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18 juin 2021 5 18 /06 /juin /2021 06:00

 

Je suis fou de la pasta italienne, chez moi je suis carbonara, Cacio e Pepe, bolognaise parfois, pesto vert et rouge, sèches ou fraîches, au beurre ou à l’huile d’olive, spaghetti, tagliatelle, macaroni, penne, fettucine, linguine, farfalle, fusilli, trofies, pappardelle, casarecce… etc.

 

Au restau je suis 100% Passerini et pour les bons produits italiens chez Alessandra Pierini RAP et la Grande Épicerie du Bon Marché.

 

Selon TripAdvisor, il y aurait 1.500 restaurants italiens dans Paris et sa périphérie – de la pizzeria basique à l'adresse élégante fréquentée par le Tout-Paris. La restauration italienne en France est un millefeuille d'enseignes, du pire au meilleur, décrit Massimo Mori.

 

Combien de ressortissants italiens à Paris ?

 

Je n’ai pas trouvé de statistiques officielles mais sur la base d’un petit calcul ci-dessous (1), ils sont entre 40 et 45 000.

 

(1) Selon les données officielles de l'AIRE (Anagrafe degli italiani residenti all'estero) les citoyens italiens résidant en France étaient 348 722 en 2007, puis 411 839 fin 2017. Ils sont 370 000 selon le rapport Italiens dans le monde 2010 de la Fondation Migrantes

 

Selon les études démographiques en France 1 étranger sur 10 habite Paris.

 

L'écume des pâtes, Tommaso Melilli | Stock

 

 

Alors vous comprendrez que lorsque je tombe sur L’Écume des Pâtes À la Recherche de la Vraie cuisine italienne de Tommaso Melilli, j’achète !

 

 

L’EURO de foot 2020 vient de débuter, en juin 2021, au stadio olimpico de Rome, par un match entre la Squadra Azzura et la Turquie. Reste encore un contentieux entre les footeux italiens et les footeux frenchies : le coup de boule de Zidane à Materazzi lors d’une finale de coupe du Monde perdue par les coqs ; et puis à Rome, autour du ballon rond on est Lazio ou la Roma.

Maillot Lazio Domicile 2020/2021 - 315870G | Footcenter

 

Maillot AS Roma Domicile 2020/2021 - 310370G | Footcenter

 

À Rome, les tifosi se divisent entre «Laziali» et «Romanisti». Un choix qui illustre d'office l'appartenance à une classe sociale et s'impose comme un devoir «civique»

 

«Lorsque je confesse, je m'informe toujours pour savoir si le pénitent est tifoso de la Lazio ou de la Roma. Si la personne contrite m'avoue être «Laziale» les paters ne sont jamais moins de quatre. Pour les «Romanisti» je n'en donne qu'un seul, les supporters de la Roma ont déjà conquis la moitié du paradis», révèle Don Aristide, le prêtre du cercle sportif New Country Club qui rassemble les vieilles gloires de la Lazio et de la Roma. Un «aveu» qui fera trembler le Vatican, distant de quelques kilomètres…

 

Ainsi un rapide sondage révèle que la Lazio est le club de la périphérie, des couches sociales défavorisées, de ceux qui habitent les «castelli» sur les collines qui encerclent Rome; on trouve aussi des tifosi à Viterbo ou Frosinone distantes de 90 km. Une situation logique dans la mesure où le terme Lazio est le nom de la région.

 

A ce stade, c’est le cas de le dire, je sens que la mouche du coche peu portée sur le ballon rond, sauf pour le vin nu, pense que je déraille, il se goure. En effet, dès la page 10 du livre de Melilli, il est question d’un mystérieux tournoi de foot, la ligue des champignons, qui oppose les cuisiniers et les sommeliers qui travaillent à Paris.

 

Mon enclave d'Italie à Paris : le beau reffetorio de Giovanni Passerini où  j'aime me restaurer d'une cuisine joyeuse et inventive. - Le blog de  JACQUES BERTHOMEAU

 

« Notre vétéran s’appelle Giovanni Passerini. C’est le meilleur chef italien de Paris et l’un des plus célèbres de la ville. C’est lui qui, toute l’année conserve les tenues, et c’est aussi lui qui m’a fourni le maillot de la Lazio. Il a joué tous les matchs jusqu’à présent et il est ici en tant que président de notre fédération imaginaire.

 

Il a eu au moins trois vies, dont deux comme cuisinier, et dans ces eux vies il a connu tout le succès qu’il pouvait espérer. »

 

Si vous souhaitez tout savoir sur ces 3 vies vous savez ce qu’il vous reste à faire, c’est pages 17-18 et 29 à 46.

 

Et puis, je ne sais si Tommaso Melilli est complice, mais lorsqu’il traite du tavernier j’ai comme le sentiment qu’il va hameçonner PAX.

 

« Le tavernierl’oste – est un personnage à la croisée des chemins.

 

Ce n’est pas un chef ou un cuisinier, bien qu’il puisse également jouer ce rôle. En tout cas, il représente la cuisine. Ce n’est pas un serveur, mais il apporte les assiettes à table et lave les verres ; et ce n’est pas un sommelier, car – à l’évidence – il serait stupide de demander au tavernier si son vin est bon.

 

Le cuisinier suisse dans son nouveau restaurant parisien: Cest la création qui mexcite dans la vie!

 

L’un des meilleurs taverniers que je connaisse s’appelle Pierre Jancou. Il est suisse, mais il a passé une partie de sa vie en France et l’autre en Italie, comme Michel Platini. Il commence comme cuisinier et, à la viande, il préfère les pâtes et les légumes. »

 

Suivent les pages 168 à 171 sur l’Odyssée du dit Pierre Jancou.

 

Calcarius Falanghina Nù Litr Orange (1 L) · L'acheter sur Vinissimus 16,60 €

 

Et puis il y a le chapitre sur le vin de la maison

 

« Nous sommes plutôt d’accord sur la façon dont les choses que nous mangeons devraient être faites, en théorie du moins : les tomates du jardin sont meilleures que celles du supermarché, qui sont fades et dont les racines n’ont jamais connu la terre ; en théorie du moins, nous sommes plutôt d’accord sur le fait que la viande d’un animal élevé en liberté dans les pâturages est bien meilleure que celle d’un animal vivant dans les cruelles conditions de l’élevage intensif. Je parle de théorie, de ce que nous préférons dans l’abstrait. La réalité est autre chose, laissons-là de côté pour le moment. En théorie du moins, nous préférons tous manger de la nourriture produite de manière artisanale.

 

Cependant, allez savoir pourquoi, quand il s’agit de boire, nous avalons allègrement des vins contenant une quantité invraisemblable de cochonneries. Le choix de Pietro, d’Andrea et de ceux qui ont travaillé avec eux chez Consorzio a dès le début été le suivant : servir des vins produits avec les mêmes critères que les légumes, la viande et le fromage qu’ils doivent accompagner. Cela vous semble-t-il logique, évident et cohérent ? Ça l’est.

 

Est-ce habituel ? Cela l’était-il il y a dix ans ? Absolument pas.

 

On peut définir ce type de vin de nombreuses façons : artisanal, paysan, propre, « vrai », naturel. C’est un type de vin qui a toujours été produit en Italie et ailleurs jusqu’au début des années cinquante, c’est donc le vin qu’on buvait durant l’âge d’or des osterie et des trattorias ; par la suite, peu de gens ont continué de le faire, car c’était difficile et pas assez rentable. C’est aussi le vin que certains se sont mis à produire ces dernières décennies. Ce n’est pas la même chose, car les gens qui l’ont fait dans les années cinquante et ceux qui le font maintenant ne sont pas les mêmes. Le vignoble n’est pas traité avec des pesticides ou des produits chimiques. Le vin est fait avec du raisin et, dans l’idéal, rien d’autre. Le jus fermente seul, il n’est ni filtré ni traité pour obtenir une couleur spécifique. Aucun conservateur ou autre produit n’est ajouté pour le rendre plus pétillant ou moins pétillant, plus fort ou plus léger. Parfois il sent mauvais, comme les personnes, et ce n’est pas agréable. Parfois il a le goût et l’odeur de choses que nous avons toujours connues puis oubliées, d’autres fois il a un goût que nous n’aurions jamais imaginé. Pietro et Andrea ont toujours pensé que si l’on ne pouvait pas accompagner leur nourriture avec de tels vins, cela ne valait pas la peine de faire ce travail : c’est grâce à des gens comme eux qu’aujourd’hui on parle de plus en plus de vin naturel. »

Façade d'une librairie italienne à Paris

Les italiens en France : jalons d’une migration ICI 

 

L’arbre généalogique de plusieurs millions de Français comporte une branche italienne, même si celle-ci n’est pas toujours visible ou bien identifiée en raison d’une progressive francisation des patronymes qui, quelles que soient les époques, traduit l’intégration jusqu’à la dilution au sein de la société. L’immigration transalpine est en effet ancienne

Carte postale représentant la ville de Modane

« Je me suis résolu à partir » : les Italiens émigrent en masse ICI

 

Contrairement aux précédentes vagues d’émigration, ce sont surtout les jeunes diplômés italiens qui quittent le pays.

 

Par Marie Charrel

Publié le 04 avril 2019

 

Les « Italiens de Paris » du fascisme à l’après-guerre : artistes et expositions au service du rapprochement franco-italien  ICI

 

Gli «Italiani di Parigi» dal fascismo al dopoguerra: artisti e mostre al servizio del riavvicinamento franco-italiano

Caroline Pane

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17 juin 2021 4 17 /06 /juin /2021 06:00

 

Fleuve Pô, au Nord de l'Italie, région d'Émilie-Romagne, des Alpes italiennes qui bordent la France à la mer Adriatique, de l'Ouest à l'Est

Le plus long fleuve italien ICI

J'aime beaucoup les polars de Valerio Varesi... Chronique dédié à un Crémonais occasionnel... 

Notre ami Soneri est envoyé par son chef caractériel et pas bien malin, surveiller des pêcheurs/braconniers d’origine étrangère (hongrois, russes, ukrainiens …) sur les bords du Pô. Les habitants s’en plaignent, ils pêchent des silures, campent, font du bruit, et puis, ils ne sont pas d’ici. On imagine facilement avec quel zèle Soneri va transformer ça en balade dans le brouillard le long d’un fleuve en crue, avec arrêt dans une bonne auberge.

 

La Maison du commandant

 

« Tu l’aimes, toi, cette société où les arrogants et les malhonnêtes dirigent les gens bien ? où les pires gouvernent les meilleurs ? où la méchanceté est toujours victorieuse ? Tu l’aimes ce monde où tout s’achète ? La justice, la respectabilité, le droit d’être aux commandes ? (…) Tu le sais ou tu le sais pas que tu es payé par ceux qui font les guerres et qui affament les peuples ? »

 

Le ton est donné par cet ami de Soneri qui vit sur une maison flottante et écoute Verdi à plein volume sur le fleuve déchaîné. Un fleuve qui est de nouveau l’un des personnages principaux du roman. Mais un fleuve à l’image du moral de Soneri : gavé de pollution et de saloperies. Un fleuve qui sent la mort, littéralement, et que même une belle grosse crue a du mal à nettoyer.

 

La suite ICI 

 

Valerio Varesi exhume les macabres secrets d’un fleuve indocile ICI 

 

LIVRES

 

Un petit tour sur les berges du Pô, ça vous tente? Valerio Varesi et son commissaire Soneri nous servent de guide dans «La Maison du commandant»

 

Le Pô pue! Par temps de crue, son lit sent la charogne, les déchets innommables, la pourriture et la mort. Des exhalaisons méphitiques qui littéralement empreignent comme un signe du destin l’atmosphère et les pages de La Maison du commandant, le dernier polar traduit en français de Valerio Varesi, un livre qui date de 2008.

 

Fragile et déstabilisé jusque dans son amour pour la pétillante Angela, doutant plus que jamais de la possibilité, voire de la légitimité, de faire appliquer la loi, le commissaire Soneri lui-même s’interroge sur la signification de «ces odeurs qui le persécutaient depuis le début de l’enquête». Rassurez-vous, cela ne l’empêche pas de partager avec vous son amour inconditionnel pour les magiques paysages de brume et d’eau de la Bassa, cette plaine du Pô qu’il connaît par cœur et où il sait, comme personne, dénicher le petit bistrot qui fait à merveille les anolini au bouillon, les tortelli aux blettes ou les tripes. Le tout arrosé d’un bonarda, «un bon vin charpenté qui vous console comme une grosse femme».

 

Pétarade inattendue

 

Tout commence d’ailleurs par une course-poursuite épique et, à sa manière, passablement alcoolisée. «Dans la lumière citrine» d’un début d’après-midi, notre commissaire parmesan enquête mollement sur un trafic d’armes censées circuler parmi des groupes de pêcheurs de silure, des anciens militaires slovaques et hongrois mal vus dans la région. Il n’y croit pas trop et, profitant de la balade, s’achète deux caisses de fortana de la dernière vendange, un vin nerveux qu’il faut ménager.

 

Or voilà que la bande dite «des distributeurs» vient de commettre un nouveau casse dans une agence de la périphérie. Envoyé par son chef sur la trace des voleurs, Soneri en oublie les bouteilles qui, dans son coffre, se mettent «à danser la samba». Après un brusque coup de frein et un zigzag improvisé sur l’asphalte, un premier bouchon saute, suivi de plusieurs autres. On imagine l’angoisse du collègue de Soneri qui suit la traque par téléphone et imagine qu’on vient de tirer sur le commissaire.

 

Fausses pistes à la pelle

 

Après cet épisode d’une indéniable drôlerie, la mort à son tour s’invite dans l’histoire. Deux cadavres sont retrouvés dans le même périmètre: un jeune Hongrois tué d’une balle dans la tête dans une peupleraie et un ancien partisan devenu garde-chasse, le commandant Libero Manotti, décédé de mort naturelle dans sa maison isolée, depuis quelque temps déjà. Y aurait-il un lien entre les deux hommes? Soneri est chargé de l’enquête. Sa tâche sera rude, car les indices sont minces et les fausses pistes nombreuses.

 

Et comme toujours chez Valerio Varesi, mais tout particulièrement dans ce polar-ci, c’est la société tout entière qui est mise en examen. Une comparution dont elle ne ressort pas grandie surtout quand, dans la peau de l’accusateur, se trouve l’intransigeant Nocio, un vieil ami de Soneri qui vit sur le fleuve dans une maison soutenue par deux chalands, et qui écoute La Force du destin de Verdi à plein tube quand les eaux du Pô se déchaînent.

 

La Bassa - Martina Maffini

Roman

Valerio Varesi

La Maison du commandant

Traduit de l’italien par Florence Rigollet

Agullo, 310 p.

 

Home | Varesi ValerioValerio Varesi : que dit le web de cet écrivain ?Les Mains vides - broché - Valerio Varesi, Florence Rigollet - Achat Livre  | fnac

1900 - Bernardo Bertolucci - DVD Zone 2 - Achat & prix | fnac1900 – Les Rouges et les Noirs | In Ciné Veritas

 

Le film se nomme 1900. Mais son titre original, Novecento, « le vingtième siècle », paraît plus juste puisqu'il n'est jamais question ici de l'année 1900. Cette foisonnante saga débute à la mort du compositeur Giuseppe Verdi, le 27 janvier 1901, et s'achève le jour de la libération de l'Italie, le 25 avril 1945. Novecento est une œuvre d'une ambition folle, embrassant un demi-siècle d'histoire italienne, de conflits sociaux et de lutte des classes. Un film-fleuve de 5 h 18 divisé en deux actes (2 h 43 et 2 h 35) où le réalisateur Bernardo Bertolucci, décédé ce lundi 26 novembre, accomplit un tour de force cinématographique. Cette fresque sur l'éclosion du communisme et la montée du fascisme, qui ont déchiré son pays, se hisse au niveau d'une grande œuvre littéraire ou picturale.

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15 juin 2021 2 15 /06 /juin /2021 06:00

 

La réponse est page 94 :

 

« Rejeton d’une lignée détachée de ses racines, je n’ai connu de l’Italie que la cuisine de maman. En même temps que les vertus de savoirs universitaires que j’avais à tort jusque-là rejetés en bloc, Sonia m’a appris la langue de mes aïeux et c’est grâce à elle qu’un jour de furetage dans sa bibliothèque, j’abordai aux rivages du prodigieux continent Camilleri dont j’allais tirer bientôt l’essentiel de mes revenus. Entre nécessité de rencontrer mes éditeurs et désir de comploter avec les camarades de la revue Titanic que j’avais fini par fonder avec Francis, j’avais un alibi pour séjourner à Paris, tout comme j’avais une bonne raison de filer à Rome, avec la nécessité de nouer ces contacts directs qui font les bonnes collections de littérature étrangère. »

 

Page 181

 

« Après quelques instants de silence, nous avons trouvé des sujets : la littérature française contemporaine, puis très vite moi-même, ma vie, mon œuvre… viva morte e miracoli, comme disent les Italiens : sur ce sujet, j’étais intarissable. Je ne coupai pas à la sempiternelle question que tout citoyen de la Péninsule, un jour ou l’autre, m’a posée : « Mais comment faites-vous pour traduire en français Camilleri ? », et j’y répondis au mieux, en récitant presque mot pour mot un texte disponible sur Internet. »

 

Serge Quadruppani – Quais du Polar

Trois questions à Serge Quadruppani ICI 

 

par Pierre Benetti

10 septembre 2019

 

Avec le monde de Vigàta, inspiré de sa Sicile natale, et le personnage phare du commissaire Montalbano, Andrea Camilleri a renouvelé le roman policier et social italien en lui donnant une langue singulière. Il est mort à Rome le 17 juillet dernier. Pour lui rendre hommage, En attendant Nadeau s’entretient avec Serge Quadruppani, qui a traduit en français une trentaine de ses livres.

 

18 juillet 2019

 

Andrea Camilleri « Le fascisme est un virus, dont on a cru se débarrasser en pendant le chef par les pieds, mais qui revient depuis des décennies, sous des formes différentes» Ciao maestro ! ICI 

 

La plupart des romans de Camilleri, ceux où le commissaire Montalbano n’est pas présent, sont traduits par Dominique Vittoz. ICI 

 

Maldonnes - broché - Serge Quadruppani - Achat Livre ou ebook | fnac

 

NOUS AVONS LU « MALDONNES »

le nouveau polar de Serge Quadruppani

paru, le 17 mai 2021

 

 

 

« Je vais vous envoyer mon nouveau polar, mais ce coup-ci, ce serait sympa que vous le lisiez car il y a plein de bouts de moi dedans ! »
Sms de Serge Quadruppani le 10 avril 2021

 

« Non mais c’est chiant ton livre, on sait pas ce qui est biographique et ce qui est inventé, t’as vraiment suriné à la fourchette un dealer surinamais dans une prison d’Amsterdam ? »


 Bah oui ça c’est vrai ».


SMS de la rédaction de lm à SQ le 11 avril 2021

 

Critique à lire absolument ICI 

 

Dans les années 70 et jusqu’au milieu des années 80 du siècle dernier, la fêlure de 68 a laissé surgir sur le territoire français et bien au-delà, une minorité active dont je n’ai aucune honte ni fierté particulière à dire que j’en étais. Dans cette population, certains comportements allaient de soi. L’illégalisme en était un : du vol dans les magasins au braquage, le choix des moyens dépendant des capacités de chacun, des milliers de personnes s’efforçaient d’obéir à l’injonction que les situationnistes avaient reprise à Rimbaud : ne travailler jamais. Un principe tout aussi répandu et très peu discuté, c’était le rejet du couple – certains ajoutant « traditionnel » pour justifier une liaison durable. Ce que ce rejet impliquait parfois de mensonges à soi-même et de souffrance, toute une littérature de repentis l’a abondamment documenté, mais le degré d’intensité dans les passions et de beauté dans la rencontre qu’il a entraîné pour des milliers de femmes et d’hommes, on est peu équipé pour le deviner, à présent que les sensibilités sont quadrillées par la psychologie des magazines, le moralisme militant et la pornographie. Une chose est sûre, en tout cas : l’idée de se marier ne pouvait susciter que le rire et la dérision.

 

Le livre ouvert, on ne l’a plus lâché. Les personnages, l’intrigue, l’action, les descriptions culinaires tout est savoureux et haletant. Des faux papiers, des braquages ratés des braquages réussis, un butin, des coucheries et des histoires d’amour, ce serait donc ça un excellent polar. A cette nuance près que les vies qui s’y croisent et les aventures qui s’y trament ont quelque chose d’autobiographique.

 

Maldonnes n’est cependant pas une autobiographie. Dedans, il y a bien des « bouts » de Serge Quadruppani, plein même, mais ils se mêlent à d’autres histoires et anecdotes de l’époque et sont même parfois exagérés pour servir l’intrigue. Après son acquittement pour braquage, Georges Nicotra traine Antonin Gandolfo au fin fond de la Normandie pour y déterrer son butin. Dans des bocaux, les liasses de billets enterrées se désagrègent, pourries. Il reste néanmoins de l’or et c’est à partir de là que le récit se noue.

 

Le cas Nicotra publié par Maurice Nadeau c’est le cousin germain d’Un coupable idéal, Roger Knobelspiess, Maurice Nadeau, 1986

 

J’ai chroniqué sur lui

 

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27 janvier 2015

L’ami « Moineau » pilier solide des beuveries elbeuviennes, rempart de bistrot…le roman des Écameaux Roger Knobelspiess, Oui, Roger, c’est un bête qu’est devenu intelligent grâce aux livres ICI 

 

Citizen July

 

À propos de l’évolution de Libé sous July, rue Béranger, j’adore :

 

« Momo, l’archiviste et la mauvaise conscience de Libération, celui qui n’avait aucun ennemi à gauche mais conservait des dossiers sur les chefs du journal et leurs exploits à l’époque de la Gauche Prolétarienne. Lunettes rafistolées avec un trombone, cheveux aux vents même par temps calme, dentition lacunaire et vêture ostensiblement négligée, son allure contrastait violemment avec la branchitude en train de s’emparer du reste du personnel. » Page 122

 

« La première des coupures de presse était, bien sûr, de Libération. Avec son sens exquis du jeu de mots laid, le quotidien passé du col Mao au Rotary titrait : « Du plomb dans la balance » et sous-titrait : « L’ex-détenu rebelle devenu indicateur de police abattu chez lui. » Mais c’était comme toujours Le Parisien Libéré qui fournissait le plus de détails sur le fait divers. » page 123

 

Lire - Serge July : l'ex-gros timonier de Libé ICI

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14 juin 2021 1 14 /06 /juin /2021 06:45

Enfant terrible. Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de la Défense, au côté de François Mitterrand, le 5 octobre 1990 à Paris. Leur relation a souvent été orageuse. © AFP - Michel Clément

« J’ai de plus en plus républicanisé mon socialisme, jusqu’au point où je ne discerne plus l’un de l’autre »

 

Jean-Pierre Chevènement l'invité de l'émission « Les Clefs d'une vie » sur Sud Radio. Il répondait aux questions de Jacques Pessis, dimanche 27 septembre 2020. ICI

 

Congrès d’Epinay, juin 1971 : Pierre Joxe, François Mitterrand, Jean-Pierre Chevènement et Jean-Marcel Bichat. (coll. FJJ-MPG)

 

De mon temps, Chevènement ce fut le CERES, l’aile gauche du PS qui s’accoquina, à Épinay, avec Gaston Deferre, l’ex-Monsieur X de JJSS, pour porter Mitterrand, au nez et à la barbe de ce pauvre Savary, à la tête du nouveau PS.

 

« … nous avions créé le CERES en 1964 avant de connaître François Mitterrand, ou peut-être même nous nous en méfiions un petit peu. Nos préventions avaient disparu parce que nous l'avions trouvé tout de même très attachant et intéressant, et c'était réciproque, il y avait un petit coup de foudre. Néanmoins nous grandissions très vite et en 1970 au Congrès de Grenoble nous faisions déjà presque 20 % des mandats dans le parti, ça commençait à peser lourd. Donc au dîner de jubilé de François Mitterrand, celui-ci s'approche de ma table où j'étais assis avec ma femme et Dalida, née en Égypte comme ma femme, il s'approche donc et glisse à ma femme : « Vous savez il ne faudrait pas que Jean-Pierre me prenne pour Naguib. » Naguib c'était celui qui avait pris le pouvoir en Égypte et qui avait évincé un jeune colonel ambitieux, Gamal Abdel Nasser. Moi je n'étais pas du tout désireux d'évincer François Mitterrand, ça me paraissait un procès très injuste, je ne l'ai pas pris au sérieux, j'ai trouvé ça plutôt marrant, ma femme était elle-même extrêmement surprise de découvrir le jeune homme qui venait de l'épouser sous les traits de Gamal Abdel Nasser. Alors cela se passe comme ça.

 

Le Congrès d'Epinay, j'ose le dire, je le fais, parce qu'il n'y a pas de majorité au Parti socialiste indépendamment du CERES, c'est-à-dire du petit groupe de jeunes gens que j'anime avec Didier Motchane, Georges Sarre, Pierre Guidoni. Nous avons 8,5 % des mandats, et les deux coalitions adverses, Savary-Mollet d'un côté 45 %, Mitterrand-Defferre-Mauroy 45 %. Donc c'est selon que nous votons avec l'une ou avec l'autre que les majorités se font. Sur les structures, par exemple la désignation à la proportionnelle des courants pour les organismes dirigeants du parti, nous votons avec Guy Mollet, mais la fois suivante pour ce qui est de la désignation du Premier secrétaire et de la majorité qui va diriger le parti, nous votons avec François Mitterrand et nous mettons en minorité Alain Savary et Guy Mollet qui le soutenait. Donc c'est la fin d'une période dans l'histoire du socialisme, celle qui commence en 46 et qui se termine en 71, et c'est le début d'une autre période avec François Mitterrand mais sur une base politique qui est la conclusion d'un programme commun avec le Parti communiste, sur la base d'un programme socialiste que Mitterrand me chargera de préparer. Donc j'ai en main au soir du 12 juin 1971 beaucoup d'instruments d'influence puisque, encore une fois, il n'y a pas de majorité sans nous dans le Parti socialiste.

 

Et en 1974 quand il a été battu par Valéry Giscard d'Estaing, il pensait que c'était fini et vous faites partie de ceux qui lui ont dit : «Non ça va marcher un jour ou l'autre».

 

Didier Motchane, Pierre Guidoni, Jean-Pierre Chevènement et Georges Sarre (Congrès de Metz du PS, avril 1979)

Didier Motchane, Pierre Guidoni, Jean-Pierre Chevènement et Georges Sarre (Congrès de Metz du PS, avril 1979)

 

Jean-Pierre Chevènement : Oui j'ai continué à la soutenir parce que dès qu'il a été battu, il a commis une petite imprudence, il a dit : « Il faudra que d'autres, plus jeunes, prennent le relais et poursuivent le combat pour le socialisme. » C'était un moment de déprime, au lendemain de l'élection. Naturellement, Michel Rocard y a vu un présage, les ailes lui ont poussé, et ensuite, après que François Mitterrand nous a mis dans la minorité, il était très content de nous retrouver pour s'opposer à Michel Rocard au Congrès de Metz en 1979 et l'écarter de la direction du Parti socialiste. C'est nous qui encore une fois lui avons fourni l'appoint nécessaire. Il m'a confié la rédaction du projet socialiste, la suite ne m'a pas appartenu car il en a très peu tenu compte !

 

Le 7 février 1983. Vous rétablissez la vérité sur une phrase historique que vous aviez prononcée ce jour-là : « Un ministre, ça ferme sa gueule. Si ça veut l’ouvrir, ça démissionne. » Cette phrase a fait le buzz, comme on ne disait pas encore, pendant des semaines.

 

Jean-Pierre Chevènement : Cela continue à le faire… C’est un principe de déontologie qui est valable mais il faut, pour bien comprendre cette affirmation devant des journalistes (il s’agit d’une conférence de presse que je donne en tant que ministre de la Recherche et de l’Industrie, avec le titre de ministre d’État que m’avait accordé François Mitterrand en prime), se souvenir du contexte. C’est quelques jours après avoir remis une lettre de démission en mains propres à François Mitterrand. Celui-ci, il faut le dire, m’a saboté le travail lorsque j’essayais d’organiser les entreprises nationales avec une petite feuille de route avec quelques chiffres sur leurs résultats en matière d’investissements, de commerce extérieur, de recherche, d’emploi, de dialogue social, etc. Cela a été le prétexte d’une offensive organisée d’une main de maître par un certain nombre de gens qui ne souhaitaient pas voir mettre en œuvre une politique industrielle, chose qui me tenait beaucoup à cœur car je considérais que la France était sur une mauvaise pente, celle de la désindustrialisation.

 

Mes convictions d’enfance, c’est celles que m’a léguées ma mère, mes parents instituteurs dans le Haut-Doubs. Disons que c’est une éducation républicaine. Mes parents ont voté socialiste, mais n’étaient pas socialistes, ils étaient plutôt mendésistes, moi-même je suis devenu mendésiste à l’âge de 15 ans et j’aimais Mendès France. Je me suis tourné vers de Gaulle, car j’ai trouvé que de Gaulle était quand même plus efficace pour résoudre le problème des guerres coloniales et pour éviter à la France une guerre civile désastreuse.

 

Et dans ce livre vous évoquez aussi vos trois semaines dans le coma. Je crois que c’est France soir qui a annoncé votre mort et vous êtes bien vivant, on le voit aujourd’hui. Vous avez eu un accident thérapeutique mais qui aurait pu mal finir Jean-Pierre Chevènement.

 

Jean-Pierre Chevènement : Ça tient essentiellement au fait que, pour une opération bénigne qui n’a d’ailleurs pas eu lieu, une opération de la vésicule biliaire, qui m’a fait souffrir le soir même de la victoire de la France à la coupe du monde de football, on m’a administré une dose de curare. Et cette dose de curare qui devait immobiliser mes viscères, a tellement bien fait son travail que mon cœur s’est arrêté pendant 55 minutes et que grâce à, non pas aux électrochocs, une bonne douzaine, mais grâce aux médecins militaire du Val-de-Grâce, manu militari, qui m’ont ranimé et au bout de 55 minutes mon cœur est reparti. Alors j’étais en mauvais état, ma femme ne voulait pas qu’on me voie dans cet état-là.

 

 

Plutôt qu’une « une espèce de retraite pas très glorieuse », Jean-Pierre Chevènement préfère « mourir en combattant ». Il décide donc de se présenter à la présidentielle de 2002 et de défendre « un projet alternatif aux politiques néolibérales pratiquées par la droite et par la gauche ». Un temps crédité de 14% des intentions de vote, il ne recueille que 5,4% des voix le 21 avril 2002. Mais il récuse le « procès très injuste et faux » qui lui est fait d’avoir fait chuter Lionel Jospin, écarté du second tour par Jean-Marie Le Pen : « Il faut dire les choses, Jospin n’avait pas de vrai programme ».

 

Ce dont il a rêvé, Emmanuel Macron l’a fait en 2017. « J’ai trouvé qu’il était assez fort ", reconnaît-il. Mais s’il " souhaite " la réussite de l’actuel président, il en doute car " il reste prisonnier d’une base sociale beaucoup trop étroite ». Au terme d’un demi-siècle d’engagement, l’Histoire l’a-t-elle déçu ? Non, « parce que l’Histoire est longue. Je pensais qu’un jour on me comprendrait, donc ça valait la peine.»

 

Jean Pierre Chevenement en 2019

 

Chevènement : « La dégradation du niveau du débat politique est consternante »

 

ENTRETIEN. Incarnation de l’autorité républicaine, l’ancien ministre socialiste revient sur la gifle qu’a reçue Emmanuel Macron et sur les enjeux électoraux.

 

 

 

Propos recueillis par Jérôme Cordelier

 

Entre les déclarations complotistes de Jean-Luc Mélenchon qui ont fait scandale et la gifle infligée au président de la République, la vie publique française cabote dans des marécages de plus en plus nauséabonds. Ce n'est pas bon signe alors que la présidentielle se jouera dans moins d'un an maintenant et que, dans un pays sous pression, la surenchère verbale et éditoriale et la radicalisation des positions tiennent lieu de débat. Dans cette atmosphère délétère, nous sommes allés interroger celui qui incarne encore « l'ordre juste » républicain, l'ancien ministre de la Recherche et de l'Industrie, de l'Éducation nationale, de la Défense et de l'Intérieur – sous François Mitterrand – Jean-Pierre Chevènement.

 

Le Point : Le débat politique, si l'on peut parler encore de débat, est-il devenu un cloaque ?

Jean-Pierre Chevènement : La dégradation du niveau du débat politique est évidemment consternante. Mais à quoi faut-il la rattacher ? Ne sommes-nous pas victimes d'une sorte de maladie infantile ou peut-être sénile de nos institutions parce que le système des partis politiques ne répond plus ou pas encore à la demande ? Je m'explique. Il ne suffit pas de détruire. Il faut remplacer. Le général de Gaulle a mis près de dix ans pour substituer aux anciens partis de la IVe République une majorité gaulliste, d'ailleurs trop écrasante pour ne pas lui échapper. Les anciens partis se sont adaptés aux institutions de la Ve République, le Parti socialiste à Épinay en 1971, quand son premier secrétaire a été considéré comme le candidat naturel à l'élection présidentielle, mouvement auquel la droite a répondu avec la création du RPR par Jacques Chirac en 1976. Dès lors, chaque parti devenu « parti de système » a prospéré sur son orbe, les socialistes de 1981 à 2017, la droite de 1995 à 2012. Les Français ont d'abord considéré cette opposition inscrite dans l'histoire comme naturelle, avant de s'en détourner de plus en plus manifestement. En 1993, le PS est écrasé et, en 1997, Jacques Chirac se piège avec sa dissolution ratée. Les abstentions et les votes extrêmes ne cessent de monter tout au long de cette période, jusqu'à donner corps au « dégagisme » que nous connaissons aujourd'hui. Les partis de gouvernement qui avaient adapté leurs modes de fonctionnement aux institutions ne recueillent plus en 2002 que 35 % des voix au premier tour et, en 2017, ils sont renvoyés sèchement dans les cordes, la droite avec François Fillon et le PS avec Benoît Hamon ne totalisent à eux deux que 26 %

La suite ICI  

 

 

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13 juin 2021 7 13 /06 /juin /2021 06:00

Peut être une représentation artistique de 2 personnes et intérieur

Napoléon, bicentenaire de la mort d'un génie controversé

Robert Colonna d'Istria © Marianne Tessier

- Attendu que l’auteur de cette première autobiographie imaginaire de l’Empereur est corse, un corse au nom illustre, Colonna d'Istria, Robert, un corse dont j’ai beaucoup apprécié Une famille corse 1200 ans de solitude chez Plon (1)

 

 

- Attendu que «Moi, Napoléon Bonaparte, le plus illustre personnage de l’histoire de France, je vais vous raconter mon histoire, mon histoire vraie, pas la légende. Sainte-Hélène : je viens de dicter les Mémoires, la version officielle de ma vie, mais je rédige secrètement pour la postérité, un autre texte. Destiné à n’être publié que longtemps après ma mort, ce récit dit toute la vérité sur mon épopée

Peut être une image de 1 personne, vêtements d’extérieur et livre

 

- Attendu que JPK est l’auteur de La Chambre Noire de Longwood et d’Outre Terre (2)

photo--27-.JPGJean-Paul Kauffmann n’écrit pas de romans et pourtant j’ai lu son dernier livre OUTRE-TERRE comme un roman.

 

- Attendu que Lisa d'Orazio et Frédéric Bertocchini – d’Alta Frequenza ont reçu l'auteur et historien Robert Colonna d'Istria pour son ouvrage intitulé Moi, Napoléon Bonaparte, aux éditions Tohu-Bohu. « L'auteur a réalisé le pari audacieux d'écrire une autobiographie imaginaire dans laquelle l'empereur Napoléon Ier révèle des aspects plutôt méconnus de sa vie privée. Un ouvrage écrit à la première personne donc, qui permet au lecteur d'approcher au plus près Napoléon Bonaparte. Le texte est illustré de reproductions et accompagné de quarante fac-similés de documents historiques, comme par exemple l'acte de naissance de Napoléon, son diplôme d'officier, des lettres ou encore des ordres de mission » ICI 

 

           

 

- Attendu que vous avez échappé au titre Dans la peau de Napoléon en référence au film Dans la peau de John Malkovich, Being John Malkovich, de Spike Jonze, sorti en 1999. Clin d’œil à Ciné Papy dont je ne suis pas certain que ce fusse sa came…

 

Dans La Peau De John Malkovich - Univers-L

 

- Attendu que le dit  Napoléon fut l’érecteur du Conseil d’État vous avez eu droit aux attendu que du dit Conseil d’État : Que reste-t-il du Conseil d’État napoléonien ? ICI 

 

Les origines du Conseil d'État

 

 

 

(1)

4 avril 2013

À Sainte-Hélène les anglais ne servaient que du bordeaux à Napoléon alors qu’il avait une prédilection pour le bourgogneICI

 

La chambre noire de Longwood

 

(2)

21 février 2016

Jean-Paul Kauffmann n’écrit pas de romans et pourtant j’ai lu son dernier livre OUTRE-TERRE comme un roman. ICI

 

 

Peut être une image de 1 personne, vêtements d’extérieur et texte qui dit ’Robert Colonna d'Istria NOUVEAUTÉ AVRIL 2021 moi, NAPOLÉON BONAPARTE MOI, NAPOLÉON BONAPARTE r AUTOBIOGRAPHIE IMAGINAIRE DE L'EMPEREUR PAR ROBERT COLONNA D'ISTRIA LIVRE BROCHE DE 240 PAGES FORMAT 80ILLUSTRATIONS COLLECTION BIOGRAPHIE THEMES CLIL 3660 5 MAI 1821 5 MAI 2021 BICENTENAIRE DE LA MORT DE NAPOLÉON BONAPARTE Autobiographie imaginaire de l'Empereur 19€ SBN 978-2-37622-202- B TOHUBOHU 9782376222026 EDITION’

Aucune description de photo disponible.

Peut être une image de 1 personne et vêtements d’extérieur

Peut être une image de 1 personne

Peut être une image de 2 personnes

Peut être une image de 1 personne et texte qui dit ’REMISE EN VENTE AVRIL 2021 sollle PROCL AMA TION DU GENERAL Le, Brumaire, onze heures BONAPARTE. CHEF EE du du soir.’

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12 juin 2021 6 12 /06 /juin /2021 06:00

UN NOUVEAU CHEF AU RESTAURANT BOURGUIGNON ÉTOILÉ LES CLIMATS – PARIS 7 –  Les bonnes adresses de Vanessa

Enfin, ce 9 juin vint, un jour neuf, libération des confinés, les restaurateurs ouvraient grandes leurs portes et fenêtres, l’heure des mets et des nectars raffinés sonnait.

 

Cap sur la rue de Lille, au 41, à 12 heures pile je descendais les marches menant au jardin secret des Dames des Postes.

 

La Maison des Dames des Postes, Télégraphes et Téléphones date de 1905. Construit par l’architecte Eugène Bliault dans le style Art nouveau, l’édifice cache un charmant jardin secret à l’arrière. C’est aujourd’hui un restaurant réputé, les Climats. ICI

 

L’établissement était destiné aux opératrices qui géraient les communications. Il comprend un foyer, 111 chambres individuelles chauffées, des douches, un restaurant.

 

 

Sur la rue, l’immeuble présente une belle façade brique et pierre. Pourtant, ne vous fiez pas à ce parement, car l’immeuble est un des premiers construits à Paris avec une structure béton. Au rez-de-chaussée, des ouvertures simples ou doubles sont ménagées dans des arcades surbaissées en pierre.

 

À l’intérieur, le décor Art nouveau d’origine a été sublimé par la décoratrice Bambi Sloan pour servir de cadre au restaurant Les Climats. La plus belle pièce, la salle Sarah Bernhardt, abrite la salle de restaurant. Elle conserve des plafonds voûtés agrémentés de motifs floraux, ainsi que des superbes vitraux.

 

Les Climats

 

 

A l’arrière, une verrière abrite le jardin d’hiver donnant sur un charmant jardin secret où l’on peut déjeuner (fermé le soir). Un bar très cosy complète l’établissement.

 

LES VINS — Les Climats

41 rue de Lille – M° Solférino – Tel : 01 58 62 10 08

 

On m’installa avec tous les honneurs dû à mon rang de déconfiné amateur de gamelle et de bonnes gamelles.

 

 

 

 

 

 

 

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8 juin 2021 2 08 /06 /juin /2021 06:00

Musée SACEM: Couverture de partition "J'ai deux amours"

1930 les années folles s’essoufflent, Joséphine Baker revient à Paris après une tournée mondiale de deux ans. Henri Varna, propriétaire du Casino de Paris, où Mistinguett triomphe, propose une nouvelle revue à Joséphine Baker, au titre bien dans l’esprit de l’époque : Paris qui remue.

 

Casino de Paris – Josephine Baker – Paris qui Remue Poster (Artiste : Zig  Louis Gaudin) France C. 1930: Amazon.fr: Epicerie

 

Deux jours avant la première, force est de constater qu’il manque dans la seconde partie un titre fort. On sollicite Vincent Scotto, le compositeur français le plus prolixe. Il sèche. Et puis, rue de la Chaussée d’Antin, quelques notes tournent dans la tête de Scotto, il demande à Géo Kruger, son parolier, une feuille de papier. Appuyés contre une porte cochère, ils écrivent, en quelques instants, les paroles et la musique de ce qu’ils intitulent J’ai deux amours.

 

Le 78 tours de J’ai deux amours obtiendra le Grand Prix du Disque.

Osez Joséphine Baker au Panthéon !

Josephine Baker's Paris | Soul Of America | Paris

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7 juin 2021 1 07 /06 /juin /2021 06:00

https://www.telerama.fr/sites/tr_master/files/ff209320-c233-4ec4-87c2-7ef544fe8518_2.jpg

Le bon petit vin pas cher, ce fut le vin populaire, dénommé  VCC, de consommation courante, puis de Table sous l’OCM vin, ceux qui le consommaient le trouvaient bons, j’en ai vendu beaucoup dans des litres étoilés, je n’en suis ni fier, ni repentant, autre temps. Le vin bouché, dit AOC, c’était celui des bourgeois, petits et grands, même si les GCC de Bordeaux ne chalutaient pas en ce temps-là dans le CAC 40 et que la Romanée Conti chère à Aubert de Villaine rapportait moins que les propriétés familiales dans le Charolais voisin.

 

Et puis, les classes populaires, terreau des cocos, les travailleurs manuels laissèrent une large place aux cols blancs. Le vin populaire fut enterré sans fleurs ni couronnes, l’heure était venue de démocratiser les AOC, en faire des produits de consommation courante, bien lissés par les œnologues, gorgés de poudre de perlimpinpin. L’ambition des viticulteurs se résumait en une formule triviale : tous en première division ! Plus de mauvais vin, le duo Bettane&Desseauve pouvait enfin recharger ses accus avec les vins du grand Gégé biodynamique.

 

Et puis vinrent, selon la légende des pioupious urbains, les sans-culottes, les hurluberlus en tongs et dreadlocks, ceux qui allaient en faire la Révolution grâce aux vins qui puent. Ce fut, et c’est encore, la ruée vers la Nouvelle Frontière, Nossiter en guide, disparu dans l’oubli aujourd’hui, des pionniers affrontant à leurs risques et périls les affres de dame nature. Je ne raille pas, pour les vignerons qui défrichèrent le terroir il en fut ainsi, mon ironie et tournée vers les apôtres, surtout ceux qui surfèrent, comme Jésus marchant sur l’eau, sur la nouvelle tendance afin de se constituer un petit fonds de commerce.

 

Je n’ai rien contre les fonds de commerce, j’ai le mien, mais ce qui hérisse mes poils blancs de vieux con buveur de vin nu, c’est l’antienne qu’ils entonnent, comme le font les adeptes de la LPV à propos des GCC, : « Rançon du succès, les prix de ces vins ont tendance à flamber. « Il devient de plus en plus difficile pour nous de sélectionner 150 vins à 15 euros maximum, constate Antonin Iommi-Amunategui qui, avec le Glou Guide, espérait démocratiser le courant nature. Certains vins deviennent les nouveaux grands crus et étiquettes d’aujourd’hui.»

 

En creux, dans le non-dit de ce regret, ça signifie que ces zélotes du bon petit vin nu pas cher, se fichent comme de leur première chemise de quoi et de comment les vignerons vivent ou vivront. La révolution par procuration, sur le dos des autres, c’est commode et sans risques. Ça me fait chier !

 

L’article du sieur DAVET du Monde, traduit bien en dépit de son intitulé ENQUÊTE, cet entre soi, si douillet, si rassurant, tout en étant relativement intéressant, il passe à côté des réalités du monde du vin d’aujourd’hui, l’écume n’est que de la mousse, analyser le fond des choses, sortir des analyses faciles, des idées reçues demande de s’en extraire.

 

Comme le disait le Grand Charles à propos de l’Europe « Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant "l’Europe !", "l’Europe !", "l’Europe !", mais cela n’aboutit à rien et cela ne signifie rien. », nos révolutionnaires en peau de lapin, eux aussi, cul sur leur fauteuil, s’agitent comme des cabris, qu’ils sachent que le nouveau vieilli si vite, que leur petit marigot va s’assécher, les laissant sur le flanc. Tant pis !

 

Se poser la question : quel est le vrai prix d’un vin est une ineptie, comme si celui-ci n’était que la résultante de son prix de revient.

 

Pose-t-on la question aux avocats à propos de leurs honoraires ?

 

Si on en veut un bon, on paye le prix, les honoraires de Dupont-Moretti et d’autres, qui se la jouent défenseur de la veuve et de l’orphelin, ne sont pas remboursés par la Sécurité Sociale, ils sont la résultante de leur notoriété.

 

Les vignerons nature, sauf ceux qui ont vraiment choisi un mode de vie sobre, ne sont pas des bienfaiteurs du petit monde des licheurs de vins nu, suant derrière le cul de leur bourrin tirant la décavaillonneuse, vivant d’amour et d’eau fraîche, penser et écrire ainsi c’est aussi pire que de traiter, comme l’immense Bettane, les vignerons bio de CONS.

 

Il n’y a pas de vaccin contre le MÉPRIS, y’en aura jamais, mais ça en est avec une enveloppe de bonne conscience et c’est pire.

 

 

 

Un communiqué de notre ami Lefred-Thouron. | Glougueule

Tous les goûts sont dans le vin nature

 

Par Stéphane Davet

 

ENQUÊTE

 

Autrefois réservé à quelques originaux, le mouvement compte désormais près de 1 500 vignerons portés par une même démarche éthique. Une lame de fond, cadrée par un label depuis mars 2020, et de belles réussites gustatives.

 

 

Longtemps chassé comme un malpropre, le naturel est revenu au galop. La caricature, qui cantonnait le vin nature à une mode pour bobos vantant les mérites de quilles « glouglou » fleurant le poney ou la souris, s’efface aujourd’hui devant une réalité bien plus enthousiasmante.

 

« A mes débuts, il y a onze ans, 5 % de mes clients avaient peut-être entendu parler des vins naturels. Aujourd’hui, seul 1 % d’entre eux n’y connaît rien. » Agnès Baracco, de la cave Au Bon Vingt

 

Ces ovnis (objets vinicoles non identifiés) se révèlent un phénomène de fond porté par un nombre exponentiel de vignerons fuyant les diktats de l’agro-industrie et relayé par une communauté internationale de consommateurs, cavistes, journalistes, sommeliers autant convaincus par la démarche éthique que par les réussites gustatives. Ces bouteilles offrent désormais une diversité capable de plaire aux rebelles fuyant les jajas de papa autant qu’aux amateurs de grands vins, purs, droits, exprimant leur terroir.

 

« A mes débuts, il y a onze ans, 5 % de mes clients avaient peut-être entendu parler des vins naturels, estime Agnès Baracco d’Au Bon Vingt, cave spécialisée du 20e arrondissement de Paris. Aujourd’hui, seul 1 % d’entre eux n’y connaît rien. » « Il y a dix-huit ans, on s’appuyait sur une cinquantaine de vignerons, aujourd’hui nous avons plus de 500 références », abonde Olivier Cochard, incontournable caviste bio et nature de Rennes, qui a ouvert sa boutique, Histoires de vins, en 2003. « Plus d’un millier de caves spécialisées ou favorables aux vins naturels maillent désormais le territoire », se félicite Antonin Iommi-Amunategui, auteur, entre autres, du Manifeste pour le vin naturel (Editions de l’Epure, 2015) et rédacteur en chef du Glou Guide (Cambourakis), sélectionnant 150 vins naturels à « 15 euros maxi ».

 

Un marché qui augmente de 20 % à 30 % par an

 

« Le boom date du milieu des années 2010 », analyse Tegwen Naveos, patron de la cave en ligne Pur jus, lancée en 2013, consultée mensuellement par près de 300 000 lecteurs. « Tout un public a eu le temps de se faire son éducation et la maîtrise des vignerons a beaucoup progressé. Le marché des vins nature augmente désormais de 20 % à 30 % par an. » Alors que celui des bouteilles bio augmente annuellement de 14 %, quand celui du vin en général baisse de 4 %. « Je pourrais vendre trois fois plus que ce que je produis aujourd’hui », constate, comme d’autres de ses confrères, le vigneron aveyronnais Nicolas Carmarans, dont 70 % des 30 000 bouteilles annuelles partent à l’export.

 

 « Le jour où on aura à l’Elysée quelqu’un qui achète du vin nature, il y aura une vraie volonté politique de mettre le sujet sur la table de l’Europe »

 

La création, en mars 2020, d’un label « vin méthode nature », lancé à l’initiative du Syndicat de défense des vins naturels, a mis un peu de clarté dans le flou artistique entourant jusque-là cette mouvance. Sur le cahier des charges, approuvé par les fraudes et l’INAO, le vin méthode nature doit être certifié bio, issu de vendanges manuelles, sans ajout ni modification œnologique lors de la vinification, à l’exception d’un maximum de 30 mg/l de soufre (un vin blanc sec conventionnel peut en contenir jusqu’à 210 mg/l). Ce label permettra ainsi de mieux visualiser la réalité d’un milieu qui concernerait aujourd’hui près de 1 500 viticulteurs en France. Un chiffre certes encore modeste, mais une tendance à l’impact grandissant.

 

Un engagement écologique

 

L’essor de ce mouvement est bien sûr en phase avec un désir croissant de vivre dans le respect de la planète, en mangeant et en buvant plus sainement. L’engagement écologique a été à l’origine de nombre de vocations, comme celle d’Éric Pfifferling, 59 ans, vigneron vedette de Tavel et ancien apiculteur, qui se souvient d’avoir été « extrêmement marqué par la crise de la vache folle, décisive dans notre façon de comprendre et de combattre une agriculture inféodée à un système de production ».

 

Ces convictions sont, dès l’origine, allées de pair avec une quête gustative. Pas un hasard si tous les pionniers de vins qu’on n’appelait pas encore nature – Marcel Lapierre, Thierry Puzelat, Guy Breton, Georges Descombes, Antoine Arena… – ont accompagné la révolution gourmande de la bistronomie. En même temps qu’ils s’éloignaient des produits de luxe et du service guindé, des chefs précurseurs, comme Yves Camdeborde (La Régalade), Raquel Carena (Le Baratin) ou les frères Delacourcelle (Le Pré Verre), ont fui la sommellerie d’étiquettes pour se rapprocher de vignerons qui leur ressemblaient.

 

Une seconde vague bistronomique

 

Eveillant la curiosité d’un nouveau public, cette démarche a encore été amplifiée, dans les années 2000, par une seconde vague bistronomique, menée par des chefs tels Iñaki Aizpitarte (Le Chateaubriand) ou Grégory Marchand (Frenchie), dont la cuisine ultra-créative et les ambiances relax s’alliaient à des vins revendiqués à présent comme naturels. « De la même façon que Bertrand [Grébaud] cherche à s’assurer de l’origine des légumes, des poissons ou des viandes qu’il cuisine, il était logique de défendre des gens qui travaillent leurs vignes, leurs sols et leurs vins dans le respect de la nature », insistait ainsi Théo Pourriat, complice en salle et en cave du chef de Septime, restaurant étoilé du 11e arrondissement de Paris.

 

Bistrots, restos et cavistes n’ont depuis cessé d’être les meilleurs ambassadeurs d’une effervescence qui a pu être à la viticulture conventionnelle ce que le mouvement punk a été au rock standardisé. Une apologie de l’instantanéité, du « small is beautiful », de la prédominance de l’émotion et de l’énergie sur la technique. Avec ce qu’il fallait de provocation, d’envie de tabula rasa. Peu importait, dans un premier temps, les approximations, les dissonances, tant le vent de fraîcheur décoinçait les carcans et brisait l’ennui.

 

Jusqu’à ce que ces appels d’air deviennent eux-mêmes des poses, des tics, des dogmes et de nouveaux standards. Qu’il s’agisse des calembours en guise de noms de cuvée, des déviances vantées comme des qualités, du « zéro soufre obligatoire » dicté par certains ou de la paradoxale uniformisation des vinifications.

 

« Comme beaucoup, à la fin des années 2000, je me suis un peu perdu dans le recours systématique à la macération carbonique », reconnaît Eric Pfifferling. « Elle favorise des notes fruitées, mais gomme les notions de cépage et de terroir. Je m’en suis rendu compte quand, lors d’une dégustation, on m’a demandé si je venais du beaujolais », ajoute celui qui se passionne désormais pour l’élevage longue durée de ses profonds rosés de Tavel, en s’autorisant, à la mise en bouteille, d’infimes doses de SO2.

 

« Il était dommage que les vins naturels soient d’abord reconnaissables à leurs défauts », rappelle Antoine Sunier, jeune espoir du Beaujolais, célébré pour ses régniés et ses morgons. La moindre déviance lui « prend vite la tête ». « Je recherche des vins droits, insiste-t-il, du fruit, de la dentelle, mais avec une belle structure. »

 

Encore quelques punks

 

Certes, il reste quelques punks dans les vignobles. Et des fans pour les apprécier. « Une génération a grandi avec ces vins, certains goûts jugés déviants par certains peuvent être la norme pour d’autres », explique Antonin Iommi-Amunategui en défendant une notion de défaut dont le curseur peut être subjectif. « Certains vins flirtent avec ces complexités et nous n’avons pas tous la même tolérance à l’aventure. »

 

Les cavistes jouent un rôle-clé en termes de conseil et de pédagogie. Olivier Cochard, à Rennes, peut ainsi orienter ses clients, des vins les plus faciles – les fameux glouglou, à la buvabilité toujours très en vogue – aux plus libres. « Comme ceux de Daniel Sage, entre Rhône, Ardèche et Loire, que j’adore, mais pas forcément à mettre entre toutes les mains. »

 

Les vins nature semblent pourtant sortir en majorité de leur crise d’adolescence. Un peu comme quand un groupe comme le Clash signait des chefs-d’œuvre de variété stylistique (London Calling [1979], Sandinista ! [1980]) après les brûlots ébouriffés de leur début, les chiens fous de la viticulture aspirent désormais à de grands vins.

 

Leur soif de liberté les contraints parfois à quitter leur appellation d’origine contrôlée. Malgré la plus-value commerciale qu’auraient pu représenter pour lui les différentes AOC bourguignonnes des hautes-côtes-de-nuits, Yann Durieux a finalement décidé de se passer de ses renommées AOC quand il a créé son domaine, Recrue des Sens, au début des années 2010 : « Je n’étais pas d’accord avec ce que les représentants de l’AOC voulaient mettre dans le verre et “être comme tout le monde” n’est pas le genre de la maison. » Il revendique vouloir faire, sans soufre, « des choses magnifiques, exacerbant quelques-uns des plus beaux terroirs du monde ». Sous leurs noms primesautiers, Pif and Love, Black Pinot, Les Ponts, ses cuvées s’arrachent dans le monde entier (75 % de ventes à l’export) à des tarifs de grands crus.

 

D’autres se sont battus pour intégrer leur AOC. « J’avais vécu comme un déni d’existence le fait d’en être exclu » se souvient Eric Pfifferling, si attaché aux veines calcaires de son terroir. Ironie de l’histoire, il fait désormais partie du comité de dégustation agréant l’AOC de tavel. La qualité de ses vins sert désormais de marqueur à une appellation qui, avant cela, faisait surtout recette dans les restaurants chinois.

 

Des prix qui flambent

 

Le travail de fond de la génération des vignerons bio et nature a, de la même façon, hautement profité à des régions qui avaient perdu de leur prestige, en particulier en Alsace (citons Pierre Frick, Bruno Schueller, Patrick Meyer, Christian Binner) et dans le Jura (la légende Pierre Overnoy, Jean-François Ganevat, Stéphane Tissot ou le regretté Pascal Clairet).

 

Après s’être méfiés de leurs déviances et instabilité, les restaurants étoilés mettent maintenant volontiers les vins naturels à leur carte. « Ces vins possèdent une originalité qui peut surprendre des clients en quête d’expériences. Mais aussi, souvent, une finesse, une profondeur d’expression permettant des accords pointus et précis », raconte Jean-Baptiste Klein, sommelier (MOF 2018) et chef de cave du Chambard, hôtel-restaurant deux macarons, à Kaysersberg (Haut-Rhin). Grand amateur de vins orange, il les associe, par exemple, à des asperges ou à une choucroute végétarienne.

 

Rançon du succès, les prix de ces vins ont tendance à flamber. « Il devient de plus en plus difficile pour nous de sélectionner 150 vins à 15 euros maximum, constate Antonin Iommi-Amunategui qui, avec le Glou Guide, espérait démocratiser le courant nature. Certains vins deviennent les nouveaux grands crus et étiquettes d’aujourd’hui. »

 

Stéphane Davet

 

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6 juin 2021 7 06 /06 /juin /2021 08:00

Comme souvent, je joue sur les mots, Télérama dit avoir un peu aimé Être Cary Grant, l’essai de Martine Reid, en effet en amour je suis toujours dans l’excès : beaucoup, à la folie, pas du tout, le un tout petit peu n’est pas ma came. En effet, j’ai acheté ce livre en pensant commettre une chronique dans le style : j’ai toujours rêvé d’être Cary Grant. Pourtant je n’ignorais rien de ce que fut la vie de Cary Grant.

 

Être Cary Grant

12 janvier 2020

James Ellroy lève le voile sur la face caché de l’élégant Cary Grant « S’il avait le menton « en fesses d’ange », Cary Grant n’en était certes pas un » ICI 

 

L’essai de l’universitaire Martine Reid m’a fatigué : à trop vouloir prouver on lasse, et ce livre m’a fatigué. Je suis allé au bout avec l’espoir que l’autrice m’apportât plus pour étayer son portrait en partie double d’Archibald Leach, enfant pauvre d’une étrange famille de Bristol, Cary Grant, acteur immensément riche et célèbre grâce à Hollywood.

 

Pages 21-22

 

« Pas question pourtant de lui conserver son prénom et son patronyme d’origine. Il lui faut un nom de scène, « easy tosay, hard to forget ». Dans la comédie musicale où il figurait à Broadway quand il a été repéré par l’agent de la Paramount, Archibald Leach incarnait un personnage  du nom de Cary Lokwood. L’acteur se verrait bien porter ce faux nom mais Lokwood est déjà utilisé au cinéma. Zukor lui aurait présenté une liste de noms possibles qu’il tenait à la disposition des jeunes comédiens. « Cary »  ce serait décidé pour le premier nom venu, « Grant ». Il serait « Cary Grant. Drôle d’assemblage en vérité, qui attribue un nom de comédie à un général de la guerre de Sécession devenu ensuite le dix-huitième président  des Etats-Unis (il figure sur les billets de 50$). Certaines publicités pour le nouveau « Grant » ne manqueront pas de faire le rapprochement.

 

Ce qui arrive à Leach n’est pas bien original.

 

La liste est longue « les patronymes qui ne sont pas anglais, et qui signalent une ascendance étrangère ou une origine juive, sont le plus généralement modifiés :

 

  • Fred Astaire : Frederick Austerlitz
  • Greta Garbo : Greta Gustafsson
  • Joan Crawford : Lucille Le Sueur
  • Rita Hayworth : Margarita Cansino
  • Lauren Bacall : Betsy Perske
  • Tony Curtis : Bernard Schwartz.

 

La liste est longue.

 

Alors pourquoi le cas de Cary Grant serait-il un cas, un sujet d’étude universitaire ?

 

C’est toute l’ambiguïté et la difficulté de l’exercice.

 

Cary Grant

© Visual

 

À l’écran, il demeure l’incarnation de l’idéal masculin, « élégant, séduisant, drôle, riche et tout sourire, décidément heureux sans l’ombre d’un doute ». Mais à la ville, « celles qui le quittaient utilisaient les mêmes mots pour évoquer les mêmes problèmes : cruauté mentale, violence physique, alcoolisme, dépression chronique, infidélités ». La vie de Cary Grant (1904-1986) évoque un ­remake de Docteur Jekyll et Mister Hyde à l’ère de la société du spectacle. Né pauvre dans une famille dysfonctionnelle de Bristol en Angleterre, Archibald Leach est devenu immensément riche et célèbre aux États-Unis une fois pourvu par Hollywood de son pseudonyme de fantaisie, « comme un chien porte un collier, un prisonnier son matricule ».

 

Dans un essai biographique souvent vif et stimulant, Martine Reid analyse le « leurre » qu’a constitué l’existence de l’acteur de La Mort aux trousses. Comment, par exemple, les studios qui l’employaient ont tout fait pour cacher sa bisexualité au grand public — l’homme qui faisait tomber les femmes dans presque tous ses films a longtemps été le compagnon de bamboche (et plus, car affinités), de Randolph Scott, autre archétype de la virilité dans le cinéma américain.

 

L’universitaire montre à quel point la belle image cinématographique d’un être parfaitement sain de corps et d’esprit n’était qu’apparence : « un individu sans corps véritable, sans pensée propre, sans autre vie que celle que le cinéma raconte pour lui dans les films où il apparaît ». La tragédie d’Archibald Leach est qu’il a tenté jusqu’au bout de jouer ce personnage de fiction dans la vraie vie — « Tout le monde rêve d’être Cary Grant. Même moi, je rêve d’être ­Cary Grant », avoua-t-il un jour. Dommage que l’autrice, si pertinente dans son étude de la persona de l’acteur, consacre trop de pages à des généralités rebattues sur le système hollywoodien.

 

| Éd. Gallimard, 160 p., 16 €.

 

Samuel Douhaire

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6 juin 2021 7 06 /06 /juin /2021 06:00

Pierre Dumayet : "Relire c'est aussi naturel qu'aimer"

« J'ai décidé d'être vieux. Continue sans moi », lui avait dit son complice Pierre Dumayet (1923-2011), disparu un 17 novembre : drôle de cadeau que faisait l'homme de Lectures pour tous à son ami de trente ans Robert Bober né un 17 novembre, aussi, mais en 1931, à Berlin. Mais rien ne devait pourtant les séparer, même pas la mort.

 

La preuve, Bober, révélé comme écrivain par Quoi de neuf sur la guerre (POL) prix du livre Inter 1994, fait revivre Dumayet dans son nouveau livre, Par instants, la vie n'est pas sûre.

 

Un livre « épatant », de ce mot d'avant, ce mot charmant qu'affectionnait Pierre Dumayet et que les lecteurs enfin réadmis dans les librairies vont pouvoir déguster – il faut fêter ça ! – en entrant dans l'histoire de cette grande amitié, parce que c'était Robert parce que c'était Pierre. ICI  

 

Ce matin je ne fais pas dans la nouveauté littéraire, je vous propose 2 livres, que j’ai beaucoup aimé, qui sont déjà de la bouteille :

 

  • Tribulations d’un précaire d’Iain Levinson 2007 chez Liana Levi

 

Tribulations d'un précaire - Iain Levison • Éditions Liana Levi

 

« Au cours des dix dernières années, j’ai eu quarante-deux emplois dans six États différents. J’en ai laissé tomber trente, on m’a viré de neuf, quant aux trois autres, ç’a été un peu confus. C’est parfois difficile de dire exactement ce qui s’est passé, vous savez seulement qu’il vaut mieux ne pas vous représenter le lendemain. Sans m’en rendre compte, je suis devenu un travailleur itinérant, une version moderne du Tom Joad des Raisins de la colère. À deux différences près. Si vous demandiez à Tom Joad de quoi il vivait, il vous répondait : “Je suis ouvrier agricole”. Moi, je n’en sais rien. L’autre différence, c’est que Tom Joad n’avait pas fichu 40 000 dollars en l’air pour obtenir une licence de lettres.

 

Plus je voyage et plus je cherche du travail, plus je me rends compte que je ne suis pas seul. Il y a des milliers de travailleurs itinérants en circulation. »

 

Iain Levison, romancier américain, né en Ecosse, a connu cette vie précaire, ces itinéraires de picaro, d’apprentissage sur le tas, live, de la survie, des petits boulots, des gagne (peu de) pain. Entre le Figaro de Beaumarchais, si l’on veut rendre le tableau littéraire, et le tocard, Dude, Big Lebowki des frères Coen, pour le pan cinématographique. Ses romans offrent la peinture sans concession d’une Amérique loin des clichés, celle d’une permanente Grande Dépression, tant financière qu’existentielle, celle où les self-made-men ne sont que des laissés pour compte et repris pour contes, dans ces romans entre fable et réalisme, chronique et loufoquerie. Du roman social mâtiné de drôlerie.

 

La suite ICI 

 

Quelqu'un d'autre - Tonino Benacquista - SensCritique

 

  • Quelqu’un d’autre de Tonino Benacquista 2002 Gallimard folio

Pour l’anecdote, celui-ci il m’a été offert par la FNAC alors que j’allais y retirer un paquet sur le présentoir des livres gratuits à prendre sans restriction. Il s’avère, qu’en ce temps de Rolland, le livre commence par un match de tennis et se termine par un match de tennis entre les deux héros : Blin et Gredzinski

 

« Tonino Benacquista excelle dans l’analyse psychologique. Ces deux portraits d’hommes parvenus au milieu de leur existence tiennent par la grâce du détail, des gestes du quotidien, de leurs réflexions désabusées. En allant ainsi fouiller les tréfonds de l’âme de ses personnages, Benacquista vise juste et bien. Construit en alternant les deux destins, ce roman prouve à quel point son auteur maîtrise parfaitement son sujet. Et cette histoire donne franchement à réfléchir. Faut-il libérer l’"Autre" qui sommeille en nous ou bien le laisser en paix ? La réponse fournie par Benacquista n’est pas franchement tranchée. Et c’est justement cette incertitude qui est savoureuse ! » ICI  

 

Le fameux passing shot de revers d’Adriano Panatta à Rolland Garros en 1976

 

1976 - UN JOUR, UN POINT CULTE : LE PLONGEON DE PANATTA ICI 

 

Service-volée, évidemment. Le retour "let" de Hutka déstabilise l'Italien, dont la remise approximative l'expose à un lob de revers. Panatta "jumpe". Mais son smash de revers est un peu court. Hutka est là. Il tente le coup de grâce en glissant un malicieux passing de revers court croisé. Adriano est débordé, mais il n'est pas battu. D'une extension de félin, il se jette sur la balle comme on se précipite vers son destin. Et la catapulte dans le court vide

 

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