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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 00:09

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En voilà un beau proverbe détourné que j’ai découvert tracé au blanc d’Espagne sur le miroir d’un bistro de Perpignan en arrière-plan de deux baroudeurs Jean L’Héritier et Marc Parcé, chevilles ouvrières du Rancio sec auprès de Slow Food. La photo est signée Michel Smith©


Pour ne rien vous cacher j’aurais bien aimé en être l’auteur mais loin de moi l’idée de descendre dans la mêlée des naturistes, versus cheveux sales ou bobos propres sur eux. Comme le dit très bien le sieur Denis Boireau : laissez-les vivre, chacun produit ou boit ce qu’il veut, l’important c’est que chacun y retrouve son compte.


Même si les Français adorent ça, il ne s’agit en rien de la énième bataille entre les Anciens et les Modernes n’en déplaise au sémillant Antoine Gerbelle dans l’un de ses nombreux tweets culturo-vineux raille les naturistes « Une fois goûté le vin naturel point de retour possible » Ah? Aimer Godard c'est ne plus regarder Renoir? @lesinrocks.


C’est une rupture culturelle !


Le naturel s’oppose ici à l’artificiel, le recours à la chimie, à la pharmacie, à l’industrie dans les vignes et dans les chais. C’est le progrès me rétorquera-t-on ? Pourquoi pas, je ne suis pas de ceux qui le combatte systématiquement, bien au contraire. Cependant, comment ne pas s’étonner que pour un produit dit de culture, arrimé à son histoire, ses traditions, son terroir dit-on, s’ingénie-t-on à gommer le lien au sol, à le tirer vers la banalité d’une qualité artificialisée ?


Pour des raisons économiques tout bêtement, et ce n’est pas sous ma plume l’amorce d’un procès en excommunion. Les comptes d’exploitation ne peuvent supporter les sautes d’humeur de dame nature. Les cultures pérennes, accrochées au sol pour un temps long, ne peuvent aller jusqu’à la totale artificialisation du hors-sol, alors on les place sous les rets d’une alimentation industrielle, d’une prévention et de traitements issus de la pharmacopée.


Là encore, loin de moi l’idée que tout est bon à jeter, mais permettez-moi de demander à certains qu’ils veuillent bien admettre que s’intéresser aux excès, aux dérives, qui mettent en cause le caractère durable d’une économie n’est pas qu’une lubie d’urbain douillettement assis dans son fauteuil. Bien au contraire, pour un produit comme le vin, qui n’est pas un produit alimentaire au sens nutritionnel mais un plus de convivialité, de sociabilité et bien sûr de plaisir gustatif, il me semble capital de sortir de la spirale de l’artifice.


L’impact sur l’environnement de la culture de la vigne, au sens le plus large, humain compris bien sûr, doit s’inscrire comme une ardente obligation de l’ensemble de ceux qui la cultivent. Qu’on ne vienne pas me dire que les GCC de Bordeaux, les grands vins, ne peuvent pas s’engager résolument dans cette voie. De bien plus modestes qu’eux l’ont fait sans pour autant verser dans une économie de subsistance. Tout comme d’ailleurs certains de leurs pairs qui eux-aussi  ne sont pas assimilable à la tribu des cheveux sales.


Reste, une fois le raisin mûri et cueilli, pressuré, la grande boîte noire des chais.

 

Qu’y fait-on ?

 

C’est un peu l’omerta.

 

Bien sûr, dans les châteaux, les propriétés des zinzins financiers, la mode est aux consultants, type Hubert Déboire, qui délivrent leurs ordonnances. Partout dans les chais les marchands de ceci ou de cela sont à l’œuvre, on ajoute, du sucre parfois, on corrige, on extrait, on soutire de l’eau, on protège, on maquille aussi. Au bout du bout, en terre de GCC, on concocte des petites cuvées bien habillées à faire déguster au cours du raout des primeurs à la cohorte des acheteurs.


Les affaires sont les affaires comme sur les podiums de  mode où les filles pubères, maquillées, fardées, artificialisées s’exposent hors toute réalité.  Ça fait rêver et acheter tout le petit ou le grand monde du paraître mais est-ce cela la vraie beauté ?


J’avoue aimer les femmes nature.


Du côté des vins nature mon amour est plus sélectif.


Ne parlons pas d’authenticité car c’est un gros mot, pire encore de naturalité au sens propre du terme. Pour le vin le débat sur la naturalité tire son origine, sa source de cette artificialisation de l’élaboration du vin soigneusement camouflée sous un discours bourré de références au terroir, de sélection parcellaire, de tris en gants blanc, de soins de Diafoirus, de cuves post-modernes, de chais pharaoniques, de tout un cérémonial de pure séduction. Je fais ici référence aux réceptions de plus en plus ostentatoires.


Lisez-moi bien, je ne suis pas en train de faire l’apologie d’une viticulture originelle fantasmée, d’un mode de faire le vin pur, ni de porter un jugement sur la meilleure façon de vendre du vin mais de souligner le gap qui est en train de se creuser entre une classe bien en place avec ses supplétifs, souvent affligeant de servilité, qui se regarde le nombril, se congratule, vit entre soi avec juste ce qu’il faut de mépris pour ceux qui n’en sont pas, et une autre, plus turbulente, parfois sectaire, mal éduquée, mais elle aussi passionnée.


Si les gens du vin de notre vieux pays souhaitent vraiment que le vin, sa culture, sa place à table et dans les lieux de convivialité, gardent leur singularité dans les nouveaux modes de vie sociétaux, il leur faudra prendre garde à ne pas le normaliser aussi bien dans un luxe où le prix ou la valeur de placement priment, que dans le gros ventre mou de la consommation de masse où règnent en maître les marques mondiales qui se contrefichent de l’origine ou de l’authenticité.


Nous en sommes restés malheureusement, pour une large part, à une vision de rétroviseur qu’a induit l’énorme appel d’air des marchés extérieurs pour nos vins d’AOC dans la seconde moitié du XXe. Ce fut, comme je l’ai écrit dans mon rapport, le résultat d’un simple effet de sable sec : nous n’avions guère de concurrents sur des marchés demandeurs de notre singularité. Les concurrents sont venus, ils sont là, les marchés se sont encore plus ouverts, mais nous n’avons pas su ni voulu tirer tout le parti de nos atouts de grand pays généraliste du vin.


Nous persistons dans une vision monolithique d’un modèle quasi-unique de l’origine qui se dilue, se dévalue, n’apporte que peu de valeur aux vignerons et aux entreprises du négoce. Les locomotives de l’export : cognac, champagne, et marques de châteaux se sont depuis fort longtemps émancipée de l’INAO en ne se battant que sur la défense de leur nom au plan international. Ils amusent la galerie laissant aux présidents des gros bataillons le soin de gérer l’existant et les privilèges.


Cette massification est à terme mortifère pour un modèle qui se dit défenseurs d’une viticulture à dimension humaine. Elle est très loin de de répondre aux nouvelles attentes sociétales qui ne sont des modes ou des lubies de soi-disant bobos mais des tendances lourdes. Il ne s’agit pas de vendre son âme aux tendances, si j’étais cynique je soulignerais que certains ne l’ont pas vendue mais donnée sans contrepartie, mais d’anticiper, de donner des signaux positifs en redonnant au vin son image forte de produit proche de la naturalité, autrefois les anciens disaient de vins non-trafiqués.


Au lieu de nous bourrer le mou avec des cahiers des charges faussement contraignants pour le plus grand bonheur des technostructures qui vivent sur la bête, revenons au principe simple, celui des AOC originelles,  du je dis ce je fais et je fais ce que je dis parce je veux vendre au mieux mon produit sans que d’autres usurpent mon originalité.


C’est simple, ça engage tout le monde, le vigneron, le propriétaire, le négociant, ce n’est pas de la com. vaseuse avec attachée de presse incorporée au communiqué du même nom mais une adéquation entre le produit d’un fruit pressé, fermenté, « élevé », embouteillé. Dans le jargon agro-alimentaire le raisin n’a subi qu’une seule transformation et c’est son atout majeur dans un monde où la chaîne des produits transformés est complexe, difficilement traçable.


Alors rien de plus simple que de revenir aux choses simples en répandant à tous les vents ce nouveau slogan : Chassez le vin naturel il revient au bistro !


Merci Michel link 

 

Pour casser le moral des amateurs du vin valeur de placement :

 

Le vin se « crashe » publié le 13 février 2014 par Philippe Steufken blog Le Soir Belgique link

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 00:09

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Il est des moments où, me semble-t-il, mieux vaudrait se taire que de parler pour ne rien dire ou pire pour embellir, enjoliver, envelopper la dure réalité qu’impose parfois la nature aux œuvres humaines. La vigne n’est pas encore, Dieu merci, une culture hors-sol, cultivée sous serre en hydroponie, elle est soumise aux aléas du climat.


Depuis que certains vins, les GCC de Bordeaux tout particulièrement, se sont retrouvés propulsés dans l’univers du luxe, ces fantaisies de dame nature bouleversent les plans savants des financiers. Les millésimes se suivent et ne se ressemblent pas ou pire n’accrochent pas tous des bordées de superlatifs. Les années du siècle s’accumulant telles des pépites le retour à l’ordinaire relève du triple salto arrière.


« En 2009 et 2010, on a eu deux millésimes de génie » et puis la nature est venue nous rappeler, depuis trois ans (2011, 2012 et 2013), qu'elle était forte : 1,60 m d'eau en cumulé sur 15 mois alors que normalement on a 800 mm »


2013  « Il n'est pas moins bien, ni mieux que 2011 et 2012. Tout le monde ne l'a pas réussi de la même façon. Dans un millésime comme 2013, il faut mettre beaucoup de moyens pour faire un grand vin… »


Olivier Bernard président de l'Union des Grands Crus de Bordeaux (UGCB).

 

Sa définition de ce millésime « inégal ».

 

Vous comprenez mieux maintenant l’impératif catégorique de mon titre…

 

Ce n’est en rien une provocation mais une invitation à la raison. Le vin n’est pas un sac Vuitton mais le jus fermenté d’un raisin qui vit sa vie au grand air. Même si dans les chais des GCC les grands moyens, dont parle le président Olivier Bernard, peuvent sauver la mise à plus d’un, il serait raisonnable d’intégrer la notion de mauvaise année, de ne pas farder la réalité avec des qualificatifs du style le millésime 2013 sera dans une lignée de vin à boire.


Après la notion déjà très surprenante dans le Bordeaux des GCC de millésime de vigneron voilà que l’on nous sert cette année l’étonnant millésime jaloux : inégalité, inégalité, sans doute faudrait-il un instant se souvenir en ces moments la fraternité celle qui lie une communauté de destin, ici celle du grand vignoble de Bordeaux dont une part importante a été ravagé par le grêle.


Pas de millésime 2013 pour Gombaude-Guillot, soyons lucide, le niveau espéré n'y est pas.Vivement 2014!  

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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 10:00

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Le bouche à oreille, le téléphone arabe du quartier m’a mis la puce à l’oreille, le Bruno Verjus proposait depuis le début de l’année  un menu déjeuner entrée-plat-dessert-café pour 29€.


Connaissant le goût prononcé de Bruno pour la mise en valeur de produits d’exception qu’il va dénicher au fin fond de notre terroir je me suis dit va-t-il maintenir la garde aussi haute pour sa nouvelle formule de midi ?


Jeudi de la semaine passée il tombait sur Paris une pluie glacée m’interdisant l’usage de ma flèche d’argent. J’ai donc pris ma petite auto pour passer à TABLE.


Je n’avais pas réservé et comme la crèmerie de Bruno était pleine j’ai donc cassé la graine sur le superbe zinc de Table ce qui, vous en conviendrez, est une originalité que de passer à TABLE au bar. Position stratégique pour mon œil de lynx de critique gastronomique d’un 3e type (en clair celui dont tout le monde se contrefout) et, grand bonheur, un voisin très civil et courtois.


Sous la protection de Ludovic, toujours aussi avenant et véloce, mon déjeuner fut mené avec célérité et précision. Bruno, quittait de temps à autre son piano pour nous parler avec passions de sa quête du bon.


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Velouté de topinambours au foie gras œuf mollet cendre de poireaux


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Queue de sole cornes de gatte écrasées agrumes


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Ananas rôti glace façon baba au rhum  sur crumble émietté

 

 

Ma réponse à la question que je m’étais posé avant de me mettre à TABLE est limpide : le contenu de l’assiette est toujours à la hauteur, la bonne.


Dans l’échelle des déjeuners parisiens celui de TABLE se situe dans ce que je la catégorie de ceux où l’on peut allier l’utile à l’agréable sans grever lourdement ses frais généraux et risquer de sombrer dans une sieste postprandiale obérant votre productivité de fin de journée.


Reste la question du vin qui n’est pas compris dans la formule. Je trouve que c’est la meilleure approche car elle laisse toute liberté aux clients :


-        Ne pas en boire du tout, ce qui n’est pas un péché mortel mais une pratique courante de beaucoup qui préfèrent se réserver pour la fin de journée ;


-        Commander une bouteille si le nombre de convives permet de lui faire un sort sans charger ni son alcoolémie ni son addition ;


-        Commander un verre, ce qui fut mon cas.


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Chardonnay Vin de France les Macrins François Rousset-Martin

 

Au total avec mon verre de Chardonnay du Jura j’ai réglé 37€ ce qui dans l’échelle des prix parisiens pour ce type de prestation situe TABLE dans un excellent rapport qualité/prix.

 

Pour terminer 2 suggestions à Bruno Verjus :


-        Pour sa formule déjeuner proposer 2 ou 3 vins du mois à prix doux.


-        Les chroniques des blogueurs valent bien celles des chroniqueurs patentés… de la presse papier.


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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 00:09

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Nos amis anglo-saxons se moquent volontiers de la complexité du système français des AOC, au nom du marketing de l’offre ils mettent en avant la simplicité des positionnements prix du type marchands de chaussures avec des 99 après la virgule. Le prototype de ce type de prêcheur étant Robert Joseph qui débite depuis des années la même vulgate où il est démontré à grands coups de PP que faire boire du marketing est hautement profitable pour les faiseurs de vin de marque.


Ce type d’approche relève de la pure confusion des genres et nous aurions torts de nous y laisser prendre.


Notre système des AOC n’est pas complexe, il est dilué.


En effet, en notre vieux pays de vin, les tenants du modèle AOC pour tous, cousins-germains IGP compris, nous bassinent avec un discours terroir incorporé qui s’applique à des jus qui n’ont d’AOC que la dénomination. C’est le grand fourre-tout du tous en Ligue 1 et une fois monté on ne redescend jamais.


Le modèle originel et original de l’AOC, basé sur la rareté, étant devenu le modèle standard, il s’est dilué, a perdu une grande part de sa lisibilité en devenant un ventre mou où se mêlent le meilleur et le très banal. Grâce à la technologie le niveau qualitatif au sens organoleptique a grandement progressé ce qui  permet de se gargariser avec le concept de la qualité : il n’y a plus de mauvais vins dit-on mais on omet d’ajouter que dans leur immense majorité ils n’ont guère de qualités. Les vins à deux balles produits sous un empilement de  règles  normalisatrices inappropriées (comme l’avouaient Bill Clinton et DSK) sont légion sur les murs à vin de la Grande Distribution.


Tout en haut de la pyramide de nos vins il y a fort longtemps que les GCC de Bordeaux et les icones des autres régions n’en ont plus rien à péter de notre système AOC. Ils vivent leur vie de marques, de châteaux, de domaines ou de signatures, sans se soucier de la piétaille d’au-dessous qui porte le même nom de famille mais qui n’est pas du même monde qu’eux. Le système qui se voulait à la fois démocratique et méritocratique est devenu un sommet de la médiocratie pour le plus garnd nombre. Quelques maîtres autoproclamés, tel l’omniprésent Hubert D de L, veillent sur le troupeau pour le plus grand bénéfice de leurs intérêts. Plus personne ne veut et ne prend le temps de réfléchir au devenir d’un système vidé de sa substance, chacun vaque à la bonne fin de ses affaires.


Cette absence de prise en compte d’un destin collectif rend le discours de l’importance du secteur vin dans la balance commerciale de la France quasiment inaudible pour le grand public car il ne passe pas au-delà de la barrière des gens du vin. Ceux-ci vivent entre eux, ne parlent qu’entre-eux, sans guère se préoccuper de la vision d’une opinion publique d’une grande versatilité et d’une grande infidélité. Le vin et les vignerons, même si une forte majorité des Français dit bien les aimer, n’occupent pas la place qu’ils méritent. La responsabilité en revient largement au monde du vin où les experts parlent aux experts, monde clos qui laisse 80% des consommateurs hors du champ de ses préconisations. La pauvreté des chiffres de vente de la presse du vin en est la plus belle illustration.


Notre leadership international, réel ou supposé, risque de pâtir de ce tropisme hexagonal entièrement focalisé sur le combat contre les méfaits,  certes réels, de la loi Evin. L’avenir du vin français se situe ailleurs, principalement hors de nos frontières et la modicité des prix pratiqués sur notre marché domestique devraient inciter l’ensemble des intervenants à se remettre en cause plutôt que de s’abriter derrière de biens mauvaises raisons.


La massification et l’indifférenciation d’une grande partie de notre offre plombent notre avenir. Notre inadaptation est patente. L’exemple de ce qui s’est passé, autour du Salon des Vins de Loire et de ses off, est caricatural. Deux mondes qui s’ignorent. D’un côté une viticulture conventionnelle avec son pendant de négoce (Castel et Grand Chais), par ailleurs largement absent du salon, en bute à la GD française, et de l’autre des vins d’auteurs ne s’adressant qu’à une poignée de convaincus, cavistes, restaurateurs et amateurs.


Face à l’ennemi prohibitionniste, qui va dans les semaines à venir pointer à nouveau le bout de son nez pour tenter de passer en force sur la base des études qui pleuvent de toute part, un front en défense certes se reforme en une unanimité outrée de façade. Cependant il est assez comique, façon de parler, de voir des adeptes du naturisme mettre en avant, en équivalant-rafales, des vins qu’ils assassinent dans leur prose ordinaire en les qualifiant de vins chimiques,  de vins industriels ou à fuir absolument. La grosse machine majoritaire des grands chefs de la viticulture et du négoce siégeant à l’INAO et à FranceAgrimer se repaît avec délectation de l’agitation de cette piétaille, qu’elle qualifie de bobos ou d’autres noms d’oiseaux, ce qui lui permet de conforter son conservatisme et son immobilisme.


Le déni de réalité est, et reste, la marque de ces 10 dernières années dans le monde du vin. Nous nous cachons derrière les bons chiffres du commerce extérieur pour nier que nous valorisons très mal la grande majorité de nos vins dit d’AOC et leurs cousins-germains IGP. Le secteur, hors les grosses locomotives, cognac, champagne, crus, est majoritairement un secteur pauvre qui dégage peu de valeur. L’aspiration des marchés émergeants a masqué très largement nos faiblesses et le premier accident conjoncturel, ou pire les effets d’une crise des pays porteurs, provoquera des dégâts profonds dans un modèle qui se dit artisanal mais qui n’en applique pas vraiment les règles.


Et les réformateurs dans tout ça ?


Celles et ceux qui, depuis des années, militent pour extirper certains vins d’AOC du grand lac dans lequel ils se retrouvent par le poids de l’Histoire.


Jusqu’à présent je pensais qu’avec la dernière réforme dévoyée ils n’avaient perdu qu’une bataille. Aujourd’hui, sans détour, je suis persuadé qu’ils ont perdu la guerre.


Pourquoi ?


Parce qu’ils avaient raison à la fois contre les tenants de l’immobilisme mais aussi contre ceux qui auraient dû être leurs alliés mais qui se sont retranchés dans des forteresses d’intransigeance et qui ont plus cultivé leur notoriété que les intérêts  d’une juste cause.


Parce que le pouvoir politique, quel qu’il soit, n’a jamais eu, et je pense n’aura jamais le courage d’affronter une large majorité qui s’accroche à ses droits acquis.


Parce que l’INAO n’est plus qu’un outil administratif sans capacité à produire et impulser une quelconque réflexion. Courage gérons !


Parce que le temps n’est plus aux grandes réformes impulsées par le haut, le champ est maintenant ouvert à l’opportunisme. « Que le meilleur gagne ! » dit-on, comme un petit parfum de chacun pour soi, de concurrence qui en laissera plus d’un sur le bord du chemin.


Voilà  c’est dit.


C’est la vie que l’on vit, je ne vois pas au nom de quoi je m’érigerais en vigie d’un lourd navire qui suit son paisible cours à la satisfaction quasi-générale.


 

« Tout va très bien madame la marquise, tout va très bien… » 

 

La dilution c’est quoi ?

 

L’exemple des parfums.

 

Un parfum est constitué d'une partie odorante (mélange d'huiles essentielles, absolues, concrètes...) souvent appelé « concentré », d'un support (alcool, huile, baume) et éventuellement d'un fixateur (comme la poudre d'Iris).


Il existe plusieurs types de « parfums » : Eau de Cologne, Eau de Toilette, Eau de parfum et Parfum constitués d'une grande partie d'alcool.


Ma question est simple : qui d’entre vous est en capacité de dire quel est le % de concentré dans ces différents parfums ?


Selon la quantité de concentré présente, la diffusion sera plus ou moins longue.


Comparaison n’est pas raison mais pour nos AOC et leurs cousins-germains IGP c’est le même phénomène qui les guette pas grand monde est en capacité face à une bouteille d’en évaluer le fameux rapport qualité/prix. 

 

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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 10:00

Microcosme, le gros mot est lâché !


C’est Raymond Barre, dont le gros manuel d’économie fut un must chez les étudiants de Sciences-Po de la rue des Saints Pères, qui l’a popularisé pour railler le côté nombriliste du marigot politique parisien.


Ici c’est celui du vin dont il s’agit, parisien bien sûr…


Comme le dit finement le sieur Maclart, bourguignon de son état « Pensée du moment : les dégustateurs, c'est comme les chiens, y'a ceux de chasse et ceux de salon »


En clair, suivez son regard, pour lui il y a les vrais, les bons, les authentiques dégustateurs au plus près du terroir et ceux qui font salon… à Paris, bien sûr…


Mon pépé Louis portait des sabots avec de la paille dedans et j’ai rarement vu un homme aussi élégant.


En revanche je croise, heureusement de moins en moins, un gandin en Richelieu bien cirées, normal c’est un cireur de pompes, qui n’a aucune allure.


Tout ça pour vous dire que l’art de la dégustation n’a rien à voir avec le chaussé même si certaines mauvaises langues affirment que certains écrivent avec leurs pieds.


Je ne vais pas vous refaire mon petit couplet sur l’allure des hommes et sur la vraie élégance mais simplement souligner qu’un garçon dans le microcosme parisien du vin, pourtant bordelais de naissance, nul n’est parfait, allie élégance, compétence et un franc-parler qui me plaît.


Roland Jaccard note que « L’homme élégant ne se veut ni de droite, ni de gauche, mais au-dessus de cette distinction et, si possible, à gauche d’elle. »


Edouard de Luze donc, puisqu’il s’agit de lui, trace sa route sans se la jouer ni nous prendre le chou, il est un excellent ambassadeur de l’extension du domaine du vin avec son POURBOIRE. link 


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Je ne lui passe pas les plats mais j’aime bien, et son slogan, et son concept, et les vins choisis que j’ai goûté avec la très experte Gabrielle.


Un pour tous, tous Pourboire !


« Vous êtes du genre à arroser vos gueuletons, et c’est bien légitime. Bon vivant un jour, bon vivant toujours, clic-clac, merci Kodak ! Et si vous n’avez pas l’âme d’un comptable proche de ses sous, vous avez tout de même remarqué que si le choix des sélections de vins restait maigre, l’addition quant à elle n’a cessé d’augmenter.


Amateur éclairé, champion du ballon rouge et du lever le coude, vous n’avez trop souvent le choix qu’entre un flacon inabordable ou une cuvée générique qui colle aux amygdales.


Bien boire ou bien manger, plus besoin de choisir.


Le Pourboire a décidé qu’il était temps de se faire plaisir sans se ruiner et de remettre de belles bouteilles à des prix attractifs sur les tables des bistrots. »


Mais Edouard et Jean-Charles Chapuzet, l’homme qui sélectionne les vins, vont plus loin. En effet, à partir de fin janvier, chaque mois, en partenariat avec l’un de leurs tauliers préférés, la sélection du Pourboire sera à la carte d’un restaurant parisien.


Toujours dans le même esprit « proposer sa sélection au meilleur tarif, tout en respectant le travail de chacun. Car au-delà du simple prix, c’est surtout l’occasion, en privilégiant nos découvertes, de favoriser le travail formidable de ces vignerons souvent trop peu connus. »


Le coup d’envoi a été donné à la fin du mois de Janvier à Paris près de Saint-Paul, au Pamela Popo 15 rue François Miron créé par deux Bordelais (nous les tolérons) d’origine, fans de l’homme à la tête de chou…


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Je connais dans une boite de Soho, / Une nommée Pamela Popo/Une de ces petites nanas dont la peau, /Est plus noire qu'un conte d'Edgar Allan Poe, /Pamela Popo.

Sur une musique de rococo, /Cette petite Pamela Popo/A mis au point un de ses numéros, /De striptease a vous faire froid dans le dos, /Pamela Popo.

Elle retire d'abord un maillot de corps, /Sur lequel est marqué Pamela Popo en lettre d'or, /Sans un mot, elle esquisse le slow, /Pamela Popo.

Après quoi les lolos à l'air, / Pamela Popo se met à soupirer, oh, oh, oh… / Pamela Popo.

Enfin on tamise les projos sur Pamela Popo, /Qui de dos baisse sa culotte, /Petite negro.


Serge  Gainsbourg 1973, Album « Vu de l'extérieur », Philips

 

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 00:09

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Vendredi en fin de journée le Taulier s’offrait une tournée des grands ducs. Enfourchant sa flèche d’argent à la nuit tombée il filait vers la rue de Prague qui n’a certes jamais connue le bruit sourd des chenilles des chars des pays frères – les potes de Jojo Marchais – mais dont le nom m’évoque à jamais un printemps de 68 assassiné.


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Mes amis Nathalie et Olivier d’Agrology m’avaient invité à découvrir les « vins de sable » du domaine 6 MURA  à l’extrême sud de la Sardaigne qui, pour les petites louves et les petits loups qui n’ont pas fait géo se situe au sud de la Corse.


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Le sable, le soleil et la mer… la Sardaigne c’est pour moi, Milena Agus, que j'ai découvert grâce aux conseils de mon libraire d'Ajaccio. Totalement inconnue à la sortie de son premier livre en 2007 : Mal de pierres, grâce aux libraires et au public français elle va connaître un succès foudroyant qui va se propager en Italie.


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Elle est aujourd'hui traduite dans treize pays, j’ai tout lu d’elle : son second roman Battements d'ailes, puis Quand le requin dort en 2010 et La Comtesse de Ricotta en 2012. Succès mérité, ses romans sont de petits bijoux. L'écriture est sans affèterie, concise, ciselée, intense, je me suis toujours régalé. Romans étranges, envoutants, pleins de senteurs et de saveurs, de sentiments vrais, que l'on dévore d'une seule traite et qui vous font du bien à l'âme. C'est publié aux éditions LIANA LEVI.link


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Être commerçant dans ma vieille Vendée paysanne avait une connotation péjorative et les BOF parisiens n’ont guère enjolivé l’image. Nathalie et Olivier cassent le stéréotype, avenants, sympathiques, accueillants, ils vivent les produits qu’ils ont sélectionnés, choisis avec soin. Chez eux je me sens à l’aise, comme chez « Louise Prou » qui me vendait des caramels à 2 sous à la Mothe-Achard.


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J’ai donc goûté les 3 vins proposés. Rassurez-vous je ne vais pas vous faire un speech sur chacun si ce n’est que j’ai beaucoup aimé le GIBA BIANCO 2011 VERMENTINO DI SARDEGNA DOC 2011. Je l’ai d’ailleurs acheté pour accompagner mes antipasti du dimanche.


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Mais comme je suis une canaille, jamais à une contradiction près, je vous fais le coup de l’accord mets&vins en vous le conseillant avec de la poutargue. Ça m’est d’autant plus facile que j’ai déjà pondu une chronique prémonitoire sur le sujet « La Boutargue, le caviar de la Méditerranée, va bien aux spaghettis arrosés d’un petit vin du pays » link


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Pour en savoir plus sur le domaine 6 Mura ( les 6 remparts) vous vous rendez ICI link


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La suite de mon périple nocturne relève du secret d’Etat mais ce que je puis vous dire c’est que lorsque je suis sorti de la dernière cave où je picolais des bulles italiennes j’ai pris une saucée carabinée. Ce n’était pas chantons sous la pluie mais pédalons sous la pluie en se caillant les glaouis… J’ai pris un bain de minuit pour me réchauffer…

 

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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 00:09

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La PP – la Préfecture de Police pour les non-initiés, celle dont les manifestants disent qu’elle ne sait pas compter – plastronne en jargonnant grave « les tendances de l’accidentologie parisienne constatées à ce jour laissent entrevoir que 2013 devrait être la meilleure année jamais enregistrée, avec notamment un nombre historiquement bas du nombre des personnes décédées. » Je vous conseille d’aller admirer le kitch du site de la PP, même Maigret aurait trouvé ça un peu ringard link


En clair en 2013 : 1 seul accident mortel (5 en 2012) pour les usagers des vélos et 671 blessés (en progression 624 en 2012).

 

2014 a mal commencé : une cycliste circulant à Vélib’ a été mortellement percutée par un poids lourd le mercredi 8 janvier, place de la République.

 

J’entends déjà au fond des soupentes des protecteurs  patentés de nos vies poindre le nez d’une nouvelle obligation : le port du casque pour les usagers de vélo.

 

Pour moi c’est non, je suis usagé en effet (sans faute d’orthographe) mais j’exècre tout autant les casques que les scooters 3 roues et je n’ai pas attendu le water-closer pour exprimer mon exécration – ce mot traduit bien dans sa phonétique exécrable le rejet absolu – de ce couple diabolique.


Et pourquoi pas, pendant qu’ils y sont, limiter notre vitesse et nous équiper d’un éthylotest ?


Que la maréchaussée commence par faire respecter le code de la route à l’ensemble des usagers, tous, piétons et cyclistes compris bien sûr, avec un focus tout particulier pour les nouveaux fous de la chaussée : les gros scooters vrombissants qui vous doublent à droite à fond les manettes en vous frôlant, utilisent les couloirs de bus, passent au rouge, vous engueulent aux feux. La quintessence des gros cons !


Mon refus du port du casque est ancien et absolu. Il date du temps où, comme Alain Duhamel, pendant un temps je chevauchais un vélo-solex, un vrai que je faisais réparer rue Lauriston et qui lichait de la Solexine. C’était un vélo avec un petit moteur, l’obligation du port du casque l’a tué même si on l’a plus ou moins ressuscité.


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Le casque certes vous protège la tête mais le risque le plus important, si l’on se fait projeter par les fous motorisés, c’est de se péter la colonne vertébrale et de se retrouver sur une chaise roulante pour la fin de sa vie. Peut-être que ces messieurs devraient nous obligé à porter une armure


Et de plus, le casque, une fois votre vélo garé, on en fait quoi ?


On se le trimballe sous le bras…


Non, trois fois non, après plus de 30 ans de vélo en liberté jamais je ne porterai de chapeau à vélo 


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Le plus drôle c’est que je croise des cyclistes casqués, équipés de gilet fluo, qui ne se préoccupent pas des feux rouges qui ralentiraient leur bel élan. Pour sûr qu’un casque c’est la garantie de survie absolue pour couper un carrefour tête baissée.


Reste la délicate question de l’éthylotest : peut-on pédaler avec plus de 3 verres dans le nez ?


À chacun de prendre ses responsabilités, surtout dans une ville comme Paris où la palette des transports collectifs est large.


Certes, le risque est grand que, si tu te fais écraser, avec un verre dans le nez, sur ton vélo par un semi-remorque, la maréchaussée est tout à fait capable d’en déduire que cet accident est dû essentiellement à une alcoolémie excessive du cycliste, ça conforte les statistiques.


Et voilà t’y pas que ce gros con de Tapie s’y met lui aussi pour foutre le bordel dans nos brillantes statistiques. En effet, le 31/01 il a été renversé par une voiture, alors qu'il circulait à vélo électrique vers 15 heures, à l’angle de l’avenue Lénine et de l’avenue Paul-Vaillant Couturier, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) alors qu’il  circulait à contre-sens de circulation sur une voie réservée aux autobus.  Heurté par une voiture venant de sa droite alors qu’il venait, d’après des témoins, de griller un feu rouge, il a été blessé aux jambes et à la hanche, sans gravité il a été évacué par les sapeurs-pompiers à l’hôpital de la Pitié- Salpêtrière à Paris 5e.


2 remarques  et une conséquence aux conneries de Tapie :


-        Puisque son accident s’est passé à Ivry il ne polluera pas nos statistiques parisiennes ;


-        Il a été blessé aux jambes, alors le casque pas très efficace.


-        La conséquence c’est que je m’apprêtais à enfourcher ma flèche d’argent après avoir clippé sur son flanc une sacoche Brooks très pratique car elle est munie d’une poignée, qui me permet de transporter mes razzias de quilles et de livres pour rendre chez  Agrology qui, bien que sise au 15 rue de Prague, est une épicerie qui vend des produits et des vins méditerranéens.link et que je trouve cette chronique d’une belle longueur en bouche pour en rajouter une couche. Alors le vin de Sardaigne ce sera pour demain…

 

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 00:09

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Ce matin en exergue de cette chronique la fameuse réplique de P'tit Gibus dans « la Guerre des boutons » pour de rire mais aussi pour faire un constat d’évidence sur lequel les gens du vin devraient se pencher pour comprendre que l’extension du domaine du vin passe par d’autres chemins que ceux qu’ils empruntent.


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Rassurez-vous, il ne s’agit pas pour moi de regretter d’avoir ouvert, il y a 9 ans, mon espace de liberté, j’aurais pu tout aussi bien titrer « non rien de rien, non je ne regrette rien » titre de la célèbre chanson de la môme Piaf, mais de nous mettre sous le nez une réalité.


En clair, je me dis que j’aurais dû, en ces temps reculés et arriérés, ouvrir un blog de cuisine parlant de vin. Attention, je n’écris pas un blog dit gastronomique se contentant de se la jouer « critique de restos. »  où le vin est la dernière roue du carrosse. Et je parle encore moins de la lassante psalmodie des accords mets&vins.


Pourquoi un  blog de cuisine du genre« Cuisines&Dépendances » ?


1er raison : tout le monde mange, certes mal parfois, pour certains en quantité et pour d’autres en qualité…


2e raison : tout le monde ne boit pas de vin et parmi ceux qui en boivent les « amateurs » se comptent presque sur les doigts de la main. Je force le trait à dessein pour souligner la maigreur volumique de la chalandise s’intéressant au vin.


3e raison plus personnelle : je sais cuisiner, sans pour autant prétendre me hisser au niveau des chefs, alors que je ne sais pas faire du vin.


4e raison : la dégustation de vin exige que l’on recrache le liquide, faute de quoi on se murge vite fait bien fait alors que manger et déguster sont indissociables pour la nourriture. Bien sûr, manger n’est pas forcément se bâfrer et l’obésité n’est pas une malédiction. Allier l'utile à l'agréable en étant assis me va mieux que la position debout face à des tables peuplées de boutanches posées sur une nappe sale, et bien sûr boire en mangeant fait parti de notre ADN national.


5e raison : les blogs de cuisine, très majoritairement féminins, n’abordent  que très rarement le sujet du vin sauf à entonner la ritournelle de l’accord mets&vins.


De façon très provocante j’affirme que tout reste donc à inventer en sortant les blogs culinaires de la cuisine et les blogs de vin de leur verre.


Quelques constats pour alimenter mon propos :


1-     Les blogs de cuisine, suivant en cela les chefs, s’intéressent plus à la forme : le dressage des plats qu’au fond. link 


2-   Le Wine Blog Trophy 2014 du Salon des vins de Loire : 11 candidats et 5 finalistes sélectionnés par un jury 100% vin de très haute extraction. Franchement, désolé d’être vulgaire, mais ça ne pisse pas très loin. link


3-   Pince m’y et pince moi sont sur un plateau pour parler du vin aux copains : les alter-dégustateurs sur You Tube depuis novembre 2013 dont voici les scores :

le 1 = 741 vues,

le 2 = 539 vues,

le 3 = 416 vues,

le 4 = 397 vues,

le 5 = 460 vues,

le 6 = 708 vues,

le 7 = 296 vues,

le 8 = 267 vues,

le 9 = 147 vues,

le 10 = 191 vues…

 

Pas de quoi bouleverser le PAV (le paysage audio-visuel du vin)

 

L’audience n’est pas tout mais en rester-là c’est se confiner bien au chaud dans notre petit marigot, c'est se conforter, c'est pester contre ceux qui nous empêchent de communiquer.


Pour ma part avec mon petit millier de lecteurs journaliers, ce qui est bien peu, j’ai très envie d’oser aller explorer de nouveaux territoires pour ne pas tomber dans la routine et vraiment participer à une réelle extension du domaine du vin.


Pour ne rien vous cacher j’y travaille mais je ne vais pas aujourd’hui sortir du bois.


L’idée de base est de redonner aux choses simples leur noblesse, de s’adresser au plus grand nombre sans les saouler ni leur prendre la tête avec des recettes à la con… ou de  commentaires de dégustation abscons.


Vaste programme !


Affaire à suivre…

 

Pour conforter mon approche je note qu'à Paris :


« Des cours de cuisine gratuits au marché


L'art culinaire investit les marchés parisiens. Jusqu'au 7 mars, la Fédération française de la cuisine (FFC) propose des cours de cuisine gratuits sur les marchés parisiens.


Accessibles à tous, ces ateliers sont dispensés par un chef de cuisine ou un cuisinier amateur qui vous apprendra à travailler sur place les produits de saison des commerçants. Plusieurs thèmes vous sont proposés : le Nouvel An chinois, la chandeleur, ou encore le chocolat… De belles recettes à découvrir ! Pour participer, il suffit de s'inscrire sur le site officiel de la FFC.link

 

* Bien sûr les amoureux de la syntaxe guindée n’apprécieront guère cette langue populaire. En effet, du haut de leur chaire ils énonceront la règle : « Si, lorsqu'il exprime une condition, n'est jamais immédiatement suivi du conditionnel passé 1ère forme j'aurais su mais d'un plus-que-parfait de l'indicatif  j'avais su.


Petit Gibus aurait dû dire : «  Si j'avais su, je ne serais pas venu... »

 

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 00:09

Reçu par SMS à 8h52 dimanche.


Mais pourquoi diable serais-je en Loire en ce beau dimanche après-midi enfin ensoleillé, alors que de la Place Denfert-Rochereau ma proche voisine montaient les longs et bruyants braiements sonorisés de la Manif pour tous ? Merci papa, merci maman…


Être en Loire pour les non-initiés signifiait, bien évidemment, que j’en étais.


Eh bien non, n'en déplaise à ma questionneuse, je n’en étais pas !

 

Et pourquoi n’en n’étais-je pas ?

 

Parce que je n’avais pas à en être.

 

Là je sens que je commence à pousser le cochonnet au-delà des limites de votre patience.


En être c’était être présent aux z’off qui gravitent en ce moment autour du quasi-moribond salon des vins de Loire sis à Angers.


C’est du dernier chic pour la gente blogueuse que de se presser aux z’off qui portent de beaux noms : « Renaissance des Appellations », la « Dive »…


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Tout le monde, ou presque, s’y presse.


Tout le monde sauf moi qui n’a strictement rien à y faire.


En effet, même z’off un salon de vignerons pour moi c’est organisé pour les professionnels : acheteurs de tout acabit et nationalités,  journalistes patentés, blogueurs-dégustateurs…


Les vignerons ne se déplacent pas loin de chez eux pour nos beaux yeux mais pour trouver des acheteurs. Même les très connus ont besoin de vendre leurs quilles...


Bien sûr j’aurais pu m’y rendre pour serrer la pince à de nombreux amis présents sur ces z’off, licher quelques verres avec eux, twitter sur eux, poster des photos d’eux sur Face de Bouc, délivrer dans un « brillant » écrit mes vapeurs de chroniqueur. En bref, encombrer les allées et faire semblant d’être un mec important.


Comme vous le savez si vous me lisez : non, je ne fais plus salon qu’il soit z’off ou non et bien évidemment cette abstention ne changera en rien la face du monde du vin.


Mais z’alors me direz-vous pourquoi pondre une chronique pour quasiment ne rien dire ?


Pour deux raisons : une mauvaise et une bonne !


1-     Tout bêtement parce que je n’avais pas envie de publier celle que j’ai pondue d’un trait après le déjeuner. Du genre toxique : tourne toujours 7 fois ta langue dans ta bouche avant de parler me disait souvent la sage mémé Marie ;


2-   Tout simplement parce le Taulier, comme les grands médias, sous-traite maintenant ses chroniques « beau nez du vin » à du personnel qualifié.


Oui, très chers lecteurs, vous aurez droit, incessamment sous peu, aux commentaires de dégustation du sieur DENIS BOIREAU qui préside aux destinées d’un club de joyeux buveurs-dégustateurs dans une banlieue reculée mais proche de Longjumeau dont l’ancien maire, la sémillante NKM, a eu l’étrange idée de déserter pour venir se présenter dans mon  XIVe arrondissement.


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Denis Boireau à gauche sur la photo mais à droite de Luc Charlier

 

Avouez que l’information valait bien une petite  chronique de début de semaine.


Afin que vous ne me reprochiez pas de vous avoir fait perdre votre temps en ce début de semaine je propose à votre lecture une chronique très sérieuse « Eloge de la retenue sur les réseaux sociaux » d’Erwan Desplanques - Télérama n° 3341


« C'est la frange la moins visible de la France invisible. La majorité silencieuse qui ne réclame rien, sinon son droit à continuer de vivre sans bruit. Ces citoyens ne s'exhibent pas sur Facebook, ne diffusent pas leurs photos de vacances, se fichent d'être populaires sur Twitter. Ils sont juste discrets. Par nature ou par réaction, rétifs à l'actuelle « tyrannie du paraître » pour reprendre la formule du psychanalyste Gérard Bonnet (La Tyrannie du paraître, Faut-il se montrer pour exister ?, éd. Eyrolles, 2013). » link

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 10:02

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Cher Jul,


Qu’apprends-je dans les gazettes z’en papier ?


Que le bel Arnaud va prêter sa voix, dans ton Silex and the City, au « ministre du redressement progressif » (un singe en marinière) afin de promouvoir le made in France.


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Bien sûr je ne suis pas Ministre mais, comme vous ne le savez peut-être pas, mais moi Taulier bourlinguant sur la Toile depuis de nombreuses années, bien avant Montebourg, j’exhibais une  marinière 100% Made in France, même que c’était une Saint-Jameslink 


J’écrivais en octobre 2012 :


« Bien sûr le Taulier n’a pas une belle gueule d’amour comme Montebourg, il n’est qu’un vieux cheval de labour blanchi sous le harnois (vieux mot : ensemble des défenses qui protègent le corps d'un guerrier). Mais il n’a pas attendu le héraut du fabriqué en France pour se chausser (mes Heschung made in Alsace) et se vêtir français dès qu’il le pouvait. Sa marinière à lui, donc à moi, c’est une Saint-James qui, comme son nom ne l’indique pas, est une entreprise française. Elle n'a pas poussé jusqu'à s'appeler Saint-Jacques pour faire plaisir au taulier mais, même si les Français ne sont pas très doués en anglais, le rapport est évident ce qui n'est pas le cas pour le bel Arnaud qui n'est pas Breton »


Renseignement pris, je sus ensuite que la fameuse marinière Armor-Lux du Ministre Productif n’était pas, comme le furent ensuite les bonnets rouges bretons, 100% française alors que la mienne l’était.

 

Mon acte de bravoure me valait en retour la lettre suivante :

 

Cher Monsieur,

 

Veuillez, tout d’abord, m’excuser de réagir quelque peu tardivement, après l’envoi de l’article posté sur votre blog le 23 octobre, dont j’ai eu connaissance par vous directement et même par l’Argus de la Presse. C’est dire si le contenu de votre blog connaît une certaine audience...

 

Cette frénésie médiatique, ayant suivi la parution du Parisien Magazine avec, en couverture, notre Ministre du Redressement Productif en marinière, s’est déclenchée alors même que je m’envolais vers l’Asie, pour rencontrer nos Partenaires dans cette zone, assurant la promotion des vêtements SAINT-JAMES, notamment les marinières « Made in France ».

 

A mon retour, j’ai pris la mesure de l’ampleur du phénomène et de cette promotion quelque peu déloyale, de la part d'un Ministre, pour la marinière de notre Collègue finistérien, et du Journaliste du Parisien lui-même alors que, dans son article, il précisait pourtant bien « Même absence d’étiquetage (d’origine) chez LACOSTE, ARMOR LUX ou le spécialiste du sous-vêtement EMINENCE ».

 

Par votre article sur votre blog, vous avez pris avec humour le contre-pied en parlant beaucoup de notre Société et je voulais vous en exprimer toute ma gratitude. Je vous suis reconnaissant d’avoir dit tout le bien que vous pensez d’elle.

 

Tous mes compliments, également, pour votre photo. Je n’ai pas manqué de remarquer la couleur de votre bracelet en parfaite harmonie avec la rayure de votre tee-shirt SAINT-JAMES.

 

A l’approche de l’hiver, merci de me donner votre taille (S, M, L, XL ou XXL) ; je me ferai un plaisir, au nom de notre Entreprise, de vous offrir un modèle SAINT-JAMES pure laine, au savoir-faire également reconnu de notre Maison.

 

Vous remerciant de votre aimable attention, je vous prie d’agréer, cher Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.

 

Le Président,

 

Yannick DUVAL

 

Voilà, cher Jul, certes je n’ai pas une aussi belle gueule qu’Arnaud mais mon timbre de voix vaut le sien et ma marinière est vraiment plus chic que la sienne.


Comme je suis vraiment une bonne pâte j’offre à mes lecteurs l’intégrale de « Silex and the City »


Je leur précise aussi que l’épisode ministériel sera diffusé à l'automne 2014.

 

Bien à toi

 

Le Taulier 100% nippé made in France

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