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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 16:00

Quand je portais  des culottes courtes, donc en un temps que les jeunes ne peuvent pas connaître, j’allais consulter l’arrivée du Tour de France chez le marchand de journaux les résultats de l’étape qu’il affichait dans sa vitrine. Ça me faisait rêver le Tour de France : les géants de la route, et vu mon profil longiligne je me voyais dans la peau de mon grimpeur préféré Charly Gaul. Et puis tout a dérapé, la caravane du Tour ressembla de plus en plus à un hôpital ambulant avec des charlatans, des seringues, des poches de sang et les coureurs, roulant à des vitesses folles, volant dans les cols, jamais pompés mais super-gonflés, tombaient de leur piédestal pour se retrouver dans le caniveau. J’ai donc abandonné et je suis monté dans la voiture-balai.


Et pourtant, tous les ans, la Grande Boucle reste le spectacle le plus populaire en Europe, de partout des gens viennent en camping-car se ranger le long des routes, les montées des cols se font entre une foule d’excités, peinturlurés, agitant des drapeaux, courant comme des dératés. Loin de moi de mépriser cette fête populaire mais elle s’apparente vraiment aux jeux du cirque et je n’aime pas que les nouveaux gladiateurs soient instrumentalisés pour amuser la galerie. La marchandisation, chère aux altermondialistes, est ici poussé jusqu’à un stade ultime. Pauvres coureurs ! Sans doute suis-je un vieux con mais lorsque j’entendais notre précédent Président chanter les louanges de Lance Armstrong je me disais que vraiment son monde n’était pas le mien. Gagner quels qu’en fussent les moyens.


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Le mien en est resté à Walko. Qui était donc Walko ? Voilà l’histoire :


Au départ de Reims du Tour 1956, les Grands : Coppi, Kübler, Koblet, Louison Bobet et Jean Robic sont absents, les cracks de l’après-guerre passaient la main. « Nous entrions dans une autre époque où les « extrasportifs », comme on dit, sont en train de prendre un pouvoir économique qui bouleversera l’organisation du Tour quelques années plus tard. »


Le Tour se fait par équipes régionales françaises et bien sûr des équipes nationales. Ainsi l’équipe de l’Ouest : maillot blanc, double bande rouge, le Nord-Est-Centre : maillot violet, double bande blanche, le Sud-Est : maillot bleu azur, double bande or, le Sud-Ouest : maillot havane double bande verte ; l’Ile de France : maillot rouge double bande bleue. La grande innovation de ce tour 1956 : «3000 maillots en laine et rhovyl ont été fabriqués et on apprend que les coureurs disposeront d’un maillot par jour au lieu d’un tous les deux jours. »


En ce temps-là le classement par équipe se nommait le « Martini » et le futur vainqueur courait pour « Geminiani Saint Raphaël » Les coureurs les plus connus : Darrigade le sprinter, De Bruyne le belge, le fantasque Roger Hassenforder recordman des victoires d’étapes, Charly Gaul l’ange de la montagne et excellent sur le contre la montre qu’il gagne sur le circuit des Essarts, Frederico Bahamontès l’aigle de Tolède. Et pourtant sur la route d’Angers « Honneur aux régionaux » c’est l’italien Fantini qui gagne au sprint mais d’est Walko qui endosse le maillot jaune. Robert Chapatte est enthousiaste « Le Tour appartient à l’espèce d’homme de Walko. Des homes qui piaffent dans le peloton, impatients de s’en dépêtrer. Des hommes qui transforment le cyclisme routier. »  Mais Walko est modeste « Je suis un grimpeur moyen, très moyen. Je peux vous prédire ce que sera mon retard en sortant des Alpes : 45 mn. »


Je ne vais pas vous conter par le menu chaque étape mais, même s’il a perdu le maillot jaune, la cote de Walko montait. Leducq déclare « jamais, les autres années, il ne se serait permis d’être aussi souvent aux côtés des grimpeurs après avoir tant travaillé avant la montagne. » Walko s’accroche à la roue de Gaul dans les cols des Alpes. Celui-ci termine seul à Grenoble mais gâchera ses chances au général plus tard avec des soucis intestinaux (il est fragile le luxembourgeois). Walko reprend le maillot jaune « il s’est battu comme un lion et a fait preuve d’un courage extraordinaire. Il est animé du moral maillot jaune qui peut transformer radicalement un coureur ; » déclare Charles Pélissier.


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Tour ouvert. Tour du renouveau remporté par un régional qui était tout juste cité parmi les outsiders. Le public aime la réussite des petits. Roger Walkowiack, énergique et volontaire, est sympathique, avenant et gentil. Il s’est révélé à lui-même en vainquant sa réserve naturelle. André Leducq le salue « Il faudrait être pointilleux pour lui trouver un défaut. Il a conduit sa course en vieux renard qu’il n’est pas. Le plus bel éloge qu’on puisse lui adresser est d’avoir découragé ses adversaires par sa solidité et son invulnérabilité dès qu’il eut le maillot jaune sur ses épaules. » Bien sûr il a gagné le Tour sans avoir inscrit son nom au palmarès d’une étape mais que voulez-vous moi j’en suis resté pour le vélo à Walko  car c’était un coureur normal pas un transgénique bodybuildée…

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 00:09

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Cher Ministre, plus simplement cher Stéphane,


Nous n’étions pas très nombreux à accepter que nos noms figurassent en 2007 au bas de « Parce que le monde change, Il est vital de repenser le projet de l’agriculture » link  le manifeste du groupe Saint-Germain (1), élaboré par un groupe de réflexion que tu avais réuni autour de toi, un petit peu plus que les doigts d’une main. Les autres craignaient sans doute les mauvaises manières du pouvoir en place, comme je les comprends mieux vaut être prudent ça préserve l’avenir.


Ce rappel n’est pas là pour me pousser du col, pour me faire plus courageux que je ne le suis, mais je n’ai jamais été adepte des ronds de jambes dans les antichambres ministérielles et je ne les encombre guère, comme tu as pu le constater, depuis ton arrivée. Au temps de mon placard, ces deux longues années, j’ai ressenti toute la chaleur de la solidarité de ceux qui savent refaire le monde en chambre mais qui préfèrent s’en tenir à un devoir de réserve assez frileux et surtout conservatoire. La gestion d’une carrière administrative est un art subtil qui exige de faire le dos rond par gros temps et de cingler toute voile dehors par vent portant.


Mon accroche je l’ai choisie simplement pour t’inciter à m’écouter, comme tu le faisais lors de nos réunions du Bd Saint-Germain où je tentais de faire entendre la petite musique du vin dans le concert des grandes cultures si chères aux experts en géopolitique. La vocation exportatrice de l’agriculture française c’est depuis des décennies les vins et le Cognac. Au 78, je le sais, tu es bien entouré de conseillers en tout genre dont je me garderais bien de mettre en doute les compétences puisque, d’une certaine manière, de façon assez lointaine, j’en suis un. Mais, comme l’a encore répété François Hollande, notre nouveau Président, ce 14 juillet, pour garder le contact avec les réalités dites du terrain, des vrais gens, il important de ne pas se laisser enfermer dans les palais officiels et de ne s’en tenir qu’à la nécessaire technicité des dossiers de ton Administration.


Les minoritaires, les petites associations de défense de ceci ou de cela sont jugées rue de Varenne, à juste raison parfois, « chiantes », accrochées tels des morpions à leurs dossiers, et elles troublent le jeu de la concertation que l’on avait même baptisée cogestion en des temps que tu as connus. Pour avoir négocié et fait publier, au temps d’Henri Nallet, le décret sur la reconnaissance de la pluralité syndicale, je peux en témoigner ce n’est pas un chemin constellé de pétales de rose. Dans le puissant concert des OPA et de leurs diverticules professionnels aussi  divers que nombreux il n’est pas facile de faire entendre des petites musiques qui n’ont pas forcément à voir avec de purs combats d’arrière-garde.


En son temps, avec un membre du CGAER, ancien de la Protection des Végétaux, le Ministère, l’actuelle DGPAAT, nous avait missionné, à propos de la pomme de terre, sur l’épineuse question du « privilège de l’agriculteur ». Les semences de ferme qui font l'objet d'une dérogation. En effet, les agriculteurs ont le droit d'utiliser sur leur propre exploitation, sans l'autorisation de l'obtenteur, à des fins de reproduction ou de multiplication, le produit de la récolte qu'ils ont obtenu par la mise en culture d'une variété protégée, en contrepartie du versement d'une indemnité aux titulaires des certificats d'obtention végétale dont ils utilisent les variétés. Nous avions proposé un compromis acceptable qui fut balayé d’un revers de mains par le GNIS et certains groupements de producteurs du Nord de la France. L’ambiance était plus à circulez, y’a rien à voir, qu’à une recherche de solutions qui permettraient de faire la juste part des choses.


Dans l’affaire qui m’amène à t’écrire, via mon espace de liberté, celle de l’association KOKOPELLI, il est clair que les semenciers, comme certains services de notre grande maison, ne verseraient guère de larmes, ou de crocodiles, si elle se voyait précipitée dans les ténèbres extérieures par des décisions de justice, en l’occurrence la dernière celle de la Cour de Justice Européenne. Loin de moi de te demander de contester cette décision mais plusieurs points m’interrogent ou me chagrinent sur la question des semences de variétés anciennes.


Je ne vais pas te les asséner car tu as d’autres chats à fouetter. Mais tout de même deux points devraient t’interpeler :


-          l'interdiction du commerce des semences de variétés anciennes peut-il se justifier par le seul objectif d'une « productivité agricole accrue » ?

-          la législation permet-elle d'éviter « la mise en terre de semences potentiellement nuisibles » ?


Franchement, dans une Union à forte tonalité libérale, encore adepte d’une concurrence pure et parfaite, pourquoi interdire à des jardiniers du dimanche, des locavores, à toute forme d’urbain privilégiant le goût d’une tomate ancienne sur la productivité, d’avoir accès à ces  semences de variétés anciennes. C’est une forme de protectionnisme qui cache honteusement son nom. L’important pour les semenciers c’est de ne pas être concurrencé sur le marché juteux des jardineries. De plus affirmer que ces malheureuses semences sont potentiellement nuisibles c’est dépasser les limites admissibles. De mon temps, dans notre jargon post-soixante-huitard nous qualifions ce type de comportement d’impérialiste. Leur diktat sur l’origine de notre alimentation devient intolérable. Il ne s’agit en rien d’un combat de bobos privilégiés mais d’un vrai enjeu de compétitivité pour un pays comme le nôtre. Oui, nous avons un avantage comparatif sur ces produits qui ne sont pas que des produits de niche. Ce dédain me rappelle celui dans lequel on tenait, il y a quelques années, au 78 rue de Varenne les produits bios. Résultat, nous sommes incapables de répondre à la demande intérieure. Toujours en retard d’une guerre nous ratons avec un brio certain les innovations alimentaires qui apportent de la valeur aux producteurs.


Si nous nous en tenons qu’à une agriculture et un élevage de pur minerai, de commodités, nous n’avons rien compris au mode de fonctionnement des marchés en croissance grands générateurs d’une classe moyenne à la recherche de la différenciation alimentaire. Pour moi, le dossier des semences des variétés anciennes est emblématique de notre incapacité à mener de front des politiques efficaces menant notre agriculture, notre élevage, et nos industries agro-alimentaires, vers des impasses du type Doux ou même à terme Bigard. J’ai trop prêché dans le désert dans le secteur du vin pour que nous nous mettions en capacité de valoriser notre position de pays généraliste par une segmentation de la ressource pour aller au-delà de ce prêchi-prêcha. Tout lasse cher Stéphane et ce ne sont pas les objurgations ministérielles, lorsque le mal est fait, qui changeront quoi que ce soit. Nous cultivons un goût immodéré pour l’immobilisme.


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Je reviens à ma demande initiale, si tes services ou tes conseillers prennent la peine de consulter les CONCLUSIONS DE L’AVOCAT GÉNÉRAL Mme Juliane Kokott présentées le 19 janvier 2012 dans l’Affaire C‑59/11 Association Kokopelli contre Graines Baumaux SAS [demande de décision préjudicielle formée par la cour d’appel de Nancy (France)] (2) link  j’y ai glané quelques points intéressants et plein de bon sens mais celui-ci me semble la chose au monde la moins bien partagée dans l’impitoyable monde de ceux qui veulent tout tenir sous leur contrôle.


Je sais pertinemment quels sont les enjeux économiques et stratégiques mais de grâce laissez aux citoyens des espaces de liberté pour qu’ils puissent respirer. C’est aussi ça le changement : que ceux qui nous gouvernent tirent parti des infimes marges de manœuvre qui leur restent pour desserrer l’étreinte des grands groupes qui ne tolèrent pas que d’autres modèles subsistent auprès du leur niveleur et massificateur.


Voilà cher Ministre, cher Stéphane, les humeurs d’un vieux briscard du groupe Saint-Germain. Je ne sais si elles remonteront jusqu’à toi car il n’est pas certain que mon espace de liberté entre dans la revue de presse du 78 rue de Varenne. Mes amis du domaine de la Bellivière dans la Sarthe que je t’avais chaudement recommandé dans une chronique, Christine et Eric Nicolas, m’ont informé que leurs vins d’excellence étaient servis à ta table. J’en suis ravi et pour eux et pour toi.


Bonne continuation et bon courage.

 

Avec mes amitiés et mon excellent souvenir


Jacques Berthomeau

 

(1)    Le Groupe Saint-Germain tire son nom du boulevard parisien où il se réunit régulièrement. Un clin d’œil également à l’histoire du monde coopératif et syndical agricole français : c’est en effet sous cette même dénomination que furent désignés les syndicats agricoles de gauche, dont Gambetta a créé les prémices à la fin du XIXe siècle, avec la Société Nationale d’Encouragement à l’Agriculture, sise boulevard Saint-Germain.

 

C’est pour mieux explorer les pistes et les conditions concrètes de nouvelles ambitions pour la Politique Agricole Commune (PAC) que s’est constitué le Groupe Saint-Germain, autour de Stéphane Le Foll, député européen (PSE), membre de la commission agriculture du Parlement européen. Ce groupe de réflexion multidisciplinaire rassemble une quinzaine d’universitaires, de chercheurs, d’experts, publics et de responsables professionnels, figurant parmi les meilleurs connaisseurs du monde agricole et rural français et international. Ont participé notamment à ces travaux: Gilles Allaire, économiste, Jacques Berthomeau, spécialiste de la viticulture, Vincent Chatelier, économiste, Jean-Claude Flamant, agronome, Bertrand Hervieu, sociologue, Jean-Luc Mayaud, historien, Jean Viard, sociologue… Ces échanges réguliers ont pour objectif d’éclairer les enjeux, les dynamiques et les tensions qui traversent nos territoires ruraux afin de contribuer à revisiter le projet de l’agriculture et de la ruralité, de ses territoires, ses fonctions, ses hommes et ses femmes. En clair, une redéfinition des politiques agricoles en France et en Europe. Avec pour but d’intégrer les données économiques, sociales et environnementales afin de proposer une vision partagée par le plus grand nombre, capable d’offrir aux agriculteurs un revenu, une reconnaissance et une légitimité dans la société. À la veille du « bilan de santé » de la PAC en 2008, et de sa révision de 2013, ce document souhaite donner à comprendre les enjeux de l’agriculture européenne, tels qu’ils sont perçus depuis la France. Il a pour objectif d’inciter à la réflexion et à l’ouverture d’un débat sur l’avenir de cette politique communautaire.

 

(2)    les CONCLUSIONS DE L’AVOCAT GÉNÉRAL (citations)

Tout d’abord le problème me semblait bien posé :

« La diminution constante du nombre des variétés cultivées dans le cadre de l’agriculture européenne est un phénomène bien connu. Beaucoup de variétés traditionnelles disparaissent ou ne sont encore conservées que dans des banques de semences pour les générations futures. Quelques variétés, dont apparemment les différents individus sont de surcroît très semblables, dominent en revanche dans les champs.

De ce fait, la diversité biologique ou biodiversité est en nette régression dans l’agriculture. Il n’est pas exclu que l’on manque à l’avenir de variétés susceptibles, par exemple, de mieux s’adapter au changement climatique ou à de nouvelles maladies que les variétés actuellement prédominantes. Dès à présent, le choix du consommateur final est déjà restreint en ce qui concerne les produits agricoles ;

On pourrait penser que ce processus est en premier lieu animé par les intérêts économiques des agriculteurs qui utilisent, autant que possible, les variétés à rendement supérieur.

Le présent cas d’espèce montre cependant que la limitation de la biodiversité dans l’agriculture européenne procède à tout le moins également de dispositions du droit de l’Union. En effet, les semences de la plupart des espèces de plantes agricoles ne peuvent être commercialisées que si la variété en question est officiellement admise. Cette admission suppose que la variété soit distincte, stable ou suffisamment homogène. En partie également, il faut que soit en outre établie la capacité de rendement – une «valeur culturale ou d’utilisation satisfaisante» – de la variété. Or, pour bon nombre de «variétés anciennes», ces preuves ne peuvent pas être apportées. La question se pose dès lors de savoir si cette restriction aux échanges de semences est justifiée.

Et puis  des remarques pertinentes sur la nécessité :

73.      À première vue, on pourrait douter de la nécessité de l’interdiction de commercialiser des semences de variétés non admises. En effet, les objectifs visés peuvent dans une large mesure être atteints grâce à des obligations d’étiquetage moins contraignantes (31). Si le consommateur des semences sait que la variété ne répond pas aux exigences du catalogue des variétés, il peut renoncer à les acheter ou à les utiliser. Par conséquent, cela éviterait les pertes de productivité tout en assurant la protection des consommateurs.

74.      Une large réalisation des objectifs ne suffit cependant pas à exclure la nécessité. Une mesure est d’ores et déjà nécessaire au cas où le moyen moins contraignant est moins efficace. Or, tel est le cas en l’espèce.

75.      En effet, des obligations d’étiquetage et d’avertissement ne garantiraient pas de la même manière que les consommateurs n’obtiennent que des semences qui remplissent les conditions d’admission. Il ne serait pas à exclure que les consommateurs se trompent quand même sur la qualité des semences ou utilisent pour d’autres raisons tenant, par exemple, au prix, à des annonces publicitaires ou encore à leur conviction des semences qui ne satisfont pas aux conditions d’admission. Le point de savoir si la réalisation – légèrement – plus poussée d’objectifs législatifs grâce à l’interdiction en cause suffit à justifier celle-ci n’est pas une question concernant la nécessité, mais doit s’apprécier dans le cadre de la mise en balance des inconvénients avec les objectifs.

76.      Toutefois, pour assurer la libre circulation des semences au sein du marché intérieur, il n’est pas nécessaire que l’admission des variétés soit assortie d’une interdiction de commercialiser des variétés non admises (32). À supposer même que la protection de l’agriculture contre des semences de variétés non admises puisse justifier des restrictions nationales aux échanges (33), l’Union ne devrait pas poser une interdiction. Au contraire, l’article 16, paragraphe 1, de la directive relative aux légumes suffirait pour garantir la libre circulation au sein de l’Union des variétés qui répondent aux conditions d’admission.

77.      Les règles d’admission ne sont pas non plus nécessaires pour protéger le consommateur final contre les denrées alimentaires issues des variétés de semences. Cet objectif est déjà assuré par la législation alimentaire, tel le règlement (CE) n° 178/2002 (34), qui contient des dispositions nettement plus précises à cet effet.

Cette mesure touche cependant également aux intérêts des opérateurs économiques et des consommateurs pour lesquels une forte productivité et des produits standard ne constituent pas la première préoccupation. Par ailleurs, l’intérêt général à la diversité génétique de variétés agricoles est également concerné.

82.      Les opérateurs économiques dont l’intérêt n’est pas dicté en priorité par la productivité sont considérablement entravés par le système existant. Les producteurs et négociants semenciers, les agriculteurs, mais également les utilisateurs de produits agricoles ne peuvent pas utiliser des variétés qui présentent d’autres qualités que les variétés admises. Ainsi, même lorsqu’une variété non admise a une saveur différente de celle des variétés admises ou fournit un meilleur rendement dans certaines conditions de culture, elle ne peut pas être commercialisée. Les efforts tendant à perfectionner des variétés non admises en vue d’obtenir des variétés qui satisfassent aux conditions d’admission sont également rendus plus ardus.

83.      Parallèlement, le choix des consommateurs est limité. Ils n’ont ni accès aux denrées alimentaires ou aux autres produits issus de variétés qui ne satisfont pas aux critères d’admission, ni la possibilité de cultiver eux-mêmes ces variétés, par exemple dans leur propre jardin…

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 00:09

« Ils sont venus, ils seront tous là, y’aura même Antonino Iommi-Amunategui, le fils maudit, qu'est venu d’au-dessus de Bercy… pour leur Eva…» chantait le chœur de ses admirateurs… En leur sein, comme vous vous en doutez, votre Taulier. Lui sait que, pour Eva, il n'est pas nécessaire de trouver un prétexte pour ouvrir une bonne bouteille. Passer un bon moment entre amis suffit pour elle « à déclencher le dégoupillage de bonnes quilles. » Faire péter le bouchon quoi !


Mais, même si on ne le dirait pas, nous sommes en juillet et, pour ceux qui ne le sauraient pas, c’est un mois constellé de grandes occasions où le parquet de nos maisons va ressembler à un tapis de bouchons.


photo Eva

Juillet, mois d’exception, mois d’occasions, le Taulier est allé demander à Eva pourquoi ?


Pour elle donc il y a les jours où l’on cherche un prétexte pour se licher une simple quille entre gonzesses ( c’est moi qui l’écrit) « et puis il y a des moments, des occasions, pour lesquels on a envie de boire quelque chose d'un peu plus exceptionnel. Un anniversaire pourquoi pas, mais aussi fêter un diplôme, arroser un nouveau départ, un nouveau job, avant de partir pour un long voyage, même marquer le coup de son anniversaire de mariage… Des occasions un peu uniques, qu'on a envie de marquer, qu'on a envie d'arroser avec de belles bouteilles. Simplement parce qu'on aime cette bouteille et qu'on attendait LE bon moment pour l'ouvrir, mais parfois c’est aussi, parce qu'on avait acheté cette belle bouteille exprès, pour l’occasion, et on attendait qu’elle arrive pour l'ouvrir.


Le Taulier a dit à Eva « je te vois venir sur tes escarpins rouges Eva, dis-moi ? »


« Je ne peux rien te cacher, après un passage en début d'année en Champagne, j’ai quelques belles munitions en cave. Mais doit-on forcément ouvrir du Champagne lors de grandes occasions? Bien sûr que non. Les bulles ont un côté festif, joyeux, exaltant, mais certaines bulles, crémants ou pétillants, remplacent tout aussi bien un champagne moyen pour sa fonction festive en donnant bien plus de plaisir en bouche. »


Le Taulier a renchéri « Oui, oui, mais Eva t’es pas allée en Champagne pour ramener des bons mousseux, mais des grands roteux ! »


« Oui deux champagnes dégustés récemment, le Mailly Grand Cru Brut Nature de Francis Boulard et la cuvée Prestige Extra-Brut, millésime 1999 de Tarlant , ont ceci de commun qu'ils sont tous deux de très grands vins avant d'être simplement des champagnes. Leurs bulles sont jolies mais on pourrait presque s'en passer. Ici on ne boit pas du Champagne pour boire des bulles. On boit ces champagnes parce que leur finesse au nez et en bouche, leur complexité, leur longueur, leurs séduisants arômes, l'intensité de ces arômes, le plaisir qu'ils procurent, le souvenir qu'ils laissent, en font de grands vins. Des vins admirables, des vins de garde, des vins de plaisir attentif, qui méritent un petit peu de concentration pour les apprécier pleinement… »


Le Taulier a gloussé « Que du bon chez des bons ! »


« T’as tout juste. Il se trouve en plus que ces deux champagnes sont produits par des vignerons passionnés, attentifs et respectueux de leur environnement. Et en plus très sympas, pour compléter le tableau. Alors, en attendant de les goûter si vous n'en avez pas encore en cave, allez donc faire un tour sur leurs sites respectifs. Vous pourrez découvrir ces vignerons (et vigneronnes!) en ayant un petit aperçu de leur travail, leurs convictions, leurs champagnes. Goûter leurs cuvées, oui. Les rencontrer, encore mieux. »


Et la coquine d’Eva d’ajouter, tout sourire, sans rosir, « Alors, c'est quand la prochaine grande occasion? »


Et c'est là que le Taulier a fait entonner par le chœur des admirateurs assemblés « Ils sont venus, ils seront tous là, y’aura même Antonino Iommi-Amunategui, le fils maudit, qu’est même venu d’au-dessus de Bercy… pour leur Eva…»


Pour ceux qui n’auraient pas tout saisi : nous sommes le 17 juillet une grande occasion pour Eva, mais même sous les pires tortures, je ne révélerai pas le millésime…

 

À vous de jouer et de deviner…

 

 

Francis Boulard, Grand Cru Mailly, Brut Nature.

http://www.francis-boulard.com 


photoBoulard.JPG 

Tarlant, cuvée Prestige Extra-Brut, millésime 1999

http://www.tarlant.com/fr

 

photoTarlant.JPG

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 00:00

Désolé c'est parti avant l'heure. Dans la vie que l’on vit on n’est jamais si bien servi que par soi-même. J’adore les chiffres ronds et ce matin le cap du million de visiteurs uniques : un clic par jour qui vaut en moyenne 2,5 pages lues, vient d’être passé : 1.000.740. Pour le petit Taulier que je suis c’est surtout la marque de votre régularité et de votre fidélité sans faille. Chaque matin, et maintenant chaque après-midi, vous êtes là, et même si Face de Bouc a un peu asséché les commentaires, vous suivez. Bien sûr vous êtes un chouïa chauvin, il faut vous parler  du vin, mais petit à petit tout vient à qui sait attendre et beaucoup vienne sur d’autres terrains.

 Lucia3-9326.JPG

 

Mon objectif d’extension du domaine du vin, d’ouvrir grande les fenêtres, de nous sortir de notre on est si bien entre soit, à l’échelle de mon audience progresse gentiment : je touche des populations de plus en plus diverses en termes d’origine et de tranche d’âge. Bref, sans verser dans un contentement béat, je me dis que je n’ai pas eu complètement tort de m’accrocher, de ne pas céder au découragement, de prendre des options à contre-courant. La blogosphère du vin s’est élargie, et elle se développe encore, et c’est tant mieux. C’est une émulation, c’est la diversité, ce sont aussi de vrais amis qui ne pensent pas forcément comme moi. Des vignerons aussi, c’est si bon de pouvoir arriver à l’heure du déjeuner chez l’un d’eux, en l’occurrence ils étaient deux, de s’asseoir à table, d’échanger en toute simplicité et de sentir, comme on dit, la glace fondre. Que du bonheur, le sentiment d’être un peu de la famille, de mettre de la chair dans ce qui n’était auparavant qu’une relation épistolaire via le blog.


Pour faire plaisir à François Desperriers, le Bourgogne live qui ratisse la Toile comme un bon jardinier soucieux de ne pas perdre une miette de la diversité, je vais m’octroyer un ban bourguignon. J’adore son côté lalalilalère bon enfant et, comme les bourguignons le font à tout bout de champ, je devrais écrire à tout bout de chais, je ne vois pourquoi je m’en priverais. Mais, face à ce ban, disons gentillet, avec ses petites menottes agitées, je me dois d’opposer le triple ban vendéen, plus paysan et associé aux banquets de mariage.


 On m'avait toujours dit

Que ce chanteur n’savait rien dire

Mais je vois qu'à présent

On va lui faire un triple ban...

 

Ou :

 

Quand un chanteur (ou une chanteuse)

A bien chanté ohé, ohé

Toutes les femmes, tous les hommes doivent l'embrasser

Le dernier ou la dernière  chantera !

 

Et éclatait : un triple et un, et deux, et trois et un deux, trois, quatre, cinq, battu avec une belle intensité…

 

Jon Lord, claviériste du mythique groupe de rock britannique Deep Purple et coauteur de leur titre le plus célèbre « Smoke on the Water », est décédé à l'âge de 71 ans. Le musicien luttait contre un cancer du pancréas depuis le mois d'août dernier.


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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 16:00

Selon un sondage CSA (1) : à la question « Avez-vous déjà entendu parler de la rafle du Vel d'Hiv ? »

-          67 % des 15-17 ans,

-          60 % des 18-24 ans

-          57 % des 25-34 ans répondent « NON »

-          Mais aussi 25 % des plus de 65 ans répondent n'en avoir pas non plus entendu parler,

-          Soit une moyenne, tous âges confondus, de 42 %.


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Pour ceux qui ne savent pas ou qui ne veulent pas ou ne cherchent pas à savoir :


Le Vélodrome d’Hiver était un stade-vélodrome situé près de la Seine dans le XVe arrondissement, il servit « à parquer », 8 160 des 13 152 personnes arrêtées par la police française lors de ce qui fut la plus grande rafle de juifs en France sous l'Occupation. Retenus dans des conditions inhumaines pendant quatre jours, 1 129 hommes, 2 916 femmes et 4 115 enfants furent entassés sur les gradins de ce stade voué aux courses cyclistes, avant d'être emmenés dans les camps de Beaune-la-Rolande et Pithiviers (Loiret). Là, quelque 3 000 enfants en bas âge furent brutalement séparés de leurs parents, et déportés les premiers vers Auschwitz via Drancy. La quasi-totalité des 13 152 juifs étrangers arrêtés lors de cette rafle par la police française sur la demande de l'occupant allemand, qui en réclamait 24 000, furent déportés. Moins d'une centaine - aucun enfant - survécurent.


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« Moins d'un tiers des étudiants français savent que c'est la police française qui a procédé à la rafle du Vel d'Hiv (32 %), et moins de la moitié des Français dans leur ensemble (46 %) »

Pour ceux qui en ont entendu parler, c'est en premier lieu par des films et documentaires (87 %), loin devant leur entourage (53 %), l'école (49 %) et Internet (21 %), selon le sondage. En revanche, 85 % des Français et 88 % des jeunes de 18 à 24 ans « considèrent que la transmission de la mémoire de la Shoah est importante ».


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Les mots prononcés par Jacques Chirac le 16 juillet 1995, deux mois après son élection à la Présidence de la République, à l’occasion de la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv, pour la première fois rompt avec l’attitude de ces prédécesseurs en faisant de ce drame un drame français « Ces heures noires souillent à jamais notre Histoire et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui la folie criminelle de l’occupant a été, chacun le sait, secondée par des Français, secondée par l’État français. »


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Pour ceux qui ne savent rien : le fameux tatouage, sur l’avant-bras, le numéro d’Auschwitz, Violette Jacquet, déportée survivante répond « Je vous l’ai dit, on ne pouvait rien expliquer ! Aux imbéciles qui m’interrogeaient sur ce numéro, ou qui me donnaient un coup de coude quand ils l’apercevaient, je répondais systématiquement que c’était le nombre de mes amants ! À vingt ans, cela faisait un peu beaucoup… Même à quatre-vingt ans, j’avoue ne pas avoir atteint les 51 937 ! »


(1)    Sondage réalisé par CSA les 4 et 5 juillet 2012 auprès de 1 056 Français selon la méthode des quotas

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 00:09

Au temps héroïques de mon espace de liberté, à mes débuts de dégustateur-imposteur, le salon des vins de Montreuil, organisé par les bouffons bio, fut pour moi initiatique. Novice, un peu gauche, verre à la main, aborder les tables des exposants, tout aussi intimidés que moi, relevait de l’attaque à mains nues du Cervin par la face Nord. Que dire, que faire, je n’étais pas un acheteur potentiel mais rien qu’un petit blogueur inconnu. Alors j’ai choisi de me porter vers celles et ceux qui, j’ose l’écrire, dégageaient des ondes favorables. Oui je l’avoue j’ai d’abord aimé les vigneronnes et les vignerons avant d’apprécier leurs vins. C’est ainsi la vie, les rencontres sont à l’image de ceux qui les font, le courant passe ou non, la sympathie ne se commande pas, elle est là de suite, et, croyez-moi, les vins sont très souvent à l’image de ceux qui les font.


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Isabelle et Bruno Perraud je ne daterai pas au carbone 14 notre première rencontre à Montreuil car, avec le temps qui passe, votre Taulier à la mémoire qui flanche. Pour autant il ne perd pas les pédales, même s’il lui arrive d’être parfois déjanté, et il revient toujours à ses premières amours. En l’occurrence, dans le cas présent, c’est Isabelle qui a répondu avec enthousiasme à ma sollicitation de venir présenter le domaine des Côtes de Molière sur mon espace de liberté

 

Avant de lui laisser la plume je mets comme elle en exergue la belle citation de Goethe : « La matière n'est rien, ce qui compte, c'est le geste qui la faite » qui est sur le site du Domaine.


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C'est lorsqu’on commence à nous demander des conseils que nous nous rendons  compte que nous ne sommes plus tout à fait si jeunes et que cela fait quelques années que nous traînons nos galoches dans les vignes!


Pourtant, nous n’avons pas l'impression que ça fait si longtemps parce qu'on apprend tous les jours et que jamais on ne se trouve tout à fait au point.


Bref, Bruno s'est installé en 1987, il avait 22 ans...et moi je l'ai rejoint en 1989, j'en avais juste 20...


Il avait étudié la viticulture et l'œnologie dans la région puis à Bordeaux! Et moi j'étais à la fac où j'étudiais les lettres et les langues...


Nous avons agrandi, petit à petit, notre tout petit domaine d'1 hectare 1/2 et aujourd'hui nous travaillons aujourd'hui sur 8 hectares 1/2 de Gamay et de Chardonnay.


La culture bio est arrivé en 1999, brutalement, par évidence, par ras le bol et par peur de la chimie.


Depuis, nous travaillons et sommes certifiés en culture biologique. Je défends avec ferveur la certification car elle est, pour moi, un engagement sincère du vigneron.


À la cave, nous n'utilisons pas d'intrants, comme le soufre, le sucre, et toute autre chose (la liste pourrait être longue!).


Nous avons la volonté de faire les vins que nous aimons. Et sommes heureux quand les autres les apprécient aussi!

 

Les rendements sont petits sur le Domaine, peut-être parce que nous ne sommes pas encore assez malins pour produire beaucoup plus de raisins dans nos vignes escarpées de Vauxrenard. Mais nous restons persuadés que nos raisins peu nombreux sont responsables de la qualité de nos vins.

 

Nous aimons nos vignes pleine d'herbe, et pleine de vie, même si cela représente un gros travail.

 

Nous élaborons différentes cuvées en rouge: le Brut de Cuve en nouveau, le Poquelin, le Moulin à vent, l'Epreuve et le Côte de la Molière, et différentes cuvées en blanc: Mon Blanc des Molières mais aussi une mini micro cuvée folle de Sauvignon élevé en fût de bière inox.

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Nous ne sommes pas des originaux, juste des vignerons qui voulons aller au bout du bout...

 

Isabelle Perraud

Domaine des Côtes de la Molière

Vins Vivants certifiés Bio

69820 Vauxrenard

Tel/fax: 04 74 69 92 32

http://cotes-de-la-moliere.com   

http://cotedelamoliere.blogspot.fr

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 12:00

Dans toutes les affaires il y a les de sources sûres, les mieux informés que les autres, moi je n’en suis pas. Michel Chapoutier a pris l’initiative de publier une lettre à ses collègues sur mon blog et puisqu’on l’accuse de m’avoir roulé dans la farine, donc trompé, il est de mon devoir de lui accorder un droit de réponse.

 

Et surtout qu’on ne vienne pas me dire que ces échanges via mon espace de liberté nuisent au dossier. S’adresser à l’opinion publique et aux politiques qui sont sensibles à celle-ci, est une chose, argumenter un dossier dans les prétoires en est une autre. Tout mélanger n’est pas de bonne politique : cette histoire de murs publicitaires ne me concerne pas, et ne concerne pas le juge administratif, c’est aux intéressés de s’entendre entre eux et de déterminer la bonne stratégie à adopter pour avoir le soutien de leur environnement proche et des défenseurs du respect des paysages.Tout le reste n'est que littérature, secret de polichinelle et confusion des genres. Dans cette affaire, je ne fais que mon job de blogueur indépendant et je ne suis le porte-parole de qui que ce soit. Je donne la parole à qui veut bien la prendre, avec en corollaire que les propos n'engagent que leur auteur. Toute personne qui voudrait profiter de mon hospitalité sur ce sujet est la bienvenue.


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« Il faut noter que dans ma proposition la maison Chapoutier a le même nombre de murs publicitaires, (qui ne sont pas de soutien) que la maison Jaboulet ( 2 chacun) ; pour cette raison je considérais ma proposition comme équitable. Comme je l’ai écrit tout à l’heure à Caroline Frey, je suis prêt à même proposer qu’on l’étende aux murs de soutien (on peut les sabler) et là nous en avons plus que tout autre, ce afin de montrer que notre proposition nous pénalise plus que l’autre maison.


Enfin, en tant que président de l’Hermitage, l’Odg n’a jamais été saisi ou même informé sur ce dossier d’antenne TNT, ça n’a été découvert que lorsque la Ste Itastim a implanté le panneau d’annonce des travaux, donc après l’acceptation du permis.

 

Donc les 2 infos sont erronées :  

 

Oui : nous avons des murs publicitaires qui ne sont pas de soutien…


Non : l’Odg Hermitage et son président n’ont jamais été informé de ce dossier avant l’acceptation du permis

 

Enfin j’ai pensé agir dans l’intérêt de l’Hermitage ayant la conviction que ce geste plus que symbolique est assez important pour faire bouger les choses.

 

J’ai pendant longtemps défendu  ces murs, mais aujourd’hui force de constater que ma position devenait petit à petit en contradiction avec la logique collective de l’Odg. Je pensais être seul à défendre les murs (attachement à mes origines). Vue l’énergie de la maison Jaboulet à se battre contre la pollution visuelle, j’étais convaincu que la maison Jaboulet gardait ses publicités pour ne pas se dépouiller de cet avantage de communication sans que notre maison le fasse. J’étais  donc totalement convaincu qu’elle allait applaudir à ma proposition, j’étais à 100 lieues d’imaginer que ça allait provoquer un incident diplomatique. »

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 07:00

Que d’eau, que d’eau, des seaux, un ciel bubonique, des filles emmitouflées, à la moindre percée du soleil la ruée sur les terrasses, Paris déprimait, Paris dégoulinait, Paris s’enfonçait dans un aquoibonisme ronchon et moi je me préparais à mon changement de millésime en glandant. À dire le vrai je me planquais car, de bonnes âmes, à la Grande Maison, se chargeaient par les canaux habituels, de faire savoir sur la place de Paris que si j’y résidais en ces temps de changement ce n’était pas pour promener ma progéniture au jardin du Luxembourg. C’était pourtant cela que je faisais, à la moindre éclaircie, pendant que Jasmine écumait avec ses copines les allées du pouvoir de notre nouveau président normal. Afin d’éviter d’être joint j’avais gentiment déposé mon téléphone portable dans un tiroir de la cuisine et, au grand désespoir de Jasmine, elle ne pouvait me joindre que sur le téléphone fixe de certains bars où j’avais mes habitudes. Les seuls fils que je renouais c’était avec des copines que je retrouvais dans les dits bars. Ma chère et tendre épouse appréciait à moitié ces retrouvailles mais je désarmais sa jalousie naissante en lui disant que courir la peurtantaine n’était plus de mon âge, que j’aspirais à une vie rangée des voitures. Ce qu’elle ne savait pas, en revanche, c’est que par l’entremise de l’une d’elle je m’étais retrouvé un soir perdu au milieu d’une nuée de donzelles, qui toutes auraient pu être mes filles, et qui, à mon grand étonnement, ne m’avaient pas lâché d’une semelle.

 

Nous étions tous allés dîner, après le pinces-fesses organisé par un champenois un peu coincé du col car il avait aussi quelques châteaux à Bordeaux, dans un resto recommandé par l’une d’elle, chez Septime rue de Charonne. Les fillettes picolaient sec. Admiratif ! La tortore était de bonne facture. Dès que je me taisais elles me relançaient. Faut dire que je m’étais laissé aller à raconter mes histoires. Scotchées les petites louves aux ongles carminés, toutes plus belles les unes que les autres, mitraillant tout ce qui passait sur la table avec leur IPhone, tweetant à qui mieux mieux, buvant mes paroles avec des mines de vierges aspirant aux délices de la chair. Je dois avouer que toute cette fraîcheur luxuriante me fascinait. Dans mon for intérieur je me disais que pendant les Trente Glorieuses la bourgeoisie française et une bonne part du populo avaient bien nourris les parents de ces belles plantes, intelligentes, diplômées, vives, et que le résultat était à la hauteur. Loin des plantes en pot, entre fleurs sauvages et espèces cultivées toutes ces gamines me donnaient des envies de vivre d’une rare intensité. C’était comme un bain de jouvence, bien au-dessus de la ceinture qui m’animait. Je tentais de ne pas trop me laissé griser par cette manière bien à elles de m’émoustiller : à mon arrivée elles m’avaient toutes embrassées sur la bouche avec une gourmandise légère. Bon le pépère gardait son sang-froid mais sans pour autant réfréner son goût immodéré de se raconter.

 

Mes aventures du temps de la RDA leur donnaient des frissons, une forme d’extase comme si une brute de la Stasi leur effleurait les cuisses avec sa main gantée de cuir au fond  d’une de ces limousines dont les régimes de l’Est avaient le secret. Cabotin j’en rajoutais des louches. Je me payais la fiole de l’Angela la fille de l’est. Pour faire bon poids je développais ma théorie sur la dette de nos voisins allemands à notre égard. Ma démonstration en 3 temps leur passait un peu au-dessus de la tête mais elles ne m’en tenaient pas rigueur. J’étais leur Dieu. Donc premier temps : je constatais que c’était le Führer et la Wehrmacht qui avaient amené les soviets du père Joseph jusqu’à Berlin ce qui nous avait valu le rideau de fer et pour une flopée de pays un régime socialiste aux petits oignons. Ensuite, pour protéger nos à-nouveau amis allemands de l’Ouest nous nous sommes saignés au quatre veines pour nous doter de la bombe A et d’une armée plantureuse sur terre, sur mer et dans les airs. Pendant ce temps-là nos potes teutons se relevaient et mettaient tous leurs picaillons dans leurs industries dont les noms fleuraient bon le Grand Reich. Au temps de la guerre froide, des SS20, en RFA des mecs se trimballaient en gueulant : « plutôt rouges que morts ! ». Nos copains communistes français et leurs compagnons de route confirmaient le bilan positif de leurs amis des républiques populaires de l’est. Denier acte : patatras tout se cassait la gueule, le Mur s’ouvrait et laissait fuiter l’Angela. L’unification fut difficile mais elle permit l’érection de la Grande Allemagne un chouïa impériale. Conclusion : présentons la note de notre surarmement à la mère Angela, nous nous sommes beaucoup endetté aussi pour ça. Papy Michel Rocard, qui ne dit pas que des conneries, a mis le doigt où ça fait mal.

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 00:09

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En ce dimanche post-14 juillet votre taulier grisé par les flonflons du bal des Pompiers, la tête détraquée par le pet des pétards, les yeux illuminés par les lucioles multicolores du feu d’artifice, le cœur gonflé par le défilé présidé par notre PNR, verserait-il soudain dans la plus basse démagogie en vouant aux gémonies l’écologie. Rassurez-vous je ne suis pas passé avec armes et bagages à Chasse-Pêche-Nature mais tout bêtement addict de Binet et de son inénarrable couple des Bidochon : la Raymonde et le Robert.

 

L’épisode qui suit est d’une drôlerie très au-dessus de la moyenne et je n’ai pas résisté au plaisir de vous le proposer. C’est désopilant et ça touche au plus juste. Le rire avec Binet c’est le meilleur antidote au politiquement correct, à la balourdise de certains discours plein de bonnes intentions, à la prétention des communicants des campagnes de ceci ou de cela. Pour la petite histoire ces planches ont circulé dans ma très sérieuse maison pleine d’Ingénieurs qui se divisent en 2 camps dont je ne peux évaluer l’importance : ceux qui ont défroqué pour rejoindre le Ministère de l’écologie qui, comme tous les ouvriers de la vingt-cinquième heure en rajoutent pour abjurer le productivisme, et ceux qui sont restés fidèles à l’Agriculture qui tentent pour certains d’entre eux de faire bouger les lignes entre les deux camps antagonistes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 15:00

 

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Je vous dois la vérité, sauf à de rares exceptions, je ne crois pas à l’efficacité des pétitions. Elles ne dérangent guère ceux à qui l’on veut faire rendre gorge. Ce qui compte, et le Net permet de maintenir la pression, c’est de mettre vraiment l’opinion publique dans sa poche.  Les gens aiment toujours voir David défier Goliath, et ils adorent aussi les beaux gestes, le côté chevaleresque.


Dans ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire de la TNT de l’Hermitage – j’aime, c’est un titre qui pète – face aux grisoulloux érecteurs de cette antenne, les chevau-légers que nous sommes se voyaient opposer, par les gardiens sourcilleux des petits vignerons qui font des vins nature pour les parisiens éclairés, un péché originel : les grands « latifundiaires » Jaboulet et Chapoutier, en l’occurrence un certain Michel et la prénommée Caroline, souillaient le paysage avec d’arrogantes inscriptions publicitaires.


J’avoue que ces réclames, inscrites dans le paysage de la colline de l’Hermitage, au temps du chemin de fer, je les voyais comme le Dubon… Dubonnet… des vieux pignons d’immeubles de Paris…des traces d’un autre âge… le témoignage d’un temps où les gens trouvaient ça normal et même beau. À trop vouloir effacer les scories du passé le risque est grand de perdre un peu la mémoire. Mais, mon esthétique et mon goût de l’Histoire n’entraient pas en ligne de compte et, bien évidemment, je pouvais me mettre dans la peau, et comprendre les objections, de ceux qui s’étonnaient d’une telle présence. Don’t act !


Et puis, alors que je besognais face à mon écran, hier au soir à 22H27 tombait dans ma boîte à mails la missive suivante : « Pour l’aimable information de mes amis, je me permets de vous faire passer une info concernant le problème d’érection d’une antenne TNT en haut de l’Hermitage. Je propose donc pour qu’on soit crédible en parlant de la protection du site et de pollution visuelle que nous (Chapoutier et Jaboulet) démontions les murs publicitaires en échange du déplacement de quelques mètres du projet d’antenne TNT » Michel.


Y était joint un courrier à l’ensemble des vignerons concernés :

 

Bonsoir Caroline, bonsoir à tous,


Ok pour moi de me ranger dans cette logique, mais il va falloir que les maisons Jaboulet et Chapoutier soient cohérentes avec cette demande et avec la volonté collective : c'est-à-dire que nous montrions l’exemple.

Aujourd’hui le classement se heurte au problème des murs publicitaires qui ne sont pas des murs de soutien.  Lors de la construction du chemin de fer, au XIXème siècle, seuls des murs de soutien ont été peints à but publicitaires. Puis, dans la première moitié du XXème siècle, des murs purement publicitaires ont été montés et ceux-là n’avaient aucune activité de soutien des terrasses. Ce sont justement ces murs plus récents et purement publicitaires qui causent problème au classement. De plus on est en position de faiblesse lorsqu’on essaie de défendre  une pollution visuelle par l’antenne alors que nous maintenons nos murs.

Je propose donc que dans cette tractation, pour obtenir gain de cause, et déplacer le lieu d’implantation de l’antenne, que nous proposions le démontage de nos murs publicitaires (qui ne sont pas des murs de soutien). Nous serons cohérents avec notre logique  et les maisons Jaboulet et Chapoutier amèneront ainsi leur pierre à l’édifice pour ce projet.

Je propose qu’on avance ainsi et enfin cette solution devrait satisfaire tout le monde.

 

Viniquement à tous et que la joie sois dans les cœurs…

 

Michel CHAPOUTIER

 

Que voulez-vous, moi je trouve que ça a du panache et je dis bravo Michel !

 

Pour autant rien n’est gagné, le combat reste à mener, mais la proposition de Michel Chapoutier met du beurre dans nos épinards. Restons mobilisés ! L’exemple cité ce matin dans ma chronique du combat gagné par le gérant de la « Dinée » à Port—Lauragais contre les mammouths des autoroutes est la preuve que rien n’est jamais perdu d’avance et qu’il ne faut pas baisser les bras. Et que l’on ne vienne pas m’objecter que nous sommes contre le progrès, que ces minuscules batailles sont d’arrière-garde. Je n’ai aucun goût particulier pour ceux qui sont contre tout et le contraire de tout et surtout lorsqu’il s’agit de leur jardin. En revanche, et je sais de quoi je parle, les soi-disant justifications techniques pour poser des horreurs ici et pas ailleurs relèvent bien souvent de la pure escroquerie intellectuelle et de bonnes raisons bien économiques.

 

Enfin pour ceux qui douteraient encore de l’utilité des commentaires je joins ce message de Michel Chapoutier :

 

De plus c'est quand même les commentaires de ton blog qui ont contribué à me faire faire prendre cette proposition.

 

Envoyé par BlackBerry

Michel Chapoutier


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