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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 10:34

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Ce matin en me levant je me suis dit mon vieux il serait peut-être temps de te mettre au clavier pour écrire une petite bafouille au Père Noël. Quand j’écris qu’il serait temps je veux dire par là que je ne l’ai jamais fait en 65 ans. La raison de cette abstention est simple comme ma Vendée crottée : le Père Noël n’y était pas une ordure mais il n’avait pas le droit de cité. S’y référer eut été un péché. Ce vieux joufflu, barbu, ridicule avec son habit rouge, sa hotte et son traineau tiré par des rennes, c’était une invention des gens des villes et la ville c’était un lieu de perdition.


Nous en Vendée, vu qu’on baignait dans l’eau bénite, on en tenait pour le Petit Jésus, fils de Dieu en passant par Marie et Joseph. Logique car le 25 décembre était le jour de sa naissance dans une crèche. Le curé nous disait en chaire qu’il venait sur terre pour nous sauver et j’ai toujours eu du mal à comprendre pourquoi tous les ans il nous apportait des jouets à nous les enfants alors qu’il aurait mieux fait de s’occuper des grands qui passaient leur temps à s’engueuler ou à s’étriper dans tous les bouts de la Terre.


Ceci écrit j’étais bien content de ce qu’officiellement il déposait dans mes souliers, des paquets qui venaient des Grands Magasins Decré. Je le trouvais bien organisé ce Petit Jésus pour un bébé à demi-nu.


J’ai bien aimé être un enfant car mes parents m’ont laissé vivre ma vie d’enfant.


Je ne sais si j’ai gardé mon cœur d’enfant mais en ce matin pluvieux, qui ne ressemble en rien à une vraie veille de Noël, bien glacée qui appelle une belle flambée dans la cheminée, j’ai envie de croire au Père Noël en lui envoyant une petite supplique pour qu’il m’apporte une petite lueur d’espoir face à la mainmise des nouvelles forces de police : celles de nos vies.


Tout le monde se dit soucieux de nos vies, nous sommes officiellement entourés, j’écrirais même cernés de règles et d’interdits en tout genre. Dans peu de temps je suis persuadé qu’à la naissance chaque gniard se verra doté d’un permis à points pour le préserver de sa propre liberté.


J’exagère à peine.


Pour preuve l’annonce  de la fin des feux de cheminée dès 2015 en Ile-de-France


L’info n’est pas neuve elle date du début 2013 mais elle m’avait échappé.


Le Parisien écrivait le 20 janvier 2013


« Vous aimez les longues veillées d'hiver autour d'un feu de cheminée? Profitez-en, ça ne va pas durer! Un arrêté préfectoral pourrait en interdire l'usage dès 2015 en Ile-de-France. Une partie des 125000 foyers ouverts de la région situés dans les zones urbaines pourraient être définitivement condamnés, sauf à les transformer en inserts et autres poêles à bois. Face au tollé provoqué par cette future mesure, les communes rurales de grande couronne ont obtenu d'en être exemptées.


Un problème majeur à Athènes et Pékin Pourquoi une mesure aussi radicale? Simplement parce que notre bonne vieille cheminée classique, en apparence si écolo, émet, selon Airparif, l'organisme francilien chargé de la surveillance de l'air, pratiquement autant de particules fines dans l'atmosphère que… le pot d'échappement des voitures !


Selon Martial Saddier, député UMP de Haute-Savoie et président du Conseil national de l'air, cette décision est inéluctable si l'on veut assainir l'air que l'on respire : « A l'échelle d'une année, rien qu'en Ile-de-France, les cheminées à foyer ouvert sont responsables de 28% des émissions de particules et ce taux monte à 50% en plein hiver. » Le problème touche également les campagnes. « Dans nos vallées de Savoie, reprend l'élu, la moitié des émissions de particules fines sont liées toute l'année aux rejets des cheminées et aux feux de débroussaillement. »


Que les particules fines constituent un réel fléau je suis tout prêt de l’admettre car je suis le premier à en souffrir elles provoquent chez moi des crises d’asthme. Mais, au-delà des statistiques (Selon une étude de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) parue en 2012, ces minuscules grains (inférieurs à 10 microns) en suspension dans l'air (toutes origines confondues) sont en effet responsables de 42000 décès chaque année en France! » je ne vois pas au nom de quoi on ouvrirait la chasse aux foyers ouverts en laissant les moteurs diesel nous asperger tout au long de l’année.


Imaginez-vous une police des cheminées passant à l'heure du laitier!


Arrêtez-les, ils sont devenus fous ! C’est l’éternelle histoire de la paille et de la poutre.


Donc, cher Père Noël, toi pour qui la cheminée est indispensable à l’accomplissement de ta tâche, je te demande de m’aider à convaincre mes concitoyens que la bûche de Noël est le dernier rempart contre le totalitarisme des hygiénistes.


Et pendant ce temps-là dans sa boutique éphémère des 24-39 boulevard Pasteur (Paris 15e), à la sortie du métro Pasteur (lignes 6 et 12) alimentée par des gros camions diesel PIERRE HERMÉ débite ses bûches de Noël.


La petit « Baba Noël », pour 6 personnes, ne coûte que la modique somme de 80€ « Mais, si tu n’as pas acheté une bûche de Pierre Hermé pour tes 50 ans c’est que t’as vraiment raté ta vie… »


Je suis vraiment très vénère cher vieux père Noël, et je dois t’avouer que tout ça fini vraiment par me faire chier. Je sais que maman ne serait pas du tout contente de m’entendre proférer des gros mots, mais il va bien falloir qu’un jour nous les citoyens nous puissions montrer, à ceux qui veulent faire notre bonheur à notre place, de quel bois nous nous chauffons.


Allez, fait attention à tes rennes qui doivent produire du méthane et ce n’est pas bon pour l’effet de serre. Tu ferais mieux de distribuer tes jouets à Paris en Auto-Lib…

 

Lire à propos du Père Noël une chronique de 2011 « Le Père Noël supplicié : brûlé devant des enfants des patronages sur le parvis de la cathédrale de Dijon, le député-maire s’est abstenu de prendre parti. » link

 

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 00:09

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Entendons-nous bien, je n’ai aucune propension à culpabiliser, alors que celles et ceux qui militent dans des associations, tel Vie Libre à Saumur, pour accompagner les malades alcooliques et leur entourage, d’effectuer de la prévention ou encore de lutter contre les causes de l’addiction, pour lesquelles j’ai le plus grand respect, ne viennent pas me dire que je suis sur cet espace de liberté un vecteur de l’alcoolisme.


L’extension du domaine du vin conjuguée à la convivialité est le meilleur rempart  contre l’addiction alcoolique.


Pensez-vous, chers anciens alcooliques saumurois que l’une des causes des addictions, les vôtres qui sont maintenant anciennes, ce sont les illuminations qui font de la publicité aux maisons de bulles sur le  pont Cessart ?


Permettez-moi de fortement en douter, de contester le bien-fondé de votre récent tractage pour demander le retrait des fameuses illuminations.


Lorsque vous affirmez qu’elles enlèvent la notion de danger franchement vous y croyez ? Pensez-vous que c’est en passant régulièrement sur ce pont en période de fêtes que les gens vont tomber dans cette funeste addiction. C’est tellement puéril que c’en serait risible si je me laissais aller à vous poser la question de votre propre parcours. Ce n’est pas forcément la faute des autres, même si la culpabilisation n’a rien à faire dans la lutte contre cette cruelle maladie. Mais de grâce cessez de faire du prosélytisme qui rate sa cible en nous culpabilisant.


Que les édiles de Saumur soient fiers de leur produit-phare, celui qui fait vivre beaucoup de gens dans leur cité et aux alentours quoi de plus normal. Ce pays ne vivra pas d’amour et d’eau fraîche et à force de le corseter dans de multiples interdits on l’asphyxie. Je ne vois pas en quoi ces illuminations « mises en place en 2011 et financées à hauteur de 40 000 € par les producteurs et Interloire, elles se composent de sept inscriptions plaquées de chaque côté du pont, de coupettes fixées aux candélabres et d’un grand portique avec la mention « Le Saumur brut vous souhaite de bonnes fêtes » sont une incitation à verser dans un comportement addictif ?


L’ANPAA fait des émules, et l’association « Vie Libre » s’interroge sur la légalité de la démarche initiée par les maisons de bulles saumuroises et soutenue par la Ville. « On se pose la question si la loi Evin est respectée. La mention «L’abus d’alcool est dangereux pour la santé», n’est inscrite nulle part. Nous avons pris des photos et nous les avons adressées à des juristes d’autres associations d’addictologie. » Allez ne vous privez pas les gars, demain les lampions s’éteindront et faudra rogner sur les subventions municipales.


Quant au discours pré-électoral saumurois il est plus qu’attristant, il est stupide et pervers. « Dans ce débat, Vie libre pointe aussi du doigt la position de la municipalité qui soutient l’initiative en fournissant notamment le courant électrique. « D’un côté, la Ville développe des actions de sensibilisation et de prévention ; de l’autre, elle autorise les maisons de bulles à faire de la publicité sur l’alcool », s’interroge Michel Barré le président de « Vie Libre ». Et de douter de la sincérité de l’engagement de la Ville. « Cette année, la Ville nous aide à hauteur de 6 000 € avec le Contrat urbain de cohésion sociale pour des actions de prévention auprès des jeunes. On a l’impression que l’on nous passe de la pommade. On nous dit : «On vous donne de l’argent alors taisez-vous pour les illuminations.»


Mais la pommade il la passe eux-mêmes les ex, en précisant que «  Vie libre ne veut pas apparaître comme une association anti-vin. « J’ai des copains vignerons et j’ai plaisir à les écouter. Le vin peut être un plaisir. La prévention sert à le consommer sans danger. Sur l’emploi généré par la viticulture, on est d’accord. Nous ne demandons pas à supprimer le vin et la viticulture. Certains viticulteurs font autre chose que le vin comme les jus de raisin et ne sont jamais mis en valeur. » Enfin, l’association ne serait pas opposée à un partenariat lors des grands événements saumurois dédiés au vin. »


Ben voyons, c’est beau comme de l’hypocrisie pur sucre !


N’avons-nous pas mieux à faire que de fomenter ces petites guéguerres qui n’apportent rien ni à la juste cause du vin ni à celle de la lutte contre le fléau  de l’alcoolisme ?


Il n’empêche que nos repentis ont ici déclenché l’arme atomique et que nos amis saumurois vont devoir remballer leurs illuminations (voir ci-dessous *)


L’obscurantisme triomphe !


* L’Agence régionale de santé réservée

Le cas des enseignes de Saumur concerne le Code de santé publique (CSP). En l’occurrence, son article L3323-1 qui détermine les conditions dans lesquelles la publicité pour de l’alcool peut être réalisée. La liste comporte neuf points (presse écrite, radio, internet, fêtes et foires traditionnelles, circulaires commerciales, affiches et enseignes, etc.). Mais le texte est particulièrement restrictif puisque la publicité en question est, le plus souvent, autorisée à l’intérieur des entreprises concernées ou sur leurs lieux de vente. « À première vue, sous réserve d’éléments plus précis, le cas présent ne rentre pas dans ces catégories », estime l’Agence régionale de santé (ARS), contactée via la préfecture de Maine-et-Loire.


L’article 3323-4 du CSP précise encore que « toute publicité en faveur de boissons alcooliques (…) doit être assortie d’un message de caractère sanitaire précisant que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé ». « Les infractions aux dispositions des articles L 3323-2, L 3323-4 à L 3323-6, relatifs à la publicité des boissons alcooliques, sont punies de 75 000 euros d’amende. Le maximum de l’amende peut être porté à 50 % du montant des dépenses consacrées à l’opération illégale. »


Par ailleurs, le Code de l’environnement définit les notions de publicité d’une part, et d’enseigne d’autre part. « Il en résulte que l’installation figurant sur le pont de Saumur ne peut être assimilée à une enseigne, puisqu’elle n’est pas apposée sur l’immeuble où l’activité s’exerce », estime l’Agence régionale de santé.

 

Source de mon information Benoît Rochard redac.saumur@courrier-ouest.com

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 00:09

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Mais jusqu’où iront-ils dans l’élargissement de leur portefeuille nos grands winemaker globe-trotter ? Portefeuille étant utilisé ici dans l’acception « ensemble d’activités professionnelles » et non dans celle, plus usuelle, du gros machin en cuir où l’on entasse les biftons.


En effet, la sélection de parcelles est devenue le dernier must des winemaker. Ils se sont mués en arpenteur. Le cadastre est leur nouvelle tasse de thé. J’ai déjà évoqué le sujet avec « Les Parcelles » de la Maison Bouey sélectionnées par Stéphane Derenoncourt.link


Mais hier matin qu’apprends-je ignorant que je suis ?


Que « le co-propriétaire du prestigieux Saint-Emilion, Château Angélus, signe une gamme de vins de Bordeaux à prix doux. Cette gamme, baptisée Révélations, est commercialisée par le négociant Yvon Mau. »


C’était dans le LSA du 02 avril 2013 par SYLVIE LEBOULENGER link


La journaliste précise qu’« Hubert de Boüard ne fait pas que prêter son nom à ces vins commercialisés par le négociant Yvon Mau (Vins de marques Premius, Yvecourt, cava Freixenet, etc.). Il a en effet sélectionné des parcelles et donné des conseils aux propriétaires qui, en échange, doivent « laisser » le nom de leur château à la seule gamme Révélations. Un abandon pas si grave car, particularité bordelaise, les propriétaires ont le droit d’utiliser deux noms de châteaux différents pour un même domaine. »


Nous entrons ainsi dans le vaste royaume du positionnement prix dont raffolent les addict du vrai et beau marketing qui permet de générer des marges permettant une belle exposition dans les vastes rayons de la GD.


« L’objectif de la gamme, prévue pour être commercialisée lors d’opérations de type Foire aux vins, est clairement de redorer le blason de la région avec des cuvées plus haut de gamme que celles qui se vendent en fond de rayon à moins de 4 euros. « Il existe un créneau entre les vins premiers prix et les vins à plus de quinze euros », estime Philippe Laquèche, président d’Yvon Mau. »


Marques signature fondées sur la notoriété du consultant « sélectionneur-arpenteur » plus que sur la réassurance du négociant. Y aura-t-il de nouveaux entrants ? Est-ce que le consommateur lambda, peu connaisseur de l’écosystème bordelais, va mordre à l’hameçon ? Je ne sais mais ce que sais c’est que procéder par tri, par écrémage, ça génère du petit lait qu’il faut valoriser. Dans le vin, la valeur qualitative intrinsèque du jus sélectionné risque d’amener le consommateur à faire jouer le fameux rapport qualité/prix. Et, attention qui trop embrasse mal étreint, l’effet signature sur des produits de Grande Distribution, bien connu  dans les plats cuisinés, peut dévaloriser l’image du signataire.


Vous me direz peu nous importe nous n’achetons pas ce type de vins.


Du côté de nos chers critiques c’est le même désamour et pourtant ces jajas signés vont s’adresser à un sacré paquet  de consommateurs pousseurs de caddie. Mais d’eux tout le monde se fout car ils n’achètent pas de guide se contentant d’éplucher les catalogues de la GD.


Dans ma grande magnanimité je propose :


-          Aux deux  crèmeries monopolistiques B&D et RVF d’organiser en terrain neutre et à  l’aveugle une dégustation des 2 lignes de produits de la maison Bouey link  et  d’Yvon Mau link 


-          Aux 2 consultants d’organiser un voyage de presse pour journalistes et blogueurs afin de leur montrer ces fameuses parcelles. Le choix de celles-ci  étant le fait d’un banal tirage au sort par une petite main innocente. Si ce défi est relevé, ce dont je doute, pour une fois j’en serai. Ça me fera du bien d’arpenter  des parcelles.

 

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 00:09

Plus j’avance en âge, et pas du tout en sagesse, plus je me dis  que je ne suis vraiment qu’une pauvre cloche qui n’a pas su prendre le bon wagon pour se faire du blé dans un minimum de temps, si tant est qu’une cloche puisse emprunter le TGV.


Foin de lamentions, l’heure est à la Chine qui s’est éveillé. L’Empire du Milieu 中国 est en ces temps difficiles le lieu idéal pour engranger beaucoup de blé vite fait, et plus ou moins bien fait.


Exemple pour éclairer mes propos matinaux : une bouteille d’un saint-Emilion Grand Cru rapporté de Chine par un ami fort intrigué qui m’a demandé de lui expliquer les subtilités de l’étiquetage des appellations françaises.


C’est simple :


1-      La contre-étiquette : Silver Bell by Château Roc de Boisseaux un Saint Emilion Grand cru 2010. Rien  d’extraordinaire jusqu’ici sauf que sur le site du château link la Silver Bell n’est pas mentionné : un produit d’exportation sans doute, du jus rien que pour nos amis chinois.


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Je note au passage sur le site que la propriété est « Conseillée par les œnologues Hubert de Boüard & Philippe Nunès depuis le millésime 2011 »

 

 

2-      L’étiquette ensuite : la Silver Bell a la gueule d’une Silver Bell donc pas grand-chose à  se mettre sous la dent sauf que tout en bas la mention est très explicite : signé Hubert de Boüard de Laforest, of Château Angelus avec en prime la cloche du château l'Angélus.


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Fort bien, tout est raccord, nickel chrome, l’Angélus a certes perdu son accent aigu mais, par bonheur, HDBF a gardé son trémas sur le u de Boüard. L’ordre règne donc sur le territoire de la Jurade de Saint-Emilion.


 

Je suis très admiratif, vraiment c'est de la belle ouvrage, du cousu main, je trouve ça beau comme la ligne de défense de l’INAO au plan international « Touche pas à mes AOC ! » qui disaient les gars de Montreuil. Les pauvres, va falloir les recycler vite fait sinon on va se demander à quoi servent leurs ODG. Ne parlons pas du Comité National qui, en dehors de s’empailler sur la chaptalisation, sucre de plus en plus les fraises pendant que d’autres mettent du  beurre dans leurs épinards.


 

Vive le droit des marques !


 

Bravo, bravissimo, j’applaudis des 2 mains l’artiste qui signe son œuvre pour le compte du château Roc de Boisseaux en ne manquant pas d’y adjoindre le nom de son petit lieu-dit qui à prix du galon ces derniers temps par la grâce de la hauteur des talons des hôtesses d’accueil.


 

Je bisse.

 

 

Je réclame l’artiste.

 

 

Je nomine.

 

 

J’Oscarise.

 

« Quand les bornes sont dépassés il n’y a plus de limites »


 

Tu seras consultant of wine mon petit-fils* !

 

 

 * Je n’ai pas eu de fils.

 

se faire des couilles en or est une expression populaire et argotique reconnue.

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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 11:56

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Ce n’est pas la première, ni sans doute la dernière, chez Overblog c’est « jamais le dimanche » quand ça coince y’a  plus personne dans la boutique. Sont tous en RTT et plus rien ne part vers les abonnés. Les chroniques sont en ligne mais ceux d’entre vous qui aiment servis à domicile en sont pour le frais. Désolé ! Dans ce cas-là si votre addiction est grave vous pouvez vous rendre sur mes lignes via www.berthomeau.com et tout en haut à droite vous avez la rubrique articles récents qui vous permet de faire votre petit marché.


Lorsqu’Overblog aura réparé sa petite machine à expédier il se peut que vous receviez les deux chroniques du dimanche qui sont bloquées dans sa boîte.


Et pendant ce temps-là mon « dîner de filles » s’est merveilleusement passé. Si vous êtes sages je vous le raconterai.


A bientôt sur mes lignes dès que les gars et les filles d’Overblog seront revenus de RTT.

 

L'article du dimanche ICI link

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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 11:33

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Photo de Jean-Christophe Clément ©le photographe des stars du vin

Et bla,et bla, bla, bla… C’est bien beau de déguster, de faire des phrases après avoir craché, de gloser sur le % de petit verdot, de tenter de trouver le millésime et l’auteur du jus, mais pour l’édification des petits loups et des petites louves rien ne vaut de joindre le geste à la parole : boire !


Oh que ce n’est pas beau de montrer une photo de buveur, même que c’est immoral d’exposer des images de convivialité ça pourrait jeter nos jeunes sur des sentiers mal famés. D’ailleurs, nos hommes politiques montrent l’exemple : boire c’est tricard pour l’Echo de Saône-et-Loire. Les ligueurs anti-buveurs pourchassent tout ce qui pourrait dérider les Français. L’heure est à l’austérité.


Foin de ces culs pincés, de ces visages pâles, de ces moralistes à la petite semaine, buvez, riez et comme votre Taulier « courrez les quilles ! »


Ci-dessous les prémisses d’un jeu de quilles lors d’un dîner de filles, affaire à suivre sur mes lignes…

 

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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 00:09

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Là je sens que c’est ma pomme qui va être traité de provocateur par notre auteur fort érudit. Qu’il se détrompe, je suis tout ce qu’il y a de sérieux car le héros de son roman c’est le Médoc, un territoire qui « du point de vue des sols est une sorte de prison cadenassée » nous explique Richier sorte d’arpenteur de la région attaché à la Préfecture. Le Médoc est une presqu’île dont le nom nous vient, toujours selon Richier « du temps des romains. Les soldats de César quand ils arrivaient dans une contrée inconnue, ils procédaient comment […] ? »


« Ils observaient, ils écoutaient, et ils étiquetaient. Médoc signifie, comme il vient d’être dit, medio aquae : au milieu des eaux. Ils ont observé, ils ont écouté et ils ont marqué sur l’étiquette : terre entre deux eaux. » Comme le fait remarquer ma collègue Blandine Vié « on y parle beaucoup plus d’eau que de vin, ou plus exactement d’eaux, toutes ces eaux qui bordent, sillonnent et trouent le paysage… »


Et, bien plus loin dans le roman, ce potard de Roumagnac  d’enfoncer le clou « Chez moi dans l’Hérault, on dirait des Médocains que ce sont des pot-au-feu, des casaniers si vous préférez. Dans les cervelles comme dans les champs, ici tout est tracé au cordeau et bien ficelé comme vos pieds de vigne. Dans mon pays, au-dessus de Béziers, sur les mamelons, tant pis si la vigne tourne un peu à droite et à gauche, au gré du  terrain. Tant pis si les bois poussent un peu dans tous les sens. Ici, c’est tout le contraire, taillé au carré, ligoté et au fond un peu triste. Cela doit vous venir du temps de l’occupation anglaise. »


« Tout ça pour dire que malgré toutes ces opportunités, le Médoc ne s’est pas vraiment ouvert. Le médocain, au fond il est comme sa terre : à la fois droit et cabossé. Les lignes toutes droites dans l’Océan, dans les vignes, c’est pour la façade. C’est de la faribole… »

« Je me dis finalement qu’avant que quoi que ce soit avance dans votre Médoc, il en passera de l’eau sous le pont de Bordeaux. »


Pour sûr que le Michel Houellebecq, en bon ingénieur agronome défroqué de l’INA de Paris, en pillant Wikipédia, aurait aimé trousser ce tableau à la pointe sèche du Médoc et des médocains avec sa férocité hautaine. Bruno Albert en bon juriste, diplômé en sciences politiques de surcroît, ancien auditeur de l’IHEDN, et spécialiste de gouvernance locale et de défense nationale ne s’aventure pas dans les alcôves. Sans aucun doute la rigueur du juriste ne le prédispose pas à faire faire des galipettes, comme son confrère dans les Particules Elémentaires, à Bérénice de Lignac dans les sables de la vieille dune lors de l’excursion à Soulac.


 Le roman est sage, très sage. Sous la plume du romancier se glisse l’imposante documentation de l’historien. Pas question pour lui de se laisser aller à des phrases lestes qui le conduirait tout droit au Goncourt. En revanche le roman fait un peu de politique car l’action se passe dans les derniers jours du mois de septembre 1849, donc à la veille du Second Empire, et seuls des vieux routiers dans mon genre, qui ont suivi leur cours d’Histoire, peuvent en goûter toutes subtilités. Ce n’est pas un  reproche que je fais à l’auteur mais seulement un regret de constater que les petites louves et les petits loups d’aujourd’hui sont trop souvent des ignorants et que Badinguet n’est pas un cépage oublié.


Mais Dieu que cet abbé Anne Dominique Champion est ennuyeux, pontifiant, comme je comprends le petit père Combes, ancien séminariste, qui s'installa comme médecin dans la petite ville de Pons en Charente-Inférieure, en est élu maire en 1876, puis sénateur de la Charente-Inférieure en 1885, bouffeur de curé tout au long de sa vie politique. L’alliance du sabre et du goupillon, le clergé aime les régimes forts même s’ils se terminent à Sedan.


Pour le reste je ne vais pas vous raconter ce que Bruno Albert se plaît à mettre en scène. On sent qu’il fait plus que connaître ce pays, il le vit, il en est, il se glisse avec aisance et gourmandise dans ses plis, nous le fait respirer, humer, toucher. Lorsque la plume file, se laisse aller, on sent le romancier qui pointe son nez libéré des entraves d’une documentation impeccable. Parfois, celle-ci prend le pas, s’installe et rend la lecture un peu moins agréable. Il veut nous instruire ce cher Bruno Albert, et il y réussit, mais un peu plus de liberté n’aurait nullement nuit à la véracité. Ce Médoc profond devrait après ce premier roman fournir encore un terreau fécond pour une nouvelle aventure qui, sans aller jusqu’au houellebequisme profond, pourrait nous faire entrer dans le secret des propriétés, alliances, mésalliances, haines recuites, héritages, vieilles dames embobinées, jeunes dilapidant les biens accumulés par leurs aînés…


Ha que j’ai bien aimé « Bordeaux est une belle ville. Une grande ville. Une ville pour le monde. Une ville pour les rois. Une ville pour les dieux.


Une ville harmonieuse, considérée depuis les premières élévations de l’Entre-Deux-Mers. Une ville lumineuse en bord de Garonne mais en  réalité, dès lors que l’on pénètre dans les lacis des ruelles près du grand port. Bordeaux est un cloaque. »


Mais par bonheur Alain Juppé est arrivé !


Je plaisante bien sûr pour vanner les jeunes Y qui pensent qu’avant la Toile nous vivions dans des cavernes sans eau, sans gaz ni électricité. Vous me direz en Vendée c’était le cas de bien des borderies au milieu du XXe siècle.


Bref, j’ai beaucoup apprécié aussi ce passage goûteux où deux gosses dépenaillés, aux mains incertaines, viennent servir un repas froid, sur une nappe empesée, au presbytère de Margaux à François Richier et à l’abbé. « une paire de cuisses de poule confites, un pâté de lièvre, une poignée de piments doux des Landes, trois grains d’ail, des baies des bois, une jatte de crème  et un plein pot de confiture de vieux garçon. »


Ha, la confiture de vieux garçon, en voilà une superbe appellation !


« soit des fraises, des framboises et des cerises, des oreillons de pêches, des grains de raisins et des poires, pour finir des prunes reines-claude et des brugnons arrosés de sucre et d’alcool de vin par couches successives. »


J’en mangerais sur « un pain frais, gris, coupé épais… »


Arrosé d’une « carafe de clairet rafraîchie, sortant du puits. » comme au Bourg-Pailler, mais là c’était de la piquette du pépé Louis.


-          Tu vois, une confiture de vieux garçon, ça nous va comme le rose aux joues d’une fille de village, rit François.


Anne Dominique acquiesça tandis qu’il piquait dans le bocal, entre deux doigts, un fruit saoulé de jus. Essuyant ses lèvres au bord de la nappe…


Et dire que ma sainte mère voulait faire de moi un curé…


Voilà si vous voulez vous offrir un petit bonheur médocain offrez-vous « Un dîner en Médoc » de Bruno Albert chez Féret.


Si vous aspirez au Goncourt, comme le Michel, pour votre prochain roman, cher Bruno Albert, il va falloir le faire éditer chez Grasset comme le camarade Dupont Jacques qui lui chronique sur le vin au Point.


Je suis un peu  taquin et Bruno Boidron le sait bien…

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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 00:09

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Hier matin sur France Inter un reportage de Ruddy Gulmin link, qui s'est rendu en Rhône-Alpes, abordait un sujet d’avenir pour nos amis viticulteurs : l’open source. En effet, de plus en plus d'agriculteurs se regroupent pour fabriquer eux-mêmes leurs outils de travail. C'est beaucoup moins cher. Des stages spéciaux sont carrément organisés.


L'open source est l'une des petites révolutions de ces dernières années. Dans le domaine des logiciels informatiques ou plus récemment des imprimantes 3D, le système permet à chacun d'améliorer les versions existantes ou de proposer sa propre version via internet.


Tout est parti d’un agriculteur américain qui créé ses propres machines agricoles et partage ses plans librement sur internet. En effet, Marcin Jakubowski refusant de racheter le tracteur qu'il venait de casser, a mis au point le tout premier « tracteur open source » (en 2008). « Un bel exemple de do it yourself. Appliqué à l'agriculture, cela donne le LifeTrac de Marcin Jakubowski: un engin de 6000 dollars (4500 euros), contre 30.000 dollars (22.000 euros) pour un tracteur classique. » link 

 

Aux States on parle de farming hacker !


LIRE Kit à fabriquer son tracteur soi-même ! link


LIRE pour la France ADABio Autoconstruction link   C'est une association loi 1901, créée en octobre 2011 pour développer un certain nombre de dispositifs permettant de diffuser la pratique de l’autoconstruction de machines agricoles auprès des agriculteurs (formations à l’autoconstruction en atelier, manuel technique comportant les plans et tutoriels des outils, site Internet collaboratif d’échange autour du machinisme agricole, etc.).


Nous apprenons notamment aux paysans à fabriquer des outils de travail du sol, adaptés à la pratique du maraîchage biologique. Nous avons vocation à recenser un maximum de bonnes trouvailles concernant le matériel ou la bâti agricole, toute filière de production confondue.


Les technologies que nous diffusons sont le fruit de l’inventivité de certains paysans, ainsi que du travail d’ingénierie d’ADABio Autoconstruction. L’association recense ces outils sur le territoire, en dessine les plans, en corrige quelques lignes, pour construire ensuite une méthodologie, une pédagogie de diffusion, de circulation de ces connaissances.


Nous participons donc de "l’empowerment", de la montée en compétences des paysans (techniques de soudure, perçage, découpe...). Nous favorisons également l’accès à du matériel adapté. Le coût de certains de nos outils autoconstruits reste deux ou trois fois moins élevé que des outils du commerce. Vous trouverez plus de renseignement sur notre Site Internet:link 

 

 

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 00:09

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« Une autre route » nous assène-t-on du côté de chez Pousson, seul porte-paroles autorisé de coopérative paysanne d’Embres&Castelmaure mais moi je sais que pour se rendre dans ce pays perdu il n’y en a qu’une route et même que y’a pas la place pour mettre en place une biroute dans le style plan routier breton du grand Charles.


Même si je sais que les hautes autorités de la coopé ont la tête près du bonnet (plutôt blanc pour le grand président PHDM) je suis en droit de m’interroger face à cette indéfinition : est-ce que la route indiquée c’est une parmi d’autres ou est-ce celle d’un alter-vin ?


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Certes notre Pousson dans son style incomparable paysan -rural tente de nous orienter. Je le cite « Oui, la route continue, UNE AUTRE ROUTE continue. Apparemment, l’idée d’un vin « de luxe » sans bois vous a enchanté : ça fait d’ailleurs longtemps qu’il ne nous reste plus une bouteille du millésime 2010 d’Au village sans prétention. »


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Y sont sortis du bois les gars, tout comme il y eu autrefois la route de la soie, celle du fer qui ne devait pas être coupées maintenant il y a celle du bois qui elle doit être barrée par les croisés de la divine coopé des Corbières.


Notre chantre continue son homélie missionnaire (aucune allusion à la position) « Voici le 2011, pardon, les  2011 ! Car nous vous l’avions promis (NDLR à E&C les promesses sont toujours tenues), cette cuvée n’était que le premier virage d’une autre route,  de cette autre façon de concevoir le vin du Sud. »


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Là, je crie halte au feu « Sortons de l’indéfinition hollandaise », avec les virages à répétition nous risquons de zigzaguer et de verser dans le fossé.

 

Bien sûr le chanoine Pousson se veut rassurant, il nous brosse dans le sens du bois, nous fait le coup du cran au-dessus, de la sélection au terroir. C’est du marketing pataugas pur jus. Comme c’est la mode de nos jours le père Pousson du haut de sa chaire nous énumère la litanie des cépages « Du carignan, parce qu’on est dans les Corbières, du grenache d’altitude et un tour de poivre de syrah… » Au nom de la tradition, contre l’impérialisme des vins de cépages, je revendique le droit de boire du Corbières et non une addition de cépages.

 

Je m’enflamme mais je dois à la vérité de noter qu’à E&C ils savent prendre les bons wagons même si la SNCF n’a pas cru bon de doter ce haut-lieu d’une gare comme celle de Latour-de-Carol. « En cave, la recette reste toujours la même : en faire le moins possible ! Les jus sont embouteillés dans leur prime jeunesse, au sortir de la cuve, puis élevés sur lattes. Résultat, du fruit, énormément de fruits et une incroyable disgestibilité. Des espèces de « grands vins de soif »… »


Je note avec regret l’emploi de « vin de luxe » et « grands vins de soif » : la coopé ne serait-elle pas en train de se saint et millionisée ?


Mais ce n’est pas tout mes biens chers frères, étant destinataire du routage client de la coopé que vois-je inscrit en toutes lettres sur la page 2 « Et puis il y a les classiques, les incontournables… »


Qu’est-ce à dire ?


Qu’Embres&Castelmaure soit incontournable c’est indubitable puisqu’il n’existe pas de rocade mais que sont donc ces classiques ?


Des Corbières Rouge élevage traditionnel : la Pompadour 2011, La Grande Cuvée 2011, le N°3 de Castelmaure 2011…


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La route du bois n’est donc pas totalement coupée. La nurserie de la coopé dorlote toujours de beaux bébés dans des berceaux issus de nos belles forêts françaises.


Attention ne voyez pas dans ma remarque une quelconque critique : tous les goûts sont dans la nature et ce n’est pas moi qui vais vous dire comme élever le vin.


Mon propos matinal s’adresse essentiellement au grand maître de l’orientation le sieur Pousson : alors questions :


-          « On the road again?... » ça se traduit comment en français, en català, en deutsch, en occitan ?


-          Quelle est la marque de la camionnette qui roule encore sans contrôle technique ?


-          Quel est le numéro du chemin vicinal reliant Embres&Castelmaure au reste du monde ?


-           J’adore Charly Mingus mais… à part ça où sont passés les vins ?


-          A quand « l’autre route » à sens unique ?


Je m’en tiens là avec cette chronique à ne pas piquer des vers – ne pas confondre avec piquer des verres au Grand Tasting de B&D – sinon je vais finir dans le goudron et les plumes lors de mon passage dans la cité des Hautes Corbières.



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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 00:09

Hier matin sur France Inter (voir plus bas le reportage de Matthieu Ferri de France Bleu Roussillon) alors que j’étais déjà au turbin mon oreille fut captée par un titre  « Le scandale de la Socodivin enfin devant la justice » et d’entendre Paul Armengaud de Maury évoquer cette affaire vieille de plus  de 10 ans.


Flash souvenir :


C’était en août 1998. J’arrosais mes jeunes arbres à l’orée de ma forêt reculée. Mon téléphone a sonné dans ma poche : un des premiers Nokia. J’ai décroché. À l’autre bout JL Dairien alors conseiller pour les affaires viticoles de Louis Le Pensec alors Ministre de l’Agriculture du gouvernement Jospin suite à la brillante dissolution de Jacques Chirac. Bien embêté le petit père Dairien (il est l’actuel directeur de l’INAO) car il avait en main une patate chaude : une crise du Rivesaltes qui mettait à feu et à sang Perpignan. « Ça te dirait d’aller faire le médiateur là-bas avant que ça dérape encore un peu plus (un vigneron était allé jeter un cocktail Molotov dans le chai de la SOCODIVIN)… Louis (le Ministre) est bien embêté, tu lui tirerais une belle épine du pied. » J’ai dit oui en faisant cette réflexion peu aimable pour le Rivesaltes « y’a encore des gens qui en boivent ? »


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Le dossier était lourd comme celui d’un juge d’instruction tatillon, les catalans étaient procéduriers. Je pris mes dispositions et quelques jours après j’embarquais pour les Pyrénées-Orientales sans mettre des sandales dans mon bagage. En ce temps-là Perpiniyà pétait dans la soie avec deux compagnies aériennes : AOM et Air Liberté. Je choisis la première car sa carte d’abonnement était très avantageuse  et permettait de bénéficier de siège, type première à l’avant de l’avion (c’était des DC10 et MD82 ou 83 consommant 30 % de carburant de plus que des Airbus) et de plateaux dîners de qualité bien arrosés. Bien évidemment j’y voisinait les parlementaires du cru et un régional de l’étape : Jacques Séguéla qui s’était mis en tête de racheter l’USAP. À mon arrivée m’attendait la voiture « blindée » (je plaisante) du Préfet Dartout. Je nouerai avec son chauffeur d’excellentes relations qui me permirent de bien comprendre la vie secrète de Perpignan. Le précédent Préfet était celui qui deviendrait célèbre avec l’affaire des paillotes en Corse, Bernard Bonnet qui adorait faire du VTT en compagnie… (Censuré). J’appris aussi que les horodateurs du parking de l’aéroport avaient été pillés manuellement pendant des années par le président de la CCI.


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Le Préfet Dartout fêtait la naissance de sa sixième fille je crois. Il faisait une chaleur quasi-tropicale. Le dîner fut bien arrosé et le DDA de l’époque Guy Bringuier continua de m’informer sur l’étendue du désastre. C’était l’un des plus beaux sacs de nœuds de ma carrière. Mais en leitmotiv revenait un seul acronyme : la SOCODIVIN et son âme damné un certain Gilbert Conte. Celui-ci, simple courtier, s’était mis en tête avec l’aide de son beau-frère JL Cabaner de « nettoyer les écuries d’Augias du CIVDN (le comité interprofessionnel) » et de faire rendre gorge à son président de l’époque Bernard Dauré de la famille Dauré ayant régné pendant des années sur les VDN (la marque Dauré avait été vendue à la Martiniquaise)


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Ouille, ouille Jacquouille, c’est une mêlée ouverte où tous les coups sont permis. Pendant deux semaines j’auditionne le ban et l’arrière-ban de la viticulture des PO et je vois défiler les bataillons « des y’a qu’a faut qu’on » si ça se vend pas faut trouver des clients bien sûr. Je découvre l’ampleur des détestations entre les dirigeants professionnels, les politiques, tout le monde déballe les vieilles histoires : les collabos, las latifundiaires, les profiteurs du système j’en passe et des meilleures. Le conflit est porté à Bruxelles par un Paganini du mémoire auprès de la Commission, un certain Claude Ortal, qui profite de son poste de lobbyiste pour EDF à Bruxelles et de ses attaches locales au Clos Saint-Georges. C’était le déluge. En plus la campagne de Séguéla pour promouvoir les VDN en catalan fut le bide du siècle.


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Un petit aperçu de chicaïas juridiques :

-         Entente sur les prix des opérateurs VDN ;


-         Non-respect par la France des engagements pris lors de la modification du régime des VDN liée à l’arrêt de la Cour de Justice Européenne (affaire C 24/09/19991)


-         Gestion quantitative du marché des VDN ;


-         Non-respect de la procédure aides d’Etat en ce qui concerne le Plan Rivesaltes adopté par le précédent gouvernement ;


-         Illégalité des taxes parafiscales ;


-         Délais de paiement discriminatoires ;


-         Accords interprofessionnels contraire aux règles européennes ;


-         Vignes fiscales…


Je m’arrête car ça n’intéresse plus personne sauf qu’au milieu de ce gros bordel s’agitait les deux larrons de la SOCODIVIN de Gilbert Conte et JL Cabaner qui passaient leur temps, surtout le premier, à me demander de couper des têtes. Des alliances improbables se nouaient avec eux qui se présentaient comme les chevaliers blancs des VDN.


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Votre serviteur, lui, cherchait à sauver ce qu’il restait de meubles. J’ai passé 18 mois de ma vie à faire des AR Paris-Perpignan-Paris. J’ai beaucoup appris de ce qu’on appelle le terrain. J’ai connu grâce à cette mission Hervé Bizeul mais le camarade Michel Smith lui ne s’est pas manifesté, il n’appréciait guère les missionnaires


Lorsque le scandale de la Socodivin a éclaté en 2006 le Taulier avait quitté les PO et le dossier des VDN depuis un bail. Restait qu’en son temps il n’avait pas manqué de mettre en garde ses interlocuteurs viticulteurs des risques qu’ils prenaient des risques en introduisant un loup dans la bergerie. Le loup avait de longues dents mais la bourse plate et les clients rares. Bref, la plus belle configuration pour emmener ses fournisseurs au fond du trou.

 

Les dosssiers du Taulier sont bien tenus comme en témoigne ces quelques clichés,  ça facilite son boulot et lui évite  de réécrire l'histoire.


Le scandale de la Socodivin enfin devant la justice

 

Le reportage de Matthieu Ferri link  


« Le négociant en vins Jean-Luc Cabaner doit être jugé jeudi devant le tribunal correctionnel de Perpignan. En 2006, son entreprise, la Socodivin, avait fait faillite de façon douteuse. Il n'avait pas payé une centaine de vignerons, et provoqué une catastrophe économique à l'échelle des Pyrénées-Orientales.


Le patron avait caché qu'il n'avait plus d'argent pour payer les vignerons. Selon l'enquête, Jean-Luc Cabaner trafiquait les comptes de son entreprise pour faire croire que tout allait bien. Pendant des mois, il continuait de constituer des stocks de vins doux naturels alors que sa structure est déjà en cessation de paiement. Il ne payait plus aucun producteur.


Les vignerons travaillaient donc pour rien, sachant qu'il n'avaient guère d'autres solutions : dans les années 2000, la Socodivin était devenue incontournable dans le secteur viticole des Pyrénées-Orientales. Installée à Villelongue-de-la-Salanque, elle était le premier distributeur de vin doux naturel du Roussillon, un quasi-monopole que les viticulteurs ne pouvaient éviter. Difficile de se rebeller contre celui qui achète quasiment toute votre production... Les viticulteurs continuaient d'ailleurs de faire affaire avec la Socodivin, même sans être payés. Le patron promettait toujours de faire le chèque dès que possible.


Et puis en 2006, tout s'écroule : la Socodivin fait faillite et entraîne dans sa chute une centaine de viticulteurs indépendants. Deux caves coopératives ne s'en remettront jamais : Pezilla-la-Rivière et Espira-de-l’Agly, obligées de cesser toute activité. Gilbert Conte, l'ancien associé de Jean-Luc Cabaner va même jusqu'à porter plainte contre lui pour escroquerie et malversations. Il avait démissionné de son poste en 2002, effaré par les malversations du co-gérant. Et puis 7 ans après, il y a tous ces vignerons qui continuent d'éponger les dettes de ce scandale.


Qu'attendre de ce procès ?


Le rendez-vous est capital pour les professionnels du vin, qui auront enfin face à eux l'escroc qui les a ruinés. Deux vignerons seulement devraient témoigner à la barre ce jeudi, mais ils se feront les porte-paroles de l'ensemble de leurs confrères. Denis Pigouche, le président du syndicat des vignerons du Roussillon appelle d'ailleurs toutes les victimes à faire acte de présence au tribunal, même s'ils ne prennent pas la parole. Une présence pacifique même si les vignerons restent très énervés par cette affaire.


En plus, du point de vue financier, il n'y a pas grand-chose à attendre de ce procès, les viticulteurs ne reverront certainement jamais leur argent. La vente des biens personnels du gérant n'épongera qu'une infime partie de ses dettes. Quant à Jean-Luc Cabaner, il est resté dans le domaine du vin : on retrouve facilement son CV sur internet. Il est aujourd'hui gérant de la Cabaner Wines and Spirits Consulting... Il vend notamment du vin sur internet, via la Nouvelle Société de la Côte Radieuse. Une filiale de la Martiniquaise, le numéro 2 français des vins et spiritueux, qui avait racheté les restes de la Socodivin, lors de la faillite en 2006. »

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