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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 06:00
« Du courage ! » Isabelle Saporta en a...

S’il est un reproche que je ne ferai pas à Isabelle Saporta c’est celui de n’être qu'une ouvrière de la 25e heure – ce que je suis moi qui ait passé un si long temps les bras croisés sous les ors de la République – son combat est ancien et sa pugnacité reconnue.

 

Du courage, elle en a !

 

Moi, je ne sais pas, sauf peut-être à barre d’un tribunal, mais là n’est pas le sujet de cette chronique.

 

J’ai lu son dernier livre, de la première ligne jusqu’à la dernière ligne, et je n’ai rien à redire. J’aurais pu appliquer à la réception de son livre la jurisprudence Face de Bouc qui se résume ainsi.

 

La critique littéraire versus Face de Bouc :

 

- Tu reçois le livre d’un membre de ta tribu : tu publies la photo de la couverture et tu écris lisez-le !

 

- Tu reçois le livre de quelqu’un que tu ne peux pas piffer : tu le mets à la poubelle.

 

Économie de mots, choc des photos et surtout, grand avantage, ça évite au critique de les lire…

 

Isabelle Saporta soulève et traite dans son livre avec compétence des sujets de la plus haute importance pour notre avenir, surtout celui de nos enfants et de nos petits-enfants, l’avenir de notre petite planète.

 

L'étiquetage nutritionnel, les cantines scolaires, l'antibiorésistance, l'hygiénisme laitier, les pesticides, les néonicotinoïdes, l'agro-écologie, la souffrance animale...

 

Achetez-le et lisez-le !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si vous souhaitez approfondir vos connaissances sur la dangerosité des lobbies je vous engage à lire :

 

Les Courtiers du capitalisme

 

Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles Sylvain Laurens

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est du lourd et très ardu mais de salut public.

 

« À Bruxelles, loin des ONG, les lobbies patronaux préfèrent le huis-clos avec les bureaucrates pour faire progresser leurs affaires.

 

Pour un lobbyiste, connaître des bureaucrates plus ou moins personnellement permet de savoir quand il est encore utile de pousser une position et quand, à l’inverse, il ne sert à rien de se montrer insistant : « En fait, le Parlement européen, si tu veux faire une analogie, c’est comme si tu avais une table de poker ; et à cette table de poker-là, les gens doivent montrer leur jeu. Au Parlement, tu dois montrer ton jeu. Donc les libéraux c’est ça, la droite c’est ça et les socialistes c’est ça. Tu lis les amendements, tu vois d’où ça vient. Et le type de la Commission qui bosse là-dessus depuis deux ans à fond, il voit tout de suite dans le style de la rédaction, dans l’idée qui est poussée, comment ça a été amené et à quelle industrie il a affaire. 

 

À partir d’archives inédites et d’observations réalisées auprès des lobbys patronaux, ce livre analyse les relations qu’entretiennent les représentants des intérêts économiques avec les agents de la Commission européenne.

 

Pour parvenir à leurs fins, les lobbyistes doivent se fondre dans les logiques de productivité de l’administration communautaire : les plus grandes firmes apprennent ainsi à manier le jargon des technocrates pour maintenir leur position, et enrôlent des experts scientifiques pour répondre aux attentes pratiques de tel ou tel chef de bureau. Et les liens intimes qu’entretient le capitalisme avec la bureaucratie se voient quotidiennement réactualisés. »

 

Je vous engage aussi à lire, c’est moins long, l’entretien avec Jean Ziegler, sociologue, ancien rapporteur à l'ONU, qui publie « Chemins d'espérance ».

 

« On peut nourrir 12 milliards d'humains. Les victimes de famine sont donc assassinées »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Un jour de décembre 2011, Jean Ziegler déjeunait avec José Bové «Chez Léon», un restaurant lyonnais. Le maire, Gérard Colomb, recevait à sa table un candidat d’alors à l’élection présidentielle, François Hollande. Jean Ziegler et Bové ont ce jour-là tenté d’attirer l’attention du futur président sur le problème de la faim dans le monde, en lui suggérant d’inclure dans son programme quelques mesures pour changer les choses. En vain.

 

Hollande, raconte Jean Ziegler, estimait que ce problème était «trop loin» des préoccupations communes. Et si c’était faux ? La conscience qu’une partie de l’humanité meurt chaque jour de n’avoir pas accès à l’eau et à la nourriture est une blessure très partagée. C’est le sentiment d’impuissance face aux famines, présentées comme une fatalité, qui crée la résignation.

 

Le sociologue suisse, ancien rapporteur de l’ONU sur les questions de nutrition, explique en quoi cette prétendue fatalité est un mensonge. La faim n’est plus comme autrefois la conséquence d’une insuffisance de production alimentaire, mais un drame consenti par tous les parlements dans l’ordre économique contemporain. L’essai brillant et simple que Ziegler publie aujourd’hui restera comme un cours de vérités publiques. Nous nous sommes entretenus avec lui. »

 

La suite ICI 

 

Enfin je déteste le ON, c'est rond, c'est creux, je préfère les NOMS PATRONYMIQUES, ici le mien, alors pour remettre les faits d'aplomb j’ai réécrit un passage du livre d’Isabelle Saporta : pages 168-169.

 

Au mois d’octobre 2016 deux amis vignerons de Chablis Olivier de Moor et Julien Brocard m’alertent « ils se sentent bien seuls à Chablis pour s’opposer à l’usine d’enrobage.

 

Je ponds une chronique Pas d’objection : à Chablis l’INAO aime autant les nuées de pesticides que les fragrances bitumineuses

 

« Du côté de Chablis je suggère que l’on en apposa un nouveau :

 

« Les grands crus de Chablis sont des terroirs gâchés » signé Athénaïs de Béru et d’y ajouter merci à Eiffage d’y contribuer avec un zeste de fleur de bitume.

 

Lors de mon dernier passage à Chablis pour rendre visite aux de Moor dans la bourgade de Courgis par une belle journée de juillet j’ai pu respirer à pleins poumons une belle acidité épandue par des araignées hautes sur pattes gambadant sur les coteaux au terroir bronzé comme un parigot de retour de la Côte d’Azur.

 

Et nous y voilà, les qui vont se faire bronzer le cul en meutes ou respirer le bon air des cimes dans la même formation sont des gens pressés. Pour éviter que les moutons de Panurge bouchonnent faut élargir le tuyau. Et une fois élargi le tuyau faut lui coller au cul du goudron et le goudron faut le fabriquer au plus près. »

 

La chronique ICI 

 

J’envoie un e-mail à Yves Colmou conseiller-politique de Valls Premier Ministre, un ex de chez Rocard, pour lui demander ce qu’il en ait. En retour, il m’indique qu’il a appelé le Préfet de l’Yonne qui lui a indiqué, qu’après l’avis des instances concernées, il donnerait un avis négatif.

 

Ce que je communique à mes deux amis en leur demandant de maintenir la pression et d’essayer de mobiliser les vignerons de Chablis et du Président de l’ODG bien passifs.

 

Puis à leur demande je tiens la plume pour rédiger un courrier à Stéphane Le Foll Ministre de l’Agriculture. Lettre expédiée le 17 octobre.(voir plus bas)

 

Mon rôle s’est arrêté-là, et je n’ai jamais affirmé « que Stéphane était aux manettes » car il ne l’était pas et je n’ai eu aucun contact avec lui ou son cabinet, ce qui aurait été contre-productif vu ma cote au 78 rue de Varenne.

 

Bien évidemment je dispose de tous les mails avec mes amis de Chablis échangés sur le sujet mais je ne vais pas révéler une correspondance privée.

 

Je ne suis pour rien dans la décision préfectorale et ce que je regrette, tout comme mes deux amis vignerons, c’est l’absence de mobilisation de la majorité des vignerons de Chablis.

 

Leur ODG a été plus prompte à la détente pour s'associer à  l’irresponsabilité crasse des syndicats d’AOC face à la consultation du Ministère de l’Agriculture sur l’arrêté des produits phytopharmaceutiques.

 

« L'abandon de conscience. En utilisant l'argument de l'autorisation des produits, l'AMM par l'Etat. Ces « salauds ordinaires » oublient que ce n'est pas l'État qui les oblige à utiliser ces produits de merde. Ce sont eux, en pleine conscience, qui les choisissent. Ils savent ce qu'ils font.

 

Et ce qu'ils ne veulent pas c'est l'afficher, faire l'aveu de leur choix du danger chimique par l'obligation de porter des combinaisons qui ne manqueraient pas de poser question. D'éveiller des doutes dans la tête des riverains qui n'ont pas suffisamment de curiosité ou d’informations. Le « voire jusqu'à la récolte » amenant le doute jusqu'au fruit et donc au vin : révélant que le risque a persisté.

 

Les dirigeants professionnels n'en veulent pas. Ce qu'ils veulent c’est rester dans l’ambiguïté, c'est conserver les moyens de leur duplicité.

 

Au lieu de se remettre en question, de se réformer. C'est-à-dire qu'à chaque fois que la question de l'usage se pose, de réfléchir à son utilité. Et que si le traitement est jugé nécessaire, que le choix se porte sur le moins mauvais. Cette question dépasse les familles habituelles : Bio, Biodynamie, conventionnelle. »

Lire ma chronique  ICI

 

 

Monsieur le Ministre,

 

Lors de votre venue à Maligny le 11/07/2016, suite aux violentes intempéries qui ont touché nos vignes, vous avez partagé avec nous les mêmes convictions sur l’importance capitale de redonner au sol sa complexité et sa diversité afin de lui permettre de retrouver son autonomie. C’est un travail de longue haleine qui exige l’adhésion du plus grand nombre.

 

Notre terroir de Chablis n’est pas délocalisable alors que le projet d’installation d’un poste mobile d’enrobage à chaud à Saint Cyr des Colons, sur les hauteurs du vignoble Chablisien en 2017, lui, ne dépend que de décisions purement économiques de la part de la société APRR.

 

Une telle installation, dont on n’a pas vraiment étudié les risques à moyen et long terme, viendrait abîmer nos terres et nos plantes et constituerait un signal négatif à celles et ceux, de plus en plus nombreux, qui souhaitent s’orienter vers l’agriculture biologique.

 

Dans un monde ouvert, de plus en plus concurrentiel, c’est aussi, pour nous vignerons qui mettons en avant la richesse et la diversité de nos terroirs, aller à contre-courant des exigences nouvelles, en termes de préservation de l’environnement et de la santé, de nos consommateurs nationaux et étrangers.

 

Cette unité mobile est prévue pour un rendement de 500 tonnes de bitume/heure et pour une durée de 25 ans. Elle engage donc notre avenir et plusieurs publications scientifiques mettent en avant la dangerosité et la résistance des molécules de HAP (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques) dans l’environnement (le sol, les plantes et l’eau). La thèse de Dorinne Desalme, maître de conférences à l’Université de Lorraine/INRA va dans ce sens.

 

L’enquête publique est close, avec avis favorable du commissaire-enquêteur, depuis la fin mai 2016 et la décision définitive est entre les mains du Préfet de l’Yonne après avis du CODERST. Cette enquête à notre sens, n’a pas suffisamment pris en compte les effets négatifs, à moyen terme, sur nos sols et nos plantes et la consultation des vignerons est restée trop retreinte et confidentielle. De plus, l’avis « sans objection » de l’INAO Dijon est à la fois bien succinct et ne repose sur aucune étude d’impact sérieuse.

 

Face à cette situation qui nous inquiète à juste raison, et à la faible implication de beaucoup de vignerons peu informés, nous ne pouvions qu’alerter les pouvoirs publics et les élus par les moyens à notre disposition : les médias locaux et nationaux.

 

Il ne s’agit pas pour nous de faire de l’agitation stérile et agressive mais de défendre, avec des arguments sérieux et solides, un dossier qui, rappelons-le une fois encore, engage l’avenir de nos exploitations et de nos familles.

 

C’est pour cette raison, qu’en l’attente de la décision de Monsieur le Préfet de l’Yonne, qui nous dit-on serait négative, nous nous tournons vers vous pour que vous nous aidiez dans notre démarche afin que le dossier technique, scientifique, économique et environnemental, puisse être nourri d’arguments pertinents.

 

Notre volonté c’est que ce projet, certes nécessaire pour répondre aux besoins de la société APRR, qui avait été présenté à l’identique au même endroit il y a quelques années, ne resurgisse plus à nouveau sous cette forme et à cet endroit.

 

La décision qui va être prise doit pour nous s’inscrire dans la durée afin que les vignobles du Chablisien et de l’Auxerrois puissent s’engager résolument dans une viticulture respectueuse de son environnement et de la santé de ses producteurs et de ses clients.

 

Nous sommes convaincus que vous partagez avec nous cette volonté et nous vous remercions par avance de l’intérêt que vous porterez à notre démarche.

 

Bien évidemment nous restons à votre disposition, comme à celle de Monsieur le Préfet de l’Yonne, pour vous apporter, lors d’une rencontre, toutes les précisions que vous jugerez utiles.

 

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos sincères salutations.

 

Olivier de Moor et Julien Brocard

 

Cette lettre est restée sans réponse.

 

 

 

 

 

 

 

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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 06:00
Que boire lorsqu’on avale des couleuvres ? Sans contestation : une Vipérine de Vendée !

Là je fais connexion entre Bruno Retailleau, le croisé de François Fillon.

 

Le p’tit Bruno de Saint-Malô-du-Bois dans la Vendée militaire ICI , l’ex porte-flingue du ricaneur du Puy-du-Fou, en a bien besoin pour se remonter le moral.

 

Imaginez le chemin de croix de son mentor, ce pauvre François Fillon se rendant au déjeuner qu’il a sollicité chez son ancien maître Don Sarkocorleone, l’abomination de la désolation, ce n’est pas des couleuvres qu’il a dû avaler mais un boa constrictor.

 

« Faire accepter n’importe quoi à n'importe qui comme une vérité. Infliger des humiliations, des désagréments à longueur de temps à quelqu’un… »

 

Devoir accepter de subir des choses désagréables sans rechigner était autrefois le lot de toutes les personnes en position d'infériorité (comme le personnel de maison, par exemple).

 

Tel fut le lot de François Fillon Premier Ministre tout au long du septennat du parrain de la Droite dure. Alors qu’il tenait sa revanche en ayant renvoyé sèchement son maître, le collaborateur pris dans la tourmente judiciaire se voit obligé de revenir, la queue entre les jambes, plier le genou et faire à nouveau bonne figure.

 

« L'essentiel dans cette manière d'arriver est d'agréer maints soufflets et de savoir avaler une quantité de couleuvres : M. de Talleyrand faisait grand usage de ce régime des ambitions de seconde espèce. »

Chateaubriand - Mémoires d'outre-tombe.

 

Mais accordons à François Fillon, comme à tous ceux qui exposent leur vie dans le domaine public, un peu d’indulgence. Qui de nous peu lui jeter la première pierre ? En effet, bien hypocrites ceux qui se targueraient de n’avoir jamais avalé des couleuvres dans leur vie privée ou professionnelle.

 

Indulgence ne signifie pas absolution, simplement un rappel à celles et ceux qui sur les réseaux sociaux se drapent dans des postures de redresseurs de torts.

 

Sur Face de Bouc ça dézingue sans sommations mais beaucoup de ces snippers avancent masqués ou se fabriquent un beau profil.

 

C’est facile.

 

C’est commode.

 

Ça permet de laver plus blanc que blanc en planquant ses petits ou grands accommodements, toutes ces couleuvres, plus ou moins grosses, avalées dans le secret de son métier ou de sa vie privée.

 

Libre à eux de faire la Révolution en affichant une photo de profil en tee-shirt Che Guevara même si ça ne les empêche pas de faire commerce avec le bourgeois, qu’il soit bobo ou de l’ancienne espèce. Faut bien vivre !

 

Libre à eux de ne pas être très regardant sur le profil de leurs amis, ça peut toujours servir.

 

Mais de grâce cessez de nous la jouer les pères la morale du haut de votre mince bagage de la vie. Un chouïa d’humilité vous permettra d’avaler votre lot de couleuvres.

 

Ainsi va la vie que l’on vit, l’important c’est de ne pas se renier, de nous vendre de la soupe pas fraîche, de pratiquer le copinage avec des gratte-papier stipendiés.

 

Et là y’a du ménage à faire, du balayage devant sa porte avant de s’autoproclamer nettoyeur des écuries d’Augias.

 

Vous allez me dire tout cela est bien obscur et bien lointain du monde du vin.

 

Pas si sûr, ma chronique, sans nommer qui que ce soit, touche le cœur de la critique du vin, de ses relations, de ses pratiques, qui font que trop souvent les gens se tiennent par la barbichette, que tout le monde avale des couleuvres.

 

Sur les réseaux sociaux, comme dans la vie, c’est trop souvent le bal des faux-culs et des hypocrites.

 

Mais revenons à la Vipérine de Vendée !

 

Au café d’Aubigny, on assurait dans les années 80 qu’il s’agissait d’une recette traditionnelle du haut-bocage vendéen, mais aux Essarts, au cœur même de ce bocage on affirme que c’est un usage propre à Vieillevigne au confit du département et du pays du Muscadet.

 

Ange Bastiani raconte que Jean Cettour, le patron du bar, Bar des BOF (Beurre-Œuf-Fromage), au 7 rue des Innocents, à Paris, avait toujours en bonne place une bouteille d’alcool de vipères, en principe non destinée à la consommation courante.

 

Sa recette « Capturer une vipère vivante dans les collines de Chainas… les murs des restanques des vignobles sont truffés de ces reptiles. Enfermez-là dans une bouteille vide close par un bouchon coupé en biseau. Laissez jeûner l’animal durant 2 ou 3 jours puis emplissez le flacon de marc de beaujolais et bouchez-le cette fois avec un bouchon plat. Vous n’avez plus ensuite qu’à laisser macérer pendant 6 mois au bout duquel le breuvage sera à point. »

 

L’introduction de la vipère vivante dans la bouteille fait que le reptile s’enroule dans la bouteille, essaye de remonter et que lorsqu’on l’occis avec l’eau-de-vie elle reste enroulée la tête en eau.

»

Pour J. Luneau de Vieillevigne c’est un élixir de jouvence, il précise qu’il faut que ce soit une vipère femelle. »

 

Dans les 101 Conseils de Médecine Naturelle du Dr Jean-Yves Péron-Autret :

 

« Qui n’a vu dans les vitrines des apothicaires de province, le flacon d’alcool où une vipère capturée vivante est immergée (dans une bouteille contenant de l’alcool de fruit porté à ébullition) ? On boit un petit verre à alcool de cette préparation chamanique et magique tous les matins. Le roi François 1er la jugeait indispensable au maintien de sa souveraine santé contre les rhumatismes. »

 

Une recette italienne du XVIIe siècle :

 

« Beaucoup pour prolonger la jeunesse et retarder la vieillesse, utilisaient le vin de vipère et la chair de la vipère préparée et assaisonnée avec d’autres aliments. »

 

Pour clore cette chronique politico-gastro-vino… il semble que l’expression « avaler des couleuvres » trouve son origine d'une ancienne signification de 'couleuvre' qui désignait aussi une insinuation perfide, le genre de chose à laquelle il n'est pas toujours simple de répondre et qu'on doit alors subir sans piper mot.

 

Ce sens du mot était bien entendu lié au comportement du serpent, cet animal qui a convaincu Ève de croquer la pomme.

 

Cet emploi aurait été renforcé par la confusion avec 'couleur' qui, du XVe au XVIIe siècle désignait une fausse apparence, encore symbole de perfidie (une bonne couche de peinture peut dissimuler bien des défauts).

 

Si le cœur vous en dit vous en prendrez bien une larme… de crocodile...

 

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 06:00
Trop de salons tuent les salons !

L’avantage des formules qui pètent c’est justement qu’elles pètent, font du bruit, rompent le silence convenu qui règne  sur le marigot, on les retient facilement même si elles réduisent la réalité à un petit paquet de mots.

 

Si j’avais été aussi provocateur que certains le disent j’aurais titré, en parodiant un célèbre slogan 68 hard : les salons pièges à cons !

 

Mais comme toutes les formules lapidaires celles-ci mettent le doigt sur une part de la réalité sans l’exprimer totalement. En effet, la prolifération des salons ne tue pas tous les salons mais met à mal certains d’entre eux.

 

Quant aux cons, le sens de mot nous échappe souvent, il en est de toutes sortes et il nous arrive de nous écrier dans certaines circonstances : «Qu’est-ce que j’ai été con !» Toutes les études le prouvent : tout le monde est ou sera, un jour où l’autre, une espèce de con.

 

Revenons au fond de mon affirmation pour soulever la question que tout le monde se pose dans le monde du vin sans jamais oser la poser franchement.

 

Exemple flagrant du je tourne autour du pot, parce que j’ose pas fâcher ceux qui nous font vivre, glané dans un organe de presse du vin :

 

- Tiens, comme on se retrouve ! Dis-moi, on se suit dans le tour de France des allées de salons du vin !

 

- Que veux-tu, comme toi je faisais partie des 20 775 visiteurs de Vinisud, des 4 850 visiteurs de Millésime Bio, des 8 500 du salon des Vins de Loire…

 

- Et maintenant des 3 300 visiteurs de Vinovision ! Ne manquerait plus que Pink pour compléter la collection...

 

- On ne peut pas dire, les salons se multiplient plus vite que mes allocations de Pétrus.

 

La politique du chiffre est un bien mauvais indicateur de l’impact réel d’un salon.

 

Et c’est là que le bât blesse : comment le savoir ?

 

Mission quasi impossible car à la sortie tout le monde affiche une satisfaction de bon ton, les organisateurs balancent des chiffres de fréquentation qui ne veulent pas dire grand-chose, les exposants invariablement disent qu’ils sont contents, les communicants, qui sont payés pour ça, graisse la tartine.

 

Sous cette satisfaction de façade se cache un dilemme pour beaucoup de vignerons en recherche de clients et de notoriété : y aller ou ne pas y aller ?

 

Mais attention il y a salon et salon, je m’explique.

 

Au temps où j’étais aux manettes rue de Varenne j’ai délesté le Ministère du Salon de l’Agriculture en le vendant à un organisateur de salon. Certains ont poussé des hauts cris sauf que soucieux de l’argent du contribuable – oui ça existe – le déficit était tel qu’il fallait changer de format et que le nouveau format n’était pas inscrit dans la mission de service public d’un Ministère.

 

En effet, comme je l’écrivais en 2007, le Salon de l’Agriculture n’était plus vraiment celui des agriculteurs mais celui des urbains qui viennent voir les vaches, les cochons, les moutons, les chevaux, la volaille, les chiens et les chats… etc. Le Ministère continue de subventionner le côté bestiaux car il est prisé par les éleveurs et il coûte cher.

 

« Les gars de chez moi, quand y montaient à Paris pour le Salon c'était pour deux raisons avouables : voir les bêtes et le matériel et deux, qui ne l'étaient pas : se prendre quelques mufflées carabinées dans le couloir de la mort (l'actuel hall des provinces) et aller trainer du côté de Pigalle. Je ne veux pas être mauvaise langue mais, comme leur moyen de transport exclusif dans Paris était le métro, beaucoup d'entre-eux, en dehors du quartier de la Porte de Versailles et des lieux de perdition, ne connaissaient rien des splendeurs de notre capitale, exception faite peut-être de l'Eiffel Tower. Ces temps sont révolus, la machine agricole a émigré à Villepinte et notre Salon de l'Agriculture attire plutôt les urbains, les enfants des écoles et les étrangers, que les agriculteurs. »

 

Tout ça pour vous dire qu’il faut trier dans les salons entre ceux qui sont organisés par des organisateurs professionnels et ceux qui sont le fait des vignerons eux-mêmes.

 

Y’a d’abord les Mammouth bien essoufflés : Vinexpo à la peine, il est loin le temps de la débauche, Vinisud qui se la joue sans vraiment convaincre, le Salon des vins de Loire quasiment subclaquant…

 

Y’a les petites bêtes qui montent, qui montent : les fameux off qui tournent autour des pachydermes. Ceux de la Loire vont sans doute achever la bête malade.

 

Y’a ceux des VIF, des poids lourds, à l’ancienne qui devraient se préoccuper du vieillissement de leur clientèle

 

Y’a la partie vin du Salon de l’Agriculture, ringarde de chez ringarde, une horreur absolue.

 

Y’a le nouveau qui surfe sur la vague du « propre » : Millésime Bio qui devra sans doute affronter un de ces 4 sa crise de croissance.

 

Y’a les salons chics parisiens : la RVF et le Grand Tasting de B&D des vaches à lait qui présentent toujours les mêmes têtes, attendre et voir…

 

Y’a le salon des vins nus de rue89 Sous les pavés la vigne, très militant, qui essaime : Lyon puis Bordeaux… lui aussi devra assumer ses boutons d’acné…

 

Y’a un nouveau à Paris avec un nom à la con : Vinovision qui a beaucoup blablaté mais ne semble pas avoir trouvé la bonne cible.

 

Y’a le Vin de mes Amis que j’aime bien qui fait son petit bonhomme de chemin.

 

Et puis y’en a plein de tout petits, des régionaux, des locaux, des parigots, dont je ne peux dresser la liste.

 

Question : y’en a-t-il trop ?

 

Je n’en sais fichtrement rien !

 

La bonne question, la seule qui vaille, est-ce que les exposants y trouvent ce qu’ils sont venus chercher en payant leur place de leurs deniers.

 

Du côté des gros salons avec organisateurs professionnels (ce qui ne signifie pas forcément compétents surtout lorsque des enjeux politiques s’en mêlent) le socle est constitué par les maisons de négoce, les propriétés bien déjà bien dotées et, bien sûr, les zinzins interprofessionnels qui y trouvent le moyen de dépenser l’argent de leurs cotisants.

 

Pour les vignerons c’est une autre paire de manches mais dans une première approche je ne vois pas quel est le bénéfice pour eux d’aller faire nombre, faire de la figuration dans les gros salons.

 

Alors où faut-il aller ?

 

Pour aider à dénouer ce dilemme il faudrait que les vignerons puissent disposer d’informations fiables, d’analyses sérieuses, sur le panel d’acheteurs qu’ils vont pouvoir ou espérer rencontrer.

 

Là c’est morne plaine et bourrage de mou, ceux qui se qualifient de « journalistes du vin » ont un fil à la patte, ils font partie du jeu, vendre la mèche tiendrait pour eux à se faire hara-kiri. Alors tout ce petit monde nage dans la même ambiguïté.

 

Ne comptez pas sur les organisateurs pour en sortir car ils le feraient à leur détriment.

 

De plus, dans les enceintes officielles, là où soi-disant se prennent les grandes décisions, beaucoup de grands présidents n’ont jamais mis la main à la pâte de la vente du vin, ce qu’ils aiment dans les salons c’est poser sur la photo officielle lors du coupage du ruban.

 

Pour moi, l’avenir des gros salons est en bout de piste à Roissy ou dans les grands hubs pour capter les acheteurs internationaux… Pour ceux qui veulent faire du tourisme ou de l’œnotourisme un petit coup d’ailes et c’est emballé.

 

Pour les petits salons un danger tout de même : vampiriser par la vente directe une grosse part de la clientèle des cavistes qui assurent tout au long de l’année le service de proximité.

 

Chez moi, à la Mothe-Achard, un dicton disait « ça durera aussi longtemps que les foires de Mothe… » sauf qu’elles ont disparues…

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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 06:00
Redneck sommelier Konstriktor • Helder Oliveira •

Redneck sommelier Konstriktor • Helder Oliveira •

« Les grands vins feront leur entrée triomphale, et le sommelier annonce avec orgueil des noms et des dates illustres, selon ce qu'aura choisi, pour la solennité du jour, l'amphitryon : Château-Margaux 69, Château-Latour 75...»

 

Clément Jaluzot, sommelier maître d'hôtel du duc de Praslin (Grandes heures cuisine française, Éluard-Valette, 1964, p. 248. CNRTL

 

À l’origine, le sommelier était une personne qui, dans une grande maison, dans une communauté, avait la charge du linge de table, de la vaisselle, de la nourriture et des vins

 

De nos jours, personne qui a la charge des vins et des boissons alcoolisées dans un restaurant.

 

« Sa face était plus blême et son nez plus rouge qu'à l'ordinaire; phénomène qui pouvait s'expliquer par le nombre de bouteilles vides rangées sur le buffet (...) et par le nombre de bouteilles pleines que le sommelier plantait devant lui avec une prestesse infatigable. »

 

Théophile Gautier, Fracasse, 1863, p. 382. CNRTL

 

« Sommelier » provient du moyen français. Le mot trouve ses racines dans le provençal « saumalier », conducteur de troupeau, lui-même issu de « sauma », troupeau.

 

L'origine latine est « sagma », « bât ». Le terme de sommelier signifie à l'origine «conducteur de bête de somme».

 

Le terme de sommelier va remplacer celui d'échanson. On trouve dans les comptes des rois de France, en 1378, un Jacques Mercade portant le titre de premier sommelier de corps du roi. Dans les comptabilités de la maison du roi, on trouve des sommeliers de Paneterie, des sommeliers de la Fruiterie.

 

À la cour des ducs de Bourgogne, à partir du milieu du XVe siècle, il y avait un premier sommelier de corps, six sommeliers de chambre et six sommeliers de corps.

 

Le sommelier de corps avait pour fonction de s'occuper des habits du duc. Le sommelier de chambre devait garder le lit dans la chambre du duc en son absence. Le titre de Sommelier de Corps ou Sommelier du Corps de la cour des ducs de Bourgogne a été introduit à la cour des rois d'Espagne par Charles Quint avec le Sumiller de Corps chargé des parties les plus privées du domaine du monarque.

 

Franck-Emmanuel Mondésir officie au restaurant Les Climats, rue de Lille à Paris, il se situe donc dans la lignée de la cour des ducs de Bourgogne sans que je m’aventure à lui attribuer l’une des appellations citées ci-dessus (même si j’en meurs d’envie).

 

- Pourquoi chroniquer sur lui plutôt que sur un autre ; où se situe donc l’originalité de ce jeune homme ?

 

- Bonne question Elkabbach !

 

- Allez-vous lui passer la brosse à reluire ?

 

- Rassurez-vous Jean-Pierre, bien que mes très anciennes et hautes fonctions d’enfant de chœur chef, en l’église Saint Jacques le Majeur de la Mothe-Achard, m’aient familiarisé avec le maniement de l’encens, je ne me sens pas très à l’aise dans l’exercice du compliment.

 

- Vous savez pourtant que moi-même je suis adepte du cirage de pompes, alors éclairez-moi sur vos dons !

 

- Avec plaisir JPK !

 

- Ce n’est pas à un vieux singe comme vous que j’apprendrai à faire la grimace, l’exercice n’est pas simple car, si l’on n’y prendre garde, il peut facilement verser dans la flatterie. Rappelez-vous Jean-Pierre la morale du corbeau et le renard :

 

Mon bon Monsieur,

Apprenez que tout flatteur

Vit aux dépens de celui qui l'écoute :

Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute.

 

J’ai connu, sous les ors de la République, un grand spécialiste de la remise de décorations ; il trustait lui-même les grades de commandeur dans 3 ordres : la Légion d’Honneur, le Mérite National et le Mérite Agricole.

 

Cet homme à la stature imposante de hobereau normand savait transformer un curriculum vitae modeste en une quasi-épopée, égrener les mérites du récipiendaire avec ce qu’il fallait d’humour et de malice, placer des incises sur notre belle France du labourage et du pâturage chers à Sully.

 

Que Franck-Emmanuel se rassure, il encore bien trop jeune pour prétendre obtenir le poireau, le ruban vert de la rue de Varenne, alors je ne lui infligerai pas un discours.

 

-  Après toutes ces circonvolutions, il serait de bon ton que vous en veniez aux faits…

 

- Taisez-vous Elkabbach ! Droit au but : Franck-Emmanuel m’a réconcilié avec le métier de sommelier.

 

- Vous étiez fâché ?

 

- À dire le vrai je n’étais pas à proprement parler fâché mais plutôt irrité par la manière dont certains d’entre eux pratiquaient. En clair, ils me gonflaient ! Me prenait la tête. Pire, dans les dégustations, lorsque je les pratiquais au tout début de mon blog, beaucoup m’exaspéraient avec leur côté je sais tout sur tout. Place aux spécialistes, passez votre chemin menu fretin !

 

- Vous vous prenez pour Périco ?

 

- Non, je suis un garçon bien élevé, je les supportais avec courtoisie. Pas un mot plus haut que l’autre, parfois un léger zeste de distance.

 

- Le style bobo quoi…

 

- Vous datez Jean-Pierre mais là n’est pas le sujet. Mon revirement de jurisprudence date du jour où Franck-Emmanuel est arrivé, je ne dirai pas décontracté, car ça pourrait passer pour de la désinvolture, non plutôt comme le petit copain de votre fille, qu’elle vient vous présenter, qui ne sait pas quelle impression il va faire et qui adopte une approche à mi-chemin entre je suis un peu mariole mais je sais me tenir.

 

- Vous causez riche mon cher !

 

- Ne m’interrompez pas Elkabbach ! Ce garçon sous ses airs de Pierrot lunaire, fait d’un mélange d’attention malicieuse souligné par des yeux rieurs et un sourire bien accroché, masque un gros cœur, une réelle sensibilité.

 

- Un amoureux du vin quoi…

 

- Bien plus que ça Jean-Pierre, il cherche à vous le faire aimer sans vous imposer sa science. C’est un ludion sympathique qui, avec son air de ne pas y toucher vous guide avec compétence sur les chemins de traverse de la Bourgogne. En plus cette jeune canaille sait nous faire sortir des sentiers battus. Y'a pas que la DRC dans la vie ! Je n'en dirai pas plus, étant donné mon immense influence dans le milieu de la restauration étoilée je risquerais, en couvrant F.E.M. de fleurs, de lui valoir bien des inimitiés

 

- Vous êtes un vrai politique. Je salives et si nous allions déjeuner ensemble aux Climats cher ami ?

 

- Désolé Jean-Pierre je ne vais aux Climats qu’avec mes belles amies qui sont regroupées en un fan club de Franck-Emmanuel présidée par Claire

 

Ci-dessous le jeune homme en action dans la belle cave des Climats...

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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 10:00
Des hélicoptères survolent la vallée de la Soummam en Mai 1956. / AFP

Des hélicoptères survolent la vallée de la Soummam en Mai 1956. / AFP

Afin de mieux coller à l’actualité de la campagne électorale j’ai choisi de publier mon journal d’un chroniqueur de campagne sans m’en tenir à un calendrier précis.

 

À chaud !

 

Ainsi ce matin dans mon courrier un lecteur m’écrit (vous pouvez le faire via en cliquant sur CONTACT tout en bas du blog).

 

Fillon, Macron, la presse et la colonisation

 

Comment dans un débat politique d’un tel niveau, où l’un des concurrents fait campagne pour se blanchir (il s’en remet au suffrage universel pour être jugé, quand même) et dessoudant la presse, les discours de macron et les cris d’orfraie qu’ils suscitent, j’ai cette phrase d’Albert Londres qui remet tout le monde en phase.

 

Elle conclut la post face qu’il a écrite pour Terre d’Ebène : «Je demeure convaincu qu'un journaliste n'est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie»

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Terre d’Ebène : après l’avoir lu, personne ne peut affirmer à moins de s’aveugler, que la colonisation a été seulement un bienfait. Ce qui une fois de plus ne fait pas de tous des criminels, mais l’ensemble est un monstre. Crime contre l’humanité n’est choquant que si l’on ne veut pas savoir.

 

D’autre part, pour la presse : elle doit effectivement porter la plume dans la plaie. Mais la maturité d’un citoyen électeur est de faire la part des choses, et d’accueillir les informations pour les traiter pour ce qu’elles sont : des données nouvelles.

 

Le politiques aiment trop les cireurs de bottes pour ne pas qu’ils soient suspects. Fillon, comme les autres.

 

Mais pourquoi Macron a-t-il choisi l’Algérie ?

 

1/12/1954, «L'Algérie, c'est la France et la France ne reconnaîtra pas chez elle d'autre autorité que la sienneFrançois Mitterrand, ministre de l'Intérieur…

 

Son discours ICI

 

Un demi-siècle après la décolonisation et la fin de la guerre d'Algérie, l'exercice de mémoire autour de ces sujets demeure profondément conflictuel, comme otage des idéologies et des clivages politiques.

 

« La France aurait tout intérêt à faire la lumière sur son passé et cesser de fermer les yeux sur ce que fut réellement cet épisode de l'histoire. La colonisation fut longtemps au centre de l'idéal républicain, dit de gauche - au même titre que la laïcité et la conquête des libertés - portée par des grandes figures du Panthéon de la gauche française, Léon Gambetta ou Jules Ferry qui déclarait à la Chambre des députés, le 28 juillet 1885: «Je soutiens que les nations européennes s'acquittent avec largeur, avec grandeur et honnêteté, de leur devoir supérieur de civilisation!» Cette approche avait alors un caractère quasi officiel, «politiquement correct» dirions-nous aujourd'hui.

 

Quant à l'Algérie, elle fut pendant plus d'un siècle considérée, non pas comme une colonie mais comme une fraction du sol national. A l'exception du parti communiste, et de quelques individualités isolées, l'ensemble de la classe politique, jusqu'à la fin des années 1950 - y compris la SFIO et le parti radical, ancêtres du parti socialiste actuel, le MRP centriste - considérait les trois départements algériens comme faisant partie intégrante et intouchable du territoire Français. »

 

Maxime Tandonnet le 18/03/2016

Adolescent, la guerre d’Algérie, faisait partie du quotidien de nos familles, nos grands-frères y étant appelés sous les drapeaux en tant que soldat du contingent. Mon frère aîné Alain en était, il a passé 18 mois de sa vie sur un piton rocheux à la frontière de la Tunisie « protégée » par ligne électrifiée dites ligne Morice. Sa base arrière était à Guelma.

 

J’ai vu aussi débarquer à la Mothe-Achard, après les accords d’Evian, les Pieds Noirs désemparés avec leur petit balluchon.

 

Jeune homme j’ai choisi de faire mon service national en tant que coopérant (VSNA) et j’ai été affecté à l’Université de Constantine en tant que maître-assistant. C’était au temps de Boumediene. J’y ai passé 2 années de ma vie. Parmi mes étudiants j’avais de nombreux quadragénaires ayant participé à cette guerre et qui venaient acquérir une formation juridique nécessaire aux postes qu’ils occupaient.

 

Avant de partir j’avais lu La Guerre d'Algérie (4 tomes parus chez Fayard) d’Yves Courrière

 

Les Fils de la Toussaint, 1968

Le Temps des léopards, 1969

L'Heure des colonels, 1970

Les Feux du désespoir, 1971

 

Mais aussi, entre autres, Les Damnés de la Terre de Frantz Fanon

 

Je vous conseille d’offrir à vos jeunes l’admirable Histoire Dessinée de la Guerre d’Algérie de Benjamin Stora et Sébastien Vassant au Seuil.

 

« La guerre d’Algérie fut le grand épisode traumatique de l’histoire de la France des Trente Glorieuses et les blessures ouvertes alors ne sont pas encore refermées, comme en témoignent les polémiques mémorielles récurrentes qu’elle continue de soulever. En 250 pages, Benjamin Stora et Sébastien Vassant retracent en textes et en images les moments-clés de cette guerre longtemps restée « sans nom », avec ses épisodes majeurs et ses acteurs principaux, français comme algériens.

 

À partir d’archives, de portraits et de témoignages, Benjamin Stora et Sébastien Vassant donnent à voir et à comprendre la guerre d’Algérie comme on ne l’a jamais fait. La bande dessinée restitue cette histoire dans toutes ses dimensions tout en intégrant les acquis de la recherche historique la plus récente, et en faisant place à la diversité des mémoires. »

Journal d’1 chroniqueur de campagne (5), Macron, la colonisation, pourquoi l’Algérie ?

Je propose à votre lecture 4 articles :

 

  1. Colonisation. Macron « a des arrière-pensées pas seulement humanistes » le 17/02/2017 Ouest-France.

 

Emmanuel Macron a profité d’un voyage de deux jours en Algérie pour répondre aux questions d’un journaliste d’une chaîne de télévision algérienne. Certains de ses propos ont fait mouche. «La colonisation est un crime contre l’humanité», a-t-il lancé, adoptant une ligne opposée à celle de certains de ses adversaires de la présidentielle. Olivier Lecour Grandmaison, politologue spécialiste d’histoire coloniale, enseigne à l’université d’Évry-Val d’Essonne et au Collège international de philosophie. Auteur de plusieurs ouvrages, il a publié, en 2014, L’empire des hygiénistes. Vivre aux colonies, aux éditions Fayard. Il est aussi à l’origine d’un récent appel pour la reconnaissance des crimes coloniaux commis par la France. Pour Ouest-France, il réagit aux déclarations du candidat d’En Marche, qu'il a assumé sur Facebook.

 

- À la télévision algérienne, Emmanuel Macron a qualifié la colonisation de crime contre l’humanité. Qu’en pensez-vous?

 

Il est tout à fait possible de considérer la colonisation comme un crime contre l’humanité dès lors que l’on s’intéresse de façon précise aux modalités de la colonisation. Il s’agissait de guerres de conquête et de guerres coloniales dont l’une des caractéristiques, et pas seulement en Algérie, est d’avoir été des guerres totales, où l’on a assisté à une militarisation complète de la population et du territoire. Ce qui veut dire que la distinction entre civil et militaire s’effondre, celle entre sanctuaire et champ de bataille également.

 

Par ailleurs, et là ça ne concerne pas uniquement l’Algérie, autre particularité, et aujourd’hui reconnu comme un crime contre l’humanité, le fait que les populations civiles, sans avoir eu un comportement délictuel, ont été soumises au travail forcé. Lequel a été extraordinairement criminel.

 

- Il y a eu des massacres aussi…

 

Oui. À ce propos, la qualification employée par Emmanuel Macron est partagée par des historiens, des avocats. Je pense notamment à celui de Sétif, Guelma et Kherrata, le 8 mai 1945. Entre 35000 et 40000 morts. Un massacre qui court du 8 mai à la fin août, début septembre, qui implique l’ensemble des forces armées (Terre, Air, Marine), plus des milices coloniales. Eu égard aux modalités de ce massacre, à ses mobiles, un certain nombre de contemporains aujourd’hui considèrent, en effet, qu’il s’agit de crime contre l’humanité.

 

- Dans l’interview, après ces propos forts, il tente: «La France a installé les droits de l’homme mais a oublié de les lire»

 

La suite ICI 

 

  1. La colonisation "crime contre l'humanité": pourquoi Macron a raison le 16.02.2017 Bruno Roger-Petit

 

Interrogations. Emmanuel Macron a juridiquement tort, mais a-t-il politiquement raison? Le pénal suffit-il à caractériser le moral? Une définition juridique, pour aussi parfaite qu’elle puisse être considérée suffit-elle à enfermer le politique, convoqué au chevet de l’histoire? Évoquant ce que fut la colonisation française en Algérie (ce qui vaut pour tant de terres où elle sévit) Emmanuel Macron a parlé de crime contre l’humanité. En droit, c’est discutable, mais au regard de la morale de l’histoire, qu’en est-il?

 

Relisons Bel ami, ces pages d’introduction où Maupassant campe le personnage de Georges Duroy, déambulant dans Paris en quête de destin: "Et il se rappelait ses deux années d’Afrique, la façon dont il rançonnait les Arabes dans les petits postes du Sud. Et un sourire cruel et gai passa sur ses lèvres au souvenir d’une escapade qui avait coûté la vie à trois hommes de la tribu des Ouled-Alane et qui leur avait valu, à ses camarades et à lui, vingt poules, deux moutons et de l’or, et de quoi rire pendant six mois. On n’avait jamais trouvé les coupables, qu’on n’avait guère cherché d’ailleurs, l’Arabe étant un peu considéré comme la proie naturelle du soldat".

 

« L'Arabe étant un peu considéré comme la proie naturelle du soldat ». Maupassant livre une anecdote. Que l’on devine vraie. Que l’on sait ordinaire, dans le sens où elle est répétée à l’infini depuis que la France s’est emparée de l’Algérie. Et que cela va encore durer soixante-dix ans. Comment dire mieux la colonisation française, sa violence et son injustice? Comment ne pas comprendre les traces laissées dans la conscience d’un peuple? Comment nier l’indélébile empreinte mémorielle?

 

« Anonyme ou pas, l’ordure provient toujours de l’extrême droite »

 

La suite ICI 

 

  1. « Certaines pages de l’Histoire de la colonisation sont de l’ordre du crime contre l’humanité » La Croix

 

Après les déclarations d’Emmanuel Macron sur la colonisation, Pascal Blanchard, historien, chercheur au laboratoire communication et politique du CNRS*, et spécialiste du fait colonial, revient sur les enjeux qui entourent cette question historique.

 

- La Croix : La colonisation peut-elle être considérée comme un crime contre l’humanité ?

 

Pascal Blanchard : La colonisation en soi n’est pas juridiquement un « crime contre l’humanité », ce n’est pas le même phénomène que l’esclavage. Même si les textes internationaux énoncent que « les crimes contre l’humanité doivent être commis par une puissance étatique qui pratique une politique d’hégémonie idéologique ». Par contre, certaines pages de l’Histoire de la colonisation, comme la conquête de l’Algérie, de 1830 à 1842, celle de l’Indochine, ou encore la grande révolte et sa répression en Nouvelle-Calédonie en 1878 et la guerre au Cameroun dans les années 1950, ont été de l’ordre de l’inacceptable, et donc du crime contre l’humanité au regard des « faits ». Y compris au regard du droit français, depuis la loi du 26 décembre 1964 où la notion de crime contre l’humanité fait son apparition dans le code pénal.

 

On est dans un pays paradoxal avec 12 744 musées, mais il n’y en a aucun qui traite, parle ou appréhende l’Histoire coloniale. Quand l’Histoire ne peut pas rentrer au musée, c’est qu’elle est encore brûlante, manipulée aussi ou qu’elle n’a pas trouvé le temps de l’apaisement des mémoires. Elle reste donc dans le champ du politique, des manipulations de l’histoire et des mémoires en conflit.

 

La suite ICI 

 

  1. POINT DE VUE

 

« Oui, la colonisation est un crime contre l’humanité » par Hamidou Anne (chroniqueur Le Monde Afrique, Dakar)

 

Qu’Emmanuel Macron provoque une polémique en affirmant, lors d’une visite à Alger, que la colonisation est un crime contre l’humanité témoigne d’un profond malaise français sur le sujet. Mais en dépit des éructations de certains, le bilan est sans appel : oui, la colonisation est un crime contre toute l’humanité, dont le résultat fut d’imposer la domination de la barbarie contre la civilisation.

 

Les peuples d’Afrique ont vécu une terrible violence du fait colonial avec des morts, des expropriations, des privations de liberté et surtout une négation profonde de la dignité humaine par la domination politique, économique et culturelle. Les chiffres de cette période sont éloquents d’horreur. Pour procéder plus facilement au pillage systématique des ressources du continent africain, les colons ont soumis des populations civiles aux travaux forcés avec à la clé des milliers de victimes. Par exemple, l’historien Antoine Madounou établit un bilan entre 15 000 et 30 000 personnes mortes sur le chantier du chemin de fer qui devait relier Pointe-Noire à Brazzaville, au Congo.

 

Des morts, il y en a eu aussi à chaque fois que les populations ont tenté de se libérer du joug colonial. A Madagascar, en mars 1947, l’armée coloniale française a massacré les populations malgaches, avec un bilan compris entre 20 000 et 100 000 morts, selon les sources. Ou encore en Algérie où la révolte partie de Sétif le 8 mai 1945 fut matée dans le sang, laissant près de 45 000 victimes selon les nationalistes algériens.

 

Une barbarie intolérable

 

Sans oublier les tirailleurs sénégalais tués à Thiaroye en 1944 ou encore le sombre épisode du Cameroun, avec une répression des populations qui s’étaient soulevées à l’appel des militants de l’Union des populations du Cameroun (UPC) dans les années 1950 et 1960. Là, on oscille entre 60 000 et 120 000 victimes. La puissance coloniale a aussi assassiné les charismatiques dirigeants indépendantistes camerounais Um Nyobe et Moumié.

 

Les blessures que la colonisation a infligées à l’Afrique sont douloureuses et rendent tellement pitoyables les évocations de routes et d’hôpitaux censés extirper des aspects positifs d’une horreur. Je partage l’avis de l’historienne Sylvie Thénault qui juge « indécent » de mettre sur une même balance, d’un côté, les massacres, exécutions sommaires et tortures, et, de l’autre, des routes jugées comme un bilan positif d’un asservissement abominable des peuples d’Afrique. A ceux qui, souvent issus des rangs de l’extrême droite française, trouvent des vertus à la colonisation, Césaire avait anticipé la réponse, dès 1955, avec son monumental Discours sur le colonialisme (Présence africaine, 1955). D’ailleurs, en ces temps de polémiques et de libération de la parole raciste en France, les hommes politiques de ce pays devraient tous lire ce texte intemporel.

 

Aimé Césaire disait donc : « On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemin de fer. Moi, je parle de milliers d’hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l’heure où j’écris, sont en train de creuser à la main le port d’Abidjan. Je parle de millions d’hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la vie, à la danse, à la sagesse. Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme. » La colonisation, comme le soulignait le même Césaire est une « négation de la civilisation ». En cela, elle est un crime, une barbarie intolérable.

 

Sur le sujet de la colonisation, jamais un homme politique français sous la Ve République n’est allé aussi loin, et c’est à saluer, indépendamment des motivations électorales du candidat Macron. Mais il convient de souligner que sa déclaration gêne beaucoup de gens en France, de la gauche à la droite du spectre politique du pays. Officiellement, le Parti socialiste, dans sa récente histoire, a toujours fait la politique de l’autruche sur ce sujet, refusant de l’affronter en face. Quant à la droite, elle fait preuve d’une crispation identitaire très forte. C’est d’ailleurs l’un de ses principaux candidats à la présidentielle, François Fillon, qui a récemment considéré la colonisation française comme un « partage de culture » à d’autres peuples. A ce niveau, il s’agit au mieux d’une méconnaissance de l’histoire, au pire d’un révisionnisme abject.

 

Un pan peu glorieux de son histoire

 

Je n’attends pas de la France une repentance, ni une réparation financière, mais une reconnaissance de faits têtus et un exercice de dignité en faisant face à un pan peu glorieux de son histoire. N’en déplaise à ceux qui critiquent la position de M. Macron, l’histoire de la « patrie des droits de l’homme », c’est aussi une sombre période de meurtres et de négation de la simple dignité humaine. Affronter le bilan de la colonisation – ce moment d’« ensauvagement » du continent européen, selon Césaire – requiert du courage mais nullement une fierté mal placée.

 

De notre part, il ne s’agit pas d’expliquer tous nos maux par le seul fait de la colonisation, loin de là, mais de reconnaître qu’elle constitue une cause importante du retard de l’Afrique. Nous sommes encore dans ce que l’économiste Felwine Sarr appelle dans son essai Afrotopia « l’hystérèse », ce moment post-traumatique (esclavage, colonisation, néocolonialisme) que vit l’Afrique, et dont elle doit se sortir enfin pour affronter son destin.

 

Notre génération n’a pas connu ce douloureux épisode et tente de nouer d’autres rapports avec l’Europe en empruntant un tournant dé-colonial. Nous offrons ainsi au Vieux Continent une chance d’affronter son histoire et enfin, ensemble, de tourner la page.

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 06:00
Livre de TABLE : Jouir comme une sainte et autres voluptés, Pascal Ory, le fragmenté comble mes désirs…

Il se murmure sur face de bouc que je passe ma vie à table, sous-entendu que je fais table ouverte au restaurant, alors que la table où je passe le plus de temps est celle où je m’échine à écrire mes chroniques journalières, à égalité de temps avec celui passé vautré dans mon vieux fauteuil en cuir où je brûle mes vieux yeux à lire.

 

Mon budget livres fait jeu égal avec celui de mes frais de bouche, et dans les deux cas je soutiens le commerce de proximité, avec moi Amazon plierait bagage et les fourgueurs de poches à réchauffer mettraient la clé sous la porte.

 

Ainsi va ma vie de vacancier éternel qui s’offre, comme ça, au débotté, l’extrême volupté de lire à TABLE, en solitaire, mêlant les délices du sieur Verjus à ceux des épandeurs de mots sur le papier.

 

JOUIR !

 

« Jouir sans entraves » proclamaient les enragés de Nanterre en 68.

 

Lors de l’une de mes récentes moissons de livres, à peine avais-je accroché mon fidèle destrier au poteau qui fait face à la librairie Gallimard, boulevard Raspail, que mon regard fut capté par le titre d’un livre exposé en vitrine : Jouir comme une sainte et autres voluptés, de Pascal Ory.

 

Pascal Ory je connais ! Lu et apprécié certains de ces livres, un érudit pas chiant et cerise sur le gâteau une fine bouche…

 

Achat immédiat !

 

À la maison, dans ma tanière d’écriture, le petit livre rejoignit la pile branlante, en attente de lecture…

 

Et puis, c’était un mardi, en fin de matinée, le ciel jusqu’ici grisoulloux donnait des signes d’éclaircie. Sans hésiter j’enfourchais mon fidèle destrier, non sans avoir glissé dans ma sacoche le petit livre d’Ory, cap sur TABLE !

 

La cantine des délices du Bruno était emplie jusqu’au bec mais tout au bout du bar, là où j’aime me poser, en retrait, mon couvert fut dressé par la souriante Emilie. Même qu’elle m’apporta une moelleuse peau de mouton pour que je puisse prendre mes aises.

 

Mes voisins de bar étaient discrets.

 

Crayon de papier 8 B en main le temps de lire était venu. Du côté menu je l’illustrerai en images tout à la fin de cette chronique.

 

Comme toujours j’ai commencé par feuilleter et, je ne sais pourquoi, je me suis arrêté à la deuxième volupté… sans doute mon flair de vieil épagneul breton.

 

Page 61 : une pépite, je cite :

 

« Ma mère était là pour faire de moi un petit homme fier et soumis à la fois, donc un premier de classe. Abandonnée dans son jeune âge par la sienne, de mère, la trop jolie Rose, à une époque où ça ne se faisait pas pour une mère d’abandonner son enfant –, pour un père, surtout « naturel » (quelle expression !), c’était monnaie courante –, elle avait été élevée par un homme sévère qui tenait seul le ménage et que, bien entendu, elle admirait. Elle était peu portée à voir la vie en rose mais elle savait camoufler son absence d’illusion sur l’humanité ( que je me suis empressé d’adopter) derrière un sourire notoirement forcé et des tenues impeccables qui faisaient d’elle une jolie élégante de sous-préfecture. »

 

Ça me touche, ça me parle…

 

J’ai ensuite fait marche arrière pour lire la première volupté où à la page 34 j’ai goûté avec délice l’entrée en écriture de Pascal Ory. C’est jouissif !

 

Enfin, au dessert, j’ai expédié par sms à mon amie Isabelle mère d’un tout nouveau Augustin ce passage : « Saint Augustin, ce grand malheureux, maître de tous les puritanismes parce qu’il a été le sujet de toutes les tentations, a imaginé trois désirs condamnables : désir de jouir, désir de dominer, désir de savoir. Que tout trois réunis résument l’histoire humaine dit assez l’inhumanité d’un tel système. »

 

Je sais que certains d’entre vous vont me reprocher ces zigzags, cette lecture fractionné, mais pour ma défense je réponds que la forme du livre s’y prête et que, bien sûr, dans le calme de ma thurne je jouirai en solitaire, page à page, dans la plus totale volupté, du beau livre de Pascal Ory.

 

Peut-être une nouvelle chronique verra le jour si je trouve un bon angle…

 

Pour mon appétit terrestre ce fut ceci :

Poireau monstrueux de Carentan en mille-feuille. Lard de porc noir de Bigorre, coques jaune d’œuf osmosé à l’eau de mer.

Poireau monstrueux de Carentan en mille-feuille. Lard de porc noir de Bigorre, coques jaune d’œuf osmosé à l’eau de mer.

Rouget grondin de l’Ile d’Yeu grillé sur peau. Laqué d’hibiscus, foie gras poêlé, chou de Pontoise, raddichio, agrumes.

Rouget grondin de l’Ile d’Yeu grillé sur peau. Laqué d’hibiscus, foie gras poêlé, chou de Pontoise, raddichio, agrumes.

Livre de TABLE : Jouir comme une sainte et autres voluptés, Pascal Ory, le fragmenté comble mes désirs…
Tarte aux pralines selon la recette d’Henry Connil pour Alain Chapel, crème glacée à la rose d’Ispahan et hibiscus.

Tarte aux pralines selon la recette d’Henry Connil pour Alain Chapel, crème glacée à la rose d’Ispahan et hibiscus.

Livre de TABLE : Jouir comme une sainte et autres voluptés, Pascal Ory, le fragmenté comble mes désirs…
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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 06:00
La catastrophique St Valentin du petit Pochon, sa Marie-Chantal l’a envoyé sur ses roses parfumées aux pesticides # Pousson # château Siaurac

Le petit Pochon végétait au fin fond d'un triste bureau du Cadastre Viticole Informatisé, rue du Bac dans le 7ième arrondissement de Paris. Face à la neige de son écran gris souris il rêvait d'une autre vie, de nouveaux horizons, ceux qui s'offriraient à ses yeux émerveillés le jour où ces ares et ces centiares accrochés à flanc de coteaux, au lieu de les stocker sur le disque dur de son ordinateur, il les foulerait de ses bottes comme vigneron. Son père, le gros Pochon, qui avait passé toute sa vie à faire le président de tout et de rien, de zinzins, lui répétait à satiété qu'il n'était qu'un petit con qui ne ferait jamais rien de bon. Condamnée au silence, sa mère, cachée derrière un éternel sourire, semblait lui dire du fond de ses grands yeux clairs, ne t'inquiète pas mon fils : bon sang ne saurait mentir...

 

Entre la saisie des parcelles de notre beau vignoble de France et de Navarre, le petit Pochon surfait sur le Net à la recherche d'une âme soeur avec qui il ferait son bonheur. Avec candeur il s'inventait des vies, trichait un chouia sur sa taille, se dotait de professions improbables, s'octroyait en conséquence de revenus confortables et, comme il était plutôt mignon notre Pochon, la moisson se révélait bonne sans que pour autant il ne se décidât à sauter le pas. Dans le monde virtuel les mots lui venaient à la pelle, légers, hors le train-train du quotidien, mais lorsque la réalité le rattrapait, notre petit Pochon esquivait. Jamais il ne se rendait aux rendez-vous que lui donnaient ses belles virtuelles. Chevalier de la barre haute il attendait le grand jour où le hasard ouvrirait en grand une large fenêtre sur l'Amour, l'Amour bien sûr avec un grand A.

 

Et puis la saint Valentin vint !

 

Depuis quelque temps il maraudait sur Tinder et après quelques râteaux le petit Pochon avait décroché le gros lot.

 

Elle était sommelière dans un triple étoilé alors notre Pochon se dit qu’il lui fallait sortir le grand jeu !

 

Il se risqua tout d’abord sur le site d’un certain Pousson qui titrait sobrement : Saint-Valentin, poil au vin !

 

Il vous plaît, ce tampon*? Pas mal, non? Pour le 14 février, on peut même l'imprimer en rose, ce sera plus dans le ton de cette journée gorgée d'amour et de bons sentiments…

 

«Au cas où vous ne l'auriez pas deviné, la Saint-Valentin, ça m'emmerde! Comme toutes les fêtes obligatoires d'ailleurs, qu'on voit au passage transformées, par la grâce de marketeurs finauds en gros sabots, en incontournables quinzaines commerciales. Je n'ai rien contre ce pauvre saint Valentin (personne ne sait trop lequel d'ailleurs), ça n'a rien de religieux, même si je m'étais un peu fichu de lui dans cette chronique, mais j'en ai marre de voir ma boîte à lettres polluée par tant de propositions d'effusions tarifées. Le tapin, ce n'est pas ma came. »

 

Le gars, qui devait être célèbre, énumérait plein de propositions : « Des bijoux, des concerts, des bouquets de fleur, des disques, des voyages en avion, des posters de musée, des cours "d'œnologie", des cosmétiques, des massages, des téléphones portables, des slips, des draps, des montres, des jeux de société, des sextoys (et pas du bon endroit…), des jeans, des coussins et même un "chocolat au lait personnalisé moulé sur l'anus de votre partenaire". Je précise (ça ne concerne que ce dernier cadeau romantique) que l'objet est disponible en trois parfums, noir, au lait et blanc. Le Professeur Choron aurait adoré. »

 

Rien qui ne puisse séduire sa Marie-Chantal ornementée d’un patronyme à particules.

 

C’est alors qu’il tomba sur une offre qui ne pouvait que séduire sa belle qui ensorcelle :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme le petit Pochon connaissait bien un vieux chroniqueur il s’enquit auprès de lui de ce qu’était le château Siaurac. Comme ça avait un petit goût de Dallas il cassa sa tirelire.

 

En quelques clics il réserva au château et bloqua 2 places en 1er AR pour un Paris-Libourne.

 

Ne restait plus pour lui qu’à prévenir avec élégance sa dulcinée. Il opta pour une gerbe de roses rouges qu’il fit porter par coursier jusqu’à son hôtel particulier.

 

Il bichait !

 

Dans la soirée il reçut un SMS ainsi libellé « tes roses bourrées de pesticides *, tu peux te les mettre au cul ! »

 

Désespéré, le petit Pochon, se dit qu’à ce petit jeu-là, même s'il se cachait la réalité derrière son petit doigt, il filait tout droit vers la triste position de vieux garçon. Qui, quelle jeune fille de bonne famille, quelle donzelle délurée, quelle biche aux lèvres camélias, pourrait avoir envie de passer sa vie aux côtés d'un petit attaché de deuxième classe de la DGDDI ?

 

* « Offrez des fleurs, pas des pesticides. À l’approche de la Saint-Valentin, nous nous sommes intéressés aux roses vendues dans le commerce. Nous avons mené des analyses en laboratoire sur des bouquets achetés auprès de dix grandes enseignes (Aquarelle, Au nom de la rose, Happy, Interflora, Monceau Fleur, Rapid’Flore…) et nous les avons interrogées, via un questionnaire précis, sur les conditions sociales et environnementales de production.

 

Dans les roses, nous avons recherché toute une liste de substances jouant le rôle d’engrais, de fongicide, d’insecticide ou encore d’acaricide. Et le résultat est accablant : en effet, aucun bouquet n’est dépourvu de substance chimique. »

 

La suite ICI 

 

Marie-Chantal avait lu ça dans le Figaro :

 

Prenez garde avant d'offrir un magnifique bouquet de roses à votre dulcinée! C'est la conclusion d'une enquête menée par le magazine 60 millions de consommateurs, que Le Figaro s'est procurée. Les experts ont mené des tests en laboratoire sur les bouquets de dix grandes enseignes, telles que Monceau Fleur, Aquarelle et Interflora. Le constat est sans appel: les fleurs vendues dans le commerce contiennent toutes des substances chimiques.

 

Fongicide, acaricide, insecticide... Au total, 49 molécules différentes ont été identifiées par 60 millions de consommateurs. Ce dernier nuance néanmoins ses analyses: toutes les fleurs, et donc toutes les marques, ne sont pas logées à la même enseigne. Le meilleur élève, un bouquet de roses rouge d'Aquarelle, contient tout de même «trois substances contestables, mais autorisées» et un fongicide interdit en France. Happy, Monceau Fleurs, Le Jardin des fleurs recèlent, en moyenne, 15 substances. Le dernier du classement, un bouquet commercialisé par Au nom de la rose, contient 25 produits différents, dont neuf pesticides interdits dans l'Hexagone.

 

Acétamipride, méthamidophos ou encore dodémorphe vous apparaissent sans doute comme des mots d'une langue étrangère, et pourtant ils sont loin d'être sans effet. Certains sont même classés dans la catégorie des pesticides néonicotinoïdes. À titre indicatif, le Parlement a voté leur interdiction en juillet dernier, dans le cadre de la loi sur la biodiversité. Ces produits, considérés comme tueurs d'abeilles, seront bannis à compter du 1er janvier 2018. Des dérogations pourront toutefois être accordées aux agriculteurs, jusqu'au 1er juillet 2020.

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 06:00
Pour entrer dans « Best Restaurants Paris » gros pavé plein de publicité faut raquer…

Récit : je déjeunais tranquillement seul dans l’un de mes restaurants favoris ouvert le lundi, c’était complet et mon amie Mareva avec son beau sourire devait gentiment répondre aux gens de passage ou du quartier « qu’il valait mieux réserver. » avant de leur dire qu'elle serait heureuse de les recevoir une autre fois.

 

Je lisais, c’est-à-dire je bossais, entre chaque plat lorsque survint un coursier harnaché tenant dans ses mains gantées une grande enveloppe blanche.

 

Les figatelli puis la pintade étaient succulentes.

 

Alors que je m’acquittais d’une addition bien légère le chef me rejoignait et me tendait la grande enveloppe ouverte. « Voilà un bon sujet de chronique pour toi… »

 

Je désincarcérais le contenu de l’enveloppe.

 

Feuilletais, salivais…

 

C’était du lourd mais toujours prévoyant j’étais muni de ma sacoche dans laquelle j’enfouissais « la surprise du chef »

 

Quelques jours plus tard j’évoquais auprès d’une amie restauratrice étoilée le contenu de l’enveloppe. Elle s’esclaffait : « Ils me harcellent pour que je me paye une insertion dans leur guide ! »

 

Le fond de dossier :

 

  • Tu reçois par un coursier une grosse enveloppe blanche qui contient : un courrier, le guide Best Restaurants Paris de l’automne-hiver 2016 (tiré à 30 000 exemplaires)7,50€, le petit guide bilingue Best Restaurants Paris 2016 (tiré à 50 000 exemplaires) 4,95€, un dépliant qui te dis que sur Google Best Restaurants Paris sur le haut de la première page, qu’il existe une application Best Restaurants Paris, que la page Face de Bouc a plus de 100 000 fans, les 2 guides déjà évoqués et cerises sur le gâteau 2 mini-guides 2017 (tiré à 230 000 exemplaires. Et bien sûr la dernière page est toute à la gloire du génial inventeur de ce juteux biseness : Richard Brault.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout ça est bel et beau, c’est bourré de publicité pour des vins et champagne, chaque page est affublée d’un vin conseillé qui sent la sponsorisation, bref ça douille sec dans les caisses de Best restaurants Paris.

 

Mais attention la chasse aux pépettes n’est pas terminée en effet dans la missive accompagnant l’envoi il est dit :

 

Cher…

Votre restaurant … réunit tous les critères qui lui permettraient de rejoindre « Best Restaurants Paris » et ceci dès maintenant sur notre site internet www.bestrestaurantsparis.com, ainsi que sur l’ensemble de nos application…

 

Pourquoi ce conditionnel ?

 

Parce que tout bêtement il s’agit d’un démarchage commercial :

 

« Je n’hésiterai pas à vous contacter très prochainement par téléphone afin de convenir d’un rendez-vous qui, bien sûr, ne vous engage à rien, avec notre éditeur, Monsieur Richard Brault et ceci à votre convenance. »

 

J’entends le doux son du tiroir-caisse mais j’en resterai-là, aucun des restaurateurs qui accepte de raquer n’est obligé de le faire mais je trouve assez contre-productif pour beaucoup d’entre-eux d’en être.

 

AGAPÉ Laurent Lapaire se targue, à juste raison, de proposer une des plus belles cartes de vins nature, se voit affublé comme vin conseillé : 1 château Peyrat-Fourton Haut-Médoc, y’a de la friture dans le message.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Détail, j’ignorais jusqu’à l’existence de Best Restaurants Paris avant cette petite histoire.

 

Chacun fait comme bon lui semble mais j’ai du mal à comprendre, même s’ils estiment que tous les moyens sont bons pour emplir leur maison, les chefs ou leurs attachés de presse qui nourrissent ce type de publication… Ce n’est pas dans ma culture et il faudra me démontrer l’efficacité de ce qui apparait comme une sélection alors que ce n’est qu’une forme de publipromotion payante.

 

C’est dans l’air de ce temps où l’on avance masqué pour mieux attraper les gogos, les affaires sont les affaires pourquoi s’embarrasser de principes. Les principes c’est aussi lourds que les pavés de papier et bien évidemment inutiles.

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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 06:00
De l’irresponsabilité crasse des syndicats d’AOC face à la consultation du Ministère de l’Agriculture sur l’arrêté des produits phytopharmaceutiques.

De la gueule de qui se fout-on ?

 

Et il s’agit bien dans le cas présent de nos gueules, de celles des vignerons, de celles de nos enfants, de celles tous ceux qui sont exposés à l’utilisation de produits phytopharmaceutiques dans nos campagnes, produits que le grand public entend désigner, depuis que les médias en ont parlé, sous le terme générique de pesticides.

 

Le 13 janvier dernier le Ministère de l’Agriculture a mis à consultation publique un Projet d'arrêté relatif à la mise sur le marché et à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques et de leurs adjuvants visés à l’article L. 253-1 du code rural et de la pêche maritime.

 

Le texte est à lire ICI 

 

Ce n’est pas très long et lisible par tous, si vous voulez comprendre la suite lisez-le !

 

La période de consultation était ouverte du 13 janvier au 3 février 2017 inclus et les observations à envoyer à l'adresse électronique suivante en précisant l’objet « arrêté utilisation PPP » : consultations-public.bib.dgal@agriculture.gouv.fr

 

Fort bien me direz-vous, sauf que j’ai reçu de plusieurs vignerons de plusieurs régions le texte type de réponse que leur syndicat de défense leur demandait de transmettre à l’adresse indiquée ci-dessus.

 

Objet : « arrêté utilisation PPP »

Message type :

 

J’exprime ma satisfaction d’avoir vu retirer le projet d’instauration d’une zone de non traitement à proximité des lieux d’habitation par voie réglementaire qui n’aurait fait qu’exacerber les relations de voisinage. Les autorisations de mise en marché prennent en compte le risque riverain. Je respecte les conditions d’application prévue dans ces autorisations et je mets en œuvre des bonnes pratiques. Je tiens compte des contraintes de voisinage comme celles relatives à l’environnement.

 

Par ailleurs, je demande aux pouvoirs publics de ne pas délivrer ou renouveler d’autorisation de mise en marché à des produits qui seraient si nocifs pour les vignerons, leurs personnels et leurs familles qu’il faudrait porter des équipements individuels de protection au-delà des délais de rentrée, voire jusqu’à la récolte.

NOM + PRENOM

VITICULTEUR A … + NUMERO DE DEPARTEMENT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Opération concertée sans doute orchestrée par le niveau national des ardents défenseurs de nos beaux terroirs et de nos magnifiques AOC !

 

Qu’en dire ?

 

Exprimer une saine et violente colère, plus froide encore que celle de Fillon, face à ce que je qualifie, avec une extrême modération, d’irresponsabilité collective.

 

Se rendent-ils vraiment compte de ce qu’ils demandent à leurs mandants ?

 

J’ose l’écrire à leurs moutons à qui je ne ferai pas l’injure de penser que certains d’entre eux ne comprennent pas la portée de ce qu’ils signent.

 

Pour ceux qui le feront en toute connaissance de cause, de leur plein gré, ceux qui polluent le beau métier de vigneron, abrutis de toute sorte, de tout âge, de toute condition, il n’est pas illégitime de leur demander des comptes au nom de la société.

 

Bien sûr, on peut lier cette irresponsabilité, cette lâcheté, au manque d'argent, au manque de moyens, à une procédure perverse qui se cache derrière une science instrumentalisée par le fric, ou aussi à un manque de courage de l'Etat.

 

J’en conviens, et en écrivant ce que j’écris je ne me dédouane pas de ma propre responsabilité politique et citoyenne, sauf que tout cela se fragmente, se diffuse, et que perpétuer ces pratiques nous renvoie à la « banalité du mal » de Hannah Arendt.

 

Celle-ci disait, pour expliquer cette origine du mal, que la procédure, les ordres, le pouvoir ne devaient pas nous faire oublier notre conscience pour distinguer le bien du mal.

 

Pour reprendre le message reçu il y a quelques temps par mes amis vignerons, dont la lecture les a fait bondir et réagir, je me glisse dans leur peau et m’exprime en leur nom.

 

Le premier paragraphe pourrait se traduire par : nous sommes heureux de pouvoir continuer à traiter à côté des lieux d'habitation. En se cachant derrière les AMM (autorisations de mise sur le marché). Et en affirmant que seront respectées les conditions d'application.

 

C'est l'aspect procédural, celui qui nous protège de notre mal ordinaire. Notre duplicité. Ce qui laisse une porte ouverte aux vignerons en vérité : l'usage de pouvoir traiter quand ils le voudront : à 5 heures du soir par grand vent à côté des écoles si nécessaire avec de insecticides justement très toxiques pour tuer les «ravageurs». Le vigneron pour gagner sa croûte doit pouvoir toujours traiter. Même la santé de l'homme est remise en question pour un gain de temps, d'argent à bien court terme.

 

En y réfléchissant bien l'extinction annoncée des singes, dans quelques dizaines d'années, devrait vraiment nous émouvoir dans notre époque géologique qui n'a jamais vu une telle disparition d'espèces à une telle vitesse.

 

Le second paragraphe est similaire. L'abandon de conscience. En utilisant l'argument de l'autorisation des produits, l'AMM par l'Etat. Ces « salauds ordinaires » oublient que ce n'est pas l'État qui les oblige à utiliser ces produits de merde. Ce sont eux, en pleine conscience, qui les choisissent. Ils savent ce qu'ils font.

 

Et ce qu'ils ne veulent pas c'est l'afficher, faire l'aveu de leur choix du danger chimique par l'obligation de porter des combinaisons qui ne manqueraient pas de poser question. D'éveiller des doutes dans la tête des riverains qui n'ont pas suffisamment de curiosité ou d’informations. Le « voire jusqu'à la récolte » amenant le doute jusqu'au fruit et donc au vin : révélant que le risque a persisté.

 

Les dirigeants professionnels n'en veulent pas. Ce qu'ils veulent c’est rester dans l’ambiguïté, c'est conserver les moyens de leur duplicité.

 

Au lieu de se remettre en question, de se réformer. C'est-à-dire qu'à chaque fois que la question de l'usage se pose, de réfléchir à son utilité. Et que si le traitement est jugé nécessaire, que le choix se porte sur le moins mauvais. Cette question dépasse les familles habituelles : Bio, Biodynamie, conventionnelle.

 

De plus, il y a une grosse erreur dans ce texte, c'est l'usage de l'expression « si nocif » En effet, il éveille à la question de la nocivité qui est appréciée scientifiquement, je veux dire mesurée. Même si nous ne connaissons pas suffisamment les conséquences des mélanges des molécules employées.

 

Apprentis sorciers, même cette appellation me semble bien trop gratifiante pour cette engeance d’irresponsables qui jouent avec la santé et le bien-être de leurs concitoyens.

 

Qu’on ne m’accuse pas de les stigmatiser, de dire que c’est trop facile dans mon confort de les clouer au pilori, car ce sont eux qui se placent – en jouant ce drôle de jeu dans une consultation publique – dans une situation indéfendable pour des motifs pas souvent justifiables.

 

La question est bien trop grave pour être laissée entre leurs seules mains et traitée à coup de consignes syndicales débiles !

 

Nous ne nous laisserons pas faire ni aujourd’hui, ni demain, nous sommes pour le dialogue entre toutes les parties prenantes mais à la condition expresse qu’il s’entame sur le terrain d’une responsabilité partagée. Que les pouvoirs publics assument leurs responsabilités. Le vivre ensemble passe par le respect mutuel et rien ne peut justifier la présente désinvolture sournoise de ceux qui se prétendent des responsables syndicaux aussi bien locaux que nationaux.

 

Signé : le collectif des gueux

 

Voici le classement le classement toxicologique de l’ANSES : ICI 

 

Pour vous dire que c’est grave que même le porte-flingue de Bettane&Dessauve sort du bois, même s’il se contente de s’étonner sans faire son bouleau de rédachef d’une publication : enquêter auprès des chefs nationaux qui ont lancés cette réponse-type dans la nature. Peut-être qu’il ignore qui ils sont. Je peux lui donner leurs coordonnées, c'est rue Sainte Anne à Paris...

 

Les lobbyistes de Bayer-Monsanto se marrent

 

« Dans le monde de cinglés dans lequel nous nous débattons, il y a deux, trois sujets qui méritent qu’on torture le clavier pour nous indigner. L’agacement du jour, c’est cette idée largement colportée par les syndicats d’appellation et, au-dessus d’eux, j’imagine, par les autorités nationales, qui consiste à refuser les zones de non traitement (ZNT) à proximité des habitations et à se féliciter que les projets de réglementation ne tiennent aucun compte des riverains. C’est une histoire de fou qui montre à quel point les lobbyistes de Bayer-Monsanto travaillent bien et à quel point nos « responsables » sont faibles. C’est éprouvant.

 

Bref, nous voilà face à une bande qui s’acharne contre les efforts entrepris par le vignoble en matière de santé publique, cette belle évidence. Les autorités de gestion du vignoble français, suivant en cela Donald Trump et tous les climato-sceptiques plus ou moins honteux, se foutent pas mal des conséquences des pesticides sur la santé des riverains alors que plus d’un vigneron s’est lancé dans des investissements pour les protéger, certains allant jusqu’à organiser des journées de rencontre pour expliquer à une population justement ravie ce qu’ils faisaient pour éviter de balancer des pesticides dans les maisons et les cours de récré des écoles qui sont en bordure des parcelles.

 

J’ai du mal à comprendre ce qui guide les représentants du vignoble.

 

Là, ce n’est même pas l’argent, semble-t-il.

 

En tous cas, les lobbyistes de Bayer-Monsanto se marrent.

Bras de fer sur les conditions d’épandage des pesticides autour des habitations

 

Le secteur agricole s’oppose à un projet d’arrêté qui tient compte de la présence de riverains, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent, et fixe les distances par rapport aux points d’eau.

LE MONDE | 18.10.2016 à 15h36 • Mis à jour le 19.10.2016 à 06h43 | Par Martine Valo

 

Plus le grand public en apprend au sujet de la dangerosité des pesticides pour la santé humaine et la biodiversité, plus il arrive que les relations de voisinage se tendent dans les campagnes françaises. Surtout lorsqu’un agriculteur pulvérise sur ses champs quelque produit phytosanitaire très près d’un jardin ou d’une maison.

 

Un arrêté interministériel actuellement en préparation s’apprête à donner aux riverains une existence légale, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent. Ce texte doit remettre à plat les conditions d’épandage de produits phytosanitaires : force du vent ; distances minimales par rapport à une habitation et à un cours d’eau ; délais minimaux à respecter avant que les travailleurs agricoles – les plus exposés aux effets des pesticides – puissent pénétrer à nouveau dans une parcelle ou une serre qui vient d’être traitée.

 

Mardi 18 octobre doit être rendu l’avis du Comité de rénovation des normes en agriculture – un nouvel organisme installé par le premier ministre à la demande des représentants du secteur, qui réunit ces derniers et l’Etat. C’est dans cette enceinte discrète que le débat s’est engagé. Les enjeux sont importants. Les ministères de l’écologie et de la santé suivent le dossier de près. Mais c’est la version du ministère de l’agriculture qui s’impose jusqu’à présent. Et, le moins que l’on puisse dire, c’est que la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) n’a pas l’intention de lâcher grand-chose au nom de la protection des populations.

 

« Taguer les routes »

 

Depuis 2011, la pulvérisation de pesticides aux abords des crèches, des maisons de retraite, des terrains de sport et des parcs publics doit obligatoirement respecter des distances minimales. Dans certains départements, des arrêtés préfectoraux renforcent ces précautions en interdisant par exemple de traiter des parcelles proches d’une école à l’heure de la récréation. Mais c’est la première fois qu’il est question de réglementer autour de toutes les habitations, et, pis encore aux yeux du syndicat agricole majoritaire, autour des jardins des particuliers.

 

Dès le 14 octobre, la FNSEA appelait ses adhérents dans un communiqué à se mobiliser contre « l’arrêté phyto », comme elle le qualifie, incitant « les paysans qui sont en plein marasme économique » à « aller taguer les routes [du] pays avec des messages forts ». Le syndicat estime que ces nouvelles dispositions imposant des zones non traitées larges de cinq à vingt mètres entre les cultures et les habitations priveraient les exploitants d’un « énorme potentiel » de production.

 

« Nous avons calculé que cela va rogner au minimum quatre millions d’hectares de terres agricoles, soit 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an, affirme Eric Thirouin, le président de la commission environnement de la FNSEA. Multiplier les parapluies au nom du principe de précaution va créer des distorsions avec nos concurrents. La France peut-elle se payer ce luxe ? »

 

Des zones sans traitement

 

Ces jours-ci, l’organisation a aussi dépêché ses soutiens parlementaires : le député des Hautes-Alpes Joël Giraud (radical de gauche) plaide contre l’arrêté au nom de l’agriculture de montagne, déjà contrainte par la géographie.

 

Au Sénat, Yvon Collin (Rassemblement démocratique et social européen, RDSE, Tarn-et-Garonne) a interpellé la ministre de l’écologie, Ségolène Royal, lors des questions au gouvernement. Mais c’est son homologue de l’agriculture qui a pris la parole : pas question de sacrifier les intérêts des agriculteurs, mais pas question non plus d’oublier la santé et l’environnement, a répondu en substance Stéphane Le Foll.

 

Voire. Le projet de décret comporte a priori une avancée pour les riverains, mais présente aussi quelques possibles régressions par rapport aux conditions actuelles. Ainsi malgré le rapport alarmant que l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail a publié en juillet sur l’exposition aux pesticides des professionnels du secteur agricole, la FNSEA veut réduire les délais minimaux de retour dans une parcelle traitée avec des produits cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques.

 

Elle demande un laps de temps de six ou huit heures au lieu des vingt-quatre heures à quarante-huit heures actuelles – ce qui est déjà inférieur à d’autres pays –, pour peu que le travailleur porte un équipement individuel de protection.

 

« On va prendre en compte les évolutions des matériels comme des buses directionnelles, la présence de haies, de mur qui sont aussi efficaces », assure un conseiller du ministre de l’agriculture. Avant de soupirer : « Le problème, c’est que les exploitants ne sont d’accord sur rien… » Ni sur la force du vent au-delà de laquelle il est interdit de pulvériser ses parcelles (19 km/heure), ni sur la définition même de « point d’eau », dont les agriculteurs voudraient que les fossés soient exclus, ni sur les distances : rien ne leur convient. Pourtant, « il serait impensable de ne déboucher sur rien, prévient-on au ministère de l’écologie. Ségolène Royal est très déterminée à aboutir à un arrêté équilibré. »

 

Boîte de Pandore

 

Du côté du gouvernement, on se sent d’autant plus légitime à rouvrir ce dossier que c’est l’action d’un des représentants du secteur agricole qui a enclenché ce processus de révision. Toujours prompte à défendre les méthodes de production de ses adhérents arboriculteurs, l’Association nationale pommes poires a entrepris, il y a quelques années, de faire annuler par la justice un précédent arrêté de 2006, qu’elle estimait inapplicable.

 

En juillet, le Conseil d’Etat lui a donné gain de cause pour des raisons de forme : le texte en question n’avait pas été notifié comme il se doit à l’Union européenne. Le gouvernement n’a donc d’autre choix que de prendre rapidement un nouvel arrêté, sous peine de se retrouver bientôt face à un vide juridique. C’est de cette façon qu’a été ouverte la boîte de Pandore. Et celle-ci ne va pas être simple à refermer.

 

Car les associations, après s’être plaintes d’avoir été tenues à l’écart, sont à leur tour entrées dans le débat. Lundi 17 octobre, Eau et rivières de Bretagne, France nature environnement, Générations futures et Soutien aux victimes de pesticides ont été reçues au ministère de l’écologie. Elles ne se priveront pas de diffuser largement l’information. En outre, dans les prochaines semaines, le futur arrêté doit donner lieu à une consultation publique sur Internet.

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 06:00
Le consommateur de vin devient omni et millenial, Vincent Grégoire délivre son éblouissante vision aux braves vignerons…

C’est nouveau ça vient de sortir sur le marché du recyclage des concepts vieillots pour bourrer le moût des gogos. Plus c’est gros plus ça marche, alors pourquoi se priver d’enfoncer des portes ouvertes en faisant accroire qu’elles sont fermées.

 

On sent de suite en lisant la prose de Vincent Grégoire, directeur de création de l'agence NellyRodi, spécialisée dans l'univers du lifestyle et de la mode, que le gus se contente de faire du copié-collé des concepts modeux transposés sur le marché du vin.

 

C’est simple, ça ne lui coûte pas cher en études, c’est commode, ça ne mange pas de pain, et c’est tellement creux qu’on peut sans problème y fourrer tout ce qu’on veut, tout et son contraire.

 

D’expérience je sais que ce genre de fourre-tout plaît beaucoup aux organisateurs de salons, ça fait tendance, ça change du terroir, de la minéralité, le genre « Je suis convaincu que les plus grandes œuvres naissent toujours de la salive de la terre, qu’elles transmettront l’esprit des cailloux. »

 

L’Antonin devrait l’inviter à déblatérer lors de l’un de ses salons des vins nus, je suis persuadé que ce jeune homme très comme il faut se taillerait un franc succès.

 

Trêve de raillerie, je laisse la parole à Vincent Grégoire qui va vous délivrer sa vision des nouveaux consommateurs de vin.

 

Le consommateur devient « omni »...

 

« Évoquer le vin c’est se poser la question de son mode de consommation. Aujourd’hui, toutes les tendances se mélangent. Dans son quotidien comme dans les moments exceptionnels, l’individu est en quête de diversité, d’exploration, d’aventure ! Vouloir tout et son contraire, c’est possible, il n’est pas à un paradoxe près. Cet être complexe et attachant est ainsi devenu un consommateur qui aime expérimenter différents modes de vie. »

 

...et « millenial »

 

« Les consommateurs « omni » sont portés par la génération des 18-35 ans appelée « Millenial ».Toujours connectés, ils veulent montrer qu’ils sont présents et peuvent interagir dans l’instant. Intrigués par les photos et les vidéos, ils adorent savoir ce que les autres sont en train de tester, de découvrir. Les codes des vins tels que les ont appris leurs grands-parents leur échappent parfois mais les intriguent aussi. Ils ont envie d’écrire leur propre histoire, sont ouverts et curieux des nouvelles méthodes et respectent ceux qui se positionnent. »

 

En bonus :

Les 6 moments phares de dégustation du vin à découvrir

 

  • Le brunch, le moment hybride
  • L'apéritif, le moment smart
  • Le déjeuner, le moment ouvert
  • La célébration, le moment story-living
  • Le dîner, le moment exploratoire
  • La soirée, le moment funtaisie…
  •  

Comme vous pouvez vous en douter, à la lecture d’une telle profondeur d’analyse, d’un tel sens de l’opportunité, d’une telle sensibilité à la réalité du marché, je me pâme, j’exulte, je dirais même plus je bande, de toute ma vie, jamais au grand jamais je n’ai jamais eu accès à une telle poussée de génie novateur.

 

Si vous voulez approfondir et partager ce grand moment avec Vincent Grégoire je vous invite à vous rendre au « Premier salon professionnel des vins septentrionaux, VinoVision Paris, se tiendra du 12 au 14 février 2017, dans le hall 4 de la Porte de Versailles, et accueillera plus de 600 exposants sur 15 000 m². Ce salon propose une nouvelle vision du vin, s’inspirant des attentes des acheteurs français et internationaux. »

ICI

 

Vous ne m’y retrouverai pas car je passe mon temps dans les bars à vins lieux privilégiés de la génération « Millenial » à tailler des bavettes avec ces petits loups et louves tout en se lichant des belles quilles plutôt nature…

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