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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 06:00
Nous ne sommes pas à la hauteur : seule la mobilisation de la société française peut détruire le défi  djihadiste

J’écris nous, nous tous, même si nos dirigeants politiques, de par leurs fonctions, sont bien sûr en première ligne. Cependant, nous contenter de les vilipender pour nullité ce serait nous exonérer de notre part de responsabilité. Ils sont à notre image, ils se sont modelés sur nos attentes pour nous plaire, nous rassurer, nous envelopper de belles promesses, nous endormir, faire de nous des consommateurs de tout, passifs, cul sur canapé, yeux rivés sur nos écrans d'ordinateurs, oreilles scotchées à nos smartphones. Ils sont le reflet de nos contradictions, de nos craintes, de nos comportements frileux, de nos renoncements, de nos abandons, de notre immaturité citoyenne.

 

À juste raison Gilles Kepel dénonce une « classe politicienne nulle face aux changements du monde. »

 

« Débat minable, pas du tout à la hauteur du défi. Notre classe politicienne est nulle face à cela, elle donne le sentiment de courir derrière l'événement, d'être intéressée surtout par ses chamailleries »

 

Même Juppé s’est vautré dans un « « si tous les moyens avaient été pris, le drame n’aurait pas eu lieu »

 

La palme de l’outrance revenant à Henri Guaino. « On doit pouvoir stopper un camion qui ne répond pas aux sommations. (…) Il suffit de mettre à l’entrée de la promenade des Anglais un militaire avec un lance-roquettes et il arrêtera le camion »

 

Jacques Myard, le souverainiste à lui prôné, parmi huit propositions, « d’expulser tous les binationaux en voie de radicalisation » et « d’appliquer partout sur le territoire national l’interdiction du voile ». Il recommande également de « renouer des relations diplomatiques avec Damas pour obtenir des renseignements » dans la lutte contre l’EI, implantée en Syrie et en Irak.

 

En les entendant, en les lisant j’ai eu honte pour eux mais aussi pour nous. Pour ne pas m’exonérer à bon compte j’ai cité Chateaubriand sur mon mur de Face de Bouc :

 

« Il faut dépenser le mépris avec une grande parcimonie à cause du grand nombre de nécessiteux. »

 

La boue des réseaux sociaux charrie la haine ordinaire des éradicateurs, des partisans du rond-up sociétal, du repli sur soi, de l’illusoire protection d’une ligne Maginot sécuritaire, le toujours plus qui nous ferait accroire que tout peut redevenir comme avant. Un simple camion frigorifique, un petit malfrat ordinaire et toutes les caméras de Nice comptent pour du beurre.

 

Moi qui circule à vélo dans Paris, de jour comme de nuit, il m’arrive de penser à la facilité qu’il y a de pratiquer le terrorisme low-cost.

 

En face des partisans d’une nouvelle bataille d’Alger se drapent les héritiers de l’esprit de Munich, concéder, espérer que les petits accommodements nous ferons retrouver notre confort douillet d’avant. Illusion de l’autruche, déni de la réalité, postures commodes adossées à des idéologies usées mais si rassurantes.

 

Si le problème était aussi simple à régler qu’une équation du second degré ça se saurait. Même la classe politicienne, aussi nulle et décrédibilisée fut-elle, a des excuses car elle est confrontée à une opinion publique anesthésiée par un demi-siècle de paix, et qui serait devenue en grande partie toute aussi immature ?

 

L'opinion publique française a-t-elle les politiques qu'elle mérite?

 

La question mérite d’être posée. Et vite.

 

Kepel a raison c’est d’abord un problème de changement de logiciel :

 

D’une part, en ce qu’ils ne comprennent pas l’ennemi et son fonctionnement, pourtant transparent: « le logiciel de ce terrorisme-là n'a toujours pas été compris par le pouvoir politique, quel qu'il soit (...) On est dans une autre dimension, il ne s'agit pas de dire qu'on va faire appel à la réserve, tout le monde sait que les forces de l'armée et de la police sont épuisées ».

 

D’autre part, en ce qu’ils n’en discernent l’objectif, présent en toutes lettres dans « les textes mis en ligne depuis 2005 par ce djihadisme de troisième génération: il faut épuiser les forces de l'ordre et il faut faire en sorte que la société, qui est totalement déboussolée, se prépare à une logique de guerre civile entre enclaves de confessions différentes ».

 

Face à ce danger, le gouvernement, chaque fois dans l’urgence, procède à des annonces qui ont pour objet de rassurer, autant que faire se peut, l’opinion. A chaque tragédie, le curseur du déploiement des forces policières et militaires monte d’un cran. Après Nice, c’est la Réserve qui est convoquée. Et l’état d’urgence maintenu pour trois mois encore. Le gouvernement pouvait-il faire autrement, dans les heures qui suivent un acte de la nature de celui commis à Nice? Non. Il fallait envoyer des signaux de rassurance l’opinion inquiète. Mais cette même opinion inquiète, en demande d’actes immédiats, sait aussi que ce qui a eu lieu à Nice relève de la menace auscultée par Gilles Kepel. Des sentinelles déployées ici et là ne suffisent pas à empêcher un individu déterminé à passer l’acte.

 

Partenaire du gouvernement, ses oppositions de droite, d’extrême droite et d’extrême gauche paraissent aussi éprouver de la peine à se hisser à la hauteur du rendez-vous de l’histoire. On ne sait pas encore tout du scénario de la tragédie de Nice que certains sont déjà affairés à dénoncer le pouvoir en place, à l’accuser les uns à dénoncer le manque de précautions et les failles sécuritaires. »

 

Lire 10 juillet 2015 « Génération radicale » de Boutih : au placard « le rapport de droite » ? 

 

«Génération radicale», l'étude fumeuse de Malek Boutih sur le jihad

 

Face à la nécessité de ce changement de paradigme, le fait que les extrémistes ont toujours un tour d’avance, ce qui le propre de la stratégie, il est capital, face à leur niveau d’intelligence, aussi monstrueuse soit-elle, de se soumettre à une analyse non biaisée, cesser de les considérer comme des fous, des abrutis, et surtout se mettre dans la tête que ce ne sera pas en quelques mois que nous rattraperons ce tour d’avance.

 

Pour les comprendre, non pour les excuser, mais pour mieux les combattre avec efficacité il nous faut se mettre dans leur peau, se fondre dans leur écosystème, le pervertir, le faire s’autodétruire.

 

Ils combattent notre modernité mais ils ont mieux compris que nous les failles de nos démocraties représentatives, au pouvoir centralisé, bureaucratisé, lourd, alors qu’eux fonctionnent en réseau diffus. L’Internet dupliqué au niveau de la société. « Ils déplacent, ils transforment l’utilisation de nos outils, de nos moyens de vie, vers d’autres finalités : un avion, une voiture… On a tout dichotomisé : objet de confort, transport, armes. » Comme me l’écrit l’un de mes lecteurs.

 

Bref, agir plutôt que réagir « J’ai toujours voulu que l’avenir ne soit plus ce qui va arriver mais ce que nous allons faire. »

Henri BERGSON

 

En ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, je suis et je reste mendésiste, le parler vrai cher à Michel Rocard :

 

« Pour les dirigeants d’abord. Le premier devoir, c’est la franchise. Informer le pays, le renseigner, ne pas ruser, ne pas dissimuler ni la vérité ni les difficultés ; ne pas éluder ou ajourner les problèmes, car dans ce cas, ils s’aggravent ; les prendre de face et les exposer loyalement au pays, pour que le pays comprenne l’action du gouvernement ».

 

« Au final, la démocratie donne à voir principalement les conflits entre les hommes, pour le pouvoir d’abord (ceux que tout pouvoir autoritaire cherche à cacher) et pour le partage de la richesse évaluée en monnaie. Ce qui justement, dans les activités humaines, n’est déclencheur ni de bonheur ni d’enthousiasme, et laisse place souvent à la tentation de la violence et de l’immoralité. » Michel Rocard

Nous ne sommes pas à la hauteur : seule la mobilisation de la société française peut détruire le défi  djihadiste

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 06:00
L’amitié dans l’ivresse, l’ivresse dans l’amitié, même combat, Antoine Blondin un Singe en Hiver, c’est l’amitié.

Un Singe en Hiver fut en 1959 cité comme grand favori pour le prix Goncourt mais ce fut un inconnu André Schwarz-Bart qui l’obtint pour Le dernier des Justes.

 

« Un Singe en Hiver, la cavalerie légère d’une amitié rêvée.

 

Le dernier des Justes, l’artillerie lourde d’une compilation laborieuse. »

 

« Schwarz-Bart, noyé dans ses fiches de documentation, avait fini par ne plus bien faire la différence entre les lignes sorties de sa plume et celles des autres. Une polémique naquit, s’amplifia, le cloua au pilori du plagiat. Il apparut qu’il était de bonne foi ; accablé, il en fit une dépression nerveuse. »

 

Blondin, étranger à ces persécutions, en fut marri. Sa seule saillie, sous forme de plaisanterie, à l’adresse de son rival heureux puis malheureux eut pour cadre un bar de nuit dans lequel il croisa Schwarz-Bart. Les deux écrivains portaient un pull à col roulé. Antoine Blondin pointa un doigt accusateur dans la direction de Schwarz-Bart en criant : « Plagiat ! » pour ensuite lui offrir un verre afin de le consoler. Comble d’infortune, le déprimé ne buvait que l’eau minérale, était-ce sans doute la cause de sa déprime fera remarquer un ami de Blondin.

 

La picole, Blondin adepte du lever de coude des bords de bar, se défendit d’avoir fait l’apologie de l’ivresse dans Un singe en hiver :

 

« Aucun de mes personnages ne boit pour se saouler mais plutôt pour changer les couleurs de la vie, tenter de la rendre plus acceptable, surtout lorsqu’ils se sentent seuls. Or, il se trouve que la boisson stimule un élan de compréhension pour autrui. Qu’il s’agisse de repeindre les choses ou de se donner des prochains, l’ivresse n’est pas une passion, mais un état où des « clés » vous rendues. »

 

« Lorsqu’ils sont ivres, Quentin s’imagine en Chine et Fouquet en Espagne. Pourtant ils se rejoignent malgré la distance de leurs âges, de leurs expériences, de leurs nostalgies parce que le thème essentiel d’Un singe en hiver c’est l’amitié. »

 

Et pourtant, ce livre qui obtint le prix Interallié en compensation, Blondin eut bien du mal à l’accoucher. « Séquestré par son éditeur dans une chambre d’hôtel à Mayenne, Antoine au bout de deux mois reprend le train pour Paris, la tête basse, sans avoir écrit une ligne. C’est en débarquant à Montparnasse qu’il a enfin un sujet de roman dont le personnage serait son hôtelier de Mayenne :

 

« C’était un homme énigmatique dont l’énorme silhouette, planté à la réception, scintillait doucement par la grâce du nez plutôt bourgeonnant et violacé, qui semblait porter le souvenir de quelque aventure assoupie. Il offrait le profil de ces montagnes dont la majesté ne se manifestera qu’à l’instant de leur écroulement. »

 

Dans le livre ça donne ça :

 

« Le reste du temps, il présentait une ivresse impénétrable, l’œil tourné en veilleuse sur une épaisse rumination intérieure. Ses compatriotes prétendirent qu’il était saoul debout. »

 

Quentin Albert, hôtelier à Tigreville, sortait du néant.

 

En face de lui débarque de Paris un soir d’automne, un jeune homme un dénommé Fouquet dont Blondin pudiquement concède « Je ne tombe pas loin si j’avance que Fouquet, c’est vaguement moi, en un temps où j’avais tendance à aller dans les marges de la vie. »

 

C’est son côté extra-terrestre « qui détonne dans le panorama humain et réaliste du bourg et l’offusque. Seul Quentin « reconnaît » le jeune homme au sens où Jeanne d’Arc a pu « reconnaître » le Dauphin. »

 

« Une nuit sur deux, Quentin Albert descendait le Yang-tsé-kiang dans son lit-bateau… » Ainsi commence Un singe en hiver…

 

« Et la navigation reprenait son cours sur l’oreiller »

 

Henri Verneuil, bien avant l’attribution de l’Interallié, s’empressa d’aller placer le roman sous le nez de Jean Gabin qui tournait aux studios d’Épinay avec Jean Delannoy. « Je viens de le terminer, lis ce roman, tu vas être ravi… sans être vraiment convaincu que ce conseil allait être suivi. Gabin ne lisait que France-Soir et l’Équipe précise Verneuil en ajoutant, c’était de la paresse. »

 

L’a-t-il lu ? Nul ne le sait mais, à cette époque, dans les années 60, « la trilogie Verneuil-Audiard-Gabin formait une équipe soudée… par le succès. »

 

Les droits furent achetés mais les Américains de la MGM renâclaient : A monkey in winter, bof ! De plus le contenu du roman, un archange de l’alcoolisme qui débarque chez un ivrogne repenti, ne les emballait guère. C’était toujours No !

 

Verneuil s’obstine, déclare à la MGM que Gabin est enthousiaste et, avec la complicité d’Audiard il parvient à ses fins.

 

Deux mois de travail minutieux à Dourdan pour rester fidèle au roman. Audiard était devenu fou de Blondin. Verneuil avoue « Nous avons travaillé dans le calme dans la maison de Dourdan avec la conviction que nous traitions une matière d’une richesse rare… »

 

La suite ICI la réplique culte de Gabin « Il ne faut pas mélanger les grands-ducs et les bois-sans-soif. Oui monsieur, les princes de la cuite… » 

 

 

« Ses convictions de jeune homme, situées bien à droite, même à la droite de la droite, l’ont poussé à réagir vis-à-vis d’une littérature engagée dans la droite ligne de la mode stalinienne. Il parait évident qu’il possède un goût évident pour la provocation. Dans cette vision des choses, il fréquente des copains de route fabuleux et hors du commun : Roger Nimier, Jacques Laurent, Michel Déon et autres qui contestent haut et fort les engagements politiques de Louis Aragon et la philosophie de Jean-Paul Sartre. Bernard Franck, en 1953, les surnommera les Hussards. Blondin dira « ils nous font passer pour des écrivains de droite pour faire croire qu’il existe des écrivains de gauche ».

 

Quelques années plus tard, Antoine Blondin se lie d’amitié avec François Mitterrand. Il accompagnera ce dernier dans des réunions ou meetings politiques et poussera le paradoxe jusqu’à voter pour lui ! Mais, ce n’est pas pour autant qu’il passera à gauche avec armes et bagages. Parmi les œuvres d’Antoine Blondin on retient : Un singe en hiver, où il magnifie sa passion pour l’alcool, Les Enfants du Bon Dieu, l’Humeur vagabonde, Quatre Saisons, l’Europe Buissonnière, Monsieur Jadis, Certificat d’études et enfin, Ma vie entre les lignes. »

 

Source :  Alcools de Nuit chez Michel Lafon

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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 06:00
Les fleurs de comptoir, ça ne s’arrose pas trop, au « blanc de facteur » selon Jean Carmet

« Le monde appartient à ceux qui ont des ouvriers qui se lèvent tôt »

 

Ça c’est une brève de comptoir de Jean-Marie Gourio glanée dans les bistros « là où il y a comme un air d’abondance, une générosité ambiante. Les bars des jours de marché, avec des cabas qui débordent de salades et des odeurs de viande chaude… Un petit coup par-dessus et la parole se libère. Ça marche mieux en buvant, mais attention, pas n’importe quoi. Le « blanc de facteur », comme l’appelait Jean Carmet, ça va, la bière aussi, éventuellement le kir, la coupette de champerlot ou le doigt de porto, mais au–delà, la brève s’empâte. Plus l’alcool est fort, moins c’est bien. Les fleurs de comptoir, ça ne s’arrose pas trop. »

 

Jean Carmet nul besoin de le présenter :

 

« Les petits vins de mon pays, de mon pays de Bourgueil, ont eu longtemps ma préférence sinon mon exclusivité. Ces petits vins blancs légers qui travaillent sous le soleil inimitable des bords de Loire. On leur laisse rarement le temps de s’accomplir au-delà d’une année, ils meurent avant l’âge, mais en beauté… »

 

Mais, il concédait aussi que si son père était un saint-cyrien de la vigne et qu’il a suivi son enseignement, il avait longtemps été étouffé par son patriotisme régional. « Quand je suis arrivé à Paris j’ignorais totalement qu’il existait d’autres vins. Je soutenais mordicus que rien ne pouvait égaler un saint-nicolas-de-bourgueil. Et puis j’ai acheté une maison dans le Gard, à 12 km de Bagnols-sur-Cèze et j’ai découvert les côtes-du-rhône avec ravissement… »

 

Dans Je suis la badaud de moi-même - Ed. Plon

 

« Vider une bouteille avec quelqu'un, c'est une manière pudique de se dire l'amitié. Il faudrait que les bistrots aient un parfum d'éternité. »

 

« Pour briller j'ai besoin de m'entourer de gens moins intelligents que moi. J'ai du mal à en trouver. »

 

« L'expérience n'intervient que quand on n'a rien à dire. Le plaisir des mots, c'est aussi le secret des mots, le silence. »

 

« Je considère la vieillesse comme une insulte. Je vais finir dans le désordre. »

 

« Sans mes amis je ne serais rien, c'est eux qui m'ont inventé. »

 

« J'aime transmettre les histoires qu'on me raconte et enjoliver les miennes. Comme acteur, je me promène dans la vie des autres. Et dans la vie, je fais pareil. »

 

Son pays, ses amis, ses histoires…

 

En voilà une bien belle histoire à la Carmet:

 

« J’avais déjeuné chez Bernard Blier. Nous nous étions attardés à table, mêlant les agréments de la discussion à ceux de la sélection des vins. La nuit est venue quand nous nous quittons gaiement. Je hèle un taxi et… au lieu de lui indiquer : « À Sèvres ! » où je réside, je lui communique : « À Tours ! ».

 

Je ne saurais vous expliquer pourquoi. L’automédon ne manifeste aucune surprise. Je monte à bord et plonge presqu’aussitôt dans le bienheureux sommeil de l’oubli…

 

On me secoue, on me réveille, c’est le chauffeur :

 

« Nous sommes arrivés ! »

 

Nous sommes en effet, à Tours.

 

Pourquoi Tours ?

 

Comment, étant à Paris, peut-on avoir l’idée saugrenue de rallier Tours en taxi ?

 

Le chauffeur rigole : « Je vous ai tout de suite reconnu, monsieur Carmet. J’ai entendu des reportages, je sais que vous êtes de Tours ou des environs, alors c’est normal que vous ayez voulu venir ici ! »

 

« Nous étions au petit matin et au cœur de l’hiver. Je propose d’aller prendre un café près de la gare. Nous tombons sur toutes les épaves de la nuit, hantées par un unique objectif : se goinfrer un pied de cochon. Et j’ai offert une tournée générale de pieds de cochon. J’ai voulu téléphoner à Sonia, mon épouse, à Sèvres. Sans résultat. Je devais apprendre plus tard qu’elle était partie à ma recherche en oubliant de brancher le répondeur.

 

Que faire ?

 

Toujours flanqué de mon fidèle chauffeur je rends visite à des cousins tourangeaux. Il est maintenant 7 heures, ils s’étonnent :

 

- Que fais-tu là ?

 

- J’ai déjeuné avec Bernard Blier.

 

- Ah bon ! Il est de passage à Tours ?

 

- Mais non, chez lui à Neuilly !

 

« C’est la confusion totale. Je les sens sur le point d’alerter hypocritement un quelconque service psychiatrique, je disparais. En taxi toujours. Nous sommes tombés en panne du côté d’Orléans. Le chauffeur marchait au fuel qui avait gelé tellement il faisait froid. L’homme était de bonne compagnie et savait s’adapter, nous avons fait la java pendant toute la nuit. Puis je l’ai raccompagné chez lui. Son épouse a failli me lyncher. La mienne aussi, un petit peu plus tard, ce qui vous expliquera pourquoi je dois périodiquement changer de compagne. Je les comprends et je les absous, ce sont toutes des saintes. »

 

Extrait du livre Alcools de Nuit -Antoine Blondin

 

Pour finir si vous souhaitez briller en société quelques brèves de comptoir dites par Jean Carmet.

 

- On s'en fout pas mal que le poulet soit élevé au bon air, après tout on ne mange pas les poumons.

 

- Ça revient, la mode du cheval. On en a encore mangé ce midi.

 

- Les moutons sont cons c'est pour ça que leur cervelle n'ont pas de goût...

 

- Il faut pas trop parler le matin sinon l'après-midi on sait plus quoi dire.

 

- Pour une cuite on dit pas overdose, on dit ivre-mort, ça fait quand même moins peur.

 

- En ce moment je lis rien, je garde pour plus tard... toi aussi...tu fais bien, sinon t'arrives à la retraite avec plus rien à lire.

 

- Ce n'est pas parce que l'homme a soif d'amour qu'il doit se jeter sur la première gourde.

 

- Une frappe chirurgicale c'est quand tu fous une claque à ta femme et qu'elle ne casse rien en tombant

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 06:00
C’est dur la culture : les Capezzoli di Venere ou tétons de Vénus de Salieri pour séduire Constance Mozart dans Amadeus de Milos Forman et 1 vin nu là-dessus!

Dans le film de Milos Forman, ces petites douceurs, les Capezzoli di Venere, que Salieri propose à Constance lorsqu'elle lui apporte les compositions de Mozart et qu'il appelle « Mamelons de Venus »

 

- Prenez-en un, c'est tout à fait étonnant…

 

… et dont il révèle la composition, m’ont inspiré cette chronique « imprégnée de culture » comme les tétons de vénus le sont de rhum

Salieri and Mozart, par Mikhail VRUBEL 1885.

 

La culture d’abord !

 

Salieri, assassin de Mozart ?

 

« La légende de l'assassinat de Mozart par Salieri relève de l'imagerie romantique, ayant été présentée pour la première fois dans Mozart et Salieri, pièce de théâtre de l'écrivain russe Alexandre Pouchkine, publiée en 1830. Très populaire en Russie, elle fut adaptée à l'opéra à la fin du XIX° siècle. Plus tard, en 1979, le Britannique Peter Schaffer s'inspira de l'ouvrage de Pouchkine pour composer la pièce de théâtre Amadeus, qui fut adaptée au cinéma par Milos Forman en 1984.

 

Dans ce film acclamé par la critique, qui reçut 40 récompenses dont huit Oscars, Salieri est présenté comme un compositeur talentueux, mais médiocre face au talent inégalé de Mozart, qu'il déteste et admire à la fois. Dans cette œuvre, c'est Salieri qui commande le fameux Requiem, que Mozart s'épuisa à composer. A la fin du film, le kapellmeister n'est donc pas directement responsable de la mort de son rival, mais en porte néanmoins une part de responsabilité.

 

Toutefois, il convient de préciser que la réalité est bien différente de cette légende noire. Si Salieri éprouva sans doute de la jalousie à l'égard du jeune prodige, suite à l'arrivée de ce dernier à Vienne, les deux hommes entretinrent des relations rivales mais néanmoins amicales.

 

En effet, Salieri conserva jusqu'à sa mort, en 1825, son poste de kapellmeister, restant pendant longtemps un personnage puissant à Vienne. Par ailleurs, si l'œuvre de Salieri est aujourd'hui largement méconnue du grand public, ce compositeur remporta de bien plus grands succès que son rival, jouant ses opéras dans les principales Cours d'Europe (Milan, Paris, Rome, Venise, Versailles, Vienne, etc.).

 

Ainsi, contrairement à ce que l'on pourrait penser, Salieri fit tout son possible pour faire connaître la musique de Mozart, à une époque où le public viennois avait une nette préférence pour les compositeurs italiens (c'est ainsi qu'il proposa Mozart pour la composition de La clémence de Titus, opéra à l'origine commandé à Salieri). Par ailleurs, il fit partie des cinq personnes présentes lors de l'enterrement de Mozart, et fut le professeur de musique du jeune Franz Xaver Wolfgang Mozart, dernier fils du défunt.

Enfin, il ne fut pas le commanditaire secret du fameux Requiem, ce dernier ayant été commandé par le fils du maire de Vienne de l'époque, pour le compte de Franz de Walsegg, un aristocrate autrichien. »

 

Origines :

 

« On appelle le rebondi de la madeleine « téton de Vénus ». A Commercy, lors d'une réception organisée par le duc de Lorraine, une simple soubrette nommée Madeleine avait préparé ce gâteau, le seul que sa famille lui ait appris. Le roi Stanislas enthousiaste, avait aussitôt rebaptisé cette pâtisserie du nom de la servante.

 

Source « les desserts oubliés de Nicole Thépaut »

 

« Vers 1830 donc, la Mère Brigousse, dans le quartier des Charpennes à Lyon, faisait table comble avec ses "tétons de Vénus", de grosses quenelles en forme de sein. »

 

Téton de Vénus est le nom d'une espèce de pêches, à cause de la forme pointue de l'extrémité.

 

 

La recette des Capezzoli di Venere

 

200g de marrons glacés

 

120g de chocolat au lait (chocolat noir dans la recette originale)

 

40g de crème liquide

 

1 cl de rhum

 

1/2 cc d'extrait de vanille

 

100g de chocolat blanc

 

10g de chocolat noir

 

 

Faites fondre au bain-marie le chocolat au lait avec la crème. Laissez refroidir.

 

Mixez les marrons glacés avec le rhum et l'extrait de vanille jusqu'à obtention d'une purée. Ajoutez le chocolat fondu et mixez à nouveau. Si nécessaire, terminez en mélangeant à la cuillère afin d'obtenir une pâte homogène. Placez au frais au moins 1h.

 

Formez des cônes arrondis d'environ 4cm de diamètre et placez-les sur une grille.

 

Faites fondre le chocolat blanc au bain-marie, versez-le sur chaque cône (ou trempez-les dedans à l'aide d'une fourchette à chocolat). Placez une quinzaine de minutes au frais.

 

Faites fondre le chocolat noir au bain-marie, disposez une pointe sur chaque cône et placez à nouveau au frais 15 minutes.

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 06:00
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec

« C’est une liste qui n’en finit pas de s’allonger. Pour la quatrième fois en huit mois, l’association L214 dévoile de nouveaux cas de maltraitance animale dans des abattoirs français. Deux établissements sont cette fois visés : ceux de Pézenas, dans l’Hérault, et du Mercantour, à Puget­-Théniers, dans les Alpes­-Maritimes. Filmées en caméra cachée entre novembre 2015 et fin mai, des vidéos insoutenables, auxquelles Le Monde a eu accès en exclusivité, montrent des sévices graves et des infractions manifestes perpétrés sur des bovins, des moutons, des cochons et des chevaux, lors d’abattages conventionnels et rituels. L214 devait déposer plainte, mercredi 29 juin, devant les tribunaux de grande instance de Béziers et de Nice pour maltraitance et actes de cruauté. »

 

« Il n’y a pas de viande heureuse »

 

« On a envie de croire que le problème, ce sont les cadences. Mais les petits abattoirs à l’approvisionnement local ne garantissent pas une meilleure protection des animaux, comparés à l’abattage industriel, assure Sébastien Arsac. Il n’y a pas de viande heureuse. » L’association lance cette fois une pétition pour la présence d’une alternative végétarienne ou vegan dans les restaurants scolaires et les collectivités.

 

Pour Jean Carmet dans une Brève de comptoir : « une viande tendre c'est une viande qui a été heureuse.»

 

 

 

J’ai connu au temps de mes culottes courtes la «tuerie particulière» de la Mothe-Achard. C’était dégueulasse dans toutes les acceptions de ce mot. Il fallait avoir le cœur bien accroché : souvenir du sang des gorets dégoulinant sur le sol, ruisselant dans une rigole vers une fosse à ciel ouvert où les charcutiers venaient puiser avec un seau ce qui servirait au jus de boudin. Ça cocotait dur. Seul le boudin de mémé Marie trouvait grâce à mes yeux.

 

Au Bourg-Pailler la mémé Marie « tuaient » la volaille et les lapins et une fois par an les hommes tuaient le cochon sans aucune maltraitance. L’animal était respecté.

 

Au nom de l’hygiène publique et de la rationalisation économique nos animaux sont abattus dans des abattoirs contrôlés par la puissance publique.

 

 

Qu’en est-il ?

 

Selon le ministère de l’Agriculture 259 abattoirs ont été contrôlés ces derniers mois en France et trois se sont vus retirer leur agrément.

 

« Dans le cadre de cet état des lieux, près de 70% des inspections auraient conclu à un niveau de maîtrise de la protection des animaux de satisfaisant à acceptable au moment du sacrifice. C’est satisfaisants dans 20% des cas et acceptable dans 49%. En revanche dans 31% des inspections, le niveau de maitrise de risques a été jugé insuffisant selon la synthèse remise au ministère. Les non conformités les plus graves concerneraient moins de 5% des chaînes inspectées, soit 19 lignes d’abattage qui ont été fermées.

 

Les détails des contrôles seront mis en ligne prochainement, selon le service de presse du ministère. En attendant, le ministre de l’Agriculture a déclaré le 1er juillet sur RTL que les militants de l’association L214, productrice de vidéos tournées clandestinement dans plusieurs abattoirs, « veulent faire disparaître ce qui a été l’agriculture. Ils ne veulent plus d’élevage, ils ne veulent plus qu’on mange de viande». Stéphane Le Foll a également déclaré que les dernières images mise en ligne par L214 « n‘ont pas été prises après les contrôles qu’on a fait mettre en place dans les abattoirs».

 

Quoiqu’il en soit, cette mise en cause du traitement des animaux de boucherie dans les abattoirs tombe au plus mal pour les éleveurs. Avec un prix du kilo de carcasse d’une vache de réforme de race mixte (normande par exemple) à la fin du mois de juin à 2,80€, c’est une baisse de 10% sur le prix payé un an plus tôt. Et il est probable que l’on n’a pas encore touché le fond car les producteurs laitiers européens augmentent désormais les abattages de vaches laitières de réforme en raison des difficultés financières qu’ils subissent avec la baisse du prix du lait de 20% sur deux ans et d’environ 10% sur la moyenne des prix payés en 2015.

 

Dans ce contexte, Dominique Langlois, président de l’interprofession Bétail et Viande vient d’écrire à Matthias Fekl, secrétaire d’Etat chargé du commerce extérieur afin que l’accord commercial que l’Europe doit ratifier avec le Canada et qui prévoit d’importants contingents d’importation de viande bovine de ce pays, soit rejeté par la France, si la Commission européenne tente de le faire passer sans le soumettre à l’approbation du Parlement dans chaque Etat membre de l’Union. Dominique Langlois note dans son courrier que le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, semble « souhaiter s’assoir sur l’avis des élus nationaux tout en sapant l’autorité des Etats membres pour faire passer en force cet accord particulièrement dangereux pour notre secteur ». Il demande au secrétaire d’Etat de tenir bon.

 

Reste à savoir où en sont le chef de l’Etat et le Premier ministre sur ce dossier. A l’occasion, ils émettent ponctuellement des réserves sur la procédure de négociation pour un accord du même type avec les Etats Unis. Mais ils sont étrangement silencieux concernant la ratification ou non de l’accord que la Commission a déjà négocié avec le Canada. »

 

Pour un rapport plus durable à la viande, un architecte réinvente les abattoirs urbains

 

Un architecte de 25 ans a conçu un projet d'abattoir en ville, basé sur l'exemple de Bruxelles. Inspirés de l'économie circulaire, il permettrait de valoriser ses propres déchets, afin d'alimenter la production de différents types d'aliments, vendus sur les marchés voisins.

 

La suite ICI 

 

Je mange de la viande et je respecte ceux qui n’en mangent pas tout comme j’aime les animaux de la ferme : lorsqu’on a gardé les vaches et vécu dans la cour d’une ferme le respect est gravé dans mon ADN.

 

NOTE DE LECTURE : « ÉTHIQUE DES RELATIONS HOMME/ANIMAL. POUR UNE JUSTE MESURE ». ICI 

 

 

UNE VIE DE COCHON, VRAIMENT PAS ROSE (ENTRETIEN ORIGINAL)

AVEC JOCELYNE PORCHER, SOCIOLOGUE, CHARGÉE DE RECHERCHE À L’INRA ICI

 

Petit conte d’une recherche d’une viande heureuse

 

 

C’était un mardi matin pédaleur infatigable en dépit d’un temps incertain j’avais décidé de me transporter dans les beaux quartiers. En selle donc, en longeant le cimetière Montparnasse le ciel se gâte, il pleuviote, je persiste mais le vent se mettant de la partie avec la pluie je décide d’accrocher ma monture et de prendre le métro à Pasteur.

 

Changement à Trocadéro pour prendre la ligne 9. Drôle de ligne qui part duNeuf3, Mairie de Montreuil, Robespierre&Jacques Duclos, passe par Charonne, Voltaire, Léon Blum pour aller se jeter dans les bras des beaux quartiers. Pensez donc Rue de la Pompe, La Muette, Ranelagh, Jasmin, Michel-Ange-Auteuil, Michel-Ange-Molitor, Exelmans la fine fleur du 16e avec terminus Billancourt qu’il n’est plus possible de désespérer depuis que l’île Seguin chère à Sartre n’est plus qu’une friche industrielle.

 

Je sortais à l’air libre rue de la Pompe, je longeais la masse imposante du lycée Janson de Sailly, je suis en terre connue car j’ai occupé le 174 avenue Victor Hugo pendant quelques année au temps où je présidais aux destinées de la SIDO, je humais l’atmosphère si particulière de ce quartier si bling-bling.

 

Où allais-je de ce pas ?

 

À la boucherie d’Yves-Marie Le Bourdonnec qui est la voisine de mes ex-bureaux occupés maintenant par une société d’avocats.

 

Pourquoi vais-je si loin de ma base ?

 

Tout simplement parce qu’en exclusivité, Yves-Marie nous proposait la mise en vente de la carcasse d'un Boeuf Armoricain de 36 mois, nourri à l'herbe, issu de l'exploitation de Jackie et Masayo Malardé située en Centre Bretagne. 

 

 

Une armoricaine Marquise et son veau femelle Urtica né en 2003 qui est une génisse de Martano , taureau d' insémination né en 1956. Dose congelée en 1964.( Botlan Tremargat 22) ( voir la généalogie de cette souche) La ferme de Botlan de Jackie et Masayo Malardé

 

S'inspirant de l'esprit de notre école MOTTAINAI, notre élève japonais Kohei Kusumoto sera votre conseiller et préparateur privilégié.

 

Une occasion unique de vous procurer une viande d’exception, offrant à la découpe un aspect naturel persillé. »

 

Clarisse Prévost a lancé en partenariat avec le célèbre boucher Yves-Marie Le Bourdonnec une école de formation originale et dédiée à la boucherie fine, pour mieux accompagner tous les « entrepreneurs de la viande de qualité ».

 

Comment vous est venue l’idée de créer cette école d’un autre genre ?

 

Réunis par nos valeurs, forts de nos expériences respectives, nous avons voulu créer une entreprise commune qui soutient la culture de l’excellence de l’artisanat boucher, et qui réunit enfin tous les acteurs qui veulent bâtir une filière viande durable et de qualité. Aux éleveurs et aux candidats au métier de boucher (de plus en plus nombreux) qui cherchent une alternative à l’élevage et à la formation classique, nous voulons proposer une autre voie, à partir de la filière « Qualité Le Bourdonnec » reconnue aujourd’hui en France et à l’étranger.

 

Quelle est la philosophie de votre école ?

 

« Mottai-naï », littéralement « non au gaspillage ! » est une expression japonaise marquant une respectueuse reconnaissance à l’égard des aliments issus de la nature, ainsi qu’envers les personnes qui les produisent et les pourvoient. Les valeurs de l’entreprise Le Bourdonnec se retrouvent pleinement dans cette philosophie. « Cultivons la viande que nous aimons » est notre slogan et nous déclinons dans un Manifeste notre approche et ce qui fait sens pour nous et nos partenaires. Nous avons ainsi décidé d’accompagner toutes celles et ceux qui ont fait le choix d’une autre viande et d’un commerce vertueux : de l’éleveur au consommateur, en passant par le commerçant, le Chef en cuisine…

 

Quelles sont vos ambitions à long terme ?

 

Notre programme de formation propose de former des « bouchers entrepreneurs », en intégrant tous les maillons de la chaîne (culture de la production, approche pratique, théorique et culturelle). Beaucoup sont en reconversion professionnelle, ils sont exigeants et soucieux du sens de leur démarche. Ils accompagneront la vision d’Yves-Marie Le Bourdonnec (défendre les races mixtes, le « vrai » bœuf, l’élevage à l’herbe etc.) et porteront sa filière en pleine expansion internationale. Du côté des autres acteurs (éleveurs, réseaux de commercialisation, restaurants, ateliers de dégustation etc.) notre ambition est aussi de « faire école » et de proposer un accompagnement stratégique et logistique. Oui, on peut encore manger de la viande en 2015 et dans les années à venir, en respectant l’animal, en comprenant notre culture gastronomique, et en respectant notre environnement. Oui, on peut se lancer dans l’élevage ou la boucherie en trouvant des débouchés et des consommateurs !

 

Qui est donc Yves-Marie Le Bourdonnec ?

 

Lire ICI

 

L’Yves-Marie il ne plaît pas à tout le monde, j’aime ça.

 

Vers 11 heures je suis à pied d’œuvre, c’est jour de livraison des carcasses alors c’est la ruche. et je vous livre mes premières photos.

« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 06:00
Le tri sélectif selon SIQOCERT ou l’art de la sanction et de l’exclusion en mode bourguignon…

Au temps d’un Ministre de l’Agriculture aujourd’hui candidat à la Primaire de la Droite, le président de l’INAO, Michel Prugue m’avait sollicité pour que je participe à un audit interne du système d’habilitation des vins d’AOC mis en place par la réforme.

 

En dépit de mon peu de goût pour ce genre d’exercice j’acceptai.

 

Lors du premier entretien avec les responsables de l’INAO je posai la question : pourquoi toute cette machinerie complexe et coûteuse ? Pour rassurer nos clients sur la qualité de nos vins ?

 

Leurs réponses me laissèrent pantois : toute cette tuyauterie résultait d’un enchevêtrement de motivations strictement administratives sans réelle portée économique et commerciale.

 

Et maintenant la machine à éliminer les déchets tourne à plein sur elle-même, dans des conditions qui diffèrent d’une région à l’autre.

 

La bureaucratie comme toujours se nourrit de sa propre substance, il y va de sa survie. Nous avons l’art de nous lester de boulets aux pieds pour mieux rouscailler contre la prolifération des contraintes.

 

Le paradoxe c’est que le système mis en place l’est avec la caution des dirigeants professionnels et que son fonctionnement reçoit une approbation sans faille de leur part.

 

La mécanique est infernale car elle permet à l’ensemble des géniteurs du système le Ministère, l’INAO, le CAC, les ODG… de se retrancher derrière un ponce-pilatisme bien commode.

 

C’est la faute du système chante le chœur sauf qu’ils sont qu nous sommes tous le système.

 

L’exemple de l’usine à gaz expédiée aux vignerons par SIQOCERT : 2 schémas qui résument 3 pages de laïus expliquant comment fonctionne le contrôle avec au cas où le vigneron n’aurait pu comprendre, par ce que ce n’est pas compréhensible, il y a 5 liens http:// www. pour les infos et les éclaircissements complémentaires.

 

Reprenez votre respiration : l’adage de Boileau ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément n’est pas inscrit au frontispice de SIQOCERT.

 

La mise en schéma du texte pour éclairer le lecteur produit l’effet contraire 18 flèches et 2 accolades pour la dégustation, 9 flèches et 4 accolades pour l’inscription, est la démonstration de la complexité du système.

 

Laissons de côté l’orthographe des rédacteurs du texte, elle n’est qu’un signe supplémentaire de la désinvolture de ceux qui se considèrent comme le bras armé de la vertu.

 

En effet, toute cette bouillie pour chats débouche écrit en rouge sur 1 SANCTION.

 

Au piquet, punition, bonnet d’âne, encre rouge dans la marge, mais nous ne sommes pas à l’école mais dans la vraie vie et la sanction peut déboucher sur une exécution pure et simple, une mort économique.

 

Le rouge c’est le sang.

 

- Peine ou récompense en relation avec une interdiction ou une injonction, liée à un mérite ou un défaut.

 

Selon Rousseau « la seule sanction qui ait un sens pédagogique est le résultat nécessaire d'un acte, elle en est comme la suite naturelle » (Éduc.1979).

 

- Toute peine ou tout avantage, soit établi par les hommes ou par Dieu, soit résultant du cours naturel des choses et qui sont provoqués par une certaine manière d'agir

 

« Ce ne sont pas sans doute les idées politiques de M. Herriot et de ses collègues radicaux qui nous ont perdus. Mais la morale sans obligation ni sanction qui était la leur » Camus, 1945.

 

Flagellation, autoflagellation, le religieux est toujours sous-jacent dans nos comportements : couvrons certaines têtes de cendres pour bien prouver qu’ils sont les pécheurs exclus de la pureté et la sainteté de notre Grande Église.

 

Je vous laisse à la lecture de l’œuvre de SIQOCERT.

 

À vous de juger, d’apprécier et éventuellement de comprendre.

 

Clicquez sur les images pour une meilleure lisibilité...

Le tri sélectif selon SIQOCERT ou l’art de la sanction et de l’exclusion en mode bourguignon…
Le tri sélectif selon SIQOCERT ou l’art de la sanction et de l’exclusion en mode bourguignon…
Le tri sélectif selon SIQOCERT ou l’art de la sanction et de l’exclusion en mode bourguignon…
Le tri sélectif selon SIQOCERT ou l’art de la sanction et de l’exclusion en mode bourguignon…
Le tri sélectif selon SIQOCERT ou l’art de la sanction et de l’exclusion en mode bourguignon…
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Le tri sélectif selon SIQOCERT ou l’art de la sanction et de l’exclusion en mode bourguignon…

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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 06:00
Clos Bourguignon ça n’est pas du Isabelle Saporta ça navigue plutôt entre Gala et Capital…

Imaginez l’Isabelle Saporta invitée au salon Livres en Vignes pendant lequel se déroule « Le chapitre de l’équinoxe, de la plume et du vin » se terminant par un dîner fastueux et festif organisé par la Confrérie des Chevaliers du Tastevin où « Frairies, esbatements et réjouissances » se succèdent dans un joyeux tumulte.

 

Assise à la table d’honneur au milieu de messieurs en smokings désuets et de dames permanentées en robe de soirée, elle se fait passer une avoinée, disons par un Louis-Fabrice Latour ou par son successeur à la tête du négoce bourguignon le sémillant Frédéric Drouhin, « Votre article est un tissu de mensonges et d’approximations madame S. Il ne vous vient jamais à l’idée de vérifier vos informations…»

 

Suit une passe d’armes vinaigrée… et la donzelle de répliquer avec une certaine emphase :

 

- Si mon article vous a déplu, vous m’en voyez navrée… Mais la liberté d’expression est le dernier pré carré de l’indépendance de la presse.

 

Railleur, l’outragé lance un dernier scud :

 

- Liberté d’expression ? C’est une blague ? Il suffit d’acheter une pleine page de pub dans votre torchon pour changer un pamphlet en dithyrambe !

 

La madame lui balance une leçon de morale :

 

- Vous pensez que votre argent vous immunise contre la vérité, c’est ça votre problème !

 

Et notre grand négociant de se lever et de se retirer de la salle de réception de l’ancienne abbaye de Cîteaux à la manière d’un quelconque politicien en pétard se tirant d’un plateau de télévision « Ce que je pense ne regarde que moi et votre vérité ne vaut pas la salive que j’use à poursuivre cette conversation ! Je vous souhaite à tous une excellente fin de soirée ! »

 

STOP !

 

NON CRÉDIBLE

 

Où est-ce qu’il a vu jouer cela ce cher Corbeyran ?

 

Scénario absolument invraisemblable en l’establishment bourguignon : le dénommé Jean-Michel Froideval héritier de la puissante maison de négoce Froideval n’est pas raccord avec qui que ce soit de connu.

 

De plus, jamais au grand jamais, un grand négociant bourguignon ne se commettrait ainsi à interpeler une journaliste et, même s’il pensait tout au fond de lui-même qu’une bonne page de pub chez Butane&Degaz ou chez le père Denis dont la belle-mère ne boit que du Bordeaux pourrait lui valoir un beau papier de De Ruines ou d’un pigiste de la vieille dame permanentée, il offrirait à l’impertinente dame, au mieux une belle dose de silence teintée de mépris, au pire une touche d’ironie.

 

Quant à la Géraldine Leroy-Barreyre (ces noms à tiret me font toujours penser à Roux&Combaluzier), copie people de la journaliste d’investigation « au palais désastreux et à la langue de vipère, dont l’incompétence n’a d’égale que son étroitesse d’esprit » je n’ai aucun souvenir d’en avoir croisé une dans le magasin des journalistes du vin. Afin de ne pas m’attirer les foudres des féministes je ne ferai aucun commentaire sur la profondeur de son décolleté, ni sur le beau dénudé de son dos à la Mireille Darc.

 

Bref, la BD de Corbeyran Clos de Bourgogne Le Monopole part sur des bases bien incertaines mais, comme je suis respectueux de la créativité de l’auteur, je ne vais pas m’en tenir là.

 

 

L’intrigue est bien ficelée : « Paul Bernodet décide de vendre son domaine, le Clos du Pré, et demande à la jeune journaliste d’élucider la mort de Hélène Janson, une amie disparue trente ans plus tôt dans un accident de voiture. Froideval et Bernodet étaient tous les deux amis et proches de la jeune femme. Depuis ils se détestent et en sous-main Froideval tente de racheter les vignes de Bernodet. Mais qu’est ce qui pousse Bernodet à vendre ? Géraldine a en fait deux affaires à résoudre. »

 

Le trait de Ruitzge est net et précis.

 

Je suis allé au bout sans grand effort mais je ne partage pas l’opinion d’un critique pour qui « La Bourgogne et les caractéristiques de cette région viticole apparaissent en toile de fond dans ce récit bien ficelé qui explore le passé de Paul Bernodet. Se basant sur des faits qui pourraient être authentiques, Éric Corbeyran signe une histoire mêlant habilement drame, suspens et tensions. De quoi tenir en haleine les lecteurs. »

 

Non c’est une Bourgogne de carte-postale glamour qui nous est présentée, sans doute existe-t-elle mais elle n’est que le dessus d’un grand panier où la complexité des situations familiales et sociales sort de cette image d’Epinal.

 

Tout le monde ne peut avoir le génie d’un Pétillon pour saisir avec humour et férocité la réalité d’un pays.

 

Sur ce lien vous découvrirez quelques planches de la BD.

 

Cette histoire d’amour, de haine, de trahison, de transmission, touche par instant, surtout dans sa chute, à une réelle humanité, elle se feuillette facilement sans pour autant laisser un grand souvenir. C'est un peu court en bouche comme le diraient les grands dégustateurs patentés.

 

J’ai beaucoup apprécié le portrait du courtier Julien Merzereau, sa grosse berline allemande noire, son rôle pas très reluisant et, comme de bien entendu sa fonction de carpette sur laquelle l’impérieux Froideval s’essuie les pieds :

 

« Je m’en moque ! Débrouille-toi pour m’obtenir le domaine ! Si tu échoues je me passerai de tes services ! »

 

Dallas quoi, son univers impitoyable…

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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 06:00
Lettre de notre vigneronne Catherine Bernard héritière de Bernard Lambert le paysan-travailleur « la terre à ceux qui la travaillent »

Bernard Lambert fait partie de ceux qui ont compté dans ma « fabrication »

 

Le 25 juillet 2011 j’écrivais :

 

Je me souviens de Bernard Lambert, ce fils de métayer, sa Gitane maïs aux lèvres, son charisme échevelé et envahissant, son slogan «le Crédit Agricole paiera !», les poulets de mon frère Alain capté à sa SICA-SAVA de Challans, son bouquin au Seuil «Les Paysans dans la lutte des classes» 1970 préfacé par un certain Michel Rocard du PSU, c’était le temps de Secours Rouge, des réunions enfumées, de la vérité au fond des verres, la Vendée agricole qui basculait, se défigurait, prenait le seul chemin qu’on lui offrait...

 

Gordon Wright qui s’est penché sur l’histoire de la France contemporaine et écrit un livre majeur « La Révolution rurale en France » en 1964, décrit le contexte dans lequel Lambert s’est construit :

 

Teillé : tradition féodale et révolution paysanne

 

« Le village de Teillé se trouve dans les marges méridionales de la Bretagne, dans l’agréable région de pâtures voisine de Nantes. Le receveur des P.T.T, avec un rien de fierté, montre le chemin de la ferme de Bernard Lambert, un des plus jeunes députés du Parlement français.

 

C’est une région où la féodalité, bien qu’officiellement morte en 1789, a survécu en esprit et dans les mœurs jusqu’à nos jours. Une grande partie des terres était exploitée en métayage jusqu’en 1945 ; les propriétaires pouvaient venir faire un tour sans prévenir pour surveiller la moisson, regarder ce qui se préparait en cuisine, prendre dans la basse-cour un poulet pour l’emporter. Certains parmi les plus vieux paysans continuent à saluer en se courbant lors d’une telle visite et s’adressent au propriétaire en l’appelant « Monsieur notr’maître ». Bernard Lambert rapporte qu’en 1938 son père, un métayer, avait gagné une radio dans une tombola – la première qu’on eût vue à Teillé, qui l’admiration et l’enchantement de tout le village. Deux jours après, le propriétaire se présentait : « Lambert, vous me devez de l’argent ; pas de luxe chez vous tant que vous avez des dettes. Je vais prendre la radio et je la créditerai à votre compte. » « Un bon moyen de faires des communistes », fait sèchement remarquer le jeune Lambert.

 

La suite ICI 

 

 

Cher tous,

 

La cave achevée, moins un cyprès et un micocoulier, je vous ai cette année écrit un petit discours. Je vais vous le lire et vous l’enverrai avec le PV de l’AG.

 

J’ai trouvé que je vous le devais et qu’il était bien qu’il reste une trace écrite des choses. Et lorsque les choses sont le fondement de ce qui nous anime, elles méritent aussi de prendre corps et forme avec les mots.

 

Ce petit discours est une manière de vous remercier de votre confiance, de votre soutien, de votre engagement, et aussi de partager avec vous quelques idéaux bien que l’on n’ose plus les énoncer que du bout de la langue.

 

Un jour, Harry, l’un de nous qui n’est pas là aujourd’hui, m’a dit : « Mais pourquoi t’es-tu embêtée avec un truc aussi lourd, avec autant de paperasses, et beaucoup d’argent laissé à un système ? » D’autres, pas du GFA, m’ont aussi suggéré des voies, dirons-nous plus souples, du genre crowdfunding. Je résume : des tiers financent un investissement précis, en échange de quoi ils reçoivent du vin et une reconnaissance temporelle de la vigneronne, puis l’investissement réalisé, basta, chacun sa route.

 

Ce n’est pas ce que j’ai choisi. J’ai effectivement opté pour un vieil outil juridique, lourd, qui passe solennellement devant le notaire et le greffe du tribunal de commerce. Les GFA sont entrés dans le code rural en 1970 pour faciliter la transmission des exploitations familiales en favorisant la transmission de parts plutôt que du patrimoine. Dit autrement, c’est la parade que l’on a trouvée au tragique droit d’aînesse qui a fait des générations de « pas à leur place », « de mal dans leur peau », d’amers contrariés. C’était aussi l’une des tentatives de l’Etat pour favoriser l'investissement dans l'agriculture ainsi que d'éviter l'émiettement des exploitations. On notera qu’avec les pratiques culturales elles-mêmes, l’urbanisation et la financiarisation sont les principales menaces qui obstruent aujourd’hui le ciel de l’agriculture. Depuis, les GFA sont les piliers silencieux mais efficaces de l’agriculture. L’immense majorité sont familiaux car la terre est encore une histoire de sang.

 

Le plus grand, le plus célèbre, et peut-être le plus proche de l’idéal des GFA est celui du Larzac. Il a été constitué trois ans après leur inscription dans la loi, comme s’il avait été créé pour cette cause. Il s’agissait alors d’un acte de résistance face aux achats à l’amiable de l’armée ou à l’expropriation. Bernard Lambert, le fondateur des Paysans Travailleurs, eux-mêmes ancêtres de la Confédération paysanne - il se trouve être natif du pays nantais-, y voyait un « laboratoire du foncier ». Entre la propriété foncière individuelle et les kolkhozes et sovkhozes soviétiques, le GFA est la traduction philosophique d’une conciliation, en l’espèce de l’individuel et du collectif. Et, peut-être en héritière de Bernard Lambert et de l’anarcho-syndicalisme qui a éclos en Loire-Atlantique, cette conjugaison de l’individuel et du collectif, l’un n’existant pas à l’exclusion de l’autre mais au contraire s’aidant l’un l’autre, me convient philosophiquement. Je crois profondément que toute action est et doit être la traduction au plus juste de la pensée.

 

Je vais aller encore plus au cœur de la pensée, à ce qui nous réunit aujourd’hui. Vous savez tous que je ne suis pas venue dans les vignes pour faire du vin. Je suis venue dans les vignes pour les vignes, ou plus exactement pour la terre, et plus probablement encore pour accepter de me soumettre afin de vivre libre. Néanmoins, travaillant les vignes, il me fallut bien faire du vin. C’est alors que j’ai compris que le vin était ce que je devais aux vignes et que dès lors il devait être bon. Car la vigne et le vin, et c’est là que le GFA prend tout son sens, sont les témoins de notre inscription dans le temps qu’il fait, c’est-à-dire le présent, et le temps qui passe, c’est-à-dire le passé et l’avenir.

 

Je vais reprendre cette expression dont j’ai découvert très récemment qu’elle puisait son origine dans la Bible. Plus que n’importe quelle autre culture, parce qu’elle est pérenne et nous survit, la vigne nous donne des racines et le vin des ailes. Le GFA est pour moi une manière de partager et transmettre cette inscription dans le temps et dans l’espace, de vivre une aventure individuelle et collective. Et parce que ses parts sont transmissibles entre les générations, au moins dans le principe, il nous permet de faire notre part d’humanité sur terre et pour la terre. Au nom de quoi je veux bien m’encombrer et vous encombrer de paperasses. Le GFA Larzac perdure à ce jour. Je nous souhaite également longue vie.

 

Catherine Bernard

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 06:00
Michel Rocard est mort, je suis très triste...

Cette chronique était en boîte pour publication ce dimanche avant que l'ami Jean-Michel Peyronnet ne m'apprenne la triste nouvelle. J'étais sur mon vélo. Plein d'amis m'ont fait parvenir des messages d'amitié qu'ils en soient remerciés. J'ai décidé de publier mon texte tel quel mais j'ai changé le titre.

 

Pour moi une page se tourne, une page intense, belle, pleine de souvenirs, de partage, de combats, de convictions communes. Je suis fier d'avoir travaillé au service de Michel Rocard pour le bien public, le service de notre pays. J'ai à cette heure de la nuit le coeur gros, très gros.

 

Vous comprendrez que ma peine me réduit au silence, au recueillement, pour partager la peine de son épouse, de ses enfants et petits-enfants, et de toute sa famille, que j'assure de mon affection et de mes condoléances émues.  

 

 

 

Le Rocard vieilli bien, son « testament politique » dans le Point a le mérite de « parler vrai ». Bien sûr les railleurs railleront, les mitterrandolâtres crieront pour la énième fois à la trahison, la gauche de la gauche qui a fait un long chemin, tel Mélanchon, sous Mitterrand entonnera ses couplets habituels…

 

Pour tout dire ça ne me fait ni chaud ni froid, je ne suis pas un idolâtre, je ne bois pas les paroles de Rocard avec des regrets, je ne partage pas toutes ses analyses trop souvent fondées sur sa connaissance du mouvement socialiste, cependant dans le désert actuel des idées, le règne de l’instantanéité, je tente d’assumer avec lui notre part de responsabilité dans l’état de notre pays.

 

Des débats, il n’y en a plus, ne restent que des invectives, des slogans, du prêt-à-penser, aucune alternative fondée sur la réalité, nous pestons, nous nous exonérons de nos votes, nous faisons comme si la pauvreté de l’offre politique n’était pas de notre fait.

 

Rocard est d'une bien belle jeunesse...

 

Si vous souhaitez accéder à l’intégralité de l’interview c’est ICI 

 

 

 

Dans le même temps les Inrocks publiaient un tête à tête entre Houellebecq et Macron. C’est le Michel qui a souhaité cette rencontre.

 

 

Je n’ai pas de lien permettant d’accéder à l’intégralité alors je vais me contenter d’extraits :

 

MH : Le problème viendrait du fait que les politiques promettent le bonheur aux gens ?

EM : En partie, oui, puisque de nombreux politiques vivent dans cette ambiguïté, alors qu’aucune organisation politique ne peut faire le bonheur des gens malgré eux.

 

MH : Je suis entièrement d’accord. On ne peut promettre ni prospérité ni bonheur. Je ne demande pas cela à un président de la République, mais plutôt d’être un bon chef, un chef des administrations (il ne faut pas oublier les armées, je n’ai jamais pensé que le temps des guerres étaient derrière nous). Enfin, quelqu’un en qui je puisse avoir confiance en cas de grosses difficultés…

 

[…]

 

EM : … Je crois en effet à la conscience éclairée. Après l’Etat ne doit pas légiférer à chaque problème, à chaque émotion collective. Cette névrose politique fait de l’Etat une structure politique hypermaternante.

 

MH : On légifère trop, c’est vrai. Et c’est vrai aussi que l’utilisation de l’émotion collective est déplaisante, je ne demande pas au président de la République de se rendre sur les lieux d’une catastrophe et de se faire compatissant, et alors ? Sur la verticalité des prises de décision, en cas de guerre, il n’y a pas besoin de consulter la population. L’objectif est clair et consensuel : il est – si possible – de la gagner. Dans ce genre de contexte, une relation verticale s’installe naturellement si le chef est bon.

 

[…]

 

Les Inrocks : Le malaise existentiel de l’homme contemporain induit par le libéralisme économique est un thème qui traverse tous les livres de Michel Houellebecq.

 

MH : C’est très dépriment pour l’homme contemporain d’être réduit à un homo-economicus, un être de décision rationnel qu’il n’est pas.

 

EM : dans tes livres, tu décris une organisation consumériste, capitalistique qui réduit les hommes à l’état d’ilotes (esclaves des spartiates – ndlr). J’ai l’impression que ce qui te rend pessimiste, c’est le système tayloriste qui réduit les êtres à des fonctions. Mais il ne faut pas confondre le capitalisme et le libéralisme. Le libéralisme c’est l’attachement à la liberté, c’est la confiance dans l’homme. Nous sommes des individus intenses, on a tous une spiritualité, une envie d’exister, de prendre des responsabilités. En théorie, penser le travail en termes de durée est un faux problème. Quand le travail nous ennuie, est répétitif et pénible, c’est déjà trop de travailler 35 heures. Quand le travail passionne, t’émancipe, tu veux travailler plus.

 

MH : Certaines tâches ne pourront jamais être rendues intéressantes ; pour celles-là, maintenir une durée maximale du travail est indispensable. À l’inverse, des tâches passionnantes ne sont pas valorisées, comme l’intelligence de la main. L’échec du communisme a une origine claire et unique : les gens ne foutaient rien parce qu’ils n’étaient pas motivés par la construction de l’homme nouveau, etc. Cela dit, le capitalisme fournit une seule motivation, l’argent, et c’est pauvre. Le slogan « travailler plus pour gagner plus » est un peu restreint. L’artisanat monastique montre clairement que l’argent n’est pas la seule motivation pour travailler. L’honneur de la fonction compte aussi beaucoup pour certains postes.

 

[…]

 

EM : je n’aime pas la catégorie « jeunesse ». Il n’y a pas une jeunesse.

 

MH : La jeunesse finit à 26 ans, à la fin de la carte de réduction SNCF…

 

EM : Et la vieillesse commence alors à 60 ans avec une autre carte de réduction. Au milieu, c’est un no man’s land un peu indistinct.

 

MH : Entre-temps, c’est l’âge emmerdant où tu dois réussir dans la vie. Tu as des responsabilités, c’est l’âge difficile, l’âge adulte.

 

[…]

 

MH : Est-ce que tu fais partie des gens qui pensent que l’Etat doit orienter l’économie ?

 

EM : Je ne suis ni un fanatique de l’interventionnisme étatique, ni un libéral crédule qui pense que l’Etat n’a aucun rôle à jouer. On doit définir le cadre économique qui permet aux acteurs de réussir et en même temps protéger les plus faibles de toute concurrence déloyale en cas de dumping. Sans ça, dans un monde ouvert, notre modèle périclite.

 

MH : C’est important, je me permets de te faire répéter : tu es pour une certaine protection quand il y a dumping.

 

EM : Je suis tout à fait pour : c’est économiquement nécessaire et politiquement essentiel. J’essaie de l’appliquer depuis six mois sur l’acier chinois. L’Europe ne protège pas assez son économie. Sur l’acier, on avait des surcapacités qu’on a réduites en fermant des usines, en demandant des efforts. Puis les Chinois déversent leur acier subventionné sur le marché européen et cassent les prix. Et on ne protège pas. On met des mois à réagir avec un tarif de douane de 20%, là où les Américains mettent 500% ! C’est une faute économique Cela va détruire des usines, on va sous-produire et devenir dépendant économiquement. Cela va créer un problème de souveraineté : on aura besoin d’acier et je ne veux pas dépendre des Chinois.

 

[…]

 

MH : Je ne savais pas que tu pensais ça sur l’acier chinois. Cela m’a rassuré.

 

 

 

Du côté de papy Rocard :

 

Question : En France, on ne parle plus que d’Emmanuel Macron. Est-ce un homme de gauche ?

 

MR : La vérité française, c’est que l’on ne sait plus ce qu’est la droite et la gauche. Autrefois les critères étaient la proximité avec le PC et un degré d’étatisme important, préservé même à droite par de Gaulle. Deux archaïsmes dont Macron s’est totalement affranchi, mais il reste du côté du peuple, donc de gauche. Assurer un bien meilleur niveau d’emploi, Macron ne pense qu’à ça. Réduire les inégalités, on peut encore faire avec lui. Reste le vrai signal de gauche qui consiste à donner à l’homme plus de temps libre pour la culture, les choses de l’esprit, le bénévolat associatif, etc. Le capitalisme doit ménager cet espace. C’est le modèle démocratique à la scandinave.

 

Question : Emmanuel Macron et Manuel Valls affirment que vous êtes leur mentor. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

 

MR : Ils le font tout le temps, c’est gentil à eux et je les en remercie… Mais ils n’ont pas eu la chance de connaître le socialisme des origines, qui avait une dimension internationale et portait un modèle de société. Jeune socialiste, je suis allé chez les partis suédois, néerlandais et allemand, pour voir comment ça marchait. Le pauvre Macron est ignorant de tout cela. La conscience de porter une histoire collective a disparu, or elle était notre ciment. Macron comme Valls ont été formé dans un parti amputé. Ils sont loin de l’Histoire.

 

Cerise sur le gâteau : Mitterrand était, en fait, un homme de droite ?

 

MR : Tout le démontre. C’est évident. Mitterrand était un homme de droite. N’oubliez pas qu’il est devenu premier secrétaire du PS moins de trois mois après avoir pris sa carte… Comme accoutumance à une longue tradition culturelle, c’est un peu bref.

 

Ce qui a scellé la qualité de nos relations, c’est que j’ai écrit, pendant la guerre d’Algérie, qu’il était un assassin. Ministre de la Justice, il refusait d’instruire les demandes de grâce des condamnés à mort. Il faisait la grève administrative pour tuer. Forcément, il n’a pas aimé…

 

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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 06:00
Alerte rouge sur le vert : 1 enfant/3 ne connaît ni poireau, ni courgette, ni artichaut… souvenons-nous de Montreuil-les-Pêches et le petit gris de Bagnolet…

« Une enquête de l'Association santé environnement France (ASEF) réalisée en classe, auprès d'un panel de 910 élèves ayant entre 8 et 12 ans au cours du premier trimestre 2013 (les questionnaires étaient entièrement anonymes), publiée jeudi 23 mai révèle la méconnaissance d'une majorité d'enfants au sujet de nombreux fruits et légumes ainsi que l'origine des aliments transformés comme les frites ou les nuggets. Une ignorance qui favorise les mauvaises pratiques alimentaires à l'origine du surpoids d'un écolier sur cinq.

 

Si les jeunes reconnaissent facilement les poires, les pastèques et les carottes, en revanche ils sont 87 % à ne pas savoir ce qu'est une betterave. Un écolier sur trois ne sait pas non plus identifier un poireau, une courgette, une figue ou un artichaut.

 

Un quart d'entre eux ignorent que les frites sont faites à partir des pommes de terre. Quant aux chips, jambon et nuggets, ils sont environ 40 % à ne pas savoir d'où ils viennent et près de la moitié d'entre eux ne savent pas l'origine du steak haché ou du jambon de leur assiette. Quant aux pâtes, ils sont seulement un tiers à savoir comment elles sont faites. »

 

Il y a du pain sur la planche pour mes amies de Veni Verdi

 

Moi qui suis né à là pic d’un potager plein d’arbres fruitiers je ne suis pas surpris, pour autant je n’ai pas l’intention de baisser les bras et de me lamenter.

 

Aux parents de se bouger le cul, de l’extirper de devant leur télé pleine de pub de prêt-à-manger avec bandeau déroulant incorporé « manger 5 fruits et légumes par jour » pour montrer à leur progéniture sur les marchés, dans les jardins partagés, à la campagne ou sur le bord des villes.

 

Attention l’ignorance touche aussi bien les petits rats des villes que ceux des champs.

 

Comme votre serviteur habite dans le Petit Paris, celui enfermé dans la trace des anciennes fortifications, l’enfilade des boulevards des maréchaux, tout au bord de ce qu’était le mur des Fermiers généraux, le tracé actuel des lignes 2 et 6 du métro, je vais aller visiter les communes de l’anneau qui entoure Paris.

 

Cap au nord !

 

Bagnolet et Montreuil qui se disputent la paternité des pêchers en espaliers.

 

C’est pourtant sur le plateau de Malassis où Bagnolet culmine à 115 mètres qu’un « certain Edme Girardot, au XVIIIe siècle, y mit au point la technique du « palissage à la loque » - la loque désignant l’embrasse de tissu qui retient la branche ou le bourgeon, sans les meurtrir, contre le mur blanc réfléchissant le soleil et sa chaleur. Outre ses chansons et ses pêchers, la ville est connue aussi pour le « petit gris de Bagnolet », principale variété de haricots verts de la région parisienne, et pour la recette, probablement née dans les cuisines du château du Régent, des « œufs à la Bagnolet » : des œufs pochés que l’on recouvre de jambon cuit haché très fin et d’une sauce piquante. »

 

 

« Variété originaire de France citée à la fin du XIXème siècle. Plant de 35 à 40 centimètres de hauteur. Fleurs lilas. Cosses droites, longues, bien vertes. Grain droit, long, arrondi aux deux bouts, presque aussi épais que large, d'un violet noirâtre, marqué de panachures teinte nankin. Un litre pèse 755 grammes et 10 grammes contiennent 24 grains. Cette variété était une des plus répandues aux environs de Paris pour la production des haricots verts. »

 

 

Dans les années 60, aux Malassis, les dernières cultures florales cèdent la place au projet ministériel des « 4000 logements pour la région parisienne », préfabriqués selon le procédé Camus (dont 883 pour Bagnolet).

 

Le haut de la commune de Montreuil, « le plateau de la Boissière, prolongement de celui de Romainville, s’abaisse en pente douce vers le sud, était fait pour les vergers. Montreuil-aux-pêches, ou –les-Pêches, le territoire porte bien son surnom : jusqu’à la Première Guerre mondiale, un gros tiers en est couvert par les espaliers taillés « à la Montreuil », c’est-à-dire en éventail, le long de quelques six cents kilomètres de murs. Et en 2006, Maurice Kriegel-Valrimont, interrogé sur la Résistance, peut raconter : « J’ai épousé une fille de Montreuil-les-Pêches, ça fait soixante-huit ans »… En 1934, cette réalité était donc encore suffisamment forte pour rester, en 2006, attachée aux souvenirs de leurs débuts. »

 

Dans une chronique du 24 mars 2010 Tintin au pays des Soviets : la pérestroïka du développement buvable à Montreuil dans le neuf trois, je notais déjà :

 

Le bâtiment de la mairie, qui date de 1935, a la gueule de l’emploi : lourd, imposant, très néostalinien. Sur le flanc gauche, là où se trouve l’entrée de la mairie une statue du sculpteur Gilbert représente l’agriculture sous sa forme jardinière là où se trouve l’entrée de la mairie une statue représente l’agriculture sous sa forme jardinière liée sans doute à la tradition agricole et horticole de Montreuil symbolisée par les fameux « Murs à pêches ».

 

 

Ceux-ci, hauts de 2,70 mètres, épais de 80 cm et surmonté d’un chaperon de tuiles ou de plâtre étaient orientés nord-sud afin que l’une de ses faces soit en permanence exposé au soleil. Aux flancs de ces murs des pêchers étaient greffés sur des «francs», arbres sauvages et résistants. Sur des terres pauvres chaque pêcher produisait de 200 à 500 pêches par saison. Biodiversité extraordinaire : jusqu’à 400 variétés « répondant aux doux noms de la « Grosse Mignonne », « la Belle Impériale », « la Galande », « le Téton de Vénus »... » Au XIXe les pêches méridionales concurrençant la production locale ont envoyé les « murs à pêches » dans le rayon du Conservatoire des traditions populaires « 8,5 ha sur 38 ont été classés. »

 

Les murs à pêches

 

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