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20 octobre 2017 5 20 /10 /octobre /2017 06:00
AOC, Drôlement Soif, Atabula… de nouveaux « micromédia » numériques appliquent le « Si tu veux consulter faut raquer ! »

La gratuité d’utilisation, la liberté d’accès à une infinité de contenus et la «tradition» du téléchargement illégal sont pour ainsi dire consubstantielles au web et désormais bien ancrées dans les habitudes des consommateurs. Au point d’être devenues de véritables dogmes.

 

Dès 2008, Chis Anderson annonçait « Le Web est devenu le monde de la gratuité » prophétisant l’extension du principe : « Les coûts sur Internet vont tous dans la même direction : vers zéro. Il est désormais clair que tout ce que le numérique touche évolue vers la gratuité ».

 

Et Olivier Bomsel, professeur d’Economie industrielle à l’Ecole des Mines de Paris complétait : « Le gratuit va continuer de s’étendre, ne serait-ce que parce que l’économie numérique  suscite de plus en plus d’information, laquelle engendre de plus en plus de publicité, laquelle a vocation à subventionner des utilités nouvelles (…) Pour initier ces effets, il faut subventionner les premiers consommateurs. Il y aura donc de plus en plus de gratuit, mais aussi moins de lisibilité sur le prix des produits ».

 

Cette destruction radicale de valeur a provoqué des dégâts « collatéraux » sur les industries de création : l’édition, le commerce des produits culturels : films, musique…, la presse quotidienne et hebdomadaire…

 

L’habitude était née, celle d’un accès universellement gratuit aux contenus de création, des professions entières se sont trouvé face à l’obligation de proposer des alternatives crédibles et rentables pour pérenniser leurs activités.

 

Un exercice plus que difficile, les grands groupes de presse tentent encore d’imposer et de viabiliser leur nouveau modèle économique et la complémentarité offline-online, les pure players de la presse numérique tels que le Huffington Post, Rue 89, Slate… leur font une sérieuse concurrence.

 

Ces nouveaux acteurs s’appuyant largement sur la participation gratuite de nombreux contributeurs externes exploitent sans vergogne l’expertise et les compétences rédactionnelles de professionnels en manque d’exposition. Une concurrence presque déloyale faite aux journalistes et pigistes dont cette activité reste le gagne-pain, d’après Pascal Béria : « Notoriété et visibilité sont ainsi devenues les nouveaux opiums du peuple connecté qui altèrent mécaniquement le prix d’un travail que d’autres ont aujourd’hui du mal à se faire rémunérer ».

 

Économiquement coûteuse, notamment pour les secteurs de la création et pour les nombreux pure players qui ne réussissent jamais à trouver le chemin de la rentabilité (du fait de business models intenables), la gratuité est aussi coûteuse socialement et en termes de libertés individuelles.

 

Au point pour Pascal Béria de livrer ce jugement sans appel : « Loin de nous apporter la liberté, la gratuité nous conduit par de multiples chemins à une dépendance profonde à quelques grands majors à qui nous offrons informations personnelles, codes de carte bleue, fichiers informatiques et à qui nous communiquons les produits que nous consommons et parfois même les détails les plus intimes de nos existences en l’échange de quelques services dont nous avons aujourd’hui du mal à nous passer (…) L’utopie de la gratuité ne rend pas libre. Elle est au contraire devenue une cause d’aliénation ».

 

Alors, face aux mastodontes du Net , Google tout particulièrement, ne trouvant plus leur place dans la presse traditionnelle, certains tentent d’émerger en fondant leur petite entreprise personnelle en pariant sur l’abonnement pour la faire vivre.

 

Ainsi, l'ex-journaliste de Libération Sylvain Bourmeau va lancer un "micromédia" numérique mettant en valeur des opinions d'auteurs, un site payant qui proposera chaque jour des textes longs sur des sujets culturels ou sociétaux, a-t-il indiqué lundi à l'AFP. Pensé comme une variation des pages "débats" des quotidiens, le site dénommé AOC publiera à partir de janvier 2018 trois longs articles par jour en semaine: une analyse, une opinion et une critique d'auteurs variés, trois genres dont les initiales donnent leur nom au site. Un grand entretien sera publié le samedi, un texte de fiction le dimanche. "On veut remettre un peu de verticalité dans l'espace public, à un moment où tout est nivelé, où toutes les informations ont tendance à se valoir", souligne Sylvain Bourmeau, actuellement producteur d'une émission sur France Culture et professeur associé à l'École des hautes études en sciences sociales, après avoir été directeur adjoint des Inrocks et participé au lancement de Mediapart. "La consigne pour chaque auteur sera de produire un texte qui va faire référence, qu'on aura envie de partager, avec lequel on n'est pas forcément d'accord. Le but est de faire écrire les bonnes personnes dans les 48 heures qui suivent une actualité", a souligné le journaliste. Entourés d'un petite équipe d'éditeurs, les auteurs seront rémunérés environ 500 euros le texte. Sylvain Bourmeau est accompagné à la direction du site par Raphaël Bourgois, également présentateur sur France Culture, et d'Hélène Fromen, ex-responsable du site du Monde puis de Mediapart.   Accessible sur abonnement (douze euros par mois), AOC sera un "micromédia haut de gamme" qui atteindra son équilibre financier avec 10.000 abonnés, a précisé Sylvain Bourmeau, qui réfléchit aussi à publier régulièrement ces textes en librairie et à organiser des évènements.

 

Tout beau tout neuf, Tellement Soif est un nouveau média lancé samedi 17 juin. 100% vin, 100% vidéo, il entend bouleverser l’offre médiatique et porter une parole singulière et indépendante. Entretien avec le rédacteur en chef de Tellement Soif, Antoine Gerbelle.

 

Atabula – Vous venez de lancer Tellement Soif, média 100% vidéo dédié au vin. Pourquoi ?

 

Antoine Gerbelle – Notre choix de créer Tellement Soif s’inscrit dans une tendance forte, celle de la montée en puissance de la vidéo sur Internet en tant que véritable média. C’est un mode d’expression qui est enfin mature. Nous le voyons déjà très bien avec les médias créés par Michel Onfray ou Natacha Polony. D’ailleurs, c’est le même groupe – Le Magasin Numérique/Téléparis – qui assure toute la partie technique des trois médias. Quant au contenu, notre ambition est de permettre au vin et à son approche critique de sortir du ghetto, d’échapper à un entre-soi terrible dans lequel vivent les journalistes et les vignerons. Tellement Soif doit décloisonner cet univers passionnant pour qu’il s’ouvre au plus grand nombre. D’où le parti-pris de permettre aux internautes de liker les sujets qu’ils souhaitent voir traiter. Cette interaction est aujourd’hui nécessaire et salutaire. Autre élément obligatoire : la liberté de traitement de l’information. Sur Tellement Soif, nous serons libres de traiter tous les sujets comme nous le voulons, sans autres impératifs que notre avis. Et ça, c’est révolutionnaire ou presque.

 

La suite ICI 

 

Après plus de sept années d’existence, le média Atabula développe une nouvelle offre. À partir du 1er septembre, Atabula+ va apporter encore plus d’informations et plus de services à nos lecteurs. Cette offre – dont vous pouvez découvrir tous les avantages en cliquant ICI – sera réservée aux abonnés.

 

En faisant ce choix du payant pour une partie de son contenu éditorial, Atabula vise un double objectif. D’abord, le souci d’une plus grande indépendance. Cette indépendance est au cœur de la démarche d’Atabula. C’est grâce à elle que le média peut continuer son travail d’information en toute liberté et aborder tous les sujets sans concession. Cette diversification de nos sources de revenus va logiquement renforcer la qualité et la pertinence de notre production éditoriale. L’équipe va s’agrandir pour assurer notre développement et garantir aux 250 000 visiteurs uniques mensuels un contenu toujours plus pointu et tourné vers les professionnels de la restauration. C’est pour eux qu’Atabula+ a été pensé.

 

Ensuite, ce choix économique va donc nous permettre de développer nos offres. Dès le mois de septembre, vous trouverez des rubriques renouvelées, des dossiers thématiques, des benchmarks, une nouvelle plateforme de présentation des acteurs des arts de la table et une application mobile pour un plus grand confort de lecture. Dans les prochains mois, les abonnés auront également accès à des bases de données exclusives.

 

Dès le 1er septembre, le contenu éditorial d’Atabula sera mixte : des articles gratuits et des articles payants. Le « gratuit » sera dédié à des contenus courts (fil info, actualités diverses). En cela, Atabula restera une vigie d’information pour tous. Le « payant » sera principalement consacré à des analyses, du décryptage et, plus largement, à du contenu à forte valeur ajoutée.

 

L’ambition d’Atabula est claire : proposer toujours plus d’informations et de services aux professionnels de la restauration, et répondre à leurs multiples attentes dans un secteur en mutation perpétuelle.

 

Très bien tout ça mais j’avoue que ça ne s’adresse pas à moi, je ne suis pas le coeur de cible et mon budget abonnements + livres est déjà très important et, pour l’heure, à l’exception de l’AOC de Bourmeau, les contenus de Tellement Soif et d’Atabula n’entrent pas dans le champ de mon intérêt pour l’information.

 

Pour autant la naissance de tout nouveau média doit être saluée avec intérêt, donc bon vent à eux.

 

Ma seule interrogation tient au bassin de chalandise que Tellement Soif et Atabula souhaitent toucher en ayant l’ambition de sortir de l’entre-soi du petit milieu du vin et de la gastronomie. Ambition louable certes mais les sujets abordés me semblent être ceux que l’on brasse depuis toujours dans le marigot et qui n’intéressent que les accros du marigot.

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18 octobre 2017 3 18 /10 /octobre /2017 06:00
L’illusion du prix de revient moyen et du contrat-béton qui fait s’évanouir les rapports de forces dans les grandes filières agricoles, celle du lait en premier

L’enfer est pavé de bonnes intentions.

 

La crise laitière qui a mis au grand jour ce qu’est devenu ce secteur pour sa plus grande part : la collecte d’un minerai dont le prix est fonction de la conjoncture laitière internationale. Depuis la disparition des quotas laitiers les économistes du secteur use d’une formule agréable : la volatilité des prix.

 

L’illusion de la régulation, sans outils physiques de régulation, a fait long feu.

 

En août 2016 le Monde découvrait l’eau chaude : « Dans le secteur laitier, c’est l’acheteur qui fixe les prix. Depuis deux ans, les prix d’achat du lait chutent, au détriment des producteurs ».

 

Belle découverte, comme si le secteur laitier était une exception, tous les secteurs agricoles, dans une économie ouverte de matières premières, depuis que les outils de régulation des politiques communes de l’Union ont été jetés aux orties, sont soumises à l’état des marchés mondiaux, régionaux et nationaux.

 

Rien ne ressemble plus à un litre de lait collecté ici qu’un litre de lait collecté là, même le lait bio est soumis à la confrontation offre demande, les collecteurs privilégient donc la ressource la moins coûteuse. Il existe un marché spot du lait.

 

Pendant tout un temps la conjonction d’une gestion régionalisée des quotas laitiers, privilégiant les zones de montagne, et d’une fixation par le CNIEL d’un prix national du lait a permis à la France laitière de préserver encore un équilibre entre un Grand Ouest hyper-productiviste et des zones moins privilégiées.

 

Mais, patatras la Commission Nationale de la Concurrence a mis le holà, il est interdit de fixer un prix plancher du lait.

 

Alors nos beaux esprits de la rue de Varenne et d’ailleurs n’ont eu de cesse de nous vendre deux concepts qui allaient permettre de réguler ce bel ensemble soumis à la concurrence : la contractualisation et les organisations de producteurs.

 

En soit ils sont satisfaisant sauf qu’ils se heurtent aux dures réalités de terrain qui font que les producteurs sont depuis des décennies entre les mains de leurs collecteurs privés et coopératifs et que beaucoup d’entre eux, au vu des échecs économiques des groupements de producteurs, des coopératives incapables pour la plupart de bien valoriser le lait, répugnent à se lier dans ses fameuses OP.

 

Pour avoir passé 18 mois en tant que médiateur entre les producteurs et les grands opérateurs laitiers je puis vous assurer que les réactions des producteurs sont parfois déroutantes et n’entrent pas dans les clous de la rationalité économique développée par nos hauts-fonctionnaires.

 

La contractualisation, chère à Bruno Le Maire, a consolidé la main ferme des grands collecteurs. sur leurs producteurs.

 

Alors, changeons, inversons les facteurs, faisons en sorte que ce soient les producteurs qui fixent leurs prix en fonction de leur prix de revient.

 

Génial !

 

Moi je veux bien mais pour rendre opérante la réforme il va falloir lever deux obstacles de taille : le prix de revient moyen recouvre de fortes disparités régionales et régionaliser le prix d’achat du lait risque d’accélérer la déprise laitière ; le poids des entreprises laitières qui, en dépit de l’inversion, garderont la main sur la conclusion du contrat.

 

Le coût de la production laitière pondéré en fonction du volume de lait produit par exploitation, a été calculé pour neuf régions laitières (voir graphique).

 

Vu les différences de structure d’une région à l’autre, les résultats finaux des coûts de production pour les neuf  régions laitières varient entre 34 centimes par kilo de lait dans les régions côtières (Grand Ouest) et 49  centimes dans les régions montagneuses (Sud-est).

 

Dans l’ensemble, le coût de production du lait dans les régions laitières en 2013 s’élevaient à environ 40 – 45 centimes d’euros par kilo de lait (Grand Est, Nord-Picardie, Normandie, Poitou-Charentes, Sud-Ouest.

 

 

Mettre en avant les obstacles, les difficultés ce n’est pas faire preuve de défaitisme mais prendre en compte la réalité qui ne cadre pas souvent avec les bonnes intentions des discours.

 

Pour lever ces obstacles, ce qui est possible et souhaitable, il faut commencer par le commencement et remettre le droit de la concurrence sur de bons rails, ceux permettant une forme de protection pour les producteurs des zones en déprise. Traiter un producteur sous-smicard comme un agro-éleveur intensif relève de l’ineptie.  Attention aussi à ne pas tomber dans le miroir aux alouettes de la montée en gamme, de la valorisation par les fameux signes de qualité, des circuits courts pour ses producteurs à la ramasse. Ces segments sont déjà occupés par des producteurs bien implantés commercialement et s’imposer sur ces marchés exige des ressources humaines, financières, techniques qui ne sont pas à la portée de beaucoup d’entre-eux.

 

Donc tout est possible mais de grâce ne pas croire ou faire accroire que l’on peut, dans les secteurs dominés par de grands groupes, d’une production de minerai mondialisé, de commodities, à une production artisanale de valeur, sans ériger des protections, des outils de régulation. La PAC avait beaucoup de défauts, normal ce sont des hauts-fonctionnaires français qui l’ont couché dans les textes, mais elle avait un grand mérite c’est de constituer une exception dans les rapports de force mondiaux. C’est bien pour cette raison que les USA n’ont eu de cesse, au travers du GATT d’abord, puis de l’OMC de la détruire.

 

Le virage amorcé par Emmanuel Macron ne pourra s’effectuer dans de bonnes conditions que si l’on sort de la logique mortifère dans laquelle la Commission Européenne, avec la complicité des Ministres de l’Agriculture et des Finances des pays membres, s’est engagée. Le verdissement des aides n’est qu’un leurre. La cohabitation entre une agriculture ferraillant sur les marchés mondiaux avec une agriculture paysanne ou artisanale exige que l’on mette en place des outils physiques de régulation.

 

Si le Comté se porte si bien c’est qu’il se protège, détermine les quantités à produire en fonction des débouchés, n’oublions jamais que les AOC étaient lors de leur création des instruments de protection, et non comme la vulgate stupide le proclame aujourd’hui des outils de promotion de la qualité.

 

Mais pour que l’imagination, qui prévalait à cette époque préhistorique où les dirigeants se plaçaient devant la troupe pour l’entraîner, soit au pouvoir un nécessaire ménage est à effectuer dans les grandes organisations corporatistes. La CNAOC est plus mobilisée sur le tire-bouchon de madame Buzyn que sur ce nécessaire aggiornamento.

 

J’ai, en 2000, fâché beaucoup de monde dans mon Rapport, qui n’avait rien de révolutionnaire, mais pendant un court moment le monde du vin s’est soumis à une intense réflexion mise ensuite sous le boisseau par Hervé Gaymard sur injonction de l’Elysée où Jacques Gravegeal régnait en maître.

 

Les Assises voulues par le Président de la République souffrent du mal que génèrent les technostructures publiques comme privées, le conservatisme lié à leur incapacité à prendre des risques, à anticiper, à innover.

 

       - JeanFrançois Fortin, maître du lait

PHILIPPE LEGUELTEL 16/10/2017 ICI 

 

                      - Combien coûte la production d’un litre de lait ?

LE MONDE | 23.08.2016 par Cécile Bouanchaud ICI 

 

 

        - Le coût de la production laitière en France European Milk Board ASBL 2013 ICI 

 

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L’illusion du prix de revient moyen et du contrat-béton qui fait s’évanouir les rapports de forces dans les grandes filières agricoles, celle du lait en premier
  • Etats Généraux : carton plein d'Emmanuel Macron à quelques réserves près Pierre Christen |  16 Octobre 2017 | ICI  

 

Un accueil favorable, y compris de la part de Michel-Edouard Leclerc

 

Du côté des transformateurs, l’accueil se révèle – sans surprise – favorable. « C’est le socle d’un sursaut positif pour toute la filière avec une volonté commune inédite de mettre fin à la guerre des prix », a commenté Jean-Philippe Girard, président de l’Ania, porte-parole de l’industrie alimentaire. Unanimité aussi pour les agriculteurs, de la FNSEA à la Confédération paysanne en passant par la Coordination rurale. Les distributeurs ont aussi globalement bien accueilli le discours du Président. La FCD (qui représente Carrefour, Géant Casino,…), par la voix de son secrétaire général Jacques Creyssel, s’est déclarée satisfaite que le président ait repris ses propositions. Pour les Mousquetaires, « plusieurs mesures vont dans le bon sens » , affirme Didier Duhaupand, président du groupement. Serge Papin, le p-dg de Système U, se montre lui-aussi satisfait que les propositions des ateliers aient été reprises. D’autant qu’il co-présidait l’atelier 5. Plus surprenante est la réaction de Michel-Edouard Leclerc, qui, à quelques jours de l’intervention présidentielle, a mené une vive campagne contre la hausse du SRP. Il s’est déclaré soulagé et satisfait. Soulagé car le Président a réservé le relèvement du SRP aux seuls produits alimentaires. Et satisfait, car le cap est mis sur « l’indispensable montée en gamme de la production agroalimentaire française ». Il s’est même déclaré plutôt favorable à l’encadrement des promotions : « Ce n’est pas une satisfaction mais une position issue d’un consensus devant une situation devenue un peu incontrôlée ».

 

La partie est loin d'être gagnée

 

On l’aura compris, aucun acteur clef n’a voulu jouer le rôle du vilain petit canard. Michel-Edouard Leclerc a bien saisi le risque d’isolement médiatique. Mais cette unanimité pourrait sembler étrange, si elle ne masquait pas quelques réserves, voire même quelques réticences qui n’ont pas tardé à s’exprimer.

 

Preuve que rien n’est joué dans cet ambitieux projet de transformation du modèle agricole français, Emmanuel Macron a suscité des sueurs froides dans les rangs de la FNSEA, en opposant le bio et les signes de qualité, « qu’il faut développer » et des modèles productivistes « qu’il faut arrêter ». Il a ainsi remis en cause la pertinence de certaines productions, qui ne pourront plus être compétitives face à la concurrence internationale. Et cité l’exemple des volailles destinées aux marchés moyen-orientaux, faisant une référence implicite aux difficultés de Doux. Il a également pointé l’immobilisme de la filière porcine, déplorant que le bio ne pèse que 0,5 % de la production. Pour la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, Emmanuel Macron a été « parfois caricatural ». Coop de France a réagi en soulignant que « ce n’est pas uniquement en inversant la construction du prix dans les contrats agricoles que l’on traitera de l’enjeu central de la compétitivité et de la performance ». Pour les coopératives agricoles et agroalimentaires, l’écart avec les compétiteurs européens est un pré-requis indispensable à l’analyse des références de prix de revient français à la production.En clair, le système français ne doit pas être déconnecté des prix mondiaux, s'il veut rester compétitif.

 

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17 octobre 2017 2 17 /10 /octobre /2017 06:00
Adhésion /obligation les 60 interprofessions agricoles sont, pour les grandes, plus des théâtres d'expression politique que des lieux de décisions sur les marchés.

Je n’ai pas compté le nombre de fois où Emmanuel Macron, dans son discours de Rungis, a utilisé les mots filières et interprofessions.

 

La notion de filière n’est guère opérante économiquement car elle n’est que le constat physique de l’imbrication des opérateurs économiques qui produisent, transforment, distribuent les biens alimentaires. Elle permet d’agréger des chiffres, de publier des statistiques permettant d’évaluer le poids des uns et des autres. Il n’y a pas à proprement parler de pilotes dans une filière, elles sont dominées par les industriels eux-mêmes soumis au diktat de la GD.

 

Comme nous sommes un peuple génial, pour « piloter » ces ensembles nous avons inventés les interprofessions et, pour faire bon poids, les avons fait financer par des Cotisations Volontaires Obligatoires, les CVO.

 

La CVO c’est simple comme une volonté exprimée par des organisations dites représentatives, pour faire joli on les nomme familles professionnelles, un vote accouchant d’un prélèvement rendu obligatoire par la puissance publique : arrêté conjoint du Ministère de l’Agriculture et du Ministère de l’Économie et des Finances.

 

Conséquence : tout le monde paye sans pour autant se sentir représenté par les organisations professionnelles, c’est surtout vrai du côté des agriculteurs de tous poils, je  dis ça pour les vignerons qui ont toujours tendance à se croire différents des paysans.

 

Ce système a été inventé par un énarque, membre du cabinet de Christian Bonnet, qui fut mon patron à l’ONIVIT sur la base d’un raisonnement simple, celui que font les fiscalistes, plus l’assiette est large plus le rendement est bon. Cette manne permettra de faire fonctionner des zinzins où les OPA pourront piloter la filière.

 

Ce fut assez vrai dans le secteur laitier tant que l’Interprofession fixait le prix d’achat du lait mais tout l’édifice s’est lézardé lorsque la Commission Nationale de la Concurrence a mis le holà. Dans le secteur des grandes cultures, ils ont mis en place des fonds financiers : Unigrains et Sofiprotéol qui leur ont permis d’intervenir économiquement. Unigrains par  exemple a permis la constitution du groupe Bigard en lui cédant ses parts dans Socopa. Sofiprotéol devenu le groupe Avril opère dans le biodiesel, les semences Limagrain,  les aliments du bétail, les œufs…

 

Dans le secteur des viandes ça n’a jamais fonctionné, comme pour les fruits et les légumes.

 

Dans le secteur du vin, les interprofessions ont essentiellement agit en placardant des affiches et en finançant de la publicité. Le pilotage de la filière s’opérant soi-disant dans la section spécialisée vin de FranceAgrimer sous la houlette d’un apparatchik Jérôme Despey pur produit du syndicalisme majoritaire (ex-président des JA et VP de la FNSEA).

 

L’article ci-dessous de Marie-Josée Cougard dans les Échos fait un assez bon état des lieux.

 

Multiples, les interprofessions agricoles sont, pour les plus grandes d’entre elles, devenues des théâtres politiques.

 

Ultra organisée, l'agriculture française regorge de représentations dans tous les secteurs de production, dont beaucoup ne sont plus adaptées à une Europe désormais largement ouverte sur le monde. La plupart ont été créées dans les années soixante ou soixante-dix. C'est le cas des interprofessions, dont le fonctionnement a été codifié par la loi du 10 juillet 1975 pour que se concertent les agriculteurs et leurs clients, industriels, négociants, etc. Emmanuel Macron demande au monde agricole d'en faire de véritables instances de décision économique.

 

Les interprofessions ou filières sont aujourd'hui plus de soixante. Toutes au départ avaient l'ambition de partager des décisions d'ordre économique. Elles ont à vrai dire longtemps rempli leurs objectifs, jusqu'au moment où il a été décidé de réformer la politique agricole européenne (PAC). Cela s'est fait par vagues successives, jusqu'à mettre l'agriculture communautaire en prise directe sur les marchés mondiaux. D'une logique de négociation politique sur les aides à l'agriculture, l'Union européenne est passée à une logique économique, qui ne s'est pas toujours imposée dans les cénacles agricoles.

 

Conflits

 

Tant et si bien que les grandes interprofessions, comme celles de  la viande ou du lait, sont souvent devenues davantage des théâtres d'expression politique que des lieux de décisions sur les marchés. Résultat, de belles empoignades entre producteurs et industriels, et des conflits impossibles à dénouer. Au point que les impétrants ont fini par prendre l'habitude de faire appel au ministre de l'Agriculture en place pour tenter de dénouer les conflits. Dans de nombreux cas, les situations se sont avérées si complexes qu'il a fallu trouver un médiateur et les plus grands groupes industriels les boycottent fréquemment.

 

A l'inverse, les interprofessions plus restreintes dans leur champ d'action fonctionnent parfaitement. C'est le cas du CIVC, le comité  interprofessionnel du vin de champagne: les vignerons trouvent chaque année un accord sur les prix du raisin et ils s'entendent avec les maisons de champagne sur un rendement à l'hectare et un niveau de stock. C'est également vrai de l'interprofession du comté ou du roquefort où les industriels acceptent de rémunérer sans sourciller le lait à des prix deux fois supérieurs à celui que reçoivent les autres. De crise on ne parle jamais. Les marchés sont circonscrits et les intérêts de chacun bien compris. Une logique à méditer.

 

Marie-Josée Cougard

@CougardMarie

 

Pour donner une couleur viticole à cette chronique je vous livre l’état d’un conflit qui oppose le négoce bourguignon à la CAVB organe représentatif des vignerons bourguignons.

 

A l’attention des Président-e-s d’ODG et des membres des commissions du BIVB représentant la CAVB

 

Mesdames, Messieurs,

 

Lors de la conférence de presse sur le millésime 2017, organisée par le BIVB le 20 septembre dernier, son Président, Louis-Fabrice Latour, a annoncé aux journalistes son souhait de se voir reconduire, ainsi que le Président délégué représentant la viticulture, à la tête de l’interprofession.

 

Ainsi, il a délibérément et publiquement ignoré le vote démocratique organisé par la CAVB au mois de juillet dernier qui a vu notre Conseil d’administration élire Jean-Michel AUBINEL représentant de la viticulture à la future présidence du BIVB.

 

Par la suite, Jean-Michel AUBINEL a rencontré Louis Fabrice LATOUR et Pierre-Henri GAGEY. Au cours de cet entretien, ces derniers lui ont fait savoir qu’ils ne le laisseraient pas accéder à la présidence du BIVB.

 

Les vignerons du Conseil d’administration du BIVB ont souhaité avoir un débat sur cette ingérence dans la vie interne de la CAVB lors du dernier Conseil d’administration du BIVB.

 

Malgré plusieurs demandes, le Président du BIVB n’a pas voulu aborder cette question importante.

 

Les vignerons ont donc décidé de quitter la salle et ont tous écrit un courrier à l’attention de Président du négoce, Frédéric Drouhin, dénonçant cette attitude et sollicitant une discussion sur cette situation inacceptable. En effet, il est urgent de savoir si cette initiative malheureuse est le fait de quelques personnes ou la position de la famille du négoce. Ce qui provoquerait une véritable rupture dans le contrat qui lie nos deux familles, à savoir le respect des décisions de chacune des deux composantes de l’interprofession.

 

Dans l’attente, la viticulture ne participera plus aux réunions (Comité Permanent, Conseil d’administration, Assemblée générale et commissions) du BIVB.

 

Vous trouverez ci-joint le courrier envoyé vendredi dernier à Frédéric DROUHIN, Président du négoce bourguignon, signé par tous les vignerons, membres du Conseil d’administration du BIVB.

 

La CAVB tiendra un Conseil d’administration la semaine prochaine qui débattra notamment des suites éventuelles.

 

Il paraissait important que chacun-e d’entre vous soit informé-e.

Je reste à votre disposition pour toute information complémentaire.

 

Bien cordialement

 

Thomas NICOLET

Directeur

06 99 74 03 73 / t.nicolet@cavb.fr

 

Affaire à suivre, je ne parle pas des chicayas du BIVB mais du pilotage des filières par les Interprofessions pour mener à bien les fameuses montées en gamme chères au Président Macron.  

 

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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 06:00
Que vient faire Ausone avec le brochet qui, écrit avec un grand B, comme Emmanuel Brochet est une pépite de champagne ?

Pour les grands amateurs, style LPV, ceux qui se lamentent sur les prix pharaoniques atteint par les GCC de Bordeaux et leurs cousins de Bourgogne, Ausone c’est un château de Saint-Émilion propriété de la famille Vauthier qui a atteint les sommets sans avoir recours, comme le chante Alain Souchon, aux jupes des filles.

 

Les lettrés, de plus en plus nombreux sur  Face de Bouc grâce à la consultation assidue de Wikipédia, savent qu’Ausone, né à Bordeaux, Decimus Magnus Ausonius, fit ses études à Toulouse pour revenir dans sa ville natale, où il enseigna la grammaire, puis la rhétorique. Appelé à Trèves pour être précepteur du futur empereur Gratien, Ausone fut élevé au consulat (379). Après l'assassinat de Gratien (383), il revint définitivement à Bordeaux, où il mourut.

 

« Le contenu chrétien de ces poèmes est assez mince, et d'autres sont franchement païens. On a pu se demander si Ausone était païen ou chrétien. Sans doute était-il de ces esprits qui, comme il y en eut beaucoup au IVe siècle dans les milieux cultivés, étaient au fond assez indifférents en matière religieuse, et dont le christianisme ne fut peut-être qu'un opportunisme. » Pierre Thomas CAMELOT

 

Ce cher Ausone, dans son hymne à la Moselle, atteste que le nom du brochet en latin c’est lucius.

 

Ce nom serait un emploi métaphorique du prénom romain Lucius. En effet, Ausone, a qualifié le brochet de « poisson plaisamment désigné par un prénom latin ». C’est controversé mais le fait que Lucius Licinius Murena, consul romain défendu par Cicéron à propos de la murène, ait été un gros poisson de la politique apporterait un argument suffisant pour en faire l’origine du nom de ce poisson.

 

En gaulois, ce nom est formé sur l’adjectif latin brocc(h)us « aux dents proéminentes »

 

 

« Les traits morphologiques les plus remarquables, chez le brochet, sont la gueule, si parfaitement conçue pour la capture des proies, et le corps, si bien profilé pour l'attaque surprise. La gueule en bec de canard, large, aplatie, et arrondie, s'ouvre démesurément pour montrer un armement impressionnant de plus de 700 dents, acérées et coupantes, se répartissant en deux catégories ayant chacune sa fonction : celles qui garnissent les mâchoires, les moins nombreuses mais les plus grosses et les plus longues, servent à saisir et à clouer la proie; les autres, fines et serrées en massifs, tapissent le palais et la langue et, inclinées vers l'intérieur, ont pour rôle de conduire la proie vers le fond de la gorge en l'empêchant de ressortir.

 

Le corps, parfaitement hydrodynamique, avec une nageoire dorsale rejetée loin vers l'arrière et une caudale large et puissante, n'est pas conçu pour une nage à grande vitesse prolongée, comme celui du saumon par exemple, mais pour le rush foudroyant à partir de l'immobilité de l'affût afin d'intercepter la proie qui passe à bonne portée.

 

 

La robe du brochet est d'ailleurs parfaitement mimétique grâce aux couleurs et aux motifs (taches, zébrures) qui lui permettent de se confondre avec son environnement; d'un milieu aquatique à l'autre, ces couleurs peuvent varier considérablement: jaune paille et gris argenté à verdâtre sur le corps, avec des nageoires orangé à brun rouge, très vives et contrastées dans des eaux claires acides et très pâles et affadies dans les eaux opaques. La femelle peut atteindre une longueur de 1,50 m pour un poids de 35 kg en Europe et, selon certains auteurs, jusqu'à 65 kg en Sibérie - ce qui le placerait bien au-dessus du fameux muski (masquinonge) nord-américain, brochet géant qui ne dépasse pas (!) 2 m de long pour une quarantaine de kilos. Mais chez nous, des sujets de 15 à 20 kg sont déjà de très gros brochets. Les mâles sont sensiblement plus petits, n'atteignant qu'exceptionnellement une dizaine de kilos. »

 

Bien qu'essentiellement chasseur de proies vivantes - et, plus rarement, dans des conditions normales, «ramasseur» de proies mortes -, le brochet est loin d'être ce féroce prédateur pour lequel il a longtemps passé. Il a des cycles d'activité alimentaire espacés de plusieurs jours (parfois huit à dix), entre lesquels il reste totalement apathique, ce qui fait qu'il est bien loin, au total, de manger «son propre poids de poisson par jour», comme l'on disait dans le temps.

 

Loin d'être un nuisible, il assume une fonction indispensable dans la régulation des équilibres interspécifiques du milieu où il vit, en limitant les espèces à fort pouvoir de reproduction, et aussi dans la sélection de chacune en éliminant les sujets les plus faibles ou malades. Dans les plans d'eau ou cours d'eau où il n'est pas en densité suffisante, il peut se produire des perturbations graves, comme le nanisme des perches, dont il est le prédateur limitant naturel (les premières proies des tout jeunes brochets sont les alevins de perche qui, nés après eux, sont à la bonne taille juste au bon moment) ou bien l'installation d'une maladie sur une espèce donnée, sa dégénérescence, etc.

 

Il vit en solitaire, sur un territoire dont l'étendue est fonction de ses besoins et de la densité en poisson-fourrage. Tout concurrent qui s'y aventure fait l'objet d'une agression; si le plus faible ne fuit pas, il peut être mangé par le plus fort: ce cannibalisme constitue également une régulation et une sélection de l'espèce par elle-même. Toutefois, ces territoires ne sont pas fixés une fois pour toutes et s'il se produit, à un moment quelconque, une grosse concentration de proies, les brochets peuvent accepter une cohabitation sans agressivité du fait de l'absence de concurrence alimentaire. »

 

LIRE ICI 

 

Pour faire la transition avec le réel objet de cette chronique j’évoquerai le brochet au beurre blanc de maman.

 

En effet, ce plat de communion solennelle, aurait aimé se marier avec le splendide Les Hauts Meuniers 2010 d’Emmanuel Brochet.

 

Mais qui est Emmanuel Brochet ?

 

Les amis de Mi-fugue mi-raisin écrivent :

 

« Emmanuel Brochet a eu la chance de récupérer de ses parents une parcelle de 2.5 hectares louée auparavant à d’autres vignerons. Il est donc le premier vigneron de la famille et n’est pas lié par un contrat de fermage. Son approche et sa philosophie font penser à un autre vigneron, Richard Leroy: les deux sont passionnés et préfèrent vivre simplement tout en élaborant des vins de rêve. Leur  priorité est de rentrer des raisins sains et équilibrés leur permettant d’aller le plus loin possible dans la vinification.

 

La parcelle est située à quelques kilomètres à l’ouest de Reims, sur des sols argilo-limoneux en surface et crayeux en sous-sols. On obtient donc des vins secs d’une grande minéralité, mais avec un très beau fruit. Paradoxalement, on est  à la fois sur un Champagne d’esthète, précis, minéral, pur  et sur un vin de (grand!) plaisir. »

 

J’ai découvert Emmanuel Brochet et ses rares pépites il y a 3 ans à Aÿ.

 

Depuis j’arpente Paris en espérant kidnapper l’un de ses flacons.

 

Il était au Paul Bert en compagnie d’une belle poignée de vignerons, les champenois y étant majoritaires, et j’ai découvert la dernière de ses merveilles Les Hauts Meuniers 2010 100 % pinot meunier. (1180 bouteilles)

 

Question au gentil et discret Emmanuel : où le trouver ?

 

Réponse : aux caves Legrand rue de la Banque !

 

Dès le lendemain matin j’ai enfourché mon fier destrier pour m’y rendre.

 

Le trésor était bien caché, il a fallu aller le chercher à la cave.

 

 

Mon enlèvement réussi je suis reparti le cœur léger « quand on aime on ne compte pas »

 

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15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 06:00
Si vous passez en Champagne pouilleuse arrêtez-vous donc chez Drappier, le Taulier vous contera l’histoire de Clairvaux la centrale Badinter et Jean Genet…

Drappier est un must, il cultive l’authenticité et le naturel grâce notamment à un très faible dosage et un usage extrêmement modéré des sulfites, dont la cuvée Brut Nature Sans Soufre est l’aboutissement.

 

Même que mardi dernier cette belle maison auboise a offert un léger en-cas au petit bouiboui de la rue de Varenne, l’Arpège, à des « critiques », sans doute pour leurs beaux yeux, ces gens-là sont des incorruptibles comme chacun sait. Si on en fait la remarque ces braves gens poussent des cris d’orfraies.

 

 

Un petit coup de pouce à la communication ne saurait nuire à l’extension du domaine de buvaison de la maison Drappier.

 

Celle-ci puisée sur le site nous dit :

 

« Si la vigne fut plantée pour la première fois à Urville par les Gallo-Romains il y a 2000 ans, c’est Saint Bernard, fondateur de l’Abbaye de Clairvaux qui fit construire nos caves en 1152.

 

Sept siècles plus tard, en 1808, c’est autour de ce témoignage médiéval, magnifiquement préservé, où dorment des cuvées d’exception, que fut créé le domaine familial dirigé aujourd’hui par Michel Drappier. Terre d’accueil du Pinot Noir, cépage qui « coule dans nos veines », c’est à Urville que fut planté notre vignoble, cultivé selon les principes du bio et du naturel.

 

Comme des « archives » de la longue histoire de notre maison, nous continuons également à cultiver des cépages oubliés et pourtant inoubliables : l’Arbane, le Petit Meslier et le Blanc Vrai. »

 

La Champagne Pouilleuse, aussi connue sous le nom de Champagne Crayeuse, doit son nom à sa pauvreté passée. En effet, son sol calcaire y empêchait les cultures et seuls les moutons y étaient élevés.

 

Depuis la généralisation de la culture sous engrais, la Champagne Pouilleuse est devenue une riche région agricole malgré ses terres blanches, l'égale de la Brie et de la Beauce.

 

La Champagne crayeuse est une vaste région naturelle, qui occupe une des auréoles du Bassin Parisien : celle de la craie sénonienne. Elle s'étend sur quelques 820 000 hectares, sous la forme d'un croissant long de 175 km du nord au sud, large d'une soixantaine de kilomètres en son milieu. Bordée à l'ouest par la Côte de l'Ile de France, à l'est par la Champagne humide et l'Argonne, elle bute au sud sur le Pays d'Othe, et, au nord, ne franchit guère la vallée de l'Aisne. Elle chevauche ainsi les trois départements des Ardennes, de la Marne et de l'Aube. Elle se présente comme une plaine largement ondulée et coupée par des vallées, dont l'altitude varie entre moins de 100 m et 235 m.

 

 

Même si mon pouvoir d’influence est immense je ne vais pas pour autant tresser des lauriers à Drappier, je l’ai fait par le passé, mais vous conter l’histoire de l’abbaye de Clairvaux.

 

Pourquoi ?

 

Champagne «Cuvée de Clairvaux» un vin rare ? titrais-je le 25 mai 2009

 

« Cette cuvée, élaborée par la maison Drappier dans les anciennes caves de l’Abbaye de Clairvaux à Urville, je l’ai dégustée et appréciée au Salon des Vins d’Abbayes – Cellier du Collège des Bernardins 20, rue de Poissy 75005 Paris » écrivais-je.

 

Une abbaye quoi de plus banal sauf que l'abbaye de Clairvaux fut acquise par l'État le 27 août 1808 en même temps que treize autres anciens monastères pour mailler le territoire de « maisons centrales de force et de correction ». La Révolution ayant érigé la liberté en valeur fondamentale le nouveau système pénal s'élabore autour de la privation de liberté, éventuellement associée aux travaux forcés. Quelques aménagements suffirent à transformer en bureaux, en dortoirs et surtout en ateliers, les immenses bâtiments dont l'autre intérêt résidait dans son haut mur d'enceinte. De quoi faire de Clairvaux dans les décennies suivantes, non pas une maison centrale parmi d'autres, mais la plus grande de France : 1 456 détenus en 1 819 ; 2 700 en 1 858 dont 1 650 hommes, 489 femmes et 555 enfants.

 

Clairvaux, la Centrale fut rendue « célèbre » par « l’affaire Buffet/Bontems », et le réquisitoire de Robert Badinter contre la peine de mort.

 

Clairvaux, où fut enfermé un certain Jean Genet, qui y rédigea le « Journal d’un voleur ».

 

Clairvaux est l’une des maisons centrales les mieux gardées de France ses hauts et longs murs interminables, en rangées successives, interdisent toute vue sur les vestiges des splendeurs d’autrefois. »

 

La chronique ICI 

 

 

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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 06:00
« Quand on voit le prix que la tarte atteint, on n'est pas loin de tomber dans les pommes... » (1)

Avoir l’air tarte… ce n’est pas de la tarte… c’est une tarte à la crème… foutre une tarte… ce n’est pas de la tarte… et bien évidemment les célèbres chemises à col pelle à tarte… le tarte ta gueule à la récré d’Alain Souchon

 

 

Quand vient la saison des pommes je mets mes mains dans la farine pour pétrir une pâte brisée que je roule, que je dresse dans un moule embeurré, pour la napper de compote sur laquelle je pose des quartiers de pommes.

 

Attention c’est une tarte aux pommes nature, simple, sans artifices… pas d’excès de sucre… le respect de la pomme. Tout est bio.

 

Pour la pâte que fais-je ?

 

  • Je creuse un puits dans ma farine sur laquelle j’ai aspergé du sucre vanillé ;

 

  • J’y casse un œuf entier ;

 

  • Je mélange ;
  • J’ajoute un filet d’huile d’olive ;
  • Je mélange ;
  • J’ajoute un peu d’eau tiède ;
  • Je mélange ;
  • Je découpe des morceaux de beurre que j’ajoute ;
  • Je pétris.

La pâte en boule va reposer.

    

Pour la compote :

  • Des reinettes du Canada dont j’extrais le trognon ;
  • Je les épluche ;
  • Je les mets entière dans une casserole, j’ajoute du Calvados et un peu d’eau ;
  • Je couvre ;
  • Je les cuis à feu vif ;

 

  • Les pommes explosent ;
  •  

  • Je les écrase à la fourchette ;
  • Tout à la fin je la bats au fouet pour la lisser.

 

Pour le fond de tarte :

  • Sur une table farinée j’étends le pâton ;
  •  

  • J’embeurre le moule ;
  • J’y dépose la pâte étendue ;
  • Je découpe les bords ;
  • Je pique à la fourchette le fond de tarte ;
  •  

  • Je mets l’ensemble à four chaud.

 

Pendant ce temps-là je prépare les pommes pour garnir le fond de tarte.

Lorsque le fond commence à dorer je le retire du four, j’y dépose la compote puis je dresse les quartiers de pomme. J’enfourne à nouveau l’ensemble.

 

Je n’ai pas de temps de cuisson. Je retire la tarte lorsqu’elle a pris de belle couleur.

 

Enfin avec les retaillons je fais une tarte riquiqui selon le même processus.

 

 

Voilà mon labeur achevé je me dis que je pourrais m’engager comme homme de maison pour occuper ma retraite. Mais comme je ne veux pas encombrer le marché de l’emploi : je bois en partageant ma tarte aux pommes. 

 

(1) Mots en Mêlée (2011) de Marc Hillman

 

 

 

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10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 06:00
C’eut été une belle journée de dégustation au Paul Bert si Jean Rochefort le mari de la coiffeuse n’avait pas eu la mauvaise idée de tirer sa révérence.

Ce lundi temps idéal pour le vélo, cap sur la rue  Paul Bert qui, pour un jour, est le repaire de vignerons que j’aime bien. Comme vous le savez peut-être rue Paul Bert est sis le Paul Bert où, pro de chez pro, j’arrive pile poils à 10 heures. Le trottoir est noir de monde, des vignerons qui prennent leur temps, poignées de mains et quelques bises.

 

Je rejoins un trio qui cause : Bruno Verjus le taulier de Table et Bertrand Auboyneau le boss du Bistrot le Paul Bert, entourant le patriarche de Patrimonio Antoine Arena.

 

« Pace è Salute ! »

 

 

Nous papotons, les oreilles de certains doivent siffler, vers 10 heures et demi la gente vigneronne se met au turbin.

 

C’est une dégustation mais je sais que je vais boire car cracher certains nectars relève d’une forme de masochisme bien au-dessus de mes forces de pauvre pécheur.

 

 

Venir dès l’ouverture présente un double avantage, le parigot étant comme le dit notre Président une grosse fainiasse y’a pas trop de monde devant les saintes tables ; ces même tables saintes sont encore d’un blanc virginal.

 

Ma résolution : tu fais le job sérieusement !

 

Je me retrousse les manches et je m’y mets. Ça roule Mimile jusqu’au moment où, fourbu, je fais une pause, je pose mon cul sur l’une des chaises prévue à cet effet sur le trottoir. Je pianote sur le fil  Twitter et la putain de mauvaise nouvelle me tombe sur la tronche : Jean Rochefort est mort.

 

Ça me fait chier !

 

Jean Rochefort, hors ses rôles, c’est pour moi une délicieuse rencontre avec lui. En 1991, je lance la Première Journée Nationale du Cheval et, connaissant sa passion pour l’équitation, il a un haras, je le sollicite pour en être le parrain. Je le fais chercher. Nous nous retrouvons dans mon bureau et pendant plus d’une heure nous devisons. L’homme est plein d’humour et délicieux. Prenant mon courage à deux mains je me décide à évoquer, disons le défraiement, pour sa participation. Souvenir de son sourire sous sa moustache, il me répond « je n’ai qu’une faveur à vous demander, c’est que, comme aujourd’hui, votre chauffeur vienne me chercher et me reconduire. C’est bien agréable et votre chauffeur a de la conversation. »

 

Il passa le dimanche avec nous, simple, disert, disponible, un vrai gentleman. Encore merci cher Jean Rochefort.

 

 

J’ai repris le turbin avec du vague à l’âme, le spectacle continu.

 

Puis la faim m’a tenaillé alors j’ai enfourché mon vélo pour casser une graine dans le quartier, chez Fabrizio Ferrara à quelques rues de là.

 

 

Je mange rarement seul à table, dans ce cas je choisi des crèmeries à bar où des voisins viennent me rejoindre, mais aujourd’hui ça va bien à mon humeur tristounette. Mon positionnement en salle me permettait de contempler les tablées.

 

Ironie du hasard, un couple illégitime, à ma gauche, lui un peu vulgaire, elle très petite bourgeoise, pantalon de cuir, escarpins vertigineux, chemisier avantageux, se prenait d’assaut. Elle menait l’offensive comme savent le faire les femmes qui veulent arriver à leur fin et dans la geste amoureuse je contemplais à son annulaire son alliance et le solitaire, le Jean Rochefort un peu volage d’un éléphant ça trompe aurait souri, moi aussi.

 

De retour devant la neige de mon écran, et que je relis ce que je viens de pondre, j’en conclue que ça fait une chronique et que je vais me contenter de vous offrir les photos de mes amours matinaux.

    

 

Jean Rochefort, portrait en amoureux des chevaux

ICI

Jean Rochefort, acteur

inoubliable d’« Un

éléphant ça trompe

énormément », est mort

 

Le comédien, âge de 87 ans, est mort dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 octobre. Il a tourné dans environ 120 films au cours de sa carrière, longue d’une soixantaine d’années.

 

LE MONDE |  • Mis à jour le  | Par 

 


 

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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 06:00
Antonin je suis à 100 % Claire Naudin vigneronne des Hautes Côtes  de Beaune « imaginer un modèle de vignes sans traitement, ce n’est pas si farfelu que ça. »

Dans le tout petit buzz, provoqué par une vidéo d’Antonin Iommi–Amunategui sur le site de l’Obs.,  qui a agité le minuscule marigot des qui croient qu’il n’y a que le vin dans la vie, j’ai particulièrement aimé le leitmotiv de certains : « C’est un crie contre le vin ! »

 

Les mecs, faut pas pousser pépé dans les chiottes quand on sait qu’à peine 5% de nos concitoyens acheteurs de vin déclarent  s’y connaître et s’y intéresser, tout le reste, plutôt « pousseur de caddie » comme dirait l’expat. de Barcelone, se tamponne largement de cette bataille picrocholine.

 

Antonin est très mitterrandien, il cultive avec soin l’ambiguïté, en ne traçant pas très clairement une ligne entre ce que certains balancent dans leurs vignes et ce que l’on peut rajouter comme additifs pour faire le vin.

 

Et pourtant dans le premier cas, les fameux pesticides, on touche à des questions de santé publique qui intéressent de plus en plus les consommateurs et qui impactent ceux qui travaillent dans les vignes. Le choix du propre, surtout pour un produit comme le vin, est inéluctable et toutes les arguties des défenseurs des pesticides tombent les unes après les autres.

 

Dès 2001, dans mon rapport, j’avais placé la défense de l’environnement comme étant la priorité numéro 1 de la vigne France, et  pas que pour des raisons de santé publique. On ne peut pas dire qu’à cette époque les soi-disant critiques, experts, dégustateurs se soient rués pour en promouvoir le combat. Depuis, les ouvriers de la 25e heure en rajoutent.

 

En revanche, les additifs pour faire le vin ne constituent pas un problème de santé publique mais une question d’information du consommateur qui est en droit de savoir ce que ce jus de raisin fermenté a été  fabriqué. Tous les produits alimentaires affichent la couleur alors pourquoi pas le vin. Le débat de l’étiquetage informatif est ouvert.

 

Reste le goût du vin, il est assez étonnant que les grands défenseurs du terroir ne s’offusquent pas des multiples béquilles proposées par les marchands de produits, à la fois conseils et vendeurs de poudre de perlimpinpin. Leur goût il a été formaté par des années de soi-disant critiques dégustatives. Ils sont de plus en plus hors-sol et très clairement tout le monde se fiche, à part les soi-disant grands amateurs, de leur avis.

 

Dernier point, en écrivant ce que j’écris je ne suis en rien « un allié objectif »  de l’un ou l’autre camp et ce n’est pas aujourd’hui que je me plierai à la bonne vieille menace qui faisait florès au temps du PCF triomphants « si tu n’es pas avec nous, tu es contre nous… »

 

Tout ça pour vous dire que les minorités agissantes ou les minorités déclinantes qui s’expriment en lieu et place des intéressés je n’en rien à cirer. Elles défendent becs et ongles leur fonds de commerce, c’est leur droit mais ça ne me touche pas plus qu’un pet sur une toile cirée.

 

Je préfère redonner la parole à une vigneronne : Claire Naudin qui s’exprimait ainsi dans l’excellent livre de Guillaume Laroche « Entre les Vignes » :

 

J’adore le parler net de Claire : « Pour moi, il y a vraiment deux vinificateurs : celui qui a peur des bestioles et celui qui n’en a pas peur. Même ce qu’on appelle les levures bactéries de contamination, que ce soit de Brettanomises pour les levures ou de Prédiocoques pour les bactéries, il y a des équilibres à trouver qui font que l’on peut tout à fait cohabiter avec. Les Bretts, il faut sans doute les maîtriser, mais elles ne produisent pas toutes des phénols volatils. Il y a encore plein de choses à découvrir pour comprendre pourquoi elles se mettent à fabriquer ça, qui est effectivement dégueulasse. En attendant, bombarder les vins au soufre parce que l’on ne veut pas de Bretts, ça n’a pas de sens, avec de très petites quantités, on pilote ça très bien. »

 

Ça me change des empaillages convenus Bio or not bio sur les réseaux sociaux entre les tenanciers de divers fonds de commerce, les vendeurs de poudre de perlimpinpin tout comme les « gentils » défenseurs du bio.

 

Ça ne sent pas le soufre mais le petit huis-clos entre gens du vin qui se regardent le nombril en feuilletant le papier glacé d’un truc qu’eux seuls lisent. Ce conformisme satisfait, buté, avec des œillères, m’étonnera toujours. « Passe-moi le sel, je te passe la moutarde… » « Nous sommes sur le même bateau alors renvoyons-nous l’ascenseur ! »

 

C’est beau comme le commerce !

 

Pour ne rien vous cacher je trouve ces pseudos-batailles tellement dérisoires que je n’en mêle pas car elles sont le fait de protagonistes qui ne font que défendre leur petite boutique.

 

Comme l’écrivait un humoriste méconnu Vincent Rocca « On peut se torcher avec un vin, avec un livre aussi. »

 

Si ces docteurs de la loi daignaient laisser la parole aux intéressés serait-ce trop leur demander ?

 

Revenons à Claire qui n’a pas sa langue dans sa poche :

 

« L’agriculture  biologique qui est faite actuellement, c’est de la bio d’assurance qui n’a de bio que le nom, et ça, ça ne m’intéresse pas. Dans la biodynamie, je suis gênée par le côté gourou, et ce que je ne je ne supporte pas, c’est le côté : « Ne cherchez pas à comprendre, faites juste ce que je vous dis. » Moi ça, je ne peux pas. Comme je fréquente beaucoup ce milieu-là, ça me choque de voir ça chez des potes. Il n’y a jamais de parcelle témoin, on leur amène une nouvelle poudre en leur disant : « Mets ça, tu vas voir, ça va aller mieux. » Ils le mettent, ça va mieux, mais il n’y a pas de témoin. Le gourou a dit que ça allait aller mieux, donc c’est mieux  (rires) et, au passage, il t’a facturé ça 500 euros. Je suis quand même près de mes sous par obligation, donc j’ai du mal avec cet aspect-là (elle réfléchit)  Je suis peut-être trop cartésienne pour plonger là-dedans en fait.

 

En revanche, j’ai un pote à Bergerac qui a créé sa propre méthode et c’est assez intéressant. Le gars, c’est une tronche, il a passé des nuits et des nuits à potasser sur toutes ces notions. Si je devais m’y mettre, je pense que je ferais comme lui. Je veux comprendre ce qui se passe, comme j’ai pu le faire par rapport au soufre et aux bestioles. »

 

Que ça fait du bien à la tête de lire cela !

 

Mais Claire va plus loin et c’est l’objet de ma chronique d’aujourd’hui :

 

« Mais les maladies, c’est compliqué. Le mildiou, on le connaît par cœur, mais l’oïdium, franchement, on ne le maîtrise pas. C’est pourtant un champignon qui est présent presque tout le temps, mais on a tous la trouille. Il y a plein de trucs que l’on ne comprend pas, alors forcément on bombarde en masse. Malgré tous les modèles que l’on nous propose, je vois bien que l’on n’y arrive pas, mais je ne connais pas certainement pas assez mes vignes et mes sols. C’est donc mon défit pour les 50 prochaines années. (Rires)

 

Mais mon projet, ce n’est pas d’être bio dans 20 ans, c’est de ne plus traiter. La vigne de demain sera sans traitement ou elle ne sera pas. La société va nous l’imposer de toute façon, on n’aura pas le choix. Actuellement, nous sommes des pollueurs ! Je l’ai vu au moment de l’affaire de la flavescence (Emmanuel Giboulot), il ne fallait pas aller chercher beaucoup sur Internet. En gros, lorsqu’on expliquait que c’était soit le traitement, soit la disparition des vignerons, la réponse du grand public c’était : « Mais qu’ils crèvent ces salauds de pollueurs ! »

 

Le vin ce n’est quand même pas un aliment essentiel, on est dans le facultatif. Pendant combien de temps la population va-t-elle accepter que l’on pollue pour un truc qui n’est pas indispensable ? Avec Jean-Yves on participe à des groupes de prospective, on essaie de se poser aujourd’hui les questions qui vont apparaître dans 20 ou 30 ans et d’imaginer un modèle de vignes sans traitement, ce n’est pas si farfelu que ça. On ne sait pas encore comment on fera, ni à quel niveau de rendement on pourra espérer arriver, mais, objectivement, on ne peut pas continuer à bombarder de la cochonnerie, même si on en met le moins possible et même si elle est bio. »

 

Moi ça me va, ça correspond à ma philosophie de la vie, douter, réfléchir, écouter, entendre, avancer même s’il faut se battre contre les idées reçues et les marchands du temple quels qu’ils soient. Dieu sait qu’ils sont nombreux à papillonner autour des vignerons…

 

L'intégrale de la chronique ICI   

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6 octobre 2017 5 06 /10 /octobre /2017 06:00
« Si les pommes de terre étaient rares chez nous, manger de la purée relèverait du snobisme. » Biographie de la faim - Amélie Nothomb

Pour ceux qui sont dans la purée, la mouise quoi, plutôt que de céder aux sirènes de Michel-Édouard Leclerc, le défenseur auto-proclamé de votre pouvoir d’achat, alors qu’il n’est qu’un tueur de valeur qui fabrique des pauvres, faites comme moi qui suis un privilégié, mangez de la purée !

 

Les insoumis qui fréquentent les mêmes tables que moi et qui vendent des litrons nature à plus de 20 euros vont crier au mépris !

 

Comme toujours lorsqu’on aborde ce genre de sujet il est plus facile de caricaturer, mon propos n’est pas ici de donner des leçons, d’affirmer que les pauvres doivent se contenter d’une nourriture de pauvres, mais seulement de réhabiliter les plats simples fait à la maison.

 

C’est un peu d’huile de coude dans la cuisine, prendre le temps de faire son marché, bien manger a peu de frais.

 

Avant d’aller plus avant, afin de me dédouaner auprès des insoumis héritiers d’un Marx qu’ils n’ont jamais lu, je le cite dans Le 18 brumaire de L. Bonaparte

 

« Ainsi, la grande masse de la nation française est constituée par une simple addition de grandeurs de même nom, à peu près de la même façon qu'un sac rempli de pommes de terre forme un sac de pommes de terre. Dans la mesure où des millions de familles paysannes vivent dans des conditions économiques qui les séparent les unes des autres et opposent leur genre de vie, leurs intérêts et leur culture à ceux des autres classes de la société, elles constituent une classe. Mais elles ne constituent pas une classe dans la mesure où il n'existe entre les paysans parcellaires qu'un lien local et où la similitude de leurs intérêts ne crée entre eux aucune communauté, aucune liaison nationale ni aucune organisation politique. C'est pourquoi ils sont incapables de défendre leurs intérêts de classe en leur propre nom, soit par l'intermédiaire d'un Parlement, soit par l'intermédiaire d'une Assemblée. Ils ne peuvent se représenter eux-mêmes, ils doivent être représentés. Leurs représentants doivent en même temps leur apparaître comme leurs maîtres, comme une autorité supérieure, comme une puissance gouvernementale absolue, qui les protège contre les autres classes et leur envoie d'en haut la pluie et le beau temps. L'influence politique des paysans parcellaires trouve, par conséquent, son ultime expression dans la subordination de la société au pouvoir exécutif. »

 

Je reviens à des considérations plus terre à terre ce qui est le propre des pommes de terre.

 

Ma purée est simple comme 1 ou plusieurs grosses Bintje cuites à l’eau salée, écrasée à la fourchette, embeurrée  et, si on la souhaite lisse, un peu de lait.

 

Accompagnée d’une saucisse c’est un plat qui réjouit le cœur, régale à peu de frais.

 

Les enfants aiment la purée mais si on les gave avec de la purée déshydratée on passe à côté en tant que parents de l’éducation, en l’espèce celle du goût.

 

Démonstration

 

Maggi – Mousline

  1. Purée mousline

 

La boîte de 4 sachets de 130g, 520g : ,49 € soit 4,79 euros le kg

 

  1. Purée de pomme de terre, sachets individuels, avec doseur

             

             Les 4 sachets de 31,25 g, 125 g 1,28 € soit 10,24 euros le kg

 

  1. Purée de pommes de terre en flocons avec crème et noix de muscade, saveur à l'ancienne

 

                Les 4 sachets de 125g 1,71 €  soit 13,68 € /KG    

 

La ferme :

  • Sac de 25 kg 9 euros soit 0,36 euros le kg ICI 

 

  • Combien ça coûte net :

En moyenne, pour acquérir 1000g de pommes de terre en France il en coûte 1.41 €. Ce montant peut diminuer jusqu'à 0.99 € et augmenter jusqu'à 2.01 € selon les villes. En savoir plus sur ICI  

 

Donc le rapport est 1 à 5 pour le gros sachet pour 4

 

Et de 1 à 10 pour les portions individuelles.

 

Et pour le à l’ancienne : 1 à 13

 

C’est cher payé pour le gain de temps passé.

 

Avec ma patate bouillie, certes il faut la déposer dans une casserole d’eau salée, consommer de l’énergie, l’éplucher (facile lorsqu’elle est cuite) puis l’écraser la fourchette.

 

Les épluchures peuvent faire du compost alors que le sachet alu et la boîte carton de Mouline font des déchets.

 

De l’huile de coude mais sans contestation ma purée nature est bien meilleure que celle en flocons…

 

Alors avec une bonne saucisse, le porc, même bio, ce n’est pas cher ou un bon jambon de Paris non perfusé au nitrite de sodium E 250, tout le monde sera content.

 

 

Bon appétit !

 

Et si l’on est buveur et non dégustateur on peut s’en jeter un derrière la cravate !

 

 

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5 octobre 2017 4 05 /10 /octobre /2017 06:00
« Qu’est-ce que boire ? » le livre de François Caribassa me va bien comme un gant de chirurgien !

Que voulez-vous, un mec qui affirme en ouverture de son livre « Les dégustations m’ennuient », bénéficie auprès de moi d’un beau capital de sympathie.

 

Au tout début de mon parcours de blogueur amateur je me suis astreint à pratiquer la dégustation au beau milieu de dégustateurs patentés ou présumés tel, même des retraités qui s’accrochaient désespérément à cet exercice. Si je puis l’écrire j’en ai vu de toutes les couleurs, je donnais le change, en prenant, à l’instar de mes collègues, des airs inspirés. Cependant je n’ai jamais su faire tourbillonner le vin dans mon verre tenu par la base du pied. Avec le temps j’ai petit à petit appris à cracher sans tacher mon écharpe blanche. En dépit de tous mes efforts je n’ai jamais pu prendre une quelconque note sur les petits carnets qu’on nous distribuait. Très vite je me suis aperçu que les agences de com. organisatrices des dégustations pratiquaient la politique du chiffre et je me suis dit mais qu’est-ce-que tu fais là ?

 

Tu es un dégustateur imposteur.

 

Le Tartuffe de Molière était sous-titré l’Imposteur «L’imposture» est le masque de la vérité ; la fausseté, une imposture naturelle ; la dissimulation, une imposture réfléchie ; la fourberie, une imposture qui peut nuire ; la duplicité, une imposture à deux fins. » Vauvenargues, De l’esprit Humain.

 

Pour me réconforter, résister à la pression des grands chefs de la dégustation, je me repliais sur ce que je savais mieux faire : bavasser avec les vignerons. Très vite je me suis aperçu que ça les distrayaient car beaucoup d’entre eux en avaient ras la casquette de jouer les distributeurs de verres face à des mecs qui se la pétaient grave. Ce dévoiement du cérémonial me valait des remontrances des adeptes du nez dans le verre.

 

Et puis, j'ai envoyé balader les agences de com. et me suis éloigné du troupeau, plus de dégustations de masse, de déjeuner de presse...

 

Revenons au sieur Caribassa qui enfonce le clou : « Sérieuses ou ludiques, elles revêtent un aspect monotone qui tient autant au rituel lui-même qu’à la perception routinière qu’elles finissent par donner du vin. S’y mêlent une méthode scolaire au point d’engendrer la torpeur et un bachotage stérile qui voisine avec l’esprit de compétition le plus mesquin. »

 

« Depuis quelques années, cet exercice austère est devenu la manière normale de boire, d’un grand nombre de femmes et d’hommes, en France et à l’étranger. »

 

On jargonne le jargon « d’une corporation qui s’est évertuée à professionnaliser son savoir, et l’honnête homme s’est u dépouiller progressivement, dans la deuxième moitié du XXe siècle, du privilège de choisir comme il l’entendit les mots dont il userait pour s’exprimer. »

 

Étant  un buveur mutique, j’écoute d’une oreille distraite « la langue froide et sèche » des maîtres de la dégustation.

 

Chiants !

 

Ça vaut aussi bien pour les Lpviens que pour certains licheurs de vins nu adeptes du je te dis que c’est de la Syrah !

 

Pour ces gens-là, « Déguster n’est  pas s’envoyer un verre au travers du gosier, c’est un exercice intellectuel difficile qui rationalise la perception en mobilisant les sens. Autant que possible, on ne boit pas le vin. On le crache, après l’avoir fait rouler longuement contre la langue et les joues. »

 

Comme l’avait lancé à la télé Maurice Clavel « Messieurs les censeurs, bonsoir ! », en effet ces éminents dégustateurs traquent les défauts du vin, « les déviances minutieusement cataloguées reçoivent des noms infamants, on y associe certaines molécules, certains états de la matière, et cette liste insatisfaisante, jamais achevée, s’allonge régulièrement. »

 

Des pédants, des précieux ridicules, des poseurs, des qui génèrent des générations de consommateurs qui s’excusent de ne pas y connaître grand-chose, soit plus de 90 % de la population des consommateurs de vin.

 

Comme François Caribassa, je pense que la dégustation fabrique une croyance « elle amène à juger supérieurs des vins que l’on n’a en fait peu de plaisir à boire. Autrement dit, il y a les vins qu’on boit et ceux qu’on déguste. Pour les premiers, aucun discours n’est prévu. »

 

L’échelle de soumission aux experts

 

Maniant la complexité, le langage d’experts, les œnologues-conseils, les winemaker, ont petit à petit étendue leur emprise jusqu’à  polluer les  vignerons eux-mêmes, ils les ont éduqué, « dépossédés de la valeur artisanale de leur savoir. »

 

« ... j'étais encore indécrottablement rationnel, prétentieux, timoré et avare dans ce dedans de ma tête de Blanc qui croit détenir le pouvoir de commander au mouvement en s'opposant à lui, au lieu d'aller avec lui, de se fondre en lui, d'abord, et d'obéir ensuite à ce que décide le corps. » (1)

 

Ces rationnels, ces qui maîtrisent tout, ont la prétention de nous faire accroire que « les vins modernes sont meilleurs que les vins des époques passées. »

 

« La transformation progressive du buveur en dégustateur est une véritable aliénation. Là où s’établissait un rapport libre au corps et au monde, là où l’alimentation rencontrait l’ivresse et la commensalité, ne règne plus que la contrainte. »

 

À ce stade de son dézingage le sieur Caribassa place l’estoc qui me ravi en dénonçant la lubie moderne des accords mets&vins.

 

Et puis, le grand dégustateur méprise le buveur car celui-ci peut atteindre l’ivresse, et il « révèle son plus triste visage, celui d’un moraliste à la solde des pouvoirs publics. »

 

Tristes et chiants !

 

Je m’en tiens-là car le mérite du livre de François Caribassa c’est qu’il pose la question : « Qu’est-ce que boire ? » pour ensuite y répondre.

 

Alors, achetez-le, lisez-le !

 

Pour le commander c’est ICI 

Face à tant de prétention comme l’écrivait Alain Gheerbrant dans La Transversale los Racionales y los Pelados  (1)

 

 

« Quelques coups de pagaie et je m'aperçus que nous allions donner droit sur un vaste entonnoir, creux d'un bon mètre en son centre. J'eus une seconde d'hésitation : barrer à droite, à gauche ? Ma tête me dit de barrer à droite, pour écarter la pointe de cette cible où nous allions nous planter.

 

 

Mais c'était aussi offrir le flanc à la force d'attraction croissante, qui nous happa par le travers. Toutes les têtes se tournèrent vers moi. J'allais perdre le contrôle de l'embarcation et nous basculerions inexorablement au fond de l'entonnoir dans un tête-à-queue.

 

 

La voix du capitaine lança un ordre bref, cinglant, courroucé, et ma pagaie se redressa, visant le tourbillon ; nous l'effleurâmes de la pointe et il nous lança au loin comme une flèche en tangente, de toute sa force devenue centrifuge. C'était cela qu'il fallait faire, aller dans le sens du danger, le toucher du bout du doigt de telle façon que sa force elle-même nous rejette après nous avoir attirés.

 

 

Eussé-je écouté le corps de la pirogue, accepté spontanément que mon propre corps en fût partie intégrante, je n'aurais pas fait cette faute. Au lieu de quoi, placé dans une situation nouvelle, je m'étais précipitamment réfugié dans ma tête close, et ses raisonnements abstraits, et nous avions failli naufrager. Six mois à l'école des Indiens n'avaient donc pas suffi : j'étais encore indécrottablement rationnel, prétentieux, timoré et avare dans ce dedans de ma tête de Blanc qui croit détenir le pouvoir de commander au mouvement en s'opposant à lui, au lieu d'aller avec lui, de se fondre en lui, d'abord, et d'obéir ensuite à ce que décide le corps. »

 

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