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27 octobre 2019 7 27 /10 /octobre /2019 07:00

Des agriculteurs protestent contre l\'\"agribashing\" dont ils s\'estiment victimes, mardi 22 octobre 2019 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).

Mais jusqu’où iront-ils dans l’ignominie ?

 

Comme le disait souvent mémé Marie : « Ils n’ont pas de honte… »

 

À qui feront-ils croire que c’est le mépris des urbains qui pousse des agriculteurs au suicide ?

 

Avant de pointer le doigt vers nous ils devraient balayer devant leur propre porte… assumer la responsabilité de choix anciens et partagés.

 

Toute ma jeunesse, dans ma Vendée crottée, j’entendais les  femmes dirent « untel s’est pendu… Untel s’est jeté dans le puits… » Le suicide des paysans faisait partie de notre quotidien. Mémé Marie égrenait son chapelet aux grains usés, la tante Valentine allait faire brûler des cierges, mes parents à la veillée, pessimistes, « on savait bien que ça finirait comme ça »

 

Qu’en est-il aujourd’hui ?

 

Les exploitants et salariés agricoles ont « un risque plus élevé » de 12 % de se suicider que l'ensemble de la population, selon une étude publiée en juillet par la sécurité sociale de l'agriculture portant sur des données de 2015.

 

Tabou, le suicide dans le monde agricole reste peu étudié en France. L'agence Santé publique France avait certes pointé récemment « un excès de risque » chez les hommes, mais à partir de données restreintes aux chefs d'exploitation et remontant à 2011.

 

La Mutualité sociale agricole (MSA), qui soutient la sortie du film Au nom de la Terre avec Guillaume Canet portant sur le sujet, a visé plus large : parmi tous ses assurés d'au moins 15 ans « ayant consommé au moins un soin ou une prestation » en 2015, soit 1,36 million de personnes, elle a dénombré « 605 décès par suicide » sur l'année. Sur ce total, 372 agriculteurs passés à l'acte sont chefs d'exploitation (292 hommes et 80 femmes), soit un suicide par jour environ. 233 sont salariés (204 hommes et 29 femmes). Un nombre nettement plus élevé que celui rapporté par l'agence sanitaire, qui recensait environ 150 cas de suicides de chefs d'exploitation par an entre 2007 et 2011.

 

Rapporté au nombre d'assurés, « le taux brut de décès par suicide (...) est près de 4 fois plus important chez les hommes », souligne la MSA. Indépendamment du sexe, ce taux augmente avec l'âge et culmine au-delà de 65 ans.

 

En limitant le champ aux 15-64 ans, la MSA montre la « surmortalité par suicide » des assurés du régime agricole par rapport aux autres catégories de population. Comparés aux 40 millions de personnes prises en charge par la Sécu en 2015 (pour 4 991 suicides comptabilisés cette même année), les affiliés au régime agricole présentent « un risque de 12,6 % plus élevé », cette propension étant encore « plus accentuée chez les salariés agricoles » (18,4 %).

 

Parmi les plus précaires, la Sécu des agriculteurs constate « un sur-risque » de 15 % chez ceux qui touchent une pension d'invalidité, et de 57 % chez les bénéficiaires de la CMU-complémentaire.

 

La tendance est lourde et pas nouvelle, son exploitation à des fins politiques est indécente et condamnable.

 

Comme c’est dimanche je vous livre 3 vieilles chroniques :

 

16 janvier 2009

« Petit Manuel du Parfait Suicidé», Jean Bruller dit Vercors ICI

 

4 septembre 2011

Marie-Jeanne par Joe Dassin, l’art de conter sobrement un fait divers en chanson... ICI 

 

12 octobre 2013

« Il n’y a qu’un problème philosophique sérieux : le suicide » Albert Camus et si vous vous intéressiez un peu à la vie quotidienne des «Fils de la Terre» ? ICI 

 

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commentaires

pax 01/11/2019 17:06

Bien sur que exploitation à des fins politiques est indécente et condamnable.
Plus condamnable encore est l’inertie de l’impuissance publique devant de tels drames comme celui des victimes des violences conjugales et/ou féminicides. Cette impuissance publique ne s’efforce même pas à cacher la poussière sous le tapis. Elle donne tout simplement l’impression d’être dans le déni total.
Et pourtant, voilà des causes ou le yaka faucon est, pour une fois pertinent. Nos voisin Espagnol ont plein de trucs simples à nous apprendre eux, qui en peu de temps ont réussit à réduire de manière significative ces odieux et insupportables féminicides.IL n’y aurait aucune honte à s’en inspirer quelque peu pour qu’on puisse à nouveau parler de puissance publique.
Loin de là, j’apprends avec stupeur que cette excellente idée qui consistait à interdire le
dispositifs simples pour éviter ce retour, rien ne l’empêchera de harceler femme et enfants à la sortie de l’école ou sur le lieux de travail de la maman.
Quand au suicide ,qui est un acte qui nous interpelle tous, André Comte Sponville, philosophe bien veillant quelque peu tendance Alain ( « Propos sur le bonheur » entre autres) il analysait logiquement le suicide comme un acte d’espoir. Celui d’un homme totalement désorienté, éperdu, qui ne sait plus quoi faire. Acculé, désespéré, il espère que « là » ou il envisage d’aller ce ne peut être que mieux.
J’ajoute et il nous laisse ainsi face au problème essentiel évoqué par Camus.
L’espoir fait vivre dit on. Le désespoir survivre puisque, contrairement au candidat au suicide il n’y a pas d’ailleurs meilleurs en qui croire.
So long’

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