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18 août 2022 4 18 /08 /août /2022 06:00

 

Ma sainte et héroïque mère, utilisait souvent à l’adresse de ses amies, pour souligner le soin qu’elle prenait à m’éduquer : ce mot – qui n’est pas un mot valise – « bagage », elle constituait mon bagage, la somme de tout ce qui me permettrait de réussir ma vie.

 

Dans ce lourd bagage, hormis les fondamentaux scolaires : orthographe (le zéro faute aux  dictées), lire, compter, écrire à la plume Sergent Major ; ceux de la civilité : s’exprimer correctement, être poli, avoir de la tenue ; s’ajoutait l’éducation religieuse de stricte obédience.

 

L’Église catholique romaine, en dépit de la séparation de l’Église et de l’État, gardait encore la haute-main sur les deux volets de l’éducation via « l’école libre » et le catéchisme.

 

Mon statut d’enfant de chœur me permettait de jouir d’une immunité dont je profitais largement : « on me donnait le bon Dieu sans confession », pourtant il faut toujours se méfier de « l’eau qui dort ».

 

Au Bourg-Pailler, la tante Valentine, veuve de guerre, sœur de la mémé Marie, lectrice du Pèlerin sans lunettes, tenait lieu de gardienne des pratiques religieuses, de plus sa pension lui permettait  de voyager, elle adorait les pèlerinages, Lourdes tout particulièrement.

 

L’un de ses pèlerinages favoris se tenait à quelques 50 kilomètres de La Mothe-Achard, celui du sanctuaire de la Salette, sis à La Rabatelière, commune située au nord de La Roche sur Yon, il se déroulait chaque premier dimanche de septembre et nous nous y rendions dans un car affrété par les grenouilles de bénitier de la contrée. J’étais le seul gamin du car, ce qui me valait de recevoir des brassées de compliments sur mon goût pour les dévotions.

 

« Les dévotions mon cul ! » comme l’aurait dit Zazie, j’adorais aller au pèlerinage de La Salette pour le pique-nique, tout particulièrement les œufs durs.  

 

Lorsque je partis, pour la seule fois de ma vie, en colonie de vacances avec les enfants de marins de l’Ile d’Yeu (le curé-doyen Bailly avait officié sur l’île), à Saint Jean de Maurienne, nous fîmes une excursion à La Salette en Isère, où, en 1846, la Vierge Marie serait apparue à deux jeunes enfants : Mélanie Calvat et Maximin Giraud. Le temps était caniculaire, les fayots fermentèrent, nous constellâmes le col de la Croix de Fer de nos effluents odoriférants. De retour au bercail familial je me gardai bien d’en faire état, pour la tante Valentine j’avais approché son Graal pèlerinesque, elle n’alla jamais à la vraie Salette.

 

Tout ça pour que vous informer sur le pourquoi de cette étrange institution vendéenne : un sanctuaire de « carton-pâte » à La Rabatelière.

En Vendée, le sanctuaire de la Salette, 135 ans d’histoires et de folies monumentales ICI

 

En 1887, le triptyque monumental rouge et gris sortait de terre grâce aux paroissiens de La Rabatelière, en Vendée. Aujourd’hui, le sanctuaire de la Salette est un lieu de pèlerinage religieux et culturel, unique en son genre.

 

 

Ouest-France Margaux HUCHON.

 

Publié le 03/08/2022 

En contrebas de La Rabatelière (Vendée), à deux pas du ruisseau de l’Anguiller, affluent de la Petite-Maine, les monuments ont des allures de forteresses andalouses, aux lignes nettes. Au sommet d’une pente abrupte : un donjon, des tourelles, de faux mâchicoulis en briques rouges, presque comme un château fort. Les visiteurs les plus prudents diront « baroque » , pour qualifier l’architecture de ce sanctuaire de la Salette, habillé de pins et de quelques yuccas. « Les enfants, en revanche, me disent qu’on dirait Disneyland », rit Michel Cossard, guide bénévole du sanctuaire. Le pape Jean XXIII l’avait surnommé Notre-Dame des briques.

 

Depuis sa création en 1887, la Salette cristallise interrogations et émerveillements. Comment l’abbé Hillairet a-t-il fait construire de tels monuments et pourquoi à La Rabatellière ? Toujours est-il que le traditionnel pèlerinage, chaque premier dimanche de septembre, se maintient. Ils étaient 15 000 fidèles au XIXe siècle, et environ 600 aujourd’hui.

 

 

Dans le sanctuaire, Michel Cossard déambule régulièrement. Il est l’un de ses guides et a été aussi maire de La Rabatelière, de 1995 à 2008. Une commune d’un peu plus de 900 habitants. L’homme de 80 ans aime raconter l’époque des premiers pèlerinages, du temps de l’abbé Hillairet : « il y avait des commerces ambulants sur 3 km, jusqu’au château de La Rabatelière. C’était la fête ! Les gens n’avaient pas de voitures, alors ils laissaient leurs chevaux dans le bourg, près des cafés, et descendaient en procession jusqu’à la Salette. »

 

Avec le temps, la prairie au bord du ruisseau a été appelée le « champ aux œufs durs, glisse Joël Cossais, habitant de la commune. Car les pèlerins venaient pique-niquer avec leurs œufs durs. » Une fois, les fidèles ont même cru au message divin, quand ils ont aperçu un essaim d’abeilles au sommet de la statue de la Vierge Marie.

 

Le sort n’aura pas été aussi glorieux pour le magasin de souvenirs et le café plantés en haut du sanctuaire. Cartes postales, chapelets, petites statuettes… « Ca tournait bien ! » Mais désormais, il ne reste que la façade noircie et le lampadaire du magasin, en souvenir. Le reste est parti en fumée, emportant ses deux propriétaires. La maisonnette, dont il ne reste que quelques briques, existait bien avant la construction de la Salette, selon l’ancien maire. Michel Cossard pense même que « l’abbé Hillairet s’est inspiré de l’architecture de celle-ci pour le sanctuaire. »

 

De l’Isère à La Rabatelière, en Vendée

 

En 1997, deux ans après son élection, Michel Cossard et son équipe municipale ont décidé de racheter les 4 000 m2 du sanctuaire. Des négociations, « pas simples », se sont engagées avec les propriétaires de l’époque : la famille de La Poëze. « Mais finalement, on a réussi ! » se félicite-t-il encore aujourd’hui. La même année, il a fait entrer le complexe architectural aux Monuments historiques. Ce dernier a ensuite été remis aux mains du Département, en 2002.

 

« Les membres de la famille de La Poëze sont les ancêtres du comte, maire de La Rabatelière en 1887 quand le sanctuaire a été érigé sur ses terres par l’abbé Hillairet et ses paroissiens, détaille l’ancien édile. C’était un chemin de terre, avec des ajoncs et des moutons », appelé coteau de Bel-Air. Il est soutenu par de grosses pierres grises, encore visibles aujourd’hui devant le parking.

 

L’abbé Hillairet a posé ses valises dans la commune du comte de La Poëze le 9 mars 1873. Il ne la quittera pas avant sa mort, en 1908. Le religieux aimait déjà participer à des pèlerinages avec ses fidèles, bien avant la construction du sanctuaire. Dont l’un, notamment, à La Salette en Isère. Là-bas, en 1846, la Vierge Marie serait apparue à deux jeunes enfants : Mélanie Calvat et Maximin Giraud. Un phénomène de dévotion qui émeut au plus haut point l’abbé.

 

 

Il décide à son retour de créer son propre sanctuaire de la Salette, mais à La Rabatelière. « Il estimait que pour maintenir la dévotion de ses paroissiens, il lui fallait un monument semblable. En plus, ça évitait de se déplacer chaque année en Isère », explique Michel Cossard. Un moyen de garder ses fidèles près de lui et de lutter contre la politique anticléricale s’installant dans l’Hexagone à l’époque.

 

Il engage alors les habitants du village à la tâche, bénévolement. « Il leur invoquait la dévotion à Dieu… L’abbé les tenait un peu par les idées, il était rigoureux dans la religion. » 1 600 jours de travail et des centaines de charrettes pour rapporter les briques des briqueteries alentour, ainsi que le schiste. L’abbé Hillairet était aux commandes, « mais les plans de construction n’ont jamais été retrouvés… J’ai juste vu passer une sorte de dessin avec des formes géométriques mais c’est impossible d’avoir construit tout cela avec si peu de détails », s’interroge l’ancien maire. Alors comment dirigeait-il ces travaux ? Impossible de le savoir. En 1887, les trois scènes avec des statues représentant l’apparition à la Salette sont inaugurées. Puis, le Rosaire et la tour du Triomphe de la croix. Enfin, la chapelle à la croix de Jérusalem et le chemin de 14-croix. Les folies de l’abbé sont terminées.

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17 août 2022 3 17 /08 /août /2022 06:00

Avec me conflit ukrainien la presse a beaucoup glosé sur la pénurie d’huile de tournesol, moi ça ne me dérange pas je ne suis pas consommateur d’huile raffinée.

 

Mais lorsque je lis dans les Echos de Bernard Arnault que la future récolte d’olives françaises va tourner autour de 630 tonnes, je m’inquiète car notre production est déjà confidentielle, je déteste la notion de niche, nous friserons soit le rationnement, soit le vertige des hauts prix.

 

Peut être une image de 1 personne et position debout

 

Si je lance cette bouteille d’huile d’olive à la mer en direction  d’Olivier Nasles, c’est qu’il est le pape du Bio de l’INAO, l’homme qui tient dans ses mains l’huile et le vin dans son domaine de Camaïsette, devenu pour les bobos l’antre Olivier Bio, et que, dans mes souvenirs d’ancien Président de la SIDO convaincant Louis Le Pensec, ministre de l’agriculture, breton consommateur de ce nectar provençal, de se glisser entre les grands de l’huile d’olive, l’Italie et l’Espagne, pour obtenir un plan de relance de l’oliveraie française, et il y parvint.

 

 

Aucun rêve de gigantisme bien sûr, mais, sans ironie de ma part, je trouve que nous sommes au même niveau qu’au point de départ et que les congrès d’Olive France ont des allures de ceux du parti radical et des défuntes cabines téléphoniques.

 

Lors de son dernier conseil d'administration, le 22 juillet, France Olive a anticipé pour cette année « une très petite récolte » de 630 tonnes d'olive, de moitié inférieure à la moyenne de production.

 (Richard DAMORET/REA)

 Sécheresse : une récolte en péril pour les producteurs d'huile d'olive en Provence ICI 

 

Les oléiculteurs provençaux n'ont pas vu la pluie depuis plusieurs mois. Ils s'attendent à une baisse de production de près de 50 % et cherchent des solutions pour s'adapter au changement climatique.

 

Par Paul Molga

 

Publié le 2 août 2022

 

La récolte des olives n'est prévue qu'à l'automne mais à cause de la sécheresse persistante , les oléiculteurs savent déjà qu'elle sera mauvaise. « Je vais perdre cette année plus de 70 % de ma production », témoigne Jean-Benoît Hugues, propriétaire du Moulin Castelas qui cultive des olives centenaires sur 45 hectares de la Vallée des Baux-de-Provence, le terroir star des appellations d'origine qui fournissent 17 % de la production nationale et le quart des huiles haut de gamme. Ce domaine des Bouches-du-Rhône produit habituellement jusqu'à 90.000 litres d'huiles, souvent médaillées. « En mai, le coup de chaud précoce a grillé les premiers bourgeons printaniers et une bonne partie des olives qui ont survécu sèchent sur l'arbre à cause de la canicule. S'il ne pleut pas cet été, elles tomberont au sol », se désespère l'oléiculteur.

 

C'est une particularité de cette espère végétale : pour résister aux chaleurs intenses, elle privilégie sa survie et rejette ses fruits. « Après le manque d'eau persistant qui a crevassé les sols, la canicule assèche maintenant l'atmosphère. L'arbre se déshydrate et se protège en renfermant ses feuilles. Il fait le dos rond », explique Hélène Lasserre, directrice du pôle de conservation et de recherche chez France Olive.

Peu d'accès à l'eau

 

La vallée des Baux n'est pas une exception. La France compte 40.000 hectares de vergers d'olives, dont le quart est géré par des professionnels, mais moins de 20 % bénéficient d'un accès à l'eau. En Provence, la situation est particulièrement tendue : souvent éloignés des canaux d'irrigation, les oléiculteurs doivent puiser la ressource dans les profondeurs du sol pour entretenir leurs arbres. « Or la recharge hivernale des nappes phréatiques a été insuffisante cette année et les prélèvements très précoces », constate Julien Balajas, responsable du pôle agronomique auprès de l'association professionnelle. Lors de son dernier conseil d'administration qui s'est tenu le 22 juillet, France Olive a anticipé pour cette année « une très petite récolte » de 630 tonnes d'olive, de moitié inférieure à la moyenne de production.

Ce qui inquiète les producteurs, c'est que la situation se répète de plus en plus souvent et que toutes les variétés sont désormais impactées, même les plus résistantes. « Depuis 2014, nous avons subi quatre importantes canicules et deux épisodes de sécheresse », observe Philippe Carra, oléiculteur à La Londe-les-Maures dans le Var, qui estime ses pertes entre 20 % et 30 % sur ses 20 hectares de plantation. Dans ce département qui a vu sa production d'huile chuter de moitié en 2017 et 2019, la Société du Canal de Provence prévoit d'investir massivement pour irriguer 20.000 hectares de terres agricoles les plus éloignées de la ressource. Mais ailleurs ?

 

La solution pourrait venir d'Apt, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Depuis 2017, l'Agence de l'Eau Rhône-Méditerranée-Corse et l'Irstea y testent un nouveau système d'irrigation à partir des eaux usées de la commune en utilisant l'autoépuration naturelle des plantes et des procédés physico-chimique pour éliminer les bactéries. S'appuyant sur ce programme baptisé « Readap't », les oléiculteurs de la vallée des Baux envisagent à leur tour d'utiliser ce principe. Ils ont fait leurs calculs : les 4.500 mètres cubes traités quotidiennement par la station d'épuration de la communauté de communes seraient suffisants pour les mettre à l'abri de la sécheresse. Reste à trouver les fonds nécessaires : 6 millions d'euros.

Paul Molga (Correspondant à Marseille)

 

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14 août 2022 7 14 /08 /août /2022 06:00

ANCIEN CAHIER DE devoir de vacances écolier EDIP old school french book EUR  34,90 - PicClick FR

Les cahiers de devoir de vacances existent encore pour la marmaille, ils devraient être imposés aux élus de la NUPES pendant le temps où ils ne vont pas siéger sur les bancs de l’AN. Le sujet à l’ordre du jour : L’EMPLOI.

 

Comment, pour certaines tâches difficiles et peu attractives, comment trouver de la main d’œuvre adaptée ?

 

Bien sûr, la réponse risque d’être, dans la bouche de Sandrine Rousseau et comparses : « y’a qu’à les payer mieux et le tour sera joué ! »

 

Si c’était aussi simple que pondre des amendements, de twitter à tour de bras, de déverser jusqu’à plus soif des « éléments de langage » prémâchés, ça se saurait.

 

Je les invite à lire ce reportage du Monde pour éclairer leur lanterne qu’ils estiment être le phare du Monde des travailleurs.

 

 

SOCIÉTÉ  IMMIGRATION ET DIVERSITÉ

A Figari, en Corse, les ouvriers marocains font vivre la vigne

 

Par Julia Pascual (Figari (Corse-du-Sud), envoyée spéciale)

 

REPORTAGE

 

Depuis de nombreuses années, les vignerons corses, confrontés au manque de main-d’œuvre locale, font venir des travailleurs saisonniers du Maroc.

 

Jean-Baptiste de Peretti se lève tôt. Et le jour, peu avant lui. Au volant de son pick-up, l’esprit encore cotonneux, il descend le long de son vignoble, qui s’étend sur 15 hectares vallonnés. En piémont de la splendide chaîne montagneuse de l’Omu di Cagna, en Corse-du-Sud, il détaille les vignes qu’il a commencé à planter en 2013 et qu’agite un timide vent venu de la mer.

 

Entre les rangées des plus jeunes ceps, le vigneron de 52 ans salue ses deux ouvriers agricoles marocains, Abdou et Morad (ils ont requis l’anonymat). Depuis 6 heures, les deux hommes s’affairent à installer un système de goutte à goutte qui viendra rafraîchir la vigne naissante. Il n’a pas plu depuis trois mois à Figari. Chemin faisant, Abdou et Morad se courbent pour fixer les tuteurs des pieds encore frêles, d’un geste répétitif. Enfin, ils arrachent à la main les rares mauvaises herbes qui s’accrochent encore à la terre granitique tout juste labourée. Dans peu de temps, il fera plus de 30 °C sous le soleil.

 

Un « métier difficile », concède Jean-Baptiste de Peretti. Sûrement l’une des raisons pour lesquelles le domaine a du mal à recruter des saisonniers. Ici comme ailleurs, la main-d’œuvre se fait rare alors, comme d’autres avant lui, M. de Peretti s’est tourné vers le Maroc pour embaucher.

 

Tradition familiale

 

En 2022, un nombre croissant d’employeurs ont fait venir des saisonniers de l’étranger. Ainsi, la direction générale des étrangers en France (DGEF) a déjà délivré 22 000 autorisations de travail saisonnier, deux fois plus qu’en 2021. Une croissance qui s’explique par « la levée des contraintes sanitaires et par des tensions accrues sur le marché du travail », avance la DGEF.

 

M. de Peretti s’est rendu dans la région viticole de Meknès en janvier 2019. Il voulait choisir sur place des saisonniers ayant « une vraie connaissance de la vigne » pour son exploitation labellisée AOC et en conversion bio. Là-bas, il a croisé une dizaine d’ouvriers, et parmi eux, Morad. Le patron corse a demandé au Marocain de faire une marche arrière en tracteur et l’affaire était conclue.

 

Après trois saisons, Morad, 38 ans, a signé un CDI à temps plein au domaine de Peretti della Rocca. « C’est quelqu’un de très important pour moi », insiste le vigneron. « Jean-Baptiste, c’est comme la famille », lui retourne l’ouvrier. Maintenant qu’il est à l’année en Corse, Morad aimerait faire venir sa femme et ses quatre enfants. Pour cet homme, la migration s’inscrit dans une tradition familiale. Issu d’une fratrie de quatorze enfants, il compte un frère ouvrier agricole comme lui, en Haute-Corse, deux frères mécanicien et chauffeur de poids lourds sur le continent, un autre frère dans le bâtiment en Espagne et un autre encore qui exerce comme coiffeur aux Pays-Bas. Deux frères qui font les saisons agricoles en Corse complètent cette diaspora.

 

Son collègue Abdou, 45 ans, a décroché son premier contrat saisonnier grâce à l’entremise de son frère, Tareq, installé sur l’île depuis 2008. Leur père avait avant eux travaillé cinquante ans dans la vigne en France. « Il n’y a que des Marocains qui font [ce travail]. C’est dur », explique Abdou, qui effectue sa deuxième saison d’affilée au domaine de Peretti della Rocca. Ici, les ouvriers sont logés et gagnent 1 500 euros net par mois, contre environ 300 euros au Maroc pour le même travail.

 

Tensions diplomatiques

 

Si les Corses, en revanche, ne se bousculent pas, « c’est sûrement une question de salaire », veut croire M. de Peretti, qui évoque tour à tour l’augmentation du prix de l’essence, des taux bancaires et la cherté des loyers dans la région. Mais lui ne peut pas offrir davantage, « ou alors il faut baisser les charges », suggère-t-il.

 

Le vigneron souligne aussi le besoin d’organiser des formations professionnelles de qualité sur l’île, « pas des voies de garage », alors qu’il regarde, fataliste, tous les jeunes bacheliers partir « faire du droit à Corte pour devenir avocats ».

 

L’an prochain, M. de Peretti aurait besoin de trois saisonniers et il s’inquiète déjà de ne pas les trouver. Un frère de Morad devait venir cette année en renfort, mais, en dépit de l’autorisation de travail qu’il avait obtenue, le visa lui a été refusé en avril par le consulat de France au Maroc. « On n’a vraiment pas compris », lâche, dépité, M. de Peretti, qui s’est laissé dire que des tensions diplomatiques entre Paris et Rabat expliqueraient ce tour de vis. En septembre 2021, le gouvernement avait annoncé réduire drastiquement le nombre de visas accordés aux ressortissants du Maghreb, une mesure de rétorsion face au peu de diligence de ces pays à faciliter l’expulsion de leurs nationaux en situation irrégulière.

 

Cette année-là, M. de Peretti s’en souvient. Il avait dû monter au créneau pour débloquer les choses. « Le préfet nous avait refusé la main-d’œuvre étrangère et il y avait eu du gel dans les vignes, rapporte-t-il. J’étais allé voir la directrice de l’agriculture et je lui avais dit : “Vous voulez qu’on se pende ?” Le préfet était finalement revenu sur sa décision. Il s’était déplacé sur l’exploitation et m’avait demandé pourquoi je n’allais pas à Pôle emploi. Mais on n’a jamais personne par le biais de Pôle emploi ! »

 

« Surenchère »

 

Même pour faire tourner la maison d’hôtes qu’il a lancée en 2020, M. de Peretti a dû recruter en dehors de l’île. Une Argentine et un Sénégalais font notamment le ménage des chambres de juin à octobre. Et il peut faire appel à des prestataires portugais en cas de besoin supplémentaire. Le patron peste contre les propriétaires de grosses villas à Porto-Vecchio qui font de la « surenchère en payant des femmes de ménage 25 euros de l’heure au noir ». Ou contre Pôle emploi, encore, qui est devenu à son sens « une pension ». « Les gens ne veulent plus travailler », finit par croire le vigneron.

 

Il se demande s’il ne va pas investir dans une machine à vendanger, même si le résultat sera moins qualitatif. C’est déjà le choix qu’a fait Jean Curallucci, un autre vigneron de Figari, âgé de 64 ans et qui a racheté dans les années 1990 avec son cousin le domaine de 50 hectares de Petra Bianca. Les contrats de saisonniers étrangers, il y a toujours eu recours dès qu’il n’a plus suffi de descendre au petit matin sur la place de Porto-Vecchio pour trouver des ouvriers. Ses travailleurs sont marocains, mais aussi polonais et italiens. Et certains se succèdent de père en fils. M. Curallucci en a un besoin essentiel pour la taille de son vignoble en conduite bio. Mais pour gagner en « indépendance », il essaye de « mécaniser au maximum » sa production. « Ça coûte cher, mais c’est le prix à payer », concède-t-il. Le matin où nous le rencontrons, son fils est justement parti dans une concession de matériel agricole découvrir un tout nouveau robot viticole.

 

Julia Pascual

Figari (Corse-du-Sud), envoyée spéciale

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13 août 2022 6 13 /08 /août /2022 06:00

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Le 6 juillet 2022, les 500 plus grandes fortunes de France ont été révélées par Challenges.

 

À Bordeaux (Gironde), le commerce du vin fait le bonheur de nombre d'entre elles.

 

Au niveau national, l’indétrônable Bernard Arnault (groupe LVMH), avec ses 149 000 millions d’euros, domine le classement. Il est suivi des héritiers de la maison Chanel, Alain et Gérard Wertheimer (80 000 millions d’euros) et de la famille Hermès (78 700 millions d’euros).

 

Le vin, première source de richesse en Gironde

À la première place des Girondins les plus riches (10e au classement national), Pierre Castel, qui contrôle 80 % du troisième négoce de vins au monde. Sa fortune est estimée à 13 500 millions d’euros.

 

S’ensuivent une vingtaine de propriétaires de vignobles et/ou négociants en vins et spiritueux dans le bordelais, parmi lesquels :

 

Patrice Pichet, 75e fortune de France avec 1 500 millions d’euros

 

Bernard Magrez (propriétaire de 42 vignobles) 104e avec 1 100 millions d’euros

 

Philippe Sereys de Rothschild (Mouton Rothschild), 128e avec 900 millions d’euros

 

Jean-François et Jean Moueix (maison de négoce Duclot et 80 % du Pétrus), 193e avec 625 millions d’euros

 

La famille de Boüard de Laforest (château Angélus), 373e avec 320millions deuros

 

Le top 20 des fortunes ayant des propriétés en Gironde

- Pierre Castel (10e national)

- Patrice Pichet (75e)

- Bernard Magrez (104e)

- Michel Ohayon (104e)

- Philippe Sereys de Rothshild (128e)

- Éric et Robert de Rothschild (128e)

- Jean-François et Jean Moueix (193e)

- Jean-Jacques Frey (227e)

- Sébastien Breteau (232e)

- Gérard Perse (283e)

- Famille Ballande (291e)

- Jean-Hubert Delon et Geneviève d'Alton (326e)

- Christian et Edouard Moueix (354e)

- Bruno et Marie Borie (362e)

- Jean-Michel et Sylvie Cazes (362e)

- Famille de Boüard de Laforest (373e)

- Philipe Castéja (389e)

- Famille Manoncourt (420e)

- Famille Labruyère (420e)

- Franck Allard (426e)

 

Il faut

TRIBUNE

Il faut "éviter une déprise viticole anarchique" à Bordeaux

Sa moustache est l’inévitable poil à gratter de toutes les réunions d'instances politiques des vins de Bordeaux. Dans cette tribune, retranscrite en intégralité, Dominique Techer est moins le porte-parole de la Confédération Paysanne que d’un vignoble en souffrance qui demande des solutions d’urgence. Sans oublier de s’attaquer aux Cotisations Volontaires Obligatoire (CVO).

 

Bordeaux traverse une crise historique et la question de l’arrachage s’invite enfin à la table. Il aura fallu pour cela un mouvement spontané des vignerons eux-mêmes, pour bousculer une institution fossilisée. Le spectacle des vignes abandonnées, comme le drame social silencieux qui va avec, n’échappent visiblement qu’aux officiels. Tous les prétextes et les faux -arguments ont été utilisés pour faire espérer le retour des « jours heureux » à des vignerons qui ne savent plus à quoi croire : le Covid, les taxes Trump, la Chine etc. On a usé et abusé des respirateurs bancaires pour retarder les échéances. Mais les faits sont têtus : Bordeaux a un potentiel de production de 5 millions d’hectolitres et en vend 4 au mieux. Ce chiffre est probablement surestimé, vu la récession déjà en cours et les restrictions énergétiques majeures prévues à partir du deuxième semestre. Au bas mot, comme nous le disons depuis des années, il y a autour de 30 000 hectares de vignes qui n’ont déjà plus de marché. Les chais sont pleins et les trésoreries à sec.

 

Il faut être clair sur le diagnostic. Le vin n’occupe plus structurellement l’espace comme au vingtième siècle. La France a terminé sa déchristianisation, le repas familial comme institution assez patriarcale a fait place à la restauration hors domicile et au réfrigérateur en libre-service. La génération du baby-boom, clientèle historique, arrive en fin de course et le vin a perdu sa place prépondérante dans l’imaginaire des jeunes, qui sont les amateurs de demain. Ce monde du vin s’est industrialisé, rationalisé, robotisé et a perdu son âme, sa place symbolique de rapport à la terre et au vivant. Ce sont les petites brasseries de bière artisanales qui ont repris ce flambeau. L’idéal du wine business c’est maintenant l’intelligence artificielle, les outils autonomes, guidés GPS, si possible sans intervention humaine. Certains nous proposaient même de « vinifier avec notre smartphone » ! On recherchait autrefois les vins de vignerons passionnés et originaux. Qui va aujourd’hui rêver aux vins des robots ? Va-t-on ré-enchanter le vin en passant du rapport à la terre au mirage de la technologie 2.0 ? Là encore, on a une représentation professionnelle totalement décalée par rapport aux idées et préoccupations qui travaillent en profondeur toute la société.

 

 

Un tel aveuglement des instances chargées d’orienter stratégiquement les appellations de Bordeaux étonne. Un ancien président de l’interprofession, siégeant à FranceAgriMer, déclarait encore récemment que la crise était conjoncturelle et pas structurelle ! Ce qui explique la politique expansionniste du CIVB de « restructuration du vignoble-modernisation des chais » qui a lourdement endetté les vignerons, au moment même où le marché se contractait.

 

 

Consentement aux taxes

 

L’interprofession se contente donc maintenant d’assurer l’administration du désastre, de faire « comme si » elle orientait quelque chose d’autre que des intérêts particuliers. Ça ne l’empêche pas de demander, comme si de rien n’était, la reconduction de l’accord triennal validant le niveau des Cotisations Volontaires Obligatoire (CVO). Mais avant de demander cette reconduction, en toute honnêteté, il faudrait demander à tous les cotisants un vote de confiance explicite. Il va bien falloir s’assurer du consentement aux taxes et de la confiance dans la gouvernance actuelle. Et si cette confiance n’était pas confirmée, il faudrait alors mettre fin au jeu de chaises musicales entre quelques dizaines de personnes pour se répartir les postes.

 

L’heure est grave à Bordeaux, mais sans doute aussi dans d’autres vignobles. Il faut prendre acte de la diminution du périmètre économique de la viticulture. Il faut prendre acte du chaos climatique qui s’installe et qui interroge lourdement sur l’agriculture qui restera possible demain : les vignerons présents à Tech&Bio le 7 juillet ont été « sonnés » par les prévisions concrètes d’évolution climatique présentées par les Chambres d’agriculture.

 

Il faut prendre acte de la fin de la mondialisation heureuse, synonyme de libre et fluide circulation des marchandises et des capitaux.

 

Que les professionnels de la représentation viticole arrêtent donc de défendre des petits pré-carrés, des assiettes de cotisations assurant des fonctionnements confortables et d’émollientes rémunérations, et se préoccupent enfin des vrais enjeux et des humains qui sont derrière tout ça.

 

Il n’y aura donc pas de solution purement viticole aux problèmes actuels.

 

 

Monoculture intensive

 

On ne peut pas envisager de tamponner les effets du chaos climatique dans une stratégie purement « filière ». Cette crise peut être l’occasion, si tous les acteurs prennent leurs responsabilités, de restructurer une agriculture girondine trop imprégnée par la monoculture intensive de la vigne. C’est un plan d’ensemble, notamment sur le plan foncier, qui est nécessaire pour éviter une déprise viticole anarchique. L’arrêt de la culture de la vigne ne doit pas déboucher sur des paysages défigurés par une série de confettis de friches, de pseudo « fermes solaires » ou de plantations industrielles d’arbres servant d’alibi « vert » à de gros consommateurs d’énergie fossile. Les terres les plus adaptées à des cultures alimentaires doivent être restructurées dans des unités viables. Et un véritable plan d’accompagnement de ces installations doit se mettre en place.

 

Pour cela, il faut que chacun réalise, à l’heure de la crise alimentaire mondiale où chaque état cherche à retenir ses ressources alimentaires, l’importance d’une agriculture locale et surtout autonome. Le financement de cette mutation doit devenir une priorité.  Avons-nous encore les moyens d’investir 14 milliards d’euros (budget prévisionnel...) dans une Ligne à Grande Vitesse (LGV) pour gagner 30 minutes entre Bordeaux et Toulouse, au moment où des pans entiers de notre société partent en ruine ? Faut-il investir dans un nouveau projet agricole garant de notre sécurité alimentaire ? C’est le véritable choix de société.

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10 août 2022 3 10 /08 /août /2022 06:00

Draisy pourra être piloté « à vue » comme le sont les tramways en ville.

Draisy pourra être piloté « à vue » comme le sont les tramways en ville. (Draisy Lohr Haiku Design)

J’ai un problème avec nos deux beaux départements alsaciens, suis incapable de savoir où situer le Haut ou le Bas Rhin, donc de situer la résidence hivernale des Axelroud.

 

En conséquence, lorsque je lis dans le journal Les Échos, de Bernard  Arnault, que : « C'est un peu le retour de la Micheline, options moteur de bus et autonomie énergétique. Lohr ICI, spécialiste des transports situé à Hangenbieten (Bas-Rhin) s'attelle à la réalisation d'un train léger d'un nouveau genre pour conserver, voire réhabiliter, des petites lignes régionales. »

 

Nom de code du projet, mené dans le cadre d'un consortium lancé en 2019 par la SNCF : Draisy. Il s'agit d'un véhicule de la taille d'un bus, doté de batteries rapidement rechargeables et pouvant donc circuler sur des voies non électrifiées. Il pourra être piloté « à vue » comme le sont les tramways en ville.

 

80 passagers

 

Draisy a été retenu en mars 2022 dans le cadre de l'appel à manifestation d'intérêt (AMI) sur la digitalisation et la décarbonation du transport ferroviaire. Le volet « trains légers » de cet AMI vise le remplacement des trains régionaux conventionnels, jugés surdimensionnés et trop coûteux, sur les lignes de desserte fine du territoire. C'est un potentiel de 9.100 kilomètres de lignes, à 85 % non électrifiées, qui s'offre aux trains légers.

 

La suite ICI 

 

Conclusion :

 

  • J’imagine que notre SNCFe va faire circuler entre Port-Bou et Argelès-sur-Mer via Collioure, un DRAISY-PAX pour que celui-ci puisse promener Nane zéro carbone
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8 août 2022 1 08 /08 /août /2022 06:00

Qui a signé l’acte de décès de la République des Soviets ?

 

 Les bureaucrates, la classe privilégiée des apparatchiks !

 

Qui a fait passer la Chine au rang de grande puissance mondiale,

 

« Peu importe que le chat soit gris ou noir pourvu qu'il attrape les souris. » Deng Xiaoping

 

Le réalisme a mauvaise presse mais les bureaucrates restent toujours ceux qui, en parodiant Coluche, « si on leur donnait le Sahara, dans 5 ans, faudrait qu'ils achètent du sable ailleurs. »

 

Gorbatchev le savait trop bien il avait géré les pénuries, les importations massives depuis les riches européens : blé, beurre, poudre de lait…

 

Alors, même si le système du marché libre est plein de défauts, jusqu’à ce jour on n’a pas trouvé mieux et je ne pense pas que le modèle Chavez, cher à Mélenchon, nous sorte de ce pétrin

La République des Professeurs suivi de Les... de Albert Thibaudet - Poche -  Livre - Decitre

Apparatchik, apparatchik… est-ce que j'ai une gueule d'apparatchik ?

 

 

Gilles Heuré

Publié le 15/12/15

Authentique apparatchik bolchévique

 

L’authentique apparatchik nous vient de Russie soviétique. Certes, l’homme investi d’un certain pouvoir, haut fonctionnaire, gouverneur ou autre, était déjà brocardé à l’époque du tsar, mais c’est dans les premiers temps de la révolution russe de 1917, celle d’octobre, que le terme prit toute son ampleur. Dès 1922, une revue satirique comme Krokodil moquait les bureaucrates, favorisés en raison des postes qu’ils occupaient, et ce qui les caractérisaient : grossièreté, cupidité, vénalité.

 

Le terme d’apparatchik revêtit une notion plus politique quand les envoyés du Komintern, la IIIe Internationale communiste, vinrent « conseiller » le Parti communiste français et observer de près la politique française en tant que mandataires adoubés par Moscou.

 

L’un d’eux, Eugen Fried (lire, d'Annie Kriegel et Stéphane Courtois, Eugen Fried, le grand secret du PCF,  Le Seuil, 1997), fut particulièrement efficace, infiltrant réseaux et structures, et portant sur la politique française et sa sociologie des appréciations d’ailleurs pas toutes dénuées de fondement : « Il y a beaucoup de légendes sur l’ouvrier français, écrivait ainsi Fried, l’une d’elles, c’est que l’ouvrier français est facile à gagner par un discours, par l’enthousiasme. C’est une légende […]. La France, c’est le pays de la petite épargne où les questions matérielles jouent un rôle considérable. On peut voir dans toute l’histoire des luttes de classes en France, dans toutes les insurrections, que les questions matérielles jouaient un rôle considérable et même étaient, dans plusieurs insurrections, la base immédiate du déclenchement de l’insurrection. »

 

On voit bien qu’aujourd’hui le terme d’apparatchik n’a plus le même sens et désigne tout autre chose. Le Dictionnaire de synonymes et mots de sens voisin (Henri Bertaud du Chazaud, Gallimard, coll. Quarto, 2007) renvoie d’ailleurs à l’entrée « privilégié ». Les apparatchiks sont de tous les partis, de toutes les opinions et de tous les gouvernements, incarnant une sorte d’élite politique, au sens institutionnel du terme, souvent à l’abri, et ce, quel que soit le résultat d’une élection si tant est, d’ailleurs, que certains d’entre eux passent l’épreuve des urnes, ce qui n’est pas toujours le cas. Ainsi, les apparatchiks d’aujourd’hui seraient ceux qui, dans un parti politique ou une équipe gouvernementale, jouiraient d’une certaine notoriété et d’une certaine influence, voire d’une nomination surprise comme ce fut le cas récemment de la ministre du Travail, Myriam El Khomri, qualifiée par Le Point d’« apparatchik », terme utilisé ici dans un sens péjoratif pour stigmatiser le parcours de personnalités politiques dont l’expérience professionnelle n’est, précisément, que politique.

 

Contrôle et élite

 

Ne faudrait-il pas, dans ce cas, parler plutôt d’élite politique ou plus exactement de sérail ? Ainsi, l’apparatchik d’aujourd’hui aurait bien perdu son sens originel d’homme – ou de femme – d’influence, pour être réduit seulement à un parcours puis à un poste de privilégié.

 

En 1927, dans La République des professeurs, l’essayiste et critique littéraire Albert Thibaudet (1874-1936) (lire, d'Albert Thibaudet, Réflexions sur la politique, Robert Laffont, coll. Bouquins, 2007) rappelait la difficulté de poser, en démocratie, le problème des élites : « A l’égard des aristocrates de naissance et de fortune, le devoir démocratique est simple : défiance, surveillance, contrôle. » Et celui qui, selon Thibaudet, peut alors le mieux exercer ce contrôle est le « professeur » qui n’est ni aristocrate ni fortuné, mais doté de certaines qualités intellectuelles et morales. Le problème est pourtant que lui-même fait partie d’une élite qui devrait donc, à ce titre, être contrôlée. Car, nous dit Thibaudet : « L’élite reste perpétuellement en danger d’être séduite par le démon, c’est-à-dire par la confrérie des puissants. »

Comment un fermier américain est-il devenu l'ami intime de Khrouchtchev? -  Russia Beyond FR

Khrouchtchev ou la carrière d'un apparatchik ICI 

 

La fin de Khrouchtchev

 

Échecs intérieurs, retraite précipitée à Cuba, désorganisation de l'appareil, menaces sur sa stabilité : dès le début de 1964, un complot s'organise contre Khrouchtchev, fomenté par des hommes que cette accumulation de faux pas inquiète. Les conjurés choisissent pour le remplacer le plus falot d'entre eux, Leonid Brejnev. Le 13 octobre 1964, le Bureau politique fait revenir Khrouchtchev de sa datcha de Pit-sounda dans le Sud de l'Union soviétique, le démissionne et stigmatise sa politique sous la double étiquette de « volontarisme » et de « subjectivisme ». Il ne tente aucune résistance. Dès lors, il se résigne à une retraite désœuvrée mais étroitement surveillée, puis entreprend la rédaction de ses Mémoires, œuvre à la fois roublarde et naïve, approximative et riche en révélations. Il meurt le 11 septembre 1971.

 

Son pale successeur prendra peu à peu l'assurance nécessaire pour éliminer ses concurrents, geler la situation dans un immobilisme rassurant pour les apparatchiks et se constituer une impressionnante collection de voitures de luxe, tout en laissant s'accumuler les éléments d'une crise économique, sociale et politique gigantesque, à laquelle la perestroïka finit par ouvrir les vannes.

 

Pourquoi l'Union soviétique a-t-elle échoué dans la construction de son  propre Disneyland? - Russia Beyond FR

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6 août 2022 6 06 /08 /août /2022 06:00

Le premier chargement de céréales ukrainiennes a quitté le port d'Odessa

Cucugnan doit sa renommée à Alphonse Daudet.

 

Dans ses Lettres de mon moulin (1886), il raconte l'histoire du sermon du Curé de Cucugnan.  

 

Romans Lettres de mon moulin, Folio Junior Textes classiques | Gallimard  Jeunesse

 

Mais de nos jours c’est Roland Feuillas la star de Cucugnan

 

 

 

« Dans les Hautes Corbières sauvages, en Pays Cathare, sur les hauteurs du petit village de Cucugnan, Roland Feuillas a créé un écosystème de paysans, meuniers et boulangers autour d'un Moulin à vent totémique, d'un conservatoire de blés anciens et du concept de "Pain vivant" respectant une filière dite "100% Nature®". » ICI 

 

Donc, j’y va non pour faire un  stage de boulangerie mais pour niaiser, baguenauder, boire des coups chez Jancou, peut-être croise Marie-Louise, Pax et Nane…

 

Tout ça pour causer avant de partir du prix du blé.

Ukraine: Le premier navire chargé de céréales quitte l'Ukraine pour le Liban

C'EST UN PIC

Inflation : le pic des prix des céréales et autres matières premières agricoles est derrière nous (pour l’instant) ICI 

 

Le cours du blé a retrouvé son niveau d'avant l'invasion russe en Ukraine, fin février. Une tendance que l'on retrouve pour la plupart des matières premières.

 

  • Un navire marchand Ukrainien, le premier depuis cinq mois, a quitté Odessa avec à son bord 26 000 tonnes de grains. De son côté, le marché du blé qui avait fortement augmenté au moment de l’invasion de l’Ukraine semble s’apaiser, que se passe-t-il actuellement ?

 

Il y avait effectivement eu une explosion des cours à partir du moment où la Russie a envahi l’Ukraine, mais il y avait déjà une tendance à la hausse du prix des matières premières qui datait de la reprise post-Covid. Après la première vague, lors de laquelle les matières premières avaient atteint un prix très bas en raison de l’arrêt de l’économie, on avait observé une reprise. Cette dernière, pour le blé, avait démarré mi-2020 et s’était prolongée jusqu’au début de la guerre en Ukraine. Là, si l’on prend en référence le contrat de blé Chicago, le prix a doublé en quelques jours. Il est passé de 800 $ fin février à presque 1400 $ le 8 mars. Depuis la mi-mai, on observe une baisse des coûts. Déjà début juillet et de nouveau maintenant, on voit toute cette hausse post-invasion de l’Ukraine. Toutes les tensions supplémentaires sur le prix du blé ont été effacées et depuis un bon mois nous sommes dans une zone de prix assez stable qui était celle de février dernier.

 

  • Est-ce que c’est un mouvement qui ne concerne que le blé ?

 

C’est un mouvement qui n’est pas propre qu’au blé ou même aux matières premières agricoles. Les métaux industriels, l’énergie (le pétrole mais pas le gaz), suivent la même tendance. L’indice mondial de référence des matières premières, le Bloomberg commodity index, qui avait touché un pic historique début juin, est passé de 136 à 110. Ce niveau efface la hausse entraînée par l’invasion de l’Ukraine. Depuis quelques jours, cela repart légèrement à la hausse.

 

 

Sur les matières premières je pense que nous avons touché un point haut, la guerre en Ukraine touche toutes les matières premières. La Russie produit des métaux industriels, des matières premières, exporte de l’énergie, donc il y a un effet global. Même si la crise se poursuit, on a assisté à un reflux des prix qui laisse entendre que nous avons touché un point haut difficile à franchir à nouveau à moins d’une intensification du conflit et une escalade des sanctions. En l’état, les choses sont stables. Ce qu’il faut voir c’est qu’une grosse partie des tensions est d’origine géopolitique. Le reste était dû à la reprise post-Covid et à l’explosion de la demande mondiale en matière première. Or cette demande s’est nettement affaissée en raison de l’inflation, de la géopolitique, du confinement en Chine. Donc il y a aussi une baisse du prix des matières premières due à un ralentissement de la demande mondiale et une fluidification des chaînes logistiques. Le prix d’un container 40 pieds a été divisé par 2 en douze mois (actuellement à 6000 $). 

 

Partant de cette idée, la question va être de savoir si les Etats-Unis vont entrer dans une récession plus profonde que la récession technique actuelle, si l’Allemagne va entrer en récession, etc. Ce sont des données géopolitiques qui pourraient avoir des conséquences inflationnistes et faire augmenter les prix. Sans cela, on peut considérer que c’est le pic.

 

  • A quel point la reprise des exportations de céréales depuis le port d’Odessa est un symbole fort pour les marchés ?

 

Dans un schéma logistique très tendu, la fermeture des exportations russes et ukrainiennes avait un vrai impact. Donc c’est important, et au-delà du symbole. Les quantités exportées ne sont pas encore très importantes mais le symbole envoie le message que les productions russes et ukrainiennes vont pouvoir sortir. Pour le marché, c’est normalement le signe que cela va se normaliser par la suite. Mais cela reste un équilibre très fragile sur le plan agricole. La Russie et l’Ukraine sont des exportateurs majeurs de céréales, en particulier sur le marché africain.

 

  • Quels effets cette nouvelle donne peut-elle avoir sur l’inflation ?

 

Les matières premières ne sont pas seules responsables de l’inflation, mais elles ont été un vrai booster de cette dernière. Donc une accalmie sur le marché des matières premières aura une implication sur les prochains chiffres de l’inflation. Ils seront probablement un peu plus bas qu’actuellement. Cela ne résoudra pas tout mais conjugué à l’action des banques centrales, on peut sentir que la  tendance va être à la baisse.

cucugnan eglise vierge enceinte | argoul

Le village de Cucugnan est surveillé par le château de Quéribus, dernière citadelle Cathare et sentinelle française aux portes de l'Espagne jusqu'en 1659, date de la signature du Traité des Pyrénées.

 

L'église Saint-Julien et Sainte-Basilisse abrite une Vierge enceinte.

Tout au sommet du village, le moulin seigneurial avait été préservé suite à la Révolution française.

 

Le moulin est bâti à même le rocher en pente.

 

Ce moulin à vent qui est mentionné sur des documents d'archives en 1692, appartient, alors, aux seigneurs de Cucugnan et le restera jusqu'à la Révolution. En 1838, il est en ruines.

En 2003, le bâtiment et le mécanisme sont réhabilités.

 

Ses ailes, de frêne  et de toile, s'orientent grâce à un toit pivotant et les meules sont en granit.

 

Le Château de Quéribus est perché sur un étroit piton rocheux à 728 mètres d'altitude.

 

Il surveille le massif des Corbières, la Fenouillèdes et la plaine du Roussillon.

 

Il est classé monument historique depuis 1907.

 

Cucugnan doit sa renommée à Alphonse Daudet.

 

Dans ses Lettres de mon moulin (1886), il raconte l'histoire du sermon du Curé de Cucugnan.

 

Ce bon curé, voulant faire revenir ses ouailles dans le droit chemin, leur raconte un voyage imaginaire au paradis, au purgatoire puis en enfer, où il trouve tous les anciens Cucugnanais.

 

Ce célèbre sermon a existé : c'est celui que l'abbé Ruffié prononce en 1858 à Cucugnan.

 

Blanchot de Brenas, poète en voyage dans les Corbières, le découvre.

 

L'abbé Ruffié devient l'abbé Marti, et Alphonse Daudet affirmera tenir cette histoire de Roumanille dans son célèbre recueil.

En 1884, Achille Mir entreprend de ramener le sermon en langue Occitane.

C'est pourquoi, aujourd'hui, une structure - baptisée "Théâtre Achille Mir" - présente toute l'année un spectacle conté et animé qui s'intitule: Le sermon du curé de Cucugnan.

 

www.cucugnan.fr/

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5 août 2022 5 05 /08 /août /2022 06:00

Peut être une image de tomatePeut être une image de fruit et plein airPeut être une image de tomatePeut être une image de alimentPeut être une image de aliment

PHOTOS de David Millard De la diversité potagère

 

 

 

 

Canicule aidant c’est le dernier chic de l’été dans le monde des étoilés : la tomate ancienne en son état de pureté et de nudité tranchée avec délicatesse par la main éclairée du chef, tout juste assaisonnée, allongée alanguie dans son eau…

 

  • Quel délice !

 

  • Quel génie ce chef !

 

S’exclament, les critiques non assermentés, les peoples, les couples de communicants fêtant leur première année « en couple », Darmanin, les gars et les filles qui croient que The World's 50 Best Restaurants est la Bible, celles et ceux qui allongent la CB à plus de 600 boules par tête de pipe, le commun des mortels, quoi !

 

Bref, je n’ai pas de potager comme Alain Passard mais de bons et loyaux fournisseurs, donc les tomates de variétés anciennes je sais où en trouver en saison. Je les paye au prix demandé, je les tranche, en fraîcheur, selon mon humeur, en fines rondelles ou en quartiers grossiers, une moulinée de poivre – les meilleurs en mon moulin –, une pincée de fleur de sel de Guérande, un fil de vinaigre de cidre et, bien sûr, juste ce qu’il faut d’une huile non raffinée, pas forcément d’olive, pour leur donner du gras.

 

  • Un délice

 

  • Quel génie je suis !

 

Afin d’éviter de me faire avoiner par le syndicat des chefs étoilés je ne vous présente pas l’addition des premiers, ni la mienne, ça vous évitera de faire une soustraction qui, en ces temps de loi pour la pouvoir d’achat, ferait jouir le président Nupes de la Commission des Finances – très gastro-couillard selon les échos des 4 colonnes de l’AN – mais comme je le disais à un copain, c’est la tomate à 99,99 euros mon coco… Un prix de marchand de chaussures..

 

 

Bon appétit, avec mes vieilles tomates je liche nu.

 

 

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4 août 2022 4 04 /08 /août /2022 06:00

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Les Insoumis sont sur tous les fronts, après l’hommage à Robespierre, l’incorruptible, les voici qui fondent sur l’héritage de Jean Jaurès.  

 

Pas sûr que le député de Carmaux les reconnaîtrait comme ses héritiers, mais ils osent tout et, vu le niveau de culture historique de nos concitoyens – en grande partie dû à celui des profs d’Histoire de l’Education nationale, Corbière en fut un – ça passe comme dans du beurre.

.

Le compte-rendu ci-dessous, du journal l’Humanité est une petite merveille de vacheries à l’égard de leur collègue de NUPES, qui ne l’a pas volé.

 

D’autres passages pourraient porter à observations divergentes, voir à polémiques cordiales, au milieu d’un discours pédagogique davantage concentré sur l’hommage et la suite du combat à mener. Reste qu'assurément, les adversaires qui s’affrontaient au temps de Jaurès, entre oppresseurs et émancipateurs, sont toujours ceux qui s’affrontent aujourd’hui. Le duel est séculaire et le bras de fer se poursuit. Les héritiers de Jaurès sont quant à eux nombreux, et une telle revendication les oblige au meilleur, sans perdre de vue qu'au fond, Jaurès appartient au camp du progrès tout entier.

 

Lundi 31 juillet au matin, par la voix de son directeur Patrick Le Hyaric, le journal l’Humanité a rendu hommage à son fondateur Jean Jaurès, figure tutélaire de la gauche, du pacifisme, et de la lutte pour le progrès social et l’émancipation humaine. Lecteurs, militants syndicaux et politiques, représentants du PCF avaient fait le déplacement devant le café parisien où il fut assassiné exactement 103 ans plus tôt (voir notre compte-rendu ici).

 

En fin de journée, un second rassemblement organisé par la France insoumise a permis de célébrer à nouveau la mémoire de Jaurès, Le député Alexis Corbière, entouré d’autres parlementaires FI, a raconté avec détails le cheminement politique de Jaurès et narré son meurtre à la veille du déclenchement de la Première guerre mondiale. Il  salue les engagements du dirigeant politique, combattant infatigable pour la paix et la justice sociale, pourfendeur du capitalisme, et co-rédacteur de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat.

 

L’hommage de la France insoumise à

 

Jaurès ICI 

 

La France insoumise, par la voix du député Alexis Corbière, a rendu à son tour lundi soir un hommage appuyé à Jean Jaurès, 103 ans après l’assassinat du grand dirigeant socialiste et fondateur de l’Humanité, le 31 juillet 1914. 

Publié le

Vendredi 4 Août 2017

 

Aurélien Soucheyre

 

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3 août 2022 3 03 /08 /août /2022 06:00

Vous ne le saurez pas !

 

C’est un ouwestern nanar de la plus belle espèce.

 

Alors pourquoi ?

 

Je m’offre un petit plaisir, c’est tout.

 

Rio Verde

 

Je m’explique : le pitch du film.

 

Joe Baker - Dean Martin - rêve de faire un dernier "grand coup" avant de se ranger et, pour le réussir, il lui faut se procurer une Gatling, une arme d'une grande puissance de feu. Mais la mitrailleuse se trouve déjà en possession du dénommé Johnny Cobb - Albert Salmi - un autre hors-la-loi. Et celui-ci prétend la lui céder s'il obtient sa seule exigence : une femme en échange. Joe Baker va alors en kidnapper une dans une diligence et découvrir qu'elle est l'épouse du colonel du fort local.

 

Comme diraient les filles de meetoo : faut le faire !

 

Mais ce qui m’a fait regarder ce navet jusqu’au bout c’est la présence dans le casting du vrai héros du film : l’affreux, sale et méchant Johnny Cobb  tenu par un acteur qui n’est pas passé à la postérité : Albert Salmi. Il est vraiment crade, gros dégueulasse, et m’a fait penser à quelqu’un avec son obsession de mettre enfin une femme dans son lit.

 

 

Désolé, je ne suis pas Ciné Papy, je chronique sur un film qu’il ne faut surtout pas voir, rien que pour me fiche de la tronche d’un mec imbuvable, regardez attentivement la bande-annonce, c'est le seul effort que je vous demande.

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