Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
21 janvier 2019 1 21 /01 /janvier /2019 06:00
Outing : oui j’ai fumé par plaisir, oui je bois du vin, de la bière un peu, des spiritueux peu, par pur plaisir… pour autant, c’est vérifié, je ne suis pas alcoolique…

Le jour où les grands esprits de la Santé Publique auront le courage et l’honnêteté de m’expliquer comment on devient alcoolique je prêterai à leur discours soit prohibitionniste, soit hypocritement hygiéniste ou carrément moralisant, une oreille très attentive.

 

Celui qui a le mieux décrit les démarches addictives, le craving est, ou était un brillant médecin, devenu alcoolique : Olivier Ameisen.

 

Le craving est un terme importé des États-Unis, venant du verbe « to crave » qui signifie « avoir terriblement besoin », « avoir très envie », « être avide de ». Le craving convoque donc le désir, la pulsion, le besoin, l’envie, toujours doublé d’un caractère irrépressible et irrésistible.

 

Très bien décrit dans la littérature par des auteurs dépendants à l’alcool comme Jack London dans « John Barleycorn » ou Malcolm Lowry dans « Au-dessous du volcan », le craving a fait et fait toujours l’objet de multiples recherches pour tenter de démonter son mécanisme. De très nombreux modèles théoriques ont été élaborés.

 

ICI 

 

Tous les alcoologues patentés, ceux de l’ANPAA et les blouses blanches de l’INCA, ont moqué Ameisen, son combat pour le baclofène, qui lutte contre le craving, qui n’est pas un médicament miracle mais un moyen utile pour surmonter le sevrage. Ils débitent toujours les mêmes antiennes pour masquer leur échec face au fléau de l’alcoolisme, font de la lutte contre la publicité l’arme fatale : franchement à qui fera-t-on croire que c’est le vecteur primordial du passage à l’acte et plus encore de l’addiction ? On va me balancer les jeunes, perméables, sensibles aux postures pour s’affirmer, mais est-ce vraiment le flacon, quel qu’il soit qui les mène à boire plus que de raison ? La réponse est non.

 

Alors, faute d’intelligence, je ne suivrai pas tout ce beau monde, qui dit se soucier de ma santé, sur son terrain biaisé. Ce ne sont pas, loin s'en faut, les meilleurs du corps médical, je suis bien aise de ne pas avoir eu besoin de leurs brillants services.

 

J’ai passé le cap des 70 balais sans être addictif à l'alcool ou au tabac et je n’ai pas à subir leur catéchisme.

 

Pour autant, je ne suivrai pas non plus le discours un peu simpliste de l’actuel Ministre de l’Agriculture, en effet on peut devenir alcoolique en buvant du côtes-du-rhône ou du vin à deux balles acheté en GD pour ceux qui n’ont pas les moyens ou des vins plus onéreux pour ceux qui boivent pour lutter contre leur stress au boulot ou le burn-out  ou en glissant vers l’addiction sous le couvert de la dégustation ou de leur goût pour les grands vins.

 

Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt, l’ingestion massive ou répétée d’alcool de quelque nature qu’il soit peut mener à l’alcoolisme. Au cours de ma longue carrière, dans ou au contact du monde du vin, j’ai croisé nombre d’alcooliques qui ne se vivaient pas comme tels.

 

Ceci écrit, je ne réfute pas que la consommation du vin, dans beaucoup d’occasions, relève de la convivialité, de la sociabilité, et qu’il existe dans notre vieux pays une culture du vin. C’est vrai je ne bois jamais seul  mais je ne vois pas au nom de quoi, surtout de la fameuse modération, je ne m’offrirais pas le plaisir de l’ivresse qui ne débouche pas sur le caniveau ou d’affreuses gueules de bois.

 

Le cas célèbre d’Hervé Chabalier, le fondateur de l’agence CAPA, qui se lichait lorsqu’il était au sommet de son addiction alcoolique jusqu’à 3 litres de vin blanc par jour est là pour tempérer les emballements.

 

30 septembre 2009

L'accusé le ballon de petit blanc de Chabalier s’en sort blanchi ICI 

 

Les causes de l’alcoolisme d’Hervé ne tiennent pas à une attirance particulière pour le vin mais à des accidents de la vie : la mort de sa petite sœur en Afrique suite à une vaccination contre la rage à la suite de la morsure d’un chien qu’il avait imposé à ses parents où il se découvre égoïste et coupable ; sa vie de grand reporter qui l’entraîne souvent au bord des bars ; son tempérament impérieux, égotique, de patron d’une grande agence de presse... Bref, oui l’alcoolisme est une maladie qui peut toucher n’importe qui et, tous, autant que nous sommes, ne pouvons rester indifférent au lot de souffrance qu’elle entraîne pour l’alcoolique lui-même et ses proches.

 

Oui, le plaisir, j’ai aussi fumé, des cigarettes roulées, des cigares, des biddies, par plaisir et parce que le tabac est un excellent excitant intellectuel : n’en déplaise aux gilets jaunes travailler sous les ors de la République ce n’est pas une partie de plaisir. J’ai arrêté de fumer car je n’y trouvais plus, justement, du plaisir.

 

Les cigarettes des grandes marques sont bourrées de substances favorisant l’addiction et mon récent séjour dans le service de pneumologie  de l’hôpital Cochin m’a fait mieux encore comprendre les ravages du tabac.

 

Je suis né dans un pays, la Vendée, ravagé par le fléau de l’alcoolisme, inconsciemment j’en ai été vacciné, immunisé, mais j’ai pu aussi constater l’inefficacité des ligues de vertu, de l’approche purement médicalisé. L’alcoolisme puise ses racines dans le terreau de notre société, dans tous les milieux, il n’y a pas de parcours unique menant à l’alcoolisme.

 

Pierre Mendès-France avait raison, dans l’Eure dont il était l’élu, le Calva faisait des ravages.

 

J’ai, au titre du cabinet du Ministre de l’Agriculture, suivi pas à pas l’élaboration de la loi Evin qui doit bien peu de chose au Ministre mais tout à Claude Got. Entre parenthèses, Jérôme Cahuzac n’est pour pas grand-chose dans cette loi, sauf son soutien indéfectible au groupe des 5.

 

C'est Got qui parle : «  Moi j'ai envie d'être efficace. Et aujourd'hui, rien ne se fait sans les médias. C'est pour cela que nous avons adopté un travail de lobbying. »

 

Étonnant travail, en effet ! Pour la première fois en France, un aréopage de médecins s'est constitué en groupe de pression. À l'américaine. Un groupe efficace, à moitié clandestin, organisé et sachant user de tous les relais. Un groupe qui a une longue histoire derrière lui.

 

Voir ICI  

31 mars 2008

La stratégie du Go de Claude GOT 

 

En ce temps-là, les gens du vin n’était guère soucieux de Santé Publique, appuyés qu’ils étaient non sur un lobby du vin mais sur ce que Roland Barthes a appelé dans Mythologies :

 

«  Le vin est senti par la nation comme un bien qui lui est propre, au même titre que ses trois cent soixante espèces de fromages et sa culture. C'est une boisson totem, correspondant au lait de la vache hollandaise ou au thé absorbé cérémonieusement par la famille royale anglaise. Bachelard a déjà donné la psychanalyse substantielle de ce liquide, à la fin de son essai sur les rêveries de la volonté, montrant que le vin est suc de soleil et de terre, que son état de base est, non pas l'humide, mais le sec, et qu'à ce titre, la substance mythique qui lui est le plus contraire, c'est l'eau. »

 

Ce faux-débat, où chacune des parties campe sur des positions irréductibles, est très représentatif de l’incapacité qu’il y a dans notre pays à affronter la réalité, à sortir de son entre-soi,  à traiter les problèmes avec sérénité et efficacité, on se fait plaisir, on se congratule, on se balance des statistiques brutes, des études plus ou moins faisandées, on se réfugie dans des images d’Epinal, on agite des peurs légitimes, sans pour autant faire reculer de façon significative la maladie qu’est l’alcoolisme.

 

C’est toujours la faute des autres.

 

Je trouve ça très gilets jaunes.

 

Même le Vatican s'y met ce dimanche :

 

Le Père jésuite Antoine Kerhuel nous introduit à la méditation avec les lectures du deuxième dimanche du temps ordinaire année C.

 

Le récit des noces de Cana nous est familier. De manière étonnante, l’évangéliste Jean ne se focalise pas sur les mariés, mais plutôt sur un point très pratique des festivités : le vin de la fête risque de manquer. Du coup, nous sommes conduits à regarder non pas les mariés, mais Jésus et sa mère (car c’est Marie qui alerte Jésus en lui disant : « ils n’ont pas de vin ») ainsi que les serviteurs (car ce sont eux qui, en suivant les instructions données par Jésus (« remplissez d’eau les cuves » puis « maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas ») sont les témoins privilégiés du signe que Jésus accomplit : l’eau est changée en vin ! 

Une déclaration qui tache

21 janvier 2019BrèveSociété

Le ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Didier Guillaume, a déclaré sur un plateau de télévision que le vin « n’est pas un alcool comme les autres ». Tant pis si tous les professionnels de santé dénoncent depuis des années les mythes qui relativisent la dangerosité de la consommation quotidienne de cette boisson alcoolisée.

On ne sait s’il avait trop bu ou reçu trop de pots-de-vin pour débiter de telles âneries. Il suivait peut-être seulement les recommandations de la conseillère à l’agriculture de l’Élysée, Audrey Bourolleau, qui dirigeait encore récemment Vin & société, un des principaux lobbies du monde viticole.

Pour peu que ces derniers insistent, ce bon Didier Guillaume et ses collègues du gouvernement, finiront par dire que le pinard devrait être obligatoire dès le biberon, pour que vive la France

 

« La démission gouvernementale face à l’alcool est scandaleuse »

Le plan national adopté fin 2018 conforte les pires craintes concernant la complaisance, si ce n’est la complicité, des pouvoirs publics et du lobby des alcooliers, déplorent plusieurs médecins dans une tribune au « Monde ».

Par Collectif Publié hier à 19h00, mis à jour à 06h36

 

Tribune. Entre Noël et Nouvel An, après dix mois de tergiversations, la publication en catimini du Plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022 conforte les pires craintes sur l’inertie des pouvoirs publics en matière de consommation d’alcool.

Malgré les 49 000 morts par an et le coût de 120 milliards d’euros infligé chaque année par ce produit aux Françaises et aux Français, le plan de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca), au terme d’une analyse brillante et incontestable, s’arrête brutalement au seuil de l’action, perdant toute ambition de réussir.

Alors que la politique de lutte contre le tabac montre qu’une action constante et ­résolue obtient des résultats (baisse historique des ventes de cigarettes de 10 % en 2018), la démission gouvernementale face à l’alcool est insupportable et scandaleuse. Ce fardeau pour la société française est dû à une des plus fortes consommations au monde.

Aucune ­mesure d’encadrement

Le plan est plein de contradictions. Après avoir reconnu, comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS), que la fiscalité est un des moyens les plus efficaces pour freiner la consommation, il ne propose aucune mesure en ce sens. Malgré les engagements de la ministre des solidarités et de la santé Agnès Buzyn lors des débats au Parlement, les « prémix » à base de vin échappent même à toute mesure.

Le vin bénéficie aujourd’hui d’une quasi-exemption fiscale (3 centimes de taxe par bouteille), ce qui laisse une marge énorme qui aurait permis d’abonder un fonds de prévention alcool. Au ­contraire, le plan a préféré squatter le Fonds tabac, diluant ainsi ses capacités d’action.

Le plan s’alarme du marketing pour piéger les jeunes dans la consommation d’alcool mais se contente de cette inquiétude. S’il constate la pression publicitaire pour l’alcool sur tous les médias, il ne propose aucune ­mesure d’encadrement, même pas la limitation de l’affichage autour des écoles. Aucun calendrier, aucun objectif chiffré n’est fixé.

Malgré l’engagement solennel pris le 6 septembre 2017 par la ministre et le président de la Mildeca de rendre le pictogramme d’avertissement « femme enceinte » plus visible, la taille du pictogramme n’est toujours pas arbitrée ; c’est pourtant une décision simple et à coût nul pour les finances publiques.

Il est vrai que le lobby de l’alcool ­considère qu’informer les femmes serait « anxiogène », sinon « mortifère ». Quel aveu et quel cynisme ! Ce mépris pour la prévention de la première cause évitable de handicap mental chez l’enfant est honteux et impardonnable, qu’il ait pu influencer les choix gouvernementaux est absolument scandaleux. L’information sur le nombre de calories des boissons ­alcoolisées est aussi reportée à des temps meilleurs ; pourtant, un verre de vin apporte 80 à 100 calories !

Nous connaissons les raisons de cette ambiguïté et de cette inaction. Le plan de la Mildeca a été caviardé après avoir été pris en otage par le lobby alcoolier qui a imposé une « contribution » uniquement destinée à préserver ses intérêts économiques au détriment de l’intérêt général. Sa demande a été entendue puisqu’aucune contrainte ne ­pèsera sur le secteur de l’alcool.

Pour le gouvernement, la responsabilité ne ­repose que sur les victimes et non sur l’industrie (producteurs, distributeurs, annonceurs) qui les pousse à consommer. Au moment où même le Conseil économique, social et environnemental préconise clairement d’écarter le lobby alcoolier de la politique de santé, le gouvernement lui fait la part belle.

Complaisance à rebours de l’opinion

Cette complaisance est d’autant plus coupable qu’elle va à rebours de l’opinion, car 60 % des Français souhaitent une taxation plus forte et 70 % une ­interdiction de la publicité pour les boissons alcoolisées (sondage de la ­Ligue nationale contre le cancer de juin 2018).

Il est également vrai que les Français sont désabusés car deux sur trois d’entre eux pensent que les producteurs empêchent la mise en place d’une politique de santé efficace. (NDLR ça sort d'un chapeau messieurs et la dame, grosse fake new) Ils ont hélas raison. On peut se demander qui, aux plus hautes sphères de l’Etat, s’emploie à faire échouer toute mesure efficace pour réduire les risques et dommages de l’alcool en France.

Et les récentes déclarations du ministre de l’agriculture Didier Guillaume sur la différence totalement fantasmée entre le vin et les autres alcools pour la santé ne peut qu’alimenter la suspicion.

Refusant toute référence à un hygiénisme d’un autre temps, nous affirmons notre attachement aux institutions. Dans cet esprit, nous en appelons solennellement au président de la République afin qu’il cesse de sacrifier les intérêts supérieurs de la santé des Français au profit d’intérêts particuliers.

Nos concitoyens, et particulièrement celles et ceux qui dénoncent l’absence de considération à leur égard et qui sont les premières victimes de décisions fondées sur le marché, sont en droit d’espérer une politique de santé à la hauteur de nos ambitions.

Bernard Basset, médecin de santé publique, vice-président de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa) ; Amine Benyamina, professeur de psychiatrie et d’addictologie, université Paris-XI ; Gérard Dubois, professeur de santé publique, Académie nationale de médecine ; Claude Got, professeur honoraire, université René-Descartes ; Serge Hercberg, professeur de nutrition, université Paris-XIII ; Catherine Hill, épidémiologiste ; Albert Hirsch, professeur de pneumologie, université Paris-VII, administrateur de la Ligue nationale contre le cancer (LNCC) ; Mickael Naassila, professeur de physiologie, président de la Société française d’alcoologie (SFA) ; François Paille, professeur de thérapeutique et d’addictologie, président du Collège universitaire des enseignants en addictologie (Cunea) ; Michel Reynaud, professeur de psychiatrie et d’addictologie, université Paris-XI, président du Fonds actions addictions ; Nicolas Simon, professeur de médecine Aix-Marseille Université, président de l’Anpaa.

 

 

Partager cet article

Repost0
15 janvier 2019 2 15 /01 /janvier /2019 06:00
Trop tard Bertrand Girard ! Ancien PDG de Vinadeis et d'InVivo Wine. « Les batailles perdues se résument en deux mots : trop tard. »

Dans ma petite boîte à malices, mon smartphone, j’ai reçu un SMS de vœux émanant de Bertrand Girard. «Excellente année 2019. Cordialement, B. Girard»

 

C’était une première.

 

Mais qui est donc Bertrand Girard ?

 

La réponse est tapie dans mes prolifiques œuvres :

 

25 mai 2018

La folie des grandeurs : InVivo Wine ou la petite histoire de 2 squales dans le même marigot !

 

Et Bertrand Girard vint, les génies de Vitisphère et de la Vigne réunis l’élurent  « homme le plus influent de la filière » après qu’il se fut pacsé avec l’ambitieux Blandinières.

 

La suite ICI 

 

Toujours aussi pertinents les gens de Vitisphère !

 

Et moi je suis impertinent :

 

Le communiqué de Thierry Blandinières est à son image, plein empathie et d’humanité :

 

« Je vous informe d'un changement dans l'organisation d'InVivo Wine avec le départ de Bertrand Girard. Je reprends en direct la direction de cette activité pour une période transitoire qui permettra d'accélérer la dynamique du projet vin en France et à l'international »

 

Quitte à se ramasser la gueule vaut mieux accélérer...

 

Bien sûr Bertrand Girard est aux abonnés absents…

 

Et bien je me trompais, il pensait à moi l’auteur de ce fichu rapport vieux de 18 ans.

 

J’assume totalement ce que j’y écrivais mais tout ça est maintenant à classer au rayon des vieux papiers, des occasions perdues, vendangées par l’incapacité des grands chefs du vin à sortir de leur petit marigot, de leurs ambitions à courte vue.

 

« Les batailles perdues se résument en deux mots : trop tard. » Douglas MacArthur

 

Alors lorsque je lis, toujours dans Vitisphère, Bertrand Girard calls for the industry to “think French” je me dis que le type de discours ci-dessous relève de la méthode Coué car les mêmes causes produisent les mêmes effets.

 

Avant de se lancer à l’assaut des marchés internationaux sur le segment de vins qui s'articule autour d'habitudes de consommation «détendues, amicales, agréables et partageables», « Mettre l'accent sur le modèle think French » priorité pour « le tiers le plus faible de la pyramide dans certaines régions viticoles », il faut que la ressource soit maîtrisée par les grosses coopés. Celles qui constituent le socle d'InVivo Wine.

 

Tel n’est pas le cas !

 

Bref, on peut toujours rêver, psalmodier les bonnes vieilles recettes du marketing mais pour qu’il soit efficace il faut engloutir des sommes considérables. Donc gagner un pognon de dingue pour le réinvestir pendant des années pour tailler des croupières à ceux de nos concurrents déjà bien installés.

 

Et du pognon y’en a pas, fermez le ban.

 

Former CEO of Vinadeis and InVivo Wine, Bertrand Girard has decided to make full use of his complete freedom of speech now that he is no longer a member of the company. In an article published on Linkedin on December 28, he discusses French business strategy, starting out by setting the record straight regarding the country’s export performance. France is undeniably a world leader in terms of value sales, but much less so when it comes to volumes. Bertrand Girard insists that figures for the French wine trade are not as flourishing as they may seem, because if revenue generated by Champagne, top Bordeaux and Burgundy is removed... “only 2 billion euros are left”. And the revenue stems from “affordable, accessible, good value for money wines, exported for young consumers, who are either not very affluent or not yet affluent”. By way of comparison, comments Bertrand Girard, exports of Californian wines total... 2 billion dollars.

 

The model is stalling

 

He believes that it is a “major” mistake not to focus on this segment of wines that revolves around “relaxed, friendly, enjoyable and shareable” drinking habits. “Focusing on the ‘think French’ model” should be a priority for “the weakest third of the pyramid in certain wine regions”, he claims. He believes this ambition is within reach, if efforts are directed towards quality and consumer-driven marketing: “There is room to develop a value-generating model for all with good control and transparency along the value chain if, and only if, the dogmas and self-centred fears or inabilities of some leaders evolve to make way for a simple system”.

 

Bertrand Girard: “There is room to develop a value-generating model for all with good control and transparency along the value chain”.

 

traduction automatique :

 

Ancien PDG de Vinadeis et d'InVivo Wine, Bertrand Girard a décidé de tirer pleinement parti de sa liberté d'expression totale, maintenant qu'il n'était plus membre de la société. Dans un article publié sur Linkedin le 28 décembre, il discute de la stratégie commerciale de la France, en commençant par mettre les choses au clair en ce qui concerne les résultats du pays à l’exportation. La France est indéniablement un leader mondial en termes de ventes à valeur ajoutée, mais beaucoup moins en termes de volumes. Bertrand Girard insiste sur le fait que les chiffres du commerce du vin français ne sont pas aussi florissants qu'ils le paraissent, car si les revenus générés par la Champagne, les hauts Bordeaux et la Bourgogne sont supprimés ... "il ne reste que 2 milliards d'euros". Et les recettes proviennent de «vins abordables, accessibles et d'un bon rapport qualité / prix, exportés pour les jeunes consommateurs, qui ne sont pas très riches ou qui ne le sont pas encore». À titre de comparaison, commente Bertrand Girard, les exportations de vins californiens totalisent ... 2 milliards de dollars.

 

Le modèle cale

 

Il estime que c'est une erreur «majeure» de ne pas se concentrer sur ce segment de vins qui s'articule autour d'habitudes de consommation «détendues, amicales, agréables et partageables». "Mettre l'accent sur le modèle" think French "" devrait être une priorité pour "le tiers le plus faible de la pyramide dans certaines régions viticoles", a-t-il déclaré. Il estime que cette ambition est à portée de main si les efforts sont orientés vers un marketing de qualité axé sur le consommateur: «Il est possible de développer un modèle générant de la valeur pour tous, avec un bon contrôle et une transparence tout au long de la chaîne de valeur, si et seulement si les dogmes et les peurs égocentriques ou les incapacités de certains dirigeants évoluent pour laisser la place à un système simple ».

 

Bertrand Girard: «Il est possible de développer pour tous un modèle générateur de valeur, avec un contrôle et une transparence adéquats tout au long de la chaîne de valeur».

 

Comme je suis poli « Meilleurs vœux Bertrand Girard, que 2019 soit pour vous une belle année où les 100 fleurs de vos projets vont enfin éclore… »

Partager cet article

Repost0
1 janvier 2019 2 01 /01 /janvier /2019 06:00
Les années en 9 sont-elles dangereuses ?

Je ne suis pas superstitieux, lorsque je portais le maillot de la Vaillante mothaise j’avais le n°13, je passe sous les échelles, les chats noirs me laissent de marbre.

 

Nous quittons une année en 8, de celles où je change de décennie depuis 1948, elles me parlent et certaines ont marqué le siècle :

 

1958 de Gaulle et la Constitution de la Ve République

 

1968 le mois de mai

 

1978 je tombe dans le vin de table

 

1988 je me coltine la direction d’un cabinet ministériel

 

1998 je suis en chemin pour écrire mon rapport

 

Dans le nouveau siècle 2018 s’est caractérisée par une fréquentation assidue du lit.

 

Et voilà une année en 9 qui naît sous de mauvais auspices, je me souviens soudain de 1929, la crise, et de 1939, la guerre, d’abord drôle puis dramatique.

 

Alors je me dis, vas donc sur la Toile pour voir.

 

Et que vois-je ?

 

Que lis-je ?

 

De la Seconde Guerre Mondiale à la chute du Mur de Berlin, les années en 9 ont été décisives.

Charlotte Pudlowski — 31 décembre 2009 à 0h00 — mis à jour le 31 décembre 2009 

 

1929, année fertile: naissance de Sergio Leone, Martin Luther King, Jacques Brel, Audrey Hepburn, Grace Kelly. Et Edouard Balladur (seul encore en vie de la liste...)

 

Ah oui, et puis bien sûr, la crise. La première du siècle. La grande dont tout le monde parle depuis que la première de ce siècle a débuté. Celle qui, en quelques mois, ravage les États-Unis, se propage en Europe, accouche des Raisins de la Colère, et un peu du fascisme en Europe. Dans un pays où l'optimisme régnait, les villes sont soudain parcourues par des familles errantes: plus de travail, plus de toit, plus d'argent. Chacun cherche la rue au coin de laquelle la prospérité est censée se trouver. Sans la trouver.

 

C'est l'interprétation de cette crise qui débouchera sur les accords de Bretton-Woods, qui pendant des décennies régiront le système financier mondial, fonderont le FMI et la Banque mondiale.

 

C'est cette même crise qui contribuera à nourrir la volonté renouvelée de forger l'Union européenne. Plus seulement l'idée d'Europe napoléonienne, «l'esprit européen», mais bien une union forte qui permettrait de s'unir à l'avenir, face à de nouvelles crises éventuelles.

 

Sans compter que 1929 a compté pour les pays colonisés, fournissant aux mouvements indépendantistes une justification supplémentaire: puisque le modèle des colonisateurs échouait, quelle suprématie avaient-ils ?

 

1939. C'est probablement la date que tous les écoliers retiendraient s'il ne devait en rester qu'une. 1939 et son pendant : 1945. Ce n'est pas là que tout commence, puisqu'Hitler a pris place en 33, que les déclarations antisémites se sont déjà faites entendre, que déjà les accords nauséabonds de Munich, signés en 38 étaient de mauvais augure. Mais en 1939 tout devient réel.

 

Tout devient réel le premier jour de septembre, lorsqu’en dépit du pacte de non-agression de la Pologne, les troupes allemandes envahissent le pays. Tout devient réel à 4h45 du matin, à l'issue d'intenses bombardements, lorsque la Wehrmacht enfonce les défenses polonaises jusque dans les plaines centrales. Alors l'Angleterre, qui jusqu'au dernier moment avait espéré un compromis, une paix fragile, se résout à déclarer la guerre: c'est le 3 septembre, et la France la suite de quelques heures. On connaît la suite.

 

En marquant le début de la Seconde Guerre mondiale, et pour ce que fut cette guerre (une série de crimes contre l'humanité), 1939 suffirait à être la date la plus importante du siècle. Mais cette guerre fut aussi ce qui forgea les équilibres économiques, et politiques des cinquante années à suivre, de la suprématie des Etats-Unis à la volonté d'indépendance réaffirmée de tous les pays vivant sous le joug des puissants.

 

Pour les autres années en 9 c’est ICI

 

Alors que conclure de ce retour en arrière ?

 

Rien !

 

Simplement je me dis que former des vœux en ce début d’année 2019 c’est prendre la position du sociologue, engeance très active ces derniers jours, ne pas confondre avec la position du missionnaire, et courir le risque d’être contredit par les faits, la réalité quoi. Mieux vaut faire comme nos sociologues en chambre, attendre et voir pour mieux se ruer, accoucher de savantes analyses a posteriori.

 

Allez, bonne année 2019 quand même !

 

 

 

Partager cet article

Repost0
27 décembre 2018 4 27 /12 /décembre /2018 06:30
Fondation Louis Vuitton exposition consacrée à Egon Schiele (1890-1918)

Fondation Louis Vuitton exposition consacrée à Egon Schiele (1890-1918)

ADC : Que pensez-vous de la vogue des vins dits « nature » ?

 

  • Ça n’existe pas ! La nature ne fait pas du vin, mais du vinaigre : le vin est une invention de l’homme. Le vin nature est une offense à l’esthétique, une offense au terroir, car le vin nature exprime rarement le terroir. Sans parler des défauts : oxydation, reprise de fermentation, autolyse des levures… Ce qui m’intéresse, ce n’est pas le vin qui désoiffe mais celui qui inspire.

 

« Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés »

 

C’est la cinquième demande du Notre Père que j’ai si souvent rabâché, débité à toute blinde comme on se débarrasse d’une corvée.

 

« Demander le pardon, écrivait Sainte Thérèse d’Avila, c’est reconnaître notre faiblesse, notre péché, nos résistances à l’accueil de l’amour de Dieu, et ainsi nous ouvrir à la grâce. »

 

Je n’ironiserai pas sur le sens de l’esthétique de nos winemakers goulus, ces stakhanovistes de l’extraction, ces mondialistes de vins sans âme, formatés, tripatouillés, maquillés, la quintessence du faux luxe pour les nouveaux riches, les oligarques.

 

C’est la culture Louis Vuitton !

 

Quand à ce pauvre terroir, invoqué, jamais défini, leurre absolu, il est bien plus offensé par tout ce qu’on y balance, avec la complicité des consultants indifférents, depuis des décennies que par l’érection des vins dit nature.

 

Cette charge outrancière, bien plus aigre que ce fameux vinaigre si souvent invoqué par ces pharisiens des chais, c’est le marketing du buzz.

 

Posture, imposture, les plus ardents défenseurs de l’art officiel, celui des grands vins à la mode winemakers, même lorsqu’ils se disent rock-and-roll, ex-mauvais garçon, on peut aimer Tom Waits tout en n’étant guère borderline, ne sont que la queue de comète d’une société d’hyperconsommation où la distinction se mesure à l’épaisseur de son compte en banque.

 

Faut assumer les mecs !

 

115 domaines en France et 19 à l’étranger, des États-Unis à la Syrie, c’est du taylorisme moderne.

 

Votre suffisance est un vrai signe de faiblesse.

 

Remettez votre nez dans vos éprouvettes et laissez-nous le soin d’exprimer nos goûts qui, ne vous en déplaise, sont tout aussi respectables que les vôtres.

 

Vos vins ne m’inspirent pas, sans doute suis-je trop peu cultivé, je n’ai pas fait la LPV, je préfère les vins du défunt Henry-Frédéric Roch à vos vins sans âme, fruit de calculs, photoshopés,  je ne vois pas au nom de quoi vous vous érigez en juge des élégances.

 

Vous l’êtes, si peu, élégants.

 

La nature ne fait rien, même pas du vin, ni du vinaigre d'ailleurs, c’est la main de l’homme qui fait, alors de grâce à l’image de ces confesseurs impérieux listant nos fautes, cessez de nous emmerder avec celle des prétendus défauts des vins nature, bien sûr qu’il y a des vins nature imbuvables mais que dire des vins de faux-luxe assis sur une masse à 2 balles qui peuple les rayons de la GD ?

 

Rien, les œnologues et les marchands de poudre de perlin pinpin, alliés aux marqueteurs, ont  habillé le vin populaire avec les fringues des bourgeois, certains winemakers y posent leurs signatures pour quelques euros de plus.

 

Les affaires sont les affaires, je n’ai rien contre, bien au contraire, mais de grâce ne venez pas du haut de votre chaire nous donner des leçons d’œnologie.

 

On s’en branle de votre tambouille mais n’affirmez pas que vous n’en fassiez pas !

 

Sur votre lisse tout glisse, morne plaine, ennui, vous tentez de nous faire accroire que vous sculptez des vins alors que vous ne faites que des décalcomanies.

 

Comme le Père Noël le vin nature n’existe pas mais, même si ça vous énerve, il est bien présent, se vend, s’exporte, prend place sur des belles tables, fait découvrir le vin à des néo-consommateurs, joie et bonne humeur dans les bars à vin, tout le contraire des airs compassés de vos master-class.

 

Que « Tu parles Charles… » ne vienne pas ramener sa fraise pour me taxer d’aigreur, je ne fais que répondre, avec mesure, à un propos outrancier.

 

Et puis, cerise sur le gâteau, voilà t’y pas que les récupérateurs de tendance, le Grand Gégé en tête, se ruent, comme la vérole sur le bas-clergé, sur la dénomination nature pour fourguer leur jaja de GD.

 

Reste le péché mortel, l’horreur absolue, celui qui te jette dans la géhenne, les affres des feux de l’enfer, mais qui, d’un petit coup de machine à laver plus blanc que blanc, la confession, un acte de contrition, 2 pater et un ave, te remet sur pied, te redonne ta virginité.

 

Il en est ainsi de nos winemakers en transit dans les hubs d’aéroport, c’est leur storytelling, ils sont les rebouteux modernes, ceux par qui les vins bancals remarchent, les vins malades guérissent, les vins mal foutus se refont une beauté pour défiler sur les podiums.

 

C’est un métier, pas un sacerdoce, alors merci de cesser de nous faire la morale. Allons, allons, les gars, y'a pas de filles ou peu,  si le génie se nichait dans la technique ça se saurait depuis le temps.

 

En buvant ce je bois je n’offense ni l’esthétique, ni le terroir, je bois, je me donne du plaisir, je partage, je n’ai à implorer aucun pardon pour mes fautes de goût auprès des gardiens du temple, qui ne sont d’ailleurs que des marchands du temple, je suis un vieil homme indigne vos boulevards ne sont pas les miens, je préfère les chemins de traverse, la nature quoi !

 

 

 
Tom Waits !
 
Une gueule d'enfer, sombre, une dégaine de bagnard sorti du film de Jim Jarmuch Dawn by Law, un déglingué distingué, une voix de gorge, shaker de Rock et de Blues,  remplie d'effluve d'alcool et de tabac Jockey full Bourbon, un déjanté radical, un iconoclaste drôle, un décalé tout droit sorti des Bas-fonds de Chicago, un mec qui chante pour les paumés et les égarés de la vie...
 
 
Waits possède une voix reconnaissable entre tous, décrite un jour par le critique Daniel Durchholz  comme trempée dans un fut de Bourbon séchée et fumée pendant quelques mois, puis sortie et renversée par une voiture. Encore un grand Monsieur du Rock !
 
 

C'est également un grand acteur qui a joué dans Short Cuts deRobert AltmanDracula de Francis Ford CoppolaCoffee and Cigarettes, Down by Law de Jim Jarmush dont il a écrit la bande son qui est une petite merveille  

Partager cet article

Repost0
26 décembre 2018 3 26 /12 /décembre /2018 06:00
Le repas de Noël en famille : ma brioche et gaufre perdues, crème anglaise, glace vanille de Tahiti, crème de marrons de l’Ardèche, chantilly…

Avec mon ami Julien Boscus, jeune et prometteur chef étoilé, nous discutions souvent à propos de ses fournisseurs, qui souvent étaient les miens. Comme en toute chose, tout commence à l’origine – ne riez pas, c’est ainsi – le cep pour le vin, le maraîcher, l’éleveur, le pêcheur, le poissonnier, le boucher, l’épicier… pour les mets.

 

Bien acheter est la condition nécessaire, et non suffisante, pour gratifier ses invités d’une cuisine goûteuse.

 

1ière étape : bâtir son menu en fonction de la saison, de ses invités, de l’étroitesse de sa cuisine.

 

  • Une entrée avec des noix de Saint Jacques sur salades variées.

 

  • Le plat principal : des filets de sole et des rougets barbet

 

  • Un risotto de la mer

 

  • Plateau de fromages

 

  • Pour le dessert je ne sais pas encore mais pas de bûche.

 

2ième étape : passer à l’achat  

 

  • À terroirs d’avenir : les salades, des fruits, des olives, les fromages.

 

  • Chez le poissonnier de la rue Daguerre : les noix de Saint Jacques, des grosses langoustines, des moules, des filets de sole et de rouget barbet.

 

  • Chemin faisant je repense à ma chronique sur le pain perdu : et si je faisais un dessert à base de brioche perdue et de gaufre perdue ? Je phosphore : achat de brioche tranchée et de gaufres.

 

  • À l’épicerie achat de lait frais bio, de crème fleurette, d’œufs, de cassonade…

 

3ième étape : essai de mon dessert de brioche et de gaufres perdues.

 

  • L’avant-veille j’expérimente mon pain perdu à la cassonade, essai concluant.

 

  • Je décide d’ajouter des boules de glaces ; je brasse donc une glace à la vanille de Tahiti et une glace à la crème de marrons de l’Ardèche Faugier.

 

  • J’ajouterai un fond de crème anglaise et un pschitt de crème Chantilly.

 

4ième étape : préparation la veille

 

  • Cuisson des noix de Saint Jacques, des langoustines, des moules dans un bouillon herbes et cédrat.

 

  • Noix et queues de langoustines au frais.

 

  • Constitution du bouillon avec les jus de cuisson pour faire le risotto. (au frais)

 

  • Cuisson des cubes de carottes et des petits pois pour le risotto. (au frais)

 

5ième étape : le matin du repas préparation

 

  • Confection des tranches de brioche et gaufre perdue (mise au chaud dans mon four à chaleur tournante 50°)

 

 

  • Confection des roulades de filets de sole en vue de leur cuisson à la vapeur juste avant service (au frais) puis cuisson au beurre salé des filets de rougets sur peau à la poêle (mise au chaud au four 50°)

 

  • Préparation des feuilles de salade pour l’entrée et mise en assiette (au frais)

 

  • Persil et ciboulette taillés.

 

  • Riz carnaroli pesé.

 

 

6ième étape : le repas

 

  • Assaisonnement de la salade : citron et huile d’olive

 

  • Lancement de la cuisson du risotto

 

  • C’est parti : disposer les noix de Saint Jacques et les queues de langoustines dans les assiettes de salade, saler, poivrer, herbes et filet d’huile d’olive. Service.

 

  • Lancer la cuisson des filets de sole vapeur.

 

  • Mise en place d’un nouveau jeu d’assiettes pour accueillir les filets, assaisonnement, filet d’huile d’olive. Service.

 

  • Le risotto en petites soupières.

 

  • Le plateau de fromages est prêt : camembert Champ Secret, bleu d’Auvergne, Ossau Iraty, Tomme des Bauges et bûche de brebis des Aldudes, Comté accompagnés de miel en bûche toutes fleurs.

 

 

 

  • Le dessert : mise en assiette des tranches de brioche et de gaufre perdue sur fond de crème anglaise, deux boules de glace et chantilly. Service.

 

​​​​​​

 

  • Café

 

Mes deux petites filles avaient un menu spécial, du saumon sauvage pommes dauphines, elles qui selon leur mère ont des appétits d’oiseaux, deux parts et dessert.

 

C’était bon, la présentation acceptable, j’avais prévu très large et je n’ai eu aucun reste.

 

Nous avons débuté par un champagne Suisse-Laval à l’apéritif qui a accompagné le repas avec un Myosotis arvensis 2014 de Claire Naudin Bourgogne Hautes-Côtes de Nuits.

 

 

Je n’avais pas prévu d’écrire cette chronique donc je n’ai pas pris de photos, faute de temps aussi, mais je me dis en conclusion que si on m’avait viré, suite à mon rapport, j’aurais ouvert un bouiboui, travaillé de mes mains. « Y’a pas de sots métiers, rien que des gens qui ne savent que se plaindre… »

 

 

Partager cet article

Repost0
24 décembre 2018 1 24 /12 /décembre /2018 06:00
Mon tweet de la nuit de Noël

Je déteste les réveillons.

 

J’aime les ânes.

 

Doux et tendre, serein et courtois, organisé et montrant avec ses congénères un sens certain de la convivialité, l'âne est aussi intelligent.

 

J’ai conduit pendant une semaine une ânesse sur le sentier Stevenson dans les Cévennes, elle s’appelait Sarriette. J’étais bien triste lorsque j’ai dû la quitter.

 

 

L’âne n’est pas têtu parce qu'il n'avance plus ou lent parce qu'il est hésitant, son comportement traduit en réalité prudence, attention et circonspection. Sarriette allait à son pas, posant avec précaution ses petits sabots pour nous guider sur des sentiers escarpés, une fin de journée alors que fourbus nous avions hâte de fondre dans le village de la vallée où nous devions faire halte, elle refusa de tirer au droit, et elle avait raison car la prairie était une tourbière, je lui laissai l’initiative, et en des bonds gracieux, elle nous guida à pieds-sec.

 

Intelligence, prudence et personnalité font de l'âne un insoumis, un vrai. Il fait ce qu'on lui demande parce qu'il le veut bien, pour le plaisir de partager, il s'intéresse à ce qu'il fait, il est attentif et prudent, pour lui-même et aussi pour nous.

 

 

Buffon

 

« Pourquoi tant de mépris pour cet animal si bon, si patient, si utile ? Les hommes mépriseraient-ils jusque dans les animaux ceux qui les servent trop bien et à peu de frais ? ...

 

Si l’âne n’avait pas un grand fonds de bonnes qualités, il les perdrait en effet par la manière dont on le traite : il est le jouet, le plastron des rustres, qui le conduisent le bâton à la main, qui le frappent, le surchargent, l’excèdent sans précautions, sans ménagement. On ne fait pas attention que l’âne serait par lui-même, et pour nous, le premier, le plus beau, le mieux fait, le plus distingué des animaux, si dans le monde il n’y avait pas le cheval. Il est le second au lieu d’être le premier et par cela il semble n’être plus rien. C’est la comparaison qui le dégrade : on le regarde, on le juge, non pas en lui-même, mais relativement au cheval ; on oublie qu’il est âne, qu’il a toutes les qualités de sa nature, tous les dons attachés à son espèce ; et on ne pense qu’à la figure et aux qualités du cheval, qui lui manquent, et qu’il ne doit avoir. »

 

Je n’ai jamais cru au Père Noël pour une bonne et simple raison c’est qu’à la maison il était interdit de séjour, nous devions croire au Petit Jésus.

 

Bien sûr, il y avait une crèche à la maison comme dans l’église mais comme j’étais, sous mes airs de petit saint, un apprenti mécréant, je le trouvais un peu cucu la praline le Petit Jésus, rose bonbon, sourire de ravi, alors mon favori c’était l’âne.

 

Dans la crèche familiale, dans le creux de la grotte, formée de papier rocher modelé dans une caisse de carton, je plaçait l’âne, le nôtre comme le bœuf était en position couché, du côté de Saint Joseph car ce pauvre charpentier jouait les utilités, une fois passé les rois mages et la fuite en Egypte, à la trappe le Joseph alors que la Marie y’en a ensuite que pour elle, même une montée au ciel sans ascenseur et des retours inopinés comme à Massabielle devant Bernadette Soubirous.

 

Selon le Protévangile de Jacques, récit qui relate notamment l’enfance de Jésus écrit au IIe siècle, Marie a fait le voyage entre Nazareth et Bethléem sur un âne. Un âne gris commun, qui symbolise la loyauté dans l’Ancien Testament, «fidèle à son maître, alors que le peuple de Dieu ne l’est pas». On prête aussi à cette bête de somme les qualités de douceur, de patience et d’humilité. «La paix aussi, car il s’agit de la monture des patriarches Abraham, Isaac et Jacob», ajoute François-Xavier Nève. Et c’est ce même âne qui aurait permis à la Sainte Famille de fuir la persécution d’Hérode pour rallier l’Egypte, et sur le dos duquel Jésus entra dans Jérusalem le jour des Rameaux. 

 

Bref, ce soir, vu l’ambiance qui règne dans notre vieux pays, j’irai me coucher de bonne heure et je plongerai dans mes rêves d’enfant.

 

Je tweeterai.

 

Heureux d'être ce soir l'âne dans la crèche à Bethléem, ça me va comme un gant, la paille, la paix sur la Terre les étoiles retrouver un cœur d'enfant #Palestine #Noel #Israël #paix #amour #Beauté #fraternité #liberté

 

Les élus qui récupèrent la crèche en la plaçant dans leurs mairies sont minables récupérateurs…

Partager cet article

Repost0
22 décembre 2018 6 22 /12 /décembre /2018 06:00
ÉPLUCHURES

Ce n’est rien qu’un petit texte griffonné au début des années 90, le temps des grands plans sociaux, les charrettes de pré-retraités, le début de la fin de la sidérurgie, la liquidation de l’industrie textile, le Nord des Corons, l’Est des tristes vallées peuplées de filatures… 30 ans de déclin de la classe ouvrière… Et l’on s’étonne, on fait semblant de découvrir l’ampleur des dégâts, on tape à tour de bras sur l’État, il faut, y’a ka…

 

Sur la toile cirée y’a des rogatons

L’éponge lèche ses fleurs fanées

Les yeux de mes chiares

Puits sans fond

Bouffent ce qui me reste d’espoir.

 

J’suis un dégraissé

Épluchure

Entre quatre murs

De mon clapier

Bloc 4 escalier D

Au haut de la barre

Grise.

 

Depuis que j’suis petit

J’sais que bosser

Comme un âne bâté

Cul sur ma chaise

Devant mon café

J’suis mal à l’aise

De plus rien branler.

 

Les gens d’en haut

Y m’ont mis sur la liste

Comme un de trop

J’prends le chemin

D’être érémiste

Comme un de rien.

 

Tien y’a le Lucien

Qui fait pisser son chien

Et ma Lucette

Qui part bosser

Sans un baiser

J’sais pas pleurer

Alors j’fais rien.

 

J’pue plus

L’huile de vidange

J’cocotte l’ennui

Et là t’as pas de rechange

Ça te colle jour et nuit.

 

Ils en ont rien à traire

Les types d’en haut

Y font leur sale boulot

En pondant un plan

Où ton nom propre

Chiure de mouche

Rimera avec licencié.

Partager cet article

Repost0
16 décembre 2018 7 16 /12 /décembre /2018 06:00
« Bon, dame, ce n'est pas tout ça, il faut que j'aille balayer la place ! » comme disait mémé Marie…

J’ai le bonheur, qui vaut toutes les rétributions financières, d’avoir des lecteurs fidèles, commentateurs, plus ou moins réguliers, de mes chroniques.

 

Même ceux qui ne me trouvent pas à leur goût me lisent, tel François Mauss :

Le 11 décembre 2018

 

Au Sieur Jacques :

C’est véritablement fascinant de lire ce blog où on trouve des pages splendides comme celles sur Simone Weil, des réflexions intéressantes sur Lafon-Rochet et aussi des aigreurs inutiles dont le ton est assez mineur.

Il doit y avoir comme cela des jours sans et des jours avec ! Va savoir, Charles !

 

Ainsi le nantais Arédius qui à l’évocation de mon séjour nantais Place Victor Richard  a réveillé en mois des réminiscences de ma Vendée crottée, de son patois ou de ses expressions.

 

« Les nouilles de mon gourbi place Victor Richard » Ah ! C'est à mon arrivée à Nantes que, à la boulangerie de cette place, j'ai entendu une dame dire « bon, dame, ce n'est pas tout ça, il faut que j'aille balayer la place ! »...et j'ai appris que la place, c'était chez elle. »

ICI 

 

Mémé Marie, le pépé Louis et tous les vieux du village parlaient patois. Ma sainte mère, très à cheval sur l’orthographe, la syntaxe, elle avait rêvé d’être institutrice mais on l’envoya faire son apprentissage de couturière, veillait au grain : pas question d’utiliser ce vocabulaire de paysan mal dégrossi. Mon père Arsène, qui parlait peu, le faisait en un excellent français.

 

Mes copains et moi nous ne parlions pas le patois mais, hors les oreilles de nos mères, nous aimions utiliser le langage des charretiers : « Nom de Diou, de Bondiou ! », « Bordel de merde ! », « Fais chier ! » « Putain de putain ! » ou des expressions comme « pleuvoir comme vache qui pisse », « grenouille de bénitier », « tirer son coup »…

 

Le patois vendéen est riche : c’est un sous-ensemble du dialecte poitevin. Malgré les différences, surtout de prononciation, il existe des points communs importants entre les différents parlers locaux. Henri-Pierre Troussicot le maîtrise parfaitement. ICI 

 

Mais ma chronique de ce matin est essentiellement consacrée : à la place.

 

En effet, dans ma prime jeunesse, avec mon père, dans sa 2 CV Citroën, qu’il conduisait comme un amoureux de sa campagne, le dimanche après-midi nous allions visiter dans les métairies ses clients. Pour ceux qui ne savent pas encore Arsène Berthomeau était entrepreneur de travaux agricoles : battages, labours, distillation.

 

C’était au tout début des années 60 et l’électrification rurale n’avait pas encore atteint les écarts, donc les petites maisons d’un étage, aux fenêtres étroites étaient plongées en plein après-midi dans la pénombre. Nous nous asseyons autour de la grande table commune sur des bancs. La fermière préparait le café, c’est-à-dire, qu’elle allait quérir dans un grand récipient qui bouillottait sur un trépied au coin de la cheminée, un café à la turque : un mélange de café moulu et de chicorée plongé dans de l’eau. Vu mon âge je n’avais pas droit au café donc je ne peux vous en décrire le goût. Je ne buvais rien et je trouvais ça très bien vu le niveau d’hygiène. À la maison on se moquait un peu de moi en disant que j’étais « zirou » car je n’acceptais de manger que le beurre que baratait à la main la tante Valentine. Dire que le beurre que vendaient les BOF des villes provenait de ces fermes qui le vendaient sur la marché du vendredi à la Mothe-Achard. Vraiment y’avait de quoi être dégoûté ou aziré en patois.

 

Mon père, stoïque, faisait la rincette avec de la goutte, celle qu’il distillait pour le compte du bordier. J’avais droit à y tremper un sucre.

 

Papa n’était jamais pressé, il prenait le temps, ce qui me donnait l’occasion d’observer l’intérieur des fermes qui se résumait souvent à deux grandes pièces communes. Comme plusieurs générations cohabitaient, il y avait des lits à rouleau dans la pièce commune. Ceux-là je les connaissais car pépé Louis, mémé Marie et la tante Valentine couchaient sur des matelas de plumes, dans lesquels ils s‘enfonçaient comme dans des sables mouvants, couvre-pied rouge et gros édredon. Pépé Louis couchait en chemise et portait un bonnet de nuit à pompon.

 

Mais ce qui me fascinait c’est que, contrairement à la maison familiale où le sol était recouvert de carrelage, dans les fermes où nous allions c’était de la terre battue couleur de glaise et surtout pleine de trous et de bosses. L’été y’avait même des poules qui venaient y gratter.

 

Pour balayer la place la fermière utilisait un balai en fragonnette, le Fragon faux houx ou Petit-houx a des tiges et des feuilles très rigides qui permettaient de gratter le sol en terre battue qu’il fallait un peu arroser afin d’éviter la poussière.

 

Comme la cheminée, où bouillait un grand chaudron à patates pour les gorets, fonctionnait en permanence, et tirait plus ou moins bien, les poutres au plafond étaient noires de suie. Un jambon y pendait, de même que des tresses d’oignons et d’échalotes. Sur les buffets des globes avec des bondieuseries, des mèches de conscrits, des médailles miraculeuses. Au mur des crucifix ornés du rameau de buis béni par le curé le dimanche des rameaux. Il y avait aussi des hommes debout, des bonnetières, en merisier et toujours une pendule à balancier indiquant l’ancienne heure c’est-à-dire celle du soleil.

 

L’eau, comme les chiottes, quand il y en avait, étaient dehors.

 

Ils se lavaient, pas très souvent d’ailleurs, dans les grandes bassines en zinc servant à la lessive à la buanderie.

 

Les femmes avaient coutume de dire aux hommes « vos bêtes sont mieux logées que nous… »

 

Le confort matériel des métayers n’était guère le souci des maîtres. On partageait les fruits de la métairie alors pourquoi dépenser de l’argent pour loger ses paysans.

 

Je ne suis pas en train de noircir le tableau mais je décris une réalité pas très lointaine : une cinquantaine d’années seulement. Rien qu’un petit coup de canif au c’était mieux avant. Le dernier acte de l’exode rural se jouait à ce moment. Les lois d’orientation de 1960 d’Edgard Pisani, la Révolution silencieuse de Debatisse, le Marché Commun, le plan Mansholt, le rapport Vedel, la porte-ouverte à l’intensification, à l’intégration par les firmes, au hors-sol pour les exploitations familiales à 2 UTH, ça vient de loin camarades !

 

Les paysans ne domineraient plus l’espace rural, ils sont minoritaires, les bourgs vont mourir, les usine fermer, les  grandes surfaces, chères aux gilets jaunes vont drainer ces étranges ruraux toujours en bagnoles, plus personne ne prend le train. C’est le début de la fin que nous payons cash.

 

L’exemple de haute-Vendée industrieuse devrait donner à réfléchir à tous les politiques, les extrêmes en particulier, sur le remaillage, le tapinage aurait dit mémé Marie : le ravaudage, de ces territoires exsangues.

 

Petit dictionnaire de patois vendéen

 

Chez nous, il ne pleut pas

   o mouille

 Chez nous, il n'y a pas de rosée

   mais de l'égaille

 Chez nous, on ne souffle pas

   on buffe

 Chez nous, on ne ferme pas les portes à clé

   on barre les portes

 Chez nous, on ne fait pas la sieste

   on fait la mariénnaïe

 Chez nous, les gens ne sont pas méchants

   le sont chti

 Chez nous, il n'y a pas d'éclaboussure

   mais o coti

 Chez nous, il n'y a pas de mensonges

   mais do mentries

 Chez nous, il ne bruine jamais

   o brimace

 Chez nous, personne n'est ensorcelé

   l'sont enjominaïe

 Chez nous, on ne tombe pas à terre

   mais on ché o bas

 Chez nous, on ne mange pas de noix

   mais do calais

 Chez nous, il n'y a ni pie ni corbeau

   mais do niaces et pi do groles

 Chez nous, on n'a pas chaud

   i sont achallé

 Chez nous, on ne dit pas 'ou est-tu'

   mais 'ou é to qu'té calé'

 Chez nous, on n'est pas 'arrivé'

   on est rendu

 

La suite ICI 

 

Partager cet article

Repost0
13 décembre 2018 4 13 /12 /décembre /2018 08:20
De mon temps les agents c’était les hirondelles, de nos jours c’est pire que le chiendent y’en a partout même chez les naturistes…

J’attends en vain le retour des hirondelles, nos bobbies à nous, avec leur longue pèlerine bleu marin qui flottait au vent et leur bâton blanc.

 

Les agents cyclistes furent créés par le Préfet de Police Louis Lépine en 1900 pour assurer une surveillance de nuit dans les quartiers de Paris. Leur efficacité entraîna la création d'une Brigade cyclistes en 1901 et leur surnom « Hirondelles » leur fut donné parce que leur vélo de marque Hirondelle  fabriqué par Manufrance.

 

La Manufacture française d’armes et cycles de Saint-Étienne, son célèbre catalogue, la triste fin de son histoire en 2001. Les hirondelles furent commercialisées des années 1900 aux années 1960. Des motocyclettes Hirondelle furent également fabriquées par Manufrance dans les années 1950.

 

 

Chaque arrondissement de Paris était pourvu de trois brigades cyclistes de quatre agents, placés sous l'autorité d'un sous-brigadier. Ils achetaient leur vélo pour lequel une indemnité leur était versée.

 

Lire ICI 

 

« Mais, de son commissariat de Bagnolet, puis de Montreuil où il était hirondelle, il patrouillait dans les rues et les chemins de terre des Buttes à Morel pour maintenir la paix entre les bandes rivales, qui s'affrontaient à Montreuil et à Bagnolet. »

 

« Comme il tenait mal le pastis, il continuait son cirque en plein air, rue Fontaine ou rue de Douai. Des hirondelles l'encadraient et l'emmenaient au quart où on l'enchaînait, par les mains, au radiateur. »

 

« Les flics, on les appelait les « Hirondelles », toujours en couple, juchés sur leurs grands vélos. Deux pèlerines très vastes, filant à grande vitesse à califourchon sur un vélo grinçant, casquette de contrôleur SNCF à l'envers. »

 

Bien sûr, je croise sur le pavé de Paris des policiers en VTT, la brigade a été créée en 1990. Mon Dieu, doux Jésus aurait dit ma couturière de mère, qu’ils sont mal fagotés !  Ils se la pètent un peu, moins que ceux en rollers, et ils ne donnent pas aux citoyens le même sentiment de sécurité que les braves hirondelles du passé.

 

Après ce petit couplet souvenirs, revenons AUX AGENTS.

 

L’agent est ici un intermédiaire entre la production et la vente.

 

Les plus anciens sont les agents artistiques qui interviennent dans plusieurs domaines tels que la musique, le cinéma, le théâtre et la mode…

 

 

Les nouveaux arrivés sont les agents du football où l’argent coule à flots. Joueurs, entraîneurs, clubs ont des agents.

 

En clair, là où y’ a du blé à piquer sur le mercato y’a des agents par milliers.

 

10 % sur 180 millions d’euros ça fait un beau magot.

 

Le 31 août 2017, le Paris Saint-Germain arrachait le petit prodige à l’AS Monaco pour 180 millions d’euros.

 

L’agent se rémunère en effet à, l’aide d’une commission, un pourcentage sur le volume de ventes qu’il amène à son client.

 

Ce n’est pas nouveau mais la prolifération des agents dans le petit monde du vin, surtout nature, bio, biodynamie, intermédiaire entre des vignerons et des cavistes, loin des centrales d’achat de la GD ou des cavistes intégrés type Nicolas, m’interroge.

 

Bien sûr, l’éparpillement des vignerons et des cavistes, les petits volumes, la concurrence entre vignerons d’une même région – oui, oui, camarades ce mot honni traduit une réalité – celle entre cavistes, l’inorganisation qui se traduit par une absence d’allotement générant des coûts logistiques élevés, la recherche de notoriété, rendent la fonction d’agent utile.

 

Tous ces surcoûts mis bout à bout se retrouvent dans le prix des bouteilles ou, dit autrement, font que ce qui revient au vigneron est bien éloigné de ce que paye le consommateur final.

 

Est-ce une fatalité ?

 

Ce n’est pas simple ce qui ne signifie pas qu’on ne puisse pas y apporter des remèdes.

 

Le bon chemin pour les élaborer passe par ce qui fut l’une des armes des paysans face à la toute-puissance des intermédiaires : le mutualisme et la coopération.

 

Deux belles idées assassinées par les hiérarques des organisations professionnelles agricoles qui, malheureusement, agissent comme des répulsifs pour beaucoup de vignerons.

 

Pour autant, elles restent toujours des idées neuves pour qui veut bien les prendre et les utiliser à bon escient.

 

Délaisser la fonction commerciale, la confier à d’autres, a toujours été chez les paysans la pierre d’achoppement, la réinvestir fait partie du chantier de ce que l’on qualifie trop facilement de retour des circuits courts. Là encore, certaines belles âmes en profitent pour se sucrer au passage.

 

Mon pépé Louis détestait les intermédiaires, pour lui c’étaient rien que des maquignons, ceux qui lui mangeaient la laine sur le dos, le roulaient dans la farine en jouant de leur connaissance de l’état du marché, il leur réservait les injures les plus gratinées de son vocabulaire.

 

 

Pour les révolutionnaires assis bien au chaud je rappelle que dans l’Ouest, avec Bernard Lambert, la gauche paysanne, les Paysans Travailleurs ancêtres de la Confédération Paysanne, a lutté contre les cumulards, ces marchands de bestiaux enrichis qui trustaient les meilleures prairies au détriment des paysans.

 

De cette époque préhistorique je garde une forme d’aversion pour ceux qui, dans l’indispensable liaison entre le producteur et le vendeur final, se contentent de vivre sur la bête, prennent peu de risques, empochent une belle commission en rendant un service minimal, profitent de leur position pour privilégier certains de leurs clients.

 

Comme je n’ai ni les moyens, ni l’envie de réaliser une enquête sur la fonction d’agent dans le monde du vin et que ceux qui se targuent d’être des journalistes du vin n’auront ni le courage ni les moyens de la faire, j’en reste là.

 

Attention, lisez-moi bien, je ne mets pas tous les agents dans le même panier, ce serait alors, comme on dit, un vrai panier de crabes.

 

 

 

Partager cet article

Repost0
2 décembre 2018 7 02 /12 /décembre /2018 07:00
Courte lettre du dimanche aux français si versatiles !

Oui, j’ose, je me la joue Tonton qui, le 7 avril 1988, pendant la campagne Présidentielle, dites de la « France Unie » a publié une lettre aux français. François Mitterrand y dressait son bilan et développait surtout son programme en 18.000 mots et 7 chapitres. ICI 

 

 

Même si ça va faire hurler les hurleurs qui vont m’accuser d’avoir le melon, j’ai contribué à l’écriture de la partie agricole de ce courrier (j’ai le double dans mes archives).

 

Je ne m’adresse pas ici aux gilets jaunes dont je vous transmets les 42 revendications.

 

Baisse des taxes, référendum populaire, zéro SDF... 

ICI

 

C’est aux autres, ceux qui bien au chaud massivement disent soutenir le mouvement que je m’adresse. Selon un sondage Odoxa paru le 28 novembre, 84% des Français soutiennent le mouvement des "gilets jaunes".

 

Souvenez-vous du temps où, avant l’échéance présidentielle, votre détestation pour le sortant lui a fait jeter l’éponge ouvrant ainsi la voie à son ex-conseiller et Ministre.

 

Souvenez-vous du surprenant triomphe de François Fillon aux primaires de la droite, il serait sans aucun doute votre Président, appliquant une sacré purge à la dépense publique et une belle ponction via la TVA, s’il n’avait pas employé madame à ne rien faire sur le dos des contribuables et s’être fait acheté quelques costards de luxe.

 

Vous ne l’avez placé que 3e dans la compétition du premier tour.

 

Vous lui avez préféré la fille du seigneur de Montretout qui ensuite s’est ridiculisée par son incompétence lors du débat à la télé.

 

Une question : pourquoi n’avez-vous pas voté plus massivement pour l’insoumis, lui qui se dit aujourd’hui en communion avec les gilets jaunes, afin de le placer à cette fameuse seconde place ?

 

Et le petit Hamon, au programme pourtant aguichant, quelle claque vous lui avez balancé !

 

Pour l’anecdote, le gilet jaune autoproclamé de Debout la France n’a pas été plébiscité.

 

Bref, vous avez élu Macron dont le programme, sans conteste, penchait plus à droite qu’à gauche.

 

Que ce jeune garçon n’ai pas compris les ressorts profonds du pays, qu'il se soit comporté avec arrogance, j’en conviens aisément. À sa décharge, ce pays est un tel nœud de contradictions que je voudrais bien savoir qui, dans le personnel politique existant, apportera une réponse satisfaisante ?

 

Alors vous souhaitez aujourd’hui le faire plier, dégager ses députés godillots, le dégager lui, pourquoi pas !

 

Et après ?

 

Qui ?

 

Un scénario post-68 la France de la peur en appelle à Wauquiez ou à Le Pen qui se disent disponibles pour tirer les marrons du feu.

 

Le grand soir des Insoumis, une nuit debout réussie débouchant sur un grand mouvement de solidarité de votre part pour enfin faire triompher la justice sociale. Je ne suis pas sûr que la ponction effectuée dans votre porte-monnaie vous fasse applaudir.

 

Pour ma part, vieux que je suis, lourdement ponctionné de CSG sans râler, je ne serai d’aucun de ces scénarii et comme je n’ai aucun homme providentiel (désolé pour ce masculin) sous la main j’irai à la pêche.

 

Ce sera la première fois de ma vie civique, j’assume ce retrait face à l’océan de versatilité de nous les français. Je me mets dans le panier même si je suis resté attaché à mes engagements de jeunesse, mes fidélités politiques, je suis dans le système, je suis comme vous le système.

 

La France est, au fond un vieux pays conservateur, rentier, qui, de temps à autre, se donne des frissons, descend dans la rue, de nos jours de moins en moins nombreux vous préférez la force du like sur Facebook au pavé, vous réclamez le changement mais c’est essentiellement pour les autres, je m’adresse ici à une grande majorité qui ne vit pas, comme moi, dans la hantise des fins de mois, dans le déclassement professionnel, mais qui fait partie de ces 80% qui soutiennent le mouvement des gilets jaunes.

 

Au passage, quelle honte que le soutien de ces people au mouvement, si, comme pour les politiques, vous leur demandiez la publication de leur patrimoine ce serait une mesure de salut public.

 

Du côté de Hollande et de Ségolène on atteint le tréfonds du fonds du cynisme politique, ça ne me surprends pas.

 

Bon premier dimanche de décembre.

 

Je ne reviendrai plus sur ce sujet, je n’ai pas à me plaindre, ni à me victimiser, ce qui me reste de route à faire je le ferai en m’accrochant au collectif, à la paix, aux vrais compromis qui font le vivre ensemble, chez soi ou dans la société. J’essaie de balayer devant ma porte en évitant le y’a ka faut kon…

 

« Comment oser prendre des engagements lorsqu'on doute si l'on sera à même de les tenir? (...) D'où mes retraits, mes dérobades, mes fuites, mon apparente versatilité »

Gide, Ainsi soit-il, 1951, p. 1203.

"NOS CAMPAGNES SE MEURENT" : À TONNERRE, LES "GILETS JAUNES" FONT ACTE DE PRÉSENCE ET DE DÉSESPOIR

ICI 

 

Partager cet article

Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents