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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 00:09

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Ce dialogue dans le film de Luigi Comencini :


Le maréchal de logis des carabiniers, Antonio Carotenuto (Vittorio De Sica), à un paysan assis sur une marche en train de manger :


-  Que manges-tu ?


Le paysan, l'air triste : du pain.


Antonio Carotenuto : Et dans le pain ?


Le paysan : de l'imagination (fantasia en italien)


Et ces crétins de diffuseurs français ont baptisé le film Pain, Amour et Fantaisie (Pane, amore e fantasia)


L’imagination la folle du logis, celle par qui l’échappée belle donne du sel à la vie. Je m’ennuie d’elle. Elle me manque. J’ai de nouveau envie de lui faire la cour, de lui laisser libre cours, de lui faire l’amour.


Pour ce faire je vais vous être infidèle, lui donner la plus large part de mon temps, lever le pied sur mon espace de liberté sans pour autant vous abandonner.


Le temps, mon temps, n’est pas extensible, je me dois de faire le choix de pratiquer une écriture moins intensive. Tout passe, tout lasse, mettre de l’espace, de la distance, est vital pour moi. Je n’ai pas envie de radoter. Pour autant, comme je l’ai écris, je ne vais pas vous abandonner, transformer mon espace de liberté en jachère.


J’y passerai, peut-être au début tous les jours, on ne se défait pas facilement d’un ouvrage qui a fait partie de son quotidien. Ce sera à la couleur de mon esprit, en fonction de mon envie, rien de brutal, simplement, aucune rupture.


Sans vous faire un quelconque reproche, le taux de lectorat est au zénith, vous m’avez facilité la tâche en ne participant plus guère au forum des commentaires. Pas le temps me direz-vous… Je n’en suis pas si sûr et, si tel était le cas, vous comprendrez plus aisément que moi aussi ce temps qui vous est si précieux je le consacre à une autre forme d’écriture.


Écrire !


Quelle prétention !


Oui !


L’écriture a toujours été ma seule maîtresse. En ce début d’année j’ai fait le choix de l’épouser pour le meilleur et pour le pire. « Que sera, que sera… » peut-être en aura-t-elle vite marre de moi ou moi devrais-je me rendre à l’évidence que je ne suis pas fait pour elle.


Peu importe, c’est mon choix. J’ai toujours fait comme ça. Je laisse mûrir puis je me décide à emprunter une autre route.


Ça ne va pas être facile pour moi je le sais. Me retrouver chaque matin face à ma page blanche va, sans aucun doute, me faire douter. Mais c’est ainsi.


Ni blues, ni fatigue, ni coaltar, rien qu’une page qui se tourne avec précaution, une décélération, en fait un simple retour à mes amours. Nul abandon de ma part, aucun reniement, je vais continuer de cultiver mon petit espace de liberté avec soin mais en laissant la main au monde du vin qui, je l’espère, est assez grand pour assumer son destin.


Allez, chers lecteurs, à demain sur mes lignes et portez-vous bien dans le grand silence de la toile.  

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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 00:09

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La non-possession d’une étrange lucarne, un téléviseur, chez beaucoup de soixante-huitard non révisés et autres archéos, constituait un acte fort de résistance à l’abêtissement des masses, une  affirmation claire de leur non beaufitude et bien sûr la marque indélébile de leur supériorité intellectuelle.


Ce refus, cette exclusion, m’a toujours paru étrange car c’est faire porter une responsabilité à un objet. Bien évidemment je ne conteste en rien le fait de ne pas vouloir posséder un téléviseur mais je m’étonne de la stigmatisation dont un objet inanimé ferait l’objet. La bouteille ne fait pas l’ivrogne et un récepteur télé, tout comme la radio ne porte aucune responsabilité dans une quelconque addiction à des émissions à la con.


On est libre Max !


L’irruption du Net dans le paysage a, dans un premier temps, provoqué à la fois une défiance de la part des gens de ma génération « c’est de l’informatique, donc je ne sais pas m’en servir… » et une forme de condescendance car nos enfants, eux, s’en étaient emparé et s’y mouvaient comme des poissons dans l’eau « la toile c’était pour les jeunes, leurs téléchargements, leurs jeux…etc.


Mais le sommet de l’incompréhension fut atteint de la part de mes collègues et de mon environnement en général, lorsque j’ai ouvert mon blog en mai 2005. Qu’allais-je faire dans cette galère de pré-pubères ?


Ma réponse invariable : m’exprimer, dire ce que j’ai envie de dire, créer un espace de liberté se heurtait à une réponse invariable : mais qui va te lire ? Ta belle-mère 


Je n’ai jamais été et ne suis pas devenu un geek, le cambouis, ce qu’il y a derrière ne m’intéresse pas et, écrire une puis deux chroniques par jour ne relève d’aucune addiction particulière. C’est d’autant plus vrai que le vin n’occupe qu’une place relativement peu importante dans ma vie.


Le Net n’est qu’un outil, qu’une autoroute qui permet de toucher le monde entier même si la barrière de la langue limite la chalandise. Comme pour tous les outils le Net est neutre c’est ce que l’on en fait qui compte, seul l’usage est un marqueur. Qu’il y ait le pire comme le meilleur ou le vide de la pensée sur les blogs n’est pas à porter au débit du Net mais à celui de ceux qui écrivent et aussi à ceux qui les lisent.


Et puis sont venus les fameux réseaux sociaux : Face de Bouc puis Twitter, l’abomination de la désolation disent certains.


Là encore, se positionner sur FB ou s’abonner à Twitter ne créé aucune obligation de s’épancher, de raconter n’importe quoi, d’insulter, de raconter sa vie…


Pour ma part je me suis porté très vite sur FB car j’y ai vu un nouveau canal de diffusion pour mon blog. Bonne pioche, j’ai pu ainsi toucher un nouveau lectorat. Être sur FB ne créé aucune espèce d’obligation à participer à ces étranges échanges entre « amis » à propos de sujets qui font le buzz. Je laisse ça aux addict et je vire de ma liste d’amis tous ceux qui n’ont que le fiel à la plume. C’est simple. C’est clair.


Pour Twitter j’ai eu beaucoup moins d’appétence car y règne plus encore que sur Face de Bouc le bal des egos et surtout parce que c’est aussi un attrape gogos. J’y suis allé sur le tard lorsque je me suis aperçu que c’était un fil d’informations mondiales simple, pratique et gratuit link et pour le chroniqueur que je suis c’est du pain béni.


Mon père m’a légué le virus de l’information. À la maison, à l’heure des infos à la radio c’était grand silence et la lecture du journal, pas les chiens écrasés et les décès, relevait de l’acte premier de la citoyenneté.


J’ai toujours aimé glaner l’info mais je ne m’étais jamais imaginé qu’elle serait pour moi un jour un matériau pour une modeste entreprise installée sur le Net. Je joins maintenant l'utile à l'agréable.


Enfin, dans toute ma vie professionnelle j’ai appliqué une règle simple : mieux vaut être dedans qu’au dehors, ça présente parfois le risque de se salir, de se compromettre dirons les bonnes âmes, mais ça permet aussi d’être en prise directe avec la vie que l’on vit. Les gens qui mettent trop de distance avec leur sujet en arrivent à n’être que des correspondants de guerre installés au bar du Hilton pour écrire leur papier.

 

Je me lève avec la matinale de France Inter.


Il m’arrive, de plus en plus rarement, de visionner à la volée les Infos sur I. Télé.


Je consulte Face de Bouc lorsque des lecteurs like ou commentent la chronique du jour.


Du côté de Twitter je suis le fil de mes informateurs.


C’est peu chronophage ça me laisse le temps de lire la presse, des livres, des magazines, des publications diverses… d’écrire mes petites chroniques et bien sûr de jeter un œil sur le lait et de vivre ma vie de retraité.

 

La suite de cette chronique demain, elle vous surprendra !

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 00:09

Les débuts d’année sont propices aux bonnes résolutions que l’on s’empresse de ne jamais mettre à exécution. Et pourtant en 2014 le taulier va être m’exception qui confirmera la règle.


Là je sens chez vous poindre une forme étrange s’apparentant à l’attrition, à la chute de toutes vos valeurs : comment un chantre de l’extension du domaine du vin pourrait-il en finir avec la bouteille ?


Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse ?


Alors me direz-vous vais-je opter pour le vieux cubitainer ou me reconvertir vers le moderne bag-in-box ?


Que nenni les amis !


Alors le demi-muid ?


Non mais pour ne rien vous cacher je n’ai jamais eu un goût très prononcé pour la bouteille de 75 cl.


Même que j’ai prononcé un ardent plaidoyer pour la réhabilitation du litron link 


C’était comme-ci j’avais pissé dans un violon


J’eus pu être dépité et bouder mais ce n’est pas le genre du Taulier d’où ma nouvelle résolution en ce début d’année : finie la bouteille je ne carbure plus qu’au magnum.


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Pour ne rien vous cacher je n’apprécie qu’à moitié l’appellation de ce flacon pour son côté arme de poing. J’eusse préféré : la mignonette, la fillette, même la chopine mais ce sont des petits modules et surtout tu ne trouves pas ça à Carrefour (je rigole).


Marie-Jeanne m’aurait bien plu mais 2 litres 25 c’est un truc pour famille prix Cognacq-Jay.


Comme j’écris ce billet le jour de la fête des rois : Melchior et Balthazar eussent été bien adaptés. Mais comme il en manquait un : Gaspard je me suis consolé en rêvant qu’avec un Melchisédech, et ses 30 bons litres, je pourrais flanquer en ce début d’année des cauchemars à tous les ramenards qui passent leur temps à nous terroriser.


Fort bien, mais qu’est-ce je lui trouve au magnum ?


Tout !


Il est grand, beau, riche, costaud et il sent bon le sable chaud...


En fonction de quoi vous comprendrez que je l’ai rebaptisé : le Taulier.

 

2014 sera donc l’année du Taulier


Bonne année et très large soif…


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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 00:09

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La bonne vieille RVF, présidée par le beau Lubot, qui adore courir après l’audimat n’y va pas avec le dos de la cuillère : Olivier Cousin héraut d’Anjou, entretien de Sylvie Augereau avec maître Olivier Cousin à paraître dans la RVF de mars, à quand le pèlerinage en Anjou avec distribution de liquide consacré.


Toujours en retard d’une guerre la mémère : « Vins de Paysans éclairés : tiens v'là Olivier Cousin ! » link 


L’avenir des AOC serait-il entre les mains du « bienheureux* » Olivier Cousin ?

 

* au sens du film Alexandre le bienheureux


Certains dans notre vieux pays qui n’aime rien tant que les hommes providentiels le pensent.


Moi pas, et je ne suis pas le seul un vigneron bourguignon m’a appelé pour me demander « qu’est-ce qu’on fait maintenant ? »


Franchement je ne sais pas mais en attendant je republie ce que j’avais écrit en 2008.


Je le fais avec un grand plaisir car je vous l’ai proposé il y a quelques jours sous un titre qui ne vous a pas semblé alléchant.  Comme quoi s’il n’y a pas un zeste de provocation dans l’accroche vous n’allez pas plus loin.


Mes excuses anticipées pour ceux qui ont déjà lu ce texte.

 

Le collectif a mauvaise presse. L’action collective est moquée. Le chacun pour sa peau prévaut. Et pourtant, depuis ses origines notre système d’appellation d’origine est une forme d’organisation collective, un bien commun géré en commun. Certains vont me trouver fort paradoxal puisque très souvent je mets en avant des vignerons qui s’écartent du sentier commun. J’en conviens. Aujourd’hui, ayant suffisamment donné pour le collectif, c’est à certains d’entre eux que je m’adresse.

 

L’original, certes, est souvent solitaire mais, hormis le besoin que certains éprouvent de se retrouver à quelques-uns, très vite l’action collective se résume à un esprit de tribu. La tribu a ses codes. La tribu est assez fermée ou du moins pas très ouverte. La tribu se positionne souvent en opposition à d’autres tribus jugées soit trop molles, soit pas assez fermes sur les principes, ce qui vous me direz revient au même mais qui dans ces mouvances peut avoir force d’excommunication. Je force volontairement le trait bien sûr mais lorsqu’on souhaite faire progresser ses idées j’ai la faiblesse de croire qu’il faut savoir s’entendre sur l’essentiel pour tenter de convaincre le plus grand nombre. Se draper dans sa vérité est bien plus commode, plus confortable que de se colleter à l’action collective. C’est aussi plus payant, à titre individuel, dans nos sociétés où la communication prime : les médias adorent les postures individuelles.

 

Le collectif c’est ringard, sauf quand ça fait pleurer les foules ou quand ça permet aux individus de se dédouaner par le don à une œuvre caritative qui s’occupe de tout.  Lisez-moi bien, ce n’est de ma part que le constat d’un simple observateur. Ni producteur, ni vendeur, je ne suis qu’un consommateur de vin parmi d’autres dans la grande ville. Je ne jette donc d’anathème sur qui que ce soit. Toute cette diversité, cette inventivité, ce retour aux sources me plaît mais force est de constater que tant d’énergie, d’intelligence sont gaspillées sur les autels de petites chapelles qui font le miel de l’élite, où de la prétendue telle, mais laisse la base dans sa mouise. Ce chacun pour sa peau, cet entre-soi douillet, m’attriste seulement, ça me navre et je l’écris.

 

Que voulez-vous je suis de ceux qui préfèrent le contrat négocié à la loi imposée. La règle générale lorsqu’elle se pique de s’intéresser au détail est carcan alors que le contrat met en forme les avancées des parties, qui bien sûr ne sont jamais en stricte position d’égalité, ajoute ou retranche une pierre à l’édifice commun, tâtonne, s’adapte, c’est la méthode que souhaitait René Renou avec la réécriture des décrets. Certains m’objecteront que c’est se soumettre au diktat d’une majorité pas toujours éclairée.

 

La réponse est souvent oui si la minorité, dite agissante, se situe au-dehors ou si elle refuse toute forme de compromis. Le vilain mot est lâché compromis traduit en langage tribal par compromission.

 

J’adore !

 

Comme si la vie que l’on vit n’était pas une longue suite de compromis. L’intransigeance c’est la guerre, froide ou ouverte. Le divorce érigé en mode de résolution des conflits. Le mieux est souvent l’ennemi du bien. Alors tout en restant ferme sur ses principes, ceux qu’on s’applique librement à soi-même, je ne vois pas pourquoi il serait « inadmissible » d’admettre que la règle commune soit fondée sur un compromis entre les parties en présence. Dans la sphère publique, tant décriée, ça s’appelle se mettre en position de pouvoir gouverner la collectivité et, comme le disait mon maître, lui aussi vilipendé par les purs et durs, Pierre Mendès-France : gouverner c’est choisir.

 

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 00:09

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En préparant mon plat de macaroni (sans S pour le sieur Feuilly qui me lit la nuit) hier à midi mon esprit d’escalier a sévi. En effet, de ma cuisine je contemple 2 cours de récréation : la plus proche est celle d’une école maternelle et les bambins sont rentrés ; la plus éloignée est celle de prisonniers de la prison de la Santé qui eux ne sont pas sortis.


Cour de récréation,  prisonnier, ballon prisonnier, jeu du drapeau… le souvenir d’une chronique de décembre 2008 remontait dans ma mémoire et elle collait pile poils à celle que je venais de mettre en ligne : « Patrick Baudouin monte au créneau de l’INAO pour défendre Olivier Cousin et surtout l’esprit de l’AOC »


Je vous la livre, sans  aucune modification…


« Dans la cour de récréation de l’école Sainte-Marie à la Mothe-Achard, lorsque nous jouions au jeu du drapeau, les grands, certains jours, décrétaient le « chacun pour sa peau » ce qui signifiait que nul ne pourrait se planquer dans le cocon du collectif, c’était le un contre un ou pire le tous contre un lorsque soudain l’esprit de meute prévalait.


 

Les plus faibles, les moins astucieux, les j’en foutre, étaient éliminés les premiers. Ensuite venait un temps de flottement, d’observation, où ceux qui s’estimaient les plus aptes à gagner s’observaient, se jaugeaient, certains lançaient des fausses pistes, des contrats se passaient d’un simple regard : tu sacrifies ta peau en échange d’une poignée de marbres (billes d’argile vernissée), petit à petit la meute fondait comme neige au soleil. Lorsqu’elle atteignait le chiffre 5, en basket on dit un 3 contre 2, avec mon copain Dominique le fils du boulanger, qui jouait arrière au foot, un teigneux, lorsque nous avions décidé de les laisser se bouffer entre eux et que nous étions encore dans le lot, nous activions notre plan d’une grande simplicité.


 

Nous filions au petit trot chacun dans l’un des 2 coins. Les 3 restants hésitaient sur la conduite à tenir : le 1 contre 1 mais alors le troisième économisait ses forces ou le 2 contre 1 pour l’un et le 1 contre 1 pour l’autre. À tout coup ils choisissaient la seconde solution car comme c’était chacun pour sa peau à leurs yeux aucune coalition ne s’avérait possible. Je ne dis pas que Dominique et moi nous gagnions à tout coup, ce serait mentir, mais comme j’étais un assez bon basketteur, dans le dernier un contre un, alors que Dominique se sacrifiait, je mettais souvent, avec mon jeu de jambes, mon adversaire plus lourd et moins mobile dans le vent. Ce qui m’a toujours stupéfait c’est que, notre stratégie étant connue, jamais ces abrutis n’ont pensé à élaborer entre eux un pacte pour nous contrer. À deux unis on peut gagner contre trois qui pensent qu’ils vont gagner tout seul.


 

Le collectif a mauvaise presse. L’action collective est moquée. Le chacun pour sa peau prévaut. Et pourtant, depuis ses origines notre système d’appellation d’origine est une forme d’organisation collective, un bien commun géré en commun. Certains vont me trouver fort paradoxal puisque très souvent je mets en avant des vignerons qui s’écartent du sentier commun. J’en conviens. Aujourd’hui, ayant suffisamment donné pour le collectif, c’est à certains d’entre eux que je m’adresse.


 

L’original, certes, est souvent solitaire mais, hormis le besoin que certains éprouvent de se retrouver à quelques-uns, très vite l’action collective se résume à un esprit de tribu. La tribu a ses codes. La tribu est assez fermée ou du moins pas très ouverte. La tribu se positionne souvent en opposition à d’autres tribus jugées soit trop molles, soit pas assez fermes sur les principes, ce qui vous me direz revient au même mais qui dans ces mouvances peut avoir force d’excommunication. Je force volontairement le trait bien sûr mais lorsqu’on souhaite faire progresser ses idées j’ai la faiblesse de croire qu’il faut savoir s’entendre sur l’essentiel pour tenter de convaincre le plus grand nombre. Se draper dans sa vérité est bien plus commode, plus confortable que de se colleter à l’action collective. C’est aussi plus payant, à titre individuel, dans nos sociétés où la communication prime : les médias adorent les postures individuelles.


 

Le collectif c’est ringard, sauf quand ça fait pleurer les foules ou quand ça permet aux individus de se dédouaner par le don à une œuvre caritative qui s’occupe de tout.  Lisez-moi bien, ce n’est de ma part que le constat d’un simple observateur. Ni producteur, ni vendeur, je ne suis qu’un consommateur de vin parmi d’autres dans la grande ville. Je ne jette donc d’anathème sur qui que ce soit. Toute cette diversité, cette inventivité, ce retour aux sources me plaît mais force est de constater que tant d’énergie, d’intelligence sont gaspillées sur les autels de petites chapelles qui font le miel de l’élite, où de la prétendue telle, mais laisse la base dans sa mouise. Ce chacun pour sa peau, cet entre-soi douillet, m’attriste seulement, ça me navre et je l’écris.


 

Que voulez-vous je suis de ceux qui préfèrent le contrat négocié à la loi imposée. La règle générale lorsqu’elle se pique de s’intéresser au détail est carcan alors que le contrat met en forme les avancées des parties, qui bien sûr ne sont jamais en stricte position d’égalité, ajoute ou retranche une pierre à l’édifice commun, tâtonne, s’adapte, c’est la méthode que souhaitait René Renou avec la réécriture des décrets. Certains m’objecteront que c’est se soumettre au diktat d’une majorité pas toujours éclairée.


 

La réponse est souvent oui si la minorité, dite agissante, se situe au-dehors ou si elle refuse toute forme de compromis. Le vilain mot est lâché compromis traduit en langage tribal par compromission.


 

J’adore !


 

Comme si la vie que l’on vit n’était pas une longue suite de compromis. L’intransigeance c’est la guerre, froide ou ouverte. Le divorce érigé en mode de résolution des conflits. Le mieux est souvent l’ennemi du bien. Alors tout en restant ferme sur ses principes, ceux qu’on s’applique librement à soi-même, je ne vois pas pourquoi il serait « inadmissible » d’admettre que la règle commune soit fondée sur un compromis entre les parties en présence. Dans la sphère publique, tant décriée, ça s’appelle se mettre en position de pouvoir gouverner la collectivité et, comme le disait mon maître, lui aussi vilipendé par les purs et durs, Pierre Mendès-France : gouverner c’est choisir.


 

Allez les amis de mes amis, un petit effort pour faire entendre ensemble votre petite musique en dehors de cénacles choisis… »


 

* Au XVIIIe siècle, teinture de tournesol qu’on ajoutait aux vins peu colorés. Le goût de drapeau était fréquent dans les vins de cabaret.

 

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 00:09

En voilà t’y pas une belle enseigne.


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Ce matin, me levant du bon pied, je me suis dit Taulier tu vas plutôt faire de l’Audiard que du Godard avec un D pour causer du petit commerce de Fleur Godart avec un T.


Pour Noël 2012 j’avais déjà sorti mon Audiard « Heureux sont les fêlés car ils laisseront passer la lumière » link 

 

Comme je ne souhaitais pas récidiver j’ai sorti ça de mon panier de Taulier.


« Le détail qui tue ! L'œil de Léon, aussi acéré que celui de Christine Clerc – la reine du potin vachard sur le microcosme politique parisien – l'avait repéré dès l'entrée du plus jeune des longs qui, en dépit d'un costar correct, se payait des écrase-merdes plus André que chez André, bien plates, bien avachies, avec chaussettes négligées incorporées. Sans contestation, les pieds trahissent les poulets. Donc, l'ignorer ! Tout en repliant ses jambes pour reprendre une position plus conforme aux conventions en usage dans le monde, Léon, d'un geste ne souffrant pas la contestation, intimait à Carlotta de bouger ses sublimes fesses afin de porter à ces messieurs de quoi déposer leur postérieur. Elle s'exécutait avec grâce et suggestivité, le drapé, outre ses épaules dénudées, laissait voir sur le flanc gauche son compas immense jusqu'à l'attache de la cuisse. Du haut et du beau, un développé enchanteur, Bourdalou flirtait avec l'implosion, entre pivoine et incarnat, en état d'apnée il ruisselait. »


Comme vous vous en doutez ce n’est pas de l’Audiard mais une des nombreuses chroniques pochtronnes publiées par le Taulier. Mais que voulez-vous, je suis assez fier de ce « Sans contestation, les pieds trahissent les poulets »

 

Foin de digression revenons aux Godart :


-        Le père Étienne « Chez les Godart on est aviculteur, à la ferme des Grands Champs, en Dordogne, de père en fils depuis 1928. C'est sans doute pour cela que Fleur Godart, la fille d'Étienne, n'est pas avicultrice – je plaisante bien sûr – mais éleveuse de vins – je plaisante toujours car elle fait plutôt vendeuse-livreuse-diseuse de belles quilles sur son scooter parisien. Qui c'est cette Fleur ? Tout le monde connaît Fleur dans le Terroir Parisien. Elle n'oublie pas son papa en prospectant les bons bistros, pour parigots tête de veau, afin d'y placer les volailles de Qualité Fermière de la Ferme des Grands Champs. » link 


-        La fille Fleur a même eu, pendant un temps, un panier chez le Taulier link 


Tout ça pour vous dire que maintenant Fleur est installée à son compte : Vins & Chapons.


Du côté vins la Fleur est naturiste, alors tout naturellement elle vend des vins nature tels ceux du Chateau des Bachelards de Lilian et Sophie Bauchet.link 


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Si vous souhaitez vous approvisionner en solides et liquides du côté de chez Fleur Vins & Chapons, faites-moi signe je transmettrai, non pas vos commandes bien sûr, mais vos demandes à Fleur qui fait du scooter.


Sur Face de Bouc Fleur est ICI link

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 00:09

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Je dois à la vérité de vous avouer que je n’ai pas réveillonné. Dans mes jeunes années nous faisions la nouba pour fêter le gui l’an neuf mais depuis je n’ai jamais éprouvé le besoin de fêter une nouvelle année qui m’apporterait, du moins je l’espérais, un poids supplémentaire à mon âge.


Comme je l’ai écrit hier, le « système » m’a rayé du cadre actif au cours de la défunte année 2013, en juillet, le 12 très précisément, et depuis, comme  je suis en liberté, la fête est à l’ordre du jour de tous les jours.


Le problème de la nuit de la Saint-Sylvestre à Paris c’est que les restaus sympas sont fermés, les autres affichant des menus convenus à des prix chargés, et pire font comme-ci c’était la fête. Alors que faire ? Ne rien faire, aller se coucher pépère, bonnet de nuit et verveine, et se réveiller l’année prochaine.


Que nenni, je me suis dit mon garçon tu vas te taper un réveillon 100% bourguignon. En liquide, bien sûr, vu que du côté de la Grande Bourgogne, le solide c’est du lourd. Pas question de me charger l’estomac et de soumettre mon foie à une cure d’hépatoum.


Il pleuviotait sur Paris donc pas question d’enfourcher ma flèche d’argent pour ce réveillon 100% bourguignon. Les rues étaient si vides qu’on se serait dit à Trifouilli-les-bains-de-pieds un dimanche soir. J’y suis arrivé en une poignée de minutes. Atmosphère feutrée, haute sérénité comme le disait Francis Blanche à Pierre Dac dans leur célèbre sketch où ils étaient totalement bourrés. J’adore le lieu où je me sens comme chez moi en n’étant pas chez moi. Comme un parfum de film de Visconti. S’asseoir, être entouré sans être pris en charge par une escouade emmenée par un sommelier fagoté en croque-mort, se laisser aller à rêver.


Vous narrer le mangé ne présente aucun intérêt, je ne suis pas François Simon, mais je puis vous assurer que c’était fort bon. Confidence tout de même, le Mont d’Or avec un sirop de clémentine accompagné d’une mâche à l’huile de noisette était une pure merveille et le Morey Saint-Denis 1er Cru Clos Sorbé 2009 de David Duband se tenait fort bien à table.


Mais, comme ce soir, dit de réveillon, j’étais 100% vins bourguignons, je me devrais de jouer la partition grand amateur en vous livrant mes émotions gustatives. Me soumettre à cet exercice reviendrait à tronçonner en rondelles ce qui fut pour moi une brèche ouverte dans un temps qui me déplaît. Il m’exaspère aussi. Comme une forme d’impuissance face à la montée de la bêtise et d’une forme de barbarie. Dit comme je le dis ça peut vous paraître pompeux mais c’est ainsi que je le ressens.


On boit pour oublier dit-on. Simple parenthèse qui, sitôt refermée, vous refout le nez sur la réalité. Tel ne fut pas mon choix en ce dernier bout de 2013. D’ordinaire je me disais que passer le cap d’une année c’était moins dangereux que de tirer des bords au Cap Gris-Nez mais pour le saut de 2014 je ne suis plus de cet avis.


Ne me demandez pas pourquoi ce n’est que pure intuition.


Alors suis-je venu trouver la vérité au fond de mes verres de vins 100% bourguignons ?


La vérité, pas sûr, mais plutôt la sérénité avec la plénitude qui va avec. Se réconforter. Se glisser dans son petit jardin d’intérieur pour trouver la force de ne pas désespérer de l’humanité.


Voilà, je vous ai tout dit, ou presque, et il ne reste plus qu’à vous soumettre la liste des vins que j’ai bu. Vous allez me dire : tout ça ! Oui, mais le détail appartient à la sphère privée alors bonne journée à tous et, sans contestation, contre le bourdon y’a pas mieux qu’un réveillon 100% vins bourguignons.

 

Les 2 crémants étaient grands !


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PS. Pendant que j’écrivais cette chronique deux faits importants se sont déroulés :


1-    Serge le Lama a remonté les Champs-Elysées mais notre maire Bertrand Delanoë n’a pas souhaité se faire tirer le portrait avec lui link


2-  Notre Frédéric Lefèvre dit Zadig&Voltaire Twittait 

 

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 00:09

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Acheter son caviar chez son boucher peut apparaître aux permanentées de NAP* une incongruité.

 

* Neuilly-Auteuil-Passy

 

Oui mais mon boucher c’est Hugo Desnoyer !


Hugo c’est un gars qui ne transige pas sur la qualité alors que les chiens aboient moi je passe.


Oui, je sais y’a une appellation d’origine contrôlée « gauche caviar » qui plait beaucoup dans les salons de la Rive Gauche mais je me tamponne le coquillard vu que je ne suis pas un grand amateur de caviar.


Et pourtant, je viens d’acheter de mes deniers, au prix du caviar bien sûr, une p’tite boîte de 100g de « caviar fermier » chez Hugo Desnoyer.


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Alors, pourquoi se délester de son blé pour un produit qui n’est plus ce qu’il était, sauvage !


Depuis que les Rouges sont devenus Blancs, que Poutine est passé du KGB au Kremlin, tout fout le camp je vous dis. Du côté des capitalistes, pas mieux, puisque que j’ai appris que pour  le saumon c’était l’alerte rouge link


M’en fout aussi car je n’ai jamais aimé le saumon fumé au bois de hêtre, le bois ce n’est pas ma tasse de thé.


Premier élément de réponse la dénomination « caviar fermier ». Comme j’ai laissé mon cœur d’enfant à la ferme ça m’émeut.


Et pourtant, m’informant de la provenance de ce caviar, je suis un consommateur averti, j’apprenais avec horreur que les esturgeons avaient été élevé en Chine.


Je n’ai rien contre ce beau pays mais vu de loin, en dépit des câlins de Raffarin, la Chine ne m’apparaît guère respectueuse de son environnement.


Oui mais dans ma petite Ford intérieure une petite voix me disait mezzo voce « oui mais ce caviar a été sélectionné par Hugo Desnoyer… »


Je me voyais déjà mis au banc de la société par Alain Juppé et le redresseur national en marinière réunis dans le même courroux « Taulier tu devais acheter du caviar aquitain ! »


Certes, certes, messieurs les censeurs, mais je ne sais, ou que trop, ce qui me retient d’acheter du caviar aquitain…


Je vous prie de ne pas me prendre pour un grand nigaud j’avais avant cet acte antinational lu les 4 Vérités sur le Caviar de Jean-Claude Ribaut.


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1-      Le caviar est le résultat d’un sacrifice : celui de la femelle esturgeon qui donne  sa vie pour que l’on puisse extraire ses œufs : rogue.


2-      Sacrifice nécessaire pour protéger la qualité des précieux grains noirs car le poisson mort libère une substance chimique qui dégrade leur qualité.


3-      24 espèces différentes, la plus connue le béluga, le plus gros esturgeon, produisait jusqu’à 15 kg de caviar.


4-      « Après la disparition de l’URSS, le braconnage forcené et la pollution ont provoqué la raréfaction de cette espèce âgée de 250 millions d’années. La pêche est désormais interdite dans la mer Caspienne : le caviar sauvage n’est qu’un souvenir.


À ce stade de ma chronique vous allez savoir pourquoi je me suis décidé à acheter le « caviar fermier » d’Hugo Desnoyer.


La raison est un très vieux souvenir gustatif : c’était sous Giscard, en 1979 je crois, la première madame B travaillait à l’Institut Curie et l’un de ses collègues pratiquant la curiethérapie était membre du PCF de Jojo Marchais. Il allait en vacances au paradis des Soviets et cette année-là il rapporta une boîte de 500g de Beluga à madame B. Fort bien, sauf qu’à la maison je fus le seul à succomber, quoique modérément, aux charmes de ce caviar de la meilleure extraction.

Que faire ? Inviter des amis ? Madame s’y refusa pour des raisons sur lesquelles je n’ai pas à m’étendre. Le donner ? Mais, à qui, la boîte était entamée ? Le jeter : un crime ! Donc ne me restait plus qu’à me taper du caviar du petit déjeuner au souper, façon de parler. Toute proportion gardée ça me rappelait l’overdose qui me frappait au Bourg-Pailler avec les légumes de saison : les haricots verts plus particulièrement.


J’en vins à bout mais l’aura du caviar avait fortement baissé dans mon échelle de valeur. Je m’abstins donc d’en consommer ce qui était heureux pour mon porte-monnaie. Sauf qu’en 1981, invité par l’ambassadeur d’URSS en France à déjeuner avec mon Président à sa résidence de la rue de Grenelle je dus affronter à nouveau le caviar avec de la vodka frappée qui va avec. Je dois avouer que j’en garde un bon souvenir car les steaks qui nous furent ensuite servis n’avaient rien de tartares mais avaient la tendreté de leurs selles plein cuir Hermès. Les salons de l’ambassade venaient d’être rénovées à l’or fin : comme un sentiment de la chute de l’Empire Romain.


Ayant donc subi un régime intensif au caviar le plus prisé je me suis dit mon Taulier faut que t’essaie le fermier d’Hugo Desnoyer !


Comme dit le Ribaut « Vive le caviar d’élevage »


Fermes aquacoles donc, 70 sur le globe, « 22 en France,  deuxième producteur derrière l’Italie avec 19 tonnes de caviar en 2011. Dans le meilleur des cas, les poissons prospèrent dans des lacs non pollués (3 ou 4 en Chine), sinon dans des bacs de béton, à l’instar des autres espèces d’élevage, nourris avec des farines de poisson et des compléments alimentaires (algues, tourteaux de soja) »


Je m’arrête-là car le caviar fermier d’Hugo Desnoyer provient de chez Kaviari  www.kaviari.fr qui élève ses esturgeons sur le site d’élevage situé au lac de Qindaohu « lac  des milles îles » en Chine. J’ai lu ICI link tout ce qu’il faut savoir sur le mode d’élevage.


Bref, Hugo + Ribaut ça va bien à Berthomeau. Vous pouvez lire les 4 Vérités de Ribaut dans le N° de Noël de Régal. Vous saurez tout.


Afin de plaire aux partisans du made in France qui vendent leurs vins en Chine, je signale que la maison  Kaviari vent aussi un « caviar fermier » Français ICI link


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Ne me reste plus qu’à programmer sur ma table ce « caviar fermier » d’Hugo Desnoyer que je ne consommerai pas à la louche vu le petit grammage. Je réfléchis à son usage et vous informerai lorsque je l’aurai ingurgité.


« Simone fait les valises nous rentrons à Paris… »

 

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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 00:09

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LeRouge&leBlanc à 30 ans et toutes ses dents. Pour fêter ça ils se sont égarés comme des parigots dans le fin fond de la Vendée profonde et crottée pour se faire une petite idée de ce que sont les vins de la jeune AOC Fiefs-Vendéens. François Morel et Fabrice Tessier auraient aimés avoir de bonnes surprises mais au final ils n’ont eu sur les 45 vignerons que des confirmations faciles à résumer : Thierry Michon et Jérémie Mourat.


Je ne les démentirai pas mais, au-delà de ce constat un peu tristounet, ce qui m’a vraiment intéressé c’est ce qu’ils écrivent sur les assemblages de cépages.


Comme vous le savez je n’ai pas un goût immodéré ni pour les pourcentages, ni pour les assemblages de cépages. Pour moi c’est de la technique et, en tant que simple consommateur, assembler du cabernet franc et cabernet sauvignon ce ne sont pas mes oignons.


Ma remarque peut paraître iconoclaste, les cépages sont parties intégrantes de la notion d’AOC. J’en conviens aisément pour les appellations anciennes mais pour les nouvelles, qui ont poussé, tels des petits rosés dans un pré, ces dernières années, je suis et je reste dubitatif.


La constitution de la liste des cépages fut dans ces nouveaux territoires l’œuvre de techniciens et la part de soi-disant modernisme y est très prégnante. Ne parlait-on pas dans le grand Sud de cépages améliorateurs. Bien des cépages forts anciens y laissèrent leur peau car ils avaient beaucoup péchés sous la main de la productivité.


En Vendée, l’antériorité est facile à cerner « en 1958, le département possédait en majorité un vignoble d’hybrides 13 738 ha et de cépages prohibés 2993 ha représentant 92,70% des superficies en vignes et seulement 1034 ha de cépages français. »


Alors, tout restait possible sauf que les artisans d’une forme de typicité, très en vogue du côté des commissions de l’INAO bénissant la naissance des nouvelles AOC a de nouveau frappé.


Le carcan.


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Résultat « Lors de nos séances de dégustations des rouges s’est ainsi vite imposée une réflexion quant à l’opportunité d’assembler de la négrette avec du pinot noir, du cabernet franc, du cabernet sauvignon, voire du gamay. Assemblage plutôt « contradictoire », comme le souligneront plusieurs dégustateurs, mais impératif pour être conforme aux critères de l’AOC, dont le « modèle », selon l’INAO, serait le Fiefs-Vendéens Mareuil Cuvée des Moulins Brûlés du vignoble Maquigneau-Brisson (40ù cabernet franc, 30 % gamay, 20% pinot noir, 10% négrette). L’objectif déclaré du syndicat serait à l’horizon 2021 un assemblage comportant 50 % de cabernet franc ( au moins 30% dès 2016) et au moins 30% de pinot noir. Loin donc des cuvées qui ont dominé qualitativement nos séries de dégustations. »


Moi je vois bien un certificat de conformité à l’uniformité. Le Vin de France a de beaux jours devant lui en Vendée. Quand on ne dispose pas de quartier de noblesse, et la Vendée connaît ce que fut la noblesse foncière, on peut toujours en acheter  mais ça se sait. Mauvaise pioche !


Même si je risque d’y laisser quelques plumes j’ose affirmer qu’une telle vision des choses est très caractéristique des tendances lourdes de l’agriculture vendéenne, productive mais si peu innovatrice. Que de fois l’ai-je dit à Luc Guyau lorsqu’il était le patron de la toute puissante FNSEA grand machine niveleuse et purement défensive.


 « Pour les blancs, si le chenin règne en maître, les dispositions légales imposent d’autres cépages en assemblage, comme le chardonnay, le grolleau ou le sauvignon. Mais nos visites dans le vignoble nous auront permis de constater que nombre de domaines, et quelles que soient leurs orientations, vinifient – sans le dire ouvertement… – en quasi monocépage. »


Grand  classique que cette pratique mais, que diable, quand est-ce que l’INAO lèvera le pied par rapport à une politique de gribouille illisible et incompréhensible ? Je ne sais, et on va me dire que ce ne sont pas mes oignons. Sauf que la notoriété d’une nouvelle AOC ne passe en rien par de tels chemins.


Tout ça c’est vraiment petit bras !


Mais le pompon en Vendée ce sont les rosés « à quelques exceptions près – dont le rosé Reflets de Thierry Michon –, le constat est amer dans une région où ils représentent pourtant plus de 43% de la production ; pas d’émotions, une majorité de vins à la maîtrise œnologique « parfaite » (levures exogènes et vinification en température basse, soufre), mais sans âme. Regrettable, car la région accueille chaque année 2,4 millions de visiteurs – la deuxième destination en France, soit dit en passant –, qui constituent le gras des consommateurs de ces boissons d’été et n’ont, pour l’essentiel, d’autre image des vins de Vendée que celle-ci »


Un petit bémol au juste courroux de nos 2 missionnaires, qui ont une vision d’esthètes parfois un chouïa élitiste, je ne suis pas sûr que le gros de la troupe des vacanciers, qui hante les plages vendéennes, ne s’estime pas satisfaite par la « qualité » de ce breuvage rosé, bien au contraire je crois.


Pour le vendéen expatrié que je suis le problème ne se situe pas à ce niveau mais dans le modèle adopté par cette micro-appellation qui se contente de singer les grosses cylindrées.


Jouer la diversité, l’identité et l’authenticité, la signature, comme le font Thierry Michon, Jérémie Mourat et Christian Chabirand, est la seule stratégie qui peut tirer les Fiefs Vendéens vers le haut, en faire un « chapelet » de domaines qui trouveront leur place sur un marché moins encombré que celui  des vins « œnologiques » où les grosses machines à vendre et marqueter savent inonder les rayons de la GD.


Pas sûr qu’après une telle antienne je ferais un tabac dans les travées vendéennes du prochain salon des Vins de Loire. La Vendée, la vraie, pas celle arasée par le remembrement, reste celle des chemins de traverses : les chemins creux pleins de mystère et de fraîcheur.


Dernière petite remarque je trouve que les dégustateurs de la maison LeRouge&leBlanc ont été d’une bien grande sévérité dans leurs notations. Trop de rigueur tend vers un rigorisme qui n’est guère encourageant pour ceux qui se battent pour porter haut le tout petit carré des vins de Vendée qui ont de la gueule, des tronches de vin, dans un environnement un peu rétrograde. Ça me rappelle par trop les soutanes des très chers frères du bienheureux Grignon de Montfort…

 

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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 09:37

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Une affaire agite ces jours-ci le marigot des stars du vin de Perpignan : le Dr Luc Charlier, dit Léon, accuse Michel Smith et Jacques Paloc d’être deux dangereux criminels. Je vous laisse le soin de lire son acte d’accusation ICI link

 

 

Je connais bien Jacques Paloc pour l’avoir côtoyé lors de ma mission de médiation sur le Rivesaltes, c’est un garçon courtois, très professionnel, qui connaît les VDN sur le bout des doigts, tout simplement le type d’agent que l’INAO des temps anciens savait générer.


 

Reste les deux autres protagonistes : l’autre accusé Michel Smith et le procureur Charlier qui, à leur corps défendant,  occupent une place de choix, surtout le dernier, dans l’actualité de cette fin d’année 2013.


 

Après les excès de bouche tout le monde s’appesanti, y va de son couplet sur la fameuse gueule de bois qu’il ne faut pas confondre avec la langue qui n’est pas du même bois.


 

Avoir de la commisération pour ceux qui, ayant abusé de liquides et de solides tout au long du réveillon, se retrouvent dotés de cette affection me semble bien hypocrite car, comme le diraient mes amis de l’ANPAA, ils sont punis par où ils ont péchés et ils n’ont qu’à s’adresser au Dr Charlier pour une ordonnance d'hépatoum. 


 

En revanche qui se soucie de la personne qui partage le lit de celui qui a sucé autre chose que de la glace ? Pas grand monde, alors que les ronflements du conjoint bien plein s’apparente au bruit du décollage d’un Rafale invendable de la maison Dassault.


 

Vous me direz le conjoint n’a qu’à faire faire chambre à part ? Pas toujours possible dans nos petits logements…


 

C‘est là que Michael Carter Smith a la solution pour vous : une bague anti-ronflement qui diminue les bruits incommodants.


 

Le principe est simple. La Good Night anti-snoring Ring est basée sur le principe de l’acupression, une variante de l’acupuncture. Issue de la médecine traditionnelle chinoise, cette pratique consiste à stimuler, par pression, des points stratégiques du corps humain reliés aux organes vitaux.

 

 

Cette bague anti-ronflement, munie de deux petites bosses très discrètes que l’on sent à peine, stimule deux de ces points, reliés au cœur et à l’intestin grêle, qui, stimulés empêcheraient de ronfler.


 

Tout ce qu’il vous suffit de faire, c’est de porter cette bague magique à l’auriculaire pendant que vous dormez.

 

Selon une étude du Daily Mail, la Good Night anti-snoring Ring aurait réduit les ronflements de 85 % des testeurs. Sur les 20 personnes testées, 17 ont donc trouvé l’expérience satisfaisante. Un échantillon encore très faible donc.

 

Attention par contre, si la bague, vendue pour 40 euros sur leur site link Internet, soigne le ronflement classique, elle ne peut rien, par contre, contre l’apnée du sommeil, peut-on lire sur l’Huffington Post. link


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Voilà pour le sieur Smith, attaquons-nous maintenant à la vedette incontestée de cette fin d’année le Dr Charlier. En effet celui-ci a réussi, ce qui est aisé, à mettre en rogne le Mélanchon qui veut faire la Révolution en chaussons, en s’attaquant à la tronche de la vedette incontestée de la Révolution Française : Robespierre.


« Vieille ruse de l’iconographie, dont je fais les frais plus souvent qu’à mon tour : la laideur du visage est censée révéler la laideur de l’âme ! C’est le but que se proposait Madame Le Pen quand elle a dit de moi, de façon surprenante, que j’avais un “ physique repoussant » link

 

 

Guillotiné à l'âge de 36 ans, Robespierre souffrait de multiples pathologies. Le légiste Charlier a pu reconstituer le carnet de santé du célèbre révolutionnaire.


 

« La cause de la mort de Robespierre ne fait évidemment aucun doute : le célèbre révolutionnaire a été guillotiné le 28 juillet 1794. Mais, s’il n’avait pas été envoyé à l’échafaud à l’âge de 36 ans, Robespierre n’aurait peut-être pas vécu très longtemps. Le légiste Philippe Charlier, du laboratoire d’anthropologie médicale et médico-légale de l’Université Versailles-Saint-Quentin, vient en effet de révéler qu’après avoir souffert de la variole, celui que l’on surnommait « l’incorruptible » était probablement atteint d’une sarcoïdose.

 

Un moule en plâtre de Madame Tussaud

 

Pour poser ce diagnostic 219 ans après la mort de Robespierre, le Dr Philippe Charlier – qui est à l’origine de la reconstitution faciale d’HenriIV - a consulté des témoignages de ses contemporains mais il a aussi examiné attentivement les deux masques mortuaires du révolutionnaire, et notamment celui moulé par la célèbre Madame Tussaud. C’est à partir de ces moules de plâtre que le légiste français a reconstitué le visage de Robespierre en 3D. Sa peau est marquée de nombreuses lésions, qui sont notamment des cicatrices de la variole. »


Lire la suite ICI link 

 

Je signale à mes chers lecteurs que toute cette histoire devrait se terminer autour d’une bouteille de Maury  de la Coume Majou. Bon comme je suis gentil je ne vous parlerai pas de Bernard Rouby sinon je risquerais de fâcher le Front de Gauche...


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