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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 10:00
Des hélicoptères survolent la vallée de la Soummam en Mai 1956. / AFP

Des hélicoptères survolent la vallée de la Soummam en Mai 1956. / AFP

Afin de mieux coller à l’actualité de la campagne électorale j’ai choisi de publier mon journal d’un chroniqueur de campagne sans m’en tenir à un calendrier précis.

 

À chaud !

 

Ainsi ce matin dans mon courrier un lecteur m’écrit (vous pouvez le faire via en cliquant sur CONTACT tout en bas du blog).

 

Fillon, Macron, la presse et la colonisation

 

Comment dans un débat politique d’un tel niveau, où l’un des concurrents fait campagne pour se blanchir (il s’en remet au suffrage universel pour être jugé, quand même) et dessoudant la presse, les discours de macron et les cris d’orfraie qu’ils suscitent, j’ai cette phrase d’Albert Londres qui remet tout le monde en phase.

 

Elle conclut la post face qu’il a écrite pour Terre d’Ebène : «Je demeure convaincu qu'un journaliste n'est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie»

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Terre d’Ebène : après l’avoir lu, personne ne peut affirmer à moins de s’aveugler, que la colonisation a été seulement un bienfait. Ce qui une fois de plus ne fait pas de tous des criminels, mais l’ensemble est un monstre. Crime contre l’humanité n’est choquant que si l’on ne veut pas savoir.

 

D’autre part, pour la presse : elle doit effectivement porter la plume dans la plaie. Mais la maturité d’un citoyen électeur est de faire la part des choses, et d’accueillir les informations pour les traiter pour ce qu’elles sont : des données nouvelles.

 

Le politiques aiment trop les cireurs de bottes pour ne pas qu’ils soient suspects. Fillon, comme les autres.

 

Mais pourquoi Macron a-t-il choisi l’Algérie ?

 

1/12/1954, «L'Algérie, c'est la France et la France ne reconnaîtra pas chez elle d'autre autorité que la sienneFrançois Mitterrand, ministre de l'Intérieur…

 

Son discours ICI

 

Un demi-siècle après la décolonisation et la fin de la guerre d'Algérie, l'exercice de mémoire autour de ces sujets demeure profondément conflictuel, comme otage des idéologies et des clivages politiques.

 

« La France aurait tout intérêt à faire la lumière sur son passé et cesser de fermer les yeux sur ce que fut réellement cet épisode de l'histoire. La colonisation fut longtemps au centre de l'idéal républicain, dit de gauche - au même titre que la laïcité et la conquête des libertés - portée par des grandes figures du Panthéon de la gauche française, Léon Gambetta ou Jules Ferry qui déclarait à la Chambre des députés, le 28 juillet 1885: «Je soutiens que les nations européennes s'acquittent avec largeur, avec grandeur et honnêteté, de leur devoir supérieur de civilisation!» Cette approche avait alors un caractère quasi officiel, «politiquement correct» dirions-nous aujourd'hui.

 

Quant à l'Algérie, elle fut pendant plus d'un siècle considérée, non pas comme une colonie mais comme une fraction du sol national. A l'exception du parti communiste, et de quelques individualités isolées, l'ensemble de la classe politique, jusqu'à la fin des années 1950 - y compris la SFIO et le parti radical, ancêtres du parti socialiste actuel, le MRP centriste - considérait les trois départements algériens comme faisant partie intégrante et intouchable du territoire Français. »

 

Maxime Tandonnet le 18/03/2016

Adolescent, la guerre d’Algérie, faisait partie du quotidien de nos familles, nos grands-frères y étant appelés sous les drapeaux en tant que soldat du contingent. Mon frère aîné Alain en était, il a passé 18 mois de sa vie sur un piton rocheux à la frontière de la Tunisie « protégée » par ligne électrifiée dites ligne Morice. Sa base arrière était à Guelma.

 

J’ai vu aussi débarquer à la Mothe-Achard, après les accords d’Evian, les Pieds Noirs désemparés avec leur petit balluchon.

 

Jeune homme j’ai choisi de faire mon service national en tant que coopérant (VSNA) et j’ai été affecté à l’Université de Constantine en tant que maître-assistant. C’était au temps de Boumediene. J’y ai passé 2 années de ma vie. Parmi mes étudiants j’avais de nombreux quadragénaires ayant participé à cette guerre et qui venaient acquérir une formation juridique nécessaire aux postes qu’ils occupaient.

 

Avant de partir j’avais lu La Guerre d'Algérie (4 tomes parus chez Fayard) d’Yves Courrière

 

Les Fils de la Toussaint, 1968

Le Temps des léopards, 1969

L'Heure des colonels, 1970

Les Feux du désespoir, 1971

 

Mais aussi, entre autres, Les Damnés de la Terre de Frantz Fanon

 

Je vous conseille d’offrir à vos jeunes l’admirable Histoire Dessinée de la Guerre d’Algérie de Benjamin Stora et Sébastien Vassant au Seuil.

 

« La guerre d’Algérie fut le grand épisode traumatique de l’histoire de la France des Trente Glorieuses et les blessures ouvertes alors ne sont pas encore refermées, comme en témoignent les polémiques mémorielles récurrentes qu’elle continue de soulever. En 250 pages, Benjamin Stora et Sébastien Vassant retracent en textes et en images les moments-clés de cette guerre longtemps restée « sans nom », avec ses épisodes majeurs et ses acteurs principaux, français comme algériens.

 

À partir d’archives, de portraits et de témoignages, Benjamin Stora et Sébastien Vassant donnent à voir et à comprendre la guerre d’Algérie comme on ne l’a jamais fait. La bande dessinée restitue cette histoire dans toutes ses dimensions tout en intégrant les acquis de la recherche historique la plus récente, et en faisant place à la diversité des mémoires. »

Journal d’1 chroniqueur de campagne (5), Macron, la colonisation, pourquoi l’Algérie ?

Je propose à votre lecture 4 articles :

 

  1. Colonisation. Macron « a des arrière-pensées pas seulement humanistes » le 17/02/2017 Ouest-France.

 

Emmanuel Macron a profité d’un voyage de deux jours en Algérie pour répondre aux questions d’un journaliste d’une chaîne de télévision algérienne. Certains de ses propos ont fait mouche. «La colonisation est un crime contre l’humanité», a-t-il lancé, adoptant une ligne opposée à celle de certains de ses adversaires de la présidentielle. Olivier Lecour Grandmaison, politologue spécialiste d’histoire coloniale, enseigne à l’université d’Évry-Val d’Essonne et au Collège international de philosophie. Auteur de plusieurs ouvrages, il a publié, en 2014, L’empire des hygiénistes. Vivre aux colonies, aux éditions Fayard. Il est aussi à l’origine d’un récent appel pour la reconnaissance des crimes coloniaux commis par la France. Pour Ouest-France, il réagit aux déclarations du candidat d’En Marche, qu'il a assumé sur Facebook.

 

- À la télévision algérienne, Emmanuel Macron a qualifié la colonisation de crime contre l’humanité. Qu’en pensez-vous?

 

Il est tout à fait possible de considérer la colonisation comme un crime contre l’humanité dès lors que l’on s’intéresse de façon précise aux modalités de la colonisation. Il s’agissait de guerres de conquête et de guerres coloniales dont l’une des caractéristiques, et pas seulement en Algérie, est d’avoir été des guerres totales, où l’on a assisté à une militarisation complète de la population et du territoire. Ce qui veut dire que la distinction entre civil et militaire s’effondre, celle entre sanctuaire et champ de bataille également.

 

Par ailleurs, et là ça ne concerne pas uniquement l’Algérie, autre particularité, et aujourd’hui reconnu comme un crime contre l’humanité, le fait que les populations civiles, sans avoir eu un comportement délictuel, ont été soumises au travail forcé. Lequel a été extraordinairement criminel.

 

- Il y a eu des massacres aussi…

 

Oui. À ce propos, la qualification employée par Emmanuel Macron est partagée par des historiens, des avocats. Je pense notamment à celui de Sétif, Guelma et Kherrata, le 8 mai 1945. Entre 35000 et 40000 morts. Un massacre qui court du 8 mai à la fin août, début septembre, qui implique l’ensemble des forces armées (Terre, Air, Marine), plus des milices coloniales. Eu égard aux modalités de ce massacre, à ses mobiles, un certain nombre de contemporains aujourd’hui considèrent, en effet, qu’il s’agit de crime contre l’humanité.

 

- Dans l’interview, après ces propos forts, il tente: «La France a installé les droits de l’homme mais a oublié de les lire»

 

La suite ICI 

 

  1. La colonisation "crime contre l'humanité": pourquoi Macron a raison le 16.02.2017 Bruno Roger-Petit

 

Interrogations. Emmanuel Macron a juridiquement tort, mais a-t-il politiquement raison? Le pénal suffit-il à caractériser le moral? Une définition juridique, pour aussi parfaite qu’elle puisse être considérée suffit-elle à enfermer le politique, convoqué au chevet de l’histoire? Évoquant ce que fut la colonisation française en Algérie (ce qui vaut pour tant de terres où elle sévit) Emmanuel Macron a parlé de crime contre l’humanité. En droit, c’est discutable, mais au regard de la morale de l’histoire, qu’en est-il?

 

Relisons Bel ami, ces pages d’introduction où Maupassant campe le personnage de Georges Duroy, déambulant dans Paris en quête de destin: "Et il se rappelait ses deux années d’Afrique, la façon dont il rançonnait les Arabes dans les petits postes du Sud. Et un sourire cruel et gai passa sur ses lèvres au souvenir d’une escapade qui avait coûté la vie à trois hommes de la tribu des Ouled-Alane et qui leur avait valu, à ses camarades et à lui, vingt poules, deux moutons et de l’or, et de quoi rire pendant six mois. On n’avait jamais trouvé les coupables, qu’on n’avait guère cherché d’ailleurs, l’Arabe étant un peu considéré comme la proie naturelle du soldat".

 

« L'Arabe étant un peu considéré comme la proie naturelle du soldat ». Maupassant livre une anecdote. Que l’on devine vraie. Que l’on sait ordinaire, dans le sens où elle est répétée à l’infini depuis que la France s’est emparée de l’Algérie. Et que cela va encore durer soixante-dix ans. Comment dire mieux la colonisation française, sa violence et son injustice? Comment ne pas comprendre les traces laissées dans la conscience d’un peuple? Comment nier l’indélébile empreinte mémorielle?

 

« Anonyme ou pas, l’ordure provient toujours de l’extrême droite »

 

La suite ICI 

 

  1. « Certaines pages de l’Histoire de la colonisation sont de l’ordre du crime contre l’humanité » La Croix

 

Après les déclarations d’Emmanuel Macron sur la colonisation, Pascal Blanchard, historien, chercheur au laboratoire communication et politique du CNRS*, et spécialiste du fait colonial, revient sur les enjeux qui entourent cette question historique.

 

- La Croix : La colonisation peut-elle être considérée comme un crime contre l’humanité ?

 

Pascal Blanchard : La colonisation en soi n’est pas juridiquement un « crime contre l’humanité », ce n’est pas le même phénomène que l’esclavage. Même si les textes internationaux énoncent que « les crimes contre l’humanité doivent être commis par une puissance étatique qui pratique une politique d’hégémonie idéologique ». Par contre, certaines pages de l’Histoire de la colonisation, comme la conquête de l’Algérie, de 1830 à 1842, celle de l’Indochine, ou encore la grande révolte et sa répression en Nouvelle-Calédonie en 1878 et la guerre au Cameroun dans les années 1950, ont été de l’ordre de l’inacceptable, et donc du crime contre l’humanité au regard des « faits ». Y compris au regard du droit français, depuis la loi du 26 décembre 1964 où la notion de crime contre l’humanité fait son apparition dans le code pénal.

 

On est dans un pays paradoxal avec 12 744 musées, mais il n’y en a aucun qui traite, parle ou appréhende l’Histoire coloniale. Quand l’Histoire ne peut pas rentrer au musée, c’est qu’elle est encore brûlante, manipulée aussi ou qu’elle n’a pas trouvé le temps de l’apaisement des mémoires. Elle reste donc dans le champ du politique, des manipulations de l’histoire et des mémoires en conflit.

 

La suite ICI 

 

  1. POINT DE VUE

 

« Oui, la colonisation est un crime contre l’humanité » par Hamidou Anne (chroniqueur Le Monde Afrique, Dakar)

 

Qu’Emmanuel Macron provoque une polémique en affirmant, lors d’une visite à Alger, que la colonisation est un crime contre l’humanité témoigne d’un profond malaise français sur le sujet. Mais en dépit des éructations de certains, le bilan est sans appel : oui, la colonisation est un crime contre toute l’humanité, dont le résultat fut d’imposer la domination de la barbarie contre la civilisation.

 

Les peuples d’Afrique ont vécu une terrible violence du fait colonial avec des morts, des expropriations, des privations de liberté et surtout une négation profonde de la dignité humaine par la domination politique, économique et culturelle. Les chiffres de cette période sont éloquents d’horreur. Pour procéder plus facilement au pillage systématique des ressources du continent africain, les colons ont soumis des populations civiles aux travaux forcés avec à la clé des milliers de victimes. Par exemple, l’historien Antoine Madounou établit un bilan entre 15 000 et 30 000 personnes mortes sur le chantier du chemin de fer qui devait relier Pointe-Noire à Brazzaville, au Congo.

 

Des morts, il y en a eu aussi à chaque fois que les populations ont tenté de se libérer du joug colonial. A Madagascar, en mars 1947, l’armée coloniale française a massacré les populations malgaches, avec un bilan compris entre 20 000 et 100 000 morts, selon les sources. Ou encore en Algérie où la révolte partie de Sétif le 8 mai 1945 fut matée dans le sang, laissant près de 45 000 victimes selon les nationalistes algériens.

 

Une barbarie intolérable

 

Sans oublier les tirailleurs sénégalais tués à Thiaroye en 1944 ou encore le sombre épisode du Cameroun, avec une répression des populations qui s’étaient soulevées à l’appel des militants de l’Union des populations du Cameroun (UPC) dans les années 1950 et 1960. Là, on oscille entre 60 000 et 120 000 victimes. La puissance coloniale a aussi assassiné les charismatiques dirigeants indépendantistes camerounais Um Nyobe et Moumié.

 

Les blessures que la colonisation a infligées à l’Afrique sont douloureuses et rendent tellement pitoyables les évocations de routes et d’hôpitaux censés extirper des aspects positifs d’une horreur. Je partage l’avis de l’historienne Sylvie Thénault qui juge « indécent » de mettre sur une même balance, d’un côté, les massacres, exécutions sommaires et tortures, et, de l’autre, des routes jugées comme un bilan positif d’un asservissement abominable des peuples d’Afrique. A ceux qui, souvent issus des rangs de l’extrême droite française, trouvent des vertus à la colonisation, Césaire avait anticipé la réponse, dès 1955, avec son monumental Discours sur le colonialisme (Présence africaine, 1955). D’ailleurs, en ces temps de polémiques et de libération de la parole raciste en France, les hommes politiques de ce pays devraient tous lire ce texte intemporel.

 

Aimé Césaire disait donc : « On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemin de fer. Moi, je parle de milliers d’hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l’heure où j’écris, sont en train de creuser à la main le port d’Abidjan. Je parle de millions d’hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la vie, à la danse, à la sagesse. Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme. » La colonisation, comme le soulignait le même Césaire est une « négation de la civilisation ». En cela, elle est un crime, une barbarie intolérable.

 

Sur le sujet de la colonisation, jamais un homme politique français sous la Ve République n’est allé aussi loin, et c’est à saluer, indépendamment des motivations électorales du candidat Macron. Mais il convient de souligner que sa déclaration gêne beaucoup de gens en France, de la gauche à la droite du spectre politique du pays. Officiellement, le Parti socialiste, dans sa récente histoire, a toujours fait la politique de l’autruche sur ce sujet, refusant de l’affronter en face. Quant à la droite, elle fait preuve d’une crispation identitaire très forte. C’est d’ailleurs l’un de ses principaux candidats à la présidentielle, François Fillon, qui a récemment considéré la colonisation française comme un « partage de culture » à d’autres peuples. A ce niveau, il s’agit au mieux d’une méconnaissance de l’histoire, au pire d’un révisionnisme abject.

 

Un pan peu glorieux de son histoire

 

Je n’attends pas de la France une repentance, ni une réparation financière, mais une reconnaissance de faits têtus et un exercice de dignité en faisant face à un pan peu glorieux de son histoire. N’en déplaise à ceux qui critiquent la position de M. Macron, l’histoire de la « patrie des droits de l’homme », c’est aussi une sombre période de meurtres et de négation de la simple dignité humaine. Affronter le bilan de la colonisation – ce moment d’« ensauvagement » du continent européen, selon Césaire – requiert du courage mais nullement une fierté mal placée.

 

De notre part, il ne s’agit pas d’expliquer tous nos maux par le seul fait de la colonisation, loin de là, mais de reconnaître qu’elle constitue une cause importante du retard de l’Afrique. Nous sommes encore dans ce que l’économiste Felwine Sarr appelle dans son essai Afrotopia « l’hystérèse », ce moment post-traumatique (esclavage, colonisation, néocolonialisme) que vit l’Afrique, et dont elle doit se sortir enfin pour affronter son destin.

 

Notre génération n’a pas connu ce douloureux épisode et tente de nouer d’autres rapports avec l’Europe en empruntant un tournant dé-colonial. Nous offrons ainsi au Vieux Continent une chance d’affronter son histoire et enfin, ensemble, de tourner la page.

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 06:00
Livre de TABLE : Jouir comme une sainte et autres voluptés, Pascal Ory, le fragmenté comble mes désirs…

Il se murmure sur face de bouc que je passe ma vie à table, sous-entendu que je fais table ouverte au restaurant, alors que la table où je passe le plus de temps est celle où je m’échine à écrire mes chroniques journalières, à égalité de temps avec celui passé vautré dans mon vieux fauteuil en cuir où je brûle mes vieux yeux à lire.

 

Mon budget livres fait jeu égal avec celui de mes frais de bouche, et dans les deux cas je soutiens le commerce de proximité, avec moi Amazon plierait bagage et les fourgueurs de poches à réchauffer mettraient la clé sous la porte.

 

Ainsi va ma vie de vacancier éternel qui s’offre, comme ça, au débotté, l’extrême volupté de lire à TABLE, en solitaire, mêlant les délices du sieur Verjus à ceux des épandeurs de mots sur le papier.

 

JOUIR !

 

« Jouir sans entraves » proclamaient les enragés de Nanterre en 68.

 

Lors de l’une de mes récentes moissons de livres, à peine avais-je accroché mon fidèle destrier au poteau qui fait face à la librairie Gallimard, boulevard Raspail, que mon regard fut capté par le titre d’un livre exposé en vitrine : Jouir comme une sainte et autres voluptés, de Pascal Ory.

 

Pascal Ory je connais ! Lu et apprécié certains de ces livres, un érudit pas chiant et cerise sur le gâteau une fine bouche…

 

Achat immédiat !

 

À la maison, dans ma tanière d’écriture, le petit livre rejoignit la pile branlante, en attente de lecture…

 

Et puis, c’était un mardi, en fin de matinée, le ciel jusqu’ici grisoulloux donnait des signes d’éclaircie. Sans hésiter j’enfourchais mon fidèle destrier, non sans avoir glissé dans ma sacoche le petit livre d’Ory, cap sur TABLE !

 

La cantine des délices du Bruno était emplie jusqu’au bec mais tout au bout du bar, là où j’aime me poser, en retrait, mon couvert fut dressé par la souriante Emilie. Même qu’elle m’apporta une moelleuse peau de mouton pour que je puisse prendre mes aises.

 

Mes voisins de bar étaient discrets.

 

Crayon de papier 8 B en main le temps de lire était venu. Du côté menu je l’illustrerai en images tout à la fin de cette chronique.

 

Comme toujours j’ai commencé par feuilleter et, je ne sais pourquoi, je me suis arrêté à la deuxième volupté… sans doute mon flair de vieil épagneul breton.

 

Page 61 : une pépite, je cite :

 

« Ma mère était là pour faire de moi un petit homme fier et soumis à la fois, donc un premier de classe. Abandonnée dans son jeune âge par la sienne, de mère, la trop jolie Rose, à une époque où ça ne se faisait pas pour une mère d’abandonner son enfant –, pour un père, surtout « naturel » (quelle expression !), c’était monnaie courante –, elle avait été élevée par un homme sévère qui tenait seul le ménage et que, bien entendu, elle admirait. Elle était peu portée à voir la vie en rose mais elle savait camoufler son absence d’illusion sur l’humanité ( que je me suis empressé d’adopter) derrière un sourire notoirement forcé et des tenues impeccables qui faisaient d’elle une jolie élégante de sous-préfecture. »

 

Ça me touche, ça me parle…

 

J’ai ensuite fait marche arrière pour lire la première volupté où à la page 34 j’ai goûté avec délice l’entrée en écriture de Pascal Ory. C’est jouissif !

 

Enfin, au dessert, j’ai expédié par sms à mon amie Isabelle mère d’un tout nouveau Augustin ce passage : « Saint Augustin, ce grand malheureux, maître de tous les puritanismes parce qu’il a été le sujet de toutes les tentations, a imaginé trois désirs condamnables : désir de jouir, désir de dominer, désir de savoir. Que tout trois réunis résument l’histoire humaine dit assez l’inhumanité d’un tel système. »

 

Je sais que certains d’entre vous vont me reprocher ces zigzags, cette lecture fractionné, mais pour ma défense je réponds que la forme du livre s’y prête et que, bien sûr, dans le calme de ma thurne je jouirai en solitaire, page à page, dans la plus totale volupté, du beau livre de Pascal Ory.

 

Peut-être une nouvelle chronique verra le jour si je trouve un bon angle…

 

Pour mon appétit terrestre ce fut ceci :

Poireau monstrueux de Carentan en mille-feuille. Lard de porc noir de Bigorre, coques jaune d’œuf osmosé à l’eau de mer.

Poireau monstrueux de Carentan en mille-feuille. Lard de porc noir de Bigorre, coques jaune d’œuf osmosé à l’eau de mer.

Rouget grondin de l’Ile d’Yeu grillé sur peau. Laqué d’hibiscus, foie gras poêlé, chou de Pontoise, raddichio, agrumes.

Rouget grondin de l’Ile d’Yeu grillé sur peau. Laqué d’hibiscus, foie gras poêlé, chou de Pontoise, raddichio, agrumes.

Livre de TABLE : Jouir comme une sainte et autres voluptés, Pascal Ory, le fragmenté comble mes désirs…
Tarte aux pralines selon la recette d’Henry Connil pour Alain Chapel, crème glacée à la rose d’Ispahan et hibiscus.

Tarte aux pralines selon la recette d’Henry Connil pour Alain Chapel, crème glacée à la rose d’Ispahan et hibiscus.

Livre de TABLE : Jouir comme une sainte et autres voluptés, Pascal Ory, le fragmenté comble mes désirs…
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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 06:00
La catastrophique St Valentin du petit Pochon, sa Marie-Chantal l’a envoyé sur ses roses parfumées aux pesticides # Pousson # château Siaurac

Le petit Pochon végétait au fin fond d'un triste bureau du Cadastre Viticole Informatisé, rue du Bac dans le 7ième arrondissement de Paris. Face à la neige de son écran gris souris il rêvait d'une autre vie, de nouveaux horizons, ceux qui s'offriraient à ses yeux émerveillés le jour où ces ares et ces centiares accrochés à flanc de coteaux, au lieu de les stocker sur le disque dur de son ordinateur, il les foulerait de ses bottes comme vigneron. Son père, le gros Pochon, qui avait passé toute sa vie à faire le président de tout et de rien, de zinzins, lui répétait à satiété qu'il n'était qu'un petit con qui ne ferait jamais rien de bon. Condamnée au silence, sa mère, cachée derrière un éternel sourire, semblait lui dire du fond de ses grands yeux clairs, ne t'inquiète pas mon fils : bon sang ne saurait mentir...

 

Entre la saisie des parcelles de notre beau vignoble de France et de Navarre, le petit Pochon surfait sur le Net à la recherche d'une âme soeur avec qui il ferait son bonheur. Avec candeur il s'inventait des vies, trichait un chouia sur sa taille, se dotait de professions improbables, s'octroyait en conséquence de revenus confortables et, comme il était plutôt mignon notre Pochon, la moisson se révélait bonne sans que pour autant il ne se décidât à sauter le pas. Dans le monde virtuel les mots lui venaient à la pelle, légers, hors le train-train du quotidien, mais lorsque la réalité le rattrapait, notre petit Pochon esquivait. Jamais il ne se rendait aux rendez-vous que lui donnaient ses belles virtuelles. Chevalier de la barre haute il attendait le grand jour où le hasard ouvrirait en grand une large fenêtre sur l'Amour, l'Amour bien sûr avec un grand A.

 

Et puis la saint Valentin vint !

 

Depuis quelque temps il maraudait sur Tinder et après quelques râteaux le petit Pochon avait décroché le gros lot.

 

Elle était sommelière dans un triple étoilé alors notre Pochon se dit qu’il lui fallait sortir le grand jeu !

 

Il se risqua tout d’abord sur le site d’un certain Pousson qui titrait sobrement : Saint-Valentin, poil au vin !

 

Il vous plaît, ce tampon*? Pas mal, non? Pour le 14 février, on peut même l'imprimer en rose, ce sera plus dans le ton de cette journée gorgée d'amour et de bons sentiments…

 

«Au cas où vous ne l'auriez pas deviné, la Saint-Valentin, ça m'emmerde! Comme toutes les fêtes obligatoires d'ailleurs, qu'on voit au passage transformées, par la grâce de marketeurs finauds en gros sabots, en incontournables quinzaines commerciales. Je n'ai rien contre ce pauvre saint Valentin (personne ne sait trop lequel d'ailleurs), ça n'a rien de religieux, même si je m'étais un peu fichu de lui dans cette chronique, mais j'en ai marre de voir ma boîte à lettres polluée par tant de propositions d'effusions tarifées. Le tapin, ce n'est pas ma came. »

 

Le gars, qui devait être célèbre, énumérait plein de propositions : « Des bijoux, des concerts, des bouquets de fleur, des disques, des voyages en avion, des posters de musée, des cours "d'œnologie", des cosmétiques, des massages, des téléphones portables, des slips, des draps, des montres, des jeux de société, des sextoys (et pas du bon endroit…), des jeans, des coussins et même un "chocolat au lait personnalisé moulé sur l'anus de votre partenaire". Je précise (ça ne concerne que ce dernier cadeau romantique) que l'objet est disponible en trois parfums, noir, au lait et blanc. Le Professeur Choron aurait adoré. »

 

Rien qui ne puisse séduire sa Marie-Chantal ornementée d’un patronyme à particules.

 

C’est alors qu’il tomba sur une offre qui ne pouvait que séduire sa belle qui ensorcelle :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme le petit Pochon connaissait bien un vieux chroniqueur il s’enquit auprès de lui de ce qu’était le château Siaurac. Comme ça avait un petit goût de Dallas il cassa sa tirelire.

 

En quelques clics il réserva au château et bloqua 2 places en 1er AR pour un Paris-Libourne.

 

Ne restait plus pour lui qu’à prévenir avec élégance sa dulcinée. Il opta pour une gerbe de roses rouges qu’il fit porter par coursier jusqu’à son hôtel particulier.

 

Il bichait !

 

Dans la soirée il reçut un SMS ainsi libellé « tes roses bourrées de pesticides *, tu peux te les mettre au cul ! »

 

Désespéré, le petit Pochon, se dit qu’à ce petit jeu-là, même s'il se cachait la réalité derrière son petit doigt, il filait tout droit vers la triste position de vieux garçon. Qui, quelle jeune fille de bonne famille, quelle donzelle délurée, quelle biche aux lèvres camélias, pourrait avoir envie de passer sa vie aux côtés d'un petit attaché de deuxième classe de la DGDDI ?

 

* « Offrez des fleurs, pas des pesticides. À l’approche de la Saint-Valentin, nous nous sommes intéressés aux roses vendues dans le commerce. Nous avons mené des analyses en laboratoire sur des bouquets achetés auprès de dix grandes enseignes (Aquarelle, Au nom de la rose, Happy, Interflora, Monceau Fleur, Rapid’Flore…) et nous les avons interrogées, via un questionnaire précis, sur les conditions sociales et environnementales de production.

 

Dans les roses, nous avons recherché toute une liste de substances jouant le rôle d’engrais, de fongicide, d’insecticide ou encore d’acaricide. Et le résultat est accablant : en effet, aucun bouquet n’est dépourvu de substance chimique. »

 

La suite ICI 

 

Marie-Chantal avait lu ça dans le Figaro :

 

Prenez garde avant d'offrir un magnifique bouquet de roses à votre dulcinée! C'est la conclusion d'une enquête menée par le magazine 60 millions de consommateurs, que Le Figaro s'est procurée. Les experts ont mené des tests en laboratoire sur les bouquets de dix grandes enseignes, telles que Monceau Fleur, Aquarelle et Interflora. Le constat est sans appel: les fleurs vendues dans le commerce contiennent toutes des substances chimiques.

 

Fongicide, acaricide, insecticide... Au total, 49 molécules différentes ont été identifiées par 60 millions de consommateurs. Ce dernier nuance néanmoins ses analyses: toutes les fleurs, et donc toutes les marques, ne sont pas logées à la même enseigne. Le meilleur élève, un bouquet de roses rouge d'Aquarelle, contient tout de même «trois substances contestables, mais autorisées» et un fongicide interdit en France. Happy, Monceau Fleurs, Le Jardin des fleurs recèlent, en moyenne, 15 substances. Le dernier du classement, un bouquet commercialisé par Au nom de la rose, contient 25 produits différents, dont neuf pesticides interdits dans l'Hexagone.

 

Acétamipride, méthamidophos ou encore dodémorphe vous apparaissent sans doute comme des mots d'une langue étrangère, et pourtant ils sont loin d'être sans effet. Certains sont même classés dans la catégorie des pesticides néonicotinoïdes. À titre indicatif, le Parlement a voté leur interdiction en juillet dernier, dans le cadre de la loi sur la biodiversité. Ces produits, considérés comme tueurs d'abeilles, seront bannis à compter du 1er janvier 2018. Des dérogations pourront toutefois être accordées aux agriculteurs, jusqu'au 1er juillet 2020.

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 06:00
Pour entrer dans « Best Restaurants Paris » gros pavé plein de publicité faut raquer…

Récit : je déjeunais tranquillement seul dans l’un de mes restaurants favoris ouvert le lundi, c’était complet et mon amie Mareva avec son beau sourire devait gentiment répondre aux gens de passage ou du quartier « qu’il valait mieux réserver. » avant de leur dire qu'elle serait heureuse de les recevoir une autre fois.

 

Je lisais, c’est-à-dire je bossais, entre chaque plat lorsque survint un coursier harnaché tenant dans ses mains gantées une grande enveloppe blanche.

 

Les figatelli puis la pintade étaient succulentes.

 

Alors que je m’acquittais d’une addition bien légère le chef me rejoignait et me tendait la grande enveloppe ouverte. « Voilà un bon sujet de chronique pour toi… »

 

Je désincarcérais le contenu de l’enveloppe.

 

Feuilletais, salivais…

 

C’était du lourd mais toujours prévoyant j’étais muni de ma sacoche dans laquelle j’enfouissais « la surprise du chef »

 

Quelques jours plus tard j’évoquais auprès d’une amie restauratrice étoilée le contenu de l’enveloppe. Elle s’esclaffait : « Ils me harcellent pour que je me paye une insertion dans leur guide ! »

 

Le fond de dossier :

 

  • Tu reçois par un coursier une grosse enveloppe blanche qui contient : un courrier, le guide Best Restaurants Paris de l’automne-hiver 2016 (tiré à 30 000 exemplaires)7,50€, le petit guide bilingue Best Restaurants Paris 2016 (tiré à 50 000 exemplaires) 4,95€, un dépliant qui te dis que sur Google Best Restaurants Paris sur le haut de la première page, qu’il existe une application Best Restaurants Paris, que la page Face de Bouc a plus de 100 000 fans, les 2 guides déjà évoqués et cerises sur le gâteau 2 mini-guides 2017 (tiré à 230 000 exemplaires. Et bien sûr la dernière page est toute à la gloire du génial inventeur de ce juteux biseness : Richard Brault.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout ça est bel et beau, c’est bourré de publicité pour des vins et champagne, chaque page est affublée d’un vin conseillé qui sent la sponsorisation, bref ça douille sec dans les caisses de Best restaurants Paris.

 

Mais attention la chasse aux pépettes n’est pas terminée en effet dans la missive accompagnant l’envoi il est dit :

 

Cher…

Votre restaurant … réunit tous les critères qui lui permettraient de rejoindre « Best Restaurants Paris » et ceci dès maintenant sur notre site internet www.bestrestaurantsparis.com, ainsi que sur l’ensemble de nos application…

 

Pourquoi ce conditionnel ?

 

Parce que tout bêtement il s’agit d’un démarchage commercial :

 

« Je n’hésiterai pas à vous contacter très prochainement par téléphone afin de convenir d’un rendez-vous qui, bien sûr, ne vous engage à rien, avec notre éditeur, Monsieur Richard Brault et ceci à votre convenance. »

 

J’entends le doux son du tiroir-caisse mais j’en resterai-là, aucun des restaurateurs qui accepte de raquer n’est obligé de le faire mais je trouve assez contre-productif pour beaucoup d’entre-eux d’en être.

 

AGAPÉ Laurent Lapaire se targue, à juste raison, de proposer une des plus belles cartes de vins nature, se voit affublé comme vin conseillé : 1 château Peyrat-Fourton Haut-Médoc, y’a de la friture dans le message.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Détail, j’ignorais jusqu’à l’existence de Best Restaurants Paris avant cette petite histoire.

 

Chacun fait comme bon lui semble mais j’ai du mal à comprendre, même s’ils estiment que tous les moyens sont bons pour emplir leur maison, les chefs ou leurs attachés de presse qui nourrissent ce type de publication… Ce n’est pas dans ma culture et il faudra me démontrer l’efficacité de ce qui apparait comme une sélection alors que ce n’est qu’une forme de publipromotion payante.

 

C’est dans l’air de ce temps où l’on avance masqué pour mieux attraper les gogos, les affaires sont les affaires pourquoi s’embarrasser de principes. Les principes c’est aussi lourds que les pavés de papier et bien évidemment inutiles.

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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 06:00
De l’irresponsabilité crasse des syndicats d’AOC face à la consultation du Ministère de l’Agriculture sur l’arrêté des produits phytopharmaceutiques.

De la gueule de qui se fout-on ?

 

Et il s’agit bien dans le cas présent de nos gueules, de celles des vignerons, de celles de nos enfants, de celles tous ceux qui sont exposés à l’utilisation de produits phytopharmaceutiques dans nos campagnes, produits que le grand public entend désigner, depuis que les médias en ont parlé, sous le terme générique de pesticides.

 

Le 13 janvier dernier le Ministère de l’Agriculture a mis à consultation publique un Projet d'arrêté relatif à la mise sur le marché et à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques et de leurs adjuvants visés à l’article L. 253-1 du code rural et de la pêche maritime.

 

Le texte est à lire ICI 

 

Ce n’est pas très long et lisible par tous, si vous voulez comprendre la suite lisez-le !

 

La période de consultation était ouverte du 13 janvier au 3 février 2017 inclus et les observations à envoyer à l'adresse électronique suivante en précisant l’objet « arrêté utilisation PPP » : consultations-public.bib.dgal@agriculture.gouv.fr

 

Fort bien me direz-vous, sauf que j’ai reçu de plusieurs vignerons de plusieurs régions le texte type de réponse que leur syndicat de défense leur demandait de transmettre à l’adresse indiquée ci-dessus.

 

Objet : « arrêté utilisation PPP »

Message type :

 

J’exprime ma satisfaction d’avoir vu retirer le projet d’instauration d’une zone de non traitement à proximité des lieux d’habitation par voie réglementaire qui n’aurait fait qu’exacerber les relations de voisinage. Les autorisations de mise en marché prennent en compte le risque riverain. Je respecte les conditions d’application prévue dans ces autorisations et je mets en œuvre des bonnes pratiques. Je tiens compte des contraintes de voisinage comme celles relatives à l’environnement.

 

Par ailleurs, je demande aux pouvoirs publics de ne pas délivrer ou renouveler d’autorisation de mise en marché à des produits qui seraient si nocifs pour les vignerons, leurs personnels et leurs familles qu’il faudrait porter des équipements individuels de protection au-delà des délais de rentrée, voire jusqu’à la récolte.

NOM + PRENOM

VITICULTEUR A … + NUMERO DE DEPARTEMENT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Opération concertée sans doute orchestrée par le niveau national des ardents défenseurs de nos beaux terroirs et de nos magnifiques AOC !

 

Qu’en dire ?

 

Exprimer une saine et violente colère, plus froide encore que celle de Fillon, face à ce que je qualifie, avec une extrême modération, d’irresponsabilité collective.

 

Se rendent-ils vraiment compte de ce qu’ils demandent à leurs mandants ?

 

J’ose l’écrire à leurs moutons à qui je ne ferai pas l’injure de penser que certains d’entre eux ne comprennent pas la portée de ce qu’ils signent.

 

Pour ceux qui le feront en toute connaissance de cause, de leur plein gré, ceux qui polluent le beau métier de vigneron, abrutis de toute sorte, de tout âge, de toute condition, il n’est pas illégitime de leur demander des comptes au nom de la société.

 

Bien sûr, on peut lier cette irresponsabilité, cette lâcheté, au manque d'argent, au manque de moyens, à une procédure perverse qui se cache derrière une science instrumentalisée par le fric, ou aussi à un manque de courage de l'Etat.

 

J’en conviens, et en écrivant ce que j’écris je ne me dédouane pas de ma propre responsabilité politique et citoyenne, sauf que tout cela se fragmente, se diffuse, et que perpétuer ces pratiques nous renvoie à la « banalité du mal » de Hannah Arendt.

 

Celle-ci disait, pour expliquer cette origine du mal, que la procédure, les ordres, le pouvoir ne devaient pas nous faire oublier notre conscience pour distinguer le bien du mal.

 

Pour reprendre le message reçu il y a quelques temps par mes amis vignerons, dont la lecture les a fait bondir et réagir, je me glisse dans leur peau et m’exprime en leur nom.

 

Le premier paragraphe pourrait se traduire par : nous sommes heureux de pouvoir continuer à traiter à côté des lieux d'habitation. En se cachant derrière les AMM (autorisations de mise sur le marché). Et en affirmant que seront respectées les conditions d'application.

 

C'est l'aspect procédural, celui qui nous protège de notre mal ordinaire. Notre duplicité. Ce qui laisse une porte ouverte aux vignerons en vérité : l'usage de pouvoir traiter quand ils le voudront : à 5 heures du soir par grand vent à côté des écoles si nécessaire avec de insecticides justement très toxiques pour tuer les «ravageurs». Le vigneron pour gagner sa croûte doit pouvoir toujours traiter. Même la santé de l'homme est remise en question pour un gain de temps, d'argent à bien court terme.

 

En y réfléchissant bien l'extinction annoncée des singes, dans quelques dizaines d'années, devrait vraiment nous émouvoir dans notre époque géologique qui n'a jamais vu une telle disparition d'espèces à une telle vitesse.

 

Le second paragraphe est similaire. L'abandon de conscience. En utilisant l'argument de l'autorisation des produits, l'AMM par l'Etat. Ces « salauds ordinaires » oublient que ce n'est pas l'État qui les oblige à utiliser ces produits de merde. Ce sont eux, en pleine conscience, qui les choisissent. Ils savent ce qu'ils font.

 

Et ce qu'ils ne veulent pas c'est l'afficher, faire l'aveu de leur choix du danger chimique par l'obligation de porter des combinaisons qui ne manqueraient pas de poser question. D'éveiller des doutes dans la tête des riverains qui n'ont pas suffisamment de curiosité ou d’informations. Le « voire jusqu'à la récolte » amenant le doute jusqu'au fruit et donc au vin : révélant que le risque a persisté.

 

Les dirigeants professionnels n'en veulent pas. Ce qu'ils veulent c’est rester dans l’ambiguïté, c'est conserver les moyens de leur duplicité.

 

Au lieu de se remettre en question, de se réformer. C'est-à-dire qu'à chaque fois que la question de l'usage se pose, de réfléchir à son utilité. Et que si le traitement est jugé nécessaire, que le choix se porte sur le moins mauvais. Cette question dépasse les familles habituelles : Bio, Biodynamie, conventionnelle.

 

De plus, il y a une grosse erreur dans ce texte, c'est l'usage de l'expression « si nocif » En effet, il éveille à la question de la nocivité qui est appréciée scientifiquement, je veux dire mesurée. Même si nous ne connaissons pas suffisamment les conséquences des mélanges des molécules employées.

 

Apprentis sorciers, même cette appellation me semble bien trop gratifiante pour cette engeance d’irresponsables qui jouent avec la santé et le bien-être de leurs concitoyens.

 

Qu’on ne m’accuse pas de les stigmatiser, de dire que c’est trop facile dans mon confort de les clouer au pilori, car ce sont eux qui se placent – en jouant ce drôle de jeu dans une consultation publique – dans une situation indéfendable pour des motifs pas souvent justifiables.

 

La question est bien trop grave pour être laissée entre leurs seules mains et traitée à coup de consignes syndicales débiles !

 

Nous ne nous laisserons pas faire ni aujourd’hui, ni demain, nous sommes pour le dialogue entre toutes les parties prenantes mais à la condition expresse qu’il s’entame sur le terrain d’une responsabilité partagée. Que les pouvoirs publics assument leurs responsabilités. Le vivre ensemble passe par le respect mutuel et rien ne peut justifier la présente désinvolture sournoise de ceux qui se prétendent des responsables syndicaux aussi bien locaux que nationaux.

 

Signé : le collectif des gueux

 

Voici le classement le classement toxicologique de l’ANSES : ICI 

 

Pour vous dire que c’est grave que même le porte-flingue de Bettane&Dessauve sort du bois, même s’il se contente de s’étonner sans faire son bouleau de rédachef d’une publication : enquêter auprès des chefs nationaux qui ont lancés cette réponse-type dans la nature. Peut-être qu’il ignore qui ils sont. Je peux lui donner leurs coordonnées, c'est rue Sainte Anne à Paris...

 

Les lobbyistes de Bayer-Monsanto se marrent

 

« Dans le monde de cinglés dans lequel nous nous débattons, il y a deux, trois sujets qui méritent qu’on torture le clavier pour nous indigner. L’agacement du jour, c’est cette idée largement colportée par les syndicats d’appellation et, au-dessus d’eux, j’imagine, par les autorités nationales, qui consiste à refuser les zones de non traitement (ZNT) à proximité des habitations et à se féliciter que les projets de réglementation ne tiennent aucun compte des riverains. C’est une histoire de fou qui montre à quel point les lobbyistes de Bayer-Monsanto travaillent bien et à quel point nos « responsables » sont faibles. C’est éprouvant.

 

Bref, nous voilà face à une bande qui s’acharne contre les efforts entrepris par le vignoble en matière de santé publique, cette belle évidence. Les autorités de gestion du vignoble français, suivant en cela Donald Trump et tous les climato-sceptiques plus ou moins honteux, se foutent pas mal des conséquences des pesticides sur la santé des riverains alors que plus d’un vigneron s’est lancé dans des investissements pour les protéger, certains allant jusqu’à organiser des journées de rencontre pour expliquer à une population justement ravie ce qu’ils faisaient pour éviter de balancer des pesticides dans les maisons et les cours de récré des écoles qui sont en bordure des parcelles.

 

J’ai du mal à comprendre ce qui guide les représentants du vignoble.

 

Là, ce n’est même pas l’argent, semble-t-il.

 

En tous cas, les lobbyistes de Bayer-Monsanto se marrent.

Bras de fer sur les conditions d’épandage des pesticides autour des habitations

 

Le secteur agricole s’oppose à un projet d’arrêté qui tient compte de la présence de riverains, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent, et fixe les distances par rapport aux points d’eau.

LE MONDE | 18.10.2016 à 15h36 • Mis à jour le 19.10.2016 à 06h43 | Par Martine Valo

 

Plus le grand public en apprend au sujet de la dangerosité des pesticides pour la santé humaine et la biodiversité, plus il arrive que les relations de voisinage se tendent dans les campagnes françaises. Surtout lorsqu’un agriculteur pulvérise sur ses champs quelque produit phytosanitaire très près d’un jardin ou d’une maison.

 

Un arrêté interministériel actuellement en préparation s’apprête à donner aux riverains une existence légale, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent. Ce texte doit remettre à plat les conditions d’épandage de produits phytosanitaires : force du vent ; distances minimales par rapport à une habitation et à un cours d’eau ; délais minimaux à respecter avant que les travailleurs agricoles – les plus exposés aux effets des pesticides – puissent pénétrer à nouveau dans une parcelle ou une serre qui vient d’être traitée.

 

Mardi 18 octobre doit être rendu l’avis du Comité de rénovation des normes en agriculture – un nouvel organisme installé par le premier ministre à la demande des représentants du secteur, qui réunit ces derniers et l’Etat. C’est dans cette enceinte discrète que le débat s’est engagé. Les enjeux sont importants. Les ministères de l’écologie et de la santé suivent le dossier de près. Mais c’est la version du ministère de l’agriculture qui s’impose jusqu’à présent. Et, le moins que l’on puisse dire, c’est que la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) n’a pas l’intention de lâcher grand-chose au nom de la protection des populations.

 

« Taguer les routes »

 

Depuis 2011, la pulvérisation de pesticides aux abords des crèches, des maisons de retraite, des terrains de sport et des parcs publics doit obligatoirement respecter des distances minimales. Dans certains départements, des arrêtés préfectoraux renforcent ces précautions en interdisant par exemple de traiter des parcelles proches d’une école à l’heure de la récréation. Mais c’est la première fois qu’il est question de réglementer autour de toutes les habitations, et, pis encore aux yeux du syndicat agricole majoritaire, autour des jardins des particuliers.

 

Dès le 14 octobre, la FNSEA appelait ses adhérents dans un communiqué à se mobiliser contre « l’arrêté phyto », comme elle le qualifie, incitant « les paysans qui sont en plein marasme économique » à « aller taguer les routes [du] pays avec des messages forts ». Le syndicat estime que ces nouvelles dispositions imposant des zones non traitées larges de cinq à vingt mètres entre les cultures et les habitations priveraient les exploitants d’un « énorme potentiel » de production.

 

« Nous avons calculé que cela va rogner au minimum quatre millions d’hectares de terres agricoles, soit 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an, affirme Eric Thirouin, le président de la commission environnement de la FNSEA. Multiplier les parapluies au nom du principe de précaution va créer des distorsions avec nos concurrents. La France peut-elle se payer ce luxe ? »

 

Des zones sans traitement

 

Ces jours-ci, l’organisation a aussi dépêché ses soutiens parlementaires : le député des Hautes-Alpes Joël Giraud (radical de gauche) plaide contre l’arrêté au nom de l’agriculture de montagne, déjà contrainte par la géographie.

 

Au Sénat, Yvon Collin (Rassemblement démocratique et social européen, RDSE, Tarn-et-Garonne) a interpellé la ministre de l’écologie, Ségolène Royal, lors des questions au gouvernement. Mais c’est son homologue de l’agriculture qui a pris la parole : pas question de sacrifier les intérêts des agriculteurs, mais pas question non plus d’oublier la santé et l’environnement, a répondu en substance Stéphane Le Foll.

 

Voire. Le projet de décret comporte a priori une avancée pour les riverains, mais présente aussi quelques possibles régressions par rapport aux conditions actuelles. Ainsi malgré le rapport alarmant que l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail a publié en juillet sur l’exposition aux pesticides des professionnels du secteur agricole, la FNSEA veut réduire les délais minimaux de retour dans une parcelle traitée avec des produits cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques.

 

Elle demande un laps de temps de six ou huit heures au lieu des vingt-quatre heures à quarante-huit heures actuelles – ce qui est déjà inférieur à d’autres pays –, pour peu que le travailleur porte un équipement individuel de protection.

 

« On va prendre en compte les évolutions des matériels comme des buses directionnelles, la présence de haies, de mur qui sont aussi efficaces », assure un conseiller du ministre de l’agriculture. Avant de soupirer : « Le problème, c’est que les exploitants ne sont d’accord sur rien… » Ni sur la force du vent au-delà de laquelle il est interdit de pulvériser ses parcelles (19 km/heure), ni sur la définition même de « point d’eau », dont les agriculteurs voudraient que les fossés soient exclus, ni sur les distances : rien ne leur convient. Pourtant, « il serait impensable de ne déboucher sur rien, prévient-on au ministère de l’écologie. Ségolène Royal est très déterminée à aboutir à un arrêté équilibré. »

 

Boîte de Pandore

 

Du côté du gouvernement, on se sent d’autant plus légitime à rouvrir ce dossier que c’est l’action d’un des représentants du secteur agricole qui a enclenché ce processus de révision. Toujours prompte à défendre les méthodes de production de ses adhérents arboriculteurs, l’Association nationale pommes poires a entrepris, il y a quelques années, de faire annuler par la justice un précédent arrêté de 2006, qu’elle estimait inapplicable.

 

En juillet, le Conseil d’Etat lui a donné gain de cause pour des raisons de forme : le texte en question n’avait pas été notifié comme il se doit à l’Union européenne. Le gouvernement n’a donc d’autre choix que de prendre rapidement un nouvel arrêté, sous peine de se retrouver bientôt face à un vide juridique. C’est de cette façon qu’a été ouverte la boîte de Pandore. Et celle-ci ne va pas être simple à refermer.

 

Car les associations, après s’être plaintes d’avoir été tenues à l’écart, sont à leur tour entrées dans le débat. Lundi 17 octobre, Eau et rivières de Bretagne, France nature environnement, Générations futures et Soutien aux victimes de pesticides ont été reçues au ministère de l’écologie. Elles ne se priveront pas de diffuser largement l’information. En outre, dans les prochaines semaines, le futur arrêté doit donner lieu à une consultation publique sur Internet.

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 06:00
Le consommateur de vin devient omni et millenial, Vincent Grégoire délivre son éblouissante vision aux braves vignerons…

C’est nouveau ça vient de sortir sur le marché du recyclage des concepts vieillots pour bourrer le moût des gogos. Plus c’est gros plus ça marche, alors pourquoi se priver d’enfoncer des portes ouvertes en faisant accroire qu’elles sont fermées.

 

On sent de suite en lisant la prose de Vincent Grégoire, directeur de création de l'agence NellyRodi, spécialisée dans l'univers du lifestyle et de la mode, que le gus se contente de faire du copié-collé des concepts modeux transposés sur le marché du vin.

 

C’est simple, ça ne lui coûte pas cher en études, c’est commode, ça ne mange pas de pain, et c’est tellement creux qu’on peut sans problème y fourrer tout ce qu’on veut, tout et son contraire.

 

D’expérience je sais que ce genre de fourre-tout plaît beaucoup aux organisateurs de salons, ça fait tendance, ça change du terroir, de la minéralité, le genre « Je suis convaincu que les plus grandes œuvres naissent toujours de la salive de la terre, qu’elles transmettront l’esprit des cailloux. »

 

L’Antonin devrait l’inviter à déblatérer lors de l’un de ses salons des vins nus, je suis persuadé que ce jeune homme très comme il faut se taillerait un franc succès.

 

Trêve de raillerie, je laisse la parole à Vincent Grégoire qui va vous délivrer sa vision des nouveaux consommateurs de vin.

 

Le consommateur devient « omni »...

 

« Évoquer le vin c’est se poser la question de son mode de consommation. Aujourd’hui, toutes les tendances se mélangent. Dans son quotidien comme dans les moments exceptionnels, l’individu est en quête de diversité, d’exploration, d’aventure ! Vouloir tout et son contraire, c’est possible, il n’est pas à un paradoxe près. Cet être complexe et attachant est ainsi devenu un consommateur qui aime expérimenter différents modes de vie. »

 

...et « millenial »

 

« Les consommateurs « omni » sont portés par la génération des 18-35 ans appelée « Millenial ».Toujours connectés, ils veulent montrer qu’ils sont présents et peuvent interagir dans l’instant. Intrigués par les photos et les vidéos, ils adorent savoir ce que les autres sont en train de tester, de découvrir. Les codes des vins tels que les ont appris leurs grands-parents leur échappent parfois mais les intriguent aussi. Ils ont envie d’écrire leur propre histoire, sont ouverts et curieux des nouvelles méthodes et respectent ceux qui se positionnent. »

 

En bonus :

Les 6 moments phares de dégustation du vin à découvrir

 

  • Le brunch, le moment hybride
  • L'apéritif, le moment smart
  • Le déjeuner, le moment ouvert
  • La célébration, le moment story-living
  • Le dîner, le moment exploratoire
  • La soirée, le moment funtaisie…
  •  

Comme vous pouvez vous en douter, à la lecture d’une telle profondeur d’analyse, d’un tel sens de l’opportunité, d’une telle sensibilité à la réalité du marché, je me pâme, j’exulte, je dirais même plus je bande, de toute ma vie, jamais au grand jamais je n’ai jamais eu accès à une telle poussée de génie novateur.

 

Si vous voulez approfondir et partager ce grand moment avec Vincent Grégoire je vous invite à vous rendre au « Premier salon professionnel des vins septentrionaux, VinoVision Paris, se tiendra du 12 au 14 février 2017, dans le hall 4 de la Porte de Versailles, et accueillera plus de 600 exposants sur 15 000 m². Ce salon propose une nouvelle vision du vin, s’inspirant des attentes des acheteurs français et internationaux. »

ICI

 

Vous ne m’y retrouverai pas car je passe mon temps dans les bars à vins lieux privilégiés de la génération « Millenial » à tailler des bavettes avec ces petits loups et louves tout en se lichant des belles quilles plutôt nature…

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 06:00
SOS vigneron je suis perdu sur la Toile cherche désespérément 1 coach digital !

La Toile est immense, mouvante et changeante, dans mon petit tonneau, qui flotte sur l’eau, j’ai beau hisser haut mon pavillon, je me sens perdu, ignoré de tous, je déprime, j’attends désespérément des like, des retweets, mon nombre d’amis, de followers, reste étique, aussi maigre qu’un mannequin de mode anorexique, plus je m’agite et plus je m’enfonce dans cet océan rouge gorgé de concurrents.

 

Que faire ?

 

Comment faire pour sortir de cet anonymat mortifère, me faire connaître, faire connaître mes vins, mieux les vendre, développer mon petit fonds de commerce, jouer dans la cour la plus proche des Grands.

 

Dieu qu’il était bon le bon vieux temps des bons vieux guides en papier, là on savait à qui s’adresser pour se faire torcher de bons papiers, alors que, là, y’a plein de petits frelons qui bourdonnent au-dessus de ma tête pour me piquer mon peu de blé sans que ça change quoi que ce soit à mon isolement.

 

Alors sur l’écran noir de mes nuits blanches je guette, tel sœur Anne, sans jamais rien voir venir ceux qui boosteraient mon audience, faire de moi la nouvelle star des réseaux sociaux, la coqueluche de Face de Bouc, le chouchou des Twittos…

 

J’enrage de voir le cercle des petits copains de la Toile se congratuler, jouer à passe-moi le sel je te passe le poivre. Même qu’il y a des « révolutionnaires » d’opérette qui vantent des vins qui ne valent pas tripettes, des gars qui avancent masqués pour profiter de la vague de la nouveauté. Y sont pas tous d’une propreté exemplaire, je parle de la cuisine du chai.

 

Suis pas jaloux mais faut tout de même pas pousser pépé trop loin sinon je vais me fâcher.

 

Je pourrais faire salon, y’en a une tripotée, des gros, des petits, des officiels, des qui tournent autour, mais pour s’y faire une place faut du blé, parfois beaucoup et du blé y’en a pas beaucoup sous les sabots de mon cheval.

 

C’est fou comme autour de nous y’a du monde qui nous aime. Je ne sais pas si dans ces salons y se vend beaucoup de canons. Faudrait, comme on dit maintenant pour faire joli, de la transparence. Pas des communiqués de presse bien chantournés par des gens qui sont payés par les organisateurs.

 

Je n’ai jamais entendu un confrère qui a claqué son blé dans un salon me dire qu’en réalité il n’en avait pas engrangé beaucoup. C’est humain.

 

Les organisateurs qui ne sont pas des bienfaiteurs me rétorquent que j’y développerais ma notoriété. Moi je veux bien mais encore faudrait-il que ceux qui défilent devant ma table, à qui je file des gorgeons ne soient des retraités, des pseudos-journalistes, des étudiants en goguette, des désœuvrés. Là aussi la politique du chiffre est une grosse supercherie, ces gens-là n’ont aucune audience ou presque dans les médias et sur les fameux réseaux sociaux.

 

Parlons-en des réseaux sociaux qui sont des tuyaux qui bien souvent ne débouchent que sur des petits cercles de gens qui se connaissent et se tiennent par la barbichette.

 

Ne pas désespérer, s’accrocher, et toujours aux aguets, y’a quelques jours, mon écran s’est illuminé, dans le décor de carton-pâte de Vinisud, et tel Zorro, un sauveur est arrivé, sans se presser, sourire aux lèvres, assuré.

 

Je dois avouer qu’avant ce jour je ne l’avais vu ni d’Eve ni d’Adam sur mon écran.

 

Le gars, car c’était un mec, flanqué de braves vignerons tout impressionnés, assurait qu’avec lui, plus de soucis, nous allions tous devenir des Paganini de la Toile, nous deviendrions dans nos petits tonneaux des Francis Joyaux, des winners.

 

J’en suis resté bouche-bée, estomaqué, puis reprenant mes esprits je me dis : comme tu ne peux pas te payer Zidane comme coach alors offre-toi pour 2 balles un coach digital !

 

Mais comme je suis comme saint Thomas je suis allé « rousiner » sur les pages de Face de Bouc ou le compte Twitter de mes confrères et là, patatras, c’était pire que moi, la Bérézina, y jouaient tous en divisions départementales.

 

Déception radicale, encore un qui vendait des salades pas fraîches, du vent, les réseaux sociaux sont à la mode mais, comme leur nom l’indiquent, ce sont des « fils », dont les ramifications, certes peuvent nous permettre de toucher plein de gens, mais à la condition que les interconnections se fassent.

 

Le premier boulot sur un réseau social c’est, comme pour l’épicier ou le restaurateur, de trouver des chalands. Et pour ça il faut du temps, beaucoup de temps tout en sachant que les premiers arrivés ont été les mieux servis et que maintenant ça sent le bouchon, la thrombose.

 

N’en déplaise au coach digital de Vinisud faire de la figuration sur les réseaux sociaux équivaut à pisser dans un violon ou mieux dans un puits sans fond.

 

Que faire pour recruter des amis sur Face de Bouc ou des followers sur Twitter ?

 

Là est le problème et ce n’est pas un coach digital qu’il me faut pour placer les bons hashtags ou meubler mon mur, mais du temps et des idées originales pour sortir de la monotonie qui règne sur les réseaux sociaux…

 

Les vendeurs de conseil, et maintenant les coaches digitaux, n’ont pas compris que leurs vieilles recettes remises au goût du jour tapent à côté de la plaque. Marre qu’ils nous fassent prendre leurs vieilles vessies pour des belles lanternes.

 

Comme vous vous en doutez mon annonce initiale : cherche coach digital désespérément n’avait d’autre objectif que de faire le buzz…

 

Eh oui, je progresse…

 

 

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 06:00
Journal d’1 chroniqueur de campagne (2) Pénélope femme au foyer, petits bourgeois de gôche, Rocard sans héritiers…

- Pourquoi la radio était-elle si présente dans votre enfance ?

 

- Maman ne travaillait pas.

 

La réponse de Patrick Cohen à notre amie Sandrine Blanchard du Monde, est caractéristique du peu de considération du travail domestique, faire les courses, la cuisine, le ménage, s’occuper des enfants, encore majoritairement effectué par des femmes.

 

Selon la dernière enquête « Emploi du temps » Insee 2010, les hommes vivant en couple effectuent 1 h 17 de travail ménager par jour, et les femmes 2 H 59 ; avec un enfant de 3 ans ou plus, cela devient respectivement 1 h 09 et 3 h 17 (même si ce temps ne concerne pas les soins aux enfants, évalués séparément, mais bien le ménage et les courses).

 

Le déséquilibre est donc extraordinairement résistant au progrès et même si les femmes passent moins de temps dans la cuisine c’est du fait notamment de l’utilisation croissante des plats cuisinés. »

 

Deux politiques se sont exprimés, à leur manière, sur cette question :

 

« Il n'y a nulle part dans la loi une définition de ce qu'est le travail d'un assistant parlementaire », a-t-il expliqué. Et de prolonger son raisonnement avec une démonstration par l'absurde. « Je vais être provocateur: François Fillon dirait à tout le monde « Elle ne faisait que repasser mes pantalons », qu'on ne pourrait rien lui reprocher. »

 

Julien Dray a tout de même nuancé son propos en expliquant qu'il s'agissait là du point de vue juridique et que les actes du couple Fillon pouvaient être vus différemment du point de vue de la morale.

 

Dominique Bussereau, lui, replace la femme mariée là où il faut lorsqu’elle donne un coup de main : si l'on interdit aux politiques d'employer leurs conjoints, « il faut le faire pour les épiciers et les bouchers »

 

Pénélope Fillon, femme au foyer, sans doute dotée de domesticité pour s’occuper du ménage du château de Beaucé  disposait donc de beaucoup de temps pour épauler son politique d’époux qui ne devait pas mettre très souvent les mains dans la farine.

 

Tout ça pour une belle poignée d’euros, de quoi faire rêver ses collègues assistants parlementaires et bien sûr beaucoup de cadres supérieurs du privé comme du public.

 

Le pompon de la justification revient à Gérard Larcher le président du Sénat, lieu de toutes les combines, qui a brandi l'argument de la parité pour saluer un progrès de société. « Un collaborateur parlementaire - c'est un motif de fierté - gagne en moyenne 3250 euros brut pour les femmes et un peu moins de 3000 euros pour les hommes. C'est un des seuls cas où les femmes sont mieux traitées que les hommes! », a-t-il expliqué sans ciller.

 

Restons-en là pour l’instant, tout en soulignant que la femme au foyer a conservé la mission de représentation mondaine, et aussi hérité du service érotique qu’assuraient les bonnes de la bourgeoisie. Au lit, avec son mari, M.A. finit par avoir « le sentiment de faire un deuxième service. » Sophie Divry dans La Condition pavillonnaire.

 

Confirmation de mon analyse du peu de considération de la femme au foyer par Titiou Lecoq (journaliste indépendante et blogueuse sur Girls and geeks. Elle vient de publier Sans télé, on ressent davantage le froid (Fayard). En 2011, elle a publié un roman, «Les Morues» (Au Diable Vauvert), et avec Diane Lisarelli, «L'Encyclopédie de la Web Culture» (Robert Laffont)

 

Il faut vraiment plaindre Penelope Fillon

 

« Comme dirait Mme Lenglet, mon ancienne prof d'espagnol, je voudrais tirer la sonnette d'alarme.

 

Penelope Fillon vit un calvaire. Certes un calvaire bien payé mais un calvaire. Un Golgotha. Bref, tout ce qui porte un nom qui évoque la douleur, voire même les douleurs.

 

Je suis sérieuse. Mais attention, ça ne dure pas depuis quelques jours.

 

Le puits de douleur

 

Penelope Fillon est un puits de douleurs depuis des années et personne ne semble jamais s'en être inquiété. Hier soir, n'écoutant que ma conscience professionnelle et mon amour de la léthargie, j'ai regardé «Envoyé spécial». J'ai vu l'interview de 2007. Je m'attendais à avoir des informations sur une affaire d'emplois fictifs, à la place, j'ai écouté une femme au bord du gouffre. C'était presque gênant.

 

Je ne sais pas pourquoi ce jour-là elle a décidé de se confier, je ne sais même pas si elle a eu conscience de ce qu'elle disait malgré elle, de ce que ses mots révélaient. Une femme qui semblait ne plus avoir de but dans l'existence, une femme qui transpirait une solitude insupportable, et surtout une femme qui se sentait méprisée par ses proches et, en premier lieu, par ses enfants. »

 

La suite ICI

 

Parti socialiste français : bonsoir, faites de beaux rêves

dimanche 29 Janvier 2017 Jacques Julliard

 

Depuis sa création en 1905, le Parti socialiste français est un parti gauchiste dominé par son aile droite. Les deux choses se conditionnent mutuellement. Gauchiste, il l'est en ce sens qu'il entretient une vision de lui-même à gauche de son électorat. Jusqu'aux années 80, il s'est cru révolutionnaire, alors qu'il était réformateur. Il s'est cru ouvrier, alors qu'il était petit-bourgeois. Il s'est cru une solution de rechange au libéralisme, alors qu'il n'en était qu'une variante.

 

Le résultat, c'est une schizophrénie permanente qui lui fait défendre quand il est dans l'opposition un programme maximaliste irréalisable, et quand il est au pouvoir, un programme minimaliste décevant. Inutile, pour en rendre compte, de faire jouer les grandes orgues trotskistes de la «trahison», explication romanesque et psychologisante qui en vérité n'explique rien. A moins d'inventer de toutes pièces un gène social-démocrate de la trahison... Hollande a-t-il plus «trahi» que le Britannique Tony Blair ? Que l'Allemand Gerhard Schröder ? Que l'Espagnol Felipe Gonzalez ? Que l'Italien Bettino Craxi ? Que le Portugais Mario Soares ? Et même - horresco referens - que le Français François Mitterrand ? Bien sûr que non !

 

Mais il a dû subir, en plus des difficultés inhérentes au pouvoir et au déclin de l'industrie française, le harcèlement d'une aile gauche, celle dont Mitterrand, justement, disait - c'était alors le Ceres - qu'elle voulait faire «un faux Parti communiste avec de vrais petits-bourgeois». Pourquoi cette particularité française ? Pour une raison simple : c'est que ce qui tient lieu à la France de social-démocratie n'est pas social-démocrate. Celle-ci, dans le monde entier, est la résultante de la collaboration sur pied d'égalité de puissants syndicats, de coopératives fortement implantées avec un groupe parlementaire socialiste. En France, cette collaboration n'a jamais existé.

 

(...)

 

La conclusion :

 

« On a certes le droit de tout faire, à condition de ce que l’on fait. Dans le cas particulier, de se mettre, sous prétexte de reconstruction utopique du parti, aux abonnés absents en faisant l’impasse sur les problèmes de l’heure, de la réindustrialisation à l’immigration, du terrorisme à la situation nouvelle de l’Europe d’après Trump. C’est-à-dire, disons-le clairement, donner sans combattre le pouvoir à la droite pour au moins dix ans. Comme en Allemagne, en Angleterre ou en Espagne. Ce n’est pas si grave. Mais ce n’est pas mon choix. Bonsoir, faites de beaux rêves. »

 

Je vais être méchant mais voici venu le temps des attachés parlementaires, besogneux, étriqués, hommes d’appareil, sans envergure ni colonne vertébrale, dérivant au fil des soubresauts de notre société, Fillon petite main de Le Theule, Hamon rocardien d’occasion… Lors de l’hommage à Michel Rocard aux Invalides, Valls, Hamon et Macron étaient évidemment présents, à cette époque, le sujet de conversation c’était Hollande va-t-il se représenter ? J’en doutais auprès d’un ami pilier de la Rocardie, conseiller influent à Matignon, qui lui restait dans ses schémas classiques. Depuis, tout a volé en éclats, et Valls en se substituant à Hollande a pris la place du mort : donc lui aussi dehors. Reste Hamon et Macron, qui l’un comme l’autre ne peuvent se prévaloir d’un quelconque héritage du dormeur de Monticello.

 

Hamon veut ressusciter une gauche plurielle, succédané de l’Union de la gauche, avec Jadot et Mélanchon, sauf que le PS est en voie d’implosion et que le Jean-Luc n’est pas prêt d’aller à Canossa ; Macron, lui, est le vecteur de cette implosion et sa capacité à faire émerger la fameuse troisième force, réellement sociale-démocrate, est à la hauteur de ses ambiguïtés, en gestation.

 

Petits potins :

 

  • Gabrielle Guallar, la compagne de Benoît Hamon, ils sont pacsés, mère de ses deux filles, est responsable Affaires publiques du groupe LVMH ; pour les non-initiés l’appellation affaires publiques recouvre l’activité de lobbying auprès des pouvoirs publics. C’est à ce titre que Gabrielle Guallar le 10 mars 2015 a été auditionnée par la commission spéciale du Sénat sur la loi Macron « la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques » dont elle dira le plus grand bien. Elle intervenait en tant que chargée de mission pour le secrétaire général, Marc-Antoine Jamet, auprès de la rapporteure du texte au Sénat, Catherine Deroche : le magasin Sephora des Champs-Élysées, filiale de LVMH, avait été condamné en 2013 à fermer ses portes à 21 heures par cour d'appel de Paris alors qu'il disait réaliser 20% de son chiffre d'affaires après cette heure... De quoi alimenter les conversations du couple.

 

  • Affaire Penelope : le baiser de la mort de Lavrilleux à Fillon

 

Jérôme Lavrilleux, l'ancien bras droit de Jean-François Copé renversé par le scandale Bygmalion, lui a envoyé une lettre datée du 1er février.

 

Comme vous aujourd'hui, j'ai moi-même été pris dans une véritable tempête médiatique et judiciaire parfois alimentée par mes propres 'amis politiques'. Aussi, je sais à quel point cela doit être dur pour vous et vos proches.

 

Restez confiant car nous avons dans notre pays la chance de pouvoir compter sur une justice indépendante et compétente qui sait établir la vérité des faits et des responsabilités. C'est au final la seule chose qui compte.

 

Puis, ce sont des valeurs chrétiennes qui m'ont poussé à la compassion.

 

Plus sérieusement :

 

Affaire Fillon : ces « plans B » qui risquent de faire exploser la droite

 

Entre deux mauvaises solutions, laquelle choisir ? Tel est le casse-tête actuel des ténors du parti Les Républicains (LR), qui s’activent en coulisses pour trouver une issue à la crise que traverse leur camp : leur candidat, François Fillon, fragilisé par les soupçons d’emploi fictif visant son épouse Penelope, paraît désormais en mauvaise posture pour l’emporter à la présidentielle. Une situation difficile à vivre pour un parti, qui a longtemps cru cette élection imperdable.

 

Consciente des ravages causés par « l’affaire Penelope Fillon », la majorité des ténors de LR s’inquiète d’un maintien de la candidature de M. Fillon. Cette inquiétude est renforcé après la diffusion jeudi soir sur France 2 d’un document datant de 2007. « Je n’ai jamais été son assistante ou quoi que ce soit de ce genre », déclare l’épouse du vainqueur de la primaire à droite dans un entretien filmé accordé alors au Daily Telegraph qu’a diffusé l’émission « Envoyé spécial ». Un caillou de plus dans la chaussure d’un candidat dont nombre de responsables de la droite redoutent désormais qu’il les amène dans le mur.

 

Alors, qui pour sauver la mise? Beaucoup arrivent au même constat : à cette heure, il n’existe pas d’alternative car aucun remplaçant potentiel n’emporte l’adhésion du parti. D’où le statu quo actuel. « Dans l’immédiat, le jeu est bloqué car les prétendants à la succession de Fillon se “canalisent” entre eux », analyse un poids lourd du parti.

 

Juppé veut être « adoubé »

 

Sur le papier, Alain Juppé apparaît comme le candidat de substitution le plus légitime. Arrivé deuxième de la primaire et disposant d’un programme abouti, le maire de Bordeaux est désigné par les Français comme leur favori pour remplacer M. Fillon, avec 33 % des suffrages, contre 13 % pour Nicolas Sarkozy et 7 % pour François Baroin, selon un sondage Harris Interactive pour RMC et Atlantico, publié jeudi 1er février.

 

S’il a déclaré à deux reprises ne pas vouloir être un recours, M. Juppé n’aurait en réalité pas totalement tiré un trait sur ses ambitions élyséennes. Mais « il veut être adoubé par tous et que Fillon le désigne officiellement comme son successeur », explique l’un de ses proches.

 

Sauf que, M. Juppé doit faire face à un front d’opposants internes, déterminés à lui barrer la route. On y retrouve les sarkozystes, emmenés par François Baroin. Ce dernier, qui entretient des relations glaciales avec le maire de Bordeaux depuis plus de vingt ans, s’est également positionné pour, le cas échéant, succéder à Fillon. « Baroin fait monter l’idée de sa candidature pour empêcher Juppé d’incarner le recours naturel car il sait qu’il sera grillé si Juppé devient président », décrypte un bon connaisseur des rapports de force au sein de la droite.

 

La suite ICI

 

Dans la troisième vague de notre enquête quotidienne Ifop-Fiducial pour Paris Match, iTELE et Sud-Radio, le candidat de la droite François Fillon enregistre un net recul.

 

Le candidat qui voulait «casser la baraque» est désormais confronté à ce qui ressemble fort à une dégringolade. Dans notre sondage en continu «La présidentielle en temps réel» réalisé par l'Ifop-Fiducial pour Paris Match, iTELE et Sud-Radio, François Fillon perd 1,5 point par rapport à l'enquête de jeudi et chute de 2,5 points en trois jours. «C’est un brutal décrochage, rarissime dans une enquête présidentielle en continu. Il recule nettement à droite. Il recueille moins d’un tiers (29%) chez les plus de 65 ans. A titre de comparaison, Nicolas Sarkozy en 2012 avait recueilli 45% en 2012 auprès de ces électeurs», note Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop. Avec 18,5% des intentions de vote, il est désormais à deux points d'Emmanuel Macron (20,5%, +0,5)

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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 06:00
L’INAO cherche juriste désespérément : le décret Pomerol à nouveau retoqué par le Conseil d’État, le Ministre encore ridiculisé…

Du côté de Montreuil, dans le neuf3, à l’accueil de l’INAOQ, sans doute va-t-il falloir se résoudre à afficher :

 

« Errare humanum est, perseverare diabolicum »

 

Notre cher Institut, que j’ai connu, dans les temps anciens, brillant et pertinent juridiquement, lorsque nous allions défendre devant le Conseil d’État le texte de loi dépoussiérant les Appellation d’Origine Contrôlée, se laisse de plus en plus aller à la facilité, bien aidé en cela par le Syndicat Agricole et Viticole de Pomerol.

 

Le dossier des « sans chais » par la grâce de l’entêtement et d’une forme d’arrogance de la puissance publique et des responsables de l’appellation Pomerol a pris la tournure d’un feuilleton vaudevillesque qui dure depuis 7 ans déjà.

 

Ça encombre le Conseil d’État, ça engraisse des cabinets d’avocats, ça occupe le service juridique de l’INAO, les services du Ministère, ça coûte cher aux contribuables… Disons-le tout net c’est lamentable…

 

Allons, Monsieur le Ministre un petit effort  avant de quitter la rue de Varenne, embauchez de bons juristes...

 

Le Vaudeville

 

Acte 1 12 juin 2009

 

Les « sans chai » de Pomerol seront virés en 2018

ICI

 

Acte2  scène 1 13 mars 2012

 

Afterwork du Taulier : le Conseil d’État retoque le décret excluant les sans-chais de Pomerol

ICI

 

Acte2 scène 2 14 mars 2012

 

Afterwork du taulier : le dernier considérant du Conseil d’Etat sur les sans-chais de Pomerol en dit plus long qu’un long discours

ICI

 

Considérant que si le ministre de l'agriculture et l'INAO motivent cette nouvelle délimitation, qui aura pour effet de retirer à des vignerons producteurs de vins bénéficiant depuis des décennies de l'AOC Pomerol la possibilité de procéder à la vinification et à l'élevage de leurs vins en dehors de l'aire géographique, par la nécessité de limiter le transport et la manipulation du vin afin de préserver sa qualité, il ne ressort pas des pièces du dossier que le transport sur les distances mentionnées ci-dessus des grappes de raisins, et non du vin, entre le lieu de la récolte et celui du chais de vinification aurait une incidence sur la qualité du vin produit, alors qu'il est par ailleurs constant que certains exploitants sont amenés à transporter leur vendange à l'intérieur de l'aire géographique de production sur des distances parfois plus longues que celles sur lesquelles les requérants transportent leur récolte ; qu'au regard du seul motif invoqué par le ministre de l'agriculture, les requérants sont fondés à soutenir que la délimitation ainsi retenue de l'aire dite de proximité immédiate induit une différence de traitement entre des exploitants qui bénéficiaient jusque-là pour leur production de vin de l'AOC Pomerol, les uns conservant ce bénéfice parce que leurs chais sont implantés sur les parcelles comprises dans cette zone et les autres se voyant retirer ce bénéfice à terme, et qu'il n'apparaît pas que cette différence de traitement serait en rapport avec les objectifs du cahier des charges ; que, dès lors, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de leur requête, les requérants sont fondés à demander l'annulation du décret attaqué homologuant le cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée (AOC) Pomerol, en tant qu'il a homologué la délimitation de l'aire de proximité immédiate.

 

Acte 3 CONSEIL D'ETAT statuant au contentieux

Séance du 16 janvier 2017

Lecture du 27 janvier 2017

 

5. Pour justifier l’absence de délimitation d’une zone de proximité immédiate pour l’AOC « Pomerol », le ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la forêt, l’Institut national de l’origine et de la qualité et le Syndicat agricole et viticole de Pomerol se bornent à soutenir que l’institution d’une telle zone, qui permet de vinifier les raisins et d’élaborer et élever les vins en dehors de l’aire géographique de production, constitue une simple faculté offerte aux Etats membres par la réglementation de l’Union européenne.

 

6. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le cahier des charges de l’AOC « Pomerol », qui ne comporte aucun élément de nature à justifier la nécessité de localiser les opérations de vinification, d’élaboration et d’élevage à l’intérieur de l’aire géographique de production, se borne à exiger, dans son chapitre IX intitulé « Transformation, élaboration, élevage, conditionnement et stockage », que la vinification s’effectue « conformément aux usages locaux, loyaux et constants » et ne mentionne, dans ses développements consacrés au « lien à l’origine », que les facteurs naturels et techniques de conduite de la vigne. Il ressort également des pièces du dossier que les requérants ont pu, pendant des décennies, réaliser leurs opérations de vinification, d’élaboration et d’élevage en dehors de l’aire géographique de production de l’AOC « Pomerol » tout en bénéficiant de cette appellation. Par ailleurs, il ne ressort ni des pièces du dossier ni de l’argumentation développée par le ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la forêt, l’Institut national de l’origine et de la qualité et le Syndicat agricole et viticole de Pomerol que la localisation de chais comme ceux des requérants, à proximité immédiate de la zone géographique de production, et les opérations de transport de raisin qu’elle implique soient de nature à porter atteinte à la qualité et aux caractéristiques propres aux vins de l’AOC « Pomerol ». Compte tenu de l’ensemble de ces circonstances, en tant qu’il homologue une modification du cahier des charges de l’AOC « Pomerol » qui ne prévoit la délimitation d’aucune zone de proximité immédiate et exclut donc du bénéfice de cette appellation tous les producteurs qui ne procèdent pas aux opérations de vinification, d’élaboration et d’élevage à l’intérieur de l’aire géographique de production, le décret attaqué est entaché d’une erreur d’appréciation.

 

7. Dès lors et sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de leur requête, la SCEA Château Siaurac et autres sont fondés à demander l’annulation du décret attaqué en tant qu’il homologue une modification du cahier des charges de l’AOC « Pomerol » s’abstenant de procéder à la délimitation d’une zone de proximité immédiate au titre de cette appellation.

 

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat le versement à la SCEA Château Siaurac et autres d’une somme globale de 3 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 06:00
Si vous voulez vous singulariser à l’apéro invitez-donc les Roche-Mazet !

Mais qui c’est qui ces Roche-Mazet ?

 

Des gens du South of France qui s’affichent à Paris !

 

Des provinciaux, qui font leurs courses à Métro, sur qui je suis tombé nez à nez lorsqu’en sortant de chez moi, juché sur mon fier destrier, j’ai levé mon nez vers les panneaux que la maire Hidalgo a concédé à Decaux.

 

En effet, je suis cerné, à 2 des 3 entrées de mon immeuble, par ces grands et moches placards publicitaires.

 

Donc, je ne peux pas rater la réclame qui y est affichée.

 

D’ordinaire je n’y prête guère d’attention mais depuis quelques jours la réclame de la maison Castel « Aujourd’hui, Roche Mazet s’invite à l’apéritif » m’interroge.

 

Je me dis dans ma petite Ford d’intérieur de bon buveur, genre bobo chic exécré par l’adepte de l’évier catalan, comment peut-on imaginer offrir à son gosier assoiffé un Merlot pour l’apéro ou un Cabernet-Sauvignon, tous 2 du pays d’O ?

 

Peut-être pour faire du vin chaud ?

 

Oui, je sais, j’ai l’ironie facile, mais je sais aussi que l’ambition des malheureux génies du marketing du vin, si peu écoutés, si peu considérés, est de multiplier les occasions de consommation du vin.

 

Comme je les comprends, je compatis même, mais de là à imaginer qu’on puisse ouvrir une bouteille de Roche-Mazet à ses invités pour l’apéro y’a un pas que le dernier des marchands de jaja du coin de la rue ne franchirait pas pour le conseiller même à madame Michu qui achète son vin au Super U.

 

On va me rétorquer que l’important pour la réclame, en vertu du code lessivier, c’est de placarder ROCHE MAZET à tous les coins de rue, dans toutes les villes et les villages de France, le slogan tout le monde s’en tamponne le gosier.

 

Certes, mais comme j’ai mauvais esprit j’imagine les arguments savants des communicants lors du brief de présentation de l’affiche pour convaincre la Castel compagnie qu’adore les chaînes d’embouteillage nickel chrome qui tournent comme des horloges suisses.

 

Je les vois, avec force de slides et de PowerPoint, justifier le slogan « Aujourd’hui, Roche Mazet s’invite à l’apéritif »… Ça fait genre … ça pose une marque dans l’univers post-moderne à des consommateurs, ultra-majoritaires, qui n’entendent rien au vin qu’ils achètent dans la GD sans même regarder le flacon en moins 30 secondes chrono.

 

« Oui, oui, cousins, cousines… La campagne touchera ainsi les jeunes couples de -35 ans en scooter, s’arrêtant à Prisunic, comme dirait le Juppé, afin d’acheter une boutanche de Roche-Mazet pour l’apéro qu’ils ont organisés dans leur colocation du XXe avec quelques copains, copines qui se d’ordinaire se tapent des bières… »

 

Succès garanti !

 

Bravo, bravo, retour sur investissement de la campagne d’affichage : excellent !

 

Et là, à cet instant précis, je suis pris d’un doute : et si c’était moi qui avais tort et les gars de chez Castel qui visaient juste ?

 

Eux, ils dépotent des millions de cols par palettes entières et ils savent mieux que toi ce qui s’achète.

 

Et ce qui s’achète le plus ce ne sont pas les belles quilles des guides mais celles moins glorieuses des catalogues de la GD. Ils n’en ont rien à branler des vapeurs des dégustateurs, héritiers qu’ils sont du jaja en litron étoilé.

 

Mais j’entends déjà les cris d’orfraies des adorateurs du Vin de Pays d’Oc, pardon de l’IGP Oc ! Ben oui, il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt les gars, nous la jouer vendanges à la main, chai de barriques, et tout le saint-frusquin cher au terroiristes, faut accepter l’héritage de l’Histoire.

 

D’ailleurs, le logo d’Oc est tout en haut à gauche de l’affiche, preuve de l’onction de la stratégie, au ras des pâquerettes de la maison Castel, par la maison chère à Jacques Gravegeal.

 

Pour étayer mes dires qui ne sont pas des médires sur le cousinage étroit entre les ex-vins de table et les ex-vins de pays d’Oc je vous donne des prix glanés chez Franprix :

 

  • Vieux papes 2,26 € 75cl VSIG France
  • Roche Mazet cabernet-sauvignon Pays d’Oc 3,22€ 75cl
  • Foncalieu cabernet-sauvignon Pays d’Oc 2,49€ 75 cl
  • Gérard Bertrand merlot Pays d’Oc 4,80€ 75 cl

 

Vous me direz que le moins cher reste encore une AOP Languedoc de la maison Jeanjean c’est 2,19€ 75cl.

 

Donc y’a pas photo faut que ça dépote au niveau des rendements dans les Pays d’Oc pour que ça paye la sueur des viticulteurs vracqueurs. Ça passe largement au-dessus des 100 hectos dans le Pays d’O !

 

Bref, on ne change pas une recette qui gagne !

 

Même si le Pierre ce n’est pas avec le jaja qu’il a fait sa belle pelote.

 

Trêve de spéculations sur le compte d’exploitation des vignerons, revenons à l’objet de ma chronique : l’affiche !

 

J’en suis aussi à me demander si sa ringardise n’est pas, elle aussi, voulue par les concepteurs de la campagne. Faut pas les prendre pour des branques les gars de chez Castel, le jaja au mètre sur linéaire c’est leur affaire, c’est gravé dans leur ADN.

 

Faut me comprendre « Concurrent un jour, concurrent toujours… »

 

Comme je suis un gars constructif, mon vœu le plus cher dans cette affaire de vin au mètre bien habillé, les flacons sont même numérotés, c’est que nos grands dégustateurs, autoproclamés indépendant ou non, nous fasse un petit « lichage » dégustatif de ces vins d’Oc qui font le gros des volumes de la vente en GD.

 

L’Interpro de l’IGP Oc, qui n’est pas sur la paille, pourrait organiser ça à Vinisud… ça serait un acte exemplaire d’information du plus grand nombre de consommateurs… et ça permettrait à nos grands dégustateurs de se frotter à la réalité des grands volumes de vins mis sur le marché.

 

Je rêve, je rêve… un jour viendra où Nicolas… mais ça je ne l’écrirai pas… ha ! ha !

Si vous voulez vous singulariser à l’apéro invitez-donc les Roche-Mazet !
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