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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 11:00

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Le sémillant Fabrice Le Glatin tweetait hier matin à propos du duel Catherine Hill-Jacques Dupont au Téléphone sonne de France Inter de lundi « Questions sur le vin, ce produit phare du patrimoine français » link 


« La passion absolue de ceux qui le produisent et le consomment mais aussi le combat de ceux qui dénoncent les dangers du vin sur la santé. » indiquait le bandeau de l’émission.


Un peu colère le Vin/Vin, je le comprends un peu mais il ne faut pas tomber dans le panneau de Miss Hill et de ses chiffres bidouillés. Laissez-là donc s’époumoner elle est dans son rôle, elle défend son fonds de commerce.


Soyons positif : l’extension du domaine du vin n’est pas un vain slogan. Pour preuve, Sandrine Saadi dans Gala nous dit « Chez Monoprix, le vin n'est pas que l'histoire d'une semaine. En effet, les relations privilégiées avec les producteurs, que l'enseigne cultive tout au long de l'année, lui permettent de faire profiter à ses clients de certaines cuvées exclusives. Véritable pionnier, Monoprix bénéficie en outre d’une longue expérience des vins certifiés en agriculture biologique. Il est donc logique que les vins bio soient également mis à l'honneur avec près de 10 % des bouteilles sélectionnées pour cette édition 2013. »


Bien sûr, la Sandrine – ne pas confondre avec la Blanchard du Monde qu’est très copine avec Miss Hill – elle est un peu briefée par Sowine mais elle nous présente un beau diaporama de 10 quilles que je vous invite à visionner ICI link


Un conseil tout de même : cessons de médicaliser la consommation du vin, chacun fait comme il le sent et si parfois le flacon fait l’ivresse il n’est pas forcément la cause de l’addiction de ceux qui versent dans l’alcoolisme. Olivier Ameisen l’avait bien montré mais la clique de Hill ne veut rien entendre. Elle se contente de défendre son pré-carré, la santé publique à bon dos au vu  des résultats obtenus au cours des 20 dernières années la crédibilité n’est pas à l’ordre du jour pour elle.

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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 00:09

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Soyons clair et direct : sans une vraie serviette en tissu pas de rond de serviette !


Je hais les serviettes jetables au restaurant ! Surtout celles épaisses comme du papier à cigarettes qui se retrouvent au bout de deux minutes sous les talons de mes chaussures.


Pour autant je comprends que pour des raisons d’économie, dans les gentils bouis-bouis, les tenanciers nous dotent de serviette en papier.


Reste une solution très durable : doter les habitués de ronds de serviette à leur nom pour qu’ils puissent y glisser après chaque repas leur serviette personnelle. Bon les tenants de l’hygiène vont barrir, nous dire que ça n’est pas propre, plein de petits microbes vibrionnant. Je sais mais, hormis les grandes maisons bien tenues avec personnel ad-hoc, les serviettes à la maison font la semaine. Moi je suis même prêt à assurer le lavage-repassage de ma serviette.


Avoir son rond de serviette et sa serviette dans son ou ses restos préférés, où l’on a ses habitudes, reste pour moi le comble de la civilité. C’est du comme chez soi, pas chez soi. On prend même le temps de se causer en pliant sa serviette avant de la glisser dans son rond à son nom et d’aller les déposer dans le casier prévu à cet effet. Certains vont m’objecter que ça fait rétro que l’heure est au jetable.


M’en fout !


Pour promouvoir le retour du rond de serviette au restaurant je vais me la jouer guide rouge en attribuant à mes popotes et bouis-bouis préférés les ronds de serviettes du Taulier ®


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Il y aura donc :


-          Le nec plus ultra, la crème de la crème crue de la tortore et du vin qui va avec le sourire de la crémière : 3 ronds®


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-          Juste à l’étage en dessous, le simple et de bon goût avec toujours le sourire de la crémière : 2 ronds®


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-          Le rade crapuleux à prix doux sans omettre le sourire de la crémière : 1 rond


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Addition produite bien sûr avec contre-expertise d'une convive.


C’est notre Roger qui va tirer le nez face à l’initiative du Taulier, peut-être que face au succès je vais l’embaucher pour étendre mon domaine et faire la nique au Rouge. On peut toujours rêver ça ne mange pas de pain.


Pour en revenir à mon rond tout de même il ne faut pas oublier que tout est parti pour lui de l’usage de la serviette de table qui me dit-on dans mon oreillette remonte à l'Antiquité. Ceux qui veulent tout savoir sans rien payer n’ont qu’à se reporter à La serviette de table : histoire d'une invention – Gralon www.gralon.net de Audrey Vautherot


« Les Romains se servaient en effet de serviettes ou mappa en latin. Chaque convive apportait lui-même sa serviette. Il s'agissait alors d'un tissu blanc, parfois brodé de fils d'or, qui servait à s’essuyer le visage.


Au Moyen Age, la serviette de table individuelle n'était plus utilisée. En revanche, les nappes étaient formées d'immenses pièces de tissu, dont certaines servaient à s'essuyer les doigts et la bouche.

 

A cette époque, la nappe était placée sur une planche à tréteaux et recouverte d'une pièce de tissu pliée en deux. C’est avec cette pièce de tissu appelée doublier que les convives s'essuyaient les mains et la bouche.


Le doublier a ensuite été remplacé par une longue pièce de toile posée sur le bord de la table : la longuière.


C’est vers le XIIIe siècle qu’est apparu l’ancêtre médiéval de la serviette de table : la touaille. Cette toile longue de 4 mètres était pliée en deux sur un bâton et accrochée au mur comme un torchon lors des repas (cette forme de serviette était d’autant plus utile que les convives n’utilisaient pas de fourchette mais prenaient la nourriture avec les doigts).


La serviette de table telle que nous la connaissons aujourd'hui est apparue au XVIe siècle. Carrée ou rectangulaire, la serviette est alors de grande taille (jusqu'à un mètre de largeur) afin de protéger les larges collerettes portées par les convives Alors que les couverts comme la fourchette font leur apparition sur la table, l’usage de la serviette en lin damassé se généralise rapidement. Les bonnes manières veulent que l’on s’essuie la bouche et les doigts avant de boire.


La Renaissance voit aussi se développer la mode du pliage des serviettes en forme d’oiseaux, d’animaux ou de fruits. Il faudra attendre 1639 pour que soit publié le premier traité consacré à l'art des pliages.


Au XVIIIe siècle, la serviette occupe une place de choix dans les arts de la table. Elle est parfois d'une taille et d'un luxe impressionnants (en lin brodé, monogrammé ou en coton damassé elle s’accroche à la boutonnière de la veste chez les hommes : on peut acheter encore de nos jours, en Angleterre notamment, une pince, qui se fixe sur la cravate et sert à suspendre la serviette de table au cou des hommes). Les pliages rivalisent alors d'inventivité et donnent à la serviette de table les formes les plus extravagantes.


Au XIXe siècle, les serviettes deviennent plus petites et le rond de serviette fait son apparition.


Au début du XXe siècle, les jeunes filles cousent et brodent leur trousseau de mariage. Les nappes et les serviettes, souvent de grande taille, sont ornées de monogrammes ou de motifs brodés à la main. La richesse d'une demeure s'évalue alors à l'importance des piles de nappes et de serviettes. »


Lire aussi : Petite Histoire du linge de table ICI link 

 

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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 10:00

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Comme vous le savez je n’achète pas mon vin en GD mais il m’arrive de le faire pour les besoins de la cause du petit chroniqueur que je suis. À chaque fois que je passe à mon Franprix acheter les fournitures hygiéniques nécessaires à la tenue de la maison, avant de passer en caisse, je maraude face au mur de vin.


C’est ce que j’ai fait hier.


Et hier, je me suis mis dans la peau d’un acheteur de vin lambda qui n’y connait pas grand-chose (certains objecterons que c’est déjà mon cas).


La bouteille de Bordeaux 2010 «Les Parcelles de Stéphane Derenoncourt» avec sa collerette a attiré mon œil. Je l’ai consultée. Bien fabriquée me suis-je dit. De la belle ouvrage marketing.


Qu’allais-je faire ?


Passer outre, je ne suis pas un grand amateur de Bordeaux à 4,82€.


Mais, tout au bas de la collerette l’adresse du site www.lesparcelles.com/ m’a décidé à acheter.


Pourquoi ?


Tout bêtement, comme un consommateur lambda, je voulais voir ce que Stéphane Derenoncourt et la maison Bouey proposait comme informations.


Une fois revenu à la maison je suis donc allé sur le site et j’ai vu et j’ai eu envie que vous aussi alliez voir.


Cependant se posait pour moi un problème de distance avec Stéphane Derenoncourt qui a qualifié récemment mon blog de torchon car je m’étais permis de mettre en cause ses prises de position à l’emporte-pièce sur la Chine et les Chinois lors d’un colloque à Vinexpo. ICI link dans les commentaires de cette chronique.


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Toute remarque de ma part eut été prise par l'intéressé comme un sournois règlement de comptes.


Donc je me suis contenté de vous inciter à y aller vous aussi sans faire de commentaires.


D’où l’avertissement de fin de chronique : ce n’est pas un publi-reportage.


Bien évidemment, comme vous vous en doutez, j’ai une opinion très précise, et pas forcément très positive, c'est le moins que je puisse écrire, sur le contenu proposé par le site www.lesparcelles.com/ mais il était pour moi  hors de question de vous influencer.


Tout est dit, mais j'y reviendrai lorsque ce vin sera un jour dégusté, face caché, par mon assemblée de copines qui aiment lever le coude.


Bonne journée et large soif comme dit notre Roger qui ne dort jamais.

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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 00:09

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Vous ouvrez ICI ink c’est chic, sobre, de la belle ouvrage de graphiste, le seul hic une musique lancinante et chiante… du genre à vous fiche le bourdon.


Passons !


L’idée est née autour d’un verre en 2009, un défi de Stéphane Derenoncourt à Patrick Bouey le boss de la maison bordelaise éponyme « pouvoir adapter sa méthode parcellaire à des vins plus accessibles. »


Bon plan la première édition de la collection « Les Parcelles de Stéphane Derenoncourt » voit le jour en 2011.


Mais qui c’est ce Stéphane Derenoncourt ?


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The Financial Times le décrit comme « Incontestablement la star montante des vinificateurs internationaux. » En tant que vinificateur, il est considéré à  l’égal d’un créateur très inspiré.. Comme un grand chef pour la gastronomie ou un couturier génial pour la mode, le vinificateur est le directeur artistique du vin. » (c'est écrit sur le site)


On l’appelle aussi « le magicien du vin » www.derenoncourtconsultants.com

 

Pourquoi je vous parle de ça ?


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Tout bêtement j’ai  croisé « Les Parcelles de Stéphane Derenoncourt » dans mon Franprix. Le BORDEAUX tout court  2011 4,82€ allez consulter la fiche en cliquant sur la boussole à COLLECTION


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LIRE :

1-      PHILOSOPHIE

2-      MÉTHODE

3-      VISIONNER LE FILM

 

Ceci est une chronique et non un publi-reportage.  


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Le vin sera dégusté lors d’un repas avec mes copines, en face cachée bien sûr…

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 11:00

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Côté pile : samedi dernier, Adriana Karembeu a été élevée au rang de Grand Commandeur de la Commanderie du Bontemps lors de la traditionnelle fête des vendanges du domaine de Chevalier, à Léognan. « Lors de cette grande soirée, Adriana Karembeu a revêtu la tenue de Grand Commandeur et, en amatrice de grands crus, n’a pas hésité à déguster les bons vins qui lui étaient proposés. La jeune femme de 41 ans rejoint dans cette distinction d’autres personnalités comme Carole Bouquet, Anna Mouglalis, Michelle Yeoh ou encore Jean Reno. » voir le diaporama link


Côté face : un reportage d’Ouest-France sur l’usine à vin de la Chapelle-Heulin du groupe Castel « Les bouteilles avancent en rangs serrés sur les chaînes de production. L'usine de La Chapelle-Heulin dresse ses 50 000 m2 au cœur du Vignoble nantais. C'est l'une des six unités de négoce et d'embouteillage de Castel en France : un géant du vin, possédant notamment le réseau de cavistes Nicolas. » link 

 

Oui c’est ça la réalité de la France du vin : tout en haut les GCC qui sont des marques de luxe qui jouent dans un  autre monde, le monde mondialisée où les nouveaux riches font flamber les prix, et presqu’en bas, notre vieux marché domestique avec ses prix au raz des pâquerettes dans la GD et ses marques * qui n’en sont pas vraiment puisqu’elles ne passent jamais nos frontières.


  • « Castel développe aussi ses marques du Val de Loire, comme Roches-Linières en muscadet d'entrée de gamme. 1,5 million de bouteilles devraient être vendues cette année, le double de 2012. Et Castel s'apprête à lancer un sèvre-et-maine sur lie, sous la marque Plessis-Duval. Cette dernière progresse aussi fortement en cabernet d'Anjou. « Nous croyons aux vins du Val de Loire. Nous sommes venus à Nantes pour les développer, explique Rodolphe Lefort, directeur du site de La Chapelle-Heulin. Le lancement d'une marque nécessite de la communication, de la promotion. Cela a des effets positifs pour l'ensemble de la filière muscadet. »

 

Hier, sur les réseaux sociaux les petits loups et les petites louves découvraient Ce discret papy règne sur le pinard français link


Sans me pousser du col ma chronique « Un modeste fils d’émigré espagnol : Pierre Castel bâtit un empire à la porte et à la barbe des seigneurs des Chartrons » du mois de janvier de cette année link était aussi bien documentée que l’article de Capital.


J’en veux pour exemple ce passage « Car le secret de Castel Frères, c’est le vin de marque, ces vins de supermarchés que les Français adorent. Les Castel ont créé de toutes pièces des signatures comme Vieux Papes, La Villageoise ou Baron de Lestac. Ils rachèteront ensuite Roche Mazet, Malesan ou Sidi Brahim, qui font partie des vins les plus vendus en grande distribution. »


C’est en partie faux, Pierre Castel a découvert les vertus du vin de marque en rachetant la SVF dans les années 90 et en raflant ses marques historiques Vieux papes et la Villageoise…

 

Reste après tout ça ceux d'entre les deux, ces vins de vignerons qui font la joie des blogs et des guides mais pour qui ce n'est pas tous les jours Amour, Gloire et Beauté...

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 00:09

C’est le sieur Nicolas Alamone qui le dit dans la rubrique tendance de l’Express le 16 de ce mois « Le mois de septembre est la saison des foires aux vins. Cavistes, grandes surfaces et sites Internet proposent de bonnes affaires pour les amateurs de vin. Voici trois astuces (sic) pour acheter malin. »


1         Déplacez-vous en province

2         Allez faire un tour dans les hard discount

3         Soyez le premier

4         Participez aux dégustations


Voir le détail ICI link 


Après m’être imprégné de ces judicieux conseils qui en, résumé, impliquent que vous arriviez la veille, à Montpellier, à Angers, à Bordeaux, à Beaune, à Reims ou à Strasbourg ou toute localité située au cœur d’une de nos belles appellations dotée d’une enseigne de la GD ou du HD pour la soirée inaugurale afin de déguster les vins, être conseillés par des experts, avisés et appointés, par le magasin et ainsi être dans les tous premiers à rafler les bonnes affaires.


Les Français adorent faire de bonnes affaires, ils sont astucieux et savent acheter malin. Bref, sont taillés pour les Foires aux vins les gaulois.


Fort bien me dis-je, cœur de cible du Nicolas je suis en tant que parigot tête de veau, donc exécution !


Deux remarques initiales :


1-      Un peu tardif les conseils puisque septembre est déjà bouffé à moitié ; 

2-      Comment font les provinciaux pour aller en province ?


Trêve de railleries : ACTION !


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louer une camionnette ou une fourgonnette diesel (rien que pour faire chier Noel Mamère même si vous achetez ensuite des vins bios) afin d’entamer son tour de France (pour les petites louves et les petits loups qui n’ont pas le permis envisager le covoiturage camionnette).


pour les salariés, poser au moins une semaine de congés. Pour les professions libérales, artisans, commerçants fermer le cabinet ou la boutique ou se faire remplacer. Les retraités, eux, n'ont rien à faire alors ils peuvent facilement s'y coller.


3° se constituer un book complet compilant les avis, les notes des grands dégustateurs des magazines de vins ou des grands nationaux qui se sont tapés les dégustations organisés par les chefs de la GD et du HD. Ne pas oublier les petites merveilles des blogs de vin. C’est du lourd. On peut même l'agrémenter des photos des conseilleurs au cas où, par hasard, ils animeraient une belle soirée inaugurale.


4° passer, avant votre départ, plusieurs soirées à tracer votre itinéraire afin de couvrir le maximum de territoire dans le temps que vous vous êtes donné pour écumer les meilleures foires aux vins de nos belles régions d’appellations. Pour ce faire vous aurez longuement travaillé la question en épluchant la presse locale, surfé sur le Net, assailli vos parents et amis du coin pour disposer des fameux catalogues. 


5° prévoir une tenue vestimentaire pour la route : genre Adolphe Laffont avec pataugas et casquette et pour les foires aux vins elles-mêmes : le genre jeune cadre dynamique ou monsieur ou madame bien sous tous les rapports ou bobos non révisés jeans troué et baskets…


6° louer une chambre sur zone industrielle ou commerciale genre F1 ou pour faire des économies rouler de nuit et dormir comme les routiers sur les parkings d’autoroute.


prévoir glacière et alimentation pour la semaine à bord ou sur le bord de la route pour ne pas perdre de temps.


Bien dormir avant de partir suivant les conseils de Bison Futé.


Prévoir son budget d’achat vins en fonction de la capacité de la camionnette et de son porte-monnaie. Les deux ne se conjuguant pas forcément : des caisses de GCC ça tient peu de place mais ça défonce le compte en banque. Attention de ne pas se faire faucher la camionnette avec sa cargaison (dormir dedans se révèle alors une bonne pratique).


10° Cracher pendant les dégustations afin d’éviter les foudres des pandores planqués au deuxième giratoire après la sortie de l’hypermarché.

 

11° Prévoir une cave pour stocker votre butin ou alors louez chez Yves Legrand à Issy-les-Moulineaux.

 

12° Chanter en roulant.


13° Espérer avec les économies faites sur les boutanches payer le gas-oil de la camionnette.


Bonne route à vous et large soif comme dirait notre Feuilly…

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 11:00

 

Je sais que je vais me faire incendier par la confrérie des francophones pur jus, non filtrés, levures indigènes, sans soufre ajouté, conduit par notre ami belge Jacques Verpooten mais c'est ainsi que l'impérialisme américain nous ronge de l'intérieur.
 
Va pour les food trucks (prononcez foude treuque) qui ont débarqué en France et prolifèrent dans nos bonnes vieilles villes. Que voulez-vous, les jeunes mangent debout, les urbains sont pressés, pas trop fortunés mais ils veulent bien bouffer. Sur le marché de la nourriture de rue (street food) les baraque à frites, à crêpes ou à pizza, les fast-foods et autres sandwicheries proposent en général de graille banale ou médiocre... Les nouveaux arrivants proposent  de la qualité, élaborée sur place, à partir de produits frais et des prix raisonnables.

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« Sur ce modèle importé des États-Unis, l'Américaine Kristin Frederick a lancé en 2011 le premier food truck parisien, sous le nom du Camion qui fume.   Carton plein: avec ses hamburgers 100% maison, elle s'est attiré une clientèle prête à poireauter plus d'une heure sur les places de marchés. Elle a même pu acheter son deuxième camion, plus spacieux: le Bus qui fume!   Au départ limité à la capitale, le phénomène du camion gourmet concerne désormais tout le pays, puisqu'on compterait actuellement entre 30 et 40 food trucks sillonnant les grandes villes de France.» notait Anne Laure-Pham dans l'Express Style du 23 juillet 2013.link dont l'analyse du phénomène est très complète et intéressante.

« Les marques de l'industrie agroalimentaire n'ont pas tardé, elles aussi, à tenter de se réapproprier la tendance, comme l'ont montré la Potatomobile de McCain ou le Hot-truck à saucisses d'Herta.  Une mode mise en avant par Internet Pour le moment, les burgers et autres tacos trustent la plupart des food trucks franchouillards, hélas! Même si, dans la foulée, on a vu apparaître des camions thématiques plus audacieux -Mozza & co, pour les amateurs du fromage italien- et de nouveaux plats disponibles: bo bun (salade vietnamienne de vermicelles de riz) dans le deuxième camion de la Caravane Dorée, blanquette de veau et autres plats bio bien de chez nous chez 2F1C (deux filles un camion)... » 

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La [check-list] du Monde du 12 septembre nous annonce que : 
Depuis le 1er septembre, un nouveau site référence les positions des très tendances camions-cantines qui sillonnent la capitale, mais aussi les routes de France link qui localise sur une carte interactive les camionnettes de restauration ambulantes parfois difficiles à suivre à la trace. Tous les food trucks sont ainsi répertoriés, grâce à l'un des cinq filtres suivants : hier, déjeuner, dîner, demain et après-demain... 

Votre Taulier va faire la tournée sur son beau vélo de ces fameux food truck pour les tester et voir ce qu'ils servent à boire aussi bien aux petites louves et petits loups qu'aux vieux et vieilles édentés et bien sûr aux jeunes cadres dynamiques et aux executive-woman pressés...

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 00:09

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La France est un beau pays où la décision d’enrichir les mouts est du ressort d’un haut fonctionnaire auréolé d’une casquette à feuilles de chêne. Bien sûr cet éminent représentant de l’Etat qui a fait l’ENA s’est entouré des avis les plus qualifiés de l’INAO, de la DIRECCTE et de la DRAAF, qui allaient tous dans le même sens. Renversant, je propose qu’à l’avenir nos grandes écoles se dotent d’un module œnologie afin de préparer nos beaux esprits administratifs à bien mériter l’enrichissement. En  effet, par les temps qui courent, comme il n’y a pas d’enrichissement sans cause, ça pourrait attirer l’attention de fins limiers.


Pourquoi faire simple lorsqu’on peut faire compliqué.


Mettre du sucre dans les moûts pour nos belles et grandes appellations est considéré par l’INAO comme un acte hautement qualitatif, mais c’est réservé aux septentrionaux et en principe ça revêt un caractère exceptionnel. Le Grand Sud n’y a pas droit, pourquoi ? Tout bêtement parce que soit disant y’a assez de soleil pour que le raisin fasse du bon moût. Hypocrisie française c’était tout bêtement qu’en un temps que les jeunes ne peuvent pas connaître le fleuve rouge avait tendance à déborder jusque même dans le port de Sète cher au cœur des pinardiers. Donc, enrichir au sucre au Sud c’était fabriquer du vin (je ne vous dit pas l’ambiance régnant dans les côtes-du-rhône coupées en deux). Bref, dans les années 70 le Ministre Méhaignerie, centriste mou, commanda pour, apaiser les foules sudistes très portées sur la cagoule et les mèches lentes, un rapport sur la chaptalisation à Pierre Murret-Labarthe directeur de l’Office des Vins de Table.  Celui-ci, bordelais d’origine, ne se fit pas prier pour pointer l’iniquité de ce partage et proposa soit la suppression, soit l’extension à tous de la chaptalisation.  Cris d’orfraies des bordelais, des champenois, des bourguignons…


Résultat dans le style Salomon de Vitré : l’enrichissement fut autorisé pour tous mais le sucre fut réservé aux seigneurs et la piétaille du sud eut droit elle aux moûts concentrés et aux moûts concentrés rectifiés. Bonne pioche disait-on puisqu’au lieu de faire du vin on en concentrait pour faire du sucre qu’on mettrait dans le vin. Beau comme les naturistes sauf que tout ça coûtait des picaillons et que les gars d’Oc réclamèrent des subventions de l’Europe qui, bien sûr, leur accorda avec la bienveillance de nos amis allemands grands partisans du sucrage-mouillage. Je vous parle d’expérience j’ai vécu tout ça lors des négociations d’élargissement de l’Europe à l’Espagne et au Portugal qui, avec l’Italie, souhaitaient l’abandon de la chaptalisation. Nous, comme nous avions déjà le grand lorrain  de François Guillaume sur le dos nous avons avec Rocard laissé les teutons manœuvrer.


Mais les temps changent plus de pognon pour enrichir avec les MC et les MCR d’où le feuilleton du Languedoc avec Coopés, préfet et bien sûr le grand Jacques maître des pays d’OC.


À titre personnel, je l’ai écrit la chaptalisation n’a plus sa place dans les AOC sauf éléments climatiques vraiment exceptionnels. C’est politiquement difficile à faire avaler à la CNAOC surtout par un Ministre socialo donc nous allons continuer de vivre sous le régime de la chaptalisation.


Dans ce cas il y a une règle simple, équitable et qui respecte le consommateur : indiquer sur l’étiquette vin enrichi au sucre.


Puisqu’il y a 3 catégories de vins qu’elles soient toutes logées à la même enseigne : la chaptalisation pour tout le monde qui en fait la demande.


-          AOP via l’INAO

-          IGP via l’INAO

-          VSIG librement

 

En effet, en un temps où tout le monde se gargarise à la COMPÉTITIVITÉ pourquoi mettre des fers aux pieds de vins de moindre extraction en leur imposant les MC et les MCR qui coûtent plus chers. De grâce qu’on nous épargne le baratin du style nous enrichissons avec des produits de la vigne car ça ne change rien sauf que pour les AOC il faudrait alors imposer des MC et MCR endogènes. MM de de l’INAO, de la DIRECCTE et de la DRAAF arrêtez de nous bourrer le mou avec vos arguments d’un autre âge. Il va vous falloir regarder la réalité en face et comprendre que mettre du « plomb » dans les cuves des vins sans IG c’est les condamner à disparaître face à la concurrence de nos voisins espagnols. Bref, vous avez tout faux dans vos bureaux. La segmentation du marché commence dans la vigne puis le chai et continuer de gérer notre vignoble et les vins qui en sont issus comme des vins d’origine relève d’une vision obtuse et en retard de deux guerres.


À force de pratiquer une gestion politique du vignoble du Grand Sud on produit toujours les mêmes effets : ne pas monter dans les bons wagons au bon moment. Savoir gérer la mixité du vignoble du Grand Sud était l’ambition des bassins prônés par la note stratégique Cap 2010 en redonnant toute la responsabilité aux acteurs économiques et non à une gestion administrée porteuse d’un conservatisme frileux. Ce qui me fait me gondoler grave c’est que cette gestion ringarde a été mise en place par d’éminents libéraux sous le couvert de la défense des intérêts bien compris de quelques barons du cru. Il eut été intéressant que les nouveaux occupants du 78 rue de Varenne fassent bouger les lignes mais c’est sans doute trop leur demander en ces temps difficiles. Les gouvernants passent le Grand Jacques reste. Pauvre Jérôme Despey bien à l’étroit dans le grand navire de FranceAgrimer.


Moi ce que j’en dis c’est pour causer, les VSIG pour exporter je n’en bois pas mais il faut savoir ce que l’on veut et se doter des moyens pour le faire. Pour ce pas besoin de M. le Préfet Pierre de Bousquet de Florian qu’était en Haute-Normandie lorsque je suis allé au chevet des vaches de la CLHN (coopérative laitière de Haute-Normandie)…


Voilà le travail ci-dessous (voir la vidéo ci-dessous M. le Préfet cause pas du tout du vin, ce ne doit pas être sa tasse de thé).

 


« Le préfet n’a pas donné suite à la demande de chaptalisation déposée par les IGP du Languedoc-Roussillon. Il a estimé qu’aucun caractère exceptionnel ne permet de justifier d’une dérogation à l’interdiction du sucrage à sec dans la région. C’est une nouvelle déconvenue pour les coopératives du Languedoc-Roussillon. Après avoir rejeté la demande de chaptalisation pour les vins sans indication géographique, le préfet de région interdit également la chaptalisation pour les vins à indication géographique protégée (IGP). L’arrêté préfectoral est tombé le 11 septembre au soir. Pour tous les IGP de la région qui en avaient fait la demande*, l’enrichissement n’est autorisé qu’avec les moûts concentrés (MC) et moûts concentrés rectifiés (MCR).

 

AVIS


Le préfet a suivi les avis de l’Inao, de la Direccte et de la Draaf, estimant que le caractère exceptionnel, indispensable pour justifier d’une autorisation du sucrage à sec, n’était pas avéré pour ces vendanges. Une décision qui ne va pas réjouir les caves coopératives, toujours mobilisées pour réclamer le choix entre les deux méthodes d’enrichissement (MC/MCR et saccharose). Pour peser dans la décision du préfet, Coop de France Languedoc-Roussillon avait encore déposé dans la journée du 11 septembre la liste de toutes les coopératives de la région qui souhaitaient pouvoir chaptaliser cette année.

 

COÛT


« L’an dernier, l’enrichissement aux MC/MCR nous a coûté 80 000 euros de plus que ce que nous aurait coûté le sucrage à sec. Nous produisons 15 000 hl de sauvignon, un cépage qui requiert d’être enrichi pour répondre aux exigences du marché. Cette année, la différence de coût entre MC/MCR et saccharose est de 5 €/hl pour une augmentation de 1,5 % vol. C’est énorme. Sur les marchés, on se bagarre pour 1 €/hl », déplore Michel Servage, président des Celliers du Nouveau monde à Puichéric (Aude) et de la Confédération des vins IGP de France.

 

* L’autorisation d’enrichir avec les MC/MCR dans la limite de 1,5 % vol. est accordée aux IGP suivantes : Côtes Catalanes, Vin des Sables, Coteaux de Peyriac, Pays d’Hérault, Coteaux d’Ensérune, Coteaux du Libron, Côtes de Thau, Côtes de Thongue, Vicomté d’Aumelas, Haute Vallée de l’Orb, Saint Guilhem le désert, Gard, Cévennes, Coteaux du Pont du Gard, Aude, Cité de Carcassonne, Pays Cathare, Coteaux de Narbonne, Vallée du Paradis, Vallée du Torgan.

 

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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 07:00

Jamais de ma vie je n’avais entretenu une telle relation avec une jeune femme, c’était tendre, plein de fou-rires et d’échappées belles. Des mots de prédation avaient disparus de mon vocabulaire. Je me laissais aller à me conduire comme un vieux gamin qui se fout du quand dira-t-on. Il est vrai qu’à Venise nul ne se souciait de nous. À Paris tout allait bien. Les enfants grandissaient en âge et en sagesse ; Jasmine militait. Moi je respirais. Adeline ne m’envahissait pas elle me bordait de sa jeunesse insolente et rayonnante. Pourtant un matin en farfouillant dans mon sac je retrouvais niché, tout au fond, un de mes petits carnets sur lesquels je griffonnais tout et rien. Je le posai sur la tablette à la tête de mon lit. J’étais plongé dans la lecture de la presse quotidienne lorsqu’Adeline le découvrit. Elle me dit « je peux ? » je lui répondais machinalement « oui… » Comme à l’accoutumée elle s’était blottie tout contre moi car, en dépit de la moiteur vénitienne car elle avait toujours froid. C’est vrai qu’elle avait en permanence les pieds gelés. Elle les plaçait sous mes cuisses. J’adorais cette intimité. C’est une petite rigole tiède sur mon épaule qui me tirait de ma lecture. Je m’en inquiétais. Adeline pleurait en silence, sans renifler. Mon petit carnet ouvert gisait sur le plat de sa cuisse. Je ne savais que dire. Qu’y avait-elle découvert pour se mettre dans un tel état ? Sur ses joues les larmes redoublaient. Désemparé je ne sus que les essuyer avec le revers de ma chemise. Soudain elle se redressait, se posais face à moi en s’agenouillant, bras croisés sur sa belle poitrine. « Pourquoi tu as écrit ça ?

-         Écrit quoi ma belle ?

-         Que ça t’allait comme un gant ?

-         Je ne comprends pas…

-         Lis, là !

Elle pointait le doigt en me tendant le petit carnet. Je déchiffrais mes pattes de mouche tout en haut de la première page « J’ai passé la cinquantaine. C’est-à-dire que la mort ne doit pas avoir à faire une longue route pour me rejoindre. La comédie est fort avancée… » et j’avais écrit sous cette citation de Cocteau dans la difficulté d’être : « ça me va comme un gant ! »

-         C’est ça qui te mets dans un tel état ?

-         Oui je ne veux pas te perdre !

-         Ce n’est que le constat de la réalité Adeline, ça ne fait pas mourir…

-         Ne prononce pas cet horrible mot…

-         Promis la belle, sèche tes yeux. Je t’emmène déjeuner à Burano à la Trattoria de Romano.

Adeline enfila un tube bleu de Klein et passa un tee-shirt court. « Je te plais ? »

-         Ne fais pas l’enfant ?

-         Seul ton avis compte !

-         Tu dis n’importe quoi…

-         Retire ça sinon je reste ici à bouder…

-         OK tu me plais, je suis fier de toi, ça te vas ?

-         Tout juste c’est comme si tu avouais d’être content de promener une pouf avec deux sous de cervelle…

-         T’as un plus gros QI que moi. Tu rappliques j’ai une faim de loup.

-         Moi aussi !

 

Nous prîmes la vedette. Nous nous goinfrâmes de poisson grillé accompagné d’un risotto d’enfer. Nous bûmes beaucoup et pourtant je trouvai la force de reprendre le fil de mon histoire ;

 

À l’usine de Levallois, mon premier contact avec le noyau dur des syndiqués, je l’avais eu avec les vendeurs du journal « l’Étincelle », des trotskystes marginaux, avec qui j’entamais des discussions animées dans les cafés environnant. C’étaient de braves mecs, englués dans leurs querelles intestines, en butte avec les membres du « parti ouvrier stalinien » qui tenaient, au travers de la cellule du PCF, les adhérents de la CGT de l’usine. Leur feuille de choux avait un certain succès auprès des ouvriers ce qui emmerdait les plus sectaires des communistes. Ils la bricolaient avec les moyens du bord, achetaient les stencils, le papier et l’encre, et avec le pognon récolté lors de l’organisation d’une tombola, qui eut un franc succès, ils purent acquérir la bécane pour tirer leur bulletin. De cette tombola, ils aimaient raconter l’anecdote des lots. Ceux-ci avaient été fournis par des copains du PSU : du vin, des conserves mais aussi des livres. Certains ouvriers, qui ne lisaient guère, leur dirent que c’était une bonne idée de placer des livres dans les lots, alors que les paniers garnis du PCF, eux, ne contenaient que de la bouffe. Lors du tirage de la tombola, autour d’un verre, les oreilles des alignés sur Moscou sifflèrent ce qui, bien sûr, mis un peu plus d’huile dans les rapports cordiaux entre la maigre poignée de militants syndicaux de l’usine.

 

 Moi, ce que j’aimais par-dessus tout c’était d’entendre les histoires des anciens. Lucien, un vieux tourneur, racontait qu’à la Libération, le Parti Communiste était si puissant qu’il lui suffisait de convoquer une réunion de section pour que l’usine s’arrête. Mais, comme c’était, avec Marcel Paul Ministre de la Production Industrielle, l’époque du « produire d’abord ! » et que « la grève était l’arme des trusts », l’heure n’était pas aux débrayages, pire lorsque le directeur organisait une réunion à la cantine pour demander : « Mes amis, il serait bon qu’on puisse produire 17 tours le mois prochain ! » le responsable syndical prenait alors la parole pour surenchérir : « Camarades, nous pouvons en sortir 20 ! ». Et Lucien d’ajouter, en se marrant, « et, bien sûr, on les sortait ces putains de tours. Pour la France… ». Nous éclusions nos godets en claquant de la langue, comme si nous célébrions encore la performance. Lucien était un accro de l’Aligoté. « Ça me fluidifie le sang… » disait-il « avec toute la merde qu’on respire dans ce trou à rats c’est comme si je m’essorais l’intérieur d’un coup de bon air de Bouzeron, mon village natal… » Entre deux tournées, il se roulait des clopes au gris Scaferlati et, le jour où il m’avait raconté l’histoire du délégué syndical productiviste, un peu cabot, le Lucien avait attendu que je sois bien enveloppé des brumes de l’Aligoté, pour me livrer le plus drôle de l’histoire : « Tu sais, le gars qui joue du piano dans les fêtes syndicales, un foulard rouge autour du cou, c’est notre chef d’atelier. Celui qui nous fait suer le burnous. Be oui, l’a bien changé, mais c’est le même qui léchait le cul des copains de Thorez… »

 

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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 00:09

« Cet état de choses dura longtemps, longtemps ; mais les comètes ne brillent pas toujours du même éclat. Tout vieillit par le monde. On eût dit, peu à peu, que l’empressement des découpeurs s’affaiblissait ; ils semblaient hésiter parfois, quand on leur tendait le plat ; cette charge jadis tant enviée devenait moins sollicitée ; on la conservait moins longtemps ; on en paraissait moins fier. Mme Anserre prodiguait les sourires et les amabilités ; hélas ! on ne coupait plus volontiers. Les nouveaux venus semblaient s’y refuser. Les « anciens favoris » reparurent un à un comme des princes détrônés qu’on replace un instant au pouvoir. Puis, les élus devinrent rares, tout à fait rares. Pendant un mois, ô prodige, M.Anserre ouvrit le gâteau ; puis il eut l’air de s’en lasser ; et l’on vit un soir Mme Anserre, la belle Mme Anserre, découper elle-même.


Mais cela paraissait l’ennuyer beaucoup ; et le lendemain, elle insista si fort auprès d’un invité qu’il n’osa point refuser.


Le symbole était trop connu cependant ; on se regardait en dessous avec des mines effarées, anxieuses. Couper la brioche n’était rien, mais les privilèges auxquels cette faveur avait toujours donné droit épouvantaient maintenant ; aussi, dès que paraissait le plateau, les académiciens passaient pêle-mêle dans le salon de l’Agriculture comme pour se mettre à l’abri derrière l’époux qui souriait sans cesse. Et quand Mme Anserre, anxieuse, se montrait sur la porte avec la brioche d’une main et le couteau de l’autre, tous semblaient se ranger autour de son mari comme pour lui demander protection.


Des années encore passèrent. Personne ne découpait plus ; mais par suite d’une vieille habitude invétérée, celle qu’on appelait toujours galamment la « belle Madame Anserre » cherchait de l’œil, à chaque soirée, un dévoué qui prit le couteau, et chaque fois le même mouvement se produisait autour d’elle : une fuite générale, habile, pleine de manœuvres combinées et savantes, pour éviter l’offre qui lui venait des lèvres.

Or, voilà qu’un soir on présenta chez elle un tout jeune homme, un innocent et un ignorant. Il ne connaissait pas le mystère de la brioche ; ainsi lorsque parut le gâteau, lorsque chacun s’enfuit, lorsque Mme Anserre prit des mains du valet le plateau et la pâtisserie, il resta tranquillement près d’elle.

Elle crut peut-être qu’il savait ; elle sourit, et, d’une voix émue :


« Voulez-vous, cher monsieur, être assez aimable pour découper cette brioche ? »


Il s’empressa, ôta ses gants, ravi de l’honneur.


« Mais comment donc, madame, avec le plus grand plaisir. »


Au loin, dans les coins de la galerie, dans l’encadrement de la porte ouverte sur le salon des laboureurs, des têtes stupéfaites regardaient. Puis, lorsqu’on vit que le nouveau venu découpait sans hésitation, on se rapprocha vivement.


Un vieux poète plaisant frappa sur l’épaule du néophyte :


« Bravo ! jeune homme, lui dit-il à l’oreille. »


On le considérait curieusement. L’époux lui-même parut surpris. Quand au jeune homme, il s’étonnait de la considération qu’on semblait soudain lui montrer, il ne comprenait point surtout les gracieusetés marquées, la faveur évidente et l’espèce de reconnaissance muette que lui témoignait la maîtresse de maison.


Il paraît cependant qu’il finit par comprendre.


À quel moment, en quel lieu la révélation la révélation lui fut-elle faite ? On l’ignore ; mais quand il reparut à la soirée suivante, il avait l’air préoccupé, presque honteux, et regardait avec inquiétude autour de lui. L’heure du thé sonna. Le valet parut. Mme Anserre, souriante, saisit le plat, chercha des yeux son jeune ami ; mais il avait fui si vite qu’il n’était déjà plus là. Alors elle partit à sa recherche et le retrouva bientôt tout au fond du salon des « laboureurs ». Lui, le bras passé sous le bras du mari, le consultait avec angoisse sur les moyens employés pour la destruction du phylloxéra.


« Mon cher monsieur, lui dit-elle, voulez-vous être assez aimable pour me découper cette brioche ? »


Il rougit jusqu’aux oreilles, balbutia, perdant la tête. Alors M.Anserre eut pitié de lui et, de tournant vers sa femme :


« Ma chère amie, tu serais bien aimable de ne point nous déranger : nous causons agriculture. Fais-la donc couper par Baptiste, ta brioche. »


Et personne depuis ce jour ne coupa plus la brioche de Mme Anserre. »

 

 

 

 

 

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