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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 06:00
La meilleure défense de nos bons vieux fromages qui puent c’est de les acheter !

À celles et ceux qui trempent leur plume dans la colère pour défendre nos beaux fromages qui puent, estampillés AOC ou non, je pose poliment une batterie de questions ?

 

  • Vous en avez combien dans votre garde-manger de ces fromages pas beaux qui puent ?

 

  • Si oui, lesquels ?

 

  • Vous en avez tout le temps ?

 

  • Si oui, en proposez-vous très souvent à vos enfants et à vos adolescents ?

 

  • Lorsque vous allez au restaurant est-ce que vous prenez régulièrement du fromage ?

 

Je ne suis pas certain que vos réponses soient à la hauteur de votre indignation mais, comme je ne le saurai jamais j’espère un peu quand même que votre militance joint le geste à vos paroles ou à vos écrits. De plus, j’espère aussi que votre combat contre les multinationales prédatrices se concrétise dans vos bulletins de vote. Face de Bouc révèle parfois de grands écarts politiques… Mais les bourgeoises des beaux quartiers ont le droit de défendre les fromages qui puent et d’aimer Fillon.

 

Laissons-là les « professionnels de l’indignation » qui alimentent un fonds de commerce fort lucratif pour entrer dans le vif du sujet :

 

Mon combat pour les fromages qui puent, les moches, les petits, les sans-grades, n’est pas récent, mes nombreuses chroniques et mes photos sur Face de Bouc en témoignent et qu’on ne vienne pas me chercher des poux sur la tête : j’ai défendu avec succès, contre les gnomes sanitaires, la gerle du Salers devenue obligatoire en 2000 ; j’ai ferraillé contre Lactalis pour lui contester sa mainmise sur la Fourme de Montbrison ; j’ai soutenu le noble combat d’André Valadier pour le Laguiole ; j’ai pris des cours d’affinage avec le maître en à la matière : Alleose 

 

Trêve de médailles auto-attribuées à mon combat pour clamer : camembert à celles et ceux qui font profession d’indignation pour vendre des livres.

 

Ça fait le buzz, ça fait des émissions à la radio, mais je mets aux défis qui que ce soit de trouver dans les papiers de nos grands et petits critiques gastronomiques quelques lignes sur le plateau de fromages des restaurants !

 

Encore faudrait-il qu’il y en eut un !

 

Ce n’est pas chic le fromage qui pue !

 

Ces affreux ne relèvent pas du génie du chef, sauf à souligner que le choix de ces fromages relève d’une vraie défense de nos petits producteurs, des territoires où ils s’accrochent.

 

Allez-donc voir, ou achetez le DVD des Chèvres de ma mère ! ça vous fera du bien à la tête, ça vous évitera d’en rester à des combats de salon.

 

Toutes mes cantines favorites : Table, Les Climats, Amarante, Giovanni Passerini… proposent des vrais fromages qui puent…

 

C’est Bruno Verjus qui m’a fait découvrir la fourme de Valsivière

 

C’est Patrick Beaudouin qui sur le marché de Chalonnes-sur-Loire chez Bocahut qui m’a initié au bleu de Termignon. 

 

Ma copine Magalie a arpenté pendant des années le Benelux et l’Angleterre pour vendre les fleurons de nos fromages qui puent.

 

Chaque semaine sur mon vélo flanqué de sacoches je me rends à Terroirs d’avenir ou/et chez Alessandra Pierini, la plus parisienne des italiennes, où je fais, en plus des autres victuailles, ma moisson de fromages qui puent. Il suffit de renseigner son nom sur le moteur de recherche de mon blog pour apprendre à mieux connaître tous les splendides fromages de la Péninsule.

 

Chez moi lorsque j’invite il y a toujours au moins 5 fromages, pas forcément gaulois, et le jeu consiste à les reconnaître avant de les manger. Ils n’ont pas tous une belle tronche mais c’est ça la diversité qu’il faut défendre avec ses deniers.

 

Et qu’on ne me traite pas de bobo qu’a les moyens de se payer ces merveilleux fromages : si l’on souhaite vraiment qu’ils ne soient pas terrassés par les croutes de la GD issues de Lactalis et de ses frères coopératifs ou de pseudo-BOF, il faut accepter de payer le prix.

 

Et ce n’est pas un privilège de parisien que d’avoir accès à cette belle diversité, partout en France, dans tous les recoins de l’hexagone, si on se bouge les fesses, il est tout à fait possible de les acheter au marché, chez les producteurs ou chez des fromagers spécialisés.

 

La meilleure défense c’est l’attaque : joindre le geste à la parole ou à l’écrit. Lorsqu’une demande pressante s’exerce, qu’il y a un marché, le bon produit fait bien mieux que résister, il prospère car les producteurs en vivent.

 

C’est un peu comme la presse magazine qui perd des lecteurs, donc des annonceurs, pour se retrouver en redressement judiciaire : pas vrai Périco de Marianne !

 

Bien entendu je suis de ceux qui les défendent contre les folies des faiseurs de normes, des contrôleurs de tous poils qui emmerdent le petit producteur isolé faute de pouvoir coincer les industriels bardés de juristes.

 

Les traités de libre-échange ne me font pas peur, si nous sommes en capacité d’offrir à nos producteurs fermiers et artisanaux qui travaillent dans la tradition un marché domestique fort et rémunérateur, nos voisins amateurs de bonne chère seront les premiers à venir les conforter.

 

Nul n’est obligé de mal bouffer, mais lorsqu’on privilégie les sports d’hiver ou l’île Maurice par rapport au contenu de l’assiette il ne faut pas chouiner.

 

Tant que les citoyens-consommateurs ne feront pas des choix alimentaires forts en direction d’une alimentation plus saine, plus soucieuse des saisons, plus intéressés par le réel devenir des damnés de la terre, il ne faudra pas s’étonner que le modèle dominant : produits à bas coûts, aliments transformés, distribution de masse, ait encore de beaux jours devant lui en se teintant d’un peu de bio, de durable…

 

C’est de la politique, de la vraie, pas du marketing éditorial à l’adresse de ceux qui adorent pousser des cris d’orfraies, « tout fout le camp, notre bon vieux camembert… », le cul sur leurs canapés en picorant des cubes de Babybel… en sirotant un mauvais whisky de GD… et regardant la télé bien sûr…

 

Je ne force pas le trait, croyez-moi !

 

C’est en ce moment le SIA les plus grands exposants sont LIDL, Danone, Carrefour, MacDo qui en profite pour afficher dans tout PARIS son burger au Gruyère IGP et son partenariat avec la race charolaise McDonald's renforce son partenariat avec la filière des vaches charolaises 

 

Royaume-Uni: les produits du terroir au défi du Brexit

AFP

Publié le 26/02/2017 à 09:42 | AFP

 

ICI 

 

La meilleure défense de nos bons vieux fromages qui puent c’est de les acheter !
La meilleure défense de nos bons vieux fromages qui puent c’est de les acheter !
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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 06:00
L'intelligence est-elle vraiment dans le pré ou comment revenir d’1 agriculture de minerai à 1 agriculture de produits ?

En ce temps de Salon des vaches, des cochons et des couvées, surexposé par le défilé des candidats à l’Élysée, je suis frappé par le convenu des discours et des programmes politiques de tous bords.

 

Entre « les barres toutes » de toute obédience, les « on maintient le cap » ou les « on passe la surmultipliée » ce n’est même pas un dialogue de sourds mais une partie de poker menteur où chacun s’appuie sur l’intransigeance du camp d’en face pour camper sur ses positions.

 

Et ça fait des années que ça dure sans que quiconque parmi les politiques, les dirigeants professionnels et celles et ceux qui se vivent comme des lanceurs d’alertes soient en capacité de répondre à ce que l’on qualifie de malaise paysan, du mal être des paysans.

 

Dans sa postface au livre d’Emmanuel Le Roy Ladurie Les Paysans Français d’Ancien Régime, Jean-Marc Moriceau écrivait :

 

« À l’heure où l’on s’interroge sur la place de l’agriculture en Europe et où le projet de loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt, voté en septembre 2014, peine à préciser l’identité des « agriculteurs », un regard rétrospectif sur les « paysans » dans notre histoire nationale est le bienvenu. Un regard ouvert, et détaché de tout dogmatisme. Ce parti est d’autant plus sain qu’il peut s’appuyer sur une définition très large des paysans français. »

 

Les penseurs du Think tank Groupe saint-Germain (*) cher au cœur de Stéphane Le Foll dans leur ouvrage collectif L’intelligence est dans le pré (2014) abordaient la même question en partant de l’Angélus de Millet : « Une fois entré dans le tableau nous le voulons humble, les yeux baissés sur la terre et la parole rare. L’image devenue cliché, chacun est prisonnier de l’album photographique et la figure du paysan comme travailleur, comme personne agissant dans la modernité passe au second plan. »

 

Le métier a changé disaient-ils, erreur ce sont maintenant des métiers qui vont du quasi-salarié fournisseur de minerai pour l’agro-alimentaire à l’agro businessman en passant par celui de producteur-transformateur en vente directe, de serriste hors-sol, de petit producteur de…, avec des approches radicalement différentes de leur relation à la terre ou à leurs animaux ou de l’élaboration de leur produit : le cas du vin étant très emblématique.

 

Le couplet sur les années 60, l’autosuffisance alimentaire, la révolution verte et silencieuse, la mécanisation, l’intensification, la dépendance vis-à-vis de l’aval tant des IAA que de la GD, le pétrole vert, l’ouverture au grand large, la fin des politiques communes protectrices, la pression des contraintes environnementales, l’isolement de plus en plus grand des paysans, font que toute tentative de dresser le portrait-type du paysan est voué à l’échec.

 

Personne n’échappe à une vision caricaturale des paysans : pour certains ils ne sont aimables que s’ils sont petits, accrochés à leur terre, soucieux de leur terroir, de leur produit, pour d’autres ils se doivent d’être dans l’hyper modernité : OGM, robot de traite, carburant vert, chimie verte, marché à terme, tour de séchage pour lait infantile exporté en Chine… Et les petits franciliens, eux, iront s’esbaudir Porte de Versailles sur la plus grande ferme de France devant des animaux carrossés comme des prototypes et lorsqu’ils rentreront ils demanderont à leurs parents un bon yaourt La Laitière avec un « Vermeer » sur l’étiquette…

 

Cette diversité a toujours existée même si elle s’est amplifiée avec la modernité et occuper le 78 rue de Varenne n’est, n’a jamais été, une sinécure. La FNSEA joue sur du velours, avec la droite au pouvoir elle est en phase : Bruno Le Maire dans son livre ne dit rien d’autre qu’il était au service de la Profession agricole ; avec la gauche gouvernementale elle souffle le chaud et le froid pour mieux imposer sa loi. Le bilan calamiteux de Stéphane Le Foll, recordman de durée au 78, le montre de façon criante. Le seul bénéficiaire de son passage est son directeur de cabinet propulsé à la présidence de l'INRA.

 

Je lisais sur Twitter qu’un jeune loulou était vénère que le gouvernement donna des gages à la FNSEA.

 

Que faire alors ?

 

Changer de modèle clament les Verts !

 

Certes, mais on ne manœuvre pas un porte-avion comme une goélette : rappelons-nous la détresse des salariés bretons face à la désintégration de la filière avicole intensive et la crise des abattoirs de porcs. Le virage ne peut être que progressif, pragmatique, accompagné d’une réelle évolution de notre modèle alimentaire qui passe prioritairement par des achats en GD.

 

Nous sommes aussi le système, les radicalités sont des aiguillons nécessaires mais surmonter nos propres contradictions, ne pas tout demander aux autres, permettra une réelle et salutaire inflexion. Le temps long cher à mon vieux mentor facétieux Michel Rocard.

 

PS. Le Groupe Saint-Germain (*), j’en ai fait partie jusqu’en 2007, je l’ai quitté car j’estimais qu’il manquait autour de la table les principaux intéressés : les agriculteurs, les éleveurs, les viticulteurs ce qui conférait à nos réflexions un côté hors-sol c’est—à– dire déconnecté de la réalité.

 

Parce que le monde change, Il est vital de repenser le projet de l’agriculture  ICI 

 

On ne change pas une société par décret écrivait Michel Crozier en 1979.

 

La multiplication des lois, avec nom de Ministre incorporé, qui se disent d’orientation, de modernisation, d’avenir, ne sont que des cataplasmes sur une jambe de bois.

 

Ce ne sont que des chapelets de « bonnes » intentions qui ne s’appuient sur aucun moyen d’action. Toutes les transitions, énergétiques, sociétales, sociales exigent un travail de persuasion du corps social concerné. Travail qui n’est jamais fait. Nous procédons, lorsque nous sommes face au mur, par à-coups sous la pression et les dégâts collatéraux sont importants.

 

(*) Ce groupe de réflexion multidisciplinaire rassemble une quinzaine d’universitaires, de chercheurs, d’experts publics et de responsables professionnels, figurant parmi les meilleurs connaisseurs du monde agricole et rural français et international. Ont participé notamment à ces travaux : Gilles Allaire, économiste, Jacques Berthomeau, spécialiste de la viticulture, Vincent Chatelier, économiste, Jean-Claude Flamant, agronome, Bertrand Hervieu, sociologue, Jean-Luc Mayaud, historien, Jean Viard, sociologue… Ces échanges réguliers ont pour objectif d’éclairer les enjeux, les dynamiques et les tensions qui traversent nos territoires ruraux afin de contribuer à revisiter le projet de l’agriculture et de la ruralité, de ses territoires, ses fonctions, ses hommes et ses femmes. En clair, une redéfinition des politiques agricoles en France et en Europe. Avec pour but d’intégrer les données économiques, sociales et environnementales afin de proposer une vision partagée par le plus grand nombre, capable d’offrir aux agriculteurs un revenu, une reconnaissance et une légitimité dans la société.

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 17:50
Journal d’1 chroniqueur de campagne (8), la jurisprudence Balladur pour les mis en examen, Le Maire fors l’honneur, mais où sont Juppé et NKM ?

La question posée jusqu’à ces derniers jours était : Un ministre mis en examen doit-il démissionner ?

 

La présomption d’innocence, marque de notre État de Droit, ne permettait pas de trancher, ce qu’arguait Nicolas Sarkozy face à Léa Salamé :

 

- Si vous êtes réélu président de la République, est-ce que vous appliquerez la jurisprudence Balladur - tout ministre mis en examen devra démissionner ?

 

- Non, non non non non. Je crois beaucoup à l'État de droit comme vous et à la présomption d'innocence. J'ai trop vu ce qui s'est passé avec monsieur Baudis [voir ici, ndlr] - paix à son âme - qui a été insulté, bafoué à longueur d'émissions de télévision, y compris sur le service public [...] pour s'apercevoir six mois après que c'était que des mensonges et que l'innocence... L'innocence, le respect de la présomption d'innocence, ça compte. Vous devriez considérer que c'est un principe absolu.

 

François Fillon, se range à l’avis de son ancien mentor en inaugurant une nouvelle ère dans l’affaiblissement de la morale publique en maintenant sa candidature à la Présidence de la République.

 

C’est son droit et je ne lui conteste pas. Il est présumé innocent sauf que, s’il est élu, son impunité présidentielle renverra la procédure aux calendes grecques.

 

La jurisprudence Balladur ne s’appliquait donc qu’aux lampistes.

 

Ces vingt dernières années, douze ministres français ont démissionné à la suite d'un scandale. Neuf sont de droite, un du centre, et de deux de gauche.

 

Le dernier en date fut Jérôme Cahuzac, ministre du Budget, a présenté sa démission du gouvernement après l'annonce d'une ouverture judiciaire à son encontre pour des faits présumés de blanchiment de fraude fiscale.

 

• 29 mai 2011: Georges Tron

 

Le secrétaire d'Etat à la Fonction publique Georges Tron (UMP), visé par une enquête judiciaire après des accusations d'agressions sexuelles, présente sa démission du gouvernement, tout en clamant son innocence. Il a été mis en examen pour viols et agressions sexuelles mais aucun renvoi devant un tribunal n'a encore été décidé à ce jour.

 

• 27 février 2011: Michèle Alliot-Marie

 

La ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie (RPR, UMP) annonce sa démission, tout en affirmant n'avoir "commis aucun manquement". Depuis le début de l'année, elle avait accumulé les maladresses à propos de ses vacances fin 2010 en Tunisie, alors que la révolte y avait commencé.

 

• 4 juillet 2010: Alain Joyandet et Christian Blanc

 

Le secrétaire d'Etat à la Coopération et à la Francophonie Alain Joyandet (RPR, UMP) et le secrétaire d'Etat chargé du développement du Grand Paris Christian Blanc (Nouveau Centre) démissionnent du gouvernement de François Fillon. Le premier a été épinglé par la presse pour avoir utilisé un jet privé coûteux pour se rendre dans les Caraïbes, puis à propos d'un permis de construire illégal pour agrandir sa maison dans le Var. Christian Blanc, lui, s'est vu reprocher des achats de coûteux cigares réglés à partir de fonds publics.

 

• 25 février 2005: Hervé Gaymard

 

Le ministre de l'Economie Hervé Gaymard (RPR, UMP) démissionne du gouvernement Raffarin à la suite d'une polémique sur son luxueux et spacieux logement de fonction.

 

• 21 janvier 2004: Pierre Bédier

 

Le secrétaire d'Etat aux programmes immobiliers de la justice Pierre Bédier (RPR, UMP) démissionne du gouvernement Raffarin après sa mise en examen pour "corruption passive et recel d'abus de biens sociaux" dans l'enquête sur des marchés publics dans les Yvelines. Il sera condamné à 18 mois de prison avec sursis.

 

• 17 juin 2002: Renaud Donnedieu de Vabres

 

Le ministre des Affaires européennes Renaud Donnedieu de Vabres (UDF, UMP), mis en examen dans une affaire de financement illégal du défunt Parti Républicain (PR, aujourd'hui fondu dans l'UMP), quitte le gouvernement Raffarin où il ne sera resté que cinq semaines. Il est relaxé des faits de "complicité d'infraction à la législation sur le financement des partis politiques", mais déclaré coupable de blanchiment et écope d'une amende.

 

• 2 novembre 1999: Dominique Strauss-Kahn

 

Le ministre de l'Economie DSK (PS) du gouvernement Jospin, impliqué dans l'affaire de la MNEF, présente sa démission. Il sera relaxé.

 

• 12 novembre 1994: Michel Roussin

 

Le ministre de la Coopération Michel Roussin (RPR), du gouvernement Balladur, démissionne deux jours avant d'être mis en examen pour "recel d'abus de biens sociaux" dans l'affaire des fausses factures des HLM de Paris et des Hauts-de-Seine. Il bénificiera d'un non-lieu pour cette affaire.

 

• 14 octobre 1994: Gérard Longuet

 

Le ministre de l'Industrie Gérard Longuet (UDF, PR, UMP), du gouvernement Balladur, donne sa démission, après des enquêtes préliminaires sur sa villa de Saint-Tropez, et l'ouverture d'une information judiciaire sur le financement du PR. Il bénéficiera d'un non-lieu.

 

• 17 juillet 1994: Alain Carignon

 

Le ministre de la Communication Alain Carignon (RPR, UMP), dans le gouvernement Balladur, présente sa démission peu avant sa mise en examen pour "recel et complicité d'abus de biens sociaux" dans une affaire liée à la Lyonnaise des Eaux. Il sera condamné à cinq ans de prison dont 1 avec sursis et passera 29 mois en prison.

 

• 23 mai 1992: Bernard Tapie

 

Le ministre de la Ville Bernard Tapie (PRG), du gouvernement de Pierre Bérégovoy, démissionne une semaine avant son inculpation dans l'affaire Toshiba-France, un litige privé et commercial qui aboutira à un non-lieu.

 

Dans un communiqué, Bruno Le Maire rappelle cruellement à François Fillon son engagement pris le 26 janvier au journal de 20 heures de TF1 : s’il était mis en examen, il se retirerait de la course à l’Elysée. Depuis, le candidat a fait marche arrière, et martèle désormais qu’il ira « jusqu’au bout ». Mais - même s’il se trouve que Fillon n’est pas (encore) mis en examen - Bruno Le Maire ne le suit plus. « Je crois au respect de la parole donnée », écrit le député de l’Eure. « En accord avec mes principes, je démissionne donc de mes fonctions de représentant pour les affaires européennes et internationales de la campagne de François Fillon. » Et que va donc faire Bruno Le Maire, alors ? « Je poursuis le combat politique au service de la France et des Français », élude-t-il en conclusion de son communiqué.

 

Dans la foulée, plusieurs élus proches de Bruno Le Maire ont apporté leur soutien à cette décision sur Twitter comme Laure de La Raudière, députée d’Eure-et-Loir et membre de l'équipe projet de François Fillon, mais aussi Franck Riester, député-maire de Coulommiers, ou Arnaud Robinet, député-maire de Reims. Parmi les « lemairistes » haut placés dans l'organigramme de François Fillon, Thierry Solère, porte-parole, et Sébastien Lecornu, directeur adjoint de la campagne, n'ont en revanche pas annoncé leur retrait à l'heure actuelle.

 

Reste une double inconnue non encore levée à l’instant où j’écris cette chronique : que vont faire Alain Juppé et celle qui s’est ralliée à lui, avec un beau score à la Primaire, NKM ?

 

Le premier se devrait, eu égard à ses prises de position et à ses électeurs de la Primaires, d’adopter a minima une position très en retrait du maintien de Fillon. Sa raideur coutumière lui a interdit de se positionner en recours, ce fut une erreur stratégique qui a ouvert un large boulevard à Macron. Boulevard sur lequel s’est engouffré son soutien de la première heure Bayrou.

 

Du côté de NKM, même si elle doit une circonscription en or massif de François Fillon, rester accrocher à l’ambulance obérera son avenir de représentante d’une droite décomplexée à cent lieues des partisans de la Manif pour tous…

 

L'UDI « suspend » sa participation à la campagne de François Fillon, a annoncé le président du mouvement, Jean-Christophe Lagarde.

 

Les fillonistes organisent une grande marche « anti coup d'état des juges » à Paris dimanche. 300 000 personnes espérées.

 

Nous ne sommes pas au bout de nos peines car la MLP est-elle aussi dans les rets de la justice…

 

Pauvre France !

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 06:00
« Du courage ! » Isabelle Saporta en a...

S’il est un reproche que je ne ferai pas à Isabelle Saporta c’est celui de n’être qu'une ouvrière de la 25e heure – ce que je suis moi qui ait passé un si long temps les bras croisés sous les ors de la République – son combat est ancien et sa pugnacité reconnue.

 

Du courage, elle en a !

 

Moi, je ne sais pas, sauf peut-être à barre d’un tribunal, mais là n’est pas le sujet de cette chronique.

 

J’ai lu son dernier livre, de la première ligne jusqu’à la dernière ligne, et je n’ai rien à redire. J’aurais pu appliquer à la réception de son livre la jurisprudence Face de Bouc qui se résume ainsi.

 

La critique littéraire versus Face de Bouc :

 

- Tu reçois le livre d’un membre de ta tribu : tu publies la photo de la couverture et tu écris lisez-le !

 

- Tu reçois le livre de quelqu’un que tu ne peux pas piffer : tu le mets à la poubelle.

 

Économie de mots, choc des photos et surtout, grand avantage, ça évite au critique de les lire…

 

Isabelle Saporta soulève et traite dans son livre avec compétence des sujets de la plus haute importance pour notre avenir, surtout celui de nos enfants et de nos petits-enfants, l’avenir de notre petite planète.

 

L'étiquetage nutritionnel, les cantines scolaires, l'antibiorésistance, l'hygiénisme laitier, les pesticides, les néonicotinoïdes, l'agro-écologie, la souffrance animale...

 

Achetez-le et lisez-le !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si vous souhaitez approfondir vos connaissances sur la dangerosité des lobbies je vous engage à lire :

 

Les Courtiers du capitalisme

 

Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles Sylvain Laurens

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est du lourd et très ardu mais de salut public.

 

« À Bruxelles, loin des ONG, les lobbies patronaux préfèrent le huis-clos avec les bureaucrates pour faire progresser leurs affaires.

 

Pour un lobbyiste, connaître des bureaucrates plus ou moins personnellement permet de savoir quand il est encore utile de pousser une position et quand, à l’inverse, il ne sert à rien de se montrer insistant : « En fait, le Parlement européen, si tu veux faire une analogie, c’est comme si tu avais une table de poker ; et à cette table de poker-là, les gens doivent montrer leur jeu. Au Parlement, tu dois montrer ton jeu. Donc les libéraux c’est ça, la droite c’est ça et les socialistes c’est ça. Tu lis les amendements, tu vois d’où ça vient. Et le type de la Commission qui bosse là-dessus depuis deux ans à fond, il voit tout de suite dans le style de la rédaction, dans l’idée qui est poussée, comment ça a été amené et à quelle industrie il a affaire. 

 

À partir d’archives inédites et d’observations réalisées auprès des lobbys patronaux, ce livre analyse les relations qu’entretiennent les représentants des intérêts économiques avec les agents de la Commission européenne.

 

Pour parvenir à leurs fins, les lobbyistes doivent se fondre dans les logiques de productivité de l’administration communautaire : les plus grandes firmes apprennent ainsi à manier le jargon des technocrates pour maintenir leur position, et enrôlent des experts scientifiques pour répondre aux attentes pratiques de tel ou tel chef de bureau. Et les liens intimes qu’entretient le capitalisme avec la bureaucratie se voient quotidiennement réactualisés. »

 

Je vous engage aussi à lire, c’est moins long, l’entretien avec Jean Ziegler, sociologue, ancien rapporteur à l'ONU, qui publie « Chemins d'espérance ».

 

« On peut nourrir 12 milliards d'humains. Les victimes de famine sont donc assassinées »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Un jour de décembre 2011, Jean Ziegler déjeunait avec José Bové «Chez Léon», un restaurant lyonnais. Le maire, Gérard Colomb, recevait à sa table un candidat d’alors à l’élection présidentielle, François Hollande. Jean Ziegler et Bové ont ce jour-là tenté d’attirer l’attention du futur président sur le problème de la faim dans le monde, en lui suggérant d’inclure dans son programme quelques mesures pour changer les choses. En vain.

 

Hollande, raconte Jean Ziegler, estimait que ce problème était «trop loin» des préoccupations communes. Et si c’était faux ? La conscience qu’une partie de l’humanité meurt chaque jour de n’avoir pas accès à l’eau et à la nourriture est une blessure très partagée. C’est le sentiment d’impuissance face aux famines, présentées comme une fatalité, qui crée la résignation.

 

Le sociologue suisse, ancien rapporteur de l’ONU sur les questions de nutrition, explique en quoi cette prétendue fatalité est un mensonge. La faim n’est plus comme autrefois la conséquence d’une insuffisance de production alimentaire, mais un drame consenti par tous les parlements dans l’ordre économique contemporain. L’essai brillant et simple que Ziegler publie aujourd’hui restera comme un cours de vérités publiques. Nous nous sommes entretenus avec lui. »

 

La suite ICI 

 

Enfin je déteste le ON, c'est rond, c'est creux, je préfère les NOMS PATRONYMIQUES, ici le mien, alors pour remettre les faits d'aplomb j’ai réécrit un passage du livre d’Isabelle Saporta : pages 168-169.

 

Au mois d’octobre 2016 deux amis vignerons de Chablis Olivier de Moor et Julien Brocard m’alertent « ils se sentent bien seuls à Chablis pour s’opposer à l’usine d’enrobage.

 

Je ponds une chronique Pas d’objection : à Chablis l’INAO aime autant les nuées de pesticides que les fragrances bitumineuses

 

« Du côté de Chablis je suggère que l’on en apposa un nouveau :

 

« Les grands crus de Chablis sont des terroirs gâchés » signé Athénaïs de Béru et d’y ajouter merci à Eiffage d’y contribuer avec un zeste de fleur de bitume.

 

Lors de mon dernier passage à Chablis pour rendre visite aux de Moor dans la bourgade de Courgis par une belle journée de juillet j’ai pu respirer à pleins poumons une belle acidité épandue par des araignées hautes sur pattes gambadant sur les coteaux au terroir bronzé comme un parigot de retour de la Côte d’Azur.

 

Et nous y voilà, les qui vont se faire bronzer le cul en meutes ou respirer le bon air des cimes dans la même formation sont des gens pressés. Pour éviter que les moutons de Panurge bouchonnent faut élargir le tuyau. Et une fois élargi le tuyau faut lui coller au cul du goudron et le goudron faut le fabriquer au plus près. »

 

La chronique ICI 

 

J’envoie un e-mail à Yves Colmou conseiller-politique de Valls Premier Ministre, un ex de chez Rocard, pour lui demander ce qu’il en ait. En retour, il m’indique qu’il a appelé le Préfet de l’Yonne qui lui a indiqué, qu’après l’avis des instances concernées, il donnerait un avis négatif.

 

Ce que je communique à mes deux amis en leur demandant de maintenir la pression et d’essayer de mobiliser les vignerons de Chablis et du Président de l’ODG bien passifs.

 

Puis à leur demande je tiens la plume pour rédiger un courrier à Stéphane Le Foll Ministre de l’Agriculture. Lettre expédiée le 17 octobre.(voir plus bas)

 

Mon rôle s’est arrêté-là, et je n’ai jamais affirmé « que Stéphane était aux manettes » car il ne l’était pas et je n’ai eu aucun contact avec lui ou son cabinet, ce qui aurait été contre-productif vu ma cote au 78 rue de Varenne.

 

Bien évidemment je dispose de tous les mails avec mes amis de Chablis échangés sur le sujet mais je ne vais pas révéler une correspondance privée.

 

Je ne suis pour rien dans la décision préfectorale et ce que je regrette, tout comme mes deux amis vignerons, c’est l’absence de mobilisation de la majorité des vignerons de Chablis.

 

Leur ODG a été plus prompte à la détente pour s'associer à  l’irresponsabilité crasse des syndicats d’AOC face à la consultation du Ministère de l’Agriculture sur l’arrêté des produits phytopharmaceutiques.

 

« L'abandon de conscience. En utilisant l'argument de l'autorisation des produits, l'AMM par l'Etat. Ces « salauds ordinaires » oublient que ce n'est pas l'État qui les oblige à utiliser ces produits de merde. Ce sont eux, en pleine conscience, qui les choisissent. Ils savent ce qu'ils font.

 

Et ce qu'ils ne veulent pas c'est l'afficher, faire l'aveu de leur choix du danger chimique par l'obligation de porter des combinaisons qui ne manqueraient pas de poser question. D'éveiller des doutes dans la tête des riverains qui n'ont pas suffisamment de curiosité ou d’informations. Le « voire jusqu'à la récolte » amenant le doute jusqu'au fruit et donc au vin : révélant que le risque a persisté.

 

Les dirigeants professionnels n'en veulent pas. Ce qu'ils veulent c’est rester dans l’ambiguïté, c'est conserver les moyens de leur duplicité.

 

Au lieu de se remettre en question, de se réformer. C'est-à-dire qu'à chaque fois que la question de l'usage se pose, de réfléchir à son utilité. Et que si le traitement est jugé nécessaire, que le choix se porte sur le moins mauvais. Cette question dépasse les familles habituelles : Bio, Biodynamie, conventionnelle. »

Lire ma chronique  ICI

 

 

Monsieur le Ministre,

 

Lors de votre venue à Maligny le 11/07/2016, suite aux violentes intempéries qui ont touché nos vignes, vous avez partagé avec nous les mêmes convictions sur l’importance capitale de redonner au sol sa complexité et sa diversité afin de lui permettre de retrouver son autonomie. C’est un travail de longue haleine qui exige l’adhésion du plus grand nombre.

 

Notre terroir de Chablis n’est pas délocalisable alors que le projet d’installation d’un poste mobile d’enrobage à chaud à Saint Cyr des Colons, sur les hauteurs du vignoble Chablisien en 2017, lui, ne dépend que de décisions purement économiques de la part de la société APRR.

 

Une telle installation, dont on n’a pas vraiment étudié les risques à moyen et long terme, viendrait abîmer nos terres et nos plantes et constituerait un signal négatif à celles et ceux, de plus en plus nombreux, qui souhaitent s’orienter vers l’agriculture biologique.

 

Dans un monde ouvert, de plus en plus concurrentiel, c’est aussi, pour nous vignerons qui mettons en avant la richesse et la diversité de nos terroirs, aller à contre-courant des exigences nouvelles, en termes de préservation de l’environnement et de la santé, de nos consommateurs nationaux et étrangers.

 

Cette unité mobile est prévue pour un rendement de 500 tonnes de bitume/heure et pour une durée de 25 ans. Elle engage donc notre avenir et plusieurs publications scientifiques mettent en avant la dangerosité et la résistance des molécules de HAP (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques) dans l’environnement (le sol, les plantes et l’eau). La thèse de Dorinne Desalme, maître de conférences à l’Université de Lorraine/INRA va dans ce sens.

 

L’enquête publique est close, avec avis favorable du commissaire-enquêteur, depuis la fin mai 2016 et la décision définitive est entre les mains du Préfet de l’Yonne après avis du CODERST. Cette enquête à notre sens, n’a pas suffisamment pris en compte les effets négatifs, à moyen terme, sur nos sols et nos plantes et la consultation des vignerons est restée trop retreinte et confidentielle. De plus, l’avis « sans objection » de l’INAO Dijon est à la fois bien succinct et ne repose sur aucune étude d’impact sérieuse.

 

Face à cette situation qui nous inquiète à juste raison, et à la faible implication de beaucoup de vignerons peu informés, nous ne pouvions qu’alerter les pouvoirs publics et les élus par les moyens à notre disposition : les médias locaux et nationaux.

 

Il ne s’agit pas pour nous de faire de l’agitation stérile et agressive mais de défendre, avec des arguments sérieux et solides, un dossier qui, rappelons-le une fois encore, engage l’avenir de nos exploitations et de nos familles.

 

C’est pour cette raison, qu’en l’attente de la décision de Monsieur le Préfet de l’Yonne, qui nous dit-on serait négative, nous nous tournons vers vous pour que vous nous aidiez dans notre démarche afin que le dossier technique, scientifique, économique et environnemental, puisse être nourri d’arguments pertinents.

 

Notre volonté c’est que ce projet, certes nécessaire pour répondre aux besoins de la société APRR, qui avait été présenté à l’identique au même endroit il y a quelques années, ne resurgisse plus à nouveau sous cette forme et à cet endroit.

 

La décision qui va être prise doit pour nous s’inscrire dans la durée afin que les vignobles du Chablisien et de l’Auxerrois puissent s’engager résolument dans une viticulture respectueuse de son environnement et de la santé de ses producteurs et de ses clients.

 

Nous sommes convaincus que vous partagez avec nous cette volonté et nous vous remercions par avance de l’intérêt que vous porterez à notre démarche.

 

Bien évidemment nous restons à votre disposition, comme à celle de Monsieur le Préfet de l’Yonne, pour vous apporter, lors d’une rencontre, toutes les précisions que vous jugerez utiles.

 

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos sincères salutations.

 

Olivier de Moor et Julien Brocard

 

Cette lettre est restée sans réponse.

 

 

 

 

 

 

 

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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 06:00
Que boire lorsqu’on avale des couleuvres ? Sans contestation : une Vipérine de Vendée !

Là je fais connexion entre Bruno Retailleau, le croisé de François Fillon.

 

Le p’tit Bruno de Saint-Malô-du-Bois dans la Vendée militaire ICI , l’ex porte-flingue du ricaneur du Puy-du-Fou, en a bien besoin pour se remonter le moral.

 

Imaginez le chemin de croix de son mentor, ce pauvre François Fillon se rendant au déjeuner qu’il a sollicité chez son ancien maître Don Sarkocorleone, l’abomination de la désolation, ce n’est pas des couleuvres qu’il a dû avaler mais un boa constrictor.

 

« Faire accepter n’importe quoi à n'importe qui comme une vérité. Infliger des humiliations, des désagréments à longueur de temps à quelqu’un… »

 

Devoir accepter de subir des choses désagréables sans rechigner était autrefois le lot de toutes les personnes en position d'infériorité (comme le personnel de maison, par exemple).

 

Tel fut le lot de François Fillon Premier Ministre tout au long du septennat du parrain de la Droite dure. Alors qu’il tenait sa revanche en ayant renvoyé sèchement son maître, le collaborateur pris dans la tourmente judiciaire se voit obligé de revenir, la queue entre les jambes, plier le genou et faire à nouveau bonne figure.

 

« L'essentiel dans cette manière d'arriver est d'agréer maints soufflets et de savoir avaler une quantité de couleuvres : M. de Talleyrand faisait grand usage de ce régime des ambitions de seconde espèce. »

Chateaubriand - Mémoires d'outre-tombe.

 

Mais accordons à François Fillon, comme à tous ceux qui exposent leur vie dans le domaine public, un peu d’indulgence. Qui de nous peu lui jeter la première pierre ? En effet, bien hypocrites ceux qui se targueraient de n’avoir jamais avalé des couleuvres dans leur vie privée ou professionnelle.

 

Indulgence ne signifie pas absolution, simplement un rappel à celles et ceux qui sur les réseaux sociaux se drapent dans des postures de redresseurs de torts.

 

Sur Face de Bouc ça dézingue sans sommations mais beaucoup de ces snippers avancent masqués ou se fabriquent un beau profil.

 

C’est facile.

 

C’est commode.

 

Ça permet de laver plus blanc que blanc en planquant ses petits ou grands accommodements, toutes ces couleuvres, plus ou moins grosses, avalées dans le secret de son métier ou de sa vie privée.

 

Libre à eux de faire la Révolution en affichant une photo de profil en tee-shirt Che Guevara même si ça ne les empêche pas de faire commerce avec le bourgeois, qu’il soit bobo ou de l’ancienne espèce. Faut bien vivre !

 

Libre à eux de ne pas être très regardant sur le profil de leurs amis, ça peut toujours servir.

 

Mais de grâce cessez de nous la jouer les pères la morale du haut de votre mince bagage de la vie. Un chouïa d’humilité vous permettra d’avaler votre lot de couleuvres.

 

Ainsi va la vie que l’on vit, l’important c’est de ne pas se renier, de nous vendre de la soupe pas fraîche, de pratiquer le copinage avec des gratte-papier stipendiés.

 

Et là y’a du ménage à faire, du balayage devant sa porte avant de s’autoproclamer nettoyeur des écuries d’Augias.

 

Vous allez me dire tout cela est bien obscur et bien lointain du monde du vin.

 

Pas si sûr, ma chronique, sans nommer qui que ce soit, touche le cœur de la critique du vin, de ses relations, de ses pratiques, qui font que trop souvent les gens se tiennent par la barbichette, que tout le monde avale des couleuvres.

 

Sur les réseaux sociaux, comme dans la vie, c’est trop souvent le bal des faux-culs et des hypocrites.

 

Mais revenons à la Vipérine de Vendée !

 

Au café d’Aubigny, on assurait dans les années 80 qu’il s’agissait d’une recette traditionnelle du haut-bocage vendéen, mais aux Essarts, au cœur même de ce bocage on affirme que c’est un usage propre à Vieillevigne au confit du département et du pays du Muscadet.

 

Ange Bastiani raconte que Jean Cettour, le patron du bar, Bar des BOF (Beurre-Œuf-Fromage), au 7 rue des Innocents, à Paris, avait toujours en bonne place une bouteille d’alcool de vipères, en principe non destinée à la consommation courante.

 

Sa recette « Capturer une vipère vivante dans les collines de Chainas… les murs des restanques des vignobles sont truffés de ces reptiles. Enfermez-là dans une bouteille vide close par un bouchon coupé en biseau. Laissez jeûner l’animal durant 2 ou 3 jours puis emplissez le flacon de marc de beaujolais et bouchez-le cette fois avec un bouchon plat. Vous n’avez plus ensuite qu’à laisser macérer pendant 6 mois au bout duquel le breuvage sera à point. »

 

L’introduction de la vipère vivante dans la bouteille fait que le reptile s’enroule dans la bouteille, essaye de remonter et que lorsqu’on l’occis avec l’eau-de-vie elle reste enroulée la tête en eau.

»

Pour J. Luneau de Vieillevigne c’est un élixir de jouvence, il précise qu’il faut que ce soit une vipère femelle. »

 

Dans les 101 Conseils de Médecine Naturelle du Dr Jean-Yves Péron-Autret :

 

« Qui n’a vu dans les vitrines des apothicaires de province, le flacon d’alcool où une vipère capturée vivante est immergée (dans une bouteille contenant de l’alcool de fruit porté à ébullition) ? On boit un petit verre à alcool de cette préparation chamanique et magique tous les matins. Le roi François 1er la jugeait indispensable au maintien de sa souveraine santé contre les rhumatismes. »

 

Une recette italienne du XVIIe siècle :

 

« Beaucoup pour prolonger la jeunesse et retarder la vieillesse, utilisaient le vin de vipère et la chair de la vipère préparée et assaisonnée avec d’autres aliments. »

 

Pour clore cette chronique politico-gastro-vino… il semble que l’expression « avaler des couleuvres » trouve son origine d'une ancienne signification de 'couleuvre' qui désignait aussi une insinuation perfide, le genre de chose à laquelle il n'est pas toujours simple de répondre et qu'on doit alors subir sans piper mot.

 

Ce sens du mot était bien entendu lié au comportement du serpent, cet animal qui a convaincu Ève de croquer la pomme.

 

Cet emploi aurait été renforcé par la confusion avec 'couleur' qui, du XVe au XVIIe siècle désignait une fausse apparence, encore symbole de perfidie (une bonne couche de peinture peut dissimuler bien des défauts).

 

Si le cœur vous en dit vous en prendrez bien une larme… de crocodile...

 

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 06:00
Trop de salons tuent les salons !

L’avantage des formules qui pètent c’est justement qu’elles pètent, font du bruit, rompent le silence convenu qui règne  sur le marigot, on les retient facilement même si elles réduisent la réalité à un petit paquet de mots.

 

Si j’avais été aussi provocateur que certains le disent j’aurais titré, en parodiant un célèbre slogan 68 hard : les salons pièges à cons !

 

Mais comme toutes les formules lapidaires celles-ci mettent le doigt sur une part de la réalité sans l’exprimer totalement. En effet, la prolifération des salons ne tue pas tous les salons mais met à mal certains d’entre eux.

 

Quant aux cons, le sens de mot nous échappe souvent, il en est de toutes sortes et il nous arrive de nous écrier dans certaines circonstances : «Qu’est-ce que j’ai été con !» Toutes les études le prouvent : tout le monde est ou sera, un jour où l’autre, une espèce de con.

 

Revenons au fond de mon affirmation pour soulever la question que tout le monde se pose dans le monde du vin sans jamais oser la poser franchement.

 

Exemple flagrant du je tourne autour du pot, parce que j’ose pas fâcher ceux qui nous font vivre, glané dans un organe de presse du vin :

 

- Tiens, comme on se retrouve ! Dis-moi, on se suit dans le tour de France des allées de salons du vin !

 

- Que veux-tu, comme toi je faisais partie des 20 775 visiteurs de Vinisud, des 4 850 visiteurs de Millésime Bio, des 8 500 du salon des Vins de Loire…

 

- Et maintenant des 3 300 visiteurs de Vinovision ! Ne manquerait plus que Pink pour compléter la collection...

 

- On ne peut pas dire, les salons se multiplient plus vite que mes allocations de Pétrus.

 

La politique du chiffre est un bien mauvais indicateur de l’impact réel d’un salon.

 

Et c’est là que le bât blesse : comment le savoir ?

 

Mission quasi impossible car à la sortie tout le monde affiche une satisfaction de bon ton, les organisateurs balancent des chiffres de fréquentation qui ne veulent pas dire grand-chose, les exposants invariablement disent qu’ils sont contents, les communicants, qui sont payés pour ça, graisse la tartine.

 

Sous cette satisfaction de façade se cache un dilemme pour beaucoup de vignerons en recherche de clients et de notoriété : y aller ou ne pas y aller ?

 

Mais attention il y a salon et salon, je m’explique.

 

Au temps où j’étais aux manettes rue de Varenne j’ai délesté le Ministère du Salon de l’Agriculture en le vendant à un organisateur de salon. Certains ont poussé des hauts cris sauf que soucieux de l’argent du contribuable – oui ça existe – le déficit était tel qu’il fallait changer de format et que le nouveau format n’était pas inscrit dans la mission de service public d’un Ministère.

 

En effet, comme je l’écrivais en 2007, le Salon de l’Agriculture n’était plus vraiment celui des agriculteurs mais celui des urbains qui viennent voir les vaches, les cochons, les moutons, les chevaux, la volaille, les chiens et les chats… etc. Le Ministère continue de subventionner le côté bestiaux car il est prisé par les éleveurs et il coûte cher.

 

« Les gars de chez moi, quand y montaient à Paris pour le Salon c'était pour deux raisons avouables : voir les bêtes et le matériel et deux, qui ne l'étaient pas : se prendre quelques mufflées carabinées dans le couloir de la mort (l'actuel hall des provinces) et aller trainer du côté de Pigalle. Je ne veux pas être mauvaise langue mais, comme leur moyen de transport exclusif dans Paris était le métro, beaucoup d'entre-eux, en dehors du quartier de la Porte de Versailles et des lieux de perdition, ne connaissaient rien des splendeurs de notre capitale, exception faite peut-être de l'Eiffel Tower. Ces temps sont révolus, la machine agricole a émigré à Villepinte et notre Salon de l'Agriculture attire plutôt les urbains, les enfants des écoles et les étrangers, que les agriculteurs. »

 

Tout ça pour vous dire qu’il faut trier dans les salons entre ceux qui sont organisés par des organisateurs professionnels et ceux qui sont le fait des vignerons eux-mêmes.

 

Y’a d’abord les Mammouth bien essoufflés : Vinexpo à la peine, il est loin le temps de la débauche, Vinisud qui se la joue sans vraiment convaincre, le Salon des vins de Loire quasiment subclaquant…

 

Y’a les petites bêtes qui montent, qui montent : les fameux off qui tournent autour des pachydermes. Ceux de la Loire vont sans doute achever la bête malade.

 

Y’a ceux des VIF, des poids lourds, à l’ancienne qui devraient se préoccuper du vieillissement de leur clientèle

 

Y’a la partie vin du Salon de l’Agriculture, ringarde de chez ringarde, une horreur absolue.

 

Y’a le nouveau qui surfe sur la vague du « propre » : Millésime Bio qui devra sans doute affronter un de ces 4 sa crise de croissance.

 

Y’a les salons chics parisiens : la RVF et le Grand Tasting de B&D des vaches à lait qui présentent toujours les mêmes têtes, attendre et voir…

 

Y’a le salon des vins nus de rue89 Sous les pavés la vigne, très militant, qui essaime : Lyon puis Bordeaux… lui aussi devra assumer ses boutons d’acné…

 

Y’a un nouveau à Paris avec un nom à la con : Vinovision qui a beaucoup blablaté mais ne semble pas avoir trouvé la bonne cible.

 

Y’a le Vin de mes Amis que j’aime bien qui fait son petit bonhomme de chemin.

 

Et puis y’en a plein de tout petits, des régionaux, des locaux, des parigots, dont je ne peux dresser la liste.

 

Question : y’en a-t-il trop ?

 

Je n’en sais fichtrement rien !

 

La bonne question, la seule qui vaille, est-ce que les exposants y trouvent ce qu’ils sont venus chercher en payant leur place de leurs deniers.

 

Du côté des gros salons avec organisateurs professionnels (ce qui ne signifie pas forcément compétents surtout lorsque des enjeux politiques s’en mêlent) le socle est constitué par les maisons de négoce, les propriétés bien déjà bien dotées et, bien sûr, les zinzins interprofessionnels qui y trouvent le moyen de dépenser l’argent de leurs cotisants.

 

Pour les vignerons c’est une autre paire de manches mais dans une première approche je ne vois pas quel est le bénéfice pour eux d’aller faire nombre, faire de la figuration dans les gros salons.

 

Alors où faut-il aller ?

 

Pour aider à dénouer ce dilemme il faudrait que les vignerons puissent disposer d’informations fiables, d’analyses sérieuses, sur le panel d’acheteurs qu’ils vont pouvoir ou espérer rencontrer.

 

Là c’est morne plaine et bourrage de mou, ceux qui se qualifient de « journalistes du vin » ont un fil à la patte, ils font partie du jeu, vendre la mèche tiendrait pour eux à se faire hara-kiri. Alors tout ce petit monde nage dans la même ambiguïté.

 

Ne comptez pas sur les organisateurs pour en sortir car ils le feraient à leur détriment.

 

De plus, dans les enceintes officielles, là où soi-disant se prennent les grandes décisions, beaucoup de grands présidents n’ont jamais mis la main à la pâte de la vente du vin, ce qu’ils aiment dans les salons c’est poser sur la photo officielle lors du coupage du ruban.

 

Pour moi, l’avenir des gros salons est en bout de piste à Roissy ou dans les grands hubs pour capter les acheteurs internationaux… Pour ceux qui veulent faire du tourisme ou de l’œnotourisme un petit coup d’ailes et c’est emballé.

 

Pour les petits salons un danger tout de même : vampiriser par la vente directe une grosse part de la clientèle des cavistes qui assurent tout au long de l’année le service de proximité.

 

Chez moi, à la Mothe-Achard, un dicton disait « ça durera aussi longtemps que les foires de Mothe… » sauf qu’elles ont disparues…

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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 06:00
Redneck sommelier Konstriktor • Helder Oliveira •

Redneck sommelier Konstriktor • Helder Oliveira •

« Les grands vins feront leur entrée triomphale, et le sommelier annonce avec orgueil des noms et des dates illustres, selon ce qu'aura choisi, pour la solennité du jour, l'amphitryon : Château-Margaux 69, Château-Latour 75...»

 

Clément Jaluzot, sommelier maître d'hôtel du duc de Praslin (Grandes heures cuisine française, Éluard-Valette, 1964, p. 248. CNRTL

 

À l’origine, le sommelier était une personne qui, dans une grande maison, dans une communauté, avait la charge du linge de table, de la vaisselle, de la nourriture et des vins

 

De nos jours, personne qui a la charge des vins et des boissons alcoolisées dans un restaurant.

 

« Sa face était plus blême et son nez plus rouge qu'à l'ordinaire; phénomène qui pouvait s'expliquer par le nombre de bouteilles vides rangées sur le buffet (...) et par le nombre de bouteilles pleines que le sommelier plantait devant lui avec une prestesse infatigable. »

 

Théophile Gautier, Fracasse, 1863, p. 382. CNRTL

 

« Sommelier » provient du moyen français. Le mot trouve ses racines dans le provençal « saumalier », conducteur de troupeau, lui-même issu de « sauma », troupeau.

 

L'origine latine est « sagma », « bât ». Le terme de sommelier signifie à l'origine «conducteur de bête de somme».

 

Le terme de sommelier va remplacer celui d'échanson. On trouve dans les comptes des rois de France, en 1378, un Jacques Mercade portant le titre de premier sommelier de corps du roi. Dans les comptabilités de la maison du roi, on trouve des sommeliers de Paneterie, des sommeliers de la Fruiterie.

 

À la cour des ducs de Bourgogne, à partir du milieu du XVe siècle, il y avait un premier sommelier de corps, six sommeliers de chambre et six sommeliers de corps.

 

Le sommelier de corps avait pour fonction de s'occuper des habits du duc. Le sommelier de chambre devait garder le lit dans la chambre du duc en son absence. Le titre de Sommelier de Corps ou Sommelier du Corps de la cour des ducs de Bourgogne a été introduit à la cour des rois d'Espagne par Charles Quint avec le Sumiller de Corps chargé des parties les plus privées du domaine du monarque.

 

Franck-Emmanuel Mondésir officie au restaurant Les Climats, rue de Lille à Paris, il se situe donc dans la lignée de la cour des ducs de Bourgogne sans que je m’aventure à lui attribuer l’une des appellations citées ci-dessus (même si j’en meurs d’envie).

 

- Pourquoi chroniquer sur lui plutôt que sur un autre ; où se situe donc l’originalité de ce jeune homme ?

 

- Bonne question Elkabbach !

 

- Allez-vous lui passer la brosse à reluire ?

 

- Rassurez-vous Jean-Pierre, bien que mes très anciennes et hautes fonctions d’enfant de chœur chef, en l’église Saint Jacques le Majeur de la Mothe-Achard, m’aient familiarisé avec le maniement de l’encens, je ne me sens pas très à l’aise dans l’exercice du compliment.

 

- Vous savez pourtant que moi-même je suis adepte du cirage de pompes, alors éclairez-moi sur vos dons !

 

- Avec plaisir JPK !

 

- Ce n’est pas à un vieux singe comme vous que j’apprendrai à faire la grimace, l’exercice n’est pas simple car, si l’on n’y prendre garde, il peut facilement verser dans la flatterie. Rappelez-vous Jean-Pierre la morale du corbeau et le renard :

 

Mon bon Monsieur,

Apprenez que tout flatteur

Vit aux dépens de celui qui l'écoute :

Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute.

 

J’ai connu, sous les ors de la République, un grand spécialiste de la remise de décorations ; il trustait lui-même les grades de commandeur dans 3 ordres : la Légion d’Honneur, le Mérite National et le Mérite Agricole.

 

Cet homme à la stature imposante de hobereau normand savait transformer un curriculum vitae modeste en une quasi-épopée, égrener les mérites du récipiendaire avec ce qu’il fallait d’humour et de malice, placer des incises sur notre belle France du labourage et du pâturage chers à Sully.

 

Que Franck-Emmanuel se rassure, il encore bien trop jeune pour prétendre obtenir le poireau, le ruban vert de la rue de Varenne, alors je ne lui infligerai pas un discours.

 

-  Après toutes ces circonvolutions, il serait de bon ton que vous en veniez aux faits…

 

- Taisez-vous Elkabbach ! Droit au but : Franck-Emmanuel m’a réconcilié avec le métier de sommelier.

 

- Vous étiez fâché ?

 

- À dire le vrai je n’étais pas à proprement parler fâché mais plutôt irrité par la manière dont certains d’entre eux pratiquaient. En clair, ils me gonflaient ! Me prenait la tête. Pire, dans les dégustations, lorsque je les pratiquais au tout début de mon blog, beaucoup m’exaspéraient avec leur côté je sais tout sur tout. Place aux spécialistes, passez votre chemin menu fretin !

 

- Vous vous prenez pour Périco ?

 

- Non, je suis un garçon bien élevé, je les supportais avec courtoisie. Pas un mot plus haut que l’autre, parfois un léger zeste de distance.

 

- Le style bobo quoi…

 

- Vous datez Jean-Pierre mais là n’est pas le sujet. Mon revirement de jurisprudence date du jour où Franck-Emmanuel est arrivé, je ne dirai pas décontracté, car ça pourrait passer pour de la désinvolture, non plutôt comme le petit copain de votre fille, qu’elle vient vous présenter, qui ne sait pas quelle impression il va faire et qui adopte une approche à mi-chemin entre je suis un peu mariole mais je sais me tenir.

 

- Vous causez riche mon cher !

 

- Ne m’interrompez pas Elkabbach ! Ce garçon sous ses airs de Pierrot lunaire, fait d’un mélange d’attention malicieuse souligné par des yeux rieurs et un sourire bien accroché, masque un gros cœur, une réelle sensibilité.

 

- Un amoureux du vin quoi…

 

- Bien plus que ça Jean-Pierre, il cherche à vous le faire aimer sans vous imposer sa science. C’est un ludion sympathique qui, avec son air de ne pas y toucher vous guide avec compétence sur les chemins de traverse de la Bourgogne. En plus cette jeune canaille sait nous faire sortir des sentiers battus. Y'a pas que la DRC dans la vie ! Je n'en dirai pas plus, étant donné mon immense influence dans le milieu de la restauration étoilée je risquerais, en couvrant F.E.M. de fleurs, de lui valoir bien des inimitiés

 

- Vous êtes un vrai politique. Je salives et si nous allions déjeuner ensemble aux Climats cher ami ?

 

- Désolé Jean-Pierre je ne vais aux Climats qu’avec mes belles amies qui sont regroupées en un fan club de Franck-Emmanuel présidée par Claire

 

Ci-dessous le jeune homme en action dans la belle cave des Climats...

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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 10:00
Des hélicoptères survolent la vallée de la Soummam en Mai 1956. / AFP

Des hélicoptères survolent la vallée de la Soummam en Mai 1956. / AFP

Afin de mieux coller à l’actualité de la campagne électorale j’ai choisi de publier mon journal d’un chroniqueur de campagne sans m’en tenir à un calendrier précis.

 

À chaud !

 

Ainsi ce matin dans mon courrier un lecteur m’écrit (vous pouvez le faire via en cliquant sur CONTACT tout en bas du blog).

 

Fillon, Macron, la presse et la colonisation

 

Comment dans un débat politique d’un tel niveau, où l’un des concurrents fait campagne pour se blanchir (il s’en remet au suffrage universel pour être jugé, quand même) et dessoudant la presse, les discours de macron et les cris d’orfraie qu’ils suscitent, j’ai cette phrase d’Albert Londres qui remet tout le monde en phase.

 

Elle conclut la post face qu’il a écrite pour Terre d’Ebène : «Je demeure convaincu qu'un journaliste n'est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie»

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Terre d’Ebène : après l’avoir lu, personne ne peut affirmer à moins de s’aveugler, que la colonisation a été seulement un bienfait. Ce qui une fois de plus ne fait pas de tous des criminels, mais l’ensemble est un monstre. Crime contre l’humanité n’est choquant que si l’on ne veut pas savoir.

 

D’autre part, pour la presse : elle doit effectivement porter la plume dans la plaie. Mais la maturité d’un citoyen électeur est de faire la part des choses, et d’accueillir les informations pour les traiter pour ce qu’elles sont : des données nouvelles.

 

Le politiques aiment trop les cireurs de bottes pour ne pas qu’ils soient suspects. Fillon, comme les autres.

 

Mais pourquoi Macron a-t-il choisi l’Algérie ?

 

1/12/1954, «L'Algérie, c'est la France et la France ne reconnaîtra pas chez elle d'autre autorité que la sienneFrançois Mitterrand, ministre de l'Intérieur…

 

Son discours ICI

 

Un demi-siècle après la décolonisation et la fin de la guerre d'Algérie, l'exercice de mémoire autour de ces sujets demeure profondément conflictuel, comme otage des idéologies et des clivages politiques.

 

« La France aurait tout intérêt à faire la lumière sur son passé et cesser de fermer les yeux sur ce que fut réellement cet épisode de l'histoire. La colonisation fut longtemps au centre de l'idéal républicain, dit de gauche - au même titre que la laïcité et la conquête des libertés - portée par des grandes figures du Panthéon de la gauche française, Léon Gambetta ou Jules Ferry qui déclarait à la Chambre des députés, le 28 juillet 1885: «Je soutiens que les nations européennes s'acquittent avec largeur, avec grandeur et honnêteté, de leur devoir supérieur de civilisation!» Cette approche avait alors un caractère quasi officiel, «politiquement correct» dirions-nous aujourd'hui.

 

Quant à l'Algérie, elle fut pendant plus d'un siècle considérée, non pas comme une colonie mais comme une fraction du sol national. A l'exception du parti communiste, et de quelques individualités isolées, l'ensemble de la classe politique, jusqu'à la fin des années 1950 - y compris la SFIO et le parti radical, ancêtres du parti socialiste actuel, le MRP centriste - considérait les trois départements algériens comme faisant partie intégrante et intouchable du territoire Français. »

 

Maxime Tandonnet le 18/03/2016

Adolescent, la guerre d’Algérie, faisait partie du quotidien de nos familles, nos grands-frères y étant appelés sous les drapeaux en tant que soldat du contingent. Mon frère aîné Alain en était, il a passé 18 mois de sa vie sur un piton rocheux à la frontière de la Tunisie « protégée » par ligne électrifiée dites ligne Morice. Sa base arrière était à Guelma.

 

J’ai vu aussi débarquer à la Mothe-Achard, après les accords d’Evian, les Pieds Noirs désemparés avec leur petit balluchon.

 

Jeune homme j’ai choisi de faire mon service national en tant que coopérant (VSNA) et j’ai été affecté à l’Université de Constantine en tant que maître-assistant. C’était au temps de Boumediene. J’y ai passé 2 années de ma vie. Parmi mes étudiants j’avais de nombreux quadragénaires ayant participé à cette guerre et qui venaient acquérir une formation juridique nécessaire aux postes qu’ils occupaient.

 

Avant de partir j’avais lu La Guerre d'Algérie (4 tomes parus chez Fayard) d’Yves Courrière

 

Les Fils de la Toussaint, 1968

Le Temps des léopards, 1969

L'Heure des colonels, 1970

Les Feux du désespoir, 1971

 

Mais aussi, entre autres, Les Damnés de la Terre de Frantz Fanon

 

Je vous conseille d’offrir à vos jeunes l’admirable Histoire Dessinée de la Guerre d’Algérie de Benjamin Stora et Sébastien Vassant au Seuil.

 

« La guerre d’Algérie fut le grand épisode traumatique de l’histoire de la France des Trente Glorieuses et les blessures ouvertes alors ne sont pas encore refermées, comme en témoignent les polémiques mémorielles récurrentes qu’elle continue de soulever. En 250 pages, Benjamin Stora et Sébastien Vassant retracent en textes et en images les moments-clés de cette guerre longtemps restée « sans nom », avec ses épisodes majeurs et ses acteurs principaux, français comme algériens.

 

À partir d’archives, de portraits et de témoignages, Benjamin Stora et Sébastien Vassant donnent à voir et à comprendre la guerre d’Algérie comme on ne l’a jamais fait. La bande dessinée restitue cette histoire dans toutes ses dimensions tout en intégrant les acquis de la recherche historique la plus récente, et en faisant place à la diversité des mémoires. »

Journal d’1 chroniqueur de campagne (5), Macron, la colonisation, pourquoi l’Algérie ?

Je propose à votre lecture 4 articles :

 

  1. Colonisation. Macron « a des arrière-pensées pas seulement humanistes » le 17/02/2017 Ouest-France.

 

Emmanuel Macron a profité d’un voyage de deux jours en Algérie pour répondre aux questions d’un journaliste d’une chaîne de télévision algérienne. Certains de ses propos ont fait mouche. «La colonisation est un crime contre l’humanité», a-t-il lancé, adoptant une ligne opposée à celle de certains de ses adversaires de la présidentielle. Olivier Lecour Grandmaison, politologue spécialiste d’histoire coloniale, enseigne à l’université d’Évry-Val d’Essonne et au Collège international de philosophie. Auteur de plusieurs ouvrages, il a publié, en 2014, L’empire des hygiénistes. Vivre aux colonies, aux éditions Fayard. Il est aussi à l’origine d’un récent appel pour la reconnaissance des crimes coloniaux commis par la France. Pour Ouest-France, il réagit aux déclarations du candidat d’En Marche, qu'il a assumé sur Facebook.

 

- À la télévision algérienne, Emmanuel Macron a qualifié la colonisation de crime contre l’humanité. Qu’en pensez-vous?

 

Il est tout à fait possible de considérer la colonisation comme un crime contre l’humanité dès lors que l’on s’intéresse de façon précise aux modalités de la colonisation. Il s’agissait de guerres de conquête et de guerres coloniales dont l’une des caractéristiques, et pas seulement en Algérie, est d’avoir été des guerres totales, où l’on a assisté à une militarisation complète de la population et du territoire. Ce qui veut dire que la distinction entre civil et militaire s’effondre, celle entre sanctuaire et champ de bataille également.

 

Par ailleurs, et là ça ne concerne pas uniquement l’Algérie, autre particularité, et aujourd’hui reconnu comme un crime contre l’humanité, le fait que les populations civiles, sans avoir eu un comportement délictuel, ont été soumises au travail forcé. Lequel a été extraordinairement criminel.

 

- Il y a eu des massacres aussi…

 

Oui. À ce propos, la qualification employée par Emmanuel Macron est partagée par des historiens, des avocats. Je pense notamment à celui de Sétif, Guelma et Kherrata, le 8 mai 1945. Entre 35000 et 40000 morts. Un massacre qui court du 8 mai à la fin août, début septembre, qui implique l’ensemble des forces armées (Terre, Air, Marine), plus des milices coloniales. Eu égard aux modalités de ce massacre, à ses mobiles, un certain nombre de contemporains aujourd’hui considèrent, en effet, qu’il s’agit de crime contre l’humanité.

 

- Dans l’interview, après ces propos forts, il tente: «La France a installé les droits de l’homme mais a oublié de les lire»

 

La suite ICI 

 

  1. La colonisation "crime contre l'humanité": pourquoi Macron a raison le 16.02.2017 Bruno Roger-Petit

 

Interrogations. Emmanuel Macron a juridiquement tort, mais a-t-il politiquement raison? Le pénal suffit-il à caractériser le moral? Une définition juridique, pour aussi parfaite qu’elle puisse être considérée suffit-elle à enfermer le politique, convoqué au chevet de l’histoire? Évoquant ce que fut la colonisation française en Algérie (ce qui vaut pour tant de terres où elle sévit) Emmanuel Macron a parlé de crime contre l’humanité. En droit, c’est discutable, mais au regard de la morale de l’histoire, qu’en est-il?

 

Relisons Bel ami, ces pages d’introduction où Maupassant campe le personnage de Georges Duroy, déambulant dans Paris en quête de destin: "Et il se rappelait ses deux années d’Afrique, la façon dont il rançonnait les Arabes dans les petits postes du Sud. Et un sourire cruel et gai passa sur ses lèvres au souvenir d’une escapade qui avait coûté la vie à trois hommes de la tribu des Ouled-Alane et qui leur avait valu, à ses camarades et à lui, vingt poules, deux moutons et de l’or, et de quoi rire pendant six mois. On n’avait jamais trouvé les coupables, qu’on n’avait guère cherché d’ailleurs, l’Arabe étant un peu considéré comme la proie naturelle du soldat".

 

« L'Arabe étant un peu considéré comme la proie naturelle du soldat ». Maupassant livre une anecdote. Que l’on devine vraie. Que l’on sait ordinaire, dans le sens où elle est répétée à l’infini depuis que la France s’est emparée de l’Algérie. Et que cela va encore durer soixante-dix ans. Comment dire mieux la colonisation française, sa violence et son injustice? Comment ne pas comprendre les traces laissées dans la conscience d’un peuple? Comment nier l’indélébile empreinte mémorielle?

 

« Anonyme ou pas, l’ordure provient toujours de l’extrême droite »

 

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  1. « Certaines pages de l’Histoire de la colonisation sont de l’ordre du crime contre l’humanité » La Croix

 

Après les déclarations d’Emmanuel Macron sur la colonisation, Pascal Blanchard, historien, chercheur au laboratoire communication et politique du CNRS*, et spécialiste du fait colonial, revient sur les enjeux qui entourent cette question historique.

 

- La Croix : La colonisation peut-elle être considérée comme un crime contre l’humanité ?

 

Pascal Blanchard : La colonisation en soi n’est pas juridiquement un « crime contre l’humanité », ce n’est pas le même phénomène que l’esclavage. Même si les textes internationaux énoncent que « les crimes contre l’humanité doivent être commis par une puissance étatique qui pratique une politique d’hégémonie idéologique ». Par contre, certaines pages de l’Histoire de la colonisation, comme la conquête de l’Algérie, de 1830 à 1842, celle de l’Indochine, ou encore la grande révolte et sa répression en Nouvelle-Calédonie en 1878 et la guerre au Cameroun dans les années 1950, ont été de l’ordre de l’inacceptable, et donc du crime contre l’humanité au regard des « faits ». Y compris au regard du droit français, depuis la loi du 26 décembre 1964 où la notion de crime contre l’humanité fait son apparition dans le code pénal.

 

On est dans un pays paradoxal avec 12 744 musées, mais il n’y en a aucun qui traite, parle ou appréhende l’Histoire coloniale. Quand l’Histoire ne peut pas rentrer au musée, c’est qu’elle est encore brûlante, manipulée aussi ou qu’elle n’a pas trouvé le temps de l’apaisement des mémoires. Elle reste donc dans le champ du politique, des manipulations de l’histoire et des mémoires en conflit.

 

La suite ICI 

 

  1. POINT DE VUE

 

« Oui, la colonisation est un crime contre l’humanité » par Hamidou Anne (chroniqueur Le Monde Afrique, Dakar)

 

Qu’Emmanuel Macron provoque une polémique en affirmant, lors d’une visite à Alger, que la colonisation est un crime contre l’humanité témoigne d’un profond malaise français sur le sujet. Mais en dépit des éructations de certains, le bilan est sans appel : oui, la colonisation est un crime contre toute l’humanité, dont le résultat fut d’imposer la domination de la barbarie contre la civilisation.

 

Les peuples d’Afrique ont vécu une terrible violence du fait colonial avec des morts, des expropriations, des privations de liberté et surtout une négation profonde de la dignité humaine par la domination politique, économique et culturelle. Les chiffres de cette période sont éloquents d’horreur. Pour procéder plus facilement au pillage systématique des ressources du continent africain, les colons ont soumis des populations civiles aux travaux forcés avec à la clé des milliers de victimes. Par exemple, l’historien Antoine Madounou établit un bilan entre 15 000 et 30 000 personnes mortes sur le chantier du chemin de fer qui devait relier Pointe-Noire à Brazzaville, au Congo.

 

Des morts, il y en a eu aussi à chaque fois que les populations ont tenté de se libérer du joug colonial. A Madagascar, en mars 1947, l’armée coloniale française a massacré les populations malgaches, avec un bilan compris entre 20 000 et 100 000 morts, selon les sources. Ou encore en Algérie où la révolte partie de Sétif le 8 mai 1945 fut matée dans le sang, laissant près de 45 000 victimes selon les nationalistes algériens.

 

Une barbarie intolérable

 

Sans oublier les tirailleurs sénégalais tués à Thiaroye en 1944 ou encore le sombre épisode du Cameroun, avec une répression des populations qui s’étaient soulevées à l’appel des militants de l’Union des populations du Cameroun (UPC) dans les années 1950 et 1960. Là, on oscille entre 60 000 et 120 000 victimes. La puissance coloniale a aussi assassiné les charismatiques dirigeants indépendantistes camerounais Um Nyobe et Moumié.

 

Les blessures que la colonisation a infligées à l’Afrique sont douloureuses et rendent tellement pitoyables les évocations de routes et d’hôpitaux censés extirper des aspects positifs d’une horreur. Je partage l’avis de l’historienne Sylvie Thénault qui juge « indécent » de mettre sur une même balance, d’un côté, les massacres, exécutions sommaires et tortures, et, de l’autre, des routes jugées comme un bilan positif d’un asservissement abominable des peuples d’Afrique. A ceux qui, souvent issus des rangs de l’extrême droite française, trouvent des vertus à la colonisation, Césaire avait anticipé la réponse, dès 1955, avec son monumental Discours sur le colonialisme (Présence africaine, 1955). D’ailleurs, en ces temps de polémiques et de libération de la parole raciste en France, les hommes politiques de ce pays devraient tous lire ce texte intemporel.

 

Aimé Césaire disait donc : « On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemin de fer. Moi, je parle de milliers d’hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l’heure où j’écris, sont en train de creuser à la main le port d’Abidjan. Je parle de millions d’hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la vie, à la danse, à la sagesse. Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme. » La colonisation, comme le soulignait le même Césaire est une « négation de la civilisation ». En cela, elle est un crime, une barbarie intolérable.

 

Sur le sujet de la colonisation, jamais un homme politique français sous la Ve République n’est allé aussi loin, et c’est à saluer, indépendamment des motivations électorales du candidat Macron. Mais il convient de souligner que sa déclaration gêne beaucoup de gens en France, de la gauche à la droite du spectre politique du pays. Officiellement, le Parti socialiste, dans sa récente histoire, a toujours fait la politique de l’autruche sur ce sujet, refusant de l’affronter en face. Quant à la droite, elle fait preuve d’une crispation identitaire très forte. C’est d’ailleurs l’un de ses principaux candidats à la présidentielle, François Fillon, qui a récemment considéré la colonisation française comme un « partage de culture » à d’autres peuples. A ce niveau, il s’agit au mieux d’une méconnaissance de l’histoire, au pire d’un révisionnisme abject.

 

Un pan peu glorieux de son histoire

 

Je n’attends pas de la France une repentance, ni une réparation financière, mais une reconnaissance de faits têtus et un exercice de dignité en faisant face à un pan peu glorieux de son histoire. N’en déplaise à ceux qui critiquent la position de M. Macron, l’histoire de la « patrie des droits de l’homme », c’est aussi une sombre période de meurtres et de négation de la simple dignité humaine. Affronter le bilan de la colonisation – ce moment d’« ensauvagement » du continent européen, selon Césaire – requiert du courage mais nullement une fierté mal placée.

 

De notre part, il ne s’agit pas d’expliquer tous nos maux par le seul fait de la colonisation, loin de là, mais de reconnaître qu’elle constitue une cause importante du retard de l’Afrique. Nous sommes encore dans ce que l’économiste Felwine Sarr appelle dans son essai Afrotopia « l’hystérèse », ce moment post-traumatique (esclavage, colonisation, néocolonialisme) que vit l’Afrique, et dont elle doit se sortir enfin pour affronter son destin.

 

Notre génération n’a pas connu ce douloureux épisode et tente de nouer d’autres rapports avec l’Europe en empruntant un tournant dé-colonial. Nous offrons ainsi au Vieux Continent une chance d’affronter son histoire et enfin, ensemble, de tourner la page.

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 06:00
Livre de TABLE : Jouir comme une sainte et autres voluptés, Pascal Ory, le fragmenté comble mes désirs…

Il se murmure sur face de bouc que je passe ma vie à table, sous-entendu que je fais table ouverte au restaurant, alors que la table où je passe le plus de temps est celle où je m’échine à écrire mes chroniques journalières, à égalité de temps avec celui passé vautré dans mon vieux fauteuil en cuir où je brûle mes vieux yeux à lire.

 

Mon budget livres fait jeu égal avec celui de mes frais de bouche, et dans les deux cas je soutiens le commerce de proximité, avec moi Amazon plierait bagage et les fourgueurs de poches à réchauffer mettraient la clé sous la porte.

 

Ainsi va ma vie de vacancier éternel qui s’offre, comme ça, au débotté, l’extrême volupté de lire à TABLE, en solitaire, mêlant les délices du sieur Verjus à ceux des épandeurs de mots sur le papier.

 

JOUIR !

 

« Jouir sans entraves » proclamaient les enragés de Nanterre en 68.

 

Lors de l’une de mes récentes moissons de livres, à peine avais-je accroché mon fidèle destrier au poteau qui fait face à la librairie Gallimard, boulevard Raspail, que mon regard fut capté par le titre d’un livre exposé en vitrine : Jouir comme une sainte et autres voluptés, de Pascal Ory.

 

Pascal Ory je connais ! Lu et apprécié certains de ces livres, un érudit pas chiant et cerise sur le gâteau une fine bouche…

 

Achat immédiat !

 

À la maison, dans ma tanière d’écriture, le petit livre rejoignit la pile branlante, en attente de lecture…

 

Et puis, c’était un mardi, en fin de matinée, le ciel jusqu’ici grisoulloux donnait des signes d’éclaircie. Sans hésiter j’enfourchais mon fidèle destrier, non sans avoir glissé dans ma sacoche le petit livre d’Ory, cap sur TABLE !

 

La cantine des délices du Bruno était emplie jusqu’au bec mais tout au bout du bar, là où j’aime me poser, en retrait, mon couvert fut dressé par la souriante Emilie. Même qu’elle m’apporta une moelleuse peau de mouton pour que je puisse prendre mes aises.

 

Mes voisins de bar étaient discrets.

 

Crayon de papier 8 B en main le temps de lire était venu. Du côté menu je l’illustrerai en images tout à la fin de cette chronique.

 

Comme toujours j’ai commencé par feuilleter et, je ne sais pourquoi, je me suis arrêté à la deuxième volupté… sans doute mon flair de vieil épagneul breton.

 

Page 61 : une pépite, je cite :

 

« Ma mère était là pour faire de moi un petit homme fier et soumis à la fois, donc un premier de classe. Abandonnée dans son jeune âge par la sienne, de mère, la trop jolie Rose, à une époque où ça ne se faisait pas pour une mère d’abandonner son enfant –, pour un père, surtout « naturel » (quelle expression !), c’était monnaie courante –, elle avait été élevée par un homme sévère qui tenait seul le ménage et que, bien entendu, elle admirait. Elle était peu portée à voir la vie en rose mais elle savait camoufler son absence d’illusion sur l’humanité ( que je me suis empressé d’adopter) derrière un sourire notoirement forcé et des tenues impeccables qui faisaient d’elle une jolie élégante de sous-préfecture. »

 

Ça me touche, ça me parle…

 

J’ai ensuite fait marche arrière pour lire la première volupté où à la page 34 j’ai goûté avec délice l’entrée en écriture de Pascal Ory. C’est jouissif !

 

Enfin, au dessert, j’ai expédié par sms à mon amie Isabelle mère d’un tout nouveau Augustin ce passage : « Saint Augustin, ce grand malheureux, maître de tous les puritanismes parce qu’il a été le sujet de toutes les tentations, a imaginé trois désirs condamnables : désir de jouir, désir de dominer, désir de savoir. Que tout trois réunis résument l’histoire humaine dit assez l’inhumanité d’un tel système. »

 

Je sais que certains d’entre vous vont me reprocher ces zigzags, cette lecture fractionné, mais pour ma défense je réponds que la forme du livre s’y prête et que, bien sûr, dans le calme de ma thurne je jouirai en solitaire, page à page, dans la plus totale volupté, du beau livre de Pascal Ory.

 

Peut-être une nouvelle chronique verra le jour si je trouve un bon angle…

 

Pour mon appétit terrestre ce fut ceci :

Poireau monstrueux de Carentan en mille-feuille. Lard de porc noir de Bigorre, coques jaune d’œuf osmosé à l’eau de mer.

Poireau monstrueux de Carentan en mille-feuille. Lard de porc noir de Bigorre, coques jaune d’œuf osmosé à l’eau de mer.

Rouget grondin de l’Ile d’Yeu grillé sur peau. Laqué d’hibiscus, foie gras poêlé, chou de Pontoise, raddichio, agrumes.

Rouget grondin de l’Ile d’Yeu grillé sur peau. Laqué d’hibiscus, foie gras poêlé, chou de Pontoise, raddichio, agrumes.

Livre de TABLE : Jouir comme une sainte et autres voluptés, Pascal Ory, le fragmenté comble mes désirs…
Tarte aux pralines selon la recette d’Henry Connil pour Alain Chapel, crème glacée à la rose d’Ispahan et hibiscus.

Tarte aux pralines selon la recette d’Henry Connil pour Alain Chapel, crème glacée à la rose d’Ispahan et hibiscus.

Livre de TABLE : Jouir comme une sainte et autres voluptés, Pascal Ory, le fragmenté comble mes désirs…
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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 06:00
La catastrophique St Valentin du petit Pochon, sa Marie-Chantal l’a envoyé sur ses roses parfumées aux pesticides # Pousson # château Siaurac

Le petit Pochon végétait au fin fond d'un triste bureau du Cadastre Viticole Informatisé, rue du Bac dans le 7ième arrondissement de Paris. Face à la neige de son écran gris souris il rêvait d'une autre vie, de nouveaux horizons, ceux qui s'offriraient à ses yeux émerveillés le jour où ces ares et ces centiares accrochés à flanc de coteaux, au lieu de les stocker sur le disque dur de son ordinateur, il les foulerait de ses bottes comme vigneron. Son père, le gros Pochon, qui avait passé toute sa vie à faire le président de tout et de rien, de zinzins, lui répétait à satiété qu'il n'était qu'un petit con qui ne ferait jamais rien de bon. Condamnée au silence, sa mère, cachée derrière un éternel sourire, semblait lui dire du fond de ses grands yeux clairs, ne t'inquiète pas mon fils : bon sang ne saurait mentir...

 

Entre la saisie des parcelles de notre beau vignoble de France et de Navarre, le petit Pochon surfait sur le Net à la recherche d'une âme soeur avec qui il ferait son bonheur. Avec candeur il s'inventait des vies, trichait un chouia sur sa taille, se dotait de professions improbables, s'octroyait en conséquence de revenus confortables et, comme il était plutôt mignon notre Pochon, la moisson se révélait bonne sans que pour autant il ne se décidât à sauter le pas. Dans le monde virtuel les mots lui venaient à la pelle, légers, hors le train-train du quotidien, mais lorsque la réalité le rattrapait, notre petit Pochon esquivait. Jamais il ne se rendait aux rendez-vous que lui donnaient ses belles virtuelles. Chevalier de la barre haute il attendait le grand jour où le hasard ouvrirait en grand une large fenêtre sur l'Amour, l'Amour bien sûr avec un grand A.

 

Et puis la saint Valentin vint !

 

Depuis quelque temps il maraudait sur Tinder et après quelques râteaux le petit Pochon avait décroché le gros lot.

 

Elle était sommelière dans un triple étoilé alors notre Pochon se dit qu’il lui fallait sortir le grand jeu !

 

Il se risqua tout d’abord sur le site d’un certain Pousson qui titrait sobrement : Saint-Valentin, poil au vin !

 

Il vous plaît, ce tampon*? Pas mal, non? Pour le 14 février, on peut même l'imprimer en rose, ce sera plus dans le ton de cette journée gorgée d'amour et de bons sentiments…

 

«Au cas où vous ne l'auriez pas deviné, la Saint-Valentin, ça m'emmerde! Comme toutes les fêtes obligatoires d'ailleurs, qu'on voit au passage transformées, par la grâce de marketeurs finauds en gros sabots, en incontournables quinzaines commerciales. Je n'ai rien contre ce pauvre saint Valentin (personne ne sait trop lequel d'ailleurs), ça n'a rien de religieux, même si je m'étais un peu fichu de lui dans cette chronique, mais j'en ai marre de voir ma boîte à lettres polluée par tant de propositions d'effusions tarifées. Le tapin, ce n'est pas ma came. »

 

Le gars, qui devait être célèbre, énumérait plein de propositions : « Des bijoux, des concerts, des bouquets de fleur, des disques, des voyages en avion, des posters de musée, des cours "d'œnologie", des cosmétiques, des massages, des téléphones portables, des slips, des draps, des montres, des jeux de société, des sextoys (et pas du bon endroit…), des jeans, des coussins et même un "chocolat au lait personnalisé moulé sur l'anus de votre partenaire". Je précise (ça ne concerne que ce dernier cadeau romantique) que l'objet est disponible en trois parfums, noir, au lait et blanc. Le Professeur Choron aurait adoré. »

 

Rien qui ne puisse séduire sa Marie-Chantal ornementée d’un patronyme à particules.

 

C’est alors qu’il tomba sur une offre qui ne pouvait que séduire sa belle qui ensorcelle :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme le petit Pochon connaissait bien un vieux chroniqueur il s’enquit auprès de lui de ce qu’était le château Siaurac. Comme ça avait un petit goût de Dallas il cassa sa tirelire.

 

En quelques clics il réserva au château et bloqua 2 places en 1er AR pour un Paris-Libourne.

 

Ne restait plus pour lui qu’à prévenir avec élégance sa dulcinée. Il opta pour une gerbe de roses rouges qu’il fit porter par coursier jusqu’à son hôtel particulier.

 

Il bichait !

 

Dans la soirée il reçut un SMS ainsi libellé « tes roses bourrées de pesticides *, tu peux te les mettre au cul ! »

 

Désespéré, le petit Pochon, se dit qu’à ce petit jeu-là, même s'il se cachait la réalité derrière son petit doigt, il filait tout droit vers la triste position de vieux garçon. Qui, quelle jeune fille de bonne famille, quelle donzelle délurée, quelle biche aux lèvres camélias, pourrait avoir envie de passer sa vie aux côtés d'un petit attaché de deuxième classe de la DGDDI ?

 

* « Offrez des fleurs, pas des pesticides. À l’approche de la Saint-Valentin, nous nous sommes intéressés aux roses vendues dans le commerce. Nous avons mené des analyses en laboratoire sur des bouquets achetés auprès de dix grandes enseignes (Aquarelle, Au nom de la rose, Happy, Interflora, Monceau Fleur, Rapid’Flore…) et nous les avons interrogées, via un questionnaire précis, sur les conditions sociales et environnementales de production.

 

Dans les roses, nous avons recherché toute une liste de substances jouant le rôle d’engrais, de fongicide, d’insecticide ou encore d’acaricide. Et le résultat est accablant : en effet, aucun bouquet n’est dépourvu de substance chimique. »

 

La suite ICI 

 

Marie-Chantal avait lu ça dans le Figaro :

 

Prenez garde avant d'offrir un magnifique bouquet de roses à votre dulcinée! C'est la conclusion d'une enquête menée par le magazine 60 millions de consommateurs, que Le Figaro s'est procurée. Les experts ont mené des tests en laboratoire sur les bouquets de dix grandes enseignes, telles que Monceau Fleur, Aquarelle et Interflora. Le constat est sans appel: les fleurs vendues dans le commerce contiennent toutes des substances chimiques.

 

Fongicide, acaricide, insecticide... Au total, 49 molécules différentes ont été identifiées par 60 millions de consommateurs. Ce dernier nuance néanmoins ses analyses: toutes les fleurs, et donc toutes les marques, ne sont pas logées à la même enseigne. Le meilleur élève, un bouquet de roses rouge d'Aquarelle, contient tout de même «trois substances contestables, mais autorisées» et un fongicide interdit en France. Happy, Monceau Fleurs, Le Jardin des fleurs recèlent, en moyenne, 15 substances. Le dernier du classement, un bouquet commercialisé par Au nom de la rose, contient 25 produits différents, dont neuf pesticides interdits dans l'Hexagone.

 

Acétamipride, méthamidophos ou encore dodémorphe vous apparaissent sans doute comme des mots d'une langue étrangère, et pourtant ils sont loin d'être sans effet. Certains sont même classés dans la catégorie des pesticides néonicotinoïdes. À titre indicatif, le Parlement a voté leur interdiction en juillet dernier, dans le cadre de la loi sur la biodiversité. Ces produits, considérés comme tueurs d'abeilles, seront bannis à compter du 1er janvier 2018. Des dérogations pourront toutefois être accordées aux agriculteurs, jusqu'au 1er juillet 2020.

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