Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 06:00
Et si, avec ce grand froid, Giovanni Passerini nous préparait un bollito misto, un grand plat à partager !

Samedi dernier, alors que j’accrochais mon fier destrier à un poteau de sens interdit implanté sur le trottoir du fief de Rachida Dati, une dame très chic s’est extasiée « … monsieur vous avez bien du mérite… »

 

Enveloppé dans mon lourd blouson de cuir d’aviateur, un vrai, j’ai souri en pensant : faire du vélo alors qu’il fait moins 3° à Paris ne relève pas d’un héroïsme particulier. Bien au contraire, en dépit des particules fines, avec un beau soleil ça vous ouvre l’appétit que de pédaler.

 

Après avoir cassé une petite graine humectée de beaux nectars à la cave des Climats sur le chemin du retour je suis passé à la librairie Gallimard faire une moisson de livres.

 

La moisson, entre romans, biographie et opus gourmands, fut abondante.

 

Dans ma brassée : Les abats en majesté… Promenade dans le cinquième quartier… préfacé par Xavier Darcos de l’Académie française.

 

C’est une spécialité de 2 villes : Turin et Bologne, et les gardiens de la plus pure tradition ont fondé une Confraternita dont le siège est en zone neutre, à Milan. 

 

Je l’ai feuilleté et je suis tombé sur le Bollito Misto qui rien qu’à égrener ses ingrédients ça m’a réchauffé le cœur et embrasé l’âme.

 

Et c’est alors que je me suis dit : et si le Giovanni Passerini nous préparait un bollito misto, plat à partager par excellence, ça me fournirait, avec le plaisir en plus, les calories nécessaires pour être vaillant dans « le froid polaire » (dixit la météo).

 

C’est un vrai défi que de proposer à un romain pur sucre que de s’aventurer sur des terres piémontaises.

 

J’ose !

 

Mais, vous me connaissez, avant de m’aventurer sur une terre inconnue je suis allé fouiner sur la Toile.

 

Qu’ai-je trouvé ?

 

Manuel Valls !

 

Je ne plaisante pas. Je ne profite pas de l’effet d’aubaine de sa déconvenue du WE.

 

La preuve :

 

« En cette belle journée de 1973, les Valls déjeunent en famille. Xavier (le père de Manuel) qui a bien avancé sa toile s’est interrompu. Les moments où Luisa (la mère de Manuel) cuisine constituent l’un des fondements de la maisonnée. La spécialité unanimement reconnue de ce cordon bleu. Le bollito misto, un succulent plat piémontais, une sorte de pot-au-feu que l’on déguste avec des cornichons ou des câpres, pour le plus grand plaisir de Manuel et Giovanna (la sœur de Manuel).Luisa consacre presque deux heures à sa préparation. Elle ôte la peau de la langue de veau lorsqu’elle a pu s’en procurer, découpe le jarret de porc ou les ailes de poulet, épluche carottes, navets, oignons. Elle ajoute du céleri et des clous de girofle, puis chaque viande et chaque légume sont cuits séparément. »

Manuel Valls, les secrets d’un destin Jacques Hennen, Gilles Verdez

 

Le bollito est proche du pot-au-feu français, il a été popularisé vers la fin des années 1800 par le prince Vittorio Emanuele II et il figure déjà en bonne place dans les textes historiques fondateurs de la gastronomie italienne, en particulier le Lo Scalco alla Moderna (Le Commissaire moderne, datant de 1694) et le Libro de Arte Coquinaria (L'art de la cuisine), considéré comme un point de repère de la littérature gastronomique en Italie.

 

Dans son livre Venise, les recettes culte, Laura Zavan donne la recette de ce bollito misto (appelé encore carne lessa) à base de boeuf, de poularde fermière ou de chapon, de poitrine de veau et de saucisson à cuire (musetto ou cotechino) mijotés pendant environ trois heures dans un bouillon aromatique.

 

Mais le Grand Bollito Misto est régie par le chiffre 7 : sept viandes, sept abats, sept sauces.

 

  • Viandes : 1- poule ou chapon 2- collier 3- plat de côtes 4- gîte à la noix 5-paleron 6-flanchet 7- gîte (jarret découpé en tranches avec l’os)

 

  • Abats : 1- langue 2- museau 3- queue 4- pieds 5- cotechino (saucisson de couenne à cuire) 6- zampone, pied de porc farci reconstitué 7- « poche pleine » fragment de panse de veau enroulée (encore imprégnée du lait de sa mère !)

 

  • Sauces : 1- verte rustique 2- verte riche 3- rouge 4- au miel (- au raifort 6- mostarda de Crémone (fruits découpés en morceaux ou écrasés en confiture) ; sucrée, salée, et pimentée, elle évoque un chutney 7- au moût de raisin.

 

Les légumes et les accompagnements varient suivant les saisons ; à côté de nos légumes de pot-au-feu, on trouve des pâtes, des lentilles, des champignons, des épinards… Au milieu du repas, à la façon d’un trou normand, les puristes dégustent du filet de porc rôti !

 

C’est du roboratif. C’est du temps passé, beaucoup. C’est l’hiver et c’est le temps de la viande bouillie…

 

Le bouilli n’a pas bonne presse pour les viandes car, comme l’écrit Keda Black dans son livre CUISSON(S) :

 

« … l’eau est un outil de cuisson très intéressant. Elle permet une cuisson rapide, car ses molécules sont en contact direct avec l’aliment et le pénètrent, mais jamais de façon excessive ou violente (donc sans coloration).

 

Hé oui, les viandes rouges prennent des tons de visages pâles et dans l’assiette ça ne fait pas joli.

 

Pour les amateurs d’histoire, la cuisson dans l’eau bouillante est apparue sans doute après la cuisson rôtie sur un feu et avant celle réalisée dans un four.

 

Reste l’éternel questionnement : départ chaud ou départ froid ?

 

Pour les légumes la coutume ménagère est de plonger dans l’eau bouillante les légumes poussant au-dessus de la terre, et de plonger dans l’eau froide qu’on fait bouillir les légumes racines.

 

Pour la viande une autre donnée est à prendre en compte : dans l’eau bouillante elle garde ses molécules gustatives alors que dans l’eau froide elle relâche leurs arômes dans l’eau ; c’est le principe du bouillon.

 

Autre question : à gros ou petits bouillons ?

 

Pour les viandes de pot-au-feu c’est moderato, elles ont besoin de temps.

 

J’en ai fini Giovanni, j’ai fait mon devoir, à demain mercredi... et Cécile pourra me dire quel est vin qui va bien avec le bollito misto…

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article
23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 06:00
Red Hot Chili Peppers.

Red Hot Chili Peppers.

Le 19 janvier, le sieur Gerbelle, ex-pensionnaire de la vieille dame permanentée qu’a viré people, dixit Patrick Beaudouin le missionnaire du chenin, a posté sur mon mur face de Bouc, quel honneur, le genre d’info qui attire les petits frelons, les gros bourdons, les coucous qui se font de la pub : moi je suis indépendant, les fêlés du commentaire, des gens sérieux aussi, documentés.

 

Bref, comme dirait l’autre : ça a fait le buzz…

 

De quoi s’agit-il ?

 

« L'info n'a pas fait grand bruit. Et pourtant. Le célèbre guide Hachette des vins vend désormais des bouteilles directement aux internautes. Depuis septembre 2016, à partir de son site hachette-vins.com, le leader en France des guides d'achats est devenu caviste en ligne. Le glas de la chronique/critique du vin sans lien marchand a-t-il sonné ? Le guide était-il devenu à ce point si peu rentable ? Pour un ouvrage qui vente son indépendance depuis trente et un ans, le virage est brutal. Qu'en pensez-vous ? »

 

Pour ma part je me suis contenté d’écrire : « Merci Antoine de mettre de l'animation sur mon mur, c'est sympa. Quant à savoir ce que j'en pense, à vrai dire pas grand-chose vu mon peu d'appétence pour les guides. Pour l'indépendance c'est simple comme la transparence des ressources de ceux qui rétribuent les critiques. »

 

Mais, comme sur face de Bouc, lorsqu’on t’a ainsi hameçonné tu es prévenu de tous les nouveaux commentaires, j’ai donc jeté à plusieurs reprises un œil pour voir ce qui s’y écrivait.

 

De ce magma, 2 commentaires émanant, disons pour m’éviter son ire, d’un propriétaire-héritier (ce n’est pas une tare mais un statut) :

 

« Si j'ai bien compris, il faudrait faire des vins dont personne ne parle et que personne ne boira, mais que l'honneur intellectuel présumé de quelques-uns des derniers mohicans à plume du vin soit sauf ? »

 

« Les vignerons ne sont pas de purs esprits, ils ont du vin à vendre (ouh, le vilain gros mot), et même de gagner de l'argent (ouh la la) pour nourrir leur famille. »

 

Sur le premier commentaire, fort méprisant, si j’avais été critique professionnel du vin, ce que je ne suis pas, j’aurais pris la mouche, mais personne n’a moufté. La profession sait ménager les gars qui ont du blé.

 

C’est le second qui a retenu toute mon attention car il reflète très bien l’ambiguïté de la position de ceux qui disent exercer la profession de critique de vin, coincé qu’ils sont entre les intérêts de la feuille qui les rémunère, mal, et ceux qui apportent à la feuille l’essentiel de ses ressources.

 

Les affaires sont les affaires et la fonction principale du critique serait donc de faire vendre. Je n’ai rien à redire : les critiques littéraires boostent les ventes de livres qu’ils aiment, les critiques de cinéma les films qu’ils encensent… même si bien souvent, et surtout avec les réseaux sociaux, le bouche à oreille est parfois bien plus efficace (voir le succès phénoménal d’audience de Merci patron, petit docu financé avec des clopinettes).

 

La particularité de la critique du vin c’est qu’elle ne traite que d’un tout petit pourcentage des vins mis sur le marché, que pour les vins du haut du panier elle est soumise à une forme de bon vouloir de certains propriétaires, qu’elle éreinte rarement, surtout les Grands, et qu’elle n’intéresse qu’un tout petit nombre de consommateurs.

 

Un ensemble bien étroit, il suffit de contempler dans une maison de la presse les présentoirs surchargés pour constater que la presse du vin est bien maigre et peu visible.

 

Cette étroitesse favorise plus les conflits d’intérêts que l’indépendance même si le comportement individuel de certains critiques prête assez peu le flanc au fameux « tous pourris » que l’on assène à la volaille politique.

 

On se serre donc les coudes et l’on confond souvent extension du domaine du vin et je te passe le sel passe-moi le poivre. Promouvoir des vignerons talentueux, les faire émerger, développer la notoriété d’une appellation, faire connaître, constitue un objectif louable, mais on flirte souvent avec le publi-reportage et la mise en avant de ceux qui renvoient l’ascenseur.

 

Je m’interroge donc sur la capacité et l’efficacité de la critique à atteindre tous ces buts depuis que le monde du vin est devenu un grand tonneau où tout le monde psalmodie à l’envi : le terroir, la typicité, les cépages, où tout ou presque est beau, bon…

 

Nous nageons donc dans un océan rouge où il est bien difficile de mettre en avant son originalité pour se différencier de son voisin ou de son concurrent d’une autre appellation ou région.

 

Sans vous prendre la tête avec un topo sur les problèmes qu’ont toujours rencontrés les paysans lorsqu’ils ont tenté de vendre en direct leurs produits, hors les circuits de distribution en place, il est tout de même important de s’interroger.

 

Je m’en tiens aux vignerons où le négoce jouait, et joue encore, de point de passage obligé pour l’accès au marché. J’ai beaucoup ri le jour où une éminente et nouvelle critique a découvert avec horreur qu’une grande part des AOC s’écoulaient vers le négoce en vrac. Elle n’avait jamais vu les camion-citerne de l’entreprise Veynat  transportant des liquides alimentaires.

 

Faire de la bouteille accompagna le déclin des vin de table et la montée en puissance des AOC.

 

Lorsque je me suis retrouvé face au dossier Rivesaltes et que j’ai parcouru dans tous les sens le département des Pyrénées-Orientales, un vigneron aujourd’hui disparu : Pierre Piquemal m’a instruit, sur son parcours du combattant de viticulteur devenu vigneron-artisan-commerçant, pour trouver des clients. Désespérant me confiait-il « si on n’était pas dans un guide, si on n’avait pas de médailles, les gens défilaient lors des salons, celui des Vifs tout particulièrement, sans même jeter un regard sur notre stand. »

 

Bref, les guides, les publications sur le vin, les salons ont permis à beaucoup de vignerons de se constituer une clientèle et ce grâce à des « critiques » à qui le public des amateurs ou simples acheteurs accordaient leur confiance.

 

Mais comme, tout à la fois, le nombre de vignerons voulant accéder au marché des consommateurs finaux, marché étroit, a explosé et que l’Internet est arrivé, une forme de thrombose et de bousculade au portillon s’est installé.

 

Je ne vous fais pas de dessins, ça a changé la donne, ça a fait imploser l’entre-soi du monde du vin. C’est parti dans tous les sens, le fragile modèle économique de la presse du vin a volé en éclat. Pour survivre, les revues ont organisés des salons, ont vendu clé en main des « spécial vins » à la presse généraliste elle aussi mise à mal par le Net, se sont retrouvées plus encore sous perfusion de la publicité des annonceurs. Pas simple pour le critique de faire son job dans de telles conditions.

 

Ne comptez-pas sur moi pour jeter la première pierre à qui que ce soit. Simplement je me permettrai de signaler à certains d’éviter de donner des leçons de déontologie eut égard à leurs pratiques.

 

Et puis, ces derniers temps, dernier stade pour aider des vignerons à accéder au marché : la mise en œuvre de plateformes de vente via le Net. Les VIF l’ont fait, les grands conseilleurs sont associés à des vendeurs de vins sur la Toile, et aujourd’hui le guide Hachette s’y met.

 

Qu’est-ce que ça va changer au statut de « critique » me direz-vous ?

 

Ma réponse est brutale : RIEN ou presque car le mode de fonctionnement restera le même, se dégradera même, et le poids de la critique, déjà fort modeste, son faible niveau de bruit médiatique, influeront très peu sur la notoriété des vignerons.

 

L’effet prescripteur d’achat est ailleurs. Le modèle Parker fait rêver tous les vendeurs de notes et de commentaires mais il n’est pas reproductible.

 

Ce qui va compter c’est la proximité.

 

Le retour de la confiance au plus près de chez soi.

 

Ceux qui ont su jouer cette carte de la proximité, avec un niveau de bruit médiatique sans commune mesure avec leur poids économique, ce sont les passeurs de vin nature.

 

Ils ont compris avant ceux qui poirotent dans les antichambres de la GD pour se faire référencer et plumer, que la notoriété passe par des lieux de proximité : les bars, les restaurateurs, les cavistes de quartiers… des gens impliqués, passionnés et de grâce cessez de dire ou d’écrire que tout cela n’est qu’un phénomène de bobos parisiens.

 

Pour preuve, l’appétence pour le vin dit nature des opportunistes type Gérard Bertrand, la cave de Buzet, et maintenant Advini ex-Jeanjean. Oui, ce mouvement avec ses côtés libertaires, parfois un peu chiant, a su anticiper sur les attentes d’une nouvelle couche de consommateurs en quête d’une forme d’authenticité et de proximité.

 

On les raille. C’est commode. Mais la proximité et le retour à certaines valeurs n’est pas une mode mais une tendance de fond qui balaiera bien plus vite qu’on ne le pense les modèles anciens chers aux consommateurs baby-boomers.

 

Et c’est en cela que l’internet, outil de liberté, fenêtre ouverte sur le monde, si l’on sait s’en servir, favorise la proximité, les fameux liens.

 

Le 18 mai 2009, lorsque madame Bachelot et les gris de l’ANPAA voulaient barrer la route de l’Internet au vin, j’ai écrit une chronique qui résumait ma conception de l’utilisation de la Toile par ceux qui n’ont pas ou peu de ronds.

 

Urgence : défendons le seul chemin vicinal qui relie Embres&Castelmaure à New-York : l'Internet !

 

ICI 

 

Oui, la Toile, si l’on veut bien s’en donner la peine, est un merveilleux outil de proximité qui permet aux vignerons de nous donner la capacité de choisir, de se faire une opinion précise sur « qui est qui », « qui fait quoi » par-delà les pétitions de principe d’indépendance de ceux qui tournent autour d’eux pour se faire du pognon.

 

Par-delà les joutes, souvent bien pauvres, de Face de Bouc, le pouvoir du consommateur-citoyen est à portée d’un ou plusieurs clics et bien sûr d’une réelle curiosité pour ce que l’on veut consommer.

 

Tout service que j’estime utile mérite rémunération, j’applique ce principe simple et efficace pour le traitement de mon panier de ménagère de plus de 65 ans. L’économie ménagère est mère de la gestion. Alors, pourquoi voudriez-vous que j’aligne quelques euros pour m’abonner à des sites qui tartinent des commentaires fumeux et alignent des notes faramineuses pour des vins de « haute extraction » sur lesquels tout le monde planche mais que peu peuvent acheter ou des vins plus modestes pour lesquels les conseils de cavistes ou de sommeliers sont à la fois plus pertinents et surtout vérifiables en temps réel.

 

C’est à la portée de tout le monde et ça n’exclut pas d’aller butiner sur la Toile des conseils avisés de dégustateurs pour chercher son bonheur. Pour toutes ces raisons je ne vois guère d’avenir à la critique à la mode de grand papa, certes sympa, où le copinage faisait gentiment partie du bagage, son recyclage dans la blogosphère ne lui pas apporté un nouveau souffle et aucun nouveau modèle économique n’a émergé pour assurer sa pérennité.

 

Vous comprendrai donc que je ne verserai aucune larme, ni ne plaindrai les dupes des faux-nez, des qui vont à la table de leurs annonceurs pour les brosser dans le sens du poil dans leur revue papier-glacé, ils n’ont aucune excuse.

 

Un vœu tout de même, que les grosse pompes à cotisations volontaires obligatoires que sont les Interprofessions, principal gisement de financement de la promotion, arrêtent de les dilapider dans les puits sans fond que sont leurs actions auprès de prescripteurs qui n’en sont pas.

 

Comme il n’est pas facile de conclure, je m'en remet à deux dents dures :

 

Sacha Guitry

« Les critiques de théâtre sont comme les eunuques : ils savent parfaitement comment ça se fait, mais ils sont incapables de le faire. »

 

Franck Zappa

Les critiques de rock sont des individus ne sachant pas écrire qui interviewent des individus qui ne savent pas parler pour des individus qui ne savent pas lire. »

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article
20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 06:00
1 Suisse ça ose tout même ça « et les Français produisent du bordeaux en Chine »

Réponse du berger frenchie que je suis à la bergère anonyme suisse d’hier matin qui, à bon droit, me servait que j’étais un rienologue ? Moi ça ne me dérange pas sauf à lui répondre que rien ne l’oblige à plonger son regard sur mon rien.

 

Mais à toute chose malheur est bon, le même matin je suis tombé sur un titre étrange « et les Français produisent du bordeaux en Chine ». Signé Knut Schwander dans L’Hebdo.

 

« Alors que les investisseurs chinois rachètent les domaines viticoles bordelais, le groupe Moët Hennessy vient de commercialiser son premier cru produit dans l’Empire du Milieu. Une histoire hors norme pour un vin hors de prix. »

 

Ça se passe à Shangri-La, pas l’hôtel parisien, mais une région du Yunnan « ainsi nommée en 2001 par le gouvernement chinois pour évoquer les «horizons perdus» du roman de James Hilton. Rien n’atteste que le romancier situait Shangri-La à cet endroit, mais le but est d’y attirer les touristes dans un paysage magique où les pentes vert intense servent d’écrin au Mékong. »

 

30 ha sur un vignoble, s’étageant entre 2200 et 2600 mètres d’altitude, couvrant 500 hectares. Selon notre suisse francophone il y bénéficie « d’un microclimat apparemment idéal, sec, où l’intensité des rayonnements ultra-violets assure au vin une coloration intense ainsi que des tanins bien mûrs.

 

Tout pour plaire à Michel Rolland !

 

Mais ça ne date pas d’aujourd’hui puisque « des missionnaires français et suisses (des Valaisans, semble-t-il) ne s’y étaient pas trompés. Ils y produisaient du vin depuis 1846… Du vin de messe… »

 

Dixit Maxence Dulou, originaire du Sauternais, formé à Bordeaux, qui n’a pas hésité à partir en Chine avec femme et enfants. « Il est aujourd’hui le vigneron et œnologue en charge du domaine Ao Yun. »

 

C’est bio.

 

24000 bouteilles du premier millésime vendu « au prix coquet de 329francs la bouteille. Une manière efficace de positionner d’emblée ce millésime 2013 dans le segment du luxe absolu. »

 

Sur le site de LVMH on dit que c’est « un projet unique initié par Christophe Navarre, Président-directeur général de Moët Hennessy : la création d’un domaine viticole sur une terre vierge, jamais encore exploitée pour la production viticole. »

 

Et Jean-Guillaume Prats dans tout ça, Cos d’Estournel c’est tout de même plus GCC que … la bière et le Cognac…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous y voilà, nous sommes dans l’empire de notre Bernard Arnault national qui, par sa simple onction de co-propriétaire de sa marque Cheval Blanc transforme un jus de l’empire du milieu en un Grand Cru de Bordeaux.

 

C’est beau comme l’éclatement de la bulle de nos belles AOC, ça a commencé aux States avec Chandon… Oui, nous pouvons dire « Merci Patron » !

 

Notre ami suisse est donc absout de son titre qui relève d’une forme insidieuse du Bordeaux bashing…

 

Quant à l’anonyme d’hier je lui conseille d’aller planter ses choux à Zug, plutôt que dans mon jardin, et d’y boire un bon verre de kirch pour soigner ses aigreurs d’estomac.

 

L’article en entier ICI 

1 Suisse ça ose tout même ça « et les Français produisent du bordeaux en Chine »
1 Suisse ça ose tout même ça « et les Français produisent du bordeaux en Chine »
1 Suisse ça ose tout même ça « et les Français produisent du bordeaux en Chine »
Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article
19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 09:00
Et si messieurs du vin vous aviez donné des verges pour vous faire fouetter par les prohibitionnistes de l’ANPAA.

Face à l’ANPAA je suis très à l’aise, il y a fort longtemps que je mets en lumière l’échec de sa stratégie médiatique pour faire reculer le fléau de l’alcoolisme.

 

Le 6 juillet 2006

Des mots plutôt que des maux

 

Monsieur le directeur de l'ANPAA,

Je dois vous faire part de mon admiration pour le combat sans merci que vous menez contre les mots. Quel courage ! Quelle pugnacité ! Permettez-moi quand même de m'étonner du retard à l'allumage de votre dernière bataille : dormiez-vous ? Deux longues années avant d'oser croiser le fer dans les prétoires avec ces malandrins de viticulteurs du Val de Loire. De mauvaises gens, des pervertisseurs de notre belle jeunesse de France, grâce à vous ils ont le rouge au front, votre opprobre les poursuit jusqu'au fond de leur cave et ils n'osent plus s'assoir face à leur femme et leurs enfants.

 

La suite ICI 

 

Je ne vais pas vous infliger la liste de mes chroniques sur l’ANPAA, il vous suffit de renseigner le moteur de recherche avec l’acronyme et vous les trouverez.

 

Je fus membre de l'ANPAA pendant 2 années avant qu'ils refusent de me voir cotiser, il vaut mieux aller voir et entendre à l'intérieur pour jauger la démocratie interne de cette pseudo-association où règne la cooptation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 31 mars 2008 dans une chronique : La stratégie du Go de Claude GOT j’écrivais :

 

« La chronique de ce matin vous conte comment Claude Got a fabriqué le lobby des « moines civils pour la défense de la santé publique » qui agit, depuis plus de vingt ans, avec une efficacité redoutable. En résumé c'est : comment travailler, intelligemment et efficacement, l'opinion publique à partir de vrais problèmes : l'alcoolisme, le tabagisme, les accidents de la route mais sans pour autant se donner, la plupart du temps, et c'est surtout vrai pour l'alcoolisme, les vrais moyens d'agir sur le fond de ces problèmes, c'est-à-dire de peser sur les causes économiques et sociales qui les génèrent. Avec une vision anticipatrice de la puissance des mass médias, de la force d'une communication pensée et compassionnelle, Claude Got a, comme dans le jeu de Go, patiemment encerclé ses « adversaires » et les a réduit à une stricte défensive, inefficace et contre-productive. »

 

La suite ICI 

 

La fameuse opinion publique qui, presque 10 ans après commence à se préoccuper de l’effet des résidus de pesticides et des allergènes contenus dans son nectar préféré, et qui dans les zones d’épandage se préoccupe de la dangerosité des pesticides à la fois sur ceux qui sont dans les vignes et à côté des vignes.

 

La directrice de Vin&Société en est témoin, je me suis toujours étonné que les présidents du vin qui ferraillent pour nous dire que boire du vin c’est bon pour la santé n’aillent pas jusqu’au bout de leur préoccupation en allant du cep au verre.

 

Alors pousser des cris d’orfraies lorsque nos « hygiénistes » de l’ANPAA, spécialistes de la récupération de tout ce qui maintient en vie leur fonds de commerce, profitent du fumet de la Présidentielle pour demander « aux candidats de toutes les sensibilités de se positionner sur leurs sujets. Si les Vignerons Indépendants plaident pour une « consommation qualitative et responsable du vin », l’ANPAA vient de présenter cinq propositions « pour faire de la prévention et des soins en matière de conduites addictives une priorité du prochain quinquennat ». Deux recommandations visent particulièrement les boissons alcoolisées : la « mise en place d’une politique de prix minimum de l’alcool » et « rendre obligatoire l’information des consommateurs sur les boissons alcoolisées ».

 

La suite ICI 

 

Se lamenter, vouer les gris de l’ANPAA aux gémonies, accuser les vignerons naturistes d’être, comme le proclamaient à l’envie les communistes au temps de la guerre froide, les alliés objectifs des prohibitionniste (ce qui est débile puisque les vins nus ont plutôt tendances à faire grimper la consommation des addicts), ne sert à rien.

 

Dans un combat de conviction l’important c’est de jouer cartes sur tables, affronter les sujets qui fâchent avant qu’on ait épuisé toutes les arguties et justifications.

 

Le courage, fuyons, est une stratégie perdante qui aboutit à ce que les questions non affrontées reviennent en escadrilles et là comme le disait Mac Arthur « Trop tard ! »

 

L’ANPAA, en perte de vitesse, s’est trouvé, pour se refaire une santé, un nouvel os à ronger, la meilleure réponse à lui donner, en ce temps de votation, c’est d’apporter des réponses aux questions que se posent les consommateurs.

 

« Mon projet, ce n’est pas d’être en bio dans 20 ans, c’est de ne plus traiter. » Claire Naudin vigneronne des Hautes Côtes de Beaune.

 

Lire ou relire ICI 

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article
19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 06:00
Le « rienologue » de Balzac survit grâce à la blogosphère, 1 baquet de lieux communs qui sent l’odeur des caves vides…

Le grand mérite de Twitter c’est de pouvoir, sans grand effort, dresser le profil d’un rienologue qui, avec 4 ou 5 sujets : les pousses-caddies, les bobos de Paris, les vins nus d’évier, le bon vieux temps du tue-cochon, la pruderie de Face de Bouc… et quelques photos bien léchées ou dénudées, vogue dans un baquet de lieux communs qui sent l’odeur des caves vides…

 

Rienologue, substantif masculin, rare, péjoratif, synonyme de riéniste.

 

« Le Rienologue est le dieu de la bourgeoisie actuelle; il est à sa hauteur » Balzac, Œuvres diverses, t. 3, 1843, p. 572.

 

Riéniste, substantif masculin « Pseudo-littérateur, qui écrit sans avoir rien à dire, ou qui, d'un banal fait divers, confectionne un long roman » Anatole France 1907.

 

La rienologie consiste à étudier le Rien : le scruter sous toutes ses facettes, avec les instruments adaptés, en élaborant les théories adéquates et en effectuant les expériences de vérification, ce qui est la base de toutes les sciences.

 

Honoré n’y va pas de main morte :

 

« Cette école est nombreuse. Le vulgarisateur étend une idée d’idée dans un baquet de lieux communs et débite mécaniquement cette effroyable mixtion philosophico-littéraire dans des feuilles continues. La page a l’air d’être pleine, elle a l’air de contenir des idées ; mais quand l’homme instruit y met le nez, il sent l’odeur des caves vides.

 

C’est profond, et il n’y a rien : l’intelligence s’y éteint comme une chandelle dans un caveau sans air.

 

Le Rienologue est le dieu de la Bourgeoisie actuelle ; il est à sa hauteur, il est propre, il est net, il est sans accidents. »

 

J’ai beaucoup apprécié ce sommet de dolorisme autoproclamé de notre rienologue en chef dans ses vœux pour 2017.

 

« Qu'on m'interdise de tenir un blog, parce qu'en ce début d'année, il ne faut pas non plus oublier les vendeurs de soupe, les empoisonneurs, les aigris, les bande-mous, les jaloux, les attachées de Presse, les coiffeuses, les vendeurs de fringues et même les cocus. »

 

C’est beau comme la rienologie mais que voulez-vous ça plaît beaucoup à ceux qui errent sur les réseaux sociaux pour combler le vide sidéral de leur quotidien.

 

La Rienologie a un bel avenir devant elle.

 

« Superbe et dédaigneux ce garçon s’ennuie et essaie d’ennuyer les autres »

 

« La critique aujourd’hui ne sert plus qu’à une seule chose : à faire vivre le critique.»

 

Félicien Vernou dans Illusions perdues, journaliste cynique et désabusé, déclare que « nous sommes des marchands de phrases, et nous vivons de notre commerce »

 

Mais sur ce point, une question se pose : mais de quoi vit donc le rienologue blogueur d’aujourd’hui ?

 

Il se garde bien de nous le dire car sans doute vit-il de ses rentes comme un vulgaire bourgeois de la Monarchie de Juillet chère à Honoré…

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article
18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 08:00
Grand concours du taulier : quelle est la meilleure des 110 citations fausses ? 2 Magnums en jeu !

Sur Face de Bouc on like avec le pouce, avec 1 cœur, 1 haha, 1 waouah ! 1 triste ou 1 Grrr… On peut aussi commenter. L’ensemble est comptabilisé avec le nom du likeur.

 

Je pourrais vous demander quelle est la citation fausse qui a obtenu le plus de like, plus de 100, mais même si mon ego en fut flatté ce n’est pas l’objet du concours de ce jour.

 

Il s’adresse aux 2 populations qui me suivent : celle de Face de Bouc et celle des lecteurs de mon blog.

 

Je demande donc aux 2, sur leur support favori, de voter pour désigner la meilleure des 110 citations fausses.

 

Je totaliserai les votes sur chaque espace de commentaire et le gagnant sera celui qui aura voté le premier pour celui qui totalisera le plus de vote.

 

Un gagnant donc sur Face de Bouc et un sur mon blog.

 

Que gagneront-ils ?

 

Un beau flacon.

 

Bien évidemment tout ça est conditionné par un vote massif et significatif de votre part.

 

Je ne prends donc pas beaucoup de risques puisqu’en général mes appels au peuple sont des bides !

 

Qui vivra verra !

 

La suite donc :

 

Citations fausses n°46

« L'honneur, c'est comme la virginité, ça ne sert qu'une fois. »

Bachar El Assad

 

Citations fausses n°47

« Je me méfie des vins que l’on garde pour les grandes occasions. Quand on est mort, ce sont les autres qui les boivent.»

Moi

 

Citations fausses n°48

« Il y a des moments où la réalité dépasse l’affliction. »

Alain Juppé

 

Citations fausses n°49

« La censure est en panne, empruntez l’escalier des sévices. »

Recep Erdogan

 

Citations fausses n°50

«C’est au sommet des montagnes que l’alpiniste prend sherpas»

Le Dalaï-lama

 

Citations fausses n°51

« Les ennuis, c’est comme le papier hygiénique. On tire une feuille, il en vient dix.»

Hollande

 

Citations fausses n°52

« C’est dans les vieux pot qu’on fait la bonne soupe »

Godefroy de Bouillon

 

Citations fausses n°53

« On n’est jamais trop méticuleux dans le choix de ses ennemis.»

Manuel Valls

 

Citations fausses ou presque n°54

« J'aime bien aller à la messe parce que, pendant une heure, personne ne vous emmerde »

Alain Juppé

 

Citations fausses n°55

« Appuyez-vous toujours sur les principes, ils finiront toujours par céder. »

Bernard Tapie

 

Citations fausses n°56

« En toutes choses, les commencements sont beaux, les milieux fatigants et les fins pitoyables. »

Nicolas S et François H

 

Citations fausses n°57

« Le mandchou est dur, le mongol fier »

Confucius

 

Citations fausses n°58

« Avant de plonger dans le Yang-tseu-kiang Ma ôta ses tongs »

Moïse

 

Citations fausses n°59

« Si derrière toute barbe il y avait la sagesse, les chèvres seraient toutes prophètes. »

Fidel Castro

 

Citations fausses n°60

« Nous allons tirer la gamète des Rois »

La Pompadour

 

Citations fausses n°61

« Las de lavis, suis acheteur d’aquarelles. »

Van Gogh

 

Citations fausses n°62

« Les hommes sont comme les alarmes de voiture ; ils font beaucoup de bruit, mais tout le monde se fout. »

Isabelle Perraud

 

Citations fausses n°63

« L’oxydant chrétien. »

1 vigneron naturiste

 

Citations fausses n°64

« La terre rote sur elle-même. »

Galilée

 

Citations fausses n°65

« Un ver solitaire est un ver qui vit seul à la campagne. »

1 Vert

 

Citations fausses n°66

« La découverte de l’Amérique a été 1 chose formidable mais, si on était passé à côté, a ne serait pas plus mal. »

Mélenchon

 

Citations n°67

« Adolescent, j’étais pyromane. On m’a placé dans un foyer. »

Un pompier

 

Citations fausses n°68

« Les bonnes résolutions sont des chèques tirés sur une banque où l'on n'a pas de compte courant. »

Nous

 

Citations fausses n°69

« Certains compositeurs feraient mieux de noyer leurs portées à la naissance. »

Richard Clayderman

 

Citations fausses n°70

« Les chiffres sont accablants : il y a de plus en plus d'étrangers dans le monde. »

Robert Ménard

 

Citations fausses n°71

« Dieu existe, je l’ai rencontré »

Marie de Nazareth

 

Citations fausses n°72

« Un jour faudra m'expliquer pourquoi c'est vous qui avez des cadeaux le jour de mon anniversaire »

Jésus de Bethléem

 

Citations fausses n°73

« Le péché originel, une erreur de genèse. »

Dieu le père

 

Citations fausses n°74

« Comme les vendanges, les amours tardives sont les meilleures.»

Mike Jagger

 

Citations fausses n°75

« Mourir c’est pastis un peu »

Charles Pasqua

 

Citations fausses n°76

« Être de quelque chose, ça pose son homme, comme être de garenne, ça pose un lapin »

Nicolas de R

 

Citations fausses n°77

« Une chose facile à avoir en décembre, du sang-froid »

Poutine

 

Citations fausses n°78

« Plus les galets ont roulé, plus ils sont polis »

Emmanuel Reynaud Château Rayas

 

Citations fausses n°79

« Il s’est tué au goulot »

Marisol Touraine

 

Citations fausses n°80

« Pour savoir si la terre est ronde, y’a pas mieux que mes bars parallèles. »

De Kersauson

 

Citations fausses n°81

« Un Rocard sinon rien ! »

Mitterrand

 

Citations fausses n°82

« Courage Fillon ! »

Sarkozy

 

Citations fausses n°83

« C’est dans les vieux pots qu’on fait le bon beurre… »

Juppé

 

Citations fausses n°84

« On peut se torcher avec un vin. Avec un livre aussi »

Aquilino Morelle

 

Citations fausses n°85

« Un aventurier est toujours de bas étage. S’il est de haut étage, ce serait un homme d’affaires. »

Gattaz

 

Citations fausses n°86

« Finalement, les cochons ce n’est pas méchant, c’est des jambons. »

Un Vegan

 

Citations fausses n°88

« On jamais aussi bien asservi que par soi-même. »

Onfray

 

Citations fausses n°89

« Nous ne pouvons pas toujours changer le monde, mais nous pouvons changer d’idées comme de chaussures. »

Benoît Apparu et Thierry Solère

 

Citations fausses n°90

« L’homme est un chauffage central d’appoint qui ronfle. »

Votre compagne

 

Citations fausses n°91

« Je n’aime pas les gens qui prennent de la drogue, surtout les douaniers. »

Lance Armstrong

 

Citations fausses n°92

«Mieux potard que jamais»

Mon pharmacien

 

Citations fausses n°93

« J’ai commencé ma vie par la faim. »

Un mannequin anorexique

 

Citations fausses n°94

« Les petits pains se vendent-ils aussi bien qu’on le dit ? »

Jean-François Copé

 

Citations fausses n°95

« Le ramadan creuse »

Mon dentiste

Citations fausses n°96

« Pour qu’un poisson d’avril soit réussi, il faut qu’il soit cru »

Cambadélis

 

Citations fausses n°97

« Tous les sots sont périlleux »

Anonyme

 

Citations fausses n°98

« Il est plus agréable de dilapider son talent que de ne pas en avoir. »

Fabrice Luchini

 

Citations n°99

« Le monde est bâti sur l’érection, s’il s’arrête de jouir, il s’écroule »

Casanova

 

Citations fausses n°100

« Tous les égouts sont dans la nature. »

JM Le Pen

 

Citations fausses n°101

« Il faut laisser à Dieu le bénéfice du doute. »

Le pape

 

Citations fausses n°102

« Un mélomane, c’est un mec qui entendant Laetitia Casta chanter dans sa salle de bains, colle son oreille au trou de la serrure. »

Giscard d’Estaing

 

Citations fausses n°103

« Les idées reçues n’exigent pas de remerciements »

Le tout rond bas de plafond

 

Citations fausses n°104

« À la nouvelle que l’Asie était mineure, les missionnaires sautèrent dans leurs embarcations. »

Claude Lévi-Strauss

 

Citations fausses n°105

« Qu’y-a-t-il à l’intérieur d’un jour ouvrable ? »

Myriam El Khomery

 

Citations n°106

« Morand fraude. »

Paul

 

Citations fausses n°100

« Sand, riez ! »

George

 

Citations fausses n°108

« Chassez le naturiste, il revient au bungalow. »

Michel Bettane

 

Citations fausses n°109

« On me dit qu’il faut cueillir les cerises avec la queue, j’avais déjà du mal avec la main. »

José Bové

 

Citations fausses n°110

« Je lâcherai tout, même la proie pour Londres. »

De Gaulle

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article
18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 06:00
Les 110 propositions fausses de Berthomeau une forme d’avatar de César…

Et si les fameux « amis » de Face de Bouc voulaient bien sur leur mur s’aimer les uns les autres.

 

Vaste programme !

 

Sur le mien, loin des crêpages de chignon des spécialistes du genre, qui n’hésitent pas à se plaindre des mauvaises manières des autres, un beau matin je me suis décidé, sans savoir vraiment où cela me mènerait, à me lancer dans une entreprise de faussaire.

 

Attention, je ne me suis pas lancé dans la production de fake, j’ai de suite annoncé la couleur en affichant : citations fausses.

 

À la manière de César, le compresseur, je me suis contenté de récupérer des épaves sur la Toile et dans mes bouquins, pardon des citations.

 

Pour autant je ne m’attribue pas l’appellation citations fausses, je n’en suis pas le père.

 

Celui-ci est Alexandre Breffort (1901-1971) qui, lorsqu’il se retrouve à la tête du Canard Enchaîné (qu’aime tant Pax) en 1934, après avoir été chauffeur de taxi, débardeur de péniches sur la Seine et représentant en machines à écrire, s’adonne avec bonheur à ce petit jeu. Il est aussi l’auteur, avec Marguerite Monnot pour la musique, de la célèbre comédie musicale, Irma la Douce, créée à Paris en 1956 et adapté au cinéma en 1963 par Billy Wilder.

 

Je dois cette rencontre à Jean-Louis Chiflet croisé un beau jour à la librairie du Bon Marché et qui m’a dédicacé son petit bijou de bouquin Le Bouquin de l’Humour.

 

Mes débuts dans la citation fausse furent donc d’une grande simplicité.

 

Et puis chemin faisant je me suis pris au jeu et, à la demande de certains de mes fans – oui, oui – je me suis décidé à les regrouper en 2 chroniques.

 

Comme je suis totalement bordélique, que ces citations étaient éparses dans divers brouillons, et que Face de Bouc ne permet pas facilement de retracer un historique, elles ne suivent pas forcément la chronologie de leur publication.

 

Peu importe, tout mon boulot fut : à partir de vraies citations, pas toujours certaines sont de mon cru, de trouver un signataire en phase avec le moment.

 

Mon titre : les 110 citations fausses est le fruit de mon affection émue pour les 110 propositions du père François en 1981. Je vous mets au défi, sans passer par Google, de m’en citer 10 !

 

N°90 - Un grand service public, unifié et laïque de l'éducation nationale sera constitué. Sa mise en place sera négociée sans spoliation ni monopole. Les contrats d'association d'établissements privés, conclus par les municipalités, seront respectés. Des conseils de gestion démocratiques seront créés aux différents niveaux.

Ce que nous, les rocardiens, dénommions le SPULEN, pauvre Savary.

 

N°110 - Établissement de relations étroites avec le Québec. Création d'une académie francophone.

Là, on sent que les têtes d’œufs de Solférino peinaient pour faire le compte.

 

Pour moi le compte est bon :

 

N° 1 « Ça commence bien ! »

Dieu

 

N°2 « Ne forçons point notre talon »

Achille

 

N°3 « Et se signe : un lecteur à cigüe »

Socrate

 

N°4 « Un vent de fronde a soufflé ce matin »

Goliath

 

N°5 « Soyez bref ! »

Pépin

 

N°6 « J’avais pourtant quelque chose dans le buffet. »

Henri III

 

N°7 « L’ai-je bien descendu ? »

Ravaillac

 

N°8 « Manque de pot »

Bernard Palissy

 

N°9 « zut ! J’ai loupé ma correspondance »

Madame de Sévigné

 

N°10 « Tout le monde descend ! »

Darwin

 

N°11 « Attention ! Y’a une marche ! »

Chopin

 

N°12 « C’est plus de l’amour c’est de la rage. »

Pasteur

 

N°13 « La place de la femme est au foyer »

Landru

 

Une fois la mine épuisée j’aurais pu m’arrêter mais je me suis dit pourquoi ne pas détourner de vraies citations en changeant le nom du signataire ?

 

Les Clémenceau, Coluche, Audiard, Desproges et autres sont des mines d’or. Alors, j’ai cherché.

 

Chemin faisant, j’ai aussi inventé des citations, bref chaque jour j’ai posté.

 

Citations fausses n°14 :

 

« Mettez un tigre dans votre moteur ! »

Clemenceau

 

Citations fausses n°15 :

« Un Rocard, sinon rien ! »

François Mitterrand

 

Citations fausses n°16

« J’ai fait un birdie au 7e trou »

Sade

 

Citations fausses n°17 :

« La bible ne fait pas le Moine »

Eddy Mitchell

 

Citations fausses n°18

« Enchanté ! »

Merlin

 

Citations fausses n°19 :

« Trop au lit pour être honnête »

Anonyme

 

Citations fausses n°20 :

« On est prié de ne pas claquer l’apôtre. »

Judas

 

Citations fausses n°21 :

« Tout bu or not tout bu »

Les cavistes alternatifs Paco et ses frères

 

Citations fausses n°22

« Voyons, si Dieu n’existait pas, comment aurait-il eu un fils »

Christine Boutin

 

Citations fausses n°23

« La lune est pleine, mais on ne sait pas qui l’a mise dans cet état. »

Rudolf Steiner

 

Citations fausses n°24

« Tout homme a dans son cœur un cochon qui sommeille. Qui vivra verrat ! »

D.S.K

 

Citations fausses n°25

« Prenez un cercle, caressez-le il deviendra vicieux. »

Cicéron

 

Citations fausses n°26

« Ici le ver de l’amitié c’est à toute heure. »

1 grand caviste près du Père Lachaise

 

Citations fausses n°27

« Je prends l’édit de Nantes pour une anglaise. »

Olivier Techer vigneron de la Nouvelle Aquitaine

 

Citations fausses n°28

« Un éléphant ça Trump énormément »

Hilary Clinton...

 

Citations fausses n°29

« Pas besoin d’avoir pognon sur rue. »

Patrick Balkany

 

Citations fausses n°30

« La papamobile c’est l’immatriculée conception »

François Fillon

 

Citations fausses n° 31

« Pour qu’un poisson d’avril soit réussi, il faut qu’il soit cru »

Jean-Frédéric Poisson

 

Citations fausses n°32

« Je vous ai compris ! »

Nicolas Sarkozy

 

Citations fausses n°33

« J’y suis. J’y reste ! »

Alain Juppé

 

Citations fausses n°34

« C’est pas compliqué, en politique, il suffit d’avoir une bonne conscience, et pour ça il faut avoir une mauvaise mémoire ! »

Bruno Le Maire

 

Citations fausses n°35

« Le jour est proche où nous n’aurons plus que l’impôt sur les os.»

Gérard Depardieu

 

Citations Fausses n°36

« J’aimerais être réincarné en écrevisse : on vous suce la queue.»

Rocco Siffredi

 

Citations fausses n°37

« Les femmes et le bordeaux, je crois que ce sont les deux seules raisons de survivre.»

Alain Juppé

 

Citations fausses n°38

« À chaque fois qu’on dépose une plinthe, le parquet n’est pas loin… »

Christiane Taubira

 

Citations fausses n°39

« Qui sème le vin récolte la pompette »

Jésus aux noces de Cana

 

fausses n°40

« En politique, on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables. »

François Hollande dans son futur livre

 

Citations fausses n°41

« San Antonio est une œuvre Dard »

André Malraux

 

Citations fausses n°42

«J’accouche mes vins au fort cep»

Hubert de Boüard de Laforest

 

Citations fausses n°43

« On n’insiste pas assez sur le caractère altruiste de Schubert »

L’abbé Pierre

 

Citations fausses N°44

« Baiser ou cunnilingus : courir 2 lèvres à la fois ; »

Brigitte Lahaie

 

Citations fausses n°45

« On dit d’un accusé qu’il est cuit quand son avocat n’est pas cru»

Jérôme Cahuzac

 

à suivre dans 2 heures...

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article
17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 06:00
Le désespoir du cidre…

Le Point, qui n’a pas mobilisé pour l’occasion Jacques Dupont, sans doute afin d’éviter une quelconque homonymie avec les excellents cidres et Calvados Louis Dupont, mais pompé, comme c’est la tradition de nos jours, dans une dépêche AFP, titre Le cidre s'offre une cure de jouvence pour séduire une nouvelle clientèle…

 

Cette ritournelle que l’ai-je entendue au cours des 5 années au cours desquelles j’ai présidé, à Caen, l’Interprofession des Calvados, cidres, poirés et pommeau d’AOC de Normandie et Bretagne réunies ?

 

Pourquoi n’ai-je rien vu venir et que je continue de douter que le cure de jouvence annoncée fera malheureusement pschitt !

 

Attention, lisez-moi bien, il y a sur le marché de merveilleux cidres de producteurs artisanaux, ils sont bien valorisés et n’ont aucune peine à séduire leur clientèle.

 

En effet, bien plus visiblement que dans le secteur du vin, il y a dans la production de cidre deux types de production bien différenciés dans leur process : l’industrielle dominante en volume distribuée dans la GD mais aussi dans le CHR, les fameuses crêperies et l’artisanale, souvent méconnue, et vendues chez les cavistes.

 

Le secteur industriel, est dominé par la coopérative Agrial avec ses marques, Ecusson et Loïc Raison 

 

Chiffres clés :

 

194 000 tonnes de fruits à cidre collectés

193 400 tonnes de pommes à cidre

600 tonnes de poires

79 % des fruits issus des vergers d’adhérents d’Agrial

110 millions de bouteilles produites

150 millions de litres vendus (vrac + bouteilles)

 

Eclor est la branche Boissons de la coopérative agricole Agrial, créée en 2004, avec l’acquisition par la Coopérative des entreprises CCLF et CSR (groupe Pernod-Ricard) alors leaders français des cidres et jus de pommes.

 

Eclor est leader sur le marché du Cidre (Loïc Raison et Ecusson), présent sur le marché des softs et de la bière (Breizh Cola et Lancelot) ainsi que sur le marché du jus de fruits (Danao, Sunny Delight et La Passion du Verger.)

 

Eclor est un acteur économique important de l’Ouest de la France. Agrial fédère 10 000 agriculteurs adhérents dont 6 000 producteurs de pommes et de poires à cidre.

 

Eclor présente trois innovations pour 2015 : Cidre blanc et Agrumes et Cidre, vodka et citron vert pour la marque Loïc Raison et cidre et pêche pour la marque Ecusson (voir les photos ci-dessous). Trois nouveautés pour mieux inscrire le cidre au moment de l’apéritif et sortir des historiques cidres doux et bruts très consommés au moment de l'Epiphanie et de la Chandeleur. « Ces nouvelles variétés ont été élaborées pour être plus rafraichissantes que des cidres classiques, détaille Franck Malinowski, directeur général d’Eclor. Notre service R&D a beaucoup travaillé sur la sélection de pommes pour que ces cidres soient faciles à boire, moins saturés en sucre qu'un doux ou un brut ».

 

Depuis 2001, ce leader du cidre avec 35% du marché (15% pour la marque Ecusson, 20% pour Loïc raison) a mené plusieurs vagues de communication, notamment l’été, une saison où les Français ne pensent pas toujours à cette boisson naturelle à base de pommes.

 

Jusqu’ici les Français ignorent qu’ils peuvent commander un cidre dans un bar ou une brasserie. Ils pensent encore que cette boisson ne se trouve que dans les quelques 3500 crêperies de l’Hexagone. « Les bars et brasseries sont un axe de développement. C’est là où les consommateurs s’éduquent », pense Daniel Alcabas directeur du marketing. Pour le moment, ce cidrier est présent dans 3000 bars (sur environ 30 000 en France).

 

À côté de ce « grand » à l’échelle du cidre mais si petit dans l’univers des monstres des soft-drink les producteurs artisanaux vivent leur vie avec les moyens du bord en cultivant leurs différences dans une Interprofession différente de celle des industriels.

 

Pour ceux des consommateurs qui découvrent ces cidres artisanaux chez les cavistes l’image du produit est positive, en revanche pour la grande masse la perception du cidre n’est guère valorisante noyé qu’il est dans le rayon des bières de la GD ou accolé ad vitam aeternam aux fameuses bolées des crêperies.

 

Le gap entre les deux produits est immense, plus encore que dans le vin, le bas bruit des cidres artisanaux bien valorisés n’est pas en mesure d’améliorer la piètre image des cidres de marque.

 

Quant à la stratégie annoncée dans l’article du POINT 

 

« Cidre rosé ou parfumé aux fruits, cidre fines bulles; nouveaux contenants, nouvel habillage : la boisson ancestrale de Normandie et de Bretagne s'offre ces dernières années une cure de jouvence en misant sur la qualité et le naturel pour séduire de nouveaux adeptes.

 

De la petite entreprise au groupe industriel, les initiatives fleurissent… »

 

Elle se perdra dans les sables faute de puissance de communication face aux géants des soft-drink et des spiritueux…

 

Comme je suis vieux, je crois plus en la Jouvence de l’abbé Soury que dans celle des cidres parfumés au kiwi…

 

Désolé !

Le désespoir du cidre…
Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article
13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 06:00
Le seul intérêt de cette photo c'est la présence d'un Minitel sur mon bureau

Le seul intérêt de cette photo c'est la présence d'un Minitel sur mon bureau

Nul n’est parfait, moi le premier, un beau jour de 1978 je me suis retrouvé rue des Saints Pères à Sciences Po, par la grâce de deux de mes collègues de la rue Barbet de Jouy, siège de la Direction de la Production et des Échanges, qui estimaient que leur titre d’ingénieur d’agronomie leur barrait la route des hautes fonctions. Il voulait faire l’ENA et à la cantine ils m’avaient convaincus de les accompagner. J’y suis resté 3 mois où j’ai pratiqué, au séminaire de Gabriel Vught, qui fut Directeur (1975-78) de cabinet de Christian Bonnet (ministre de l’Agriculture), l’art de l’exposé.

 

Le sujet : le rôle du chef de bureau dans l’Administration Centrale.

 

Sans me jeter des fleurs, j’y fus brillant, ramassai une très belle note en démontrant que ce chef était le pivot de la mécanique administrative par son expertise et sa proximité des remontées du terrain. Mon départ provoqua l’étonnement de mes collègues, ils sont tous deux devenus énarques. Moi pas mais j’avais noté dans ma petite tête la réflexion ironique du Directeur, Bernard Auberger, qui m’avait recruté comme contractuel, premier Inspecteur des Finances à diriger une direction technique au Ministère, « Berthomeau l’important ce n’est pas d’entrer à l’ENA c’est d’en sortir… » Sous-entendu d’en sortir dans la botte des Grands Corps.

 

Ce cher avait décelé chez moi, une ambition, celle de tenir les manettes et non de croupir sous les ors d’une sous-préfecture. Nul n’est parfait, je l’ai déjà dit.

 

Moi je quittais Sciences-Po, et mon job de contractuel pour intégrer l’Office National des Vins de Table où je succédais à un énarque : Jacques Graindorge.

 

Pas très glorieux mais un escalier ça se monte marche après marche.

 

Si j’ai postulé à l’ONIVIT c’est sous l’amicale pression du chef du bureau du vin du Ministère, Jean-Louis Blanc, premier énarque à occuper ce poste. Ce garçon, Agro Paris et énarque marquait la fin des chefs de bureau en manches de lustrines de la rue Barbet de Jouy.

 

Il faut dire qu’en ce temps-là le Ministère de l’Agriculture, avec ses négociations permanentes à Bruxelles sur la PAC et la fixation des prix, attirait les énarques les plus brillants.

 

Jean-Louis était de ceux-là, mais contrairement aux idées reçues sur les énarques il ne vivait pas dans un autre monde fait de dossiers et de notes au Ministre. Son cocon familial le prédisposait : mère chercheuse à l’INRA et père dirigeant l’entreprise Barberet&Blanc leader mondial de l’œillet.

 

Avec Jean-Louis ce qui nous intéressait c’était le vin et les vignerons. Nous bossions avec jusque ce qu’il faut comme déconnade. Pour preuve, lors d’un remaniement ministériel, il m’avait fait appeler par un membre du cabinet de Pierre Méhaignerie pour me dire qu’on me proposait un poste de conseiller au cabinet. Flatté même si j’étais vert au sens propre, rose au plan politique, je passai ma matinée à rédiger une réponse négative.

 

Pourquoi ce matin je vous tartine des souvenirs bien lointains ?

 

Tout simplement parce que j’ai appris par Vitisphère que :

 

« Passée par l’Ecole normale et l’Ena, la jeune femme prend la suite d’Arnaud Dunand, passé inspecteur en chef de la santé vétérinaire.

 

La filière vin a une nouvelle chef du bureau des vins. Marie de Sarnez vient tout juste de prendre ses fonctions. Mais, elle ne fait pas ses premiers pas au ministère de l’Agriculture puisque, durant l’année 2016, elle a épaulé la chef du bureau des Fruits et légumes et produits horticoles, en tant que son adjointe. Agée de 28 ans, Marie de Sarnez a fait ses classes à l’Ecole normale et l’Ena et, indique son profil Linked’in, s’est particulièrement intéressée aux questions diplomatiques. Participant, le 10 janvier, au Conseil d’administration de l’Institut français de la vigne et du vin, elle s’est montrée heureuse de découvrir la filière vin. »

 

Arrêté du 7 janvier 2016 portant affectation aux carrières des élèves de la promotion 2014-2015 « Winston Churchill » de l'Ecole nationale d'administration ayant terminé leur scolarité au 31 décembre 2015.

Ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt

Marc DUFOURMANTELLE, Marie de SARNEZ.

 

Elle est sur Twitter depuis juillet 2009 et a 89 abonnés.

 

Elle est aussi sur Face de Bouc je vais lui envoyer une demande d’ami.

 

Pourquoi tant de sollicitude pour ce nouveau chef de bureau ?

 

Tout simplement parce que dans la dernière ligne droite de mon parcours, alors que j’officiais au « gagatorium », le CGAER, j’ai été frappé par l’absolue déconnexion de la réalité du terrain des chefs de bureau.

 

Ce n’est pas leur valeur intrinsèque que je mets en cause mais leur enfermement dans les problématiques véhiculées par les Présidents professionnels et leurs technocrates qui portent leur serviette. L’écho du terrain ce sont eux, et eux seuls qui le portent.

 

Je forme un vœu pour Marie de Sarnez : qu’elle ouvre en grand les portes et les fenêtres de son bureau pour y laisser entrer la réalité et dépoussiérer les dossiers.

 

Sans doute est-ce le syndrome du vieux que d’affirmer que l’expérience se mesure, pas que, à l’aune du temps passé à la fois au plus près de la réalité, et avec un certain recul.

 

Lorsque je suis arrivé en 1975 rue Barbet de Jouy, les vieux chefs de bureau, même s’ils étaient un peu amortis, passé le moment où ils m’ont perçu comme un trublion, m’ont transmis leur pratique.

 

Avant de quitter mon poste de « médiateur », pressentant le choc de la fin des quotas laitiers, j’ai souhaité tenter de transmettre « mon savoir-faire » à mes jeunes collègues. Peine perdue, j’ai jeté le gant au bout de 18 mois face à l’écoute polie mais sans effet.

 

Enfin, Marie de Sarnez, faites vôtre la réponse que Jean Glavany, alors Ministre, me fit lorsque je lui fis part de mon souci face à la capacité du monde du vin à relever certains défis : « Moi tu sais en dehors du Madiran je n’y connais pas grand-chose, alors au boulot ! »

 

Bon boulot à vous…

 

C'est signé : un ancien Taulier du cabinet d'un Ministre de l'Agriculture...

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article
11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 06:00
En Bourgogne, t’as plus rien pour moins de 100 millions de patates, l’ouvrée de Bonneau du Martray ça vaut combien ?

Je le confesse humblement, mécréant et ignorant que je suis, jusqu’à ce qu’un vigneron bourguignon m’alertât, en m’« enduisant » avec malice en erreur sur l’orthographe du nom, j’ignorais jusqu’à l’existence du domaine Bonneau du Martray.

 

Mais je me suis rassuré en me disant :

 

- Les beaux nez de notre beau pays François n’ont guère jusqu’ici encensé le Bonneau du Martray ;

 

- Ce nectar, estampillé vieille famille, de la fameuse colline de Corton est, me dit-on, surtout exporté.

 

Une fois passé les hauts cris sur la mainmise d’un milliardaire ricain sur ces belles ouvrées bourguignonnes la question du nombre de zéro du chèque s’est bien sûr posé.

 

Comme je l’avais écrit dans ma première chronique c’est le vendeur qui a la main, c’est lui qui choisit l’acquéreur, surtout s’il est en position de force, nul n’est obligé de vendre au plus offrant.

 

La famille Le Bault de la Morinière pour régler ses problèmes de succession aurait pu choisir d’autres solutions que de céder 80% de son capital à un américain.

 

Il ne fait aucun doute qu’elle a choisi d’optimiser le montant du chèque puisque le porte-parole de la famille indique «Quand la famille Le Bault de la Morinière a décidé de mettre en vente, son conseil est entré en contact, à l'échelle mondiale, avec les dix personnes susceptibles d'acquérir le domaine».

 

Elle est entrée dans la logique des cédants d’entreprise dans un univers mondialisé : la valorisation de leur capital sur la base de son potentiel économique, commercial, qui va bien au-delà de la seule valeur comptable de son capital.

 

Bien évidemment on peut regretter que le « modèle bourguignon », dont il faudra un jour m’indiquer qu’elle est sa consistance au XXIe siècle, se pervertit en jetant aux orties le mythe de l’exploitation familiale protectrice.

 

Sans jouer le provocateur je me permets de poser la question : au nom de quoi une entreprise viticole aurait-elle un comportement différent de celui d’un entrepreneur d’un autre secteur ?

 

À noter qu’on ne brade pas le patrimoine national puisque les vignes ne sont pas délocalisables, et que l’acquéreur a tout intérêt à tirer son produit vers le haut pour amortir son investissement.

 

On va me rétorquer que ce sont là que des gros mots insupportables… Je veux bien en convenir mais il faudra que l’on m’explique concrètement comment faire pour que la transmission d’une entreprise vigneronne se fasse dans des conditions jugées acceptables par les tenants d’un autre monde ?

 

Je vais pousser la provocation un peu plus avant en affirmant que l’une des voies possibles consiste en l’émergence de vignerons ou d’entreprises vigneronnes bourguignonnes en capacité d’être des acheteurs potentiels de leurs voisins qui veulent ou qui doivent passer la main.

 

Même si tout ça me mène au bucher je rappelle à ceux qui l’auraient oublié que l’AOC a été créée, non pour de seules raisons qualitatives, mais pour des motivations protectionnistes du producteur : pour qu’il puisse garder pour lui-même une part équitable de la marge générée par la vente de son produit à l’acheteur final ?

 

Ma question est simple : est-ce le cas dans la belle Bourgogne des mythes du petit vigneron accroché à son terroir familial ?

 

Je ne dispose d’aucun élément de réponse mais j’aimerais bien avant d’être vilipendé que ceux qui disposent des chiffres m’éclairent ?

 

Alors, est-ce que 100 millions d’euros pour Bonneau du Martray c‘est cher ?

 

La réponse, bien française, du porte-parole de la famille Le Bault de la Morinière, «Vous êtes loin de la réalité», le beau chèque est «très, très élevé», est en soi révélatrice.

 

En effet, comme me le dit avec pertinence un vigneron bourguignon qui sait de quoi il parle : « Entre nous je pense que c’est faible. Cela mettrait l’ouvrée à 380 000 euros. Le double, au moins, me paraitrait plus raisonnable. »

 

De plus, notre américain amateur de football y trouvera son compte, il prend bien moins de risques qu’en engloutissant ses millions dans le gouffre de la première League de nos voisins anglais.

 

Il faut toujours savoir nommer les choses ou les évènements afin de ne pas travestir la réalité.

 

La vente de Bonneau du Martray créée-t-elle un «un événement sur la Côte» - celle de Beaune ?

 

La réponse est oui au sens où elle est révélatrice d’une situation, en effet la flambée du prix des vignes n’est pas le fait de l’acheteur américain, le prix du foncier flambe naturellement, et pour une grande partie, c’est lié à l’incapacité de ce que l’on nomme la propriété à considérer le marché sur lequel se vendent ses vins.

 

Ce n’est donc pas une surprise mais le retour « normal », à la bordelaise oserais-je dire, de la valeur sur le marché mondial de vins iconiques bourguignons.

 

D’une certaine manière le monde du vin bourguignon feint de découvrir que le temps de l’entre-soi est sans doute en train de s’effilocher et qu’il serait temps de cesser de se leurrer en brassant des mythes pour regarder la réalité en face.

 

Tu vas te faire bien voir me disait souvent un collègue… Qu’importe, je suis vacciné.

 

L’important face à un tel dossier c’est d’évaluer les symptômes qu’il révèle, cliniquement, sans affect, afin de pouvoir, s’il est encore temps, et je crois qu’en Bourgogne c’est le cas, imaginer ce qu’il est nécessaire de faire.

 

En attendant, pour pallier mon ignorance je vais aller déguster un flacon de Bonneau de Martray avec une gorge profonde qui va me tuyauter sur le montant réel de la transaction.

 

Nous lèverons nos verres à la rouerie du futur gérant de Bonneau du Martray, Armand de Maigret, pour qui le domaine est tombé en de bonnes mains : «Nous sommes des viticulteurs et pas une machine marketing». «C'est une propriété qui partage la même philosophie que la nôtre en Californie, basée sur la qualité des terres et des vins. Notre travail va consister à maintenir le domaine en ajoutant de petites astuces californiennes et en transférant quelques astuces bourguignonnes en Californie».

 

Ça fait un peu cher l’échange de petites astuces, ne croyez-vous pas… une façon de dire beaucoup de bruit pour rien sauf à exciter quelques plumitifs du vin bien incapables de dépasser la fonction de haut-parleur d’une dépêche AFP.

 

C’est fait j’ai dégusté une belle lichette (grâce à la petite pompe) de ce Bonneau du Martray 2001 qui jusqu’à avant-hier n’avait de mythique que son foncier : 11 ou 12 ha d’un seul tenant. Ce n’était qu’un producteur parmi d’autres, juste avec une particule qui donnait un air vieille France. Ce n’était pas , et ce ne sera toujours pas, la Romanée Conti ou Leroy, ni même le Clos des Lambrays, les Comtes Armand ou d’Angerville.

 

Mais avec le buzz de la vente le voilà sorti de l’ombre, l’acheteur fait d’une pierre deux coups en signant un chèque probablement confortable, il s’offre une pub mondiale qui va lui permettre de faire casquer les futurs acquéreurs.

 

Alors, est-ce que tout cela est bien raisonnable ? Est-ce que notre milliardaire américain s’est offert une danseuse pour flatter son égo comme le pense le monsieur qui sait tout sur tout François Mauss ICI 

 

Je n’ai jamais vu aligner autant de poncifs au cm2 et, comme tous les fameux amateurs, il ne sait pas compter. Je le mets au défi de me faire un calcul de retour sur l’investissement qui démontre que notre américain n’est qu’un gogo qui dépense sans compter.

 

Comme me le faisait remarquer un en déjeunant ami parisien qui n’a pas sa langue dans sa poche mais qui soit compter « à la limite à 100 millions d’euros celui qui s’est fait baiser, c’est Bonneau du Martray… » avant d’ajouter « … raison pour laquelle je pense que le chèque est plus gros, parce qu’on a beau être « fin de race », un peu chétif et sans lumière à tous les étages, on a quand même le sens de valeurs. On sait ce qu’on possède. »

 

Pour le montant du chèque, dès que mes gorges profondes m’auront informé je vous le communiquerai… et comme  je ne vends pas des copié-collé de dépêche AFP, y compris dans sa version anglaise, j'aurai fait le boulot pour le plaisir d'informer...

 

Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer la dernière saillie de mon ami : parmi tous ceux qui poussent des cris d’horreurs, qui s’indignent concernant le prix de vente, je suis persuadé que pas un d’entre eux ne laisserait sa maison ou son appartement à un prix inférieur à celui du marché...

 

à méditer... 

 

En Bourgogne, t’as plus rien pour moins de 100 millions de patates, l’ouvrée de Bonneau du Martray ça vaut combien ?
En Bourgogne, t’as plus rien pour moins de 100 millions de patates, l’ouvrée de Bonneau du Martray ça vaut combien ?
Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents