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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 10:00

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Je goûte toujours avec délice, une gourmandise sans retenue les petits précieux ridicules qui s’enveloppent dans leur dépit surjoué pour nous en imposer, grimper sur leur Olympe inaccessible afin de jeter le discrédit sur ceux qui osent ne pas apprécier leurs hautes et sublimes pensées : « J'ai tellement vu, vécu ces derniers jours, un côté sombre, laid, mesquin du vin français (heureusement ultra-minoritaire!), que… » Pauvre chaton, il nous tirerait presque des larmes, comment peut-on passer à côté de lui sans le remarquer ?


Mais passons, ce matin c’est la notion d’ultra-minoritaire qui m’intéresse. Qui donc est majoritaire dans l’exercice du pouvoir d’influence dans le monde du vin ?


Ceux qui ne parlent pas et dont on ne parle jamais !


Ceux qui ne nous lirons jamais.


Ceux qui n’achèteront jamais un guide des vins.


Des pousseurs de caddies…

 

Le type important pour eux c'est Jean-Luc Roché link


Une majorité écrasante, silencieuse, qui pèse entre 80 à 90 % de la chalandise du vin.


Alors camembert, un soupçon de modestie ne saurait nuire à nous tous misérables petits plumitifs du vin.


Qui nous lit ?


Qui nous suit ?


Une minuscule poignée de lecteurs, des petits cercles, des gens qui pourraient comme les radicaux tenir congrès dans une cabine téléphonique.


C’est clair nous sommes tous ultra-minoritaires  et ça se passe de tout commentaires !


Pas la peine de repasser les plats trois fois pour mendier de l’audience !


« Le ridicule attaque tout, et ne détruit rien. » Benjamin Constant 

 


Ridicule -1996 par mariodelpais

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 00:09

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Là, j’en suis sûr, je vais me mettre tout le monde à dos : les vignerons naturistes, les tauliers de restos et de bars naturistes, les petits cavistes naturistes et pas naturistes, les bobos forcément naturistes, Jonathan Nossiter nouveau converti au naturisme, les tronches de vin tous 5 naturistes, tous les garçons et les filles en plus jeune âge qui agitent leur verre de vin naturiste et puis, bien sûr, toute la maison Castel maison mère de Nicolas qui n’en a que faire de mes réflexions à la noix, la CNAOC, le CN de l’INAO et celui des IGP, les Interpros, les ODG, les OC, les marchands d’engrais, de phyto et de produits œno, les fabricants de machines à vendanger et les vendeurs de matos, le vigneron de Fronton qui me traite de con, n’en jetez plus je n’ai aucune vocation à me poser en martyr car ma fin de vieil homme indigne chroniqueur impénitent est proche.

  

Mais en attendant le clap j’ai des excuses :


1-      Lorsque j’officiais à la Société des Vins de France entre 1986-1988 à Gennevilliers, charmant port de pêche, j’ai embouteillé le jaja de la maison Nicolas à la suite d’un appel d’offres gagné haut la main sur les gars de Castel. À cette époque-là Nicolas était entre les mains du groupe Rémy-Cointreau et officiait à Charenton.


2-      J’ai bien connu Pierre Boisset l'acheteur des vins de la maison Nicolas.


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« PENDANT PLUS DE CINQUANTE ANS, Pierre Boisset a été l'acheteur des vins de la maison Nicolas. De cette vie passée à arpenter les vignobles armé de son tastevin pour déguster des milliers d'échantillons où les piquettes voisinaient avec les vins loyaux et marchands, de cette expérience qu'il fut à peu près seul à réaliser à cette époque, il extirpa de savoureux souvenirs dans un livre paru au milieu des années 1980, Millésimes et Campagnes. Les carnets d'un acheteur de vins. Dans sa conclusion, cet observateur d'un monde viticole paysan et humble confiait son plus grand étonnement : « Jamais je n'aurais pu penser, en commençant mon métier, qu'un jour on vendrait des vins au prix des parfums de luxe. » Qu'aurait-il dit aujourd'hui en voyant un flacon de Pétrus se négocier autour de 3 000 euros, des Lafite ou des Latour dépasser allègrement les 1 000 euros ou en égrenant les chiffres des records de vente aux enchères de grands crus à Londres, New York ou Hongkong ? Il avait mis le doigt sur le phénomène le plus profond et le plus marquant de l'histoire de ce secteur économique depuis le milieu du XIXe siècle, quand le développement du chemin de fer fit du vin une boisson nationale, bon marché et quasi industrielle. Le passage, très rapide, d'un mode de consommation à un autre et le changement de statut qui s'ensuivit, la fin du « vin boisson » et l'émergence d'un produit transmettant autant d'émotions culturelles que de sensations gustatives, porteuses de valeurs statutaires et hédonistes. Certes, il reste aujourd'hui une large place de la production viticole dédiée à la mise en marché de vins accessibles mais, même dans ces catégories, la dimension « expérience émotionnelle » est importante pour les consommateurs. » THIERRY DESSEAUVE


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3-      Les « Petites récoltes de Nicolas » existent depuis 1995. Un concept qui avait donné un sacré coup de jeune au vin de table. Le principe était simple, des bouteilles aux étiquettes « comme à la main » qui jouaient sur le mythe de la découverte du petit producteur. Un mythe qui s'écoulera à plusieurs millions de bouteilles tous les ans.


4-      J’ai confié récemment à une boîte spécialisée, qui me l’avait demandé, mon analyse gratis sur la stratégie de Nicolas. Bien évidemment je n’en ferai pas ici état c’est mon affaire et celle des dirigeants du groupe Castel qui, je n’en doute pas un seul instant, ont dû apprécier mes réflexions à la con.


Que les naturistes intégristes se rassurent, en évoquant une collection « les petites natures » dans cette maison très conservatrice je ne lance aucun pavé dans la mare, je me contente de constater que les voies de l’extension du domaine du vin sont impénétrables et que dans ce domaine ceux qui savent anticiper les tendances sont toujours les grands gagnants. Après tout le Vin de France, que Cap 2010 a préconisé, est l’héritier du Vin de Table, en mieux, et les vignerons naturistes en sont les fers de lance. Moi ce que j’en dis c’est pour causer et ramener ma fraise alors que l’on ne me demande rien.


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Gus et Bilal

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 00:09

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Je suis fidèle en amitié, et Vincent Pousson le sait tout comme Patrick Hoÿm de Marien et Bernard Pueyo, et entre amis on doit s’expliquer, parfois avec rudesse, toujours avec franchise, ne pas laisser à d’autres le soin de jouer les petits télégraphistes.


Alors foin de ceux qui savent tout et qui ne savent rien, notre passé commun reste intact, rien ne pourra en effacer sa trace, quant au futur il ne faut jamais dire jamais. Il est des ruptures violentes, douloureuses, qui font des brisures nettes, franches, mais qui se consolident avec le temps sans laisser de trace.


Ce beau projet, dont Vincent était l’âme, est-il définitivement, irrémédiablement enterré ?


Mon âme de médiateur, de raccommodeur de vaisselle brisée, m’incite à croire que non.


Comme on dit chez moi dans ma vieille Vendée : « j’ai eu fait… »


Pourquoi, une fois la catharsis passée, la colère, la déception surmontées, les rancœurs digérées, ne pas se retrouver autour d’une table, à tête reposée, pour se parler, s’entendre, se comprendre et reprendre le cours d’une vie commune.


Mission impossible me direz-vous ?


Je ne le crois pas, tout est toujours possible entre frères soudain devenus « ennemis » si la bonne volonté est au rendez-vous, si ce qui uni est plus fort que ce qui divise.


Alors pourquoi pas !


Je suis prêt à y contribuer, à faire en sorte que cette coopérative d’un 3e type se refonde, existe, ouvre ses portes sur des bases solides.


Prétention de ma part, peut-être, mais à tous ceux qui se sont contentés de regrets je dis : « vous qui affirmez que vous attendiez avec impatience la concrétisation de ce projet, venez donc contribuer concrètement à sa réalisation. Joignez le geste à la parole… »


C’est un appel, pas une bouteille à la mer car Embres est niché dans les Corbières. Même si ça vous paraîtra un peu nunuche dans notre monde dur et inflexible c’est une colombe de la paix.


En ce lundi matin plein de soleil, lumineux, j’espère qu’elle trouvera un rameau d’olivier juste avant de se poser sur la Coopé.

 

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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 08:00

Cette histoire vraie est emblématique d’une façon d’être de certains sur les réseaux sociaux, on s’y met en scène pour étaler les turpitudes des autres, sans bien évidemment que ceux-ci aient le droit à la parole.

 

Pour ceux de mes lecteurs qui ne connaissent pas mes relations anciennes et étroites avec la coopé d'Embres&Castelmaure je les invite à renseigner la case recherche, en haut à droite du blog, avec cette raison sociale et ils retrouveront mes chroniques.

 

J'écris cette chronique au nom de mon amitié ancienne pour un trio qui me semblait indissoluble : Patrick, Bernard et Vincent... 


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Voici le déroulé de la rupture.

 

La nouvelle tomba comme un couperet, avant-hier à 9 h 55, sur la page Face de Bouc du sieur Pousson.« C'étaient mes trois dernières étiquettes pour les viticulteurs d'Embres-et-Castelmaure. La fin d'une époque. »


 

Sous-entendu : ils m’ont viré !


 

Stupeur et tremblement : sitôt le petit peuple de Face de Bouc s’émeut, plaint l’artiste, peste contre l’ingratitude de ces paysans tant vantés par leur idole.


 

Moi je trouve ça bien étrange alors je téléphone au Président de la coopé : mon ami Patrick Hoÿm de Marien, l’ami de toujours de Vincent Pousson, celui qui l’a accompagné et défendu aux heures difficiles.


 

Celui-ci, est stupéfait, meurtri par cette trahison, informé laconiquement par sms de la défection de Pousson. Car la vérité toute bête c’est que, sans donner ses raisons, bonnes ou mauvaises, qu’importe, le génial promoteur  du projet la Coopérative (il s'agissait d'une forme de guingette) se tirait à la cloche de bois laissant l’ardoise à la Coopé.


 

Adieu camion de Pousson, tables, couverts, oliviers… peccadilles que tout ça pour l’artiste incompris par ces paysans mal dégrossis.


 

Ce qui m’étonnait dans les commentaires des fans de Pousson c’est que nul ne relevait les propos en commentaires de Bernard Pueyo, le directeur d’Embres&Castelmaure, lui aussi compagnon de toujours de Pousson.


 

Je cite Bernard Pueyo :

 

 

« Le radicalisme exogène reste la signature des grands artistes. Un départ sans même avoir les couilles de le dire en face et de s'expliquer. Reste ta décision. Descend de ta bulle l'artiste, la seule issue à cette relation compte tenu des tes expériences passées de business man ne pouvait être que celle-là. »

 

« On va voir maintenant si tu as le courage de t'expliquer sur la toile puisque tu ne peux pas le faire dans les yeux, j'attends et j'exige tes explications, on va en parler tous les deux. »


 

Demande claire, souhait légitime, car il est bon de rappeler qu’un directeur de coopérative est responsable devant ses administrateurs de sa gestion, nous ne vivons pas, n’en déplaise à Vincent Pousson, dans une République bananière où les caprices de l’artiste doivent être honorés sans barguigner.


 

Mais, patience, nous allions tout savoir, en effet Vincent Pousson répondait avant-hier à Dany Rolland « Triste, Dany. Un peu en colère aussi. Explications suivront. »


 

Fort bien, c’était la moindre des choses, il devait bien ça à ces pauvres paysans tant aimés d’Embres&Castelmaure.


 

Alors, tout comme Bernard Pueyo, j'attendais.


 

Mais ce matin, revirement de jurisprudence « Ces quelques lignes pour remercier tous ceux, vignerons, artisans, fournisseurs qui nous ont fait confiance, à Isabelle Brunet et à moi-même, qui nous ont suivis sur le projet de LA COOPÉRATIVE. Pour nous excuser aussi après d'eux et de tous les futurs clients qui, avant même l'ouverture, nous avaient fait l'honneur de réserver en nombre dans ce restaurant qui malheureusement ne pourra pas voir le jour, pour une somme de raisons trop longue à expliquer ici et maintenant.


Au-delà de la tristesse, au-delà de la déception, avec une envie intacte, nous rebondirons, afin que l'idée perdure, sous une forme différente.

 

À très bientôt »


 

La messe était dite. Nous ne saurions rien du fond de cette affaire. Face à un petit homme meurtri, blessé, déçu, la commisération des fans resterait forcément de son côté.


 

Quelle absence de courage, faire ça à un ami, à son grand ami, un ami à la peine en ce moment, Patrick Hoÿm de Marien ça dépasse mon entendement. C’est inadmissible car ça laisse planer un doute insupportable. Vincent Pousson agit comme un enfant qui de prive de son jouet et qui boude.


 

Comme le souhaitait Bernard Pueyo je souhaite que Vincent Pousson s’explique, qu’il plaide sa cause, qu’il ne se contente pas de sa piètre mise en scène sur Face de Bouc. Il a peut-être de solides raisons de jeter l’éponge.

 

 

Qu'il les donne !


 

Pour moi ce qui compte ce n’est ni l’ego de Pousson, ni l’amitié bafouée, mais la pérénité  de la belle aventure d’Embres&Castelmaure. Derrière les étiquettes de Vincent Pousson il y avait du vin, des raisins, des vignerons...


 

Pourquoi jeter un tel doute sur la bonne foi de ses dirigeants en sous-entendant que si son projet est annulé c’est uniquement de leur fait, de leur faute, qu’ils n’ont pas été à la hauteur de son génie.


 

C’est lui qui est parti que je sache.


 

Pourquoi cette fuite ?


 

Jusqu’à preuve du contraire, j’ai confiance en la parole de Patrick Hoÿm de Marien et de Bernard Pueyo : il me semble, faute d'entendre les arguments de Vincent Pousson, qu'Embres&Castelmaure n’a pas grand-chose à se reprocher dans le naufrage de son projet 

 

 

 

Ressaisis toi Pousson, ne jette pas aux orties ces belles années par un comportement inapproprié.


 

Du courage bordel !


 

Rappelle-toi le dernier coup de téléphone que tu m’as passé Vincent à propos de l’ami Patrick à la peine ! Tu me semblais sincère.

 

 

Tu lui dois bien ça !


 

La vérité, toute la vérité, rien que la vérité, c’est une exigence de morale publique que tu  nous dois toi si prompt à redresser les torts.


 

Je n’instruis ici aucun procès, je ne prends pas parti, je suis dans le droit fil de notre histoire commune et je te demande seulement du respect pour les coopérateurs d’Embres&Castelmaure, donc des explications entre gens adultes et responsables.


 

« Touche pas à ma Coopé ! »


 

Et que l’on ne m’oppose pas que le linge sale ça se lave en famille puisque le linge sale c’est Vincent Pousson qui l’a étalé sur son mur pour se poser en martyr de ces « salauds de pauvres » d’Embres&Castelmaure.


 

Pourquoi toute cette publicité si maintenant tu te refuses à nous expliquer les raisons de ton  abandon ?


 

 

« Si toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire il y en a d’autres, en plus grand nombre, qui ne sont pas meilleures à entendre. » Léon Bloy.

 

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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 00:09

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Dans le petit monde des dirigeants professionnels français du vin que j’ai côtoyé tout au long de ma carrière, Michel Issaly, vigneron à Gaillac link, occupe à mes yeux une place particulière. À la tête des Vignerons Indépendants de France (VIF), autrefois dénommé Confédération nationale des caves particulières (CNCP) jusqu’en septembre 2002, pendant 6 années il a su faire entendre une petite musique originale,  celle d’un vigneron de conviction joignant le geste à la parole. Au sein d’un mouvement, dont l’histoire était fortement imprégnée par son opposition à la coopération viti-vinicole, Michel, avec un sens politique dont les élus politiques devraient s’inspirer, a su faire entendre une petite musique plus originale que celle d’une stricte opposition de modèle économique. Et pourtant, je peux l’écrire maintenant qu’il n’est plus Président des VIF, Michel n’était pas forcément représentatif de la base d’un mouvement beaucoup moins homogène qu’il n’y paraît.


Mon propos ce matin n’est pas de faire une analyse sociologique et économique des vignerons indépendants, ceux-ci s’apparentant par leur activité à des artisans-commerçants, mais de vous parler de Michel. C’est un lecteur de la première heure et surtout un ami fidèle, un vrai. Lors de la parution de mon rapport, en 2001, en dépit des turbulences surtout languedociennes, Michel m’a toujours témoigné publiquement, dans le respect de nos différences et de la nature de nos responsabilités, amitié et soutien. Sur beaucoup de sujets nous étions en plein accord : l’opposition stérile entre vin artisanal et vin industriel, l’AOC perçue comme un droit acquis, la dévalorisation du vin de table, le lien au terroir, la dérive orchestrée par les « petits génies » de l’UE de la définition du vin bio, le « passez en IGP » pour certaines AOP volumiques… Je lui avais même adressé une lettre Cher Michel Issaly qui appelle de ses vœux l’éclosion d’un leader charismatique dans le monde du vin link


Prendre ses responsabilités, prendre des responsabilités, des responsabilités nationales surtout, n’est pas chose aisée lorsque l’on est de surcroît un petit vigneron du Tarn. Il est plus facile, comme le font certains, de se contenter de pester dans son coin, de vouer les bureaucrates aux gémonies, de critiquer durement les dirigeants professionnels,  de railler les politiques, de tailler en pièces les prohibitionnistes, sans pour autant s’engager dans le combat collectif. Pas le temps, pas l’envie, toutes les raisons sont bonnes pour laisser à d’autres, pas forcément les meilleurs, des mandats indispensables à la représentation des vignerons par des corps intermédiaires. Notre pays confond corporatisme, l’exemple du maintien bureaucratique des droits de plantation en est un bel exemple, et indispensable dialogue avec les décideurs du niveau national et européen. Notre goût immodéré pour la confrontation frontale, stérile, nous fait accoucher d’un immobilisme mortifère. Michel Issaly, avec pugnacité, élégance, simplicité et conviction, n’a pas hésité à mettre les mains dans le cambouis, à tenter de faire bouger les lignes, à sortir des postures purement syndicales et corporatistes. Les pesanteurs sont telles, les baronnies si cadenassées, que l’engagement de Michel Issaly doit être salué et apprécié à sa juste valeur.


Chapeau Michel, et merci !


Mais Michel est bien sûr un vigneron, et un très bon.


La preuve : le caviste de référence de la capitale, l’aveyronnais du nord Philippe Cuq, dans son Lieu du Vin link propose à ses amateurs du Michel Issaly. Je lui ai posé la question à son retour d’un séjour en son Aveyron natal, pourquoi ce choix ?


« Il y a quelques années, avant que d’être professionnel, l’amateur que j’étais fréquentait assidûment le salon des vignerons indépendants. Parmi la masse – plutôt qualitative il me semblait – certaines rencontres se détachaient. L’une d’entre elle s’est faite autour de cépages aux noms venus de loin et qui émoustillaient le curieux, l’original que j’étais déjà (mon adresse était lendelel@wanadoo.fr et je me régalais déjà de mansois et de savagnins non ouillés). Un dénommé Michel ISSALY m’a fait faire une  dégustation dont je me rappelle encore : il était question d’équilibre des vignes, de respect du terroir et de l’histoire, de temps nécessaire à la construction du plaisir… On a fini par du mauzac, un Vin de l’Oubli que je n’ai jamais oublié.  Voilà pourquoi, maintenant professionnel, j’ai saisi la première occasion pour aller déguster les vins de la Ramaye, et devinez quoi ? Il y a du Vin de l’Oubli au lieu du Vin. Parce que je n’oublie jamais ni mes amis ni mes plaisirs… »

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Comme un bonheur n’arrive jamais seul sachez parigots et parigotes, mon amie Virginie Maignien du domaine Causse-Marines m’a informée que le lundi 26 mai au restaurant le Perchoir link  14 rue Crespin du Gast dans le XIe, un haut-lieu de la boboitude parisienne, de 16 h à 22 h se déroulera une belle dégustation de mes amis de Terre de Gaillac et que, bien évidemment, l’ami Michel Issaly sera présent.


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Venez-y nombreux vous ne serez pas déçus du voyage…

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 00:09

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En effeuillant la marguerite elle ou il s’interroge « Je t’aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout… »


« L’amour est une fumée de soupirs ; dégagé, c’est une flamme qui étincelle aux yeux des amants ; comprimé, c’est une mer qu’alimente leurs larmes. Qu’est-ce encore ? La folie la plus raisonnable, une suffocante amertume, une vivifiante douceur ! » William Shakespeare.


Laissons de côté l’amour entre êtres humains pour nous limiter à une question simple posée lors d’un du symposium tenu le 27 janvier 2012, « L’amour du Vin » associant la Société de géographie et l’Académie du Vin de France, « Pourquoi aimer le vin ? »


« Roger Dion n’aurait pas renié cette question simple, lui qui écrivait à la première page de son grand livre : « L’homme […] aime le vin comme l’ami qu’il a choisi ; par préférence non pas obligation. Aussi l’histoire du vin est-elle, jusque dans ses expressions géographiques, plus fortement marquée d’arbitraire humain que ne le sont celle du blé ou celle du riz. »


Jean-Robert Pitte poursuit la démonstration « On entre dans un vin comme dans une poésie ou comme on entre en religion. En la matière, seuls sont comparables au vin l’alimentation, la bonne chère, et, par ailleurs, l’œuvre de chair, deux des besoins humains les plus vitaux et avec lesquels le vin s’harmonise si bien.


Ces palettes de perceptions complexes et subtiles dépassent ou plutôt stimulent l’imagination (…) Dès lors que l’on veut en parler, on est contraint de faire appel à tout un vocabulaire comparatif ou métaphorique. Sont convoqués les parfums de minéraux, de fleurs, de fruits, d’atmosphères (un sous-bois de feuillus un soir d’automne tiède pour un chambertin assagi, les embruns marins iodés pour un muscadet, une garrigue chauffée par le soleil pour un bandol, etc.), les comparaisons anthropomorphiques : une jeune femme épanouie, un fougueux adolescent, un très beau vieillard, « une volupté callipyge », un champagne « enfantin et sérieux (…)


Un amateur éclairé n’hésitera pas à frôler l’oxymore, comme en témoignent ces commentaires extraits de la même source « une ferme rondeur », « une minéralité miellée », « un gras nerveux », « un doux amer », « un moelleux allègre », « une puissance toute en dentelle », « une soyeuse fraîcheur », un léoville-barton « terriblement velouté », le « taffetas salin » du pouilly de Dagueneau et pour terminer cette voltige littéraire à propos du pouilly Clos du Calvaire 2008 du même Dagueneau qui « danse en bouche une ultime chorégraphie, sur des pointes minérales et des entrechats vibrants de fruit ». C’est que le vin, comme l’espèce humaine, est riche de paradoxes et que l’harmonie apaisée est souvent ennuyeuse, elle marque, pour l’un comme pour l’autre, le commencement de la fin. »


Oui, le vin stimule l’imagination mais les mots pour traduire les émotions qu’il procure ne m’ont jamais séduit ou accroché. Est-ce un péché mortel que de l’avouer ? Ce que j’ai fait en ironisant, sans doute bêtement, sur « les pensées d’un dégustateur » de Pierre Poupon. Pour autant dois-je être excommunié pour faute grave ? Que Pierre Poupon fut un grand amoureux du vin, je n’en doute pas un seul instant, mais affirmer que ses propos soient poétiques il y a un pas que je ne franchirai pas. C’est mon droit. Sans doute aurais-je pu être plus respectueux mais ma vulgarité n’enlève rien au côté art officiel des propos de Pierre Poupon.


Ce point-de-vue, qui n’est que le mien, posé dans un espace de liberté en libre accès, n’engage que moi et ne relève d’aucun blasphème qui traduirait le peu d’amour que je porte au vin. Si affirmer du haut de sa supériorité que ne pas aimer les écrits d’un grand dégustateur de vin, grand amoureux du vin, aussi estimable soit-il, c’est ne pas aimer le vin équivaut à dire que ne pas apprécier les commentaires d’un grand critique de cinéma c’est ne pas aimer le cinéma. Ceux qui me reprochent mon ego surdimensionné devraient s’interroger sur celle d’un petit cercle de grands amateurs qui cultivent l’entre-soi.


La révérence très peu pour moi !


Le courroux dont j’ai fait l’objet dépasse très largement les écrits de Pierre Poupon qui n’est plus là pour me répondre, et en cela mon ironie facile était déplacée, il se situe dans le cadre de ce que j’écris à propos du petit village de Saint-Émilion via une concierge à la langue bien pendue. Ça ne se fait pas, il faut respecter l’omerta, garder son genou à terre, laver son linge sale en famille. Ce n’est pas le petit monde de Don Camillo, mais presque Dallas. Qui puis-je ? Rien ! Si ce n’est que je n’ai que peu de goût d’exprimer du respect ou de l’admiration pour des gens qui veulent nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Ça brûle, comme le soulignait finement Francis Blanche.


Quand à mon amour du vin je n’ai nul besoin d’un quelconque Diafoirus pour venir le mesurer !


« Il y a deux sortes d’amour : l’amour insatisfait, qui vous rend odieux, et l’amour satisfait, qui vous rend idiot. » Colette

 

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9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 09:00

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« La Vieille Dame indigne » un film oublié de René Allio, inspiré d’une nouvelle de Berthold Brecht, à la mort de son mari, Madame Bertini décide de vivre pour elle-même malgré l'offre intéressée de deux de ses enfants, Albert et Gaston, qui désirent l'héberger. Elle vend tout, s’achète une voiture et part à l’aventure en compagnie d’une serveuse de bar, Rosalie, une jeune femme très libre, pour laquelle elle s’est prise d’amitié... Sa nouvelle façon de vivre, choquante pour tous, surtout pour sa famille, lui permet de découvrir l'amitié libre et le vaste monde.


L’amitié libre, y’en a qui ne comprennent pas, ça les dépasse, bien faire et laisser dire, oui je suis un vieux monsieur indigne et j’aime ça.


« Prenons garde à ce que la vieillesse ne nous attache pas plus de rides à l’esprit qu’au visage » Michel Eyquem de Montaigne.


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Le gingembre, le Zingiber officinale, plante vivace tropicale herbacée, est la racine noueuse d’un frêle roseau d'environ 0,90 m de haut, qui aurait la vertu de stimuler le désir sexuel Mme du Barry, née Jeanne Bécu, dernière favorite de Louis XV, le servait à ses amants. Utilisé depuis plus de 4 400 ans en Chine et en Inde comme assaisonnement culinaire, le gingembre fut rapporté par les Romains il y a près de 2 000 ans. Depuis, il s'est rapidement répandu à travers l'Europe et le reste du monde, où il est unanimement utilisé comme aphrodisiaque ou pour raviver la flamme amoureuse.


Ça vous émoustille bande de chauds lapins !


Désolé de vous décevoir mais une madame la science du Point douche un peu froidement vos phantasmes « Ainsi, si le gingembre n'active pas proprement dit le désir, il a bien une action bénéfique de tonicité générale et agit sur les spermatozoïdes : en protégeant leur ADN et leur qualité, il favorise ainsi une meilleure fertilité masculine. De ses propriétés fécondes, la légende en a sans doute imaginé des prouesses sexuelles décuplées... »


Reste que le gingembre est très tendance. Notre Ribaut national écrit dans Régal « alors qu’il n’était que figurant sur la scène culinaire, ce rhizome biscornu prend de plus en plus de place dans nos assiettes. »


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On peut lui faire confiance à cet écumeur d’étoilés, son carnet d’adresses est aussi rebondi que l’était celui d’un maquignon.


Je lui pique quelques recettes :


1-      Il parfume « le beurre blanc léger de Guy Savoy qui accompagne son exceptionnel pavé de thon en panure d’herbes, d’abricots secs et de pignons de pin. »


2-      Chez Auguste, link  le jeune chef breton Gaël Orieux, fan du gingembre, le met à toutes les sauces, mais avec parcimonie, « même imperceptible au palais, le gingembre donne du montant. » dit-il.


3-      Christophe Boucher, le jeune pâtissier de Dessance link, « a mis au point une composition radicale de fraises marinées au vinaigre de framboise, pickles de radis noir, émulsion givrée de gingembre-citron vert, accompagné d’un crumble au gingembre. »


Sachez aussi qu’au Moyen Âge, dans une majeure partie de l'Europe, on consommait l'hypocras, une boisson à base de vin et de diverses épices dont notamment du gingembre et qu’une bière de gingembre (soda sans alcool) est produit à la Jamaïque, et est connue sous l’appellation anglaise «Ginger beer».


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Sachez encore que, dans le Paris de la nuit, un trio magique officie au Lapin Blanc link : Claire, Gaëlle et Stéphane propose dans son terrier décalé et haut perché de la rue de Ménilmontant, au 84, une bière au gingembre de leur cru. Là-bas il y a toujours à boire nature et à manger à pas d’heure, Claire au piano, avec ses doigts de fée sait tirer de son chapeau de quoi vous rassasier aux plus blanches des heures de la nuit avec de la musique où Stéphane et Gaëlle sont des orfèvres en la matière et bien sûr tous les liquides nature qui vont avec.


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À ce propos, je vous propose de découvrir le « Saint Gros Lô » de François Saint-Lô que m’a fait goûter récemment ma copine Fleur Godard. « Un Saint-gro-lô, 100% grolleau en magnum, la rivière n’est pas en crue, la côte d’alerte n’est pas dépassée, le baromètre indique 9% d’alcool, un vin superbe, nerveux, très « digeste », avec un peu plus de différences qu’un autre comme dirait les Deschiens… »


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« Vieillir, c’est encore le seul moyen qu’on ait trouvé pour vivre longtemps » 

 

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 10:00

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Ce qui m’étonne c’est qu’il s’étonne d’être incompris notre petit Napoléon de la dégustation, le sieur Pousson.


Qu’il cita un vigneron de Brézème Julien Montagnon du Domaine Lombard pour étayer son combat rien de plus normal pour un critique de son envergure :


« Comment peut-on réunir ces 2 types de vins sous un même nom, une même philosophie, une même étiquette?


 Les énervés du « nature » parlent souvent de terroir, mais prenons l’acétate d’éthyle comme exemple ; son goût est identique au nord et au sud, le même goût sur un cabernet franc et sur un grenache. Finalement, sa trop forte présence tend à standardiser les vins comme l’utilisation des levures sélectionnées !


 Tous ces défauts mis bout à bout, et l’utilisation à tout va, de la macération carbonique conduisent à l’inverse de notre vision du vin. Le non-interventionnisme conduit inéluctablement à une standardisation des vins et à une négation du terroir et du rôle du vigneron. Dans notre esprit, nous tentons le moins possible d’intervenir sur nos vins mais « ne rien faire » c’est déjà faire quelque chose, c’est un choix et surement pas un dogme ou une règle.


Nous accompagnons les vins sans les brusquer mais en les préservant des défauts et maladies œnologiques. 

 

Alors oui, nous sommes en agriculture biologique, en Biodynamie, nos vendanges sont manuelles, nos vins sont toujours aux alentours de 40 mg/l de so2 total et nous n’utilisons pas d’autre additif. En fait, nous pensons que le vin est vivant mais nous travaillons à basse température, nous filtrons de temps en temps, nous utilisons des barriques de 1 vin, nous éraflons parfois et nous intervenons quand cela est nécessaire et selon notre sensibilité.

 

Alors ne m’appelez plus jamais nature.

 

Très bien, peu importe la boîte où l'on se range l'important c'est de rencontrer son public, le reste n'est que littérature pour les amateurs.


Mais là n’est pas le problème, celui-ci se niche, comme un détail, tout au bout de sa démonstration :


« D’un côté, des vins superbes, expression de terroir, droit, libres avec de belles buvabilités. Des vignerons, souvent pionniers de l’agriculture Bio, qui restent des modèles depuis longtemps pour nous.


Et de l’autre des vins informes, à la limite du buvable et cumulant tous les défauts du monde: acescence, acétate d’éthyle, évent, oxydation non-maîtrisée… Dans lesquels, il est impossible de découvrir un terroir, un cépage. Des vins incompréhensibles et malades à propos desquels le Tout-Paris s’extasie. »


En voilà une belle exécration, mais c’est quoi au juste le Tout-Paris ?


Un mot-valise, un fourre-tout commode permettant d’amalgamer les snobs, les bobos, en fait d’opposer les braves provinciaux à ces cons prétentieux de Parisiens et d’entretenir le vieil antagonisme entre les gens de la campagne et ceux de la ville capitale.


Ici, dans le cas d’espèce, il s’agit du Tout Paris du vin fréquentant les hauts lieux du naturisme : cavistes, bars à vins, cantines chic type Saturne, Septime ou autre Châteaubriant, le salon rue 89 d’Antonin Iommi-Amunategui, les lecteurs de Tronches de Vin et dernièrement adeptes de la résistance naturisme selon Jonathan Nossiter.

 

* la photo titre montre une brochette du Tout-Paris du vin en train de s'enfiler des vins incompréhensibles devant la Cave des Papilles haut lieu du parisianisme naturiste. 


En un mot comme en 100 c’est un profil type Guillaume Nicolas-Brion, en plus âgé : quadragénaire, avec beaucoup plus de thune que lui, travaillant dans la pub ou la prod, accompagné d’une belle et grande tige, roulant en scooter, logeant dans un loft sur les hauts de Belleville, qui passe ses vacances à l’Ile de Ré ou à l’Île aux Moines… Bref, un bobo arrogant, gentrificateur, qui ne saurait pas distinguer une poule d’un poulet, même bio.


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Ok,  mais encore ?


Où est le problème ?


En quoi les déviances réelles ou supposées d’une poignée de vignerons et l’adhésion d’une infime minorité à leurs breuvages incompréhensibles troublent-elles autant les gardiens du Temple ?


Beaucoup de bruit pour rien !


Que ça agace Pousson et ses frères j’en conviens mais pourquoi en faire tout un plat, resservir inlassablement les mêmes plats ?


C’est lassant !


C’est même chiant !


Ça frise l’obsession !


Comme un sentiment que tout cela n’est qu’un prétexte, un vieux compte à régler, une forme de relent de la Terre elle ne ment pas, un anti-parisianisme primaire, un refoulement, une volonté de s’affirmer paysan alors que tout bonnement l’on vit sa vie dans une grande métropole internationale.


Mais il y a un mais, comme tout un chacun, moi le premier, l’homme voudrait être aimé, du moins apprécié de l’élite des amateurs de vin nature comme ce bon Jonathan Nossiter leur nouveau Pape. Comme je le comprends le brave mais encore faudrait-il qu’il arrête un chouïa de nous saouler avec ses billets avec femmes à poils incorporées (ça booste l'audience de l'avis même de l'auteur)… Ses appels du pied tombent dans le vide, les naturistes parisiens sont aux abonnés absents, ils l’ignorent ou presque…


Désolant ?


Sans doute, mais pourquoi s’échine-t-il à chercher à comprendre des vins incompréhensibles ?


C’est de l’énergie mal placée. Dès qu’un vin est en bouteille pour être vendu qu’il est acheté et bu les fameuses déviances sont à classer au royaume de l’anecdote sans intérêt. N’oublions pas que les vins nature sont l’épaisseur du trait. Qui dérangent-ils ? Pas moi, je choisis de boire ce qui me plaît et je n’ai nul besoin de grands prêtres pour me dire ce qui est mauvais. Le populo non plus d’ailleurs, celui qui boit des vins à 2 balles.


Ferait mieux d’aller mettre son nez dans le vin courant notre cracheur de vinaigre patenté !


Mais revenons à la détestation des Parisiens en général et des Parisiens du Tout Paris en particulier.


Notre cousin et ami du Québec Louis-Bernard Robitaille le dit sans détour dès la première phrase de son livre Les Parisiens sont pires que vous croyez : « Le parisien a mauvaise réputation. »


Il enchaîne :


« Les provinciaux, c’est un fait avéré, ne pensent guère de bien de ces compatriotes de la capitale. D’ailleurs beaucoup d’entre eux y viennent le moins souvent possible, ou pour affaires, familiales ou professionnelles. Certains passent leur vie à voyager autour du monde sans presque jamais s’y arrêter. À Lyon, Angoulême, Bordeaux ou Nice, ils sont quelqu’un, on les salue, on leur tape sur l’épaule et on leur donne du Monsieur. À Paris, ils ne sont plus rien : rien que des provinciaux justement. »


« La mauvaise image du Parisien est si universelle que l’impétrant en vient parfois à se détester lui-même. Côté pile, il se rengorge d’être un «vrai Parisien ». Côté face, il s’empressera de vous expliquer qu’il n’a rien en commun avec tout cela, les Parisiens et le parisianisme, qu’il en a fait le tour depuis longtemps et que ça ne l’intéresse plus. Paris dit-il volontiers, est un haut lieu du cynisme, de la futilité et des fausses valeurs, c’est une ville sans âme et sans racines, et lui-même ne se sent revivre que lorsqu’il revient dans son Périgord natal (ou sa Bretagne ou  sa bonne ville de Bordeaux). Il se flatte de venir d’ailleurs et s’inventera au besoin une enfance lorraine ou des grands-parents ardéchois, car être né dans la capitale, c’est un peu comme arriver au monde déjà vieux et décadent, sorte de Pu Yi en sa Cité interdite. L’antiparisianisme est le stade suprême du parisianisme. »


Moi je vis à Paris depuis plus de 30 ans et je n’ai nullement envie de m’en excuser.


Tout d’abord Paris n’est qu’une toute petite ville : 105 km2, en fait 65 si l’on retranche les bois de Boulogne et de Vincennes, 2,25 millions d’habitants soit 20 980 habitants au km2 selon l’INSEE alors que Shanghai, symbole de la ville tentaculaire n’en affiche que 3600, Londres 4978 et Rome 2165. Nous sommes la seule grande capitale à être entièrement encerclée par un wrong side, celui du périphérique.


Entassés, encerclés, nous n’avons nul besoin de nous défendre mais plutôt d’inventer un vrai Grand Paris avec nos voisins les plus proches. Laissez-nous donc assumer notre destin nous ne sommes pas responsables du fait que « Paris monopolise les pouvoirs comme aucune autre capitale dans le monde » Vous en êtes aussi responsables que nous.


D’autre part, ras la coupe des amalgames : les jeunes, les femmes, les émigrés, les vieux, les bobos, les Parisiens… ça veut tout dire et rien dire, c’est commode pour allonger la sauce de tous les préjugés et les diatribes creuses.


Quant au Tout Paris, vague poignée de happy few, et à son parisianisme je laisse ça à l’humour décapant de François Morel. C’est un vrai bijou à voir et à entendre absolument.



"Parisianistes !" : le Billet de François Morel par franceinter

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 00:09

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De Rochechouart jusqu'à Ménilmuche/D'la rue d'Lappe à la rue d'la Gaité/Y a pas un' môm' dans tout Pantruche/Qui avec la mienn' pourrait lutter/De la tête aux pieds quand on l'épluche/On ne trouv' rien à lui reprocher/C'est un oiseau rar'/Que Roi des veinards/J'ai eu le bonheur de dénicher : Ah ! si vous connaissiez ma poule, /Vous en perdriez tous la boule. /Ses p'tits seins pervers/Qui pointent au travers/De son pull-over/Vous mettent la tête à l'envers !/Elle a des jambes faites au moule/Des cheveux fous, frisés partout/Et tout et tout.../ Si vous la voyiez, /Vous en rêveriez !


Les paroles de cette chanson des années 30, 1937, expriment avec justesse ce qu’était la gouaille joyeuse et moqueuse, légère du p’tit populo parigot qui aimait guincher et danser dans les guinguettes du bord de l’eau pour oublier le boulot. Maurice Chevallier le surjouait, alors qu’Arletty fut l’incarnation idéale de la Parisienne délurée et spirituelle. « Atmosphère, atmosphère. Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? » (Hôtel du Nord). Même lorsqu’elle fit preuve de légèreté sous l’Occupation en donnant son cœur à un officier allemand, elle assuma et ni les juges, ni le public ne lui en tint rigueur.


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Avoir une poule, de mon temps, dans ma Vendée crottée, c’était avoir une petite amie qui acceptait, à titre gratuit, ce que la grande majorité des filles refusaient. Bien sûr, dans le langage courant des bien-pensants, les poules, surtout celles de luxe, c’étaient des femmes légères, des femmes faciles, des grues,  «Une vraie poule de luxe ne baise pas... ou du moins baise le moins possible !» Enfin, par extension, dans les BMC, les poules pouvaient être aussi des péripatéticiennes « Au bordel d'Epernay, les poules disaient aux fantassins : «Profites-en, mon p'tit gars. T'attaques le 17 !» La conviction que cette offensive tournerait au désastre était générale… »


Fernandel :


-          Je marie ma fille.

-          Oh ! Putain !

-          Non, pas l’aînée, la cadette.


Lorsque j’affirme « je veux des poules dans mes vignes ! » je vous balade un chouïa.


Comme vous le savez j’adore les petits livres que l’on glisse dans sa poche.


Celui-ci commence par un avertissement, « à un futur passionné de poulettes qui s’ignore » plein de drôlerie.


« Tu vas bien t’embêter avec ça ! », tel fut l’avertissement décourageant de ma grand-mère, fière jardinière et éleveuse de poules rôdée, mais traditionnelle. C’est-à-dire le jardin d’un côté, et les poules, solidement enfermées, le plus loin possible, dans un enclos au sol damé à mort et pas joli, joli.


Inspirée par les pépiniéristes flamands qui lâchent des poules chaque matin dans leurs cultures pour faire le ménage gratuitement, j’ai donc pris des poules. Dix ans après, je n’en reviens toujours pas de cette compagne étonnamment bête, franchement rigolote, souvent quasi-philosophique et écologiquement efficace !


Côté ménage, rien à dire. Si vous avez des poules, vous pouvez dépenser agréablement votre budget « granulés anti-limaces » et piège à mouches des fruits, car vous ferez des récoltes épatantes, garanties bio, grâce à ces gratteuses invétérées pour lesquelles le ver, le moucheron comme le limaçon, voire la grosse limace baveuse, son mets de choix.


Côté philo, on ne se lasse pas de réfléchir au mystère de ces vraies imbéciles qui détectent à  10 m la présence d’un vermisseau invisible et gardent des années durant la mémoire du lieu où elles se sont gavées, même 5 minutes. Et puis, observer ses poules détend, non sans vous rappeler les mesquines querelles de bureau et vous interroger sur les ressorts de la cruauté d’une économie sans pitié.


Tout ça sans compter qu’élever des poules, c’est œuvrer pour le bien-être de la planète.


Car ayez deux poules et le poids de votre poubelle « recyclable » sera quasi réduit à zéro. Au point qu’en Belgique, la région wallonne a décidé de subventionner leur élevage domestique. Alors, on essaie, on jardine avec des poules !


Mode d’emploi ! »


Tout y passe : choix de la race « poule pop ou poule chic ? »,  le nombre : 2 c’est mieux, 3 bonjour les dégâts ! » « Gros derrière, grosse pondeuse ? » « Cul d’artichaut, cœur d’artichaut ? » « Pas de coq, pas d’œufs ? » « Oui à l’indépendance, non à la révolution ! »


Vous saurez tout grâce à ce joyeux petit livre « Je veux des poules » Beucher Larousse 5€


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J’entends déjà des ricanements dans les rangs : « mais qu’est-ce qu’on en a à péter de ses poules au Taulier ? »


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Tout bêtement parce qu’avoir des poules dans ses rangs de vigne c’est plus intelligent que de radoter sur la présumée stupidité des « naturistes » (amateurs de vins natures) comme le fait le petit derviche tourneur le grand sachant qu’adore les seelfies de lui.


Allez donc voir dans la patrie de ce bon Jean Carmet si j’écris des conneries : « Des poules et des vignes à Bourgueil »


« Ingrandes-de-Touraine, c'est l'histoire d'une rencontre entre Vincent Simon et Philippe Boucard, leur complicité, c'est ensuite la naissance d'un projet, celui d'introduire les poules du cuisinier dans des vignes conduites par le vigneron, puis la recherche de l'équilibre entre nature et jardin et que revive le Vignoble de la Galotière. » link


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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 00:09

J’aime les jours qui commencent en pente douce dès l’éveil, me laisser-aller, me laisser porter la tête dans les étoiles et le cœur léger. Cap au nord, sous la Grande Verrière de la Gare du Nord je rejoins mes deux compagnons de voyage tout juste sortis des brumes de la nuit, direction Bruxelles-Midi d’un seul trait. Notre guide Patrick nous accueille et nous marchons sous un franc soleil jusqu’à la Grande Place où nous effectuons notre première station d’un chemin qui ne sera pas de croix mais de joie.


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Nous marchons dans la ville. Ma meilleure amie, la folle du logis, ce petit vélo qui vagabonde dans ma tête, m’investit, baguenaude, trace des échappées belles, me nourrit d’images et de mots. M’éclaire. En ce beau jour Bruxelles plante le vaste décor de mon imaginaire, je suis ailleurs et ça me va.


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J’aime !


Nous restaurer…


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Les Brigittines, havre de paix art nouveau, du beau, discrète élégance, adéquation parfaite avec l’insoutenable légèreté de mon vieux cœur tout boucané.


J’aime !


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Il m’est dit que, Dirk Myny, « fait partie des rares chefs à s’évader dans le vignoble dès que l’occasion se présente et qu’il propose la plus belle carte de la capitale en vins d’Alsace, une région qu’il connaît sur le bout des doigts et qui lui a donné le goût des crus qui sentent la terre et le travail. » L’homme aime tous les vins, pourvu qu’ils soient élégants et généreux.


Nous sommes ici pour Cantillon !


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Mon petit doigt me dit aussi qu’il fait partie d’une bande des 4, de bons vivants, des noceurs, des bosseurs… Dirk, la suite nous le prouvera, est fidèle à ses origines la campagne du Pajottenland, où il a grandi.


Nous sommes 7 à table, une petite Europe du Sud à nous tous, franco-italienne, cornaquée par notre ami Patrick, belgo-suisse, qui aime tant les vins nature de nos voisins de la Péninsule.


Nous mangerons et boirons avec les accents des flacons de Cantillon.


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C’est aujourd’hui Quintessence de Cantillon.


René Sépul du Soir souligne très justement que « Dirk, Maître cuisinier de Belgique, s’est surtout fait seul, traçant ses sillons gourmands sans s’occuper de ses voisins, toujours concentré à tirer vers le haut les produits de terroir qu’il apprécie. Son assiette est franche, joyeuse, goûteuse… il a su faire évoluer les choses. Mettant l’accent sur des plats plus personnels et plus créatifs, sa maison est aujourd’hui paradoxalement plus bruxelloise, et c’est un plus. Dirk a rencontré des artistes du goût, comme Jean Van Roy de la Brasserie Cantillon, dont il intègre les impeccables lambics et autres gueuzes dans ses casseroles. »


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Table vivante, sans chichis, créative, dénuée des artifices des chefs qui privilégient la forme, exaltation de saveurs riches, alliance précise tels le petit épeautre cuit en risotto et les fines crevettes grises décortiquées qui accompagnent le cabillaud vapeur nappé d’un sabayon au lambic Cantillon. Et puis, quels mots mettre sur son zennepot, « un plat créé un soir de fête en pensant aux copains, un truc un peu dingue où se rencontrent chou cuit à la gueuze, bloempanch, saucisse sèche et bulots… » ?

 

Un seul : c’est grand !


J’aime !


Je ne suis pas très dessert mais le granité de Kriek de Dirk m’a enchanté et ravi. Pensez-donc un granité accompagné d'un bleu !


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Au long de ce très beau repas le temps s’est suspendu, aérien, sensible à la magie du génie de la main qui fait, fort de la supériorité radicale et indépassable de l’artisan, j’étais heureux. Nous étions heureux !


Loin de nous faire redescendre sur terre, Patrick, zélateur infatigable et sincère des vins natures nous abreuvait de magnificence : un Muenchberg Grand cru Riesling n°3 1999 Julien Meyer.

 

Grand !


Nous pouvions continuer notre pèlerinage au pays des merveilles : cap sur Cantillon !


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Pour connaître Cantillon lire mon reportage de 2013 : Vigneronne link 


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