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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 00:09

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Sur la 4e de couverture de l’ouvrage de référence d’André Gluksmann, du moins celui qui lui rapporté sa part de notoriété sur laquelle il a survécu, le plus imbuvable des « nouveaux philosophes » qui ont éclos dans la grisaille des années 70, « Les maîtres penseurs » on pouvait lire :


« Toute la famille fait dans la politique. L’aîné, Johann Gottlieb Fichte, passait pour jacobin – un futur Lénine ? Hegel, un peu tout, un peu là, offre de devenir maître et possesseur non seulement de la nature (style Descartes) mais de la société. La domination de la terre, résume Nietzsche. Ça ne se refuse pas.


En cent ans la pensée allemande est devenue mondiale. La dernière fleur de la métaphysique occidentale ? La première pousse du Goulag ? Une anémone, une fleur de vent, du vide, glisserait Socrate.


Panurge qui ne veut ni être battu, ni volé, ni trompé a droit au cocktail. Un rien de révolution française, un zeste d’économie politique anglaise et un vieux fond de science allemande recommandée par Marx. Cela n’a pas empêché les marxistes de battre et d’être battus, volés, cocus.


L’ordre règne dans le siècle et l’obéissance dans les têtes. Face Est, le continent du grand mensonge, côté Ouest, les provinces du se mentir. A la porte, un vagabond, personne visiblement déplacée. Il y a quelque temps on eût dit : un juif. La famille prouve que Mai 68 est impossible. Et la révolte des jeunes Américains. Et la résistance des Russes qui kidnappent Pinochet pour l’échanger contre Brejnev. Quand il entend parler de contestations, Doc prépare la piqûre. »


J’ai toujours eu, et j’ai toujours, le plus grand respect pour les maîtres, ceux dont je me suis nourri, mais je fuis comme la peste bubonique les nouveaux maîtres penseurs du vin, ceux qui nous vendent  du prêt à penser en kit sous prétexe qu'eux savent.


Imbuvabilité ?


-          Le noah de mon pépé Louis était-il imbuvable ?


-          Non, j’en ai bu et ce fut mon vin d’initiation…


-          La Suze de mon père était-elle imbuvable ?


-          Bien sûr que non, j’en ai bu car ça faisait genre au temps des babys de whisky en boîte.


-          J’ai toujours trouvé au whisky (celui de ma jeunesse) un goût de punaise, pour autant je n’ai jamais affirmé que ce fût imbuvable.


-          Les vins de voile sont-ils imbuvables pour madame Michu qui carbure au jaja minable ?


-          La réponse est oui, elle n’aime pas !


-          Et si l’imbuvabilité n’était qu’une simple question d’aversion, de goût personnel, au nom de quoi de nouveaux maîtres-penseurs viendraient du haut de leur chaire imposer leur norme de buvabilité ?


-          Mais ici il s’agit de vin Taulier…


-          Et alors, je suis bien d’accord, mais est-ce que ça justifie de s’interroger doctement : Doit-on parler des vins imbuvables?link


-          Bien sûr que oui, mais n’en déplaise à l’auteur de la question : sa notion d’imbuvabilité est la sienne et je ne vois pas en quoi elle devrait s’inscrire comme une référence.


-          Oui mais c’est un maître, une référence, une vigie…


-          Et alors, si je n’ai pas envie d’entrer dans son port, d’y amarrer mon galion, je n’en ai rien à faire de ses lumières. Elles sont là pour ceux qui estiment en avoir besoin, ceux qui ont besoin qu’on leur tienne la main…


-          C’est la fonction même d’un critique que je sache ?


-          Bien sûr que oui mais moi qui suis un buveur, et non un dégustateur en boucle, je ne vois pas au nom de quoi je m’interdirais d’emprunter des chemins qui ne sont pas les siens et surtout que mon goût fasse l’objet de ses risées… de ses sarcasmes... comment ose je boire l'imbuvable ?


-          Compris mais puisque tu dis aimer la castagne dis-nous Taulier si tu as trouvé le film de Nossiter imbuvable ?


-          … je ne suis pas sorti de la salle…


-          Mais encore…


-          Rien, il serait cocasse que je me mette dans la peau d’un critique alors que je réfute une certaine forme de terrorisme intellectuel. Si vous souhaitez avoir un avis éclairé allez donc lire ce que pense du film Fabrice Le Glatin c’est ICI link 


-          C’est noté mais pourquoi avoir associé imbuvabilité et infaillibilité ?


-          Pour faire genre, les 2 vont en général bien ensemble… je m’explique !


INFAILLIBILITÉ


Je lis dans le Libération Next-food du 25 avril 2014 sous la plume d’Olivier Bertrand et de Christophe Maout « le rouge et le blanc», une revue vin sur vin ceci :


« François Morel, le rédacteur en chef, intervenait souvent, parfois bourru. L’homme a la voix un peu rauque de Philippe Léotard et un drôle de tic de la main, comme s’il vidait un verre d’un trait. Tout le monde était admiratif du saut qualitatif survenu à la fin des années 2000. «L’élevage est là mais il ne marque pas, disait Morel. Il ne ramène pas sa gueule. De toute façon, il n’y a jamais trop d’élevage, c’est seulement qu’il manque parfois un peu de vin derrière.» A la fin, la vigneronne leur a fait goûter une cuvée ratée. L’acide acétique avait pris le dessus, elle a appelé cela «Oups», le vend comme vinaigre. Ils ont goûté sérieusement. «Désolé, ce n’est pas du vinaigre, c’est du vin piqué», a tranché sans fard le rédacteur en chef. » link 


Et je n’aime pas ça !


Je suis 100% Le Rouge et Le Blanc !


J’ai une grande estime pour François Morel.


Ce que je n’aime pas c’est sa dernière phrase, même si elle correspond à une réalité, je la trouve donneuse de leçons, irrespectueuse de ce que fait la main, celle de Claire Naudin en l’occurrence. Lorsque le critique se pique de jouer au vigneron à mon sens il sort des limites de l’épure de son travail. Comme le dit très justement Marc Parcé : « il est plus facile de faire du vin avec des mots qu’avec du raisin… » Qui risque rien n’a rien ! Si Claire Naudin s’est plantée c’est qu’elle a essayé. Vinaigre ou vin piqué qu’importe, ce qui compte c’est le faire. Les jugements tranchés du haut de la chaire très peu pour moi.


J’adore les bulles mais j’exècre les bulles pontificales trempées dans l’infaillibilité.


« Je suis pour le retour du fouet. Mais entre adultes consentants. » Gore VIDAL  écrivain et acteur américain (1925-2012)


comment cracher le vin avec élégance par Miss_GlouGlou

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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 09:00

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J’avoue que j’ai longuement hésité avant d’écrire cette chronique tellement j’étais sidéré de la vacuité de ce que je venais de lire, tout à fait par hasard, sur Face de Bouc. J’étais dans le métro car il pleuvait sur Paris et comme dans le métro je m’ennuie alors je consulte le fil d’actualité de FB qui devient, de plus en plus, pour certains, le bassin déversoir de l’ennui de leur vie.


En ce haut lieu de l’insignifiance la notion même de débat constitue souvent une insulte à l’intelligence. Pour faire genre sur la blogosphère du vin il faut commencer par s’interroger gravement sur des sujets dont la futilité réjouirait les pires piliers de bar adeptes des brèves de comptoir, puis, dans la foulée du buzz ainsi provoqué, échanger des horions avec les clampins du camp d’en face. Ça n’atteint même pas le comique de répétition tellement la plupart des protagonistes de ce genre de pugilat sont dépourvus de talent de plume.

 

C’est indigent, consternant, à jeter à l’évier !


Comment peut-on consacrer la plus petite parcelle de son temps à s’empailler sur un fait de la plus haute importance : « être allé vite fait cracher à l’évier un « vinaigre » raté (ndlr un vin nature bien évidemment) ?


Ça me rappelle une mode très en vogue dans le cinéma réaliste : des séquences dans les chiottes…


Cuvette ou évier tout va à l’égout, ce qui permet d’élever bien sûr le débat très au-dessous de la ceinture…


Vous me direz que ce n’est pas plus con que de passer son temps à pêcher à la ligne ou à jouer aux dominos. Piquer un sprint vers l’évier permet de faire de l’exercice pour les gens très sédentaires que sont les gouteurs professionnels de vin.


Quand on n’a que cela à foutre ce n’est qu’une manière comme une autre de se détendre et puis se foutre de la gueule des gens du camp d’en face ça évite de se remettre soi-même en question.


Attention, je ne mets pas en question ici l’utilité de la critique, bien au contraire, en ce domaine, puisque je suis un vieux con, je suis de la tendance Charensol-Bory aux riches heures du « Masque et la Plume » : je l’ai écrit ce matin j’aime la castagne et même la mauvaise foi.


En revanche, j’ai du mal avec ceux qui nous resservent à longueur de temps les mêmes plats réchauffés. Chacun est libre d’aimer ou d’exécrer, même de tailler en pièces, de se moquer de la prétention, d’écrire ce qu’ils ont envie d’écrire, c’est le principe même de l’espace de liberté qu’est un blog, mais de grâce qu’ils nous épargnent la même mise en scène, leur explication de texte sur le pourquoi du comment.


C’est lassant !


Moi ça me fait chier.


Je fuis.


Alors pourquoi écrire cette chronique ?


Ce qui m’a poussé à la commettre c’est que, comme je l’ai écrit ce matin, Jonathan Nossiter qui m’avait remis à ma petite place, car j’osais immiscer mon petit grain de sel dans sa nouvelle croisade pour promouvoir la résistance des vignerons naturistes, est le Dieu vivant de l'adepte du cracher dégoût vers l'égout.

 

 

Comme une histoire de l'arroseur arrosé, quoi !

 

 

J'avoue que ça me fait bien rire...

 

 

Ce n'est pas très charitable mais ça me fait du bien...

 

 

Voilà pour le prétexte de cette chronique ironique, mais revenons au fond de ma chronique de ce matin afin de satisfaire votre curiosité.


 

Qu’ai-je osé dire me demande-t-on pour faire sortir Nossiter de ses gonds ?


Rien de très original, j’ai seulement émis des doutes sur la désobéissance civile nouvel outil de résistance de l’avant-garde des vignerons naturistes italiens et défendu le retour au combat collectif des vignerons.


Le plus drôle c’est que, hier au soir, je suis allé au cinéma voir le nouvel opus de Jonathan Nossiter : « Natural Resistance » du côté de la porte des Lilas dans une superbe salle et que, au fur et à mesure que sur l’écran je contemplais les images, je m’imaginais la tête que ferais le coureur-cracheur s’il se tenait à mes côtés. Je ne pouvais m’empêcher de rire dans ma petite Ford d’intérieur.


Pourquoi ?


Ça je ne vous le dirai pas car j’ai juré devant Isabelle Saporta de ne plus jamais proférer une quelconque critique à l’endroit de Jonathan Nossiter car c’est péché mortel et je ne veux pas brûler dans les flammes de l'Enfer !


Je plaisante à peine mais, dans la mesure où « Natural Resistance » ne sortira en salle qu’au mois de juin, j’estime qu’il est prématuré de lancer le débat.


De débat il n’y en a pas eu après la projection et, en dépit des « provocations » d’Isabelle Saporta j’ai fermé ma grande gueule ?


Sage comme une image votre taulier, concentré, souriant, se contentant de consommer l’excellent sandwich de Claire et de boire un génial vin de Sicile en papotant avec les filles et quelques garçons. Ce ne m’a pas empêché d’entendre ce que disaient ces jeunes gens sur le film. Très intéressant, mais là encore, eu égard à la notoriété d’Isabelle Saporta, à l’influence d’Ophélie Neiman, de la grande pertinence de mes jeunes et brillants amis de Socialter et du jugement très professionnel de Jean-Christophe Clément dit « ça goûte bien », j’estime que ce sont des quasi-secrets de confession. Bien évidemment, mon espace de liberté leur est ouvert si l’une d’elle ou l’un d’eux souhaitaient libérer sa conscience lourdement chargée. Amen.


En live, pour Alain Leygnier, le débat auquel je fais référence dans ma chronique de ce matin a eu lieu le dimanche 27 avril en ouverture du salon des Vins de rue 89 à la Bellevilloise à Paris. Son thème était « Désobéissance civile dans le vignoble : résistance ou délit ? ».


En conclusion, permettez-moi de trouver certains d’entre vous bien exigeant pour ma pauvre petite personne : « il n’est pas écrit sur mon front : agent d’ambiance pour débat entre soi… » j’ai beaucoup mieux à faire… Vous devriez vous adresser au lévrier de l’évier, il adore ça…


Dernière indication nul besoin de me demander le nom du lévrier de l’évier je resterai bouché à l’émeri sur lui…

 

 

* photo : l'urinoir de Marcel Duchamp qui est la destination naturelle des vins naturels selon le lévrier de l'évier

 

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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 00:09

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Ha ! Qu’il est bon de débattre ensemble, entre soi, bien au chaud dans le cocon douillet d’un lieu où l’on ne risque pas de croiser les affreux, sales et méchants qui font tout pour nous embêter. Dans un silence quasi-religieux on boit avec délectation les paroles du maître venu d’ailleurs, ici le nouveau gourou des naturistes Jonathan Nossiter, on se sent conforté dans ses convictions, on est bien.


Mais, horreur, malheur, voilà-t’y pas qu’un péquenot, qu’a pourtant la dégaine d’un bobo, modèle vieux non révisé, débarque avec ses gros sabots pour mettre les pieds dans le plat. Stupeur et tremblement, le maître sur l’estrade se cabre, morigène l’intrus, lui fait comprendre que ses propos iconoclastes n’ont pas droit de cité en cette enceinte préservée. Il décoche une flèche perfide qui se veut définitive, disqualifiante « je ne comprends pas ce que vous dites… »

 

Même pas coulé le Taulier...


Dans la salle un gentil bobo se dit attristé par de tels propos, pourquoi vient-on l’embêter avec des mots d’un autre temps : le combat collectif, la bataille des idées, le rapport des forces, rien que des vieilleries poussiéreuses. L’important, pour lui, c’est que ce soit bien pour lui, les autres, il s’en tamponne en soupirant gentiment. C’est un gentil c’est sûr qui n’a pas à se soucier de convaincre les Michu d’Hénin-Beaumont ou de Beaucaire du bien-fondé de sa résistance individuelle. Il est heureux c’est son « Sam suffit à lui »


Je force à peine le trait et je n’ai aucun regret d’avoir endossé les oripeaux du mec qu’on déteste parce qu’il vous met le nez dans vos contradictions en affichant les siennes. C’est très politiquement incorrect dans un bocal de consensus mou. Des angles, des aspérités, du dur, n’est-ce pas la vie que l’on vit, cette putain de réalité qu’il faut chaque jour se taper.


Certes j’ai bien conscience de me retrouver dans la peau du vieux con. J’assume ! Même que je me sens conforté par ce qui n’est en rien une posture lorsqu’Isabelle Saporta, qui était elle aussi sur l’estrade, me confie « aimer la castagne… »


Elle pardonnera mon impertinence en rebondissant sur son propos par la voix de Claude Nougaro. « Ici même les mémés aiment la castagne, ô mon pais, ô Toulouse »

 

Bon pour terminer un petit rappel aux bobos transis dans ma chronique « Lettre d’un parisien à ses amis italiens de Paris : préparez-moi une Vignarola alla romana ! » j'écrivais : « Mais je ne saurais terminer cette lettre sans évoquer le vin par l’entremise du le nouveau film de Jonathan Nossiter « Natural Resistance » qui célèbre les « résistants » du vin italien : Giovanna Tiezzi et Stefano Borsa, Elena Pantaleoni ou Stefano Bellotti  vignerons de Toscane, d’Emilie-Romagne ou du Piémont qui produisent du vin naturel. » link

 

Et du côté des vins de Stefano Bellotti  je n’ai pas attendu Jonathan Nossiter pour dire que je les aimais 22 mai 2012 « Le Taulier fait dans le genre guide du routard en plus chic pour vous faire découvrir la patrie du lardo di Colonnata et, avec ça, vous boirez quoi ? » link


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* sur la photo Pierre Haski, cofondateur du site Rue89, ouvre les débats au Salon Rue89 des vins avec Domaine Emmanuel Giboulot, Antonin Iommi-Amunategui, Isabelle Saporta et Jonathan Nossiter

 

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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 07:52

Mon collègue et ami des 5 du Vin, Michel Smith, se désole ce matin dans sa chronique Le vin n’est qu’un perpétuel grand marronnier : « Si, si, je vous le jure ! En trente ans, qu’est-ce qui a vraiment changé dans le discours sur le vin ? C’est bien simple, pas grand-chose et je me le disais l’autre jour en lisant l’article d’un confrère, je ne sais plus lequel et de toute façon cela n’a que peu d’importance, qui se lamentait sur l’excès de bois que la dégustation d’un Bordeaux, je crois, faisait ressortir. Et c’est alors qu’après une de ces siestes au cours desquelles il m’arrive de réfléchir, je me suis dit que mille milliards de mille sabords, mais je tenais peu ou prou les mêmes propos il y a 30 ans sur tous ces «super pinards» boisés que l’on voyait fleurir et qu’on nous infligeait sous le nez. Conséquence : hormis la croisade des vins « nature », les discours n’ont guère évolués et les sujets non plus, soit-dit en passant. Il n’y a qu’à lire les blogs du vin pour s’en rendre compte… » link 


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Qu’est-ce donc que ce marronnier qui n’est pas de l’Altenburg – minute culturelle faisant référence à un opus méconnu d’André Malraux Les noyers de l’Altenburg – ?


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Un expert répond : « À l’origine, le marronnier, expression du jargon journalistique fait référence à un marronnier qui fleurissait chaque année sur la tombe des Gardes-Suisses morts à Paris en 1792.


Vraisemblablement, c’est au premier jour de printemps qu’un article paraissait dans la presse pour commémorer cet évènement. Depuis lors, cette pratique est devenue un véritable outil au service de l’organisation éditoriale »


Il ne faut être sorti de Polytechnique pour constater que les marronniers journalistiques poussent aujourd'hui en massif quasiment forestier « Recopier la liste des 160 derniers titres de couvertures de L'Express, Le Nouvel Observateur, et Le Point -- soit 480 manchettes --, a confirmé la perception qu'on en avait a priori: le vocabulaire, la structure des phrases et des questions sont toujours les mêmes. Tout est «caché», tout est «livre noir», tout est «secret». Il y a toujours «Ceux qui», au choix, «ruinent la France», «profitent», «fraudent» ou «massacrent l'école». Les newsmags, dans leurs manchettes, nous promettent toujours de révéler «la vérité», ou de nous montrer «les coulisses».


Le même traitement existe pour la presse quotidienne, la radio et la télé : tout le monde aborde les mêmes sujets en même temps, avec un ordre des facteurs différents en fonction de la ligne éditoriale, c’est panurgisme à tous les étages.


Et sur la Toile alors, ses blogs, ses réseaux sociaux de Face de Bouc à Twitter, qu’en est-il ?


Comme pour les radios dites libre, nées en 1981 par l’ouverture de la bande FM, au foisonnement, au débridé, au n’importe quoi, à la spontanéité, succède une mise aux normes. Les illusions des origines s’envolent, telles des feuilles mortes de l’automne, pour laisser la place à des réalités plus triviales : écrire c’est bien mais encore faut-il être lu alors chacun s’en remet aux bonnes vieilles recettes des anciens : flatter son lectorat, le brosser dans le sens du poil, étriller ceux qu’il ne peut pas piffer, lui écrire ce qu’il a envie de lire. On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre mais plutôt avec du miel.


Bien évidemment le monde des médias du vin, déjà fort étroit et très nombriliste, n’échappe pas à cette dérive, il tourne en rond avec une suffisance et une constance remarquables. Les blogs qui se voulaient une bouffée d’oxygène eux aussi font, pour la plupart, lorsqu’ils ont survécus à la crise de l’adolescence, laborieusement dans le marronnier.


Contrairement à ce que conclut Michel, ce n’est ni le vin, ni ceux qui le font, qui sont en cause – même si les vignerons de tout acabit, les négociants, les coopés, ne brillent pas forcément dans leur approche de la communication et de l’information – mais la capacité des écrivains du vin d’ouvrir leur focale, de s’adresser à des lecteurs qui ne sont pas que du monde du vin, de les intéresser, de les hameçonner, de traduire en des histoires, des reportages, des rencontres le bien-vivre des gens du vin, la convivialité, le partage. Se mettre dans leur peau, cesser d’imaginer qu’ils sont tous fous de vin, qu’en dehors du vin il n’y a rien.


Depuis l’origine de ce blog je psalmodie la même antienne : ouvrez vos portes et vos fenêtres, osez, tentez, renouvelez vos manières d’aborder vos sujets, déconnez, soyez léger ou sérieux ou les deux à la fois, pour cela travaillez, soyez attentifs à l’air du temps, prenez des risques en abordant les sujets qui fâchent, persévérez au lieu de papillonner ou de butiner chez le voisin. Tout est possible sur l’espace de liberté qu’est le Net alors ne vous restreignez pas, ôtez vos barrières intérieures. Que risquez-vous ? Rien ! En effet, pour la plupart d’entre vous ce n’est pas votre gagne-pain.


Moi, qui suis en fin de cycle, ma seule ambition est de monter sur mon nouveau Tandem et d’avancer, en pédalant de concert, sur des terres nouvelles en prenant en priorité les chemins de traverse, les voies vicinales ou les routes départementales car sur les autoroutes les vélos n’ont pas droit de cité.


Si nous passons près de chez vous faites-nous signe nous partagerons avec vous le pain et le sel, boirons de bons coups et plus si affinités…

À bientôt sur mes lignes et sur les vôtres j’espère…

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 00:09

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Le 14 avril, sur son mur Face de Bouc André Deyrieux se désolait.

 

« Quand j’ai créé Winetourisminfrance, je pensais pouvoir être exhaustif.

 

Nous partions avec notre filet à papillons et nos Timberland de fonction glaner les initiatives oenotouristiques dans les différents vignobles, et chacun des correspondants était tout heureux de poser sur nos pages une belle prise…


Aujourd’hui, les communiqués de presse Œnotourisme des grosses caves, des départements, des syndicats d’appellation... font 10, 15 ou 30 pages… surtout aujourd’hui, en avril, en début de saison…


Mais où est l’originalité, l’authenticité, la mise en valeur des patrimoines... bref, le fait ou l’événement illustrant véritablement notre nouvel article de loi : « Le vin, produit de la vigne, et les terroirs viticoles font partie du patrimoine culturel, gastronomique et paysager protégé de la France. » ?


Ben oui, mon cher André, ils n’ont rien compris à la communication d’aujourd’hui… C’est du lourd, du trop lourd, indigeste, illisible au sens où dans un univers privilégiant l’instantanéité, la rapidité, qui prend le temps de lire ?


On peut le regretter mais pour être entendu, compris, il faut se plier aux lois de l'exercice sinon mieux vaut pisser dans un violon ou mettre son bel argent ailleurs. Dans le cas des gens du vin ceux-ci n’ont qu’à s’en prendre qu’à eux-mêmes, à leurs choix de communication et de communicants, frileux, conservateurs, petits bras, redondants, sans originalité.

 

Affligeant !


Quand je lis le fatras que je reçois les bras m’en tombent. Mais comment peut-on espérer faire rêver, donner le goût du vin, de son histoire, avec un tel galimatias incolore, inodore et sans saveur ? Ça a la gueule d’une dissertation besogneuse de potaches, certes sympathiques, même appliqués, mais réinventant sans grand brio l’eau chaude. Pour sûr que ça excite l’imagination, ça donne surtout envie d’aller voir ailleurs.


Oui mais ça fait plaisir aux présidents, aux élus, aux braves porteurs d’eau qui les entourent même si c’est jeter le peu d’argent dont on dispose par la fenêtre pour qu’il tombe dans un puits sans fond : celui de l’indifférence.


Dans l’immense et incessant flux d’informations de toute nature le petit filet d’eau tiède des gens du vin passe le plus souvent inaperçu du grand public. Il n’intéresse, et encore, que le petit cercle des initiés. Les gens du vin s’adressent aux gens du vin sans même chercher à hameçonner ceux pour qui ça n’est qu’une boisson, certes sympathique, pour accompagner repas ou fêtes.


Et pourtant, sur la Toile et ailleurs, avec une économie de moyens, de l’imagination, de la patience aussi, il est possible de prendre place, de s’installer, d’exister, de communiquer.


Encore faut-il  se poser les bonnes questions, écouter, accepter les regards extérieurs, prendre le temps  d’investir en des outils fins, pointus, pertinents, qui marqueront un territoire, s’incrusteront, permettront ce que l’on appelle l’information de longue traîne qui, tel un chalut, draguera de plus en plus de poissons au fil du temps.


Je n’en finis pas de m’étonner de la ringardise des méthodes utilisées par la grande majorité des communicants du vin. Même sur les réseaux sociaux ça frise la correctionnelle.


Entendons-nous bien, je fais référence à la communication, pas à la publicité qui  exige, elle, un niveau de bruit si puissant que peu d’entreprises du vin (hormis les grandes maisons de champagne) disposent des moyens financiers pour y avoir recours en déployant un niveau de puissance pertinent.


Peu d’intervenants se posent même la question de savoir si leur communication est compréhensible, j’oserais écrire digestible, par les nouveaux arrivants à la consommation du vin aussi bien sur le marché domestique que sur les marchés d’export matures ou émergeants. On se contente de reproduire un discours formaté par l’approche purement dégustative avec un langage pseudo-technique avec parfois une pincée de lyrisme et trop souvent une bordée de clichés éculés. Beaucoup de communiqués de presse sont des monuments de baratin besogneux qui, s’ils étaient lus par madame Michu la ferait fuir.


Tout le monde semble content ou fait comme si, alors pourquoi se battre contre des moulins à vent ?


Tout bêtement parce que sur la Toile, de par sa structure sans frontières, sauf celles des langues, il est possible de bâtir et de développer des outils de communication efficaces peu budgétivores.


Lesquels me direz-vous ?


Mon penchant naturel serait de répondre à cette question, de développer mais, réflexion faite, je me dis que je serais vraiment une trop bonne poire de mettre sur la table le fruit de ma petite expérience sur la Toile acquise depuis 9 ans déjà.


Maintenant que je suis libéré de mes attaches salariales j’ai décidé de me mettre à mon compte. De proposer mes services à qui voudra s’engager dans la définition et la réalisation d’une politique de communication adaptée aux spécificités de l’Internet.


Sans doute en ai-je trop ou pas assez dit mais le projet que je mitonne depuis quelques semaines prend forme. Alors avis aux amateurs, je lèverai le voile en mai. En attendant vous pouvez toujours me contacter si vous êtes intéressés…


Nom de code : Tandem *

 

* sur la photo les pneus du Tandem sont dégonflés mais vous remarquerez que l'engin est muni d'une pompe : le moment venu nous lui donneront de l'oxygène....


Affaire à suivre…

 

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 00:09

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En ma jeunesse mothaise les lourds rouleaux compresseurs des Ponts&Chaussées, gros balourds lents et massifs me fascinaient par leur capacité à transformer un chemin creux, souvent boueux, truffé d’ornières, en un ruban lisse et carrossable. Au conseil municipal de la Mothe-Achard mon père était en charge des chemins menant aux champs. On les empierrait puis le rouleau compresseur compactait ce support en le tassant. C’était très important pour les gens des métairies, un progrès.


J’aurais aimé en conduire un, tourner le drôle de volant vertical pourvu d’une poignée pour lui faire faire un lent demi-tour sur place puisque ce gros scarabée était articulé en son milieu. Je n’en ai jamais eu l’occasion mais je me souviens de l’ironie de mon père à propos des Ingénieurs des Ponts&Chaussées arrondissant leurs traitements de fonctionnaires en prélevant un % sur les travaux de la voirie communale : la taxe sur les tas de gravier disait-il avec un petit sourire.


Et puis, les Ingénieurs du Génie Rural s’en sont pris aux buissons du bocage au nom du remembrement, le progrès toujours, le temps des bulldozers… pour gagner du temps.


Et puis expatrié à Paris j’ai vu se tisser autour de la ville capitale la toile d’araignée des autoroutes. Le progrès toujours, des engins monstrueux, lourds et rapides, juchés sur des roues gigantesques, le progrès encore… pour gagner du temps.


Comme tout un chacun, certes pas très souvent, avec ma petite auto j’emprunte leurs longs rubans lisses. Je m’y ennuie ferme. Le paysage semble se résumer aux panneaux annonçant : « vignobles de Champagne » par exemple.


Mon exemple n’est pas tout à fait fortuit puisque ma petite chronique fait suite à mon voyage à Aÿ.


Quel ennui !


C’est net, lisse, bien entretenu, le vert y semble posé comme un décor, enfermé dans ce long serpent en compagnie de ceux qui vont et viennent, c’est fluide ou bouchonnant, ça ressemble à la vie mais ce n’est pas une vie.


De qui de quoi que tu causes éternel bavard, de l’autoroute qui te menait en Champagne ou du champagne ?


Les 2 mon capitaine !


Là je sens que je vais me faire avoiner par les tenants de la réussite.


Qu’ils m’entendent bien, la réussite économique du champagne est incontestable et je ne la conteste pas. C’est un modèle mais dans le monde du paraître qui touche toutes les couches de la société et tous les pays du monde le goût du champagne a un fort parfum d’étiquette. La grande majorité des consommateurs achètent du prix : les hauts comme les très bas d’ailleurs.


Ainsi va le monde me direz-vous ! Certes mais l’ennui ne naquit-il pas de l’uniformité ?


Tous ces BRSA bien fait, bien lissés, formatés, bien marquetés par des têtes d’œufs penchés sur leurs panels et leurs parts de marché, se meuvent dans l’univers des bulles qui est en pleine effervescence (voir le développement des Prosecco et du Cava pour ne citer qu’eux).


Et puis, je dois l’écrire, même si c’est politiquement incorrect, la grosse machine champenoise (je ne parle pas de celles à vendanger qui sont pour l’heure interdites) si friande de prospérité, ce que je ne saurais lui reprocher, me semble bien frileuse du côté du côté du respect de son terroir et de sa traduction dans l’authenticité de son produit le champagne.


Lubie de bobo que celle de l’environnement, des hommes dans les vignes, de la nappe phréatique, de la vie des sols et d’une alchimie qui n’a rien à voir avec la chimie, la pharmacie et l’assurance-vie des vins.


Je ne le pense pas, bien au contraire le champagne, ceux qui le font, ont tout à gagner en se préoccupant de nourrir leurs discours, non de pures paroles mais d’actes traduisant leur volonté de redonner au champagne une réelle authenticité.


L’Histoire semble me contredire, balayer mon argumentation d’un revers de main, en Champagne tout va bien, merci !


Oui mais il n’empêche qu’à Aÿ, où j’ai fait découvrir les vins clairs à Claire, j’ai bu du vin, du vin de Champagne, pas des bulles… de la simple effervescence…


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Terres et Vins de Champagne et son lot de vignerons constituent pour moi le laboratoire du champagne de demain.



Ne déclenchez pas la DCA, ne m’abattez pas en plein vol, n’employez pas l’artillerie lourde qui n’a rien à faire dans cette affaire. Tentez de lever le nez de vos schémas éprouvés pour évoluer, vous mettre dans la peau de ceux qui vont influer.


Moi ce que j’en dis c’est pour causer, ma religion est faite. Je ne suis ni un schismatique, ni un hérétique, mais dans le vrai


À Aÿ ce ne fut pas aïe, aïe, aïe mais un vrai bonheur, l’enchantement, la joie du vin, pas envie de cracher : la séquence 3 vins clairs suivis de 3 champagne pour chaque producteur est une expérience, à ce niveau d’excellence, inoubliable…


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D’ailleurs le succès d’affluence était au rendez-vous, la chalandise était internationale, appliquée, professionnelle. Je déparais quelque peu mais, par bonheur Claire, se révélait une dégustatrice hors-pair.


Nous avons même croisé l'Olif Olivier Grosjean qui nous a immortalisés. link 


Belle journée pour la reine, soleil, amitié et rien que de bien belles cuvées…


Que demande de plus le peuple ?

 

Des petits nouveaux dans ma cour du champagne :


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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 00:09

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Pendant que Bernard Arnault faisait l’acquisition du Clos des Lambrays,

 

Un domaine de 8,66 hectares d’un seul tenant premier Grand Cru de la côte de nuits et un puligny-montrachet Premier Cru « Clos du Cailleret »


Je ne rendais à Aÿ,


Goûter des vins clairs…


Suis-je assez clair ?


Délaissant le bruit et la fureur du village toute la sainte journée j’allais donc me tapisser les papilles de vin tranquille avant qu’il ne devienne éruptif.


Beau symbole !


Là-bas, en mon absence, Jacques Perrin citait Cantona  «Quand les mouettes suivent un chalutier, c’est parce qu’elles pensent que des sardines seront jetées à la mer…» Alfred Tesseron serait-il une sorte de nouvel Éric Cantona?


Et l’autre Jacques, très serein, se muait en homme vert pour se faire le descripteur des mots de l’année. Pas de doute ce Jacques Dupont a un cœur d’acier.


Et puis le scoop de l’année Alain Vauthier, en son Ausone, se prêtait au jeu de l’entretien.


Vous pensez-bien que j’allais bien en faire un vrai patin-couffin...


1ère glane :


« Qu'est-ce qu'un grand vin ? Un vin serein. Produit dans un endroit où l'on se donne du temps. C'est ce qui saute aux yeux quand on fait la tournée des premiers grands crus du Médoc. Le classement de 1855 a fait un cadeau fantastique à ces exploitations en les installant définitivement tout en haut de la hiérarchie. Quoi qu'il arrive, ils peuvent résister aux crises, traverser les périodes de doute en faisant le gros dos et attendre des jours meilleurs. Surtout ne pas subir les modes. »


« Mais la clef de voûte de leur réussite est à chercher dans cette sérénité qu'apporte la durée. À l'abri des changements, on peut s'endormir ou travailler pour l'avenir. On pourrait penser que la pression créée par les dégustations internationales, le rendez-vous des primeurs, les marchés émergents, la nécessité de convaincre les nouveaux consommateurs les ont contraints à choisir la seconde option. Mais il y a aussi le désir de pérennité, l'envie de conserver au château sa place et, quand on en est le propriétaire, de n'être pas celui du déclin. C'est tout de même plus confortable de disposer de l'éternité, celle qu'offre l'inviolabilité du classement établi en 1855, que de devoir tous les dix ans repasser son permis de s'asseoir à la table des dieux au risque de devoir s'aligner sur la tendance du moment ou celui de remplir un questionnaire concernant les salles de séminaire ou les places de parking… »


2ième glane


« En fin de matinée, nous avons rendez-vous à Ausone où nous attendent Alain et Pauline Vauthier. Compte tenu des conditions du millésime, il n’y a pas à mégoter, c’est très bon. J’admire la forme fuselée, le dynamisme et l’aromatique très pure de l’Ausone 2013 dont il y aura 9000 bouteilles.


Le chef Guy Savoy est là. L’équipe de tournage qui nous accompagne souhaiterait l’interviewer. Il est d’accord. Oui, il aime le charme de ces vins, leur caractère délicat et aromatique. Oui, ce serait l’occasion pour les grands vins de Bordeaux de revenir en force sur les cartes des restaurants français. « A quel prix ? » Un ange passe.


C’est au tour d’Alain Vauthier de se prêter au jeu de l’entretien. Le réalisateur souhaite que l’on parle de l’agitation suscitée par la parution du livre Vino Business d’Isabelle Saporta.


On pouvait présumer de la position d’Alain Vauthier par rapport au classement controversé de 2012 (on a classé des marques davantage que des terroirs) : pourtant, ce qu’il nous a dit à ce propos du dernier classement est percutant. Mais, hélas,  la déclaration a eu en partie  lieu hors caméra…


Cela dit, on comprend mieux que Saint-Emilion – qui  quelque part est restée une structure assez médiévale, avec des fiefs, des clans et des factions – soit quasiment à feu et à sang.


3ième glane :


Citations : les mots de l'année


-         « On a privilégié l'harmonie et la finesse. » Traduction : « C'est maigrichon, mais on ne pouvait pas faire mieux. Si on avait extrait davantage, tu ne pourrais même plus me poser de questions tellement ta langue resterait collée au palais... »


 

-         En cas de défaillance mémorielle, il convient de rappeler qu'en 2013 il a plu jusqu'à la mi-juillet, si bien que Noé revendait les plans de son arche sur eBay. Optimiser la date de vendange. C'est ce qui revient en boucle. Chacun a optimisé celle-ci et a mobilisé les vendangeurs avant la grande pourriture. Sauf le voisin qui, éternel optimiste béat, n'a rien optimisé du tout et, telle la cigale prise au dépourvu quand la bouse fut venue, s'est retrouvé tout démuni. »


 

-         La qualité du vin dépendait incroyablement de cette réactivité. À partir de là, deux profils se distinguent. Au moins deux, mais il s'agit ici de simplifier. Mon premier est autonome, maître chez lui de ses décisions. Comme il pleut, il n'est pas en cette fin de semaine de fin de mois de septembre à bronzer "sur le bassin" d'Arcachon. Sa réactivité ne fait qu'un tour depuis que son chef de culture a tiré la sonnette d'alarme et lui a montré les premières baies crevassées. Il commande auprès des entreprises de main-d’œuvre spécialisée une troupe de vendangeurs opérationnelle au plus vite (dans certains châteaux, comme chez les Barton de Léoville, tout le personnel, même administratif, « et le peintre » ont pris les sécateurs). D'autres, d'après leur voisin, ont attendu que le consultant international et fortement sollicité donne son avis depuis Hongkong ou Beyrouth, villes qui possèdent, d'après des sources bien informées, une météo assez peu comparable à celle de Bordeaux. Dans ce cas, petite hésitation du côté de la réactivité et perte importante de volume et de qualité. Mais, rassurons-nous, c'était comme indiqué plus avant, chez le voisin...

 

-         4ième glane


LVMH fait l’acquisition du Clos des Lambrays


Publié le 14/04/2014 par Stéphane Reynaud


« Le groupe LVMH vient de faire l’acquisition du Clos des Lambrays, un domaine de 8,66 hectares d’un seul tenant. Le Clos des Lambrays est le premier Grand Cru de la côte de Nuits. Le Domaine produit également des Morey Saint Denis Premier Cru et de grands vins blancs en Puligny Montrachet Premier Cru "Clos du Cailleret" et Premier Cru "Les Folatières". Le Clos des Lambrays produit chaque année 35 000 bouteilles (le millésime 2012 est vendu 120 € la bouteille). Il était propriété de la famille Freund, dont le patriarche est mort il y a trois ans. Sa veuve, octogénaire, ne souhaitait pas conserver la propriété. Le groupe LVMH a été choisi pour ses capacités à garantir une continuité dans l’excellence.


C’est la nouvelle que le monde du vin attendait depuis des mois. Quel nouveau domaine de prestige allait tomber dans l’escarcelle d’un de nos grands patrons ? Après Bordeaux et la Champagne, les capitaines d’industrie veulent aujourd’hui acquérir leur propriété viticole en Bourgogne, sur cette langue de terre large d’à peine un kilomètre qui s’étend au sud de Dijon et fait fantasmer les amateurs éclairés de pinot noir et de chardonnay.


Mais la région ne se livre pas facilement. Depuis l’achat en 1991 par François Feuillet, le patron de Trigano, de quelques ouvrées (une ouvrée correspond à 1/24 d’hectare ndlr) de Nuits-Saint-Georges premier cru Les Thorey, celui du château de Pommard par Maurice Giraud en 2003, et surtout en 2006 l’acquisition du domaine Engel par François Pinault, suivie de celle fin 2012, du château de Meursault et du château de Marsannay par Olivier Halley, peu ont réussi à s’offrir le domaine rêvé dans la région.


Philippe Pascal, un des anciens bras droit de Bernard Arnault chercha pendant dix ans le domaine qui lui convenait avant de trouver son Cellier aux moines, à Givry. Aujourd’hui, les acheteurs sont à l’affût. Bernard Arnault le premier. Il y a peu, ce dernier mettait un terme aux négociations engagées en vue de l’achat du domaine Henri Rebourseau , à Gevrey-Chambertin. Le gérant de la propriété aurait alors décidé de faire monter les enchères au-delà du raisonnable. Avec l’acquisition réussie du Clos des Lambrays, le patron de LVMH peut savourer. »


Œuvres complètes :


1-     Jacques Dupont link  et link 


2-   Jacques Perrin link 


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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 12:40

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Face à l’avalanche de qualificatifs, plus ou moins abscons, pour décrire le millésime 2013, j’avoue hypocritement que je ne sais plus à quel saint me vouer (ne croyant ni en Dieu et encore moins à ses Saints j’use de cette formule pour frapper les esprits)


Quelle pilule dorée veut-on me faire avaler ?


Quel suppositoire bien lubrifié essaie-t-on de m’enfiler ?


Lorsque je dis : je j’ajoute une couche supplémentaire à mon hypocrisie dans le mesure où tous ces discours formatés je m’en tamponne le coquillard.


Cependant, cette fois-ci l’exercice prend des proportions jamais égalées. Normal mon bon monsieur nous sommes dans l’ère de la communication. Poils au menton !


Le sieur Dupont, qui me fait une concurrence éhontée en chroniquant depuis les vignobles bordelais, se lâche. « Que ceux qui ont le devoir de vendre le vin, de faire vivre leurs entreprises fassent l'article et gonflent l'argumentaire de quelques superlatifs, soit. Ils sont dans leur rôle. Les autres, ceux qui s'adressent aux futurs acheteurs, non. Ils se doivent d'être critiques dans le sens noble du terme et le plus justement possible renseigner ceux qui les écoutent. Il y aura de jolis vins en 2013 avec des fruités présents et de la fraîcheur. Il n'y aura pas de vins excellents capables de rivaliser avec ceux des grands millésimes. Comme nous le disait Anthony Barton (Léoville Barton) lors d'une dégustation, des 2006, une année en demi-teinte : « On ne peut pas faire des vins exceptionnels tous les ans, sinon ils ne seraient pas exceptionnels ! »


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Tout ça serait donc de bonne guerre – existe-t-il de bonnes guerres ? – dans le genre bouillie bordelaise au sens du livre de Bernard Ginestet, écrit en 1975, dans lequel il parlait de la montée excessive du prix des Bordeaux, de millésimes annoncés comme étant quasiment « du siècle » qui se révèlent bien fades deux années plus tard, de pratiques douteuses de coupages ou de substitutions et aussi des buveurs d'étiquette, si la bataille du millésime n’éveillait dans le Languedoc profond un réel désir de revanche.


Tel me semble être le sens du courrier de Jérôme Villaret directeur du CIVL adressé à ses vignerons : en clair nous nous avons eu du soleil !


Madame, Monsieur,

 

Dès la fin des vendanges 2013, le CIVL a souhaité s’engager activement pour défendre le millésime 2013.


Il fallait réagir pour démontrer que le climat dont a bénéficié le Languedoc Roussillon en 2013 a permis non seulement de faire des vins de bonne qualité mais également de maintenir une récolte à l’équilibre, même si les stocks sont faibles, contrairement à certaines régions françaises.


 

Les premières actions engagées ont toutes rencontré un très bon écho auprès de la presse, des professionnels de la filière et des vignerons, tant sur le site internet millesimelanguedoc.com qui a donné la parole aux vignerons sur leur « vécu » du millésime 2013, que lors de conférences de presse à Paris ou en Région.


Pour poursuivre cette démarche autour du thème « 320 jours de soleil, comme nulle part ailleurs », nous avons réalisé un argumentaire simple pour rappeler les bonnes conditions climatiques, les orientations positives de notre vignoble et quelques verbatim encourageants de la presse. Ces argumentaires existent en 3 langues : français, anglais et allemand, vous trouverez ces fichiers en pièces jointes.


N’hésitez pas à les diffuser auprès de vos contacts acheteurs ou prospects pour affirmer ce message le plus largement possible.(NDLR c'est ce que je fais).

Nous vous remercions de votre confiance et de votre implication.

 

Jérôme VILLARET

 

L’argumentaire en français link 

 

La réponse d’un vigneron qui a tendance à mettre de l’Aude dans son vin :

 

Cher Monsieur,


Je suis navré que mes cotisations servent à construire une réalité qui ne corespond ni de prés ni de loin aux faits. Nous savons tous quel fut le millésime 2013. D'ailleurs, merci de m'indiquer pourquoi l'immense majorité des parlementaires de la région Languedoc-Roussillon ont demandé une dérogation pour que les vignerons puissent chaptaliser?


Une bonne communication ne s'organise pas autour d'un déni.


Cordialement.


Jean-Baptiste Senat


Je rappelle aux petites louves et loups que la bataille d'Hernani est le nom donné à la polémique et aux chahuts qui entourèrent en 1830 les représentations de la pièce Hernani, drame romantique de Victor Hugo

 

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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 09:00

J’avoue, je fais un nouveau coming out, j’ai un grain, un gros grain (hommage à ma mère couturière) de folie et j’ose écrire que j’en suis très fier quand je croise certains petits notaires étriqués de la blogosphère à la plume érodée. C’est clair comme dit l’amie Claire !


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C’est par elle que le scandale est arrivé, qu’elle en soit remerciée de m’avoir projeté dans l’univers des anti-notaires de Socialter !


Qu’est-ce donc que cette histoire « d’anti-notaires » ?


Un coup des nouveaux zazous du XXIe siècle !


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Se référer aux zazous, pour mes jeunes amis de Socialter équivaut à une plongée en apnée dans la préhistoire mais lorsque j’étais en culottes courtes le zazou fut pour moi la référence absolue à l’anticonformisme.


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Pensez-donc, ces jeunes gens, sous l’Occupation, lorsque les lois raciales de Pétain obligèrent les Juifs à porter l'étoile jaune, un certain nombre de zazous, par défi, s'affichèrent avec une étoile jaune marquée Zazou, Swing ou Goy. Ils furent arrêtés et conduits au camp de Drancy avant d'être relâchés.


Et puis, moi qui suis très chiffons, ces zazous par bravade portaient des vêtements trop longs à une période où le tissu était rationné, gardaient les cheveux longs alors qu'un décret vichyste faisait des cheveux récupérés chez le coiffeur une matière première d'intérêt public pour la confection de pantoufles. Enfin, ils mettaient un point d'honneur à être toujours équipés d'un parapluie qu'ils n'ouvraient jamais.


Aux faits, aux faits, Berthomeau, accouche de ta pensée fumeuse : pourquoi qualifies-tu ces jeunes pousses de Socialter d’anti-notaires ?


C’est la faute à Johnny Hess qui a utilisé le terme de zazou la première fois en France en 1938 dans sa chanson ils sont zazous!


Un jour un brave notaire/De son pays débarquant/Venait pour de grosses affaires/De legs et de testaments/Il avait l'allure très digne/Mais comme les modes de maintenant/Ont à peu près la même ligne/Que celle de dix-neuf cent/Deux jeunes zazous s'écrièrent en l'apercevant/ « Ce qu'il fait distingué/Son col haut de dix-huit pieds/Ah ! C' qu'il est zazou !/Il a, ce brave notaire, /L' veston qui traîne, traîne par terre/Ah ! C' qu'il est zazou ! »/Il ne se doutait pas, ce très digne notaire, /Qu'il pouvait être à ce point zazou/Car tous ses vêtements lui venaient de son grand-père/Le col, le veston, et tout, et tout/Il fut tout étonné/De s' voir ainsi remarqué/Par tous les zazous…

 

Vous l’avez compris, pour moi le notaire est l’archétype du conservateur, tout comme le conservateur des hypothèques, ça sent la poussière, tout le contraire de mes loulous de Socialter !


Démonstration foutraque s’il en est mais que voulez-vous, à mon âge, on ne se refait pas. Les chemins de traverse c’est mon nirvana surtout lorsqu’ils me font tomber nez à nez avec des jeunes qui me remuent les méninges.


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Pour fêter la sortie du N°4 de Socialter Travail l’éclate totale, mes anti-notaires avaient choisis la meilleure et la plus haute tanière de Paris : le Lapin Blanc !


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Il faisait beau, Paris sentait le sable chaud, sur ma flèche d’argent je pédalais élégamment, altier et fier, même si à mi-pente de la rue pentue de Ménilmontant je reprenais mon souffle en une autre tanière pleine de livres Le Monte en l’air link 


Cette symphonie en R divers m’allait bien au teint tout comme à l’édito de Socialter qui nous exhortait : Prenez l’air !


Bouffée d’oxygène, ils sont jeunes et beaux, au féminin comme au masculin, un verre à la main, y’avait même notre Antonin et son petit frère Nicolas qui signe des papiers dans Socialter. Y’avait  aussi l’ami Jérémie link, Olivier le rédac-chef, ceux par qui, avec une petite poignée de passionnés, Socialter est né et prospère en âge et en sagesse.


C’était beau, trop beau pour travailler du côté de votre Taulier qui se plaisait à bavasser en sirotant du Jo Pithon et du Landra pur jus tout droit venus de chez l'ami Philippe link


Allais-je en fin de soirée entonner un avec Diana Filippova « Lâchez-nous avec la valeur travail ! » ?


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Bien sûr que non puisque moi, pur produit des années dites glorieuses, je ne suis tout juste bon qu'à chanter « le travail c’est la santé, rien faire c’est la conserver… »


Le mieux que vous puissiez faire c’est d’acheter Socialter, je vous assure qu’il y a matière à réfléchir.


Croyez-moi elle se lâche Diana : l’éclate totale !


Des morceaux choisis :


-        « Vous affirmez que le travail est la voie de conquête de notre liberté et de notre indépendance. Nous constatons que les conditions du travail s’améliorent uniquement pour une mince couche de super-héros… »


-        « Nous cherchons en vain autour de nous les quelques survivants de ce paradis perdu du siècle dernier. »


-        « Aujourd’hui, votre discours a perdu le ton enjoué du siècle dernier et s’est teinté d’intonations culpabilisantes, moralisatrices, prescriptrices. Il faut travailler à tout prix, dites-vous, car l’effort mène au salut psychologique et que l’inactivité condamne notre société à l’assistanat permanent. »


-        « Au fond vous vous réjouissez de savoir que faire travailler les autres coûte de moins en moins cher tandis que ces autres produisent de plus en plus… »


Et moi pendant ce temps-là je me gavais des burgers de Claire en sirotant les verres de jaja de l’amie Gaëlle


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Le temps était venu pour moi de passer aux choses sérieuses : me transformer en reporter de Socialter !


Travailler : l’éclate totale quoi !


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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 00:09

Moi qui lis Voici, Gala, Point de Vue, Paris-Match mais pas Closer j’adore notre Jean-Luc, le bad boy Thunevin qui avec Murielle Andraud a fait le château Valendraud, il aime les stars. Le 2 avril c’était la belle Adriana Karembeu qui lui rendait visite pour les primeurs. Mon paparazzo favori a fait de belles photos. Je ne veux pas être mauvaise langue, ce n’est pas mon genre, sacré Jean-Luc et dire qu’il taquine à ce sujet ce brave taulier, qui lui est passé le 1er avril sans tambour ni trompettes, incognito quoi...


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photo Chateau Mangot link

 

À propos d'incognito si y’en a un qui n’use pas sa salive pour rien c’est bien Alain Vauthier de notre château Ausone haut et bien perché. Comme ce qui est rare est cher, ses mots ont bien plus de poids que les photos. En septembre 2011, bien avant la tornade VinoBuseness de l'Isabelle il n’y allait pas par 4 chemins notre Alain, avec le style, la précision et la finesse d’un escrimeur, à la fin de l’envoi : il touche ! Il touche juste comme il faut, là où il faut. Que du bonheur comme dirait ma petite fille.


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Qu’est-ce qu’un terroir mythique ? lui demandait alors Marie Joanna Roginska.


Excellente question par les temps qui courent où le bling-bling et les paillettes permettent de se voir attribuer, au détriment de l’Histoire, du terroir, de bonnes notes au grand concours du paraître.


Pauline, la fille d’Alain, avait elle aussi enfoncé le clou en répondant qu’un «vin mythique» provenait forcément d’un grand terroir. « Je ne peux pas faire du Ausone dans des sables, sinon ça se saurait… (rire). » Pour les petites louves et loups de Paris, Pauline se référait aux argilo-calcaires d’Ausone. Elle ajoutait « Maintenant à Ausone on prend la vigne comme un petit jardin, donc on intervient plusieurs fois par an, on chouchoute chaque pied de vigne. »


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Depuis beaucoup d’eau a coulé sous les ponts de Saint-Émilion (la Dordogne, le Ruisseau du Taillas, le Ruisseau de Fongaband sont les principaux cours d'eau qui traversent la commune de Saint-Émilion.). Les fêtes carillonnées se sont succédées mais, en dépit d’un petit arrêté, le terroir ne s’est pas transformé. Nous ne sommes pas au pays  des fées, le carrosse restera toujours citrouille au pays d’Halloween. Le terroir ce n’est pas délocalisable alors que le premier con venu, où qu’il soit, d’où qu’il vienne, peut se payer un chai et le consultant qui va avec. Oublier l’origine, le lieu, c’est bâtir des châteaux en Espagne, galvauder l’essentiel, donner la prime à l’artificiel.


Oui, je l'affirme sans détour, en dépit de ses grands airs, je sais que ce que je viens d'écrire désespère notre ami Norbert…


Pour mémoire je rappelle que les propos d’Alain Vauthier sont datés du 20 septembre 2011 alors je conseille aux petits spadassins de Norbert de remiser leurs misérables rapières. La fin justifie les moyens dit-on, alors messieurs les affidés il faut alors assurer ses arrières plutôt que de se cacher derrière un tout petit arrêté.


« Ce qui m’attriste actuellement, c’est que dans le prochain classement de Saint-Emilion ils ont gommé la notion de «terroir», elle n’intervient plus et l’histoire non plus. C’est juste une dégustation à l’aveugle et quand on connait les aléas de cette dégustation, c’est pour moi une catastrophe, on remet en cause trois siècles d’histoire. On prend une technique style concours général agricole ou médaille de la Wine Fair quelconque, je trouve ça délirant… on bafoue l’Histoire, on bafoue les terroirs… L’histoire surtout, et ça, ça me gêne. Parce que, regardez, les crus classés de Saint-Emilion qui ont été classés en 1955, ça correspondait à une hiérarchie qui n’était pas si mal faite que ça. Et chaque fois qu’un cru a une éclipse, parce que les propriétaires font pas ci, ne font pas cela, … Derrière il y a une reprise et on voit le rang qui est repris aussitôt. Alors, que dans les terroirs secondaires, c’est quasiment impossible, même si on travaille, même si on travaille, c’est trop dur… » link

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