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28 avril 2022 4 28 /04 /avril /2022 06:00

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La guerre, la menace du feu nucléaire, je ne sais si Wladimir a lu 2034 d’Elliot Ackerman et Amiral James Stavridis, traduction de Janique Jouin-de Laurens, Editions Gallmeister, 384 pages, 23,80 Euros, j’en doute mais vous vous devriez le faire car ce livre est une mine, si je puis m’exprimer ainsi.

 

2034

 

"2034" : la troisième guerre mondiale selon le romancier Elliot Ackerman et l'ancien amiral James Stavridis

 le 1 février 2022

Par Karen Lajon

 

LA VIE EN NOIR - C'est un peu le livre que l'on attendait tous. Celui qui nous dira ce qui nous attend demain. La Chine entend bien annexer Taïwan.

 

Guerre ou pas guerre et qui l'emportera ? Le romancier Elliot Ackerman et l'ancien amiral James Stavridis ont réussi ce tour de force, celui de nous éclairer, de nous faire peur et peut-être de nous convaincre. 2034 ou notre avenir en coupe réglée.

 

Génial !

 

Le roman des deux ex-soldats est aussi efficace qu'un drone survolant une zone hostile pour ensuite frapper et disparaître aussi sec. Il est dévastateur dans ce qu'il imagine. 2034 met en scène la 3ème guerre mondiale entre deux puissances, la Chine et les Etats-Unis, avec une utilisation limitée de l'arme nucléaire. Grâce à l'intervention d'un autre acteur clé des années à venir selon les auteurs, à savoir l'Inde, il n'y aura pas de désintégration de la planète terre. Ce qui est en soi une double réussite parce que tordre le bras aux Chinois n'est pas franchement donné à tout le monde.

 

Surtout lorsque ces derniers assistent à la destruction de l'une de leur plus grandes agglomérations, Shanghai, et la mort de trente millions de ses habitants. De quoi énerver le dragon qui ne dort jamais que d'un œil.

 

Un monde où l'Amérique n'est plus dominatrice

 

Alors pour faire passer ce déluge d'armes dévastatrices, le tandem a imaginé un monde où l'Amérique n'a plus rien à voir avec la position de suprématie qu'elle occupe aujourd'hui. Les auteurs ont changé les règles du jeu géopolitique, découpé les zones géographiques et actionné le bouton Urgence avec une technique romanesque méga efficace. L'ouvrage est savamment dosé.

 

On ne croule pas sous les acronymes mystérieux et barbares, au contraire, Ackerman et Stavridis s'évertuent avec un certain talent à nous faire entrer dans ce troisième conflit mondial par le prisme de personnages à la fois normaux et hors normes dans leurs prises de décision quotidiennes. Il y a bien sûr le héros solitaire typiquement américain qui affronte sa hiérarchie mais aussi celui qui louvoie dans l'opacité des régimes forts où l'individu est au service du groupe, du parti au pouvoir sans jamais avoir à dire quelque chose, sans jamais vraiment comprendre ce qui se passe mais prêt à mourir en tout état de cause.

 

 

L'incident diplomatique revient à une femme, Sarah Hunt, commodore du vaisseau amiral américain du John Paul Jones qui navigue dans la Mer de Chine méridionale avec ses deux destroyers, le Carl Levin et le Chung-Hoon. La "Reine Lionne" est au sommet de sa carrière et fume le cigare. Des Cubains que son père achetait aux Marines de Guantanamo. Un chalutier en péril sans pavillon et sans envoyer de signal de détresse va changer les plans de la dame et de son équipage. Elle veut aller voir. Mieux ou pire, elle monte à bord, la prise du Wén Rui se déroule sans incident et coup de feu et le capitaine du rafiot se rend à Sarah en lui remettant également une clé qui ouvre une porte cadenassée et dans laquelle la commodore découvre une rangée de disques miniatures clignotant et des écrans plasma. C'est le début ou la fin, selon le point de vue d'où l'on se place.

 

Parce que aller porter secours à ce bateau qui ne semble pas en réclamer, dans des zones que la Chine revendique comme les siennes, relève du très risky business. D'ailleurs, Hunt et son équipage se prennent quelques torpilles, et ce qui vient de se passer va donner le feu vert aux Chinois afin de lancer une attaque sur Taïwan et tenter ainsi de gagner la Bataille de cette 3ème Guerre Mondiale.

 

La suite ICI 

– À l'époque impériale, nos tsars parlaient français à la cour, dit Kolchak. À l'époque communiste, notre économie était une coquille vide. Aujourd'hui, sous la Fédération, nos dirigeants sont considérés comme des criminels par le reste du monde. A New York ou à Londres, ils ne nous respectent pas, pas même le président Poutine. Pour eux, il n'est pas le grand-père de notre Fédération; non, pour eux, ce n'est qu'un Russe pauvre de plus, au mieux un gang- ster, même s'il a repris nos anciens territoires de Crimée, de Géorgie et de la grande Ukraine; même s'il a miné le système américain, si bien que maintenant, leur présidente n'a même pas de parti mais doit se présenter sous l'étiquette fragile "d'indépendante". Nous sommes un peuple rusé. Notre dirigeant est l'un d'entre nous et il est tout autant rusé. Vous demandez ce que fera la Russie si les Etats-Unis passent à l'acte? N'est-ce pas évident? Que fait le renard dans le poulailler?

 

Pages 171-172, Gallmeister.

Une opération américaine en mer de Chine, le 13 janvier. (EyePress via AFP)

Jeudi polar: «2034», un avant-goût de la Troisième Guerre mondiale ICI 

Un soldat chinois à Taïwan. Le roman « 2034 », d’Elliot Ackerman et James Stavridis, plonge les lecteurs dans un conflit entre la Chine et les États-Unis.

CENG SHOU YI / NurPhoto via AFP

“2034” et “Les Loups” : deux polars géopolitiques qui percutent l’actu ICI

2034: A Novel of the Next World War : Ackerman, Elliot, Stavridis, Admiral  James: Amazon.fr: Livres

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25 avril 2022 1 25 /04 /avril /2022 06:00

https://www.rollingstone.fr/wp-content/uploads/2021/06/Arno-e1622890315569.png

En ce moment j’ai le sentiment de n’écrire que pour Pierre et Pax, ça me motive en ces temps de votation après une campagne Tefal, où rien n’accroche, mais où les réseaux débordent d’excréments, oui moi je m’accroche, m’agrippe à mon petit espace de liberté, un peu de douceur dans ce monde de brutes.

 

Et puis, samedi soir la Libre Belgique l’a annoncé : ce foutu « chanteur de charme raté », à cause de sa coiffure, évidemment ébouriffée, qui s’étonnait longuement s’étonner de celles de certains de nos puissants dirigeants, qui lui semblaient comme « des culs de lapin rose ». Celle de Mireille Mathieu, son idole, en revanche, était absolument formidable, a tiré sa révérence, putain de putain, dans mon abécédaire le A d’ARNO s’est placé devant le B de Baschung

 

Et de glousser comme un gamin de son timbre rocailleux, qui ressemblait paraît-il à celui de sa grand-mère, dont le père était anglais, et elle chanteuse d’entracte de cinéma, pareillement bizarre, tout comme lui, que sa voix. « Elle me disait : les hommes croient qu’ils savent tout, mais ce sont les femmes qui comprennent tout. Elle a raison. »

 

Il a pourtant tenu bon un sacré bout de temps, le crabe au pancréas est radical ICI, montant sur scène jusqu’aux derniers instants, la tête pleine de projet dont un duo avec Mireille Mathieu avec La Paloma.

 

« C’est ma maîtresse la musique », et il n’avait pas grand-chose de plus à en dire.

 

« J’aime quand le soleil tombe dans la mer »,

 

Ciao Arno, c’est pas d’la poésie, les hommes font comme les oiseaux, Tjip Tjip c’est fini.

 

LIRE le bel hommage de Julie Henoch publié dimanche 24 avril 2022 dans le Temps ICI 

Ce dimanche j’ai voté tôt, j’ai voté sans problème pour Macron parce que le système de votation me contraint au 2d tour de faire un choix, j’avoue que pour aujourd’hui c’est facile, je ne vais pas voter pour la Le Pen, voter blanc c’est voter nul, c’est refuser de choisir. Depuis que je vote aux présidentielles, et cette fois-ci ce sera peut-être pour la dernière fois, 5 ans ça ajoute beaucoup à mon bail, je n’ai jamais pu voter pour un candidat qui collait avec mes idées.

 

Ce n’est ni bonnet blanc-blanc bonnet, ni choisir entre la peste et le choléra, c’est voter pour un sortant démocrate, penchant plutôt à droite, une droite à la Juppé matinée de centrisme à la Bayrou, Macron a forcé les traits de monarque institutionnel, son absence de culture politique, ses disruptions de potache inspecteur des finances, ont masqué sa capacité à comprendre les ressorts profonds de ce pays certes de plus en plus ingouvernable.

 

Provocation : plus Macron flanquera une raclée à la Le Pen plus celle-ci sera placée devant son incapacité à prendre les rennes, entre-nous Macron était pour elle le candidat idéal, le hautain exécré. Du côté des insoumis, qui n’ont fait qu’un peu plus de 20% en raclant les fonds de tiroir, la faute à leur incapacité dixit Ruffin à drainer les voix de la France périphérique, quand on se veut une Union Populaire c’est un échec puisque ces voix sont allés à la Le Pen.

 

Je suis peut-être naïf ou un fieffé optimiste mais je me dis que le Macron élu avec un gros paquet de voix qui ne l’aiment pas saura mieux qu’au cours de son premier mandat : écouter et infléchir sa politique. Il a bien su le faire avec la quoi qu’il en coûte qui n’avait rien d’ultra-libéral que je sache.

 

Reste pour pousser à la roue à tordre le cou à la logique de l'amplification de la victoire aux élections législatives et là le petit père Mélenchon tient une belle part de la solution...

Infographie : Comment les députés sont-ils élus ? | Vie publique.fr

Le scrutin d’arrondissement ICI 

 

Son cousin germain

 

Les députés sont élus au suffrage universel direct au scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Est élu au premier tour le candidat ayant obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés, s’ils représentent au moins 25% des électeurs inscrits sur les listes électorales.

 

Si personne ne remplit ces conditions, il y a ballottage et un second tour est organisé le dimanche suivant. Ne peuvent se maintenir au second tour que ceux ayant obtenu un nombre de suffrages au moins égal à 12,5% des inscrits.

 

Est proclamé vainqueur le candidat arrivant en tête. Si le nombre de voix est identique, le candidat le plus âgé l’emporte.

Amazon.fr - Mea culpa - Céline, Louis-Ferdinand, Raboni, Giovanni, Sanna,  Antonietta - Livres

Pendant l'élection présidentielle, comment la culpabilité s'est invitée dans le vote des Français ICI  

 

 

Emmanuel Macron ou Marine Le Pen? Avec eux, une autre invitée s'est fait une place: la culpabilité, entre les votes pour faire barrage, ceux qui se font sans conviction, ou ceux pour lesquels on se fait critiquer...

Par

Marine Le Breton

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24 avril 2022 7 24 /04 /avril /2022 06:00

Turquie : 23 suspects de Daech placés en garde à vue

 

Henri Jeanson

 

« Je me suis réveillé.

 

On sonnait à la porte.

 

J’ai jeté un œil au réveil électronique à côté de moi... « 5 :42 », les chiffres clignotaient.

 

« La police » me suis-je dit.

 

Comme tous les opposants de ce pays, chaque soir je m’endormais imaginant qu’à l’aube, on frapperait à ma porte.

 

Je savais qu’ils viendraient.

 

Ils sont venus.

 

J’avais même préparé des habits spécialement pour mon arrestation et les jours qui viendraient.

 

Un pantalon noir, en lin, serré à la taille par un lacet intérieur, de façon à pouvoir me passer de ceinture ; des socquettes noires s’arrêtant à la cheville ; des chaussures de sport souples et confortables ; un tee-shirt en coton léger et une chemise de couleur foncée.

 

J’ai enfilé ma « tenue d’arrestation » et je suis allé ouvrir la porte.

 

J’ai d’abord regardé par le judas.

 

Des policiers attendaient sur le palier, revêtus de gilets sur lesquels on lisait, écrit en grosses lettres au niveau de la poitrine : « TEM » - les membres de la brigade antiterroriste en tenue d’intervention. Ils étaient six.

 

J’ai ouvert la porte.

 

« Mandat de perquisition et d’arrestation ont-ils dit en entrant.

 

Ils ont laissé la porte ouverte derrière eux. »

 

[...]

 

Ils se sont séparés pour fouiller l’appartement.

 

Le jour se levait.

 

Affleurant au-dessus des collines, les rayons du soleil se diffusaient en vagues violettes, mauves et lilas dans un ciel qui paraissait une rose blanche.

 

Un paisible matin de septembre s’éveillait, ignorant tout ce qu’il se passait chez moi.

 

Les policiers fouillaient toujours : j’ai fait du thé.

 

« Vous voulez du thé ?» leur ai-je demandé.

 

Ils n’en voulaient pas.

 

Imitant la voix de mon père, j’ai ajouté : « C’est pas un pot-de-vin, vous pouvez en boire »

 

 

 

Quarante-cinq ans plus tôt, un matin encore, ils avaient fait irruption chez nous, pour mon père cette fois.

 

Il leur avait demandé s’ils voulaient du café, et quand ils eurent refusé, il leur avait répondu en riant : « C’est pas un pot-de-vin, vous pouvez en boire »

 

Ce que je vis n’a rien d’un « déjà-vu ».

 

C’est la répétition d’une même réalité.

 

Comme ce pays ne se déplace que très lentement dans le cours de sa propre histoire, le temps n’y fait jamais marche arrière :il se retourne pour s’appesantir sur lui-même. »

 

Je ne reverrai plus le monde

 

Ahmet Atlan « Je ne reverrai jamais plus le monde » Textes de prison 2018 Dunyayi bir daha Görmeyecegim), d’Ahmet Altan, traduit du turc par Julien Lapeyre de Cabanes, Actes Sud, 220 p., 18,50 €.

 

Vous allez me dire, c’est en Turquie, ça n’arrivera jamais chez nous, et pourtant, dans les heures noires de l’Occupation, c’est lointain m’objecterai vous mais plus récemment au temps de la guerre d’Algérie, il en fut ainsi sous un régime qui présentait tous les atours de la respectabilité.

 

« Plus jamais ça ! »

 

Un clin d’œil aux insoumis, surtout ceux qui éructent sur les réseaux sociaux : « L'ex-président brésilien Lula apporte son soutien à Emmanuel Macron. Dans une série de tweets publiés sur son compte Twitter dans la soirée du jeudi 21 avril, l'ex-président brésilien a apporté son soutien à Emmanuel Macron. Affirmant que l’impact des élections en France allait « au-delà de ses frontières», Lula a appelé à «vaincre lextrême droite» lors du second tour dimanche prochain.

 

Pauvre Mélenchon, que de déception à son âge...

Ahmet Altan (auteur de Madame Hayat) - Babelio

Le journaliste et écrivain turc, sous les barreaux depuis septembre 2016, sait nous faire éprouver physiquement la détention sans raison ni justice qu’il subit tous les jours.

 

Publié le 05 septembre 2019

 

AHMET ALTAN, LE PASSE MURAILLE

 

Il existe des phrases que l’on comprend aussitôt, toujours, partout, des écrans de néant où se projette une peur universelle. Par exemple : « Je ne pourrai plus embrasser la femme que j’aime ni étreindre mes enfants », ou bien : « Je ne reverrai plus le monde ». Cette angoissante prédiction a été choisie pour titre du recueil de textes écrits en prison par le journaliste et écrivain turc Ahmet ­Altan, accusé de complicité dans le putsch manqué de juillet 2016 et condamné à la perpétuité le 16 février 2018.

 

 

Mais ce qui nous fait éprouver physiquement la détention sans raison ni justice qu’il subit tous les jours depuis trois ans, ce sont des choses d’apparence plus anodine, des gestes dont nous ne savions même pas qu’ils étaient des privi­lèges. Ainsi, lorsque Ahmet ­Altan écrit : « Je n’ouvrirai plus jamais une porte moi-même », nous restons incrédules, avant que cette phrase toute simple ne nous fasse empoigner la sensation charnelle de notre propre liberté. De même quand il ­constate qu’il n’y a aucun miroir en prison, ce qui lui signifie son effacement d’entre les hommes, il s’adresse à nous, lecteurs, frères humains : « Ce visage que mille fois par jour vous voyez reflété dans le miroir, les vitrines des magasins, les sols brillants, l’écran de votre téléphone (…), vous en avez tellement l’habitude que vous finissez par oublier que c’est un miracle de voir votre visage. »

 

Si le corps est soumis à de telles épreuves, à peine moins destructrices que la faim, la brutalité, la soif, les forces de résistance viennent de l’esprit. L’« esprit » : ce mot revient sans cesse sous la plume du prisonnier, qui se rappelle Epictète : « Même quand notre corps devient esclave, notre esprit demeure libre. » Alors qu’il est menacé de sombrer « dans une sorte de bouillie humaine sans identité » où il n’est plus qu’un matricule, c’est son esprit qui permet à l’homme sans miroir de « garder la face » et à l’emmuré d’ouvrir des portes pour se mettre hors d’atteinte. L’une d’elles est celle de ­l’ironie. Ahmet Altan la pousse à deux battants dès le premier matin en proposant une tasse de thé aux policiers venus l’arrêter : « C’est pas un pot-de-vin, vous pouvez en boire » ou, un peu plus tard, en refusant une cigarette : « Merci, je ne fume que quand je suis tendu » – il sourit, et c’est aussi pour nous comme une ­délivrance.

 

Pour ne pas être broyé par le « monstre de la réalité », le journaliste et écrivain turc en prison dispose de deux alliées : l’imagination et la littérature

 

Au fil du temps et des textes, cependant, quoique l’humour reste par éclairs une échappatoire, la dérision ne pèse guère face au « monstre de la réalité ». Pour ne pas en être broyé, l’écrivain dispose de deux alliées : l’imagination et la littérature, qu’il avait déjà célébrées dans une lettre clandestine publiée par Le Monde au moment de son procès, en septembre 2017. La première lui permet d’inventer des vies en brodant sur les ­récits du bonheur passé que lui font ses codétenus ou de savourer avec eux leur plat préféré – un Adana kebab, une pizza… – en jetant leur nom en l’air, car les mots deviennent nourriture. La puissance du souvenir lui fait revoir et res­pirer les mimosas tant aimés ou sentir la neige sous ses pas dans sa cellule à la ­chaleur étouffante. Les rêves de la nuit l’emmènent vers les rives du Danube, ­entrouvrent les portes dérobées de l’inconscient, des fantasmes accueillent son désir : « Pas un matin je ne me suis éveillé en prison », assure-t-il.

 

Cette merveilleuse capacité d’oubli est cependant minée par l’insistance du réel. La lâcheté et la bêtise font assaut dès les premiers interrogatoires où lui sont notifiés des chefs d’inculpation incohérents et contradictoires. Le mal – « la vilenie », « la méchanceté pure » – apparaît à l’occasion d’un pseudo-examen médical sous les traits d’une jeune femme pieuse qui traite l’intellectuel athée comme « une sorte de rien ». La perception du temps – bloc, reptile – se modifie jusqu’à l’effroi et le manque des êtres chers est indescriptible. Difficile, alors, de ne pas devenir fou, même si l’envie de lutter persiste, car « il est une chose à laquelle on ne peut pas se préparer : l’absence totale d’espoir ».

 

Quant à la littérature, ce sont d’abord les souvenirs de lectures dont l’écrivain tire secours. Elles transforment les bureaucrates qui le harcèlent en « petits fonctionnaires de Gogol » ; telle réminiscence de Borgès, Brodsky ou Canetti soulève le couvercle de son « “cercueil”, TIRE LE VERROU DE SA “cage” ». Puis arrive ce bonheur souvent décrit dans les témoignages carcéraux : la possibilité de lire. « Je n’étais pas fini, je n’étais pas abandonné, je n’étais pas perdu./ J’avais un ­livre. » L’ouvrage de Tolstoï qu’on lui donne a beau ne pas être son meilleur, il accomplit les bienfaits d’une « fée ».

 

Enfin, et surtout, la porte capitale ouvre cette « pièce invisible où personne ne peut entrer que moi », la chambre d’écriture où il reconquiert sa liberté intérieure en ­défiant ses bourreaux : « Je sais écrire dans le noir aussi. » Le 5 juillet, la Cour ­suprême de Turquie a cassé la condamnation à vie d’Ahmet Altan, mais il reste incarcéré. Si son livre de combat témoigne à chaque page du pouvoir passe-muraille de la littérature, il nous tend aussi un miroir où nous pouvons apercevoir le danger qui guette toute société dès lors qu’elle laisse mourir la démocratie.

 

L’opposant turc Mehmet Altan à Istanbul, le 10 octobre 2019.
© Furkan Temir pour

Les Altan, prisonniers politiques turcs de père en fils ICI 

 

Par Nicolas Bourcier (Istanbul (Turquie) Envoyé spécial)

Publié le 09 octobre 2019

RÉCIT Les frères Altan, fils du premier député communiste du pays, ont été accusés par le régime du président Recep Tayyip Erdogan d’avoir participé au putsch de 2016. L’aîné, Ahmet, toujours en détention, est englué dans un parcours judiciaire kafkaïen.

 

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23 avril 2022 6 23 /04 /avril /2022 06:00

Daumier ou la caricature au service de la liberté - musée de la  franc-maçonnerie, Paris

 

La descente aux enfers de Valérie Pécresse est due à un double siphonnage de son électorat, le traditionnel par Macron au motif du vote utile, le radical tendance Ciotti par Zemmour.

 

Le PS a connu le même phénomène, ce qui restait de sociaux-démocrates a couru se réfugier chez Macron au nom du vote utile, le radicalisé a propulsé Mélenchon à la troisième place avec l’aide de l’aile radicale des Verts tendance Sardine Rousseau.

 

Que va-t-il advenir de ce charivari pour les Législatives où les sortants de ces deux partis sont bien implantés localement ? Mélenchon devrait réfléchir avant de s’autoproclamer Premier Ministre de Macron, impensé de la victoire de celui-ci, alors les Insoumis ne sont guère ancrés dans le territoire.

 

Qui vivra verra.

 

 

Le score d’Eric Zemmour dans le 16e arrondissement témoigne d’une « radicalisation de la bourgeoisie » pour Jean Rivière, maître de conférences en géographie à l’Institut de Géographie et d’Aménagement Régional de l’Université de Nantes (IGARUN). Il pointe par ailleurs le fait que « ce vote correspond à une partie des voix de François Fillon en 2017 » qui malgré les affaires avait obtenu 58,45% des voix dans le 16e arrondissement.

 

Le polémiste d’extrême droite a également réalisé des percées dans les arrondissements environnants : 13,92 % dans le 7e, 15,32 % dans le 8e. Les villes riches des Hauts-de-Seine lui ont aussi offert des votes conséquents. C’est le cas à Neuilly-sur-Seine où il réalise 18,75 % mais aussi dans le fief de Valérie Pécresse, à Versailles (Yvelines), où il se place en deuxième position derrière Macron avec 18,48 %.

 

Mais ce phénomène est plus général : « À Nantes, c’est également le cœur des beaux quartiers qui a voté pour Éric Zemmour et à l’échelle de la France, cela s’observe dans le centre de Lyon, sur le littoral, dans le Var, les Alpes-maritimes ou Deauville ». Jean Rivière note par ailleurs la présence de deux extrême-droite, « la géographie électorale d’Éric Zemmour et Marine Le Pen est complètement différente, il y a un clivage sociologique profond ». 

 

L’électorat d’Éric Zemmour présenterait, en effet, deux blocs.

 

  • Une partie correspond à celle de l’électorat de François Fillon en 2017 : « les catholiques pratiquants réguliers (18 %) et occasionnels (13 %), ainsi que ceux disant venir de milieux aisés ou favorisés (13 %) », écrit Emilien Houard-Vial, politiste, spécialiste de la droite française, dans AOC.

 

  • Mais le candidat d’extrême-droite performe également chez ceux « qui déclarent vivre sur leurs économies ou grâce à des crédits (13 %) et chez ceux qui se disent plutôt pas ou pas du tout satisfaits de leur vie (respectivement 13 % et 21 %) ».

 

 

Éric Zemmour leur promet de rester l’élite de la France.

 

Ce premier groupe d’électeurs correspond au « vote d’une bourgeoisie en colère », nous explique Emilien Houard-Vial. Pour le spécialiste de la droite française, « cette bourgeoisie ne partage pas la vision de l’économie mondialisée de Macron » et connaît paradoxalement une peur du déclassement. Sur ce point, « Éric Zemmour leur promet de rester l’élite de la France, une élite basée sur l’héritage qui aimerait bien que ça reste comme ça ».

 

Le discours d’Éric Zemmour, notamment sur la théorie conspirationniste du « grand remplacement », a donc fait écho à des peurs existentielles voire civilisationnelles forcément teintées de xénophobie. « Cette bourgeoisie qui s’encanaille, ce sont des gens qui vivent dans des quartiers plus homogènes en termes de mixité avec la croyance qu’ils peuvent être remplacés », détaille Emilien Houard-Vial. Un manque de mixité sociale aussi, comme en témoigne le très faible taux de logements sociaux dans les quartiers ou les villes huppés de la capitale notamment.

 

On pourrait également comparer la jeunesse bourgeoise visible dans les rassemblements du candidat d’extrême-droite à celle des années 1960. Le groupe néofasciste Occident, dissous en 1968, avait par exemple attiré dans ses rangs des jeunes bien nés comme Gérard Longuet qui poursuivra une carrière politique chez la droite de gouvernement par la suite.

 

« Zemmour a plus performé chez les catholiques que Valérie Pécresse. Il y a une transformation du catholicisme en quelque chose de patrimonial qui pourrait disparaître pour eux ». A noter que Marine Le Pen a semblé prendre ses distances avec la Manif pour tous, alors qu’Éric Zemmour n’a cessé d’attaquer un supposé « lobby LGBT » lors de sa campagne.

 

"Radicalisation de la bourgeoisie" : le vote d'extrême droite dans les quartiers riches - Bondy Blog ICI

 

 Hérault : Des bourgeois aux boulistes, Albert Dubout dessinait les Français  comme personne

Politique

La grande victoire d'Éric Zemmour: avoir déplacé la fenêtre d'Overton

Vincent Bresson — Édité par Thomas Messias — 21 avril 2022 à 7h30

Avec 7% des voix au premier tour de l'élection présidentielle, Éric Zemmour et les siens ont enregistré un revers électoral. Mais est-ce pour autant une défaite ? ICI 

 

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22 avril 2022 5 22 /04 /avril /2022 06:00

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« En ces temps de tension sociale, de remise en cause du politique et de ses institutions, Jacques Perrin estimait que « l’exemplarité » était la chose la plus nécessaire. « Des gens qui nous permettent de croire. Comme un Jean Moulin dans la Résistance. On vit de sombres temps, disait Brecht. Mais la clarté, c’est une histoire d’ombre », avait-il dit début 2019 au Figaro. Il se réjouissait alors d’être toujours et d’avoir encore à combattre, avec l’enthousiasme d’un enfant têtu et optimiste. »

 

« Il est entré dans la carrière comme un jeune premier idéal, il en sort comme un commandant magnifique après avoir mené de hautes aventures et des courses lointaines sans jamais se départir de son charme limpide. Jacques Perrin est mort jeudi à Paris à l'âge de 80 ans. Rien ne l'a durci, racorni, désenchanté, en quelque soixante-dix ans d'équipées cinématographiques, comme acteur, producteur, réalisateur. Il connaissait le secret de la vie poétique : il a inventé un monde où l'action est la sœur du rêve.

 

Les dates

 

13 juillet 1941 Naissance à Paris

 

1977 « Le Crabe-tambour », de Pierre Schoendoerffer

 

2001 « Le Peuple migrateur », coréalisé avec Jacques Cluzaud et Michel Debats

 

2010 « Océans », coréalisé avec Jacques Cluzaud

 

2016 « Les Saisons », coréalisé avec Jacques Cluzaud

 

21 avril 2022 Mort à 80 ans

 

Contre l’avis de tous

 

Z (1969)

 

L’obstination pose la première pierre de sa maison de production Reggane Films (devenue plus tard Galatée Films), qu’il crée en 1968 pour reprendre, contre l’avis de tous, le projet de Z, de Costa-Gavras. Le cinéaste grec, qui l’avait fait jouer dans Compartiment tueurs (1965) et Un homme de trop (1967), vient de se faire lâcher par les Américains. Il s’apprête à baisser les bras. « Nous avons alors monté une coproduction avec l’Algérie. Personne ne voulait nous suivre. (…) Avouons que nous avons fait quelques acrobaties comptables, anticipé sur le succès. Montand et Trintignant ont touché des cachets dérisoires », avait expliqué Jacques Perrin au Monde en 1996. Le jour de sa sortie en salle, les exploitants s’attendent à une catastrophe. Z sera un triomphe international. Quatre millions d’entrées en France. Des récompenses à la pelle, dont l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, qui ira à l’Algérie.

 

 

L’expérience donne des ailes à Jacques Perrin. Il produit les films suivants de Costa-Gavras, Etat de siège (1973), Section spéciale (1975). Et s’acharne sur un autre projet : l’adaptation au cinéma du roman de Dino Buzzati (1940), Le Désert des Tartares, dont il a acquis les droits mais sur lequel plusieurs scénaristes et cinéastes se cassent les dents. Durant dix ans, Jacques Perrin s’accroche. Le film finit par trouver son réalisateur en la personne de Valerio Zurlini, et voit le jour en 1976, avec, dans le rôle de l’ardent lieutenant Drogo, Jacques Perrin.

 

Des documentaires à budget de blockbuster

 

Il est alors le seul à oser affronter le documentaire naturaliste à budget de blockbuster. Des films pharaoniques exigeant des années de préparation en recherches scientifiques, en repérages aux quatre coins du globe, en conception de matériel. Pour Microcosmos, il faut construire de très coûteux outils capables de suivre des actions et de capter des émotions à l’échelle du millimètre ou du dixième de millimètre. Pour Le Peuple migrateur, des mois sont nécessaires pour habituer les oiseaux à la présence des machines volantes lestées de caméra. ICI 

 

 

« Un peu d'humilité nous sortirait de nos certitudes. Ce bien-être que nous cherchons, il nous est donné par la beauté du monde. L'observer, la contempler, c'est un principe de régénération, comme l'oxygène »

 

 

L'uomo del fiume' (1977); regia: Pierre Schoendoerffer. Titolo originale: 'Le  Crabe-tambour' | Cine frances, Cine, Carteles de cineAmazon.fr - Le Peuple migrateur - Perrin, Jacques, Mongibeaux,  Jean-François - Livres

 

 

 

 

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20 avril 2022 3 20 /04 /avril /2022 06:00

 

Ce matin je m’aventure dans des « sables émouvants » (Love On The Beat Gainsbourg)  en posant la question : nous dirigeons-nous, sous les rets des défenseurs de la Santé Publique au nom du « bien-être » vers une société où le « bien manger » sera remplacé par une bouffe aseptisée soucieuse de nos artères et du budget de la sécurité sociale ?

 

Paradoxalement, le règne de la malbouffe porteur de nouveaux malheurs : listéria, escherichia coli, salmonellose, pizza Buitoni (Nestlé), Kinder de Ferrero, fromages de la GD produits par Lactalis... et bien sûr  du développement de l’obésité chez les plus pauvres, loin, en réaction, de susciter chez les gardiens de la Santé Publique, une promotion d’une alimentation plus naturelle, moins élaborée dans des usines, pousse à l’érection de barrières factices pour soi-disant protéger les consommateurs.

 

Sens interdits - Chantal Pelletier - Gallimard - Grand format - Librairie  Gallimard PARISLes Bouffeurs anonymes - Aline, Marie - Livres - Amazon.fr

Deux livres m’ont conduit à poser cette question ?

 

  • Les bouffeurs anonymes de Marie Aline (1)

 

  • Sens Interdits de Chantal Pelletier (2)

 

(1) Toma se rêvait détective privé. Il est devenu critique gastronomique. Dans un Paris vivant au rythme d’un État autocratique qui a poussé le culte du bien-être à son paroxysme, il cherche à exister. Sa fonction : dicter à ses semblables ce qu’ils sont censés manger. Et, s’il ne s’interdit pas quelques écarts, ce triste sire exécute avec zèle les desiderata du journal pour lequel il œuvre dans l’ombre d’un chef méprisant. Mais un soir, lors de sa promenade rituelle, une lueur attire son attention. Derrière la grille d’un snack du quartier, une réunion s’est organisée. Ils sont là, candidats à la honte, rassemblés autour d’un seul homme. Leur secret : une addiction féroce à la nourriture. Tel un Kessel des temps nouveaux, Toma va intégrer clandestinement ce petit cercle et trouver de quoi écrire le reportage de sa vie. En plus d’une source inépuisable d’inspiration, il découvrira, en auscultant ces repentis, sa véritable nature. Mêlant anthropologie et roman d’apprentissage, cette première œuvre dérangeante et facétieuse questionne notre part de sauvagerie et se révèle d’une incroyable acuité quand il s’agit de faire exploser carcans et tabous.

 

CITATION

 

« L’élément le plus polluant pout la planète était l’être humain. Il fallait réduire les naissances pour des raisons évidentes de protection de l’environnement et profiter des pandémies pour faire le ménage parmi les vivants. »

 

(2) 2046 en Provence.

Nous sommes en 2046, et la situation s’est aggravée. Les libertés ont fondu comme peau de chagrin au nom de la sécurité sanitaire. Le permis de table est plus que jamais d’actualité, les stages de récupération de points se sont multipliés pour les délinquants menacés de « devoirs d’intérêt général », voire de « centres de redressement ». Drones, caméras de surveillance, reconnaissance faciale, et au télé coaching punitif, fleurissent à tous les étages.

 

Des attentats alimentaires, quelques mois plus tôt, ont tué plusieurs fois en France, tandis que la faim taraude les plus démunis et que des milices veillent sur les ambitions économiques des investisseurs chinois. Dans ce monde affolant, les policiers alimentaires Anna Janvier et Ferdinand Pierraud doivent enquêter sur le meurtre d’une femme retrouvée ligotée nue à une chaise devant un festin à l’ancienne, gavée à mort. Ils ne se doutent ni l’un ni l’autre des répercussions que cette enquête va avoir sur leur vie et sur celle de leurs proches...

 

CITATION :

 

Cette MAISON DE REDRESSEMENT ALIMENTAIRE, j’ai regardé, c’est curetons et compagnie ! Nul ! Une religion sans bonnes choses à manger, ça n’existe pas ! Avec ses Buvez ceci est mon sang, mangez ceci est mon corps, Jésus a fait le plus bel éloge du banquet. Et les moines qui ont inventé les clos-vougeot, gaillac, châteauneuf-du-pape, chartreuse, bénédictine, kirsch, et j’en passe ! Ils avaient du gosier, les frangins !

 

(...)Fâchée avec son époque, la viande cultivée, les purées-repas et les fibres aromatisées, leur commodité, leur légèreté, leur EMPREINTE CARBONE raisonnable, elle aurait dû vivre un siècle plus tôt, s’en mettre plein la lampe de communions en baptêmes, de vendanges en moissons, de kermesses en fêtes votives.

— Époisses, maroilles, coulommiers… Là, oui, on peut croire en Dieu !

Mais comme ce blog en pleine déliquescence est censé participer à l’Extension du domaine du vin ...

 

Chaque jour, avec votre petit déjeuner, sur cet espace de liberté, une plume libre s'essaie à la pertinence et à l'impertinence pour créer ou recréer des liens entre ceux qui pensent que c'est autour de la Table où l'on partage le pain, le vin et le reste pour « un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes ... »

 

Je me dois de plonger dans mes archives pour évoquer le reportage de Joseph Kessel sur les Alcooliques anonymes de New-York en 1960 publié dans le quotidien France Soir. Ce reportage signe la naissance du premier groupe AA en France et déclenche le développement spectaculaire du mouvement. Il fut le premier président non-alcoolique d’Alcooliques anonymes France.

 

L’alcoolisme est l’impensé du buveur, du dégustateur, de l’amateur...

 

Et pourtant !

 

« Le problème majeur de l’alcoolique, c’est qu’il se ment. C’est là la première étape de cette spirale infernale qu’est l’alcoolisme : le déni. Oui, on boit, plus que les autres et plus que de raison, mais cela n’a pas d’importance car l’on est différent de ceux qui sont tombés dans la gnôle. On est plus puissant qu’eux, plus brillant, au final on est simplement plus. Dans cette logique, l’alcool rempli une place étrange, à la fois désinhibant social et tyran, nous montrant soit sublimé, soit telle une épave. Les alcooliques anonymes nomment ces deux aspects de l’alcool, l’alcool festif ou l’alcool tyran. Or, ce que montre très bien le livre de Joseph Kessel, par les témoignages qu’il recueille c’est que l’élément conduisant à basculer d’un état à l’autre est généralement l’ego de l’individu. Il s’agit du dialogue que tient l’alcoolique avec lui-même et qui se construit autour de sa fierté. Ainsi, voici ce que déclare Robert N, patron de presse au Herald Tribune, à Kessel afin d’expliquer comment il est tombé dans l’alcool » ICI

 

Avec les Alcooliques Anonymes

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18 avril 2022 1 18 /04 /avril /2022 06:00

Élections piège à cons » un slogan soixante-huitard éculé qui revient  d'actualité - Le blog de JACQUES BERTHOMEAU

Le titre exact de la chronique Clémentine Vergnaud – France info Radio France est : et si on limitait le vote des personnes âgées qui pèsent si lourd dans les urnes.

 

C’est du lourd en effet, je trouve la proposition bien modérée, pourquoi ne pas parquer les vieux dans des camps de regroupement façon Algérie française plutôt que de les confier à des EPHAD pourris qui coûtent la peau des fesses.

 

Rapports sur les camps de regroupement, Michel Rocard | Fayard

 

Bien sûr, en bon 68hard j’ai braillé « élections piège à cons » mais j’avais une excuse je n’avais pas le droit de vote à l’époque, il a fallu attendre l’arrivée du déplumé de Chamalières pour que ce soit 18 ans.

 

Les vieux chez moi, au Bourg-Pailler, vivaient sous le même toit que moi et je les respectais même si je n’avais pas les mêmes idées qu’eux.

 

Les jeunes, dit-on, comme si l’on pouvait tous les fourrer dans le même sac de patates, comme les vieux d’ailleurs, on « souffert » de subir un confinement destiné à protéger tous les vieux cons qui ne votent pas Mélenchon. Pauvres petits, des enfants gâtés, « gâtés » comme les dents, et mon pépé Louis, privé de sa jeunesse : 3 ans de service militaire, 4 ans de guerre, un privilégié bon pour la relégation.

 

Et dire que leur favori a 3 ans de moins que moi et se tapera ses 71 ans en août de cette année, c’est à pleurer.

 

Comment en est-on arrivé là, à un tel degré de stupidité, de bêtise ?

 

berthomeau - Le blog de JACQUES BERTHOMEAU

 

« Les jeunes se font voler leur élection ! » : et s'il y avait un âge limite pour le vote des seniors ? ICI 

 

Sur fond de surreprésentation des seniors et de jeunes qui se sentent "dépossédés" de l'élection, certains vont jusqu'à proposer la limitation ou la pondération du vote en fonction de l’âge. Une piste aussi radicale qu'iconoclaste, et qui n'est pas près d'être appliquée. 

 

« Les jeunes qui ont voté en masse Mélenchon pour leur avenir se font voler leur élection par des vieux retraités qui ont vécu leur meilleure vie et n’ont plus rien à perdre et des vieux bourgeois qui ont tous les privilèges de Macron », s’exaspérait par exemple un jeune sur Twitter au soir du premier tour. Un autre s’agace aussi, graphiques à l’appui : « Sans le vote des plus de 65 ans, Macron ne serait pas au deuxième tour et Mélenchon se qualifierait. Ce sont donc des vieux déjà à la retraite qui vont nous imposer de travailler cinq ans de plus. Merci à eux. » A tel point que certains vont jusqu'à se poser cette question : « Pourquoi diable laissons-nous les plus de 65 ans voter ? »

 

Simple citation, la tartine est lourdement tartinée : Temps de lecture : 11 min.

 

Y’a des propos de « logues » a foison, faut dire que la Sorbonne est grande fournisseuse de « logues », des enfants de la moyenne bourgeoisie « intellectuelle » qui se donne des frissons dans les amphis bien chauffés.

 

Poser la question d’une limitation du droit de vote c’est se disqualifier d’emblée.

 

C’est Pâques, j’en reste là, ma colère est immense, un seul rayon d’intelligence dans  un ciel pourtant bleu : François Ruffin votera Macron au 2d tour, ICI  encore un traître pour les pioupious rentrés chez papa-maman pour le repas du dimanche pascal.

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17 avril 2022 7 17 /04 /avril /2022 06:00

En Inde, seul le cricket peut permettre de s'extraire de la morosité"

Dimanche prochain second acte de la votation, le dénouement d’un « drame » à la française, choisir entre la « peste et le choléra » clament les insoumis, les « gâtés » de la Sorbonne, fracture, nous ne nous sortirons pas indemnes de ce choc entre populisme et universalisme, la social-démocratie est morte et enterrée avant même d’avoir pu vivre dans notre vieux pays.

 

Timbre : 1983 Pierre MENDÈS FRANCE 1907-1982 | WikiTimbres

 

Faire appel à Pierre Mendès-France peut paraître dérisoire à la cohorte des « en colère », étrange mélange de rouge et de brun, mais l’homme a su, en des moments décisifs, affronter ceux qui lui crachaient dessus pour solder une part de notre passé colonial.

 

Un sage... à qui l’on a souvent reproché son opposition têtue et obstiné au pouvoir personnel mis en place par la Constitution de la Ve République et l’élection du Président au suffrage universel.

 

« Je pensais m'abstenir ou voter blanc mais finalement je vais voter Macron car en fait le second tour c'était la semaine dernière. Et j'ai vu la peur d'ami.es racisées.es ou homo. Du coup je me suis dit, de toutes façons soit Macron est élu à 60 au lieu de 55 et je m'en fous, soit le Pen est élue et là je ne pourrai pas protéger mes ami.es des ratonnades et je m'en voudrais toujours. Donc je voterai Macron avec haine et j'attendrai les législatives qui seront j'espère des élections plus réjouissantes. J'ai vu aussi un ami qui a vécu 20 ans au Brésil. Ils n'ont pas cru que Bolsonaro allait passer et après en très peu de temps tous les réseaux militants ont été écrasés... »

En décembre 1921, à Calcutta, un certain Gandhi prône la désobéissance civile, les propos qui suivent sont tenus par le capitaine Wyndham de la police impériale, lors d’une manifestation des partisans du Congrès de Gandhi. C’est un roman

Avec la permission de Gandhi

« Comme toujours, tout cela ressemble à un jeu où les deux camps sont d’accord sur les règles à appliquer et celles dont on n’a pas à tenir compte. Après tout, les règles sont importantes. On ne peut pas jouer le jeu sans elles, et heureusement les Indiens semblent les aimer autant que nous. Autrement, comment expliquer l’amour des deux races pour le cricket, un jeu tellement insipide et aux règles tellement ésotériques qu’il faut cinq jours pleins pour y jouer correctement et qui, même alors, se solde le plus souvent par un match nul ? En fait, on a parfois l’impression que toute la lutte non-violente n’est qu’un long match international de cricket où nous maintenons obstinément notre position de batteur face aux Indiens qui nous lancent toutes sortes de balles sur un terrain inégal. »

 

L'INde championne du monde de cricket | La Foire de Nantes invite l'Inde

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15 avril 2022 5 15 /04 /avril /2022 06:00

 

Souvenir du virage de Tonton, la pause dans les réformes en 1982, en réalité un virage à 180° vers une politique économique et sociale : « Le 9 juin 1982, le Président Mitterrand annonce dans une conférence de presse qu'il est nécessaire de faire une pause dans les réformes afin de les « digérer » et de stabiliser la situation budgétaire, qui a connu des bouleversements rapides du fait de l'augmentation rapide des dépenses publiques »

 

Ma pause à moi, c’est d’éloigner ma plume de l’actualité politique pour me consacrer, loin des regards pas toujours bienveillants de certains, à ce qui est le ressort de ma vieillesse : l’AMOUR.

 

Une pause pour réfléchir avec la revue « L’Amour »

REVUE

 

Par le texte et l’image, la deuxième édition de la revue lancée par Frédéric Pajak prend le temps de s’inscrire « contre l’actualité »

L’actualité est une matière inflammable qui se périme sans cesse. Frédéric Pajak s’inscrit contre cette valeur volatile pour y opposer le seul sentiment plus fort que le temps : l’amour – qui donne tout naturellement son titre à sa revue périodique dont la seconde édition vient de paraître. Dans son éditorial, Julie Bouvard note qu’en « ces temps de l’anti-lecture par excellence, […] du décryptage creux et de l’analyse jetable, nous voulons réunir les fils de nos pensées en un tissu vivant, donc solidaire ».

Pour témoigner du « désir de vivre qui nous anime », l’auteur du Manifeste incertain, qui se livre dans Là où il y aura des pleurs et des grincements de dents à un réquisitoire contre la dépression morale et culturelle de l’époque contemporaine, a réuni une nouvelle fois ses compagnons de route, écrivains, dessinateurs, peintres et sculpteurs. Dans un essai brillant, Michel Thévoz, historien de l’art, convoque Antigone et Rauschenberg pour analyser la ZAD du Mormont, tandis que Jacques Roman compose une ode à l’orange, rare « fruit du soleil en hiver » mué en géant des télécommunications…

Quant au visuel, splendide, il rassemble les vivants et les morts, les grands anciens et les petits nouveaux, Noyau côtoie Tomi Ungerer, Anna Sommer avoisine Siné, Micaël coudoie Folon… L’Amour est bon pour la tête, bon pour les yeux et, plus que tout, bon pour le cœur.


Revue « L’Amour No 2 – Contre l’actualité », sous la direction de Frédéric Pajak. Les Cahiers dessinés, 194 p.

 

 

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14 avril 2022 4 14 /04 /avril /2022 06:00

 

Les insoumis sont déçus, je les comprends mais pour autant agonir d’injures : salauds, de noms d’oiseaux : traîtres, étrons, ceux des candidats de gauche, qui ont déclaré voter Macron pour faire barrage à Le Pen, est bien dans la tradition des extrémistes.

 

Pour eux, pas de problème, être le challenger de Macron signifiait, sans l’ombre d’un doute, que leur favori gagnerait, foutrait Macron dehors de l’Elysée ouvrant ainsi les portes du paradis.

 

Sauf que, je fais deux hypothèses, tout à fait plausibles, de ce qui aurait pu placer Mélenchon en seconde position :

 

  • Celle que le petit Zemmour, au lieu de s’étendre comme une bouse à 7% se soit situer à 10% grignotant des voix à Le Pen qui se retrouvait troisième.

 

  • Celle que Mélenchon ait réussi à faire l’union des gauches de Jadot à Roussel en passant par Hidalgo.

 

Dans la 1er hypothèse son réservoir de voix pour espérer remonter son handicap est dans les résultats des « traîtres », ça ne fait pas un gros pactole, le gros réservoir est chez Le Pen et Zemmour.

 

Dans la 2e hypothèse le réservoir de voix est chez Le Pen et Zemmour.

 

« Objection votre honneur ! »

 

La dynamique Mélenchon réveille les abstentionnistes qui, en masse, volent au secours du sauveur.

 

Pourquoi pas, mais je pense que si Mélenchon avait choisi l’Union des gauches, au lieu d’une candidature en solitaire, cette lame de fond pouvait s’imaginer.

 

Voilà, j’ai posé ça mais l’heure n’est plus aux hypothèses mais à se poser la question : la position de Mélenchon « pas une voix à Le Pen », se traduit, dans les sondages par 30 % de ses électeurs s’en battent le coquillard et voteront Le Pen.

 

À chacun de réfléchir dans l’isoloir...

 

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