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8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 06:00
L’e-cuisine du taulier ou les mains d’une ménagère de plus de 65 ans dans la farine, les miennes, et viva la pasta fresca ai fagioli

Ce matin, je prends des risques, je me mets en danger, je joue en un seul coup de dé ma réputation d’e-cuisinier, je pars dans l’inconnu même si je dois ruiner mon immense faculté d’influencer les ménagères de plus de 50 ans, leurs fils, leurs filles et un de ces quatre leurs enfants…

 

Pari tenu !

 

En effet, alors que jusqu’à aujourd’hui la seule pâte que j’eusse pétrie de mes blanches mains était celle, brisée, pour faire les fonds de mes merveilleuses tartes que le Tout-Paris m’envie.

 

Sans doute eusse-dû m’inscrire comme apprenti chez l’ami Giovanni Passerini mais ce n’est plus de mon âge et surtout Giovanni à mieux à faire qu’à perdre son temps avec un arpète aux cheveux blancs.

 

Vous vous en doutez, suite à cette référence au maître de la Pasta Fresca, c’est de la fabrication de cette pâte à pâtes dont je vais vous causer ce matin.

 

Eh ! Oui me voilà dans ma cuisine à contempler mon puits de farine tout en sifflotant l’air de Nougaro « les mains d’une femme dans la farine ».

 

Quand je repense à la question posée à un omniprésent critique gastronomique par une de ses consœurs de l’Express : « la critique gastronomique est-elle un art ? » je me dis qu’avant de se tacher les doigts d’encre violette la critique devrait se mettre d’abord  les mains dans la farine.

 

Et ce n’est là que le début d’un exercice à haut risque car une fois la fontaine emplie de mes œufs, ceux d’une poule bien sûr, il va me falloir malaxer l’ensemble avec douceur afin d’obtenir une consistance homogène, élastique et lisse.

 

C’est de l’ordre du possible.

 

Ensuite, avec mon habituel rouleau à pâtisserie il me faudra étendre la pâte pour l’amener  à la bonne épaisseur : 2mm environ. C’est aussi dans mes cordes.

 

Roulage !

 

Découpage !

 

C’est au cours de cette dernière phase que tout se jouera. Elle risque de se révéler problématique lorsqu’il me faudra rouler la pâte sur elle-même pour y découper des rubans de 7 mm environ.

 

Séchage !

 

Là je ne sais pas combien de temps ?

 

Je ferai à la couleur de mon esprit.

 

Pour me consoler si le résultat n’est pas à la hauteur de mes ambitions je pourrai toujours me dire que ce ne sera qu’un demi-échec car ce que je recherchais, même si ça peut vous paraître étrange ce sont les « chutes » les « mal coupés » maltagliati qui me serviront à célébrer leur mariage avec les fagioli.

 

Eh, oui, les fagioli, les fayots de mon enfance, ceux de la maison triés à la veillée, ceux de la pension forme tout juste alimentaire d’un plat de plâtre…

 

C’est un plat de pauvre que je vous offre, nourrissant, consistant, la pasta ai fagioli « qui est une spécialité ancienne qui remonte  au XVIe siècle quand le chef cuisinier Massisbugo la préparait pour la cour de la famille d’Este. »

 

« Les maltagliati sont également appelés dans le dialecte de Ferrare sguazabarbuz, ce qui signifie « pâtes à mouiller le menton », car lorsqu’on les mange, elles pendent de la cuillère et ainsi peuvent salir le menton. »

 

Source  la main à la pâte d’Alessia Serafini

 

Le résultat est là ci-dessous en images.

 

Je dois avouer qu’il me reste de très gros progrès à faire pour atteindre un niveau acceptable pour la fabrication des pâtes mais qui ne risque rien n’a rien. Ne jamais mettre la main à la pâte c’est très commode ça permet de continuer à écrire sans se salir les mains.

 

Ma pasta ai fagioli, même si mes « mal coupés » souffraient de mes approximations de débutant, s’est révélée de bonne tenue, et surtout très bien adaptée à la température ambiante qui nécessite qu’on se cale chaudement l’estomac.

 

  

 

L’e-cuisine du taulier ou les mains d’une ménagère de plus de 65 ans dans la farine, les miennes, et viva la pasta fresca ai fagioli
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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 08:15
Le paradoxe du Sauternes : la vision de la communication papier glacée est en distorsion avec la réalité du marché

Hier, dans mon courrier j’ai reçu un communiqué de presse de l’Agence Hémisphère Sud : 8 femmes sur la route des vins de Bordeaux en Graves Sauternes.

 

Loin de moi l’idée de désapprouver l’image très positive que véhicule cette communication ce qui m’interroge c’est la distorsion avec une réalité moins souriante.

 

À vous de voir.

Le paradoxe du Sauternes : la vision de la communication papier glacée est en distorsion avec la réalité du marché
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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 06:00
Grandeur et décadence des Sauternes les voilà réduit à faire appel à Georges-Pierre Malpel Inspecteur Général de l’Agriculture pour sauver ce qui reste des meubles…

Attention en titrant ainsi je ne raille pas l’un de mes anciens petits camarades, même si ce cher Georges-Pierre Malpel eut l’élégance de me mettre dans un vrai placard lorsqu’il fut propulsé par son Ministre, dont il était son conseiller technique, à la tête d’un nouvel office regroupant le vin et les fruits et légumes, ce n’est que la méthode et les conclusions de son « Projet de plan pour les vins de Sauternes

 

La méthode d’abord, bien conventionnelle, notre Inspecteur Général se contente comme le font tous ses collègues du Ministère de l’Agriculture en mission, de ramasser des infos, comme les perspectives de marché : étude conduite par le CIVB et le négoce (Catherine Duperat, syndicat du négoce de Bordeaux et Jean-Philippe Code service économique du CIVB), de se mouler dans les conclusions d’un consultant 2B financé à 80% par la région et à 20% par le département, de rencontrer ce qu’il qualifie d’acteurs locaux, mais sans passer suffisamment de temps pour jauger l’extrême difficulté de vendre des liquoreux comme en témoigne cet aveu : « Il semble pourtant que les grandes structures, souvent appuyées sur de grands groupes financiers, connaissent aussi des difficultés de rentabilité. C’est paraît-il le cas de certains châteaux et crus classés. Sans que cela puisse être formellement documenté, plusieurs témoignages convergents en ce sens ont été recueillis pendant la mission. Seuls certains petits propriétaires qui vendent en direct et qui ont d’autres activités et des produits complémentaires, obtiendraient des résultats économiques satisfaisants. »

 

Travail honnête et sérieux mais qui ne donne pas la capacité au missionnaire de transformer son diagnostic : La crise du vignoble de Sauternes n’est pas une crise conjoncturelle en des propositions à la hauteur de la situation.

 

Je vous laisse le soin de les lire :

 

  • La structuration de l’offre des vins de Sauternes est nécessaire. Cette structuration doit passer par une coopérative, répondant aux besoins d’adhérents assez nombreux et engagés.

 

  • Un nouveau cahier des charges de l’appellation « Sauternes » comprenant la modification des conditions de production, du profil du produit et de l’aire de l’appellation doit être arrêté.

 

Très sincèrement ce n’est pas avec ce genre de cautères que l’on va changer la donne des vins liquoreux en général et des Sauternes-Barsac en particulier. Tout ça est bien trop politiquement correct pour faire bouger les lignes.

 

Vous allez me dire qu’il m’est facile de critiquer le travail de mes anciens petits camarades sans être capable de proposer des contre-propositions. Je suis tout à fait prêt à accepter le reproche sauf que je ne suis plus en situation de le faire.

 

Ce que je reproche à mes anciens collègues, et que je leur ai toujours reproché, c’est leur conformisme, leur incapacité à sortir de leurs schémas, et surtout à prendre le risque de déplaire à leurs mandants.

 

À quoi ça sert à notre bel État centralisé d’entretenir tout ce beau monde de grands Ingénieurs, Vétérinaires ou Inspecteurs, si c’est pour produire de minces filets d’eau tiède qui iront se perdre dans le sable sec des rapports.

 

À célébrer des grands messes comme celle 18 du novembre dernier au Lycée agricole de La Tour Blanche à Bommes pour accueillir la présentation du rapport de mission de l'Inspecteur général de l'agriculture Monsieur Georges-Pierre Malpel intitulé :

 

« Projet d'un plan pour les vins de Sauternes » en présence de Monsieur Gilles Savary et Mme Martine Faure, Députés de la Gironde.

 

Une centaine de viticulteurs étaient présents. Tous les acteurs étaient représentés, que ce soit les acteurs professionnels (l'O.D.G. des AOC Sauternes et Barsac, la Cave coopérative Sauternes Vignerons, la FCVA, le négoce, des courtiers, le CIVB, l'INAO, le Conseil des grands crus classés de 1855, les Sweet Bordeaux, ...), tout comme les services de l'Etat et les collectivités.

 

Et après ?

 

On passe à autre chose et le lent déclin des ventes de vins liquoreux se poursuivra et produira les mêmes effets que celui des Vins Doux Naturels…

 

Alors que faire me direz-vous ?

 

Se mettre face à la réalité et en tirer toutes les conséquences plutôt que de se leurrer avec les habituelles potions des penseurs du Ministère de l’Agriculture, tel l’organisation des producteurs, et la croyance qu’un nouveau cahier des charges sera en mesure de redonner de la vigueur au marché.

 

La réalité la voici :

 

« À l’export, les marchés européens sont mal orientés. Il y a une réelle difficulté de consommation de ces vins sur ces pays. En France la consommation fléchit. La catégorie des vins doux souffre de difficultés d’appréciation notamment en lien avec la présence de sucre. Les centrales d’achat pèsent sur le marché avec un poids important des marques distributeurs dans la commercialisation des vins blancs doux (65% pour le Monbazillac vendu par la grande distribution). En GMS France, les volumes de Sauternes sont vendu à 37% en MDD, prix 8.90€ ; les châteaux non classés 34% , prix 10.89€ ; les produits marqués « Sauternes » génériques 17% ; les crus classés 7% ; les seconds vins 5%. Prix moyen toutes catégories 11.39€ »

 

La note d’étape précitée listait les principales difficultés rencontrées par les vins de Sauternes :

 

1. La faible compétitivité de nombreuses exploitations, due notamment aux surfaces mises en œuvre, trop petites pour assurer un revenu professionnel suffisant. Cette question de la « taille » des exploitations, qui pourrait faire polémique si elle apparaissait comme un parti pris dans un sens ou un autre, doit être regardée lucidement au regard de la possibilité pour les vins d’être positionnés sur un marché professionnel.

 

2. Les contraintes du cahier des charges des vins de Sauternes, exigeant en termes techniques : plusieurs tris, conduite de la vinification et rapport acidité/sucre délicats, faibles rendements à 25hl/ha. Ces contraintes entraînent des coûts de production élevés. De nombreux viticulteurs ne maîtriseraient pas les processus techniques de production et notamment la botrytisation.

 

3. La concurrence de vins doux dont les coûts de production sont moins élevés. Pour l’essentiel les « appellations de la rive droite » et Monbazillac, sont en réalité en concurrence avec les Sauternes, sans avoir les mêmes contraintes. Sur les mêmes types de marché, ils bénéficient de coûts de production estimés inférieurs de 20%, de rendements plus élevés et de davantage de possibilités de diversification de productions de vins (secs, rouges…) compte tenu de leur possibilité de bénéficier d’autres appellations.

 

4. Le marché est peu porteur pour ce type de vins. Il s’agit de « vins à forte sucrosité» dans un marché à la recherche de vins fruités et légers (cf. certains produits comme la cuvée "les premières grives » de Tariquet). Les vins s’exportent difficilement, le marché national est limité, (consommation saisonnière) et en recul; les vins liquoreux apparaissent comme un produit «historique ». Au-delà des concurrences entre les différents vins liquoreux, il y a une concurrence forte avec des produits différents plus demandés par le marché : blancs secs, rosés…

 

5. La viticulture ne vend pas son vin dans de bonnes conditions : en témoignent la forte proportion de vrac (jusqu’à 40%), l’absence d’organisation ou de compétences pour une vente directe au château (œnotourisme pas valorisé).

6. Enfin, en général, les équipements des caves sont vieillissants et inadaptés. En termes humain, on ne sent pas, à l’occasion il est vrai de trop brefs passages, une volonté collective de résoudre l’ensemble des difficultés précitées, ni un leadership entraînant et stratège.

 

Ce qui se passe à Sauternes est aussi la préfiguration de ce qui attend toute une catégorie de viticulteurs qui vivent encore sous le leurre du » tout appellation ».

 

Enfin, pour terminer sur une note plaisante je propose que En Magnum, son rédacteur en chef en tête nous gratifie d’un dossier sur grandeur et décadence des Sauternes plutôt que de nous resservir sur son papier glacé les beautés du Yquem de Bernard Arnault chouchouté par Pierre Lurton. D’ailleurs Georges-Pierre j’eusse aimé que Pierre te livre son analyse sur la situation…

 

Pour accéder aux 54 pages du  Projet d'un plan pour les vins du sauternes c’est ICI

 

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 06:00
Dans le vin : « Le cahier des charges de la vinification permet à l’industrie de bénéficier du label bio, tout en gardant des pratiques très interventionnistes » Lionel Labit Nature et Progrès…

Ma chronique de mardi dernier, « Mon projet, ce n’est pas d’être en bio dans 20 ans, c’est de ne plus traiter.» Claire Naudin vigneronne des Hautes Côtes de Beaune ,  qui ne me devait pas grand-chose puisqu’elle ne faisait que reprendre les réflexions de Claire Naudin, a suscité un réel intérêt chez mes lecteurs comme sur Face de Bouc.

 

« Ça fait chauffer parce que la question de Claire est violente. La première fois que j’ai dit en réunion : « le problème n’est pas le bio ou le non bio, le problème, c’est le traitement », je me suis mis à dos les bio et les non bios. Maintenant, dans un public initié et qui doute, le débat se construit sur cette base. En dehors, c’est un rejet. » me confiait un vigneron.

 

C’est compréhensible, ajoute-t-il, pour les bio, parce qu’ils ont franchi une étape parfois difficile, et que celle-ci, assez rapidement ne se révèlera qu’une échappatoire, et difficile pour les non-bios, parce que, davantage encore que la démarche bio qui les interroge pourtant, la question des traitements remet en cause le fondement même de la production agricole moderne. Moderne, donc technique, donc fondée sur la raison. Donc non discutable.

 

En rester au pur débat technique c’est le réduire à des argumentaires d’initiés et ignorer les mouvements de fond de nos sociétés consuméristes bardées de contradictions.

 

Dans le cas spécifique du vin, produit dit de terroir sublimé par des références culturelles, plus encore que pour les produits alimentaires, se refuser à aborder la question des traitements, quels qu’ils soient, relève à moyen terme d’une cécité mortifère pour ce que nous qualifions encore de modèle artisanal. En effet, ce serait une forme de soumission, d’alignement sur les normes de la mondialisation qui nous priverait des avantages comparatifs qui font encore notre spécificité sur le marché mondial du vin.

 

Je vous conseille de lire attentivement l’article suivant, il est très éclairant et ne doit pas être pris à la légère. Les grands de la chimie, qui achètent à tour de bras des start-ups innovantes sur le bio, tout comme les grands distributeurs qui se sont engouffrés dans la brèche du marché des produits bios en pleine expansion.

 

La grande distribution s’engouffre dans la bio... et en menace les valeurs

30 novembre 2016 / Marie Astier (Reporterre)

 

« Une devanture rouge foncé reprenant les couleurs des boutiques Naturalia. Un rayon vrac qui attire l’œil dès le seuil d’entrée franchi. Installé dans un quartier commerçant du 19e arrondissement de Paris, ce magasin Carrefour bio reprend clairement les codes des enseignes spécialisées. Il faut s’approcher des rayons pour constater la différence : le vert du logo de la marque distributeur Carrefour bio domine, à côté de marques inconnues chez Biocoop ou La Vie claire.

 

« Cela me paraît bizarre, un Carrefour bio. Un peu incompatible. Mais j’y vais quand même », admet Nino. Le jeune homme vient de sortir du magasin, un sac de papier brun chargé de denrées à la main. « C’est pratique, et je me dis que c’est quand même un peu mieux que les produits classiques de supermarché. » Dans les rayons, deux mamies discutent des produits de ce nouveau lieu d’achat. Un vendeur vient les conseiller. « C’est bien ! » approuvent-elles en sortant. »

 

La suite ICI

 

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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 06:00
Appel à écriture : le goût du vin est-il rationnel ?

Charles attend, non pas Godot, mais mes contributeurs extérieurs qui m’ont promis de me soulager de mon fardeau quotidien. Mais, comme sœur Anne je ne vois rien venir.

 

Il en est un qui, après de folles agapes parisiennes dans une cantine improbable, cultive la vieille devise du grand Jacques « les promesses n’engagent que ceux qui les entendent » Je dis ça, je dis rien, façon d’aligner des lignes pour titiller gentiment mon cher lecteur sis à Strasbourg.

 

Mais, l'envoi inopiné de cette chronique samedi après-midi par mon farceur d'hébergeur à sans doute accéléré l'accouchement de la chronique : elle m'est parvenue ce même samedi à 17 h 54 GMT. Il n'y a pas de fuseau horaire entre Strasbourg et Paris. 

 

Vous la trouverez en ligne jeudi à l'heure du crémier.

 

Donc, en ce lundi post-primaire je me saisis de la question posée à Gilles de Revel, professeur d’œnologie à l'université de Bordeaux, qui analysera les ressorts du goût des vins, entre art et science dans le cadre des Vendanges du savoir à la Cité du Vin CITÉ de BORDEAUX 06 décembre 2016 de 18:00 - 20:30.

 

Celui-ci nous dit :

 

« Chacun est capable de devenir dégustateur de vin d’un jour ou dégus­tateur expert par un apprentissage prolongé... Et tous les goûts sont dans la nature ! La dégustation est à la fois un art et une science. Son paradoxe : tendre à être une méthode objective en employant des dé­gustateurs par définition subjectifs. Le dégustateur, juge et interprète à la fois, doit alors tenter l’impartialité, là où l'émotion et l'étonnement sont toujours présents pour garantir le plaisir de boire un vin. »

 

La suite ICI

 

N’ayant pas les moyens de déplacer mes augustes fesses jusqu’à la Cité d’Alain je demande à un homme de l’art et de goût François Des Ligneris de m’y représenter.

 

Gilles de Revel est Professeur à l'université de Bordeaux, Enseignant-chercheur à l’Institut des Sciences de la Vigne et du Vin (ISVV), dont il est actuellement directeur adjoint, en charge des formations.

 

Dès que je vois se pointer un œnologue, vous le savez, le doute m’assaille.  Alors, avant même de recevoir les minutes de François je lance donc un appel à tous mes lecteurs pour qu’ils répondissent à cette savante question.

 

À vos plumiers !

 

Sortez porte-plume et encrier !

 

Planchez tout le temps que vous voulez !

 

Envoyez-moi le fruit de vos cogitations pour publication !

 

Merci, le service est compris…

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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 06:00
Ici vaut mieux avoir le cul dans le beurre, promettre le beurre et l’argent du beurre que compter pour du beurre pour ceux qui ont inventé le fil à couper le beurre…

L’exercice dit des Primaires, sur le côté Droit jusqu’à l’extrême a permis de mettre en lumière le penchant avéré de la classe politique française à battre sa coulpe sur notre propre poitrine. En dépit de leur longévité aux manettes du pouvoir avec une grande facilité ils s’exonèrent de leur responsabilité en la noyant dans un océan de promesses d’extrême rigueur.

 

Eux qui sont nés le cul dans le beurre affirment qu’il nous faudra ne plus mettre de beurre dans nos épinards.

 

Je me marre mais, né dans un pays de beurre, plutôt salé, je n’ai jamais eu le cul dans le beurre – né avec une cuillère en argent dans le bec  – ça m‘a prédisposé à me méfier de ceux qui après avoir promis le beurre et l’argent du beurre… et parfois la crémière aussi, s’érigent en parangons de vertu.

 

Mais me direz-vous, par-delà les propos de tréteaux, vite prononcés, vite oubliés, pourquoi le beurre est-il assimilé à un signe extérieur de richesse ?

 

Il fut pourtant fort longtemps la graisse des pauvres… En effet, sauf dans certaines régions, le beurre a longtemps été une matière grasse peu utilisée en cuisine. Pendant tout le Moyen Âge, le beurre n’est pas une graisse aristocratique mais plutôt un ingrédient pauvre, contrairement à la graisse de porc. Il est méprisé par les classes dominantes d’où l’expression « compter pour du beurre.

 

L’origine du beurre remonte à il y a environ 10 000 ans, soit lorsque nos ancêtres ont commencé à domestiquer les animaux.

 

La première référence au beurre, et sa plus ancienne trace écrite, date de 4 500 ans. Une plaque calcaire de cette époque en illustre les étapes de fabrication.

 

La croyance générale attribue l’origine du mot « beurre » au grec bou-tyron, signifiant « fromage de vache ». Toutefois, on dit qu’il pourrait provenir de la langue des gardiens de troupeaux de l’époque des Scythes.

 

Lire l’histoire du beurre ICI 

 

Jusqu’au XIVe siècle la consommation des produits issus des vaches était rigoureusement interdite. Mais au XVIe siècle, la Réforme protestante autorisa le beurre pendant les périodes de carême, suivie de près par la Papauté. Cette autorisation s’étendit aux jours maigres en contrepartie d’une aumône. Ainsi à Rouen, une des tours de la cathédrale s’appelle Tour de Beurre, car bâtie au début du XVIe siècle en partie grâce aux aumônes des fidèles qui achetaient la permission de manger du beurre pendant le Carême.  

 

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le beurre fut ainsi adopté par les élites, avant de triompher aux XIXe et XXe siècles comme symbole de distinction sociale. Dès lors, il devint un signe d’opulence, sens que l’on retrouve dans plusieurs expressions populaires  que j’ai évoqué dans mon titre.

 

Pour attester mes dires saviez-vous que c’est le beurre et un maître de la cuisine Vincent La Chapelle  qui sont aux origines d’un grand classique de la table de Louis XV  et de sa maîtresse Jeanne Poisson, marquise de Pompadour : les puits d’amour ICI  

 

L’abandon du saindoux est en pâtisserie un changement fondamental : travailler le beurre et non le saindoux permet de quitter l’univers des lourdes pâtes des tourtes et des darioles pour entrer dans celui des tartes sucrées : la pâte feuilletée au beurre, pas plus épaisse qu’une feuille de carton, si légère ne bouche.

 

Au XVIe et surtout au XVIIe son usage devint commun et le beurre s’imposa et entraîna avec lui quelques classiques salés : le brochet au beurre blanc et sucrés : la pâte feuilletée.

 

Pour en finir avec le beurre, je passe sur l’expression toujours usitée : être beurré ou beurré comme un petit LU pour tenter d’expliciter les yeux au beurre noir. 

 

Cette expression viendrait d’une recette de cuisine du XVIe siècle, selon laquelle on faisait pocher les œufs dans du beurre noirci à la cuisson, donnant lieu à… des œufs au beurre noir ! Des œufs aux yeux, le glissement de langage fut aisé, d’autant plus que dans la poêle, les œufs entourés du noir du beurre pouvaient faire penser à des yeux meurtris par un coup.

 

Mais, dans les années 1970, plusieurs facteurs vont contribuer à renverser l’image positive du beurre : la diabolisation des graisses, la vogue du « modèle méditerranéen », les nouvelles normes de la minceur et l’émergence des chefs de la « nouvelle cuisine ». Cette stigmatisation se voit renforcée par l’expression « beurre noir » qui n’est ni plus ni moins qu’un abus de langage : jamais, dans son histoire, le beurre noir n’a correspondu à du beurre brûlé, assure Patrick Rambourg ! Le beurre dit «noir» est en fait un beurre noisette auquel on ajoute des ingrédients qui le rendent plus foncé, comme des câpres et du vinaigre dans la sauce de la fameuse raie au beurre noir.

 

 

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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 06:00
En ce temps de discrédit de la volaille politique j’ai la nostalgie des riches heures de l’Union de la Gauche : qui se souvient de Jean-Claude Gayssot du Midi Rouge ?

J’adore l’expression d’Auguste Le Breton « s’humecter le chiffon rouge » elle va comme un gant au Midi rouge l’un des derniers bastions hors la ceinture rouge parisienne de notre PC national à la remorque des gérontes du Kremlin.

 

Bien sûr nous ne sommes plus très nombreux à nous souvenir du couple improbable Mitterrand-Marchais flanqué du pharmacien de Villefranche-de-Rouergue Robert Fabre. Et pourtant 2 brontosaures des médias : Alain Duhamel l’homme au Solex et Jean-Pierre Elkabbach sont toujours là pour en témoigner, ils étaient les têtes de turc préférés de Georges Marchais.

 

Sa phrase-culte à l’été 98 en Corse «  Liliane, fais les valises. » est un grand moment de féminisme :

 

 «J'ai dit à ma femme: « François Mitterrand a décidé d'abandonner le programme commun de la gauche. Fais les valises, on rentre à Paris.»

 

L’Union de la gauche chère au Tonton de Jarnac fut un combat de tous les instants.

 

Florilège amoureux de Mitterrand à propos des communistes :

 

« C’est un crime, ils nous ont assassinés, c’est le plus grand crime communiste depuis la guerre. » 15 octobre 1977 in Cahiers secrets de la Ve République Michèle Cotta.

 

« Si je suis battu, je suis battu par les communistes. Ce ne sera pas parce que c’est moi.  Au contraire, personne mieux que moi ne leur aura résisté ! Être battu à la fois par la droite et les communistes, avouez que ce serait original ! » mars 1981 même source.

 

« Attention, les communistes, il faut s’en servir ! Et ne pas tout leur donner. Comment s’en débarrasse-t-on ?  Ça  aussi, c’est un problème ! » 26 mars 1982 même source.

 

Le vieux se souvenait que les néostaliniens du bunker de la Place du Colonel Fabien prenaient plaisir à plumer la volaille socialiste, il leur a rendu la pareille.

 

En juin 81, j’ai fréquenté assidument la buvette de l’Assemblée Nationale où j’ai pu apprécier le bon coup de fourchette et le lever de coude des camarades communistes Guy Ducoloné, député d’Issy-les-Moulineaux en tête.

 

Et puis, lors des négociations du Traité de Dublin sur le vin en vue de l’élargissement à l’Espagne et au Portugal, aux côtés de Michel Rocard, j’ai pu assister à leur combat d’arrière-garde totalement à côté de la plaque.

 

Et puis il eut la chute du Mur, en Italie le PCI a disparu dans la vague mais en notre beau pays le PC comme on dit s’est accroché aux branches pour surnager. Lorsque le souriant Lionel Jospin, par la grâce d’une dissolution calamiteuse, se retrouva à cohabiter avec Chirac, il repeignit  l’Union de la Gauche sur une enseigne plus chic et soft : la Gauche Plurielle.

 

Et dans cette gauche plurielle, sans contestation, Jean-Claude Gayssot, au Ministère des Transports tint la vedette.

 

Devenu communiste dissident il avouait récemment : « J'aurais été régicide en 1789, bolchevique, léniniste, stalinien à Stalingrad. Mais aujourd'hui je suis Jaurèssiste, parce que je suis pour l'évolution révolutionnaire » Il a défendu « les petits et grands pas accomplis » par le gouvernement auquel il a participé de 1997 à 2002. Mais aussi la "Loi Gayssot", qui permet de sanctionner le négationnisme, adoptée elle en 1990.

 

Tout ça pour vous dire que le Gayssot est un bon vivant.

 

La preuve par Pierre Perret :

 

« Lorsque je chante, il m’arrive de déguster dans la région biterroise, chez notre ami Jean-Claude Gayssot, qui est lui un subtil connaisseur des vins de son pays (et d’ailleurs !) d’étonnants corbières, fitou ou même des saint-chinian. Leurs saveurs allégées, leur  texture aujourd’hui plus souple, s’approchent un peu des faugères, dont certains sont désormais tout à fait remarquables. Nous n’éprouvons ni plus ni moins qu’une grande jubilation lorsque nous  rencontrons  nos amis Jean-Claude et sa gentille Jacotte. Manifestement aussi heureux que nous de la rencontre, ne font-ils pas tout dès notre arrivée pour ensoleiller notre journée autant que faire se peut ? Jean-Claude, qui a déjà choisi minutieusement ses vins, n’est-il pas allé de plus cueillir pour nous les asperges sauvages dans la campagne environnante dès six heures du matin ?... Et les « petits gris » qu’il nous fit déguster en délicieuse « escargolade », mitonnés avec amour par Jacotte pour nous  régaler ? Le tout arrosé d’un petit rosé frais « que tu m’en diras des nouvelles… »L’amitié c’est comme le bon vin, le palais et le cœur s’en souviennent. »

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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 06:00
Bruno Verjus sacrifie sur sa Table 1 coq vierge de Barbezieux  « ce bel adolescent qui n’est pas encore adulte » géant de l’espèce galline…

« Mon petit gars va donner du  grain aux poules ! »

 

Après avoir englouti mon goûter fait de tartines beurrées et de carreaux de chocolat la mémé Marie me confiait le soin de nourrir la nuée de poules et de poulets qui picorait dans l’aire. À mon arrivée c’était la ruée des gallinacées et, tel un fier semeur, je lançais dans les airs des poignées de grains. Ce n’était là qu’une de mes fonctions de basse-cour, j’étais aussi chargé de localiser les nids de ses dames qui n’en faisaient qu’à leur petite tête pour aller pondre dans les lieux les plus improbables. J’allais aussi à la nuit tombée fermer la porte du poulailler.

 

La poule ça me connaît même si je l’ai toujours plus aimé au riz ! Quant aux poulets j’ai toujours préféré la cuisse et l’avant-cuisse avec la peau bien craquante.

 

Du côté du coq dont j'ignorais, eu égard au fait qu'en ce temps-là pour moi les enfants naissaient dans les choux, longtemps la fonction, mes relations avec lui furent toujours emprunte d’une réelle aversion : à part s’égosiller tôt le matin du haut du tas de fumier cet emplumé arrogant passait son temps à chercher querelle.

 

Bref (je le suis rarement) vous l’avez compris les gallinacés je les préfère plutôt cuit que cru et le poulet rôti est à la maison très souvent au menu.

 

Mais la grande question pour tout amateur est : où trouver une bête à la hauteur ?

 

Zoom arrière :

 

L’auteur de « Défense et illustration des incomparables races de poules françaises » Louis Serre, dans le style incantatoire que nous affectionnons exhortait les éleveurs de poules :

 

« Jadis nous avons sacrifié les races de Barbezieux, La Flèche, Le Mans, Crève-cœur, qui ont fait la gloire de la cuisine, de la bonne chère française, mondialement réputée, pour sourire aux nouvelles venues d’Amérique. Nous avons eu le tort de laisser péricliter ces races incomparables, au point qu’il n’en reste que de rares représentants et sans doute dégénérés. Allons-nous aujourd’hui sacrifier nos Bresse, Gâtinaises, Faverolles, Marans, Gournay, Bourbonnaises, Bourbourg, Caussades, Gélines de Touraine, Caumont et tant d’autres sur l’autel consacré au culte des races anglo-saxonnes ? Non, vous dis-je, non.  Notre sottise a des bornes et la masse de nos aviculteurs de bonne foi viendra à résipiscence. »

 

Certes c’était sous Pétain mais au-delà du corporatisme cher au vieux Maréchal l’auteur tirait à juste raison la sonnette d’alarme.

 

Lire ICI  Défense et illustration des incomparables races de poules françaises et les clients se rappellent la qualité longtemps après avoir oublié les prix.

 

Zoom avant

 

Bruno Verjus, grand inventeur au sens d’érecteur de trésors, prend le relais, pour nous expliquer que Fred Ménager « lorsqu’il devient champion de France 2000 en … Gauloise dorée – le coq symbole de la France, cité par Jules César, et pourtant en voie d’extinction… il n’a qu’une idée en tête : organiser un concours d’un autre genre de beauté, une dégustation de volailles anciennes dont 45 races perdurent en France sur les 50 jadis existantes. »

 

« La première dégustation réunit, entre autres, Jacques Lameloise, Pierre Troisgros, Henri Jayer… Vingt volailles passent à la rôtissoire, notées selon des critères objectifs et subjectifs. Barbezieux, la Flèche et la Gauloise avec ses chairs rouges et sauvages impressionnent les chefs. »

 

Si vous voulez tout savoir sur l’histoire d’Eva et de Fred Ménager à la ferme de la Ruchotte avec son élevage de races de volailles oubliées c’est dans Volailles en voie de réapparition ICI.

 

Mais disciple du Dr Rolland Dams qui travaillait à la re-création de la race Barbezieux, Frédéric Ménager tombe sous le charme de ces volailles de jais à reflets verts.

 

« Tout est grand chez le Barbezieux. Sa tête forte et longue avec un bec de couleur de corne foncée. L’œil grand et bordé de paupières brunes. Un iris roux foncé et une pupille noire. La tête surmontée d’une crête droite et dentelée d’un rouge volcanique. Barbillons ovales et grand d’un rouge tout aussi cinglant. Oreillons en forme d’amande, d’un blanc lisse. Jambes hautes et cuisses fortes. Corps volumineux et d’attitude presque verticale. » explique-t-il au sieur Verjus.

 

Comme un dimanche de primaire

 

La nuit fut fort venteuse mais j’avais échappé à la violente ondée lorsque j’étais rentré au petit matin juché sur mon fidèle destrier qui connaît le chemin du paddock aussi bien que moi. C’est à pied, alors que la grand-messe déversait ses paroissiens que je suis allé  faire mon devoir dans un isoloir. Y’avait foule. À l’heure du déjeuner je suis allé me restaurer en terre connue et c’est là que mon voisin de table, Bruno Verjus, m’a vanté toutes les qualités du coq vierge de Barbezieux.

 

Vous me connaissez, il n’en fallut pas plus pour que mardi dernier, à l’heure du déjeuner, je m’attable à Table. Je dois à la vérité de préciser que je posais mes fesses sur un haut tabouret au bord du bar.

 

J’aime cette position élevée, en retrait, qui me permet à la fois de m’isoler tout en étant pleinement partie prenante du cérémoniel du repas au restaurant. En effet, je vais au restaurant pour me restaurer ce qui n’a rien de tautologique car je ne m’y rends pas que pour manger.

 

L’émotion visuelle tout d’abord, olfactive ensuite, à laquelle fait suite une plongée dans ma petite bibliothèque personnelle où je stocke précieusement mes souvenirs de table. Pour le coq vierge de Barbezieux qui se trouvait face à moi les références ne manquaient pas. Je prenais le temps de les laisser m’envahir sans me submerger. Entre les morceaux composant l’assiette j’hésitais : par lequel allais-je commencer ? Mais tout au fond de moi je savais que j’allais graduer mon plaisir, garder pour la fin ceux qui le porterait à des sommets. C‘est ce que je fis en me saisissant de l’aile avec mes doigts pour la dépiauter avec mes dents, garder les chairs en bouche pour laisser les sucs s’exhaler. Et bien sûr, sucer mes doigts imbibés de gras.

 

Je n’en dirai pas plus, sauf un grand merci à tous ceux qui ont contribué à ce plaisir simple, Bruno dernier maillon de la chaîne en tête.

 

Dis par Bruno ça donne ça : « un incroyable gélatineux des chairs pour les cuisses et gras de cuisses, des suprêmes offrant une texture presque soufflée, délicate, d'un blanc  lactescent, délicieux. Très peu de gras, des arômes nets et francs, pour une peau fine et très croustillante. Plus étonnant encore, une gélification presque instantanée du jus de découpe, preuve de la qualité du collagène que contiennent ces poulets. »

 

D'autres renseignements :

 

« Originaire de Charente, dans la région de Barbezieux, la Barbezieux est une race fière, imposante, aux attitudes prétentieuses mais aux formes harmonieuses. C'est une race qui a failli disparaître en raison de la difficulté et de la lenteur de son élevage.  Il faut sélectionner les animaux les plus grands à oreillons blancs. Sa chair est excellente. »

 

Elle est la plus grande de toutes les races françaises. Sa chair est d'une  grande finesse. - poule : 3,5 kg - coq : 4,5 kg.

 

En confirmation, Blanchon et Delamarre de Monchaux dans Toutes les Poules et leurs variétés, nous donnent des mensurations dont nous transcrivons les plus caractéristiques :

 

Hauteur totale de la poule : 62 cm, hauteur du coq dans l'attitude de marche : 65 cm, dans l'attitude fière :

 

70, dans l'attitude redressée : 76. Longueur de la crête : 14 cm, hauteur de la crête : 8, épaisseur de la crête : 4 cm 1/2. Longueur de la cuisse : 20 cm. Circonférence du corps : 50

 

Henri Voitellier, éminent aviculteur a écrit à son sujet dans une oeuvre parue en 1931 intitulée Toute la Basse-Cour :

 

« La plus grande, la plus forte de toutes les races françaises, on pourrait même dire de toutes les races occidentales.

 

Le beau Barbezieux rivalise facilement comme prestance et comme poids avec les meilleurs Langshan, et ce n'est assurément que par cette tendance inhérente au caractère français de trouver tout ce qui est étranger supérieur à ce que nous possédons, que les Langshan jouissent ici d'une faveur que les Barbezieux, les La Flèche et les Crèvecœur n'auraient jamais dû leur laisser prendre. Les Barbezieux n'ont qu'un défaut, c'est de n'être pas originaires d'Angleterre. On les couvrirait d'or en France et on voudrait en élever partout, en luttant centimètre à centimètre, à qui obtiendrait le coq le plus haut, et personne ne se plaindrait de leur délicatesse à l'élevage.

 

Aucune race ne réunit au même degré le volume à la qualité ; une chair blanche, abondante et fine, une aptitude remarquable à l'engraissement.

 

On lui reproche d'être un peu délicat à l'élevage, de ne pas se développer avec une grande rapidité.

 

Le reproche est fondé dans une certaine mesure.

 

Le poussin Barbezieux s'emplume assez difficilement et manque de vigueur par les temps humides et froids.

 

S'il est né à une saison un peu avancée, il reste petit, chétif, sans rien avoir de l'apparence de force qui lui appartient naturellement.

 

Tout, dans le Barbezieux a de l'ampleur : la crête, les barbillons, les pattes ; on le croirait l'intermédiaire entre la poule et le dindon ; c'est le géant de l'espèce galline.»

 

Le tout ICI

Bruno Verjus sacrifie sur sa Table 1 coq vierge de Barbezieux  « ce bel adolescent qui n’est pas encore adulte » géant de l’espèce galline…
Bruno Verjus sacrifie sur sa Table 1 coq vierge de Barbezieux  « ce bel adolescent qui n’est pas encore adulte » géant de l’espèce galline…
Bruno Verjus sacrifie sur sa Table 1 coq vierge de Barbezieux  « ce bel adolescent qui n’est pas encore adulte » géant de l’espèce galline…
Bruno Verjus sacrifie sur sa Table 1 coq vierge de Barbezieux  « ce bel adolescent qui n’est pas encore adulte » géant de l’espèce galline…
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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 06:00
Au temps où il fallait une demi- journée pour faire en train Nantes-Nice le citron chez nous c’était pour les huîtres…

Et il y avait débat entre les deux plus gros mangeurs d’huîtres de la maison : mon père résolument naturiste et mon frère adepte du citron. Moi je préférais les palourdes…

 

Le citron j’en ai fait un usage intensif en mai 68 pour lutter contre le gaz lacrymogène de nos potes les CRS et les Gardes Mobiles.

 

En terrasse sur le remblai des Sables d’Olonne c’était Perrier/tranche de citron bien sûr.

 

Et puis il y eu Boby Lapointe avec sa chanson Aragon & Castille

 

Au pays daga d'Aragon

 

Il y'avait

 

Tugud' une fill' qui aimait les glac's au citron et vanille...

 

Au pays degue de Castill'

 

Il y'avait tegued' un garçon qui vendait des glaces vanill' et citron.

Mais enfin vint notre Génoise de Paris, Alessandra Pierini, qui n’oublie pas que le comté de Nice fut partie intégrante du Royaume Piémont-Sardaigne jusqu’à son annexion par la France en  1860 sous Napoléon III et le traité de Nice.

 

Que nous dit-elle à propos du choix des citrons :

 

« Le choix du citron est fondamental, il déterminera toutes les étapes suivantes de la recette. Frottez bien sa peau avant de l’acheter, une bouffée fruitée et gourmande et une senteur revigorante doivent s’en dégager.

 

Choisissez-le lourd et ferme avec une écorce brillante d’un jaune éclatant. C’est son jus et sa pulpe qui vous intéressent ? Privilégiez, donc, ceux avec la peau plus fine, ils seront plus succulents.

 

Du mois de décembre à mai, optez plutôt pour les citrons à feuilles de Menton ou de Nice. Après cette période, il faut rechercher ceux de la côte amalfitaine, de Sicile et de Calabre, au parfum subtil mais persistant, encore cueillis à la main et non traités. »

 

Maintenant vous savez ce qu’il vous reste à faire pour sortir vos citrons du Perrier/tranche ou des huîtres : achetez le citron dix façons de le préparer :

 

ICI

 

ou ICI

 

Lors de la séance de dédicace Alessandra nous avait préparé son Pain-Brioche au miel, huile d’olive et citron confit le N°8.

 

Mariage réussi avec la ricotta, la faisselle artisanale ou d’une confiture…

 

Et ce jour-là j’ai bu ça.

 

En tant que grand expérimentateur culinaire je  vais me lancer dans la N°6 : boulettes de veau aux feuilles de citron. Vous devrez attendre un peu car je ne peux être en même temps au four et au moulin. Traduire au clavier et au piano…

 

Pour la chute de cette chronique Alessandra ne m’en voudra pas de compléter ses connaissances sur l’utilisation du citron en l’entraînant au stade, chez elle à Gênes la Sampdoria et le Genoa se partagent le cœur des tifosis.

 

Les citrons

 

Mi-temps d’un match. Cet emploi rappelle que, longtemps, l’usage voulait que les joueurs – mordissent dans des morceaux de citrons pour recouvrer leurs forces durant la pause du match.

 

« J’ai quelque chose pour toi (il lui tendit un morceau de ciitron, plutôt boueux.) Je ne m’en suis pas servi à la mi-temps »

 

Henri de Montherlant Les Olympiques 1924

 

Aux citrons

 

Période correspondant au repos entre deux mi-temps. Emploi attesté en 1928.

 

Coupeur de citrons

 

Membre d’une équipe chargé de couper les citrons par ses camarades et, par extension, joueur remplaçant.

 

Le dico du parler sport par Baptiste  Blanchet et Jean-Damien Lesay

Travaux pratiques de Sabine boss des éditions de l’Epure : boulettes de veau aux feuilles de citron. Très bonne appréciation de la grande chef !
Travaux pratiques de Sabine boss des éditions de l’Epure : boulettes de veau aux feuilles de citron. Très bonne appréciation de la grande chef !
Travaux pratiques de Sabine boss des éditions de l’Epure : boulettes de veau aux feuilles de citron. Très bonne appréciation de la grande chef !

Travaux pratiques de Sabine boss des éditions de l’Epure : boulettes de veau aux feuilles de citron. Très bonne appréciation de la grande chef !

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 06:00
Mes lecteurs sont sympas ! Louis & Charlotte Perot L’Ostal – Philippe Gervoson château Larrivet Haut-Brion

Les routiers, les mecs avec de gros camions et leurs calendriers, au temps des nationales, avant qu’on cause pollution, avaient leur émission.

 

Lancée par Max Meynier au début des années 70 sur RTL l’émission « Les routiers sont sympas » et diffusée de 20 H 30 à minuit, connue un très vif succès.

 

L’émission et son animateur vécurent une première en France, un évènement qui aurait pu avoir un dénouement dramatique : leur prise en otages.

 

« À RTL, dans la nuit du 8 au 9 février 1974, un homme parvient à entrer dans le studio de Max Meynier alors qu’il présente en direct son émission "Les routiers sont sympas".

 

Armé d’un 7,65 et d’une grenade, Jacques Robert, un déséquilibré multirécidiviste va retenir en otage l’animateur, sa scripte et le technicien-réalisateur présents dans le studio pendant plus de cinq heures. Il réclamait une demi-heure d'antenne sur les trois chaînes de l'ORTF le lendemain soir, menaçant de faire exploser sa grenade dans le studio si sa demande n'était pas satisfaite.

 

Après de longues négociations entre le preneur d'otage, Max Meynier, le président de la radio Jean Farran et le directeur de l'ORTF Marceau Long, Jacques Robert libère les personnes retenues dans le studio.

 

Il n'en était pas à son premier coup d'éclat puisqu'il avait été arrêté en 1953 pour le meurtre de son père, avant d'être acquitté. Quelques années plus tard, il avait enlevé Fernand Raynaud, mais également menacé de mort et réclamé une rançon à Louis de Funès

 

Les Routiers ont aussi un Guide :

 

« Des bons restaurants pas chers et pour tous. Le Guide des Relais Routiers continue avec détermination la route qu’il trace depuis 1934. Il vous conduira le long des nationales et autres départements de la France profonde, là où l’on mange bien, où l’on boit de bons petits vins régionaux à prix sympa.

 

Grâce à ses adresses de restaurants classées par département, par région, par qualité de réception et, bien entendu, par niveau de restauration avec ses fameux Relais Casserole, vous pourrez faire des haltes régionales gastronomiques. »

 

404 pages en couleurs

 

Tout ça pour vous dire que moi, petit artisan du net, avec ma régularité métronomique, j’ai des lecteurs sympas.

 

Lors du dernier salon des vins nus de Lyon certains sont venus me saluer et nous avons papoté mais ce qui m’a poussé à écrire cette chronique ce sont deux petits évènements survenus ces derniers jours.

 

Le 8 NOVEMBRE 08:49 je reçois sur Face de Bouc un message

 

Cher Monsieur,

 

Bravo et merci de célébrer, Jean Follain, Robert Morel et Héros-Limite, un magnifique éditeur suisse avec qui nous ferons une petite cuvée l'an prochain (lui l'étiquette et nous le vin..). Permettez-moi de vous signaler une autre Célébration parue dans cette merveilleuse collection de Robert Morel, celle de la barrique par le fantastique Pierre Bouju, tonnelier à Jarnac, poète et animateur d'une revue poétique célèbre en son temps : La Tour de Feu.  (Il fit même une apparition chez Pivot à l'occasion de la parution de son autobiographie (Arléa). On peut encore trouver cette Célébration de la Barrique aux Editions du Lérot, j'en ai une pile en réserve et si vous voulez je vous en envoie un exemplaire illico, en guise de remerciement pour le plaisir que me procurent vos textes. Bien respectueusement.

Louis Pérot. L'Ostal

 

Je remercie le lecteur en lui indiquant que j’ai déjà l’opus et que j’ai chroniqué  ICI 

 

« Ah ! Bravo ! Je ne vous lisais pas encore à l'époque... j'y trouve avec plaisir le nom de Fernand Tourret. Je vous adresse quand même l'édition du Lérot qui contient quelques photos prises dans l'atelier dudit Boujut (malheureusement on y voit pas l'affiche célèbre accrochée dans son bureau "Ni Dieu, Ni Maître, mais Simone" (Simone vit toujours, je crois) et j'ajoute quelques flacons pour faire plus ample connaissance. Bien à vous. »

 

Et un colis est arrivé avec ceci. Merci voir ICI 

Mes lecteurs sont sympas ! Louis & Charlotte Perot L’Ostal – Philippe Gervoson château Larrivet Haut-Brion
Mes lecteurs sont sympas ! Louis & Charlotte Perot L’Ostal – Philippe Gervoson château Larrivet Haut-Brion
Mes lecteurs sont sympas ! Louis & Charlotte Perot L’Ostal – Philippe Gervoson château Larrivet Haut-Brion
Mes lecteurs sont sympas ! Louis & Charlotte Perot L’Ostal – Philippe Gervoson château Larrivet Haut-Brion

Dimanche dernier je suis allé déjeuner chez Amarante où mon amie Maréva assure depuis quelques jours le service en salle.

 

Bien installé j’attendais paisiblement. En face de moi sur la droite une table de 4 : 3 jeunes gens et un monsieur que je vois de dos. Je remarque que le vin est aussi invité à cette table. Et puis, alors que ma fraise de veau arrive sur ma table le monsieur de dos se retourne et son visage s’illumine d’un grand  sourire. Il se lève et vient me saluer. Lecteur assidu, c’est un bordelais (d’adoption je m’en apercevrais plus tard) il est à Paris pour le salon des outsiders de JM Quarin. Nous échangeons brièvement et le monsieur se rassied. Je savoure ma fraise de veau lorsque le monsieur se relève et vient m’offrir une bouteille de son château : Larrivet Haut-Brion Pessac-Léognan 2012.

Mes lecteurs sont sympas ! Louis & Charlotte Perot L’Ostal – Philippe Gervoson château Larrivet Haut-Brion
Mes lecteurs sont sympas ! Louis & Charlotte Perot L’Ostal – Philippe Gervoson château Larrivet Haut-Brion
Mes lecteurs sont sympas ! Louis & Charlotte Perot L’Ostal – Philippe Gervoson château Larrivet Haut-Brion

Confus je remercie chaleureusement mais comme je ne suis pas Jacques Dupont je ne connecte pas le nom du château avec son propriétaire. Pire encore j’omets de regarder la contre-étiquette qui me l’indique. Je suis au-dessous du niveau de la mer mais j’ai l’excuse d’une soirée bien arrosée la veille.

 

Alors, cher Philippe Gervoson sachez que si j’avais pris cette peine mes neurones auraient reconnectés et votre patronyme m’est bien connu puisque dans mes anciennes fonctions j’ai eu l’occasion de rencontrer Frédéric Gervoson pour discuter avec lui de problèmes laitiers normands liés à l’usine flambant neuve d’Auneau en Eure-et-Loir.

 

Mais ceci est de l’histoire ancienne, merci de vos mots gentils, de votre simplicité et je ne manquerai pas de faire goûter votre flacon à mes jeunes amis.

 

« Larrivet Haut-Brion est une chartreuse du XIXe siècle. Réputé à l’époque, le château a longuement décliné jusqu’à son rachat en 1987 par Philippe Gervoson (groupe Andros). Il a d’abord entrepris un travail de fond pour reconstituer la propriété telle qu’elle était du temps de sa splendeur […]

 

Par rachats et replantation, le vignoble est ainsi passé de 17 à plus de 70 hectares, disposés sur deux belles croupes de graves. Le foncier reconstitué, il restait à bien s‘entourer. Au détour d’un dîner, il convainc l’ami de longue date, Bruno Lemoine, de le rejoindre. Il devient la pierre qui manquait au nouvel édifice. Ingénieur agronome, passé par la Chine puis par plusieurs châteaux du Médoc, Bruno Lemoine prend ses fonctions en 2007. Le duo peut compter sur d’autres talents, dont le réputé Michel Rolland, qui prête son palais aux assemblages depuis 1995, et désormais la nouvelle génération, celle des filles de Philippe Gervoson, de plus en plus impliquées dans le domaine. »

 

Lire ICI

 

Et puis, si vous voulez vous gondolez comme une tête de gondole chez Carrouf lisez la prose du sieur Dupont extraite de son Guide des Vins de Bordeaux. Ça pourrait même dérider un chouïa le père Fillon grand amateur de vroum-vroum et que je verrais bien faire le rallye Andros.

 

Je signale au bas-bourguignon qu'il est réconfortant de voir un propriétaire bordelais attablé dans un lieu de très bonne cuisine française avec une carte de vins 100% nature... qui fait honneur au liquide et au solide...

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