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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 00:09

Talmont-et-paysans--clair-s-007.jpg

 

La bonne vieille RVF, présidée par le beau Lubot, qui adore courir après l’audimat n’y va pas avec le dos de la cuillère : Olivier Cousin héraut d’Anjou, entretien de Sylvie Augereau avec maître Olivier Cousin à paraître dans la RVF de mars, à quand le pèlerinage en Anjou avec distribution de liquide consacré.


Toujours en retard d’une guerre la mémère : « Vins de Paysans éclairés : tiens v'là Olivier Cousin ! » link 


L’avenir des AOC serait-il entre les mains du « bienheureux* » Olivier Cousin ?

 

* au sens du film Alexandre le bienheureux


Certains dans notre vieux pays qui n’aime rien tant que les hommes providentiels le pensent.


Moi pas, et je ne suis pas le seul un vigneron bourguignon m’a appelé pour me demander « qu’est-ce qu’on fait maintenant ? »


Franchement je ne sais pas mais en attendant je republie ce que j’avais écrit en 2008.


Je le fais avec un grand plaisir car je vous l’ai proposé il y a quelques jours sous un titre qui ne vous a pas semblé alléchant.  Comme quoi s’il n’y a pas un zeste de provocation dans l’accroche vous n’allez pas plus loin.


Mes excuses anticipées pour ceux qui ont déjà lu ce texte.

 

Le collectif a mauvaise presse. L’action collective est moquée. Le chacun pour sa peau prévaut. Et pourtant, depuis ses origines notre système d’appellation d’origine est une forme d’organisation collective, un bien commun géré en commun. Certains vont me trouver fort paradoxal puisque très souvent je mets en avant des vignerons qui s’écartent du sentier commun. J’en conviens. Aujourd’hui, ayant suffisamment donné pour le collectif, c’est à certains d’entre eux que je m’adresse.

 

L’original, certes, est souvent solitaire mais, hormis le besoin que certains éprouvent de se retrouver à quelques-uns, très vite l’action collective se résume à un esprit de tribu. La tribu a ses codes. La tribu est assez fermée ou du moins pas très ouverte. La tribu se positionne souvent en opposition à d’autres tribus jugées soit trop molles, soit pas assez fermes sur les principes, ce qui vous me direz revient au même mais qui dans ces mouvances peut avoir force d’excommunication. Je force volontairement le trait bien sûr mais lorsqu’on souhaite faire progresser ses idées j’ai la faiblesse de croire qu’il faut savoir s’entendre sur l’essentiel pour tenter de convaincre le plus grand nombre. Se draper dans sa vérité est bien plus commode, plus confortable que de se colleter à l’action collective. C’est aussi plus payant, à titre individuel, dans nos sociétés où la communication prime : les médias adorent les postures individuelles.

 

Le collectif c’est ringard, sauf quand ça fait pleurer les foules ou quand ça permet aux individus de se dédouaner par le don à une œuvre caritative qui s’occupe de tout.  Lisez-moi bien, ce n’est de ma part que le constat d’un simple observateur. Ni producteur, ni vendeur, je ne suis qu’un consommateur de vin parmi d’autres dans la grande ville. Je ne jette donc d’anathème sur qui que ce soit. Toute cette diversité, cette inventivité, ce retour aux sources me plaît mais force est de constater que tant d’énergie, d’intelligence sont gaspillées sur les autels de petites chapelles qui font le miel de l’élite, où de la prétendue telle, mais laisse la base dans sa mouise. Ce chacun pour sa peau, cet entre-soi douillet, m’attriste seulement, ça me navre et je l’écris.

 

Que voulez-vous je suis de ceux qui préfèrent le contrat négocié à la loi imposée. La règle générale lorsqu’elle se pique de s’intéresser au détail est carcan alors que le contrat met en forme les avancées des parties, qui bien sûr ne sont jamais en stricte position d’égalité, ajoute ou retranche une pierre à l’édifice commun, tâtonne, s’adapte, c’est la méthode que souhaitait René Renou avec la réécriture des décrets. Certains m’objecteront que c’est se soumettre au diktat d’une majorité pas toujours éclairée.

 

La réponse est souvent oui si la minorité, dite agissante, se situe au-dehors ou si elle refuse toute forme de compromis. Le vilain mot est lâché compromis traduit en langage tribal par compromission.

 

J’adore !

 

Comme si la vie que l’on vit n’était pas une longue suite de compromis. L’intransigeance c’est la guerre, froide ou ouverte. Le divorce érigé en mode de résolution des conflits. Le mieux est souvent l’ennemi du bien. Alors tout en restant ferme sur ses principes, ceux qu’on s’applique librement à soi-même, je ne vois pas pourquoi il serait « inadmissible » d’admettre que la règle commune soit fondée sur un compromis entre les parties en présence. Dans la sphère publique, tant décriée, ça s’appelle se mettre en position de pouvoir gouverner la collectivité et, comme le disait mon maître, lui aussi vilipendé par les purs et durs, Pierre Mendès-France : gouverner c’est choisir.

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

lilian bauchet 11/01/2014 09:50


D’habitude Jacques, j’aime bien votre dialectique, je ne suis pas toujours sûr de voir dans quelle direction vos slaloms nous mènent, mais l’aisance avec laquelle vous franchissez les portes
suffit à elle-même. Mais là, il y a un épais brouillard sur la piste, et j’ai comme l’impression désagréable que vous essayez de nous enfumer. Vous croyez vraiment à un contrat négociable par
l’ensemble de la profession dans le cadre de la politique des AOC ? On se doute bien que ce n’est pas vous, après votre carrière, qui allez appeler au Grand Soir. Mais enfin, de là à inciter
les brebis égarées à rejoindre au plus vite le troupeau des AOC. Pensez-vous sincèrement possible la perspective rapide d’un contrat négocié ? Pourquoi tous ces atermoiements
alors depuis toutes ces années où on parle de réformer les AOC ? Ne croyez vous pas que l’INAO a jeté la patate chaude aux ODG, en appelant à leurs créations, et après moi le déluge !
J’ai écouté  il y a peu Edgard Pisani chez Elkabaach sur Public Sénat. Le vieil homme reconnaît, au soir de sa vie, que la PAC, dont il fût un des
instigateurs, doit être supprimée et que notre système agricole doit être profondément réformé. Ce n’est bien sûr pas à vous que je vais en apprendre sur le monde agricole. J’ai l’impression, en
vous postant ce commentaire, de craquer une allumette dans un dépôt d’essence et que le retour de flamme risque d’être sévère. Mais le sujet me tient tellement à cœur que j’ai vraiment envie de
savoir si ce que vous nous exprimez ici est votre pensée profonde. Que lorsque vous vous adressez à nous, vous vous êtes bien dévêtu des habits que vous avez portés durant votre carrière, où,
pour faire évoluer les choses, dans le sens que vous jugiez le plus favorable à l'intérêt général, vous avez dû maintes et maintes fois amener au compromis. Bien sûr que la vie est faîte de
compromis, bien sûr que lorsqu’on jette un regard critique, il faut toujours veiller à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Mais ne croyez vous pas qu’il y a des moments où il faut sortir les
forceps. Je vous invite à regarder le reportage diffusé sur ARTE il y a deux jours, « germes tueurs », mais peut-être l’avez-vous déjà vu, qui décrit la faillite du système agricole
industriel et la catastrophe sanitaire qui s’annonce si nous ne faisons rien pour sortir au plus vite de tout ça. J’ai pensé en le visionnant à votre chronique sur la ferme des mille vaches,
projet qui vous met « vénère », et me suis demandé alors comment vous pouviez  d’une part dénoncer ce genre d’absurdité et d’autre part
appeler à l’union des viticulteurs au sein des AOC. Vous savez qu’en viticulture comme ailleurs, la technoscience et l’évolution récente de notre modèle économique ont conduit à l’émergence de
modes de culture si diamétralement opposés, provoquant une ligne de fracture telle entre les pros et les antis, que je ne vois pas par quel coup de baguette magique on pourrait demain retrouver
une unité. Ceux qui sont sortis des AOC aujourd’hui en sont sortis pour des raisons diverses. Mais il en est qui l’ont fait par refus de continuer à apporter par leurs contributions financières
un soutien à un système qu'ils jugent défaillant. Ce ne sont pas des visions différentes de la viticulture qui s’affrontent, ce sont, à travers elles, des visions différentes du monde. La
responsabilité de celui qui cultive ou qui exploite la terre, ne jouons pas sur les mots, est grande, notre environnement est de plus en plus fragile, nous le savons tous, l’agriculteur paysan
est gestionnaire du paysage, et si la société doit leur être redevable de cela et les aider dans cette tâche, ils ont en retour à assumer cette charge pour le bien de tous, certains ont tendance
à l’oublier. C’est un combat citoyen que mène Olivier Cousin, et que l’on doit respecter, car les combats que l’on mène en tant que citoyen valent bien plus que ceux qu’on mène pour sa seule
corporation. En écrivant l’origine géographique de ses vins lorsqu’ils sont distribués en Vin de France, ce n’est pas seulement  pour amener la
législation a évolué dans ce sens pour cette catégorie de vins, c’est une dénonciation ouverte du système des AOC, ces cathédrales qu’on a érigé et qui ont contribué au rayonnement international
du vin français, mais dont les murs aujourd'hui se lézardent et il ne faut pas s'étonner que devant cette menace elles en soient désertées par certains de ses plus pieux fidèles. J’ajouterais
qu’Olivier Cousin est largement suivi par les consommateurs, à en voir les commentaires qui fleurissent ça et là sur le net, notamment après que la diffusion du reportage de France Inter a
redonné une actualité à son procès. Que voulez-vous, les français adorent de plus en plus les paysans, et détestent de plus en plus les agriculteurs ! Et pour qui fait-on du vin, si ce n’est pour
ceux qui les boivent ? 


 Ne brouillons donc pas les pistes, n’ajoutons pas de la confusion à la confusion. Le compromis n'est pas une fin en soi. Après tout, l'Eglise a connu des schismes, sans que le courant
dominant considère ceux qui l'ont quitté comme des hérétiques !



JACQUES BERTHOMEAU 11/01/2014 09:59



1- ce texte date de 2008


2- je n'enfume persone


3- je suis à l'origine de la mention Vin de France


4- je ne suis et ne serai jamais partie prenante de ce qui se fera à l'avenir dans le monde


5- votre commentaire illustre bien pour moi ce que j'ai vécu depuis 10 ans


6- j'ai toujours fait parti d'un courant minoritaire en politique


7- j'ai défendu sans me mettre en avant des vignerons attaqués pour leurs vins hors normes


8- je reste un partisan du combat collectif mais je n'en serai pas


9- je connais Olivier Cousin alors laissez-moi apprécier la réalité sans m'obliger à aller au-delà


10- je n'ai jamais fait de ski mais mon élevage fait que je fuis ceux qui pensent tout seul


11- vous lirez attentivement mon billet de demain : s'il n'était pas écrit votre commentaire m'inciterait à l'écrire



Jules TOURMEAU 09/01/2014 12:58


moi je sais, ce qu'il faut faire; enfin j'ai des idées précises là dessus, mais je ne communiquerai que par mail

Luc Charlier 09/01/2014 11:45


Tiens un petit commentaire en passant sans aucune provoc (la première partie en tout cas). Mais il pourrait faire réfléchir. Est-ce se tromper que d’affirmer que BEAUCOUP de vignerons sont des
individualistes ? Est-ce beaucoup se tromper que dire que l’action politique n’a de sens que si elle est associative, collective ou même communautaire ?


Comment concilier les deux ?


 


Et j’aurais tendance à être d’accord avec HB au sujet des AOC (j’ai acquis quelques parcelles  de syrah, jadis, non par goût mais parce qu’il le fallait à l’époque). Mais qu’est-ce qui
empêche d’élaborer LES DEUX sur le même domaine : une AOC quand on est en phase avec son décret, ET aussi autre chose dans le cas contraire ? Dans le cas qui nous occupe, lui et
moi, admettons quand même que l’obligation qui était faite jadis d’utiliser, et en grande quantité (30 % au moins), des cépages dits améliorateurs a été une erreur. D’ailleurs, le décret a été
corrigé à partir de 2010. Mais bien sûr, faut faire vivre les pépiniéristes, ils ont choisi la FNSEA ! (bon d’accord, ici la provoc revient au galop : it’s beyond my control.)

herve bizeul 09/01/2014 11:07


"vouloir bousculer son appellation"... en général l'appanage de ceux qui n'en connaissent ni les droits, ni les devoirs, ne sont jamais allé à une réunion collective ni n'ont même lu leur
décret... Qu'ils fassent du Vin de France et qu'ils arrêtent de vouloir les droits sans respecter aucun des devoirs. 

Denis Boireau 09/01/2014 10:36


Sans lui dresser de statue, faut reconnaitre que la Dive, c'est du beau boulot.

JACQUES BERTHOMEAU 09/01/2014 10:38



Son fonds de commerce et j'ai rien contre mais j'ai de la mémoire mais ça je n'en parlerai pas c'est de l'histoire



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