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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 17:00

Cette chronique se mettra en ligne alors que je serai sur le chemin du retour via Narbonne après une journée entière passée dans les Corbières à l’Université de la Vigne et du Vin 2011. Elle reprend la préface du livre de Jean-Pierre Juge « Guerriers du vin une saga occitane » chez Loubatières.

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L’auteur est né à Nantes, a fait carrière loin du pays d’où je reviens et où il s’est fixé car des racines familiales lointaines mais vivaces l’y rattachait. Ce livre a été publié en 1999 et il a été préfacé par Marcel Raynaud président du Conseil général de l’Aude. Ces guerriers dont il dresse le portrait j’en ai croisé beaucoup : dans l’ordre alphabétique Bataille, André Cases, Joel Castany, Marcellin Courret, Roger Guitard, Georges Hérail, Jean Huillet, Emmanuel Maffre-Baugé, Jacques Mestre, Jacques Serre, Louis Teissier, Philippe Vergne… certains d’entre eux sont morts, d’autres sont de paisibles retraités, les plus jeunes encore aux manettes. Si je vous propose de lire ce texte, sans y apporter mes commentaires habituels, c’est qu’il me semble représentatif, bien sûr d’une époque, mais surtout qu’il donne des clés pour comprendre ce Languedoc du vin qui cherche encore à être reconnu mais qui est toujours enserré dans les rets d’un passé qu’il faudrait revisiter plutôt que de le ressasser.

 

« Dans le Midi viticole, durant le XXe siècle, les luttes paysannes ont été l’affaire d’hommes déterminés, mûs par la colère de n’être pas entendus d’un Etat en mal de créativité politique.

Ces hommes défendaient leur enracinement, tout à la fois culturel, linguistique, spirituel, économique et physique dans la terre occitane. Ils refusaient de se laisser bannir par d’aveugles facteurs macroéconomiques qu’ils savaient temporaires. Ils voulaient vivre au pays.

Mais l’Histoire officielle se complait à restituer le point de vue des vainqueurs. La réalité occitane a donc, depuis la Croisade, trop souvent a été passée sous silence, y compris celle des récentes luttes viticoles.

Un demi-siècle après les évènements tragiques de 1907 qui brûlèrent les ailes à celui que le peuple vigneron nommait affectueusement « lo cigal » - parce qu’il était le chantre de leur espoir retrouvé – les Comités d’action Viticole du Midi sont à l’origine d’un véritable renouveau économique et culturel  de leurs terroirs.

Cette fois, ce sont des Occitans, des vignerons, qui au terme de quarante années de lutte ininterrompue remportent la victoire. La vraie nature de leur combat échappe à toute tentative de définition. Entre jacquerie, terrorisme et subversion, le combat vigneron fut plutôt une guerre, certes émiettée dans le temps et dans l’espace, mais une guerre tout de même avec des ennemis, hélas, des généraux et des soldats, des sacrifiés, des espions, des traîtres, des pourparlers, des négociations interminables et, finalement, une paix fragile qui dure encore.

Des personnages hauts en couleurs et en volonté ont alimenté d’une énergie phénoménale cet extraordinaire mouvement qui devint le bras armé du syndicalisme viticole. Animés d’une solidarité maintes fois démontrée, d’une amitié à toute épreuve, et d’une rare tolérance, ils refusaient de laisser s’exprimer leurs différences sociales et politiques au sein des comités.

La seule cause qui trouvait grâce à leurs yeux était la défense de la terre, au sens le plus large et le plus généreux… Le sang ayant coulé, leur combat se déplaça vers les ministères, les commissariats européens et les organisations internationales.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Michel Smith 12/11/2011 15:39



Et pardon pour les fautes : je me relis très mal en ce moment.


 



Michel Smith 12/11/2011 15:38



Merci, Jean de cet urile précision. Je remarque cependant que, depuis le temps que l'on s'est apperçu que le Carignan pouvait être "qualitatif", cela aurait pu se traduire dans les textes. Le
terroir de Boutenac, que tu connais bien, abrite peut-être parmi les plus beaux champs de carignan du sud de l'Europe. Ce cépage est pourtant limité à 50 % alors que c'est lui qui a contribué à
mettre le cru sur la scène viticole à partir des années 80... Ce qui a été arraché était peut-être inutile mais il serait bon que nos instances viticoles songent pour une fois à réhabiliter un
cépage "local" (même s'il est d'origine espagnole) qui a fait ses preuves en le valorisant dans certains secteurs plutôt que de valoriser des cépages "sécurisants" telle la syrah. Sinon, vu les
abandons de vieilles vignes et les arracahges laissant place à des terrains à bâtir des monstres en bordures de nos villages, le pays n'aura plus de carignan à se mettre sous la dent. Fort
heureusement quelques vignerons clairvoyants en replantent... Je les salue au passage



clavel 12/11/2011 10:10



Carignan: Michel:Lorsque Jules Milhau proposait de limiter le carignan à 50% de l'encépagement des appellations(alors VDQS)
c'était dans les années 60, avec des productions trés importantes à l'ha, des maturités insuffisantes, et presque toujours le cépage unique qui donnait dans ces conditions, un vin grossier, que
les négociants de Sète assemblaient avec les vins d'Algérie. Dans ces circonstances, 30 millions d'hl produits à 80% dans des caves coopératives sans aucune discipline de production. Les vins de
carignan actuels sont trés différents, conduite de la vigne permettant une faible production et une bonne maturité. La première tentative d'amélioration de la qualité du vin de carignan par la
station d'oenologie de Narbonne et son patron Michel Flanzy, fut un succès par le procédé de macération carbonnique grappe en grain entier non foulés.



Michel Smith 11/11/2011 19:42



Petite remarque au passage : cela fait plus de 20 ans que je promène mon nez dans les propriétés viticoles de Corbières. Force est de constater que les meilleures cuvées, malgré la limitation
dont parle Jean Clavel concernant le trop mal aimé cpage, sont toutes majoritairement Carignan. Il est heureux de voir de nos jours des vignerons résister et désobéir en réalisant des cuvées
Corbières (ou Minervois) où le Carignan compte pour beaucoup plus des 50% maximum imposés. Enfin, il ne s'agit là que d'un avis très personnel... 



clavel 11/11/2011 08:39



Je suis né à Montredon les Corbières et ai participé aux tous débuts des combats de Castéra et consorts dont mon oncle Pierre Devic, père de Jean et de Bernard Devic, responsables viticoles bien
connus actuellement, surtout au Val d'Orbieu et à l'union des interprofessions du Languedoc Roussillon. Mais j'ai trés vite compris que ces actions violentes désordonnées n'avaient aucun avenir
car elles ne prennaient pas en compte les réalités économiques et les évolutions sociales. C'est alors que je me suis engagé dans les Jeunes Agriculteurs et que j'ai créé les premiers Cercles
cantonnaux viticoles, alors que j'étais secrétaire Général des jeunes Agriculteurs de l'Aude, notre action à laquelle s'était joint Yves Barsalou, était en contradiction avec l'activisme des
Comités d'action viticoles et l'archaïsme de la gestion de certaines caves coopératives. J'ai participé au début des années 60 à la création par le professeur Milhau et Philippe Lamour, des
Coteaux du Languedoc dont j'ai le souvenir de la première AG à Narbonne qui fut un désastre, Corbières et Minervois se séparant de Clape, Quatourze et des 13 VDQS de l'Hérault et du Gard à cause
de la limitation de la présence du carignan que demandait Jules Milhau , alors Président de Saint Chinian et de la cave coopérative de Causses et Veyran, et aussi économiste enseignant et
responsable national  des mutualités sociales et économiques agricoles. Cette décision a provoqué un retard considérable pour les vignerons audois concernés. La présence du carignan est
maintenant limitée et les cépages complémentaires obligatoires , il existe une interprofession unifiée pour l'ensemble Languedoc. Il a fallu 50 ans pour aboutir à cette situation.



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