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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 06:00
Il serait «vain et même indigne, d'affecter de gouverner, dès lors que les partis ont recouvré leurs moyens et repris leurs jeux d'antan» de Gaulle

Le 49-3 sous Valls et maintenant les ordonnances, les petites louves et les petits loups, plus ou moins insoumis, fans d’une potentielle VIe République, crient au déni de démocratie.

 

C’est de bonne guerre mais ces 2 procédures résultent de la volonté du père de la Constitution de la Ve République, Michel Debré de traduire l’exécration de Charles de Gaulle pour ce qu’il qualifiait avec mépris de régime des partis, qui trouvait là sa plus haute expression. Devant ses ministres réunis le dimanche 20 janvier 1946, il expliquait qu'il serait « vain et même indigne, d'affecter de gouverner, dès lors que les partis ont recouvré leurs moyens et repris leurs jeux d'antan ».

 

Il s'agit, dans son esprit, de bien choisir entre un gouvernement qui gouverne et une assemblée omnipotente, ne faisant que déléguer à un gouvernement pour accomplir ses volontés.

 

Dans ses Mémoires de guerre (Le Salut), de Gaulle s’expliquait : « J'entrai, serrai les mains et, sans que personne s'assit, prononçai ces quelques paroles : « Le régime des partis a reparu. Je le réprouve. Mais, à moins d'établir par la force une dictature dont je ne veux pas et qui, sans doute, tournerait mal, je n'ai pas les moyens d'empêcher cette expérience. Il me faut donc me retirer. Aujourd'hui même, j'adresserai au Président de l'Assemblée nationale une lettre lui faisant connaître la démission du Gouvernement. Je remercie bien sincèrement chacun de vous du concours qu'il m'a prêté et je vous prie de rester à vos postes pour assurer l'expédition des affaires jusqu'à vos successeurs soient désignés. »

 

L’implosion des 2 grands partis de gouvernement lors de la Présidentielle nous replonge dans un entre-deux qui risque d’un retour de l’instabilité parlementaire.

 

En effet, les joies du scrutin uninominal d'arrondissement à 2 tours risquent de rendre caduque les petits calculs de ceux qui veulent ramasser la mise.

 

Prophétie inquiétante pour la gauche de l'expert électoral Xavier Chinaud: « le PS et Mélenchon vont se cannibaliser aux législatives. Ils s'élimineront du second tour et les mélanchoniste qui s'imaginaient faire élire plus de 50 députés se trompent lourdement ! » Quant aux socialistes, ils pourraient se retrouver moins nombreux qu'en 1993 où ils n'avaient fait élire que 52 députés. ». En privé, les dirigeants socialistes lui donnent raison, et pour certains redoutent même « de ne pas dépasser les 20 ou 30 élus ».

 

À quand le retour des apparentements que le gouvernement de la Troisième Force avait fait voter dans une loi électorale de mai 1951 qui instaure les apparentements. La Troisième force fut une coalition politique française sous la quatrième qui rassemblait les socialistes de la SFIO, le MRP et les radicaux plus quelques petits partis centristes. Cette loi prévoyait que, dans un scrutin proportionnel, deux listes distinctes pouvaient annoncer qu'elles s'apparentaient. Dans ce cas, elles additionnaient le nombre de voix qu'elles ont obtenues. Si à elles deux elles obtenaient la majorité absolue des suffrages, elles recevaient tous les sièges au sein d'une circonscription. Ce système favorisait les partis de la Troisième Force qui pouvaient s'apparenter, alors que les gaullistes ou les communistes ne pouvaient pas le faire. Le triomphe du régime des partis !

 

Les ordonnances : article 38 de la Constitution :

 

« Le Gouvernement peut, pour l’exécution de son programme, demander au Parlement l’autorisation de prendre par ordonnances, pendant un délai limité, des mesures qui sont normalement du domaine de la loi.

 

Les ordonnances sont prises en Conseil des Ministres après avis du Conseil d’État. Elles entrent en vigueur dès leur publication mais deviennent caduques si le projet de loi de ratification n’est pas déposé́ devant le Parlement avant la date fixée par la loi d’habilitation. Elles ne peuvent être ratifiées que de manière expresse.

 

A l’expiration du délai mentionné au premier alinéa du présent article, les ordonnances ne peuvent plus être modifiées que par la loi dans les matières qui sont du domaine législatif. »

 

Les ordonnances sont des actes pris par le Gouvernement en matière législative en vertu d’une habilitation du Parlement.

 

Les ordonnances prennent la suite des décrets-lois pratiqués sous la IVe République. La confusion qui était née de cette pratique a poussé́ le constituant à poser de nombreux garde-fous en 1958.

 

Les ordonnances résultent toujours de projets de loi et non de propositions de lois -> le Parlement ne peut prendre l’initiative de son propre dessaisissement.

 

Le Gouvernement doit expliciter son « programme » puisque les ordonnances sont prises pour l’exécution de celui-ci. Le Conseil Constitutionnel a jugé que par ce terme, on attend du Gouvernement qu’il expose « quelle est la finalité́ des mesures qu’il se propose de prendre et leurs domaines d’intervention » (Décision 86-207 DC). L’habilitation doit donc être précise et ne peut être inconditionnelle et générale.

 

Cette habilitation est donnée par le Parlement, après une procédure législative classique, pour un « délai limité ». Celui-ci est le plus souvent de quelques mois mais il peut être plus long. Ainsi il est arrivé́ qu’avant la fin du délai, le gouvernement change. De même, il est arrivé́ que le délai puisse dépasser la durée restante de la législature.

 

Les ordonnances sont ensuite prises par le Gouvernement en Conseil des Ministres après avis du Conseil d’État.

 

Enfin les ordonnances doivent être signées par le Président de la République (article 13 de la Constitution). Le Président de la République peut-il refuser cette signature ? On aurait pu penser que sa compétence était liée comme pour la promulgation des lois (article 10 de la Constitution). Mais en 1986, le Président Mitterrand a refusé́ de signer 3 ordonnances présentées par le Gouvernement Chirac, estimant qu’il n’était pas tenu de le faire : pour lui c’était un pouvoir discrétionnaire. Le Gouvernement a reculé́ et a finalement renoncé à ses ordonnances. C’est donc la pratique qui a tranché́ : le Président de la République peut refuser de signer les ordonnances.

 

Les ordonnances sont ensuite publiées et non promulguées. Elles entrent immédiatement en vigueur.

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 06:00
Quand 1 futur prix Goncourt disséquait au scalpel une réunion au Ministère de l’Agriculture.

Le 78 rue de Varenne, l’hôtel de Villeroy, va au début de la semaine prochaine connaître l’effervescence qui marque l’arrivée d’un nouveau Ministre.

 

Stéphane Le Foll, dont le portrait va s’ajouter à ceux de ces prédécesseurs dans la galerie Sully (pour les petits loups et louves plus ou moins insoumis, le dit Sully c’est « labourages et pâturages sont les 2 mamelles de la franc »), quittera le grand bureau du rez-de-chaussée qu’il a occupé sans discontinuité pendant tout le quinquennat. C’est la pièce la plus agréable, ses deux porte-fenêtre donnent sur le petit parc (je le sais puisqu’il fut mien pendant 2 ans).

 

Qui va lui succéder ?

 

Une femme, ce serait la seconde car Tonton osa Édith Cresson qui dut être exfiltrée pour laisser la place à Michel Rocard envoyé en mission de pacification des campagnes.

 

Pourquoi pas, la FNSEA a bien mis à sa tête une femme, Christiane Lambert !

 

Nous verrons bien, j’ai ma petite idée mais je la garde pour moi.

 

Le 78 a été le marchepied du 57 de la rue de Varenne, l’Hôtel Matignon, pour Jacques Chirac, Michel Rocard et Édith Cresson.

 

C’est bonne école de formation à la gestion de crise.

 

Q : Dans votre dernier ouvrage – le livre d’entretiens Si la gauche savait [1], vous décrivez votre présence au 80, rue de Varenne, siège du ministère de l’Agriculture, comme « les deux plus belles années » de votre vie politique. Il ne faut pas oublier que vous preniez une succession délicate. Le ministre sortant, Édith Cresson, était impopulaire…

 

MR : C’est une litote.

 

MR : « Pourquoi ? D’abord, on ne sait plus quoi faire de moi au Plan parce que je suis encombrant. Mais je suis trop populaire pour qu’on se débarrasse de moi comme ça. L’idée de me coller à l’Agriculture a tous les avantages puisqu’il y a de grandes chances de s’y planter ou d’y échouer, ce qui débarrasserait la scène politique française de mon modeste personnage. Et si je réussis, ce qui va être le cas, c’est pour le compte du gouvernement tout entier et du président de la République qui, dans sa sagesse, m’aura mis là. Donc, tout le monde y gagne. »

 

Trêve de souvenirs, j’offre, en cadeau de bienvenue, à celle ou celui qui va s’installer au 78 rue de Varenne, un petit bijou vachard d’un ingénieur agro, extrait d’un de ses tous premiers livres, ce n’est pas tous les jours qu’un ancien de l’Institut national agronomique Paris-Grignon (INA P-G) rafle un Goncourt.

 

« Six personnes sont maintenant réunies autour d'une table ovale assez jolie, probablement en simili-acajou. Les rideaux, d'un vert sombre, sont tirés ; on se croirait plutôt dans un petit salon. Je pressens subitement que la réunion va durer toute la matinée.

 

Le premier représentant du Ministère de l'Agriculture a les yeux bleus. Il est jeune, a de petites lunettes rondes, il devait être étudiant il y a encore peu de temps. Malgré sa jeunesse, il donne une remarquable impression de sérieux. Toute la matinée il prendra des notes, parfois aux moments les plus inattendus. Il s'agit manifestement d'un chef, ou du moins d'un futur chef.

 

Le second représentant du ministère est un homme d'âge moyen, avec un collier de barbe, comme les précepteurs sévères du Club des Cinq. Il semble exercer un grand ascendant sur Catherine Lechardoy, qui est assise à ses côtés. C'est un théoricien. Toutes ses interventions seront autant de rappels à l'ordre concernant l'importance de la méthodologie et, plus généralement, d'une réflexion préalable à l'action. En l'occurrence je ne vois pas pourquoi : le logiciel est déjà acheté, il n'y a plus besoin de réfléchir, mais je m'abstiens de le dire. Je sens immédiatement qu'il ne m'aime pas. Comment gagner son amour? (...)

 

Le troisième représentant du ministère est Catherine Lechardoy. La pauvre a l'air un peu triste ce matin ; toute sa combativité de la dernière fois semble l'avoir abandonnée (...)

 

Le quatrième représentant du ministère est une espèce de caricature du socialiste agricole : il porte des bottes et une parka, comme s'il revenait d'une expédition sur le terrain ; il a une grosse barbe et fume la pipe ; je n'aimerais pas être son fils. Devant lui sur la table il a ostensiblement posé un livre intitulé : « La fromagerie devant les techniques nouvelles. » Je n'arrive pas à comprendre ce qu'il fait là, il ne connaît manifestement rien au sujet traité ; peut-être est-il un représentant de la base. Quoiqu'il en soit il semble s'être donné pour objectif de tendre l'atmosphère et de provoquer un conflit au moyen de remarques répétitives sur « l'inutilité de ces réunions qui n'aboutissent jamais à rien », ou bien sur « ces logiciels choisis dans un bureau du ministère et qui ne correspondent jamais aux besoins réels des gars, sur le terrain».

 

 

Qui a écrit ce petit bijou de compte-rendu d'une réunion ordinaire au Ministère de l'Agriculture ?

 

Quand 1 futur prix Goncourt disséquait au scalpel une réunion au Ministère de l’Agriculture.
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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 06:00
«Il y a une colère sourde du monde paysan» 1 éleveur laitier de la Somme, lointain parent du Président Macron, lui écrit.

Ma dernière mission de médiation m’a mis en contact avec des producteurs laitiers, dans le Grand Sud-Ouest, la région Rhône-Alpes, la Normandie. Avant de poser définitivement ma valise j’ai tenté d’alerter aussi bien le Ministre de l’Agriculture que les éleveurs des risques que faisaient courir à l’équilibre du marché la fin des quotas laitiers.

 

En pure perte, la conjoncture mondiale était excellente, l’administration du Ministère enfumait le dossier avec ses habituelles barrières de papier communautaires, le Ministre avait d’autres chats à fouetter, comme d’habitude il serait toujours temps de trouver des rustines pour juguler la future crise.

 

Elle vint, elle dure même si la conjoncture s’est retournée. Le mal est fait et la lettre de Jérôme Caillerez, 44 ans, installé à Humbercourt, un village de la Somme situé à la frontière du Pas-de-Calais, entre Doullens et Pas-en-Artois où il élève des vaches laitières et cultive 120 hectares de terres, notamment à Authie, le village où l’arrière-grand-père d’Emmanuel Macron a été maire de 1953 à 1964 et où sa famille côté paternel est enterrée.

 

Dans sa lettre ouverte au vainqueur de l’élection présidentielle, il exprime son espoir de le voir relancer l’agriculture française en la protégeant de la dérégulation des marchés mondiaux.

 

« Il y a une colère sourde du monde paysan. C’est un message en mémoire de ceux qui ont fait ce geste fatal de se suicider. »

 

« Je veux lancer un cri d’alarme et en même temps faire profession de foi pour l’avenir, explique l’agriculteur picard. Il y a une colère sourde du monde paysan. C’est un message en mémoire de ceux qui ont fait ce geste fatal de se suicider. Ils seraient entre 500 et 600 dans ce cas chaque année. »

 

Lire ICI « Il n’y a qu’un problème philosophique sérieux : le suicide » Albert Camus et si vous vous intéressiez un peu à la vie quotidienne des «Fils de la Terre» ?

 

Au-delà du côté personnel de cette lettre ouverte ce qui est important c’est la question posée aux politiques de tous bords, aussi bien les tenants du « productivisme » purement technique que les partisans d’un virage à 180°, comment faire ?

 

S’accrocher au vieux modèle comme vouloir le jeter d’un revers de main aux orties, c’est insulter l’avenir.

 

Plus que des annonces, des coups de gueule, c’est une méthode qu’il faut élaborer pour permettre, plus particulièrement dans le secteur laitier, de changer la donne pour ceux qui sont confrontés à une situation de quasi-faillite.

 

Les citoyens consommateurs ne devront pas se contenter de rester des spectateurs compatissants, ils devront changer leurs habitudes d’achat.

 

Ce n’est pas simple, ça ne se fera pas par décret !

 

Je ne suis pas certain que l’équipe du nouveau Président aie prit la mesure de l’extrême difficulté de ce chantier.

 

La « Lettre ouverte d’un paysan à Emmanuel Macron »

 

« Comme je vous sais féru de belles lettres, je prends ma plume pour vous exhorter à sortir notre pays et son agriculture de l’ornière. Vous avez été perçu comme le candidat des villes et il est regrettable que vous n’ayez pas plus évoqué vos racines rurales : votre arrière-grand-père fut maire d’Authie et tous vos ancêtres étaient des artisans charpentiers. Loin de cette image de chantre du libéralisme, soyez à nouveau un Macron bâtisseur ! En soutenant nos investissements ; en demandant à nos chers fonctionnaires d’être les facilitateurs de nos initiatives. Pour redynamiser nos territoires ruraux, je vous invite à vous appuyer sur les paysans car ils ne sont «pas assez savants pour raisonner de travers».

 

Nous ne nous connaissons pas et pourtant, il y a cinq générations nous avions un aïeul en commun à Authie. Et c’est de par ce lien, mon lointain cousin, que je cultive encore aujourd’hui les quelques hectares ayant appartenu à votre famille. Une terre qui n’est plus guère rentable car «ça eût payé» : comment un jeune peut-il aujourd’hui envisager sereinement de s’installer ?

 

« Nos concitoyens devront-ils bientôt dire alors que le lait tombe : adieu veau, vache, cochon, couvée si l’État ne protège pas enfin mieux ses éleveurs ? »

 

J’ai repris en 2004 la ferme familiale par passion pour le métier. Comme je n’ai pas voulu à la fin des quotas laitiers me résoudre à envoyer mes vaches laitières à l’abattoir et ma salariée chez Pôle emploi, aujourd’hui je dois puiser dans les économies de vingt ans de travail pour maintenir à flot ma trésorerie. Après deux ans de crise, la plupart des agriculteurs sont en grande difficulté et se retrouve en petite culotte (il vaut mieux être «Sans» pour mener la Révolution rue de Varennes, me direz-vous !)… Se claquemurant dans le silence, comme honteux de ce qu’ils subissent, certains se sont réfugiés dans un vote contestataire alors que tout bon éleveur sait que pour lutter contre le parasite, il suffit d’un bon vermifuge !

 

Nos concitoyens devront-ils bientôt dire alors que «le lait tombe : adieu veau, vache, cochon, couvée» si l’État ne protège pas enfin mieux ses éleveurs ?

 

Ce n’est pas un sang impur qui abreuve désormais nos sillons, mais celui de nos frères et sœurs paysans qui, désespérés, usés ou ruinés, sont allés jusqu’à commettre l’irréparable…

 

De grâce, soyez aussi un Macron protecteur ! Nous avons besoin que les pouvoirs publics français garantissent la répartition des marges pour avoir une juste rémunération de notre labeur et nous aident à restaurer notre compétitivité. Et dans le même temps, nous avons besoin d’une Europe qui nous aide à traverser les soubresauts de cette économie casino qui nous broie.

 

Depuis la réforme de 1992, nos prix agricoles sont tirés vers le moins-disant mondial et la valeur ajoutée de nos efforts en termes de qualité et traçabilité ainsi que les subsides de la PAC (la politique agricole commune) sont captés par l’aval et la grande distribution. Finissons-en avec cette hypocrisie institutionnalisée : sous prétexte de faire profiter le consommateur du meilleur prix, depuis trente ans nos dirigeants politiques, de droite comme de gauche, ont acheté la paix sociale sur le dos des agriculteurs. Réunissez l’ensemble des acteurs pour établir enfin un Pacte citoyen de l’alimentation.

 

Le 21 avril 2002, j’étais comme vous en stage à l’étranger, non pas au Nigeria, mais en Australie, et pour pouvoir encore écrire ton nom Liberté, j’ai écourté mon périple afin de voter à temps.

 

Face à la démagogie et l’ineptie économique du programme du FN, je n’ai eu aucune hésitation à voter pour vous. Pour couvrir le bruit des bottes qui s’éloignait dimanche soir, j’écoutais le Messie de Haendel. Sans triomphalisme ni naïveté, mais le cœur plein d’espoir car même si vous êtes né quatre jours trop tôt, je veux croire que, par votre avènement en politique, il nous a été donné un sauveur pour catalyser les énergies et redresser ensemble le pays. »

 

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 06:00
« Adieu, Rothschild. Juif sous Pétain, paria sous Mitterrand, pour moi, cela suffit, rebâtir sur les décombres, 2 fois dans une vie, c’est trop» Guy de Rothschild

C’était à la une du Monde en 1981.

 

Dans cette campagne, le passage d’un des candidats chez Rothschild lui vaut d’être marqué au fer rouge.

 

Petite leçon d’histoire pour les gens de la vraie gauche.

 

Les nationalisations de 1981 chères aux 101 propositions de Tonton, chères aussi pour les contribuables, devaient mettre à bas le mur de l’argent symbolisé par de grandes dynasties bancaires dont les Rothschild.

 

La banque Rothschild en 1981 vient de connaître 10 ans d’expansion continue mais les résultats sont à la traîne. Les filiales spécialisées dans les métaux non-ferreux perdent de l’argent. À l’arrivée au pouvoir des socialistes, la situation s’est encore dégradée.

 

« À cette époque, beaucoup de banques étaient en difficulté. Mais les socialistes décident une nationalisation très large de 17 établissements pour des raisons idéologiques, ce qui va les conduire à payer pour le contrôle de banques qui, dès les prochaines années seront en difficulté. Exemple la banque Rothschild qu’il faudra recapitaliser, qui prendra le nom d’Européenne de Banque et qui sera intégrée au CCF pour assurer sa survie.

 

Certains n’hésiteront pas, alors, à affirmer que la nationalisation a sauvé Rothschild et les autres. Et sans doute aussi le Conseil Constitutionnel, qui a obligé le gouvernement à revoir à la hausse les indemnisations des actionnaires. »

 

Conseiller technique à la Présidence de l’Assemblée Nationale j’étais aux premières loges, je suivais avec Frédéric Saint-Geours le dossier des nationalisations. Comme Rocard et Delors nous étions contre les nationalisations à 100% mai Rocard comptait pour du beurre, Delors faisait du Delors en exhibant à tout propos sa démission et il fallait donner du symbole au peuple de gauche.

 

Le coût total des nationalisations, chiffré à l’origine à 29 milliard de francs, est passé à 35 milliards puis à 43 milliards. « Rothschild, Union Européenne, Worm étaient en faillite virtuelle, raconte un banquier. Tous ces gens ont fait une bonne opération. Le gouvernement était tellement pressé de faire passer sa loi qu’il n’a même pas demandé d’audit des sociétés. Certaines banques ont communiqué de faux bilans masquant des comptes débiteurs considérables où n’étaient pas provisionnées des créances perdues. Les dotations en capital qui ont été attribuées par la suite pour renflouer les établissements malades ont représenté plus de 2 fois le montant des indemnités versées. On a volé le contribuable. » Les actionnaires de la banque Rothschild ont reçu, eux, 440 millions de francs d’indemnités. »

 

Belle opération !

 

Dès mai 82, David, le fils de Guy, qui a repris les rênes décide de créer PO Gestion dont 84% du capital sont fournis par Rothschild Londres, Rothschild Zurich, la Compagnie Financière Edmond de Rothschild, des membres de la famille et par Paris-Orléans, une société holding cotée à la Bourse de Paris contrôlée par le clan.

 

PO Gestion prospère et en 1983 David de Rothschild parvient à obtenir le feu vert nécessaire de l’AFB et de la Banque de France pour transformer l’établissement en banque d’affaires. Le capital est porté à 60 million de francs, souscrit par la famille. « Il n’y a pas de capitaux extérieurs et il n’y en aura jamais » déclare le jeune financier qui rêve de redonner le nom de Rothschild à une banque.

 

Une longue bataille commence.

 

En attendant David reprend le célèbre blason familial : cinq flèches symbolisant les cinq fils du fondateur de la dynastie.

 

En 1986, l’alternance permet le 25 septembre de nommer l’établissement « Rothschild et associés banque »

 

La maison reste modeste en terme de capitalisation mais David joue sur la matière grise : il propose à Jean-Charles Naouri, l’ex-directeur de cabinet de Pierre Bérégovoy Ministre des Finances de devenir associé-gérant. Celui-ci reprendra les rênes, à la famille Guichard, du groupe Casino.

 

En 1990, huit ans à peine après son retour, David de Rothschild réalise l’exploit de se classer en deuxième position des banques d’affaires.

 

En 2003, il prend la tête de NM. Rothschild qui rassemble les activités des branches anglaise et française.

 

En 2011, il est le banquier qui compte, taillant des croupière aux plus grands établissements de la place, comme la banque Lazard, en exerçant une véritable influence. Un parrain.

 

Au cours de ce quart de siècle parmi les associés-gérants figurent d’anciens grands patrons dont François Henrot, Compagnie Bancaire, qui recrutera un certain Emmanuel Macron.

 

Au fait, il faisait quoi chez Rothschild, Emmanuel Macron ?

 

On lui accordera le sens du timing. Emmanuel Macron devient banquier d’affaires [PDF] en septembre 2008, dix jours seulement avant la chute de Lehman Brothers. Le jeune homme n’a alors que 30 ans et va gagner en quelques années seulement, malgré les soubresauts de la crise financière, son surnom de « Mozart de la finance ».

 

Macron fait partie de ces énarques satinés qui décrochent très vite de jolies fonctions dans le privé, plutôt que de poursuivre dans l’administration ou les cabinets ministériels. Après sa sortie de l’Ena (Ecole nationale d’administration), il a passé plusieurs années à « l’Inspection » (générale des Finances) tout en s’attirant les bonnes grâces de l’économiste Jacques Attali, qui le recommandera à François Henrot, le bras droit de David de Rothschild.

 

La suite ICI 

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 08:05
Et si nous commencions par le commencement : 1 école minée par des injustices dignes de l’Angleterre victorienne.

Le petit livre, Un petit fonctionnaire d’Augustin d'Humières est une œuvre salutaire sans avoir des relents réactionnaire qu’il faut lire pour comprendre l’école publique française du XXIe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extraits :

 

« Au début des années 2010, la France est confrontée à l’affaire des « réseaux djihadistes ». Ce qui a attiré mon attention, c’est le déséquilibre très frappant entre le temps que ces jeunes français radicalisés avaient passé dans un lieu supposé de radicalisation : une mosquée, une prison, la Syrie, et celui qu’ils avaient passé dans une école publique française. Je crois que le ratio était de l’ordre d’1 à 10 : pour une journée passée « en radicalisation », ils en avaient passé 10 à l’École publique. »

 

« Cette école avait pensée, structurée, organisée pour que l’élève en sache le moins possible. La multiplication des matières, des filières, entre lesquelles l’enfant devait choisir comme dans un supermarché, au nom de la sacro-sainte « liberté » de l’élève, l’inadaptation totale des programmes à la réalité des classes, la diminution continue des horaires, la priorité donnée au projet, à l’expérimentation hasardeuse, tout avait été fait pour transmettre un savoir volatile, éclaté, absurde. On avait cassé tout ce qui pouvait ressembler à un cadre. Certes, la famille pouvait rattraper l’affaire.

 

Mais introduisez dans ce système des enfants qui n’avaient personne pour passer derrière l’école, pour donner les bases, en français, en histoire, en anglais. Ajoutez-y le sentiment de profonde injustice, d’être systématiquement dans le camp des perdants, de ceux qui n’ont pas accès aux « bons plans », et vous obteniez des centaines de milliers d’élèves très facilement manipulables. »

 

L’auteur :

 

« C'est quelqu'un de bien. Il est là, sur le terrain. Tous les jours. Il applique les consignes, il suit les programmes, il exécute. Souvent, on loue son dévouement. Et puis un jour sonne l'heure des comptes : vous avez contribué à instaurer un système injuste, inégalitaire, et absurde, qui n'a fait qu'engendrer l'ignorance, la violence, et le ressentiment. A présent, il faut répondre. Nous professeurs, nous savons que l'histoire n'a commencé ni à Racca ni à Mossoul ; elle commence chez nous, avec des familles et des enfants qui ne sont pas très riches, et auxquels nous n'avons rien transmis.

 

Ni une langue, ni une histoire, ni des textes, ni des mots. Nous savons que nous avons construit une école qui perpétue les inégalités et même les amplifie, qui fait sortir de son sein des élèves chez lesquels nous n'avons rien fait retentir sinon la colère sourde et diffuse d'avoir été victimes d'un système qui sous couvert d'égalité des chances et de formation à la citoyenneté ne fait qu'amplifier les inégalités, et vise à n'apprendre strictement rien de clair et de précis à un élève. »

 

Autre extrait :

 

« La salle des professeurs est pourtant un enjeu de pouvoir, aussi dérisoire soit-il. Vous y trouvez toujours les mêmes tauliers, ceux qui sont sur les terres : « Ici, c’est chez nous ! » Ils gèrent le marché noir, la répartition des miettes du gâteau, le business susceptible d’enjoliver un peu le quotidien, les heures sup, les décharges, les nouvelles options, les prépas, parfois les emplois du temps, les promos, les muts… Si vous respectez tous leurs codes, alors vous faites partie de la grande famille : vous êtes la laïcité, la culture, l’héritier de Gambetta, Jaurès, Malraux, Charlie. Vous ne savez pas très bien pourquoi, ni comment, mais c’est ainsi : ils se veulent « de gauche ». Le moindre désaccord, la simple question vous classe nécessairement dans la catégorie des dangereux réactionnaires. Cette gauche de convention se définit par ses codes. On se sert sans vergogne dans le folklore ouvrier, on appelle le proviseur « le patron », on est « en lutte », on fait des « AG » en déclinant un credo universaliste : « on fait grève pour tous ceux qui ne peuvent pas faire grève ! », « Nous sommes tous des caissières de chez Carrefour ! ». Force est de reconnaître que ces décennies de luttes ont assez peu amélioré le quotidien de la caissière de Carrefour, qui nous avait pourtant confié une opportunité de taille d’améliorer son quotidien : éduquer ses enfants. »

 

Augustin d'Humières : « Les devoirs à la maison sont absolument essentiels pour l'élève »

 

ICI

 

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 06:00
Traité de l’art bousier par Hannelore Cayre appliqué aux bavards du pinard

Si vous me suivez avec la même attention que Pax vous devez savoir que je suis un accroc d’Hannelore Cayre qui n’a ni sa plume ni sa langue dans sa poche.

 

Elle dézingue.

 

Elle sulfate grave !

 

ICI et ICI 

 

Dans l’émission Boomerang d’Augustin Trapenard elle nous lit un passage de son futur livre : Traité de l’art bousier.

 

Je trouve que sa conclusion : « Lorsque l'on regarde de près sa création, lorsque l'on lit entre les lignes qu'il a laborieusement pondu, c'est le spectacle d'une petite vie brute animé d'une immense détermination face à l'adversité qu'il nous offre et c'est ça qui est merveilleux. » s’applique merveilleusement bien aux besogneux de la plume (voir plus bas)

 

« L'art bousier désigne la production artistique des personnes dénuées de génie mais animées d'une puissante nécessité intérieure conjuguée à une obstination hors-norme. Il tire son nom du Scarabée Bousier, un insecte robuste de couleur noire de type Cafard qui se sert de ses pattes antérieures pour façonner des boules de merde qu'il déplace en les faisant rouler sur le sol. Un spectacle passionnant que son quotidien minuscule. Il pousse sa boule, la perd, la rattrape, se fait écraser par son fardeau : n'abandonner jamais quelque soit les obstacles et les péripéties rencontrées.

 

Ainsi l'art bousier n'est pas le fruit de la spontanéité de l'artiste secoué par la divine inspiration, mais le résultat d'un tragique effort de travail. Le niveau est plus ou moins correct, les normes esthétiques du moment respectées. Mais lorsque l'on sait l'effort déployé pour arriver à l'oeuvre finale, même s'il ne s'agit que d'un court paragraphe, c'est juste triste.

 

A la manière de son homologue Bousier, le Cafard artiste est capable d'endurer n'importe quoi pourvu qu'il arrive à conduire sa daube jusqu'au bout. C'est sa foi inébranlable conjuguée à son entêtement navrant à créer, saupoudré d'un zeste des erreurs de choix de son lectorat qui finissent par le rendre transgressif. Lorsque l'on regarde de près sa création, lorsque l'on lit entre les lignes qu'il a laborieusement pondu, c'est le spectacle d'une petite vie brute animé d'une immense détermination face à l'adversité qu'il nous offre et c'est ça qui est merveilleux. »

 

L’énergie, marqueur majeur du vin de lieu

 

Jacky Rigaux le 19 avril 2017

 

« Quand Einstein, après de longs travaux, proposa une nouvelle théorie où une certaine matière devenait énergie, initiant une troisième physique aux côtés de la physique mécanique conceptualisée par Descartes et de la physique électromagnétique inventée par Hertz et Helmholtz, la communauté scientifique établie était sceptique. Cependant, le grand mathématicien et épistémologue Paul Painlevé (1863-1933), parlant du petit groupe des scientifiques de la future physique nucléaire, déclara : « si ce qu’ils font nous échappe, ils se comprennent ! » Il en va de même aujourd’hui autour de la question de l’énergie dans le vin. Pour les tenants de l’œnologie objectivante, en quête d’énumération des composants du vin comme pour les promoteurs de l’analyse sensorielle, en quête de l’identification objective des arômes, parler d’énergie dans le vin ne s’appuie sur aucun fondement scientifique validé, donc ne peut relever que d’approches imaginaires, voire ésotériques ou farfelues, surtout quand ce sont des vignerons biodynamistes qui s’expriment.

 

« Et pourtant elle tourne », avait déclaré en son temps Galilée, sommé par le pape de renoncer à sa théorie de l’héliocentrisme et des mouvements satellitaires qui contredisait la thèse officielle d’un géocentrisme stable et d’un ordre immuable des éléments défendue par les théologiens jésuites de l’Eglise catholique romaine. Autres temps, autres mœurs… On ne risque plus le bûcher en parlant d’énergie dans le vin, simplement un regard amusé des tenants des sciences officielles de la vigne et du vin. On n’enseigne ni la biodynamie, ni la dégustation géo-sensorielle, dans les facultés d’œnologie et dans les grandes écoles d’agronomie, mais on n’interdit pas aux étudiants de s’y initier ailleurs.

 

Dans le vin, comme en physique nucléaire, l’énergie, c’est de l’information en mouvement. La transformation du raisin en vin, par le processus de la fermentation, produit de l’énergie… Cette énergie peut sans doute être plus ou moins évidente selon les pratiques mises en œuvre dans la culture de la vigne et dans les processus de vinification et d’élevage. Elle peut être masquée où révélée, voire transcendée ! Gomme arabique, tanins industriels, acide tartrique ajouté, brûlage excessif des tonneaux, et autres ajouts œnologiques, associés aux résidus de pesticides, acaricides, herbicides, fongicides, masquent à n’en point douter l’énergie naturelle du vin… »

 

La suite ICI

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 06:00
Messieurs les Anglais tirez les premiers : Jay Rayner critique culinaire in The Observer défonce le Cinq, le restaurant de l’hôtel George V

Si vous maîtrisez la langue de Shakespeare allez droit au but et lisez la prose acide de Jay Rayner publiée dimanche dernier 9 avril dans The Observer. ICI C’est plus intéressant que de s’en tenir aux saillies les plus sanglantes.

 

Il n’empêche que le bougre n’y va pas avec le dos de la cuiller “It’s like eating a condom that’s been left lying about in a dusty greengrocer’s,”

 

Traduction du Courrier International :

 

Ma commensale grimace : « On a l’impression de manger un vieux préservatif oublié par terre au fond d’un magasin de fruits et légumes. »

 

C’est à propos de « La mise en bouche par laquelle on nous intime de commencer consiste en une bille transparente posée sur une cuillère : la chose, dans la vogue de la sphérification mise au point il y a vingt ans par Ferran Adriá dans son restaurant El Bulli [en Catalogne], ressemble à un implant mammaire en silicone taille Barbie. Quand elle éclate en bouche, la bille lâche une odeur de renfermé goût gingembre. »

 

Vu du Royaume-Uni. « Je n’ai jamais rien mangé de plus immonde » : récit d'un repas au George V

 

Lire ICI

 

La charge est lourde mais attention The Observer n’est pas un tabloïd de caniveau c’est le plus ancien des journaux du dimanche (1791) est aussi l’un des fleurons de la «qualité britannique». Il appartient au même groupe que le quotidien The Guardian mais est d’obédience libérale.

 

Sitôt posté sur mon mur face de Bouc cette chronique s’est attiré la réaction indignée d’une préposée à la défense de l’honneur outragé du chef Christian Le Squer : c’est toute la France de la Haute Cuisine qui serait blessée dans son honneur par cette charge outrancière d’un trublion de la perfide Albion.

 

À d’autres, le petit chroniqueur que je suis ne veut pas engager ses moyens pour aller vérifier les dires de Jay Rayner car la douloureuse « Meal for two, including service and modest wine: €600 (£520) n’est pas dans mes désirs du moment. Si vous souhaitez que je me dévoue pour faire le job rien ne vous empêche de vous syndiquer pour m’offrir un déjeuner au V.

 

Sans être un grand partisan de la descente en flamme du travail de qui que ce soit ce que j’apprécie dans le brûlot de Jay Rayner c’est la bouffée d’air frais qu’il me procure dans l’atmosphère de la critique gastronomique française ( et je ne parle de celle des vins, qui est pire) qui baigne dans l’encens et se complait dans la génuflexion.

 

Je mets de côté les multiples stipendiés qui sont à la critique gastronomique ce que sont les lasagnes Findus au cheval à la gloire de la cuisine des mammas italiennes…

 

Chez les autres, ceux qui se parent dans les habits de la vertu, tout n’est que louanges, courbettes et copinage… C’est lassant, inintéressant, sans angles, trop souvent du mou pour les chats…

 

Quant aux exégèses, commentateurs un peu branleurs de Face de Bouc, c’est dans la même tonalité : entre regret d’un soi-disant French-bashing post-Brexit et la défense des chichis pour nouveaux riches… ils me plongent dans une profonde hilarité.

 

Comme l’éloge à la vulgarité d’un luxe de pacotille…

 

Quant à aimer le pigeon à point ce n’est pas un goût de British mais celui de beaucoup de jeunes et jolies femmes qui n’apprécient pas le sanguinolent. C’est le droit du client et ça ne mettra pas en péril le génie du chef.

 

Avis de tempête pour les beaufs !

 

Enfin, rien n’interdit à un triplement étoilé de proposer dans sa carte des vins autre chose que des GCC avec plein de zéros derrière. Y’a tout ce qu’il faut en magasin, s’il ne choisit pas ces vins c’est par paresse ou bêtise.

 

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 06:00
James Dean reading poetry, 1955. Photograph by  Dennis Stock

James Dean reading poetry, 1955. Photograph by Dennis Stock

« La guerre est une chose trop sérieuse pour être confiée à des militaires. »

 

Georges Clemenceau

 

En ce temps de confuse bataille électorale j’applique la férocité du Tigre à la politique.

 

Loin du brouhaha, des brouettes de mensonges, des charretées d’invectives, d’insinuations, de coups bas, de débats qui n’en sont pas, de meetings préfabriquées, de litanies de promesses intenables, dessous ma tente je mange, je bois, je lis, j’écoute de la musique, je dors, en me disant que dans tout ça je ne pèse qu’une voix.

 

J’utiliserai ma voix par deux fois.

 

En attendant je ne vais pas me cailler le lait…

 

« Tu as trouvé à ton foyer la contre-mère dont les deux seins sont acides. La présure de la tendresse, qui fait cailler le lait dans l'estomac des enfants du bonheur, tu ne la connais pas. »

 

H. Bazin, Vipère au poing 1948

 

Alors jouir, jouir de la beauté froide et austère des mathématiques loin de la pornographie des chiffres ajustés, des pourcentages bricolés !

 

« Les schémas du mathématicien, comme ceux du peintre ou du poète, doivent être beaux ; les idées, comme les couleurs ou les mots, doivent s'assembler de façon harmonieuse. La beauté est le premier test : il n'y a pas de place durable dans le monde pour les mathématiques laides ».

 

G.H Hardi (1877-1947, Angleterre)

 

« Bien considérée, les mathématiques possèdent la vérité, mais encore la beauté suprême – une beauté froide et austère, comme celle de la sculpture, qui ne s’adresse en rien à notre faible nature, et qui, dépouillée des attraits somptueux de la peinture et de la musique, est cependant sublimement pure et empreinte d’une perfection sévère que seul manifeste l’art le plus élevé. Le véritable esprit de joie, l’exaltation, le sentiment d’être plus qu’humain, qui est la pierre de touche de la plus haute excellence, se trouve en mathématiques aussi sûrement qu’en poésie. Ce qu’il y a de meilleur en mathématiques mérite non seulement d’être appris comme un devoir, mais aussi d’être assimilé comme une partie de la pensée quotidienne et d’être rappelé sans cesse à l’esprit en guise d’encouragement toujours renouvelé. Pour la plupart des hommes, la vie réelle constitue un pis-aller, un compromis perpétuel entre l’idéal et le possible, mais le monde de la raison pure ne connaît pas de compromis, de limitations pratiques d’obstacles à l’activité créatrice incarnant en d’admirables constructions l’aspiration passionnée à la perfection qui est encore source de toute grande œuvre. Loin des passions humaines, loin même des misérables faits de nature, les générations ont graduellement crée un cosmos ordonné, que la pensée pure peut habiter comme sa demeure naturelle, et où l’une au moins de nos pulsions les plus nobles peut échapper au morne exil du monde réel.

 

[…] L’excellence propre aux mathématiques ne se trouve que là où le raisonnement est rigoureusement logique : les règles de logique sont aux mathématiques ce que sont les règles de structure à l’architecture. Dans l’œuvre la plus belle, chaque maillon d’une chaîne d’arguments possède sa propre importance qui lui assigne un air de facilité et de clarté, et les prémisses conduisent par des moyens qui semblent naturels et inévitables à des résultats qui n’auraient pas paru possibles. La littérature pare le général de circonstances particulières dont la signification universelle transparaît à travers leur vêtement individuel ; mais les mathématiques s’efforcent de présenter ce qu’i y a de plus général dans sa pureté, en dehors de tout ornement inutile. »

 

Bertrand Russell, Mysticisme et Logique

Lire :

La beauté froide et austère des mathématiques : sous la feuille de vigne il y a beaucoup de puissance créatrice

 

ICI 

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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 07:21
Titre pour ne pas fâcher

 

Se faire élire par ses concitoyens n’est pas chose aisée. Autrefois les candidats se contentaient des préaux d’école, de banquets, de quelques affiches, de poignées de mains dans les comices, de canons dans les estaminets. De nos jours ce qui compte c’est la mise en scène pour l’œil inquisiteur des caméras de télé. Alors ceux qui sollicitent nos suffrages remettent au goût du jour les vieilles recettes sauf que les hérauts discourent devant des parterres de supporters qui ne sont pas là pour écouter et comprendre mais faire la claque.

 

« Candidats néophytes et hommes politiques chevronnés trouveront dans ce texte de judicieux conseils pour remporter les élections, du rôle de la poignée de main à la nécessité d'avoir des amis riches, en passant par les vertus du mensonge. »

 

Ainsi parlait Marcus Tullius Cicéron, alors qu’il venait d’être élu consul, à propos du livre de son frère cadet Quintus.

 

« En 64 avant J.-C., Marcus Cicéron est candidat au consulat. Son frère cadet Quintus rédige pour lui un Petit manuel de la campagne électorale, qui expose les rouages d’une élection à haut risque, et détaille les démarches attendues du candidat, offrant ainsi un tableau saisissant du système politique romain. Chemin faisant, il pose des questions toujours d’actualité : comment concilier séduction électorale et fidélité à soi-même et à ses principes ? Comment rassembler le plus grand nombre autour de sa candidature, et ménager les intérêts des diverses classes sociales ? Quelques années plus tard, Quintus dirige la province d’Asie : Marcus lui adresse alors deux longues lettres, qui examinent son exercice et brossent le portrait du gouverneur idéal, autour d’autres questions fondamentales : comment exercer un pouvoir absolu sans verser dans la tyrannie ? L’éducation intellectuelle peut-elle garantir la moralité du dirigeant et lui imposer le souci des valeurs humaines ? »

 

Le pire de tout était l’arrogance. Donner aux gens l’impression de ne pas les prendre au sérieux, insister, au cours de la campagne électorale, sur la distance sociale entre le candidat distingué et l’électeur de base, et la bataille était perdue d’avance.

 

Il fallait avoir l’air sympathique, même quand on ne l’était pas. À la manière d’un Gaius Cotta, considéré comme un grand maître en matière électorale, le secret d’un bon acteur en campagne consistait à pratiquer la dissimulation pendant un temps à la veille des élections et pouvoir jouer le double jeu. Selon Cicéron, si cette attitude est contestable d’un point de vue moral, elle est indispensable. Pendant la campagne électorale, être à la fois un bonus vir « un homme honnête, irréprochable » et un bonus petitor « un bon acteur de campagne » était plutôt un handicap. Sans fard, il avoue honnêtement : « la première attitude est celle d’un homme bon, la deuxième, celle d’un bon candidat. »

 

Au fond, ce qui a cours, c’est l’opportuniste formule passe-partout permettant de « dire le maximum de oui et le minimum de non », en promettant tout à tous. C’était la technique de C. Cotta, le maître incontesté. Il était certain de pouvoir toujours trouver une raison ou un prétexte pour ne pas devoir honorer sa promesse.

 

Dans une campagne électorale axée sur la popularité et la proximité personnelle, ce n’est pas la vérité que l’on voulait entendre, car cela aurait cassé l’ambiance. « Tout le monde est ainsi : on aime mieux un mensonge qu’un refus. »

 

Avoir une ligne politique claire était beaucoup moins important que jouir d’une cote personnelle auprès des électeurs, tout en leur faisant croire qu’avec l’autorité, l’intégrité et l’intelligence qui vos caractérisaient « on travaillerait pour leurs intérêts. »

 

Chaque fois que tu apparais en public, conseille Quintus Cicéron à son frère, veille à avoir une garde rapprochée, composée d’hommes issus d toutes les familles en vue, de toutes les classes et de tous âges, cela produit une impression colossale sur la foule.

 

La présence constante des candidats auprès des électeurs dans la campagne électorale, leur disponibilité permanente est exigée avec véhémence par Cicéron – autant que possible avec un abondant cortège qui les escorte lors de leurs apparitions publiques. Car c’est se tailler une grande réputation et s’assurer un grand prestige. »

 

V.16. Lorsqu'on est candidat à une magistrature, il faut porter son attention sur deux points : le dévouement de ses amis et l'assentiment du peuple. Le dévouement de ses amis doit être le fruit des bienfaits, de l'obligeance, de l'ancienneté, de l'affabilité et d'un certain charme naturel. Mais dans une campagne électorale, le sens du mot "amis" est plus large que dans le reste de la vie (...)

 

17. Il faut ensuite que tu t'appliques fortement à ce que chacun de tes proches, et surtout chaque membre de ta famille, t'aime et te souhaite la plus grande réussite. Il en sera de même avec les citoyens de ta tribu, tes voisins, tes clients, tes affranchis, et même avec tes esclaves ; car les propos qui établissent la renommée d'un homme émanent presque toujours des gens de sa maison (...)

 

XI.41. Comme j'en ai assez dit sur la manière de gagner des amitiés, il me faut à présent te parler des rapports avec le peuple, qui forment l'autre partie d'une campagne. Elle exige de connaître le nom des électeurs, de savoir les flatter, d'être constamment auprès d'eux, de se montrer généreux, de veiller à sa réputation, d'avoir grand air, de faire miroiter des espérances politiques.

 

42. Tout d'abord, montre bien l'effort que tu fournis pour connaître les citoyens. Chaque jour, étends cette connaissance et approfondis-la. Il n'y a rien, à mon sens, d'aussi populaire et d'aussi agréable. Ensuite, mets-toi dans l'esprit qu'il te faudra feindre de faire naturellement des choses qui ne sont pas dans ta nature. Ainsi, par exemple, tu n'es pas dépourvu de cette affabilité qui sied à un homme aimable et bon, mais tu as grand besoin d'y ajouter la flatterie. Elle a beau être un vice infâme en d'autres circonstances de la vie, elle est cependant nécessaire dans une campagne électorale. De fait, elle est détestable lorsqu'elle pervertit quelqu'un à force d'approbations continuelles, mais elle est moins répréhensible lorsqu'elle réconcilie des amis, et elle est vraiment indispensable au candidat dont le visage, la mine et le discours doivent changer et s'adapter aux sentiments et aux idées de tous ceux qu'il rencontre (...)

Il s'agit bien sûr d'extraits pour le texte intégral il est publié chez Rivages poche n°559 sous le titre Petit Manuel de campagne électorale et c'est traduit par Nicolas Waquet.

 

FRANÇOIS PROST UNIVERSITÉ PARIS SORBONNE

 

QUINTUS CICÉRON : LE PETIT MANUEL DE LA CAMPAGNE ELÉCTORALE (COMMENTARIOLUM PETITIONIS)

 

PRESENTATION – EDITION- TRADUCTION

 

ICI

 

 

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 06:00
La de Buyer 1 vosgienne culottée comme une vieille pipe, votre Taulier tente de se forger une notoriété en fer forgé !

Sans flagornerie j’aurais pu titrer ma chronique : j’aime les belles vosgiennes culottées !

 

J’en connais une…

 

C’eut été « jouer » avec les mots, un peu à la manière des titres du Libé des origines, ce qui, convenez-en, n’aurait pas été péché mortel.

 

Mais comme j’ai un esprit d’escalier hypertrophié, que je suis aussi un brin culotté, j’ai préféré rebondir sur un récent article de Jacky Durand dans Libé pour proclamer mon amour, qui n’est pas de fraîche date, aux belles vosgiennes culottées.

 

En effet, dès 2010, je chantais les louanges de la poêle la Minéral de De Buyer 

 

Elle a tout pour elle : écologique, recyclable, durable et française : vosgienne.

 

C’est la poêle des chefs.

 

Plus elles sont culottées (noire du cul) meilleure est la cuisson. Elles se bonifient avec le temps.

 

100% fer naturel les molécules sont bonnes pour la santé, le processus de fabrication est respectueux de l’environnement et comme elle est fabriqué chez nous son bilan carbone est excellent.

 

En ce temps-là pour frire mes œufs au plat j’utilisais le modèle Ø 20cm/8 ‘’ lire ICI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Trop technique mon coco, si tu veux hameçonner les bobos faut que tu trempes, comme Jacky Durand, ta besogneuse plume dans tes souvenirs d’enfance :

 

« C’est une odeur aigrelette, voire un peu rance, qui continue de nous chatouiller les narines quand on en convoque le souvenir. Celle de la poêle réservée aux pommes sautées de l’enfance. Elle était noire comme l’encre quand elle surgissait des entrailles du placard. Il y avait le bruit mat et rassurant de la tôle épaisse quand on la posait sur la gazinière. Les feux de l’enfer pouvaient commencer. De l’huile, et pas qu’un peu, fumait dans le cratère de tôle et ça grésillait grave quand on y précipitait les carrés de patates. Etait-elle cuisinière ou forgeronne, la daronne qui menait son frichti à fond de train, la Gauloise au bec ? A côté, Gabin dans la Bête humaine était un petit joueur. La poêle antédiluvienne faisait des pommes de terre dorées comme une princesse au Levant mais jamais, au grand jamais, elle n’attacha. A peine rincée à l’eau chaude avec trois gouttes de Mir en berlingot, elle était vivement essuyée au torchon et huilée avant d’être remisée sous l’évier. »

 

De la belle ouvrage pour sûr, depuis 2010 ma plume s’est libérée de ses entraves, elle est plus joueuse, moins compassée même si je ne renie pas mes bons conseils de l’époque :

 

Pour le culottage de votre poêle : « Mettre des épluchures de pommes de terre dans votre ustensile, couvrir d’eau, faire bouillir pendant 15 mn. Ensuite, jeter les épluchures puis rincer la poêle à l’eau très chaude, essuyer et refaire bien chauffer ½ cm d’huile dans la poêle, la jeter ensuite. Enfin essuyer avec du papier absorbant et ranger votre poêle dans un endroit sec. Au bout de plusieurs cuissons votre poêle sera culottée, c’est-à-dire devenue noire.

 

Dernier détail : la réaction de Maillard – ne pas confondre avec celle des paillards – lorsque la poêle en tôle d’acier atteint des températures supérieures à 140°C la réaction dites de Maillard se développe : les aliments sont saisis en surface, permettant ainsi la caramélisation de leurs sucs naturels, ce qui donne le bon goût. Une croûte se forme, empêchant l’humidité de s’évaporer. Les aliments deviennent dorés et croustillants en surface, fondants et moelleux à l’intérieur.

 

C’est mon côté ménagère de plus de 65 ans, très je fais mes courses au marché, j’épluche mes légumes, je fais mon riz au lait, je prends soin de mes ustensiles de cuisine…

 

Après la Mauviel de Villedieu-les-Poêles voici donc la De Buyer du Val d’Ajol vue par le sieur Jacky Durand :

 

« L’ADN de De Buyer remonte à l’époque où Balzac s’attablait à la Comédie humaine. C’était hier. C’était il y a presque deux siècles. En 1830, une manufacture métallurgique voit le jour dans le Val-d’Ajol. Elle fabrique des poêles à frire, des brocs, des arrosoirs, des seaux à partir des feuilles de fer-blanc fournies par le maître de forge De Buyer qui rachète cette usine en 1867. Six générations plus tard, De Buyer, labellisé entreprise du patrimoine vivant en 2009, compte plus de 160 salariés (30 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015), distribue dans plus de 100 pays ses productions qui sont vendues à 60 % aux professionnels des métiers de bouche et à 40 % au grand public.

 

La suite ICI

 

«Nous faisons tout nous-mêmes. Nous sommes la seule entreprise au monde à travailler sur le même site à la fois l’acier, le cuivre, l’inox, l’aluminium, la silicone et la fibre de carbone. On est capable de fabriquer manuellement à l’unité un moule pour un pâtissier célèbre comme de produire en série.»

 

Moi aussi je fais tout moi-même : demain je vous donnerai un cours d’e-cuisine où la poêle de De Buyer joue son rôle à la perfection…

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