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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 10:00

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Même si ça indispose certains, ceux dont d’ailleurs je me demande toujours pourquoi ils se fourvoient sur mes lignes, mais libre à eux, après avoir visionné dimanche à 13h 15 l’entretien accordé par Michel Rocard à Laurent Delahousse sur France2, oui je suis fier d’avoir travaillé aux côtés de Michel ROCARD.link


J’avoue avoir été profondément ému, touché, au bord des larmes.


« Je suis un militant qui a essayé de comprendre ce qu’il faisait » confie-t-il et ça a toujours été la réalité de mon travail à ses côtés.


Merci Michel Rocard pour ces belles années.


Si ça vous dit vous pouvez, si vous ne l’avez déjà fait, visionnez cet entretien de 35 mn link

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 00:09

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Je suis fidèle en amitié, et Vincent Pousson le sait tout comme Patrick Hoÿm de Marien et Bernard Pueyo, et entre amis on doit s’expliquer, parfois avec rudesse, toujours avec franchise, ne pas laisser à d’autres le soin de jouer les petits télégraphistes.


Alors foin de ceux qui savent tout et qui ne savent rien, notre passé commun reste intact, rien ne pourra en effacer sa trace, quant au futur il ne faut jamais dire jamais. Il est des ruptures violentes, douloureuses, qui font des brisures nettes, franches, mais qui se consolident avec le temps sans laisser de trace.


Ce beau projet, dont Vincent était l’âme, est-il définitivement, irrémédiablement enterré ?


Mon âme de médiateur, de raccommodeur de vaisselle brisée, m’incite à croire que non.


Comme on dit chez moi dans ma vieille Vendée : « j’ai eu fait… »


Pourquoi, une fois la catharsis passée, la colère, la déception surmontées, les rancœurs digérées, ne pas se retrouver autour d’une table, à tête reposée, pour se parler, s’entendre, se comprendre et reprendre le cours d’une vie commune.


Mission impossible me direz-vous ?


Je ne le crois pas, tout est toujours possible entre frères soudain devenus « ennemis » si la bonne volonté est au rendez-vous, si ce qui uni est plus fort que ce qui divise.


Alors pourquoi pas !


Je suis prêt à y contribuer, à faire en sorte que cette coopérative d’un 3e type se refonde, existe, ouvre ses portes sur des bases solides.


Prétention de ma part, peut-être, mais à tous ceux qui se sont contentés de regrets je dis : « vous qui affirmez que vous attendiez avec impatience la concrétisation de ce projet, venez donc contribuer concrètement à sa réalisation. Joignez le geste à la parole… »


C’est un appel, pas une bouteille à la mer car Embres est niché dans les Corbières. Même si ça vous paraîtra un peu nunuche dans notre monde dur et inflexible c’est une colombe de la paix.


En ce lundi matin plein de soleil, lumineux, j’espère qu’elle trouvera un rameau d’olivier juste avant de se poser sur la Coopé.

 

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 07:00

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Nantes, ma ville, le cour des 50 otages, le lycée Guitsh’au, le campus de la Jonelière avec ses préfabriqués, la Place Graslin et la Royale link, le quai de la Fesse link, pardon de la Fosse, le passage Pommeraye : Lola de Jacques Demy, les dockers, les paysans-travailleurs et bien sûr Marie link et link, la seule, l’unique, l’irremplacée, l’irremplaçable, ma fleur de mai cueillie de plein fouet. Et, dans notre monde soumis au grand n’importe quoi, voilà t’y pas  que l'Académie de Nantes est accusée d’ « inciter les garçons à porter une jupe et du rouge à lèvres… » Les délirants de la théorie du genre ont encore frappé après le livre Tous à poil, jugé « inadapté » à l'école. Ou encore un film, Tomboy, considéré comme trop « militant » pour être visionné en classe. Je suis furax. Ras-le-bol ! Allons-nous laisser remonter à la surface ces raclures de pelle à merde de l’UNI, laisser le champ libre aux culs bénis, les comprimés des roustons, les envapées des jupes plissées ? Nous régressons. Si nous n’y prenons garde, ils vont nous étouffer, nous noyer dans leur eau bénite. Foin du couillemollisme l’heure est à la contre-attaque. Ne pas leur laisser ni la rue, ni les réseaux sociaux ! Taper dessus à bras raccourci sans aucune retenue ! Pour bien marquer mon engagement j’étais allé me louer une tenue traditionnelle d’Écossais, noire. Et, pendant ce temps-là ma dulcinée, qui a de si belles quilles, longues et fines, se trimballait à mes côtés en tailleur-pantalon Yves Saint-Laurent le couturier qui a donné le pouvoir aux femmes. Foin de ses hypocrites oublieux que l’habit ne fait pas le moine, que leurs curés portent des soutanes. Nous provoquerons, il se peut même que nous allions ainsi vêtus à la messe à Saint-Nicolas du Chardonnay rien que pour faire chier les intégristes à missel en latin.


Et puis, en prenant mon petit-déjeuner, en feuilletant la presse, j’ai découvert ce papier :


Paris, le 15 mai


« Laissez-moi vous conter l'affaire la plus extravagante qui soit: un fagot, une rumeur, un bobillonnage qui attise les braises et échauffe les esprits

.  

Ma chère et tendre, pouvez-vous seulement imaginer que, dans la bonne ville de Nantes, l'on se soit pris d'inviter les jouvenceaux à se vêtir en jouvencelles, le temps d'une journée, à des fins de promouvoir l'égalité entre descendants d'Adam et Eve. Il se mande de surcroit que l'on aurait prescrit qu'ils se fardent et peignent leurs lèvres. 


Je vous sais perplexe, ma chère et tendre, et si peu entichée de ce genre de polémique à deux sols. S'ils venaient à connaitre l'usage de l'étiquette, défenseurs et adversaires de ces accoutrements seraient tout ébaubis! Souvenons-nous seulement qu'en des temps anciens, les gens de Cour faisaient un usage immodéré des fards et des onguents, au point d'en avoir la peau grêlée, tavelée, gâtée par le plomb qui leur conférait ce teint cireux et blafard que commandait la mode d'alors. 


« Voyez ainsi cette étrange affaire dite de la théorie du genre: un labyrinthe, un coupe-gorge, un gouffre sans fond. »


Ha! Je vous sais curieuse de connaître la vérité. La vérité? Balivernes! Peut leur chaut à ces détracteurs d'un jour de savoir si l'on a réellement souhaité faire de ces jeunes gens des jeunes femmes d'un jour. Seule la rumeur triomphe lorsqu'elle vient à enfiévrer les âmes. Voyez ainsi cette étrange affaire dite de la théorie du genre. Un labyrinthe, un coupe-gorge, un gouffre sans fond, une pétaudière où tout un chacun se prend d'intenter les pires procès en sorcellerie. 


De petites ligues, au demeurant savamment dissimulées telles des punaises de bois de lit, menées par des prêcheurs de pacotille, soufflent le vent fétide de l'obscurantisme, en affirmant que le ministère de l'Instruction publique entend promouvoir le travestissement à des fins d'obtenir un genre nouveau susceptible de consacrer une fois pour toutes l'égalité entre les femmes et les hommes. 


Ces mêmes illuminés qui mènent ce bal des crédules, des gobe-lunes et des ravis n'ont pas craint un moment, ainsi que le fit cette harengère de mère Boutin, de promettre l'enfer à cette pauvre femme à barbe qui remporta récemment un concours de chant, d'ailleurs ennuyeux à périr. 


« Cette journée relève d'une initiative un peu bêta, cul-cul la praline. »


 La mauvaise foi, les fagots, les menteries, sont à présent mieux considérées que les évidences: le soupçon règne en maître! Ainsi de cette journée de la jupe: pardonnez, mon enfant, ma trivialité! Cette journée relève d'une initiative un peu bêta, pour ne pas mander "cul-cul la praline". Personne n'est dupe de cette innocente mascarade, de ce petit carnaval de patronage. Cette journée de la jupe, ma mie, n’est une journée de dupes. Rien de plus »


Enfin, le soleil est de retour, sur la pelouse de Sainte Anne, loin des regards, nous nous lovons dans notre peau de lézard chauffée à blanc, nus sur nos transats, béats, imprégnés de lumière crue, le temps est suspendu, tendu.  J’atteins l’incandescence en contemplant ses hanches ouvertes, des hanches du bonheur. Elle est réceptacle. Je lui apporte de la citronnade. Le temps qui me reste je le lui  dois. Elle est l’avenir. Son rire cascade me transporte. J’aime la sentir. C’est une reine, port altier, je ne me lasse pas de la contempler. Elle se pose en tailleur, sa poitrine ferme me nargue. Je suis imperturbable. Elle m’infuse d’un bonheur sans limite. Je lui dis « je t’aime ». Elle me fusille, me cloue au mur. « Pourquoi viens-tu si tard, fille du vent ? » En cascade ses cheveux enveloppent ses épaules. « Tu  es miel. Tu es belle… Embarquons ! » Nos vêtements ne sont que des artifices provisoires, elle marche devant moi d’un pas ferme, déterminé, je sais que nous irons jusqu’au bout de ses rêves. Après, discrètement je m’éclipserais. Elle fera de beaux enfants. Je ne serai pas là pour les voir grandir. Il faut savoir ouvrir la fenêtre sur un horizon qui  se rapproche. Je suis prêt car j’ai aimé. Je l’ai aimé. C’est le plus beau des alcools forts qui ait infusé dans mes veines. Je peux partir heureux.

 

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 00:09

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Sur Face de Bouc on ne collectionne que des « amis » et on like, ce qui en idiome étasunien signifie : j’aime. Mais y’a like et like « derrière chaque « like » se dissimule une arrière-pensée plus ou moins consciente, une stratégie, un sourire, un rictus, une grimace, un clin d'œil. » Voici une petite typologie non exhaustive des « like ».link


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Le « like » urticant


« Typiquement, le « like » de retour de soirée. Les bulles de champagne n'ont pas fini d'éclater de joie dans nos artères et on a hyper envie d'aimer le monde entier sauf qu'on est tout seul dans le canapé sous la lumière blafarde de l'ordinateur portable. Alors on « like » sans mesure le statut vaguement raciste du beau-frère, des photos de chiots, la nouvelle photo de profil du chef de service, on like comme on se gratte, pour soulager une démangeaison, on « aime » pour ne pas avoir à constater qu'on est seul dans le canapé. »


Le « like » pur


C'est le seul « like » sans arrière-pensée, un « like » pétri d'amour et d'eau fraîche, qui ne se démontre ni ne se justifie. Le « like » a ses raisons que la raison ne connaît pas.


Sur Face de Bouc je suis affligé de 2 graves défauts : je like peu mais je like fort et je vire des amis qui n’en sont pas ce qui ne se fait pas me dit-on. Je ne comprends pas pourquoi ceux qui m’exècrent ne me vire pas eux aussi, sans doute souhaitent-ils me surveiller.


Tout ça pour vous dire que dans le cadre de ma nouvelle politique « L’amour, on s’enlace » inspirée de Frédéric Dard, je vous propose une recette d’amour tirée d’un beau livre de Françoise Dax-Boyer aux éditions de l’Amandier link Les recettes d’amour.


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J’ai choisi la première car elle est l’œuvre d’un grand poète méconnu : Jean Tardieu.


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Le 31 décembre 2007 je lui  avais rendu hommage avec « Rin de Rin »link Ne voyez là aucune malice c’est un beau poème  La môme néant.

 

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Les asperges tièdes de Monsieur Jean


Jean Tardieu évoquait souvent Manet,


Un de ses peintres préférés, et, comme lui, fin gourmet.


-          Une asperge, son asperge


Vaut plus qu’une botte d’asperges


Disait-il en arrivant près  des berges,


Quand il venait déjeuner Quai  de la Rapée.


Je ne mange jamais la botte, je me sentirai berné ;


Je préfère botter en touche et la proposer !

 

Il me regardait plonger dans l’eau bouillante


Des asperges vertes ou crémeuses à bout violet,


Huit minutes à peine pour qu’elles soient croquantes


Et gardent saveur et tiédeur assurées.

 

Mais ce qu’il aimait par-dessus tout, c’est vrai,


C’était la mayonnaise maison qui les accompagnait.


Savamment tournée par une main inspirée,


Elle déclenchait chez lui des images délurées.


Il suivait ce geste cadencé et rythmé


Qui lui rappelait la prise de Mahon par les Français,


Sur l’île de Minorque ensoleillée.

 

-          Faire monter la Mahonnaise, pardon la mayonnaise,

 

Est un dicton familier, se plaisait-il à répéter.

 

Ça prend ou ça ne prend pas, selon affinités !

 

Voir le poète déguster une à une les asperges

 

En buvant un verre de sancerre bien frais,

 

Écouter ses mots sui, à l’infini, gambergent,

 

Était un privilège du joli mois de mai.


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* « Le collectionneur russe Charles Ephrussi avait commandé en 1880 à Édouard Manet une nature morte représentant une botte d'asperges, pour la somme de 800 francs. À la réception de l’œuvre, il lui en donne 1 000. Manet décide alors d'offrir un nouveau tableau, de plus petites dimensions, à son généreux commanditaire, qu'il lui envoie accompagné du billet suivant : « Il en manquait une à votre botte. »


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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 10:00

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Dans le cadre d’une campagne destinée à cultiver les idées reçues, financée par l’Amicale des Jeunes Bobos de Paris, section naturiste, et la Mutuelle des Soixante-huitard non révisé, avec le soutien du Syndicat des Vinaigriers, de l’Entente des Levures Libres, des cavistes Qui font tout pour embêter les beaux nez, et du club des majorettes délurées de Ménilmontant, nous placardons dans tout Paris pour séduire le Tout Paris des milliers d’affiches de Pol Coxlink 


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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 00:09

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L’origine des plantes cultivées m’a toujours passionné et j’ai donc toujours mon de Candolle à portée de main. Ci-dessus nature morte signée Juan Sánchez Cotán, peintre espagnol du XVIème siècle.


Je sais que ça énerve certains mais le grand retour des légumes oubliés sur les tables de la haute gastronomie n’est pas qu’une énième mode destinée à séduire ces jeunes couillons de bobos.


Pour ma part, vu mon grand âge et mon élevage aux légumes du jardin familial je n’en avais oublié aucun alors je laisse les éternels pourfendeurs de parigots idiots s’épandre.


Le cardon est de ceux-là. link


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« À l’origine, donc, des capitules, têtes de chardons dont les hommes préhistoriques (ou plus vraisemblablement les femmes !) extraient le cœur comestible et au goût délicat. Même si les débuts de la domestication du chardon restent obscurs, la tradition de perpétue longtemps en Italie, comme en témoigne la surprise de Goethe, au XVIIIe siècle, croisant en Sicile deux gentilshommes se nourrissant avec délectation de chardons cueillis au bord du chemin. »


« Nous avons vu avec étonnement ces deux graves personnages debout devant une de ces touffes de chardons, armés de leur couteaux tranchants, couper le haut des tiges. Ils prenaient ensuite du bout des doigts leur butin épineux, ils pelaient la tige et mangeait l’intérieur  avec délices. » (Voyage en Italie, 30 avril 1787)


Comme l’écrit Évelyne Bloch-Dano dans son merveilleux petit livre « La fabuleuse histoire des légumes » : « dans tout l’empire romain de la méditerranée, les cardes ont tenues la corde ! »


Ainsi Apicius le cuisinier romain proposait « d’arroser les fonds bouillis d’une sauce à la fécule faite de graine de céleri pilée, de rue (une plante des prés), de miel, de poivre avec du vin paillé, de garum (sauce à base de poisson) et d’huile d’olive qu’on lie à la fécule avant de la saupoudrer de poivre. »


Sans doute pour esbaudir les petits bobos de Rome comme dirait avec ses gros sabots un dénommé Anthocyanes (rien que ça !)


1000 ans d’éclipse !


L’oubli des légumes oubliés ne date pas d’hier, comme l’aurait remarqué monsieur de La Palice.


Comment les cardons sont-ils réapparus ?


Quel a été leur Alain Passard ?


En fait, « ils ont continué à être consommé en Tunisie, et en Andalousie où ils ont ensuite bénéficié de nouvelles techniques de cultures grâce à l’expansion arabe au VIIIe siècle. Les jardiniers ont cherché à développer d’une part la fleur, le capitule, et de l’autre le pétiole et la nervure principale. Progressivement, l’artichaut et le cardon se sont distingués. »


La vie du cardon n’est pas un long fleuve tranquille : il voyage d’Andalousie en Sicile pour débarquer en France directement d’Espagne où il remonte la vallée du Rhône jusqu’à Lyon : « un vrai pays de cardes » selon Olivier de Serres. Ensuite, bien sûr  il monte à Paris pour traverser la Manche où nos amis anglais le considèrent comme une plante ornementale.


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« Mais l’apogée du cardon se trouve au XIXe siècle. On le sert à l’espagnole à la table royale de Belgique en 1888. Pour Grimod de La Reynière, la carde est « le nec plus ultra de la science humaine, et un cuisinier en état de faire un plat de cardes exquis peut s’intituler le premier artiste de l’Europe. »


Le prince des gastronomes, entre autre recettes, recommande de l’accommoder à  la moelle.


Malicieusement, Évelyne Bloch-Dano, à qui je dois tout pour cette chronique, se pose la question « ne serait-ce pas la façon d’embourgeoiser, que dis-je d’ennoblir ! un légume humble, lointain descendant du chardon ? »


Et de dégainer notre Marcel, Proust bien sûr, dans À la recherche du temps perdu où Françoise la cuisinière hors pair de la tante Léonie chez qui le narrateur passe ses vacances prépare le dimanche, pour les invités des cardons à la moelle.


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Je confesse, sans aucune contrition, un penchant très prononcé pour la moelle le «beurre des dieux» arrosée bien sûr d’un nectar de Dieu link

 

« Car au fond permanent d’œufs, de côtelettes, de pommes de terre, de confitures, de biscuits qu’elle be nous annonçait même plus, Françoise ajoutait – selon les travaux des champs et des vergers, le fruit  de la marée, les hasards du commerce, les politesses des voisins et son propre génie (…) : une barbue parce que la marchande lui en avait garantie la fraîcheur, une dinde parce qu’elle en avait vu une belle au marché de Roussainville-le-Pin, des cardons à la moelle parce qu’elle ne nous avait pas fait de cette manière-là » Du côté de chez Swann I, II.


J’attends donc avec sérénité les cardons à la moelle de Fricotti ! Hi, Hi…


Du côté nectar des dieux ce sera sans hésitation 1 Chablis Coteau de Rosette 2011 d’Alice et Olivier de Moor


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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 08:00

Cette histoire vraie est emblématique d’une façon d’être de certains sur les réseaux sociaux, on s’y met en scène pour étaler les turpitudes des autres, sans bien évidemment que ceux-ci aient le droit à la parole.

 

Pour ceux de mes lecteurs qui ne connaissent pas mes relations anciennes et étroites avec la coopé d'Embres&Castelmaure je les invite à renseigner la case recherche, en haut à droite du blog, avec cette raison sociale et ils retrouveront mes chroniques.

 

J'écris cette chronique au nom de mon amitié ancienne pour un trio qui me semblait indissoluble : Patrick, Bernard et Vincent... 


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Voici le déroulé de la rupture.

 

La nouvelle tomba comme un couperet, avant-hier à 9 h 55, sur la page Face de Bouc du sieur Pousson.« C'étaient mes trois dernières étiquettes pour les viticulteurs d'Embres-et-Castelmaure. La fin d'une époque. »


 

Sous-entendu : ils m’ont viré !


 

Stupeur et tremblement : sitôt le petit peuple de Face de Bouc s’émeut, plaint l’artiste, peste contre l’ingratitude de ces paysans tant vantés par leur idole.


 

Moi je trouve ça bien étrange alors je téléphone au Président de la coopé : mon ami Patrick Hoÿm de Marien, l’ami de toujours de Vincent Pousson, celui qui l’a accompagné et défendu aux heures difficiles.


 

Celui-ci, est stupéfait, meurtri par cette trahison, informé laconiquement par sms de la défection de Pousson. Car la vérité toute bête c’est que, sans donner ses raisons, bonnes ou mauvaises, qu’importe, le génial promoteur  du projet la Coopérative (il s'agissait d'une forme de guingette) se tirait à la cloche de bois laissant l’ardoise à la Coopé.


 

Adieu camion de Pousson, tables, couverts, oliviers… peccadilles que tout ça pour l’artiste incompris par ces paysans mal dégrossis.


 

Ce qui m’étonnait dans les commentaires des fans de Pousson c’est que nul ne relevait les propos en commentaires de Bernard Pueyo, le directeur d’Embres&Castelmaure, lui aussi compagnon de toujours de Pousson.


 

Je cite Bernard Pueyo :

 

 

« Le radicalisme exogène reste la signature des grands artistes. Un départ sans même avoir les couilles de le dire en face et de s'expliquer. Reste ta décision. Descend de ta bulle l'artiste, la seule issue à cette relation compte tenu des tes expériences passées de business man ne pouvait être que celle-là. »

 

« On va voir maintenant si tu as le courage de t'expliquer sur la toile puisque tu ne peux pas le faire dans les yeux, j'attends et j'exige tes explications, on va en parler tous les deux. »


 

Demande claire, souhait légitime, car il est bon de rappeler qu’un directeur de coopérative est responsable devant ses administrateurs de sa gestion, nous ne vivons pas, n’en déplaise à Vincent Pousson, dans une République bananière où les caprices de l’artiste doivent être honorés sans barguigner.


 

Mais, patience, nous allions tout savoir, en effet Vincent Pousson répondait avant-hier à Dany Rolland « Triste, Dany. Un peu en colère aussi. Explications suivront. »


 

Fort bien, c’était la moindre des choses, il devait bien ça à ces pauvres paysans tant aimés d’Embres&Castelmaure.


 

Alors, tout comme Bernard Pueyo, j'attendais.


 

Mais ce matin, revirement de jurisprudence « Ces quelques lignes pour remercier tous ceux, vignerons, artisans, fournisseurs qui nous ont fait confiance, à Isabelle Brunet et à moi-même, qui nous ont suivis sur le projet de LA COOPÉRATIVE. Pour nous excuser aussi après d'eux et de tous les futurs clients qui, avant même l'ouverture, nous avaient fait l'honneur de réserver en nombre dans ce restaurant qui malheureusement ne pourra pas voir le jour, pour une somme de raisons trop longue à expliquer ici et maintenant.


Au-delà de la tristesse, au-delà de la déception, avec une envie intacte, nous rebondirons, afin que l'idée perdure, sous une forme différente.

 

À très bientôt »


 

La messe était dite. Nous ne saurions rien du fond de cette affaire. Face à un petit homme meurtri, blessé, déçu, la commisération des fans resterait forcément de son côté.


 

Quelle absence de courage, faire ça à un ami, à son grand ami, un ami à la peine en ce moment, Patrick Hoÿm de Marien ça dépasse mon entendement. C’est inadmissible car ça laisse planer un doute insupportable. Vincent Pousson agit comme un enfant qui de prive de son jouet et qui boude.


 

Comme le souhaitait Bernard Pueyo je souhaite que Vincent Pousson s’explique, qu’il plaide sa cause, qu’il ne se contente pas de sa piètre mise en scène sur Face de Bouc. Il a peut-être de solides raisons de jeter l’éponge.

 

 

Qu'il les donne !


 

Pour moi ce qui compte ce n’est ni l’ego de Pousson, ni l’amitié bafouée, mais la pérénité  de la belle aventure d’Embres&Castelmaure. Derrière les étiquettes de Vincent Pousson il y avait du vin, des raisins, des vignerons...


 

Pourquoi jeter un tel doute sur la bonne foi de ses dirigeants en sous-entendant que si son projet est annulé c’est uniquement de leur fait, de leur faute, qu’ils n’ont pas été à la hauteur de son génie.


 

C’est lui qui est parti que je sache.


 

Pourquoi cette fuite ?


 

Jusqu’à preuve du contraire, j’ai confiance en la parole de Patrick Hoÿm de Marien et de Bernard Pueyo : il me semble, faute d'entendre les arguments de Vincent Pousson, qu'Embres&Castelmaure n’a pas grand-chose à se reprocher dans le naufrage de son projet 

 

 

 

Ressaisis toi Pousson, ne jette pas aux orties ces belles années par un comportement inapproprié.


 

Du courage bordel !


 

Rappelle-toi le dernier coup de téléphone que tu m’as passé Vincent à propos de l’ami Patrick à la peine ! Tu me semblais sincère.

 

 

Tu lui dois bien ça !


 

La vérité, toute la vérité, rien que la vérité, c’est une exigence de morale publique que tu  nous dois toi si prompt à redresser les torts.


 

Je n’instruis ici aucun procès, je ne prends pas parti, je suis dans le droit fil de notre histoire commune et je te demande seulement du respect pour les coopérateurs d’Embres&Castelmaure, donc des explications entre gens adultes et responsables.


 

« Touche pas à ma Coopé ! »


 

Et que l’on ne m’oppose pas que le linge sale ça se lave en famille puisque le linge sale c’est Vincent Pousson qui l’a étalé sur son mur pour se poser en martyr de ces « salauds de pauvres » d’Embres&Castelmaure.


 

Pourquoi toute cette publicité si maintenant tu te refuses à nous expliquer les raisons de ton  abandon ?


 

 

« Si toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire il y en a d’autres, en plus grand nombre, qui ne sont pas meilleures à entendre. » Léon Bloy.

 

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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 00:09

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Dans le petit monde des dirigeants professionnels français du vin que j’ai côtoyé tout au long de ma carrière, Michel Issaly, vigneron à Gaillac link, occupe à mes yeux une place particulière. À la tête des Vignerons Indépendants de France (VIF), autrefois dénommé Confédération nationale des caves particulières (CNCP) jusqu’en septembre 2002, pendant 6 années il a su faire entendre une petite musique originale,  celle d’un vigneron de conviction joignant le geste à la parole. Au sein d’un mouvement, dont l’histoire était fortement imprégnée par son opposition à la coopération viti-vinicole, Michel, avec un sens politique dont les élus politiques devraient s’inspirer, a su faire entendre une petite musique plus originale que celle d’une stricte opposition de modèle économique. Et pourtant, je peux l’écrire maintenant qu’il n’est plus Président des VIF, Michel n’était pas forcément représentatif de la base d’un mouvement beaucoup moins homogène qu’il n’y paraît.


Mon propos ce matin n’est pas de faire une analyse sociologique et économique des vignerons indépendants, ceux-ci s’apparentant par leur activité à des artisans-commerçants, mais de vous parler de Michel. C’est un lecteur de la première heure et surtout un ami fidèle, un vrai. Lors de la parution de mon rapport, en 2001, en dépit des turbulences surtout languedociennes, Michel m’a toujours témoigné publiquement, dans le respect de nos différences et de la nature de nos responsabilités, amitié et soutien. Sur beaucoup de sujets nous étions en plein accord : l’opposition stérile entre vin artisanal et vin industriel, l’AOC perçue comme un droit acquis, la dévalorisation du vin de table, le lien au terroir, la dérive orchestrée par les « petits génies » de l’UE de la définition du vin bio, le « passez en IGP » pour certaines AOP volumiques… Je lui avais même adressé une lettre Cher Michel Issaly qui appelle de ses vœux l’éclosion d’un leader charismatique dans le monde du vin link


Prendre ses responsabilités, prendre des responsabilités, des responsabilités nationales surtout, n’est pas chose aisée lorsque l’on est de surcroît un petit vigneron du Tarn. Il est plus facile, comme le font certains, de se contenter de pester dans son coin, de vouer les bureaucrates aux gémonies, de critiquer durement les dirigeants professionnels,  de railler les politiques, de tailler en pièces les prohibitionnistes, sans pour autant s’engager dans le combat collectif. Pas le temps, pas l’envie, toutes les raisons sont bonnes pour laisser à d’autres, pas forcément les meilleurs, des mandats indispensables à la représentation des vignerons par des corps intermédiaires. Notre pays confond corporatisme, l’exemple du maintien bureaucratique des droits de plantation en est un bel exemple, et indispensable dialogue avec les décideurs du niveau national et européen. Notre goût immodéré pour la confrontation frontale, stérile, nous fait accoucher d’un immobilisme mortifère. Michel Issaly, avec pugnacité, élégance, simplicité et conviction, n’a pas hésité à mettre les mains dans le cambouis, à tenter de faire bouger les lignes, à sortir des postures purement syndicales et corporatistes. Les pesanteurs sont telles, les baronnies si cadenassées, que l’engagement de Michel Issaly doit être salué et apprécié à sa juste valeur.


Chapeau Michel, et merci !


Mais Michel est bien sûr un vigneron, et un très bon.


La preuve : le caviste de référence de la capitale, l’aveyronnais du nord Philippe Cuq, dans son Lieu du Vin link propose à ses amateurs du Michel Issaly. Je lui ai posé la question à son retour d’un séjour en son Aveyron natal, pourquoi ce choix ?


« Il y a quelques années, avant que d’être professionnel, l’amateur que j’étais fréquentait assidûment le salon des vignerons indépendants. Parmi la masse – plutôt qualitative il me semblait – certaines rencontres se détachaient. L’une d’entre elle s’est faite autour de cépages aux noms venus de loin et qui émoustillaient le curieux, l’original que j’étais déjà (mon adresse était lendelel@wanadoo.fr et je me régalais déjà de mansois et de savagnins non ouillés). Un dénommé Michel ISSALY m’a fait faire une  dégustation dont je me rappelle encore : il était question d’équilibre des vignes, de respect du terroir et de l’histoire, de temps nécessaire à la construction du plaisir… On a fini par du mauzac, un Vin de l’Oubli que je n’ai jamais oublié.  Voilà pourquoi, maintenant professionnel, j’ai saisi la première occasion pour aller déguster les vins de la Ramaye, et devinez quoi ? Il y a du Vin de l’Oubli au lieu du Vin. Parce que je n’oublie jamais ni mes amis ni mes plaisirs… »

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Comme un bonheur n’arrive jamais seul sachez parigots et parigotes, mon amie Virginie Maignien du domaine Causse-Marines m’a informée que le lundi 26 mai au restaurant le Perchoir link  14 rue Crespin du Gast dans le XIe, un haut-lieu de la boboitude parisienne, de 16 h à 22 h se déroulera une belle dégustation de mes amis de Terre de Gaillac et que, bien évidemment, l’ami Michel Issaly sera présent.


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Venez-y nombreux vous ne serez pas déçus du voyage…

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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 08:50

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Le monde du vin se plaint d’être mal aimé, même persécuté par les hygiénistes, à juste raison souvent, mais il est une contradiction que ses dirigeants se gardent bien de résoudre celle contenue dans son discours sur la santé.


D’un  côté le « French Paradox » vante les bienfaits de la consommation raisonnable du vin que l’on met en  avant et de l’autre l’utilisation intensive de pesticides que l’on minore tant au plan de la santé de ceux qui dans les vignes les épandent que de celle de l’environnement proche (et je ne parle pas ici de la pollution des eaux).


Bref, il ne s’agit pas ici  pour moi d’instruire un quelconque procès, je n’en ai ni l’envie, ni la légitimité, mais de souligner que la belle image du vin peut pâtir de discours trop radicaux soumis à l’épreuve  de l’actualité.


Le lobbying du vin au travers de « Vin&Société » ne pourra pas s’exonérer très longtemps d’aborder les deux facettes de son discours sur la santé de nos concitoyens buveurs et non buveurs dans le cas présent.


C’est une question de crédibilité.


On ne peut à la fois mettre en avant des études scientifiques qui vont dans le sens des bienfaits du vin pour la santé tout en occultant ou en minorant celles qui, certes parfois très parcellaires ou même orientées, qui pointent le doigt sur l’impact des pesticides sur la santé.


À trop tergiverser pour ne pas chagriner certains poids lourds de la viticulture, le risque est grand qu’un jour le boomerang revienne en force ternir la bonne image du vin produit de civilisation et de tradition.


Qui vivra verra mais la politique du mépris face aux attentes légitimes de la population est une bombe à retardement.


Deux infos ci-dessous qui ont motivé cette chronique.


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1-      « Des élèves de l’école élémentaire de Villeneuve, près de Blaye en Gironde, sont tombés malades, lundi, après que des pesticides aient été appliqués sur les vignes qui bordent leur établissement…


Lundi en fin de matinée, 23 élèves sur les 46 de l’école élémentaire de Villeneuve ont commencé à ressentir différents symptômes : toux, maux de tête, irritations des yeux et de la gorge. Le matin même, le propriétaire des vignes qui jouxtent l’école avait réalisé un épandage. Une enquête est menée par la Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (Draaf) pour déterminer la cause de ces malaises.


La responsable de la cellule veille, alerte et gestion sanitaire de l'Agence régionale de santé (ARS), le Dr Martine Vivier-Darrigol, reste prudente dans son analyse mais reconnaît « qu’il est clairement possible qu’il y ait un lien entre l’épandage et les symptômes ». Les symptômes n’étant pas spécifiques, il est difficile à l’agence de santé de se prononcer davantage, avant les résultats de l’enquête. link 

 

 

2-      « Les bienfaits du vin rouge mis en doute « FRENCH PARADOX ». Depuis de nombreuses années, on prête au resvératrol, un polyphénol retrouvé dans le vin rouge, le chocolat noir et certains fruits, des propriétés curatives : antioxydant et anti-inflammatoire, il serait également utile pour prévenir l’apparition de cancers et de maladies cardiovasculaires.


De plus, le « french paradox », comme le nomment les anglo-saxons, est un constat selon lequel les Français, malgré un régime alimentaire riche en matières grasses, sont relativement peu sujets aux problèmes cardiaques. Des conclusions longtemps attribuées aux bienfaits du resvératrol.


Mais toutes ces observations sont contrastées par les résultats d’une étude italienne, rapportée ce lundi 12 mai dans le Journal of the American Medical Association, Internal Medicine. D’après les chercheurs, le resvératrol ne serait pas à l’origine de ces protections bénéfiques pour notre organisme. »link

 

Alors que je rédigeais cette chronique j’ai reçu dans ma boîte mail ce courrier :

 

Objet : Article pesticides Sud-Ouest

 

Vous trouverez ci-dessous un article paru ce jour dans Sud-Ouest.

 

Si vous êtes questionné par des journalistes, nous vous recommandons de les renvoyer vers le service communication du CIVB (Christophe CHATEAU) afin qu'une position commune de la filière soit communiquée.

 

Nous invitons instamment les viticulteurs qui ont des vignes à proximité des écoles à prendre les plus grandes précautions : traiter si possible le mercredi ou les jours fériés et utiliser de préférence des produits classés bio.

 

Pour les parcelles situées à proximité des zones habitées, respecter strictement les préconisations en matière de vitesse maximale du vent pour éviter les dérives.

 

Attention la presse est aux aguets : un comportement individuel irresponsable peut pénaliser toute la profession.

 

Nous comptons sur votre compréhension.

 

Meilleures salutations


 

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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 00:09

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Le Singe en hiver d’Antoine Blondin, cité comme favori pour le Goncourt 1959,  se le vit souffler par un inconnu André Schwarz-Bart pour le dernier des justes. En compensation il reçut le prix Interallié. Son collègue d’alcools de nuit Roger Bastide le charrie gentiment « Notre Blondin d’amour, sous son apparent détachement pour les distinctions officielles, rêva du Goncourt au moment d’un Singe en hiver. Cette légitime ambition, renforcée par les assurances de son éditeur, dut même le soutenir dans sa chambre d’hôtel à Mayenne quand « un grand engourdissement » le réduisait à l’impuissance devant la rame de papier blanc. »


Henri Verneuil, bien avant l’attribution de l’Interallié, s’empressa d’aller placer le roman sous le nez de Jean Gabin qui tournait aux studios d’Épinay avec Jean Delannoy. « Je viens de le terminer, lis ce roman, tu vas être ravi… sans être vraiment convaincu que ce conseil allait être suivi. Gabin ne lisait que France-Soir et l’Équipe précise Verneuil en ajoutant, c’était de la paresse. »


L’a-t-il lu ? Nul ne le sait mais, à cette époque, dans les années 60, « la trilogie Verneuil-Audiard-Gabin formait une équipe soudée… par le succès. »


Les droits furent achetés mais les Américains de la MGM renâclaient : A monkey in winter, bof ! De plus le contenu du roman, un archange de l’alcoolisme qui débarque chez un ivrogne repenti, ne les emballait guère. C’était toujours No !


Verneuil s’obstine, déclare à la MGM que Gabin est enthousiaste et, avec la complicité d’Audiard il parvient à ses fins.


Deux mois de travail minutieux à Dourdan pour rester fidèle au roman. Audiard était devenu fou de Blondin. Verneuil avoue « Nous avons travaillé dans le calme dans la maison de Dourdan avec la conviction que nous traitions une matière d’une richesse rare… »


De la belle ouvrage : rappelez-vous la réplique culte que Quentin-Gabin à Paul Frankeur : M. Esnault, le patron du café...


« Il ne faut pas mélanger les grands-ducs et les bois-sans-soif. Oui monsieur, les princes de la cuite. Ceux avec lesquels tu as bu le coup des fois mais qui ont toujours fait verre à part. Ils sont à cent mille verres de vous. Sur leur caravelle, sur leurs tapis volants, ils tutoient les anges. »


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Blondin s’étonna que des critiques aient prétendu qu’il avait voulu, dans un Singe en hiver faire l’apologie de l’ivresse ou qu’à tout le moins celle-ci constituait le thème central du roman.


« Aucun de mes personnages, ne boit pour se saouler mais plutôt pour changer les couleurs de la vie, tenter de la rendre plus acceptable, surtout lorsqu’ils se sentent seuls. Or, il se trouve que la boisson stimule un élan de compréhension pour autrui. Qu’il s’agisse de repeindre les choses ou de se donner des prochains, l’ivresse n’est pas une passion, mais un état où des « clés » vous sont rendues.


Lorsqu’ils sont ivres, Quentin s’imagine en Chine et Fouquet en Espagne. Pourtant, ils se rejoignent malgré la distance de leurs âges, de leurs expériences, de leurs nostalgies parce que le thème essentiel d’Un singe en hiver, c’est l’amitié. »


Autre réplique-culte « On ne connaît plus, on ne salut plus... on méprise »


Très belle vidéo Lieux de tournage du film « Un singe en Hiver » avec la fameuse réplique de Gabin.

 

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