’hui, Luc et sa compagne Christine viennent faire leur nid chez le Taulier pour vous vanter, car on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, leurs vins de soleil et de vent. Je puis vous certifier, pour les avoir goûtéslink, que vous pouvez leur faire confiance : c’est que du bon, même du grand.

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« Nous en reçûmes trois cents mais par un prompt renfort

C’est à présent sept cents signes qui me servent de passeport

Pour se bien présenter il n’en faudra guère plus

A celui qui jadis vous dévoila son cul

 

Si des entrailles unies des Flandres il provient

Et en parts presque égales de celles de Wallonie

C’est aux pentes de l’Agly qu’il arrache son vin

Sur les schistes arides d’Estagel ou Maury

 

Outre quelques pommiers et aussi quelques guignes

Il a à exploiter dix hectares de bonne vigne

Grenache ou carignan, vin de soleil et de vent

 

C’est le nectar du Roussillon offert à ses clients

Certes comme poète il ne vaut pas un clou

Essayez donc plutôt de goûter Coume Majou »

 

Domaine de la Coume Majou

11 rue de l’Eglise

66550 Corneilla

T° 04.68.51.84.83

www.coumemajou.jimdo.com

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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 00:09

Aujourd’hui faut que je fasse vite car j’ai du lait sur le feu.

Ma chronique je souhaitais la titrer « Si ÉVA m’était COMTÉ : elle raffole de MARCEL PETITE et des Tronches de Vin » mais je me suis dit ils vont comprendre queue de chique.

Et pourtant !

Besançon est la capitale de la FRANCHE-COMTÉ et samedi dernier ÉVA et ses 4 compères y officiait, au lieu-dit les Gourmands Lisent les Tronches de Vin ont fait un tabac : la preuve...

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Puisque vous voulez tout savoir et rien payer sachez que cette nuit-là :

1-               Beaucoup de quilles sont tombées au champ d’honneur.  

2-             Les hommes furent vernis.487686_10151532116784873_1563016138_n.jpg

3-             La femme du boulanger fut honorée.061

4-             La maison de verre fut envahie pour une courte nuit.

Si vous n’avez rien compris : tant pis !

Ce qui compte c’est le COMTÉ qu’ÉVA a acheté dimanche au marché. Du Marcel Petite bien entendu : la preuve en image.

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Le mystère du titre alambiqué étant levé le taulier, qui fut sobre comme un chameau déjanté au cours de cette mémorable soirée, en profite pour éduquer les petites louves et les petits loups des villes sur « les cultivateurs intelligents des environs de Genève et des montagnes du Doubs et du Jura qui se sont réunis en associations »

S’ils se sont réunis c’est que petits éleveurs ne possédant que 2 ou 3 vaches, ils ne pouvaient assurer à eux seuls la fabrication de fromage de Garde.

Les Fruitières, au sens originel du mot fruit, du latin fructus, fruit, « revenu, production » En 1846 elles sont décrites ainsi par l’Encyclopédie Moderne.

« Chaque associé apporte soir et matin son lait à la laiterie commune. Le fruitier le mesure et tient note de la livraison sur un bâton fendu en deux, dont une moitié reste à la fruitière et l’autre emportée par l’associé. À la fin du mesurage de la seconde traite, le fruitier additionne les livraisons de chaque associé. Celui qui a livré le plus de lait a le produit en fromage de la fabrication de ces deux traites. On additionne toutes les livraisons, on soustrait de cette somme le lait de celui qui a eu le produit, et il doit le reste  à la société. Chaque jour le lait qu’il apporte est reçu en déduction de sa dette, et lorsqu’il a payé cette dette, il redevient créancier de la société »

Et elles fonctionnaient ainsi :

« Pour 50 vaches, il y a un maître fruitier, un aide, un premier gamin et un deuxième gamin. Le maître fruitier trait les vaches, fait le fromage, l’emmagasine et le soigne. L’aide trait les vaches, coupe le bois dans la forêt, fait le service et surveille les gamins ? Le premier gamin trait les vaches et les garde ; le deuxième gamin porte le lait dans la chaudière, le passe et fait exactement le service d’un chien de berger. Le maître fruitier reçoit environ 80 francs pour les quatre mois que les vaches passent à la montagne ; il est nourri ainsi que l’aide et les deux gamins. L’aide reçoit 50 francs ; le premier gamin 15, le second 12. La traite à lieu à quatre heures du matin et à quatre heures du soir. Chaque traite dure une heure ; environ quatre minutes par bête. Les vaches donnent en moyenne 8 à 9 litres chaque jour pendant quatre mois ; on leur donne du sel au moment de la traite. Une fruitière produit par jour deux fromages de 15 à 20 kg chacune. »

Enfin, pour ceux qui raillent le terroir qu’ils sachent que toujours selon l’Encyclopédie Moderne « le climat, la nature de pâturages ont une influence incontestable sur la qualité du fromage, et ce qui le prouve, c’est qu’ils varient de qualité dans des lieux de fabrication différents, lors même que la fabrication a été entièrement semblable. »

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 13:00

Avant de faire de la promotion en prime-time à la télé pour Tronches de vin, le guide des vins qu'ont d'la gueule j’ai pensé qu’au moment du Salon du Livre 2013 où nos jeunes et beaux auteurs, Eva, Antonin, Guillaume, seront présents : au Square culinaire sur le stand X 81, Pavillon 1, Parc des Expositions, Porte de Versailles.  (Voir Horaires à la fin de la chronique) je propose pour booster les ventes que :


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1-               Guillaume Nicolas-Brion se tape une dégustation-dédicace avec quelques potes vignerons des vins nus à la Cave de la Grande Epicerie du Bon Marché (succès assuré) ;


2-          Eva qui dit « J'aime bien Mouton-Cadet mais je préfère le vin » se coltine sa « promotion » chez Nicolas pour 12 Tronches de vin, le guide des vins qu'ont d'la gueule achetés un bouteille de Mouton-Cadet offert par Philippine de R (dur, dur mais jouable);


3-             Antonin s’offre une séance de dégustation -dédicace au Clos de Vougeot avec son ami  Patrick Essa (pas simple mais jouissif) ;


4-             Olif se colle à un débat-dégustation au Laurent de vins sans passeport avec son pote Nicolas de Rouyn, dédicace à la fin pour les VIP (un grand moment) ;


5-             Philippe Rapiteau, qu’est un peu vendéen sur les bords, fait déguster des vins nus au Cercle Vendéen dont le président est mon ami Jean-Paul Lubot de Marie-Claire. On pourra demander à la rédaction de la RVF de passer.(on peut faire ça au Lapin Blanc ça plaira à JLP qui adore s’encanailler).


Voilà je sais c’est dur mais c’est la dure loi du marché mes amis : quand faut y aller faut y aller. Pour l’heure vous pouvez vous rendre au Salon du Livre Square culinaire sur le stand X 81, Pavillon 1, Parc des Expositions, Porte de Versailles.


- Vendredi 22 : De 18h à 19h Table ronde


- Samedi 23 : De 14 à 15h Conférence : Tronches de vin, faire du vin autrement. Présentation du guide, des vins naturels. Suivi d'une séance de dédicace

- Dimanche 24 : De 11h à 13h Dédicace au stand de l'épure


De 14h à 15h Table ronde : Que boire avec ? Les accords mets et vins. Autres intervenants Laure Gasparotto (De Monza). Suivi d'une dédicace.


De 18h à 19h Conférence : Déguster des vins différents.

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 00:09

Tous les vignerons allergiques aux cahiers des charges de nos belles ODG, virés par elles, adeptes de la créativité, du cépage ancestral  ou blacklisté se sont rués sur la nouvelle catégorie : VIN de France. Leurs quilles s’épanouissent sur les étals des cavistes comme les cent fleurs du père Mao ornées d’étiquettes fluo et baptisées de noms plus ou moins trash ou rigolos. Y’ au petit côté course à l’échalote dans la provoc mais d’un, ça ne mange pas de pain et de deux, sous les pavés y’a souvent des vins qui valent le détour. Pour les auteurs de Cap 2010 ces vins libres, nus ou peu vêtus, sont la parfaite illustration de ce qu’ils avaient baptisé « espace de liberté » 


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Comme vous vous en doutez votre Taulier ça lui plaît sauf que, comme toujours dans ce type d’espace y’a des petits malins qui viennent déposer ce que vous savez et que ne veux pas qualifier pour ne pas me laisser emporter dans un torrent de grossièreté. Je m’explique.

Avant-hier au soir je sors acheter mes oranges maltaises chez mon petit épicier tunisien en face de chez moi. Il a un rayon vin très conséquent. Il s’approvisionne chez Métro. En passant je jette toujours un petit coup d’œil pour repérer ce qu’il propose à ses clients : s’il a autant de vins dans un si petit espace c’est qu’il en vend. Ce type d’indicateur est intéressant. Et là, que vois-je ? Ça :

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Côte à côte donc Vieux Papes de la SVF maintenant dans le giron de Castel et un nouveau venu, forme de frère siamois, Vieux Page. Même prix 2,90€ mais le pluriel pour le premier, le singulier pour le second. Nulle trace de page sur l’étiquette du copieur mais un bon gros moine qui déguste dans une cave voutée pleine de tonneaux. Image moderne du vin sans contestation mais ce n’est pas tout car ce nectar est étiqueté VIN de FRANCE et « Sélectionné par Les Caves Prestiges à 93210 Saint-Denis-la-Plaine » commerce de gros de boissons 109 Avenue Président Wilson 93210 - La Plaine Saint Denis et embouteillé par Raoul Clerget en Côte  d’Or 21200-423 qui appartient au groupe Tresch link 

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Voilà, le tour est joué et pour sûr qu’avec ce degré d’inventivité nos distributeurs de vin vont faire des ravages et recruter une palanquée de nouveaux consommateurs. Bravo c’est beau comme un carton rouge exhibé…

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 10:26

photo (12)Votre Taulier qui n’écrit que 2 chroniques par jour, pas une de plus, n’aime guère travailler et il ne peut laisser s’amplifier cette légende qu’il passerait son temps à chroniquer. Si c’était vrai ça voudrait dire qu’il n’en foutrait pas une rame : qu’est-ce que quelques pages par jour dans la vie d’un homme. Bref, ce jour, pour démontrer l’inanité de ces propos sans fondement votre Taulier se contente de glaner quelques articles sur la Toile pour les proposer à votre lecture.

Bonne fin de journée.

1-               Le business des vins d’exception dans Capital link

 

2-             Critiquer (vraiment) Facebook par DOMINIQUE CARDON, sociologue sur Libération.fr link

 

3-             Tronches de vin en librairie : 5 blogueurs donnent « 117 raisons de lever le coude » et d’aimer le vin sur Bourgogne-Live link

 

4-             Le Top 50 des 50 personnalités francophones les plus influentes du vin 2.0  link

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 00:09

Ce qui frappe et intrigue le plus chez Emmanuel Giraud c’est la gourmandise de son regard, derrière ses petites lunettes les yeux pétillent, salivent, croquent au sens du dessinateur et du chroniqueur, comme si, vous prenant pour un castraure de San Érasmo, avec délicatesse, il allait vous effeuiller. Jamais en reste d’une nouvelle idée, d’un projet loufoque, d’une installation ébouriffante, cet esthète discret toujours en quête du beau et du bon, lève le voile dans un petit opus  EXCÈS publié aux Éditions de l’Épure 7 € son goût immodéré pour le gras, le juteux, le fumant, le croustillant, le voluptueux.


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L’Emmanuel sait aussi être rosse et sarcastique, dans la préface sa plume est aussi acérée qu’un couteau à désosser. Pas de quartier pour les pharisiens de la bonne chère, ces « rédactrices de mode (qui) gloussent à longueur d’éditoriaux sur la dernière couleur en vogue pour le glaçage des cupcakes ». Sans pitié pour « les coiffeuses de Maubeuge et les mécanos de la Ciotat (qui) rêvent de « changer la vie » en ouvrant un sushi-bar en prime time » Compatissant pour ces innocents libraires qui, chaque jour, « meurent  sous le poids de rayonnages effondrés où s’entassent de toujours plus nombreuses, toujours plus encombrantes et toujours plus inutiles encyclopédies des soupes et des salades. »


Avouez que c’est roboratif, que notre Emmanuel il n’y va pas avec le dos de la cuillère. Il hache menu, avec une belle dextérité, la critique gastronomique qui « se vomit proprement en cent quarante signes sur Twitter ». Il taille en pièces fines, j’oserais même écrire qu’il escalope « les blogueuses anorexiques (qui) s’extasient sur la burrata allégé au yuzu. » Il offre au grill, à la puissance du feu, avec délectation, les Inquisiteurs « du nouveau clergé bio, végétalien et bien-pensant » pour qui la dégustation d’une « entrecôte divinement persillée […] est un crime passible des pires outrages. »


Bref, c’est une belle charge avec tous les excès d’une charge, une bonne dose de mauvaise foi parfois, mais Dieu que c’est bon  de voir se lever dans l’actuelle bien-pensance, le fade du sanitairement correct, le gris de l’hygiénisme sournois, la débilité des slogans dit de Santé Publique, un héraut du plaisir, de la gourmandise, de la jouissance. Sa citation de Saint-John Perse, qui ouvre le bal, donne le ton « Malheur aux incertains et aux parcimonieux !  On périt par défaut bien plus que par excès »


Mais Emmanuel j’ai tout de même envie de mettre mon grain de sel sur ton éloge de l’EXCÈS. Ta contre-offensive radicale contre les chantres de la sobriété a beaucoup de charme, elle est vaillante même flamboyante, elle ne fait pas de quartier, mais elle se jette un peu trop facilement dans la gueule du loup en prenant le risque de se voir encerclée par les bataillons des « inquisiteurs du diétiquement correct ». Ces gens-là n’attendent que cela pour nous clouer au pilori, nous exposer sur la place de grève avec autour du cou une pancarte énumérant les chiffres affreux de la Sécurité Sociale. Moi je n’ai pas envie de leur offrir ce plaisir à ces minables.


La satiété est mon principe de vie car je n’ai nulle envie d’entendre mon ventre crier famine après avoir croqué des lamelles de radis montées en pyramide avec une escalope de St Jacques au sommet constellée  de fines gouttelettes Aceto balsamico tradizionale di Modena. En revanche je n’ai nulle envie de me sentir lourdement repus, de sombrer dans une sieste postprandiale la bouche ouverte, de ronfler comme un sonneur de viole toute la nuit. Mes excès sont sélectifs, irrépressibles, monstrueux : je suis capable d’engloutir une platée de spaghettis qui ferait caler 2 ou 3 bons mangeurs ; je descends sans peine une ration de riz au lait nappé de chocolat qui mettrait en déroute un bataillon de sapeurs ; je dévore jusqu’à la dernière miette le Panforte que je viens tout juste d’acheter…  J’engloutis alors mais rien ne m’est plus désagréable que mon plaisir immédiat soit gâché par l’épreuve du lendemain. La nature m’a doté d’un appétit d’ogre mais mon corps consume sans trop d’effort, brûle et si je fais du vélo ce n’est pas pour faire du sport mais pour aérer mes neurones, me faire croquer de la vie. J’avoue n’être qu’un franc mangeur et buveur loin des paillettes, du paraître de beaucoup de gastronomes. La table est un lieu irremplaçable, qu’elle soit de formica dans une cuisine au 9 e sur cour ou nappée dans un établissement étoilée. Converser, échanger, manger aussi, passer du temps, prendre le temps est le meilleur rempart à cette fameuse obésité qui guette les enfouisseurs de pizzas vautrés sur leur canapé face à la télé.


Point trop de sel n’en faut, exhausser le goût simplement, le chroniqueur laudateur ne remplit pas sa fonction qui est de donner envie à ses lecteurs de se précipiter chez leur libraire pour acquérir, ici en l’occurrence le petit opus d’Emmanuel  Giraud EXCÈS. Alors allez-y sans crainte car notre pourfendeur défenseur de la liberté culinaire vous offre 10 recettes dont de goutteuses « Huîtres en gelée Tête de Veau » accompagnée d’un Melchisédech (30L) de champagne de la maison Drappier que vous sabrerez. link

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 13:00

Au temps héroïque du pensionnat la bouffe au réfectoire n’était ni très appétissante ni très équilibrée. C’était si dégueulasse qu’on ne se goinfrait pas et nous n’étions donc guère sujets à l’obésité. Au Resto-U c’était pire. Bref, nous étions baby-boomers aux portes de la société de consommation et bien évidemment nous pensions que nous allions voguer vers des rives où nos enfants allaient bien manger à la cantine.

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C’est le cas nous dit-on mais une tendance s’esquisse qui semble amplifier les mauvaises habitudes prises déjà à la maison par les adolescents devant les écrans TV ou du Net : la «junk-food» soit la malbouffe arrosée de soda.  Le snacking www.snacking.fr restauration rapide et nomade touche de plus en plus une population de jeunes à petit budget.


Les tendances s’esquissent toujours en creux et si on veut anticiper soit pour les amplifier ou les combattre il est nécessaire d’agir à la source. L’enquête de Que-Choisir est bien sûr limitée et parcellaire mais elle met le doigt sur ce que tout un chacun peut vérifier dans son quotidien. C’est important. C’est un vrai sujet pour nous qui défendons une conception du bien-vivre où l’alimentation, sa forme comme son contenu, tient une place importante.


« Dans 48 établissements secondaires (10 collèges et 38 lycées), la cantine traditionnelle se trouve en concurrence avec des stands de type cafétéria, fast-food ou sandwicherie. Ils proposent des aliments déséquilibrés de type pizza-frites-gaufres ou panini-brownie-soda et sont implantés au cœur même des établissements, dans les mêmes locaux ou à proximité des cantines. 


Une bonne partie de ces stands sont sous la responsabilité de grands groupes de restauration scolaire». Note UFC-Que Choisir dans une « Etude sur l’équilibre nutritionnel dans les restaurants scolaires de 606 communes et établissements scolaires de France Mars 2013 »

Libération a noté :


« Les meilleurs élèves sont les cantines des écoles élémentaires publiques. En 2005, 20% d’entre elles n’avaient pas obtenu la moyenne. Sur les 384 écoles publiques de communes différentes étudiées cette année, la note moyenne s’élève à plus de 15/20. Les villes de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Paris XVIe et Quimper (Finistère) sont en tête du classement.

Le «bonnet d’âne» revient au secteur privé. «Les écoles élémentaires obtiennent une moyenne de 11,3 soit 4 points de moins que dans le public et le secondaire obtient, lui, une moyenne d’à peine 10», poursuit-il, donnant l’exemple d’établissements qui «remplacent la viande rouge par une viande hachée bon marché».

Je vous propose :


1-               L’« Etude sur l’équilibre nutritionnel dans les restaurants scolaires de 606 communes et établissements scolaires de France Mars 2013 »link

 

2-             Des analyses de la presse :


Le Télégramme link

Libération link

Challenges link

La Dépêche link

 

 

 

 

 

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