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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 06:00
Années 60 le Kremlin-Bicêtre, commune minuscule, comptait une centaine de bistrots, c’est dédié à Paco…

KB, en argot, c’est d’abord Bicêtre.

 

Dans la mémoire populaire, c’est le lieu de tous les malheurs du monde, la camisole de force et la guillotine y sont nés. Un long bâtiment du XVIIe siècle dans une enceinte de plus de 20 ha.

 

Jean Valjean, c’est là qu’on ferrait les forçats avant le départ au bagne.

 

« On leur essaya les colliers, puis deux forgerons de la chiourme, armés d’enclume portatives, les leur rivèrent à froid à grands coups de masses de fer… Chaque coup fait rebondir le menton du patient ; le moindre mouvement lui ferait sauter le crâne comme une coquille de noix. »

 

 

 

 

 

 

30 ans après les Misérables, Bicêtre est pour les 5e de sa surface un hospice de vieillards : indigents de plus de 70 ans, infirmes ou mutilés sans critère d’âge, le reste est occupé par l’asile d’aliénés de la Seine.

 

5000, pensionnaires et personnel, vivent dans cet enclos dont le 10e est bâti ; on y trouve une usine à gaz et ses gazomètres, des ateliers en tous genres, une écurie, une vacherie et des terres agricoles.

 

« Plus on approche de l’hospice, plus les marchands de vin deviennent nombreux. À la terrasse de ces établissements, on remarque les uniformes bleus des administrés de Bicêtre. Ils sont là par petits groupes, sirotant de bizarres consommations, petits verres de vitriol, apéritifs à l’emporte-bouche, café d’essence chicoréenne… Là stationnent des véhicules de tout genre, chariots d’infirmes traînés par des valides, voitures de paralytiques poussées par des aveugles, devant le Rendez-vous des Vieux Amis, Au Repos de la Vieillesse, À l’Éden-Purée, Au château de Bicêtre. »

 

Paul Bru, ancien économe de l’hospice, dans son roman En démence paru en 1900.

 

Jusque dans les années 60, où l’hospice laissera place à la médecine et à la chirurgie, le KB ne comptera pas loin d’une centaine de bistrots.

 

L’adjonction de Kremlin, pour adoucir le passé chargé de Bicêtre, est tirée d’une enseigne d’un cabaret évoquant la campagne napoléonienne de 1812.

 

Mais KB, pour moi qui ai fait ma thèse de doctorat sur le cochon, c’était GÉO, diminutif de Georges Foucault le fondateur. Sur près de 3 ha, l’usine avec son abattoir, sa centrale électrique et frigorifique, sa ferblanterie mais aussi un stade et son coin des enfants, une salle de gymnastique, des logements pour le personnel et des jardins ouvriers.

 

« en 1960, le périphérique commence son bouclage de Paris en bordure de KB à la porte d’Italie. La nationale 7 est encore la route des vacances. Quand on laisse la capitale pour répondre à l’appel de la Provence, on croise d’abord l’énorme horloge bleue et rouge posée comme une sucette sans manche sur le toit de Géo, puis le bâtiment plus ancien de l’usine, de brique claire, avec sa ligne de bow-windows qui dessine au dernier étage une façade en accordéon. Les porcs entrent sur pied derrière ces murs et en ressortent sous cellophane ; mille cinq cents personnes y travaillent. »

 

Le petit Django Reinhardt gratte sa guitare sur les trottoirs du Kremlin, « ceux du marché de l’avenue de Fontainebleau et ceux du marché aux puces qui s’étale le dimanche de l’hospice à la nationale, et même de l’autre côté de celle-ci, entre les cimetières, jusqu’à Ivry. La roulotte de ses parents stationne devant les fortifications, sur la « Zone » que Paris confisque en 1925. »

 

Pour Paco :

 

En 1936, il faudra 35 jours de grève avec occupation aux 900 ouvriers et ouvrières de Géo pour obtenir 12% d’augmentation et des primes de frigo.

 

Le KB n’ayant pas de cimetière Paris lui avait revendu une parcelle de son « cimetière parisien d’Ivry ». C’est là, selon Louise Michel, où après la semaine sanglante avaient été enfouis dans une immense fosse « plus de quinze mille corps. »

 

La route montant vers vert le fort est dédié en 197 à Cristino Garcia, républicain espagnol, héros de la Résistance française, rentré poursuivre la lutte dans son pays et fusillé par Franco en 1947. En 55 le maire André Lacroix, un ex-SFIO, la débaptise pour Verdun. Aux premières législatives de la Ve il arrache la 52e circonscription à une figure du PC Marie-Claude Vaillant-Couturier avec le soutien des gaullistes. Il estime avoir achevé son œuvre de libérer ce bout de banlieue « de la tyrannie stalinienne. » À la mort de Lacroix qui finit à l’UDF, la maire RPR débaptise la rue des Fusillés au bénéfice d’Edmond Michelet.

 

Source : De la banlieue rouge au Grand Paris Alain Rustenholz éditions La fabrique

 

 

Années 60 le Kremlin-Bicêtre, commune minuscule, comptait une centaine de bistrots, c’est dédié à Paco…
Années 60 le Kremlin-Bicêtre, commune minuscule, comptait une centaine de bistrots, c’est dédié à Paco…
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24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 06:00
Comme le père Noël était déjà une ordure à Dijon le 23 décembre 1951 où il fut pendu aux grilles de la cathédrale et brûlé.

Nos politiques, qui ne savent pas quoi inventer pour cliver plus encore notre société déjà si fragmentée, n’ont pas trouvé mieux que d’ériger des crèches dans les bâtiments publics.

 

Le Conseil d’État a même du statuer et a estimé le 9 novembre dans une décision prudente que des crèches de Noël pouvaient être installées dans les mairies, mais a assorti cette autorisation d'une série de conditions strictes, pour écarter tout prosélytisme religieux.

 

La plus haute autorité administrative a jugé que «dans les bâtiments publics, sièges d'une collectivité publique ou d'un service public, une crèche de Noël ne peut pas être installée, sauf si des circonstances particulières montrent que cette installation présente un caractère culturel, artistique ou festif».

 

Elle appelle également à vérifier si une telle installation répond ou non à un «usage local».

 

La mise en place d'une crèche de Noël ne peut en aucun cas signifier «la reconnaissance d'un culte ou une préférence religieuse», a par ailleurs averti le Conseil d'Etat.

 

Il a aussi fait une distinction entre l'intérieur des bâtiments publics et les autres «emplacements publics» tels que les marchés, où selon lui, installer des santons est a priori légal, à condition d'éviter toute manifestation religieuse contraire à la neutralité s'imposant aux pouvoirs publics.

 

Laurent Wauquiez (LR), président du conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes, veut y installer une crèche au conseil de région «pour que ce soit ludique et historique». Robert Ménard, dans sa mairie de Béziers pour la «défense de la culture chrétienne». Le député Éric Ciotti (LR), mettra à nouveau une crèche au conseil départemental des Alpes-Maritimes cette année, salue également «une reconnaissance forte de notre identité, de notre histoire et nos racines».

 

Mais en cette veille de Noël, laissons de côté ces coups de menton récupérateurs pour nous intéresser à un personnage profane : le Père Noël.

 

Vendredi de la semaine dernière baguenaudant sur mes 2 roues muent par la force de mes jarrets à la recherche de cadeaux pour les petits souliers je me suis bien sûr arrêté pour explorer mes cavernes de livres.

 

En entrant à l’Écume des Pages, dans la vitrine à gauche de la porte mon regard fut attiré par un petit livre rouge. Pas celui de Mao, dont je vous parlerai bientôt, mais un signé Claude Lévi-Strauss, rouge à la couleur du Père Noël.

 

Le titre va surprendre plus d’un : Le Père Noël supplicié.

 

Sans faire le ramenard moi ça ne m’a pas surpris le 4 décembre 2011 j’avais commis une chronique :

 

Le Père Noël supplicié : brûlé devant des enfants des patronages sur le parvis de la cathédrale de Dijon, le député-maire s’est abstenu de prendre parti.

 

« Non je vous assure je n’ai ni abusé avec mes amis de Bourgogne Live de l’aligoté de Bouzeron, ni sifflé une ligne de Kir en galante compagnie, ni trop honoré « l’Ouvrée des Dames » 2005 de Joseph Drouhin, mais tout simplement lu « Le Père Noël supplicié » de Claude Lévi-Strauss, texte d’abord publié dans la revue Les Temps Modernes (N° de mars 1952, pp. 1572-1590) et qui a été réédité aux éditions Sables en 1996. »

 

La suite ICI

 

Je ne saurais trop vous recommander de mettre cette nouvelle édition au Seuil dans la collection La Librairie du XXIe siècle sur la liste de vos cadeaux de fin d’année. Vous ne vous ruinerez pas 12 euros et offrir du Lévi-Strauss ça impressionne toujours.

 

Si vous êtes radin vous pouvez accéder au texte ICI 

 

Ou bien en écouter la lecture

 

Lire aussi 

Le mensonge du Père Noël, un paradoxe parental

 

Comment, en tant que parent, exiger des enfants la vérité quand on leur sert la même imposture tous les ans ?

 

LE MONDE |  • Mis à jour le  | Par 


 

Comme le père Noël était déjà une ordure à Dijon le 23 décembre 1951 où il fut pendu aux grilles de la cathédrale et brûlé.
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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 06:00
Les dîners pourris du père de la Noiraude… des tranches de Mortadelle, rose layette avec des pistaches incrustées dedans.

Une vache qui téléphone à son vétérinaire, en voilà une drôle d’idée. C’est pourtant celle qu’ont eu Jean-Louis Fournier et Gilles Gay en créant « La Noiraude » en 1976. Diffusée en 1977 sur TF1 dans « L’île Aux Enfants », cette série animée française de 61 épisodes de 3 minutes vous a certainement laissé des souvenirs à nos enfants.

 

Anne-Cécile, par la grâce de la maman d’un jeune copain qui travaillait à TF1 se retrouva sur le plateau de l’île aux enfants en compagnie de Casimir et de sa bande dont le fameux Mr du snob. Elle y suça consciencieusement son pouce.

 

Ça a commencé par un coup de cœur pour une fermette, le charme de ses colombages, son porche en pierre et ses plants de tomates qui faisaient les fiers à bras au fond du jardin. Et nous avons emménagé à Gizancourt, retapé la maison […]

 

C’est à Gizancourt que la Noiraude est née. Notre voisin était vétérinaire. Il avait installé son téléphone dans le jardin, pour l’entendre de loin. Et dès que ça sonnait, je me disais que c’était les vaches qui l’appelaient. J’inventais les dialogues, le vétérinaire, ça le faisait marrer. »

 

Ainsi s’exprime Jean-Louis Fournier dans un charmant petit livre Des plats et déliés chez Kéribus éditions dans la collection L’arrière-cuisine. 10 euros.

 

C’est succulent, Desprogien, un régal d’humour grinçant d’un petit gars d’Arras dont le père lichetronnait sec.

 

- Allo, c'est la Noiraude, je voudrais parler au vétérinaire...

 

- Ne quittez pas je vous le passe !

 

- Allo docteur, la Noiraude à l'appareil...

 

- Bonjour la Noiraude, qu'est ce qui ne va pas encore ?

 

- Est-ce qu'une blanche vaut deux noires ?

Voici ses souvenirs de dîners pourris

 

« D’abord les convives. Des gens que je n’aime pas. Il n’y aurait que des ennuyeux qui font des phrases, des vulgaires, d’autres qui racontent des histoires assommantes, des gens qui ne connaissent pas mes livres, une race que je ne supporte pas, sachant que celle que je déteste le plus est celle qui fait semblant de les avoirs lus.

 

Il y aurait un apéritif. Toutes les conneries de boissons dont le Martini. Des mousseux déguisés en champagne. Des cocktails, hier à la mode, aujourd’hui dépassés.

 

Des cubes de fromages, des toasts avec des trucs tout pâles étalés dessus comme du mousson de canard. Des verrines. Et la maîtresse de maison dirait : «reprenez-en !»

 

En entrée, il y aurait de la macédoine embourbée de mayonnaise servie dans des tomates coupées en deux. Ou alors du mauvais melon, orange tirant sur le saumon avec son goût de navet. Pire encore, des tranches de Mortadelle, rose layette avec des pistaches incrustées dedans. Ça me fait penser à de grosses dames allemandes qui prennent leur bain de soleil.

 

Le plat de résistance. Parlons-en. Je n’aurais évidemment plus faim. Je vois bien un rôti de veau racorni avec des petits pois flottants dans leur jus. Ou pire, des plats en sauces. Des « ragouignasses ».

 

Bœuf aux carottes, blanquette, goulasch ou des morceau de viande avec des filaments, servis avec des choux de Bruxelles.

 

Ensuite, il y aurait de la salade. Mal assaisonnée, luisante d’huile d’arachide.

 

Sur le plateau de fromage, un Babybel.

 

En dessert, un moka industriel. Pire encore, un gâteau fait maison, encerclé de crème anglaise comme un château de sable grignoté par marée montante.

 

Le café serait servi dans des mazagrans. Avec des chocolats bidons farcis de Yuzu ou au thé vert.

 

Et à ce moment-là, le mari de la maîtresse de maison m’apporterait mi-fier, mi-intimidé son manuscrit à lire. »

Les dîners pourris du père de la Noiraude… des tranches de Mortadelle, rose layette avec des pistaches incrustées dedans.
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22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 06:00
À la table de Françoise à Combray Marcel Proust appréciait la variété les menus de campagne.

Faire lire Proust par le plus grand nombre, telle est la mission que poursuit Laurence Grenier.

 

Ainsi elle nous offre « les douze dîners » de Marcel Proust aux éditions de la Spirale 10 euros, qui sont extraits de À la recherche du temps perdu.

 

Françoise

 

« Cuisinière de tante Léonie à Combray. Elle a une forte personnalité, fait preuve d’un rude bon sens paysan et alterne attentions et rudesse mais fait toujours montre d’une grande fidélité envers la famille du narrateur (1). C’est une excellente cuisinière et sait varier les menus avec les saisons pour le plus grand plaisir de la famille (2). Elle peut faire preuve de cruauté aussi bien envers les animaux qu’envers ses semblables, en particulier les gens humbles comme les domestiques de la maison (3) mais à l’inverse elle est d’une fidélité exemplaire vis-à-vis de sa maîtresse Léonie et s’occupera d’elle durant sa maladie puis son agonie avec beaucoup d’abnégation (4). »

 

La suite ICI 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Mais (surtout à partir du moment où les beaux jours s’installaient à Combray) il y avait bien longtemps que l’heure altière de midi, descendue de la tour de Saint-Hilaire qu’elle armoriait des douze fleurons momentanés de sa couronne sonore, avait retenti autour de notre table, auprès du pain bénit venu lui aussi familièrement en sortant de l’église, quand nous étions encore assis devant les assiettes des Mille et une Nuits, appesantis par la chaleur et surtout par les repas. Car, au fond permanent d’œufs, de côtelettes, de pomme de terre, de confitures, de biscuits, qu’elle ne nous annonçait même plus, Françoise ajoutait – selon les travaux des champs et des vergers, le fruit de la marée, les hasards du commerce, les politesses des voisins et son propre génie, et si bien que notre menu, comme ces quatre-feuilles qu’on sculptait au XIIIe siècle au portail des cathédrales, reflétait un peu le rythme des saisons et les épisodes de la vie : une barbue parce que la marchande lui en avait garanti la fraîcheur, une dinde parce qu’elle en avait vu une belle au marché de Roussainville-le-Pin, des cardons à la moelle parce qu’elle ne nous en avait pas encore fait de cette manière-là, un gigot rôti parce que le grand air creuse et qu’il avait bien le temps d’ici sept heures, des épinards pour changer, des abricots parce que c’était encore une rareté, des groseilles parce que dans quinze jours il n’y en aurait plus, des framboises que Swann avait apportées exprès, des cerises, les premières qui vinssent du cerisier du jardin après deux ans qu’il n’en donnait plus, du fromage à la crème que j’aimais bien autrefois, un gâteau aux amandes parce qu’elle l’avait commandé la veille, une brioche parce que c’était notre tour de l’offrir. Quand tout cela était fini, composée expressément pour nous, mais dédiée plus spécialement à mon père qui était amateur, une crème au chocolat, inspiration, attention personnelle de Françoise, nous était offerte, fugitive et légère comme une œuvre de circonstance où elle avait mis tout son talent. Et lui qui eût refusé d’en goûter en disant : « J’ai fini, je n’ai plus faim », se serait immédiatement ravalé au rang de ces goujats qui, même dans le présent qu’un artiste leur fait d’une de ses œuvres, regardent au poids et à la matière alors que n’y valent que l’intention et la signature. Même en laisser une seule goutte dans le plat eût témoigné de la même impolitesse que se lever avant la fin du morceau au nez du compositeur. »

 

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 06:00
Les lignes frontalières « des millions d’hommes sont morts à cause de ces lignes » Georges Pérec…

Les migrants !

 

Qu’est-ce qu’une frontière ?

 

Une ligne tracée par la main de l’homme !

 

Qui se souvient de la ligne Oder-Neisse ?  

 

Et le rideau de fer ?

 

L'expression « Rideau de fer » a été popularisée par Winston Churchill lors d'un discours prononcé le 5 mars 1946 à Fulton (USA) lorsqu'il a déclaré que « un rideau de fer s'est abattu sur le continent européen de Stettin à Trieste »

.

Et celle tracée par les accords Skype-Picot au Moyen-Orient ?

 

« Malgré les promesses d’indépendance faites aux Arabes, la France et la Grande-Bretagne découpent ainsi le Moyen-Orient : une zone rouge formée par la Mésopotamie est sous administration directe de la Grande-Bretagne tandis que la France s’approprie une zone bleue comprenant le Mont-Liban, la côte syrienne et la Cilicie. La Palestine est pour sa part internationalisée, Jérusalem étant une ville sainte pour les trois monothéismes.

 

Pour le reste, les Etats arabes indépendants gérés par les Hachémites sont partagés en deux zones d’influence et de tutelle : la zone A au nord revient à la France et la zone B, au sud, à la Grande-Bretagne. Cent ans plus tard, à l’exception de la Palestine et de la Transjordanie devenue Jordanie (la déclaration Balfour de novembre 1917 prévoyant la création d’un Foyer national juif), les lignes créées par les accords Sykes-Picot sont toujours en place, tant bien que mal. « Ces découpages territoriaux ont été d'une importance capitale puisqu'ils ont déterminé arbitrairement pour chacun de ces Etats sa superficie, sa configuration géographique, la structure de sa population, ses potentialités économiques, ses possibilités d'accès à la mer, l'identité de ses voisins*. »

 

Tim Ingold, anthropologue anglais, dans son livre : Une brève histoire des lignes écrit :

 

« Comment pourrait-il avoir des lieux si les hommes ne se déplaçaient pas ?

 

La vie sédentaire ne peut pas engendrer d’expérience du lieu, donner le sentiment d’être quelque part. Pour être d’un lieu, il faut que tous ces « quelque part » se retrouvent sur une ou plusieurs trajectoires de mouvement qui proviennent ou s’orientent vers d’autres lieux.

 

… nous passons notre vie, non seulement dans des lieux, mais aussi sur des chemins. Or les chemins sont en quelque sorte des lignes. C’est aussi sur des chemins que les individus se forgent un savoir sur le monde qui les entoure, et le décrivent dans les histoires qu’ils racontent.

 

C’est pourquoi le colonialisme ne consiste pas tant à imposer une linéarité à un monde non linéaire qu’à imposer sa ligne au détriment d’un autre type de ligne. »

 

[…]

 

« Suivre un trajet est, je crois, le mode fondamental que les êtres vivants, humains ou non humains, adoptent pour habiter la terre. L’habitation ne signifie pas selon moi le fait d’occuper un lieu dans un monde prédéfini pour que les populations qui y arrivent puissent y résider. L’habitant est plutôt quelqu’un qui, de l’intérieur, participe au monde en train de se faire et qui, en traçant un chemin de vie, contribue à son  tissage et à son maillage. Même si ces lignes sont généralement sinueuses et irrégulières, leur entrecroisement forme un tissu uni aux liens serrés. »

 

[…]

 

« Mais il y a eu des époques où les puissances impériales ont tenté d’occuper le monde habité, en jetant un réseau-filet [network] de connexions sur ce qui à leurs yeux, ne ressemblait pas à un tissu de pistes mais à une surface vierge. Ces connexions sont des lignes d’occupation. Elles facilitent le passage d’homes et de matériel vers les sites de peuplement et d’exploitation, et assurent l’acheminement en retour des richesses qui y ont été extraites. Contrairement aux chemins tracés par des pratiques de trajet, ces lignes sont contrôlées et construites en prévision de la circulation qui va y passer. Elles sont généralement droites et régulières et lorsqu’elles se croisent, c’est en des points nodaux qui symbolisent une forme d’autorité. Tracées à travers champs, elles font généralement comme, par exemple, une route nationale, une voie de chemin de fer ou un gazoduc coupent les routes secondaires que les hommes et les animaux fréquentent dans les peu de cas des lignes d’habitation qui ont été tissées dans le pays ; elles les coupent découpant la surface occupée en plusieurs blocs de territoire. Ces lignes frontières, plutôt construites pour contenir le mouvement que pour le faciliter, peuvent sérieusement perturber la vie des habitants dont les chemins croisent ces dernières. Comme l’a écrit Georges Perec, « des millions d’hommes sont morts à cause de ces lignes » (Perec, 1974, p.147). »environs. Les lignes d’occupation relient des points, mais elles divisent également,

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 00:06
« Contrairement à ce qui arrive d’ordinaire en Turquie, on n’éprouve aucun désenchantement en pénétrant dans Alep. »

Comment parler d’Alep par-delà notre impuissance de citoyen et sans entrer dans les affrontements idéologiques qui ne sont que trop souvent le reflet de notre inhumanité et de notre confort.

 

Halap : le lait frais, nom sémitique, Alep représente le poste avancé des Sémites.

 

Dans sa plus ancienne histoire d’Alep le R.P Dhorme écrit en 1927 :

 

« Alep ! Il est peu de cités, dans tout le Proche-Orient, qui produise sur le voyageur une plus forte impression. Ses admirables bazars voûtés, où le passant circule à l’abri des pluies d’hiver et de l’ardent soleil d’été,  ses khans somptueux, où s’amoncelle toute la Syrie, l’Anatolie, la Mésopotamie produisent de plus précieux ; ses places larges et bien aérées, où se coudoient les échantillons les plus purs de nomades et de citadins de toutes races ; autant d’attraits qui retiennent l’étranger et lui font apprécier, comme il convient, l’hospitalité légendaire des habitants. Ceux qui ont visité cette ville n’hésitent point à prendre à leur compte ce qu’écrivait, en 1848, Jules David dans l’Univers Pittoresque : « Contrairement à ce qui arrive d’ordinaire en Turquie, on n’éprouve aucun désenchantement en pénétrant dans Alep. »

 

La situation de la ville est l’une des raisons de sa prospérité et de son charme. C’est là que confluent les caravanes qui viennent de la Mer Noire ou de l’Euphrate. C’est là que le monde méditerranéen rencontre les avant-gardes de la Mésopotamie, de la Perse et des Indes, qui choisissent ce chemin pour éviter le désert syrien qui barre l’accès à Damas. Les eaux du Koweik permettent à une grande agglomération de cultiver la campagne aux alentours, cependant qu’un tell  majestueux, surmonté encore d’une citadelle incomparable, pouvait servir d’acropole, surveiller la plaine environnante, défendre la cité contre les invasions. Pareil site interdit à ceux qui, de tous temps, l’occupent, d’être de ces peuples heureux qui n’ont pas d’histoires. Et, instinctivement nous nous demandons jusqu’où nous pouvons remonter, à travers les siècles, pour retrouver la cité d’Alep mêlée aux grands évènements du monde oriental ? »

 

Plus prosaïquement Alep c’est le savon d’Alep, qui depuis le VIIe-et VIIIe siècles, où les savonneries s’y développent. Il est à l’origine des premiers savons durs au monde. Son procédé de fabrication originel, fait appel aux produits locaux abondants dans cette région: l'huile d’olive et l'huile de baies de laurier. Le savon d’Alep est uniquement fait à base d’huile végétale.

 

La fabrication est restée artisanale: transmission du savoir-faire de la saponification de père en fils. La découpe artisanale et manuelle de ce savon, son mode de séchage en tours, à l’abri du soleil pendant 9 mois minimum en font un savon tout à fait authentique, aux contours irréguliers, mais respectueux de votre peau et de l’environnement. Suivant sa composition, son degré de séchage, et sa qualité, la couleur du savon peut varier du jaune très pâle au vert sombre.

 

Très doux, il peut être utilisé en toilette quotidienne aussi bien pour le corps que le visage et les cheveux. A 20% d’huile de baies de laurier et au-delà, ce savon pourrait être considéré comme un savon de soin, un savon traitant. Sa formule ancestrale, sa fabrication artisanale, l’évidence de ses composants d’origine locale et ses qualités propres d’utilisation ont fait l’histoire de ce savon.

 

Voici le mien :

 

Et si je savais prier, mais je ne le sais pas, je prierais leur Dieu, un singulier bien trop pluriel, mais je n’en reconnais aucun d’eux...

« Contrairement à ce qui arrive d’ordinaire en Turquie, on n’éprouve aucun désenchantement en pénétrant dans Alep. »
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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 06:00
Moi j’aime le fût boujut court et ventru pour faire le Pur Jus de la Juju et de la Fleur !

Laissons de côté celui du canon, pour ne s’intéresser qu’à la barrique qui, selon Pierre Boujut avec un T pour ne pas le confondre avec Patrick Bouju sans T, la star des naturistes, est « une invention loufoque, burlesque, à contre-courant, à contre-raison, à contre-utilité »

 

Comme il le fait justement remarquer, il n’y a pas de modèle dans la nature de ce montage de morceaux de bois, les fameuses douelles, forts difficiles à assembler, pour recueillir et conserver du liquide.

 

« Le récipient naturel, c’est l’amphore, le vase, fabriqué à la façon de l’arbre creux, de la pierre creuse que l’on copie en moulant de l’argile humide ; ou bien, c’est l’outre que l’on trouve toute faite en cousant de la peau de bouc. »

 

Comme le fait malicieusement remarquer Pierre Boujut « Les Grecs et les Romains, éminemment rationnels et utilitaires, ne pouvaient pas inventer autre chose. Tandis que les Celtes, peuple de rêveurs, insoucieux du temps et de la vie pratique, imaginèrent le fût, qui, comme quelques autres inventions de poètes, s’avéra pourtant plus utile, plus adéquat à son but que tous ses équivalents ; et ils lui donnèrent sa forme définitive dès l’origine, puisqu’il n’a subi aucune modification essentielle au cours des âges. »

 

Donc ce sont les Celtes qui ont inventé la barrique en bois, quelques décennies avant l’ère chrétienne. C’est en Gaule que les Romains en ont appris l’usage. Le célèbre tonneau de Diogène n’était qu’une grosse amphore. Les peintures antiques en font foi. »

 

Mais, si la barrique n’a pas changé de forme, elle est de nos jours largement entre les mains froides des robots et aussi entre celles des faiseurs d’arômes.

 

Je vais donc m’en tenir au large éventail des mots pour le désigner.

 

Chez nous, en Vendée voisine des Charentes, on parlait de tonneau ou de tonne, ce qui est assez normal vu que l’art de la barrique c’est la tonnellerie

 

Selon la contenance de l’objet, on dit :

 

  • Le demi-muid, fut gros et court de 600 à 800 litres ( le muid état une vieille mesure pour  marquer 18 hl)
  • Le tierçon, fût  de de 550 litres, mas plus étroit et plus allongé ;
  • La barrique, de 200 à 450 litres ;
  • La demi-barrique, de 10 à 180 litres ;
  • Le quart ou quartaut, de 50 à 90 litres ;
  • Le barrillage ou barricot, de 10 à 40 litres.

 

Laissons de côté le baril ça fait pétrole, pour évoquer le tonnelet et le foudre ( de fuder en allemand) qui est un tonneau de grande capacité, souvent de forme ovale.

 

Du côté du négoce, on parle de pièce, synonyme de tierçon, « la pièce de vin ».

 

Pour terminer revenons sur le fût boujut dénommer ainsi parce qu’il a du bouge, c’est-à-dire du ventre.

 

Enfin, vous pouvez vous reporter à une chronique de la nuit des temps le 8 octobre 2008 : Vive le kitch Berrichon : « entonnailles »  ICI

Moi j’aime le fût boujut court et ventru pour faire le Pur Jus de la Juju et de la Fleur !
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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 00:06
Cette photo prise le 15 avril 2014 montre un homme contrôlant un drone pour pulvériser des pesticides sur une ferme à Bozhou, dans la province d’Anhui, dans le centre de la Chine. - / AFP

Cette photo prise le 15 avril 2014 montre un homme contrôlant un drone pour pulvériser des pesticides sur une ferme à Bozhou, dans la province d’Anhui, dans le centre de la Chine. - / AFP

Mes compétences dans le domaine de la technologie sont aussi minces que le papier dans lequel je roule mes cigarettes mais ça ne m’empêche pas de m’intéresser de très près aux innovations qui envahissent l’univers agricole.

 

Faut-il les craindre, se mettre la tête dans le sac ou s’enthousiasmer ? Je ne sais mais ce qu’il ne faut surtout pas faire c’est de laisser aux autres, en particulier les multinationales, le soin de mettre la main dessus.

 

Dans les papiers sur Vinitech je n’ai rien vu sur le sujet.

 

Certains, tel l’inénarrable Bernard Magrez, qui allie les bœufs et les drones, font joujou avec pour faire joli. Il n’empêche que ces drôles d’engins, qu’il ne faut pas réduire à un nouveau moyen d’épandage de saloperies, vont bouleverser la donne agricole, et bien sûr viticole, comme l’indique The Motley Fool http://www.fool.com/investing/2016/11/25/drone-usage-in-agriculture-could-be-a-32-billion-m.aspx fait remarquer que les drones ont d’abord été commercialisés au Japon à des fins agricoles ?

 

L’éco-quotidienne du Monde de vendredi rapporte : qu’un « rapport récent de PwC estime le marché potentiel pour les drones agricoles à 32,4 milliards de dollars (30,5 milliards d’euros), juste après seulement les infrastructures. Bank of America Merrill Lynch anticipe que l’agriculture pourrait représenter près de 80 % du marché des drones commerciaux à l’avenir, avec le potentiel de générer 82 milliards de dollars d’activité économique aux Etats-Unis entre 2015 et 2025. Il n’est donc pas surprenant que de grands fabricants de drones, comme AeroVironment Inc., se concentrent de plus en plus sur l’agriculture.

 

En fait, même les sociétés de technologie s’intéressent aux drones agricoles, comme Raven Industries. Et les entreprises agricoles se préoccupent sérieusement des drones. En avril, DuPont a investi une somme non révélée dans la compagnie de drones PrecisionHawk. Quant aux fabricants de matériel agricole, ils numérisent tranquillement les fermes en adoptant une agriculture de précision.

 

Au fil du temps, l’agriculture de précision s’est considérablement étendue touchant le GPS, les systèmes automatisés, la cartographie et les images satellites. Les drones s’ajoutent à cette liste. Aujourd’hui, les agriculteurs sont confrontés à l’un des plus grands défis du monde : alimenter une population croissante sur fond de catastrophes météorologiques et de recul des terres arables. La clé réside dans la stimulation des rendements des cultures, que les drones peuvent aider. Les drones agricoles sont des systèmes de haute technologie qui peuvent réaliser les tâches qu’un agriculteur ne peut pas faire : analyser chaque recoin des champs pour évaluer le sol, surveiller l’état sanitaire des cultures, déposer des engrais, suivre les conditions météorologiques et estimer les rendements, puis collecter les données et les analyser pour une action rapide. En bref, les drones peuvent mécaniser toutes les étapes de l’agriculture, éliminer les coûts des erreurs humaines et permettre aux agriculteurs de réagir rapidement aux menaces (comme les conditions de sécheresse et les insectes destructeurs. »

 

Notre grand secteur viti-vinicole, dont on nous rabâche les équivalents Rafale, qui a été aussi insoucieux de l’état sanitaire de son vignoble, des grandes attentes de la société, ne pourrait-il pas permettre l’incubation de vraies start-ups qui innovent dans l’utilisation de ces nouvelles technologies ?

 

Dans les fameux incubateurs je ne vois rien de bien innovant… nos têtes chercheuses préfèrent faire joujou avec des outils numériques sur lesquels nos concurrents ont  des longueurs d’avance.

 

L’argent il est où pour servir de pied de cuve à ces initiatives ?

 

Essentiellement dans les Interprofessions qui continuent d’user jusqu’à la corde des vieilles recettes sans grandes retombées sur le devenir des vignerons.

 

Réveillez-vous les mecs !

 

Connectez-vous !

 

Bougez-vous !

 

Les drones attaquent…

 

Jusqu’où iront-ils ?

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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 08:00
« La tombe de la mère de Camus est tout en bas du cimetière, contre le mur d’enceinte, au milieu de la rangée… » de l’indifférence des ayants-droits de l’écrivain.

L’humble cimetière chrétien d’El-Madania, où étaient enterrés des Européens qui avaient pris fait et cause pour l’Algérie indépendante. Établi sur les hauteurs, boulevard des Martyrs, anciennement boulevard  Bru, à l’ombre de hauts cyprès, dominant le quartier Belouizad, anciennement Belcourt et quai.

 

Il y revint en avril, sous un ciel bleu et un ciel superbe, très tôt, un dimanche matin, « dans un calme à peine troublé par le roucoulement des pigeons. À cette heure de la journée, la vue de la mer dorée, qui se confondait avec le ciel, était somptueuse. »

 

C’est le père Guillaume, prêtre de la Mission de France et directeur du centre diocésain Les Glycines à Alger, habitué à guider les chercheurs venus du monde entier en pèlerinage sur les traces d’Albert Camus, qui lui avait indiqué où se trouvait la tombe de sa mère.

 

« Pour trouver la tombe de la mère de Camus, il se fraya un chemin au milieu des herbes folles et arracha des plantes qui avaient poussées entre les stèles. Il était absolument seul dans le cimetière. »

 

« Il trouva ce qu’il cherchait. Une plaque de béton grise, ornée d’une croix, brisée en deux, avec une plaque de marbre portant ces simples mots :

 

Vve Lucien Camus

Née Catherine Sintes

1882-1960

 

La mère d’Albert Camus était donc morte la même année que son fils, huit après, avant l’indépendance de l’Algérie. En apprenant l’accident de son fils elle avait dit « C’est trop jeune. »

 

« Il déposa délicatement son rosier sur sa sépulture abandonnée, et dit une prière en songeant à tous ceux qui, de l’autre côté de la Méditerranée, continuaient de vivre grâce à l’œuvre de Camus, ses ayants-droits, son éditeur, sans s’être soucié d’honorer la mémoire de la femme qui lui avait donné le jour en entretenant sa tombe. »

 

Cette chronique doit tout au très beau petit livre Théorie d’Alger de Sébastien Lapaque.

 

Pour terminer :

 

Amar, né en 1954, dans le quartier de la Redoute, employait des mots forts et clairs pour évoquer son affection pour la France :

 

« Nous avons quand même vécu cent trente ans ensemble. »

 

Il aimait ce genre de pensée dont il pouvait bien sentir, avec certitude, qu’elle était susceptible d’exaspérer les imbéciles des deux côtés de la Méditerranée.

 

L’inscription, sur une mosaïque de l’abside de ND d’Afrique, derrière l’autel, dont tous les amoureux d’Alger lui avaient parlé avec émotion :

 

« Notre-Dame d’Afrique priez pour nous et pour les musulmans. »

 

 

« La tombe de la mère de Camus est tout en bas du cimetière, contre le mur d’enceinte, au milieu de la rangée… » de l’indifférence des ayants-droits de l’écrivain.
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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 06:00
« Je fais 1 centimètre et demi de plus que Nicolas Sarkozy. Je fais 1 mètre 67 sans talonnettes » Bernard Cazeneuve

Bernard Cazeneuve n'est surtout pas le dernier à se moquer de lui-même, que ce soit quand il évoque sa DS vintage, son look de "notaire de province" ou sa taille « à chaque fois, il y a eu des articles sur la « révélation Cazeneuve ». J’ai été « révélé » trois fois, et personne ne s’en était aperçu ! Cela doit tenir à ma petite taille ».

 

Mais sur le podium des élégants Bernard Cazeneuve est le n°1, François Fillon le 15e et Emmanuel Macron le 20e 

 

ICI le diaporama des 20

 

Ce dimanche à nouveau je sombre dans l’extrême futilité mais vous comprendrez aisément que de ma part c’est une forme de thérapie adaptée à la morosité du temps et au bal des prétendants de BALPOP.

 

La revue GQ a classé les 20 Français les mieux habillés en 2016.

 

Elle a eu le nez creux car comme je l’indique dans mon titre notre nouveau premier Ministre Bernard Cazeneuve décroche la plus haute place du podium.

 

« Capable de se moquer de sa taille devant l’Assemblée, le ministre de l'Intérieur a tout compris: l’élégance n’est pas une question de physique. L’ancien député-maire de Cherbourg-Octeville est l’homme politique français qui affiche le plus d’attention et de connaissance en matière de vêtements. Sur le terrain ou au Parlement, il sait parfaitement adapter sa mise à son environnement rester chic en toutes circonstances. Même avec une veste matelassée, Bernard Cazeneuve reste fidèle à la devise de GQ : rester chic en toute circonstance. »

 

Ça n’avait pas échappé à un autre élégant, François Fillon, classé 15e, il avait confié à Karine Le Marchand dans Ambition intime  «Ce qui m'agace c'est quand je baisse dans les classements. Il y en a un récent où le ministre de l'Intérieur était devant moi. Je lui ai fait part de mon mécontentement. (…) Je lui ai envoyé un message pour lui demander de quelle(s) perquisition(s), il avait menacé les journalistes.»

 

« S’il peut passer pour l’un des plus sérieux d’entre tous, l’ex-Premier ministre se permet pas mal de fantaisies vestimentaires: chemises à rayures avec des cravates à pois, chaussettes de couleur, vestes matelassées de gentleman-farmer… François Fillon est l’un des rares hommes politiques à avoir une vraie prestance vestimentaire sans en faire trop. Ou comment s’habiller en adulte responsable sans tomber dans le piège du conformisme. »

 

Le style des deux hommes, plutôt tradi, est comparable, écrit Sandra Lorenzo dans le Huffington Post :

 

« Au jeu des ressemblances, on trouve par exemple, le même intérêt pour ce type de vestes matelassées.

 

La comparaison s'arrête là. « Si François Fillon est un dandy qui s'ignore, avec Bernard Cazeneuve, il n'y a pas de hasard, tout est travaillé, maîtrisé, sophistiqué. Il ne fait aucune faute de goût », remarque Samir Hammal.

 

Bernard Cazeneuve un dandy ?

 

Deux accessoires qu'affectionne particulièrement le Premier ministre montrent bien qu'il ne s'agit pas seulement de s'habiller pour sa fonction mais d'aimer soigner ses tenues. Peu d'hommes de sa stature arborent une pochette soigneusement pliée dans leurs costumes ou encore le port du chapeau en hiver.

 

Une collection de chapeaux sur laquelle Bernard Cazeneuve avait d'ailleurs refusé de s'appesantir, interrogé par Jean-Pierre Elkabbach. Il avait seulement accepté de dévoiler qu'il possédait « une dizaine de chapeaux»

 

Si les pochettes sont plus faciles à porter avec une tenue très habillée, le Premier ministre les affectionne au quotidien avec une simple veste de costume ou un blazer. Et ce détail a son importance selon Samir Hammal: « C'est un accessoire à l'origine porté par la noblesse au XVIIe siècle puis par les hommes de pouvoir. Les Mad Men, Sean Connery dans James Bond ou encore Jean Dujardin dans OSS 117. Mais Bernard Cazeneuve ne porte pas n'importe quelle pochette, les siennes sont à pli bouffant, elles sont plus vaporeuses que les traditionnelles carrées. »

 

Don Draper à Matignon? C'est presque ça. »

 

Le dernier de la liste c’est le ni gauche ni droite Emmanuel Macron

 

« Contrairement aux propos d'un Nicolas Sarkozy en meeting qui lui reprochait “d'enlever sa cravate avant d'aller à la télévision” pour faire “jeune”, “chic” et “décontracté”, Emmanuel Macron ne fait pas semblant d'être moderne : il suffit de regarder la finesse de ses revers de veston pour s'en convaincre. Le ministre de l’économie a gardé de son passé de banquier d’affaires un goût pour les costumes discrets et bien coupés, même s'il affectionne de temps à autres arborer la rayure tennis (très associée à la finance) et le nœud windsor. Dans le monde très compassé de la politique, il est aussi l’un des rares à porter la cravate fine et à miser sur la chemise bleu ciel pour garder bonne mine. »

 

Bruno Roger-Petit note avec pertinence à propos du nouveau 1er Ministre

 

« Tout électeur de gauche ayant quelque chose en lui de Mitterrand ne devrait pas demeurer longtemps insensible à Cazeneuve. Le chapeau. Le manteau. La démarche. La froideur. La pudeur. Le pas mesuré. Le bras figé. Cette façon d’être là, d’en imposer, tout en marquant la distance. Cette allure de gentleman-farmer à la française. Entre François Mitterrand et Philippe Noiret, la figure Cazeneuve est une permanence comme la France les aime. Le nouveau Premier ministre est une façon provinciale de réconcilier la gauche avec une certaine forme d’authentiquement français. »

 

« Il suffit à Cazeneuve de se coiffer de son élégant chapeau de chasse, et nous voici plongés au cœur de la règle du jeu, les pieds dans la terre, la forêt en lisière... La vie est à nous, partie de campagne et déjeuner sur l’herbe... Nous sommes alors loin, très loin, trop loin de la grande illusion Manuel Valls, portée par des éléments de langage qui ont le défaut d’être trop perceptibles pour être authentiques. Il faut cinq minutes à Manuel Valls pour évoquer l’esprit français là où Cazeneuve n’a besoin que de se coiffer d’un chapeau. La vérité d'un homme, ça ne se décrète pas. Le feutre, ce n’est rien. Et c’est tout."

 

 

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