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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 00:09

Je trouve cette affirmation générique stupide, bien dans l’esprit du temps, simple pendant à ceux qui affirment que le dit vin est mauvais pour la santé. C’est quoi la santé au juste ? L’OMS répond que c’est « un état complet de bien-être physique, mental et social ne se caractérisant pas uniquement par l’absence de maladie ou d’infirmité. »


C’est large. C’est vaste. La santé s’est maintenant promue en style de vie, elle est vendue comme le sont aujourd’hui la plupart de nos actes quotidiens. Pour s’en convaincre il suffit soit de pousser la porte d’une pharmacie où le marketing santé oriente ou même pousse à la consommation, soit de contempler les présentoirs de magazines qui regorgent de publications sur la dite santé. Le marché de la santé, comme le marché des biens domestiques, s’étend, propose toujours plus.


Comme l’écrit Georges Vigarello dans Histoire des pratiques de santé « Le processus de civilisation déplace depuis longtemps les frontières entre le supportable et le non-supportable, approfondissant le sensible, rendant moins tolérés des « mal être » auparavant acceptés. L’exigence n’est pas nouvelle. Elle s’est à coup sûr intensifiée. »


Et de citer pour souligner ce phénomène l’accélération des maladies déclarées par les personnes interrogées : il s’était accru de plus des ¾ entre 1970 et 1980. On passait de de 37 637 maladies déclarées à  60 058 soit 1,62 maladie par personne à 2,28. Chiffre sans grand rapport avec les affections réelles. La France n’était pas plus malade en 1980 qu’elle ne l’était en 1970. Bien au contraire puisqu’u cours de la même période l’espérance de vie était passée de 76 à 79 ans pour les femmes, et de 68 à 71 ans pour les hommes. La tendance s’est accélérée, intensifiée depuis car la vigilance sur soi s’est accrue comme s’est déplacée la frontière entre santé et maladie.


En effet, nous sommes entrés dans l’ère des exigences du « mieux être » car « c’est le thème du plaisir que manie la rhétorique sanitaire : « choisissez de vous faire du bien », cet été réveillez vos sens », « mariez plaisir et bien-être ». Il y a un versant hédoniste, bien sûr, dans cette insistance à « jouer la carte du bien-être ». Vigarello note « C’est le triomphe d’un individu plus indépendant, plus narcissique sans doute, comme d’innombrables textes l’ont souligné dans les années 80, le renouvellement de l’investissement sur le corps s’est imposé comme une vérité d’autant plus tangible que sont tombés les « au-delà », ou que se sont effacés les « grands messages ». la chute des transcendances, politiques, morales, religieuses, renforce cette importance de la conscience corporelle : mieux s’éprouver, accroître le registre des sensibilités, ne pas vieillir. Elle suggère l’investissement physique comme une ressource ultime, de durée, de certitude, d’engagement très personnalisé, installant une maîtrise de soi totalement traversée par l’attention au physique et à son immédiateté. »


La dictature de la minceur en est le plus bel exemple conjuguée avec l’efficacité, la performance « Nous vivons dans un monde impitoyable où être le plus fort, le plus débrouillard, le plus malin, le plus rapide, mais aussi le plus résistant est devenu une condition nécessaire sinon suffisante pour exister, pour réussir ou plus simplement pour tenir » La pression grandit pour une promotion de chacun : le fil des réseaux sociaux le montre chaque jour de plus en plus avec une inexorable fuite en avant sans beaucoup de débouchés concrets. Le gagneur, même s’il est un peu moins flamboyant avec les dérives des faiseurs de fric d’un seul petit clic, reste la référence y compris chez les petites louves et les petits loups qui s’affichent « rebelles ».


Le vin dans cette quête a un statut ambiguë car il est tout à la fois vecteur de plaisir, de bien-vivre, marqueur social de réussite mais aussi un « risque » que les faiseurs de forme agitent sous le nez de la nouvelle race des winner (l’utilisation de l’anglais sur Twitter me fascine, elle est souvent inversement proportionnelle à la réalité du statut de celui qui l’utilise comme langue véhicule). L’apport énergétique est un indice du sain et du malsain. On associe la basse énergie alimentaire conjuguée à une haute dépense énergétique : le cas de notre ancien président de la République reflétait bien cette obsession : pas de vin, une lutte contre son addiction au chocolat, ses joggings permanents…


Un nouveau modèle s’est donc imposé, où les critères subjectifs de santé sont dominants : celui d’un corps directement connecté et alerté par ses sensations, machine informationnelle aux circuits maîtrisés. L’ « écoute des sens » appuyé sur la vérification via le Net : on sait tout sur tout avant même la consultation médicale. « Prendre conscience de son corps avec toutes ses articulations pour qu’il puisse s’exprimer librement. »


Pour moi le vin se situe dans un espace de liberté, sous l’exigence de la responsabilité personnelle, loin très loin des engeances qui s’autoproclament gardiennes de ma santé, de mon mieux-être et de ce fait je banni celles et ceux qui jouent sur les peurs, y compris les défenseurs des vins propres. Le combat pour la durabilité de notre planète vaut mieux que les bisbilles entre maîtres de chapelles.


Dernier point, et il est fichtrement d’actualité avec le médicament Diane 35 : « L’ANSM a réévalué le bénéfice/risque de Diane 35 dans sa seule indication autorisée : le « traitement de l’acné chez la femme. L’efficacité est modérée et ne s’observe qu’après plusieurs mois de traitement », précise l'Agence. Elle ajoute : « De nouvelles données démontrent notamment un risque thromboembolique veineux quatre fois plus élevé que celui des femmes qui ne prennent pas ces traitements. Il existe par ailleurs des alternatives pour le traitement de l’acné. Dans ce contexte, l’ANSM considère que le rapport bénéfice/risque de Diane 35 et ses génériques est défavorable dans le traitement de l’acné.»


« La santé consommée promeut aussi ses pharmacologies incontrôlées… »

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 12:00

Hollande quand tu nous tiens tu ne nous lâche pas…


« Au pouvoir depuis 1980 – ce qui la classait à la neuvième place des monarques régnants depuis le plus longtemps dans le monde –, la reine Beatrix a estimé, dans une allocution télévisée, qu'il était temps pour elle de passer le témoin à « une nouvelle génération ».


Et pourtant elle n’a que 75 ans. Beaucoup de nos hommes politiques s’ils étaient élus à vie, j’en suis sûr, garderait le manche bien plus longtemps. C’est « une icône des Pays-Bas » a déclaré le premier ministre, Mark Rutte, là encore nous souffrons de la comparaison car souvent nos Présidents lorsqu’ils quittent le pouvoir, les battus surtout : le déplumé de Chamalières et le petit agité, sont voués aux gémonies avant de tomber dans un relatif oubli. Place aux jeunes est le leitmotiv favori des petites louves et des petits loups de la politique. Chez nos voisins bataves que nous avons coutume de dénommer hollandais l’abdication la reine Beatrix au profit de son fils aîné, Willem- Alexander, qui n’a que 45 ans, fera de lui le 30 avril un jeune chef d’Etat. Autre particularité hollandaise c’est que la lignée de femmes laisse la place à un mâle : le Willem- Alexander sera premier roi des Pays-Bas depuis Guillaume III, mort en 1890. Une régente et trois reines (Wilhelmine, Juliana et Beatrix) lui succédèrent.


Bien sûr, certains vont me rétorquer : ça sert à quoi, une reine, un roi ? La réponse est simple : à se doter d’un chef d’État sans passer par la case élection.  Je ne suis pas royaliste mais je m’interroge sur l’utilité de la dualité d’un pouvoir exécutif : un Président et un Premier Ministre tous deux élus au suffrage universel, l’un par tout le pays et l’autre dans une petite fraction du territoire mais qui s’appuie sur une majorité parlementaire.


Le président précédent avait qualifié son Premier Ministre de collaborateur. L’actuel voulait redonner du lustre à  ce dernier, on ne peut pas dire qu’il ait réussi. Il y eu aussi les virés célèbres : Chaban par le président Pompe, Rocard par Tonton. Chirac claqua la porte au nez de Giscard en 1976 pour exister. Reste ceux que l’on a oubliés : Debré, Messmer ou que l’on est en train d’oublier : Raffarin. Il y eut un flamboyant : de Villepin et un gris Fillon. La seule femme fut un fiasco total : Edith Cresson. Enfin, il y eut enfin un malheureux qui s’est suicidé sitôt après : Bérégovoy.


Bref, dans notre beau pays plus l’on vote moins les citoyens votent, y’a trop d’étages inutiles, trop de représentants du peuple, alors je suis en droit de me poser la question du coût et de l’utilité de certaines votations pour des élus qui font à peu près le même boulot. Pour en revenir à la tête du pays suis-je pour autant partisan d’un Président à l’américaine ? Non, nous avons trop aimé le plébiscite qui a accouché d’empereur ! Mon cœur adhère à une forme moderne de Royal Republic… Pure provocation j’en conviens mais ce groupe est la nouvelle révélation de la scène pop rock suédoise, encore un pays doté d’une royauté, résume bien ma pensée : dégotons-nous une reine ou un roi, par tirage au sort ou louons-en une ou un et ensuite nous serons tranquille pour des siècles en évitant de lui couper la tête lorsque nous serons mécontents.


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Pour ceux qui aiment le pop-rock :


Royal Republic sera à Beauvais (60) en concert à - L'ouvre Boite - Asca A Beauvais le Mercredi 06 Février 2013 à 20h00 et  à Lyon (69) - Salle Du Kao (Ninkasi Kao) le Mercredi 20 Février 2013 à 20h30.

 

 

Pour ceux qui veulent s’informer sur la royauté en Hollande un petit rappel historique :


« La succession à la tête de l'Etat néerlandais s'effectue habituellement de cette manière : contrairement à d'autres monarchies, celle des Orange-Nassau ne considère pas son règne comme d'essence divine. Juliana, la mère de "Trix" – surnom de la reine pour tous les Néerlandais –, a abdiqué en sa faveur le 30 avril 1980, maintenu par sa fille comme date de la fête nationale, le Koninginnedag, qui continue de susciter d'importantes manifestations de ferveur patriotique dans tout le pays.


Pour une partie de la population néerlandaise, le jour de l'intronisation de Beatrix est plutôt resté comme celui d'une violente manifestation de provos » qui dénonçaient la grave crise du logement sévissant dans le pays. Bilan : quelque deux cents blessés à Amsterdam.

 

Très populaire tout au long de son règne, la reine possède toutefois un indéniable esprit de caste et prônait une monarchie forte, s'impliquant notamment dans le processus politique. Elle a entretenu des contacts étroits avec les cinq premiers ministres qu'elle a connus au cours de son règne. Et elle a sans doute vécu difficilement la dernière décennie, marquée notamment par la montée des partis populistes (la Liste Pim Fortuyn, puis le Parti pour la liberté de Geert Wilders) et la remise en cause de la société multiculturelle, de l'engagement pro-européen du pays ou des pouvoirs de la monarchie.


Sous la pression de M. Wilders, très critique à l'égard de certaines interventions publiques de la reine, les autres formations ont accepté le principe d'une limitation de ses prérogatives. En 2012, elle a dû assister en spectatrice à la formation du deuxième gouvernement de M. Rutte et se contenter d'organiser la prestation de serment des nouveaux ministres. »


Dernier détail « Si Beatrix a retardé les échéances, c'est surtout parce qu'elle voulait laisser à sa belle-fille, Maxima Zorreguieta, épouse du prince Willem-Alexander depuis 2001, le temps de s'imposer comme la future reine. Fille d'un ancien ministre du dictateur Jorge Videla, la jeune femme a dû, avant son mariage, condamner officiellement l'ex-régime militaire argentin. Certains partis voulaient faire en sorte qu'elle soit privée à tout jamais du titre de princesse d'Orange. Son père n'avait pu assister à son mariage et sa famille ne sera pas présente à l'intronisation de son époux. »


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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 00:09

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Ce qui me fascine dans le micro-débat qui agite en ce moment la petite bassine de l’Internet du vin à propos des vins dits « nature » c’est que chaque camp dégaine au final l’argument fatal censé tuer le match, comme disent les commentateurs sportifs, mettre les adversaires plus bas que terre : le sectarisme. Pour un vieux routier comme moi ça en devient risible car, en ce domaine, le je ne vous fréquente pas, je ne me mélangerai jamais avec vous, le je ne boirai jamais de ce type de vin sont des attitudes largement partagée par les leaders charismatiques des deux camps. Oui, je l’affirme, parmi les minoritaires de toutes les chapelles y’a les pires sectaires, tout comme chez les majoritaires le modèle déposé du type Allègre est très développé. Tout ce beau monde est à chier et me fait chier. Me gonfle. M’horripile. Me prends la tête. Le ce n’est pas moi c’est l’autre qui a commencé nous amène dans la petit cour de récréation ou pire dans la basse-cour pleines de petits coqs vindicatifs.


Pour autant, je ne fuis pas la question de l’innocuité ou de la toxicité des substances utilisées, les produits phytosanitaires, les pesticides, insecticides, désherbants, traitements pour la vigne et les produits œnologiques pour l’élaboration du vin. Il s’agit alors d’aborder de difficiles problèmes de santé publique, celle des viticulteurs eux-mêmes, de leurs voisins, des consommateurs, de protection de l’environnement, de la qualité des eaux, d’impact carbone etc. mais surtout pas de jouer dans la cour des excellences du goût qui notent les vins pour le microcosme du vin. Alors Pierre Guigui contre Bettane ou le patron de la FNSEA contre Bové, ça fait peut-être du buzz, surtout pour les deux derniers, mais ça ne fait guère avancer les choses.


Loin de moi de jouer les pères la rigueur, mais lorsque Pierre Guigui dans un bel élan s’emporte en empruntant le dur sentier de la morale, j’ai un peu de mal à le suivre. Libre à lui, et c’est tout à son honneur de s’engager aussi clairement, mais en cela il participe gentiment à la confusion générale (à lire chez Vindicateur).link

  

Que dit Guigui ? « 60% des vins sont la honte de la production française, et les 200 cuvées «nature» posent problème ? C’est à mourir de rire. »


Non Pierre reste avec nous car ensuite tu t’aventures sur un terrain encore plus mouvant : celui de la qualité des vins.


« Et la qualité des vins ? Plus personne ne conteste le fait que, parmi les meilleurs vins de France, figure une proportion très importante de bio. Une proportion qui dépasse leur représentativité dans la production globale. »


Là, comme Michel Bettane dans l’autre crèmerie pour son propre argumentaire, Pierre tu te contentes d’avancer un % invérifiable. D’où tu sors ça ? De ton expérience personnelle, d’une étude, par ailleurs infaisable, non, alors ce n’est qu’une pétition de principe sans fondement qui ne fait guère avancer le débat vers la qualité des arguments. Come ton 60% trouve sa source surtout dans les grosses sources, allez je suis sympa je cite des noms pour t’aider : à Bordeaux, dans l’IGP Oc, dans les Côtes de Gascogne, dans l’IGP Ardèche, dans le cabernet d’Anjou, dans la Champagne, dans les vins pour faire du Cognac etc. Mais là ça risque de fâcher.


Revenons à ton sujet, comme tu es plus fan du bio et de la biodynamie que du nature, à chacun son pré-carré, tu te rattrapes aux branches « Mais là n’est plus le débat, il est aujourd’hui focalisé sur les vins dits « nature ». Que sont-ils en fait ? Moins de 0,1%, appréciés par quelques jeunes consommateurs qui s’écartent de la masse, de la vague gigantesque, du tsunami déferlant de vins sans âme, sans identité, sans aucun intérêt, qui sont la honte des vins français. »


Belle envolée Pierre : la masse, la vague gigantesque, le tsunami déferlant de vins sans âme, sans identité, sans aucun intérêt, qui sont la honte des vins français. Bravo ! Tu appuies là où ça fait mal à ton avis « Et là il ne s’agit plus de 100 ou 200 cuvées, mais bien de milliers et de milliers de vins qui représentent plus de 60% de la production. Des vins produits bien souvent de façon intensive et industrielle. » Puisqu’en ce moment les agriculteurs votent, donc les viticulteurs aussi, tu devrais Pierre prendre ton bâton de pèlerin pour porter la bonne parole à la coordination rurale, au couple FNSEA-CNJA et bien sûr à la Confédération Paysanne. Convaincre en leur disant « les gars vous êtes des producteurs de vins de la honte : changez ! »


Pas sûr que tu fasses un grand succès car, à partir de ce constat là on fait quoi, tu fais quoi, cher Pierre Guigui ? Tu te lances : «Quelles sont les vraies questions à se poser ? Où sont les vrais problèmes ? » La pollution provoquée par le mode de production des bio ? La qualité des 200 cuvées « nature » ? Non, ce débat est partisan et ne s’en prend qu’à la minorité. Un débat peu argumenté, fondé sur des aprioris, des impressions, et surtout une bonne dose de sectarisme.» le mot  choc est lâché.


Fort bien mais, si je suis en total accord avec toi sur l’insignifiance du débat qui intéresse tant celui qui accueille tes réponses, tu en restes là. Sans doute me rétorqueras-tu que ce n’est pas ton job que d’aborder les questions de fond qui ne t’apporteraient que des plumes et du goudron. J’ai déjà entendu ça en 2001 et pourtant on ne fait bouger les lignes en ne balançant que des jugements moraux ou des diatribes. Ton constat est incontestable : « 95% de la viticulture pollue avec pas moins de 10000 tonnes de matières actives.


« La viticulture représente 2,6% à 3% de la surface agricole et utilise 20% des produits phytosanitaires (source INRA). »


« Si la bio n’utilise pas de produit chimique de synthèse, elle utilise du cuivre. Certes polluant, il est réglementé et limité à 6 kg hectare/an au maximum. »


« Ne parler que de la pollution induite par 4000 producteurs (certifiés et non en conversion) utilisant 6 kilos de cuivre an/ha (au maximum), c’est taire que 95% de la viticulture pollue avec pas moins de 10000 tonnes de matières actives (Union des industries de la protection des plantes), mais aussi, bien souvent, un ou deux passages de cuivre/soufre par an en plus.»


« C’est oublier de dire que l’on trouve des résidus de pesticides dans 96% des eaux superficielles et dans 61% des eaux souterraines (Institut français de l’environnement). »


Que faire et surtout comment faire ?


J’entends ta réponse : c’est aux politiques de faire. Oui mais aborder la question de cette façon en stigmatisant les gros, sales et méchants, est le meilleur moyen de freiner le mouvement. Va donc avec Antonin faire un petit séjour au 78 rue de Varenne et vous aurez une petite idée des difficultés à faire bouger les lignes. Bien sûr, la radicalité est bien portée en notre cher pays, surtout chez Antonin, mais elle n’est que trop souvent une posture facile qui évite de se taper le cambouis. Les minorités agissantes, l’avant-garde de la classe ouvrière aujourd’hui vigneronne, ça fait plaisir mais ça ne donne pas beaucoup de résultats. Pour autant, je ne suis pas en train de justifier l’immobilisme, bien au contraire, mais je plaide pour un cessez-le-feu généralisé entre les parties. Que tout le monde sorte de sa casemate, grande ou petite, cesse de se balancer des horreurs à la gueule, se respecte a minima, ne se drape pas dans sa dignité outragée, afin d’avancer vers une viticulture de plus en plus propre, des vins dénués d’artifices, des vins sains, des vins simples, authentiques, sympathiques… achetables aussi… Une dernière question Pierre Guigui que fait-on de ceux qui produisent les Vins de la Honte française, ces 60% ? On ferme leurs boutiques comme à Aulnay-sous-Bois ou à Amiens-Nord ? J’avoue que je ne sais pas que faire et je me pose aussi la question : mais quels sont les abrutis qui les boivent ces 60% de vins de la honte ? Putain si on les fout au caniveau ces vins honteux ça va faire baisser durement la conso par tête de pipe. Et si je te suis bien Pierre ces honteux on les trouve dans toutes les catégories y compris les dit Grands. J’espère ne pas les retrouver dans le Guide.


Voilà c’est dit Pierre, comme je me rends lundi à l’inauguration du salon des vins de Loire je me ferai ton porte-parole : statistiquement y aura bien un beau % de vins de la honte à Angers. Certes il y aura les off pour rattraper le coup… mais ça ne fait pas le compte tout ça. Bonne dégustation Pierre moi ce que je dis c’est pour de rire et je ne souhaite pas te voir mourir de rire.


Pour retomber sur mes pattes je vous livre une citation de l’Encyclopédie méthodique de 1789 que j’ai découverte dans le livre de Georges Vigarello Le Propre et le Sale au chapitre la nature et l’artifice à propos de la chimie qui viendrait secourir la nature. Elle est péremptoire « La plupart des fards sont composés de minéraux plus ou moins malfaisants mais toujours corrosifs, et de funestes effets sont inséparables de leur usage. »

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 14:00

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L’un de mes compagnons signataires de Cap 2010, Pierre Aguilas, président du salon des Vins de Loire qui se tient à Angers les 4-5-6 février m’a gentiment téléphoné pour me demander de l’accompagner lors de l’inauguration. Son invitation m’a étonnée et je lui ai fait remarquer que ce n’était peut-être pas une bonne idée vue mon degré de popularité auprès des autorités de la profession vinicole. Pierre m’a rétorqué qu’il y tenait, alors j’ai dit que je m’y rendrais.


Des inaugurations j’en ai fait des tas et des tas avec mes Ministres mais celle qui m’a le plus impressionnée, c’était en juin 1981, avec le François de Jarnac tout juste élu, à la porte de Versailles je crois. Jamais je n’ai vu une telle bousculade et une telle brochette de Ministres autour du Président – faut dire que tous attendaient ça depuis si longtemps – Je représentais le Président de l’Assemblée Nationale et je dus un moment prendre en protection Michel Jobert, assez petite module, Ministre du commerce extérieur, pour lui éviter de se faire piétiner par la meute des journalistes, photographes et caméramans. Autre souvenir qui nous ramène au vin ce fut l’inauguration de Vinexpo parHenri Nallet en juin 85. Le pauvre venait juste de se voir propulser Ministre de l’Agriculture du fait de la démission nocturne de Michel Rocard (désaccord avec Tonton sur le mode de scrutin proportionnel) et il inaugurait Vinexpo en compagnie de Chaban-Delmas maire de Bordeaux. Celui-ci était un serre-manettes du calibre de Jacques Chirac. Il embrassait beaucoup aussi. Un virtuose, un Paganini du coupage de ruban. Ce cher, surnommé le sphinx de l’Elysée, avec sa réserve coutumière avait bien du mal à émerger de ce tourbillon.  Le déjeuner à la mairie de Bordeaux fut aussi un grand moment.


Donc, chers lectrices et lecteurs, chers vigneronnes et vignerons, je suivrai Pierre Aguilas et je pense que notre tournée du Salon sera plus paisible que celles que je viens de vous décrire. Je peux faire la bise comme Chaban mais, rassurez-vous, je ne ferai pas de discours même au titre de Secrétaire-autoproclamé de l’Amicale du Bien-Vivre, notre ABV. J’avertis le sieur Pousson que je n’exercerai aucun piston pour que le Wine Blog Trophy lui soit attribué. Pour Michel, j’essaierai d’influencer un peu les autorités. Je plaisante bien sûr. J’invite donc celles et ceux qui voudraient tailler une bavette avec le Taulier lundi prochain qu’il leur suffira de me repérer dans le cortège. Je n’ai pas encore choisi la couleur de mon chèche : j’hésite entre le jaune et le vert ou le fuchsia, ça dépendra de mon humeur matinale. Je ne pense pas y croiser mon grand ami Jean-Pierre Lubot qui, même s’il est vendéen, ne daignera pas se pointer à Angers. Peut-être qu’Uncle CHO, le grand et incomparable Charles-Henri Orliac – notre prix bette du blog le moins lu – viendra se faire rincer à Angers si on lui offre le gîte et le couvert…

 

A bientôt donc… sur mes lignes ou en chair et en os… pour trinquer à Angers…

 

La photo est d’André Deyrieux : « Le scoop du jour : Jacques Berthomeau (venu voir son ami le ministre de l'Agriculture au Baltimore) a changé de sac. »

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 00:09

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Chez les Godart on est aviculteur, à la ferme des Grands Champs, en Dordogne, de père en fils depuis 1928 link. C'est sans doute pour cela que Fleur Godart, la fille d'Étienne, n'est pas avicultrice – je plaisante bien sûr – mais éleveuse de vins – je plaisante toujours car elle fait plutôt vendeuse-livreuse-diseuse de belles quilles sur son scooter parisien. Qui c'est cette Fleur ? Tout le monde connaît Fleur dans le Terroir Parisien. Elle n'oublie pas son papa en prospectant les bons bistros, pour parigots tête de veau, afin d'y placer les volailles de Qualité Fermière de la Ferme des Grands Champs. Comme je suis un bon zig je vous filerai la liste des meilleurs en fin de chronique.

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Papa Godart m'écrit très régulièrement car je suis un vieux client. Ainsi le 24 janvier sa lettre embraye direct sur les chapons et ce qu'il dit est intéressant pour les petites louves et les petits loups des villes qui ne sont pas capables de distinguer une poule d'un poulet. « Le chaponnage n'a pas pour but de faire grossir les animaux. Les poulets chaponnés sont gros car ils sont âgés. Un poulet « entier » au même âge est un peu moins lourd, mais c'est parce qu'il est plus actif, il se bagarre, galope les poules. Le chaponnage n'est pas un acte magique qui fait enfler les animaux. C'est plutôt pour changer la répartition chair/graisse : on obtient des « infiltrations graisseuses », donnant une chair persillée : une viande tendre sans être trop grasse. Cette précision pour expliquer la très faible différence de poids entre les pintadons (pintades-chapons) et les pintades qui ne grossissent plus guère après 4-5 mois. Pourquoi ne vend-on pas de poulets aussi âgés que les chapons ? A partir de cet âge-là, ils deviennent trop fermes pour les rôtir et sont agressifs dans les poulaillers. A la naissance, ils sont aussi nombreux que les femelles, mais adultes, ce sont de sacré coureurs de jupons puisqu'il leur faut 7 à 8 poulettes pour les satisfaire ! Donc, ils sont en surnombre et se battent ».


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Précision le poulet « entier » n'est pas le total de 4 cars de poulets, désolé Manuel je vais avoir les syndicats de la PP sur le dos. En ce qui concerne le côté volage des poulets entiers, leur insatiable ardeur sexuelle, leur agressivité, ça c'est la nature alors on chaponne (ne pas confondre avec chaperonner, car ça c’est pour les petites dindes, les oies blanches mais pas pour les petites poulettes). Trêve de plaisanterie de corps de garde revenons au chaponnage. Pour édifier les jeunes générations je livre les explications de l'Union des Aviculteurs vendéens sur la question à la fin de ma chronique.


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Le chapon, vous me direz c’est pour les fêtes de fin d’année mais mieux vaut tard que jamais car, comme mes chroniques vivent leur vie de façon quasi-éternelle, contrairement au papier journal dont le destin est plus fatal (je n’ose pas vous dire lequel), vous pourrez vous y référer. Sur le tarif de papa Godart on trouve :


-        Chapon au lait 15,40€ le kg

-        Chapon loupé au lait 11,80€ le kg

-        Pintadon (nov. et déc.) 30,00€ pièce

-        Dindon-Chapon (nov. et déc.) 8,20€ le kg


La volaille d’Étienne Godard est mieux que fermière : « l’aliment est fabriqué sur place et le maïs (sans OGM) vient d’un voisin. Les volailles sortent à partir de 10 semaines. L’âge étant le facteur primordial pour le goût, nos poulets sont sacrifiés qu’à partir de 15 semaines (11 en industrie fermière label). Nos volailles sont produites sur l’exploitation depuis « l’adolescence » (pintade, lapin, canette, oie) ou la naissance (autres volailles). » Les animaux sont abattus dans l’abattoir agréé de la ferme des Grands Champs.


Pour les parisiens ou franciliens qui souhaiteraient acheter une des petites bêtes d’Etienne Godart ils pourront se rendre au marché des Enfants Rouges 39 Rue de Bretagne  75003 Paris, les 2 et 3 février, les 23 et 24 février, les 16 et 17 mars, les 6 et 7 avril, les 4 et 5 mai, les 18 et 19 mai, les 1 et 2 juin, et les 8 et 9 juin 2013. Et aussi aux manifestations ci-dessous.


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Du côté préparation du CHAPON pour moi c’est Simple c’est Nature sans aucune adjonction de matière grasse :


-        Rôti

-        A l’étouffé en cocotte

-        En croûte de sel.

L1000445

Du côté boisson je me tourne vers Fleur et c’est aussi nature : « je bois volontiers un joli chenin de Loire (Domaine les griottes, cuvée Navine, riche et tendu à la fois, légèrement oxydatif  ou un maccabeu, celui de Cyril Fahl au Clos du rouge gorge est mon préféré »

 

FHAL Cyril 6 place Marcel Vié 66720 LATOUR DE France

04 68 29 16 37

06 31 65 25 89

cyrilfhal@gmail.com

 

Domaine des Griottes  Saint Lambert du Lattay link

Tél. 06 82 56 80 75

Tél. 06 82 00 32 67

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Le chaponnage:


« Chaque région de France possède des élevages qui élèvent des volailles toute l'année et des chapons pour les fêtes: les gélines de Touraine, les volailles des Landes, de Bresse et la noire de Challans et j'en oublie certainement. Dans les métairies, l'élevage des chapons faisait partie des traditions et était réservé aux repas de fêtes. C'est au XIXe siècle que le commerce des chapons se développe parallèlement à la naissance des recettes gastronomiques traditionnelles. Maintenant c'est des milliers de chapons qui sont élevés tous les ans ,élevés au maïs qui leur donne leur saveur. La plupart des éleveurs de ces races originales produisent des volailles de grande qualité dont l'élevage a fait l'objet de soins attentifs.


Qu'est-ce que qu'un chapon ? C'est un poulet que l'on a châtré et qui n'est élevé que pour sa chair. Car poulets et chapons proviennent des mêmes souches. L'opération qui consiste à lui ôter les testicules, appelée le chaponnage, doit être faite avec beaucoup d'attention, lorsque le poussin est âgé de 9 ou 10 semaines. Pour pratiquer cette opération, il convient de choisir l'époque de l'année qui correspond au repos relatif des organes sexuels, c'est-à-dire en septembre pour les coquelets et à la fin de l'automne pour les coqs adultes. Quelques connaissances anatomiques doivent tout d'abord être exposées. Les glandes génitales sont situées dans la cavité abdominale, au-dessous de la colonne vertébrale, en arrière des poumons et en avant de la partie antérieure des reins, qui chez les volailles forment deux languettes aplaties, irrégulières, prolongées de chaque côté de la colonne vertébrale jusque dans le bassin, ou cavité pelvienne. Ces glandes, dont le volume varie d'un pois à celui d'un gros haricot, sont presque en contact l'une de l'autre. Le mode opératoire: le poulet préalablement mis à jeun depuis 24h ,est tenu couché sur le flanc , pattes attachées et l'aile soulevée, enlever les plumes au niveau des côtes, mettre de la Bétadine (diluée avec de l'eau) l'incision de 2 à 3 cm est faite entre les 2 dernières côtes, à l'aide d'une lampe frontale et d'une pince à caster et d'un écarteur, nous arrachons délicatement le testicule. Nous rapprochons les lèvres de la plaie sous l'aile au moyen de 2 points de suture, puis l'application de la Bétadine sur la plaie. Nous pratiquons la même opération de l'autre côté pour ôter le testicule opposé. Après l'opération, isoler les chapons dans un local clos où ils seront à l'abri des attaques des coqs de la basse-cour. Supprimer les perchoirs pour éviter qu'ils ne fassent des efforts qui pourraient nuire à la cicatrisation de la plaie du flanc; leur donner une alimentation peu consistante, telle que pain délayé, pâtée de son ou de farine, et de l'eau pure à discrétion. Surveiller 1 à 2 jours, si ils ne sont pas gonflés, autrement avec une aiguille percé légèrement sous l'aile et appuyez sur l'abdomen pour faire sortir le gaz. 8jours après, ils pourront, sans inconvénient, rejoindre la basse-cour.


A la suite de ce chaponnage, le jeune chapon perdra sa voix et sa crête ne poussera plus. Durant 10 semaines les jeunes poussins et leurs futurs chapons mènent la même existence. Ils grandissent en toute liberté en attendant la castration sur un parcours au sol de 3 à 4 m2 par sujet. Entre la 6e et la 10e semaine, le poulet est castré chirurgicalement; il est interdit de parcours 2 jours avant et 6 jours après. En perdant ses testicules, il perd son caractère mâle: crête et barbillons ne pousseront pas et il va se conduire comme une poule avec les poussins.

Les chapons sont ensuite remis en liberté sur des parcours à raison de 10 chapons/ m2 jusqu'à 115 jours et ensuite 5/m2 pour les 4 dernières semaines dans un bâtiment. A partir du 29 e jour, la nourriture est faite de 85% de céréales: maïs, farine de luzerne et de produits laitiers. Autrefois, le chapon élevé en épinette (cage de bois montées sur pied et divisées en compartiments, ces cages sont installées dans une salle sombre et calme, à proximité du foyer) était nourri à l'herbe et au froment concassé mélangé au lait entier de vache. La durée totale d'élevage est d'au moins 150 jours. A ce terme, le chapon pèse 3.5 kg et sa chair est blanche et savoureuse. Abattu, puis plumé à la main, à l'exception d'une collerette en haut du cou, la tête et le corps sont préparés: la collerette, le cou, la tête, les ergots sont nettoyés. L'opération suivante est le roulage: on enveloppe le corps du chapon jusqu'au cou dans une toile de lin, de chanvre ou de coton que l'on coud serré ce qui permet aux graisses de se répartir autour de la chair et à l'air contenu dans la bête de se vider assurant une conservation optimum. Le chapon ainsi bridé est suspendu 1 ou 2 jours, puis la toile retirée. Le chapon a maintenant cette forme d'obus si caractéristique, d'une belle couleur blanche, ailes et pattes incrustées dans le corps. L'ensemble des différentes opérations: castration, alimentation, vie à l'air puis confinement, la croissance lente, l'âge de l'abattage et le roulage confère à la chair abondante du chapon, une texture moelleuse et fondante, un persillé provoqué par une infiltration régulière de la graisse dans les tissus, une viande juteuse et très gouteuse. A nulle autre pareille. »

 

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 14:00

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Un temps dans ma vie j’ai eu envie de faire un bébé tout seul, traduisez d’élever un enfant seul. Bien sûr ça n’intéresse que moi et je ne vais pas ici déballer le pourquoi. Alors, dans les débats qui agitent en ce moment la société française j’avoue que j’ai beaucoup de mal à m’y retrouver dans les positions outrées des défenseurs de l’ordre établi. Ne leur en déplaise le Droit que fixe la loi républicaine a toujours eu vocation à codifier les grandes évolutions de notre société civile. Que viennent faire les religions, la catholique tout particulièrement, dans ce débat ? Celle-ci ferait mieux de laver son linge sale en famille plutôt que de vouloir imposer des normes qui ne sont que le fruit de son ancienne domination sur notre société. L’important est le vivre ensemble, la famille dans sa nouvelle configuration ne s’est jamais aussi bien portée. La France procréée à tout va et pendant ce temps-là dans le rue et au Parlement nous perdons notre temps à cultiver nos clivages, nos oppositions. Ça vous dérange que le couple gay ou lesbien du palier d’en face passe devant le maire pour conclure un contrat civil. Moi pas ! Ça vous dérange qu’ils adoptent un gamin ou une gamine ? Moi pas ! Pour l’heure ces deux points sont les seuls objets du projet de loi dont débattent les élus du peuple. C’est leur fonction. Nous les avons élus pour cela, pas pour aller serrer des mains ou fêter la Chandeleur au club du troisième âge.


Bref, j’ai toujours eu un faible pour le gentil Jean-Jacques Goldman alors oui, même si ce n’est pas la question du débat, je trouve que ça lui ressemble : Elle a fait un bébé toute seule/ Elle a fait un bébé toute seule /C'était dans ces années un peu folles/Où les papas n'étaient plus à la mode/Elle a fait un bébé toute seule/Elle a fait un bébé toute seule/ Elle a fait un bébé toute seule/ Elle a choisi le père en scientifique/Pour ses gènes, son signe astrologique/ Elle a fait un bébé toute seule/ Et elle court toute la journée / Elle court de décembre en été/ De la nourrice à la baby-sitter /Des paquets de couches au biberon de quatre heures /Et elle fume, fume, fume même au petit déjeuner/ Elle défait son grand lit toute seule/Elle défait son grand lit toute seule/ Elle vit comme dans tous ces magazines /Où le fric et les hommes sont faciles/ Elle défait son grand lit toute seule/ Et elle court toute la journée /Elle court de décembre en été/ Le garage, la gym et le blues alone/ Et les copines qui pleurent des heures au téléphone/ Elle assume, sume, sume sa nouvelle féminité/Et elle court toute la journée/Elle court de décembre en été/De la nourrice à la baby-sitter/Des paquets de couches au biberon de quatre heures/ Et elle fume, fume, fume même au petit déjeuner/Elle m'téléphone quand elle est mal/Quand elle peut pas dormir/J'l'emmène au cinéma, j'lui fait des câlins, j'la fais rire/Un peu comme un grand frère/Un peu incestueux quand elle veut/Puis son gamin, c'est presque le mien, sauf qu'il a les yeux bleus/Elle a fait un bébé toute seule...


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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 00:09

Même si ça ne se voit pas à l’œil nu, si ça ne vous saute pas à la tronche, vu ma dégaine de gandin avec ses écharpes pétantes de couleurs vives, ses beaux souliers, j’ai bénéficié d’un élevage 100% naturel entre les hauts buissons du bocage de ma Vendée crottée qui cernaient de gras pâtis où paissaient les vaches du pépé Louis. Pour être naturelles elles étaient naturelles les prairies qui descendaient mollement jusqu’aux rives de l’Auzance. À part la bouse de vache des vaches et leur pisse chaude l’herbe qui y poussait ne vivait que de soleil et d’eau fraîche. Faut dire qu’ils étaient beaux les pâtis du pépé Louis, indemnes de chardons, parfois piquetés de petits rosés bien blanc (je n’ai pas forcé sur la bouteille, il s’agit de champignons), pleins de pâquerettes et de boutons d’or. L’été, avec les frères Remaud, nous allions pisser dans les trous des Cri-Cri pour les faire sortir de leur tanière. Au printemps le beurre de la tante Valentine était jaune bouton d’or et la crème fraîche sortie de l’écrémeuse toute mousseuse avait gout de noisette en été lorsque les vaches avaient moins de lait et sentait le foin en hiver lorsqu’elles se prélassaient bien au chaud à l’étable.


La nature nous ne savions pas ce que c’était au juste car c’était notre champ libre où nous montions aux arbres, bâtissions des cabanes au cœur des épais buissons. Nous nous goinfrions de fruits sauvages ou de ceux du jardin jusque parfois à attraper de belles chiasses. Nous croquions de l’oseille et mangions des navets pour faire passer le goût des P4 (cigarettes de marque Parisienne vendues en paquet de 4) afin que nos mères à l’odorat affuté ne soupçonnent pas que nous avions transgressé leur interdiction.  Tout ça poussait tout seul ou presque. Mémé Marie sacrifiaient d’une main ferme : poulets, poules, canards et lapins. Je ramassais chaque soir dans les buissons les œufs de nos poules vagabondes. On tuait le cochon. J’en avais marre de bouffer des haricots verts mais j’adorais le temps des asperges. Le poisson frais venait tout droit des Sables d’Olonne et les coquillages nous allions les ramasser sur la côte sauvage. Oui nous étions nous aussi des sauvages même que nous nous lavions dans la buanderie dans la grande bassine qui servait à Alida Cantin à faire la lessive de notre linge.


Restait les vignes du pépé Louis qui m’ont toujours semblé être le cadet de ses soucis. Le cousin André Neau assurait la taille. Avec le pépé Louis et Nénette, la jument, un petit coup de charrue vigneronne de temps en temps et je crois bien que c’était tout. Ce dont je suis sûr c’est qu’il n’y avait au Bourg-Pailler aucun appareil de traitement sauf  un pulvérisateur à dos pour sulfater la treille. La vigne poussait toute seule. Nous la vendangions quand mon père trouvait le temps, et il n’en avait guère mon pauvre père avec son entreprise de travaux agricoles et de battages. Les paysans sont jamais contents alors comme clients c’étaient la croix et la bannière. Nous possédions un pressoir mobile que l’on plaçait sur le trottoir au bord de la nationale devant la maison et j’adorais le cliquètement lorsque les hommes actionnaient avec une grande tige de fer la roue qui s’enroulait sur la vis sans fin pour presser le raisin. Le jus coulait dans un grand bac de bois et il fallait actionner la pompe à bras pour que le gros tuyau qui plongeait dans la mousse aspire et refoule le mout dans les barriques. Il allait bouillir.


Le vin du pépé Louis était 100% nature dans sa fabrication sauf que, bien sûr, le pépé méchait à mort la futaille. Bien sûr vous allez me dire que le vin nature du pépé Louis issu de vils cépages sur des terres grasses n’était qu’une horrible piquette. J’en conviens aisément mais permettez-moi de vous dire avec un grand sourire que je lui garde une large place dans mon cœur et ma mémoire de sauvageon vendéen. Tout ça pour vous dire, pour dire, surtout à ceux qui ironisent sur les déviances des jeunes amateurs de vin nature, que tous les chemins mènent au vin, même ceux qui ne sont en apparence des chemins de traverse. De grâce messieurs les grands prêtres laissez à tous et à chacun ses expériences, ses transgressions, ses folies, et surtout ses envies de boire ce que bon lui semble car, à force de gloser sur les grands vins à tout bout de champ vous en devenez très chiant.


Le vin posé sur un piédestal n’est pas dans ma culture, tout comme l’adoration de la haute cuisine, ce qui ne signifie pas pour autant que je n’apprécie pas certains de ces vins qualifiés de grands ou beaucoup de ces mets raffinés. Dans nos micro-débats règne une grande confusion intellectuelle : de qui et de quoi parle-t-on en se contentant de se balancer des horions ? De tout et du contraire de tout et surtout pour beaucoup d’amateurs rien que du vin. Pour eux ce qui compte c’est la fin peu importe les moyens. Cette opinion dominante régresse sous la pression non seulement des défenseurs patentés de l’environnement mais d’une part  de plus en plus importante de l’opinion publique. Les rapports de force ça existe et les oppositions même frontales, rappelez-vous la fureur au moment du PACS, produisent à terme du consensus.


Alors, il serait bon d’aborder les questions concernant la santé de la vigne et du vin en prenant soin de se situer à 3 niveaux :


-        la terre ou le terroir qui englobe ce que la main de l’homme y a implanté, en l’occurrence ici des ceps de vigne ;


-         l’homme : le vigneron ;


-        le produit donc le vin.

 

J’avoue que je suis plus enclin à défendre le respect de l’intégrité de l’homme et de la terre qu’à m’engager sur celui du terrain mouvant de la naturalité du produit. Je suis ici plus campagnard qu’urbain et j’ai du mal à m’associer aux petites joutes des uns contre les autres pour ou contre certains types de vin. Pour les plus jeunes ils jettent dira-t-on leur gourme et rien ne peut présager de leurs futurs engagements : les ex-soixante-huitards en sont la preuve ; les plus vieux eux cultivent avec une certaine condescendence la tendance à magnifier leur expérience, leur sagesse. Ce qui est rassurant dans toute cette agitation c’est qu’on n’en parle jamais ou presque aux informations. Tout le monde s’en fout ou presque.


Moi j’en suis resté à ce que mon maître vigneron, le frère Henri Bécot, m’a inculqué. Voilà ce qu’écrivait sur lui Jean Huguet dans les vins de Vendée :


«  Bécot, dans l’immédiat après-guerre 1945, fit avancer l’idée d’un vin de qualité primant sur le vin de petite façon, donc de quantité. On l’a dit apôtre des hybrides. Des bons hybrides, oui ; mais des grands cépages aussi. Quand il me conviait à la découverte d’une cave, c’était avant tout pour apprécier tel sauvignon, tel groslot, tel traminer (eh ! oui) ; je ne me souviens pas qu’il m’ait « débauché » pour quelque seibel, ravaz ou orberlin, même s’il ne les dédaignait pas. Ce professeur de géographie et d’histoire, né au pays de Vallet, mais originaire de Bazoges-en-Pareds, fidèle à ses racines paysannes, n’avait cure d’économie vinicole. Ce qui le préoccupait, c’était le bonheur du vigneron occasionnel, dont le labeur céréalier ou le soin asservissant des bêtes méritait la récompense du fier plaisir de la vendange. Il condamnait fermement les étranges fidélités qui l’attachaient, ce paysan, aux plants américains et prêchait pour qu’on les remplaçât par les meilleurs hybrides français couronnés à la foire annuelle de Chantonnay où son inusable soutane et son rabat bleu flottaient au vent de son enthousiasme comme l’emblème de la vigne vendéenne. »

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 14:00

Même si je ne suis qu’un consommateur très très occasionnel de Fluide Glacial, j’aime de temps à autre y découvrir de grosses perles bien lourdes, bien grasses, bien gluantes, bien pourries même. Ce mois-ci les gars et les filles de Fluide, plus de gars que de filles bien sûr, pondent un nouvel étron : le numéro spécial Discount. Samedi alors que je partais à Lyon par la gare de Lyon (la seule à Paris qui fait ce genre) à la grand-messe de la grande bouffe masquée par les traqueurs de pépètes de la haute gastronomie, je me suis dit, en feuilletant le papier glacé du Glacial, y va bien avoir un petit truc sur le jaja, genre picrate qui bouffe la rate et fait pisser le  long de la raie  des GCC. Bonne pioche !


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Je résume sans les images : faut acheter pour licher le dessin…


John-Olivier Micheteau, créateur de concept, a lancé la société HLLC, fondée sur le concept Hyper Luxe Low Cost qui part du constat que le low cost c’est la mode et que les riches aussi veulent en croquer. Le susnommé a donc créé un nouveau segment de marché en vendant, par exemple une Bugatti Veyron, qui vaut 2 millions d’euros, en HLLC 3 millions d’euros… à des riches qataris…


Étrange concept donc :


-        Pourquoi est-ce plus cher que la normale ?


-        Parce que défaire les boiseries en loupe d’orme pour les remplacer par du plastoc de merde, ben ça a un coût. Les riches adorent. C’est le nouveau truc qui les fait triper ! Pis en même temps faut dire que c’est moins ostentatoire… Ça fait plus proche du peuple…


Sans doute que certains d’entre vous ne vont pas trouver ça très drôle, moi si car il y a une bonne dose de dérision et de non-sens. Donc, le concept HLLC du dessinateur Diego Aranega, il l’applique aussi au jaja avec Yannick Costa préparateur HLLC. C’est totalement foutraque mais comme j’ai vendu du Boulaouane dans ma vie je me dis que la manip qui consiste à substituer au roi d’Yquem ce malheureux pinard qui fut la star des restaurants asiatiques du XIIIe ça devrait plaire à  Guillaume Nicolas-Brion et horrifier le porteur d’eau en Richelieu bien lustrée.


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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 00:09

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Samedi dernier je suis allé à Lyon, du côté de Bron, au Sihra, arpenter les allées du grand barnum de la grande bouffe industrielle ripolinée par les paillettes des grands chefs. Ils étaient venus, ils étaient tous là les Charal, les Lactalis, les Bonduelle, tous les mammouths français et étrangers link  de la bouffe toute prête pour resto d’entreprises et de beaucoup de restos tout court. Bien sûr nos étoilés et leurs adorateurs patentés ne mettent pas les pieds dans les travées où se bousculent les commerciaux de tous poils. Ils plastronnent sur le ring, c’est du marketing : sous la haute gastronomie, la grande bouffe. C’est la vie des affaires, la loi des grands nombres, vendre sa tronche de chef placardée sur un plat dit cuisiné vendu en hypermarché ça douille bien plus que de faire des petits plats à sa table étoilée.


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Je suis donc allé me réfugier tout au fond du Hall 6 sur la Place des Vins link où y’avait pas grand monde mais c’était le jour de l’ouverture du Salon. « Créé en partenariat avec Inter Beaujolais et Inter Rhône en 2011, Place des Vins permet aux professionnels de rencontrer grands comme petits vignerons, des coopératives et Maisons d’Alsace, du Beaujolais, Bugey, Bourgogne, Diois, Forez, Jura, Lyonnais, Vallée du Rhône, Roannais et Savoie.


Place des Vins propose de formidables espaces de dégustations, d’échanges, de rencontres et d’affaires entièrement dédiés au monde du vin.


Ce salon propose aux visiteurs, professionnels du vin et de la restauration, un complément idéal à l’offre du Sirha. »


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C’est bien dit mais ce cantonnement des vins ne me semble pas très favorable à une réelle attraction sur une clientèle qui ne se rend pas au Sihra pour faire ses choix de vins : les régionaux bien sûr mais aussi et surtout les acheteurs étrangers qui ne viennent pas à Lyon pour prospecter les vins de la région qui a la bonne idée de se dénommer Rhône-Alpes. Comme j’ai assisté, à l’insu de mon plein gré, à l’inauguration du salon par un peloton serré d’élus dans lesquels je n’ai reconnu que Jean-Jack Queyranne le président de la région, mais y’avait pas le maire de Lyon le sieur Collomb, j’ai le mauvais esprit de penser que cette présence à un petit parfum politique : faut faire plaisir aux élus d’une région qui, lorsque l’on prononce son nom n’évoque guère la production de vins. Et pourtant, on y retrouve le Beaujolais et les Côtes-du-Rhône septentrionales avec de belles appellations : hermitage, côte rôtie, condrieu, château grillet entre autres…


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Mais sous ces grandes appellations, et d’autres comme le vin de Savoie, les vins du Bugey, vins du Diois et sa clairette, des IGP dont la plus volumique l’Ardèche, se nichent des petites appellations qui ont un petit parfum de Lyon : en premier lieu les coteaux-du-lyonnais, puis les côtes du forez et enfin la côte roannaise. J’adore ce florilège : coteaux, côtes, côte. Pour bien marquer son attachement à la vigne et aux vins la Région s’est fendu d’une plaquette très bien faite : Un patrimoine en revue : Vigne&Vins en Rhône-Alpes. L’édito de Jean-Jack Queyranne fait dans le jargon de filière à la sauce des communicants. Passons, peut mieux faire !


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Quelques chiffres pour situer ces micro-appellations : sur 50 347 ha  de vignes en production elles en regroupent 590 ha pour 17250 hl produits sur un total de 2,330 M.d’hl dont 380 000hl de blancs et 1,940 M.d’hl  (chiffres arrondis). Donc un tout petit ruisseau dans une grande rivière.


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Du côté couleurs :


-        coteaux du Lyonnais 66% de rouge, 19% de rosé, 15% de blanc ;

-        côtes du Forez : 67% de rouge, 33% de rosé ;

-        côte roannaise : 90% de rouge, 10% de rosé.


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30 caves particulières et 1 coop dans les coteaux du Lyonnais, 9 caves particulières et une coop dans les côtes du Forez, 30 caves particulières dans la côte roannaise.


30 ha sur 370 en bio dans les coteaux du Lyonnais, 21 sur 110 dans les coteaux du Lyonnais, 28ha dont 18 en conversion sur 110 dans la côte roannaise.


rhone-Alpes-018.JPG                                                  Les 2 photos de vignobles de la Loire sont de Camille Moirenc ®

 

Pour plus de détails Sonia ici même dans ses chroniques vous dira tout sur les vins de ces micro-appellations. Dans la plaquette du Conseil Régional j’ai extrait les points de vue d’un sommelier pour les coteaux du Lyonnais et de Pierre Troisgros pour la côte roannaise.


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Pour les cinéphiles Deux ou trois choses que je sais d'elle est un film réalisé par Jean-Luc Godard, sorti en 1967 qui déclarait «Quand on soulève les jupes de la ville, on en voit le sexe.» En effet, le thème du film est le portrait d'une jeune mère de famille, habitant dans un grand ensemble de la région parisienne, qui s'adonne à la prostitution occasionnelle. Marina Vlady garde un très mauvais souvenir du tournage car après qu’elle eut repoussé la demande en mariage de Jean-Luc Godard juste avant le début des prises de vue, celui-ci ne lui adressa plus la parole comme elle le relate dans ses mémoires 24 images/seconde : séquences de mémoire, Éditions Fayard : « Je n'ai plus entendu sa voix s'adresser directement à moi pendant le tournage. Il me donnait des ordres, des textes à répéter après lui grâce à un système de micro-oreillette. J'étais extrêmement mal à l'aise — comme tous les autres acteurs, d'ailleurs. Ce système ne laissait que peu de place aux émotions. Nous étions tous à l'écoute, tendus pour exécuter les ordres. Souvent, Jean-Luc nous piégeait en nous posant une question personnelle. Par exemple, il me demanda :


— Définis-toi en un mot, et réponds en regardant droit dans l'objectif.


Furieuse, je lançai :


— Indifférence !

On peut voir ce plan dans le film au cours d'une scène de café.


Cette technique lui a permis d'étayer sa thèse selon laquelle les acteurs sont les meilleurs robots, formule qu'on lui prête et que je soupçonne d'être authentique. Le résultat n'en est pas moins stupéfiant : cette tension dans l'écoute confère à chacun une étrange présence, une inquiétude latente qui choquent et dérangent. Seule la scène avec le petit Christophe Bourseiller, qui joue mon fils, me permet d'être plus naturelle. […] J'ai gardé le souvenir que c'est la seule et unique fois où il m'a laissé improviser. »

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 13:30

En cherchant des références pour une chronique Je suis tombé par hasard sur ce tableau de Franck-Antoine Bail 1858 - 1924 ciseleuses de raisins :


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Nous parlons sans cesse du vin mais pourquoi ne pas aussi chanter les mérites et la beauté d’une grappe de raisin de table d’un beau et goûteux Chasselas de Moissac étendu sur son papier soie immaculé. Mais comme l’écrit avec une pointe d’ironie un chroniqueur du cru « Je parie que vous n'avez jamais ciselé du chasselas. Evidemment, si vous n'habitez pas dans la région, vous ne savez même pas ce que cela signifie. Ce n'est pas un reproche. Moi, par exemple, je suis incapable de vous dire comment on récolte le houblon. Donc, ciselons. C'est simple: vous savez vous servir de petits ciseaux  (ça y est, vous devinez !) ? Vous prenez délicatement la grappe avec votre main gauche si vous êtes droitier et avec les ciseaux actionnés par le pouce et l'index de l'autre main, vous enlevez tous les grains qui ne sont pas présentables. C'est pour cette raison que ma grappe est superbe. Tout est beau chez elle, y a rien à jeter... comme dit la chanson. »


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Bref, chaque année les dames de la région autour de Moirax montrent la manière d'autrefois de ciseler le raisin. Délicatement, à l'aide de fins ciseaux, elles ont débarrassé les grappes du superflu pour les poser ensuite dans un napperon de papier.


Tout ça m’inspire une future chronique sur les riches heures du Chasselas de Thomery en Seine-et-Marne qui dans des champs clos de hauts murs murissait au soleil. Disparu dans les années 1970…


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