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10 janvier 2021 7 10 /01 /janvier /2021 06:00

 

Jean Glavany, alors Ministre de l’Agriculture, me dépêcha au chevet du Cognac en pleine perdition, médiateur entre les deux familles, comme on le dit en Charente, celles des viticulteurs faisant pisser la vigne et les « saigneurs », pardon les seigneurs des grandes maisons : Hennessy, Martell, Rémy-Martin, Courvoisier ICI (Martell n’était pas encore tombé dans le giron  de Pernod-Ricard)

 

Les rapports entre les 2 familles étaient musclés, les communistes du Modef, fort alcoolisés, s’étaient fait la main sur le directeur du BNIC, un sous-préfet pantouflard ; la Confédération Paysanne, les va-nu-pieds, posait les bonnes questions mais n’arrivait pas à accoucher de propositions de compromis ; le restant des viticulteurs suivait à la lettre les volontés des Grands. « Si tu n’es pas d’accord tu peux te la garder ton eau-de-vie, la blanche ! » On comprend que ça donnait à réfléchir.

 

Je ne vais pas entrer dans le détail de cette mission qui me voyait prendre chaque semaine le TGV Paris-Angoulême avant de gagner Cognac à bord de la R5 d’un agent de la DDA, gros fumeur. Je logeais dans un hôtel pour VRP au centre-ville. Je refusais toutes les invitations à dîner.

 

Bref, ayant pacifié le territoire, je sollicitai Glavany pour qu’il vienne sur le terrain sceller les fragiles accords. Très mitterrandien, il fut le chef de cabinet de Tonton, ce qui le chagrinait c’était que ceux-ci reposaient sur, disons, les gens de droite. Je le convainquis.

 

Tout ça pour vous dire que sa visite commença par le pèlerinage de Jarnac pour se recueillir sur les mannes de  François le petit gars de Jarnac. Je ne l’accompagnai pas. Tout se passa bien ensuite même si les excités du Modef firent leur cinéma habituel. Glavany fut content et, quelque temps après il me mit devant le fait accompli : m’accrocher la Légion d’Honneur au revers de mon veston. Je résistai. Très Tonton dans le texte le petit Jean me somma « C’est la République Jacques ! » Je cédai mais, fort de l’expérience, lorsque Le Foll, suite à ma mission laitière, voulut me promouvoir ce fut un non ferme et définitif.

 

Pour illustrer mon propos charentais une vieille chronique :

 

21 septembre 2007

Du rififi à Cognac  ICI 

 

Pour en terminer sur ce coup de rétroviseur je ne peux résister au plaisir d'évoquer les chefs de famille dont fait état l'article de Sud-Ouest : " Jean-Pierre Lacarrière entouré de Philippe Boujut vice-président, de Yann Fillioux chef de la famille du négoce, et Bernard Guionnet, chef de la famille viticole..." Ce titre désuet je l'ai découvert dans les années 83-84, lors de la énième crise du Cognac, lorsqu'à la demande du Président de la République de l'époque, qui n'oubliait pas ses origines charentaises, mon Ministre me missionnait pour rencontrer les chefs de famille du Cognac. Je fus reçu avec les honneurs dans une belle demeure. Les chefs de famille prirent la parole. Le ton était feutré. Je pris bonne note, assurais mes interlocuteurs que tout serait mis en oeuvre pour évacuer " les fameux cognacs mauvais goûts...", repartais pour Paris en ayant dans la tête l'image de l'arrivée dans la cour du château des représentants du Modef tout de noir vêtus tels des apparatchiks du Kremlin. Le dénouement de l'histoire c'est le marché qui s'en chargea : les ventes repartirent plein pot et on oublia les bonnes résolutions.

 

A la recherche de l'héritage de Mitterrand ICI 

Paris Match | Publié le 08/01/2021 à 05h48

Caroline Fontaine et Mariana Grépinet

 

A l’occasion du 25e anniversaire de la mort de l’ancien président, Emmanuel Macron se rend à Jarnac, ce vendredi, où il se recueillera sur la tombe de François Mitterrand mais ne prononcera pas de discours. Il déambulera ensuite dans la ville et visitera sa maison natale.

 

Ce vendredi 8 janvier, lorsqu’il signera le livre d’or de la maison natale de François Mitterrand, à Jarnac, après s’être recueilli sur sa tombe pour la première fois, Emmanuel Macron lira peut-être ce qu’a écrit son prédécesseur François Hollande. Ce dernier y rendait hommage à l’homme qu’il avait «suivi» et «servi» et ajoutait : «Tout est continuité et tout est changement.» Macron avait 4 ans en 1981. Le 10 mai 2021, pour le quarantième anniversaire de l’élection de Mitterrand, il lui rendra hommage avec un discours. «Le président retient de lui d’abord la construction de l’Europe, qui préserve la paix sur le continent, explique son conseiller mémoire, Bruno Roger-Petit. Puis l’abolition de la peine de mort, qui a permis un bond civilisationnel important.» Le 9 octobre, le chef de l’Etat célébrera les 40 ans de la promulgation de cette loi. Mitterrand est aussi, selon l’Elysée, «l’homme qui a banalisé les alternances et contribué à apaiser la vie démocratique».

 

François Mitterrand : le mystère de la dernière photo ICI

 

Le 16 janvier 1996, « Paris Match » publiait le cliché de l’ancien président de la République sur son lit de mort. Qui a osé le sacrilège ? En 2007, « Le Monde », révèlait que ce portrait avait été commandé à Patrick Amory, un proche de Danielle Mitterrand.

Par  et 

Publié le 17 janvier 2007 

 

Promotion de la Légion d’honneur du 1er janvier 2020 : Jean Glavany promu chevalier ICI 

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9 janvier 2021 6 09 /01 /janvier /2021 08:00

 

-Personne ne sortira de cette pièce avant que nous n'ayons pu répondre à ces deux questions:
 a) Qui a organisé cette réunion? b) Dans quel but ?

Le 29 décembre 2020 j’ai commis cette chronique :

 

Journal d’1 soumis au couvre-feu (15) pour accéder à la fameuse botte de l’ENA je propose des épreuves pratiques : préparer une carbonara par exemple. ICI 

 

« Patrick Gérard avance, bille en tête. Un arrêté, signé le 22 décembre, entérine les changements qu’il mûrit depuis trois ans. L’un d’eux est potentiellement détonnant. Le redouté classement de sortie va changer en profondeur. L’enjeu est immense : la hiérarchie qu’il établit détermine la distribution des postes qu’occuperont les énarques frais émoulus. Ceux qui se hissent dans les quinze premières places, la « botte », décrochent le Graal : l’accès aux grands corps (Conseil d’Etat, Cour des comptes, Inspection générale des finances [IGF]).

 

Or, jusqu’à présent, les épreuves du classement de sortie sont encore très académiques. M. Gérard décide qu’à partir de la promotion qui arrivera à Strasbourg en janvier 2021, les épreuves ne porteront plus tant sur ce que les élèves savent, que sur ce qu’ils auront appris à faire. « Au lieu de faire des épreuves académiques comme on faisait jusqu’à présent, droit, économie et finances, territoires…, on va faire des épreuves extrêmement pratiques, qui ont pour objet de vérifier que les élèves ont acquis chacune des compétences », a déclaré le directeur à l’Agence France-Presse (AFP), jeudi 24 décembre. Ce qu’il s’agit d’évaluer, ce ne sont plus tant les connaissances, maintes fois démontrées par ces jeunes au parcours académique ultrabrillant, que les compétences acquises à l’ENA. »

 

D’où ma proposition provocante : leur faire préparer une carbonara par exemple.

 

Et qui mieux que l’un des duos les plus célèbres de France : Alessandra Pierini&François-Régis Gaudry pour débourrer les futures élites de la République…

 

Le tablier de FRG est tendance, celui d’Alessandra beaucoup plus sage. Tous deux parlent beaucoup avec les mains. Beau geste de gaucher de FRG pour faire sauter la pasta dans la poêle.

 

Sans me vanter ma carbonara vaut aussi le détour mais je ne suis pas candidat pour déniaiser les futures élites de la République.

 

Petit reproche au duo italo-français : l’absence du verre de vin qui lubrifie le palais entre deux fourchées de carbonara...

 

François-Régis Gaudry, le gourmand intranquille, sur France Inter et Paris Première ICI 

 

Hyperactif et exigeant, le journaliste mitonne ses émissions au gramme près, mais avec, toujours, des enthousiasmes d’enfant.

Par Emilie Grangeray

Publié le 04 décembre

 

Écouter François-Régis Gaudry, c’est s’ouvrir l’appétit, et, avouons-le, finir par avoir faim et se retrouver, si d’aventure on l’écoute en replay, avec quelque chose sur le feu en plein après-midi. Aller le voir, c’est donc prendre quelques risques. Celui qu’il nous parle de la cuisine « généreuse, évidente » de sa mère et de sa grand-mère corses (courgettes farcies au brocciu et fiadone en rab). Celui qu’il nous raconte mille anecdotes : « Saviez-vous que la betterave est de la même famille que les épinards, celle des chénopodiacées ? » Celui qu’il évoque un ou deux plats – le tiramisu, roi de l’oxymore : « froid et douillet à la fois » – et nous donne envie de rentrer dîner.

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8 janvier 2021 5 08 /01 /janvier /2021 08:00

 

Tout y est, scénario indigent, mise en scène des années 50, choix du lieu, des costumes, des vins, des grands bien sûr, Bettane tel qu’en lui-même, Desseauve post-moderne assurant le service, nul besoin de commentaires, vous les ferez vous-même, c’est une pépite, un diamant brut, un sommet de ringardise, j’en suis resté bouche bée ce qui ne m’a pas empêché de déguster, de savourer ce pauvre numéro de duettistes surgit de l’ancien monde.  

 

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7 janvier 2021 4 07 /01 /janvier /2021 08:00

 

La stratégie vaccinale du gouvernement bute, nous expliquent sur les plateaux de télévision des experts en tout et en rien, des yaka, faukon, sur son incapacité à maîtriser la logistique du dernier kilomètre.

 

Notre guide élyséen, très féru d’Histoire, collectionnant les hommages de De Gaulle à Mitterrand, a fait sienne la célèbre réplique du premier à l’un de ses officiers qui s'inquiétait des contraintes pratiques de sa stratégie «L'intendance suivra» En clair, les moyens devront s'adapter, coûte que coûte, à la décision du commandement.

 

Pas simple d’imaginer les moyens à mettre en œuvre pour programmer la livraison d’un vaccin, hautement sensible à la chaleur, en de multiples points du territoire, en ville comme à la campagne. Notre administration n’est guère apte à le faire. À sa décharge, même les grands de la GD, rois de la logistique, ce sont cassés les dents lorsqu’ils ont voulu livrer des produits achetés sur le Net. Ils ont fait machine arrière en proposant le drive : c’est le client qui va récupérer le produit. Bref, le succès d’Amazon tient surtout au fait qu’il livre à la vitesse de l’éclair des produits non périssables et généralement de faible poids et volume.

 

Alors pourquoi diable ce matin exhumer l’hectomètre ?

 

Tout simplement en me souvenant d’une chronique d’Aurélien Bellanger : les hectomètres.

 

 

Hectomètre. C’est la raison secrète pour laquelle je regarde du cyclisme à la télévision.

 

C’est le seul domaine où ce terme est encore en usage. Quand j’avais appris en primaire le système métrique, j’avais eu un peu pitié de l’hectomètre, le moins aimé des termes de longueur. Carl Lewis était champion du monde du cent mètres, pas de l’hectomètre. Quand j’avais été initié au concept de l’hectare — et de la façon la plus concrète qui soit, en déroulant avec mon grand-père une bobine de fil bleu pour mettre une parcelle de prairie en culture — on ne m’avait pas dit que c’était un carré d’un hectomètre de côté.

 

Le plus subtil marqueur du passage d’une culture rurale à une culture urbaine est sans doute à chercher dans le triomphe du millimètre, au détriment de l’hectomètre. C’est simple : il n’y a que Jalabert, le héros cycliste moyen de mon adolescence, devenu consultant pour France Télévision, qui parle encore d’hectomètre. C’est juste avant que le sprint s’élance, et on voit presque sa bouche éternellement maussade dans le H aspiré « des derniers hectomètres ».

 

Mais où sont donc passées les petites bornes blanches marquant les hectomètres au bord de nos routes nationales, départementales ?

 

 

Je propose donc d’inclure dans les questions du grand oral de l’ENA de l’hectomètre ainsi que l’hectare, l’are et le centiare. Je n’irai pas jusqu’à exiger que l’on y inclue la boisselée… Trop subtil pour eux…

 

La boisselée : « superficie de terre qu’on peut ensemencer avec un boisseau de grains, superficie très variable qui correspond aux variations du boisseau. » Marcel Lachiver

 

                                                                                   Boisseaux creusés dans la pierre

 

« Avec (...) ses cent cinquante boisselées (...) de vigne » Roger Martin du Gard, Le Testament du Père Leleu, 1920.

 

1 boisselée = environ 430 mètres carrés

 

8 boisselées = environ 1 arpent (soit 3418 4/5 mètres carrés)

LES BORNES ROUTIÈRES HECTOMÉTRIQUES ICI

Publié le  par Les RENDEZ-VOUS de La REINE  

Borne en ciment peinte en blanc avec un chiffre noir peint. La borne hectométrique 5 de la photo a été prise sur une petite départementale aux alentours des portes des Cévennes dans le département du Gard. Elle indique qu’elle se situe à 500m de la borne précédente et donc à 500m de la prochaine à venir. 500m + 500m = 1km

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6 janvier 2021 3 06 /01 /janvier /2021 08:00

 

J’ai reçu, par les bons soins d’Hervé Neveu-Derotrie, le beau livre de photographies de Michelle Neveu-Derotrie : Regards de femme. L’Île d’Yeu au début du XXe siècle.

 

 

J’en profite pour vous faire découvrir une activité qui a disparue : les soudiers, les ramasseurs de goémon.

 

 

« En ce moment à la pointe nord on s’agite énormément, on travaille ferme, on n’a point  comme on dit vulgairement, les deux pieds dans le même sabot, que dis-je ? les sabots sont relégués au second plan ; pieds nus, le long râteau à la main, hommes et femmes recueillent avec ardeur le précieux goémon que la grosse houle détache des rochers, roule dans ses tourbillons et jette dans toutes les criques et sur toutes les grèves. 

 

C’est un va et vient perpétuel des modestes porteurs aux longues oreilles qui, toujours graves, toujours pensifs, vont sous la conduite des femmes et des enfants, déposer la récolte tout humide sur le gazon où elle devra sécher un peu avant d’être mise en barge. Pour être pittoresque, le travail n’en est pas moins très pénible. Avant que le goémon soit transformé en soude il aura fallu supporter bien des fatigues.

 

Ne  serait-il pas fâcheux, bien fâcheux que des efforts si méritoires et si dignes de respect, ne fussent récompensés que par un peu d’argent ? Qui que vous soyez, travailleurs, restez chrétiens, remplissez les devoirs du chrétien, gardez vos âmes pures et votre travail, offert à Dieu, méritera des récompenses éternelles.»

 

La Croix de l’Ile d’Yeu, 15 mai 1898

 

11 novembre 2019

37 - Le goémon nourricier du Loch ICI 

 

Le brûlage du goémon

 

   Les fours à goémon (forn zoud) consistaient en une tranchée de forme rectangulaire à section trapézoïdale, creusée dans le sol, longue de 6 à 9 mètres, large de ± 60 cm, profonde de ± 50 cm. Les parois et le fond de cette tranchée étaient dallés de pierres plates et lisses, assemblées avec de l'argile.

 

   Le brûlage avait lieu à la fin de l'été et pouvait durer 20 jours, en fonction de la quantité de goémon séché et du nombre d'opérateurs. L'allumage du four avait lieu vers 7 heures. Il se faisait, dans chaque compartiment, avec des fagots de genêt ou d'ajonc ; puis le goémon était jeté par petites poignées dans le brasier qu'il fallait alimenter sans interruption toute la journée. Des goémoniers défaisaient les tas, apportaient les algues sèches, d'autres s'occupaient du four. Les opérations se faisaient dans une chaleur d'enfer, toujours opposées au vent de façon à éviter les fumées épaisses et âcres. Pendant les brûlages, amers, rochers et falaises devenaient souvent invisibles. Ce qui obligea les instructions nautiques de l'époque à mentionner la dangerosité de certaines côtes.

 

L'art de l'incinération consistait à réguler le tirage du foyer sur toute sa longueur : la température devait être suffisante pour faire fondre les cendres des algues, mais sans être excessive pour éviter l'évaporation de l'iode, très volatil.

 

 

 

En fin d'après-midi, le four était rempli de cendres en fusion. On homogénéisait cette masse incandescente (à l'aspect de lave) en la brassant et en la malaxant (meska ar zoud). Ce travail pénible, appelé « pifonnage » durait une à deux heures. Il s’achevait lorsque la soude, se refroidissant et s'épaississant progressivement, devenait compacte. Le magma obtenu recevait alors sa forme à coups de houe.

 

  Si la soude en fusion n’était pas bien remuée, elle se solidifiait mal et restait granuleuse et cassante. Par contre, ce malaxage prolongé provoquait l'évaporation de l'iode. Pourtant, malgré les recommandations des usiniers, les soudiers étaient plus sensibles à la présentation de leurs blocs, de leurs pains de soude, qu'à la teneur en iode de leur fabrication !

 

   Traditionnellement, on cuisait les repas sur la bouillie brûlante. On posait, sur les blocs, pommes de terre, poissons, berniques et oignons qui s'imprégnaient du goût incomparable de l'iode. La journée pouvait se terminer fort tard. Le reste de la nuit, les pains refroidissaient lentement, sans surveillance.

 

   Le lendemain matin, vers cinq ou six heures, on procédait au démoulage des pains. Armés de barres à mine et de piques, les goémoniers extrayaient les blocs du four (8 à 10 pains de 60 à 80 kg chacun). Pour ce faire, et pour éviter de casser les blocs de soude, ils commençaient par démolir une des extrémités du four. La section trapézoïdale du four facilitait quelque peu les opérations. Les pains de soude, grisâtres, étaient entreposés près des fours, sous une bâche (la soude ayant tendance à s'effriter dès qu'elle prenait de l'humidité). Il restait à reconfigurer le four et à préparer la place pour une autre fournée.

 

   En douze heures, on brûlait en moyenne 3 tonnes de goémon sec pour le transformer en 600 Kg de soude. Une fois traité à l'usine du Stum on pouvait obtenir ainsi 6 à 9 Kg d'iode.

 

 

A l’usine

 

    Les pains étaient transportés en char à banc jusqu’à l'usine du Stum, puis pesé. Le goémonier était ensuite payé en fonction de la teneur en iode de sa production après prélèvement et analyse d'échantillons sur chaque pain réalisé par le laboratoire de l'usine.

 

Le traitement des pains de soude pouvait débuter, il se prolongeait tout l'hiver. Diverses opérations permettaient d'extraire l'iode de la soude. Les pains étaient d'abord concassés par des femmes et passés très lentement à l'eau pour en extraire les iodures, les chlorures de sodium et de potassium. Puis, par chauffage, on provoquait l'évaporation de l'eau et la séparation des chlorures ; on éliminait les sulfures avec de l'acide sulfurique ; on recueillait alors l'iode en « produit pur ». Par vent de nord, les habitants d'Audierne et de Poulgoazec recevaient des bouffées d'hydrogène sulfuré (odeur d’œufs pourris), mal odorantes mais sans danger ! Les sous-produits extraits des pains de soude étaient revendus comme engrais

 

Mathurin Joseph Meheut


(1882, France - 1958, France)

 

Ramasseurs de goémon

 

[1912]

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6 janvier 2021 3 06 /01 /janvier /2021 08:00

 

ARIEGE : LE SABOTIER ICI 

 

 

Dans la chronique du jour sur les soudiers il est écrit qu’ils n’avaient les deux pieds dans le même sabot.

 

 

Ça m’a fait penser aux sabots de bois du pépé Louis et au sabotier qui les fabriquait.

 

 

13 décembre 2008

Le temps de l’Avent et l’arbre aux sabots

 

 

À la veille de Noël, sans tomber dans la nostalgie, je dois avouer qu’en ce temps de l’Avent (pour les mécréants du latin adventus, « venue, avènement s'ouvre le 4e dimanche précédant Noël) je pense à mes jeunes années d’enfant de chœur turbulent à l’église Saint Jacques le Majeur de la Mothe-Achard.

 

 

Notre sacristain, un petit bonhomme, aussi noueux qu’un sarment de vigne, exerçait la profession de sabotier ; profession en pleine déconfiture depuis que les paysans avaient adopté les chaussures, des brodequins ou des godillots (du nom d’Alexis Godillot fournisseur de l’armée).

 

 

La fonction de sacristain, elle aussi, se réduisait comme une peau de chagrin et notre homme, les jours de semaine, suppléait Gégène l’aveugle préposé à l’harmonium. Il jouait d’oreille et, comme il n’en avait plus, les offices du matin prenaient des airs de concerts de musique concrète.

 

 

Mon pépé Louis portait des sabots quand il s’occupait de ses bêtes. Il les garnissait d’un lit de paille douce et, été comme hiver, il y glissait ses pieds nus. Comme tous les enfants j’adorais lui emprunter ses sabots, bien trop grands, pour m’amuser. Mémé Marie s’inquiétait de mes chevilles mais moi j’adorais la tiédeur de ces mastodontes.

 

La suite ICI 

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4 janvier 2021 1 04 /01 /janvier /2021 06:00

 

6 mars 2020

Au temps du groupe Saint-Germain j’ai côtoyé Jean Viard l’homme du Sacre de la terre… ICI 

 

Récemment je l’ai vu à la télé dans l’émission d’Yves Calvi sur Canal + l’Info du vrai, analyser la nouvelle galéjade à la mairie de Marseille, le tango du Vieux Port Rubirola&Payan.

 

 

« Noël sera le tournant vers une renaissance de la société », selon le sociologue Jean Viard

 

Le sociologue Jean Viard, qui a signé un livre sur l'impact de la pandémie de coronavirus sur l'avenir de la société, "La page blanche" aux éditions de l'Aube, fait le point sur l'impact de la crise sanitaire sur la période symbolique des fêtes de fin d'année.

 

Pour Jean Viard, sociologue et auteur du livre "La page blanche" (éditions de l'Aube) sur l'impact de la pandémie de coronavirus sur la société, les fêtes de fin d'année marquent un virage vers une renaissance de la société, "secouée" après une année marquée par la crise sanitaire et appelée à se réinventer avec la perspective du vaccin, un "horizon dans la brume".

 

Interview.

 

La Dépêche du Midi : En quoi le symbole des fêtes de fin d'année va-t-il changer cette année avec le coronavirus ?

 

 

Jean Viard : On est tous déprimés, on vient de passer une année épouvantable et on avait besoin de faire la fête. Il risque d'y avoir des tensions dans beaucoup de familles et il y aura sans doute environ 20 % des gens qui ne respecteront pas les règles sanitaires. Pour le Nouvel an, ce ne sera pas le triomphe de l'amitié et de l'érotisme des autres années. Ça risque d'être difficile pour les jeunes.

 

 

Mais pour Noël, qui est la communion autour de l'espérance, on est en quelque sorte revenus à l'origine de la fête chrétienne. Le vaccin est devenu l'étoile du Berger. Les Rois mages s'appellent aujourd'hui Moderna, Pfizer et BioNTech. On va sans doute moins dépenser, on sera moins nombreux et on ne garde que ceux qu'on aime le plus, sans les personnes qu'on est contraints d'inviter... On revient à des valeurs plus traditionnelles, avec le foyer au cœur du refuge. On pourrait presque dire qu'il y a une purification de la fête de consommation.

 

 

  • Les confinements successifs et les gestes barrière nous ont-ils conduits à nous replier sur nous-mêmes et vont-ils rendre ces moments de retrouvailles plus compliqués ?
  •  

 

Justement, cette année, on s'est repliés sur nous-mêmes et le foyer familial s'est placé au cœur de la sécurité. Ça a revalidé la notion de famille légale, officielle. Je pense que là, à cette période de Noël, il y a une majorité de familles pour lesquelles ça va bien se passer. On a tous peur de la maladie et on veut protéger les autres et ne pas tomber malade soi-même.

 

 

On a tellement entendu les consignes, la plupart des gens se lavent les mains, portent le masque... Et on va s'adapter, peut-être passer deux heures sur Zoom avec Papy et Mamie qui n'ont pas pu venir le soir de Noël. L'amour familial est devenu numérique. Quelque part, ça sera un Noël original, ça donne plus de sens à une fête obligatoire et répétitive, qui est parfois devenu une débauche d'argent. Même si on n'est pas nombreux, on a besoin de se voir.

 

 

  • La perspective d'une troisième vague après les fêtes et d'un possible reconfinement ne risque-t-elle pas de balayer cette notion "d'espérance" qui symbolise justement Noël ?
  •  

 

Noël, c'est un peu le tournant, qui arrive en concomitance avec le vaccin. Dans la symbolique de nos sociétés occidentales, c'est un moment de naissance, là, ce sera un moment de renaissance. En janvier, février, mars, il y aura un regain de l'épidémie et un probable reconfinement, on le sait tous ! Mais ce n'est pas très grave parce qu'il y a la perspective du vaccin, c'est la porte de sortie. Même s'il y a des personnes réticentes, il y aura quand même un mouvement autour du vaccin et l'horizon va se dégager dans la brume. Il y aura quand même de la brume mais, quand on voit l'horizon, c'est beaucoup plus supportable.

 

 

  • En quoi consistera, selon vous, cette "renaissance" ?

 

Je pense que l'on vit une épopée de temps de guerre. Mais comme à chaque grande crise, il y a ensuite un regain de désir, d'amour et de création. C'est ce qui s'est passé pendant les Trente Glorieuses. Depuis un an, la société a été secouée comme un prunier. On a beaucoup appris pendant cette période et cette année a été marquée, mais pas forcément que de négatif. Les couples se sont retrouvés, les gens ont investi dans leurs maisons, ils se sont posé des questions sur leur travail... Et les Français ont économisé 200 milliards d'euros, qui pourront être dépensés dans la création d'entreprises, dans les commerces... Il y a toujours une énergie énorme qui succède aux crises.

 

   

Propos recueillis par Capucine Moulas

«Il faut un nouveau pacte avec le monde agricole» ICI 

 

Publié le 

Vous dites qu'il faut un nouveau pacte entre le monde agricole et la société. Un pacte basé sur quoi ?

 

La France est un des rares pays à avoir eu des projets pour l'agriculture en pleine révolution industrielle. Au XIXe, on a eu un pacte politique, en disant on va avoir beaucoup d'agriculteurs qui seront la base de la République, en étant conseillers municipaux, soldats, chefs de famille. C'était le modèle de la France de Jules Ferry, jusqu'à Pisani. Il garantissait l'enracinement dans le territoire, une façon de lutter contre le monde ouvrier et les révoltes urbaines. On leur avait garanti que le cœur de la civilisation française ce serait la paysannerie, on en porte encore les stigmates. De Gaulle renverse la machine puisqu'en fermant les colonies il demande désormais aux paysans de garantir l'indépendance alimentaire, c'est son pacte, pour une agriculture technique, chimique, avec le passage de 3 millions d'exploitations à 500 000. Aujourd'hui, l'enjeu c'est d'avoir une agriculture qui nous nourrit mais aussi écologiquement saine, qui produise de l'air, de l'eau, de la forêt, d'avoir un écosystème France conforme à la COP21. L'indépendance n'est plus le cœur du modèle, c'est la qualité France.

 

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3 janvier 2021 7 03 /01 /janvier /2021 08:00

 

Attendu que j’ai des lecteurs, vignerons ou non, mélomanes, ce premier dimanche de 2021 est consacré à la bande-son du film d’Alain Resnais Hiroshima mon amour.

 

Le film à Cannes

 

Festival de Cannes 1959 : Jean-Pierre Léaud, Jean Cocteau et François Truffaut

 

En 1959, le ministre de la Culture, André Malraux, sélectionne le film pour le Festival de Cannes. La délégation américaine exige son retrait de la compétition. Car, à ses yeux, cette rencontre d'une jeune actrice française et d'un architecte japonais à Hiroshima, toujours traumatisée quinze ans après sa destruction par une bombe atomique, constitue une attaque frontale.

 

Le chef de l'État n'y est pas plus favorable, soucieux de ne pas faire de vagues alors qu'il vient de faire réaliser les premiers essais nucléaires. Et il faudra toute la force de persuasion d'un Malraux pour que cet appel à la réconciliation des peuples soit finalement projeté à Cannes, mais hors compétition, à l'extérieur du Palais, et à un horaire inhabituel.

 

« C’est de la merde. »

 

Voilà l’avis du président du jury du festival de Cannes 1959 à propos de Hiroshima mon amour, premier long métrage du réalisateur français Alain Resnais. Il s’agit de Marcel Achard, auteur dramatique en vue à l’époque, mais qui peut citer une de ses pièces, aujourd’hui ? Il n’a pas passé la barrière du XXIe siècle.

 

 

Face à lui, Claude Chabrol, qui n'est pas du genre à se laisser impressionner, affirme : « Ce film est le plus beau que j'aie vu depuis cinq cents ans. »

 

Un bail.

 

Les années ont passé, on ne s'écharpe plus guère à propos de cinéma, mais on sait aujourd'hui que ce film d'amour franco-japonais écrit par Marguerite Duras, mis en scène par Alain Resnais, interprété par Emmanuelle Riva, a compté pour les futurs cinéastes peut-être plus qu'aucun autre. C'est ce que Brian De Palma déclarait récemment, confiant s'être souvent inspiré des multiples "inventions" de Resnais.

 

« On raconte souvent qu’un amour chasse l’autre. Or ici, dans des circonstances exceptionnelles, l’amour se nourrit d’un nouvel amour. Ainsi la jeune femme retrouve, après quatorze ans, la sensation de son premier amour et identifie le Japonais a l’homme qu’elle a aimé. »

Alain Resnais, Le Monde, 10/11 mai 1959

 

 

« Après plusieurs courts métrages, notamment sur l'Art et sur l'holocauste, Alain Resnais réalise son premier long métrage en 1958, sur un scénario de Marguerite Duras. Le producteur Anatole Dauman put donc permettre au cinéaste de mettre totalement en oeuvre son attachement pour la mémoire et l'imagination, l'amour et la souffrance, l'oubli.

 

Le compositeur de la musique de ce film est un italien, Giovanni Fusco, qui signa entres autres les musiques de Chronique d'un amour (1950), Le Cri (57), L'Avventura (60), L'Eclipse (62), Le Désert rouge (64), tous quatre de M.Antonioni. Cependant Georges Delerue collabora aussi au film (musique du Juke-box), et tous deux travaillèrent une seconde fois ensemble sur un autre film de Resnais, La Guerre est finie (1966).

 

C'est la première composition de Delerue pour un long métrage. Il introduit déjà sa notion du tendre et fait preuve d'une grande richesse mélodique - suivra la longue collaboration avec Truffaut. Fusco, quant à lui, a su introduire au cinéma des sonorités expérimentales de la musique contemporaine (c'est l'époque de Messiaen, Dutilleux, Boulez...).

 

La musique et plus généralement la bande-son, ont chez Resnais une fonction complètement dépendance de la caméra, et de l'esthétique de l'image en général. Elles n'ont en effet pas une fonction de remplissage ou de divertissement. "L'utilisation de la musique au cinéma est une chose qui m'intéresse depuis trente ans. J'ai toujours fait attention - dans mes courts métrages aussi bien que dans les longs - à l'organisation de la musique et à ce qu'on pouvait en tirer", déclare Resnais en 1984. Nous allons étudier en quoi la musique et les dialogues prolongent les impressions visuelles, par le biais de leurs récurrences.

 

La suite ICI 

André Malraux

 

Allocution prononcée le 15 mai 1959 au Festival de Cannes

 

Puisque, pour la première fois, le ministre chargé du Cinéma se trouve être l'un des vôtres, qu'il lui soit permis de vous remercier d'abord selon les devoirs du ministre et de vous parler ensuite selon les plaisirs du complice.

 

Je remercie tous ceux qui ont contribué au succès de ce Festival, en particulier ses organisateurs et les membres des délégations étrangères.

 

On ne saurait trop insister sur son action, car du Japon aux Etats-Unis, comme naguère en Italie, et peut-être cette année en France, il a révélé des tendances qui, sans lui, n'auraient sans doute été acceptées que beaucoup plus tard.

 

C'est à vous qu'il appartient de donner au talent son action la plus rapide, comme c'est aux Etats-Unis de lui donner maintenant son action la plus durable.

 

Avant la fin de l'année, la Cinémathèque française sera devenue la Comédie-Française du cinéma. Et avant trois ans dans tous nos départements, chaque Maison de la culture possédera son ciné-club.

 

Que chaque festival continue à défendre le cinéma en tant qu'art, en tant que création. Ce sont des choix comme les vôtres qui légitiment l'aide des Etats, dont la justification est de rendre plus faciles les conquêtes de votre liberté.

 

L'importance du cinéma, c'est qu'il est le premier art mondial. La puissance de l'image est victorieuse des différences de langue. Et au service du Russe Tolstoï, une actrice suédoise dirigée par un metteur en scène américain, bouleverse l'Occident, l'Inde ou le Japon.

 

Que la puissance convaincante des images ne nous trompe pas. Elle ne tient nullement, vous le savez tous, à ce que le cinéma imite la réalité, mais à ce qu'il est le plus puissant interprète du monde irréel; de ce qui, depuis toujours, paraît ressembler au réel, mais à quoi le réel ne ressemble pas.

 

Ça été le monde du roman et plus encore celui de la peinture. Mais si le roman s'affaiblit d'année en année, si la peinture, figurative ou non, a renoncé à la fiction, c'est peut-être d'abord parce qu'aucune fiction n'est rivale de celle du cinéma.

 

Ce que le cinéma nous révèle chaque année davantage, c'est que les hommes, malgré tout ce qui les sépare, malgré les plus graves conflits, communient dans quelques rêves fondamentaux.

 

Par ce que le cinéma exprime, et aussi par ce qu'il n'exprime pas. Je m'explique : lorsque j'étais des vôtres… (Ici, le projet pour la fin d'Anna Karénine).

 

Et ce ciel-là se trouve dans tout film de talent, même dans ceux où on ne voit jamais.

 

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3 janvier 2021 7 03 /01 /janvier /2021 06:00

 

Mon titre est volontairement piégeux, 2020, qui touche à sa fin, en dépit d’une consonance aimable pour les grands amateurs du divin nectar, type Butane&Degaz : 2000 vins, a fait surgir un nouveau monstre qui répand la terreur sur la terre entière : le Covid 19.

 

La liste des Monstres était déjà bien trop longue je ne prendrai pas la peine de la dresser, ce serait peine perdue car mes Monstres à moi, les anciens et les nouveaux ce n’est que du cinéma.

 

En effet, 1963, Dino Risi tournait Les Monstres avec Vittorio Gassman et Ugo Tognazzi.

 

https://www.telerama.fr/sites/tr_master/files/a1054534-509c-451c-bfd2-7185bf39ed82_2.jpg

 

Considéré comme l'acmé du film à sketchs, Les Monstres dresse, en dix-neuf histoires plus ou moins efficaces, un portrait composite de l'Italie des années 1960.

 

Tout le monde en prend pour son grade : l'Etat magouilleur, le bourgeois parvenu, le clergé arrogant, la famille pathogène, l'amant couard, mais aussi le déshérité sans morale (dans « Une vie de chien », Gassman abandonne sa famille dans un bidonville pour aller au match).

 

Dino Risi a la dent dure et l'humour aiguisé, il n'épargne personne et n'a pas peur d'en faire parfois beaucoup !

 

Ugo Tognazzi et Vittorio Gassman sont ses marionnettes, souvent méconnaissables, endossant tous les travestissements (dans « La muse », Gassman est une formidable vieille rombière qui s'entiche d'un auteur mauvais garçon). Plus la situation est scabreuse, plus ils en font des tonnes !

 

A ce jeu de massacre, Gassman est le plus théâtral ; Tognazzi, le plus vil. Quand ils sont ensemble dans le même sketch, c'est explosif : dans « Le monstre », ils sont deux carabinieri encore plus horribles que le père infanticide qu'ils viennent capturer.

 

Dans notre préféré, « Le noble art », où les deux acteurs sont deux ex-boxeurs demeurés, Risi arrive à les rendre à la fois pathétiques, méprisables et touchants. Plus proche de l'esprit de Reiser que de celui des jeunes intellos de la Nouvelle Vague française, plus cru qu'un Monicelli, plus noir qu'un Scola, Dino Risi est certainement le plus féroce des grands monstres de la comédie à l'italienne. — Anne Dessuant

 

« Les Monstres », bêtes et méchants

Un film à sketches qui fait mouche, signé Dino Risi.

  •  

A sa sortie, au Quartier latin, en pleine nouvelle vague française, « les Monstres » fut accueilli avec tiédeur. Au cinéma le Panthéon, nous n’étions pas nombreux à nous émerveiller des clowneries de Vittorio Gassman. Lui-même gardait un souvenir gai du tournage : « Qui aurait cru que cette comédie resterait dans les mémoires ? Nous nous amusions, voilà tout », disait-il en 1990.

Vingt historiettes amorales

Avec « les Monstres », le succès public est au rendez-vous, dès 1963. Ce film à sketches fait mouche : Ugo Tognazzi enseigne à son fils comment escroquer tout le monde ; un abbé se maquille comme une pépée de bordel avant d’entrer en scène ; un mendiant se sert d’un jeune aveugle pour faire la manche ; un réalisateur kidnappe des grands-mères pour les faire tourner dans ses films… 

 

Bref, en 20 historiettes amorales, Risi nous présente une galerie étonnante de types veules, de salauds repentis, de crapules au petit pied. Le rire, grinçant, cache une forme de tendresse : « Avec l’humour, disait Risi, l’homme est déshabillé. » Ce cinéma-là a disparu : il avait un goût de bonheur.

 

Quinze ans plus tard, Scola et Monicelli, derrière la caméra, et Alberto Sordi devant, le rejoignent pour fustiger avec une férocité joyeuse l'église, la petite bourgeoisie et la politique.

 

 

Cette implacable satire dégage une spontanéité réjouissante, grâce aussi aux trois cabots de génie que sont Sordi, Gassman et Tognazzi, qui ont improvisé plusieurs sketches.

 

La scène finale du restaurant montre Tognazzi et Gassman s'envoyant à la figure tout ce qui leur tombe sous la main dans leur cuisine. Ils en sortent enfin pour servir, tant bien que mal, une bande de clients snobs et ravis, « certains d'avoir retrouvé l'authenticité de la cuisine populaire. Il y a là une métaphore du rôle que joue le cinéma italien dans l'imaginaire du cinéma français. Cette bande de clients, c'est nous, ou plutôt ceux qui prêtent toujours au cinéma italien toutes les qualités qu'ils savent absentes du cinéma français (audace, culot, sens du social…). Et ces cuisiniers approximatifs c'est eux, ceux qui font le cinéma italien, qui tentent de le prolonger en dépit d'une crise sévère et d'un déclin net, en gérant cette image, en concoctant un rata filmique qui sera toujours assez bon pour l'exportation. » (Serge Daney, Cahiers du Cinéma)

 

NOUVEAUX MONSTRES (LES) (1977) version expurgée des sketchs « Avec le bonjour de tous les amis » et « Le suspect »

Actor:

Alberto Sordi, Emilia Fabi, Eros Pagni, Fiona Florence, Luigi Diberti, Nerina Montagnani, Ornella Muti, Vittorio Gassman, Yorgo Voyagis

Director:

Dino Risi, Ettore Scola, Mario Monicelli

1977

Titre original:

I nuovi mostri

Scénario

Age & Scarpelli, Bernardino Zapponi, Ruggero Maccari

Musique

Armando Trovajoli ICI

 

SYNOPSIS de « Le pinson du Val Padouan »

 

Dans une gigantesque boîte de nuit romaine, un homme hurle à la cantonade, depuis une passerelle, les mérites d’une chanteuse en représentation. Mérites vocaux mais très vite il passe sur ses mérites sexuels. A la fin de la chanson il se précipite pour la rejoindre avec un verre de sa boisson préférée. Il est en fait son mari et son impresario. Lorsque son petit pinson du Val padouan lui annonce qu’elle ressent un léger mal de gorge le voici aux quatre cent coups…

 

CRITIQUE

 

Bonne mise en bouche pour débuter ce film à sketch. Sans toutefois atteindre des sommets cette comédie d’Ettore Scola cisèle le portrait d’un profiteur du talent de sa femme, prêt à tout pour que celle-ci puisse rapporter de l’argent même malade. L’ignominie machiste incarnée superbement par Ugo Tognazzi qui fait un grand numéro.

 

SYNOPSIS de « Tantum ergo »

 

Un cardinal et son secrétaire qui se rendait en limousine à une inauguration tombe en panne en banlieue. Comble de malchance c’est dimanche. Le chauffeur doit se débrouiller mais le cardinal ne peut arriver en dépanneuse ce serait peu digne. Par chance une petite église de quartier est à quelques mètres  Ils s’y rendent. Mais les lieux sont profanés par des inscriptions anticléricales et en faveur du logement. Le cardinal débarque en pleine réunion du collectif mené par un abbé…

 

CRITIQUE

 

Sketch éminemment anticlérical. Où les cardinaux en limousines daignent s’adresser aux mal logés, mais pas pour les aider. Pour les inciter à la résignation et à la mansuétude. Il les noie dans un salmigondis religieux hypocrite et pervers pour ramener dieu dans le bâtiment désaffecté. Vittorio Gassman dans ce film de Dino Risi fait appel à son physique ample et avec sa soutane cardinalice rouge envoûte les pauvres hères, les abêtissants de paroles idiotes. Dino Risi avec le duo Age & Scarpelli flinguent  le Vatican.

 

SYNOPSIS de « Auto-stop » 

 

Un voyageur de commerce prend en stop une jeune femme. Mais devant les avances du conducteur, la passagère se fait passer pour une meurtrière dangereuse et évadée…

 

CRITIQUE

 

Le sujet du voyageur de commerce qui drague éhontément une auto-stoppeuse a un goût de déjà-vu. Malgré une fin violente et étonnante, le sketch manque un peu de mordant ou d’originalité. Eros Pagni est quand même très bon en italien moyen et libidineux.

 

SYNOPSIS     d’« Enlèvement d’une personne chère»

 

Un homme au téléphone supplie devant les médias les ravisseurs de sa femme de les appeler…

 

CRITIQUE

 

Le sketch le plus court et un des moins réussis car le scénario fait un peu dans la facilité. Malgré tout le talent de Vittorio Gassman le sketch ne fonctionne pas.

 

SYNOPSIS de « Premiers soins»

 

Un prince italien roulant dans une Rolls Royce blanche et un peu décadente, se rend à une réunion à propos du schisme de Mgr Lefebvre et ses traditionalistes. Perdu dans une banlieue au nom des rues exotiques, il trouve un homme qui pourrait le renseigner. Hélas celui-ci est à l’agonie renversé et abandonné par un automobiliste. Le prince le prend en voiture pour l’amener à l’hôpital…

 

CRITIQUE

 

Sketch de Mario Monicelli absolument insensé et hilarant.


Mais en plus sous des aspects de grande comédie, Age & Scarpelli délivrent un message politique fort et amer sur les grandes institutions incapables de répondre aux besoins des italiens. Que l’hôpital soit public, religieux ou militaire, le Prince et son moribond se font refouler à l’entrée de chaque établissement de santé. Alberto Sordi livre un personnage incroyable, vicelard qui semble confi par l’alcool et les partouzes, représentant d’une élite oisive et richissime en pleine déliquescence mentale. Un must de la comédie à l’italienne!

 

SYNOPSIS du « Grand fils à sa petite maman » 

 

Une vieille femme et son fils Giovanino débile léger clochardisés, arpentent les rues et les parcs de la capitale italienne où ils ramassent les immondices qui traînent tout en s’amusant…

CRITIQUE

 

Un des sketchs les moins pertinents malgré Ugo Tognazzi qui y met tout son métier, le sketch de façon un peu maladroite tente de mettre en avant les déshérités italiens. Mais la sauce ne prend pas. Dino Risi tape à côté.

 

SYNOPSIS de « Citoyen exemplaire » 

 

Un homme rentre le soir chez lui. Au pied de son immeuble il voit trois hommes tabasser un quatrième. Ce dernier tombe poignardé. Notre citoyen rentre chez lui, ferme sa porte à triple tour, embrasse sa femme, passe à table et regarde la télé…

 

CRITIQUE

 

L’horreur au quotidien très bien cerné en 3 minutes par Ettore Scola. Avec un Vittorio Gassman interprétant un lâche de première catégorie. Du grand art!

 

SYNOPSIS de « Pornodiva »

 

Un couple s’entretient avec un producteur de films pornographiques. Il est question du contrat et d’une scène du film. Il s’agit d’une actrice qui se promène nue sur la plage lorsque un homme nu et un chimpanzé surgissent…

 

CRITIQUE

 

Le plus cynique de tous les sketchs. Quand pédophilie et zoophilie sont réunies…Eros Pagni joue à la perfection un père de famille ignoble. La fin du sketch est inattendue et renversante.

 

SYNOPSIS de « Comme une reine » 

 

Un quadragénaire promène sa mère en voiture, il lui consacre sa journée. Cela fait plus de deux ans qu’ils n’avaient rien fait ensemble. Il commence par l’emmener manger une glace. Puis il l’emmène dans un parc. Au bout du parc un vaste bâtiment. Il s’agit d’une maison de retraite tenue par des nonnes un peu matonnes…

 

CRITIQUE

 

Alberto Sordi adore cet exercice de style qui consiste à interpréter un romain de petite bourgeoisie, un peu lâche, et toujours le fils à sa maman et carrément odieux.

 

SYNOPSIS d’« Auberge » 

 

Dans une salle de restaurant, entrent 8 personnes des italiens qui invitent des étrangers à partager la fine gastronomie italienne. En cuisine c’est une toute autre histoire. une scène de ménage entre le serveur et le cuisinier met la cuisine sens-dessus dessous. Les bruits parvenant aux convives étant interprétés de façon fort erronée…

 

CRITIQUE

 

C’est le sketch tarte à la crème stricto sensu. En effet bataille de poule, massacre d’oeufs, lancer de farine, cigare dans la sauce, chaussure dans le minestrone. Tout y passe. Ugo Tognazzi et Vittorio Gassman s’insultent et s’amusent. Le spectateur rit comme pour un Laurel et Hardy. La critique sociale est moins présente. Ettore Scola rend hommage aux comiques classiques des années du muet.

 

SYNOPSIS de « Sans parole » 

 

Une hôtesse de l’air entre deux vols fait la rencontre d’un jeune et bel étranger d’origine eurasiatique ou arabe. Il ne parle aucune langue connue de l’hôtesse mais malgré le manque de paroles le couple vit un amour intense…

 

CRITIQUE

 

Se méfier des belles idylles. Elles finissent toujours en drame. Et celui-ci est terrible. En ces temps d’instabilité au moyen orient, début de la guerre au Liban, accords de paix laborieux entre Israël et Egypte, revendications de L’OLP par attentats pour accéder à une terre etc… Dino Risi utilise ce terreau pour ce sketch illustré par des airs romantiques. Le sang du spectateur se glace! Ornella Muti bella bella bellissima!

 

SYNOPSIS de « L’éloge funèbre »

 

Une douzaine de personnes d’une revue se rendent à l’enterrement d’un comique. Son second prend la parole alors que le cercueil entre en terre…

 

CRITIQUE

 

La vie est un spectacle et les enterrements devraient l’être. Voici un éloge funèbre qui finit en revue de cabaret sous l’oeil amusé des gens venus fleurir les tombes et des ouvriers qui travaillent au cimetière. On chante et danse autour du trou, on met la main aux fesses des femmes et on salue à la fin. « Les nouveaux monstres » finit en fanfare. Certes le message politique et social est faible mais Ettore Scola nous offre ce sketch comme un artiste fait un rappel. Rigolard.

 

NOTE pour l’ensemble : 15/20

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2 janvier 2021 6 02 /01 /janvier /2021 09:35

 

Dans le cadre de la réforme de l’ENA, notre Macron pourrait exiger des futurs Inspecteurs des Finances qu’il sache faire cuire un œuf pour décrocher la peau d’âne.

 

Le grand jury de l’oral dirait alors « Va te faire cuire un œuf ! »

 

Vaste programme car « les œufs sont probablement les aliments les plus versatiles. On peut les déguster sous toutes les formes possibles et imaginables : pochés, mollet, sautés, au plat, à la coque, brouillés, cocotte, etc. »

 

Bref, la quadrature du cercle quasiment le dilemme de la poule et de l’œuf !

 

De plus, comme un « professeur de physique quantique a élaboré une équation à priori infaillible pour maîtriser la cuisson de l’œuf, ces futurs experts trouveraient là une beau sujet de glose.  

 

Pour continuer sur un registre sarcastique ceux qui exècrent notre jeune Président pourraient défiler avec des pancartes « Va te faire cuire un œuf ! » tout en balançant sur les forces de l’ordre casquées des œufs punais.

 

Un œuf punais. « Rome laissait encore quelque poésie à son cloaque et l'appelait gémonies; Paris insultait le sien et l'appelait trou punais. »

Victor Hugo, Les Misérables, t. 1, 1862, p. 516).

 

Aller se faire cuire un œuf

Éconduire sans ménagement

 

Origine : Expression française populaire qui se baserait sur sa formulation énergétique pour se débarrasser d’un opportun. Pourtant aucun auteur n’a pu trouver d’explications plausibles quant au rapport qui puisse exister entre le fait de cuire un œuf qui n’a rien de méprisable  au fait de conspuer quelqu’un. Pourtant, selon certaines interprétations, la marque de mépris aurait des connotations sexuelles et masquerait une allusion au chiffre neuf (9). Pour d’autres chercheurs, le fait d’aller se faire cuire un œuf serait le diminutif d’une expression plus longue à savoir « aller se faire cuire un neuf (9) à huit heures ce qui tendrait à exprimer l’impossibilité du phénomène.

 

Exemple d’utilisation : Henri Lefèvre-Pontalis le menace d’en référer à Louis Renault et le vendeur maintient son comportement, tout en conseillant au grand patron « d’aller se faire cuire un œuf » (D. Toussaint : Renault ou l’inconscient d’une entreprise)

 

Expressions françaises synonymes : Aller se faire voir (chez les grecs), aller au diable, lâcher la grappe

 

L'astuce géniale d'un scientifique pour cuire un œuf à la perfection ICI

Les œufs sont probablement les aliments les plus versatiles. On peut les déguster sous toutes les formes possibles et imaginables : pochés, mollet, sautés, au plat, à la coque, brouillés, cocotte, etc. Ils entrent également dans la préparation de bon nombre de recettes, de l'apéritif au dessert. Mais maîtrisons-nous tous leur cuisson ? Certaines cuissons de l'œuf relèvent d'un travail de minutie et d'attention pour obtenir le résultat escompté. Un professeur de physique quantique a élaboré une équation à priori infaillible qui pourrait bien nous simplifier l'existence.

 

Comment savoir combien de temps cuire ses œufs ?

 

En temps normal, on estime à six minutes environ le temps d'ébullition pour un œuf mollet, et à neuf pour qu'il soit dur. Mais même en suivant ces directives, il arrive parfois que l'on se retrouve au bout de 10 minutes avec un œuf au cœur encore coulant.

 

Et pour cause, cuire un œuf n'est pas une science exacte. Ou peut-être que si ?

 

Le physicien Miłosz Panfil a mis en place un système qui permet d'évaluer le nombre exact de minutes nécessaires à la cuisson de votre œuf en fonction de caractéristiques bien précises. Pour lui, à chaque œuf son temps de cuisson selon sa taille, sa température et l’altitude à laquelle vous vous trouvez.

 

Cuire ses œufs avec des maths

 

Si vous n'aimiez pas trop les maths à l'école, c'est peut-être le moment de vous y remettre. Dans ce problème, vous revenez du marché avez un œuf et avez moins d'une heure pour le cuire d'une des différentes façons possibles. Tout cela, à la perfection. Le physicien a élaboré une équation qui sert à déterminer les paramètres idéaux pour la cuisson d'un œuf, la voici :

 

t = m x K x log(rjb * (Tœuf - Teau)/(T - Teau))

 

Comme le rapporte Maxi Sciences, les données utilisées pour réaliser l'équation sont :

 

t = temps

m = masse

K = conductivité thermale de l’œuf

rjb = ratio jaune/blanc

Tœuf = température de l’œuf

Teau = température de l’eau

T = température entre le jaune et le blanc.

 

Lorsqu'un œuf cuit, c'est le blanc qui prend en premier, d'où l'intérêt de calculer la différence de température entre les deux. "Cette dernière doit être maintenue à 77°C maximum pour un œuf dur, afin d’éviter le mélange du sulfure d’hydrogène du blanc avec le fer du jaune", explique le site. Quel intérêt de connaître l'altitude ? Eh bien c'est simple. Plus vous êtes haut, plus la température ambiante est basse, et plus l'eau a du mal à être portée à ébullition. À très haute altitude, elle ne parvient pas à atteindre les 100 degrés (températures à laquelle l'eau bout). Tous ces paramètres entrent donc en considération dans le calcul du temps idéal pour la cuisson parfaite de votre œuf. Si vous êtes curieux de tester l'équation, sortez la balance et le thermomètre. Mais pas de panique, pas besoin d'une calculatrice, un calculateur en ligne est disponible ici pour avoir le résultat à la seconde près.

La poule est apparue avant l’œuf !ICI

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