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26 octobre 2019 6 26 /10 /octobre /2019 06:00

Ryoko Sekiguchi

J’ai acheté Naguri chez Compagnie ICI l’une de mes crèmeries favorites.

 

 

J’ai lu Naguri en me promettant de chroniquer car « ce n’est pas un livre comme un autre – il se tient devant nous comme le modèle pratique d’une vita nova du poème et des hommes. C’est, littéralement, un manuel de savoir-vivre qui ne peut que faire écho à ce que Hölderlin clamait en son temps d’indigence qui ici ouvre l’appétit : « Ce qui reste, les poètes le fondent. » Johan Faerber  5 décembre 2018 ICI Ryoko Sekiguchi : Naguère du goût (Nagori) 

 

Et puis dans ma caverne de livres où les piles menacent de verser Naguri s’est retrouvé enterré.

 

Et puis sur Twitter j’ai vu que Ryoko Sekiguchi avait reçu le Prix Mange, Livre ! pour Nagori

 

 

Le jury a salué « une fable écologique qui invite à renouer avec les saisons et à rester sensible à la nature qui nous entoure et nous nourrit »

 

Le jury 2019 réunissait Chloé Charles, traiteur à Paris ; Julien Duboué, chef de A Noste, Boulom, la Dalle à Paris ; Maxime Frédéric, chef pâtissier du George V à Paris ; François-Régis Gaudry, journaliste ; Catherine Kluger, fondatrice des Tartes Kluger et de Granola SuperNature ; Romain Meder, chef du restaurant Alain Ducasse au Plaza Athénée à Paris, et Steven Ramon, chef du Rouge Barre à Lille.

 

Caramba, j’aurais dû dégainer !

 

Ryoko Sekiguchi, est une Japonaise francophone, écrivaine, traductrice, née à Tokyo en 1970,  elle vit à Paris depuis 1997. Elle écrit dans les deux langues.  Elle a publié des livres en français, notamment chez P.O.L L'astringent et Manger Fantôme publiés chez Argol : ont été une révélation de la littérature jointe à la  gastronomie. Elle est depuis reconnue comme un auteur  à part, et a publié en 2013 chez P.O.L Le club des  gourmets et autres cuisines japonaises. Elle a été  lauréate de la Villa Médicis en 2013-2014.

 

« J’ai toujours écrit sur la mort, pour les morts. Pour une fois, je voulais écrire un livre sur la vie. »

 

« La sensibilité naît des mots : on ne saurait sentir ce qui n'a pas de nom »

 

Ryoko Sekiguchi, un soir alors qu’elle est attablée au comptoir d'un bistrot, le chef lui sert un plat de légumes qui semble n'être déjà plus de saison. Intriguée, elle lui pose la question, à quoi il répond: « Mademoiselle, je suis beaucoup plus âgé que vous, et je ne sais pas si je pourrai encore goûter ce légume l'année prochaine ».

 

Nagori littéralement « reste des vagues » « l’état de saisonnalité d’un aliment ».

Au Japon, on considère qu'un aliment peut-être consommé à trois stades :

 

  • les primeurs hashiri

 

  • ceux de pleine saison sakari

 

  • ceux d’arrièresaison nagori, ce sont les derniers. Nagori désigne « avant tout la trace, la présence, l’atmosphère d’une chose passée, d’une chose qui n’est plus »

 

« Le goût de nagori annonce déjà le départ imminent du fruit, jusqu'aux retrouvailles l'année suivante. On le déguste précisément, comme si l'on voulait faire durer le goût le plus longtemps possible dans le palais. Puis peu à peu, le goût se dissipe, comme le son de la cloche. On accompagne son départ, on sent que le fruit, avec son goût, s'est dispersé dans notre propre corps. On reste un instant immobile, comme pour vérifier qu'en se quittant, on s'est aussi unis. »

 

Le nagori a aussi à voir par exemple avec l’o-miokuri, cette politesse japonaise qui consiste, quand on raccompagne quelqu’un, à le suivre du regard jusqu’à ce que le contact ne puisse plus s’établir, par exemple parce qu’il ou elle a tourné au coin de la rue.

 

Dans Nagori, le goût est affaire de « saison » : mais ce concept, que Japonais et Français partagent, n’existe pas dans toutes les cultures.

 

« Il revient à chacun de construire et d’ajuster son vocabulaire à sa sensibilité et sa réalité climatique particulières. Dans chaque culture, la littérature construit un stock de vocabulaire propre à exprimer une certaine sensibilité aux saisons ou à l’environnement. »

 

Ryoko Sekiguchi donne le menu et la liste précise des ingrédients du dîner qu’elle a préparé pour les pensionnaires de la Villa Médicis, lorsqu’elle a quitté celle-ci en 2014 : « sans doute avais-je envie également, en rédigeant ce petit texte d’invitation au dîner avec le nom de cent ingrédients, de conserver en mots la trace de cette soirée éphémère : ces ingrédients, qui sont autant d’être vivants qui ont partagé une part de notre temps dans ce monde »

 

« Nagori » de Ryoko Sekiguchi, de goûts et de saisons

 

Poursuivant une œuvre où littérature, goûts et sensations ont part liée, l’écrivaine Ryoko Sekiguchi livre une séduisante évocation des saisons.

  • Sabine Audrerie, 

 

 

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pax 28/10/2019 07:12

Bien sur que exploitation à des fins politiques est indécente et condamnable.
Plus condamnable encore est l’inertie de l’impuissance publique devant de tels drames comme celui des victimes des violences conjugales et/ou féminicides. Cette impuissance publique ne s’efforce même pas à cacher la poussière sous le tapis. Elle donne tout simplement l’impression d’être dans le déni total.
Et pourtant, voilà des causes ou le yaka faucon est, pour une fois pertinent. Nos voisin Espagnol ont plein de trucs simples à nous apprendre eux, qui en peu de temps ont réussit à réduire de manière significative ces odieux et insupportables féminicides.IL n’y aurait aucune honte à s’en inspirer quelque peu pour qu’on puisse à nouveau parler de puissance publique.
Loin de là, j’apprends avec stupeur que cette excellente idée qui consistait à interdire le domicile conjugal aux violents furieux on continue à exfiltrer femme et enfant accroissant le stress d’un milieu familiale délétère par celui d’un chamboulement de la vie quotidienne.
Et qu’on ne vienne pas me dire que rien n’empêchera le sinistre individu de revenir. Outre qu’il y a des dispositifs simples pour éviter ce retour, rien ne l’empêchera de harceler femme et enfants à la sortie de l’école ou sur le lieux de travail de la maman.
Quand au suicide ,qui est un acte qui nous interpelle tous, André Comte Sponville, philosophe bien veillant quelque peu tendance Alain ( « Propos sur le bonheur » entre autres) il analysait logiquement le suicide comme un acte d’espoir. Celui d’un homme totalement désorienté, éperdu, qui ne sait plus quoi faire. Acculé, désespéré, il espère que « là » ou il envisage d’aller ce ne peut être que mieux.
J’ajoute et il nous laisse ainsi face au problème essentiel évoqué par Camus.
L’espoir fait vivre dit on. Le désespoir survivre puisque, contrairement au candidat au suicide il n’y a pas d’ailleurs meilleurs en qui croire.
So long’

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