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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 13:53
La Pentecôte de Denis Saverot boss de la RVF qui surfe sur les mots « 7 cuvées d’auteur issues de cet esprit naturel qui souffle sur le vignoble français »

Mea culpa, mea maxima culpa... Denis Saverot bat sa coulpe, celle d’un peu tout le monde, loin des bio-cons de la maison d’en face qui va dégainer son Magnum.

 

« Comment l’essentiel du vignoble a-t-il pu le refuser si longtemps ? On reste pantois devant les erreurs accumulées dans les années 60, 70 et 80. Un aveuglement collectif. Pour produire davantage en dormant plus tranquilles, beaucoup de vignerons se sont mis à planter des clones ultra-productifs, cultivés à grands coups de traitements chimiques. Et la plupart des critiques, les clients même, ne voyaient rien, ou si peu. Les ravages ont été considérables : la dégustation des crus des années 70, robe orangée et palais sec et décharné, en témoigne. Et que dire des atteintes sévères à la santé des vignerons manipulateurs de produits phytosanitaires ? »

 

Il se tortille un peu le Denis, voir ICI, bio dans les vignes, biodynamie, vin bio, et il esquive le débat de chiffonniers sur le « vin naturel » cher à l’Antonin pour l’introduire par la porte du Jeu de Quilles, restaurant hautement naturiste.

 

« Aujourd’hui, on est émerveillé par la qualité du travail accompli. J’ai l’autre jour pu le vérifier à la table d’hôtes du Jeu de Quilles…

 

Des blancs séveux et digestes, des rouges subtils et nuancés. Sept cuvées d’auteur issues de cet esprit naturel qui souffle sur le vignoble français, sept vins envoûtants, profonds et tellement digestes.

 

En sortant rue Boulard, dans la nuit de Paris, l’on était fier de mesurer la formidable énergie gourmande du vignoble français. »

La Pentecôte de Denis Saverot boss de la RVF qui surfe sur les mots « 7 cuvées d’auteur issues de cet esprit naturel qui souffle sur le vignoble français »

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 06:00
The Hallelujah Trail : le combat d’une ligue de tempérance contre l’eau-de-feu et des Sioux se murgeant au Pol Roger

Se payer une semaine de claustration à la maison pour cause de cordes vocales en capilotade ça a du bon car ça permet, entre 2 grogs, de s’envoyer dans la musette quelques westerns de derrière les fagots. Ça ne prend pas la tête et la mine est inépuisable. Ainsi j’ai découvert The Hallelujah Trail de John Sturges, réalisateur des Sept Mercenaires, sorti sur les écrans en 1965.

 

Bonne pioche : Télérama n’aime pas, western poussif, donc c’est que du bon… même si ce n’est pas un chef d’œuvre…

 

Un Burt Lancaster, colonel des tuniques bleues, grand seigneur débonnaire, légaliste et fataliste, porté sur le whisky, flanqué de sa jeune et jolie fille grande admiratrice d’une énergique jeune veuve patronne d’une ligue de tempérance, adepte des bains en plein désert, Lee Remick toujours bien maquillée et bien coiffée en toute circonstance.

 

Le scénario est d’une grande simplicité : « Denver, en 1867. L'hiver approche alors que les stocks de whisky et de champagne de la ville sont presque épuisés. Le ravitaillement de la clientèle doit être assuré et l'on décide de faire venir un convoi spécial de quarante chariots de Julesburg… »

 

Le convoi est placé sous les ordres de Frank Wallingham, un homme capable de déjouer tous les dangers. Mais Frank et son équipe doivent faire face à plusieurs menaces : d'une part les Indiens qui, très avides d'«eau de feu», rêvent de s'emparer du chargement. D'autre part, une certaine Cora Templeton Massingale, qui dirige avec énergie une ligue anti-alcoolique... et enfin la milice des mineurs de Denver venue à la rescousse qui n’entend pas se retrouver au régime sec.

 

Bien sûr, l’armée va se retrouver au milieu de la mêlée et c'est à Burt Lancaster chef de cavalerie de gérer tout ce petit monde et d'amener le convoi à bon port.

The Hallelujah Trail : le combat d’une ligue de tempérance contre l’eau-de-feu et des Sioux se murgeant au Pol Roger

Le très sérieux John Sturges s'essayait donc au western comique avec ce délirant The Hallelujah Trail. énorme pastiche des grandes épopées de l'Ouest à la John Ford, Hawks ou le Convoi de Femmes de Wellman.

 

Je dois avouer que, même en dépit de longueurs, ça fonctionne assez bien car les divers protagonistes sont tous plus délirants les uns que les autres : Lee Remick est habitée et tellement femme, Donald Pleasence totalement allumé en Oracle à la clairvoyance développée par le whisky, Martin Landau en chef sioux particulièrement déjanté, et Brian Keith le propriétaire accompagnant sa cargaison tout en excès en caricature de républicain capitaliste réactionnaire.

 

Bref, je ne me suis pas ennuyé.

 

Rassurez-vous je n’ai pas décidé de me reconvertir dans la critique cinématographique. Si je vous parle de ce film c’est que dans la scène finale ce n’est pas l’habituelle « eau-de-feu » qui est à l’honneur dans les chariots mais de belles et grandes caisses bois de champagne : estampillées Pol Roger et Gosset. (Voir dans la vidéo de la bande annonce).

The Hallelujah Trail : le combat d’une ligue de tempérance contre l’eau-de-feu et des Sioux se murgeant au Pol Roger

Les Sioux découvrent, avec surprise, en ouvrant les caisses ces étranges bouteilles aux bouchons qui pètent et dont les goulots projettent une drôle mousse… Breuvage à haute température, celle du désert, pétillant, y’a pas à dire ça vaut toutes les master-class de B&D, c’est plus hilarant.

 

Le champagne toujours une longueur d’avance, ce malheureux Hubert n’a vraiment rien inventé et d’ailleurs il n’y aurait rien de très drôle à voir des Indiens se siffler une rasade d’Angélus en plein désert.

 

Un film à projeter lors du prochain Vino Bravo en présence des hautes instances de Vin&Société : en effet tout à la fin la belle Lee Remick jette aux orties sa tempérance pour s’adonner aux joies de l’amour avec son beau colonel. Qui pourrait résister à un Burt Lancaster ?

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 06:00
Défi à Marion Goettle d’Heimat : revisiter à sa manière la Charlotte à la poire de maman !

Mon cordon bleu de mère avait aussi un vrai talent de pâtissière.

 

Sa Charlotte à la poire hante encore mes rêves culinaires les plus fous…

 

Mon plaisir commençait dès sa confection avec les effluves sucrées du rhum dans lequel maman imbibaient les boudoirs. Opération hautement délicate, trop c’est mou, pas assez c’est sec, du doigté donc… le tour de mains...

 

J’aimais bien aussi la forme tarabiscotée du moule à Charlotte avec ses profondes et rondes rainures…

 

Mais bien sûr l’extase survenait lorsque maman coupait délicatement, avec la pelle à gâteau au manche de nacre, les parts, avec toujours une certaine tendance à m’attribuer la plus belle… et que je taillais avec la fourchette à gâteau la première bouchée de la Charlotte à la poire que je portais à ma bouche. Je fermais les yeux pour mieux la savourer.

 

Avec Joris-Karl Huysmans, la nouvelle idole de Michel Houellebecq, je peux poser la question : « Peut-on, sans blesser Dieu, savourer une charlotte ?

 

Il y a bien des œufs dedans, mais si battus, si mortifiés que ce plat se révèle presque ascétique ; […]. »

 

Depuis ce temps d'enfance je suis en manque, en manque radical, bien incapable que je suis de faire revivre la Charlotte à la poire de maman…

 

Graphomane impénitent j’en suis réduit à me replier sur l’histoire de la gastronomie anglaise pour écrire que le nom donné à ce gâteau est celui de la reine Charlotte de Mecklembourg-Strelitz (1744-1818), épouse de George III, roi du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande.

 

La Charlotte apparaît en Angleterre à partir de la fin du XVIIIe siècle et est alors composée de mie de pain, de compote de pommes et de cannelle. Antonin Carême, cuisinier de Talleyrand, la perfectionne en lui ajoutant les fameux boudoirs qu’il a composés pour son maître (pour qu'il puisse les tremper dans son Madère). Le nom fait référence à la diplomatie du boudoir dont Talleyrand est friand. Il augmente également cette « charlotte à la parisienne » de crème à bavarois, qu’il substitue à la compote. »

 

Pour faire mon intéressant je rappelle que la charlotte est aussi une sorte de bonnet féminin, très populaire dans les classes modestes du XVIIIe au XIXe siècle. Confectionnée en batiste ou en mousseline avec une bordure froncée elle servait à cacher les cheveux afin d'indiquer la respectabilité.

 

De nos jours la charlotte est aussi portée par les officiels lors de leurs visites d’établissements : industries agro-alimentaires, pharmaceutiques et parfois chimiques pour des raisons d'hygiène. C’est du meilleur effet.

 

Pour ceux qui sont passés sur le billard, avant d’aller rêver sous anesthésie, tout le petit monde de la chirurgie en est aussi coiffé avec une tendance à la couleur verte.

 

Pour mémoire Charlotte CordayMarie-Antoinette-Charlotte de Corday d'Armont... portait une charlotte et assassina Marat l'ami du Peuple...

 

« Charlotte avait le feu sacré de l’indépendance, ses idées étaient arrêtées et absolues. Elle ne faisait que ce qu’elle voulait. On ne pouvait pas la contrarier, c’était inutile, elle n’avait jamais de doutes, jamais d’incertitudes. Son parti une fois pris, elle n’admettait plus de contradiction. Son oncle, le pauvre abbé de Corday m’en a parlé dans les mêmes termes, comme d’une personne qui avait un caractère d’homme. Elle avait, en outre un esprit assez railleur, assez moqueur… Elle était susceptible de sentiments nobles et élevés, de beaux mouvements. Avec l’énergie dont elle était douée, elle s’imposait et n’en faisait jamais qu’à sa tête. Quoique dans la famille les femmes soient toutes énergiques, il n’y en avait pas qui eussent un caractère aussi décidé, aussi capable. Si elle eût commandé un régiment, elle l’eût bien mené, cela se devine . »

 

Pour finir un morceau d’anthologie : Charlotte interprété par le regretté Pierre Vassiliu :

 

« Toc toc toc qui qu'est là/Qui qui frappe à ma porte/ Est-ce toi la Charlotte »

 

Pour le reste c’est « à votre bon cœur pâtissières de mes cantines préférées ! »

 

Je ne donne pas de nom, Marion…

 

Du côté boire je laisse le soin à Pierre Jancou de faire sauter un bouchon de Pet Nat’… En attendant je vous propose un de mes chouchous : un champagne d'Emmanuel Brochet...

Défi à Marion Goettle d’Heimat : revisiter à sa manière la Charlotte à la poire de maman !
Damien Cabanes, Charlotte fond rouge, 80 x 71 cm, huile sur toile, 2015. Collection privée. Courtesy galerie Éric Dupont, Paris

Damien Cabanes, Charlotte fond rouge, 80 x 71 cm, huile sur toile, 2015. Collection privée. Courtesy galerie Éric Dupont, Paris

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 06:00
Bette Davis stars en 2008 Timbres-poste

Bette Davis stars en 2008 Timbres-poste

Cette chronique sent le stupre et la fornication, que les âmes pures et sans tache s’éloignent et que les pharisiens me jettent la première pierre.

 

Tout ce qui va suivre est de la plume de James Ellroy dans son dernier roman Perfidia.

 

Si je publie ces extraits ce n’est pas pour leur côté hard ou sulfureux ou scandaleux mais parce que l’auteur met en scène nommément des actrices et des acteurs célèbres, un ancien président des USA, la femme d’un ancien président des USA : imaginez un auteur français se livrant à ce genre d’exercice ?

 

Scandale !

 

« Une bonne mexicaine apporte des huevos rancheros. Elmer prépare les gin-fizz. Je suis perchée sur un canapé dont s’est servi Gary Cooper pour sauter Barbara Stanwyck. Brenda jure que cette rumeur est vraie. » page 122

 

« Eleanor Roosevelt arrive, annonce Bowron. Elle voudra sans doute qu’on lui organise un défilé.

 

- Il paraît qu’elle est lesbienne, dit Bizcailuz. C’est mon adjoint Dot Rothstein qui me l’a dit. Dot est au courant de tout ce qui se passe chez les lesbiennes. C’est encore elle qui m’a appris que Barbara Stanwyck broute des chattes. » page 208

« Jack Kennedy sourit. Il est enseigne de vaisseau. Il va venir à L.A. Il veut sauter Ellen Drew. Il veut baiser Gloria Swanson mieux que son père n’en a été capable.» page 213

 

« Harry (Cohn) se gratte les testicules. Son bureau ressemble au tombeau d’un pharaon. Sur le plancher, il a mis un coussin pour que les starlettes n’aient pas mal aux genoux quand elles le sucent. » page 274

 

« Ruth Mildred Cressmeyer adore les photos de femmes en tenue légère. Son cabinet de consultation glorifie ses penchants saphiques et son statut de toubib franc-tireur. Admirez les cadres accrochés aux murs qui abritent des diplômes médicaux et des tirages sur papier glacé.

 

Elle désigne Rita Hayworth.

 

- C’est moi qui l’ai fait avorter. Elle avait une touffe bien fournie. » page 363

 

Elle reluque Ginger Rogers.

 

- Je l’ai fait avorter. Le bébé avait deux têtes. » Page 364

 

Ruth Mildred reluque Carole Lombard.

 

- Je l’ai fait avorter. Le papa était un moricaud. » page 364

Ruth Mildred reluque Barbara Stanwyck.

 

- Je l’ai fait avorter. J’ai vendu ses poils de chatte à Franck Capra. » page 365

 

Elle reluque Lupe Vélez.

 

- Je l’ai fait avorter. Le papa avait une queue de soixante centimètres. Il a fallu que je recouse Lupe. » page 366

 

« Son mari habite au-dessus du garage. Bette (Davis) l’a surpris en train de sucer son chauffeur le soir de leurs noces. Elle l’a banni aussitôt. Il l’escorte à des évènements mondains et se rend de son côté à des bals masqués de tantouzes. Il existe pour satisfaire aux obligations morales imposées à Bette par le studio dont elle est l’une des vedettes. Le chauffeur a une grosse bite (…)

 

Bette rit.

 

- J’ai couché avec Leslie Howard. Il a l’air d’une tapette, mais je peux t’assurer qu’il aime les femmes. » page 408

 

  • Joe Kennedy m’a fait des avances, un jour. Il présidait la R.K.O. à ce moment-là. Il paraît que Jack est encore plus coureur que lui, mais qu’il est monté comme un têtard. » page 409

 

Jack revient. Sa braguette est ouverte.

 

- Joe Junior la baise, je la baise. Bobby est trop pieux pour la baiser, et teddy est trop jeune…

 

- Ça ne me console pas. Je le hais quand même. Elle m’a obligé à la sauter au bord de la piscine, et maintenant j’ai coup de soleil sur les fesses. » page 414

 

Jack Kennedy à propos de Gloria Swanson et de son père Joe

 

« Le petit mari échange des regards ardents avec le serveur. À quelques secondes d’écart, ils se dirigent l’un et l’autre vers les vestiaires.

 

Le mari ouvre la porte et disparaît. Le serveur fait de même quelques instants plus tard. Dudley s’approche du vestiaire et clle son œil au trou de la serrure. Le petit mari a la bite du serveur dans la bouche. » page 437

 

C’est le petit mari de Bette Davis (cf. plus haut)

 

« Ils s’embrassent sur le seuil. Dudley dégrafe la robe verte. Les bretelles restent sur les épaules de Bette. Dudley les fait glisser et tire le tissu de sa robe jusqu’à la hauteur de sa poitrine. Elle se tortille pour refermer la porte. Elle se dresse sur la pointe des pieds pour l’embrasser. Champagne et tabac – il connaît son haleine, à présent.

 

La bouche de Bette sur lui. Sa bouche à lui, en elle – voilà ce dont il a envie. Il la prend dans ses bras, la soulève et la porte. Il cherche un endroit pour s’agenouiller.

 

Un canapé recouvert de velours. Oui – c’est ce qu’il te faut.

 

Il pose Bette. Il relève sa jupe. Elle dit : Dudley Liam Smith. Ses bas sont tenus par un porte-jarretelles. Il attaque avec les dents les pinces qui le retiennent. Il met en pièces bas et lingerie fine qu’il repousse jusqu’aux pieds. Bette répète : Dudley Liam Smith. Elle l’attrape par les cheveux et soulève ses hanches vers lui.

 

Il trouve cette partie d’elle qu’il désirait. Elle dit son nom. Il découvre ce goût qu’il voulait connaître. Il s’accroche à  ses seins. Elle lui tire les cheveux. Elle pousse ses hanches en avant et répète le nom de Dudley. Elle se démène et ne parle plus et se met à haleter. Elle se cambre et pousse le canapé contre le mur. Son dernier soubresaut renverse une lampe. » page 437

 

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 06:00
Les Beatniks : la ligne de crête de 1965 où s’amorce 1 changement des mœurs dans des domaines et sur des thèmes qui touchent aux sensibilités profondes : la foi, la pudeur, le plaisir.
Les Beatniks : la ligne de crête de 1965 où s’amorce 1 changement des mœurs dans des domaines et sur des thèmes qui touchent aux sensibilités profondes : la foi, la pudeur, le plaisir.

Dans la France, dites des 30 Glorieuses, nous les enfants de l’après-guerre, adolescents au début des 60, au moment « où les premiers fruits de la croissance apparaissent réellement dans la vie quotidienne et où la France, enfin, sort de son trend belliqueux… » nous seront ces jeunes qui vont être les acteurs des « 20 années décisives » la « seconde révolution française » selon Henri Mendras.

 

« Avaient prévalu jusque-là des modes de régulation liés à la civilisation rurale de relative pénurie économique et d’insécurité sociale. La frugalité et la prévoyance, « bref le report de la satisfaction » (Jean-Daniel Reynaud), y étaient donc des vertus cardinales. Au, dans la France urbaine et enrichie des Trente Glorieuses, le desserrement des contraintes économiques commence à entraîner celui des contrôles sociaux, et ces vertus qui constituaient autant de « régulations traditionnelles » (Michel Crozier) vont progressivement passer au second plan. »

 

« À cet égard, 1965 est bien une date charnière, même si l’observation, en première analyse, peut surprendre. Rien, en effet, ne paraît conférer à ce millésime une signification particulière, alors qu’autour de lui d’autres dates semblent sonner plus juste :

 

1962 adieux à l’empire

1968 ébranlera la république gaullienne… »

 

Le couple De Gaulle, élu au suffrage universel en décembre 1965, Pompidou son Premier Ministre depuis avril 1962.

 

La France a commencé à connaître, à partir des années 50, la mutation sociologique la plus rapide de son histoire. « Dans cette France enrichie et urbanisée des années 60, ce n’est pas seulement la stratification social qui change ou le mode de vie qui est bouleversé, ce sont aussi les normes qui bientôt se retrouvent au cœur de la grande mue. »

 

« À la frugalité et à la prévoyance commencent, de ce fait, à se substituer des valeurs et des comportements hédonistes (…) l’érosion du conformisme social et de l’assimilation par la ressemblance, qui contribuaient à cimenter le corps social, au profit de la revendication – pour l’heure, plus implicite qu’explicite – du droit à la différence. »

 

«À bien y regarder, s’amorce alors un changement de comportement collectif et des mœurs dans des domaines et sur des thèmes qui touchent aux sensibilités profondes d’une société : la foi, la pudeur, le plaisir. C’est en 1965 que deviennent perceptibles les premiers craquements. Par exemple, ainsi que l’a observé Henri Mendras, on note, en cette année tournante, « un premier décrochement dans le taux de pratique religieuse chez les jeunes […] ; le nu apparaît dans les magazines et dans les films. Les enquêtes de motivation et d’opinion permettent de préciser et de dater cette « crise des valeurs » dont on commençait à parler à l’époque. »

 

Les archives de l’INA (organisme devenu célèbre grâce au taxi de sa présidente) nous offrent un reportage sur 1965 où « une faune originale envahit Paris : les Beatniks. Comment les reconnaissait-on alors ? Savates, cheveux longs, sans un sous, mais un sourire rayonnant pour étendard. Découvrez ces "évadés de la prison du bien-être" et leur mode de vie hédoniste. »

 

Citations extraites Les Baby-boomers une génération 1945-1969 de JF Sirinelli chez Fayard

 

Grands succès de la chanson : 1965 (2)

 

"Poupée de cire, poupée de son" par France Gall

 

Un vrai sac de nœuds, cette composition de Serge Gainsbourg. A l'époque, l'affaire a fait scandale. Tout le monde croit se souvenir qu'en cette année 1965 la France a gagné le concours de l'Eurovision grâce à cette chanson. Or France Gall représentait, non pas son pays, mais le Luxembourg. Le représentant de la France, c'était Guy Mardel, dont on n’a pas oublié le tube N’avoue jamais.

"France a trahi la France", titraient les tabloïdes. Malgré la polémique, Poupée de cire... connut un succès mondial, son interprète l’ayant chanté également en allemand, en italien et en japonais. Une version en anglais fut interprété par la peu connue Twinkle.

Les " beatniks"... mais encore ? 26 mai 1965

Les Beatniks 02 mai 1967 Philippe LABRO présente avec Michel HONORIN les extraits du film de ce dernier sur "la nouvelle bohême" aux Etats-Unis.

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 06:00
Cauchemars gastronomiques d’Alain Bombard naufragé volontaire en 1952 à bord de son canot L’Hérétique, Pommard 1928, vosne-romanée 1930, mouton-rothschild 1947… les bouteilles de grands crus dansent également dans sa tête

Qui se souvient d’Alain Bombard

 

Pas grand monde je pense, et pourtant son nom est lié « à un exploit qui l'a rendu célèbre à travers le monde. En 1952, ce médecin et biologiste avait traversé l'Atlantique à bord d'un canot pneumatique, L'Hérétique, sans vivres et sans eau douce, avec un sextant et un filet à plancton afin de prouver que des naufragés pouvaient survivre en mer. Après 113 jours de navigation, il avait atteint les côtes de la Barbade, dans les Antilles, dans un état de santé certes déplorable, mais en ayant réussi son pari. Le récit de cette aventure, Naufragé volontaire, publié en 1954, lui avait fait acquérir une renommée mondiale. Par ailleurs, son nom était devenu synonyme du pneumatique de survie dont la présence est désormais obligatoire sur les bateaux. »

 

Pour ma part je garde le souvenir de l’éphémère Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Environnement dans le premier gouvernement Mauroy entre mai et juin 1981 bien trop libre de ses propos pour demeurer à un tel poste. Le combat européen lui conviendra mieux. « Il fut un député européen actif de 1981 à 1994, toujours soucieux de faire partager ses convictions et d'expliquer l'Europe. Le Varois qu'il était devenu a été aussi conseiller général du canton de Six-Fours-les-Plages de 1979 à 1985. »

 

Au cours de son naufrage volontaire Bombard raconte les «cauchemars gastronomiques» qui obsèdent ses nuits « L’un revenait plus souvent que les autres comme un leitmotiv : le mirage d’une poule au riz »

 

Le navigateur solitaire « las de ses éternels repas de poisson et de plancton filtré » fantasme des ripailles faites à terre : « Aujourd’hui, je déjeune à l’Amirauté avec un lièvre à la royale ; ce soir, chez les médecins de Casa, avec des rognons au vin blanc. »

 

« Pour tenir, le jour, il imagine des tablées qu’il se fera offrir par un sceptique qui a parié sur l’échec de sa traversée en solitaire. »

 

« J’ai prévu trois menus : soit foie gras truffé, soufflé aux crevettes, canard au sang, pomme paille, fromages variés, omelette flambée à la confiture, fruits rafraîchis au champagne ; soit bouquet d’écrevisses, douze escargots, lièvre à la royale, pommes vapeur ou cuissot de chevreuil, fromage variés, omelette flambée à la confiture, ananas kirch à la crème. »

 

« Pommard 1928, vosne-romanée 1930, mouton-rothschild 1947, château-yquem 1929, les bouteilles de grands crus dansent également dans la tête du navigateur perdu au milieu de l’océan, aux franges de la calenture, la fièvre délirante des marins… »

 

Textes tirés de la Mise en bouche de Bruno Fuligni « Les gastronomes de l’extrême »

 

Le 4 mai 1988, Jean-Paul Kauffmann revient de 1 037 jours de captivité avec ses deux compagnons d’infortune : Marcel Carton et Marcel Fontaine. Sans Michel Seurat, mort pendant cette longue nuit.

 

Jean-Paul Kauffmann racontera, avec émotion, qu’il a survécu grâce à deux livres que ses gardiens avaient fini par lui donner : la Bible et le tome 2 de Guerre et Paix de Tolstoï, qu’il a lu et relu… 22 fois.

 

« La lecture plus que la littérature m’a sauvé. Les mots me suffisaient, ils instauraient une présence. Ils étaient mes complices. Du dehors, ils venaient à mon secours (…) Enfin, je pouvais compter sur un soutien de l’extérieur. Le sens était secondaire. »

Cauchemars gastronomiques d’Alain Bombard naufragé volontaire en 1952 à bord de son canot L’Hérétique, Pommard 1928, vosne-romanée 1930, mouton-rothschild 1947… les bouteilles de grands crus dansent également dans sa tête

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 06:00
J’ai faim : garçon 1 friture de vers blancs, 1 ragoût de ventre de chameau et 1 sorbet au sang de renne… en les arrosant de bordeaux blanc.

Imaginez une seconde la tronche de vos invités si vous affichiez au menu de votre petit casse graine un rôti de Panda.

 

Horreur, évanouissement, condamnation unanime… et pourtant « chaque époque à ses tabous et la nôtre, si permissive en apparence, a la pudibonderie animalière. Tandis que les fantaisies érotiques qui eussent motivé naguère l’intervention de la brigade des Mœurs font sourire les élèves des écoles primaires, l’anathème menace quiconque, aujourd’hui, songerait sérieusement à un salmis de colibris flambés, à un foie gras de dauphin truffé, à quelque fricassée d’espèces protégées.

 

Monstruosités culinaires ? Sans doute, à l’aune de la sensibilité contemporaine, mais il suffit de relire les vieux récits d’explorateurs ou les romans de Jules Verne pour se retrouver en compagnie de ces gastronomes de l’extrême qui, canardant à tout va, goûtent à toutes les espèces de la création… »

 

C’est la mise en bouche de Bruno Fuligni pour son livre Les Gastronomes de l’Extrême aux éditions du Trésor

J’ai faim : garçon 1 friture de vers blancs, 1 ragoût de ventre de chameau et 1 sorbet au sang de renne… en les arrosant de bordeaux blanc.

Mon menu du jour

 

1-Hors d’œuvre : La friture de vers blancs *

 

« J’ai fait, il est vrai, l’éloge des vers blancs frits et j’en ai mangé avec beaucoup d’appétit, mais je n’ai jamais conseillé de les manger crus. Ce serait une hérésie culinaire que mes collègues de la Société d’insectologie ne me pardonneraient jamais et contre laquelle je dois protester […] Je ne les mangeai que frits, dans un banquet de la Société d’insectologie où cinquante personnes firent comme moi. Je ne sais si la Société d’insectologie existe encore ; mais si elle banquette de nos jours, je serai enchanté de m’y rendre pour remanger des vers blancs en les arrosant de bordeaux blanc. »

 

Wilfrid de Fonvielle en réponse à Hector France, « les horreurs de l’alimentation », Journal des voyages et des aventures de terre et de mer n°350, 16 août 1903.

 

2-Viande : Le Ragoût de ventre de chameau

 

« Pour ce faire, on choisit les plus gros intestins du chameau ; on les nettoie à fond et on les coupe en morceaux réguliers ; on procède de même avec le cœur et le gros boyau. On fait un roux dans une casserole de terre, on y met des morceaux de chameaux de chameau ; salez, aromatisez et pimenter abondamment, arroser avec du bouillon ou de l’eau et faire cuire à feu doux et régulier, quatre à cinq heures. Ce plat forme une sorte de gras-double qui n’est pas à dédaigner. »

 

R. de Noter, La bonne cuisine aux colonies, l’Art culinaire, Paris, 1931.

 

3- Dessert : Le sorbet de sang de Renne

 

« Après le coup de couteau dans le cœur, on y laisse le couteau jusqu’à ce que le sang se soit écoulé dans la cavité thoracique d’où l’on peut le vider comme d’un récipient. Il est alors transvasé dans la panse, retournée et bien nettoyée, et se conserve ainsi gelé ou desséché. »

 

Ernst Manker, Les Lapons des montagnes suédoises, trad. I. et S. P. Lehman, Gallimard, 1954

 

Si vraiment la friture de vers blancs vous soulève le cœur je vous propose en substitution : * les pieds de dromadaire en vinaigrette :

J’ai faim : garçon 1 friture de vers blancs, 1 ragoût de ventre de chameau et 1 sorbet au sang de renne… en les arrosant de bordeaux blanc.

« Il faut échauder les pieds et les nettoyer avec soin ; puis on les fait cuire à ébullition ininterrompue, dans de l’eau bien condimentée quatre ou cinq heures, parfois plus. Laisser réduire l’eau, la passer à travers une étamine et la laisser prendre en gelée. Désosser les pieds cuits et mis à part ; mêler la chair au jus, avec de l’ail, ciboule ou oignons hachés fin, du vinaigre et de l’huile, et mettre dans un moule. Se mange froid, comme hors-d’œuvre. Ce pâté n’est pas à dédaigner. »

 

R. de Noter La bonne cuisine aux colonies, l’Art culinaire, Paris, 1931. 

J’ai faim : garçon 1 friture de vers blancs, 1 ragoût de ventre de chameau et 1 sorbet au sang de renne… en les arrosant de bordeaux blanc.
J’ai faim : garçon 1 friture de vers blancs, 1 ragoût de ventre de chameau et 1 sorbet au sang de renne… en les arrosant de bordeaux blanc.

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17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 06:00
« Quand j’entends l’expression « manque de volonté politique», je sors mon révolver Michel Rocard 84 ans réformiste assumé écrit aux générations futures en espérant qu’elles nous pardonneront

La plus grande fierté dans ma vie professionnelle est d’en avoir consacré plus de 10 ans à son service, celui du bien commun. 

 

Mathias Thépot celui qui mène l’entretien avec lui écrit : « Libre penseur et acteur prépondérant de la scène politique hexagonale durant plus de 40 ans, il s’est toujours attelé à prendre le recul nécessaire à sa fonction pour anticiper l’avenir. Un trait de caractère qui semble aujourd’hui disparaître chez les hommes et les femmes politiques qui n’ont plus les moyens d’exercer leur métier de la sorte.

 

Social démocrate à la vision très internationale, Michel Rocard se définit comme un réformiste donnant la priorité au dialogue social, un défenseur de l’économie de marché et un ardent régulateur. »

 

Lettre aux générations futures, en espérant qu’elles nous pardonneront chez Bayard 14,90€ est un livre revigorant qui me conforte et me réconforte sur mes choix de jeunesse assumé jusqu’à ma vieillesse que j’assume indigne face aux nains de la pensée et de l’action

« Quand j’entends l’expression « manque de volonté politique», je sors mon révolver Michel Rocard 84 ans réformiste assumé écrit aux générations futures en espérant qu’elles nous pardonneront

« Nous subissons aujourd’hui le résultat de la période monétariste, dont les paradigmes sont faux. Cette impression que l’on veut nous donner que ce débat (monétaristes versus keynésiens) se trouve derrière nous est un discours de banquiers qui gagnent beaucoup d’argent alors qu’au même moment des populations connaissent la misère. Ces membres de la communauté d’affaires oublient aussi bien de chômage que la précarité, et plus encore – c’est cela le drame – toute la violence civile qui en découle.

 

Je vais aller plus loin : l’idée que l’économie parce qu’elle est économie, et qu’elle est donc spécifique au quantitatif marchand, pourrait fonctionner sans règle parce qu’on lui prête des vertus auto-équilibrantes que l’expérience ne démontre pas, confine au crime contre l’humanité. »

 

« Pour dire un peu autrement, je suis en colère devant la faillite des savants. Beaucoup de grands savoirs du monde moderne s’abritent et fuient les difficultés, notamment la violence qui résulte de l’aggravation des inégalités, par la spécialisation, le repli sur leur savoir propre (…) D’une certaine façon, j’y vois une nouvelle trahison des clercs. »

« Quand j’entends l’expression « manque de volonté politique», je sors mon révolver Michel Rocard 84 ans réformiste assumé écrit aux générations futures en espérant qu’elles nous pardonneront

« Je vois une sorte de délit de fuite dans le repli des têtes pensantes sur leur propre discipline. »

 

« En somme, l’inverse de ce qui fait foi chez les politiques d’aujourd’hui. Je n’aime pas ne pas comprendre ce que je fais. »

 

« Personnellement je déplore appartenir à une grande maison, le socialisme français, où la mode n’est plus à penser. Mais ne vous y méprenez pas, c’est vrai aussi à droite… »

 

« Quand j’entends l’expression « manque de volonté politique », je sors mon révolver !

 

Les vertus que sont le courage et la volonté politique ne servent à rien si elles ne savent pas à quoi s’appliquer. Or la science ne dit plus à quoi il faut les appliquer. C’est donc d’intelligence qu’il s’agit d’abord, bien avant le courage. »

 

J’aime beaucoup le rêve de Michel Rocard d’interdire aux responsables politiques de « travailler le dimanche » :

 

« Cela leur permettrait de se reposer, de lire leurs dossiers, de réfléchir sur le long terme par rapport au court terme ou de s’occuper de leurs enfants : repos, tranquillité et sérénité à la maison »

 

« Oui, le plus terrifiant, c’est la dérive des médias qui consiste à fuir l’information – laquelle n’a, de toute façon, pas vraiment de clients, ni de demandeurs, coûte cher et ne rapporte pas d’argent – au profit du divertissement.

 

De toute évidence, pour le divertissement, une demande existe, certes « médiocrisante » et appauvrissante. Mais d’une part les télévisions et d’autre part les annonceurs s’en satisfont, puisqu’ils ont besoin comme Patrick Le Lay, l’ancien directeur de TF1, avait eu le courage de le dire une fois, de rendre le temps de cerveau des ménages disponible pour qu’ils intègrent le message des marques comme Coca-Cola. »

 

« Je suis convaincu que la disparition des formules de politesse est beaucoup plus grave qu’on ne le croit. Parce que les formules de politesse ne sont pas seulement des actes de courtoisie routinière, elles sont une reconnaissance mutuelle. C’est la mesure d’une nouvelle confiance que l’on peut faire à l’autre. Une condition sans laquelle il n’y a pas beaucoup d’échanges de savoir possible. »

 

Michel Rocard cite le politologue américain Benjamin Barber dans Démocratie forte qui constate « que des gens sont prêts à mourir ensemble, collectivement, pour établir la démocratie quand ils ne l’ont pas. Et que dès qu’ils l’ont, ils ne mettent que quatre ou cinq ans à ne plus participer aux élections, pour au moins la moitié. Ils se désintéressent en somme très vite du produit démocratie. »

 

« Concernant la France – même si je n’ai plus l’esprit à m’y intéresser isolément, car la faillite est davantage dans l’intelligence su monde – il lui faut sortir de ce refus de réformer au point d’être actuellement paralytique. À cause de cela, elle ne pèse plus sur les affaires du monde et de l’Europe. »

 

À chacun ses références et son échelle de valeur alors vous comprendrez aisément mon peu de goût pour les ébats de certains sur la Toile… Péché d’orgueil ? Oui !

« Quand j’entends l’expression « manque de volonté politique», je sors mon révolver Michel Rocard 84 ans réformiste assumé écrit aux générations futures en espérant qu’elles nous pardonneront

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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 06:00
Ça balance pas mal à Paris : Michel Issaly et ses VIF lancent le premier salon « Nature et vins »

Les 30 et 31 mai à l’Espace Champerret, Paris XVIIe, Michel Issaly lance la 1ère édition du Salon des vins des Vignerons Indépendants de France réservé aux adhérents labellisés AB ou HVE, soit 85 exposants dont 13 HVE (Aujourd'hui une centaine de VIF sont labellisés HVE). 

 

HVE ICI

 

Xavier de Volontat, en charge des salons chez les Vignerons indépendants, y va lui avec des pincettes «Nous défendons un métier pas la façon d'exercer ce métier» et c’est un peu contraint et forcé par des consommateurs qui « demandent d'être plus précis dans notre offre, notamment concernant les repères environnementaux » que les adhérents qui s'engagent dans cette philosophie de culture sont mis en avant « pour répondre à cette demande » Ce n’est pas le franc enthousiasme, comme une concession : « le Salon Nature et vins est un essai. On va voir s'il y a quelque chose de réel derrière la demande des consommateurs ».

 

Y’a du compromis dans l’air dans la maison des VIF entre 2 anciens présidents et Michel Issaly a emporté la première manche en ménageant, comme il sait si bien le faire, toutes les sensibilités.

 

Dans les 5 questions à Michel Issaly d’Evelyne Malnic dans plus belle la vigne bio celui-ci se livre à un bel exercice d’équilibre : 

 

En appelant votre salon « Vin et nature », ne craignez-vous pas une confusion avec les vins naturels ?

 

Michel Issaly : il nous a paru important de réunir ces trois valeurs fortes que sont le bio, la biodynamie et le label HVE**. Le mot « nature » est ressorti. Il traduit bien notre propos. L’intérêt du bio est en premier lieu environnemental, pour les paysages, la biodiversité, la vie, le retour à un équilibre pour une nature riche, diverse, vivante. Par ricochet, le bio c’est bon pour l’homme, sa santé. Le salon est ouvert aux vins nature. Mais pas naturels. Nous sommes très à cheval sur la notion de certification qui est une garantie pour le consommateur. Or il n’existe pas de charte, de cahier des charges, de traçabilité en ce qui concerne les vins naturels. Un vin n’est pas « naturel » si l’homme n’est pas au centre du process, il est prépondérant à la vigne, au cours de la vinification. La nature impose son rythme, l’homme veille.

 

Mon cher Michel, c’est un peu jésuite : les vins nature qui ne sont pas naturels mais c’est une belle percée conceptuelle, une petite brèche dans la muraille de Chine dressée par les maîtres de la vigne et du vin en France.

 

On avance, on avance et je suis sûr que nous aurons assez d’essence pour sortir des sentiers battus et montrer aux sceptiques que les amateurs de vins nus ne boivent pas que de la philosophie. L’idéologie dominante n’est plus aussi sûre d’elle…

 

Cher Michel tu es l'invité permanent de mon espace de liberté, si l'envie te prend de t'expliquer plus encore sur les vins nature pas naturels tu es le bienvenu...

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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 06:00
De la vigne au vin il n’y a pas qu’un seul chemin : le goût vin traduit-il le goût de la terre ou n’est-il qu’un habit au  service d’une phraséologie ?

Pour le vin tout commence dans la vigne et comme l’écrit Agathe Petit dans Thinkovery : « depuis l’Antiquité, on estime que le goût du vin traduit le goût de la terre. Cette pensée s’est accentuée au XVIIIe siècle, au cours duquel les premières appellations viticoles ont été créées. Logique : le goût associé à l’origine géographique, au terroir, devenait un levier commercial. Heureusement, c’est un peu plus compliqué que cela. »

 

La complexité voilà l’ennemi de nos sociétés de l’instantanéité, du message simple des communicants, de la paresse des passeurs d’infos réduits à l’état de simple haut-parleur…

 

Choix des sols, de l’exposition, de la pente, du micro-climat, quête patiente et ancienne aujourd’hui étendue et distordue pour satisfaire le plus grand nombre : le terroir au sens premier, la terre d’accueil, n’est plus qu’un vaste manteau, un habillage commercial qui corrode et affadi le socle des AOC.

 

Et puis il y a le porte-greffe, on parle peu au consommateur du porte-greffe. « Le porte-greffe est la partie enterrée du cep de vigne qui soutient le greffon, la partie aérienne de la vigne. Son usage s’est généralisé à partir de 1870 en Europe. (Auparavant le cep était franc de pied) Pour résister à l’invasion de phylloxéras, ces porte-greffes sont tous d’origine américaine, car il s’agit de la seule variété résistante à l’insecte nuisible, lui-même originaire d’Amérique. Il en existe plusieurs variétés plus ou moins vivaces qui constituent les racines de la vigne et lui permettent de puiser plus ou moins profondément les nutriments et l’eau contenus dans le sol. Le choix du porte-greffe doit donc tenir compte du type de sol du vignoble, de l’hydrométrie et des variétés de cépages qu’il portera. Outre le porte-greffe, le vigneron dispose d’un arsenal pour adapter sa vigne aux variations climatiques qui peuvent être importantes entre deux années, ce sont les techniques culturales. Le niveau d’enherbement entre les rangs déterminera l’évaporation de l’eau, la taille de la vigne et la fertilisation des sols influeront sur le rendement, le choix des dates de vendanges détermineront la qualité du vin selon le degré de maturation. »

 

Le choix du sol, sa préparation, la densité de plantation… et puis comme le note Loïc Le Gac les méthodes de culture. Je ne suis pas technicien donc je ne vais pas m’aventurer sur le terrain de la non-taille, de l’irrigation, du choix de la fertilisation : engrais organiques (déchets végétaux, tels purins de plantes et feuilles mortes, ou animaux, comme le fumier, le guano) ou minéraux (naturels ou de synthèse N.P.K), du travail mécanique du sol, de l’emploi de désherbants, de l’utilisation de fongicides et d’insecticides…

 

Tout ça pour souligner que sous les grandes ombrelles des appellations se cachent des pratiques aux antipodes les unes des autres. Passer outre, ne pas faire la transparence c’est nourrir des peurs, des faux-débats, des oppositions stériles.

 

« La question du futur de l'agriculture est toujours perçue sous cet angle : d'un côté le modernisme, de l'autre un retour en arrière. Quel retour en arrière ? A la fin du XIX, il est faux de dire que les producteurs - et surtout la viticulture confrontée à de nouvelles maladies- font du bio sans le savoir. Ils initient une démarche tout à fait nouvelle pour l'époque qui est de traiter pour produire. Le "bio" en revanche est une approche tout à fait moderne. Passer en bio, ce n'est pas faire un bond 100 ans en arrière. C'est simplement proposer une solution alternative au chimique. Non au traitement.

 

La question est ici bien posée : comment travailler avec le vivant plutôt que contre ? Comment parvenir à se passer de traitement ? Ce changement d'attitude est la clef du futur pour la production viticole en particulier, production tout à fait subsidiaire. Pour le reste de l'agriculture, je ne m'engage pas.

 

Maintenant, cette évolution passe par de la recherche, du développement, certainement du matériel. Un autre modèle agricole, qui nécessite des investissements à tous ces niveaux. Rien de bien nouveau sous le soleil, et vu sous cet angle, ce système est tout à fait de notre époque. »

 

C'est Jean-Yves Bizot vigneron de Vosne qui l'écrit en commentaire.

 

Pour Agathe Petit, à ce stade les nutriments du sol sont des déterminants passifs, le sol a chimiquement peu de prise sur le goût du vin. « En revanche, physiquement, il a son rôle à jouer : proportions d’argiles, de sable et gravier, voire de galets, influeront sur l’humidité et la « chaleur » du sol. Un sol pierreux et chaud accentuera la maturité du raisin, un sol argileux et frais la ralentira, synonyme généralement d’une plus grande complexité aromatique. »

 

Pour elle le cépage est le vrai protagoniste :

 

« Le « bouquet » aromatique d’un vin est formé de plusieurs familles de molécules qui lui apportent ce que l’on appelle une flaveur. Ce terme désigne l’ensemble des sensations ressenties lors de la dégustation d’un produit alimentaire. Chacune de ces familles moléculaires est présente dans les baies de raisin, de la floraison à la maturation, et dans toutes les variétés de vignes à l’exception de quelques-unes que l’on ne retrouve que dans certains types de vignes (les arômes de kérosène spécifiques au riesling ou de poivre noir dans la syrah).

 

Elle appelle ça la « typicité » et explique que c’est la microflore qui en est à l’origine.

 

Mais avant d’arriver au chais lorsque le raisin est « mûr et sain » il faut le couper :

 

La machine à vendanger connaît pas !

 

Et pourtant en 2010, 60 % des vendanges en France sont réalisées par ces machines, « la pratique traditionnelle de récolter les grappes à la main a régressé et ne représente guère plus de 30% de la récolte en France. » Ce chiffre serait encore bien plus faible si la Champagne, le Beaujolais, n’interdisaient pas la vendange mécanique.

 

Les dépliants des communicants nous montrent pourtant des hordes de joyeux vendangeurs coupant dans les beaux terroirs vantés. Il ne s’agit pas ici de prendre parti pour ou contre mais de demander qu’on arrête de faire prendre aux consommateurs des vessies pour des lanternes.

 

Les baies charroyées avec plus ou moins de soins arrivent sur les quais où, elles peuvent être triées manuellement en gants blancs ou maintenant par des viseurs laser, et c’est parti mon quiqui pour la boîte noire des chais.

 

Que dit Agathe Petit sur la main du vinificateur ?

 

« D’une année sur l’autre et selon la qualité des grappes, le vigneron peut agir sur le développement de la microflore via un couvert végétal et/ou durant la vinification en infléchissant ou en augmentant l’activité des bactéries et levures via la variation des températures des cuves. Il peut aussi gérer la variation de l’oxygénisation et le sulfitage… »

 

Agir donc mais « Les vignerons qui le souhaitent peuvent même s’affranchir complètement de la microflore présente sur leur vignoble et choisir d’introduire des levures et des bactéries issues de cultures en laboratoire. Dans ce cas, la typicité du vin n’est plus naturelle et en rien liée au terroir. »

 

L’OIV nous le rappelle

 

« Le vin est exclusivement la boisson résultant de la fermentation alcoolique complète ou partielle du raisin frais, foulé ou non, ou du moût de raisin. Son titre alcoométrique acquis ne peut être inférieur à 8,5% vol.

 

Toutefois, compte tenu des conditions de climat, de terroir ou de cépage, de facteurs qualitatifs spéciaux ou de traditions propres à certains vignobles, le titre alcoométrique total minimal pourra être ramené à 7% vol. par une législation particulière à la région considérée. »

 

De la vigne au vin il n’y a pas qu’un seul chemin.

 

« Dans le but de contribuer à l'harmonisation internationale et afin d'améliorer les conditions d'élaboration et de commercialisation des produits vitivinicoles, et en tant qu'organisme de référence dans le domaine de la vigne et du vin, l'OIV élabore les définitions et descriptions des produits de la vigne.

 

Les définitions de ces différents produits vitivinicoles sont reprises dans la première partie du Code International des Pratiques Œnologiques.

 

Il constitue un document de référence technique et juridique, visant à une normalisation des produits du secteur vitivinicole, qui doit servir de base à l'établissement des réglementations nationales ou supranationales et s'imposer dans les échanges internationaux. »

 

Face aux pratiques œnologiques je suis très Lalau-boy :

 

« C'est que l'Eglise des Faux Monnayeurs du Vin, qui a oublié les prophètes pour le profit, a mis la main sur le Terroir comme la Misère est descendue sur le Sud Soudan; elle l’a désacralisé. Ses prêtres nous montrent des cailloux, mais dans l'arrière salle de la sacristie, ils levurent, ils osmosent le dur, ils rectifient le mou, ils réacidifient les burettes. Il n’y a plus que leurs bedeaux, leurs sonneurs de cloches, qui font semblant d’y croire, bien forcés puisqu’ils en vivent.

 

Et nous, les journaleux, leurs porte-voix, leurs porte-plumes, on ferme les yeux ou on tombe dans leurs panneaux.

 

Ils nous inondent de communiqués à la noix à l’annonce du moindre projet de classement des couilles climatisées des moines de Bourgogne ou des mornes villages de Champagne, mais pas un mot sur le concassage d’une parcelle de premier cru à Gevrey ni sur les betterave partys institutionnalisées.

 

Ils veulent bien qu’on leur cire les pompes à vin, quitte à leurrer le consommateur, mais pas question de mettre notre nez dans leurs petits secrets, on passerait pour des ingrats ou des irrespectueux. Pas question d’empêcher quiconque de massifier en rond, sinon, on se plaindra à ton éditeur. Notre respect, pourtant, c’est d’abord au lecteur qu’on le doit. »

 

Tout comme lui je suis basique : si on sucre c’est pour augmenter le degré alcoolique et souvent masquer la pauvreté du vin, si on pratique l’osmose inverse c’est pour retirer de l’eau, l’intervention sur le vin n’est jamais neutre, elle répond a une volonté de corriger, de soigner, d’accélérer un processus, d’abaisser les coûts… on ne fait jamais rien pour rien...

 

Il ne s’agit pas de juger mais d’informer.

 

Quand je lis ça « Pour le vin, les tanins peuvent provenir du raisin, du bois de chêne qui compose les fûts, ou bien de tanins commerciaux. Pendant la phase de vinification, des tanins extraits de la noix de galle, du quebracho, du chêne ou du châtaigner sont ajoutés, ainsi que des extraits de pépins et de pellicule de raisin lors de la phase d'affinage. » je suis tout de même en droit de m’interroger.

 

N’en déplaise à certains communicants je suis certes un vieux qui vieillit mal, ridicule (dixit Gérard Bertrand) ou imbus de lui-même (dixit un retraité qui n’a jamais digéré de se faire virer de son fromage) mais tout ce beau monde qui s’horrifie sur la vacuité de nos élus, leur absence d’intérêt pour les préoccupations des citoyens, devraient tout de même s’interroger sur le creux de leur baratin formaté avec du terroir plein la bouche.

 

Informer ce n’est pas forcément mettre en avant des manquements, des pratiques légales mais soigneusement cachées, mais revenir à ce que souhaitaient les pères des AOC : dire ce que l’on fait et faire ce que l’on dit…

 

Merci

 

L’ouverture d’un débat ne passe pas forcément par un bon repas pour se créer des obligés, le dire, l’écrire n’est pas politiquement correct mais je voudrais bien qu’on m’explique les raisons autres de ce modus operandi ?

 

Oui je préfère ce qu’écrit Olivier de Moor à une « bonne action », l’agroforesterie, mise au service de celui qui la pratique avec ostentation. Le fameux savoir passe aussi par de vrais remise en question plutôt que par la cosmétique de la communication.

 

« La viticulture pourrait être un problème secondaire, puisque toute l'agriculture est concernée. Cependant le vin n'est pas indispensable à notre existence. Même si je pense que nous en avons besoin pour nous relier. Le vin de façon symbolique en apparence non vital, en absence dépourvu de première nécessité, de luxe, est un laboratoire d'adaptation aux enjeux d'avenir.

 

C'est à nous de trouver des solutions, et si nécessaire de rompre les chaines qui bloquent notre évolution.

 

L'AOC dès le début marque un tournant. Limite autant les abus, que le pouvoir d'adaptation.

 

Elle fige une image du vin, en nous faisant croire que l'histoire est dite. La géographie définitive. Et déjà sans seulement penser le "progrès" des moyens techniques perceptibles dans les années 30.

 

Je pense de plus en plus que l'AOC nous a dépossédé de ce qui constitue l'essentiel, notre raison d'être à savoir être des paysans agronomes, où nos gestes, nos actions, notre travail ont une logique sur notre lieu de vie. La logique actuelle me dépasse de plus en plus.

 

L'AOC a permis d'aider au commerce. A la richesse de certaines régions, de certains espaces. Mais "ces ruées vers l'or "ont donné des zones géographiques occupées à 100 % par la vigne. Un non sens agronomique.

 

Et dernièrement on en a remis une couche de bêtise définissant par exemple jusqu'à la hauteur permise des "mauvaises" herbes, la quantité permise de hauteur de feuillage d'apparence sein. Et tout cela avec l'hypocrisie du contrôle selon de l'individu.

 

Pourquoi ? Quelle était la vraie destination de tout cela ? Sa vraie justification pratique est commerciale ?

 

Bien avant ces histoires d'AOC, il faut simplement considérer la culture de la vigne. Chercher dans Dion, Jullien, Guyot, et bien d'autres. Et se rendre compte qu'à chaque crise, il y a obligation de réaction sur les moyens mis en oeuvre.

 

Dans ce village où j'habite il n'a pas si longtemps le cépage SACY était majoritaire, et auparavant il y avait suivant les lieux, du Beaunois, du Morillon, du Pinot complanté au début XIX avec du Plant vert, des lombards en sommet de plateau, et encore avant quoi du Chenin(?) ramené par les moines de Tours fuyant les Vikings ?

 

Donc le premier hic c'est qu'on a marqué Chardonnay considérant la seule photo post-phylloxérique.

 

C'était peut-être la bonne solution. Sauf que déjà les vignerons passaient leur temps à sulfater à dos.

 

Je ne parle bien entendu que du cépage. Mais ce verrou en est un parmi tous ceux du CDC de nos AOC. Mais c'est là. Avec ses conséquences. Un dogme.

 

Le premier dogme c'est le cépage. »

 

Je note aussi « Hennessy demande à ses apporteurs d’abandonner le désherbage en plein »

 

De la vigne au vin il n’y a pas qu’un seul chemin : le goût vin traduit-il le goût de la terre ou n’est-il qu’un habit au  service d’une phraséologie ?

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