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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 00:09

« Je pète souvent »... a coutume de dire Gérard Depardieu et notre François Morel a préféré, ce vendredi matin, sur France Inter link, cette saillie du néo-Néchinois à une citation de Jean-Paul Sartre ou de Raymond Aron. Ça colle bien au personnage de Gégé, ça nous parle aussi bien que Du vent dans les branches de Sassafras de René de Obaldia, et ça m’a inspiré ce titre qui, avec une once de vulgarité à la Gégé, est une manière de dire à celles et ceux qui se perdent en conjecture à propos d’une information somme toute banale, Robert Parker continue de faire son business en cédant son Wine Advocate à des investisseurs singapouriens, « foutez-lui la paix ! » 


 

Citation pour citation rien que pour faire la nique à François Morel, dans les mains sales Jean-Paul Sartre dit « Tous les moyens sont bons quand ils sont efficaces.  » Quel cynisme me direz-vous ? Que nenni, appliqué à Robert Parker ça se traduit par « il a su utiliser les bons moyens, au bon moment, au bon endroit… » j’ajouterai : le tout dans sa langue maternelle qui se trouve être le véhicule universel du biseness. Bref, Robert Parker n’a pas utilisé tous les moyens, au sens de n’importe lesquels, sous-entendus les pires, il s’est contenté d’être lui-même et de se bâtir une notoriété, de devenir une marque en capacité d’imposer au marché ses normes. Que sur le dernier versant de sa vie professionnelle il monnaye au point haut son capital ne me paraît d’aucune manière condamnable.


Que Robert Parker ait exercé, qu’il exerce encore une influence considérable sur l’industrie mondiale du vin, des grands vins dit-on, c’est indéniable mais, que je sache, je ne vois pas au nom de quoi il faille le clouer au pilori. Ce n’est ni un négociant d’armes, ni le gourou d’une secte, mais tout bêtement un critique qui a su monnayer son art. Que l’on ne soit pas d’accord avec sa vision du vin, que l’on condamne sa « mauvaise influence » sur les GCC de Bordeaux, qu’on l’accuse d’avoir « parkérisé » le vin, je le comprends parfaitement mais dans cette affaire il n’a pas agi en terrain conquis il a simplement trouvé un terreau favorable et il l’a exploité, surexploité même. Bien sûr, je comprends que l’on puisse le regretter, désapprouver, condamner, mais s’il n’y avait pas eu la rencontre entre des offreurs, les châteaux et les domaines, et des demandeurs : les acheteurs de grands vins, Parker n’aurait été rien qu’un parmi d’autres c’est-à-dire, n’en déplaise à certains porteurs d’eau, de gentils dégustateurs dans notre petit marigot.


Hanna Agostini, qui ne passe pas pour quelqu’un portant Parker dans son cœur, affirme que Robert Parker est le plus grand dégustateur de tous les temps : « Personne n'est capable de décortiquer un vin comme il le fait. Il peut déguster de 60 à 100 vins par jour, parfois davantage. Et le plus extraordinaire, c'est qu'il peut à la fin d'une telle journée, lors d'un dîner, identifier la quasi-totalité des vins qu'on lui présente à l'aveugle sans se tromper sur le domaine ni sur le millésime. Derrière le mythe Parker, il y a un palais et un odorat exceptionnels. » Elle explique comment il est devenu le critique le plus puissant de la planète : « Robert Parker s'est imposé par son talent et sa capacité de travail, mais il a aussi bénéficié d'un contexte particulièrement favorable. Son talent s'est révélé avec le millésime 1982, qu'il a porté aux nues dès les premières dégustations et ce contre un bouclier d'avis autorisés. »


Le résultat c’est que tous ceux qui ont suivi ses conseils ont gagné beaucoup d'argent : «À la faveur du millésime 1982, une frénésie acheteuse sans précédent s'est emparée des Américains. Comprenant que les commentaires et surtout les notes de Parker forgeaient la demande aux USA, les Bordelais ont commencé à pratiquer une politique de rétention des vins visant à faire monter les cours. Par exemple, en 1985, la note parfaite attribuée au Mouton-Rothschild 1982 fait quadrupler le prix de la bouteille ! C'est à partir de ce moment-là que la place de Bordeaux est devenue la plus spéculative qui soit. Aujourd'hui, plus que jamais, le négoce et la filière attendent ses notes pour se positionner. Jamais personne n'a eu une telle influence sur le marché. »


Robert Parker s'impose au moment où beaucoup de choses basculent. « On constate dès le début des années 1980 une profonde métamorphose du monde du vin. Robert Parker accompagne et amplifie l'évolution commencée par l'œnologue Emile Peynaud vers des rouges fruités, mûrs, boisés, aux tannins souples. Mais la révolution n'est pas seulement d'ordre technique. Une mode se dessine. Le vin devient un facteur de promotion sociale. Il est de bon ton d'en boire, mais aussi d'en parler. Le vin prend encore une dimension financière à laquelle Robert Parker n'est pas étranger. Les bordeaux, qui demeurent la référence mondiale, lui ont permis d'asseoir sa notoriété. Mais ils lui doivent aussi d'avoir tenu leur rang dans la compétition mondiale. Il suffit qu'un cru soit évoqué par Robert Parker pour que son prix s'enflamme. Même s'il n'a pas voulu la spéculation qu'il alimente, il est aujourd'hui prisonnier de son système. »


La défense du consommateur le cheval de bataille de Robert Parker « il a surtout marqué les esprits en se posant comme un chevalier blanc, comme le plus intransigeant défenseur du consommateur. Il a fait de l'indépendance de la critique par rapport aux professionnels du monde du vin un principe absolu. ».


Mais, il faudrait être naïf en ignorant les réseaux bordelais de Parker « En évoquant ses relations avec l'œnologue Michel Rolland, les négociants Archibald Johnston, Jeffrey Davies, Bill Blatch et Dominique Renard, ses amitiés avec Jean-Bernard Delmas, l'ancien administrateur du grand cru Haut-Brion et la famille Moueix, je ne relate que des choses connues de tous. Loin de moi l'idée de qualifier ces liens. Je veux seulement démontrer qu'il y a un fossé entre son discours et ses pratiques. Comment expliquer qu'il qualifie d'« amis », voire d'« experts en amitié », certains éminents acteurs du monde du vin, tout en martelant par ailleurs qu'il n'a pas d'amis dans ce milieu et rappelant inlassablement l'impérieuse nécessité pour un critique de garder ses distances avec le négoce, sous peine de compromettre la fiabilité de ses avis ? »


La période Parker touche-t-elle à sa fin ? « Il a encore un large auditoire. Il faudra sans doute un peu de temps pour que les consommateurs s'affranchissent des oracles du gourou. Cela étant, les sources d'information sur le vin n'ont jamais été aussi nombreuses et les nouvelles générations sont mieux à même de se forger leur propre opinion. Par ailleurs, Robert Parker délègue de plus en plus : il ne s'occupe plus personnellement que du Bordelais, de la vallée du Rhône et de la Californie. Si la statue du commandeur semble solide, son piédestal vacille. »


C’était en 2007. 5 ans après l’homme ne descend pas de son piédestal, il le vend aux plus offrants sur le marché le plus porteur. Point c’est tout ! Irremplaçable bien sûr, son émergence de nulle part et son parcours atypique font de lui un phénomène non reproductible mais, de la même manière que nul n’aurait parié un kopek sur lui avant son coup de maître qui peut dire aujourd’hui qu’un gus, venu du diable vauvert, ne prendra pas tous les installés à contrepied ? Je n’en sais fichtre rien et pour tout vous dire ça ne m’empêche pas de dormir.


photoDEPARDIOU

Je préfère m’intéresser à la petite annonce de Gégé pour mettre en vente son hôtel particulier de la rue du Cherche-Midi, dans le 6e arrondissement de Paris. Une demeure somptueuse qu'il avait achetée en 1994 pour 25 millions de francs payés comptant. Selon les informations du Parisien, elle aurait été mise en vente il y a trois mois pour la bagatelle de 50 millions d'euros. « Propriété de 1 800 mètres carrés habitables comprenant l’hôtel de Chambon construit au XIXe siècle, inscrit aux Monuments historiques, agrémentée d’un jardin et de terrasses. De l’autre côté du jardin, un second bâtiment de type loft, éclairé par un puits de lumière, superbe pièce d’architecture et de design »


L'été dernier, le « gros Gégé » avait fait visiter son gourbi à Serge Kaganski des Inrocks et le « maître » dans son style grandiloquent  avait expliqué son utilisation des lieux :


« J’y habite de temps en temps… Mais je ne sais pas encore ce que je vais en faire. Ce n’est en tous cas pas un lieu pour faire la fête, au contraire, plutôt pour méditer, avoir des conversations. Dans toute maison, il y a un endroit où on lit, où on peut penser. C’est l’espace, l’occupation de l’espace, qui m’intéresse. La fête, c’est fermé, comme un ventre dans lequel tous les vices se forment et se déforment. Là, au contraire, c’est la pureté, c’est affronter cette vérité qui peut sortir de nous, avec nos vices et nos puretés. Le thème qui a guidé ce lieu, c’est le passage du temps. Avant de prendre possession de ce lieu, il faut se connaître et bien s’apprivoiser. Même moi qui suis cuisinier, il m’a fallu du temps pour apprivoiser cette cuisine. Trouver la place d’un objet, d’une pensée, d’une liberté, ça prend du temps. »


Voilà pour moi la messe est dite Robert Parker n’est qu’un amateur à côté de notre Gégé national qui lui n’a jamais été un enfant de chœur mais est devenu vigneron du côté de son château de Tigné et j’ai le souvenir de sa tonitruante arrivée à l’hôtel de Villeroy pour venir quémander auprès d’Henri Nallet, alors Ministre de l’Agriculture des droits de plantations pour sa nouvelle acquisition. Sacré Gégé il a toujours su y faire pour faire du blé avec du vin… comme notre Bob d’ailleurs… deux bons acteurs le Gégé et le Bob…


  


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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 14:00

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Va falloir que le Taulier créé un emploi d’avenir pour gérer son abondant courrier. Il s’entasse en dépit d’une utilisation intensive de la poubelle car il y a beaucoup de détritus. Afin d’éviter la thrombose lundi matin j’ai pris le taureau par les cornes –normal les petites louves et les petits loups : il en faut un pour les meuh-meuh fassent des petits veaux pour avoir du lolo – et j’ai déblayé le terrain sans pour autant faire table rase comme dirait Mélanchon.

 

Donc je propose à votre lecture deux lettres pour éclairer votre lanterne et un petit supplément pour de rire…

 

-         Missive N°1 : une viticulture de précision

Bonjour,


Damien Larsonneur du restaurant Je Thé'me m'a recommandé de vous contacter.


Je dirige Edenway, une société de conseil franco-espagnol spécialisée dans développement durable. A ce titre nous participons à un projet espagnol d'innovation technologique dans le secteur viti-vinicole. Le projet a pour objectif le développement d'un système de capteurs sans fils dans les exploitations vinicoles pour optimiser la gestion de la production. Ci-joint un abstract du projet.


Nous pensons que c'est aussi un sujet digne d'intérêt et souhaiterions pouvoir le diffuser dans la presse française et dans divers blogs.


Pourriez-vous nous dire si vous pouvez diffuser une information de ce type ?


Je vous remercie par avance de l'intérêt que vous porterez à notre projet ainsi que de votre aide.


Bien cordialement


Sébastien Dalmas

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-         Missive N°2 : le cardinal archevêque de Bordeaux et l’Angélus via l’ami François des Ligneris

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Cher Jacques,


J'espère que tu vas bien. L'archevêque m'a envoyé une réponse très « diplomatique »… J'ai perçu qu'il avait bien noté que les petites cloches périphériques allaient jouer des hymnes nationaux de certains pays qui ne sont pas réputés pour leurs grandes pratiques démocratiques… Je te transmets ma lettre que je lui ai adressée en remerciement de sa réponse… Je peux te confirmer que beaucoup de gens lisent ton blog! J'ai encore des messages de la part de personnes qui ont lu ma première lettre "chez toi" et qui font suivre à d'autres, etc. Bonne soirée et bien à toi, François


P.S. Maintenant que j'en ai terminé avec ma correspondance avec l'archevêque, je vais pouvoir me consacrer à écrire à propos du vinaigre…

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Petit supplément pour de rire…


 Après l’épisode dominical de mon petit roman en ligne ICI link j’ai reçu ce charmant courrier d’Edwy Plenel le boss de Médiapart. Je trouve ça d’un’ drôlerie insoutenable. Désolé !

 

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Bonjour Jacques Berthomeau,

 

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A très bientôt sur Mediapart,

 

Edwy Plenel, Directeur de la publication

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 00:09

Toutes les vaches du Taulier sont au pré, façon de parler, bien sûr, je suis enfin arrivé au bout de la tâche qui m’a été confiée voilà plus de 18 mois par mon boss le Ministre de l’Agriculture : retrouver à des éleveurs laitiers du Grand Sud-Ouest des entreprises pour collecter leur lait. L’avantage avec la République c’est que, même si le titulaire d’un poste ministériel change, les affaires continuent, façon de parler toujours. Je ne vais ni vous bassiner avec les détails de cette médiation, ni m’envoyer des fleurs car si je peux enfin poser mon sac c’est que j’ai rencontré des femmes et des hommes de bonne volonté pour faire ce qui devait être fait. Certes il a fallu du temps, de la patience, une part d’inconscience, ce je ne sais quoi d’optimisme qui vous fait croire qu’à tout problème il y a toujours une ou des solutions. Bref, c’est fait et même si je suis un peu vanné, je dois vous l’avouer je suis heureux.


Je n’ai pas écrit satisfait, mais vraiment heureux, très heureux, de l’issue favorable de cette mission qui sera sans doute l’une des dernières que j’aurai accomplie pour le compte de la maison que j’ai servi pendant un morceau de ma vie professionnelle. En dépit des incertitudes, de ce qui par moment me semblait insurmontable, de tout ce temps passé à attendre des réponses qui ne venaient pas, des tensions, de l’angoisse de certains producteurs qui venant aux nouvelles devaient se contenter de ma seule parole, des petits sourires de ceux qui attendaient que je me vautre, cette mission fut l’une des plus passionnante, des plus forte, des plus enrichissante de ma déjà longue carrière.


Pourquoi ?


Tout bêtement parce que je me suis pris en pleine poire la réalité et que je n’avais qu’un seul choix : l’affronter, faire en sorte que les intérêts des uns et des autres convergent vers une solution. Sans tirer de conclusions définitives, générales, sur ce qui pourrait n’être considéré que comme un cas particulier, j’ai pu prendre le pouls de ce fameux terrain dont nos dirigeants, comme leurs opposants, disent qu’ils sont à l’écoute de ses aspirations. Je n’en doute pas bien sûr, mais ce dont je suis sûr c’est qu’à la fois ce qui leur remonte, et les canaux par lesquels transitent leur perception, ne leur permet pas de s’atteler à la mise en œuvre de réelles solutions. Chacun est dans son rôle, sa posture, ses à priori, ses contradictions, et Dieu sait si le jeu social est friand de la complexité, de l’ambiguïté et des discours à géométrie variable.


À ma toute petite échelle, sur mon micro-cas, n’ayant à ma disposition ni carotte ni bâton, je me suis efforcé d’utiliser ce qui fait souvent défaut dans les enceintes officielles de représentation et de négociation, la confiance et le respect des contraintes des parties en présence. Je suis un obsédé du lien social, et malheureusement dans notre pays il est souvent distendu. Bref, mon petit voyage au pays des vaches qui m’a fait toucher cette France des gens qui tiennent le territoire, de ces entreprises qui dans le secteur laitier sont pour quelques-unes de taille mondiale, de ce qui fait que notre pays dans la fameuse mondialisation n’a pas que des handicaps mais aussi ses atouts. Parmi ceux-ci les hommes et c’est cette richesse qu’il faut cultiver avec soin. Tout le monde en parle mais que fait-on réellement pour que ce patient travail de remaillage soit une réalité ? Entre les grandes stratégies des états-majors d’entreprise, les visions législatives des Ministres, les grandes négociations à l’échelle de l’UE, de l’OMC et des grands blocs mondiaux, il y a aussi la place pour l’explication : ne pas se payer de mots, dire les choses telles qu’elles sont au risque de déplaire.


Je me laisse entraîner par mon prêchi-prêcha alors que je m’étais dit que j’allais vous offrir une toute petite chronique, comme ça, pour marquer le coup. Ce qui me ferait vraiment plaisir serait de vous inviter, chers lecteurs, à boire un coup, entre nous, pour arroser ça. Mais vous êtes loin, éparpillés dans la France profonde et même au-delà. Bien sûr j’ai toujours plaisir à croiser certains d’entre vous à l’occasion. Merci de m’avoir aidé, à votre manière, en étant d’une fidélité inoxydable à mes chroniques bi-journalières. C’était d’une certaine manière ma thérapie pour fortifier ma patience, et Dieu sait que je ne le suis guère même si, l’âge aidant, je le suis un peu plus qu’avant.


Enfin, sans les nommer ici je remercie les fonctionnaires, à tous les niveaux, qui se sont mobilisés pour m’aider, qui m’ont suivi sur des chemins qui, au départ, n’étaient pas forcément ceux qu’ils avaient coutume d’emprunter, qui m’ont supporté dans tous les sens du terme. Nous avons de bons fonctionnaires, motivés, qui ne demandent qu’à faire, qu’à bien faire, encore faut-il les placer dans des conditions où ils puissent donner le meilleur d’eux-mêmes. Ce fut pour moi un grand plaisir de travailler avec eux. Merci à eux. De même, dans certaines des entreprises, j’ai rencontré des personnes de qualité qui, à leur niveau, m’ont permis de boucler ce dossier : grand merci aussi à eux. Mais, et je l’ai gardé pour la bonne bouche, tout ce chemin n’aurait pu être parcouru par votre Taulier si, dès le départ de sa mission, une personne au cabinet du Ministre ne lui avait pas fait toute confiance en dépit de ses manières de faire et de rendre compte pas toujours très orthodoxes. Merci Véronique Solère de m’avoir permis de vivre ce qui ne fut pas pour moi une expérience mais un vrai morceau de vie, de la vraie vie.     

 

 

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 12:00

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Votre Taulier très fatigué qui a le tort d’être né bien avant les blogueurs tagueurs qui, en un seul coup de bombe de peinture rouge, veulent recouvrir de leur opprobre toutes les horreurs accumulées par les Organisations Communes de Marchés de produits agricoles, au cours de la longue histoire de ce qui fut bien nommé au départ le Marché Commun puis, mieux encore,  la Communauté Européenne avant de mal finir en Union Européenne.  Que de sous dilapidés, et je ne parle pas ici du blé, du beurre et de la poudre de lait, mais du jaja, jetés dans le grand tonneau des danaïdes pour arracher des vignes, en replanter, distiller du vin, subventionner des quais et des conquêts, que sais-je encore, enrichir les gros, supprimer les petits ? Bref, pourquoi garder tout ce fatras de subventions, l’heure est aux économies, faut pas gâcher, pour nous réchauffer organisons vite un grand autodafé de toute cette paperasse inutile face à Berlaymont pour nous réchauffer.


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Du passé faisons table rase, moi je trouve ça beau et réconfortant de la part d’une jeunesse bien comme il faut sous tous les rapports et fort bien installée dans le confort de nos cités. C’est le lot de la jeunesse que de vilipender, de secouer, de gueuler, de demander des comptes à ceux qui ont bien profité de la période, que l’on dit bénie, où l’argent coulait à flots de tous les tuyaux. Simplement je lui demande, comme nous l’avons fait avec Michel Rocard lorsque nous avons coupé les robinets des aides à la distillation après les accords de Dublin d’aller s’en expliquer avec les intéressés. Les tribunes sur le Net c’est très bien pour les copains, se taper les gars du terrain c’est mieux. Je sais qu’il va m’être rétorqué que seuls les GROS sont visés par la charge et qu’il faut réserver la manne aux petits. Deux obstacles à cela, nos partenaires de l’UE, surtout les nouveaux entrants, nous sommes 27 maintenant, qui n’ont pas la même appétence que les petits loups urbains français pour tout ce qui est petit, joli, nature, et bien sûr nos amis anglais qui demandent à corps et à cris la fin de la gabegie tout en bénéficiant d’un max pour leur Reine en tête de la manne. 


Mais comme je n’ai nulle envie, ni le courage de prendre alternativement la robe du procureur pour prononcer un virulent réquisitoire contre certains types de subventions puis la troquer ensuite pour celle d’un défenseur ardent des aides structurelles, je vais me contenter de vous informer. Prenez le temps de lire chaque lien et ensuite à chacun de vous de se forger son opinion. De toute façon, le rendez-vous de 2013 pour la révision de la PAC est à nos portes et il serait intéressant de lire, hormis la mise au rebut des subventions, position des partisans pur et dur du marché roi, quelles sont les propositions avancées pour y substituer des mécaniques plus intelligentes, plus solidaires, plus aptes à faire éclore un nouveau modèle d’agriculture et bien sûr de viticulture. Le Taulier est preneur de lumières émanant des offusqués. Attention au y’a qu’à faut qu’on, laisser donc aller votre imagination pour emplir la page blanche : au Rapport les petits loups ! Vous savez l’encre des rapports résiste mieux que la peinture pour tags. Les tags c’est rapide et facile mais entre nous c’est parfois du n’importe quoi. Bref, pissez nous de la copie sans mélanger les choux et les navets comme par exemple du côté des aides européennes aux plus démunis, nées d’ailleurs des surplus de la fameuse PAC,  à propos de la défense j’aurais aimé d’ailleurs que la blogosphère du vin et de la bouffe se mobilisât un chouïa pour les maintenir.  Si l’Union économisait sur les subventions agricoles et viticoles  ce ne serait pas pour faire migrer ces sommes sur les démunis puisque nos amis anglais, allemands  et des pays du nord veulent que nous financions par nous-même notre charité publique.


J’aime beaucoup les idées folles même échevelées mais assez peu les idées courtes !

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1-      Politique agricole commune : ces géants du vin qui touchent le pactole link

 

2-     Des aides à l'investissement pour les viticulteurs – CDER link

 

3 - Aides à l'investissement dans les exploitations viticoles – Europa

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viewereuropa3.pngviewereuropa4.pngviewereuropa5.pngviewereuropa6.png 

 

4-     Rémi Durand, secrétaire général du SGV sur les nouvelles aides à l’investissement.link 


5-     Lettre des Présidents de l’Étoile et de La Moderne de Losse-en-Gelaisse qui sont dans le besoin de subventions pour écouler leur vin dans les Pays tiers.link


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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 00:09

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Vous le savez les fenêtres du hasard m’ouvrent parfois des perspectives que je ne soupçonnais pas. Tel fut le cas samedi où, venu en reportage chez « En Vrac » je suis tombé nez à nez avec Philippe Bornard, vigneron à Pupillin, « digne représentant des vins natures arboisiens. »  Une fois bouclé m’a plongée dans le vrac, m’être restauré, je me suis attaqué à la dégustation des vins du citoyen de Pupillin. D’emblée je lui confesse mon ignorance crasse de tout ce qui touche, de près ou de loin, aux vins jurassiens et que la tâche va être rude. Philippe connais, bien sûr, Olif le terroiriste hédoniste jurassique, la référence, le guide des petites louves et des petits loups parisiens pour la Saint Glou 2012. Vu l’état d’analphabétisme jurassique du taulier z’ont même pas osé l’emmener. Même qu’il me dit qu’Olivier Grosjean bourlingue en ce moment à Paris. J’en ris car moi je suis quasiment dans le Jura. Mais le Jura c’est quoi ? Je passe la plume au chartiste jurrassique.


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Jura: vignoble dont on a fait une montagne. Accessoirement, département immatriculé 39, de couleur plutôt verte. Par ailleurs, bouteille spécifique de forme un peu particulière, destinée à accueillir du vin du Jura, quelle que soit sa couleur, sauf jaune.


Entièrement situé dans le département du Jura, adossé au massif du Jura, le vignoble du Jura est une simple bande de terre de 80 km de long qui s'étend sur les coteaux du Revermont, de Salins les Bains jusqu'à Saint-Amour, aux portes de la Bresse, en passant par Arbois, Château Chalon et Rotalier. Reposant sur des sols argilo-calcaires qui sont à l'origine de certaines de ses particularités, ce petit bout de vigne affiche une sacrée personnalité. Séparé de la Bourgogne voisine par la large vallée de la Saône, il ne craint désormais plus l'ombre portée par le prestigieux voisin.


Les marnes du Lias et du Trias ont permis l'épanouissement de cépages autochtones originaux particulièrement adaptés à ce type de sols, cépages que l'on ne retrouve nulle part ailleurs ou presque. Savagnin, poulsard (ou ploussard, peu importe, l'important, c'est d'en boire) et trousseau résistent bien au développement croissant du chardonnay et du pinot noir, cultivés aussi de longue date, mais vraisemblablement importés de Bourgogne.


La renommée du vin du Jura lui vient en grande partie de l'un de ses produits-phare, le vin jaune. Cet accident œnologique, élevé pendant 6 ans dans un fût en vidange, sous un voile de levures qui le protègent d'une transformation en vinaigre, en ménageant son oxydation, donne un vin hors norme que le néophyte ne sera pas toujours à même d'apprécier à sa juste valeur. Les arômes caractéristiques de noix qu'il dégage font souvent fuir l'amateur de vins non-initié, autant qu'ils attirent comme des mouches ceux qui sont rompus à la dégustation de ce breuvage.


Outre de grands vins, le Jura a également donné naissance à de grands hommes. Le plus célèbre d'entre eux est sans nul doute Louis Pasteur, qui a effectué une grande partie de ses travaux sur la fermentation alcoolique dans la petite ville d'Arbois. On ne le remerciera jamais assez d'avoir considéré le vin comme étant la plus saine et la plus hygiénique des boissons, mais on déplorera tout le mal causé aux fromages au lait cru par la pasteurisation. Le plus injustement méconnu des inventeurs jurassiens est sans conteste Charles Sauria, né à Saint-Lothain, dont l'éclairage fut plutôt bienvenu à l'intérieur des caves, une fois qu’il eût inventé l’allumette à friction.


Les vins du Jura sont fort justement considérés par les Jurassiens comme les meilleurs des vins produits au monde. »


Sans vouloir vanner ce cher Olif, le Louis Pasteur sa citation prenait en référence l’eau qui n’était guère potable à l’époque et que le vin lui doit beaucoup grâce à ses travaux sur la fermentation. Mais bon ? hormis ces remarques subalternes comment voulez-vous que je vous fasse un compte-rendu de ma dégustation des vins de Philippe Bornard sous l’œil du maître ? C’est comme si Marc Lévy donnait une conférence au Collège de France sous le contrôle de de notre dernier Prix Nobel de littérature en 2008 Jean-Marie Gustave Le Clézio. Impensable ! Un carnage, pire que la charge de la Brigade légère ou que celle des cuirassés Français à de Reichshoffen.

 

Que faire ?


Dire tout bêtement que, putain les vins du gars de Pupillin le Taulier il a sacrément apprécié, même le fameux Vin Jaune qu’il ne faut réduire à un vin d’initiés, dont certains ne sont pas des œnophiles mais plutôt des drosophiles, je décoconne bien sûr cher Olif, mais à un vin difficile, au sens contraire de ce que les mâles dominants nomment les femmes faciles. Bon je m’emmêle plus qu’il ne le faut les pinceaux alors pour me rattraper aux sarments je signale que samedi dernier au soir se tenait chez « En Vrac » un dîner à base de saucisses de Morteau au vin jaune et cancoillotte, pommes de terres fumantes, Comté... accompagnés de Vin jaune, Vin de voile et Savagnin ouillé... C’était 25 €, sans le vin. Olif n’a pas pu venir mais moi j’ai contemplé l’opulence de la cocotte jurassienne.


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Un truc incontestable : les étiquettes de l’ami Philippe Bornard semblent être toujours les mêmes sauf qu’il y a un renard de gauche et un de droite selon la couleur mais le problème est toujours le même selon le point de vue de celui qui regarde ou de celui qui est regardé. Si vous n’avez rien compris ça n’est pas grave, je fais tout ce que je peux pour échapper à mes devoirs de dégustateur-imposteur. Le goupil est à gauche pour les blancs et à droite pour les rouges, ce qui  entre nous Philippe est un peu paradoxal sauf à ce que ce soit ma position face au rouquin qui comptât. Ouah, ouah… Je ne m’en sortirai pas.


J’ai donc dégusté dans l’ordre.


1-      La Chamade 2011 Arbois Pupillin Ploussard


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2-     Le Ginglet 2010  Arbois Pupillin Trousseau


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3-     Le Garde-corps 2009 Arbois Pupillin Trousseau (oublié de faire la photo).


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4-     Les Chassagnes 2008 Côtes du Jura Savagnin ouillé


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5-     Les Gaudrettes 2009 Côtes du Jura Chardonnay


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6-     Vin de voile lieu-dit Les Marnes 2007 Côtes du Jura Savagnin


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7-     Vin Jaune 2005 Arbois Pupillin


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8-    Vin de France Vin de Pagaille


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9-    Vin de table de France avec des bulles Ça va bien


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Mes préférés : en rouge c’est très difficile à départager mais puisque dans ce foutu turbin faut toujours ramener sa science je mets un peu au-dessus des 2 autres le Garde-corps 2009. Mon coup de cœur je l’avoue c’est les Gaudrettes 2009 Côtes du Jura Chardonnay. Mention très bien. Mais la surprise vient du vin de voile Les Marnes 2007 Côtes du Jura Savagnin, j’ai vraiment beaucoup apprécié et j’ai aussi bien aimé le savagnin ouillé 2008 les Chassagnes. Quant au vin jaune, dire que je ferais Paris-Lons-le-Saunier retour à vélo pour aller en acheter une caisse que vous ne me croiriez pas ; mais pour autant je ne fuis pas, c’est un vrai must et je comprends très bien qu’il ait de grands adorateurs. Moi qui ne suis qu’un modeste buveur assis, donc avant tout un mangeur qui boit en mangeant il faudra qu’Olif me dresse une ordonnance en vue d’un bon mariage. Reste le vin des copains de Philippe son Ça va bien qui bulle, j’adore !


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Je sais ma copie n’est pas très reluisante et Olif va écrire à l’encre rouge dans la marge : « un peu léger le Taulier » mais qui puis-je ? Sans doute écrire une chronique sur le Comté. Merci à Philippe Bornard pour son accueil, l’authenticité de ses vins, ben oui j’ai bu, et pour sûr que je vais, en dépit de mon côté cossard, explorer le Jura dès que le temps m’en saura donné. Pour l’heure je m’occupe encore de mes vaches mais bientôt l’heure de la retraite va sonner alors je vais me mettre à travailler.

 

Pour tenter d’amadouer l’intraitable terroiriste hédoniste jurassique je rappelle que Pasteur déclarait : « il y a plus de philosophie dans une bouteille de vin que dans tous les livres » en ajoutant « surtout dans les vins du Jura ». Pas mieux Olivier !


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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 14:00

  Nos confrères du Figaro, qui savent tout lorsqu’il s’agit de sous nous indiquent que notre Depardiou maintenant à moitié belge,  à un drôle de patrimoine : restos, poissonnerie, le ciné bien sûr, les vignes à foison avec son pote Bernard, les objets d’art, l’immobilier et une concession de motos.link 


Maintenant qu’il va devoir résider à Néchin 180 jours par an je pense que tu vas avoir le temps, cher Hervé, d’aller le retrouver à l’Amitié qu’est un café situé rue Albert 1er 12 7730 dans le patelin de Néchin qu’est rattaché à Estaimpuis pour tailler une bavette et boire des canons avec lui pour éviter qu’à la longue il déprime loin de ses vignes.



Tu pourrais aussi organiser chez lui, ou au café de l’Amitié, une petite dégustation de ses nectars, ça pourrait intéresser les Néchinois – tu diras à Gégé que ce ne sont pas des Chinois car quand il est bourré il a tendance à déconner – de laper gratos de la potion magique d’Obélix. Pendant que tu y es tu pourrais en profiter pour l’interviewer sur ses projets : sait-on jamais peut-être qu’il va lui venir à l’idée d’investir dans le vignoble belge ou pourquoi pas d’entrer dans le capital d’In Vino Véritas.


Sans l’épouvanter tu diras à Gégé que les rues de Néchin, comme les cafés aussi, sont moins sûres que la rue du Cherche-Midi à Paris et le bar du Lutétia tout près où il se rendait pour aller pisser (c’est là où je le croisais le plus souvent). En effet, j’ai lu dans la presse locale : « qu’un client a été grièvement blessée par balle, le 22 avril vers 22h00, lors d'un attaque à main armée dans un café à Néchin, près Estaimpuis. Les faits ne sont pas très précis mais un ou plusieurs hommes armés ont fait irruption dans le café le Vieux temps situé dans le quartier frontalier de la Festingue à Néchin. Et au moins un coup de feu a été tiré. La Zone frontalière sous tension : il ne s'agit pas de la première attaque armée dans des commerces de ce quartier frontalier. L'affaire a été mise à l'instruction par le parquet de Tournai confronté, comme le parquet de Courtrai, à une hausse de la criminalité transfrontalière. »


Bref, cher Hervé je compte sur toi pour aller présenter tes civilités à notre Gégé qui a la bougeotte. Sans être madame Soleil je crois que les charmes de Néchin vont vite être épuisés pour Gégé et que, même s’il adore le canal, s’il adore le château de Bourgogne, s’il adore les petites boucheries, s'il adore les petits commerçants sympas, s'il adore le petit café du coin, va falloir qu’il se trouve de nouvelles occupations.


T’imagine le buzz Hervé avec un papier du style « J’ai bu un coup avec Depardiou ! » Verts qu’ils seraient les confrères, même que tu deviendrais leader d’ebuzzing, la gloire, la célébrité quoi… Un truc du style Rapport Berthomeau dans le genre ce serait le Rapport Lalau.


Bien sûr il s’agit d’une simple suggestion Hervé, tu fais comme tu le sens mais moi je t’avoue que je me laisserais tenter…


Avec mes amitiés.


Si tu vois Gégé demande lui quand est-ce qu’on le revoit dans son quartier chez son poissonnier ou au café…


Le Taulier

 

PS. Tu pourrais aussi demander à Gégé pourquoi il n'est pas allé donner un coup de main à Carla, la femme de son poteau Nicolas, pour l'épauler dans la vente du tonneau de charité aux Ventes des Hospices de Beaune ?

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 00:09

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Le Taulier ne cherche jamais rien tout lui tombe dessus, comme ça, naturellement. La méthode est d’une grande facilité : il suffit de marcher, ou de circuler à vélo, de lever le nez du bout de ses grolles et de glaner ce qui se présente. Le dimanche du 104, pédestrement, alors que le métro venait de le jeter à Marx Dormoy, il prenait en enfilade la rue Riquet et tombait en arrêt, truffe en l’air, face à une étrange inscription « En Vrac ». Verrait ça au retour. Au retour : frustration la crèmerie était fermée. Clac, clac quelques photos pour stocker les infos et le pépère se dit in petto qu’il y reviendrait bientôt.


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Ce qu’il fit samedi dernier mais cette fois-ci en auto car le métro pour cause de Front Populaire ne le menait plus jusqu’à Marx Dormoy. Bordel habituel dans le quartier pour se garer mais le Taulier y est tout de même arrivé. Rassurez-vous, Mélanchon, à défaut de Hénin-Beaumont, n’a pas fait un remake dans le XVIIIe mais c’est la RATP qui prolonge la ligne 12 jusqu’à une nouvelle station : Front Populaire qui sera la 302e, et est située à la limite des communes de Saint-Denis et d'Aubervilliers.

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L’était pas bon à prendre avec des pincettes le Taulier, un peu fatigué. Pour se restaurer il décide de casser une graine et attendant il se fait son petit reportage photo avec l’assentiment de Thierry Poncin le boss du lieu.


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« En Vrac » c’est à l’angle de la rue de l’Olive, au 2, et comme son nom l’indique vend du vin en vrac www.vinenvrac.fr et les photos parlent d’elle-même. Mais ce n’est pas tout, ce n’est pas tout, il propose aussi une sélection de vins en bouteilles : du grand cru au vin naturel, de l’huile d’olive espagnole en vrac, des boîtes de sardines espagnoles, des pâtes de la ferme la Fringale dans l’Yonne, des cidres, des bières etc. Particularité il existe un atelier « faites votre vin vous-même » et on peut louer une cuve pour faire des assemblages at home.


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On ne peut pas dire que le concepteur d’ »En Vrac » manque d’idées, caviste depuis vingt ans, Thierry Poincin « n’a jamais oublié ces moments où, dans une France des années 60 baignée de soleil, il allait chercher du vin en vrac avec son père. Des années plus tard, au hasard d’une promenade automnale, il découvre le marché de l’Olive étincelant, sorti de sa rénovation. A cet instant, il sait que c’est ici qu’il relancera le vin en vrac de son enfance. »

C’est ouvert depuis 3 semaines et j’ai bien aimé l’ensemble avec, bien sûr, une mention particulière pour le cœur de cible : la vente de vin en vrac dont je défends l’idée depuis un bon petit bout de temps.


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Si vous êtes parisiens, franciliens ou pékins montant à Paris, je vous conseille vivement et chaleureusement de mettre le Cap d’abord sur Front Populaire (ligne 12) débarquer à Marx Dormoy et à 2 pas via la rue Riquet aller tirer le Vin en Vrac chez Thierry Poincin. Moi je suis reparti, chargé comme un âne corse bâté et le soir je me suis fait une plâtrée de pâtes de la ferme la Fringale dans l’Yonne. Succulent comme  de vrais sucres lents d’antan. En plus, comme un bonheur n’arrive jamais seul je suis tombé samedi dans les vins de Philippe Bornard : un sacré renard  vigneron à Pupillin… Affaire à suivre sur mes lignes : putain des lichées de Savagnin ça fait du bien et même que le Philippe m’a injecté du vin jaune en intraveineuses et oui, je vous le dit tout à trac il se passe toujours quelque chose chez vins « En Vrac »


Quelques détails pratiques :


Les Vins en Vrac et en bouteilles c’est ICI link

 

Pour le vrac Comment ça marche c’est ICI link 

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 14:00

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Ainsi va le monde AVANT LA FIN DU MONDE : l’un se tire, Depardieu, chez nos voisins belges, on s’en doutait, un autre le tacle sèchement, Sardou, c’est dans son style flamboyant, et pendant ce temps-là, en attendant la fin du monde le 21 décembre, les citoyens de Hong Kong et de Singapour sont pris d’une frénésie de mariage le 12/12/2012  symbole d'«amour».


COUP DE GUEULE


« Michel Sardou déclare ne pas « être choqué » par la nouvelle tranche d'impôt à 75% pour les très hauts revenus si elle est « provisoire » et affirme que ce n'est « pas son genre de fuir à l'étrange », dans un entretien au Parisien/Aujourd'hui en France publié lundi. « Si c'est du provisoire, qui dure moins longtemps que la vignette, cela ne me choque pas. On est quand même tous conscients qu'on est dans la merde! », déclare le chanteur. « Et ce n'est pas mon genre de fuir, de partir à l'étranger. Si t'es pas content, tu ouvres ta gueule »


Michel Sardou ajoute qu'il « n'aimerait pas être à la place » de François Hollande. « Aujourd'hui, tu dépends d'un connard qui est à l'autre bout du monde, qui fait faillite et d'un seul coup 5.000 mecs en Provence sont au chômedu ! Je n'aime pas cette mondialisation et le président ne peut pas y faire grand-chose », estime-t-il. En 2010, Michel Sardou avait affirmé avoir été « convoqué » par Nicolas Sarkozy à l'Elysée après avoir déclaré qu'il ne le soutenait plus et avait laissé entendre qu'il pourrait voter à gauche à l'élection présidentielle. En fin de compte, le chanteur dit avoir voté blanc « parce qu'il n'y croyait plus ».


FOUTAGE DE GUEULE


Le bourgmestre (maire) d'Estaimpuis, Daniel Senesael en est convaincu, Gérard Depardieu a eu un vrai coup de cœur pour son village et ne vient absolument pas pour des raisons fiscales. « Il est venu ici, non pas pour avoir une adresse, mais bien pour s'y installer, pour y vivre, pour côtoyer les gens », a-t-il expliqué lundi matin. Autres raison à la venue de l'acteur dans ce village proche de la frontière : « Il adore le canal, il adore le château de Bourgogne, il adore les petites boucheries, les petits commerçants sympas, le petit café du coin », a-t-il ajouté avec fierté.

 

 

NE TIREZ PAS LA GUEULE AVANT LA FIN DU MONDE MARIEZ-VOUS LE 12/12/2012


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Hong Kong et Singapour se préparent à une véritable frénésie nuptiale le 12/12/12, considéré par les oracles chinois du feng shui comme un jour porte-bonheur.


« Pas moins de 696 demandes ont été déposées cette année à Hong Kong pour le 12 décembre, symbole d'«amour», soit près de quatre fois la moyenne quotidienne de 177 enregistrées en octobre, a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'administration du territoire chinois.


À Singapour, où trois habitants sur quatre sont d'ethnie chinoise, 540 couples se diront «oui» mercredi, selon le site du registre des noces (hors musulmans), huit fois plus que d'habitude.

«C'est une date populaire», a confirmé Renee Leung, à la tête d'une entreprise qui organise les mariages et dont la charge de travail sera dix fois plus importante qu'un jour ordinaire.

L'enthousiasme est toutefois moindre que pour les années précédentes: à Hong Kong, 1002 couples se sont mariés le 11/11/11, symbole d'«amour éternel», et 859 le 10/10/10, symbole de «perfection».


Selon Sammy Au, un maître de feng shui, art ancestral chinois notamment divinatoire, la date du triple 12 est tout juste un jour «de bonne chance».


Les 18 et 31 décembre sont placés sous des auspices bien plus favorables, a-t-il confié au journal gratuit The Standard.


Certains couples se sont néanmoins mis sur les rangs pour le 12/12 afin de d'échanger leurs serments avant le 21 qui correspondrait à la fin d'une grande ère dans le calendrier maya (que des chercheurs situent plutôt au 23 décembre), un événement que certains associent à la fin du monde.


«Je veux m'unir à elle avant la fin du monde», a ainsi expliqué un promis au journal de langue chinoise Ming Pao.


Singapour avait battu tous ses records le 14 février 1995, avec plus d'un millier de couples unis, lorsque les jours de la Saint-Valentin occidentale et chinoise avaient coïncidé. »


Agence France-Presse

Hong Kong

 

Promo belge pour le vin le jour de la fin du monde via Hervé Lalau link

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 00:09

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Fut un temps où j’ai beaucoup fréquenté la Belgique, Bruxelles plus exactement, mais à part nos collègues belges du Ministère de l’Agriculture pas très préoccupés par l’avenir de la vigne du vin, je me colletais surtout à nos amis italiens qui eux nous faisaient un peu chier avec leur picrate des Pouilles et d’ailleurs que nos chers négociants mêlaient avec le jaja du Languedoc pour livrer les derniers arpents des gros buveurs. La mixture se dénommait en sabir communautaire MDVPCE : mélange de vins en provenance de la communauté européenne. Ces flux, qui excitaient le dernier quarteron des cagoulés  des CAV : Comités d’action Viticoles emmenés par le Bougon des Cépages, dont j’admirais les baccantes et les Ray Ban, furent brutalement interrompus en 1986 lorsque les exportateurs italiens eurent la « merveilleuse » idée de renforcer leur gros rouge avec du méthanol (quelques morts dans la Péninsule).


Bref, j’ai fait beaucoup de Paris-Bruxelles-Paris via un TEE et dans les zincs de ce qu’on appelait à l’époque le GLAM. Comme les négociateurs ont la fâcheuse tendance de bavasser jusqu’à pas d’heures, à part les restaurants où nous allions reconstituer notre force de travail avec du solide et du liquide, je n’ai jamais pu vraiment flâner dans Bruxelles. J’y suis retourné une fois en touriste et j’ai beaucoup aimé. Je ne vais pas vous faire le coup de : « j’ai des amis belges » car je n’ai que des amis tout court dont deux, un vrai et un émigré, dans la coopérative que j’ai contribué à fonder : les 5 du Vin. Le dernier en date, le néo-vigneron de Corneilla-la-Rivière, qui sait tout faire, du vin, des commentaires, la cuisine et aussi montrer son cul laiteux. J’ai aussi un paquet de lecteurs en Belgique dont certains sont membres de l’Amicale du Bien Vivre dite des Bons Vivants.


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Xavier Hanotte est un écrivain belge francophone né à Mont-sur-Marchienne le 31 octobre 1960 et il vient de commettre aux éditions Le Castor Astral collection Escales des Lettres un petit opus fort intéressant Soit dit entre nous… Je suis un OURS 12€. La série donne la parole à des auteurs, avec le soutien de brillants illustrateurs, ici Muriel Logist (illustration en tête de ma chronique) pour se livrer de A à Z sans rien cacher.


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J’ai donc choisi pour mes amis belges : F comme Flandre, L comme Langue, V comme Vin et W comme Wallon.


FLANDRE


« Pendant presque vingt-cinq ans, l’Ours wallon que je suis eut la Flandre au bout de son jardin. À deux rues, plus précisément. À cette époque, la frontière linguistique se limitait à quelques panneaux joyeusement peinturlurés par les ancêtres déjà prosélytes de MM. De Wever et Maigain. Des deux côtés, les indigènes trouvaient ça plutôt comique et, sinon propice à l’éclosion de talents artistiques qui trouveraient plus tard à s’exprimer sous forme de tags et autres manifestations ruralisées d’un art dit urbain. Coincé entre la Hulpe et Overijse, le quartier flamand de Malaise (Maleizen en langue de Conscience) nous envoyait, en procession et en mauvais français, laitier, brasseur et autres petites professions itinérantes. Jamais toponyme ne parut si injustifié.


Mais les choses évoluent. La complicité économique a fait place à une réciproque ignorance. Quand je repense aux temps de mon enfance, il me semble que j’évoque une période révolue, que restituent à peine, au fond des boîtes à chaussures oubliées, des collections déteintes de vieilles cartes postales. »


LANGUE


« Je n’ai jamais compris l’idolâtrie dans laquelle il faudrait tenir une langue plutôt qu’une autre. La littérature, pourtant, grouille de zélateurs dithyrambiques qui font de la langue française un idiome supérieur à tout autre par la vertu de ses héritages successifs, qu’ils fussent royaux ou républicains. Quant à la beauté intrinsèque, personne ne pourrait, selon eux, songer à la contester. Combien de fois, par contraste, ai-je entendu professer par les mêmes imbéciles que le néerlandais était un dialecte de bouseux, l’allemand un assemblage austère de sons gutturaux, l’anglais un meccano grammatical simpliste, etc.

Pour moi, toute langue est belle dès qu’on se donne la peine d’en comprendre la musique, et toute langue devient moche, gueulée par un sous-officier dans une cour de caserne.


Le reste relève de nationalismes auxquels aucun ours digne de ce nom ne pourrait souscrire. »

 

VIN


« Entre autres plaisirs bien connus, le vin me fait voyager. En France, bien sûr, mais aussi en Italie, en Allemagne, en Grèce, en Espagne, en Bulgarie, en Afrique du Sud… C’est qu’on a toujours fait du bon picrate ailleurs qu’en Gaule, et depuis bien longtemps. Durant ces années, j’ai collectionné les étiquettes comme je collectionnais les timbres. Elles me rappelaient celles que, déjà, les touristes fortunés ne collaient plus sur leurs malles-cabines en cuir bouilli, célébrant les charmes désuets de grands hôtels et de lointaines rivieras. Puis un jour, pour quelque obscure raison technique, il est devenu impossible de les décoller des bouteilles. Comme les timbres sur les enveloppes.

Pourtant je voyage toujours… »

 

WALLON

 

« On a beau dire, on a beau faire. Même affublés de bérets basques, les ours pyrénéens garderont toujours l’accent de leur natale Slovénie. Quand j’étais un jeune ours crétin, lisant Freud et Kant, auquel le mot terroirfilait de l’urticaire, j’aimais déclarer à mon grand-père, l’air pénétré, un sourcil haussé et la patte au menton, que je me sentais francophone. Wallon, ça faisait décidément trop campagne.


Ça l’ennuyait un peu, mais il ne disait rien.


Il m’a fallu vivre un quart de siècle à Bruxelles pour comprendre que je resterais toujours, par défaut, un ours wallon.


Toutes les patries sont imaginaires.

Je suis donc un Wallon imaginaire.


J’aimerais le dire à mon grand-père.

Ce n’est hélas plus possible »


Bien le bonjour à mes amis belges de la vigne et du vin et d’ailleurs… restez de grands ambassadeurs du jus fermenté du raisin, gaulois ou d’ailleurs… l’important c’est l’extension du domaine du vin…

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 14:00

Les bars d’hôtel à l’ancienne avec barman incorporé confident des habitués et Saint-Bernard des esseulés, m’ont toujours fascinés. Ils sont le terrain des écrivains, le terreau de leurs errances, de leurs phantasmes, de leurs cuites… Un petit livre « la Part de l'Ange » éditions Inculte 13€ où l’alcool et la littérature font bon ménage nous offre de belles pages. Pour vous donner soif, un petit aperçu de ces lignes gorgées de degré…


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Bouteilles jusqu’à plus soif et régiments de verres… « Le Consul finit par baisser son regard. Combien de bouteilles depuis ce jour ? Combien de verres, combien de bouteilles où se dissimuler depuis ce premier jour de solitude ? » Malcom Lowry ce n’est pas n’importe qui et Sous le volcan est un monument de la littérature.


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Malcolm Lowry a longtemps été considéré comme un marginal de génie et Under the Volcano comme une réussite unique et inexplicable, un « livre-culte » sans antécédents ni postérité claire et qui plus est réservé à une poignée d'initiés. Mais derrière ou à l’intérieur de l’écrivain il y avait l’ivrogne magnifique, revendiqué, et c’est ce rapport à la bouteille et aux verres qui me passionne. Le génie se niche rarement sous la mince peau de l’eau claire.


Dans la revue Esprit de janvier 1971 Gaëlle le Doze dans JOURNAL A PLUSIEURS VOIX écrit « Quand j'ai su qu'il allait y avoir une émission sur Malcolm Lowry, j' ai voulu y aller, pas forcément pour parler mais pour voir, puisque Polac disait  toujours qu'on pouvait même venir de province, que l'émission payait le voyage. D'ailleurs pour Lowry je ferais n'importe quoi, parce que c'est le plus grand écrivain du siècle, parce qu'il n'est pas seulement un écrivain. Mais un buveur…


« …Bref le but de cette émission, dit Polac c'est d'essayer que vous vous précipitiez demain chez votre libraire, moi j'ajoute  « et chez votre marchand de vin », le barbu de Pont Aven dit « bravo, bravo », Astruc précise  « chez votre marchand de téquila », mais je trouve que  « même le vin rouge fait très bien   l'affaire quand on lit Lowry. »


…  Alors un type, Jean Massin je crois, raconte une entrevue avec Lowry  chez  Clarisse Francillon, qui  a  traduit  toute l'oeuvre de Lowry, qui est présente aussi ce soir mais qui malheureusement a trop peu parlé.


-  Ce qui m'a frappé chez  Lowry, ce fut d'abord sa petite taille, des bras assez courts, des mains potelées, un visage cramoisi, un œil vif, et en me parlant, sans cesse sa main descendait vers une table basse, vers une carafe dans laquelle il y avait du vin coupé d'eau (qu'est-ce que je disais, l'eau c'est une des ruses innombrables de Lowry pour réussir à boire sans culpabiliser. Bien sûr. ). 


… Tout le monde aurait dû terminer l'émission sous la table c'était le moindre des hommages à rendre à Lowry : perfectamente borracho comme le consul  comme Wilderness Lowry   les deux doigts dans la bouche   le vautour au-dessus du lavabo et l'impossibilité de rassembler les morceaux de soi-même éparpillés dans tous les coins. »


Alors, toujours dans la veine des suceurs de glace rinçant les dents avec des boissons fermentées je vous offre un dialogue bien serré produit par l’auteur américain David Dodge dans Trois tondus et un pelé… un bon vieux polar de la série Noire de Gallimard


104-001.JPG                                                   Yann Legendre ®


« Il y avait un bar à l’autre extrémité du restaurant. Le barman posa le verre qu’il astiquait et plaça ses mains poilues sur le comptoir d’acajou.

« Et pour monsieur ?

-         Deux Marie-Salope.

-         Deux quoi ?

-         Deux Marie-Salope. »

Le barman secoua la tête.

« Vous me la coupez, dit-il. Connais pas ce truc-là.

-         Jus de tomate et vodka, dit Whit : un verre de jus  de tomate, un cube de glace, un bon coup de vodka et du sel. Seulement pas de vodka dans l’un des verres et une double dose dans l’autre. »

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Le barman ferma les yeux en frissonnant.

« Formidable pour la gueule de bois, dit Whit. J’ai un copain, là-bas, qui a besoin d’être secoué.

-         La double ration pour lui et le jus pour vous ? demanda le barman, les yeux toujours fermés.

-         Tout juste. Et en vitesse, si possible. »

Le barman frémit une dernière fois et ouvrit les yeux.

« OK, dit-il. Mais je ne veux pas de macchabée dans ma boîte. » Il s’éloigna et prit deux verres au passage, en se répétant d’une voix dégoûtée : »Vodka et jus de tomates ! »

Whit revint vers la table.

Les sandwichs et les Marie-Salope arrivèrent en même temps. Whit pris son verre et le goûta pour s’assurer que le garçon n’avait pas mélangé les verres. Fausse alerte. Whit poivra son jus de tomate, le remua avec énergie, en avala une vaste gorgée et fit claquer ses lèvres.

-         Vingt dieux ! dit-il, les vitamines, y’a que ça de vrai.

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David Lodge

 

Extrait de Trois Tondus et un pelé Gallimard

 

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